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LA LGV ET SES EFFETS
DANS LE CHAMP DU TOURISME
KATARZYNA BOGACZ
INGÉNIEURE DE RECHERCHE LISEA – UMR 5600 EVS-IRG
RESPONSABLE DE L’AXE « TOURISME » : ISABELLE LEFORT
1
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION 3
I. OBJECTIFS, CONTEXTES ET MODES OPÉRATOIRES DE LA MISSION 4
A. Objectifs 4
B. Contextes incertains 5
C. Mode opératoire / terrain 6
1. Première mission de terrain : 9-27 juin 6
2. Demande du focus sur Bordeaux 7
II. ÉTAT DES LIEUX DU TOURISME ET CHOIX DES TERRITOIRES POUR L’OBSERVATOIRE 10
A. Activités touristiques inégalement réparties 10
1. Hôtellerie 11
2. Hôtellerie de plein air 14
3. Résidences secondaires 18
4. Les principaux sites touristiques 20
B. Pertinence des territoires retenus pour l’observation 22
III. POSITIONNEMENT ET STRATÉGIES DES ACTEURS TOURISTIQUES 29
A. De grandes attentes et un certain attentisme.... 29
B. La LGV : un « élément parmi d'autres » pour l'attractivité touristique 31
C. Renforcement des destinations touristiques déjà bien présentes 33
D. Bordeaux « plateforme » : une volonté de travailler « avec » 35
IV. QUELS TOURISMES / TOURISTES CONCERNÉS ? 38
A. Destination : Bordeaux / Bordelais / littoral proche (Arcachon…) 39
B. Activité : Tourisme d’affaires 40
C. Durée de séjour : courts séjours et week-ends 43
D. Focus bordelais sur les filières 45
1. Oenotourisme 45
2. Tourisme fluvial 46
E. Tourisme événementiel 47
F. Provenance de la clientèle 48
1. Bassin parisien 48
2. Touristes étrangers 48
G. Quelles niches à mettre en veille ? 49
2
V. LES QUESTIONS DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE TOURISTIQUES 51
A. Hôtellerie 52
1. Nuitées : focus sur Métropole Bordelaise 53
1. Taux d’occupation des hôtels de la Métropole Bordelaise en 2014 55
2. Prix moyens des hôtels de la Métropole Bordelaise en 2014 56
B. Fréquentation de sites 58
1. Cité du vin et autres sites importants 59
2. Sites locomotives et effet d'entraînement 60
VI. EFFETS DIFFÉRÉS À PROSPECTER ? 65
A. Résidences secondaires 65
B. La question de l'emploi touristique 66
VII. PRÉSENTATION SYNTHÉTIQUE DES INDICATEURS ET DES TERRITOIRES RETENUS DANS LE
CADRE DE LA BASE DE DONNÉES DE L’OBSERVATOIRE 70
VIII. LES LIMITES / DIFFICULTÉS À PRENDRE EN COMPTE 75
A. Questions de desserte et de grille horaire 75
B. Accessibilité après l’arrivée… 76
C. La rupture de charge 78
D. Prix de billet 79
E. Autres difficultés à prendre en compte 80
1. Bagages 80
2. Peu de place prévu pour les vélos dans les TGV 80
F. Les limités / difficultés selon les touristes : quelques résultats d’enquête 81
IX. CONCLUSION GÉNÉRALE 85
X. ANNEXES 89
A. ENTRETIENS EFFECTUÉS 89
B. ENQUÊTE AUPRÈS DES TOURISTES 92
C. LEXIQUE 94
D. LISTE DES ACRONYMES 96
XI. TABLES 97
A. Table des figures 97
B. Table des tableaux 98
3
INTRODUCTION
« La LVG, bien évidemment, c’est un atout formidable pour Bordeaux et sa région
dans son ensemble », considère Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux). Cet avis est d’ailleurs
partagé par de très nombreux acteurs, en particulier pour Bordeaux, qui sera à 2h05 de Paris.
Il est notable que toutes les personnes interrogées indiquent Bordeaux comme principale
bénéficiaire de l’impact que la LGV pourrait avoir sur les activités touristiques.
Selon Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme), le premier élément pour
développer le tourisme c’est en effet la desserte, à l'instar des stations balnéaires
contemporaines des chemins de fer.
On ne peut quasiment pas développer le tourisme de manière importante
si on n’a pas la desserte. Ca veut dire que pour toute amélioration de la
desserte : qu’elle soit ferroviaire, qu’elle soit aérienne, routière il y a des
conséquences immédiates sur le tourisme. Parce qu’il a des facilités
d’accès et qui dit facilités d’accès, dit « facilités de consommation ». Et
puis, il y a un gain temps. Et on sait que les gens ont plutôt tendance à
diminuer leurs séjours. Donc c’est quasiment la condition de base du
développement touristique. Toute amélioration de la desserte,
automatiquement, a des effets positifs, directs ou induits par rapport au
développement touristique d’une destination. C’est vraiment la base de
tout.
Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme)
Toutefois, Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) considère qu’il faut être assez
prudent par rapport à l’impact et l’effet possible de la LGV sur les activités touristiques et le
développement économique en général : « Nous sommes desservis par le TGV depuis 25 ans.
Donc il ne faut pas s’attendre sur les effets sur nos territoires qui sont concernés par la mise
en service, nous on va gagner du temps. »
L'effet psychologique – « de dire ‘on est à 2 heures de Paris’, ce n’est pas la même
chose que ‘3 heures’ » (Claudine Pousseau, Gironde Tourisme) est déterminant. Olivier
Amblard (Charente-Maritime Tourisme) souligne en effet que l’amélioration de l’accessibilité
a non seulement un impact direct, en fonction de la zone et du type de clientèle, mais a un
autre impact non négligeable : la procuration du sentiment que la destination est très
facilement accessible - même si, d'ailleurs, c'est un autre mode de transport qui est
ultérieurement privilégié... La représentation de la proximité, véhiculée par les médias et la
communication, joue un rôle déterminant en matière de mobilité et de choix de destination.
4
Cette représentation peut jouer un rôle déclencheur dans le choix d'une destination qui
bénéficie ainsi, au delà de la contraction effective de l'espace-temps du déplacement, d'une
valeur ajoutée en termes d’image et donc de positionnement.
Plus on améliore la desserte d’une destination (que ça soit par la voie
aérienne / ferrée / autoroutière), on rapproche cette destination et ça lui
permet être beaucoup plus attractive. Mais, par ailleurs, même si on
n’utilise pas ce moyen de transport rapide, psychologiquement, ça
approche quand même la destination. Donc il y a en effet un peu induit
même auprès les non-utilisateurs. Il y a un effet induit très positif pour la
destination si elle est bien desservie, rapidement desservie.
Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme)
I. OBJECTIFS, CONTEXTES ET MODES OPÉRATOIRES DE LA MISSION
A. Objectifs
Le premier et essentiel objectif de la mission consiste à se donner les moyens de suivre
les effets de la nouvelle ligne à grande vitesse dans le domaine des activités touristiques :
identifier les indicateurs et les territoires à suivre dans le cadre de l’observatoire socio-
économique. Il s’agit à la fois d’entamer les procédures de collectes de données agrégées des
différents acteurs (CDT, CRT, CCI, OT…) et d’identifier les mailles territoriales le plus fines
à investiguer. Ces démarches doivent permettre de constituer une base essentiellement
quantitative permettant de rassembler des données d’origines diverses et d’alimenter des
matrices d’indicateurs.
Conjointement, mais sur ce point de façon qualitative et visant à capitaliser une
traçabilité des « mémoires » des acteurs concernés, il s’agit de mettre en place une série
continue d’entretiens avec différents types d’acteurs touristiques. Ces entretiens ont pour
objectif d'identifier les stratégies et les actions menées pour s’adapter à la LGV mais
également les types de tourisme susceptibles d’être les plus concernés par cette nouvelle
donne de la mobilité.
Ces deux types d’objectifs (lister les indicateurs pertinents sur la durée de
l'observatoire, identifier les acteurs et leurs stratégies touristiques) ont constitué la
charpente du travail et des enquêtes effectuées durant le contrat.
5
B. Contextes incertains
Le premier élément très important à prendre en compte pour saisir les témoignages des
acteurs touristiques et les contextualiser est la re-configuration régionale en cours.
- En effet, suite à la modification de la maille régionale, les acteurs touristiques
enquêtés ont fait entendre leurs interrogations en la matière, à l'instar de Christelle
Boutin (ORT Poitou-Charentes) : « le projet de la LGV arrive à sa fin et la nouvelle
grande région arrive à début. Ce projet n’a pas été pensé à l’époque sur ce grand
territoire » Elle considère, que dans cette nouvelle région il y a une carte à jouer : « il
faudra forcément repenser, se donner les moyens de voir comment toutes ces
personnes qui arrivent sur Bordeaux peuvent être redrainer, redispatcher (sic). Avec
de bons outils. Parce que si on ne peut pas aller rapidement de Bordeaux à La
Rochelle, aucun intérêt ».
- Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) constate de même: « Maintenant, il faut que
les Bordelais regardent aussi un peu vers le Nord. On a cette chance d’être entre
Paris qui est la ville de décision et Bordeaux. Donc on a aussi des choses à proposer.
On s’interroge (aujourd’hui nous n’avons pas de certitude) sur le potentiel d'un ‘effet
carrefour’, entre les trois actuelles préfectures de la région, qui vont être amenées à
échanger d’avantage ». Comme la future région sera géographiquement très grande,
les différents acteurs peuvent effectivement décider de se rencontrer à Angoulême.
D’où un impact envisageable sur le tourisme d’affaires.
Le deuxième élément contextuel renvoie au calendrier des entretiens, qui correspond à
une phase de négociations concernant notamment le nombre de trains. Comme l’explique
Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) : « les collectivités n’ont pas un regard
strictement économique, peut-être comme la SNCF, mais plus peut-être économique et
aménagement de territoire ». Leur souhait est triple : gagner de temps (temps plus réduit pour
aller jusqu’à Paris), avoir un maximum de liaisons (maximum de trains), et, enfin, conserver
les arrêts.
Cette incertitude, en ce qui concerne la qualité de la desserte, est très largement mis en
avance par les professionnels. Selon Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau), la
diminution du temps de trajet entre Paris et Bordeaux est très importante, parce qu'elle
permettra de faire plus facilement un aller-retour dans la journée pour des
réunions/séminaires. Il est ainsi envisageable que certains événements qui se passent
6
aujourd'hui à Paris, profitent de la LGV pour se tenir à Bordeaux, au moins pour une journée.
Mais ceci est possible « uniquement si un système de vrais navettes Bordeaux-Paris est mis en
place. Il faut qu’il y a un reflexe qui se crée comme par exemple pour Bordeaux-Lyon ou les
gens se disent ‘voilà, je fais mon aller-retour dans la journée, si je loupe mon TGV de 18h, ce
n’est pas grave, j’en ai une à 18h30 ou à 18h45 de 2 heures également'».
La réussite finalement de cette ligne par rapport au tourisme d’affaires,
est vraiment liée à la planification de trains qui va être faite. C’est-à-
dire, si on est vraiment sur un système de navettes ou le train devient un
peu un RER de Paris – ça fonctionnera. Après, j’ai peur que si on est sur
les trains qui sont écartés d’une heure, une heure et demi, 2 heures, ça
fonctionnera beaucoup moins. Ca nous apportera beaucoup moins de
nouvelles réunions et nouveaux business.
Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau).
C. Mode opératoire / terrain
L’enquête a débuté par un travail exploratoire qui a permis de constituer une première
base bibliographique et documentaire. Des rendez-vous ciblés avec des spécialistes, comme
Christophe Privas (INSEE), Christophe Terrier (statisticien qui a travaillé pour l’INSEE et le
ministère du tourisme) et Gérard Octroy (Rhône-Alpes tourisme) ont apporté des informations
complémentaires. A l’issue de cette étape du travail, il a été possible d’établir une liste des
personnes ressources à rencontrer lors de la mission de terrain programmé pour juin 2015.
1. Première mission de terrain : 9-27 juin
Au vue des objectifs de la mission (identification des indicateurs et les territoires à
suivre dans le cadre de l’Observatoire socio-économique, identification des types de tourisme
susceptibles d’être concernés par la LGV), il a été choisi de rencontrer dans un premier temps
les responsables des Observatoires régionaux du tourisme en Aquitaine et en Poitou-
Charentes. Il a été également décidé de réaliser les entretiens avec les directeurs ou les
responsables de l’observation au sein de Comités départementaux du tourisme de tous les
départements retenues pour l’observation lors de comité scientifique du mars 2015 (Gironde,
Charente-Maritime, Charente, Deux-Sèvres1
et Vienne2
). Quant aux autres personnes
1
Un rendez-vous prévu avec le directeur d’ADT Deux-Sèvres le mardi 23 juin a été annulé par l’ADT le
vendredi 19 juin et remplacé par un entretien téléphonique qui s’est déroulé ultérieurement.
7
rencontrées, il s’agit à la fois des représentants du Futuroscope (le site « locomotif » le plus
fréquenté en Poitou-Charentes) ainsi que des Offices du tourisme significatifs des
territoires (Bordeaux, Cognac)3
.
Comme il s’agit dans le cadre de cette enquête d’une démarche principalement
exploratoire (aucun travail de recherche n’a été réalisé précédemment dans le cadre d’un axe
« tourisme »), il a été choisi de mener des entretiens exploratoires de type semi-directif. En ce
qui concerne les contenus des entretiens, certaines questions ont été abordées
systématiquement avec tous les interlocuteurs (impact possible de la ligne LGV, type(s) de
touristes visées…). Mais comme les fonctions/territoires d’actions des personnes interrogées
n’étaient pas les mêmes, les guides d’entretiens ont été adaptés pour chaque rencontre, afin de
profiter maximalement des informations susceptibles d'être fournies et d'être réutilisées pour
la suite du travail. Ce même principe d'entretiens a été également appliqué lors des étapes
suivantes de l’enquête.
Il semblait très intéressant de compléter les opinions des professionnels en tourisme
par une petite enquête exploratoire auprès des touristes de la région Poitou-Charentes et du
département de la Gironde en Aquitaine. C’est pourquoi, un projet d’enquête complémentaire
a été proposé : l’interrogation devait porter sur les visiteurs des plus grands sites (type de
Futuroscope ou l’Aquarium de La Rochelle) des territoires choisis, afin d’établir les relations
dans la fréquentation des différents sites touristiques et étudier la population de leurs visiteurs.
2. Demande du focus sur Bordeaux
A l’issue de la première mission de terrain, une demande a été adressée par la direction
de l’Observatoire socio-économique de fournir un rapport se concentrant principalement sur
Bordeaux. Ceci avait deux conséquences : la modification des objectifs validés par le Comité
scientifique en mars 2015 (l’interrogation devrait porter de façon égale sur les départements
de la Gironde, Charente-Maritime et Vienne), et la modification du projet d’enquête auprès
des touristes : fournir les résultats concernant Bordeaux requérait tout le temps dévolu aux
questionnaires. Pourtant, les démarches ne sont pas les mêmes pour mener une enquête au
sein d’un grand site touristique et une ville entière... (en outre, il n’est pas pertinent de
considérer la ville Bordeaux en tant que « site » comparable au Futuroscope qui est un espace
fermé avec une entrée payant).
2
Le département des Pyrénées-Atlantiques a été ajouté pour une observation le 19 novembre 2015.
3
Il n’a pas été, malheureusement, possible de rencontrer la direction de l’Office du tourisme de La Rochelle. La
situation actuelle au sein de cette structure est pour le moins "particulière". Des problèmes judiciaires empêchent
à ce jour tout fonctionnement prospectif pour cet office.
8
Afin de fournir les matériaux correspondant à cette nouvelle demande des résultats sur
Bordeaux, trois nouvelles missions ont été engagées :
1. 4 - 15 août 2015 – enquêtes auprès des touristes
2. 4 - 11 octobre 2015 – entretiens avec des professionnels du tourisme / enquête
auprès des touristes
3. 19 octobre – 1er
novembre 2015 – entretiens avec des professionnels du
tourisme / enquête auprès des touristes
Ces dates ont été choisies afin de répondre à un double objectif des missions : entretiens avec
des professionnels et enquête auprès des touristes. C’est pourquoi, l’enquête s’est déroulée
lors de la « haute saison touristique » (4-15 août), de l'« arrière saison touristique » (4 – 11
octobre) et durant les vacances de la Toussaint (19 octobre – 1er
novembre).
a) Enquête auprès des touristes
Pour ne pas abandonner complètement les premiers objectifs d’enquête, il a été décidé
d’interroger les touristes non seulement au sein du centre historique de Bordeaux (plus
précisément devant la Porte Cailhau ainsi que la Grosse Cloche), mais également devant la
Dune du Pilat et à Saint-Emilion – pour saisir les relations possibles entre ces trois lieux, en
ce qui concerne les parcours des visiteurs. Il a été décidé d’interroger uniquement les visiteurs
n’habitant pas le département de la Gironde.
Le questionnaire bilingue, français/anglais, est composé majoritairement de questions
fermées portant notamment sur les modes d’hébergement, la durée de séjour, l’origine
géographique de visiteurs. Une question ouverte a été ajoutée afin de mieux approcher les
attentes de visiteurs en termes de modes de transport : « Pourquoi avez-vous utilisé le
train pour vous rendre en Gironde ? » ou « Pourquoi n’avez-vous pas utilisé le train pour vous
rendre en Gironde ? ». L’enquête a été réalisée en face à face – ce mode de collecte a garanti
une bonne qualité de réponses (les questions pouvaient être posées avec des explications
complémentaires). De plus, il a été possible d’observer les visiteurs et de noter certains propos
complémentaires aux réponses du questionnaire (notamment sur la question concernant la
volonté d’utiliser la nouvelle LGV à partir de 2017).
La modification de l’objectif d’enquête a laissé très peu de temps pour la « mise en
œuvre » et il n’a pas été possible notamment d’engager des partenariats avec les formations en
tourisme de la région bordelaise ni de proposer à des étudiants de participer à l’enquête. C’est
pourquoi tous les questionnaires ont dû être administrés par une seule personne (K. Bogacz).
9
La méthode de sélection choisie la plus pertinente afin de limiter la subjectivité de chercheur4
a consisté à interroger chaque cinquième personne qui se présente à l’enquêteur5
. Si la
personne sélectionnée déclarait habiter dans le département de la Gironde ou s’il refusait de
répondre, la procédure recommençait. Et comme les habitants de la Gironde ont été très
nombreux (surtout à Bordeaux), il n’a pas été possible d’obtenir le nombre des questionnaires
visé. A ceci s’ajoutent les conditions atmosphériques particulièrement défavorables lors de la
première partie d’enquête auprès des touristes, réalisée au d’août, où les grands chaleurs ont
été immédiatement suivis par les violentes pluies.
b) Entretiens avec des professionnels du tourisme de métropole
de Bordeaux et de la Gironde
En ce qui concerne le type de tourisme susceptible d’être le plus concerné par la LGV,
le tourisme d’affaires occupe une place très importante. C’est pourquoi, il a été décidé de
rencontrer des représentants du milieu du tourisme d’affaires, notamment un acteur très
important au sein de la métropole bordelaise, Eric Dulong (qui est la fois le président de
Congrès et Expositions de Bordeaux et Bordeaux Convention Bureau).
En plus des rendez-vous avec les professionnels du tourisme de la métropole de
Bordeaux, il était nécessaire de rencontrer également les directeurs de Gironde Tourisme ainsi
que du Comité régional de Tourisme d’Aquitaine et ce afin de pouvoir situer Bordeaux dans
un contexte plus global. L’interrogation a porté de surcroît sur les destinations touristiques à
proximité de Bordeaux les plus fréquentées (Arcachon, Saint-Emilion). Quand à Libourne et
Angoulême, l’objectif des rencontres avec des spécialistes issus de ces territoires a été de
saisir si (et comment ?) ces lieux pourraient profiter de l’arrivée de la LGV : grâce aux arrêts
de la LGV qui y sont prévues, mais aussi du fait de leur proximité avec une vrai
« plateforme » touristique – Bordeaux.
Les entretiens ont été retranscrits sous forme de verbatim, afin de conserver la teneur
essentielle et la plus complète des propos des personnes interrogées.
4
Martin, O. (2009).L’analyse de données quantitatives. Paris : Armand Colin.
5
Cette modalité de collectes a dû être légèrement modifiée pendant l’interrogation réalisée au mois d’août pour
l’un de sites - la Dune du Pilat - en raison d’une fréquentation très nombreuse. Sur ce site nous avons choisi
d’interroger la première personne présente 5 minutes après le dernier visiteur enquêté.
10
II. ÉTAT DES LIEUX DU TOURISME ET CHOIX DES TERRITOIRES POUR
L’OBSERVATOIRE
Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) insiste sur le fort déséquilibre territorial au
sein de la région Poitou-Charentes : « les départements comme la Charente- Maritime et la
Vienne ont énormément de sites et de lieux de visites, ce qui n’est pas le cas de Deux-Sèvres et
de Charente ». D’ailleurs, en ce qui concerne l’activité touristique du département de la
Charente, comme le précise Frédéric Charpentier (CCI Angoulême), les retombées existent
mais elles sont moins significatives que ce qu’on observe sur les territoires voisins, comme la
Dordogne ou la Charente-Maritime.
A. Activités touristiques inégalement réparties
Au niveau des actuelles régions Aquitaine et Poitou-Charentes on constate de très
grandes disparités entre les départements en termes d’attractivité touristique. « L’effet
littoral » est particulièrement fort : pour chaque région on compte près 8 lits marchands sur 10
dans les départements littoraux.
En 2014, Poitou-Charentes possède environ 900 000 lits touristiques dont 32%
constituent les lits marchands (campings, hôtels, chambres d’hôtes, villages de vacances…).
Les lits marchands sont beaucoup plus nombreux dans les campings (59%), que dans les
hôtels (13,5%) (Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, Observatoire Régional du Tourisme en
Poitou-Charentes). Comme le présente le graphique ci-dessous, la très grande majorité des lits
marchands (77 %) est disponible au sein d’un seul département – la Charente-Maritime.
Figure 1 : Répartition des lits marchands par département en 2014 - Poitou-Charentes.
Source : Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, Observatoire Régional du Tourisme en Poitou-
Charentes
Charente
Charente-Maritime
Deux-Sèvres
Vienne
11
En Aquitaine, on compte en 2014 environ 1,4 million de lits touristiques – la moitié
appartient à la sphère marchande. Comme en Poitou-Charentes, les lits marchands sont plus
nombreux dans les campings (39%) que dans les hôtels (10%). Trois-quarts des hébergements
marchands aquitains est composé des campings et des meubles de tourisme6
(Les Chiffres
Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, CRTA). Comme le présente le graphique ci-
dessous, la Gironde est le premier département d’accueil d’Aquitaine avec 31% des lits
marchand de la région.
Figure 2 : Répartition des lits marchands par département en 2014 - Aquitaine.
Source : Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, Comité Régional de
Tourisme en Aquitaine.
1. Hôtellerie
Les graphiques ci-dessous présentent pour chaque région la répartition du nombre des
hôtels par département (au 1er
janvier 2015). Au niveau régional, les disparités sont beaucoup
plus fortes en Poitou-Charentes où un seul département, la Charente-Maritime, compte plus
de la moitié de tous les établissements hôteliers. En ce qui concerne la région Aquitaine,
même si les Pyrénées-Atlantiques, suivies par la Gironde, comptent le plus d’hôtels, leur
prédominance est moins marquée.
6
Meubles du tourisme comptent par exemple « Gîtes de France » ou « meubles Clévacances ».
Dordogne
Gironde
Landes
Lot-et-Garonne
Pyrénées-Atlantiques
12
Figure 3 : Répartition du nombre d’hôtels par département au 1er
janvier 2015 – Poitou-
Charentes.
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
Figure 4 : Répartition du nombre d’hôtels par département au 1er
janvier 2015 -
Aquitaine.
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
Si on regarde le nombre d’hôtels pour les départements de deux régions, la
prédominance de la Charente-Maritime disparaît même si elle appartient aux trois
départements comptant le plus d’hôtels.
Figure 5 : Répartition du nombre d’hôtels par département au 1er
janvier 2015 –
Aquitaine et Poitou-Charentes
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
Charente
Charente-Maritime
Deux-Sèvres
Vienne
Dordogne
Gironde
Landes
Lot-et-Garonne
Pyrénées-Atlantiques
Charente
Charente-Maritime
Deux-Sèvres
Vienne
Dordogne
Gironde
Landes
13
La carte ci-dessous présente la répartition des hôtels par commune. Un nombre très
importants des établissements hôteliers est concentré sur le littoral, surtout dans les villes
comme Biarritz, la Rochelle, Arcachon ou encore Royan. On note également des très
nombreux hôtels dans une métropole de Bordeaux et zone Poitiers – Futuroscope.
Figure 6 : Répartition des hôtels dans les régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014.
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
14
L’Aquitaine occupe le 4ème
rang au niveau national avec 4,5% des nuitées et la région
Poitou-Charentes le 14ème
rang avec 2,3% des nuitées. En ce qui concerne le nombre de
nuitées selon la catégorie d’hôtels, en Aquitaine, les hôtels trois étoiles et au-delà concentrent
plus du tiers des nuitées (34,8%). Cette proportion est encore plus élevée en Poitou-Charentes
(46%). Quant à la clientèle hôtelière étrangère, elle est particulièrement nombreuse en
Aquitaine – 18,8% (11% en Poitou-Charentes) (Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine,
édition 2015, CRT Aquitaine, Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes).
2. Hôtellerie de plein air
Les graphiques présentent pour chaque région la répartition des terrains de camping
(au 1er
janvier 2015) – on constate que la prédominance de la Charente-Maritime est encore
plus importante.
Figure 7 : Répartition du nombre de terrains de camping par département au 1er
janvier
2015 – Poitou-Charentes.
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
Figure 8 : Répartition du nombre de terrains de camping par département au 1er
janvier
2015 – Aquitaine.
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
Charente
Charente-Maritime
Deux-Sèvres
Vienne
Dordogne
Gironde
Landes
Lot-et-Garonne
Pyrénées-Atlantiques
15
Si on observe les terrains de camping conjointement pour les deux régions - la
prédominance de la Charente-Maritime persiste – elle est toutefois moins importante. Dans le
même temps on constate que l’Aquitaine compte plus de terrains de camping – en effet, le
parc aquitain constitue le 2ème
parc régional français (après le Languedoc-Roussillon), avec
12% de l’offre française. (Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, CRT
Aquitaine)
Figure 9 : Répartition du nombre de terrains de camping par département au 1er
janvier
2015 – Aquitaine et Poitou-Charentes.
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
En ce qui concerne la fréquentation de l’hôtellerie en plein air, l’Aquitaine occupe le
3ème
rang national (13,5% des nuitées), et Poitou-Charentes le 7ème
(6,3% des nuitées). En
Aquitaine 33% des nuitées en hôtellerie de plein air sont le fait des clientèles étrangères, en
Poitou-Charentes, 18,3%. (Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, CRT
Aquitaine, Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes).
La carte suivante présente la répartition des terrains de camping par commune.
« L’effet littoral » est très important. Le seul département ne possédant pas du littoral, où le
nombre des terrains de camping reste néanmoins très important, est la Dordogne.
Charente
Charente-Maritime
Deux-Sèvres
Vienne
Dordogne
Gironde
Landes
16
Figure 10 : Répartition des terrains de camping dans les régions Aquitaine et Poitou-
Charentes en 2014.
Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
17
Les données présentées montrent clairement que l’offre d’hébergement marchand – les
hôtels et les terrains de campings – n’est pas reparti uniformément au sein de tous les
départements. Les inégalités les plus fortes existent au niveau de la région Poitou-Charentes,
où la plupart de l’offre d’hébergement marchand est concentrée en Charente-Maritime. Les
graphiques ci-dessous présentent la fréquentation pour les différentes zones touristiques.
Même si 47% des nuitées en hôtellerie concerne la Charente-Maritime, la zone
comptant le plus de nuitées se trouve au sein du département du Vienne (Poitiers-Futuroscope
- 30% des nuitées régionales). Quant aux nuitées en hôtellerie de plein air, la prédominance de
la Charente-Maritime ne fait aucun doute (91% des nuitées régionales).
Figure 11 : Fréquentation de l’hôtellerie en Poitou-Charentes : nuitées en 2014 par zone
touristique
Source : Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes
Figure 12 : Fréquentation de l’hôtellerie de plein air en Poitou-Charentes : nuitées en
2014 par zone touristique
Source : Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes
18
3. Résidences secondaires
Les résidences secondaires représentent une partie importante des nuitées touristiques.
En outre, comme pour l’hôtellerie de plein air, la plupart des résidences secondaires est
concentrée sur le littoral. Leur nombre est particulièrement élevé dans le département de
Charente-Maritime. Aujourd’hui, avec près de 100 000 unités, les résidences secondaires
représentent plus de 60 % de l’offre en hébergement touristique de la Charente-Maritime.
Selon les résultats de l’étude7
sur l’usage des résidences secondaires en Charente-Maritime,
une très grande partie des propriétaires des résidences secondaires est constituée d’anciens
touristes (47 %). Les résidences secondaires sont particulièrement nombreuses en zone
littorale : dans les territoires du Pays Royannais, de Marennes-Oléron et de l’Ile de Ré, elles
représentent respectivement 43 %, 47 % et 54 % de l’habitat total. Quant au département de la
Gironde, qui représente à lui seul un tiers du parc régional des résidences secondaires de la
région Aquitaine, 45 % de ces logements se trouvent dans le bassin d’Arcachon, suivi par le
littoral du Médoc (35 %).
Aux séjours des propriétaires de résidences secondaires s’ajoutent les nuitées
touristiques de famille / amis ou les locations aux autres personnes. Selon les résultats d’une
récente enquête (2014) auprès de propriétaires de résidences secondaires en Charente-
Maritime, ils constituent de vrais “ambassadeurs du territoire” : un propriétaire sur deux reçoit
régulièrement famille et amis dans sa résidence secondaire. En outre, les résidences
secondaires représentent en France, « un volume de nuitées touristiques comparable à celui
des hébergements touristiques professionnels (hôtels, campings, résidences de tourisme,
villages vacances…) » (INSEE, Décimal, n°288, 2009).
7
Menée par Charente-Maritime Tourisme, la CCI Rochefort et Saintonge, la CCI La Rochelle, l’Université de
La Rochelle, CNRS.
www.observatoire.en-charente-maritime.com/tourisme/etude-residences-secondaires-2012-2015
19
Figure 13 : Les résidences secondaires en Aquitaine et en Poitou-Charentes en 2012.
Source : INSEE, les recensements de la population.
20
4. Les principaux sites touristiques
Les cartes présentent les sites touristiques de l’Aquitaine et du Poitou-Charentes
fréquentés annuellement par au moins 35 000 visiteurs. Les sites les plus importants en
Poitou-Charentes sont liés aux loisirs. Quant à l’Aquitaine, après le site régional de loin la
plus visité – la Dune du Pilat – on observe une importance des sites liés à la culture.
Figure 14 : Sites touristiques fréquentés par au moins 35 000 visiteurs en 2014 : Poitou-
Charentes
Source : Comités départementaux du tourisme de Poitou-Charentes
21
Figure 15 : Sites touristiques fréquentés par au moins 35 000 visiteurs en 2014 :
Aquitaine
Source : Comité régional du tourisme d’Aquitaine, Comités départementaux du tourisme
d’Aquitaine
En Poitou-Charentes il existe une très grande concentration d'importants sites
touristiques (visités annuellement par au moins 35000 visiteurs) au sein de deux
départements : Charente-Maritime et Vienne. De plus, seuls les 5 premiers sites de la région
attirent environ 4 millions des visiteurs. Leur fréquentation est globalement stable pour la
période 2010 – 2014 (les données pour l’Aquarium de La Rochelle ne sont pas disponibles
avant 2013).
22
Figure 16 : Les 5 premiers sites le plus visités de région Poitou-Charentes.
Source : Comités départementaux du tourisme de Poitou-Charentes
B. Pertinence des territoires retenus pour l’observation
- L’analyse de données disponibles au niveau des départements et des communes a
montré que le département ne constitue pas le niveau d’observation pertinent, en
raison des fortes disparités relevant des différents indicateurs. Il est dès lors
nécessaire d'effectuer des focus à des échelles plus fines. L’analyse au niveau des
communes semble donc plus pertinente au regard des très grandes disparités entre les
départements en termes d’attractivité touristique.
- Toutefois, en ce qui concerne l’hébergement touristique, mises à part les données
présentées ci-dessus concernant la capacité d’accueil (hôtellerie, terrains de
campings…), les travaux actuels (analyse de documents, entretiens avec des
spécialistes – INSEE, ORT…) n’ont pas permis de déterminer des sources de
données (actuelles, fiables, comparables et complètes) concernant la
fréquentation touristique (nombre de nuitées, durée moyenne de séjour…) et la
structure de la clientèle (taux du tourisme d’affaires, arrivées et nuitées selon le
pays de résidence des touristes) au niveau des communes. C’est pourquoi un
objectif du travail a consisté à identifier les mailles territoriales les plus fines à
investiguer et à en élaborer la pertinence.
- Les travaux ont révélé que les niveaux d’observation les plus adaptés au vue de la
nature des données recherchés sont les zones d’études de phénomènes
touristiques (ZEPT). Le découpage en ZEPT a été réalisé par l’INSEE en
concertation avec les Comités régionaux du tourisme (CRT) et les Comités
0
200 000
400 000
600 000
800 000
1 000 000
1 200 000
1 400 000
1 600 000
1 800 000
2 000 000
2010 2011 2012 2013 2014
Futuroscope
Aquarium de La Rochelle
Zoo de la Palmyre
Centre aquatique Les Antilles
Chantiers de l’Hermione
23
départementaux du tourisme (CDT). Les zones répondent aux critères suivants :
toutes les communes de la région sont concernées, une commune ne peut faire
partie que d’une seule zone, aucune zone ne doit être à cheval sur plusieurs
départements. La carte suivante présente toutes zones d’études de phénomènes
touristiques en Aquitaine et en Poitou-Charentes. Les communes et les zones retenues
pour l’observation y ont été indiquées.
Figure 17 : Les zones d’études de phénomènes touristiques (ZEPT), les zones et les
communes observées en Aquitaine et en Poitou-Charentes en 2012.
Source : INSEE, CRTA
24
Il a donc été décidé de mener une analyse en premier lieu au niveau des communes (ainsi
que les ZEPT dont ces communes font partie) directement desservies par la LGV en
2017. Quelques communes à très forte taux de touristicité et ayant des connexions
ferroviaires avec les gares desservies par la LGV ont été également choisies afin
d’approfondir l’analyse. Dans un premier temps, la liste des communes retenues pour le
suivi dans le cadre de l’Observatoire socio-économique LISEA contenait : Bordeaux,
Arcachon, Saint-Emilion, La Rochelle, Saintes, Royan, Rochefort, Poitiers, Angoulême,
Cognac. Les deux communes sur lesquels est situé le Futuroscope, le site le plus
fréquenté de la région Poitou-Charentes, y ont été également ajoutées.
Le travail de terrain a toutefois rendu nécessaire de prendre également en compte pour
une observation les communes de Niort et Libourne. Ces ajouts ont été décidés à la suite
des consultations avec des spécialistes. A titre d’exemple, en ce qui concerne Libourne,
selon Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) : « le territoire, il faut voir Libourne. Ils
investissent dans un projet urbain, requalification, un ponton par rapport au
développement de croisières fluviales. Ils ont un enjeu par rapport au nombre d’arrêt de la
LGV. Donc, Libourne c’est intéressant. » Enfin, à la suite des consultations avec la
direction de l’Observatoire socio-économique et le responsable de l’axe « transport », il
a été décidé de suivre également les communes de Biarritz et Bayonne.
Les cartes présentent la fréquentation touristique au niveau des zones d’études de
phénomènes touristiques (ZEPT), notamment le nombre des nuitées et le taux du tourisme
d’affaires. Pour le ZEPT « unité urbaine de Bordeaux » : il a été décidé de présenter
séparément les données pour la ville de Bordeaux et « unité urbaine de Bordeaux (hors
Bordeaux) - ainsi il est possible d’avoir une information au niveau encore le plus fin et
adéquat à un suivi des indicateurs.
Tous les territoires où on observe à la fois un nombre très important de nuitées ainsi
qu'un taux élevé du tourisme d’affaires ont été retenus pour l’observation : unité urbaine de
Bordeaux (hors Bordeaux), Bordeaux, zone de Futuroscope ou encore Communauté
d’Agglomération de La Rochelle. On constate un taux élevé du tourisme d’affaires également
pour les autres zones suivies : Communauté d’Agglomération Grand Angoulême, Ouest
25
Charente – Pays de Cognac et Niortais – Marais-poitevin. Littoral basque compte le plus
important nombre de nuitées.
Figure 18 : Nombre de nuitées et de nuitée d’affaires dans les territoires touristiques des
régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014
Sources : INSEE, CRTA
26
Les territoires avec le nombre d’arrivée le plus important et une durée de séjour plus
longue que la moyenne, figurent sur la liste des ZEPT retenues pour l’observation : Bordeaux,
Littoral basque, communauté d’Agglomération de La Rochelle. On constate aussi beaucoup
d’arrivées au niveau de l’unité urbaine de Bordeaux (hors Bordeaux) et zone Futuroscope.
Figure 19 : Nombre d’arrivées et durée moyenne de séjour dans les territoires
touristiques des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014
Sources : INSEE, CRTA
27
On constate un nombre important des chambres d’hôtels et un taux d’occupation très
élevé pour l'unité urbaine de Bordeaux (hors Bordeaux). Le même phénomène, mais à un
moindre degré, concerne aussi le Littoral basque, la Communauté d’Agglomération de La
Rochelle, zone de Futuroscope.
Figure 20 : Chambres d’hôtel et le taux d’occupation de l’hôtellerie dans les territoires
touristiques des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014
Sources : INSEE, CRTA
28
La dernière carte présente le nombre de sites ayant reçu au moins 35 000 visiteurs par
territoire touristique (ZEPT). Parmi les zones retenues pour l’observation, on constate le
nombre de sites le plus élevé pour Bordeaux, suivie par la Communauté d’Agglomération de
La Rochelle. Les sites très fréquentés se trouvent également au sein des Communauté
d’Agglomération du Rochefortais, Bassin d’Arcachon et Littoral basque.
Figure 21 : Nombre d’arrivées et durée moyenne de séjour dans les territoires
touristiques des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014
Sources : INSEE, CRTA
29
Éléments de conclusion
Même si l’éventuel impact de la LGV sur le tourisme est attendu surtout à
Bordeaux, les professionnels pensent que la nouvelle ligne permettra de
« bénéficier à certain nombre des territoires (Brigitte Bloch, CRT Aquitaine). Selon
Olivier Roux (Région Aquitaine) « dans un premier temps ça va être circonscrit sur
Bordeaux et sur le bassin d’Arcachon – tant que la LGV s’arrête à Bordeaux. Après,
si demain elle va sur le Pays basque, ça va avoir un effet sur les autres zones ».
Il sera très intéressant d’observer l’évolution de l’offre/demande touristiques de
certains territoires, concernés par un possible impact de la LGV, mais qui ne
constituent pas actuellement des destinations touristiques. Notamment Libourne –
qui a aujourd’hui peu de retombées touristiques, « alors que ça pourrait générer
beaucoup plus » (Céline Pauly, Communauté d’Agglomération du libournais). Ou
certains bassins touristiques de la Charente. La question de la grande région est
susceptible d’y jouer un rôle important : « Nous, la grande région, ça nous va très
bien. On perd le côté complètement excentré qu’on avait avec l'actuelle région, et en
plus, un mépris total parce que les départements qui pèsent chez nous sur le plan
touristique, c’est la Charente-Maritime avec le littoral et puis la Vienne avec la
Futuroscope et tous les sites qui sont arrivés en département » (Carole Grosman,
Charente Tourisme).
III. POSITIONNEMENT ET STRATÉGIES DES ACTEURS TOURISTIQUES
A. De grandes attentes et un certain attentisme....
En termes de développement touristiques, certains projets sont en attente de réponses
concrètes, concernant notamment le nombre de dessertes. A la question stratégique des effets
induits dans le champ du tourisme de la nouvelle LGV, Nicolas Martin (OT & Congrès de
Bordeaux Métropole) avoue ne pas beaucoup avancer sur ce sujet en raison notamment du
manque de visibilité sur le nombre des liaisons quotidiennes. Il considère en outre, qu’une
autre question importante qui n’a pas été traitée pour l’instant concerne les liaisons directes
avec Bruxelles, Londres (Thalys, Eurostar). Relevant qu’en la matière, le dialogue avec la
SNCF n’est à ce jour pas prioritaire, ce responsable de l’OT de Bordeaux considère certes
qu’il est nécessaire de prendre ce nouveau contexte en considération mais sans engager dès
maintenant des stratégies structurantes. En effet, dans le secteur touristique, les acteurs, tels
« booking », Tripadvisor ou Airbnb peuvent connaître de profondes transformations et de
façon rapide de surcroît.
30
Moi, clairement j’attends de savoir combien de liaisons il y aura par
jour, les horaires etc… Et puis après, il faudra qu’on fasse un tour de
table avec par exemple le Comité Régional du Tourisme Aquitaine ou
l’Agence Départementale du Tourisme Gironde pour faire une
communication conjointe. Ni les un ni les autres n’auront beaucoup de
budget – et on a de moins en moins. Donc, tout ce qu’on fera, on le fera
de manière mutualisée.
Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole)
Quant aux directeurs des Comités départementaux du tourisme de la Charente-
Maritime et Deux-Sèvres, ils soulignent à la fois un avantage de la ligne LGV, mais évoquent
aussi les questions qu’ils se posent aujourd’hui. Ils considèrent que deux projets sont
importants pour leurs territoires :
- Premièrement, la liaison à grande vitesse Tours - Bordeaux, qui permettra de
gagner du temps entre Tours et Poitiers.
- Deuxièmement, les travaux qui sont en cours pour améliorer la vitesse sur la
portion entre Poitiers et La Rochelle : Niort pourrait bénéficier d'un gain de temps
sur les trains qui vont desservir La Rochelle.
« Nous, ce qu’on attend – explique Marc Richet (ADT Deux-Sèvres) – et ce qui fait
l’objet de négociation maintenant – c’est le nombre de dessertes de la gare de Niort qui
utilisera le TGV Atlantique jusqu’à Poitiers. Nous avons compris qu’on risque d’avoir un peu
moins de trains par jour que ce qu’on a aujourd’hui. Si on a moins dessertes, moins de trains
par jour que ce qu’on a aujourd’hui – ça va avoir un impact négatif. En revanche, si il y a le
même nombre de trains, on va gagner le temps de parcours entre Paris et Niort, et cela nous
approchera de Paris. Ca sera un potentiel important de clientèle supplémentaire pour nous
parce que on peut devenir une vrai destination, en tout cas on peut être plus impacter
positivement par les week-ends et de très courts séjours. » L’avenir / la concrétisation de
certains projets en Deux-Sèvres dépendent en outre de la qualité de la desserte sur laquelle la
SNCF s’engagerait, notamment le projet de Parc des Expositions : « si on a moins de train
que on a aujourd’hui, ce projet n’a pas raison d’être » (Marc Richet, ADT Deux-Sèvres).
En Charente-Maritime, les attentes sont doubles. Pour le Nord du département, les
questions concernent la desserte, le nombre de trains, les arrêts etc... Pour la partie Sud, il
s’agit du projet qui permettrait d'électrifier la ligne Angoulême – Saintes – Royan. Ce projet,
qui, comme le souligne Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) – n'est pas encore
totalement certain en termes d’échéance - permettrait d'améliorer la desserte, mais surtout
31
d'envisager la possibilité qu’un certain nombre de TGV puissent faire Paris – Poitiers –
Angoulême – Cognac – Saintes – Royan. Cette démarche pourrait apporter (Olivier Amblard,
Charente-Maritime Tourisme) une triple amélioration : en termes de temps, de qualité (un
certain nombre de trains pourraient être directs, donc sans rupture de charges) et d’image.
L’intérêt de cette liaison ferroviaire (à partir d’Angoulême vers Cognac, puis Saintes
et Royan) est également souligné au sein de la CCI d'Angoulême : « c’est un élément
important, car ca veut dire, à terme, possiblement, des trains qui sont LGV jusqu’à
Angoulême et puis, qui circuleraient sur cette voie Angoulême-Royan électrifiée. Ils
pourraient desservir ce qu’on appelle la Val de Charente jusqu’à Cognac, donc multiplier les
visites sur le territoire. C’est un enjeu important lié au renforcement de l’infrastructure
ferroviaire sur le territoire. » (Frédéric Charpentier, CCI Angoulême)
La LGV pour nous, elle est intéressante mais à partir de moment où elle
a été complétée par ces relèvements de vitesse sur la portion nord pour
desservir La Rochelle. Elle serait intéressante à partir du moment où on
pourrait avoir cette électrification de l’étoile de Saintes, permettant de
profiter à la fois de l’augmentation de la vitesse sur la LGV mais
également permettant que les TGV arrivent jusqu’à Royan.
Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme)
B. La LGV : un « élément parmi d'autres » pour l'attractivité touristique
Ce n’est pas que la LGV – c’est le projet urbain autour de l’arrivée de la
LGV. Donc c’est tout dans son ensemble.
Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux)
Selon Brigitte Bloch, la LGV intégrera les stratégies touristiques déjà existantes – il
n’y aura pas une stratégie « spécial LGV » au niveau du Comité régional de tourisme
d’Aquitaine. Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux), souligne que la LGV est « un élément
parmi d’autres » : mais, bien évidemment, un élément très important d’attractivité, qui peut
aider à poursuivre dans la croissance des fréquentations touristiques. « Tout, comme
l’événementiel, les nouveaux outils : est-ce que le nouveau stade se serait fait sans la LGV ?
Je ne sais pas. » (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux).
32
La croissance soutenue des nuitées et de l’activité touristique au sein de la métropole
bordelaise est due au projet urbain, ainsi qu'à la structuration de l’offre touristique sur le
territoire (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux). Ce qui a réellement lancé le tourisme à
Bordeaux, c’est le projet urbain. « On ne peut pas dire que le projet urbain a été fait à des fins
touristiques. Le projet urbain a été fait d’abord pour les Bordelais, pour les habitants, pour
rendre la ville sympathique, et, effectivement, indirectement, il y a eu une croissance des flux
touristiques. Mais la stratégie de développement touristique de territoire ce n’était pas de
dire à la base : ‘on refait les quais pour gagner des touristes’. C’est un atout – on en profite
bien évidemment » (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux))
L’arrivée de la LGV devrait dès lors être complétée par d’autres actions pour pouvoir
en tirer le maximum d’avantage. Selon Frédéric Charpentier (CCI Angoulême), « il peut avoir
un effet bénéfique sur le tourisme d’affaires, en rapport avec les équipements existants et avec
les autres actions mises en place, dans lesquelles la CCI intervient avec l’OT sur la recherche
de salons par exemple qui répondent à la capacité de l’offre d’Angoulême. »
Au cours des entretiens, des attentes spécifiques et de grande importance liées
uniquement à l’arrivée de la LGV n’ont pas été repérées. Les professionnels semblent
comprendre que le problème est global, que le développement touristique relève d'un
travail en profondeur sur l'attractivité territoriale. Les touristes ne se déplaceront pas
dans des territoires peu/médiocrement attractifs pour la seule raison que l'on peut y
accéder très rapidement. En revanche, la LGV constituera un atout de taille dans le
choix de déplacements vers une destination jugée « attractive ». Ce qui n’est pas, par
ailleurs, vraisemblablement le cas pour tous les territoires de la région… Ainsi, pour le
département de la Charente, Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) avoue « j’ai l’impression
qu’il n’y a pas encore, de manière abouti, une stratégie globale mise en place sur la
dimension touristique à l’échelle du département. »
- Marc Richet (ADT Deux-Sèvres), à la question de savoir si l'offre hôtelière est
suffisante, notamment pour le tourisme d’affaires, répond que l’hôtellerie s’est
développée à la fois quantitativement et qualitativement : « elle a été entièrement
renouvelée ces dernières années. Pas du tout du fait de projet train – mais
simplement un projet urbain de la ville de Niort qui a ramené des investisseurs. »
- Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) explique que dans les
arguments de tourisme d’affaires, la région est inclut dans l’argumentaire : « Il faut
faire rêver les hommes d’affaires ou les femmes d’affaires qui viennent et qui
passent 2 ou 3 jours sur un salon : ils auront peut-être envie de poursuivre leur
33
séjour de 2 ou 3 de plus, éventuellement en famille, ou seul pour aller visiter la
région. Et, à ce moment là, la liaison TGV rapide avec Biarritz aussi c’est un
argument supplémentaire. »
- Frédéric Brouard (Bordeaux-Euratlantique) considère qu’étant mandaté pour
aménager ce que les Bordelais appellent « l’autre coté de la voie ferrée », le projet
Euratlantique redonnera vie à toute cette partie de la ville. Par exemple, sur la
place des anciens abattoirs, le Conseil régional projette la construction de la
MECA (Maison de l’économie créative et la culture en Aquitaine) et à proximité,
des emplacements sont prévus pour des commerces dédiés à l’économie créative et
culturelle. « L’idée est vraiment de faire de cet ancien quartier des abattoirs un
lieu de destination touristique. (…) Et sur le quai de Paludate il y aura également
un hôtel 4 étoiles avec vue sur la Garonne. Donc vous voyez, le projet va
directement dans une dynamique touristique. »
Nous, ce qu’on a en tête c’est que la LGV, c’est un ’outil’ : ce n’est pas
qu’elle change fondamentalement des choses. Ca a plutôt un effet
d’accélérateur de tendance.
Frédéric Charpentier (CCI Angoulême)
C. Renforcement des destinations touristiques déjà bien présentes
Demain à 2 heures, je n’hésite pas, c’est automatiquement le train.
Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux)
Bordeaux est perçue par tous les professionnels du tourisme comme la principale
bénéficière de la LGV (sans pour autant oublier quelques effets pervers que la nouvelle ligne
peut également apporter, comme la diminution de la fréquentation hôtelière). Le trajet en
2h05 de Paris devrait pour les acteurs de ce secteur changer la représentation de Bordeaux,
aujourd’hui encore considérée comme "excentrée" à l'échelle nationale.
L'effet devrait en être d'autant plus bénéfique pour Bordeaux que la ville est déjà
considérée comme une destination touristique très forte (la ville a gagné « The European
Best Destination 2015 »). Et comme le souligne Jean-Marie Marco (Gironde Tourisme),
l’arrivée de la ligne LGV ne va pas renverser les tendances du tourisme mais elle va
34
plutôt renforcer les destinations fortes, comme Bordeaux, Arcachon… Le gain de temps
prévu constitue pour les professionnels du tourisme un levier essentiellement pour le
tourisme de court séjour et le tourisme d’affaires.
On ne part pas à mon avis sur un court séjour à la découverte. Ou alors
c’est une découverte qui est balisée. Si vous vous partez 2 jours vous
allez sur une destination connue – sans risque. Vous aimeriez savoir,
vous n’avez pas le temps de chercher quelque chose. Vous allez là où
vous connaissez, où on vous a dit que vous pouvez y aller. Après, si vous
êtes sur la plus longue durée, vous pouvez effectivement découvrir… Le
temps c’est la problématique n°1.
Jean-Marie Marco (Gironde Tourisme)
L’impact que la LGV est susceptible d’avoir sur les destinations fortes comme
Bordeaux ou Arcachon, provoque d’ailleurs quelques craintes sur les possibles effets négatifs
pour/sur les autres territoires. Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) : « au final, La
Rochelle va être un tout petit peu plus près de Paris, Royan pourrait être plus près de Paris et
mieux desservi, mais pas en 2017 – plus tard, si tout va bien. Mais Bordeaux va être à 2
heures. Et Arcachon peut-être à 2 heures et demi ou 2h40. Ce qui veut dire que pour nous la
LGV peut faire que Bordeaux, Arcachon et une partie de littoral de Gironde soit plus
accessible en train depuis Paris que notre littoral. Donc en termes négatifs, ça peut quelque
part augmenter la concurrence d’une destination qui a priori est un peu plus éloignée, mais
au final deviendrait plus proche. Donc ça c’est un point de vigilance pour nous, pas par
rapport à Bordeaux, parce que c’est autre chose, mais vis-à-vis d’Arcachon et du littoral de
la Gironde. »
Toutefois, cette opinion n’est pas unanimement partagée. Christelle Boutin (ORT
Poitou-Charentes) souligne l’importance de l'effet-notoriété et des habitudes de
consommation : « Je ne pense pas qu’il y ait un impact important, que ça puisse nous
pénaliser. La notoriété de La Rochelle, de l’Ile de Ré et l’Ile d’Oléron n’est plus à faire, c’est
acquis. En plus, les gens qui venaient à La Rochelle en train c’était déjà compliqué – il fallait
passer par Poitiers. »
35
D. Bordeaux « plateforme » : une volonté de travailler « avec »
Bordeaux tout seul, sans les régions et les vignobles autour, ne peut pas
faire grand chose. Il n' y a que la ville. Donc si Bordeaux joue la carte :
la ville est belle, entièrement rénovée, elle est inscrite au Patrimoine
Mondial de l’Humanité, c’est la ville préférée des Français, tout ce que
vous voulez. Mais le vin ? Demain s’inscrit dans le projet de Cité du Vin.
Mais on a besoin de vignobles pour aller voir un peu sur terrain ce qui se
passe. Donc ça veut dire le partenariat (…). Parce que c’est le seul
moyen pour arriver à gagner encore plus de visiteurs.
Catherine Lacroix (OT St Emilion)
La nouvelle ligne LGV devrait être a priori très positive pour Bordeaux. Mais quel
impact aura-elle sur les autres territoires ? Surtout les territoires « voisins » ? L’enquête a
révélé que les nombreux territoires situés « à côté » essayent de valoriser leur offre touristique
en tentant de se positionner avec et par rapport à Bordeaux.
Selon Frédéric Charpentier (CCI Angoulême), « il y a des liens très forts entre la
Charente et la Gironde. En commun, la tradition de vin et de spiritueux, du Cognac : les
choses qui peuvent attirer la même clientèle ». De plus, certains événements peuvent susciter
des aller-retour ponctuels sur Angoulême. « C’est vrai que c’est une vraie opportunité. Mais
ça se traduit par les besoins de travailler avec le territoire bordelais pour faire des pass. » La
diminution prévue du temps du trajet entre ces deux villes est ainsi mise en avant : « on a fait
un petit exercice sur le temps de parcours au départ de Bordeaux / vers Bordeaux, avec une
dizaine de villes qui sont autour de Bordeaux (Agen, Périgueux, Bergerac…). En 2017, le
meilleur temps de parcours en direction de Bordeaux, ça devient Angoulême, en 34 minutes. »
(Frédéric Charpentier, CCI Angoulême)
Le fait que Bordeaux ait une attractivité très forte à la fois au niveau national et
international, est en grande partie lié aux lignes low cost qui se sont beaucoup développées sur
l’aéroport de Mérignac – mais c’est lié surtout à l’attractivité de Bordeaux, qui est vraiment
devenue une destination touristique en soi (Jacqueline Van der Zalm-Monthus, Gironde
Tourisme). D’où le rôle de cet organisme - Gironde Tourisme – dont l'enjeu réside dans la
ventilation des flux drainés par Bordeaux vers les autres territoires du département.
- « On travaille beaucoup, entre autres, la filière de l'oenotourisme. On a créé ces
dernières années les routes du vin : 4 ont été déjà mises en place et il y en a encore
2 à venir. Et autour de ces routes du vin, on espère pouvoir amener les gens de
Bordeaux vers les secteurs viticoles » (Jacqueline Van der Zalm-Monthus, Gironde
Tourisme).
36
- Maïté Lavignac (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) explique que l’Office du
tourisme & des Congrès de Bordeaux Métropole a actuellement trois principaux
axes de travail dans son développement : l’œnotourisme, le fleuve et le patrimoine.
Et que sur ces 3 axes : « on va associer d’autres professionnels du tourisme autour
de nous ». Maïté Lavignac souligne la situation géographique de Bordeaux – le fait
d’être à proximité du littoral, des vignobles… C’est pourquoi, « on travaille sur le
tourisme urbain en combinant également d’autres territoires proches ». Un ancien
slogan l'illustre : « Bordeaux, Arcachon, St Emilion, 3 coups de cœur en moins
d’une heure ».
- « On disait qu’une personne qui viendrait à Arcachon passer ses vacances,
viendrait automatiquement à Bordeaux, vice-versa, celui qui arrive à Bordeaux, il
se retrouvera à un moment aller à la dune de Pilat ou sur le littoral mais aussi
dans les vignobles. » (Maïté Lavignac, OT & Congrès de Bordeaux Métropole)
Sur la croissance de flux, tout le monde va à mon avis bénéficier. En
fonction de thématique. La Cité du Vin arrive – avec des pontons. L’idée
est que les gens visitent la cité et puis partent en bateau, visiter le
territoire. Donc, ça va irriguer Pauillac, Blaye, Bourg, Cadillac…
Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux)
- Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) : les grandes soirées, les diners
de gala se déroulent déjà souvent au sein des châteaux situés dans le périmètre de
20-30 minutes de Bordeaux.
- Quant à Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) : « dès qu’on
essaie de faire venir un grand congrès ou un grand événement professionnel
important, on les incite aussi à venir pour prendre le temps pour aller à Arcachon,
à Saint Emilion, etc. Donc ça fait partie de l’offre. »
A la question de savoir si, en plus de St Emilion ou d'Arcachon, il y a possibilités pour
d'autres villes qui, pour le moment, ne sont pas vraiment des destinations touristiques, comme
Libourne, Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) répond qu’il y a un grand
travail fait par la ville de Libourne pour devenir plus attractive : « je pense que d’ici quelques
année Libourne va devenir une ville attractive pour les touristes ». Une chance de
développement est notamment perçue pour Libourne dans le cadre du tourisme fluvial.
Comme explique Jacqueline Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) : « C’est sur la
37
filière de tourisme fluvial où ça va encore bouger – ça a déjà énormément bougé à Bordeaux
depuis 2011. Et ça continue à se développer. » De nouvelles compagnes continuent de
s’installer à Bordeaux pour des semaines fluviales mais également pour des produits à la
journée ou à la demi-journée. « Donc les bateaux de croisière qui vont aller jusqu’à Blaye,
Bourg, Cadillac, Libourne et tout ce secteur vont aussi se développer – poursuit Jacqueline
Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) : - avant, Libourne, touristiquement parlant, on
n’entendait pas trop. Aujourd’hui, Libourne a investi énormément dans l’aménagement des
quais donc ça va être aussi une destination en soi. Je pense que les sites, les villes comme ça
vont se développer. Libourne par rapport au tourisme fluvial. Et Blaye – la combinaison de
fluvial et de l'oenotourisme. »
L’impact possible sur les territoires proches de Bordeaux, notamment les vignobles
c'est ce que souligne aussi Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) : « on sait pertinemment
qu’on rapprochant Bordeaux de Paris il y aura forcément sur les vignobles, les départements
aux alentours, même sur le côté portuaire, des retombés économiques ». Elle poursuit :
« nous, on essaie de se greffer dedans avec notre Cognac ». Maïté Lavignac (OT & Congrès
de Bordeaux Métropole) pense aussi qu’il y a beaucoup de possibilités de créations de
nouveaux produits touristiques autour de Cognac. Mais pas seulement : « et pourquoi pas
Futuroscope- Poitiers - Bordeaux aussi ? » demande-t-elle.
Je pense que la 1ère carte à jouer est vraiment sur Bordeaux, mais ça
peut être une porte d’entrée. Partenariats – pourquoi pas travailler sur
le binôme Bordeaux-Cognac et jouer sur le package visite à la journée
ou séjours Bordeaux-Cognac. Et du fait qu’on va être dans la même
région, ça va peut-être se fait de façon plus intuitive et plus naturel si on
serait resté 2 régions différentes.
Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes)
- le manque actuel d'information concernant la finalisation des dessertes et des
arrêts de la LGV participe d'analyses "en attente" : « il y a beaucoup
d’interrogations, parce qu’aujourd’hui8
on parle de supprimer des arrêts à la
gare de Châtellerault, des arrêts à la gare de Futuroscope et des arrêts à
Poitiers » (Thérèse Michel, Agence Touristique de la Vienne).
8
Entretien s’est déroulé le 16 juin 2015
38
- la LGV : un paramètre de mobilité dans un système territorial complexe :
« Quant on fait le lien entre le tourisme et grande vitesse, à mon sens, de
manière très macro-économique, la grande vitesse pourrait avoir un effet qu’à
partir du moment où il y a un vrai projet de structuration du développement
touristique sur le territoire. Sinon, ça va être peut-être des miettes ou des effets
ponctuels. » (Xavier Hurteau, Grand Angoulême)
- Le principal « bénéficiaire » de la LGV dans le secteur touristique - les
professionnels sont unanimes – est Bordeaux, en raison notamment de son
actuelle très forte attractivité touristique. Les acteurs des autres territoires en
sont conscients et font le choix stratégique de démultiplier l'effet bordelais à
leurs profits. « Etre à 20 minutes de Bordeaux et entre Bordeaux et St Emilion
c’est super pour nous en termes d’attractivité ». (Céline Pauly, Communauté
d’Agglomération du libournais). « Aujourd’hui, une grande manifestation qui
arrivera à Bordeaux, on peut considérer qu’il y a 1 chance sur deux, de
délocaliser une soirée de gala soit dans les châteaux, soit sur le bord de mer »
(Alain Vivien, OT Arcachon)
IV. QUELS TOURISMES / TOURISTES CONCERNÉS ?
- Les professionnels du tourisme s’accordent sur le fait que la LGV est susceptible
d’impacter au premier chef le tourisme d’affaires et les courts séjours, autour de
produits spécifiques, liées notamment à l’ouverture de Cité du Vin à Bordeaux. En
ce qui concerne les longs séjours, l’impact attendu est moindre – aussi bien en
Aquitaine qu’en Poitou-Charentes il y a déjà beaucoup de longs séjours sur les
destinations littorales.
- Quant au type de clientèle, même si l’impact possible dépend bien évidemment de
la destination précise, il est attendu que les effets concerneront surtout les visiteurs
venant en couple, les actifs, les gens qui veulent faire du tourisme urbain ou une
sortie nature (Arcachon, La Rochelle, Niortais…). En revanche, « ce n’est pas le
gain temps qui va attirer les familles » (Marc Richet, ADT Deux-Sèvres)
39
- En ce qui concerne la provenance de la clientèle potentielle, le Bassin parisien est
très largement mis en avant. Même s’il est déjà très fortement présent en Aquitaine
et Poitou-Charentes (« un tiers des Français qui viennent chez nous, ce sont les
Parisiens », Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes), les spécialistes y trouvent
une belle carte à jouer : la clientèle parisienne constitue un énorme réservoir de
clientèle.
A. Destination : Bordeaux / Bordelais / littoral proche (Arcachon…)
L’impact principal, dû à l’amélioration du temps de voyage, est très largement attendu
par les acteurs du tourisme à l'échelle de Bordeaux. Amélie Déchénais (Bordeaux Convention
Bureau) : « avant on venait à Bordeaux pour le vin, mais aujourd’hui on vient à Bordeaux
pour la ville aussi ». Les professionnels du tourisme bordelais soulignent qu’à Bordeaux il y a
beaucoup de choses à faire au niveau de visites dans le centre-ville même. Le patrimoine
historique, mais aussi un côté contemporain (la ville inspire les nouveaux designers). « On a
plus de 80 thèmes de visites pour sillonner la ville à pied. Et puis, vous avez les visites en car,
en train touristique...(…) On a une trentaine de guides pour le compte de l’OT » (Maïté
Lavignac (OT & Congrès de Bordeaux Métropole)
Un autre avantage de la capitale de l'Aquitaine, très largement mis en avant, est sa
proximité des vignobles et du littoral. D’ailleurs, les city-pass (24h, 48h, 72h) commercialisés
par l’Office de tourisme de Bordeaux, ne s’arrêtent pas aux frontières de la ville : « Le pass de
72h, nous l'avons étendu sur 7 jours pour permettre aux gens de profiter, grâce aux tarifs
préférentiels, d’entrées dans des sites touristiques qui sont reconnus Unesco, comme Blaye,
Saint-Emilion, mais aussi du littoral avec Arcachon. Car on a un axe fort – la proximité du
littoral, des vignobles… »
La destination bordelaise ne se limite donc pas uniquement à la ville. Et l’offre ne se
résume pas au tourisme urbain ni aux visites du patrimoine. Un contrat de destination vient
d’être signé avec l’Etat pour une durée de 3 ans. Il permettra notamment de valoriser sur les
sites internet d'une part l’offre oenotouristique à l’échelle de bordelais, et d'autre part le
tourisme de croisière. « On a également des croisières fluviales, uniquement pour découvrir le
fleuve, en une journée, un après-midi, une matinée, diner-croisière, déjeuner gastronomique
ou déjeuner plus ludique simplement avec vin et fromage. » (Maïté Lavignac, OT & Congrès
de Bordeaux Métropole)
40
Le littoral, situé à proximité de Bordeaux pourrait également être concerné par la
LGV. Arcachon est souvent citée comme l’un des principaux bénéficiaires de l’impact
touristique possible, grâce notamment à une très bonne connexion ferroviaire avec la
métropole. Des pistes sont envisagées à la fois dans le cadre du tourisme balnéaire, mais aussi
tourisme d’affaires. Dans le cadre de ce dernier, deux segments sont indiqués par les
spécialistes : organisation des événements, mais aussi accueil « post congrès Bordeaux ».
B. Activité : Tourisme d’affaires
On pense que ça va être un facilitateur, puisque on sait très bien que
l’accès, l’accessibilité d'une destination sur le segment de tourisme
d’affaires est un élément fort et moteur dans le choix de destination.
Donc là, c’est un atout extraordinaire.
Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux)
Comme l’explique Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau), « on entend par
le tourisme d’affaires à la fois tous les événements professionnels organisés par les
entreprises - donc ça c’est la partie ‘corporate’, et également tous les événements qui sont
organisés par les associations, les fédérations, les syndicats – ça c’est plutôt la partie de
‘congrès professionnel’ ».
A Bordeaux, l’ouverture de la ligne à grande vitesse correspond globalement à
l'achèvement des travaux effectués au Palais de Congrès et au Parc des Expositions. Environ
70 millions d’euros devraient être investis dans les années qui viennent pour mettre au niveau
des standarts internationaux le Parc des Expositions : « effectivement, nous, on va beaucoup
travailler sur ces sujets là. Et là, la LGV c’est un atout important » (Nicolas Martin, OT &
Congrès de Bordeaux Métropole).
Les spécialistes du tourisme considèrent que le tourisme d’affaires peut donc
clairement s’appuyer d’avantage sur la LGV. Surtout à Bordeaux, qui est déjà aujourd’hui
dans le top 5 des villes françaises pour le tourisme d’affaires. Et dans les années à venir, il est
attendu qu'elle gagne des parts de marché sur d'autres villes. Telle est en tous cas l’ambition
d’Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux), qui souhaite que Bordeaux arrive, dans
ce domaine à la 3ème
place nationale.
41
Pour le tourisme d’affaires le fait d’être à 2 heures de Paris c’est
quelque chose qui est absolument extraordinaire parce qu’il n’y aura
plus d’obstacles dans les liaisons quotidiennes entre la capitale et
Bordeaux va devenir, comme Lyon, une ville très accessible et de façon
très aisée. Pour nous c’est un plus extraordinaire. Sachant que vous
quittez la gare de Montparnasse à 8h de matin, vous pouvez être au Parc
des Expositions à 10h45 maximum. Vous faites vos affaires dans la
journée, vous faites votre visite de Parc des Expositions, vous reprenez le
train à 5 ou 6 du soir, vous êtes chez vous pour le diner. C’est assez
fabuleux.
Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux)
Les cibles principales de CEB, notamment pour optimiser les connexions ferroviaires
avec Paris grâce à la LGV, sont les congrès européens dont la clientèle arrive par voie
aérienne jusqu’à Paris et poursuit en LGV. Cette dernière constitue donc un argument dans la
négociation de ce type de marché événementiel. « La LGV au même titre que la Cité du Vin
ou le nouveau stade, fait partie des réalisations qui, pour nous, sont des arguments de vente
et qui font partie des argumentaires. La LGV c’est le top » ; « Ce qu’on nous demande toute
de suite c’est : vous êtes à combien de Paris, il faut combien de temps pour venir de Paris,
comment on vient de Paris, et après depuis Bordeaux, depuis le centre ville, comment on vient
chez vous ? Aujourd’hui, si on a la LGV à 2 heures et le tramway à 20 minutes du centre ville
qui vous dépose au palais de Congrès ou Parc des Expositions, ce sont des arguments
extraordinaires ». (Eric Dulong, Congrès et Expositions de Bordeaux). Frédéric Brouard
(Bordeaux-Euratlantique) souligne que Bordeaux possède des équipements pour le tourisme
d’affaires qui sont déjà très intéressants, « sachant qu’en plus, assez régulièrement, les
destinations du tourisme d’affaires, c’est généralement les destinations touristiques par
nature ».
Mais les espoirs / projets de développement du tourisme d’affaires ne relèvent pas
exclusivement de Bordeaux. D'autres acteurs territoriaux se positionnent sur le tourisme
d'affaires.
- Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) estime ainsi que « par rapport à la LGV,
l’opportunité c’est sûrement un impact possible sur le tourisme d’affaires ».
D’autant plus que « on est bien situé entre Paris et Bordeaux, on pourra rejoindre
ces 2 villes plus rapidement demain ».
42
- Pour La Rochelle, Murielle Vermande (CCI de Cognac, Rochefort et La Rochelle)
considère qu’il y a du potentiel, car La Rochelle a fait un effort pour développer le
tourisme d’affaires. En outre, comme elle l'explique « savoir que Paris est à 2h25
de La Rochelle peut constituer une vraie porte d’entrée ».
- Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) admet qu’on ne pense pas
forcément à la Charente-Maritime, comme destination de tourisme d’affaires.
Pourtant, en plus de La Rochelle, les autres villes essayent d’engager une politique
de développement du tourisme d’affaires, notamment Royan, qui rénove
complètement son Palais de Congrès. Saintes, Rochefort y réfléchissent aussi. « Et
puis, on a une autre commune, qui n’est pas négligeable dans le sud du
département, Jonzac, qui va sortir un centre d’affaires avec un hôtel » précise
Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme). « S’ils le font, c’est
premièrement, car il n’y a pas vraiment à ce jour un centre du tourisme d’affaires
dans la partie sud de département. Deuxièmement, on est dans les terres de
Cognac qui peuvent ramener des touristes d’affaires et Jonzac offrirait un site qui
n’existé pas jusqu’à présent. Et puis, il semblerait que la stratégie de Jonzac est de
capter un certain nombre des entreprises bordelaises pour qu’elles viennent
organiser leur séminaires ou autres à Jonzac parce que ça va être proche, moins
cher (qu’à Bordeaux) et ça va permettre aux urbains, les Bordelais, de s’aérer un
peu plus. Enfin, Bordeaux va être desservi par la LGV en 2 heures ». (Olivier
Amblard (Charente-Maritime Tourisme).
- Quant à Marc Richet (ADT Deux-Sèvres), il estime que sous réserve d’avoir un
maximum de trains directs sans rupture de charges, la LGV pourrait avoir un
impact sur le tourisme d’affaires de son territoire : « parce que on s’approche de la
région parisienne, donc c’est moins difficile de faire des réunions, des séminaires
et des congrès dans une ville comme Niort, qui n’est pas aujourd’hui dans le rayon
immédiat de la région parisienne ».
Les professionnels soulignent que le développement du tourisme d’affaires est
d’autant plus intéressant qu'il s'articule aisément avec un tourisme de loisirs. « On va
certainement gagner pour le rassemblement d’affaires, pour le tourisme d’affaires groupe, je
pense aux congrès. Parce que si les gens viennent sur Bordeaux, c’est certainement pour
profiter un peu de Bordeaux ou des « à côté ». Ce n’est pas que rester dans une salle de 10h à
16h et faire que ça. » (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux). Amélie Déchénais (Bordeaux
43
Convention Bureau) voit les possibilités même pour les déplacements professionnels sans
nuitées : « sur une réunion de 9h à 12h, ou l’après-midi est consacrée aux visites, il y a
largement le temps, surtout si les derniers « navettes » partent à 20h30 ou 21h, 22h ». Mais
« même sur un délai très court on peut faire quelque chose ». Les premiers châteaux dans les
vignobles sont situés à seulement 15 – 20 minutes de Bordeaux, il est possible d’organiser une
visite thématique (chocolaterie, revendeur de vin..).
L’intérêt de tourisme d’affaires est dès lors de trois ordres.
- complémentarité au tourisme « classique » : il ne se pratique pas aux mêmes
périodes (semaine vs week-end).
- dépense du touriste d’affaires supérieure à celle d'un touriste « classique ».
- Effet levier et démultiplicateur du tourisme d'affaires qui enclenche des pratiques
touristiques privées et hors du temps de travail
Le tourisme de loisirs est certainement moins concerné par la rapidité de
liaison. C’est évident mais, malgré tout même si on est touriste de loisirs
on aime bien quand ça va vite et que ça ne coûte pas trop cher. Donc je
pense qu’une liaison rapide avec la LGV Bordeaux- Paris ou Paris –
Bordeaux est malgré tout un atout supplémentaire, mais à deux
conditions : qu’il y ait suffisamment de flexibilité dans les horaires, donc
des horaires suffisamment denses et qu’il ait à l’intérieur de ces horaire
des périodes où les tarifs seront accessibles et motivants pour les
touristes de loisirs.
Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux)
C. Durée de séjour : courts séjours et week-ends
Donc demain, s’ils décident de passer un WE de 3 jours en Aquitaine, ils
vont peut-être les passer entièrement à Bordeaux ou peut-être ils vont
résider 2 jours à Bordeaux et passer 1 journée à St Emilion. S’ils
résident 2 jours à St Emilion c’est encore mieux – mais c'est important
qu’ils viennent.
Catherine Lacroix (OT St Emilion)
Au niveau du tourisme d’agrément, Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) attend un
impact sur le tourisme urbain, les courts séjours pour Bordeaux et le Bordelais. L'OT de
Bordeaux propose déjà beaucoup de visites à la journée (notamment les excursions dans les
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vignobles qui se vendent très bien). A la question de savoir si la clientèle qui arrivera en LGV
ne constituera pas d’une certaine façon une cible « idéale », car il s’agit de visiteurs sans
voiture, susceptibles d’acheter des excursions commercialisées par l’OT de Bordeaux, Nicolas
Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) répond :
Bien sûr. Tous les clients qui arrivent en avion ou en train sont nos cibles
principales. Effectivement, puisque ils n’ont pas de voiture, ils utilisent
beaucoup nos excursions et nos circuits. Alors, aujourd’hui, on se rend
compte que la plupart de nos clients, ce sont les étrangers sur ces
produits, notamment pour aller à Saint Emilion etc., mais avec la LGV
peut-être aura-t-on beaucoup plus de Français qui viendront pour un
court séjour et à qui on proposera ce type de circuit.
Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole)
Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau) observe depuis 2012 une tendance
à la réduction de la durée des réunions professionnelles, principalement pour diminuer le coût
d'hébergement. Selon cette professionnelle, la LGV jouera surtout sur des événements de
courte durée : « pour moi, ça va développer davantage, deux choses. Soit les ‘bouts
d’événements’, c’est-à-dire, les événements qui sont décidés à Paris et du coup ils peuvent
faire un aller-retour dans la journée sur Bordeaux. Soit des réunions qui se tiennent
normalement à Paris, d’une journée, et qui pourront venir à la journée sur Bordeaux. Mais
pour les événements de 3-4 jours, si ce sont des événements nationaux, où les gens viennent
de toute la France, bon, ça arrangera les Parisiens. Les Lyonnais, les Montpelliérains – ça
restera le même temps de parcours. Donc ça ne changera pas grande chose. Et sur tout ce qui
est les événements internationaux, où les gens arrivent de toute l’Europe ou du monde entier,
vu qu’ils fonctionnement beaucoup par avion, ça ne changera pas non plus beaucoup de
choses. »
L’impact possible sur les courts séjours n’est pas attendu uniquement à Bordeaux.
- Marc Richet (ADT Deux-Sèvres) estime que le gain de temps depuis Paris est très
intéressant : « on devient une destination de week-end ce qu’on n’était pas avant.
Le fait de passer à moins de 2 heures en temps-trajet pourrait nous donner un
nouveau statut – du fait de rapprochement de la région parisienne ».
- Selon Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme), ce qui joue très fortement
sur le choix du mode de transport des touristes venant à La Rochelle, c’est à la fois
le secteur précis où les gens se rendent (La Rochelle ou ailleurs), mais aussi la
45
durée de séjour : « quand on vient pour une courte durée, on a tendance peut-être
à prendre le train qui évite les bouchons. Et puis, il y a La Rochelle et le reste du
département : quand vous venez pour un week-end à La Rochelle, vous vous poser
peut-être plus la question de venir en train puisqu'après vous êtes en ville »
D. Focus bordelais sur les filières
La thématique patrimoniale, la thématique oenotourisme, la thématique
fluvial, itinérance, vélo, à pied, tout ça va irriguer le territoire
différemment, avec des volumes différents
Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux).
1. Oenotourisme
Il ne faut pas oublier que plus proche ici, il y a une ville de Libourne qui
a aussi une gare, un TGV qui s’arrêt et qui s’arrêtera, ou pas, ou peu,
dans le cadre de LGV. Donc il y a Bordeaux, et pour nous - Libourne :
donc on est doublement concernés.
Catherine Lacroix, OT St Emilion.
Le vin reste un argument principal pour promouvoir Bordeaux à l’échelle
internationale, « oui, ce qui fait la notoriété de Bordeaux c’est le vin. Les étrangers (Chinois,
Japonais ou même Américains), souvent ne savent même pas que Bordeaux est une ville. Pour
eux Bordeaux c’est un vignoble : c’est comme la Bourgogne ou la Toscane. Ou ils pensent
que c’est un petit village. « Notre métier dans le tourisme c’est de leur expliquer que ce n’est
pas que le vin, c’est aussi une très belle région et très belle ville. Mais le point d’entrée
naturel sur les marchés lointains c’est le vin ». (Nicolas Martin, OT & Congrès de Bordeaux
Métropole).
Selon Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) la liaison rapide via la LGV
permettra aux tour-opérateurs d’organiser avec plus de flexibilité les voyages de groupes dans
le cadre de l’oenotourisme, qui est en plein développement en France et notamment à
Bordeaux. « Je pense que à partir de moment où vous avez plus de liaisons, plus souples, plus
rapides, c’est un argument supplémentaire pour ces sociétés-là et pour l’oenotourisme en
général. Parce que ça va permettre de faire de l’oenotourisme sur le week-end par exemple »
Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux).
En outre, l’oenotourisme a de fortes chances de profiter du développement possible du
tourisme d’affaires à Bordeaux. Notamment grâce aux visiteurs étrangers : « sur Bordeaux,
46
quand on est sur la clientèle internationale européenne ou la clientèle nationale qui ne
connaissent pas bien le vin de Bordeaux, c’est déceptif pour eux, s’il y a rien qui est fait
autour de vin. Soit une animation-dégustation, soit une visite de châteaux… » (Amélie
Déchénais, Bordeaux Convention Bureau).
2. Tourisme fluvial
Le tourisme fluvial est actuellement en pleine expansion, notamment à Bordeaux.
L’un des souhaits des acteurs touristiques bordelais a été de remettre le fleuve au cœur des
pratiques touristiques du territoire : « pendant longtemps on a ignoré le fleuve. La ville de
Bordeaux se ré-ouvre symboliquement sur le fleuve » (Catherine Lacroix, OT St Emilion).
L’activité touristique fluviale s'est développée de façon très significative dans le département
depuis 2011, année d'installation du premier paquebot de croisière. Conjointement, il ne faut
pas négliger le fait qu'il existe des liens forts entre tourisme fluvial et tourisme d’affaires :
« parmi les thématiques qui ressortent en ce moment et qui intéressent les organisateurs, c’est
tout ce qui est développé autour du fleuve, les croisières, réunions sur les îles de l’estuaire. Il
y a ce côté ‘fleuve’ qui décolle pas mal » (Amélie Déchénais, Bordeaux Convention Bureau).
- Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) pense que la LGV pourra être un
« facilitateur » du tourisme fluvial et que les compagnies souhaiteront avoir un
ponton pour les paquebots près de la gare. Pourtant, « le tourisme fluvial n’a pas
attendu la LGV pour se développer ». Et effectivement, sur un éventuel rôle joué
par la LGV au niveau du tourisme fluvial, des opinions des professionnels ne font
pas l’unanimité.
- Les clientèles qui pratiquent le tourisme fluvial arrivent à Bordeaux en avion ou en
train, pour ensuite monter sur le bateau. 90% de la clientèle des bateaux de taille
moyenne - entre 200 et 400 passagers - est composé d'Américains : « Pour les
Américains, la liaison Paris - Bordeaux en 2 heures c’est rien. Ce qu’ils mettent le
matin pour aller au travail. Ils ne le voient même pas dans le package ». (Eric
Dulong, Congrès et Expositions de Bordeaux).
- Catherine Lacroix (OT St Emilion) pense que la LGV peut effectivement
concerner la clientèle en provenance du Bassin parisien : « Je réside sur Paris et
j’ai envie de me faire une croisière en Gironde autour des vignobles. Je sais que la
croisière part du port de Bordeaux, donc en plein centre ville. En plus, j’ai la LGV
qui m’amène. Forcement, je prendrais plus le train que l’avion. Je ne prendrai
47
même pas ma voiture – aucun intérêt ». En revanche, la clientèle étrangère arrivera
directement à l’aéroport de Bordeaux…
- Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) considère que l'impact sur
le tourisme fluvial sera plutôt marginal, à l'exception peut-être de la seule
compagnie française présente à Bordeaux, CroisiEurope. Quant aux adeptes du
tourisme fluvial des Etats-Unis, du Canada ou de l'Australie, qui passeront par les
aéroports internationaux comme Charles de Gaulle, ils sont susceptibles de
continuer leur trajet vers Bordeaux par avion (surtout s’il n’y a pas la liaison
directe en LGV avec l’aéroport Charles de Gaulle – souligne Nicolas Martin (OT
& Congrès de Bordeaux Métropole).
E. Tourisme événementiel
- Le marché touristique lié à l'événementiel, en plein essor, est articulé à la
contraction de l'espace-temps induite par l'arrivée de la LGV. Ce marché
touristique est d'ailleurs lui-même positionné par rapport à des thématiques
territoriales : « Nous travaillons sur deux grandes manifestations tournées autour
de vin et du fleuve, qui font partie de deux axes qu’on veut développer. Le
troisième axe qu’on veut développer c’est le patrimoine. » (Maïté Lavignac, OT &
Congrès de Bordeaux Métropole). Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux
Métropole) précise : « Ca va être un sujet important : l’événementiel. Parce que,
notamment sur la clientèle parisienne, pour les faire venir à Bordeaux, il faudra
un certain nombre d'événements puissant sur lesquels on communiquera
effectivement à Paris. Il y a déjà deux grands événements : en 2017 il y aura
notamment la Biennale d’Art Contemporain Agora (en septembre), il y aura le
festival de gastronomie So Good qui en sera à sa 4ème édition avec beaucoup de
grands chefs étoilés. Voilà, pour ce type d’événements, on fera plus de
communication sur Paris qu’on le faisait jusqu’à présent. Et il y’en a d’autres. »
Avec ces événements l'Office de tourisme de Bordeaux compte également sur la
clientèle étrangère. Même si So Good est aujourd'hui plus fréquenté par une
clientèle française, d'autres, en revanche, comme la Fête du Vin ou la Fête du
Fleuve relèvent déjà d'une clientèle internationale.
- Mais le développement de l'offre touristique événementielle ne concerne pas
uniquement la capitale de l'Aquitaine. Frédéric Charpentier (CCI Angoulême)
(CCI Angoulême : « le festival de la BD est international, alors la LGV c’est un
48
atout important. Peut-être les gens feront-ils plus d'aller-retour dans la journée
avec la diminution de temps de parcours »
F. Provenance de la clientèle
Le lien avec Paris et bien évidemment structurant : les professionnels du tourisme
s’attendent à une hausse de la fréquentation des touristes en provenance du Bassin parisien
et/ou des étrangers passant par Paris. Dans le cas des touristes venant de marchés lointains et
arrivant à Roissy, l’importance de la liaison directe entre Bordeaux et l’aéroport Charles de
Gaulle est souvent soulignée.
1. Bassin parisien
- Catherine Lacroix (OT St Emilion) croit plus à la clientèle francophone de courts
séjours, essentiellement issue du Bassin parisien ou proche de celui-ci : « si on se
réfère à Marseille, quand le TGV a relié Marseille de manière beaucoup plus
approchée de Paris, il y a eu un phénomène de hausse de visiteurs qui venaient de
Paris pour le week-ends ou courts séjours ».
- Grâce à la liaison à grande vitesse Tours – Bordeaux et aux travaux en cours pour
améliorer la vitesse depuis Poitiers, Niort et La Rochelle se retrouveront à une
distance-temps beaucoup plus faible de Paris. C’est très important car le Bassin
parisien représente 25% de la clientèle en Charente-Maritime : « le fait qu’il y a la
LGV et qu’on se rapproche de Paris, on se rapproche aussi de notre clientèle
principale et puis, on se rapproche de l’autre clientèle qui transite par Paris »
(Olivier Amblard, Charente-Maritime Tourisme).
2. Touristes étrangers
Après, c’est vrai quand vous êtes à Paris, vous pouvez prendre le TGV,
bientôt la LGV pour venir – ça rapproche. Paris devient « pas très loin ».
Donc la clientèle qu’on peut toucher en termes de provenance, elle va
demain bien au-delà de Bordeaux. Demain on peut imaginer un étranger
qui est à Paris qui descend une journée : avec la LGV il peut venir
passer une journée. Ca serait dommage de passer qu’une journée – mais
ça sera faisable demain.
Catherine Lacroix, OT St Emilion.
La LGV permettra donc de positionner Bordeaux de façon encore « plus »
incontournable auprès des clientèles étrangères, d'autant que comme le souligne Eric Dulong
(Congrès et Expositions de Bordeaux) « les étrangers, surtout les Asiatiques et les
49
Américains, adorent prendre le TGV » ; « les étrangers apprécient beaucoup de prendre un
TGV : d’abord, souvent il n’y en a pas dans leur pays. Les Américains le découvrent – pour
eux c’est une expérience exotique. » (Nicolas Martin, OT & Congrès de Bordeaux
Métropole)
Comme beaucoup de clients « hors-Europe » arrivent par Paris, les régions capables de
proposer juste un trajet rapide pour traverser la France, sont gagnantes.
- « L’arrivée de la LGV va désenclaver une ville comme Bordeaux, qui paraît très
loin, à la limite de la France » estime Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes).
- Pour Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux.la ligne LGV va jouer un
rôle très important : « Bordeaux il faut réaliser qu’on est, quand on regard la carte
de l’Europe, au but de l’Europe. Alors, savoir qu’on peut arriver à Bordeaux en 2
heures depuis Paris, c’est un argument important, c’est sûr. »
- Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) considère, qu’avec la renommée des
vignobles de Bordeaux, connues au niveau international, il y a sûrement une
importante carte à jouer avec la LGV. « Parce que c'est non seulement Bordeaux et
le Sud-Ouest qui se rapprochent, mais c’est surtout le Bordelais, l’image de vin de
Bordeaux qui se rapproche et qui devient à la portée de main de la clientèle
internationale – les gens qui aujourd’hui sont à Paris, demain pourront venir
visiter une vigne à Bordeaux ».
- Ce qui intéresse particulièrement Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux
Métropole), c’est l'inter connectivité entre l’avion et le train : « notre
préoccupation c’est que ça ne soit pas uniquement la gare de Montparnasse qui
soit desservie. Il y a aussi des rotations avec Charles de Gaulle – il y en a
aujourd’hui, mais très peu, si demain il y en a beaucoup plus, c’est plus rapide,
évidemment, c’est intéressant. Notamment pour les étrangers. » Frédéric
Charpentier (CCI Angoulême) signale, que les maisons de négoce de Cognac sont
aussi très attentifs aux liaisons vers l’aéroport de Roissy.
G. Quelles niches à mettre en veille ?
Les évolutions liées d'une part à la contraction de l'espace-temps lié à la LGV et
d'autre part aux tendances socioculturelles des pratiques touristiques contemporaines
conduisent à identifier des marchés, qui pour n'être que de niche aujourd'hui, méritent
50
cependant d'être retenus dans le cadre de l'Observatoire. Ainsi du vélotourisme : « Je crois
beaucoup au développement du slow tourisme, des itinérances On a une explosion forte des
croisières depuis Bordeaux pour découvrir la région, et je pense que pareil, venir à Bordeaux
et découvrir la région bordelaise à vélo ça a tout son sens. Ce sont des choses qui sont
intéressantes, le train peut contribuer à développer ce type de produits » Laurent Hodebar.
Or Bordeaux constitue la porte d’entrée/sortie d'un réseau important d'itinéraires en la
matière. Tout d’abord, Vélodyssée, qui longe toute la côte Atlantique, de la Bretagne jusqu’à
la frontière espagnole. Ensuite, Bordeaux est relie à Lacanau par une piste cyclable de 60 km.
Il y a encore une nouvelle véloroute « Le canal de deux mers à vélo », qui relie l'Atlantique à
la Méditerranée par Bordeaux, Toulouse et Sète.
Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) admet ne pas pouvoir se
prononcer sur le rôle que la LGV pourrait jouer au niveau du vélotourisme. Même si la région
a effectivement une clientèle cycliste, il est difficile de prévoir si une heure de moins sur le
trajet en train aura réellement un impact. De nouveau, selon Nicolas Martin (OT & Congrès
de Bordeaux Métropole) la réponse dépendra des liaisons : « si on a un TGV direct avec
Bruxelles, par exemple, là, on a une clientèle qui fait beaucoup de vélo, là, ca peut
intéresser… ». Le problème du transport du vélo joue aussi un rôle très important : « les
passionnés de vélo, ils aiment bien se déplacer avec leurs vélos. Et s’ils ne peuvent pas les
mettre dans un train, ils viendrons en voiture, avec les vélos sur le toit ».
Selon Jacqueline Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) l’impact du train serait
envisageable - car l’une des tendances est effectivement au « slow tourism », le tourisme vert.
En outre, elle aimerait rendre visible toute l’offre qu’on peut pratiquer en Gironde sans avoir
la voiture : « on réfléchit aux façons plus durables de pratiquer le tourisme. Comme le
Conseil Général travaille beaucoup sur tout ce qui est mobilité douce : infrastructure, trains,
bus…, je trouve que ça serait cohérent, que nous, les professionnels du tourisme, on s’appuie
sur tous ses efforts faits par les collectivités »
Marc Richet (ADT Deux-Sèvres) explique que l’offre des itinéraires cyclables a été
beaucoup développée – plus qu'ailleurs – dans le département de Deux-Sèvres, notamment
dans le sud. Aujourd’hui tout le Marais-Poitevin au départ de Niort jusqu’à La Rochelle est
accessible en pistes cyclables – plusieurs centaines de km de pistes balisées. « Niort, le
Marais-Poitevin et La Rochelle qui sont sur la même ligne comptent parmi les région de
France les mieux dotées en itinéraires cyclables. Donc on pourrait imaginer les TGV qui
puissent être thématisés en partie « loisirs – nature - vélo » pour des week-ends. Nous
sommes certains que le potentiel est là et que la clientèle est là ».
51
Jacqueline Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) exprime une opinion
similaire : « quand on sait que Loire à vélo – et eux, ils ont le recul de 10 ans à peu près – ils
reçoivent un million de cyclistes à peu près par an. C’est pour dire qu’il y a un potentiel de
développement énorme ». D’ailleurs les nouveaux produits sont à envisager : Catherine
Lacroix (OT St Emilion) a mentionné notamment une rencontre avec une agence de voyage
néerlandaise qui traite une forme de tourisme particulière « boat and bike ».
Éléments de conclusion
Selon les professionnels, la LGV est susceptible d’avoir le plus d’impact touristique
sur la proximité immédiate des gares LGV. Même si Bordeaux est mis en avance
de façon très importante, un certain effet est également attendu à proximité des
gares qui vont être directement liées avec les gares LGV.
Les spécialistes s’accordent que Bordeaux a vraiment une carte à jouer –
notamment sur le produit vin, le produit luxe, connu à l’étranger. Mais ils mettent
également en avant « la réussite urbaine de Bordeaux, la rénovation, probablement
unique en Europe » (Richard Coconnier, Bordeaux Grands Événements).
En ce qui concerne les types du tourisme, susceptibles d’être le plus impactés, le
tourisme d’affaires est très largement mis en avant. Déjà aujourd’hui, c’est un
secteur très porteur à Bordeaux9
.
« On est attractifs sur le marché des congrès internationaux – on a eu un congrès
international ITS au mois d’octobre. On a des perspectives de nouvelles conférences,
congrès sur les prochaines années, on a notre vaisseau amiral touristique qui va
ouvrir au mois de juin – Cité du Vin. Donc, globalement, on est sur le segment qui se
porte bien ». (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux)
V. LES QUESTIONS DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE TOURISTIQUES
L’offre et la demande touristiques seront présentées conjointement sur deux
exemples : l'hôtellerie et les sites de visites. En ce qui concerne l’hôtellerie, l'offre se réfère à
une capacité d’accueil et la demande aux nombres de nuitées, aux taux d’occupation ou à la
durée de séjour. Pour les sites de visites, l'offre renvoie aux structures existantes et
la demande à leur fréquentation. La partie « hôtellerie » s'effectue par un focus sur la
métropole de Bordeaux.
9
Convention Bureaux compte, comme le précise Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux), environ
130 membres avec tous les métiers qui sont liés au tourisme d’affaires, et des nouveaux adhérents arrivent en
permanence.
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La LGV et ses effets dans le champ du tourisme

  • 1. LA LGV ET SES EFFETS DANS LE CHAMP DU TOURISME KATARZYNA BOGACZ INGÉNIEURE DE RECHERCHE LISEA – UMR 5600 EVS-IRG RESPONSABLE DE L’AXE « TOURISME » : ISABELLE LEFORT
  • 2. 1 TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION 3 I. OBJECTIFS, CONTEXTES ET MODES OPÉRATOIRES DE LA MISSION 4 A. Objectifs 4 B. Contextes incertains 5 C. Mode opératoire / terrain 6 1. Première mission de terrain : 9-27 juin 6 2. Demande du focus sur Bordeaux 7 II. ÉTAT DES LIEUX DU TOURISME ET CHOIX DES TERRITOIRES POUR L’OBSERVATOIRE 10 A. Activités touristiques inégalement réparties 10 1. Hôtellerie 11 2. Hôtellerie de plein air 14 3. Résidences secondaires 18 4. Les principaux sites touristiques 20 B. Pertinence des territoires retenus pour l’observation 22 III. POSITIONNEMENT ET STRATÉGIES DES ACTEURS TOURISTIQUES 29 A. De grandes attentes et un certain attentisme.... 29 B. La LGV : un « élément parmi d'autres » pour l'attractivité touristique 31 C. Renforcement des destinations touristiques déjà bien présentes 33 D. Bordeaux « plateforme » : une volonté de travailler « avec » 35 IV. QUELS TOURISMES / TOURISTES CONCERNÉS ? 38 A. Destination : Bordeaux / Bordelais / littoral proche (Arcachon…) 39 B. Activité : Tourisme d’affaires 40 C. Durée de séjour : courts séjours et week-ends 43 D. Focus bordelais sur les filières 45 1. Oenotourisme 45 2. Tourisme fluvial 46 E. Tourisme événementiel 47 F. Provenance de la clientèle 48 1. Bassin parisien 48 2. Touristes étrangers 48 G. Quelles niches à mettre en veille ? 49
  • 3. 2 V. LES QUESTIONS DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE TOURISTIQUES 51 A. Hôtellerie 52 1. Nuitées : focus sur Métropole Bordelaise 53 1. Taux d’occupation des hôtels de la Métropole Bordelaise en 2014 55 2. Prix moyens des hôtels de la Métropole Bordelaise en 2014 56 B. Fréquentation de sites 58 1. Cité du vin et autres sites importants 59 2. Sites locomotives et effet d'entraînement 60 VI. EFFETS DIFFÉRÉS À PROSPECTER ? 65 A. Résidences secondaires 65 B. La question de l'emploi touristique 66 VII. PRÉSENTATION SYNTHÉTIQUE DES INDICATEURS ET DES TERRITOIRES RETENUS DANS LE CADRE DE LA BASE DE DONNÉES DE L’OBSERVATOIRE 70 VIII. LES LIMITES / DIFFICULTÉS À PRENDRE EN COMPTE 75 A. Questions de desserte et de grille horaire 75 B. Accessibilité après l’arrivée… 76 C. La rupture de charge 78 D. Prix de billet 79 E. Autres difficultés à prendre en compte 80 1. Bagages 80 2. Peu de place prévu pour les vélos dans les TGV 80 F. Les limités / difficultés selon les touristes : quelques résultats d’enquête 81 IX. CONCLUSION GÉNÉRALE 85 X. ANNEXES 89 A. ENTRETIENS EFFECTUÉS 89 B. ENQUÊTE AUPRÈS DES TOURISTES 92 C. LEXIQUE 94 D. LISTE DES ACRONYMES 96 XI. TABLES 97 A. Table des figures 97 B. Table des tableaux 98
  • 4. 3 INTRODUCTION « La LVG, bien évidemment, c’est un atout formidable pour Bordeaux et sa région dans son ensemble », considère Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux). Cet avis est d’ailleurs partagé par de très nombreux acteurs, en particulier pour Bordeaux, qui sera à 2h05 de Paris. Il est notable que toutes les personnes interrogées indiquent Bordeaux comme principale bénéficiaire de l’impact que la LGV pourrait avoir sur les activités touristiques. Selon Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme), le premier élément pour développer le tourisme c’est en effet la desserte, à l'instar des stations balnéaires contemporaines des chemins de fer. On ne peut quasiment pas développer le tourisme de manière importante si on n’a pas la desserte. Ca veut dire que pour toute amélioration de la desserte : qu’elle soit ferroviaire, qu’elle soit aérienne, routière il y a des conséquences immédiates sur le tourisme. Parce qu’il a des facilités d’accès et qui dit facilités d’accès, dit « facilités de consommation ». Et puis, il y a un gain temps. Et on sait que les gens ont plutôt tendance à diminuer leurs séjours. Donc c’est quasiment la condition de base du développement touristique. Toute amélioration de la desserte, automatiquement, a des effets positifs, directs ou induits par rapport au développement touristique d’une destination. C’est vraiment la base de tout. Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) Toutefois, Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) considère qu’il faut être assez prudent par rapport à l’impact et l’effet possible de la LGV sur les activités touristiques et le développement économique en général : « Nous sommes desservis par le TGV depuis 25 ans. Donc il ne faut pas s’attendre sur les effets sur nos territoires qui sont concernés par la mise en service, nous on va gagner du temps. » L'effet psychologique – « de dire ‘on est à 2 heures de Paris’, ce n’est pas la même chose que ‘3 heures’ » (Claudine Pousseau, Gironde Tourisme) est déterminant. Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) souligne en effet que l’amélioration de l’accessibilité a non seulement un impact direct, en fonction de la zone et du type de clientèle, mais a un autre impact non négligeable : la procuration du sentiment que la destination est très facilement accessible - même si, d'ailleurs, c'est un autre mode de transport qui est ultérieurement privilégié... La représentation de la proximité, véhiculée par les médias et la communication, joue un rôle déterminant en matière de mobilité et de choix de destination.
  • 5. 4 Cette représentation peut jouer un rôle déclencheur dans le choix d'une destination qui bénéficie ainsi, au delà de la contraction effective de l'espace-temps du déplacement, d'une valeur ajoutée en termes d’image et donc de positionnement. Plus on améliore la desserte d’une destination (que ça soit par la voie aérienne / ferrée / autoroutière), on rapproche cette destination et ça lui permet être beaucoup plus attractive. Mais, par ailleurs, même si on n’utilise pas ce moyen de transport rapide, psychologiquement, ça approche quand même la destination. Donc il y a en effet un peu induit même auprès les non-utilisateurs. Il y a un effet induit très positif pour la destination si elle est bien desservie, rapidement desservie. Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) I. OBJECTIFS, CONTEXTES ET MODES OPÉRATOIRES DE LA MISSION A. Objectifs Le premier et essentiel objectif de la mission consiste à se donner les moyens de suivre les effets de la nouvelle ligne à grande vitesse dans le domaine des activités touristiques : identifier les indicateurs et les territoires à suivre dans le cadre de l’observatoire socio- économique. Il s’agit à la fois d’entamer les procédures de collectes de données agrégées des différents acteurs (CDT, CRT, CCI, OT…) et d’identifier les mailles territoriales le plus fines à investiguer. Ces démarches doivent permettre de constituer une base essentiellement quantitative permettant de rassembler des données d’origines diverses et d’alimenter des matrices d’indicateurs. Conjointement, mais sur ce point de façon qualitative et visant à capitaliser une traçabilité des « mémoires » des acteurs concernés, il s’agit de mettre en place une série continue d’entretiens avec différents types d’acteurs touristiques. Ces entretiens ont pour objectif d'identifier les stratégies et les actions menées pour s’adapter à la LGV mais également les types de tourisme susceptibles d’être les plus concernés par cette nouvelle donne de la mobilité. Ces deux types d’objectifs (lister les indicateurs pertinents sur la durée de l'observatoire, identifier les acteurs et leurs stratégies touristiques) ont constitué la charpente du travail et des enquêtes effectuées durant le contrat.
  • 6. 5 B. Contextes incertains Le premier élément très important à prendre en compte pour saisir les témoignages des acteurs touristiques et les contextualiser est la re-configuration régionale en cours. - En effet, suite à la modification de la maille régionale, les acteurs touristiques enquêtés ont fait entendre leurs interrogations en la matière, à l'instar de Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) : « le projet de la LGV arrive à sa fin et la nouvelle grande région arrive à début. Ce projet n’a pas été pensé à l’époque sur ce grand territoire » Elle considère, que dans cette nouvelle région il y a une carte à jouer : « il faudra forcément repenser, se donner les moyens de voir comment toutes ces personnes qui arrivent sur Bordeaux peuvent être redrainer, redispatcher (sic). Avec de bons outils. Parce que si on ne peut pas aller rapidement de Bordeaux à La Rochelle, aucun intérêt ». - Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) constate de même: « Maintenant, il faut que les Bordelais regardent aussi un peu vers le Nord. On a cette chance d’être entre Paris qui est la ville de décision et Bordeaux. Donc on a aussi des choses à proposer. On s’interroge (aujourd’hui nous n’avons pas de certitude) sur le potentiel d'un ‘effet carrefour’, entre les trois actuelles préfectures de la région, qui vont être amenées à échanger d’avantage ». Comme la future région sera géographiquement très grande, les différents acteurs peuvent effectivement décider de se rencontrer à Angoulême. D’où un impact envisageable sur le tourisme d’affaires. Le deuxième élément contextuel renvoie au calendrier des entretiens, qui correspond à une phase de négociations concernant notamment le nombre de trains. Comme l’explique Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) : « les collectivités n’ont pas un regard strictement économique, peut-être comme la SNCF, mais plus peut-être économique et aménagement de territoire ». Leur souhait est triple : gagner de temps (temps plus réduit pour aller jusqu’à Paris), avoir un maximum de liaisons (maximum de trains), et, enfin, conserver les arrêts. Cette incertitude, en ce qui concerne la qualité de la desserte, est très largement mis en avance par les professionnels. Selon Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau), la diminution du temps de trajet entre Paris et Bordeaux est très importante, parce qu'elle permettra de faire plus facilement un aller-retour dans la journée pour des réunions/séminaires. Il est ainsi envisageable que certains événements qui se passent
  • 7. 6 aujourd'hui à Paris, profitent de la LGV pour se tenir à Bordeaux, au moins pour une journée. Mais ceci est possible « uniquement si un système de vrais navettes Bordeaux-Paris est mis en place. Il faut qu’il y a un reflexe qui se crée comme par exemple pour Bordeaux-Lyon ou les gens se disent ‘voilà, je fais mon aller-retour dans la journée, si je loupe mon TGV de 18h, ce n’est pas grave, j’en ai une à 18h30 ou à 18h45 de 2 heures également'». La réussite finalement de cette ligne par rapport au tourisme d’affaires, est vraiment liée à la planification de trains qui va être faite. C’est-à- dire, si on est vraiment sur un système de navettes ou le train devient un peu un RER de Paris – ça fonctionnera. Après, j’ai peur que si on est sur les trains qui sont écartés d’une heure, une heure et demi, 2 heures, ça fonctionnera beaucoup moins. Ca nous apportera beaucoup moins de nouvelles réunions et nouveaux business. Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau). C. Mode opératoire / terrain L’enquête a débuté par un travail exploratoire qui a permis de constituer une première base bibliographique et documentaire. Des rendez-vous ciblés avec des spécialistes, comme Christophe Privas (INSEE), Christophe Terrier (statisticien qui a travaillé pour l’INSEE et le ministère du tourisme) et Gérard Octroy (Rhône-Alpes tourisme) ont apporté des informations complémentaires. A l’issue de cette étape du travail, il a été possible d’établir une liste des personnes ressources à rencontrer lors de la mission de terrain programmé pour juin 2015. 1. Première mission de terrain : 9-27 juin Au vue des objectifs de la mission (identification des indicateurs et les territoires à suivre dans le cadre de l’Observatoire socio-économique, identification des types de tourisme susceptibles d’être concernés par la LGV), il a été choisi de rencontrer dans un premier temps les responsables des Observatoires régionaux du tourisme en Aquitaine et en Poitou- Charentes. Il a été également décidé de réaliser les entretiens avec les directeurs ou les responsables de l’observation au sein de Comités départementaux du tourisme de tous les départements retenues pour l’observation lors de comité scientifique du mars 2015 (Gironde, Charente-Maritime, Charente, Deux-Sèvres1 et Vienne2 ). Quant aux autres personnes 1 Un rendez-vous prévu avec le directeur d’ADT Deux-Sèvres le mardi 23 juin a été annulé par l’ADT le vendredi 19 juin et remplacé par un entretien téléphonique qui s’est déroulé ultérieurement.
  • 8. 7 rencontrées, il s’agit à la fois des représentants du Futuroscope (le site « locomotif » le plus fréquenté en Poitou-Charentes) ainsi que des Offices du tourisme significatifs des territoires (Bordeaux, Cognac)3 . Comme il s’agit dans le cadre de cette enquête d’une démarche principalement exploratoire (aucun travail de recherche n’a été réalisé précédemment dans le cadre d’un axe « tourisme »), il a été choisi de mener des entretiens exploratoires de type semi-directif. En ce qui concerne les contenus des entretiens, certaines questions ont été abordées systématiquement avec tous les interlocuteurs (impact possible de la ligne LGV, type(s) de touristes visées…). Mais comme les fonctions/territoires d’actions des personnes interrogées n’étaient pas les mêmes, les guides d’entretiens ont été adaptés pour chaque rencontre, afin de profiter maximalement des informations susceptibles d'être fournies et d'être réutilisées pour la suite du travail. Ce même principe d'entretiens a été également appliqué lors des étapes suivantes de l’enquête. Il semblait très intéressant de compléter les opinions des professionnels en tourisme par une petite enquête exploratoire auprès des touristes de la région Poitou-Charentes et du département de la Gironde en Aquitaine. C’est pourquoi, un projet d’enquête complémentaire a été proposé : l’interrogation devait porter sur les visiteurs des plus grands sites (type de Futuroscope ou l’Aquarium de La Rochelle) des territoires choisis, afin d’établir les relations dans la fréquentation des différents sites touristiques et étudier la population de leurs visiteurs. 2. Demande du focus sur Bordeaux A l’issue de la première mission de terrain, une demande a été adressée par la direction de l’Observatoire socio-économique de fournir un rapport se concentrant principalement sur Bordeaux. Ceci avait deux conséquences : la modification des objectifs validés par le Comité scientifique en mars 2015 (l’interrogation devrait porter de façon égale sur les départements de la Gironde, Charente-Maritime et Vienne), et la modification du projet d’enquête auprès des touristes : fournir les résultats concernant Bordeaux requérait tout le temps dévolu aux questionnaires. Pourtant, les démarches ne sont pas les mêmes pour mener une enquête au sein d’un grand site touristique et une ville entière... (en outre, il n’est pas pertinent de considérer la ville Bordeaux en tant que « site » comparable au Futuroscope qui est un espace fermé avec une entrée payant). 2 Le département des Pyrénées-Atlantiques a été ajouté pour une observation le 19 novembre 2015. 3 Il n’a pas été, malheureusement, possible de rencontrer la direction de l’Office du tourisme de La Rochelle. La situation actuelle au sein de cette structure est pour le moins "particulière". Des problèmes judiciaires empêchent à ce jour tout fonctionnement prospectif pour cet office.
  • 9. 8 Afin de fournir les matériaux correspondant à cette nouvelle demande des résultats sur Bordeaux, trois nouvelles missions ont été engagées : 1. 4 - 15 août 2015 – enquêtes auprès des touristes 2. 4 - 11 octobre 2015 – entretiens avec des professionnels du tourisme / enquête auprès des touristes 3. 19 octobre – 1er novembre 2015 – entretiens avec des professionnels du tourisme / enquête auprès des touristes Ces dates ont été choisies afin de répondre à un double objectif des missions : entretiens avec des professionnels et enquête auprès des touristes. C’est pourquoi, l’enquête s’est déroulée lors de la « haute saison touristique » (4-15 août), de l'« arrière saison touristique » (4 – 11 octobre) et durant les vacances de la Toussaint (19 octobre – 1er novembre). a) Enquête auprès des touristes Pour ne pas abandonner complètement les premiers objectifs d’enquête, il a été décidé d’interroger les touristes non seulement au sein du centre historique de Bordeaux (plus précisément devant la Porte Cailhau ainsi que la Grosse Cloche), mais également devant la Dune du Pilat et à Saint-Emilion – pour saisir les relations possibles entre ces trois lieux, en ce qui concerne les parcours des visiteurs. Il a été décidé d’interroger uniquement les visiteurs n’habitant pas le département de la Gironde. Le questionnaire bilingue, français/anglais, est composé majoritairement de questions fermées portant notamment sur les modes d’hébergement, la durée de séjour, l’origine géographique de visiteurs. Une question ouverte a été ajoutée afin de mieux approcher les attentes de visiteurs en termes de modes de transport : « Pourquoi avez-vous utilisé le train pour vous rendre en Gironde ? » ou « Pourquoi n’avez-vous pas utilisé le train pour vous rendre en Gironde ? ». L’enquête a été réalisée en face à face – ce mode de collecte a garanti une bonne qualité de réponses (les questions pouvaient être posées avec des explications complémentaires). De plus, il a été possible d’observer les visiteurs et de noter certains propos complémentaires aux réponses du questionnaire (notamment sur la question concernant la volonté d’utiliser la nouvelle LGV à partir de 2017). La modification de l’objectif d’enquête a laissé très peu de temps pour la « mise en œuvre » et il n’a pas été possible notamment d’engager des partenariats avec les formations en tourisme de la région bordelaise ni de proposer à des étudiants de participer à l’enquête. C’est pourquoi tous les questionnaires ont dû être administrés par une seule personne (K. Bogacz).
  • 10. 9 La méthode de sélection choisie la plus pertinente afin de limiter la subjectivité de chercheur4 a consisté à interroger chaque cinquième personne qui se présente à l’enquêteur5 . Si la personne sélectionnée déclarait habiter dans le département de la Gironde ou s’il refusait de répondre, la procédure recommençait. Et comme les habitants de la Gironde ont été très nombreux (surtout à Bordeaux), il n’a pas été possible d’obtenir le nombre des questionnaires visé. A ceci s’ajoutent les conditions atmosphériques particulièrement défavorables lors de la première partie d’enquête auprès des touristes, réalisée au d’août, où les grands chaleurs ont été immédiatement suivis par les violentes pluies. b) Entretiens avec des professionnels du tourisme de métropole de Bordeaux et de la Gironde En ce qui concerne le type de tourisme susceptible d’être le plus concerné par la LGV, le tourisme d’affaires occupe une place très importante. C’est pourquoi, il a été décidé de rencontrer des représentants du milieu du tourisme d’affaires, notamment un acteur très important au sein de la métropole bordelaise, Eric Dulong (qui est la fois le président de Congrès et Expositions de Bordeaux et Bordeaux Convention Bureau). En plus des rendez-vous avec les professionnels du tourisme de la métropole de Bordeaux, il était nécessaire de rencontrer également les directeurs de Gironde Tourisme ainsi que du Comité régional de Tourisme d’Aquitaine et ce afin de pouvoir situer Bordeaux dans un contexte plus global. L’interrogation a porté de surcroît sur les destinations touristiques à proximité de Bordeaux les plus fréquentées (Arcachon, Saint-Emilion). Quand à Libourne et Angoulême, l’objectif des rencontres avec des spécialistes issus de ces territoires a été de saisir si (et comment ?) ces lieux pourraient profiter de l’arrivée de la LGV : grâce aux arrêts de la LGV qui y sont prévues, mais aussi du fait de leur proximité avec une vrai « plateforme » touristique – Bordeaux. Les entretiens ont été retranscrits sous forme de verbatim, afin de conserver la teneur essentielle et la plus complète des propos des personnes interrogées. 4 Martin, O. (2009).L’analyse de données quantitatives. Paris : Armand Colin. 5 Cette modalité de collectes a dû être légèrement modifiée pendant l’interrogation réalisée au mois d’août pour l’un de sites - la Dune du Pilat - en raison d’une fréquentation très nombreuse. Sur ce site nous avons choisi d’interroger la première personne présente 5 minutes après le dernier visiteur enquêté.
  • 11. 10 II. ÉTAT DES LIEUX DU TOURISME ET CHOIX DES TERRITOIRES POUR L’OBSERVATOIRE Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) insiste sur le fort déséquilibre territorial au sein de la région Poitou-Charentes : « les départements comme la Charente- Maritime et la Vienne ont énormément de sites et de lieux de visites, ce qui n’est pas le cas de Deux-Sèvres et de Charente ». D’ailleurs, en ce qui concerne l’activité touristique du département de la Charente, comme le précise Frédéric Charpentier (CCI Angoulême), les retombées existent mais elles sont moins significatives que ce qu’on observe sur les territoires voisins, comme la Dordogne ou la Charente-Maritime. A. Activités touristiques inégalement réparties Au niveau des actuelles régions Aquitaine et Poitou-Charentes on constate de très grandes disparités entre les départements en termes d’attractivité touristique. « L’effet littoral » est particulièrement fort : pour chaque région on compte près 8 lits marchands sur 10 dans les départements littoraux. En 2014, Poitou-Charentes possède environ 900 000 lits touristiques dont 32% constituent les lits marchands (campings, hôtels, chambres d’hôtes, villages de vacances…). Les lits marchands sont beaucoup plus nombreux dans les campings (59%), que dans les hôtels (13,5%) (Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, Observatoire Régional du Tourisme en Poitou-Charentes). Comme le présente le graphique ci-dessous, la très grande majorité des lits marchands (77 %) est disponible au sein d’un seul département – la Charente-Maritime. Figure 1 : Répartition des lits marchands par département en 2014 - Poitou-Charentes. Source : Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, Observatoire Régional du Tourisme en Poitou- Charentes Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres Vienne
  • 12. 11 En Aquitaine, on compte en 2014 environ 1,4 million de lits touristiques – la moitié appartient à la sphère marchande. Comme en Poitou-Charentes, les lits marchands sont plus nombreux dans les campings (39%) que dans les hôtels (10%). Trois-quarts des hébergements marchands aquitains est composé des campings et des meubles de tourisme6 (Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, CRTA). Comme le présente le graphique ci- dessous, la Gironde est le premier département d’accueil d’Aquitaine avec 31% des lits marchand de la région. Figure 2 : Répartition des lits marchands par département en 2014 - Aquitaine. Source : Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, Comité Régional de Tourisme en Aquitaine. 1. Hôtellerie Les graphiques ci-dessous présentent pour chaque région la répartition du nombre des hôtels par département (au 1er janvier 2015). Au niveau régional, les disparités sont beaucoup plus fortes en Poitou-Charentes où un seul département, la Charente-Maritime, compte plus de la moitié de tous les établissements hôteliers. En ce qui concerne la région Aquitaine, même si les Pyrénées-Atlantiques, suivies par la Gironde, comptent le plus d’hôtels, leur prédominance est moins marquée. 6 Meubles du tourisme comptent par exemple « Gîtes de France » ou « meubles Clévacances ». Dordogne Gironde Landes Lot-et-Garonne Pyrénées-Atlantiques
  • 13. 12 Figure 3 : Répartition du nombre d’hôtels par département au 1er janvier 2015 – Poitou- Charentes. Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux Figure 4 : Répartition du nombre d’hôtels par département au 1er janvier 2015 - Aquitaine. Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux Si on regarde le nombre d’hôtels pour les départements de deux régions, la prédominance de la Charente-Maritime disparaît même si elle appartient aux trois départements comptant le plus d’hôtels. Figure 5 : Répartition du nombre d’hôtels par département au 1er janvier 2015 – Aquitaine et Poitou-Charentes Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres Vienne Dordogne Gironde Landes Lot-et-Garonne Pyrénées-Atlantiques Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres Vienne Dordogne Gironde Landes
  • 14. 13 La carte ci-dessous présente la répartition des hôtels par commune. Un nombre très importants des établissements hôteliers est concentré sur le littoral, surtout dans les villes comme Biarritz, la Rochelle, Arcachon ou encore Royan. On note également des très nombreux hôtels dans une métropole de Bordeaux et zone Poitiers – Futuroscope. Figure 6 : Répartition des hôtels dans les régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014. Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
  • 15. 14 L’Aquitaine occupe le 4ème rang au niveau national avec 4,5% des nuitées et la région Poitou-Charentes le 14ème rang avec 2,3% des nuitées. En ce qui concerne le nombre de nuitées selon la catégorie d’hôtels, en Aquitaine, les hôtels trois étoiles et au-delà concentrent plus du tiers des nuitées (34,8%). Cette proportion est encore plus élevée en Poitou-Charentes (46%). Quant à la clientèle hôtelière étrangère, elle est particulièrement nombreuse en Aquitaine – 18,8% (11% en Poitou-Charentes) (Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, CRT Aquitaine, Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes). 2. Hôtellerie de plein air Les graphiques présentent pour chaque région la répartition des terrains de camping (au 1er janvier 2015) – on constate que la prédominance de la Charente-Maritime est encore plus importante. Figure 7 : Répartition du nombre de terrains de camping par département au 1er janvier 2015 – Poitou-Charentes. Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux Figure 8 : Répartition du nombre de terrains de camping par département au 1er janvier 2015 – Aquitaine. Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres Vienne Dordogne Gironde Landes Lot-et-Garonne Pyrénées-Atlantiques
  • 16. 15 Si on observe les terrains de camping conjointement pour les deux régions - la prédominance de la Charente-Maritime persiste – elle est toutefois moins importante. Dans le même temps on constate que l’Aquitaine compte plus de terrains de camping – en effet, le parc aquitain constitue le 2ème parc régional français (après le Languedoc-Roussillon), avec 12% de l’offre française. (Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, CRT Aquitaine) Figure 9 : Répartition du nombre de terrains de camping par département au 1er janvier 2015 – Aquitaine et Poitou-Charentes. Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux En ce qui concerne la fréquentation de l’hôtellerie en plein air, l’Aquitaine occupe le 3ème rang national (13,5% des nuitées), et Poitou-Charentes le 7ème (6,3% des nuitées). En Aquitaine 33% des nuitées en hôtellerie de plein air sont le fait des clientèles étrangères, en Poitou-Charentes, 18,3%. (Les Chiffres Clés du Tourisme en Aquitaine, édition 2015, CRT Aquitaine, Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes). La carte suivante présente la répartition des terrains de camping par commune. « L’effet littoral » est très important. Le seul département ne possédant pas du littoral, où le nombre des terrains de camping reste néanmoins très important, est la Dordogne. Charente Charente-Maritime Deux-Sèvres Vienne Dordogne Gironde Landes
  • 17. 16 Figure 10 : Répartition des terrains de camping dans les régions Aquitaine et Poitou- Charentes en 2014. Source : INSEE en partenariat avec la DGE et les partenaires territoriaux
  • 18. 17 Les données présentées montrent clairement que l’offre d’hébergement marchand – les hôtels et les terrains de campings – n’est pas reparti uniformément au sein de tous les départements. Les inégalités les plus fortes existent au niveau de la région Poitou-Charentes, où la plupart de l’offre d’hébergement marchand est concentrée en Charente-Maritime. Les graphiques ci-dessous présentent la fréquentation pour les différentes zones touristiques. Même si 47% des nuitées en hôtellerie concerne la Charente-Maritime, la zone comptant le plus de nuitées se trouve au sein du département du Vienne (Poitiers-Futuroscope - 30% des nuitées régionales). Quant aux nuitées en hôtellerie de plein air, la prédominance de la Charente-Maritime ne fait aucun doute (91% des nuitées régionales). Figure 11 : Fréquentation de l’hôtellerie en Poitou-Charentes : nuitées en 2014 par zone touristique Source : Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes Figure 12 : Fréquentation de l’hôtellerie de plein air en Poitou-Charentes : nuitées en 2014 par zone touristique Source : Les Chiffres Clés du Tourisme 2014, ORT Poitou-Charentes
  • 19. 18 3. Résidences secondaires Les résidences secondaires représentent une partie importante des nuitées touristiques. En outre, comme pour l’hôtellerie de plein air, la plupart des résidences secondaires est concentrée sur le littoral. Leur nombre est particulièrement élevé dans le département de Charente-Maritime. Aujourd’hui, avec près de 100 000 unités, les résidences secondaires représentent plus de 60 % de l’offre en hébergement touristique de la Charente-Maritime. Selon les résultats de l’étude7 sur l’usage des résidences secondaires en Charente-Maritime, une très grande partie des propriétaires des résidences secondaires est constituée d’anciens touristes (47 %). Les résidences secondaires sont particulièrement nombreuses en zone littorale : dans les territoires du Pays Royannais, de Marennes-Oléron et de l’Ile de Ré, elles représentent respectivement 43 %, 47 % et 54 % de l’habitat total. Quant au département de la Gironde, qui représente à lui seul un tiers du parc régional des résidences secondaires de la région Aquitaine, 45 % de ces logements se trouvent dans le bassin d’Arcachon, suivi par le littoral du Médoc (35 %). Aux séjours des propriétaires de résidences secondaires s’ajoutent les nuitées touristiques de famille / amis ou les locations aux autres personnes. Selon les résultats d’une récente enquête (2014) auprès de propriétaires de résidences secondaires en Charente- Maritime, ils constituent de vrais “ambassadeurs du territoire” : un propriétaire sur deux reçoit régulièrement famille et amis dans sa résidence secondaire. En outre, les résidences secondaires représentent en France, « un volume de nuitées touristiques comparable à celui des hébergements touristiques professionnels (hôtels, campings, résidences de tourisme, villages vacances…) » (INSEE, Décimal, n°288, 2009). 7 Menée par Charente-Maritime Tourisme, la CCI Rochefort et Saintonge, la CCI La Rochelle, l’Université de La Rochelle, CNRS. www.observatoire.en-charente-maritime.com/tourisme/etude-residences-secondaires-2012-2015
  • 20. 19 Figure 13 : Les résidences secondaires en Aquitaine et en Poitou-Charentes en 2012. Source : INSEE, les recensements de la population.
  • 21. 20 4. Les principaux sites touristiques Les cartes présentent les sites touristiques de l’Aquitaine et du Poitou-Charentes fréquentés annuellement par au moins 35 000 visiteurs. Les sites les plus importants en Poitou-Charentes sont liés aux loisirs. Quant à l’Aquitaine, après le site régional de loin la plus visité – la Dune du Pilat – on observe une importance des sites liés à la culture. Figure 14 : Sites touristiques fréquentés par au moins 35 000 visiteurs en 2014 : Poitou- Charentes Source : Comités départementaux du tourisme de Poitou-Charentes
  • 22. 21 Figure 15 : Sites touristiques fréquentés par au moins 35 000 visiteurs en 2014 : Aquitaine Source : Comité régional du tourisme d’Aquitaine, Comités départementaux du tourisme d’Aquitaine En Poitou-Charentes il existe une très grande concentration d'importants sites touristiques (visités annuellement par au moins 35000 visiteurs) au sein de deux départements : Charente-Maritime et Vienne. De plus, seuls les 5 premiers sites de la région attirent environ 4 millions des visiteurs. Leur fréquentation est globalement stable pour la période 2010 – 2014 (les données pour l’Aquarium de La Rochelle ne sont pas disponibles avant 2013).
  • 23. 22 Figure 16 : Les 5 premiers sites le plus visités de région Poitou-Charentes. Source : Comités départementaux du tourisme de Poitou-Charentes B. Pertinence des territoires retenus pour l’observation - L’analyse de données disponibles au niveau des départements et des communes a montré que le département ne constitue pas le niveau d’observation pertinent, en raison des fortes disparités relevant des différents indicateurs. Il est dès lors nécessaire d'effectuer des focus à des échelles plus fines. L’analyse au niveau des communes semble donc plus pertinente au regard des très grandes disparités entre les départements en termes d’attractivité touristique. - Toutefois, en ce qui concerne l’hébergement touristique, mises à part les données présentées ci-dessus concernant la capacité d’accueil (hôtellerie, terrains de campings…), les travaux actuels (analyse de documents, entretiens avec des spécialistes – INSEE, ORT…) n’ont pas permis de déterminer des sources de données (actuelles, fiables, comparables et complètes) concernant la fréquentation touristique (nombre de nuitées, durée moyenne de séjour…) et la structure de la clientèle (taux du tourisme d’affaires, arrivées et nuitées selon le pays de résidence des touristes) au niveau des communes. C’est pourquoi un objectif du travail a consisté à identifier les mailles territoriales les plus fines à investiguer et à en élaborer la pertinence. - Les travaux ont révélé que les niveaux d’observation les plus adaptés au vue de la nature des données recherchés sont les zones d’études de phénomènes touristiques (ZEPT). Le découpage en ZEPT a été réalisé par l’INSEE en concertation avec les Comités régionaux du tourisme (CRT) et les Comités 0 200 000 400 000 600 000 800 000 1 000 000 1 200 000 1 400 000 1 600 000 1 800 000 2 000 000 2010 2011 2012 2013 2014 Futuroscope Aquarium de La Rochelle Zoo de la Palmyre Centre aquatique Les Antilles Chantiers de l’Hermione
  • 24. 23 départementaux du tourisme (CDT). Les zones répondent aux critères suivants : toutes les communes de la région sont concernées, une commune ne peut faire partie que d’une seule zone, aucune zone ne doit être à cheval sur plusieurs départements. La carte suivante présente toutes zones d’études de phénomènes touristiques en Aquitaine et en Poitou-Charentes. Les communes et les zones retenues pour l’observation y ont été indiquées. Figure 17 : Les zones d’études de phénomènes touristiques (ZEPT), les zones et les communes observées en Aquitaine et en Poitou-Charentes en 2012. Source : INSEE, CRTA
  • 25. 24 Il a donc été décidé de mener une analyse en premier lieu au niveau des communes (ainsi que les ZEPT dont ces communes font partie) directement desservies par la LGV en 2017. Quelques communes à très forte taux de touristicité et ayant des connexions ferroviaires avec les gares desservies par la LGV ont été également choisies afin d’approfondir l’analyse. Dans un premier temps, la liste des communes retenues pour le suivi dans le cadre de l’Observatoire socio-économique LISEA contenait : Bordeaux, Arcachon, Saint-Emilion, La Rochelle, Saintes, Royan, Rochefort, Poitiers, Angoulême, Cognac. Les deux communes sur lesquels est situé le Futuroscope, le site le plus fréquenté de la région Poitou-Charentes, y ont été également ajoutées. Le travail de terrain a toutefois rendu nécessaire de prendre également en compte pour une observation les communes de Niort et Libourne. Ces ajouts ont été décidés à la suite des consultations avec des spécialistes. A titre d’exemple, en ce qui concerne Libourne, selon Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) : « le territoire, il faut voir Libourne. Ils investissent dans un projet urbain, requalification, un ponton par rapport au développement de croisières fluviales. Ils ont un enjeu par rapport au nombre d’arrêt de la LGV. Donc, Libourne c’est intéressant. » Enfin, à la suite des consultations avec la direction de l’Observatoire socio-économique et le responsable de l’axe « transport », il a été décidé de suivre également les communes de Biarritz et Bayonne. Les cartes présentent la fréquentation touristique au niveau des zones d’études de phénomènes touristiques (ZEPT), notamment le nombre des nuitées et le taux du tourisme d’affaires. Pour le ZEPT « unité urbaine de Bordeaux » : il a été décidé de présenter séparément les données pour la ville de Bordeaux et « unité urbaine de Bordeaux (hors Bordeaux) - ainsi il est possible d’avoir une information au niveau encore le plus fin et adéquat à un suivi des indicateurs. Tous les territoires où on observe à la fois un nombre très important de nuitées ainsi qu'un taux élevé du tourisme d’affaires ont été retenus pour l’observation : unité urbaine de Bordeaux (hors Bordeaux), Bordeaux, zone de Futuroscope ou encore Communauté d’Agglomération de La Rochelle. On constate un taux élevé du tourisme d’affaires également pour les autres zones suivies : Communauté d’Agglomération Grand Angoulême, Ouest
  • 26. 25 Charente – Pays de Cognac et Niortais – Marais-poitevin. Littoral basque compte le plus important nombre de nuitées. Figure 18 : Nombre de nuitées et de nuitée d’affaires dans les territoires touristiques des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014 Sources : INSEE, CRTA
  • 27. 26 Les territoires avec le nombre d’arrivée le plus important et une durée de séjour plus longue que la moyenne, figurent sur la liste des ZEPT retenues pour l’observation : Bordeaux, Littoral basque, communauté d’Agglomération de La Rochelle. On constate aussi beaucoup d’arrivées au niveau de l’unité urbaine de Bordeaux (hors Bordeaux) et zone Futuroscope. Figure 19 : Nombre d’arrivées et durée moyenne de séjour dans les territoires touristiques des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014 Sources : INSEE, CRTA
  • 28. 27 On constate un nombre important des chambres d’hôtels et un taux d’occupation très élevé pour l'unité urbaine de Bordeaux (hors Bordeaux). Le même phénomène, mais à un moindre degré, concerne aussi le Littoral basque, la Communauté d’Agglomération de La Rochelle, zone de Futuroscope. Figure 20 : Chambres d’hôtel et le taux d’occupation de l’hôtellerie dans les territoires touristiques des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014 Sources : INSEE, CRTA
  • 29. 28 La dernière carte présente le nombre de sites ayant reçu au moins 35 000 visiteurs par territoire touristique (ZEPT). Parmi les zones retenues pour l’observation, on constate le nombre de sites le plus élevé pour Bordeaux, suivie par la Communauté d’Agglomération de La Rochelle. Les sites très fréquentés se trouvent également au sein des Communauté d’Agglomération du Rochefortais, Bassin d’Arcachon et Littoral basque. Figure 21 : Nombre d’arrivées et durée moyenne de séjour dans les territoires touristiques des régions Aquitaine et Poitou-Charentes en 2014 Sources : INSEE, CRTA
  • 30. 29 Éléments de conclusion Même si l’éventuel impact de la LGV sur le tourisme est attendu surtout à Bordeaux, les professionnels pensent que la nouvelle ligne permettra de « bénéficier à certain nombre des territoires (Brigitte Bloch, CRT Aquitaine). Selon Olivier Roux (Région Aquitaine) « dans un premier temps ça va être circonscrit sur Bordeaux et sur le bassin d’Arcachon – tant que la LGV s’arrête à Bordeaux. Après, si demain elle va sur le Pays basque, ça va avoir un effet sur les autres zones ». Il sera très intéressant d’observer l’évolution de l’offre/demande touristiques de certains territoires, concernés par un possible impact de la LGV, mais qui ne constituent pas actuellement des destinations touristiques. Notamment Libourne – qui a aujourd’hui peu de retombées touristiques, « alors que ça pourrait générer beaucoup plus » (Céline Pauly, Communauté d’Agglomération du libournais). Ou certains bassins touristiques de la Charente. La question de la grande région est susceptible d’y jouer un rôle important : « Nous, la grande région, ça nous va très bien. On perd le côté complètement excentré qu’on avait avec l'actuelle région, et en plus, un mépris total parce que les départements qui pèsent chez nous sur le plan touristique, c’est la Charente-Maritime avec le littoral et puis la Vienne avec la Futuroscope et tous les sites qui sont arrivés en département » (Carole Grosman, Charente Tourisme). III. POSITIONNEMENT ET STRATÉGIES DES ACTEURS TOURISTIQUES A. De grandes attentes et un certain attentisme.... En termes de développement touristiques, certains projets sont en attente de réponses concrètes, concernant notamment le nombre de dessertes. A la question stratégique des effets induits dans le champ du tourisme de la nouvelle LGV, Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) avoue ne pas beaucoup avancer sur ce sujet en raison notamment du manque de visibilité sur le nombre des liaisons quotidiennes. Il considère en outre, qu’une autre question importante qui n’a pas été traitée pour l’instant concerne les liaisons directes avec Bruxelles, Londres (Thalys, Eurostar). Relevant qu’en la matière, le dialogue avec la SNCF n’est à ce jour pas prioritaire, ce responsable de l’OT de Bordeaux considère certes qu’il est nécessaire de prendre ce nouveau contexte en considération mais sans engager dès maintenant des stratégies structurantes. En effet, dans le secteur touristique, les acteurs, tels « booking », Tripadvisor ou Airbnb peuvent connaître de profondes transformations et de façon rapide de surcroît.
  • 31. 30 Moi, clairement j’attends de savoir combien de liaisons il y aura par jour, les horaires etc… Et puis après, il faudra qu’on fasse un tour de table avec par exemple le Comité Régional du Tourisme Aquitaine ou l’Agence Départementale du Tourisme Gironde pour faire une communication conjointe. Ni les un ni les autres n’auront beaucoup de budget – et on a de moins en moins. Donc, tout ce qu’on fera, on le fera de manière mutualisée. Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) Quant aux directeurs des Comités départementaux du tourisme de la Charente- Maritime et Deux-Sèvres, ils soulignent à la fois un avantage de la ligne LGV, mais évoquent aussi les questions qu’ils se posent aujourd’hui. Ils considèrent que deux projets sont importants pour leurs territoires : - Premièrement, la liaison à grande vitesse Tours - Bordeaux, qui permettra de gagner du temps entre Tours et Poitiers. - Deuxièmement, les travaux qui sont en cours pour améliorer la vitesse sur la portion entre Poitiers et La Rochelle : Niort pourrait bénéficier d'un gain de temps sur les trains qui vont desservir La Rochelle. « Nous, ce qu’on attend – explique Marc Richet (ADT Deux-Sèvres) – et ce qui fait l’objet de négociation maintenant – c’est le nombre de dessertes de la gare de Niort qui utilisera le TGV Atlantique jusqu’à Poitiers. Nous avons compris qu’on risque d’avoir un peu moins de trains par jour que ce qu’on a aujourd’hui. Si on a moins dessertes, moins de trains par jour que ce qu’on a aujourd’hui – ça va avoir un impact négatif. En revanche, si il y a le même nombre de trains, on va gagner le temps de parcours entre Paris et Niort, et cela nous approchera de Paris. Ca sera un potentiel important de clientèle supplémentaire pour nous parce que on peut devenir une vrai destination, en tout cas on peut être plus impacter positivement par les week-ends et de très courts séjours. » L’avenir / la concrétisation de certains projets en Deux-Sèvres dépendent en outre de la qualité de la desserte sur laquelle la SNCF s’engagerait, notamment le projet de Parc des Expositions : « si on a moins de train que on a aujourd’hui, ce projet n’a pas raison d’être » (Marc Richet, ADT Deux-Sèvres). En Charente-Maritime, les attentes sont doubles. Pour le Nord du département, les questions concernent la desserte, le nombre de trains, les arrêts etc... Pour la partie Sud, il s’agit du projet qui permettrait d'électrifier la ligne Angoulême – Saintes – Royan. Ce projet, qui, comme le souligne Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) – n'est pas encore totalement certain en termes d’échéance - permettrait d'améliorer la desserte, mais surtout
  • 32. 31 d'envisager la possibilité qu’un certain nombre de TGV puissent faire Paris – Poitiers – Angoulême – Cognac – Saintes – Royan. Cette démarche pourrait apporter (Olivier Amblard, Charente-Maritime Tourisme) une triple amélioration : en termes de temps, de qualité (un certain nombre de trains pourraient être directs, donc sans rupture de charges) et d’image. L’intérêt de cette liaison ferroviaire (à partir d’Angoulême vers Cognac, puis Saintes et Royan) est également souligné au sein de la CCI d'Angoulême : « c’est un élément important, car ca veut dire, à terme, possiblement, des trains qui sont LGV jusqu’à Angoulême et puis, qui circuleraient sur cette voie Angoulême-Royan électrifiée. Ils pourraient desservir ce qu’on appelle la Val de Charente jusqu’à Cognac, donc multiplier les visites sur le territoire. C’est un enjeu important lié au renforcement de l’infrastructure ferroviaire sur le territoire. » (Frédéric Charpentier, CCI Angoulême) La LGV pour nous, elle est intéressante mais à partir de moment où elle a été complétée par ces relèvements de vitesse sur la portion nord pour desservir La Rochelle. Elle serait intéressante à partir du moment où on pourrait avoir cette électrification de l’étoile de Saintes, permettant de profiter à la fois de l’augmentation de la vitesse sur la LGV mais également permettant que les TGV arrivent jusqu’à Royan. Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) B. La LGV : un « élément parmi d'autres » pour l'attractivité touristique Ce n’est pas que la LGV – c’est le projet urbain autour de l’arrivée de la LGV. Donc c’est tout dans son ensemble. Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) Selon Brigitte Bloch, la LGV intégrera les stratégies touristiques déjà existantes – il n’y aura pas une stratégie « spécial LGV » au niveau du Comité régional de tourisme d’Aquitaine. Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux), souligne que la LGV est « un élément parmi d’autres » : mais, bien évidemment, un élément très important d’attractivité, qui peut aider à poursuivre dans la croissance des fréquentations touristiques. « Tout, comme l’événementiel, les nouveaux outils : est-ce que le nouveau stade se serait fait sans la LGV ? Je ne sais pas. » (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux).
  • 33. 32 La croissance soutenue des nuitées et de l’activité touristique au sein de la métropole bordelaise est due au projet urbain, ainsi qu'à la structuration de l’offre touristique sur le territoire (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux). Ce qui a réellement lancé le tourisme à Bordeaux, c’est le projet urbain. « On ne peut pas dire que le projet urbain a été fait à des fins touristiques. Le projet urbain a été fait d’abord pour les Bordelais, pour les habitants, pour rendre la ville sympathique, et, effectivement, indirectement, il y a eu une croissance des flux touristiques. Mais la stratégie de développement touristique de territoire ce n’était pas de dire à la base : ‘on refait les quais pour gagner des touristes’. C’est un atout – on en profite bien évidemment » (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux)) L’arrivée de la LGV devrait dès lors être complétée par d’autres actions pour pouvoir en tirer le maximum d’avantage. Selon Frédéric Charpentier (CCI Angoulême), « il peut avoir un effet bénéfique sur le tourisme d’affaires, en rapport avec les équipements existants et avec les autres actions mises en place, dans lesquelles la CCI intervient avec l’OT sur la recherche de salons par exemple qui répondent à la capacité de l’offre d’Angoulême. » Au cours des entretiens, des attentes spécifiques et de grande importance liées uniquement à l’arrivée de la LGV n’ont pas été repérées. Les professionnels semblent comprendre que le problème est global, que le développement touristique relève d'un travail en profondeur sur l'attractivité territoriale. Les touristes ne se déplaceront pas dans des territoires peu/médiocrement attractifs pour la seule raison que l'on peut y accéder très rapidement. En revanche, la LGV constituera un atout de taille dans le choix de déplacements vers une destination jugée « attractive ». Ce qui n’est pas, par ailleurs, vraisemblablement le cas pour tous les territoires de la région… Ainsi, pour le département de la Charente, Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) avoue « j’ai l’impression qu’il n’y a pas encore, de manière abouti, une stratégie globale mise en place sur la dimension touristique à l’échelle du département. » - Marc Richet (ADT Deux-Sèvres), à la question de savoir si l'offre hôtelière est suffisante, notamment pour le tourisme d’affaires, répond que l’hôtellerie s’est développée à la fois quantitativement et qualitativement : « elle a été entièrement renouvelée ces dernières années. Pas du tout du fait de projet train – mais simplement un projet urbain de la ville de Niort qui a ramené des investisseurs. » - Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) explique que dans les arguments de tourisme d’affaires, la région est inclut dans l’argumentaire : « Il faut faire rêver les hommes d’affaires ou les femmes d’affaires qui viennent et qui passent 2 ou 3 jours sur un salon : ils auront peut-être envie de poursuivre leur
  • 34. 33 séjour de 2 ou 3 de plus, éventuellement en famille, ou seul pour aller visiter la région. Et, à ce moment là, la liaison TGV rapide avec Biarritz aussi c’est un argument supplémentaire. » - Frédéric Brouard (Bordeaux-Euratlantique) considère qu’étant mandaté pour aménager ce que les Bordelais appellent « l’autre coté de la voie ferrée », le projet Euratlantique redonnera vie à toute cette partie de la ville. Par exemple, sur la place des anciens abattoirs, le Conseil régional projette la construction de la MECA (Maison de l’économie créative et la culture en Aquitaine) et à proximité, des emplacements sont prévus pour des commerces dédiés à l’économie créative et culturelle. « L’idée est vraiment de faire de cet ancien quartier des abattoirs un lieu de destination touristique. (…) Et sur le quai de Paludate il y aura également un hôtel 4 étoiles avec vue sur la Garonne. Donc vous voyez, le projet va directement dans une dynamique touristique. » Nous, ce qu’on a en tête c’est que la LGV, c’est un ’outil’ : ce n’est pas qu’elle change fondamentalement des choses. Ca a plutôt un effet d’accélérateur de tendance. Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) C. Renforcement des destinations touristiques déjà bien présentes Demain à 2 heures, je n’hésite pas, c’est automatiquement le train. Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) Bordeaux est perçue par tous les professionnels du tourisme comme la principale bénéficière de la LGV (sans pour autant oublier quelques effets pervers que la nouvelle ligne peut également apporter, comme la diminution de la fréquentation hôtelière). Le trajet en 2h05 de Paris devrait pour les acteurs de ce secteur changer la représentation de Bordeaux, aujourd’hui encore considérée comme "excentrée" à l'échelle nationale. L'effet devrait en être d'autant plus bénéfique pour Bordeaux que la ville est déjà considérée comme une destination touristique très forte (la ville a gagné « The European Best Destination 2015 »). Et comme le souligne Jean-Marie Marco (Gironde Tourisme), l’arrivée de la ligne LGV ne va pas renverser les tendances du tourisme mais elle va
  • 35. 34 plutôt renforcer les destinations fortes, comme Bordeaux, Arcachon… Le gain de temps prévu constitue pour les professionnels du tourisme un levier essentiellement pour le tourisme de court séjour et le tourisme d’affaires. On ne part pas à mon avis sur un court séjour à la découverte. Ou alors c’est une découverte qui est balisée. Si vous vous partez 2 jours vous allez sur une destination connue – sans risque. Vous aimeriez savoir, vous n’avez pas le temps de chercher quelque chose. Vous allez là où vous connaissez, où on vous a dit que vous pouvez y aller. Après, si vous êtes sur la plus longue durée, vous pouvez effectivement découvrir… Le temps c’est la problématique n°1. Jean-Marie Marco (Gironde Tourisme) L’impact que la LGV est susceptible d’avoir sur les destinations fortes comme Bordeaux ou Arcachon, provoque d’ailleurs quelques craintes sur les possibles effets négatifs pour/sur les autres territoires. Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) : « au final, La Rochelle va être un tout petit peu plus près de Paris, Royan pourrait être plus près de Paris et mieux desservi, mais pas en 2017 – plus tard, si tout va bien. Mais Bordeaux va être à 2 heures. Et Arcachon peut-être à 2 heures et demi ou 2h40. Ce qui veut dire que pour nous la LGV peut faire que Bordeaux, Arcachon et une partie de littoral de Gironde soit plus accessible en train depuis Paris que notre littoral. Donc en termes négatifs, ça peut quelque part augmenter la concurrence d’une destination qui a priori est un peu plus éloignée, mais au final deviendrait plus proche. Donc ça c’est un point de vigilance pour nous, pas par rapport à Bordeaux, parce que c’est autre chose, mais vis-à-vis d’Arcachon et du littoral de la Gironde. » Toutefois, cette opinion n’est pas unanimement partagée. Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) souligne l’importance de l'effet-notoriété et des habitudes de consommation : « Je ne pense pas qu’il y ait un impact important, que ça puisse nous pénaliser. La notoriété de La Rochelle, de l’Ile de Ré et l’Ile d’Oléron n’est plus à faire, c’est acquis. En plus, les gens qui venaient à La Rochelle en train c’était déjà compliqué – il fallait passer par Poitiers. »
  • 36. 35 D. Bordeaux « plateforme » : une volonté de travailler « avec » Bordeaux tout seul, sans les régions et les vignobles autour, ne peut pas faire grand chose. Il n' y a que la ville. Donc si Bordeaux joue la carte : la ville est belle, entièrement rénovée, elle est inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité, c’est la ville préférée des Français, tout ce que vous voulez. Mais le vin ? Demain s’inscrit dans le projet de Cité du Vin. Mais on a besoin de vignobles pour aller voir un peu sur terrain ce qui se passe. Donc ça veut dire le partenariat (…). Parce que c’est le seul moyen pour arriver à gagner encore plus de visiteurs. Catherine Lacroix (OT St Emilion) La nouvelle ligne LGV devrait être a priori très positive pour Bordeaux. Mais quel impact aura-elle sur les autres territoires ? Surtout les territoires « voisins » ? L’enquête a révélé que les nombreux territoires situés « à côté » essayent de valoriser leur offre touristique en tentant de se positionner avec et par rapport à Bordeaux. Selon Frédéric Charpentier (CCI Angoulême), « il y a des liens très forts entre la Charente et la Gironde. En commun, la tradition de vin et de spiritueux, du Cognac : les choses qui peuvent attirer la même clientèle ». De plus, certains événements peuvent susciter des aller-retour ponctuels sur Angoulême. « C’est vrai que c’est une vraie opportunité. Mais ça se traduit par les besoins de travailler avec le territoire bordelais pour faire des pass. » La diminution prévue du temps du trajet entre ces deux villes est ainsi mise en avant : « on a fait un petit exercice sur le temps de parcours au départ de Bordeaux / vers Bordeaux, avec une dizaine de villes qui sont autour de Bordeaux (Agen, Périgueux, Bergerac…). En 2017, le meilleur temps de parcours en direction de Bordeaux, ça devient Angoulême, en 34 minutes. » (Frédéric Charpentier, CCI Angoulême) Le fait que Bordeaux ait une attractivité très forte à la fois au niveau national et international, est en grande partie lié aux lignes low cost qui se sont beaucoup développées sur l’aéroport de Mérignac – mais c’est lié surtout à l’attractivité de Bordeaux, qui est vraiment devenue une destination touristique en soi (Jacqueline Van der Zalm-Monthus, Gironde Tourisme). D’où le rôle de cet organisme - Gironde Tourisme – dont l'enjeu réside dans la ventilation des flux drainés par Bordeaux vers les autres territoires du département. - « On travaille beaucoup, entre autres, la filière de l'oenotourisme. On a créé ces dernières années les routes du vin : 4 ont été déjà mises en place et il y en a encore 2 à venir. Et autour de ces routes du vin, on espère pouvoir amener les gens de Bordeaux vers les secteurs viticoles » (Jacqueline Van der Zalm-Monthus, Gironde Tourisme).
  • 37. 36 - Maïté Lavignac (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) explique que l’Office du tourisme & des Congrès de Bordeaux Métropole a actuellement trois principaux axes de travail dans son développement : l’œnotourisme, le fleuve et le patrimoine. Et que sur ces 3 axes : « on va associer d’autres professionnels du tourisme autour de nous ». Maïté Lavignac souligne la situation géographique de Bordeaux – le fait d’être à proximité du littoral, des vignobles… C’est pourquoi, « on travaille sur le tourisme urbain en combinant également d’autres territoires proches ». Un ancien slogan l'illustre : « Bordeaux, Arcachon, St Emilion, 3 coups de cœur en moins d’une heure ». - « On disait qu’une personne qui viendrait à Arcachon passer ses vacances, viendrait automatiquement à Bordeaux, vice-versa, celui qui arrive à Bordeaux, il se retrouvera à un moment aller à la dune de Pilat ou sur le littoral mais aussi dans les vignobles. » (Maïté Lavignac, OT & Congrès de Bordeaux Métropole) Sur la croissance de flux, tout le monde va à mon avis bénéficier. En fonction de thématique. La Cité du Vin arrive – avec des pontons. L’idée est que les gens visitent la cité et puis partent en bateau, visiter le territoire. Donc, ça va irriguer Pauillac, Blaye, Bourg, Cadillac… Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) - Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) : les grandes soirées, les diners de gala se déroulent déjà souvent au sein des châteaux situés dans le périmètre de 20-30 minutes de Bordeaux. - Quant à Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) : « dès qu’on essaie de faire venir un grand congrès ou un grand événement professionnel important, on les incite aussi à venir pour prendre le temps pour aller à Arcachon, à Saint Emilion, etc. Donc ça fait partie de l’offre. » A la question de savoir si, en plus de St Emilion ou d'Arcachon, il y a possibilités pour d'autres villes qui, pour le moment, ne sont pas vraiment des destinations touristiques, comme Libourne, Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) répond qu’il y a un grand travail fait par la ville de Libourne pour devenir plus attractive : « je pense que d’ici quelques année Libourne va devenir une ville attractive pour les touristes ». Une chance de développement est notamment perçue pour Libourne dans le cadre du tourisme fluvial. Comme explique Jacqueline Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) : « C’est sur la
  • 38. 37 filière de tourisme fluvial où ça va encore bouger – ça a déjà énormément bougé à Bordeaux depuis 2011. Et ça continue à se développer. » De nouvelles compagnes continuent de s’installer à Bordeaux pour des semaines fluviales mais également pour des produits à la journée ou à la demi-journée. « Donc les bateaux de croisière qui vont aller jusqu’à Blaye, Bourg, Cadillac, Libourne et tout ce secteur vont aussi se développer – poursuit Jacqueline Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) : - avant, Libourne, touristiquement parlant, on n’entendait pas trop. Aujourd’hui, Libourne a investi énormément dans l’aménagement des quais donc ça va être aussi une destination en soi. Je pense que les sites, les villes comme ça vont se développer. Libourne par rapport au tourisme fluvial. Et Blaye – la combinaison de fluvial et de l'oenotourisme. » L’impact possible sur les territoires proches de Bordeaux, notamment les vignobles c'est ce que souligne aussi Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) : « on sait pertinemment qu’on rapprochant Bordeaux de Paris il y aura forcément sur les vignobles, les départements aux alentours, même sur le côté portuaire, des retombés économiques ». Elle poursuit : « nous, on essaie de se greffer dedans avec notre Cognac ». Maïté Lavignac (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) pense aussi qu’il y a beaucoup de possibilités de créations de nouveaux produits touristiques autour de Cognac. Mais pas seulement : « et pourquoi pas Futuroscope- Poitiers - Bordeaux aussi ? » demande-t-elle. Je pense que la 1ère carte à jouer est vraiment sur Bordeaux, mais ça peut être une porte d’entrée. Partenariats – pourquoi pas travailler sur le binôme Bordeaux-Cognac et jouer sur le package visite à la journée ou séjours Bordeaux-Cognac. Et du fait qu’on va être dans la même région, ça va peut-être se fait de façon plus intuitive et plus naturel si on serait resté 2 régions différentes. Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) - le manque actuel d'information concernant la finalisation des dessertes et des arrêts de la LGV participe d'analyses "en attente" : « il y a beaucoup d’interrogations, parce qu’aujourd’hui8 on parle de supprimer des arrêts à la gare de Châtellerault, des arrêts à la gare de Futuroscope et des arrêts à Poitiers » (Thérèse Michel, Agence Touristique de la Vienne). 8 Entretien s’est déroulé le 16 juin 2015
  • 39. 38 - la LGV : un paramètre de mobilité dans un système territorial complexe : « Quant on fait le lien entre le tourisme et grande vitesse, à mon sens, de manière très macro-économique, la grande vitesse pourrait avoir un effet qu’à partir du moment où il y a un vrai projet de structuration du développement touristique sur le territoire. Sinon, ça va être peut-être des miettes ou des effets ponctuels. » (Xavier Hurteau, Grand Angoulême) - Le principal « bénéficiaire » de la LGV dans le secteur touristique - les professionnels sont unanimes – est Bordeaux, en raison notamment de son actuelle très forte attractivité touristique. Les acteurs des autres territoires en sont conscients et font le choix stratégique de démultiplier l'effet bordelais à leurs profits. « Etre à 20 minutes de Bordeaux et entre Bordeaux et St Emilion c’est super pour nous en termes d’attractivité ». (Céline Pauly, Communauté d’Agglomération du libournais). « Aujourd’hui, une grande manifestation qui arrivera à Bordeaux, on peut considérer qu’il y a 1 chance sur deux, de délocaliser une soirée de gala soit dans les châteaux, soit sur le bord de mer » (Alain Vivien, OT Arcachon) IV. QUELS TOURISMES / TOURISTES CONCERNÉS ? - Les professionnels du tourisme s’accordent sur le fait que la LGV est susceptible d’impacter au premier chef le tourisme d’affaires et les courts séjours, autour de produits spécifiques, liées notamment à l’ouverture de Cité du Vin à Bordeaux. En ce qui concerne les longs séjours, l’impact attendu est moindre – aussi bien en Aquitaine qu’en Poitou-Charentes il y a déjà beaucoup de longs séjours sur les destinations littorales. - Quant au type de clientèle, même si l’impact possible dépend bien évidemment de la destination précise, il est attendu que les effets concerneront surtout les visiteurs venant en couple, les actifs, les gens qui veulent faire du tourisme urbain ou une sortie nature (Arcachon, La Rochelle, Niortais…). En revanche, « ce n’est pas le gain temps qui va attirer les familles » (Marc Richet, ADT Deux-Sèvres)
  • 40. 39 - En ce qui concerne la provenance de la clientèle potentielle, le Bassin parisien est très largement mis en avant. Même s’il est déjà très fortement présent en Aquitaine et Poitou-Charentes (« un tiers des Français qui viennent chez nous, ce sont les Parisiens », Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes), les spécialistes y trouvent une belle carte à jouer : la clientèle parisienne constitue un énorme réservoir de clientèle. A. Destination : Bordeaux / Bordelais / littoral proche (Arcachon…) L’impact principal, dû à l’amélioration du temps de voyage, est très largement attendu par les acteurs du tourisme à l'échelle de Bordeaux. Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau) : « avant on venait à Bordeaux pour le vin, mais aujourd’hui on vient à Bordeaux pour la ville aussi ». Les professionnels du tourisme bordelais soulignent qu’à Bordeaux il y a beaucoup de choses à faire au niveau de visites dans le centre-ville même. Le patrimoine historique, mais aussi un côté contemporain (la ville inspire les nouveaux designers). « On a plus de 80 thèmes de visites pour sillonner la ville à pied. Et puis, vous avez les visites en car, en train touristique...(…) On a une trentaine de guides pour le compte de l’OT » (Maïté Lavignac (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) Un autre avantage de la capitale de l'Aquitaine, très largement mis en avant, est sa proximité des vignobles et du littoral. D’ailleurs, les city-pass (24h, 48h, 72h) commercialisés par l’Office de tourisme de Bordeaux, ne s’arrêtent pas aux frontières de la ville : « Le pass de 72h, nous l'avons étendu sur 7 jours pour permettre aux gens de profiter, grâce aux tarifs préférentiels, d’entrées dans des sites touristiques qui sont reconnus Unesco, comme Blaye, Saint-Emilion, mais aussi du littoral avec Arcachon. Car on a un axe fort – la proximité du littoral, des vignobles… » La destination bordelaise ne se limite donc pas uniquement à la ville. Et l’offre ne se résume pas au tourisme urbain ni aux visites du patrimoine. Un contrat de destination vient d’être signé avec l’Etat pour une durée de 3 ans. Il permettra notamment de valoriser sur les sites internet d'une part l’offre oenotouristique à l’échelle de bordelais, et d'autre part le tourisme de croisière. « On a également des croisières fluviales, uniquement pour découvrir le fleuve, en une journée, un après-midi, une matinée, diner-croisière, déjeuner gastronomique ou déjeuner plus ludique simplement avec vin et fromage. » (Maïté Lavignac, OT & Congrès de Bordeaux Métropole)
  • 41. 40 Le littoral, situé à proximité de Bordeaux pourrait également être concerné par la LGV. Arcachon est souvent citée comme l’un des principaux bénéficiaires de l’impact touristique possible, grâce notamment à une très bonne connexion ferroviaire avec la métropole. Des pistes sont envisagées à la fois dans le cadre du tourisme balnéaire, mais aussi tourisme d’affaires. Dans le cadre de ce dernier, deux segments sont indiqués par les spécialistes : organisation des événements, mais aussi accueil « post congrès Bordeaux ». B. Activité : Tourisme d’affaires On pense que ça va être un facilitateur, puisque on sait très bien que l’accès, l’accessibilité d'une destination sur le segment de tourisme d’affaires est un élément fort et moteur dans le choix de destination. Donc là, c’est un atout extraordinaire. Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) Comme l’explique Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau), « on entend par le tourisme d’affaires à la fois tous les événements professionnels organisés par les entreprises - donc ça c’est la partie ‘corporate’, et également tous les événements qui sont organisés par les associations, les fédérations, les syndicats – ça c’est plutôt la partie de ‘congrès professionnel’ ». A Bordeaux, l’ouverture de la ligne à grande vitesse correspond globalement à l'achèvement des travaux effectués au Palais de Congrès et au Parc des Expositions. Environ 70 millions d’euros devraient être investis dans les années qui viennent pour mettre au niveau des standarts internationaux le Parc des Expositions : « effectivement, nous, on va beaucoup travailler sur ces sujets là. Et là, la LGV c’est un atout important » (Nicolas Martin, OT & Congrès de Bordeaux Métropole). Les spécialistes du tourisme considèrent que le tourisme d’affaires peut donc clairement s’appuyer d’avantage sur la LGV. Surtout à Bordeaux, qui est déjà aujourd’hui dans le top 5 des villes françaises pour le tourisme d’affaires. Et dans les années à venir, il est attendu qu'elle gagne des parts de marché sur d'autres villes. Telle est en tous cas l’ambition d’Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux), qui souhaite que Bordeaux arrive, dans ce domaine à la 3ème place nationale.
  • 42. 41 Pour le tourisme d’affaires le fait d’être à 2 heures de Paris c’est quelque chose qui est absolument extraordinaire parce qu’il n’y aura plus d’obstacles dans les liaisons quotidiennes entre la capitale et Bordeaux va devenir, comme Lyon, une ville très accessible et de façon très aisée. Pour nous c’est un plus extraordinaire. Sachant que vous quittez la gare de Montparnasse à 8h de matin, vous pouvez être au Parc des Expositions à 10h45 maximum. Vous faites vos affaires dans la journée, vous faites votre visite de Parc des Expositions, vous reprenez le train à 5 ou 6 du soir, vous êtes chez vous pour le diner. C’est assez fabuleux. Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) Les cibles principales de CEB, notamment pour optimiser les connexions ferroviaires avec Paris grâce à la LGV, sont les congrès européens dont la clientèle arrive par voie aérienne jusqu’à Paris et poursuit en LGV. Cette dernière constitue donc un argument dans la négociation de ce type de marché événementiel. « La LGV au même titre que la Cité du Vin ou le nouveau stade, fait partie des réalisations qui, pour nous, sont des arguments de vente et qui font partie des argumentaires. La LGV c’est le top » ; « Ce qu’on nous demande toute de suite c’est : vous êtes à combien de Paris, il faut combien de temps pour venir de Paris, comment on vient de Paris, et après depuis Bordeaux, depuis le centre ville, comment on vient chez vous ? Aujourd’hui, si on a la LGV à 2 heures et le tramway à 20 minutes du centre ville qui vous dépose au palais de Congrès ou Parc des Expositions, ce sont des arguments extraordinaires ». (Eric Dulong, Congrès et Expositions de Bordeaux). Frédéric Brouard (Bordeaux-Euratlantique) souligne que Bordeaux possède des équipements pour le tourisme d’affaires qui sont déjà très intéressants, « sachant qu’en plus, assez régulièrement, les destinations du tourisme d’affaires, c’est généralement les destinations touristiques par nature ». Mais les espoirs / projets de développement du tourisme d’affaires ne relèvent pas exclusivement de Bordeaux. D'autres acteurs territoriaux se positionnent sur le tourisme d'affaires. - Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) estime ainsi que « par rapport à la LGV, l’opportunité c’est sûrement un impact possible sur le tourisme d’affaires ». D’autant plus que « on est bien situé entre Paris et Bordeaux, on pourra rejoindre ces 2 villes plus rapidement demain ».
  • 43. 42 - Pour La Rochelle, Murielle Vermande (CCI de Cognac, Rochefort et La Rochelle) considère qu’il y a du potentiel, car La Rochelle a fait un effort pour développer le tourisme d’affaires. En outre, comme elle l'explique « savoir que Paris est à 2h25 de La Rochelle peut constituer une vraie porte d’entrée ». - Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme) admet qu’on ne pense pas forcément à la Charente-Maritime, comme destination de tourisme d’affaires. Pourtant, en plus de La Rochelle, les autres villes essayent d’engager une politique de développement du tourisme d’affaires, notamment Royan, qui rénove complètement son Palais de Congrès. Saintes, Rochefort y réfléchissent aussi. « Et puis, on a une autre commune, qui n’est pas négligeable dans le sud du département, Jonzac, qui va sortir un centre d’affaires avec un hôtel » précise Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme). « S’ils le font, c’est premièrement, car il n’y a pas vraiment à ce jour un centre du tourisme d’affaires dans la partie sud de département. Deuxièmement, on est dans les terres de Cognac qui peuvent ramener des touristes d’affaires et Jonzac offrirait un site qui n’existé pas jusqu’à présent. Et puis, il semblerait que la stratégie de Jonzac est de capter un certain nombre des entreprises bordelaises pour qu’elles viennent organiser leur séminaires ou autres à Jonzac parce que ça va être proche, moins cher (qu’à Bordeaux) et ça va permettre aux urbains, les Bordelais, de s’aérer un peu plus. Enfin, Bordeaux va être desservi par la LGV en 2 heures ». (Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme). - Quant à Marc Richet (ADT Deux-Sèvres), il estime que sous réserve d’avoir un maximum de trains directs sans rupture de charges, la LGV pourrait avoir un impact sur le tourisme d’affaires de son territoire : « parce que on s’approche de la région parisienne, donc c’est moins difficile de faire des réunions, des séminaires et des congrès dans une ville comme Niort, qui n’est pas aujourd’hui dans le rayon immédiat de la région parisienne ». Les professionnels soulignent que le développement du tourisme d’affaires est d’autant plus intéressant qu'il s'articule aisément avec un tourisme de loisirs. « On va certainement gagner pour le rassemblement d’affaires, pour le tourisme d’affaires groupe, je pense aux congrès. Parce que si les gens viennent sur Bordeaux, c’est certainement pour profiter un peu de Bordeaux ou des « à côté ». Ce n’est pas que rester dans une salle de 10h à 16h et faire que ça. » (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux). Amélie Déchénais (Bordeaux
  • 44. 43 Convention Bureau) voit les possibilités même pour les déplacements professionnels sans nuitées : « sur une réunion de 9h à 12h, ou l’après-midi est consacrée aux visites, il y a largement le temps, surtout si les derniers « navettes » partent à 20h30 ou 21h, 22h ». Mais « même sur un délai très court on peut faire quelque chose ». Les premiers châteaux dans les vignobles sont situés à seulement 15 – 20 minutes de Bordeaux, il est possible d’organiser une visite thématique (chocolaterie, revendeur de vin..). L’intérêt de tourisme d’affaires est dès lors de trois ordres. - complémentarité au tourisme « classique » : il ne se pratique pas aux mêmes périodes (semaine vs week-end). - dépense du touriste d’affaires supérieure à celle d'un touriste « classique ». - Effet levier et démultiplicateur du tourisme d'affaires qui enclenche des pratiques touristiques privées et hors du temps de travail Le tourisme de loisirs est certainement moins concerné par la rapidité de liaison. C’est évident mais, malgré tout même si on est touriste de loisirs on aime bien quand ça va vite et que ça ne coûte pas trop cher. Donc je pense qu’une liaison rapide avec la LGV Bordeaux- Paris ou Paris – Bordeaux est malgré tout un atout supplémentaire, mais à deux conditions : qu’il y ait suffisamment de flexibilité dans les horaires, donc des horaires suffisamment denses et qu’il ait à l’intérieur de ces horaire des périodes où les tarifs seront accessibles et motivants pour les touristes de loisirs. Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) C. Durée de séjour : courts séjours et week-ends Donc demain, s’ils décident de passer un WE de 3 jours en Aquitaine, ils vont peut-être les passer entièrement à Bordeaux ou peut-être ils vont résider 2 jours à Bordeaux et passer 1 journée à St Emilion. S’ils résident 2 jours à St Emilion c’est encore mieux – mais c'est important qu’ils viennent. Catherine Lacroix (OT St Emilion) Au niveau du tourisme d’agrément, Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) attend un impact sur le tourisme urbain, les courts séjours pour Bordeaux et le Bordelais. L'OT de Bordeaux propose déjà beaucoup de visites à la journée (notamment les excursions dans les
  • 45. 44 vignobles qui se vendent très bien). A la question de savoir si la clientèle qui arrivera en LGV ne constituera pas d’une certaine façon une cible « idéale », car il s’agit de visiteurs sans voiture, susceptibles d’acheter des excursions commercialisées par l’OT de Bordeaux, Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) répond : Bien sûr. Tous les clients qui arrivent en avion ou en train sont nos cibles principales. Effectivement, puisque ils n’ont pas de voiture, ils utilisent beaucoup nos excursions et nos circuits. Alors, aujourd’hui, on se rend compte que la plupart de nos clients, ce sont les étrangers sur ces produits, notamment pour aller à Saint Emilion etc., mais avec la LGV peut-être aura-t-on beaucoup plus de Français qui viendront pour un court séjour et à qui on proposera ce type de circuit. Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) Amélie Déchénais (Bordeaux Convention Bureau) observe depuis 2012 une tendance à la réduction de la durée des réunions professionnelles, principalement pour diminuer le coût d'hébergement. Selon cette professionnelle, la LGV jouera surtout sur des événements de courte durée : « pour moi, ça va développer davantage, deux choses. Soit les ‘bouts d’événements’, c’est-à-dire, les événements qui sont décidés à Paris et du coup ils peuvent faire un aller-retour dans la journée sur Bordeaux. Soit des réunions qui se tiennent normalement à Paris, d’une journée, et qui pourront venir à la journée sur Bordeaux. Mais pour les événements de 3-4 jours, si ce sont des événements nationaux, où les gens viennent de toute la France, bon, ça arrangera les Parisiens. Les Lyonnais, les Montpelliérains – ça restera le même temps de parcours. Donc ça ne changera pas grande chose. Et sur tout ce qui est les événements internationaux, où les gens arrivent de toute l’Europe ou du monde entier, vu qu’ils fonctionnement beaucoup par avion, ça ne changera pas non plus beaucoup de choses. » L’impact possible sur les courts séjours n’est pas attendu uniquement à Bordeaux. - Marc Richet (ADT Deux-Sèvres) estime que le gain de temps depuis Paris est très intéressant : « on devient une destination de week-end ce qu’on n’était pas avant. Le fait de passer à moins de 2 heures en temps-trajet pourrait nous donner un nouveau statut – du fait de rapprochement de la région parisienne ». - Selon Olivier Amblard (Charente-Maritime Tourisme), ce qui joue très fortement sur le choix du mode de transport des touristes venant à La Rochelle, c’est à la fois le secteur précis où les gens se rendent (La Rochelle ou ailleurs), mais aussi la
  • 46. 45 durée de séjour : « quand on vient pour une courte durée, on a tendance peut-être à prendre le train qui évite les bouchons. Et puis, il y a La Rochelle et le reste du département : quand vous venez pour un week-end à La Rochelle, vous vous poser peut-être plus la question de venir en train puisqu'après vous êtes en ville » D. Focus bordelais sur les filières La thématique patrimoniale, la thématique oenotourisme, la thématique fluvial, itinérance, vélo, à pied, tout ça va irriguer le territoire différemment, avec des volumes différents Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux). 1. Oenotourisme Il ne faut pas oublier que plus proche ici, il y a une ville de Libourne qui a aussi une gare, un TGV qui s’arrêt et qui s’arrêtera, ou pas, ou peu, dans le cadre de LGV. Donc il y a Bordeaux, et pour nous - Libourne : donc on est doublement concernés. Catherine Lacroix, OT St Emilion. Le vin reste un argument principal pour promouvoir Bordeaux à l’échelle internationale, « oui, ce qui fait la notoriété de Bordeaux c’est le vin. Les étrangers (Chinois, Japonais ou même Américains), souvent ne savent même pas que Bordeaux est une ville. Pour eux Bordeaux c’est un vignoble : c’est comme la Bourgogne ou la Toscane. Ou ils pensent que c’est un petit village. « Notre métier dans le tourisme c’est de leur expliquer que ce n’est pas que le vin, c’est aussi une très belle région et très belle ville. Mais le point d’entrée naturel sur les marchés lointains c’est le vin ». (Nicolas Martin, OT & Congrès de Bordeaux Métropole). Selon Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) la liaison rapide via la LGV permettra aux tour-opérateurs d’organiser avec plus de flexibilité les voyages de groupes dans le cadre de l’oenotourisme, qui est en plein développement en France et notamment à Bordeaux. « Je pense que à partir de moment où vous avez plus de liaisons, plus souples, plus rapides, c’est un argument supplémentaire pour ces sociétés-là et pour l’oenotourisme en général. Parce que ça va permettre de faire de l’oenotourisme sur le week-end par exemple » Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux). En outre, l’oenotourisme a de fortes chances de profiter du développement possible du tourisme d’affaires à Bordeaux. Notamment grâce aux visiteurs étrangers : « sur Bordeaux,
  • 47. 46 quand on est sur la clientèle internationale européenne ou la clientèle nationale qui ne connaissent pas bien le vin de Bordeaux, c’est déceptif pour eux, s’il y a rien qui est fait autour de vin. Soit une animation-dégustation, soit une visite de châteaux… » (Amélie Déchénais, Bordeaux Convention Bureau). 2. Tourisme fluvial Le tourisme fluvial est actuellement en pleine expansion, notamment à Bordeaux. L’un des souhaits des acteurs touristiques bordelais a été de remettre le fleuve au cœur des pratiques touristiques du territoire : « pendant longtemps on a ignoré le fleuve. La ville de Bordeaux se ré-ouvre symboliquement sur le fleuve » (Catherine Lacroix, OT St Emilion). L’activité touristique fluviale s'est développée de façon très significative dans le département depuis 2011, année d'installation du premier paquebot de croisière. Conjointement, il ne faut pas négliger le fait qu'il existe des liens forts entre tourisme fluvial et tourisme d’affaires : « parmi les thématiques qui ressortent en ce moment et qui intéressent les organisateurs, c’est tout ce qui est développé autour du fleuve, les croisières, réunions sur les îles de l’estuaire. Il y a ce côté ‘fleuve’ qui décolle pas mal » (Amélie Déchénais, Bordeaux Convention Bureau). - Laurent Hodebar (Mairie de Bordeaux) pense que la LGV pourra être un « facilitateur » du tourisme fluvial et que les compagnies souhaiteront avoir un ponton pour les paquebots près de la gare. Pourtant, « le tourisme fluvial n’a pas attendu la LGV pour se développer ». Et effectivement, sur un éventuel rôle joué par la LGV au niveau du tourisme fluvial, des opinions des professionnels ne font pas l’unanimité. - Les clientèles qui pratiquent le tourisme fluvial arrivent à Bordeaux en avion ou en train, pour ensuite monter sur le bateau. 90% de la clientèle des bateaux de taille moyenne - entre 200 et 400 passagers - est composé d'Américains : « Pour les Américains, la liaison Paris - Bordeaux en 2 heures c’est rien. Ce qu’ils mettent le matin pour aller au travail. Ils ne le voient même pas dans le package ». (Eric Dulong, Congrès et Expositions de Bordeaux). - Catherine Lacroix (OT St Emilion) pense que la LGV peut effectivement concerner la clientèle en provenance du Bassin parisien : « Je réside sur Paris et j’ai envie de me faire une croisière en Gironde autour des vignobles. Je sais que la croisière part du port de Bordeaux, donc en plein centre ville. En plus, j’ai la LGV qui m’amène. Forcement, je prendrais plus le train que l’avion. Je ne prendrai
  • 48. 47 même pas ma voiture – aucun intérêt ». En revanche, la clientèle étrangère arrivera directement à l’aéroport de Bordeaux… - Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) considère que l'impact sur le tourisme fluvial sera plutôt marginal, à l'exception peut-être de la seule compagnie française présente à Bordeaux, CroisiEurope. Quant aux adeptes du tourisme fluvial des Etats-Unis, du Canada ou de l'Australie, qui passeront par les aéroports internationaux comme Charles de Gaulle, ils sont susceptibles de continuer leur trajet vers Bordeaux par avion (surtout s’il n’y a pas la liaison directe en LGV avec l’aéroport Charles de Gaulle – souligne Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole). E. Tourisme événementiel - Le marché touristique lié à l'événementiel, en plein essor, est articulé à la contraction de l'espace-temps induite par l'arrivée de la LGV. Ce marché touristique est d'ailleurs lui-même positionné par rapport à des thématiques territoriales : « Nous travaillons sur deux grandes manifestations tournées autour de vin et du fleuve, qui font partie de deux axes qu’on veut développer. Le troisième axe qu’on veut développer c’est le patrimoine. » (Maïté Lavignac, OT & Congrès de Bordeaux Métropole). Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) précise : « Ca va être un sujet important : l’événementiel. Parce que, notamment sur la clientèle parisienne, pour les faire venir à Bordeaux, il faudra un certain nombre d'événements puissant sur lesquels on communiquera effectivement à Paris. Il y a déjà deux grands événements : en 2017 il y aura notamment la Biennale d’Art Contemporain Agora (en septembre), il y aura le festival de gastronomie So Good qui en sera à sa 4ème édition avec beaucoup de grands chefs étoilés. Voilà, pour ce type d’événements, on fera plus de communication sur Paris qu’on le faisait jusqu’à présent. Et il y’en a d’autres. » Avec ces événements l'Office de tourisme de Bordeaux compte également sur la clientèle étrangère. Même si So Good est aujourd'hui plus fréquenté par une clientèle française, d'autres, en revanche, comme la Fête du Vin ou la Fête du Fleuve relèvent déjà d'une clientèle internationale. - Mais le développement de l'offre touristique événementielle ne concerne pas uniquement la capitale de l'Aquitaine. Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) (CCI Angoulême : « le festival de la BD est international, alors la LGV c’est un
  • 49. 48 atout important. Peut-être les gens feront-ils plus d'aller-retour dans la journée avec la diminution de temps de parcours » F. Provenance de la clientèle Le lien avec Paris et bien évidemment structurant : les professionnels du tourisme s’attendent à une hausse de la fréquentation des touristes en provenance du Bassin parisien et/ou des étrangers passant par Paris. Dans le cas des touristes venant de marchés lointains et arrivant à Roissy, l’importance de la liaison directe entre Bordeaux et l’aéroport Charles de Gaulle est souvent soulignée. 1. Bassin parisien - Catherine Lacroix (OT St Emilion) croit plus à la clientèle francophone de courts séjours, essentiellement issue du Bassin parisien ou proche de celui-ci : « si on se réfère à Marseille, quand le TGV a relié Marseille de manière beaucoup plus approchée de Paris, il y a eu un phénomène de hausse de visiteurs qui venaient de Paris pour le week-ends ou courts séjours ». - Grâce à la liaison à grande vitesse Tours – Bordeaux et aux travaux en cours pour améliorer la vitesse depuis Poitiers, Niort et La Rochelle se retrouveront à une distance-temps beaucoup plus faible de Paris. C’est très important car le Bassin parisien représente 25% de la clientèle en Charente-Maritime : « le fait qu’il y a la LGV et qu’on se rapproche de Paris, on se rapproche aussi de notre clientèle principale et puis, on se rapproche de l’autre clientèle qui transite par Paris » (Olivier Amblard, Charente-Maritime Tourisme). 2. Touristes étrangers Après, c’est vrai quand vous êtes à Paris, vous pouvez prendre le TGV, bientôt la LGV pour venir – ça rapproche. Paris devient « pas très loin ». Donc la clientèle qu’on peut toucher en termes de provenance, elle va demain bien au-delà de Bordeaux. Demain on peut imaginer un étranger qui est à Paris qui descend une journée : avec la LGV il peut venir passer une journée. Ca serait dommage de passer qu’une journée – mais ça sera faisable demain. Catherine Lacroix, OT St Emilion. La LGV permettra donc de positionner Bordeaux de façon encore « plus » incontournable auprès des clientèles étrangères, d'autant que comme le souligne Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux) « les étrangers, surtout les Asiatiques et les
  • 50. 49 Américains, adorent prendre le TGV » ; « les étrangers apprécient beaucoup de prendre un TGV : d’abord, souvent il n’y en a pas dans leur pays. Les Américains le découvrent – pour eux c’est une expérience exotique. » (Nicolas Martin, OT & Congrès de Bordeaux Métropole) Comme beaucoup de clients « hors-Europe » arrivent par Paris, les régions capables de proposer juste un trajet rapide pour traverser la France, sont gagnantes. - « L’arrivée de la LGV va désenclaver une ville comme Bordeaux, qui paraît très loin, à la limite de la France » estime Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes). - Pour Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux.la ligne LGV va jouer un rôle très important : « Bordeaux il faut réaliser qu’on est, quand on regard la carte de l’Europe, au but de l’Europe. Alors, savoir qu’on peut arriver à Bordeaux en 2 heures depuis Paris, c’est un argument important, c’est sûr. » - Christelle Boutin (ORT Poitou-Charentes) considère, qu’avec la renommée des vignobles de Bordeaux, connues au niveau international, il y a sûrement une importante carte à jouer avec la LGV. « Parce que c'est non seulement Bordeaux et le Sud-Ouest qui se rapprochent, mais c’est surtout le Bordelais, l’image de vin de Bordeaux qui se rapproche et qui devient à la portée de main de la clientèle internationale – les gens qui aujourd’hui sont à Paris, demain pourront venir visiter une vigne à Bordeaux ». - Ce qui intéresse particulièrement Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole), c’est l'inter connectivité entre l’avion et le train : « notre préoccupation c’est que ça ne soit pas uniquement la gare de Montparnasse qui soit desservie. Il y a aussi des rotations avec Charles de Gaulle – il y en a aujourd’hui, mais très peu, si demain il y en a beaucoup plus, c’est plus rapide, évidemment, c’est intéressant. Notamment pour les étrangers. » Frédéric Charpentier (CCI Angoulême) signale, que les maisons de négoce de Cognac sont aussi très attentifs aux liaisons vers l’aéroport de Roissy. G. Quelles niches à mettre en veille ? Les évolutions liées d'une part à la contraction de l'espace-temps lié à la LGV et d'autre part aux tendances socioculturelles des pratiques touristiques contemporaines conduisent à identifier des marchés, qui pour n'être que de niche aujourd'hui, méritent
  • 51. 50 cependant d'être retenus dans le cadre de l'Observatoire. Ainsi du vélotourisme : « Je crois beaucoup au développement du slow tourisme, des itinérances On a une explosion forte des croisières depuis Bordeaux pour découvrir la région, et je pense que pareil, venir à Bordeaux et découvrir la région bordelaise à vélo ça a tout son sens. Ce sont des choses qui sont intéressantes, le train peut contribuer à développer ce type de produits » Laurent Hodebar. Or Bordeaux constitue la porte d’entrée/sortie d'un réseau important d'itinéraires en la matière. Tout d’abord, Vélodyssée, qui longe toute la côte Atlantique, de la Bretagne jusqu’à la frontière espagnole. Ensuite, Bordeaux est relie à Lacanau par une piste cyclable de 60 km. Il y a encore une nouvelle véloroute « Le canal de deux mers à vélo », qui relie l'Atlantique à la Méditerranée par Bordeaux, Toulouse et Sète. Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) admet ne pas pouvoir se prononcer sur le rôle que la LGV pourrait jouer au niveau du vélotourisme. Même si la région a effectivement une clientèle cycliste, il est difficile de prévoir si une heure de moins sur le trajet en train aura réellement un impact. De nouveau, selon Nicolas Martin (OT & Congrès de Bordeaux Métropole) la réponse dépendra des liaisons : « si on a un TGV direct avec Bruxelles, par exemple, là, on a une clientèle qui fait beaucoup de vélo, là, ca peut intéresser… ». Le problème du transport du vélo joue aussi un rôle très important : « les passionnés de vélo, ils aiment bien se déplacer avec leurs vélos. Et s’ils ne peuvent pas les mettre dans un train, ils viendrons en voiture, avec les vélos sur le toit ». Selon Jacqueline Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) l’impact du train serait envisageable - car l’une des tendances est effectivement au « slow tourism », le tourisme vert. En outre, elle aimerait rendre visible toute l’offre qu’on peut pratiquer en Gironde sans avoir la voiture : « on réfléchit aux façons plus durables de pratiquer le tourisme. Comme le Conseil Général travaille beaucoup sur tout ce qui est mobilité douce : infrastructure, trains, bus…, je trouve que ça serait cohérent, que nous, les professionnels du tourisme, on s’appuie sur tous ses efforts faits par les collectivités » Marc Richet (ADT Deux-Sèvres) explique que l’offre des itinéraires cyclables a été beaucoup développée – plus qu'ailleurs – dans le département de Deux-Sèvres, notamment dans le sud. Aujourd’hui tout le Marais-Poitevin au départ de Niort jusqu’à La Rochelle est accessible en pistes cyclables – plusieurs centaines de km de pistes balisées. « Niort, le Marais-Poitevin et La Rochelle qui sont sur la même ligne comptent parmi les région de France les mieux dotées en itinéraires cyclables. Donc on pourrait imaginer les TGV qui puissent être thématisés en partie « loisirs – nature - vélo » pour des week-ends. Nous sommes certains que le potentiel est là et que la clientèle est là ».
  • 52. 51 Jacqueline Van der Zalm-Monthus (Gironde Tourisme) exprime une opinion similaire : « quand on sait que Loire à vélo – et eux, ils ont le recul de 10 ans à peu près – ils reçoivent un million de cyclistes à peu près par an. C’est pour dire qu’il y a un potentiel de développement énorme ». D’ailleurs les nouveaux produits sont à envisager : Catherine Lacroix (OT St Emilion) a mentionné notamment une rencontre avec une agence de voyage néerlandaise qui traite une forme de tourisme particulière « boat and bike ». Éléments de conclusion Selon les professionnels, la LGV est susceptible d’avoir le plus d’impact touristique sur la proximité immédiate des gares LGV. Même si Bordeaux est mis en avance de façon très importante, un certain effet est également attendu à proximité des gares qui vont être directement liées avec les gares LGV. Les spécialistes s’accordent que Bordeaux a vraiment une carte à jouer – notamment sur le produit vin, le produit luxe, connu à l’étranger. Mais ils mettent également en avant « la réussite urbaine de Bordeaux, la rénovation, probablement unique en Europe » (Richard Coconnier, Bordeaux Grands Événements). En ce qui concerne les types du tourisme, susceptibles d’être le plus impactés, le tourisme d’affaires est très largement mis en avant. Déjà aujourd’hui, c’est un secteur très porteur à Bordeaux9 . « On est attractifs sur le marché des congrès internationaux – on a eu un congrès international ITS au mois d’octobre. On a des perspectives de nouvelles conférences, congrès sur les prochaines années, on a notre vaisseau amiral touristique qui va ouvrir au mois de juin – Cité du Vin. Donc, globalement, on est sur le segment qui se porte bien ». (Laurent Hodebar, Mairie de Bordeaux) V. LES QUESTIONS DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE TOURISTIQUES L’offre et la demande touristiques seront présentées conjointement sur deux exemples : l'hôtellerie et les sites de visites. En ce qui concerne l’hôtellerie, l'offre se réfère à une capacité d’accueil et la demande aux nombres de nuitées, aux taux d’occupation ou à la durée de séjour. Pour les sites de visites, l'offre renvoie aux structures existantes et la demande à leur fréquentation. La partie « hôtellerie » s'effectue par un focus sur la métropole de Bordeaux. 9 Convention Bureaux compte, comme le précise Eric Dulong (Congrès et Expositions de Bordeaux), environ 130 membres avec tous les métiers qui sont liés au tourisme d’affaires, et des nouveaux adhérents arrivent en permanence.