1
AVANT-PROPOS                                                                                   4

A. SPORT ET CULTURE A LA CROISEE DES CHEMINS                                                   8
1. LE SPORT, GENERATEUR D’AUDIENCE                                                             8
1. LES GRANDES AUDIENCES SPORTIVES                                                             8
2. LA CHASSE AUX RECORDS                                                                      10
3. 2012, DES PERSPECTIVES EXCEPTIONNELLES POUR LES AUDIENCES AUDIOVISUELLES SPORTIVES         14
4. LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS, LEVIERS POUR LA CONSOMMATION DES MENAGES                   16
2. VERS UNE ETENDUE DE L’OFFRE TELEVISUELLE SPORTIVE                                          18
1. LES PRINCIPALES OFFRES TELEVISUELLES SPORTIVES FRANÇAISES                                  19
2. AL JAZEERA, L’ACTEUR QUI CHAMBOULE TOUT                                                    20
3. FIN DE PARTIE POUR CFOOT : L’IMPOSSIBILITE D’UN « AUTRE FOOTBALL » A LA TELEVISION ?       21
4. L’EQUIPE TV HD, PREMIERE CHAINE D’INFORMATIONS SPORTIVES FRANÇAISE DISPONIBLE SUR LA TNT
GRATUITE                                                                                      22
3. UNE CULTURE TELEVISUELLE STANDARDISEE ET MISE EN ECHEC                                     23
1. QUELLE CULTURE ?                                                                           23
2. EXISTE T-IL ENCORE UN DROIT A LA CRITIQUE ?                                                24
3. LES TENTATIVES INFRUCTUEUSES DU SERVICE PUBLIC                                             25
4. ARTE, CHAINE ESTIMEE MAIS PEU REGARDEE                                                     28
5. L’ECHEC ALLOCINE TV                                                                        28
4. VERS UNE EVOLUTION DE LA CONSOMMATION                                                      29
1. LA CONSOMMATION MULTI-ECRANS                                                               30
2. DES TELESPECTATEURS ACTIFS ET PAS UNIQUEMENT SPECTATEURS                                   31
3. LA CONSOMMATION DELINEARISEE DE CONTENUS TELEVISES                                         33
4. DES EQUIPEMENTS DE PLUS EN PLUS CONNECTES                                                  35
5. UNE PRISE DE CONSCIENCE GOUVERNEMENTALE                                                    37
SPORT & CULTURE, LA CROISEE DES CHEMINS - LES 10 IDEES CLES                                   39

B. LA TELEVISION « HORS DE LA BOITE »                                                         41
1. LA NOTION DE CROSS MEDIA                                                                   41
1. DEFINITION                                                                                 41
2. QUELS INTERETS POUR LES CHAINES ET LE TELESPECTATEURS ?                                    41
2. LA VIDEO & INTERNET                                                                        42
1. QUELS ACTEURS PRESENTS POUR QUELS CONTENUS ?                                               43
2. LE STREAMING ILLEGAL AU SOMMET AVANT L’AFFAIRE MEGAUPLOAD                                  45
3. LES ACTEURS TELEVISES : UN ROLE DETERMINANT A JOUER SUR LE NET                             46
3. 2012, ANNEE DE LA CATCH UP TV ?                                                            48
1. DEFINITION                                                                                 48
2. UNE CONSOMMATION EN FORTE PROGRESSION                                                      49
3. TROUVER UN MODELE ECONOMIQUE                                                               51
4. LES DIFFERENTS TYPES DE CONTENUS TELEVISES CONSOMMES SUR LES PLAYERS DES CHAINES DE
TELEVISIONS                                                                                   51
5. ALLER A LA RENCONTRE DU TELESPECTATEUR                                                     52
4. LA TELEVISON MOBILE PERSONNELLE                                                            53
1. DEFINITION & ORIGINES                                                                      53
2. VERS UNE RENAISSANCE DU CONCEPT AVEC LA DEMOCRATISATION DES TABLETTES ?                    54
5. L’AVENEMENT D’UN NOUVEAU TYPE D’OFFRE DES CONTENUS CULTURELS ?                             55
1. LE PHENOMENE NETFLIX                                                                       55
2. LA RIPOSTE DES GRANDS ACTEURS DE LA PRODUCTION DE CONTENUS : HULU                          56
3. EN FRANCE : L’ANTICIPATION DE CANAL +, D’AUTRES OFFRES EN PREPARATION ?                    56
LA TELEVISION HORS DE LA BOITE – 10 IDEES CLES                                                58


                                                                                               2
C. L’ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS ET SPORTIFS                                        60
1. QUELLE PLACE POUR LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE ET LA VIE DES EVENEMENTS SPORTIFS ?    60
1. QUELS POSTES DE REVENUS POUR LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS ?                          60
2. LA PREDOMINANCE DE LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE DES GRANDS EVENEMENTS MONDIAUX ET
NATIONAUX                                                                                 61
3. QUELLES SOURCES DE REVENUS POUR LES EVENEMENTS MINEURS ?                               63
4. LE DEVELOPPEMENT DE SYSTEMES PARRALLELES : L’AUTO-FINANCEMENT D’EVENEMENTS PAR LES
MARQUES                                                                                   64
2. ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS                                                      64
1. LES PRINCIPAUX MODES DE FINANCEMENT DES GRANDS EVENEMENTS CULTURELS                    64
2. LES PARTENAIRES MEDIAS : PAS UNIQUEMENT UN MOYEN DE FINANCEMENT                        66
C. LES EVENEMENTS ALTERNATIFS : ENTRE MARQUES, WEB ET SPONSORING                          67
1. L’ECONOMIE PARRALLELE DES SPORTS DE GLISSE                                             67
2. MARQUES ET CREATIONS DE CONTENUS ON-LINE                                               69
L’ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS ET SPORTIFS - 10 IDEES CLES                           70

D. QUELLES SOLUTIONS ENVISAGEES ?                                                         72
1. S’ADAPTER AUX NOUVEAUX MODES DE CONSOMMATION DES CONTENUS VIDEO                         72
1. SAISIR UNE OPPORTUNITE, ANTICIPER UNE MENACE                                            72
2. DEMULTIPLIER UNE PRESENCE SUR L’ENSEMBLE DES ECRANS ET INVENTER DE NOUVEAUX CONTENUS POUR
ACCENTUER L’EXPERIENCE CONSOMMATEUR                                                        73
3. ANTICIPER ET PROLONGER L’EVENEMENT                                                      75
4. OFFRIR DES CONTENUS D’UNE QUALITE NOUVELLE SUR LE WEB                                   76
5. PEU D’OPPORTUNITES A SAISIR POUR LES EVENEMENTS SUR LA CONSOMMATION DELINEARISEE ?      77
2. BOUSCULER LES HABITUDES DES CHAINES                                                     78
1. ENVISAGER LA DIFFUSION DE NOUVEAUX TYPES D’EVENEMENTS                                   78
2. LES OUBLIES DE L’ANTENNE                                                                79
3. LES RESEAUX SOCIAUX ET DE NOUVEAUX PARTENAIRES : IMPLIQUER ET CREER UN NOUVEAU GENRE DE
CONSOMMATION                                                                               80
1. EXPORTER LES CONTENUS SUR DES PRODUCTEURS DE CONTENUS PARTENAIRES                       81
2. TWITTER & FACEBOOK - LA COURSE AU CHIFFRE                                               82
3. CREER DE NOUVELLES MANIERES DE S’IMPLIQUER DANS L’EVENEMENT                             84
4. L’INTERET NOUVEAU DES GRANDS ACTEURS DU WEB POUR LES EVENEMENTS                         85
1. DAILYMOTION / YOUTUBE - VERS UN INTERET PRONONCE PAR LA DIFFUSION LIVE                  86
2. VERS LA CONSTITUTION D’UNE OFFRE BASEE SUR DE GRANDS EVENEMENTS ?                       87
3. LE WEB, CHANCE DES « PETITS » ?                                                         88
4. LA MONETISATION DES CONTENUS VIDEOS, LA QUESTION DU MODELE ECONOMIQUE SUBSISTE POUR
DEFINITIVEMENT DEMOCRATISER LA PRATIQUE                                                    88
5. LE LANCEMENT D’UNE OFFRE ONLY WEB FONCTIONNERAIT-ELLE ?                                 89
1. QUELS DROITS POUR LE WEB ?                                                              90
2. DES PREMIERES TENTATIVES                                                                91
3. UNE OFFRE WEB EST-ELLE UNE OFFRE GRATUITE ?                                             91
4. QUELS ACTEURS POUR LANCER UNE OFFRE « ONLY WEB » ?                                      92
QUELLES SOLUTIONS ? - 10 IDEES CLES                                                        94

CONCLUSION - LE WEB COMME FUTUR PARTIEL DES EVENEMENTS                                    95




                                                                                           3
AVANT-PROPOS

 LES LIAISONS DANGEREUSES
 Le sport et la culture entretiennent avec les médias et plus particulièrement avec le plus grand
 d’entre eux, la télévision, plus de points communs qu’on pourrait le penser. Loisirs quotidiens
 accessibles à la « masse », ils sont de véritables acteurs de la diversité, du rassemblement des
 classes autour d’une seule et même activité, représentés par des figures d’une grande notoriété.
 Leurs capacités à provoquer des émotions, à créer un lien immatériel unissant ceux qui les
 regardent ou y participent en font des composants absolument essentiels de notre société. Leur
 manière d’évoluer à travers le temps, leurs dérives aussi, les ont encore rapprochés.

 Leurs fonctions, leurs portées et leurs puissances émotionnelles absolument incroyables, les ont
 amené sur des terrains imprévus et les ont amené a servir des intérêts très éloignés de leurs
 vocations originelles. Les récupérations à des fins idéologiques dont ils ont été les victimes en
 sont la preuve la plus cinglante. Comment par exemple, ne pas penser à la mise à contribution de
 ces leviers extraordinaires pour l’opinion publique à l’effort de guerre au cours de la seconde
 guerre mondiale et ce quelque soit le camp dans lequel l’action prenait part.

 Ce qui est absolument évident pour le sport avec l’instrumentalisation des Jeux Olympiques de
 Berlin de 1936, considérés comme le plus grand acte de propagande jamais réalisé, ou les médias
 via l’utilisation de l’antenne de la BBC pour la mise en place de Radio Londres entre le 18 juin
 1940 et Juin 1944 l’est également pour la culture. N’oublions pas que Tex Avery ou les studios
 Disney ont aussi participé à l’effort de guerre Outre-Atlantique, mettant en scène Mickey ou
 Donald dans des films de propagande certain tout au long de la guerre.

 Ces enjeux de société sont aujourd’hui tous les trois structurés et contrôlés par une politique
 étatique. Depuis 1959 pour la Culture et la nomination d’André Malraux par le Général de Gaulle
 et en pointillés depuis 1936 pour le sport (sous secrétariat d’état en 1936, ministère en 1966 avec
 périodes d’absences entre ces deux dates) ces sujets trouvent écho au quotidien et font l’objet de
 stratégies aux échelles nationales et mondiales. La télévision, quant à elle considérée comme une
 forme de sous culture, est supervisée par une antenne du Ministère de la Culture et de la
 Communication et entretient toujours des liens étroits avec le pouvoir. N’oublions pas que les
 présidents des groupes de télévisions et de radios publiques sont pour le moment nommés (après
 validation d’instances compétentes) sur proposition du Président de la République Française.

 PRESSION FINANCIERE : MONTEE EN PUISSANCE
 La plus grande des distinctions mais aussi aujourd’hui le plus grand rapprochement opéré entre la
 télévision, la culture et le sport a été la progression de leur caractère commercial. La culture, si
 elle a presque toujours été instrumentalisée, été un objet de convoitise et constitué un marché
 n’a pas été créée dans le but de devenir une activité lucrative. Preuve ultime de cette affirmation,
 l’acte de création, supposé désintéressé est difficilement quantifiable monétairement. Cela n’a
 toutefois pas empêché le marché de l’art de s’envoler. Le 3 mai 2012, « Le cri », d’Edvard Munch,
 devenait l’œuvre d’art la plus chère jamais vendue en étant attribuée 119,92 millions de dollars.

 Le sport, comme l’acte culturel, n’offre pas de rémunération dans sa pratique quotidienne et n’a
 pas été créé dans une optique mercantile. Il a d’ailleurs attendu beaucoup plus longtemps pour
 entretenir de vrais rapports avec l’argent. Si les premiers footballeurs rémunérés sont apparus à
 la fin du XIXème siècle (légalisation du football professionnel en Angleterre en 1885) les salaires
 des joueurs ont explosé très tardivement. Le premier joueur à avoir touché 100 livres par semaine


                                                                                                   4
fût Jimmy Hill en 1961, Peter Shilton devenant le joueur le mieux payé de la planète en 1979 avec
       un contrat à 1 200 livres par semaine. En 1995, l’arrêt Bosman a établi l’illégalité de quotas
       sportifs communautaires (impossibilité de limiter le nombre de nationalités dans une équipe
       professionnelle) pour lancer l’âge d’or du football business. En 2010, Carlos Tevez, joueur d’un
       club de Manchester, devenait le premier millionnaire mensuel du football anglais.

       La nature commerciale du monde des médias et encore plus particulièrement celui de la
       télévision est beaucoup plus évidente et même bien plus ancrée dans son ADN. Son activité, plus
       récente, fût en effet quasiment immédiatement l’apanage de professionnels. En France, sa
       démocratisation dès les années 1960 (environ un million de postes de télévisions) et l’arrivée de
       la couleur en 1968 annonça l’entrée en matière de la publicité. La suite n’est qu’une explosion des
       investissements publicitaires sur le média jusqu’à aujourd’hui. Au premier trimestre 2012, le
       Chiffre d’Affaires Hors Taxe du média Télévision s’élevait à 2,1 milliards d’euros1.

       L’EVOLUTION DES CONTENUS
       Que de chemin parcouru entre le 24 février 1950 et le premier direct télévisé en France : « Le jeu
       de l’amour et du hasard » sur l’unique chaîne de télévision à l’époque. Le paysage audiovisuel n’a
       jamais cessé d’évoluer depuis la démocratisation du média télévision, la culture et le sport voyant
       également leur place largement évoluer et leur statut changer sur la période. Ainsi, si nous
       trouvons plus aujourd’hui un équivalent à « Apostrophe », émission lancée le 10 janvier 1975 sur
       Antenne 2 et animée par Bernard Pivot jusqu’en juin 1990 il n’y a aujourd’hui plus de meilleur
       endroit pour suivre un événement sportif que devant son poste de télévision. Deux facteurs
       principaux sont en effet venus complètement bouleverser la vie de ce média.

        −     La concurrence d’abord, qui s’est largement étendue au cours des années 80 (lancement de
              MTV en 1981, de Canal + le 4 novembre 1984, privatisation de TF1 en 1987) et qui a ensuite
              connu une nouvelle forme de développement au milieu des années 2000 avec le lancement
              de la télévision numérique. Entre temps, les chaînes spécialisées à péage trouvaient
              également un segment à exploiter (création de CanalSat en 1992 et de TPS en 1996),
              complétant une offre désormais pléthorique.
        −     Conséquence directe d’une concurrence accrue, l’arrivée d’une mesure d’audience
              quotidienne venant sanctionner ou valoriser les stratégies de programmation des chaînes.
              Créée en 1985 par la volonté commune des acteurs du marché de disposer d’une mesure
              commune, Médiamétrie a chamboulé la vie du marché. Plus dépendantes des résultats, les
              chaînes se tournent désormais vers des programmes destinés à conquérir le public le plus
              large possible, privilégiant souvent un résultat à un contenu.

       Le 28 septembre 1992 la naissance d’Arte constituait l’un des derniers actes de résistance à une
       télévision dont les objectifs sont désormais plus orientés en fonction de leurs revenus
       publicitaires que de la qualité de leurs contenus. Le sport et la culture, sous des formes diverses
       via leurs facultés à ressembler devenaient alors des éléments incontournables des contenus
       programmés.

       UNE BONNE OU UNE MAUVAISE CHOSE ?
       Si la démocratisation de la pratique télévisuelle a clairement permis une ouverture pour le grand
       public à une certaine forme de culture, la question des types de contenus culturels mis en avant
       sur la majorité des chaînes demeure. Si la télévision peut-être un moyen d’offrir la création

1
    Bilan publicitaire Télévision 1er trimestre 2012 - Yacast



                                                                                                           5
artistique au plus grand nombre directement via des diffusions de contenus ou plus indirectement
       via le financement de productions cinématographiques par exemple, elle sera désormais toujours
       configurée dans une logique commerciale permettant aux chaînes de remplir leurs objectifs en
       termes d’audiences et de recettes publicitaires. C’est ainsi que nous avons assisté à de nouvelles
       formes d’expressions et de mises en scènes de la vie culturelle et notamment de la musique.
       Cette réflexion est également valable pour le sport, qui devra a fait fi de certaines valeurs pour
       s’adapter à sa médiatisation grandissante.

       Cette problématique de l’audimat et son impact sur la création, Pierre Bourdieu s’y intéressait en
       1996 dans son essai « Sur la télévision »2 : « il est important de savoir que, historiquement, toutes
       les productions culturelles, [...] qu’un certain nombre de gens considèrent comme les productions
       les plus hautes de l’humanité, les mathématiques, la poésie, la littérature, la philosophie, toutes
       ces choses ont été produites contre l’équivalent de l’audimat, contre la logique du commerce.
       Voir se réintroduire cette mentalité audimat jusque chez les éditeurs d’avant-garde, jusque dans
       les institutions savantes, qui se mettent à faire du marketing, c’est très inquiétant parce que cela
       risque de mettre en question les conditions mêmes de la production d’œuvres qui peuvent
       paraître ésotériques, parce qu’elles ne vont pas au-devant des attentes de leur public, mais qui, à
       terme, sont capables de créer leur public ».

       S’il semble donc illusoire de penser que la télévision soit un réel moyen d’expression pour les
       différents courants artistiques et ne représente pas un bon terrain pour diffuser la création à
       proprement parlé, il paraît clair que son influence sur le secteur n’en est pas moins déterminante.
       Elle est aujourd’hui un passage quasiment obligé pour les artistes et les sportifs pour s’offrir une
       visibilité et vivre de leur talent.

       L’objet de notre réflexion apparaît alors assez naturel. Dans les conditions actuelles et compte
       tenu des perspectives d’évolution de l’activité télévisuelle ces prochaines années, la télévision ne
       semble plus représenter le cadre idéal pour promouvoir ces formes d’expressions. Les dérivés et
       les nouveaux moyens mis en place par les acteurs majeurs du secteur pour étendre leur zone
       d’influence pourraient en revanche offrir des terrains plus flexibles, plus libres et plus spécialisés
       ce qui implique donc la question suivante :

       La télévision « hors de la boîte » représente-t-elle le futur médiatique de l’événementiel
       culturel et sportif ?

       Pour mener l’analyse de la situation actuelle, des perspectives d’évolution et envisager des
       solutions à apporter à ces secteurs d’activité, nous nous appuierons sur les étapes de réflexions et
       de recherches suivantes. Dans un premier temps, une analyse de l’activité télévisuelle en matière
       de sport et de culture ces dernières années sera menée afin de dégager des tendances et établir
       des constats. Nous nous attacherons dans un deuxième temps à définir les nouveaux moyens de
       consommer des contenus télévisuels et à analyser leur portée. Une rapide analyse de l’économie
       des événements nous amènera ou pas, à constater une dépendance économique de ces
       événements vis à vis du média télévisé. Enfin nous tenterons de proposer quelques solutions et
       quelques perspectives en vue d’un développement de nouvelles offres médiatiques pour les
       événements culturels et sportifs.




2
    Pierre Bourdieu – référence essai



                                                                                                           6
1. Le sport générateur
                                            d’audience
                        2. Vers une étendue de l’offre
                            3. Une culture télévisuelle
                        standardisée et mise en échec
                           4. Vers une évolution de la
                                       consommation


A. Sport et Culture à la croisée des chemins




                                               7
A. SPORT ET CULTURE A LA CROISEE DES CHEMINS

        Le sport, la culture et la télévision ont vu leurs activités se rapprocher, s’imbriquer. Les
        événements sportifs et culturels ont « pénétré» l’écran de télévision mais en ont aussi désormais
        besoin pour exister, obtenir une visibilité nécessaire à leur survie.

        Nous nous attacherons à démontrer dans cette partie que si en effet, leur présence sur l’écran de
        télévision est extrêmement importante, l’inverse l’est également. Les chaînes de télévisions ne
        peuvent en effet se passer de ces événements clés, générateurs d’audiences et de lien(s) entre les
        téléspectateurs et leur chaîne.


        1. LE SPORT, GENERATEUR D’AUDIENCE

        89 % des 15 ans et plus pratiquent un sport. 65 % des français déclarent avoir une pratique
        soutenue (au moins une fois par semaine)3. Que ce soit en tant que licencié ou comme pratique
        amateur, le sport est réellement un élément clé de la vie quotidienne des français.

        Il est dès lors totalement naturel que les grands médias mettent en avant dans leur offre des
        pratiques qui passionnent et rassemblent leurs consommateurs. Ces contenus audiovisuels,
        diffusés sous des formes variées, sont autant devenus des éléments clés dans la vie des grands
        médias que dans celle du public. C’est ce que nous allons nous attacher à démontrer.

        1. LES GRANDES AUDIENCES SPORTIVES

        Le sport est doté d’une puissance émotionnelle extraordinaire. Capable de rassembler, de créer
        du lien entre différentes parties de la population, il prouve autant sa capacité à créer de
        l’enthousiasme en amenant chaque week-end des dizaines de milliers de spectateurs dans les
        stades qu’en les rassemblant devant leurs postes de télévision lors de la diffusion de ses plus
                                    grandes représentations dans les grands médias.

                                              Pour prouver cette affirmation, il nous suffit d’étudier l’historique
                                              des meilleures audiences obtenues par les chaînes de télévision. Le
                20                            sport truste les meilleures places avec une constance inégalée par
le nombre d’audiences de sport                les autres genres. La régularité des grandes compétitions (Coupe du
 dans le top 100 des meilleures               monde de football et de rugby, Championnats d’Europe de football,
 audiences en 2006 et en 2010.                Jeux Olympiques, autres grands événements type Roland Garros ou
                                              Le Tour de France) lui permet en effet, de toujours figurer au
                                              palmarès des meilleures performances annuelles.




    3
     Source : enquête pratique et physique 2010, CNDS / direction des sports, INSEP, MEOS.
Champ : personnes résidant en France
    (métropole et départements d’outre-mer) et âgées de 15 ans ou plus.




                                                                                                                                  8
Notre propos est démontré par l’analyse des 100 meilleures audiences annuelles des 6 dernières
       années. Nous observons deux pics associés aux années de Coupe du Monde de football (2006 et
       2010). Si ces chiffres ne sont pas atteints chaque année, le sport n’est jamais absent des
       palmarès.




       Quelques enseignements à retirer de ces premières données :

        -     En 2006 et 2010, 20 % des meilleures audiences
              enregistrées par les chaînes de télévision françaises l’ont
              été grâce à du sport.                                           Des performances des équipes
         - Nous observons que les performances de l’équipe                     nationales importantes pour
              nationale, si elles sont importantes pour établir des          booster les audiences sans pour
              performances au-delà des standards habituels ne sont               autant être nécessaires
              pas pour autant essentielles à l’établissement de
              grandes audiences pour les chaînes diffusant ces
              compétitions. En effet, en 2010 alors que les joueurs de
              l’équipe de France de football ne dépassaient pas le
              premier tour de la compétition, les résultats d’audience de la compétition ne s’effondraient
              pas. La finale de la Coupe du Monde diffusée sur TF1 (Espagne vs Pays-Bas le 11 juillet)
              obtenait la 4ème audience de l’année (14,11 millions de téléspectateurs, 63 % de part
              d’audience).
         - Nous pouvons aussi noter que le sport peut outrepasser ses fonctions et créer un
              engouement allant bien au-delà de la simple rencontre sportive. Preuve en est avec la place
                                      occupée dans le classement des audiences 2010 par le JT de TF1 du
    Le sport outrepasse ses           11 mai 2010 au cours duquel Raymond Domenech, alors
  fonctions : 10,4 millions de        sélectionneur national annonçait la liste des joueurs retenus pour
téléspectateurs pour l’annonce        participer à cette Coupe du Monde. La partie du journal relative à
     de la liste des joueurs          cette intervention regroupait 10,4 millions de téléspectateurs pour
 sélectionnés pour disputer la        une Part d’audience de 41%.
     CDM 2010 de football.
                                      Cette extraordinaire portée du sport est confirmée par le placement
                                      de ces audiences dans le top 10 des meilleures scores annuels (cf.


                                                                                                        9
graphique ci-dessous). En effet, ces moments peuvent être considérés comme des faits
marquants de l’année pour les téléspectateurs.

Le cas de la Coupe du Monde 2006 est symbolique. Sur les 10 meilleures audiences de l’année, 9
sont attribuées à la compétition qui a vu la France parvenir jusqu’à la finale de la Coupe du
Monde organisée en Allemagne. Pour obtenir de tels résultats, il est clair que cet événement
dépasse un simple cadre sportif.




La compétition obtenait d’ailleurs la meilleure audience jamais obtenue par un programme
diffusé en France avec la demi-finale remportée par la France face au Portugal (22,2 millions de
téléspectateurs massés devant leur poste le 5 juillet sur TF1).

Encore une fois, aucune année n’échappe à cette règle. En 2010, les grandes audiences
s’accumulaient malgré les piètres performances de l’équipe de France et en 2007, la Coupe du
Monde de Rugby disputée en France obtenait les faveurs des téléspectateurs. La demi-finale
perdue par le XV de France face à son rival anglais retenait l’attention 18,3 millions de
téléspectateurs pour établir le record de l’année et la meilleure performance jamais obtenue par
un match de rugby.

2. LA CHASSE AUX RECORDS

Le sport, comme nous l’avons vu ci-dessus, est un producteur d’audiences formidable. Il permet
d’établir des records et de donner un prestige quasiment sans équivalent aux chaînes qui ont eu
l’occasion de retransmettre l’événement, créant ainsi un lien indéfectible avec le téléspectateur
par les émotions qu’il suscite.

Cette tendance apparaît également clairement lorsque nous nous penchons sur les records
historiques d’audiences ou le sport ne truste ni plus ni moins que les 10 premières places des
plus grandes audiences de tous les temps en France (cf. tableau ci-dessous).




                                                                                              10
Les plus grandes audiences télévisuelles en France
                    1   Football   France vs Portugal (DF)             CDM 2006     5 juillet 2006   22,2   TF1
                    2   Football   France vs Italie (F)                CDM 2006     9 juillet 2006   22,1   TF1
                    3   Football   France vs Italie (F)                Euro 2000    2 juillet 2000   21,4   TF1
                    4   Football   France vs Brésil (F)                CDM 1998   12 juillet 1998    20,6   TF1
                    5   Football   France vs Espagne (8èmes)           CDM 2006      27 juin 2006    19,6   TF1
                    6   Football   France vs Portugal (DF)             Euro 2000     28 juin 2000    18,3   France 2
                    7   Football   Togo vs France (1er Tour)           CDM 2006      23 juin 2006    18,3   TF1
                    8   Rugby      France vs Angleterre (DF)           CDM 2007 13 octobre 2007      18,3   TF1
                    9   Football   France vs Corée du Sud (1er Tour)   CDM 2006      18 juin 2006    18,1   TF1
                   10   Football   France vs Brésil (QF)               CDM 2006 1et juillet 2006     17,9   TF1

          Nous pouvons donc très clairement voir que le sport est le type d’événement exclusivement
          représenté dans ce top 10 des meilleures audiences historiques4 depuis la création du Médiamat
          National Quotidien.

          On remarque, comme vu plus haut que le football y occupe une place essentielle et que le seul
                                    autre sport ayant accès aux honneurs de ce classement est le rugby.

                                         Ces données affirment encore une fois l’analyse précédente qui
                 10                      mettait en avant l’importance (même relative) du parcours et de
Les dix plus grandes audiences           l’affection portée à l’équipe nationale. Aucune des rencontres qui
de tous les temps enregistrées           font l’objet de ces mesures d’audiences exceptionnelles ne
en France sont à attribuer à des         comprenait pas la présence de l’équipe de France sur le terrain.
     événements sportifs
                                      Ce phénomène ne correspond bien entendu pas à une exception
                                      française. 111,3 millions de téléspectateurs ont regardé le
                                      Superbowl dans la nuit du 5 février 2012 aux Etats-Unis. Pour la 7ème
          année consécutive, cette audience était en hausse, battant ainsi le record établit par ce même
          événement l’année précédente.

          I. LES NON SPECIALISTES ET LE SPORT : UN MOYEN DE MONTRER SA PUISSANCE ET
          D’AFFIRMER SES AMBITIONS
          Le sport est comme nous l’avons vu précédemment, un moyen idéal pour les plus grandes chaînes
          de battre des records d’audience5, de rentrer dans l’histoire télévisuelle et dans l’esprit des
          téléspectateurs / consommateurs.

          Certaines chaînes généralistes (pour ne pas dire la plupart), se servent du sport pour montrer à
          leurs téléspectateurs l’ambition de leur programmation. Ces achats de droits se révèlent de
          bonnes opérations de communication pour les chaînes qui en plus d’accroître leur crédibilité
          réalisent souvent de bonnes performances, créant du lien avec leurs téléspectateurs. Plusieurs
          exemples peuvent être cités :

          France 3 et les Coupes Nationales. Le sport peut parfois être le moyen d’affirmer une politique
                 éditoriale. C’est le cas de France 3 notamment, qui permet lors des premiers tours de
                 Coupes nationales, à ses téléspectateurs de regarder le match de leur équipe régionale en
                 diffusant chacune des rencontres. Cette stratégie de programmation, totalement en phase
                 avec le caractère régional de la chaîne est autant un moyen d’affirmer l’identité de la
          chaîne que de la connecter avec ses téléspectateurs via un programme chargé de sens.

    4
        Source : Médiamétrie
    5
        http://enpleinelucarne.net/2011/10/tennis-le-masters-de-bercy-3586


                                                                                                                 11
II. UN LEVIER / OBJET DE SEDUCTION POUR LES C HAINES DE LA TNT GRA
                                            CHAINES            GRATUITE
W9 et le Superbowl. La petite sœur de la chaîne M6 diffuse depuis quelques années le plus grand
                    .
événement sportif américain. Quelle manifestation peut mieux représenter un achat de droit
  énement                                                                                    droits
pour se constituer un certain prestige que celui ci, alors que le public français est extrêmement
                                           celui-ci,
mal éduqué et peu fasciné par ce sport ?

Même diffusé en pleine nuit, la puissance du Superbowl permet à W9 de réunir des
téléspectateurs et de signer des records d’audiences. Anciennement diffusé par France
Télévisions, l’événement s’installe sur W9 qui voit tous les ans son audience augmenter et se
       rapprocher de celles enregistrées par le grand groupe public au milieu des années 2000. Au
       delà d’une capacité à générer une bonne audience pour son heure de diffusion (début du
       match entre minuit et une heure du matin), cet événement planétaire est surtou un bon
                                                                                   surtout
moyen pour une chaîne comme W9 de marquer son entrée dans la classe des chaînes nationales
qui comptent, de celles qui sont capables de proposer un événement de portée internationale qui
est de plus en adéquation parfaite avec la cible principale de la chaîne.


                            Performances du Superbowl en France
                            P
                                (en milliers de téléspectateurs)
 700000

 600000

 500000

 400000

 300000

 200000

 100000

      0
             2006         200
                            07         2008         2009         2010         2011         2012




W9 et la Ligue Europa. W9 diffuse également les matches de certains clubs français dans la
                        .
seconde compétition européenne de football annuelle. Se focalisant sur une équipe française de
renom (Paris Saint-Germain en 2011, Olympique de Mars
                    Germain                              Marseille lorsque le club disputait cette
compétition), W9 affiche très clairement ses ambitions : proposer un produit d’appel au
           ),
détriment d’une affiche à un intérêt sportif plus élevé.

       La chaîne a également profité de ces rencontres pour proposer des innovations, en
       permettant notamment de regarder certains matches dans leur version originale
       (diffusions en portugais lors de matches comportant des équipes lusitaniennes).

Côté performances, Salzbourg
                    Salzbourg-PSG (2-0, 5e j. de la phase de poules de la Ligue Europa) a
                                       0,
rassemblé 1,9 millions de téléspectateurs sur la chaîne de la TNT le 1er décembre 2011,
enregistrant même un pic d'audience à 2,4 millions d'amateurs de football à la fin de la rencontre,




                                                                                                  12
à 22h576. C'est la « meilleure audience pour un match de foot » pour la chaîne, indiquait d’ailleurs
    W9 dans un communiqué.

                                             Direct 8 et les « autres » Equipes de France. « A l'époque, la
                                             Fédération Française de Football (FFF) lançait un appel d'offres
         2 430 000                           pour le championnat national et les Espoirs. Ce lot incluait
téléspectateurs : le record des              également les droits TV de l'Equipe de France Féminine jusqu'en
  chaînes de la TNT Gratuite.                2014, pour lequel nous nous sommes donc engagés à diffuser
  Signé par Direct 8 lors de la              trois matchs par an». Thierry Cheleman, directeur des sports de
   demi-finale de la CDM de                  Direct 8.
       football féminin.
                                     Direct 8 retransmet depuis 2009 plusieurs rencontres par an des
                                     équipes de France Espoirs et Féminines de football. Le public, en
                                     attente d’un sport aux autres valeurs que celles du football
    professionnel masculin, qualifié de « business », s’est largement pris au jeu et a apporté un vrai
    crédit à cette programmation.

              En 2011, les performances des matches des équipes féminines ont pris une autre
              dimension avec le parcours en Coupe du Monde des Bleues. La demi-finale opposant la
              France aux Etats-Unis du Mondial féminin signait le record historique de la chaîne et de
    la TNT toutes chaînes confondues avec 2 430 000 téléspectateurs et 17,4% de part d'audience.
    Les performances de la rentrée 2011 ont également surfé sur cette vague d’affection, les matchs
    qualificatifs des Bleues à l'Euro 2013 ont en effet attiré entre 720 000 et 940 000 fans7 à chacune
    de leurs diffusions.

    II. LES CHAINES SPORTIVES : FIGURES DE PROUE DES THEMATIQUES




    Les grands noms des chaînes thématiques de sport restent des références des chaînes payantes,
    restant bien au-dessus des standards habituels des chaînes thématiques.




6
  http://www.francefootball.fr/fiche/club/09/1009-red-bull-salzbourg.html#!/news/2011/12/02/131252_le-psg-cartonne-sur-w9.html
(Source Médiamétrie)
7
  http://www.lefigaro.fr/sport-business/2011/10/12/04014-20111012ARTFIG00748-le-foot-feminin-booster-d-audience-pour-direct-8.php
(Sources Médiamétrie)



                                                                                                                              13
Preuve en est, les part d’audiences des chaînes thématiques en février 20128, où des chaînes
        comme Canal Plus Sport s’approchent du 1% de part de marché et donc de certaines
        performances enregistrées par des chaînes de la TNT Gratuite.

        3. 2012, DES PERSPECTIVES EXCEPTIONNELLES POUR LES AUDIENCES AUDIOVISUELLES
        SPORTIVES

        I. LE CHAMPIONNAT D’EUROPE 2012 DE FOOTBALL
        Nous l’avons vu, le football est un extraordinaire vecteur pour amener les audiences télévisuelles
        à leurs plus hauts niveaux. L’édition 2012 des championnats d’Europe ne devrait pas faillir à la
        règle. Les événements précédents laissent entrevoir des perspectives extrêmement intéressantes
        pour les chaînes qui ont acquis les droits, d’autant que l’équipe de France est qualifiée pour la
        compétition.

        En 2008, la France, défaite contre l’Italie et les Pays-Bas en phase de poules attirait 13,2 millions
        de téléspectateurs sur M6 le 17 juin 2008 et 12,6 millions le 13 juin sur TF1. Malgré donc le piètre
        parcours de l’équipe nationale, les Français se sont passionnés pour l’événement puisqu’ils
        étaient 11,2 millions à regarder la finale de la compétition (Allemagne – Espagne le 29 juin à
        Vienne sur TF1)9.

        L’édition 2004 de l’Euro avait également été prolifique au niveau des audiences obtenues par TF1
        et France Télévisions, alors diffuseur de la compétition malgré le parcours moyen des Bleus
                                      (élimination en Quarts de finale de la compétition face à la Grèce).
                                      La finale du championnat opposant le Portugal et la Grèce avait
       11,2 millions                  attiré 12,6 millions de téléspectateurs (plus de 50 % de Pda) alors
  de téléspectateurs étaient          que le record de l’Euro avait été établi par l’équipe de France et son
devant leur poste pour la finale      match de poule décisif face à la Suisse (15,3 millions de
 de l’Euro 2008 sur TF1 et ce         téléspectateurs le 21 juin 2004 sur TF1 pour une part d’audience de
malgré l’élimination de l’EDF au      60,7 %)10.
  1er tour de la compétition.
                                      Si c’est finalement le nouvel entrant Al Jazeera Sport et ses deux
                                      chaînes « Be In Sport » et « Be In Sport 2 » qui a obtenu les droits de
                                      la compétition, elle doit laisser les matches principaux de la
        compétition à des chaines permettant une diffusion en clair. Ainsi la finale mais aussi les
        rencontres de l’équipe de France seront rendues accessibles aux téléspectateurs sur les chaînes
        avec lesquelles le groupe trouvera un accord. Les audiences devraient être au rendez-vous.

        II. LES JEUX OLYMPIQUES D’ETE 2012 DE LONDRES
        Entre le 9 et le 20 août 2008, les Jeux Olympiques de Pékin, diffusés sur France Télévisions avaient
        attiré en moyenne 1,4 millions de téléspectateurs sur France 2 et France 3 pour une part
        d’audience moyenne de 25,3 %11.




    8
      Chiffres Médiamétrie – Communiqué de presse sur l’audience des chaînes thématiques – Février 2012
    9
      Chiffres Médiamétrie.
    10
       Chiffres Médiamétrie - http://www.liberation.fr/medias/0101494772-finale-de-l-euro-excellent-score-de-france-2
    11
       Chiffres Médiamétrie - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france-
    televisions_552773.html




                                                                                                                        14
Cet événement est l’occasion de mettre en avant d’autres disciplines. 4,3 millions de
         téléspectateurs ont ainsi regardé le dimanche 17 août à 13h40 la médaille d’or des sabreurs
         français (escrime), soit 34 % de part d’audience12.

         Une semaine auparavant, 3,9 millions de téléspectateurs avaient
         également observé la désillusion de Laure Manaudou sur le 400
         mètres féminin de natation. La cérémonie d’ouverture quant à elle                                            36 millions
         (8 août) avait attiré 5 millions de curieux sur France 213.                                        de téléspectateurs français au
                                                                                                            total en France ont regardé les
         Au total, les Jeux Olympiques 2008 ont attiré 36 millions de                                        Jeux Olympiques sur France
         téléspectateurs. Pour ces JO, France Télévisions avait déboursé 44                                           Télévisions.
         millions d’euros (auxquels s’ajoutent 12 millions de frais de
         production)14.

         Les sites consacrés aux Jeux Olympiques du groupe France
         Télévisions ont également reçu pendant la période 3,5 millions de visites qui ont généré 30
         millions de pages vues15, laissant augurer sur le Web des perspectives incroyables pour les
         prochaines éditions.

         Des perspectives exceptionnelles pour Londres 2012

        Il faut rappeler que ces performances ont été réalisées avec des horaires défavorables (6 heures
        de décalage). Cette donnée laisse entrevoir des perspectives très favorables pour l’édition qui se
        déroulera à Londres du 27 juillet au 12 août 2012. Les horaires permettront de mettre en avant
        certaines compétitions phares en prime-time, la proximité géographique et surtout le dispositif
        mis en place par France Télévisions devraient permettre au groupe public d’établir des
                                      performances de tout premier plan. Pour preuve de l’impact du
                                      décalage horaire, 5 millions de téléspectateurs avaient suivi la
       7,7 millions                   cérémonie d’ouverture à Pékin alors que celle des JO d’Athènes avait
      de téléspectateurs              été suivie par 7,3 millions de téléspectateurs (13 août 2004).
  français étaient devant leur
 poste pendant l’ascension des        France Télévisions, qui diffusera 400 heures de direct sur ses
coureurs du Galibier pendant le       antennes et l’ensemble des épreuves en direct vidéo sur les sites
     Tour de France 2011.             Internet dédiés par le groupe à l’événement (2 000 heures de
                                      diffusion), devrait donc profiter de cet événement pour enregistrer
                                      des performances exceptionnelles.

         II. ROLLAND GARROS ET LE TOUR DE FRANCE
         2012 verra également les autres grands événements sportifs réguliers avoir lieu et s’offrir une
         exposition médiatique conséquente. Rolland Garros et Le Tour de France font partie de ces
         manifestations de niveau mondial et semblent tous dans une dynamique positive. Le Tour de
         France a en effet bénéficié d’un cru 2011 exceptionnel, avec des aventures sportives qui ont
         passionné les téléspectateurs.



    12
       Chiffres Médiamétrie - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france-
    televisions_552773.html
    13
       Chiffres Médiamétrie - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france-
    televisions_552773.html
    14
       Chiffres Médiamétrie - http://sport.francetv.fr/jeux-olympiques-2008/index-fr.php?article=6008&page=article
    15
       Chiffres fournis par « L’Express » - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france-
    televisions_552773.html



                                                                                                                                      15
Les chaînes du groupe France Télévisions ont en effet battu des records d’audiences sur l’édition
2011. L’étape du jeudi 21 juillet par exemple, a rassemblé en moyenne sur les chaînes du
groupe 5,9 millions de téléspectateurs pour 55,4% de part d’audience. Un record historique pour
cette compétition. Mieux, lors de la petite heure qu’il a fallu aux coureurs pour escalader le
Galibier, c’était 7,7 millions de téléspectateurs qui étaient massés devant leur poste pour une part
d’audience de 62,4 %16. Nul doute que le groupe public voudra cette année capitaliser sur ce
succès 2011.

              Rolland Garros, comme Le Tour de France, est un événement qui continuent de
              progresser. Egalement retransmis par le service public, il a battu des records d’audiences
              en 2011. La finale masculine du tournoi notamment, qui mettait aux prises les meilleurs
              ennemis Rafael Nadal et Roger Federer a réuni 5,3 millions de téléspectateurs entre
              14h30 et 19 heures soit une part d’audience de 36 % sur l’ensemble de l’après-midi. Un
              record depuis 1999.

Au total, ce sont 29 millions de téléspectateurs qui ont regardé le tournoi au moins 10 minutes
consécutives sur les antennes de France Télévisions, soit 49,8 % de la population française
équipée d’une télévision.

Comme à l’accoutumée, les événements sportifs rythmeront la vie des français pendant l’été et
celui de 2012 devrait donc être extrêmement porteur en termes d’audiences.

4. LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS, LEVIERS POUR LA CONSOMMATION DES
MENAGES

I. LES EVENEMENTS, L’OCCASION POUR LES CONSTRUCTEURS DE PRESENTER ET DE
LANCER LEURS INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES
Les compétitions sportives sont de très bonnes occasions pour les fabricants de tester en
grandeur nature la valeur de leurs innovations. Les contenus, propices à la consommation de ces
nouvelles technologies sont aussi un levier pour pousser à l’acte
d’achat des ménages.                                                       « Nous lançons ces produits à
                                                                           partir de juin pour qu'ils soient
L’exemple de Sony, lançant une gamme de 8 téléviseurs restituant les         en phase avec la Coupe du
images en trois dimensions à l’occasion de la Coupe du Monde de                  monde de football »
football 2010 est frappant. « Lancer des téléviseurs 3D plus tôt en
l'absence de contenus dédiés n'aurait pas eu de sens. Nous serons un            Yoshihisa Ishida, Vice-
peu en retard sur d'autres marques, mais nous lançons ces produits à              président de Sony
partir de juin pour qu'ils soient en phase avec la Coupe du monde de
football et la mise en vente de jeux en 3D », avait alors déclaré le vice-
président de Sony Yoshihisa Ishida17.

II. UN ETAT D’ESPRIT PROPICE A LA CONSOMMATION
Les périodes correspondant aux grands événements sportifs sont également propices à une
hausse de la consommation des ménages. Cette tendance impacte particulièrement le secteur
d’activité des équipements électroniques. « Si tous les postes d'équipement du logement sont

16
  Chiffres Médiamétrie - http://tele.premiere.fr/News-Tele/Audiences-TV-records-battus-pour-le-Tour-de-France-sur-France-
Televisions-2838616

17
     http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/03/09/sony-se-lance-dans-la-television-3d_1316463_651865.html



                                                                                                                            16
dynamiques, la plus forte hausse concerne l'électronique grand public, stimulée en premier lieu par
     un « effet Coupe du Monde » sur les achats de téléviseurs », expliquait l'Insee en Juin 2010. Si
     l’effet n’est que peu notable sur un point de vue macroéconomique, l’institut de statistiques
     concède que « les coupes du monde de football ont, semble-t-il, un effet sur les ventes de
     téléviseurs »18.

     Cette tendance est d’ailleurs confirmée par les chiffres. En mai 2010
     soit dans le mois précédant l’ouverture de la compétition, les
                                                                                                         « Les coupes du monde de
     dépenses en biens durables ont fortement augmenté (+ 3,6 %) par
                                                                                                        football ont, semble-t-il, un
     rapport aux mois précédents. Les équipements du logement
                                                                                                           effet sur les ventes de
     augmentaient eux spectaculairement de 7,3 % sur le mois19.
                                                                                                                téléviseurs »
     Des offres spéciales destinées à pousser à la consommation
                                                                                                              Insee – Juin 2010
         −    Les offres d’équipements TV aux particuliers…
              L’édition 2010 de la Coupe du Monde fût extrêmement
              prolifique au niveau des offres spéciales réalisées par les fabricants ou revendeurs de
              matériel télévisuel. A l’approche de l’événement, de nombreux efforts de communication
              incitant le consommateur à déclencher l’achat ont vu le jour. Carrefour (partenaire officiel
              de l’équipe de France de football) par exemple, promettait de rembourser intégralement
              les téléviseurs achetés pendant une certaine période si l’équipe nationale remportait la
              compétition (cf. à la publicité en annexe 3).

         −    … et aux professionnels
              Plus étonnant, Pixmania et sa division professionnelle a saisi l’occasion de la Coupe du
              Monde 2010 de football pour proposer à ses clients d’équiper leurs bureaux pour pouvoir
              permettre aux employés des entreprises de suivre les rencontres de la compétition.
              Télévisions, vidéoprojecteurs étaient alors proposés pour permettre une diffusion
              optimale au bureau20.




18
   http://bercy.blog.lemonde.fr/2010/06/24/consommation-leffet-coupe-du-monde-de-football/
19
   http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=19&date=20100624
20
   http://www.itrnews.com/articles/105295/pixmania-pro-lance-offres-speciales-coupe-monde-football-equiper-son-entreprise.html



                                                                                                                                 17
Mais les vendeurs de téléviseurs ne sont pas les seuls à profiter de ce genre d’événements pour
tenter de déclencher un achat. Les opérateurs ou des fournisseurs d’accès à Internet font
également de ces compétitions des moments forts de leur activité commerciale et de
communication au cours de l’année. Ainsi pour la Coupe du Monde de rugby, nous avons pu voir
Numéricable proposer une offre spéciale (ci-dessus).

L’impact de ces grandes compétitions sportives et donc absolument indéniable et doit être pris
en compte dans nos analyses. Ces événements incluent également un rapport spécial du public
avec son équipement, qui représente le lien avec l’équipe qu’il supporte et le vecteur des
émotions suscitées par ces événements.


LE SPORT GENERATEUR D’AUDIENCES - QUE RETENIR ?

    −   Le sport a une valeur de mobilisation. Il obtient des scores d’audience extrêmement
        importants avec une constance inégalée par les autres genres.
    −   L’équipe nationale est une aide pour atteindre les sommets mais pas absolument
        essentielle pour réussir de bonnes audiences.
    −   Le sport trouve sa place au sein des moments forts de la vie des français qui se
        réunissent autour d’événements exceptionnels quasiment exclusifs : les grandes
        compétitions de football et de rugby.
    −   Ces moments sont toutefois exceptionnels. Chaque diffusion de sport n’enregistre pas
        des performances permettant d’intégrer les meilleures audiences de l’année.
    −   On note que ressort un certain manque de diversité des chaînes dont la stratégie semble
        être de se focaliser sur une partie des grands événements sportifs en ne laissant que
        peu de place aux autres manifestations.
    −   Le sport créé un lien entre les téléspectateurs et les chaînes : des moments forts de
        l’année télévisuelle mais aussi une construction d’une expérience et d’une histoire
        commune entre les français basée sur des émotions.
    −   Les grandes compétitions sportives sont donc des produits de prestige, autant pour les
        grandes chaînes possédant les plus grands droits que celles plus moyennes qui diffusent
        des droits secondaires.
    −   Les performances lors des éditions précédentes des grands événements de l’été 2012 ne
        laissent planer aucun doute sur la capacité des événements de l’été à fédérer un grand
        nombre de téléspectateurs, d’autant que toutes les grandes compétitions cette année se
        feront dans les fuseaux horaires européens.
    −   Les fournisseurs d’équipements aussi profitent des grands événements sportifs qui sont
        des moments propices à une hausse de la consommation des ménages.


2. VERS UNE ETENDUE DE L’OFFRE TELEVISUELLE SPORTIVE

L’offre de programmes sportifs est d’ores et déjà extrêmement riche même si nous pouvons
remettre en question la diversité des sports proposés.

Ces offres sont à la fois réparties sur les grandes chaînes généralistes, sur lesquelles sont diffusés
les plus grands événements mais aussi sur de nombreuses chaînes thématiques, qui ont vu le jour
pour combler une demande toujours plus forte de contenus diversifiés.




                                                                                                   18
Alors que l’on pourrait penser que le marché arrive à saturation vu le nombre de chaîne, il n’en
n’est rien et l’offre continue de croître. L’arrivée d’un nouvel acteur majeur et le positionnement
d’un d’entre eux sur les chaînes de la TNT gratuite sont la preuve formelle de cette tendance.
                                             gratuite

1. LES PRINCIPALES OFFRES TELEVISUELLES SPO
                       ES               SPORTIVES FRANÇAISES

Les acteurs du monde des médias ont bien compris cet engouement suscité par le sport et ont
créé des chaînes regroupant des offres de contenus à caractères sportifs large Cette partie est
                                                                             larges.
consacrée à un panorama des chaînes reconnues comme spécialistes de l’offre sportive qui se
battent pour l’acquisition de droits et financent une partie du sport de haut niveau français.

LES CHAINES DU GROUPE CANAL +
                    E




Le groupe Canal + fait figure de leader sur le marché. La chaîne généraliste qui fait depuis ses
débuts du sport (et plus particulièrement du championnat de France de football) son principal
produit d’appel a réussi un pari audacieux : celui de se positionner comme spécialiste du football
et du rugby alors qu’elle n’est pas une chaîne de sport.

Si Canal Plus se démarque autant c’est par la qualité de son offre
            s
par la qualité des droits acquis mais aussi par l’analyse et les
figures sportives qui peuplent l’antenne qui apporte une vraie
         portives                            apportent                         420 millions
valeur ajoutée à l’image.                                               d’euros seront attribués chaque
                                                                         année à la Ligue 1 par Canal +
Des émissions comme « Les spécialistes » (Canal Plus Sport) ou le
                                                                           sur la période 2012 / 2016.
succès du Canal Football Club (Canal Plus) qui s’est imposée
              nal
comme l’émission de référence sur le championnat de France
professionnel de football.

LES CHAINES D’INFORMATION SPORTIVES
                    ATION




                                                                                                19
Les chaînes d’information sportives L’Equipe TV (Groupe Amaury) et Infosport + (Groupe Canal
Plus) sont importantes dans le paysage audiovisuel sportif. L’Equipe TV, qui a obtenu une
fréquence sur la TNT gratuite devrait dans les mois à venir voir son auditoire exploser.
                                                                     auditoire

AUTRES CHAINES THEMATIQUES SPORTIVES




Les autres grandes chaînes sportives françaises offrent des grilles de programmes plus
« classiques » avec l’acquisition de certains droits. Eurosport France, déclinaison télévisuelle
française du groupe Eurosport bénéficie de la renommée la plus importante. Elle se différencie
                  pe
aussi quelque peu par sa ligne éditoriale en retransmettant par exemple une grande partie de la
saison de sports d’hiver.




Ma Chaîne Sport et Orange Sport semblent s’être positionnées sur des profils de chaînes assez
                                                     positionnées
similaires en proposant des rendez
                            rendez-vous footballistiques et du basket-ball.

Autre groupe qui propose une ligne éditoriale différente : Equidia. Spécialisé dans les sports
hippiques, il consacre depuis septembre 2011 une chaîne au sport hippique et une seconde,
Equidia Life, dédiée au cheval lui
         ife,                  lui-même.

Dans l’ensemble, nous pouvons voir que plusieurs chaines ont su se faire une place dans le
paysage audiovisuel sportif français avec l’acquisition de compétitions sportives de premier plan.

Si le groupe Canal + se positionnait donc jusqu’alors comme la référence française avec les droits
des plus grandes compétitions nationales des deux sports phares (Football et Rugby) la situation
évolue avec l’arrivée d’Al Jazeera Sports : un nouvel acteur à la puissance financière très forte.

2. AL JAZEERA, L’ACTEUR QUI CHAMBOULE TOUT

Al Jazeera Sport est la déclinaison sportive du groupe média Al Jazeera. Son audience est estimée
entre 30 et 40 millions de téléspectateurs dans le monde C’est donc un véritable poids lourd du
                                                    monde. ’est
monde audiovisuel sportif qui a fait l’annonce de son arrivée sur le marché français. Menée par



                                                                                               20
Charles Biétry, elle se présente avec la volonté de devenir dans un
                                                 futur très proche, le grand acteur du secteur.
       240 millions
d’euros dépensés chaque année                    L’opération de séduction des consommateurs par l’acquisition de
pour 8 affiches de Ligue 1 par Al                grands droits sportifs a déjà commencé avec l’acquisition pour la
  Jazeera sur la période 2012 /                  période 2012 / 2016 de 8 matches de Ligue 1 sur 10 pour environ
              2016.                              240 millions d’euros21 ou encore les droits de la Ligue des champions
                                                 en obtenant 4 des 5 lots mis en jeu par l’UEFA22.

                                       Al Jazeera Sport déboursera 61 millions d’euros pour ces droits
         relatifs à la plus prestigieuse des compétitions de football européenne chaque année, soit le
         double de ce que Canal + déboursait jusqu’alors. Si la chaîne ne pourra pas diffuser les rencontres
         de l’équipe de France de football ou les matches décisifs de l’Euro 2012 (matches protégés ayant
         l’obligation d’être diffusés en clair), cela n’a pas empêché de s’offrir l’ensemble des droits de la
         compétition pour environ 130 millions d’euros23.

         Des acquisitions de droits qui bouleversent le marché donc et particulièrement les habitudes du
         groupe Canal +, qui ne peut rivaliser financièrement. Ce changement est d’autant plus fort que la
         chaîne a annoncé le prix de l’abonnement mensuel : aux alentours de 11 euros par mois. Plus de
         trois fois moins cher qu’un abonnement Canal +.

         Au-delà de la simple concurrence pour le groupe Canal +, cet
         acteur pose la question de la diffusion en clair des événements
         sportifs. Si certaines des manifestations sont « protégées » par la                                             11 euros
         législation française, la part des événements accessibles au grand                                     le prix de l’abonnement
         public pourrait bien se réduire sensiblement.                                                        mensuel annoncé pour les 2
                                                                                                             chaînes sportives d’Al Jazeera
         Car si Canal Plus ne peut pas rivaliser avec Al Jazeera, il est clair
                                                                                                                        en France.
         que ni le groupe TF1, ni le groupe M6, ni le groupe France
         Télévisions ne pourront s’aligner lors d’une montée des enchères
         sur des événements que ces groupes ont l’habitude de diffuser.

         Ainsi il n’est pas inenvisageable à terme de voir des événements historiques du sport français
         passer dans le domaine du payant. Rolland Garros, Le Tour de France, les épreuves secondaires
         du calendrier footballistique et pourquoi pas même les Jeux Olympiques. Un fait qui creuserait
         nécessairement un fossé entre le monde du sport professionnel et son public.

         Il ne faut toutefois pas voir l’impact d’Al Jazeera avec un angle exclusivement négatif. En
         alimentant financièrement certains sports (si la ligne éditoriale n’a pas encore été complètement
         précisée, Charles Biétry a garanti une forte diversité dans les sports proposés par la chaîne), en
         proposant ses prestations pour une somme raisonnable et en stimulant la concurrence, nous
         pouvons voir en l’arrivée de cette chaîne une véritable bonne nouvelle.

         3. FIN DE PARTIE POUR CFOOT : L’IMPOSSIBILITE D’UN « AUTRE FOOTBALL » A LA
         TELEVISION ?


     21
        Informations L’Equipe : http://www.sudouest.fr/2012/01/26/droits-tele-la-chaine-al-jazira-sport-diffusera-bien-huit-des-dix-matches-de-
     ligue-1-616251-766.php
     22
        Informations Le Monde : http://www.lemonde.fr/sport/article/2011/12/06/football-al-jazira-diffusera-la-ligue-des-champions-en-france-
     des-2012_1613742_3242.html
     23
        Information RMC Sports relayée par Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/sport-business/2012/02/23/20006-20120223ARTFIG00369-al-
     jezira-aurait-remporte-l-euro-2012.php



                                                                                                                                           21
L’onde de choc provoquée par l’entrée sur le marché d’Al Jazeera et ses acquisitions de droits,
            notamment concernant le football a précipité un très probable arrêt de la chaîne de la Ligue
            professionnelle de football CFoot, qui diffusait notamment les rencontres de Ligue 2 et certains
            magazines dédiés au sport roi (football féminin, africain).

            Devant l’arrivée d’un nouveau concurrent payant aux moyens financiers illimités, CFoot a
            officialisé « l’arrêt de la chaîne à la fin de la saison ». « Cette décision a été prise en raison des
            perspectives très sombres de la TNT payante, des conditions de distribution très défavorables
            faites à la chaîne et du contexte de crise économique qui n'épargne pas le football français » avait
            précisé la Ligue qui a vu ses principales perspectives (remettre la main sur des produits phares de
            la Ligue 1 afin d’attirer des téléspectateurs) rendues impossible par l’arrivée d’Al Jazeera.

            En dehors de son positionnement sur la TNT Payante, elle même en situation d’échec et de la
            stratégie peut-être trop ambitieuse de la chaîne et de la Ligue, la question de la diffusion d’un
            autre football est posée. Car si Al Jazeera va très clairement favoriser la diffusion d’événements
            footballistiques correspondant aux standards des autres grandes chaînes, ce sera donc au
            détriment de ceux mis en avant par CFoot.

            4. L’EQUIPE TV HD, PREMIERE CHAINE D’INFORMATIONS SPORTIVES FRANÇAISE
            DISPONIBLE SUR LA TNT GRATUITE

            Le groupe Amaury Médias et sa chaîne « L'Equipe TV HD » ont été sélectionnés par le CSA comme
            chaîne d’informations gratuites dédiée au sport dans le cadre de l’appel d’offres qui devait
            attribuer 6 nouvelles fréquences sur la TNT Gratuite.

                                                  François Morinière, Directeur Général du groupe L’Equipe se
                                                  félicitait de cette nouvelle : « C'est un jour historique pour le sport
                   1%                             en France qui va profiter d'une formidable fenêtre d'exposition sur
 la part d’audience visée par le                  un canal de télévision gratuit. C'est aussi un jour historique pour le
groupe L’Equipe avec sa chaîne                    groupe L'Équipe, 66 ans après sa création (...), qui va désormais
L’Equipe TV lorsque celle-ci sera                 pouvoir développer une chaîne grand public unique, innovante,
  diffusée sur la TNT Gratuite.                   interactive et riche de la diversité du sport »24.

                                         « Pour la première fois en France, une chaîne de sport gratuite et
                                         accessible à toute la population française va être créée », a ajouté
            le groupe, précisant que « L'Équipe HD sera la chaîne de tous les sports, de tous les terrains de
            sport et de tous ceux qui font le sport »25. L'Equipe HD doit selon le projet remplacer L'Equipe TV,
            la chaîne payante du groupe Amaury diffusée sur le câble et le satellite depuis 1998.

            Cette nouvelle pourrait redistribuer certaines cartes et profiter à des sports moins médiatisés.
            C’est en effet la ligne de conduite que L’Equipe TV HD a suivi pour séduire le CSA et le CNOSF
            (Comité National Olympique et Sportif Français) en se présentant comme « la chaîne de tous les
            sports ».




            L’OFFRE TELEVISUELLE SPORTIVE – QUE RETENIR ?


     24
          http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/tnt-l-equipe-salue-une-decision-historique_1098222.html
     25
          http://www.challenges.fr/media/20120327.AFP1542/l-equipe-hd-pour-la-1ere-fois-une-chaine-de-sport-gratuite-l-equipe.html



                                                                                                                                     22
−    Un marché stable ces dernières années bouleversé par une entrée majeure (Al Jazeera)
                 et le changement de statut d’un acteur important (L’Equipe TV HD).
            −    La remise en question du leader incontesté du marché ces dernières années : Canal +.
            −    Vers la disparition de certains acteurs mineurs du marché et la possibilité d’étendre
                 l’offre à d’autres standards que ceux proposés par les grandes chaînes ?




       3. UNE CULTURE TELEVISUELLE STANDARDISEE ET MISE EN ECHEC

       La culture n’a pas la même reconnaissance que le sport. Là ou les programmes de sport s’offrent
       souvent les lumières du prime-time, il est clair que les contenus culturels sont souvent relégués à
       des heures ne bénéficiant pas de la même exposition.

       Mais il n’empêche que l’offre existe. Si elle est clairement plus représentée sur les chaînes du
       service public ayant des obligations de programmation en la matière que sur les chaînes privées,
       elle occupe une vraie place dans le paysage audiovisuel et télévisuel. Le problème de la largesse
       de la définition à attribuer à la « culture » peut toutefois changer du tout au tout ce type
       d’analyse.

       1. QUELLE CULTURE ?

       Tous les ans, la culture est représentée dans les palmarès des meilleures audiences de l’année. A
       l’image de ce qui se passe pour le sport, ce sont toujours les mêmes types de contenus qui sont
       mis en avant, de manière assez importante puisque le cinéma occupe en moyenne une petite
       dizaine des meilleures places dans le top 100 des audiences de l’année26.




       Les films et les spectacles musicaux sont les seuls éléments culturels que l’on retrouve dans les
       grands succès d’audience annuels mais au delà de ce constat cette tendance révèle quelque
       chose de presque alarmant. En effet, la diversité de ces contenus est extrêmement limitée.

26
     Chiffres Médiamétrie



                                                                                                       23
Cette tendance est visible en premier lieu sur le genre « Musique / Spectacles ». En dehors de
       l’hommage à Grégory Lemarchal en 2007 (10 486 000 téléspectateurs réunis devant leur poste
       pour le 4 mai 2007), toutes les occurrences apparues ayant pour thème la musique sont liées au
       spectacle annuel des « Enfoirés ».

       Une analyse plus détaillée des contenus nous révèle que le
       cinéma souffre lui aussi d’un manque assez flagrant de
                                                                                                                      4
       diversité dans les contenus proposés. Les mêmes films
                                                                                                        sur les 5 années analysées, les
       reviennent en effet en boucle et n’offrent pas par
                                                                                                       films de la série des « Bronzés »
       mécanisme, la possibilité à d’autres courants la possibilité
                                                                                                        apparaissent 4 fois dans le top
       d’obtenir une exposition.
                                                                                                         100 des meilleures audiences
       Ainsi sur les cinq années analysées et les 42 films qui ont                                                 de l’année.
       obtenu une place dans le top 100 des audiences annuelles,
       apparaissent quatre films de la série des Bronzés, quatre des
       films relatant les aventures d’Astérix, « La Grande
       Vadrouille » apparaît deux fois tout comme « Le dîner de con ».

       La question n’est bien entendu pas de remettre en cause la qualité de ces films mais de se
       questionner sur l’intérêt de la récurrence de ces contenus et du mal qu’elle peut faire au reste des
       productions cinématographiques.

       2. EXISTE T-IL ENCORE UN DROIT A LA CRITIQUE ?

       La critique est tellement rare dès lors qu’il s’agit de discussions culturelles à la télévision que la
       question mérite d’être posée. Est-elle réellement autorisée ? Dans quelle mesure ? Si ce sujet
       mériterait une analyse bien plus étendue, complète et profonde que les quelques lignes que nous
       allons y consacrer ci-dessous, c’est un problème que nous nous devons d’aborder pour envisager
       une analyse de ce qu’est la culture à la télévision.

       I. LA CRITIQUE… QUELLE CRITIQUE ?
       L’émission de référence en France, celle dans laquelle les artistes, les réalisateurs, les écrivains se
       bousculent est bien entendu celle présentée par Michel Denisot, « Le grand journal ». Si tous les
       soirs de la semaine le programme offre une prestation en live et des interviews de personnalités
       culturelles qui comptent, le passage dans ce programme est extrêmement favorable à l’ensemble
       de ces personnalités.

       La critique au sens propre du terme est un style extrêmement peu utilisé au profit d’une
       promotion sans aucun sens de la contradiction. Si l’on peut parfois apercevoir quelque esprit de
       contradiction, il vient rarement des présentateurs.

       Le problème réside essentiellement dans le fait que les artistes ne se rendent pas sur les plateaux
       pour ce qu’ils ont à dire mais pour ce qu’ils ont à vendre, sans se poser la question de ce qu’ils ont
       a en dire, précisément. C’est la thèse défendue par Pierre Bourdieu dans son essai, « Sur la
       télévision »27, qui pose la question de l’intérêt des interventions des personnalités à l’antenne et
       sur laquelle nous nous appuierons pour mener notre réflexion.

       II. LA NON ACCEPTATION DE LA CRITIQUE PAR LES ARTISTES

27
     Pierre Bourdieu, « Sur la télévision suivi de l’emprise du journalisme » - LIBER Editions, 1995



                                                                                                                                     24
L’absence de critique dur au fait que les artistes eux-mêmes ne l’acceptent pas. Combien de
« polémiques » sont nées de critiques plus ou moins appuyées par des intervenants sur les
plateaux ?

Certaines émissions ont même fait de ces polémiques leur fond de commerce. « On n’est pas
couché » par exemple, animé par Laurent Ruquier sur France 2 a longtemps fait de ses deux
critiques Eric Zemmour et Eric Naulleau la marque de l’émission. Les personnalités ayant quitté le
plateau ou réagit extrêmement violemment à la moindre contestation ne se comptent plus, une
preuve de la sensibilité d’artistes qui n’ont absolument pas l’habitude de voir leur travail remis en
question ou simplement questionné.

III. LE PARADOXE DE LA POPULARITE DES CRITIQUES – (ZEMMOUR & NAULLEAU)
La rareté de la critique est étonnante. Car elle passionne le public. En témoigne les critiques de
l’émission précédemment citée, Eric Zemmour et Eric Naulleau. Les deux éditorialistes, aux cotes
de popularités élevées furent remerciés et remplacés à la rentrée de septembre 2011. Preuve que
le format et le simple fait de voir une émission aux contenus différents soit un facteur d’intérêt
pour le téléspectateur, le remplacement de ces deux personnalités fortes de l’antenne n’a pas
vraiment entraîné une érosion de l’audience de l’émission. Leurs remplaçantes, quoique jugées
moins convaincantes permettent tout de même au programme de surnager le samedi en fin de
soirée, la chute d’audience étant minime. Une tendance qui confirmerait la recherche d’un
contenu différent, moins policé de la part des téléspectateurs.

IV. UNE TENDANCE QUI SE GENERALISE A D’AUTRES MEDIAS. LA RESISTANCE DU WEB.
La tendance à une faiblesse de la critique se généralise par ailleurs à certains autres médias. C’est
le cas de magazines de cinéma, qui peinent parfois à ne pas tomber dans une promotion
quasiment systématique. C’est donc ailleurs qu’il faut aller chercher un véritable esprit critique
pour le « consommateur ». Blogs, magazines plus indépendants, réseaux sociaux, il existe encore
des lieux d’expressions allant à l’opposé d’une sorte de pensée unique.

La faiblesse de la critique est donc quelque peu préoccupante. Car elle est importante dans le
développement d’une création diversifiée et dans l’éducation du téléspectateur. Cette faiblesse
est d’autant plus dommageable que le public semble être en attente de contenus, moins
aseptisés.

3. LES TENTATIVES INFRUCTUEUSES DU SERVICE PUBLIC

I. FRANCE TELEVISIONS – UNE OBLIGATION DE QUALITE DE PROGRAMMATION
France Télévisions n’a pas qu’une obligation de résultats d’audiences. Cette notion est
symbolisée par la non commercialisation d’espaces publicitaires après 20 heures, qui permet de
libérer les chaînes du service public de certaines de ces contraintes d’audiences. Avec les 2,4
milliards d’euros reçus de l’état chaque année, le groupe doit rendre des comptes en termes de
qualité de programmation, de propagation du patrimoine culturel français.

« France Télévisions se doit aussi d’être exemplaire :

    −   en matière de soutien à la création audiovisuelle, grâce à des oeuvres innovantes et
        capables de renouveler une fiction française en difficulté
    −   en matière de bonne gestion



                                                                                                  25
−    en matière de programmes culturels, notamment musicaux ».28

         Ces tâches différencient le groupe de ses grands concurrents généralistes mais lui impose
         également des contraintes. Les chaînes du groupe doivent notamment s’impliquer dans la
         promotion du cinéma, de la musique ou du spectacle vivant français.

         II. INVESTIR AU MOINS 60 MILLIONS D’EUROS JUSQU’EN 2015 DANS LE CINEMA
         France Télévisions a pris l’engagement au sein même de son Contrat d’Objectifs et de Moyens,
         « de dépenser au moins 60 millions d’euros dans la production de films français et européens
         jusqu’en 2015 ».

                                              Comme un symbole de l’engagement de France Télévisions pour le
                                              cinéma, les professionnels du secteur ont donné leur accord au
                                              cours du premier trimestre 2012 pour permettre à l’une des chaînes
             3,5 %
                                              du groupe, France 4, « de diffuser des films français et européens le
du chiffre d’affaires de France 4
                                              mercredi en première partie de soirée et de renforcer les
 est réinvesti dans des œuvres
                                              engagements de la télévision publique en faveur du cinéma
 cinématographiques chaque
                                              français29 ». En échange, elle investira 3,2 % à 3,5 % de son chiffre
             année.
                                              d’affaires dans des œuvres cinématographiques. France 4 fait de
                                              nombreux efforts de programmations pour mettre en avant un
                                              cinéma différent en mettant en valeur des films d’arts et essai ou
                                              des courts-métrages.

          « Cet accord renforce le soutien de notre groupe au cinéma français et participe à l’évolution des
         règles afin de les adapter aux pratiques culturelles des français » a alors déclaré M. Rémy Pflimlin,
         PDG de France Télévisions.

         III. ASSURER LA PROMOTION DES ARTS VIVANTS
         Dans sa politique de promotion de la « Culture », France Télévisions a à plusieurs reprises tenté
         de proposer à ses téléspectateurs des représentations filmées de théâtre ou de cinéma. Malgré
         plusieurs flops d’audiences, le groupe poursuit dans sa volonté de mettre ces disciplines au cœur
         de sa stratégie de programmation.

         La signature d’un accord cadre de trois ans avec l’Opéra de Lyon en mars dernier en est la preuve.
         L’objectif selon Rémy Pflimlin : « nouer et développer de forts partenariats avec les institutions
         culturelles françaises notamment en région, pour faire découvrir au plus grand nombre toutes les
         formes d’expression musicale, y compris celles qui semblent les moins accessibles »30. Le groupe a
         déjà capté six spectacles du « Festival Puccini » pour la saison
         2011 / 2012.

         L’expérience se poursuivra même avec des efforts portés sur un
         « volet expérimental sur l’opéra en numérique » : web doc, télé
                                                                                                      Adapter la culture
         connectée, retransmissions sur le Web seront au centre de                                   d’élite aux nouveaux
         contenus pensés pour aller dans le sens des nouveaux
         comportements numériques.
                                                                                                       comportements
                                                                                                          numériques

    28
       http://www.gouvernement.fr/gouvernement/les-contrats-d-objectifs-et-de-moyens-de-france-televisions-et-d-arte-france
    29
       http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article2001
    30
       http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article1981



                                                                                                                              26
IV. LA MUSIQUE
          Les concerts uniques France Télévisions

          Tout au long de la saison télévisuelle 2011 / 2012, « France Télévisions produit et offre à ses
          téléspectateurs une série de concerts uniques dans des lieux exceptionnels dans toute la Fr
                                                                                                   France
          choisis par les artistes eux-mêmes et qui sont diffusés sur les chaînes du groupe », renforçant
                                       mêmes             diffusés
          ainsi le soutien du groupe au monde musical.

          L’implication de l’ensemble des chaînes du groupe – Les France Ô folies et l’action de France 4

          France Ô, en partenariat avec le festival des Francofolies de La Rochelle, sélectionne des artistes
                          artenariat
          de la région Ile-de-France par le biais de concerts organisés en région parisienne. Cette sélection
                              France
          de neuf talents issus d’un programme de sélection télévisue aura la chance de se produire sur
                                                               télévisuelle
          scène aux Francofolies de La Rochelle. Le concert France Ô Folies, est ensuite retransmis sur
                                                                                ,
          France Ô. Toujours en partenariat avec ce festival, France 4 assure la retransmission de concerts
          en direct et dans leur intégralité.

          V. LE LANCEMENT D’UNE PLAT
                                PLATEFORME RESERVEE AUX ARTS VIVANTS
                                        Cette politique de soutien à la création et au spectacle vivant devrait
                                        également être appuyée par la création d’une plateforme
 France Télévisions :                   numérique dédiée à ces expressions artistiques Emmanuelle
                                                                                     artistiques.
                                        Guilbart, Directrice Générale déléguée aux programmes l’a annoncé
Capter 300 spectacles                   en janvier. Elle devrait être opérationnelle fin 2012. Ce projet «
       par an                           reprendra l'ensemble ou plus des captations que l'on fait sur les
                                        festivals et tous les événements que l'on suit. Compte tenu de tout
                                        ce que l'on couvre, ce devrait être la plus grosse présenc de
                                                                                                  présence
                                        spectacles vivants sur le web » avait-elle notamment indiqué.
                                                                               elle

          France Télévisions qui réalise « environ 300 captations de spectacles par an dans tous les genres
          » ferait de ce volume « la base minimum » pour le site. Celui-ci aura pour vocation de
                                                                                ci
          retransmettre en direct des spectacles (concert, opéra, théâtre, danse...), qui pourront être
              ansmettre
          programmés ensuite sur les chaînes du groupe, ou destinés uniquement au web31.

          VI. LA DIFFICULTE DE CONCILIER CULTURE ET AU
                                  CILIER            AUDIMAT
          Les ratés des magazines culturels lors de la rentrée 2011

          Pour affirmer la volonté du groupe France Télévisions de laisser sa place à la culture sur ses
          antennes, la décision de programmer plusieurs magazines culturels à des heures de grande
          écoute a été prise lors de la rentrée de septembre 2011. Une intention tout à fait intéressante qqui
                                                        ne s’est pas traduit par de bons résultats
                                                        d’audiences, confirmant la difficulté de concilier les
                                                          audiences,
                                                        problématiques d’une programmation de qualité et
                                                        des résultats d’audiences satisfaisants.
                                                               ultats

                                                        Avant-premières : de la deuxième à la troisième
                                                        partie de soirée

                                                        Avant-premières « propose un panorama passionné,

   31
        Satellifax du 16 janvier 2012



                                                                                                            27
ludique, varié et riche de tout ce qui se crée au cinéma, au théâtre, dans la littérature, la musique
       et tous les arts en général » selon France 2. Animé par Elizabeth Tchoungui, le programme tente
       au travers d’interviews d’aborder des thèmes et des problématiques culturelles qui sortent de
       celles habituellement mises en avant sur les plateaux de télévisions.

       Malheureusement pour France 2, ces intentions ne se sont absolument pas converties par des
       chiffres d’audiences satisfaisants. Initialement programmée le mercredi en deuxième partie de
       soirée, sa première ne réunissait que 2,7 % du public pour 300 000 téléspectateurs. Les semaines
       suivantes ne relevaient pas la tendance, le 4ème numéro de l’émission battant même le record de
       médiocrité d’une audience de France 2 en seconde partie de soirée depuis les débuts de la
       mesure d’audience de Médiamétrie de la chaîne (200 000 téléspectateurs et 1,9 % de Pda). Faute
       de réellement relever la barre, le programme a été déplacé le jeudi soir en troisième partie de
       soirée.

       Théâtre et Opéra, échecs répétés

       L’été dernier, France Télévisions mettait ses antennes à contribution pour une programmation
       dédiée à certains festivals de musique. Ainsi France 2 programmait « Aida », un opéra en direct
       des chorégies d’Orange. Avec 900 000 téléspectateurs et 6,7 % de Pda, on peut clairement dire
       que l’événement présenté par Julie Depardieu et Olivier Bellamy n’a pas trouvé le succès
       escompté. France 2 diffusait également fin juillet en seconde partie de soirée une pièce
       retransmise en direct du festival d’Avignon. « Mademoiselle Julie » (Juliette Binoche, Nicolas
       Bouchaud), n’a en effet récolté que 400 000 téléspectateurs pour une Pda de 3%, un véritable
       échec.

       4. ARTE, CHAINE ESTIMEE MAIS PEU REGARDEE

       En 2007, TNS Sofres et Télérama publiaient un baromètre avec
                                                                                                                        2nde
       pour thème la satisfaction des téléspectateurs français pour les                                  la place d’Arte dans l’enquête
       chaînes de la télévision française.                                                                de satisfaction de TNS Sofres
                                                                                                        menée en 2007. Un résultat loin
       Arte, à la question « Parmi les chaînes suivantes, quelle est celle                                   de se retrouver dans les
       qui correspond le plus à ce que vous attendez de la TV ? »,                                          résultats d’audience de la
       obtenait la seconde position avec 13 % des voix, derrière TF1 et                                               chaîne.
       devant France 2 et M6.

       Cette notoriété et cette évaluation extrêmement positive de la
       chaîne franco-allemande ne trouve pas vraiment écho dans les résultats d’audience obtenus par
       la chaîne puisque sur l’ensemble de l’année 2007, sa part d’audience sur sa tranche horaire
       historique (19h00 – 27h00) était de 3,3 %. La tendance ne s’est pas vraiment améliorée depuis
       puisque la chaîne en 2011 ne voyait sa part d’audience ne représenter que 1,5 %.

       5. L’ECHEC ALLOCINE TV

       « Notre chaîne d'information cinéma, lancée en octobre dernier autour de films de patrimoine,
       d'émissions sur le 7e Art et de bande-annonce, cessera d’émettre dans le courant du mois
       d'avril »32. Après avoir enrichi son offre sur le Web, les smartphones, les tablettes, Allociné a tenté
       en septembre 2011 une incursion sur le média télévision.


32
     Communiqué de presse paru sur le site d’AlloCiné - http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18612093.html



                                                                                                                                 28
Gratuite, la chaîne Allociné TV, lancée sur les réseaux câbles et satellite se présentait comme
     « indépendante et récréative », proposant tout au long de la journée des émissions, des
     reportages sur l’actualité du cinéma et en offrant aux téléspectateurs la diffusion de 190 films par
                                   an ainsi qu’une heure de direct quotidien.

                                   La redistribution des cartes (extension de la TNT gratuite sans
                                   attribution de fréquence à Allociné), la difficulté de gérer les droits
        6 mois                     pour proposer le nombre de films envisagé, les problèmes majeurs
                                   rencontrés pour diffuser des films récents, a contraint les dirigeants
la durée de vie de la chaîne
                                   du groupe à prendre la décision de stopper son activité de chaîne de
          Allociné
                                   télévision seulement quelques mois après son lancement,
                                   confirmant la difficulté pour un acteur dont le métier de base n’est
                                   pas la télévision de s’y implanter.

                                    Le groupe retourne donc concentrer ses efforts sur son cœur de
     métier, préparant notamment pour la rentrée de septembre 2012 une offre de vidéo élargie
     gratuite. Cet échec, d’une chaîne arrivant sur le marché avec un nom et une crédibilité
     importante, de plus soutenue par des avis de consommateurs positifs (avec notamment un buzz
     reçu lors de la sortie des jingles publicitaires de la chaîne, cf. en annexe 4) pose la question de la
     possibilité pour un acteur non issu du média télévision de s’y implanter avec réussite.

     La question se pose doublement sur la thématique culturelle. En effet, si le cinéma, moteur de
     l’offre culturelle à la télévision ne parvient pas à s’imposer de manière durable, alors quelle
     thématique ou quel acteur s’y rapportant le pourra ?


      LA CULTURE « STANDARDISEE » ET MISE EN ECHEC - QUE RETENIR ?

         −    Un manque de diversité évidant dans les contenus « culturels » proposés sur les grandes
              chaînes nationales.
         −    Une diversité non stimulée par l’absence d’une critique : une télévision vue par
              l’industrie culturelle comme un instrument de promotion.
         −    Une mission de service public assumée. Des efforts financiers et de programmation
              réalisés globalement non récompensés par des résultats d’audience souvent décevants.
         −    Le service public reste le bastion de la culture télévisuelle même si cette tendance est
              tout de même mise à mal par des résultats d’audiences décevants et des
              reprogrammations fréquentes.
         −    Arte, chaîne de la culture victime d’un décalage entre enquêtes d’opinions et résultats
              d’audiences pauvres.
         −    Des tentatives d’acteurs majeurs de la culture « de masse » d’investir l’écran de
              télévision sanctionnées par des audiences et un système économique inadapté à des
              types de contenus novateurs.




     4. VERS UNE EVOLUTION DE LA CONSOMMATION

     Les habitudes en matière de consommation de la télévision évoluent à une vitesse incroyable.
     Depuis l’arrivée de la couleur, la télévision n’avait jamais connu de plus grands bouleversements




                                                                                                        29
que les révoltions arrivées ces dernières années par la voie de l’Internet et des nouveaux supports
       de consommation des contenus liés à cette innovation majeure.

       Ces modes de consommation sont exclusivement liées à l’explosion des possibilités offertes par le
       Web. La vitesse d’évolution de ces innovations est un enjeu majeur auquel les chaînes et les
       événements vont devoir y répondre rapidement, sous peine de se voir dépassés par les entités
       ayant pris ce virage avec efficacité.

       1. LA CONSOMMATION MULTI-ECRANS33

       I. LE MULTI-ECRANS
       Microsoft définit le consommateur multi-écrans comme « un adulte qui possède et utilise une TV,
       un smartphone, un ordinateur et qui se connecte à Internet au moins
       3 fois par semaine ». Mais, au-delà du nombre d’équipements
       détenus et du niveau de connexion à internet, le mot « multi-écrans
       » désigne des concepts concrets :
                                                                                                                   Connecter
            −     La consommation en parallèle de plusieurs contenus sur          les différents écrans de la vie
                  plusieurs supports différents.                                 quotidienne écrans entre eux
            −     La connexion des écrans entre eux, de sorte que l’utilisateur
                  puisse « jongler » entre ces différents écrans.
            −     L’entrée dans une logique « cross-média », logique dans
                  laquelle un contenu principal sur un écran principal (par
                  exemple, une série TV sur un poste TV) est décliné sur des supports secondaires via des
                  contenus secondaires (par exemple, un site internet sur les personnages de la série).34

       II. QUELLES TENDANCES POUR CES PRATIQUES ?
       En termes de multi-écrans, des tendances lourdes sont à noter :

        -    L’importance accordée au téléphone et aux tablettes tactiles qui « deviennent un vrai
             compagnon device jouant le rôle de télécommande centrale »
             Cette pratique est favorisée par le fait qu’elle n’impacte pas sur la consommation des autres
             personnes présentes devant le télévision à ce moment. Les tablettes, dont la consommation
             actuelle reste marginale mais en constance augmentation s’inscrivent également dans cette
             mouvance.

        -    L’influence des pure players et de l’écran d’ordinateur
             Ces acteurs « cherchent à capter l’audience d’éditeurs de chaîne en proposant à leurs
             consommateurs des services additionnels réalisés sur d’autres supports que celui sur lequel
             est consommé le contenu ». Nous commentons en effet avec de plus en plus de facilité les
             programmes en direct avec les réseaux sociaux sur lesquels nous sommes et inversement.

        -    L’influence grandissante des réseaux sociaux
             Avec 24 100 240 d’utilisateurs de Facebook en France le 16 mars 201235, la France est le
             neuvième pays consommateur du plus grand des réseaux sociaux.


33
     Définitions issues de l’étude menée par Beijaflore - « Multi-écrans » : Effet de mode ou tendance de fond ?
34
     Microsoft Advertising – What’s on their screen, 2010



                                                                                                                          30
Twitter, ses 5,2 millions d’abonnés en France (16ème rang mondial)
                                             et sa progression fulgurante (+ 1 million d’abonnés sur le dernier
                                             trimestre 2011) est quant à lui le réseau social qui alimente le plus
                                             de fantasmes pour établir des liens avec les activités télévisuelles des
  + de 24 millions                           chaînes36.
d’utilisateurs de Facebook
 en France en Mars 2012                  Les acteurs majeurs du secteur télévisé ont bien compris cette
                                         problématique. En Mars 2012, France Télévisions a décidé de passer
                                         la vitesse supérieure en intégrant ces réseaux au cœur de sa
                                         stratégie de programmation. Les Victoires de la Musique 2012
                                         représentaient un programme « test » pour les activités de « social
        TV » du groupe. Le choix de ce programme et les actions mises en place étaient notamment
        justifiées par le fait que les artistes eux mêmes participaient activement sur les réseaux.37

        Le but à atteindre pour France 2 : « réussir à faire vivre les Victoires au-delà de la télévision et plus
        encore, de connecter les différents écrans autour d’une nouvelle expérience » en permettant
        notamment aux Internautes de vivre le « off » de l’événement.

        C’est sur Twitter que la majeure partie des efforts s’est portée. Une
        sélection d’une partie des meilleures contributions des                                             « Réussir à faire vivre les
        téléspectateurs était mise en avant sur différentes plateformes du                                    Victoires au-delà de la
        groupe et un « live tweet » était réalisé par les comptes officiels de la                         télévision et plus encore, de
        chaîne. L’effort était aussi porté sur les comptes Facebook et                                       connecter les différents
        Instagram de France Télévisions et de l’émission, permettant une                                  écrans autour d’une nouvelle
        expérience bien plus profonde pour le téléspectateur (en annexe 5,                                         expérience »
        les photos postées par la production de l’émission sur le compte de
        France Télévisions38).

        Cette tendance se confirme à l’international. On voit ainsi les records de tweets ou d’occurrences
        sur Facebook liés à des événements télévisés s’accumuler. Les initiatives de marques (cf. en
        annexe 6 le site sponsorisé par Chevrolet pour comptabiliser le nombre de tweets relatifs aux
        deux équipes en finale du Superbowl) ou de programmes permettant de prolonger la relation
        avec le consommateur se multiplient.

        Le football américain a établi un certain nombre de records cette
        saison. Début janvier, Tim Tebow, quaterback des Denver Broncos
        (franchise NFL) réalisait l’action du match en réussissant une passe
        de 80 yards lors d’un match opposant sa franchise à celle des                                               9 240
        Pittsburgh Steelers. Une performance qui trouvera un écho                                       tweets par seconde ont été
        incroyable à la rencontre sur Twitter. Selon le compte officiel de la                             comptabilisés dans les
        plateforme de micro-blogging, 9 420 tweets par seconde39 ont été                               instants qui ont suivi l’action
        envoyés dans les instants qui ont suivi l’action, établissant ainsi un
        record pour un événement sportif.

        2. DES TELESPECTATEURS ACTIFS ET PAS UNIQUEMENT
        SPECTATEURS

  35
     https://www.facebook.com/France.Actualites?sk=app_6009294086
  36
    http://semiocast.com/publications/2012_01_31_5_2_millions_d_utilisateurs_de_twitter_en_france?lg=fr
  37
     http://plateautele.francetv.fr/com/2012/03/02/victoires-de-la-musique-2012-une-experience-social-tv-inedite/
  38
     http://statigr.am/p/138937410966174364_18087477
  39
       http://www.sportsmarketing.fr/2012/01/10/tim-tebow-bat-le-record-du-monde-de-tweets-pour-un-evenement-sportif/


                                                                                                                             31
Le principe de base de toutes ces nouvelles technologies et habitudes de consommation ont
toutes un point commun : celui de prolonger l’expérience entre un consommateur et un
programme. Que ce soit en lui offrant un rapport plus personnel, en se rendant plus facilement
accessible ou en lui permettant d’échanger ses sentiments à propos de ce dernier.

Le téléspectateur n’est plus un simplement passif, « subissant » le contenu proposé par l’écran
de télévision mais il en devient un véritable acteur. En provoquant lui même une démarche de
consommation ou en influençant plus ou moins le contenu.

I. PROLONGER L’EXPERIENCE SUR LE WEB POUR IMPLIQUER LE TELESPECTATEUR
Un programme qui a permis de mettre en valeur ces aspects est « Top Chef » (M6). Diffusé par
M6 : le contenu permet de regrouper plusieurs de ces nouveaux usages et de faire franchir au
téléspectateur un cap en termes d’implication dans le programme :

    −   En offrant des contenus additionnels (recettes des candidats, jeux concours…) sur le Net
        (cf. détails en annexe 7).
    −   En incitant les téléspectateurs à réagir sur les événements de la dernière émission, en
        demandant aux personnes suivant le programme de soutenir un candidat sur les réseaux
        sociaux.
    −   En encourageant les Internautes à commenter en direct le programme sur les réseaux
        sociaux et à retranscrire en live les événements diffusés à l’antenne.

II. FAIRE DU TELESPECTATEUR UN VERITABLE PROTAGONISTE DU PROGRAMME
Arte a franchi une autre étape en demandant au téléspectateur de fournir les éléments qui
alimenteront son programme. Pour « Mission printemps », le chaîne franco-allemande a décidé
de réaliser un documentaire autour des phénomènes naturels du
printemps (cf. annexe 8 le détail du site Internet).
                                                                                    « Mission
Ce documentaire, dont les résultats seront dévoilés à l’antenne,
s’appuiera sur une démarche scientifique rigoureuse. A ceci près que
                                                                                   printemps »
toutes les données permettant l’analyse scientifique auront été              Restituer la contribution des
récoltées par les téléspectateurs. Arte invite en effet ses internautes            téléspectateurs à
à utiliser leurs smartphones pour relever des données pour ensuite          l’expérience via une émission
les communiquer aux équipes en charge de relever et analyser les
résultats sur le site d’Arte dédié à cet effet.

Pensé à la manière d’un réseau social, il permet l’échange entre les acteurs de l’expérience et les
scientifiques. Chacune des semaines du printemps était l’occasion d’une nouvelle mission.

Pour crédibiliser cette action, la chaîne s’appuie sur des partenaires d’envergure : la Ligue pour la
protection des oiseaux, le CNRS, le Muséum national d’histoire naturelle. Le côté participatif de
l’action va plus loin puisque toutes les données seront ajoutées aux bases de données existantes
déjà issues de ce type d’études. Le documentaire qui offrira les résultats de ces études sera à
l’antenne en Juin.

III. FAIRE DU TELESPECTATEUR UN ACTEUR EN L’INSCRIVANT DANS PROCESSUS DE
PROGRAMMATION DE LA CHAINE




                                                                                                  32
TF1 tente aussi de franchir un cap supplémentaire dans sa relation avec son consommateur. Le
           but, synthétiser ces nouvelles habitudes en une émission et en poussant la réflexion jusqu’à
           donner au téléspectateur le leadership sur la création même d’une émission.

           Cette expérience prend la forme d’un concours. Le principe : Imaginez le programme TV de
           demain dans lequel l’on peut voir un double objectif de
           compréhension des nouvelles attentes des consommateurs et une
           volonté d’inscrire le téléspectateur au cœur du processus de            « Shake your TV »
           programmation de la chaine. Les limites extrêmement vagues du
                                                                                 Donner au téléspectateur le
           jeu le prouvent : « proposer un programme (Sport,
           Jeu/Divertissement, TV Réalité, Information, Magazines) où les         leadership sur la création
           téléspectateurs qui le souhaiteront pourront par exemple utiliser         même d’un contenu
           les nouveaux supports (tablettes, Smartphones…) au travers des                télévisuel.
           émissions, que ce soit en termes d’interactions, d’utilisations ou de
           connexions ».

           3. LA CONSOMMATION DELINEARISEE DE CONTENUS TELEVISES

           I. LE DIFFERE – DEFINITION
           Le différé sous entend de nouveaux types de consommations, mesurés depuis 2011 par
           Médiamétrie :

                −    l’enregistrement privé sur le téléviseur
                −    le léger différé appelé aussi « timeshifting »
                     Au lendemain de la diffusion d’un programme, Médiamétrie fournit au marché l’audience
                     veille qui intègre les audiences en direct et en différé du jour de diffusion du programme.
                     Cette consommation représente 40 % de la consommation différée et est appelé
                     l’audience « veille ».
                −    l’audience en direct du programme ainsi que son audience différée pendant les 7 jours
                     suivant sa diffusion appelée « l’audience consolidée », qui est la « nouvelle référence de
                     la mesure d’audience de la télévision ».

           II. LE DIFFERE - UNE CONSOMMATION ENCORE MARGINALE VOUEE A CROITRE
           RAPIDEMENT
                                                La durée d’écoute de la télévision par personne et par jour était de 3
                                                heures et 47 minutes en moyenne en 201140.
                1,7 %
                                                La part du différé n’était en 2011 que de 1,7 % dans cette durée
 de la durée d’écoute totale
                                                d’écoute, soit 3 minutes et 39 secondes. Un chiffre qui a donc une
      de la télévision est
                                                valeur relative mais qui devrait fortement augmenter dans les
consommée en différé (3 min                     années à venir.
   39 secondes en 2011).
                                                Le développement des offres des chaînes, l’équipement des foyers
                                                (le taux d’équipement des foyers français en PVR a augmenté à 33 %
                                                au dernier trimestre 2011 contre 26 à la même période un an




    40
         Source : Médiamétrie - http://www.audiencelemag.fr/?article=42



                                                                                                                   33
auparavant), la connaissance et la maîtrise des équipements qui permettent cette pratique
     devraient avoir un vrai impact sur les durées d’écoute relatives à la consommation en différé des
     contenus télévisés.

     Certains pays, dont les habitudes de consommation sont traditionnellement en avance, ont déjà
     vu cette pratique largement se démocratiser. Le différé représente en effet déjà 10 % de la
     consommation au Royaume-Uni et 11 % aux Etats-Unis.41

     III. UNE CONSOMMATION QUI A TENDANCE A CONFIRMER LES SUCCES OBTENUS PAR LES
     PROGRAMMES EN LIVE
     Selon une étude menée par Médiamétrie, « 50% de ce qui est vu ou revu en différé, toutes
     chaînes confondues, a été diffusé entre 20 et 23 heures, avec un pic notable pour les programmes
     diffusés entre 21 heures et 22 heures42 ».

     L’audience du différé provient donc majoritairement des
     programmes diffusés en prime-time et donc des programmes les
     plus consommés en live. Cette tendance est confirmée par le top                                            50 %
     des programmes consommés en différé (cf. ci-dessous) qui relève
                                                                                                des contenus consommés en
     deux tendances lourdes :
                                                                                                différé ont été diffusés entre
         −     La consommation de programmes déjà surconsommés en                                      21 et 22 heures.
               live
         −     La prédominance du genre fiction : 48 % du contenu
               consommé en différé est issu du genre fiction.43

     On notera que la part relative du différé peut se révéler extrêmement importante. Cette pratique
     pourrait donc rapidement constituer une plus-value à la fois intéressante pour les plus petites
     chaînes et générer un trafic et donc une nouvelle source de revenus importante pour les grandes
     chaînes.

     Cette tendance s’affirme avec force lorsque l’on regarde les performances enregistrées par les
     programmes consommés en différé dans les pays étrangers. Aux Etats-Unis, Modern Family
     (série) a conquis au total 5,6 millions de téléspectateurs de plus par rapport au direct et Doctor
     Who plus de 4 millions à BBC1 en Grande-Bretagne.

                                        Meilleure audiences des programmes en diffféré en 2011
                        Heure de début                                                              Nb de télésp. Part du différé
             Date                             Chaîne        Programme                 Genre
                        du programme                                                                   (différé)            *
          19 avril          20h45               TF1         Dr House                  Fiction           726000            8,9
           2juin            21h35            Canal Plus     Desperate Housewives      Fiction           647000           46,9
       12 septembre         21h26             France 2      Castle                    Fiction           610000           13,3
         25 février         20h10             France 3      Plus belle la vie         Fiction           596000           12,1
       16 septembre         20h50                M6         NCIS Enquêtes spéciales   Fiction           568000           11,6
                                                                                      * Part de l'audience représentée par le différé


     IV. UN PROFIL DE TELESPECTATEURS TRES « QUALITATIF »
     Selon Médiamétrie, la pratique du différé est largement plus développée par certains types de
     foyers :

41
   Source : Sattelifax du 23 mars 2012 : chiffres Médiamétrie Eurodata TV
42
   Source : Médiamétrie - http://www.audiencelemag.fr/?article=42
43
   Source : Médiamétrie - http://www.audiencelemag.fr/?article=42



                                                                                                                            34
−    Les possesseurs de lecteur enregistreur à disque dur
                 Les foyers les mieux équipés ont une durée d’écoute sur le différé très au-dessus de la
                 moyenne globale des individus. Avec 9 minutes et 1 seconde, ils apportent un surplus de
                 4,5% à leur consommation.

            −    Les CSP +
                 Avec 5 minutes et 17 secondes par jour de consommation en
                 différé (2,8% d’audience supplémentaire), la catégorie est
                 celle qui consomme le plus de contenus en différé. Une                                              2,8 %
                 donnée qui n’est pas surprenante. Cette catégorie est en                             de la durée d’écoute des CSP
                 effet celle qui dispose des meilleurs équipements.                                   + est consommée en différé.

            −    Les 35-49 ans
                 Consomment 4 minutes et 50 secondes de différé
                 quotidiennement.

       Cette pratique devrait donc se démocratiser avec une démocratisation d’équipements plus
       connectés et une amélioration de l’offre des chaînes et des opérateurs. Les chiffres enregistrés
       sur 2011 devraient considérablement s’améliorer en 2012 et dans les années à venir, entrainant
       de véritables bouleversements des habitudes de consommation.

       4. DES EQUIPEMENTS DE PLUS EN PLUS CONNECTES

       Les nouvelles habitudes de consommation de la télévision sont encouragées à la fois par des
       nouvelles pratiques numériques, des nouveaux services et des nouveaux moments de
       consommation de la télévision. Elles sont également portées par une évolution des équipements,
       extrêmement rapide depuis quelques années.

       Entre le passage de la France au tout numérique, l’augmentation de la qualité de l’image (3 foyers
       sur 4 détiennent désormais une télévision Haute Définition 44 ), la finesse des écrans, les
       innovations ont été nombreuses ces dernières années.

       Parmi elles, la télévision connectée est un enjeu majeur, même si elle en est encore à ses
       balbutiements. Elle est pourtant une avancée technologique majeure et pourrait révolutionner
       la consommation du média en réunissant tous les avantages et les nouvelles pratiques liées à
       l’ensemble des innovations citées ci-dessus.

       I. LA TELEVISION CONNECTEE, INNOVATION TECHNOLOGIQUE
       Le terme télévision connectée est la traduction de l'anglais « Connected TV ». Cela signifie que à
       l’achat, le téléviseur est déjà équipé de la technologie permettant de recevoir Internet. Cette
       possibilité se traduit d’un point de vue technique par la présence d'un port Ethernet ou d'un
       adaptateur Wifi.

       II. DES ACTEURS CONFIANTS ET INNOVANTS
       L’exemple Samsung. Le constructeur offre aujourd’hui l’offre la plus large du marché en
       proposant 1 400 applications disponibles et une interface déjà établie. La marque innove


44
     http://www.mediametrie.fr/comportements/communiques/20-millions-de-foyers-seduits-par-la-television-haute-definition.php?id=607



                                                                                                                                 35
également en offrant un service de télévision de rattrapage intégré au téléviseur mixant les
          contenus de certaines chaînes, des web TV et des podcasts vidéos.

          Des services déjà associés. Tous les acteurs fournissant de l’équipement n’ont pas une offre aussi
          développée que celle de Samsung, même si de nombreux services associés à ces téléviseurs se
          sont donc déjà développés, que ce soit du côté des géants du Net que des chaînes. Le marché
          semble tellement important que n’importe quel retard pourrait être fatal pour les acteurs.

          Le portail HBBTV France Télévisions. Les chaînes aussi, tentent de s’installer sur ce créneau.
          France Télévisions a d’ores et déjà lancé son portail utilisant la technologie hbbtv (Hybrid
          Broadcast Broadband Television), qui « permet d’harmoniser la technologie nécessaire au
          déploiement de nouveaux services édités par les chaînes de télévision sur tous les téléviseurs
          compatibles à ce standard »45. Des tests extrêmement concluants pendant le tournoi de Roland
          Garros 2011. Ce portail, « réactualisé en permanence tout au long de la journée par les rédactions
          de France Télévisions, propose de l’information internationale, nationale et régionale, les
          dernières nouvelles sportives, l’accès au dernier bulletin météo en vidéo, ainsi qu’un guide des
          programmes, et prochainement des fonctionnalités de partage sur les réseaux sociaux ».46

          III. UN ENJEU EGALEMENT ATTRACTIF POUR LES ACTEURS DU WEB
          L’intérêt de Google et d’Apple pour le phénomène

          Apple est le premier a avoir lancé le système permettant une communication sans fil entre un
          ordinateur et un téléviseur. La première version de l’Apple TV, datée de fin 2007 fut un échec
          commercial. L'appareil, qui fonctionnait via iTunes et la télécommande Apple (déjà
          commercialisée avec d'autres produits de la marque) fût lancé trop tôt et trop cher. Il a depuis été
          commercialisé sous une seconde version.

          Google a aussi lancé une plateforme accessible depuis la télévision par un dispositif informatique
          (utilisant le système d'exploitation Android). Appelé « Google TV », le projet reprend le concept
          de l'Apple TV en le poussant jusqu’à l’incorporation du boîtier dans la télévision (grâce au
          fabricant Sony). Ces deux lancements des mastodontes du Web n’ont pour le moment pas été
          extrêmement concluants mais leur intérêt conjugué pour cette technologie pourrait la faire
          décoller rapidement.

                                                 IV. UN CONTEXTE TECHNOLOGIQUE FAVORABLE AU
                                                 DEVELLOPEMENT DES VENTES DE CES TELEVISEURS
          11 millions                            « Par définition l’ensemble des téléviseurs sont connectables. En
 de foyers sont aujourd’hui                      effet si un poste est raccordé à une box TV ADSL, une console de jeux
déjà équipés d’un téléviseur                     ou un boîtier spécifique il peut avoir accès à des services connectés.
       relié à Internet                          Aujourd’hui plus de 11 millions de foyers sont équipés d’un
                                                 téléviseur relié à un de ces équipements d’après La Référence des
                                                 Equipements Multimédias (GfK / Médiamétrie) ».

                                       Le potentiel du marché des télévisions connectées semble
          absolument gigantesque en France. Les Français sont des habitués au triple play (forfait associant
          télévision, Internet et téléphone) et consomment donc déjà une télévision via l’ADSL. Cette


   45
        http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article1753
   46
        http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article1753



                                                                                                                    36
habitude ne demande qu’à être transformée en un usage réel des possibilités offertes par cette
     association avec l’arrivée de téléviseurs et de services offrant de nouvelles perspectives.

     Selon l’institut GFK, 15% des téléviseurs LCD vendus en juin 2010 en France étaient connectables.
     Toujours selon Médiamétrie et GFK, le taux d’équipement foyers français en TV connectées au 2nd
     trimestre 2011 était de 4,6 %.

     En 2012, toujours selon l’institut GFK, « 2,7 millions des TV qui se vendront en 2012 seront des
     SmartTV, c’est à dire des TV connectables à Internet et susceptibles de recevoir d’autres services
     enrichis que les chaînes de télévision ». Une évolution qui constitue une tendance plus que lourde
     et qui devrait amener les services que nous avons cité précédemment à progresser.

     En 2011, la part des TV connectées dans le parc des téléviseurs
     français s’élevait à 14%, elle devrait atteindre 59 % en 2014 et à terme
     100 % des foyers. D’ici fin 2013, le parc européen de TV connectées,
     quant à lui, devrait s’élever à 85 millions de téléviseurs47. En 2011 en
                                                                                                                 2,7 millions
     France, la part des ventes de Télévisions connectées s’élevait à 30 %                               des télévisions vendues en
     des ventes totales. En 2012, cette part représentera 60 à 70% des                                   France en 2012 seront des
     ventes totales48.                                                                                          « Smart TV »

     5. UNE PRISE DE CONSCIENCE GOUVERNEMENTALE

     En juin 2011, Eric Besson, ministre de l’Industrie et de l’Economie numérique et Frédéric
     Mitterand, ministre de la culture avaient lancé une « mission TV connectée » qui a rendu un
     rapport en novembre 201149 pour repenser la réglementation audiovisuelle à l'ère numérique. En
     ressortait des propositions concrètes pour réguler ces nouveaux phénomènes qui pourraient
     « modifier rapidement le paysage de manière imprévisible ».

     La première d’entre elles appelait à un assouplissement de la réglementation audiovisuelle,
     notamment un renforcement des droits des diffuseurs sur les œuvres pour leur permettre de les
     exploiter sur l’ensemble des supports, y compris Internet50. En mars 2012, M. Besson annonçait
     d’ailleurs vouloir prendre des mesures faisant suite à ces propositions permettant de faciliter
     l’implantation des nouveaux équipements dans les foyers français.

     « La rencontre de la télévision et d’Internet constitue désormais le prochain défi audiovisuel
     à relever. 30% des téléviseurs commercialisés en 2011 peuvent être connectés à Internet, et 100%
     le seront d’ici 2015 (…) En outre, le marché des tablettes numériques, toutes connectées, est en
     forte croissance. Il pourrait atteindre 300 millions d’unités par an dans le monde en 2015. (…) Je
     vais saisir le Conseil national du numérique sur ces propositions, notamment celles concernant le
     recours aux standards ouverts pour assurer l’interopérabilité des équipements » 51 , a t-il
     notamment annoncé.


     UNE EVOLUTION DE LA CONSOMMATION - QUE RETENIR ?



47
   Source : Screendigest, report 2010
48
   http://www.nicolasengel.fr/2012/02/la-television-connectee-un-marche-prometteur-a-la-recherche-de-son-business-model/
49
   www.economie.gouv.fr/files/20111207_rapport_tv_connectee.pdf
50
   http://www.culture2012.org/tv-connectee-13-propositions-en-attente-dun-ministre/
51
   http://teleobs.nouvelobs.com/articles/television-connectee-le-prochain-defi-audiovisuel-selon-eric-besson




                                                                                                                           37
−   Une consommation multi-écrans et de plus en plus connectée à l’utilisation des services
    offerts par les grands acteurs du Web.
−   Des spectateurs devenus acteurs du programme et en recherche constante de nouvelles
    expériences et émotions liées à la consommation des contenus.
−   Une consommation de contenus délinéarisée qui progresse mais qui n’a pas encore
    trouvé de fonctions propres, se cantonnant pour le moment à un appui supplémentaire
    pour les performances des programmes forts en live.
−   Des nouvelles consommations portées par un profil de consommateurs très qualitatif
    pour les chaînes et les annonceurs.
−   Des nouvelles habitudes de consommation également encouragées par l’évolution
    rapide des équipements et des services associés à ces derniers, sur lesquels une forte
    variété d’acteurs innovants se fait concurrence.




                                                                                        38
SPORT & CULTURE, LA CROISEE DES CHEMINS - LES 10 IDEES CLES


  1. Le sport rassemble et rythme la vie télévisuelle des français. 20 % des meilleures
     audiences sont chaque année réalisées par le sport. Cette notoriété et cette portée lui
     font parfois dépasser le cadre de ses fonctions primaires.

  2. La stratégie de la majeure partie des acteurs : se focaliser sur une petite partie des
     grands événements sportifs ou culturels, au détriment des manifestations secondaires.

  3. Les diffusions sportives : un marché stable ces dernières années bouleversé par une
     entrée majeure (Al Jazeera), le changement de statut d’un acteur important (L’Equipe TV
     HD) et la contestation de son leader historique (Canal +).

  4. Un manque de diversité évident des contenus « culturels » proposés sur les grandes
     chaînes nationales, globalement stéréotypés, télégéniques et sans relief. Les prises de
     risques sont minimales.

  5. La diversité des programmes culturels justement, est essentiellement entretenue par les
     groupes financés par le service public : France Télévisions et Arte.

  6. La culture victime d’un décalage entre enquêtes d’opinions et résultats d’audiences
     pauvres. Plébiscitée mais pas regardée, à l’image des résultats d’Arte dont les taux de
     satisfaction atteignent les sommets à l’inverse de sa Part d’Audience.

  7. Une consommation multi-écrans et de plus en plus connectée. La vidéo sur le Web et les
     services associés sont des enjeux qui regroupent des acteurs issus de milieux
     extrêmement différents (Pure Players vs médias classiques).

  8. Une consommation de contenus délinéarisée. Les programmes doivent désormais être
     produits en prenant en compte un mode de consommation nouveau.

  9. Des spectateurs devenus acteurs et en recherche constante de nouvelles expériences et
     émotions liées à la consommation des contenus.

  10. Des nouvelles habitudes de consommation également encouragées par l’évolution
      rapide des équipements et des services associés à ces derniers, sur lesquels une forte
      variété d’acteurs innovants se fait concurrence.




                                                                                         39
1. Le cross média
                        2. La vidéo & Internet
              3. 2012, année de la Catch Up TV
                       4. La Télévision Mobile
                                   Personnelle

B. La télévision « hors de la boîte »




                                      40
B. LA TELEVISION « HORS DE LA BOITE »

     Dans ce contexte de multiplication des écrans, la volonté des téléspectateurs de devenir des parts
     actives des contenus s’affirme. Ils envisagent désormais leur consommation télévisuelle comme
     une véritable activité grâce à l’ultra connexion de l’ensemble des acteurs et consommateurs, ce
     qui a poussé les grands acteurs de la télévision traditionnelle à adapter leur offre. Nous tenterons
     ici de faire un point sur les grandes tendances actuelles et de déterminer ce vers quoi ces offres
     devraient tendre dans les mois et les années à venir.


     1. LA NOTION DE CROSS MEDIA 52

     Nous avons évoqué une multiplication des écrans et des usages. Cette tendance est réelle. Les
     grands acteurs du secteur doivent désormais répondre aux attentes des consommateurs sur
     l’ensemble des nouveaux supports.

     1. DEFINITION

           « Le cross-média englobe l’idée d’offrir sur la base d’une œuvre principale sur un
                 support principal, des contenus secondaires, sur d’autres supports ».


     Ces pratiques peuvent prendre des formes différentes. Quelques exemples :

         −     Les « Alternate Reality Game » : jeux de rôle articulés autour de fictions ou des jeux
               dérivés du concept de l’émission. Ce procédé a été spectaculairement mis en avant par le
               très réussi jeu complémentaire au documentaire « Manipulation » diffusé sur France 5 en
               novembre 2011. « Manipulations, l’expérience web » proposait de rentrer dans les
               rouages des affaires de corruption impliquant l’état français en menant un jeu de piste
               (cf. en annexe 9, le détail du site Internet).
         −     De nouveaux types de contenus créés pour les nouvelles plateformes (contenus vidéos
               additionnels, bonus, best-of…).
         −     Des dispositifs prenant vie sur une période quasiment identique à celle du contenu
               principal : comptes Twitter, des blogs, des sites web ou encore des pages Facebook…
         −     De l’interaction avec les spectateurs.

     2. QUELS INTERETS POUR LES CHAINES ET LE TELESPECTATEURS ?

     Plusieurs objectifs guident la réalisation de ces contenus :

         −     Immerger le plus possible le téléspectateur dans le contenu en lui proposant des teasers,
               des bonus, de s’attacher à une communauté et prolonger l’expérience du consommateur
               avec le programme.
         −     Fidéliser le public, notamment au cours des périodes d’interruption du contenu.
         −     Proposer un contenu additionnel suffisamment attrayant et consistant pour prolonger
               l’expérience ou la maintenir pendant les périodes de creux.


52
  Définition largement inspirée de l’étude « Multi-écrans : effet de mode ou tendance de fond ? » - Frédéric Levy, Fabien Elharrar et
Laurent Comet, Beijaflore



                                                                                                                                        41
−    Faire en sorte que ces contenus soient susceptibles, à l’instar de leurs contenus
                   « pères », de générer une activité publicitaire.

         Ces données ont bien été comprises par TF1 avec son jeu musical « The Voice ». Le site Internet
         dédié au jeu (hébergé par le site tf1.fr), offre aux téléspectateurs la possibilité de visionner de
         nouveau les moments forts de l’émission, de revivre quasiment minute par minute le dernier
         prime time, de découvrir certains aspects des coulisses de l’émission par le biais de plusieurs « V-
         Reporter », missionnés pour être « les ambassadeurs du programme sur MYTF1.fr ainsi que sur
         les réseaux sociaux » (cf. en annexe 10 le détail du site Internet). Ces contenus sont évidemment
         consommables avant, pendant et après le programme.


         LE CROSS MEDIA – QUE RETENIR ?

              −    Utiliser l’ensemble des nouveaux supports pour étendre la surface possible de
                   l’expérience consommateur.
              −    Immerger le téléspectateur dans le contenu et le fidéliser grâce à une relation avec son
                   programme nouvelle.
              −    Développer une offre homogène en termes de qualité sur l’ensemble des supports.
              −    Envisager également ces nouveaux supports comme des nouvelles formes de revenus
                   publicitaires.


         2. LA VIDEO & INTERNET

                                              La consommation de vidéos est une activité majeure du média
                                              Internet. Dans la consommation de l’information, elle est même ce
       30,3 millions                          qui la démarque de la presse papier avec son instantanéité.
de vidéonautes en France                      Ce média offre également la possibilité à ses utilisateurs de poster
 selon Médiamétrie en                         leurs propres contenus, de partager et d’échanger sur des
     décembre 2011                            expériences. La qualité de ces contenus diffère selon les plateformes
                                              mais quelque soit ce niveau de qualité, les contenus vidéos sont
                                              consommés, partagés, suscitent des débats, des commentaires et
                                              impliquent les Internautes.

         Selon Médiamétrie53 en décembre 2011, la France comptait 30,3 millions de vidéonautes.
         L’évolution de cet usage est extraordinairement rapide, comme en témoigne le graphique ci-
         dessous. La croissance du nombre de consommateurs de vidéos sur le Net a en effet augmenté de
         8,5 % par rapport à Septembre 2011. Les chiffres sont encore plus impressionnants lorsque nous
         nous attardons sur les durées de consommation.

         Les « vidéonautes » consomment en moyenne 3 heures et 19 minutes de vidéos par mois
         (décembre 2011) pour un nombre total de 74 vidéos sur la même période. Des chiffres en
         constante augmentation (+ 10 vidéos vues supplémentaires en moyenne vs septembre 2011) et
         cette tendance devrait continuer à s’affirmer les prochaines années.




  53
       Communiqué de presse sur l’audience de la vidéo en décembre 2011



                                                                                                                42
1. QUELS ACTEURS PRESENTS POUR QUELS CONTENUS ?

                                                Les acteurs principaux sur le marché des contenus vidéo en France
                                                sont connus sous la forme de leur « Brand Site-Support »54. Ils
             75 %                               étendent leur influence en agissant sous la forme de « Brand
                                                Players » 55 . Ces acteurs sont les grands noms du Web comme
des Internautes consomment
                                                YouTube, Dailymotion, Facebook ou Allociné. Ils sont contestés dans
 désormais au minimum une
                                                le classement en nombre de visiteurs uniques (vidéonautes uniques
       vidéo par mois                           plus précisément) par les grands groupes télévisuels.

                                    Les performances sont impressionnantes. La plateforme de partage
                                    de vidéos Youtube enregistrait en janvier 2012 plus de 25,5 millions
       de visiteurs uniques en France soit un taux de couverture des « vidéonautes » sur cette période
       de 85 % ! Si les performances des autres acteurs sont moins saisissantes, ces chiffres leur offrent
       des perspectives assez incroyables en termes de développement. TF1 et son player WAT
       atteignent déjà les 8,1 millions de visiteurs uniques mensuels contre 2,6 millions au player de
       France Télévisions.




   54
      « Agrégation de l’audience des pages d'un site sur lesquelles des vidéos ont été vues, quel que soit le player sur lequel est jouée la
   vidéo »
   55
      « Agrégation de l’audience du ou des player(s) vidéo d’un même diffuseur quel que soit le site sur lequel il est diffusé. »



                                                                                                                                               43
I. LES PURE PLAYERS
          Le Pure Player « désigne une entreprise dont l'activité est exclusivement menée sur Internet.
          Par extension, elle permet de désigner une entreprise qui concentre ses activités sur un seul
          métier ou en tout cas sur un seul secteur d'activité »56.

          Ces acteurs dominent le classement des tops « brand players ». Leur arrivée précoce sur le
          marché, leur savoir faire technique, leur légitimité naturelle et leur relationnel avec le
                                    consommateur en font des points de référence pour le marché.

                                                YouTube est le leader incontesté de ce marché. Racheté en 2006 par
Chaque seconde dans le                          Google pour 1,65 milliards de dollars, le géant n’a aujourd’hui que
  monde, une heure de                           très peu de chances de voir son leadership mis à mal tout comme
 vidéo est mise en ligne                        Dailymotion, racheté par Orange. L’enjeu fondamental pour ces
                                                acteurs est désormais de monétiser efficacement chaque vidéo mise
      sur YouTube
                                                en ligne. Youtube et Google semblent enfin avoir décidé d’un vrai
                                                modèle en adaptant le modèle économique de Google pour
                                                Youtube.

          D’autres Pure Players devraient connaître des progressions spectaculaires de leurs activités
          relatives à la vidéo dans les prochains mois. Facebook, qui permet le visionnage de plusieurs types
          de players ou d’autres plateformes comme Vimeo devraient pouvoir tirer partie d’une demande
          toujours croissante.

          II. LES GROUPES MEDIAS
          Les groupes médias mettent à disposition du consommateur une
          offre totalement différente de celle des Pure Players, basées autour
          de la notion de partage de contenus (non professionnels).                                8,1 millions
          Cette idée est largement affirmée par la durée d’écoute par vidéo           d’Internautes ont eu un
          enregistrée par ces différents acteurs, beaucoup plus longue chez les    contact avec le player de TF1
          groupes médias comme le démontre le graphique ci-dessous57. Alors          (WAT) au mois de janvier
          que la durée d’écoute par vidéo des Pure Players n’excède pas 2                       2012
          minutes et 40 secondes, elle atteint 10 minutes et 36 secondes en
          moyenne chez les acteurs issus du monde télévisé. Les meilleures
          performances sur cet indicateur reviennent à M6 avec une durée
          d’écoute de 17 minutes par vidéo et à TF1 avec 10 minutes et 30 secondes environ. Ces données
          (exprimées en minutes) mettent en valeur la recherche de contenus différents par les
          consommateurs et donc la possibilité de développer différents types d’offres pour faire vivre des
          acteurs extrêmement différents sur ce marché.




   56
        http://www.e-marketing.fr/Definitions-Glossaire-Marketing/Pure-player-6233.htm
   57
        Source Médiamétrie : Communiqué de presse : l’audience de la vidéo en janvier 2012.



                                                                                                                44
2. LE STREAMING ILLEGAL AU SOMMET AVANT L’AFFAIRE MEGAUPLOAD

                                                 La fermeture et l’arrestation des dirigeants de MegaUpload en
                    ème
                 5                               janvier dernier a eu des conséquences immédiates sur le marché de
                                                 la vidéo sur la Web. Pour se rendre compte de l’importance
  place de MU au classement
                                                 qu’occupait ce site qui permettait le téléchargement et de
     des Brand Players sur
                                                 visionnage de contenus illégaux, il suffit de regarder les grands
l’indicateur du temps total de                   indicateurs de consommation. Le classement lu avec comme
     contenus consommés                          indicateur principal le nombre de vidéos vues plaçait MegaUpload en
       (décembre 2011)                           France 5ème Brand Player (derrière YouTube / Google et Dailymotion,
                                                 M6 et TF1) contre le 9ème en visiteurs uniques.

                                        La fermeture de MegaUpload restribue donc les cartes car en plus
           d’avoir tué le leader de ce « marché » parallèle, cette décision a également affaibli le reste des
           acteurs illégaux. Le rendement des acteurs dits légaux a tout de suite bondi, comme en témoigne
           le graphique ci-dessous, qui voit des acteurs comme TF1 et son player WAT ou Canal Plus profiter
           des 10 premiers jours de fermeture de MegaUpload, le 19 janvier 2012 (chiffres issus du
           communiqué Médiamétrie sur l’audience de la vidéo en janvier 201258).




    58
         * VEVO n’était pas mesuré en décembre 2011. Sa mesure était jusqu’à janvier 2012 incluse dans celle de Google / YouTube



                                                                                                                                   45
3. LES ACTEURS TELEVISES : UN ROLE DETERMINANT A JOUER SUR LE NET

       Les acteurs du monde télévisuel vont être obligés de s’investir sur le Web et de s’y imposer
       comme des références pour deux raisons principales :

        -    Pour assurer leur survie à long terme
             Pour le moment, les études menées affirment une tendance favorable à la multiplication des
             écrans. Cette tendance n’impacte pas la durée d’écoute individuelle de la télévision,
             continuellement en hausse (4 heures et 16 minutes en février 2012 contre 3 heures et 56
             minutes en février 201159). Mais la convergence des contenus sur ces écrans pourrait
             également signifier à moyen terme la possibilité pour les acteurs du Web d’investir l’écran
             de télévision et donc de fragiliser la position des chaînes.

        -    Pour sécuriser la croissance de leurs activités
             Aujourd’hui, les chaînes se retrouvent face à un dilemme pour envisager une croissance. Les
             temps d’antenne sont limités et l’offre télévisuelle ne devrait pas pouvoir s’étendre
             indéfiniment afin de ne pas saturer un marché sur lequel de nombreux acteurs sont déjà à la
             peine. Nous parlons ici de nombreuses chaînes thématiques. Le Web semble donc être une
             possibilité de développement, de survie ou même une porte de sortie selon les cas.
             L’exemple de certains acteurs de la presse papier en est la preuve (La Tribune). Le Web pour
             des acteurs positionnés sur des thématiques précises pourrait être un moyen de réaffirmer
             un savoir faire et une expertise et d’éviter une sortie de route sur un média hyper ou la
             concurrence fait rage.

       Plusieurs possibilités techniquement réalisables sont à la portée des chaînes pour assurer leur
       avenir sur le Web. La diffusion de leur flux en streaming, l’offre de programmes en Replay et des
       contenus additionnels spécifiques au Web sont les pistes les plus facilement envisageables et
       exploitables dans l’immédiat.

       I. DECUPLER SON TEMPS D’ANTENNE
       Le Web ne souffre d’aucune limite. Aucune barrière ne bloque l’entrée de nouveaux acteurs et
       chacun peut multiplier les contenus proposés sans se soucier d’un temps d’antenne à respecter.
       Ceci comporte des avantages pour les producteurs de contenus que sont les chaînes dont celui de
       décupler leur temps d’antenne. Des images et des contenus destinés à l’antenne mais coupés au
       montage, non diffusés faute de temps ou même des programmes
       entiers pourraient ainsi trouver leur place sur le Web et offrir une
       véritable plus-value au téléspectateur.                                            2 000
       JO de Londres 2012 : France Télévisions, 400 heures de direct à              heures de direct seront
       l’antenne, 2 000 sur le Web                                                   proposées par France
                                                                                    Télévisions sur le Web à
       Lors des Jeux Olympiques de Londres qui se tiendront en août
                                                                                 l’occasion des JO de Londres
       prochain, France Télévisions proposera un dispositif spécial,
       permettant de suivre en direct toutes les épreuves des Jeux
       Olympiques d’été à Londres. Alors que les antennes de France
       Télévisions diffuseront déjà 400 heures de direct relatives aux épreuves, le site dédié à

59
     Source Médiamétrie : Communiqué sur le Médiamat mensuel de février 2012.



                                                                                                      46
l’occasion proposera lui de suivre 2 000 heures de compétitions avec un dispositif qui permettra
de passer d’une épreuve et d’un sport à l’autre facilement.

En achetant les droits des Jeux Olympiques, France Télévisions a également obtenu les droits de
diffusion sur le Net. Diffusés gratuitement, ces options devraient faire exploser la fréquentation
des sites et du groupe en tant que « Brand Player ». La possibilité de mesurer ces données
pourrait aider les acteurs à franchir un pas dans la diffusion en direct du sport sur le Web.

II. DECUPLER SON AUDIENCE
Apporter un complément à l’audience télévisuelle de base, c’est aussi un enjeu qui pourrait avoir
de l’importance dans les prochains mois. La diffusion du simple flux diffusé à l’antenne sur le Net,
sur différentes plateformes pourrait être un développement simple, mais intéressant.

Arte et l’expérience Facebook du « 28 minutes »

Arte propose à ses Internautes de suivre en direct le « 28 minutes » (rendez-vous sur l’actualité et
la culture animé par Elizabeth Quin tous les jours à 20h05) sur le plus grand des réseaux sociaux.
Si les 4 200 fans de la page (fin mai 2012) qui donne l’accès au flux en streaming de l’émission
n’ont pas de quoi révolutionner son audience, l’expérience est extrêmement intéressante et
pourrait connaître un succès tout autre sur des émissions donc le public se rapprocherait plus de
celui des plus gros utilisateurs du réseau social fondé par Mark Zuckerberg.

Car les motifs de satisfaction sur la diffusion sont multiples : fluidité de la vidéo, habillage
agréable, possibilité de partager, de commenter sur la même page, sans la rafraichir et donc
perdre le contenu, possibilité aussi de continuer une partie de votre activité habituelle sur
Facebook le temps du visionnage de la vidéo...




                                                                                                 47
III. NE PAS SE LIMITER A LA DUPLICATION DES PROGRAMMES TRADITIONNELS ET
CONQUERIR DES TELESPECTATEURS PAR DES CONTENUS ADDITIONNELS DE QUALITE
Une autre possibilité qui pourrait permettre aux chaînes de se différencier et d’envisager de
nouvelles relations avec leurs consommateurs est l’ajout de contenus non initialement destinés
à l’antenne ou la création de contenus spécifiques au Web.

Les possibilités, comme nous l’avons vu avec le cross média sont extrêmement importantes.
Contenus vidéos additionnels, bandes annonces, épisodes supplémentaires, jeux en ligne reliés au
contenu, de nombreuses alternatives peuvent être envisagées pour fidéliser ou conquérir de
nouveaux consommateurs..

Canal Plus, quelques minutes après les rencontres diffusées sur ses différentes antennes, propose
à ses abonnés et au reste des Internautes connectés des résumés complets des matches diffusés
et commentés sur les antennes du groupe. Une plus-value offerte à l’abonné, qui peut revoir les
images rapidement et facilement mais aussi une porte d’entrée pour les non abonnés, qui ont un
aperçu de la prestation offerte par la chaîne à péage. C’est enfin un moyen d’affirmer une
présence sur le web sur un secteur d’activité qui définit la marque Canal Plus. Si cette offre est
intéressante, elle ne peut clairement représenter qu’un début, une ouverture vers la production
de contenus nouveaux.


LA VIDEO SUR LE WEB – QUE RETENIR ?

    −   Des perspectives de croissance de consommation extraordinaires pour des acteurs
        puissants déjà très bien implantés.
    −   Une offre déjà diversifiée de contenus.
    −   De nouvelles perspectives pour les acteurs légaux avec la fermeture des offres illégales.
    −   Des liens possibles extrêmement forts entre les différents médias et écrans et des
        possibilités illimitées en termes d’offres et de création de contenus. La bonne formule n’a
        toutefois pas encore été trouvée. La faute à de grands acteurs qui se prennent au jeu sans
        jusqu’alors prendre de vrais risques en matière de création.
    −   Une opportunité pour les acteurs placés sur des thématiques précises de renforcer leur
        crédibilité ou de trouver une porte de sortie en cas de problèmes économiques, à l’instar
        de certains acteurs de la presse papier.


3. 2012, ANNEE DE LA CATCH UP TV ?

Nous avons vu précédemment que l’offre et la consommation de programmes en différé étaient
en phase de croissance. Les chaînes répondent à cette problématique avec le développement
d’une offre de plus en plus complète et accessible sur des supports multiples de services de
télévision de rattrapage.

1. DEFINITION

La télévision de rattrapage est une combinaison des possibilités offertes par la télévision, le Web
et le mobile. Elle est à la fois un service et un mode de consommation. Elle consiste en l’offre par
une chaîne pendant une durée limitée de visionner à posteriori des programmes d’abord


                                                                                                 48
diffusés en live sur l’antenne de la chaîne. L’utilisation de ce service impose l’accès à un réseau
       interactif (ADSL, câble, Wi-Fi, WiMAX, etc.) et peut se faire via plusieurs équipements :

            −     La télévision
                  Les box des fournisseurs d’accès ADSL proposent l’accès aux services de télévision de
                  rattrapage mis à disposition par les chaînes. Cette offre varie selon les opérateurs.

            −     Les sites Internet des chaînes de télévisions
                  La plupart des chaînes offrent un service de rattrapage via leur site Internet ou un site
                  dédié à ce service. Là encore, les offres sont très hétérogènes selon les chaînes.

            −     L’accès sur le mobile ou les tablettes
                  Ces services sont également disponibles sur les smartphones et les tablettes tactiles pour
                  lesquels des applications ont été spécialement développées.




       L’écran d’ordinateur reste encore le principal vecteur pour consommer des contenus de
       télévision de rattrapage60. Cependant l’arrivée des télévisions connectées, le développement
       assez rapide des offres sur les box ADSL et la qualité grandissante des interfaces de ces services
       laissent entrevoir de fortes perspectives de croissance de consommation sur l’écran de
       télévision.

       2. UNE CONSOMMATION EN FORTE PROGRESSION




       Comme nous l’avons vu tout à l’heure, la consommation du différé n’a encore qu’une importance
       relative si on la compare à la consommation globale du média télévision. Cette importance


60
     Chiffres issus du baromètre mensuel de février sur la télévision de rattrapage – Etude du CNC



                                                                                                         49
devrait néanmoins croître de manière significative au cours des
prochains mois pour plusieurs grandes raisons.

   −   Le développement d’une offre construite par les chaînes
       C’est l’un des principaux points noirs qui empêche un
       développement plus rapide de la pratique à l’heure actuelle. En
       effet, la qualité de l’offre est extrêmement différente selon les
       chaînes. Si TF1 met d’ores et déjà en ligne une très grande partie
       de ses programmes avec une forte réactivité sur les plateformes
       des fournisseurs d’accès à Internet et sur son propre site
       Internet, cette pratique ne s’est pas encore démocratisée sur les plus petites chaînes. Le
       graphique ci-contre le prouve parfaitement. Selon le CNC au mois de février 2012, les
       quatre premières chaînes de télévision françaises (TF1, France 2, France 3 et M6)
       représentaient 48,1 % de l’ensemble des volumes de l’offre de contenus en télévision
       de rattrapage.

   −   Facilité d’accès et navigation améliorée par les fournisseurs d’accès à Internet
       Comme dit dans le paragraphe ci-dessus, chaque fournisseur d’accès ne propose pas
       encore l’ensemble des services de télévisions de rattrapage établis par les chaînes. La
       navigation dans les interfaces n’est pas optimisée et leur mise en avant sur les interfaces
       des box est loin d’être optimale.

   −   La progression des équipements
       Le taux d’équipement et de réception des foyers français de la
       télévision par l’ADSL ne cesse d’augmenter. Cette donnée va
       amener les téléspectateurs à consommer de plus en plus de
       contenus vidéo quelque soit le support utilisé.

   −   La prise de conscience de l’intérêt de la pratique
       La pratique ne s’est pas encore réellement démocratisée
       comme le prouve le graphique ci-contre. En effet peu de
       consommateurs en font une utilisation régulière. On note
       cependant que les consommateurs réguliers de télévision
       délinéarisée consomment énormément (au moins une fois par
       jour), ce qui laisse envisager une explosion de la consommation dans les mois à venir.




   −   Une amélioration et une clarification des règles de fonctionnement par les principaux
       acteurs du marché
       L’autre problème principal venu des acteurs est le manque de règles bien établies pour
       réguler et rendre lisibles les différentes offres des chaînes. Certaines règles, comme celle


                                                                                                50
des 7 jours de mise à disposition des programmes après leur diffusion en live est
        supposée être commune à l’ensemble des acteurs offrant ce type de service, mais elle ne
        sont pas systématiquement appliquées, compliquant ainsi la compréhension de l’offre
        pour le consommateur.

Ces problèmes devraient trouver des solutions dans les mois à venir et renforcer la crédibilité, la
lisibilité et la facilité de l’accès à cette offre encore relativement nouvelle. Etablir une offre d’un
niveau correct pour l’ensemble des chaînes sera essentiel pour démocratiser la pratique. L’offre
aujourd’hui est finalement très restreinte par rapport à l’offre
télévisée live, ce qui ne permet pas à la plupart des téléspectateurs
de transposer une consommation live vers une consommation en                       Une offre encore très
différé de manière quotidienne.                                                  restreinte par rapport à la
                                                                                 diversité des contenus
3. TROUVER UN MODELE ECONOMIQUE                                                    diffusés en live sur
                                                                                l’ensemble des chaînes
Si les performances enregistrées sont très encourageantes, le
modèle économique lié à ces nouvelles pratiques reste encore à
définir. Si des vidéos « pré-roll » (publicité vidéo lancée
automatiquement avant le contenu) sont souvent associées aux contenus offerts sur le Web, le
manque d’homogénéité constaté sur l’ensemble du secteur est problématique.

    −   Pas encore d’offre publicitaire sur les box ADSL pour de nombreuses chaînes
        L’exemple de la présence ou de l’absence de publicité sur les services offerts sur les box
        des fournisseurs d’accès à Internet est un bon exemple du manque de « maturité » du
        marché. En effet, certaines grandes chaînes (TF1, France Télévisions, M6 et W9) imposent
        un contenu publicitaire à leurs téléspectateurs sur les contenus en différé, ce n’est pas le
        cas des plus petits acteurs. Mais même chez ces grands acteurs, l’offre publicitaire n’est
        pas cadrée puisque la durée et l’emplacement des spots diffèrent selon les chaînes.

    −   Un modèle à trouver sur le web pour monétiser les vidéos
        Sur le Web, les différences sont encore plus importantes car les possibilités sont
        multiples. La différence dans les contenus offerts est encore tellement importante que la
        possibilité de fixer des règles semble impossible. L’absence de vraie juridiction sur les
        contenus publicitaires sur le Web semble également un frein qu’il sera difficile de
        surmonter pour les acteurs du marché.

Rappelons simplement pour prendre la dimension de la difficulté d’établir des règles sur le Net
que les géants de la vidéo cherchent encore un modèle économique efficace et notamment une
réponse à la problématique d’une monétisation efficiente des centaines de millions de vidéos
vues sur leurs plateformes.

4. LES DIFFERENTS TYPES DE CONTENUS TELEVISES CONSOMMES SUR LES PLAYERS DES
CHAINES DE TELEVISIONS

I. LES TYPES DE CONTENUS MIS A DISPOSITION
En termes de contenus mis à disposition des téléspectateurs en différé, il est clair que la tendance
est à une mise en avant de contenus non impactés par le temps dits de « stocks » à l’inverse des
programmes très impactés par leur rapport au temps dits « de flux ».




                                                                                                  51
II. UNE OFFRE A ADAPTER SELON LES TYPES DE PROGRAMMES
Comme vu dans la première partie de ce dossier, la fiction est le genre le plus consommé en
différé par les consommateurs. En grande partie car ce genre ne perd pas de « valeur » dans les
jours qui suivent sa diffusion live et parce que son rythme de diffusion est adapté à celui de mise à
disposition des contenus. Ce n’est pas le cas des journaux télévisés par exemple dont la
consommation en différé se fait dans sa très grande majorité dans la journée de la diffusion.

L’offre de programmes en différé devra donc se construire autour de l’importance du rapport au
temps passé entre les diffusions live et différées des programmes, par la mise en avant rapide de
contenus d’informations sur l’ensemble des plateformes mises à disposition par les chaînes à
leurs téléspectateurs, mais bien sûr, aussi selon son genre. Un programme de fiction ou un jeu ne
doit pas être complété par les mêmes contenus qu’un magazine d’actualité…

5. ALLER A LA RENCONTRE DU TELESPECTATEUR

Les contenus télévisés mis en ligne et consommés directement sur l’ordinateur ne disposent pas
d’une même résonance que ceux diffusés en live sur la télévision. L’action d’aller chercher ce
programme sur le Web réclame en effet plus « d’efforts » au consommateur que le simple fait
d’allumer son téléviseur.

Les chaînes doivent donc absolument pousser à la consommation de leurs contenus en les
mettant en avant sur d’autres supports que leurs propres sites. Certaines le font déjà, en
annonçant la mise en ligne de certaines de leurs vidéos sur les réseaux sociaux (cf. best-of de
l’émission du jour par Canal + ci-dessous). Cette pratique doit se démocratiser chez les chaînes
même si elles ne bénéficient pas toutes de l’influence de Canal Plus sur les réseaux sociaux.




Intégrer son player sur la page pour permettre à l’Internaute de poursuivre son activité

Si Canal Plus met à disposition ses contenus de manière très réactive, elle impose toujours à son
téléspectateur de « sortir » de sa page et donc de stopper son activité du moment afin de se
rendre sur son propre site. Une offre idéale de la part des chaînes serait de parvenir à intégrer le
player directement au réseau social ou de négocier avec les plus grands acteurs des réseaux un
player commun, facilement mesurable, pour laisser au téléspectateur la liberté de poursuivre son
activité en ligne tout en regardant le contenu proposé.


LA CATCH UP TV – QUE RETENIR ?

    −   La Catch up TV, une pratique multi-supports, dominée par l’écran d’ordinateur.
    −   L’écran de télévision classique comme vrai futur de cette pratique.
    −   Une consommation et une offre en croissance constante.


                                                                                                  52
−    Une offre venue des acteurs encore très hétérogène: TF1, France 2 et France 3
             représentent à elles seules 41,8 % de l’offre totale de programmes (Février 2012).
        −    Une pratique dont la notoriété grimpe mais encore pratiquée de manière intensive par
             une minorité de consommateurs.
        −    Une expansion de l’offre encore bloquée par l’absence de définition d’un modèle
             économique clair pour l’activité.
        −    Certaines tendances toutefois déjà très affirmées, notamment au niveau des contenus
             consommés : essor de la fiction et des contenus déjà surconsommés en live.
        −    Des règles de fonctionnement qui commencent à s’institutionnaliser : règle des 7 jours
             de mise à disposition des programmes.
        −    Des contenus qui ne vont encore assez à la rencontre de leurs consommateurs.


4. LA TELEVISON MOBILE PERSONNELLE

Parmi les supports permettant de consommer des contenus télévisés, les téléphones ont un
temps été perçus comme la solution du futur. L’état notamment, par la voie du CSA, a longtemps
soutenu cette idée, en partenariat avec les chaînes et des opérateurs. Aujourd’hui abandonnée
dans sa version première, l’esprit de la Télévision Mobile Personnelle n’a pas complètement
disparu avec la hausse des équipements en Smartphones et en tablettes.

1. DEFINITION & ORIGINES

I. PERMETTRE L’ACCES A LA TELEVISION PARTOUT ET N’IMPORTE QUAND
« La télévision mobile personnelle (TMP) permet un accès aux différents programmes télévisés en
tous lieux et à toute heure de la journée par le biais du téléphone mobile. Elle utilisera les canaux
hertziens libérés par la fin de la diffusion analogique des chaînes de télévision.61 »

II. UN PROJET NE D’UNE VOLONTE GOUVERNEMENTALE ET DES GRANDES INSTANCES
TELEVISUELLES FRANÇAISES

        −    2007 - Lancement du projet.
        −    2007 - Nomination du CSA pour encadrer le projet.
        −    2007 - Choix de 16 chaînes pour l’obtention d’une fréquence
             en 2008. Annonce d’objectifs ambitieux : couvrir 30 % de la
             population en 2012 et 60 % en 2015.
        −    2009 - Lancement d’une consultation par le gouvernement                2007 - 2011
             pour trouver un modèle économique à adopter. Sans succès.        4 ans de tâtonnements ont
        −    2010 - Les opérateurs de téléphonie mobile se retirent du        conduit le CSA à un échec.
             projet.
        −    2010 (mai) - TDF et Virgin annoncent un partenariat pour
             déployer un réseau couvrant 50 % de la population.
        −    2011 - 8 mois plus tard, Virgin annonce son retrait du projet.
        −    2011 - TDF annonce également son retrait du projet.

Le projet de la Télévision Mobile Personnelle via une réception hertzienne avait du sens lors de
son lancement en 2007 mais était rendu compliqué par la technologie. La télévision numérique
61
     Etude Xerfi 700 doc sur la téléphonie mobile – Septembre 2011




                                                                                                  53
terrestre (TNT) qui peut aujourd’hui être reçue avec l’avènement de la 3G ou la 3G+ voir de la 4G
           combinées avec la mort du hertzien ont fini d’enterrer ce projet.

           III. LA MORT DEFINITIVE DU CONCEPT
           Le retrait des grandes chaînes malgré le soutien du CSA

           Le 4 janvier 2012, les 16 chaînes qui détenaient des licences se sont retirées du projet. Le CSA, qui
           avait fixé cette date comme dernier butoir pour trouver des opérateurs de diffusion a dû
           abandonner un projet pour lequel il avait pourtant fourni de nombreux efforts, faute d’avoir su
           proposer aux acteurs un modèle économique et de ne pas avoir suffisamment anticipé les progrès
           de l’Internet mobile.

           Des conditions technologiques absolument pas optimales

           La volonté des chaînes de trouver un accord avec un opérateur de réseau n’était pas assez forte
           pour mener à bien un projet qui n’avait pas non plus fonctionné aux Etats-Unis et dans le reste
           de l’Europe. Il faut dire qu’elles diffusent déjà leurs flux via d’autres moyens (3G, 3G+).

           Les fréquences réservées au projet pourraient être réutilisées rapidement pour améliorer la
           diffusion des contenus multimédias vers les smartphones et les tablettes tactiles ou l’accélération
           de la mise en place du « spectre 4G » pour les grands opérateurs de la téléphonie mobile.

           2. VERS UNE RENAISSANCE DU CONCEPT AVEC LA DEMOCRATISATION DES TABLETTES ?

           Le concept, élargi à une idée plus étendue de réception mobile des flux des chaînes de télévision
           est en revanche toujours bien vivant. Car si les smartphones sont finalement peu utilisés pour
           consommer des contenus vidéo, les tablettes tactiles le sont.

           I. LE DIVERTISSEMENT ET LA VIDEO, MOTEURS DE L’UTILISATION DES TABLETTES
           En effet, selon une étude publiée fin mars par Médiamétrie pour le GESTE (Groupement des
           Editeurs de Services en Ligne), l’utilisation de la tablette tactile pour la consommation de
           contenus télévisés ne laisse aucun doute.

           Les utilisateurs, dont le profil type serait un homme urbain CSP + âgées de 35 à 49 ans,
           l’emploient prioritairement à leur domicile dans une optique de divertissement. Les « marques »
           à la plus forte notoriété sur ce support laissent entrevoir une tendance forte : la consommation
           de contenus vidéos et / ou interactifs est l’une des utilisations principales.

                                                 Ainsi dans le top des marques citées, nous retrouvons Canal+, Wat,
                                                 TF1, France Télévisions ou M6 mais aussi les portails de vidéos
                                                 YouTube et Dailymotion.
          1,7 millions
d’utilisateurs de tablettes en                   A ce jour, Médiamétrie a recensé 1,7 millions d’utilisateurs
  France au 4ème trimestre                       principaux de tablettes. Si ces chiffres paraissent restreints en
             2011                                comparaison de celui des Internautes (39,9 millions au 4ème trimestre
                                                 2011) et des utilisateurs de services de téléphonies mobiles reliés à
                                                 Internet (19 millions62), elle est clairement à prendre en compte pour
                                                 les marques qui font des efforts titanesques pour s’imposer comme


    62
         Sources : Médiamétrie - Observatoire des Usages Internet, 4ème trimestre 2011,



                                                                                                                    54
les références de ce nouveau mode de consommation. Il faut dire que les chiffres enregistrés en
       lien avec la consommation Internet sur ces supports laissent envisager l’éclosion d’un nouveau
       marché à conquérir. Pour les seuls iPad au 4ème trimestre 2011 en France, le nombre de pages
       vues s’élevait à 4,2 milliards (4 300 par utilisateur sur la période).63


        LA TELEVISION MOBILE PERSONNELLE – QUE RETENIR ?

            −     Un premier projet visant à permettre l’accès à la télévision n’importe où et n’importe
                  quand lancé en 2007 sur la volonté du gouvernement.
            −     Une première version du projet d’ores et déjà obsolète et abandonnée.
            −     L’idée de la télévision mobile personnelle est toutefois loin d’être morte si l’on élargit son
                  concept avec la démocratisation des tablettes notamment.


       5. L’AVENEMENT D’UN NOUVEAU TYPE D’OFFRE DES CONTENUS
          CULTURELS ?

       Le fantasme de tout téléspectateur est d’avoir à disposition n’importe lequel des contenus
       possibles et de pouvoir le consommer à n’importe quel moment. Ce « rêve » est aujourd’hui
       approché par certains acteurs, notamment sur le Web dont les capacités en termes de stockage
       semblent quasiment illimitées.

       1. LE PHENOMENE NETFLIX

                                                   Netflix est une entreprise fondée en 1997. Elle a, à l’origine,
                                                   trouvé sa prospérité avec une activité de location de DVD par voie
                                                   postale (aujourd’hui rebaptisée Qwikster). Quelques années plus
          25 millions                              tard, grâce à un service de contenus vidéo en flux continu sur
     le nombre d’abonnés à                         abonnement, Netflix est devenu un véritable monstre qui capte
      Netflix dans le monde                        en soirée aux alentours de 25 % du trafic Internet aux Etats-Unis.

                                      Comment Netflix a t-il réussi à capter 25 millions d’abonnés ? En
                                      proposant pour 7,99 $ par mois un catalogue absolument
                                      gigantesque de films, de séries que l’abonné peut visionner aussi
                                      bien sur son écran d’ordinateur, sur sa télévision, sa tablette
       tactile ou via sa console de salon. Avec 25 millions d’abonnés, Netflix est tout simplement le
       premier opérateur payant aux Etats-Unis.

       Pour se constituer ce catalogue, Netflix a directement passé des
       contrats avec les sociétés de production et de distribution de cinéma
       et constitué une sorte de « licence globale ». Les premiers accords                                                    7,99 $
       ont été extrêmement avantageux pour l’entreprise, ce qui lui a                                          le prix de l’abonnement à
       permis de se dévelloper. La renégociation des contrats est                                             Netflix. 5 fois moins coûteux
       aujourd’hui bien plus difficile. Les films Disney et Sony ne sont plus                                 qu’un abonnement à Canal +
       au catalogue de Netflix qui pour contrer ce problème, se tourne
       désormais vers les contenus télévisés et même la création de
       contenus (1 million de dollars investis dans la production d’une
       série). La société, dont le chiffre d’affaires s’élevait aux alentours de

63
     Source : Médiamétrie – Panel tablettes iPad 4ème trimestre 2011 - Base : utilisateurs principaux tablette iPad 15 ans et +




                                                                                                                                       55
3 milliards de dollars en 201164 prévoit d’être présente dans 40 pays d’ici 2012 et se targue
      notamment de constituer un remède anti-piratage avec une offre suffisamment large et peu
      coûteuse pour inciter les pirates à s’abonner.

      2. LA RIPOSTE DES GRANDS ACTEURS DE LA PRODUCTION DE CONTENUS : HULU

      Hulu, fondée en 2007, offre également un service de vidéos à la demande avec un catalogue
      important comprenant l’accès à des programmes télévisés, des films ou des contenus spécifiques
      au Web. Derrière ce service se cache la puissance de ses fondateurs et propriétaires : NBC, Fox,
      Disney-ABC TV, CBS et d’autres studios et réseaux.

      La stratégie de l’entreprise est plus ou moins la même que celle de Netflix avec depuis 2011, la
      création de produits originaux comme « Battleground » (drama politique) ou « The fashion fund »
      (TV réalité). Fin 2011, Hulu comptait environ 1,5 millions d’abonnés.

      3. EN FRANCE : L’ANTICIPATION DE CANAL +, D’AUTRES OFFRES EN PREPARATION ?

      I. UN MODELE DIFFICILEMENT ADAPTABLE EN FRANCE
      Ce modèle est difficilement implantable en France. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Netflix
      n’envisage pour le moment pas de tenter l’expérience alors qu’elle a déjà annoncé son arrivée en
      Espagne et en Angleterre après s’être concentré sur l’Amérique du Nord et l’Amérique Latine.

      Pourquoi ? Tout simplement à cause de la législation extrêmement restrictive relative au droit
      d’auteur. Le temps d’attente entre la sortie en salle d’un film et son exploitation sur d’autres
      supports est extrêmement long en France, ce qui empêche toute possibilité de voir ce type de
      service de développer. A titre d’exemples, il vous faut aujourd’hui
      patienter :

       -    4 mois pour obtenir un film en DVD                                             36 mois
       -    1 an avant de pouvoir être diffusé sur une chaîne payante de            le temps que doivent
            cinéma                                                              patienter les diffuseurs avant
       -    36 mois pour les services de vidéo à la demande.                    de pouvoir proposer un fil sur
       -    1 an avant de pouvoir proposer une série américaine sur un                un service de VOD
            service de VOD français

      La position des acteurs du secteur culturel français va de plus à
      l’encontre de toute modification de la législation et empêche actuellement toute illusion
      concernant un accord autour de l’idée d’une licence globale, maintes fois évoquée et qui est
      finalement ce que Netflix a réussi à réaliser à une échelle moindre.

      La tentative Canal Plus, les rumeurs Dailymotion et Allociné

      Canal Plus a toutefois d’ores et déjà pris ses dispositions pour contrer une possible arrivée
      de Netflix à long terme ou de tout autre acteur du même type en créant Canal Plus Infinity. Le
      service, ouvert depuis novembre 2011 est disponible à partir de 9,99 € par mois. Pour contrer la
      législation française, Canal Plus mise sur la mise à disposition de ses créations originales comme
      « Borgia » ou « Braquo ».



64
     http://www.wikinvest.com/stock/Netflix_%28NFLX%29/Data/Income_Statement



                                                                                                      56
Si la démarche de Canal Plus est intéressante, le catalogue de Canal Plus Infinity n’est pas
         comparable à celui de Netflix. Le groupe semble donc plutôt faire cet effort pour occuper le
         terrain que pour inonder un marché.




         II. DES ACTEURS POTENTIELS FRILEUX
        Alors qu’une rumeur annonçait l’arrivée d’Allociné sur ce marché des services de vidéos à la
        demande avec abonnement, son président, Grégoire Lassale, a confirmé la difficulté d’implanter
                                 ce type de service en annonçant pour septembre 2011 une offre de
                                 VOD gratuite enrichie mais sans service payant. « Nous avons
« La consommation de vidéo       souvent réfléchi à lancer notre propre offre de SVOD. Mais c'est très
  à la demande sur tous les      lourd. Ce n'est ni notre métier, ni notre bourse » a t-il notamment
                                 déclaré dans l’Expansion.65
supports est clairement une
    priorité absolue »               Orange et Dailymotion se sont également associés (rachat de 49 %
                                     des parts de Dailymotion par Orange fin 2011) pour envisager la
S. Richard - DG France Télécom
                                     question de la vidéo à la demande. En février 2012, à l’annonce de
                                     cet engagement, Stéphane Richard, Directeur Général de France
                                     Télécom déclarait que la « consommation de vidéo à la demande sur
        tous les supports est clairement une priorité absolue ». « La stratégie d’Orange est de devenir
        rapidement les meilleurs en matières d’offre de vidéo à la demande que ce soit en matière de
        profondeur de l’offre, du catalogue ou aussi en termes de qualité de l’interface utilisateur »,
        « basé sur des modèles de gratuité et aussi payants »66.


         LES NOUVEAUX TYPES D’OFFRES DE CONTENUS – QUE RETENIR ?

             −    Netflix, 1er opérateur payant aux Etats-Unis et acteur majeur de la production de
                  contenus conforte l’idée qu’une offre payante structurée, suffisamment large et
                  accessible financièrement est le meilleur moyen de contrer le piratage.
             −    D’autres acteurs sur les rangs, des tentatives en France malgré un contexte législatif
                  extrêmement contraignant.


    65
      http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/allocine-ne-se-lancera-pas-dans-la-vod-sur-abonnement_289663.html
    66
      Intervention mise en ligne sur Orange Innovation TV - http://www.orange-innovation.tv/fr/webtv/info_interviews/internet-et-
    divertissement/divertissement/accord_dailymotion_-_orange_des_perspectives_pour_la_vod



                                                                                                                                    57
LA TELEVISION HORS DE LA BOITE – 10 IDEES CLES


     1. Une consommation désormais multimédia et multi supports qui laisse envisager aux
        acteurs de nouvelles formes de revenus publicitaires s’ils parviennent à développer
        une offre homogène en termes de qualité sur l’ensemble des supports.

     2. Immerger le téléspectateur dans le contenu et le fidéliser grâce à une relation avec
        son programme nouvelle.

     3. Des perspectives de croissance de la consommation de vidéos sur le Web
        extraordinaires pour des acteurs puissants déjà difficilement contestables.

     4. Une offre déjà diversifiée de contenus vidéo sur le Web, dont les perspectives de
        croissance sont renforcées par la fermeture des offres illégales.

     5. Les liens et les possibilités en termes de passerelles entre les différents écrans,
        médias et formes de contenus semblent illimités mais les grands acteurs qui ont pris
        conscience de cet enjeu n’ont pas encore vraiment exploité l’ensemble des
        possibilités qui leurs sont offertes.

     6. La vidéo sur le Web, une opportunité pour les acteurs placés sur des thématiques
        précises de renforcer leur crédibilité ou de trouver une porte de sortie en cas de
        problèmes économiques, à l’instar de certains acteurs de la presse papier.

     7. La consommation de programmes délinéarisée est le grand enjeu de 2012 pour les
        chaînes. Cette pratique est une synthèse des nouvelles habitudes de consommation :
        multi-supports, connectée et dominée par les grands acteurs. Le marché n’est
        toutefois pas encore mature et n’a pas exploité l’ensemble des possibilités offertes.

     8. Des règles de fonctionnement de la télévision de rattrapage dont l’application doit
        s’institutionnaliser : 7 jours de mise à disposition des programmes, placement des
        contenus publicitaires.

     9. Des contenus multimédias et multi-supports très accessibles mais qui ne vont encore
        assez à la rencontre de leurs consommateurs.

     10. De nouvelles offres payantes qui se structurent et qui pourraient être un moyen
         efficace de contrer le piratage. Après le succès aux Etats-Unis du phénomène Netflix,
         des premières tentatives ont lieu en France malgré un contexte législatif défavorable.




                                                                                            58
1. L’économie des
                     événements sportifs
           2. L’économie des événements
                                culturels
            3. Les événements alternatifs,
                   entre marques, Web et
                              Sponsoring


C. L’économie des événements
           culturels et sportifs




                                 59
C. L’ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS ET SPORTIFS

          Les manifestations culturelles et sportives rythment la vie quotidienne des français. Parce
          qu’elles interviennent à intervalles réguliers, parce qu’elles rassemblent et parce qu’elles sont
          souvent porteuses de symboles et de valeurs permettant la création d’histoires communes.

          Ces événements sont de natures extrêmement différentes. Leur rythme, leur taille, leur
          médiatisation sont les facteurs qui les différencient. Cette diversité rend très difficile la conclusion
          d’enseignements généraux et de règles concernant leurs modes de financements. Nous tenterons
          toutefois au sein de cette partie d’extraire quelques tendances générales permettant d’envisager
          ce que seront les stratégies médias de ces événements d’ici quelques mois ou quelques années.


          1. QUELLE PLACE POUR LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE ET LA VIE DES
          EVENEMENTS SPORTIFS ?

          Nous l’avons vu dans nos parties précédentes, la télévision a tendance à largement se focaliser
          sur de grands événements, au détriment des autres formes de manifestations, qu’elles soient
          culturelles ou sportives. Nous allons tenter de voir si ce phénomène se confirme dans cette partie
          en étudiant les budgets et donc les sources de revenus de ces manifestations.

          1. QUELS POSTES DE REVENUS POUR LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS ?

          Selon une étude menée par PWC en juin 2010, les dépenses
          mondiales liées au sport étaient de 114 milliards de dollars en 2009
          et devraient se monter à 132 milliards de dollars en 2013. Ces                                             132 milliards de $
          rentrées d’argent sont principalement issues de 4 grandes
          « familles » de revenus :
                                                                                                                 La prévision des dépenses
                                                                                                                 mondiales liées au spot en
          I. LES RECETTES DE LA VENTE DE BILLETS                                                                            2013

          Elles représentaient 38% du chiffre d’affaires du marché en 2009. Le
          total des recettes de la vente de billets devraient représenter
          49 milliards de dollars en 2013, soit un taux de croissance annuel moyen de 3,2 % sur la période
          2009 / 2013. Cette progression est la plus lente de tous les segments.

          II. LES DROITS PAYES PAR LES MEDIAS POUR LA DIFFUSION D’EVENEMENTS SPORTIFS
                                                 Ces derniers représentaient 20% du marché en 2009 et devraient
                                                 atteindre les 26,7 milliards de dollars en 2013 (+ 3,7 %
                20 %                             d’augmentation sur la période).
 des recettes du monde du                        « Ce secteur est très lié à l’organisation d’événements majeurs
sport sont issues des droits                     (Coupe du monde de football, Jeux Olympiques), bon nombre de
payés par les médias pour la                     contrats ayant été conclus à long terme ont été moins sensibles à la
  diffusion d’événements                         crise économique »67. Les groupes médias ont ces dernières années
                                                 tenté de « sécuriser » leurs droits en faisant l’acquisition des
                                                 contenus « premium » recherchés par leurs téléspectateurs. La
                                                 grande problématique du marché aujourd’hui va être la même que

   67
        Communiqué de presse 2010 pwc lors de la sortie de l’étude « Back on track ? The outlook for the global sports market to 2013). »



                                                                                                                                            60
celle qui ébranle le monde du cinéma et de la musique depuis des années : celle de la
monétisation et de la gestion de ces droits sur les plateformes numériques.

III. LE SPONSORING
Le sponsoring est défini de la manière suivante par PWC : des « paiements versés pour avoir son
nom associé à une équipe, une ligue ou le sponsoring d’un événement, ainsi que les droits
d’utilisation d’un nom ». Ce secteur représentait 26% du marché en 2009 et devrait représenter
environ 35,2 milliards de dollars en 2013 au niveau mondial. A noter que c’est le segment qui croît
le plus rapidement.

IV. LE MERCHANDISING
Le merchandising englobe toutes les « ventes de produits sous licence et autres éléments de
propriété intellectuelle ». Il représente 16 % du marché. Ce segment est surdéveloppé en
Amérique du Nord ou certains marchés sont gigantesques (Nike a récemment fait l’acquisition
des droits de merchandising de la NFL pour 1,1 milliards de dollars sur 5 saisons).

Les revenus générés par ces sources de financement pour les événements sportifs sont bien
entendu influencés par la médiatisation et la résonnance des événements.

2. LA PREDOMINANCE DE LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE DES GRANDS EVENEMENTS
MONDIAUX ET NATIONAUX

                                   I. LES DROITS TELEVISES : LE FONDEMENT ECONOMIQUE
                                   DE LA LIGUE 1 DE FOOTBALL
                                   Les droits télévisés sont absolument nécessaires pour le
                                   fonctionnement des clubs de Ligue 1. Ils peuvent en effet
                                   représenter plus de 60 % du budget d’un club de football
                                   professionnel. Afin de mesurer cette tendance, attardons nous
                                   sur la structure des lots à pourvoir pour diffuser cette
                                   compétition. Lors du dernier appel d’offres mené par la Ligue
                                   de Football Professionnelle en 2012 pour l’attribution des
                                   droits sur la période 2012 / 2016, la décomposition des droits
                                   était la suivante :

    -   5 « Lots Premium » - (lots 1 à 5)
        Diffusion en direct de l’une des quatre meilleures affiches par journée + un magazine. Ces
        droits englobent l’ensemble des terminaux (TV, Internet et la continuité de service sur
        les terminaux nomades). Leurs prix de réserve : 110 millions d’euros pour les lots 1 et 2,
        100 pour les lots 3 et 4, et 90 pour le lot 5.

    -   Le lot « 100% Ligue 1» - (lot 6)
                                                                                          0
        Diffusion de l’ensemble des matches de L1, dont six en direct
        par journée, les quatre autres en différé + un magazine le        le nombre de lots dédiés au
        dimanche avant le(s) match(es) du dimanche 17h. Le lot est        Web dans les 9 présentés par
        exploitable par un service PPV (paiement à la séance) ou par
                                                                            la LFP lors de son dernier
        une chaîne de télévision classique. Prix de réserve : 90
                                                                                   appel d’offre
        millions d’euros minimum.



                                                                                                61
-     Un lot « NOMADE » - (lot 7)
                      Dédié aux terminaux mobiles et tablettes et aux écrans inférieurs à 13 pouces, le lot offre
                      la possibilité de regarder 100 % des matches, des extraits et des résumés à la demande.
                      Prix de réserve : 90 millions d’euros.

                -     Les lots « magazines » (lots 8 et 9)
                      Diffusés pendant la semaine et entre deux journées de championnat. Ces lots sont un
                      magazine VOD et un magazine linéaire.

           Alors que l’on note la présence d’un lot spécifique dédié aux terminaux mobiles, il n’en est rien
           pour le Web, intégré directement dans l’offre « Premium ». Si cette décision accroît la
           concurrence entre les chaînes de télévisions classiques, elle semble dommageable pour la Ligue,
           qui se prive d’une potentielle offre innovante et de l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs.

                                                   II. UNE TENDANCE INTERNATIONALE
           715 millions                            Cette tendance se vérifie lorsque nous regardons les chiffres qui
 en euros, le total des droits                     permettent le fonctionnement de la FIFA68 en 2010 (organisation de
    de diffusion télévisés                         la Coupe du Monde de Football). Les chiffres sont éloquents. Les
  enregistrés par la FIFA en                       droits de diffusion médias représentent plus de la moitié du budget
2010 soit 50 % de son budget                       de l’institution. Les ventes des droits pour ces compétitions se
                                                   concluent plusieurs mois ou années à l’avance et leurs paiements
           annuel
                                                   sont répartis sur plusieurs années. Sur 2010, les ventes des droits de
                                                   diffusions TV se montaient plus de 715 millions d’euros. L’Europe
                                                   contribue fortement à renflouer les caisses de la FIFA.




           III. UN MODE DE FONCTIONNEMENT RETROUVE DANS LES AUTRES SPORTS MAJEURS
           Ce mode de fonctionnement fortement dépendant des droits télévisés est également retrouvé
           dans d’autres grands sports. Ainsi la fédération française de rugby (équipe de France de rugby et
           organisation des compétitions amateurs) dépend à 54 % des droits reçus par les partenaires et
           les médias. La part des médias seuls peut être estimée entre 35 et 40 % du budget annuel total de
           la fédération française de rugby69.

    68
         FIFA : Federation International Football Association
    69
         Rapport financier de la Fédération Française de Rugby, exercice du 1er Juillet 2009 au 30 juin 2010



                                                                                                                      62
Du côté de la Ligue Professionnelle de Rugby (LNR), la situation est différente. Si les droits
          télévisés représentent une part non négligeable du budget (environ 29 millions d’euros en 2009 /
          2010 reversés aux clubs de Top 14 et de Pro D2), ces
          produits ne sont pas sa principale source de
          revenus70. Le budget total de la Ligue s’élevait en
          effet à environ 223 millions d’euros.

          Pourtant très médiatisé, le rugby voit donc la
          télévision et les droits médiatiques contribuer à
          moins de 15 % de son fonctionnement. Un gouffre
          en comparaison des événements football
          précédemment cités. Pour compenser, le
          championnat de France professionnel de rugby
          s’appuie sur de forts revenus générés par le
          sponsoring (93,5 millions d’euros sur la saison 2009 / 2010 pour 42 % du budget) et sur la
          billetterie (46 millions d’euros pour 21 % du montant total des produits).

          Les derniers accords signés avec Canal + pour diffuser l’ensemble de la saison, y compris la phase
          finale pour la période 2012 / 2016 portent sur un montant total de 158,5 millions d’euros. Soit
          les mêmes ordres de prix et de contribution à la santé financière de l’événement que sur la
          période précédente.

          3. QUELLES SOURCES DE REVENUS POUR LES EVENEMENTS MINEURS ?

          I. UN GOUFFRE ENTRE FOOTBALL, RUGBY ET LES AUTRES SPORTS
                                              La différence de revenus générés par les droits télévisés est
            150 000 €                         absolument abyssale entre les sports surmédiatisés et l’ensemble
                                              des autres sports. Prenons l’exemple d’un sport disposant d’une
  la contribution des droits                  certaine résonnance en France, sans pour autant être un sport
médias au budget de la FFHG                   majeur : le hockey. Uniquement diffusé sur Canal + Sport, il parvient
sur la saison 2010 / 2011 (4%                 tout de même à remplir les plus grandes salles comme Paris-Bercy
 du budget de la fédération).                 pour ses finales nationales (Coupe de France, Championnat).

                                        Sur l’exercice comptable 201071, la fédération française de hockey
                                        sur glace (FFHG) estimait selon son rapport de gestion (publié en juin
          2011) ses produits à 3 986 741 euros. Ses recettes « partenaires » quand à elle s’élevaient à 313
          402 euros, la moitié d’entre elles étaient à attribuer aux médias et donc à la télévision, la radio et
          la presse papier soir environ 150 000 euros soit environ 4 % du budget global.

          II. UNE MEDIATISATION QUI IMPACTE LES AUTRES SOURCES DE REVENUS
          L’attractivité des événements de moins grande importance ne se ressent bien entendu pas que
          sur les recettes liées aux droits télévisés. Les recettes de la vente de billets varient fortement d’un
          pays à un autre et d’un sport à l’autre et sont notamment très dépendants du niveau de vie des
          habitants de la région dans lesquelles sont installés les événements. La puissance d’attraction du
          sport en question engendre également des ventes ou pas de produits dérivés. Cette attractivité
          est bien sûr renforcée ou pas, par la diffusion du sport sur les écrans de télévision classiques.

    70
         Rapport de la DNACG sur l’activité financière de la LNR saison 2009 / 2010
    71
         http://www.hockeyfrance.com/espace-membres/assemblee-generale/assemblee-generale-704-1260.html



                                                                                                                63
4. LE DEVELOPPEMENT DE SYSTEMES PARRALLELES : L’AUTO-FINANCEMENT
       D’EVENEMENTS PAR LES MARQUES

       Certains sports ont trouvé une première parade à leur non médiatisation avec des modes de
       financements nouveaux. C’est le cas des compétitions de Freestyle et plus globalement des sports
       de glisse qui ont développé un système économique assez éloigné des standards des autres
       sports. Nous évoquerons cet enjeu dans la partie suivante correspondant aux C. Les événements
       alternatifs : entre marques, web et sponsoring.


        L’ECONOMIE DES EVENEMENTS SPORTIFS – QUE RETENIR ?

            −    Les événements sportifs sont financés de manière très hétérogène par les médias
                 traditionnels selon leur importance et leur niveau de résonnance.
            −    En moyenne et au niveau mondial, les droits de retransmission représentent aux
                 alentours de 20 % des budgets des événements sportifs.
            −    Les droits de diffusion des événements télévisés peuvent représenter jusqu’à plus de 50
                 % du budget des plus grands événements.
            −    Les médias sont quasiment absents des postes de revenus des événements sportifs
                 d’ampleur moyenne alors même qu’ils diffusent parfois la compétition.
            −    Des systèmes parallèles ont vu le jour pour pallier au manque de médiatisation de
                 certains sports.



       2. ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS

       Le manque de diversité des offres de programmes diffusés à la télévision qu’ils soient sportifs
       ou culturels semble criant. Après avoir constaté que l’économie des événements sportifs
       confirmait ce manque de diversité, nous vérifierons ou infirmerons cette tendance pour les
       contenus culturels. Notre méthodologie sera la même : nous intéresser d’abord aux grands
       événements puis nous focaliser sur des manifestations moins importantes.

       1. LES PRINCIPAUX MODES DE FINANCEMENT DES GRANDS EVENEMENTS CULTURELS

       A l’image de notre raisonnement pour le sport, nous pouvons nous attarder sur les quelques
       événements culturels qui semblent attirer l’attention médiatique. Comme pour le sport ou
       quelques manifestations accaparent les meilleures audiences et les plus gros investissements, le
       cinéma pour la culture est le principal pourvoyeur de programmes et de temps d’antenne.

       I. CANNES : A MI-CHEMIN ENTRE SUBVENTIONS PUBLIQUES
       ET PRIVEES                                                                          50 %
                                                                           72
       Le budget du festival de Cannes est d’environ 20 millions d’euros
       et est réparti comme suit :                                               du budget du festival de
                                                                                 Cannes est issu de fonds
            -    50 % issus de fonds publics                                             publics
                 Les principaux financiers publics sont le Ministère de la
                 Culture via le Centre National de la Cinématographie avec

72
     http://www.festival-cannes.fr/fr/about/factsAndFigures.html



                                                                                                     64
3 millions d'euros, la Ville de Cannes avec 5,1 millions d’euros et d’autres collectivités
                      territoriales comme le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur et le Conseil Général
                      des Alpes Maritimes.

                -     50 % fournis « par les apports d'un certain nombre de groupements professionnels,
                      partenaires institutionnels et de sociétés privées, partenaires officiels du Festival ».
                      A l’inverse des événements et des institutions sportives, les chiffres versés par les
                      partenaires privés restent bien plus secrets mais Canal + débourserait chaque année
                      environ 6 millions d’euros pour couvrir de manière quasiment exhaustive la quinzaine
                      de Cannes.

           II. LE PHENOMENE DES FESTIVALS MUSICAUX ET L’AUTO FINANCEMENT
           1800 festivals étaient organisés en France en 201173. La multiplication de ces événements, liés à
           toutes les formes d’expression des arts vivants a complètement bouleversé leur mode de
           financement.

           D’abord subventionnés par les collectivités territoriales (mairies, départements, régions, Etat) les
           budgets de ces manifestations ont été fragilisés par la crise économique au cours de laquelle l’état
                                       a tenté de réduire ses dépenses aux missions de base, mettant
                                       souvent en difficulté les plus petites manifestations.
                    10 %
                                                Le reste des financements provient essentiellement de la billetterie
du budget du festival musical                   de l’événement, de partenariats privés et des recettes annexes
Rock en Seine est fourni par                    représentées par les services entourant le festival (restauration,
                                                boissons et dans certains cas boutique du festival).
   des partenaires privés.
                                         Le sponsoring privé, « est un travail de longue haleine, plus
                                         compliqué » explique François Floret, directeur et programmateur
                                         de la Route du Rock (Saint-Malo, août). Pour ce festival, autofinancé
           à 67% (billetterie et services annexes), la recherche de partenaires privés est un véritable
           problème. La manifestation doit pour compenser, compter sur les aides perçues par les
           collectivités qui représentent un « socle vital » de 21% des finances de l'événement.74

           « Les marques sont souvent réticentes à investir
           dans la culture, en particulier dans la musique ».
           François Missonnier, directeur de Rock en Seine.
           Le budget du festival de musique situé en région
           parisienne qui se montait environ à 6 millions
           d'euros en 2011 n’était constitué qu’environ à 10
           % par des partenariats privés (SFR, Kronembourg,
           Suez Environnement) alors que 17% du budget
           était issu des subventions.

           Les financements du festival des vieilles charrues
           en 2009 (ci-contre).

           Selon Le Figaro en 2011, ce festival, l’un des plus
           importants en Europe, était doté d'un budget de

    73
         http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/06/04016-20110706ARTFIG00689-les-festivals-tendent-la-main-vers-le-prive.php
    74
         http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/06/04016-20110706ARTFIG00689-les-festivals-tendent-la-main-vers-le-prive.php



                                                                                                                                   65
11,5 millions d'euros financé à hauteur de 90% par des recettes propres. Les budgets alloués par
         des partenaires médias sont quasiment inexistants.

         Ce n’est pourtant pas faute d’attirer et d’accueillir des médias. L’édition 2009 accueillait en effet
         350 journalistes et quelques 170 médias. Les partenaires et les mécènes contribuent à hauteur
         de 8 % de ce budget. Sur les 82 partenaires du festival en 2009, 12 étaient des partenaires
         médias selon les documents officiels du festival.

         III. LES AUTRES ARTS VIVANTS
         Le festival de théâtre d'Avignon, fondé en 1947 par Jean Vilar est la plus importante manifestation
         du spectacle vivant en France à tous les niveaux. Autant qu’en nombre de créations qu’en nombre
         de spectateurs, elle est l'une des grandes manifestations artistiques basée hors de Paris.

         Malrgé un budget important de 12 millions d'euros pour l'année
         201175, on peut dire que les médias sont loin d’être les principaux
         animateurs de la vie du festival. En effet, leur participation                                              55 %
         financière dans l’événement est quasiment nulle puisque le budget
         du festival se décompose comme suit :                                                           du budget du festival
                                                                                                        d’Avignon provient de
              -    55% de subventions publiques (54% de l'État, 24% de la                             subventions publiques (env
                   Ville d'Avignon, 9,5 % du Département de Vaucluse, 8 % de                             6,5 millions d’euros).
                   la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, 3,5 % de la
                   Communauté d'Agglomération du Grand Avignon et 1,5 %
                   de l'Union européenne )
              -    45 % de recettes propres qui se décomposent avec la vente de billets, le mécénat, les
                   sociétés civiles, la recherche de partenariats et la vente de spectacles...

         A noter que les investissements publics sont justifiés sur ce type de manifestation par le fait qu’ils
         génèrent de lourdes retombées économiques. En 2001, elles étaient estimées à 23 millions
         d'euros pour la ville d’Avignon.

         2. LES PARTENAIRES MEDIAS : PAS UNIQUEMENT UN MOYEN DE FINANCEMENT

                                              I. LE ROLE DES MEDIAS A ENVISAGER SOUS UN AUTRE
Des médias d’abord là                         ANGLE QUE L’ACQUISITION DE DROITS DE DIFFUSION

  pour relayer une                            Si les médias ne sont pas des partenaires financiers de l’événement,
 information et pas                           ils contribuent à lui donner une envergure. Leur couverture
                                              médiatique est en effet relativement importante, de sorte que les
      s’engager                               médias jouent un rôle dans leur développement sans s’y investir
   financièrement                             financièrement. Loick Royant, directeur des Veilles Charrues estime
                                              d’ailleurs « à plusieurs dizaines de millions d'euros d'équivalent en
                                              opérations de communication pour atteindre la notoriété actuelle
         de la ville »76.

         Même sans diffuser l’intégralité de l’événement, la promotion indirecte en renvoyant des images
         souvent très positives pour lui permettre d’acquérir de nouveaux spectateurs a un impact
         considérable sur la vie de ces derniers. Le rôle des médias ne doit donc pas être réduit à néant.

  75
       http://www.festival-avignon.com/fr/FestivalNumber
  76
       http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/12/04016-20110712ARTFIG00654-ces-festivals-qui-dopent-l-economie-locale.php



                                                                                                                                66
II. PRIVILEGES ET MANQUE DE DIVERSITE, TOUJOURS
  Nous avons déjà établi que seulement certaines manifestations sportives vivaient de leurs droits
  de diffusion et que ce n’était pas le cas de la grande majorité d’entre elles. Ce n’est donc pas
  étonnant de constater que cette tendance est également à noter sur les événements culturels. Ils
  toutefois important de signaler que les budgets investis par Canal + pour le festival de Cannes ne
  sont pas les mêmes que ceux engagés pour l’acquisition des droits du championnat de football.

  La tendance que nous pouvons faire ressortir est donc claire. Les médias concentrent leurs
  investissements sur des produits « d’appel », délaissant le reste des manifestations. Cette
  tendance est toutefois à relativiser en comparaison du milieu sportif car les grands médias sont
  globalement absents des budgets des événements culturels.


  L’ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS – QUE RETENIR ?

      −   Un financement d’abord issu des subventions publiques
      −   Des budgets qui ont connu des érosions à cause d’une multiplication des événements et
          d’un contexte économique défavorable.
      −   Des médias plus relayeurs d’une information que des partenaires financiers.
      −   Des financements privés inconséquents.
      −   Une absence de droits de diffusion pour l’immense majorité des manifestations.
      −   Au delà des droits, des diffusions des événements parfois insuffisantes.



C. LES EVENEMENTS ALTERNATIFS : ENTRE MARQUES, WEB ET
SPONSORING

  Pour exister médiatiquement lorsque leurs budgets ne sont pas extrêmement importants,
  certains événements optent pour une autre voix : celle du sponsoring intégral par une marque.
  Cette logique est parfois poussée à l’extrême, la marque prenant en charge la création et
  l’organisation de l’événement dans son intégralité.

  Qu’il soit officiel (inscrit dans le cadre des compétitions affiliées à des fédérations) ou une simple
  mise en avant de la marque via un événement basé sur une performance sportive, ce
  développement économique que l’on pourrait qualifier de « parallèle » est de plus en plus
  fréquent et a trouvé une nouvelle forme de résonnance sur le Web. Cet impact est renforcé par la
  conquête de communautés de fans ou de suiveurs engagés et dévoués.

  1. L’ECONOMIE PARRALLELE DES SPORTS DE GLISSE

  Le modèle économique des sports de glisse, basé sur une prise de responsabilité totale des
  marques dans l’organisation et la création d’événements du circuit professionnel national ou
  international, est décliné sur l’ensemble des sports de glisse dits « freestyle ». Ces sports, dont la
  pratique résulte aussi d’un certain mode de vie, sont du pain béni pour les marques essayant de
  toucher des communautés précises. En créant un contact direct via l’événement avec des
  consommateurs souvent prêts à s’engager de manière assez forte, les marques « s’offrent » une
  nouvelle relation avec eux.

  I. DES EVENEMENTS DONT L’ORGANISATION INCOMBE ENTIEREMENT AUX MARQUES


                                                                                                     67
De nombreuses marques représentant l’univers de ces sports aux communautés de fans engagées
financent donc les événements principaux du circuit professionnel, les épreuves allant même
jusqu’à porter le nom des marques. Les championnats de France 2011 de surf par exemple se
nommaient « Les championnats de France Franklin Marshall ». Dans ce cas, la marque organise
entièrement la compétition, rémunère les sportifs vainqueurs et accueille le public pour un
spectacle basé sur la performance sportive, un mode de vie et une omniprésence de la marque.




Dans la même optique, l’épreuve française des championnats du monde de la discipline se
déroulant à Lacanau est organisée par la marque de vêtements spécialisée Soöruz pour un
événement intitulé le « Soöruz Lacanau Pro ».




Ces événements se créent donc un modèle économique au départ totalement indépendant des
droits télévisés et des retransmissions sur les médias classiques, ce qui ne les empêchent pas
d’obtenir ensuite un succès et un intérêt de la part de ces médias.

Pour faire fonctionner ce modèle économique parallèle, les marques rythment également la vie
quotidienne des sportifs en les sponsorisant. Ces derniers n’ont souvent pas d’autres sources de
revenus que les récompenses acquises grâce à leurs résultats et donc les contrats qu’ils
parviennent à conclure avec les marques, ce qui leur permet de ne pas avoir à rechercher un
appui médiatique classique fort.

II. LES MARQUES EDITRICES DES CONTENUS
La vie de ces sports est donc quasiment entièrement rythmée par les marques. Cette affirmation
est d’autant plus réelle et forte que ce sont ensuite ces dernières qui produisent les images des
contenus liés à ces événements puis les relayent pour une indépendance encore plus forte vis à
vis des médias classiques.

Les contenus favorisés par ces marques sont des vidéos de haute qualité mettant en scène des
sportifs dans des situations de sport en dehors des compétitions officielles et donc non basés sur
la simple performance sportive. Ces contenus diffusés en ligne, faciles à consommer, sont mis
aux couleurs des marques et ont trouvé une nouvelle résonnance avec l’explosion de la
consommation de vidéos sur le Web.

III. AMBIGUÏTE ENTRE ADHESION FORTE DES SUIVEURS ET L’ABSENCE DE TRAITEMENT
MEDIATIQUE PAR LES GRANDS MEDIAS
Si les suiveurs de ces sports sont réputés pour leur fidélité et leur implication dans le suivi des
épreuves et dans leurs investissements permanents pour suivre ces modes de vie, nous pouvons



                                                                                                68
noter un véritable décalage avec leur traitement par les grands médias. Ces disciplines en effet
sont à la fois très peu diffusées et très peu exploitées en France.

Cette absence d’intérêt semble toutefois évoluer. Le groupe L’Equipe vient de lancer un site dédié
à ces sports (http://www.e-adrenaline.fr/ et Canal + a diffusé en ligne via un site spécial les
                             adrenaline.fr/)
Winter X Games Europe, le plus gros événement annuel de ski et snowboard free
                         ,                                                       freestyle européen
qui se déroulait à Tignes. Lié à celui du groupe Canal +, le site offrait la possibilité de suivre les
épreuves en direct commenté et d’avoir un accès à certaines informations et vidéos annexes liées
                                                            s
à l’événement (cf. en annexe 11 le détail du site).

2. MARQUES ET CREATIONS DE CONT
                           CONTENUS ON-LINE

Ces événements trouvent également
parfois une résonnance alors qu’ils
sont isolés de toutes compétition
                           compétitions
officielles, tirant leur légitimité de la
simple puissance des valeurs de la
marque ou de la singularité de la
manifestation en question.

C’est le cas de L’Eroica, course
cycliste amateur qui a trouvé une
certaine résonnance sur le Web.
Organisée par la marque « Le Coq
Sportif », la course fait écho à une
          ,
réelle épreuve cycliste créée en 2007 qui se déroule en Toscane et dont la particularité est de se
dérouler en partie sur des routes de terre. La marque a repris ce concept en la rendant accessible
pour les amateurs à condition que ceux ci concours avec un vélo datant d’avant 1987. Plus de 2
                                     ceux-ci
000 cyclistes amateurs avaient fait le déplacement en Toscane pour l’édition 2011, prouvant la
                         avaient
possibilité de fédérer autour de ce type d’évènements.


LA CREATION DE SYSTEME PARALLELES – QUE RETENIR ?
                    MES

    −   Des marques investies dans l’organisation d’événements liés au circuit professionnel
                                                                                 professionnel.
    −   Des marques à la fois productrices et diffuseurs des contenus liés à ces événements qui
                                                                                   événements,
        bénéficient de l’explosion de la consommation de contenus vidéo sur le Web.
    −   Les vies du circuit et des professionnels de ces sports totalement liées aux marques.
    −   L’absence étonnante du monde des médias classiques pour ces sports dont les taux
        d’implication des suiveurs sont relativement forts.
    −   Les nouvelles formes de consommation vidéos ont boosté l’attractivité et la capacité de
        séduction de ces sports et rapprochés leurs suiveurs.




                                                                                                   69
L’ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS ET SPORTIFS - 10 IDEES CLES


     1. Les événements sportifs sont financés de manière très hétérogène par les médias
        traditionnels selon leur importance et leur niveau de résonnance.

     2. En moyenne au niveau mondial, les droits de retransmission des événements sportifs
        représentent 20 % de leurs budgets pour un montant total de plus de 25 milliards de
        dollars par an.

     3. Les droits de diffusion des événements télévisés peuvent représenter jusqu’à plus
        de 50 % du budget des plus grands événements. Cette dépendance vis-à-vis de la
        télévision pourrait s’avérer problématique pour appréhender les nouveaux médias,
        les nouveaux supports et les nouvelles formes de revenus générés par ces mêmes
        médias et supports.

     4. Les médias sont quasiment absents des postes des revenus des événements sportifs
        d’ampleur moyenne alors même qu’ils diffusent parfois les compétitions.

     5. Les événements culturels sont d’abord financés par des subventions publiques.
        Même le Festival de Cannes, sorte d’exception parmi les manifestations culturelles
        attire de nombreux partenaires privés est financé à 50 % par des finances d’état.

     6. La multiplication de ces manifestations dans un contexte économique défavorable
        met en péril certaines d’entre elles, menacées par la frilosité des partenaires privés
        et la réduction des dépenses de l’état et des collectivités en temps de crise
        économique.

     7. Des médias plus relayeurs d’une information que de véritables partenaires
        financiers pour la majeure partie des événements culturels.

     8. Au-delà des droits, des diffusions des événements parfois insuffisantes. Si les médias
        permettent à l’événement d’étendre la notoriété de certains événements culturels, ils
        ne sont que très peu diffusés dans leur intégralité.

     9. Des systèmes de fonctionnement parallèles développés pour les sports et certains
        événements moins médiatisés. Les marques s’investissent dans l’organisation
        d’événements reliés aux circuits professionnels à la fois comme organisatrices,
        productrices et diffuseurs des contenus liés à ces événements.

     10. La consommation de vidéos sur le Web a boosté l’attractivité de certaines offres
         « parallèles ». La capacité de séduction de ces sports pourrait être vraiment décuplée
         par ces nouveaux supports.




                                                                                            70
1. S’adapter aux nouveaux
             types de contenus
     2. Bousculer les habitudes
                    des chaînes
   3. Les réseaux sociaux et de
        nouveaux partenaires :
          impliquer et créer un
             nouveau genre de
                consommation
       4. L’intérêt nouveau des
   grands acteurs du Web pour
                 les événements

D. Quelles solutions ?




                      71
D. QUELLES SOLUTIONS ENVISAGEES ?

 Nous l’avons suffisamment soutenu : les chaînes, les directions des événements culturels et
 sportifs, vont clairement devoir faire des nouveaux médias et des nouvelles habitudes de
 consommation des contenus vidéo un enjeu stratégique extrêmement fort. Si nous avons fait
 ressortir des tendances de consommation, il est clair que nous devons désormais envisager
 certaines solutions pour adapter une stratégie médiatique à ces nouveaux usages.

 Afin d’élargir nos perspectives, nous ne nous focaliserons pas uniquement sur des propositions
 destinées aux organisations de manifestations sportives et culturelles mais également à des
 actions envisageables du point vue des médias dits « classiques » afin d’envisager sous un angle
 nouveau la diffusion de ces événements. Afin de ne pas nous perdre dans des solutions
 techniques, nous nous attarderons sur des lignes de conduite à adopter, des grandes orientations
 qui devraient voir le jour sous peu ou dont l’activité déjà existante devrait être accentuée.


 1. S’ADAPTER AUX NOUVEAUX MODES DE CONSOMMATION DES
 CONTENUS VIDEO

 Les chaînes de télévisions et les organisations d’événements devront s’adapter aux nouvelles
 habitudes de consommation de leurs spectateurs. Cette tendance pourrait représenter une
 chance pour les événements et pour certaines chaînes de conquérir un public nouveau, mais aussi
 comme une véritable menace pour l’activité des acteurs qui n’anticiperont pas assez ces
 tendances.

 1. SAISIR UNE OPPORTUNITE, ANTICIPER UNE MENACE

 Nous l’avons vu dans les parties précédentes, la tendance est à une numérisation des contenus
 vidéo et à une progression forte de leur consommation. La consommation de vidéos des français
 sur le Web croit à une vitesse plus que significative et aucune donnée ne laisse présager à un
 ralentissement de cette pratique. Accroître sa notoriété et sa capacité d’attraction via cette
 opportunité est désormais un devoir pour les chaînes et les événements.

 Ce que nous présentons comme une opportunité est également
 une véritable menace. Manquer ce virage, pour une manifestation
 comme pour une chaîne de télévision pourrait signifier à moyen ou
 long terme une véritable perte d’influence et un danger pour son            Définir une stratégie de
 activité. Définir une stratégie de programmation spécifique au Web         programmation spécifique
 et ne pas établir une simple présence sur ce média représente
                                                                               au Web. Une simple
 désormais une nécessité absolue. Il ne serait donc pas étonnant
                                                                              présence ne suffit pas.
 d’assister à une explosion de l’offre dans les prochains mois.

 I. UNE DIFFUSION DES IMAGES RENDUE FACILE PAR LE WEB
 Si les événements ne bénéficiaient jusqu’alors pas des supports pour
 diffuser les images de leur activité à un public nouveau, elles se
 voient aujourd’hui offrir les moyens de le faire avec facilité. Les solutions ne manquent pas :
 plateformes de partage de vidéos en direct ou en différé, sites propres avec players accessibles à
 tous, relais sur les réseaux sociaux (Facebook permet désormais de créer sa propre chaîne afin de




                                                                                                72
diffuser en live des contenus vidéos), nouvelles plateformes permettant de consommer de
     l’information et des contenus vidéos, toutes ces opportunités doivent être saisies.

     II. VERS DES PARTENARIATS ET DES RENFORCEMENTS DES LIENS ENTRE EVENEMENTS ET
     MEDIAS CLASSIQUES ?
     Les chaînes pourraient largement trouver leur compte dans cette
     démarche grâce à leur savoir-faire en matière de production
     d’images, à la puissance de leurs réseaux et à l’attractivité de leurs          Le Web : exposer les
     plateformes. Une grosse partie des événements pourraient tirer             événements sans prendre de
     profit de ces opportunités par des accords « gagnants-gagnants », les         risques au niveau de la
     chaînes permettant une meilleure exposition des manifestations               programmation pour les
     sans pour autant devoir faire des sacrifices de programmation.                        chaînes
     Pour le sport de haut-niveau et certains événements culturels de
     valeur mondiale, la question est plus difficile à envisager. La question
     des droits de rediffusion pose un véritable problème. Ces droits sont de plus, souvent déjà acquis
     et sécurisés par les chaînes pour plusieurs années. A moins que ces chaînes rendent ces
     événements accessibles sur le Web, l’offre en direct de ces événements pourrait bien ne pas
     éclore avant un certain temps.

     2. DEMULTIPLIER UNE PRESENCE SUR L’ENSEMBLE DES ECRANS ET INVENTER DE
     NOUVEAUX CONTENUS POUR ACCENTUER L’EXPERIENCE CONSOMMATEUR

     I. PENSER DES OFFRES MULTI-SUPPORTS
                                  Les événements dans leur développement médiatique vont bien
                                  entendu devoir prendre en compte l’ensemble des supports qui
                                  permettent la consommation des contenus.
Adapter la production des
                                  L’écran d’ordinateur, mais aussi la tablette et le téléphone sont déjà
contenus à l’ensemble des
                                  des objets d’intérêts forts pour les acteurs des médias. Ils doivent
   nouveaux supports
                                  aussi le devenir pour les événements et clairement apparaître dans
                                  les stratégies médias.

                                 Ainsi pour une exposition optimale de l’événement, il est désormais
                                 inenvisageable de penser une diffusion live des événements sans
     prendre en compte les différents paramètres permettant à ces contenus d’obtenir une
     résonance sur l’ensemble des supports potentiellement utilisables pour le consommer. Cette
     tendance doit être étoffée par de nouveaux contenus, permettant de compléter l’expérience de
     consommation sur l’ensemble de ces supports.

     II. SUSCITER L’INTERET PAR DE NOUVEAUX TYPES DE CONTENUS


      −   Donner à l’événement une valeur ajoutée en impliquant le téléspectateur
          La vocation première de ces nouveaux outils est de compléter l’offre de l’écran de télévision
          classique. France Télévisions a compris ce principe et a décidé d’inscrire le téléspectateur au
          cœur de certaines de ses émissions en direct. Ainsi, l’émission « Mots croisés » du 16 avril
          2012, permettait aux téléspectateurs d’interroger en direct les candidats à la présidentielle
          2012 sur certains thèmes. Cette possibilité était offerte via le réseau social Facebook et une


                                                                                                      73
plateforme qui donnait aux Internautes l’opportunité de poser leurs questions et de réagir
             via des commentaires. Cette offre a généré 2 800 questions et 8 000 commentaires sur la
             plateforme lors des 2 heures et 15 minutes de débat entre les candidats.77 Il est à noter que
             l’application était disponible sur l’ensemble des plateformes évoquées jusqu’à présent.




        −    Proposer de nouveaux types de contenus liés aux événements
             Ces nouveaux contenus peuvent aussi être liés aux à-côtés de l’émission lorsque ceux-ci sont
             dignes d’intérêt. La retransmission d’images de coulisses, qui permettrait aux téléspectateurs
             de vivre leur expérience avec un artiste différemment ou des contenus retransmis depuis
             l’intérieur du stade pourraient remplir un rôle important, permettant à une partie du public
             de vivre plus intensément les émotions suscitées par l’événement.

        -    Etablir des liens entre les différents contenus vidéo
             Consommer un contenu doit encourager l’Internaute à se porter vers des vidéos
             supplémentaires, qu’elles soient liées à l’événement en question ou à des événements de
             même type. Cette pratique est celle qui est d’ores et déjà la mieux exploitée par les chaînes,
             sous plusieurs formes différentes : interviews des acteurs principaux de l’événement,
             témoignages de téléspectateurs ou même des renvois vers des événements similaires sont
             des sujets qui peuvent permettre une vision nouvelle des événements, différente de celle de
             l’écran de télévision classique.

        -    Le contenu écrit ne signifie pas l’absence d’interactivité
             La vocation du web est d’abord de privilégier l’interactivité et la rapidité d’accès aux
             informations. Cet enjeu doit clairement se traduire dans l’offre des chaînes qui ont fait de
             leur activité sur le Web un enjeu stratégique. Ainsi des contenus annexes liés aux
             événements retransmis (statistiques en direct, fiches de joueurs sur les événements sportifs,
             actualités des clubs ou des artistes et des informations complémentaires sur le contenu
             regardé par l’Internaute) devront être ajoutés pour compléter l’expérience du spectateur
             sans pour autant le détourner du contenu principal. C’est ce que fera France Télévisions dès
             2012 avec la plateforme dédiée à Roland Garros et aux Jeux Olympiques, proposant des
             statistiques en direct et même un article relatant la rencontre quelques minutes après la
             diffusion (cf. interview Cecilia Ocampos en annexe 1). Si les capacités techniques le
             permettent, ces contenus doivent être mis à disposition dans la mesure du possible sur la
             même page que le player pour ne pas perturber le visionnage du contenu.

77
     http://www.brainsonic.com/france-televisions-soffre-un-tour-de-chauffe-pour-la-presidentielle-2012-2012-04-21/



                                                                                                                      74
3. ANTICIPER ET PROLONGER L’EVENEMENT

          Au-delà d’une simple diffusion live de l’événement, il est clair que les stratégies de diffusion et de
          communication des manifestations vont devoir s’adapter aux nouvelles opportunités offertes par
          le Web. L’événement doit désormais avoir une vie médiatique avant et après sa durée de vie
          effective et permettre de vivre l’expérience de la manière la plus complète sur le moment.

          I. ANTICIPER L’EVENEMENT ET SUSCITER L’ATTENTE
          Créer l’événement en amont de la tenue de la manifestation.
                                                                                        Le consommateur doit
          C’est l’un des challenges qui est proposé aux directions des
          événements et qui est rendu beaucoup plus envisageable grâce au             désormais prendre part au
          Web : créer de nouvelles occasions de communiquer pour faire               déroulement de l’événement
          vivre l’événement.                                                             dans son intégralité

          Par l’annonce des programmations en direct sur les festivals, la
          retransmission des conférences de presse d’avant match pour les
          clubs professionnels ou des contenus liés aux préparatifs des
          événements, les organisations vont désormais devoir redoubler d’efforts pour exister sur une
          période plus longue que la durée effective de la manifestation.

                                        Créer l’événement en annonçant la programmation avec l’appui de
             120 000                    médias partenaires : la stratégie payante des Vieilles Charrues. Le
                                        festival des Vieilles Charrues a compris cet enjeu et fait chaque
    le nombre de vues                   année l’annonce des plus grands noms de sa programmation en
enregistrée par la « bande-             direct et en streaming sur le Web.
  annonce » des Vieilles                Sur Facebook, le site du festival ou sur les sites de ses partenaires
     Charrues en 2012                   médias, cette annonce permet de susciter un engouement bien
                                        avant sa tenue. La vidéo « bande-annonce » du festival en 2011,
                                        récoltait d’ailleurs 120 000 vues sur YouTube, 90 000 de ces vues
                                        étant réalisées le premier jour de la mise en ligne, le 12 avril 201178.

          II. POURSUIVRE LA RELATION AVEC SES SPECTATEURS EN AVAL
          Pour espérer fidéliser un public, l’événement a besoin de créer une relation qui dépasse le cadre
          de sa vie commune avec son public le temps de celui-ci. S’ils doit exister en amont, cette nécessité
          existe aussi après la manifestation. Le spectateur qui a vécu et ressenti des émotions au cours de
          l’événement, que ce soit au cœur de ce dernier ou devant un écran devra avoir accès à une offre
          lui permettant de revivre cette expérience a posteriori.

          Pour cela, poster des contenus de bonne qualité relatant les meilleurs moments de l’événement
          labélisés par la manifestation elle-même, intégrer les spectateurs à cette démarche en leur
          proposant d’ajouter leurs propres contenus pourront être des éléments qui feront la différence.
          Ils toucheront à la fois les spectateurs ayant assisté à l’événement et permettront de recruter
          de nouveaux publics séduits par leur expérience à distance.

          Les médias traditionnels peuvent bien entendu avoir un rôle à jouer dans ces étapes en
          produisant ces contenus et en les relayant sur leurs propres plateformes. C’est un processus
          gagnant - gagnant qui pourrait ainsi être mis en place. Ces collaborations offriraient en effet une

   78
        Statistiques YouTube.



                                                                                                             75
nouvelle notoriété nouvelle à des contenus novateurs sans chambouler l’activité
                                                               novateurs
      « traditionnelle » des chaînes sur l’écran de télévision.

      4. OFFRIR DES CONTENUS D’UNE QUALITE NOU
                          US               NOUVELLE SUR LE WEB

      Nous l’avons vu, les chaînes de télévision se doivent de se différencier par une qualité de
                        es
      contenu différente de celle des grandes plateformes de partage de vidéo, et cela sans tomber
                                                                        vidéo,
      dans une simple retranscription des programmes vus à l’antenne. Ce qui représente pour le
      moment la quasi-intégralité de leur offre sur le Web.
                      intégralité

      C’est aussi pour cette qualité, que les événements ont intérêt à se tourner vers ces acteurs pour
      étoffer leur stratégie médias. La qualité supérieure des contenus générée par les chaînes est une
      donnée qui pourrait sur le moyen ou le long terme faire une différence face à la masse et la
      diversité de l’offre proposée par l’ensemble des événements
         ersité                                        événements.

                                   L’opportunité à saisir quant à la diffusion de ce type de programmes
                                   L’
                                   devrait rapidement devenir une nécessité pour les chaînes qui ne
4 minutes 47 secondes              doivent pas laisser les grands acteurs du Web s’installer sur ce
                                   créneau sous peine de voir leur influence se dégrader
                                                                                  dégrader.
la durée d’écoute moyenne
par vidéo des 15 plus grands       Cette qualité supérieure de contenus se traduit pour le moment par
      « Brand Players »            une
                                   un durée d’écoute par vidéo plus longue chez les acteurs du
                                   monde télévisé Le graphique ci-dessous présente les écarts à la
                                           télévisé.                 dessous
                                   moyenne de la durée d’écoute sur les 15 plus grands players de
                                   chaque vidéo.

      Sur une durée d’écoute moyenne située aux alentours de 4,8 minutes (4 minutes et 47 secondes)
                                                                        minutes
      par vidéo, il apparait que les groupes issus de la télévision classique obtiennent des performances
      largement supérieures à celle des autres acteurs.




      Cette donnée révèle deux tendances :

       -   L’implication de l’Internaute n’est pas la même selon les plateformes et les contenus
           proposés.
       -   La tendance à un phénomène de zapping et de consommation très rapide des contenus
           n’est pas valable lorsque le contenu est qualitatif
                                                     qualitatif.



                                                                                                      76
Nous pouvons donc imaginer que les acteurs classiques de la télévision arrivés sur le net ont tout
intérêt à continuer dans la voie du contenu qualitatif pour se démarquer des autres acteurs. Nous
devons noter que cette pratique est totalement compatible avec la diffusion de contenus type
événements sportifs et/ou culturels, d’autant que ces chiffres laissent envisager que ces
contenus pourraient être consommés dans leur intégralité.

5. PEU D’OPPORTUNITES A SAISIR POUR LES EVENEMENTS SUR LA CONSOMMATION
DELINEARISEE ?

La consommation de contenus en différé est un enjeu majeur pour les chaînes. Nous l’avons vu
tout à l’heure, cette pratique risque fort de se démocratiser, les stratégies des chaînes doivent
donc dès à présent être claires et établies. Certains facteurs doivent
être pris en compte, comme la résistance de l’intérêt des contenus
par rapport au temps. Ces questions touchent également les                    Diversifier son offre en
manifestations culturelles et sportives, qui sont très impactées par          mettant en avant des
les écarts de temps entre consommation live et en différé.                  contenus différents sur les
                                                                            plateformes de télévision de
−   Les événements : un rapport au temps très hétérogène
    Les différents contenus proposés en télévision de rattrapage                    rattrapage
    ont un rapport au temps extrêmement différent les uns des
    autres. Un contenu fortement lié à l’actualité (Journaux
    Télévisés, contenus événementiels sportifs) ont une vocation à
    être consommé dans l’instant ne sont pas voués à surperformer sur les plateformes de
    télévision de rattrapage. Ces contenus devront donc faire l’objet d’approches différentes en
    proposant des contenus annexes comme les résumés ou les best of. Certains événements
    culturels eux moins impactés par le temps, pourraient y trouver un intérêt plus direct.
    Si pour le moment, la télévision de rattrapage est vue comme une sorte de béquille pour des
    programmes ayant déjà réalisé de bonnes performances en live, les chaînes auront l’occasion
    de se différencier par la mise en avant de contenus différents. Montrer un autre visage,
    pourquoi pas plus qualitatif ou mettre en avant une autre partie de la programmation seront
    des opportunités pour les chaînes.

−   Côté chaînes, normer les usages pour aider le téléspectateur à réguler ses pratiques en
    matière de télévision de rattrapage
    Les pratiques des chaînes concernant ces pratiques liées à la télévision de rattrapage vont
    devoir trouver un cadre pour permettre aux téléspectateurs de prendre ses marques. Une
    règle semble se dégager pour le moment : celle de l’offre de visionnage du contenu pendant
    7 jours après sa diffusion en live. La question n’est pas celle de la remise en question de cette
    norme mais de son application à l’ensemble des contenus, y compris pour les événements
    culturels et sportifs. A partir de 7 jours, les chaînes peuvent envisager de faire basculer leurs
    programmes sur une offre VOD afin de ne pas tirer une croix sur les contenus. Les offres
    publicitaires qu’elles soient sur l’écran de télévision classique ou sur le Web devront
    également être normées pour faciliter la consommation des contenus par les Internautes,
    pour le moment perdus par une très grande hétérogénéité des offres proposées. Ces
    questions devront être résolues avant de proposer de nouveaux contenus, y compris les
    retransmissions de manifestations culturelles et sportives.


S’ADAPTER AUX NOUVEAUX MOYENS DE CONSOMMATION DES CONTENUS - QUE
RETENIR ?


                                                                                                  77
−    Saisir l’opportunité numérique pour ressortir de la masse des événements déjà en place.
            −    Les événements doivent approcher les médias classiques et envisager des partenariats
                 Web pour profiter de la puissance des players des chaînes sans demander une diffusion
                 contraignante pour les chaînes sur les antennes classiques.
            −    Pour les chaînes, envisager ces partenariats comme une garantie du maintien de
                 l’activité à long terme.
            −    Profiter de la qualité supérieure des contenus proposés par les acteurs issus du monde
                 de la télévision pour le tourner en véritable avantage concurrentiel.
            −    Assurer une présence sur l’ensemble des supports susceptibles d’apporter une plus-value
                 à la stratégie médias.
            −    Faire vivre l’événement en amont et en aval de la durée effective de la manifestation.
            −    L’Internaute, que l’on décrit souvent comme volatile est capable de rester plusieurs
                 dizaines de minutes devant un contenu : un espoir pour envisager des consommations
                 d’une diffusion d’un événement entier.
            −    La pertinence des contenus additionnels que les événements et les chaînes arriveront à
                 proposer sous quelque forme que ce soit rendra différente ou pas la consommation de
                 l’événement par le spectateur.
            −    Envisager la création de contenus destinés à une consommation en différé.




        2. BOUSCULER LES HABITUDES DES CHAINES

        Si le public attend des chaînes une étendue de leurs activités à d’autres supports pour obtenir une
        expérience plus intense et plus complète des événements déjà diffusés, il est aussi dans l’attente
        d’une plus grande diversité des offres proposées par les chaînes.

        1. ENVISAGER LA DIFFUSION DE NOUVEAUX TYPES D’EVENEMENTS

        I. VOIR LES « GRANDS » SPORTS SOUS UN AUTRE ANGLE
                                            Proposer de nouveaux contenus peut s’avérer payant. Comme
                                            nous l’avons vu dans notre première partie, l’exemple des « autres »
           29,3 %                           footballs prouve que la diffusion d’un contenu moins classique peut
                                            également amener à une montée d’enthousiasme. Ainsi Direct 8 et
la Pda de la finale des CDM
                                            sa programmation du mondial de football féminin a récolté les fruits
de handball en fin d’après-                 d’une offre qui dépassait les simples standards du football européen
    midi en janvier 2011.                   masculin.

                                      Ce sentiment de nouveauté et de fraicheur a offert des records à la
                                      chaîne et notamment celui du record historique des nouvelles
        chaînes de la TNT avec 2 430 000 téléspectateurs et 17,4% de part d'audience (demi-finale France
        vs Etats-Unis). Depuis les performances d’audience des rencontres féminines n’ont pas faibli et les
        matchs qualificatifs des Bleues à l'Euro 2013 ont séduit en 2011 entre 720.000 et 940.000 fans
        chacun.79

        II. FAIRE DE LA PLACE A DES SPORTS NOUVEAUX

   79
     http://www.lefigaro.fr/sport-business/2011/10/12/04014-20111012ARTFIG00748-le-foot-feminin-booster-d-audience-pour-direct-8.php
   (Sources Médiamétrie)



                                                                                                                                 78
En janvier 2012 se déroulaient les championnats d’Europe de handball. Canal + Sport a alors battu
          des records pour ce sport, malgré les mauvaises performances de l’équipe de France. La chaîne
          thématique du groupe Canal + réunissait par exemple 711 00080 abonnés pour le dernier match
          du premier tour de l’Euro (meilleure audience historique du Handball hors finales et demi-finales).
          Lors de la finale des championnats du Monde fin janvier 2011, 5,5 millions de téléspectateurs
          étaient massés le dimanche en fin d’après-midi devant leur télévision pour établir une Pda de
          29,3 %. La rencontre boostait également le programme dédié au sport qui suivait la diffusion.

                                              Malgré ces performances, les grandes chaînes restent frileuses à
                Oser                          s’ouvrir à ce type de sports et à une sorte de demande exprimée par
                                              les téléspectateurs avec les audiences enregistrées sur les chaînes
      sur le Web une                          thématiques et lors de leurs rares diffusions sur les chaînes
programmation plus difficile                  historiques.
  à envisager à l’antenne                Sans aller jusqu’à démocratiser les diffusions de ces sports sur les
                                         grandes chaînes du groupe, nous pourrions imaginer des diffusions
                                         plus régulières (ensemble des compétitions internationales, finales
                                         des championnats nationaux), l’étendue de cette pratique à d’autres
          sports et surtout la constitution d’une offre solide pour ces sports sur le Web. Car si les chaînes
          continuent d’être frileuses à l’idée de programmer ces événements à l’antenne, pourquoi ne pas
          faire le pari d’une diffusion sur un autre support ?

          2. LES OUBLIES DE L’ANTENNE

          I. PRENDRE DES RISQUES EN MATIERE DE PROGRAMMATION, DIVERSIFIER L’OFFRE
          Au delà de la diffusion plus régulière de sports obtenant des audiences intéressantes, les chaînes
          pourraient également prendre plus de risques en décidant de mettre à l’antenne des sports sous
          médiatisés.

          Ce genre de stratégie pourrait s’avérer efficace de manière occasionnelle et accorderait très
          certainement aux chaînes une valeur-ajoutée en termes d’image auprès des téléspectateurs. Se
          concentrer sur certains sports peu médiatisés en France ne voudrait de plus pas forcément
          signifier des audiences de mauvaise qualité. L’exemple de W9 et du Superbowl que nous avons
          étudié précédemment en est la preuve.

          En effet, nous pourrions envisager par exemple qu’un sport comme
          le Hockey sur glace, dont la télégénie est évidente, qui obtient des                      575 000
          scores de premier plan outre-Atlantique et qui parvient à rencontrer
          des succès populaires lors de ses événements nationaux soit mis en
                                                                                          le nombre de licenciés de la
          avant. Cet exemple est d’autant plus intéressant qu’il pourrait                fédération française de Judo,
          obtenir un véritable souffle avec sa candidature à l’organisation des            4ème fédération pour moins
          championnats du monde de la discipline en 2017.                                 de 8 heures de diffusion sur
                                                                                         les chaînes de la TNT en 2010
          Nous pouvons également nous étonner qu’aucune grande chaîne ne
          saisisse réellement l’opportunité de diffuser des disciplines dont les
          nombres de licenciés sont importants. Ainsi l’équitation (650 000
          licenciés en 2009, 3ème fédération française), le Judo (575 000 licenciés en 2009, 4ème fédération)
          même si ce sport fait de rares apparitions sur France Télévisions ou encore le Golf (422 000

   80
        http://enpleinelucarne.net/2012/01/hand-euro-2012-record-daudience-969



                                                                                                              79
licenciés en 2009, 6ème fédération) sont quasiment exclusivement diffusés sur des chaînes
thématiques et semblent incompréhensiblement « oubliés » par les chaînes historiques.

III. QUID DES GRANDS FESTIVALES MUSICAUX D’ETE ?
En matière de culture aussi, des efforts sont à faire pour diffuser des contenus novateurs et
différents des standards imposés à l’heure actuelle. Nous avons vu qu’en dehors du cinéma et de
quelques émissions de variétés très stéréotypées, les volumes de diffusion étaient terriblement
réduits et peu diversifiés. Si les politiques de programmation sont parfois difficiles à mener sur les
plus grandes chaînes, il est clair que tous les efforts pour installer la culture à l’écran ne sont pas
toujours réalisés.

Or certains éléments de la culture populaire pourraient trouver une place à la télévision, y
compris sur les chaînes principales à des heures de grande écoute. La retransmission des grands
festivals de musique qui ont une puissance d’attraction forte (nombreuses figures de la scène
nationale et / ou internationale) pourrait exercer une fascination sur les téléspectateurs. Encore
une fois, si les efforts pour une diffusion à l’antenne de ces événements semblent trop difficiles à
faire pour les chaînes, les diffusions sur le Web sont bien plus abordables.


BOULEVERSER LES HABITUDES DES CHAINES - QUE RETENIR ?

    −   Envisager la diffusion de nouveaux contenus à l’antenne. Certains événements sont
        incompréhensiblement laissés de côtés (sports majeurs, festivals).
    −   Pour le sport, ces prises de risques peuvent être multiples (sports moins médiatisés mais
        au grand nombre de licenciés, sports fortement médiatisés à l’étranger, aborder les sports
        majeurs sous des angles différents).
    −   Pour la culture aussi des efforts sont à mener même si les pressions en termes
        d’audiences peuvent être plus compliquées à gérer. Des manifestations alliant culture de
        masse et attractivité comme les festival musicaux pourraient obtenir des résultats.
    −   Le Web semble s’imposer de plus en plus comme la solution la plus évidente pour
        envisager une progression de l’offre.




3. LES RESEAUX SOCIAUX ET DE NOUVEAUX PARTENAIRES : IMPLIQUER
ET CREER UN NOUVEAU GENRE DE CONSOMMATION

Les réseaux sociaux sont sur le Web la représentation de la transmission de l’information en
instantané et la facilitation du rapprochement entre les individus. Leur vocation première, la
création d’un contact par le biais du numérique permet de connecter les gens, notamment
lorsqu’ils partagent une expérience. Dès lors, inutile de dire combien ces outils peuvent être
intéressants pour compléter le vécu du spectateur pendant sa consommation d’un événement
mais aussi avant et après son expérience.

Facebook et Twitter sont d’ores et déjà utilisés par les événements et les diffuseurs pour
connecter les différents téléspectateurs, qui se retrouvent de leur propre volonté sur le réseau
pour partager leur expérience et leur ressenti sur le contenu consommé.




                                                                                                    80
Mais les réseaux sociaux ne se limitent pas aux deux mastodontes. Instagram ou Flickr permettent
par exemple aux spectateurs ou aux téléspectateurs de partager leur expérience en images. Cette
consommation implique bien entendu les événements culturels et sportifs qui de part leur nature
encouragent les Internautes à réagir.

Ils ne sont pas non plus les seuls acteurs à prendre en compte sur le Web lorsque nous parlons de
création d’une nouvelle forme de consommation. Certaines références culturelles ou sportives
dont le métier n’est pas la vidéo pourraient devenir à terme les principaux vecteurs de
propagation d’une offre spécialisée.

1. EXPORTER LES CONTENUS SUR DES PRODUCTEURS DE CONTENUS PARTENAIRES

Si la vidéo est un enjeu fort du Web, les conditions permettant aux Internautes l’accès aux flux
des chaînes en direct ou en différé ne sont pas encore optimales. La croissance de ces contenus
sera amplifiée ou non par la capacité des chaînes à encourager et fédérer autour de cette
pratique et à coloniser un maximum de « lieux » sur le Web.

−   Aller à la rencontre du public
    Les players des chaînes sur le Web ne doivent pas simplement être disponibles sur les sites
    de chaînes mais exportables sur des sites « partenaires ». Si des efforts ont déjà été réalisés
    en ce sens, l’étendue de la présence des players sur le Web n’est clairement pas suffisante
    pour encourager la consommation des contenus à n’importe quel moment de la navigation.
    Cette consommation doit devenir une offre amenée au consommateur et non pas une
    opportunité rendue possible au terme d’un effort de recherche. Systématiser le placement
    de l’offre des contenus des chaînes sur les grands réseaux sociaux, sur des grands sites
    d’informations ou des plateformes de partage de vidéos semble être des solutions possibles
    à mettre en place à court ou moyen terme. Ces contenus devront être adaptés aux acteurs
    recevant ces offres sur leurs pages. Des images de Journaux Télévisés pourront être mis en
    avant sur des sites d’informations alors que des formats plus ludiques trouveraient leur place
    sur des plateformes telles que Facebook.

−   Les réseaux sociaux… mais pas que. Faire des acteurs spécialisés dans le sport ou dans la
    culture des alliés de poids.
    Nous venons de le dire, les réseaux sociaux doivent occuper une place centrale dans la
    réflexion visant à étendre le potentiel de vues des contenus offerts par les événements. La
    mise en avant sur des sites spécialisés pourrait être extrêmement intéressante.
    Ainsi pourquoi un événement de taille moyenne ayant produit des images ne proposerait pas
    lui même de placer ces contenus sur des pages d’un acteur majeur du Web spécialisé sur son
    domaine pour étendre sa visibilité ?

    Si nous parlons de sport, la « home » de certains sites d’informations sportives pourrait
    être un levier incroyablement puissant pour augmenter la visibilité de certains contenus. Si
    nous parlons de culture, un festival n’aurait-il pas intérêt à proposer aux plateformes
    d’écoute de musique de diversifier son activité en proposant de visionner les images des
    concerts ?

    De même, les chaînes de télévisions pourraient trouver dans cette voie un moyen de
    renforcer leur présence sur le Web en « préparant » le travail de certains acteurs du Web et
    proposant directement les moments importants d’une émission à des partenaires traitant



                                                                                                81
l’événement. La plus-value pour l’acteur serait double : valoriser le player en l’exportant sur
    de nouveaux territoires pour ensuite renvoyer l’Internaute vers d’autres contenus.
    Cette tendance commence à être entrevue chez certains acteurs innovants. Ainsi France
    Télévisions insère sur sa nouvelle plateforme d’information des contenus vidéo en direct ou
    s’inscrivant dans l’actualité du moment, offrant ainsi une nouvelle manière de consommer
    l’information réactive et interactive (cf. ci dessous et page complète en annexe 12).




−   Permettre la multiplicité des usages sur un seul et même écran
    Les contenus vidéo doivent pouvoir être consommables tout en permettant la poursuite
    d’une activité « classique » sur le Web. La consommation de ces contenus doit pouvoir se
    faire tout en permettant à l’Internaute de continuer l’activité qu’il était initialement en
    train de mener. Ne pas offrir cette possibilité pourrait entraîner un sentiment d’obligation de
    consommer et donc avoir un impact négatif sur la perception de
    l’offre. Cette solution a déjà été mise en place par certains
    acteurs. C’est le cas d’Arte, qui fait souvent figure de précurseur
    dans la recherche et l’innovation quant à ces pratiques. Nous              Multiplier les écrans et
    avons déjà évoqué le cas de l’émission « 28 minutes », diffusée                 multiplier les
    du lundi au vendredi à 20h05 à l’antenne et qui est également           consommations à l’intérieur
    diffusée en live sur Facebook. Ce programme est l’exemple                   de ces mêmes écrans
    parfait de notre démonstration puisqu’il permet d’envisager la
    consommation d’un contenu télévisé sous un angle nouveau :
    celui du partage de l’expérience de consommation de contenu,
    de la consommation d’informations et de la poursuite d’autres
    activités en simultané (contenus associés, activités d’échanges liées au réseau social lui
    même). On ne parlerait ainsi même plus de multiplicité des écrans mais de multiplier les
    consommations à l’intérieur même d’un seul et même écran.

2. TWITTER & FACEBOOK - LA COURSE AU CHIFFRE



                                                                                                82
I. AFFIRMER LA PUISSANCE DE L’EVENEMENT
                                   Bien entendu, les acteurs liés à ces événements ont développé eux-
                                   mêmes leur propres comptes sur Twitter ou leurs propres pages
       1,8 millions                Facebook pour instaurer un nouveau niveau de relation avec leurs
                                   suiveurs. La course au nombre de fans et de « followers » fait donc
    le nombre de fans de
                                   rage et les chiffres atteints par ces entités sont parfois
l’Olympique de Marseille sur       impressionnants. En France, sans surprise, les deux plus gros
  Facebook prêts à réagir à        comptes officiels d’équipes de sport sont l’Olympique de Marseille
       chaque actualité            (1,8 millions de fans sur Facebook, 280 000 abonnés sur Twitter) et
                                   le Paris Saint-Germain (1,1 millions de fans sur Facebook, 165 000
                                   abonnés sur Twitter).

      Mais assurer une présence, même massive sur ces réseaux ne suffit pas. Une communication
      entre les fans et les acteurs de l’événement doit être instaurée. Les suiveurs recherchent un lien
      plus fort avec leurs idoles. Aussi les taux d’interactions sont analysés pour savoir quel acteur joue
      ou non le jeu de l’interaction avec ses fans (cf. en annexe 13 le classement réalisé par Sportlab,
      agence de communication par le sport, des meilleurs clubs en matière d’interactivité).

      II. DES MARQUES FORTEMENT IMPLIQUEES QUI PARTICIPENT AU DEVELLOPEMENT DES
      EVENEMENTS SUR CES RESEAUX
      Des marques surfent également sur ce type d’événements pour
      s’offrir une couverture plus large et une un relationnel plus intense                  140 000
      avec ses consommateurs potentiels. Elles offrent aussi par ce biais
      un nouvel angle de consommation aux Internautes.                            le nombre de fans de la page
                                                                                       du 12ème homme sur
      L’expérience et le travail mené par « Le 12ème homme » est un bon              Facebook moins d’un an
      exemple de cette tendance. Derrière cette opération, Orange, qui                 après son lancement
      permet aux Internautes connectés aux réseaux sociaux d’obtenir des
      nouvelles de certains joueurs du championnat, poste des contenus
      exclusifs. Le 12ème homme permet ainsi au consommateur d’accéder
      à des contenus jusqu’ici inédits et de connaître ces joueurs dans d’autres conditions que celles de
      la performance sportive.

      III. LES GRANDS ACTEURS DE L’INDUSTRIE CULTURELLE
      Les grandes figures de l’industrie culturelle ne sont bien entendu pas en reste sur ce phénomène.
      Des artistes, parfois issus du Web obtiennent un appui de fans impressionnant. Mac Miller, un
      jeune rappeur américain, n’ayant sorti aucun album physique comptait 2,4 millions de fans sur sa
      page Facebook en mars 2012. L’activité d’un acteur du monde culturel sur les réseaux sociaux
      peut se révéler intéressante dans la construction d’une base de suiveurs solides. Les réseaux
      sociaux rendent accessibles un artiste, facilitent la construction d’une relation forte avec son
      public et encouragent la diffusion d’une information en faveur du talent en question.

      IV. LA CULTURE DE L’INSTANT ET DU COMMENTAIRE EN DIRECT ET LE DEVELLOPEMENT
      DE SERVICES PERMETTANT LA PRATIQUE
      Les réseaux sociaux permettent avant tout une plus grande implication du téléspectateur ou du
      spectateur vis à vis de l’événement. Ils peuvent décupler les sentiments liés à l’expérience par
      l’échange, en argumentant sur son ressenti positif ou négatif et en vivant l’événement de
      manière plus intense, spécialement s’il est déjà impliqué sentimentalement via le support d’une


                                                                                                        83
équipe ou une affection particulière pour l’artiste diffusé. Ces pratiques sont désormais
encadrées par la proposition de certains services. Quelques exemples :

−   Combiner expérience télévisée et partage d’expérience
    Plusieurs applications permettent de combiner son expérience télévisée et les réseaux
    sociaux. C’est par exemple le cas de Kwarter (cf. ci dessous) qui en plus de regrouper les fans
    de sports, permet de faire gagner des cadeaux liés aux événements.




−   Augmenter la surface de contenus consommés
    Au delà de l’offre d’informations accessibles plus rapidement et du ressentis des autres
    consommateurs de l’événement, les réseaux sociaux permettent d’accéder à des contenus
    en direct nouveaux, comme le partage d’images de l’événement venu de l’organisation ou
    des spectateurs eux-mêmes. FlickR, Instagram ou TeleportD (regroupe les contenus selon
    leurs provenance géographique) permettent d’accéder à ce type de contenus.

3. CREER DE NOUVELLES MANIERES DE S’IMPLIQUER DANS L’EVENEMENT

I. S’IMPLIQUER POUR ACCEDER AU PROGRAMME
Lors des matches de préparation pendant la trêve hivernale 2011, Orange et Dailymotion
s’associaient pour proposer des accès au visionnage du match du Paris-Saint Germain en
déplacement à Dubaï pour y rencontrer l’AC Milan. Les deux entités organisaient un jeu concours
pour obtenir les accès au contenu. Destiné aux non abonnés à Orange Sports TV, il permettait une
implication du téléspectateur via un moyen assez simple mais lui faisant porter un autre regard
sur la chaîne. Diffusé via le réseau social Facebook, l’événement combinait plusieurs idées fortes
que nous avons jusqu’à présent énoncées.

II. DELIVRER DE NOUVELLES INFORMATIONS
Une autre initiative intéressante dans le monde du football et
                                                                                      80 000
impliquant également le club du Paris-Saint Germain a été mise en
                                                                              vues pour la vidéo de
place cette année. Celle de la retransmission en accès libre sur
                                                                              présentation de Javier
Dailymotion d’événements de la vie du club comme la présentation
des nouveaux joueurs de l’effectif ou les échanges de l’entraîneur
                                                                             Pastore sur Dailymotion
et de joueurs avec la presse en direct lors des journées d’avant
match. Ces offres étaient accessibles sur Facebook puisque le player
de Dailymotion y est exportable.

Diffusée de manière gratuite, cette pratique est très clairement une plus-value pour le suiveur,
qui a désormais accès à des images jusqu’alors réservées aux professionnels de l’information


                                                                                                84
sportive. Pour indication, la vidéo présentant le nouveau joueur du Paris-Saint Germain Javier
           Pastore compte aujourd’hui plus de 80 000 vues.81 Un score qui laisse présager pour le futur des
           scores tout a fait intéressants. Cette pratique est également utilisée en France par l’Olympique de
           Marseille ou le Lille Olympique Sporting Club et tend à se généraliser, permettant ainsi au
           téléspectateur de prendre part de manière plus rythmée à la vie de l’événement.

           III. JOUER SUR LA CAPACITE DE L’INTERNAUTE A S’IMPLIQUER
           Evénements ou talents individuels, le financement par le public sur le Web

           Le Web peut également revêtir une fonction de financeur des événements artistiques et sportifs.
           Poster des contenus pour des événements ou des individus peut se révéler payant, dès lors que la
           collecte est organisée. C’est le cas de talents individuels comme Irma, révélée et financée par les
           Internautes eux-mêmes et le label communautaire « My Major Company ».82

           Impliquer via le Web en donnant un sens à l’événement - Rock Corps

           Autre moyen de fédérer autour d’un événement : lui donner un sens. C’est le choix fait par Rock
           Corps (association Orange / NRJ) dont le but est d’utiliser la musique pour créer un enthousiasme
           autour d’une activité personnelle dédiée à la communauté. N’importe qui donnant 4 heures de
           son temps à une œuvre caritative organisée par l’association gagne le droit d’assister à un concert
           donné par un artiste de renom. L’implication émotionnelle et par conséquent l’image renvoyée
           par l’événement par le spectateur / acteur est donc extrêmement positive.


           LES RESEAUX SOCIAUX ET LES NOUVEAUX PARTENAIRES - QUE RETENIR ?

            −    Les players utilisés devront être rendus accessibles à l’ensemble du public.
            −    Envisager la création de partenariats avec des acteurs majeurs du Web spécialisés sur la
                 thématique de l’événement.
            −    Permettre à l’Internaute de multiplier les usages sur un seul et même écran : la garantie de
                 le conserver plus longtemps.
            −    Décupler les sentiments liés à l’expérience par l’échange entre individus ou entre individus et
                 l’événement lui même.
            −    La présence active sur les grands réseaux : la garantie du rassemblement d’une
                 communauté engagée en cas de d’activité menée intelligemment.




                                               4. L’INTERET NOUVEAU DES GRANDS ACTEURS DU
    Une présence sur les                       WEB POUR LES EVENEMENTS
 plateformes de partage de
 vidéos qui doit être reprise                  Les grands acteurs que sont les plateformes de partage de vidéo
en main et professionnalisée                   commencent lentement mais sûrement à s’intéresser à la
     par les événements                        retransmission des événements en direct. Cet intérêt pourrait bien
                                               bouleverser les codes du marché. Car si les événements sont parfois
                                               naturellement venus sur ces plateformes pour y poster des
                                               contenus, il est clair que cette présence est jusqu’à présent

    81
         http://www.dailymotion.com/video/xkfmv5_psg-conference-de-presse-de-javier-pastore_sport
    82
         http://www.mymajorcompany.com/



                                                                                                               85
globalement largement insuffisante.

Une présence souvent assurée par les Internautes. La présence de ces manifestations sur ces
plateformes est d’ailleurs souvent assurée par les internautes connectés à l’événement, qui ont
une forte tendance à poster des contenus captés lors de leur propre expérience. Les images
diffusées par ce biais sont malheureusement souvent de mauvaise qualité et si cette forme de
présence n’est pas forcément à bannir et à combattre, il est clair qu’elle ne suffit pas.

1. DAILYMOTION / YOUTUBE - VERS UN INTERET PRONONCE PAR LA DIFFUSION LIVE

I. YOUTUBE LIVE
En avril 2011, YouTube annonçait ce qui pourrait bien être une révolution dans le monde de la
vidéo sur le Web en démarrant le déploiement de sa plateforme « YouTube Live ». Jusqu’à
présent, Youtube retransmettait des concerts ou des rencontres sportives de manière
extrêmement ponctuelle. Sa page d’accueil www.youtube.com/live met à disposition des
Internautes une série de contenus à consommer en direct. Pour le moment, le catalogue de
contenus n’est que moyennement attractif mais nul doute qu’il s’étoffera dans les mois à venir.

Programmée telle une véritable plateforme de chaînes éphémères (ou continues pour certaines),
elle propose également un guide permettant de se faire rappeler les événements. Enfin, chose
extrêmement intéressante dans une optique de partage et d’expérience vidéo à valeur ajoutée, le
module de commentaires est également adapté à une utilisation en direct.

II. DAILYMOTION LIVE
                                                              Dailymotion a également lancé un
                                                              service similaire, permettant à ses
                                                              visiteurs de visionner des flux en
                                                              direct. Les statistiques de la chaîne
                                                              permettent de voir que certaines
                                                              thématiques obtiennent déjà des
                                                              résultats très intéressants.

                                                             En effet la chaîne de Poker Stars
                                                             (chaîne de l’une des plus grandes
                                                             salles de poker en ligne), attire en
                                                             moyenne 10 000 visiteurs par jour,
                                                             avec des pointes à plus de 30 000
                                                             vidéonautes par jour. Au total ce
                                                             sont plus de 365 000 contacts que
la chaîne enregistrait avec des consommateurs sur Dailymotion entre
6 avril et le 5 mai 2012.

De la même manière, la chaîne Orange Sports, disponible sur le live                  365 000
Dailymotion recueillait 120 000 vues sur les 30 derniers jours,
enregistrant certaines journées plus de 10 000 contacts avec des            contacts / vues pour la
consommateurs sur la plateforme.                                         chaîne Poker Star France sur
                                                                         Dailymotion entre le 6 avril et
III. DAILYSPORT LIVE                                                            le 5 mai 2012



                                                                                                86
En octobre 2011, Dailymotion lançait également une chaîne offrant chaque jour des JT
           d’informations sportives et des débats sportifs. La chaîne n’oublie pas le cœur de métier de
           Dailymotion puisque la plateforme offre la possibilité à ses internautes de publier leurs propres
           vidéos de sport. Les meilleures contributions sont ensuite mises à l’antenne. L’intérêt et les
           performances du service sont pour le moment assez restreints.

           2. VERS LA CONSTITUTION D’UNE OFFRE BASEE SUR DE GRANDS EVENEMENTS ?

                                                I. UN INTERET AFFICHE
  « Je crois qu'on peut dire
qu'il y aura beaucoup plus de                   L’année dernière, Youtube et la NBA révélaient des négociations
 contenus sportifs attractifs                   pour la diffusion de matches en direct. « Je crois qu'on peut dire qu'il
sur YouTube. Nous discutons                     y aura beaucoup plus de contenus sportifs attractifs sur YouTube.
                                                Nous discutons avec presque tout le monde » avait déclaré Gautam
     avec presque tout le
                                                Anand (directeur des partenariats de Google en Asie).
           monde »

    Gautam Anand – DG                           II. LA BARRIERE DES DIFFUSEURS ACTUELS
  Partenariats Google Asie             Les limites que pourraient mettre les diffuseurs actuels à ces
                                       évolutions risquent de mettre un terme à de telles négociations dans
                                       un avenir immédiat. Certains diffuseurs historiques de grandes
                                       compétitions auront forcément leur mot à dire au moment des
           renouvellements des droits et voudront trouver un moyen de sécuriser ces mannes à audiences.

           Ainsi une transformation totale du paysage audiovisuel sportif ne peut pas être envisagée dans
           un avenir immédiat. Mais à moyen ou à long terme, il paraît improbable que certains droits de
           grandes compétitions ne soient pas acquis par certains diffuseurs non issus des médias classiques.
           YouTube notamment, avec l’appui financier de Google, pourrait devenir un acteur majeur lors des
           appels d’offres relatifs à l’acquisition de droits.

           III. DES MARCHES DEJA PORTEURS
           Certaines barrières ont tout de même déjà été franchies. Google
           diffuse en effet déjà en Asie des rencontres du championnat indien                           55 millions
           de Cricket, le sport national. Toujours selon le PDG de Google en
           Asie, ces rencontres auraient reçu plus de 55 millions de visiteurs                   de visites enregistrées par
           dans le monde83.                                                                     YouTube lors de rencontres
                                                                                                 du championnat indien de
           De tels chiffres, avec l’augmentation extrêmement rapide des                                     Cricket
           équipements dans le monde et la modification également rapide des
           comportements de consommation du média Internet ne peuvent
           que laisser présager des accords entre les grands acteurs du Web et
           les grandes compétitions sportives mondiales, qui, avant même d’envisager de faire payer des
           droits de diffusion à Google ou à Dailymotion pourraient compter sur la puissance d’attraction de
           ces plateformes pour démocratiser leurs événements à une échelle différente de celle proposée
           par les diffuseurs classiques de ces événements, parfois à péage.

           IV. UN MARCHE EGALEMENT PORTEUR POUR LES EVENEMENTS CULTURELS


    83
         http://basket.blog.lemonde.fr/2011/02/23/des-matches-nba-en-direct-sur-youtube/



                                                                                                                     87
YouTube a également assuré sa présence sur certains événements culturels de grande envergure
      comme la diffusion d’un concert de U2 ou la cérémonie d’ouverture du Bolchoi. Le 28 octobre
      2011, le Bolchoi ouvrait de nouveau ses portes après sa grande entreprise de rénovation. Pour
      l’occasion, YouTube et le théâtre s’associaient pour offrir la cérémonie d’ouverture au plus large
      public possible. « Grâce à Youtube, les habitants de 36 pays, en Russie, en Amérique centrale, du
      Sud et du Nord pourront suivre la cérémonie en direct »84.

      3. LE WEB, CHANCE DES « PETITS » ?

      Les sports plus modestes doivent également
      percevoir YouTube et Dailymotion comme de
      potentiels alliés. En effet, ces deux acteurs
      peuvent être le moyen (en l’absence de
      plateformes dédiées au sport) pour ces
      événements de s’offrir une couverture médiatique
      à moindre coût.

      C’est ce qu’a compris la fédération de handball
      française qui proposait de suivre les finales de
      Coupe de France régionales et départementales
      sur Dailymotion. L’ensemble des matches de la
      journée était accessible sur Dailymotion pour une
      audience sur la chaîne du diffuseur Vision Sport d’environ 2 200 visionnages le jour même selon
      les statistiques Dailymotion.

      Les vidéos publiées par le compte de la Fédération Française de Handball après l’événement
      atteignaient elles des scores aux alentours de 10 000 vues en moyenne. Des scores relativement
      bas mais qui pourraient être largement améliorés par une meilleure mise en avant de ces
      contenus sur la plateforme et sur des sites d’informations spécialisés. Cette activité des sports à
      moins forte médiatisation sur le Web peut avoir un double intérêt :

       −    Démocratiser le sport / l’événement en lui offrant une visibilité nouvelle
       −    Fidéliser une communauté de suiveurs impliqués en leur offrant la possibilité de suivre
            l’actualité de leur discipline de manière différente

      L’ensemble des sports que l’on pourrait qualifier de « mineurs » ont donc tout intérêt à envisager
      ce type de diffusions. Le très bas coût représenté par la diffusion en elle-même (hors coût de
      production de l’image) et la manne d’audience que peut amener à un contenu diffusé des
      plateformes aussi puissantes que YouTube et Dailymotion sont autant d’atouts que les
      événements ne peuvent négliger pour étendre leur zone d’influence.

      4. LA MONETISATION DES CONTENUS VIDEOS, LA QUESTION DU MODELE ECONOMIQUE
      SUBSISTE POUR DEFINITIVEMENT DEMOCRATISER LA PRATIQUE

      Ces solutions pourraient prendre une autre dimension avec une monétisation plus efficace des
      contenus par les grandes plateformes. La bonne formule n’avait jusqu’à présent jamais été
      trouvée par les grands acteurs. Cette solution est en passe d’être mise en place par YouTube, qui
      a décidé d’appliquer le modèle publicitaire de Google (qui a acquis YouTube en 2006) à son
      activité. Le principe du « coût par clic » avec comme base une utilisation personnelle des
84
     Communiqué Youtube



                                                                                                      88
données des internautes sera le moteur de ce nouveau modèle nommé « Google AdWords for
       video ». Le principe de base de ce système est le paiement de l’annonceur à la vision volontaire
       d’un spot. Des contenus « partenaires » ou « sponsorisés » seront donc ajoutés dans les résultats
       de certaines requêtes, permettant ainsi de cibler les clients par centres d’intérêts et selon des
       critères sociodémographiques.

       Ce type d’offre publicitaire permet à YouTube de monétiser ses vidéos mais en plus de permettre
       à tous les types d’annonceurs d’envisager des campagnes sur sa plateforme, de la firme
       multinationale à l’entreprise locale. Si elle n’est pas directement liée aux événements dont nous
       tentons d’analyser les futures stratégies médias, cette donnée est d’une importance capitale. La
       meilleure monétisation de chaque vidéo vue devrait en effet permettre aux plateformes mais
       aussi à l’ensemble des grands acteurs du Web d’envisager de manière plus sereine et plus
       rationnelle la diffusion de nouveaux contenus et d’en tirer des revenus : condition bien entendu
       essentielle pour envisager des développements d’activités.


        L’INTERET DES GRANDS ACTEURS DU WEB POUR LES EVENEMENTS - QUE RETENIR ?

           −   Une présence insuffisante des événements sur les grandes plateformes de vidéos.
           −   Un intérêt prononcé de grands acteurs de la vidéo sur le Web qui pourraient rapidement
               aboutir à des partenariats.
           −   Des chiffres de contenus consommés en direct via des plateformes d’ores et déjà
               extrêmement intéressants.
           −   Une chance pour les événements de taille moyenne de trouver une résonnance.
           −   L’avènement d’un nouveau marché avec une solution efficace de monétisation des
               vidéos.




       5. LE LANCEMENT D’UNE OFFRE ONLY WEB FONCTIONNERAIT-ELLE ?

       La question de l’émergence de nouveaux acteurs sur le marché de la vidéo sur le Web devrait être
       influencée par deux éléments principaux, qui pourraient également bien être des conditions
       essentielles à la survie des acteurs issus du monde de la télévision à long terme.

       Ces deux éléments sont la qualité et la capacité des acteurs à retransmettre en live un
       événement. Le premier acteur qui s’implantera sur le marché en combinant ces deux facteurs
       prendra clairement une option pour dominer un secteur qui pourrait se révéler comme un enjeu
       financier extrêmement important dans les mois à venir.

      La qualité des contenus est l’un des problèmes majeurs des grands acteurs de la vidéo sur le Web
      (hors chaînes). En effet, si les plateformes de partage de vidéo Youtube et Dailymotion
      enregistrent de grands scores d’audience, il est clair que la qualité moyenne des contenus postés
                                   est médiocre. Les chaînes de télévisions font pour le moment parti
                                   des rares acteurs à poster une offre large de contenus de qualité.
Qui pour rassembler une            C’est l’un des grands problèmes de l’offre des événements culturels
   offre de contenus               et sportifs disposant sur le Web.
diffusés en live avec une
                                    L’offre de contenus diffusés en live est également relativement
   véritable qualité de             absente du Web. C’est un constat étonnant, tant le Web est supposé
    retransmission ?

                                                                                                     89
être le média de l’instantanéité et de la spécialisation des contenus. Si les géants Youtube et
Dailymotion ont commencé à se pencher sur une offre live comme nous venons de l’évoquer, rien
de réellement construit n’est aujourd’hui proposé au consommateur. Au-delà de ces acteurs
principaux, la question de la constitution d’une offre « only web » par un acteur spécialisé
mérite d’être posée, notamment pour la question du direct.

1. QUELS DROITS POUR LE WEB ?

Les droits pour le Web n’ont pas encore trouvé un véritable modèle économique. Si nous avons
vu que rien dans la plupart des appels d’offres n’était spécifiquement destiné au Web, cela ne
veut pas dire que cette situation est figée.

−   Un marché qui reste à créer
    Le problème de la mise sur le marché de droits spécifiques au         Aux événements de
    Web est réel. Il n’a pour le moment pas du tout été résolu par           « défier » leurs
    les acteurs principaux disposant des droits de diffusion des
    événements. La tendance actuelle est à l’intégration des droits
                                                                        diffuseurs classiques et
    avec le reste des meilleures images des compétitions, dites          de mettre en jeu des
    « premium ». Aujourd’hui, l’entité qui acquiert donc des droits      droits spécifiques au
    télévisés pour un événement dispose donc de ces mêmes droits                   Web
    pour le Web. Ce seront les organisations des événements qui
    feront évoluer cette situation. Elles le feront plus facilement dès
    que certaines questions comme le combat contre la puissance
    des offres illégales sera vraiment engagé, la qualité des retransmissions sera assurée, la
    viabilité économique de certains acteurs sera assurée et le modèle économique pour la
    monétisation des vidéos vues définitivement établi.

−   Des acteurs qui tentent de « sécuriser » ces droits
    Les grands acteurs médias, qui assurent jusqu’à présent la santé financière des grandes
    compétitions en faisant d’elles leurs vitrines, sont aujourd’hui dans une logique de
    sécurisation de ces droits. En perdre une partie serait un véritable coup dur en termes
    d’image et de prestige. Le modèle voulant que les droits pour le Web soient inclus dans un
    package global semble donc être pour ces acteurs une solution idéale. Les sommes
    jusqu’alors investies par ces mêmes acteurs pourraient donc retarder d’un long moment
    l’arrivée sur le marché d’une offre live Web légale réellement consistante, à moins bien sûr
    que ces acteurs ne décident eux-mêmes à lancer des offres qu’elles soient gratuites ou
    payantes.

−   Des droits spécifiques au Web, une solution inéluctable
    Ces barrières à la construction d’une offre Web ne dureront toutefois qu’un temps. Car si les
    acteurs principaux des médias traditionnels voudront sécuriser ces droits le plus longtemps
    possible, ils devront faire face à une pression de plus en plus forte à la fois des acteurs du
    marché, des événements et des consommateurs.
    Il n’est pas à exclure selon la manière dont ces acteurs issus des médias classiques prendront
    le virage du numérique que ces droits restent leur propriété et que l’on voit se répéter le
    schéma actuel de répartition des droits : des grands événements achetés par des grandes
    entités disponibles en accès gratuits et des événements de tailles plus moyennes en accès
    payant via des acteurs spécialisés.




                                                                                               90
Le Web devrait néanmoins permettre une meilleure répartition des droits et une diffusion
        plus large de contenus. Aussi, en dehors de quelques événements de portée mondiale déjà
        largement diffusés à la télévision, une majeure partie des droits de diffusion devraient être
        plus facilement négociable et donc accessibles pour les Internautes.

   2. DES PREMIERES TENTATIVES

   Des tentatives ont déjà été menées dans le domaine de la culture notamment, pour lesquelles le
   débat autour d’une licence globale permettant à un Internaute d’avoir accès de manière illimitée
   à une immense offre de contenus culturels sur le Web est en vigueur depuis longtemps.

   Si une solution institutionnelle semble impossible à faire émerger, des acteurs privés dans le
   domaine de la musique ont largement réussi à faire surface et ont enregistré des succès
   commerciaux suite à des accords passés avec certains grands acteurs de cette industrie.

   De même, l’industrie du cinéma et des productions télévisées ont ouvert la porte à ces types
   d’offres dans les pays où la législation aux droits d’auteurs permettait la construction de
   propositions sérieuses à faire aux Internautes et aux téléspectateurs. Les premières offres en
   France sont les suivantes :

    −   Canal + Infinity, la réponse pro-active à Netflix
        Nous avons parlé de Netflix dans les premières parties de cette étude. Le géant américain du
        secteur tente désormais de conquérir de nouveaux territoires et notamment en Europe où
        plusieurs pays ont largement retenu son attention. En France, la question des droits
        d’auteurs bloque l’arrivée de cet acteur mais Canal+, qui verrait l’arrivée de Netflix comme
        un concurrent direct à sa programmation de séries originales et son offre cinéma, a décidé
        de réagir avant un possible débarquement de l’acteur américain en lançant une offre avec un
        catalogue toutefois bien plus réduit.

    −   Arte Live Web
        Autre prise d’initiative qui vient également d’une chaîne de télévision, la plateforme dont
        que nous avons également déjà parlé dans ce dossier Arte Live Web. Mise en place par Arte
        pour mettre en avant des contenus différents des standards des contenus culturels télévisés,
        elle représente un exemple extrêmement réussi de ce que le Web offre en termes de
        possibilités techniques et graphiques pour mettre à disposition des contenus vidéos en direct
        et en différé. Il ne fait aucun doute que ce type de dispositif sera mis en place pour le sport
        ou pour des événements culturels plus en adéquation à la notion de « culture de masse ».

L’absence d’offre sur les contenus en direct sur le sport

Le sport n’a pas encore vu éclore une offre Web légale consistante, du moins pour le direct. Si nous
avons vu que Canal + mettait gratuitement à disposition des résumés de matches diffusés sur les
antennes du groupe Canal ou que L’Equipe.fr proposait une offre de contenus vidéos assez large,
(absolument) aucun acteur n’a pour le moment réussi à offrir à ses consommateurs une offre de
contenus en direct régulière et suffisamment importante pour s’imposer comme référence. Ce
manque touche autant les droits de nature mondiale que des images correspondant à des sportifs
médiatiquement plus modestes alors même qu’une quantité incroyable d’offres illégales pullulent
sur le Web.

   3. UNE OFFRE WEB EST-ELLE UNE OFFRE GRATUITE ?



                                                                                                    91
La consommation de vidéos en ligne augmente et l’offre est jusqu’à présent dans son immense
          majorité gratuite. Or à l’image de ce qui se produit pour le marché télévisé, il y a fort à parier que
          la diffusion de contenus pourrait s’accompagner de la souscription à un abonnement, à l’instar de
          ce qui se fait pour l’industrie musicale actuellement.

          I. QUELLES PERSPECTIVES POUR LES OFFRES PAYANTES ? LE BAROMETRE MUSICAL.
          L’industrie musicale est en train d’opérer une vraie mutation sur le Web en permettant à des
          acteurs indépendants des grandes majors, productrices des contenus d’offrir un accès contre
          rémunération à un catalogue extrêmement important de créations.

                                                 Cette pratique est rendue obligatoire par la structure du marché. Les
               - 53,7 %                          ventes de « physiques » de « musique enregistrées » s’écroulaient
                                                 de 53,7 % entre 2010 et 2011 alors que le marché du numérique
  l’évolution des ventes                         augmentait sur la même période de 22,6 %85.
 physiques de « musique
enregistrée » entre 2010 et             Des acteurs ayant profité de cet effet d’aubaine, Spotify, logiciel
           2011                         suédois de streaming musical est peut-être le plus efficace. Son
                                        fonctionnement est simple : les morceaux du catalogue sont laissés
                                        en libre écoute instantanée pendant 10 heures par mois pour les non
                                        abonnés. L’écoute est alors entrecoupée de publicités. Les abonnés
          ont quant à eux la possibilité pour 5 dollars par mois d’écouter en illimité et sans publicité les
          contenus proposés et une série de titre choisis par leurs soins sans connexion Internet. Sans pour
          autant être propriétaires des titres. A l’arrêt de l’abonnement, le bénéficiaire de la prestation n’a
          plus aucun droit sur aucun morceau. Spotify comptait 3 millions d’abonnés dans le monde en
          février 2012, affichant une croissance extrêmement rapide au premier trimestre 201286.

          Ce système de streaming pourrait être transposé à une activité
          vidéo, à une offre de contenus en direct et obtenir un succès
          commercial. Dès lors qu’elles sont réellement structurées, ces offres
                                                                                              La constitution d’offres
          deviennent des références malgré l’habitude de consommation de
          contenus gratuits. Il est en revanche impératif, à l’image du service                légales construites : la
          que nous venons d’étudier, qu’elles bénéficient :                                     lutte la plus efficace
                                                                                                 contre le piratage
           −    d’une profondeur suffisamment importante pour attirer des
                consommateurs habitués aux offres illégales.
           −    d’un ordre de prix correspondant aux standards du net.

          Proposer une offre consistante et structurée semble donc être le meilleur moyen de lutter contre
          le piratage. C’est d'ailleurs l'un des principaux arguments de vente des premiers grands acteurs
          internationaux que sont Netflix ou Spotify.

          4. QUELS ACTEURS POUR LANCER UNE OFFRE « ONLY WEB » ?

          Concernant la nature des acteurs qui peuvent aujourd’hui envisager de se lancer sur ce type
          d’offres, nous pouvons penser à l’arrivée à trois types :




   85
        Bilan de l’année 2011 du marché de la musique enregistrée – SNEP, Janvier 2012.
   86
        Syndicat national de l'édition phonographique



                                                                                                                   92
−   Issus des médias dits « classiques ». Dotés d’une assise financière, d’une légitimité dans la
    production de contenus et souvent déjà présents sur le Web, les acteurs des grands médias
    font figures de favoris pour le lancement de ce type d’offre.
−   Les pure players majeurs. Youtube, Dailymotion, ont une légitimité pour s’ancrer sur ce
    marché. Ils ont de plus une activité qui leur permet d’appréhender tous les problèmes
    techniques relatifs à ce type de proposition. Ils ont enfin exprimé leur intérêt pour ce type de
    contenus.
−   L’arrivée d’un nouvel acteur ou d’un nouveau type d’acteur sur le marché de la vidéo. Cette
    solution n’est pas à exclure car elle fait partie de la nature même du Web. Sans barrière à
    l’entrée, ce média pourrait permettre de voir arriver un acteur inconnu ou non initialement
    placé sur le créneau de la diffusion de contenus. L’exemple de Spotify est le meilleur crédit à
    apporter à cette hypothèse. Nous avons parlé des grands acteurs de l’information
    thématique dans le cadre de partenariats avec les événements. Pourquoi ne pas les imaginer
    capables de s’investir sur ce type d’activités ?

De ces trois types d’acteurs, ceux venus des médias classiques, qui ont déjà pour certains les
droits des événements et une assise financière solide seraient donc les plus à même de lancer
une offre de grande ampleur. Seuls des détails techniques et une certaine frilosité les empêchent
actuellement d’envisager ces types d’offres.

France Télévisions fera peut-être figure de pionnier avec ses plateformes dédiées aux spectacles
vivants et au sport. Si d’après l’exemple de celle lancée sur l’information en 2011
(http://www.francetv.fr/info/) la vidéo n’occupe pas une place centrale dans les pages, elle peut
tout à fait s’inscrire dans cette mouvance, d’autant que la volonté de donner à l’information un
caractère immédiat et interactif s’inscrirait totalement dans cette logique.


QUELLES PERSPECTIVES POUR LE LANCEMENT D’OFFRES « ONLY WEB » - QUE
RETENIR ?

    −   Des offres de droits de diffusion à repenser en donnant une importance plus importante
        au Web.
    −   Des premières tentatives d’offres légales en France, des premières réussites à l’étranger.
    −   Une industrie culturelle dans l’attente d’un assouplissement des droits d’auteurs et à la
        propriété intellectuelle pour envisager de nouveaux types d’offres.
    −   Une offre payante de qualité est également le meilleur moyen de combattre le piratage.
    −   Des acteurs des médias classiques qui semblent positionnés en pôle position pour le
        lancement de nouvelles offres.




                                                                                                 93
QUELLES SOLUTIONS ? - 10 IDEES CLES


     1. Saisir l’opportunité numérique sur l’ensemble des supports susceptibles d’apporter
        une plus-value à la stratégie médias. Elle doit être le moyen d’inventer de nouveaux
        contenus, de prendre la parole différemment et de fidéliser les consommateurs.

     2. Approcher des médias classiques et envisager des partenariats « only Web » pour
        profiter de la résonnance des chaînes sans demander une diffusion sur les antennes
        classiques. Bénéficier de la qualité supérieure des contenus proposés par les acteurs
        issus du monde de la télévision pour la tourner en véritable avantage concurrentiel.

     3. L’Internaute, que l’on décrit souvent comme volatile est capable de rester plusieurs
        dizaines de minutes devant un contenu : un espoir pour envisager des
        consommations d’un événement dans son intégralité.

     4. La pertinence et la qualité des contenus additionnels proposés en amont, pendant et
        en aval de la manifestation, permettront ou non une consommation différente de
        l’événement par le spectateur.

     5. De nouvelles chaînes pour de nouvelles prises de risques sur la programmation ?
        Certains des sports les plus pratiqués ne sont pas ou très peu diffusés tout comme
        certains mouvements culturels.

     6. Rendre les players utilisés plus accessibles à l’ensemble du public en établissant une
        présence sur différentes plateformes et permettre à l’Internaute de multiplier les
        usages sur un seul et même écran en simultané.

     7. Créer des partenariats avec des acteurs majeurs du Web spécialisés sur une
        thématique pour additionner une offre de contenus vidéos novatrice, la légitimité
        de l’événement et de l’acteur diffuseur et un nombre de contacts potentiels
        important.

     8. Créer un lien différent avec le consommateur de l’événement en l’impliquant.
        Inciter à partager des sentiments, des contenus liés, que ce soit sur les réseaux
        sociaux, les plateformes de partage de vidéos et s’appuyer sur les valeurs
        d’engagement des Internautes lorsqu’ils sont attachés à un événement ou un
        contenu.

     9. Repenser les offres de droits de diffusion à repenser pour le Web. Il est clair que les
        grands événements ne pourront bientôt plus se contenter de vivre sur les droits
        télévisés et devront étendre leurs offres au Web et à l’ensemble de ses supports.

     10. Envisager d’instaurer des offres payantes en matière de culture et de sport dédiées au
         Web. Une offre payante de qualité est le meilleur moyen de combattre le piratage.
         Les acteurs des médias classiques sont positionnés idéalement pour lancer ces
         nouvelles offres, devant les grands acteurs du Web.




                                                                                            94
CONCLUSION - LE WEB COMME FUTUR PARTIEL DES EVENEMENTS

 SE REINVENTER, IMAGINER DE NOUVEAUX ROLES ET DE NOUVEAUX LIENS
 Les habitudes des consommateurs évoluent, influencées par les avancées technologiques reliées à
 celles du premier de leurs loisirs : la télévision. Ces évolutions obligent les chaînes à avancer, à
 innover, à se réinventer.

 Proposer de nouveaux contenus, de nouvelles formes d’écriture et tout simplement, repenser la
 manière de consommer un contenu vidéo. Telles sont les grandes questions auxquelles doivent
 répondre les chaînes dès aujourd’hui. Pour cela elles disposent de plusieurs solutions
 envisageables. Nous les avons évoquées dans nos différentes parties. Certaines chaînes ont déjà
 largement commencé à le faire même si nous n’avons pas encore assisté à une révolution qui
 ferait du consommateur un acteur du contenu consommé. Le programme n’est quant à lui pas
 encore un centre autour duquel graviteraient de nombreux autres contenus permettant de
 l’enrichir et de le bonifier.

 Ces nouvelles opportunités de communiquer, de créer du lien avec ses consommateurs, les
 événements sportifs et culturels doivent les saisir, se les approprier. Ils ont la légitimité et la
 matière pour le faire. Ils disposent aussi des qualités nécessaires pour devenir des acteurs
 importants sur les nouvelles plateformes, dans leur immense majorité offertes par le Web.
 L’association des intérêts des chaînes et de ces manifestations pourrait donner lieu à une étendue
 de l’offre de directs, accessibles facilement par les Internautes et créer un nouveau type de
 consommation des contenus culturels et sportifs.

 LE WEB COMME ECRAN DE LA SPECIALITE ET DE LA RAPIDITE
 Dans l’ADN du Web est ancré la rapidité d’accès à quasiment n’importe quel type de contenu.
 Cette donnée doit être intégrée et mise en pratique par les événements, eux aussi associés à
 l’idée d’instantanéité et par définition, de spécialisation sur un domaine précis.

 Ce média de la réactivité, de l’instantanéité, de l’écrasement des distances et des frontières doit
 également devenir celui du direct vidéo. Il paraît impensable qu’avec l’amélioration constante
 des technologies et des offres, ce média ne donne pas d’avantage la possibilité à ses utilisateurs
 d’accéder aux contenus auxquels ils portent de l’intérêt en direct. Les chaînes de télévision, qui
 ont déjà un savoir faire reconnu en matières de retransmission de ces manifestations se doivent
 de saisir ces nouvelles opportunités pour étendre leurs compétences et leurs sources de revenus.

 Le Web est aussi le média du rassemblement des passions et des passionnés. Il permet aux
 communautés ayant des centres d’intérêts communs de se rassembler à distance, de se trouver
 facilement. Ces communautés, parfois visées par la télévision mais souvent bloquées par le
 manque d’interactivité et la difficulté d’accès de certains contenus expriment désormais une vraie
 attente pour des contenus à l’accès facile.

 Le Web doit donc devenir dans un avenir proche, le média de la retransmission en direct
 d’événements plus ou moins larges n’ayant pas encore eu la possibilité de s’offrir une
 reconnaissance via la télévision.

 LA TELEVISION, COMME ECRAN DE L’EVENEMENT




                                                                                                  95
Cela ne veut certainement pas dire que nous prévoyons la mort de la télévision vue comme son
écran classique et certainement pas non plus de sa mort en tant qu’écran de l’événement.

En 2012, plus de 30 millions de téléspectateurs étaient massés devant leurs écrans de télévision
quelques instants précédant l’annonce des résultats de l’élection présidentielle française et les
grandes rencontres sportives continuent de rassembler, de fédérer. La télévision aura toujours
pour elle le fait d’être un objet de partage, de rassemblements populaires et de création
d’histoires communes autour d’événements particuliers. Elle seule peut fédérer à un moment
donné autant de gens devant la même chose. Elle ne doit pas l’oublier.

Les acteurs du monde de la télévision doivent donc continuer de proposer ces manifestations.
Tant qu’ils le feront, il est clair qu’ils ne perdront pas leur influence. A moins d’être dérangés sur
leur terrain de jeu par les nouveaux acteurs venus du Web.

LA TELEVISION « HORS DE LA BOITE » COMME FUTUR POUR LES EVENEMENTS
SPORTIFS ET CULTURELS ?
La télévision et plus précisément ses acteurs principaux ont donc toujours une sorte de monopole
sur les grands événements sportifs. Mais pour combien de temps ? La tendance va clairement
dans le sens d’une utilisation des nouveaux moyens de consommer des contenus vidéo par les
manifestations sportives et culturelles. Les possibilités offertes par le Web et ses nouveaux
supports sont des opportunités qu’il serait dramatique de manquer pour elles et l’influence sans
cesse grandissante de ces médias pourrait obliger les plus grands événements à envisager de
diversifier puis de favoriser ces solutions plutôt que la télévision.

Abandonner l’idée de la diffusion télévisée pour y revenir ensuite ? C’est la question que certains
événements vont bientôt pouvoir se poser. Certains pourraient d’abord découvrir une notoriété
nouvelle grâce au Web et ne plus avoir besoin d’envisager une diffusion sur l’écran télévisé. La
question de savoir si cette médiatisation via le Web se fera avec les Pure Players ou avec les
acteurs issus de la télévision présents sur le Web.

Car si dans un premier temps, il est assez facile d’envisager que les grands acteurs du petit écran
étendent leurs activités au Web, il n’est pas improbable que les écrans de télévisions, de plus en
plus connectables et connectés deviennent aussi le terrain de jeu de certains grands acteurs du
Web. Ainsi, les contenus, qui n’ont jamais eu la chance de s’offrir une présence sur l’écran de
télévision pourraient l’obtenir, via le Web.

Cette perspective prouve la nécessité pour les acteurs de la télévision de devenir des icônes du
Web. Car si ce média venait à investir réellement la télévision en tant qu’objet, les conséquences
pour un acteur n’ayant pas anticipé ces nouvelles formes d’activité seraient dramatiques. Une
grande partie des chaînes thématiques notamment, n’auraient plus aucun avantage concurrentiel
face à des acteurs venus du Web. En considérant cette donnée, nous pouvons clairement dire que
oui, le Web représente à court, à moyen et à long terme, l’avenir des événements sportifs.




                                                                                                   96

Mémoire complet - La télévision "hors de la boîte", futur médiatique des événements culturels et sportifs ?

  • 1.
  • 2.
    AVANT-PROPOS 4 A. SPORT ET CULTURE A LA CROISEE DES CHEMINS 8 1. LE SPORT, GENERATEUR D’AUDIENCE 8 1. LES GRANDES AUDIENCES SPORTIVES 8 2. LA CHASSE AUX RECORDS 10 3. 2012, DES PERSPECTIVES EXCEPTIONNELLES POUR LES AUDIENCES AUDIOVISUELLES SPORTIVES 14 4. LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS, LEVIERS POUR LA CONSOMMATION DES MENAGES 16 2. VERS UNE ETENDUE DE L’OFFRE TELEVISUELLE SPORTIVE 18 1. LES PRINCIPALES OFFRES TELEVISUELLES SPORTIVES FRANÇAISES 19 2. AL JAZEERA, L’ACTEUR QUI CHAMBOULE TOUT 20 3. FIN DE PARTIE POUR CFOOT : L’IMPOSSIBILITE D’UN « AUTRE FOOTBALL » A LA TELEVISION ? 21 4. L’EQUIPE TV HD, PREMIERE CHAINE D’INFORMATIONS SPORTIVES FRANÇAISE DISPONIBLE SUR LA TNT GRATUITE 22 3. UNE CULTURE TELEVISUELLE STANDARDISEE ET MISE EN ECHEC 23 1. QUELLE CULTURE ? 23 2. EXISTE T-IL ENCORE UN DROIT A LA CRITIQUE ? 24 3. LES TENTATIVES INFRUCTUEUSES DU SERVICE PUBLIC 25 4. ARTE, CHAINE ESTIMEE MAIS PEU REGARDEE 28 5. L’ECHEC ALLOCINE TV 28 4. VERS UNE EVOLUTION DE LA CONSOMMATION 29 1. LA CONSOMMATION MULTI-ECRANS 30 2. DES TELESPECTATEURS ACTIFS ET PAS UNIQUEMENT SPECTATEURS 31 3. LA CONSOMMATION DELINEARISEE DE CONTENUS TELEVISES 33 4. DES EQUIPEMENTS DE PLUS EN PLUS CONNECTES 35 5. UNE PRISE DE CONSCIENCE GOUVERNEMENTALE 37 SPORT & CULTURE, LA CROISEE DES CHEMINS - LES 10 IDEES CLES 39 B. LA TELEVISION « HORS DE LA BOITE » 41 1. LA NOTION DE CROSS MEDIA 41 1. DEFINITION 41 2. QUELS INTERETS POUR LES CHAINES ET LE TELESPECTATEURS ? 41 2. LA VIDEO & INTERNET 42 1. QUELS ACTEURS PRESENTS POUR QUELS CONTENUS ? 43 2. LE STREAMING ILLEGAL AU SOMMET AVANT L’AFFAIRE MEGAUPLOAD 45 3. LES ACTEURS TELEVISES : UN ROLE DETERMINANT A JOUER SUR LE NET 46 3. 2012, ANNEE DE LA CATCH UP TV ? 48 1. DEFINITION 48 2. UNE CONSOMMATION EN FORTE PROGRESSION 49 3. TROUVER UN MODELE ECONOMIQUE 51 4. LES DIFFERENTS TYPES DE CONTENUS TELEVISES CONSOMMES SUR LES PLAYERS DES CHAINES DE TELEVISIONS 51 5. ALLER A LA RENCONTRE DU TELESPECTATEUR 52 4. LA TELEVISON MOBILE PERSONNELLE 53 1. DEFINITION & ORIGINES 53 2. VERS UNE RENAISSANCE DU CONCEPT AVEC LA DEMOCRATISATION DES TABLETTES ? 54 5. L’AVENEMENT D’UN NOUVEAU TYPE D’OFFRE DES CONTENUS CULTURELS ? 55 1. LE PHENOMENE NETFLIX 55 2. LA RIPOSTE DES GRANDS ACTEURS DE LA PRODUCTION DE CONTENUS : HULU 56 3. EN FRANCE : L’ANTICIPATION DE CANAL +, D’AUTRES OFFRES EN PREPARATION ? 56 LA TELEVISION HORS DE LA BOITE – 10 IDEES CLES 58 2
  • 3.
    C. L’ECONOMIE DESEVENEMENTS CULTURELS ET SPORTIFS 60 1. QUELLE PLACE POUR LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE ET LA VIE DES EVENEMENTS SPORTIFS ? 60 1. QUELS POSTES DE REVENUS POUR LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS ? 60 2. LA PREDOMINANCE DE LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE DES GRANDS EVENEMENTS MONDIAUX ET NATIONAUX 61 3. QUELLES SOURCES DE REVENUS POUR LES EVENEMENTS MINEURS ? 63 4. LE DEVELOPPEMENT DE SYSTEMES PARRALLELES : L’AUTO-FINANCEMENT D’EVENEMENTS PAR LES MARQUES 64 2. ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS 64 1. LES PRINCIPAUX MODES DE FINANCEMENT DES GRANDS EVENEMENTS CULTURELS 64 2. LES PARTENAIRES MEDIAS : PAS UNIQUEMENT UN MOYEN DE FINANCEMENT 66 C. LES EVENEMENTS ALTERNATIFS : ENTRE MARQUES, WEB ET SPONSORING 67 1. L’ECONOMIE PARRALLELE DES SPORTS DE GLISSE 67 2. MARQUES ET CREATIONS DE CONTENUS ON-LINE 69 L’ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS ET SPORTIFS - 10 IDEES CLES 70 D. QUELLES SOLUTIONS ENVISAGEES ? 72 1. S’ADAPTER AUX NOUVEAUX MODES DE CONSOMMATION DES CONTENUS VIDEO 72 1. SAISIR UNE OPPORTUNITE, ANTICIPER UNE MENACE 72 2. DEMULTIPLIER UNE PRESENCE SUR L’ENSEMBLE DES ECRANS ET INVENTER DE NOUVEAUX CONTENUS POUR ACCENTUER L’EXPERIENCE CONSOMMATEUR 73 3. ANTICIPER ET PROLONGER L’EVENEMENT 75 4. OFFRIR DES CONTENUS D’UNE QUALITE NOUVELLE SUR LE WEB 76 5. PEU D’OPPORTUNITES A SAISIR POUR LES EVENEMENTS SUR LA CONSOMMATION DELINEARISEE ? 77 2. BOUSCULER LES HABITUDES DES CHAINES 78 1. ENVISAGER LA DIFFUSION DE NOUVEAUX TYPES D’EVENEMENTS 78 2. LES OUBLIES DE L’ANTENNE 79 3. LES RESEAUX SOCIAUX ET DE NOUVEAUX PARTENAIRES : IMPLIQUER ET CREER UN NOUVEAU GENRE DE CONSOMMATION 80 1. EXPORTER LES CONTENUS SUR DES PRODUCTEURS DE CONTENUS PARTENAIRES 81 2. TWITTER & FACEBOOK - LA COURSE AU CHIFFRE 82 3. CREER DE NOUVELLES MANIERES DE S’IMPLIQUER DANS L’EVENEMENT 84 4. L’INTERET NOUVEAU DES GRANDS ACTEURS DU WEB POUR LES EVENEMENTS 85 1. DAILYMOTION / YOUTUBE - VERS UN INTERET PRONONCE PAR LA DIFFUSION LIVE 86 2. VERS LA CONSTITUTION D’UNE OFFRE BASEE SUR DE GRANDS EVENEMENTS ? 87 3. LE WEB, CHANCE DES « PETITS » ? 88 4. LA MONETISATION DES CONTENUS VIDEOS, LA QUESTION DU MODELE ECONOMIQUE SUBSISTE POUR DEFINITIVEMENT DEMOCRATISER LA PRATIQUE 88 5. LE LANCEMENT D’UNE OFFRE ONLY WEB FONCTIONNERAIT-ELLE ? 89 1. QUELS DROITS POUR LE WEB ? 90 2. DES PREMIERES TENTATIVES 91 3. UNE OFFRE WEB EST-ELLE UNE OFFRE GRATUITE ? 91 4. QUELS ACTEURS POUR LANCER UNE OFFRE « ONLY WEB » ? 92 QUELLES SOLUTIONS ? - 10 IDEES CLES 94 CONCLUSION - LE WEB COMME FUTUR PARTIEL DES EVENEMENTS 95 3
  • 4.
    AVANT-PROPOS LES LIAISONSDANGEREUSES Le sport et la culture entretiennent avec les médias et plus particulièrement avec le plus grand d’entre eux, la télévision, plus de points communs qu’on pourrait le penser. Loisirs quotidiens accessibles à la « masse », ils sont de véritables acteurs de la diversité, du rassemblement des classes autour d’une seule et même activité, représentés par des figures d’une grande notoriété. Leurs capacités à provoquer des émotions, à créer un lien immatériel unissant ceux qui les regardent ou y participent en font des composants absolument essentiels de notre société. Leur manière d’évoluer à travers le temps, leurs dérives aussi, les ont encore rapprochés. Leurs fonctions, leurs portées et leurs puissances émotionnelles absolument incroyables, les ont amené sur des terrains imprévus et les ont amené a servir des intérêts très éloignés de leurs vocations originelles. Les récupérations à des fins idéologiques dont ils ont été les victimes en sont la preuve la plus cinglante. Comment par exemple, ne pas penser à la mise à contribution de ces leviers extraordinaires pour l’opinion publique à l’effort de guerre au cours de la seconde guerre mondiale et ce quelque soit le camp dans lequel l’action prenait part. Ce qui est absolument évident pour le sport avec l’instrumentalisation des Jeux Olympiques de Berlin de 1936, considérés comme le plus grand acte de propagande jamais réalisé, ou les médias via l’utilisation de l’antenne de la BBC pour la mise en place de Radio Londres entre le 18 juin 1940 et Juin 1944 l’est également pour la culture. N’oublions pas que Tex Avery ou les studios Disney ont aussi participé à l’effort de guerre Outre-Atlantique, mettant en scène Mickey ou Donald dans des films de propagande certain tout au long de la guerre. Ces enjeux de société sont aujourd’hui tous les trois structurés et contrôlés par une politique étatique. Depuis 1959 pour la Culture et la nomination d’André Malraux par le Général de Gaulle et en pointillés depuis 1936 pour le sport (sous secrétariat d’état en 1936, ministère en 1966 avec périodes d’absences entre ces deux dates) ces sujets trouvent écho au quotidien et font l’objet de stratégies aux échelles nationales et mondiales. La télévision, quant à elle considérée comme une forme de sous culture, est supervisée par une antenne du Ministère de la Culture et de la Communication et entretient toujours des liens étroits avec le pouvoir. N’oublions pas que les présidents des groupes de télévisions et de radios publiques sont pour le moment nommés (après validation d’instances compétentes) sur proposition du Président de la République Française. PRESSION FINANCIERE : MONTEE EN PUISSANCE La plus grande des distinctions mais aussi aujourd’hui le plus grand rapprochement opéré entre la télévision, la culture et le sport a été la progression de leur caractère commercial. La culture, si elle a presque toujours été instrumentalisée, été un objet de convoitise et constitué un marché n’a pas été créée dans le but de devenir une activité lucrative. Preuve ultime de cette affirmation, l’acte de création, supposé désintéressé est difficilement quantifiable monétairement. Cela n’a toutefois pas empêché le marché de l’art de s’envoler. Le 3 mai 2012, « Le cri », d’Edvard Munch, devenait l’œuvre d’art la plus chère jamais vendue en étant attribuée 119,92 millions de dollars. Le sport, comme l’acte culturel, n’offre pas de rémunération dans sa pratique quotidienne et n’a pas été créé dans une optique mercantile. Il a d’ailleurs attendu beaucoup plus longtemps pour entretenir de vrais rapports avec l’argent. Si les premiers footballeurs rémunérés sont apparus à la fin du XIXème siècle (légalisation du football professionnel en Angleterre en 1885) les salaires des joueurs ont explosé très tardivement. Le premier joueur à avoir touché 100 livres par semaine 4
  • 5.
    fût Jimmy Hillen 1961, Peter Shilton devenant le joueur le mieux payé de la planète en 1979 avec un contrat à 1 200 livres par semaine. En 1995, l’arrêt Bosman a établi l’illégalité de quotas sportifs communautaires (impossibilité de limiter le nombre de nationalités dans une équipe professionnelle) pour lancer l’âge d’or du football business. En 2010, Carlos Tevez, joueur d’un club de Manchester, devenait le premier millionnaire mensuel du football anglais. La nature commerciale du monde des médias et encore plus particulièrement celui de la télévision est beaucoup plus évidente et même bien plus ancrée dans son ADN. Son activité, plus récente, fût en effet quasiment immédiatement l’apanage de professionnels. En France, sa démocratisation dès les années 1960 (environ un million de postes de télévisions) et l’arrivée de la couleur en 1968 annonça l’entrée en matière de la publicité. La suite n’est qu’une explosion des investissements publicitaires sur le média jusqu’à aujourd’hui. Au premier trimestre 2012, le Chiffre d’Affaires Hors Taxe du média Télévision s’élevait à 2,1 milliards d’euros1. L’EVOLUTION DES CONTENUS Que de chemin parcouru entre le 24 février 1950 et le premier direct télévisé en France : « Le jeu de l’amour et du hasard » sur l’unique chaîne de télévision à l’époque. Le paysage audiovisuel n’a jamais cessé d’évoluer depuis la démocratisation du média télévision, la culture et le sport voyant également leur place largement évoluer et leur statut changer sur la période. Ainsi, si nous trouvons plus aujourd’hui un équivalent à « Apostrophe », émission lancée le 10 janvier 1975 sur Antenne 2 et animée par Bernard Pivot jusqu’en juin 1990 il n’y a aujourd’hui plus de meilleur endroit pour suivre un événement sportif que devant son poste de télévision. Deux facteurs principaux sont en effet venus complètement bouleverser la vie de ce média. − La concurrence d’abord, qui s’est largement étendue au cours des années 80 (lancement de MTV en 1981, de Canal + le 4 novembre 1984, privatisation de TF1 en 1987) et qui a ensuite connu une nouvelle forme de développement au milieu des années 2000 avec le lancement de la télévision numérique. Entre temps, les chaînes spécialisées à péage trouvaient également un segment à exploiter (création de CanalSat en 1992 et de TPS en 1996), complétant une offre désormais pléthorique. − Conséquence directe d’une concurrence accrue, l’arrivée d’une mesure d’audience quotidienne venant sanctionner ou valoriser les stratégies de programmation des chaînes. Créée en 1985 par la volonté commune des acteurs du marché de disposer d’une mesure commune, Médiamétrie a chamboulé la vie du marché. Plus dépendantes des résultats, les chaînes se tournent désormais vers des programmes destinés à conquérir le public le plus large possible, privilégiant souvent un résultat à un contenu. Le 28 septembre 1992 la naissance d’Arte constituait l’un des derniers actes de résistance à une télévision dont les objectifs sont désormais plus orientés en fonction de leurs revenus publicitaires que de la qualité de leurs contenus. Le sport et la culture, sous des formes diverses via leurs facultés à ressembler devenaient alors des éléments incontournables des contenus programmés. UNE BONNE OU UNE MAUVAISE CHOSE ? Si la démocratisation de la pratique télévisuelle a clairement permis une ouverture pour le grand public à une certaine forme de culture, la question des types de contenus culturels mis en avant sur la majorité des chaînes demeure. Si la télévision peut-être un moyen d’offrir la création 1 Bilan publicitaire Télévision 1er trimestre 2012 - Yacast 5
  • 6.
    artistique au plusgrand nombre directement via des diffusions de contenus ou plus indirectement via le financement de productions cinématographiques par exemple, elle sera désormais toujours configurée dans une logique commerciale permettant aux chaînes de remplir leurs objectifs en termes d’audiences et de recettes publicitaires. C’est ainsi que nous avons assisté à de nouvelles formes d’expressions et de mises en scènes de la vie culturelle et notamment de la musique. Cette réflexion est également valable pour le sport, qui devra a fait fi de certaines valeurs pour s’adapter à sa médiatisation grandissante. Cette problématique de l’audimat et son impact sur la création, Pierre Bourdieu s’y intéressait en 1996 dans son essai « Sur la télévision »2 : « il est important de savoir que, historiquement, toutes les productions culturelles, [...] qu’un certain nombre de gens considèrent comme les productions les plus hautes de l’humanité, les mathématiques, la poésie, la littérature, la philosophie, toutes ces choses ont été produites contre l’équivalent de l’audimat, contre la logique du commerce. Voir se réintroduire cette mentalité audimat jusque chez les éditeurs d’avant-garde, jusque dans les institutions savantes, qui se mettent à faire du marketing, c’est très inquiétant parce que cela risque de mettre en question les conditions mêmes de la production d’œuvres qui peuvent paraître ésotériques, parce qu’elles ne vont pas au-devant des attentes de leur public, mais qui, à terme, sont capables de créer leur public ». S’il semble donc illusoire de penser que la télévision soit un réel moyen d’expression pour les différents courants artistiques et ne représente pas un bon terrain pour diffuser la création à proprement parlé, il paraît clair que son influence sur le secteur n’en est pas moins déterminante. Elle est aujourd’hui un passage quasiment obligé pour les artistes et les sportifs pour s’offrir une visibilité et vivre de leur talent. L’objet de notre réflexion apparaît alors assez naturel. Dans les conditions actuelles et compte tenu des perspectives d’évolution de l’activité télévisuelle ces prochaines années, la télévision ne semble plus représenter le cadre idéal pour promouvoir ces formes d’expressions. Les dérivés et les nouveaux moyens mis en place par les acteurs majeurs du secteur pour étendre leur zone d’influence pourraient en revanche offrir des terrains plus flexibles, plus libres et plus spécialisés ce qui implique donc la question suivante : La télévision « hors de la boîte » représente-t-elle le futur médiatique de l’événementiel culturel et sportif ? Pour mener l’analyse de la situation actuelle, des perspectives d’évolution et envisager des solutions à apporter à ces secteurs d’activité, nous nous appuierons sur les étapes de réflexions et de recherches suivantes. Dans un premier temps, une analyse de l’activité télévisuelle en matière de sport et de culture ces dernières années sera menée afin de dégager des tendances et établir des constats. Nous nous attacherons dans un deuxième temps à définir les nouveaux moyens de consommer des contenus télévisuels et à analyser leur portée. Une rapide analyse de l’économie des événements nous amènera ou pas, à constater une dépendance économique de ces événements vis à vis du média télévisé. Enfin nous tenterons de proposer quelques solutions et quelques perspectives en vue d’un développement de nouvelles offres médiatiques pour les événements culturels et sportifs. 2 Pierre Bourdieu – référence essai 6
  • 7.
    1. Le sportgénérateur d’audience 2. Vers une étendue de l’offre 3. Une culture télévisuelle standardisée et mise en échec 4. Vers une évolution de la consommation A. Sport et Culture à la croisée des chemins 7
  • 8.
    A. SPORT ETCULTURE A LA CROISEE DES CHEMINS Le sport, la culture et la télévision ont vu leurs activités se rapprocher, s’imbriquer. Les événements sportifs et culturels ont « pénétré» l’écran de télévision mais en ont aussi désormais besoin pour exister, obtenir une visibilité nécessaire à leur survie. Nous nous attacherons à démontrer dans cette partie que si en effet, leur présence sur l’écran de télévision est extrêmement importante, l’inverse l’est également. Les chaînes de télévisions ne peuvent en effet se passer de ces événements clés, générateurs d’audiences et de lien(s) entre les téléspectateurs et leur chaîne. 1. LE SPORT, GENERATEUR D’AUDIENCE 89 % des 15 ans et plus pratiquent un sport. 65 % des français déclarent avoir une pratique soutenue (au moins une fois par semaine)3. Que ce soit en tant que licencié ou comme pratique amateur, le sport est réellement un élément clé de la vie quotidienne des français. Il est dès lors totalement naturel que les grands médias mettent en avant dans leur offre des pratiques qui passionnent et rassemblent leurs consommateurs. Ces contenus audiovisuels, diffusés sous des formes variées, sont autant devenus des éléments clés dans la vie des grands médias que dans celle du public. C’est ce que nous allons nous attacher à démontrer. 1. LES GRANDES AUDIENCES SPORTIVES Le sport est doté d’une puissance émotionnelle extraordinaire. Capable de rassembler, de créer du lien entre différentes parties de la population, il prouve autant sa capacité à créer de l’enthousiasme en amenant chaque week-end des dizaines de milliers de spectateurs dans les stades qu’en les rassemblant devant leurs postes de télévision lors de la diffusion de ses plus grandes représentations dans les grands médias. Pour prouver cette affirmation, il nous suffit d’étudier l’historique des meilleures audiences obtenues par les chaînes de télévision. Le 20 sport truste les meilleures places avec une constance inégalée par le nombre d’audiences de sport les autres genres. La régularité des grandes compétitions (Coupe du dans le top 100 des meilleures monde de football et de rugby, Championnats d’Europe de football, audiences en 2006 et en 2010. Jeux Olympiques, autres grands événements type Roland Garros ou Le Tour de France) lui permet en effet, de toujours figurer au palmarès des meilleures performances annuelles. 3 Source : enquête pratique et physique 2010, CNDS / direction des sports, INSEP, MEOS.
Champ : personnes résidant en France (métropole et départements d’outre-mer) et âgées de 15 ans ou plus. 8
  • 9.
    Notre propos estdémontré par l’analyse des 100 meilleures audiences annuelles des 6 dernières années. Nous observons deux pics associés aux années de Coupe du Monde de football (2006 et 2010). Si ces chiffres ne sont pas atteints chaque année, le sport n’est jamais absent des palmarès. Quelques enseignements à retirer de ces premières données : - En 2006 et 2010, 20 % des meilleures audiences enregistrées par les chaînes de télévision françaises l’ont été grâce à du sport. Des performances des équipes - Nous observons que les performances de l’équipe nationales importantes pour nationale, si elles sont importantes pour établir des booster les audiences sans pour performances au-delà des standards habituels ne sont autant être nécessaires pas pour autant essentielles à l’établissement de grandes audiences pour les chaînes diffusant ces compétitions. En effet, en 2010 alors que les joueurs de l’équipe de France de football ne dépassaient pas le premier tour de la compétition, les résultats d’audience de la compétition ne s’effondraient pas. La finale de la Coupe du Monde diffusée sur TF1 (Espagne vs Pays-Bas le 11 juillet) obtenait la 4ème audience de l’année (14,11 millions de téléspectateurs, 63 % de part d’audience). - Nous pouvons aussi noter que le sport peut outrepasser ses fonctions et créer un engouement allant bien au-delà de la simple rencontre sportive. Preuve en est avec la place occupée dans le classement des audiences 2010 par le JT de TF1 du Le sport outrepasse ses 11 mai 2010 au cours duquel Raymond Domenech, alors fonctions : 10,4 millions de sélectionneur national annonçait la liste des joueurs retenus pour téléspectateurs pour l’annonce participer à cette Coupe du Monde. La partie du journal relative à de la liste des joueurs cette intervention regroupait 10,4 millions de téléspectateurs pour sélectionnés pour disputer la une Part d’audience de 41%. CDM 2010 de football. Cette extraordinaire portée du sport est confirmée par le placement de ces audiences dans le top 10 des meilleures scores annuels (cf. 9
  • 10.
    graphique ci-dessous). Eneffet, ces moments peuvent être considérés comme des faits marquants de l’année pour les téléspectateurs. Le cas de la Coupe du Monde 2006 est symbolique. Sur les 10 meilleures audiences de l’année, 9 sont attribuées à la compétition qui a vu la France parvenir jusqu’à la finale de la Coupe du Monde organisée en Allemagne. Pour obtenir de tels résultats, il est clair que cet événement dépasse un simple cadre sportif. La compétition obtenait d’ailleurs la meilleure audience jamais obtenue par un programme diffusé en France avec la demi-finale remportée par la France face au Portugal (22,2 millions de téléspectateurs massés devant leur poste le 5 juillet sur TF1). Encore une fois, aucune année n’échappe à cette règle. En 2010, les grandes audiences s’accumulaient malgré les piètres performances de l’équipe de France et en 2007, la Coupe du Monde de Rugby disputée en France obtenait les faveurs des téléspectateurs. La demi-finale perdue par le XV de France face à son rival anglais retenait l’attention 18,3 millions de téléspectateurs pour établir le record de l’année et la meilleure performance jamais obtenue par un match de rugby. 2. LA CHASSE AUX RECORDS Le sport, comme nous l’avons vu ci-dessus, est un producteur d’audiences formidable. Il permet d’établir des records et de donner un prestige quasiment sans équivalent aux chaînes qui ont eu l’occasion de retransmettre l’événement, créant ainsi un lien indéfectible avec le téléspectateur par les émotions qu’il suscite. Cette tendance apparaît également clairement lorsque nous nous penchons sur les records historiques d’audiences ou le sport ne truste ni plus ni moins que les 10 premières places des plus grandes audiences de tous les temps en France (cf. tableau ci-dessous). 10
  • 11.
    Les plus grandesaudiences télévisuelles en France 1 Football France vs Portugal (DF) CDM 2006 5 juillet 2006 22,2 TF1 2 Football France vs Italie (F) CDM 2006 9 juillet 2006 22,1 TF1 3 Football France vs Italie (F) Euro 2000 2 juillet 2000 21,4 TF1 4 Football France vs Brésil (F) CDM 1998 12 juillet 1998 20,6 TF1 5 Football France vs Espagne (8èmes) CDM 2006 27 juin 2006 19,6 TF1 6 Football France vs Portugal (DF) Euro 2000 28 juin 2000 18,3 France 2 7 Football Togo vs France (1er Tour) CDM 2006 23 juin 2006 18,3 TF1 8 Rugby France vs Angleterre (DF) CDM 2007 13 octobre 2007 18,3 TF1 9 Football France vs Corée du Sud (1er Tour) CDM 2006 18 juin 2006 18,1 TF1 10 Football France vs Brésil (QF) CDM 2006 1et juillet 2006 17,9 TF1 Nous pouvons donc très clairement voir que le sport est le type d’événement exclusivement représenté dans ce top 10 des meilleures audiences historiques4 depuis la création du Médiamat National Quotidien. On remarque, comme vu plus haut que le football y occupe une place essentielle et que le seul autre sport ayant accès aux honneurs de ce classement est le rugby. Ces données affirment encore une fois l’analyse précédente qui 10 mettait en avant l’importance (même relative) du parcours et de Les dix plus grandes audiences l’affection portée à l’équipe nationale. Aucune des rencontres qui de tous les temps enregistrées font l’objet de ces mesures d’audiences exceptionnelles ne en France sont à attribuer à des comprenait pas la présence de l’équipe de France sur le terrain. événements sportifs Ce phénomène ne correspond bien entendu pas à une exception française. 111,3 millions de téléspectateurs ont regardé le Superbowl dans la nuit du 5 février 2012 aux Etats-Unis. Pour la 7ème année consécutive, cette audience était en hausse, battant ainsi le record établit par ce même événement l’année précédente. I. LES NON SPECIALISTES ET LE SPORT : UN MOYEN DE MONTRER SA PUISSANCE ET D’AFFIRMER SES AMBITIONS Le sport est comme nous l’avons vu précédemment, un moyen idéal pour les plus grandes chaînes de battre des records d’audience5, de rentrer dans l’histoire télévisuelle et dans l’esprit des téléspectateurs / consommateurs. Certaines chaînes généralistes (pour ne pas dire la plupart), se servent du sport pour montrer à leurs téléspectateurs l’ambition de leur programmation. Ces achats de droits se révèlent de bonnes opérations de communication pour les chaînes qui en plus d’accroître leur crédibilité réalisent souvent de bonnes performances, créant du lien avec leurs téléspectateurs. Plusieurs exemples peuvent être cités : France 3 et les Coupes Nationales. Le sport peut parfois être le moyen d’affirmer une politique éditoriale. C’est le cas de France 3 notamment, qui permet lors des premiers tours de Coupes nationales, à ses téléspectateurs de regarder le match de leur équipe régionale en diffusant chacune des rencontres. Cette stratégie de programmation, totalement en phase avec le caractère régional de la chaîne est autant un moyen d’affirmer l’identité de la chaîne que de la connecter avec ses téléspectateurs via un programme chargé de sens. 4 Source : Médiamétrie 5 http://enpleinelucarne.net/2011/10/tennis-le-masters-de-bercy-3586 11
  • 12.
    II. UN LEVIER/ OBJET DE SEDUCTION POUR LES C HAINES DE LA TNT GRA CHAINES GRATUITE W9 et le Superbowl. La petite sœur de la chaîne M6 diffuse depuis quelques années le plus grand . événement sportif américain. Quelle manifestation peut mieux représenter un achat de droit énement droits pour se constituer un certain prestige que celui ci, alors que le public français est extrêmement celui-ci, mal éduqué et peu fasciné par ce sport ? Même diffusé en pleine nuit, la puissance du Superbowl permet à W9 de réunir des téléspectateurs et de signer des records d’audiences. Anciennement diffusé par France Télévisions, l’événement s’installe sur W9 qui voit tous les ans son audience augmenter et se rapprocher de celles enregistrées par le grand groupe public au milieu des années 2000. Au delà d’une capacité à générer une bonne audience pour son heure de diffusion (début du match entre minuit et une heure du matin), cet événement planétaire est surtou un bon surtout moyen pour une chaîne comme W9 de marquer son entrée dans la classe des chaînes nationales qui comptent, de celles qui sont capables de proposer un événement de portée internationale qui est de plus en adéquation parfaite avec la cible principale de la chaîne. Performances du Superbowl en France P (en milliers de téléspectateurs) 700000 600000 500000 400000 300000 200000 100000 0 2006 200 07 2008 2009 2010 2011 2012 W9 et la Ligue Europa. W9 diffuse également les matches de certains clubs français dans la . seconde compétition européenne de football annuelle. Se focalisant sur une équipe française de renom (Paris Saint-Germain en 2011, Olympique de Mars Germain Marseille lorsque le club disputait cette compétition), W9 affiche très clairement ses ambitions : proposer un produit d’appel au ), détriment d’une affiche à un intérêt sportif plus élevé. La chaîne a également profité de ces rencontres pour proposer des innovations, en permettant notamment de regarder certains matches dans leur version originale (diffusions en portugais lors de matches comportant des équipes lusitaniennes). Côté performances, Salzbourg Salzbourg-PSG (2-0, 5e j. de la phase de poules de la Ligue Europa) a 0, rassemblé 1,9 millions de téléspectateurs sur la chaîne de la TNT le 1er décembre 2011, enregistrant même un pic d'audience à 2,4 millions d'amateurs de football à la fin de la rencontre, 12
  • 13.
    à 22h576. C'estla « meilleure audience pour un match de foot » pour la chaîne, indiquait d’ailleurs W9 dans un communiqué. Direct 8 et les « autres » Equipes de France. « A l'époque, la Fédération Française de Football (FFF) lançait un appel d'offres 2 430 000 pour le championnat national et les Espoirs. Ce lot incluait téléspectateurs : le record des également les droits TV de l'Equipe de France Féminine jusqu'en chaînes de la TNT Gratuite. 2014, pour lequel nous nous sommes donc engagés à diffuser Signé par Direct 8 lors de la trois matchs par an». Thierry Cheleman, directeur des sports de demi-finale de la CDM de Direct 8. football féminin. Direct 8 retransmet depuis 2009 plusieurs rencontres par an des équipes de France Espoirs et Féminines de football. Le public, en attente d’un sport aux autres valeurs que celles du football professionnel masculin, qualifié de « business », s’est largement pris au jeu et a apporté un vrai crédit à cette programmation. En 2011, les performances des matches des équipes féminines ont pris une autre dimension avec le parcours en Coupe du Monde des Bleues. La demi-finale opposant la France aux Etats-Unis du Mondial féminin signait le record historique de la chaîne et de la TNT toutes chaînes confondues avec 2 430 000 téléspectateurs et 17,4% de part d'audience. Les performances de la rentrée 2011 ont également surfé sur cette vague d’affection, les matchs qualificatifs des Bleues à l'Euro 2013 ont en effet attiré entre 720 000 et 940 000 fans7 à chacune de leurs diffusions. II. LES CHAINES SPORTIVES : FIGURES DE PROUE DES THEMATIQUES Les grands noms des chaînes thématiques de sport restent des références des chaînes payantes, restant bien au-dessus des standards habituels des chaînes thématiques. 6 http://www.francefootball.fr/fiche/club/09/1009-red-bull-salzbourg.html#!/news/2011/12/02/131252_le-psg-cartonne-sur-w9.html (Source Médiamétrie) 7 http://www.lefigaro.fr/sport-business/2011/10/12/04014-20111012ARTFIG00748-le-foot-feminin-booster-d-audience-pour-direct-8.php (Sources Médiamétrie) 13
  • 14.
    Preuve en est,les part d’audiences des chaînes thématiques en février 20128, où des chaînes comme Canal Plus Sport s’approchent du 1% de part de marché et donc de certaines performances enregistrées par des chaînes de la TNT Gratuite. 3. 2012, DES PERSPECTIVES EXCEPTIONNELLES POUR LES AUDIENCES AUDIOVISUELLES SPORTIVES I. LE CHAMPIONNAT D’EUROPE 2012 DE FOOTBALL Nous l’avons vu, le football est un extraordinaire vecteur pour amener les audiences télévisuelles à leurs plus hauts niveaux. L’édition 2012 des championnats d’Europe ne devrait pas faillir à la règle. Les événements précédents laissent entrevoir des perspectives extrêmement intéressantes pour les chaînes qui ont acquis les droits, d’autant que l’équipe de France est qualifiée pour la compétition. En 2008, la France, défaite contre l’Italie et les Pays-Bas en phase de poules attirait 13,2 millions de téléspectateurs sur M6 le 17 juin 2008 et 12,6 millions le 13 juin sur TF1. Malgré donc le piètre parcours de l’équipe nationale, les Français se sont passionnés pour l’événement puisqu’ils étaient 11,2 millions à regarder la finale de la compétition (Allemagne – Espagne le 29 juin à Vienne sur TF1)9. L’édition 2004 de l’Euro avait également été prolifique au niveau des audiences obtenues par TF1 et France Télévisions, alors diffuseur de la compétition malgré le parcours moyen des Bleus (élimination en Quarts de finale de la compétition face à la Grèce). La finale du championnat opposant le Portugal et la Grèce avait 11,2 millions attiré 12,6 millions de téléspectateurs (plus de 50 % de Pda) alors de téléspectateurs étaient que le record de l’Euro avait été établi par l’équipe de France et son devant leur poste pour la finale match de poule décisif face à la Suisse (15,3 millions de de l’Euro 2008 sur TF1 et ce téléspectateurs le 21 juin 2004 sur TF1 pour une part d’audience de malgré l’élimination de l’EDF au 60,7 %)10. 1er tour de la compétition. Si c’est finalement le nouvel entrant Al Jazeera Sport et ses deux chaînes « Be In Sport » et « Be In Sport 2 » qui a obtenu les droits de la compétition, elle doit laisser les matches principaux de la compétition à des chaines permettant une diffusion en clair. Ainsi la finale mais aussi les rencontres de l’équipe de France seront rendues accessibles aux téléspectateurs sur les chaînes avec lesquelles le groupe trouvera un accord. Les audiences devraient être au rendez-vous. II. LES JEUX OLYMPIQUES D’ETE 2012 DE LONDRES Entre le 9 et le 20 août 2008, les Jeux Olympiques de Pékin, diffusés sur France Télévisions avaient attiré en moyenne 1,4 millions de téléspectateurs sur France 2 et France 3 pour une part d’audience moyenne de 25,3 %11. 8 Chiffres Médiamétrie – Communiqué de presse sur l’audience des chaînes thématiques – Février 2012 9 Chiffres Médiamétrie. 10 Chiffres Médiamétrie - http://www.liberation.fr/medias/0101494772-finale-de-l-euro-excellent-score-de-france-2 11 Chiffres Médiamétrie - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france- televisions_552773.html 14
  • 15.
    Cet événement estl’occasion de mettre en avant d’autres disciplines. 4,3 millions de téléspectateurs ont ainsi regardé le dimanche 17 août à 13h40 la médaille d’or des sabreurs français (escrime), soit 34 % de part d’audience12. Une semaine auparavant, 3,9 millions de téléspectateurs avaient également observé la désillusion de Laure Manaudou sur le 400 mètres féminin de natation. La cérémonie d’ouverture quant à elle 36 millions (8 août) avait attiré 5 millions de curieux sur France 213. de téléspectateurs français au total en France ont regardé les Au total, les Jeux Olympiques 2008 ont attiré 36 millions de Jeux Olympiques sur France téléspectateurs. Pour ces JO, France Télévisions avait déboursé 44 Télévisions. millions d’euros (auxquels s’ajoutent 12 millions de frais de production)14. Les sites consacrés aux Jeux Olympiques du groupe France Télévisions ont également reçu pendant la période 3,5 millions de visites qui ont généré 30 millions de pages vues15, laissant augurer sur le Web des perspectives incroyables pour les prochaines éditions. Des perspectives exceptionnelles pour Londres 2012 Il faut rappeler que ces performances ont été réalisées avec des horaires défavorables (6 heures de décalage). Cette donnée laisse entrevoir des perspectives très favorables pour l’édition qui se déroulera à Londres du 27 juillet au 12 août 2012. Les horaires permettront de mettre en avant certaines compétitions phares en prime-time, la proximité géographique et surtout le dispositif mis en place par France Télévisions devraient permettre au groupe public d’établir des performances de tout premier plan. Pour preuve de l’impact du décalage horaire, 5 millions de téléspectateurs avaient suivi la 7,7 millions cérémonie d’ouverture à Pékin alors que celle des JO d’Athènes avait de téléspectateurs été suivie par 7,3 millions de téléspectateurs (13 août 2004). français étaient devant leur poste pendant l’ascension des France Télévisions, qui diffusera 400 heures de direct sur ses coureurs du Galibier pendant le antennes et l’ensemble des épreuves en direct vidéo sur les sites Tour de France 2011. Internet dédiés par le groupe à l’événement (2 000 heures de diffusion), devrait donc profiter de cet événement pour enregistrer des performances exceptionnelles. II. ROLLAND GARROS ET LE TOUR DE FRANCE 2012 verra également les autres grands événements sportifs réguliers avoir lieu et s’offrir une exposition médiatique conséquente. Rolland Garros et Le Tour de France font partie de ces manifestations de niveau mondial et semblent tous dans une dynamique positive. Le Tour de France a en effet bénéficié d’un cru 2011 exceptionnel, avec des aventures sportives qui ont passionné les téléspectateurs. 12 Chiffres Médiamétrie - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france- televisions_552773.html 13 Chiffres Médiamétrie - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france- televisions_552773.html 14 Chiffres Médiamétrie - http://sport.francetv.fr/jeux-olympiques-2008/index-fr.php?article=6008&page=article 15 Chiffres fournis par « L’Express » - http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/les-jo-dopent-l-audience-de-france- televisions_552773.html 15
  • 16.
    Les chaînes dugroupe France Télévisions ont en effet battu des records d’audiences sur l’édition 2011. L’étape du jeudi 21 juillet par exemple, a rassemblé en moyenne sur les chaînes du groupe 5,9 millions de téléspectateurs pour 55,4% de part d’audience. Un record historique pour cette compétition. Mieux, lors de la petite heure qu’il a fallu aux coureurs pour escalader le Galibier, c’était 7,7 millions de téléspectateurs qui étaient massés devant leur poste pour une part d’audience de 62,4 %16. Nul doute que le groupe public voudra cette année capitaliser sur ce succès 2011. Rolland Garros, comme Le Tour de France, est un événement qui continuent de progresser. Egalement retransmis par le service public, il a battu des records d’audiences en 2011. La finale masculine du tournoi notamment, qui mettait aux prises les meilleurs ennemis Rafael Nadal et Roger Federer a réuni 5,3 millions de téléspectateurs entre 14h30 et 19 heures soit une part d’audience de 36 % sur l’ensemble de l’après-midi. Un record depuis 1999. Au total, ce sont 29 millions de téléspectateurs qui ont regardé le tournoi au moins 10 minutes consécutives sur les antennes de France Télévisions, soit 49,8 % de la population française équipée d’une télévision. Comme à l’accoutumée, les événements sportifs rythmeront la vie des français pendant l’été et celui de 2012 devrait donc être extrêmement porteur en termes d’audiences. 4. LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS, LEVIERS POUR LA CONSOMMATION DES MENAGES I. LES EVENEMENTS, L’OCCASION POUR LES CONSTRUCTEURS DE PRESENTER ET DE LANCER LEURS INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES Les compétitions sportives sont de très bonnes occasions pour les fabricants de tester en grandeur nature la valeur de leurs innovations. Les contenus, propices à la consommation de ces nouvelles technologies sont aussi un levier pour pousser à l’acte d’achat des ménages. « Nous lançons ces produits à partir de juin pour qu'ils soient L’exemple de Sony, lançant une gamme de 8 téléviseurs restituant les en phase avec la Coupe du images en trois dimensions à l’occasion de la Coupe du Monde de monde de football » football 2010 est frappant. « Lancer des téléviseurs 3D plus tôt en l'absence de contenus dédiés n'aurait pas eu de sens. Nous serons un Yoshihisa Ishida, Vice- peu en retard sur d'autres marques, mais nous lançons ces produits à président de Sony partir de juin pour qu'ils soient en phase avec la Coupe du monde de football et la mise en vente de jeux en 3D », avait alors déclaré le vice- président de Sony Yoshihisa Ishida17. II. UN ETAT D’ESPRIT PROPICE A LA CONSOMMATION Les périodes correspondant aux grands événements sportifs sont également propices à une hausse de la consommation des ménages. Cette tendance impacte particulièrement le secteur d’activité des équipements électroniques. « Si tous les postes d'équipement du logement sont 16 Chiffres Médiamétrie - http://tele.premiere.fr/News-Tele/Audiences-TV-records-battus-pour-le-Tour-de-France-sur-France- Televisions-2838616 17 http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/03/09/sony-se-lance-dans-la-television-3d_1316463_651865.html 16
  • 17.
    dynamiques, la plusforte hausse concerne l'électronique grand public, stimulée en premier lieu par un « effet Coupe du Monde » sur les achats de téléviseurs », expliquait l'Insee en Juin 2010. Si l’effet n’est que peu notable sur un point de vue macroéconomique, l’institut de statistiques concède que « les coupes du monde de football ont, semble-t-il, un effet sur les ventes de téléviseurs »18. Cette tendance est d’ailleurs confirmée par les chiffres. En mai 2010 soit dans le mois précédant l’ouverture de la compétition, les « Les coupes du monde de dépenses en biens durables ont fortement augmenté (+ 3,6 %) par football ont, semble-t-il, un rapport aux mois précédents. Les équipements du logement effet sur les ventes de augmentaient eux spectaculairement de 7,3 % sur le mois19. téléviseurs » Des offres spéciales destinées à pousser à la consommation Insee – Juin 2010 − Les offres d’équipements TV aux particuliers… L’édition 2010 de la Coupe du Monde fût extrêmement prolifique au niveau des offres spéciales réalisées par les fabricants ou revendeurs de matériel télévisuel. A l’approche de l’événement, de nombreux efforts de communication incitant le consommateur à déclencher l’achat ont vu le jour. Carrefour (partenaire officiel de l’équipe de France de football) par exemple, promettait de rembourser intégralement les téléviseurs achetés pendant une certaine période si l’équipe nationale remportait la compétition (cf. à la publicité en annexe 3). − … et aux professionnels Plus étonnant, Pixmania et sa division professionnelle a saisi l’occasion de la Coupe du Monde 2010 de football pour proposer à ses clients d’équiper leurs bureaux pour pouvoir permettre aux employés des entreprises de suivre les rencontres de la compétition. Télévisions, vidéoprojecteurs étaient alors proposés pour permettre une diffusion optimale au bureau20. 18 http://bercy.blog.lemonde.fr/2010/06/24/consommation-leffet-coupe-du-monde-de-football/ 19 http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=19&date=20100624 20 http://www.itrnews.com/articles/105295/pixmania-pro-lance-offres-speciales-coupe-monde-football-equiper-son-entreprise.html 17
  • 18.
    Mais les vendeursde téléviseurs ne sont pas les seuls à profiter de ce genre d’événements pour tenter de déclencher un achat. Les opérateurs ou des fournisseurs d’accès à Internet font également de ces compétitions des moments forts de leur activité commerciale et de communication au cours de l’année. Ainsi pour la Coupe du Monde de rugby, nous avons pu voir Numéricable proposer une offre spéciale (ci-dessus). L’impact de ces grandes compétitions sportives et donc absolument indéniable et doit être pris en compte dans nos analyses. Ces événements incluent également un rapport spécial du public avec son équipement, qui représente le lien avec l’équipe qu’il supporte et le vecteur des émotions suscitées par ces événements. LE SPORT GENERATEUR D’AUDIENCES - QUE RETENIR ? − Le sport a une valeur de mobilisation. Il obtient des scores d’audience extrêmement importants avec une constance inégalée par les autres genres. − L’équipe nationale est une aide pour atteindre les sommets mais pas absolument essentielle pour réussir de bonnes audiences. − Le sport trouve sa place au sein des moments forts de la vie des français qui se réunissent autour d’événements exceptionnels quasiment exclusifs : les grandes compétitions de football et de rugby. − Ces moments sont toutefois exceptionnels. Chaque diffusion de sport n’enregistre pas des performances permettant d’intégrer les meilleures audiences de l’année. − On note que ressort un certain manque de diversité des chaînes dont la stratégie semble être de se focaliser sur une partie des grands événements sportifs en ne laissant que peu de place aux autres manifestations. − Le sport créé un lien entre les téléspectateurs et les chaînes : des moments forts de l’année télévisuelle mais aussi une construction d’une expérience et d’une histoire commune entre les français basée sur des émotions. − Les grandes compétitions sportives sont donc des produits de prestige, autant pour les grandes chaînes possédant les plus grands droits que celles plus moyennes qui diffusent des droits secondaires. − Les performances lors des éditions précédentes des grands événements de l’été 2012 ne laissent planer aucun doute sur la capacité des événements de l’été à fédérer un grand nombre de téléspectateurs, d’autant que toutes les grandes compétitions cette année se feront dans les fuseaux horaires européens. − Les fournisseurs d’équipements aussi profitent des grands événements sportifs qui sont des moments propices à une hausse de la consommation des ménages. 2. VERS UNE ETENDUE DE L’OFFRE TELEVISUELLE SPORTIVE L’offre de programmes sportifs est d’ores et déjà extrêmement riche même si nous pouvons remettre en question la diversité des sports proposés. Ces offres sont à la fois réparties sur les grandes chaînes généralistes, sur lesquelles sont diffusés les plus grands événements mais aussi sur de nombreuses chaînes thématiques, qui ont vu le jour pour combler une demande toujours plus forte de contenus diversifiés. 18
  • 19.
    Alors que l’onpourrait penser que le marché arrive à saturation vu le nombre de chaîne, il n’en n’est rien et l’offre continue de croître. L’arrivée d’un nouvel acteur majeur et le positionnement d’un d’entre eux sur les chaînes de la TNT gratuite sont la preuve formelle de cette tendance. gratuite 1. LES PRINCIPALES OFFRES TELEVISUELLES SPO ES SPORTIVES FRANÇAISES Les acteurs du monde des médias ont bien compris cet engouement suscité par le sport et ont créé des chaînes regroupant des offres de contenus à caractères sportifs large Cette partie est larges. consacrée à un panorama des chaînes reconnues comme spécialistes de l’offre sportive qui se battent pour l’acquisition de droits et financent une partie du sport de haut niveau français. LES CHAINES DU GROUPE CANAL + E Le groupe Canal + fait figure de leader sur le marché. La chaîne généraliste qui fait depuis ses débuts du sport (et plus particulièrement du championnat de France de football) son principal produit d’appel a réussi un pari audacieux : celui de se positionner comme spécialiste du football et du rugby alors qu’elle n’est pas une chaîne de sport. Si Canal Plus se démarque autant c’est par la qualité de son offre s par la qualité des droits acquis mais aussi par l’analyse et les figures sportives qui peuplent l’antenne qui apporte une vraie portives apportent 420 millions valeur ajoutée à l’image. d’euros seront attribués chaque année à la Ligue 1 par Canal + Des émissions comme « Les spécialistes » (Canal Plus Sport) ou le sur la période 2012 / 2016. succès du Canal Football Club (Canal Plus) qui s’est imposée nal comme l’émission de référence sur le championnat de France professionnel de football. LES CHAINES D’INFORMATION SPORTIVES ATION 19
  • 20.
    Les chaînes d’informationsportives L’Equipe TV (Groupe Amaury) et Infosport + (Groupe Canal Plus) sont importantes dans le paysage audiovisuel sportif. L’Equipe TV, qui a obtenu une fréquence sur la TNT gratuite devrait dans les mois à venir voir son auditoire exploser. auditoire AUTRES CHAINES THEMATIQUES SPORTIVES Les autres grandes chaînes sportives françaises offrent des grilles de programmes plus « classiques » avec l’acquisition de certains droits. Eurosport France, déclinaison télévisuelle française du groupe Eurosport bénéficie de la renommée la plus importante. Elle se différencie pe aussi quelque peu par sa ligne éditoriale en retransmettant par exemple une grande partie de la saison de sports d’hiver. Ma Chaîne Sport et Orange Sport semblent s’être positionnées sur des profils de chaînes assez positionnées similaires en proposant des rendez rendez-vous footballistiques et du basket-ball. Autre groupe qui propose une ligne éditoriale différente : Equidia. Spécialisé dans les sports hippiques, il consacre depuis septembre 2011 une chaîne au sport hippique et une seconde, Equidia Life, dédiée au cheval lui ife, lui-même. Dans l’ensemble, nous pouvons voir que plusieurs chaines ont su se faire une place dans le paysage audiovisuel sportif français avec l’acquisition de compétitions sportives de premier plan. Si le groupe Canal + se positionnait donc jusqu’alors comme la référence française avec les droits des plus grandes compétitions nationales des deux sports phares (Football et Rugby) la situation évolue avec l’arrivée d’Al Jazeera Sports : un nouvel acteur à la puissance financière très forte. 2. AL JAZEERA, L’ACTEUR QUI CHAMBOULE TOUT Al Jazeera Sport est la déclinaison sportive du groupe média Al Jazeera. Son audience est estimée entre 30 et 40 millions de téléspectateurs dans le monde C’est donc un véritable poids lourd du monde. ’est monde audiovisuel sportif qui a fait l’annonce de son arrivée sur le marché français. Menée par 20
  • 21.
    Charles Biétry, ellese présente avec la volonté de devenir dans un futur très proche, le grand acteur du secteur. 240 millions d’euros dépensés chaque année L’opération de séduction des consommateurs par l’acquisition de pour 8 affiches de Ligue 1 par Al grands droits sportifs a déjà commencé avec l’acquisition pour la Jazeera sur la période 2012 / période 2012 / 2016 de 8 matches de Ligue 1 sur 10 pour environ 2016. 240 millions d’euros21 ou encore les droits de la Ligue des champions en obtenant 4 des 5 lots mis en jeu par l’UEFA22. Al Jazeera Sport déboursera 61 millions d’euros pour ces droits relatifs à la plus prestigieuse des compétitions de football européenne chaque année, soit le double de ce que Canal + déboursait jusqu’alors. Si la chaîne ne pourra pas diffuser les rencontres de l’équipe de France de football ou les matches décisifs de l’Euro 2012 (matches protégés ayant l’obligation d’être diffusés en clair), cela n’a pas empêché de s’offrir l’ensemble des droits de la compétition pour environ 130 millions d’euros23. Des acquisitions de droits qui bouleversent le marché donc et particulièrement les habitudes du groupe Canal +, qui ne peut rivaliser financièrement. Ce changement est d’autant plus fort que la chaîne a annoncé le prix de l’abonnement mensuel : aux alentours de 11 euros par mois. Plus de trois fois moins cher qu’un abonnement Canal +. Au-delà de la simple concurrence pour le groupe Canal +, cet acteur pose la question de la diffusion en clair des événements sportifs. Si certaines des manifestations sont « protégées » par la 11 euros législation française, la part des événements accessibles au grand le prix de l’abonnement public pourrait bien se réduire sensiblement. mensuel annoncé pour les 2 chaînes sportives d’Al Jazeera Car si Canal Plus ne peut pas rivaliser avec Al Jazeera, il est clair en France. que ni le groupe TF1, ni le groupe M6, ni le groupe France Télévisions ne pourront s’aligner lors d’une montée des enchères sur des événements que ces groupes ont l’habitude de diffuser. Ainsi il n’est pas inenvisageable à terme de voir des événements historiques du sport français passer dans le domaine du payant. Rolland Garros, Le Tour de France, les épreuves secondaires du calendrier footballistique et pourquoi pas même les Jeux Olympiques. Un fait qui creuserait nécessairement un fossé entre le monde du sport professionnel et son public. Il ne faut toutefois pas voir l’impact d’Al Jazeera avec un angle exclusivement négatif. En alimentant financièrement certains sports (si la ligne éditoriale n’a pas encore été complètement précisée, Charles Biétry a garanti une forte diversité dans les sports proposés par la chaîne), en proposant ses prestations pour une somme raisonnable et en stimulant la concurrence, nous pouvons voir en l’arrivée de cette chaîne une véritable bonne nouvelle. 3. FIN DE PARTIE POUR CFOOT : L’IMPOSSIBILITE D’UN « AUTRE FOOTBALL » A LA TELEVISION ? 21 Informations L’Equipe : http://www.sudouest.fr/2012/01/26/droits-tele-la-chaine-al-jazira-sport-diffusera-bien-huit-des-dix-matches-de- ligue-1-616251-766.php 22 Informations Le Monde : http://www.lemonde.fr/sport/article/2011/12/06/football-al-jazira-diffusera-la-ligue-des-champions-en-france- des-2012_1613742_3242.html 23 Information RMC Sports relayée par Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/sport-business/2012/02/23/20006-20120223ARTFIG00369-al- jezira-aurait-remporte-l-euro-2012.php 21
  • 22.
    L’onde de chocprovoquée par l’entrée sur le marché d’Al Jazeera et ses acquisitions de droits, notamment concernant le football a précipité un très probable arrêt de la chaîne de la Ligue professionnelle de football CFoot, qui diffusait notamment les rencontres de Ligue 2 et certains magazines dédiés au sport roi (football féminin, africain). Devant l’arrivée d’un nouveau concurrent payant aux moyens financiers illimités, CFoot a officialisé « l’arrêt de la chaîne à la fin de la saison ». « Cette décision a été prise en raison des perspectives très sombres de la TNT payante, des conditions de distribution très défavorables faites à la chaîne et du contexte de crise économique qui n'épargne pas le football français » avait précisé la Ligue qui a vu ses principales perspectives (remettre la main sur des produits phares de la Ligue 1 afin d’attirer des téléspectateurs) rendues impossible par l’arrivée d’Al Jazeera. En dehors de son positionnement sur la TNT Payante, elle même en situation d’échec et de la stratégie peut-être trop ambitieuse de la chaîne et de la Ligue, la question de la diffusion d’un autre football est posée. Car si Al Jazeera va très clairement favoriser la diffusion d’événements footballistiques correspondant aux standards des autres grandes chaînes, ce sera donc au détriment de ceux mis en avant par CFoot. 4. L’EQUIPE TV HD, PREMIERE CHAINE D’INFORMATIONS SPORTIVES FRANÇAISE DISPONIBLE SUR LA TNT GRATUITE Le groupe Amaury Médias et sa chaîne « L'Equipe TV HD » ont été sélectionnés par le CSA comme chaîne d’informations gratuites dédiée au sport dans le cadre de l’appel d’offres qui devait attribuer 6 nouvelles fréquences sur la TNT Gratuite. François Morinière, Directeur Général du groupe L’Equipe se félicitait de cette nouvelle : « C'est un jour historique pour le sport 1% en France qui va profiter d'une formidable fenêtre d'exposition sur la part d’audience visée par le un canal de télévision gratuit. C'est aussi un jour historique pour le groupe L’Equipe avec sa chaîne groupe L'Équipe, 66 ans après sa création (...), qui va désormais L’Equipe TV lorsque celle-ci sera pouvoir développer une chaîne grand public unique, innovante, diffusée sur la TNT Gratuite. interactive et riche de la diversité du sport »24. « Pour la première fois en France, une chaîne de sport gratuite et accessible à toute la population française va être créée », a ajouté le groupe, précisant que « L'Équipe HD sera la chaîne de tous les sports, de tous les terrains de sport et de tous ceux qui font le sport »25. L'Equipe HD doit selon le projet remplacer L'Equipe TV, la chaîne payante du groupe Amaury diffusée sur le câble et le satellite depuis 1998. Cette nouvelle pourrait redistribuer certaines cartes et profiter à des sports moins médiatisés. C’est en effet la ligne de conduite que L’Equipe TV HD a suivi pour séduire le CSA et le CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français) en se présentant comme « la chaîne de tous les sports ». L’OFFRE TELEVISUELLE SPORTIVE – QUE RETENIR ? 24 http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/tnt-l-equipe-salue-une-decision-historique_1098222.html 25 http://www.challenges.fr/media/20120327.AFP1542/l-equipe-hd-pour-la-1ere-fois-une-chaine-de-sport-gratuite-l-equipe.html 22
  • 23.
    Un marché stable ces dernières années bouleversé par une entrée majeure (Al Jazeera) et le changement de statut d’un acteur important (L’Equipe TV HD). − La remise en question du leader incontesté du marché ces dernières années : Canal +. − Vers la disparition de certains acteurs mineurs du marché et la possibilité d’étendre l’offre à d’autres standards que ceux proposés par les grandes chaînes ? 3. UNE CULTURE TELEVISUELLE STANDARDISEE ET MISE EN ECHEC La culture n’a pas la même reconnaissance que le sport. Là ou les programmes de sport s’offrent souvent les lumières du prime-time, il est clair que les contenus culturels sont souvent relégués à des heures ne bénéficiant pas de la même exposition. Mais il n’empêche que l’offre existe. Si elle est clairement plus représentée sur les chaînes du service public ayant des obligations de programmation en la matière que sur les chaînes privées, elle occupe une vraie place dans le paysage audiovisuel et télévisuel. Le problème de la largesse de la définition à attribuer à la « culture » peut toutefois changer du tout au tout ce type d’analyse. 1. QUELLE CULTURE ? Tous les ans, la culture est représentée dans les palmarès des meilleures audiences de l’année. A l’image de ce qui se passe pour le sport, ce sont toujours les mêmes types de contenus qui sont mis en avant, de manière assez importante puisque le cinéma occupe en moyenne une petite dizaine des meilleures places dans le top 100 des audiences de l’année26. Les films et les spectacles musicaux sont les seuls éléments culturels que l’on retrouve dans les grands succès d’audience annuels mais au delà de ce constat cette tendance révèle quelque chose de presque alarmant. En effet, la diversité de ces contenus est extrêmement limitée. 26 Chiffres Médiamétrie 23
  • 24.
    Cette tendance estvisible en premier lieu sur le genre « Musique / Spectacles ». En dehors de l’hommage à Grégory Lemarchal en 2007 (10 486 000 téléspectateurs réunis devant leur poste pour le 4 mai 2007), toutes les occurrences apparues ayant pour thème la musique sont liées au spectacle annuel des « Enfoirés ». Une analyse plus détaillée des contenus nous révèle que le cinéma souffre lui aussi d’un manque assez flagrant de 4 diversité dans les contenus proposés. Les mêmes films sur les 5 années analysées, les reviennent en effet en boucle et n’offrent pas par films de la série des « Bronzés » mécanisme, la possibilité à d’autres courants la possibilité apparaissent 4 fois dans le top d’obtenir une exposition. 100 des meilleures audiences Ainsi sur les cinq années analysées et les 42 films qui ont de l’année. obtenu une place dans le top 100 des audiences annuelles, apparaissent quatre films de la série des Bronzés, quatre des films relatant les aventures d’Astérix, « La Grande Vadrouille » apparaît deux fois tout comme « Le dîner de con ». La question n’est bien entendu pas de remettre en cause la qualité de ces films mais de se questionner sur l’intérêt de la récurrence de ces contenus et du mal qu’elle peut faire au reste des productions cinématographiques. 2. EXISTE T-IL ENCORE UN DROIT A LA CRITIQUE ? La critique est tellement rare dès lors qu’il s’agit de discussions culturelles à la télévision que la question mérite d’être posée. Est-elle réellement autorisée ? Dans quelle mesure ? Si ce sujet mériterait une analyse bien plus étendue, complète et profonde que les quelques lignes que nous allons y consacrer ci-dessous, c’est un problème que nous nous devons d’aborder pour envisager une analyse de ce qu’est la culture à la télévision. I. LA CRITIQUE… QUELLE CRITIQUE ? L’émission de référence en France, celle dans laquelle les artistes, les réalisateurs, les écrivains se bousculent est bien entendu celle présentée par Michel Denisot, « Le grand journal ». Si tous les soirs de la semaine le programme offre une prestation en live et des interviews de personnalités culturelles qui comptent, le passage dans ce programme est extrêmement favorable à l’ensemble de ces personnalités. La critique au sens propre du terme est un style extrêmement peu utilisé au profit d’une promotion sans aucun sens de la contradiction. Si l’on peut parfois apercevoir quelque esprit de contradiction, il vient rarement des présentateurs. Le problème réside essentiellement dans le fait que les artistes ne se rendent pas sur les plateaux pour ce qu’ils ont à dire mais pour ce qu’ils ont à vendre, sans se poser la question de ce qu’ils ont a en dire, précisément. C’est la thèse défendue par Pierre Bourdieu dans son essai, « Sur la télévision »27, qui pose la question de l’intérêt des interventions des personnalités à l’antenne et sur laquelle nous nous appuierons pour mener notre réflexion. II. LA NON ACCEPTATION DE LA CRITIQUE PAR LES ARTISTES 27 Pierre Bourdieu, « Sur la télévision suivi de l’emprise du journalisme » - LIBER Editions, 1995 24
  • 25.
    L’absence de critiquedur au fait que les artistes eux-mêmes ne l’acceptent pas. Combien de « polémiques » sont nées de critiques plus ou moins appuyées par des intervenants sur les plateaux ? Certaines émissions ont même fait de ces polémiques leur fond de commerce. « On n’est pas couché » par exemple, animé par Laurent Ruquier sur France 2 a longtemps fait de ses deux critiques Eric Zemmour et Eric Naulleau la marque de l’émission. Les personnalités ayant quitté le plateau ou réagit extrêmement violemment à la moindre contestation ne se comptent plus, une preuve de la sensibilité d’artistes qui n’ont absolument pas l’habitude de voir leur travail remis en question ou simplement questionné. III. LE PARADOXE DE LA POPULARITE DES CRITIQUES – (ZEMMOUR & NAULLEAU) La rareté de la critique est étonnante. Car elle passionne le public. En témoigne les critiques de l’émission précédemment citée, Eric Zemmour et Eric Naulleau. Les deux éditorialistes, aux cotes de popularités élevées furent remerciés et remplacés à la rentrée de septembre 2011. Preuve que le format et le simple fait de voir une émission aux contenus différents soit un facteur d’intérêt pour le téléspectateur, le remplacement de ces deux personnalités fortes de l’antenne n’a pas vraiment entraîné une érosion de l’audience de l’émission. Leurs remplaçantes, quoique jugées moins convaincantes permettent tout de même au programme de surnager le samedi en fin de soirée, la chute d’audience étant minime. Une tendance qui confirmerait la recherche d’un contenu différent, moins policé de la part des téléspectateurs. IV. UNE TENDANCE QUI SE GENERALISE A D’AUTRES MEDIAS. LA RESISTANCE DU WEB. La tendance à une faiblesse de la critique se généralise par ailleurs à certains autres médias. C’est le cas de magazines de cinéma, qui peinent parfois à ne pas tomber dans une promotion quasiment systématique. C’est donc ailleurs qu’il faut aller chercher un véritable esprit critique pour le « consommateur ». Blogs, magazines plus indépendants, réseaux sociaux, il existe encore des lieux d’expressions allant à l’opposé d’une sorte de pensée unique. La faiblesse de la critique est donc quelque peu préoccupante. Car elle est importante dans le développement d’une création diversifiée et dans l’éducation du téléspectateur. Cette faiblesse est d’autant plus dommageable que le public semble être en attente de contenus, moins aseptisés. 3. LES TENTATIVES INFRUCTUEUSES DU SERVICE PUBLIC I. FRANCE TELEVISIONS – UNE OBLIGATION DE QUALITE DE PROGRAMMATION France Télévisions n’a pas qu’une obligation de résultats d’audiences. Cette notion est symbolisée par la non commercialisation d’espaces publicitaires après 20 heures, qui permet de libérer les chaînes du service public de certaines de ces contraintes d’audiences. Avec les 2,4 milliards d’euros reçus de l’état chaque année, le groupe doit rendre des comptes en termes de qualité de programmation, de propagation du patrimoine culturel français. « France Télévisions se doit aussi d’être exemplaire : − en matière de soutien à la création audiovisuelle, grâce à des oeuvres innovantes et capables de renouveler une fiction française en difficulté − en matière de bonne gestion 25
  • 26.
    en matière de programmes culturels, notamment musicaux ».28 Ces tâches différencient le groupe de ses grands concurrents généralistes mais lui impose également des contraintes. Les chaînes du groupe doivent notamment s’impliquer dans la promotion du cinéma, de la musique ou du spectacle vivant français. II. INVESTIR AU MOINS 60 MILLIONS D’EUROS JUSQU’EN 2015 DANS LE CINEMA France Télévisions a pris l’engagement au sein même de son Contrat d’Objectifs et de Moyens, « de dépenser au moins 60 millions d’euros dans la production de films français et européens jusqu’en 2015 ». Comme un symbole de l’engagement de France Télévisions pour le cinéma, les professionnels du secteur ont donné leur accord au cours du premier trimestre 2012 pour permettre à l’une des chaînes 3,5 % du groupe, France 4, « de diffuser des films français et européens le du chiffre d’affaires de France 4 mercredi en première partie de soirée et de renforcer les est réinvesti dans des œuvres engagements de la télévision publique en faveur du cinéma cinématographiques chaque français29 ». En échange, elle investira 3,2 % à 3,5 % de son chiffre année. d’affaires dans des œuvres cinématographiques. France 4 fait de nombreux efforts de programmations pour mettre en avant un cinéma différent en mettant en valeur des films d’arts et essai ou des courts-métrages. « Cet accord renforce le soutien de notre groupe au cinéma français et participe à l’évolution des règles afin de les adapter aux pratiques culturelles des français » a alors déclaré M. Rémy Pflimlin, PDG de France Télévisions. III. ASSURER LA PROMOTION DES ARTS VIVANTS Dans sa politique de promotion de la « Culture », France Télévisions a à plusieurs reprises tenté de proposer à ses téléspectateurs des représentations filmées de théâtre ou de cinéma. Malgré plusieurs flops d’audiences, le groupe poursuit dans sa volonté de mettre ces disciplines au cœur de sa stratégie de programmation. La signature d’un accord cadre de trois ans avec l’Opéra de Lyon en mars dernier en est la preuve. L’objectif selon Rémy Pflimlin : « nouer et développer de forts partenariats avec les institutions culturelles françaises notamment en région, pour faire découvrir au plus grand nombre toutes les formes d’expression musicale, y compris celles qui semblent les moins accessibles »30. Le groupe a déjà capté six spectacles du « Festival Puccini » pour la saison 2011 / 2012. L’expérience se poursuivra même avec des efforts portés sur un « volet expérimental sur l’opéra en numérique » : web doc, télé Adapter la culture connectée, retransmissions sur le Web seront au centre de d’élite aux nouveaux contenus pensés pour aller dans le sens des nouveaux comportements numériques. comportements numériques 28 http://www.gouvernement.fr/gouvernement/les-contrats-d-objectifs-et-de-moyens-de-france-televisions-et-d-arte-france 29 http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article2001 30 http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article1981 26
  • 27.
    IV. LA MUSIQUE Les concerts uniques France Télévisions Tout au long de la saison télévisuelle 2011 / 2012, « France Télévisions produit et offre à ses téléspectateurs une série de concerts uniques dans des lieux exceptionnels dans toute la Fr France choisis par les artistes eux-mêmes et qui sont diffusés sur les chaînes du groupe », renforçant mêmes diffusés ainsi le soutien du groupe au monde musical. L’implication de l’ensemble des chaînes du groupe – Les France Ô folies et l’action de France 4 France Ô, en partenariat avec le festival des Francofolies de La Rochelle, sélectionne des artistes artenariat de la région Ile-de-France par le biais de concerts organisés en région parisienne. Cette sélection France de neuf talents issus d’un programme de sélection télévisue aura la chance de se produire sur télévisuelle scène aux Francofolies de La Rochelle. Le concert France Ô Folies, est ensuite retransmis sur , France Ô. Toujours en partenariat avec ce festival, France 4 assure la retransmission de concerts en direct et dans leur intégralité. V. LE LANCEMENT D’UNE PLAT PLATEFORME RESERVEE AUX ARTS VIVANTS Cette politique de soutien à la création et au spectacle vivant devrait également être appuyée par la création d’une plateforme France Télévisions : numérique dédiée à ces expressions artistiques Emmanuelle artistiques. Guilbart, Directrice Générale déléguée aux programmes l’a annoncé Capter 300 spectacles en janvier. Elle devrait être opérationnelle fin 2012. Ce projet « par an reprendra l'ensemble ou plus des captations que l'on fait sur les festivals et tous les événements que l'on suit. Compte tenu de tout ce que l'on couvre, ce devrait être la plus grosse présenc de présence spectacles vivants sur le web » avait-elle notamment indiqué. elle France Télévisions qui réalise « environ 300 captations de spectacles par an dans tous les genres » ferait de ce volume « la base minimum » pour le site. Celui-ci aura pour vocation de ci retransmettre en direct des spectacles (concert, opéra, théâtre, danse...), qui pourront être ansmettre programmés ensuite sur les chaînes du groupe, ou destinés uniquement au web31. VI. LA DIFFICULTE DE CONCILIER CULTURE ET AU CILIER AUDIMAT Les ratés des magazines culturels lors de la rentrée 2011 Pour affirmer la volonté du groupe France Télévisions de laisser sa place à la culture sur ses antennes, la décision de programmer plusieurs magazines culturels à des heures de grande écoute a été prise lors de la rentrée de septembre 2011. Une intention tout à fait intéressante qqui ne s’est pas traduit par de bons résultats d’audiences, confirmant la difficulté de concilier les audiences, problématiques d’une programmation de qualité et des résultats d’audiences satisfaisants. ultats Avant-premières : de la deuxième à la troisième partie de soirée Avant-premières « propose un panorama passionné, 31 Satellifax du 16 janvier 2012 27
  • 28.
    ludique, varié etriche de tout ce qui se crée au cinéma, au théâtre, dans la littérature, la musique et tous les arts en général » selon France 2. Animé par Elizabeth Tchoungui, le programme tente au travers d’interviews d’aborder des thèmes et des problématiques culturelles qui sortent de celles habituellement mises en avant sur les plateaux de télévisions. Malheureusement pour France 2, ces intentions ne se sont absolument pas converties par des chiffres d’audiences satisfaisants. Initialement programmée le mercredi en deuxième partie de soirée, sa première ne réunissait que 2,7 % du public pour 300 000 téléspectateurs. Les semaines suivantes ne relevaient pas la tendance, le 4ème numéro de l’émission battant même le record de médiocrité d’une audience de France 2 en seconde partie de soirée depuis les débuts de la mesure d’audience de Médiamétrie de la chaîne (200 000 téléspectateurs et 1,9 % de Pda). Faute de réellement relever la barre, le programme a été déplacé le jeudi soir en troisième partie de soirée. Théâtre et Opéra, échecs répétés L’été dernier, France Télévisions mettait ses antennes à contribution pour une programmation dédiée à certains festivals de musique. Ainsi France 2 programmait « Aida », un opéra en direct des chorégies d’Orange. Avec 900 000 téléspectateurs et 6,7 % de Pda, on peut clairement dire que l’événement présenté par Julie Depardieu et Olivier Bellamy n’a pas trouvé le succès escompté. France 2 diffusait également fin juillet en seconde partie de soirée une pièce retransmise en direct du festival d’Avignon. « Mademoiselle Julie » (Juliette Binoche, Nicolas Bouchaud), n’a en effet récolté que 400 000 téléspectateurs pour une Pda de 3%, un véritable échec. 4. ARTE, CHAINE ESTIMEE MAIS PEU REGARDEE En 2007, TNS Sofres et Télérama publiaient un baromètre avec 2nde pour thème la satisfaction des téléspectateurs français pour les la place d’Arte dans l’enquête chaînes de la télévision française. de satisfaction de TNS Sofres menée en 2007. Un résultat loin Arte, à la question « Parmi les chaînes suivantes, quelle est celle de se retrouver dans les qui correspond le plus à ce que vous attendez de la TV ? », résultats d’audience de la obtenait la seconde position avec 13 % des voix, derrière TF1 et chaîne. devant France 2 et M6. Cette notoriété et cette évaluation extrêmement positive de la chaîne franco-allemande ne trouve pas vraiment écho dans les résultats d’audience obtenus par la chaîne puisque sur l’ensemble de l’année 2007, sa part d’audience sur sa tranche horaire historique (19h00 – 27h00) était de 3,3 %. La tendance ne s’est pas vraiment améliorée depuis puisque la chaîne en 2011 ne voyait sa part d’audience ne représenter que 1,5 %. 5. L’ECHEC ALLOCINE TV « Notre chaîne d'information cinéma, lancée en octobre dernier autour de films de patrimoine, d'émissions sur le 7e Art et de bande-annonce, cessera d’émettre dans le courant du mois d'avril »32. Après avoir enrichi son offre sur le Web, les smartphones, les tablettes, Allociné a tenté en septembre 2011 une incursion sur le média télévision. 32 Communiqué de presse paru sur le site d’AlloCiné - http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18612093.html 28
  • 29.
    Gratuite, la chaîneAllociné TV, lancée sur les réseaux câbles et satellite se présentait comme « indépendante et récréative », proposant tout au long de la journée des émissions, des reportages sur l’actualité du cinéma et en offrant aux téléspectateurs la diffusion de 190 films par an ainsi qu’une heure de direct quotidien. La redistribution des cartes (extension de la TNT gratuite sans attribution de fréquence à Allociné), la difficulté de gérer les droits 6 mois pour proposer le nombre de films envisagé, les problèmes majeurs rencontrés pour diffuser des films récents, a contraint les dirigeants la durée de vie de la chaîne du groupe à prendre la décision de stopper son activité de chaîne de Allociné télévision seulement quelques mois après son lancement, confirmant la difficulté pour un acteur dont le métier de base n’est pas la télévision de s’y implanter. Le groupe retourne donc concentrer ses efforts sur son cœur de métier, préparant notamment pour la rentrée de septembre 2012 une offre de vidéo élargie gratuite. Cet échec, d’une chaîne arrivant sur le marché avec un nom et une crédibilité importante, de plus soutenue par des avis de consommateurs positifs (avec notamment un buzz reçu lors de la sortie des jingles publicitaires de la chaîne, cf. en annexe 4) pose la question de la possibilité pour un acteur non issu du média télévision de s’y implanter avec réussite. La question se pose doublement sur la thématique culturelle. En effet, si le cinéma, moteur de l’offre culturelle à la télévision ne parvient pas à s’imposer de manière durable, alors quelle thématique ou quel acteur s’y rapportant le pourra ? LA CULTURE « STANDARDISEE » ET MISE EN ECHEC - QUE RETENIR ? − Un manque de diversité évidant dans les contenus « culturels » proposés sur les grandes chaînes nationales. − Une diversité non stimulée par l’absence d’une critique : une télévision vue par l’industrie culturelle comme un instrument de promotion. − Une mission de service public assumée. Des efforts financiers et de programmation réalisés globalement non récompensés par des résultats d’audience souvent décevants. − Le service public reste le bastion de la culture télévisuelle même si cette tendance est tout de même mise à mal par des résultats d’audiences décevants et des reprogrammations fréquentes. − Arte, chaîne de la culture victime d’un décalage entre enquêtes d’opinions et résultats d’audiences pauvres. − Des tentatives d’acteurs majeurs de la culture « de masse » d’investir l’écran de télévision sanctionnées par des audiences et un système économique inadapté à des types de contenus novateurs. 4. VERS UNE EVOLUTION DE LA CONSOMMATION Les habitudes en matière de consommation de la télévision évoluent à une vitesse incroyable. Depuis l’arrivée de la couleur, la télévision n’avait jamais connu de plus grands bouleversements 29
  • 30.
    que les révoltionsarrivées ces dernières années par la voie de l’Internet et des nouveaux supports de consommation des contenus liés à cette innovation majeure. Ces modes de consommation sont exclusivement liées à l’explosion des possibilités offertes par le Web. La vitesse d’évolution de ces innovations est un enjeu majeur auquel les chaînes et les événements vont devoir y répondre rapidement, sous peine de se voir dépassés par les entités ayant pris ce virage avec efficacité. 1. LA CONSOMMATION MULTI-ECRANS33 I. LE MULTI-ECRANS Microsoft définit le consommateur multi-écrans comme « un adulte qui possède et utilise une TV, un smartphone, un ordinateur et qui se connecte à Internet au moins 3 fois par semaine ». Mais, au-delà du nombre d’équipements détenus et du niveau de connexion à internet, le mot « multi-écrans » désigne des concepts concrets : Connecter − La consommation en parallèle de plusieurs contenus sur les différents écrans de la vie plusieurs supports différents. quotidienne écrans entre eux − La connexion des écrans entre eux, de sorte que l’utilisateur puisse « jongler » entre ces différents écrans. − L’entrée dans une logique « cross-média », logique dans laquelle un contenu principal sur un écran principal (par exemple, une série TV sur un poste TV) est décliné sur des supports secondaires via des contenus secondaires (par exemple, un site internet sur les personnages de la série).34 II. QUELLES TENDANCES POUR CES PRATIQUES ? En termes de multi-écrans, des tendances lourdes sont à noter : - L’importance accordée au téléphone et aux tablettes tactiles qui « deviennent un vrai compagnon device jouant le rôle de télécommande centrale » Cette pratique est favorisée par le fait qu’elle n’impacte pas sur la consommation des autres personnes présentes devant le télévision à ce moment. Les tablettes, dont la consommation actuelle reste marginale mais en constance augmentation s’inscrivent également dans cette mouvance. - L’influence des pure players et de l’écran d’ordinateur Ces acteurs « cherchent à capter l’audience d’éditeurs de chaîne en proposant à leurs consommateurs des services additionnels réalisés sur d’autres supports que celui sur lequel est consommé le contenu ». Nous commentons en effet avec de plus en plus de facilité les programmes en direct avec les réseaux sociaux sur lesquels nous sommes et inversement. - L’influence grandissante des réseaux sociaux Avec 24 100 240 d’utilisateurs de Facebook en France le 16 mars 201235, la France est le neuvième pays consommateur du plus grand des réseaux sociaux. 33 Définitions issues de l’étude menée par Beijaflore - « Multi-écrans » : Effet de mode ou tendance de fond ? 34 Microsoft Advertising – What’s on their screen, 2010 30
  • 31.
    Twitter, ses 5,2millions d’abonnés en France (16ème rang mondial) et sa progression fulgurante (+ 1 million d’abonnés sur le dernier trimestre 2011) est quant à lui le réseau social qui alimente le plus de fantasmes pour établir des liens avec les activités télévisuelles des + de 24 millions chaînes36. d’utilisateurs de Facebook en France en Mars 2012 Les acteurs majeurs du secteur télévisé ont bien compris cette problématique. En Mars 2012, France Télévisions a décidé de passer la vitesse supérieure en intégrant ces réseaux au cœur de sa stratégie de programmation. Les Victoires de la Musique 2012 représentaient un programme « test » pour les activités de « social TV » du groupe. Le choix de ce programme et les actions mises en place étaient notamment justifiées par le fait que les artistes eux mêmes participaient activement sur les réseaux.37 Le but à atteindre pour France 2 : « réussir à faire vivre les Victoires au-delà de la télévision et plus encore, de connecter les différents écrans autour d’une nouvelle expérience » en permettant notamment aux Internautes de vivre le « off » de l’événement. C’est sur Twitter que la majeure partie des efforts s’est portée. Une sélection d’une partie des meilleures contributions des « Réussir à faire vivre les téléspectateurs était mise en avant sur différentes plateformes du Victoires au-delà de la groupe et un « live tweet » était réalisé par les comptes officiels de la télévision et plus encore, de chaîne. L’effort était aussi porté sur les comptes Facebook et connecter les différents Instagram de France Télévisions et de l’émission, permettant une écrans autour d’une nouvelle expérience bien plus profonde pour le téléspectateur (en annexe 5, expérience » les photos postées par la production de l’émission sur le compte de France Télévisions38). Cette tendance se confirme à l’international. On voit ainsi les records de tweets ou d’occurrences sur Facebook liés à des événements télévisés s’accumuler. Les initiatives de marques (cf. en annexe 6 le site sponsorisé par Chevrolet pour comptabiliser le nombre de tweets relatifs aux deux équipes en finale du Superbowl) ou de programmes permettant de prolonger la relation avec le consommateur se multiplient. Le football américain a établi un certain nombre de records cette saison. Début janvier, Tim Tebow, quaterback des Denver Broncos (franchise NFL) réalisait l’action du match en réussissant une passe de 80 yards lors d’un match opposant sa franchise à celle des 9 240 Pittsburgh Steelers. Une performance qui trouvera un écho tweets par seconde ont été incroyable à la rencontre sur Twitter. Selon le compte officiel de la comptabilisés dans les plateforme de micro-blogging, 9 420 tweets par seconde39 ont été instants qui ont suivi l’action envoyés dans les instants qui ont suivi l’action, établissant ainsi un record pour un événement sportif. 2. DES TELESPECTATEURS ACTIFS ET PAS UNIQUEMENT SPECTATEURS 35 https://www.facebook.com/France.Actualites?sk=app_6009294086 36 http://semiocast.com/publications/2012_01_31_5_2_millions_d_utilisateurs_de_twitter_en_france?lg=fr 37 http://plateautele.francetv.fr/com/2012/03/02/victoires-de-la-musique-2012-une-experience-social-tv-inedite/ 38 http://statigr.am/p/138937410966174364_18087477 39 http://www.sportsmarketing.fr/2012/01/10/tim-tebow-bat-le-record-du-monde-de-tweets-pour-un-evenement-sportif/ 31
  • 32.
    Le principe debase de toutes ces nouvelles technologies et habitudes de consommation ont toutes un point commun : celui de prolonger l’expérience entre un consommateur et un programme. Que ce soit en lui offrant un rapport plus personnel, en se rendant plus facilement accessible ou en lui permettant d’échanger ses sentiments à propos de ce dernier. Le téléspectateur n’est plus un simplement passif, « subissant » le contenu proposé par l’écran de télévision mais il en devient un véritable acteur. En provoquant lui même une démarche de consommation ou en influençant plus ou moins le contenu. I. PROLONGER L’EXPERIENCE SUR LE WEB POUR IMPLIQUER LE TELESPECTATEUR Un programme qui a permis de mettre en valeur ces aspects est « Top Chef » (M6). Diffusé par M6 : le contenu permet de regrouper plusieurs de ces nouveaux usages et de faire franchir au téléspectateur un cap en termes d’implication dans le programme : − En offrant des contenus additionnels (recettes des candidats, jeux concours…) sur le Net (cf. détails en annexe 7). − En incitant les téléspectateurs à réagir sur les événements de la dernière émission, en demandant aux personnes suivant le programme de soutenir un candidat sur les réseaux sociaux. − En encourageant les Internautes à commenter en direct le programme sur les réseaux sociaux et à retranscrire en live les événements diffusés à l’antenne. II. FAIRE DU TELESPECTATEUR UN VERITABLE PROTAGONISTE DU PROGRAMME Arte a franchi une autre étape en demandant au téléspectateur de fournir les éléments qui alimenteront son programme. Pour « Mission printemps », le chaîne franco-allemande a décidé de réaliser un documentaire autour des phénomènes naturels du printemps (cf. annexe 8 le détail du site Internet). « Mission Ce documentaire, dont les résultats seront dévoilés à l’antenne, s’appuiera sur une démarche scientifique rigoureuse. A ceci près que printemps » toutes les données permettant l’analyse scientifique auront été Restituer la contribution des récoltées par les téléspectateurs. Arte invite en effet ses internautes téléspectateurs à à utiliser leurs smartphones pour relever des données pour ensuite l’expérience via une émission les communiquer aux équipes en charge de relever et analyser les résultats sur le site d’Arte dédié à cet effet. Pensé à la manière d’un réseau social, il permet l’échange entre les acteurs de l’expérience et les scientifiques. Chacune des semaines du printemps était l’occasion d’une nouvelle mission. Pour crédibiliser cette action, la chaîne s’appuie sur des partenaires d’envergure : la Ligue pour la protection des oiseaux, le CNRS, le Muséum national d’histoire naturelle. Le côté participatif de l’action va plus loin puisque toutes les données seront ajoutées aux bases de données existantes déjà issues de ce type d’études. Le documentaire qui offrira les résultats de ces études sera à l’antenne en Juin. III. FAIRE DU TELESPECTATEUR UN ACTEUR EN L’INSCRIVANT DANS PROCESSUS DE PROGRAMMATION DE LA CHAINE 32
  • 33.
    TF1 tente ausside franchir un cap supplémentaire dans sa relation avec son consommateur. Le but, synthétiser ces nouvelles habitudes en une émission et en poussant la réflexion jusqu’à donner au téléspectateur le leadership sur la création même d’une émission. Cette expérience prend la forme d’un concours. Le principe : Imaginez le programme TV de demain dans lequel l’on peut voir un double objectif de compréhension des nouvelles attentes des consommateurs et une volonté d’inscrire le téléspectateur au cœur du processus de « Shake your TV » programmation de la chaine. Les limites extrêmement vagues du Donner au téléspectateur le jeu le prouvent : « proposer un programme (Sport, Jeu/Divertissement, TV Réalité, Information, Magazines) où les leadership sur la création téléspectateurs qui le souhaiteront pourront par exemple utiliser même d’un contenu les nouveaux supports (tablettes, Smartphones…) au travers des télévisuel. émissions, que ce soit en termes d’interactions, d’utilisations ou de connexions ». 3. LA CONSOMMATION DELINEARISEE DE CONTENUS TELEVISES I. LE DIFFERE – DEFINITION Le différé sous entend de nouveaux types de consommations, mesurés depuis 2011 par Médiamétrie : − l’enregistrement privé sur le téléviseur − le léger différé appelé aussi « timeshifting » Au lendemain de la diffusion d’un programme, Médiamétrie fournit au marché l’audience veille qui intègre les audiences en direct et en différé du jour de diffusion du programme. Cette consommation représente 40 % de la consommation différée et est appelé l’audience « veille ». − l’audience en direct du programme ainsi que son audience différée pendant les 7 jours suivant sa diffusion appelée « l’audience consolidée », qui est la « nouvelle référence de la mesure d’audience de la télévision ». II. LE DIFFERE - UNE CONSOMMATION ENCORE MARGINALE VOUEE A CROITRE RAPIDEMENT La durée d’écoute de la télévision par personne et par jour était de 3 heures et 47 minutes en moyenne en 201140. 1,7 % La part du différé n’était en 2011 que de 1,7 % dans cette durée de la durée d’écoute totale d’écoute, soit 3 minutes et 39 secondes. Un chiffre qui a donc une de la télévision est valeur relative mais qui devrait fortement augmenter dans les consommée en différé (3 min années à venir. 39 secondes en 2011). Le développement des offres des chaînes, l’équipement des foyers (le taux d’équipement des foyers français en PVR a augmenté à 33 % au dernier trimestre 2011 contre 26 à la même période un an 40 Source : Médiamétrie - http://www.audiencelemag.fr/?article=42 33
  • 34.
    auparavant), la connaissanceet la maîtrise des équipements qui permettent cette pratique devraient avoir un vrai impact sur les durées d’écoute relatives à la consommation en différé des contenus télévisés. Certains pays, dont les habitudes de consommation sont traditionnellement en avance, ont déjà vu cette pratique largement se démocratiser. Le différé représente en effet déjà 10 % de la consommation au Royaume-Uni et 11 % aux Etats-Unis.41 III. UNE CONSOMMATION QUI A TENDANCE A CONFIRMER LES SUCCES OBTENUS PAR LES PROGRAMMES EN LIVE Selon une étude menée par Médiamétrie, « 50% de ce qui est vu ou revu en différé, toutes chaînes confondues, a été diffusé entre 20 et 23 heures, avec un pic notable pour les programmes diffusés entre 21 heures et 22 heures42 ». L’audience du différé provient donc majoritairement des programmes diffusés en prime-time et donc des programmes les plus consommés en live. Cette tendance est confirmée par le top 50 % des programmes consommés en différé (cf. ci-dessous) qui relève des contenus consommés en deux tendances lourdes : différé ont été diffusés entre − La consommation de programmes déjà surconsommés en 21 et 22 heures. live − La prédominance du genre fiction : 48 % du contenu consommé en différé est issu du genre fiction.43 On notera que la part relative du différé peut se révéler extrêmement importante. Cette pratique pourrait donc rapidement constituer une plus-value à la fois intéressante pour les plus petites chaînes et générer un trafic et donc une nouvelle source de revenus importante pour les grandes chaînes. Cette tendance s’affirme avec force lorsque l’on regarde les performances enregistrées par les programmes consommés en différé dans les pays étrangers. Aux Etats-Unis, Modern Family (série) a conquis au total 5,6 millions de téléspectateurs de plus par rapport au direct et Doctor Who plus de 4 millions à BBC1 en Grande-Bretagne. Meilleure audiences des programmes en diffféré en 2011 Heure de début Nb de télésp. Part du différé Date Chaîne Programme Genre du programme (différé) * 19 avril 20h45 TF1 Dr House Fiction 726000 8,9 2juin 21h35 Canal Plus Desperate Housewives Fiction 647000 46,9 12 septembre 21h26 France 2 Castle Fiction 610000 13,3 25 février 20h10 France 3 Plus belle la vie Fiction 596000 12,1 16 septembre 20h50 M6 NCIS Enquêtes spéciales Fiction 568000 11,6 * Part de l'audience représentée par le différé IV. UN PROFIL DE TELESPECTATEURS TRES « QUALITATIF » Selon Médiamétrie, la pratique du différé est largement plus développée par certains types de foyers : 41 Source : Sattelifax du 23 mars 2012 : chiffres Médiamétrie Eurodata TV 42 Source : Médiamétrie - http://www.audiencelemag.fr/?article=42 43 Source : Médiamétrie - http://www.audiencelemag.fr/?article=42 34
  • 35.
    Les possesseurs de lecteur enregistreur à disque dur Les foyers les mieux équipés ont une durée d’écoute sur le différé très au-dessus de la moyenne globale des individus. Avec 9 minutes et 1 seconde, ils apportent un surplus de 4,5% à leur consommation. − Les CSP + Avec 5 minutes et 17 secondes par jour de consommation en différé (2,8% d’audience supplémentaire), la catégorie est celle qui consomme le plus de contenus en différé. Une 2,8 % donnée qui n’est pas surprenante. Cette catégorie est en de la durée d’écoute des CSP effet celle qui dispose des meilleurs équipements. + est consommée en différé. − Les 35-49 ans Consomment 4 minutes et 50 secondes de différé quotidiennement. Cette pratique devrait donc se démocratiser avec une démocratisation d’équipements plus connectés et une amélioration de l’offre des chaînes et des opérateurs. Les chiffres enregistrés sur 2011 devraient considérablement s’améliorer en 2012 et dans les années à venir, entrainant de véritables bouleversements des habitudes de consommation. 4. DES EQUIPEMENTS DE PLUS EN PLUS CONNECTES Les nouvelles habitudes de consommation de la télévision sont encouragées à la fois par des nouvelles pratiques numériques, des nouveaux services et des nouveaux moments de consommation de la télévision. Elles sont également portées par une évolution des équipements, extrêmement rapide depuis quelques années. Entre le passage de la France au tout numérique, l’augmentation de la qualité de l’image (3 foyers sur 4 détiennent désormais une télévision Haute Définition 44 ), la finesse des écrans, les innovations ont été nombreuses ces dernières années. Parmi elles, la télévision connectée est un enjeu majeur, même si elle en est encore à ses balbutiements. Elle est pourtant une avancée technologique majeure et pourrait révolutionner la consommation du média en réunissant tous les avantages et les nouvelles pratiques liées à l’ensemble des innovations citées ci-dessus. I. LA TELEVISION CONNECTEE, INNOVATION TECHNOLOGIQUE Le terme télévision connectée est la traduction de l'anglais « Connected TV ». Cela signifie que à l’achat, le téléviseur est déjà équipé de la technologie permettant de recevoir Internet. Cette possibilité se traduit d’un point de vue technique par la présence d'un port Ethernet ou d'un adaptateur Wifi. II. DES ACTEURS CONFIANTS ET INNOVANTS L’exemple Samsung. Le constructeur offre aujourd’hui l’offre la plus large du marché en proposant 1 400 applications disponibles et une interface déjà établie. La marque innove 44 http://www.mediametrie.fr/comportements/communiques/20-millions-de-foyers-seduits-par-la-television-haute-definition.php?id=607 35
  • 36.
    également en offrantun service de télévision de rattrapage intégré au téléviseur mixant les contenus de certaines chaînes, des web TV et des podcasts vidéos. Des services déjà associés. Tous les acteurs fournissant de l’équipement n’ont pas une offre aussi développée que celle de Samsung, même si de nombreux services associés à ces téléviseurs se sont donc déjà développés, que ce soit du côté des géants du Net que des chaînes. Le marché semble tellement important que n’importe quel retard pourrait être fatal pour les acteurs. Le portail HBBTV France Télévisions. Les chaînes aussi, tentent de s’installer sur ce créneau. France Télévisions a d’ores et déjà lancé son portail utilisant la technologie hbbtv (Hybrid Broadcast Broadband Television), qui « permet d’harmoniser la technologie nécessaire au déploiement de nouveaux services édités par les chaînes de télévision sur tous les téléviseurs compatibles à ce standard »45. Des tests extrêmement concluants pendant le tournoi de Roland Garros 2011. Ce portail, « réactualisé en permanence tout au long de la journée par les rédactions de France Télévisions, propose de l’information internationale, nationale et régionale, les dernières nouvelles sportives, l’accès au dernier bulletin météo en vidéo, ainsi qu’un guide des programmes, et prochainement des fonctionnalités de partage sur les réseaux sociaux ».46 III. UN ENJEU EGALEMENT ATTRACTIF POUR LES ACTEURS DU WEB L’intérêt de Google et d’Apple pour le phénomène Apple est le premier a avoir lancé le système permettant une communication sans fil entre un ordinateur et un téléviseur. La première version de l’Apple TV, datée de fin 2007 fut un échec commercial. L'appareil, qui fonctionnait via iTunes et la télécommande Apple (déjà commercialisée avec d'autres produits de la marque) fût lancé trop tôt et trop cher. Il a depuis été commercialisé sous une seconde version. Google a aussi lancé une plateforme accessible depuis la télévision par un dispositif informatique (utilisant le système d'exploitation Android). Appelé « Google TV », le projet reprend le concept de l'Apple TV en le poussant jusqu’à l’incorporation du boîtier dans la télévision (grâce au fabricant Sony). Ces deux lancements des mastodontes du Web n’ont pour le moment pas été extrêmement concluants mais leur intérêt conjugué pour cette technologie pourrait la faire décoller rapidement. IV. UN CONTEXTE TECHNOLOGIQUE FAVORABLE AU DEVELLOPEMENT DES VENTES DE CES TELEVISEURS 11 millions « Par définition l’ensemble des téléviseurs sont connectables. En de foyers sont aujourd’hui effet si un poste est raccordé à une box TV ADSL, une console de jeux déjà équipés d’un téléviseur ou un boîtier spécifique il peut avoir accès à des services connectés. relié à Internet Aujourd’hui plus de 11 millions de foyers sont équipés d’un téléviseur relié à un de ces équipements d’après La Référence des Equipements Multimédias (GfK / Médiamétrie) ». Le potentiel du marché des télévisions connectées semble absolument gigantesque en France. Les Français sont des habitués au triple play (forfait associant télévision, Internet et téléphone) et consomment donc déjà une télévision via l’ADSL. Cette 45 http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article1753 46 http://www.francetelevisions.fr/actualite_spip/spip.php?article1753 36
  • 37.
    habitude ne demandequ’à être transformée en un usage réel des possibilités offertes par cette association avec l’arrivée de téléviseurs et de services offrant de nouvelles perspectives. Selon l’institut GFK, 15% des téléviseurs LCD vendus en juin 2010 en France étaient connectables. Toujours selon Médiamétrie et GFK, le taux d’équipement foyers français en TV connectées au 2nd trimestre 2011 était de 4,6 %. En 2012, toujours selon l’institut GFK, « 2,7 millions des TV qui se vendront en 2012 seront des SmartTV, c’est à dire des TV connectables à Internet et susceptibles de recevoir d’autres services enrichis que les chaînes de télévision ». Une évolution qui constitue une tendance plus que lourde et qui devrait amener les services que nous avons cité précédemment à progresser. En 2011, la part des TV connectées dans le parc des téléviseurs français s’élevait à 14%, elle devrait atteindre 59 % en 2014 et à terme 100 % des foyers. D’ici fin 2013, le parc européen de TV connectées, quant à lui, devrait s’élever à 85 millions de téléviseurs47. En 2011 en 2,7 millions France, la part des ventes de Télévisions connectées s’élevait à 30 % des télévisions vendues en des ventes totales. En 2012, cette part représentera 60 à 70% des France en 2012 seront des ventes totales48. « Smart TV » 5. UNE PRISE DE CONSCIENCE GOUVERNEMENTALE En juin 2011, Eric Besson, ministre de l’Industrie et de l’Economie numérique et Frédéric Mitterand, ministre de la culture avaient lancé une « mission TV connectée » qui a rendu un rapport en novembre 201149 pour repenser la réglementation audiovisuelle à l'ère numérique. En ressortait des propositions concrètes pour réguler ces nouveaux phénomènes qui pourraient « modifier rapidement le paysage de manière imprévisible ». La première d’entre elles appelait à un assouplissement de la réglementation audiovisuelle, notamment un renforcement des droits des diffuseurs sur les œuvres pour leur permettre de les exploiter sur l’ensemble des supports, y compris Internet50. En mars 2012, M. Besson annonçait d’ailleurs vouloir prendre des mesures faisant suite à ces propositions permettant de faciliter l’implantation des nouveaux équipements dans les foyers français. « La rencontre de la télévision et d’Internet constitue désormais le prochain défi audiovisuel à relever. 30% des téléviseurs commercialisés en 2011 peuvent être connectés à Internet, et 100% le seront d’ici 2015 (…) En outre, le marché des tablettes numériques, toutes connectées, est en forte croissance. Il pourrait atteindre 300 millions d’unités par an dans le monde en 2015. (…) Je vais saisir le Conseil national du numérique sur ces propositions, notamment celles concernant le recours aux standards ouverts pour assurer l’interopérabilité des équipements » 51 , a t-il notamment annoncé. UNE EVOLUTION DE LA CONSOMMATION - QUE RETENIR ? 47 Source : Screendigest, report 2010 48 http://www.nicolasengel.fr/2012/02/la-television-connectee-un-marche-prometteur-a-la-recherche-de-son-business-model/ 49 www.economie.gouv.fr/files/20111207_rapport_tv_connectee.pdf 50 http://www.culture2012.org/tv-connectee-13-propositions-en-attente-dun-ministre/ 51 http://teleobs.nouvelobs.com/articles/television-connectee-le-prochain-defi-audiovisuel-selon-eric-besson 37
  • 38.
    Une consommation multi-écrans et de plus en plus connectée à l’utilisation des services offerts par les grands acteurs du Web. − Des spectateurs devenus acteurs du programme et en recherche constante de nouvelles expériences et émotions liées à la consommation des contenus. − Une consommation de contenus délinéarisée qui progresse mais qui n’a pas encore trouvé de fonctions propres, se cantonnant pour le moment à un appui supplémentaire pour les performances des programmes forts en live. − Des nouvelles consommations portées par un profil de consommateurs très qualitatif pour les chaînes et les annonceurs. − Des nouvelles habitudes de consommation également encouragées par l’évolution rapide des équipements et des services associés à ces derniers, sur lesquels une forte variété d’acteurs innovants se fait concurrence. 38
  • 39.
    SPORT & CULTURE,LA CROISEE DES CHEMINS - LES 10 IDEES CLES 1. Le sport rassemble et rythme la vie télévisuelle des français. 20 % des meilleures audiences sont chaque année réalisées par le sport. Cette notoriété et cette portée lui font parfois dépasser le cadre de ses fonctions primaires. 2. La stratégie de la majeure partie des acteurs : se focaliser sur une petite partie des grands événements sportifs ou culturels, au détriment des manifestations secondaires. 3. Les diffusions sportives : un marché stable ces dernières années bouleversé par une entrée majeure (Al Jazeera), le changement de statut d’un acteur important (L’Equipe TV HD) et la contestation de son leader historique (Canal +). 4. Un manque de diversité évident des contenus « culturels » proposés sur les grandes chaînes nationales, globalement stéréotypés, télégéniques et sans relief. Les prises de risques sont minimales. 5. La diversité des programmes culturels justement, est essentiellement entretenue par les groupes financés par le service public : France Télévisions et Arte. 6. La culture victime d’un décalage entre enquêtes d’opinions et résultats d’audiences pauvres. Plébiscitée mais pas regardée, à l’image des résultats d’Arte dont les taux de satisfaction atteignent les sommets à l’inverse de sa Part d’Audience. 7. Une consommation multi-écrans et de plus en plus connectée. La vidéo sur le Web et les services associés sont des enjeux qui regroupent des acteurs issus de milieux extrêmement différents (Pure Players vs médias classiques). 8. Une consommation de contenus délinéarisée. Les programmes doivent désormais être produits en prenant en compte un mode de consommation nouveau. 9. Des spectateurs devenus acteurs et en recherche constante de nouvelles expériences et émotions liées à la consommation des contenus. 10. Des nouvelles habitudes de consommation également encouragées par l’évolution rapide des équipements et des services associés à ces derniers, sur lesquels une forte variété d’acteurs innovants se fait concurrence. 39
  • 40.
    1. Le crossmédia 2. La vidéo & Internet 3. 2012, année de la Catch Up TV 4. La Télévision Mobile Personnelle B. La télévision « hors de la boîte » 40
  • 41.
    B. LA TELEVISION« HORS DE LA BOITE » Dans ce contexte de multiplication des écrans, la volonté des téléspectateurs de devenir des parts actives des contenus s’affirme. Ils envisagent désormais leur consommation télévisuelle comme une véritable activité grâce à l’ultra connexion de l’ensemble des acteurs et consommateurs, ce qui a poussé les grands acteurs de la télévision traditionnelle à adapter leur offre. Nous tenterons ici de faire un point sur les grandes tendances actuelles et de déterminer ce vers quoi ces offres devraient tendre dans les mois et les années à venir. 1. LA NOTION DE CROSS MEDIA 52 Nous avons évoqué une multiplication des écrans et des usages. Cette tendance est réelle. Les grands acteurs du secteur doivent désormais répondre aux attentes des consommateurs sur l’ensemble des nouveaux supports. 1. DEFINITION « Le cross-média englobe l’idée d’offrir sur la base d’une œuvre principale sur un support principal, des contenus secondaires, sur d’autres supports ». Ces pratiques peuvent prendre des formes différentes. Quelques exemples : − Les « Alternate Reality Game » : jeux de rôle articulés autour de fictions ou des jeux dérivés du concept de l’émission. Ce procédé a été spectaculairement mis en avant par le très réussi jeu complémentaire au documentaire « Manipulation » diffusé sur France 5 en novembre 2011. « Manipulations, l’expérience web » proposait de rentrer dans les rouages des affaires de corruption impliquant l’état français en menant un jeu de piste (cf. en annexe 9, le détail du site Internet). − De nouveaux types de contenus créés pour les nouvelles plateformes (contenus vidéos additionnels, bonus, best-of…). − Des dispositifs prenant vie sur une période quasiment identique à celle du contenu principal : comptes Twitter, des blogs, des sites web ou encore des pages Facebook… − De l’interaction avec les spectateurs. 2. QUELS INTERETS POUR LES CHAINES ET LE TELESPECTATEURS ? Plusieurs objectifs guident la réalisation de ces contenus : − Immerger le plus possible le téléspectateur dans le contenu en lui proposant des teasers, des bonus, de s’attacher à une communauté et prolonger l’expérience du consommateur avec le programme. − Fidéliser le public, notamment au cours des périodes d’interruption du contenu. − Proposer un contenu additionnel suffisamment attrayant et consistant pour prolonger l’expérience ou la maintenir pendant les périodes de creux. 52 Définition largement inspirée de l’étude « Multi-écrans : effet de mode ou tendance de fond ? » - Frédéric Levy, Fabien Elharrar et Laurent Comet, Beijaflore 41
  • 42.
    Faire en sorte que ces contenus soient susceptibles, à l’instar de leurs contenus « pères », de générer une activité publicitaire. Ces données ont bien été comprises par TF1 avec son jeu musical « The Voice ». Le site Internet dédié au jeu (hébergé par le site tf1.fr), offre aux téléspectateurs la possibilité de visionner de nouveau les moments forts de l’émission, de revivre quasiment minute par minute le dernier prime time, de découvrir certains aspects des coulisses de l’émission par le biais de plusieurs « V- Reporter », missionnés pour être « les ambassadeurs du programme sur MYTF1.fr ainsi que sur les réseaux sociaux » (cf. en annexe 10 le détail du site Internet). Ces contenus sont évidemment consommables avant, pendant et après le programme. LE CROSS MEDIA – QUE RETENIR ? − Utiliser l’ensemble des nouveaux supports pour étendre la surface possible de l’expérience consommateur. − Immerger le téléspectateur dans le contenu et le fidéliser grâce à une relation avec son programme nouvelle. − Développer une offre homogène en termes de qualité sur l’ensemble des supports. − Envisager également ces nouveaux supports comme des nouvelles formes de revenus publicitaires. 2. LA VIDEO & INTERNET La consommation de vidéos est une activité majeure du média Internet. Dans la consommation de l’information, elle est même ce 30,3 millions qui la démarque de la presse papier avec son instantanéité. de vidéonautes en France Ce média offre également la possibilité à ses utilisateurs de poster selon Médiamétrie en leurs propres contenus, de partager et d’échanger sur des décembre 2011 expériences. La qualité de ces contenus diffère selon les plateformes mais quelque soit ce niveau de qualité, les contenus vidéos sont consommés, partagés, suscitent des débats, des commentaires et impliquent les Internautes. Selon Médiamétrie53 en décembre 2011, la France comptait 30,3 millions de vidéonautes. L’évolution de cet usage est extraordinairement rapide, comme en témoigne le graphique ci- dessous. La croissance du nombre de consommateurs de vidéos sur le Net a en effet augmenté de 8,5 % par rapport à Septembre 2011. Les chiffres sont encore plus impressionnants lorsque nous nous attardons sur les durées de consommation. Les « vidéonautes » consomment en moyenne 3 heures et 19 minutes de vidéos par mois (décembre 2011) pour un nombre total de 74 vidéos sur la même période. Des chiffres en constante augmentation (+ 10 vidéos vues supplémentaires en moyenne vs septembre 2011) et cette tendance devrait continuer à s’affirmer les prochaines années. 53 Communiqué de presse sur l’audience de la vidéo en décembre 2011 42
  • 43.
    1. QUELS ACTEURSPRESENTS POUR QUELS CONTENUS ? Les acteurs principaux sur le marché des contenus vidéo en France sont connus sous la forme de leur « Brand Site-Support »54. Ils 75 % étendent leur influence en agissant sous la forme de « Brand Players » 55 . Ces acteurs sont les grands noms du Web comme des Internautes consomment YouTube, Dailymotion, Facebook ou Allociné. Ils sont contestés dans désormais au minimum une le classement en nombre de visiteurs uniques (vidéonautes uniques vidéo par mois plus précisément) par les grands groupes télévisuels. Les performances sont impressionnantes. La plateforme de partage de vidéos Youtube enregistrait en janvier 2012 plus de 25,5 millions de visiteurs uniques en France soit un taux de couverture des « vidéonautes » sur cette période de 85 % ! Si les performances des autres acteurs sont moins saisissantes, ces chiffres leur offrent des perspectives assez incroyables en termes de développement. TF1 et son player WAT atteignent déjà les 8,1 millions de visiteurs uniques mensuels contre 2,6 millions au player de France Télévisions. 54 « Agrégation de l’audience des pages d'un site sur lesquelles des vidéos ont été vues, quel que soit le player sur lequel est jouée la vidéo » 55 « Agrégation de l’audience du ou des player(s) vidéo d’un même diffuseur quel que soit le site sur lequel il est diffusé. » 43
  • 44.
    I. LES PUREPLAYERS Le Pure Player « désigne une entreprise dont l'activité est exclusivement menée sur Internet. Par extension, elle permet de désigner une entreprise qui concentre ses activités sur un seul métier ou en tout cas sur un seul secteur d'activité »56. Ces acteurs dominent le classement des tops « brand players ». Leur arrivée précoce sur le marché, leur savoir faire technique, leur légitimité naturelle et leur relationnel avec le consommateur en font des points de référence pour le marché. YouTube est le leader incontesté de ce marché. Racheté en 2006 par Chaque seconde dans le Google pour 1,65 milliards de dollars, le géant n’a aujourd’hui que monde, une heure de très peu de chances de voir son leadership mis à mal tout comme vidéo est mise en ligne Dailymotion, racheté par Orange. L’enjeu fondamental pour ces acteurs est désormais de monétiser efficacement chaque vidéo mise sur YouTube en ligne. Youtube et Google semblent enfin avoir décidé d’un vrai modèle en adaptant le modèle économique de Google pour Youtube. D’autres Pure Players devraient connaître des progressions spectaculaires de leurs activités relatives à la vidéo dans les prochains mois. Facebook, qui permet le visionnage de plusieurs types de players ou d’autres plateformes comme Vimeo devraient pouvoir tirer partie d’une demande toujours croissante. II. LES GROUPES MEDIAS Les groupes médias mettent à disposition du consommateur une offre totalement différente de celle des Pure Players, basées autour de la notion de partage de contenus (non professionnels). 8,1 millions Cette idée est largement affirmée par la durée d’écoute par vidéo d’Internautes ont eu un enregistrée par ces différents acteurs, beaucoup plus longue chez les contact avec le player de TF1 groupes médias comme le démontre le graphique ci-dessous57. Alors (WAT) au mois de janvier que la durée d’écoute par vidéo des Pure Players n’excède pas 2 2012 minutes et 40 secondes, elle atteint 10 minutes et 36 secondes en moyenne chez les acteurs issus du monde télévisé. Les meilleures performances sur cet indicateur reviennent à M6 avec une durée d’écoute de 17 minutes par vidéo et à TF1 avec 10 minutes et 30 secondes environ. Ces données (exprimées en minutes) mettent en valeur la recherche de contenus différents par les consommateurs et donc la possibilité de développer différents types d’offres pour faire vivre des acteurs extrêmement différents sur ce marché. 56 http://www.e-marketing.fr/Definitions-Glossaire-Marketing/Pure-player-6233.htm 57 Source Médiamétrie : Communiqué de presse : l’audience de la vidéo en janvier 2012. 44
  • 45.
    2. LE STREAMINGILLEGAL AU SOMMET AVANT L’AFFAIRE MEGAUPLOAD La fermeture et l’arrestation des dirigeants de MegaUpload en ème 5 janvier dernier a eu des conséquences immédiates sur le marché de la vidéo sur la Web. Pour se rendre compte de l’importance place de MU au classement qu’occupait ce site qui permettait le téléchargement et de des Brand Players sur visionnage de contenus illégaux, il suffit de regarder les grands l’indicateur du temps total de indicateurs de consommation. Le classement lu avec comme contenus consommés indicateur principal le nombre de vidéos vues plaçait MegaUpload en (décembre 2011) France 5ème Brand Player (derrière YouTube / Google et Dailymotion, M6 et TF1) contre le 9ème en visiteurs uniques. La fermeture de MegaUpload restribue donc les cartes car en plus d’avoir tué le leader de ce « marché » parallèle, cette décision a également affaibli le reste des acteurs illégaux. Le rendement des acteurs dits légaux a tout de suite bondi, comme en témoigne le graphique ci-dessous, qui voit des acteurs comme TF1 et son player WAT ou Canal Plus profiter des 10 premiers jours de fermeture de MegaUpload, le 19 janvier 2012 (chiffres issus du communiqué Médiamétrie sur l’audience de la vidéo en janvier 201258). 58 * VEVO n’était pas mesuré en décembre 2011. Sa mesure était jusqu’à janvier 2012 incluse dans celle de Google / YouTube 45
  • 46.
    3. LES ACTEURSTELEVISES : UN ROLE DETERMINANT A JOUER SUR LE NET Les acteurs du monde télévisuel vont être obligés de s’investir sur le Web et de s’y imposer comme des références pour deux raisons principales : - Pour assurer leur survie à long terme Pour le moment, les études menées affirment une tendance favorable à la multiplication des écrans. Cette tendance n’impacte pas la durée d’écoute individuelle de la télévision, continuellement en hausse (4 heures et 16 minutes en février 2012 contre 3 heures et 56 minutes en février 201159). Mais la convergence des contenus sur ces écrans pourrait également signifier à moyen terme la possibilité pour les acteurs du Web d’investir l’écran de télévision et donc de fragiliser la position des chaînes. - Pour sécuriser la croissance de leurs activités Aujourd’hui, les chaînes se retrouvent face à un dilemme pour envisager une croissance. Les temps d’antenne sont limités et l’offre télévisuelle ne devrait pas pouvoir s’étendre indéfiniment afin de ne pas saturer un marché sur lequel de nombreux acteurs sont déjà à la peine. Nous parlons ici de nombreuses chaînes thématiques. Le Web semble donc être une possibilité de développement, de survie ou même une porte de sortie selon les cas. L’exemple de certains acteurs de la presse papier en est la preuve (La Tribune). Le Web pour des acteurs positionnés sur des thématiques précises pourrait être un moyen de réaffirmer un savoir faire et une expertise et d’éviter une sortie de route sur un média hyper ou la concurrence fait rage. Plusieurs possibilités techniquement réalisables sont à la portée des chaînes pour assurer leur avenir sur le Web. La diffusion de leur flux en streaming, l’offre de programmes en Replay et des contenus additionnels spécifiques au Web sont les pistes les plus facilement envisageables et exploitables dans l’immédiat. I. DECUPLER SON TEMPS D’ANTENNE Le Web ne souffre d’aucune limite. Aucune barrière ne bloque l’entrée de nouveaux acteurs et chacun peut multiplier les contenus proposés sans se soucier d’un temps d’antenne à respecter. Ceci comporte des avantages pour les producteurs de contenus que sont les chaînes dont celui de décupler leur temps d’antenne. Des images et des contenus destinés à l’antenne mais coupés au montage, non diffusés faute de temps ou même des programmes entiers pourraient ainsi trouver leur place sur le Web et offrir une véritable plus-value au téléspectateur. 2 000 JO de Londres 2012 : France Télévisions, 400 heures de direct à heures de direct seront l’antenne, 2 000 sur le Web proposées par France Télévisions sur le Web à Lors des Jeux Olympiques de Londres qui se tiendront en août l’occasion des JO de Londres prochain, France Télévisions proposera un dispositif spécial, permettant de suivre en direct toutes les épreuves des Jeux Olympiques d’été à Londres. Alors que les antennes de France Télévisions diffuseront déjà 400 heures de direct relatives aux épreuves, le site dédié à 59 Source Médiamétrie : Communiqué sur le Médiamat mensuel de février 2012. 46
  • 47.
    l’occasion proposera luide suivre 2 000 heures de compétitions avec un dispositif qui permettra de passer d’une épreuve et d’un sport à l’autre facilement. En achetant les droits des Jeux Olympiques, France Télévisions a également obtenu les droits de diffusion sur le Net. Diffusés gratuitement, ces options devraient faire exploser la fréquentation des sites et du groupe en tant que « Brand Player ». La possibilité de mesurer ces données pourrait aider les acteurs à franchir un pas dans la diffusion en direct du sport sur le Web. II. DECUPLER SON AUDIENCE Apporter un complément à l’audience télévisuelle de base, c’est aussi un enjeu qui pourrait avoir de l’importance dans les prochains mois. La diffusion du simple flux diffusé à l’antenne sur le Net, sur différentes plateformes pourrait être un développement simple, mais intéressant. Arte et l’expérience Facebook du « 28 minutes » Arte propose à ses Internautes de suivre en direct le « 28 minutes » (rendez-vous sur l’actualité et la culture animé par Elizabeth Quin tous les jours à 20h05) sur le plus grand des réseaux sociaux. Si les 4 200 fans de la page (fin mai 2012) qui donne l’accès au flux en streaming de l’émission n’ont pas de quoi révolutionner son audience, l’expérience est extrêmement intéressante et pourrait connaître un succès tout autre sur des émissions donc le public se rapprocherait plus de celui des plus gros utilisateurs du réseau social fondé par Mark Zuckerberg. Car les motifs de satisfaction sur la diffusion sont multiples : fluidité de la vidéo, habillage agréable, possibilité de partager, de commenter sur la même page, sans la rafraichir et donc perdre le contenu, possibilité aussi de continuer une partie de votre activité habituelle sur Facebook le temps du visionnage de la vidéo... 47
  • 48.
    III. NE PASSE LIMITER A LA DUPLICATION DES PROGRAMMES TRADITIONNELS ET CONQUERIR DES TELESPECTATEURS PAR DES CONTENUS ADDITIONNELS DE QUALITE Une autre possibilité qui pourrait permettre aux chaînes de se différencier et d’envisager de nouvelles relations avec leurs consommateurs est l’ajout de contenus non initialement destinés à l’antenne ou la création de contenus spécifiques au Web. Les possibilités, comme nous l’avons vu avec le cross média sont extrêmement importantes. Contenus vidéos additionnels, bandes annonces, épisodes supplémentaires, jeux en ligne reliés au contenu, de nombreuses alternatives peuvent être envisagées pour fidéliser ou conquérir de nouveaux consommateurs.. Canal Plus, quelques minutes après les rencontres diffusées sur ses différentes antennes, propose à ses abonnés et au reste des Internautes connectés des résumés complets des matches diffusés et commentés sur les antennes du groupe. Une plus-value offerte à l’abonné, qui peut revoir les images rapidement et facilement mais aussi une porte d’entrée pour les non abonnés, qui ont un aperçu de la prestation offerte par la chaîne à péage. C’est enfin un moyen d’affirmer une présence sur le web sur un secteur d’activité qui définit la marque Canal Plus. Si cette offre est intéressante, elle ne peut clairement représenter qu’un début, une ouverture vers la production de contenus nouveaux. LA VIDEO SUR LE WEB – QUE RETENIR ? − Des perspectives de croissance de consommation extraordinaires pour des acteurs puissants déjà très bien implantés. − Une offre déjà diversifiée de contenus. − De nouvelles perspectives pour les acteurs légaux avec la fermeture des offres illégales. − Des liens possibles extrêmement forts entre les différents médias et écrans et des possibilités illimitées en termes d’offres et de création de contenus. La bonne formule n’a toutefois pas encore été trouvée. La faute à de grands acteurs qui se prennent au jeu sans jusqu’alors prendre de vrais risques en matière de création. − Une opportunité pour les acteurs placés sur des thématiques précises de renforcer leur crédibilité ou de trouver une porte de sortie en cas de problèmes économiques, à l’instar de certains acteurs de la presse papier. 3. 2012, ANNEE DE LA CATCH UP TV ? Nous avons vu précédemment que l’offre et la consommation de programmes en différé étaient en phase de croissance. Les chaînes répondent à cette problématique avec le développement d’une offre de plus en plus complète et accessible sur des supports multiples de services de télévision de rattrapage. 1. DEFINITION La télévision de rattrapage est une combinaison des possibilités offertes par la télévision, le Web et le mobile. Elle est à la fois un service et un mode de consommation. Elle consiste en l’offre par une chaîne pendant une durée limitée de visionner à posteriori des programmes d’abord 48
  • 49.
    diffusés en livesur l’antenne de la chaîne. L’utilisation de ce service impose l’accès à un réseau interactif (ADSL, câble, Wi-Fi, WiMAX, etc.) et peut se faire via plusieurs équipements : − La télévision Les box des fournisseurs d’accès ADSL proposent l’accès aux services de télévision de rattrapage mis à disposition par les chaînes. Cette offre varie selon les opérateurs. − Les sites Internet des chaînes de télévisions La plupart des chaînes offrent un service de rattrapage via leur site Internet ou un site dédié à ce service. Là encore, les offres sont très hétérogènes selon les chaînes. − L’accès sur le mobile ou les tablettes Ces services sont également disponibles sur les smartphones et les tablettes tactiles pour lesquels des applications ont été spécialement développées. L’écran d’ordinateur reste encore le principal vecteur pour consommer des contenus de télévision de rattrapage60. Cependant l’arrivée des télévisions connectées, le développement assez rapide des offres sur les box ADSL et la qualité grandissante des interfaces de ces services laissent entrevoir de fortes perspectives de croissance de consommation sur l’écran de télévision. 2. UNE CONSOMMATION EN FORTE PROGRESSION Comme nous l’avons vu tout à l’heure, la consommation du différé n’a encore qu’une importance relative si on la compare à la consommation globale du média télévision. Cette importance 60 Chiffres issus du baromètre mensuel de février sur la télévision de rattrapage – Etude du CNC 49
  • 50.
    devrait néanmoins croîtrede manière significative au cours des prochains mois pour plusieurs grandes raisons. − Le développement d’une offre construite par les chaînes C’est l’un des principaux points noirs qui empêche un développement plus rapide de la pratique à l’heure actuelle. En effet, la qualité de l’offre est extrêmement différente selon les chaînes. Si TF1 met d’ores et déjà en ligne une très grande partie de ses programmes avec une forte réactivité sur les plateformes des fournisseurs d’accès à Internet et sur son propre site Internet, cette pratique ne s’est pas encore démocratisée sur les plus petites chaînes. Le graphique ci-contre le prouve parfaitement. Selon le CNC au mois de février 2012, les quatre premières chaînes de télévision françaises (TF1, France 2, France 3 et M6) représentaient 48,1 % de l’ensemble des volumes de l’offre de contenus en télévision de rattrapage. − Facilité d’accès et navigation améliorée par les fournisseurs d’accès à Internet Comme dit dans le paragraphe ci-dessus, chaque fournisseur d’accès ne propose pas encore l’ensemble des services de télévisions de rattrapage établis par les chaînes. La navigation dans les interfaces n’est pas optimisée et leur mise en avant sur les interfaces des box est loin d’être optimale. − La progression des équipements Le taux d’équipement et de réception des foyers français de la télévision par l’ADSL ne cesse d’augmenter. Cette donnée va amener les téléspectateurs à consommer de plus en plus de contenus vidéo quelque soit le support utilisé. − La prise de conscience de l’intérêt de la pratique La pratique ne s’est pas encore réellement démocratisée comme le prouve le graphique ci-contre. En effet peu de consommateurs en font une utilisation régulière. On note cependant que les consommateurs réguliers de télévision délinéarisée consomment énormément (au moins une fois par jour), ce qui laisse envisager une explosion de la consommation dans les mois à venir. − Une amélioration et une clarification des règles de fonctionnement par les principaux acteurs du marché L’autre problème principal venu des acteurs est le manque de règles bien établies pour réguler et rendre lisibles les différentes offres des chaînes. Certaines règles, comme celle 50
  • 51.
    des 7 joursde mise à disposition des programmes après leur diffusion en live est supposée être commune à l’ensemble des acteurs offrant ce type de service, mais elle ne sont pas systématiquement appliquées, compliquant ainsi la compréhension de l’offre pour le consommateur. Ces problèmes devraient trouver des solutions dans les mois à venir et renforcer la crédibilité, la lisibilité et la facilité de l’accès à cette offre encore relativement nouvelle. Etablir une offre d’un niveau correct pour l’ensemble des chaînes sera essentiel pour démocratiser la pratique. L’offre aujourd’hui est finalement très restreinte par rapport à l’offre télévisée live, ce qui ne permet pas à la plupart des téléspectateurs de transposer une consommation live vers une consommation en Une offre encore très différé de manière quotidienne. restreinte par rapport à la diversité des contenus 3. TROUVER UN MODELE ECONOMIQUE diffusés en live sur l’ensemble des chaînes Si les performances enregistrées sont très encourageantes, le modèle économique lié à ces nouvelles pratiques reste encore à définir. Si des vidéos « pré-roll » (publicité vidéo lancée automatiquement avant le contenu) sont souvent associées aux contenus offerts sur le Web, le manque d’homogénéité constaté sur l’ensemble du secteur est problématique. − Pas encore d’offre publicitaire sur les box ADSL pour de nombreuses chaînes L’exemple de la présence ou de l’absence de publicité sur les services offerts sur les box des fournisseurs d’accès à Internet est un bon exemple du manque de « maturité » du marché. En effet, certaines grandes chaînes (TF1, France Télévisions, M6 et W9) imposent un contenu publicitaire à leurs téléspectateurs sur les contenus en différé, ce n’est pas le cas des plus petits acteurs. Mais même chez ces grands acteurs, l’offre publicitaire n’est pas cadrée puisque la durée et l’emplacement des spots diffèrent selon les chaînes. − Un modèle à trouver sur le web pour monétiser les vidéos Sur le Web, les différences sont encore plus importantes car les possibilités sont multiples. La différence dans les contenus offerts est encore tellement importante que la possibilité de fixer des règles semble impossible. L’absence de vraie juridiction sur les contenus publicitaires sur le Web semble également un frein qu’il sera difficile de surmonter pour les acteurs du marché. Rappelons simplement pour prendre la dimension de la difficulté d’établir des règles sur le Net que les géants de la vidéo cherchent encore un modèle économique efficace et notamment une réponse à la problématique d’une monétisation efficiente des centaines de millions de vidéos vues sur leurs plateformes. 4. LES DIFFERENTS TYPES DE CONTENUS TELEVISES CONSOMMES SUR LES PLAYERS DES CHAINES DE TELEVISIONS I. LES TYPES DE CONTENUS MIS A DISPOSITION En termes de contenus mis à disposition des téléspectateurs en différé, il est clair que la tendance est à une mise en avant de contenus non impactés par le temps dits de « stocks » à l’inverse des programmes très impactés par leur rapport au temps dits « de flux ». 51
  • 52.
    II. UNE OFFREA ADAPTER SELON LES TYPES DE PROGRAMMES Comme vu dans la première partie de ce dossier, la fiction est le genre le plus consommé en différé par les consommateurs. En grande partie car ce genre ne perd pas de « valeur » dans les jours qui suivent sa diffusion live et parce que son rythme de diffusion est adapté à celui de mise à disposition des contenus. Ce n’est pas le cas des journaux télévisés par exemple dont la consommation en différé se fait dans sa très grande majorité dans la journée de la diffusion. L’offre de programmes en différé devra donc se construire autour de l’importance du rapport au temps passé entre les diffusions live et différées des programmes, par la mise en avant rapide de contenus d’informations sur l’ensemble des plateformes mises à disposition par les chaînes à leurs téléspectateurs, mais bien sûr, aussi selon son genre. Un programme de fiction ou un jeu ne doit pas être complété par les mêmes contenus qu’un magazine d’actualité… 5. ALLER A LA RENCONTRE DU TELESPECTATEUR Les contenus télévisés mis en ligne et consommés directement sur l’ordinateur ne disposent pas d’une même résonance que ceux diffusés en live sur la télévision. L’action d’aller chercher ce programme sur le Web réclame en effet plus « d’efforts » au consommateur que le simple fait d’allumer son téléviseur. Les chaînes doivent donc absolument pousser à la consommation de leurs contenus en les mettant en avant sur d’autres supports que leurs propres sites. Certaines le font déjà, en annonçant la mise en ligne de certaines de leurs vidéos sur les réseaux sociaux (cf. best-of de l’émission du jour par Canal + ci-dessous). Cette pratique doit se démocratiser chez les chaînes même si elles ne bénéficient pas toutes de l’influence de Canal Plus sur les réseaux sociaux. Intégrer son player sur la page pour permettre à l’Internaute de poursuivre son activité Si Canal Plus met à disposition ses contenus de manière très réactive, elle impose toujours à son téléspectateur de « sortir » de sa page et donc de stopper son activité du moment afin de se rendre sur son propre site. Une offre idéale de la part des chaînes serait de parvenir à intégrer le player directement au réseau social ou de négocier avec les plus grands acteurs des réseaux un player commun, facilement mesurable, pour laisser au téléspectateur la liberté de poursuivre son activité en ligne tout en regardant le contenu proposé. LA CATCH UP TV – QUE RETENIR ? − La Catch up TV, une pratique multi-supports, dominée par l’écran d’ordinateur. − L’écran de télévision classique comme vrai futur de cette pratique. − Une consommation et une offre en croissance constante. 52
  • 53.
    Une offre venue des acteurs encore très hétérogène: TF1, France 2 et France 3 représentent à elles seules 41,8 % de l’offre totale de programmes (Février 2012). − Une pratique dont la notoriété grimpe mais encore pratiquée de manière intensive par une minorité de consommateurs. − Une expansion de l’offre encore bloquée par l’absence de définition d’un modèle économique clair pour l’activité. − Certaines tendances toutefois déjà très affirmées, notamment au niveau des contenus consommés : essor de la fiction et des contenus déjà surconsommés en live. − Des règles de fonctionnement qui commencent à s’institutionnaliser : règle des 7 jours de mise à disposition des programmes. − Des contenus qui ne vont encore assez à la rencontre de leurs consommateurs. 4. LA TELEVISON MOBILE PERSONNELLE Parmi les supports permettant de consommer des contenus télévisés, les téléphones ont un temps été perçus comme la solution du futur. L’état notamment, par la voie du CSA, a longtemps soutenu cette idée, en partenariat avec les chaînes et des opérateurs. Aujourd’hui abandonnée dans sa version première, l’esprit de la Télévision Mobile Personnelle n’a pas complètement disparu avec la hausse des équipements en Smartphones et en tablettes. 1. DEFINITION & ORIGINES I. PERMETTRE L’ACCES A LA TELEVISION PARTOUT ET N’IMPORTE QUAND « La télévision mobile personnelle (TMP) permet un accès aux différents programmes télévisés en tous lieux et à toute heure de la journée par le biais du téléphone mobile. Elle utilisera les canaux hertziens libérés par la fin de la diffusion analogique des chaînes de télévision.61 » II. UN PROJET NE D’UNE VOLONTE GOUVERNEMENTALE ET DES GRANDES INSTANCES TELEVISUELLES FRANÇAISES − 2007 - Lancement du projet. − 2007 - Nomination du CSA pour encadrer le projet. − 2007 - Choix de 16 chaînes pour l’obtention d’une fréquence en 2008. Annonce d’objectifs ambitieux : couvrir 30 % de la population en 2012 et 60 % en 2015. − 2009 - Lancement d’une consultation par le gouvernement 2007 - 2011 pour trouver un modèle économique à adopter. Sans succès. 4 ans de tâtonnements ont − 2010 - Les opérateurs de téléphonie mobile se retirent du conduit le CSA à un échec. projet. − 2010 (mai) - TDF et Virgin annoncent un partenariat pour déployer un réseau couvrant 50 % de la population. − 2011 - 8 mois plus tard, Virgin annonce son retrait du projet. − 2011 - TDF annonce également son retrait du projet. Le projet de la Télévision Mobile Personnelle via une réception hertzienne avait du sens lors de son lancement en 2007 mais était rendu compliqué par la technologie. La télévision numérique 61 Etude Xerfi 700 doc sur la téléphonie mobile – Septembre 2011 53
  • 54.
    terrestre (TNT) quipeut aujourd’hui être reçue avec l’avènement de la 3G ou la 3G+ voir de la 4G combinées avec la mort du hertzien ont fini d’enterrer ce projet. III. LA MORT DEFINITIVE DU CONCEPT Le retrait des grandes chaînes malgré le soutien du CSA Le 4 janvier 2012, les 16 chaînes qui détenaient des licences se sont retirées du projet. Le CSA, qui avait fixé cette date comme dernier butoir pour trouver des opérateurs de diffusion a dû abandonner un projet pour lequel il avait pourtant fourni de nombreux efforts, faute d’avoir su proposer aux acteurs un modèle économique et de ne pas avoir suffisamment anticipé les progrès de l’Internet mobile. Des conditions technologiques absolument pas optimales La volonté des chaînes de trouver un accord avec un opérateur de réseau n’était pas assez forte pour mener à bien un projet qui n’avait pas non plus fonctionné aux Etats-Unis et dans le reste de l’Europe. Il faut dire qu’elles diffusent déjà leurs flux via d’autres moyens (3G, 3G+). Les fréquences réservées au projet pourraient être réutilisées rapidement pour améliorer la diffusion des contenus multimédias vers les smartphones et les tablettes tactiles ou l’accélération de la mise en place du « spectre 4G » pour les grands opérateurs de la téléphonie mobile. 2. VERS UNE RENAISSANCE DU CONCEPT AVEC LA DEMOCRATISATION DES TABLETTES ? Le concept, élargi à une idée plus étendue de réception mobile des flux des chaînes de télévision est en revanche toujours bien vivant. Car si les smartphones sont finalement peu utilisés pour consommer des contenus vidéo, les tablettes tactiles le sont. I. LE DIVERTISSEMENT ET LA VIDEO, MOTEURS DE L’UTILISATION DES TABLETTES En effet, selon une étude publiée fin mars par Médiamétrie pour le GESTE (Groupement des Editeurs de Services en Ligne), l’utilisation de la tablette tactile pour la consommation de contenus télévisés ne laisse aucun doute. Les utilisateurs, dont le profil type serait un homme urbain CSP + âgées de 35 à 49 ans, l’emploient prioritairement à leur domicile dans une optique de divertissement. Les « marques » à la plus forte notoriété sur ce support laissent entrevoir une tendance forte : la consommation de contenus vidéos et / ou interactifs est l’une des utilisations principales. Ainsi dans le top des marques citées, nous retrouvons Canal+, Wat, TF1, France Télévisions ou M6 mais aussi les portails de vidéos YouTube et Dailymotion. 1,7 millions d’utilisateurs de tablettes en A ce jour, Médiamétrie a recensé 1,7 millions d’utilisateurs France au 4ème trimestre principaux de tablettes. Si ces chiffres paraissent restreints en 2011 comparaison de celui des Internautes (39,9 millions au 4ème trimestre 2011) et des utilisateurs de services de téléphonies mobiles reliés à Internet (19 millions62), elle est clairement à prendre en compte pour les marques qui font des efforts titanesques pour s’imposer comme 62 Sources : Médiamétrie - Observatoire des Usages Internet, 4ème trimestre 2011, 54
  • 55.
    les références dece nouveau mode de consommation. Il faut dire que les chiffres enregistrés en lien avec la consommation Internet sur ces supports laissent envisager l’éclosion d’un nouveau marché à conquérir. Pour les seuls iPad au 4ème trimestre 2011 en France, le nombre de pages vues s’élevait à 4,2 milliards (4 300 par utilisateur sur la période).63 LA TELEVISION MOBILE PERSONNELLE – QUE RETENIR ? − Un premier projet visant à permettre l’accès à la télévision n’importe où et n’importe quand lancé en 2007 sur la volonté du gouvernement. − Une première version du projet d’ores et déjà obsolète et abandonnée. − L’idée de la télévision mobile personnelle est toutefois loin d’être morte si l’on élargit son concept avec la démocratisation des tablettes notamment. 5. L’AVENEMENT D’UN NOUVEAU TYPE D’OFFRE DES CONTENUS CULTURELS ? Le fantasme de tout téléspectateur est d’avoir à disposition n’importe lequel des contenus possibles et de pouvoir le consommer à n’importe quel moment. Ce « rêve » est aujourd’hui approché par certains acteurs, notamment sur le Web dont les capacités en termes de stockage semblent quasiment illimitées. 1. LE PHENOMENE NETFLIX Netflix est une entreprise fondée en 1997. Elle a, à l’origine, trouvé sa prospérité avec une activité de location de DVD par voie postale (aujourd’hui rebaptisée Qwikster). Quelques années plus 25 millions tard, grâce à un service de contenus vidéo en flux continu sur le nombre d’abonnés à abonnement, Netflix est devenu un véritable monstre qui capte Netflix dans le monde en soirée aux alentours de 25 % du trafic Internet aux Etats-Unis. Comment Netflix a t-il réussi à capter 25 millions d’abonnés ? En proposant pour 7,99 $ par mois un catalogue absolument gigantesque de films, de séries que l’abonné peut visionner aussi bien sur son écran d’ordinateur, sur sa télévision, sa tablette tactile ou via sa console de salon. Avec 25 millions d’abonnés, Netflix est tout simplement le premier opérateur payant aux Etats-Unis. Pour se constituer ce catalogue, Netflix a directement passé des contrats avec les sociétés de production et de distribution de cinéma et constitué une sorte de « licence globale ». Les premiers accords 7,99 $ ont été extrêmement avantageux pour l’entreprise, ce qui lui a le prix de l’abonnement à permis de se dévelloper. La renégociation des contrats est Netflix. 5 fois moins coûteux aujourd’hui bien plus difficile. Les films Disney et Sony ne sont plus qu’un abonnement à Canal + au catalogue de Netflix qui pour contrer ce problème, se tourne désormais vers les contenus télévisés et même la création de contenus (1 million de dollars investis dans la production d’une série). La société, dont le chiffre d’affaires s’élevait aux alentours de 63 Source : Médiamétrie – Panel tablettes iPad 4ème trimestre 2011 - Base : utilisateurs principaux tablette iPad 15 ans et +
 55
  • 56.
    3 milliards dedollars en 201164 prévoit d’être présente dans 40 pays d’ici 2012 et se targue notamment de constituer un remède anti-piratage avec une offre suffisamment large et peu coûteuse pour inciter les pirates à s’abonner. 2. LA RIPOSTE DES GRANDS ACTEURS DE LA PRODUCTION DE CONTENUS : HULU Hulu, fondée en 2007, offre également un service de vidéos à la demande avec un catalogue important comprenant l’accès à des programmes télévisés, des films ou des contenus spécifiques au Web. Derrière ce service se cache la puissance de ses fondateurs et propriétaires : NBC, Fox, Disney-ABC TV, CBS et d’autres studios et réseaux. La stratégie de l’entreprise est plus ou moins la même que celle de Netflix avec depuis 2011, la création de produits originaux comme « Battleground » (drama politique) ou « The fashion fund » (TV réalité). Fin 2011, Hulu comptait environ 1,5 millions d’abonnés. 3. EN FRANCE : L’ANTICIPATION DE CANAL +, D’AUTRES OFFRES EN PREPARATION ? I. UN MODELE DIFFICILEMENT ADAPTABLE EN FRANCE Ce modèle est difficilement implantable en France. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Netflix n’envisage pour le moment pas de tenter l’expérience alors qu’elle a déjà annoncé son arrivée en Espagne et en Angleterre après s’être concentré sur l’Amérique du Nord et l’Amérique Latine. Pourquoi ? Tout simplement à cause de la législation extrêmement restrictive relative au droit d’auteur. Le temps d’attente entre la sortie en salle d’un film et son exploitation sur d’autres supports est extrêmement long en France, ce qui empêche toute possibilité de voir ce type de service de développer. A titre d’exemples, il vous faut aujourd’hui patienter : - 4 mois pour obtenir un film en DVD 36 mois - 1 an avant de pouvoir être diffusé sur une chaîne payante de le temps que doivent cinéma patienter les diffuseurs avant - 36 mois pour les services de vidéo à la demande. de pouvoir proposer un fil sur - 1 an avant de pouvoir proposer une série américaine sur un un service de VOD service de VOD français La position des acteurs du secteur culturel français va de plus à l’encontre de toute modification de la législation et empêche actuellement toute illusion concernant un accord autour de l’idée d’une licence globale, maintes fois évoquée et qui est finalement ce que Netflix a réussi à réaliser à une échelle moindre. La tentative Canal Plus, les rumeurs Dailymotion et Allociné Canal Plus a toutefois d’ores et déjà pris ses dispositions pour contrer une possible arrivée de Netflix à long terme ou de tout autre acteur du même type en créant Canal Plus Infinity. Le service, ouvert depuis novembre 2011 est disponible à partir de 9,99 € par mois. Pour contrer la législation française, Canal Plus mise sur la mise à disposition de ses créations originales comme « Borgia » ou « Braquo ». 64 http://www.wikinvest.com/stock/Netflix_%28NFLX%29/Data/Income_Statement 56
  • 57.
    Si la démarchede Canal Plus est intéressante, le catalogue de Canal Plus Infinity n’est pas comparable à celui de Netflix. Le groupe semble donc plutôt faire cet effort pour occuper le terrain que pour inonder un marché. II. DES ACTEURS POTENTIELS FRILEUX Alors qu’une rumeur annonçait l’arrivée d’Allociné sur ce marché des services de vidéos à la demande avec abonnement, son président, Grégoire Lassale, a confirmé la difficulté d’implanter ce type de service en annonçant pour septembre 2011 une offre de VOD gratuite enrichie mais sans service payant. « Nous avons « La consommation de vidéo souvent réfléchi à lancer notre propre offre de SVOD. Mais c'est très à la demande sur tous les lourd. Ce n'est ni notre métier, ni notre bourse » a t-il notamment déclaré dans l’Expansion.65 supports est clairement une priorité absolue » Orange et Dailymotion se sont également associés (rachat de 49 % des parts de Dailymotion par Orange fin 2011) pour envisager la S. Richard - DG France Télécom question de la vidéo à la demande. En février 2012, à l’annonce de cet engagement, Stéphane Richard, Directeur Général de France Télécom déclarait que la « consommation de vidéo à la demande sur tous les supports est clairement une priorité absolue ». « La stratégie d’Orange est de devenir rapidement les meilleurs en matières d’offre de vidéo à la demande que ce soit en matière de profondeur de l’offre, du catalogue ou aussi en termes de qualité de l’interface utilisateur », « basé sur des modèles de gratuité et aussi payants »66. LES NOUVEAUX TYPES D’OFFRES DE CONTENUS – QUE RETENIR ? − Netflix, 1er opérateur payant aux Etats-Unis et acteur majeur de la production de contenus conforte l’idée qu’une offre payante structurée, suffisamment large et accessible financièrement est le meilleur moyen de contrer le piratage. − D’autres acteurs sur les rangs, des tentatives en France malgré un contexte législatif extrêmement contraignant. 65 http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/allocine-ne-se-lancera-pas-dans-la-vod-sur-abonnement_289663.html 66 Intervention mise en ligne sur Orange Innovation TV - http://www.orange-innovation.tv/fr/webtv/info_interviews/internet-et- divertissement/divertissement/accord_dailymotion_-_orange_des_perspectives_pour_la_vod 57
  • 58.
    LA TELEVISION HORSDE LA BOITE – 10 IDEES CLES 1. Une consommation désormais multimédia et multi supports qui laisse envisager aux acteurs de nouvelles formes de revenus publicitaires s’ils parviennent à développer une offre homogène en termes de qualité sur l’ensemble des supports. 2. Immerger le téléspectateur dans le contenu et le fidéliser grâce à une relation avec son programme nouvelle. 3. Des perspectives de croissance de la consommation de vidéos sur le Web extraordinaires pour des acteurs puissants déjà difficilement contestables. 4. Une offre déjà diversifiée de contenus vidéo sur le Web, dont les perspectives de croissance sont renforcées par la fermeture des offres illégales. 5. Les liens et les possibilités en termes de passerelles entre les différents écrans, médias et formes de contenus semblent illimités mais les grands acteurs qui ont pris conscience de cet enjeu n’ont pas encore vraiment exploité l’ensemble des possibilités qui leurs sont offertes. 6. La vidéo sur le Web, une opportunité pour les acteurs placés sur des thématiques précises de renforcer leur crédibilité ou de trouver une porte de sortie en cas de problèmes économiques, à l’instar de certains acteurs de la presse papier. 7. La consommation de programmes délinéarisée est le grand enjeu de 2012 pour les chaînes. Cette pratique est une synthèse des nouvelles habitudes de consommation : multi-supports, connectée et dominée par les grands acteurs. Le marché n’est toutefois pas encore mature et n’a pas exploité l’ensemble des possibilités offertes. 8. Des règles de fonctionnement de la télévision de rattrapage dont l’application doit s’institutionnaliser : 7 jours de mise à disposition des programmes, placement des contenus publicitaires. 9. Des contenus multimédias et multi-supports très accessibles mais qui ne vont encore assez à la rencontre de leurs consommateurs. 10. De nouvelles offres payantes qui se structurent et qui pourraient être un moyen efficace de contrer le piratage. Après le succès aux Etats-Unis du phénomène Netflix, des premières tentatives ont lieu en France malgré un contexte législatif défavorable. 58
  • 59.
    1. L’économie des événements sportifs 2. L’économie des événements culturels 3. Les événements alternatifs, entre marques, Web et Sponsoring C. L’économie des événements culturels et sportifs 59
  • 60.
    C. L’ECONOMIE DESEVENEMENTS CULTURELS ET SPORTIFS Les manifestations culturelles et sportives rythment la vie quotidienne des français. Parce qu’elles interviennent à intervalles réguliers, parce qu’elles rassemblent et parce qu’elles sont souvent porteuses de symboles et de valeurs permettant la création d’histoires communes. Ces événements sont de natures extrêmement différentes. Leur rythme, leur taille, leur médiatisation sont les facteurs qui les différencient. Cette diversité rend très difficile la conclusion d’enseignements généraux et de règles concernant leurs modes de financements. Nous tenterons toutefois au sein de cette partie d’extraire quelques tendances générales permettant d’envisager ce que seront les stratégies médias de ces événements d’ici quelques mois ou quelques années. 1. QUELLE PLACE POUR LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE ET LA VIE DES EVENEMENTS SPORTIFS ? Nous l’avons vu dans nos parties précédentes, la télévision a tendance à largement se focaliser sur de grands événements, au détriment des autres formes de manifestations, qu’elles soient culturelles ou sportives. Nous allons tenter de voir si ce phénomène se confirme dans cette partie en étudiant les budgets et donc les sources de revenus de ces manifestations. 1. QUELS POSTES DE REVENUS POUR LES GRANDS EVENEMENTS SPORTIFS ? Selon une étude menée par PWC en juin 2010, les dépenses mondiales liées au sport étaient de 114 milliards de dollars en 2009 et devraient se monter à 132 milliards de dollars en 2013. Ces 132 milliards de $ rentrées d’argent sont principalement issues de 4 grandes « familles » de revenus : La prévision des dépenses mondiales liées au spot en I. LES RECETTES DE LA VENTE DE BILLETS 2013 Elles représentaient 38% du chiffre d’affaires du marché en 2009. Le total des recettes de la vente de billets devraient représenter 49 milliards de dollars en 2013, soit un taux de croissance annuel moyen de 3,2 % sur la période 2009 / 2013. Cette progression est la plus lente de tous les segments. II. LES DROITS PAYES PAR LES MEDIAS POUR LA DIFFUSION D’EVENEMENTS SPORTIFS Ces derniers représentaient 20% du marché en 2009 et devraient atteindre les 26,7 milliards de dollars en 2013 (+ 3,7 % 20 % d’augmentation sur la période). des recettes du monde du « Ce secteur est très lié à l’organisation d’événements majeurs sport sont issues des droits (Coupe du monde de football, Jeux Olympiques), bon nombre de payés par les médias pour la contrats ayant été conclus à long terme ont été moins sensibles à la diffusion d’événements crise économique »67. Les groupes médias ont ces dernières années tenté de « sécuriser » leurs droits en faisant l’acquisition des contenus « premium » recherchés par leurs téléspectateurs. La grande problématique du marché aujourd’hui va être la même que 67 Communiqué de presse 2010 pwc lors de la sortie de l’étude « Back on track ? The outlook for the global sports market to 2013). » 60
  • 61.
    celle qui ébranlele monde du cinéma et de la musique depuis des années : celle de la monétisation et de la gestion de ces droits sur les plateformes numériques. III. LE SPONSORING Le sponsoring est défini de la manière suivante par PWC : des « paiements versés pour avoir son nom associé à une équipe, une ligue ou le sponsoring d’un événement, ainsi que les droits d’utilisation d’un nom ». Ce secteur représentait 26% du marché en 2009 et devrait représenter environ 35,2 milliards de dollars en 2013 au niveau mondial. A noter que c’est le segment qui croît le plus rapidement. IV. LE MERCHANDISING Le merchandising englobe toutes les « ventes de produits sous licence et autres éléments de propriété intellectuelle ». Il représente 16 % du marché. Ce segment est surdéveloppé en Amérique du Nord ou certains marchés sont gigantesques (Nike a récemment fait l’acquisition des droits de merchandising de la NFL pour 1,1 milliards de dollars sur 5 saisons). Les revenus générés par ces sources de financement pour les événements sportifs sont bien entendu influencés par la médiatisation et la résonnance des événements. 2. LA PREDOMINANCE DE LA TELEVISION DANS L’ECONOMIE DES GRANDS EVENEMENTS MONDIAUX ET NATIONAUX I. LES DROITS TELEVISES : LE FONDEMENT ECONOMIQUE DE LA LIGUE 1 DE FOOTBALL Les droits télévisés sont absolument nécessaires pour le fonctionnement des clubs de Ligue 1. Ils peuvent en effet représenter plus de 60 % du budget d’un club de football professionnel. Afin de mesurer cette tendance, attardons nous sur la structure des lots à pourvoir pour diffuser cette compétition. Lors du dernier appel d’offres mené par la Ligue de Football Professionnelle en 2012 pour l’attribution des droits sur la période 2012 / 2016, la décomposition des droits était la suivante : - 5 « Lots Premium » - (lots 1 à 5) Diffusion en direct de l’une des quatre meilleures affiches par journée + un magazine. Ces droits englobent l’ensemble des terminaux (TV, Internet et la continuité de service sur les terminaux nomades). Leurs prix de réserve : 110 millions d’euros pour les lots 1 et 2, 100 pour les lots 3 et 4, et 90 pour le lot 5. - Le lot « 100% Ligue 1» - (lot 6) 0 Diffusion de l’ensemble des matches de L1, dont six en direct par journée, les quatre autres en différé + un magazine le le nombre de lots dédiés au dimanche avant le(s) match(es) du dimanche 17h. Le lot est Web dans les 9 présentés par exploitable par un service PPV (paiement à la séance) ou par la LFP lors de son dernier une chaîne de télévision classique. Prix de réserve : 90 appel d’offre millions d’euros minimum. 61
  • 62.
    - Un lot « NOMADE » - (lot 7) Dédié aux terminaux mobiles et tablettes et aux écrans inférieurs à 13 pouces, le lot offre la possibilité de regarder 100 % des matches, des extraits et des résumés à la demande. Prix de réserve : 90 millions d’euros. - Les lots « magazines » (lots 8 et 9) Diffusés pendant la semaine et entre deux journées de championnat. Ces lots sont un magazine VOD et un magazine linéaire. Alors que l’on note la présence d’un lot spécifique dédié aux terminaux mobiles, il n’en est rien pour le Web, intégré directement dans l’offre « Premium ». Si cette décision accroît la concurrence entre les chaînes de télévisions classiques, elle semble dommageable pour la Ligue, qui se prive d’une potentielle offre innovante et de l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs. II. UNE TENDANCE INTERNATIONALE 715 millions Cette tendance se vérifie lorsque nous regardons les chiffres qui en euros, le total des droits permettent le fonctionnement de la FIFA68 en 2010 (organisation de de diffusion télévisés la Coupe du Monde de Football). Les chiffres sont éloquents. Les enregistrés par la FIFA en droits de diffusion médias représentent plus de la moitié du budget 2010 soit 50 % de son budget de l’institution. Les ventes des droits pour ces compétitions se concluent plusieurs mois ou années à l’avance et leurs paiements annuel sont répartis sur plusieurs années. Sur 2010, les ventes des droits de diffusions TV se montaient plus de 715 millions d’euros. L’Europe contribue fortement à renflouer les caisses de la FIFA. III. UN MODE DE FONCTIONNEMENT RETROUVE DANS LES AUTRES SPORTS MAJEURS Ce mode de fonctionnement fortement dépendant des droits télévisés est également retrouvé dans d’autres grands sports. Ainsi la fédération française de rugby (équipe de France de rugby et organisation des compétitions amateurs) dépend à 54 % des droits reçus par les partenaires et les médias. La part des médias seuls peut être estimée entre 35 et 40 % du budget annuel total de la fédération française de rugby69. 68 FIFA : Federation International Football Association 69 Rapport financier de la Fédération Française de Rugby, exercice du 1er Juillet 2009 au 30 juin 2010 62
  • 63.
    Du côté dela Ligue Professionnelle de Rugby (LNR), la situation est différente. Si les droits télévisés représentent une part non négligeable du budget (environ 29 millions d’euros en 2009 / 2010 reversés aux clubs de Top 14 et de Pro D2), ces produits ne sont pas sa principale source de revenus70. Le budget total de la Ligue s’élevait en effet à environ 223 millions d’euros. Pourtant très médiatisé, le rugby voit donc la télévision et les droits médiatiques contribuer à moins de 15 % de son fonctionnement. Un gouffre en comparaison des événements football précédemment cités. Pour compenser, le championnat de France professionnel de rugby s’appuie sur de forts revenus générés par le sponsoring (93,5 millions d’euros sur la saison 2009 / 2010 pour 42 % du budget) et sur la billetterie (46 millions d’euros pour 21 % du montant total des produits). Les derniers accords signés avec Canal + pour diffuser l’ensemble de la saison, y compris la phase finale pour la période 2012 / 2016 portent sur un montant total de 158,5 millions d’euros. Soit les mêmes ordres de prix et de contribution à la santé financière de l’événement que sur la période précédente. 3. QUELLES SOURCES DE REVENUS POUR LES EVENEMENTS MINEURS ? I. UN GOUFFRE ENTRE FOOTBALL, RUGBY ET LES AUTRES SPORTS La différence de revenus générés par les droits télévisés est 150 000 € absolument abyssale entre les sports surmédiatisés et l’ensemble des autres sports. Prenons l’exemple d’un sport disposant d’une la contribution des droits certaine résonnance en France, sans pour autant être un sport médias au budget de la FFHG majeur : le hockey. Uniquement diffusé sur Canal + Sport, il parvient sur la saison 2010 / 2011 (4% tout de même à remplir les plus grandes salles comme Paris-Bercy du budget de la fédération). pour ses finales nationales (Coupe de France, Championnat). Sur l’exercice comptable 201071, la fédération française de hockey sur glace (FFHG) estimait selon son rapport de gestion (publié en juin 2011) ses produits à 3 986 741 euros. Ses recettes « partenaires » quand à elle s’élevaient à 313 402 euros, la moitié d’entre elles étaient à attribuer aux médias et donc à la télévision, la radio et la presse papier soir environ 150 000 euros soit environ 4 % du budget global. II. UNE MEDIATISATION QUI IMPACTE LES AUTRES SOURCES DE REVENUS L’attractivité des événements de moins grande importance ne se ressent bien entendu pas que sur les recettes liées aux droits télévisés. Les recettes de la vente de billets varient fortement d’un pays à un autre et d’un sport à l’autre et sont notamment très dépendants du niveau de vie des habitants de la région dans lesquelles sont installés les événements. La puissance d’attraction du sport en question engendre également des ventes ou pas de produits dérivés. Cette attractivité est bien sûr renforcée ou pas, par la diffusion du sport sur les écrans de télévision classiques. 70 Rapport de la DNACG sur l’activité financière de la LNR saison 2009 / 2010 71 http://www.hockeyfrance.com/espace-membres/assemblee-generale/assemblee-generale-704-1260.html 63
  • 64.
    4. LE DEVELOPPEMENTDE SYSTEMES PARRALLELES : L’AUTO-FINANCEMENT D’EVENEMENTS PAR LES MARQUES Certains sports ont trouvé une première parade à leur non médiatisation avec des modes de financements nouveaux. C’est le cas des compétitions de Freestyle et plus globalement des sports de glisse qui ont développé un système économique assez éloigné des standards des autres sports. Nous évoquerons cet enjeu dans la partie suivante correspondant aux C. Les événements alternatifs : entre marques, web et sponsoring. L’ECONOMIE DES EVENEMENTS SPORTIFS – QUE RETENIR ? − Les événements sportifs sont financés de manière très hétérogène par les médias traditionnels selon leur importance et leur niveau de résonnance. − En moyenne et au niveau mondial, les droits de retransmission représentent aux alentours de 20 % des budgets des événements sportifs. − Les droits de diffusion des événements télévisés peuvent représenter jusqu’à plus de 50 % du budget des plus grands événements. − Les médias sont quasiment absents des postes de revenus des événements sportifs d’ampleur moyenne alors même qu’ils diffusent parfois la compétition. − Des systèmes parallèles ont vu le jour pour pallier au manque de médiatisation de certains sports. 2. ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS Le manque de diversité des offres de programmes diffusés à la télévision qu’ils soient sportifs ou culturels semble criant. Après avoir constaté que l’économie des événements sportifs confirmait ce manque de diversité, nous vérifierons ou infirmerons cette tendance pour les contenus culturels. Notre méthodologie sera la même : nous intéresser d’abord aux grands événements puis nous focaliser sur des manifestations moins importantes. 1. LES PRINCIPAUX MODES DE FINANCEMENT DES GRANDS EVENEMENTS CULTURELS A l’image de notre raisonnement pour le sport, nous pouvons nous attarder sur les quelques événements culturels qui semblent attirer l’attention médiatique. Comme pour le sport ou quelques manifestations accaparent les meilleures audiences et les plus gros investissements, le cinéma pour la culture est le principal pourvoyeur de programmes et de temps d’antenne. I. CANNES : A MI-CHEMIN ENTRE SUBVENTIONS PUBLIQUES ET PRIVEES 50 % 72 Le budget du festival de Cannes est d’environ 20 millions d’euros et est réparti comme suit : du budget du festival de Cannes est issu de fonds - 50 % issus de fonds publics publics Les principaux financiers publics sont le Ministère de la Culture via le Centre National de la Cinématographie avec 72 http://www.festival-cannes.fr/fr/about/factsAndFigures.html 64
  • 65.
    3 millions d'euros,la Ville de Cannes avec 5,1 millions d’euros et d’autres collectivités territoriales comme le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur et le Conseil Général des Alpes Maritimes. - 50 % fournis « par les apports d'un certain nombre de groupements professionnels, partenaires institutionnels et de sociétés privées, partenaires officiels du Festival ». A l’inverse des événements et des institutions sportives, les chiffres versés par les partenaires privés restent bien plus secrets mais Canal + débourserait chaque année environ 6 millions d’euros pour couvrir de manière quasiment exhaustive la quinzaine de Cannes. II. LE PHENOMENE DES FESTIVALS MUSICAUX ET L’AUTO FINANCEMENT 1800 festivals étaient organisés en France en 201173. La multiplication de ces événements, liés à toutes les formes d’expression des arts vivants a complètement bouleversé leur mode de financement. D’abord subventionnés par les collectivités territoriales (mairies, départements, régions, Etat) les budgets de ces manifestations ont été fragilisés par la crise économique au cours de laquelle l’état a tenté de réduire ses dépenses aux missions de base, mettant souvent en difficulté les plus petites manifestations. 10 % Le reste des financements provient essentiellement de la billetterie du budget du festival musical de l’événement, de partenariats privés et des recettes annexes Rock en Seine est fourni par représentées par les services entourant le festival (restauration, boissons et dans certains cas boutique du festival). des partenaires privés. Le sponsoring privé, « est un travail de longue haleine, plus compliqué » explique François Floret, directeur et programmateur de la Route du Rock (Saint-Malo, août). Pour ce festival, autofinancé à 67% (billetterie et services annexes), la recherche de partenaires privés est un véritable problème. La manifestation doit pour compenser, compter sur les aides perçues par les collectivités qui représentent un « socle vital » de 21% des finances de l'événement.74 « Les marques sont souvent réticentes à investir dans la culture, en particulier dans la musique ». François Missonnier, directeur de Rock en Seine. Le budget du festival de musique situé en région parisienne qui se montait environ à 6 millions d'euros en 2011 n’était constitué qu’environ à 10 % par des partenariats privés (SFR, Kronembourg, Suez Environnement) alors que 17% du budget était issu des subventions. Les financements du festival des vieilles charrues en 2009 (ci-contre). Selon Le Figaro en 2011, ce festival, l’un des plus importants en Europe, était doté d'un budget de 73 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/06/04016-20110706ARTFIG00689-les-festivals-tendent-la-main-vers-le-prive.php 74 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/06/04016-20110706ARTFIG00689-les-festivals-tendent-la-main-vers-le-prive.php 65
  • 66.
    11,5 millions d'eurosfinancé à hauteur de 90% par des recettes propres. Les budgets alloués par des partenaires médias sont quasiment inexistants. Ce n’est pourtant pas faute d’attirer et d’accueillir des médias. L’édition 2009 accueillait en effet 350 journalistes et quelques 170 médias. Les partenaires et les mécènes contribuent à hauteur de 8 % de ce budget. Sur les 82 partenaires du festival en 2009, 12 étaient des partenaires médias selon les documents officiels du festival. III. LES AUTRES ARTS VIVANTS Le festival de théâtre d'Avignon, fondé en 1947 par Jean Vilar est la plus importante manifestation du spectacle vivant en France à tous les niveaux. Autant qu’en nombre de créations qu’en nombre de spectateurs, elle est l'une des grandes manifestations artistiques basée hors de Paris. Malrgé un budget important de 12 millions d'euros pour l'année 201175, on peut dire que les médias sont loin d’être les principaux animateurs de la vie du festival. En effet, leur participation 55 % financière dans l’événement est quasiment nulle puisque le budget du festival se décompose comme suit : du budget du festival d’Avignon provient de - 55% de subventions publiques (54% de l'État, 24% de la subventions publiques (env Ville d'Avignon, 9,5 % du Département de Vaucluse, 8 % de 6,5 millions d’euros). la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, 3,5 % de la Communauté d'Agglomération du Grand Avignon et 1,5 % de l'Union européenne ) - 45 % de recettes propres qui se décomposent avec la vente de billets, le mécénat, les sociétés civiles, la recherche de partenariats et la vente de spectacles... A noter que les investissements publics sont justifiés sur ce type de manifestation par le fait qu’ils génèrent de lourdes retombées économiques. En 2001, elles étaient estimées à 23 millions d'euros pour la ville d’Avignon. 2. LES PARTENAIRES MEDIAS : PAS UNIQUEMENT UN MOYEN DE FINANCEMENT I. LE ROLE DES MEDIAS A ENVISAGER SOUS UN AUTRE Des médias d’abord là ANGLE QUE L’ACQUISITION DE DROITS DE DIFFUSION pour relayer une Si les médias ne sont pas des partenaires financiers de l’événement, information et pas ils contribuent à lui donner une envergure. Leur couverture médiatique est en effet relativement importante, de sorte que les s’engager médias jouent un rôle dans leur développement sans s’y investir financièrement financièrement. Loick Royant, directeur des Veilles Charrues estime d’ailleurs « à plusieurs dizaines de millions d'euros d'équivalent en opérations de communication pour atteindre la notoriété actuelle de la ville »76. Même sans diffuser l’intégralité de l’événement, la promotion indirecte en renvoyant des images souvent très positives pour lui permettre d’acquérir de nouveaux spectateurs a un impact considérable sur la vie de ces derniers. Le rôle des médias ne doit donc pas être réduit à néant. 75 http://www.festival-avignon.com/fr/FestivalNumber 76 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/12/04016-20110712ARTFIG00654-ces-festivals-qui-dopent-l-economie-locale.php 66
  • 67.
    II. PRIVILEGES ETMANQUE DE DIVERSITE, TOUJOURS Nous avons déjà établi que seulement certaines manifestations sportives vivaient de leurs droits de diffusion et que ce n’était pas le cas de la grande majorité d’entre elles. Ce n’est donc pas étonnant de constater que cette tendance est également à noter sur les événements culturels. Ils toutefois important de signaler que les budgets investis par Canal + pour le festival de Cannes ne sont pas les mêmes que ceux engagés pour l’acquisition des droits du championnat de football. La tendance que nous pouvons faire ressortir est donc claire. Les médias concentrent leurs investissements sur des produits « d’appel », délaissant le reste des manifestations. Cette tendance est toutefois à relativiser en comparaison du milieu sportif car les grands médias sont globalement absents des budgets des événements culturels. L’ECONOMIE DES EVENEMENTS CULTURELS – QUE RETENIR ? − Un financement d’abord issu des subventions publiques − Des budgets qui ont connu des érosions à cause d’une multiplication des événements et d’un contexte économique défavorable. − Des médias plus relayeurs d’une information que des partenaires financiers. − Des financements privés inconséquents. − Une absence de droits de diffusion pour l’immense majorité des manifestations. − Au delà des droits, des diffusions des événements parfois insuffisantes. C. LES EVENEMENTS ALTERNATIFS : ENTRE MARQUES, WEB ET SPONSORING Pour exister médiatiquement lorsque leurs budgets ne sont pas extrêmement importants, certains événements optent pour une autre voix : celle du sponsoring intégral par une marque. Cette logique est parfois poussée à l’extrême, la marque prenant en charge la création et l’organisation de l’événement dans son intégralité. Qu’il soit officiel (inscrit dans le cadre des compétitions affiliées à des fédérations) ou une simple mise en avant de la marque via un événement basé sur une performance sportive, ce développement économique que l’on pourrait qualifier de « parallèle » est de plus en plus fréquent et a trouvé une nouvelle forme de résonnance sur le Web. Cet impact est renforcé par la conquête de communautés de fans ou de suiveurs engagés et dévoués. 1. L’ECONOMIE PARRALLELE DES SPORTS DE GLISSE Le modèle économique des sports de glisse, basé sur une prise de responsabilité totale des marques dans l’organisation et la création d’événements du circuit professionnel national ou international, est décliné sur l’ensemble des sports de glisse dits « freestyle ». Ces sports, dont la pratique résulte aussi d’un certain mode de vie, sont du pain béni pour les marques essayant de toucher des communautés précises. En créant un contact direct via l’événement avec des consommateurs souvent prêts à s’engager de manière assez forte, les marques « s’offrent » une nouvelle relation avec eux. I. DES EVENEMENTS DONT L’ORGANISATION INCOMBE ENTIEREMENT AUX MARQUES 67
  • 68.
    De nombreuses marquesreprésentant l’univers de ces sports aux communautés de fans engagées financent donc les événements principaux du circuit professionnel, les épreuves allant même jusqu’à porter le nom des marques. Les championnats de France 2011 de surf par exemple se nommaient « Les championnats de France Franklin Marshall ». Dans ce cas, la marque organise entièrement la compétition, rémunère les sportifs vainqueurs et accueille le public pour un spectacle basé sur la performance sportive, un mode de vie et une omniprésence de la marque. Dans la même optique, l’épreuve française des championnats du monde de la discipline se déroulant à Lacanau est organisée par la marque de vêtements spécialisée Soöruz pour un événement intitulé le « Soöruz Lacanau Pro ». Ces événements se créent donc un modèle économique au départ totalement indépendant des droits télévisés et des retransmissions sur les médias classiques, ce qui ne les empêchent pas d’obtenir ensuite un succès et un intérêt de la part de ces médias. Pour faire fonctionner ce modèle économique parallèle, les marques rythment également la vie quotidienne des sportifs en les sponsorisant. Ces derniers n’ont souvent pas d’autres sources de revenus que les récompenses acquises grâce à leurs résultats et donc les contrats qu’ils parviennent à conclure avec les marques, ce qui leur permet de ne pas avoir à rechercher un appui médiatique classique fort. II. LES MARQUES EDITRICES DES CONTENUS La vie de ces sports est donc quasiment entièrement rythmée par les marques. Cette affirmation est d’autant plus réelle et forte que ce sont ensuite ces dernières qui produisent les images des contenus liés à ces événements puis les relayent pour une indépendance encore plus forte vis à vis des médias classiques. Les contenus favorisés par ces marques sont des vidéos de haute qualité mettant en scène des sportifs dans des situations de sport en dehors des compétitions officielles et donc non basés sur la simple performance sportive. Ces contenus diffusés en ligne, faciles à consommer, sont mis aux couleurs des marques et ont trouvé une nouvelle résonnance avec l’explosion de la consommation de vidéos sur le Web. III. AMBIGUÏTE ENTRE ADHESION FORTE DES SUIVEURS ET L’ABSENCE DE TRAITEMENT MEDIATIQUE PAR LES GRANDS MEDIAS Si les suiveurs de ces sports sont réputés pour leur fidélité et leur implication dans le suivi des épreuves et dans leurs investissements permanents pour suivre ces modes de vie, nous pouvons 68
  • 69.
    noter un véritabledécalage avec leur traitement par les grands médias. Ces disciplines en effet sont à la fois très peu diffusées et très peu exploitées en France. Cette absence d’intérêt semble toutefois évoluer. Le groupe L’Equipe vient de lancer un site dédié à ces sports (http://www.e-adrenaline.fr/ et Canal + a diffusé en ligne via un site spécial les adrenaline.fr/) Winter X Games Europe, le plus gros événement annuel de ski et snowboard free , freestyle européen qui se déroulait à Tignes. Lié à celui du groupe Canal +, le site offrait la possibilité de suivre les épreuves en direct commenté et d’avoir un accès à certaines informations et vidéos annexes liées s à l’événement (cf. en annexe 11 le détail du site). 2. MARQUES ET CREATIONS DE CONT CONTENUS ON-LINE Ces événements trouvent également parfois une résonnance alors qu’ils sont isolés de toutes compétition compétitions officielles, tirant leur légitimité de la simple puissance des valeurs de la marque ou de la singularité de la manifestation en question. C’est le cas de L’Eroica, course cycliste amateur qui a trouvé une certaine résonnance sur le Web. Organisée par la marque « Le Coq Sportif », la course fait écho à une , réelle épreuve cycliste créée en 2007 qui se déroule en Toscane et dont la particularité est de se dérouler en partie sur des routes de terre. La marque a repris ce concept en la rendant accessible pour les amateurs à condition que ceux ci concours avec un vélo datant d’avant 1987. Plus de 2 ceux-ci 000 cyclistes amateurs avaient fait le déplacement en Toscane pour l’édition 2011, prouvant la avaient possibilité de fédérer autour de ce type d’évènements. LA CREATION DE SYSTEME PARALLELES – QUE RETENIR ? MES − Des marques investies dans l’organisation d’événements liés au circuit professionnel professionnel. − Des marques à la fois productrices et diffuseurs des contenus liés à ces événements qui événements, bénéficient de l’explosion de la consommation de contenus vidéo sur le Web. − Les vies du circuit et des professionnels de ces sports totalement liées aux marques. − L’absence étonnante du monde des médias classiques pour ces sports dont les taux d’implication des suiveurs sont relativement forts. − Les nouvelles formes de consommation vidéos ont boosté l’attractivité et la capacité de séduction de ces sports et rapprochés leurs suiveurs. 69
  • 70.
    L’ECONOMIE DES EVENEMENTSCULTURELS ET SPORTIFS - 10 IDEES CLES 1. Les événements sportifs sont financés de manière très hétérogène par les médias traditionnels selon leur importance et leur niveau de résonnance. 2. En moyenne au niveau mondial, les droits de retransmission des événements sportifs représentent 20 % de leurs budgets pour un montant total de plus de 25 milliards de dollars par an. 3. Les droits de diffusion des événements télévisés peuvent représenter jusqu’à plus de 50 % du budget des plus grands événements. Cette dépendance vis-à-vis de la télévision pourrait s’avérer problématique pour appréhender les nouveaux médias, les nouveaux supports et les nouvelles formes de revenus générés par ces mêmes médias et supports. 4. Les médias sont quasiment absents des postes des revenus des événements sportifs d’ampleur moyenne alors même qu’ils diffusent parfois les compétitions. 5. Les événements culturels sont d’abord financés par des subventions publiques. Même le Festival de Cannes, sorte d’exception parmi les manifestations culturelles attire de nombreux partenaires privés est financé à 50 % par des finances d’état. 6. La multiplication de ces manifestations dans un contexte économique défavorable met en péril certaines d’entre elles, menacées par la frilosité des partenaires privés et la réduction des dépenses de l’état et des collectivités en temps de crise économique. 7. Des médias plus relayeurs d’une information que de véritables partenaires financiers pour la majeure partie des événements culturels. 8. Au-delà des droits, des diffusions des événements parfois insuffisantes. Si les médias permettent à l’événement d’étendre la notoriété de certains événements culturels, ils ne sont que très peu diffusés dans leur intégralité. 9. Des systèmes de fonctionnement parallèles développés pour les sports et certains événements moins médiatisés. Les marques s’investissent dans l’organisation d’événements reliés aux circuits professionnels à la fois comme organisatrices, productrices et diffuseurs des contenus liés à ces événements. 10. La consommation de vidéos sur le Web a boosté l’attractivité de certaines offres « parallèles ». La capacité de séduction de ces sports pourrait être vraiment décuplée par ces nouveaux supports. 70
  • 71.
    1. S’adapter auxnouveaux types de contenus 2. Bousculer les habitudes des chaînes 3. Les réseaux sociaux et de nouveaux partenaires : impliquer et créer un nouveau genre de consommation 4. L’intérêt nouveau des grands acteurs du Web pour les événements D. Quelles solutions ? 71
  • 72.
    D. QUELLES SOLUTIONSENVISAGEES ? Nous l’avons suffisamment soutenu : les chaînes, les directions des événements culturels et sportifs, vont clairement devoir faire des nouveaux médias et des nouvelles habitudes de consommation des contenus vidéo un enjeu stratégique extrêmement fort. Si nous avons fait ressortir des tendances de consommation, il est clair que nous devons désormais envisager certaines solutions pour adapter une stratégie médiatique à ces nouveaux usages. Afin d’élargir nos perspectives, nous ne nous focaliserons pas uniquement sur des propositions destinées aux organisations de manifestations sportives et culturelles mais également à des actions envisageables du point vue des médias dits « classiques » afin d’envisager sous un angle nouveau la diffusion de ces événements. Afin de ne pas nous perdre dans des solutions techniques, nous nous attarderons sur des lignes de conduite à adopter, des grandes orientations qui devraient voir le jour sous peu ou dont l’activité déjà existante devrait être accentuée. 1. S’ADAPTER AUX NOUVEAUX MODES DE CONSOMMATION DES CONTENUS VIDEO Les chaînes de télévisions et les organisations d’événements devront s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation de leurs spectateurs. Cette tendance pourrait représenter une chance pour les événements et pour certaines chaînes de conquérir un public nouveau, mais aussi comme une véritable menace pour l’activité des acteurs qui n’anticiperont pas assez ces tendances. 1. SAISIR UNE OPPORTUNITE, ANTICIPER UNE MENACE Nous l’avons vu dans les parties précédentes, la tendance est à une numérisation des contenus vidéo et à une progression forte de leur consommation. La consommation de vidéos des français sur le Web croit à une vitesse plus que significative et aucune donnée ne laisse présager à un ralentissement de cette pratique. Accroître sa notoriété et sa capacité d’attraction via cette opportunité est désormais un devoir pour les chaînes et les événements. Ce que nous présentons comme une opportunité est également une véritable menace. Manquer ce virage, pour une manifestation comme pour une chaîne de télévision pourrait signifier à moyen ou long terme une véritable perte d’influence et un danger pour son Définir une stratégie de activité. Définir une stratégie de programmation spécifique au Web programmation spécifique et ne pas établir une simple présence sur ce média représente au Web. Une simple désormais une nécessité absolue. Il ne serait donc pas étonnant présence ne suffit pas. d’assister à une explosion de l’offre dans les prochains mois. I. UNE DIFFUSION DES IMAGES RENDUE FACILE PAR LE WEB Si les événements ne bénéficiaient jusqu’alors pas des supports pour diffuser les images de leur activité à un public nouveau, elles se voient aujourd’hui offrir les moyens de le faire avec facilité. Les solutions ne manquent pas : plateformes de partage de vidéos en direct ou en différé, sites propres avec players accessibles à tous, relais sur les réseaux sociaux (Facebook permet désormais de créer sa propre chaîne afin de 72
  • 73.
    diffuser en livedes contenus vidéos), nouvelles plateformes permettant de consommer de l’information et des contenus vidéos, toutes ces opportunités doivent être saisies. II. VERS DES PARTENARIATS ET DES RENFORCEMENTS DES LIENS ENTRE EVENEMENTS ET MEDIAS CLASSIQUES ? Les chaînes pourraient largement trouver leur compte dans cette démarche grâce à leur savoir-faire en matière de production d’images, à la puissance de leurs réseaux et à l’attractivité de leurs Le Web : exposer les plateformes. Une grosse partie des événements pourraient tirer événements sans prendre de profit de ces opportunités par des accords « gagnants-gagnants », les risques au niveau de la chaînes permettant une meilleure exposition des manifestations programmation pour les sans pour autant devoir faire des sacrifices de programmation. chaînes Pour le sport de haut-niveau et certains événements culturels de valeur mondiale, la question est plus difficile à envisager. La question des droits de rediffusion pose un véritable problème. Ces droits sont de plus, souvent déjà acquis et sécurisés par les chaînes pour plusieurs années. A moins que ces chaînes rendent ces événements accessibles sur le Web, l’offre en direct de ces événements pourrait bien ne pas éclore avant un certain temps. 2. DEMULTIPLIER UNE PRESENCE SUR L’ENSEMBLE DES ECRANS ET INVENTER DE NOUVEAUX CONTENUS POUR ACCENTUER L’EXPERIENCE CONSOMMATEUR I. PENSER DES OFFRES MULTI-SUPPORTS Les événements dans leur développement médiatique vont bien entendu devoir prendre en compte l’ensemble des supports qui permettent la consommation des contenus. Adapter la production des L’écran d’ordinateur, mais aussi la tablette et le téléphone sont déjà contenus à l’ensemble des des objets d’intérêts forts pour les acteurs des médias. Ils doivent nouveaux supports aussi le devenir pour les événements et clairement apparaître dans les stratégies médias. Ainsi pour une exposition optimale de l’événement, il est désormais inenvisageable de penser une diffusion live des événements sans prendre en compte les différents paramètres permettant à ces contenus d’obtenir une résonance sur l’ensemble des supports potentiellement utilisables pour le consommer. Cette tendance doit être étoffée par de nouveaux contenus, permettant de compléter l’expérience de consommation sur l’ensemble de ces supports. II. SUSCITER L’INTERET PAR DE NOUVEAUX TYPES DE CONTENUS − Donner à l’événement une valeur ajoutée en impliquant le téléspectateur La vocation première de ces nouveaux outils est de compléter l’offre de l’écran de télévision classique. France Télévisions a compris ce principe et a décidé d’inscrire le téléspectateur au cœur de certaines de ses émissions en direct. Ainsi, l’émission « Mots croisés » du 16 avril 2012, permettait aux téléspectateurs d’interroger en direct les candidats à la présidentielle 2012 sur certains thèmes. Cette possibilité était offerte via le réseau social Facebook et une 73
  • 74.
    plateforme qui donnaitaux Internautes l’opportunité de poser leurs questions et de réagir via des commentaires. Cette offre a généré 2 800 questions et 8 000 commentaires sur la plateforme lors des 2 heures et 15 minutes de débat entre les candidats.77 Il est à noter que l’application était disponible sur l’ensemble des plateformes évoquées jusqu’à présent. − Proposer de nouveaux types de contenus liés aux événements Ces nouveaux contenus peuvent aussi être liés aux à-côtés de l’émission lorsque ceux-ci sont dignes d’intérêt. La retransmission d’images de coulisses, qui permettrait aux téléspectateurs de vivre leur expérience avec un artiste différemment ou des contenus retransmis depuis l’intérieur du stade pourraient remplir un rôle important, permettant à une partie du public de vivre plus intensément les émotions suscitées par l’événement. - Etablir des liens entre les différents contenus vidéo Consommer un contenu doit encourager l’Internaute à se porter vers des vidéos supplémentaires, qu’elles soient liées à l’événement en question ou à des événements de même type. Cette pratique est celle qui est d’ores et déjà la mieux exploitée par les chaînes, sous plusieurs formes différentes : interviews des acteurs principaux de l’événement, témoignages de téléspectateurs ou même des renvois vers des événements similaires sont des sujets qui peuvent permettre une vision nouvelle des événements, différente de celle de l’écran de télévision classique. - Le contenu écrit ne signifie pas l’absence d’interactivité La vocation du web est d’abord de privilégier l’interactivité et la rapidité d’accès aux informations. Cet enjeu doit clairement se traduire dans l’offre des chaînes qui ont fait de leur activité sur le Web un enjeu stratégique. Ainsi des contenus annexes liés aux événements retransmis (statistiques en direct, fiches de joueurs sur les événements sportifs, actualités des clubs ou des artistes et des informations complémentaires sur le contenu regardé par l’Internaute) devront être ajoutés pour compléter l’expérience du spectateur sans pour autant le détourner du contenu principal. C’est ce que fera France Télévisions dès 2012 avec la plateforme dédiée à Roland Garros et aux Jeux Olympiques, proposant des statistiques en direct et même un article relatant la rencontre quelques minutes après la diffusion (cf. interview Cecilia Ocampos en annexe 1). Si les capacités techniques le permettent, ces contenus doivent être mis à disposition dans la mesure du possible sur la même page que le player pour ne pas perturber le visionnage du contenu. 77 http://www.brainsonic.com/france-televisions-soffre-un-tour-de-chauffe-pour-la-presidentielle-2012-2012-04-21/ 74
  • 75.
    3. ANTICIPER ETPROLONGER L’EVENEMENT Au-delà d’une simple diffusion live de l’événement, il est clair que les stratégies de diffusion et de communication des manifestations vont devoir s’adapter aux nouvelles opportunités offertes par le Web. L’événement doit désormais avoir une vie médiatique avant et après sa durée de vie effective et permettre de vivre l’expérience de la manière la plus complète sur le moment. I. ANTICIPER L’EVENEMENT ET SUSCITER L’ATTENTE Créer l’événement en amont de la tenue de la manifestation. Le consommateur doit C’est l’un des challenges qui est proposé aux directions des événements et qui est rendu beaucoup plus envisageable grâce au désormais prendre part au Web : créer de nouvelles occasions de communiquer pour faire déroulement de l’événement vivre l’événement. dans son intégralité Par l’annonce des programmations en direct sur les festivals, la retransmission des conférences de presse d’avant match pour les clubs professionnels ou des contenus liés aux préparatifs des événements, les organisations vont désormais devoir redoubler d’efforts pour exister sur une période plus longue que la durée effective de la manifestation. Créer l’événement en annonçant la programmation avec l’appui de 120 000 médias partenaires : la stratégie payante des Vieilles Charrues. Le festival des Vieilles Charrues a compris cet enjeu et fait chaque le nombre de vues année l’annonce des plus grands noms de sa programmation en enregistrée par la « bande- direct et en streaming sur le Web. annonce » des Vieilles Sur Facebook, le site du festival ou sur les sites de ses partenaires Charrues en 2012 médias, cette annonce permet de susciter un engouement bien avant sa tenue. La vidéo « bande-annonce » du festival en 2011, récoltait d’ailleurs 120 000 vues sur YouTube, 90 000 de ces vues étant réalisées le premier jour de la mise en ligne, le 12 avril 201178. II. POURSUIVRE LA RELATION AVEC SES SPECTATEURS EN AVAL Pour espérer fidéliser un public, l’événement a besoin de créer une relation qui dépasse le cadre de sa vie commune avec son public le temps de celui-ci. S’ils doit exister en amont, cette nécessité existe aussi après la manifestation. Le spectateur qui a vécu et ressenti des émotions au cours de l’événement, que ce soit au cœur de ce dernier ou devant un écran devra avoir accès à une offre lui permettant de revivre cette expérience a posteriori. Pour cela, poster des contenus de bonne qualité relatant les meilleurs moments de l’événement labélisés par la manifestation elle-même, intégrer les spectateurs à cette démarche en leur proposant d’ajouter leurs propres contenus pourront être des éléments qui feront la différence. Ils toucheront à la fois les spectateurs ayant assisté à l’événement et permettront de recruter de nouveaux publics séduits par leur expérience à distance. Les médias traditionnels peuvent bien entendu avoir un rôle à jouer dans ces étapes en produisant ces contenus et en les relayant sur leurs propres plateformes. C’est un processus gagnant - gagnant qui pourrait ainsi être mis en place. Ces collaborations offriraient en effet une 78 Statistiques YouTube. 75
  • 76.
    nouvelle notoriété nouvelleà des contenus novateurs sans chambouler l’activité novateurs « traditionnelle » des chaînes sur l’écran de télévision. 4. OFFRIR DES CONTENUS D’UNE QUALITE NOU US NOUVELLE SUR LE WEB Nous l’avons vu, les chaînes de télévision se doivent de se différencier par une qualité de es contenu différente de celle des grandes plateformes de partage de vidéo, et cela sans tomber vidéo, dans une simple retranscription des programmes vus à l’antenne. Ce qui représente pour le moment la quasi-intégralité de leur offre sur le Web. intégralité C’est aussi pour cette qualité, que les événements ont intérêt à se tourner vers ces acteurs pour étoffer leur stratégie médias. La qualité supérieure des contenus générée par les chaînes est une donnée qui pourrait sur le moyen ou le long terme faire une différence face à la masse et la diversité de l’offre proposée par l’ensemble des événements ersité événements. L’opportunité à saisir quant à la diffusion de ce type de programmes L’ devrait rapidement devenir une nécessité pour les chaînes qui ne 4 minutes 47 secondes doivent pas laisser les grands acteurs du Web s’installer sur ce créneau sous peine de voir leur influence se dégrader dégrader. la durée d’écoute moyenne par vidéo des 15 plus grands Cette qualité supérieure de contenus se traduit pour le moment par « Brand Players » une un durée d’écoute par vidéo plus longue chez les acteurs du monde télévisé Le graphique ci-dessous présente les écarts à la télévisé. dessous moyenne de la durée d’écoute sur les 15 plus grands players de chaque vidéo. Sur une durée d’écoute moyenne située aux alentours de 4,8 minutes (4 minutes et 47 secondes) minutes par vidéo, il apparait que les groupes issus de la télévision classique obtiennent des performances largement supérieures à celle des autres acteurs. Cette donnée révèle deux tendances : - L’implication de l’Internaute n’est pas la même selon les plateformes et les contenus proposés. - La tendance à un phénomène de zapping et de consommation très rapide des contenus n’est pas valable lorsque le contenu est qualitatif qualitatif. 76
  • 77.
    Nous pouvons doncimaginer que les acteurs classiques de la télévision arrivés sur le net ont tout intérêt à continuer dans la voie du contenu qualitatif pour se démarquer des autres acteurs. Nous devons noter que cette pratique est totalement compatible avec la diffusion de contenus type événements sportifs et/ou culturels, d’autant que ces chiffres laissent envisager que ces contenus pourraient être consommés dans leur intégralité. 5. PEU D’OPPORTUNITES A SAISIR POUR LES EVENEMENTS SUR LA CONSOMMATION DELINEARISEE ? La consommation de contenus en différé est un enjeu majeur pour les chaînes. Nous l’avons vu tout à l’heure, cette pratique risque fort de se démocratiser, les stratégies des chaînes doivent donc dès à présent être claires et établies. Certains facteurs doivent être pris en compte, comme la résistance de l’intérêt des contenus par rapport au temps. Ces questions touchent également les Diversifier son offre en manifestations culturelles et sportives, qui sont très impactées par mettant en avant des les écarts de temps entre consommation live et en différé. contenus différents sur les plateformes de télévision de − Les événements : un rapport au temps très hétérogène Les différents contenus proposés en télévision de rattrapage rattrapage ont un rapport au temps extrêmement différent les uns des autres. Un contenu fortement lié à l’actualité (Journaux Télévisés, contenus événementiels sportifs) ont une vocation à être consommé dans l’instant ne sont pas voués à surperformer sur les plateformes de télévision de rattrapage. Ces contenus devront donc faire l’objet d’approches différentes en proposant des contenus annexes comme les résumés ou les best of. Certains événements culturels eux moins impactés par le temps, pourraient y trouver un intérêt plus direct. Si pour le moment, la télévision de rattrapage est vue comme une sorte de béquille pour des programmes ayant déjà réalisé de bonnes performances en live, les chaînes auront l’occasion de se différencier par la mise en avant de contenus différents. Montrer un autre visage, pourquoi pas plus qualitatif ou mettre en avant une autre partie de la programmation seront des opportunités pour les chaînes. − Côté chaînes, normer les usages pour aider le téléspectateur à réguler ses pratiques en matière de télévision de rattrapage Les pratiques des chaînes concernant ces pratiques liées à la télévision de rattrapage vont devoir trouver un cadre pour permettre aux téléspectateurs de prendre ses marques. Une règle semble se dégager pour le moment : celle de l’offre de visionnage du contenu pendant 7 jours après sa diffusion en live. La question n’est pas celle de la remise en question de cette norme mais de son application à l’ensemble des contenus, y compris pour les événements culturels et sportifs. A partir de 7 jours, les chaînes peuvent envisager de faire basculer leurs programmes sur une offre VOD afin de ne pas tirer une croix sur les contenus. Les offres publicitaires qu’elles soient sur l’écran de télévision classique ou sur le Web devront également être normées pour faciliter la consommation des contenus par les Internautes, pour le moment perdus par une très grande hétérogénéité des offres proposées. Ces questions devront être résolues avant de proposer de nouveaux contenus, y compris les retransmissions de manifestations culturelles et sportives. S’ADAPTER AUX NOUVEAUX MOYENS DE CONSOMMATION DES CONTENUS - QUE RETENIR ? 77
  • 78.
    Saisir l’opportunité numérique pour ressortir de la masse des événements déjà en place. − Les événements doivent approcher les médias classiques et envisager des partenariats Web pour profiter de la puissance des players des chaînes sans demander une diffusion contraignante pour les chaînes sur les antennes classiques. − Pour les chaînes, envisager ces partenariats comme une garantie du maintien de l’activité à long terme. − Profiter de la qualité supérieure des contenus proposés par les acteurs issus du monde de la télévision pour le tourner en véritable avantage concurrentiel. − Assurer une présence sur l’ensemble des supports susceptibles d’apporter une plus-value à la stratégie médias. − Faire vivre l’événement en amont et en aval de la durée effective de la manifestation. − L’Internaute, que l’on décrit souvent comme volatile est capable de rester plusieurs dizaines de minutes devant un contenu : un espoir pour envisager des consommations d’une diffusion d’un événement entier. − La pertinence des contenus additionnels que les événements et les chaînes arriveront à proposer sous quelque forme que ce soit rendra différente ou pas la consommation de l’événement par le spectateur. − Envisager la création de contenus destinés à une consommation en différé. 2. BOUSCULER LES HABITUDES DES CHAINES Si le public attend des chaînes une étendue de leurs activités à d’autres supports pour obtenir une expérience plus intense et plus complète des événements déjà diffusés, il est aussi dans l’attente d’une plus grande diversité des offres proposées par les chaînes. 1. ENVISAGER LA DIFFUSION DE NOUVEAUX TYPES D’EVENEMENTS I. VOIR LES « GRANDS » SPORTS SOUS UN AUTRE ANGLE Proposer de nouveaux contenus peut s’avérer payant. Comme nous l’avons vu dans notre première partie, l’exemple des « autres » 29,3 % footballs prouve que la diffusion d’un contenu moins classique peut également amener à une montée d’enthousiasme. Ainsi Direct 8 et la Pda de la finale des CDM sa programmation du mondial de football féminin a récolté les fruits de handball en fin d’après- d’une offre qui dépassait les simples standards du football européen midi en janvier 2011. masculin. Ce sentiment de nouveauté et de fraicheur a offert des records à la chaîne et notamment celui du record historique des nouvelles chaînes de la TNT avec 2 430 000 téléspectateurs et 17,4% de part d'audience (demi-finale France vs Etats-Unis). Depuis les performances d’audience des rencontres féminines n’ont pas faibli et les matchs qualificatifs des Bleues à l'Euro 2013 ont séduit en 2011 entre 720.000 et 940.000 fans chacun.79 II. FAIRE DE LA PLACE A DES SPORTS NOUVEAUX 79 http://www.lefigaro.fr/sport-business/2011/10/12/04014-20111012ARTFIG00748-le-foot-feminin-booster-d-audience-pour-direct-8.php (Sources Médiamétrie) 78
  • 79.
    En janvier 2012se déroulaient les championnats d’Europe de handball. Canal + Sport a alors battu des records pour ce sport, malgré les mauvaises performances de l’équipe de France. La chaîne thématique du groupe Canal + réunissait par exemple 711 00080 abonnés pour le dernier match du premier tour de l’Euro (meilleure audience historique du Handball hors finales et demi-finales). Lors de la finale des championnats du Monde fin janvier 2011, 5,5 millions de téléspectateurs étaient massés le dimanche en fin d’après-midi devant leur télévision pour établir une Pda de 29,3 %. La rencontre boostait également le programme dédié au sport qui suivait la diffusion. Malgré ces performances, les grandes chaînes restent frileuses à Oser s’ouvrir à ce type de sports et à une sorte de demande exprimée par les téléspectateurs avec les audiences enregistrées sur les chaînes sur le Web une thématiques et lors de leurs rares diffusions sur les chaînes programmation plus difficile historiques. à envisager à l’antenne Sans aller jusqu’à démocratiser les diffusions de ces sports sur les grandes chaînes du groupe, nous pourrions imaginer des diffusions plus régulières (ensemble des compétitions internationales, finales des championnats nationaux), l’étendue de cette pratique à d’autres sports et surtout la constitution d’une offre solide pour ces sports sur le Web. Car si les chaînes continuent d’être frileuses à l’idée de programmer ces événements à l’antenne, pourquoi ne pas faire le pari d’une diffusion sur un autre support ? 2. LES OUBLIES DE L’ANTENNE I. PRENDRE DES RISQUES EN MATIERE DE PROGRAMMATION, DIVERSIFIER L’OFFRE Au delà de la diffusion plus régulière de sports obtenant des audiences intéressantes, les chaînes pourraient également prendre plus de risques en décidant de mettre à l’antenne des sports sous médiatisés. Ce genre de stratégie pourrait s’avérer efficace de manière occasionnelle et accorderait très certainement aux chaînes une valeur-ajoutée en termes d’image auprès des téléspectateurs. Se concentrer sur certains sports peu médiatisés en France ne voudrait de plus pas forcément signifier des audiences de mauvaise qualité. L’exemple de W9 et du Superbowl que nous avons étudié précédemment en est la preuve. En effet, nous pourrions envisager par exemple qu’un sport comme le Hockey sur glace, dont la télégénie est évidente, qui obtient des 575 000 scores de premier plan outre-Atlantique et qui parvient à rencontrer des succès populaires lors de ses événements nationaux soit mis en le nombre de licenciés de la avant. Cet exemple est d’autant plus intéressant qu’il pourrait fédération française de Judo, obtenir un véritable souffle avec sa candidature à l’organisation des 4ème fédération pour moins championnats du monde de la discipline en 2017. de 8 heures de diffusion sur les chaînes de la TNT en 2010 Nous pouvons également nous étonner qu’aucune grande chaîne ne saisisse réellement l’opportunité de diffuser des disciplines dont les nombres de licenciés sont importants. Ainsi l’équitation (650 000 licenciés en 2009, 3ème fédération française), le Judo (575 000 licenciés en 2009, 4ème fédération) même si ce sport fait de rares apparitions sur France Télévisions ou encore le Golf (422 000 80 http://enpleinelucarne.net/2012/01/hand-euro-2012-record-daudience-969 79
  • 80.
    licenciés en 2009,6ème fédération) sont quasiment exclusivement diffusés sur des chaînes thématiques et semblent incompréhensiblement « oubliés » par les chaînes historiques. III. QUID DES GRANDS FESTIVALES MUSICAUX D’ETE ? En matière de culture aussi, des efforts sont à faire pour diffuser des contenus novateurs et différents des standards imposés à l’heure actuelle. Nous avons vu qu’en dehors du cinéma et de quelques émissions de variétés très stéréotypées, les volumes de diffusion étaient terriblement réduits et peu diversifiés. Si les politiques de programmation sont parfois difficiles à mener sur les plus grandes chaînes, il est clair que tous les efforts pour installer la culture à l’écran ne sont pas toujours réalisés. Or certains éléments de la culture populaire pourraient trouver une place à la télévision, y compris sur les chaînes principales à des heures de grande écoute. La retransmission des grands festivals de musique qui ont une puissance d’attraction forte (nombreuses figures de la scène nationale et / ou internationale) pourrait exercer une fascination sur les téléspectateurs. Encore une fois, si les efforts pour une diffusion à l’antenne de ces événements semblent trop difficiles à faire pour les chaînes, les diffusions sur le Web sont bien plus abordables. BOULEVERSER LES HABITUDES DES CHAINES - QUE RETENIR ? − Envisager la diffusion de nouveaux contenus à l’antenne. Certains événements sont incompréhensiblement laissés de côtés (sports majeurs, festivals). − Pour le sport, ces prises de risques peuvent être multiples (sports moins médiatisés mais au grand nombre de licenciés, sports fortement médiatisés à l’étranger, aborder les sports majeurs sous des angles différents). − Pour la culture aussi des efforts sont à mener même si les pressions en termes d’audiences peuvent être plus compliquées à gérer. Des manifestations alliant culture de masse et attractivité comme les festival musicaux pourraient obtenir des résultats. − Le Web semble s’imposer de plus en plus comme la solution la plus évidente pour envisager une progression de l’offre. 3. LES RESEAUX SOCIAUX ET DE NOUVEAUX PARTENAIRES : IMPLIQUER ET CREER UN NOUVEAU GENRE DE CONSOMMATION Les réseaux sociaux sont sur le Web la représentation de la transmission de l’information en instantané et la facilitation du rapprochement entre les individus. Leur vocation première, la création d’un contact par le biais du numérique permet de connecter les gens, notamment lorsqu’ils partagent une expérience. Dès lors, inutile de dire combien ces outils peuvent être intéressants pour compléter le vécu du spectateur pendant sa consommation d’un événement mais aussi avant et après son expérience. Facebook et Twitter sont d’ores et déjà utilisés par les événements et les diffuseurs pour connecter les différents téléspectateurs, qui se retrouvent de leur propre volonté sur le réseau pour partager leur expérience et leur ressenti sur le contenu consommé. 80
  • 81.
    Mais les réseauxsociaux ne se limitent pas aux deux mastodontes. Instagram ou Flickr permettent par exemple aux spectateurs ou aux téléspectateurs de partager leur expérience en images. Cette consommation implique bien entendu les événements culturels et sportifs qui de part leur nature encouragent les Internautes à réagir. Ils ne sont pas non plus les seuls acteurs à prendre en compte sur le Web lorsque nous parlons de création d’une nouvelle forme de consommation. Certaines références culturelles ou sportives dont le métier n’est pas la vidéo pourraient devenir à terme les principaux vecteurs de propagation d’une offre spécialisée. 1. EXPORTER LES CONTENUS SUR DES PRODUCTEURS DE CONTENUS PARTENAIRES Si la vidéo est un enjeu fort du Web, les conditions permettant aux Internautes l’accès aux flux des chaînes en direct ou en différé ne sont pas encore optimales. La croissance de ces contenus sera amplifiée ou non par la capacité des chaînes à encourager et fédérer autour de cette pratique et à coloniser un maximum de « lieux » sur le Web. − Aller à la rencontre du public Les players des chaînes sur le Web ne doivent pas simplement être disponibles sur les sites de chaînes mais exportables sur des sites « partenaires ». Si des efforts ont déjà été réalisés en ce sens, l’étendue de la présence des players sur le Web n’est clairement pas suffisante pour encourager la consommation des contenus à n’importe quel moment de la navigation. Cette consommation doit devenir une offre amenée au consommateur et non pas une opportunité rendue possible au terme d’un effort de recherche. Systématiser le placement de l’offre des contenus des chaînes sur les grands réseaux sociaux, sur des grands sites d’informations ou des plateformes de partage de vidéos semble être des solutions possibles à mettre en place à court ou moyen terme. Ces contenus devront être adaptés aux acteurs recevant ces offres sur leurs pages. Des images de Journaux Télévisés pourront être mis en avant sur des sites d’informations alors que des formats plus ludiques trouveraient leur place sur des plateformes telles que Facebook. − Les réseaux sociaux… mais pas que. Faire des acteurs spécialisés dans le sport ou dans la culture des alliés de poids. Nous venons de le dire, les réseaux sociaux doivent occuper une place centrale dans la réflexion visant à étendre le potentiel de vues des contenus offerts par les événements. La mise en avant sur des sites spécialisés pourrait être extrêmement intéressante. Ainsi pourquoi un événement de taille moyenne ayant produit des images ne proposerait pas lui même de placer ces contenus sur des pages d’un acteur majeur du Web spécialisé sur son domaine pour étendre sa visibilité ? Si nous parlons de sport, la « home » de certains sites d’informations sportives pourrait être un levier incroyablement puissant pour augmenter la visibilité de certains contenus. Si nous parlons de culture, un festival n’aurait-il pas intérêt à proposer aux plateformes d’écoute de musique de diversifier son activité en proposant de visionner les images des concerts ? De même, les chaînes de télévisions pourraient trouver dans cette voie un moyen de renforcer leur présence sur le Web en « préparant » le travail de certains acteurs du Web et proposant directement les moments importants d’une émission à des partenaires traitant 81
  • 82.
    l’événement. La plus-valuepour l’acteur serait double : valoriser le player en l’exportant sur de nouveaux territoires pour ensuite renvoyer l’Internaute vers d’autres contenus. Cette tendance commence à être entrevue chez certains acteurs innovants. Ainsi France Télévisions insère sur sa nouvelle plateforme d’information des contenus vidéo en direct ou s’inscrivant dans l’actualité du moment, offrant ainsi une nouvelle manière de consommer l’information réactive et interactive (cf. ci dessous et page complète en annexe 12). − Permettre la multiplicité des usages sur un seul et même écran Les contenus vidéo doivent pouvoir être consommables tout en permettant la poursuite d’une activité « classique » sur le Web. La consommation de ces contenus doit pouvoir se faire tout en permettant à l’Internaute de continuer l’activité qu’il était initialement en train de mener. Ne pas offrir cette possibilité pourrait entraîner un sentiment d’obligation de consommer et donc avoir un impact négatif sur la perception de l’offre. Cette solution a déjà été mise en place par certains acteurs. C’est le cas d’Arte, qui fait souvent figure de précurseur dans la recherche et l’innovation quant à ces pratiques. Nous Multiplier les écrans et avons déjà évoqué le cas de l’émission « 28 minutes », diffusée multiplier les du lundi au vendredi à 20h05 à l’antenne et qui est également consommations à l’intérieur diffusée en live sur Facebook. Ce programme est l’exemple de ces mêmes écrans parfait de notre démonstration puisqu’il permet d’envisager la consommation d’un contenu télévisé sous un angle nouveau : celui du partage de l’expérience de consommation de contenu, de la consommation d’informations et de la poursuite d’autres activités en simultané (contenus associés, activités d’échanges liées au réseau social lui même). On ne parlerait ainsi même plus de multiplicité des écrans mais de multiplier les consommations à l’intérieur même d’un seul et même écran. 2. TWITTER & FACEBOOK - LA COURSE AU CHIFFRE 82
  • 83.
    I. AFFIRMER LAPUISSANCE DE L’EVENEMENT Bien entendu, les acteurs liés à ces événements ont développé eux- mêmes leur propres comptes sur Twitter ou leurs propres pages 1,8 millions Facebook pour instaurer un nouveau niveau de relation avec leurs suiveurs. La course au nombre de fans et de « followers » fait donc le nombre de fans de rage et les chiffres atteints par ces entités sont parfois l’Olympique de Marseille sur impressionnants. En France, sans surprise, les deux plus gros Facebook prêts à réagir à comptes officiels d’équipes de sport sont l’Olympique de Marseille chaque actualité (1,8 millions de fans sur Facebook, 280 000 abonnés sur Twitter) et le Paris Saint-Germain (1,1 millions de fans sur Facebook, 165 000 abonnés sur Twitter). Mais assurer une présence, même massive sur ces réseaux ne suffit pas. Une communication entre les fans et les acteurs de l’événement doit être instaurée. Les suiveurs recherchent un lien plus fort avec leurs idoles. Aussi les taux d’interactions sont analysés pour savoir quel acteur joue ou non le jeu de l’interaction avec ses fans (cf. en annexe 13 le classement réalisé par Sportlab, agence de communication par le sport, des meilleurs clubs en matière d’interactivité). II. DES MARQUES FORTEMENT IMPLIQUEES QUI PARTICIPENT AU DEVELLOPEMENT DES EVENEMENTS SUR CES RESEAUX Des marques surfent également sur ce type d’événements pour s’offrir une couverture plus large et une un relationnel plus intense 140 000 avec ses consommateurs potentiels. Elles offrent aussi par ce biais un nouvel angle de consommation aux Internautes. le nombre de fans de la page du 12ème homme sur L’expérience et le travail mené par « Le 12ème homme » est un bon Facebook moins d’un an exemple de cette tendance. Derrière cette opération, Orange, qui après son lancement permet aux Internautes connectés aux réseaux sociaux d’obtenir des nouvelles de certains joueurs du championnat, poste des contenus exclusifs. Le 12ème homme permet ainsi au consommateur d’accéder à des contenus jusqu’ici inédits et de connaître ces joueurs dans d’autres conditions que celles de la performance sportive. III. LES GRANDS ACTEURS DE L’INDUSTRIE CULTURELLE Les grandes figures de l’industrie culturelle ne sont bien entendu pas en reste sur ce phénomène. Des artistes, parfois issus du Web obtiennent un appui de fans impressionnant. Mac Miller, un jeune rappeur américain, n’ayant sorti aucun album physique comptait 2,4 millions de fans sur sa page Facebook en mars 2012. L’activité d’un acteur du monde culturel sur les réseaux sociaux peut se révéler intéressante dans la construction d’une base de suiveurs solides. Les réseaux sociaux rendent accessibles un artiste, facilitent la construction d’une relation forte avec son public et encouragent la diffusion d’une information en faveur du talent en question. IV. LA CULTURE DE L’INSTANT ET DU COMMENTAIRE EN DIRECT ET LE DEVELLOPEMENT DE SERVICES PERMETTANT LA PRATIQUE Les réseaux sociaux permettent avant tout une plus grande implication du téléspectateur ou du spectateur vis à vis de l’événement. Ils peuvent décupler les sentiments liés à l’expérience par l’échange, en argumentant sur son ressenti positif ou négatif et en vivant l’événement de manière plus intense, spécialement s’il est déjà impliqué sentimentalement via le support d’une 83
  • 84.
    équipe ou uneaffection particulière pour l’artiste diffusé. Ces pratiques sont désormais encadrées par la proposition de certains services. Quelques exemples : − Combiner expérience télévisée et partage d’expérience Plusieurs applications permettent de combiner son expérience télévisée et les réseaux sociaux. C’est par exemple le cas de Kwarter (cf. ci dessous) qui en plus de regrouper les fans de sports, permet de faire gagner des cadeaux liés aux événements. − Augmenter la surface de contenus consommés Au delà de l’offre d’informations accessibles plus rapidement et du ressentis des autres consommateurs de l’événement, les réseaux sociaux permettent d’accéder à des contenus en direct nouveaux, comme le partage d’images de l’événement venu de l’organisation ou des spectateurs eux-mêmes. FlickR, Instagram ou TeleportD (regroupe les contenus selon leurs provenance géographique) permettent d’accéder à ce type de contenus. 3. CREER DE NOUVELLES MANIERES DE S’IMPLIQUER DANS L’EVENEMENT I. S’IMPLIQUER POUR ACCEDER AU PROGRAMME Lors des matches de préparation pendant la trêve hivernale 2011, Orange et Dailymotion s’associaient pour proposer des accès au visionnage du match du Paris-Saint Germain en déplacement à Dubaï pour y rencontrer l’AC Milan. Les deux entités organisaient un jeu concours pour obtenir les accès au contenu. Destiné aux non abonnés à Orange Sports TV, il permettait une implication du téléspectateur via un moyen assez simple mais lui faisant porter un autre regard sur la chaîne. Diffusé via le réseau social Facebook, l’événement combinait plusieurs idées fortes que nous avons jusqu’à présent énoncées. II. DELIVRER DE NOUVELLES INFORMATIONS Une autre initiative intéressante dans le monde du football et 80 000 impliquant également le club du Paris-Saint Germain a été mise en vues pour la vidéo de place cette année. Celle de la retransmission en accès libre sur présentation de Javier Dailymotion d’événements de la vie du club comme la présentation des nouveaux joueurs de l’effectif ou les échanges de l’entraîneur Pastore sur Dailymotion et de joueurs avec la presse en direct lors des journées d’avant match. Ces offres étaient accessibles sur Facebook puisque le player de Dailymotion y est exportable. Diffusée de manière gratuite, cette pratique est très clairement une plus-value pour le suiveur, qui a désormais accès à des images jusqu’alors réservées aux professionnels de l’information 84
  • 85.
    sportive. Pour indication,la vidéo présentant le nouveau joueur du Paris-Saint Germain Javier Pastore compte aujourd’hui plus de 80 000 vues.81 Un score qui laisse présager pour le futur des scores tout a fait intéressants. Cette pratique est également utilisée en France par l’Olympique de Marseille ou le Lille Olympique Sporting Club et tend à se généraliser, permettant ainsi au téléspectateur de prendre part de manière plus rythmée à la vie de l’événement. III. JOUER SUR LA CAPACITE DE L’INTERNAUTE A S’IMPLIQUER Evénements ou talents individuels, le financement par le public sur le Web Le Web peut également revêtir une fonction de financeur des événements artistiques et sportifs. Poster des contenus pour des événements ou des individus peut se révéler payant, dès lors que la collecte est organisée. C’est le cas de talents individuels comme Irma, révélée et financée par les Internautes eux-mêmes et le label communautaire « My Major Company ».82 Impliquer via le Web en donnant un sens à l’événement - Rock Corps Autre moyen de fédérer autour d’un événement : lui donner un sens. C’est le choix fait par Rock Corps (association Orange / NRJ) dont le but est d’utiliser la musique pour créer un enthousiasme autour d’une activité personnelle dédiée à la communauté. N’importe qui donnant 4 heures de son temps à une œuvre caritative organisée par l’association gagne le droit d’assister à un concert donné par un artiste de renom. L’implication émotionnelle et par conséquent l’image renvoyée par l’événement par le spectateur / acteur est donc extrêmement positive. LES RESEAUX SOCIAUX ET LES NOUVEAUX PARTENAIRES - QUE RETENIR ? − Les players utilisés devront être rendus accessibles à l’ensemble du public. − Envisager la création de partenariats avec des acteurs majeurs du Web spécialisés sur la thématique de l’événement. − Permettre à l’Internaute de multiplier les usages sur un seul et même écran : la garantie de le conserver plus longtemps. − Décupler les sentiments liés à l’expérience par l’échange entre individus ou entre individus et l’événement lui même. − La présence active sur les grands réseaux : la garantie du rassemblement d’une communauté engagée en cas de d’activité menée intelligemment. 4. L’INTERET NOUVEAU DES GRANDS ACTEURS DU Une présence sur les WEB POUR LES EVENEMENTS plateformes de partage de vidéos qui doit être reprise Les grands acteurs que sont les plateformes de partage de vidéo en main et professionnalisée commencent lentement mais sûrement à s’intéresser à la par les événements retransmission des événements en direct. Cet intérêt pourrait bien bouleverser les codes du marché. Car si les événements sont parfois naturellement venus sur ces plateformes pour y poster des contenus, il est clair que cette présence est jusqu’à présent 81 http://www.dailymotion.com/video/xkfmv5_psg-conference-de-presse-de-javier-pastore_sport 82 http://www.mymajorcompany.com/ 85
  • 86.
    globalement largement insuffisante. Uneprésence souvent assurée par les Internautes. La présence de ces manifestations sur ces plateformes est d’ailleurs souvent assurée par les internautes connectés à l’événement, qui ont une forte tendance à poster des contenus captés lors de leur propre expérience. Les images diffusées par ce biais sont malheureusement souvent de mauvaise qualité et si cette forme de présence n’est pas forcément à bannir et à combattre, il est clair qu’elle ne suffit pas. 1. DAILYMOTION / YOUTUBE - VERS UN INTERET PRONONCE PAR LA DIFFUSION LIVE I. YOUTUBE LIVE En avril 2011, YouTube annonçait ce qui pourrait bien être une révolution dans le monde de la vidéo sur le Web en démarrant le déploiement de sa plateforme « YouTube Live ». Jusqu’à présent, Youtube retransmettait des concerts ou des rencontres sportives de manière extrêmement ponctuelle. Sa page d’accueil www.youtube.com/live met à disposition des Internautes une série de contenus à consommer en direct. Pour le moment, le catalogue de contenus n’est que moyennement attractif mais nul doute qu’il s’étoffera dans les mois à venir. Programmée telle une véritable plateforme de chaînes éphémères (ou continues pour certaines), elle propose également un guide permettant de se faire rappeler les événements. Enfin, chose extrêmement intéressante dans une optique de partage et d’expérience vidéo à valeur ajoutée, le module de commentaires est également adapté à une utilisation en direct. II. DAILYMOTION LIVE Dailymotion a également lancé un service similaire, permettant à ses visiteurs de visionner des flux en direct. Les statistiques de la chaîne permettent de voir que certaines thématiques obtiennent déjà des résultats très intéressants. En effet la chaîne de Poker Stars (chaîne de l’une des plus grandes salles de poker en ligne), attire en moyenne 10 000 visiteurs par jour, avec des pointes à plus de 30 000 vidéonautes par jour. Au total ce sont plus de 365 000 contacts que la chaîne enregistrait avec des consommateurs sur Dailymotion entre 6 avril et le 5 mai 2012. De la même manière, la chaîne Orange Sports, disponible sur le live 365 000 Dailymotion recueillait 120 000 vues sur les 30 derniers jours, enregistrant certaines journées plus de 10 000 contacts avec des contacts / vues pour la consommateurs sur la plateforme. chaîne Poker Star France sur Dailymotion entre le 6 avril et III. DAILYSPORT LIVE le 5 mai 2012 86
  • 87.
    En octobre 2011,Dailymotion lançait également une chaîne offrant chaque jour des JT d’informations sportives et des débats sportifs. La chaîne n’oublie pas le cœur de métier de Dailymotion puisque la plateforme offre la possibilité à ses internautes de publier leurs propres vidéos de sport. Les meilleures contributions sont ensuite mises à l’antenne. L’intérêt et les performances du service sont pour le moment assez restreints. 2. VERS LA CONSTITUTION D’UNE OFFRE BASEE SUR DE GRANDS EVENEMENTS ? I. UN INTERET AFFICHE « Je crois qu'on peut dire qu'il y aura beaucoup plus de L’année dernière, Youtube et la NBA révélaient des négociations contenus sportifs attractifs pour la diffusion de matches en direct. « Je crois qu'on peut dire qu'il sur YouTube. Nous discutons y aura beaucoup plus de contenus sportifs attractifs sur YouTube. Nous discutons avec presque tout le monde » avait déclaré Gautam avec presque tout le Anand (directeur des partenariats de Google en Asie). monde » Gautam Anand – DG II. LA BARRIERE DES DIFFUSEURS ACTUELS Partenariats Google Asie Les limites que pourraient mettre les diffuseurs actuels à ces évolutions risquent de mettre un terme à de telles négociations dans un avenir immédiat. Certains diffuseurs historiques de grandes compétitions auront forcément leur mot à dire au moment des renouvellements des droits et voudront trouver un moyen de sécuriser ces mannes à audiences. Ainsi une transformation totale du paysage audiovisuel sportif ne peut pas être envisagée dans un avenir immédiat. Mais à moyen ou à long terme, il paraît improbable que certains droits de grandes compétitions ne soient pas acquis par certains diffuseurs non issus des médias classiques. YouTube notamment, avec l’appui financier de Google, pourrait devenir un acteur majeur lors des appels d’offres relatifs à l’acquisition de droits. III. DES MARCHES DEJA PORTEURS Certaines barrières ont tout de même déjà été franchies. Google diffuse en effet déjà en Asie des rencontres du championnat indien 55 millions de Cricket, le sport national. Toujours selon le PDG de Google en Asie, ces rencontres auraient reçu plus de 55 millions de visiteurs de visites enregistrées par dans le monde83. YouTube lors de rencontres du championnat indien de De tels chiffres, avec l’augmentation extrêmement rapide des Cricket équipements dans le monde et la modification également rapide des comportements de consommation du média Internet ne peuvent que laisser présager des accords entre les grands acteurs du Web et les grandes compétitions sportives mondiales, qui, avant même d’envisager de faire payer des droits de diffusion à Google ou à Dailymotion pourraient compter sur la puissance d’attraction de ces plateformes pour démocratiser leurs événements à une échelle différente de celle proposée par les diffuseurs classiques de ces événements, parfois à péage. IV. UN MARCHE EGALEMENT PORTEUR POUR LES EVENEMENTS CULTURELS 83 http://basket.blog.lemonde.fr/2011/02/23/des-matches-nba-en-direct-sur-youtube/ 87
  • 88.
    YouTube a égalementassuré sa présence sur certains événements culturels de grande envergure comme la diffusion d’un concert de U2 ou la cérémonie d’ouverture du Bolchoi. Le 28 octobre 2011, le Bolchoi ouvrait de nouveau ses portes après sa grande entreprise de rénovation. Pour l’occasion, YouTube et le théâtre s’associaient pour offrir la cérémonie d’ouverture au plus large public possible. « Grâce à Youtube, les habitants de 36 pays, en Russie, en Amérique centrale, du Sud et du Nord pourront suivre la cérémonie en direct »84. 3. LE WEB, CHANCE DES « PETITS » ? Les sports plus modestes doivent également percevoir YouTube et Dailymotion comme de potentiels alliés. En effet, ces deux acteurs peuvent être le moyen (en l’absence de plateformes dédiées au sport) pour ces événements de s’offrir une couverture médiatique à moindre coût. C’est ce qu’a compris la fédération de handball française qui proposait de suivre les finales de Coupe de France régionales et départementales sur Dailymotion. L’ensemble des matches de la journée était accessible sur Dailymotion pour une audience sur la chaîne du diffuseur Vision Sport d’environ 2 200 visionnages le jour même selon les statistiques Dailymotion. Les vidéos publiées par le compte de la Fédération Française de Handball après l’événement atteignaient elles des scores aux alentours de 10 000 vues en moyenne. Des scores relativement bas mais qui pourraient être largement améliorés par une meilleure mise en avant de ces contenus sur la plateforme et sur des sites d’informations spécialisés. Cette activité des sports à moins forte médiatisation sur le Web peut avoir un double intérêt : − Démocratiser le sport / l’événement en lui offrant une visibilité nouvelle − Fidéliser une communauté de suiveurs impliqués en leur offrant la possibilité de suivre l’actualité de leur discipline de manière différente L’ensemble des sports que l’on pourrait qualifier de « mineurs » ont donc tout intérêt à envisager ce type de diffusions. Le très bas coût représenté par la diffusion en elle-même (hors coût de production de l’image) et la manne d’audience que peut amener à un contenu diffusé des plateformes aussi puissantes que YouTube et Dailymotion sont autant d’atouts que les événements ne peuvent négliger pour étendre leur zone d’influence. 4. LA MONETISATION DES CONTENUS VIDEOS, LA QUESTION DU MODELE ECONOMIQUE SUBSISTE POUR DEFINITIVEMENT DEMOCRATISER LA PRATIQUE Ces solutions pourraient prendre une autre dimension avec une monétisation plus efficace des contenus par les grandes plateformes. La bonne formule n’avait jusqu’à présent jamais été trouvée par les grands acteurs. Cette solution est en passe d’être mise en place par YouTube, qui a décidé d’appliquer le modèle publicitaire de Google (qui a acquis YouTube en 2006) à son activité. Le principe du « coût par clic » avec comme base une utilisation personnelle des 84 Communiqué Youtube 88
  • 89.
    données des internautessera le moteur de ce nouveau modèle nommé « Google AdWords for video ». Le principe de base de ce système est le paiement de l’annonceur à la vision volontaire d’un spot. Des contenus « partenaires » ou « sponsorisés » seront donc ajoutés dans les résultats de certaines requêtes, permettant ainsi de cibler les clients par centres d’intérêts et selon des critères sociodémographiques. Ce type d’offre publicitaire permet à YouTube de monétiser ses vidéos mais en plus de permettre à tous les types d’annonceurs d’envisager des campagnes sur sa plateforme, de la firme multinationale à l’entreprise locale. Si elle n’est pas directement liée aux événements dont nous tentons d’analyser les futures stratégies médias, cette donnée est d’une importance capitale. La meilleure monétisation de chaque vidéo vue devrait en effet permettre aux plateformes mais aussi à l’ensemble des grands acteurs du Web d’envisager de manière plus sereine et plus rationnelle la diffusion de nouveaux contenus et d’en tirer des revenus : condition bien entendu essentielle pour envisager des développements d’activités. L’INTERET DES GRANDS ACTEURS DU WEB POUR LES EVENEMENTS - QUE RETENIR ? − Une présence insuffisante des événements sur les grandes plateformes de vidéos. − Un intérêt prononcé de grands acteurs de la vidéo sur le Web qui pourraient rapidement aboutir à des partenariats. − Des chiffres de contenus consommés en direct via des plateformes d’ores et déjà extrêmement intéressants. − Une chance pour les événements de taille moyenne de trouver une résonnance. − L’avènement d’un nouveau marché avec une solution efficace de monétisation des vidéos. 5. LE LANCEMENT D’UNE OFFRE ONLY WEB FONCTIONNERAIT-ELLE ? La question de l’émergence de nouveaux acteurs sur le marché de la vidéo sur le Web devrait être influencée par deux éléments principaux, qui pourraient également bien être des conditions essentielles à la survie des acteurs issus du monde de la télévision à long terme. Ces deux éléments sont la qualité et la capacité des acteurs à retransmettre en live un événement. Le premier acteur qui s’implantera sur le marché en combinant ces deux facteurs prendra clairement une option pour dominer un secteur qui pourrait se révéler comme un enjeu financier extrêmement important dans les mois à venir. La qualité des contenus est l’un des problèmes majeurs des grands acteurs de la vidéo sur le Web (hors chaînes). En effet, si les plateformes de partage de vidéo Youtube et Dailymotion enregistrent de grands scores d’audience, il est clair que la qualité moyenne des contenus postés est médiocre. Les chaînes de télévisions font pour le moment parti des rares acteurs à poster une offre large de contenus de qualité. Qui pour rassembler une C’est l’un des grands problèmes de l’offre des événements culturels offre de contenus et sportifs disposant sur le Web. diffusés en live avec une L’offre de contenus diffusés en live est également relativement véritable qualité de absente du Web. C’est un constat étonnant, tant le Web est supposé retransmission ? 89
  • 90.
    être le médiade l’instantanéité et de la spécialisation des contenus. Si les géants Youtube et Dailymotion ont commencé à se pencher sur une offre live comme nous venons de l’évoquer, rien de réellement construit n’est aujourd’hui proposé au consommateur. Au-delà de ces acteurs principaux, la question de la constitution d’une offre « only web » par un acteur spécialisé mérite d’être posée, notamment pour la question du direct. 1. QUELS DROITS POUR LE WEB ? Les droits pour le Web n’ont pas encore trouvé un véritable modèle économique. Si nous avons vu que rien dans la plupart des appels d’offres n’était spécifiquement destiné au Web, cela ne veut pas dire que cette situation est figée. − Un marché qui reste à créer Le problème de la mise sur le marché de droits spécifiques au Aux événements de Web est réel. Il n’a pour le moment pas du tout été résolu par « défier » leurs les acteurs principaux disposant des droits de diffusion des événements. La tendance actuelle est à l’intégration des droits diffuseurs classiques et avec le reste des meilleures images des compétitions, dites de mettre en jeu des « premium ». Aujourd’hui, l’entité qui acquiert donc des droits droits spécifiques au télévisés pour un événement dispose donc de ces mêmes droits Web pour le Web. Ce seront les organisations des événements qui feront évoluer cette situation. Elles le feront plus facilement dès que certaines questions comme le combat contre la puissance des offres illégales sera vraiment engagé, la qualité des retransmissions sera assurée, la viabilité économique de certains acteurs sera assurée et le modèle économique pour la monétisation des vidéos vues définitivement établi. − Des acteurs qui tentent de « sécuriser » ces droits Les grands acteurs médias, qui assurent jusqu’à présent la santé financière des grandes compétitions en faisant d’elles leurs vitrines, sont aujourd’hui dans une logique de sécurisation de ces droits. En perdre une partie serait un véritable coup dur en termes d’image et de prestige. Le modèle voulant que les droits pour le Web soient inclus dans un package global semble donc être pour ces acteurs une solution idéale. Les sommes jusqu’alors investies par ces mêmes acteurs pourraient donc retarder d’un long moment l’arrivée sur le marché d’une offre live Web légale réellement consistante, à moins bien sûr que ces acteurs ne décident eux-mêmes à lancer des offres qu’elles soient gratuites ou payantes. − Des droits spécifiques au Web, une solution inéluctable Ces barrières à la construction d’une offre Web ne dureront toutefois qu’un temps. Car si les acteurs principaux des médias traditionnels voudront sécuriser ces droits le plus longtemps possible, ils devront faire face à une pression de plus en plus forte à la fois des acteurs du marché, des événements et des consommateurs. Il n’est pas à exclure selon la manière dont ces acteurs issus des médias classiques prendront le virage du numérique que ces droits restent leur propriété et que l’on voit se répéter le schéma actuel de répartition des droits : des grands événements achetés par des grandes entités disponibles en accès gratuits et des événements de tailles plus moyennes en accès payant via des acteurs spécialisés. 90
  • 91.
    Le Web devraitnéanmoins permettre une meilleure répartition des droits et une diffusion plus large de contenus. Aussi, en dehors de quelques événements de portée mondiale déjà largement diffusés à la télévision, une majeure partie des droits de diffusion devraient être plus facilement négociable et donc accessibles pour les Internautes. 2. DES PREMIERES TENTATIVES Des tentatives ont déjà été menées dans le domaine de la culture notamment, pour lesquelles le débat autour d’une licence globale permettant à un Internaute d’avoir accès de manière illimitée à une immense offre de contenus culturels sur le Web est en vigueur depuis longtemps. Si une solution institutionnelle semble impossible à faire émerger, des acteurs privés dans le domaine de la musique ont largement réussi à faire surface et ont enregistré des succès commerciaux suite à des accords passés avec certains grands acteurs de cette industrie. De même, l’industrie du cinéma et des productions télévisées ont ouvert la porte à ces types d’offres dans les pays où la législation aux droits d’auteurs permettait la construction de propositions sérieuses à faire aux Internautes et aux téléspectateurs. Les premières offres en France sont les suivantes : − Canal + Infinity, la réponse pro-active à Netflix Nous avons parlé de Netflix dans les premières parties de cette étude. Le géant américain du secteur tente désormais de conquérir de nouveaux territoires et notamment en Europe où plusieurs pays ont largement retenu son attention. En France, la question des droits d’auteurs bloque l’arrivée de cet acteur mais Canal+, qui verrait l’arrivée de Netflix comme un concurrent direct à sa programmation de séries originales et son offre cinéma, a décidé de réagir avant un possible débarquement de l’acteur américain en lançant une offre avec un catalogue toutefois bien plus réduit. − Arte Live Web Autre prise d’initiative qui vient également d’une chaîne de télévision, la plateforme dont que nous avons également déjà parlé dans ce dossier Arte Live Web. Mise en place par Arte pour mettre en avant des contenus différents des standards des contenus culturels télévisés, elle représente un exemple extrêmement réussi de ce que le Web offre en termes de possibilités techniques et graphiques pour mettre à disposition des contenus vidéos en direct et en différé. Il ne fait aucun doute que ce type de dispositif sera mis en place pour le sport ou pour des événements culturels plus en adéquation à la notion de « culture de masse ». L’absence d’offre sur les contenus en direct sur le sport Le sport n’a pas encore vu éclore une offre Web légale consistante, du moins pour le direct. Si nous avons vu que Canal + mettait gratuitement à disposition des résumés de matches diffusés sur les antennes du groupe Canal ou que L’Equipe.fr proposait une offre de contenus vidéos assez large, (absolument) aucun acteur n’a pour le moment réussi à offrir à ses consommateurs une offre de contenus en direct régulière et suffisamment importante pour s’imposer comme référence. Ce manque touche autant les droits de nature mondiale que des images correspondant à des sportifs médiatiquement plus modestes alors même qu’une quantité incroyable d’offres illégales pullulent sur le Web. 3. UNE OFFRE WEB EST-ELLE UNE OFFRE GRATUITE ? 91
  • 92.
    La consommation devidéos en ligne augmente et l’offre est jusqu’à présent dans son immense majorité gratuite. Or à l’image de ce qui se produit pour le marché télévisé, il y a fort à parier que la diffusion de contenus pourrait s’accompagner de la souscription à un abonnement, à l’instar de ce qui se fait pour l’industrie musicale actuellement. I. QUELLES PERSPECTIVES POUR LES OFFRES PAYANTES ? LE BAROMETRE MUSICAL. L’industrie musicale est en train d’opérer une vraie mutation sur le Web en permettant à des acteurs indépendants des grandes majors, productrices des contenus d’offrir un accès contre rémunération à un catalogue extrêmement important de créations. Cette pratique est rendue obligatoire par la structure du marché. Les - 53,7 % ventes de « physiques » de « musique enregistrées » s’écroulaient de 53,7 % entre 2010 et 2011 alors que le marché du numérique l’évolution des ventes augmentait sur la même période de 22,6 %85. physiques de « musique enregistrée » entre 2010 et Des acteurs ayant profité de cet effet d’aubaine, Spotify, logiciel 2011 suédois de streaming musical est peut-être le plus efficace. Son fonctionnement est simple : les morceaux du catalogue sont laissés en libre écoute instantanée pendant 10 heures par mois pour les non abonnés. L’écoute est alors entrecoupée de publicités. Les abonnés ont quant à eux la possibilité pour 5 dollars par mois d’écouter en illimité et sans publicité les contenus proposés et une série de titre choisis par leurs soins sans connexion Internet. Sans pour autant être propriétaires des titres. A l’arrêt de l’abonnement, le bénéficiaire de la prestation n’a plus aucun droit sur aucun morceau. Spotify comptait 3 millions d’abonnés dans le monde en février 2012, affichant une croissance extrêmement rapide au premier trimestre 201286. Ce système de streaming pourrait être transposé à une activité vidéo, à une offre de contenus en direct et obtenir un succès commercial. Dès lors qu’elles sont réellement structurées, ces offres La constitution d’offres deviennent des références malgré l’habitude de consommation de contenus gratuits. Il est en revanche impératif, à l’image du service légales construites : la que nous venons d’étudier, qu’elles bénéficient : lutte la plus efficace contre le piratage − d’une profondeur suffisamment importante pour attirer des consommateurs habitués aux offres illégales. − d’un ordre de prix correspondant aux standards du net. Proposer une offre consistante et structurée semble donc être le meilleur moyen de lutter contre le piratage. C’est d'ailleurs l'un des principaux arguments de vente des premiers grands acteurs internationaux que sont Netflix ou Spotify. 4. QUELS ACTEURS POUR LANCER UNE OFFRE « ONLY WEB » ? Concernant la nature des acteurs qui peuvent aujourd’hui envisager de se lancer sur ce type d’offres, nous pouvons penser à l’arrivée à trois types : 85 Bilan de l’année 2011 du marché de la musique enregistrée – SNEP, Janvier 2012. 86 Syndicat national de l'édition phonographique 92
  • 93.
    Issus des médias dits « classiques ». Dotés d’une assise financière, d’une légitimité dans la production de contenus et souvent déjà présents sur le Web, les acteurs des grands médias font figures de favoris pour le lancement de ce type d’offre. − Les pure players majeurs. Youtube, Dailymotion, ont une légitimité pour s’ancrer sur ce marché. Ils ont de plus une activité qui leur permet d’appréhender tous les problèmes techniques relatifs à ce type de proposition. Ils ont enfin exprimé leur intérêt pour ce type de contenus. − L’arrivée d’un nouvel acteur ou d’un nouveau type d’acteur sur le marché de la vidéo. Cette solution n’est pas à exclure car elle fait partie de la nature même du Web. Sans barrière à l’entrée, ce média pourrait permettre de voir arriver un acteur inconnu ou non initialement placé sur le créneau de la diffusion de contenus. L’exemple de Spotify est le meilleur crédit à apporter à cette hypothèse. Nous avons parlé des grands acteurs de l’information thématique dans le cadre de partenariats avec les événements. Pourquoi ne pas les imaginer capables de s’investir sur ce type d’activités ? De ces trois types d’acteurs, ceux venus des médias classiques, qui ont déjà pour certains les droits des événements et une assise financière solide seraient donc les plus à même de lancer une offre de grande ampleur. Seuls des détails techniques et une certaine frilosité les empêchent actuellement d’envisager ces types d’offres. France Télévisions fera peut-être figure de pionnier avec ses plateformes dédiées aux spectacles vivants et au sport. Si d’après l’exemple de celle lancée sur l’information en 2011 (http://www.francetv.fr/info/) la vidéo n’occupe pas une place centrale dans les pages, elle peut tout à fait s’inscrire dans cette mouvance, d’autant que la volonté de donner à l’information un caractère immédiat et interactif s’inscrirait totalement dans cette logique. QUELLES PERSPECTIVES POUR LE LANCEMENT D’OFFRES « ONLY WEB » - QUE RETENIR ? − Des offres de droits de diffusion à repenser en donnant une importance plus importante au Web. − Des premières tentatives d’offres légales en France, des premières réussites à l’étranger. − Une industrie culturelle dans l’attente d’un assouplissement des droits d’auteurs et à la propriété intellectuelle pour envisager de nouveaux types d’offres. − Une offre payante de qualité est également le meilleur moyen de combattre le piratage. − Des acteurs des médias classiques qui semblent positionnés en pôle position pour le lancement de nouvelles offres. 93
  • 94.
    QUELLES SOLUTIONS ?- 10 IDEES CLES 1. Saisir l’opportunité numérique sur l’ensemble des supports susceptibles d’apporter une plus-value à la stratégie médias. Elle doit être le moyen d’inventer de nouveaux contenus, de prendre la parole différemment et de fidéliser les consommateurs. 2. Approcher des médias classiques et envisager des partenariats « only Web » pour profiter de la résonnance des chaînes sans demander une diffusion sur les antennes classiques. Bénéficier de la qualité supérieure des contenus proposés par les acteurs issus du monde de la télévision pour la tourner en véritable avantage concurrentiel. 3. L’Internaute, que l’on décrit souvent comme volatile est capable de rester plusieurs dizaines de minutes devant un contenu : un espoir pour envisager des consommations d’un événement dans son intégralité. 4. La pertinence et la qualité des contenus additionnels proposés en amont, pendant et en aval de la manifestation, permettront ou non une consommation différente de l’événement par le spectateur. 5. De nouvelles chaînes pour de nouvelles prises de risques sur la programmation ? Certains des sports les plus pratiqués ne sont pas ou très peu diffusés tout comme certains mouvements culturels. 6. Rendre les players utilisés plus accessibles à l’ensemble du public en établissant une présence sur différentes plateformes et permettre à l’Internaute de multiplier les usages sur un seul et même écran en simultané. 7. Créer des partenariats avec des acteurs majeurs du Web spécialisés sur une thématique pour additionner une offre de contenus vidéos novatrice, la légitimité de l’événement et de l’acteur diffuseur et un nombre de contacts potentiels important. 8. Créer un lien différent avec le consommateur de l’événement en l’impliquant. Inciter à partager des sentiments, des contenus liés, que ce soit sur les réseaux sociaux, les plateformes de partage de vidéos et s’appuyer sur les valeurs d’engagement des Internautes lorsqu’ils sont attachés à un événement ou un contenu. 9. Repenser les offres de droits de diffusion à repenser pour le Web. Il est clair que les grands événements ne pourront bientôt plus se contenter de vivre sur les droits télévisés et devront étendre leurs offres au Web et à l’ensemble de ses supports. 10. Envisager d’instaurer des offres payantes en matière de culture et de sport dédiées au Web. Une offre payante de qualité est le meilleur moyen de combattre le piratage. Les acteurs des médias classiques sont positionnés idéalement pour lancer ces nouvelles offres, devant les grands acteurs du Web. 94
  • 95.
    CONCLUSION - LEWEB COMME FUTUR PARTIEL DES EVENEMENTS SE REINVENTER, IMAGINER DE NOUVEAUX ROLES ET DE NOUVEAUX LIENS Les habitudes des consommateurs évoluent, influencées par les avancées technologiques reliées à celles du premier de leurs loisirs : la télévision. Ces évolutions obligent les chaînes à avancer, à innover, à se réinventer. Proposer de nouveaux contenus, de nouvelles formes d’écriture et tout simplement, repenser la manière de consommer un contenu vidéo. Telles sont les grandes questions auxquelles doivent répondre les chaînes dès aujourd’hui. Pour cela elles disposent de plusieurs solutions envisageables. Nous les avons évoquées dans nos différentes parties. Certaines chaînes ont déjà largement commencé à le faire même si nous n’avons pas encore assisté à une révolution qui ferait du consommateur un acteur du contenu consommé. Le programme n’est quant à lui pas encore un centre autour duquel graviteraient de nombreux autres contenus permettant de l’enrichir et de le bonifier. Ces nouvelles opportunités de communiquer, de créer du lien avec ses consommateurs, les événements sportifs et culturels doivent les saisir, se les approprier. Ils ont la légitimité et la matière pour le faire. Ils disposent aussi des qualités nécessaires pour devenir des acteurs importants sur les nouvelles plateformes, dans leur immense majorité offertes par le Web. L’association des intérêts des chaînes et de ces manifestations pourrait donner lieu à une étendue de l’offre de directs, accessibles facilement par les Internautes et créer un nouveau type de consommation des contenus culturels et sportifs. LE WEB COMME ECRAN DE LA SPECIALITE ET DE LA RAPIDITE Dans l’ADN du Web est ancré la rapidité d’accès à quasiment n’importe quel type de contenu. Cette donnée doit être intégrée et mise en pratique par les événements, eux aussi associés à l’idée d’instantanéité et par définition, de spécialisation sur un domaine précis. Ce média de la réactivité, de l’instantanéité, de l’écrasement des distances et des frontières doit également devenir celui du direct vidéo. Il paraît impensable qu’avec l’amélioration constante des technologies et des offres, ce média ne donne pas d’avantage la possibilité à ses utilisateurs d’accéder aux contenus auxquels ils portent de l’intérêt en direct. Les chaînes de télévision, qui ont déjà un savoir faire reconnu en matières de retransmission de ces manifestations se doivent de saisir ces nouvelles opportunités pour étendre leurs compétences et leurs sources de revenus. Le Web est aussi le média du rassemblement des passions et des passionnés. Il permet aux communautés ayant des centres d’intérêts communs de se rassembler à distance, de se trouver facilement. Ces communautés, parfois visées par la télévision mais souvent bloquées par le manque d’interactivité et la difficulté d’accès de certains contenus expriment désormais une vraie attente pour des contenus à l’accès facile. Le Web doit donc devenir dans un avenir proche, le média de la retransmission en direct d’événements plus ou moins larges n’ayant pas encore eu la possibilité de s’offrir une reconnaissance via la télévision. LA TELEVISION, COMME ECRAN DE L’EVENEMENT 95
  • 96.
    Cela ne veutcertainement pas dire que nous prévoyons la mort de la télévision vue comme son écran classique et certainement pas non plus de sa mort en tant qu’écran de l’événement. En 2012, plus de 30 millions de téléspectateurs étaient massés devant leurs écrans de télévision quelques instants précédant l’annonce des résultats de l’élection présidentielle française et les grandes rencontres sportives continuent de rassembler, de fédérer. La télévision aura toujours pour elle le fait d’être un objet de partage, de rassemblements populaires et de création d’histoires communes autour d’événements particuliers. Elle seule peut fédérer à un moment donné autant de gens devant la même chose. Elle ne doit pas l’oublier. Les acteurs du monde de la télévision doivent donc continuer de proposer ces manifestations. Tant qu’ils le feront, il est clair qu’ils ne perdront pas leur influence. A moins d’être dérangés sur leur terrain de jeu par les nouveaux acteurs venus du Web. LA TELEVISION « HORS DE LA BOITE » COMME FUTUR POUR LES EVENEMENTS SPORTIFS ET CULTURELS ? La télévision et plus précisément ses acteurs principaux ont donc toujours une sorte de monopole sur les grands événements sportifs. Mais pour combien de temps ? La tendance va clairement dans le sens d’une utilisation des nouveaux moyens de consommer des contenus vidéo par les manifestations sportives et culturelles. Les possibilités offertes par le Web et ses nouveaux supports sont des opportunités qu’il serait dramatique de manquer pour elles et l’influence sans cesse grandissante de ces médias pourrait obliger les plus grands événements à envisager de diversifier puis de favoriser ces solutions plutôt que la télévision. Abandonner l’idée de la diffusion télévisée pour y revenir ensuite ? C’est la question que certains événements vont bientôt pouvoir se poser. Certains pourraient d’abord découvrir une notoriété nouvelle grâce au Web et ne plus avoir besoin d’envisager une diffusion sur l’écran télévisé. La question de savoir si cette médiatisation via le Web se fera avec les Pure Players ou avec les acteurs issus de la télévision présents sur le Web. Car si dans un premier temps, il est assez facile d’envisager que les grands acteurs du petit écran étendent leurs activités au Web, il n’est pas improbable que les écrans de télévisions, de plus en plus connectables et connectés deviennent aussi le terrain de jeu de certains grands acteurs du Web. Ainsi, les contenus, qui n’ont jamais eu la chance de s’offrir une présence sur l’écran de télévision pourraient l’obtenir, via le Web. Cette perspective prouve la nécessité pour les acteurs de la télévision de devenir des icônes du Web. Car si ce média venait à investir réellement la télévision en tant qu’objet, les conséquences pour un acteur n’ayant pas anticipé ces nouvelles formes d’activité seraient dramatiques. Une grande partie des chaînes thématiques notamment, n’auraient plus aucun avantage concurrentiel face à des acteurs venus du Web. En considérant cette donnée, nous pouvons clairement dire que oui, le Web représente à court, à moyen et à long terme, l’avenir des événements sportifs. 96