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1
Editorial ……………………………………………………………………….………………… p. 5
Paquebot : pourquoi ce nom ? …………………………………………………………… p. 6
Métiers et passions :
Rencontre avec Armel Le Ny, rédacteur en chef de La Charente Libre …………… p. 9
Interview de Richard Tallet, journaliste à La Charente Libre ……………………… p. 12
Interview de François Pilorget, libraire itinérant ……………………………………… p. 14
Marion, chanteuse, dite Lylaux, par Luna ……………………………………………… p. 16
MDV News : les métiers méconnus de la Cité scolaire Marguerite de Valois …… p. 19
Compléments vidéo
: Marion, chanteuse
: Loïc Nehou, éditeur – Ego comme X
Reportage à l’Alpha, médiathèque du Grand Angoulême ……………………… p. 32
Sciences :
Le patrimoine scientifique du Lycée Marguerite de Valois ………………………… p. 39
Citoyenneté :
Eau autour du monde ………………………………………………………………………… p. 46
Arts :
Histoire des arts : la Biennale de Venise ……………………………………………… p. 48
Arts plastiques : Mues, l’invasion des monstres ……………………………………… p. 68
Portfolio : un an à l’atelier Photographie du lycée ………………………………… p. 76
Littérature :
Un roman sur les migrants : Eldorado de Laurent Gaudé …………………………… p. 96
Ce qu’un mot inconnu peut faire imaginer ……………………………………………… p. 100
The Magic of Poetry …………………………………………………………………………… p. 104
Le Prix littéraire Marguerite de Valois : concours d’écriture de nouvelles ……… p. 118
Le Prix littéraire des collégiens et lycéens de la Charente …………………………… p. 136
Devil’s line : un manga seinen ……………………………………………………………… p. 145
Sommaire
2
3
Langues et cultures de l’Antiquité :
Le vocabulaire scolaire issu du grec et du latin ………………………………………… p. 147
Les radicaux grecs ……………………………………………………………………………… p. 149
Le latin au quotidien …………………………………………………………………………… p. 150
Les personnages et leur origine grecque ou latine ……………………………………… p. 152
Les marques publicitaires et les racines grecques et latines ………………………… p. 154
Œdipe revisité ………………………………………………………………………………… p. 157
Devoir de mémoire :
Patrimoines :
Le Musée de la Résistance et de la Déportation à Angoulême ……………………… p. 161
Rencontre avec M. Benguigui ……………………………………………………………… p. 163
Musique : Dimitri Chostakovitch et Arnaud Chataignier …………………………… p. 166
FRAC Poitou-Charentes : rencontre avec l’artiste Régis Fabre ……………………… p. 168
Histoire :
Le Concours de la Résistance et de la Déportation …………………………………… p. 170
Compléments vidéo :
: Convoi des 927 républicains espagnols
: Conférence de M. Benguigui
: Témoignage de Mme Gros-Duruisseau
Gastronomie :
Les recettes épicées de l’atelier Cuisine du CSCS/CAJ de la Grand Font ………… p. 172
Bande dessinée :
Rencontre avec trois auteurs de bande dessinée espagnols …………………………… p. 182
Un atelier de bande dessinée en espagnol ……………………………………………… p. 186
Les Cuisines du crime : un atelier BD à la CIBDI ……………………………………… p. 196
Le gaspillage alimentaire, vu par les jeunes du Service civique ……………………… p. 204
Equipes de réalisation de la revue, remerciements et partenariats ……………… p. 210
4
5
Editorial
Il y a un an, l’idée d’un «mook» m’était proposée. Donner la possibilité aux élèves d’écrire sur
eux-mêmes, l’établissement, leur environnement, le quartier, m’a immédiatement séduit.
Les langues regorgent de mots issus de multiples influences. L’écriture et la lecture sont deux
moyens de faire vivre cette langue, d’en faire redécouvrir les finesses, la précision, et de faire
découvrir les nouvelles expressions. J’ai ainsi découvert le mot «mook», anglicisme compactant
les mots anglais «magazine» et «book». Un nouveau mot dans la langue française, qui traduit
son inéluctable évolution.
Que les élèves s’approprient cette nouvelle forme d’écriture, et donc de lecture, en cherchant à
témoigner de leur temps, de leur vie scolaire et périscolaire, est le signe encourageant, vivifiant
d’une envie de connaissance et de compréhension que chaque enseignant cherche à développer
au quotidien.
L’implication d’adultes, de jeunes pour partager cette volonté de transmettre des visions, des
perceptions, des émotions, la curiosité d’aller à la rencontre de lieux, de personnes prend un
sens bien particulier et réconfortant en ces temps troublés, où l’obscurantisme d’horizons
divers ressurgit pour malmener la communauté internationale.
Je suis heureux que les professeurs documentalistes aient initié ce projet, et eu le courage de le
mettre en œuvre, sachant l’investissement indispensable à la concrétisation du «Paquebot ».
Je suis également heureux que les jeunes aient répondu nombreux à l’appel lancé par l’équipe
qui les a accompagnés depuis la rentrée 2015.
Cette réalisation est un lien symbolique fort avec le passé. N’oublions pas le rôle joué par
Marguerite de Valois dans l’histoire, écrivain, amie des lettres, des sciences et des arts, et qui
a notamment su lutter contre l’intolérance de l’époque.
Que toutes celles et ceux qui ont participé à cette œuvre collective soient remerciés : professeurs
de toutes disciplines des Lycées Marguerite de Valois et Jean Rostand, Centre social/CAJ du
quartier de la Grand Font, Région… La traduction de leur engagement sous la forme de ce
«mook», que l’on peut retrouver sous forme numérique, s’inscrit pleinement dans son temps.
Jean-Pierre Govignon,
Proviseur de la Cité scolaire Marguerite de Valois
Proviseur du Lycée Marguerite de Valois et du Lycée Jean Rostand
C’est le surnom donné au bâtiment central de la Cité scolaire
plusieurs étages évoque les différents ponts d’un navire
des lycées Marguerite de Valois et Jean Rostand
il faut ajouter les personnels
6
Paquebot :
Étymologie : anglais, packet-boat :
bateau pour le transport du courrier ;
commerce transocéanique.
Relie les continents et les peuples
Références littéraires
Flaubert, Châteaubriand
Ouverture
Conçu pour résister aux
intempéries
Rêve, aventure et liberté
Marguerite de Valois d'Angoulême. En effet, sa structure sur
et le nombre de passagers transportés – élèves et professeurs
– tourne autour de 2200, chiffre auquel
administratifs et techniques
7
et picturales :
Jules Verne, Nicolas de Staël…
sur le monde
Différents corps de métier
Micro-société
Technologies
Vie et voyage en commun,
rencontres
Clarisse B. & Laetitia D.
pourquoi ce nom ?
L'un des chapitres du programme de
Terminale L est : Le rôle des medias
dans les crises politiques françaises.
Afin de satisfaire notre curiosité, la
Médiathèque du Lycée a organisé
une rencontre avec M.  Armel  Le  Ny,
rédacteur en chef de La Charente Libre,
le 12 novembre 2015, pour répondre à
nos questions qui s'inscrivent également
dans le cadre des cours d'Education
morale et civique (EMC).
BG.
LR.
L’impression
et la distribution
9
Être journaliste, c’est avant tout être passionné,
curieux et vouloir savoir la vérité par-dessus
tout. Parmi de nombreux journaux, il existe la
Charente Libre. Ce journal fut créé par des résis-
tants, il y a soixante-dix ans. En effet, la Charente
Libre porte bien son nom puisqu’elle possède une
liberté d’expression totale. Dans le passé, ce fut
un journal d’action socialiste. Actuellement, le
journal n'a pas réellement de parti pris, parce que
le plus important est de diffuser les informations.
C'est un journal quotidien local qui traite de
plusieurs sujets : la culture, l’éducation, la poli-
tique et les faits divers. Les lecteurs, quant à eux,
préfèrent les informations insolites.
Afin de partager au mieux les informations,
le journal dispose d’une centaine de salariés,
dont quarante journalistes qui exercent sur le ter-
rain ou qui s’occupent de la rédaction des articles,
de la correction ou de la mise en page. Trois
photographes complètent également l’équipe.
Dans notre monde actuel, Internet est devenu
indispensable. C’est pourquoi la Charente Libre a
créé son propre site web et son application. C’est
une nouvelle ère pour le monde du journalisme.
Cependant, cela n’enlève pas l’attachement des
lecteurs au support papier. Étant depuis long-
temps en concurrence avec le journal Sud-Ouest,
la Charente Libre essaie de conserver sa grande
complicité avec les Charentais.
AB. AB.
Sur les quarante journalistes présents à
La Charente Libre, un tiers s’occupe de la
correction et de la mise en page du journal. Ils
passent ensuite le relais à vingt imprimeurs, qui
travaillent de nuit afin de permettre le respect
des horaires de distribution. Il faut savoir que la
Charente Libre n’imprime pas que ses journaux.
L’entreprise s’occupe aussi de la fabrication des
journaux du groupe Sud-Ouest : la Dordogne
Libre, la République des Pyrénées et Sud-Ouest
(Charente). Ces derniers sont imprimés en pre-
mier afin de faciliter la distribution étendue à
la région et de permettre aux journalistes de la
Charente Libre de modifier leurs articles jusque
tard dans la nuit. Concernant l’impression, elle
se fait grâce à des rotatives qui permettent une
conception sur place. C’est un avantage dans le
monde journalistique qui voit disparaître l’utilisa-
tion de rotatives personnelles. Le journal possède
six rotatives qui facilitent l'impression presque
entièrement en couleurs. L’entreprise prévoit de
continuer à se moderniser en investissant dans
une septième rotative permettant d’obtenir un
journal entièrement coloré dès 2016.
Après l’impression arrive l’étape essentielle de
la distribution. Ce sont 35000 exemplaires
qui sont distribués et vendus chaque jour. Envi-
ron 22000 d’entre eux arrivent directement dans
nos boîtes aux lettres, que ce soit par le biais de
la poste (une centaine seulement) ou grâce à des
distributeurs engagés par le journal pour que les
abonnés reçoivent leur journal avant 7 h 30. Les
13000 exemplaires restants sont répartis dans les
commerces du département : bureaux de tabac,
supermarchés, boulangeries et autres. Malgré
tout, le journal papier voit certains de ses lecteurs
se tourner vers le journal numérique depuis l’ar-
rivée au XXIe
 siècle des nouvelles technologies et
notamment d’Internet. Nous avons demandé à
M. Le Ny ce que ce média avait changé dans la
manière de fonctionner de l’entreprise.
LB. BN. CM. EB.
Présentation de
La Charente Libre
Économiquement parlant, le web représente un
tiers des ressources financières du journal. Le
format papier reste toutefois plus rentable grâce
à la publicité et à divers sponsors de l’entreprise
familiale qui souhaite conserver ce support. Le
journal papier est acheté principalement par des
retraités qui n’ont pas toujours les moyens ni
l’habitude de naviguer sur le web. Le journal a
très vite senti l’intérêt d’Internet, tant du point
de vue de la rapidité de diffusion de l’information
que du point de vue de la facilité d’accès. Ainsi,
la mise en place de l’abonnement numérique
permet à un jeune public d’être informé de
l’actualité régionale; d’autre part, l’application
du journal étant désormais disponible sur les
smartphones et tablettes, la lecture de la Charente
Libre est rendue possible à tout moment de la
journée et à n’importe quel endroit à travers
le monde. M. Le Ny nous a fait part de cas de
Charentais expatriés qui continuaient à recevoir
des nouvelles de leur département d’origine
grâce à ce format. De plus, on peut y voir une
dimension écologique, car cette forme permet
de réduire considérablement l’impression papier.
La relation entre le journaliste et son lectorat
a également changé : à travers le forum les
internautes peuvent partager leur ressenti sur les
événements qui les ont marqués ou même réagir
quant aux modifications à apporter au site afin
d’en améliorer la navigation. Cependant, l’afflux
de commentaires s’est révélé tel que le journal a
maintenant recours à une entreprise spécialisée afin
de gérer ces derniers. Enfin, la création d’une page
Facebook a permis de toucher un plus large public et,
de surcroît, une population plutôt jeune en diffusant
gratuitement des flashs d’informations. Les journa-
listes sont donc plus proches de leurs lecteurs et de
leurs attentes.
AB. IE.
L’impact
d’Internet.
Le journal reçoit un message de l’AFP (Agence
France Presse) ou d’un correspondant présent
dans la ville où se passe l’événement important. A
partir du moment où les journalistes apprennent la
nouvelle, ils arrêtent toutes activités comme l’impres-
sion des journaux pour se concentrer uniquement
sur l’événement. Ils envoient ensuite des journalistes
sur les lieux pour discerner le vrai du faux. Puis ils
regroupent les informations pour pouvoir sortir le
journal le plus vite possible, quitte à refaire le journal
prévu pour le lendemain afin d’y insérer l’information.
En janvier 2015, lors de l'attentat à Charlie Hebdo,
la Charente Libre a reçu des messages de lecteurs
disant qu’ils étaient désolés pour eux, car la liberté
de la presse avait été attaquée. La Charente Libre s’est
aussi occupée de la chute du mur de Berlin, de la
fin de la dictature en Roumanie et de l'attentat du
11 Septembre 2001 à New-York. Elle a envoyé des
journalistes sur les lieux pour couvrir spécialement
ces événements.
UB.
La Charente Libre
pendant les «gros
événements»
10
Les TL2 dessinent pour La Charente Libre
11
JP. et AM.
GGC. et MV.
JR.,VR. et CE.
D : Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir
journaliste?
R : Le hasard total. Je n’étais pas du tout parti
pour devenir journaliste. J’ai passé le bac E
Mathématiques et Technique qui n’existe plus
aujourd’hui et qui comportait une partie
technique en ateliers. Ensuite, j’ai fait une
année à l’IUT (Institut universitaire de tecno-
logie) Génie mécanique et Productique à
Angoulême. Et puis, un jour, je me suis dit : je
ne vais pas passer ma vie à calculer la résistance
des poutres parce que je m’en moque en fait!
(rires). Donc là, j’ai commencé à me chercher
un peu, j’ai voulu à un moment faire carrière
dans le cinéma. Pas acteur, je voulais écrire
des films, des choses comme ça… Mais bon,
c’était compliqué, parce qu’à l’époque il n'y
avait pas du tout de tournage en Charente. Je
suis parti à Poitiers faire un DEUG (Diplôme
d'études universitaires générales) Langage,
Image et Communication, qui n’était pas très
intéressant dans le fond, mais qui m’a permis
de faire des expériences à la radio, notamment
Radio Accords à Poitiers, Radio Pulsar, aussi
à Poitiers. Et puis je devais faire un stage,
et il se trouve que je connaissais quelqu’un
qui travaillait dans le milieu du journalisme,
ici à Angoulême, et qui m’a trouvé un stage
d’un mois à la Nouvelle République à Poitiers.
C'est là que j’ai découvert le métier! Le pre-
mier jour, nous avons été sur un meurtre.
Nous sommes rentrés dans un immeuble où
il y avait du sang partout, bref, c’était un peu
bizarre. En un mois, j’ai assez vite compris
que ce métier-là, c’était presque la synthèse
de ce que j’aimais, à savoir: être au contact
des gens et écrire. Même si j’ai fait des études
scientifiques, je me suis rendu compte que
j’aimais écrire et participer au débat de la vie
publique. Donc voilà, c’est le hasard. Au bout
du mois de stage, je me suis dit : comment
dois-je faire maintenant pour continuer? Je ne
suis pas quelqu’un fait pour les études, l’école
m’a toujours ennuyé. J’ai essayé de m’accro-
cher pour rentrer par la petite porte. Je suis
devenu correspondant de presse, une espèce
de sous-pigiste et travaillais toujours pour la
Nouvelle République à Poitiers. J’ai pu faire
pas mal de choses, notamment dans le milieu
culturel, puisque le journaliste qui s’occupait
à l’époque de la page Culture avait décidé que
tout ce qui se passait après 17 heures, c’était
trop tard pour lui. Du coup, en tant que
pigiste, ça m’a permis d’aller voir des concerts,
de rencontrer des artistes, de faire plein de
choses… Mais ça, c’est le côté un peu facile
du métier. En même temps, ça m’a permis de
mettre un pied à l'étrier. Après j’ai commencé
à avoir des contrats, et de contrat en contrat,
je suis devenu ce que je suis aujourd’hui!
12
Interview de Richard Tallet, journaliste à
La Charente Libre
V : Est-ce que pour faire ce métier, il faut
savoir maîtriser plusieurs langues?
R :J’aienviededireouietnon…Globalement,
dans la vie, c’est bien de maîtriser plusieurs
langues. Après, dans ce métier-là… Moi, à
l’échelle où je le fais, il suffit que je parle le
français, ça me suffit bien, si je pouvais parler
patois charentais ça m’aiderait un peu…
(rires). Le français me suffit bien, même s’il
m’est arrivé de faire des interviews en anglais,
et de partir à l’étranger. Quand on travaille
en presse quotidienne régionale à 98 %, on
a besoin de savoir parler français le mieux
possible. Après, il y a d’autres titres et d’autres
affectations du journaliste qui font qu’on peut
être amené à avoir besoin de savoir parler
plusieurs langues. De toute façon, c’est bien
de parler plusieurs langues, parce que c’est
un enrichissement culturel. Et lorsque l'on se
rend à l’étranger, c’est un atout pour pouvoir
communiquer avec d’autres cultures.
M : Justement, depuis que vous êtes journa-
liste, est-ce que vous avez un sujet que vous
avez préféré traiter? Un sujet qui vous a vrai-
ment marqué?
R : UN sujet, c’est compliqué parce que des
sujets j’en ai fait des dizaines de milliers…
Il y a des «styles» de sujets, ou de «grands»
sujets qui m’intéressent. Je me suis beaucoup
intéressé à l’économie du cinéma en Charente
par exemple, qui est un sujet passionnant
et auquel je m’intéresse toujours. Je me suis
aussi intéressé au rôle de l’armée dans les
conflits extérieurs, ce qui m’a permis d’aller en
Afghanistan et en Côte d’Ivoire. Ce sont des
sujets qui sont marquants. Ce qui fait le vrai
intérêt du métier de journaliste généraliste
que je suis. Puisque je travaille en presse
quotidienne régionale, je suis amené à traiter
TOUS les sujets et c’est ça qui est intéressant.
C’est-à-dire qu’on n’est pas spécialisé dans un
seul secteur. On a des domaines de prédilec-
tion, parce que c’est primordial, c’est ce qui
permet d’avoir un réseau et des ressources
importantes si on en a besoin pour un sujet,
mais on peut être amené à traiter TOUT.
Et, c’est ce qui fait la force et la richesse du
métier. C’est-à-dire que je peux être le matin
avec le préfet de la Charente et l’après-midi
avec quelqu’un de parfaitement inconnu, qui
vit avec le RSA (Revenu de solidarité active)
et qui me raconte sa vie. Des sujets mar-
quants ?… Partir en Afghanistan quatre jours
c’est marquant. Parce qu’on est en zone de
guerre, parce que c’était la première fois que
je faisais un reportage avec un gilet pare-balles
et un casque lourd… Il y a aussi des ren-
contres qui sont marquantes. Entre Noël et
le Premier de l’an, l’année dernière, j’ai fait
un sujet sur «la France des oubliés», c’est-à-
dire ces gens qui, aujourd’hui, s’abstiennent
ou votent FN (Front National). Donc je suis
allé à leur rencontre, dans les petits villages où
ils vivent, pour essayer de comprendre. C’est
marquant parce qu’ils renvoient des choses sur
notre société qui sont de véritables éléments
de réflexion et qui sont vraiment intéressants
et enrichissants. Des sujets marquants il y
en a tous les jours. Et c’est difficile d’en faire
ressortir un!
MB., VD. et DB.
13
En février dernier, les documentalistes ont invité
François Pilorget, libraire itinérant (Des Livres et
des Mômes), à la Médiathèque des lycées Marguerite
de Valois et Jean Rostand pour une journée lecture.
A cette occasion, elles ont convié des classes et des
élèves en autonomie à venir découvrir des nouveau-
tés littéraires et à participer à un choix d’ouvrages
pour la médiathèque. Ainsi, sur la journée complète,
François Pilorget a présenté ses coups de cœur aux
élèves, s'est rendu disponible pour répondre à leurs
questions, pour les orienter vers tel ou tel livre… et
surtout leur a donné ou re-donné envie de lire !
Romain, élève de seconde, accompagné d'Alyssa,
a saisi cette opportunité et mené un entretien avec
ce libraire qui a une vision très personnelle de son
métier.
Romain : Bonjour François Pilorget ! Vous êtes
libraire itinérant, expliquez-nous en quoi cela
consiste.
François Pilorget : Je n'ai pas de librairie avec
magasin. Je me déplace d'établissement scolaire
en établissement scolaire pour présenter des livres
« coup de cœur » aux élèves et aux enseignants.
Romain : Quels impacts a votre métier au sein de
votre famille ? Car avec tous ces déplacements, ça
ne doit pas toujours être facile ...
François Pilorget : Au contraire, j'aime la liberté,
ma femme aussi, donc ça nous va très bien ! C’est
plus pour mon fils qui est en 4e
que je suis frustré. En
effet, tous les jours j’incite des élèves que je rencontre
à lire des livres, j’arrive à leur donner envie de les
découvrir. Mais je n’y arrive pas avec mon fils, il ne
s’intéresse pas aux livres que j’ai aimés et préfère lire
autre chose. Pour en revenir au fait d’être itinérant,
c’est vraiment bien car je rencontre beaucoup de
monde et vois des paysages très différents en fonction
des zones géographiques où je me déplace. J’aime
bouger et découvrir !
Des livres et des élèves :
une journée lecture à la Médiathèque
Romain : Est-ce que ça vous arrive de vous dépla-
cer loin pour présenter de nouveaux livres ?
François Pilorget : J'habite Poitiers, je navigue sur
toute la Charente, le Maine-et-Loire, la Charente
limousine. Ce sont les établissements scolaires qui
font appel à moi, soit à l’initiative des professeurs-do-
cumentalistes, soit à celle des professeurs de Lettres
ou des instituteurs.
Romain : Quelle a été votre motivation principale
pour devenir libraire ?
François Pilorget : C'est aimer lire et aimer les
livres ! Et puis c'est aussi le hasard de la vie qui fait
qu'il y a eu une opportunité de travailler dans les
livres : la porte s'est ouverte, je l'ai prise et y suis
resté. Au départ, je n'étais pas parti pour faire ce
métier, mais j'ai aimé et je continue.
Romain : Quelles études faut-il faire pour devenir
libraire ?
François Pilorget : J'ai fait des études de technologie.
Donc rien à voir avec les livres. Ensuite, j'ai eu envie
de faire une fac d'Histoire. Mais maintenant, il y a
des études spécifiques pour être libraire, notamment
des DUT (diplôme universitaire de technologie).
Moi, j’ai appris « sur le tas ». Ce dont tu as besoin
c’est évidemment d’aimer les livres et de trouver des
financements pour acheter ton fonds de livres. Il faut
convaincre les banques que ça va marcher!
Romain : Vous n’avez pas parfois envie d’avoir
votre propre librairie « magasin » ?
François Pilorget  : Non, vraiment, mon
fonctionnement me plaît ! Le fait d'avoir une librairie
m'empêcherait de voyager et d’aller à la rencontre
des lecteurs et surtout des petits lecteurs ou des non
lecteurs. Ce sont ces derniers qu’il est intéressant
de convaincre. De plus, aujourd’hui, ouvrir une
librairie est très difficile car nous avons affaire à
14
Métiers du livre : nous vous invitons
également à visionner l'intervention
de Loïc Nehou, directeur des Editions
Ego comme X à Angoulême, devant les
élèves de Seconde 3.
une concurrence énorme de la part des grosses
maisons ou de franchises, notamment sur Internet.
De nombreuses librairies indépendantes ferment à
cause de ça et du budget que représente un fonds de
commerce. C’est pourquoi je préfère aller au devant
du client en lui proposant des services différents.
Romain : Quelles sont les plus fortes demandes ?
François Pilorget : La demande des élèves, c'est :
« surprenez-moi », « faites-moi découvrir des coups
de cœur » ! En lisant, j'essaie de voir quels livres
peuvent plaire aux élèves en fonction de leur âge et
de leur niveau de lecture. Et puis, ce sont vraiment
ceux que l’on a le plus aimés qu’on va savoir pré-
senter le mieux et donc vendre le plus. Cette année,
celui que je vends le plus c’est 10 jours sans écran. Ce
roman invite le lecteur à se libérer de tout écran :
toi, tu pourrais y arriver ?
Romain : Euh, difficilement ! Quels sont vos coups
de cœur 2015 ?
François Pilorget : Il y en a beaucoup… Mauvaise
connexion, c’est un livre sur une jeune fille qui croit
rencontrer un garçon sur Internet ; mais en réalité,
c’est un prédateur sexuel. Ce livre montre comment
ces prédateurs sexuels manipulent leur proie et com-
ment on peut s’en sortir. Il y a aussi  Résurrection, un
livre qui marche beaucoup. Nous sommes plon-
gés dans la science et la médecine qui fabrique
des humains. La jeune fille qui vient d’être fabri-
quée à partir de morceaux d’autres personnes va
raconter son histoire. Elle va tenter de s’intégrer
dans la société sans savoir ce qu’elle est… Une
Frankenstein des temps modernes… Je pourrais
encore en présenter des dizaines ainsi :  Les petites
reines, Les carnets de Cerise, Alisik…
Romain : A ce jour, quel bilan tirez-vous de
votre expérience ?
François Pilorget : Je ne fais pas de bilan, j’aime
mon métier et tant que j’arrive à gagner ma vie,
je continue!
Romain : Des projets?
François Pilorget : Oui, je continue à m'investir
dans le Prix des collégiens et lycéens de la Charente
et j'aimerais aussi proposer des rencontres avec des
auteurs dans les établissements scolaires.
Romain  : Merci, François Pilorget, d’avoir
répondu à nos questions.
François Pilorget : Merci à vous de l'intérêt que
vous m'avez porté !
15
16
Marion, chanteuse,
dite Lylaux
Le Lycée Marguerite de Valois a l’honneur
de compter parmi ses élèves des person-
nalités particulièrement talentueuses. L’une
d’entre elles se prénomme Marion et est élève
de Seconde. Elle chante en s’accompagnant
à la guitare et compose ses chansons. Une de
ses camarades, Luna, également en seconde,
l’a interviewée pour Paquebot. A l’issue de ce
sympathique entretien, Marion a pris sa gui-
tare et nous a interprété l’une de ses dernières
compositions en avant-première.
– Bonjour Marion!
– Bonjour!
– Quel âge as-tu?
– J’ai quinze ans.
– En quelle classe es-tu?
– Je suis en Seconde.
– Quelle orientation envisages-tu?
– Je n’en ai aucune idée parce que je ne veux pas
me fermer de portes. Je ne veux pas m’entêter
dans une direction; c’est pourquoi je préfère ne
pas choisir pour l’instant. Je vais attendre un
peu, il me reste encore deux ans et demi!
– Est-ce que tu t’investis dans le lycée?
– Oui, je m’investis, je fais partie du CVL et du
FSE!
– Qu’est-ce que le CVL et le FSE?
– Le Conseil de la Vie Lycéenne, c’est le
cœur du lycée. Ses membres organisent des
animations qui se passent dans le lycée. Le FSE,
c’est le Foyer Socio-Éducatif. Cela concerne
notamment les événements sportifs du lycée.
– As-tu des activités en dehors du lycée?
– Oui, bien sûr! Je fais de l’équitation, de la
guitare et du chant!
– Depuis combien de temps apprends-tu à
jouer de la guitare?
– Ça fait quatre ans que j’apprends à en jouer.
– Pourquoi la guitare? Quelle a été ta
première rencontre avec la musique?
– Il se trouve que ma maman voulait être
professeure de musique avec comme instrument
référent, le piano. Mais elle aimait aussi la
guitare et je me suis dit pourquoi ne pas faire
comme elle puisque je trouvais ça moins
encombrant qu’un piano! J’en ai donc demandé
une au Noël qui a suivi et c’est comme ça que
tout a débuté.
– Donc, dans ta famille, on est en contact
avec la musique?
– Oui c’est cela!
– As-tu déjà fait des concerts?
– Oui, j’ai déjà fait une quarantaine de
concerts.
– Ce n’est pas stressant de montrer son talent
au grand public?
– Si, c’est très stressant! Surtout au début. Tu
ne peux pas ne pas être stressée quand tu fais un
concert, ce n’est pas possible! Sinon tu n’es pas
une artiste. Donc, je suis toujours stressée, avec
une certaine poussée d’adrénaline, ce qui n’est
pas forcément un stress désagréable finalement!
– Il me semble que tu es interne au lycée.
Alors comment fais-tu pour concilier les
études et la guitare?
– Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis
autodidacte et que, par définition, je peux
continuer à apprendre à l’internat sans
problème. Principalement le soir et les
mercredis après-midi. Mais en général, à
l’internat, je travaille et comme ça, le week-end,
j’arrive à jouer de la guitare.
– Quelles sont tes influences musicales?
– J’écoute beaucoup de musiques différentes.
– Est-ce que tu interprètes ou bien tu
composes?
– Je compose et j’interprète!
– As-tu déjà travaillé ta voix en prenant des
cours?
– Non, je n’ai jamais pris de cours et je suis
totalement autodidacte.
– Tu as donc dit que tu étais autodidacte
pour la guitare et pour le chant, mais fais-tu
aussi des arrangements toi-même ou est-ce
un ami qui s’occupe de ça?
– Je fais mes arrangements moi-même c’est-
à-dire que, quand j’écoute une chanson et
qu’elle me plaît, je vais chercher les accords sur
Internet puis je l’écoute une ou deux fois. Le
simple fait de ne pas la réécouter beaucoup me
permet de mieux me l’approprier et de la faire à
ma manière!
– As-tu un rêve?
– Comme tout artiste, j’aimerais être connue,
mais après on verra dans le futur.
– Aurais-tu un mot pour ceux qui écoutent
et qui, peut-être, n’osent pas dévoiler leurs
talents?
– Allez-y! Parce que même ceux qui chantent
dans leur salle de bain et qui trouvent qu’ils
chantent très mal devraient tenter l’aventure :
lancez-vous! Vous verrez bien ce que ça donne :
parce que moi, c’était mon cas au début. Je ne
chantais devant personne; juste devant moi-
même et finalement ça a bien marché. N’ayez
pas peur!
– Peux-tu nous interpréter quelque chose?
– Oui, sans problème! Je vais vous
interpréter «Je ne sais pas» qui est une de mes
compositions.
17
Je ne sais pas
Je n’sais pas, comment vous raconter
Le début de mon histoire.
Je n’sais pas (x13)
Ha ha ha…
Ah si, j’ai trouvé
comment vous le raconter.
Je n’étais qu’un petit bébé
Je n’arrêtais pas de pleurer
Un peu normal pour un bébé
De tout le temps chouiner.
Je n’sais pas, comment vous raconter
La suite de mon histoire.
Je n’sais pas (x13)
Ha ha ha…
Et un beau jour ça a changé
Je devais aller à l’école
Je n’étais plus un petit bébé
Mais un simple écolier
L’école je n’aimais pas trop ça
Je préférais rester chez moi
Je n’sais pas, comment vous raconter
La suite de mon histoire.
Je n’sais pas (x13)
Ha ha ha…
Et pour me changer les idées
Dans la nature, je me suis évadée,
Je pense l’avoir toujours aimée,
Car j’y passe toutes mes journées
Rien que d’en parler, j’veux y aller
Allez, j’vous laisse, moi j’vais jardiner
Je n’sais pas, comment vous raconter
La suite de mon histoire.
Je n’sais pas (x13)
Ha ha ha…
Et puis Noël est arrivé
Et la guitare qu’j’avais commandée
Pendant des mois j’l’ai ignorée
Pour un jour enfin la gratter
Ma petite voix s’est enfin posée
Sur mon instrument préféré
Je n’sais pas, comment vous raconter
La suite de mon histoire.
Je n’sais pas (x13)
Ha ha ha…
Je ne sais toujours pas…
Photos © Lylaux
Composition: Marion (Lylaux)
http://www.marion-chanteuse.com/
19
MDV News, journal des BTS
(Brevet deTechnicien Supérieur)
Communication1ère
année,a
consacré son dernier numéro
aux métiers méconnus du
Lycée Marguerite de Valois.
Ils nous ont aimablement
autorisés à reproduire cette
enquête détaillée.
MOOK MDV News
Chef des travaux:
un métier en construction
Après une longue période d’attente, le lycée Marguerite de Valois accueille aujourd’hui son nouveau
Chef des travaux. Chef de travaux, mais pas que… Marie Foueillassar nous livre ses impressions sur
sa nouvelle fonction jusqu’à présent méconnue.
Àpremière vue son travail rebute : bureau jonché
de papiers administratifs, piles de dossiers
multicolores, armoires de rangements à perte de vue…
Anciennement professeure d’Eco-gestion pour
les séries technologiques, l’administratif devient
alors progressivement sa nouvelle vocation. C’est
ainsi qu’elle occupe durant treize ans un double
poste, jusqu’à ce qu’elle décide finalement de se
consacrer entièrement à ce qu’elle aime, la gestion
administrative. Pourtant l’activité de Mme Foueillassar
n’est pas seulement bureaucratique.
La proviseure-adjointe témoigne
«
Cela fait plusieurs années que l’établissement
demande un Chef des travaux auprès du
Rectorat. Cette année, nous avons trouvé cette
personne à mi-temps. Cette décision a été une très
bonne chose pour le lycée, car Mme Foueillassar
arrive à mener toutes les actions au sein de l’activité
tertiaire.»
Coordinatrice, animatrice, conseillère, gestionnaire…
Marie est une femme déterminée qui a choisi ce
métier avant tout par passion. Grâce à son regard
d’experte et ses conseils avisés, cette «supergirl» est
d’une aide précieuse pour les élèves et les professeurs.
Ce que l’on peut dire c’est que cette nouvelle
coordinatrice du secteur tertiaire ne manque pas
d’ambition : elle envisage d’aménager une dizaine
de salles informatiques, de démarcher plusieurs
entreprises pour les stages et de permettre aux élèves
de voyager à l’étranger… Et ce n’est pas non plus ce
labyrinthe de couloirs qui empêche cette femme
dynamique de traduire les aspirations d’un personnel
toujours en quête d’améliorations. L’expérience
pédagogique de Marie est un atout pour le lycée.
Vous l’aurez donc compris, Marie Foueillassar est
primordiale au bon fonctionnement de l’établissement.
Par Sabrina M.
et Adèle B.
Les métiers méconnus de MDV
20
MOOK MDV News
Par Amandine L.
et Kazek K.
Son métier
Il assure l’entretien des constructions, habille les
murs et les plafonds, maîtrise les finitions.
Il nous fait découvrir son monde, trop longtemps resté
dans la pénombre.
Après avoir suivi un CAP (Certificat d'aptitude
professionnelle) de peintre à Ruffec, il est directement
entré dans le monde du
travail.
Dix-huit ans à travailler pour
le lycée lui ont permis de
réaliser différents projets.
L’internat a été un de ses plus
gros projets professionnels et
créatifs en collaboration avec
des élèves.
«Ils ont pu donner leurs avis
selon leurs goûts, aussi bien au niveau des couleurs
que des motifs», explique Lionel.
Polyvalent et impliqué dans son travail, il n’hésite pas
à aider ses collègues lorsqu’ils en ont besoin… Du
déménagement à la soudure, tout y passe!
Il considère son métier comme un des plus
beaux du monde, mais concède, fataliste : «La vie
professionnelle pourrait être plus belle si le partage
était plus grand».
L’artiste
Derrière ce peintre en
bâtiment se trouve un
artiste attachant, amoureux de
la création et de la beauté des
couleurs. Il mène en parallèle une
vie plus artistique et pratique un
art martial traditionnel, le wado
ryu qu’il transmet à des élèves.
Cela lui permet un véritable
détachement de la réalité.
«… comme la peinture, c’est une forme d’art qui
permet de s’exprimer» affirme-t-il, convaincu.
Un esprit zen dans un corps sain, Lionel, peintre
amusant, a une manière à lui de voir la vie. Il nous
murmure ces quelques mots, en guise de morale,
sur ses principes : «que la vie soit belle, et vivons en
harmonie, paix, sagesse et sérénité».
Lionel Caparos, seul peintre en bâtiment du lycée Marguerite de Valois, a plusieurs
cordes à son arc… Esprit zen et philosophe, artiste peintre à ses heures perdues, il
nous fait part de ses maximes de vie.
Un peintre
haut en couleurs
«Les agents sont essentiels à la bonne
ambiance de l’établissement»
Les métiers méconnus de MDV
21
MOOK MDV News
Le chevalier aux
Marguerites
Il était une fois un poète passionné par les arbres, les fleurs, la nature…
Un homme dévoué…
Certes, il travaille seul, mais cela ne l’a pourtant
pas empêché de prendre sous son aile de fidèles
apprentis. Ce statut de maître d’apprentissage est une
grande fierté pour lui. Ils ne sont pas trop de deux
pour s’occuper des quatre hectares d’espaces verts et de
deux hectares de voiries.
Si vous le croisez, vous le verrez toujours avec sa
bonne humeur communicative. Une fleur vous
intrigue, une plante retient votre attention , n’hésitez
pas à le solliciter. Laurent Cornu sera ravi de partager
avec vous ses connaissances et sa passion.
Par Anaïs A.
et Charlène A.
Un travail varié…
Vaincre la végétation
abondante. Débroussailler
des centaines d’arbres
récalcitrants. Ramasser des
centaines de mégots jonchant
le parvis. Dépouiller le sol de son herbe. Se battre
contre vents et marées. Quel que soit le temps,
voici toutes les tâches accomplies par ce chevalier
aux fleurs. Il lutte depuis vingt-six ans pour garder
l’établissement resplendissant. En effet, qu’il
pleuve, qu’il vente ou sous une chaleur harassante,
vous le trouverez dehors, bichonnant ses fleurs,
tondant ses pelouses. Cet aède énergique est
toujours présent pour embellir son domaine.
Cette besogne bien ardue, il l’effectue seul.
L’unique compagnie de ses plantes ne le contrarie
point, bien au contraire!
«C’est immense, j’ai vraiment
beaucoup de travail […] je mets une
semaine à tondre tous les espaces
verts et, quand j'ai fini d’un côté, il
faut recommencer de l’autre…»
Les métiers méconnus de MDV
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MOOK MDV News
La technologie
a deux visages…
Par Coline R.
et Chloë M.
Ils représentent la technologie, la modernité, la nouvelle ère du
numérique. Au sommaire aujourd’hui, une espèce en voie de
disparition et un Big Brother en formation!
«Un éléphant en voie de
disparition»
Fan de Blues-Passion à Cognac,
festival de musiques principalement
afro-américaineset de photographie,
Laurent Porcher gère le son, la lumière et
les supports multimédias du lycée. Avec son
matériel personnel, il participe à des projets
audiovisuels, notamment en salle polyvalente,
et à l’occasion, à des «photo-shootings». Il
photographie et capture le patrimoine de
l'établissement pour illustrer le site web du
Lycée Marguerite de Valois. C’est lui qui a la
charge d’immortaliser le séminaire des BTS.
«Je suis là pour vous», nous confie-t-il…
«Je dépanne et répare, selon vos besoins, le
matériel». Aujourd’hui proche de la retraite
c’est peut-être l’un des derniers responsables
audiovisuels de France, dans un lycée!
Le nouveau Big Brother?
Ala tête de plus de 800 ordinateurs et de plusieurs
serveurs, Antony Jonquer, responsable
informatique, est capable de surveiller ce que chacun
fait sur les ordinateurs du lycée Marguerite de Valois!
Espionnerait-il ce que les élèves et les professeurs font
sur leur ordinateur? «C’est inutile, ce n’est pas mon
boulot.» Antony est un homme respectueux des droits
fondamentaux. Son travail se limite à la gestion, à la
réparation et à la sécurité du matériel informatique.
Il s’occupe notamment des pare-feu qui apparaissent
lorsque vous n’avez plus accès aux réseaux sociaux
pendant les cours.
 
Ce métier est une vraie passion pour lui. Manier
un ordinateur est inné, il est comme tombé dans
le chaudron de l’informatique. Ses journées
peuvent s’avérer parfois pleines de surprises…
Tout peut arriver. Mais si vous avez un doute sur le
fonctionnement d’un logiciel? Un problème avec un
ordinateur? Apportez-lui une crêpe et vous aurez
toute son attention.
Les métiers méconnus de MDV
MOOK MDV News
Les anges gardiens
du couloir
scientifique.
On les connaît peu, ils sont invisibles et pourtant leur présence se fait sentir.
Mais quelle est donc cette profession méconnue?
C’est au troisième étage, le long d’un couloir peint
en bordeaux, que nous poussons la porte d’un
bureau afin d’en percer tous les secrets.
Dans une grande pièce faiblement éclairée et froide,
nous découvrons une table de laboratoire couverte de
multiples flacons, tubes à essai et diverses solutions.
Des armoires et des placards débordent de bouteilles
et de boîtes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
Des activités variées
Ce sont les «Pierre et Marie Curie» du lycée. Leur
complémentarité saute aux yeux. Chacun a sa
spécialité; cependant si l’un commet une erreur, l’autre
la corrige et vice versa.
Thierry travaille dans l’établissement depuis 1982,
Chantal depuis 1999.
Aujourd’hui, ils se disent ravis de partager ce poste.
Le métier est varié et les satisfait pleinement. Ils ont de
l’autonomie et la sécurité de l’emploi malgré certains
inconvénients…
Ainsi, un après-midi, Chantal n’a cessé de se frotter
les yeux suite à l’utilisation d’un produit chimique
urticant : l’anis étoilé.
Les adjoints techniques de la recherche et de
l’information sont informés en permanence des
avancées technologiques et scientifiques. Ils sont
également en contact avec les jeunes… de quoi garder
une certaine vivacité d’esprit!
Ce travail nécessite rigueur, travail d’équipe,
réactivité, anticipation, adaptation et le sens de la
communication.
Chantal a le mot de la fin : «Nous sommes les anges
gardiens scientifiques de ce lycée».
Par Fanny K.
et Corentin N.
Une responsabilité importante
I
ls sont au travail, s’activent avec des gestes précis et
minutieux. Chantal et Thierry, adjoints techniques
de la recherche et de l’information, se définissent
comme un duo nécessaire à la bonne tenue des
travaux pratiques.
Dans leur espace du troisième étage, loin du regard de
tous, ils s’occupent de la gestion du matériel, manient
et renouvellent les stocks auprès des fournisseurs,
choisissent et installent le matériel pour les
expériences demandées par les enseignants pour leurs
classes.
«C’est un métier valorisant
et évolutif»
Les métiers méconnus de MDV
MOOK MDV News
Un métier au
service des autres
Premier contact physique ou téléphonique, l’agent
d’accueil est «LA» personne incontournable.
Par Morgane B.
et Elsa G.
Un emploi du temps serré
Véronique Ratier, Olivier Termenière : passionnés,
souriants, accueillants et diplomates, des qualités
indispensables pour être un bon agent d’accueil.
Six heures du matin, la ville d’Angoulême dort encore.
Pourtant Olivier est déjà sur le qui-vive, ouvrant les
portes de l’établissement et commençant son tour de
surveillance.
Dès l’arrivée des premiers occupants, il se tient prêt
à accueillir, à renseigner et à orienter toute personne
interne ou externe aux lycées Marguerite de Valois et
Jean Rostand et ce, jusqu’à onze heures, heure d’arrivée
de sa collègue, Véronique.
11heures tapantes : elle s’affaire à récupérer le
courrier, à le trier, à le distribuer dans les
différents bureaux, à l’affranchir et à le composter.
En parallèle, ces deux agents d’accueil ont pour rôle
de s’occuper du standard des deux établissements,
ainsi que de faire des surveillances, sur les caméras
et sur l’alarme.
Douze heures : alors qu’Olivier a rejoint Véronique
pour prendre la relève, ils s’accordent tous deux
sur le fait qu’être aux portes de l’établissement ne
présente pas que des avantages : «Nous nous faisons
souvent agresser par des gens de l’extérieur par
rapport aux désagréments occasionnés par les élèves.
Les habitants se plaignent que les jeunes laissent
traîner leurs détritus (emballages, mégots,…) et
s’installent en bas de chez eux. Ils viennent nous
voir directement pour régler leurs comptes puisque
nous sommes en première ligne». Cependant, ils
restent professionnels, gardent le sourire et la bonne
humeur en se tenant à notre disposition.
«Après trente ans au sein de l’établissement, avez-
vous remarqué des évolutions?» «Du fait de
notre position et de nos années d’expérience, nous
remarquons certaines évolutions concernant notre
métier, l’établissement et les élèves eux-mêmes. Le
matériel s’est développé, il faut donc s’adapter et se
former en conséquence. Le lycée, quant à lui, est de
mieux en mieux aménagé. Cependant cela ne semble
jamais assez. Quant aux élèves, ils sont de moins en
moins respectueux et de plus en plus
difficiles» a répondu Véronique. Olivier
acquiesce.
20 h sonnent, l’établissement
est vide, Véronique ferme les
portes. Place au veilleur de nuit.
Les métiers méconnus de MDV
25
MOOK MDV News
Self in the city
Des produits frais, de bonnes conditions de travail, un matériel de pointe…
La cuisine de Marguerite a tout pour plaire!
Par Alexandre T.
et Florian G.
10 h! Nous trépignons d’impatience de
commencer l’exploration de la cuisine centrale.
C’est avec amusement que nous enfilons la tenue
hygiénique sous les yeux d’Hervé, le chef de
production.
Nous voilà fin prêts! Hervé nous fait pénétrer
dans le cœur de Marguerite. Il sera notre guide
tout au long du voyage.
Après ce moment intense, nous quittons notre
équipement et nous nous attablons avec Hervé
afin d’en apprendre plus.
Après 15 ans de restauration traditionnelle et
8 ans au CROUS (Centre régional des œuvres
universitaires et scolaires) de La Rochelle, il a
rejoint l’équipe de Marguerite cette année. Passionné
de vin, il a, en complément, suivi une formation
de sommelier pour en apprendre plus sur une de
ses passions. Nous buvons ces paroles lorsqu’il
nous narre ses expériences et nous donne des
détails sur le travail effectué à la cuisine centrale.
On y apprend alors les subtilités de l’équipement
de pointe qu’il utilise avec sa dizaine de collègues.
«Le matériel est en constant renouvellement», nous
dit-il. En attestent les prochains investissements
en matière de cuisson de nuit, écologiquement
et économiquement plus intéressante. Un projet
d’agrandissement de la cuisine centrale est en cours
pour faire face à l’hypothétique augmentation de la
demande provoquée par le potentiel rattachement
de deux établissements supplémentaires.
Les salles défilent et ne se ressemblent pas,
chacune recelant de nouvelles surprises. Des
produits frais, un matériel de congélation calibré
et divers espaces de préparation des produits.
Nos têtes « encharlottées» et nos yeux curieux se
repaissent de ce qu’ils voient et des informations
dont notre guide nous abreuve.
Ce monde qui s’offre à nous est néanmoins régi
par des règles bien précises. En effet, s’il est si
agréable de visiter la cuisine, c’est que tout a un
ordre bien précis. Pas de carton ni d’emballage
après le sas. Rien ne se croise! Chambres froides
et fours ont leur température précise. Les gestes
sont exécutés méthodiquement par des mains
expertes. Le tout pour pas moins de 5000 repas
par jour dont 1400 pour la cité scolaire
Marguerite de Valois.
Les métiers méconnus de MDV
MOOK MDV News
Les gardiennes du savoir.
Un vaste espace lumineux de 1 000 m2
, 90 places assises et 12 salles annexes à gérer…
C’est dans la plus grande médiathèque de l’Académie, proposant près de 50 000 documents, qu’Annick
Louboutin et Aurore Martin – professeures-documentalistes –, se livrent à nous. Elles nous entraînent
dans leur univers pour nous faire découvrir leur métier et leurs projets…
C’est le métier qui me donne envie de me lever
le matin!» Pensez-vous qu’Aurore Martin se
destinait réellement à la documentation? Eh bien non.
Figurez-vous qu’enfant, elle rêvait de devenir bergère!
Même si le métier de documentaliste n’était pas sa
vocation, elle a réussi à en faire un bonheur quotidien
puisqu’il lui permet d’être au cœur de la culture. Nos
deux expertes du livre et des médias nous dévoilent la
recette d’une bonne documentaliste : prenez un brin
de passion, mélangez-y un soupçon d’envie et une
pincée de rigueur!
Annick nous confie : «Il est important d’avoir un
rêve dans un métier!» Le cœur de leur travail
consiste à gérer un centre de documentation à destina-
tion de la communauté scolaire et particulièrement à
destination des élèves et des étudiants.
Si Annick et Aurore adorent leur métier, elles ressentent
néanmoins de la frustration quand elles ne peuvent pas
exercer pleinement toutes leurs missions, compte-tenu
de l'importance de la structure et de la multiplicité des
tâches : gestion des abonnements et des commandes,
veille et analyse documentaire, éducation aux médias et
à l'information, impulsion et suivi de projets culturels,
autour de la lecture et de l'écriture notamment.
Cependant, nos deux documentalistes conservent
leur enthousiasme juvénile au contact des élèves.
«Cette relation nous procure une bouffée d’air frais»,
s’exclament-elles et de rajouter: "La collaboration avec
nos collègues professeurs de toutes disciplines est très
enrichissante". L'opportunité de mettre en place des
projets les stimule énormément. «Le grand projet de
la médiathèque, cette année, est de réaliser un mook
(contraction de magazine et de book) culturel qui
s'appellera Paquebot ». Cette revue pluridisciplinaire
abordera plusieurs domaines culturels. Une version
numérique donnera la possibilité d’accéder à des
informations sur le web (vidéos, articles…). Patience,
sa sortie est prévue courant mai!*
* Note de l'éditeur : ami lecteur, il s'agit de la revue que vous tenez entre vos mains.
«Nous sommes des «passeuses»
de savoir»
Par Oriane G.
et Lola D.
Les métiers méconnus de MDV
MOOK MDV News
La médecine douce
Regard bienveillant, voix douce, l’infirmière est toujours prête à soigner, en restant à l’écoute des élèves.
Avec professionnalisme et ouverture d’esprit, Magali Antona a toujours le bon remède.
Par Louise P.
et Naïs B.
Femme de conviction…
Après un passage à l’hôpital au service
cancérologie, elle se dirige vers la médecine
scolaire. C’est de son plein gré qu’elle exerce dans notre
lycée depuis deux ans. En effet, elle voit son travail
comme un véritable engagement auprès des jeunes en
vue de les sensibiliser à la prévention.
Projets d’accueil individualisés, appuis psychologiques,
gestion administrative, et prévention, Magali Antona,
en plus de soigner les bobos est une vraie «touche à
tout».
D’un naturel angélique, l’experte médicale joue de
temps à autre «l’avocat du diable».
Certains incidents, entre autres liés à l’alcool, mais
sans conséquences, se produisent à l’infirmerie. Il lui
arrive parfois de jongler avec le règlement pour le
bien-être des élèves. Elle affirme non sans dérision, et
sur le ton de l’humour : «Nous sommes en quelque
sorte des hors-la-loi».
À défaut de pouvoir délivrer des médicaments, Magali
apaise avec les mots et son soutien moral.
… et de confiance.
Une chose est sûre: la pilule passe
toujours avec l’infirmière.
Les métiers méconnus de MDV
MOOK MDV News
Le menuisier fait
feu de tout bois
Irruption dans une pièce débordante de chutes de bois. Un nuage de poussière nous accueille, nous
enserre la gorge et nous pique les yeux: le sol se dérobe sous nos pieds. Au centre, deux machines.
Nous entrons dans un nuage de poussière. La couleur du sol est à peine reconnaissable. Devant la
porte, un homme confronté à sa planche de travail.
Par Ludivine D.
et Mathilde L.
Francis Lacroze, le maître
des lieux, nous présente
son outil de travail. Il exerce
ce métier depuis 25 ans. C’est
le seul menuisier du lycée, il a
la lourde tâche de tout réparer
seul. Et une année au lycée, cela
représente une cinquantaine de
chaises, de tables, 40 serrures
et une quinzaine de lits. Mais il
peut aussi laisser libre cours à
sa créativité, en concevant des
supports pour les fontaines du
self. Plus qu’un métier, c’est également une passion
qu’il exerce depuis ses 11 ans en compagnie de son
père.
Cette théorie
d’Antoine Lavoisier
semble coller parfaitement
à Francis Lacroze. Il
l’adopte très bien pendant
des activités qu’il anime
dans son atelier du lycée.
Pas de chute, pas de
déchet. Il crée, grâce aux
matériaux, de nouveaux
objets, à l’aide de petites
mains d’enfants handicapés
venant d’un autre
établissement. Ils l’assistent
tels des lutins préparant les cadeaux de Noël.
Un très bon moyen pour Francis de transmettre sa
passion, sa joie ainsi que sa bonne humeur.
Francis, «Bob le bricoleur»,
du lycée.
«Rien ne se perd, rien ne se
crée, tout se transforme»
Les métiers méconnus de MDV
MOOK MDV News
Des projets, de l’énergie
et beaucoup de joie
Des magazines, des ateliers, des projets – la culture fait partie intégrante du Lycée Marguerite de Valois. Une
omniprésence qui nous ferait presque oublier la personne au cœur de ces activités. C’est donc tout naturellement
que nous sommes partis à la rencontre de Sophie Duval, notre animatrice culturelle. Chaleureuse et souriante, elle
nous ouvre les portes de son monde qui se révèle surprenant.
Un élan de jeunesse
Bien avant de côtoyer de jeunes lycéens, Sophie,
déjà animatrice, accompagnait un public bien
différent. Elle animait un club du 3e
 âge. Ce grand
écart professionnel, elle l’assume et en tire même
bénéfice. «Travailler au sein d’un lycée après avoir
fréquenté des personnes âgées m’a rajeuni de 20 ans!»
glisse-t-elle avec humour. Et vous, plutôt belotte ou
cours de danse?
Constamment en mouvement
Comment être une bonne animatrice culturelle?
De l’énergie et encore de l’énergie! Son rôle de
sensibilisation des jeunes à l’éducation artistique et
culturelle amène Sophie à proposer des activités, mais
également à y assister. C’est ainsi qu’elle est présente
lors d’actions culturelles autour de l’eau, d’ateliers
photo ou au cours d’interventions sur l’égalité homme-
femme. Vous l’aurez compris, peu de chance de
surprendre notre animatrice culturelle à se tourner les
pouces. Mais où peut-elle trouver toute cette énergie?
Un plaisir partagé
Dans un monde où tout va très vite, Sophie
doit s’adapter en permanence. Son objectif est
logiquement de rassembler le maximum de jeunes.
Alors elle cherche chaque semaine de nouvelles
activités; «Satisfaire les attentes de nos lycéens n’est
pas chose facile», avoue-t-elle.
C’est vrai qu’entre les élèves qui
manquent de motivation et
les indécis, il faut être patient.
Paradoxalement, c’est aussi l’une
des raisons qui fait que Sophie
aime tant son métier; «Ce
n’est pas toujours évident, mais
lorsque j’ai des retours positifs,
quand je vois le sourire des
élèves, j’ai le sentiment d’avoir
accompli une partie de mon rôle,
d’être utile…»
Par Marvin V.
et Denis F.
Les métiers méconnus de MDV
30
MOOK MDV News
C’est du propre !
Les rois du balai! Les justiciers de la propreté! Les as du ménage… vous les croisez tous les jours…
Mais de qui s’agit-il? Sylvie Méral, responsable des agents d’entretien, nous a guidés dans
les méandres du lycée. Droite et rayonnante, vous allez tout savoir d’elle.
‘’ Un métier pas assez reconnu ‘’
Sols lissés, murs brillants, salles rangées… Ils
travaillent dur, matin, midi et soir, les vingt-trois
agents d’entretien dont on entend si peu parler. Ils
veillent à la propreté de l’établissement: 41000 m2
,
3 kilomètres de couloirs, 700 fenêtres, 501 salles
de classe. À nettoyer! À balayer! Àastiquer… Des
journées bien remplies.
‘’ Efficace et perspicace ‘’
Une femme apprêtée, souriante nous a accueillis
chaleureusement un lundi matin. «Je suis très
impliquée dans mon métier», nous confie-t-elle.
Son caractère de battante nous a impressionnés.
Autoritaire quand elle donne les tâches à chacun et
toujours optimiste. Elle a tout d’un manager : entre
le self, l’internat, les salles de réunion, elle est sur
tous les fronts. Elle sait être à l’écoute : «Gérer vingt-
trois personnes, c’est gérer vingt-trois tempéraments
différents».
Toujours au top de sa forme, c’est une personne
entière, un manager hors pair.
Vous la croiserez sûrement dans le couloir du self où
se trouve son bureau. N’hésitez pas à la solliciter…
sympathique et souriante, elle répondra à vos attentes.
Par Pauline J.
et Théo D.
«Gérer vingt-trois personnes, c’est gérer
vingt-trois tempéraments différents»
Les métiers méconnus de MDV
31
L’Alpha,
La nouvelle médiathèque du Grand Angoulême
33
L’Alpha, médiathèque du Grand Angoulême, se situe juste derrière la gare, dans le quar-
tier de l’Houmeau. C’est l’un des bâtiments contemporains les plus remarquables du
Poitou-Charentes et l’un des plus modernes de France. Son projet est original et coloré. La
médiathèque a été créée par l’architecte Françoise Raynaud, ancienne élève de Jean Nouvel,
de l’agence parisienne Loci Anima.
Françoise Raynaud est une architecte à la libre pensée, toujours motivée par la
construction d'architectures à vivre, économes, pratiques, astucieuses et recyclables.
Elle a créé son agence. «Loci Anima» en 2002 et travaille avec une équipe
internationale.
Ses idées, ses plans ont été jugés les meilleurs lors du concours des architectes. C'est donc elle
qui a été choisie pour la construction de l’Alpha. Le bâtiment, vu du ciel, forme un A, d'où
son nom. En grec ancien, l'alpha est la première lettre de l'alphabet.
Il est constitué de cinq blocs rectangulaires de 55 mètres sur 14, empilés. Ces blocs en béton
sont de différentes couleurs : gris, noir, jaune et rouge-bordeaux. Chaque bloc représente un
monde : «la Fabrique», «Créer», «Imaginer», «Comprendre» et «D’un monde à l’autre». À
chaque bloc correspond une ambiance différente. L’ensemble de ces blocs fait penser à un
empilement de livres.
Dans un souci de légèreté, le bloc du haut et une partie du bloc «Comprendre» sont en char-
pentes métalliques, recouvertes de trames de lames d’aluminium anodisé rendu inoffensif.
Chacun des blocs se termine des deux côtés par une grande baie vitrée de 4 mètres sur 13 qui
offre une vue imprenable sur la ville d’Angoulême.
Le bâtiment possède deux entrées : l’une du côté de la gare, et l’autre du côté du quartier
de l’Houmeau. Un parking a également été prévu. À l’extérieur, il y aura un jardin arboré,
sur un espace de 1100 m². Prochainement, une passerelle réunira la gare à la médiathèque.
L’Alpha est une des médiathèques les plus modernes de France. Elle possède une architecture
extérieure originale et colorée qui incite à y pénétrer.
Écrit par Océane L., Léa J.-C. et Alison L.
L'architecture
extérieure et intérieure
34
L’Alpha propose une architecture inté-
rieure étonnante. Les cinq blocs qui la
composent représentent différents mondes
auxquels s’ajoutent un hall, un café, un audi-
torium et une salle d’exposition.
Le hall est considéré comme la pièce prin-
cipale ; c'est aussi un lieu de passage. Il est
entièrement constitué de grandes vitres qui
ouvrent sur l’extérieur.
On y trouve les entrées vers les trois mondes,
Créer, Imaginer et Comprendre, auxquels on
accède par différents escaliers imposants en
béton blanc qui occupent tout l’espace du
hall et qui se rejoignent pour n’en former
qu’un, insonorisé. Un toboggan, parallèle à
l’un des escaliers, est destiné aux jeunes en-
fants.
Le monde Imaginer propose
toutes sortes de romans et
de revues, pour les enfants
comme pour les adultes. On
compte 35000  ouvrages.
On y trouve un accès libre
à des postes de visionnage
ainsi qu’un espace jardin
où l’on peut bénéficier des
services de la médiathèque
tout en profitant d’un espace en plein air.
On peut se reposer dans des sièges étonnants
comme des transats en béton. Une salle de
conte a même été prévue, avec des rideaux
qui, une fois fermés, forment une véritable
pièce. Les couleurs dominantes de la pièce
sont le rouge, l’orange, le jaune, et le marron
pour le sol.
Le monde Créer représente l’espace de l’image
et du son et la salle est lumineuse, car elle est
entourée de baies vitrées.
Cette salle est composée d’un sol arc-en-ciel,
d’une pièce vitrée avec des ordinateurs, d’un
espacedejeu,ainsiqued’unespacedemusique
qui bénéficie de plusieurs instruments mis à
disposition du public : batterie électronique,
clavier, guitare. La salle comporte aussi un
espace dédié aux jeux vidéo, un espace de
visionnage, ainsi qu’un rayon très complet
de BD et des DVD (acronyme anglais :
Digital Versatile Disc ; en français : Disque
numérique polyvalent).
Le monde Comprendre est un espace intellec-
tuel proposant des bureaux pour travailler,
une étonnante salle de réu-
nion aux murs rouges entou-
rée de miroirs à l’extérieur.
On y trouve également des
espaces individuels en forme
de cubes en bois, qui créent
un contraste avec les couleurs
dominantes rouge, beige et
gris. Une terrasse extérieure
avec vue sur la gare le pro-
longe.
En montant deux étages, on découvre un lieu
d’exposition équipé de cimaises. Au même
étage,uneboitejauneadaptéeacoustiquement
sert aussi de lieu d’exposition.
La médiathèque possède également un au-
ditorium en pierre en arc de cercle. Afin de
profiter pleinement des activités, une mezza-
nine dédiée aux enfants est ouverte au-des-
sus du monde Imaginer. C’est la pièce la plus
intéressante architecturalement par sa forme
de cube. Ses couleurs principales sont le
blanc, le gris et le vert. On peut voir aussi
d’étonnantes lampes ressemblant à de gros
ballons vert anis.
L’architecture de ce bâtiment reflète un esprit
de modernité, par ses formes, ses couleurs et
ses adaptations nouvelles. Elle incite à venir
se cultiver et se distraire.
Un mobilier au design
original
Le design du mobilier est très contempo-
rain, à l’image du lieu composé de dif-
férents thèmes. À chacun des bâtiments cor-
respond un mobilier particulier. Plusieurs
designers ont travaillé sur le projet.
Le mobilier est très inattendu. On trouve
ainsi de nombreuses installations pour les
enfants, comme un toboggan, des tapis rec-
tangulaires de différentes couleurs pour qu'ils
puissent s’asseoir par terre sans être sur le sol
froid, des poufs, des petites chaises de toutes
couleurs et de toutes formes. Même les éta-
gères sont adaptées à leur taille.
Nous avons testé des sièges blancs ludiques,
avec un pied rond central, qui tournent sur
eux-mêmes et créés de manière à ce que les
usagers ne puissent pas tomber une fois assis,
ni se blesser en tournant. Nous nous sommes
également assis sur un demi-tronc d’arbre en
forme de banc, sur des chaises formées de
demi-bidons recouverts à l’intérieur d’une
mousse orange, sur des chaises de différents
modèles, en bois et en plastique, une chaise
recouverte de tissu en jean, des tabourets
divers et variés en bois, des chaises hautes de
bar, un tabouret constitué de bouts de bois…
Le choix paraît infini. Il est possible de venir
travailler sur des tables en bois, en plastique
de formes géométriques.
Les luminaires sont modernes et variés. On
trouve par exemple des néons, des lustres
noirs, et même des lampes vert anis
en forme de b a l l o n
pour le monde
des enfants.
L’Alpha est
une mé-
diathèque
i m p r e s -
sionnante
qui pro-
pose un
mobilier
très mo-
derne.
37
Le 19 décembre 2015, a eu lieu une Jour-
née Portes ouvertes à l’Alpha de 10 h à
18 h. Des interventions ludiques et poétiques
ont été proposées pour les moins de 10 ans
avec des clowns et des danseurs : Pierre-Em-
manuel Paute et Marlène Koff.
Cinq musiciens ont aussi proposé un concert
dans la salle de spectacle de la médiathèque.
L’amphithéâtre de la médiathèque possède
99 places assises confortables, car elles sont
rembourrées par des coussins. Elle est aussi
équipée d’un vidéoprojecteur et d’une
petite scène pour des représentations ou des
concerts dessinés. Le 22  décembre, l’Alpha
a ouvert ses portes au grand public. Des
artistes de différents pays sont venus faire
leur représentation dans la salle de spectacle.
Vendredi 18 décembre, dans l’après-midi, le
Premier Ministre Manuel  Valls a inauguré
l’Alpha. Après la visite de la médiathèque,
il a fait un discours vantant les mérites de
l’Alpha.
Les animations lors de
l'ouverture de l'Alpha
L’Alpha possède de nombreux livres
anciens qui ne sont pas présents dans
les rayons. Ils sont en effet entreposés dans
des compactus (ensembles de rangées de
rayonnages mobiles) qui sont situés au sous-
sol. On y accède en prenant l’ascenseur.
La médiathèque possède de nombreux ou-
vrages anciens du XIXe
 siècle. Le plus ancien
date du XVe
 siècle.
Beaucoup de ces ouvrages appartiennent
au fonds charentais local ou patrimonial.
Nous avons pu consulter un exemplaire de
l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ce
chef-d’œuvre du XVIIIe
 siècle. Cet ouvrage
a été rédigé par d’innombrables philosophes
et écrivains connus comme Rousseau ou
Voltaire. Cette encyclopédie avait pour projet
de faire la somme de toutes les connaissances
de l’époque. Elle nous renseigne sur la pensée,
les sciences, l’art et les métiers du siècle des
Lumières.
Nous avons remarqué que la typographie
de ces livres était différente de celle d’au-
jourd’hui. Par exemple, le ‘S’ avait la forme
d’un F, le ‘U’ celle d’un ‘V’, le ‘O’ un ‘A’ etc.
Un accent est également présent sur certaines
lettres pour les dédoubler. Les livres rares de
l’Alpha ne peuvent pas être empruntés, mais
seulement consultés sur demande.
Des livres rares
«La culture est une force qui
grandit la France et lui donne
ses attraits, son identité»
Manuel Valls
Un des ouvrages anciens de l'Alpha
38
La médiathèque prévoit différents dispo-
sitifs pour la rendre accessible aux per-
sonnes handicapées.
L’Alpha est équipé d’ascenseurs qui per-
mettent aux personnes à mobilité réduite
d’accéder aux différents niveaux du site. Les
meubles sont d’une couleur différente de
celle du sol pour être plus visibles.
On propose également des dispositifs pour
les malvoyants : les ordinateurs présents dans
la médiathèque ainsi que le site Internet sont
adaptés, grâce à un affichage de couleurs dif-
férentes.
Enfin, des livres écrits en gros caractères
sont à leur disposition, ainsi que des CD
audio (acronyme anglais de Compact Disc)
d’œuvres littéraires.
La médiathèque dispose d’un lieu où
chacun pourra venir se désaltérer
en profitant d’une vue imprenable sur
Angoulême. L’Alpha Café met à disposition
plus d’une soixantaine de places. Une cuisine
surnommée «Le Labo» permet de proposer
une restauration légère, ainsi qu’un véritable
bar à soupe.
Les lecteurs peuvent venir se prélasser,
continuer à lire, profiter des services que peut
offrir cet endroit tout en admirant le plateau
d’Angoulême sous un angle inédit.
Laura, Éva et Johanna.
Les dispositifs pour les
personnes handicapées L’Alpha Café
Utile et original : un banc-épingle à linge
Le patrimoine scientifique
7 articles…
7 inventions…
du lycée Marguerite de Valois
qui ont marqué…
l’Histoire!
40
Sommaire :
BAROGRAPHE
Le baroscope
DYNANOMÈTRE
Les hémisphères de Magdebourg
MACHINE DE WIMSHURST
Le régulateur de Watt
LE BAROGRAPHE
Le barographe est un appareil de mesure inventé par l’Anglais
Moreland en 1670. Il est utilisé en physique ou en météorologie
et sert à mesurer les variations de la pression atmosphérique sur
une certaine durée.
Fonctionnement
Il est essentiellement constitué d’une capsule
métallique à l’intérieur de laquelle le vide a
été fait. Lorsque la pression atmosphérique
augmente, la capsule est alors compressée et
lorsque la pression atmosphérique diminue,
la capsule se détend et reprend de plus en
plus sa forme initiale. Une aiguille est reliée
à un petit système mécanique qui amplifie
les mouvements de la capsule. Cette aiguille
nous permet de lire sur un cadran gradué la valeur de la pression
atmosphérique en Pascal.
Conclusion
Il existe plusieurs sortes de baromètres :
le baromètre à mercure, le baromètre à eau,
le baromètre anéroïde et le baromètre électronique
Le patrimoine scientifique du Lycée Marguerite de Valois
Dans le cadre de l’enseignement d’exploration de « Sciences
et laboratoire », des élèves de Seconde ont participé lors de
la période 2014-2015 au projet «Patrimoine des lycées»,
piloté par la région Poitou-Charentes. Ce projet avait pour
but la découverte des instruments de Physique du lycée
et leurs utilisations scolaires, passées et actuelles. Voici
leurs travaux.
41
Le baroscope
Le baroscope permet
de vérifier le principe
d’Archimède et de
mesurer la perte de
poids due à la poussée
d’Archimède.
Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement
mouillé par celui-ci ou traversant sa surface libre, subit une
force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids
du volume de fluide déplacé : cette force est appelé «poussée
d’Archimède».
Le baroscope est destiné à la mise en évidence du principe
d’Archimède dans l’air. En pesant un corps dans l’air, on n’a
pas son poids réel, mais seulement l’excès du poids de ce corps
sur le poids du volume d’air qu’il déplace.
Constructeur du baroscope : Salleron
Date de construction : 1861
Grosse sphère : Cuivre et creuse
--> masse : 152 g
--> poids : 1489,6 N
Petite sphère : Plomb et pleine
--> masse : 113 g
--> poids : 1107,4 N
Expérience :
Le baroscope supporte 2 sphères d’une masse et d’un volume
différents.
En mettant le fléau en équilibre, en jouant sur la distance
réglable des 2 sphères, on remarque que les 2 sphères sont
équilibrées.
Quand on place le baroscope sous une cloche à vide, on
constate qu’au fur et à mesure que le vide augmente, le fléau
penche de plus en plus vers la sphère la plus volumineuse.
Conclusion:
Lapousséed’Archimèdequi,àl’airlibre,agissaitdavantage
sur la sphère la plus grosse, a disparu en même temps que
l’air dans la cloche à vide. Au contraire, on remarque que
le fléau reprend peu à peu son équilibre au fur et à mesure
que l’air reprend place dans la cloche à vide
LE DYNAMOMÈTRE
I) Qui était Isaac Newton?
Isaac Newton (4 janvier 1643 –
31  mars 1727, ou 25 décembre
1642 – 20 mars 1727) est un
philosophe, mathématicien,
physicien, alchimiste et astronome
anglais. Figure emblématique des
sciences, il est surtout reconnu pour
avoir fondé la mécanique classique
et pour sa théorie de la gravitation
universelle.
1) Découvertes
Newton est persuadé, à tort, que sa théorie des couleurs
interdit tout perfectionnement de la lunette astronomique
inventée par Galilée, car les lentilles utilisées dévient
obligatoirement les rayons lumineux. En 1669, il réussit
à mettre au point un autre système pour observer le ciel :
le télescope. Il obtient des images neuf fois plus grandes
qu’avec une lunette quatre fois plus longue! Cette réussite
lui assure une célébrité dans les milieux savants de toute
l’Europe.
2) Carrière de Newton
À dix-huit ans, il entre au Trinity College de Cambridge ;
il y restera sept ans. Il a comme professeur Henry More
qui l’influencera dans sa conception de l’espace absolu. À
Cambridge, il étudie l’arithmétique, la géométrie dans les
Éléments d’Euclide et la trigonométrie. Mais il s’intéresse
particulièrement à l’astronomie, à l’alchimie et à la
Newton en 1689
par Godfrey Kneller
42
théologie. Il devient, à vingt-cinq ans, Bachelier des arts, mais
est contraint de suspendre ses études pendant deux années à la
suite de l’apparition de la peste qui s’est abattue sur la ville en
1665 et retourne dans sa région natale.
II) Dynamomètre
Le dynamomètre est un appareil destiné à mesurer l’intensité
des forces, en Newton
(du nom du créateur). Il
utilise un ressort (cas d’un
modèle simple) dont on
connaît la raideur définie
par le module d’élasticité,
ou une cellule à jauge de déformation. Le "peson" est son nom
d’origine.
L’unité de force est le newton (symbole N) du nom du
découvreur de la théorie de la gravitation universelle, Isaac
Newton. Les multiples les plus usités sont le décanewton (daN,
unité voisine en valeur du kilogramme-force) et le kilonewton
(kN). La dyne (symbole dyn) est une ancienne unité de force.
Le Dynamomètre numérique
Un dynamomètre numérique est un instrument (portable
ou fixe) composé d’un capteur de force, d’un dispositif
électronique et d’un afficheur.
Le capteur de force est le cœur du système. Il
peut être assimilé à un ressort qui se déforme
en fonction de la force appliquée. Lorsque ce
capteur se déforme, les jauges de déformation
mesurent les contraintes appliquées et émettent
une tension électrique proportionnelle à
la force. L’électronique du dynamomètre
interprète alors cette tension pour l’afficher en
unités de force.
III) Informations diverses
Un dynamomètre est un instrument de mesure utilisé dans
toute l’industrie pour mesurer la force lors d’essais en traction
ou compression. Les applications existent dans tous les secteurs
d’une entreprise : recherche, qualité, laboratoire, production,
terrain… Il existe deux grands types de dynamomètres
aujourd’hui : mécanique et électronique.
Un dynamomètre mécanique est en général un ressort dont on
connaît la constante de raideur et qui est calibré pour obtenir
la force à une certaine compression ou torsion. La précision de
ce type de dynamomètre est en général assez faible, de l’ordre
de 5%.
Un dynamomètre électronique est, de façon simplifiée, un
instrument portable qui contient un capteur de force, une carte
électronique, un logiciel et un afficheur. Le capteur de force
est un système électronique qui est utilisé pour convertir une
force en un signal électrique. Par sa conception mécanique, la
force appliquée déforme des jauges de contraintes. Ces jauges
de contraintes convertissent la déformation en un signal
électrique. Le logiciel et l’électronique du dynamomètre se
chargent alors de convertir la tension de sortie du capteur en
une valeur de force qui est affichée sur l’écran.
Les unités principales de mesure sont le newton ou la livre.
Le maximum ou la rupture sont les résultats les plus courants
que l’on cherche à obtenir lors des essais de mesure de force.
C’est utilisé, le plus souvent, pour déterminer si un produit
est conforme ou non. Quelques exemples de mesure de force :
vérification de ressort, test de cosse de câbles… mais des essais
beaucoup plus compliqués peuvent aussi être réalisés comme
des essais de pelage, de friction, de texture…
Les hémisphères de Magdebourg
1- Présentation des hémisphères
Ce sont deux hémisphères creux, de laiton ayant
de 10 à 12 cm de diamètre. Leurs bords sont
garnis d’une rondelle annulaire de cuir, enduite
de suif, qui rend la fermeture hermétique lorsque
ces bords sont en contact. L’un des hémisphères
porte un robinet qui se visse sur la machine
pneumatique, et l’autre un anneau qui sert de
poignée pour le saisir et le tirer. Tant que les
hémisphères contiennent de l’air, on les sépare sans difficulté,
car il y a équilibre entre la force. Les hémisphères furent
l’expérience d’Otto von Guericke.
43
2- Biographie d’Otto von Guericke
Otto von Guericke est né le 20 novembre 1602 à Mag-
debourg et mort le 11 mai 1686 à
Hambourg.
C’est un scientifique, inven-
teur et homme politique
allemand. Sa contribution
scientifique principale
concerne la physique du
vide. Il a inventé le prin-
cipe du tout premier
appareil à vide.
Von Guericke démontra
la force de la pression
atmosphérique avec des
expériences spectaculaires,
comme en 1654, à la cour
de Frédéric Guillaume Ier
de
Brandebourg, où il avait raccor-
dé deux hémisphères de cuivre de 51
cm de diamètre (les hémisphères de Magdebourg).
3- Les expériences
La première expérience a eu lieu le 6 mai 1654 :
Deux attelages de 15 chevaux n’ont pas pu les séparer.
En 1656, l’expérience a été répétée avec 16 chevaux
(2 équipes de 8), les hémisphères n’ont pas bougé.
Les expériences ont permis de démontrer l’existence du vide
et la notion de pression de l’air.
4- Pressions atmosphériques
Les pressions atmosphériques sont les pressions qu’exerce
le mélange gazeux constituant l’atmosphère considérée, sur
Terre : de l’air, sur une surface quelconque au contact avec
cette atmosphère.
5- Conclusion
Les hémisphères de Magdebourg furent une expérience
d’Otto von Guericke pour démontrer l’existence du vide et
la notion de pression de l’air.
L’expérience est devenue très populaire pour illustrer la
notion de pression atmosphérique.
LA MACHINE DE WIMSHURST
Lors de la rotation des plateaux, les secteurs se déplacent
et se frottent contre les balais métalliques qui donnent des
charges électriques aux secteurs. Ainsi la machine se charge,
la tension va augmenter, les charges augmentent.
Une fois la tension dans les condensateurs assez élevée,
les électrons vont se précipiter de l’électrode négative à
l’électrode positive. Cela engendre un arc électrique au
niveau des boules de l’éclateur
La machine de Wimshurst est une machine électrostatique
inventée en 1882. Cette machine fut historiquement
utilisée pour illustrer de nombreux phénomènes d’électricité
statique ou la production d’ozone dans un arc électrique.
Nos expériences
1) Tout d’abord nous avons fait
tourner la machine normalement
puis nous avons caché les balais
métalliques. Résultat : rien ne se
passe, aucun arc électrique n’est
formé.
2) Nous avons tourné la mani-
velle dans le sens contraire. Ré-
sultat : rien ne se passe aucun arc
électrique formé
3) A l’aide de peaux de lapin nous chargeons négativement
un bâton de plexiglas. Une fois, le bâton chargé on le place
sur le balai arrière droit. Lorsqu’on tourne la manivelle la
machine est comme déchargée donc rien ne se passe.
44
Le régulateur de Watt
Historique
Le régulateur de Watt (ou régulateur centrifuge) a été créé
par James Watt, au xviiie
siècle. En 1788, James Watt
adapte son régulateur pour être utilisé sur les machines.
Le régulateur de James Watt est l’un des premiers
mécanismes de rétroaction, utilisés dans le domaine
industriel. Les fonctionnements de ces mécanismes
d’un type nouveau donnèrent naissance plus tard à des
réflexions comme la cybernétique et à des sciences comme
l’automatique.
Présentation de l’objet
Le régulateur de Watt, est un système permettant de
réguler la vitesse de rotation d’une machine à vapeur.
Ce dispositif a le même principe de fonctionnement que
l’eau mise sous pression par un objet.
La vitesse propulse le mécanisme et la force exercée fait
que ce dernier monte plus haut.
Fonctionnement
Si, à la suite d’une combustion plus forte ou d’une
moindre utilisation de la puissance fournie, la vitesse de
rotation augmente :
– les boules tournent plus
vite ;
– elles s’écartent davantage
de l’axe de rotation par effet
centrifuge ;
– le haut du pantographe
descend ;
– et l’admission de vapeur
est diminuée
– tendant donc à réduire
cette même vitesse d’autant
qu’il le faut pour revenir au
point de consigne.
Si, inversement, à la suite d’un ralentissement de la
combustion ou d’une charge supérieure de l’atelier
cette vitesse diminue :
– les boules tournent moins vite ;
– elles se rapprochent en raison de leur poids et du
fait que la force centrifuge diminue ;
– le haut du pantographe remonte ;
– et l’admission de vapeur est augmentée tendant
donc du même coup à augmenter cette vitesse autant
qu’il le faut pour revenir sur le point de consigne.
Utilisations
Le régulateur
centrifuge était
principalement
utilisé pour
l’ouverture
d’une soupape
qui régule la pression dans une machine à vapeur et
c’est aussi utilisé pour doser le vin.
Laforcecentrifugeesticiprésentepourledéplacement
du mécanisme amovible du régulateur de Watt, la
force centrifuge est due aux mouvements de rotation
de ces référentiels et se traduit par une tendance à
éloigner les corps du centre de rotation.
Le schéma donné reproduit le principe du régulateur
de James Watt. Entraîné, via la courroie, par la
machine, le rotor voit ses masselottes s’écarter.
Trop vite on ferme la vapeur, trop lent on ouvre, le
système finissant par trouver le juste équilibre, et par
conséquent un régime régulé.
Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gulateur_%C3%A0_
boules
http://fr.wikipedia.org/wiki/Force_centrifuge
45
La balance de Cotton
La balance de Cotton est une balance peu précise, destinée
à mesurer l’intensité du champ magnétique. Elle tire son
nom de son inventeur, Aimé Cotton. Elle a surtout un
intérêt pédagogique.
En 1900, Aimé Auguste Cotton invente une balance
pour mesurer la valeur B d’un champ magnétique. Cette
balance est constituée de deux fléaux.
On mesure la valeur du champ magnétique, en équilibrant
les deux forces appliquées aux bras de la balance : d’un
côté, la force de Laplace (force électromagnétique
dépendant directement du champ magnétique et de
l’intensité du courant élecrique) et de l’autre côté de la
force de pesanteur (qui dépend de la masse)
Sources des images :
Lycée Marguerite de Valois Angoulême
wikipedia commons
Pour la cinquième année consécutive, l’animatrice
culturelle organise, en partenariat avec l’association
les Petits Débrouillards, la Maison des Peuples et de la
Paix et les professeurs d’Histoire-Géographie de seconde,
un atelier autour de l’eau.
Celui-ci s’est déroulé durant la semaine de
la solidarité internationale et avait pour
objectifs la prise de conscience de
l’inégalité de l’accès à l’eau et des
pratiques qui la polluent
dans le monde.
Le jeu de rôle «Eau autour du monde» transforme
la classe en un théâtre international dans lequel les
élèves incarnent des personnages provenant de différentes
régions du monde.
Différents thèmes y sont abordés, tels que l’accès à l’eau,
le rôle des femmes, les maladies hydriques, la gestion de
l’eau, les technologies d’approvisionnement en eau, la
pollution de l’eau, les conflits liés à l’eau, la culture de
l’eau…
De plus, l’ensemble des activités domestiques, agricoles et
industrielles font usage de cette ressource et contribuent
à sa pollution. Cet outil introduit certaines notions de
base liées aux modèles de production, d’échange et de
consommation dans le monde.
«Eau autour du monde» invite donc à réfléchir sur
le choix de ces modèles et sur les moyens dont nous
disposons pour améliorer les relations Nord-Sud, la
santé ainsi que le milieu de vie des habitants
d’ailleurs et d’ici, dans un souci d’équité.
Les joueurs sont appelés à vivre leurs réalités
quotidiennes ainsi que des expériences de conflits
(pollution, construction de barrage, prélèvement
abusif…) et de coopération (enseignement de techniques
d’irrigation, partage d’expériences, étude sur la qualité de
l’eau…) relativement à l’eau.
Eau tour du
m
onde
46
47
Œuvre collective réalisée par des élèves de 2de
BP MDMV
du Lycée Jean Rostand
48
Du 3 au 8 novembre 2015, les élèves des options
«Histoire des Arts» et «Arts plastiques» ont effectué leur
voyage d’art à la Biennale de Venise. Ces textes ont été
écrits par les élèves de la classe de 1re
« Histoire des Arts ».
Les photographies ont toutes été prises par eux-mêmes.
Histoire de la Biennale de Venise: La Biennale
de Venise fut créée en 1893 par le Conseil
municipal de Venise pour les 25 ans de mariage du
roi Hubert 1er
et de Marguerite de Savoie. Mais la
première exposition n’eut lieu qu’en 1895.
On choisit Venise car la ville était considérée comme
étant « La Sérénissime » ou « Le salon de L’Italie »
pour son architecture des merveilles et pour son rôle
important quant à l’art et à la culture. La Biennale fut
créée dans le but de stimuler la créativité artistique et
le marché de l’art en Italie, l’objectif étant la promo-
tion des nouvelles tendances artistiques. Deux pôles
alternent selon les éditions, avec la Biennale de l’art,
de la musique et du cinéma, la Mostra, et la Biennale
de l’architecture. Aujourd’hui, la Biennale de Venise a
plus d’un siècle. C’est une des plus prestigieuses insti-
tutions culturelles dans le monde et le chef de file dans
la promotion de nouvelles tendances artistiques. Elle
reçoit un public de plus en plus grand, avec 320000
visiteurs par an.
Le premier bâtiment d’exposition aux Giardini,
surnommé « Le palazzo », puis appelé « Pro Arte »
en 1894, devint après la construction des premiers
pavillons nationaux, le «pavillon italien». Différents
pavillons furent ensuite inaugurés de 1900 à 1930,
ce qui donna une renommée internationale à la
Biennale: les pavillons belge, hongrois, allemand,
français, suédois, russe, espagnol, américain. Après la
Seconde Guerre mondiale, onze nouveaux pavillons
furent encore construits dans les Giardini, dont la
Corée en 1996.
La 56e
Biennale s’est tenue du 9 mai au 22 novembre
2015, sur ses deux sites, les Giardini et l’Arsenal. Son
thème «All the world’s futures» signifie «Tous les
futurs du monde». Son directeur artistique est Okwui
Enwezor et le président, Paolo Baratta. La République
d’Arménie reçut le Lion d’or du meilleur pavillon, lié
au 100e
anniversaire du génocide arménien.
Marie V. Inès F. et Clothilde B.
L’intervention de Paolo Baratta, Président de la
Biennale de Venise :
«Massimiliano Gioni s’intéresse à l’observation du
phénomène de la création artistique; son attention
s’attache aux forces intérieures qui poussent à créer
l’image et donner vie aux représentations nécessaires
pour soi et pour s’entretenir avec les autres; il cherche
sur les utopies et anxiétés qui mènent l’homme à la
nécessité indispensable de créer. […]. Aujourd’hui, le
La Biennale d’art
contemporain
de Venise
monde nous apparaît traversé par des fractures graves,
des déchirures, de fortes asymétries et des incertitudes
sur les perspectives. Malgré les progrès colossaux
dans les connaissances et dans les technologies, nous
vivons une sorte d’« âge d’anxiété ». La Biennale
revient à observer le rapport entre l’art et le déve-
loppement de la réalité humaine, sociale, politique,
en le harcelant avec des forces et des phénomènes
extérieurs. Il veut rechercher ensuite comment les
tensions du monde extérieur sollicitent les sensibi-
lités, les énergies vitales et expressives des artistes,
leurs désirs, les yeux de l’âme, leur « inner song ».
La biennale a aussi appelé Okwui Enwezor pour sa
sensibilité spéciale à ces aspects; c’est un Parlement
pour une biennale de vitalité différente et intense.
Nous savons qu’évoquer les phénomènes dramatiques
qui caractérisent le temps présent induit à «faire
entrer l’histoire » […] Cela signifie également des
fragments rappelant notre passé, même à distance.
Certes, la Biennale propose un cadre spécial pour
cette représentation. Ce qui est exposé ici comme
une toile de fond a 120 ans d’histoire des arts, dont
les fragments variés sont dans chaque recoin, tant à la
Biennale d’art, mais aussi en architecture, en danse,
en théâtre, en musique et en films; ils sont dans ses
archives historiques; les images sont stockées là, dans
ses catalogues, dans ses bâtiments. Aussi les pavillons
des pays, construits à différents moments et à travers
différentes initiatives, créent un endroit très différent
de celui d’une expo traditionnelle. […]
Chaque biennale présente, aux côtés de notre conser-
vateur, les différentes voix des commissaires dans les
différents pavillons et contribue à une valeur impor-
tante, le pluralisme des voix. «Parlement des formes»,
rien de plus qu’un parlement doit fournir la pluralité
des voix. À la Biennale, du plus intime à l’histoire la
plus convaincante et dramaturgique, il est important
que le spectacle soit toujours vécu comme un lieu de
dialogue libre».
Traduit de l’italien par Cheyenne B.
49
Les artistes du collectif BGL, originaires
de la ville de Québec, représentent le
Canada . Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère
et Nicolas Laverdière, dont les noms sont à
l’origine de BGL, créent ensemble depuis
20 ans des sculptures, des installations et des
performances ambitieuses. « Canadassimo
métamorphose complètement le pavillon du
Canada en proposant un parcours insolite
qui débute à l’extérieur par une structure
d’échafaudage, comme si l’exposition était
encore en chantier. Sous cette structure se
trouve l’entrée d’un dépanneur, un petit
commerce de quartier. Il donne ensuite accès à
un loft, que BGL a surnommé «l’Atelier », où
s’accumulent des centaines d’objets de toutes
sortes et des boîtes de conserve dégoulinantes
de peinture, empilées les unes sur les autres».
Lisenn S.
L’«Atelier» est l’œuvre que j’ai préférée
puisque je me reconnais en ces boîtes
empilées les unes sur les autres, sans ordre ni
sens. Cela reflète au mieux mon état physiolo-
gique de temps à autre, lorsque l’accumulation
est trop importante et que, en restant dans le
contexte, j’ouvre une nouvelle boîte pour que
les autres se vident dans la nouvelle. De plus,
je m’y identifie particulièrement, car la pein-
ture, appartenant au domaine artistique, me
rappelle ma passion pour le dessin, qui m’aide
à m’échapper de ces boîtes empilées; et ce qui
aiderait à en sortir, c’est l’art.
Ana P.
50
Le pavillon canadien: «Canadassimo»
Le pavillon nordique, pensé et réalisé par
Camille Norment, s’intitule «Rapture».
On s’y retrouve dans un univers multisen-
soriel, sculptural et sonore. Cette œuvre res-
semble à un magistral jeu de massacre, par
les nombreux cadres de fenêtre aux vitres
cassées qui la constituent; à cadrer, décadrer,
traverser, le regard ne fait que s’interroger
au fil des plans. Pour le son, l’artiste uti-
lise le verre d’harmonie ainsi qu’un chœur
de douze femmes. Le verre d’harmonie est
un instrument du xviiie
 siècle inventé par
Benjamin Franklin. La musique est créée par
le toucher du doigt sur le verre ainsi que par
l’eau. Cette technique hypnotise totalement
le visiteur, qui se sent envoûté par cette nou-
velle sonorité. Cela permet donc d’observer la
relation entre le corps humain et le son dans
cet environnement de verre.
Ainsi, la traduction de «Rapture» est «Ravis-
sement » ; ce pavillon porte son nom sans
aucune prétention, puisqu’il qualifie ample-
ment ce poétique endroit. J’ai même pensé
que ces cadres étaient une métaphore; même
si nous semblons grands et forts, il est toujours
possible que quelque chose en nous se brise.
Lola P.
Le pavillon nordique : «Rapture»
52
Après avoir poussé le grand rideau blanc
qui faisait office de porte, le spectacle
s’offrit à moi. Une musique apaisante y
régnait. Une installation 3D occupait tout
l’espace, représentant PEACE écrit en toutes
lettres avec des chemins de gazon. Ce n’est
qu’en s’y promenant que le titre de cette
exposition prenait tout son sens. «Can you
see?», «Peux-tu voir?» Que pouvons-nous
voir, la paix, l’installation, ou les deux?
La paix en arabe est l’équivalent de paradis,
lequel est lié aux plantes et aux jardins. L’ins-
tallation exposée constitue la parole de paix
en trois dimensions avec des espaces verts.
Les visiteurs pouvaient personnifier le concept
quand ils se promenaient en regardant les
tablettes attachées à l’installation; celles-ci
comprenaient une application programmée
concernant la connaissance des choix qui
affectent la façon dont chaque individu voit la
paix de son propre point de vue. Cela permet
ainsi d’en augmenter la réalité. Les compo-
sants naturels alliés aux composants techno-
logiques rendent aussi cette œuvre originale.
Constance S.
Le pavillon égyptien : «Can You See»
54
55
Passé la porte de ce pavillon qui se fond
dans la nature, on se retrouve face à
l’œuvre de Marco Maggi, en blanc sur blanc,
Global Myopia, créée en 2014. L’univers
plastique de Maggi s’articule autour d’un
système de motifs linéaires découpés, qui se
détachent de la surface du mur pour com-
poser un entrelacs de superpositions et de
reliefs fragiles, à la fois foisonnant et discret
et qui s’étend à l’infini. Tout d’abord, les
collages microscopiques, invisibles de loin,
se dévoilent progressivement lorsque le spec-
tateur s’approche de l’œuvre. En suivant le
dédale de cette cartographie imaginaire, le
spectateur est absorbé par un environnement
abondant qui le captive : dix mille signes ;
il faut le voir de près, s’en approcher pour
rentrer à l’intérieur. Ce gigantesque travail
sur de grands murs d’un blanc immaculé,
un collage minutieux entre lignes droites et
Le pavillon de l'Uruguay : «Global Myopia»
des centaines de points, de traits, de figures
géométriques, relève du titanesque pour un
assemblage proche du hiéroglyphe. Cette
œuvre me fait penser à une pyramide de
l’époque des pharaons avec ses signes non
encore décryptés, ou encore à un nouveau
langage stellaire d’une autre dimension. Le
langage abstrait de Marco Maggi se réfère à
la façon dont l’information est traitée dans
l’ère de la mondialisation. Le défi était de
concevoir un projet qui pourrait voyager
dans un bagage à main comme un fichier
zip, un alphabet de 10 000 éléments qui se
déplie dans l’espace tout en épousant son
architecture. « Nous vivons dans une société
dysfonctionnelle dans laquelle l’information
est omniprésente, mais où la réalité est deve-
nue illisible et « les arts visuels invisibles »
Marco Maggi.
Chloé D.
56
Le « Monde de la myopie papier crayon ».
L’artiste a conçu une œuvre d'art en utilisant
uniquement 9 crayons noirs parallèles les uns
des autres, pointant vers le mur et maintenus
en suspension dans l'espace à l'aide de 9 cordes
de tir à l'arc. La myopie est une anomalie, un
défaut réfringent de l’œil. Le foyer image de la
lumière se concentre avant la rétine, ce qui cause
donc une vision floue. Les personnes atteintes
de cette maladie voient clairement les objets
proches, mais difficilement les objets lointains.
L'artiste veut démontrer une autre manière de
voir les choses. Dire que le monde de la myopie
est une planète sans perspective et sans forme, est
faux; Marco Maggi affirme donc que la myopie
prescrit une capacité extraordinaire de voir les
détails qui paraissent invisibles à l'oeil normal,
ce qui est tout simplement merveilleux. Les plus
belles choses sont souvent celles qui sont les plus
proches de nous, cachées dans l'ombre.
Yousrat B.
«Global Myopia Pencil&Paper»
Le pavillon japonais :
«The Key in the Hand»
58
Cette œuvre de Chiharu Shiota date de 2015;
c’est un immense nuage de fils rouges
d’une longueur de 400 km où sont suspendues
50000 clés usagées collectées à travers le monde,
au-dessus de deux barques échouées et emplies
de 130000 autres clés. C’est sans doute l’un des
pavillons qui ravit le plus de visiteurs; c’est une
œuvre littérale, mais magnifique. Artiste berli-
nois-résident, Chiharu Shiota crée des installa-
tions à grande échelle en étirant un fil à travers
l’espace d’exposition; il produit des œuvres à
partir de matériaux remplis des souvenirs et des
traces de la vie quotidienne, tels des robes,
des lits, des chaussures, et des valises. Cette
œuvre se distingue par son format et l’es-
pace qu’elle prend au sein de la Biennale.
Le choix de Shiota, quant aux matériaux et
à la structure spatiale de ses installations,
maintient un sens de la beauté par excel-
lence, sans perdre la fraîcheur et le pouvoir
d’imprégner tranquillement nos esprits et
nos corps. Le travail de Shiota, qui trans-
cende les contextes linguistiques, culturels
et historiques ainsi que des circonstances
politiques et sociales, affecte profondément
les spectateurs de partout dans le monde;
il a été présenté lors de 200 expositions au
Japon et dans d’autres pays à travers l’Occi-
dent, le Moyen-Orient, l’Océanie et l’Asie.
Après avoir été confronté à la mort de plu-
sieurs de ses amis intimes et proches fami-
liaux au cours des dernières années, Shiota
a converti ces expériences dans l’art pur et
sublime la réalité sans détourner les yeux
du fait que tous les êtres humains doivent
faire face à la vie et à la mort, mais que
Paquebot
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Paquebot

  • 1. 1
  • 2. Editorial ……………………………………………………………………….………………… p. 5 Paquebot : pourquoi ce nom ? …………………………………………………………… p. 6 Métiers et passions : Rencontre avec Armel Le Ny, rédacteur en chef de La Charente Libre …………… p. 9 Interview de Richard Tallet, journaliste à La Charente Libre ……………………… p. 12 Interview de François Pilorget, libraire itinérant ……………………………………… p. 14 Marion, chanteuse, dite Lylaux, par Luna ……………………………………………… p. 16 MDV News : les métiers méconnus de la Cité scolaire Marguerite de Valois …… p. 19 Compléments vidéo : Marion, chanteuse : Loïc Nehou, éditeur – Ego comme X Reportage à l’Alpha, médiathèque du Grand Angoulême ……………………… p. 32 Sciences : Le patrimoine scientifique du Lycée Marguerite de Valois ………………………… p. 39 Citoyenneté : Eau autour du monde ………………………………………………………………………… p. 46 Arts : Histoire des arts : la Biennale de Venise ……………………………………………… p. 48 Arts plastiques : Mues, l’invasion des monstres ……………………………………… p. 68 Portfolio : un an à l’atelier Photographie du lycée ………………………………… p. 76 Littérature : Un roman sur les migrants : Eldorado de Laurent Gaudé …………………………… p. 96 Ce qu’un mot inconnu peut faire imaginer ……………………………………………… p. 100 The Magic of Poetry …………………………………………………………………………… p. 104 Le Prix littéraire Marguerite de Valois : concours d’écriture de nouvelles ……… p. 118 Le Prix littéraire des collégiens et lycéens de la Charente …………………………… p. 136 Devil’s line : un manga seinen ……………………………………………………………… p. 145 Sommaire 2
  • 3. 3 Langues et cultures de l’Antiquité : Le vocabulaire scolaire issu du grec et du latin ………………………………………… p. 147 Les radicaux grecs ……………………………………………………………………………… p. 149 Le latin au quotidien …………………………………………………………………………… p. 150 Les personnages et leur origine grecque ou latine ……………………………………… p. 152 Les marques publicitaires et les racines grecques et latines ………………………… p. 154 Œdipe revisité ………………………………………………………………………………… p. 157 Devoir de mémoire : Patrimoines : Le Musée de la Résistance et de la Déportation à Angoulême ……………………… p. 161 Rencontre avec M. Benguigui ……………………………………………………………… p. 163 Musique : Dimitri Chostakovitch et Arnaud Chataignier …………………………… p. 166 FRAC Poitou-Charentes : rencontre avec l’artiste Régis Fabre ……………………… p. 168 Histoire : Le Concours de la Résistance et de la Déportation …………………………………… p. 170 Compléments vidéo : : Convoi des 927 républicains espagnols : Conférence de M. Benguigui : Témoignage de Mme Gros-Duruisseau Gastronomie : Les recettes épicées de l’atelier Cuisine du CSCS/CAJ de la Grand Font ………… p. 172 Bande dessinée : Rencontre avec trois auteurs de bande dessinée espagnols …………………………… p. 182 Un atelier de bande dessinée en espagnol ……………………………………………… p. 186 Les Cuisines du crime : un atelier BD à la CIBDI ……………………………………… p. 196 Le gaspillage alimentaire, vu par les jeunes du Service civique ……………………… p. 204 Equipes de réalisation de la revue, remerciements et partenariats ……………… p. 210
  • 4. 4
  • 5. 5 Editorial Il y a un an, l’idée d’un «mook» m’était proposée. Donner la possibilité aux élèves d’écrire sur eux-mêmes, l’établissement, leur environnement, le quartier, m’a immédiatement séduit. Les langues regorgent de mots issus de multiples influences. L’écriture et la lecture sont deux moyens de faire vivre cette langue, d’en faire redécouvrir les finesses, la précision, et de faire découvrir les nouvelles expressions. J’ai ainsi découvert le mot «mook», anglicisme compactant les mots anglais «magazine» et «book». Un nouveau mot dans la langue française, qui traduit son inéluctable évolution. Que les élèves s’approprient cette nouvelle forme d’écriture, et donc de lecture, en cherchant à témoigner de leur temps, de leur vie scolaire et périscolaire, est le signe encourageant, vivifiant d’une envie de connaissance et de compréhension que chaque enseignant cherche à développer au quotidien. L’implication d’adultes, de jeunes pour partager cette volonté de transmettre des visions, des perceptions, des émotions, la curiosité d’aller à la rencontre de lieux, de personnes prend un sens bien particulier et réconfortant en ces temps troublés, où l’obscurantisme d’horizons divers ressurgit pour malmener la communauté internationale. Je suis heureux que les professeurs documentalistes aient initié ce projet, et eu le courage de le mettre en œuvre, sachant l’investissement indispensable à la concrétisation du «Paquebot ». Je suis également heureux que les jeunes aient répondu nombreux à l’appel lancé par l’équipe qui les a accompagnés depuis la rentrée 2015. Cette réalisation est un lien symbolique fort avec le passé. N’oublions pas le rôle joué par Marguerite de Valois dans l’histoire, écrivain, amie des lettres, des sciences et des arts, et qui a notamment su lutter contre l’intolérance de l’époque. Que toutes celles et ceux qui ont participé à cette œuvre collective soient remerciés : professeurs de toutes disciplines des Lycées Marguerite de Valois et Jean Rostand, Centre social/CAJ du quartier de la Grand Font, Région… La traduction de leur engagement sous la forme de ce «mook», que l’on peut retrouver sous forme numérique, s’inscrit pleinement dans son temps. Jean-Pierre Govignon, Proviseur de la Cité scolaire Marguerite de Valois Proviseur du Lycée Marguerite de Valois et du Lycée Jean Rostand
  • 6. C’est le surnom donné au bâtiment central de la Cité scolaire plusieurs étages évoque les différents ponts d’un navire des lycées Marguerite de Valois et Jean Rostand il faut ajouter les personnels 6 Paquebot : Étymologie : anglais, packet-boat : bateau pour le transport du courrier ; commerce transocéanique. Relie les continents et les peuples Références littéraires Flaubert, Châteaubriand Ouverture Conçu pour résister aux intempéries Rêve, aventure et liberté
  • 7. Marguerite de Valois d'Angoulême. En effet, sa structure sur et le nombre de passagers transportés – élèves et professeurs – tourne autour de 2200, chiffre auquel administratifs et techniques 7 et picturales : Jules Verne, Nicolas de Staël… sur le monde Différents corps de métier Micro-société Technologies Vie et voyage en commun, rencontres Clarisse B. & Laetitia D. pourquoi ce nom ?
  • 8. L'un des chapitres du programme de Terminale L est : Le rôle des medias dans les crises politiques françaises. Afin de satisfaire notre curiosité, la Médiathèque du Lycée a organisé une rencontre avec M.  Armel  Le  Ny, rédacteur en chef de La Charente Libre, le 12 novembre 2015, pour répondre à nos questions qui s'inscrivent également dans le cadre des cours d'Education morale et civique (EMC). BG. LR.
  • 9. L’impression et la distribution 9 Être journaliste, c’est avant tout être passionné, curieux et vouloir savoir la vérité par-dessus tout. Parmi de nombreux journaux, il existe la Charente Libre. Ce journal fut créé par des résis- tants, il y a soixante-dix ans. En effet, la Charente Libre porte bien son nom puisqu’elle possède une liberté d’expression totale. Dans le passé, ce fut un journal d’action socialiste. Actuellement, le journal n'a pas réellement de parti pris, parce que le plus important est de diffuser les informations. C'est un journal quotidien local qui traite de plusieurs sujets : la culture, l’éducation, la poli- tique et les faits divers. Les lecteurs, quant à eux, préfèrent les informations insolites. Afin de partager au mieux les informations, le journal dispose d’une centaine de salariés, dont quarante journalistes qui exercent sur le ter- rain ou qui s’occupent de la rédaction des articles, de la correction ou de la mise en page. Trois photographes complètent également l’équipe. Dans notre monde actuel, Internet est devenu indispensable. C’est pourquoi la Charente Libre a créé son propre site web et son application. C’est une nouvelle ère pour le monde du journalisme. Cependant, cela n’enlève pas l’attachement des lecteurs au support papier. Étant depuis long- temps en concurrence avec le journal Sud-Ouest, la Charente Libre essaie de conserver sa grande complicité avec les Charentais. AB. AB. Sur les quarante journalistes présents à La Charente Libre, un tiers s’occupe de la correction et de la mise en page du journal. Ils passent ensuite le relais à vingt imprimeurs, qui travaillent de nuit afin de permettre le respect des horaires de distribution. Il faut savoir que la Charente Libre n’imprime pas que ses journaux. L’entreprise s’occupe aussi de la fabrication des journaux du groupe Sud-Ouest : la Dordogne Libre, la République des Pyrénées et Sud-Ouest (Charente). Ces derniers sont imprimés en pre- mier afin de faciliter la distribution étendue à la région et de permettre aux journalistes de la Charente Libre de modifier leurs articles jusque tard dans la nuit. Concernant l’impression, elle se fait grâce à des rotatives qui permettent une conception sur place. C’est un avantage dans le monde journalistique qui voit disparaître l’utilisa- tion de rotatives personnelles. Le journal possède six rotatives qui facilitent l'impression presque entièrement en couleurs. L’entreprise prévoit de continuer à se moderniser en investissant dans une septième rotative permettant d’obtenir un journal entièrement coloré dès 2016. Après l’impression arrive l’étape essentielle de la distribution. Ce sont 35000 exemplaires qui sont distribués et vendus chaque jour. Envi- ron 22000 d’entre eux arrivent directement dans nos boîtes aux lettres, que ce soit par le biais de la poste (une centaine seulement) ou grâce à des distributeurs engagés par le journal pour que les abonnés reçoivent leur journal avant 7 h 30. Les 13000 exemplaires restants sont répartis dans les commerces du département : bureaux de tabac, supermarchés, boulangeries et autres. Malgré tout, le journal papier voit certains de ses lecteurs se tourner vers le journal numérique depuis l’ar- rivée au XXIe  siècle des nouvelles technologies et notamment d’Internet. Nous avons demandé à M. Le Ny ce que ce média avait changé dans la manière de fonctionner de l’entreprise. LB. BN. CM. EB. Présentation de La Charente Libre
  • 10. Économiquement parlant, le web représente un tiers des ressources financières du journal. Le format papier reste toutefois plus rentable grâce à la publicité et à divers sponsors de l’entreprise familiale qui souhaite conserver ce support. Le journal papier est acheté principalement par des retraités qui n’ont pas toujours les moyens ni l’habitude de naviguer sur le web. Le journal a très vite senti l’intérêt d’Internet, tant du point de vue de la rapidité de diffusion de l’information que du point de vue de la facilité d’accès. Ainsi, la mise en place de l’abonnement numérique permet à un jeune public d’être informé de l’actualité régionale; d’autre part, l’application du journal étant désormais disponible sur les smartphones et tablettes, la lecture de la Charente Libre est rendue possible à tout moment de la journée et à n’importe quel endroit à travers le monde. M. Le Ny nous a fait part de cas de Charentais expatriés qui continuaient à recevoir des nouvelles de leur département d’origine grâce à ce format. De plus, on peut y voir une dimension écologique, car cette forme permet de réduire considérablement l’impression papier. La relation entre le journaliste et son lectorat a également changé : à travers le forum les internautes peuvent partager leur ressenti sur les événements qui les ont marqués ou même réagir quant aux modifications à apporter au site afin d’en améliorer la navigation. Cependant, l’afflux de commentaires s’est révélé tel que le journal a maintenant recours à une entreprise spécialisée afin de gérer ces derniers. Enfin, la création d’une page Facebook a permis de toucher un plus large public et, de surcroît, une population plutôt jeune en diffusant gratuitement des flashs d’informations. Les journa- listes sont donc plus proches de leurs lecteurs et de leurs attentes. AB. IE. L’impact d’Internet. Le journal reçoit un message de l’AFP (Agence France Presse) ou d’un correspondant présent dans la ville où se passe l’événement important. A partir du moment où les journalistes apprennent la nouvelle, ils arrêtent toutes activités comme l’impres- sion des journaux pour se concentrer uniquement sur l’événement. Ils envoient ensuite des journalistes sur les lieux pour discerner le vrai du faux. Puis ils regroupent les informations pour pouvoir sortir le journal le plus vite possible, quitte à refaire le journal prévu pour le lendemain afin d’y insérer l’information. En janvier 2015, lors de l'attentat à Charlie Hebdo, la Charente Libre a reçu des messages de lecteurs disant qu’ils étaient désolés pour eux, car la liberté de la presse avait été attaquée. La Charente Libre s’est aussi occupée de la chute du mur de Berlin, de la fin de la dictature en Roumanie et de l'attentat du 11 Septembre 2001 à New-York. Elle a envoyé des journalistes sur les lieux pour couvrir spécialement ces événements. UB. La Charente Libre pendant les «gros événements» 10
  • 11. Les TL2 dessinent pour La Charente Libre 11 JP. et AM. GGC. et MV. JR.,VR. et CE.
  • 12. D : Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir journaliste? R : Le hasard total. Je n’étais pas du tout parti pour devenir journaliste. J’ai passé le bac E Mathématiques et Technique qui n’existe plus aujourd’hui et qui comportait une partie technique en ateliers. Ensuite, j’ai fait une année à l’IUT (Institut universitaire de tecno- logie) Génie mécanique et Productique à Angoulême. Et puis, un jour, je me suis dit : je ne vais pas passer ma vie à calculer la résistance des poutres parce que je m’en moque en fait! (rires). Donc là, j’ai commencé à me chercher un peu, j’ai voulu à un moment faire carrière dans le cinéma. Pas acteur, je voulais écrire des films, des choses comme ça… Mais bon, c’était compliqué, parce qu’à l’époque il n'y avait pas du tout de tournage en Charente. Je suis parti à Poitiers faire un DEUG (Diplôme d'études universitaires générales) Langage, Image et Communication, qui n’était pas très intéressant dans le fond, mais qui m’a permis de faire des expériences à la radio, notamment Radio Accords à Poitiers, Radio Pulsar, aussi à Poitiers. Et puis je devais faire un stage, et il se trouve que je connaissais quelqu’un qui travaillait dans le milieu du journalisme, ici à Angoulême, et qui m’a trouvé un stage d’un mois à la Nouvelle République à Poitiers. C'est là que j’ai découvert le métier! Le pre- mier jour, nous avons été sur un meurtre. Nous sommes rentrés dans un immeuble où il y avait du sang partout, bref, c’était un peu bizarre. En un mois, j’ai assez vite compris que ce métier-là, c’était presque la synthèse de ce que j’aimais, à savoir: être au contact des gens et écrire. Même si j’ai fait des études scientifiques, je me suis rendu compte que j’aimais écrire et participer au débat de la vie publique. Donc voilà, c’est le hasard. Au bout du mois de stage, je me suis dit : comment dois-je faire maintenant pour continuer? Je ne suis pas quelqu’un fait pour les études, l’école m’a toujours ennuyé. J’ai essayé de m’accro- cher pour rentrer par la petite porte. Je suis devenu correspondant de presse, une espèce de sous-pigiste et travaillais toujours pour la Nouvelle République à Poitiers. J’ai pu faire pas mal de choses, notamment dans le milieu culturel, puisque le journaliste qui s’occupait à l’époque de la page Culture avait décidé que tout ce qui se passait après 17 heures, c’était trop tard pour lui. Du coup, en tant que pigiste, ça m’a permis d’aller voir des concerts, de rencontrer des artistes, de faire plein de choses… Mais ça, c’est le côté un peu facile du métier. En même temps, ça m’a permis de mettre un pied à l'étrier. Après j’ai commencé à avoir des contrats, et de contrat en contrat, je suis devenu ce que je suis aujourd’hui! 12 Interview de Richard Tallet, journaliste à La Charente Libre
  • 13. V : Est-ce que pour faire ce métier, il faut savoir maîtriser plusieurs langues? R :J’aienviededireouietnon…Globalement, dans la vie, c’est bien de maîtriser plusieurs langues. Après, dans ce métier-là… Moi, à l’échelle où je le fais, il suffit que je parle le français, ça me suffit bien, si je pouvais parler patois charentais ça m’aiderait un peu… (rires). Le français me suffit bien, même s’il m’est arrivé de faire des interviews en anglais, et de partir à l’étranger. Quand on travaille en presse quotidienne régionale à 98 %, on a besoin de savoir parler français le mieux possible. Après, il y a d’autres titres et d’autres affectations du journaliste qui font qu’on peut être amené à avoir besoin de savoir parler plusieurs langues. De toute façon, c’est bien de parler plusieurs langues, parce que c’est un enrichissement culturel. Et lorsque l'on se rend à l’étranger, c’est un atout pour pouvoir communiquer avec d’autres cultures. M : Justement, depuis que vous êtes journa- liste, est-ce que vous avez un sujet que vous avez préféré traiter? Un sujet qui vous a vrai- ment marqué? R : UN sujet, c’est compliqué parce que des sujets j’en ai fait des dizaines de milliers… Il y a des «styles» de sujets, ou de «grands» sujets qui m’intéressent. Je me suis beaucoup intéressé à l’économie du cinéma en Charente par exemple, qui est un sujet passionnant et auquel je m’intéresse toujours. Je me suis aussi intéressé au rôle de l’armée dans les conflits extérieurs, ce qui m’a permis d’aller en Afghanistan et en Côte d’Ivoire. Ce sont des sujets qui sont marquants. Ce qui fait le vrai intérêt du métier de journaliste généraliste que je suis. Puisque je travaille en presse quotidienne régionale, je suis amené à traiter TOUS les sujets et c’est ça qui est intéressant. C’est-à-dire qu’on n’est pas spécialisé dans un seul secteur. On a des domaines de prédilec- tion, parce que c’est primordial, c’est ce qui permet d’avoir un réseau et des ressources importantes si on en a besoin pour un sujet, mais on peut être amené à traiter TOUT. Et, c’est ce qui fait la force et la richesse du métier. C’est-à-dire que je peux être le matin avec le préfet de la Charente et l’après-midi avec quelqu’un de parfaitement inconnu, qui vit avec le RSA (Revenu de solidarité active) et qui me raconte sa vie. Des sujets mar- quants ?… Partir en Afghanistan quatre jours c’est marquant. Parce qu’on est en zone de guerre, parce que c’était la première fois que je faisais un reportage avec un gilet pare-balles et un casque lourd… Il y a aussi des ren- contres qui sont marquantes. Entre Noël et le Premier de l’an, l’année dernière, j’ai fait un sujet sur «la France des oubliés», c’est-à- dire ces gens qui, aujourd’hui, s’abstiennent ou votent FN (Front National). Donc je suis allé à leur rencontre, dans les petits villages où ils vivent, pour essayer de comprendre. C’est marquant parce qu’ils renvoient des choses sur notre société qui sont de véritables éléments de réflexion et qui sont vraiment intéressants et enrichissants. Des sujets marquants il y en a tous les jours. Et c’est difficile d’en faire ressortir un! MB., VD. et DB. 13
  • 14. En février dernier, les documentalistes ont invité François Pilorget, libraire itinérant (Des Livres et des Mômes), à la Médiathèque des lycées Marguerite de Valois et Jean Rostand pour une journée lecture. A cette occasion, elles ont convié des classes et des élèves en autonomie à venir découvrir des nouveau- tés littéraires et à participer à un choix d’ouvrages pour la médiathèque. Ainsi, sur la journée complète, François Pilorget a présenté ses coups de cœur aux élèves, s'est rendu disponible pour répondre à leurs questions, pour les orienter vers tel ou tel livre… et surtout leur a donné ou re-donné envie de lire ! Romain, élève de seconde, accompagné d'Alyssa, a saisi cette opportunité et mené un entretien avec ce libraire qui a une vision très personnelle de son métier. Romain : Bonjour François Pilorget ! Vous êtes libraire itinérant, expliquez-nous en quoi cela consiste. François Pilorget : Je n'ai pas de librairie avec magasin. Je me déplace d'établissement scolaire en établissement scolaire pour présenter des livres « coup de cœur » aux élèves et aux enseignants. Romain : Quels impacts a votre métier au sein de votre famille ? Car avec tous ces déplacements, ça ne doit pas toujours être facile ... François Pilorget : Au contraire, j'aime la liberté, ma femme aussi, donc ça nous va très bien ! C’est plus pour mon fils qui est en 4e que je suis frustré. En effet, tous les jours j’incite des élèves que je rencontre à lire des livres, j’arrive à leur donner envie de les découvrir. Mais je n’y arrive pas avec mon fils, il ne s’intéresse pas aux livres que j’ai aimés et préfère lire autre chose. Pour en revenir au fait d’être itinérant, c’est vraiment bien car je rencontre beaucoup de monde et vois des paysages très différents en fonction des zones géographiques où je me déplace. J’aime bouger et découvrir ! Des livres et des élèves : une journée lecture à la Médiathèque Romain : Est-ce que ça vous arrive de vous dépla- cer loin pour présenter de nouveaux livres ? François Pilorget : J'habite Poitiers, je navigue sur toute la Charente, le Maine-et-Loire, la Charente limousine. Ce sont les établissements scolaires qui font appel à moi, soit à l’initiative des professeurs-do- cumentalistes, soit à celle des professeurs de Lettres ou des instituteurs. Romain : Quelle a été votre motivation principale pour devenir libraire ? François Pilorget : C'est aimer lire et aimer les livres ! Et puis c'est aussi le hasard de la vie qui fait qu'il y a eu une opportunité de travailler dans les livres : la porte s'est ouverte, je l'ai prise et y suis resté. Au départ, je n'étais pas parti pour faire ce métier, mais j'ai aimé et je continue. Romain : Quelles études faut-il faire pour devenir libraire ? François Pilorget : J'ai fait des études de technologie. Donc rien à voir avec les livres. Ensuite, j'ai eu envie de faire une fac d'Histoire. Mais maintenant, il y a des études spécifiques pour être libraire, notamment des DUT (diplôme universitaire de technologie). Moi, j’ai appris « sur le tas ». Ce dont tu as besoin c’est évidemment d’aimer les livres et de trouver des financements pour acheter ton fonds de livres. Il faut convaincre les banques que ça va marcher! Romain : Vous n’avez pas parfois envie d’avoir votre propre librairie « magasin » ? François Pilorget  : Non, vraiment, mon fonctionnement me plaît ! Le fait d'avoir une librairie m'empêcherait de voyager et d’aller à la rencontre des lecteurs et surtout des petits lecteurs ou des non lecteurs. Ce sont ces derniers qu’il est intéressant de convaincre. De plus, aujourd’hui, ouvrir une librairie est très difficile car nous avons affaire à 14
  • 15. Métiers du livre : nous vous invitons également à visionner l'intervention de Loïc Nehou, directeur des Editions Ego comme X à Angoulême, devant les élèves de Seconde 3. une concurrence énorme de la part des grosses maisons ou de franchises, notamment sur Internet. De nombreuses librairies indépendantes ferment à cause de ça et du budget que représente un fonds de commerce. C’est pourquoi je préfère aller au devant du client en lui proposant des services différents. Romain : Quelles sont les plus fortes demandes ? François Pilorget : La demande des élèves, c'est : « surprenez-moi », « faites-moi découvrir des coups de cœur » ! En lisant, j'essaie de voir quels livres peuvent plaire aux élèves en fonction de leur âge et de leur niveau de lecture. Et puis, ce sont vraiment ceux que l’on a le plus aimés qu’on va savoir pré- senter le mieux et donc vendre le plus. Cette année, celui que je vends le plus c’est 10 jours sans écran. Ce roman invite le lecteur à se libérer de tout écran : toi, tu pourrais y arriver ? Romain : Euh, difficilement ! Quels sont vos coups de cœur 2015 ? François Pilorget : Il y en a beaucoup… Mauvaise connexion, c’est un livre sur une jeune fille qui croit rencontrer un garçon sur Internet ; mais en réalité, c’est un prédateur sexuel. Ce livre montre comment ces prédateurs sexuels manipulent leur proie et com- ment on peut s’en sortir. Il y a aussi  Résurrection, un livre qui marche beaucoup. Nous sommes plon- gés dans la science et la médecine qui fabrique des humains. La jeune fille qui vient d’être fabri- quée à partir de morceaux d’autres personnes va raconter son histoire. Elle va tenter de s’intégrer dans la société sans savoir ce qu’elle est… Une Frankenstein des temps modernes… Je pourrais encore en présenter des dizaines ainsi :  Les petites reines, Les carnets de Cerise, Alisik… Romain : A ce jour, quel bilan tirez-vous de votre expérience ? François Pilorget : Je ne fais pas de bilan, j’aime mon métier et tant que j’arrive à gagner ma vie, je continue! Romain : Des projets? François Pilorget : Oui, je continue à m'investir dans le Prix des collégiens et lycéens de la Charente et j'aimerais aussi proposer des rencontres avec des auteurs dans les établissements scolaires. Romain  : Merci, François Pilorget, d’avoir répondu à nos questions. François Pilorget : Merci à vous de l'intérêt que vous m'avez porté ! 15
  • 16. 16 Marion, chanteuse, dite Lylaux Le Lycée Marguerite de Valois a l’honneur de compter parmi ses élèves des person- nalités particulièrement talentueuses. L’une d’entre elles se prénomme Marion et est élève de Seconde. Elle chante en s’accompagnant à la guitare et compose ses chansons. Une de ses camarades, Luna, également en seconde, l’a interviewée pour Paquebot. A l’issue de ce sympathique entretien, Marion a pris sa gui- tare et nous a interprété l’une de ses dernières compositions en avant-première. – Bonjour Marion! – Bonjour! – Quel âge as-tu? – J’ai quinze ans. – En quelle classe es-tu? – Je suis en Seconde. – Quelle orientation envisages-tu? – Je n’en ai aucune idée parce que je ne veux pas me fermer de portes. Je ne veux pas m’entêter dans une direction; c’est pourquoi je préfère ne pas choisir pour l’instant. Je vais attendre un peu, il me reste encore deux ans et demi! – Est-ce que tu t’investis dans le lycée? – Oui, je m’investis, je fais partie du CVL et du FSE! – Qu’est-ce que le CVL et le FSE? – Le Conseil de la Vie Lycéenne, c’est le cœur du lycée. Ses membres organisent des animations qui se passent dans le lycée. Le FSE, c’est le Foyer Socio-Éducatif. Cela concerne notamment les événements sportifs du lycée. – As-tu des activités en dehors du lycée? – Oui, bien sûr! Je fais de l’équitation, de la guitare et du chant! – Depuis combien de temps apprends-tu à jouer de la guitare? – Ça fait quatre ans que j’apprends à en jouer. – Pourquoi la guitare? Quelle a été ta première rencontre avec la musique? – Il se trouve que ma maman voulait être professeure de musique avec comme instrument référent, le piano. Mais elle aimait aussi la guitare et je me suis dit pourquoi ne pas faire comme elle puisque je trouvais ça moins encombrant qu’un piano! J’en ai donc demandé
  • 17. une au Noël qui a suivi et c’est comme ça que tout a débuté. – Donc, dans ta famille, on est en contact avec la musique? – Oui c’est cela! – As-tu déjà fait des concerts? – Oui, j’ai déjà fait une quarantaine de concerts. – Ce n’est pas stressant de montrer son talent au grand public? – Si, c’est très stressant! Surtout au début. Tu ne peux pas ne pas être stressée quand tu fais un concert, ce n’est pas possible! Sinon tu n’es pas une artiste. Donc, je suis toujours stressée, avec une certaine poussée d’adrénaline, ce qui n’est pas forcément un stress désagréable finalement! – Il me semble que tu es interne au lycée. Alors comment fais-tu pour concilier les études et la guitare? – Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis autodidacte et que, par définition, je peux continuer à apprendre à l’internat sans problème. Principalement le soir et les mercredis après-midi. Mais en général, à l’internat, je travaille et comme ça, le week-end, j’arrive à jouer de la guitare. – Quelles sont tes influences musicales? – J’écoute beaucoup de musiques différentes. – Est-ce que tu interprètes ou bien tu composes? – Je compose et j’interprète! – As-tu déjà travaillé ta voix en prenant des cours? – Non, je n’ai jamais pris de cours et je suis totalement autodidacte. – Tu as donc dit que tu étais autodidacte pour la guitare et pour le chant, mais fais-tu aussi des arrangements toi-même ou est-ce un ami qui s’occupe de ça? – Je fais mes arrangements moi-même c’est- à-dire que, quand j’écoute une chanson et qu’elle me plaît, je vais chercher les accords sur Internet puis je l’écoute une ou deux fois. Le simple fait de ne pas la réécouter beaucoup me permet de mieux me l’approprier et de la faire à ma manière! – As-tu un rêve? – Comme tout artiste, j’aimerais être connue, mais après on verra dans le futur. – Aurais-tu un mot pour ceux qui écoutent et qui, peut-être, n’osent pas dévoiler leurs talents? – Allez-y! Parce que même ceux qui chantent dans leur salle de bain et qui trouvent qu’ils chantent très mal devraient tenter l’aventure : lancez-vous! Vous verrez bien ce que ça donne : parce que moi, c’était mon cas au début. Je ne chantais devant personne; juste devant moi- même et finalement ça a bien marché. N’ayez pas peur! – Peux-tu nous interpréter quelque chose? – Oui, sans problème! Je vais vous interpréter «Je ne sais pas» qui est une de mes compositions. 17
  • 18. Je ne sais pas Je n’sais pas, comment vous raconter Le début de mon histoire. Je n’sais pas (x13) Ha ha ha… Ah si, j’ai trouvé comment vous le raconter. Je n’étais qu’un petit bébé Je n’arrêtais pas de pleurer Un peu normal pour un bébé De tout le temps chouiner. Je n’sais pas, comment vous raconter La suite de mon histoire. Je n’sais pas (x13) Ha ha ha… Et un beau jour ça a changé Je devais aller à l’école Je n’étais plus un petit bébé Mais un simple écolier L’école je n’aimais pas trop ça Je préférais rester chez moi Je n’sais pas, comment vous raconter La suite de mon histoire. Je n’sais pas (x13) Ha ha ha… Et pour me changer les idées Dans la nature, je me suis évadée, Je pense l’avoir toujours aimée, Car j’y passe toutes mes journées Rien que d’en parler, j’veux y aller Allez, j’vous laisse, moi j’vais jardiner Je n’sais pas, comment vous raconter La suite de mon histoire. Je n’sais pas (x13) Ha ha ha… Et puis Noël est arrivé Et la guitare qu’j’avais commandée Pendant des mois j’l’ai ignorée Pour un jour enfin la gratter Ma petite voix s’est enfin posée Sur mon instrument préféré Je n’sais pas, comment vous raconter La suite de mon histoire. Je n’sais pas (x13) Ha ha ha… Je ne sais toujours pas… Photos © Lylaux Composition: Marion (Lylaux) http://www.marion-chanteuse.com/
  • 19. 19 MDV News, journal des BTS (Brevet deTechnicien Supérieur) Communication1ère année,a consacré son dernier numéro aux métiers méconnus du Lycée Marguerite de Valois. Ils nous ont aimablement autorisés à reproduire cette enquête détaillée.
  • 20. MOOK MDV News Chef des travaux: un métier en construction Après une longue période d’attente, le lycée Marguerite de Valois accueille aujourd’hui son nouveau Chef des travaux. Chef de travaux, mais pas que… Marie Foueillassar nous livre ses impressions sur sa nouvelle fonction jusqu’à présent méconnue. Àpremière vue son travail rebute : bureau jonché de papiers administratifs, piles de dossiers multicolores, armoires de rangements à perte de vue… Anciennement professeure d’Eco-gestion pour les séries technologiques, l’administratif devient alors progressivement sa nouvelle vocation. C’est ainsi qu’elle occupe durant treize ans un double poste, jusqu’à ce qu’elle décide finalement de se consacrer entièrement à ce qu’elle aime, la gestion administrative. Pourtant l’activité de Mme Foueillassar n’est pas seulement bureaucratique. La proviseure-adjointe témoigne « Cela fait plusieurs années que l’établissement demande un Chef des travaux auprès du Rectorat. Cette année, nous avons trouvé cette personne à mi-temps. Cette décision a été une très bonne chose pour le lycée, car Mme Foueillassar arrive à mener toutes les actions au sein de l’activité tertiaire.» Coordinatrice, animatrice, conseillère, gestionnaire… Marie est une femme déterminée qui a choisi ce métier avant tout par passion. Grâce à son regard d’experte et ses conseils avisés, cette «supergirl» est d’une aide précieuse pour les élèves et les professeurs. Ce que l’on peut dire c’est que cette nouvelle coordinatrice du secteur tertiaire ne manque pas d’ambition : elle envisage d’aménager une dizaine de salles informatiques, de démarcher plusieurs entreprises pour les stages et de permettre aux élèves de voyager à l’étranger… Et ce n’est pas non plus ce labyrinthe de couloirs qui empêche cette femme dynamique de traduire les aspirations d’un personnel toujours en quête d’améliorations. L’expérience pédagogique de Marie est un atout pour le lycée. Vous l’aurez donc compris, Marie Foueillassar est primordiale au bon fonctionnement de l’établissement. Par Sabrina M. et Adèle B. Les métiers méconnus de MDV 20
  • 21. MOOK MDV News Par Amandine L. et Kazek K. Son métier Il assure l’entretien des constructions, habille les murs et les plafonds, maîtrise les finitions. Il nous fait découvrir son monde, trop longtemps resté dans la pénombre. Après avoir suivi un CAP (Certificat d'aptitude professionnelle) de peintre à Ruffec, il est directement entré dans le monde du travail. Dix-huit ans à travailler pour le lycée lui ont permis de réaliser différents projets. L’internat a été un de ses plus gros projets professionnels et créatifs en collaboration avec des élèves. «Ils ont pu donner leurs avis selon leurs goûts, aussi bien au niveau des couleurs que des motifs», explique Lionel. Polyvalent et impliqué dans son travail, il n’hésite pas à aider ses collègues lorsqu’ils en ont besoin… Du déménagement à la soudure, tout y passe! Il considère son métier comme un des plus beaux du monde, mais concède, fataliste : «La vie professionnelle pourrait être plus belle si le partage était plus grand». L’artiste Derrière ce peintre en bâtiment se trouve un artiste attachant, amoureux de la création et de la beauté des couleurs. Il mène en parallèle une vie plus artistique et pratique un art martial traditionnel, le wado ryu qu’il transmet à des élèves. Cela lui permet un véritable détachement de la réalité. «… comme la peinture, c’est une forme d’art qui permet de s’exprimer» affirme-t-il, convaincu. Un esprit zen dans un corps sain, Lionel, peintre amusant, a une manière à lui de voir la vie. Il nous murmure ces quelques mots, en guise de morale, sur ses principes : «que la vie soit belle, et vivons en harmonie, paix, sagesse et sérénité». Lionel Caparos, seul peintre en bâtiment du lycée Marguerite de Valois, a plusieurs cordes à son arc… Esprit zen et philosophe, artiste peintre à ses heures perdues, il nous fait part de ses maximes de vie. Un peintre haut en couleurs «Les agents sont essentiels à la bonne ambiance de l’établissement» Les métiers méconnus de MDV 21
  • 22. MOOK MDV News Le chevalier aux Marguerites Il était une fois un poète passionné par les arbres, les fleurs, la nature… Un homme dévoué… Certes, il travaille seul, mais cela ne l’a pourtant pas empêché de prendre sous son aile de fidèles apprentis. Ce statut de maître d’apprentissage est une grande fierté pour lui. Ils ne sont pas trop de deux pour s’occuper des quatre hectares d’espaces verts et de deux hectares de voiries. Si vous le croisez, vous le verrez toujours avec sa bonne humeur communicative. Une fleur vous intrigue, une plante retient votre attention , n’hésitez pas à le solliciter. Laurent Cornu sera ravi de partager avec vous ses connaissances et sa passion. Par Anaïs A. et Charlène A. Un travail varié… Vaincre la végétation abondante. Débroussailler des centaines d’arbres récalcitrants. Ramasser des centaines de mégots jonchant le parvis. Dépouiller le sol de son herbe. Se battre contre vents et marées. Quel que soit le temps, voici toutes les tâches accomplies par ce chevalier aux fleurs. Il lutte depuis vingt-six ans pour garder l’établissement resplendissant. En effet, qu’il pleuve, qu’il vente ou sous une chaleur harassante, vous le trouverez dehors, bichonnant ses fleurs, tondant ses pelouses. Cet aède énergique est toujours présent pour embellir son domaine. Cette besogne bien ardue, il l’effectue seul. L’unique compagnie de ses plantes ne le contrarie point, bien au contraire! «C’est immense, j’ai vraiment beaucoup de travail […] je mets une semaine à tondre tous les espaces verts et, quand j'ai fini d’un côté, il faut recommencer de l’autre…» Les métiers méconnus de MDV 22
  • 23. MOOK MDV News La technologie a deux visages… Par Coline R. et Chloë M. Ils représentent la technologie, la modernité, la nouvelle ère du numérique. Au sommaire aujourd’hui, une espèce en voie de disparition et un Big Brother en formation! «Un éléphant en voie de disparition» Fan de Blues-Passion à Cognac, festival de musiques principalement afro-américaineset de photographie, Laurent Porcher gère le son, la lumière et les supports multimédias du lycée. Avec son matériel personnel, il participe à des projets audiovisuels, notamment en salle polyvalente, et à l’occasion, à des «photo-shootings». Il photographie et capture le patrimoine de l'établissement pour illustrer le site web du Lycée Marguerite de Valois. C’est lui qui a la charge d’immortaliser le séminaire des BTS. «Je suis là pour vous», nous confie-t-il… «Je dépanne et répare, selon vos besoins, le matériel». Aujourd’hui proche de la retraite c’est peut-être l’un des derniers responsables audiovisuels de France, dans un lycée! Le nouveau Big Brother? Ala tête de plus de 800 ordinateurs et de plusieurs serveurs, Antony Jonquer, responsable informatique, est capable de surveiller ce que chacun fait sur les ordinateurs du lycée Marguerite de Valois! Espionnerait-il ce que les élèves et les professeurs font sur leur ordinateur? «C’est inutile, ce n’est pas mon boulot.» Antony est un homme respectueux des droits fondamentaux. Son travail se limite à la gestion, à la réparation et à la sécurité du matériel informatique. Il s’occupe notamment des pare-feu qui apparaissent lorsque vous n’avez plus accès aux réseaux sociaux pendant les cours.   Ce métier est une vraie passion pour lui. Manier un ordinateur est inné, il est comme tombé dans le chaudron de l’informatique. Ses journées peuvent s’avérer parfois pleines de surprises… Tout peut arriver. Mais si vous avez un doute sur le fonctionnement d’un logiciel? Un problème avec un ordinateur? Apportez-lui une crêpe et vous aurez toute son attention. Les métiers méconnus de MDV
  • 24. MOOK MDV News Les anges gardiens du couloir scientifique. On les connaît peu, ils sont invisibles et pourtant leur présence se fait sentir. Mais quelle est donc cette profession méconnue? C’est au troisième étage, le long d’un couloir peint en bordeaux, que nous poussons la porte d’un bureau afin d’en percer tous les secrets. Dans une grande pièce faiblement éclairée et froide, nous découvrons une table de laboratoire couverte de multiples flacons, tubes à essai et diverses solutions. Des armoires et des placards débordent de bouteilles et de boîtes de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Des activités variées Ce sont les «Pierre et Marie Curie» du lycée. Leur complémentarité saute aux yeux. Chacun a sa spécialité; cependant si l’un commet une erreur, l’autre la corrige et vice versa. Thierry travaille dans l’établissement depuis 1982, Chantal depuis 1999. Aujourd’hui, ils se disent ravis de partager ce poste. Le métier est varié et les satisfait pleinement. Ils ont de l’autonomie et la sécurité de l’emploi malgré certains inconvénients… Ainsi, un après-midi, Chantal n’a cessé de se frotter les yeux suite à l’utilisation d’un produit chimique urticant : l’anis étoilé. Les adjoints techniques de la recherche et de l’information sont informés en permanence des avancées technologiques et scientifiques. Ils sont également en contact avec les jeunes… de quoi garder une certaine vivacité d’esprit! Ce travail nécessite rigueur, travail d’équipe, réactivité, anticipation, adaptation et le sens de la communication. Chantal a le mot de la fin : «Nous sommes les anges gardiens scientifiques de ce lycée». Par Fanny K. et Corentin N. Une responsabilité importante I ls sont au travail, s’activent avec des gestes précis et minutieux. Chantal et Thierry, adjoints techniques de la recherche et de l’information, se définissent comme un duo nécessaire à la bonne tenue des travaux pratiques. Dans leur espace du troisième étage, loin du regard de tous, ils s’occupent de la gestion du matériel, manient et renouvellent les stocks auprès des fournisseurs, choisissent et installent le matériel pour les expériences demandées par les enseignants pour leurs classes. «C’est un métier valorisant et évolutif» Les métiers méconnus de MDV
  • 25. MOOK MDV News Un métier au service des autres Premier contact physique ou téléphonique, l’agent d’accueil est «LA» personne incontournable. Par Morgane B. et Elsa G. Un emploi du temps serré Véronique Ratier, Olivier Termenière : passionnés, souriants, accueillants et diplomates, des qualités indispensables pour être un bon agent d’accueil. Six heures du matin, la ville d’Angoulême dort encore. Pourtant Olivier est déjà sur le qui-vive, ouvrant les portes de l’établissement et commençant son tour de surveillance. Dès l’arrivée des premiers occupants, il se tient prêt à accueillir, à renseigner et à orienter toute personne interne ou externe aux lycées Marguerite de Valois et Jean Rostand et ce, jusqu’à onze heures, heure d’arrivée de sa collègue, Véronique. 11heures tapantes : elle s’affaire à récupérer le courrier, à le trier, à le distribuer dans les différents bureaux, à l’affranchir et à le composter. En parallèle, ces deux agents d’accueil ont pour rôle de s’occuper du standard des deux établissements, ainsi que de faire des surveillances, sur les caméras et sur l’alarme. Douze heures : alors qu’Olivier a rejoint Véronique pour prendre la relève, ils s’accordent tous deux sur le fait qu’être aux portes de l’établissement ne présente pas que des avantages : «Nous nous faisons souvent agresser par des gens de l’extérieur par rapport aux désagréments occasionnés par les élèves. Les habitants se plaignent que les jeunes laissent traîner leurs détritus (emballages, mégots,…) et s’installent en bas de chez eux. Ils viennent nous voir directement pour régler leurs comptes puisque nous sommes en première ligne». Cependant, ils restent professionnels, gardent le sourire et la bonne humeur en se tenant à notre disposition. «Après trente ans au sein de l’établissement, avez- vous remarqué des évolutions?» «Du fait de notre position et de nos années d’expérience, nous remarquons certaines évolutions concernant notre métier, l’établissement et les élèves eux-mêmes. Le matériel s’est développé, il faut donc s’adapter et se former en conséquence. Le lycée, quant à lui, est de mieux en mieux aménagé. Cependant cela ne semble jamais assez. Quant aux élèves, ils sont de moins en moins respectueux et de plus en plus difficiles» a répondu Véronique. Olivier acquiesce. 20 h sonnent, l’établissement est vide, Véronique ferme les portes. Place au veilleur de nuit. Les métiers méconnus de MDV 25
  • 26. MOOK MDV News Self in the city Des produits frais, de bonnes conditions de travail, un matériel de pointe… La cuisine de Marguerite a tout pour plaire! Par Alexandre T. et Florian G. 10 h! Nous trépignons d’impatience de commencer l’exploration de la cuisine centrale. C’est avec amusement que nous enfilons la tenue hygiénique sous les yeux d’Hervé, le chef de production. Nous voilà fin prêts! Hervé nous fait pénétrer dans le cœur de Marguerite. Il sera notre guide tout au long du voyage. Après ce moment intense, nous quittons notre équipement et nous nous attablons avec Hervé afin d’en apprendre plus. Après 15 ans de restauration traditionnelle et 8 ans au CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de La Rochelle, il a rejoint l’équipe de Marguerite cette année. Passionné de vin, il a, en complément, suivi une formation de sommelier pour en apprendre plus sur une de ses passions. Nous buvons ces paroles lorsqu’il nous narre ses expériences et nous donne des détails sur le travail effectué à la cuisine centrale. On y apprend alors les subtilités de l’équipement de pointe qu’il utilise avec sa dizaine de collègues. «Le matériel est en constant renouvellement», nous dit-il. En attestent les prochains investissements en matière de cuisson de nuit, écologiquement et économiquement plus intéressante. Un projet d’agrandissement de la cuisine centrale est en cours pour faire face à l’hypothétique augmentation de la demande provoquée par le potentiel rattachement de deux établissements supplémentaires. Les salles défilent et ne se ressemblent pas, chacune recelant de nouvelles surprises. Des produits frais, un matériel de congélation calibré et divers espaces de préparation des produits. Nos têtes « encharlottées» et nos yeux curieux se repaissent de ce qu’ils voient et des informations dont notre guide nous abreuve. Ce monde qui s’offre à nous est néanmoins régi par des règles bien précises. En effet, s’il est si agréable de visiter la cuisine, c’est que tout a un ordre bien précis. Pas de carton ni d’emballage après le sas. Rien ne se croise! Chambres froides et fours ont leur température précise. Les gestes sont exécutés méthodiquement par des mains expertes. Le tout pour pas moins de 5000 repas par jour dont 1400 pour la cité scolaire Marguerite de Valois. Les métiers méconnus de MDV
  • 27. MOOK MDV News Les gardiennes du savoir. Un vaste espace lumineux de 1 000 m2 , 90 places assises et 12 salles annexes à gérer… C’est dans la plus grande médiathèque de l’Académie, proposant près de 50 000 documents, qu’Annick Louboutin et Aurore Martin – professeures-documentalistes –, se livrent à nous. Elles nous entraînent dans leur univers pour nous faire découvrir leur métier et leurs projets… C’est le métier qui me donne envie de me lever le matin!» Pensez-vous qu’Aurore Martin se destinait réellement à la documentation? Eh bien non. Figurez-vous qu’enfant, elle rêvait de devenir bergère! Même si le métier de documentaliste n’était pas sa vocation, elle a réussi à en faire un bonheur quotidien puisqu’il lui permet d’être au cœur de la culture. Nos deux expertes du livre et des médias nous dévoilent la recette d’une bonne documentaliste : prenez un brin de passion, mélangez-y un soupçon d’envie et une pincée de rigueur! Annick nous confie : «Il est important d’avoir un rêve dans un métier!» Le cœur de leur travail consiste à gérer un centre de documentation à destina- tion de la communauté scolaire et particulièrement à destination des élèves et des étudiants. Si Annick et Aurore adorent leur métier, elles ressentent néanmoins de la frustration quand elles ne peuvent pas exercer pleinement toutes leurs missions, compte-tenu de l'importance de la structure et de la multiplicité des tâches : gestion des abonnements et des commandes, veille et analyse documentaire, éducation aux médias et à l'information, impulsion et suivi de projets culturels, autour de la lecture et de l'écriture notamment. Cependant, nos deux documentalistes conservent leur enthousiasme juvénile au contact des élèves. «Cette relation nous procure une bouffée d’air frais», s’exclament-elles et de rajouter: "La collaboration avec nos collègues professeurs de toutes disciplines est très enrichissante". L'opportunité de mettre en place des projets les stimule énormément. «Le grand projet de la médiathèque, cette année, est de réaliser un mook (contraction de magazine et de book) culturel qui s'appellera Paquebot ». Cette revue pluridisciplinaire abordera plusieurs domaines culturels. Une version numérique donnera la possibilité d’accéder à des informations sur le web (vidéos, articles…). Patience, sa sortie est prévue courant mai!* * Note de l'éditeur : ami lecteur, il s'agit de la revue que vous tenez entre vos mains. «Nous sommes des «passeuses» de savoir» Par Oriane G. et Lola D. Les métiers méconnus de MDV
  • 28. MOOK MDV News La médecine douce Regard bienveillant, voix douce, l’infirmière est toujours prête à soigner, en restant à l’écoute des élèves. Avec professionnalisme et ouverture d’esprit, Magali Antona a toujours le bon remède. Par Louise P. et Naïs B. Femme de conviction… Après un passage à l’hôpital au service cancérologie, elle se dirige vers la médecine scolaire. C’est de son plein gré qu’elle exerce dans notre lycée depuis deux ans. En effet, elle voit son travail comme un véritable engagement auprès des jeunes en vue de les sensibiliser à la prévention. Projets d’accueil individualisés, appuis psychologiques, gestion administrative, et prévention, Magali Antona, en plus de soigner les bobos est une vraie «touche à tout». D’un naturel angélique, l’experte médicale joue de temps à autre «l’avocat du diable». Certains incidents, entre autres liés à l’alcool, mais sans conséquences, se produisent à l’infirmerie. Il lui arrive parfois de jongler avec le règlement pour le bien-être des élèves. Elle affirme non sans dérision, et sur le ton de l’humour : «Nous sommes en quelque sorte des hors-la-loi». À défaut de pouvoir délivrer des médicaments, Magali apaise avec les mots et son soutien moral. … et de confiance. Une chose est sûre: la pilule passe toujours avec l’infirmière. Les métiers méconnus de MDV
  • 29. MOOK MDV News Le menuisier fait feu de tout bois Irruption dans une pièce débordante de chutes de bois. Un nuage de poussière nous accueille, nous enserre la gorge et nous pique les yeux: le sol se dérobe sous nos pieds. Au centre, deux machines. Nous entrons dans un nuage de poussière. La couleur du sol est à peine reconnaissable. Devant la porte, un homme confronté à sa planche de travail. Par Ludivine D. et Mathilde L. Francis Lacroze, le maître des lieux, nous présente son outil de travail. Il exerce ce métier depuis 25 ans. C’est le seul menuisier du lycée, il a la lourde tâche de tout réparer seul. Et une année au lycée, cela représente une cinquantaine de chaises, de tables, 40 serrures et une quinzaine de lits. Mais il peut aussi laisser libre cours à sa créativité, en concevant des supports pour les fontaines du self. Plus qu’un métier, c’est également une passion qu’il exerce depuis ses 11 ans en compagnie de son père. Cette théorie d’Antoine Lavoisier semble coller parfaitement à Francis Lacroze. Il l’adopte très bien pendant des activités qu’il anime dans son atelier du lycée. Pas de chute, pas de déchet. Il crée, grâce aux matériaux, de nouveaux objets, à l’aide de petites mains d’enfants handicapés venant d’un autre établissement. Ils l’assistent tels des lutins préparant les cadeaux de Noël. Un très bon moyen pour Francis de transmettre sa passion, sa joie ainsi que sa bonne humeur. Francis, «Bob le bricoleur», du lycée. «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» Les métiers méconnus de MDV
  • 30. MOOK MDV News Des projets, de l’énergie et beaucoup de joie Des magazines, des ateliers, des projets – la culture fait partie intégrante du Lycée Marguerite de Valois. Une omniprésence qui nous ferait presque oublier la personne au cœur de ces activités. C’est donc tout naturellement que nous sommes partis à la rencontre de Sophie Duval, notre animatrice culturelle. Chaleureuse et souriante, elle nous ouvre les portes de son monde qui se révèle surprenant. Un élan de jeunesse Bien avant de côtoyer de jeunes lycéens, Sophie, déjà animatrice, accompagnait un public bien différent. Elle animait un club du 3e  âge. Ce grand écart professionnel, elle l’assume et en tire même bénéfice. «Travailler au sein d’un lycée après avoir fréquenté des personnes âgées m’a rajeuni de 20 ans!» glisse-t-elle avec humour. Et vous, plutôt belotte ou cours de danse? Constamment en mouvement Comment être une bonne animatrice culturelle? De l’énergie et encore de l’énergie! Son rôle de sensibilisation des jeunes à l’éducation artistique et culturelle amène Sophie à proposer des activités, mais également à y assister. C’est ainsi qu’elle est présente lors d’actions culturelles autour de l’eau, d’ateliers photo ou au cours d’interventions sur l’égalité homme- femme. Vous l’aurez compris, peu de chance de surprendre notre animatrice culturelle à se tourner les pouces. Mais où peut-elle trouver toute cette énergie? Un plaisir partagé Dans un monde où tout va très vite, Sophie doit s’adapter en permanence. Son objectif est logiquement de rassembler le maximum de jeunes. Alors elle cherche chaque semaine de nouvelles activités; «Satisfaire les attentes de nos lycéens n’est pas chose facile», avoue-t-elle. C’est vrai qu’entre les élèves qui manquent de motivation et les indécis, il faut être patient. Paradoxalement, c’est aussi l’une des raisons qui fait que Sophie aime tant son métier; «Ce n’est pas toujours évident, mais lorsque j’ai des retours positifs, quand je vois le sourire des élèves, j’ai le sentiment d’avoir accompli une partie de mon rôle, d’être utile…» Par Marvin V. et Denis F. Les métiers méconnus de MDV 30
  • 31. MOOK MDV News C’est du propre ! Les rois du balai! Les justiciers de la propreté! Les as du ménage… vous les croisez tous les jours… Mais de qui s’agit-il? Sylvie Méral, responsable des agents d’entretien, nous a guidés dans les méandres du lycée. Droite et rayonnante, vous allez tout savoir d’elle. ‘’ Un métier pas assez reconnu ‘’ Sols lissés, murs brillants, salles rangées… Ils travaillent dur, matin, midi et soir, les vingt-trois agents d’entretien dont on entend si peu parler. Ils veillent à la propreté de l’établissement: 41000 m2 , 3 kilomètres de couloirs, 700 fenêtres, 501 salles de classe. À nettoyer! À balayer! Àastiquer… Des journées bien remplies. ‘’ Efficace et perspicace ‘’ Une femme apprêtée, souriante nous a accueillis chaleureusement un lundi matin. «Je suis très impliquée dans mon métier», nous confie-t-elle. Son caractère de battante nous a impressionnés. Autoritaire quand elle donne les tâches à chacun et toujours optimiste. Elle a tout d’un manager : entre le self, l’internat, les salles de réunion, elle est sur tous les fronts. Elle sait être à l’écoute : «Gérer vingt- trois personnes, c’est gérer vingt-trois tempéraments différents». Toujours au top de sa forme, c’est une personne entière, un manager hors pair. Vous la croiserez sûrement dans le couloir du self où se trouve son bureau. N’hésitez pas à la solliciter… sympathique et souriante, elle répondra à vos attentes. Par Pauline J. et Théo D. «Gérer vingt-trois personnes, c’est gérer vingt-trois tempéraments différents» Les métiers méconnus de MDV 31
  • 33. 33 L’Alpha, médiathèque du Grand Angoulême, se situe juste derrière la gare, dans le quar- tier de l’Houmeau. C’est l’un des bâtiments contemporains les plus remarquables du Poitou-Charentes et l’un des plus modernes de France. Son projet est original et coloré. La médiathèque a été créée par l’architecte Françoise Raynaud, ancienne élève de Jean Nouvel, de l’agence parisienne Loci Anima. Françoise Raynaud est une architecte à la libre pensée, toujours motivée par la construction d'architectures à vivre, économes, pratiques, astucieuses et recyclables. Elle a créé son agence. «Loci Anima» en 2002 et travaille avec une équipe internationale. Ses idées, ses plans ont été jugés les meilleurs lors du concours des architectes. C'est donc elle qui a été choisie pour la construction de l’Alpha. Le bâtiment, vu du ciel, forme un A, d'où son nom. En grec ancien, l'alpha est la première lettre de l'alphabet. Il est constitué de cinq blocs rectangulaires de 55 mètres sur 14, empilés. Ces blocs en béton sont de différentes couleurs : gris, noir, jaune et rouge-bordeaux. Chaque bloc représente un monde : «la Fabrique», «Créer», «Imaginer», «Comprendre» et «D’un monde à l’autre». À chaque bloc correspond une ambiance différente. L’ensemble de ces blocs fait penser à un empilement de livres. Dans un souci de légèreté, le bloc du haut et une partie du bloc «Comprendre» sont en char- pentes métalliques, recouvertes de trames de lames d’aluminium anodisé rendu inoffensif. Chacun des blocs se termine des deux côtés par une grande baie vitrée de 4 mètres sur 13 qui offre une vue imprenable sur la ville d’Angoulême. Le bâtiment possède deux entrées : l’une du côté de la gare, et l’autre du côté du quartier de l’Houmeau. Un parking a également été prévu. À l’extérieur, il y aura un jardin arboré, sur un espace de 1100 m². Prochainement, une passerelle réunira la gare à la médiathèque. L’Alpha est une des médiathèques les plus modernes de France. Elle possède une architecture extérieure originale et colorée qui incite à y pénétrer. Écrit par Océane L., Léa J.-C. et Alison L. L'architecture extérieure et intérieure
  • 34. 34
  • 35. L’Alpha propose une architecture inté- rieure étonnante. Les cinq blocs qui la composent représentent différents mondes auxquels s’ajoutent un hall, un café, un audi- torium et une salle d’exposition. Le hall est considéré comme la pièce prin- cipale ; c'est aussi un lieu de passage. Il est entièrement constitué de grandes vitres qui ouvrent sur l’extérieur. On y trouve les entrées vers les trois mondes, Créer, Imaginer et Comprendre, auxquels on accède par différents escaliers imposants en béton blanc qui occupent tout l’espace du hall et qui se rejoignent pour n’en former qu’un, insonorisé. Un toboggan, parallèle à l’un des escaliers, est destiné aux jeunes en- fants. Le monde Imaginer propose toutes sortes de romans et de revues, pour les enfants comme pour les adultes. On compte 35000  ouvrages. On y trouve un accès libre à des postes de visionnage ainsi qu’un espace jardin où l’on peut bénéficier des services de la médiathèque tout en profitant d’un espace en plein air. On peut se reposer dans des sièges étonnants comme des transats en béton. Une salle de conte a même été prévue, avec des rideaux qui, une fois fermés, forment une véritable pièce. Les couleurs dominantes de la pièce sont le rouge, l’orange, le jaune, et le marron pour le sol. Le monde Créer représente l’espace de l’image et du son et la salle est lumineuse, car elle est entourée de baies vitrées. Cette salle est composée d’un sol arc-en-ciel, d’une pièce vitrée avec des ordinateurs, d’un espacedejeu,ainsiqued’unespacedemusique qui bénéficie de plusieurs instruments mis à disposition du public : batterie électronique, clavier, guitare. La salle comporte aussi un espace dédié aux jeux vidéo, un espace de visionnage, ainsi qu’un rayon très complet de BD et des DVD (acronyme anglais : Digital Versatile Disc ; en français : Disque numérique polyvalent). Le monde Comprendre est un espace intellec- tuel proposant des bureaux pour travailler, une étonnante salle de réu- nion aux murs rouges entou- rée de miroirs à l’extérieur. On y trouve également des espaces individuels en forme de cubes en bois, qui créent un contraste avec les couleurs dominantes rouge, beige et gris. Une terrasse extérieure avec vue sur la gare le pro- longe. En montant deux étages, on découvre un lieu d’exposition équipé de cimaises. Au même étage,uneboitejauneadaptéeacoustiquement sert aussi de lieu d’exposition. La médiathèque possède également un au- ditorium en pierre en arc de cercle. Afin de profiter pleinement des activités, une mezza- nine dédiée aux enfants est ouverte au-des- sus du monde Imaginer. C’est la pièce la plus
  • 36. intéressante architecturalement par sa forme de cube. Ses couleurs principales sont le blanc, le gris et le vert. On peut voir aussi d’étonnantes lampes ressemblant à de gros ballons vert anis. L’architecture de ce bâtiment reflète un esprit de modernité, par ses formes, ses couleurs et ses adaptations nouvelles. Elle incite à venir se cultiver et se distraire. Un mobilier au design original Le design du mobilier est très contempo- rain, à l’image du lieu composé de dif- férents thèmes. À chacun des bâtiments cor- respond un mobilier particulier. Plusieurs designers ont travaillé sur le projet. Le mobilier est très inattendu. On trouve ainsi de nombreuses installations pour les enfants, comme un toboggan, des tapis rec- tangulaires de différentes couleurs pour qu'ils puissent s’asseoir par terre sans être sur le sol froid, des poufs, des petites chaises de toutes couleurs et de toutes formes. Même les éta- gères sont adaptées à leur taille. Nous avons testé des sièges blancs ludiques, avec un pied rond central, qui tournent sur eux-mêmes et créés de manière à ce que les usagers ne puissent pas tomber une fois assis, ni se blesser en tournant. Nous nous sommes également assis sur un demi-tronc d’arbre en forme de banc, sur des chaises formées de demi-bidons recouverts à l’intérieur d’une mousse orange, sur des chaises de différents modèles, en bois et en plastique, une chaise recouverte de tissu en jean, des tabourets divers et variés en bois, des chaises hautes de bar, un tabouret constitué de bouts de bois… Le choix paraît infini. Il est possible de venir travailler sur des tables en bois, en plastique de formes géométriques. Les luminaires sont modernes et variés. On trouve par exemple des néons, des lustres noirs, et même des lampes vert anis en forme de b a l l o n pour le monde des enfants. L’Alpha est une mé- diathèque i m p r e s - sionnante qui pro- pose un mobilier très mo- derne.
  • 37. 37 Le 19 décembre 2015, a eu lieu une Jour- née Portes ouvertes à l’Alpha de 10 h à 18 h. Des interventions ludiques et poétiques ont été proposées pour les moins de 10 ans avec des clowns et des danseurs : Pierre-Em- manuel Paute et Marlène Koff. Cinq musiciens ont aussi proposé un concert dans la salle de spectacle de la médiathèque. L’amphithéâtre de la médiathèque possède 99 places assises confortables, car elles sont rembourrées par des coussins. Elle est aussi équipée d’un vidéoprojecteur et d’une petite scène pour des représentations ou des concerts dessinés. Le 22  décembre, l’Alpha a ouvert ses portes au grand public. Des artistes de différents pays sont venus faire leur représentation dans la salle de spectacle. Vendredi 18 décembre, dans l’après-midi, le Premier Ministre Manuel  Valls a inauguré l’Alpha. Après la visite de la médiathèque, il a fait un discours vantant les mérites de l’Alpha. Les animations lors de l'ouverture de l'Alpha L’Alpha possède de nombreux livres anciens qui ne sont pas présents dans les rayons. Ils sont en effet entreposés dans des compactus (ensembles de rangées de rayonnages mobiles) qui sont situés au sous- sol. On y accède en prenant l’ascenseur. La médiathèque possède de nombreux ou- vrages anciens du XIXe  siècle. Le plus ancien date du XVe  siècle. Beaucoup de ces ouvrages appartiennent au fonds charentais local ou patrimonial. Nous avons pu consulter un exemplaire de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ce chef-d’œuvre du XVIIIe  siècle. Cet ouvrage a été rédigé par d’innombrables philosophes et écrivains connus comme Rousseau ou Voltaire. Cette encyclopédie avait pour projet de faire la somme de toutes les connaissances de l’époque. Elle nous renseigne sur la pensée, les sciences, l’art et les métiers du siècle des Lumières. Nous avons remarqué que la typographie de ces livres était différente de celle d’au- jourd’hui. Par exemple, le ‘S’ avait la forme d’un F, le ‘U’ celle d’un ‘V’, le ‘O’ un ‘A’ etc. Un accent est également présent sur certaines lettres pour les dédoubler. Les livres rares de l’Alpha ne peuvent pas être empruntés, mais seulement consultés sur demande. Des livres rares «La culture est une force qui grandit la France et lui donne ses attraits, son identité» Manuel Valls Un des ouvrages anciens de l'Alpha
  • 38. 38 La médiathèque prévoit différents dispo- sitifs pour la rendre accessible aux per- sonnes handicapées. L’Alpha est équipé d’ascenseurs qui per- mettent aux personnes à mobilité réduite d’accéder aux différents niveaux du site. Les meubles sont d’une couleur différente de celle du sol pour être plus visibles. On propose également des dispositifs pour les malvoyants : les ordinateurs présents dans la médiathèque ainsi que le site Internet sont adaptés, grâce à un affichage de couleurs dif- férentes. Enfin, des livres écrits en gros caractères sont à leur disposition, ainsi que des CD audio (acronyme anglais de Compact Disc) d’œuvres littéraires. La médiathèque dispose d’un lieu où chacun pourra venir se désaltérer en profitant d’une vue imprenable sur Angoulême. L’Alpha Café met à disposition plus d’une soixantaine de places. Une cuisine surnommée «Le Labo» permet de proposer une restauration légère, ainsi qu’un véritable bar à soupe. Les lecteurs peuvent venir se prélasser, continuer à lire, profiter des services que peut offrir cet endroit tout en admirant le plateau d’Angoulême sous un angle inédit. Laura, Éva et Johanna. Les dispositifs pour les personnes handicapées L’Alpha Café Utile et original : un banc-épingle à linge
  • 39. Le patrimoine scientifique 7 articles… 7 inventions… du lycée Marguerite de Valois qui ont marqué… l’Histoire!
  • 40. 40 Sommaire : BAROGRAPHE Le baroscope DYNANOMÈTRE Les hémisphères de Magdebourg MACHINE DE WIMSHURST Le régulateur de Watt LE BAROGRAPHE Le barographe est un appareil de mesure inventé par l’Anglais Moreland en 1670. Il est utilisé en physique ou en météorologie et sert à mesurer les variations de la pression atmosphérique sur une certaine durée. Fonctionnement Il est essentiellement constitué d’une capsule métallique à l’intérieur de laquelle le vide a été fait. Lorsque la pression atmosphérique augmente, la capsule est alors compressée et lorsque la pression atmosphérique diminue, la capsule se détend et reprend de plus en plus sa forme initiale. Une aiguille est reliée à un petit système mécanique qui amplifie les mouvements de la capsule. Cette aiguille nous permet de lire sur un cadran gradué la valeur de la pression atmosphérique en Pascal. Conclusion Il existe plusieurs sortes de baromètres : le baromètre à mercure, le baromètre à eau, le baromètre anéroïde et le baromètre électronique Le patrimoine scientifique du Lycée Marguerite de Valois Dans le cadre de l’enseignement d’exploration de « Sciences et laboratoire », des élèves de Seconde ont participé lors de la période 2014-2015 au projet «Patrimoine des lycées», piloté par la région Poitou-Charentes. Ce projet avait pour but la découverte des instruments de Physique du lycée et leurs utilisations scolaires, passées et actuelles. Voici leurs travaux.
  • 41. 41 Le baroscope Le baroscope permet de vérifier le principe d’Archimède et de mesurer la perte de poids due à la poussée d’Archimède. Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci ou traversant sa surface libre, subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé : cette force est appelé «poussée d’Archimède». Le baroscope est destiné à la mise en évidence du principe d’Archimède dans l’air. En pesant un corps dans l’air, on n’a pas son poids réel, mais seulement l’excès du poids de ce corps sur le poids du volume d’air qu’il déplace. Constructeur du baroscope : Salleron Date de construction : 1861 Grosse sphère : Cuivre et creuse --> masse : 152 g --> poids : 1489,6 N Petite sphère : Plomb et pleine --> masse : 113 g --> poids : 1107,4 N Expérience : Le baroscope supporte 2 sphères d’une masse et d’un volume différents. En mettant le fléau en équilibre, en jouant sur la distance réglable des 2 sphères, on remarque que les 2 sphères sont équilibrées. Quand on place le baroscope sous une cloche à vide, on constate qu’au fur et à mesure que le vide augmente, le fléau penche de plus en plus vers la sphère la plus volumineuse. Conclusion: Lapousséed’Archimèdequi,àl’airlibre,agissaitdavantage sur la sphère la plus grosse, a disparu en même temps que l’air dans la cloche à vide. Au contraire, on remarque que le fléau reprend peu à peu son équilibre au fur et à mesure que l’air reprend place dans la cloche à vide LE DYNAMOMÈTRE I) Qui était Isaac Newton? Isaac Newton (4 janvier 1643 – 31  mars 1727, ou 25 décembre 1642 – 20 mars 1727) est un philosophe, mathématicien, physicien, alchimiste et astronome anglais. Figure emblématique des sciences, il est surtout reconnu pour avoir fondé la mécanique classique et pour sa théorie de la gravitation universelle. 1) Découvertes Newton est persuadé, à tort, que sa théorie des couleurs interdit tout perfectionnement de la lunette astronomique inventée par Galilée, car les lentilles utilisées dévient obligatoirement les rayons lumineux. En 1669, il réussit à mettre au point un autre système pour observer le ciel : le télescope. Il obtient des images neuf fois plus grandes qu’avec une lunette quatre fois plus longue! Cette réussite lui assure une célébrité dans les milieux savants de toute l’Europe. 2) Carrière de Newton À dix-huit ans, il entre au Trinity College de Cambridge ; il y restera sept ans. Il a comme professeur Henry More qui l’influencera dans sa conception de l’espace absolu. À Cambridge, il étudie l’arithmétique, la géométrie dans les Éléments d’Euclide et la trigonométrie. Mais il s’intéresse particulièrement à l’astronomie, à l’alchimie et à la Newton en 1689 par Godfrey Kneller
  • 42. 42 théologie. Il devient, à vingt-cinq ans, Bachelier des arts, mais est contraint de suspendre ses études pendant deux années à la suite de l’apparition de la peste qui s’est abattue sur la ville en 1665 et retourne dans sa région natale. II) Dynamomètre Le dynamomètre est un appareil destiné à mesurer l’intensité des forces, en Newton (du nom du créateur). Il utilise un ressort (cas d’un modèle simple) dont on connaît la raideur définie par le module d’élasticité, ou une cellule à jauge de déformation. Le "peson" est son nom d’origine. L’unité de force est le newton (symbole N) du nom du découvreur de la théorie de la gravitation universelle, Isaac Newton. Les multiples les plus usités sont le décanewton (daN, unité voisine en valeur du kilogramme-force) et le kilonewton (kN). La dyne (symbole dyn) est une ancienne unité de force. Le Dynamomètre numérique Un dynamomètre numérique est un instrument (portable ou fixe) composé d’un capteur de force, d’un dispositif électronique et d’un afficheur. Le capteur de force est le cœur du système. Il peut être assimilé à un ressort qui se déforme en fonction de la force appliquée. Lorsque ce capteur se déforme, les jauges de déformation mesurent les contraintes appliquées et émettent une tension électrique proportionnelle à la force. L’électronique du dynamomètre interprète alors cette tension pour l’afficher en unités de force. III) Informations diverses Un dynamomètre est un instrument de mesure utilisé dans toute l’industrie pour mesurer la force lors d’essais en traction ou compression. Les applications existent dans tous les secteurs d’une entreprise : recherche, qualité, laboratoire, production, terrain… Il existe deux grands types de dynamomètres aujourd’hui : mécanique et électronique. Un dynamomètre mécanique est en général un ressort dont on connaît la constante de raideur et qui est calibré pour obtenir la force à une certaine compression ou torsion. La précision de ce type de dynamomètre est en général assez faible, de l’ordre de 5%. Un dynamomètre électronique est, de façon simplifiée, un instrument portable qui contient un capteur de force, une carte électronique, un logiciel et un afficheur. Le capteur de force est un système électronique qui est utilisé pour convertir une force en un signal électrique. Par sa conception mécanique, la force appliquée déforme des jauges de contraintes. Ces jauges de contraintes convertissent la déformation en un signal électrique. Le logiciel et l’électronique du dynamomètre se chargent alors de convertir la tension de sortie du capteur en une valeur de force qui est affichée sur l’écran. Les unités principales de mesure sont le newton ou la livre. Le maximum ou la rupture sont les résultats les plus courants que l’on cherche à obtenir lors des essais de mesure de force. C’est utilisé, le plus souvent, pour déterminer si un produit est conforme ou non. Quelques exemples de mesure de force : vérification de ressort, test de cosse de câbles… mais des essais beaucoup plus compliqués peuvent aussi être réalisés comme des essais de pelage, de friction, de texture… Les hémisphères de Magdebourg 1- Présentation des hémisphères Ce sont deux hémisphères creux, de laiton ayant de 10 à 12 cm de diamètre. Leurs bords sont garnis d’une rondelle annulaire de cuir, enduite de suif, qui rend la fermeture hermétique lorsque ces bords sont en contact. L’un des hémisphères porte un robinet qui se visse sur la machine pneumatique, et l’autre un anneau qui sert de poignée pour le saisir et le tirer. Tant que les hémisphères contiennent de l’air, on les sépare sans difficulté, car il y a équilibre entre la force. Les hémisphères furent l’expérience d’Otto von Guericke.
  • 43. 43 2- Biographie d’Otto von Guericke Otto von Guericke est né le 20 novembre 1602 à Mag- debourg et mort le 11 mai 1686 à Hambourg. C’est un scientifique, inven- teur et homme politique allemand. Sa contribution scientifique principale concerne la physique du vide. Il a inventé le prin- cipe du tout premier appareil à vide. Von Guericke démontra la force de la pression atmosphérique avec des expériences spectaculaires, comme en 1654, à la cour de Frédéric Guillaume Ier de Brandebourg, où il avait raccor- dé deux hémisphères de cuivre de 51 cm de diamètre (les hémisphères de Magdebourg). 3- Les expériences La première expérience a eu lieu le 6 mai 1654 : Deux attelages de 15 chevaux n’ont pas pu les séparer. En 1656, l’expérience a été répétée avec 16 chevaux (2 équipes de 8), les hémisphères n’ont pas bougé. Les expériences ont permis de démontrer l’existence du vide et la notion de pression de l’air. 4- Pressions atmosphériques Les pressions atmosphériques sont les pressions qu’exerce le mélange gazeux constituant l’atmosphère considérée, sur Terre : de l’air, sur une surface quelconque au contact avec cette atmosphère. 5- Conclusion Les hémisphères de Magdebourg furent une expérience d’Otto von Guericke pour démontrer l’existence du vide et la notion de pression de l’air. L’expérience est devenue très populaire pour illustrer la notion de pression atmosphérique. LA MACHINE DE WIMSHURST Lors de la rotation des plateaux, les secteurs se déplacent et se frottent contre les balais métalliques qui donnent des charges électriques aux secteurs. Ainsi la machine se charge, la tension va augmenter, les charges augmentent. Une fois la tension dans les condensateurs assez élevée, les électrons vont se précipiter de l’électrode négative à l’électrode positive. Cela engendre un arc électrique au niveau des boules de l’éclateur La machine de Wimshurst est une machine électrostatique inventée en 1882. Cette machine fut historiquement utilisée pour illustrer de nombreux phénomènes d’électricité statique ou la production d’ozone dans un arc électrique. Nos expériences 1) Tout d’abord nous avons fait tourner la machine normalement puis nous avons caché les balais métalliques. Résultat : rien ne se passe, aucun arc électrique n’est formé. 2) Nous avons tourné la mani- velle dans le sens contraire. Ré- sultat : rien ne se passe aucun arc électrique formé 3) A l’aide de peaux de lapin nous chargeons négativement un bâton de plexiglas. Une fois, le bâton chargé on le place sur le balai arrière droit. Lorsqu’on tourne la manivelle la machine est comme déchargée donc rien ne se passe.
  • 44. 44 Le régulateur de Watt Historique Le régulateur de Watt (ou régulateur centrifuge) a été créé par James Watt, au xviiie siècle. En 1788, James Watt adapte son régulateur pour être utilisé sur les machines. Le régulateur de James Watt est l’un des premiers mécanismes de rétroaction, utilisés dans le domaine industriel. Les fonctionnements de ces mécanismes d’un type nouveau donnèrent naissance plus tard à des réflexions comme la cybernétique et à des sciences comme l’automatique. Présentation de l’objet Le régulateur de Watt, est un système permettant de réguler la vitesse de rotation d’une machine à vapeur. Ce dispositif a le même principe de fonctionnement que l’eau mise sous pression par un objet. La vitesse propulse le mécanisme et la force exercée fait que ce dernier monte plus haut. Fonctionnement Si, à la suite d’une combustion plus forte ou d’une moindre utilisation de la puissance fournie, la vitesse de rotation augmente : – les boules tournent plus vite ; – elles s’écartent davantage de l’axe de rotation par effet centrifuge ; – le haut du pantographe descend ; – et l’admission de vapeur est diminuée – tendant donc à réduire cette même vitesse d’autant qu’il le faut pour revenir au point de consigne. Si, inversement, à la suite d’un ralentissement de la combustion ou d’une charge supérieure de l’atelier cette vitesse diminue : – les boules tournent moins vite ; – elles se rapprochent en raison de leur poids et du fait que la force centrifuge diminue ; – le haut du pantographe remonte ; – et l’admission de vapeur est augmentée tendant donc du même coup à augmenter cette vitesse autant qu’il le faut pour revenir sur le point de consigne. Utilisations Le régulateur centrifuge était principalement utilisé pour l’ouverture d’une soupape qui régule la pression dans une machine à vapeur et c’est aussi utilisé pour doser le vin. Laforcecentrifugeesticiprésentepourledéplacement du mécanisme amovible du régulateur de Watt, la force centrifuge est due aux mouvements de rotation de ces référentiels et se traduit par une tendance à éloigner les corps du centre de rotation. Le schéma donné reproduit le principe du régulateur de James Watt. Entraîné, via la courroie, par la machine, le rotor voit ses masselottes s’écarter. Trop vite on ferme la vapeur, trop lent on ouvre, le système finissant par trouver le juste équilibre, et par conséquent un régime régulé. Sources http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gulateur_%C3%A0_ boules http://fr.wikipedia.org/wiki/Force_centrifuge
  • 45. 45 La balance de Cotton La balance de Cotton est une balance peu précise, destinée à mesurer l’intensité du champ magnétique. Elle tire son nom de son inventeur, Aimé Cotton. Elle a surtout un intérêt pédagogique. En 1900, Aimé Auguste Cotton invente une balance pour mesurer la valeur B d’un champ magnétique. Cette balance est constituée de deux fléaux. On mesure la valeur du champ magnétique, en équilibrant les deux forces appliquées aux bras de la balance : d’un côté, la force de Laplace (force électromagnétique dépendant directement du champ magnétique et de l’intensité du courant élecrique) et de l’autre côté de la force de pesanteur (qui dépend de la masse) Sources des images : Lycée Marguerite de Valois Angoulême wikipedia commons
  • 46. Pour la cinquième année consécutive, l’animatrice culturelle organise, en partenariat avec l’association les Petits Débrouillards, la Maison des Peuples et de la Paix et les professeurs d’Histoire-Géographie de seconde, un atelier autour de l’eau. Celui-ci s’est déroulé durant la semaine de la solidarité internationale et avait pour objectifs la prise de conscience de l’inégalité de l’accès à l’eau et des pratiques qui la polluent dans le monde. Le jeu de rôle «Eau autour du monde» transforme la classe en un théâtre international dans lequel les élèves incarnent des personnages provenant de différentes régions du monde. Différents thèmes y sont abordés, tels que l’accès à l’eau, le rôle des femmes, les maladies hydriques, la gestion de l’eau, les technologies d’approvisionnement en eau, la pollution de l’eau, les conflits liés à l’eau, la culture de l’eau… De plus, l’ensemble des activités domestiques, agricoles et industrielles font usage de cette ressource et contribuent à sa pollution. Cet outil introduit certaines notions de base liées aux modèles de production, d’échange et de consommation dans le monde. «Eau autour du monde» invite donc à réfléchir sur le choix de ces modèles et sur les moyens dont nous disposons pour améliorer les relations Nord-Sud, la santé ainsi que le milieu de vie des habitants d’ailleurs et d’ici, dans un souci d’équité. Les joueurs sont appelés à vivre leurs réalités quotidiennes ainsi que des expériences de conflits (pollution, construction de barrage, prélèvement abusif…) et de coopération (enseignement de techniques d’irrigation, partage d’expériences, étude sur la qualité de l’eau…) relativement à l’eau. Eau tour du m onde 46
  • 47. 47 Œuvre collective réalisée par des élèves de 2de BP MDMV du Lycée Jean Rostand
  • 48. 48 Du 3 au 8 novembre 2015, les élèves des options «Histoire des Arts» et «Arts plastiques» ont effectué leur voyage d’art à la Biennale de Venise. Ces textes ont été écrits par les élèves de la classe de 1re « Histoire des Arts ». Les photographies ont toutes été prises par eux-mêmes. Histoire de la Biennale de Venise: La Biennale de Venise fut créée en 1893 par le Conseil municipal de Venise pour les 25 ans de mariage du roi Hubert 1er et de Marguerite de Savoie. Mais la première exposition n’eut lieu qu’en 1895. On choisit Venise car la ville était considérée comme étant « La Sérénissime » ou « Le salon de L’Italie » pour son architecture des merveilles et pour son rôle important quant à l’art et à la culture. La Biennale fut créée dans le but de stimuler la créativité artistique et le marché de l’art en Italie, l’objectif étant la promo- tion des nouvelles tendances artistiques. Deux pôles alternent selon les éditions, avec la Biennale de l’art, de la musique et du cinéma, la Mostra, et la Biennale de l’architecture. Aujourd’hui, la Biennale de Venise a plus d’un siècle. C’est une des plus prestigieuses insti- tutions culturelles dans le monde et le chef de file dans la promotion de nouvelles tendances artistiques. Elle reçoit un public de plus en plus grand, avec 320000 visiteurs par an. Le premier bâtiment d’exposition aux Giardini, surnommé « Le palazzo », puis appelé « Pro Arte » en 1894, devint après la construction des premiers pavillons nationaux, le «pavillon italien». Différents pavillons furent ensuite inaugurés de 1900 à 1930, ce qui donna une renommée internationale à la Biennale: les pavillons belge, hongrois, allemand, français, suédois, russe, espagnol, américain. Après la Seconde Guerre mondiale, onze nouveaux pavillons furent encore construits dans les Giardini, dont la Corée en 1996. La 56e Biennale s’est tenue du 9 mai au 22 novembre 2015, sur ses deux sites, les Giardini et l’Arsenal. Son thème «All the world’s futures» signifie «Tous les futurs du monde». Son directeur artistique est Okwui Enwezor et le président, Paolo Baratta. La République d’Arménie reçut le Lion d’or du meilleur pavillon, lié au 100e anniversaire du génocide arménien. Marie V. Inès F. et Clothilde B. L’intervention de Paolo Baratta, Président de la Biennale de Venise : «Massimiliano Gioni s’intéresse à l’observation du phénomène de la création artistique; son attention s’attache aux forces intérieures qui poussent à créer l’image et donner vie aux représentations nécessaires pour soi et pour s’entretenir avec les autres; il cherche sur les utopies et anxiétés qui mènent l’homme à la nécessité indispensable de créer. […]. Aujourd’hui, le La Biennale d’art contemporain de Venise
  • 49. monde nous apparaît traversé par des fractures graves, des déchirures, de fortes asymétries et des incertitudes sur les perspectives. Malgré les progrès colossaux dans les connaissances et dans les technologies, nous vivons une sorte d’« âge d’anxiété ». La Biennale revient à observer le rapport entre l’art et le déve- loppement de la réalité humaine, sociale, politique, en le harcelant avec des forces et des phénomènes extérieurs. Il veut rechercher ensuite comment les tensions du monde extérieur sollicitent les sensibi- lités, les énergies vitales et expressives des artistes, leurs désirs, les yeux de l’âme, leur « inner song ». La biennale a aussi appelé Okwui Enwezor pour sa sensibilité spéciale à ces aspects; c’est un Parlement pour une biennale de vitalité différente et intense. Nous savons qu’évoquer les phénomènes dramatiques qui caractérisent le temps présent induit à «faire entrer l’histoire » […] Cela signifie également des fragments rappelant notre passé, même à distance. Certes, la Biennale propose un cadre spécial pour cette représentation. Ce qui est exposé ici comme une toile de fond a 120 ans d’histoire des arts, dont les fragments variés sont dans chaque recoin, tant à la Biennale d’art, mais aussi en architecture, en danse, en théâtre, en musique et en films; ils sont dans ses archives historiques; les images sont stockées là, dans ses catalogues, dans ses bâtiments. Aussi les pavillons des pays, construits à différents moments et à travers différentes initiatives, créent un endroit très différent de celui d’une expo traditionnelle. […] Chaque biennale présente, aux côtés de notre conser- vateur, les différentes voix des commissaires dans les différents pavillons et contribue à une valeur impor- tante, le pluralisme des voix. «Parlement des formes», rien de plus qu’un parlement doit fournir la pluralité des voix. À la Biennale, du plus intime à l’histoire la plus convaincante et dramaturgique, il est important que le spectacle soit toujours vécu comme un lieu de dialogue libre». Traduit de l’italien par Cheyenne B. 49
  • 50. Les artistes du collectif BGL, originaires de la ville de Québec, représentent le Canada . Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière, dont les noms sont à l’origine de BGL, créent ensemble depuis 20 ans des sculptures, des installations et des performances ambitieuses. « Canadassimo métamorphose complètement le pavillon du Canada en proposant un parcours insolite qui débute à l’extérieur par une structure d’échafaudage, comme si l’exposition était encore en chantier. Sous cette structure se trouve l’entrée d’un dépanneur, un petit commerce de quartier. Il donne ensuite accès à un loft, que BGL a surnommé «l’Atelier », où s’accumulent des centaines d’objets de toutes sortes et des boîtes de conserve dégoulinantes de peinture, empilées les unes sur les autres». Lisenn S. L’«Atelier» est l’œuvre que j’ai préférée puisque je me reconnais en ces boîtes empilées les unes sur les autres, sans ordre ni sens. Cela reflète au mieux mon état physiolo- gique de temps à autre, lorsque l’accumulation est trop importante et que, en restant dans le contexte, j’ouvre une nouvelle boîte pour que les autres se vident dans la nouvelle. De plus, je m’y identifie particulièrement, car la pein- ture, appartenant au domaine artistique, me rappelle ma passion pour le dessin, qui m’aide à m’échapper de ces boîtes empilées; et ce qui aiderait à en sortir, c’est l’art. Ana P. 50 Le pavillon canadien: «Canadassimo»
  • 51.
  • 52. Le pavillon nordique, pensé et réalisé par Camille Norment, s’intitule «Rapture». On s’y retrouve dans un univers multisen- soriel, sculptural et sonore. Cette œuvre res- semble à un magistral jeu de massacre, par les nombreux cadres de fenêtre aux vitres cassées qui la constituent; à cadrer, décadrer, traverser, le regard ne fait que s’interroger au fil des plans. Pour le son, l’artiste uti- lise le verre d’harmonie ainsi qu’un chœur de douze femmes. Le verre d’harmonie est un instrument du xviiie  siècle inventé par Benjamin Franklin. La musique est créée par le toucher du doigt sur le verre ainsi que par l’eau. Cette technique hypnotise totalement le visiteur, qui se sent envoûté par cette nou- velle sonorité. Cela permet donc d’observer la relation entre le corps humain et le son dans cet environnement de verre. Ainsi, la traduction de «Rapture» est «Ravis- sement » ; ce pavillon porte son nom sans aucune prétention, puisqu’il qualifie ample- ment ce poétique endroit. J’ai même pensé que ces cadres étaient une métaphore; même si nous semblons grands et forts, il est toujours possible que quelque chose en nous se brise. Lola P. Le pavillon nordique : «Rapture» 52
  • 53.
  • 54. Après avoir poussé le grand rideau blanc qui faisait office de porte, le spectacle s’offrit à moi. Une musique apaisante y régnait. Une installation 3D occupait tout l’espace, représentant PEACE écrit en toutes lettres avec des chemins de gazon. Ce n’est qu’en s’y promenant que le titre de cette exposition prenait tout son sens. «Can you see?», «Peux-tu voir?» Que pouvons-nous voir, la paix, l’installation, ou les deux? La paix en arabe est l’équivalent de paradis, lequel est lié aux plantes et aux jardins. L’ins- tallation exposée constitue la parole de paix en trois dimensions avec des espaces verts. Les visiteurs pouvaient personnifier le concept quand ils se promenaient en regardant les tablettes attachées à l’installation; celles-ci comprenaient une application programmée concernant la connaissance des choix qui affectent la façon dont chaque individu voit la paix de son propre point de vue. Cela permet ainsi d’en augmenter la réalité. Les compo- sants naturels alliés aux composants techno- logiques rendent aussi cette œuvre originale. Constance S. Le pavillon égyptien : «Can You See» 54
  • 55. 55 Passé la porte de ce pavillon qui se fond dans la nature, on se retrouve face à l’œuvre de Marco Maggi, en blanc sur blanc, Global Myopia, créée en 2014. L’univers plastique de Maggi s’articule autour d’un système de motifs linéaires découpés, qui se détachent de la surface du mur pour com- poser un entrelacs de superpositions et de reliefs fragiles, à la fois foisonnant et discret et qui s’étend à l’infini. Tout d’abord, les collages microscopiques, invisibles de loin, se dévoilent progressivement lorsque le spec- tateur s’approche de l’œuvre. En suivant le dédale de cette cartographie imaginaire, le spectateur est absorbé par un environnement abondant qui le captive : dix mille signes ; il faut le voir de près, s’en approcher pour rentrer à l’intérieur. Ce gigantesque travail sur de grands murs d’un blanc immaculé, un collage minutieux entre lignes droites et Le pavillon de l'Uruguay : «Global Myopia» des centaines de points, de traits, de figures géométriques, relève du titanesque pour un assemblage proche du hiéroglyphe. Cette œuvre me fait penser à une pyramide de l’époque des pharaons avec ses signes non encore décryptés, ou encore à un nouveau langage stellaire d’une autre dimension. Le langage abstrait de Marco Maggi se réfère à la façon dont l’information est traitée dans l’ère de la mondialisation. Le défi était de concevoir un projet qui pourrait voyager dans un bagage à main comme un fichier zip, un alphabet de 10 000 éléments qui se déplie dans l’espace tout en épousant son architecture. « Nous vivons dans une société dysfonctionnelle dans laquelle l’information est omniprésente, mais où la réalité est deve- nue illisible et « les arts visuels invisibles » Marco Maggi. Chloé D.
  • 56. 56 Le « Monde de la myopie papier crayon ». L’artiste a conçu une œuvre d'art en utilisant uniquement 9 crayons noirs parallèles les uns des autres, pointant vers le mur et maintenus en suspension dans l'espace à l'aide de 9 cordes de tir à l'arc. La myopie est une anomalie, un défaut réfringent de l’œil. Le foyer image de la lumière se concentre avant la rétine, ce qui cause donc une vision floue. Les personnes atteintes de cette maladie voient clairement les objets proches, mais difficilement les objets lointains. L'artiste veut démontrer une autre manière de voir les choses. Dire que le monde de la myopie est une planète sans perspective et sans forme, est faux; Marco Maggi affirme donc que la myopie prescrit une capacité extraordinaire de voir les détails qui paraissent invisibles à l'oeil normal, ce qui est tout simplement merveilleux. Les plus belles choses sont souvent celles qui sont les plus proches de nous, cachées dans l'ombre. Yousrat B. «Global Myopia Pencil&Paper»
  • 57. Le pavillon japonais : «The Key in the Hand»
  • 58. 58 Cette œuvre de Chiharu Shiota date de 2015; c’est un immense nuage de fils rouges d’une longueur de 400 km où sont suspendues 50000 clés usagées collectées à travers le monde, au-dessus de deux barques échouées et emplies de 130000 autres clés. C’est sans doute l’un des pavillons qui ravit le plus de visiteurs; c’est une œuvre littérale, mais magnifique. Artiste berli- nois-résident, Chiharu Shiota crée des installa- tions à grande échelle en étirant un fil à travers l’espace d’exposition; il produit des œuvres à partir de matériaux remplis des souvenirs et des traces de la vie quotidienne, tels des robes, des lits, des chaussures, et des valises. Cette œuvre se distingue par son format et l’es- pace qu’elle prend au sein de la Biennale. Le choix de Shiota, quant aux matériaux et à la structure spatiale de ses installations, maintient un sens de la beauté par excel- lence, sans perdre la fraîcheur et le pouvoir d’imprégner tranquillement nos esprits et nos corps. Le travail de Shiota, qui trans- cende les contextes linguistiques, culturels et historiques ainsi que des circonstances politiques et sociales, affecte profondément les spectateurs de partout dans le monde; il a été présenté lors de 200 expositions au Japon et dans d’autres pays à travers l’Occi- dent, le Moyen-Orient, l’Océanie et l’Asie. Après avoir été confronté à la mort de plu- sieurs de ses amis intimes et proches fami- liaux au cours des dernières années, Shiota a converti ces expériences dans l’art pur et sublime la réalité sans détourner les yeux du fait que tous les êtres humains doivent faire face à la vie et à la mort, mais que