Gouvernance de l’eau au Sud 
Pouvoirs et équité 
Alain Vidal, CGIAR Consortium 
Master Eau UM2 – Octobre 2014
Eau et développement au Sud : 
une question de gouvernance ? 
2
3
4
Rareté physique et 
rareté économique 
5
Water, food and poverty analyzed in 10 basins 
Niger 
1,5 milliard d’habitants 
50% des « très pauvres » < 1€/j
Que se passe-t-il réellement dans 
les bassins ? 
Croissance démographique 
 Un déterminant majeur 
Rareté de l’eau 
 Une importance limitée 
Risques liés à l’eau et variabilité climatique 
 Un défi pour les investissements futurs 
Une productivité agricole insuffisante 
Défaillance des institutions / gouvernance 
7
Un déterminant majeur : 
la démographie 
8
Population change 
2000-2010 
Blue= decrease 
Red= Increase 
Data from CIESIN
La rareté de l’eau est moins 
influente qu’on ne le croit 
13 
GNI vs Water 
-500 0 500 1000 1500 2000 2500 GNI ($/cap P) 
World Bank, 2007 
50,000 
40,000 
30,000 
20,000 
10,000 
0 
-10,000 
Water availability (m3/cap)
La productivité de l’eau reste très 
faible dans la plupart des régions 
WP (estimated potential / typically 1-2 kg/m3) 
Volta 
Nile 
Limpopo 
IGB 
Niger 
YR 
Mekong
Crues de l’Indus 
2010
Gange: un désastre annoncé pour 
500 millions d’habitants ?
Volta 
basin
Gouvernance de l’eau et 
trajectoires de développement
Des économies en évolution 
Gross National Income 
Agriculture 
contribution to GDP 
(%) 
Most African 
basins here
La productivité insuffisante pour 
assurer la sécurité alimentaire 
Source: World Bank, FAO
Il y a assez d’eau pour couvrir nos 
besoins, mais nous la gérons mal ! 
Une intensification durable 
 Au-delà de la productivité 
Un partage équitable des 
risques et des bénéfices 
 Un meilleur équilibre entre 
acteurs et des solutions 
“gagnant-gagnant” 
Une évolution des institutions actrices de l’eau 
 Une approche intégrée pour éviter la fragmentation des 
politiques et des décisions
Comment partager les bénéfices 
de l’eau ? 
Dépasser le partage de l’eau 
Allouer l’eau aux usages 
les plus profitables socialement 
et économiquement 
Des expériences réussies dans les 
bassins andins (trust funds), 
mais aussi des échecs 
23
The Power Challenge 
« While in some cases, such processes have 
resulted in agreements acceptable to all parties, all 
too often aseat at the table is not enough 
Family farmers, local forest users 
and fisherfolk are confronted with 
powerful political and commercial 
interests. Real decisions may be 
made behind closed doors 
This is especially the case when landscape 
perspectives and demands are in serious conflict, as 
is the case with mining or fracking » 
24
MEKONG 
Oui…mais… Comment ? 
ANDES 
GANGE 
Du conflit à la coopération pour plus d’équité 
Faire face au changement climatique
Pêche et hydro-électricité durables 
dans le bassin du Mekong
Soif d’énergie mais faim de poisson… 
Un bassin riche en eau 
La pêche fournit 50-80% des 
protéines animales pour 
60 millions d’habitants et 
50% du revenu des ruraux 
Pêche et sécurité 
alimentaire menacées 
par les discontinuités dues 
aux grands barrages 
hydroélectriques 
MRC, 2010
Comment faire co-exister durablement 
pêche et production d’énergie ? 
Techniques et pratiques de 
gestion de l’eau améliorant les 
bénéfices des communautés 
riveraines 
Systèmes riz-poisson 
Recréation de zones humides 
dans les réservoirs
Dialogue et partage des bénéfices 
Dialogues multi-acteurs 
montrant les faiblesses 
institutionnelles dans la mise en 
oeuvre des règlementations 
Valeurs patrimoniales 
pour les producteurs 
d’énergie et les 
communautés
Intensification durable et services 
écosystemiques dans les Andes
A l’aval – là où la préoccupation 
environnementale a émergé 
Eutrophication et 
assèchement du Lac de 
Fuquene (à l’aval) 
Zones humides 
d’altitude (paramo) 
dégradées par 
monoculture de 
patate et 
surpâturage
Restauration des services 
écosystémiques amont et aval 
32 
Paramo restauré 
grâce à l’agriculture 
de conservation 
(rotation 
avoine/pomme de 
terre) 
Qualité de l’eau et 
services écosystémiques 
du Lac de Fuquene 
améliorés
Mécanismes de changement 
S 
Annual net income: 
2,183/ha 
Annual net income: 
US$ 1,870/ha 
Conservation 
agriculture and 
paramo 
restoration 
supported by 
revolving fund 
Farmers‘ 
insufficient gain 
and risk 
aversion 
Revolving fund credit: 
+180 farmers /year 
Potato cropping, 
grazing pressure, 
degradation of paramo
La montée des eaux : une opportunité 
pour les pauvres du Delta du Ganges ?
Une des régions les 
plus pauvres de la planète 
BBS / WorldBank / WFP (2009) 
Pauvreté, insécurité alimentaire, 
vulnérabilité 
 Exploitations 0,2 à 0,6 ha 
 Revenu par famille 700$US/an 
 80% de la population sous le seuil de pauvreté 
Excès d’eau en saison des pluies 
Salinité et pénurie en saison sèche
Un potentiel inexploité mais une 
pression croissante de la salinité 
Large potentiel 
d’amélioration de la 
sécurité alimentaire 
et des revenus 
Salinité : une 
contrainte à 
transformer en 
Soil salinity 
opportunité 
None 
Very slight 
Slight 
Strong 
Very strong
Intensification durable des polders: 
enjeux techniques et institutionnels 
Lower threshold Daily water salinity limit of salinity - Shrimp 
Upper threshold limit of salinity - Rice 
Rice Shrimp 
Plusieurs 
mises en valeur 
possibles : 
diversification des 
cultures, poisson 
Date 
et crevettes 
Des changements politiques nécessaires à tous les 
niveaux : maintenance des canaux, abandon de la 
monoculture de riz Ré-équilibrer les pouvoirs 
Water salinity (ppt)
Quelques messages
La gestion de l’eau au Sud : 
des contre-vérités à rétablir 
Les innovations techniques existent depuis 10-20 ans 
mais restent inutilisées ou inefficaces 
Des problèmes institutionnels – notamment des 
investissements insuffisants 
Améliorer la gouvernance 
 Oui, mais… pas avec des solutions techniques (GIRE ou 
IWRM) : l’hydrologie ne suffit pas ! 
 De vrais outils socio-économiques et des changements 
politiques
Merci 
a.vidal@cgiar.org 
www.waterandfood.org 
www.slideshare.net/cpwf
Références et liens 
Challenge Program on Water and Food (CPWF) 
 www.waterandfood.org 
CGIAR Research Program on Water, Land and Ecosystems (WLE) 
 wle.cgiar.org 
The World Bank 
 www.worldbank.org 
 World Development Report 2007 on Agriculture 
International Water Management Institute (IWMI) 
 www.iwmi.org 
 Comprehensive Assessment on Water and Agriculture 
41
Crédits Photo 
Challenge Program on Water and Food 
The World Bank 
International Water Management Institute 
WorldFish Center 
Farming Matters 
42

Gouvernance de l'eau UM2 2014

  • 1.
    Gouvernance de l’eauau Sud Pouvoirs et équité Alain Vidal, CGIAR Consortium Master Eau UM2 – Octobre 2014
  • 2.
    Eau et développementau Sud : une question de gouvernance ? 2
  • 3.
  • 4.
  • 5.
    Rareté physique et rareté économique 5
  • 6.
    Water, food andpoverty analyzed in 10 basins Niger 1,5 milliard d’habitants 50% des « très pauvres » < 1€/j
  • 7.
    Que se passe-t-ilréellement dans les bassins ? Croissance démographique  Un déterminant majeur Rareté de l’eau  Une importance limitée Risques liés à l’eau et variabilité climatique  Un défi pour les investissements futurs Une productivité agricole insuffisante Défaillance des institutions / gouvernance 7
  • 8.
    Un déterminant majeur: la démographie 8
  • 9.
    Population change 2000-2010 Blue= decrease Red= Increase Data from CIESIN
  • 13.
    La rareté del’eau est moins influente qu’on ne le croit 13 GNI vs Water -500 0 500 1000 1500 2000 2500 GNI ($/cap P) World Bank, 2007 50,000 40,000 30,000 20,000 10,000 0 -10,000 Water availability (m3/cap)
  • 14.
    La productivité del’eau reste très faible dans la plupart des régions WP (estimated potential / typically 1-2 kg/m3) Volta Nile Limpopo IGB Niger YR Mekong
  • 15.
  • 16.
    Gange: un désastreannoncé pour 500 millions d’habitants ?
  • 17.
  • 19.
    Gouvernance de l’eauet trajectoires de développement
  • 20.
    Des économies enévolution Gross National Income Agriculture contribution to GDP (%) Most African basins here
  • 21.
    La productivité insuffisantepour assurer la sécurité alimentaire Source: World Bank, FAO
  • 22.
    Il y aassez d’eau pour couvrir nos besoins, mais nous la gérons mal ! Une intensification durable  Au-delà de la productivité Un partage équitable des risques et des bénéfices  Un meilleur équilibre entre acteurs et des solutions “gagnant-gagnant” Une évolution des institutions actrices de l’eau  Une approche intégrée pour éviter la fragmentation des politiques et des décisions
  • 23.
    Comment partager lesbénéfices de l’eau ? Dépasser le partage de l’eau Allouer l’eau aux usages les plus profitables socialement et économiquement Des expériences réussies dans les bassins andins (trust funds), mais aussi des échecs 23
  • 24.
    The Power Challenge « While in some cases, such processes have resulted in agreements acceptable to all parties, all too often aseat at the table is not enough Family farmers, local forest users and fisherfolk are confronted with powerful political and commercial interests. Real decisions may be made behind closed doors This is especially the case when landscape perspectives and demands are in serious conflict, as is the case with mining or fracking » 24
  • 25.
    MEKONG Oui…mais… Comment? ANDES GANGE Du conflit à la coopération pour plus d’équité Faire face au changement climatique
  • 26.
    Pêche et hydro-électricitédurables dans le bassin du Mekong
  • 27.
    Soif d’énergie maisfaim de poisson… Un bassin riche en eau La pêche fournit 50-80% des protéines animales pour 60 millions d’habitants et 50% du revenu des ruraux Pêche et sécurité alimentaire menacées par les discontinuités dues aux grands barrages hydroélectriques MRC, 2010
  • 28.
    Comment faire co-existerdurablement pêche et production d’énergie ? Techniques et pratiques de gestion de l’eau améliorant les bénéfices des communautés riveraines Systèmes riz-poisson Recréation de zones humides dans les réservoirs
  • 29.
    Dialogue et partagedes bénéfices Dialogues multi-acteurs montrant les faiblesses institutionnelles dans la mise en oeuvre des règlementations Valeurs patrimoniales pour les producteurs d’énergie et les communautés
  • 30.
    Intensification durable etservices écosystemiques dans les Andes
  • 31.
    A l’aval –là où la préoccupation environnementale a émergé Eutrophication et assèchement du Lac de Fuquene (à l’aval) Zones humides d’altitude (paramo) dégradées par monoculture de patate et surpâturage
  • 32.
    Restauration des services écosystémiques amont et aval 32 Paramo restauré grâce à l’agriculture de conservation (rotation avoine/pomme de terre) Qualité de l’eau et services écosystémiques du Lac de Fuquene améliorés
  • 33.
    Mécanismes de changement S Annual net income: 2,183/ha Annual net income: US$ 1,870/ha Conservation agriculture and paramo restoration supported by revolving fund Farmers‘ insufficient gain and risk aversion Revolving fund credit: +180 farmers /year Potato cropping, grazing pressure, degradation of paramo
  • 34.
    La montée deseaux : une opportunité pour les pauvres du Delta du Ganges ?
  • 35.
    Une des régionsles plus pauvres de la planète BBS / WorldBank / WFP (2009) Pauvreté, insécurité alimentaire, vulnérabilité  Exploitations 0,2 à 0,6 ha  Revenu par famille 700$US/an  80% de la population sous le seuil de pauvreté Excès d’eau en saison des pluies Salinité et pénurie en saison sèche
  • 36.
    Un potentiel inexploitémais une pression croissante de la salinité Large potentiel d’amélioration de la sécurité alimentaire et des revenus Salinité : une contrainte à transformer en Soil salinity opportunité None Very slight Slight Strong Very strong
  • 37.
    Intensification durable despolders: enjeux techniques et institutionnels Lower threshold Daily water salinity limit of salinity - Shrimp Upper threshold limit of salinity - Rice Rice Shrimp Plusieurs mises en valeur possibles : diversification des cultures, poisson Date et crevettes Des changements politiques nécessaires à tous les niveaux : maintenance des canaux, abandon de la monoculture de riz Ré-équilibrer les pouvoirs Water salinity (ppt)
  • 38.
  • 39.
    La gestion del’eau au Sud : des contre-vérités à rétablir Les innovations techniques existent depuis 10-20 ans mais restent inutilisées ou inefficaces Des problèmes institutionnels – notamment des investissements insuffisants Améliorer la gouvernance  Oui, mais… pas avec des solutions techniques (GIRE ou IWRM) : l’hydrologie ne suffit pas !  De vrais outils socio-économiques et des changements politiques
  • 40.
  • 41.
    Références et liens Challenge Program on Water and Food (CPWF)  www.waterandfood.org CGIAR Research Program on Water, Land and Ecosystems (WLE)  wle.cgiar.org The World Bank  www.worldbank.org  World Development Report 2007 on Agriculture International Water Management Institute (IWMI)  www.iwmi.org  Comprehensive Assessment on Water and Agriculture 41
  • 42.
    Crédits Photo ChallengeProgram on Water and Food The World Bank International Water Management Institute WorldFish Center Farming Matters 42

Notes de l'éditeur

  • #15 Comparing the performance of agricultural systems between river basins, based on the production in kg per m3 of water consumed or water productivity. With few exceptions, water productivity of cereals is very low (between 0.2 and 0.5 kg/m3). Efficient farmers achieve water productivity of 2.0 kg/m3, but in most basins it is only a fraction of this level.
  • #16 Climate change and increased disaster risks being mostly felt through alterations in the hydrological cycle, impacting on water availability, communities access to water and sanitation, and ultimately affecting people’s health, nutrition and food security.
  • #20 When considering water as an engine of development, need to move from river basin management (typically IWRM) to consider other factors playing a role in development scenarios. ----- Notes de la réunion (04/08/12 10:26) ----- Ag related statement would make more sense
  • #23 Huge potential to continue to increase production in areas where levels are currently low, if proper access to water and markets is given to communities. This, in turn, could create the right incentives for &amp;apos;sustainable intensification’. There is a need to go beyond concepts of &amp;apos;transfers&amp;apos;, such as Payment for Environmental Service schemes, to more nuanced agreements that promote collaboration and &amp;apos;win-win&amp;apos; situations where benefits are shared between different groups. Benefits (and risks) need to be shared in order for all of the diverse actor groups that make up society to be able to develop. While globally there is enough water to sustain human development and environmental needs, water-related conflicts will continue if we do not manage our resources well. A radical reform of how water is managed and used is necessary. This includes reform of the institutions that govern water resources. For the most part, there is a complete fragmentation of how water is managed amongst different actors, and even countries, where the water needs of different sectors—agriculture, industry, environment, mining—are considered separately, rather than as interrelated and interdependent. Institutions must develop a holistic approach to address the issues of unequal development that lead to unequal sharing of resources and benefits.
  • #24 Partage de l’eau = jeu à somme nulle Partage des bénéfices = jeu à somme positive Raisons de l’échec des PES (Jarvis, 2009) Haut taux d’échecs de PES, quoique l’Amérique Latine reste un banc d’essais Attentes irréalisables des PES Manque d’équité dans le partage de bénéfices Des structures de gestion peu dotées ou inapropriées Seulement un petit impact perçu en termes de bénéfices des PES Risques de conflits augmentés
  • #32 The Fuquene Lake collects the water of the Rio Ubate, about 150 km North of Bogota, capital of Colombia.. Communities managing a range of high altitude Andean production systems including multiple cropping and livestock (from about 2000 to 3500 masl) affect the water quality by producing high levels of sediments along with Nitrates and Phosphates that are deposited in the lake. This has deteriorated extensively the lake accelerating its eutrophication and therefore, reducing the surface covered by water. The downstream municipalities, whose aqueducts depend partially or totally on waters from the Suarez River, which begins at the outlet of the lake, and navigators are concerned about the future of the lake..
  • #33 Agriculture and cattle raising have degraded the ecosystem specially the paramo (the high Andean alpine-like ecological zone, composed of high altitude wetlands) because of the expansion of the agricultural frontier. Changing from traditional agriculture methods to conservation agriculture, especially for potato production, was selected as a mechanism to decrease the sediment and nutrient flows.Research findings showed that conservation agriculture practices have contributed to restore paramos soils, especially those characteristics that determined the original capacity ofbuffering and filtering water in the upstream part of the basin. Moreover, these practices were found to be an extraordinary way to increase the soil carbon stock and to reduce the net greenhouse gas emissions produced by the conventional crop-livestock system.
  • #34 A new local revolving fund, financed so far by donations from organizations interested on financing activities delivering ecosystem services, has invested in conservation agriculture by upland farmers. Revolving fund is managed directly by farmer’s organizations and the technical assistance (to ensure practices are correctly implemented) is provided by the CAR-the environmental authority. Conservation tillage result in an increase in social benefits, but the expected gains will be modest. In the same sense a 17% of increase in net revenues in Fuquene farms could be not enough to overcome the possible aversion to risk of farmers (or other adoption barriers) and to encourage them to make an additional investment to cover initial extra costs of conservation agriculture (ie. cultivation of oat as cover crop). This fact may explain why this practice is not widely adopted in the Fuquene watershed (Currently there are about 1800 ha implementing these practices of 16933 ha under potato production in the watershed. JW mentions that even when interest rates are low most traditional farmers need at least 15- 20% or more advantage to make a change worthwhile (Byerlee et al.) Therefore the revolving fund provides credits to farmers willing to implement conservation tillage in their potato-based production systems, and since 2005 it has incorporated about 180 small farmers every year and now uses the capital of the fund at its maximum capacity.