Retourne toi

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Retourne toi

  1. 1. NEWSLETTER - 10 MARS 2015 1 - © Agnes Menso J'aime vous écrire et j'avais envie de le faire plus tôt. 
 J'avais d’ailleurs en tête une chronique drôle et fantaisiste. Mais entre les attentats de début janvier à Paris, ceux de Copenhague, les profanations, les exécutions et des peines personnelles, le cœur n'est pas à la légèreté. Ce début d'année a été pour tous d'une violence inouïe. Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, je n’en peux plus de cette haine et de cette brutalité qui m'oppressent et m'agressent dans mon quotidien, et qui ont momentanément eu raison de ma joie de vivre. Comment faites-vous pour vous protéger ? Où vous ressourcez- vous ? Où allez-vous puiser l'énergie pour vous remettre d'aplomb ? On a tous un endroit qui nous appelle quand plus rien ne tourne rond. Pour certains, ce sera une contrée lointaine. Pour d'autres une maison à la campagne avec un feu de cheminée. Peu importe. C'est le genre de lieu vers lequel on se sent inexorablement poussé. Et dont les raisons ne s'expliquent pas. C'est comme ça. C'est une évidence. Mon évidence à moi, c'est Lyon. C'est ma ville. C'est là où j'ai grandi et vécu pendant 20 ans. Et brusquement, j'ai eu besoin d'y retourner. Pour quoi faire ? Je n'en sais rien. Et je ne le sais d'ailleurs toujours pas. 
 Mais je sais au fond de moi que c'est là qu'il fallait que je sois. Retourne-toi
  2. 2. 2 - © Agnes Menso Cette chronique est donc le récit d'un retour aux sources, que j'ai décidé sur un coup de tête et dont j'ai savouré pleinement chaque moment. Rentrer au bercail L'envie de partir le temps d'un week-end pour me retrouver et me ressourcer a été plus forte que tout. Elle a été comme un appel du plus profond de mon être. Je suis partie sans savoir ce que je cherchais, tout en sachant parfaitement au fond de moi ce dont j'avais besoin. Contrairement à d'habitude, je ne me sentais pas d'humeur aventurière. Il était hors de question de partir dans un endroit que je ne connaissais pas, dans lequel j'allais me sentir perdue et où je n'avais aucun repère. J'avais juste envie d'être chouchoutée et enveloppée dans un cocon. J'avais juste envie qu'on me laisse en paix. Ma valise déposée à l'hôtel, c'est par la Croix-Rousse que j'ai commencé mon voyage. Place des Terreaux, je prends le premier bus qui passe. Il m'emmène un peu trop loin... Mais peu importe. Je ne suis pas pressée, j'ai tout mon temps pour moi. J'ai envie de parler à ce chauffeur, qui me propose de faire le trajet avec lui en sens inverse et qui me raconte sa ville. Ma ville... Ma ville qui a tellement changé pendant toutes ces années, ma ville que j'ai délaissée et dénigrée mais vers qui je reviens chaque fois. Ma ville vers qui j'ai envie de revenir encore plus. J'avais oublié que le quartier de la Croix- Rousse avait été le théâtre d'événements douloureux, dans lequel je n'avais pas remis les pieds depuis octobre 2006. Sans trop savoir comment, me voilà au marché, sur ce grand boulevard de la Croix- Rousse, où je venais avec ma mère quand j'étais gamine. Ce n'était pas du tout notre quartier, on habitait d'ailleurs complètement à l'opposé. 
 Mais pour ma mère, c'était le comble du chic de faire ce marché-là.
 Peu importe s'il nous fallait traverser toute la ville. Les odeurs sont intactes et le plaisir des yeux toujours le même. Je me laisse envahir par le bruit et l'ambiance. D'un côté, il y a les sabodets, les quenelles, les pâtés de foie et les bugnes, et de l'autre, la cervelle des Canuts, les brioches au sucre, les tartes à la praline et autres lyonnaiseries qui tiennent bien au corps.
  3. 3. La journée se poursuit avec une longue ballade dans les rues de Brest et du Président Édouard Herriot. La halte au Grand Café des Négociants (le Négo pour les intimes) s'impose. 
 Ça fait une éternité que je n'y suis pas allée. Il n'a pas changé. Penser à soi avant tout Qu'il est bon de se retrouver chez soi. 
 Qu'il est bon de vivre à son rythme, de prendre et de perdre son temps. J'ai fait le choix de m'écouter. Si je ne savais pas exactement ce que je voulais ni ce que j’étais venue chercher, je savais en revanche parfaitement ce que je ne voulais pas. Je n'avais pas envie de me forcer. Je ne voulais pas rajouter de la violence et de la douleur, à la peine et au vide que je ressentais. 
 Volontairement, je n'ai appelé personne. 
 Je voulais juste quitter Paris et couper les ponts avec tout le monde. 
 J'avais juste envie de me perdre dans une ville que j'aime et dont je connais quasiment chaque recoin. Je voulais me créer de nouveaux souvenirs. C'était comme si pour mieux redémarrer et avancer, il me fallait revenir vers mon passé. A mon retour, malgré le vide et la tristesse qui étaient encore en moi, j'étais comme apaisée. Sereine. Partir m'a fait un bien fou. 
 Partir sans savoir ce que je cherchais, ni ce que j'allais trouver m'a permis de me laisser porter et prendre les choses comme elles venaient. En fait, peu importe le voyage. 
 Peu importe le contexte. L'essentiel est de s'écouter et être respecté dans sa parole sans avoir besoin de se justifier. agnesmenso-coaching.com

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