ESSAIS    NON TRANSFORMÉS
  Extraits de la veille documentaire Prescrire.          étaient l’aggravation des troubles cogni-
  1- Prescrire Rédaction “Prévention cardiovasculaire.
  Promouvoir les activités physiques de loisirs chez
                                                         tifs, l’apparition d’une démence ou d’une               Antioxydants : pas
  certains sujets à risque cardiovasculaire” Rev Pres-   maladie d’Alzheimer.
  crire 1999 ; 19 (200) : 767-774.                          Au total, 4 174 personnes de plus de
                                                                                                                 en prévention (suite)
  2- Thompson PD et Levine BD “Protecting athletes
  from sudden cardiac death” JAMA 2006 ; 296 (13) :      50 ans présentant des troubles de la
  1648-1650.                                             mémoire légers sans retentissement sur                  ● Malgré une évaluation étoffée, l’ef-
  3- Prescrire Rédaction “Prévenir les accidents car-    les activités quotidiennes ont reçu un                  fet préventif des antioxydants reste
  diaques provoqués par le sport” Rev Prescrire 1999 ;
  19 (200) : 771.                                        anticholinestérasique ou un placebo. La                 hypothétique. Certaines données évo-
  4- Corrado D et coll. “Trends in sudden cardiovas-     durée du traitement a été de 16 semai-                  quent une surmortalité avec certains
  cular death in young athlete after implementation      nes à 4 ans.                                            antioxydants.
  of a preparticipation screening program” JAMA
  2006 ; 296 (13) : 1593-1601.                              Aucune différence d’évolution clinique
                                                         des personnes en termes de démence n’a                     Selon diverses hypothèses, des sub-
                                                         été mise en évidence selon qu’elles                     stances regroupées sous le terme de
   ESSAIS      NON TRANSFORMÉS
                                                         avaient reçu ou non un anticholinesté-                  “radicaux libres” seraient impliquées
  Anticholinestéra-                                      rasique. Environ 15 % des personnes                     dans diverses pathologies, et d’autres
                                                         ont présenté une démence à 2 ans et                     substances, dites “antioxydants” (vitamine
  siques sans intérêt                                    23 % à 3 ans.                                           A, vitamine C, vitamine E, carotène, sélé-
  dans les troubles                                         Les interruptions de traitement liées à              nium, etc.), agiraient sur les “radicaux
  légers de la mémoire                                   un effet indésirable ont été statistique-               libres” pour prévenir diverses affections.
                                                         ment plus fréquentes parmi les per-                     En 2005, les données disponibles
  ● Les anticholinestérasiques n’amé-                    sonnes recevant l’anticholinestérasique                 n’avaient pas permis de confirmer ces
  liorent pas les personnes âgées de plus                (21 % à 24 %) que parmi les personnes                   hypothèses en termes cliniques (1).
  de 50 ans ayant des troubles modérés                   recevant le placebo (7 % à 13 %) (2).                      D’autres données ont été publiées
  de la mémoire.                                                                                                 depuis.
                                                           En pratique. Chez des personnes                          Une synthèse méthodique de 68 essais
    De nombreuses personnes âgées ont                    âgées de plus de 50 ans présentant des                  randomisés ayant testé des “antioxy-
  des troubles modérés de la mémoire sans                troubles légers de la mémoire, les anti-                dants” en prévention primaire ou secon-
  signe de démence. Ces troubles se situent              cholinestérasiques n’ont pas d’intérêt                  daire de différentes affections a étudié la
  à la frontière du vieillissement normal ;              démontré pour prévenir l’apparition                     mortalité des participants toutes causes
  mais des études longitudinales ont mon-                d’une démence, mais ont de nombreux                     confondues (2). Une méta-analyse de
  tré que les personnes atteintes de tels                effets indésirables. Autant s’en dispen-                l’ensemble des essais a conclu que la
  troubles ont un risque plus important                  ser.                                                    mortalité n’a pas été influencée par les
  que la population générale de devenir                                                                ©LRP      “antioxydants”. Une méta-analyse des
  démentes (1).                                                                                                  47 essais de bonne qualité méthodolo-
     Des auteurs ont réalisé une synthèse                Extraits de la veille documentaire Prescrire.           gique (plus de 180 000 participants) a
  méthodique des essais comparatifs ran-                 1- Prescrire Rédaction “Les anticholinestérasiques      conclu que la mortalité totale a été aug-
                                                         dans la maladie d’Alzheimer. Un effet modeste,
  domisés ayant évalué l’effet des anticho-              limité aux formes modérément sévères” Rev Pres-         mentée chez les participants des groupes
  linestérasiques versus placebo sur l’évo-              crire 2003 ; 23 (241) : 534-536.                        “antioxydants”. Cette augmentation est
  lution clinique des patients ayant des                 2- Raschetti R et coll. “Cholinesterase inhibitors in   observée pour la vitamine A, la vitamine E
                                                         mild cognitive impairment : a systematic review of
  troubles de la mémoire légers et iso-                  randomised trials” PLoS Med 2007 ; 4 (11) : 1818-       et le bêtacarotène, mais pas pour la vita-
  lés (2).                                               1828.                                                   mine C ni le sélénium. Par ailleurs, un sui-
     Ils ont recensé 5 essais, dont 3 publiés.                                                                   vi prospectif pendant 12 ans d’adultes
  Selon les essais, les critères de jugement                                                                     étatsuniens a montré que la mortalité
                                                                                                                 était la plus faible lorsque les valeurs
                                                                                                                 sériques moyennes de sélénium étaient
                                                                                                                 d’environ 125 µg/ml, et plus élevées
                                                                                                                 pour les valeurs basses (inférieures à
                                                                                                                 117,3 µg/ml) et hautes (supérieures à
                                                                                                                 150 µg/ml) (3).
                                                                                                                    Une autre méta-analyse a réuni les
                                                                                                                 résultats de 3 essais comparatifs et de
                                                                                                                 9 suivis prospectifs ayant testé différents
                                                                                                                 “antioxydants” versus placebo en pré-
                                                                                                                 vention de la dégénérescence maculaire
                                                                                                                 chez plus de 150 000 personnes âgées
                                                                                                                 de plus de 49 ans (4). Après un suivi
                                                                                                                 moyen de 9 ans, 1 878 personnes ont
                                                                                                                 présenté une dégénérescence maculai-
                                                                                                                 re, sans différence selon le traitement
                                                                                                                 reçu.
                                                                                                                    Un essai de prévention du diabète de
                                                                                                                 type 2 a comparé un traitement par sélé-
                                                                                                                 nium à un placebo chez 1 202 per-


                                                                                                LA REVUE PRESCRIRE JUIN 2008/TOME 28 N° 296    • PAGE 455
Reproduction interdite, sauf pour les abonnés individuels dans le cadre d'une diffusion limitée, en petit nombre, à but non commercial.

Troubles legers memoire_prescrire

  • 1.
    ESSAIS NON TRANSFORMÉS Extraits de la veille documentaire Prescrire. étaient l’aggravation des troubles cogni- 1- Prescrire Rédaction “Prévention cardiovasculaire. Promouvoir les activités physiques de loisirs chez tifs, l’apparition d’une démence ou d’une Antioxydants : pas certains sujets à risque cardiovasculaire” Rev Pres- maladie d’Alzheimer. crire 1999 ; 19 (200) : 767-774. Au total, 4 174 personnes de plus de en prévention (suite) 2- Thompson PD et Levine BD “Protecting athletes from sudden cardiac death” JAMA 2006 ; 296 (13) : 50 ans présentant des troubles de la 1648-1650. mémoire légers sans retentissement sur ● Malgré une évaluation étoffée, l’ef- 3- Prescrire Rédaction “Prévenir les accidents car- les activités quotidiennes ont reçu un fet préventif des antioxydants reste diaques provoqués par le sport” Rev Prescrire 1999 ; 19 (200) : 771. anticholinestérasique ou un placebo. La hypothétique. Certaines données évo- 4- Corrado D et coll. “Trends in sudden cardiovas- durée du traitement a été de 16 semai- quent une surmortalité avec certains cular death in young athlete after implementation nes à 4 ans. antioxydants. of a preparticipation screening program” JAMA 2006 ; 296 (13) : 1593-1601. Aucune différence d’évolution clinique des personnes en termes de démence n’a Selon diverses hypothèses, des sub- été mise en évidence selon qu’elles stances regroupées sous le terme de ESSAIS NON TRANSFORMÉS avaient reçu ou non un anticholinesté- “radicaux libres” seraient impliquées Anticholinestéra- rasique. Environ 15 % des personnes dans diverses pathologies, et d’autres ont présenté une démence à 2 ans et substances, dites “antioxydants” (vitamine siques sans intérêt 23 % à 3 ans. A, vitamine C, vitamine E, carotène, sélé- dans les troubles Les interruptions de traitement liées à nium, etc.), agiraient sur les “radicaux légers de la mémoire un effet indésirable ont été statistique- libres” pour prévenir diverses affections. ment plus fréquentes parmi les per- En 2005, les données disponibles ● Les anticholinestérasiques n’amé- sonnes recevant l’anticholinestérasique n’avaient pas permis de confirmer ces liorent pas les personnes âgées de plus (21 % à 24 %) que parmi les personnes hypothèses en termes cliniques (1). de 50 ans ayant des troubles modérés recevant le placebo (7 % à 13 %) (2). D’autres données ont été publiées de la mémoire. depuis. En pratique. Chez des personnes Une synthèse méthodique de 68 essais De nombreuses personnes âgées ont âgées de plus de 50 ans présentant des randomisés ayant testé des “antioxy- des troubles modérés de la mémoire sans troubles légers de la mémoire, les anti- dants” en prévention primaire ou secon- signe de démence. Ces troubles se situent cholinestérasiques n’ont pas d’intérêt daire de différentes affections a étudié la à la frontière du vieillissement normal ; démontré pour prévenir l’apparition mortalité des participants toutes causes mais des études longitudinales ont mon- d’une démence, mais ont de nombreux confondues (2). Une méta-analyse de tré que les personnes atteintes de tels effets indésirables. Autant s’en dispen- l’ensemble des essais a conclu que la troubles ont un risque plus important ser. mortalité n’a pas été influencée par les que la population générale de devenir ©LRP “antioxydants”. Une méta-analyse des démentes (1). 47 essais de bonne qualité méthodolo- Des auteurs ont réalisé une synthèse Extraits de la veille documentaire Prescrire. gique (plus de 180 000 participants) a méthodique des essais comparatifs ran- 1- Prescrire Rédaction “Les anticholinestérasiques conclu que la mortalité totale a été aug- dans la maladie d’Alzheimer. Un effet modeste, domisés ayant évalué l’effet des anticho- limité aux formes modérément sévères” Rev Pres- mentée chez les participants des groupes linestérasiques versus placebo sur l’évo- crire 2003 ; 23 (241) : 534-536. “antioxydants”. Cette augmentation est lution clinique des patients ayant des 2- Raschetti R et coll. “Cholinesterase inhibitors in observée pour la vitamine A, la vitamine E mild cognitive impairment : a systematic review of troubles de la mémoire légers et iso- randomised trials” PLoS Med 2007 ; 4 (11) : 1818- et le bêtacarotène, mais pas pour la vita- lés (2). 1828. mine C ni le sélénium. Par ailleurs, un sui- Ils ont recensé 5 essais, dont 3 publiés. vi prospectif pendant 12 ans d’adultes Selon les essais, les critères de jugement étatsuniens a montré que la mortalité était la plus faible lorsque les valeurs sériques moyennes de sélénium étaient d’environ 125 µg/ml, et plus élevées pour les valeurs basses (inférieures à 117,3 µg/ml) et hautes (supérieures à 150 µg/ml) (3). Une autre méta-analyse a réuni les résultats de 3 essais comparatifs et de 9 suivis prospectifs ayant testé différents “antioxydants” versus placebo en pré- vention de la dégénérescence maculaire chez plus de 150 000 personnes âgées de plus de 49 ans (4). Après un suivi moyen de 9 ans, 1 878 personnes ont présenté une dégénérescence maculai- re, sans différence selon le traitement reçu. Un essai de prévention du diabète de type 2 a comparé un traitement par sélé- nium à un placebo chez 1 202 per- LA REVUE PRESCRIRE JUIN 2008/TOME 28 N° 296 • PAGE 455 Reproduction interdite, sauf pour les abonnés individuels dans le cadre d'une diffusion limitée, en petit nombre, à but non commercial.