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Habiter autrement
Pour un urbanisme durable
Habiter autrement
Pour un urbanisme durable
3
L
’habitat constitue un facteur d’équilibre des ménages et
un élément d’attractivité pour le dynamisme économique
d’un territoire.
Le Conseil général de Maine-et-Loire s’est doté, dès janvier 2008
d’un Plan Départemental de l’Habitat précisant les objectifs en
matière de production et de réhabilitation de logements sur l’en-
semble du territoire. L’objectif de ce plan est également de faire
du Maine-et-Loire un département innovant en matière d’habitat
en l’intégrant dans une logique de développement durable.
Cette volonté se traduit à travers deux axes d’intervention :
-  La création de nouvelles zones d’habitat inscrites dans une
démarche de développement durable ;
- La promotion des énergies renouvelables dans l’habitat au tra-
vers des aides aux particuliers.
L’objet de cette publication est d’éclairer l’ensemble des acteurs
de la politique de l’habitat sur les outils mis à leur disposition par
le Conseil général pour accompagner, développer et aménager
de nouvelles zones d’habitat respectueuses de cette approche
environnementale.
Organisé en partenariat avec le CAUE, la SODEMEL et l’asso-
ciation ALISÉE le concours départemental d’urbanisme durable
figure parmi les actions d’accompagnement mises en œuvre par
le Département pour soutenir les communes dans leur politique
d’aménagement urbain.
Expérimenté en 2008-2009 sur huit communes du département
recouvrant la diversité des territoires urbains et ruraux, ce rendez-
vous organisé tous les deux ans, invite des architectes à conce-
voir de nouveaux quartiers respectueux de l’environnement.
Au-delà de la qualité des opérations présentées au fil de ces
pages, ce document est également un guide pour tous ceux qui
souhaitent s’engager dans cette démarche.
En contribuant à la promotion de nouvelles formes urbaines por-
tées par les collectivités et les acteurs de l’habitat, le Conseil
général affirme plus encore sa volonté d’impulser une politique
de l’habitat dynamique, innovante et adaptée aux spécificités de
tous les territoires.
Le Président du Conseil général de Maine-et-Loire
A
u cours de ces trente dernières années, par l’effet cumu-
lé de la pression démographique et d’un culte voué à la
maison individuelle, le paysage de la périphérie des villes
et villages de notre département s’est profondément dégradé.
Une génération de lotissements et de constructions diffuses a
marqué négativement de son empreinte un cadre de vie que
des siècles de développement urbain avaient épargné. Les for-
mes urbaines et les modes d’habiter ont participé d’une vraie
rupture. Pour ne pas y avoir pris garde, élus et professionnels
sont largement responsables de ce que seule la demande so-
ciale ne suffit pas à expliquer. Ainsi, la valeur patrimoniale et la
qualité du paysage n’ont pas été des arguments suffisamment
forts pour inverser une production du bâti étrangère à toute idée
de continuité, d’insertion ou d’harmonie collective. Rien n’y a
fait ! Pas même l’action quotidienne, pédagogique et inlassable
d’un CAUE soucieux, dès à l’origine de sa mise en place par le
Conseil général, de porter le message de la qualité de la Maison
et ses groupements*.
Peu à peu toutefois, l’idée impérieuse de la protection de l’en-
vironnement s’éveille dans les consciences et, l’urgence de la
sauvegarde planétaire s’imposant par évidence, la question du
développement durable devient cause commune et partagée.
L’urbanisation des territoires n’échappe pas au sursaut salutaire,
elle est même au premier rang, l’économie de l’espace recon-
sidérant l’étalement urbain, celle de l’énergie revisitant la forme
urbaine et l’architecture, le tout s’inscrivant, nécessairement,
dans une perspective de qualité retrouvée.
En partageant l’ambition du Plan Départemental de l’Habitat et
en contribuant très activement à la mise en place du concours
départemental d’urbanisme durable, le CAUE poursuit son en-
gagement pour la qualité de l’aménagement des nouveaux quar-
tiers et la maîtrise des projets urbains. Il constate la mobilisation
des élus et la compétence des professionnels, architectes, pay-
sagistes, bureau d’études, qui ont répondu à l’appel du Conseil
général et ouvert la voie à des pratiques nouvelles génératrices
de meilleures commandes et à des projets à nouveau inspirés.
Même si tout concours se solde par un palmarès, chaque propo-
sition réunie dans ce document mérite une considération parti-
culière, la réflexion, le travail et l’intelligence conceptuelle étant
un investissement pour l’avenir.
Christian GAUDIN
Sénateur de Maine-et-Loire, Président du CAUE
Préface
* Titre d’une exposition produite par le CAUE de Maine-et-Loire en 1980.
Politique de l’habitat : promouvoir de nouvelles formes urbaines
5
Sommaire
Présentation du Plan Départemental de l’Habitat
et du Concours d’urbanisme durable................................................................. p.6
Les partenaires...........................................................................................p.7
 Botz-en-Mauges.......................................................................................p.8
Programme.........................................................................p.9
Projet lauréat.......................................................................p.10
Projet 2...............................................................................p.12
Projet 3...............................................................................p.13
 Chalonnes-sur-Loire...............................................................................p.14
Programme.........................................................................p.15
Projet lauréat.......................................................................p.16
Projet 2...............................................................................p.18
Projet 3...............................................................................p.19
 Champtoceaux.....................................................................................p.20
Programme.........................................................................p.21
Projet lauréat.......................................................................p.22
Projet 2...............................................................................p.24
Projet 3...............................................................................p.25
 Corzé.......................................................................................................p.26
Programme.........................................................................p.27
Projet lauréat.......................................................................p.28
Projet 2...............................................................................p.30
Projet 3...............................................................................p.31
 Le Lion-d’Angers....................................................................................p.32
Programme.........................................................................p.33
Projet lauréat.......................................................................p.34
Projet 2...............................................................................p.36
Projet 3...............................................................................p.37
 Montreuil-Bellay......................................................................................p.38
Programme.........................................................................p.39
Projet lauréat.......................................................................p.40
Projet 2...............................................................................p.42
Projet 3...............................................................................p.43
 Saint-Georges-sur-Layon.......................................................................p.44
Programme.........................................................................p.45
Projet lauréat.......................................................................p.46
Projet 2...............................................................................p.48
Projet 3...............................................................................p.49
 Saint-Sylvain-d’Anjou.............................................................................p.50
Programme.........................................................................p.51
Projet lauréat.......................................................................p.52
Projet 2...............................................................................p.54
Projet 3...............................................................................p.55
Vocabulaire à l’usage des projets d’urbanisme durable...................p.57
Coordonnées des concepteurs.............................................................p.58
6
D
ans un contexte de pression foncière et immobilière, le
territoire départemental est confronté à une consomma-
tion significative de l’espace par une urbanisation de plus
en plus diffuse. Pour répondre à un risque d’étalement urbain
non maîtrisé et de ces effets sur le plan environnemental, le
Conseil général de Maine-et-Loire a arrêté au mois de janvier
2008 un Plan Départemental de l’Habitat, document initié par
l’article 68 de la loi ENL (Engagement National pour le Loge-
ment) et précisant les objectifs en matière de production et de
réhabilitation de logements sur l’ensemble du territoire dépar-
temental. Ce plan, inscrit dans un objectif de développement
durable, vise à garantir une cohérence territoriale à l’échelle du
département et une plus grande coordination des actions à met-
tre en œuvre pour apporter une réponse adaptée aux besoins
en logements.
Encourageant la mise en œuvre d’opérations inscrites dans des
projets d’urbanisme durable, le Plan Départemental de l’Habi-
tat a retenu deux orientations concernant le développement de
nouveaux quartiers :
- Diversifier les formes urbaines dans l’objectif d’une ges-
tion économe des sols.
Cette orientation a pour objectif de favoriser la production de
nouvelles formes d’habitat comme l’individuel groupé, le semi-
collectif et le petit collectif en dehors des centres urbains dans
les nouvelles zones d’habitat.
Elle se traduit dans la politique départementale de l’habitat par
la mise en œuvre du développement durable dans la production
de logements.
-  Développer une gamme de logements plus large pour
s’inscrire dans la dynamique souhaitée des marchés de
l’habitat.
Cette orientation en faveur d’une diversification de l’offre de
logements se traduit par des orientations sur la répartition ter-
ritoriale des différentes formes d’habitat : individuel, individuel
groupé, semi-collectif et collectif et par territoire.
Elle se traduit dans la politique départementale de l’habitat par
des actions en faveur d’une accession à la propriété avec les
formes d’habitat ciblées dans le Plan Départemental de l’Habitat
et de la production de logements locatifs sociaux durables.
La concrétisation de ces deux orientations s’est traduite à tra-
vers la mise en œuvre d’un accompagnement de l’aménage-
ment de nouveaux quartiers d’habitat avec une approche envi-
ronnementale.
Cet accompagnement est réalisé par les services du Départe-
ment en étroite collaboration avec le CAUE de Maine-et-Loire, la
SODEMEL et l’association ALISÉE pour le volet environnemen-
tal et énergétique.
Il comprend deux phases :
>  Établissement d’un programme d’urbanisme pour le futur
quartier réalisé par le CAUE et la SODEMEL
>  Organisation d’un concours d’urbanisme sur esquisse par
opération
Pour chaque projet, trois candidats ont réalisé un projet d’amé-
nagement au stade de l’esquisse.
Un lauréat par opération a été retenu à partir d’une analyse de
l’adéquation du projet aux orientations du Plan Départemental
de l’Habitat et au programme établi par la commune, mais aussi
sur la base de critères environnementaux et paysagers.
L’ensemble des lauréats des concours d’urbanisme communaux
participeront tous les deux ans au prix départemental de l’archi-
tecture et de l’aménagement concernant l’urbanisme durable.
Pour les années 2008 et 2009, une première expérimentation a
été réalisée sur huit communes du Département recouvrant la
diversité des territoires urbains et ruraux départementaux.
Chaque commune retenue relève d’une Communauté de com-
munes ou d’Agglomération conformément à la logique d’ac-
compagnement de projets de la politique départementale de
l’habitat :
> Botz-en-Mauges pour la Communauté de communes du can-
ton de Saint-Florent-le-Vieil,
>  Chalonnes-sur-Loire pour la Communauté de communes
Loire-Layon,
> Champtoceaux pour la Communauté de communes du can-
ton de Champtoceaux,
> Corzé pour la Communauté de communes du Loir,
> Le Lion-d’Angers pour la Communauté de communes de la
Région du Lion-d’Angers,
> Montreuil-Bellay pour la Communauté d’Agglomération Sau-
mur Loire Développement,
> Saint-Georges-sur-Layon pour la Communauté de commu-
nes de la Région de Doué-La-Fontaine,
> Saint-Sylvain-d’Anjou pour Angers Loire Métropole.
Les projets de nouveaux quartiers relèvent des deux typologies
principales en terme d’aménagement de zones d’habitat :
- La reconstruction de la ville sur la ville
Les projets relevant de cette typologie concernent la requalifica-
tion d’espaces urbains avec des éléments bâtis existants.
- L’extension urbaine avec des projets de création de nouveaux
quartiers dans la continuité de l’espace urbain existant.
Laurent Colobert
Chef du service Habitat et cohésion sociale
Conseil général de Maine-et-Loire
Présentation du Plan Départemental de l’Habitat
et du Concours d’urbanisme durable
7
Les partenaires
L
’engagement du CAUE en faveur d’une amélioration per-
manente du cadre de vie des habitants de Maine-et-Loire
s’est de longue date traduit par le privilège donné, dans les
missions de conseil et d’accompagnement, à la qualité de l’ur-
banisme, de la forme urbaine et du « vivre ensemble ». C’est le
sens du soutien apporté depuis trente ans aux élus territoriaux
et à leurs projets. Malgré cet attachement résolu, il faut bien
constater que l’urbanisation des campagnes, comme celle des
communes périurbaines, a révélé la pauvreté conceptuelle d’ex-
tensions désordonnées ou simplement guidées par la logique
pavillonnaire. Le lotissement, division foncière et mode juridi-
que d’organisation de l’espace, n’a pas affirmé qualitativement
le concept approprié de nouvelles formes d’habitat. Il fallait bien
tourner la page ! La nécessité du développement durable s’im-
pose, depuis quelques années (et quelques années seulement)
comme le vecteur salutaire d’une nouvelle approche de la ville
et de ses nouveaux quartiers. Le Plan Départemental de l’Habi-
tat est, en Maine-et-Loire, une illustration manifeste de ce chan-
gement de cap. Le concours d’urbanisme durable organisé par
le Conseil général prolonge cette dynamique sur 8 territoires
significatifs de la diversité de notre département. Il est bien évi-
dent que le CAUE devait y être associé et y fournir son énergie
et ses savoir-faire.
Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement
L
a SODEMEL est une société d’Économie Mixte dont le
rôle est de conduire des projets d’aménagement pour
les collectivités locales de Maine-et-Loire. Outre son sta-
tut particulier d’établissement public local, ses compétences
et sa sensibilité particulière aux questions environnementales
permettent aux élus de maîtriser l’ensemble du déroulement
des projets d’aménagement qu’il s’agisse de quartiers d’habi-
tation ou de parcs d’activités économiques. Avec pour objectifs
principaux, l’intégration des projets dans leur environnement, le
respect de la mixité sociale et la qualité urbaine et architecturale
des projets, la SODEMEL agit dans le cadre de convention de
concession et exerce un rôle d’ensemblier et d’animateur entre
les multiples intervenants.
Depuis une dizaine d’années, la SODEMEL a inscrit son action
dans le respect du développement durable et dans la prise en
compte des aspirations des populations au travers de l’anima-
tion des phases de concertation. Les avis qu’elle a formulés au
sein des groupes techniques du concours d’urbanisme durable
ont permis d’éclairer les jurys sur la prise en compte des as-
pects concrets du développement durable dans les projets qui
étaient présentés par les candidats. La SODEMEL a également
pu mettre au profit des maîtres d’ouvrage du concours départe-
mental d’urbanisme durable, son expérience juridique, techni-
que, administrative et financière en matière de montage et de
conduite de projets d’aménagement.
Société d’Équipement de Maine-et-Loire
C
réée en 1991, l’association ALISÉE (Association Ligé-
rienne d’Information et de Sensibilisation à l’Énergie et
à l’Environnement) conduit des actions dans les secteurs
de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables afin de
contribuer localement aux objectifs nationaux et internationaux
de réduction des émissions polluantes et de préservation des
ressources naturelles.
Pour ce faire, une équipe de conseillers en énergie et environ-
nement assure des missions de conseil, d’expertise et d’assis-
tance à maîtrise d’ouvrage lors de la conception de nouveaux
quartiers et la construction ou la rénovation de bâtiments.
L’urbanisme exerce un impact fort et de long terme sur les
transports et les logements, qui totalisent près de la moitié des
émissions de CO2
 !
Les programmes d’aménagement ont une incidence sur la
performance énergétique des bâtiments (potentiel d’ensoleille-
ment, surfaces déperditives), les déplacements (modes doux,
place de la voiture), et l’éclairage public (zones à éclairer, durées
d’éclairement) qui représentent un quart des dépenses énergé-
tiques des communes !
L’implication des futurs habitants (sensibilisation, concertation)
présente une opportunité pour favoriser l’appropriation des pro-
jets et des enjeux associés.
Dans le cadre du concours d’urbanisme durable, ALISÉE a ac-
compagné la commune de Corzé par une mission d’assistance
énergie et environnement pour l’aménagement d’un nouveau
quartier.
Alisée - Maîtrise de l’énergie et énergies renouvelables en Pays de la Loire
8
BOTZ-EN-MAUGES
Population > 793 Botzéens
Communauté de communes du canton de Saint-Florent-le-Vieil
Secteur A
(Ancienne usine)
Secteur B
(La Rabionnière)
Secteur C
1
2
N
	 Les différents sites à l’étude
1 	 Mairie
2 	 Ancienne usine
0 200 m
9
C
ommune rurale à dominante agricole, Botz-en-Mauges
est située dans la partie nord de la vallée de l’Evre. Elle
est distante d’Angers et de Nantes respectivement de
50 et 65 km. À l’écart des grands axes de circulation locaux,
le territoire communal est seulement traversé par la RD 752
Beaupréau - Varades, à un kilomètre du bourg. Seule une RD lo-
cale traverse le bourg et le relie aux communes voisines. Une
grande partie des voies restantes est en impasse jusqu’aux fer-
mes ou hameaux, elles se prolongent en chemins de terre et
créent rarement des boucles. Cette situation conforte la qualité
du paysage bocager et des vallées encaissées qui structurent le
paysage local et qui marquent l’identité communale.
Le périmètre d’étude se compose de trois parties distinctes
mais reliées entre elles par un cheminement de centre-bourg :
- Le secteur A correspond à une reconquête de friche indus-
trielle d’une ancienne usine de tarares, et comporte un terrain
en contrebas à urbaniser dans un second temps.
- Le secteur B, dit « La Rabionnière », correspond à l’extension
vers le nord du bourg et en particulier à un tissu urbain diffus ;
l’enjeu principal de son aménagement réside dans un désencla-
vement et la mise en relation directe avec le centre-bourg.
- Le secteur C, situé entre les deux précédents, le long du che-
min de la Croix de Pierre, aujourd’hui non aménagé et issu d’une
désaffection de terrains industriels.
Objectifs généraux et scénario d’aménagement
Les deux nouveaux quartiers devront notamment proposer des
espaces de vie collective valorisant l’environnement et le lien
social, et optimiser la gestion des eaux de pluie en tenant comp-
te de la topographie.
L’enjeu de la consultation est avant tout de réussir à mettre en
œuvre un projet urbain de qualité qui évite le simplisme de l’ur-
banisme pavillonnaire. Les équipes devaient s’attacher à propo-
ser un projet phasé, fonctionnel et cohérent avec des exigences
d’équilibre financier.
Sur le secteur A  : autour d’une ancienne usine de tarares
construite au début du xxe
siècle et disposant d’un beau volume
intérieur de 800 m2
(que la commune souhaite réhabiliter sous
forme de halle-vestige abritant des petits programmes), le pro-
gramme consiste à réinvestir un site de friche industrielle pour
implanter une typologie d’habitat en continuité directe avec le
tissu bâti traditionnel du centre-bourg, ses services, et l’ouvrir
sur le grand paysage du sud-est de la commune. La revalorisa-
tion de la halle devant permettre de requalifier de manière inat-
tendue mais décisive ce vaste secteur de centre-bourg.
Sur le secteur B : l’enjeu urbain est tout autre. C’est celui de
réaliser une extension urbaine en frange de bourg et sur des ter-
rains agricoles, au moyen d’une économie de l’espace foncier et
d’un raccordement efficace avec la trame viaire existante.
La typologie de l’habitat devant y être moins dense que sur le
secteur de l’usine.
Pour autant, l’enjeu est de garantir à la fois une hiérarchie des
formes d’habitat dans la composition urbaine, mais aussi une
centralité aux quartiers (un lieu fédérateur, reconnu) et la possi-
bilité de disposer d’espaces publics conviviaux, lieux de rencon-
tres, buts de promenades ou points d’observation du paysage,
pouvant être en lien avec les exigences de gestion des eaux de
surface.
Le nombre total de logements estimé, au stade du programme,
est d’au moins 81 avec une répartition conforme aux exigences
du Plan Départemental de l’Habitat de Maine-et-Loire, soit 2/3
d’individuels et 1/3 de groupés.
FG
(Extrait du document programme - avril 2009)
Repenser la croissance urbaine du bourg
Programme
Botz-en-Mauges
L’ancienne usine « Cobatel » vue depuis la rue de la Croix de Pierre
10
Projet lauréat
Labatut Architectes Associés, architecte mandataire
De Long en Large, paysagiste - Pragma Ingénierie, BET VRD
Plan de masse du projet d’aménagement
1 	 Le bassin de récupération des eaux pluviales
2 	 La coulée verte du secteur
3 	 Le lavoir (existant)
4 	 Le chemin d’accès de la Haute Souchaie
5 	 La rue d’accès de la Basse Souchaie
6 	 Jardins familiaux (existants)
7 	 L’ancienne usine de tarares
8 	 Le parvis sud et les jardins successifs
9 	 La position du belvédère sur la partie sud du bourg
N
1
2
3
4
5
6
7
8
9
11
Botz-en-Mauges
Secteurs de La Rabionnière et de l’ancienne usine
Paroles d’élu«Dimanche 14 juin 2015 : Promena-
de… […] On arrive dans le bourg.
La rue de la Croix-Rouge a été réa-
ménagée il y a quelques années. Les trot-
toirs sont larges et nous emmènent serei-
nement vers la venelle des petits jardins
situés au cœur de l’îlot. […] On passe à
l’arrière de la supérette et au débouché
d’une dernière ruelle étroite, on arrive sur
la rue de la Mairie. D’ici s’offre à nous le
bâtiment [de l’ancienne usine de tarares].
Restructuré récemment, le bâtiment a
conservé son charme avec ses vieux
murs de pierres et ses encadrements
de fenêtres en briques. C’est toujours
étonnant de voir la tête de nos amis qui
découvrent ce bâtiment pour la première
fois car en sortant de la ruelle étroite, on
ne s’attend pas à ça ».
Extrait de la notice projet
L
e projet d’aménagement des nou-
veaux quartiers est compris à
l’échelle de l’agglomération. Il re-
pose sur une hiérarchie claire des circu-
lations et des entrées aux trois sites et
privilégie les circulations douces pour les
trajets de courtes distances, notamment
vers le centre-bourg. Pour appuyer cet
objectif, une « promenade centrale » est
imaginée comme axe structurant du nou-
veau quartier. Elle permet la gestion et la
régulation hydraulique en tirant parti des
infrastructures existantes (fossé agricole,
plan d’eau en point bas), et est investie
du rôle de réserve foncière et de lieu
d’agrément à l’échelle de la commune.
Le découpage parcellaire repose ensuite
sur les contraintes de relief et les orienta-
tions naturelles imposées par la pente, la
préservation des haies et des chemins les
plus intéressants. Il offre une géométrie
régulière en lanières. Les tailles de parcel-
les varient de 400 à 2 000 m2
, les plus peti-
tes étant en continuité du bâti du bourg et
participant de la continuité de sa densité.
La halle industrielle est restructurée par un
triple programme comprenant une salle de
loisirs, un jardin public semi ouvert et un
restaurant. Tout autour, de vastes parvis
(5 séquences de jardins) étagent le terrain
en pente douce et largement ouvert sur
le grand paysage de la commune. 	 FG
Plan de réaménagement de l’usine
Coupe longitudinale sur le secteur de l’ancienne usine et les espaces publics alentours
Quelques chiffres (La Rabionnière)
- Superficie aménagée par le projet > 61 860 m2
- Surfaces cessibles du projet > 35 860 m2
- Nombre de logements envisagés > 50
- Ratio surface cessible / surface de projet > 58 %
- Densité brute > 8 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) > 14 log/ha
- Répartition des types d’habitations (ensemble des secteurs) > 68 % de logements
individuels, 25 % de groupés, 7 % de collectifs ou semi-collectifs
- Stationnement > sur les parcelles et en plusieurs regroupements à l’écart de la voirie principale
Geneviève GAZEAU
Maire de Botz-en-Mauges
Quelles sont les motivations qui ont poussé
la commune à s’engager dans la démarche
du concours d’urbanisme durable proposé
conjointement par le Conseil général et le
CAUE de Maine-et-Loire ?
La commune avait déjà deux projets, l’un
concernant une friche industrielle et l’autre un
nouveau lotissement. Nous avons établi une
programmation à court et moyen terme avec
l’aide du CAUE associant les deux sites tout
en intégrant un troisième secteur intermédiai-
re. Nous avons défini plusieurs objectifs  : la
qualité de vie et la mixité sociale. Ces derniers
correspondaient aux orientations du concours
départemental dans lequel la commune s’est
alors inscrite.
Quels sont les enseignements tirés de cette
expérience ?
Botz-en-Mauges est une petite commune qui
n’est pas habituée à des projets de cette im-
portance. Il est donc indispensable d’être sou-
tenu et conseillé par des professionnels de l’ur-
banisme et de l’architecture tout au long de la
démarche, dès les premières réflexions. Dans
l’organisation même du concours, la rencontre
avec les équipes candidates sur le terrain s’est
avérée très enrichissante. L’échange, la com-
paraison des points de vue et des idées est
indispensable pour nourrir le projet. Demain,
si la commune doit porter un projet de cette
envergure, il est évident qu’elle aura recours
au concours d’urbanisme.
12
Projet 2
François Minier, architecte urbaniste mandataire - Guillaume Sevin, paysagiste - Soderef, BET VRD
«[…] Un aménagement fait de pro-
menades, de traverses, de placet-
tes arborées, de jardins partagés,
et imprégné du caractère des hameaux à
l’image du lieu-dit La Bolinière, des am-
biances champêtres en relation avec la
campagne toute proche où les saisons et
les usages sont révélés par l’odeur de la
fauche, la floraison des prairies. […]
Les parcelles de plus de 50 m de profon-
deur et supérieures à 700 m2
peuvent être
recoupées et accessibles par les fonds de
jardins grâce à la présence initiale de tra-
verses. Ce quartier pourra évoluer intrin-
sèquement, se densifier, se rajeunir, se re-
nouveler tout en gardant sa trame originelle
et sans extension foncière extérieure. »
Extrait de la notice projet
L
a gestion des eaux de surface (tam-
ponnement dans des «  franges
vertes  » disposées régulièrement),
les orientations du bâti (le plus souvent
nord / sud), la gestion des déchets, les dif-
férents modes de déplacement (chemine-
ments doux distincts des chaussées et au
sein des franges vertes), les limites entre
espace public et espace privé, le phasage,
sont autant de cibles environnementales
étudiées dans la proposition urbaine. Le
projet propose, dans un des deux quar-
tiers, de regrouper systématiquement le
stationnement résidentiel à l’entrée de
« hameaux » comptant neuf logements,
dans des structures en bois et pierres
(gabions) recouvertes de végétation. Un
choix qui doit permettre aux cyclistes et
piétons de se réapproprier les espaces pu-
blics résidentiels et réduire les nuisances
sonores au plus près des habitations.
Quant à l’usine, elle est réinvestie par de
petits programmes d’équipements qui
s’installent dans des constructions im-
briquées entre intérieur et extérieur de
manière à laisser la halle ouverte au che-
minement public. Des « modules » auto-
nomes qui devront répondre aux exigen-
ces de maîtrise des ponts thermiques, et
un choix de transformation architecturale
audacieux. FG
Botz-en-Mauges
Illustration de la restructuration de l’ancienne usine accueillant
différents petits équipements publics
Quelques chiffres (La Rabionnière)
- Superficie aménagée par le projet > 59 575 m2
- Surfaces cessibles du projet > 38 515 m2
- Nombre de logements envisagés > 66
- Ratio surface cessible / surface de projet > 65 %
- Densité brute > 11 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) > 17 log/ha
- Répartition des types d’habitations (ensemble des secteurs) > 72 % de
logements individuels, 16 % de groupés, 12 % de collectifs ou semi-collectifs
- Stationnement > regroupé à l’entrée de hameaux ou à la parcelle
Plan global des volontés d’aménagement
N
13
Projet 3
Atelier Ruelle, architecte paysagiste urbaniste, mandataire - Cabinet Bourgois, BET VRD et Environnement
«L’enracinement du projet urbain
se mesure en fonction de ce qu’il
apporte à la commune. Ce qu’il ap-
porte à la commune, nous croyons que
cela se traduit en termes de plaisir du
lieu : plaisir d’usage, plaisir de déambula-
tion, plaisir des yeux… Plaisir d’habiter, et
donc plaisir de vivre là. »
Extrait de la notice projet
L
a friche industrielle fait l’objet d’un plan
de gestion dans lequel est aménagé,
à l’emplacement des bâtiments dé-
molis, un jardin dépolluant enclos fonction-
nant sur le principe de la phytoremédiation.
La partie basse du site est alors soustraite
à la constructibilité de façon à redonner une
« noblesse » au belvédère vers le sud et à la
silhouette du bourg de Botz. L’ancienne usi-
ne accueille en deux temps deux program-
mes : c’est tout d’abord une halle ouverte
non chauffée, et un restaurant de plain-pied
avec sa terrasse au sud, puis elle est réa-
ménagée pour devenir salle polyvalente. Le
secteur de la Rabionnière accueille des par-
celles étirées le long des courbes de niveau,
de façon à ce que les voies soient dans la
pente. Au centre de la composition fonciè-
re, une grande pelouse est investie du rôle
de jardin public, espace de rencontres et de
jeux d’enfants où pourront venir s’implanter
plus tard de petits immeubles collectifs. En-
fin, l’équipe propose le concept de « rues à
vivre », c’est-à-dire des zones de rencontres
ou voies semi piétonnes étroites et enca-
drées par des tranchées drainantes et par
les jardins privatifs. FG
Botz-en-Mauges
Quelques chiffres (La Rabionnière)
- Superficie aménagée par le projet > 61 000 m2
- Surfaces cessibles du projet > 38 900 m2
- Nombre de logements envisagés > 98
- Ratio surface cessible / surface de projet > 64 %
- Densité brute > 16 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) >
25 log/ha
- Répartition des types d’habitations
(ensemble des secteurs) > 45 % de
logements individuels, 37 % de groupés, 18 %
de collectifs ou semi-collectifs
- Stationnement > À la parcelle et en
longitudinal sur les voies principales
Illustrations avant / après de la façade sud du village
Plan général des aménagements
N
1
2
3
4
5
6
4
3
1 	 Grande pelouse
2 	 Allée bocagère
3 	 Cheminements piétons
4 	 Voies de desserte résidentielle
5 	 Ancienne usine
6 	 Jardins familiaux (existants)
CHALONNES-SUR-LOIRE
Population > 6 143 Chalonnais
Communauté de communes de Loire-Layon
N
14
Quartier des Ligerais
15
E
ntamée dans les années 1990, l’urbanisation du secteur
du « Grand Coteau » s’est développée au sud-ouest de
l’agglomération en trois tranches successives selon le
modèle conventionnel des lotissements pavillonnaires.
L’aménagement du quartier des Ligerais, dont l’emprise foncière
de 6,8 ha est entièrement maîtrisée par la commune, constitue
l’ultime étape dans l’urbanisation de ce secteur limité dans sa
partie est par le vallon de l’Armangé et dont la topographie est
marquée par des pentes pouvant atteindre jusqu’à 15 %.
Une des caractéristiques principales des Ligerais tient ainsi à sa
position dominante sur le vallon d’Armangé où le coteau donne
naissance à une série de talwegs perpendiculaires au vallon en-
gendrant une succession de micropaysages où résurgences ro-
cheuses et végétation indigène accompagnent un fort dénivelé
mais aussi au remarquable panorama qu’il offre au lointain sur la
confluence de la Loire et du Layon.
Affirmant sa volonté de rompre avec un modèle d’urbanisation
trop souvent guidé par un strict découpage parcellaire, la munici-
palité de Chalonnes-sur-Loire a souhaité que l’aménagement de
ce nouveau quartier s’en démarque tant par la recherche d’une
plus grande diversité typologique que par la qualité de la forme
urbaine produite et la mise en œuvre d’une démarche environ-
nementale exemplaire.
S’inscrivant pleinement dans les orientations du Plan Départe-
mental de l’Habitat en cherchant à diversifier les formes d’ha-
bitat, à favoriser une véritable mixité sociale et en offrant les
conditions nécessaires à une meilleure prise en compte des
exigences environnementales, un des enjeux majeurs du pro-
jet consiste à concevoir un quartier où l’organisation parcellaire,
l’implantation du bâti et le traitement des espaces publics ne
subissent pas, mais tirent au contraire parti des caractéristiques
physiques et spatiales du site.
Les enjeux du projet
> L’habitat
- Développer une offre diversifiée de typologies d’habitat.
- Favoriser une réelle mixité sociale.
Capacité d’urbanisation estimée : 75 à 85 logements.
Répartition : 40 % de logements groupés, 50 % de lots libres
(selon un large éventail de surfaces parcellaires), 10 % de loge-
ments collectifs ou semi-collectifs.
> Le site
- Conforter les caractéristiques naturelles du site notamment
dans ses rapports au paysage environnant.
- Concevoir des aménagements favorisant la préservation de
la biodiversité et la capacité de gestion des eaux pluviales.
> La forme urbaine
- Mettre en place les conditions d’une adaptation soignée du
bâti et des infrastructures au relief singulier du site.
- Optimiser le dimensionnement des voies dans l’objectif d’un
partage équilibré des usages.
- Assurer la connexion du quartier avec le reste de l’agglomé-
ration chalonnaise en garantissant la diversité des modes de
déplacement et la sécurité des habitants.
- Mettre en œuvre des règles d’implantation du bâti et de trai-
tement des limites favorisant la maîtrise du paysage urbain
et l’harmonie des relations entre espace privatif et espace
public.
- Favoriser l’appropriation des espaces publics en les conce-
vant comme de véritables lieux de promenades offerts à l’en-
semble des habitants.
Les moyens du projet
Afin d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée, la commune a dé-
cidé de confier à l’équipe lauréate de la consultation une mission
globale comprenant : la maîtrise d’œuvre complète des espaces
publics, l’élaboration d’un cahier de prescriptions architecturales,
environnementales et paysagères ainsi qu’une mission d’assis-
tance auprès des constructeurs et de suivi des projets afin d’en
garantir la conformité avec les objectifs du programme.
FT
Quartier des Ligerais
Programme
Chalonnes-sur-Loire
16
Projet lauréat
Atelier Cité Architecture, architecte urbaniste mandataire - CSD AZUR BET Environnement - Atelier LD BET VRD
«Le but de l’étude n’est ni de pro-
poser un projet reproductible ni un
projet emblématique mais de dé-
montrer que les alternatives existent  ;
alternatives qui peuvent permettre de
construire dans le cadre des règlements
et des habitudes, une ville désirable, ha-
bitable et moins consommatrice de res-
sources. »
Extrait de la notice projet
L
e projet repose sur la trame végé-
tale existante qu’il entend conforter
et sur laquelle il s’adosse en « réin-
ventant » un nouvel écosystème. C’est la
rupture principale avec le mode d’urba-
nisation antérieur et voisin. L’espace est
recomposé dans le principe de chambres
bocagères affectées soit à l’habitat, soit
aux espaces ouverts, soit aux réserves
foncières. C’est ainsi l’espace public et
le patrimoine végétal à gestion publique
qui constituent l’ossature du quartier et lui
donnent sa cohérence dans le « grand pay-
sage », caractéristique majeure du site. Le
maillage végétal participe aussi de l’ouver-
ture sur les quartiers environnants et la
persistance de sa relation avec le paysage
de la vallée, deux chambres étant affec-
tées à des usages ouverts aux habitants,
terrain de sports et jardins familiaux. Le
parcellaire s’y déploie en occupant seule-
ment 27% du site compte tenu de larges
délaissés, sur des surfaces moyennes de
l’ordre de 300 m2
mais susceptibles d’être
largement adaptées. 86 logements sont
ainsi constitutifs du nouveau quartier dont
42 individuels, 29 individuels groupés et
15 collectifs ou intermédiaires.
Simulation de composition urbaine et architecturale fondée sur l’optimisation thermique des
enveloppes (compacité, végétalisation, orientation).
N
17
Chalonnes-sur-Loire
Quartier du Ligerais
Paroles d’élu
Quelles sont les motivations qui ont poussé
la commune à s’engager dans la démarche
du concours d’urbanisme durable proposé
conjointement par le Conseil général et le
CAUE de Maine-et-Loire ?
La nouvelle équipe municipale élue en 2008
s’est engagée à développer la commune en
appui sur des préoccupations d’ordre environ-
nemental. Le projet élaboré sur le site, prêt à
être réalisé, ne correspondait pas à ses choix
d’urbanisation. Les capacités d’expansion de
Chalonnes fortement conditionnées par le re-
lief, les surfaces inondables, et l’imbrication
ville-vignoble, font que le secteur des Ligerais
est parmi les derniers espaces urbanisables
d’une telle importance dans l’agglomération.
C’est pourquoi la municipalité a décidé de re-
mettre en cause le processus en cours. L’ap-
pel à projet lancé par le Conseil général, en
parfaite correspondance avec nos aspirations,
s’est trouvé par un heureux concours de cir-
constances, en concomitance avec le change-
ment d’orientation décidé pour ce futur quar-
tier à forts enjeux.
Quels sont les enseignements tirés de cette
expérience ?
Nous avons apprécié la diversité des réponses
apportées par les 3 équipes concurrentes rete-
nues parmi 25 candidatures. Les propositions
étaient très différentes sous certains aspects
tels que les formes urbaines, et assez conver-
gentes sur d’autres, tels la gestion des eaux
pluviales, ou le travail sur la voirie. Une premiè-
re analyse des esquisses n’a pas permis de dé-
gager une préférence et a nécessité du recul
vis-à-vis de l’image. Un examen plus appro-
fondi et l’entretien avec les équipes a favorisé
une meilleure compréhension des intentions
exprimées, mais aussi d’estimer la capacité
d’écoute des différents cabinets, et d’appré-
cier les marges d’évolution des projets.
La difficulté pour l’élu reste de se prononcer
pour un seul projet et une seule équipe, car
il va engager la commune pour plusieurs dé-
cennies. Mais la diversité du jury, par le niveau
du débat qu’elle autorise, est une richesse, et
rassure au final sur le choix arrêté.
Jacques CHAZOT
Adjoint à l’urbanisme
à Chalonnes-sur-Loire
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 61 393 m2
- Surfaces cessibles du projet > 24 116 m2
- Nombre de logements envisagés > 86
- Ratio surface cessible / surface de projet > 35 %
- Densité brute > 13 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) > 35 log/ha
- Répartition des types d’habitations > 49 % de lots libres,
34 % de logements groupés, 17 % de collectifs ou semi-collectifs
Une organisation sur le principe d’îlots
suppose une mixité d’usage et de fonc-
tion, associant une grande rigueur d’im-
plantation sur la parcelle et une généro-
sité de l’espace public. Raccordée au
giratoire d’entrée de ville au creux du
talweg et connectée au Grand Coteau
voisin, la voirie desservant le nouveau
quartier n’en reste pas moins prioritaire-
ment secondaire (3,5 mètres d’emprise
de voie) en développant un parcours dont
la segmentation, appuyée sur la trame vé-
gétale, contrarie le risque d’un usage de
la voie comme axe de transit. BL
L’ossature de la
composition urbaine est
donnée par la constitution d’une
trame bocagère participant également à la
préservation des éco-systèmes et à la gestion de l’eau.
La trame végétale
définit alors des « chambres
bocagères » dans lesquelles s’inscrivent
îlots bâtis et espaces naturels.
Recherche de mixité
typologique associant variété
des gabarits et des écritures
architecturales.
18
Projet 2
Atelier Espace Temps, architecte urbaniste mandataire - Ecce Terra, paysagistes - Sogreah, bureau d’études VRD
Chalonnes-sur-Loire
«L’émergence d’un nouveau quartier
doit être conçue de manière à ce
que celui-ci soit agréable à vivre et
qu’il permette une appropriation de l’es-
pace. Sur le territoire d’étude, l’environ-
nement est particulièrement attrayant et
doit être au cœur de la réflexion afin de
favoriser la promenade et l’usage des es-
paces extérieurs, qu’ils soient privés ou
publics. »
Extrait de la notice projet
E
n écho d’une analyse environne-
mentale et paysagère approfondie,
le parti d’aménagement retenu sup-
pose une modification du périmètre de
l’opération et un nouveau tracé pour la voie
de contournement. Dans ces conditions,
le projet intègre l’ensemble du talweg qui
devient l’axe principal de composition,
coulée verte structurante. La trame viaire,
principale et secondaire, épouse la topo-
graphie en facilitant l’accès aux parcelles
et limitant les effets de terrassement.
L’élargissement de l’emprise (11,5 ha au
lieu de 6,8) induit une offre de logements
supérieure à celle du programme (28 lo-
gements supplémentaires). Le projet in-
tègre une typologie d’habitat originale, au
cœur des coulées vertes, par la disposi-
tion de constructions implantées dans un
espace collectif non clos, non accessible
à l’automobile et potentiellement autogé-
rées. Globalement, l’opération dispose
de 56 % de constructions sur lots libres,
29 % en habitat groupé et 15 % en habitat
intermédiaire.
Les principes de développement durable
sont largement déclinés tant dans leur di-
mension environnementale que sociale,
comme l’attestent la présence de coulées
vertes facilitant la gestion des eaux pluvia-
les et génératrices d’espaces publics ap-
propriables et une mixité de l’habitat dont
les différentes typologies sont réparties
sur l’ensemble du nouveau quartier.
BL
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 114 500 m2
- Surfaces cessibles du projet > 49 000 m2
- Nombre de logements envisagés > 137
- Ratio surface cessible / surface de projet > 43 %
- Densité brute > 12 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) > 28 log/ha
- Répartition des types d’habitations > 56 % de
lots libres, 29 % de logements groupés, 15 % de
collectifs ou semi-collectifs
N
19
Projet 3
Univers, architecte urbaniste mandataire - Cabinet Bourgeois, BET environnement et VRD
Chalonnes-sur-Loire
«Ce concours donne l’occasion de
créer une urbanité différente, il-
lustrant la dualité entre l’image ur-
baine de base calquée depuis quelques
décennies et une campagne préservée.
Notre volonté est de rompre avec cette
image urbaine existante et de dessiner,
d’inventer un nouveau modèle urbain à
Chalonnes-sur-Loire, en intégrant une
typologie, une densité, une mixité nova-
trice sur cet espace singulier. »
Extrait de la notice projet
L
e projet est construit à partir d’une
colonne vertébrale, «  le Cours  »,
axe de circulation distribuant le site,
fédérant tous ses usages et formant un
front urbain structurant, en belvédère
dominant la vallée de l’Armangé et le
paysage alentour. C’est aussi à partir
de cet axe que s’organisent le raccor-
dement avec les voies existantes et la
liaison de l’urbanisation nouvelle vers la
ville ou les quartiers avoisinants. C’est
enfin depuis ce cours que se distribuent
trois hameaux qui constituent, en revers
de la bande construite en ligne de crêtes
et ses « sentinelles » dominant la vallée,
l’interface avec l’urbanisation existante et
l’offre principale de logements. Ils asso-
cient le plus possible lots libres, groupés
ou intermédiaires, en faveur d’une mixité
sociale et d’une forme urbaine conviviale
laissant une large part à un espace public
recélant un potentiel de biodiversité que
la gestion différenciée devrait contribuer
à conforter.
Cet attachement à la nature s’exprime
également par le traitement aérien de
l’eau pluviale et la création conséquente
de zones humides liées à la noue princi-
pale et aux fossés affluents. Il participe
enfin au privilège donné aux liaisons dou-
ces, l’axe principal étant doublé d’une
circulation exclusivement réservée aux
piétons et aux cyclistes. BL
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 67 740 m2
- Surfaces cessibles du projet > 34 500 m2
- Nombre de logements envisagés > 83
- Ratio surface cessible / surface de projet > 51 %
- Densité brute > 12 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) >
24 log/ha
- Répartition des types d’habitations > 56 %
de lots libres, 37 % de logements groupés, 7 %
de collectifs ou semi-collectifs
N
CHAMPTOCEAUX
Population > 2 216 Castrocelsiens
Communauté de communes canton de Champtoceaux
N
20
La Loire
Le site à l’étude
en centre-bourg
0 150 m
21
L
a commune est située sur un coteau dominant la Loire.
Elle est distante d’Angers et de Nantes respectivement
de 45 et 40 km. Elle est surtout, historiquement située
aux confins de l’Anjou et de la Bretagne, et compte, outre un
riche passé antique, une citadelle médiévale (dont il reste des
vestiges). Le Moulin Pendu, sur la Loire, ouvrage des xiiie
et xive
siècles est classé monument historique depuis 1975.
Elle compte environ 2 200 habitants localisés principalement
dans le bourg et dans de nombreux hameaux dont celui, typi-
que, de La Patache sur les bords de Loire.
Objectifs généraux et scénario d’aménagement
Le futur quartier, situé en centre-bourg, doit s’inscrire dans une
démarche environnementale exemplaire. L’objectif premier est
de créer un renouvellement urbain cohérent et en harmonie
avec le territoire existant, tout en mettant en avant un certain
nombre de principes « novateurs » qui visent à minimiser l’im-
pact de l’urbanisation sur l’environnement, et permettent aux
futures constructions de maîtriser l’énergie et d’utiliser les éner-
gies renouvelables. Cette nouvelle réalisation devra créer des
espaces de vie collective valorisant l’environnement et le lien
social et optimiser la gestion des eaux de pluie.
En faisant l’acquisition de la propriété Denis (grande parcelle
centrale de 2 600 m2
), la commune s’est engagée à réaliser un
programme de logements pour personnes âgées dans l’encein-
te des jardins de l’îlot. La localisation de cette propriété se prête
en effet à ce type d’affectation : en cœur de bourg et à proximité
des principaux services et commerces.
La nature des lieux est également favorable au développement
d’un programme maîtrisé tant sur le plan de l’urbanisme que
sur ceux du paysage et de l’architecture. Elle est assurément
prétexte à l’engagement d’une démarche originale destinée à
construire un nouveau quartier d’habitat au cœur des jardins.
En cœur de bourg, ces jardins forment un ensemble de grande
qualité et d’une grande sensibilité.
La trame foncière soulignée par un réseau de venelles et de
murs en pierre est la force et la structure du paysage. Le végétal
donne aux lieux leur caractère et leur ambiance : jardins de dé-
tente ou jardins vivriers, arbres d’agrément et arbres fruitiers.
Le bâti, bien que très hétéroclite, propose un jeu de volume et
d’échelle très intéressant. La pierre et la tuile ajoutent à la qualité
des constructions les plus traditionnelles et les plus anciennes.
Sur le plan de l’usage des lieux, au-delà de la stricte dimension de
l’habiter, se pose la question de la circulation et de l’accessibilité.
Les qualités des lieux nous incitent à la plus extrême vigilance.
La trame foncière semble vouloir guider la démarche et s’impose
comme l’armature du projet paysager et urbain, le cadre au sein
duquel il convient d’imaginer l’avenir dans le respect du site.
La réflexion doit intéresser la totalité du secteur et définir les
lieux d’intervention ainsi que les modalités opératoires afin de
garantir la cohérence du projet.
> Une trame foncière qui s’impose au projet comme sys-
tème d’accueil et d’organisation.
> Un projet contemporain qui conserve et met en valeur la
mémoire des lieux.
> Un mode d’habiter original, en harmonie avec l’esprit du
site : Habiter un jardin
Le principe d’une circulation des véhicules dans un sens unique
sud-nord a été retenu. Toutefois cette circulation se fera selon des
modalités non routières : il pourra par exemple être proposé un
aménagement répondant aux critères d’une zone de rencontre.
Sur la propriété Denis et sur les parcelles voisines sont quanti-
fiés neuf logements adaptés pour personnes âgées, avec gara-
ges pouvant servir de cellier ou de remise en l’absence de vé-
hicule. Logements devant être ensuite confiés à un concepteur
par un maître d’ouvrage bailleur social.
FG
(Extrait du document programme - avril 2009)
Construire entre les murs
Programme
Champtoceaux
Vue du site en juillet 2007 montrant les linéaires de clôture et la végétation.
22
Projet lauréat
Nolwen Dulieu, architecte urbaniste mandataire - Agence 7 Lieux, paysagistes - GCA Ingéniérie, BET VRD
«La qualité du site est donnée par
l’échelle intime des jardins exis-
tants, qui contraste avec les vues
généreuses et vastes sur l’église Sainte
Madeleine et les maisons imbriquées en-
tre elles de la rue principale (rue Hippolyte
Maindron et Margueritte de Clisson). »
Extrait de la notice projet
L
e projet propose un jardin public en
centre-bourg. Il offre une nouvelle
perspective axée sur l’église selon
une orientation nord-sud et fait le lien entre
deux quartiers avec un aménagement pay-
sager permettant de concilier exigences
environnementales (noues ouvertes, circu-
lation douce), exigences privatives (murs
séparatifs préservés) et respect d’une par-
tie de la trame foncière historique.
Les parcelles destinées à recevoir les ha-
bitations pour personnes âgées (8) sont
de petite dimension, tant en largeur qu’en
longueur (8 m x 16 m), contrainte urbaine
d’autant plus délicate qu’elles reçoivent
également le garage destiné au station-
nement des véhicules mais répondant au
souhait de promouvoir une densité d’ha-
bitabilité particulière de cœur d’îlot.
Cinq principes ont guidé le projet d’amé-
nagement :
- La volonté de structurer l’espace public
jardiné par le truchement des murs main-
tenus et développés.
- La conception d’un habitat mariant es-
pace intérieur de la parcelle et parcours
végétalisé de l’espace public, « habiter un
jardin », le « jardin de l’eau ».
- L’articulation du projet avec le centre-
bourg et la mise en valeur de la cour des
Mariniers et la place de l’école par l’affir-
mation des porosités piétonnes existan-
tes.
Périmètre d’étude
ESPACES PUBLICS
Place(ette) publique
Plateau partagé
Voirie
Viviers
Espace paysager
Vivriers en location
Jardins privatifs
ACTIVITÉS, REPÈRES ET LIENS
Activités commerciales et services
Point de repère visuel
Continuité piétonne
Axe visuel
Entrée logement
N
Inscription du projet dans le tissu urbain
23
Champtoceaux
Construire entre les murs
Paroles d’élu
Quelles sont les motivations qui ont poussé
la commune à s’engager dans la démarche
du concours d’urbanisme durable proposé
conjointement par le Conseil général et le
CAUE de Maine-et-Loire ?
À la fin des années 1970, la municipalité man-
que quelques opportunités foncières qui ont
bloqué tout projet en centre-bourg. Forte de
l’acquisition d’une propriété de 3500 m2
et
d’une habitation, la nouvelle municipalité en-
gage une réflexion globale sur l’îlot enclavé du
centre-bourg. Sans le dénaturer, l’objectif est
d’ouvrir le secteur, de créer des pavillons pour
personnes âgées et des accès aux commer-
ces. Seule, la commune n’aurait pu aborder de
front les problématiques foncières, celles de
l’habitat et de l’urbanisme. Au-delà du finance-
ment, le PDH offre cette aide technique.
Quels sont les enseignements tirés de cette
expérience ?
Il s’agit d’une expérience enrichissante. Conçu
en sept phases, le projet retenu est évolutif
et représente un budget important pour notre
commune. Le temps des études, indispensa-
ble, est long ; habitants et élus montrent des
signes d’impatience quant aux délais de réa-
lisation. De plus, il y a parfois un écart entre
le souhait des gens et le projet architectural.
Un travail pédagogique, d’abord auprès des
élus, puis des habitants, est nécessaire pour
expliquer l’intérêt des études, mais aussi en
quoi la façon traditionnelle de concevoir des lo-
tissements ne correspond plus aux exigences
environnementales actuelles.
Point de vue sur le jardin de l’eau
Coupe B, est-ouest
Jean-Yves BOURGEAIS
Maire de Champtoceaux
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 7 770 m2
- Surfaces cessibles du projet > 4 700 m2
- Nombre de logements envisagés > 20
- Ratio surface cessible / surface de projet > 60 %
- Stationnement > La voiture pénètre jusqu’à la parcelle, la maison intègre un garage.
Du stationnement groupé est ponctuellement proposé sur l’espace public.
- Le respect de l’épanelage du cœur d’îlot
et la valorisation des perspectives : l’axe
majeur du jardin de l’eau s’accroche vi-
suellement au signal du clocher.
- La maîtrise de l’impact environnemental
en termes d’économie de l’espace foncier
(les emprises de voirie sont minimisées),
d’intégration dans le paysage urbain, de
confort et d’usage (offre du jardin public
central), de maintenance, de gestion des
eaux pluviales, de l’énergie, de gestion
des chantiers et des déchets, enfin en
termes de déplacements. FG
Point de vue sur le passage des Mariniers
24
Projet 2
Archidée, Patrice Métivier, architecte paysagiste mandataire - Ingénierie TUGEC, BET VRD
Inddigo, ingénierie du développement durable
Champtoceaux
«Une évolution des comportements,
en particulier pour la réduction de la
consommation des ressources na-
turelles, passe nécessairement par une
compréhension des enjeux par les habi-
tants et par la prise en charge partagée,
par ces derniers, de services dans un ca-
dre associatif. »
Extrait de la notice projet
T
out en augmentant la constructibilité
du site par rapport au programme,
le projet livre, en partie centrale, de
vastes espaces publics, voiries, lieux de
regroupement, et de stationnement. La
voiture ne pénètre pas sur la parcelle, l’ac-
cès à la maison est réservé aux piétons et
aux cycles. La composition urbaine répar-
tit par entités opérationnelles trois types
de logements : les maisons de plain-pied
pour personnes âgées (9), des maisons
groupées à un étage et des logements in-
termédiaires apportant une configuration
architecturale novatrice sur le site.
La dimension sociale est ici appuyée par
la volonté de mettre en œuvre une démar-
che participative intégrant notamment
la gestion pratique du quartier (installa-
tion de chauffage et de production d’eau
chaude collective, compostage collectif,
celliers et stationnement regroupés).
Les maisons étant libérées du stationne-
ment des véhicules, elles s’implantent sur
des parcelles très étroites (5 m à 7,50 m).
FG
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet >
10 890 m2
- Surfaces cessibles du projet > 4  470 m2
- Nombre de logements envisagés > 33
- Ratio surface cessible / surface de projet >
41 %
- Stationnement > regroupé à l’écart des
habitations
N
1 	 Espace de convivialité : conservation 	
	 du pin existant devenant l’arbre aux 	
	 palabres et espace de rencontre avec 	
	 banc circulaire, jeux pour enfants.
2 	 Espaces verts composés : de petits 	
	 espaces en terrasse, poches de 		
	 verdure de faible entretien.
3 	 Stationnements abrités par une
	 structure en bois recouverte de plantes
	 grimpantes.
4 	 Jardins familiaux.
5 	 Locaux techniques communs
6 	 Logements pour personnes âgées (9)
7 	 Maisons individuelles groupées (12)
8 	 Logements semi collectifs (12)
9 	 Celliers privatifs, attenants aux
	 stationnements
1
2
4
5
3
Inscription du projet dans le tissu urbain
6
9
8
7
25
Projet 3
LinéA, Cécile Chevallier-Bernardoni, architecte mandataire - Zéphyr Paysages, paysagiste
Sogreah Consultants, BET VRD
Champtoceaux
«Le parcellaire étroit et laniéré, bordé
de vieux murs qui contraignent le
parti d’aménagement et lui donnent
sa qualité, guide notre réflexion. L’omni-
présence de l’eau par les petits édifices,
puits et viviers… La végétation accrochée
aux vieux murs de schiste et dépassant
des jardins sur l’espace public, l’accès aux
jardins et parcelles par de petits portillons
en bois, autant d’éléments qui prolongent
cette idée de la ville vécue côté jardin… ».
Extrait de la notice projet
L
e projet propose une unique typo-
logie de maisons bâties entre les
murs sur des lanières étroites. Il
réinvente une trame qui s’appuie sur la
structure étroite du réseau actuel de che-
minements piétons en cœur d’îlot.
Un décalage des habitations les unes à
côté des autres sur le parcellaire, glissant
sur la trame orientée nord-sud, permet un
accès latéral à chaque maison et oblige à
dissocier la voiture du logement. Les sta-
tionnements clos et privatifs sont repous-
sés aux accès nord, sud et ouest du site.
Même si elle peut pénétrer, la voiture est
contrainte par le gabarit étroit des ruelles.
Les déplacements piétons sont sécurisés
et les habitants profitent du confort obte-
nu par des nuisances sonores atténuées.
Une préservation des co-visibiltés de jar-
dins à jardins, ou terrasses à terrasses,
permet à chacun d’évoluer dans son jar-
din sans être vu. FG
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 8 030 m2
- Surfaces cessibles du projet > 5 880 m2
- Nombre de logements envisagés > 30
- Ratio surface cessible / surface de projet > 73 %
N
Implantation du bâti
Stationnments groupés
Ruelles carrossables
Venelles
Inscription du projet dans le tissu urbain
Croquis illustrant le
principe de l’implantation
décalée du bâti
CORZÉ
Population > 1 610 Corzéens
Communauté de communes du Loir
N
26
Quartier du Moulin à vent
27
L
a zone à aménager à l’ouest du centre-bourg, se trouve
entre une zone Natura 2000, au nord, comprenant la rivière
du Loir et une ZNIEFF au sud.
D’environ 12 hectares, le quartier du Moulin à vent est situé
dans la continuité immédiate du bourg originel.
L’objectif premier du projet est de créer un quartier en harmonie
avec son territoire, tout en mettant en avant un certain nombre
de principes qui visent à minimiser l’impact des constructions
sur l’environnement et permettre de valoriser les économies
d’énergie en suscitant le recours aux énergies renouvelables :
solaire, bois...
Une des qualités du quartier du Moulin à vent est sa situation en
belvédère sur la vallée du Loir. L’aménagement global proposera
d’offrir aux nouveaux habitants des perméabilités visuelles afin
que les lointaines vues sur la vallée du Loir soient perceptibles
par une majorité.
Principalement desservie par la rue du Moulin de la Motte, cette
voie devra changer de statut, être requalifiée en rue afin de per-
mettre des échanges entre la future greffe et les rives du Loir
avec des traversées sécurisées et des pistes cyclables différen-
ciées de la voie de circulation automobile.
Ce site aujourd’hui est dépourvu de toute végétation structuran-
te ; en conséquence, des stratégies de préverdissement seront
intégrées aux principes d’aménagement d’ensemble.
Dans le choix de végétaux, les concepteurs développeront les
notions de gestion raisonnée pour mettre l’accent sur la dura-
bilité et la pérennité des espaces créés, dans le respect d’un
territoire sensible : inondabilité.
L’utilisation d’essences indigènes va contribuer à donner aux
aménagements du site une identité propre.
L’armature verte pourra se diffuser au-delà du périmètre défini
au PLU, afin de lier le quartier à l’ensemble du territoire.
Un autre élément important à valoriser : les émissaires, lieux de
stockage des eaux de ruissellement qui composent et organi-
sent déjà le territoire.
À l’intérieur du quartier, des liaisons de type desserte locale se-
ront créées et participeront de la qualité d’usage de l’espace
public, elles assureront la convivialité des transitions et une inti-
mité des espaces traversés. La voirie au sein du nouveau quar-
tier sera conçue de manière à limiter la place de la voiture, la
gestion du stationnement étant l’un des moyens de limiter pour
atteindre cet objectif.
L’aménagement global proposera des espaces publics qui inté-
greront la dimension sociale : lieux de rencontre et de détente,
jardins familiaux, traitement des limites entre espaces privés et
espaces publics, seuils, placettes, parkings... selon des thémati-
ques propres qui sont développées dans les quartiers d’habitat.
La zone classée en 1AUh doit permettre de développer un quar-
tier d’habitat intégrant des formes urbaines différentes et intro-
duire la notion de densité en entrée de bourg.
Les gabarits du bâti environnant se situent entre la maison pa-
villonnaire en alignement sur la rue du Moulin de la Motte, les
ateliers communaux et la maison bourgeoise du xixe
siècle en
bordure est du site.
Individuel dense, intermédiaire, collectif, le site doit jouer aussi la
carte de la mixité en offrant une diversité des formes urbaines.
Le déplacement des ateliers communaux, la disposition de l’em-
prise qu’ils occupent, sont une opportunité pour réaliser la greffe
du quartier avec le tissu ancien et retrouver des espaces publics
à l’échelle de l’agglomération étendue de son futur quartier.
Des mixités seront également recherchées entre les tailles de
logement et entre les catégories de logements.
MC
Quartier du Moulin à vent
Programme
Corzé
Le site dans son ensemble
28
Projet lauréat
Urban’ism, architecte urbaniste paysagiste mandataire - Safege, BET VRD
«Concevoir un projet d’urbanisation
de plus de 200 logements dans un
bourg comptant aujourd’hui environ
800 habitants, implique de s’inscrire dans
une réflexion à l’échelle de l’ensemble du
village et de toutes les composantes de
la vie locale. »
Extrait de la notice projet
T
rois espaces publics majeurs s’affir-
ment à l’issue de la réflexion ayant
présidé à la conception du nouveau
quartier : une nouvelle place du village
comme articulation entre le bourg ancien
et l’urbanisation à venir, un « port sur le
Loir » comme expression du rapport privi-
légié entre la rivière et le nouveau quartier,
des coulées vertes « récréatives » com-
prises comme le maillage identitaire de
l’extension urbaine.
L’aménagement du nouveau quartier est
conçu comme une greffe urbaine dont les
points d’accroche sont l’angle nord-est du
secteur, la façade sur le Loir et la levée de
l’ancienne voie ferrée. Ces trois espaces
caractérisent des continuités avec le tissu
bâti existant et déterminent des usages
partagés.
Sur le plan environnemental, le projet s’at-
tache à limiter l’usage de la voiture à l’in-
térieur du quartier en proposant une exter-
nalisation du stationnement pour certains
îlots et en compliquant l’usage des voiries
secondaires. L’orientation sud et sud-est
des constructions limite leur empreinte
énergétique, ce que facilite d’autre part le
principe d’un bâti compact.
N
29
Corzé
Quartier du Moulin à vent
Paroles d’élu
Quelles sont les motivations qui ont poussé
la commune à s’engager dans la démarche
du concours d’urbanisme durable proposé
conjointement par le Conseil général et le
CAUE de Maine-et-Loire ?
Dès 2007, la commune de Corzé engage une
réflexion sur un projet important pour une pe-
tite commune, puisqu’il s’agit d’un secteur de
11 ha. La réflexion globale, menée avec l’aide
d’Alisée et du CAUE, intègre rapidement les as-
pects environnementaux. Les objectifs définis
correspondent aux objectifs du Plan départe-
mental de l’habitat. Autre élément attractif indé-
niable du PDH, le soutien financier au niveau de
l’appel à projet et l’accompagnement conjoint
du CAUE, d’Alisée et de la SODEMEL.
Il s’agit d’une véritable rupture par rapport aux
pratiques habituelles communales dans la fa-
çon d’aborder le projet urbain.
Quels sont les enseignements tirés de cette
expérience ?
Nous avons tout d’abord été surpris par l’inté-
rêt des professionnels pour notre projet puis-
que 31 candidats ont postulé pour concourir.
L’aide du CAUE a été précieuse pour le choix
des trois candidats car nous n’avions pas les
connaissances suffisantes pour juger des ca-
pacités des équipes. Les 3 candidats sélection-
nés ont proposé des solutions très différentes,
sources de réflexions et de débat. Outre le fait
qu’il répond aux attentes de l’équipe munici-
pale, le projet retenu est le plus facile à faire
évoluer. Compte tenu de l’ampleur du projet, le
concours d’urbanisme s’avère indispensable.
Augustin DERSOIR
Maire de Corzé
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet de la ZAC > 12 ha
- Nombre de logements envisagés > 240
- Densité > 20 logts/ha
- Répartition des types d’habitations >
• Collectifs : 22 % soit 50 logements
• Intermédiaire : 15% soit 35 logements
• Individuels groupés : 33% soit 80 logements
• Lots libres : 30% soit 75 logements
Enfin, la biodiversité n’est pas oubliée en
ce que les rapports de continuité entre
les espaces publics, la vallée du Loir et
les zones humides environnantes sont
autant de corridors écologiques tempé-
rant la rupture entre l’espace urbain et la
nature. D’une façon générale, l’eau est
un élément fédérateur du projet et déter-
mine le paysage du quartier.
Le projet propose une forte mixité sociale
en associant diverses typologies de loge-
ments, environ un tiers en lots libres, un
tiers en collectifs et intermédiaires et un
tiers en individuels groupés. Ce dispositif,
supérieur à ce que le programme suggé-
rait, est toutefois conforme aux orienta-
tions du SCoT du Pays d’Angers actuelle-
ment en cours d’élaboration. BL
Collectif (R+1+C / R+2) avec accueil de commerces,
services, équipements en rez-de-chausée
Collectif (R+1+C / R+2)
Intermédiaire (R+1+C / R+2)
Individuel groupé (R+C / R+1+C)
Lot libre (R+C / R+1+C)
Programme de logements
Déplacements
Voiries primaires
Voies de desserte secondaire
Venelles tertiaires mixtes
Cheminements doux
Places
Parkings
Stationnements externalisés
Barques
30
Projet 2
Sitadin, architecte urbaniste mandataire - François Tavernier, paysagiste - Bourgeois, BET VRD
Corzé
«Corzé a deux atouts majeurs : son
centre-bourg et le rapport que le
village entretient avec le Loir. L’ob-
jectif de ce projet consiste à reconstituer,
au travers du projet, une urbanité ancrée
sur le territoire (trames parcellaires iden-
tiques à celles déjà existantes, continuité
avec les chemins piétons existants qui
mènent à la rivière, réutilisation des voi-
ries de desserte déjà là…). »
Extrait de la notice projet
S
ans mimétisme, le projet entend
pourtant s’inscrire dans la continui-
té du paysage de Corzé, du voca-
bulaire de ses espaces publics et de son
maillage viaire. L’autre élément détermi-
nant étant le rapport au Loir, le quartier
est structuré en son centre par une large
ouverture nord-sud formant accès et bel-
védère sur la rivière.
Cinq hameaux distincts composent le sec-
teur en offrant, chacun, la mixité de l’ha-
bitat voulu par le programme et associant
lots libres, individuels groupés et petits
collectifs ou intermédiaires. L’organisa-
tion parcellaire de ces hameaux (trame al-
lant de 6 à 15 mètres mais le plus souvent
étroite et profonde) favorise une bonne
orientation des constructions et une com-
pacité favorable à leur performance éner-
gétique. Elle assure également, malgré
la densité d’un habitat presque toujours
groupé, une bonne intimité des jardins,
dépourvus de vis-à-vis. 220 logements
sont ainsi proposés dont 30 en collectif,
120 groupés et 70 en individuels.
Les cheminements doux sont bien identi-
fiés et ne se confondent pas avec l’usage
automobile disposant d’antennes courtes
à partir du réseau existant. Autre élément
durable, le traitement de l’eau pluviale
s’associe aux orientations paysagères,
le maillage de noues et de fossés et le
grand mail central assurant le stockage et
la régulation. BL
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 12 ha
- Nombre de logements envisagés > 220
- Répartition des types d’habitations >
30 logements en collectif, 120 logements
en individuels groupés, 70 logements
en lots libres
N
Parcelle avec entrée au nord
31
Projet 3
Jacques Boucheton, architecte urbaniste mandataire - Atelier Horizon, paysagiste - Céramide, BET VRD
Corzé
«Le site, dédié à une urbanisation
future, présente plusieurs facettes
qui en constituent la richesse (…).
Cette diversité naturelle conduit à un pro-
jet forcément multipolaire, générateur
d’ambiances et d’usages variés.
Il ne s’agit pas d’un nouveau quartier
taillé d’un bloc dans le territoire mais bien
d’un ensemble de séquences urbaines et
paysagères dont l’assemblage progressif
s’égrènera avec souplesse sur plus de dix
années. »
Extrait de la notice projet
L
es principes fondateurs du projet
cherchent d’une part à marquer une
accroche forte sur le bourg par la
création d’une place formant liaison en-
tre les deux tissus urbains, d’autre part
à développer une épine dorsale végétale
en appui des émissaires existants afin
de créer un lien identitaire entre le vieux
bourg et l’espace agricole. En valorisant
les émissaires, l’approche du projet est
qualifiée « d’hydraulique », la trame géné-
rale induisant l’orientation des circulations
secondaires en fonction d’une pente ac-
compagnant les fossés et les noues. La
performance énergétique du projet repo-
se sur une bonne orientation du bâti faci-
litant la capacité des futurs constructeurs
à livrer des bâtiments basse consomma-
tion. Enfin, le paysage se traduit par une
trame domestique dont les échelles mul-
tiples participent de la diversité des points
de vue et des ambiances.
Le projet dispose d’une forte mixité so-
ciale ainsi que d’une cohabitation de ty-
pologies de logements diversifiées. Ce
programme suppose une forte mixité
sociale ainsi qu’une bonne diversité ar-
chitecturale induite, à morphologie égale,
par l’influence de la forme et de la taille
des parcelles sur les volumétries bâties.
BL
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 12 ha
- Nombre de logements envisagés > 209
- Répartition des types d’habitations >
30 logements en collectif, 70 logements en
intermédiaire, 52 logements en individuels
groupés, 57 logements en lots libres
N
LE LION-D’ANGERS
Population > 3 821 Lionnais
Communauté de communes de la région du Lion-d’Angers
N
32
Zac Jules Verne
33
L
a commune du Lion-d’Angers a souhaité anticiper le dé-
part du supermarché Super U en programmant la création
d’un nouveau quartier d’habitat. La Zac Jules Verne d’une
superficie à aménager d’environ 5 ha et de 2 ha traité en parc,
est localisée au cœur du centre-ville du Lion-d’Angers, dans un
environnement urbain semi-dense composé essentiellement
d’habitat pavillonnaire.
L’objectif principal de la commande est d’assurer une évolution
progressive de la ville par des actions qui intègrent et prolon-
gent le tissu existant. Ce nouveau quartier aura pour vocation
principale d’accueillir de nouveaux logements aux différentes ty-
pologies bâties tout en s’inscrivant dans une démarche durable
qui déterminera et influencera l’implantation, la volumétrie, le
fonctionnement, le choix des matériaux et les équipements tout
en respectant l’environnement dans lequel s’inscrit la Zac.
L’aménagement de ce site s’organisera autour d’un parc exis-
tant à recomposer et d’une avenue parc qui assurera le prolon-
gement à l’intérieur même des secteurs bâtis. Le projet de la
Zac Jules Verne prévoit l’implantation de commerces qui vien-
dront compléter l’offre du centre-ville. Un pôle médical sera éga-
lement prévu et enfin une maison de retraite qui devra s’intégrer
au sein du quartier.
La composition urbaine, les aménagements paysagés, l’orga-
nisation du bâti sont autant d’éléments qui influencent sur la
densité perçue dans une opération et sur la qualité du cadre de
vie créé. Un effet à l’échelle de la commune : la ville prolongée
et non pas juxtaposée.
Une trame majeure de composition qui répartit et gère les effets
de densité (un axe principal, une coulée verte…).
Une densité gérée par la localisation des logements intermédiai-
res et collectifs :
- Les collectifs ou logements intermédiaires implantés en façade
d’un espace public important.
- Les collectifs ou logements intermédiaires qui valorisent un axe.
Une densité perçue différemment selon la qualité des espaces
publics et des séquences urbaines :
- Penser les rues et les espaces plantés comme des séquences
paysagères à vivre.
- Assurer une convivialité, des transitions et une intimité des
espaces.
- Un tissu urbain structuré et varié, issu d’une réelle composition
d’ensemble.
Le patrimoine végétal existant remarquable sera révélé par
l’aménagement d’un parc urbain composé pour les nouveaux
habitants du quartier et qui deviendra à terme une référence
pour le reste de la ville.
MC
Zac Jules Verne
Programme
Le Lion-d’Angers
Vue depuis l’avenue Jules Verne
Vue sur le parc et la zone pavillonnaire derrière le supermarché
34
Projet lauréat
Sixième rue, architecte urbaniste mandataire - Agence 7 lieux, paysagiste - Anjou Maine coordination, BET VRD
«Le projet est guidé par la volonté
de créer un quartier où la fonction
du « vivre ensemble » est qualita-
tive. Pour cela, le projet mise sur la valeur
des lieux de vie qui peuvent favoriser les
échanges intergénérationnels notam-
ment. De nombreux paramètres vont
y participer : un quartier verdoyant, des
liaisons piétonnes multiples, des espaces
de rencontre propices (jardins familiaux,
jeux d’enfants, jeux de boules, terrains
de jeu…). Tous ces éléments invitent à
l’appropriation du quartier par les habi-
tants. »
Extrait de la notice projet
L
e projet de quartier Jules Verne bé-
néficie de son environnement et de
sa topographie en concentrant l’ha-
bitat sur la friche commerciale, au nord
du périmètre, en relation avec la liaison
vers le centre-ville et en préservant le
parc qui devient un lieu dynamique, fa-
vorable aux échanges entre les espaces
habités et la ville. Le quartier est ainsi
introduit par une placette marquant le
carrefour urbain avec la départementale
et par les équipements publics (maison
de retraite et maison médicale) ainsi que
par les logements collectifs. La transition
douce vers le parc se décline soit par
l’axe central bordé de l’habitat intermé-
diaire, soit par l’ancienne avenue Jules
Verne réservée, à terme, au seul usage
piétonnier ou cycliste.
La répartition typologique de l’habitat
répond à cette hiérarchie d’occupation
de l’espace et dispose, compte tenu de
l’orientation viaire, d’une implantation
nord-sud des constructions très favorable
à leur efficacité énergétique.
Le projet comptabilise 27 logements col-
lectifs, 24 logements intermédiaires et
21 maisons groupées soit 72 logements
auxquels s’ajoutent les 70 chambres de la
maison de retraite. Le parcellaire individuel
est compris entre 270 et 340 m2
. Cette
densité est largement compensée par l’at-
tractivité et la proximité du parc et par les
diverses strates végétales qui le prolon-
gent jusqu’au cœur de l’aménagement.
Ce dispositif, associé à une gestion dura-
ble des eaux pluviales, constitue un véri-
table écosystème urbain. BL
N
35
Le Lion-d’Angers
Zac Jules Verne
Paroles d’élu
Quelles sont les motivations qui ont poussé
la commune à s’engager dans la démarche
du concours d’urbanisme durable proposé
conjointement par le Conseil général et le
CAUE de Maine-et-Loire ?
Les motivations de la commune pour s’enga-
ger dans le PDH sont liées au fait de l’engoue-
ment de la population pour habiter sur notre
secteur. Sans aborder les raisons de ce choix
qui font honneur à notre ville, nous avons
l’obligation de maîtriser notre développement,
que nous souhaitons cohérent et réfléchi, afin
de maintenir la qualité de vie existante et opti-
miser l’économie de fonctionnement de la ville
et de ses habitants. Le concours d’urbanisme,
lancé sur 5 ha situés en centre-ville, nous a
permis d’approfondir notre réflexion et d’af-
firmer la vision durable que nous souhaitions,
avec un choix concret qui transformera l’esprit
de la ville.
Quels sont les enseignements tirés de cette
expérience ?
D’une part, la participation à ce concours nous
a donné l’occasion d’avoir une vision globale
des solutions d’habitat existantes et d’appré-
cier la richesse et la diversité des approches
proposées par les architectes. D’autre part,
il nous a paru essentiel de partir des valeurs
que nous portons pour mener à bien ce pro-
jet. Que ce soit sur l’environnement, la mixité
sociale, les relations intergénérationnelles, les
équilibres de renouvellement de population ou
la pression foncière, il faut toujours garder en
mémoire la qualité de vie au quotidien pour
pondérer chaque item.
Etienne GLEMOT
Maire du Lion-d’Angers
Des enjeux multiples
Quelques chiffres
Évolutivité
Maison et garage Extension 1 Extension 2 Extension 3
- Superficie aménagée par le
projet > 5,8 ha
- Nombre de logements
envisagés > 72
- Répartition des types
d’habitations > 21 maisons
individuelles groupées, 24
logements intermédiaires R+1 +c,
27 logements R+1+attique
- Stationnement > en sous-sol
pour les collectifs, et en pergola
végétalisée pour les maisons
groupées et les logements
intermédiaires
Enjeux
N
Insertion dans le site
N
- Relier le nouveau quartier au
centre
- Prendre en compte la
topographie
- Conforter les vues vers le
centre depuis le haut du parc
- Préserver et conforter le
« vallon » arboré du parc
- Désenclaver le parc, le rendre
perceptible
- Assurer et sécuriser la
continuité piétonne (et cycles)
sur l’ancienne voie ferrée
- Prendre en compte la politique
départementale de l’habitat
- Prendre en compte la loi SRU
- Répondre aux objectifs d’un
urbanisme durable
Coupe AA, nord-sud
36
Projet 2
Forma 6, architecte urbaniste mandataire - Phytolab, paysagistes - Branchereau, BET VRD Environnement
Le Lion-d’Angers
«L’armature verte, véritable structure
verte qui inscrit le futur quartier en-
tre espaces horticoles et de loisirs,
et qui permet une mise en lien avec les
quartiers alentours. »
Extrait de la notice projet
L
e projet est fondé sur un parti d’amé-
nagement très fort, le végétal étant
prédominant dans l’organisation gé-
nérale du quartier comme dans l’accom-
pagnement de ses espaces publics péri-
phériques. L’axe central, en prolongement
du parc urbain existant, armature verte,
distribue les îlots d’habitat par des liaisons
douces sous forme de « sentes » excluant
l’automobile. Il est accompagné par les
jardins familiaux et le « chemin de l’eau »
que constitue la gestion aérienne des eaux
pluviales. L’avenue Jules Verne, confirmée
dans sa fonction de transit, est toutefois
transformée en mail privilégiant les usages
mixtes. Les espaces publics marquant les
entrées du secteur sont aménagés sous
forme de « places jardins », espaces arbo-
rés et conviviaux, traités en plateau.
Alors que les équipements publics (crè-
che, maison de retraite et maison médica-
le) accompagnent le mail Jules Verne tout
en étant tournés vers la quiétude du pay-
sage que constitue le cœur d’îlot, l’habitat
individuel, 93 logements groupés ou su-
perposés, occupe la frange du site, y com-
pris dans sa partie sud, pour une densité (y
compris les 70 chambres de la maison de
retraite) de 35 logements à l’hectare.
La circulation et le stationnement auto-
mobiles étant également organisés en
périphérie, l’habitat réparti par îlot sur le
site fait de celui-ci un exemple de « parc
habité ». La disposition d’une orientation
bâtie au sud est globalement favorable aux
performances énergétiques comme l’est
aussi le principe exclusif d’habitat indivi-
duel groupé. BL
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 5,8 ha
- Surfaces cessibles du projet > 1,8 ha
- Surfaces des espaces publics > 4 ha dont 2 ha
de parc
- Nombre de logements envisagés > 93
- Répartition des types d’habitations >
18 individuels groupés, 7 maisons patios, 38
logements individuels groupés superposés
r+1 et r+2+attique, 10 logements individuels
groupés superposés avec en RDC commerces
ou services, 20 logements individuels groupés
avec maison médicale en RDC
- Stationnement > réparti en poches
mutualisées + parking privés
Voies principales
Voies partagées (les sentes)
Places jardins / Plateaux / Carrefours partagés
Trottoirs / Liaisons douces piétons et cycles
Espaces verts type prairie
Parcelles privées (jardins)
Jardins familiaux
Noues et bassins
Stationnement sous porches ou sous pergolas
Arbres existants et projetés
N
37
Projet 3
Lionel Vié, architecte urbaniste mandataire - François Tavernier, paysagiste - Jacques Carré, BET VRD
Le Lion-d’Angers
«L’aménagement proposé crée une
impression d’urbanisme dense
associée à des espaces publics
simples et généreux. L’espace paysager
n’est pas une « décoration » qui accom-
pagne la construction du quartier : il a un
rôle de fonction dans le quartier au même
titre que l’habitat par exemple. Ainsi, le
projet regroupe les espaces disponibles
pour créer un parc urbain animé associé
à un mail qui permet d’organiser le quar-
tier et d’assurer le lien avec le reste de
la Ville. »
Extrait de la notice projet
L
e parc actuel est recomposé en
amphithéâtre axé par un mail struc-
turant, d’orientation nord-est sud-
ouest, mettant en relation le quartier et la
ville, dans la perspective de son clocher.
Le quartier est structuré autour de 4 îlots
bien identifiables dans le paysage urbain :
le parc urbain et son mail central, le pôle
de service associé à une structure inter-
générationnelle, les collectifs et les mai-
sons de ville. L’offre de 110 logements
participe d’une optimisation du foncier
disponible et une densité importante
combinant un parcellaire de petite taille
(parcelles de 250 à 500 m2
) et un espace
convivial et d’échanges ouverts, le parc
urbain et son mail, « véritable main ten-
due vers le quartier et le centre-ville ». La
densité de l’habitat est aussi compensée
par la gestion réfléchie des mitoyennetés
et des vues.
Les orientations environnementales du
projet supposent une maîtrise d’un déve-
loppement durable du quartier. La présen-
ce de noues et de bassins de rétention
intégrés dans l’aménagement paysager
de l’avenue Jules Verne et du nouveau
mail assure une bonne gestion des eaux
pluviales tandis que la généralisation des
liaisons douces à l’intérieur du quartier
est assurée par un réseau de venelles et
sentiers. BL
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 5,8 ha
- Nombre de logements envisagés > 110
- Répartition des types d’habitations >
32 maisons de ville, 78 logements collectifs
répartis de part et d’autre du mail
- Stationnement > garage et parking à
proximité immédiate des logements
Axonométrie nord-ouest
N
Espaces verts publics
Espaces verts publics
Espaces verts privés
Équipements publics :
maison de retraite R+1+A
Équipements publics :
maison médicale R+1+A
Habitat collectif R+2
Habitat collectif R+1+A
Équipements publics : structure
intergénérationnelle R+1
Habitat maison de ville R+1
MONTREUIL-BELLAY
Population > 4 347 Montreuillais
Communauté d’agglomération Saumur Loire Développement
N
38
Les Coteaux
du Thouet
39
L
’opération projetée des « coteaux du Thouet » représente
une surface d’environ huit hectares (dont 5,5 constructibles).
Cette opération devra établir des liens de composition
avec l’opération mitoyenne du secteur des plantes actuellement
en cours de réalisation.
Le hameau ancien qui s’est développé autour du Port Sainte-
Catherine s’est structuré autour de deux rues ; la rue haute (rue
du Moulin de la Salle) et la rue basse (le chemin du Moulin de la
Salle), le haut et le bas étant reliés par de nombreuses venelles
semi-privatives exploitant la déclivité significative du coteau.
Sans vouloir ni reproduire ni « plagier » cet urbanisme fruit de
l’histoire, de l’économie rurale et fluviale, la collectivité souhaite
pour la future opération des coteaux du Thouet, un urbanisme
qui tisse des liens à la fois physiques et formels avec le hameau
ancien, réinterroge de manière contemporaine la notion de vil-
lage et de hameau et nécessite un travail exigeant sur les diffé-
rentes typologies d’espaces collectifs (publics, semi-publics) et
privatifs (privilégier l’intimité).
En grande partie destiné à l’accession (faible et moyen budget),
l’opération intégrera néanmoins la possibilité d’implantation
d’un ou plusieurs services de proximité à définir du fait de l’éloi-
gnement de ce nouveau quartier avec les pôles de services et
commerciaux de l’agglomération (1,5/2,5 km).
L’offre en terme de logements sera la plus diversifiée possible.
La collectivité exprime également le souhait d’une approche
spatiale de la mixité (sociale et intergénérationnellle) qui s’af-
franchisse de la logique du zonage.
Ces orientations, fruit de la réflexion et de la volonté municipale,
se trouveront complétées des objectifs généraux du PDH sur ce
secteur du département.
> Développer une approche environnementale de l’aména-
gement
- Définir un plan de composition générale qui valorise le rap-
port du site au grand paysage environnant.
- Assurer la cohérence d’implantation des infrastructures et
du bâti avec le relief.
- Rechercher un principe d’implantation du bâti favorisant la
maîtrise de l’énergie.
- Maîtriser et valoriser le traitement des eaux de surface dans
l’aménagement des espaces publics.
- Proposer une approche paysagère favorisant une gestion rai-
sonnée des espaces végétalisés.	
> S’attacher à une consommation maîtrisée de l’espace
- Proposer une composition urbaine permettant d’optimiser la
densité résidentielle.
- Maîtriser la proportion des espaces publics et collectifs en
évitant leur morcellement.
- Adapter la morphologie des voies à leurs usages effectifs.
> Favoriser les conditions du « vivre ensemble »
- Diversifier les typologies d’habitat permettant d’assurer une
réelle mixité sociale.
- Rechercher des formes d’organisation respectant l’intimité
des logements.
- Aménager des espaces collectifs de qualité favorisant leur
appropriation par les habitants.
- Maîtriser la qualité des limites entre espaces publics et es-
paces privatifs.
VC
Les Coteaux du Thouet
Programme
Montreuil-Bellay
Vue du site depuis la RD 347
40
Projet lauréat
Patrick Belz, architecte urbaniste mandataire - Laurent Couasnon, paysagiste - Act environnement, BET VRD
5 volumétries possibles sur une même emprise de sol
(surfaces pour maisons bioclimatiques avec murs de 40 cm)
1 	 Voie de circulation, enrobé tiède teinte sable
2 	 Placette de retournement
3 	 Allée de desserte, stabilisé compacté
4 	 Trottoir et placette, pavés béton
5 	 Chemin piéton / piste cyclable, stabilisé compacté
6 	 Stationnement, mélange terre-pierre engazonné
7 	 Bassin tampon remodelé
8 	 Mare
N
2
3
7
3
1
1
1
2
2
3
3
3
4
4
55
5
5
4
8
8
6
6
5
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 3,23 ha
- Surfaces cessibles du projet > 19 065 m2
- Nombre de logements envisagés > 127
- Ratio surface cessible / surface de projet > 59 %
- Densité brute > 39 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) > 66 log/ha
- Répartition des types d’habitations > 83 logements
individuels groupés, 22 maisons de 2 appartements
41
Montreuil-Bellay
Les coteaux du Thouet
Paroles d’élu
Quelles sont les motivations qui ont poussé
la commune à s’engager dans la démarche
du concours d’urbanisme durable proposé
conjointement par le Conseil général et le
CAUE de Maine-et-Loire ?
La motivation est triple. Tout d’abord sur le
fond, on ne peut plus parler d’urbanisme sans
évoquer les techniques de construction nou-
velles, les économies d’énergie et d’espace.
L’urbanisme ne doit pas se transformer en
traumatisme pour l’espace communal. Ensuite
nous devons préserver l’espace constructible
très contraint par les zones inondables et les
vignes. Enfin, une expérience isolée menée
par une commune a peu de chance d’aboutir
aux résultats souhaités. En revanche, s’inscri-
re dans une démarche départementale permet
une réflexion globale, des comparaisons, des
échanges avec des partenaires.
Quels sont les enseignements tirés de cette
expérience ?
La procédure du concours d’urbanisme offre
un double avantage. Elle mobilise notre pro-
pre réflexion dans l’élaboration d’un cahier
des charges précis et elle génère des proposi-
tions intéressantes, parfois très novatrices. La
confrontation d’opinions différentes enrichit le
projet : l’architecte devra se frotter à nos pers-
pectives et nous à sa vision. Le concours d’ur-
banisme diffère du concours d’architecture par
l’échelle et par les objectifs. Trop longtemps,
l’objectif unique est de fixer de la population,
aujourd’hui, les exigences sont aussi qualitati-
ves et environnementales. Faire de l’urbanis-
me, c’est inscrire un projet limité et daté dans
une perspective à long terme.
Paul LOUPIAS
Maire de Montreuil-Bellay
«Le projet est donc triple. À la fois
un projet d’habitation pour 120 à
130 logements répondant aux be-
soins de la commune, un projet de valori-
sation des terres existantes par un mode
d’agriculture durable retrouvant des pra-
tiques et savoir faire passés, et un projet
d’apprentissage commun d’une nouvelle
possibilité d’habitation partagée du terri-
toire. »
Extrait de la notice projet
L
e projet repose sur un concept as-
sez inédit, étranger au programme
mais particulièrement pertinent,
qui favorise le maintien d’une activité
agricole sur le site dont l’urbanisation
ne consomme finalement que 65 % de
la surface constructible. Cette invention
d’une nouvelle cohabitation entre la ville
et l’activité agricole (vigne et verger) est
une inversion tendancielle, une réponse
à l’étalement urbain, une introduction ra-
dicale des valeurs de la biodiversité, de la
mixité et de la solidarité.
Afin de rendre possible cette cohabitation
de l’habitat et de l’activité agricole, le pro-
jet comprend trois hameaux de respecti-
vement 36, 48 et 21 maisons reliées entre
elles par des chemins piétons. Deux ha-
meaux indépendants sont accessibles de-
puis la rue de la Rousselière au sud tandis
qu’un troisième dispose d’un accès direct
depuis la rue des Meuniers, à l’est. Leur
environnement correspond à l’extension
du vignoble existant et à un verger de
noyers et truffières dont l’exploitation est
assurée par des jeunes du lycée agricole
en formation et à laquelle les habitants du
nouveau quartier sont associés.
Au-delà de cette innovation économique
et sociale, le quartier répond aux exigen-
ces du programme d’habitat en proposant
127 logements sous formes d’individuels
en bande mitoyenne (83 logements) et
de « maisons - appartements » (22 loge-
ments). L’orientation sud sud-est de ces
bandes de constructions est très favora-
ble et le dispositif suppose une grande
liberté dans le choix de la typologie archi-
tecturale, l’initiative conceptuelle étant
laissée aux architectes dont le recours
est toutefois supposé obligatoire. BL
Cheminées à vents à type « Windcowl » avec récupérateur de chaleur
Toiture béton préfabriqué isolé, très bonne inertie thermique
Panneaux photovoltaïques 4m2
Chauffage solaire 4m2
Vitrage renforcé en
façade nord
Murs préfabriqués béton isolé ép. 40 cm
Grandes baies vitrées au sud-est pour apports solaires passifs
Clôture barreaudée pour passage de la faune
Mur mitoyen ép. 20 cm
Isolation renforcée sous la totalité du plancher
Terrasse bois classe 4, bois provenant d’une filière locale
Cuve de récupération d’eau pluviale pour arrosage, wc, lave-linge, capacité entre 4 et 8 m3
suivant type de maison réduction de la consommation d’eau jusqu’à 50%
Allée, pavés béton
Partie du jardin en potager pour autoproduction de fruits et légumes (réduction de consommation
de produits emballés, conditionnés, conservés)
Abri pour conteneur poubelle, composteur domestique, stockage granules bois
Poutre linteau
bac à plantes
Toiture
végétalisée
Garage pour
une grande voiture
et
une petite
Maison Basse Consommation (BBC)
42
Projet 2
Agence L’Anton et associés, paysagiste mandataire - Atelier 15, architectes
Inddigo, ingénierie du développement durable, infraservice BET VRD
Montreuil-Bellay
«Cette opération se veut exem-
plaire sur un certain nombre de
points  : économies d’énergie des
bâtiments, économie de la construction,
économie du foncier agricole consommé,
contemporanéité des solutions mises en
œuvre au profit d’un projet respectueux
des traditions locales  : mixité sociale et
fonctionnelle, unité des formes, diversité
des situations urbaines produites, amélio-
ration de la biodiversité du site. Il s’agit
d’inventer pour Montreuil-Bellay, un urba-
nisme dont l’empreinte écologique soit la
plus faible possible. »
Extrait de la notice projet
E
n soulignant le caractère paradoxal
d’une urbanisation éloignée du cen-
tre-ville et de ses services, l’étude
est introduite par la recherche de solu-
tions relatives aux déplacements et aux
liens entre le nouveau quartier et l’urba-
nisation de la rive gauche du Thouet. La
place de l’automobile, assumée comme
une des conditions de la vie sociale, est
toutefois maîtrisée, notamment en ma-
tière de stationnement.
Le projet de découpage foncier laisse une
part importante à l’espace public, facteur
d’appropriation d’un parcellaire dense dé-
dié à la maison individuelle, au collectif et
à la réserve foncière (en attente d’équipe-
ments publics ou commerciaux).
132 logements sont envisagés en trois
tranches d’égale importance et mises en
œuvre depuis le sud du secteur.
Les logements sont généralement im-
plantés en façade de parcelles et en mi-
toyennetés partielles ou totales.
La dimension durable de l’aménagement
proposé s’inscrit particulièrement sur la
thématique de l’eau. Une grande noue
structurante le long de la voie communale
est l’aboutissement d’un réseau de col-
lecte et de stockage des eaux pluviales
en surface qui accompagne les espaces
publics du nouveau quartier.
BL
Quelques chiffres
- Superficie aménagée par le projet > 62 750 m2
- Surfaces cessibles du projet > 34 410 m2
- Nombre de logements envisagés > 132
- Ratio surface cessible / surface de projet > 60 %
- Densité brute > 21 log/ha
- Densité nette (hors emprises publiques) >
35 log/ha
- Répartition des types d’habitations > 24 %
de logements individuels, 76 % de groupés
N
Les espaces
privés
Les espaces
publics
Plan de masse du projet
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
 Habiter autrement
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Habiter autrement

  • 1. Habiter autrement Pour un urbanisme durable
  • 2.
  • 3. Habiter autrement Pour un urbanisme durable
  • 4.
  • 5. 3 L ’habitat constitue un facteur d’équilibre des ménages et un élément d’attractivité pour le dynamisme économique d’un territoire. Le Conseil général de Maine-et-Loire s’est doté, dès janvier 2008 d’un Plan Départemental de l’Habitat précisant les objectifs en matière de production et de réhabilitation de logements sur l’en- semble du territoire. L’objectif de ce plan est également de faire du Maine-et-Loire un département innovant en matière d’habitat en l’intégrant dans une logique de développement durable. Cette volonté se traduit à travers deux axes d’intervention : -  La création de nouvelles zones d’habitat inscrites dans une démarche de développement durable ; - La promotion des énergies renouvelables dans l’habitat au tra- vers des aides aux particuliers. L’objet de cette publication est d’éclairer l’ensemble des acteurs de la politique de l’habitat sur les outils mis à leur disposition par le Conseil général pour accompagner, développer et aménager de nouvelles zones d’habitat respectueuses de cette approche environnementale. Organisé en partenariat avec le CAUE, la SODEMEL et l’asso- ciation ALISÉE le concours départemental d’urbanisme durable figure parmi les actions d’accompagnement mises en œuvre par le Département pour soutenir les communes dans leur politique d’aménagement urbain. Expérimenté en 2008-2009 sur huit communes du département recouvrant la diversité des territoires urbains et ruraux, ce rendez- vous organisé tous les deux ans, invite des architectes à conce- voir de nouveaux quartiers respectueux de l’environnement. Au-delà de la qualité des opérations présentées au fil de ces pages, ce document est également un guide pour tous ceux qui souhaitent s’engager dans cette démarche. En contribuant à la promotion de nouvelles formes urbaines por- tées par les collectivités et les acteurs de l’habitat, le Conseil général affirme plus encore sa volonté d’impulser une politique de l’habitat dynamique, innovante et adaptée aux spécificités de tous les territoires. Le Président du Conseil général de Maine-et-Loire A u cours de ces trente dernières années, par l’effet cumu- lé de la pression démographique et d’un culte voué à la maison individuelle, le paysage de la périphérie des villes et villages de notre département s’est profondément dégradé. Une génération de lotissements et de constructions diffuses a marqué négativement de son empreinte un cadre de vie que des siècles de développement urbain avaient épargné. Les for- mes urbaines et les modes d’habiter ont participé d’une vraie rupture. Pour ne pas y avoir pris garde, élus et professionnels sont largement responsables de ce que seule la demande so- ciale ne suffit pas à expliquer. Ainsi, la valeur patrimoniale et la qualité du paysage n’ont pas été des arguments suffisamment forts pour inverser une production du bâti étrangère à toute idée de continuité, d’insertion ou d’harmonie collective. Rien n’y a fait ! Pas même l’action quotidienne, pédagogique et inlassable d’un CAUE soucieux, dès à l’origine de sa mise en place par le Conseil général, de porter le message de la qualité de la Maison et ses groupements*. Peu à peu toutefois, l’idée impérieuse de la protection de l’en- vironnement s’éveille dans les consciences et, l’urgence de la sauvegarde planétaire s’imposant par évidence, la question du développement durable devient cause commune et partagée. L’urbanisation des territoires n’échappe pas au sursaut salutaire, elle est même au premier rang, l’économie de l’espace recon- sidérant l’étalement urbain, celle de l’énergie revisitant la forme urbaine et l’architecture, le tout s’inscrivant, nécessairement, dans une perspective de qualité retrouvée. En partageant l’ambition du Plan Départemental de l’Habitat et en contribuant très activement à la mise en place du concours départemental d’urbanisme durable, le CAUE poursuit son en- gagement pour la qualité de l’aménagement des nouveaux quar- tiers et la maîtrise des projets urbains. Il constate la mobilisation des élus et la compétence des professionnels, architectes, pay- sagistes, bureau d’études, qui ont répondu à l’appel du Conseil général et ouvert la voie à des pratiques nouvelles génératrices de meilleures commandes et à des projets à nouveau inspirés. Même si tout concours se solde par un palmarès, chaque propo- sition réunie dans ce document mérite une considération parti- culière, la réflexion, le travail et l’intelligence conceptuelle étant un investissement pour l’avenir. Christian GAUDIN Sénateur de Maine-et-Loire, Président du CAUE Préface * Titre d’une exposition produite par le CAUE de Maine-et-Loire en 1980. Politique de l’habitat : promouvoir de nouvelles formes urbaines
  • 6.
  • 7. 5 Sommaire Présentation du Plan Départemental de l’Habitat et du Concours d’urbanisme durable................................................................. p.6 Les partenaires...........................................................................................p.7  Botz-en-Mauges.......................................................................................p.8 Programme.........................................................................p.9 Projet lauréat.......................................................................p.10 Projet 2...............................................................................p.12 Projet 3...............................................................................p.13  Chalonnes-sur-Loire...............................................................................p.14 Programme.........................................................................p.15 Projet lauréat.......................................................................p.16 Projet 2...............................................................................p.18 Projet 3...............................................................................p.19  Champtoceaux.....................................................................................p.20 Programme.........................................................................p.21 Projet lauréat.......................................................................p.22 Projet 2...............................................................................p.24 Projet 3...............................................................................p.25  Corzé.......................................................................................................p.26 Programme.........................................................................p.27 Projet lauréat.......................................................................p.28 Projet 2...............................................................................p.30 Projet 3...............................................................................p.31  Le Lion-d’Angers....................................................................................p.32 Programme.........................................................................p.33 Projet lauréat.......................................................................p.34 Projet 2...............................................................................p.36 Projet 3...............................................................................p.37  Montreuil-Bellay......................................................................................p.38 Programme.........................................................................p.39 Projet lauréat.......................................................................p.40 Projet 2...............................................................................p.42 Projet 3...............................................................................p.43  Saint-Georges-sur-Layon.......................................................................p.44 Programme.........................................................................p.45 Projet lauréat.......................................................................p.46 Projet 2...............................................................................p.48 Projet 3...............................................................................p.49  Saint-Sylvain-d’Anjou.............................................................................p.50 Programme.........................................................................p.51 Projet lauréat.......................................................................p.52 Projet 2...............................................................................p.54 Projet 3...............................................................................p.55 Vocabulaire à l’usage des projets d’urbanisme durable...................p.57 Coordonnées des concepteurs.............................................................p.58
  • 8. 6 D ans un contexte de pression foncière et immobilière, le territoire départemental est confronté à une consomma- tion significative de l’espace par une urbanisation de plus en plus diffuse. Pour répondre à un risque d’étalement urbain non maîtrisé et de ces effets sur le plan environnemental, le Conseil général de Maine-et-Loire a arrêté au mois de janvier 2008 un Plan Départemental de l’Habitat, document initié par l’article 68 de la loi ENL (Engagement National pour le Loge- ment) et précisant les objectifs en matière de production et de réhabilitation de logements sur l’ensemble du territoire dépar- temental. Ce plan, inscrit dans un objectif de développement durable, vise à garantir une cohérence territoriale à l’échelle du département et une plus grande coordination des actions à met- tre en œuvre pour apporter une réponse adaptée aux besoins en logements. Encourageant la mise en œuvre d’opérations inscrites dans des projets d’urbanisme durable, le Plan Départemental de l’Habi- tat a retenu deux orientations concernant le développement de nouveaux quartiers : - Diversifier les formes urbaines dans l’objectif d’une ges- tion économe des sols. Cette orientation a pour objectif de favoriser la production de nouvelles formes d’habitat comme l’individuel groupé, le semi- collectif et le petit collectif en dehors des centres urbains dans les nouvelles zones d’habitat. Elle se traduit dans la politique départementale de l’habitat par la mise en œuvre du développement durable dans la production de logements. -  Développer une gamme de logements plus large pour s’inscrire dans la dynamique souhaitée des marchés de l’habitat. Cette orientation en faveur d’une diversification de l’offre de logements se traduit par des orientations sur la répartition ter- ritoriale des différentes formes d’habitat : individuel, individuel groupé, semi-collectif et collectif et par territoire. Elle se traduit dans la politique départementale de l’habitat par des actions en faveur d’une accession à la propriété avec les formes d’habitat ciblées dans le Plan Départemental de l’Habitat et de la production de logements locatifs sociaux durables. La concrétisation de ces deux orientations s’est traduite à tra- vers la mise en œuvre d’un accompagnement de l’aménage- ment de nouveaux quartiers d’habitat avec une approche envi- ronnementale. Cet accompagnement est réalisé par les services du Départe- ment en étroite collaboration avec le CAUE de Maine-et-Loire, la SODEMEL et l’association ALISÉE pour le volet environnemen- tal et énergétique. Il comprend deux phases : >  Établissement d’un programme d’urbanisme pour le futur quartier réalisé par le CAUE et la SODEMEL >  Organisation d’un concours d’urbanisme sur esquisse par opération Pour chaque projet, trois candidats ont réalisé un projet d’amé- nagement au stade de l’esquisse. Un lauréat par opération a été retenu à partir d’une analyse de l’adéquation du projet aux orientations du Plan Départemental de l’Habitat et au programme établi par la commune, mais aussi sur la base de critères environnementaux et paysagers. L’ensemble des lauréats des concours d’urbanisme communaux participeront tous les deux ans au prix départemental de l’archi- tecture et de l’aménagement concernant l’urbanisme durable. Pour les années 2008 et 2009, une première expérimentation a été réalisée sur huit communes du Département recouvrant la diversité des territoires urbains et ruraux départementaux. Chaque commune retenue relève d’une Communauté de com- munes ou d’Agglomération conformément à la logique d’ac- compagnement de projets de la politique départementale de l’habitat : > Botz-en-Mauges pour la Communauté de communes du can- ton de Saint-Florent-le-Vieil, >  Chalonnes-sur-Loire pour la Communauté de communes Loire-Layon, > Champtoceaux pour la Communauté de communes du can- ton de Champtoceaux, > Corzé pour la Communauté de communes du Loir, > Le Lion-d’Angers pour la Communauté de communes de la Région du Lion-d’Angers, > Montreuil-Bellay pour la Communauté d’Agglomération Sau- mur Loire Développement, > Saint-Georges-sur-Layon pour la Communauté de commu- nes de la Région de Doué-La-Fontaine, > Saint-Sylvain-d’Anjou pour Angers Loire Métropole. Les projets de nouveaux quartiers relèvent des deux typologies principales en terme d’aménagement de zones d’habitat : - La reconstruction de la ville sur la ville Les projets relevant de cette typologie concernent la requalifica- tion d’espaces urbains avec des éléments bâtis existants. - L’extension urbaine avec des projets de création de nouveaux quartiers dans la continuité de l’espace urbain existant. Laurent Colobert Chef du service Habitat et cohésion sociale Conseil général de Maine-et-Loire Présentation du Plan Départemental de l’Habitat et du Concours d’urbanisme durable
  • 9. 7 Les partenaires L ’engagement du CAUE en faveur d’une amélioration per- manente du cadre de vie des habitants de Maine-et-Loire s’est de longue date traduit par le privilège donné, dans les missions de conseil et d’accompagnement, à la qualité de l’ur- banisme, de la forme urbaine et du « vivre ensemble ». C’est le sens du soutien apporté depuis trente ans aux élus territoriaux et à leurs projets. Malgré cet attachement résolu, il faut bien constater que l’urbanisation des campagnes, comme celle des communes périurbaines, a révélé la pauvreté conceptuelle d’ex- tensions désordonnées ou simplement guidées par la logique pavillonnaire. Le lotissement, division foncière et mode juridi- que d’organisation de l’espace, n’a pas affirmé qualitativement le concept approprié de nouvelles formes d’habitat. Il fallait bien tourner la page ! La nécessité du développement durable s’im- pose, depuis quelques années (et quelques années seulement) comme le vecteur salutaire d’une nouvelle approche de la ville et de ses nouveaux quartiers. Le Plan Départemental de l’Habi- tat est, en Maine-et-Loire, une illustration manifeste de ce chan- gement de cap. Le concours d’urbanisme durable organisé par le Conseil général prolonge cette dynamique sur 8 territoires significatifs de la diversité de notre département. Il est bien évi- dent que le CAUE devait y être associé et y fournir son énergie et ses savoir-faire. Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement L a SODEMEL est une société d’Économie Mixte dont le rôle est de conduire des projets d’aménagement pour les collectivités locales de Maine-et-Loire. Outre son sta- tut particulier d’établissement public local, ses compétences et sa sensibilité particulière aux questions environnementales permettent aux élus de maîtriser l’ensemble du déroulement des projets d’aménagement qu’il s’agisse de quartiers d’habi- tation ou de parcs d’activités économiques. Avec pour objectifs principaux, l’intégration des projets dans leur environnement, le respect de la mixité sociale et la qualité urbaine et architecturale des projets, la SODEMEL agit dans le cadre de convention de concession et exerce un rôle d’ensemblier et d’animateur entre les multiples intervenants. Depuis une dizaine d’années, la SODEMEL a inscrit son action dans le respect du développement durable et dans la prise en compte des aspirations des populations au travers de l’anima- tion des phases de concertation. Les avis qu’elle a formulés au sein des groupes techniques du concours d’urbanisme durable ont permis d’éclairer les jurys sur la prise en compte des as- pects concrets du développement durable dans les projets qui étaient présentés par les candidats. La SODEMEL a également pu mettre au profit des maîtres d’ouvrage du concours départe- mental d’urbanisme durable, son expérience juridique, techni- que, administrative et financière en matière de montage et de conduite de projets d’aménagement. Société d’Équipement de Maine-et-Loire C réée en 1991, l’association ALISÉE (Association Ligé- rienne d’Information et de Sensibilisation à l’Énergie et à l’Environnement) conduit des actions dans les secteurs de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables afin de contribuer localement aux objectifs nationaux et internationaux de réduction des émissions polluantes et de préservation des ressources naturelles. Pour ce faire, une équipe de conseillers en énergie et environ- nement assure des missions de conseil, d’expertise et d’assis- tance à maîtrise d’ouvrage lors de la conception de nouveaux quartiers et la construction ou la rénovation de bâtiments. L’urbanisme exerce un impact fort et de long terme sur les transports et les logements, qui totalisent près de la moitié des émissions de CO2  ! Les programmes d’aménagement ont une incidence sur la performance énergétique des bâtiments (potentiel d’ensoleille- ment, surfaces déperditives), les déplacements (modes doux, place de la voiture), et l’éclairage public (zones à éclairer, durées d’éclairement) qui représentent un quart des dépenses énergé- tiques des communes ! L’implication des futurs habitants (sensibilisation, concertation) présente une opportunité pour favoriser l’appropriation des pro- jets et des enjeux associés. Dans le cadre du concours d’urbanisme durable, ALISÉE a ac- compagné la commune de Corzé par une mission d’assistance énergie et environnement pour l’aménagement d’un nouveau quartier. Alisée - Maîtrise de l’énergie et énergies renouvelables en Pays de la Loire
  • 10. 8 BOTZ-EN-MAUGES Population > 793 Botzéens Communauté de communes du canton de Saint-Florent-le-Vieil Secteur A (Ancienne usine) Secteur B (La Rabionnière) Secteur C 1 2 N Les différents sites à l’étude 1 Mairie 2 Ancienne usine 0 200 m
  • 11. 9 C ommune rurale à dominante agricole, Botz-en-Mauges est située dans la partie nord de la vallée de l’Evre. Elle est distante d’Angers et de Nantes respectivement de 50 et 65 km. À l’écart des grands axes de circulation locaux, le territoire communal est seulement traversé par la RD 752 Beaupréau - Varades, à un kilomètre du bourg. Seule une RD lo- cale traverse le bourg et le relie aux communes voisines. Une grande partie des voies restantes est en impasse jusqu’aux fer- mes ou hameaux, elles se prolongent en chemins de terre et créent rarement des boucles. Cette situation conforte la qualité du paysage bocager et des vallées encaissées qui structurent le paysage local et qui marquent l’identité communale. Le périmètre d’étude se compose de trois parties distinctes mais reliées entre elles par un cheminement de centre-bourg : - Le secteur A correspond à une reconquête de friche indus- trielle d’une ancienne usine de tarares, et comporte un terrain en contrebas à urbaniser dans un second temps. - Le secteur B, dit « La Rabionnière », correspond à l’extension vers le nord du bourg et en particulier à un tissu urbain diffus ; l’enjeu principal de son aménagement réside dans un désencla- vement et la mise en relation directe avec le centre-bourg. - Le secteur C, situé entre les deux précédents, le long du che- min de la Croix de Pierre, aujourd’hui non aménagé et issu d’une désaffection de terrains industriels. Objectifs généraux et scénario d’aménagement Les deux nouveaux quartiers devront notamment proposer des espaces de vie collective valorisant l’environnement et le lien social, et optimiser la gestion des eaux de pluie en tenant comp- te de la topographie. L’enjeu de la consultation est avant tout de réussir à mettre en œuvre un projet urbain de qualité qui évite le simplisme de l’ur- banisme pavillonnaire. Les équipes devaient s’attacher à propo- ser un projet phasé, fonctionnel et cohérent avec des exigences d’équilibre financier. Sur le secteur A  : autour d’une ancienne usine de tarares construite au début du xxe siècle et disposant d’un beau volume intérieur de 800 m2 (que la commune souhaite réhabiliter sous forme de halle-vestige abritant des petits programmes), le pro- gramme consiste à réinvestir un site de friche industrielle pour implanter une typologie d’habitat en continuité directe avec le tissu bâti traditionnel du centre-bourg, ses services, et l’ouvrir sur le grand paysage du sud-est de la commune. La revalorisa- tion de la halle devant permettre de requalifier de manière inat- tendue mais décisive ce vaste secteur de centre-bourg. Sur le secteur B : l’enjeu urbain est tout autre. C’est celui de réaliser une extension urbaine en frange de bourg et sur des ter- rains agricoles, au moyen d’une économie de l’espace foncier et d’un raccordement efficace avec la trame viaire existante. La typologie de l’habitat devant y être moins dense que sur le secteur de l’usine. Pour autant, l’enjeu est de garantir à la fois une hiérarchie des formes d’habitat dans la composition urbaine, mais aussi une centralité aux quartiers (un lieu fédérateur, reconnu) et la possi- bilité de disposer d’espaces publics conviviaux, lieux de rencon- tres, buts de promenades ou points d’observation du paysage, pouvant être en lien avec les exigences de gestion des eaux de surface. Le nombre total de logements estimé, au stade du programme, est d’au moins 81 avec une répartition conforme aux exigences du Plan Départemental de l’Habitat de Maine-et-Loire, soit 2/3 d’individuels et 1/3 de groupés. FG (Extrait du document programme - avril 2009) Repenser la croissance urbaine du bourg Programme Botz-en-Mauges L’ancienne usine « Cobatel » vue depuis la rue de la Croix de Pierre
  • 12. 10 Projet lauréat Labatut Architectes Associés, architecte mandataire De Long en Large, paysagiste - Pragma Ingénierie, BET VRD Plan de masse du projet d’aménagement 1 Le bassin de récupération des eaux pluviales 2 La coulée verte du secteur 3 Le lavoir (existant) 4 Le chemin d’accès de la Haute Souchaie 5 La rue d’accès de la Basse Souchaie 6 Jardins familiaux (existants) 7 L’ancienne usine de tarares 8 Le parvis sud et les jardins successifs 9 La position du belvédère sur la partie sud du bourg N 1 2 3 4 5 6 7 8 9
  • 13. 11 Botz-en-Mauges Secteurs de La Rabionnière et de l’ancienne usine Paroles d’élu«Dimanche 14 juin 2015 : Promena- de… […] On arrive dans le bourg. La rue de la Croix-Rouge a été réa- ménagée il y a quelques années. Les trot- toirs sont larges et nous emmènent serei- nement vers la venelle des petits jardins situés au cœur de l’îlot. […] On passe à l’arrière de la supérette et au débouché d’une dernière ruelle étroite, on arrive sur la rue de la Mairie. D’ici s’offre à nous le bâtiment [de l’ancienne usine de tarares]. Restructuré récemment, le bâtiment a conservé son charme avec ses vieux murs de pierres et ses encadrements de fenêtres en briques. C’est toujours étonnant de voir la tête de nos amis qui découvrent ce bâtiment pour la première fois car en sortant de la ruelle étroite, on ne s’attend pas à ça ». Extrait de la notice projet L e projet d’aménagement des nou- veaux quartiers est compris à l’échelle de l’agglomération. Il re- pose sur une hiérarchie claire des circu- lations et des entrées aux trois sites et privilégie les circulations douces pour les trajets de courtes distances, notamment vers le centre-bourg. Pour appuyer cet objectif, une « promenade centrale » est imaginée comme axe structurant du nou- veau quartier. Elle permet la gestion et la régulation hydraulique en tirant parti des infrastructures existantes (fossé agricole, plan d’eau en point bas), et est investie du rôle de réserve foncière et de lieu d’agrément à l’échelle de la commune. Le découpage parcellaire repose ensuite sur les contraintes de relief et les orienta- tions naturelles imposées par la pente, la préservation des haies et des chemins les plus intéressants. Il offre une géométrie régulière en lanières. Les tailles de parcel- les varient de 400 à 2 000 m2 , les plus peti- tes étant en continuité du bâti du bourg et participant de la continuité de sa densité. La halle industrielle est restructurée par un triple programme comprenant une salle de loisirs, un jardin public semi ouvert et un restaurant. Tout autour, de vastes parvis (5 séquences de jardins) étagent le terrain en pente douce et largement ouvert sur le grand paysage de la commune. FG Plan de réaménagement de l’usine Coupe longitudinale sur le secteur de l’ancienne usine et les espaces publics alentours Quelques chiffres (La Rabionnière) - Superficie aménagée par le projet > 61 860 m2 - Surfaces cessibles du projet > 35 860 m2 - Nombre de logements envisagés > 50 - Ratio surface cessible / surface de projet > 58 % - Densité brute > 8 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 14 log/ha - Répartition des types d’habitations (ensemble des secteurs) > 68 % de logements individuels, 25 % de groupés, 7 % de collectifs ou semi-collectifs - Stationnement > sur les parcelles et en plusieurs regroupements à l’écart de la voirie principale Geneviève GAZEAU Maire de Botz-en-Mauges Quelles sont les motivations qui ont poussé la commune à s’engager dans la démarche du concours d’urbanisme durable proposé conjointement par le Conseil général et le CAUE de Maine-et-Loire ? La commune avait déjà deux projets, l’un concernant une friche industrielle et l’autre un nouveau lotissement. Nous avons établi une programmation à court et moyen terme avec l’aide du CAUE associant les deux sites tout en intégrant un troisième secteur intermédiai- re. Nous avons défini plusieurs objectifs  : la qualité de vie et la mixité sociale. Ces derniers correspondaient aux orientations du concours départemental dans lequel la commune s’est alors inscrite. Quels sont les enseignements tirés de cette expérience ? Botz-en-Mauges est une petite commune qui n’est pas habituée à des projets de cette im- portance. Il est donc indispensable d’être sou- tenu et conseillé par des professionnels de l’ur- banisme et de l’architecture tout au long de la démarche, dès les premières réflexions. Dans l’organisation même du concours, la rencontre avec les équipes candidates sur le terrain s’est avérée très enrichissante. L’échange, la com- paraison des points de vue et des idées est indispensable pour nourrir le projet. Demain, si la commune doit porter un projet de cette envergure, il est évident qu’elle aura recours au concours d’urbanisme.
  • 14. 12 Projet 2 François Minier, architecte urbaniste mandataire - Guillaume Sevin, paysagiste - Soderef, BET VRD «[…] Un aménagement fait de pro- menades, de traverses, de placet- tes arborées, de jardins partagés, et imprégné du caractère des hameaux à l’image du lieu-dit La Bolinière, des am- biances champêtres en relation avec la campagne toute proche où les saisons et les usages sont révélés par l’odeur de la fauche, la floraison des prairies. […] Les parcelles de plus de 50 m de profon- deur et supérieures à 700 m2 peuvent être recoupées et accessibles par les fonds de jardins grâce à la présence initiale de tra- verses. Ce quartier pourra évoluer intrin- sèquement, se densifier, se rajeunir, se re- nouveler tout en gardant sa trame originelle et sans extension foncière extérieure. » Extrait de la notice projet L a gestion des eaux de surface (tam- ponnement dans des «  franges vertes  » disposées régulièrement), les orientations du bâti (le plus souvent nord / sud), la gestion des déchets, les dif- férents modes de déplacement (chemine- ments doux distincts des chaussées et au sein des franges vertes), les limites entre espace public et espace privé, le phasage, sont autant de cibles environnementales étudiées dans la proposition urbaine. Le projet propose, dans un des deux quar- tiers, de regrouper systématiquement le stationnement résidentiel à l’entrée de « hameaux » comptant neuf logements, dans des structures en bois et pierres (gabions) recouvertes de végétation. Un choix qui doit permettre aux cyclistes et piétons de se réapproprier les espaces pu- blics résidentiels et réduire les nuisances sonores au plus près des habitations. Quant à l’usine, elle est réinvestie par de petits programmes d’équipements qui s’installent dans des constructions im- briquées entre intérieur et extérieur de manière à laisser la halle ouverte au che- minement public. Des « modules » auto- nomes qui devront répondre aux exigen- ces de maîtrise des ponts thermiques, et un choix de transformation architecturale audacieux. FG Botz-en-Mauges Illustration de la restructuration de l’ancienne usine accueillant différents petits équipements publics Quelques chiffres (La Rabionnière) - Superficie aménagée par le projet > 59 575 m2 - Surfaces cessibles du projet > 38 515 m2 - Nombre de logements envisagés > 66 - Ratio surface cessible / surface de projet > 65 % - Densité brute > 11 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 17 log/ha - Répartition des types d’habitations (ensemble des secteurs) > 72 % de logements individuels, 16 % de groupés, 12 % de collectifs ou semi-collectifs - Stationnement > regroupé à l’entrée de hameaux ou à la parcelle Plan global des volontés d’aménagement N
  • 15. 13 Projet 3 Atelier Ruelle, architecte paysagiste urbaniste, mandataire - Cabinet Bourgois, BET VRD et Environnement «L’enracinement du projet urbain se mesure en fonction de ce qu’il apporte à la commune. Ce qu’il ap- porte à la commune, nous croyons que cela se traduit en termes de plaisir du lieu : plaisir d’usage, plaisir de déambula- tion, plaisir des yeux… Plaisir d’habiter, et donc plaisir de vivre là. » Extrait de la notice projet L a friche industrielle fait l’objet d’un plan de gestion dans lequel est aménagé, à l’emplacement des bâtiments dé- molis, un jardin dépolluant enclos fonction- nant sur le principe de la phytoremédiation. La partie basse du site est alors soustraite à la constructibilité de façon à redonner une « noblesse » au belvédère vers le sud et à la silhouette du bourg de Botz. L’ancienne usi- ne accueille en deux temps deux program- mes : c’est tout d’abord une halle ouverte non chauffée, et un restaurant de plain-pied avec sa terrasse au sud, puis elle est réa- ménagée pour devenir salle polyvalente. Le secteur de la Rabionnière accueille des par- celles étirées le long des courbes de niveau, de façon à ce que les voies soient dans la pente. Au centre de la composition fonciè- re, une grande pelouse est investie du rôle de jardin public, espace de rencontres et de jeux d’enfants où pourront venir s’implanter plus tard de petits immeubles collectifs. En- fin, l’équipe propose le concept de « rues à vivre », c’est-à-dire des zones de rencontres ou voies semi piétonnes étroites et enca- drées par des tranchées drainantes et par les jardins privatifs. FG Botz-en-Mauges Quelques chiffres (La Rabionnière) - Superficie aménagée par le projet > 61 000 m2 - Surfaces cessibles du projet > 38 900 m2 - Nombre de logements envisagés > 98 - Ratio surface cessible / surface de projet > 64 % - Densité brute > 16 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 25 log/ha - Répartition des types d’habitations (ensemble des secteurs) > 45 % de logements individuels, 37 % de groupés, 18 % de collectifs ou semi-collectifs - Stationnement > À la parcelle et en longitudinal sur les voies principales Illustrations avant / après de la façade sud du village Plan général des aménagements N 1 2 3 4 5 6 4 3 1 Grande pelouse 2 Allée bocagère 3 Cheminements piétons 4 Voies de desserte résidentielle 5 Ancienne usine 6 Jardins familiaux (existants)
  • 16. CHALONNES-SUR-LOIRE Population > 6 143 Chalonnais Communauté de communes de Loire-Layon N 14 Quartier des Ligerais
  • 17. 15 E ntamée dans les années 1990, l’urbanisation du secteur du « Grand Coteau » s’est développée au sud-ouest de l’agglomération en trois tranches successives selon le modèle conventionnel des lotissements pavillonnaires. L’aménagement du quartier des Ligerais, dont l’emprise foncière de 6,8 ha est entièrement maîtrisée par la commune, constitue l’ultime étape dans l’urbanisation de ce secteur limité dans sa partie est par le vallon de l’Armangé et dont la topographie est marquée par des pentes pouvant atteindre jusqu’à 15 %. Une des caractéristiques principales des Ligerais tient ainsi à sa position dominante sur le vallon d’Armangé où le coteau donne naissance à une série de talwegs perpendiculaires au vallon en- gendrant une succession de micropaysages où résurgences ro- cheuses et végétation indigène accompagnent un fort dénivelé mais aussi au remarquable panorama qu’il offre au lointain sur la confluence de la Loire et du Layon. Affirmant sa volonté de rompre avec un modèle d’urbanisation trop souvent guidé par un strict découpage parcellaire, la munici- palité de Chalonnes-sur-Loire a souhaité que l’aménagement de ce nouveau quartier s’en démarque tant par la recherche d’une plus grande diversité typologique que par la qualité de la forme urbaine produite et la mise en œuvre d’une démarche environ- nementale exemplaire. S’inscrivant pleinement dans les orientations du Plan Départe- mental de l’Habitat en cherchant à diversifier les formes d’ha- bitat, à favoriser une véritable mixité sociale et en offrant les conditions nécessaires à une meilleure prise en compte des exigences environnementales, un des enjeux majeurs du pro- jet consiste à concevoir un quartier où l’organisation parcellaire, l’implantation du bâti et le traitement des espaces publics ne subissent pas, mais tirent au contraire parti des caractéristiques physiques et spatiales du site. Les enjeux du projet > L’habitat - Développer une offre diversifiée de typologies d’habitat. - Favoriser une réelle mixité sociale. Capacité d’urbanisation estimée : 75 à 85 logements. Répartition : 40 % de logements groupés, 50 % de lots libres (selon un large éventail de surfaces parcellaires), 10 % de loge- ments collectifs ou semi-collectifs. > Le site - Conforter les caractéristiques naturelles du site notamment dans ses rapports au paysage environnant. - Concevoir des aménagements favorisant la préservation de la biodiversité et la capacité de gestion des eaux pluviales. > La forme urbaine - Mettre en place les conditions d’une adaptation soignée du bâti et des infrastructures au relief singulier du site. - Optimiser le dimensionnement des voies dans l’objectif d’un partage équilibré des usages. - Assurer la connexion du quartier avec le reste de l’agglomé- ration chalonnaise en garantissant la diversité des modes de déplacement et la sécurité des habitants. - Mettre en œuvre des règles d’implantation du bâti et de trai- tement des limites favorisant la maîtrise du paysage urbain et l’harmonie des relations entre espace privatif et espace public. - Favoriser l’appropriation des espaces publics en les conce- vant comme de véritables lieux de promenades offerts à l’en- semble des habitants. Les moyens du projet Afin d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée, la commune a dé- cidé de confier à l’équipe lauréate de la consultation une mission globale comprenant : la maîtrise d’œuvre complète des espaces publics, l’élaboration d’un cahier de prescriptions architecturales, environnementales et paysagères ainsi qu’une mission d’assis- tance auprès des constructeurs et de suivi des projets afin d’en garantir la conformité avec les objectifs du programme. FT Quartier des Ligerais Programme Chalonnes-sur-Loire
  • 18. 16 Projet lauréat Atelier Cité Architecture, architecte urbaniste mandataire - CSD AZUR BET Environnement - Atelier LD BET VRD «Le but de l’étude n’est ni de pro- poser un projet reproductible ni un projet emblématique mais de dé- montrer que les alternatives existent  ; alternatives qui peuvent permettre de construire dans le cadre des règlements et des habitudes, une ville désirable, ha- bitable et moins consommatrice de res- sources. » Extrait de la notice projet L e projet repose sur la trame végé- tale existante qu’il entend conforter et sur laquelle il s’adosse en « réin- ventant » un nouvel écosystème. C’est la rupture principale avec le mode d’urba- nisation antérieur et voisin. L’espace est recomposé dans le principe de chambres bocagères affectées soit à l’habitat, soit aux espaces ouverts, soit aux réserves foncières. C’est ainsi l’espace public et le patrimoine végétal à gestion publique qui constituent l’ossature du quartier et lui donnent sa cohérence dans le « grand pay- sage », caractéristique majeure du site. Le maillage végétal participe aussi de l’ouver- ture sur les quartiers environnants et la persistance de sa relation avec le paysage de la vallée, deux chambres étant affec- tées à des usages ouverts aux habitants, terrain de sports et jardins familiaux. Le parcellaire s’y déploie en occupant seule- ment 27% du site compte tenu de larges délaissés, sur des surfaces moyennes de l’ordre de 300 m2 mais susceptibles d’être largement adaptées. 86 logements sont ainsi constitutifs du nouveau quartier dont 42 individuels, 29 individuels groupés et 15 collectifs ou intermédiaires. Simulation de composition urbaine et architecturale fondée sur l’optimisation thermique des enveloppes (compacité, végétalisation, orientation). N
  • 19. 17 Chalonnes-sur-Loire Quartier du Ligerais Paroles d’élu Quelles sont les motivations qui ont poussé la commune à s’engager dans la démarche du concours d’urbanisme durable proposé conjointement par le Conseil général et le CAUE de Maine-et-Loire ? La nouvelle équipe municipale élue en 2008 s’est engagée à développer la commune en appui sur des préoccupations d’ordre environ- nemental. Le projet élaboré sur le site, prêt à être réalisé, ne correspondait pas à ses choix d’urbanisation. Les capacités d’expansion de Chalonnes fortement conditionnées par le re- lief, les surfaces inondables, et l’imbrication ville-vignoble, font que le secteur des Ligerais est parmi les derniers espaces urbanisables d’une telle importance dans l’agglomération. C’est pourquoi la municipalité a décidé de re- mettre en cause le processus en cours. L’ap- pel à projet lancé par le Conseil général, en parfaite correspondance avec nos aspirations, s’est trouvé par un heureux concours de cir- constances, en concomitance avec le change- ment d’orientation décidé pour ce futur quar- tier à forts enjeux. Quels sont les enseignements tirés de cette expérience ? Nous avons apprécié la diversité des réponses apportées par les 3 équipes concurrentes rete- nues parmi 25 candidatures. Les propositions étaient très différentes sous certains aspects tels que les formes urbaines, et assez conver- gentes sur d’autres, tels la gestion des eaux pluviales, ou le travail sur la voirie. Une premiè- re analyse des esquisses n’a pas permis de dé- gager une préférence et a nécessité du recul vis-à-vis de l’image. Un examen plus appro- fondi et l’entretien avec les équipes a favorisé une meilleure compréhension des intentions exprimées, mais aussi d’estimer la capacité d’écoute des différents cabinets, et d’appré- cier les marges d’évolution des projets. La difficulté pour l’élu reste de se prononcer pour un seul projet et une seule équipe, car il va engager la commune pour plusieurs dé- cennies. Mais la diversité du jury, par le niveau du débat qu’elle autorise, est une richesse, et rassure au final sur le choix arrêté. Jacques CHAZOT Adjoint à l’urbanisme à Chalonnes-sur-Loire Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 61 393 m2 - Surfaces cessibles du projet > 24 116 m2 - Nombre de logements envisagés > 86 - Ratio surface cessible / surface de projet > 35 % - Densité brute > 13 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 35 log/ha - Répartition des types d’habitations > 49 % de lots libres, 34 % de logements groupés, 17 % de collectifs ou semi-collectifs Une organisation sur le principe d’îlots suppose une mixité d’usage et de fonc- tion, associant une grande rigueur d’im- plantation sur la parcelle et une généro- sité de l’espace public. Raccordée au giratoire d’entrée de ville au creux du talweg et connectée au Grand Coteau voisin, la voirie desservant le nouveau quartier n’en reste pas moins prioritaire- ment secondaire (3,5 mètres d’emprise de voie) en développant un parcours dont la segmentation, appuyée sur la trame vé- gétale, contrarie le risque d’un usage de la voie comme axe de transit. BL L’ossature de la composition urbaine est donnée par la constitution d’une trame bocagère participant également à la préservation des éco-systèmes et à la gestion de l’eau. La trame végétale définit alors des « chambres bocagères » dans lesquelles s’inscrivent îlots bâtis et espaces naturels. Recherche de mixité typologique associant variété des gabarits et des écritures architecturales.
  • 20. 18 Projet 2 Atelier Espace Temps, architecte urbaniste mandataire - Ecce Terra, paysagistes - Sogreah, bureau d’études VRD Chalonnes-sur-Loire «L’émergence d’un nouveau quartier doit être conçue de manière à ce que celui-ci soit agréable à vivre et qu’il permette une appropriation de l’es- pace. Sur le territoire d’étude, l’environ- nement est particulièrement attrayant et doit être au cœur de la réflexion afin de favoriser la promenade et l’usage des es- paces extérieurs, qu’ils soient privés ou publics. » Extrait de la notice projet E n écho d’une analyse environne- mentale et paysagère approfondie, le parti d’aménagement retenu sup- pose une modification du périmètre de l’opération et un nouveau tracé pour la voie de contournement. Dans ces conditions, le projet intègre l’ensemble du talweg qui devient l’axe principal de composition, coulée verte structurante. La trame viaire, principale et secondaire, épouse la topo- graphie en facilitant l’accès aux parcelles et limitant les effets de terrassement. L’élargissement de l’emprise (11,5 ha au lieu de 6,8) induit une offre de logements supérieure à celle du programme (28 lo- gements supplémentaires). Le projet in- tègre une typologie d’habitat originale, au cœur des coulées vertes, par la disposi- tion de constructions implantées dans un espace collectif non clos, non accessible à l’automobile et potentiellement autogé- rées. Globalement, l’opération dispose de 56 % de constructions sur lots libres, 29 % en habitat groupé et 15 % en habitat intermédiaire. Les principes de développement durable sont largement déclinés tant dans leur di- mension environnementale que sociale, comme l’attestent la présence de coulées vertes facilitant la gestion des eaux pluvia- les et génératrices d’espaces publics ap- propriables et une mixité de l’habitat dont les différentes typologies sont réparties sur l’ensemble du nouveau quartier. BL Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 114 500 m2 - Surfaces cessibles du projet > 49 000 m2 - Nombre de logements envisagés > 137 - Ratio surface cessible / surface de projet > 43 % - Densité brute > 12 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 28 log/ha - Répartition des types d’habitations > 56 % de lots libres, 29 % de logements groupés, 15 % de collectifs ou semi-collectifs N
  • 21. 19 Projet 3 Univers, architecte urbaniste mandataire - Cabinet Bourgeois, BET environnement et VRD Chalonnes-sur-Loire «Ce concours donne l’occasion de créer une urbanité différente, il- lustrant la dualité entre l’image ur- baine de base calquée depuis quelques décennies et une campagne préservée. Notre volonté est de rompre avec cette image urbaine existante et de dessiner, d’inventer un nouveau modèle urbain à Chalonnes-sur-Loire, en intégrant une typologie, une densité, une mixité nova- trice sur cet espace singulier. » Extrait de la notice projet L e projet est construit à partir d’une colonne vertébrale, «  le Cours  », axe de circulation distribuant le site, fédérant tous ses usages et formant un front urbain structurant, en belvédère dominant la vallée de l’Armangé et le paysage alentour. C’est aussi à partir de cet axe que s’organisent le raccor- dement avec les voies existantes et la liaison de l’urbanisation nouvelle vers la ville ou les quartiers avoisinants. C’est enfin depuis ce cours que se distribuent trois hameaux qui constituent, en revers de la bande construite en ligne de crêtes et ses « sentinelles » dominant la vallée, l’interface avec l’urbanisation existante et l’offre principale de logements. Ils asso- cient le plus possible lots libres, groupés ou intermédiaires, en faveur d’une mixité sociale et d’une forme urbaine conviviale laissant une large part à un espace public recélant un potentiel de biodiversité que la gestion différenciée devrait contribuer à conforter. Cet attachement à la nature s’exprime également par le traitement aérien de l’eau pluviale et la création conséquente de zones humides liées à la noue princi- pale et aux fossés affluents. Il participe enfin au privilège donné aux liaisons dou- ces, l’axe principal étant doublé d’une circulation exclusivement réservée aux piétons et aux cyclistes. BL Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 67 740 m2 - Surfaces cessibles du projet > 34 500 m2 - Nombre de logements envisagés > 83 - Ratio surface cessible / surface de projet > 51 % - Densité brute > 12 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 24 log/ha - Répartition des types d’habitations > 56 % de lots libres, 37 % de logements groupés, 7 % de collectifs ou semi-collectifs N
  • 22. CHAMPTOCEAUX Population > 2 216 Castrocelsiens Communauté de communes canton de Champtoceaux N 20 La Loire Le site à l’étude en centre-bourg 0 150 m
  • 23. 21 L a commune est située sur un coteau dominant la Loire. Elle est distante d’Angers et de Nantes respectivement de 45 et 40 km. Elle est surtout, historiquement située aux confins de l’Anjou et de la Bretagne, et compte, outre un riche passé antique, une citadelle médiévale (dont il reste des vestiges). Le Moulin Pendu, sur la Loire, ouvrage des xiiie et xive siècles est classé monument historique depuis 1975. Elle compte environ 2 200 habitants localisés principalement dans le bourg et dans de nombreux hameaux dont celui, typi- que, de La Patache sur les bords de Loire. Objectifs généraux et scénario d’aménagement Le futur quartier, situé en centre-bourg, doit s’inscrire dans une démarche environnementale exemplaire. L’objectif premier est de créer un renouvellement urbain cohérent et en harmonie avec le territoire existant, tout en mettant en avant un certain nombre de principes « novateurs » qui visent à minimiser l’im- pact de l’urbanisation sur l’environnement, et permettent aux futures constructions de maîtriser l’énergie et d’utiliser les éner- gies renouvelables. Cette nouvelle réalisation devra créer des espaces de vie collective valorisant l’environnement et le lien social et optimiser la gestion des eaux de pluie. En faisant l’acquisition de la propriété Denis (grande parcelle centrale de 2 600 m2 ), la commune s’est engagée à réaliser un programme de logements pour personnes âgées dans l’encein- te des jardins de l’îlot. La localisation de cette propriété se prête en effet à ce type d’affectation : en cœur de bourg et à proximité des principaux services et commerces. La nature des lieux est également favorable au développement d’un programme maîtrisé tant sur le plan de l’urbanisme que sur ceux du paysage et de l’architecture. Elle est assurément prétexte à l’engagement d’une démarche originale destinée à construire un nouveau quartier d’habitat au cœur des jardins. En cœur de bourg, ces jardins forment un ensemble de grande qualité et d’une grande sensibilité. La trame foncière soulignée par un réseau de venelles et de murs en pierre est la force et la structure du paysage. Le végétal donne aux lieux leur caractère et leur ambiance : jardins de dé- tente ou jardins vivriers, arbres d’agrément et arbres fruitiers. Le bâti, bien que très hétéroclite, propose un jeu de volume et d’échelle très intéressant. La pierre et la tuile ajoutent à la qualité des constructions les plus traditionnelles et les plus anciennes. Sur le plan de l’usage des lieux, au-delà de la stricte dimension de l’habiter, se pose la question de la circulation et de l’accessibilité. Les qualités des lieux nous incitent à la plus extrême vigilance. La trame foncière semble vouloir guider la démarche et s’impose comme l’armature du projet paysager et urbain, le cadre au sein duquel il convient d’imaginer l’avenir dans le respect du site. La réflexion doit intéresser la totalité du secteur et définir les lieux d’intervention ainsi que les modalités opératoires afin de garantir la cohérence du projet. > Une trame foncière qui s’impose au projet comme sys- tème d’accueil et d’organisation. > Un projet contemporain qui conserve et met en valeur la mémoire des lieux. > Un mode d’habiter original, en harmonie avec l’esprit du site : Habiter un jardin Le principe d’une circulation des véhicules dans un sens unique sud-nord a été retenu. Toutefois cette circulation se fera selon des modalités non routières : il pourra par exemple être proposé un aménagement répondant aux critères d’une zone de rencontre. Sur la propriété Denis et sur les parcelles voisines sont quanti- fiés neuf logements adaptés pour personnes âgées, avec gara- ges pouvant servir de cellier ou de remise en l’absence de vé- hicule. Logements devant être ensuite confiés à un concepteur par un maître d’ouvrage bailleur social. FG (Extrait du document programme - avril 2009) Construire entre les murs Programme Champtoceaux Vue du site en juillet 2007 montrant les linéaires de clôture et la végétation.
  • 24. 22 Projet lauréat Nolwen Dulieu, architecte urbaniste mandataire - Agence 7 Lieux, paysagistes - GCA Ingéniérie, BET VRD «La qualité du site est donnée par l’échelle intime des jardins exis- tants, qui contraste avec les vues généreuses et vastes sur l’église Sainte Madeleine et les maisons imbriquées en- tre elles de la rue principale (rue Hippolyte Maindron et Margueritte de Clisson). » Extrait de la notice projet L e projet propose un jardin public en centre-bourg. Il offre une nouvelle perspective axée sur l’église selon une orientation nord-sud et fait le lien entre deux quartiers avec un aménagement pay- sager permettant de concilier exigences environnementales (noues ouvertes, circu- lation douce), exigences privatives (murs séparatifs préservés) et respect d’une par- tie de la trame foncière historique. Les parcelles destinées à recevoir les ha- bitations pour personnes âgées (8) sont de petite dimension, tant en largeur qu’en longueur (8 m x 16 m), contrainte urbaine d’autant plus délicate qu’elles reçoivent également le garage destiné au station- nement des véhicules mais répondant au souhait de promouvoir une densité d’ha- bitabilité particulière de cœur d’îlot. Cinq principes ont guidé le projet d’amé- nagement : - La volonté de structurer l’espace public jardiné par le truchement des murs main- tenus et développés. - La conception d’un habitat mariant es- pace intérieur de la parcelle et parcours végétalisé de l’espace public, « habiter un jardin », le « jardin de l’eau ». - L’articulation du projet avec le centre- bourg et la mise en valeur de la cour des Mariniers et la place de l’école par l’affir- mation des porosités piétonnes existan- tes. Périmètre d’étude ESPACES PUBLICS Place(ette) publique Plateau partagé Voirie Viviers Espace paysager Vivriers en location Jardins privatifs ACTIVITÉS, REPÈRES ET LIENS Activités commerciales et services Point de repère visuel Continuité piétonne Axe visuel Entrée logement N Inscription du projet dans le tissu urbain
  • 25. 23 Champtoceaux Construire entre les murs Paroles d’élu Quelles sont les motivations qui ont poussé la commune à s’engager dans la démarche du concours d’urbanisme durable proposé conjointement par le Conseil général et le CAUE de Maine-et-Loire ? À la fin des années 1970, la municipalité man- que quelques opportunités foncières qui ont bloqué tout projet en centre-bourg. Forte de l’acquisition d’une propriété de 3500 m2 et d’une habitation, la nouvelle municipalité en- gage une réflexion globale sur l’îlot enclavé du centre-bourg. Sans le dénaturer, l’objectif est d’ouvrir le secteur, de créer des pavillons pour personnes âgées et des accès aux commer- ces. Seule, la commune n’aurait pu aborder de front les problématiques foncières, celles de l’habitat et de l’urbanisme. Au-delà du finance- ment, le PDH offre cette aide technique. Quels sont les enseignements tirés de cette expérience ? Il s’agit d’une expérience enrichissante. Conçu en sept phases, le projet retenu est évolutif et représente un budget important pour notre commune. Le temps des études, indispensa- ble, est long ; habitants et élus montrent des signes d’impatience quant aux délais de réa- lisation. De plus, il y a parfois un écart entre le souhait des gens et le projet architectural. Un travail pédagogique, d’abord auprès des élus, puis des habitants, est nécessaire pour expliquer l’intérêt des études, mais aussi en quoi la façon traditionnelle de concevoir des lo- tissements ne correspond plus aux exigences environnementales actuelles. Point de vue sur le jardin de l’eau Coupe B, est-ouest Jean-Yves BOURGEAIS Maire de Champtoceaux Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 7 770 m2 - Surfaces cessibles du projet > 4 700 m2 - Nombre de logements envisagés > 20 - Ratio surface cessible / surface de projet > 60 % - Stationnement > La voiture pénètre jusqu’à la parcelle, la maison intègre un garage. Du stationnement groupé est ponctuellement proposé sur l’espace public. - Le respect de l’épanelage du cœur d’îlot et la valorisation des perspectives : l’axe majeur du jardin de l’eau s’accroche vi- suellement au signal du clocher. - La maîtrise de l’impact environnemental en termes d’économie de l’espace foncier (les emprises de voirie sont minimisées), d’intégration dans le paysage urbain, de confort et d’usage (offre du jardin public central), de maintenance, de gestion des eaux pluviales, de l’énergie, de gestion des chantiers et des déchets, enfin en termes de déplacements. FG Point de vue sur le passage des Mariniers
  • 26. 24 Projet 2 Archidée, Patrice Métivier, architecte paysagiste mandataire - Ingénierie TUGEC, BET VRD Inddigo, ingénierie du développement durable Champtoceaux «Une évolution des comportements, en particulier pour la réduction de la consommation des ressources na- turelles, passe nécessairement par une compréhension des enjeux par les habi- tants et par la prise en charge partagée, par ces derniers, de services dans un ca- dre associatif. » Extrait de la notice projet T out en augmentant la constructibilité du site par rapport au programme, le projet livre, en partie centrale, de vastes espaces publics, voiries, lieux de regroupement, et de stationnement. La voiture ne pénètre pas sur la parcelle, l’ac- cès à la maison est réservé aux piétons et aux cycles. La composition urbaine répar- tit par entités opérationnelles trois types de logements : les maisons de plain-pied pour personnes âgées (9), des maisons groupées à un étage et des logements in- termédiaires apportant une configuration architecturale novatrice sur le site. La dimension sociale est ici appuyée par la volonté de mettre en œuvre une démar- che participative intégrant notamment la gestion pratique du quartier (installa- tion de chauffage et de production d’eau chaude collective, compostage collectif, celliers et stationnement regroupés). Les maisons étant libérées du stationne- ment des véhicules, elles s’implantent sur des parcelles très étroites (5 m à 7,50 m). FG Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 10 890 m2 - Surfaces cessibles du projet > 4  470 m2 - Nombre de logements envisagés > 33 - Ratio surface cessible / surface de projet > 41 % - Stationnement > regroupé à l’écart des habitations N 1 Espace de convivialité : conservation du pin existant devenant l’arbre aux palabres et espace de rencontre avec banc circulaire, jeux pour enfants. 2 Espaces verts composés : de petits espaces en terrasse, poches de verdure de faible entretien. 3 Stationnements abrités par une structure en bois recouverte de plantes grimpantes. 4 Jardins familiaux. 5 Locaux techniques communs 6 Logements pour personnes âgées (9) 7 Maisons individuelles groupées (12) 8 Logements semi collectifs (12) 9 Celliers privatifs, attenants aux stationnements 1 2 4 5 3 Inscription du projet dans le tissu urbain 6 9 8 7
  • 27. 25 Projet 3 LinéA, Cécile Chevallier-Bernardoni, architecte mandataire - Zéphyr Paysages, paysagiste Sogreah Consultants, BET VRD Champtoceaux «Le parcellaire étroit et laniéré, bordé de vieux murs qui contraignent le parti d’aménagement et lui donnent sa qualité, guide notre réflexion. L’omni- présence de l’eau par les petits édifices, puits et viviers… La végétation accrochée aux vieux murs de schiste et dépassant des jardins sur l’espace public, l’accès aux jardins et parcelles par de petits portillons en bois, autant d’éléments qui prolongent cette idée de la ville vécue côté jardin… ». Extrait de la notice projet L e projet propose une unique typo- logie de maisons bâties entre les murs sur des lanières étroites. Il réinvente une trame qui s’appuie sur la structure étroite du réseau actuel de che- minements piétons en cœur d’îlot. Un décalage des habitations les unes à côté des autres sur le parcellaire, glissant sur la trame orientée nord-sud, permet un accès latéral à chaque maison et oblige à dissocier la voiture du logement. Les sta- tionnements clos et privatifs sont repous- sés aux accès nord, sud et ouest du site. Même si elle peut pénétrer, la voiture est contrainte par le gabarit étroit des ruelles. Les déplacements piétons sont sécurisés et les habitants profitent du confort obte- nu par des nuisances sonores atténuées. Une préservation des co-visibiltés de jar- dins à jardins, ou terrasses à terrasses, permet à chacun d’évoluer dans son jar- din sans être vu. FG Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 8 030 m2 - Surfaces cessibles du projet > 5 880 m2 - Nombre de logements envisagés > 30 - Ratio surface cessible / surface de projet > 73 % N Implantation du bâti Stationnments groupés Ruelles carrossables Venelles Inscription du projet dans le tissu urbain Croquis illustrant le principe de l’implantation décalée du bâti
  • 28. CORZÉ Population > 1 610 Corzéens Communauté de communes du Loir N 26 Quartier du Moulin à vent
  • 29. 27 L a zone à aménager à l’ouest du centre-bourg, se trouve entre une zone Natura 2000, au nord, comprenant la rivière du Loir et une ZNIEFF au sud. D’environ 12 hectares, le quartier du Moulin à vent est situé dans la continuité immédiate du bourg originel. L’objectif premier du projet est de créer un quartier en harmonie avec son territoire, tout en mettant en avant un certain nombre de principes qui visent à minimiser l’impact des constructions sur l’environnement et permettre de valoriser les économies d’énergie en suscitant le recours aux énergies renouvelables : solaire, bois... Une des qualités du quartier du Moulin à vent est sa situation en belvédère sur la vallée du Loir. L’aménagement global proposera d’offrir aux nouveaux habitants des perméabilités visuelles afin que les lointaines vues sur la vallée du Loir soient perceptibles par une majorité. Principalement desservie par la rue du Moulin de la Motte, cette voie devra changer de statut, être requalifiée en rue afin de per- mettre des échanges entre la future greffe et les rives du Loir avec des traversées sécurisées et des pistes cyclables différen- ciées de la voie de circulation automobile. Ce site aujourd’hui est dépourvu de toute végétation structuran- te ; en conséquence, des stratégies de préverdissement seront intégrées aux principes d’aménagement d’ensemble. Dans le choix de végétaux, les concepteurs développeront les notions de gestion raisonnée pour mettre l’accent sur la dura- bilité et la pérennité des espaces créés, dans le respect d’un territoire sensible : inondabilité. L’utilisation d’essences indigènes va contribuer à donner aux aménagements du site une identité propre. L’armature verte pourra se diffuser au-delà du périmètre défini au PLU, afin de lier le quartier à l’ensemble du territoire. Un autre élément important à valoriser : les émissaires, lieux de stockage des eaux de ruissellement qui composent et organi- sent déjà le territoire. À l’intérieur du quartier, des liaisons de type desserte locale se- ront créées et participeront de la qualité d’usage de l’espace public, elles assureront la convivialité des transitions et une inti- mité des espaces traversés. La voirie au sein du nouveau quar- tier sera conçue de manière à limiter la place de la voiture, la gestion du stationnement étant l’un des moyens de limiter pour atteindre cet objectif. L’aménagement global proposera des espaces publics qui inté- greront la dimension sociale : lieux de rencontre et de détente, jardins familiaux, traitement des limites entre espaces privés et espaces publics, seuils, placettes, parkings... selon des thémati- ques propres qui sont développées dans les quartiers d’habitat. La zone classée en 1AUh doit permettre de développer un quar- tier d’habitat intégrant des formes urbaines différentes et intro- duire la notion de densité en entrée de bourg. Les gabarits du bâti environnant se situent entre la maison pa- villonnaire en alignement sur la rue du Moulin de la Motte, les ateliers communaux et la maison bourgeoise du xixe siècle en bordure est du site. Individuel dense, intermédiaire, collectif, le site doit jouer aussi la carte de la mixité en offrant une diversité des formes urbaines. Le déplacement des ateliers communaux, la disposition de l’em- prise qu’ils occupent, sont une opportunité pour réaliser la greffe du quartier avec le tissu ancien et retrouver des espaces publics à l’échelle de l’agglomération étendue de son futur quartier. Des mixités seront également recherchées entre les tailles de logement et entre les catégories de logements. MC Quartier du Moulin à vent Programme Corzé Le site dans son ensemble
  • 30. 28 Projet lauréat Urban’ism, architecte urbaniste paysagiste mandataire - Safege, BET VRD «Concevoir un projet d’urbanisation de plus de 200 logements dans un bourg comptant aujourd’hui environ 800 habitants, implique de s’inscrire dans une réflexion à l’échelle de l’ensemble du village et de toutes les composantes de la vie locale. » Extrait de la notice projet T rois espaces publics majeurs s’affir- ment à l’issue de la réflexion ayant présidé à la conception du nouveau quartier : une nouvelle place du village comme articulation entre le bourg ancien et l’urbanisation à venir, un « port sur le Loir » comme expression du rapport privi- légié entre la rivière et le nouveau quartier, des coulées vertes « récréatives » com- prises comme le maillage identitaire de l’extension urbaine. L’aménagement du nouveau quartier est conçu comme une greffe urbaine dont les points d’accroche sont l’angle nord-est du secteur, la façade sur le Loir et la levée de l’ancienne voie ferrée. Ces trois espaces caractérisent des continuités avec le tissu bâti existant et déterminent des usages partagés. Sur le plan environnemental, le projet s’at- tache à limiter l’usage de la voiture à l’in- térieur du quartier en proposant une exter- nalisation du stationnement pour certains îlots et en compliquant l’usage des voiries secondaires. L’orientation sud et sud-est des constructions limite leur empreinte énergétique, ce que facilite d’autre part le principe d’un bâti compact. N
  • 31. 29 Corzé Quartier du Moulin à vent Paroles d’élu Quelles sont les motivations qui ont poussé la commune à s’engager dans la démarche du concours d’urbanisme durable proposé conjointement par le Conseil général et le CAUE de Maine-et-Loire ? Dès 2007, la commune de Corzé engage une réflexion sur un projet important pour une pe- tite commune, puisqu’il s’agit d’un secteur de 11 ha. La réflexion globale, menée avec l’aide d’Alisée et du CAUE, intègre rapidement les as- pects environnementaux. Les objectifs définis correspondent aux objectifs du Plan départe- mental de l’habitat. Autre élément attractif indé- niable du PDH, le soutien financier au niveau de l’appel à projet et l’accompagnement conjoint du CAUE, d’Alisée et de la SODEMEL. Il s’agit d’une véritable rupture par rapport aux pratiques habituelles communales dans la fa- çon d’aborder le projet urbain. Quels sont les enseignements tirés de cette expérience ? Nous avons tout d’abord été surpris par l’inté- rêt des professionnels pour notre projet puis- que 31 candidats ont postulé pour concourir. L’aide du CAUE a été précieuse pour le choix des trois candidats car nous n’avions pas les connaissances suffisantes pour juger des ca- pacités des équipes. Les 3 candidats sélection- nés ont proposé des solutions très différentes, sources de réflexions et de débat. Outre le fait qu’il répond aux attentes de l’équipe munici- pale, le projet retenu est le plus facile à faire évoluer. Compte tenu de l’ampleur du projet, le concours d’urbanisme s’avère indispensable. Augustin DERSOIR Maire de Corzé Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet de la ZAC > 12 ha - Nombre de logements envisagés > 240 - Densité > 20 logts/ha - Répartition des types d’habitations > • Collectifs : 22 % soit 50 logements • Intermédiaire : 15% soit 35 logements • Individuels groupés : 33% soit 80 logements • Lots libres : 30% soit 75 logements Enfin, la biodiversité n’est pas oubliée en ce que les rapports de continuité entre les espaces publics, la vallée du Loir et les zones humides environnantes sont autant de corridors écologiques tempé- rant la rupture entre l’espace urbain et la nature. D’une façon générale, l’eau est un élément fédérateur du projet et déter- mine le paysage du quartier. Le projet propose une forte mixité sociale en associant diverses typologies de loge- ments, environ un tiers en lots libres, un tiers en collectifs et intermédiaires et un tiers en individuels groupés. Ce dispositif, supérieur à ce que le programme suggé- rait, est toutefois conforme aux orienta- tions du SCoT du Pays d’Angers actuelle- ment en cours d’élaboration. BL Collectif (R+1+C / R+2) avec accueil de commerces, services, équipements en rez-de-chausée Collectif (R+1+C / R+2) Intermédiaire (R+1+C / R+2) Individuel groupé (R+C / R+1+C) Lot libre (R+C / R+1+C) Programme de logements Déplacements Voiries primaires Voies de desserte secondaire Venelles tertiaires mixtes Cheminements doux Places Parkings Stationnements externalisés Barques
  • 32. 30 Projet 2 Sitadin, architecte urbaniste mandataire - François Tavernier, paysagiste - Bourgeois, BET VRD Corzé «Corzé a deux atouts majeurs : son centre-bourg et le rapport que le village entretient avec le Loir. L’ob- jectif de ce projet consiste à reconstituer, au travers du projet, une urbanité ancrée sur le territoire (trames parcellaires iden- tiques à celles déjà existantes, continuité avec les chemins piétons existants qui mènent à la rivière, réutilisation des voi- ries de desserte déjà là…). » Extrait de la notice projet S ans mimétisme, le projet entend pourtant s’inscrire dans la continui- té du paysage de Corzé, du voca- bulaire de ses espaces publics et de son maillage viaire. L’autre élément détermi- nant étant le rapport au Loir, le quartier est structuré en son centre par une large ouverture nord-sud formant accès et bel- védère sur la rivière. Cinq hameaux distincts composent le sec- teur en offrant, chacun, la mixité de l’ha- bitat voulu par le programme et associant lots libres, individuels groupés et petits collectifs ou intermédiaires. L’organisa- tion parcellaire de ces hameaux (trame al- lant de 6 à 15 mètres mais le plus souvent étroite et profonde) favorise une bonne orientation des constructions et une com- pacité favorable à leur performance éner- gétique. Elle assure également, malgré la densité d’un habitat presque toujours groupé, une bonne intimité des jardins, dépourvus de vis-à-vis. 220 logements sont ainsi proposés dont 30 en collectif, 120 groupés et 70 en individuels. Les cheminements doux sont bien identi- fiés et ne se confondent pas avec l’usage automobile disposant d’antennes courtes à partir du réseau existant. Autre élément durable, le traitement de l’eau pluviale s’associe aux orientations paysagères, le maillage de noues et de fossés et le grand mail central assurant le stockage et la régulation. BL Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 12 ha - Nombre de logements envisagés > 220 - Répartition des types d’habitations > 30 logements en collectif, 120 logements en individuels groupés, 70 logements en lots libres N Parcelle avec entrée au nord
  • 33. 31 Projet 3 Jacques Boucheton, architecte urbaniste mandataire - Atelier Horizon, paysagiste - Céramide, BET VRD Corzé «Le site, dédié à une urbanisation future, présente plusieurs facettes qui en constituent la richesse (…). Cette diversité naturelle conduit à un pro- jet forcément multipolaire, générateur d’ambiances et d’usages variés. Il ne s’agit pas d’un nouveau quartier taillé d’un bloc dans le territoire mais bien d’un ensemble de séquences urbaines et paysagères dont l’assemblage progressif s’égrènera avec souplesse sur plus de dix années. » Extrait de la notice projet L es principes fondateurs du projet cherchent d’une part à marquer une accroche forte sur le bourg par la création d’une place formant liaison en- tre les deux tissus urbains, d’autre part à développer une épine dorsale végétale en appui des émissaires existants afin de créer un lien identitaire entre le vieux bourg et l’espace agricole. En valorisant les émissaires, l’approche du projet est qualifiée « d’hydraulique », la trame géné- rale induisant l’orientation des circulations secondaires en fonction d’une pente ac- compagnant les fossés et les noues. La performance énergétique du projet repo- se sur une bonne orientation du bâti faci- litant la capacité des futurs constructeurs à livrer des bâtiments basse consomma- tion. Enfin, le paysage se traduit par une trame domestique dont les échelles mul- tiples participent de la diversité des points de vue et des ambiances. Le projet dispose d’une forte mixité so- ciale ainsi que d’une cohabitation de ty- pologies de logements diversifiées. Ce programme suppose une forte mixité sociale ainsi qu’une bonne diversité ar- chitecturale induite, à morphologie égale, par l’influence de la forme et de la taille des parcelles sur les volumétries bâties. BL Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 12 ha - Nombre de logements envisagés > 209 - Répartition des types d’habitations > 30 logements en collectif, 70 logements en intermédiaire, 52 logements en individuels groupés, 57 logements en lots libres N
  • 34. LE LION-D’ANGERS Population > 3 821 Lionnais Communauté de communes de la région du Lion-d’Angers N 32 Zac Jules Verne
  • 35. 33 L a commune du Lion-d’Angers a souhaité anticiper le dé- part du supermarché Super U en programmant la création d’un nouveau quartier d’habitat. La Zac Jules Verne d’une superficie à aménager d’environ 5 ha et de 2 ha traité en parc, est localisée au cœur du centre-ville du Lion-d’Angers, dans un environnement urbain semi-dense composé essentiellement d’habitat pavillonnaire. L’objectif principal de la commande est d’assurer une évolution progressive de la ville par des actions qui intègrent et prolon- gent le tissu existant. Ce nouveau quartier aura pour vocation principale d’accueillir de nouveaux logements aux différentes ty- pologies bâties tout en s’inscrivant dans une démarche durable qui déterminera et influencera l’implantation, la volumétrie, le fonctionnement, le choix des matériaux et les équipements tout en respectant l’environnement dans lequel s’inscrit la Zac. L’aménagement de ce site s’organisera autour d’un parc exis- tant à recomposer et d’une avenue parc qui assurera le prolon- gement à l’intérieur même des secteurs bâtis. Le projet de la Zac Jules Verne prévoit l’implantation de commerces qui vien- dront compléter l’offre du centre-ville. Un pôle médical sera éga- lement prévu et enfin une maison de retraite qui devra s’intégrer au sein du quartier. La composition urbaine, les aménagements paysagés, l’orga- nisation du bâti sont autant d’éléments qui influencent sur la densité perçue dans une opération et sur la qualité du cadre de vie créé. Un effet à l’échelle de la commune : la ville prolongée et non pas juxtaposée. Une trame majeure de composition qui répartit et gère les effets de densité (un axe principal, une coulée verte…). Une densité gérée par la localisation des logements intermédiai- res et collectifs : - Les collectifs ou logements intermédiaires implantés en façade d’un espace public important. - Les collectifs ou logements intermédiaires qui valorisent un axe. Une densité perçue différemment selon la qualité des espaces publics et des séquences urbaines : - Penser les rues et les espaces plantés comme des séquences paysagères à vivre. - Assurer une convivialité, des transitions et une intimité des espaces. - Un tissu urbain structuré et varié, issu d’une réelle composition d’ensemble. Le patrimoine végétal existant remarquable sera révélé par l’aménagement d’un parc urbain composé pour les nouveaux habitants du quartier et qui deviendra à terme une référence pour le reste de la ville. MC Zac Jules Verne Programme Le Lion-d’Angers Vue depuis l’avenue Jules Verne Vue sur le parc et la zone pavillonnaire derrière le supermarché
  • 36. 34 Projet lauréat Sixième rue, architecte urbaniste mandataire - Agence 7 lieux, paysagiste - Anjou Maine coordination, BET VRD «Le projet est guidé par la volonté de créer un quartier où la fonction du « vivre ensemble » est qualita- tive. Pour cela, le projet mise sur la valeur des lieux de vie qui peuvent favoriser les échanges intergénérationnels notam- ment. De nombreux paramètres vont y participer : un quartier verdoyant, des liaisons piétonnes multiples, des espaces de rencontre propices (jardins familiaux, jeux d’enfants, jeux de boules, terrains de jeu…). Tous ces éléments invitent à l’appropriation du quartier par les habi- tants. » Extrait de la notice projet L e projet de quartier Jules Verne bé- néficie de son environnement et de sa topographie en concentrant l’ha- bitat sur la friche commerciale, au nord du périmètre, en relation avec la liaison vers le centre-ville et en préservant le parc qui devient un lieu dynamique, fa- vorable aux échanges entre les espaces habités et la ville. Le quartier est ainsi introduit par une placette marquant le carrefour urbain avec la départementale et par les équipements publics (maison de retraite et maison médicale) ainsi que par les logements collectifs. La transition douce vers le parc se décline soit par l’axe central bordé de l’habitat intermé- diaire, soit par l’ancienne avenue Jules Verne réservée, à terme, au seul usage piétonnier ou cycliste. La répartition typologique de l’habitat répond à cette hiérarchie d’occupation de l’espace et dispose, compte tenu de l’orientation viaire, d’une implantation nord-sud des constructions très favorable à leur efficacité énergétique. Le projet comptabilise 27 logements col- lectifs, 24 logements intermédiaires et 21 maisons groupées soit 72 logements auxquels s’ajoutent les 70 chambres de la maison de retraite. Le parcellaire individuel est compris entre 270 et 340 m2 . Cette densité est largement compensée par l’at- tractivité et la proximité du parc et par les diverses strates végétales qui le prolon- gent jusqu’au cœur de l’aménagement. Ce dispositif, associé à une gestion dura- ble des eaux pluviales, constitue un véri- table écosystème urbain. BL N
  • 37. 35 Le Lion-d’Angers Zac Jules Verne Paroles d’élu Quelles sont les motivations qui ont poussé la commune à s’engager dans la démarche du concours d’urbanisme durable proposé conjointement par le Conseil général et le CAUE de Maine-et-Loire ? Les motivations de la commune pour s’enga- ger dans le PDH sont liées au fait de l’engoue- ment de la population pour habiter sur notre secteur. Sans aborder les raisons de ce choix qui font honneur à notre ville, nous avons l’obligation de maîtriser notre développement, que nous souhaitons cohérent et réfléchi, afin de maintenir la qualité de vie existante et opti- miser l’économie de fonctionnement de la ville et de ses habitants. Le concours d’urbanisme, lancé sur 5 ha situés en centre-ville, nous a permis d’approfondir notre réflexion et d’af- firmer la vision durable que nous souhaitions, avec un choix concret qui transformera l’esprit de la ville. Quels sont les enseignements tirés de cette expérience ? D’une part, la participation à ce concours nous a donné l’occasion d’avoir une vision globale des solutions d’habitat existantes et d’appré- cier la richesse et la diversité des approches proposées par les architectes. D’autre part, il nous a paru essentiel de partir des valeurs que nous portons pour mener à bien ce pro- jet. Que ce soit sur l’environnement, la mixité sociale, les relations intergénérationnelles, les équilibres de renouvellement de population ou la pression foncière, il faut toujours garder en mémoire la qualité de vie au quotidien pour pondérer chaque item. Etienne GLEMOT Maire du Lion-d’Angers Des enjeux multiples Quelques chiffres Évolutivité Maison et garage Extension 1 Extension 2 Extension 3 - Superficie aménagée par le projet > 5,8 ha - Nombre de logements envisagés > 72 - Répartition des types d’habitations > 21 maisons individuelles groupées, 24 logements intermédiaires R+1 +c, 27 logements R+1+attique - Stationnement > en sous-sol pour les collectifs, et en pergola végétalisée pour les maisons groupées et les logements intermédiaires Enjeux N Insertion dans le site N - Relier le nouveau quartier au centre - Prendre en compte la topographie - Conforter les vues vers le centre depuis le haut du parc - Préserver et conforter le « vallon » arboré du parc - Désenclaver le parc, le rendre perceptible - Assurer et sécuriser la continuité piétonne (et cycles) sur l’ancienne voie ferrée - Prendre en compte la politique départementale de l’habitat - Prendre en compte la loi SRU - Répondre aux objectifs d’un urbanisme durable Coupe AA, nord-sud
  • 38. 36 Projet 2 Forma 6, architecte urbaniste mandataire - Phytolab, paysagistes - Branchereau, BET VRD Environnement Le Lion-d’Angers «L’armature verte, véritable structure verte qui inscrit le futur quartier en- tre espaces horticoles et de loisirs, et qui permet une mise en lien avec les quartiers alentours. » Extrait de la notice projet L e projet est fondé sur un parti d’amé- nagement très fort, le végétal étant prédominant dans l’organisation gé- nérale du quartier comme dans l’accom- pagnement de ses espaces publics péri- phériques. L’axe central, en prolongement du parc urbain existant, armature verte, distribue les îlots d’habitat par des liaisons douces sous forme de « sentes » excluant l’automobile. Il est accompagné par les jardins familiaux et le « chemin de l’eau » que constitue la gestion aérienne des eaux pluviales. L’avenue Jules Verne, confirmée dans sa fonction de transit, est toutefois transformée en mail privilégiant les usages mixtes. Les espaces publics marquant les entrées du secteur sont aménagés sous forme de « places jardins », espaces arbo- rés et conviviaux, traités en plateau. Alors que les équipements publics (crè- che, maison de retraite et maison médica- le) accompagnent le mail Jules Verne tout en étant tournés vers la quiétude du pay- sage que constitue le cœur d’îlot, l’habitat individuel, 93 logements groupés ou su- perposés, occupe la frange du site, y com- pris dans sa partie sud, pour une densité (y compris les 70 chambres de la maison de retraite) de 35 logements à l’hectare. La circulation et le stationnement auto- mobiles étant également organisés en périphérie, l’habitat réparti par îlot sur le site fait de celui-ci un exemple de « parc habité ». La disposition d’une orientation bâtie au sud est globalement favorable aux performances énergétiques comme l’est aussi le principe exclusif d’habitat indivi- duel groupé. BL Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 5,8 ha - Surfaces cessibles du projet > 1,8 ha - Surfaces des espaces publics > 4 ha dont 2 ha de parc - Nombre de logements envisagés > 93 - Répartition des types d’habitations > 18 individuels groupés, 7 maisons patios, 38 logements individuels groupés superposés r+1 et r+2+attique, 10 logements individuels groupés superposés avec en RDC commerces ou services, 20 logements individuels groupés avec maison médicale en RDC - Stationnement > réparti en poches mutualisées + parking privés Voies principales Voies partagées (les sentes) Places jardins / Plateaux / Carrefours partagés Trottoirs / Liaisons douces piétons et cycles Espaces verts type prairie Parcelles privées (jardins) Jardins familiaux Noues et bassins Stationnement sous porches ou sous pergolas Arbres existants et projetés N
  • 39. 37 Projet 3 Lionel Vié, architecte urbaniste mandataire - François Tavernier, paysagiste - Jacques Carré, BET VRD Le Lion-d’Angers «L’aménagement proposé crée une impression d’urbanisme dense associée à des espaces publics simples et généreux. L’espace paysager n’est pas une « décoration » qui accom- pagne la construction du quartier : il a un rôle de fonction dans le quartier au même titre que l’habitat par exemple. Ainsi, le projet regroupe les espaces disponibles pour créer un parc urbain animé associé à un mail qui permet d’organiser le quar- tier et d’assurer le lien avec le reste de la Ville. » Extrait de la notice projet L e parc actuel est recomposé en amphithéâtre axé par un mail struc- turant, d’orientation nord-est sud- ouest, mettant en relation le quartier et la ville, dans la perspective de son clocher. Le quartier est structuré autour de 4 îlots bien identifiables dans le paysage urbain : le parc urbain et son mail central, le pôle de service associé à une structure inter- générationnelle, les collectifs et les mai- sons de ville. L’offre de 110 logements participe d’une optimisation du foncier disponible et une densité importante combinant un parcellaire de petite taille (parcelles de 250 à 500 m2 ) et un espace convivial et d’échanges ouverts, le parc urbain et son mail, « véritable main ten- due vers le quartier et le centre-ville ». La densité de l’habitat est aussi compensée par la gestion réfléchie des mitoyennetés et des vues. Les orientations environnementales du projet supposent une maîtrise d’un déve- loppement durable du quartier. La présen- ce de noues et de bassins de rétention intégrés dans l’aménagement paysager de l’avenue Jules Verne et du nouveau mail assure une bonne gestion des eaux pluviales tandis que la généralisation des liaisons douces à l’intérieur du quartier est assurée par un réseau de venelles et sentiers. BL Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 5,8 ha - Nombre de logements envisagés > 110 - Répartition des types d’habitations > 32 maisons de ville, 78 logements collectifs répartis de part et d’autre du mail - Stationnement > garage et parking à proximité immédiate des logements Axonométrie nord-ouest N Espaces verts publics Espaces verts publics Espaces verts privés Équipements publics : maison de retraite R+1+A Équipements publics : maison médicale R+1+A Habitat collectif R+2 Habitat collectif R+1+A Équipements publics : structure intergénérationnelle R+1 Habitat maison de ville R+1
  • 40. MONTREUIL-BELLAY Population > 4 347 Montreuillais Communauté d’agglomération Saumur Loire Développement N 38 Les Coteaux du Thouet
  • 41. 39 L ’opération projetée des « coteaux du Thouet » représente une surface d’environ huit hectares (dont 5,5 constructibles). Cette opération devra établir des liens de composition avec l’opération mitoyenne du secteur des plantes actuellement en cours de réalisation. Le hameau ancien qui s’est développé autour du Port Sainte- Catherine s’est structuré autour de deux rues ; la rue haute (rue du Moulin de la Salle) et la rue basse (le chemin du Moulin de la Salle), le haut et le bas étant reliés par de nombreuses venelles semi-privatives exploitant la déclivité significative du coteau. Sans vouloir ni reproduire ni « plagier » cet urbanisme fruit de l’histoire, de l’économie rurale et fluviale, la collectivité souhaite pour la future opération des coteaux du Thouet, un urbanisme qui tisse des liens à la fois physiques et formels avec le hameau ancien, réinterroge de manière contemporaine la notion de vil- lage et de hameau et nécessite un travail exigeant sur les diffé- rentes typologies d’espaces collectifs (publics, semi-publics) et privatifs (privilégier l’intimité). En grande partie destiné à l’accession (faible et moyen budget), l’opération intégrera néanmoins la possibilité d’implantation d’un ou plusieurs services de proximité à définir du fait de l’éloi- gnement de ce nouveau quartier avec les pôles de services et commerciaux de l’agglomération (1,5/2,5 km). L’offre en terme de logements sera la plus diversifiée possible. La collectivité exprime également le souhait d’une approche spatiale de la mixité (sociale et intergénérationnellle) qui s’af- franchisse de la logique du zonage. Ces orientations, fruit de la réflexion et de la volonté municipale, se trouveront complétées des objectifs généraux du PDH sur ce secteur du département. > Développer une approche environnementale de l’aména- gement - Définir un plan de composition générale qui valorise le rap- port du site au grand paysage environnant. - Assurer la cohérence d’implantation des infrastructures et du bâti avec le relief. - Rechercher un principe d’implantation du bâti favorisant la maîtrise de l’énergie. - Maîtriser et valoriser le traitement des eaux de surface dans l’aménagement des espaces publics. - Proposer une approche paysagère favorisant une gestion rai- sonnée des espaces végétalisés. > S’attacher à une consommation maîtrisée de l’espace - Proposer une composition urbaine permettant d’optimiser la densité résidentielle. - Maîtriser la proportion des espaces publics et collectifs en évitant leur morcellement. - Adapter la morphologie des voies à leurs usages effectifs. > Favoriser les conditions du « vivre ensemble » - Diversifier les typologies d’habitat permettant d’assurer une réelle mixité sociale. - Rechercher des formes d’organisation respectant l’intimité des logements. - Aménager des espaces collectifs de qualité favorisant leur appropriation par les habitants. - Maîtriser la qualité des limites entre espaces publics et es- paces privatifs. VC Les Coteaux du Thouet Programme Montreuil-Bellay Vue du site depuis la RD 347
  • 42. 40 Projet lauréat Patrick Belz, architecte urbaniste mandataire - Laurent Couasnon, paysagiste - Act environnement, BET VRD 5 volumétries possibles sur une même emprise de sol (surfaces pour maisons bioclimatiques avec murs de 40 cm) 1 Voie de circulation, enrobé tiède teinte sable 2 Placette de retournement 3 Allée de desserte, stabilisé compacté 4 Trottoir et placette, pavés béton 5 Chemin piéton / piste cyclable, stabilisé compacté 6 Stationnement, mélange terre-pierre engazonné 7 Bassin tampon remodelé 8 Mare N 2 3 7 3 1 1 1 2 2 3 3 3 4 4 55 5 5 4 8 8 6 6 5 Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 3,23 ha - Surfaces cessibles du projet > 19 065 m2 - Nombre de logements envisagés > 127 - Ratio surface cessible / surface de projet > 59 % - Densité brute > 39 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 66 log/ha - Répartition des types d’habitations > 83 logements individuels groupés, 22 maisons de 2 appartements
  • 43. 41 Montreuil-Bellay Les coteaux du Thouet Paroles d’élu Quelles sont les motivations qui ont poussé la commune à s’engager dans la démarche du concours d’urbanisme durable proposé conjointement par le Conseil général et le CAUE de Maine-et-Loire ? La motivation est triple. Tout d’abord sur le fond, on ne peut plus parler d’urbanisme sans évoquer les techniques de construction nou- velles, les économies d’énergie et d’espace. L’urbanisme ne doit pas se transformer en traumatisme pour l’espace communal. Ensuite nous devons préserver l’espace constructible très contraint par les zones inondables et les vignes. Enfin, une expérience isolée menée par une commune a peu de chance d’aboutir aux résultats souhaités. En revanche, s’inscri- re dans une démarche départementale permet une réflexion globale, des comparaisons, des échanges avec des partenaires. Quels sont les enseignements tirés de cette expérience ? La procédure du concours d’urbanisme offre un double avantage. Elle mobilise notre pro- pre réflexion dans l’élaboration d’un cahier des charges précis et elle génère des proposi- tions intéressantes, parfois très novatrices. La confrontation d’opinions différentes enrichit le projet : l’architecte devra se frotter à nos pers- pectives et nous à sa vision. Le concours d’ur- banisme diffère du concours d’architecture par l’échelle et par les objectifs. Trop longtemps, l’objectif unique est de fixer de la population, aujourd’hui, les exigences sont aussi qualitati- ves et environnementales. Faire de l’urbanis- me, c’est inscrire un projet limité et daté dans une perspective à long terme. Paul LOUPIAS Maire de Montreuil-Bellay «Le projet est donc triple. À la fois un projet d’habitation pour 120 à 130 logements répondant aux be- soins de la commune, un projet de valori- sation des terres existantes par un mode d’agriculture durable retrouvant des pra- tiques et savoir faire passés, et un projet d’apprentissage commun d’une nouvelle possibilité d’habitation partagée du terri- toire. » Extrait de la notice projet L e projet repose sur un concept as- sez inédit, étranger au programme mais particulièrement pertinent, qui favorise le maintien d’une activité agricole sur le site dont l’urbanisation ne consomme finalement que 65 % de la surface constructible. Cette invention d’une nouvelle cohabitation entre la ville et l’activité agricole (vigne et verger) est une inversion tendancielle, une réponse à l’étalement urbain, une introduction ra- dicale des valeurs de la biodiversité, de la mixité et de la solidarité. Afin de rendre possible cette cohabitation de l’habitat et de l’activité agricole, le pro- jet comprend trois hameaux de respecti- vement 36, 48 et 21 maisons reliées entre elles par des chemins piétons. Deux ha- meaux indépendants sont accessibles de- puis la rue de la Rousselière au sud tandis qu’un troisième dispose d’un accès direct depuis la rue des Meuniers, à l’est. Leur environnement correspond à l’extension du vignoble existant et à un verger de noyers et truffières dont l’exploitation est assurée par des jeunes du lycée agricole en formation et à laquelle les habitants du nouveau quartier sont associés. Au-delà de cette innovation économique et sociale, le quartier répond aux exigen- ces du programme d’habitat en proposant 127 logements sous formes d’individuels en bande mitoyenne (83 logements) et de « maisons - appartements » (22 loge- ments). L’orientation sud sud-est de ces bandes de constructions est très favora- ble et le dispositif suppose une grande liberté dans le choix de la typologie archi- tecturale, l’initiative conceptuelle étant laissée aux architectes dont le recours est toutefois supposé obligatoire. BL Cheminées à vents à type « Windcowl » avec récupérateur de chaleur Toiture béton préfabriqué isolé, très bonne inertie thermique Panneaux photovoltaïques 4m2 Chauffage solaire 4m2 Vitrage renforcé en façade nord Murs préfabriqués béton isolé ép. 40 cm Grandes baies vitrées au sud-est pour apports solaires passifs Clôture barreaudée pour passage de la faune Mur mitoyen ép. 20 cm Isolation renforcée sous la totalité du plancher Terrasse bois classe 4, bois provenant d’une filière locale Cuve de récupération d’eau pluviale pour arrosage, wc, lave-linge, capacité entre 4 et 8 m3 suivant type de maison réduction de la consommation d’eau jusqu’à 50% Allée, pavés béton Partie du jardin en potager pour autoproduction de fruits et légumes (réduction de consommation de produits emballés, conditionnés, conservés) Abri pour conteneur poubelle, composteur domestique, stockage granules bois Poutre linteau bac à plantes Toiture végétalisée Garage pour une grande voiture et une petite Maison Basse Consommation (BBC)
  • 44. 42 Projet 2 Agence L’Anton et associés, paysagiste mandataire - Atelier 15, architectes Inddigo, ingénierie du développement durable, infraservice BET VRD Montreuil-Bellay «Cette opération se veut exem- plaire sur un certain nombre de points  : économies d’énergie des bâtiments, économie de la construction, économie du foncier agricole consommé, contemporanéité des solutions mises en œuvre au profit d’un projet respectueux des traditions locales  : mixité sociale et fonctionnelle, unité des formes, diversité des situations urbaines produites, amélio- ration de la biodiversité du site. Il s’agit d’inventer pour Montreuil-Bellay, un urba- nisme dont l’empreinte écologique soit la plus faible possible. » Extrait de la notice projet E n soulignant le caractère paradoxal d’une urbanisation éloignée du cen- tre-ville et de ses services, l’étude est introduite par la recherche de solu- tions relatives aux déplacements et aux liens entre le nouveau quartier et l’urba- nisation de la rive gauche du Thouet. La place de l’automobile, assumée comme une des conditions de la vie sociale, est toutefois maîtrisée, notamment en ma- tière de stationnement. Le projet de découpage foncier laisse une part importante à l’espace public, facteur d’appropriation d’un parcellaire dense dé- dié à la maison individuelle, au collectif et à la réserve foncière (en attente d’équipe- ments publics ou commerciaux). 132 logements sont envisagés en trois tranches d’égale importance et mises en œuvre depuis le sud du secteur. Les logements sont généralement im- plantés en façade de parcelles et en mi- toyennetés partielles ou totales. La dimension durable de l’aménagement proposé s’inscrit particulièrement sur la thématique de l’eau. Une grande noue structurante le long de la voie communale est l’aboutissement d’un réseau de col- lecte et de stockage des eaux pluviales en surface qui accompagne les espaces publics du nouveau quartier. BL Quelques chiffres - Superficie aménagée par le projet > 62 750 m2 - Surfaces cessibles du projet > 34 410 m2 - Nombre de logements envisagés > 132 - Ratio surface cessible / surface de projet > 60 % - Densité brute > 21 log/ha - Densité nette (hors emprises publiques) > 35 log/ha - Répartition des types d’habitations > 24 % de logements individuels, 76 % de groupés N Les espaces privés Les espaces publics Plan de masse du projet