Petit journal de campagne n°4 - L'entreprise responsable

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Qui est responsable de quoi dans la société dans laquelle nous vivons ? Cette question irrigue une bonne partie du débat public, singulièrement dans le domaine de la prévention des risques, de la protection de l’environnement, des atteintes à la santé morale et physique de chacun et de bien d’autres encore. L’entreprise est au centre de ces interrogations. Pour une bonne raison : elle joue un rôle clé dans la société, c’est elle qui emploie, produit, crée de la richesse, et façonne une manière de vivre ensemble. CroissancePlus a toujours nourri cette conviction que l’entreprise ne pouvait pas être réduite à sa seule vocation économique. Elle est un acteur de la société. En tant que tel, la question de sa responsabilité dans le développement harmonieux du monde se pose avec plus d’acuité que jamais. La notion « d’entreprise responsable » découle de ce constat. Consciente de son impact social, sociétal, environnemental, et soucieuse de l’optimiser. L’entreprise responsable est, selon nous, affaire de gouvernance, de partage des fruits de la croissance, de contrat social harmonieux et de respect d’un certain nombre de valeurs.

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Petit journal de campagne n°4 - L'entreprise responsable

  1. 1. 4 NUMÉROS — JOURNAL BIMENSUEL — PARUTION DU JEUDI 1er MARS 2012L’ENTREPRISE RESPONSABLE WWW.CROISSANCEPLUS.COM
  2. 2. 1 Chez CroissancePlus nous défendons depuis longtemps l’idée que l’éthique et l’effica- cité économique sont indis- cutablement liées. Partager les fruits de la croissanceCroissance et éthique n’est possible que si l’entre- prise est capable d’en récol- ter. C’est une vérité maisLorsqu e mê m e à D avos , d a n s le t e m p le d e elle mérite, en ces tempsl’éc on omie d e m a r c h é , d u c a p ita lis m e e t d e de débats économiques etla p en sée c on t e m p or a in e s u r l’é c on om ie , sociaux, d’être rappelée. Uneon remet en c a u s e u n c e rta in n om b r e d e entreprise compétitive estba ses su r le s qu e ll e s e s t a s s is e l’é c on o- une entreprise qui fabriquemie l ibéra l e , e t n ota m m e n t, la ju s t if ic at ion des opportunités pour sesd e l a fin a n c ia r is at ion d e l’é c on om ie , c ’e s t salariés et permet une qualitéle sign e que d e s m e s s a g e s f on d a m e n ta u x de vie au travail. C’est aussid oiven t être e x p r im é s à n ou ve a u s u r le r ôle cela la croissance respon-et l a fon c t ion d e s e n t r e p r is e s . sable… Olivier Duha, Président de CroissancePlusOui, les entreprises sont des vecteurs majeurs decréation d’emplois et de croissance économique,dans tous les pays, quels que soient leur taille oumême leur mode de gouvernement. De moins enmoins d’Etats l’ignorent, même parmi ceux quicroient encore aux mérites de la centralisation etde la planification. Oui, leur mission est de créerde la valeur pour leurs actionnaires, sans quoi il n’yaurait plus d’actionnaires, donc plus d’entreprises.L’obligation de dégager des profits ne saurait êtrecontestée, ne serait-ce que pour rémunérer le capi-tal investi, financer le développement, constituerdes réserves pour les périodes difficiles. Oui l’en-treprise est une organisation humaine qui doit êtredirigée, organisée, structurée et au sein de laquelleune autorité doit s’exercer, indissociable de la res-ponsabilité et de l’engagement. Tout cela fait-il del’entreprise un objet non éthique ? Certainementpas. 03. 2012
  3. 3. 2 3LE PETIT JOURNAL DE CAMPAGNE EST ÉDITÉ PAR CROISSANCEPLUSQuelques mots sur CroissancePlus DANS L’ACTUALITÉ 4 PREMIÈRE ASSOCIATION FRANÇAISE DES ENTREPRENEURS Coût de la main d’œuvre : l’Allemagne, championne d’Europe de la modérationDE CROISSANCE, CroissancePlus réunit une nouvelle génération de 350 entre- La dure loi de la mondialisationpreneurs innovants afin de réformer l’environnement économique, social, juridique L’inconnue grecqueet fiscal, et favoriser la création d’entreprises et d’emplois en France. Présidée parOlivier DUHA , CroissancePlus agit au quotidien comme force de propositions et VU DANS LA PRESSE 8de lobbying en formulant de nombreuses recommandations auprès des pouvoirspublics et des leaders d’opinion. Lieu d’échanges et de networking, CroissancePlus La grande panne de lemploi (Les Echos)s’impose également dans le débat public à travers l’organisation de nombreux évé- Contre la crise, il faut relancer la demande (Le Monde)nements autour de personnalités politiques et économiques de tout premier plan. « Le pire est probablement derrière nous » (The International Herald Tribune ) La tyrannie des chiffres (Le Nouvel Observateur ) PORTER TOUJOURS PLUS HAUT L’ESPRIT D’ENTREPRISE ETFAIRE ENTENDRE LA VOIX DES ENTREPRENEURS DANS LES MÉDIAS, DOSSIER — Lentreprise responsable ? 12telle est la volonté de CroissancePlus qui accompagne les dirigeants d’entreprisedans leur développement en France et à l’international. 1 / Vers une nouvelle gouvernance des entreprises 2 / Mieux partager les fruits de la croissance 3 / L’entreprise socialement responsableNos missions 4 / Les valeurs de l’entreprise du XXIe siècle ÊTRE UNE FORCE DE PROPOSITIONS RECONNUE DES Les chiffres-clé de lentreprise responsable 22POUVOIRS PUBLICS. Les propositions de CroissancePlus émanent d’hommeset de femmes de terrain, de commissions et groupes de travail qui se réunissent LE GRAND ENTRETIEN — 24régulièrement dans les domaines suivants  : création et financement d’entreprise  / Jacques Attali : « Sortir de la logique de limmédiateté »juridique et fiscal  / social et emploi  / recherche et innovation  / relations grandsgroupes-PME / international / croissance responsable. Propositions consultables sur IDÉES 30www.croissanceplus.com. Lu pour vous CONSTITUER UN RÉSEAU PERFORMANT D’ENTREPRENEURS VerbatimCroissancePlus est également un lieu reconnu d’échanges et de rencontres per- Managementmettant de développer des synergies entrepreneuriales, des compétences tech- Livresniques ou tout simplement partager expérience et bonnes pratiques. Les nombreux Débatsévénements : déjeuners et dîners-débats, petits-déjeuners thématiques, Be to Be,déjeuners mensuels business, etc… sont autant d’occasions d’accueillir des per- PETITES HISTOIRES DE GUERRE ÉCONOMIQUE 36sonnalités de tout premier plan et contribuer à la notoriété de CroissancePlus et deses membres. Von C l ausewitz, un théor icien str atègeRÉDACTION ET DOCUMENTATION : Antoine Bayle • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •DIRECTION ARTISTIQUE – GRAPHISME : Alexandra Roucheray, Olivia Grandperrin • • • • • • • • • • • • •COMITÉ ÉDITORIAL : Florence Dépret, Clothilde Hervouet, Gwennaelle Pierre, Emmanuelle Skowron • •UN JOURNAL RÉALISÉ PAR Les Rois Mages - www.lesroismages.fr - téléphone : 01 41 10 08 08 • • • • 03. 2012
  4. 4. 4 5Coût de la main le coût moyen horaire des pays de l’UE à courants a crû le moins vite entre 1996 La dure loi de la 15 (25,84 euros) est deux fois plus élevé et 2008, dans l’industrie comme dansd’œuvre : qu’en Slovénie, trois fois plus qu’en les services. A contrario, l’Irlande qui, mondialisation — Estonie, Hongrie, Slovaquie ou Pologne, en 1996, faisait partie des pays à faiblel’Allemagne, six fois plus qu’en Roumanie et dix fois coût de main d’œuvre a connu une plus qu’en Bulgarie. En revanche, les progression très rapide du coût horaire La France figure donc dans le groupechampionne nouveaux entrants connaissent une et se retrouve en 2008 proche de la des pays européens où le coût du tra- progression très rapide du coût du moyenne européenne dans l’industrie vail est le plus élevé. C’est un motif ded’Europe de travail, qui s’est accélérée depuis leur comme dans les services. débat et cette question s’est invitée entrée dans l’Union en 2004. Entre 2004 de façon assez inattendue dans lesla modération — et 2008, le coût horaire a augmenté en L’Allemagne et l’Autriche ont connu une discussions politiques à l’occasion de monnaie nationale courante de plus de hausse particulièrement faible de leur l’inauguration de l’usine d’automobiles 15% en Lituanie, Estonie et Roumanie, coût horaire entre 1996 et 2008, avec de Renault à Tanger. Les données duDans les débats sur la compétitivité et de plus de 20% en Lettonie. Une un taux de croissance annuel en euros problème sont connues : Renault veutcomparée des pays européens, la ques- logique de convergence est clairement courants dans l’industrie manufacturière préempter le marché du low cost ention du coût du travail est souvent évo- à l’œuvre ; les pays au coût initial le de 1,9% pour l’Allemagne et de 2,2% Europe et dans les pays émergents.quée, sans que l’on dispose toujours plus faible connaissant la progression la pour l’Autriche. Si la réunification alle-d’éléments de comparaison fiables. plus forte. Néanmoins, en 2008, le coût mande a tiré fortement les salaires et les L’usine de Tanger va produire desL’INSEE vient de publier une intéres- horaire de la main d’œuvre était de 2,54 coûts à la hausse jusqu’en 1996, elle a modèles de ce type qui seront ensuitesante enquête sur l’évolution des coûts euros contre une moyenne de 26,24 été suivie de plusieurs phases de modé- vendus dans le monde entier. Il seraitsalariaux en Europe entre 1996 et 2008 euros dans la zone euro… Deuxième ration salariale. La France, quant à elle, tout à fait illusoire de tenter de pro-(« Le coût de la main d’œuvre : comparai- constat : le coût horaire du travail dans fait, en 2008 comme en 1996, partie des duire ces voitures dans les usinesson européenne 1996-2008 », Bertrand les pays membres de l’ex UE à 15 pays à coût élevé. Le coût horaire a crû françaises de Renault, car leur prixMarc et Laurence Rioux, INSEE, février converge mais assez lentement. Les en euros constants de 3,4% en rythme ne serait plus compétitif. Dans cette2012). Que révèle cette étude ? Elle écarts relatifs sont restés relativement annuel entre 1996 et 2008. logique, l’ouverture d’une plate-formeconfirme d’abord la très forte hétérogé- stables entre 1996 et 2008. Les pays qui industrielle importante au Maroc, dontnéité du coût horaire au sein de l’Union ont un coût horaire élevé (ou faible) en Quant à la durée effective du travail, elle le coût unitaire du travail est beaucoupEuropéenne. En particulier, le clivage est 1996 sont pour la plupart dans la même était en 2008, dans l’ensemble de l’in- moins élevé qu’en France, se justifie.marqué entre les membres de l’ex-UE à situation en 2008. dustrie et des services marchands, de Cela n’a pas empêché les dirigeants de15 et les entrants récents. 1 543 heures en Belgique, 1 596 heures Renault de subir des critiques en règle Mais trois pays font exception : l’Alle- en France, 1 619 heures au Danemark, de la part de certains leaders politiques.Ainsi, en 2008, sur l’ensemble de l’in- magne, l’Autriche et l’Irlande. C’est en 1 651 heures en Allemagne contre 1 800 Or, ce sont précisément les politiquesdustrie et des services marchands, Allemagne que le coût horaire en euros heures au Royaume-Uni… qui détiennent les clés de l’explication 03. 2012
  5. 5. 6 Industrie manufacturière ment après l’entrée d’un FCPI dans leur 7 PORTUGAL 9,89 capital, les entreprises affichent une GRÈCE 15,77 croissance de leurs effectifs et de leur ESPAGNE 20,28 chiffre d’affaires deux fois plus forte que ROYAUME-UNI 21,48 celle des sociétés non investies par de ITALIE 24,02 tels fonds. « La participation de socié- UE15 27,80 ZONE EURO 27,82 tés de gestion de FCPI au capital des IRLANDE 27,98 entreprises leur apporte une crédibilité aux citoyens des phénomènes LUXEMBOURG 28,29 supplémentaire, qui facilite leur accès dans l’intérêt du capitalisme. Il ne faut économiques complexes. Si AUTRICHE 29,99 au crédit bancaire », explicitent Oséo surtout pas opposer Responsabilité Renault ne construit pas cette FINLANDE 30,12 et l’Afic. L’Afic va présenter cette étude et Rentabilité, la RSE étant rentable, usine en France, ce n’est pas PAYS-BAS 30,26 aux pouvoirs publics pour qu’ils renou- comme le montrent de nombreuses pour déserter le site de produc- FRANCE 33,16 vellent et renforcent le dispositif FIP- études… Bien au-delà d’un effet de tion français, mais parce que la ALLEMAGNE 33,37 FCPI, censé s’achever fin 2012. communication, elle fait d’ailleurs l’una- logique de l’internationalisation SUÈDE 34,51 nimité au sein de la plupart des entre- DANEMARK 34,76 dans laquelle Renault se projette, prises aujourd’hui, même si les ana- et qui produit des résultats extrê- BELGIQUE 0 10 20 30 36,70 40 en euros Œuvrer pour une lystes financiers ont encore du mal à mement positifs pour l’ensemble intégrer vraiment cette dimension. La de l’entreprise, ne le permet pas. croissance plus Fondation Croissance Responsable Le marché de l’automobile se Les épargnants a démarré des travaux pour définir un mondialise. Les constructeurs responsable — ensemble de critères objectifs permet- français ne peuvent l’ignorer, au boudent les tant de caractériser une entreprise res- risque de menacer leur existence. ponsable. Produire à l’étranger n’est pas PME — La Fondation Croissance Responsable toujours appauvrir la France, c’est a été créée en 2010 par d’anciens aussi la faire entrer de plein pied Présidents de CroissancePlus. SIGNEZ LE MANIFESTE dans la compétition mondiale. Le nombre de souscripteurs à des Hébergée par l’Institut de France, c’est FCPI (fonds communs de place- un lieu de débat ouvert et non partisan. POUR RAPPROCHER LÉCOLE Sevices marchands ment dans linnovation) et à des FIP Elle rassemble des dirigeants d’entre- ET LES ENTREPRISES PORTUGAL 12,80 (fonds dinvestissement de proxi- prises, représentants de l’entrepreneu- GRÈCE 16,18 mité) a baissé de 27%, lan dernier, riat social, journalistes, économistes, L’autre grand thème de travail de ESPAGNE 18,15 à 91.000, selon une étude publiée syndicalistes… Ses objectifs sont de la Fondation consiste à encou-ROYAUME-UNI 20,78 par lAfic (Association Française des promouvoir des idées pour un meilleur rager le rapprochement Ecole/ UE15 25,03 investisseurs en capital). Résultat, fonctionnement de notre modèle éco- Entreprise et à placer l’emploi AUTRICHE 25,43 ITALIE 25,53 la collecte des FCPI et des FIP a nomique et social et d’être la caisse des jeunes au cœur des pré- ZONE EURO 25,72 chuté de 15%, en 2011, à 757 mil- de résonnance des multiples initiatives occupations collectives. Les FINLANDE 25,99 lions deuros. prises pour créer une économie de recommandations du groupe de IRLANDE 26,40 marché 2.0 favorisant une croissance travail sur l’ascenseur social ont ALLEMAGNE 26,81 Si les particuliers se sont détournés mieux partagée et plus responsable. débouché sur la publication d’un PAYS-BAS 28,63 des FIP et des FCPI, c’est essentiel- Ses premiers travaux ont porté sur ce Manifeste par lequel les entre- FRANCE 32,08 lement en raison du coup de rabot concept de croissance responsable, prises s’engagent à accueillir desLUXEMBOURG 33,70 fiscal subi l’an dernier par ces fonds. qui unit performance économique et professeurs de l’enseignement SUÈDE 33,72 La réduction d’impôt sur le revenu, intégration sociale. Le groupe de tra- général en stages de découverte BELGIQUE 35,74 qui s’élevait auparavant à 25% des vail « Croissance, Stop ou encore » a en entreprise. Plus d’une centaine DANEMARK 36,93 versements effectués dans les FCPI recensé de nombreuses initiatives qui d’entreprises ont déjà adhéré au 0 10 20 30 40 en euros et les FIP, a été ramenée à 22% en associent entrepreneuriat et mission Manifeste; une convention de Le coût horaire du travail dans l’Union 2011. Et elle doit encore être abais- sociale : ce sont des sociétés rentables partenariat a été signée avec les Européenne (en euros). sée à 18% cette année. Or les FCPI dont la vocation est aussi de favoriser Académies d’Ile de France et les Champ : entreprises de 10 salariés et plus, industrie représentent un véritable « boosteur l’insertion de populations défavorisées. premiers stages vont démarrer au manufacturière et services marchands, apprentis » pour le développement des entre- Globalement le rapport a montré que la printemps 2012. exclus. Source : Eurostat, enquête européenne sur prises, d’après une étude diffusée RSE (Responsabilité Sociale de l’Entre- Pour en savoir plus : le coût de la main d’œuvre par l’Afic et Oséo. Deux ans seule- prise) répond à de vrais besoins et va http://croissance-responsable.fr/ 03. 2012
  6. 6. 8 9 centaines de millions d’emplois mieux La grande panne payés. Il risque fort de ne pas y en avoir assez. À Davos, davantage réputé pour de l’emploi être un cénacle de riches qu’un club de philanthropes, la question revenait cette année en boucle. Bien au-delà de la « "Le monde affronte le défi de la créa- « reprise sans emploi » subie par l’Amé- tion de 600 millions d’emplois dans rique au début des années 2000 ou de la la prochaine décennie. " C’est la pre- « croissance sans emploi » fabriquée par mière phrase du rapport annuel sur la France des années 80. les tendances de l’emploi publié à la fin du mois dernier par la très sérieuse La première crainte vient bien sûr de Organisation Internationale du Travail la crise économique. C’est donc une (OIT). Les chiffres sont aussi simples crainte conjoncturelle, mais elle pèse que colossaux. La planète compte 3 lourd, d’autant plus que le bout du tun- milliards d’emplois. Le nombre d’ac- nel n’est toujours pas en vue. Depuis tifs va progresser de 400 millions en 2007, le nombre de chômeurs a déjà dix ans. Et il y a 200 millions de chô- augmenté de près de 30 millions dans meurs. Il faudra donc créer ces fameux le monde. Et comme il s’agit d’une crise 600 millions d’emplois. Le problème financière, la capacité des particuliers est que personne ne sait où seront et des entreprises à investir a souffert. créés tous ces postes de travail. La Or, comme le disait le chancelier alle- machine à emplois est, sinon cassée, mand Helmut Schmidt, l’investissement du moins sérieusement grippée. Parmi d’aujourd’hui fait l’emploi de demain. les grands pays développés, les seuls L’industrie française souffre de ne pas qui parviennent à contenir le chômage avoir dégagé suffisamment de moyens sont ceux où la population diminue : le pour mieux s’équiper. Au delà, il y a Japon et l’Allemagne. Les Etats-Unis la peur des délocalisations, avec les ont certes affiché récemment de bons usines désertant l’Europe pour s’instal- chiffres, mais le nombre d’emplois y est ler en Chine. Ce mécanisme joue évi- encore inférieur de 6 millions à ce qu’il demment un rôle, mais pas à l’échelle était il y a quatre ans. Les pays émer- de la planète. gents recrutent davantage mais près de 1 milliard d’actifs vivent avec moins La deuxième crainte, elle, est plus struc- de 2 dollars par jour. Il faut donc non turelle. C’est la formation d’une spirale seulement des centaines de millions dépressive. Donnant de plus en plus la d’emplois supplémentaires, mais des priorité au profit, les entreprises cher- 03. 2012
  7. 7. 10 11 le secteur privé a réalisé brutalement se faire au détriment de la croissance qu’il était surendetté, la valeur de sa potentielle de demain. Seules des poli-cheraient à diminuer toujours davantage dette étant inchangée alors que celle tiques d’investissement, parce qu’elles début de 2012” écrit Christoph Weil, unla part des salaires. La troisième crainte de ses contreparties (actions, immobi- alimentent la demande d’aujourd’hui et économiste de la Commerzbank, dansa des racines encore plus profondes. liers, etc…) s’effondrait. Il n’avait d’autre augmentent l’offre de demain pourraient une note de conjoncture. “Mais le pireElle s’ancre dans le basculement indus- choix que de se désendetter : réduction faire sortir l’Europe du cercle récessif est probablement derrière nous”. »triel du siècle vers les technologies de de la consommation pour les ménages, dans lequel elle se trouve. »l’information. (…) Au total, si les acti- des investissements et de l’emploi pour Jack Ewing, David Jolly,vités nouvelles embauchent, elles le les entreprises. L’ajustement de cha- Jean-Paul Fitoussi, The International Herald Tribune,font beaucoup moins que l’industrie au cune de ces deux catégories d’acteurs Le Monde, 16 février 2012 17 février 2012milieu du siècle dernier. Tandis que les rétroagit sur l’autre et l’oblige à réduiresuppressions d’emplois ailleurs s’accu- encore davantage ses dépenses. Lesmulent. » entreprises devront ajouter à leur adap- « Le pire est La tyrannie tation initiale une adaptation induite par Jean-Marc Vittori, la baisse de leurs débouchés. Alors que probablement des chiffres Les Échos, 16 février 2012 l’aggravation du chômage incite les ménages, par précaution ou contrainte derrière nous » à davantage de parcimonie. « Rarement une élection présidentielleContre la crise, aura été saturée de chiffres. Une impres- Il fallait donc rompre ce face-à-face dé- « Cinq pays de la zone euro ont enregistré sion d’asphyxie en découle, commeil faut relancer pressif par des interventions publiques deux trimestres de suite de croissance si les calculettes remplaçaient les cer- massives seules à même de mettre un négative, ce qui est la définition géné- veaux. Certes, en temps de crise, dela demande terme à l’ajustement à la baisse. Cela ralement admise de la récession. Ce dette, de chômage, les prévisions arith- fut fait et partout, le surcroît d’épargne sont la Grèce, le Portugal, la Belgique, métiques sont importantes. Le temps privée fut compensé par un surcroît les Pays-Bas et l’Italie. La France et n’est plus où le Général de Gaulle pou- de désépargne publique (déficit bud- la Slovaquie sont les seuls pays de la vait dire, avec une pointe de dédain  :« Au commencement, fut la crise finan- gétaire). Mais le processus de désen- zone qui enregistrent une croissance “l’intendance suivra…” ; il n’empêche…cière (2007-2008) dont les consé- dettement du secteur privé est long et du PIB pour le dernier trimestre. Mais Cette superfluidité de chiffres procède –quences réelles se firent sentir, comme pénible. Les gouvernements doivent l’accord trouvé en décembre entre les aussi – d’une obscure barbarie. Ce quetoujours en pareil cas, au travers d’un garder les nerfs solides devant la mon- pays membres de l’euro et la décision l’on pourrait appeler l’obsession calcu-effondrement de la demande globale tée de la dette publique pour ne point de la BCE de prêter aux banques des latrice ou “la pensée du nombre”. L’airsur l’activité et l’emploi. La commu- eux-mêmes céder à la tentation d’un sommes quasiment illimitées à 1% d’in- du temps est colonisé par les chiffresnauté internationale, mobilisée par les désendettement trop précoce. Encore térêt pendant trois ans ont contribué à c’est-à-dire les quantités mesurables.réunions du G20 réagit à juste titre en faut-il qu’ils en aient la liberté. Tel n’est minimiser les effets du ralentissement On n’éprouve plus la valeur d’une socié-utilisant tous les moyens pour soutenir pas le cas dans la zone euro où les de l’économie. té humaine, on le mesure, on l’étalonne.la demande : politique monétaire expan- dettes sont souveraines et la monnaie (…) De ces chiffres secs, on nous invitesive et non conventionnelle, relance sans souverain. Les économistes sont plutôt optimistes à attendre notre bonheur, pour ne pasbudgétaire. Cette réaction évita au sur le fait que le ralentissement observé dire notre salut. (…) Nous sentons bienmonde de sombrer dans la dépression. La fragmentation de la dette européenne en Allemagne sera de courte durée. Cela que c’est idiot. Nous devinons que nulle en autant de dettes nationales non pro- soulève des espoirs que l’Allemagne et vérité humaine ne viendra des seulsL’équation est a posteriori simple à tégées par une banque centrale, ouvre d’autres pays européens enregistreront chiffres. »comprendre. Les marchés financiers grand la porte à l’arbitrage des marchés des taux de croissance suffisant pouront, durant plusieurs années, suréva- prompts à discriminer entre elles selon compenser les performances pour le Jean-Claude Guillebaud,lué le prix des actifs, incitant ainsi les leur évaluation des risques relatifs qui moins médiocres de pays comme la Le Nouvel Observateur, 16/22 février 2012ménages et les entreprises à s’endet- y sont attachés. (…) S’il faut désendet- Grèce ou l’Italie. “La zone euro va pro-ter. Lorsque ce prix est revenu sur terre, ter les états aujourd’hui, cela ne peut bablement continuer à décroître au 03. 2012
  8. 8. L’ENTREPRISE RESPONSABLE Qui est responsable de quoi dans la société dans Vers une nouvelle CroissancePlus est convaincue que les conseils d’administration doivent laquelle nous vivons ? Cette question irrigue une gouvernance aussi faire la place aux administra- bonne partie du débat public, singulièrement teurs indépendants, travailler sur un dans le domaine de la prévention des risques, de des entreprises équilibre hommes/femmes, s’assu- rer que le contre-pouvoir des action- la protection de l’environnement, des atteintes à Qu’est-ce que la gouvernance ? naires est correctement représenté. la santé morale et physique de chacun et de bien C’est l’organisation qui régit les d’autres encore. L’entreprise est au centre de ces rapports entre les actionnaires, pro- En outre, il peut être très utile de priétaires de l’entreprise, qui nom- proposer aux dirigeants de petites interrogations. Pour une bonne raison : elle joue un ment leurs représentants au conseil et moyennes entreprises une forma- rôle clé dans la société, c’est elle qui emploie, pro- d’administration, et les dirigeants de tion sur le thème de l’éthique et de duit, crée de la richesse, et façonne une manière l’entreprise qui peuvent être fonda- la composition du conseil d’admi- teur ou repreneur de l’entreprise. Il nistration mais aussi de la gestion de vivre ensemble. CroissancePlus a toujours est important d’établir une différence des conflits d’intérêt entre diffé- nourri cette conviction que l’entreprise ne pouvait nette entre le conseil d’administra- rentes catégories d’actionnaires, ce pas être réduite à sa seule vocation économique. tion et le comité de direction de l’en- qui est régulièrement le cas lorsque Elle est un acteur de la société. En tant que tel, la treprise, qui rassemble les fonctions l’entreprise souhaite se développer opérationnelles autour d’un direc- et ouvrir son capital. question de sa responsabilité dans le développe- teur général. Le comité de direction ment harmonieux du monde se pose avec plus exécute une stratégie décidée par le Dans tous les cas, la bonne gou- d’acuité que jamais. La notion « d’entreprise res- président et le conseil. Une bonne vernance est la clé du succès de ponsable » découle de ce constat. Consciente de gouvernance commence par le rap- l’entreprise. L’identification claire pel de ces règles de base. Force est des rôles de chacun, l’établissement son impact social, sociétal, environnemental, et de reconnaître que dans un certain et le respect de règles d’éthique, soucieuse de l’optimiser. L’entreprise responsable nombre de cas, notamment dans les applicables à tous, la transparence est, selon nous, affaire de gouvernance, de par- PME, il existe une certaine confusion dans les mécaniques de prises de entre le rôle de directeur général et le décision, participent aussi de cette tage des fruits de la croissance, de contrat social rôle d’actionnaire, parfois rempli par bonne gouvernance. harmonieux et de respect d’un certain nombre de une seule et même personne. valeurs.
  9. 9. 15L’entreprise responsable — davantage certains collaborateurs qui compte 80 collaborateurs, et qui, à la croissance de leur entreprise. par ce biais a instauré une véritable Cette forme de stock-option, réser- culture d’entreprise. CroissancePlus vée aux sociétés par actions (cotées milite également pour que l’épargne ou non), accroît l’attractivité d’une salariale soit mise sur le devant de entreprise auprès des talents quelle la scène entrepreneuriale française, que soit sa taille. Mais d’autres sys- alors que l’Association Française L a me i l l e u r e g o u ve r n a n c e p o s- tèmes sont en train de voir le jour. Le de la Gestion financière indique que si b l e e st c e l l e q u i e n vi sa g e l a 19 février dernier, le Pdg de l’Oréal pour 2011, le montant des actifs c r é a t i o n d e va l e u r d a n s l a d u r é e . annonçait dans les médias son inten- gérés au titre de l’épargne salariale C ’ e st ce que C r o i ssa n c e P l u s tion de supprimer la pratique des a atteint 93,8 milliards d’euros, en d é f e n d d e p u i s sa c r é a t i o n . J e stock-options au sein de son groupe. hausse de 11% par rapport à 2010. l e r e ma rq u e a ve c mo n e n t r e - Pour remplacer ce système très sou- En revanche, il serait souhaitable p r i se , K i a l a . L e p a r i d u mo ye n vent décrié, Jean-Paul Agon affir- de simplifier un peu les dispositifs e t d u l o n g t e r me se r é vè l e mait vouloir instaurer la pratique des d’actionnariat salarié actuellement a u j o u r d ’ h u i f r u c t u e u x p u i sq u e Actions de Performance. Or ce pro- en vigueur, extrêmement complexes, l a mé r i c a i n U P S , l e l e a d e r d e cédé de participation peut également assujettis à trois régimes fiscaux dif- n o t r e se c t e u r, vi e n t d e r a c h e - être appliqué par des PME. C’est par férents. Cette fiscalité pourrait donc t e r n o t r e r é se a u d e l i vr a i so n d e exemple le cas chez ABC Arbitrage, être assouplie. c o l i s. M a i s j e n e p o u va i s r é u s- si r se u l d a n s c e t t e a ve n t u r e , c ’ e st l a r a i so n p o u r l a q u e l l e D a ns l e se c te ur du bâ ti m e nt, sur- Denis Payre, Dirigeant de Kiala, Président l e p l u s g r a n d n o mb r e d e me s tout pour une PM E , l ’i nté r e sse m e nt fondateur de CroissancePlus (DR) collaborateurs a toujours été e st a sse z r a r e . Ave c m on a ssoc i é , i mp l i q u é d a n s n o t r e d é ve l o p p e - nous a vons pour ta nt fa i t c e c hoi x me n t . Pe n se r l a st r a t é g i e d ’ u n e e t i l c onc e r ne tous nos c ol l a bor a - Mieux partager e n t r e p r i se su r c i n q o u d i x a n s te ur s. Soi t pr è s d’une c i nqua nta i ne me p a r a î t ê t r e l e mi n i mu m vi t a l de sa l a r i é s. A u fi na l , nous r e di str i - les fruits aujourd’hui. » buons pa r c e tte voi e 25% du r é sul ta t — ne t a va nt i m pôt. Ave c c e tte pr a ti que , de la croissance D E N IS PAYR E , notr e e ntr e pr i se pa r ta ge da va nta ge D i r i g e a n t d e K i a l a , P r é si d e n t l e s fr ui ts de sa c r oi ssa nc e que da ns Lorsque CroissancePlus voit le jour f o n d a t e u r d e C r o i ssa n c e P l u s l e c a s de bonus cl a ssi que s, gr â c e en juin 1997, les PME de croissance à l ’a bse nc e de c ha r ge s sur l e m on- sont encore une curiosité dans par le prisme des différentes formes ta nt ve r sé (hor s CSG / CR D S). C’e st un le paysage économique français. d’épargne salariale, la volonté des i nve sti sse m e nt sur l ’a ve ni r qui pe r- CroissancePlus fonde son action sur membres de CroissancePlus est m e t de fi dé l i se r nos c ol l a bor a te ur s e t un grand principe : pour qu’émerge d’étendre toujours plus ces pra- de c om m uni que r sur l a r é a l i té é c ono- une croissance durable, il faut impli- tiques de partage. Il ne faut pas m i que du gr oupe . L a pa r t de l ’i nté - quer le plus grand nombre de col- croire en effet, que ces dispositifs r e sse m e nt pour nos sa l a r i é s e st l i é e laborateurs. Depuis, le partage des d’intéressement ou de participation à de s c r i tè r e s c onc r e ts de pe r for- fruits de la croissance (participation, des salariés restent l’apanage des Xavier du Bellay, Dirigeant du groupe Finelco m a nc e . E t e nfi n, l e systè m e e st tota - intéressement, plan épargne entre- grands groupes. L’intéressement est (DR) l e m e nt tr a nspa r e nt pui sque va l i dé prise…) reste pour l’association une une source de motivation pour tous pa r un c om m i ssa i r e a ux c om pte s. » priorité. Que ce soit sous forme de les salariés concernés. Le dispositif — bons de souscription de parts de des BSPCE, mis en place en 1998, XAVI E R D U B E L L AY, créateurs dentreprise (BSPCE) ou permet par exemple d’impliquer D i r i ge a nt du gr oupe F i ne l c o
  10. 10. 17L’entreprise responsable — La compétitivité d’une économie se le concept des entreprises pater- lit aussi dans la façon dont elle gère nalistes, omniprésentes dans la vie son « contrat social », comme nous de leurs salariés, mais de rendre Depuis 12 an s , n ou s av on s m i s en l’avons longuement expliqué dans le cette relation entre l’entreprise et plac e au s ei n d ’ABC Ar b i t r ag e u n s y s - numéro précédent du Petit Journal de les salariés plus moderne, plus t ème de p ar t ag e d e l a val eu r aj ou t ée Campagne. Un nouveau pacte doit dynamique, plus orientée vers l’enri- qui lie v ér i t ab l em en t col l ab or at eu r s , prendre place entre les salariés et l’en- chissement des salariés, dans tous act ionnai r es et d i r i g ean t s . I l s ’ap - treprise, qui englobe non seulement les les sens du terme, que vers la pro- plique à l ’en s em b l e d e n os 80 s al a- relations au travail mais aussi la façon tection systématique et agressive riés, sur d es cr i t èr es d e p er f or m an ce, dont l’entreprise interagit avec l’espace des intérêts de chacun. C’est vers et sur le l on g t er m e. C e s y s t èm e al l i e social plus large : aménagements du cela que s’orientent de plus en plus st oc k- opt i on s et at t r i b u t i on d ’act i on s temps de travail, développement du d’entreprises, comme le montrent de perf o r m an ce et cou r t s u r 8 an s . C e télétravail, formation tout au long de les témoignages que nous avons n’e st qu ’au b ou t d e d eu x an s q u ’u n la vie, accès à des services de proxi- recueillis parmi les chefs d’entre- collabor at eu r p eu t p r of i t er d ’u n e mité… Il ne s’agit pas de faire renaître prises membres de CroissancePlus. part ie d e s es act i on s . Don c, s i l es salariés s on t p er f or m an t s , l es act i on - naire s au s s i y t r ou v en t l eu r i n t ér êt . L e se ul vé r i ta bl e a sc e nse ur soc i a l Plus la r ép ar t i t i on d e l a val eu r aj ou - da ns nos dé m oc r a ti e s, c ’e st l ’e ntr e - t ée e st l ar g e et b én éf i ci e au x d i r i - pr i se . L a R SE pe r m e t donc de fa i r e ge ant s, au x col l ab or at eu r s , com m e c e l i e n e t i ni ti e un pr oc e ssus ve r- Dominique Ceolin, Dirigeant d’ABC Arbitrage aux acti on n ai r es , p l u s l es i n t ér êt s t ue ux qui pe ut fé dé r e r l e pl us gr a nd (DR) vont con v er g er. » nom br e . M a i s fa i r e c e c hoi x de l a — R SE a un c oût. N e w Wor ks a é té l a DOMINIQ U E C EOLI N, salariés, les actionnaires, les parte- pr e m i è r e PM E fr a nç a i se à obte ni r l e Dirige an t d ’ABC Ar b i t r ag e naires économiques de l’entreprise l a be l « L uc i e » de Vi gé o. E n 2006, que et l’environnement social et associa- c e soi t sur l e s que sti ons de pa r i té tif dans lequel elle évolue. Dans un hom m e -fe m m e , de c hoi x de sous- Lentreprise environnement où les citoyens sont t r a i ta nts é c o-r e sponsa bl e s ou da ns secoués par une crise grave, il est l a pol i ti que de r e cycl a ge de nos socialement important que l’entreprise diffuse dé c he ts, nous nous som m e s a da p- une image positive de l’économie de t é s. J e r e gr e tte que c e r ta i ns gr a nds responsable marché et développe un comporte- gr oupe s fr a nç a i s, tr è s i m pl i qué s ment positif par rapport au quotidien da ns l e s pol i ti que s de dé ve l oppe - des salariés, à leurs intérêts. Il est m e nt dur a bl e , n’a i e nt pa s e nc or e pr i s Amaury Eloy, Dirigeant de NewWorks (DR) Les entreprises sont de plus en plus important de réconcilier l’entreprise c onsc i e nc e de c e c oût pour l e s PM E . conscientes de leur engagement qui a l’ardente obligation de réaliser L e s pr e sta ta i r e s de s gr a nde s e ntr e - social même si leur première prio- des profits et le salarié qui doit en pr i se s qui ont fa i t l e c hoi x de l a R SE , rité reste de créer de la richesse. La tirer avantage. Une grande nation de vr a i e nt ê tr e m i e ux r é tr i bué s. » notion de « stakeholder », ou partie industrielle comme la France ne peut — prenante, s’esquisse comme fon- plus se payer le luxe d’affrontements A M A U RY E L OY, damentale, puisque associant les idéologiques d’un autre âge. D i r i ge a nt de N e w Wor ks
  11. 11. 19L’entreprise responsable — Les valeurs Un récent concept vient encore appuyer cette idée d’une diffusion de l’entreprise des valeurs de l’entreprise respon- sable. Aux Etats-Unis, deux cher- Aujourd’hui, le d év el op p em en t d u r ab l e du XXI e siècle cheurs ont publié en 2011, dans la est au cœur d ’u n e n ou v el l e l og i q u e très prestigieuse Harvard Business indust rie lle : un p r od u i t q u i n ’ap p or- C’est une évidence : le profit n’est Review, un article autour de la t erait pas de g ar an t i e d ’i n n ocu i t é et pas la seule valeur de l’entreprise. « Valeur partagée » (Shared value). de re spe ct de l ’en v i r on n em en t n ’au r ai t Il ne l’a d’ailleurs jamais été en Pour Michael Porter, professeur en que pe u de c ha n ces d ’êt r e com m er ci a- tant que tel, puisque dès l’aube du management et co-auteur de l’ar- lisé. A dopt e r un e d ém ar ch e d e d év e- capitalisme, un certain nombre de ticle, une société se doit d’agir au- loppe m ent dur ab l e es t ai n s i d ev en u grands entrepreneurs ont rapide- delà de la Responsabilité Sociale un moyen de r es t er com p ét i t i f et d e ment assimilé le fait qu’ils devaient des Entreprises (RSE), et d’intégrer se dif f é rencie r de la con cu r r en ce. prendre en compte le bien-être de véritablement à sa stratégie les Nous c onsacron s en v i r on 15% d e n ot r e leurs salariés, au-delà du paiement questions de bien-être des salariés chif f re d’af fai r es en R& D. C et en g a- de leurs salaires. et des populations voisines. ge m ent représen t e d on c u n i n v es t i s - seme nt f inanci er i m p or t an t m ai s v i t e Aujourd’hui, les valeurs qui entourent Là où la RSE veut limiter les impacts rent abilisé pui s q u ’i l n ou s p er m et d e l’entreprise sont plus nombreuses, négatifs des entreprises sur leur envi- conqué rir de n ou v eau x m ar ch és ( en Alain Wayser, dirigeant de Guard Industrie (DR) plus complexes, puisque l’on y ronnement, la « Valeur partagée » est France com m e à l ’ét r an g er ) et d e n ou s parle d’équité, de respect des par- un concept plus large qui implique dé m arque r avec d es p r od u i t s i n n o- E n ma t i è r e d e R S E , A r t u p o x a o b t e n u ties prenantes, de dialogue élargi de suivre le principe qui veut que le vant s ( souve n t l es p l u s p er f or m an t s l e l a b e l e n vi r o n n e me n t a l o f f i c i e l d e s même avec ceux qui sont les plus « tout est plus grand que la somme du m arché) , res p ect u eu x d e l ’h om m e p a ys d ’ E u r o p e d u N o r d , S va n e n . M a i s critiques vis-à-vis d’elle. Il est natu- des parties ». Cette synergie, la et de l’e nviron n em en t , et p er m et t an t n o u s a p p l i q u o n s é g a l e me n t se s d i s- rel aujourd’hui qu’un grand groupe Fondation Croissance Responsable, de s éc onomie s d ’én er g i e. » p o si t i o n s e n F r a n c e . D a n s l e mé t i e r pétrolier discute avec des associa- fondée en 2010 par d’anciens pré- — d u n e t t o ya g e , n o u s u t i l i so n s d o n c tions de protection de la nature, ou sidents de CroissancePlus, l’a bien AL AIN WAYSER , d i r i g ean t d e Gu ar d d e s p r o d u i t s r e sp e c t u e u x d e l ’ e n vi - qu’une grande firme internationale, comprise. Depuis sa création, la I ndust rie r o n n e me n t . Po u r l e s q u e st i o n s d e dont la plupart des produits sont fondation a fait un certain nombre d r o i t d u t r a va i l , t o u s n o s n o u ve a u x fabriqués en Chine, ait à répondre de propositions pour relancer l’as- c o l l a b o r a t e u r s f r a n ç a i s so n t e n C D D des conditions de travail des salariés censeur social ou pour aider la jeu- d u r a n t si x mo i s, p u i s i l s p a sse n t e n employés par ses sous-traitants. nesse, en favorisant la mixité entre C D I. N o u s ve i l l o n s é g a l e me n t à c e les écoles et les entreprises et en q u e l e s f e mme s n e t r a va i l l e n t p a s L’« entreprise responsable » est un faisant de la lecture une cause natio- après 16h30. Et pour certaines de nos processus, une évolution, et non nale. a c t i vi t é s, n o u s r e f u so n s l e t r a va i l d e seulement une mode sémantique, n u i t . R é su l t a t   : n o s c o l l a b o r a t e u r s ou une posture morale. A travers Cette ouverture à l’ensemble des t r a va i l l e n t dans un cl i ma t se r e i n des méthodes de gouvernance nou- parties prenantes, ces valeurs qui e t n o u s n ’ a vo n s p r e sq u e e u a u c u n e velles, dont une gestion au quotidien privilégient le moyen et le long terme défection de leur part ni de la part de toujours plus humaine des équipes et l’esprit collectif, sont largement n o s cl i e n t s. » et des parties prenantes, l’entreprise partagées par les entrepreneurs du — élargit son champ social et s’installe réseau CroissancePlus. C H RYS T È L E G IM A R E T, comme un acteur central de la crois- Chrystèle Gimaret, Dirigeante d’Artupox (DR) Dirigeante d’Artupox sance durable.
  12. 12. 21L’entreprise responsable — Nous avons intégré les enjeux sociaux, L’un des rôles de l’entreprise sociétaux et environnementaux à notre est de donner leur chance projet entrepreneurial en décidant de à celles et ceux qui en ont concevoir des campagnes et des évé- besoin, comme les personnes nements répondant aux cahiers des handicapées. De les aider à charges de nos clients mais avec l’im- « remettre le pied à l’étrier » Vincent Kientz, Dirigeant d’ENEA Consulting Laurence Lascary, Dirigeante de DACP (DR) pact le plus faible possible sur l’envi- et de permettre leur insertion (DR) ronnement. Il n’existait aucun outil professionnelle. Les valeurs formalisé pour éco-concevoir un évé- de partage et de solidarité nement. Nous ne pouvions seuls chan- sont essentielles pour notre Inno ve r pour r é uni r se ns e t pe r for- J e ne c r oi s pa s que l e s e ntr e - ger nos métiers, c’est la raison pour entreprise, et font partie de ma nc e , pour pr i vi l é gi e r l ’hum a i n. pr i se s a gi sse nt pour de s laquelle nous conseillons aux entrepre- notre responsabilité vis-à- Voi l à se l on m oi l e s va l e ur s de l ’e n- que sti ons m or a l e s ou pour neurs d’intégrer l’ensemble des parties vis de la société. Il ne s’agit tr e pr i se du XXI e si è cl e . L e pl us ha ut se donne r bonne c onsc i e nc e . prenantes (fournisseurs, partenaires et pas de bénévolat mais d’une sa l a i r e ne suffi t pl us, l e s ta l e nts E l l e s ont d’a bor d un souc i clients) à leur démarche. Afin de mener mission que toutes les entre- ve ul e nt ê tr e uti l e s. Che z E ne a d’e ffi c a c i té . M a i s c e l a n’e m - au mieux une (r)évolution développe- prises devraient être prêtes Consul ti ng, nous é vol uons da ns l e pê c he pa s d’i nsuffl e r c e r- ment durable au sein de votre PME, à assumer, sans attendre les c onse i l str a té gi que e t te c hnol ogi que ta i ne s va l e ur s qui r e donne nt formez vos salariés aux nouvelles pra- contraintes légales. » e n é ne r gi e , pour l e s G r a nds Com pte s. du se ns e t pr i vi l é gi e nt l e tiques, à la gestion du changement, à — 20% du te m ps de tr a va i l de nos c ol - c a pi ta l hum a i n. L’ouve r tur e la production industrielle « verte », et A U G U S T IN PA L U E L - M A R M O N T, l a bor a te ur s e st c onsa c r é à l a c c è s à sur l e m onde e st l ’un de s à la réduction des consommations. Et co-dirigeant de Michel l é ne r gi e da ns l e m onde , nota m m e nt m oye ns d’y pa r ve ni r se l on pour aller plus loin, recrutez des spé- e t A u g u st i n sous for m e de m i ssi ons bé né vol e s, m oi . D a ns un é ta t d’e spr i t cialistes, dont la formation est orien- a upr è s d’O N G ou d’e ntr e pr e ne ur s de dé c ouve r te de s a utr e s tée sur les problématiques environne- soc i a ux a u N i c a r a gua , a u Ca m bodge , c ul tur e s, pl utôt que da ns mentales et RSE, car cela devient un en Ta nza ni e . . . C’e st un exc e l l e nt c e l ui de c onquê te . » réel atout sur votre marché. » i nve sti sse m e nt, pa s uni que m e nt un — — don : de c e s m i ssi ons, nous a ppr e - L A U R E N CE L A SCA RY BENO I T DES V EAU X , Di r i g ean t d u nons à r a i sonne r m ul ti c r i tè r e s e t D i r i ge a nte de l ’A utr e Côté Public S y s t èm e-Hop s cot ch m ul ti -pa r ti e s pr e na nte s da ns de s du Pé r i ph’ (DA CP) c ontexte s extr ê m e m e nt va r i é s. N ous y dé ve l oppons de s i dé e s dur a bl e s pour nos cl i e nts e t donnons du se ns à nos é qui pe s c om m e à notr e m é ti e r. » — VI N CE N T KI E N TZ , D i r i ge a nt d’E N E A Consul ti ng
  13. 13. 23Les chiffres-clé de l’entrepriseresponsable — L’épargne salariale encore minoritaire — Selon « La culture financière des Français », étude du Credoc réalisée en 2011, seulement 24% des personnes interrogées détiennent des actifs d’épargne salariale. Ce taux est plus élevé que celui des actions (21% des personnes interrogées) ou des obligations (11%). LesLes pays qui Les résultats de cette étude montrent produits d’épargne favoris des Français demeurent le livret d’épargne (82% des personnes que c’est dans les pays de l’ancien bloc interrogées en possèdent au moins un) et l’assurance-vie (58% des personnes interrogéeslaissent le plus soviétique que la proportion de femmes ont souscrit un contrat). exerçant ce type de responsabilités est lade place plus forte  : respectivement 44% et 43% 100 Livret en Lituanie et en Bulgarie. En Europe deaux femmes — l’Ouest, les pays dont la proportion de 90 femmes parmi les cadres de haut niveau 80 Assurance-vie est la plus élevée sont la Grèce et l’Irlande 70Le cabinet international Mercer a passé (35%), la Suède (30%), la Belgique (29%). Epargne salarialeau crible 5 321 entreprises dans 41 pays La France, l’Espagne et le Royaume-Uni 60en interrogeant plus de 260 000 cadres suivent avec 28%, devant la Finlande, la 50dirigeants sur la proportion de femmes Suisse et la Norvège (25%). Ferment la Actions 40exerçant des responsabilités exécutives marche l’Italie (22%), l’Autriche (21%),ou managériales (cest-à-dire membre du l’Allemagne (20%) et les Pays-Bas (19%). 30 Sicav ou SCPcomité de direction, responsable d’une À noter qu’en Turquie, les femmes repré- 20business unit ou d’une zone géogra- sentent 26% de la population des cadres Obligations 10phique…). dirigeants. 0 <900€/mois <900-1500€ <1500-2300€ <2300-3100€ >3100€ /mois /mois /mois /mois LITUANIE BULGARIE50 Taux de détention de divers actifs patrimoniaux selon le niveau de revenu du foyer (en %). IRLANDE Source : CRÉDOC, Enquête sur « La culture financière des Français », 2011. ROYAUME-UNI GRÈCE40 BELGIQUE ESPAGNE SUÈDE FRANCE FINLANDE TURQUIE NORVÈGE ALLEMAGNE SUISSE AUTRICHE30 L’emploi des PAYS-BAS ITALIE soit un bond de 14% entre 2010 et 2011. Le taux de chômage global des per- travailleurs20 sonnes handicapées dépasse ainsi les 19% d’une population d’actifs (travailleurs10 handicapés — handicapés reconnus par l’administration)% qui s’élève à près de 1,7 millions de per- Proportion de femmes exerçant des responsabilités exécutives ou managériales (en %) sonnes. Sur ce front de l’emploi, les entre- D’après des chiffres publiés en octobre prises françaises restent mobilisées. Près 2011 par l’Association pour la Gestion de 50 000 d’entre elles, essentiellement du Fonds pour lInsertion professionnelle des PME, emploient 6% ou plus de tra- des Personnes Handicapées (Agefiph), vailleurs handicapés. l’emploi des handicapés en France s’est fortement dégradé. En juin dernier, 273 000 dentre eux étaient au chômage,
  14. 14. © Éric Lefeuvre Le grand entretien — Jacques Attali : « Sortir de la logique de l’immédiateté » Quelle implication l’entreprise peut-elle revendiquer dans la société ? C’est une question complexe, sur laquelle les avis sont parfois tranchés. Aujourd’hui, l’heure est au dialogue avec les « parties prenantes », c’est-à-dire l’ensemble des partenaires avec lesquels l’entreprise entre en interaction  : ses salariés, ses actionnaires, mais aussi les associations, les consommateurs, les élus, les fournisseurs, les sous-trai- t ants. De plus en plus, l’entreprise est appelée à rejoindre des « causes » comme la défense des droits humains et sociaux dans certains pays émergents, la protection de l’environne- ment, l’accès des biens et ser vices pour les plus démunis. Cette tendance ne fera que s’accentuer dans les années qui viennent. C’est en tout cas ce qu’anticipe Jacques Attali, dans l’entretien qu’il a accordé au Petit Journal de Campagne. / Le Petit Journal de Campagne : Les crises que nous traversons et Les entreprises sont placées devant les désordres du monde que nous un nombre croissant de responsa- devons affronter l’exigent. Cette bilités, notamment dans le domaine nouvelle gouvernance ne passera social, de la protection de l’environ- pas selon moi par des administra- Jacques Attali nement, du développement durable. Comment peuvent-elles gérer l’ac- croissement de leur champ de res- teurs indépendants. Je n’y crois pas du tout, c’est une mauvaise méthode. S’ils sont indépendants, L’inépuisable avocat ponsabilités ? c’est sans intérêt pour l’entreprise. Je crois plus aux administrateurs des réformes / Jacques Attali : compétents. C’est à mes yeux un phénomène très important. Dans les années qui L’entreprise responsable devra aussi Jacques Attali est économiste, écrivain, viennent, il sera crucial que les entre- s’incarner dans le droit du travail et Président-fondateur de PlaNet Finance et ancien prises attachent dans la primauté conseiller spécial auprès du Président de la toujours plus d’im- L’entreprise aux négociations République de 1981 à 1991. Il est l’auteur d’une portance aux ques- responsable devra entre partenaires cinquantaine de livres, traduits dans plus de tions sociales et aussi s’incarner dans sociaux. La rupture vingt langues, parmi lesquels Tous ruinés dans environnementales, du contrat à le droit du travail. » dix ans ? Dette publique  : la dernière chance qu’elles s’attachent l’amiable est déjà (2010), Demain, qui gouvernera le monde ? (2011) des administrateurs qui représentent une avancée. La commission que je et Candidats, répondez !, publié en janvier 2012. mieux les salariés et leurs intérêts. préside et qui en 2008 avait rendu

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