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        2009

                       Guide des
                       urgences
                       médico-chirurgicales
                       Tirage à 6000 exemplaires
                       Exemplaire gratuit



        ANEMF
        c/o FAGE
        5, Rue Frédérick Lemaître
        75020 PARIS
        Tél. : 01 40 33 70 72
        info@anemf.org                  Hépatogastroentérologie
        www.anemf.org                   Hôpital du Bocage BP 77 908
                                        21079 Dijon cedex
                                        Téléphone : 03 80 29 37 50
                                        patrick.hillon@chu-dijon.fr
                                        apnet.univ-lille2.fr




                               Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     Avertissement au lecteur                                                         6
     Liste des auteurs                                                                7
     Préface du Professeur Queneau, Ancien Président de l’APNET                       8
     Editorial de Jean-Paul LORENDEAU                                                10
     Publi-info AGMF                                                                 12

     Introduction
          Accueil et tri des malades consultants aux urgences                        12
     Chapitre I : Douleurs thoraciques
         Infarctus du myocarde                                                       15
         Diagnostic d’un syndrome douloureux thoracique                              16
         Angor                                                                       19
         Dissection aortique                                                         21
     Chapitre II : Dyspnées aiguës
         Diagnostic d’une dyspnée aiguë                                             24
         Crise d’asthme                                                             25
         Conduite à tenir devant un œdème aigu du poumon cardiogénique              28
         Œdème aigu du poumon cardiogénique                                         29
         Décompensation d’une insuffisance
         respiratoire chronique                                                     32
         Embolie pulmonaire                                                         35
         Pneumopathies infectieuses communautaires                                  37
         Pneumothorax                                                               40
     Chapitre III : Syndromes douloureux abdominaux
         Sepsis intra-abdominal : Cholécystite aiguë                                43
         Éléments de base pour l’évaluation d’un syndrome douloureux abdominal      45
         Diagnostic d’un syndrome douloureux abdominal                              46
         Diagnostic à évoquer devant une douleur abdominale fébrile                 47
         Sepsis intra-abdominal : Appendicite                                       48
         Sepsis intra-abdominal : Diverticulite aiguë                               50
         Sepsis intra-abdominal : Péritonite                                        52
         Sepsis intra-abdominal : Salpingite aiguë                                  54
         Occlusion intestinale aiguë                                                56
         Pancréatite aiguë                                                          57
         Ulcère gastro-duodénal                                                     59
         Grossesse extra-utérine                                                    61
         Prise en charge d’une hémorragie digestive haute aiguë                     63




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      4        > SOMMAIRE
     Chapitre IV : Syndromes génito-urinaires
         Colique néphrétique                                                         64
         Sepsis urinaire : Pyélonéphrite aiguë                                       66
         Sepsis urinaire : Cystite simple                                            68
         Sepsis urinaire : Prostatite aiguë                                          70
         Rétention aiguë d’urine                                                     71
         Diagnostic d’une douleur scrotale aiguë                                     73
     Chapitre V : Malaises
         Prise en charge d’un malaise aux urgences                                   74
         Orientation diagnostique d’un malaise                                       75
         Syncopes                                                                    77
         Orientation diagnostique d’une syncope                                      80
         Crise convulsive                                                            81
     Chapitre VI : Coma
         Coma                                                                        84
         Conduite à tenir devant un coma                                             85
         Arrêt cardiaque                                                             86
         Arrêt cardiaque : prise en charge                                           88
     Chapitre VII : Choc
         Choc anaphylactique                                                         89
         Prise en charge d’un choc                                                   90
     Chapitre VIII : Agitation
         Agitation psychomotrice et sédation médicamenteuse                          91
         Conduite à tenir devant une agitation psycho-motrice                        92
         Intoxication éthylique aiguë                                                93
         Bouffée délirante aiguë                                                     94
     Chapitre IX : Intoxications médicamenteuses
         Intoxication médicamenteuse volontaire                                      95
         Prise en charge d’une intoxication médicamenteuse volontaire aux urgences   97
     Chapitre X : Urgences métaboliques
         Diabète décompensé : conduite à tenir devant une hyperglycémie               98
         Le diabétique aux urgences                                                  101
         Diabète décompensé : Hyperosmolarité                                        102
         Diabète décompensé : Acido-cétose                                           105
         Hypoglycémie (chez le diabétique et le non diabétique)                      108
         Insuffisance rénale aiguë                                                   110
         Prise en charge d’une insuffisance rénale aiguë                             113
         Déshydratation                                                              114
         Hyperkaliémie                                                               116
         Hypokaliemie                                                                118
         Hypercalcémie                                                               120
         Hyponatrémie                                                                122

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     Chapitre XI : Syndromes neurologiques déficitaires
         Prise en charge d’un syndrome neurologique déficitaire : hémiplégie                         124
         Accidents vasculaires cérébraux                                                             125
         Prise en charge d’un syndrome neurologique déficitaire : paraplégie                         129
     Chapitre XII : Céphalées
         Prise en charge d’une céphalée aiguë                                                         130
         Hémorragie méningée                                                                          131
         Méningites aiguës                                                                            133
     Chapitre XIII : Urgences rhumatologiques
         Lombosciatique aiguë                                                                         136
         Conduite à tenir devant une lombosciatique aiguë                                             139
         Névralgie cervico-brachiale                                                                  140
         Arthrite aiguë                                                                                141
         Conduite à tenir devant un épenchement intra-articulaire du genou                            143
     Chapitre XIV : Traumatologie
         Petites plaies                                                                               144
         Traumatismes crâniens                                                                        148
         Traumatismes rachidiens                                                                      151
         Traumatismes de l’épaule                                                                     154
         Traumatismes du coude                                                                        156
         Traumatismes du poignet                                                                      159
         Traumatismes de la hanche                                                                    161
         Traumatismes du genou                                                                        163
         Traumatisme de la cheville                                                                   166
         Traumatisme de l’avant du pied et du pied                                                    169
     Chapitre XV : Divers
         Hypertension artérielle aux urgences                                                          173
         Fièvre au retour d’un pays tropical                                                          176
         Hypothermies                                                                                 180
         Accidents d’exposition aux liquides biologiques                                              182
         Choix d’un traitement antirétroviral devant un accident d’exposition à un liquide biologique 184
         Traitement de la douleur aux urgences                                                        185
         Traitement de la douleur aux urgences                                                        186
         Transfusion de culots globulaires                                                            187
         Transfusion de concentrés plaquettaires                                                      188
         Médicaments de l’urgence chez la femme enceinte                                              189
     • Remerciements                                                                                 190




                                           Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     6       > Avertissement au lecteur



    L
          es auteurs de ce Guide des urgences médico-chirurgicales, conçus par
          l’APNET, se sont efforcés de donner des informations conformes aux
          connaissances médicales actuelles, notamment dans le domaine de la
     Thérapeutique. Cependant la recherche clinique ouvre à des progrès constants,
     au bénéfice des malades. L’étudiant ou le médecin qui utilise ce Guide doit
     contrôler par les ouvrages de référence (Vidal®, Guide National des
     Prescriptions, Fiches de transparence…), l’évolution possible des prescriptions.

         En outre, il doit garder à l’esprit que chaque malade est unique, ce qui
     l’amènera à toujours devoir personnaliser pour chaque patient, les conduites
     thérapeutiques indiquées.

          Enfin, les auteurs souhaitent recevoir les réflexions, commentaires et
     critiques que susciterait la lecture de ce guide.

         À noter que les algorithmes proposés dans ce guide comportent des
     “loupes” stigmatisées pas le signe . Celui-ci indique que la pathologie
     concernée est developpée dans un autre chapitre du Guide, auquel le lecteur
     peut se référer.




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                                                  Liste des auteurs >                7

     • Pr Frédéric Adnet, SAMU 93, Hôpital Avicenne - Bobigny
     • Pr Jacques Amar, Service de Médecine Interne, Hôpital Purpan - Toulouse
     • Pr Pierre Ambrosi, Service de Médecine Interne et Thérapeutique,
       Hôpital Sainte Marguerite - Marseille
     • Pr Christophe Barrat, Service de Chirurgie Générale, Hôpital Jean Verdier - Bondy
     • Dr Bruno Bernot, Service des Urgences, Hôpital Jean Verdier - Bondy
     • Dr Bernard Bouffandeau, Service de Néphrologie et de Médecine Interne,
       Hôpital Sud - Amiens
     • Dr Bertrand de Cagny, Service de Néphrologie et de Médecine Interne,
       Hôpital Sud - Amiens
     • Pr Bernard Chamontin, Service de Médecine Interne, Hôpital Purpan - Toulouse
     • Dr Olivier Chassany, Clinique Thérapeutique , Hôpital Lariboisière - Paris
     • Pr Pierre-François Dequin, Service de Réanimation Médicale Polyvalente,
       Hôpital Bretonneau - Tours
     • Dr Dominique El Kouri, Service de Médecine Interne, Hôpital Hôtel Dieu - Nantes
     • Pr Jean-Michel Halimi, Service de Néphrologie Immunologie Clinique,
       Hôpital Bretonneau - Tours
     • Dr Etienne Hinglais, Service des Urgences, Hôpital Henri Mondor - Créteil
     • Pr Jean-Louis Lejonc, Service des Urgences, Hôpital Henri Mondor - Créteil
     • Dr Jafar Manamani, Service des Urgences, Hopital Saint-Antoine, Paris
     • Dr Thierry Mathevon, Soins Intensifs de Pneumologie, Hôpital G. Montpied -
       Clermont-Ferrand
     • Dr Jean Louis Megnien, Service de Médecine Préventive Cardio-Vasculaire,
       Hôpital Broussais - Paris
     • Pr Dominique Pateron, Service des Urgences, Hopital Saint-Antoine, Paris
     • Pr Gilles Potel, Service de Médecine Interne, Hôpital Hôtel Dieu - Nantes
     • Pr Patrice Queneau, Service de Médecine Interne et Thérapeutique,
       Hôpital Bellevue - Saint-Etienne
     • Dr Jean-Luc Rey, Service de Cardiologie, Hôpital Sud - Amiens
     • Dr Bruno Richard, Service de Médecine Interne, Hôpital Carémeau - Nîmes
     • Pr Eric Roupie, Service des Urgences, Hôpital Henri Mondor - Créteil
     • Pr Michel Salvador, Service de Médecine Interne, Hôpital Purpan - Toulouse
     • Pr Jeannot Schmidt, Service des Urgences, Hôpital G. Montpied - Clermont-Ferrand
     • Pr Michel Slama, Service de Néphrologie et de Médecine Interne,
       Hôpital Sud - Amiens



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      8       > Préfaces
                                                                            “Trop de docteurs,
     Trois rêves devenus…                                                   peu de médecins”
                                                                              (proverbe français) (1)
     RÉALITÉS !
     F a i s o n s u n r ê v e, tel est le titre d'une comédie alerte et gaie de Sacha Guitry.
     Pour ma part, mon rêve était triple.

          Le premier était que l'on enseignât la médecine, et notamment la thérapeutique,
     sa finalité même, non pas comme une science abstraite consacrée à des maladies
     désincarnées (l'infarctus du myocarde, l'embolie pulmonaire, le coma diabétique…,
     envisagés de façon théoricienne et anonyme), mais en fonction des besoins et
     attentes réels des malades : notamment dans les circonstances dramatiques des
     Urgences, où l'enjeu est bien souvent l'alternative entre la vie et la mort. Et où
     chaque malade doit pouvoir bénéficier de la décision salvatrice : bien soigné de
     son infarctus du myocarde ou de son hémorragie digestive, le malade sera
     sauvé ; mal soigné, il risque d'en mourir…
     A l'Urgence, il n'y a pas de droit à l'erreur. Plus encore qu'ailleurs, c'est un impératif
     éthique pour chaque interne, chaque médecin, que “d'assurer personnellement
     au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises
     de la science” (article 32 du Code de Déontologie médicale).
     Mon deuxième rêve était celui-ci : que l'APNET (l'Association Pédagogique pour
     l'Enseignement de la Thérapeutique), s'attachât à la rédaction d'un Guide des
     Urgences médico-chirurgicales, exigeant et pratique, utile et maniable, à
     l'usage des internes et des médecins de garde.
     Et mon troisième rêve, me direz-vous ? Il était qu'un tel Guide soit conçu et
     écrit, non pas seulement pour les étudiants, futurs internes, futurs médecins,
     mais bien avec eux, convaincus que nous étions que l'une des clefs de sa réussite
     et surtout de son utilité réelle pour eux, serait qu'ils en soient eux-aussi les maîtres
     d'œuvre, depuis la conception, le choix des thèmes et de la forme à adopter,
     jusqu'à la finition.
     Voilà que tout cela est aujourd'hui chose faite. Et c'est une joie fantastique que
     de voir réalisés tant de rêves à la fois.
     Mais ce livre aura été pour moi une autre source de vrai bonheur : celle d'avoir
     vécu cette aventure ensemble, enseignants et étudiants (sans jamais oublier les
     étudiantes !) réunis dans ce même objectif, et passionnés par cette perspective
     d'écrire ensemble ce Guide.
     Aussi, je dois d'immenses remerciements à tous ceux qui ont formidablement
     œuvré pour cette réalisation.
     Merci à Dominique Pateron, qui aura été le coordinateur efficace et passionné
     de ce guide. Et Dieu sait qu'il n'aura pas déçu mon attente, qu'il en soit
     assuré !

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     Merci à tous les auteurs et relecteurs de l'APNET, admirables de motivation, qui,
     une fois encore, m'ont réjoui et m'ont conforté dans la conviction que nous
     étions sur la bonne voie, aimantés par l'ardent désir de guérir, de soulager et
     d'accompagner les malades.
     Merci à Anthony Gourichon, dévoué Président de l'ANEMF, et à ses successeurs
     tous aussi ardents les uns que les autres : Christophe Orgaer, Marc Sabourin,
     Guillaume Gauchotte, Marie Costes, Amandine Brunon (à qui je vous une affec-
     tion particulière en tant que stéphanois), Guillaume Müller, Sylvain Iceta,
     Virginie Prade et enfin Charles Mazeaud pour tous les efforts entrepris pour la
     parution annuelle de ce guide.
     Merci aux vice-Présidents successifs de l'ANEMF, qui ont réussi l'impossible pari
     de faire éditer cet ouvrage et de le diffuser avec un tel dynamisme : Sébastien
     Pelletier, Kevin Kraft, Alexandre Lazard, Sébastien Pouzoulet, Nicolas Boimond,
     Sophie Bouvaist, Matthieu Durand, Matthieu Boisson, Lobna Hadj-Henni et
     Jacques Franzoni, Guillaume Boulestein et, bien entendu, Léonard Golbin qui
     aura été l'artificier de cette dernière édition du guide.
     Merci à tous les étudiants de l'ANEMF qui se sont investis avec ardeur dans cette
     entreprise. Merci pour leur joie de vivre et leur ferveur à se préparer à toujours
     mieux soigner des malades, et non des maladies anonymes. Merci aussi
     pour leur humour, si essentiel pour rester libre d'esprit et éviter de basculer dans
     l'autosatisfaction stérile.
     Enfin, un grand merci pour leur contribution précieuse aux partenaires sans
     lesquels ce livre n'eût pas pu être remis gracieusement aux étudiants des 2ème
     et 3ème cycles des études médicales.
     Faisons un rêve… et voilà que ce rêve est devenu réalité ! ce livre est une naissance.
     L'enfant est beau. Il est en forme. Il crie sa joie dès le premier éveil. Il est promis
     à un bel avenir. Souhaitons-lui une belle destinée, conforme à notre attente :
     qu'il soit utile aux étudiants et donc aux malades, qu'il devienne le hand book,
     pardon le livre de poche, de l'étudiant de l'interne à l'urgence.
     " Voir Naples et mourir " ? Je n'ai jamais vu Naples…mais je veux continuer à
     vivre pour voir ce livre poursuivre son vol dans la galaxie médicale, afin de servir
     les malades : enjeu éthique et noble de la médecine que de secourir et d'apaiser
     l'Homme, surtout malade, surtout souffrant.


                                                  Doyen patrice Queneau
                                        Président d’honneur de l’APNET
                                        M e m b re d ’ h o n n e u r d e l ’ A N E M F



     (1) dictionnaire de proverbes et dictions, les usuels du Robert, 1989, p.71

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     10      > Édito
     Bonjour à toutes et a tous,


     On est fiers de vous présenter le Guides des Urgences Médico-Chirurgicales edi-
     tion 2008-2009. Ce guide récapitule tous les situations d'urgences que vous
     pourrez rencontrer lors de vos stages, et son but est de vous accompagner dans
     la poche de votre blouse, à côté de votre stéthoscope.


     Ce guide n'aurait pu voir le jour sans le travail de l’APNET (Association pédago-
     gique Nationale pour l'Enseignement de la Thérapeutique), notamment du Pr.
     PATERON et du Pr.QUENEAU.


     Je tiens aussi à remercier notre partenaire le Groupe Pasteur Mutualité sans qui
     l’édition de ce guide ne pourrait avoir lieu. Présent chaque année à nos
     côtés, ils permettent la mise à disposition d’outils pédagogiques auprès
     des étudiants.


     J’espère que ce guide se fera une bonne place dans vos blouses et vous servira
     dans votre pratique quatidienne.




                                                              J e a n - P a u l L o re n d e a u
                                                         CM Publications de l'Anemf
                                             Étudiant en DCEM1 à Toulouse Purpan




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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      12           > Introduction
     Accueil et tri des malades consultants aux urgences
     Un service d'urgence reçoit, à toutes heures du jour et de la nuit, des malades,
     dont l'arrivée n'est pas annoncée (programmée). Plusieurs malades arrivent au
     même moment, pour des motifs totalement différents et présentent des gravités
     également très différentes.
     Il est nécessaire d'organiser la prise en charge des malades dès le premier
     accueil (dès l'arrivée). Il faut réaliser un "tri" de l'urgence avec une catégorisation
     des patients afin que ceux qui le nécessitent puissent bénéficier d'une prise en
     charge immédiate ("circuit court").

           A - Tri des malades
     c L e t r i d e s m a l a d e s s ' e ff e c t u e e n p re m i e r l i e u s u r l e s é l é m e n t s s u i v a n t s :
                ¼ Motif d'arrivée
                ¼ Etat clinique
                ¼ Recueil des paramètres vitaux suivants : pouls, pression artérielle, fré-
                      quence respiratoire, conscience, température
     c "Dogmes" : tout malade présentant l'un des éléments suivants doit bénéficier
        du circuit c o u r t de prise en charge thérapeutique :
              ¼ Douleur quelle qu'elle soit : antalgie immédiate puis diagnostic
              ¼ Détresse respiratoire : oxygène, intubation
              ¼ Détresse hémodynamique : pose d'une voie d'abord, remplissage
                 vasculaire ? Inotropes ?
              ¼ Détresse neurologique : intubation ?
              ¼ Agitation, agressivité : sédation ?
     Pour ces malades, le recueil de l'anamnèse et l'examen clinique doivent être
     réalisés parallèlement aux premiers gestes thérapeutiques.
     c L a c l a s s i f i c a t i o n c l i n i q u e d e s m a l a d e s a u x u r g e n c e s ( C C M U ) permet
         aussi une catégorisation utile pour juger de leur gravité. Elle est fondée sur
         le jugement initial du premier médecin accueillant le patient.

     c L’ é v a l u a t i o n p o r t e s u r l ' é t a t c l i n i q u e d u p a t i e n t e t l a n o t i o n d e s t a b i l i t é
         de celui-ci.
                  ¼ Lorsque le patient présente une pathologie pour laquelle aucun risque
                      vital ou d'aggravation n'est prévisible à court ou moyen terme, il est
                      classé CCMU 1 s'il ne nécessite pas d'examen (biologique ou
                      radiologique) ni de geste thérapeutique. Exemple : angine. S'il en
                      requiert un ou plusieurs il est classé CCMU 2. Exemple : pneumopathie
                      communautaire du sujet jeune.
                  ¼ Si le patient est susceptible de s'aggraver, la question porte sur
                      l'engagement, à court terme, du pronostic vital. Lorsque le pronostic
                      n'est pas engagé, le patient est classé CCMU 3. Exemple : pneumopathie
                      chez un patient âgé, ou crise convulsive isolée chez un éthylique.
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                                                                     Introduction >                      13

              ¼ En cas de pronostic vital engagé, le malade est classé CCMU 4
                  lorsqu’il n’est pas nécessaire d'entreprendre immédiatement un
                  geste de réanimation. Exemple : intoxication polymédicamenteuse
                  potentiellement dangereuse sans signe de gravité à l'arrivée. Si un
                  geste de réanimation est nécessaire dès l'arrivée, il est classé CCMU 5.



                                             État clinique stable


                         OUI                                                   NON


          A c t e s c o m p l é m e n t a i re s                P ro n o s t i c v i t a l e n g a g é

             NON                    OUI                         NON                          OUI

                                                                          Geste de
                                                                      réanimation vitale

                                                                        NON                   OUI


            Classe 1             Classe 2            Classe 3        Classe 4              Classe 5

              ¼ Les détresses sont toutes classées CCMU4 et 5 (salle de déchocage)
              ¼ Les patients psychiatriques et la douleur ne sont pas classés par la
                  CCMU mais doivent bénéficier d'un circuit court

         B • Information
         L'accueil des malades implique le recueil d'informations exhaustives auprès
     des différents acteurs de leur prise en charge (malade lui-même, familles,
     témoins, services de secours...).
         L'information recueillie auprès du malade doit l'être de façon confidentielle.
           Le malade et ses proches doivent être informés des motifs d'attente et du
     déroulement de leur prise en charge. En cas de sortie, le patient (et/ou son
     entourage) et le médecin traitant doivent pouvoir bénéficier d'une information
     éclairée sur le passage aux urgences pour que la continuité des soins soit assurée.
     Il est fondamental de prévoir des courriers et des lettres-type pour que le passage
     aux urgences s'inscrive dans la continuité des soins pour chaque malade.

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     14      > Introduction
                                                 consultants aux urgences

          Accompagnants                                    Services                Médecins
          P ro c h e s            Recueil Information      de secours              traitants
          “Témoins”

                                         Accueil                    administratif


                                Catégorisation (CCMU)
                                          Tr i

                                      Défaillance vitale
                    OUI               Douleur                     NON
                                      Patient agité

               Circ u i t c o u r t
            de prise en charge                             Circ u i t c o m m u n


                                                           Attente possible
            Gestes immédiats                                 (information
                                                            + surveillance)

                                                              Diagnostic


                                                              Tr a i t e m e n t



                                                       Décision d’orientation



                                                   Hospitalisation Non admission


                                                                        Information
                                                                        (patient,
                                                                        M . T.)
                                                                         L e t t re - t y p e


     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                                                Douleurs thoraciques >                             15
                                                                                   J.L. Mégnien
     1 c I n f a rc t u s d u m y o c a rd e
     A - Définition
         L'infarctus du myocarde (IDM) est la nécrose massive et systématisée du
     myocarde sur au moins 2cm2 secondaire le plus souvent à une occlusion par
     thrombose d'une artère coronaire. Dès que le diagnostic d'infarctus du myocarde
     est porté, le patient devra être conduit le plus rapidement possible en Unité de
     Soins Intensifs Cardiologiques (USIC).

     B - Points importants
          Diagnostic
     c D a n s s a f o r m e t y p i q u e : douleur thoracique brutale, intense, rétrosternale
     en barre,constrictive, avec irradiations aux mâchoires, au bras gauche, et aux
     poignets ; cette douleur est résistante aux dérivés nitrés et prolongée (au-delà
     de 20 à 30 minutes), le diagnostic est aisé.
     c Il est basé sur l'interro g a t o i re et l'ECG : ondes T géantes faisant rapidement
     place à un sus-décalage du segment ST, englobant l'onde T convexe vers le haut
     (onde de Pardee), avec un aspect en miroir.
             Te r r i t o i re              Dérivations               S i g n e s e n m i ro i r

      Antérieur étendu                   DI, aVL, V1-V6                  DII, DIII, aVF

      Antéroseptal                           V1-V3                       DII, DIII, aVF

      Apical                                 V3-V4               Microvoltage en standards

      Antéro-speto-apical                    V1-V4

      Latéral haut                           DI, aVL                        DIII, aVF

      Latéro-basal                          V6-V7                             V1-V2

      Latéral étendu                     DI, aVL, V6-V7                 DIII, aVF, V1-V3

      Postéro-diaphragmatique             DII, DIII, aVF                      V1-V3

      Postéro-basal                  V7-V9 ± DII, DIII, aVF           V1-V4, R>S en V2

      Ventricule droit                    Sous-décalage             Associé avec un IDM
                                          ST V3R, V4R               antérieur ou inférieur

     Prise en charge de l’infarctus du myocarde à la phase aiguë en dehors des
     services de cardiologie, conférence de consensus HAS, 2006
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                  > Diagnostic d’un syndrome douloreux thoracique
      16

     L’orientation diagnostique sera dominée par l’interrogatoire,
     l ’ e x a m e n c l i n i q u e , l ’ é l e c t ro c a rd i o g r a m m e , l e s e n z y m e s
     c a rd i a q u e s e t l a r a d i o g r a p h i e t h o r a c i q u e .

                                       Localisation de la douleur




      R é t ro s t e r n a l e       Migratrice         Basi-thoracique             Pariétale
                                                          latéralisée



                                  Dissection aortique :               E n h é m i c e i n t u re :
                                  douleur prolongée,                  • Zona
                                  avec irradiation dorsale            • Tassement vertébral
                                  descendante                         • Tumeur
                                                                      Localisée aux articulations
     Douleur constrictive :                                           c h o n d ro - c o s t a l e s ,
     • brève et à l’effort : angor                                    manubrio-sternale ou
     • prolongée + trinitrine                                         s t e r n o - c l a v i c u l a i re
                                                                      • Syndrome de Tietze
       résistante : IDM
                                                                      • Rhumatisme
                                                                          inflammatoire
     Gène thoracique pro v o q u é e                                  • Infection
     e t / o u re n f o rcée par :                                        chondro-sternale
     • inspiration : péricardite
     • antéflexion : reflux
        gastro-œsophagien                                S a n s f i è v re :
     • déglutition : spasme                             • Embolie pulmonaire
                                                           (la fièvre est retardée)
        œsophagien                                      • Épanchement pleural
        ( trinitrine sensible )                         • Pneumothorax
                                                         F i è v re :
                                                        • Pneumonie infectieuse


                                 Douleur initialement extra-thoracique


                                         • Lithiase vésiculaire
                                         • Ulcère gastroduodénal
                                         • Pancréatite aigue


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                                                    Douleurs thoraciques >                            17

          Les enzymes cardiaques (CK-MB, Myoglobine, Troponine I) ne présentent
     aucun intérêt dans les formes typiques. Les dosages devront être renouvelés dans
     les f o r m e s a t y p i q u e s (douleur atypique ou absente, OAP sans étiologie par
     exemple). Si la myoglobuline est la première enzyme à s'élever (délai d'apparition:
     2 à 3 heures), cette augmentation n'est pas spécifique de l'IDM (élevée également
     en cas de traumatisme musculaire ou d'insuffisance rénale). Le délai d'apparition
     est de 3 à 8 heures pour les CK-MB, et de 4 à 6 heures pour la troponine I.
         Pièges
     c Le plus souvent les IDM sont acheminés directement par SAMU du domicile
       du patient à l'USIC. Les IDM rencontrés aux urgences auront donc la particularité
       de représenter les formes atypiques (formes abdominales, indolores)
     c Les modifications de l'ECG peuvent être difficiles à authentifier à la phase
       toute précoce de l'IDM (ondes T amples), il est donc essentiel de pouvoir
       comparer le tracé à des ECG antérieurs
     c Attention aux blocs de branche gauche qui peuvent masquer une nécrose
     c Il est impératif de faire le diagnostic différentiel de la dissection aortique et
       de la péricardite (toujours y penser !), pathologies pour lesquelles le traitement
       anticoagulant et surtout thrombolytique sont strictement contre-indiqués
     c Le diagnotic est parfois difficile. Il ne faut pas hésiter à appeler le réanimateur
       de l’USIC plutôt que d’attendre le résulat des enzymes cardiaques car le traitement
       thrombolytique doit être administrer le plus rapidement possible
         Cas particuliers
         L'IDM par extension de la dissection aortique aux artères coronaires qui
     contre-indique les traitements thrombolytique ou anticoagulant.
         Eléments de gravité
         Tout IDM est susceptible de se compliquer rapidement (troubles du rythme
     ventriculaire, troubles conductifs, OAP, choc cardiogénique).
     C - Traitement
     c le traitement aux urgences de l'IDM répond à deux impératifs :
              ¼ Mettre en place les moyens de réanimation pour la détection et le
                traitement des complications initiales représentées surtout par le s                    e
                a r y t h m i e s v e n t r i c u l a i re s
              ¼ Assurer au plus tôt la r e v a s c u l a r i s a t i o n d e l ' a r t è re c o ro n a i re
                (thrombolyse, angioplastie) en contactant l'USIC

     c aux urgences :
            ¼ Voie veineuse (G5 : 500 cc /24 heures + 2g KCl)
            ¼ S c o p e . D é f i b r i l l a t e u r à p ro x i m i t é


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      18           > Douleurs thoraciques >

                  ¼ Ne jamais faire d'IM, ni de gaz du sang (le patient sera peut-être
                      thrombolysé)
                  ¼ Oxygénothérapie non indispensable sauf pour les patients en
                      insuffisance cardiaque
                  ¼ Morphine en titration en l'absence d'insuffisance respiratoire
                  ¼ Aspirine : 250 à 500 mg IV ou per os
                  ¼ Si PAS > 100 mm Hg et en l'absence d'infarctus du ventricule droit
                    (penser à faire l'ECG en V3R et V4R) : trinitrine IV à la seringue
                    électrique afin de régler la vitesse de perfusion entre 0,5 à 1 mg/h
                    pour le Lénitral® ou 2 à 4 mg/h pour le Risordan® (la baisse de la
                    PA doit être > à 10 % chez les sujets normotendus et 30 % chez le
                    sujet initialement hypertendu)
                  ¼ Le traitement par héparine sera administré en fonction du choix du
                    thrombolytique qui sera utilisé. Clopidrogel indiqué en traitement
                    adjuvant en cas de syndrome coronarien ST+
                  ¼ Prévenir le réanimateur de garde pour la prise en charge spécialisée
                    en USIC du patient et la discussion du traitement thrombolytique et
                    par bêta-bloquant

     c en cas         d e s y n d ro m e v a g a l :
            ¼         Arrêt de la trinitrine
            ¼         Atropine en cas de bradycardie : 0,5 à 1 mg IVD
            ¼         Surélever les membres inférieurs


     c si extrasystoles complexes (fréquentes, polymorphes, phénomène
         R / T, e n s a l v e s ) :
                  ¼ Amiodarone ou lidocaine en fonction de la situation
     c e n c a s d e t a c h y c a rd i e v e n t r i c u l a i re m a l t o l é r é e :
              ¼ Cardioversion après une courte anesthésie puis lidocaïne

     c e n c a s d e f i b r i l l a t i o n v e n t r i c u l a i re , l e p a t i e n t e s t e n a r r ê t c i rc u l a t o i re :
              ¼ Coup de poing sternal, massage cardiaque externe (le temps de charger
                      le défibrillateur)
                  ¼ Cardioversion immédiate (200 puis 400 J si échec) puis lidocaïne




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                                                                                                       J.L. Mégnien
      2 c Angor

     A - Définition

         L'angine de poitrine est un syndrome douloureux thoracique en rapport
     avec une insuffisance du débit coronaire face aux besoins en oxygène du myocarde.
     La difficulté n'est pas tant le diagnostic qui est basé sur la clinique (interrogatoire),
     mais surtout sur le pronostic (angor stable ou instable) qui guidera la prise en
     charge du patient aux urgences (urgence coronarienne).

     B - Points importants

     Diagnostic
     c A n g o r s t a b l e : dans sa forme typique (douleur thoracique brutale, intense,
       rétrosternale en barre, constrictive, avec irradiations aux mâchoires, au bras
       gauche, et aux poignets) cette douleur brève (inférieure à 15 mn) est sensible
       aux dérivés nitrés.
     c A n g o r i n s t a b l e : cette appellation regroupe l'angor de novo (<2 mois),
       l'angor sévère ou accéléré (> 3 fois/j), et l'angor de repos. D a n s c e c a d re
       l'hospitalisation d'urgence s'impose.
     c L'ECG per- c r i t i q u e permet d'authentifier un sous-décalage du segment ST
       dans au moins deux dérivations concordantes.

     Pièges
           Dans l'insuffisance coronarienne aiguë, en dehors des douleurs, l'ECG peut
     ê t re n o r m a l .

     Cas particulier
          Angor spastique de Prinzmetal caractérisé par des douleurs spontanées, noc-
     turnes survenant habituellement entre 3 et 5 heures du matin avec un ECG per-
     critique (difficile à obtenir) montrant un sus-décalage important du segment ST
     avec signe en miroir mais sans onde Q de nécrose.

     Éléments de gravité
     To u t a n g o r s u s p e c t d ' i n s t a b i l i t é d o i t ê t re h o s p i t a l i s é .

         Les signes de gravité d'un angor instable sont : douleur thoracique prolongée
     (>20 minutes), OAP, angor avec apparition ou majoration d'un souffle d'insuffisance
     mitrale, douleur thoracique de repos avec modifications dynamiques du segment
     ST > 1 mm, angor avec galop ou crépitants, angor avec hypotension.



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     20       > Douleurs thoraciques
     C - Traitements
     Crise d’angor stable
     c Repos.
     c Chez un patient assis ou allongé trinitrine par voie sub-linguale : Natispray
       Fort® 0,4mg à pulvériser sous la langue, flacon horizontal, à répéter 5 minutes
       après en cas d'inefficacité. En cas de douleur persistante (> 15 minutes), il
       s'agit d'un angor instable.
     c Vérifier l'observance du traitement anti-angineux, détecter un facteur aggravant.
     c Renforcer le traitement anti-angineux si les crises semblent plus fréquentes et
       prévoir une consultation cardiologique.
     c Reconsulter en cas de récidive des douleurs.

     Crise d’angor instable
     c Prévoir hospitalisation en USIC sous surveillance continue du rythme cardiaque
       et du segment ST.
     c Correction d'un facteur aggravant (trouble du rythme, hypovolémie, hypoxémie).
       Surveillance des enzymes cardiaques (CPK-MB, myoglobine, troponine I) qui
       restent normales en dehors de l'évolution vers l'infarctus du myocarde
       (traitement thrombolytique à prévoir alors en urgence).
     c Aspirine (250 à 500 mg IV ou per os).
       Héparine : 300 à 500 UI/kg/24h pour TCA à 1,5 à 2,5 fois le témoin.
     c Natispray® 1-2 bouffée de 0,4mg. Puis trinitrine IV à la seringue électrique
       afin de régler la vitesse de perfusion entre 0,5 à 1 mg/h pour le Lénitral® ou
       2 à 4 mg/h pour le Risordan®.
     c Discuter le traitement bêta-bloquant avec le réanimateur (en l'absence de
       contre-indication) : aténolol (Ténormine®) 1 amp à 5 mg IV lente (5 minutes)
       et une deuxième ampoule 15 minutes plus tard selon FC et PA ; puis 1/2 cp
       toutes les 12h.




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                                            Douleurs thoraciques >                 21
                                                   J. Amar, B. Chamotin, M. Salvador
     3 c Dissection aortique
     A - Définition
        La dissection aortique se définit comme le clivage longitudinal de l'aorte.
        La dissection prend naissance au niveau de la média avec mise en
     communication de l'hématome pariétal avec la lumière aortique.
     En pratique, il faut distinguer :
     c la dissection de type A :
             ¼ Elle intéresse l'aorte ascendante
             ¼ Il existe un risque majeur de rupture intrapéricardique
             ¼ Le traitement est chirurgical dans la majorité des cas
     c la dissection de type B :
             ¼ Elle intéresse l'aorte thoracique descendante ou abdominale
             ¼ Le risque de rupture est moins important que dans le type A
             ¼ Le traitement est médical dans la majorité des cas
     B - Points importants
     Diagnostic
     Il est évoqué sur 3 éléments :
     c la douleur :
                ¼ Atroce, caractérisée par son intensité
                ¼ Dans les formes typiques : migratrice et progresse avec la dissection
                ¼ Son siège est variable : thoracique, épigastrique, abdominale ;
                     elle irradie fréquemment dans le dos
     c l'ECG :
                ¼ Il ne montre pas de signe d’infarctus en évolution, sauf extension de
                     la dissection aux coronaires
     c le contexte :
                ¼ Chez le sujet jeune : une maladie des fibres élastiques accompagne
                    la dissection
                    La maladie de Marfan sera évoquée devant :
                                  • des antécédents familiaux
                                  • un allongement excessif des membres
                                  • une arachnodactylie
                                  • une cyphoscoliose
                ¼ Chez la femme : la grossesse est une circonstance favorisante
                ¼ Chez le sujet plus âgé : l'hypertension artérielle est l'étiologique
                     prédominante
     A u t re s a r g u m e n t s d i a g n o s t i q u e s
     c avec la progression de la dissection, l'examen clinique peut mettre en évidence :
                ¼ Un souffle d'insuffisance aortique
                ¼ Une asymétrie tensionnelle
                ¼ La disparition d'un pouls
                ¼ Des signes déficitaires neurologiques
     c la radiographie thoracique peut montrer un élargissement du médiastin supérieur.
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      22         > Douleurs thoraciques
     D é m a rc h e d i a g n o s t i q u e
     c Elle vise à :
              ¼ Affirmer la présence de la dissection
              ¼ Déterminer son type (A ou B)
              ¼ Préciser son extension
     c Elle tient compte des possibilités locales et repose sur :
              ¼ L’échocardiographie transthoracique et transoesophagienne suppose
                    une PA contrôlée et un patient sédaté
                 ¼ L'angioscanner aortique impose une injection d'iode : on prendra en
                    compte les antécédents allergique et la fonction rénale
                 ¼ Autres examens envisageables :
                    - l'IRM à l'excellente sensibilité et spécificité est rarement
                      réalisable en urgence
                    - l'aortographie sera proposée dans les cas douteux ou
                      en l'absence de moyen non invasif disponible
     Pièges
          Les complications de la dissection peuvent dominer le tableau et faire errer
     le diagnostic.
     c Nécrose myocardique
                 ¼ Par extension de la dissection aortique aux coronaires.
                 ¼ Dans ce contexte, la fibrinolyse peut avoir des conséquences dramatiques.
     c Péricardite
             ¼ Du frottement péricardique au tableau de tamponnade par fissuration
                    intra péricardique de l'aorte disséquée.
     c Insuffisance cardiaque
             ¼ De l'OAP au choc cardiogénique du fait de la nécrose myocardique
                    ou de l'insuffisance aortique.
     c Infarctus viscéral
             ¼ Infarctus rénal, mésentérique…




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     C - Pronostic

         Le pronostic est mauvais : 50 % des patients décèdent dans les 48 heures
     par rupture de l'aorte. Il a été transformé par le recours à la chirurgie dans le
     type A. Le type B garde un meilleur pronostic. La mauvaise tolérance hémody-
     namique, l'accident neurologique avec trouble de la conscience interdisant le
     recours à la chirurgie, l'ischémie viscérale sont bien sûr des éléments péjoratifs.

     D - Traitement
     Dans tous les cas, quatre impératifs :
     c M a n o e u v re s d e r é a n i m a t i o n e n c a s d e c h o c

     c Calmer la douleur
           ¼ Chlorhydrate de morphine (IV par titration)

     c Contrôler l'hypertension
           ¼ Antihypertenseurs injectables. Les posologies devront tenir compte
                    de la situation clinique et biologique :
                   - nitroprussiate de soude (Nitriate®)
                   - nicardipine (Loxen®) (inhibiteur calcique)
                   - urapidil (Eupressyl®) (alpha bloquant)
                   - labétalol (Trandate® ) (alpha-béta bloquant)

     c Alerter une équipe chirurgicale et anesthésiste
            ¼ Afin d'envisager en fonction de la nature de la dissection et de son
                   évolution une chirurgie urgente.
                ¼ En fonction du type de la dissection et de son évolution :
                   - type A : recours à la chirurgie le plus rapidement possible si le terrain
                     le permet.
                   - t y p e B : traitement médical sous surveillance intensive. Un recours
                     chirurgical sera envisagé en cas d'ischémie d'un membre, d'un viscère,
                     d'une fissuration ou d'une rupture artérielle.




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     24          > Diagnostic d’une Dyspnée aigue >

      Rechercher d’emblée, puis ultérieurement, des signes                             polypnée ample sans
      de g r a v i t é :                                                               anomalie ausculatoire
      • conscience ( coma, astérixis, agitation, troubles du
      comportement )                                                                   • acidose métabolique
      • FR>30/mn, cyanose, sueurs, encombrement, tirage,                               • choc
      battement des ailes du nez, respiration abdominale                               • anémie
      paradoxale, capacité à parler, à tousser
      • Tachycardie, chute de la pression artérielle, marbrures
      Si la situation est critique :
      Oxygénothérapie 10 à 15l/mn au masque à haute
      concentration + appel au réanimateur + respect de la
      position adoptée par le malade + pose de voie vei-
      neuse périphérique



      d y s p n é e i n s p i r a t o i re        d y s p n é e e x p i r a t o i re      encombrement
       bruyante (cornage)                                                                     d i ff u s
                                                                                         • coma
                                                                                         • bronchite aiguë
                                                                                         du vieillard
     • œdème de Quincke                                                                  • O.A.P.
     - adrénaline 0,5 mg sc
     ou 0,1 mg iv                                                                        • convulsion
     - Solumédrol® 80 mg iv                                                              (phase post-critique)
     • ingestion de caustique                    sibillants
                                                                        crépitants
     • épiglottite                               o u ro n c h i
     - Claforan® 1g iv
     - position asise                         • décompensation            • O.A.P.
     - pas de tentative
     d’examen O.R.L.                            BPCO                      • pneumopathie
     • tumeur                                 • asthme                    infectieuse
     • sténose post-intubation                • O.A.P.                    • fibrose
     • corps étranger
     - ± manœuvre de                             A t t e n t i o n : se méfier           À part :
       Heimlich                                  des pseudo-crépitants de                • embolie pulmonaire
     - extraction                                stase (obèse, vieillard,
                                                 sujet allité) : réausculter             • polysympto-
     • trauma du larynx                                                                  matique +++
                                                 après la toux
     • paralysie dilatateurs                                                             • contexte, facteur
                                                 asymétrie                                 de risque
                                               a u s c u l a t o i re                    • hypoxie, signe RX
     Dans tous les cas :
     oxygène, Solumédrol®                    • pneumothorax,                               discrets
     80 mg iv,                               pleurésie (ponction ou                      • signes droits
                                             drainage
     appel rapide à l’O.R.L. et              si mauvaise tolérance)
     au réanimateur                          • atélectasie

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                                                                Dyspnées aigues >                         25
                                                                                  E. Mercier, P.F. Dequin
      1 c Crise d’asthme
     A - Définition
         L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches, qui se
     manifeste cliniquement par des accès d'obstruction aiguë des voies aériennes,
     résolutifs spontanément ou sous l'effet du traitement et séparés par des périodes
     asymptomatiques.
     B - Points importants
     c u n e c r i s e d ' a s t h m e p e u t t u e r, souvent de façon très aiguë, toujours par
        insuffisance de traitement
     c o r i e n t a t i o n : évaluer la gravité et apprécier la réponse au traitement initial
     c m e s u re r l e d é b i t e x p i r a t o i re d e p o i n t e ( D E P ) = peak flow, avant et après
        traitement
     c t r a i t e m e n t e n u r g e n c e = oxygène, ß2-mimétiques, corticoïdes. Pas de
        théophylline
     c les ß2-mimétiques doivent être administrés par n é b u l i s a t i o n, aussi efficace
       que la voie IV et exposant à moins d'effets secondaires. Exception : les crises
       d'asthme très graves, où le patient "ne respire quasiment plus"
     c un patient 70 ans essoufflé et sibilant a un OAP jusqu'à preuve du contraire.
       C'est l'asthme cardiaque, qui peut être amélioré par les ß2-mimétiques
     c u n e c r i s e d ' a s t h m e e s t t r è s a n x i o g è n e p o u r l e p a t i e n t : le rassurer en
       restant très calme
     C - Critères de gravité
     c a n t é c é d e n t s : - d'hospitalisation pour crise grave
                                  - de ventilation mécanique pour crise d'asthme
     c cliniques :                - obligation de reprendre son souffle pour finir une phrase
                                  - v o i re p a ro l e i m p o s s i b l e + + +
                                  - sueurs
                                  - cyanose
                                  - agitation ou obnubilation
                                  - FC > 120/min
                                  - FR > 30/min
                                  - collapsus
                                  - s i l e n c e a u s c u l t a t o i r e +++
     c anamnèse :                 - crise très rapidement progressive (quelques min à quelques
                                  heures)
                                  - crise ressentie comme i n h a b i t u e l l e + + +
     c DEP < 150 l/min (ou < 30% de la valeur théorique)
     c gazométrie :
                ¼ PaCO2 > 40 mmHg
                   normocapnie = alarme
                   h y p e rc a p n i e = c r i s e g r a v e
                ¼ hypoxémie (rare)
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      26       > Dyspnées aigues >
     D - Traitement
     Crise simple sans signe de gravité
     c rester calme, rassurer le patient
     c o x y g è n e par lunettes ou sonde nasale pour SpO2 = 95%
     c nébulisation de broncho-dilatateurs :
                ¼ ß 2 - m i m é t i q u e : salbutamol 5-10 mg ou terbutaline 10 mg ramenés
                    à 5mL avec une solution saline et délivrés avec un masque facial de
                    nébulisation pneumatique relié à l'air
                ¼ mélangé à un anticholinergique : ipratropium 0,5 mg
                ¼ cette nébulisation étant répétée toutes les 20-30 min jusqu'à amélioration
                    (DEP)
     c p re d n i s o n e 1 m g / k g p e r o s
     c E v a l u e r l ' a m é l i o r a t i o n : DEP, FC, FR, SpO2, vocalisation. Décider de
       l'orientation à la 4ème heure
                ¼ Les patients qui, à la 4ème heure : se sentent mieux, sont calmes, non
                    polypnéïques (FR < 20 / min), avec un DEP 75% de la théorique et
                    amélioré d'au moins 100 l/min par rapport à la valeur d'admission, sans
                    maladie associée cardiaque ou respiratoire, sans signe clinique de
                    pneumopathie ou de pneumothorax, ayant bien compris les consignes
                    et le traitement de sortie, non isolés socialement peuvent repartir à domicile
                ¼ Les patients ne répondant pas à tous ces critères doivent être gardés aux
                    urgences ou admis en hospitalisation (selon les habitudes et possibilités
                    locales). Si aggravation : traiter comme une crise grave, avis du réanimateur
     c pas d'antibiotique sauf argument pour une infection bactérienne ORL ou
       pulmonaire (rare)
     c ni radio thoracique (sauf argument clinique), ni abord veineux
     c surveiller l'état clinique, la saturation transcutanée, le DEP.
     Crise avec signes de gravité
     c rester calme, rassurer le patient… mais appeler le réanimateur
     c quelle que soit la PaCO2, oxygène à haut débit par lunettes ou sonde nasale
       pour SpO2 95%
     c nébulisation de broncho-dilatateurs :
                ¼ ß2-mimétique + ipratropium comme ci-dessus
                ¼ à répéter toutes les 15-20 min jusqu'à amélioration
     c perfuser le patient pour :
                ¼ h y d r a t a t i o n de l'ordre de 3-4000 mL/24h chez un adulte (favorise
                    l'expectoration)
                ¼ e x p a n s i o n v o l u m i q u e (solution saline à 0,9% 1000 mL rapidement)
                    en cas de collapsus ou d'AAG (tamponnade gazeuse)
                ¼ c o r t i c o ï d e s I V : méthylprednisolone 80 mg ou hémisuccinate
                    d'hydrocortisone 200 mg
                ¼ en l'absence d'amélioration, associer aux nébulisations un ß2-mimétique
                    IV : salbutamol 1mg/h à moduler selon effet et tolérance (tachycardie,
                    troubles du rythme, tremblements, hypokaliémie, hyperglycémie, acidose
                    lactique modérée)
                ¼ surveiller : clinique, oxymétrie de pouls, scope, pression artérielle non invasive
                ¼ faire une radio thoracique au lit (pneumothorax ? pneumomédiastin ?)
     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     c possibilités en l'absence d'amélioration (après avis du réanimateur) : traitements
        moins bien évalués :
               ¼ adrénaline en nébulisation (mais risque de broncho constriction
     induite par les sulfites) ou IV (intérêt si collapsus)
               ¼ sulfate de magnésium en perfusion IV
               ¼ respiration d'un mélange hélium - oxygène
     c ventilation mécanique en dernier recours
     c discuter avec le réanimateur de l'orientation du patient. S'il s'est amélioré
        suffisamment pour rester sous votre surveillance : poursuivre l'oxygénothérapie,
        nébulisation de ß2-mimétiques toutes les 4 heures, corticoïdes à renouveler
        toutes les 6 heures, hydratation IV 2000 à 3000 ml de glucosé à 5% / 24 h
        avec NaCl et KCl ;
                    l e p a t i e n t d e v r a d e t o u t e f a ç o n ê t re h o s p i t a l i s é
     C o n s i g n e s d e s o r t i e p o u r l e s p a t i e n t s re p a r t a n t à d o m i c i l e
     c en cas de rechute ou d'aggravation de la gêne respiratoire, malgré le traitement :
         se faire conduire aux urgences sans tarder
     c en cas de gêne intense : appeler le Centre 15
     c dans tous les cas, consultation du médecin traitant sous 2 à 3 jours
     c pour les patients disposant d'un peak-flow : mesurer régulièrement le DEP et
         établir une courbe
     O rd o n n a n c e - t y p e d e s o r t i e p o u r l e s p a t i e n t s re p a r t a n t à d o m i c i l e
     c corticoïdes per os prednisone (Cortancyl®) 40 mg en une prise le matin, pendant
         10 jours
     c corticoïdes par inhalation béclométasone (Bécotide® 250) : 2 bouffées matin
         et soir, sans interruption
     c salbutamol (Ventoline®) : 2 bouffées 4 fois par jour, + 2 bouffées en cas de
         gène respiratoire, à renouveler si elle persiste
     Chez le patient connaissant bien l'emploi des aérosols-doseurs, a fortiori ayant un
     asthme à symptomatologie quotidienne, remplacer le traitement de fond par
     Ventoline par : salmétérol (Serevent®) : 2 bouffées matin et soir, sans interruption.
     Garder la Ventoline® comme traitement des crises.
     C o m m e n t m e s u re r l e d é b i t e x p i r a t o i re d e p o i n t e ?
     c malade assis, jambes pendantes
     c appareil tenu horizontalement
     c inspirer à fond, puis souffler le plus fort possible, d'un coup sec, sans vouloir
         souffler longtemps
     c bien serrer les lèvres pour éviter les fuites
     c prendre la meilleure de 2 ou 3 mesures
     c si l'on ne dispose pas des graphiques ou tables de référence :
         les valeurs théoriques sont de l'ordre de 400 à 450 l/min chez la femme, 600
         à 650 l/min chez l'homme
                                                   Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
Card i o p a t h i e               O A P C a rd i o g é n i q u e                                             éléments de gravité
                                                                                                                                                                                                                            28
                                                                                                                                                                                                                                                                               GUMC-2009




                                                        (ischémie, HTA,                                                                                        troubles de la conscience : bradypnée,
                                                          valvulopathie)                                                                                       cyanose marquée, collapsus;
                                                                                                                                                               SaO2 : < 85 %, PaCO2 >45 mmHg

                                                                                         forme typique majeure :
                                                                                                                                                                                                                                                                               16/02/09




                                                    Facteurs déclenchants                le diagnotic est clinique
                                                                                                                                                                                                                                                                               10:01




                                                     a u t re s e x a m e n s e n      traitement sans                            examens en                                     USIC ou Réanimation
                                                    fonction du contexte             a t t e n d re l e r é s u l t a t             urgence
                                                 • ECBU, hémocultures                      des examens                       • radiographie
                                                 • angio-scanner pulmonaire, • assis, jambes pendantes                       • ECG
                                                                                                                                                                                                                                                                               Page 28




                                                   D-dimères                      • O2 : 6-10 L/mn                           • gaz du sang
                                                 • échocardiographie              • Lasilix® 80 mg IVD                       • enzymes cardiaques
                                                                                  • Lenitral® 1/2 à 1mg/h à




Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
                                                                                    la SE ou Risordan® 5                                                            amélioration    persistance
                                                                                    mg en sublingual                                                              le plus souvent ou aggravation
                                                                                    (2cpés)


                                                                                             éléments de                        é v a l u a t i o n d e l ’ e ff i c a c i t é
                                                  traitement d’un facteur                    surveillance                                   à 1 / 2 h e u re                         é v a l u a t i o n d e l ’ e ff i -
                                                        déclenchant                    • polypnée, tachycardie,                 • soit amélioration                                     c a c i t é à 1 h e u re
                                                                                         PA, crépitants, diurèse                • soit persistance,
                                                                                       • gaz du sang artériel                     refaire 80 mg Lasilix® IVD
                                                                                         ou saturation en O2
                                                                                                                                                                                                                            > Conduite a tenir devant un OAP cardiogénique >
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                                                   Dyspnées aigues > 29
                                                                            O. Chassany
     2 c Œ d è m e a i g u d u p o u m o n c a rd i o g é n i q u e

     A - Définition

     L'œdème aigu du poumon cardiogénique (OAP) est la conséquence de l'extravasation
     excessive de liquide d'origine capillaire envahissant les espaces interstitiels puis
     alvéolaires. C'est une insuffisance respiratoire aiguë traduisant une insuffisance
     cardiaque gauche aiguë.
     La cause la plus fréquente est l'ischémie myocardique.

     B - Points importants

     Diagnostic

     Dans sa forme typique et majeure, l'OAP est facilement reconnu :
     c Interrogatoire
             ¼ cardiopathie connue (HTA, angor, valvulopathie sont les plus fréquentes)
             ¼ dyspnée brutale (polypnée), souvent nocturne, avec sensation d'étouffement,
              grésillement laryngé, toux quinteuse avec expectoration mousseuse,
              chez un malade assis dans son lit, angoissé, couvert de sueurs avec
              cyanose des extrémités
     c Examen clinique
           ¼ crépitants généralisés ou prédominant aux bases, tachycardie (100-
              130/mn)
     c Examens complémentaires
           ¼ radiographie thoracique :
                    • opacités floconneuses bilatérales alvéolaires mal limitées, à
                      prédominance péri-hilaire
                    • confirme l'existence d'une cardiopathie sous-jacente :
                      cardiomégalie
           ¼ ECG :
                    • signes d'hypertrophie ventriculaire gauche
                    • recherche un facteur déclenchant : trouble du rythme,
                      ischémie ou nécrose myocardique
           ¼ GDS : SaO2 abaissée, hypoxie, hypocapnie, témoins de l’hyperventilation
           ¼ Enzymes cardiaques
     Pièges

     c Formes cliniques atypiques
           ¼ forme atténuée ou débutante : aggravation d'une dyspnée d'effort,
                ou d'une orthopnée avec des crises paroxystiques nocturnes et/ou
                sensation d'oppression thoracique.



                                     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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      30          > Dyspnées aigues >

                 ¼ pseudo-asthme cardiaque : bradypnée expiratoire et sibilants, mais
                     l'orthopnée, la notion d'une cardiopathie, d'une cardiomégalie
                     radiologique et à l'ECG, et l'absence d'ATCD d'asthme rétablissent
                     le diagnostic d'OAP. Un asthme d'apparition récente chez un sujet
                     âgé est une insuffisance cardiaque jusqu'à preuve du contraire.

                 ¼ l'intrication d'une bronchopathie chronique et d'une insuffisance
                     cardiaque rend le diagnostic d'OAP difficile, ce d'autant qu'une
                     surinfection bronchique peut être le facteur déclenchant d'une
                     décompensation cardiaque. Une oxygénothérapie à fort débit pendant
                     quelques heures n'est pas contre-indiquée, même en cas d'hypercapnie
                     connue.

                 ¼ chez un sujet jeune fébrile : évoquer une endocardite bactérienne
                     (hémocultures, sérologie VIH, recherche d'une toxicomanie intraveineuse).

     R e c h e rc h e d e f a c t e u r s d é c l e n c h a n t s

     c i n f e c t i o n : grippe, pneumopathie
     c écart de régime avec abus de sel ou arrêt d'un traitement diurétique
     c t ro u b l e s d u r y t h m e : AC/FA
     c i s c h é m i e : infarctus du myocarde
     c t r a i t e m e n t i n o t rope négatif sur un myocard e d é f a i l l a n t (bêta-bloquants ;
          anti-arythmiques)
     c p l u s r a re m e n t :
               ¼ embolie pulmonaire : D dimères, angio-scanner
               ¼ endocardite à évoquer dans un contexte fébrile (hémocultures)
               ¼ rupture de cordage de l'appareil mitral
     C - Pronostic

     c Impliquent un transfert en USIC ou en réanimation :
            ¼ absence d'amélioration rapide sous traitement diurétique
            ¼ troubles de la conscience
            ¼ épuisement respiratoire, hypercapnie (PaCO2 > 45 mm Hg) et acidose
                     respiratoire
                 ¼   sueurs profuses, cyanose des extrémités, marbrures cutanées, SaO2 < 85%
                 ¼   collapsus tensionnel (pression artérielle systolique < 80 mm Hg)
                 ¼   acidose métabolique
                 ¼   nécrose myocardique, rupture de cordage

     D - Traitement

           Dans la forme typique, o n n ' a t t e n d p a s l e s r é s u l t a t s d e s e x a m e n s p o u r
     d é b u t e r l e t r a i t e m e n t . L'hospitalisation est systématique même dans les formes
     modérées.

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     Aux urgences
     c position assise, jambes pendantes
     c oxygénothérapie à fort débit (6 à 10 L/mn) par sonde nasale
     c voie d'abord veineuse, garde veine : glucosé à 5% (500 cc/24h) avec 2
         ampoules de KCI/24h
     c diurétique d'action rapide par voie IV : 80 mg de furosémide (Lasilix®, amp
         20 mg) à renouveler si nécessaire 1/2 heure après
     c dérivés nitrés (vasodilatateur veineux) : Lénitral® au PSE (1/2 à 1 mg/h si la
       pression artérielle systolique > 100 mm Hg) ou par voie sublinguale :
       Trinitrine® ou Risordan® 5 mg (2 cp)
     c éventuellement, sonde vésicale chez le patient âgé au moindre doute d'obstacle
       prostatique
     c la ventilation non invasive est discutée dans les formes sévères.
     Tr a i t e m e n t d u f a c t e u r d é c l e n c h a n t
     c antibiothérapie d'une infection après prélèvements (ECBU, hémocultures)
     c t a c h y a r y t h m i e : deslanoside (Cédilanide®) 1/2 amp/8h en IVD, héparine à
         dose efficace
     c e m b o l i e p u l m o n a i re : héparine à dose efficace
     c i n f a rctus : thrombolyse ? aspirine IV (250 mg) puis per os, héparine à dose
         efficace (transfert en USIC)

     Eléments de surveillance
     c fréquence respiratoire et cardiaque
     c pression artérielle
     c auscultation pulmonaire
     c diurèse
     c GDS ou oxymétrie de pouls
     E v a l u a t i o n d e l ' e ff i c a c i t é
     Le traitement doit entraîner une amélioration de la dyspnée, une amélioration
     de la saturation en oxygène, et une diurèse abondante dans la 1/2 heure qui
     suit; sinon refaire 80 mg de furosémide (Lasilix®).
     c hospitalisation se poursuit en Médecine ou Cardiologie
     c prescription d'une héparine de bas poids moléculaire à dose préventive
         (prévention des accidents thromboemboliques) tant que le patient est alité
     c apport de potassium IV puis per os, adapté aux contrôles de la kaliémie
     c les grands insuffisants cardiaques ont parfois besoin de posologies plus
          importantes de furosémide (Lasilix®) jusqu'à 250 mg/j

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     3 c D é c o m p e n s a t i o n d ’ u n e i n s u ff i s a n c e
            r e s p i r a t o i re c h ro n i q u e

     A - Définition

          Les broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) regroupent
     la bronchite chronique, le plus souvent due au tabac, l'emphysème qui est souvent
     une complication de la bronchite chronique, et les dilatations des bronches.

         L’ i n s u ff i s a n c e re s p i r a t o i re c h ro n i q u e se caractérise par une hypoxie
     permanente, et souvent une hypercapnie. Elle peut être soit o b s t r u c t i v e (limitation
     des débits) : formes évoluées des BPCO, soit re s t r i c t i v e (limitation des volumes) :
     résections chirurgicales, complications de la tuberculose ou de ses traitements
     "héroïques", cyphoscolioses, obésités, affections neuromusculaires, soit m i x t e.


     B - Points importants

     c l'oxygénothérapie non maîtrisée entraîne un risque de carbonarcose et peut
        précipiter une ventilation mécanique. Il n'y a aucun intérêt à "normaliser" la
        PaO2 d'un patient chroniquement très hypoxémique. C'est particulièrement
        vrai du grand obèse. La PaO2 souhaitable est de l'ordre de 50 à 55 mmHg,
        soit une SaO2 entre 85 et 90%.

     c cette règle ne s'applique pas si le patient est moribond. L'essentiel est alors
        de corriger son hypoxémie pour éviter l'arrêt cardiaque hypoxique, en
        attendant l'intubation.

     c administrer l'oxygénothérapie par une sonde naso-pharyngée, plus fiable
        que les "lunettes". La mise en place d'une sonde nasopharyngée est un
        geste douloureux : si la situation n'est pas trop critique, administrer de la
        lidocaine (Xylocaïne®) en spray.

     c le diagnostic différentiel entre décompensation de BPCO et OAP est parfois très
        difficile, surtout chez le vieillard, d'autant que les deux affections peuvent
        être intriquées. Un galop gauche et (ou) un reflux hépato-jugulaire et des
        bicarbonates normaux ou bas sont en faveur d'une cause cardiaque mais
        sont inconstants.

     c c o n n a i s s a n c e d u d o s s i e r (antécédents, gazométrie, ECG et radio thoracique
        de référence, dernières EFR…)


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     c dans les cas graves, ce qui est techniquement possible et ce qui est
         humainement souhaitable ne vont pas toujours de pair. La décision d'intuber
         ou non se discutera avec le réanimateur. Il faut donc si possible recueillir
         d'emblée les éléments nécessaires : importance et ressenti du handicap
         respiratoire, degré d'autonomie, projets de vie, maladies associées, projets
         thérapeutiques, réalité du sevrage tabagique, environnement familial et
         social, observance du traitement, facilité de sevrage lors d'une ventilation
         antérieure, souhaits exprimés.


     c un piège non rare : les insuffisances respiratoires d'origine neuromusculaires,
         où le tableau respiratoire peut passer inaperçu car :
               ¼ installé très progressivement (maladies chroniques)
               ¼ l e p a t i e n t n e p e u t p a s e x t é r i o r i s e r d e l u t t e re s p i r a t o i re.
               ¼ l'oxymétrie de pouls est ici particulièrement trompeuse.


     C - Critères de gravité

     avant tout cliniques
     c troubles de conscience+++, astérixis
     c agitation
     c impossibilité de parler
     c toux inefficace +++
     c respiration paradoxale (dépression de l'épigastre à l'inspiration)
     c mise en jeu des muscles inspirateurs accessoires, battement des ailes du nez
     c FR > 30/min ou bradypnée avec pauses
     c certaines causes de décompensation : pneumonie, sepsis

     a c c e s s o i re m e n t g a z o m é t r i q u e s
     c à évaluer par rapport aux gaz du sang de référence
     c non pas tant sur la capnie, si elle ne s'accompagne pas de trouble franc de
         conscience, que sur le pH : se méfier si pH < 7,30.
     c plus rarement (si l'on respecte des PaO2 basses), hypoxémie non corrigeable
         sans carbonarcose induite




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     D - Traitement

     Principes généraux
     c o x y g é n o t h é r a p i e à f a i b l e d é b i t (1 L/min) pour SpO2 entre 85 et 90% sans
         augmentation majeure de la capnie. Si nécessaire augmenter l'oxygénothérapie
         progressivement, par 0,5 L/min, en contrôlant les GDS 20 à 30 min après un
         nouveau palier

     c nébulisation d'une association ß2-mimétique-atropinique [ 10 mg de terbutaline
         (Bricanyl®) en dosette pour inhalation + 0,5 mg d'ipratropium (Atrovent®)
         en dosette pour inhalation] à nébuliser au masque (nébuliseur pneumatique,
         air 8 L/min). Durée nébulisation : 15 à 20 min. A renouveler toutes les 4 heures

     c voie veineuse périphérique, hydratation (facilite l'expectoration)
     c kinésithérapie respiratoire de drainage bronchique si encombrement

     c traitement d'une cause déclenchante éventuelle : pneumothorax (drainage
         systématique sur ce terrain mais attention au diagnostic différentiel avec une
         bulle d'emphysème), affection cardiaque, sédatifs, pneumonie, exacerbation
         infectieuse, dans les formes sévères bien souvent épuisement musculaire
         progressif

     c antibiothérapie si modification du volume et(ou) de la couleur de
          l'expectoration : amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin®) per os 1 g
          x 3 ou pristinamycine (Pyostacine®) per os 1 g x 3

     c en général poursuite d'un traitement par pression positive si habituel à domicile

     c p a s d e s é d a t i f s , d'antitussifs, de modificateurs du mucus en l'absence de
         kinésithérapie efficace, de diurétiques (sauf doute sur un OAP), d'acétazolamide
         (Diamox®), d'almitrine, ou de théophylline

     c dans les formes graves (d'emblée, ou par échec du traitement médical) : discuter
         avec le réanimateur des possibilités de ventilation non invasive ou sur intubation

     S u r v e i l l a n c e d e l ' e ff i c a c i t é d u t r a i t e m e n t

     c essentiellement clinique (fréquence respiratoire+++, signes de lutte, troubles
         de conscience)

     c également gazométrique

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      4 c E m b o l i e p u l m o n a i re
     A - Définition
         L'embolie pulmonaire est l'occlusion d'une artère pulmonaire ou d'une de
     ses branches, secondaire à la migration dans la circulation veineuse d'un embol
     habituellement cruorique. Penser à l'embolie pulmonaire (EP) devant toute dyspnée
     aiguë, toute perte de connaissance et toute phlébite.

     B - Affirmer le diagnostic
     Diagnostic clinique
     c Le diagnostic est parfois évident lorsqu'il existe une phlébite associée
        à une scène embolique :
              ¼ dyspnée brutale notamment à type de polypnée (84 %)
              ¼ douleur thoracique aiguë (88 %)
              ¼ angoisse (59 %)
              ¼ toux (53 %)
              ¼ hémoptysie (30 %)
     c Plus souvent, le tableau est atypique :
              ¼ phlébite cliniquement absente dans 30 % des cas
              ¼ fièvre (embolie septique, embolie surinfectée)
              ¼ pleurésie (souvent secondaire à un infarctus pulmonaire)
              ¼ pseudo-OAP (des râles à l'auscultation)
              ¼ perte de connaissance isolée
              ¼ parfois asymptomatique
     c D a n s t o u s l e s c a s , i l f a u t re c h e rc h e r :
              ¼ antécédent de phlébite
              ¼ alitement, grossesse
              ¼ notion de cancer, chirurgie récente, portacath
              ¼ traitement par tamoxifène (Nolvadex®, Tamofène®, Oncotan®,
                  Kessar®), androcur, oestroprogestatifs, gonadotrophines
     L e s e x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s d e b a s e s o n t l e s s u i v a n t s
     c NFS :
     c D - d i m è res par technique ELISA : test non spécifique, d'une sensibilité élevée
        mais inférieure à 100 %. Donc des D-dimères normaux (<500 µg/l)permettent
        d'éliminer l'EP avec une haute probabilité. Ce dosage est sans intérêt en cas
        d'autres causes d'activation de la coagulation (chirurgie, hématome, etc.).
     c GDS : classiquement hypoxie-hypocapnie, mais ces signes peuvent manquer
     c ECG : il existe une tachycardie sinusale très fréquente à la phase initiale. Un
       aspect S1 Q3 est très évocateur mais il est présent dans moins de 25 % des
       cas. Parfois on note un bloc de branche droit de survenue récente, des anomalies
       de la repolarisation, une déviation axiale droite du QRS, une fibrillation auriculaire
     c é c h o d o p p l e r v e i n e u x d e s m e m b re s i n f é r i e u r s : retrouve une phlébite
       dans la grande majorité des cas (50-65%). Le caillot peut ne pas être apparent
       s'il a migré en totalité, s'il est confiné à des veines iliaques ou à l'extrémité
       d'une voie veineuse centrale


                                                 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     c r a d i o g r a p h i e d u t h o r a x : souvent normale ou ne présentant que des
         anomalies minimes, contrastant avec la dyspnée
                      ¼ surélévation d'une coupole diaphragmatique
                      ¼ épanchement pleural
                      ¼ atélectasie
                      ¼ hyperclarté pulmonaire
     c é c h o d o p p l e r c a rd i a q u e : montre, surtout en cas d'EP sévère, une dilatation
         des cavités droites et une hypertension artérielle pulmonaire. L'association à
         une thrombose veineuse mise en évidence à l'écho-doppler des membres
         inférieurs est hautement évocatrice d'une EP
     Si la clinique et la paraclinique de base sont en faveur du diagnostic
     d ' e m b o l i e p u l m o n a i re , p r a t i q u e r e n u r g e n c e s o i t u n a n g i o s c a n n e r s p i r a l é
     s o i t u n e s c i n t i g r a p h i e p u l m o n a i re .
     c A n g i o s c a n n e r p u l m o n a i re : bonne spécificité, bonne sensibilité sauf pour le
         diagnostic des embolies pulmonaires distales. Contre-indiqué en cas d'insuffisance
         rénale sévère non dialysée car nécessitant une injection de produit iodé.
         Habituellement examen de choix aux urgences car facilement disponible de jour
         et de nuit. De plus, il peut diagnostiquer d'autres causes à la dyspnée comme
         une pneumopathie etc.
     c Scintigraphie pulmonaire : non spécifique, mais très sensible si elle est réalisée
         dans les premiers jours suivant la scène embolique. Beaucoup de faux positifs
         en cas de pneumopathie chronique ou aiguë et donc à ne pas pratiquer dans
         ces cas. Souvent d'accès moins facile que l'angioscanner en urgence.
     c Angiographie pulmonaire conventionnelle : nécessite de monter une sonde
         dans l'artère pulmonaire pour y injecter de l'iode. Peut se compliquer de mort subite,
         d'hématome au point de ponction et d'insuffisance rénale aiguë. Examen à réserver
         à de rares indications où les examens précédemment cités ne permettent pas de
         conclure et à la condition que le diagnostic d'embolie pulmonaire modifie la
         conduite pratique (ce qui n'est souvent pas le cas lorsqu'il existe une phlébite).
     C - Traitement
     c lever interdit     c monitorage PA, saturation O2, ECG c O2
     c (filtre cave si hémorragie non contrôlable contre-indiquant l'héparine).
             PA > 90 mmHg                                     PA < 90 mmHg
      p a s d ' h y p o x i e r é f r a c t a i re         h y p o x i e r é f r a c t a i re

                                             Elohes® 500 cc                                        C I à l a t h ro m b o l y s e
                                         Dobutamine 5 µg / k g / m i n                           antécédents d'hémorragie
     • Héparine® SE :                                                                                      cérébrale
     bolus 70 UI/Kg,                                                                            ponction de vaisseau non
                              P a s d e C I à l a t h ro m b o l y s e                           compressible < 10 jours
     puis 500 UI/Kg/24h à            rt PA ou urokinase
     adapter au bout de 6h                                                                      HTA sévère non contrôlée
                                      ou streptokinase                                            péricardite, TP < 50 %
     1,5xte < TCA < 3xte         par exemple : urokinase                                            chirurgie < 15 jours
                                1million d'unités en bolus                                      AVC ischémique > 3 mois
     • ou Innohep® SC :            puis 2 millions en 2 h
     0,6 ml/70 kg /j si clai-       antidote : aprotinine
     rance créatinine >30 relais par héparine dès que
     ml/mn                                                                                      embolectomie chirurgicale
                               1, 5 x Te < TCA < 2,5 x Te                                         ou héparinothérapie

     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                                                                                            P.F. Dequin, E. Mercier
      5 c Pneumopathies infectieuses
             c o m m u n a u t a i re s
     A - Définition
         Les pneumopathies infectieuses communautaires sont des infections du
     parenchyme pulmonaire, acquises en dehors de l'hôpital, et dont l'écologie
     bactérienne pose a priori peu de problèmes de résistance. Le pneumocoque, les
     germes atypiques (Legionnela pneumophila, Mycoplasma pneumoniae,
     Chlamydia pneumoniae), les virus et plus rarement certains bacilles à Gram
     négatif en sont les principaux agents étiologiques.

     B - Points importants
     c une pneumopathie infectieuse peut tuer
     c l'orientation du patient dépend des signes de gravité (terrain et état clinique)
         qui doivent être systématiquement recherchés
     c la f r é q u e n c e re s p i r a t o i re est un des signes de gravité les plus simples et
        a
         utiles. Sa mesure doit être répétée
     c toux, expectoration sale et fièvre manquent rarement sauf chez l e v i e i l l a rd
         où la pneumopathie peut se présenter comme un s y n d ro m e c o n f u s i o n n e l
     c faire une radio thoracique de qualité : debout face et profil si possible, mais
         s'il y a des critères de gravité, faire une radio dans le box
     c l’OAP est souvent fébrile (modérément), parfois asymétrique voire unilatéral :
              ¼ rechercher ATCD cardiologiques, signes d'insuffisance cardiaque
              ¼ si le doute persiste traiter les deux tableaux
     c a m o x i c i l l i n e e t m a c ro l i d e s re p r é s e n t e n t l a b a s e d e l ' a n t i b i o t h é r a p i e
       dans la majorité des cas. En pratique les macrolides ne sont pas actifs sur le
       pneumocoque. Les céphalosporines orales, même de 3ème génération, ont des
       CMI très insuffisantes dans cette indication. La Pyostacine® est active à la
       fois sur pneumocoque et germes atypiques, mais sa tolérance digestive est
       médiocre
     c si vous laissez repartir le patient, prévenir son médecin et s’assurer qu'il sera
       revu au 2ème ou 3ème jour

     C - Pronostic
     L'existence d'un signe de gravité impose l'hospitalisation:
     c confusion mentale          c pneumopathie d'inhalation ou sur obstacle
     c FC > 125 / min             c suspicion de pleurésie ou d'abcédation
     c FR > 30 / min              c conditions socio économiques défavorables
     c PAS < 90 mmHg              c inobservance
     c température < 35°C et > 40 °C
     c néoplasie associée         c isolement
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     L ' e x i s t e n c e d e f a c t e u r s d e r i s q u e d o i t é g a l e m e n t f a i re c o n s i d é re r
     l'hospitalisation :
     c âge > 65 ans
     c insuffisance cardiaque
     c maladie cérébrovasculaire
     c insuffisance rénale
     c hépatopathie chronique
     c diabète non équilibré
     c immunodépression
     c drépanocytose
     c antécédent de pneumopathie bactérienne
     c hospitalisation dans l'année
     c vie en institution

     Traitement ambulatoire possible si > 65 ans sans facteur de risque, ou < 65 ans
     avec un seul facteur de risque.
     Hospitalisation recommandée si 1 facteur de risque après 65 ans, et 2 facteurs
     avant 65 ans.
     Appel au réanimateur si :
     c FR > 30 / min
     c PaO2 reste < 60 mmHg malgré oxygénothérapie au masque à haute
     c concentration
     c ou simplement si nécessité d'un débit d'02 > 6 l/min pour obtenir PaO2 > 60 mmHg
     c troubles de conscience ou du comportement
     c signes de choc
     c signes de lutte ou d'épuisement
     c comorbidité sévère (insuffisance viscérale)
     c opacités bilatérales alvéolaires systématisées

     D - Traitement
     Si traitement ambulatoire possible
     c Antibiothérapie fonction du contexte :
              ¼ adulte 40 ans et(ou) comorbidités, a fortiori si début brutal et
                       image systématisée : amoxicilline per os 1 g x 3 / 24 h pendant 7
                       à 14 jours
                     ¼ adulte < 40 ans sans comorbidités, a fortiori si contexte épidémique,
                     début moins brutal, signes extrarespiratoires, image non systématisée
                     ou syndrome interstitiel : macrolide pendant 14 jours
     c c o n t r ô l e c l i n i q u e i m p é r a t i f à l a 7 2 è m e h e u re d e t r a i t e m e n t
     c en l'absence d'amélioration à 72 h: soit inverser le choix initial, soit élargir en
       réalisant une bithérapie amoxicilline + macrolide, ou une monothérapie active
       sur pneumocoque et atypique : levofloxacine, moxifloxacine, telithromycine.

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     c h o s p i t a l i s e r en cas d'échec d'une antibiothérapie à large spectre, ou de
         l'apparition de signes de gravité

     Pour les patients hospitalisés

     c O x y g é n o t h é r a p i e pour PaO2 = 60 mmHg au minimum, surveillance clinique
        (FR +++) et par oxymétrie de pouls
     c antibiothérapie d é b u t é e d a n s l e s 2 h e u re s s u i v a n t l ' a d m i s s i o n (plus tôt
       encore si signes de choc), non retardée par les prélèvements bactériologiques
       (limités à 2 hémocultures + ponction pleurale si pleurésie: ensemencement
       au lit du malade sur flacon d'hémoculture et examen direct).
     c les principes ci-dessus restent valides, mais la plus grande gravité et le doute
       diagnostique microbiologique nécessitent souvent une b i t h é r a p i e active sur
       pneumocoque et légionnelle. Une m o n o t h é r a p i e reste licite s'il n'y a ni
      détresse respiratoire vraie, ni signe de choc, avec un tableau clinico-radiologique
       typique. La réévaluation à la 72ème heure reste la règle.
     c voie IV impérative si signes de choc ou détresse respiratoire ou troubles
       digestifs; sinon voie orale possible (bonne biodisponibilité de l'amoxicilline,
       des macrolides et de l'ofloxacine).
     c Par exemple amoxicilline per os ou iv 1 g x 3 / 24 h et(ou) ofloxacine 200 mg
       x 2 per os, ou IV en perfusions de 30 min
     c ne pas oublier le rôle essentiel des traitements associés (hydratation, kinésithérapie
       de drainage, antalgiques si douleur pleurale, …)
     Cas particuliers
     c Patient traité en ville et adressé pour échec. En règle hospitalisez, recherchez
       des signes de gravité, vérifiez que le schéma ci-dessus a été suivi. Si persistance
       de la fièvre à 72 h : réévaluation radiologique + changement d'antibiotique :
       amoxicilline fg <-> macrolide, éventuellement bithérapie ou ou monothérapie
       active sur pneumocoque et atypique : levofloxacine, moxifloxacine, telithromycine.
     c Te r r a i n d é b i l i t é e t ( o u ) c h o c a s s o c i é e t ( o u ) B P C O s é v è re a v e c p o r t a g e
       b ro n c h i q u e c h ro n i q u e : possibilité de pneumopathie à Gram négatif g
       remplacer amoxicilline par une céphalosporine de 3ème génération iv, p.ex.
       ceftriaxone (Rocéphine®) 1-2 g x 1 / 24 h, et associer macrolide ou ofloxacine
       (± gentalline iv 4 mg/kg en 30 min si choc).
     c P n e u m o p a t h i e d ' i n h a l a t i o n (coma, éthylisme, vomissements) : amoxicilline-
       acide clavulanique (Augmentin®) per os ou iv 1g x3/24h
     c A b c è s d u p o u m o n e t ( o u ) p l e u r é s i e p u r u l e n t e : avis du réanimateur,
       antibiothérapie large englobant les anaérobies ± drainage de la pleurésie
     c P a t i e n t V I H + : les pneumopathies à pneumocoque (ou à Haemophilus) sont
       fréquentes et peuvent tuer plus rapidement qu'une pneumocystose. Si celle-ci
       est suspectée, traiter par Bactrim® ± corticoïdes.
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     6 c Pneumothorax

     A - Définition

         Le pneumothorax (PTX) est la conséquence d'une effraction de la plèvre. La
     pression pleurale étant normalement négative, cette effraction entraîne l'entrée d'air
     dans l'espace pleural, décollant les deux feuillets de la plèvre et comprimant le
     poumon sous-jacent. Il peut être p r i m a i re : par rupture de petites bulles apicales
     (blebs), souvent chez un homme jeune longiligne, ou s e c o n d a i re : complication
     d'une maladie respiratoire sous-jacente, d'un trauma ou d'une ponction pleurale
     ou vasculaire.

     B - Points importants
     c diagnostic facile en cas de PTX primaire (ou "spontané idiopathique") : douleur
       thoracique brutale, dyspnée variable (souvent très bonne tolérance : donc
       i n u t i l i t é d e s g a z d u s a n g), tympanisme, abolition des vibrations vocales et du
       murmure vésiculaire. Bon pronostic mais risque de r é c i d i v e homolatérale (30%).
     c r a d i o e n i n s p i r a t i o n : hyperclarté entre la paroi et le poumon, visualisation
       de la ligne pleurale viscérale. Cliché en expiration forcée (+ en latérocubitus
       controlatéral) u n i q u e m e n t s i P T X n o n v u e n i n s p i r a t i o n.
     c diagnostic clinique difficile si BPCO sous-jacente : se méfier +++ d ' u n e b u l l e
       d ' e m p h y s è m e (=concavité vers la paroi thoracique ; PTX : convexité).
     c PTX sur maladie respiratoire sous-jacente = drainage avec un drain de gros calibre.
     c rechercher un emphysème sous-cutané et un pneumothorax radiologique
       lors de toute crise d'asthme grave.

     C - Critères de gravité
     Cliniques
     c signes d'insuffisance respiratoire aiguë (maladie sous-jacente ou (et) P T X
        sous tension)
     c turgescence jugulaire, déviation trachéale, hypotension, choc (PTX sous tension)
     c signes de déglobulisation (hémopneumothorax : traumatique ou par rupture
       de bride)
     Radiologiques
     c déviation controlatérale du médiastin, aplatissement coupole homolatérale
     c PTX bilatéral
     c bride (= accolement ponctuel de la plèvre à la paroi : risque de rupture
       hémorragique)
     c niveau liquide (= hémopneumothorax ou rarement pyopneumothorax)
     c maladie du parenchyme sous-jacent
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     D - Traitement
     Tr a i t e m e n t e n c a s ( a s s e z r a re ) d e m a u v a i s e t o l é r a n c e
     (PTX suffocant avec signes de compression)
     c o x y g è n e 1 0 à 1 5 l / m n au masque à haute concentration
     c d é c o m p re s s i o n i m m é d i a t e à l ' a i g u i l l e : ponction dans le 2ème espace
        intercostal, face antérieure du thorax, ligne médico-claviculaire, avec une
        grosse aiguille (IM voire Cathlon® orange) qu'on laisse en place. Geste simple
        et salvateur dont l'indication est c l i n i q u e.
     c simultanément : voie veineuse périphérique et r e m p l i s s a g e par gélatine
        (500 ml rapidement)
     c appel au réanimateur, et d r a i n a g e réglé dans un deuxième temps
     Tr a i t e m e n t e n c a s ( h a b i t u e l ) d e b o n n e t o l é r a n c e
     c O b s e r v a t i o n a m b u l a t o i re
               ¼ elle est possible si p re m i e r P T X spontané idiopathique, chez un
                     patient non isolé comprenant la situation, avec un médecin de ville
                     informé et acceptant le suivi, pas ou peu de toux, PTX <15 %
                     (décollement 1 cm et limité au sommet)
                 ¼   repos (+++ aucun effort)
                 ¼   paracétamol ± codéine, antitussifs
                 ¼   radio à la 24ème heure (aggravation ?)
                 ¼   hospitalisation immédiate si dyspnée, consultation pneumologique à
                     distance
                 ¼   prévenir d'emblée : du risque de récidive à distance, des circonstan-
                     ces favorisantes (efforts à glotte fermée, instruments à vent), de la
                     nécessité d'arrêt du tabagisme, des sports dangereux en l'absence
                     de pleurodèse chirurgicale (alpinisme, plongée, parachutisme)
     c Hospitalisation dans tous les autres cas, i m p é r a t i v e s i P T X s e c o n d a i re
         m ê m e m i n i m e (aggravation imprévisible)
               ¼ e x s u ff l a t i o n à l ' a i g u i l l e :
                          • si premier PTX spontané idiopathique 30 % (moyenne des
                              décollements mesurés au sommet, à la partie moyenne et à
                              la base           3 cm), ou pour certains PTX iatrogènes (aiguille
                              f i n e) 30 %.
                          • p re n d re s o n t e m p s
                          • asepsie, anesthésie locale, insertion d'un gros cathéter à perfusion
                              IV (2ème EIC sur ligne médioclaviculaire, ou 5ème EIC sur ligne
                              axillaire moyenne), robinet à 3 voies, aspiration avec une
                              seringue de 50 ou 60 ml. Arrêt quand résistance à l'aspiration.
                          • radio thoracique :
                                   * si poumon totalement réexpansé : sortie possible et contrôle
                                      radio à la 24ème heure
                                   * si persistance d'air : drainage



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            ¼ drainage :
                    • si PTX spontané idiopathique 30 % ou récidivante ou après
                      échec exsufflation à l'aiguille
                    • drain de petit calibre type Pleurocath® ; drainage avec un
                      d r a i n d e g ro s c a l i b re s i P T X s e c o n d a i re , de préférence par
                      voie axillaire (cicatrice)
                    • vérification de la crase si anomalies possibles, voie veineuse,
                      atropine 1 mg IV si gros drain et (ou) sujet émotif, asepsie,
                      anesthésie locale soigneuse +++
                    • e n g a rd e , n e d r a i n e z v o u s - m ê m e q u e s i v o u s e n a v e z l e
                      temps et l'habitude
                    • le retour du poumon à la paroi est douloureux : évacuez l'air
                      lentement (mise au bocal simple sans aspiration dans un premier
                      temps), proparacétamol (commencer par paracétamol IV 1g)

     c Patient venant pour une récidive de PTX
            ¼ hospitalisation systématique, drainage, pleurodèse très probable
               (talc, doxycycline ou chirurgie) dans un deuxième temps




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                               Syndromes douloureux abdominaux>                                                     43
                                                                                           D. Pateron, C. Barrat
      1 c Sepsis intra abdominal :
             cholescystite aigue
     A - Définition

        Il s'agit d'une inflammation de la vésicule biliaire liée, dans la très grande
     majorité des cas, à une maladie lithiasique.

     B - Éléments importants

     Diagnostic

     c E n g é n é r a l a i s é d e v a n t : une douleur de l'hypochondre droit irradiant vers
       l'épaule, ou des douleurs épigastriques, associées à des vomissements, une
       température à 38°, une défense de l'hypochondre droit inhibant l'inspiration
       profonde (signe de Murphy) et une polynucléose.
     c ASP : présence de calculs vésiculaires si les calculs sont radio-opaques ; élimine
      un pneumopéritoine.
     c É c h o g r a p h i e s u s m é s o c o l i q u e e n u r g e n c e : lithiase vésiculaire (calculs,
         micro-lithiases ou sludge vésiculaire), épaississement de la paroi vésiculaire
         (>3mm), douleurs au passage de la sonde.
     c NFS, transaminases et amylasémie.
     Pièges

     c M é c o n n a î t re une lithiase de la voie biliaire principale associée.
     c F o r m e g a n g r e n e u s e : signes généraux importants avec troubles
        hémodynamiques, altération de l'état général ; signes locaux modestes.
     c Atténuation des signes locaux chez le diabétique ou le malade traité par
        corticoides.
     c C o n f o n d re l a c h o l é c y s t i t e a i g u ë a v e c u n e h é p a t i t e a l c o o l i q u e c h e z u n
      c i r r h o t i q u e : éthylisme actif, augmentation des transaminases prédominant
      sur les ASAT en faveur de l'hépatite alcoolique. L'épaississement de la paroi
      vésiculaire est à considérer avec prudence en présence d'ascite.
     c Le siège abdominal d’une douleur biliaire est fréquemment épigastrique

     C - Pronostic

     Il est lié à la méconnaissance du diagnostic.
     La cholécystite peut évoluer vers une péritonite biliaire, particulièrement grave.



                                                  Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     44      > Syndromes douloureux abdominaux>
     D - Traitement
     c malade à jeun
     c voie veineuse
     c antibiothérapie adaptée aux entérobactéries.
       Exemple : ceftriaxone 1à 2 gr IV / 24H (Rocéfine®)
     c antalgiques : paracétamol IV (Perfalgan®), phloroglucinol (Spasfon®) voire
       morphine
     c cholécystectomie réalisée en urgence différée de 12 à 24 heures après
       l’admission




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                            Syndromes douloureux abdominaux>                                          45

        É l é m e n t s d e b a s e p o u r l ’ é v a l u a t i o n d ’ u n s y n d ro m e
                             d o u l o u re u x a b d o m i n a l

          I n t e r ro g a t o i re              Signes généraux          Signes physiques
       • antécédents                            • pouls, pression       • paleur, ictère
                                                  artérielle            • cicatrice(s)
       • douleur : début
                         évolution              • température           • marbrure
                         siège                  • hydratation           • palpation :
       • nausées,                               • fréquence               défense
         vomissements                             respiratoire            contracture
       • transit                                                          masse
       • dernières règles                                               • orifices herniaires
       • signes urinaires                                               • T.R., T.V.



                                                                                Examens :
                                                                        •   E.C.G.
                                                                        •   N.F.S.
                                                                        •   ionogramme sanguin
                      Il existe :                                       •   créatininémie
       • u n e c o n t r a c t u re :                                   •   amylasémie
         péritonite, hémopéritoine                                      •   transaminases
       • un état de choc :
         infarctus mésentérique,
         pancréatite aigue,
         suspiscion d’anévrysme fis-
         suré,                                                        Absence de signe
         occlusion avec déshydratation                              de gravité immédiate


                 Av i s c h i r u r g i c a l


                   Réanimation                                            Explorations
                                                                       c o m p l é m e n t a i re s

                 Examens sous
             surveillance médicale:
            • A.S.P.
            • échographie
            • scanner


                                                 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
vomissements                            Signes fonctionnels         signes fonctionnels        penser
                                                   f i è v re                                  Divers
                                                                                                                                                                                                                                                                      46
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                                                                       arrêt des gaz                               u r i n a i re s         gynécologiques      systématiquement




                                                     sepsis                                                           bandelette          test de grossesse
                                                                          s y n d ro m e      selon le siège :                                                        causes
                                                 abdomino-pelvien                                                      u r i n a i re       échographie
                                                                                                                                                                                                                                                                                                           16/02/09




                                                                            o c c l u s i f • colique hépatique                               pelvienne             médicales :
                                                 • appendicite                                (échographie)                                                     • IDM
                                                 • cholécystite                             • ulcère G.D.                                                       • diabète
                                                   (échographie)                              (A.S.P.)
                                                 • angiocholite
                                                                                                                                                                  décompensé
                                                                                            • troubles fonction-
                                                                                                                                                                                                                                                                                                           10:01




                                                   (échographie)                              nels intestinaux                                                  • pneumopathie
                                                 • diverticulïte                              (A.S.P.)                                                          • gastro-entérite
                                                   (scanner)                                                                               • complications
                                                                                            • poussée de                                     anexielles             anévrysme
                                                 • salpingite                                 pancréatite                                    (ovaire, trompe)
                                                   (échographie)
                                                                               ASP
                                                                                              (échographie)                signes          • grossesse
                                                                                                                                                                                                                                                                                                           Page 46




                                                 • pyélonéphrite                            • globe vésical              infectieux          extra-utérine
                                                  (échographie)                                                                            • nécrobiose




Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
                                                                 colon :               grêle :
                                                         • douleur ±           • douleur +++                      NON               OUI
                                                           état général long-    A.E.G.
                                                           temps conservé        météorisme
                                                         • météorisme +++        localisé
                                                         • niveaux hydro-aéri- • niveaux hydro-
                                                           ques : plus hauts     aériques :                    coliques
                                                                                                                                                                                                                                                                      > Syndromes douloureux abdominaux>




                                                           que larges,           centraux                                               pyélonéphrite
                                                                                                             néphrétiques
                                                           rares, haustrations   nombreux
                                                                                                                                                                                    D i a g n o s t i c d ’ u n s y n d ro m e d o u l o u re u x a b d o m i n a l




                                                                                                   • bride
                                                 • volvulus                                        • her n i e é t r a n g l é e
                                                 • cancer                                          • invagination
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                                Diagnostic à évoquer devant
                               une douleur abdominale fébrile
                                            en dehors des péritonites
           F l a n c d ro i t :               H y p o c h o n d re d ro i t              Flanc gauche :
     • pyélonéphrite                              e t é p i g a s t re :             • pyélonéphrite
     • appendicite                          • cholecystite +++                       • diverticulite
       rétrocœcale                          • angiocholite
     • diverticulite                        • abcès hépatique (rare)
       colon droit (rare)                   • appendicite
                                              sous-hépatique
                                            • ulcère perforé bouché




     F o s s e i l i a q u e d ro i t e :
     • appendicite +++
     • salpingite
     • abcès du psoas (rare)

         penser également :                          H y p o g a s t re :         Fosse iliaque gauche :
     • aux pathologies médicales :                • endométrite
         • pneumopathie                                                           • sigmoidite +++
                                                  • appendicite                   • salpingite
         • colites inflammatoires                 pelvienne
          (Crohn)                                                                 • abcès du psoas (rare)
                                                  • prostatite
         • gastroentérites infec-
     tieuses
         • diabète décompensé                      L a f i è v re p e u t - ê t re u n s i g n e d e c o m p l i c a -
           par infection                               tion d’une pathologie abdominale :
     • aux cancers colorectaux                                  occlusion, pacréatite, etc…
       abcèdés


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     2 c Sepsis intra-abdominal :
            appendicite aigue

     A - Définition
         Inflammation de l’appendice iléo-caecal d’évolution imprévisible (inflammation,
     abcès, perforation) et caractérisée par l’absence de parallélisme anatomo-clinique.

     B - Points importants

     Diagnostic
     c facile : si douleur et défense de la fosse iliaque droite associées à une fièvre
       à 38°, des nausées et une hyperleucocytose
     c doute diagnostique : une échographie peut retrouver une image en cocarde
       et provoquer une douleur au passage de la sonde ou un scanner qui a la
       meilleure sensibilité diagnostique

     Pièges
     c la localisation des signes physiques varie en fonction de la forme anatomique :
             ¼ appendicite sous hépatique : douleur du flanc droit et de l’hypochondre
                droit
              ¼ appendicite rétro-caecale : douleur du flanc droit et postérieure
              ¼ appendicite pelvienne : douleur hypogastrique, douleur intense au
                toucher rectal, signes urinaires
              ¼ appendicite méso-coeliaque : tableau d’occlusion fébrile
     c forme gangreneuse : signes généraux très marqués avec douleur initialement
       intense, altération de l’état général, possible instabilité hémodynamique,
       signes locaux modestes
     c chez le sujet âgé, forme occlusive ou pseudo-tumorale
     c chez la femme enceinte : déplacement progressif de l’appendice vers le haut
       modifiant la topographie des signes physiques
     c forme évolutive :
            ¼ plastron appendiculaire évoluant vers l’abcès : crise appendiculaire
                quelques jours plus tôt; empâtement de la fosse iliaque droite;
                fébricule, constipation, nausées
              ¼ péritonite aiguë, généralisée d’emblée : contracture




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     C - Pronostic

     Il est lié à la précocité du diagnostic d’appendicite aiguë. Il est plus sévère en
     cas d’appendice gangreneuse ou de péritonite.

     D - Traitement

     c à jeun
     c voie veineuse
     Ne pas traiter par antibiothérapie un sepsis intra-abdominal sans
     o r i e n t a t i o n diagnostique précise
     c le traitement est chirurgical
              ¼ intervention réalisée en urgence en cas de péritonite ou de suspicion
                d'appendicite gangreneuse
             ¼ appendicectomie dans les 12 heures en cas d’appendicite aiguë
             ¼ en cas de plastron appendiculaire, l’antibiothérapie par céphalosporine
                de 3ème génération associée à du métronidazole (Flagyl®) peut être
                débutée après avis du chirurgien (diagnostic souvent difficile avant
                l'intervention)
     c antalgiques : paracétamol IV (Perfalgan®), voire morphine




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     3 c Sepsis intra-abdominal :
            diverticulite aigue

     A - Définition

          La diverticulite aiguë est l’infection d’un diverticule du colon. Elle évolue en
     trois phases. La diverticulite inflammatoire qui traduit un état pré-suppuratif,
     l’apparition d’abcès diverticulaire et la diverticulite fistulisée qui entraîne une
     péritonite localisée ou généralisée. Elle s’observe en général après 60 ans et est
     localisée dans le sigmoïde dans la majorité des cas.

     B - Points importants
     Diagnostic
     c S i g m o ï d e i n f l a m m a t o i re o u s i g m o ï d i t e s u p p u r é e
               ¼ douleurs à type de colique de la fosse iliaque gauche spontanée et
                provoquée, trouble du transit à type de diarrhée ou d’aggravation
                d’une constipation, fébricule, polynucléose (appendicite à gauche)
              ¼ l’ASP élimine un pneumopéritoine et recherche une distension colique
                sus-jacente à la sigmoïdite, des images hydro-aériques
              ¼ en cas de doute diagnostique, l’examen de choix est l ’ e x a m e n
                t o m o d e n s i t o m é t r i q u e qui montre un épaississement de la paroi
                colique souvent hétérogène. L’injection de produit de contraste
                provoque un rehaussement de la paroi de l’abcès
     c P é r i t o n i t e d i v e r t i c u l a i re
                 ¼ le tableau clinique est dominé par l e s s i g n e s p é r i t o n é a u x qui
                  impliquent l’intervention chirurgicale en urgence

     Pièges
     c diverticulite d’un autre segment colique que le sigmoïde (plus rare), en
        particulier au niveau du colon droit pouvant réaliser un tableau d’appendicite
        chez le malade appendicectomisé
     c la fistulisation d’un abcès diverticulaire dans un organe de voisinage en
        particulier la vessie donnant des signes fonctionnels urinaires au premier plan
        (pyurie, fécalurie, pneumaturie)

     C - Pronostic

     Il est lié à la rapidité diagnostique et thérapeutique et au terrain sur lequel la
     sigmoïdite survient.


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     D - Traitement

     c S i g m o ï d i t e i n f l a m m a t o i re e t s u p p u r é e
               ¼ à jeun puis si l’évolution est favorable, régime pauvre en résidus
                pendant la poussée
             ¼ voie d’abord, réhydratation
             ¼ antispasmodiques et antalgiques
             ¼ antibiothérapie active sur les entérobactéries et les anaérobies
                exemple : céfotaxine (Claforan®) 1g x 3 IV / jour + metronidazole
                (Flagyl®) 500 mg x 3 IV / jour ± gentamycine (Gentaline®) 1,5mg/Kg
                x 2 IM / jour.
     c P é r i t o n i t e d i v e r t i c u l a i re
                 ¼ voie d’abord, réhydratation
                 ¼ antispasmodiques et antagiques majeurs
                 ¼ antibiothérapie active sur les entérobactéries et les anaérobies
                 ¼ intervention chirurgicale : d’emblée en cas de péritonite généralisée,
                différée en cas de péritonite localisée (ponction sous échographie ou
                tomodensitométrie des abcès)




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      4 c Sepsis intra-abdominal :
             péritonite aigue
     A - Définition
         Inflammation aiguë de la séreuse péritonéale liée à la diffusion d’une infection
     localisée d’un viscère intrapéritonéal ou à la perforation d’un organe creux.
     C'est une urgence chirurgicale.

     B - Points importants
     Diagnostic
     c Il est aisé dans la forme généralisée
             ¼ douleur intense dont on tente d'identifier le point de départ
             ¼ fièvre dépendant du type d'infection (d'emblée en cas d'appendicite,
                     secondaire en cas de perforation d'ulcère)
                 ¼ c o n t r a c t u re permanente, généralisée, douloureuse et invincible des
                     muscles de la paroi abdominale ; c'est un signe majeur
                 ¼ douleur au toucher rectal
                 ¼ l’ASP recherche un pneumopéritoine et des images hydro-aériques
     L'origine de la péritonite est évoquée sur la localisation initiale des signes et la
     zone où les signes sont maximum.
     c A i n s i l ’ o r i g i n e d e l a p é r i t o n i t e p e u t ê t re l i é e
                ¼ à la diffusion d’un foyer appendiculaire, biliaire ou d’origine
                     gynécologique, rarement généralisée (salpingite, pyosalpinx)
                 ¼ à la perforation d’un organe creux : estomac (ulcère gastro-duodénale),
                     grêle, colon
                 ¼ mixte : diverticule colique infecté et perforé
     En pratique, le diagnostic de péritonite aiguë généralisée impose un
     g e s t e c h i r u r g i c a l e n u r g e n c e q u i p e r m e t u n d i a g n o s t i c p e r- o p é r a t o i re
     plus précis.
     Pièges
     c p é r i t o n i t e d u s u j e t â g é : les signes locaux sont moins nets (péritonite
        asthénique) et les signes généraux sont plus marqués, AEG, asthénie, troubles
        hydro-électrolytiques
     c p é r i t o n i t e s l o c a l i s é e s : liées à la diffusion loco-régionale de l’infection d’un
        viscère intra-abdominal
              ¼ réalisent un plastron avec une agglutination des anses et viscères
                 locaux.
              ¼ rendent l’intervention en urgence difficile et peuvent être traitées
                 médicalement dans un premier temps (antibiothérapie et rééquilibration
                 hydro-électrolytique) a p r è s a v i s c h i r u r g i c a l .
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              ¼ leur évolution peut se faire vers la constitution d’un abcès dont les
                 plus fréquents sont :
                       • l’abcès sous phrénique : contexte post opératoire, diagnostic
                        échographique ou tomodensitométrique.
                       • l’abcès du Douglas : signes rectaux et parfois urinaires associés
                         au syndrome infectieux, diagnostic tomodensitométrique.

     C - Pronostic

     Il dépend de la rapidité du diagnostic et de l’intervention.
     Les péritonites postopératoires et celles du sujet âgé sont de mauvais pronostic.
     Plus une perforation est distale plus le risque septique est élevé (péritonite stercorale
     colique).

     D - Traitement

     c le traitement associe une réanimation et un t r a i t e m e n t c h i r u r g i c a l e n
        urgence
     c voie d’abord permettant un remplissage vasculaire
     c antibiothérapie dépendant de l’origine du foyer. Elle est généralement choisie
        pour son activité sur les entérobactéries, l’enterocoque et les anaérobies
     c antalgiques : morphine dès que le diagnostic est posé




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     5 c Sepsis intra-abdominal : salpingite aigue

     A • Définition
          Inflammation aiguë des trompes et, le plus souvent, des structures avoisinantes
     (endomètrite, cervicite, pelvi-péritonite). La précocité du traitement conditionne
     la sauvegarde de la fécondité.

     B • Points importants
     Diagnostic
     c Clinique
             ¼ contexte :
                        • ATCD de salpingite
                        • stérilet
                        • nombreux partenaires
                        • manœuvres récentes endo-utérine
             ¼   douleur pelviennes bilatérales
             ¼   fièvre
             ¼   leucorrhées malodorantes
             ¼   dyspareumie
             ¼    palpation :
                        • douleur à la décompression abdominale, possible défense
                        • TV douloureux
     c Biologie
             ¼ NFS : hyperleucocytose
             ¼ prélèvements endocervicaux pour recherche de germes de MST
                 (gonocoque, chlamydia)
     c Echographie pelvienne
            ¼ le plus souvent normale, recherche une collection (pyosalpinx)
     Le diagnostic est le plus souvent affirmé lors de la cœlioscopie qui permet des
     prélèvements à visée bactériologiques
     Points clés
     c la salpingite est due le plus souvent à des germes transmis par voie sexuelle :
       Chlamydiae trachomatis, Neisseria gonorrae, Mycoplasma urealyticum, anaérobies
     c la clinique est essentielle au diagnostic, mais la moitié des salpingites sont
       des formes atypiques ou décapitées. Ne pas attendre un tableau complet
       pour traiter ; si un doute diagnostic persiste, discuter un laparoscopie
     c le risque ultérieur est liée à la stérilité, la GEU et des douleurs pelviennes
       chroniques
     c penser à traiter le partenaire

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     C - Pronostic

     c Fonctionel
            ¼ risque de stérilité
     c Evolutif
            ¼ pelvipéritonite
                       •   nausée, vomissement
                       •   signes d'irritation péritonéale
                       •   douleur intense aux touchers pelviens
                       •   constitution secondaire d'abcès

     D - Traitement

     c hospitalisation
     c antibiothérapie : amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin®) 1gx3/jour IV
       et ofloxacine (Oflocet®) ou ciprofloxacine (Ciflox®) 200mgx2/jour en perfusion
     c antalgiques à adapter en fonction de la douleur
     c discuter la cœlioscopie avec le gynécologue en cas de doute diagnostique ou
       chez une femme jeune désireuse de grossesse
     c traiter le partenaire
     c retrait du stérilet




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                           Occlusion intestinale aiguë
       penser aussi à :               suspecté sur :                      préciser :
     • pancréatite               • douleurs                       • mode de début
     • infarctus                   paroxistiques                  • température, π, P.A.
       mésentérique              • vomissements                   • hydratation
     • colique néphrétique       • arrêt des matières             • cicatrice
     • I.D.M.                      et des gaz                     • orifices herniaires
     • dyskaliémie               • météorisme                     • défense
     • hématome                                                   • T.R., T.V.
       intramuraux                                                         poser :
     • neuroleptique                                              • voie veineuse
     • toxiques                                                   • sonde gastrique
                                                                  • aspiration
                                                                            f a i re :
                                                                  • A.S.P. face couché
                                 Arguments en faveur                et debout
                                      du siège                    • N.F.S.
                                                                  • iono sang
                                                                  • hémostase
                                                                  • groupe
               colon                        grêle
     •   douleur ±               • douleur +++
     •   vomissements tardifs    • vomissements +++
     •   A.E.G. tardive          • A.E.G. précoce
     •   météorisme +++
     •   N.H.A. : rares, plus    • météorisme discret,
                  hauts que        localisé
                  larges         • N.H.A. : centraux
                  haustrations               nombreux

                                                                           mixte :
                       Arguments en faveur
                                                                    mécanique et
                          du mécanisme
                                                                   i n f l a m m a t o i re
                                                              • fièvre
          strangulation :                obstruction :        • polynucléose
                                                              • associée à un sepsis
     • douleur +++                   • douleur ±
     • vomissements +++              • vomissements tar-
     • A.E.G. précoce                  difs
                                     • A.E.G. tardive
     • météorisme discret,           • météorisme +++,
       localisé                                                          Sepsis
                                       ondulations                abdomino-pelvien :
     • A.S.P. : anse en arceau         péristaltiques         •   Appendicite
       avec N.H.A. à chaque          • N.H.A. : nombreux      •   Cholecystite
       pied                                      cornue       •   Sigmoidite
                                                              •   Salpingite

     • Volvulus colique
     • Bride                          Invagination       • Cancer
     • Hernie étranglée                                  • Ileus biliaire

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      6 c Pancréatite aigue

     A - Définition
         La pancréatite aiguë est une inflammation brutale du pancréas et des tissus
     avoisinant qui réalise une véritable brûlure intra-abdominale.
     Deux formes de pancréatite aiguë doivent être distinguées : la pancréatite
     œdémateuse pure (75% des cas), d’évolution généralement favorable et la
     pancréatite nécrosante dont la mortalité est de l’ordre de 40%.

     B - Points importants

     c le diagnostic est aisé devant un tableau associant douleur épigastrique
       intense contrastant avec des signes locaux modestes, défense épigastrique
       modérée, nausées et/ou vomissements et hyperamylasémie. Dans les autres
       cas, le recours à l’imagerie est nécessaire
     c bilan paraclinique minimal initial : NFS, ionogramme sanguin, glycémie,
       transaminases, amylasémie, ECG, ASP
     c LDH prélevées dès que le diagnostic est fortement suspecté
     c l ’ a m y l a s é m i e n o r m a l e n ' e x c l u e p a s l e d i a g n o s t i c (élévation de la 2ème
        à la 12ème heure après la douleur). La lipasémie est plus spécifique
     c imagerie complémentaire : demandée en urgence uniquement s’il existe un
       doute diagnostique
             ¼ échographie : souvent gênée par les gaz ; recherche d’une anomalie
               du pancréas et d’une lithiase biliaire.
             ¼ tomodensitométrie : examen de choix en cas de diagnostic difficile.
               Réalisé sans et avec injection : montre un gros pancréas, recherche
               des coulées d’œdème ou de nécrose
     c facteurs étiologiques :
             ¼ les principaux sont l a l i t h i a s e b i l i a i re (microlithiase) et l’éthylisme
               chronique
             ¼ plus rarement :
                      • post cholangiographie par voie rétrograde, post opératoire,
                        post-traumatique
                      • médicamenteuses : azathioprine (Imurel®), œstrogènes, héroïne
                      • virale
                      • dyslipidémie sévère, hypercalcémie
                      • tumorale

     C - Pronostic

     Sévère lorsqu’il existe une défaillance viscérale associée ou une complication
     locale (nécrose, abcès, pseudo-kyste).


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     c collapsus, avant tout hypovolémique par création d’un troisième secteur
     c insuffisance respiratoire favorisée par la douleur, les épanchements et l’œdème
       pulmonaire lésionnel
     c insuffisance rénale

                                        Score de gravité de Ranson

         à l’admission                                          à la 48ème heure
         âge > 55 ans                                           chute de l’hématocrite > 10%
         hyperleucocytose > 16000/mm3                           élévation de l’urée sanguine > 8,5mmol/L
         glycémie > 11mmol/L                                    Calcémie < 1,8 mmol/L
         LDH > 1,5N                                             PaO2 < 60 mmHg
         SGOT > 6N                                              baisse des bicarbonates > 4mEq/L
                                                                séquestration liquidienne > 6 litres
                           Au moins 3 critères = pancréatite sévère


                            Score tomodensitométrique de Ranson
         A                                           pancréas normal
         B                                           pancréas élargi
         C                                           inflammation péripancréatique ;
                                                     graisse péripancréatique
         D                                           une collection liquidienne péripancréatique
         E                                           plusieurs collections liquidiennes
                                        D et E = pancréatite sévère

     D - Traitement

     Hospitalisation dans tous les cas
     P a n c r é a t i t e n o n s é v è re
     c voie d'abord et réhydratation (penser aux vomissements, à l’aspiration et au 3ème
       secteur)
     c surveillance hémodynamique et de la diurèse
     c à jeun et aspiration gastrique si vomissement
     c antalgiques : paracétamol (Perfalgan®) 1 g dans 125 cc G5% en perfusion de 15
       minutes. Si insuffisant : morphine de préférence en titration par voie IV lente sous
       surveillance médicale
     P a n c r é a t i t e s é v è re = r é a n i m a t i o n

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     7 c U l c è re s g a s t ro - d u o d é n a u x

     A - Définition

          Les ulcères gastro-duodénaux sont des maladies chroniques.
          Elles amènent les malades à consulter aux urgences essentiellement dans deux
     circonstances : soit il s’agit d’une complication de la maladie ulcéreuse, hémorragie,
     perforation ou, beaucoup plus rarement, sténose du pylore ; soit il s’agit d’un ulcère
     hyperalgique ou d’un ulcère provoquant une douleur atypique.

     B - Points importants

     c les éléments sémiologiques les plus évocateurs pour reconnaître une maladie
       ulcéreuse sont le c a r a c t è re r y t h m é d e l a d o u l e u r, le caractère antalgique
       de l’alimentation et la sensation de faim douloureuse
     c il faut toujours rechercher u n e p r i s e m é d i c a m e n t e u s e g a s t ro t o x i q u e
       (AINS, aspirine) ainsi que des facteurs favorisants (tabac, stress)
     c la fibroscopie digestive haute est l’examen de choix pour faire le diagnostic
       d’ulcère gastro-duodénale. Elle doit être pratiquée chez un sujet à jeun. E l l e
       n’a pas d’indication en urgence en dehors des hémorragies.
     c ASP prenant les coupoles en cas de suspicion de perforation
     c si une endoscopie est réalisée les jours suivants, les traitements préférentiellement
       utilisés dans l’attente de cet examen sont les antiacides. Lorsqu’un malade
       ayant un ulcère duodénal connu, présente une nouvelle poussée douloureuse
       typique, il n’est pas nécessaire de prescrire d’endoscopie digestive avant de
       le traiter

     C - Pronostic

     Complications
     c un ulcère gastro-duodénale peut être révélé par une complication notamment
        chez le sujet âgé
     c prise en charge des hémorragies digestives : cf. chapitre particulier
     c la perforation d’un ulcère gastro-duodénal est suspectée devant une douleur
        épigastrique en coup de poignard, atroce, des signes péritonéaux (contracture,
        douleur du Douglas) et l’absence de signe infectieux. Elle est confirmée par
        un pneumopéritoine à l’ASP
             ¼ pose d’une voie veineuse, d’une sonde gastrique avec mise en
                 aspiration; administration d’antalgiques. Le malade est hospitalisé
                 en milieu chirurgical.

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     D • Traitement
     P o u s s é e u l c é re u s e d u o d é n a l e
     c Eradication d’Helicobacter pylori
            ¼ amoxicilline (Clamoxyl®) : 1g matin et soir per os pendant 7 jours
            ¼ clarythromycine (Zeclar®) : 500 mg matin et soir per os pendant 7 jours
            ¼ oméprazole (Mopral®) : 20 mg matin et soir pendant 7 jours
     c Tr a i t e m e n t d e l ’ u l c è re
                 ¼ oméprazole (Mopral®) : 20 mg/j pendant un total de 28 jours
     c Conseil hygiéno-diététiques
           ¼ a r r ê t d u t a b a c , de l’alcool




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     8 c G ro s s e s s e e x t r a u t é r i n e

     A • Définition
         La grossesse extra-utérine (GEU) est le développement de l'oeuf fécondé
     hors de la cavité utérine (tubaire 95%).

     B • Points importants

     Diagnostic
     c Signes cliniques
            ¼ très variés : aménorrhée, métrorragies, douleurs pelviennes brutales
                et unilatérales, parfois insidieuses et bilatérales, syncope, choc,
                signes digestifs
              ¼ l a g ro s s e s s e n ' e s t p a s t o u j o u r s c o n n u e d e l a p a t i e n t e (ni la
                notion d'un retard de règles)
     c E x a m e n s à e ff e c t u e r
              ¼ en cas de signes d'hémorragie active, aucun examen (en dehors du
                 groupe sanguin) ne doit retarder la prise en charge chirurgicale
              ¼ dans les autres cas les examens utiles sont :
                         • examens biologiques : test de grossesse rapide, Beta-HCG,
                           groupe Rhésus, NFS, hémostase
                         • examens complémentaires : écho-endovaginale (une écho-
                           graphie transpariétale négative n'élimine pas le diagnostic)

     Points clés
     c urgence absolue : défense abdominale ou douleur à la décompression ; c'est
       un abdomen chirurgical => bloc chirurgical
     c il faut connaître les facteurs de risques de GEU (infection pelvienne, chirurgie
       abdomino-pelvienne, ATCD GEU, adhérences péritubaires, endométriose,
       stérilet, traitement de la stérilité, utilisation de micropilule progestative, âge
       > 40 ans)
     c toucher vaginal : douleur à la mobilisation du col ou au niveau des culs de
       sac vaginaux
     c échographie endovaginale : examen clé
     Pièges
     c signes cliniques très variés
     c la grossesse peut ne pas être connue de la patiente; se méfier de la date des
       dernières règles : rechercher aspect ou quantité inhabituels
     c l'intensité des symptômes n'est pas parallèle à l'importance de l'hémorragie
       quand la GEU est rompue


                                            Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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      62          > Syndromes douloureux abdominaux>
     c se méfier des pertes sanguines minimes ("spotting") chez une femme
         enceinte : évoquer GEU
     c l e re t a rd d i a g n o s t i q u e e s t l e p i è g e p r i n c i p a l .
     C - Pronostic

     Il est lié à la précocité du diagnostic et de la prise en charge thérapeutique
     Les signes d'hémorragie (syncope, choc) sont des signes de gravité

     D - Traitement

     c voie d'abord de gros calibre
     c remplissage vasculaire en fonction des signes de perte sanguine
     c le traitement de la GEU est toujours chirurgical




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                                                Syndromes génito-urinaires>                                    63

     Prise en charge d’une hémorragie digestive haute aiguë

     • A ff i r m e r l e d i a g n o s t i c :              • M e s u re s i n i t i a l e s :
       facile si saignement extériorisé :                      - pose de deux voies veineuses péri-
       - hématémèse                                          phériques
       - méléna                                                - oxygénothérapie
       P l u s d i ff i c i l e s i :                          - pose d’une sonde gastrique
       - malaise isolé                                         - remplissage vasculaire selon l’abon-
       - état de choc                                            dance des pertes :
                                                                 < 800 ml : cristalloides
     Une rectorragie évoque une                                  > 800-1500 ml : colloides
     hémorragie basse, mais hémorra-                             >1500 ml transfusions nécessaires
     gie haute possible si très active et                        Transfusion - si Hb<7g/100ml sans
     post-pylorique.                                                                comorbidité
                                                                                    - si Hb<10g/100ml si
                                                                                    coronaropathie
     • Éliminer :                                              - p r é l e v e r : groupe, N.F.S., hémostase
       - épistaxis postérieur - hémoptysie                       iono sang, créatininémie, E.C.G.


     • Évaluer la gravité :
       Apprécier l’abondance :
       pertes sanguines (ml) <800                     800-1500                    >1500      L’hémoglobi
                                                                                            némie est un
       - P.A. (mmHg)................>120...<90 en orthostatisme......<90                    reflet tardif de
       - π (battements/mn)......<100............>120...............>120(faible) la perte
       - neurologie.....................Nle..............Nle...................agitation       sanguine
       - fréquence respiratoire...Nale.............Nle......................>25               (4ème heure)
       Apprécier l’activité :
       - évolution hémodynamique
       - évolution du lavage gastrique                • I n t e r ro g a t o i re :
       Évaluer la comorbidité :                       - A.I.N.S.                       - aspirine
       - coronaropathie                               - béta - , anticoagulant - U.G.D.
       - hépathopathie                                - cirrhose                      - chirurgie aorte
       - ins. rénale                                  - vomissements                   - éthylisme
       - ins. respiratoire

                                                                       • Si hypertension portale :
     • D i ff é re n c i e r d è s l o r s l e s H . D . H . A .
       sans et avec hypertension portale :                             - remplissage prudent
                                                                         (augmente la pression portale)
     • Surveillance :
       -π                                                              - terlipressine (Glypressine®)
       - P.A.                                                            C.I. : artériopathie notamment
       - lavage gastrique                                                coronnaire
                                                                       - ou somatostatine

                E n d o s c o p i e d i g e s t i v e h a u t e d a n s l e s 1 2 p re m i è re s h e u re s

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     1 c Colique néphrétique
     A • Définition
         La colique néphrétique est une douleur liée à une obstruction urétérale aiguë.
     B • Points importants
     Diagnostic
     c Clinique
             ¼ il s'agit d'une douleur lombaire unilatérale, intense, souvent à début
                 brutal à type de tension continue avec paroxysme, irradiation vers les
                 organes génitaux externes, sans position antalgique
             ¼   nausées et vomissements fréquents
             ¼   s'assurer que le malade urine et l'on note souvent une dysurie, une
                 pollakiurie et parfois une hématurie
             ¼   rechercher cliniquement une sensibilité à l'ébranlement de la fosse
                 lombaire
           ¼     faire les touchers pelviens
     c Examens complémentaires : Ils doivent être effectués après avoir débuté le
       traitement antalgique
             ¼ ASP debout, de face recherche une opacité se projetant sur l'arbre
               urinaire
             ¼ sy s t é m a t i q u e m e n t u n e b a n d e l e t t e u r i n a i re
                 y
             ¼ ionogramme sanguin et créatininémie
             ¼ ECBU s'il existe des signes infectieux
             ¼ échographie rénale (et éventuellement vésicale) recherche un cône
               d'ombre postérieur, une dilatation des cavités pyélocalicielles. Elle est
               effectuée en urgence si le diagnostic n'est pas évident. L’absence de
               dilatation des cavités calicielles à l’échographie n’élimine pas le
               diagnostic. A l’inverse, en l’absence de dilatation des cavités calicielles,
               d’autres diagnostics sont possibles : dissection/fissuration d’un anévrisme
               de l’aorte abdominal, infarctus rénal qui est souvent associé à une
               hématurie (faire écho+doppler rénal), hernie inguinale étranglée
               (vérifier orifices herniaires), tumeur du rein ou des voies urinaires,
               diverticulite, nécrose ischémique du caecum, torsion de kyste ovarien,
               appendicite, colique biliaire, pneumonie.
             ¼ Tomodensitométrie sans injection : si doute diagnostique, un scanner
               spiralé sans injection visualise le calcul quelle que soit sa composition
             ¼ l'UIV n'est nécessaire immédiatement que dans les formes fébriles
               ou anuriques (pas dans la forme simple)
                        • l'UIV se discute aussi s'il existe un doute diagnostique réel et
                          à distance devant la persistance des signes cliniques
                        • l'UIV précisera le niveau et le type de l'obstacle et permettra
                          de vérifier la qualité fonctionnelle de l'autre rein

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     Points clés
     c la douleur typique est "frénétique"
     c un ASP normal et une échographie normale n'éliminent pas le diagnostic
     c l’absence d'hématurie à la bandelette élimine le diagnostic à 95% : dans ce
       cas, penser à vérifier la liberté des orifices herniaires, et à la dissection/fissuration
       d'un anévrisme de l'aorte abdominale


     C - Pronostic

     Il existe deux formes particulièrement urgentes
     Les formes fébriles
     c l'UIV après vérification de la créatininémie, recherche la nature et le niveau
       de l'obstacle
     c traitement antibiotique IV pour traiter l'infection urinaire et lever l'obstacle
       rapidement. Le risque majeur est le choc septique avec pyonéphrose
     Les formes anuriques
     c l'UIV est à effectuer et doit être suivie immédiatement d'une dérivation des
       urines ou d'une montée de sonde urétérale car il existe un risque d'insuffisance
       rénale aiguë

     D - Traitement

     c il faut hospitaliser dans les 2 cas précédents ainsi que dans les formes
       hyperalgiques résistantes aux traitements
     c l'objectif immédiat est de soulager la douleur :
             ¼ arrêt des boissons
             ¼ kétoprofène (Profenid®) 100mg IV (hors AMM)
     c si la crise cède, un traitement ambulatoire est mis en route : AINS
       (Profenid®), antispasmodiques phloroglucinol (Spasfon®)
     c les antalgiques du type paracétamol ou association paracétamol dextro-
       propoxifène sont souvent peu efficaces
     c les morphiniques sont parfois utiles mais leur utilisation limite le retour immédiat
       au domicile




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     2 c S e p s i s u r i n a i re : p y e l o n é p h r i t e a i g u e
     A - Définition
     La pyélonéphrite est une infection du tissu interstitiel rénal par voie ascendante
     (cystite toujours présente).

     B - Points importants
     Diagnostic
     c Clinique
            ¼ le syndrome infectieux est habituellement brutal avec fièvre, frissons.
                  Il existe des douleurs lombaires (sensibilité a l'ébranlement de la
                  fosse lombaire) et des brûlures urinaires associées à une dysurie
     c E x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s
              ¼ b a n d e l e t t e u r i n a i re à la recherche d'une leucocyturie (sensibilité
                  92% ; valeur prédictive négative 98%), ECBU et hémocultures sont
                  systématiques
              ¼ NFS et la CRP (ou la VS) montrent une hyperleucocytose et un syndrome
                  inflammatoire
              ¼ ASP et échographie rénale systématiques (pour éliminer un obstacle)
              ¼ To m od e n s i t o m é t r i e r é n a l e (Non systématique et pas urgent le
                  plus souvent) . Indications : persistance de la fièvre sous traitement,
                  doute diagnostique, PNA récidivante, doute sur un abcès. Image
                  caractéristique : zones d’hypodensité triangulaire à base corticale,
                  plus ou moins nombreuses
     Points clés
     c il faut toujours rechercher une anomalie urologique (reflux, obstacle,...) ;
        faire des touchers pelviens
     c le germe le plus souvent retrouvé est E.Coli
     c recherche d'un terrain favorisant : diabète, reflux urétéro-vésical, grossesse,
        traitements immunosuppresseurs
     c chez la femme enceinte, il faut hospitaliser et surveiller les bruits du coeur
        foetaux
     c une consultation urologique est à envisager dans les cas de récidive de
        pyélonéphrite
     C - Pronostic
     c en cas de retard au traitement (>48h), il existe un risque d'abcès rénal, de
         pyonéphrose et de septicémie ; à moyen terme et notamment en cas d'infections
         urinaires répétées, risque de lésions de pyélonéphrite chronique.
     c risque de nécrose papillaire chez le diabétique.
     C r i t è re s d e g r a v i t é : Choc septique - Septicémie - Rétention d’urines sur
     obstacle - Abcès rénal - Sujet diabétique ou immunodéprimé - Age inférieur à
     18 mois - Uropathie ou rein unique


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     D - Traitement

     c les hommes, les femmes enceintes ou les patients pour lesquels on a doute
       sur l'observance ultérieure, doivent être hospitalisés.
     c il faut également hospitaliser les patients lorsqu'il existe un obstacle ou un
       sepsis grave (tachypnée >20/min, hypothermie), une immunosuppression
       (patient greffé, HIV+,...), un choc septique, une uropathie connue ou si un
       entérocoque est suspecté (Gram+ à l'examen direct).
     c dans le cas où il est décidé de ne pas hospitaliser, préparer l'après-urgence :
       s'assurer que le patient reverra un médecin en consultation et que l'antibio-
       gramme lui parviendra. Prescrire un contrôle d'ECBU à la fin du traitement.
     Exemples de traitements
     c Pyélonéphrite non compliquée :
            ¼ Pas de signe de gravité ou situation particulière, certitude sur la compliance
                du patient et contrôle de son efficacité à 72h (ECBU de contrôle) :
              ¼ Monothérapie à modifier en fonction du résultat de l’antibiogramme ;
                 traitement par voie orale possible ; durée du traitement : 14 jours.
              ¼ Antibiothérapie initiale recommandée : per os : ciprofloxacine 500-
                750 mg*2/jour ou levofloxacine 500 mg/jour per os ou IV ; ofloxacine
                200mg*2 per os ou IV ou ceftriaxone 1-2 g/jour IV ou cefotaxime
                1*3g/jour IV
     c Pyélonéphrite compliquée ou avec signes de gravité :
            ¼ Bithérapie d’emblée pendant 3 à 5 jours ; traitement par aminosides
                en monodose quotidienne ; durée totale du traitement : 21 jours.
              ¼ Antibiothérapie initiale recommandée : gentamycine 3mg/kg/jour ou
                netilmycine 4-6 mg/kg/jour ET : per os : ciprofloxacine 500-750mg*2
                /jour ou levofloxacine 500 mg/jour per os ou IV ; ofloxacine 200mg*2
                per os ou IV ou ceftriaxone 1-2 g/jour IV ou cefotaxime 1*3g/jour IV.

     c Obstacle urinaire :
            ¼ Risque de choc septique, dérivation des urines en urgence

     c Pyélonéphrite chez la femme enceinte :
            ¼ Seuls traitements autorisés pendant toute la grossesse : béta-lactamine
                 et céphalosporine (aminosides et cotrimoxazole au 3e trimestre) ;
                 seule imagerie permise : échographie ; risque maternel de septicémie
                 et risque foetal.

     c Diabétique :
            ¼ Durée du traitement : 6 semaines.



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     3 c S e p s i s u r i n a i re : c y s t i t e s i m p l e

     A • Définition

          Il s'agit d'une infection urinaire sans fièvre ni douleur lombaire.

     B • Points importants

     Diagnostic
     c il existe le plus souvent une pollakiurie, une dysurie, des brûlures mictionnelles
     c la b a n d e l e t t e u r i n a i re permet de retenir le diagnostic : leucocyturie et
        nitrite positif (entérobactéries) ; parfois hématurie micro voire macroscopique
     c examens complémentaires : l'ECBU n'est pas systématique si cystite aiguë
        non compliquée, non récidivante chez une femme non enceinte
     Points clés
     c la bandelette urinaire négative (pas de leucocytes, pas de nitrite, pas d'hématurie)
        élimine l e d i a g n o s t i c à 9 8 %
     c c h e z l ' h o m m e , p a s d e c y s t i t e s i m p l e : il y a toujours une infection urinaire
        plus sévère associée (prostatite, pyélonéphrite) jusqu'à preuve du contraire

     C • Traitement
     Cystite aiguë non compliquée chez la femme non enceinte
     c c'est-à-dire si :
             ¼ femme de moins de 65 ans non enceinte
             ¼ apyrexie et absence de signe clinique d'infection urinaire haute
             ¼ absence d'ATCD néphro-urologiques ou de diabète ou d'immuno-
                   dépression
               ¼   absence d'intervention ou endoscopie urologique récente
               ¼   traitement monodose :
               ¼   fosfomycine trométanol (Monuril®) : 1 sachet
               ¼   ou ofloxacine (Oflocet®) 400mg en une prise
     Femme enceinte
     c la bactériurie même non symptomatique doit être traitée
     c amoxicilline 500mgx3/j pendant 7 jours
     c adapter ensuite le traitement au résultat de l'antibiogramme et ultérieurement
        effectuer ECBU mensuels


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     Chez l'homme
     c il n'y a pas de cystite simple : il y a toujours une infection urinaire plus sévère
       associée (prostatite, pyélonéphrite) jusqu'à preuve du contraire

     Cystite récidivante ( > 3 épisodes par an)
     c traitement monodose après chaque cystite (rechercher cause locale et la traiter)
     Cystite compliquée (après geste chirurgical ou endoscopique, associée
     à tumeur ou obstacle)
     c traitement conventionnel : Nitrofurantoïne (Furadoïne®) 50-100mg x3/jour
     c adapter en fonction du germe et de sa sensibilité
     c durée du traitement : 7 jours




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      4 c S e p s i s u r i n a i re : p ro s t a t i t e a i g u e

     A - Définition
           Infection aiguë du parenchyme prostatique.

     B - Points importants
     Diagnostic
     c Clinique
              ¼ le plus souvent il s'agit d'une dysurie fébrile chez l'homme
              ¼ on note fièvre et hypertrophie prostatique douloureuse au TR
     c E x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s
              ¼ bandelette urinaire, ECBU, hémocultures sont systématiquement
                     pratiqués
                 ¼ NFS, CRP ou VS montrent une hyperleucocytose et syndrome
                     inflammatoire
                 ¼ échographie transrectale montre la présence de microcalcifications
                     et de microabcès. Un véritable abcès prostatique est possible
     Pièges
     c Diagnostiquer les complications
            ¼ abcès prostatique
            ¼ épididymite
            ¼ septicémie
     C - Traitement
     Hospitaliser
     c Forme simple
           ¼ ofloxacine (Oflocet®) 200mgx2/j per os (expliquer au patient le risque
                   de tendinopathie) ou sulfaméthoxazole + triméthoprime (Bactrim®)
                   800mgx2/j per os
                 ¼ durée du traitement : 6 semaines
     c Forme sévère (septicémique, abcès), sujet diabétique ou immunodéprimé
           ¼ commencer par un traitement parentéral ofloxacine (Oflocet®)
                     200mgx2 IV jusqu'à l'apyrexie puis relais per os
                 ¼ durée du traitement : 6 semaines
     c Rétention aiguë d'urine
               ¼ cathétérisme sus-pubien
     c A b c è s p ro s t a t i q u e
               ¼ rainage indispensable (écho-guidée voire chirurgicale)
     To u j o u r s e ff e c t u e r u n E C B U d e c o n t r ô l e à l a f i n d u t r a i t e m e n t .

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                                                                                         J.M. Halimi
     5 c Rétention aigue d’urine

     A - Définition

         Impossibilité totale et soudaine d'évacuer le contenu vésical.
         La symptomatologie est le plus souvent bruyante.

     B - Points importants
     Diagnostic

     c le plus souvent, la rétention aiguë d'urine entraîne une envie impérieuse et
       très douloureuse d'uriner
     c cliniquement, il existe un globe vésical (voussure hypogastrique, convexe,
       mate, tendue, dont la palpation est douloureuse et exacerbe l'envie d'uriner)
     c le toucher rectal recherche l'adénome prostatique, le fécalome, la tumeur
       rectale : c ' e s t l e g e s t e c l i n i q u e l e p l u s i m p o r t a n t
     c l'enquête étiologique doit comporter : interrogatoire, examen clinique, écho
       rénale (pour évaluer le retentissement sur le haut appareil), vésicale et
       pelvienne, UIV, écho transrectale chez l'homme
     c examens biologiques : bandelette urinaire systématique, ECBU, ionogramme
       sanguin
     Points clés

     c mécanismes :
           ¼ obstacle (vésical, prostatique, urétral) ou insuffisance de contraction
                   du détrusor
     c étiologies :
             ¼ fécalome et hypertrophie prostatique les plus fréquents (toucher rectal)
             ¼ plus rarement : sténose urétrale, calcul urétral bloqué, traumatisme
                   du bassin
               ¼ rechercher cause iatrogène (anticholinergique, psychotropes,
                   antispasmodiques, tricycliques, inhibiteurs calciques) ou neurologique
                   (SEP, syndrome de la queue de cheval)
     c retentissement :
             ¼ évaluer le retentissement sur le haut appareil (échographie rénale et
                   vésicale),
               ¼ rechercher hypertrophie prostatique, fécalome,...


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     72       > Syndromes génito-urinaires >
     c particularités cliniques :
            ¼ confusion ou agitation isolée parfois chez le sujet âgé
            ¼ chez la femme, souvent associée à une infection urinaire ou une
                tumeur pelvienne
             ¼ découverte d'une insuffisance rénale chez le sujet âgé

     C - Gravité

     Rétention aiguë d'urine fébrile ; penser à l'infection urinaire et en particulier à
     la prostatite chez l'homme.

     D - Traitement

     c drainage en urgence : d'abord rapide puis plus lent (classiquement drainage
       fractionné : clampage de 10 minutes tous les 200 ml)

     c ce drainage s'effectue par sondage transuréthral ou cathétérisme sus-pubien
       si sondage difficile (ne jamais insister ou forcer) ou impossible
     c il faut ultérieurement traiter la cause




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                       Diagnostic d’une douleur
                            s c ro t a l e a i g u ë




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     74      > Malaises
              prise en charge d’un malaise aux urgences
      Épisode aigu, regressif, caractérisé par un trouble de la conscience ou de la
          vigilence, avec ou sans hypotonie, pouvant occasionner une chute




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                                                                                D. El Kouri, G. Potel
      1 c Orientation diagnostique
              d’un malaise
     Hypotension orthostatique

     c cause iatrogène connue : hypotenseurs et psychotropes ; PA basse (tenir
         compte de l’âge et état vasculaire) ; survenue en orthostatisme
     c devenir du patient : sortie selon le terrain

     Hypoglycémie

     c patient diabétique ; médicaments hypoglycémiants; survenue à distance des
         repas
     c exploration : glycémie capillaire et veineuse
     c devenir du patient : sortie le plus souvent

     Malaise vagal
     c ATCD du même type ; sujet jeune, circonstances de survenue ( émotion,
         confinement, prodomes)
     c devenir du patient : sortie

     Intoxication éthylique

     c signes d‘imprégnation ; haleine
     c exploration : alcoolémie
     c devenir du patient : hospitalisation brève

     Intoxication au monoxyde de carbone (CO)

     c malaises collectif ; source de CO ; y penser
     c exploration : dosage de la carboxy-hémoglobine
     c devenir du patient : oxygénothérapie pendant plusieurs heures

     H y p e r t o n i e s i n o - c a ro t i d i e n n e
     c circonstances de survenue ; compression cervicale
     c devenir du patient : hospitalisation
     Crise convulsive



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      76         > Malaises >
     c antécédent d’épilepsie ; circonstances de survenue (mauvaise observance,
         surmenage, alcoolisme ou sevrage alcoolique) ; début par une crise partielle ;
         mouvements tonico-cloniques ; obnubilation post-critique ; morsure latérale
         de langue
     c devenir : cf chapitre “crise convulsive”
     C a u s e s c a rd i a q u e s

     c ATCD de maladie cardiaque (rétrécissement aortique, ischémie myocardique) ;
         prise d’anti-arythmique ; absence de prodrome ; survenue à l’effort ; pâleur
         per-critique ; retour rapide à la normale ; palpitations ; douleur thoracique ;
         signes ECG
     c cf chapitre “Syncope” . Justifient l’ECG systématique devant tout malaise
     c devenir du patient : hospitalisation
     Causes psychiatriques

     c ATCD du même type ou de pathologie psychiatrique ; situation anxiogène;
         examen normal
     c exploration : eventuellement avis psychiatrique
     c devenir du patient : sortie ou hospitalisation




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                                                lM. Slama, B. Bouffandeau, B. de Cagny, J.L. Rey
      2 c Syncopes

     A - Définition
           Une syncope est une perte de connaissance complète, de survenue brutale,
     brève (quelques secondes) secondaire à une ischémie cérébrale transitoire due
     à une chute brutale et importante (> 50%) du débit sanguin cérébral. Elle peut
     s’accompagner de lésions traumatiques. Si elle se prolonge plus de 20 secondes,
     elle peut se compliquer d’une crise convulsive généralisée avec perte d’urine.
           Les lipothymies doivent être rapprochées des syncopes car partageant le
     même mécanisme physiopathologique. Il s’agit d’un malaise avec impression
     angoissante d’évanouissement immédiat, d’apparition brutale, durant quelques
     instants et complètement réversible.
           L e s s y n c o p e s e t l e s l i p o t h y m i e s s o n t t o u j o u r s d ’ o r i g i n e c a rd i o -
     v a s c u l a i re .

     B - Points importants
     Diagnostic (Étiologies principales)
     C a u s e s c a rd i a q u e s
     c t ro u b l e d u r y t h m e e t d e l a c o n d u c t i o n
               ¼ bloc auriculo-ventriculaire complet paroxystique
                            • la syncope habituellement sans prodrome.
                            • l'ECG permet d’en faire le diagnostic si l’on enregistre lors d’un
                              malaise : passage en BAV complet paroxystique ; BAV complet
                              avec QRS larges, BAV du second degré (surtout Mobitz de
                              type II), claudication d’une branche sur l’autre, bloc de branche
                              droit et hémibloc postérieur gauche ou hémibloc alternant,
                              progression des troubles conductifs lors d’ECG successifs.
                            • sur le plan étiologique, éliminer en urgence un IDM, une origine
                              infectieuse (myocardite) ou médicamenteuse.
                            • traitement en urgence d’un BAV paroxystique complet : coup
                              de poing sternal, massage cardiaque externe, sulfate d’atropine
                              0,5-1 mg en IV. En cas d’inefficacité, perfusion d’isoprénaline
                              (Isuprel ®) 5-10 ampoules dans 500 ml de sérum glucosé
                              isotonique (la vitesse de perfusion est adaptée à la réponse
                              en fréquence cardiaque), hospitalisation en Unité de Soins
                              Intensifs Cardiologique (USIC) et mise en place d’une Sonde
                              d’Entraînement ElectroSystolique (SEES).
                 ¼ bloc sino-auriculaire paroxystique
                            • diagnostic : absence d’onde P et rythme ventriculaire lent.
                            • traitement : sulfate d’atropine IV, hospitalisation en USIC.
                              SEES rarement nécessaire.


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      78          > Malaises >

                  ¼ torsade de pointe
                         • complique en général une hypokaliémie, un QT long congénital,
                           une intoxication par anti-arythmique, ou une bradycardie.
                         • parfois de courts épisodes de torsade de pointe sont mis en
                           évidence : ventriculogrammes élargis de fréquence rapide
                           (200-250/mn) décrivant une torsion autour de la ligne iso-
                           électrique avec inversion du sens des pointes. Le traitement
                           dépend de l’étiologie:
                              - si cette torsade est due à une bradycardie, le traitement
                                sera celui du trouble de la conduction
                              - si hypokaliémie, il y a nécessité d’une recharge potassique
                                et magnésique
                  ¼ tachycardie supraventriculaire ou ventriculaire
                         • les tachycardies supraventriculaires (fibrillation auriculaire,
                           flutter) peuvent être à l’origine de syncopes.
                         • les TV sont graves et peuvent à tout moment dégénérer en
                           fibrillation ventriculaire.
                         • le diagnostic de TV se fait sur l’ECG :
                           tachycardie régulière avec QRS larges (0,12s), dissociation
                           auriculo-ventriculaire. il faut toujours éliminer un infarctus du
                           myocarde à la phase aiguë. le traitement de la TV fait appel au
                           choc électrique externe en cas de mauvaise tolérance hémo-
                           dynamique et aux anti-arythmiques. hospitalisation en USIC.

     c o b s t a c l e s à l ’ é j e c t i o n v e n t r i c u l a i re g a u c h e
                ¼ sténose aortique
                        • syncopes d’effort qui s’accompagnent d’une dyspnée d’effort
                           et d’un souffle systolique éjectionnel avec disparition de B1 et B2.
                        • elles signent le caractère serré du rétrécissement et donc le
                          risque de mort subite.
                        • hospitaliser le patient en Cardiologie et réaliser rapidement
                          un bilan d’opérabilité de la sténose.
                  ¼ myocardiopathie hypertrophique
                        • la syncope d’effort s’accompagne, comme la sténose aortique,
                          d’une dyspnée d’effort et d’un souffle systolique éjectionnel
                        • diagnostic par échocardiographie.

     c a u t re s
               ¼ angor syncopal
                        • La syncope est due à un trouble du rythme ou de la conduction
                          nécessitant une hospitalisation d’urgence.
                  ¼ myxome de l’oreillette gauche
                        • Il s’agit de syncopes aux changements de position. Le diagnostic
                          est échocardiographique

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                  ¼ hypertension artérielle pulmonaire
                               • syncopes des cardiopathies cyanogènes

     C a u s e s Va s c u l a i re s ( C f . a l g o r i t h m e )
     C - Pronostic
     Le pronostic des syncopes dépend de l’étiologie de celles-ci.

     D - Traitement
     c Prise en charge d’une syncope à la phase aiguë
             ¼ assurer la liberté des voies aériennes
             ¼ coup de poing sternal puis manoeuvres de réanimation si inefficacité
                      cardio-circulatoire.
                  ¼ surélévation des jambes si bradycardie et hypotension artérielle
                  ¼ après reprise de conscience, deux circonstances :
                               • il s’agit d’évidence d’un malaise vagal idiopathique chez un
                                 patient ayant déjà eu ce type de malaise ou d’une hypotension
                                 artérielle orthostatique avec récupération clinique complète :
                                 pas d’hospitalisation mais un bilan cardio-vasculaire devra
                                 être programmé
                               • dans tous les autres cas : hospitalisation
     c Conscience normale lors de la consultation : conduite à tenir
            ¼ confirmer qu’il s’agit bien d’une syncope en particulier par un
                      interrogatoire du patient et de l’entourage.
                  ¼ rechercher les circonstances précises de ce malaise : effort, toux,
                    rasage, mobilisation d’un bras au lever etc..., et les antécédents du
                    patient.
                  ¼ effectuer un examen clinique en recherchant spécifiquement : une
                    hypotension artérielle orthostatique, un trouble du rythme, un souffle
                    cardiaque ou vasculaire.
                  ¼ réaliser systématiquement un ECG.

     c A l’issue de cette prise en charge, deux circonstances peuvent se présenter
              ¼ la cause de la syncope est évidente. Il faut une prise en charge spécifique.
              ¼ la cause de la syncope est inconnue : il y a nécessité d’hospitaliser le
                      patient afin de compléter le bilan cardio-vasculaire.




     Actualisation prise en charge des malaises au service d'urgence, conférence de consensus SFMU,
     2005 (http://www.sfmu.org/documents/consensus/Actualisation_Malaise.pdf

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     80      > Malaises >
                     Syncope : orientation diagnostic




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      3 c Crise convulsive

     A - Définition

     Crise convulsive : manifestation clinique paroxystique due à une hyperexcitabilité
     cérébrale focale (crise partielle) ou diffuse (crise généralisée).
     E t a t d e m a l c o n v u l s i f : trois crises successives sans reprise de conscience ou
     crise se prolongeant au-delà de 5 à 10 minutes.
     M e n a c e d ’ é t a t d e m a l : convulsions se répétant à intervalles rapprochés avec
     reprise de conscience entre les crises.

     B - Points importants
     E x a m e n c l i n i q u e : re c h e rc h e d e s i g n e s d ' a c c o m p a g n e m e n t
                S t r a t é g i e d e p re s c r i p t i o n d e s e x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s


                        Interrogatoire                                     En clinique

        • Antécédent d’épilepsie,                                              Température
          de traumatisme crânien,
          de néoplasie (cancers solides, lymphome).
        • Ethylisme chronique                                         Signes de localisation

        • Statut VIH

        • Prises médicamenteuses :
          anti-épileptiques, diurétiques                                       Vigilance

        • Contexte de survenue :
          traumatisme crânien, grossesse,
          intoxication médicamenteuse




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                                                                        et orientation post-urgence
                                                C - Traitement


                                                                     Examens complémentaires             Orientation

                                                 Tous les patients          Glycémie capillaire
   c r i s e a p p a re m m e n t i s o l é e




                                                 1ère crise          • électroencéphalogramme         Hospitalisation 24H
                                                                     • scanner cérébral ou imagerie   Sortie possible pour
                                                                      par résonance magnétique        les patients de moins
                                                                                                      de 60 ans (si examen
                                                                                                      postcritique normal et
                                                                                                      entourage familial)

                                                 Maladie             • dosage anti-épileptique        Sortie si mauvaise
                                                 épileptique                                          observance

                                                 Fièvre              • PL précédée d’un scanner
                                                                       si signes de localisation ou
                                                                       d’HIC

                                                  Déficit            • scanner cérébral
   crise accompagnée




                                                 Confusion           • calcémie, natrémie
                                                 persistante         • si traumatisme crânien :       Hospitalisation
                                                 (supérieure           scanner cérébral.              dans tous les cas
                                                 à 2 heures)         • sinon : EEG et PL

                                                  Alcoolisme         • alcoolémie                     (réanimation si état
                                                  Sevrage            • si TC : scanner cérébral        de mal)

                                                 Intoxication        • dosage médicamenteux

                                                 Antécédent          • scanner cérébral
                                                 de cancer           • ponction lombaire (VIH)
                                                 Séropositif VIH




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      Mesures Générales              • Position latérale de sécurité
                                     • Oxygénation
                                     • si état de mal :

                                               - Canule entre les dents (phases
                                                 intercritiques)
                                               - Voie d’abord veineuse
                                               - Intubation orotrachéale après
                                                 sédation

      Crise Convulsive généralis     • Aucun traitement ou clobazam
                                           (Urbanyl®) J1 60 mg ; J2 40 mg ;
                                              J3 20 mg le soir
                                     • Epileptique connu : poursuite du traitement
                                       habituel à réévaluer par le neurologue si
                                       observance correcte

      Etat de mal convulsif          • clonazépam (Rivotril®) 1-2 mg en IV lente et
                                       antiépileptique d’action prolongée IV (fos-
                                       phénitoïne Prodilantin® ou phénobarbital
                                       Gardénal®). Si échec appel du réanimateur.

      Traitement de la cause         • Hypoglycémie, méningite, méningo-
                                       encéphalite, tumeur, accident vasculaire
                                       cérébral, hyponatrémie, hypocalcémie...



     Actualisation prise en charge des malaises au service d'urgence, conférence
     de consensus SFMU, 2005
     (http://www.sfmu.org/documents/consensus/Actualisation_Malaise.pdf)




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     1 c Coma

     A - Définition

         Le coma se définit comme une altération du niveau de conscience. Il se
     caractérise par sa profondeur déterminée par l’échelle de Glasgow variant de 3
     (coma aréactif) à 15 (conscience normale). Bien que cette échelle n’ait été
     proposée que pour les traumatisés crâniens, elle s’est généralisée pour tous les
     types de comas. Un score de glasgow < 8 définit le coma profond.

      Ta b l e a u : s c o re d e G l a s g o w.

      Items                                                                              Points

                                        M e i l l e u re r é p o n s e v e r b a l e
      réponse adaptée                                                                       5
      réponse inadaptée                                                                     4
      réponse incohérente                                                                   3
      geignement                                                                            2
      aucune réponse                                                                        1

                                         M e i l l e u re r é p o n s e o c u l a i re
      ouverture des yeux spontanée                                                          4
      ouverture des yeux à la commande verbale                                              3
      ouverture des yeux à la stimulation douloureuse                                       2
      pas d’ouverture des yeux                                                              1

                                         M e i l l e u re r é p o n s e m o t r i c e
      localisatrice et adaptée                                                              6
      localisatrice en flexion des membres supérieurs                                       5
      non adaptée                                                                           4
      lente flexion des membres supérieurs                                                  3
      réaction de décérébration (extension membres supérieurs)                              2
      pas de réaction                                                                       1
      S c o re d e G l a s g o w = t o t a l d e s p o i n t s


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                                                          Coma >        85

                  Conduite à tenir devant un coma




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                                                                                                        F. Adnet
      2 c A r r ê t c a rd i a q u e

     A • Définition
           L’arrêt cardio-respiratoire (ACR) se définie comme une inefficacité totale du
     coeur à générer un débit cardiaque, il n’assure plus sa fonction mécanique.
     Malgré l’amélioration des techniques de réanimation cardio-pulmonaire (RCP),
     le pronostic à long terme est toujours médiocre : moins de 10% des patients
     survivent sans séquelle neurologique. Le temps entre la survenue de l’ACR et
     l e s p re m i e r s g e s t e s d e R C P e s t l e p r i n c i p a l d é t e r m i n a n t p ro n o s t i c .

     B • Points importants
     Diagnostic
     c coma hypotonique, flasque avec une ventilation nulle et une absence de
         pouls centraux (fémoraux, carotidiens)
     c le monitorage électrocardiographique doit être réalisé immédiatement afin
        de déterminer le type d’ACR :
             ¼ tracé plat : asystolie
             ¼ complexes larges en rythme lent : rythme sans pouls (RSP)
             ¼ ligne de base irrégulière anarchique ou à type de tachycardie ventriculaire
                polymorphe : fibrillation ventriculaire (FV)
     Pièges
     c des convulsions généralisées peuvent se voir à la phase initiale d’un ACR
         (hypoperfusion cérébrale)
     c des mouvements respiratoires lents, en général inefficaces, peuvent être présents
         (gasp)
     c un tracé électrocardiographique de complexes fins, réguliers, à la fréquence
         de 70-80/min. doit faire rechercher la présence d’un pacemaker
     c la mydriase initiale n’est pas un élément pronostic
     c ne pas injecter l’adrénaline dans une tubulure contenant du bicarbonate de
         sodium

     C • Pronostic
     L e s f a c t e u r s p ro n o s t i c s
     c allongement du délai entre l’effondrement et les premiers gestes de réanimation
     c lieu de survenue de l’ACR : réanimation>hôpital>voie publique>domicile
     c type d’ACR : FV>asystolie
     c absence de témoin de l’effondrement
     c ATCD : néoplasie, pneumopathie, insuffisance rénale
     c l’âge n’est pas un facteur pronostic

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     D • Conduite à tenir particulière
     L a p r i s e e n c h a r g e s e d é ro u l e e n d e u x t e m p s p r i n c i p a u x
     c traitement non médicalisé (geste de secourisme)
     c traitement médicalisé
     Les deux temps peuvent être simultanés si l’ACR se produit au sein d’une structure
     médicalisée.
     La réanimation non médicalisé comporte :
     c alerte d’une structure médicalisée spécialisée (SAMU, réanimateur de garde...)
     c pratiquer massage cardiaque externe (MCE) à un rythme d’environ 100/min
     c ventilation assistée de type “bouche à bouche”. La synchronisation des deux
        manoeuvres est de type 30 MCE pour 2 ventilations.
     La réanimation médicalisée dépend du type de l’ACR :
     c Asystolie
            ¼ le premier geste de réanimation, pendant le MCE, est l’intubation
                  endotrachéale et la mise en route d’une ventilation mécanique en
                  FiO2 = 100%
                         • permet de protéger les voies aériennes supérieures contre
                           l’inhalation pulmonaire
                         • améliore les échanges gazeux
                         • peut servir de voie d’administration des drogues d’urgences
                           (en particulier l’adrénaline)
                ¼ le deuxième geste est la pose d’un abord veineux de gros diamètre
                  au pli du coude du patient avec un soluté du type sérum physiologique

     L’abord trachéal et veineux doivent être vérifiés et sécurisés
     c F i b r i l l a t i o n v e n t r i c u l a i re
                   ¼ le patient doit être défibrillé immédiatement sans attendre la mise en
                        place d’un abord veineux ou trachéal
                   ¼ en cas d’échec des défibrillations : voie veineuse et intubation
                        endotrachéale
     c Rythme sans pouls
                   ¼ la prise en charge s’apparente à celle de l’asystolie
                   ¼ la seule différence réside dans la recherche d’étiologies particulières
                        comme l’embolie pulmonaire, l’épanchement compressif (liquidien ou
                        gazeux) pleural, une tamponnade, une hypovolémie, une hypothermie
                        ou une hyperkaliémie
     c la recherche de ces étiologies peut déterminer des gestes d’urgence rendant
        la réanimation classique plus efficace (pose d’un drain thoracique, remplissage
        massif, alcalinisation rapide et précoce)

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     88      > Coma >
                               A r r ê t c a rd i a q u e :
                                prise en charge




                                                               Tr a i t e m e n t
                                                              étiologique*




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                                                                         Choc > 89
                                                                  J. Schmidt, T. Mathevon
     1 c Choc anaphylactique

     A - Définition
          Le choc anaphylactique est un collapsus brutal dû essentiellement à la
     libération d'histamine et de leucotriène. Son pronostic est lié à la rapidité de la
     mise en route du traitement.

     B - Points importants
     Diagnostic
     c le choc anaphylactique réalise le tableau d'un collapsus "chaud"
             ¼ caractérisé par un collapsus vasoplégique avec une tachycardie, PAS
                 < 90 mmHg
              ¼ apparaît 2 à 20 minutes après l'exposition à l'allergène
              ¼ peut s'associer à un bronchospasme, une éruption urticaire géante
                 et un oedème des tissus mous
              ¼ l'oedème laryngé peut réaliser une dyspnée laryngée évoluant vers
                 une détresse respiratoire (oedème de Quinke)
              ¼ diarrhée avec douleurs abdominales peuvent compléter le tableau
     Pièges
     Il ne faut pas confondre ce type de choc avec un choc hémorragique ou congestif.

     C - Traitement
     C'est une urgence vitale
     c soustraire l'allergène (arrêt de traitement en cours...)
     c instituer une oxygénothérapie, voire une intubation en cas de détresse
        immédiatement menaçante
     c prévenir le réanimateur
     c le médicament est l'adrénaline à faible dose. Diluer 1 mg d'adrénaline dans
       10 cc (sérum physiologique) et injecter 0,5 cc par 0,5 cc en IVD ou 0, 25 mg
       en SC avant la pose d'une voie veineuse
     c remplissage par cristalloïde : 1-2 litres de Ringer-lactates ou de sérum physiologique
     c le bronchospasme sévère peut être traité par b-mimétiques (aérosol de
       Bricanyl®). Si le bronchospasme est persistant, on peut proposer un aérosol
       d'adrénaline (1mg dans 10 cc de sérum physiologique)
     c les antihistaminiques H1 et les corticoïdes (Hémi-succinate d'hydrocortisone
       200 mg toutes les deux heures IVD) peuvent être prescrits dans un second
       temps, leur action étant retardée
     Le patient doit être hospitalisé en réanimation, un bilan immunologique doit
     être prévu à distance de l'accident.

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     90      > Choc >
                                       Choc




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                                                              Agitation >          91
                                                     E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc
     1 c Agitation psychomotrice
            et sédation médicamenteuse

     A • Quand indiquer une sédation médicamenteuse ?

     c dangerosité pour autrui
     c dangerosité pour lui-même :
           ¼ souffrance de la bouffée délirante : primauté de la composante délirante
                avec adhésion majeure au délire (persécution, dépersonnalisation)
             ¼ soins impossibles et suspicion d’une cause organique
     B • Comment prescrire une sédation médicamenteuse ?

     La chimiothérapie est toujours complémentaire d’une sédation verbale
     Deux classes thérapeutiques sont employées
     c les Benzodiazépines dans les agitations non psychotiques :
             ¼ clorazépate dipotassique (Tranxene®) 50 à 100mg (per os ou IM),
             ¼ diazépam (Valium®) 20 mg per os
     c les neuroleptiques :
             ¼ d’action brève, rapide et puissante dans les grandes crises d’agitation :
                    • loxapine (Loxapac®) 3 à 6 ampoules IM
                    • tiapride (Tiapridal®) 3 ampoules IM
                    • halopéridol (Haldol®) 1 ampoule IM
             ¼ Sédatifs dans les agitations psychotiques :
                    • cyamémazine (Tercian®) 50 mg IM
                    • loxapine (Loxapac®) 2 à 4 ampoules IM
     Il faut toujours une surveillance !!




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     92      > Agitation>
                         Conduite à tenir devant
                       une agitation psycho-motrice




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                                                         E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc
     2 c Intoxication ethylique aigue

     A • Définition

     Il existe plusieurs formes d’intoxication éthylique aiguë (IEA)
     • l'IEA isolée, non compliquée (75%) : logorrhée avec parole hachée, bredouil-
        lante, incoordination motrice, injection conjonctivale, odeur caractéristique de
        l’haleine. Les signes régressent en 3 à 6 heures.
     • l'IEA excito-motrice (18 %)
     • l'IEA avec troubles de la vigilance pouvant aller jusqu’au coma

     B • Points importants

     c M e s u re r l ’ é t h a n o l é m i e : cette mesure est indispensable s’il existe une
        discordance entre l’ananèse et l’évolution clinique faisant suspecter un
        diagnostic différentiel ou une cause associée (pour mémoire, le coma d’origine
        éthylique n’apparaît que pour une éthanolémie supérieure à 3 grammes).
     Pièges
     c méconnaître une pathologie associée : inhalation pulmonaire, hypothermie,
        convulsion, hypoglycémie
     c méconnaître des signes de localisation : nécessité d’un scanner cérébral en
        urgence
     c méconnaître une intoxication éthylique aiguë possible et grave chez l’enfant
     C • Gravité

     c IEA seule dans ses formes excito-motrices et comateuses
     c IEA associée, avec par exemple, notion de traumatisme crânien de co-intoxication
        médicamenteuse, d’une infection, d’une hypoglycémie

     D • Traitements

     Dans tous les cas, l’IEA justifie une surveillance hospitalière jusqu’à l’amendement
     des symptômes. En dehors de l’IEA occasionnelle festive une évaluation psychiatrique
     est nécessaire avant la sortie.




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      94        > Agitation >
                                                                E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc
     3 c B o u ff é e d é l i r a n t e a i g u e

     A - Définition

          C’est un terme sémiologique : le diagnostic définitif sera fait au regard de
     l’évolution.

     B - Points importants
     c Un diagnostic différentiel difficile : l ’ é p i l e p s i e c o m p l e x e
     Diagnostic
     c adulte jeune
     c survenue brusque en quelques heures
     c le délire est polymorphe, les mécanismes variables et multiples : illusions,
        imagination, hallucinations, intuitions, convictions. Les thèmes sont nombreux,
        fluctuants, changeants, se chevauchant. L’automatisme mental est présent.
        L’adhésion est souvent complète au vécu
     c impression d’absence variable et fluctuante : distractibilité, attitude d’écoute.
        Le patient n’est pas perplexe mais fasciné ou effrayé par conviction
     c participation thymique synchrone à l’expérience : oscillant entre euphorie et
        angoisse
     c i m p o r t a n c e d u recueil de l’anamnèse : recherche d’un facteur déclenchant,
        personnalité pré-morbide, prise ou sevrage de toxiques (amphétamines, drogues
        hallucinogènes..., alcool, de médicaments). On recherche également un
        accouchement récent, un suivi psychiatrique
     Orientation
     Justifie toujours une admission en hôpital psychiatrique après élimination
     d’une cause organique

     C - Traitement

     Dans tous les cas il ne s’agit pas d’appeler le psychiatre mais de pratiquer une
     sédation. Les habitudes actuelles sont une prescription de 4 à 6 ampoules de
     Loxapine (Loxapac®) en intramusculaire.
     On peut alors avoir le temps d’affirmer le diagnostic (c’est à dire d’éliminer
     toute cause organique pour alors orienter le patient vers une prise en charge
     spécialisée).


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                         les intoxications médicamenteuses >                               95
                                                          E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc
     1 c Intoxication médicamenteuse
            v o l o n t a i re

     A - Définition
         L’intoxication médicamenteuse volontaire est un diagnostic qui doit être
     évoqué de principe en cas de manifestations révélatrices (coma, convulsion,
     troubles de rythme cardiaque, agitation).

     B - Points importants

     Diagnostic
     Il est guidé par la gravité potentielle justifiant un traitement immédiat.
     c la toxicité du produit
               ¼ nature et quantité du produit
               ¼ pluri-intoxication ( et association fréquente de l’alcool)
               ¼ ATCD et état du patient aggravant les effets des produits (insuffisance
                 respiratoire, hépatique, rénal, grossesse en cours...)
               ¼ complications (inhalation, coma prolongé,...)
     c synonyme de gravité
           ¼ certaines classes médicamenteuses à fort potentiel toxique:
                 Cardiotropes (digoxine, bêta-bloquants,...), Nivaquine, Paracétamol,
                 Insuline...
               ¼ parmi les psychotropes, à titre d’exemple :
               ¼ tricycliques
                        • responsables d’un S y n d rome anti-cholinergique qui associe :
                          agitation, hallucinations visuelles, vision floue, mydriase bilatérale
                          peu réactive, trouble de l’élocution et hypersialorrhée,
                          tachycardie, tremblement fins des extrémités, rétention urinaire,
                          ralentissement du transit intestinal
                        • également de t ro u b l e s é l e c t r i q u e s : une tachycardie, un
                          allongement de l’espace QT, un allongement de la largeur du
                          QRS, un trouble de conduction auriculo-ventriculaire des
                          extrasystoles
     Pièges

     Méconnaître un autre diagnostic lorsque l’imputabilité du tableau clinique ne
     correspond pas entièrement à l’intoxication présumée.
     c neurologiques :
             ¼ processus expansif (hématome, cancer, abcès...)
             ¼ hémorragie méningée
             ¼ méningo-encéphalite
             ¼ état de mal convulsif

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      96       > les intoxications médicamenteuses >
     c état de choc
             ¼ hypovolémique (GEU),
             ¼ anaphylactique,
             ¼ cardiogénique
             ¼ septique
     c Métabolique
           ¼ hypoglycémie
           ¼ hyponatrémie
     C - Gravité

     c i m m é d i a t e : atteinte des fonctions vitales (neurologique, cardio-vasculaire et
        respiratoire). S’apprécie sur les constantes et l’ECG peut justifier une intubation
        (détresse respiratoire, protection des voies aériennes lors d’un coma profond),
        un remplissage vasculaire (état de choc)...
     c s e c o n d a i re : implique une surveillance hospitalière pour éviter une éventuelle
        complication (inhalation, coma prolongé,...)
     c p s y c h i a t r i q u e : pas de parallélisme entre le geste et le désir de mort. Justifie
        un examen systématique psychiatrique pendant l’hospitalisation

     D - Traitement

     c le lavage gastrique a des indications très limitées, lors d’intoxications par des
        produits dangereux, vues précocement
     c le charbon activé (Carbomix®) : utilisation très large. Ce geste ne doit pas
        être banalisé, justifiant une surveillance pendant et après l’administration
        (inhalation possible et gravissime)
     c Exemple d’antidote : la N-acétyl-cystéine (Fluimucil®) : antidote du paracétamol.
        Le paracétamol a une toxicité hépatique retardée. Il peut, en effet, créer une
        cytolyse irréversible dont l’apparition est à redouter jusqu’au troisième jour.
        Les dosages de paracétamolémie permettant un pronostic hépatique étant
        tardifs (au minimum 4 heures après l’absorption, puis à 8 et 16 heures pour
        la cinétique d’élimination), ne pas hésiter à débuter le traitement sans
        preuve. pour une meilleure efficacité ; l’administration se fait en intraveineux
        (lui aussi est absorbé par le charbon activé !).




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                  les intoxications médicamenteuses >                   97

        Prise en charge d’une intoxication médicamenteuse
                   v o l o n t a i re ( I M V ) a u x u r g e n c e s




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     98       > Urgences métaboliques >
                                                                    P.F. Dequin, E. Mercier
     1 c Diabète décompensé :
            conduite à tenir devant une hyperglycémie
     A - Orientation diagnostique

                                   Accétose         Hyperosmolarité       Déséquilibre
                                                                            simple
     âge                       45 ans (exceptions)     70 ans              variable
     diabète connu (type)         80% (DID)        < 50% (DNID)               oui
     facteurs déclenchants      souvent unique parfois multiples
     mortalité                       < 5%              ~50%                  ~nulle
     Clinique
     déshydratation                   ++                   +++            - ou minime
     confusion, coma                  +/-                  +++                  -
     signes pyramidaux                 -                   ++                   -
     nausées, douleurs adbo           ++                    +/-                 -
     hyperventilation                +++                     +                  -
     Biologie
     glucose (mmol/L)                 > 15                 > 30          en règle < 22
     pH                               < 7,3               > 7,3                7,4
     bicarbonates (mmol/L)            < 15                 > 15               > 20
     osmolarité (mOsm/kg)            variable              > 330             < 310
     cétonurie                       3 croix              1 croix            1croix


     B - A qui prescrire de l'insuline ?
     c à tout diabétique déjà insulinotraité
     c lors de l'arrêt des hypoglycémiants oraux, si les glycémies sont franchement
       élevées (> 16,5 mmol/l = 3 g/l), que ce soit par affection intercurrente ou
       "échappement" du diabète malgré de fortes doses de sulfamides
     c p a r c o n t re, si les glycémies sont modérément élevées et que l'indication des
       hypoglycémiants oraux paraît discutable voire dangereuse (âge, fonction
       rénale,…) : il vaut mieux les arrêter, ne rien prescrire et surveiller les glycémies
       capillaires



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     C - Comment prescrire l'insuline ? (dans cette situation d'urgence)

     c besoins de base = 0,5 à 1 UI/kg/j, dose à répartir entre les besoins de base (1/3)
        et les besoins liés aux apports glucidiques des repas (2/3), cette répartition ne
        s'appliquant pas chez le patient à jeun (!) ou en nutrition entérale continue.
     c ces besoins sont augmentés par les affections intercurrentes graves (notamment
        sepsis) ou par la corticothérapie.
     c o b l i g a t o i re m e n t a s s o c i é s à d e s a p p o r t s g l u c i d i q u e s : soit per os si le
        patient peut s'alimenter (ce qui oblige à prévoir un repas y compris aux
        urgences), soit bien souvent intraveineux : de l'ordre de 5 grammes/h (soit
        100 ml/h de G5% ou 50 ml/h de G10%). Attention : toute interruption
        volontaire ou accidentelle de l'apport glucidique expose au risque d'hypoglycémie
        si le patient a reçu de l'insuline.
     c s i l e p a t i e n t e s t d é j à t r a i t é p a r i n s u l i n e : en l'absence de déséquilibre
        majeur, essayez de garder son schéma insulinique habituel, en assurant un
        apport glucosé continu si le patient ne s'alimente pas suffisamment.
        Complétez par de petites doses d'insuline ordinaire sous-cutanée si les glycémies
        sont très élevées et(ou) s'il y a un début de cétose
     c les injections sous-cutanées d'insuline ord i n a i re sont utilisables en l'absence
        de déshydratation franche. Elles peuvent être adaptées en fonction de la glycémie
        capillaire mesurée toutes les 4 heures, sous réserve d'un apport glucidique
        régulier.

                            glycémie                                d o s e d ' i n s u l i n e o rd i n a i re
                  (mmol/L)                 (g/L)                    (unités) toutes les 4 heures
                    < 10                 < 1,8                                            0
                    10-15               1,8-2,7                                           5
                    15-20               2,7-3,6                                          10
                    > 20                 > 3,6                                           15

     c la p e r f u s i o n c o n t i n u e d ' i n s u l i n e o rd i n a i re au PSE est la plus maniable et
        a
        rapidement réversible mais elle nécessite (au moins au début) u n e s u r v e i l l a n c e
        h o r a i re d e s g l y c é m i e s c a p i l l a i re s p o u r é v i t e r l ' h y p o g l y c é m i e . Elle est
        impérative s'il y a un déséquilibre majeur, notamment acidocétose ou hyper-
        osmolarité. Elle peut être utilisée également quand les glycémies restent très
        élevées avec l'insuline sous-cutanée, ce qui est souvent le cas chez les
        patients infectés. Dans ce cas, faites préparer 50 UI d'insuline ordinaire dans
        50 ml de salé à 9‰ (= solution à 1 UI / ml). Adaptez la vitesse de perfusion en
        fonction des glycémies capillaires, par exemple (voir tableau page suivante):



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     100 > Urgences métaboliques >

                                            Débit initial
      Glycémie (mmol/L)                         6,1-8,0                    8,1-12                      >12
      Glycémie (g/L)                           1,10-1,45                 1,46-2,20                    >2,20
      Débit UI/h                                   1                          2                         3


                                               Adaptation du débit
            e n f o n c t i o n d e l a g l y c é m i e c a p i l l a i re m e s u r é e t o u t e s l e s h e u re s


      Glycémie             Glycémie                                       Débit d'insuline
      (mmol/L)               (g/L)

         <3,5                 <0,65                Arrêt insuline ± injection G30% (cf. clinique),
                                                contrôle glycémie 15 min après, reprendre demidébit
                                                      quand glycémie > 6,1 mmol/L (1,11 g/L)
         3,5-6             0,65-1,10                            Si débit 5 UI/h : m de 2 UI/h
                                                               Si débit < 5 UI/h : m de 0,5 UI/h
         6,1-8             1,11-1,45                                          Même débit
        8,1-10             1,46-1,80                  Si glycémie < à la précédente : même débit
                                                      Si glycémie à la précédente : k de 0,5 UI/h
       10,1-14             1,81-2,55                  Si glycémie < à la précédente : même débit
                                                        Si glycémie à la précédente : k de 1 UI/h
         >14                  >2,55                                            k de 2 UI/h



     Modulez en fonction des résultats, en sachant qu'il vaut mieux augmenter
     secondairement les doses que l'inverse. Restez raisonnable dans vos objectifs:
     une glycémie stable à 11 mmol/L (2 g/L) peut être satisfaisante en urgence




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                                  Urgences métaboliques > 101

                 Le diabétique au service d’accueil
                           et d’urgences




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      102 > Urgences métaboliques >
                                                                                   P.F. Dequin, J.M. Halimi
      2 c Diabète décompensé :
             h y p é ro s m o l a r i t é d i a b é t i q u e
     A • Définition

         L’hyperosmolarité est la conséquence d'une hyperglycémie avec glycosurie,
     polyurie osmotique et déshydratation majeure. Elle survient souvent chez un
     patient diabétique latent, généralement âgé, à l'occasion d'une affection
     intercurrente. Le foie restant soumis à l'action de l'insuline, le métabolisme des
     acides gras n'est pas dévié vers la production de corps cétoniques.
     B • Points importants
     c t ro u b l e s d e c o n s c i e n c e e t d é s h y d r a t a t i o n g l o b a l e s o n t a u p re m i e r
        plan
     c souvent le diabète n'est pas connu
     c s'acharner à trouver une c a u s e d é c l e n c h a n t e
     c r é h y d r a t a t i o n é n e r g i q u e , traitement d'une cause éventuelle et la prévention
        des complications notamment de décubitus sont l'essentiel du traitement
     c un écueil grave à éviter : l’hypoglycémie, ce d'autant que les besoins en insuline
        sont souvent plus faibles que dans l'acidocétose
     c grande fréquence des complications thromboemboliques, respiratoires, cardiaques,
        neurologiques, explique une mortalité de 20 à 60% selon les séries
     Priorités
     c Apprécier cliniquement
             ¼ conscience
             ¼ degré de déshydratation et existence éventuelle de signes de choc
             ¼ existence d’une cause déclenchante (infection)
             ¼ température, souvent élevée : déshydratation
     c Débuter le remplissage vasculaire sur voie veineuse périphérique
     c Faire les examens urgents
              ¼ ionogramme sanguin et urinaire, GDS, ECG, NFS, lactate, hémocultures,
                    bandelette urinaire, ECBU, radio de thorax
                ¼ hyperosmolarité plasmatique > 330 mOsm/L
                    (osmolarité calculée (mOsm/l) = 2.Na + glucose + urée)
                ¼   glycémie> 30mmol/L
                ¼   hypernatrémie
                ¼   pH > 7,3 et CO2T > 15 mmol/L sauf cause d'acidose associée
                ¼   insuffisance rénale fonctionnelle.

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                                             Urgences métaboliques > 103

     C - Gravité
     c proposer le patient au réanimateur de principe, a fortiori si signes de gravité
        ou atypies :
             ¼ choc non corrigé par le remplissage
             ¼ anurie (+++)
             ¼ coma profond
             ¼ hypoxie et (ou) hypercapnie
             ¼ infection grave et (ou) autre cause déclenchante
             ¼ réhydratation difficile à conduire (cardiopathie gauche)
     D - Traitement
     c R é h y d r a t a t i o n +++ et remplissage vasculaire sur voie veineuse périphérique:
               ¼ si PAS < 90 mmHg (ou, chez l’hypertendu : < Pas de référence - 40
                  mmHg) : colloïde 500 mL en 30 min, à renouveler si PAS reste basse
                  ou si marbrures ; quantité globale fonction de la réponse clinique
              ¼   H0 à H2 : s a l é i s o t o n i q u e à 9 ‰ 2000 ml en 120 min, q u e l l e q u e
                  soit la natrémie
              ¼   à partir d’H2 : glucosé à 5% 1000 ml en 6 h à re n o u v e l e r, avec
                  NaCl 4 g et environ 2 g de KCl, à moduler selon le ionogramme
              ¼   thiamine (Bénerva®) au moins 100 mg dans le premier flacon si
                  éthylisme et (ou) dénutrition
              ¼   si hyperglycémie et déshydratation majeures : remplacer si possible
                  le glucosé à 5% par du glucosé hypotonique à 2,5% 1000 ml toutes
                  les 4 heures, avec les mêmes apports en NaCl et KCl
              ¼   boissons orales ou apports hydriques par sonde gastrique si la
                  conscience l'autorise : 2000 à 3000 mL/24h
     c Insulinothérapie
             ¼ pas de dose de charge d’insuline
             ¼ préparation et posologie initiale : cf. acidocétose
             ¼ viser une glycémie d e l ’ o rd re d e 1 5 m m o l / L ( 2 , 7 g / L )
             ¼ ne pas arrêter l'insuline IV (demi-vie courte). Moduler la vitesse toutes
                les heures en fonction de la glycémie capillaire au doigt. Perfuser en
                glucosé à 10% si glycémie < 8,3 mmol/l (1,5 g/L)
              ¼ à la disparition de la déshydratation, faire un relais par voie SC, toujours
                d’insuline ordinaire
                       • de l’ordre de 15 à 20 UI toutes les 4 h
                       • arrêter le PSE 60 min après la 1ère injection sous-cutanée
     c Tr a i t e m e n t d ' u n e c a u s e d é c l e n c h a n t e é v e n t u e l l e
                 ¼ AVC
                 ¼ infection (urines, peau, poumons, sphère ORL, pieds, périnée)
                 ¼ infarctus du myocarde (parfois indolore)
                 ¼ toute affection intercurrente ou chirurgie
                 ¼ rôle des médicaments : diurétiques, cortidoïdes
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     104 > Urgences métaboliques >

     c A u t re s m e s u re s
               ¼ prévention des thromboses veineuses (alitement, hémoconcentration
                 majeure) :
                       • contention veineuse des membres inférieurs
                       • et (ou) HBPM (hors AMM mais logique)
             ¼   sonde naso-gastrique (aspiration du contenu gastrique pour limitation
                 du risque d’inhalation) : uniquement si coma ou vomissements répétés
             ¼   sonde urinaire : si choc, anurie, trouble majeur de conscience
                 A défaut Pénilex®
             ¼   prévention des complications de décubitus
             ¼   alimentation orale : possible dès que conscience normale
     c S u r v e i l l a n c e d e l ’ e ff i c a c i t é d u t r a i t e m e n t
                ¼ toutes les heures : conscience, FC, PA, glycémie capillaire au doigt,
                 diurèse
             ¼ toutes les 4 heures : ionogramme sanguin, glucose créat




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     3 c Diabète décompensé :
            acido-cétose diabétique

     A - Définition
           L’acidocétose diabétique est la conséquence évoluée d'une carence en insuline,
     responsable de la non-pénétration intracellulaire du glucose. Ceci entraîne : une
     h y p e r g l y c é m i e, elle-même responsable d'une g l y c o s u r i e a v e c p o l y u r i e
     osmotique, compensée au début par une polydipsie. Elle entraîne des p e r t e s
     m a s s i v e s d ' e a u , d e s o d i u m e t d e p o t a s s i u m ; une déviation du métabolisme
     des acides gras, aboutissant à la p ro d u c t i o n d e c o r p s c é t o n i q u e s, responsa-
     bles d'une a c i d o s e m é t a b o l i q u e à trou anionique élevé.

     B - Points importants
     c attention au p o t a s s i u m : risque mortel (hypokaliémie, hyperkaliémie iatrogène)
     c un écueil grave à éviter : l’hypoglycémie
     c s'acharner à t ro u v e r u n e c a u s e à l’acidocétose
     c r é é v a l u e r très régulièrement l'état clinique et biologique, et adapter le
        traitement en conséquence
     c une erreur fréquente : arrêter trop tôt l’insuline IV et (ou) ne pas apporter
       assez de glucose : persistance de la cétose
     c un réflexe à éviter : alcaliniser sous prétexte que le pH est acide
     Priorités
     c Apprécier cliniquement
            ¼ conscience :
                    • d’habitude simple obnubilation (échelle Glasgow       14)
                    • rarement conscience altérée, possible si hypotension
                      (Pas < 90 mmHg)
                    • ou si association d’une hyperosmolarité
                      (2.Na + glucose + urée > 330 mOsm/L)
                    • si conscience non normalisée à H2 : chercher cause associée
                      (clinique, PL, TDM)
           ¼ degré de déshydratation et existence éventuelle de signes de choc
           ¼ existence d’une cause déclenchante, notamment infectieuse, sans
              oublier l’examen des pieds et du périnée
           ¼ température :
                    • habituellement normale, ou basse si déshydratation majeure
                    • fièvre inhabituelle : chercher infection déclenchante
     c Débuter le remplissage vasculaire



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      106 > Urgences métaboliques >

     c Faire les examens urgents
              ¼ ionogramme sanguin et urinaire, GDS, ECG, NFS, lactates, hémocultures,
                      ECBU, bandelette urinaire, radio de thorax
                  ¼ hyperglycémie >15 mmol/L
                  ¼ cétonurie
                  ¼ trou aniotique (Na+K-Cl+CO2T) élevé (>16 mmol/L) par les corps
                      cétoniques
                  ¼ pH <7,3 parfois très acide (<7), Pa CO2 souvent très basse (<10
                      mmHg) (hyperventilation), CO2T <15mmol/L
                  ¼ hyponatrémie surestimée (Nacorr = Names + [(glu-5)/3] en mmol/L),
                    kaliémie souvent élevée par transfert (insulinopénie plus qu’acidose)
                    mais pool potassique constamment effondrée
                  ¼ insuffisance rénale fonctionnelle
     C - Gravité
     c P ro p o s e r l e p a t i e n t a u r é a n i m a t e u r si signes de gravité ou atypies :
                  • choc non corrigé par un remplissage modéré
                  • anurie (+++)
                  • terrain d’insuffisance rénale chronique
                  • coma
                  • hypoxie
                  • infection grave et (ou) autre cause déclenchante
                  • pH < 7,1
     D - Traitement
     c R é h y d r a t a t i o n e t re m p l i s s a g e v a s c u l a i re s u r v o i e v e i n e u s e p é r i p h é r i q u e
               ¼ éventuellement à l’arrivée : gélatine 500 mL en 30 min si Pas < 90
                      mmHg
                  ¼ H0 à H1: salé isotonique à 9‰ 1000 ml en 60 min
                  ¼ H1 à H2 : salé isotonique à 9‰ 1000 mL en 60 min, avec du
                      potassium
                  ¼ à partir d’H2 : glucosé à 5% 1000 ml en 4 h, avec NaCl 4 g et du
                    p o t a s s i u m à renouveler (besoins / 24h : 250 à 300 g de glucose,
                    pour arrêter la cétogénèse)
                  ¼ thiamine (Bénerva®) au moins 100 mg dans le premier flacon si éthylisme
                  ¼ boissons orales possibles dès que conscience normale et disparition
                    des nausées
     c Insulinothérapie
             ¼ éventuellement à l’arrivée faire une dose de charge d’insuline : 0,1
                      UI / kg d’insuline ordinaire IVD
                  ¼ perfuser au PSE à la posologie de 0 , 1 U I / k g / h soit 1 mL/10kg/h
                      (6 ml/h pour 60 kg)
                  ¼ contrôler la glycémie capillaire au doigt t o u t e s l e s h e u re s
                  ¼ doubler la posologie (= la vitesse) si la glycémie n’a pas diminué à H2
                  ¼ quand glycémie < 15 mmol/l (2,7 g/L), s’assurer que le patient est
                      bien perfusé en glucosé
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             ¼ diminuer la posologie par paliers si glycémie < 12 mmol/L (2,2 g/L)
             ¼ g a rd e r l ’ i n s u l i n e a u P S E j u s q u ’ à d i s p a r i t i o n d e l a c é t o n u r i e
             ¼ à la disparition de la cétonurie, faire un relais par voie sous-cutanée,
                toujours d’insuline ordinaire :
                     • de l’ordre de 15 à 20 UI toutes les 4 h
                     • arrêter le PSE 60 min après la 1ère injection sous-cutanée
     c Apports de potassium
           ¼ pool effondré mais kaliémie initialement variable, parfois élevée par
                transfert (ECG)
             ¼ pas de potassium de H0 à H1, pour : voir l’ECG, vérifier la diurèse, ±
                récupérer la kaliémie
             ¼ à partir de H1 : apports larges adaptés à la kaliémie mesurée au
                moins toutes les 4 heures
             ¼ surveillance scopique indispensable : risque mortel (hypokaliémie +++,
                hyperkaliémie iatrogène)
     c Tr a i t e m e n t d ' u n e c a u s e d é c l e n c h a n t e é v e n t u e l l e
                 ¼ 20% des cas : révélation d’un DID (attention : parfois infection
                précipitante)
             ¼ 80% des cas : DID connu (exceptionnellement DNID)
                    • insulinothérapie inadaptée (souvent arrêt à l’occasion des
                      premiers troubles digestifs)
                    • médicaments intercurrents (cortisoniques)
                    • infection (urines, peau, poumons, sphère O.R.L., pieds, périnée)
                    • infarctus du myocarde (parfois indolore)
                    • toute affection intercurrente ou chirurgie
                    • panne ou problème technique sur pompe à insuline
             ¼ place des antibiotiques :
                    • non systématiques, adaptés au contexte clinique et aux données
                      de l’examen
                    • se méfier si diabétique connu d’une infection staphylococcique
                     ou anaérobie
     c A u t re s m e s u re s
               ¼ prévention des t h romboses veineuses (alitement, hémoconcentration)
               ¼ sonde naso-gastrique et aspiration : uniquement s i c o m a o u
                v o m i s s e m e n t s répétés
             ¼ sonde urinaire : uniquement si choc ou anurie (rare et grave +++)
             ¼ alimentation orale : possible dès que conscience normale et disparition
                des nausées
     c S u r v e i l l a n c e d e l ’ e ff i c a c i t é d u t r a i t e m e n t
                ¼ toutes les heures : conscience, FC, PA, glycémie capillaire au doigt
                ¼ toutes les 3 à 4 heures : Na K CO2T Cl glucose, ± pH et gaz du sang
                ¼ à chaque miction : diurèse, cétonurie à la bandelette

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      4 c Hypoglycémie
             (chez le diabétique et le non diabétique)

     A - Définition
         Il n’y a pas de définition biologique stricte : il faut une glycémie "basse" associée
     à des symptômes compatibles, ne cédant pas spontanément en moins de 5 minutes.
         C'est un diagnostic globalement rare, mais à conséquence thérapeutique
     immédiate.
         La re c h e rche d'une hypoglycémie est donc une priorité en cas de : coma,
     convulsion, signe neurologique focal (de la diplopie à l'hémiplégie), trouble
     psychiatrique ou du comportement, y compris devant un patient agressif.

     B - Points importants
     • Chez le diabétique traité
             ¼ la probabilité qu'un malaise (ou a fortiori un signe neurologique) soit
                lié à une hypoglycémie est ici forte
             ¼ confirmer le diagnostic (glycémie capillaire) et traiter sans attendre :
                p e r o s en l'absence de signes neurologiques, avec des sucres "rapides"
                e t surtout des sucres "lents" (pain), p a r v o i e v e i n e u s e en cas de
                signes neurologiques francs : 30 mL de G30%, suivis d'apports
                glucidiques per os ou d'une perfusion de G10%
             ¼ chez le diabétique insulinodépendant, si la voie veineuse est difficile
                à trouver, injecter en attendant du glucagon (Glucagène®) 1 amp
                sous-cutanée
             ¼ rechercher des facteurs favorisant :
                        • saut d'un repas
                        • effort physique non prévu
                        • erreur de dosage d'insuline
                        • interaction médicamenteuse avec les sulfamides hypoglycémiants
                        • insuffisance rénale
             ¼ un traitement ß- tend à masquer les signes annonciateurs de
                l'hypoglycémie
             ¼ en règle, le patient peut repartir après normalisation de la symptomatologie
                s'il s'agit d'une hypoglycémie insulinique chez un sujet jeune, avec un
                rendez-vous avec le médecin de famille ou le diabétologue pour renforcer
                l'éducation diabétique

     Par contre, e n c a s d ' h y p o g l y c é m i e l i é e a u x s u l f a m i d e s , g a rd e r l e p a t i e n t
     en observation avec une perfusion de glucosé et une surveillance des glycémies
     capillaires, en raison du risque d'hypoglycémie prolongée ou récidivante, surtout
     chez le sujet âgé ou insuffisant rénal. Quant aux biguanides, seuls, ils n'entraînent
     pas d'hypoglycémie.

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     c En l'absence de diabète traité :
            ¼ L'hypoglycémie est ici e x c e p t i o n n e l l e : c'est un diagnostic très souvent
               porté par excès, parce que les symptômes mineurs de l'hypoglycémie
               (faim, sueurs, asthénie, pâleur, bouffées de chaleur) sont très proches
               de ceux des malaises vagaux. Chez le non diabétique, une glycémie
               "basse", c'est à 2 , 8 m m o l / L ( 0 , 5 g / L ) .

            ¼ Attention : la glycémie capillaire ("au doigt") est souvent fausse
               dans les valeurs basses. Chez le non diabétique, où le diagnostic
               d'hypoglycémie est exceptionnel mais de grande importance, confirmer
               impérativement par une glycémie veineuse au laboratoire (mais
               apporter du sucre sans attendre le résultat). Sachez aussi que
               l'amélioration des signes après resucrage n'est en rien spécifique de
               l'hypoglycémie.

            ¼ Le traitement est le même que chez le diabétique.

            ¼ Les causes possibles sont :
                      • l'insuffisance hépatocellulaire grave, surtout associée à un
                        sepsis
                      • plus rarement l'insuffisance surrénale ou antéhypophysaire
                      • certains médicaments : disopyramide (Rythmodan®), dextro-
                        propoxyphène (Antalvic®, Di-Antalvic®), quinine, ß bloquants,
                        IEC, pentamidine, IMAO…
                      • intoxication à l'aspirine
                      • les autres causes existent (insulinome) mais sont anecdotiques.
                        Attention toutefois aux intoxications volontaires avec insuline
                        ou sulfamides (milieu médical, familles de diabétiques), souvent
                        méconnues et potentiellement graves




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     5 c I n s u ff i s a n c e r é n a l e a i g u e

     A • Définition

         L'insuffisance rénale aiguë se définie par l'altération en quelques heures à
     quelques jours voire semaines de la fonction rénale (élévation de la créatininémie
     et de l'urée sanguine). Les conséquences sont l'urémie aiguë : un ensemble de
     signes en rapport avec l'accumulation de déchets azotés, de K+, d'ions H+ et
     éventuellement d'eau.

     B • Points importants

     Diagnostic
     c élévation récente voire brutale de la créatininémie et de l'urée
     c diurèse modifiée : souvent oligurie ou anurie mais parfois la diurèse est conservée
     c taille des reins conservée ou augmentée
     c le plus souvent, il n'y a pas d'anémie importante, pas d'hypocalcémie, pas
       d'hyperphosphorémie (sauf si évolue depuis au moins une semaine)

     Bilan initial
     c Clinique :
             ¼ PA, recherche de signes d'hypovolémie (hypotension orthostatique,
                 baisse de la PA, tachycardie positionnelle), toucher rectal
     c Biologie :
            ¼ ionogramme sanguin, calcémie, réserve alcaline, protides, albuminémie,
                 bandelette urinaire, ionogramme urinaire, protéinurie, ECBU
     c Examens complémentaires :
           ¼ échographie rénale, vésicale et pelvienne à la recherche d'un obstacle
           ¼ doppler des artères rénales si suspicion de thrombose des artères
                 rénales (mais attention examen très opérateur-dépendant)

     Points clés
     c urgence thérapeutique : il faut toujours hospitaliser le malade. Hospitalisation
       en réanimation/service de néphrologie si
            ¼ hyperkaliémie (>6,5 mmol/l)
            ¼ acidose majeure
            ¼ OAP résistant au traitement ou chez patient anurique




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     c différencier l'insuffisance rénale aiguë et l'insuffisance rénale chronique.
       Dans l'insuffisance rénale chronique, il existe une polyurie le plus souvent
       (trouble de la concentration des urines), une anémie, une hypocalcémie ; la
       taille des reins est diminuée. Cependant, il peut s'agir d'une IRA sur IRC
       connue
     c l'insuffisance rénale aiguë est obstructive jusqu'à preuve du contraire. Elle est
       en fait fonctionnelle dans 90% des cas
     c repérer l'insuffisance rénale aiguë rapidement progressive (histoire : souvent
       contexte de vascularite, aggravation progressive de la créatininémie, hématurie
       microscopique à la bandelette urinaire)

     C - Mécanismes de l'insuffisance rénale aiguë

     Fonctionnelle = prérénale

     c Clinique
                           - hypovolémie vraie ou efficace (hypoperfusion rénale
                             éventuellement aggravée par diurétiques ou IEC), choc
                             ou pertes rénales ou digestives
     c Biologie
                           - Na u < 20 mmol/l (sauf si il existe un traitement diurétique
                             ou des pertes d'origine rénale), Na/Ku <1, urée
                             urinaire/plasmatique > 10, créatininémie urinaire/plasmatique
                             > 40, urée plasmatique/ créatininémie plasmatique >100.
     c Evolution
                           - si l'insuffisance rénale fonctionnelle n'est pas traitée, elle
                             peut entraîner une insuffisance rénale organique
                             (nécrose tubulaire aiguë)

     Obstructive = post-rénale

     Le plus souvent, elle entraîne une anurie d'apparition brutale.
     c Les causes d'obstacle sont variées
             ¼ bas appareil : adénome de prostate souvent
             ¼ vessie : infiltration du trigone vésical par une tumeur pelvienne (cancer
                de l'utérus ou des ovaires surtout)
             ¼ uretères : compression extrinsèque des uretères : fibrose rétropéritonéale
             ¼ gravité de l'obstacle sur rein unique (lithiase, rarement obstacle bilatéral)

     Organique
     c Nécrose tubulaire aiguë (suite à choc, toxique, hémolyse, rhabdomyolyse).
     c Néphropathie interstitielle aiguë (infection, allergie medicamenteuse).

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      112 > Urgences métaboliques >

     c Glomérulonephrite aiguë (post-infectieux, vascularite : PAN, glomérulonéphrite
       rapidement progressive : urgence thérapeutique).
     c Vasculaire : (thrombose des artères rénales, embolies de cholestérol, syndrome
       hémolytique et urémique, sclérodermie).

     D - Pronostic

     c hyperkaliémie, acidose et OAP peuvent être immédiatement menaçants
     c fonctionnelle : très bon pronostic dans la majorité des cas
     c obstructif : cède au traitement étiologique (levée de l'obstacle)
     c insuffisance rénale aiguë organique :
             ¼ souvent médiocre si néphropathie vasculaire
             ¼ très bon si l'origine des lésions est tubulaire (sauf si nécrose corticale)
             ¼ bon s'il s'agit d'une glomérulonéphrite aiguë post-infectieuse
             ¼ médiocre dans la plupart des autres maladies glomérulaires
             ¼ bon avec éventuellement séquelles si l'origine des lésions est interstitielle
     c insuffisance rénale aiguë rapidement progressive : pronostic d'autant plus
       sombre que le diagnostic et donc le traitement est retardé : l'insuffisance
       rénale chronique terminale à court ou moyen terme est très fréquente

     E - Traitement

     c correction de l'hyperkaliémie et de l'acidose
     c levée de l'obstacle le plus rapidement possible si obstructive. Au décours de
       la levée d'obstacle, il existe une polyurie qu'il faut compenser
     c indications de l'épuration extra-rénale (le plus souvent hémodialyse) : hyperkaliémie
       (>6,5 mmol/l), OAP chez un patient anurique ou malgré traitement diuréti-
       que à forte dose, acidose majeure, urée > 40 mmol/l
     c réhydratation si IRA fonctionnelle
     c arrêt des médicaments néphrotoxiques (AINS, IEC, aminosides, cysplatine,...)
     c ne pas injecter de produits de contraste iodés (scanner, UIV, artériographie...),
       en particulier si diabète, myélome, hypercalcémie, déshydratation




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                                Prise en charge
                   d ’ u n e i n s u ff i s a n c e r é n a l e a i g u ë




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     6 c Déshydratation

     A • Définition

          La déshydratation peut intéresser uniquement le secteur extracellulaire et la
     natrémie sera normale ( 140 ± 5 mmol/l ) ou basse, ou intéresser le secteur
     intracellulaire et elle s’accompagne d’une hypernatrémie.
          La constatation d’une hypernatrémie, reflet de l’hydratation intracellulaire,
     traduit (presque toujours) un état de déshydratation globale.
          La natrémie mesurée sous-estime la natrémie réelle en cas d’augmentation
     de la phase solide plasmatique (diabète, hyperprotidémie, hyperlipidémie).

     B • Points importants
     Diagnostic
     c les principaux signes de déshydratation extracellulaire sont :
              ¼ perte de poids
              ¼ accélération de la fréquence cardiaque
              ¼ diminution de la PA
              ¼ oligurie
              ¼ pli cutané persistant
              ¼ élévation de l’hématocrite et de la protidémie
              ¼ insuffisance rénale fonctionnelle
     c les signes de déshydratation intracellulaire sont :
              ¼ sécheresse des muqueuses, soif
              ¼ somnolence, asthénie, irritabilité, confusion
              ¼ crises convulsives, coma
              ¼ fièvre
     c les signes de déshydratation intracellulaire sont d’autant plus marqués que
       l’hypernatrémie est élevée et qu’elle s’est installée rapidement.
     c la correction trop rapide de l’hypernatrémie peut entraîner un oedème cérébral.
     c l’hypernatrémie survient lorsque la soif ne peut être exprimée ou assouvie
       (personnes âgées ou invalides...).

     C • Diagnostic étiologique devant une déshydratation
     c examen clinique
     c urée, créatinémie, kaliémie, calcémie
     c protidémie, hématocrite
     c bandelette urinaire (glucose, acétone), ionogramme urinaire


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     D - Prise en charge thérapeutique

     c restaurer la volémie si désydratation extracellulaire avec troubles hémodynamiques
       (colloïde)




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      7 c Hyperkaliémie

     A - Définition

         L’hyperkaliémie est définie par l’élévation de la concentration plasmatique
     du potassium au delà de 5 mmol/l.

     B - Points importants

     c la symptomatologie clinique est tardive et inconstante : paresthésies, faiblesse
        musculaire, voire paralysie flasque
     c l e re t e n t i s s e m e n t m a j e u r d e l ’ h y p e r k a l i é m i e e s t c a rd i a q u e avec risque
        d’arrêt cardiaque (fibrillation ventriculaire) : modifications ECG (onde T pointues
        et symétriques ; allongement du PR et disparition de P ; élargissement des
        QRS précédant de peu l’arrêt circulatoire)

     C - Diagnostic étiologique

     c Faire toujours un ECG

     c Absence de signe ECG : pseudohyperkaliémie = quantité du prélèvement
        (hémolyse)
     c Hyperkaliémie vraie
            ¼ Pas de contexte évident
                       • prélever en urgence : créatininémie, glycémie (insuffisance
                         rénale, diabète) ; gazométrie artérielle (acidose) ; bandelette
                         urinaire (cétonurie ?)
                       • secondairement (exeptionnel) : corticol ACTH, renine, aldostérone
                         (hypominéralo-corticisme)
                ¼ Contexte évident
                       • médicaments = diurétiques épargneurs de potassium inhibiteurs,
                         enzyme de conversion, anti-angiotensine II
                       • excès d’apport (+ insuffisance rénale)
                       • hypercatabolisme : lyse tumorale, traumatisme, brûlure,
                         hémolyse massive

     D - Traitements

     c Dans tous les cas :
            ¼ arrêt des traitements hyperkaliémiants et des apports exogènes de
                    potassium



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                                         Urgences métaboliques> 117

     c Hyperkaliémie peu sévère
            ¼ polystyrène sulfonate de sodium (Kayexalate®) 20 à 40 mg per os
                ou 50 à 100g en lavement toutes les 6 heures
             ¼ furosémide (Lasilix®) à adapter selon l’hydratation


     c Hyperkaliémie > 7 mmol/L et/ou signes ECG :
            ¼ Gluconate de calcium à 10%, 10 à 20 ml en IVL contre-indiqué chez
               les patients sous digitalique. Ne modifie pas la kaliémie (effet cardio-
               protecteur)
             ¼ Bicarbonate de sodium semi-molaire 42 ‰ : 250 ml en 15 minutes
               ou glucosé 10 % 500 ml + 10 unités d’Insuline en 30 minutes (effet
               immédiat mais durée limitée)
             ¼ Polystyrène sulfonate de sodium (Kayexalate®) 20 à 40 g per os ou
               50 à 100 g en lavement toutes les 6 heures (effet retardé mais
               prolongé)
     Il n’existe pas d’insuffisance rénale oligoanurique
             ¼ Furosémide (Lasilix®) à adapter selon l’hydratation
     Il existe une insuffisance rénale oligoanurique
             ¼ éliminer un obstacle sur les voies excrétrices (échographie)
                      • obstruction = urologie
                      • pas d’obstruction : furosémide (Lasilix®) 500 mg au PSE sur
                        1 heure ± correction des troubles hémodynamiques. Si
                        reprise de la diurèse : furosémide (Lasilix®) à adapter selon
                        l’hydratation
                       Si pas de reprise de la diurèse : épuration extra-rénale.




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     8 c Hypokaliémie

     A • Définition

         L'hypokaliémie est définie par la baisse de la concentration plasmatique du
     potassium en dessous de 3,5 mmol/L

     B • Points importants

     c L'ECG reflète mieux la kalicytie que la kaliémie. Il doit être effectué dès que
       le diagnostic est suspecté ou confirmé biologiquement.
     c Il faut interpréter la kaliémie avec la réserve alcaline car l'alcalose s'accompagne
       d'une hypokaliémie de transfert et avec la kaliurèse pour mener l'enquête
       étiologique.
     c Les risques sont essentiellement liés aux troubles du rythme favorisés par
       l'ischémie coronarienne et les digitaliques, l'hypercalcémie.

     C • Diagnostic

     Diagnostic positif
     c Signes cliniques tardifs et inconstants, digestifs et neuro-musculaires
     c ECG :
            ¼ Diffus
            ¼ Diminution d'amplitude de l'onde T
            ¼ Augmentation d'amplitude de l'onde U (pseudo QT)
            ¼ Dépression du segment ST
            ¼ Troubles du rythme : FA, ESV, torsade de pointe, FV
     Diagnostic étiologique
     c Rôle de l'anamnèse
     c Hypokaliémie d'origine digestive (Kaliurie basse)
           ¼ Vomissements, diarrhée
           ¼ Carence d'apport (anorexie)
     c Hypokaliémie de transfert
           ¼ Alcalose ventilatoire ou métabolique
           ¼ Médicaments : insuline, béta-stimulants, théophylline
           ¼ libération de cathécholamine : traumatisme crânien sévère
           ¼ paralysie familiale hypokaliémiqueVomissements, diarrhée


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     c Pertes rénales (kaliurie>20 mmol/L)
             ¼ diurétiques de l'anse (furosémide, burinex, thiazidique
             ¼ polyurie (diabète, levée d'obstacle)
             ¼ hyperaldostéronisme
             ¼ hypercorticisme, corticothérapie

     Tr a i t e m e n t :
     c Arrêter les médicaments hypokaliémiant et les digitaliques
     c Apports de potassium:
           ¼ 1g Kcl : 13 mmol de potassium
           ¼ 1g Gluconate de potassium : 4,3 mmol/L de potassium
     c Hypokaliémie > 2 mmol sans signes ECG :
           ¼ correction per os s'il n'y a pas de troubles digestifs
     c Troubles digestifs, kaliémie <2 mmol/L ou signes ECG
            ¼ Correction par voie IV sous contrôle ECG. Le débit horaire ne doit
                     pas être supérieur à 1,5g/h (veinotoxicité et risque d’hyperkaliémie)
                 ¼ En cas de troubles du rythme, administrer également du MgCl ou du
                     MgSO4 : 2 à 3g en 30 minutes




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     9 c H y p e rc a l c é m i e

     A • Définition
         L'hypercalcémie est définie par l'élévation du calcium plasmatique au-dessus
     de 2,6 mmol/L. Cette valeur doit être interprétée en fonction de la protidémie
     car 40% du calcium circulant est lié aux protéines.
     • Ca corrigé = Ca mesuré / {(protidémie/160) + 0,55}
     • Ca corrigé = Ca mesuré + 0,02 x (40-albuminémie)
     B • Points importants
     Diagnostic
     c L'hypercalcémie peut être asymptomatique et découverte fortuitement
        (Ca < 3 mmol/L)
     c Les signes d'hypercalcémie ne sont pas spécifiques.
             ¼ Signes digestifs
                      • anorexie, nausée, vomissements, constipation, douleurs
                        abdominales
               ¼ Signes neuro-psychiques
                      • asthénie, dépression, c o n f u s i o n , c o m a , c r i s e c o n v u l s i v e
               ¼ Signes cardio-vasculaires (rares)
                      • tachycardie, raccourcissement du QT, fibrillation ventriculaire,
                        potentialisation de la toxicité des digitaliques.
               ¼ Signes rénaux
                      • polyuro-polydipsie, néphrocalcinose, lithiase, insuffisance rénale
     Diagnostic étiologique
     cf. schéma ci-après

     C • Traitement
     Le traitement est une urgence dans les hypercalcémies symptomatiques et (ou)
     sévères (> 3,5 mmol/L). Dans tous les cas, il faut associer le traitement spécifique
     de la cause.
     c Corre c t i o n d e l a d é p l é t i o n h y d ro s o d é e : sérum NaCl 9 ‰ (2 à 4 L / jour)
        avec du KCl en fonction de la kaliémie
     c A u g m e n t e r l a c a l c i u r i e : furosémide (Lasilix®) 40 à 60 mg toutes les 4 à 6
        heures par voie IV après correction de la volémie.
     c Diminuer la résorption osseuse (hypercalcémie néoplasique) : après correction
        de la volémie
              ¼ diphosphonate : pamidronate (Aredia®) IV dans du sérum NaCl 9‰
                  sur 4 heures normalise la calcémie en 3 à 7 jours
              ¼ calcitonine (Cibacalcine®) 1 à 4 mg/ jour en SC, action rapide, faible
                  et transitoire
      Ca (mmol/L)                                            <3            3-3,5    3,5-4     >4
      pamidronate (mg)                                    30           30-60         60-90        90

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     c D i m i n u e r l ' a b s o r p t i o n i n t e s t i n a l e (sarcoïdose, intoxication vitamine D,
        lymphome)
             ¼ corticothérapie
     c S u r v e i l l a n c e : PA, pouls, poids diurèse, tolérance cardiaque, ionogramme
        sanguin




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      122 > Urgences métaboliques >
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      10 c H y p o n a t r é m i e

     A • Définition

          La valeur normale de la concentration de sodium par litre de plasma est :
     140±5 mmol/L.
          Une hyponatrémie entraîne une augmentation du volume intracellulaire.
          Une hyponatrémie peut correspondre à une perte de sel et d’eau (la perte de
     sel étant proportionnellement plus importante), à une rétention d’eau et de sel
     (la rétention d’eau étant proportionnellement plus importante), à une perte de
     sel (avec hydratation normale), ou à un excès d’eau (avec stock sodé normal).
          L’hyponatrémie s’accompagne d’une hypo-osmolarité plasmatique. Des
     fausses hyponatrémies à osmolarité normale ou augmentée se rencontrent en
     cas d’hyperprotidémie, d’hyperlipidémie ou d’hyperglycémie.

     B • Points importants
     c les signes cliniques sont essentiellement neurologiques :
              ¼ nausées, vomissements, céphalées,
              ¼ puis obnubilation, coma, crises convulsives
     c les signes sont d’autant plus marqués que l’hyponatrémie est profonde et
         qu’elle s’est i n s t a l l é e r a p i d e m e n t .
     c la correction de l’hyponatrémie sera d’autant plus lente qu’elle est ancienne
         et bien tolérée. Une correction trop rapide peut provoquer une lésion irréver-
         sible du tronc cérébral (myélinolyse centro-pontine).

     C • Diagnostic étiologique
     E v a l u e r l e s e c t e u r e x t r a - c e l l u l a i re
     examen clinique, NFS, Protidémie, Glycémie, Urée, Créatinine, ionogramme uri-
     naire sur échantillon
     c secteur extra-cellulaire diminué :
            ¼ pertes digestives (diarrhée, vomissements)
            ¼ pertes cutanées (brûlures, sueurs)
            ¼ “3ème secteur” (péritonite, occlusion intestinale)
            ¼ insuffisance surrénale
            ¼ pertes rénales (diurétiques, polykystose rénale, néphropathie
               interstitielle...)
     c secteur extra-cellulaire normal :
            ¼ pertes cutanées, rénales, digestives modérées dont la perte en eau
                       est compensée
                   ¼ sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique

     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                                                            Urgences métaboliques> 123

                  ¼   potomanie
                  ¼   syndrome des buveurs de bière
                  ¼   hypothyroïdie
                  ¼   insuffisance surrénale
     c augmentation du secteur extra-cellulaire
           ¼ insuffisance cardiaque           ¼ insuffisance hépatocellulaire
           ¼ yndrome néphrotique              ¼ insuffisance rénale
     La natriurèse qui permet de préciser l’origine rénale ou extra-rénale des pertes
     d’eau et de sel est rarement disponible en urgence pour le choix thérapeutique
     initial. Elle a un intérêt diagnostique secondaire pour les cas difficiles.

     E t i o l o g i e s l e s p l u s f r é q u e n t e s d e s s é c r é t i o n s i n a p p ro p r i é e s d ’ h o r m o n e
     antidiurétique
     c Médicamenteuses :
           ¼ psychotropes : amitriptyline (Laroxyl®), fluoxétine (Prozac®),
                      neuroleptiques
                  ¼ chlorpropamide (Diabinèse®), carbamazépine (Tégrétol®), bromo-
                      criptine (Parlodel®), diurétiques thiazidiques
     c Cancers : pulmonaires, lymphomes, cérébraux
     c I n f e c t i e u s e s : pneumopathies, tuberculose, méningite
     D - Traitement
     Signes de gravité (convulsions, coma) : transfert en Unité de Soins Intensifs
     c D i m i n u t i o n d e l ’ h y d r a t a t i o n e x t r a - c e l l u l a i re
               ¼ sérum physiologique NaCl 9 ‰
     c H y d r a t a t i o n e x t r a - c e l l u l a i re n o r m a l e
               ¼ restriction hydrique inférieure à 500 ml/jour.
               ¼ Lorsque la natrémie stagne pendant 48 h et/ou altération de la fonc-
                      tion rénale :
                            • apport hydrique et sodé libres
                            • apport hydrique libre associé à 6 g NaCl/j pour les malades
                              ayant une alimentation insuffisante
                            • apport de G5% avec 4 g NaCl/l pour les malades buvant peu
     c H y d r a t a t i o n e x t r a - c e l l u l a i re a u g m e n t é e
               ¼ régime hyposodé (moins de 6 g NaCl/jour) ; restriction hydrique,
                      furosémide (Lasilix“)
     c Surveillance
            ¼ pouls, PA, diurèse, poids, natrémie, urémie, créatininémie, hématocrite,
                      protidémie
     c Dans tous les cas : traitement étiologique
                                                    Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
Ta b l e a u    nstallation              contexte-terrain           examen en urgence                          Diagnostics                  traitements
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               GUMC-2009




                                                 Hémiplégie                                                                                  2                           2 a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l
                                                                                      traumatique 2 TDM sans injection 2 HED                   HSD
                                                  ( déficit                         2                                                        2 Contusion
                                                    d’un    2         aiguë         2                                                          AV C h é m o r r a g i q u e :
                                                                                        v a s c u l a i re 2 T D M s a n s i n j e c t i o n 2 • hématome                              avis
                                                 hémicorps)                                                                                                              2 n e u ro c h i r u r g i c a l
                                                                                                                                                               l o b a i re
                                                                                                                                                               ou du cervelet
                                                                                                                                                               • hématome
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               16/02/09




                                                                                                                                                               des noyaux gris
                                                                                                                                                                                          2       traitement
                                                                                                                                                               AV C i s c h é m i q u e   2     symptomatique
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               10:02




                                                                                                                                                                                          2 adiazine         ± corticoïdes
                                                                                            VIH +                            TDM sans et                    2 abcès toxo.
                                                                                                                            avec injection
                                                                                     2                                                                      2 lymphome                    2   a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l
                                                                  p ro g re s s i v e2
                                                                                                                                                               tumeur bénigne
                                                                                                                                                                                              a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l
                                                                                                                                                                                          2      ± corticothérapie
                                                                                            VIH -                            TDM sans et                    2 ou maligne
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               Page 124




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                                                                                                                                                            2 HSD                         2   a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l




Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
                                                                                                                                                                                                                                                         d é f i c i t a i re : h é m i p l é g i e




                                                                                                                  2     TDM sans injection                  2 AIT                         2   Aspirine ou Héparine
                                                                                             v a s c u l a i re
                                                                                       2                                                                      aura
                                                                                            migraineux            2         i n t e r ro g a t o i re       2 migraineuse                 2   traitement symptomatique
                                                                 t r a n s i t o i re 2
                                                                     (<24H) 2               épileptique           2     E E G , i n t e r ro g a t o i re   2 déficit                     2   traitement anti-épileptique
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 124 > Syndromes neurologiques déficitaires>




                                                                                      2
                                                                                                                                                                                                                                       P r i s e e n c h a r g e d ’ u n s y n d ro m e n e u ro l o g i q u e




                                                                                            diabétique                                            s c i
                                                                                                                  2 glycémie, interrogatoire 2 p opto-grl ytci q u ei e                   2   re s u c r a g e
                                                                                                                                               hy              ém
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      1 c A c c i d e n t s v a s c u l a i re s c é r é b r a u x ( a v c )

     A - Définition
          L’AVC est lié à une chute du débit sanguin dans le territoire d’une artère
     cérébrale, entraînant une hypoxie tissulaire puis une nécrose cellulaire. Il touche
     des patients de 70 ans en moyenne.
          Les AVC représentent la 3ème cause de mortalité dans les pays développés.
          La reconnaissance dans les premières heures d'un AVC ischémique, implique
     une prise en charge très rapide avec une orientation neurovasculaire pour envisager
     une thrombolyse (appel du 15)"
     L’accident est le plus souvent ischémique (80% des cas) par thrombose ou embolie :
     l’athérosclérose est la cause la plus fréquente suivie par les cardiopathies emboligènes.
          • la mortalité est de 20% à 1 mois. A 1 an, 40-50% des patients sont
             décédés des complications de l’athérosclérose (infarctus du myocarde,
             récidive d’AVC).
          • soixante pour cent des patients survivants gardent des séquelles invalidantes,
             < 20% retrouvent une activité similaire à celle d’avant l’AVC.
          L’ a c c i d e n t e s t h é m o r r a g i q u e d a n s 2 0 % d e s c a s le plus souvent lié à une
     hypertension artérielle.
          • la mortalité est > à 30% à 1 mois, mais la récupération est souvent meilleure.
     B - Points importants

     Diagnostic
     Dans sa forme typique, le diagnostic clinique est simple.
     c Atteinte du territoire carotidien :
             ¼ sylvien superficiel : déficit unilatéral sensitivo-moteur à prédominance
               brachio-faciale controlatérale à la lésion, aphasie, hémianopsie latérale
               homonyme
             ¼ sylvien profond : hémiparésie proportionnelle, dysarthrie
             ¼ artère cérébrale antérieure : hémiplégie à prédominance crurale,
               syndrome frontal
     c Atteinte du territoire vertébro-basilaire :
             ¼ évoquée devant des symptômes isolés ou associés : troubles sensitifs de
               tout un hémicorps, hémianopsie, troubles gnosiques visuels, syndrome
               cérébelleux, atteinte des nerfs crâniens homolatérale à la lésion avec
               troubles sensitifs ou moteurs controlatéraux, diplopie, confusion…
     c Examens en urgence :
             ¼ biologiques : NFS, plaquettes, hémostase, glycémie, ionogramme
               sanguin, urée, créatininémie

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      126 > Syndromes neurologiques déficitaires>

                  ¼ scanner cérébral sans injection de produit de contraste : examen
                    de référence
                         • différencie l’hémorragie (zone hyperdense) de l’ischémie (le
                           scanner est normal durant les 12ères heures, puis zone hypodense)
                         • précise la topographie de la lésion
                  ¼ ECG
     c Examens à visée étiologique :
           ¼ scanner avec injection de produit de contraste : en cas de doute
                    diagnostique, par exemple avec une tumeur ou un abcès, devant un
                    déficit d’évolution progressive
                  ¼ échodoppler cervical : recherche d’une sténose
                  ¼ échocardiographie trans-thoracique ou trans-œsophagienne :
                    recherche d’une cardiopathie emboligène

     P i è g e s ( f o r m e s c l i n i q u e s a t y p i q u e s o u t ro m p e u s e s )
     c Accident ischémique transitoire (AIT) :
            ¼ déficit neurologique focal régressant en < 24h. Dans 60% des cas,
                      dure < 1 heure
                  ¼ le considérer comme une urgence car précède souvent un AVC au
                      même titre que le syndrome de menace dans l’IDM
                  ¼ plus facilement évoqué en cas d’atteinte du territoire carotidien
                    (cécité monoculaire, déficit sensitif ou moteur unilatéral, aphasie)
                    qu’en cas d’atteinte du territoire vertébro-basilaire (ataxie, troubles
                    visuels, diplopie, dysarthrie, troubles de la déglutition…)
                  ¼ les principaux diagnostiques différentiels de l’AIT sont :
                          • migraine avec aura (chez un patient < 40 ans, importance des
                            antécédents de migraine)
                          • crise comitiale partielle avec déficit post-critique (rechercher
                            une morsure latérale de langue)
                          • hypoglycémie
     P r i n c i p a u x d i a g n o s t i q u e s d i ff é re n t i e l s d e l ’ AVC
     c tumeur cérébrale, abcès cérébral, hématome sous-dural : intérêt du scanner
     c méningo-encéphalite herpétique
            ¼ symptômes : déficits multifocaux, troubles de la conscience, signes méningés
            ¼ intérêt du scanner, de la PL et de l’EEG
            ¼ urgence thérapeutique : acyclovir (Zovirax®) IV 15mg/kg/8h
     c dissection artère vertébrale ou carotidienne
             ¼ diagnostic évoqué devant un AIT ou un AVC, associé à une douleur
                    cervicale du même côté et des céphalées, chez un sujet jeune sans
                    facteur de risque
                  ¼ le diagnostic repose sur : artériographie, angio-IRM

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     c thrombophlébite cérébrale
            ¼ évoquer devant un AVC notamment chez une femme jeune (post-
                   partum, prise d’oestroprogestatifs) présentant des céphalées et de la
                   fièvre, des crises comitiales
                 ¼ le diagnostic repose sur : artériographie, angio-IRM
     C - Gravité
     c âge
     c étendue de l’infarctus au scanner
     c survenue rapide de troubles de la vigilance
     c déviation de la tête et des yeux
     c asymétrie des pupilles

     D - Traitement
     Le diagnostic se fait aux urgences. Le patient est ensuite hospitalisé en service
     de médecine. Rarement, le patient est transféré en réanimation lorsqu’une intu-
     bation a été nécessaire.

     Maintien des fonctions vitales
     c assurer la liberté des voies aériennes : aspiration gastrique, oxygène, intubation
         si besoin
     c contrôle de la pression artérielle : il existe souvent durant les 2-3 premiers
         jours une hypertension réactionnelle
     c attention, ne pas faire baisser brutalement la pre s s i o n a r t é r i e l l e, en raison
       du risque d’hypoperfusion au niveau de la zone ischémiée. Ne traiter que
       pour des chiffres > 200/120 mm Hg.
     c pas d’alimentation orale pendant les premiers jours, en cas de troubles de la
       vigilance, ou de la déglutition (absence de réflexe nauséeux), ou de vomissements
     c lutter contre la déshydratation, en apportant 1-1.5 L de liquide par jour
     c équilibre d’un diabète, si nécessaire en recourant pendant quelques jours à
       l’insuline

     Tr a i t e m e n t h é p a r i n i q u e
     c A d o s e c u r a t i v e : en l’absence de données formellement validées par des
         essais thérapeutiques, il est logique d’envisager un traitement par héparine,
         toujours après avoir éliminé un AVC hémorragique et en l’absence de contre-
         indication absolue (troubles de la vigilance, déficit massif, HTA non contrôlée,
         thrombopénie) dans quelques indications :
               ¼ thrombophlébite cérébrale
               ¼ dissection artère cervicale

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     128 > Syndromes neurologiques déficitaires >

             ¼ AIT à répétition (en quelques jours)
             ¼ AIT ou AVC avec cardiopathie emboligène
             ¼ AIT ou AVC avec une sténose carotidienne serrée (> 70%)
     L’héparine non fractionnée à la seringue électrique est pour l’instant préférée
     aux HBPM.
     Aux urgences, en cas de doute, il vaut mieux attendre le lendemain matin pour
     débuter une héparinothérapie après avis du neurologue et prescrire 250 mg
     d’aspirine.
     c A d o s e p r é v e n t i v e : par contre, les HPBM sont indiquées chez tous les
       patients alités pour diminuer le risque de thrombose veineuse profonde (évalué
       entre 30 et 75% chez les patients hémiplégiques).

     Nursing
     c C’est le traitement capital
             ¼ prévention des escarres (matelas à eau, changement régulier de
                position, massages des points de compression)
             ¼ lever au fauteuil et kinésithérapie motrice (et rééducation orthophonique
                si nécessaire) dès que possible
             ¼ prévention de la fixation en position anormale des segments de
                membres
             ¼ dépister et traiter une infection pulmonaire, une infection urinaire
                (mise en place d’une sonde urinaire en cas de rétention)
             ¼ prise en charge psychologique du patient et de la famille




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
Ta b l e a u       nstallation      contexte-terrain            examen en urgence                    Diagnostics              traitements
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             GUMC-2009




                                                 compression                                                                                     2 hernie discale
                                                                                                                     TDM ± I R M                                                v i s n e u ro c h i r u r g i c a l
                                                  médullaire                           traumatique            2
                                                                                                                                                 2 fracture du rachis 2
                                                                                  2                                                              2 contusion médullaire
                                                 • syndrome 2           aigu                                                                     2 hématome épidural
                                                  rachidien                      2
                                                                                         v a s c u l a i re   2              IRM                 2 infarctus médullaire 2          traitement
                                                                                                                                                                                 symptomatique
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             16/02/09




                                                 • syndrome
                                                   lésionnel
                                                 neurogène
                                                  radiculaire                                                     Rx Rachis + TDM
                                                                                                                                  2 Spondylodiscite                      2                 AT B
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             10:02




                                                                                           fébrile            2        ± IRM        (pas de PL++)
                                                 • syndrome 2 s u b - a i g u 2
                                                     sous                    2
                                                                                        apyrétique
                                                                                                                                        2 Tumeur                                avis neurochirurgical
                                                  lésionnel                                                   2 R x R a c h i s + I R M 2 Myélopathie cervi- 2                       ±corticoides
                                                                                                                                        2 cale discale
                                                                                                                                          Hernie
                                                  • troubles
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             Page 129




                                                 spinctériens




                                                                                      post-infectieux ou
                                                                                                                                                   S dr
                                                                                                                                                                                                                                     d é f i c i t a i re ( b i s ) : p a r a p l é g i e




                                                                                           vaccinal
                                                                                                              2               LCR
                                                                                                                                                    e     i la                         avis Réa.
                                                  syndrome       2     aigu      2                                                               2 dy nG uolm ien B a r r é 2
                                                 neurogène
                                                                                       •alcoolique
                                                 périphérique
                                                                                       •diabétique            2      i n t e r ro g a t o i re                           2      traitement étiologique
                                                                                                                                                 2 Polynévrite
                                                                                                                                                                                                                       P r i s e e n c h a r g e d ’ u n s y n d ro m e n e u ro l o g i q u e




                                                                 2   s u b - a i g u 2 •toxiques, médica-
                                                                                       ments
                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Syndromes neurologiques déficitaires> 129




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     130 > Céphalées>

                 Prise en charge d’une Céphalée aiguë




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                                                                      E. Roupie, E. Hinglais, J.L. Lejonc
     1 c Hémorragie méningée

     A - Définition

         Il s’agit de la présence de sang dans les espaces méningés. Lorsqu’elle est
     associée à un hématome intracrânien, il s ’agit d’une hémorragie cérébroméningée.
         L'hémorragie méningée est consécutive à la rupture d'un anévrysme artériel
     ou d'une malformation artério-veineuse.
         Pathologie survenant dans 50% des cas chez des patients jeunes, sa mortalité
     est élevée (1/3 décèdent brutalement).

     B - Points importants

     C'est une urgence diagnostique, le patient peut s'aggraver très rapidement
     (coma, engagement cérébral et décès).
     Diagnostic
     c diagnostic à évoquer systématiquement devant une céphalée b r u t a l e,
        violente, survenant souvent à l'effort. La forme clinique la plus démonstra-
        tive est celle d'une céphalée en coup de poignard irradiant dans la nuque au
        court d'un effort (coït, défécation).
     c signes d'accompagnement fréquents mais non constants : vomissements,
       nausées, l e u r a b s e n c e n ' é l i m i n e p a s l e d i a g n o s t i c.
     c rechercher un syndrome méningé non fébrile : peut être lent à apparaître.
       Une fébricule à 37°5-38°C est classique.
     c le premier examen à effectuer est un scanner cérébral sans injection (le produit
       iodé masquerait les signes scannographiques d'hémorragie méningée). Deux
       possibilités :
             ¼ le diagnostic est confirmé par le scanner du crâne : dans ce cas, la
                 ponction lombaire (P.L.) n'est pas nécessaire
             ¼ le scanner est douteux : une P.L. est effectuée, retrouvant un liquide
                 hémorragique sur les 3 tubes, non coagulable, ou un liquide teinté
                 (rouille = xanthochromique).
     c devant un scanner et un examen neurologique normaux, savoir hospitaliser
       le patient pour surveillance, réévaluation et décision de P.L. différée (à 24h00
       avec recherche de pigments xanthochromiques).
     c toute hémorragie méningée doit bénéficier d'une exploration angiographique
       et d'une surveillance en milieu neurochirurgical




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     132 > Céphalées >

     Pièges
     c hémorragie méningée chez un migraineux chronique : doit être systémati-
       quement évoquée et recherchée en cas de modification des caractéristiques
       de la céphalée. Toujours rechercher une installation inhabituelle et/ou brutale.
     c coma : rechercher par l'anamnèse (témoins) les circonstances de survenue
       (chute brutale précédée de céphalées ?...)
     c déficit neurologique brutal chez un patient jeune : cet accident vasculaire
       cérébral est une hémorragie cérébro-méningée jusqu'à preuve du
       contraire....
     c hémorragie méningée post-traumatique : survient à l'occasion de traumatis-
       mes crâniens, parfois peu sévères. Importance considérable de rechercher les
       circonstances du traumatisme qui peut être secondaire à la rupture d'un ané-
       vrysme ! L'interrogatoire du patient et des témoins est fondamental ("Avez-
       vous eu des céphalées avant?"..., "l'accident est-il survenu dans des circons-
       tances claires ?")
     Hospitalisation
     c hémorragie méningée confirmée : neurochirurgie.
     c au moindre doute, malgré un scanner et une P.L. non contributifs, garder le
       patient en observation.

     C - Traitement

     c il est du domaine neuro-vasculaire.
              ¼ aux urgences :
                     • antalgiques
                     • surveillance
                     • traitement symptomatique si aggravation
                          - anti-épileptiques.
                          - intubation-ventilation si nécessaire.
     c confier le patient aux neurochirurgiens le plus vite possible




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                                                      E. Roupie, E. Hinglais, J.L. Lejonc
     2 c Méningites aigues

     A - Définition
          Syndrome infectieux s'accompagnant d'une atteinte inflammatoire des
     méninges avec présence de plus de 10 cellules / ml dans le liquide céphalo-rachidien
     (LCR). Si la cause la plus fréquente est virale (méningite lymphocytaire bénigne), la
     gravité est liée aux causes bactériennes qui doivent être systématiquement éliminées.
          L'existence d'une méningite associée à des signes neurologiques déficitaires
     doit faire évoquer une méningo-encéphalite ou un abcès cérébral qui sont des
     atteintes extrêmement graves du système nerveux central (engageant le pronostic
     vital et fonctionnel dans un délai bref).

     B - Points importants

     Diagnostic
     c le diagnostic est clinique : céphalées, fièvre, raideur de nuque, photophobie,
       patient couché en chien de fusil (position foetale), signe de Kernig,
     c le diagnostic est établi par la ponction lombaire (PL),
     c un tableau de méningite bactérienne implique une antibiothérapie urgente,
       après la PL. LCR dans 3 tubes (cytologie, chimie, bactériologie). Un 4ème tube
       est mis au réfrigérateur pour réaliser d'éventuelles recherches complémentaires
       (PCR herpès...). 5 gouttes suffisent pour chaque tube. Des hémocultures sont
       également à réaliser.
     Points clés
     c examen du LCR : nombre et type de cellules (lymphocytes et/ou polynucléaires),
       le rapport glycorachie/glycémie, la protéinorachie, l'examen direct à la recherche
       de bactéries ; culture systématique,
     c antibiothérapie guidée par les résultats du LCR,
     c scanner obligatoire avant PL s'il existe un signe neurologique déficitaire. Si
       lésion expansive intra-crânienne (abcès, tumeur...) : contre-indication à la PL
       (la ponction sera effectuée en sous-occipitale par un neurochirurgien).
     Pièges
     c syndrome méningé infectieux à PL normale : surveillance en milieu hospitalier
       et savoir répéter la PL en dehors de la découverte d'un autre diagnostic,
     c toujours vérifier si le patient n'a pas reçu d'antibiothérapie dans la semaine
       précédente (les résultats de la PL seront modifiés : méningite décapitée),
     c présence d'une méningite clinique avec lésions purpuriques ± signes de choc
       = purpura fulminants (méningocoque). Urgence majeure à l'antibiothérapie
       (amoxicilline) qui précède la PL. La PL peut présenter des anomalies minimes
       au début (voir un LCR normal pouvant fourmiller ou non de méningocoques).
       Transfert en réanimation. Déclaration obligatoire, traitement de tous les
       sujets contacts (Rifampicine),
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     134 > Céphalées >

     c patient immunodéprimé (HIV + ) : demander, en plus, un examen du LCR
       avec encre de chine (cryptocoque).

     C - Traitement
     c hospitalisation systématique de toutes méningites jusqu'à disparition de la
       fièvre sous traitement.
     c réanimation pour toute méningite avec l'un au moins de ces signes : altération
       des fonctions supérieures, signes de localisation, état de choc, purpura.
     c Exemple : méningite à pneumocoque (la plus fréquente chez l'adulte)
           ¼ Traitement habituel : amoxicilline 200 mg/kg/jour en 3 perfusions
           ¼ Attention si :
                    • Suspicion de pneumocoque à sensibilité diminuée à la Pénicilline
                      (PSDP)
                         - vie ou travail en crèche, splénectomisés, drépanocytaires,
                           immuno-déficients.
                    • Présence de signes de gravité (choc, troubles de conscience).
             ¼ Le traitement doit comprendre : C3G (Cefotaxime = 200-300
               mg/kg/jour en 4 perfusions) + Vancomycine (40 à 60 mg/kg/jour en
               perfusion continue).




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                                                    Céphalées > 135




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     136 > Urgences rhumatologiques
                                                                                   J. Schmidt, T. Mathevon
     1 c Lombosciatique aigue

     A • Définition

         Symptomatologie traduisant une souffrance radiculaire dans le territoire du
     nerf sciatique, s’exprimant par une douleur dans les dermatomes L5 ou S1.

     B • Points importants
     Diagnostic
     c Le terrain
            ¼ le plus souvent chez un adulte de 30 à 50 ans
            ¼ ATCD fréquents de lumbago ou de lombalgie chronique
            ¼ facteur déclenchant à type d’effort de soulèvement
            ¼ contexte professionnel ou sportif
     c Clinique
            ¼ la douleur
                        • installation brutale (après un effort) ou quelques jours après
                          un lumbago
                        • horaire mécanique, mais influence positionnelle
                        • intensité variable
                        • impulsivité à la toux / défécation
                        • en règle monoradiculaire L5 ou S1, parfois tronquée

             ¼ le S y n d ro m e r a c h i d i e n
                e
                        • debout :
                            - attitude antalgique à type d’inflexion latérale
                            - raideur segmentaire lombaire basse (distance doigts - sol
                              augmentée, indice de Schober diminué)
                            - contracture paravertébrale, point douloureux paravertébral,
                              signe de la sonnette
                        • couché :
                            - signe de Lasègue (douleur reproduite dans le membre
                              inférieur lors de son élévation en extension, pied à angle
                              droit ), positif si 80 °, mais, inconstant (petite hernie discale,
                              hernie foraminale, canal lombaire étroit)

                  L’ e x a m e n n e u ro l o g i q u e : é l i m i n e u n e u r g e n c e c h i r u r g i c a l e




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                                   Urgences rhumatologiques > 137

     c Imagerie
           ¼ pas d’imagerie en dehors de cas précis :
                     • âge > 50 ans
                     • antécédents néoplasiques
                     • fièvre
                     • antécédents traumatiques récents
                     • douleur exquise à la palpation et/ou à la percussion d’une
                       épineuse
                     • si aggravation du tableau douloureux (malgré un traitement
                       médical en cours) ou si douleur persistante après 2 semaines
                       de traitement bien conduit
                           * cliché dorso-lombo-pelvi-fémoral + rachis lombaire de
                             profil
                           * ± cliché centré sur L5 - S1 si sciatique S1
                     • si sciatique hyperalgique, sciatique paralysante ou Sd de la
                       queue de cheval
                     => examen tomodensitométrique (3 derniers disques)
     c Biologie
            ¼ uniquement en cas de suspicion de lombosciatique d’origine non
                discale, en urgence :
                      • NFS (origine infectieuse)
                      • fibrinogène, Protéine C Réactive (origine infectieuse ou
                        inflammatoire)
                      • calcémie (localisations métastatiques)
                      • bandelette urinaire/ECBU, Hémocultures (suspicion de spon-
                        dylodiscite)
                      • glycémie (neuropathie diabétique)
     Pièges
     c Urgences chirurgicales
           ¼ Sd de la queue de cheval, sciatique paralysante
                     • un déficit sensitif modéré (dermatome L5 ou S1), parfois une
                       hypoesthésie ou une anesthésie périanale
                     • souvent un petit déficit contre résistance de la force muscu-
                       laire ne devant jamais atteindre l’impossibilité d’effectuer une
                       flexion dorsale (L5) ou plantaire (S1) du pied => synonyme de
                       sciatique paralysante
                     • réflexe ostéo-tendineux achiléen diminué ou aboli (S1)
                     • troubles génito-sphinctériens => suspicion de Sd de la queue
                       de cheval




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      138 > Urgences rhumatologiques >

     c D i a g n o s t i c d i ff é re n t i e l (rares)
                 ¼ le grand nombre de diagnostics différentiels démontre l’intérêt d’un
                     examen neurologique complet et d’une enquête médicale méticuleuse,
                    l’imagerie ± la biologie orientent alors fréquemment le diagnostic :

                            • sciatiques secondaires non discales
                                 - sciatiques d’origine rachidienne tumorale (métastases)
                                 - spondylodiscites (fièvre, douleur inflammatoire, Sd
                                   inflammatoire, radiologie)
                                 - canal lombaire étroit ou rétréci (sujet âgé, claudication à
                                   la marche, pas de signe de conflit disco-radiculaire,
                                   radiologie)

                            • sciatiques tronculaires ou plexulaires
                                 - abcès de la fesse,
                                 - tumeurs (nerf, fesse, sacrum ou ischion, tumeurs pelviennes)

                            • douleurs des membres inférieurs simulant une douleur radiculaire :
                                 - avec douleur antérieure de la cuisse (pseudo radiculalgie
                                   L3-L4)
                                 - claudication artérielle (à différencier de la claudication
                                   radiculaire du canal lombaire rétréci)
                                 - neuropathie métabolique (diabète)
                                 - polynévrite éthylique ou toxique
                                 - atteinte centrale (SEP, SLA, ischémie ou néoplasie médullaires,
                                   syringomyélie...)


     C - Traitement

     c urgences chirurgicales : neurochirurgie de garde
     c forme commune :
            ¼ mise au repos
            ¼ AINS per os ou IM
            ¼ antalgiques de niveau I ou de niveau II
            ¼ myorelaxants : thiocolchicoside (Coltramyl®), méthocarbamol
                     (Lumirelax®), tetrazepam (Myolastan®), néphénésine (Décontractyl®),
                     voire diazepam (Valium®)




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                               Urgences rhumatologiques > 139

        Conduite à tenir devant une lombosciatique aiguë




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      140 > Urgences rhumatologiques >
                                                                      J. Schmidt, T. Mathevon
      2 c Névralgie cervico-brachiale

     A - Définition
         Symptômes traduisant un conflit disco-radiculaire sur une des racines du
     plexus brachial (C5, C6, C7 ou C8).

     B - Points clés
     Diagnostic
     c Clinique
            ¼ syndrome cervical : douleur violente et insomniante avec enraidissement
                   du rachis cervical, souvent associée à une douleur de l’angle ou le
                   long du bord interne de l’omoplate
                 ¼ syndrome radiculaire du membre supérieur : topographie selon
                   racine intéressée
     c Contexte
           ¼ ATCD fréquents de cervicarthrose symptomatique
     c Une forme grave : la myélopathie cervicale
           ¼ tableau clinique de paraplégie spasmodique d’installation progressive
                     + Sd radiculaire du membre supérieur
                 ¼ elle impose un avis spécialisé

     Pièges
     c N o m b re u x d i a g n o s t i c s d i ff é re n t i e l s
             ¼ douleur par atteinte plexuelle
                         • post-traumatique (accident de la voie publique, post-anes-
                           thésie, paralysie obstétricale)
                         • néoplasique (Sd de Pancoast Tobias)
                         • Sd du défilé costo-scalénique
                 ¼ douleur par atteinte tronculaire
                         • post-traumatique (traumatisme banal, agression mécanique
                           de la vie courante), séméiologie propre au nerf concerné (phrénique,
                           grand dentelé, circonflexe, musculo-cutané, radial, médian,
                           cubital, ...)
                 ¼ douleur par atteinte radiculaire : difficulté diagnostique ; avant tout
                   d’origine néoplasique (envahissement métastatique et/ou épidurite)

     C - Traitement
     c repos et immobilisation par collier cervical avec appui sous-mentonnier
     c antalgiques de niveau II ou III de l’OMS
     c AINS ou Aspirine à dose anti-inflammatoire
     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     3 c Arthrite aigue

     A - Définition
          Inflammation articulaire accompagnée d’un épanchement intra-articulaire
     inflammatoire.
     On distingue :
     • arthrites septiques : présence de germes dans l’articulation
     • arthrites microcristallines (goutte, chondrocalcinose articulaire)
     • arthrites réactionnelles (origine infectieuse aseptique) et arthrites rhumatismales
     B - Points importants
     Diagnostic
     c Clinique
            ¼ début brutal, douleur intense et permanente, impotence fonctionnelle
                totale, contexte fébrile
             ¼ épanchement intra-articulaire
     c Radiologie
            ¼ contours osseux normaux (stade aiguë)
            ¼ liseré d’incrustation calcique (chondrocalcinose articulaire)
            ¼ épaississement des parties molles
            ¼ signes d’épanchement intra-articulaire
     Orientation diagnostique
     c Arthrite septique
       “Une arthrite aiguë est d’origine septique jusqu’à preuve du contraire”
           ¼ prendre en compte le contexte et rechercher :
                     • porte d’entrée infectieuse : geste local (infiltration, arthrographie,
                       arthroscopie, ...)
                     • point de départ infectieux à distance : ORL, pulmonaire, dentaire,
                       digestif, ...
                     • cancer, corticothérapie ou immunosuppresseurs
                     • un second foyer septique : endocardite infectieuse
                     • arguments pour gonocoque : rapport sexuel contaminant,
                       signes génito-urinaires ou cutanés
           ¼ ponctionner l’articulation avant toute antibiothérapie :
                     • liquide articulaire trouble, voire purulent, non visqueux
                     • riche en éléments (> 30 000 éléments/mm3, souvent 50 000
                       ou + éléments/mm3), dont 95 % de polynucléaires neutrophiles
           ¼ affirmer l’origine infectieuse :
                     • examen direct du liquide (coloration Gram) et mise en culture
                     • staphylocoque aureus suspecté en premier, mais selon l’âge
                       (gonocoque/sujet jeune) ou le point de départ, on suspecte
                       un pneumocoque (ORL, pulmonaire), un streptocoque (dentaire,
                       ORL), un BGN (digestif, génital), ...
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      142 > Urgences rhumatologiques >

     c A r t h r i t e m i c ro c r i s t a l l i n e
                ¼ goutte
                    • antécédents = arthrite (MTP gros orteil, ...), lithiase urinaire,
                      hyperuricémie connue, tophus
                    • mise en évidence d’un facteur favorisant : diurétique thiazidique,
                      insuffisance rénale chronique, lyse cellulaire (hémopathie maligne)
                    • microcristaux d’urate monosodique dans le liquide articulaire
            ¼ chondrocalcinose articulaire
                    • antécédents : arthrites (genoux, poignets)
                    • liseré d’incrustation calcique (cartilages articulaires),
                      méniscocalcinose
     c Arthrites réactionnelles et arthrites rhumatismales
     Pièges
     c les AINS et les corticoïdes peuvent atténuer les signes inflammatoires locaux
         et les signes infectieux généraux d’une arthrite septique aiguë
     c rechercher une antibiothérapie “ intempestive ” qui peut décapiter une arthrite
         septique
     c les formes oligo- voire polyarticulaires d’arthrites septiques sont possibles
     c distinguer un hygroma (genou/coude) d’une arthrite : pas de ponction articulaire
         en cas d’hygroma
     D - Traitement
     Arthrite septique
     c traiter rapidement :
             - antibiothérapie synergique, bactéricide, prolongée
             - 2 exemples d’antibiothérapie de première intention (avant les résultats
     microbiologiques)
     c infection communautaire = staph. méti-S : cloxacilline (Orbénine®) IV 100
       mg/kg/j + péfloxacine (Péflacine®) PO 800 mg/j
     c infection nosocomiale = staph. méti-R : rifampicine (Rifadine®) PO 25-30
       mg/kg/j + fosfomycine (Fosfocine®) IV 12 g/j
           Puis traitement en fonction du germe et de l’antibiogramme
     c immobiliser l’articulation et prévoir un geste de décompression (drainage/
       lavage articulaire)
     c traiter la porte d’entrée
     c traiter la douleur (antalgiques de niveau II ou III de l’OMS)
     A r t h r i t e m i c ro c r i s t a l l i n e
     c goutte : colchicine, 1mgx3 J1, 1mgx2 J2, 1mg les jours suivant
     c chondrocalcinose : AINS

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                                      Urgences rhumatologiques > 143

      C o n d u i t e à t e n i r d e v a n t u n é p a n c h e m e n t i n t r a - a r t i c u-
                    l a i re d u g e n o u ( t r a u m a t i s m e s e x c l u s )




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     144 > Traumatologie >
                                                      E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lelonc
     1 c Petites plaies

     A - Définition

     Une effraction cutanée ou muqueuse se définit cliniquement par :
          • la profondeur
          • le mécanisme lésionnel
          • l’aspect de la plaie
          • son siège
     Ces notions vont permettre un diagnostic guidant le traitement : cicatrisation
     dirigée, suture, exploration chirurgicale et les traitements adjuvants.
     B - Points importants

     c Schématiquement on peut distinguer des lésions par section et par
       écrasement :
            ¼ par section : la plaie est nette et les lésions associées (vasculo-nerveuses
              ou tendineuses) sont au premier plan
            ¼ par écrasement : la plaie est contuse, déchiquetée, rendant des
              lésions osseuses possibles et le problème plastique est là au premier
              plan
            ¼ le mécanisme peut être mixte
     c On portera une attention particulière à certaines localisations anatomiques
           ¼ lorsque le trajet tendineux, nerveux ou vasculaire est superficiel (les
                mains, les plis de coude, le creux poplité...)

     c L’ a b o rd i n i t i a l d ’ u n e p l a i e h é m o r r a g i q u e
               ¼ il doit proscrire tout garrot au bénéfice d’un pansement compressif.
               L’interrogatoire précise le type de saignement (en nappe ou en jet),
               la préexistence d’un trouble de l’hémostase et l’existence possible de
               corps étrangers (gravillons, verre) dont l’ablation est à réaliser.
             ¼ cela permet aussi de préciser le siège de la lésion et donc l’éventualité
               d’un trajet vasculaire sous-cutané.
     c Ne pas s’arrêter à la plaie
           ¼ elle est témoin d’un traumatisme et il faut préciser l’existence de
                traumatismes associés : traumatisme crânien lors d’une plaie de
                scalp ou du front, l’existence de plusieurs plaies...
     c Un cas particulier : la main
           ¼ la tension élastique de la peau est importante ; surtout à la face dorsale.
                La face palmaire a une plus grande richesse nerveuse et vasculaire



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                 ¼ les éléments cutanés sont exposés aux lésions associées :
                             • lésions tendineuses : la plaie se produisant alors que la main
                               est dans une position différente de celle de l’examen, l a
                               p l a i e t e n d i n e u s e s e t ro u v e s o u v e n t d é c a l é e par rapport
                               à l’atteinte cutanée. Le testing à distance doit être entrepris avant
                               l’exploration de la plaie et devra être répété lors du suivi. Il faut
                               tester phalange par phalange, en sachant que la flexion est
                               assurée par l’interosseux et les lombricaux pour P1, par le
                               fléchisseur superficiel pour P2 (P1 doit être en extension et
                               les autres doigts bloqués) et par le fléchisseur profond pour
                               P3. L’extension de P1 est due à l’extenseur, celle des 2ème et
                               3ème phalanges, aux interosseux et aux lombricaux
                             • les lésions vasculo-nerveuses sont à rechercher lorsque la
                               plaie siège en regard du canal carpien et des faces latérales
                               des doigts. Là encore le testing d’aval reste le temps primordial
                               de l’examen clinique
     C - Pronostic
     c Toute lésion associée (tendineuse, vasculo-nerveuse) ou même suspectée
        d o i t ê t re e x p l o r é e e n m i l i e u c h i r u r g i c a l e t n o n a u x u r g e n c e s . Même si
        cela se fait en bloc septique, les conditions d’asepsie sont meilleures qu’aux
        urgences. Cela permet également un confort du malade (anesthésie loco-régionale,
        générale) et le suivi immédiat doit être rapproché et chirurgical.
     c L’ a t t i t u d e s e r a l a m ê m e l o r s d ’ u n e p e r t e d e s u b s t a n c e i m p o r t a n t e o u
        i n t é re s s a n t u n p l i d e f l e x i o n (risque de rétraction).
     c L o r s d e t o u t e p l a i e , il est fondamental de s’assurer de l’état des vaccinations
        tétaniques. Le moindre doute entraînera la prescription de gammaglobulines.
     c L e p ro n o s t i c e s t f o n c t i o n n e l e t e s t h é t i q u e : la cicatrisation se fait en deux
        phases : la cicatrisation proprement dite qui aboutit au retour d’une résistance
        mécanique suffisante en 15 jours environ et une phase d’activité biologique
        intense qui dure entre 6 et 12 mois, aboutissant à une cicatrisation fibreuse
        sous-cutanée, soit excessive (chéloïdes), soit créant une rétraction. Ne pas
        prendre en compte ces éléments mécaniques et esthétiques peut aboutir à
        une cicatrisation plus catastrophique que “l’abstention thérapeutique”.
     D - Traitement
     L a s u t u re
     c lors de la suture d’une plaie, plusieurs phénomènes sont à considérer. D’une
        part, au niveau de la peau, en plus des tensions élastiques de voisinage, la
        plaie a tendance à s’invaginer, ce d’autant que la suture n’aura pas éversé les
        bords de la plaie et que la tension sur les berges sera forte.



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      146 > Traumatologie >

        D’autre part, il y a formation d’un caillot qui, selon la théorie de Gillmann, va
        à l’encontre de la fermeture de la plaie, puisqu’il provoque une véritable coulée
        épidermique, sur la tranche dermique créant à terme un “hiatus dermique”.
     c en pratique, le réel point d’appui d’une suture est dermique, éversant ainsi
       les berges. La tension des fils peut être soulagée par des bandelettes adhésives
       micro-poreuses qui réalisent, de plus, l’affrontement épidermique. Pour éliminer
       tout caillot, il faut faire dans les premiers jours, des pansements humides
       légèrement compressifs réalisant un véritable buvard.
     c enfin, l’ablation des fils se fait à une durée dépendant de la sollicitation
       mécanique et du préjudice esthétique. Ces deux notions sont inversement
       proportionnelles : lorsque le préjudice esthétique est majeur et la tension
       élastique faible, l’ablation doit avoir lieu au maximum à 4 jours (visage).
       Lorsque le préjudice esthétique est faible et la contrainte mécanique est
       importante, les fils doivent être en place 15 jours.

     La cicatrisation dirigée
     c lors de perte de substance ou de tension mécaniques trop forte, en dehors
        des éléments pronostiques déjà cités plus haut, il faut préférer la cicatrisation
        dirigée. Celle-ci réalise une réparation spontanée qui aboutit à des résultats
        esthétique et fonctionnel supérieurs à ceux d’une greffe : le revêtement
        obtenu est en effet sensible. Diriger une cicatrisation est, dans un premier temps,
        la stimulation du bourgeonnement par des pansements “pro-inflammatoires”
        (pansements humides, baume du Pérou, Vaseline...) et, secondairement, si
        besoin en freinant ces phénomènes (corticotulles, biogaze...).

     Les traitement adjuvants
     c l’anesthésie locale doit toujours être recherchée. Selon l’importance et le
       siège, elle peut se compléter par une antalgie par voie générale, une anesthésie
       tronculaire.
              ¼ la lidocaïne(Xylocaïne®) spray à 5% doit être le premier réflexe et il
                 faut savoir attendre 10 minutes avant toute autre intervention. Un
                 complément par Xylocaïne® 1% injectable, (jamais à 2% et surtout
                 jamais adrénaliné) est souvent nécessaire.
     c la désinfection et le débridement doivent être soigneux. La Bétadine® ou la
       Chloréxidine sont couramment utilisées. Cette dernière a l’avantage d’être
       incolore évitant de masquer l’exploration. Il s’agit ensuite de réaliser l’ablation
       des corps étrangers, des tissus non vascularisés et des caillots.
     c l’antibiothérapie par voie générale ne se justifie que lorsqu’il y a des signes
       généraux d’infection (fièvre, adénopathies) ou des signes locaux d’inflammation
       ou de suppuration, c’est à dire en cas de plaies vues tardivement, ou de complications
       secondaires. Cas particulier : les morsures (cf. infra).
     c l’immobilisation ou la contention sont à associer en cas de zone de forte
       contrainte mécanique.


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     U n e p l a i e v u e t a rd i v e m e n t (supérieur à 6 heures)
     c elle ne doit bénéficier que d’une cicatrisation dirigée ou d’un parage chirurgical.

     L e s m o r s u re s
     c plusieurs problèmes se posent :
             ¼ il s’agit d’une plaie de mécanisme mixte (section et compression) et
                   il est licite de proposer une exploration chirurgicale d’emblée. Celle-ci
                   présente les avantages conjugués d’un diagnostic lésionnel fiable et
                   d’un lavage correct. En cas de plaie simple, un lavage abondant doit
                   être pratiqué et la cicatrisation dirigée est de mise.
                 ¼ la validité de la vaccination antitétanique est à rechercher. Par ailleurs,
                   la vaccination antirabique de l’animal est fondamentale. Il ne faut
                   pas hésiter à orienter les patients vers un centre antirabique au
                   moindre doute.
                 ¼ l’antibiothérapie est systématique par amoxicilline-acide clavulanique
                   (Augmentin ®) : 1 g 500 chez l’adulte pendant 10 jours.
     L e s c o m p l i c a t i o n s d ’ u n e s u t u re s o n t
     c l a d é s u n i o n , qui est consécutive à un fil retiré trop tôt, d’une infection larvée
         ou d’une nécrose cutanée. Si la plaie est propre, de simples bandelettes
         adhésives microporeuses suffisent. On préférera une cicatrisation dirigée si la
         désunion est consécutive à une infection. En cas de nécrose ou d’infection
         évoluée, on fera pratiquer alors une excision chirurgicale.
     c l ’ i n f e c t i o n pour laquelle il faudra faire des soins locaux répétés (on peut être
         amené à retirer un point ou deux pour éviter la formation d’un abcès) et à une
         surveillance des signes généraux d’infection. Lorsqu’ils surviennent, l’antibiothérapie
         per os est alors indiquée, après un prélèvement bactériologique, associée à
         des pansements itératifs.
     c l a n é c ro s e c u t a n é e : elle est consécutive à une peau initialement écrasée,
         déchiquetée, mais aussi à une suture trop tendue responsable d’une ischémie
         cutanée. Le traitement dépend de l’importance et du siège de la lésion et
         peut comprendre l’excision et la cicatrisation dirigée ou le parage chirurgical.




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      2 c Tr a u m a t i s m e s c r a n i e n s

     A - Définition
          Le traumatisme crânien est un mécanisme lésionnel. L’atteinte du contenant
     (le crâne fut-il fracturé) est au second plan de l’atteinte du contenu. L’urgence
     est à la recherche d’une lésion cérébrale associée.

     B - Points importants
     c L a re c h e rc h e d ’ u n e l é s i o n c é r é b r a l e a s s o c i é e e s t l a c l a s s i f i c a t i o n c l i n i q u e
         d e s p a t i e n t s e n f o n c t i o n d e s c r i t è re s d e M a s t e r s .
     c Cette classification permet des indications d’imagerie complémentaires.
         S e u l l e s c a n n e r c é r é b r a l d o i t ê t re a l o r s p r a t i q u é .

     L’ a n a m n è s e d e l ’ a c c i d e n t
     c Celle-ci doit être vérifiée auprès du patient et de l’entourage, précisant la
         cinétique du choc et l’existence d’une perte de connaissance initiale dont la
         durée doit être chiffrée.

     L’ e x a m e n c l i n i q u e
     c l’examen neurologique doit explorer notamment les grandes voies pyramida-
         les et l’ensemble des paires crâniennes. Il précise également l’existence de
         points d’impact céphaliques (plaie du scalp, traumatisme facial...). Enfin il
         recherche d’autres lésions dues au traumatisme.
     c I l n e f a u t p a s m é c o n n a î t re l e s l é s i o n s a s s o c i é e s
               ¼ un traumatisme cérébral s’accompagne fréquemment d’un mouvement
                    contrarié du rachis cervical expliquant ainsi une association fréquente
                    entre traumatismes du crâne et traumatismes du rachis cervical. La
                    recherche de cette association lésionnelle doit être systématique, en
                    particulier chez le patient alcoolisé.
                  ¼ lors d’un trouble de conscience témoignant d’une atteinte cérébrale,
                    la tension périphérique est élevée pour maintenir le débit sanguin
                    cérébral. Une tension normale ou basse chez un tel patient, peut
                    témoigner d’une profonde hypovolémie, (la rupture splénique associée
                    est alors à rechercher et passe en priorité)
                  ¼ a contrario, certaines présentations sont trompeuses et ne doivent
                    pas faire oublier un traumatisme crânien, comme par exemple un
                    traumatisme facial ou une présentation d’intoxication éthylique
                    responsable de traumatisme.
                  ¼ une plaie du scalp est toujours à rechercher et doit être suturée en
                    urgence car elle est souvent très hémorragique

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     c L’ é t a t d e c o n s c i e n c e s e j u g e p a r l e s c o re de Glasgow (cf Chap VI • 1)
                 ¼ il se côte de 3 à 15, en additionnant les scores obtenus sur les sollicitations
                     verbales, oculaires et motrices. Il est important, sur l’observation, de
                     mettre à côté du score final les 3 chiffres obtenus, ce qui permet de suivre
                     au mieux, quel que soit l’examinateur, l’évolution de la conscience.
     c D e c e s é l é m e n t s c l i n i q u e s v a p o u v o i r ê t re t i r é e u n e c l a s s i f i c a t i o n d e s
         traumatisés du crâne (Masters)



       • GROUPE 1 :
       Patients asymptomatiques, ou présentant des céphalées, des sensations
       ébrieuses, des hématomes, des blessures ou une abrasion du scalpe et l’absence
       de signes des groupes 2 et 3.


       • GROUPE 2 :
       Il s’agit soit d’une modification de la conscience au moment de l’accident ou
       dans les suites immédiates, l’existence d’une intoxication concomitante
       (alcool), lorsque l’histoire des circonstances est peu fiable, l’existence après
       l’accident, soit de céphalées progressives, d’une crise comitiale, de vomissements,
       d’une amnésie. Sont également du groupe 2 tout patient présentant un
       polytraumatisme ou des lésions faciales sévères, des signes de fracture basilaire,
       une possibilité de fracture avec dépression ou lésion pénétrante au niveau de
       la voûte, et enfin tout enfant de moins de 2 ans ou lors d’une suspicion de
       maltraitance.


       • GROUPE 3 :
       Lors d’une altération du niveau de conscience (à l’exclusion d’une cause toxique
       ou d’une comitialité), lors de signes neurologiques focaux, lorsque existe une
       diminution progressive de l’état de conscience, d’une plaie pénétrante ou
       d’une embarrure probable.


     c Pour indication :
             ¼ pour le groupe 1 : aucun examen complémentaire ne doit être pratiqué
             ¼ pour le groupe 3 : un scanner cérébral doit être pratiqué en urgence
             ¼ pour les patients du groupe 2, l’attitude est plus au cas par cas



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     150 > Traumatologie >

     C - Pronostic

     Ils sont déterminés par la classification Masters puisque les patients du groupe
     1 ont un risque faible, à l’opposé les patients du groupe 3 sont à risque très
     élevé, justifiant une prise en charge neurochirurgicale immédiate. (Le transfert
     doit s’effectuer sous surveillance médicalisée, en position proclive et avec les
     manoeuvres de réanimation symptomatiques nécessaires).

     D - Traitement

     c Là encore la classification de Masters permet de distinguer :
            ¼ pour les patients du groupe 1, l’abstention de tout autre examen
               complémentaire et un retour à domicile avec un traitement symptomatique
               (antalgiques en cas de céphalées) et sous couvert d’une possibilité de
               surveillance par l’entourage après avoir expliqué les symptômes
               d’alerte (modification de la conscience, céphalées d’intensité croissante,
               vomissements, apparition de signes fonctionnels ou déficitaires
               neurologiques)
             ¼ pour les patients du groupe 2, l’hospitalisation pour surveillance
               reste de mise. Les éléments thérapeutiques sont les mêmes que ceux
               du groupe 1
             ¼ enfin, les thérapeutiques des lésions associées sont à faire dans le
               même temps




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                                                                              E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lelonc
      3 c Tr a u m a t i s m e s r a c h i d i e n s

     A - Définition

          Dans ce cadre, la définition sera double. D’une part, il s’agira, parallèlement,
     de définir l’existence d’une lésion ostéo-articulaire et, d’autre part, l’existence
     d’une lésion médullaire ou de sa possible apparition secondaire. En effet, si la
     lésion médullaire peut être initiale (section, déchirement), l’apparition d’une
     lésion médullaire peut être secondaire à un phénomène compressif (hématome du
     à la fracture ou à une lésion vasculaire) ou anoxique (due à une lésion vasculaire).

     B - Points importants

     c L’ a b o rd i n i t i a l d e t o u t t r a u m a t i s é d u r a c h i s j u s t i f i e u n e i m m o b i l i s a t i o n
         dans le respect de l’axe, tête, cou, tronc, (le port du collier est obligatoire )

     L’ e x a m e n c l i n i q u e “ d e d é b ro u i l l a g e ” v a s e b a s e r s u r d e u x p o i n t s
     c l’ i n t e r ro g a t o i re : il va retracer le mécanisme lésionnel, la cinétique du choc,
        ’
         l’existence d’une zone douloureuse et de signes fonctionnels neurologiques
     c l ’ e x a m e n c l i n i q u e e s t a l o r s u n e x a m e n n e u ro l o g i q u e : il va rechercher
         avant tout une atteinte de la sensibilité dont il sera fondamental de préciser
         le niveau métamérique. Cet examen devra être minutieusement colligé, allant
         des racines sacrées jusqu’à au moins C5, car, dans certains cas, cet examen
         sera à répéter. Il est également à rechercher des atteintes sphinctériennes
         (globe vésical, sensibilité péri-anale et toucher rectal) et des atteintes motrices.
         Cet examen permettra également d’objectiver des traumatismes associés
     Examens radiologiques
     c c’est un temps fondamental du diagnostic
     c la mobilisation exige un grand nombre de soignants. Il ne s’agit donc pas de
         faire simplement le bon de radio, mais également, d’accompagner le patient
     c les clichés sont au moins une face et un profil comprenant la zone suspect.
         Lorsqu’une localisation est imprécise, il est licite de demander un rachis complet
     c à propos d’incidence de radiologie, plusieurs choses sont à savoir :
            ¼ du fait de la mandibule, une face de rachis cervical ne peut comprendre
                      les deux premières vertèbres. Cela justifie systématiquement un cliché
                      de face bouche ouverte qui est, simplement, un complément du
                      rachis cervical de face. Des clichés de 3/4 articulaire gauche et droit
                      complètent le bilan radiologique. Sur le profil, l’ensemble du rachis
                      doit être visualisé justifiant que les membres supérieurs du patient
                      soient systématiquement tirés pour dégager la charnière cervico-dorsale
                                                     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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      152 > Traumatologie >

                   ¼ un rachis lombaire de face est centré sur L2. Du fait de la courbure
                      physiologique, L5 est vu en fuite et son analyse est impossible.
                      Cette charnière lombo-sacrée est, par contre, parfaitement centrée
                      sur un cliché de bassin de face
     Pièges
     c un traumatisme cérébral s’accompagne fréquemment d’un mouvement
        contrarié du rachis cervical. Ceci explique une association fréquente entre
        traumatismes du crâne et traumatismes du rachis cervical. La recherche de
        cette association lésionnelle doit être systématique, en particulier chez le
        patient alcoolisé.
     c la ceinture de sécurité
               ¼ sans en retirer ses avantages indéniables, pose deux problèmes
                      rachidiens :
                         • d’une part des mouvements brusques du rachis cervical du
                           fait du tronc bloqué au siège et de la décélération de la tête
                         • d’autre part, puisqu’il n’y a que 3 points d’encrage, il peut
                           apparaître des mouvements de torsion du tronc pouvant
                           provoquer des atteintes du rachis lombaire pouvant être soit
                           des tassements vertébraux, soit des fractures horizontales du
                           corps vertébral ou d’un disque (seatbell fracture ou fracture
                           de Chance)

     C • Pronostic

     c L e p ro n o s t i c d e l ’ a t t e i n t e n e u ro l o g i q u e
                ¼ Il dépend de son caractère complet ou incomplet lors d’une lésion
                       primitive, mais aussi de la méconnaissance de l’apparition d’une
                       lésion secondaire.

     c L o r s q u ’ i l e x i s t e u n e f r a c t u re r a d i o l o g i q u e
                  ¼ Il est important de différencier les lésions stables de
                         celles instables.

     c L o r s q u ’ i l n ’ y a p a s d ’ a t t e i n t e o s t é o a r t i c u l a i re r a d i o l o g i q u e
                  ¼ Il peut s’agir là d’entorses ou d’atteintes du disque intervertébral
                       justifiant une consultation entre J7 et J14 pour une évaluation
                       clinique complétée éventuellement par des clichés radiologiques
                       dynamiques.




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     D • Traitement
     L o r s d ’ u n e a t t e i n t e n e u ro l o g i q u e
     c La mise sous corticothérapie est immédiate, puis un transfert en milieu
         neurochirurgical s’impose.
     E n c a s d e f r a c t u re
     c Le traitement doit être décidé et entrepris en milieu chirurgical pour juger de
         la stabilité de la lésion, justifiant alors une surveillance et une antalgie. Cette
         surveillance est, de principe, hospitalière pour la surveillance neurologique de
         l’apparition de tout phénomène compressif secondaire justifiant une laminectomie
         d’urgence.

     c En cas de lésion d’emblée instable, sera discutée la stabilisation chirurgicale.
     E n c a s d e d o u l e u r r a c h i d i e n n e à r a d i o g r a p h i e e t e x a m e n n e u ro l o g i q u e
     normaux
     c Le retour à domicile sera envisagé sous couvert de repos, associé à une prescription
         d’antalgiques. Ces antalgiques pourront être au niveau 1, au niveau 2 des
         recommandations OMS selon l’importance de la douleur. C’est à dire du
         paracétamol seul ou en association avec de la codéine ou du dextro-propoxiphène.




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      154 > Traumatologie >
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      4 c Tr a u m a t i s m e d e l ’ é p a u l e

     A - Définition
          L'épaule se définit comme un complexe articulaire comprenant la clavicule,
     la scapula et l'extrémité supérieure de l'humérus sur le plan osseux et, sur le
     plan articulaire, la sterno-claviculaire, l'acromio-claviculaire et la scapulo-humérale.
          Enfin, deux structures ont un rôle fonctionnel important, la région sous-
     acromiale et la mobilité de la scapula sur le gril costal grâce à un jeu musculaire
     qui s'insère sur le gril costal et le rachis cervical et dorsal.
     L'impotence se définit par :
         • l'impossibilité de la mobilisation active de l'épaule, complète ou partielle
           (dont il faut alors noter les degrés de liberté).
         • Et/ou l'impossibilité de la mobilisation passive.
         • Dans les deux cas, il faut préciser le délai d'apparition après le traumatisme
           de ces éléments s'ils existent.
     La déformation se juge comparativement au membre sein par :
         • l'attitude du traumatisé de l'épaule : coude décollé du thorax, avant-bras
           soutenu par la main controlatérale, tête tournée vers le côté sain.
         • L'existence d'un signe de l'épaulette correspondant à la saillie de l'acromion
           ou d'un coup de hache orientant vers la vacuité de la glène.
         • L'existence d'une saillie de l'acromio-claviculaire ou d'une tuméfaction en
           regard de la sterno-claviculaire.

     B - Eléments importants
     I l f a u t t o u j o u r s re c h e rc h e r u n a u t re s i t e l é s i o n n e l a s s o c i é .
     Notamment thoracique lors d'un traumatisme direct sur la moignon de l'épaule
     et du membre supérieur lors d'un traumatisme indirect.
     L'examen clinique initial diffère selon les éléments retrouvés à l'interrogatoire et
     à l'inspection. Par exemple :
     c Lors d'une présentation clinique bruyante avec une impotence fonctionnelle
         complète, une attitude du traumatisé du membre supérieur, il faut rechercher
         les lésions vasculo-nerveuses d'aval et les radiographies seront le premier temps,
         dont les incidences sont guidées par la palpation, après des mesures antalgiques.
     c Lors d'une présentation clinique moins bruyante, il faut laisser le patient se
         déshabiller afin de noter les amplitudes articulaires possibles et l'examen clinique
         est orienté selon les hypothèses diagnostiques soulevées par l'anamnèse,
         c'est-à-dire le mécanisme lésionnel.
     c Il n'y a pas, à ce jour, d'élément permettant, comme pour la cheville et le genou,
         de se dispenser de radiographie devant un traumatisme récent de l'épaule.


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     L a p re s c r i p t i o n d e r a d i o g r a p h i e :
     En dehors d'incidence plus spécifique devant telle ou telle hypothèse diagnostique,
     les incidences de base sont un cliché de face, un faux profil de Lamy (enfilant la
     scapula de profil) et, si besoin, une clavicule de face.
     A titre indicatif, les différentes lésions sont :
     c les lésions osseuses :
               ¼ la fracture le la clavicule par traumatisme direct sur la clavicule ou le
                 moignon de l'épaule.
               ¼ La fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus par une chute sur
                 le moignon de l'épaule, plus rarement par un traumatisme indirect
                 sur la main ou le coude.
               ¼ La fracture de la scapula par traumatisme direct sur le dos ou par
                 impaction de l'épaule.
     c Les lésions articulaires :
               ¼ Les luxations de la scapulo-humérale.
               ¼ Les luxations de l'acromio-claviculaire.
               ¼ Les entorses de la sterno-claviculaire.

     C • Pronostic
     Dans tous les cas, la région sous-acromiale est mise en tension, engendrant des
     lésions pouvant aller de la simple inflammation à la rupture de la coiffe des rotateurs.
     Ce degré d'atteinte conditionne le pronostic fonctionnel de l'épaule traumatisé,
     en plus du pronostic propre aux autres lésions retrouvées.

     D • Traitement
     L ' a n t a l g i e a u x u r g e n c e s e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e .
     c Elle doit associer l'immobilisation, en respectant l'attitude antalgique, et l'antalgie
       médicamenteuse. Cette dernière se fera en parentérale avec une prescription
       de Paracétamol (Perfalgan®). Cette antalgie peut être complétée, selon l'importance
       de la douleur par de la Morphine en IV.
     c Ces mesures doivent être mises en œuvre avant tout examen clinique ou
       radiologique.

     Les moyens d'immobilisation de l'épaule, à la sortie des urgences sont :
     c L'écharpe qui permet la mise au repos et une limitation des mouvements.
     c Le Mayo-clinique qui associe une écharpe à un blocage du coude au corps.
       Le repos de l'épaule est ainsi plus complet mais n'immobilise que la scapulo-
       humérale et la région sous-acromiale.
     c Le Dujarrier qui, solidarisant le membre supérieur au thorax, est le seul système
       immobilisant l'épaule et qui se justifie ainsi pour le traitement orthopédique
       d'une fracture instable de l'extrémité supérieure de l'humérus.


                                                     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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      156 > Traumatologie >
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      5 c Tr a u m a t i s m e s d u c o u d e
     A - Définition
          L'anatomie du coude rend les axes vasculo-nerveux vulnérables lorsqu'il
     existe un traumatisme pénétrant de cette articulation ou lorsqu'une fracture
     osseuse est déplacée
          Dans les traumatismes fermés, les structutres osseuses sont les plus vulnérables
          L'immobilisation du coude doit être courte et la rééducation précoce du fait
     de l'ankylose rapide de cette articulation
          Quelque que soit la nature du traumatisme, il faut enlever rapidement les
     bagues des doigts

     B - Points importants
     L e m é c a n i s m e d u t r a u m a t i s m e re n s e i g n e s u r l e s l é s i o n s p o t e n t i e l l e s à
     r e c h e rc h e r.
     c Traumatismes directs :
            ¼ en cas de traumatisme pénétrant, il existe un risque vasculo nerveux
                     et l'exploration chirurgicale doit être large
                 ¼ en cas de traumatisme non pénétrant, il faut distinguer la direction
                     du choc :
                          • choc postérieur et inférieur : risque de lésion de la palette humérale
                            et de l'olécrane ainsi que de la bourse séreuse olécranienne
                          • choc latéraux : risque de lésion de l'épicondyle latéral
     c Traumatismes indirects :
            ¼ chute main en avant : les structures les plus exposées sont la tête
                   radiale, la palette humérale. C'est dans ce type de traumatisme que
                   l'on observe les cas de luxation
                 ¼ en cas de mouvement forcé latéral en varus ou en valgus, les ligaments
                   sont les plus exposés
     c en cas de traction du membre supérieur en particulier chez l'enfant, il existe
        un risque de pronation douloureuse
     Examen du coude :
     c l'examen s'effectue si possible en flexion extension puis en pronation supination
             ¼ Les repères normaux du coude sont :
                         • Alignement épicondyle, olécrane, épitrochlée en extension : ligne
                           de Malgaigne
                         • Triangle isocèle de l’épicondyle, olécrane, épitrochlée en flexion :
                           triangle de Nélaton
                 ¼ Une palpation sans douleur localisée n'élimine pas une lésion osseuse;
                   une flexion active indolore du coude supérieure à 90° est fortement
                   prédictive de l'absence de lésion osseuse

     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     Radiologie :
     c face et profil : de profil, coude à 90°, l’olécrane est à la verticale de l’épitrochlée
         et de l’épicondyle
     c + ou - incidence "tête radiale capitulatum"

     C - Traitements selon la lésion

     L ' a n t a l g i e e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e a u x u r g e n c e s

     c Fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus
                  ¼ Il s'agit de fractures Instables
                  ¼ Il existe un risque d’atteinte du nerf ulnaire, de l’artère humérale
                  ¼ Le type de fracture doit être analysé :
                          • Supra-condylienne, fréquente chez l’enfant, en extension forcée
                          • Condylienne externe
                          • Condylienne interne
                  ¼ Elle nécessite l'avis chirurgical

     c Luxation du coude
                  ¼ Elle est due en général à une chute bras en extension
                    2 types de luxation sont possibles :
                          • luxation postéro externe du coude en valgus forcé atteinte
                             du ligament colatéral médial
                          • luxation postéro externe du coude en rotation externe forcé
                             atteinte du ligament colatéral latéral
                  ¼ la position du coude luxé ne permet pas de définir le type de lésion, il
                    faut donc faire l’examen après réduction pour savoir s'il existe une atteinte
                    du du ligament colatéral médial ou du du ligament colatéral latéral
                  ¼ Clinique
                          • si les repères de la ligne de Malgaigne et du triangle de
                             Nélaton sont retrouvés, il n'y a pas de luxation
                          • il existe un coup de hache et perte des repères
                          • il existe dans ce cas un risque atteinte du nerf médian et
                             ulnaire qu'il faut tester avant de réduire l'articulation

     c Entorse du coude
                  ¼ Elles sont le plus souvent médiane en valgus et sont respoonsables
                    d'une atteinte du ligament colatéral médial. Une atteinte musculaire
                    peut s'y associée
                  ¼ Le traitement est en règle orthopédique avec une attelle brachio
                    anté brachiale amovible 15- 20 jours



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     158 > Traumatologie >

     c Fracture de l’olécrane
             ¼ Elle sont la conséquence d'un choc direct et s'associe à des lésions
                cutanées.
             ¼ Il faut rechercher des lésions associées : fracture du processus coronoïde,
                de la tête radiale
             ¼ Le traitement est chirurgical


     c Fracture de la tête radiale
             ¼ Classification :
                      • type I : sans déplacement
                      • type II : un fragment déplacé
                      • type III : comminutive
             ¼ Il faut rechercher des lésions associées fréquentes :
                      • Au niveau du coude
                          - une luxation huméro-cubitale
                          - la rupture ligament colatéral médial
                          - une fracture olécrane
                          - une fracture dutiers supérieur de l'ulna
                      • Au niveau du poignet
                          - une dislocation radio-cubitale inférieure
             ¼ Le traitement dépend du type de fracture et de l'existence de lésions
                associées
                      • Stade I : attelle antalgique 3 à 4 j puis mobilisation précoce
                      • Stade II et III : Chirurgie


     c Pronation douloureuse

             ¼ Il s'agit d'un enfant de moins de 4 ans qui a subi une traction brutale
                du membre supérieur entrainant une impotence totale du membre
                supérieur avec une attitude du coude en pronation, légèrement flechi
             ¼ La manoeuvre de réduction consiste en un mouvement doux de
                supination et d'extension du coude se terminant par une flexion
                complète du coude
             ¼ Il fait vérifier que l'enfant reprend ses activités après la réduction




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                                                                                                            E. Hinglais
      6 c Tr a u m a t i s m e d u p o i g n e t

     A - Définition
          Le poignet est une zone articulaire reliant l'avant-bras à la main. En traumatologie,
     il faut dissocier les atteintes de l'extrémité distale des deux os de l'avant-bras,
     comprenant également l'articulation radio-ulnaire distale, de celles du carpe.
     L'impotence se définit par :
         • l'impossibilité de la mobilisation active du poignet, y compris la prono-
           supination, complète ou partielle (dont il faut alors noter les degrés de liberté).
         • Et/ou l'impossibilité de la mobilisation passive.
         • Dans les deux cas, il faut préciser le délai d'apparition après le traumatisme
           de ces éléments s'ils existent.
     La déformation se juge comparativement au membre sein par :
         • La déformation de l'extrémité distale de l'avant-bras, la plus classique
           étant la déformation en dos de fourchette lors d'une fracture des deux os
           (Pouteau-Colles).
         • La tuméfaction en regard du carpe, sur la face dorsale.

     B - Eléments importants
     I l f a u t t o u j o u r s re c h e rc h e r u n a u t re s i t e l é s i o n n e l a s s o c i é .
     Notamment du coude et plus particulièrement de la tête radiale.
     L'examen clinique initial diffère selon les éléments retrouvés à l'interrogatoire et
     à l'inspection. Par exemple :
     c Lors d'une présentation clinique bruyante avec une impotence fonctionnelle
         complète, une déformation de la partie distale de l'avant-bras, il faut rechercher
         les lésions vasculo-nerveuses d'aval et les radiographies seront le premier
         temps, dont les incidences sont guidées par la palpation, après des mesures
         antalgiques.
     c Lors d'une présentation clinique moins bruyante, l'examen va permettre de
         discerner les atteintes du carpe de celles de l'extrémité distale de l'avant-bras,
         la palpation orientant les incidences radiologiques.
     c Il n'y a pas, à ce jour, d'élément permettant, comme pour la cheville et le genou,
         de se dispenser de radiographie devant un traumatisme récent du poignet.
     L a p re s c r i p t i o n d e r a d i o g r a p h i e :
          En dehors d'incidence plus spécifique devant telle ou telle hypothèse diagnostique,
          les incidences de base sont un cliché de face, un profil et, s'il existe une
          atteinte du carpe, une incidence scaphoïdienne. A titre indicatif, les différentes
          lésions sont :


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      160 > Traumatologie >

     c les lésions osseuses :
              ¼ La fracture des deux os de l'avant-bras.
              ¼ La fracture du scaphoïde.
              ¼ La fracture articulaire du radius.
              ¼ Chez l'enfant, une fracture en motte de beurre du radius.
     c Les lésions articulaires :
             ¼ La luxation rétro-lunaire du carpe.
             ¼ La luxation de la radio-ulnaire distale, toujours associées à des
                      lésions osseuses pouvant siéger plus haut.
                  ¼ Les atteintes du ligament scapho-lunaire.
                  ¼ Les entorses du carpe, c'est-à-dire des ligaments collatéraux. Cette
                      dernière est un diagnostic d'élimination qui peut être fait seulement
                      dans un deuxième temps.

     C - Pronostic

     Le pronostic est non seulement la récupération des amplitudes articulaires mais
     également la stabilité du poignet, essentielle pour la préhension. Cette stabilité
     est liée à l'intégrité du carpe et surtout du ligament scapho-lunaire. Ceci explique
     l'importance du diagnostic de la fracture du scaphoïde mais également de la
     recherche d'éléments radiologiques d'instabilité passive, témoignant d'une
     atteinte du ligament scapho-lunaire dont la réparation est chirurgicale.
     Ainsi, l'analyse des radiographies doit être méthodique

     D - Traitement
     L ' a n t a l g i e a u x u r g e n c e s e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e .
     c Elle doit associer l'immobilisation, en respectant l'attitude antalgique, et l'antalgie
       médicamenteuse. Cette dernière se fera en parentérale avec une prescription de
       Paracétamol (Perfalgan®). Cette antalgie peut être complétée, selon l'importance
       de la douleur par de la Morphine en IV.
     c Ces mesures doivent être mises en œuvre avant tout examen clinique ou
       radiologique.

     L'immobilisation du poignet, à la sortie des urgences doit être systématique.
     Cela se justifie par la crainte d'une atteinte scapho-lunaire, soit osseuse soit
     ligamentaire, non vue à l'examen clinique et radiologique initial, justifiant une
     consultation se suivi sous huitaine avec contrôle radiologique statique et dynamique
     afin d'infirmer cette hypothèse.
     Selon l'importance des signes cliniques, celle-ci peut être soit une attelle palmaire
     en position neutre, soit une manchette plâtrée.



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                                                                                            D Pateron, J Manamani
      7 c Tr a u m a t i s m e d e h a n c h e

     A - Définition
     Il existe deux contextes très différents :
         • Soit il s'agit d'un sujet jeune dans le cadre d'un trauùmatisme à haute
     énergie (AVP, AT), la prise en charge doit être très rapide et le risque de complications
     fonctionnelles est élevée. Les lésions possibles sont la fracture du col fémoral
     avec un risque élevé de nécrose céphalique, la luxation de hanche avec un risque
     élevé de nécrose céphalique et la fracture pertrochantérienne qui représente
     une urgence opératoire différée
          • Soit, de façon beaucoup plus fréquente, il s'agit d'un sujet agé dans le
     cadre d'un traumatisme à faible énergie. Les lésions les plus fréquentes sont les
     fractures du col et les fractures pertrochantériennes. Les complications à redouter
     sont générales et vitales

     B - Points importants
     c Les lésions associées sont fréquentes chez le sujet jeune (polytraumatisme ou
         traumatisme du membre inférieur
     c La réduction d'une luxation de hanche est urgente et doit se faire sous anesthésie
     c Chez le sujet agé, le pronostic est lié à la rapidité de verticalisation du patient
     c Le degré d'ostéoporose conditionne le type d'intervention et doit être apprécié
         d'emblée
     c Toutes les fractures sont opérables

     C - Traitements selon la lésion
     L ' a n t a l g i e e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e a u x u r g e n c e s
     F r a c t u re e x t r é m i t é s u p é r i e u re d u f é m u r
     c Fracture cervicale ou du col
     c Associe une impotence fonctionnelle, un raccourcissement sauf si la fracture
         est engrenée ou non déplacée, une rotation externe du pied et une adduction
     c radios :hanche de face et de profil :
     c fracture oblique instable
     c fracture horizontal stable
     c classification de GARDEN
              ¼ I : travée en valgus (20%)
              ¼ II : travée axée (5%)
              ¼ III : travée en varus (45%)
              ¼ IV : travée déplacée (30%)
     c Le traitement est chirurgical, la technique dépend du type de fracture et du
         terrain, l'objectif est une verticalisation la plus rapide possible

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      162 > Traumatologie >

     F r a c t u re t ro c h a n t é r i e n n e o u e x t r a c a p s u l a i re
     c fracture cervico trochanterienne
     c fracture située à la jonction du col et le massif des trochanter, elle est stable
         déplacement faible, comminution faible
     c fracture pertrochantérienne
     c fracture passant par le petit et le grand trochanter, stable si l'un des trochanter
         n'est pas détaché
     c fracture sous trochantérienne : sous le massif trochantérien
     c fracture trochantéro diaphysaire : le trait de fracture avec trait de refend diaphysaire
     c Toutes les fractures sont opérables
     Luxation traumatique de hanche
     c Elles sont dues le plus souvent à un traumatisme axial lié à un choc sur
         tableau de bord ou d'une luxation sur prothèse totale de hanche
     c Classification
     c Luxation iliaque (vers l’iliaque ) la plus fréquente
             ¼ Rotation interne
             ¼ Extension de hanche
     c Luxation ischiatique vers l’ischion, luxation des prothèse
     c Luxation pubienne vers la branche pubien
     c luxation obturatrice vers le trou obturateur
     c Radiologie (Bassin F et P et hanche F et P)
             ¼ Perte du parallélisme des surfaces articulaires
             ¼ perte du ceintre cervico-obturateur
             ¼ Disparition du petit trochanter
             ¼ Recherche de lésions associées
             ¼ Fracture du cotyle
             ¼ Fracture parcellaire de la tête fémorale
     c Recherche d'une atteinte du nerf sciatique
     c Réduction
             ¼ dès que possible, sinon risque de nécrose vasculaire de la tête fémorale
                     par étirement de l’artère circonflexe
                 ¼ Sous AG et malade curarisé
     Tr a u m a t i s m e d e h a n c h e s a n s f r a c t u re é v i d e n t e m a i s d o u l e u r
     Il faut évoquer
     c une fracture du col engrenée
     c une fracture du bassin ; cadre obturateur (branche ilio et ischio pubienne)
     c une bursite du grand trochanter ( blocage ou accrochage à la flexion )
     c une contusion du moyen fessier
     c une pubalgie
     c une épiphysiolyse, une ostéochondrite ou un rhume de hanche chez l'enfant
         (IRM)

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                                                                      E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc
      8 c Tr a u m a t i s m e s d u g e n o u
     A - Définition
     Un traumatisme du genou se définit par :
     • Le mécanisme lésionnel. On distingue :
            - les traumatismes directs où les lésions osseuses sont au premier plan
            - les traumatismes indirects où la stabilité, et donc les éléments ligamentaires
              sont prépondérants
            - dans les deux cas, la cinétique du choc dont il faudra préciser l’importance,
              permet d’apprécier la gravité potentielle
     • L’impotence qui se définit par :
             - l’impossibilité de l’appui du poids du corps sur le membre traumatisé
             - et/ou l’impossibilité d’une mobilité de l’articulation
             - dans les deux cas, il faut préciser le délai d’apparition après le traumatisme
               de ces éléments s’ils existent
     • La déformation se juge comparativement au membre sain par :
             - la perte de l’axe normal du membre
             - ou l’existence d’un épanchement articulaire
             - le délai d’apparition après le traumatisme d’un épanchement articulaire
               est important à définir (l’apparition précoce fait suspecter une hémarthrose,
               témoin d’une atteinte intra-articulaire)
     B - Points importants
     c I l f a u t t o u j o u r s re c h e rc h e r u n a u t re s i t e l é s i o n n e l a s s o c i é . Notamment
        l’articulation sus et sous-jacente.
     c L’ e x a m e n c l i n i q u e i n i t i a l d i f f è r e s e l o n l e s é l é m e n t s r e t r o u v é s à
        l ’ i n t e r ro g a t o i re e t à l ’ i n s p e c t i o n
                   ¼ Par exemple :
                               • lors d’un traumatisme direct de cinétique importante
                                   (accident de la voie publique avec choc sur le tableau de
                                   bord), l’impotence est immédiate et il existe une déformation
                                   de l’axe du membre. L’examen clinique est impossible. Il faut
                                   rechercher les lésions vasculo-nerveuses d’aval associées et
                                   les radiographies seront le premier geste après des mesures
                                   antalgiques (Cf. infra)
                               • lors d’un traumatisme indirect à type de torsion en valgus,
                                   flexion et rotation externe (footballeur en pleine course dont
                                   le pied a été retenu lors d’un tacle, alors que le corps a continué
                                   sa course). La reprise de l’activité a été possible. L’impotence
                                   est apparue secondairement après le match. Il n’y a pas de
                                   déformation ou d’épanchement articulaire. On note également
                                   qu’il n’y a pas eu de sensation de craquement dans le genou
                                   lors du traumatisme. L’examen va rechercher une entorse, la
                                   prescription de radiographies se fera selon les règles
                                   d’Ottawa du genou (Cf. infra)
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      164 > Traumatologie >

     c L a p re s c r i p t i o n d e r a d i o g r a p h i e s
              ¼ les incidences demandées seront systématiquement une face et un
                    profil, une incidence du défilé fémoro-patellaire lorsqu’on suspecte
                    une atteinte rotulienne. La face et le profil seront complétés par des
                    3/4 lors de la suspicion d’une fracture d’un plateau tibial
                  ¼ les règles d’Ottawa de prescriptions de radiographies du genou sont
                    les suivantes : lorsque l’âge est inférieur à 18 ans ou supérieur ou
                    égal à 55 ans, lorsqu’il existe une douleur de la tête de la fibula, une
                    douleur isolée de la patela, l’impossibilité de flexion à 90°, l’impossibilité
                    de porter son poids immédiatement ou de faire 4 pas au SAU
                  ¼ l’existence d’un de ces signes justifie la prescription de radiographies
     c A t i t re i n d i c a t i f , l e s d i ff é re n t e s a t t e i n t e s s o n t :
                ¼ les lésions osseuses :
                          • fracture des condyles fémoraux dans des trauma directs à
                            haute cinétique. L’association est alors fréquente avec des
                            fractures de la patela et possible avec des fractures du cotyle
                          • la fracture de la patela est faite par un trauma direct
                          • la fracture des plateaux tibiaux est également due à des
                            trauma directs et également des trauma indirects lors de la
                            réception d’une chute sur le tiers supérieur de jambe
                  ¼ les atteintes méniscales.
                          • elles sont rarement isolées, survenant lors d’un traumatisme
                            indirect en compression par une chute sur les pieds, les
                            genoux étant en extension. Elles sont souvent associées soit
                            à une fracture du plateau tibial, soit à une entorse grave du
                            compartiment du ligament colatéral médial.
     C - Pronostic
     Le pronostic fonctionnel d’une entorse est lié au degré d’atteinte du ligament
     croisé antérieur. C’est un diagnostic difficile aux urgences. Cela justifie une
     consultation spécialisée à distance.
     D - Traitement
     L’ a n t a l g i e a u x u r g e n c e s e s t à a d m i n i s t re r d è s l ’ a r r i v é e
     c Elle doit associer l’immobilisation et l’antalgie médicamenteuse. Cette dernière
         se fera en parentéral avec une prescription de Propacétamol (Perfalgan®).
         Cette antalgie peut être complétée, selon l’importance de la douleur et des
         lésions par de la Morphine en IV.
     c Ces mesures doivent être mises en oeuvre avant tout examen clinique ou
         radiologique.




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                                                       Traumatologie > 165

     Lors d’une suspicion d’entorse
     c Les orientations thérapeutiques initiales visent au confort du malade et un
       traitement anti-oedémateux pour permettre un examen clinique complet lors
       de la deuxième consultation. Cela comprend :
             ¼ repos par l’arrêt de la mise en charge de l’articulation. Cela justifie
               l’utilisation de cannes anglaises
             ¼ l’immobilisation, soit par une attelle plâtrée postérieure, le genou
               fléchi à 10°, prenant de la racine de la cuisse jusqu’aux malléoles,
               soit par des attelles préfabriquées que l’on achète en Pharmacie
               (attelle de type Zimmer)
             ¼ l’élévation du membre inférieur doit être maintenue aussi longtemps
               que possible
             ¼ les traitement médicaux adjuvants sont :
                       • traitement antalgique comportant d’emblée des médicaments
                         de la classe 2 de l’OMS qui associent au paracétamol, soit de
                         la codéine, soit du dextro-proproxyphène
                       • un traitement anti-inflammatoire non stéroïdien, en cas de
                         non contre indication, (ulcère évolutif, dernier trimestre de la
                         grossesse) ou en respectant les précautions d’emploi (prise
                         au moment du repas, autre mode contraceptif en cas de port
                         d’un dispositif intra-utérin).




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      9 c Tr a u m a t i s m e s d e l a c h e v i l l e

     A - Définition
         Une entorse de la cheville se définit comme une atteinte de l’appareil
     ligamentaire de l’articulation tibio-tarsienne, quelle que soit la sévérité de l’atteinte
     ligamentaire.
         Du fait de sa rareté et de son association fréquente avec une fracture bi-
     malléolaire, ne sera pas abordée ici l’entorse du ligament collatéral médial mais
     uniquement les atteintes du ligament collatéral latéral.
     La démarche diagnostique est avant tout clinique et doit se faire en deux temps:
         • le premier temps se fait aux urgences et permet d’affirmer le diagnostic
           pour ainsi mettre en place une thérapeutique à visée antalgique.
         • le second temps, sera fait entre j3 et j5 permettant de confirmer le diagnostic
           et surtout d’apprécier l’importance de la lésion ligamentaire pour ainsi
           orienter vers une thérapeutique adaptée.

     B - Eléments importants
     A ff i r m e r l e d i a g n o s t i c v e u t d i re é l i m i n a t i o n d e s d i a g n o s t i c s d i ff é re n t i e l s
     c une fracture malléolaire ou du pilon tibial
     c les fractures du thalus et du calcanéus
     c une luxation des tendons des fibulaires latéraux
     c les lésions de la syndesmose fibulo-tibiale, de la membrane interosseuse, les
         fractures associées de la fibula
     c les lésions de l’articulation transverse du tarse
     c les lésions du tendon calcanéen
     c les décollements épiphysaires de la malléole fibulaire chez l’enfant
     Pièges
     c Ne pas méconnaître également 2 diagnostics associés à l’entorse qui sont :
            ¼ l’arrachement de la base du 5ème métatarsien
            ¼ une atteinte de l’articulation fibulo-tibiale supérieure
     Examen clinique initial
     c Il va permettre de dégager les indications radiologiques soumises aux règles
         d’Ottawa (Cf.Infra). Cet examen comprend l’interrogatoire, l’inspection (toujours
         comparative) et la palpation.
     c L’interrogatoire précise :
              ¼ les circonstances de survenue. Cela retrace l’anamnèse en s’attachant
                      sur la violence du traumatisme, le mécanisme lésionnel et le délai
                      entre le traumatisme et la prise en charge aux urgences. Dans le cas
                      d’une entorse de la talo-crurale, le mécanisme est un varus du pied
                      ou un mécanisme de varus inversion. Tout autre mécanisme doit
                      faire suspecter d’autres lésions

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              ¼ les signes fonctionnels : la perception d’un craquement lors du traumatisme
                et l’évolution des douleurs sont des signes classiques mais qui ne
                préjugent pas de l’importance de la rupture ligamentaire. Par contre,
                l’instabilité et l’impotence fonctionnelle au moment de l’accident et
                persistant lors de l’examen, témoignent de la sévérité du traumatisme
              ¼ le terrain : l’âge modifie la nature des lésions (un traumatisme de
                cheville est un décollement épiphysaire chez l’enfant jusqu’à preuve
                du contraire). et après 55 ans la fragilité osseuse est accrue et la
                sémiologie moins typique. Il est également important de préciser
                l’existence d’antécédents traumatiques sur cette cheville
     c Examen clinique
           ¼ Il se déroule en deux temps : tout d’abord pour évaluer cliniquement
                  la probabilité d’une fracture ou d’une complication associée justifiant
                  une prescription de radiographies et un second temps pour faire une
                  première évaluation de l’importance des lésions ligamentaires.

     c A t t e n t i o n p i è g e s : la négativité de la recherche des signes de laxité, dans
        une situation post-traumatique aiguë, n’exclue pas la rupture ligamentaire
        car elle peut être due à la douleur, un oedème ou une contraction muscu-
        laire.
     La radiographie
     c La prescription de radiographie est soumise à la positivité d’un des critères
     suivants :
              ¼ un age <18 ans et >55 ans
              ¼ une impossibilité de réaliser quatre pas à l’issue du traumatisme ou
                  aux urgences
              ¼ une douleur provoquée à la palpation
                       • sur la crête de la maléole latérale sur une hauteur de 6cm à
                         partir de la pointe
                       • sur la maléole médiale sur une hauteur de 6cm à partir de la
                         pointe
                       • de l’os naviculaire
                       • de la base du 5ème métatarsien
     c dans tous les cas pour tout patient dont l’âge est inférieur à 12 ans ou supérieur
        à 55 ans. Elle est également indiquée lorsqu’il existe une douleur à la palpation
        de l’articulation fibulo-tibiale supérieure.
     c les incidences sont au nombre de 2. Il s’agit d’un profil (en faisant attention
        que le pied ne soit pas en équin) et d’une face en rotation interne de 20° (ou
        centré sur le 4ème métatarsien) permettant ainsi de dérouler l’ensemble de la
        pince tibio-fibulaire et le dôme talien



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      168 > Traumatologie >

     c peuvent être associées des incidences ciblées sur le pied en fonction de la
         suspicion de lésions associées. Cela est vrai lorsqu’il existe, de manière associée,
         une douleur du cou de pied accompagnée d’une douleur à la pression des
         os du tarse (scaphoïde tarsien et naviculaire) ou une sensibilité à la palpation
         osseuse de la base du 5ème métatarsien.
     C - Pronostic
     En cas d’entorse de la tibio-tarsienne isolée, le pronostic fonctionnel, lié à l’importance
     de l’atteinte ligamentaire, ne pourra réellement être apprécié qu’à la deuxième
     consultation.
     Le pronostic initial reste donc la mise en évidence d’un diagnostic différentiel,
     seul garant d’une prise en charge chirurgicale précoce.

     D - Traitement
     Les orientations thérapeutiques initiales visent au confort du malade et à un
     traitement anti-oedémateux pour permettre un examen clinique complet lors
     de la deuxième consultation entre J3 et J5. Cela repose sur l’application des
     principes popularisés sous le terme de “Rice” (rest, ice, compression, elevation).

     c Le repos par la diminution ou l’arrêt de la mise en charge de l’articulation
            ¼ ils dépendent de la douleur. Cela justifie l’utilisation de cannes
                     anglaises. Il peut être discuté la mise d’une attelle postérieure maintenant
                     la cheville à angle droit selon le terrain, le contexte et l’importance
                     des phénomènes algiques.
     c Le glaçage
            ¼ la méthode la plus fréquente utilise une poche remplie de glaçons et
                 d’eau à poser sur la peau par l’intermédiaire d’un ligne mouillé. Elle
                 est maintenue par une bande élastique pendant une période de 20
                 à 30 minutes, répétée 4 fois par jour.
     c L a c o m p re s s i o n
     celle peut être réalisée par des blocs de mousse péri-malléolaires maintenus par
     des bandes élastiques. Elle peut être également réalisée par des attelles comportant
     des compartiments gonflables.
     c L’ é l é v a t i o n d u m e m b re i n f é r i e u r
                 ¼ elle doit être maintenue aussi longtemps que possible.
     c U n t r a i t e m e n t m é d i c a l a d j u v a n t , n o t a m m e n t a n t a l g i q u e , e s t p re s c r i t .
              ¼ il s’agit avant tout du Paracétamol mais peut comporter d’emblée
                     des médications de la classe 2 de l’OMS qui associe au paracétamol
                     soit de la codéine soit du dextro-propoxyphène. Par ailleurs, même
                     si leur utilisation est courante, les AINS n’ont pas, à ce jour, démontré
                     leur bénéfice.
     D’après les recommandations de la conférence de consensus sur l’entorse de la
     cheville au SAU, Roanne, 28/04/1995, SFUM.
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      10 c Tr a u m a t i s m e d e l ' a v a n t - p i e d e t
                 du pied
     A - Définition
           Le pied et l'avant pied comporte plusieurs articulations, l'articulation sous
     talienne (sous astragalienne), l'articulation transverse du tarse (Chopart) et
     l'articulation tarso métatarsienne (Lisfranc). Cet ensemble permet des mouvements
     fins d'adaptation au sol malgrè la charge importante qu'il supporte.

     B - Points importants
     c Se méfier des phlébites en cas de fracture
     c Le traitement est souvent fonctionnel
     c Le mécanisme du traumatisme renseigne sur les lésions potentielles à rechercher.
             ¼ Traumatismes directs :
                      • chute sur le talon : lésions osseuses au premier plan : calcaneus
                        et talus
                      • Impact sur l'avant-pied
                      • pied posé sur le sol en appui : si l'agent vulnérant est large, les
                        lésions osseuses sont au premier plan, si l'agent vulnérant est fin
                        et tranchant les plaies interessant rapidemnt les tendons qui
                        sont juste sous cutanés sont à craindre
                      • pied sans appui sur le sol : lésion possible des métatarses et du tarse
             ¼ Impact postérieur : lésion du tendon d'Achille
     c L'examen clinique précise s'il existe un gros pied oedémateux et des hématomes
       ainsi que la localisation des hématomes et de douleurs exquises. L'existence
       d'anesthésie, de paralysie ou de modification des pouls sont des signes de gravité
     c Radiologie :
             ¼ pied de face et profil
             ¼ éventuel profil oblique interne dégageant l'ensemble des os du pied
             ¼ éventuel incidence rétro-tibiale : calcaneus
     C - Traitements selon la lésion
     L ' a n t a l g i e e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e a u x u r g e n c e s
     R u p t u re d u t e n d o n d ' A c h i l l e
     c Sujet jeune et sportif
     c Sensation de coup porté sans traumatisme avec impossibilité de monter sur
         la pointe du pied
     c Perte de l'équinisme et signe de Thomson positif (la compression des
         gastrocnémiens, patient en décubitus ventral sur un brancard ne provoque
         pas d'extension du pied)

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      170 > Traumatologie >

     c Le traitement est essentiellement chirurgical
     c Botte platrée en équin en attente

     F r a c t u re d u Ta l u s
     c Responsable d'une impotence fonctionnelle totale
     c Il faut apprécier l'état de la peau
     c Il s'agit soit d'une fracture totale par impaction de l'avant pied ou par chute
       sur les talons, soit d'une fracture parcellairecompliquant une entorse de la
       talocrurale ou de la sous talienne
     c risque d'arthrose ou d'ostéonécrose important
     c fracture non déplacée
                      • botte plâtrée 6 semaines sans appui sous couvert d'anticoagulant ,
                        avec pied surélevé et antalgiques
                      • consultation avec radiographie de controle à 8 jours
                      • Rééducation
     c fracture déplacée : avis chirurgical

     F r a c t u re d u c a l c a n é u s
     c Elle est due au cisaillement du calcanéus entre le sol et le poids du talus (astragale)
     c secondaire à une chute supérieure à deux mètre, en général un homme
     c responsable d'oedème, d'un talon élargi, d'un hématome plantaire,
     c reherche d'une ouverture cutanée, de phlyctène, des pouls
     c Radiologie
                     • radio face, profil et incidence rétro tibiale
                     • S italique couché de profil, angle de Bohler entre 20° et 40°
                       normal. recherche d'un enfoncement du thalamus
                     • Enfoncement vertical le plus fréquent ou mixte
     c Scanner en plan sagittal et frontal avec reconstruction
     c Traitement orthopédique par platre à chambre talonnière si fracture non
       déplacée, parcellaire ou traitement fonctionnel
     c Fracture thalamiques : avis chirugical

     Luxation sous astragalienne
     c Rare
     c luxation sous astragalienne interne la plus fréquente 85% la tête de l’astra-
       gale est en dehors et le pied en dedans; choc violent le plus souvent avec
       ouverture cutanée
     c urgence chirurgicale, réduction sous anesthésie générale

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     Entorse sous astragalienne
     c Due à un mouvement contrarié ou éxagéré d’inversion
     c Un oedème sous malléolaire peut être présent
     c Radio normale; recherche d'un arrachement du rebord supérieur de l'os naviculaire
         (scaphoide)
     c traitement fonctionnel en cas d'entorse simple, par botte plâtrée pendant 21
         jours en cas d'entorse sévère

     Entorse medio tarsienne
     c Liée à un mouvement en varus forcé
     c Possible hématome médio pédieux
     c Pas de gravité
     c cannes anglaises sans appui pdt 10-15j

     F r a c t u re d u n a v i c u l u m ( s c a p h o ï d e t a r s i e n )
     c La fracture du naviculum est associée à un entorse de l'articulation de
         Chopart lorsqu'elle est parcellaire ou complète lorsqu'il y a une impaction
     c Il existe une écchymose du dos du pied avec une saillie dorsale en cas de
         luxation associée
     c La radiographie standard est complétée par un scanner
     c Le traitement par botte platrée pendant 45 jours est indiqué si il n'y a pas
         de déplacement
     c Le traitement est chirugical dans les fractures déplacée et comminutives
     F r a c t u re d e s c u n é i f o r m e s e t c u b o ï d e s
     c Elle est liée plutôt à un mécanisme d'écrasement pour le cunéiforme et à un
         choc direct externe pour le cuboïde
     c Il faut rechercher une douleur exquise
     c Le traitement consiste en une botte plâtrée avec talonnette d'appui sur l'arrière
         pied pendant 6 semaines sous anticoagulant ou en une chaussure de Baruck

     F r a c t u re d e s m é t a t a r s i e n s m é d i a n s
     c Liée à un mouvement d'hyper flexion ou d'hyper extension de l’avant pied
         ou par choc direct ( chute d’objet )
     c Le traitement est fonction du déplacement
     c marche soulagée 3 semaines avec appui talonnier par chaussure de Baruck
     c traitement chirurgical en cas de déplacement
     c consolidation avec appui car sinon cal vicieux
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      172 > Traumatologie >

     F r a c t u re d e l a b a s e d u V m é t a t a r s i e n
     c Mécanisme d'entorse de la cheville en varus-rotation interne
     c Il existe une douleur exquise et un hématome
     c La radio de profil oblique interne dégage le Vème métatarsien
     c L'évolution peut se faire vers pseudo arthrose
     c Le traitement consiste en un plâtre avec appui 1 mois s'il n'existe pas de
       déplacement associé à la prescription d'anticoagulant ou fonctionnel (béquillage
       et chaussure de Baruck®)
     c Chirurgie en cas de déplacement important
     F r a c t u re d u I m é t a t a r s i e n
     c Le premier métatarsien joue un rôle important dans l’architecture du pied
     c La fracture est due le plus souvent à un choc direct par écrasement. La peau
         peut être lésée
     c Le traitement est chirurgical le plus souvent
     Luxation métatarso phalangienne des orteils
     c Il faut faire attention au premier métatarsien du fait du risque d’incarcération
         des sésamoïdes lors de la réduction
     c La manoeuvre de réduction consiste à tenir l'orteil atteint dans sa partie
         proximale et à pousser le segment distal à l'aide des pouces de l'examinateur
     c S'il ne s'agit pas d'une atteinte du I métatarsien, on peut effectuer une traction
         dans l’axe

     F r a c t u re d e s p h a l a n g e s d e s o r t e i l s
     c Elles sont généralement secondaires à un traumatisme direct
     c Il existe fréquemment une contusion cutanée ou hématome sous unguéal
     c Le traitement consiste en une syndactylie de 2 à 3 semaines et une
         hrombonisation en cas d'hématome sous unguéal

     Luxation inter phalangienne des orteils
     c La luxation la plus fréquente est celle de l'IPP
     c Le traitement est la réduction suivie d'une syndactylie




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                                                                                                              J.L. Mégnien
      1 c Hypertension artérielle aux urgences

     A - Définition
          Il faut savoir distinguer l'hypertension artérielle simple qui est fréquemment
     constatée aux urgences de l'urgence hypertensive caractérisée par une souffrance
     multiviscérale et qu'il faut traiter immédiatement.
          Il faudra donc avant tout évaluer la tolérance fonctionnelle et rechercher
     u n e a t t e i n t e p o l y v i s c é r a l e , c a rd i a q u e , r é n a l e , c é r é b r a l e e t o c u l a i re .

     B - Points importants
     c L'urgence hypertensive vraie est une situation rare. En fait, l'hypertension
         a r t é r i e l l e re n c o n t r é e a u x u r g e n c e s n ' a s o u v e n t p a s b e s o i n d e t r a i t e m e n t
         i m m é d i a t . L'épistaxis, les acouphènes ou les céphalées ne sont pas à eux
         seuls des signes de souffrance viscérale.
     c Le traitement ne doit donc pas être indiqué en fonction des chiffres de pression
         mais du contexte pathologique.

     Diagnostic
     c La difficulté ne tient pas tant au diagnostic de la simple crise hypertensive
         qu'une mesure minutieuse après repos de la pression artérielle (PA) pourra
         confirmer, qu'à l'appréciation de la défaillance multiviscérale (importance du
         fond d'œil).
     c L'encéphalopathie hypertensive :
            ¼ Le tableau clinique associe une symptomatologie neurologique variée
                      composée de céphalées, nausées vomissements, troubles neurosensoriels
                      visuels ou auditifs, troubles de la conscience et dans les formes graves
                      crises convulsives.
     c L'hypertension artérielle maligne :
            ¼ Le tableau clinique polymorphe associe des signes neurologiques
                      (céphalées, confusion, somnolence, voire un coma) et rénaux avec
                      l'apparition rapidement progressive d'une insuffisance rénale par
                      néphroangiosclérose faisant le pronostic de cette affection qui peut
                      entraîner une microangiopathie thrombotique avec thrombopénie,
                      anémie hémolytique.
     Cas particulier
     c Les accidents vasculaires cérébraux : le diagnostic d'un accident vasculaire cérébral
         parfois difficile est essentiel. L'intérêt d'une thérapeutique anti-hypertensive
         pour éviter un saignement secondaire ou un œdème cérébral est à apprécier
         par rapport au risque d'une baisse trop importante de la PA, néfaste pour la
         perfusion cérébrale. On aboutit en règle à l’abstension thérapeutique.


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     174 > Divers

     c L’insuffisance coronarienne aigue, l’insuffisance ventriculaire gauche décompensée,
       la dissection aortique, la prééclampsie et l’éclampsie sont des situations où le
       traitement anti-hypertensif est à discuter.
     c Les hypertensions cathécholinergiques : cocaïne, amphétamines, sevrage à la
       clonidine, phéochromocytome posent des problèmes thérapeutiques particuliers.
     Les pièges
     c La surestimation des chiffres tensionels est habituelle. La mesure de la PA est
       un acte technique difficile qui nécessite de la précision. Il faut donc répéter
       cette mesure en respectant des règles élémentaires (patient au repos, rassuré ;
       brassard de taille adaptée au bras dont la poche a été positionnée en face de
       l'artère humérale ; pavillon du stéthoscope libre, dégagé du brassard).

     c Chez le sujet initialement normotendu comme c'est souvent le cas chez l’enfant
       ou la femme enceinte, l’encéphalopathie hypertensive peut apparaître pour
       des pressions de l’ordre de 150/ 100 mm Hg. Il est donc important d'apprécier
       la tolérance fonctionnelle dans ces deux situations, même pour une élévation
       modérée de la PA.

     C - Gravité

     L'encéphalopathie hypertensive, l'hypertension artérielle maligne et l'éclampsie
     représentent les formes les plus graves, péjoratives sur le plan pronostique.

     D - Traitement

     c Hypertension artérielle simple
            ¼ rassurer le patient, le mettre au repos (un lit c'est mieux qu'un brancard !)
            ¼ traiter les facteurs déclenchants (douleur, anxiété)
            ¼ mesurer plusieurs fois la PA (surveillance par un système automatique,
                type Dinamap).
              ¼ ces simples mesures suffisent souvent à baisser les chiffres de pressions
                (PAS < 180 mmHg et PAD < 110 mmHg) et à renvoyer le patient à
                son médecin traitant.
              ¼ si la PA reste élevée un traitement per os pourra être proposé par de
                la nicardipine (Loxen®) 20 mg per os en proscrivant l'administration
                de nifédipine (Adalate®) par voie sub-linguale (risque d'hypotension,
                effet trop bref)




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     c Hypertension satellite d’une pathologie
             ¼ accidents vasculaire cérébraux: traiter si PA>200-120 mmHg
             ¼ insuffisance ventriculaire gauche : dérivés nitrés, furosémide (Lasilix®)
             ¼ hypertension catécholinergiques: labétalol (Trandate®), esmolol
               (Brévibloc®)

     c Urgences hypertensives
             ¼ la prise en charge spécialisée devra s'effectuer en unité de soins
               intensifs de façon à mettre en route les traitements IV de l'urgence
               hypertensive ainsi que les traitements spécifiques (dissection aortique,
               CIVD compliquant une hypertension artérielle maligne).
             ¼ lorsqu’il existe une souffrance viscérale le traitement doit pouvoir
               baisser la PA tout en maintenant une perfusion suffisante aux niveaux
               des organes. Ainsi la normalisation de la PA doit être évitée dans les
               premiers jours, en se contentant d’une baisse de la pression aux environs
               de 160/100 mm Hg (à l'exception des urgences cardiovasculaires).
             ¼ types d’anti-hypertenseurs utilisés aux urgences :
                     • nicardipine (Loxen®) IV (Ampoules à 5 et 10 mg)
                           - doses initiales : pour un effet rapide 1 mg en IVD/mn
                             jusqu’à une dose cumulée de 10 mg
                           - doses d’entretien : 0,5 à 5 mg/h avec adaptation par
                             palier de 0,5 mg/h ou relais par voie orale nicardipine
                             (Loxen®) 20mg, 1cp toutes les 8 heures)
                     • urapidil (Eupressyl®) (Ampoules à 25 et 50 mg)
                           - doses initiales : 25 mg en 20 secondes IV, à renouveler
                             éventuellement 1 ou 2 fois 5 min après.
                           - doses d’entretien : 10 à 30 mg/h




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     2 c F i è v re a u re t o u r d ’ u n p a y s t ro p i c a l
     A - Définition
            Les infections spécifiquement tropicales représentent près de 50 % des cas
     de fièvre survenant au retour d’un pays (sub-)tropical ; les infections nécessitant
     un traitement urgent doivent être recherchées en priorité : p a l u d i s m e ( l a p l u s
     f r é q u e n t e ), fièvre typhoïde, shigellose, rickettsiose et abcès amibien du foie.

     B - Points importants
     Diagnostic
     c I n t e r ro g a t o i re
                 ¼ le patient : antécédents pathologiques (diabète, néoplasie, infection
                              à VIH), traitements immunosuppresseurs en cours
                              (corticothérapie), prophylaxie anti-infectieuse (antipalustre,
                              vaccinale, immunothérapie passive, préservatifs).
           ¼ le voyage : pays (et les régions dans le pays) visité, saison, durée,
                              conditions hôtelières, boissons, escales.
     c Examen clinique
           ¼ la fièvre et son type
           ¼ les signes cliniques associés :
                    • neuropsychiatriques :
                           - troubles de la conscience ou crises comitiales : p a l u d i s m e
                           - méningoencéphalites : bactériennes (rickettsiose, t y p h o ï d e) ;
                             virales (herpès, arbovirose, VIH) ; parasitaires (trypanosomiase)
                    • céphalées : p a l u d i s m e, typhoïde, arbovirose
                    • Sd pseudo-grippal : h é p a t i t e s v i r a l e s, herpès, VIH
                    • douleur de l’hypochondre droit et ictère : surtout h é p a t i t e s
                      v i r a l e s , p a l u d i s m e e t a m i b i a s e , également leptospirose,
                      fièvre jaune
                    • Sd anémique : pa l u d i s m e, leishmaniose viscérale
                                                   a
                    • splénomégalie : septicémie dont t y p h o ï d e; p a l u d i s m e,
                      leishmaniose viscérale, borréliose
                    • adénopathies superficielles : surtout infections virales (EBV,
                      CMV, V I H), parfois parasitaire
                    • diarrhée contingente d'une infection bactérienne, virale ou
                      parasitaire (paludisme) ou directement liée à l’agent pathogène :
                      s a l m o n e l l e, s h i g e l l e, c o l i b a c i l l e, amibiase
                    • Sd hémorragique : arbovirose (dengue) , paludisme, leptospirose,
                      fièvre hémorragique virale
                    • autres : douleurs musculaires , trichinose

     Recommandations pour la pratique clinique : prise en charge et prévention du
     paludisme d’importation à Plasmodium falciparum, révision 2007 de la conférence
     de consensus de 1999, SPILF
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     c Délai d'incubation
     La plupart des maladies "exotiques" se déclarent dans les 15 premiers jours suivant
     le retour
              ¼ < 7 jours : s a l m o n e l l o s e s n o n t y p h i q u e s, s h i g e l l o s e, trichinose,
                 a r b o v i ro s e s, fièvre hémorragique, borréliose, diphtérie
              ¼ 1 - 3 semaines : paludisme, amibiase hépatique, typhoïde, leptospirose,
                 fièvre hémorragique, trypanosomiase africaine
              ¼ > 3 semaines : p a l u d i s m e, a m i b i a s e h é p a t i q u e, h é p a t i t e s, V I H,
                 t u b e rc u l o s e, brucellose, leishmaniose viscérale, trypanosomiase, rage

     c E x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s
              ¼ Systématiques aux urgences
                           • hémogramme :
                                - anémie : p a l u d i s m e, leishmaniose viscérale
                                - polynucléose : a m i b i a s e, leptospirose, trypanosomiase
                                  africaine
                                - leucopénie : paludisme, arboviroses, t y p h o ï d e, leishmaniose
                                  viscérale
                                - hyperéosinophilie : bilharziose invasive, trichinose, distomatose
                                - lymphomonocytose : primo-infection à VIH, EBV, hépatites
                                  virales
                                - thrombopénie : p a l u d i s m e, arboviroses, leishmaniose
                                  viscérale, rickettsiose
                           • frottis sanguin et goutte épaisse : affirment l’accès palustre ;
                             le résultat du frottis sanguin est obtenu rapidement et précise
                             l’espèce en cause et la parasitémie. A répéter si forte suspiscion
                             et premier résultat négatif
                           • hémocultures : contributives dans les infections à germes
                             pyogènes dont la typhoïde (en plus du sérodiagnostic)
                           • ECG : avant traitement antipaludéen
                ¼ A discuter aux urgences :
                           • transaminases : franche augmentation oriente vers une hépatite
                             virale (surtout A)
                           • bilirubine : augmentée (fraction libre) au cours des hémolyses
                             accompagnant l’accès palustre
                           • ponction lombaire : permet d’affirmer le diagnostic de
                             méningite ou de méningo-encéphalite.
                           • coproculture : permet l’isolement des salmonelles, des shigelles
                             et plus rarement des yersinia et campylobacter
                           • radiographie thoracique : peu contributive dans les infections
                             tropicales spécifiques, indispensable en cas de symptomatologie
                             respiratoire
                           • échographie abdominale : intérêt majeur en cas de suspicion
                             d’abcès amibien hépatique



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      178 > Divers >

                ¼ A discuter :
                            • examen parasitologique des selles : amibiase digestive ou
                              isosporose (sujets VIH)
                            • sérodiagnostics : hépatites A, B, C ; HIV (+ antigène P24),
                              rickettsiose, fièvre Q, typhoïde
                            • isolement sanguin des arbovirus affirmant la fièvre dengue
                              (confirmée par le test sérologique)
                            • myélogramme (+ culture) : indispensable au diagnostic de
                              leishmaniose viscérale

     Eléments de gravité (Paludisme)
     Imposent l’hospitalisation ( e n r é a n i m a t i o n : c a r a c t è re s g r a s )
     c parasitémie > 5 %
     c notion d’hyperthermie sévère ( 40°) et persistante
     c anémie sévère : hématocrite < 20 %, h é m o g l o b i n e < 7 g / d L
     c ictère clinique et biologique (bilirubinémie totale > 50 µmol/L)
     c insuffisance rénale (créatininémie > 265 µ m o l / L) et oligurie (< 400 ml/ 24h)
                                      c
     c troubles métaboliques : hypoglycémie < 2,2 mmol/L, acidose
     c hémoglobinurie macroscopique
     c s y n d ro m e h é m o r r a g i q u e , O A P, tro u b l e s h é m o d y n a m i q u e s
     c signes d’infection associée
     c m a n i f e s t a t i o n s n e u ro - e n c é p h a l i q u e s : céphalées intenses, désorientation
        temporo-spatiale, agitation, obnubilation, troubles de la conscience, convulsions,
        signes focalisés
     c terrain : grossesse, splénectomie, immunodépression
     c D i a g n o s t i c d i ff é re n t i e l
          Evoquer systématiquement toutes les autres causes de fièvre liées à des
          infections ubiquitaires “ non tropicales ” (>50% des causes de fièvre) en
          particulier pneumococcies, méningites à méningocoques, pyélonéphrites.

     C - Traitement (Paludisme)

     Un traitement doit être entrepris, y compris en l’absence de signe de gravité, si
     la suspicion clinique est suffisamment forte même si un premier frottis est interprété
     comme négatif.

     c A c c è s s i m p l e à p l a s m o d i u m f a l c i p a r u m ( p r é s u m é n o n c h l o ro q u i n o -
        résistant), vivax, ovale ou malariae ; sans vomissements
              ¼ Chloroquine (Nivaquine®) : 10 mg/kg/j à J1 et J2, 5 mg/kg/j de J3 à J5
                A t t e n t i o n : une prise de 25 mg/kg/j est mortelle par toxicité cardiaque




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     c Accès simple à plasmodium falciparum (présumé chloroquino-résistant) ;
        sans vomissements
             ¼ Atovaquone + proguanil (Malarone®) : 4 comprimés en une prise à
               renouveler 2 fois à 24h d‘intervalle soit 12 comprimés en 48h. Pas de
               contre-indication en dehors d’allergie à l’un des constituants.
             ¼ Méfloquine (Lariam®) : 25 mg/kg en 2 ou 3 prises, espacées de 6 à
               12 heures sur une seule journée
             ¼ Contre-indication : grossesse, convulsions, ATCD psychiatriques, fièvre
               bilieuse hémoglobinurique, insuffisance hépatique sévère, hypersensibilité
               à la méfloquine, traitement par Dépakine®
             ¼ En deuxième intention, Halofantrine (Halfan‚) : 24 mg/kg en 3 prises
               espacées de 6 heures, à prendre à distance des repas ; faire une
               seconde cure une semaine après la première cure
             ¼ Contre-indication : grossesse et allaitement, a l l o n g e m e n t d u Q T
               congénital ou médicamenteux, ATCD de cardiopathie, hypovitaminose B,
               nombreuses interactions médicamenteuses à risque
             ¼ Quinine per os : 8 mg/kg 3 fois /jour pendant sept jours. Seul anti-paludéen
               utilisable en cas de grossesse.
             ¼ Contre-indication : t ro u b l e s d e c o n d u c t i o n i n t r a - v e n t r i c u l a i re

     c F o r m e s s é v è re s o u c o m p l i q u é e s o u a v e c i n t o l é r a n c e d i g e s t i v e
               ¼ Quinine IV (Quinimax®, 125 mg d’alcaloides base / mL)
                 (Quinoforme®, 219 mg de quinine base / mL) : dose de charge de
                 17 mg/kg en 4 heures puis traitement d’entretien de 8 mg/kg toutes
                 les 8 heures en perfusions de 4 heures ou en perfusion IV continue.
                 Relais per os dès que possible. Traitement pendant 5 à 7 jours (maxi
                 1,5 à 2 g/j)
               ¼ Contre-indication : t ro u b l e s d e c o n d u c t i o n i n t r a - v e n t r i c u l a i re
                   risque d’hypoglycémie justifiant un apport de glucosé IV et un
                   controle de la glycémie/4 heures
               ¼ Doxycycline (Vibraveineuse®)
                   100 mg 2x/j en association avec la quinine en cas de paludisme à
                   P. falciparum de sensibilité diminuée à la quinine (Sud-est asiatique
                   et Amazonie) (hors AMM)




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     3 c Hypothermies
     A - Définition
         Une hypothermie se définit comme un abaissement de la température centrale
     en dessous de 35°C. Il en existe deux types : les hypothermies à “défenses
     maximales” ou accidentelles (alpinisme, noyade, naufrage, etc.) et les hypothermies
     par atteinte de la commande centrale de la thermorégulation. Ces dernières
     peuvent être d’origine toxiques, endocriniennes ou infectieuses. Des formes
     mixtes sont communes et se rencontrent par exemple chez un patient en coma
     éthylique exposé au froid.

     B - Points importants
     Diagnostic
     c La prise de température se fera par des procédés fiables (thermomètre hypo-
       thermique) et parfois invasif (sonde oesophagienne, sonde de Swann-Ganz).
     c On distingue trois degrés d’hypothermie :
             ¼ Hypothermie légère (35°C-32°C)
                     • le patient est conscient, a froid, frissonne. Les réflexes ostéo-
                       tendineux (ROT) sont vifs
                     • il existe une pâleur cutanée avec une marbrure des extrémités
                     • la pression artérielle est normale ou augmentée. La fréquence
                       cardiaque est augmentée
             ¼ Hypothermie grave (32°C-28°C)
                     • il existe des troubles mineurs de la conscience (obnubilation,
                       dysarthrie, hypertonie)
                     • les ROT sont abolis. Les pupilles sont en myosis
                     • le frissonnement disparaît. La peau est cyanosée, sèche, elle
                       peut être le siège de gelures
                     • la pression artérielle et la fréquence cardiaque sont diminuées
                       proportionnellement à l’intensité de l’hypothermie
                     • l’ECG montre des troubles de la repolarisation à type d’allongement
                       du QT et d’inversion de l’onde T. Des ondes d’Osborn peuvent
                       se voir (crochetage de la branche descendante de l’onde R
                       surtout visible en D2)
                     • une bradypnée s’installe si la température descend en dessous
                       de 30°C.
             ¼ Hypothermie majeure (< 28°C)
                     • un coma s’installe, profond, aréactif avec une rigidité musculaire
                       intense
                     • l’EEG est plat si la température est inférieure à 20°C
                     • les pupilles sont en mydriase aréactive
                     • la pression artérielle et le pouls sont difficilement perceptibles.
                       Il existe une bradypnée extrême voire une apnée. La bradycardie
                       constatée sur l’ECG peut être inférieure à 20/min
                     • il y a un risque majeur de trouble du rythme à type de fibrillation
                       ventriculaire. Le tableau clinique réalise un état de mort apparent.
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     Pièges                                                                          F. Adnet

     Il existe un risque majeur et non théorique de diagnostic erroné de mort avec rigidité
     cadavérique. Seul, l’ECG et le réchauffement du patient peut corriger le doute diagnostic.
     C - Pronostic
     Tout patient en hypothermie doit être hospitalisé. L’âge, un mauvais état général
     ou la présence de lésions associées (polytraumatisme) sont de mauvais pronostic.
     Un patient avec une hypothermie grave ou majeure doit être hospitalisé en réanimation.
     D - Traitement
     Le premier geste est de soustraire le patient à un environnement froid et de l’isoler
     grâce à une couverture de survie (gain de 0,5°C/h) qui assure un réchauffement
     progressif. L’utilisation de première intention de catécholamines est contre-indiquée
     à cause de l’hyperexatibilité ventriculaire majorée par l’hypothermie. Une
     oxygénothérapie est systématique. En cas d’arrêt cardiaque, la fin des manoeuvres
     de réanimation ne peut être décidé que lorsque le patient a récupéré une
     température 32°C.
     Schéma thérapeutique général
     c Maintien des grandes fonctions vitales
              ¼ le maintien des fonctions vitales doit être prudent à cause du risque
                  majeur de survenue d’une fibrillation ventriculaire
              ¼ le collapsus sera corrigé par la perfusion prudente de macromolécules (500 mL)
              ¼ la bradycardie doit être respectée
              ¼ en cas de fibrillation ventriculaire, les chocs électriques externes (CEE)
                  sont en général inefficaces en dessous de 30°C. Après échec de trois
                  CEE successifs, le patient doit être réchauffé sous massage cardiaque
                  externe avant de renouveler les défibrillations
              ¼ les indications d’intubation endotrachéale et de ventilation mécanique
                  doivent être large dès l’apparition d’un trouble de conscience
     c Réchauffement
              ¼ les techniques de réchauffement dépendent de la profondeur de
                  l’hypothermie
              ¼ en cas d’hypothermies légères, le réchauffement externe (actif ou passif)
                  est suffisant (couverture de survie). On peut utiliser les matelas
                  chauffants, la couverture chauffante, l’insufflation d’air chaud pulsé
                  (air réchauffé autour de 40°C)
              ¼ lors d’hypothermies sévères (< 32°C), on doit utiliser les techniques de
                  réchauffement interne (ces méthodes évitent la vasodilatation périphérique
                  qui aggrave le collapsus). Certaines de ces techniques (lavage gastrique
                  chaud, perfusion de liquides réchauffés, réchauffement de l’air inspiré)
                  ne peuvent être mise en oeuvre que dans des unités de soins intensifs
                  possédant l’équipement nécessaire
              ¼ en cas d’extrême gravité (présence d’un ACR ou instabilité hémodynamique
                  gravissime) un réchauffement par circulation extra-corporelle peut être
                  envisagé. Celui-ci a l’énorme avantage de procurer un réchauffement
                  rapide (gain : 10-15°C/h) et de restaurer l’hémodynamique.
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     4 c Accidents d’exposition
            aux liquides biologiques

     A - Définition
         Risque de contamination par exposition à un liquide biologique (principalement
     par le sang mais également par sperme, LCR, sérum, liquide pleural etc...). La
     contamination peut se faire par contact avec une lésion cutanée, une
     muqueuse ou par effraction cutanée par un objet pointu préalablement souillé
     (aiguille, bistouri).
     Les situations les plus fréquentes rencontrées aux urgences sont :
         • les piqûres septiques ou la projection de liquides biologiques, notamment
            dans le cadre professionnel
         • les rapports sexuels non protégés (en particulier viols, rupture de préservatif)

     B - Points importants
     VIH
     c Le risque existe lors d'une exposition au sang ou par voie sexuelle
       (agression sexuelle).
     c Lors d’une exposition aux liquides biologiques, la plus grande angoisse est
       liée à la transmission du VIH. Ce risque a été évalué à 0.3% lors d’un exposition
       au sang d’un patient VIH+ par piqûre d'aiguille. Ceci doit être expliqué aux
       patients pour “dédramatiser” la situation.
     Hépatite liée au virus B
     c Le risque faible de transmission du VIH occulte parfois le risque plus élevé de
       transmission de l’hépatite B chez le sujet non vacciné qui existe lors d'une
       exposition au sang ou par voie sexuelle.
     c Le traitement par immunoglobulines est efficace et ne doit pas être omis.
     Hépatite liée au virus C
     c Il n’y a pas de traitement médicamenteux à proposer aux urgences pour prévenir
       la transmission de l’hépatite C.
     c Le risque de transmission existe par le sang et est extrêmement faible par
       voie sexuelle

     C - Traitement
     Le nettoyage immédiat
     c Nettoyage par de eau et savon puis désinfection par de l’eau de Javel à 12°
       diluée au 10éme ou à défaut par de l’alcool à 70° pendant un quart d’heure.
     c C'est une mesure thérapeutique essentielle et probablement la plus efficace.

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     Tr a i t e m e n t p r é v e n t i f d e l ' h é p a t i t e B
     c L’injection de gammaglobulines spécifique à la dose de 8 à 10 UI/ Kg en IM
         (maximum 500 UI)
     Tr a i t e m e n t p r é v e n t i f d u V I H
     c Lorsque le traitement anti-rétro-viral est initié aux urgences (cf. arbre décisionnel),
       il ne doit pas éxéder 48 heures et doit être réévalué dans ce délai par un référent
       désigné dans l’hôpital
     c L’efficacité du traitement anti-rétroviral est lié à la précocité de sa mise en
       route, au mieux dans les 4 premières heures
     c Lorsqu’un traitement anti-rétroviral est mis en route, il faut prévoir une
       contraception efficace chez la femme en âge de procréer
     c Anti-rétroviraux utilisés :
              ¼ zidovudine, AZT (Rétrovir®) : 250 mg per os matin et soir à 12 heures
                 d’intervalle
              ¼ lamivudine, 3TC (Epivir®) : 150 mg per os matin et soir à 12 heures
                 d’intervalle
              ¼ Combivir® utilisé préférentiellement est une combinaison des deux
                 précédents et s’utilise à la dose d’une gel. matin et soir
              ¼ indinavir (Crixivan®) : 800 mg per os à jeun trois fois par jour à 8
                 heures d’intervalle
              ¼ stavudine, d4T (Zerit®) : 40mg per os toutes les 12 heures pour
                 patients > 60 kg
              ¼ didanosine, ddI (Videx®) : 400 mg par jour en une ou deux prises
                 per os pour patient > à 60 kg
     c Surveiller les transaminases et de la NFS




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     184 > Divers >

      C h o i x d u t r a i t e m e n t a n t i - r é t ro v i r a l d e v a n t u n a c c i d e n t
                   d’exposition à un liquide biologique




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                                                      J.L. Lejonc, E. Roupie, E. Hinglais
     5 c Tr a i t e m e n t d e l a d o u l e u r
            aux urgences
     c Toute douleur aiguë nécessite un diagnostic étiologique précis, d'où découlera
       un traitement en rapport avec la cause. Cependant, la nécessité d'entreprendre
       des investigations à but diagnostique ne doit pas entrer en concurrence avec
       celle de traiter la douleur.
     c L'existence et le retentissement de la douleur doivent être évalués dès l'arrivée
       du patient aux urgences, éventuellement à l'aide de différentes échelles. La
       plus utilisée est l'Echelle Visuelle Analogique, qui permet une auto-évaluation
       de l'intensité de la douleur et surtout de son évolution par le patient. Lorsque
       le patient ne peut pas communiquer normalement, en raison par exemple
       d'une confusion mentale, la douleur est évaluée par les manifestations gestuelles
       attestant celle-ci. Contrairement à une idée qui reste répandue, le contrôle
       de la douleur aux urgences ne perturbe pas la qualité du diagnostic, y compris
       dans les douleurs abdominales.
     c Les médicaments utilisés pour le traitement de la douleur aux urgences sont,
       en premier lieu, les antalgiques dits périphériques, dont le chef de file est le
       paracétamol. Il peut être administré par voie orale, à la dose de 1 g renouvelable
       toutes les 6 heures. Lorsque la voie orale n'est pas autorisée, le propacétamol
       (qui est catabolisé en paracétamol dans l'organisme) peut être utilisé à la
       dose de 2 g par voie IV.
     c Dans certaines douleurs fréquemment rencontrées aux urgences, il est établi
       que les AINS injectables ont un effet antalgique très remarquable qui justifie
       leur utilisation en premier recours (coliques néphrétiques, douleurs dentaires,
       douleurs pelviennes (dysménorrhée) et douleurs pleurales). Contrairement au
       paracétamol, ces médicaments présentent des contre-indications (par exemple
       la grossesse) et des effets indésirables, notamment le risque hémorragique.
     c Lorsque la douleur ne peut être contrôlée par les antalgiques périphériques,
       et dans les douleurs viscérales profondes (IDM), on fait appel aux antalgiques
       centraux, et tout particulièrement à la morphine, qui est l'antalgique de référence
       de cette famille.
     c La voie IV est la voie la plus rapide et la plus fiable, les voies intramusculaires
       ou sous cutanées ayant une résorption irrégulière et la voie orale (sulfate de
       morphine) étant mal adaptée à l'urgence.
     c Il est recommandé de faire une titration par injection IV fractionnée jusqu'à
       obtention de l'effet antalgique désiré. La durée d'action de la morphine est
       de 4 heures et les réinjection doivent être administrées autant que nécessaire.
     c Les autres traitements de la douleur sont l'immobilisation des fractures, et
       l'utilisation des anesthésies locales, et notamment l'anesthésie loco-régionale
       par technique du bloc (bloc crural, bloc périphérique, anesthésie tronculaire
       de la face).

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     186 > Divers >

                          Tr a i t e m e n t d e l a d o u l e u r
                                     aux Urgences




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                Tr a n s f u s i o n d e C G R : ( a n é m i e g r a v e )




                                  Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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     188 > Divers >

               Tr a n s f u s i o n d e c o n c e n t r é s p l a q u e t t a i res :
                     ( t h ro m b o p é n i e g r a v e < 2 0 0 0 0 / µ l )




     Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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                                                                              B. Richard
     1 c Médicaments de l’urgence
            chez la femme enceinte

     Risques spécifiques des médicaments chez la femme enceinte :
     • pour l'embryon ou le fœtus : risque tératogène, risque abortif, effet indésirable
       avant la naissance
     • pour le nouveau-né : effet indésirable survenant après la naissance
     • p o u r l a m è re : modification de l'effet de certains médicaments du fait de la
       grossesse

     La prescription des médicaments chez la femme enceinte doit être réduite au
     minimum nécessaire. La gravité de la situation doit être prise en compte pour
     l'utilisation de médicaments déconseillés voire exeptionnellement contrindiqués.




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     190 > Douleurs thoraciques >




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                                              Remerciements > 191


     • L’ANEMF remercie en premier lieu les auteurs de l’APNET, sans qui ce
     guide ne pourrait exister. Notre attention se porte particulièrement sur
     le président de l’APNET le Professeur HILLON, ainsi qu’envers le
     Professeur PATERON et le Professeur QUENEAU qui sont les coordinateurs
     de cet ouvrage


     • Les partenaires financiers : GPM
                                    CMV Médiforce



     • Les partenaires logistiques pour le routage : GPM


     • La société d’impression : Agence 3COM Service


     • L’ANEMF remercie enfin l’ensemble des équipes des associations
     locales pour leur dévouement à la diffusion et à la communication de
     ce guide




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      192 > NOTES




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Amis med.com gumc 2010

  • 1.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 1 > 1 2009 Guide des urgences médico-chirurgicales Tirage à 6000 exemplaires Exemplaire gratuit ANEMF c/o FAGE 5, Rue Frédérick Lemaître 75020 PARIS Tél. : 01 40 33 70 72 info@anemf.org Hépatogastroentérologie www.anemf.org Hôpital du Bocage BP 77 908 21079 Dijon cedex Téléphone : 03 80 29 37 50 patrick.hillon@chu-dijon.fr apnet.univ-lille2.fr Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009 1
  • 2.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 2
  • 3.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 3 SOMMAIRE > 3 Avertissement au lecteur 6 Liste des auteurs 7 Préface du Professeur Queneau, Ancien Président de l’APNET 8 Editorial de Jean-Paul LORENDEAU 10 Publi-info AGMF 12 Introduction Accueil et tri des malades consultants aux urgences 12 Chapitre I : Douleurs thoraciques Infarctus du myocarde 15 Diagnostic d’un syndrome douloureux thoracique 16 Angor 19 Dissection aortique 21 Chapitre II : Dyspnées aiguës Diagnostic d’une dyspnée aiguë 24 Crise d’asthme 25 Conduite à tenir devant un œdème aigu du poumon cardiogénique 28 Œdème aigu du poumon cardiogénique 29 Décompensation d’une insuffisance respiratoire chronique 32 Embolie pulmonaire 35 Pneumopathies infectieuses communautaires 37 Pneumothorax 40 Chapitre III : Syndromes douloureux abdominaux Sepsis intra-abdominal : Cholécystite aiguë 43 Éléments de base pour l’évaluation d’un syndrome douloureux abdominal 45 Diagnostic d’un syndrome douloureux abdominal 46 Diagnostic à évoquer devant une douleur abdominale fébrile 47 Sepsis intra-abdominal : Appendicite 48 Sepsis intra-abdominal : Diverticulite aiguë 50 Sepsis intra-abdominal : Péritonite 52 Sepsis intra-abdominal : Salpingite aiguë 54 Occlusion intestinale aiguë 56 Pancréatite aiguë 57 Ulcère gastro-duodénal 59 Grossesse extra-utérine 61 Prise en charge d’une hémorragie digestive haute aiguë 63 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 4.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 4 4 > SOMMAIRE Chapitre IV : Syndromes génito-urinaires Colique néphrétique 64 Sepsis urinaire : Pyélonéphrite aiguë 66 Sepsis urinaire : Cystite simple 68 Sepsis urinaire : Prostatite aiguë 70 Rétention aiguë d’urine 71 Diagnostic d’une douleur scrotale aiguë 73 Chapitre V : Malaises Prise en charge d’un malaise aux urgences 74 Orientation diagnostique d’un malaise 75 Syncopes 77 Orientation diagnostique d’une syncope 80 Crise convulsive 81 Chapitre VI : Coma Coma 84 Conduite à tenir devant un coma 85 Arrêt cardiaque 86 Arrêt cardiaque : prise en charge 88 Chapitre VII : Choc Choc anaphylactique 89 Prise en charge d’un choc 90 Chapitre VIII : Agitation Agitation psychomotrice et sédation médicamenteuse 91 Conduite à tenir devant une agitation psycho-motrice 92 Intoxication éthylique aiguë 93 Bouffée délirante aiguë 94 Chapitre IX : Intoxications médicamenteuses Intoxication médicamenteuse volontaire 95 Prise en charge d’une intoxication médicamenteuse volontaire aux urgences 97 Chapitre X : Urgences métaboliques Diabète décompensé : conduite à tenir devant une hyperglycémie 98 Le diabétique aux urgences 101 Diabète décompensé : Hyperosmolarité 102 Diabète décompensé : Acido-cétose 105 Hypoglycémie (chez le diabétique et le non diabétique) 108 Insuffisance rénale aiguë 110 Prise en charge d’une insuffisance rénale aiguë 113 Déshydratation 114 Hyperkaliémie 116 Hypokaliemie 118 Hypercalcémie 120 Hyponatrémie 122 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 5.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 5 SOMMAIRE > 5 Chapitre XI : Syndromes neurologiques déficitaires Prise en charge d’un syndrome neurologique déficitaire : hémiplégie 124 Accidents vasculaires cérébraux 125 Prise en charge d’un syndrome neurologique déficitaire : paraplégie 129 Chapitre XII : Céphalées Prise en charge d’une céphalée aiguë 130 Hémorragie méningée 131 Méningites aiguës 133 Chapitre XIII : Urgences rhumatologiques Lombosciatique aiguë 136 Conduite à tenir devant une lombosciatique aiguë 139 Névralgie cervico-brachiale 140 Arthrite aiguë 141 Conduite à tenir devant un épenchement intra-articulaire du genou 143 Chapitre XIV : Traumatologie Petites plaies 144 Traumatismes crâniens 148 Traumatismes rachidiens 151 Traumatismes de l’épaule 154 Traumatismes du coude 156 Traumatismes du poignet 159 Traumatismes de la hanche 161 Traumatismes du genou 163 Traumatisme de la cheville 166 Traumatisme de l’avant du pied et du pied 169 Chapitre XV : Divers Hypertension artérielle aux urgences 173 Fièvre au retour d’un pays tropical 176 Hypothermies 180 Accidents d’exposition aux liquides biologiques 182 Choix d’un traitement antirétroviral devant un accident d’exposition à un liquide biologique 184 Traitement de la douleur aux urgences 185 Traitement de la douleur aux urgences 186 Transfusion de culots globulaires 187 Transfusion de concentrés plaquettaires 188 Médicaments de l’urgence chez la femme enceinte 189 • Remerciements 190 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 6.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 6 6 > Avertissement au lecteur L es auteurs de ce Guide des urgences médico-chirurgicales, conçus par l’APNET, se sont efforcés de donner des informations conformes aux connaissances médicales actuelles, notamment dans le domaine de la Thérapeutique. Cependant la recherche clinique ouvre à des progrès constants, au bénéfice des malades. L’étudiant ou le médecin qui utilise ce Guide doit contrôler par les ouvrages de référence (Vidal®, Guide National des Prescriptions, Fiches de transparence…), l’évolution possible des prescriptions. En outre, il doit garder à l’esprit que chaque malade est unique, ce qui l’amènera à toujours devoir personnaliser pour chaque patient, les conduites thérapeutiques indiquées. Enfin, les auteurs souhaitent recevoir les réflexions, commentaires et critiques que susciterait la lecture de ce guide. À noter que les algorithmes proposés dans ce guide comportent des “loupes” stigmatisées pas le signe . Celui-ci indique que la pathologie concernée est developpée dans un autre chapitre du Guide, auquel le lecteur peut se référer. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 7.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 7 Liste des auteurs > 7 • Pr Frédéric Adnet, SAMU 93, Hôpital Avicenne - Bobigny • Pr Jacques Amar, Service de Médecine Interne, Hôpital Purpan - Toulouse • Pr Pierre Ambrosi, Service de Médecine Interne et Thérapeutique, Hôpital Sainte Marguerite - Marseille • Pr Christophe Barrat, Service de Chirurgie Générale, Hôpital Jean Verdier - Bondy • Dr Bruno Bernot, Service des Urgences, Hôpital Jean Verdier - Bondy • Dr Bernard Bouffandeau, Service de Néphrologie et de Médecine Interne, Hôpital Sud - Amiens • Dr Bertrand de Cagny, Service de Néphrologie et de Médecine Interne, Hôpital Sud - Amiens • Pr Bernard Chamontin, Service de Médecine Interne, Hôpital Purpan - Toulouse • Dr Olivier Chassany, Clinique Thérapeutique , Hôpital Lariboisière - Paris • Pr Pierre-François Dequin, Service de Réanimation Médicale Polyvalente, Hôpital Bretonneau - Tours • Dr Dominique El Kouri, Service de Médecine Interne, Hôpital Hôtel Dieu - Nantes • Pr Jean-Michel Halimi, Service de Néphrologie Immunologie Clinique, Hôpital Bretonneau - Tours • Dr Etienne Hinglais, Service des Urgences, Hôpital Henri Mondor - Créteil • Pr Jean-Louis Lejonc, Service des Urgences, Hôpital Henri Mondor - Créteil • Dr Jafar Manamani, Service des Urgences, Hopital Saint-Antoine, Paris • Dr Thierry Mathevon, Soins Intensifs de Pneumologie, Hôpital G. Montpied - Clermont-Ferrand • Dr Jean Louis Megnien, Service de Médecine Préventive Cardio-Vasculaire, Hôpital Broussais - Paris • Pr Dominique Pateron, Service des Urgences, Hopital Saint-Antoine, Paris • Pr Gilles Potel, Service de Médecine Interne, Hôpital Hôtel Dieu - Nantes • Pr Patrice Queneau, Service de Médecine Interne et Thérapeutique, Hôpital Bellevue - Saint-Etienne • Dr Jean-Luc Rey, Service de Cardiologie, Hôpital Sud - Amiens • Dr Bruno Richard, Service de Médecine Interne, Hôpital Carémeau - Nîmes • Pr Eric Roupie, Service des Urgences, Hôpital Henri Mondor - Créteil • Pr Michel Salvador, Service de Médecine Interne, Hôpital Purpan - Toulouse • Pr Jeannot Schmidt, Service des Urgences, Hôpital G. Montpied - Clermont-Ferrand • Pr Michel Slama, Service de Néphrologie et de Médecine Interne, Hôpital Sud - Amiens Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 8.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 8 8 > Préfaces “Trop de docteurs, Trois rêves devenus… peu de médecins” (proverbe français) (1) RÉALITÉS ! F a i s o n s u n r ê v e, tel est le titre d'une comédie alerte et gaie de Sacha Guitry. Pour ma part, mon rêve était triple. Le premier était que l'on enseignât la médecine, et notamment la thérapeutique, sa finalité même, non pas comme une science abstraite consacrée à des maladies désincarnées (l'infarctus du myocarde, l'embolie pulmonaire, le coma diabétique…, envisagés de façon théoricienne et anonyme), mais en fonction des besoins et attentes réels des malades : notamment dans les circonstances dramatiques des Urgences, où l'enjeu est bien souvent l'alternative entre la vie et la mort. Et où chaque malade doit pouvoir bénéficier de la décision salvatrice : bien soigné de son infarctus du myocarde ou de son hémorragie digestive, le malade sera sauvé ; mal soigné, il risque d'en mourir… A l'Urgence, il n'y a pas de droit à l'erreur. Plus encore qu'ailleurs, c'est un impératif éthique pour chaque interne, chaque médecin, que “d'assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science” (article 32 du Code de Déontologie médicale). Mon deuxième rêve était celui-ci : que l'APNET (l'Association Pédagogique pour l'Enseignement de la Thérapeutique), s'attachât à la rédaction d'un Guide des Urgences médico-chirurgicales, exigeant et pratique, utile et maniable, à l'usage des internes et des médecins de garde. Et mon troisième rêve, me direz-vous ? Il était qu'un tel Guide soit conçu et écrit, non pas seulement pour les étudiants, futurs internes, futurs médecins, mais bien avec eux, convaincus que nous étions que l'une des clefs de sa réussite et surtout de son utilité réelle pour eux, serait qu'ils en soient eux-aussi les maîtres d'œuvre, depuis la conception, le choix des thèmes et de la forme à adopter, jusqu'à la finition. Voilà que tout cela est aujourd'hui chose faite. Et c'est une joie fantastique que de voir réalisés tant de rêves à la fois. Mais ce livre aura été pour moi une autre source de vrai bonheur : celle d'avoir vécu cette aventure ensemble, enseignants et étudiants (sans jamais oublier les étudiantes !) réunis dans ce même objectif, et passionnés par cette perspective d'écrire ensemble ce Guide. Aussi, je dois d'immenses remerciements à tous ceux qui ont formidablement œuvré pour cette réalisation. Merci à Dominique Pateron, qui aura été le coordinateur efficace et passionné de ce guide. Et Dieu sait qu'il n'aura pas déçu mon attente, qu'il en soit assuré ! Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 9.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 9 Préfaces > 9 Merci à tous les auteurs et relecteurs de l'APNET, admirables de motivation, qui, une fois encore, m'ont réjoui et m'ont conforté dans la conviction que nous étions sur la bonne voie, aimantés par l'ardent désir de guérir, de soulager et d'accompagner les malades. Merci à Anthony Gourichon, dévoué Président de l'ANEMF, et à ses successeurs tous aussi ardents les uns que les autres : Christophe Orgaer, Marc Sabourin, Guillaume Gauchotte, Marie Costes, Amandine Brunon (à qui je vous une affec- tion particulière en tant que stéphanois), Guillaume Müller, Sylvain Iceta, Virginie Prade et enfin Charles Mazeaud pour tous les efforts entrepris pour la parution annuelle de ce guide. Merci aux vice-Présidents successifs de l'ANEMF, qui ont réussi l'impossible pari de faire éditer cet ouvrage et de le diffuser avec un tel dynamisme : Sébastien Pelletier, Kevin Kraft, Alexandre Lazard, Sébastien Pouzoulet, Nicolas Boimond, Sophie Bouvaist, Matthieu Durand, Matthieu Boisson, Lobna Hadj-Henni et Jacques Franzoni, Guillaume Boulestein et, bien entendu, Léonard Golbin qui aura été l'artificier de cette dernière édition du guide. Merci à tous les étudiants de l'ANEMF qui se sont investis avec ardeur dans cette entreprise. Merci pour leur joie de vivre et leur ferveur à se préparer à toujours mieux soigner des malades, et non des maladies anonymes. Merci aussi pour leur humour, si essentiel pour rester libre d'esprit et éviter de basculer dans l'autosatisfaction stérile. Enfin, un grand merci pour leur contribution précieuse aux partenaires sans lesquels ce livre n'eût pas pu être remis gracieusement aux étudiants des 2ème et 3ème cycles des études médicales. Faisons un rêve… et voilà que ce rêve est devenu réalité ! ce livre est une naissance. L'enfant est beau. Il est en forme. Il crie sa joie dès le premier éveil. Il est promis à un bel avenir. Souhaitons-lui une belle destinée, conforme à notre attente : qu'il soit utile aux étudiants et donc aux malades, qu'il devienne le hand book, pardon le livre de poche, de l'étudiant de l'interne à l'urgence. " Voir Naples et mourir " ? Je n'ai jamais vu Naples…mais je veux continuer à vivre pour voir ce livre poursuivre son vol dans la galaxie médicale, afin de servir les malades : enjeu éthique et noble de la médecine que de secourir et d'apaiser l'Homme, surtout malade, surtout souffrant. Doyen patrice Queneau Président d’honneur de l’APNET M e m b re d ’ h o n n e u r d e l ’ A N E M F (1) dictionnaire de proverbes et dictions, les usuels du Robert, 1989, p.71 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 10.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 10 10 > Édito Bonjour à toutes et a tous, On est fiers de vous présenter le Guides des Urgences Médico-Chirurgicales edi- tion 2008-2009. Ce guide récapitule tous les situations d'urgences que vous pourrez rencontrer lors de vos stages, et son but est de vous accompagner dans la poche de votre blouse, à côté de votre stéthoscope. Ce guide n'aurait pu voir le jour sans le travail de l’APNET (Association pédago- gique Nationale pour l'Enseignement de la Thérapeutique), notamment du Pr. PATERON et du Pr.QUENEAU. Je tiens aussi à remercier notre partenaire le Groupe Pasteur Mutualité sans qui l’édition de ce guide ne pourrait avoir lieu. Présent chaque année à nos côtés, ils permettent la mise à disposition d’outils pédagogiques auprès des étudiants. J’espère que ce guide se fera une bonne place dans vos blouses et vous servira dans votre pratique quatidienne. J e a n - P a u l L o re n d e a u CM Publications de l'Anemf Étudiant en DCEM1 à Toulouse Purpan Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 11.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 11
  • 12.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 12 12 > Introduction Accueil et tri des malades consultants aux urgences Un service d'urgence reçoit, à toutes heures du jour et de la nuit, des malades, dont l'arrivée n'est pas annoncée (programmée). Plusieurs malades arrivent au même moment, pour des motifs totalement différents et présentent des gravités également très différentes. Il est nécessaire d'organiser la prise en charge des malades dès le premier accueil (dès l'arrivée). Il faut réaliser un "tri" de l'urgence avec une catégorisation des patients afin que ceux qui le nécessitent puissent bénéficier d'une prise en charge immédiate ("circuit court"). A - Tri des malades c L e t r i d e s m a l a d e s s ' e ff e c t u e e n p re m i e r l i e u s u r l e s é l é m e n t s s u i v a n t s : ¼ Motif d'arrivée ¼ Etat clinique ¼ Recueil des paramètres vitaux suivants : pouls, pression artérielle, fré- quence respiratoire, conscience, température c "Dogmes" : tout malade présentant l'un des éléments suivants doit bénéficier du circuit c o u r t de prise en charge thérapeutique : ¼ Douleur quelle qu'elle soit : antalgie immédiate puis diagnostic ¼ Détresse respiratoire : oxygène, intubation ¼ Détresse hémodynamique : pose d'une voie d'abord, remplissage vasculaire ? Inotropes ? ¼ Détresse neurologique : intubation ? ¼ Agitation, agressivité : sédation ? Pour ces malades, le recueil de l'anamnèse et l'examen clinique doivent être réalisés parallèlement aux premiers gestes thérapeutiques. c L a c l a s s i f i c a t i o n c l i n i q u e d e s m a l a d e s a u x u r g e n c e s ( C C M U ) permet aussi une catégorisation utile pour juger de leur gravité. Elle est fondée sur le jugement initial du premier médecin accueillant le patient. c L’ é v a l u a t i o n p o r t e s u r l ' é t a t c l i n i q u e d u p a t i e n t e t l a n o t i o n d e s t a b i l i t é de celui-ci. ¼ Lorsque le patient présente une pathologie pour laquelle aucun risque vital ou d'aggravation n'est prévisible à court ou moyen terme, il est classé CCMU 1 s'il ne nécessite pas d'examen (biologique ou radiologique) ni de geste thérapeutique. Exemple : angine. S'il en requiert un ou plusieurs il est classé CCMU 2. Exemple : pneumopathie communautaire du sujet jeune. ¼ Si le patient est susceptible de s'aggraver, la question porte sur l'engagement, à court terme, du pronostic vital. Lorsque le pronostic n'est pas engagé, le patient est classé CCMU 3. Exemple : pneumopathie chez un patient âgé, ou crise convulsive isolée chez un éthylique. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 13.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 13 Introduction > 13 ¼ En cas de pronostic vital engagé, le malade est classé CCMU 4 lorsqu’il n’est pas nécessaire d'entreprendre immédiatement un geste de réanimation. Exemple : intoxication polymédicamenteuse potentiellement dangereuse sans signe de gravité à l'arrivée. Si un geste de réanimation est nécessaire dès l'arrivée, il est classé CCMU 5. État clinique stable OUI NON A c t e s c o m p l é m e n t a i re s P ro n o s t i c v i t a l e n g a g é NON OUI NON OUI Geste de réanimation vitale NON OUI Classe 1 Classe 2 Classe 3 Classe 4 Classe 5 ¼ Les détresses sont toutes classées CCMU4 et 5 (salle de déchocage) ¼ Les patients psychiatriques et la douleur ne sont pas classés par la CCMU mais doivent bénéficier d'un circuit court B • Information L'accueil des malades implique le recueil d'informations exhaustives auprès des différents acteurs de leur prise en charge (malade lui-même, familles, témoins, services de secours...). L'information recueillie auprès du malade doit l'être de façon confidentielle. Le malade et ses proches doivent être informés des motifs d'attente et du déroulement de leur prise en charge. En cas de sortie, le patient (et/ou son entourage) et le médecin traitant doivent pouvoir bénéficier d'une information éclairée sur le passage aux urgences pour que la continuité des soins soit assurée. Il est fondamental de prévoir des courriers et des lettres-type pour que le passage aux urgences s'inscrive dans la continuité des soins pour chaque malade. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 14.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 14 14 > Introduction consultants aux urgences Accompagnants Services Médecins P ro c h e s Recueil Information de secours traitants “Témoins” Accueil administratif Catégorisation (CCMU) Tr i Défaillance vitale OUI Douleur NON Patient agité Circ u i t c o u r t de prise en charge Circ u i t c o m m u n Attente possible Gestes immédiats (information + surveillance) Diagnostic Tr a i t e m e n t Décision d’orientation Hospitalisation Non admission Information (patient, M . T.) L e t t re - t y p e Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 15.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 15 Douleurs thoraciques > 15 J.L. Mégnien 1 c I n f a rc t u s d u m y o c a rd e A - Définition L'infarctus du myocarde (IDM) est la nécrose massive et systématisée du myocarde sur au moins 2cm2 secondaire le plus souvent à une occlusion par thrombose d'une artère coronaire. Dès que le diagnostic d'infarctus du myocarde est porté, le patient devra être conduit le plus rapidement possible en Unité de Soins Intensifs Cardiologiques (USIC). B - Points importants Diagnostic c D a n s s a f o r m e t y p i q u e : douleur thoracique brutale, intense, rétrosternale en barre,constrictive, avec irradiations aux mâchoires, au bras gauche, et aux poignets ; cette douleur est résistante aux dérivés nitrés et prolongée (au-delà de 20 à 30 minutes), le diagnostic est aisé. c Il est basé sur l'interro g a t o i re et l'ECG : ondes T géantes faisant rapidement place à un sus-décalage du segment ST, englobant l'onde T convexe vers le haut (onde de Pardee), avec un aspect en miroir. Te r r i t o i re Dérivations S i g n e s e n m i ro i r Antérieur étendu DI, aVL, V1-V6 DII, DIII, aVF Antéroseptal V1-V3 DII, DIII, aVF Apical V3-V4 Microvoltage en standards Antéro-speto-apical V1-V4 Latéral haut DI, aVL DIII, aVF Latéro-basal V6-V7 V1-V2 Latéral étendu DI, aVL, V6-V7 DIII, aVF, V1-V3 Postéro-diaphragmatique DII, DIII, aVF V1-V3 Postéro-basal V7-V9 ± DII, DIII, aVF V1-V4, R>S en V2 Ventricule droit Sous-décalage Associé avec un IDM ST V3R, V4R antérieur ou inférieur Prise en charge de l’infarctus du myocarde à la phase aiguë en dehors des services de cardiologie, conférence de consensus HAS, 2006 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
  • 16.
    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 16 > Diagnostic d’un syndrome douloreux thoracique 16 L’orientation diagnostique sera dominée par l’interrogatoire, l ’ e x a m e n c l i n i q u e , l ’ é l e c t ro c a rd i o g r a m m e , l e s e n z y m e s c a rd i a q u e s e t l a r a d i o g r a p h i e t h o r a c i q u e . Localisation de la douleur R é t ro s t e r n a l e Migratrice Basi-thoracique Pariétale latéralisée Dissection aortique : E n h é m i c e i n t u re : douleur prolongée, • Zona avec irradiation dorsale • Tassement vertébral descendante • Tumeur Localisée aux articulations Douleur constrictive : c h o n d ro - c o s t a l e s , • brève et à l’effort : angor manubrio-sternale ou • prolongée + trinitrine s t e r n o - c l a v i c u l a i re • Syndrome de Tietze résistante : IDM • Rhumatisme inflammatoire Gène thoracique pro v o q u é e • Infection e t / o u re n f o rcée par : chondro-sternale • inspiration : péricardite • antéflexion : reflux gastro-œsophagien S a n s f i è v re : • déglutition : spasme • Embolie pulmonaire (la fièvre est retardée) œsophagien • Épanchement pleural ( trinitrine sensible ) • Pneumothorax F i è v re : • Pneumonie infectieuse Douleur initialement extra-thoracique • Lithiase vésiculaire • Ulcère gastroduodénal • Pancréatite aigue Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 17 Douleurs thoraciques > 17 Les enzymes cardiaques (CK-MB, Myoglobine, Troponine I) ne présentent aucun intérêt dans les formes typiques. Les dosages devront être renouvelés dans les f o r m e s a t y p i q u e s (douleur atypique ou absente, OAP sans étiologie par exemple). Si la myoglobuline est la première enzyme à s'élever (délai d'apparition: 2 à 3 heures), cette augmentation n'est pas spécifique de l'IDM (élevée également en cas de traumatisme musculaire ou d'insuffisance rénale). Le délai d'apparition est de 3 à 8 heures pour les CK-MB, et de 4 à 6 heures pour la troponine I. Pièges c Le plus souvent les IDM sont acheminés directement par SAMU du domicile du patient à l'USIC. Les IDM rencontrés aux urgences auront donc la particularité de représenter les formes atypiques (formes abdominales, indolores) c Les modifications de l'ECG peuvent être difficiles à authentifier à la phase toute précoce de l'IDM (ondes T amples), il est donc essentiel de pouvoir comparer le tracé à des ECG antérieurs c Attention aux blocs de branche gauche qui peuvent masquer une nécrose c Il est impératif de faire le diagnostic différentiel de la dissection aortique et de la péricardite (toujours y penser !), pathologies pour lesquelles le traitement anticoagulant et surtout thrombolytique sont strictement contre-indiqués c Le diagnotic est parfois difficile. Il ne faut pas hésiter à appeler le réanimateur de l’USIC plutôt que d’attendre le résulat des enzymes cardiaques car le traitement thrombolytique doit être administrer le plus rapidement possible Cas particuliers L'IDM par extension de la dissection aortique aux artères coronaires qui contre-indique les traitements thrombolytique ou anticoagulant. Eléments de gravité Tout IDM est susceptible de se compliquer rapidement (troubles du rythme ventriculaire, troubles conductifs, OAP, choc cardiogénique). C - Traitement c le traitement aux urgences de l'IDM répond à deux impératifs : ¼ Mettre en place les moyens de réanimation pour la détection et le traitement des complications initiales représentées surtout par le s e a r y t h m i e s v e n t r i c u l a i re s ¼ Assurer au plus tôt la r e v a s c u l a r i s a t i o n d e l ' a r t è re c o ro n a i re (thrombolyse, angioplastie) en contactant l'USIC c aux urgences : ¼ Voie veineuse (G5 : 500 cc /24 heures + 2g KCl) ¼ S c o p e . D é f i b r i l l a t e u r à p ro x i m i t é Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 18 18 > Douleurs thoraciques > ¼ Ne jamais faire d'IM, ni de gaz du sang (le patient sera peut-être thrombolysé) ¼ Oxygénothérapie non indispensable sauf pour les patients en insuffisance cardiaque ¼ Morphine en titration en l'absence d'insuffisance respiratoire ¼ Aspirine : 250 à 500 mg IV ou per os ¼ Si PAS > 100 mm Hg et en l'absence d'infarctus du ventricule droit (penser à faire l'ECG en V3R et V4R) : trinitrine IV à la seringue électrique afin de régler la vitesse de perfusion entre 0,5 à 1 mg/h pour le Lénitral® ou 2 à 4 mg/h pour le Risordan® (la baisse de la PA doit être > à 10 % chez les sujets normotendus et 30 % chez le sujet initialement hypertendu) ¼ Le traitement par héparine sera administré en fonction du choix du thrombolytique qui sera utilisé. Clopidrogel indiqué en traitement adjuvant en cas de syndrome coronarien ST+ ¼ Prévenir le réanimateur de garde pour la prise en charge spécialisée en USIC du patient et la discussion du traitement thrombolytique et par bêta-bloquant c en cas d e s y n d ro m e v a g a l : ¼ Arrêt de la trinitrine ¼ Atropine en cas de bradycardie : 0,5 à 1 mg IVD ¼ Surélever les membres inférieurs c si extrasystoles complexes (fréquentes, polymorphes, phénomène R / T, e n s a l v e s ) : ¼ Amiodarone ou lidocaine en fonction de la situation c e n c a s d e t a c h y c a rd i e v e n t r i c u l a i re m a l t o l é r é e : ¼ Cardioversion après une courte anesthésie puis lidocaïne c e n c a s d e f i b r i l l a t i o n v e n t r i c u l a i re , l e p a t i e n t e s t e n a r r ê t c i rc u l a t o i re : ¼ Coup de poing sternal, massage cardiaque externe (le temps de charger le défibrillateur) ¼ Cardioversion immédiate (200 puis 400 J si échec) puis lidocaïne Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 19 Douleurs thoraciques > 19 J.L. Mégnien 2 c Angor A - Définition L'angine de poitrine est un syndrome douloureux thoracique en rapport avec une insuffisance du débit coronaire face aux besoins en oxygène du myocarde. La difficulté n'est pas tant le diagnostic qui est basé sur la clinique (interrogatoire), mais surtout sur le pronostic (angor stable ou instable) qui guidera la prise en charge du patient aux urgences (urgence coronarienne). B - Points importants Diagnostic c A n g o r s t a b l e : dans sa forme typique (douleur thoracique brutale, intense, rétrosternale en barre, constrictive, avec irradiations aux mâchoires, au bras gauche, et aux poignets) cette douleur brève (inférieure à 15 mn) est sensible aux dérivés nitrés. c A n g o r i n s t a b l e : cette appellation regroupe l'angor de novo (<2 mois), l'angor sévère ou accéléré (> 3 fois/j), et l'angor de repos. D a n s c e c a d re l'hospitalisation d'urgence s'impose. c L'ECG per- c r i t i q u e permet d'authentifier un sous-décalage du segment ST dans au moins deux dérivations concordantes. Pièges Dans l'insuffisance coronarienne aiguë, en dehors des douleurs, l'ECG peut ê t re n o r m a l . Cas particulier Angor spastique de Prinzmetal caractérisé par des douleurs spontanées, noc- turnes survenant habituellement entre 3 et 5 heures du matin avec un ECG per- critique (difficile à obtenir) montrant un sus-décalage important du segment ST avec signe en miroir mais sans onde Q de nécrose. Éléments de gravité To u t a n g o r s u s p e c t d ' i n s t a b i l i t é d o i t ê t re h o s p i t a l i s é . Les signes de gravité d'un angor instable sont : douleur thoracique prolongée (>20 minutes), OAP, angor avec apparition ou majoration d'un souffle d'insuffisance mitrale, douleur thoracique de repos avec modifications dynamiques du segment ST > 1 mm, angor avec galop ou crépitants, angor avec hypotension. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 20 20 > Douleurs thoraciques C - Traitements Crise d’angor stable c Repos. c Chez un patient assis ou allongé trinitrine par voie sub-linguale : Natispray Fort® 0,4mg à pulvériser sous la langue, flacon horizontal, à répéter 5 minutes après en cas d'inefficacité. En cas de douleur persistante (> 15 minutes), il s'agit d'un angor instable. c Vérifier l'observance du traitement anti-angineux, détecter un facteur aggravant. c Renforcer le traitement anti-angineux si les crises semblent plus fréquentes et prévoir une consultation cardiologique. c Reconsulter en cas de récidive des douleurs. Crise d’angor instable c Prévoir hospitalisation en USIC sous surveillance continue du rythme cardiaque et du segment ST. c Correction d'un facteur aggravant (trouble du rythme, hypovolémie, hypoxémie). Surveillance des enzymes cardiaques (CPK-MB, myoglobine, troponine I) qui restent normales en dehors de l'évolution vers l'infarctus du myocarde (traitement thrombolytique à prévoir alors en urgence). c Aspirine (250 à 500 mg IV ou per os). Héparine : 300 à 500 UI/kg/24h pour TCA à 1,5 à 2,5 fois le témoin. c Natispray® 1-2 bouffée de 0,4mg. Puis trinitrine IV à la seringue électrique afin de régler la vitesse de perfusion entre 0,5 à 1 mg/h pour le Lénitral® ou 2 à 4 mg/h pour le Risordan®. c Discuter le traitement bêta-bloquant avec le réanimateur (en l'absence de contre-indication) : aténolol (Ténormine®) 1 amp à 5 mg IV lente (5 minutes) et une deuxième ampoule 15 minutes plus tard selon FC et PA ; puis 1/2 cp toutes les 12h. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 21 Douleurs thoraciques > 21 J. Amar, B. Chamotin, M. Salvador 3 c Dissection aortique A - Définition La dissection aortique se définit comme le clivage longitudinal de l'aorte. La dissection prend naissance au niveau de la média avec mise en communication de l'hématome pariétal avec la lumière aortique. En pratique, il faut distinguer : c la dissection de type A : ¼ Elle intéresse l'aorte ascendante ¼ Il existe un risque majeur de rupture intrapéricardique ¼ Le traitement est chirurgical dans la majorité des cas c la dissection de type B : ¼ Elle intéresse l'aorte thoracique descendante ou abdominale ¼ Le risque de rupture est moins important que dans le type A ¼ Le traitement est médical dans la majorité des cas B - Points importants Diagnostic Il est évoqué sur 3 éléments : c la douleur : ¼ Atroce, caractérisée par son intensité ¼ Dans les formes typiques : migratrice et progresse avec la dissection ¼ Son siège est variable : thoracique, épigastrique, abdominale ; elle irradie fréquemment dans le dos c l'ECG : ¼ Il ne montre pas de signe d’infarctus en évolution, sauf extension de la dissection aux coronaires c le contexte : ¼ Chez le sujet jeune : une maladie des fibres élastiques accompagne la dissection La maladie de Marfan sera évoquée devant : • des antécédents familiaux • un allongement excessif des membres • une arachnodactylie • une cyphoscoliose ¼ Chez la femme : la grossesse est une circonstance favorisante ¼ Chez le sujet plus âgé : l'hypertension artérielle est l'étiologique prédominante A u t re s a r g u m e n t s d i a g n o s t i q u e s c avec la progression de la dissection, l'examen clinique peut mettre en évidence : ¼ Un souffle d'insuffisance aortique ¼ Une asymétrie tensionnelle ¼ La disparition d'un pouls ¼ Des signes déficitaires neurologiques c la radiographie thoracique peut montrer un élargissement du médiastin supérieur. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 22 22 > Douleurs thoraciques D é m a rc h e d i a g n o s t i q u e c Elle vise à : ¼ Affirmer la présence de la dissection ¼ Déterminer son type (A ou B) ¼ Préciser son extension c Elle tient compte des possibilités locales et repose sur : ¼ L’échocardiographie transthoracique et transoesophagienne suppose une PA contrôlée et un patient sédaté ¼ L'angioscanner aortique impose une injection d'iode : on prendra en compte les antécédents allergique et la fonction rénale ¼ Autres examens envisageables : - l'IRM à l'excellente sensibilité et spécificité est rarement réalisable en urgence - l'aortographie sera proposée dans les cas douteux ou en l'absence de moyen non invasif disponible Pièges Les complications de la dissection peuvent dominer le tableau et faire errer le diagnostic. c Nécrose myocardique ¼ Par extension de la dissection aortique aux coronaires. ¼ Dans ce contexte, la fibrinolyse peut avoir des conséquences dramatiques. c Péricardite ¼ Du frottement péricardique au tableau de tamponnade par fissuration intra péricardique de l'aorte disséquée. c Insuffisance cardiaque ¼ De l'OAP au choc cardiogénique du fait de la nécrose myocardique ou de l'insuffisance aortique. c Infarctus viscéral ¼ Infarctus rénal, mésentérique… Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 23 Douleurs thoraciques > 23 C - Pronostic Le pronostic est mauvais : 50 % des patients décèdent dans les 48 heures par rupture de l'aorte. Il a été transformé par le recours à la chirurgie dans le type A. Le type B garde un meilleur pronostic. La mauvaise tolérance hémody- namique, l'accident neurologique avec trouble de la conscience interdisant le recours à la chirurgie, l'ischémie viscérale sont bien sûr des éléments péjoratifs. D - Traitement Dans tous les cas, quatre impératifs : c M a n o e u v re s d e r é a n i m a t i o n e n c a s d e c h o c c Calmer la douleur ¼ Chlorhydrate de morphine (IV par titration) c Contrôler l'hypertension ¼ Antihypertenseurs injectables. Les posologies devront tenir compte de la situation clinique et biologique : - nitroprussiate de soude (Nitriate®) - nicardipine (Loxen®) (inhibiteur calcique) - urapidil (Eupressyl®) (alpha bloquant) - labétalol (Trandate® ) (alpha-béta bloquant) c Alerter une équipe chirurgicale et anesthésiste ¼ Afin d'envisager en fonction de la nature de la dissection et de son évolution une chirurgie urgente. ¼ En fonction du type de la dissection et de son évolution : - type A : recours à la chirurgie le plus rapidement possible si le terrain le permet. - t y p e B : traitement médical sous surveillance intensive. Un recours chirurgical sera envisagé en cas d'ischémie d'un membre, d'un viscère, d'une fissuration ou d'une rupture artérielle. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 24 24 > Diagnostic d’une Dyspnée aigue > Rechercher d’emblée, puis ultérieurement, des signes polypnée ample sans de g r a v i t é : anomalie ausculatoire • conscience ( coma, astérixis, agitation, troubles du comportement ) • acidose métabolique • FR>30/mn, cyanose, sueurs, encombrement, tirage, • choc battement des ailes du nez, respiration abdominale • anémie paradoxale, capacité à parler, à tousser • Tachycardie, chute de la pression artérielle, marbrures Si la situation est critique : Oxygénothérapie 10 à 15l/mn au masque à haute concentration + appel au réanimateur + respect de la position adoptée par le malade + pose de voie vei- neuse périphérique d y s p n é e i n s p i r a t o i re d y s p n é e e x p i r a t o i re encombrement bruyante (cornage) d i ff u s • coma • bronchite aiguë du vieillard • œdème de Quincke • O.A.P. - adrénaline 0,5 mg sc ou 0,1 mg iv • convulsion - Solumédrol® 80 mg iv (phase post-critique) • ingestion de caustique sibillants crépitants • épiglottite o u ro n c h i - Claforan® 1g iv - position asise • décompensation • O.A.P. - pas de tentative d’examen O.R.L. BPCO • pneumopathie • tumeur • asthme infectieuse • sténose post-intubation • O.A.P. • fibrose • corps étranger - ± manœuvre de A t t e n t i o n : se méfier À part : Heimlich des pseudo-crépitants de • embolie pulmonaire - extraction stase (obèse, vieillard, sujet allité) : réausculter • polysympto- • trauma du larynx matique +++ après la toux • paralysie dilatateurs • contexte, facteur asymétrie de risque a u s c u l a t o i re • hypoxie, signe RX Dans tous les cas : oxygène, Solumédrol® • pneumothorax, discrets 80 mg iv, pleurésie (ponction ou • signes droits drainage appel rapide à l’O.R.L. et si mauvaise tolérance) au réanimateur • atélectasie Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 25 Dyspnées aigues > 25 E. Mercier, P.F. Dequin 1 c Crise d’asthme A - Définition L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des bronches, qui se manifeste cliniquement par des accès d'obstruction aiguë des voies aériennes, résolutifs spontanément ou sous l'effet du traitement et séparés par des périodes asymptomatiques. B - Points importants c u n e c r i s e d ' a s t h m e p e u t t u e r, souvent de façon très aiguë, toujours par insuffisance de traitement c o r i e n t a t i o n : évaluer la gravité et apprécier la réponse au traitement initial c m e s u re r l e d é b i t e x p i r a t o i re d e p o i n t e ( D E P ) = peak flow, avant et après traitement c t r a i t e m e n t e n u r g e n c e = oxygène, ß2-mimétiques, corticoïdes. Pas de théophylline c les ß2-mimétiques doivent être administrés par n é b u l i s a t i o n, aussi efficace que la voie IV et exposant à moins d'effets secondaires. Exception : les crises d'asthme très graves, où le patient "ne respire quasiment plus" c un patient 70 ans essoufflé et sibilant a un OAP jusqu'à preuve du contraire. C'est l'asthme cardiaque, qui peut être amélioré par les ß2-mimétiques c u n e c r i s e d ' a s t h m e e s t t r è s a n x i o g è n e p o u r l e p a t i e n t : le rassurer en restant très calme C - Critères de gravité c a n t é c é d e n t s : - d'hospitalisation pour crise grave - de ventilation mécanique pour crise d'asthme c cliniques : - obligation de reprendre son souffle pour finir une phrase - v o i re p a ro l e i m p o s s i b l e + + + - sueurs - cyanose - agitation ou obnubilation - FC > 120/min - FR > 30/min - collapsus - s i l e n c e a u s c u l t a t o i r e +++ c anamnèse : - crise très rapidement progressive (quelques min à quelques heures) - crise ressentie comme i n h a b i t u e l l e + + + c DEP < 150 l/min (ou < 30% de la valeur théorique) c gazométrie : ¼ PaCO2 > 40 mmHg normocapnie = alarme h y p e rc a p n i e = c r i s e g r a v e ¼ hypoxémie (rare) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 26 26 > Dyspnées aigues > D - Traitement Crise simple sans signe de gravité c rester calme, rassurer le patient c o x y g è n e par lunettes ou sonde nasale pour SpO2 = 95% c nébulisation de broncho-dilatateurs : ¼ ß 2 - m i m é t i q u e : salbutamol 5-10 mg ou terbutaline 10 mg ramenés à 5mL avec une solution saline et délivrés avec un masque facial de nébulisation pneumatique relié à l'air ¼ mélangé à un anticholinergique : ipratropium 0,5 mg ¼ cette nébulisation étant répétée toutes les 20-30 min jusqu'à amélioration (DEP) c p re d n i s o n e 1 m g / k g p e r o s c E v a l u e r l ' a m é l i o r a t i o n : DEP, FC, FR, SpO2, vocalisation. Décider de l'orientation à la 4ème heure ¼ Les patients qui, à la 4ème heure : se sentent mieux, sont calmes, non polypnéïques (FR < 20 / min), avec un DEP 75% de la théorique et amélioré d'au moins 100 l/min par rapport à la valeur d'admission, sans maladie associée cardiaque ou respiratoire, sans signe clinique de pneumopathie ou de pneumothorax, ayant bien compris les consignes et le traitement de sortie, non isolés socialement peuvent repartir à domicile ¼ Les patients ne répondant pas à tous ces critères doivent être gardés aux urgences ou admis en hospitalisation (selon les habitudes et possibilités locales). Si aggravation : traiter comme une crise grave, avis du réanimateur c pas d'antibiotique sauf argument pour une infection bactérienne ORL ou pulmonaire (rare) c ni radio thoracique (sauf argument clinique), ni abord veineux c surveiller l'état clinique, la saturation transcutanée, le DEP. Crise avec signes de gravité c rester calme, rassurer le patient… mais appeler le réanimateur c quelle que soit la PaCO2, oxygène à haut débit par lunettes ou sonde nasale pour SpO2 95% c nébulisation de broncho-dilatateurs : ¼ ß2-mimétique + ipratropium comme ci-dessus ¼ à répéter toutes les 15-20 min jusqu'à amélioration c perfuser le patient pour : ¼ h y d r a t a t i o n de l'ordre de 3-4000 mL/24h chez un adulte (favorise l'expectoration) ¼ e x p a n s i o n v o l u m i q u e (solution saline à 0,9% 1000 mL rapidement) en cas de collapsus ou d'AAG (tamponnade gazeuse) ¼ c o r t i c o ï d e s I V : méthylprednisolone 80 mg ou hémisuccinate d'hydrocortisone 200 mg ¼ en l'absence d'amélioration, associer aux nébulisations un ß2-mimétique IV : salbutamol 1mg/h à moduler selon effet et tolérance (tachycardie, troubles du rythme, tremblements, hypokaliémie, hyperglycémie, acidose lactique modérée) ¼ surveiller : clinique, oxymétrie de pouls, scope, pression artérielle non invasive ¼ faire une radio thoracique au lit (pneumothorax ? pneumomédiastin ?) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 27 Dyspnées aigues > 27 c possibilités en l'absence d'amélioration (après avis du réanimateur) : traitements moins bien évalués : ¼ adrénaline en nébulisation (mais risque de broncho constriction induite par les sulfites) ou IV (intérêt si collapsus) ¼ sulfate de magnésium en perfusion IV ¼ respiration d'un mélange hélium - oxygène c ventilation mécanique en dernier recours c discuter avec le réanimateur de l'orientation du patient. S'il s'est amélioré suffisamment pour rester sous votre surveillance : poursuivre l'oxygénothérapie, nébulisation de ß2-mimétiques toutes les 4 heures, corticoïdes à renouveler toutes les 6 heures, hydratation IV 2000 à 3000 ml de glucosé à 5% / 24 h avec NaCl et KCl ; l e p a t i e n t d e v r a d e t o u t e f a ç o n ê t re h o s p i t a l i s é C o n s i g n e s d e s o r t i e p o u r l e s p a t i e n t s re p a r t a n t à d o m i c i l e c en cas de rechute ou d'aggravation de la gêne respiratoire, malgré le traitement : se faire conduire aux urgences sans tarder c en cas de gêne intense : appeler le Centre 15 c dans tous les cas, consultation du médecin traitant sous 2 à 3 jours c pour les patients disposant d'un peak-flow : mesurer régulièrement le DEP et établir une courbe O rd o n n a n c e - t y p e d e s o r t i e p o u r l e s p a t i e n t s re p a r t a n t à d o m i c i l e c corticoïdes per os prednisone (Cortancyl®) 40 mg en une prise le matin, pendant 10 jours c corticoïdes par inhalation béclométasone (Bécotide® 250) : 2 bouffées matin et soir, sans interruption c salbutamol (Ventoline®) : 2 bouffées 4 fois par jour, + 2 bouffées en cas de gène respiratoire, à renouveler si elle persiste Chez le patient connaissant bien l'emploi des aérosols-doseurs, a fortiori ayant un asthme à symptomatologie quotidienne, remplacer le traitement de fond par Ventoline par : salmétérol (Serevent®) : 2 bouffées matin et soir, sans interruption. Garder la Ventoline® comme traitement des crises. C o m m e n t m e s u re r l e d é b i t e x p i r a t o i re d e p o i n t e ? c malade assis, jambes pendantes c appareil tenu horizontalement c inspirer à fond, puis souffler le plus fort possible, d'un coup sec, sans vouloir souffler longtemps c bien serrer les lèvres pour éviter les fuites c prendre la meilleure de 2 ou 3 mesures c si l'on ne dispose pas des graphiques ou tables de référence : les valeurs théoriques sont de l'ordre de 400 à 450 l/min chez la femme, 600 à 650 l/min chez l'homme Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    Card i op a t h i e O A P C a rd i o g é n i q u e éléments de gravité 28 GUMC-2009 (ischémie, HTA, troubles de la conscience : bradypnée, valvulopathie) cyanose marquée, collapsus; SaO2 : < 85 %, PaCO2 >45 mmHg forme typique majeure : 16/02/09 Facteurs déclenchants le diagnotic est clinique 10:01 a u t re s e x a m e n s e n traitement sans examens en USIC ou Réanimation fonction du contexte a t t e n d re l e r é s u l t a t urgence • ECBU, hémocultures des examens • radiographie • angio-scanner pulmonaire, • assis, jambes pendantes • ECG Page 28 D-dimères • O2 : 6-10 L/mn • gaz du sang • échocardiographie • Lasilix® 80 mg IVD • enzymes cardiaques • Lenitral® 1/2 à 1mg/h à Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009 la SE ou Risordan® 5 amélioration persistance mg en sublingual le plus souvent ou aggravation (2cpés) éléments de é v a l u a t i o n d e l ’ e ff i c a c i t é traitement d’un facteur surveillance à 1 / 2 h e u re é v a l u a t i o n d e l ’ e ff i - déclenchant • polypnée, tachycardie, • soit amélioration c a c i t é à 1 h e u re PA, crépitants, diurèse • soit persistance, • gaz du sang artériel refaire 80 mg Lasilix® IVD ou saturation en O2 > Conduite a tenir devant un OAP cardiogénique >
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 29 Dyspnées aigues > 29 O. Chassany 2 c Œ d è m e a i g u d u p o u m o n c a rd i o g é n i q u e A - Définition L'œdème aigu du poumon cardiogénique (OAP) est la conséquence de l'extravasation excessive de liquide d'origine capillaire envahissant les espaces interstitiels puis alvéolaires. C'est une insuffisance respiratoire aiguë traduisant une insuffisance cardiaque gauche aiguë. La cause la plus fréquente est l'ischémie myocardique. B - Points importants Diagnostic Dans sa forme typique et majeure, l'OAP est facilement reconnu : c Interrogatoire ¼ cardiopathie connue (HTA, angor, valvulopathie sont les plus fréquentes) ¼ dyspnée brutale (polypnée), souvent nocturne, avec sensation d'étouffement, grésillement laryngé, toux quinteuse avec expectoration mousseuse, chez un malade assis dans son lit, angoissé, couvert de sueurs avec cyanose des extrémités c Examen clinique ¼ crépitants généralisés ou prédominant aux bases, tachycardie (100- 130/mn) c Examens complémentaires ¼ radiographie thoracique : • opacités floconneuses bilatérales alvéolaires mal limitées, à prédominance péri-hilaire • confirme l'existence d'une cardiopathie sous-jacente : cardiomégalie ¼ ECG : • signes d'hypertrophie ventriculaire gauche • recherche un facteur déclenchant : trouble du rythme, ischémie ou nécrose myocardique ¼ GDS : SaO2 abaissée, hypoxie, hypocapnie, témoins de l’hyperventilation ¼ Enzymes cardiaques Pièges c Formes cliniques atypiques ¼ forme atténuée ou débutante : aggravation d'une dyspnée d'effort, ou d'une orthopnée avec des crises paroxystiques nocturnes et/ou sensation d'oppression thoracique. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 30 30 > Dyspnées aigues > ¼ pseudo-asthme cardiaque : bradypnée expiratoire et sibilants, mais l'orthopnée, la notion d'une cardiopathie, d'une cardiomégalie radiologique et à l'ECG, et l'absence d'ATCD d'asthme rétablissent le diagnostic d'OAP. Un asthme d'apparition récente chez un sujet âgé est une insuffisance cardiaque jusqu'à preuve du contraire. ¼ l'intrication d'une bronchopathie chronique et d'une insuffisance cardiaque rend le diagnostic d'OAP difficile, ce d'autant qu'une surinfection bronchique peut être le facteur déclenchant d'une décompensation cardiaque. Une oxygénothérapie à fort débit pendant quelques heures n'est pas contre-indiquée, même en cas d'hypercapnie connue. ¼ chez un sujet jeune fébrile : évoquer une endocardite bactérienne (hémocultures, sérologie VIH, recherche d'une toxicomanie intraveineuse). R e c h e rc h e d e f a c t e u r s d é c l e n c h a n t s c i n f e c t i o n : grippe, pneumopathie c écart de régime avec abus de sel ou arrêt d'un traitement diurétique c t ro u b l e s d u r y t h m e : AC/FA c i s c h é m i e : infarctus du myocarde c t r a i t e m e n t i n o t rope négatif sur un myocard e d é f a i l l a n t (bêta-bloquants ; anti-arythmiques) c p l u s r a re m e n t : ¼ embolie pulmonaire : D dimères, angio-scanner ¼ endocardite à évoquer dans un contexte fébrile (hémocultures) ¼ rupture de cordage de l'appareil mitral C - Pronostic c Impliquent un transfert en USIC ou en réanimation : ¼ absence d'amélioration rapide sous traitement diurétique ¼ troubles de la conscience ¼ épuisement respiratoire, hypercapnie (PaCO2 > 45 mm Hg) et acidose respiratoire ¼ sueurs profuses, cyanose des extrémités, marbrures cutanées, SaO2 < 85% ¼ collapsus tensionnel (pression artérielle systolique < 80 mm Hg) ¼ acidose métabolique ¼ nécrose myocardique, rupture de cordage D - Traitement Dans la forme typique, o n n ' a t t e n d p a s l e s r é s u l t a t s d e s e x a m e n s p o u r d é b u t e r l e t r a i t e m e n t . L'hospitalisation est systématique même dans les formes modérées. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 31 Dyspnées aigues > 31 Aux urgences c position assise, jambes pendantes c oxygénothérapie à fort débit (6 à 10 L/mn) par sonde nasale c voie d'abord veineuse, garde veine : glucosé à 5% (500 cc/24h) avec 2 ampoules de KCI/24h c diurétique d'action rapide par voie IV : 80 mg de furosémide (Lasilix®, amp 20 mg) à renouveler si nécessaire 1/2 heure après c dérivés nitrés (vasodilatateur veineux) : Lénitral® au PSE (1/2 à 1 mg/h si la pression artérielle systolique > 100 mm Hg) ou par voie sublinguale : Trinitrine® ou Risordan® 5 mg (2 cp) c éventuellement, sonde vésicale chez le patient âgé au moindre doute d'obstacle prostatique c la ventilation non invasive est discutée dans les formes sévères. Tr a i t e m e n t d u f a c t e u r d é c l e n c h a n t c antibiothérapie d'une infection après prélèvements (ECBU, hémocultures) c t a c h y a r y t h m i e : deslanoside (Cédilanide®) 1/2 amp/8h en IVD, héparine à dose efficace c e m b o l i e p u l m o n a i re : héparine à dose efficace c i n f a rctus : thrombolyse ? aspirine IV (250 mg) puis per os, héparine à dose efficace (transfert en USIC) Eléments de surveillance c fréquence respiratoire et cardiaque c pression artérielle c auscultation pulmonaire c diurèse c GDS ou oxymétrie de pouls E v a l u a t i o n d e l ' e ff i c a c i t é Le traitement doit entraîner une amélioration de la dyspnée, une amélioration de la saturation en oxygène, et une diurèse abondante dans la 1/2 heure qui suit; sinon refaire 80 mg de furosémide (Lasilix®). c hospitalisation se poursuit en Médecine ou Cardiologie c prescription d'une héparine de bas poids moléculaire à dose préventive (prévention des accidents thromboemboliques) tant que le patient est alité c apport de potassium IV puis per os, adapté aux contrôles de la kaliémie c les grands insuffisants cardiaques ont parfois besoin de posologies plus importantes de furosémide (Lasilix®) jusqu'à 250 mg/j Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 32 32 > Dyspnées aigues > O. Chassany 3 c D é c o m p e n s a t i o n d ’ u n e i n s u ff i s a n c e r e s p i r a t o i re c h ro n i q u e A - Définition Les broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) regroupent la bronchite chronique, le plus souvent due au tabac, l'emphysème qui est souvent une complication de la bronchite chronique, et les dilatations des bronches. L’ i n s u ff i s a n c e re s p i r a t o i re c h ro n i q u e se caractérise par une hypoxie permanente, et souvent une hypercapnie. Elle peut être soit o b s t r u c t i v e (limitation des débits) : formes évoluées des BPCO, soit re s t r i c t i v e (limitation des volumes) : résections chirurgicales, complications de la tuberculose ou de ses traitements "héroïques", cyphoscolioses, obésités, affections neuromusculaires, soit m i x t e. B - Points importants c l'oxygénothérapie non maîtrisée entraîne un risque de carbonarcose et peut précipiter une ventilation mécanique. Il n'y a aucun intérêt à "normaliser" la PaO2 d'un patient chroniquement très hypoxémique. C'est particulièrement vrai du grand obèse. La PaO2 souhaitable est de l'ordre de 50 à 55 mmHg, soit une SaO2 entre 85 et 90%. c cette règle ne s'applique pas si le patient est moribond. L'essentiel est alors de corriger son hypoxémie pour éviter l'arrêt cardiaque hypoxique, en attendant l'intubation. c administrer l'oxygénothérapie par une sonde naso-pharyngée, plus fiable que les "lunettes". La mise en place d'une sonde nasopharyngée est un geste douloureux : si la situation n'est pas trop critique, administrer de la lidocaine (Xylocaïne®) en spray. c le diagnostic différentiel entre décompensation de BPCO et OAP est parfois très difficile, surtout chez le vieillard, d'autant que les deux affections peuvent être intriquées. Un galop gauche et (ou) un reflux hépato-jugulaire et des bicarbonates normaux ou bas sont en faveur d'une cause cardiaque mais sont inconstants. c c o n n a i s s a n c e d u d o s s i e r (antécédents, gazométrie, ECG et radio thoracique de référence, dernières EFR…) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 33 Dyspnées aigues > 33 c dans les cas graves, ce qui est techniquement possible et ce qui est humainement souhaitable ne vont pas toujours de pair. La décision d'intuber ou non se discutera avec le réanimateur. Il faut donc si possible recueillir d'emblée les éléments nécessaires : importance et ressenti du handicap respiratoire, degré d'autonomie, projets de vie, maladies associées, projets thérapeutiques, réalité du sevrage tabagique, environnement familial et social, observance du traitement, facilité de sevrage lors d'une ventilation antérieure, souhaits exprimés. c un piège non rare : les insuffisances respiratoires d'origine neuromusculaires, où le tableau respiratoire peut passer inaperçu car : ¼ installé très progressivement (maladies chroniques) ¼ l e p a t i e n t n e p e u t p a s e x t é r i o r i s e r d e l u t t e re s p i r a t o i re. ¼ l'oxymétrie de pouls est ici particulièrement trompeuse. C - Critères de gravité avant tout cliniques c troubles de conscience+++, astérixis c agitation c impossibilité de parler c toux inefficace +++ c respiration paradoxale (dépression de l'épigastre à l'inspiration) c mise en jeu des muscles inspirateurs accessoires, battement des ailes du nez c FR > 30/min ou bradypnée avec pauses c certaines causes de décompensation : pneumonie, sepsis a c c e s s o i re m e n t g a z o m é t r i q u e s c à évaluer par rapport aux gaz du sang de référence c non pas tant sur la capnie, si elle ne s'accompagne pas de trouble franc de conscience, que sur le pH : se méfier si pH < 7,30. c plus rarement (si l'on respecte des PaO2 basses), hypoxémie non corrigeable sans carbonarcose induite Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 34 34 > Dyspnées aigues > D - Traitement Principes généraux c o x y g é n o t h é r a p i e à f a i b l e d é b i t (1 L/min) pour SpO2 entre 85 et 90% sans augmentation majeure de la capnie. Si nécessaire augmenter l'oxygénothérapie progressivement, par 0,5 L/min, en contrôlant les GDS 20 à 30 min après un nouveau palier c nébulisation d'une association ß2-mimétique-atropinique [ 10 mg de terbutaline (Bricanyl®) en dosette pour inhalation + 0,5 mg d'ipratropium (Atrovent®) en dosette pour inhalation] à nébuliser au masque (nébuliseur pneumatique, air 8 L/min). Durée nébulisation : 15 à 20 min. A renouveler toutes les 4 heures c voie veineuse périphérique, hydratation (facilite l'expectoration) c kinésithérapie respiratoire de drainage bronchique si encombrement c traitement d'une cause déclenchante éventuelle : pneumothorax (drainage systématique sur ce terrain mais attention au diagnostic différentiel avec une bulle d'emphysème), affection cardiaque, sédatifs, pneumonie, exacerbation infectieuse, dans les formes sévères bien souvent épuisement musculaire progressif c antibiothérapie si modification du volume et(ou) de la couleur de l'expectoration : amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin®) per os 1 g x 3 ou pristinamycine (Pyostacine®) per os 1 g x 3 c en général poursuite d'un traitement par pression positive si habituel à domicile c p a s d e s é d a t i f s , d'antitussifs, de modificateurs du mucus en l'absence de kinésithérapie efficace, de diurétiques (sauf doute sur un OAP), d'acétazolamide (Diamox®), d'almitrine, ou de théophylline c dans les formes graves (d'emblée, ou par échec du traitement médical) : discuter avec le réanimateur des possibilités de ventilation non invasive ou sur intubation S u r v e i l l a n c e d e l ' e ff i c a c i t é d u t r a i t e m e n t c essentiellement clinique (fréquence respiratoire+++, signes de lutte, troubles de conscience) c également gazométrique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 35 Dyspnées aigues > 35 P. Ambrosi 4 c E m b o l i e p u l m o n a i re A - Définition L'embolie pulmonaire est l'occlusion d'une artère pulmonaire ou d'une de ses branches, secondaire à la migration dans la circulation veineuse d'un embol habituellement cruorique. Penser à l'embolie pulmonaire (EP) devant toute dyspnée aiguë, toute perte de connaissance et toute phlébite. B - Affirmer le diagnostic Diagnostic clinique c Le diagnostic est parfois évident lorsqu'il existe une phlébite associée à une scène embolique : ¼ dyspnée brutale notamment à type de polypnée (84 %) ¼ douleur thoracique aiguë (88 %) ¼ angoisse (59 %) ¼ toux (53 %) ¼ hémoptysie (30 %) c Plus souvent, le tableau est atypique : ¼ phlébite cliniquement absente dans 30 % des cas ¼ fièvre (embolie septique, embolie surinfectée) ¼ pleurésie (souvent secondaire à un infarctus pulmonaire) ¼ pseudo-OAP (des râles à l'auscultation) ¼ perte de connaissance isolée ¼ parfois asymptomatique c D a n s t o u s l e s c a s , i l f a u t re c h e rc h e r : ¼ antécédent de phlébite ¼ alitement, grossesse ¼ notion de cancer, chirurgie récente, portacath ¼ traitement par tamoxifène (Nolvadex®, Tamofène®, Oncotan®, Kessar®), androcur, oestroprogestatifs, gonadotrophines L e s e x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s d e b a s e s o n t l e s s u i v a n t s c NFS : c D - d i m è res par technique ELISA : test non spécifique, d'une sensibilité élevée mais inférieure à 100 %. Donc des D-dimères normaux (<500 µg/l)permettent d'éliminer l'EP avec une haute probabilité. Ce dosage est sans intérêt en cas d'autres causes d'activation de la coagulation (chirurgie, hématome, etc.). c GDS : classiquement hypoxie-hypocapnie, mais ces signes peuvent manquer c ECG : il existe une tachycardie sinusale très fréquente à la phase initiale. Un aspect S1 Q3 est très évocateur mais il est présent dans moins de 25 % des cas. Parfois on note un bloc de branche droit de survenue récente, des anomalies de la repolarisation, une déviation axiale droite du QRS, une fibrillation auriculaire c é c h o d o p p l e r v e i n e u x d e s m e m b re s i n f é r i e u r s : retrouve une phlébite dans la grande majorité des cas (50-65%). Le caillot peut ne pas être apparent s'il a migré en totalité, s'il est confiné à des veines iliaques ou à l'extrémité d'une voie veineuse centrale Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 36 36 > Dyspnées aigues > c r a d i o g r a p h i e d u t h o r a x : souvent normale ou ne présentant que des anomalies minimes, contrastant avec la dyspnée ¼ surélévation d'une coupole diaphragmatique ¼ épanchement pleural ¼ atélectasie ¼ hyperclarté pulmonaire c é c h o d o p p l e r c a rd i a q u e : montre, surtout en cas d'EP sévère, une dilatation des cavités droites et une hypertension artérielle pulmonaire. L'association à une thrombose veineuse mise en évidence à l'écho-doppler des membres inférieurs est hautement évocatrice d'une EP Si la clinique et la paraclinique de base sont en faveur du diagnostic d ' e m b o l i e p u l m o n a i re , p r a t i q u e r e n u r g e n c e s o i t u n a n g i o s c a n n e r s p i r a l é s o i t u n e s c i n t i g r a p h i e p u l m o n a i re . c A n g i o s c a n n e r p u l m o n a i re : bonne spécificité, bonne sensibilité sauf pour le diagnostic des embolies pulmonaires distales. Contre-indiqué en cas d'insuffisance rénale sévère non dialysée car nécessitant une injection de produit iodé. Habituellement examen de choix aux urgences car facilement disponible de jour et de nuit. De plus, il peut diagnostiquer d'autres causes à la dyspnée comme une pneumopathie etc. c Scintigraphie pulmonaire : non spécifique, mais très sensible si elle est réalisée dans les premiers jours suivant la scène embolique. Beaucoup de faux positifs en cas de pneumopathie chronique ou aiguë et donc à ne pas pratiquer dans ces cas. Souvent d'accès moins facile que l'angioscanner en urgence. c Angiographie pulmonaire conventionnelle : nécessite de monter une sonde dans l'artère pulmonaire pour y injecter de l'iode. Peut se compliquer de mort subite, d'hématome au point de ponction et d'insuffisance rénale aiguë. Examen à réserver à de rares indications où les examens précédemment cités ne permettent pas de conclure et à la condition que le diagnostic d'embolie pulmonaire modifie la conduite pratique (ce qui n'est souvent pas le cas lorsqu'il existe une phlébite). C - Traitement c lever interdit c monitorage PA, saturation O2, ECG c O2 c (filtre cave si hémorragie non contrôlable contre-indiquant l'héparine). PA > 90 mmHg PA < 90 mmHg p a s d ' h y p o x i e r é f r a c t a i re h y p o x i e r é f r a c t a i re Elohes® 500 cc C I à l a t h ro m b o l y s e Dobutamine 5 µg / k g / m i n antécédents d'hémorragie • Héparine® SE : cérébrale bolus 70 UI/Kg, ponction de vaisseau non P a s d e C I à l a t h ro m b o l y s e compressible < 10 jours puis 500 UI/Kg/24h à rt PA ou urokinase adapter au bout de 6h HTA sévère non contrôlée ou streptokinase péricardite, TP < 50 % 1,5xte < TCA < 3xte par exemple : urokinase chirurgie < 15 jours 1million d'unités en bolus AVC ischémique > 3 mois • ou Innohep® SC : puis 2 millions en 2 h 0,6 ml/70 kg /j si clai- antidote : aprotinine rance créatinine >30 relais par héparine dès que ml/mn embolectomie chirurgicale 1, 5 x Te < TCA < 2,5 x Te ou héparinothérapie Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 37 Dyspnées aigues > 37 P.F. Dequin, E. Mercier 5 c Pneumopathies infectieuses c o m m u n a u t a i re s A - Définition Les pneumopathies infectieuses communautaires sont des infections du parenchyme pulmonaire, acquises en dehors de l'hôpital, et dont l'écologie bactérienne pose a priori peu de problèmes de résistance. Le pneumocoque, les germes atypiques (Legionnela pneumophila, Mycoplasma pneumoniae, Chlamydia pneumoniae), les virus et plus rarement certains bacilles à Gram négatif en sont les principaux agents étiologiques. B - Points importants c une pneumopathie infectieuse peut tuer c l'orientation du patient dépend des signes de gravité (terrain et état clinique) qui doivent être systématiquement recherchés c la f r é q u e n c e re s p i r a t o i re est un des signes de gravité les plus simples et a utiles. Sa mesure doit être répétée c toux, expectoration sale et fièvre manquent rarement sauf chez l e v i e i l l a rd où la pneumopathie peut se présenter comme un s y n d ro m e c o n f u s i o n n e l c faire une radio thoracique de qualité : debout face et profil si possible, mais s'il y a des critères de gravité, faire une radio dans le box c l’OAP est souvent fébrile (modérément), parfois asymétrique voire unilatéral : ¼ rechercher ATCD cardiologiques, signes d'insuffisance cardiaque ¼ si le doute persiste traiter les deux tableaux c a m o x i c i l l i n e e t m a c ro l i d e s re p r é s e n t e n t l a b a s e d e l ' a n t i b i o t h é r a p i e dans la majorité des cas. En pratique les macrolides ne sont pas actifs sur le pneumocoque. Les céphalosporines orales, même de 3ème génération, ont des CMI très insuffisantes dans cette indication. La Pyostacine® est active à la fois sur pneumocoque et germes atypiques, mais sa tolérance digestive est médiocre c si vous laissez repartir le patient, prévenir son médecin et s’assurer qu'il sera revu au 2ème ou 3ème jour C - Pronostic L'existence d'un signe de gravité impose l'hospitalisation: c confusion mentale c pneumopathie d'inhalation ou sur obstacle c FC > 125 / min c suspicion de pleurésie ou d'abcédation c FR > 30 / min c conditions socio économiques défavorables c PAS < 90 mmHg c inobservance c température < 35°C et > 40 °C c néoplasie associée c isolement Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 38 38 > Dyspnées aigues > L ' e x i s t e n c e d e f a c t e u r s d e r i s q u e d o i t é g a l e m e n t f a i re c o n s i d é re r l'hospitalisation : c âge > 65 ans c insuffisance cardiaque c maladie cérébrovasculaire c insuffisance rénale c hépatopathie chronique c diabète non équilibré c immunodépression c drépanocytose c antécédent de pneumopathie bactérienne c hospitalisation dans l'année c vie en institution Traitement ambulatoire possible si > 65 ans sans facteur de risque, ou < 65 ans avec un seul facteur de risque. Hospitalisation recommandée si 1 facteur de risque après 65 ans, et 2 facteurs avant 65 ans. Appel au réanimateur si : c FR > 30 / min c PaO2 reste < 60 mmHg malgré oxygénothérapie au masque à haute c concentration c ou simplement si nécessité d'un débit d'02 > 6 l/min pour obtenir PaO2 > 60 mmHg c troubles de conscience ou du comportement c signes de choc c signes de lutte ou d'épuisement c comorbidité sévère (insuffisance viscérale) c opacités bilatérales alvéolaires systématisées D - Traitement Si traitement ambulatoire possible c Antibiothérapie fonction du contexte : ¼ adulte 40 ans et(ou) comorbidités, a fortiori si début brutal et image systématisée : amoxicilline per os 1 g x 3 / 24 h pendant 7 à 14 jours ¼ adulte < 40 ans sans comorbidités, a fortiori si contexte épidémique, début moins brutal, signes extrarespiratoires, image non systématisée ou syndrome interstitiel : macrolide pendant 14 jours c c o n t r ô l e c l i n i q u e i m p é r a t i f à l a 7 2 è m e h e u re d e t r a i t e m e n t c en l'absence d'amélioration à 72 h: soit inverser le choix initial, soit élargir en réalisant une bithérapie amoxicilline + macrolide, ou une monothérapie active sur pneumocoque et atypique : levofloxacine, moxifloxacine, telithromycine. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 39 Dyspnées aigues > 39 c h o s p i t a l i s e r en cas d'échec d'une antibiothérapie à large spectre, ou de l'apparition de signes de gravité Pour les patients hospitalisés c O x y g é n o t h é r a p i e pour PaO2 = 60 mmHg au minimum, surveillance clinique (FR +++) et par oxymétrie de pouls c antibiothérapie d é b u t é e d a n s l e s 2 h e u re s s u i v a n t l ' a d m i s s i o n (plus tôt encore si signes de choc), non retardée par les prélèvements bactériologiques (limités à 2 hémocultures + ponction pleurale si pleurésie: ensemencement au lit du malade sur flacon d'hémoculture et examen direct). c les principes ci-dessus restent valides, mais la plus grande gravité et le doute diagnostique microbiologique nécessitent souvent une b i t h é r a p i e active sur pneumocoque et légionnelle. Une m o n o t h é r a p i e reste licite s'il n'y a ni détresse respiratoire vraie, ni signe de choc, avec un tableau clinico-radiologique typique. La réévaluation à la 72ème heure reste la règle. c voie IV impérative si signes de choc ou détresse respiratoire ou troubles digestifs; sinon voie orale possible (bonne biodisponibilité de l'amoxicilline, des macrolides et de l'ofloxacine). c Par exemple amoxicilline per os ou iv 1 g x 3 / 24 h et(ou) ofloxacine 200 mg x 2 per os, ou IV en perfusions de 30 min c ne pas oublier le rôle essentiel des traitements associés (hydratation, kinésithérapie de drainage, antalgiques si douleur pleurale, …) Cas particuliers c Patient traité en ville et adressé pour échec. En règle hospitalisez, recherchez des signes de gravité, vérifiez que le schéma ci-dessus a été suivi. Si persistance de la fièvre à 72 h : réévaluation radiologique + changement d'antibiotique : amoxicilline fg <-> macrolide, éventuellement bithérapie ou ou monothérapie active sur pneumocoque et atypique : levofloxacine, moxifloxacine, telithromycine. c Te r r a i n d é b i l i t é e t ( o u ) c h o c a s s o c i é e t ( o u ) B P C O s é v è re a v e c p o r t a g e b ro n c h i q u e c h ro n i q u e : possibilité de pneumopathie à Gram négatif g remplacer amoxicilline par une céphalosporine de 3ème génération iv, p.ex. ceftriaxone (Rocéphine®) 1-2 g x 1 / 24 h, et associer macrolide ou ofloxacine (± gentalline iv 4 mg/kg en 30 min si choc). c P n e u m o p a t h i e d ' i n h a l a t i o n (coma, éthylisme, vomissements) : amoxicilline- acide clavulanique (Augmentin®) per os ou iv 1g x3/24h c A b c è s d u p o u m o n e t ( o u ) p l e u r é s i e p u r u l e n t e : avis du réanimateur, antibiothérapie large englobant les anaérobies ± drainage de la pleurésie c P a t i e n t V I H + : les pneumopathies à pneumocoque (ou à Haemophilus) sont fréquentes et peuvent tuer plus rapidement qu'une pneumocystose. Si celle-ci est suspectée, traiter par Bactrim® ± corticoïdes. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 40 40 > Dyspnées aigues > P.F. Dequin, J.M. Halimi, E. Mercier 6 c Pneumothorax A - Définition Le pneumothorax (PTX) est la conséquence d'une effraction de la plèvre. La pression pleurale étant normalement négative, cette effraction entraîne l'entrée d'air dans l'espace pleural, décollant les deux feuillets de la plèvre et comprimant le poumon sous-jacent. Il peut être p r i m a i re : par rupture de petites bulles apicales (blebs), souvent chez un homme jeune longiligne, ou s e c o n d a i re : complication d'une maladie respiratoire sous-jacente, d'un trauma ou d'une ponction pleurale ou vasculaire. B - Points importants c diagnostic facile en cas de PTX primaire (ou "spontané idiopathique") : douleur thoracique brutale, dyspnée variable (souvent très bonne tolérance : donc i n u t i l i t é d e s g a z d u s a n g), tympanisme, abolition des vibrations vocales et du murmure vésiculaire. Bon pronostic mais risque de r é c i d i v e homolatérale (30%). c r a d i o e n i n s p i r a t i o n : hyperclarté entre la paroi et le poumon, visualisation de la ligne pleurale viscérale. Cliché en expiration forcée (+ en latérocubitus controlatéral) u n i q u e m e n t s i P T X n o n v u e n i n s p i r a t i o n. c diagnostic clinique difficile si BPCO sous-jacente : se méfier +++ d ' u n e b u l l e d ' e m p h y s è m e (=concavité vers la paroi thoracique ; PTX : convexité). c PTX sur maladie respiratoire sous-jacente = drainage avec un drain de gros calibre. c rechercher un emphysème sous-cutané et un pneumothorax radiologique lors de toute crise d'asthme grave. C - Critères de gravité Cliniques c signes d'insuffisance respiratoire aiguë (maladie sous-jacente ou (et) P T X sous tension) c turgescence jugulaire, déviation trachéale, hypotension, choc (PTX sous tension) c signes de déglobulisation (hémopneumothorax : traumatique ou par rupture de bride) Radiologiques c déviation controlatérale du médiastin, aplatissement coupole homolatérale c PTX bilatéral c bride (= accolement ponctuel de la plèvre à la paroi : risque de rupture hémorragique) c niveau liquide (= hémopneumothorax ou rarement pyopneumothorax) c maladie du parenchyme sous-jacent Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 41 Dyspnées aigues > 41 D - Traitement Tr a i t e m e n t e n c a s ( a s s e z r a re ) d e m a u v a i s e t o l é r a n c e (PTX suffocant avec signes de compression) c o x y g è n e 1 0 à 1 5 l / m n au masque à haute concentration c d é c o m p re s s i o n i m m é d i a t e à l ' a i g u i l l e : ponction dans le 2ème espace intercostal, face antérieure du thorax, ligne médico-claviculaire, avec une grosse aiguille (IM voire Cathlon® orange) qu'on laisse en place. Geste simple et salvateur dont l'indication est c l i n i q u e. c simultanément : voie veineuse périphérique et r e m p l i s s a g e par gélatine (500 ml rapidement) c appel au réanimateur, et d r a i n a g e réglé dans un deuxième temps Tr a i t e m e n t e n c a s ( h a b i t u e l ) d e b o n n e t o l é r a n c e c O b s e r v a t i o n a m b u l a t o i re ¼ elle est possible si p re m i e r P T X spontané idiopathique, chez un patient non isolé comprenant la situation, avec un médecin de ville informé et acceptant le suivi, pas ou peu de toux, PTX <15 % (décollement 1 cm et limité au sommet) ¼ repos (+++ aucun effort) ¼ paracétamol ± codéine, antitussifs ¼ radio à la 24ème heure (aggravation ?) ¼ hospitalisation immédiate si dyspnée, consultation pneumologique à distance ¼ prévenir d'emblée : du risque de récidive à distance, des circonstan- ces favorisantes (efforts à glotte fermée, instruments à vent), de la nécessité d'arrêt du tabagisme, des sports dangereux en l'absence de pleurodèse chirurgicale (alpinisme, plongée, parachutisme) c Hospitalisation dans tous les autres cas, i m p é r a t i v e s i P T X s e c o n d a i re m ê m e m i n i m e (aggravation imprévisible) ¼ e x s u ff l a t i o n à l ' a i g u i l l e : • si premier PTX spontané idiopathique 30 % (moyenne des décollements mesurés au sommet, à la partie moyenne et à la base 3 cm), ou pour certains PTX iatrogènes (aiguille f i n e) 30 %. • p re n d re s o n t e m p s • asepsie, anesthésie locale, insertion d'un gros cathéter à perfusion IV (2ème EIC sur ligne médioclaviculaire, ou 5ème EIC sur ligne axillaire moyenne), robinet à 3 voies, aspiration avec une seringue de 50 ou 60 ml. Arrêt quand résistance à l'aspiration. • radio thoracique : * si poumon totalement réexpansé : sortie possible et contrôle radio à la 24ème heure * si persistance d'air : drainage Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 42 42 > Dyspnées aigues > ¼ drainage : • si PTX spontané idiopathique 30 % ou récidivante ou après échec exsufflation à l'aiguille • drain de petit calibre type Pleurocath® ; drainage avec un d r a i n d e g ro s c a l i b re s i P T X s e c o n d a i re , de préférence par voie axillaire (cicatrice) • vérification de la crase si anomalies possibles, voie veineuse, atropine 1 mg IV si gros drain et (ou) sujet émotif, asepsie, anesthésie locale soigneuse +++ • e n g a rd e , n e d r a i n e z v o u s - m ê m e q u e s i v o u s e n a v e z l e temps et l'habitude • le retour du poumon à la paroi est douloureux : évacuez l'air lentement (mise au bocal simple sans aspiration dans un premier temps), proparacétamol (commencer par paracétamol IV 1g) c Patient venant pour une récidive de PTX ¼ hospitalisation systématique, drainage, pleurodèse très probable (talc, doxycycline ou chirurgie) dans un deuxième temps Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 43 Syndromes douloureux abdominaux> 43 D. Pateron, C. Barrat 1 c Sepsis intra abdominal : cholescystite aigue A - Définition Il s'agit d'une inflammation de la vésicule biliaire liée, dans la très grande majorité des cas, à une maladie lithiasique. B - Éléments importants Diagnostic c E n g é n é r a l a i s é d e v a n t : une douleur de l'hypochondre droit irradiant vers l'épaule, ou des douleurs épigastriques, associées à des vomissements, une température à 38°, une défense de l'hypochondre droit inhibant l'inspiration profonde (signe de Murphy) et une polynucléose. c ASP : présence de calculs vésiculaires si les calculs sont radio-opaques ; élimine un pneumopéritoine. c É c h o g r a p h i e s u s m é s o c o l i q u e e n u r g e n c e : lithiase vésiculaire (calculs, micro-lithiases ou sludge vésiculaire), épaississement de la paroi vésiculaire (>3mm), douleurs au passage de la sonde. c NFS, transaminases et amylasémie. Pièges c M é c o n n a î t re une lithiase de la voie biliaire principale associée. c F o r m e g a n g r e n e u s e : signes généraux importants avec troubles hémodynamiques, altération de l'état général ; signes locaux modestes. c Atténuation des signes locaux chez le diabétique ou le malade traité par corticoides. c C o n f o n d re l a c h o l é c y s t i t e a i g u ë a v e c u n e h é p a t i t e a l c o o l i q u e c h e z u n c i r r h o t i q u e : éthylisme actif, augmentation des transaminases prédominant sur les ASAT en faveur de l'hépatite alcoolique. L'épaississement de la paroi vésiculaire est à considérer avec prudence en présence d'ascite. c Le siège abdominal d’une douleur biliaire est fréquemment épigastrique C - Pronostic Il est lié à la méconnaissance du diagnostic. La cholécystite peut évoluer vers une péritonite biliaire, particulièrement grave. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 44 44 > Syndromes douloureux abdominaux> D - Traitement c malade à jeun c voie veineuse c antibiothérapie adaptée aux entérobactéries. Exemple : ceftriaxone 1à 2 gr IV / 24H (Rocéfine®) c antalgiques : paracétamol IV (Perfalgan®), phloroglucinol (Spasfon®) voire morphine c cholécystectomie réalisée en urgence différée de 12 à 24 heures après l’admission Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 45 Syndromes douloureux abdominaux> 45 É l é m e n t s d e b a s e p o u r l ’ é v a l u a t i o n d ’ u n s y n d ro m e d o u l o u re u x a b d o m i n a l I n t e r ro g a t o i re Signes généraux Signes physiques • antécédents • pouls, pression • paleur, ictère artérielle • cicatrice(s) • douleur : début évolution • température • marbrure siège • hydratation • palpation : • nausées, • fréquence défense vomissements respiratoire contracture • transit masse • dernières règles • orifices herniaires • signes urinaires • T.R., T.V. Examens : • E.C.G. • N.F.S. • ionogramme sanguin Il existe : • créatininémie • u n e c o n t r a c t u re : • amylasémie péritonite, hémopéritoine • transaminases • un état de choc : infarctus mésentérique, pancréatite aigue, suspiscion d’anévrysme fis- suré, Absence de signe occlusion avec déshydratation de gravité immédiate Av i s c h i r u r g i c a l Réanimation Explorations c o m p l é m e n t a i re s Examens sous surveillance médicale: • A.S.P. • échographie • scanner Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    vomissements Signes fonctionnels signes fonctionnels penser f i è v re Divers 46 GUMC-2009 arrêt des gaz u r i n a i re s gynécologiques systématiquement sepsis bandelette test de grossesse s y n d ro m e selon le siège : causes abdomino-pelvien u r i n a i re échographie 16/02/09 o c c l u s i f • colique hépatique pelvienne médicales : • appendicite (échographie) • IDM • cholécystite • ulcère G.D. • diabète (échographie) (A.S.P.) • angiocholite décompensé • troubles fonction- 10:01 (échographie) nels intestinaux • pneumopathie • diverticulïte (A.S.P.) • gastro-entérite (scanner) • complications • poussée de anexielles anévrysme • salpingite pancréatite (ovaire, trompe) (échographie) ASP (échographie) signes • grossesse Page 46 • pyélonéphrite • globe vésical infectieux extra-utérine (échographie) • nécrobiose Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009 colon : grêle : • douleur ± • douleur +++ NON OUI état général long- A.E.G. temps conservé météorisme • météorisme +++ localisé • niveaux hydro-aéri- • niveaux hydro- ques : plus hauts aériques : coliques > Syndromes douloureux abdominaux> que larges, centraux pyélonéphrite néphrétiques rares, haustrations nombreux D i a g n o s t i c d ’ u n s y n d ro m e d o u l o u re u x a b d o m i n a l • bride • volvulus • her n i e é t r a n g l é e • cancer • invagination
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 47 Syndromes douloureux abdominaux > 47 Diagnostic à évoquer devant une douleur abdominale fébrile en dehors des péritonites F l a n c d ro i t : H y p o c h o n d re d ro i t Flanc gauche : • pyélonéphrite e t é p i g a s t re : • pyélonéphrite • appendicite • cholecystite +++ • diverticulite rétrocœcale • angiocholite • diverticulite • abcès hépatique (rare) colon droit (rare) • appendicite sous-hépatique • ulcère perforé bouché F o s s e i l i a q u e d ro i t e : • appendicite +++ • salpingite • abcès du psoas (rare) penser également : H y p o g a s t re : Fosse iliaque gauche : • aux pathologies médicales : • endométrite • pneumopathie • sigmoidite +++ • appendicite • salpingite • colites inflammatoires pelvienne (Crohn) • abcès du psoas (rare) • prostatite • gastroentérites infec- tieuses • diabète décompensé L a f i è v re p e u t - ê t re u n s i g n e d e c o m p l i c a - par infection tion d’une pathologie abdominale : • aux cancers colorectaux occlusion, pacréatite, etc… abcèdés Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 48 48 > Syndromes douloureux abdominaux> D. Pateron, C. Barrat 2 c Sepsis intra-abdominal : appendicite aigue A - Définition Inflammation de l’appendice iléo-caecal d’évolution imprévisible (inflammation, abcès, perforation) et caractérisée par l’absence de parallélisme anatomo-clinique. B - Points importants Diagnostic c facile : si douleur et défense de la fosse iliaque droite associées à une fièvre à 38°, des nausées et une hyperleucocytose c doute diagnostique : une échographie peut retrouver une image en cocarde et provoquer une douleur au passage de la sonde ou un scanner qui a la meilleure sensibilité diagnostique Pièges c la localisation des signes physiques varie en fonction de la forme anatomique : ¼ appendicite sous hépatique : douleur du flanc droit et de l’hypochondre droit ¼ appendicite rétro-caecale : douleur du flanc droit et postérieure ¼ appendicite pelvienne : douleur hypogastrique, douleur intense au toucher rectal, signes urinaires ¼ appendicite méso-coeliaque : tableau d’occlusion fébrile c forme gangreneuse : signes généraux très marqués avec douleur initialement intense, altération de l’état général, possible instabilité hémodynamique, signes locaux modestes c chez le sujet âgé, forme occlusive ou pseudo-tumorale c chez la femme enceinte : déplacement progressif de l’appendice vers le haut modifiant la topographie des signes physiques c forme évolutive : ¼ plastron appendiculaire évoluant vers l’abcès : crise appendiculaire quelques jours plus tôt; empâtement de la fosse iliaque droite; fébricule, constipation, nausées ¼ péritonite aiguë, généralisée d’emblée : contracture Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 49 Syndromes douloureux abdominaux> 49 C - Pronostic Il est lié à la précocité du diagnostic d’appendicite aiguë. Il est plus sévère en cas d’appendice gangreneuse ou de péritonite. D - Traitement c à jeun c voie veineuse Ne pas traiter par antibiothérapie un sepsis intra-abdominal sans o r i e n t a t i o n diagnostique précise c le traitement est chirurgical ¼ intervention réalisée en urgence en cas de péritonite ou de suspicion d'appendicite gangreneuse ¼ appendicectomie dans les 12 heures en cas d’appendicite aiguë ¼ en cas de plastron appendiculaire, l’antibiothérapie par céphalosporine de 3ème génération associée à du métronidazole (Flagyl®) peut être débutée après avis du chirurgien (diagnostic souvent difficile avant l'intervention) c antalgiques : paracétamol IV (Perfalgan®), voire morphine Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 50 50 > Syndromes douloureux abdominaux> D. Pateron, C. Barrat 3 c Sepsis intra-abdominal : diverticulite aigue A - Définition La diverticulite aiguë est l’infection d’un diverticule du colon. Elle évolue en trois phases. La diverticulite inflammatoire qui traduit un état pré-suppuratif, l’apparition d’abcès diverticulaire et la diverticulite fistulisée qui entraîne une péritonite localisée ou généralisée. Elle s’observe en général après 60 ans et est localisée dans le sigmoïde dans la majorité des cas. B - Points importants Diagnostic c S i g m o ï d e i n f l a m m a t o i re o u s i g m o ï d i t e s u p p u r é e ¼ douleurs à type de colique de la fosse iliaque gauche spontanée et provoquée, trouble du transit à type de diarrhée ou d’aggravation d’une constipation, fébricule, polynucléose (appendicite à gauche) ¼ l’ASP élimine un pneumopéritoine et recherche une distension colique sus-jacente à la sigmoïdite, des images hydro-aériques ¼ en cas de doute diagnostique, l’examen de choix est l ’ e x a m e n t o m o d e n s i t o m é t r i q u e qui montre un épaississement de la paroi colique souvent hétérogène. L’injection de produit de contraste provoque un rehaussement de la paroi de l’abcès c P é r i t o n i t e d i v e r t i c u l a i re ¼ le tableau clinique est dominé par l e s s i g n e s p é r i t o n é a u x qui impliquent l’intervention chirurgicale en urgence Pièges c diverticulite d’un autre segment colique que le sigmoïde (plus rare), en particulier au niveau du colon droit pouvant réaliser un tableau d’appendicite chez le malade appendicectomisé c la fistulisation d’un abcès diverticulaire dans un organe de voisinage en particulier la vessie donnant des signes fonctionnels urinaires au premier plan (pyurie, fécalurie, pneumaturie) C - Pronostic Il est lié à la rapidité diagnostique et thérapeutique et au terrain sur lequel la sigmoïdite survient. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 51 Syndromes douloureux abdominaux> 51 D - Traitement c S i g m o ï d i t e i n f l a m m a t o i re e t s u p p u r é e ¼ à jeun puis si l’évolution est favorable, régime pauvre en résidus pendant la poussée ¼ voie d’abord, réhydratation ¼ antispasmodiques et antalgiques ¼ antibiothérapie active sur les entérobactéries et les anaérobies exemple : céfotaxine (Claforan®) 1g x 3 IV / jour + metronidazole (Flagyl®) 500 mg x 3 IV / jour ± gentamycine (Gentaline®) 1,5mg/Kg x 2 IM / jour. c P é r i t o n i t e d i v e r t i c u l a i re ¼ voie d’abord, réhydratation ¼ antispasmodiques et antagiques majeurs ¼ antibiothérapie active sur les entérobactéries et les anaérobies ¼ intervention chirurgicale : d’emblée en cas de péritonite généralisée, différée en cas de péritonite localisée (ponction sous échographie ou tomodensitométrie des abcès) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 52 52 > Syndromes douloureux abdominaux> D. Pateron, C. Barrat 4 c Sepsis intra-abdominal : péritonite aigue A - Définition Inflammation aiguë de la séreuse péritonéale liée à la diffusion d’une infection localisée d’un viscère intrapéritonéal ou à la perforation d’un organe creux. C'est une urgence chirurgicale. B - Points importants Diagnostic c Il est aisé dans la forme généralisée ¼ douleur intense dont on tente d'identifier le point de départ ¼ fièvre dépendant du type d'infection (d'emblée en cas d'appendicite, secondaire en cas de perforation d'ulcère) ¼ c o n t r a c t u re permanente, généralisée, douloureuse et invincible des muscles de la paroi abdominale ; c'est un signe majeur ¼ douleur au toucher rectal ¼ l’ASP recherche un pneumopéritoine et des images hydro-aériques L'origine de la péritonite est évoquée sur la localisation initiale des signes et la zone où les signes sont maximum. c A i n s i l ’ o r i g i n e d e l a p é r i t o n i t e p e u t ê t re l i é e ¼ à la diffusion d’un foyer appendiculaire, biliaire ou d’origine gynécologique, rarement généralisée (salpingite, pyosalpinx) ¼ à la perforation d’un organe creux : estomac (ulcère gastro-duodénale), grêle, colon ¼ mixte : diverticule colique infecté et perforé En pratique, le diagnostic de péritonite aiguë généralisée impose un g e s t e c h i r u r g i c a l e n u r g e n c e q u i p e r m e t u n d i a g n o s t i c p e r- o p é r a t o i re plus précis. Pièges c p é r i t o n i t e d u s u j e t â g é : les signes locaux sont moins nets (péritonite asthénique) et les signes généraux sont plus marqués, AEG, asthénie, troubles hydro-électrolytiques c p é r i t o n i t e s l o c a l i s é e s : liées à la diffusion loco-régionale de l’infection d’un viscère intra-abdominal ¼ réalisent un plastron avec une agglutination des anses et viscères locaux. ¼ rendent l’intervention en urgence difficile et peuvent être traitées médicalement dans un premier temps (antibiothérapie et rééquilibration hydro-électrolytique) a p r è s a v i s c h i r u r g i c a l . Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 53 Syndromes douloureux abdominaux> 53 ¼ leur évolution peut se faire vers la constitution d’un abcès dont les plus fréquents sont : • l’abcès sous phrénique : contexte post opératoire, diagnostic échographique ou tomodensitométrique. • l’abcès du Douglas : signes rectaux et parfois urinaires associés au syndrome infectieux, diagnostic tomodensitométrique. C - Pronostic Il dépend de la rapidité du diagnostic et de l’intervention. Les péritonites postopératoires et celles du sujet âgé sont de mauvais pronostic. Plus une perforation est distale plus le risque septique est élevé (péritonite stercorale colique). D - Traitement c le traitement associe une réanimation et un t r a i t e m e n t c h i r u r g i c a l e n urgence c voie d’abord permettant un remplissage vasculaire c antibiothérapie dépendant de l’origine du foyer. Elle est généralement choisie pour son activité sur les entérobactéries, l’enterocoque et les anaérobies c antalgiques : morphine dès que le diagnostic est posé Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 54 54 > Syndromes douloureux abdominaux> J.M. Halimi 5 c Sepsis intra-abdominal : salpingite aigue A • Définition Inflammation aiguë des trompes et, le plus souvent, des structures avoisinantes (endomètrite, cervicite, pelvi-péritonite). La précocité du traitement conditionne la sauvegarde de la fécondité. B • Points importants Diagnostic c Clinique ¼ contexte : • ATCD de salpingite • stérilet • nombreux partenaires • manœuvres récentes endo-utérine ¼ douleur pelviennes bilatérales ¼ fièvre ¼ leucorrhées malodorantes ¼ dyspareumie ¼ palpation : • douleur à la décompression abdominale, possible défense • TV douloureux c Biologie ¼ NFS : hyperleucocytose ¼ prélèvements endocervicaux pour recherche de germes de MST (gonocoque, chlamydia) c Echographie pelvienne ¼ le plus souvent normale, recherche une collection (pyosalpinx) Le diagnostic est le plus souvent affirmé lors de la cœlioscopie qui permet des prélèvements à visée bactériologiques Points clés c la salpingite est due le plus souvent à des germes transmis par voie sexuelle : Chlamydiae trachomatis, Neisseria gonorrae, Mycoplasma urealyticum, anaérobies c la clinique est essentielle au diagnostic, mais la moitié des salpingites sont des formes atypiques ou décapitées. Ne pas attendre un tableau complet pour traiter ; si un doute diagnostic persiste, discuter un laparoscopie c le risque ultérieur est liée à la stérilité, la GEU et des douleurs pelviennes chroniques c penser à traiter le partenaire Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 55 Syndromes douloureux abdominaux> 55 C - Pronostic c Fonctionel ¼ risque de stérilité c Evolutif ¼ pelvipéritonite • nausée, vomissement • signes d'irritation péritonéale • douleur intense aux touchers pelviens • constitution secondaire d'abcès D - Traitement c hospitalisation c antibiothérapie : amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin®) 1gx3/jour IV et ofloxacine (Oflocet®) ou ciprofloxacine (Ciflox®) 200mgx2/jour en perfusion c antalgiques à adapter en fonction de la douleur c discuter la cœlioscopie avec le gynécologue en cas de doute diagnostique ou chez une femme jeune désireuse de grossesse c traiter le partenaire c retrait du stérilet Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 56 56 > Syndromes douloureux abdominaux> Occlusion intestinale aiguë penser aussi à : suspecté sur : préciser : • pancréatite • douleurs • mode de début • infarctus paroxistiques • température, π, P.A. mésentérique • vomissements • hydratation • colique néphrétique • arrêt des matières • cicatrice • I.D.M. et des gaz • orifices herniaires • dyskaliémie • météorisme • défense • hématome • T.R., T.V. intramuraux poser : • neuroleptique • voie veineuse • toxiques • sonde gastrique • aspiration f a i re : • A.S.P. face couché Arguments en faveur et debout du siège • N.F.S. • iono sang • hémostase • groupe colon grêle • douleur ± • douleur +++ • vomissements tardifs • vomissements +++ • A.E.G. tardive • A.E.G. précoce • météorisme +++ • N.H.A. : rares, plus • météorisme discret, hauts que localisé larges • N.H.A. : centraux haustrations nombreux mixte : Arguments en faveur mécanique et du mécanisme i n f l a m m a t o i re • fièvre strangulation : obstruction : • polynucléose • associée à un sepsis • douleur +++ • douleur ± • vomissements +++ • vomissements tar- • A.E.G. précoce difs • A.E.G. tardive • météorisme discret, • météorisme +++, localisé Sepsis ondulations abdomino-pelvien : • A.S.P. : anse en arceau péristaltiques • Appendicite avec N.H.A. à chaque • N.H.A. : nombreux • Cholecystite pied cornue • Sigmoidite • Salpingite • Volvulus colique • Bride Invagination • Cancer • Hernie étranglée • Ileus biliaire Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 57 Syndromes douloureux abdominaux> 57 D. Pateron, B. Bernot 6 c Pancréatite aigue A - Définition La pancréatite aiguë est une inflammation brutale du pancréas et des tissus avoisinant qui réalise une véritable brûlure intra-abdominale. Deux formes de pancréatite aiguë doivent être distinguées : la pancréatite œdémateuse pure (75% des cas), d’évolution généralement favorable et la pancréatite nécrosante dont la mortalité est de l’ordre de 40%. B - Points importants c le diagnostic est aisé devant un tableau associant douleur épigastrique intense contrastant avec des signes locaux modestes, défense épigastrique modérée, nausées et/ou vomissements et hyperamylasémie. Dans les autres cas, le recours à l’imagerie est nécessaire c bilan paraclinique minimal initial : NFS, ionogramme sanguin, glycémie, transaminases, amylasémie, ECG, ASP c LDH prélevées dès que le diagnostic est fortement suspecté c l ’ a m y l a s é m i e n o r m a l e n ' e x c l u e p a s l e d i a g n o s t i c (élévation de la 2ème à la 12ème heure après la douleur). La lipasémie est plus spécifique c imagerie complémentaire : demandée en urgence uniquement s’il existe un doute diagnostique ¼ échographie : souvent gênée par les gaz ; recherche d’une anomalie du pancréas et d’une lithiase biliaire. ¼ tomodensitométrie : examen de choix en cas de diagnostic difficile. Réalisé sans et avec injection : montre un gros pancréas, recherche des coulées d’œdème ou de nécrose c facteurs étiologiques : ¼ les principaux sont l a l i t h i a s e b i l i a i re (microlithiase) et l’éthylisme chronique ¼ plus rarement : • post cholangiographie par voie rétrograde, post opératoire, post-traumatique • médicamenteuses : azathioprine (Imurel®), œstrogènes, héroïne • virale • dyslipidémie sévère, hypercalcémie • tumorale C - Pronostic Sévère lorsqu’il existe une défaillance viscérale associée ou une complication locale (nécrose, abcès, pseudo-kyste). Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 58 58 > Syndromes douloureux abdominaux> c collapsus, avant tout hypovolémique par création d’un troisième secteur c insuffisance respiratoire favorisée par la douleur, les épanchements et l’œdème pulmonaire lésionnel c insuffisance rénale Score de gravité de Ranson à l’admission à la 48ème heure âge > 55 ans chute de l’hématocrite > 10% hyperleucocytose > 16000/mm3 élévation de l’urée sanguine > 8,5mmol/L glycémie > 11mmol/L Calcémie < 1,8 mmol/L LDH > 1,5N PaO2 < 60 mmHg SGOT > 6N baisse des bicarbonates > 4mEq/L séquestration liquidienne > 6 litres Au moins 3 critères = pancréatite sévère Score tomodensitométrique de Ranson A pancréas normal B pancréas élargi C inflammation péripancréatique ; graisse péripancréatique D une collection liquidienne péripancréatique E plusieurs collections liquidiennes D et E = pancréatite sévère D - Traitement Hospitalisation dans tous les cas P a n c r é a t i t e n o n s é v è re c voie d'abord et réhydratation (penser aux vomissements, à l’aspiration et au 3ème secteur) c surveillance hémodynamique et de la diurèse c à jeun et aspiration gastrique si vomissement c antalgiques : paracétamol (Perfalgan®) 1 g dans 125 cc G5% en perfusion de 15 minutes. Si insuffisant : morphine de préférence en titration par voie IV lente sous surveillance médicale P a n c r é a t i t e s é v è re = r é a n i m a t i o n Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 59 Syndromes douloureux abdominaux> 59 D. Pateron, B. Bernot 7 c U l c è re s g a s t ro - d u o d é n a u x A - Définition Les ulcères gastro-duodénaux sont des maladies chroniques. Elles amènent les malades à consulter aux urgences essentiellement dans deux circonstances : soit il s’agit d’une complication de la maladie ulcéreuse, hémorragie, perforation ou, beaucoup plus rarement, sténose du pylore ; soit il s’agit d’un ulcère hyperalgique ou d’un ulcère provoquant une douleur atypique. B - Points importants c les éléments sémiologiques les plus évocateurs pour reconnaître une maladie ulcéreuse sont le c a r a c t è re r y t h m é d e l a d o u l e u r, le caractère antalgique de l’alimentation et la sensation de faim douloureuse c il faut toujours rechercher u n e p r i s e m é d i c a m e n t e u s e g a s t ro t o x i q u e (AINS, aspirine) ainsi que des facteurs favorisants (tabac, stress) c la fibroscopie digestive haute est l’examen de choix pour faire le diagnostic d’ulcère gastro-duodénale. Elle doit être pratiquée chez un sujet à jeun. E l l e n’a pas d’indication en urgence en dehors des hémorragies. c ASP prenant les coupoles en cas de suspicion de perforation c si une endoscopie est réalisée les jours suivants, les traitements préférentiellement utilisés dans l’attente de cet examen sont les antiacides. Lorsqu’un malade ayant un ulcère duodénal connu, présente une nouvelle poussée douloureuse typique, il n’est pas nécessaire de prescrire d’endoscopie digestive avant de le traiter C - Pronostic Complications c un ulcère gastro-duodénale peut être révélé par une complication notamment chez le sujet âgé c prise en charge des hémorragies digestives : cf. chapitre particulier c la perforation d’un ulcère gastro-duodénal est suspectée devant une douleur épigastrique en coup de poignard, atroce, des signes péritonéaux (contracture, douleur du Douglas) et l’absence de signe infectieux. Elle est confirmée par un pneumopéritoine à l’ASP ¼ pose d’une voie veineuse, d’une sonde gastrique avec mise en aspiration; administration d’antalgiques. Le malade est hospitalisé en milieu chirurgical. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 60 60 > Syndromes douloureux abdominaux> D • Traitement P o u s s é e u l c é re u s e d u o d é n a l e c Eradication d’Helicobacter pylori ¼ amoxicilline (Clamoxyl®) : 1g matin et soir per os pendant 7 jours ¼ clarythromycine (Zeclar®) : 500 mg matin et soir per os pendant 7 jours ¼ oméprazole (Mopral®) : 20 mg matin et soir pendant 7 jours c Tr a i t e m e n t d e l ’ u l c è re ¼ oméprazole (Mopral®) : 20 mg/j pendant un total de 28 jours c Conseil hygiéno-diététiques ¼ a r r ê t d u t a b a c , de l’alcool Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 61 Syndromes douloureux abdominaux> 61 J.M. Halimi 8 c G ro s s e s s e e x t r a u t é r i n e A • Définition La grossesse extra-utérine (GEU) est le développement de l'oeuf fécondé hors de la cavité utérine (tubaire 95%). B • Points importants Diagnostic c Signes cliniques ¼ très variés : aménorrhée, métrorragies, douleurs pelviennes brutales et unilatérales, parfois insidieuses et bilatérales, syncope, choc, signes digestifs ¼ l a g ro s s e s s e n ' e s t p a s t o u j o u r s c o n n u e d e l a p a t i e n t e (ni la notion d'un retard de règles) c E x a m e n s à e ff e c t u e r ¼ en cas de signes d'hémorragie active, aucun examen (en dehors du groupe sanguin) ne doit retarder la prise en charge chirurgicale ¼ dans les autres cas les examens utiles sont : • examens biologiques : test de grossesse rapide, Beta-HCG, groupe Rhésus, NFS, hémostase • examens complémentaires : écho-endovaginale (une écho- graphie transpariétale négative n'élimine pas le diagnostic) Points clés c urgence absolue : défense abdominale ou douleur à la décompression ; c'est un abdomen chirurgical => bloc chirurgical c il faut connaître les facteurs de risques de GEU (infection pelvienne, chirurgie abdomino-pelvienne, ATCD GEU, adhérences péritubaires, endométriose, stérilet, traitement de la stérilité, utilisation de micropilule progestative, âge > 40 ans) c toucher vaginal : douleur à la mobilisation du col ou au niveau des culs de sac vaginaux c échographie endovaginale : examen clé Pièges c signes cliniques très variés c la grossesse peut ne pas être connue de la patiente; se méfier de la date des dernières règles : rechercher aspect ou quantité inhabituels c l'intensité des symptômes n'est pas parallèle à l'importance de l'hémorragie quand la GEU est rompue Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 62 62 > Syndromes douloureux abdominaux> c se méfier des pertes sanguines minimes ("spotting") chez une femme enceinte : évoquer GEU c l e re t a rd d i a g n o s t i q u e e s t l e p i è g e p r i n c i p a l . C - Pronostic Il est lié à la précocité du diagnostic et de la prise en charge thérapeutique Les signes d'hémorragie (syncope, choc) sont des signes de gravité D - Traitement c voie d'abord de gros calibre c remplissage vasculaire en fonction des signes de perte sanguine c le traitement de la GEU est toujours chirurgical Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 63 Syndromes génito-urinaires> 63 Prise en charge d’une hémorragie digestive haute aiguë • A ff i r m e r l e d i a g n o s t i c : • M e s u re s i n i t i a l e s : facile si saignement extériorisé : - pose de deux voies veineuses péri- - hématémèse phériques - méléna - oxygénothérapie P l u s d i ff i c i l e s i : - pose d’une sonde gastrique - malaise isolé - remplissage vasculaire selon l’abon- - état de choc dance des pertes : < 800 ml : cristalloides Une rectorragie évoque une > 800-1500 ml : colloides hémorragie basse, mais hémorra- >1500 ml transfusions nécessaires gie haute possible si très active et Transfusion - si Hb<7g/100ml sans post-pylorique. comorbidité - si Hb<10g/100ml si coronaropathie • Éliminer : - p r é l e v e r : groupe, N.F.S., hémostase - épistaxis postérieur - hémoptysie iono sang, créatininémie, E.C.G. • Évaluer la gravité : Apprécier l’abondance : pertes sanguines (ml) <800 800-1500 >1500 L’hémoglobi némie est un - P.A. (mmHg)................>120...<90 en orthostatisme......<90 reflet tardif de - π (battements/mn)......<100............>120...............>120(faible) la perte - neurologie.....................Nle..............Nle...................agitation sanguine - fréquence respiratoire...Nale.............Nle......................>25 (4ème heure) Apprécier l’activité : - évolution hémodynamique - évolution du lavage gastrique • I n t e r ro g a t o i re : Évaluer la comorbidité : - A.I.N.S. - aspirine - coronaropathie - béta - , anticoagulant - U.G.D. - hépathopathie - cirrhose - chirurgie aorte - ins. rénale - vomissements - éthylisme - ins. respiratoire • Si hypertension portale : • D i ff é re n c i e r d è s l o r s l e s H . D . H . A . sans et avec hypertension portale : - remplissage prudent (augmente la pression portale) • Surveillance : -π - terlipressine (Glypressine®) - P.A. C.I. : artériopathie notamment - lavage gastrique coronnaire - ou somatostatine E n d o s c o p i e d i g e s t i v e h a u t e d a n s l e s 1 2 p re m i è re s h e u re s Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:01 Page 64 64 > Syndromes génito-urinaires> J.M. Halimi 1 c Colique néphrétique A • Définition La colique néphrétique est une douleur liée à une obstruction urétérale aiguë. B • Points importants Diagnostic c Clinique ¼ il s'agit d'une douleur lombaire unilatérale, intense, souvent à début brutal à type de tension continue avec paroxysme, irradiation vers les organes génitaux externes, sans position antalgique ¼ nausées et vomissements fréquents ¼ s'assurer que le malade urine et l'on note souvent une dysurie, une pollakiurie et parfois une hématurie ¼ rechercher cliniquement une sensibilité à l'ébranlement de la fosse lombaire ¼ faire les touchers pelviens c Examens complémentaires : Ils doivent être effectués après avoir débuté le traitement antalgique ¼ ASP debout, de face recherche une opacité se projetant sur l'arbre urinaire ¼ sy s t é m a t i q u e m e n t u n e b a n d e l e t t e u r i n a i re y ¼ ionogramme sanguin et créatininémie ¼ ECBU s'il existe des signes infectieux ¼ échographie rénale (et éventuellement vésicale) recherche un cône d'ombre postérieur, une dilatation des cavités pyélocalicielles. Elle est effectuée en urgence si le diagnostic n'est pas évident. L’absence de dilatation des cavités calicielles à l’échographie n’élimine pas le diagnostic. A l’inverse, en l’absence de dilatation des cavités calicielles, d’autres diagnostics sont possibles : dissection/fissuration d’un anévrisme de l’aorte abdominal, infarctus rénal qui est souvent associé à une hématurie (faire écho+doppler rénal), hernie inguinale étranglée (vérifier orifices herniaires), tumeur du rein ou des voies urinaires, diverticulite, nécrose ischémique du caecum, torsion de kyste ovarien, appendicite, colique biliaire, pneumonie. ¼ Tomodensitométrie sans injection : si doute diagnostique, un scanner spiralé sans injection visualise le calcul quelle que soit sa composition ¼ l'UIV n'est nécessaire immédiatement que dans les formes fébriles ou anuriques (pas dans la forme simple) • l'UIV se discute aussi s'il existe un doute diagnostique réel et à distance devant la persistance des signes cliniques • l'UIV précisera le niveau et le type de l'obstacle et permettra de vérifier la qualité fonctionnelle de l'autre rein Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 65 Syndromes génito-urinaires> 65 Points clés c la douleur typique est "frénétique" c un ASP normal et une échographie normale n'éliminent pas le diagnostic c l’absence d'hématurie à la bandelette élimine le diagnostic à 95% : dans ce cas, penser à vérifier la liberté des orifices herniaires, et à la dissection/fissuration d'un anévrisme de l'aorte abdominale C - Pronostic Il existe deux formes particulièrement urgentes Les formes fébriles c l'UIV après vérification de la créatininémie, recherche la nature et le niveau de l'obstacle c traitement antibiotique IV pour traiter l'infection urinaire et lever l'obstacle rapidement. Le risque majeur est le choc septique avec pyonéphrose Les formes anuriques c l'UIV est à effectuer et doit être suivie immédiatement d'une dérivation des urines ou d'une montée de sonde urétérale car il existe un risque d'insuffisance rénale aiguë D - Traitement c il faut hospitaliser dans les 2 cas précédents ainsi que dans les formes hyperalgiques résistantes aux traitements c l'objectif immédiat est de soulager la douleur : ¼ arrêt des boissons ¼ kétoprofène (Profenid®) 100mg IV (hors AMM) c si la crise cède, un traitement ambulatoire est mis en route : AINS (Profenid®), antispasmodiques phloroglucinol (Spasfon®) c les antalgiques du type paracétamol ou association paracétamol dextro- propoxifène sont souvent peu efficaces c les morphiniques sont parfois utiles mais leur utilisation limite le retour immédiat au domicile Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 66 66 > Syndromes génito-urinaires > J.M. Halimi 2 c S e p s i s u r i n a i re : p y e l o n é p h r i t e a i g u e A - Définition La pyélonéphrite est une infection du tissu interstitiel rénal par voie ascendante (cystite toujours présente). B - Points importants Diagnostic c Clinique ¼ le syndrome infectieux est habituellement brutal avec fièvre, frissons. Il existe des douleurs lombaires (sensibilité a l'ébranlement de la fosse lombaire) et des brûlures urinaires associées à une dysurie c E x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s ¼ b a n d e l e t t e u r i n a i re à la recherche d'une leucocyturie (sensibilité 92% ; valeur prédictive négative 98%), ECBU et hémocultures sont systématiques ¼ NFS et la CRP (ou la VS) montrent une hyperleucocytose et un syndrome inflammatoire ¼ ASP et échographie rénale systématiques (pour éliminer un obstacle) ¼ To m od e n s i t o m é t r i e r é n a l e (Non systématique et pas urgent le plus souvent) . Indications : persistance de la fièvre sous traitement, doute diagnostique, PNA récidivante, doute sur un abcès. Image caractéristique : zones d’hypodensité triangulaire à base corticale, plus ou moins nombreuses Points clés c il faut toujours rechercher une anomalie urologique (reflux, obstacle,...) ; faire des touchers pelviens c le germe le plus souvent retrouvé est E.Coli c recherche d'un terrain favorisant : diabète, reflux urétéro-vésical, grossesse, traitements immunosuppresseurs c chez la femme enceinte, il faut hospitaliser et surveiller les bruits du coeur foetaux c une consultation urologique est à envisager dans les cas de récidive de pyélonéphrite C - Pronostic c en cas de retard au traitement (>48h), il existe un risque d'abcès rénal, de pyonéphrose et de septicémie ; à moyen terme et notamment en cas d'infections urinaires répétées, risque de lésions de pyélonéphrite chronique. c risque de nécrose papillaire chez le diabétique. C r i t è re s d e g r a v i t é : Choc septique - Septicémie - Rétention d’urines sur obstacle - Abcès rénal - Sujet diabétique ou immunodéprimé - Age inférieur à 18 mois - Uropathie ou rein unique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 67 Syndromes génito-urinaires > 67 D - Traitement c les hommes, les femmes enceintes ou les patients pour lesquels on a doute sur l'observance ultérieure, doivent être hospitalisés. c il faut également hospitaliser les patients lorsqu'il existe un obstacle ou un sepsis grave (tachypnée >20/min, hypothermie), une immunosuppression (patient greffé, HIV+,...), un choc septique, une uropathie connue ou si un entérocoque est suspecté (Gram+ à l'examen direct). c dans le cas où il est décidé de ne pas hospitaliser, préparer l'après-urgence : s'assurer que le patient reverra un médecin en consultation et que l'antibio- gramme lui parviendra. Prescrire un contrôle d'ECBU à la fin du traitement. Exemples de traitements c Pyélonéphrite non compliquée : ¼ Pas de signe de gravité ou situation particulière, certitude sur la compliance du patient et contrôle de son efficacité à 72h (ECBU de contrôle) : ¼ Monothérapie à modifier en fonction du résultat de l’antibiogramme ; traitement par voie orale possible ; durée du traitement : 14 jours. ¼ Antibiothérapie initiale recommandée : per os : ciprofloxacine 500- 750 mg*2/jour ou levofloxacine 500 mg/jour per os ou IV ; ofloxacine 200mg*2 per os ou IV ou ceftriaxone 1-2 g/jour IV ou cefotaxime 1*3g/jour IV c Pyélonéphrite compliquée ou avec signes de gravité : ¼ Bithérapie d’emblée pendant 3 à 5 jours ; traitement par aminosides en monodose quotidienne ; durée totale du traitement : 21 jours. ¼ Antibiothérapie initiale recommandée : gentamycine 3mg/kg/jour ou netilmycine 4-6 mg/kg/jour ET : per os : ciprofloxacine 500-750mg*2 /jour ou levofloxacine 500 mg/jour per os ou IV ; ofloxacine 200mg*2 per os ou IV ou ceftriaxone 1-2 g/jour IV ou cefotaxime 1*3g/jour IV. c Obstacle urinaire : ¼ Risque de choc septique, dérivation des urines en urgence c Pyélonéphrite chez la femme enceinte : ¼ Seuls traitements autorisés pendant toute la grossesse : béta-lactamine et céphalosporine (aminosides et cotrimoxazole au 3e trimestre) ; seule imagerie permise : échographie ; risque maternel de septicémie et risque foetal. c Diabétique : ¼ Durée du traitement : 6 semaines. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 68 68 > Syndromes génito-urinaires > J.M. Halimi 3 c S e p s i s u r i n a i re : c y s t i t e s i m p l e A • Définition Il s'agit d'une infection urinaire sans fièvre ni douleur lombaire. B • Points importants Diagnostic c il existe le plus souvent une pollakiurie, une dysurie, des brûlures mictionnelles c la b a n d e l e t t e u r i n a i re permet de retenir le diagnostic : leucocyturie et nitrite positif (entérobactéries) ; parfois hématurie micro voire macroscopique c examens complémentaires : l'ECBU n'est pas systématique si cystite aiguë non compliquée, non récidivante chez une femme non enceinte Points clés c la bandelette urinaire négative (pas de leucocytes, pas de nitrite, pas d'hématurie) élimine l e d i a g n o s t i c à 9 8 % c c h e z l ' h o m m e , p a s d e c y s t i t e s i m p l e : il y a toujours une infection urinaire plus sévère associée (prostatite, pyélonéphrite) jusqu'à preuve du contraire C • Traitement Cystite aiguë non compliquée chez la femme non enceinte c c'est-à-dire si : ¼ femme de moins de 65 ans non enceinte ¼ apyrexie et absence de signe clinique d'infection urinaire haute ¼ absence d'ATCD néphro-urologiques ou de diabète ou d'immuno- dépression ¼ absence d'intervention ou endoscopie urologique récente ¼ traitement monodose : ¼ fosfomycine trométanol (Monuril®) : 1 sachet ¼ ou ofloxacine (Oflocet®) 400mg en une prise Femme enceinte c la bactériurie même non symptomatique doit être traitée c amoxicilline 500mgx3/j pendant 7 jours c adapter ensuite le traitement au résultat de l'antibiogramme et ultérieurement effectuer ECBU mensuels Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 69 Syndromes génito-urinaires > 69 Chez l'homme c il n'y a pas de cystite simple : il y a toujours une infection urinaire plus sévère associée (prostatite, pyélonéphrite) jusqu'à preuve du contraire Cystite récidivante ( > 3 épisodes par an) c traitement monodose après chaque cystite (rechercher cause locale et la traiter) Cystite compliquée (après geste chirurgical ou endoscopique, associée à tumeur ou obstacle) c traitement conventionnel : Nitrofurantoïne (Furadoïne®) 50-100mg x3/jour c adapter en fonction du germe et de sa sensibilité c durée du traitement : 7 jours Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 70 70 > Syndromes génito-urinaires > J.M. Halimi 4 c S e p s i s u r i n a i re : p ro s t a t i t e a i g u e A - Définition Infection aiguë du parenchyme prostatique. B - Points importants Diagnostic c Clinique ¼ le plus souvent il s'agit d'une dysurie fébrile chez l'homme ¼ on note fièvre et hypertrophie prostatique douloureuse au TR c E x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s ¼ bandelette urinaire, ECBU, hémocultures sont systématiquement pratiqués ¼ NFS, CRP ou VS montrent une hyperleucocytose et syndrome inflammatoire ¼ échographie transrectale montre la présence de microcalcifications et de microabcès. Un véritable abcès prostatique est possible Pièges c Diagnostiquer les complications ¼ abcès prostatique ¼ épididymite ¼ septicémie C - Traitement Hospitaliser c Forme simple ¼ ofloxacine (Oflocet®) 200mgx2/j per os (expliquer au patient le risque de tendinopathie) ou sulfaméthoxazole + triméthoprime (Bactrim®) 800mgx2/j per os ¼ durée du traitement : 6 semaines c Forme sévère (septicémique, abcès), sujet diabétique ou immunodéprimé ¼ commencer par un traitement parentéral ofloxacine (Oflocet®) 200mgx2 IV jusqu'à l'apyrexie puis relais per os ¼ durée du traitement : 6 semaines c Rétention aiguë d'urine ¼ cathétérisme sus-pubien c A b c è s p ro s t a t i q u e ¼ rainage indispensable (écho-guidée voire chirurgicale) To u j o u r s e ff e c t u e r u n E C B U d e c o n t r ô l e à l a f i n d u t r a i t e m e n t . Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 71 Syndromes génito-urinaires> 71 J.M. Halimi 5 c Rétention aigue d’urine A - Définition Impossibilité totale et soudaine d'évacuer le contenu vésical. La symptomatologie est le plus souvent bruyante. B - Points importants Diagnostic c le plus souvent, la rétention aiguë d'urine entraîne une envie impérieuse et très douloureuse d'uriner c cliniquement, il existe un globe vésical (voussure hypogastrique, convexe, mate, tendue, dont la palpation est douloureuse et exacerbe l'envie d'uriner) c le toucher rectal recherche l'adénome prostatique, le fécalome, la tumeur rectale : c ' e s t l e g e s t e c l i n i q u e l e p l u s i m p o r t a n t c l'enquête étiologique doit comporter : interrogatoire, examen clinique, écho rénale (pour évaluer le retentissement sur le haut appareil), vésicale et pelvienne, UIV, écho transrectale chez l'homme c examens biologiques : bandelette urinaire systématique, ECBU, ionogramme sanguin Points clés c mécanismes : ¼ obstacle (vésical, prostatique, urétral) ou insuffisance de contraction du détrusor c étiologies : ¼ fécalome et hypertrophie prostatique les plus fréquents (toucher rectal) ¼ plus rarement : sténose urétrale, calcul urétral bloqué, traumatisme du bassin ¼ rechercher cause iatrogène (anticholinergique, psychotropes, antispasmodiques, tricycliques, inhibiteurs calciques) ou neurologique (SEP, syndrome de la queue de cheval) c retentissement : ¼ évaluer le retentissement sur le haut appareil (échographie rénale et vésicale), ¼ rechercher hypertrophie prostatique, fécalome,... Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 72 72 > Syndromes génito-urinaires > c particularités cliniques : ¼ confusion ou agitation isolée parfois chez le sujet âgé ¼ chez la femme, souvent associée à une infection urinaire ou une tumeur pelvienne ¼ découverte d'une insuffisance rénale chez le sujet âgé C - Gravité Rétention aiguë d'urine fébrile ; penser à l'infection urinaire et en particulier à la prostatite chez l'homme. D - Traitement c drainage en urgence : d'abord rapide puis plus lent (classiquement drainage fractionné : clampage de 10 minutes tous les 200 ml) c ce drainage s'effectue par sondage transuréthral ou cathétérisme sus-pubien si sondage difficile (ne jamais insister ou forcer) ou impossible c il faut ultérieurement traiter la cause Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 73 Syndromes génito-urinaires> 73 Diagnostic d’une douleur s c ro t a l e a i g u ë Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 74 74 > Malaises prise en charge d’un malaise aux urgences Épisode aigu, regressif, caractérisé par un trouble de la conscience ou de la vigilence, avec ou sans hypotonie, pouvant occasionner une chute Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 75 Malaises > 75 D. El Kouri, G. Potel 1 c Orientation diagnostique d’un malaise Hypotension orthostatique c cause iatrogène connue : hypotenseurs et psychotropes ; PA basse (tenir compte de l’âge et état vasculaire) ; survenue en orthostatisme c devenir du patient : sortie selon le terrain Hypoglycémie c patient diabétique ; médicaments hypoglycémiants; survenue à distance des repas c exploration : glycémie capillaire et veineuse c devenir du patient : sortie le plus souvent Malaise vagal c ATCD du même type ; sujet jeune, circonstances de survenue ( émotion, confinement, prodomes) c devenir du patient : sortie Intoxication éthylique c signes d‘imprégnation ; haleine c exploration : alcoolémie c devenir du patient : hospitalisation brève Intoxication au monoxyde de carbone (CO) c malaises collectif ; source de CO ; y penser c exploration : dosage de la carboxy-hémoglobine c devenir du patient : oxygénothérapie pendant plusieurs heures H y p e r t o n i e s i n o - c a ro t i d i e n n e c circonstances de survenue ; compression cervicale c devenir du patient : hospitalisation Crise convulsive Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 76 76 > Malaises > c antécédent d’épilepsie ; circonstances de survenue (mauvaise observance, surmenage, alcoolisme ou sevrage alcoolique) ; début par une crise partielle ; mouvements tonico-cloniques ; obnubilation post-critique ; morsure latérale de langue c devenir : cf chapitre “crise convulsive” C a u s e s c a rd i a q u e s c ATCD de maladie cardiaque (rétrécissement aortique, ischémie myocardique) ; prise d’anti-arythmique ; absence de prodrome ; survenue à l’effort ; pâleur per-critique ; retour rapide à la normale ; palpitations ; douleur thoracique ; signes ECG c cf chapitre “Syncope” . Justifient l’ECG systématique devant tout malaise c devenir du patient : hospitalisation Causes psychiatriques c ATCD du même type ou de pathologie psychiatrique ; situation anxiogène; examen normal c exploration : eventuellement avis psychiatrique c devenir du patient : sortie ou hospitalisation Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 77 Malaises > 77 lM. Slama, B. Bouffandeau, B. de Cagny, J.L. Rey 2 c Syncopes A - Définition Une syncope est une perte de connaissance complète, de survenue brutale, brève (quelques secondes) secondaire à une ischémie cérébrale transitoire due à une chute brutale et importante (> 50%) du débit sanguin cérébral. Elle peut s’accompagner de lésions traumatiques. Si elle se prolonge plus de 20 secondes, elle peut se compliquer d’une crise convulsive généralisée avec perte d’urine. Les lipothymies doivent être rapprochées des syncopes car partageant le même mécanisme physiopathologique. Il s’agit d’un malaise avec impression angoissante d’évanouissement immédiat, d’apparition brutale, durant quelques instants et complètement réversible. L e s s y n c o p e s e t l e s l i p o t h y m i e s s o n t t o u j o u r s d ’ o r i g i n e c a rd i o - v a s c u l a i re . B - Points importants Diagnostic (Étiologies principales) C a u s e s c a rd i a q u e s c t ro u b l e d u r y t h m e e t d e l a c o n d u c t i o n ¼ bloc auriculo-ventriculaire complet paroxystique • la syncope habituellement sans prodrome. • l'ECG permet d’en faire le diagnostic si l’on enregistre lors d’un malaise : passage en BAV complet paroxystique ; BAV complet avec QRS larges, BAV du second degré (surtout Mobitz de type II), claudication d’une branche sur l’autre, bloc de branche droit et hémibloc postérieur gauche ou hémibloc alternant, progression des troubles conductifs lors d’ECG successifs. • sur le plan étiologique, éliminer en urgence un IDM, une origine infectieuse (myocardite) ou médicamenteuse. • traitement en urgence d’un BAV paroxystique complet : coup de poing sternal, massage cardiaque externe, sulfate d’atropine 0,5-1 mg en IV. En cas d’inefficacité, perfusion d’isoprénaline (Isuprel ®) 5-10 ampoules dans 500 ml de sérum glucosé isotonique (la vitesse de perfusion est adaptée à la réponse en fréquence cardiaque), hospitalisation en Unité de Soins Intensifs Cardiologique (USIC) et mise en place d’une Sonde d’Entraînement ElectroSystolique (SEES). ¼ bloc sino-auriculaire paroxystique • diagnostic : absence d’onde P et rythme ventriculaire lent. • traitement : sulfate d’atropine IV, hospitalisation en USIC. SEES rarement nécessaire. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 78 78 > Malaises > ¼ torsade de pointe • complique en général une hypokaliémie, un QT long congénital, une intoxication par anti-arythmique, ou une bradycardie. • parfois de courts épisodes de torsade de pointe sont mis en évidence : ventriculogrammes élargis de fréquence rapide (200-250/mn) décrivant une torsion autour de la ligne iso- électrique avec inversion du sens des pointes. Le traitement dépend de l’étiologie: - si cette torsade est due à une bradycardie, le traitement sera celui du trouble de la conduction - si hypokaliémie, il y a nécessité d’une recharge potassique et magnésique ¼ tachycardie supraventriculaire ou ventriculaire • les tachycardies supraventriculaires (fibrillation auriculaire, flutter) peuvent être à l’origine de syncopes. • les TV sont graves et peuvent à tout moment dégénérer en fibrillation ventriculaire. • le diagnostic de TV se fait sur l’ECG : tachycardie régulière avec QRS larges (0,12s), dissociation auriculo-ventriculaire. il faut toujours éliminer un infarctus du myocarde à la phase aiguë. le traitement de la TV fait appel au choc électrique externe en cas de mauvaise tolérance hémo- dynamique et aux anti-arythmiques. hospitalisation en USIC. c o b s t a c l e s à l ’ é j e c t i o n v e n t r i c u l a i re g a u c h e ¼ sténose aortique • syncopes d’effort qui s’accompagnent d’une dyspnée d’effort et d’un souffle systolique éjectionnel avec disparition de B1 et B2. • elles signent le caractère serré du rétrécissement et donc le risque de mort subite. • hospitaliser le patient en Cardiologie et réaliser rapidement un bilan d’opérabilité de la sténose. ¼ myocardiopathie hypertrophique • la syncope d’effort s’accompagne, comme la sténose aortique, d’une dyspnée d’effort et d’un souffle systolique éjectionnel • diagnostic par échocardiographie. c a u t re s ¼ angor syncopal • La syncope est due à un trouble du rythme ou de la conduction nécessitant une hospitalisation d’urgence. ¼ myxome de l’oreillette gauche • Il s’agit de syncopes aux changements de position. Le diagnostic est échocardiographique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 79 Malaises > 79 ¼ hypertension artérielle pulmonaire • syncopes des cardiopathies cyanogènes C a u s e s Va s c u l a i re s ( C f . a l g o r i t h m e ) C - Pronostic Le pronostic des syncopes dépend de l’étiologie de celles-ci. D - Traitement c Prise en charge d’une syncope à la phase aiguë ¼ assurer la liberté des voies aériennes ¼ coup de poing sternal puis manoeuvres de réanimation si inefficacité cardio-circulatoire. ¼ surélévation des jambes si bradycardie et hypotension artérielle ¼ après reprise de conscience, deux circonstances : • il s’agit d’évidence d’un malaise vagal idiopathique chez un patient ayant déjà eu ce type de malaise ou d’une hypotension artérielle orthostatique avec récupération clinique complète : pas d’hospitalisation mais un bilan cardio-vasculaire devra être programmé • dans tous les autres cas : hospitalisation c Conscience normale lors de la consultation : conduite à tenir ¼ confirmer qu’il s’agit bien d’une syncope en particulier par un interrogatoire du patient et de l’entourage. ¼ rechercher les circonstances précises de ce malaise : effort, toux, rasage, mobilisation d’un bras au lever etc..., et les antécédents du patient. ¼ effectuer un examen clinique en recherchant spécifiquement : une hypotension artérielle orthostatique, un trouble du rythme, un souffle cardiaque ou vasculaire. ¼ réaliser systématiquement un ECG. c A l’issue de cette prise en charge, deux circonstances peuvent se présenter ¼ la cause de la syncope est évidente. Il faut une prise en charge spécifique. ¼ la cause de la syncope est inconnue : il y a nécessité d’hospitaliser le patient afin de compléter le bilan cardio-vasculaire. Actualisation prise en charge des malaises au service d'urgence, conférence de consensus SFMU, 2005 (http://www.sfmu.org/documents/consensus/Actualisation_Malaise.pdf Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 80 80 > Malaises > Syncope : orientation diagnostic Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 81 Malaises > 81 D. El Kouri, G. Potel 3 c Crise convulsive A - Définition Crise convulsive : manifestation clinique paroxystique due à une hyperexcitabilité cérébrale focale (crise partielle) ou diffuse (crise généralisée). E t a t d e m a l c o n v u l s i f : trois crises successives sans reprise de conscience ou crise se prolongeant au-delà de 5 à 10 minutes. M e n a c e d ’ é t a t d e m a l : convulsions se répétant à intervalles rapprochés avec reprise de conscience entre les crises. B - Points importants E x a m e n c l i n i q u e : re c h e rc h e d e s i g n e s d ' a c c o m p a g n e m e n t S t r a t é g i e d e p re s c r i p t i o n d e s e x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s Interrogatoire En clinique • Antécédent d’épilepsie, Température de traumatisme crânien, de néoplasie (cancers solides, lymphome). • Ethylisme chronique Signes de localisation • Statut VIH • Prises médicamenteuses : anti-épileptiques, diurétiques Vigilance • Contexte de survenue : traumatisme crânien, grossesse, intoxication médicamenteuse Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 82 82 > Malaises > et orientation post-urgence C - Traitement Examens complémentaires Orientation Tous les patients Glycémie capillaire c r i s e a p p a re m m e n t i s o l é e 1ère crise • électroencéphalogramme Hospitalisation 24H • scanner cérébral ou imagerie Sortie possible pour par résonance magnétique les patients de moins de 60 ans (si examen postcritique normal et entourage familial) Maladie • dosage anti-épileptique Sortie si mauvaise épileptique observance Fièvre • PL précédée d’un scanner si signes de localisation ou d’HIC Déficit • scanner cérébral crise accompagnée Confusion • calcémie, natrémie persistante • si traumatisme crânien : Hospitalisation (supérieure scanner cérébral. dans tous les cas à 2 heures) • sinon : EEG et PL Alcoolisme • alcoolémie (réanimation si état Sevrage • si TC : scanner cérébral de mal) Intoxication • dosage médicamenteux Antécédent • scanner cérébral de cancer • ponction lombaire (VIH) Séropositif VIH Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 83 Malaises > 83 Mesures Générales • Position latérale de sécurité • Oxygénation • si état de mal : - Canule entre les dents (phases intercritiques) - Voie d’abord veineuse - Intubation orotrachéale après sédation Crise Convulsive généralis • Aucun traitement ou clobazam (Urbanyl®) J1 60 mg ; J2 40 mg ; J3 20 mg le soir • Epileptique connu : poursuite du traitement habituel à réévaluer par le neurologue si observance correcte Etat de mal convulsif • clonazépam (Rivotril®) 1-2 mg en IV lente et antiépileptique d’action prolongée IV (fos- phénitoïne Prodilantin® ou phénobarbital Gardénal®). Si échec appel du réanimateur. Traitement de la cause • Hypoglycémie, méningite, méningo- encéphalite, tumeur, accident vasculaire cérébral, hyponatrémie, hypocalcémie... Actualisation prise en charge des malaises au service d'urgence, conférence de consensus SFMU, 2005 (http://www.sfmu.org/documents/consensus/Actualisation_Malaise.pdf) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 84 84 > Coma > F. Adnet 1 c Coma A - Définition Le coma se définit comme une altération du niveau de conscience. Il se caractérise par sa profondeur déterminée par l’échelle de Glasgow variant de 3 (coma aréactif) à 15 (conscience normale). Bien que cette échelle n’ait été proposée que pour les traumatisés crâniens, elle s’est généralisée pour tous les types de comas. Un score de glasgow < 8 définit le coma profond. Ta b l e a u : s c o re d e G l a s g o w. Items Points M e i l l e u re r é p o n s e v e r b a l e réponse adaptée 5 réponse inadaptée 4 réponse incohérente 3 geignement 2 aucune réponse 1 M e i l l e u re r é p o n s e o c u l a i re ouverture des yeux spontanée 4 ouverture des yeux à la commande verbale 3 ouverture des yeux à la stimulation douloureuse 2 pas d’ouverture des yeux 1 M e i l l e u re r é p o n s e m o t r i c e localisatrice et adaptée 6 localisatrice en flexion des membres supérieurs 5 non adaptée 4 lente flexion des membres supérieurs 3 réaction de décérébration (extension membres supérieurs) 2 pas de réaction 1 S c o re d e G l a s g o w = t o t a l d e s p o i n t s Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 85 Coma > 85 Conduite à tenir devant un coma Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 86 86 > Coma > F. Adnet 2 c A r r ê t c a rd i a q u e A • Définition L’arrêt cardio-respiratoire (ACR) se définie comme une inefficacité totale du coeur à générer un débit cardiaque, il n’assure plus sa fonction mécanique. Malgré l’amélioration des techniques de réanimation cardio-pulmonaire (RCP), le pronostic à long terme est toujours médiocre : moins de 10% des patients survivent sans séquelle neurologique. Le temps entre la survenue de l’ACR et l e s p re m i e r s g e s t e s d e R C P e s t l e p r i n c i p a l d é t e r m i n a n t p ro n o s t i c . B • Points importants Diagnostic c coma hypotonique, flasque avec une ventilation nulle et une absence de pouls centraux (fémoraux, carotidiens) c le monitorage électrocardiographique doit être réalisé immédiatement afin de déterminer le type d’ACR : ¼ tracé plat : asystolie ¼ complexes larges en rythme lent : rythme sans pouls (RSP) ¼ ligne de base irrégulière anarchique ou à type de tachycardie ventriculaire polymorphe : fibrillation ventriculaire (FV) Pièges c des convulsions généralisées peuvent se voir à la phase initiale d’un ACR (hypoperfusion cérébrale) c des mouvements respiratoires lents, en général inefficaces, peuvent être présents (gasp) c un tracé électrocardiographique de complexes fins, réguliers, à la fréquence de 70-80/min. doit faire rechercher la présence d’un pacemaker c la mydriase initiale n’est pas un élément pronostic c ne pas injecter l’adrénaline dans une tubulure contenant du bicarbonate de sodium C • Pronostic L e s f a c t e u r s p ro n o s t i c s c allongement du délai entre l’effondrement et les premiers gestes de réanimation c lieu de survenue de l’ACR : réanimation>hôpital>voie publique>domicile c type d’ACR : FV>asystolie c absence de témoin de l’effondrement c ATCD : néoplasie, pneumopathie, insuffisance rénale c l’âge n’est pas un facteur pronostic Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 87 Coma > 87 D • Conduite à tenir particulière L a p r i s e e n c h a r g e s e d é ro u l e e n d e u x t e m p s p r i n c i p a u x c traitement non médicalisé (geste de secourisme) c traitement médicalisé Les deux temps peuvent être simultanés si l’ACR se produit au sein d’une structure médicalisée. La réanimation non médicalisé comporte : c alerte d’une structure médicalisée spécialisée (SAMU, réanimateur de garde...) c pratiquer massage cardiaque externe (MCE) à un rythme d’environ 100/min c ventilation assistée de type “bouche à bouche”. La synchronisation des deux manoeuvres est de type 30 MCE pour 2 ventilations. La réanimation médicalisée dépend du type de l’ACR : c Asystolie ¼ le premier geste de réanimation, pendant le MCE, est l’intubation endotrachéale et la mise en route d’une ventilation mécanique en FiO2 = 100% • permet de protéger les voies aériennes supérieures contre l’inhalation pulmonaire • améliore les échanges gazeux • peut servir de voie d’administration des drogues d’urgences (en particulier l’adrénaline) ¼ le deuxième geste est la pose d’un abord veineux de gros diamètre au pli du coude du patient avec un soluté du type sérum physiologique L’abord trachéal et veineux doivent être vérifiés et sécurisés c F i b r i l l a t i o n v e n t r i c u l a i re ¼ le patient doit être défibrillé immédiatement sans attendre la mise en place d’un abord veineux ou trachéal ¼ en cas d’échec des défibrillations : voie veineuse et intubation endotrachéale c Rythme sans pouls ¼ la prise en charge s’apparente à celle de l’asystolie ¼ la seule différence réside dans la recherche d’étiologies particulières comme l’embolie pulmonaire, l’épanchement compressif (liquidien ou gazeux) pleural, une tamponnade, une hypovolémie, une hypothermie ou une hyperkaliémie c la recherche de ces étiologies peut déterminer des gestes d’urgence rendant la réanimation classique plus efficace (pose d’un drain thoracique, remplissage massif, alcalinisation rapide et précoce) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 88 88 > Coma > A r r ê t c a rd i a q u e : prise en charge Tr a i t e m e n t étiologique* Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 89 Choc > 89 J. Schmidt, T. Mathevon 1 c Choc anaphylactique A - Définition Le choc anaphylactique est un collapsus brutal dû essentiellement à la libération d'histamine et de leucotriène. Son pronostic est lié à la rapidité de la mise en route du traitement. B - Points importants Diagnostic c le choc anaphylactique réalise le tableau d'un collapsus "chaud" ¼ caractérisé par un collapsus vasoplégique avec une tachycardie, PAS < 90 mmHg ¼ apparaît 2 à 20 minutes après l'exposition à l'allergène ¼ peut s'associer à un bronchospasme, une éruption urticaire géante et un oedème des tissus mous ¼ l'oedème laryngé peut réaliser une dyspnée laryngée évoluant vers une détresse respiratoire (oedème de Quinke) ¼ diarrhée avec douleurs abdominales peuvent compléter le tableau Pièges Il ne faut pas confondre ce type de choc avec un choc hémorragique ou congestif. C - Traitement C'est une urgence vitale c soustraire l'allergène (arrêt de traitement en cours...) c instituer une oxygénothérapie, voire une intubation en cas de détresse immédiatement menaçante c prévenir le réanimateur c le médicament est l'adrénaline à faible dose. Diluer 1 mg d'adrénaline dans 10 cc (sérum physiologique) et injecter 0,5 cc par 0,5 cc en IVD ou 0, 25 mg en SC avant la pose d'une voie veineuse c remplissage par cristalloïde : 1-2 litres de Ringer-lactates ou de sérum physiologique c le bronchospasme sévère peut être traité par b-mimétiques (aérosol de Bricanyl®). Si le bronchospasme est persistant, on peut proposer un aérosol d'adrénaline (1mg dans 10 cc de sérum physiologique) c les antihistaminiques H1 et les corticoïdes (Hémi-succinate d'hydrocortisone 200 mg toutes les deux heures IVD) peuvent être prescrits dans un second temps, leur action étant retardée Le patient doit être hospitalisé en réanimation, un bilan immunologique doit être prévu à distance de l'accident. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 90 90 > Choc > Choc Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 91 Agitation > 91 E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc 1 c Agitation psychomotrice et sédation médicamenteuse A • Quand indiquer une sédation médicamenteuse ? c dangerosité pour autrui c dangerosité pour lui-même : ¼ souffrance de la bouffée délirante : primauté de la composante délirante avec adhésion majeure au délire (persécution, dépersonnalisation) ¼ soins impossibles et suspicion d’une cause organique B • Comment prescrire une sédation médicamenteuse ? La chimiothérapie est toujours complémentaire d’une sédation verbale Deux classes thérapeutiques sont employées c les Benzodiazépines dans les agitations non psychotiques : ¼ clorazépate dipotassique (Tranxene®) 50 à 100mg (per os ou IM), ¼ diazépam (Valium®) 20 mg per os c les neuroleptiques : ¼ d’action brève, rapide et puissante dans les grandes crises d’agitation : • loxapine (Loxapac®) 3 à 6 ampoules IM • tiapride (Tiapridal®) 3 ampoules IM • halopéridol (Haldol®) 1 ampoule IM ¼ Sédatifs dans les agitations psychotiques : • cyamémazine (Tercian®) 50 mg IM • loxapine (Loxapac®) 2 à 4 ampoules IM Il faut toujours une surveillance !! Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 92 92 > Agitation> Conduite à tenir devant une agitation psycho-motrice Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 93 Agitation > 93 E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc 2 c Intoxication ethylique aigue A • Définition Il existe plusieurs formes d’intoxication éthylique aiguë (IEA) • l'IEA isolée, non compliquée (75%) : logorrhée avec parole hachée, bredouil- lante, incoordination motrice, injection conjonctivale, odeur caractéristique de l’haleine. Les signes régressent en 3 à 6 heures. • l'IEA excito-motrice (18 %) • l'IEA avec troubles de la vigilance pouvant aller jusqu’au coma B • Points importants c M e s u re r l ’ é t h a n o l é m i e : cette mesure est indispensable s’il existe une discordance entre l’ananèse et l’évolution clinique faisant suspecter un diagnostic différentiel ou une cause associée (pour mémoire, le coma d’origine éthylique n’apparaît que pour une éthanolémie supérieure à 3 grammes). Pièges c méconnaître une pathologie associée : inhalation pulmonaire, hypothermie, convulsion, hypoglycémie c méconnaître des signes de localisation : nécessité d’un scanner cérébral en urgence c méconnaître une intoxication éthylique aiguë possible et grave chez l’enfant C • Gravité c IEA seule dans ses formes excito-motrices et comateuses c IEA associée, avec par exemple, notion de traumatisme crânien de co-intoxication médicamenteuse, d’une infection, d’une hypoglycémie D • Traitements Dans tous les cas, l’IEA justifie une surveillance hospitalière jusqu’à l’amendement des symptômes. En dehors de l’IEA occasionnelle festive une évaluation psychiatrique est nécessaire avant la sortie. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 94 94 > Agitation > E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc 3 c B o u ff é e d é l i r a n t e a i g u e A - Définition C’est un terme sémiologique : le diagnostic définitif sera fait au regard de l’évolution. B - Points importants c Un diagnostic différentiel difficile : l ’ é p i l e p s i e c o m p l e x e Diagnostic c adulte jeune c survenue brusque en quelques heures c le délire est polymorphe, les mécanismes variables et multiples : illusions, imagination, hallucinations, intuitions, convictions. Les thèmes sont nombreux, fluctuants, changeants, se chevauchant. L’automatisme mental est présent. L’adhésion est souvent complète au vécu c impression d’absence variable et fluctuante : distractibilité, attitude d’écoute. Le patient n’est pas perplexe mais fasciné ou effrayé par conviction c participation thymique synchrone à l’expérience : oscillant entre euphorie et angoisse c i m p o r t a n c e d u recueil de l’anamnèse : recherche d’un facteur déclenchant, personnalité pré-morbide, prise ou sevrage de toxiques (amphétamines, drogues hallucinogènes..., alcool, de médicaments). On recherche également un accouchement récent, un suivi psychiatrique Orientation Justifie toujours une admission en hôpital psychiatrique après élimination d’une cause organique C - Traitement Dans tous les cas il ne s’agit pas d’appeler le psychiatre mais de pratiquer une sédation. Les habitudes actuelles sont une prescription de 4 à 6 ampoules de Loxapine (Loxapac®) en intramusculaire. On peut alors avoir le temps d’affirmer le diagnostic (c’est à dire d’éliminer toute cause organique pour alors orienter le patient vers une prise en charge spécialisée). Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 95 les intoxications médicamenteuses > 95 E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc 1 c Intoxication médicamenteuse v o l o n t a i re A - Définition L’intoxication médicamenteuse volontaire est un diagnostic qui doit être évoqué de principe en cas de manifestations révélatrices (coma, convulsion, troubles de rythme cardiaque, agitation). B - Points importants Diagnostic Il est guidé par la gravité potentielle justifiant un traitement immédiat. c la toxicité du produit ¼ nature et quantité du produit ¼ pluri-intoxication ( et association fréquente de l’alcool) ¼ ATCD et état du patient aggravant les effets des produits (insuffisance respiratoire, hépatique, rénal, grossesse en cours...) ¼ complications (inhalation, coma prolongé,...) c synonyme de gravité ¼ certaines classes médicamenteuses à fort potentiel toxique: Cardiotropes (digoxine, bêta-bloquants,...), Nivaquine, Paracétamol, Insuline... ¼ parmi les psychotropes, à titre d’exemple : ¼ tricycliques • responsables d’un S y n d rome anti-cholinergique qui associe : agitation, hallucinations visuelles, vision floue, mydriase bilatérale peu réactive, trouble de l’élocution et hypersialorrhée, tachycardie, tremblement fins des extrémités, rétention urinaire, ralentissement du transit intestinal • également de t ro u b l e s é l e c t r i q u e s : une tachycardie, un allongement de l’espace QT, un allongement de la largeur du QRS, un trouble de conduction auriculo-ventriculaire des extrasystoles Pièges Méconnaître un autre diagnostic lorsque l’imputabilité du tableau clinique ne correspond pas entièrement à l’intoxication présumée. c neurologiques : ¼ processus expansif (hématome, cancer, abcès...) ¼ hémorragie méningée ¼ méningo-encéphalite ¼ état de mal convulsif Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 96 96 > les intoxications médicamenteuses > c état de choc ¼ hypovolémique (GEU), ¼ anaphylactique, ¼ cardiogénique ¼ septique c Métabolique ¼ hypoglycémie ¼ hyponatrémie C - Gravité c i m m é d i a t e : atteinte des fonctions vitales (neurologique, cardio-vasculaire et respiratoire). S’apprécie sur les constantes et l’ECG peut justifier une intubation (détresse respiratoire, protection des voies aériennes lors d’un coma profond), un remplissage vasculaire (état de choc)... c s e c o n d a i re : implique une surveillance hospitalière pour éviter une éventuelle complication (inhalation, coma prolongé,...) c p s y c h i a t r i q u e : pas de parallélisme entre le geste et le désir de mort. Justifie un examen systématique psychiatrique pendant l’hospitalisation D - Traitement c le lavage gastrique a des indications très limitées, lors d’intoxications par des produits dangereux, vues précocement c le charbon activé (Carbomix®) : utilisation très large. Ce geste ne doit pas être banalisé, justifiant une surveillance pendant et après l’administration (inhalation possible et gravissime) c Exemple d’antidote : la N-acétyl-cystéine (Fluimucil®) : antidote du paracétamol. Le paracétamol a une toxicité hépatique retardée. Il peut, en effet, créer une cytolyse irréversible dont l’apparition est à redouter jusqu’au troisième jour. Les dosages de paracétamolémie permettant un pronostic hépatique étant tardifs (au minimum 4 heures après l’absorption, puis à 8 et 16 heures pour la cinétique d’élimination), ne pas hésiter à débuter le traitement sans preuve. pour une meilleure efficacité ; l’administration se fait en intraveineux (lui aussi est absorbé par le charbon activé !). Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 97 les intoxications médicamenteuses > 97 Prise en charge d’une intoxication médicamenteuse v o l o n t a i re ( I M V ) a u x u r g e n c e s Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 98 98 > Urgences métaboliques > P.F. Dequin, E. Mercier 1 c Diabète décompensé : conduite à tenir devant une hyperglycémie A - Orientation diagnostique Accétose Hyperosmolarité Déséquilibre simple âge 45 ans (exceptions) 70 ans variable diabète connu (type) 80% (DID) < 50% (DNID) oui facteurs déclenchants souvent unique parfois multiples mortalité < 5% ~50% ~nulle Clinique déshydratation ++ +++ - ou minime confusion, coma +/- +++ - signes pyramidaux - ++ - nausées, douleurs adbo ++ +/- - hyperventilation +++ + - Biologie glucose (mmol/L) > 15 > 30 en règle < 22 pH < 7,3 > 7,3 7,4 bicarbonates (mmol/L) < 15 > 15 > 20 osmolarité (mOsm/kg) variable > 330 < 310 cétonurie 3 croix 1 croix 1croix B - A qui prescrire de l'insuline ? c à tout diabétique déjà insulinotraité c lors de l'arrêt des hypoglycémiants oraux, si les glycémies sont franchement élevées (> 16,5 mmol/l = 3 g/l), que ce soit par affection intercurrente ou "échappement" du diabète malgré de fortes doses de sulfamides c p a r c o n t re, si les glycémies sont modérément élevées et que l'indication des hypoglycémiants oraux paraît discutable voire dangereuse (âge, fonction rénale,…) : il vaut mieux les arrêter, ne rien prescrire et surveiller les glycémies capillaires Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 99 Urgences métaboliques > 99 C - Comment prescrire l'insuline ? (dans cette situation d'urgence) c besoins de base = 0,5 à 1 UI/kg/j, dose à répartir entre les besoins de base (1/3) et les besoins liés aux apports glucidiques des repas (2/3), cette répartition ne s'appliquant pas chez le patient à jeun (!) ou en nutrition entérale continue. c ces besoins sont augmentés par les affections intercurrentes graves (notamment sepsis) ou par la corticothérapie. c o b l i g a t o i re m e n t a s s o c i é s à d e s a p p o r t s g l u c i d i q u e s : soit per os si le patient peut s'alimenter (ce qui oblige à prévoir un repas y compris aux urgences), soit bien souvent intraveineux : de l'ordre de 5 grammes/h (soit 100 ml/h de G5% ou 50 ml/h de G10%). Attention : toute interruption volontaire ou accidentelle de l'apport glucidique expose au risque d'hypoglycémie si le patient a reçu de l'insuline. c s i l e p a t i e n t e s t d é j à t r a i t é p a r i n s u l i n e : en l'absence de déséquilibre majeur, essayez de garder son schéma insulinique habituel, en assurant un apport glucosé continu si le patient ne s'alimente pas suffisamment. Complétez par de petites doses d'insuline ordinaire sous-cutanée si les glycémies sont très élevées et(ou) s'il y a un début de cétose c les injections sous-cutanées d'insuline ord i n a i re sont utilisables en l'absence de déshydratation franche. Elles peuvent être adaptées en fonction de la glycémie capillaire mesurée toutes les 4 heures, sous réserve d'un apport glucidique régulier. glycémie d o s e d ' i n s u l i n e o rd i n a i re (mmol/L) (g/L) (unités) toutes les 4 heures < 10 < 1,8 0 10-15 1,8-2,7 5 15-20 2,7-3,6 10 > 20 > 3,6 15 c la p e r f u s i o n c o n t i n u e d ' i n s u l i n e o rd i n a i re au PSE est la plus maniable et a rapidement réversible mais elle nécessite (au moins au début) u n e s u r v e i l l a n c e h o r a i re d e s g l y c é m i e s c a p i l l a i re s p o u r é v i t e r l ' h y p o g l y c é m i e . Elle est impérative s'il y a un déséquilibre majeur, notamment acidocétose ou hyper- osmolarité. Elle peut être utilisée également quand les glycémies restent très élevées avec l'insuline sous-cutanée, ce qui est souvent le cas chez les patients infectés. Dans ce cas, faites préparer 50 UI d'insuline ordinaire dans 50 ml de salé à 9‰ (= solution à 1 UI / ml). Adaptez la vitesse de perfusion en fonction des glycémies capillaires, par exemple (voir tableau page suivante): Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 100 100 > Urgences métaboliques > Débit initial Glycémie (mmol/L) 6,1-8,0 8,1-12 >12 Glycémie (g/L) 1,10-1,45 1,46-2,20 >2,20 Débit UI/h 1 2 3 Adaptation du débit e n f o n c t i o n d e l a g l y c é m i e c a p i l l a i re m e s u r é e t o u t e s l e s h e u re s Glycémie Glycémie Débit d'insuline (mmol/L) (g/L) <3,5 <0,65 Arrêt insuline ± injection G30% (cf. clinique), contrôle glycémie 15 min après, reprendre demidébit quand glycémie > 6,1 mmol/L (1,11 g/L) 3,5-6 0,65-1,10 Si débit 5 UI/h : m de 2 UI/h Si débit < 5 UI/h : m de 0,5 UI/h 6,1-8 1,11-1,45 Même débit 8,1-10 1,46-1,80 Si glycémie < à la précédente : même débit Si glycémie à la précédente : k de 0,5 UI/h 10,1-14 1,81-2,55 Si glycémie < à la précédente : même débit Si glycémie à la précédente : k de 1 UI/h >14 >2,55 k de 2 UI/h Modulez en fonction des résultats, en sachant qu'il vaut mieux augmenter secondairement les doses que l'inverse. Restez raisonnable dans vos objectifs: une glycémie stable à 11 mmol/L (2 g/L) peut être satisfaisante en urgence Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 101 Urgences métaboliques > 101 Le diabétique au service d’accueil et d’urgences Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 102 102 > Urgences métaboliques > P.F. Dequin, J.M. Halimi 2 c Diabète décompensé : h y p é ro s m o l a r i t é d i a b é t i q u e A • Définition L’hyperosmolarité est la conséquence d'une hyperglycémie avec glycosurie, polyurie osmotique et déshydratation majeure. Elle survient souvent chez un patient diabétique latent, généralement âgé, à l'occasion d'une affection intercurrente. Le foie restant soumis à l'action de l'insuline, le métabolisme des acides gras n'est pas dévié vers la production de corps cétoniques. B • Points importants c t ro u b l e s d e c o n s c i e n c e e t d é s h y d r a t a t i o n g l o b a l e s o n t a u p re m i e r plan c souvent le diabète n'est pas connu c s'acharner à trouver une c a u s e d é c l e n c h a n t e c r é h y d r a t a t i o n é n e r g i q u e , traitement d'une cause éventuelle et la prévention des complications notamment de décubitus sont l'essentiel du traitement c un écueil grave à éviter : l’hypoglycémie, ce d'autant que les besoins en insuline sont souvent plus faibles que dans l'acidocétose c grande fréquence des complications thromboemboliques, respiratoires, cardiaques, neurologiques, explique une mortalité de 20 à 60% selon les séries Priorités c Apprécier cliniquement ¼ conscience ¼ degré de déshydratation et existence éventuelle de signes de choc ¼ existence d’une cause déclenchante (infection) ¼ température, souvent élevée : déshydratation c Débuter le remplissage vasculaire sur voie veineuse périphérique c Faire les examens urgents ¼ ionogramme sanguin et urinaire, GDS, ECG, NFS, lactate, hémocultures, bandelette urinaire, ECBU, radio de thorax ¼ hyperosmolarité plasmatique > 330 mOsm/L (osmolarité calculée (mOsm/l) = 2.Na + glucose + urée) ¼ glycémie> 30mmol/L ¼ hypernatrémie ¼ pH > 7,3 et CO2T > 15 mmol/L sauf cause d'acidose associée ¼ insuffisance rénale fonctionnelle. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 103 Urgences métaboliques > 103 C - Gravité c proposer le patient au réanimateur de principe, a fortiori si signes de gravité ou atypies : ¼ choc non corrigé par le remplissage ¼ anurie (+++) ¼ coma profond ¼ hypoxie et (ou) hypercapnie ¼ infection grave et (ou) autre cause déclenchante ¼ réhydratation difficile à conduire (cardiopathie gauche) D - Traitement c R é h y d r a t a t i o n +++ et remplissage vasculaire sur voie veineuse périphérique: ¼ si PAS < 90 mmHg (ou, chez l’hypertendu : < Pas de référence - 40 mmHg) : colloïde 500 mL en 30 min, à renouveler si PAS reste basse ou si marbrures ; quantité globale fonction de la réponse clinique ¼ H0 à H2 : s a l é i s o t o n i q u e à 9 ‰ 2000 ml en 120 min, q u e l l e q u e soit la natrémie ¼ à partir d’H2 : glucosé à 5% 1000 ml en 6 h à re n o u v e l e r, avec NaCl 4 g et environ 2 g de KCl, à moduler selon le ionogramme ¼ thiamine (Bénerva®) au moins 100 mg dans le premier flacon si éthylisme et (ou) dénutrition ¼ si hyperglycémie et déshydratation majeures : remplacer si possible le glucosé à 5% par du glucosé hypotonique à 2,5% 1000 ml toutes les 4 heures, avec les mêmes apports en NaCl et KCl ¼ boissons orales ou apports hydriques par sonde gastrique si la conscience l'autorise : 2000 à 3000 mL/24h c Insulinothérapie ¼ pas de dose de charge d’insuline ¼ préparation et posologie initiale : cf. acidocétose ¼ viser une glycémie d e l ’ o rd re d e 1 5 m m o l / L ( 2 , 7 g / L ) ¼ ne pas arrêter l'insuline IV (demi-vie courte). Moduler la vitesse toutes les heures en fonction de la glycémie capillaire au doigt. Perfuser en glucosé à 10% si glycémie < 8,3 mmol/l (1,5 g/L) ¼ à la disparition de la déshydratation, faire un relais par voie SC, toujours d’insuline ordinaire • de l’ordre de 15 à 20 UI toutes les 4 h • arrêter le PSE 60 min après la 1ère injection sous-cutanée c Tr a i t e m e n t d ' u n e c a u s e d é c l e n c h a n t e é v e n t u e l l e ¼ AVC ¼ infection (urines, peau, poumons, sphère ORL, pieds, périnée) ¼ infarctus du myocarde (parfois indolore) ¼ toute affection intercurrente ou chirurgie ¼ rôle des médicaments : diurétiques, cortidoïdes Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 104 104 > Urgences métaboliques > c A u t re s m e s u re s ¼ prévention des thromboses veineuses (alitement, hémoconcentration majeure) : • contention veineuse des membres inférieurs • et (ou) HBPM (hors AMM mais logique) ¼ sonde naso-gastrique (aspiration du contenu gastrique pour limitation du risque d’inhalation) : uniquement si coma ou vomissements répétés ¼ sonde urinaire : si choc, anurie, trouble majeur de conscience A défaut Pénilex® ¼ prévention des complications de décubitus ¼ alimentation orale : possible dès que conscience normale c S u r v e i l l a n c e d e l ’ e ff i c a c i t é d u t r a i t e m e n t ¼ toutes les heures : conscience, FC, PA, glycémie capillaire au doigt, diurèse ¼ toutes les 4 heures : ionogramme sanguin, glucose créat Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 105 Urgences métaboliques > 105 E. Mercier, P.F. Dequin 3 c Diabète décompensé : acido-cétose diabétique A - Définition L’acidocétose diabétique est la conséquence évoluée d'une carence en insuline, responsable de la non-pénétration intracellulaire du glucose. Ceci entraîne : une h y p e r g l y c é m i e, elle-même responsable d'une g l y c o s u r i e a v e c p o l y u r i e osmotique, compensée au début par une polydipsie. Elle entraîne des p e r t e s m a s s i v e s d ' e a u , d e s o d i u m e t d e p o t a s s i u m ; une déviation du métabolisme des acides gras, aboutissant à la p ro d u c t i o n d e c o r p s c é t o n i q u e s, responsa- bles d'une a c i d o s e m é t a b o l i q u e à trou anionique élevé. B - Points importants c attention au p o t a s s i u m : risque mortel (hypokaliémie, hyperkaliémie iatrogène) c un écueil grave à éviter : l’hypoglycémie c s'acharner à t ro u v e r u n e c a u s e à l’acidocétose c r é é v a l u e r très régulièrement l'état clinique et biologique, et adapter le traitement en conséquence c une erreur fréquente : arrêter trop tôt l’insuline IV et (ou) ne pas apporter assez de glucose : persistance de la cétose c un réflexe à éviter : alcaliniser sous prétexte que le pH est acide Priorités c Apprécier cliniquement ¼ conscience : • d’habitude simple obnubilation (échelle Glasgow 14) • rarement conscience altérée, possible si hypotension (Pas < 90 mmHg) • ou si association d’une hyperosmolarité (2.Na + glucose + urée > 330 mOsm/L) • si conscience non normalisée à H2 : chercher cause associée (clinique, PL, TDM) ¼ degré de déshydratation et existence éventuelle de signes de choc ¼ existence d’une cause déclenchante, notamment infectieuse, sans oublier l’examen des pieds et du périnée ¼ température : • habituellement normale, ou basse si déshydratation majeure • fièvre inhabituelle : chercher infection déclenchante c Débuter le remplissage vasculaire Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 106 106 > Urgences métaboliques > c Faire les examens urgents ¼ ionogramme sanguin et urinaire, GDS, ECG, NFS, lactates, hémocultures, ECBU, bandelette urinaire, radio de thorax ¼ hyperglycémie >15 mmol/L ¼ cétonurie ¼ trou aniotique (Na+K-Cl+CO2T) élevé (>16 mmol/L) par les corps cétoniques ¼ pH <7,3 parfois très acide (<7), Pa CO2 souvent très basse (<10 mmHg) (hyperventilation), CO2T <15mmol/L ¼ hyponatrémie surestimée (Nacorr = Names + [(glu-5)/3] en mmol/L), kaliémie souvent élevée par transfert (insulinopénie plus qu’acidose) mais pool potassique constamment effondrée ¼ insuffisance rénale fonctionnelle C - Gravité c P ro p o s e r l e p a t i e n t a u r é a n i m a t e u r si signes de gravité ou atypies : • choc non corrigé par un remplissage modéré • anurie (+++) • terrain d’insuffisance rénale chronique • coma • hypoxie • infection grave et (ou) autre cause déclenchante • pH < 7,1 D - Traitement c R é h y d r a t a t i o n e t re m p l i s s a g e v a s c u l a i re s u r v o i e v e i n e u s e p é r i p h é r i q u e ¼ éventuellement à l’arrivée : gélatine 500 mL en 30 min si Pas < 90 mmHg ¼ H0 à H1: salé isotonique à 9‰ 1000 ml en 60 min ¼ H1 à H2 : salé isotonique à 9‰ 1000 mL en 60 min, avec du potassium ¼ à partir d’H2 : glucosé à 5% 1000 ml en 4 h, avec NaCl 4 g et du p o t a s s i u m à renouveler (besoins / 24h : 250 à 300 g de glucose, pour arrêter la cétogénèse) ¼ thiamine (Bénerva®) au moins 100 mg dans le premier flacon si éthylisme ¼ boissons orales possibles dès que conscience normale et disparition des nausées c Insulinothérapie ¼ éventuellement à l’arrivée faire une dose de charge d’insuline : 0,1 UI / kg d’insuline ordinaire IVD ¼ perfuser au PSE à la posologie de 0 , 1 U I / k g / h soit 1 mL/10kg/h (6 ml/h pour 60 kg) ¼ contrôler la glycémie capillaire au doigt t o u t e s l e s h e u re s ¼ doubler la posologie (= la vitesse) si la glycémie n’a pas diminué à H2 ¼ quand glycémie < 15 mmol/l (2,7 g/L), s’assurer que le patient est bien perfusé en glucosé Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 107 Urgences métaboliques > 107 ¼ diminuer la posologie par paliers si glycémie < 12 mmol/L (2,2 g/L) ¼ g a rd e r l ’ i n s u l i n e a u P S E j u s q u ’ à d i s p a r i t i o n d e l a c é t o n u r i e ¼ à la disparition de la cétonurie, faire un relais par voie sous-cutanée, toujours d’insuline ordinaire : • de l’ordre de 15 à 20 UI toutes les 4 h • arrêter le PSE 60 min après la 1ère injection sous-cutanée c Apports de potassium ¼ pool effondré mais kaliémie initialement variable, parfois élevée par transfert (ECG) ¼ pas de potassium de H0 à H1, pour : voir l’ECG, vérifier la diurèse, ± récupérer la kaliémie ¼ à partir de H1 : apports larges adaptés à la kaliémie mesurée au moins toutes les 4 heures ¼ surveillance scopique indispensable : risque mortel (hypokaliémie +++, hyperkaliémie iatrogène) c Tr a i t e m e n t d ' u n e c a u s e d é c l e n c h a n t e é v e n t u e l l e ¼ 20% des cas : révélation d’un DID (attention : parfois infection précipitante) ¼ 80% des cas : DID connu (exceptionnellement DNID) • insulinothérapie inadaptée (souvent arrêt à l’occasion des premiers troubles digestifs) • médicaments intercurrents (cortisoniques) • infection (urines, peau, poumons, sphère O.R.L., pieds, périnée) • infarctus du myocarde (parfois indolore) • toute affection intercurrente ou chirurgie • panne ou problème technique sur pompe à insuline ¼ place des antibiotiques : • non systématiques, adaptés au contexte clinique et aux données de l’examen • se méfier si diabétique connu d’une infection staphylococcique ou anaérobie c A u t re s m e s u re s ¼ prévention des t h romboses veineuses (alitement, hémoconcentration) ¼ sonde naso-gastrique et aspiration : uniquement s i c o m a o u v o m i s s e m e n t s répétés ¼ sonde urinaire : uniquement si choc ou anurie (rare et grave +++) ¼ alimentation orale : possible dès que conscience normale et disparition des nausées c S u r v e i l l a n c e d e l ’ e ff i c a c i t é d u t r a i t e m e n t ¼ toutes les heures : conscience, FC, PA, glycémie capillaire au doigt ¼ toutes les 3 à 4 heures : Na K CO2T Cl glucose, ± pH et gaz du sang ¼ à chaque miction : diurèse, cétonurie à la bandelette Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 108 108 > Urgences métaboliques> P.F. Dequin, E. Mercier 4 c Hypoglycémie (chez le diabétique et le non diabétique) A - Définition Il n’y a pas de définition biologique stricte : il faut une glycémie "basse" associée à des symptômes compatibles, ne cédant pas spontanément en moins de 5 minutes. C'est un diagnostic globalement rare, mais à conséquence thérapeutique immédiate. La re c h e rche d'une hypoglycémie est donc une priorité en cas de : coma, convulsion, signe neurologique focal (de la diplopie à l'hémiplégie), trouble psychiatrique ou du comportement, y compris devant un patient agressif. B - Points importants • Chez le diabétique traité ¼ la probabilité qu'un malaise (ou a fortiori un signe neurologique) soit lié à une hypoglycémie est ici forte ¼ confirmer le diagnostic (glycémie capillaire) et traiter sans attendre : p e r o s en l'absence de signes neurologiques, avec des sucres "rapides" e t surtout des sucres "lents" (pain), p a r v o i e v e i n e u s e en cas de signes neurologiques francs : 30 mL de G30%, suivis d'apports glucidiques per os ou d'une perfusion de G10% ¼ chez le diabétique insulinodépendant, si la voie veineuse est difficile à trouver, injecter en attendant du glucagon (Glucagène®) 1 amp sous-cutanée ¼ rechercher des facteurs favorisant : • saut d'un repas • effort physique non prévu • erreur de dosage d'insuline • interaction médicamenteuse avec les sulfamides hypoglycémiants • insuffisance rénale ¼ un traitement ß- tend à masquer les signes annonciateurs de l'hypoglycémie ¼ en règle, le patient peut repartir après normalisation de la symptomatologie s'il s'agit d'une hypoglycémie insulinique chez un sujet jeune, avec un rendez-vous avec le médecin de famille ou le diabétologue pour renforcer l'éducation diabétique Par contre, e n c a s d ' h y p o g l y c é m i e l i é e a u x s u l f a m i d e s , g a rd e r l e p a t i e n t en observation avec une perfusion de glucosé et une surveillance des glycémies capillaires, en raison du risque d'hypoglycémie prolongée ou récidivante, surtout chez le sujet âgé ou insuffisant rénal. Quant aux biguanides, seuls, ils n'entraînent pas d'hypoglycémie. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 109 Urgences métaboliques > 109 c En l'absence de diabète traité : ¼ L'hypoglycémie est ici e x c e p t i o n n e l l e : c'est un diagnostic très souvent porté par excès, parce que les symptômes mineurs de l'hypoglycémie (faim, sueurs, asthénie, pâleur, bouffées de chaleur) sont très proches de ceux des malaises vagaux. Chez le non diabétique, une glycémie "basse", c'est à 2 , 8 m m o l / L ( 0 , 5 g / L ) . ¼ Attention : la glycémie capillaire ("au doigt") est souvent fausse dans les valeurs basses. Chez le non diabétique, où le diagnostic d'hypoglycémie est exceptionnel mais de grande importance, confirmer impérativement par une glycémie veineuse au laboratoire (mais apporter du sucre sans attendre le résultat). Sachez aussi que l'amélioration des signes après resucrage n'est en rien spécifique de l'hypoglycémie. ¼ Le traitement est le même que chez le diabétique. ¼ Les causes possibles sont : • l'insuffisance hépatocellulaire grave, surtout associée à un sepsis • plus rarement l'insuffisance surrénale ou antéhypophysaire • certains médicaments : disopyramide (Rythmodan®), dextro- propoxyphène (Antalvic®, Di-Antalvic®), quinine, ß bloquants, IEC, pentamidine, IMAO… • intoxication à l'aspirine • les autres causes existent (insulinome) mais sont anecdotiques. Attention toutefois aux intoxications volontaires avec insuline ou sulfamides (milieu médical, familles de diabétiques), souvent méconnues et potentiellement graves Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 110 110 > Urgences métaboliques > J.M. Halimi, P.F. Dequin 5 c I n s u ff i s a n c e r é n a l e a i g u e A • Définition L'insuffisance rénale aiguë se définie par l'altération en quelques heures à quelques jours voire semaines de la fonction rénale (élévation de la créatininémie et de l'urée sanguine). Les conséquences sont l'urémie aiguë : un ensemble de signes en rapport avec l'accumulation de déchets azotés, de K+, d'ions H+ et éventuellement d'eau. B • Points importants Diagnostic c élévation récente voire brutale de la créatininémie et de l'urée c diurèse modifiée : souvent oligurie ou anurie mais parfois la diurèse est conservée c taille des reins conservée ou augmentée c le plus souvent, il n'y a pas d'anémie importante, pas d'hypocalcémie, pas d'hyperphosphorémie (sauf si évolue depuis au moins une semaine) Bilan initial c Clinique : ¼ PA, recherche de signes d'hypovolémie (hypotension orthostatique, baisse de la PA, tachycardie positionnelle), toucher rectal c Biologie : ¼ ionogramme sanguin, calcémie, réserve alcaline, protides, albuminémie, bandelette urinaire, ionogramme urinaire, protéinurie, ECBU c Examens complémentaires : ¼ échographie rénale, vésicale et pelvienne à la recherche d'un obstacle ¼ doppler des artères rénales si suspicion de thrombose des artères rénales (mais attention examen très opérateur-dépendant) Points clés c urgence thérapeutique : il faut toujours hospitaliser le malade. Hospitalisation en réanimation/service de néphrologie si ¼ hyperkaliémie (>6,5 mmol/l) ¼ acidose majeure ¼ OAP résistant au traitement ou chez patient anurique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 111 Urgences métaboliques > 111 c différencier l'insuffisance rénale aiguë et l'insuffisance rénale chronique. Dans l'insuffisance rénale chronique, il existe une polyurie le plus souvent (trouble de la concentration des urines), une anémie, une hypocalcémie ; la taille des reins est diminuée. Cependant, il peut s'agir d'une IRA sur IRC connue c l'insuffisance rénale aiguë est obstructive jusqu'à preuve du contraire. Elle est en fait fonctionnelle dans 90% des cas c repérer l'insuffisance rénale aiguë rapidement progressive (histoire : souvent contexte de vascularite, aggravation progressive de la créatininémie, hématurie microscopique à la bandelette urinaire) C - Mécanismes de l'insuffisance rénale aiguë Fonctionnelle = prérénale c Clinique - hypovolémie vraie ou efficace (hypoperfusion rénale éventuellement aggravée par diurétiques ou IEC), choc ou pertes rénales ou digestives c Biologie - Na u < 20 mmol/l (sauf si il existe un traitement diurétique ou des pertes d'origine rénale), Na/Ku <1, urée urinaire/plasmatique > 10, créatininémie urinaire/plasmatique > 40, urée plasmatique/ créatininémie plasmatique >100. c Evolution - si l'insuffisance rénale fonctionnelle n'est pas traitée, elle peut entraîner une insuffisance rénale organique (nécrose tubulaire aiguë) Obstructive = post-rénale Le plus souvent, elle entraîne une anurie d'apparition brutale. c Les causes d'obstacle sont variées ¼ bas appareil : adénome de prostate souvent ¼ vessie : infiltration du trigone vésical par une tumeur pelvienne (cancer de l'utérus ou des ovaires surtout) ¼ uretères : compression extrinsèque des uretères : fibrose rétropéritonéale ¼ gravité de l'obstacle sur rein unique (lithiase, rarement obstacle bilatéral) Organique c Nécrose tubulaire aiguë (suite à choc, toxique, hémolyse, rhabdomyolyse). c Néphropathie interstitielle aiguë (infection, allergie medicamenteuse). Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 112 112 > Urgences métaboliques > c Glomérulonephrite aiguë (post-infectieux, vascularite : PAN, glomérulonéphrite rapidement progressive : urgence thérapeutique). c Vasculaire : (thrombose des artères rénales, embolies de cholestérol, syndrome hémolytique et urémique, sclérodermie). D - Pronostic c hyperkaliémie, acidose et OAP peuvent être immédiatement menaçants c fonctionnelle : très bon pronostic dans la majorité des cas c obstructif : cède au traitement étiologique (levée de l'obstacle) c insuffisance rénale aiguë organique : ¼ souvent médiocre si néphropathie vasculaire ¼ très bon si l'origine des lésions est tubulaire (sauf si nécrose corticale) ¼ bon s'il s'agit d'une glomérulonéphrite aiguë post-infectieuse ¼ médiocre dans la plupart des autres maladies glomérulaires ¼ bon avec éventuellement séquelles si l'origine des lésions est interstitielle c insuffisance rénale aiguë rapidement progressive : pronostic d'autant plus sombre que le diagnostic et donc le traitement est retardé : l'insuffisance rénale chronique terminale à court ou moyen terme est très fréquente E - Traitement c correction de l'hyperkaliémie et de l'acidose c levée de l'obstacle le plus rapidement possible si obstructive. Au décours de la levée d'obstacle, il existe une polyurie qu'il faut compenser c indications de l'épuration extra-rénale (le plus souvent hémodialyse) : hyperkaliémie (>6,5 mmol/l), OAP chez un patient anurique ou malgré traitement diuréti- que à forte dose, acidose majeure, urée > 40 mmol/l c réhydratation si IRA fonctionnelle c arrêt des médicaments néphrotoxiques (AINS, IEC, aminosides, cysplatine,...) c ne pas injecter de produits de contraste iodés (scanner, UIV, artériographie...), en particulier si diabète, myélome, hypercalcémie, déshydratation Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 113 Urgences métaboliques > 113 Prise en charge d ’ u n e i n s u ff i s a n c e r é n a l e a i g u ë Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 114 114 > Urgences métaboliques > D. El Kouri, G. Potel 6 c Déshydratation A • Définition La déshydratation peut intéresser uniquement le secteur extracellulaire et la natrémie sera normale ( 140 ± 5 mmol/l ) ou basse, ou intéresser le secteur intracellulaire et elle s’accompagne d’une hypernatrémie. La constatation d’une hypernatrémie, reflet de l’hydratation intracellulaire, traduit (presque toujours) un état de déshydratation globale. La natrémie mesurée sous-estime la natrémie réelle en cas d’augmentation de la phase solide plasmatique (diabète, hyperprotidémie, hyperlipidémie). B • Points importants Diagnostic c les principaux signes de déshydratation extracellulaire sont : ¼ perte de poids ¼ accélération de la fréquence cardiaque ¼ diminution de la PA ¼ oligurie ¼ pli cutané persistant ¼ élévation de l’hématocrite et de la protidémie ¼ insuffisance rénale fonctionnelle c les signes de déshydratation intracellulaire sont : ¼ sécheresse des muqueuses, soif ¼ somnolence, asthénie, irritabilité, confusion ¼ crises convulsives, coma ¼ fièvre c les signes de déshydratation intracellulaire sont d’autant plus marqués que l’hypernatrémie est élevée et qu’elle s’est installée rapidement. c la correction trop rapide de l’hypernatrémie peut entraîner un oedème cérébral. c l’hypernatrémie survient lorsque la soif ne peut être exprimée ou assouvie (personnes âgées ou invalides...). C • Diagnostic étiologique devant une déshydratation c examen clinique c urée, créatinémie, kaliémie, calcémie c protidémie, hématocrite c bandelette urinaire (glucose, acétone), ionogramme urinaire Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 115 Urgences métaboliques > 115 D - Prise en charge thérapeutique c restaurer la volémie si désydratation extracellulaire avec troubles hémodynamiques (colloïde) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 116 116 > Urgences métaboliques> D. El Kouri, G. Potel 7 c Hyperkaliémie A - Définition L’hyperkaliémie est définie par l’élévation de la concentration plasmatique du potassium au delà de 5 mmol/l. B - Points importants c la symptomatologie clinique est tardive et inconstante : paresthésies, faiblesse musculaire, voire paralysie flasque c l e re t e n t i s s e m e n t m a j e u r d e l ’ h y p e r k a l i é m i e e s t c a rd i a q u e avec risque d’arrêt cardiaque (fibrillation ventriculaire) : modifications ECG (onde T pointues et symétriques ; allongement du PR et disparition de P ; élargissement des QRS précédant de peu l’arrêt circulatoire) C - Diagnostic étiologique c Faire toujours un ECG c Absence de signe ECG : pseudohyperkaliémie = quantité du prélèvement (hémolyse) c Hyperkaliémie vraie ¼ Pas de contexte évident • prélever en urgence : créatininémie, glycémie (insuffisance rénale, diabète) ; gazométrie artérielle (acidose) ; bandelette urinaire (cétonurie ?) • secondairement (exeptionnel) : corticol ACTH, renine, aldostérone (hypominéralo-corticisme) ¼ Contexte évident • médicaments = diurétiques épargneurs de potassium inhibiteurs, enzyme de conversion, anti-angiotensine II • excès d’apport (+ insuffisance rénale) • hypercatabolisme : lyse tumorale, traumatisme, brûlure, hémolyse massive D - Traitements c Dans tous les cas : ¼ arrêt des traitements hyperkaliémiants et des apports exogènes de potassium Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 117 Urgences métaboliques> 117 c Hyperkaliémie peu sévère ¼ polystyrène sulfonate de sodium (Kayexalate®) 20 à 40 mg per os ou 50 à 100g en lavement toutes les 6 heures ¼ furosémide (Lasilix®) à adapter selon l’hydratation c Hyperkaliémie > 7 mmol/L et/ou signes ECG : ¼ Gluconate de calcium à 10%, 10 à 20 ml en IVL contre-indiqué chez les patients sous digitalique. Ne modifie pas la kaliémie (effet cardio- protecteur) ¼ Bicarbonate de sodium semi-molaire 42 ‰ : 250 ml en 15 minutes ou glucosé 10 % 500 ml + 10 unités d’Insuline en 30 minutes (effet immédiat mais durée limitée) ¼ Polystyrène sulfonate de sodium (Kayexalate®) 20 à 40 g per os ou 50 à 100 g en lavement toutes les 6 heures (effet retardé mais prolongé) Il n’existe pas d’insuffisance rénale oligoanurique ¼ Furosémide (Lasilix®) à adapter selon l’hydratation Il existe une insuffisance rénale oligoanurique ¼ éliminer un obstacle sur les voies excrétrices (échographie) • obstruction = urologie • pas d’obstruction : furosémide (Lasilix®) 500 mg au PSE sur 1 heure ± correction des troubles hémodynamiques. Si reprise de la diurèse : furosémide (Lasilix®) à adapter selon l’hydratation Si pas de reprise de la diurèse : épuration extra-rénale. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 118 118 > Urgences métaboliques > D. Pateron, E. Debuc 8 c Hypokaliémie A • Définition L'hypokaliémie est définie par la baisse de la concentration plasmatique du potassium en dessous de 3,5 mmol/L B • Points importants c L'ECG reflète mieux la kalicytie que la kaliémie. Il doit être effectué dès que le diagnostic est suspecté ou confirmé biologiquement. c Il faut interpréter la kaliémie avec la réserve alcaline car l'alcalose s'accompagne d'une hypokaliémie de transfert et avec la kaliurèse pour mener l'enquête étiologique. c Les risques sont essentiellement liés aux troubles du rythme favorisés par l'ischémie coronarienne et les digitaliques, l'hypercalcémie. C • Diagnostic Diagnostic positif c Signes cliniques tardifs et inconstants, digestifs et neuro-musculaires c ECG : ¼ Diffus ¼ Diminution d'amplitude de l'onde T ¼ Augmentation d'amplitude de l'onde U (pseudo QT) ¼ Dépression du segment ST ¼ Troubles du rythme : FA, ESV, torsade de pointe, FV Diagnostic étiologique c Rôle de l'anamnèse c Hypokaliémie d'origine digestive (Kaliurie basse) ¼ Vomissements, diarrhée ¼ Carence d'apport (anorexie) c Hypokaliémie de transfert ¼ Alcalose ventilatoire ou métabolique ¼ Médicaments : insuline, béta-stimulants, théophylline ¼ libération de cathécholamine : traumatisme crânien sévère ¼ paralysie familiale hypokaliémiqueVomissements, diarrhée Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 119 Urgences métaboliques> 119 c Pertes rénales (kaliurie>20 mmol/L) ¼ diurétiques de l'anse (furosémide, burinex, thiazidique ¼ polyurie (diabète, levée d'obstacle) ¼ hyperaldostéronisme ¼ hypercorticisme, corticothérapie Tr a i t e m e n t : c Arrêter les médicaments hypokaliémiant et les digitaliques c Apports de potassium: ¼ 1g Kcl : 13 mmol de potassium ¼ 1g Gluconate de potassium : 4,3 mmol/L de potassium c Hypokaliémie > 2 mmol sans signes ECG : ¼ correction per os s'il n'y a pas de troubles digestifs c Troubles digestifs, kaliémie <2 mmol/L ou signes ECG ¼ Correction par voie IV sous contrôle ECG. Le débit horaire ne doit pas être supérieur à 1,5g/h (veinotoxicité et risque d’hyperkaliémie) ¼ En cas de troubles du rythme, administrer également du MgCl ou du MgSO4 : 2 à 3g en 30 minutes Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 120 120 > Urgences métaboliques > D. El Kouri, G. Potel 9 c H y p e rc a l c é m i e A • Définition L'hypercalcémie est définie par l'élévation du calcium plasmatique au-dessus de 2,6 mmol/L. Cette valeur doit être interprétée en fonction de la protidémie car 40% du calcium circulant est lié aux protéines. • Ca corrigé = Ca mesuré / {(protidémie/160) + 0,55} • Ca corrigé = Ca mesuré + 0,02 x (40-albuminémie) B • Points importants Diagnostic c L'hypercalcémie peut être asymptomatique et découverte fortuitement (Ca < 3 mmol/L) c Les signes d'hypercalcémie ne sont pas spécifiques. ¼ Signes digestifs • anorexie, nausée, vomissements, constipation, douleurs abdominales ¼ Signes neuro-psychiques • asthénie, dépression, c o n f u s i o n , c o m a , c r i s e c o n v u l s i v e ¼ Signes cardio-vasculaires (rares) • tachycardie, raccourcissement du QT, fibrillation ventriculaire, potentialisation de la toxicité des digitaliques. ¼ Signes rénaux • polyuro-polydipsie, néphrocalcinose, lithiase, insuffisance rénale Diagnostic étiologique cf. schéma ci-après C • Traitement Le traitement est une urgence dans les hypercalcémies symptomatiques et (ou) sévères (> 3,5 mmol/L). Dans tous les cas, il faut associer le traitement spécifique de la cause. c Corre c t i o n d e l a d é p l é t i o n h y d ro s o d é e : sérum NaCl 9 ‰ (2 à 4 L / jour) avec du KCl en fonction de la kaliémie c A u g m e n t e r l a c a l c i u r i e : furosémide (Lasilix®) 40 à 60 mg toutes les 4 à 6 heures par voie IV après correction de la volémie. c Diminuer la résorption osseuse (hypercalcémie néoplasique) : après correction de la volémie ¼ diphosphonate : pamidronate (Aredia®) IV dans du sérum NaCl 9‰ sur 4 heures normalise la calcémie en 3 à 7 jours ¼ calcitonine (Cibacalcine®) 1 à 4 mg/ jour en SC, action rapide, faible et transitoire Ca (mmol/L) <3 3-3,5 3,5-4 >4 pamidronate (mg) 30 30-60 60-90 90 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 121 Urgences métaboliques> 121 c D i m i n u e r l ' a b s o r p t i o n i n t e s t i n a l e (sarcoïdose, intoxication vitamine D, lymphome) ¼ corticothérapie c S u r v e i l l a n c e : PA, pouls, poids diurèse, tolérance cardiaque, ionogramme sanguin Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 122 122 > Urgences métaboliques > D. El Kouri, G. Potel 10 c H y p o n a t r é m i e A • Définition La valeur normale de la concentration de sodium par litre de plasma est : 140±5 mmol/L. Une hyponatrémie entraîne une augmentation du volume intracellulaire. Une hyponatrémie peut correspondre à une perte de sel et d’eau (la perte de sel étant proportionnellement plus importante), à une rétention d’eau et de sel (la rétention d’eau étant proportionnellement plus importante), à une perte de sel (avec hydratation normale), ou à un excès d’eau (avec stock sodé normal). L’hyponatrémie s’accompagne d’une hypo-osmolarité plasmatique. Des fausses hyponatrémies à osmolarité normale ou augmentée se rencontrent en cas d’hyperprotidémie, d’hyperlipidémie ou d’hyperglycémie. B • Points importants c les signes cliniques sont essentiellement neurologiques : ¼ nausées, vomissements, céphalées, ¼ puis obnubilation, coma, crises convulsives c les signes sont d’autant plus marqués que l’hyponatrémie est profonde et qu’elle s’est i n s t a l l é e r a p i d e m e n t . c la correction de l’hyponatrémie sera d’autant plus lente qu’elle est ancienne et bien tolérée. Une correction trop rapide peut provoquer une lésion irréver- sible du tronc cérébral (myélinolyse centro-pontine). C • Diagnostic étiologique E v a l u e r l e s e c t e u r e x t r a - c e l l u l a i re examen clinique, NFS, Protidémie, Glycémie, Urée, Créatinine, ionogramme uri- naire sur échantillon c secteur extra-cellulaire diminué : ¼ pertes digestives (diarrhée, vomissements) ¼ pertes cutanées (brûlures, sueurs) ¼ “3ème secteur” (péritonite, occlusion intestinale) ¼ insuffisance surrénale ¼ pertes rénales (diurétiques, polykystose rénale, néphropathie interstitielle...) c secteur extra-cellulaire normal : ¼ pertes cutanées, rénales, digestives modérées dont la perte en eau est compensée ¼ sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 123 Urgences métaboliques> 123 ¼ potomanie ¼ syndrome des buveurs de bière ¼ hypothyroïdie ¼ insuffisance surrénale c augmentation du secteur extra-cellulaire ¼ insuffisance cardiaque ¼ insuffisance hépatocellulaire ¼ yndrome néphrotique ¼ insuffisance rénale La natriurèse qui permet de préciser l’origine rénale ou extra-rénale des pertes d’eau et de sel est rarement disponible en urgence pour le choix thérapeutique initial. Elle a un intérêt diagnostique secondaire pour les cas difficiles. E t i o l o g i e s l e s p l u s f r é q u e n t e s d e s s é c r é t i o n s i n a p p ro p r i é e s d ’ h o r m o n e antidiurétique c Médicamenteuses : ¼ psychotropes : amitriptyline (Laroxyl®), fluoxétine (Prozac®), neuroleptiques ¼ chlorpropamide (Diabinèse®), carbamazépine (Tégrétol®), bromo- criptine (Parlodel®), diurétiques thiazidiques c Cancers : pulmonaires, lymphomes, cérébraux c I n f e c t i e u s e s : pneumopathies, tuberculose, méningite D - Traitement Signes de gravité (convulsions, coma) : transfert en Unité de Soins Intensifs c D i m i n u t i o n d e l ’ h y d r a t a t i o n e x t r a - c e l l u l a i re ¼ sérum physiologique NaCl 9 ‰ c H y d r a t a t i o n e x t r a - c e l l u l a i re n o r m a l e ¼ restriction hydrique inférieure à 500 ml/jour. ¼ Lorsque la natrémie stagne pendant 48 h et/ou altération de la fonc- tion rénale : • apport hydrique et sodé libres • apport hydrique libre associé à 6 g NaCl/j pour les malades ayant une alimentation insuffisante • apport de G5% avec 4 g NaCl/l pour les malades buvant peu c H y d r a t a t i o n e x t r a - c e l l u l a i re a u g m e n t é e ¼ régime hyposodé (moins de 6 g NaCl/jour) ; restriction hydrique, furosémide (Lasilix“) c Surveillance ¼ pouls, PA, diurèse, poids, natrémie, urémie, créatininémie, hématocrite, protidémie c Dans tous les cas : traitement étiologique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    Ta b le a u nstallation contexte-terrain examen en urgence Diagnostics traitements GUMC-2009 Hémiplégie 2 2 a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l traumatique 2 TDM sans injection 2 HED HSD ( déficit 2 2 Contusion d’un 2 aiguë 2 AV C h é m o r r a g i q u e : v a s c u l a i re 2 T D M s a n s i n j e c t i o n 2 • hématome avis hémicorps) 2 n e u ro c h i r u r g i c a l l o b a i re ou du cervelet • hématome 16/02/09 des noyaux gris 2 traitement AV C i s c h é m i q u e 2 symptomatique 10:02 2 adiazine ± corticoïdes VIH + TDM sans et 2 abcès toxo. avec injection 2 2 lymphome 2 a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l p ro g re s s i v e2 tumeur bénigne a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l 2 ± corticothérapie VIH - TDM sans et 2 ou maligne Page 124 avec injection 2 HSD 2 a v i s n e u ro c h i r u r g i c a l Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009 d é f i c i t a i re : h é m i p l é g i e 2 TDM sans injection 2 AIT 2 Aspirine ou Héparine v a s c u l a i re 2 aura migraineux 2 i n t e r ro g a t o i re 2 migraineuse 2 traitement symptomatique t r a n s i t o i re 2 (<24H) 2 épileptique 2 E E G , i n t e r ro g a t o i re 2 déficit 2 traitement anti-épileptique 124 > Syndromes neurologiques déficitaires> 2 P r i s e e n c h a r g e d ’ u n s y n d ro m e n e u ro l o g i q u e diabétique s c i 2 glycémie, interrogatoire 2 p opto-grl ytci q u ei e 2 re s u c r a g e hy ém
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 125 Syndromes neurologiques déficitaires> 125 O. Chassany 1 c A c c i d e n t s v a s c u l a i re s c é r é b r a u x ( a v c ) A - Définition L’AVC est lié à une chute du débit sanguin dans le territoire d’une artère cérébrale, entraînant une hypoxie tissulaire puis une nécrose cellulaire. Il touche des patients de 70 ans en moyenne. Les AVC représentent la 3ème cause de mortalité dans les pays développés. La reconnaissance dans les premières heures d'un AVC ischémique, implique une prise en charge très rapide avec une orientation neurovasculaire pour envisager une thrombolyse (appel du 15)" L’accident est le plus souvent ischémique (80% des cas) par thrombose ou embolie : l’athérosclérose est la cause la plus fréquente suivie par les cardiopathies emboligènes. • la mortalité est de 20% à 1 mois. A 1 an, 40-50% des patients sont décédés des complications de l’athérosclérose (infarctus du myocarde, récidive d’AVC). • soixante pour cent des patients survivants gardent des séquelles invalidantes, < 20% retrouvent une activité similaire à celle d’avant l’AVC. L’ a c c i d e n t e s t h é m o r r a g i q u e d a n s 2 0 % d e s c a s le plus souvent lié à une hypertension artérielle. • la mortalité est > à 30% à 1 mois, mais la récupération est souvent meilleure. B - Points importants Diagnostic Dans sa forme typique, le diagnostic clinique est simple. c Atteinte du territoire carotidien : ¼ sylvien superficiel : déficit unilatéral sensitivo-moteur à prédominance brachio-faciale controlatérale à la lésion, aphasie, hémianopsie latérale homonyme ¼ sylvien profond : hémiparésie proportionnelle, dysarthrie ¼ artère cérébrale antérieure : hémiplégie à prédominance crurale, syndrome frontal c Atteinte du territoire vertébro-basilaire : ¼ évoquée devant des symptômes isolés ou associés : troubles sensitifs de tout un hémicorps, hémianopsie, troubles gnosiques visuels, syndrome cérébelleux, atteinte des nerfs crâniens homolatérale à la lésion avec troubles sensitifs ou moteurs controlatéraux, diplopie, confusion… c Examens en urgence : ¼ biologiques : NFS, plaquettes, hémostase, glycémie, ionogramme sanguin, urée, créatininémie Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 126 126 > Syndromes neurologiques déficitaires> ¼ scanner cérébral sans injection de produit de contraste : examen de référence • différencie l’hémorragie (zone hyperdense) de l’ischémie (le scanner est normal durant les 12ères heures, puis zone hypodense) • précise la topographie de la lésion ¼ ECG c Examens à visée étiologique : ¼ scanner avec injection de produit de contraste : en cas de doute diagnostique, par exemple avec une tumeur ou un abcès, devant un déficit d’évolution progressive ¼ échodoppler cervical : recherche d’une sténose ¼ échocardiographie trans-thoracique ou trans-œsophagienne : recherche d’une cardiopathie emboligène P i è g e s ( f o r m e s c l i n i q u e s a t y p i q u e s o u t ro m p e u s e s ) c Accident ischémique transitoire (AIT) : ¼ déficit neurologique focal régressant en < 24h. Dans 60% des cas, dure < 1 heure ¼ le considérer comme une urgence car précède souvent un AVC au même titre que le syndrome de menace dans l’IDM ¼ plus facilement évoqué en cas d’atteinte du territoire carotidien (cécité monoculaire, déficit sensitif ou moteur unilatéral, aphasie) qu’en cas d’atteinte du territoire vertébro-basilaire (ataxie, troubles visuels, diplopie, dysarthrie, troubles de la déglutition…) ¼ les principaux diagnostiques différentiels de l’AIT sont : • migraine avec aura (chez un patient < 40 ans, importance des antécédents de migraine) • crise comitiale partielle avec déficit post-critique (rechercher une morsure latérale de langue) • hypoglycémie P r i n c i p a u x d i a g n o s t i q u e s d i ff é re n t i e l s d e l ’ AVC c tumeur cérébrale, abcès cérébral, hématome sous-dural : intérêt du scanner c méningo-encéphalite herpétique ¼ symptômes : déficits multifocaux, troubles de la conscience, signes méningés ¼ intérêt du scanner, de la PL et de l’EEG ¼ urgence thérapeutique : acyclovir (Zovirax®) IV 15mg/kg/8h c dissection artère vertébrale ou carotidienne ¼ diagnostic évoqué devant un AIT ou un AVC, associé à une douleur cervicale du même côté et des céphalées, chez un sujet jeune sans facteur de risque ¼ le diagnostic repose sur : artériographie, angio-IRM Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 127 Syndromes neurologiques déficitaires> 127 c thrombophlébite cérébrale ¼ évoquer devant un AVC notamment chez une femme jeune (post- partum, prise d’oestroprogestatifs) présentant des céphalées et de la fièvre, des crises comitiales ¼ le diagnostic repose sur : artériographie, angio-IRM C - Gravité c âge c étendue de l’infarctus au scanner c survenue rapide de troubles de la vigilance c déviation de la tête et des yeux c asymétrie des pupilles D - Traitement Le diagnostic se fait aux urgences. Le patient est ensuite hospitalisé en service de médecine. Rarement, le patient est transféré en réanimation lorsqu’une intu- bation a été nécessaire. Maintien des fonctions vitales c assurer la liberté des voies aériennes : aspiration gastrique, oxygène, intubation si besoin c contrôle de la pression artérielle : il existe souvent durant les 2-3 premiers jours une hypertension réactionnelle c attention, ne pas faire baisser brutalement la pre s s i o n a r t é r i e l l e, en raison du risque d’hypoperfusion au niveau de la zone ischémiée. Ne traiter que pour des chiffres > 200/120 mm Hg. c pas d’alimentation orale pendant les premiers jours, en cas de troubles de la vigilance, ou de la déglutition (absence de réflexe nauséeux), ou de vomissements c lutter contre la déshydratation, en apportant 1-1.5 L de liquide par jour c équilibre d’un diabète, si nécessaire en recourant pendant quelques jours à l’insuline Tr a i t e m e n t h é p a r i n i q u e c A d o s e c u r a t i v e : en l’absence de données formellement validées par des essais thérapeutiques, il est logique d’envisager un traitement par héparine, toujours après avoir éliminé un AVC hémorragique et en l’absence de contre- indication absolue (troubles de la vigilance, déficit massif, HTA non contrôlée, thrombopénie) dans quelques indications : ¼ thrombophlébite cérébrale ¼ dissection artère cervicale Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 128 128 > Syndromes neurologiques déficitaires > ¼ AIT à répétition (en quelques jours) ¼ AIT ou AVC avec cardiopathie emboligène ¼ AIT ou AVC avec une sténose carotidienne serrée (> 70%) L’héparine non fractionnée à la seringue électrique est pour l’instant préférée aux HBPM. Aux urgences, en cas de doute, il vaut mieux attendre le lendemain matin pour débuter une héparinothérapie après avis du neurologue et prescrire 250 mg d’aspirine. c A d o s e p r é v e n t i v e : par contre, les HPBM sont indiquées chez tous les patients alités pour diminuer le risque de thrombose veineuse profonde (évalué entre 30 et 75% chez les patients hémiplégiques). Nursing c C’est le traitement capital ¼ prévention des escarres (matelas à eau, changement régulier de position, massages des points de compression) ¼ lever au fauteuil et kinésithérapie motrice (et rééducation orthophonique si nécessaire) dès que possible ¼ prévention de la fixation en position anormale des segments de membres ¼ dépister et traiter une infection pulmonaire, une infection urinaire (mise en place d’une sonde urinaire en cas de rétention) ¼ prise en charge psychologique du patient et de la famille Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    Ta b le a u nstallation contexte-terrain examen en urgence Diagnostics traitements GUMC-2009 compression 2 hernie discale TDM ± I R M v i s n e u ro c h i r u r g i c a l médullaire traumatique 2 2 fracture du rachis 2 2 2 contusion médullaire • syndrome 2 aigu 2 hématome épidural rachidien 2 v a s c u l a i re 2 IRM 2 infarctus médullaire 2 traitement symptomatique 16/02/09 • syndrome lésionnel neurogène radiculaire Rx Rachis + TDM 2 Spondylodiscite 2 AT B 10:02 fébrile 2 ± IRM (pas de PL++) • syndrome 2 s u b - a i g u 2 sous 2 apyrétique 2 Tumeur avis neurochirurgical lésionnel 2 R x R a c h i s + I R M 2 Myélopathie cervi- 2 ±corticoides 2 cale discale Hernie • troubles Page 129 spinctériens post-infectieux ou S dr d é f i c i t a i re ( b i s ) : p a r a p l é g i e vaccinal 2 LCR e i la avis Réa. syndrome 2 aigu 2 2 dy nG uolm ien B a r r é 2 neurogène •alcoolique périphérique •diabétique 2 i n t e r ro g a t o i re 2 traitement étiologique 2 Polynévrite P r i s e e n c h a r g e d ’ u n s y n d ro m e n e u ro l o g i q u e 2 s u b - a i g u 2 •toxiques, médica- ments Syndromes neurologiques déficitaires> 129 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 130 130 > Céphalées> Prise en charge d’une Céphalée aiguë +/- Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 131 Céphalées > 131 E. Roupie, E. Hinglais, J.L. Lejonc 1 c Hémorragie méningée A - Définition Il s’agit de la présence de sang dans les espaces méningés. Lorsqu’elle est associée à un hématome intracrânien, il s ’agit d’une hémorragie cérébroméningée. L'hémorragie méningée est consécutive à la rupture d'un anévrysme artériel ou d'une malformation artério-veineuse. Pathologie survenant dans 50% des cas chez des patients jeunes, sa mortalité est élevée (1/3 décèdent brutalement). B - Points importants C'est une urgence diagnostique, le patient peut s'aggraver très rapidement (coma, engagement cérébral et décès). Diagnostic c diagnostic à évoquer systématiquement devant une céphalée b r u t a l e, violente, survenant souvent à l'effort. La forme clinique la plus démonstra- tive est celle d'une céphalée en coup de poignard irradiant dans la nuque au court d'un effort (coït, défécation). c signes d'accompagnement fréquents mais non constants : vomissements, nausées, l e u r a b s e n c e n ' é l i m i n e p a s l e d i a g n o s t i c. c rechercher un syndrome méningé non fébrile : peut être lent à apparaître. Une fébricule à 37°5-38°C est classique. c le premier examen à effectuer est un scanner cérébral sans injection (le produit iodé masquerait les signes scannographiques d'hémorragie méningée). Deux possibilités : ¼ le diagnostic est confirmé par le scanner du crâne : dans ce cas, la ponction lombaire (P.L.) n'est pas nécessaire ¼ le scanner est douteux : une P.L. est effectuée, retrouvant un liquide hémorragique sur les 3 tubes, non coagulable, ou un liquide teinté (rouille = xanthochromique). c devant un scanner et un examen neurologique normaux, savoir hospitaliser le patient pour surveillance, réévaluation et décision de P.L. différée (à 24h00 avec recherche de pigments xanthochromiques). c toute hémorragie méningée doit bénéficier d'une exploration angiographique et d'une surveillance en milieu neurochirurgical Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 132 132 > Céphalées > Pièges c hémorragie méningée chez un migraineux chronique : doit être systémati- quement évoquée et recherchée en cas de modification des caractéristiques de la céphalée. Toujours rechercher une installation inhabituelle et/ou brutale. c coma : rechercher par l'anamnèse (témoins) les circonstances de survenue (chute brutale précédée de céphalées ?...) c déficit neurologique brutal chez un patient jeune : cet accident vasculaire cérébral est une hémorragie cérébro-méningée jusqu'à preuve du contraire.... c hémorragie méningée post-traumatique : survient à l'occasion de traumatis- mes crâniens, parfois peu sévères. Importance considérable de rechercher les circonstances du traumatisme qui peut être secondaire à la rupture d'un ané- vrysme ! L'interrogatoire du patient et des témoins est fondamental ("Avez- vous eu des céphalées avant?"..., "l'accident est-il survenu dans des circons- tances claires ?") Hospitalisation c hémorragie méningée confirmée : neurochirurgie. c au moindre doute, malgré un scanner et une P.L. non contributifs, garder le patient en observation. C - Traitement c il est du domaine neuro-vasculaire. ¼ aux urgences : • antalgiques • surveillance • traitement symptomatique si aggravation - anti-épileptiques. - intubation-ventilation si nécessaire. c confier le patient aux neurochirurgiens le plus vite possible Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 133 Céphalées > 133 E. Roupie, E. Hinglais, J.L. Lejonc 2 c Méningites aigues A - Définition Syndrome infectieux s'accompagnant d'une atteinte inflammatoire des méninges avec présence de plus de 10 cellules / ml dans le liquide céphalo-rachidien (LCR). Si la cause la plus fréquente est virale (méningite lymphocytaire bénigne), la gravité est liée aux causes bactériennes qui doivent être systématiquement éliminées. L'existence d'une méningite associée à des signes neurologiques déficitaires doit faire évoquer une méningo-encéphalite ou un abcès cérébral qui sont des atteintes extrêmement graves du système nerveux central (engageant le pronostic vital et fonctionnel dans un délai bref). B - Points importants Diagnostic c le diagnostic est clinique : céphalées, fièvre, raideur de nuque, photophobie, patient couché en chien de fusil (position foetale), signe de Kernig, c le diagnostic est établi par la ponction lombaire (PL), c un tableau de méningite bactérienne implique une antibiothérapie urgente, après la PL. LCR dans 3 tubes (cytologie, chimie, bactériologie). Un 4ème tube est mis au réfrigérateur pour réaliser d'éventuelles recherches complémentaires (PCR herpès...). 5 gouttes suffisent pour chaque tube. Des hémocultures sont également à réaliser. Points clés c examen du LCR : nombre et type de cellules (lymphocytes et/ou polynucléaires), le rapport glycorachie/glycémie, la protéinorachie, l'examen direct à la recherche de bactéries ; culture systématique, c antibiothérapie guidée par les résultats du LCR, c scanner obligatoire avant PL s'il existe un signe neurologique déficitaire. Si lésion expansive intra-crânienne (abcès, tumeur...) : contre-indication à la PL (la ponction sera effectuée en sous-occipitale par un neurochirurgien). Pièges c syndrome méningé infectieux à PL normale : surveillance en milieu hospitalier et savoir répéter la PL en dehors de la découverte d'un autre diagnostic, c toujours vérifier si le patient n'a pas reçu d'antibiothérapie dans la semaine précédente (les résultats de la PL seront modifiés : méningite décapitée), c présence d'une méningite clinique avec lésions purpuriques ± signes de choc = purpura fulminants (méningocoque). Urgence majeure à l'antibiothérapie (amoxicilline) qui précède la PL. La PL peut présenter des anomalies minimes au début (voir un LCR normal pouvant fourmiller ou non de méningocoques). Transfert en réanimation. Déclaration obligatoire, traitement de tous les sujets contacts (Rifampicine), Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 134 134 > Céphalées > c patient immunodéprimé (HIV + ) : demander, en plus, un examen du LCR avec encre de chine (cryptocoque). C - Traitement c hospitalisation systématique de toutes méningites jusqu'à disparition de la fièvre sous traitement. c réanimation pour toute méningite avec l'un au moins de ces signes : altération des fonctions supérieures, signes de localisation, état de choc, purpura. c Exemple : méningite à pneumocoque (la plus fréquente chez l'adulte) ¼ Traitement habituel : amoxicilline 200 mg/kg/jour en 3 perfusions ¼ Attention si : • Suspicion de pneumocoque à sensibilité diminuée à la Pénicilline (PSDP) - vie ou travail en crèche, splénectomisés, drépanocytaires, immuno-déficients. • Présence de signes de gravité (choc, troubles de conscience). ¼ Le traitement doit comprendre : C3G (Cefotaxime = 200-300 mg/kg/jour en 4 perfusions) + Vancomycine (40 à 60 mg/kg/jour en perfusion continue). Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 135 Céphalées > 135 Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 136 136 > Urgences rhumatologiques J. Schmidt, T. Mathevon 1 c Lombosciatique aigue A • Définition Symptomatologie traduisant une souffrance radiculaire dans le territoire du nerf sciatique, s’exprimant par une douleur dans les dermatomes L5 ou S1. B • Points importants Diagnostic c Le terrain ¼ le plus souvent chez un adulte de 30 à 50 ans ¼ ATCD fréquents de lumbago ou de lombalgie chronique ¼ facteur déclenchant à type d’effort de soulèvement ¼ contexte professionnel ou sportif c Clinique ¼ la douleur • installation brutale (après un effort) ou quelques jours après un lumbago • horaire mécanique, mais influence positionnelle • intensité variable • impulsivité à la toux / défécation • en règle monoradiculaire L5 ou S1, parfois tronquée ¼ le S y n d ro m e r a c h i d i e n e • debout : - attitude antalgique à type d’inflexion latérale - raideur segmentaire lombaire basse (distance doigts - sol augmentée, indice de Schober diminué) - contracture paravertébrale, point douloureux paravertébral, signe de la sonnette • couché : - signe de Lasègue (douleur reproduite dans le membre inférieur lors de son élévation en extension, pied à angle droit ), positif si 80 °, mais, inconstant (petite hernie discale, hernie foraminale, canal lombaire étroit) L’ e x a m e n n e u ro l o g i q u e : é l i m i n e u n e u r g e n c e c h i r u r g i c a l e Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 137 Urgences rhumatologiques > 137 c Imagerie ¼ pas d’imagerie en dehors de cas précis : • âge > 50 ans • antécédents néoplasiques • fièvre • antécédents traumatiques récents • douleur exquise à la palpation et/ou à la percussion d’une épineuse • si aggravation du tableau douloureux (malgré un traitement médical en cours) ou si douleur persistante après 2 semaines de traitement bien conduit * cliché dorso-lombo-pelvi-fémoral + rachis lombaire de profil * ± cliché centré sur L5 - S1 si sciatique S1 • si sciatique hyperalgique, sciatique paralysante ou Sd de la queue de cheval => examen tomodensitométrique (3 derniers disques) c Biologie ¼ uniquement en cas de suspicion de lombosciatique d’origine non discale, en urgence : • NFS (origine infectieuse) • fibrinogène, Protéine C Réactive (origine infectieuse ou inflammatoire) • calcémie (localisations métastatiques) • bandelette urinaire/ECBU, Hémocultures (suspicion de spon- dylodiscite) • glycémie (neuropathie diabétique) Pièges c Urgences chirurgicales ¼ Sd de la queue de cheval, sciatique paralysante • un déficit sensitif modéré (dermatome L5 ou S1), parfois une hypoesthésie ou une anesthésie périanale • souvent un petit déficit contre résistance de la force muscu- laire ne devant jamais atteindre l’impossibilité d’effectuer une flexion dorsale (L5) ou plantaire (S1) du pied => synonyme de sciatique paralysante • réflexe ostéo-tendineux achiléen diminué ou aboli (S1) • troubles génito-sphinctériens => suspicion de Sd de la queue de cheval Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 138 138 > Urgences rhumatologiques > c D i a g n o s t i c d i ff é re n t i e l (rares) ¼ le grand nombre de diagnostics différentiels démontre l’intérêt d’un examen neurologique complet et d’une enquête médicale méticuleuse, l’imagerie ± la biologie orientent alors fréquemment le diagnostic : • sciatiques secondaires non discales - sciatiques d’origine rachidienne tumorale (métastases) - spondylodiscites (fièvre, douleur inflammatoire, Sd inflammatoire, radiologie) - canal lombaire étroit ou rétréci (sujet âgé, claudication à la marche, pas de signe de conflit disco-radiculaire, radiologie) • sciatiques tronculaires ou plexulaires - abcès de la fesse, - tumeurs (nerf, fesse, sacrum ou ischion, tumeurs pelviennes) • douleurs des membres inférieurs simulant une douleur radiculaire : - avec douleur antérieure de la cuisse (pseudo radiculalgie L3-L4) - claudication artérielle (à différencier de la claudication radiculaire du canal lombaire rétréci) - neuropathie métabolique (diabète) - polynévrite éthylique ou toxique - atteinte centrale (SEP, SLA, ischémie ou néoplasie médullaires, syringomyélie...) C - Traitement c urgences chirurgicales : neurochirurgie de garde c forme commune : ¼ mise au repos ¼ AINS per os ou IM ¼ antalgiques de niveau I ou de niveau II ¼ myorelaxants : thiocolchicoside (Coltramyl®), méthocarbamol (Lumirelax®), tetrazepam (Myolastan®), néphénésine (Décontractyl®), voire diazepam (Valium®) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 139 Urgences rhumatologiques > 139 Conduite à tenir devant une lombosciatique aiguë Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 140 140 > Urgences rhumatologiques > J. Schmidt, T. Mathevon 2 c Névralgie cervico-brachiale A - Définition Symptômes traduisant un conflit disco-radiculaire sur une des racines du plexus brachial (C5, C6, C7 ou C8). B - Points clés Diagnostic c Clinique ¼ syndrome cervical : douleur violente et insomniante avec enraidissement du rachis cervical, souvent associée à une douleur de l’angle ou le long du bord interne de l’omoplate ¼ syndrome radiculaire du membre supérieur : topographie selon racine intéressée c Contexte ¼ ATCD fréquents de cervicarthrose symptomatique c Une forme grave : la myélopathie cervicale ¼ tableau clinique de paraplégie spasmodique d’installation progressive + Sd radiculaire du membre supérieur ¼ elle impose un avis spécialisé Pièges c N o m b re u x d i a g n o s t i c s d i ff é re n t i e l s ¼ douleur par atteinte plexuelle • post-traumatique (accident de la voie publique, post-anes- thésie, paralysie obstétricale) • néoplasique (Sd de Pancoast Tobias) • Sd du défilé costo-scalénique ¼ douleur par atteinte tronculaire • post-traumatique (traumatisme banal, agression mécanique de la vie courante), séméiologie propre au nerf concerné (phrénique, grand dentelé, circonflexe, musculo-cutané, radial, médian, cubital, ...) ¼ douleur par atteinte radiculaire : difficulté diagnostique ; avant tout d’origine néoplasique (envahissement métastatique et/ou épidurite) C - Traitement c repos et immobilisation par collier cervical avec appui sous-mentonnier c antalgiques de niveau II ou III de l’OMS c AINS ou Aspirine à dose anti-inflammatoire Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 141 Urgences rhumatologiques > 141 J. Schmidt, T. Mathevon 3 c Arthrite aigue A - Définition Inflammation articulaire accompagnée d’un épanchement intra-articulaire inflammatoire. On distingue : • arthrites septiques : présence de germes dans l’articulation • arthrites microcristallines (goutte, chondrocalcinose articulaire) • arthrites réactionnelles (origine infectieuse aseptique) et arthrites rhumatismales B - Points importants Diagnostic c Clinique ¼ début brutal, douleur intense et permanente, impotence fonctionnelle totale, contexte fébrile ¼ épanchement intra-articulaire c Radiologie ¼ contours osseux normaux (stade aiguë) ¼ liseré d’incrustation calcique (chondrocalcinose articulaire) ¼ épaississement des parties molles ¼ signes d’épanchement intra-articulaire Orientation diagnostique c Arthrite septique “Une arthrite aiguë est d’origine septique jusqu’à preuve du contraire” ¼ prendre en compte le contexte et rechercher : • porte d’entrée infectieuse : geste local (infiltration, arthrographie, arthroscopie, ...) • point de départ infectieux à distance : ORL, pulmonaire, dentaire, digestif, ... • cancer, corticothérapie ou immunosuppresseurs • un second foyer septique : endocardite infectieuse • arguments pour gonocoque : rapport sexuel contaminant, signes génito-urinaires ou cutanés ¼ ponctionner l’articulation avant toute antibiothérapie : • liquide articulaire trouble, voire purulent, non visqueux • riche en éléments (> 30 000 éléments/mm3, souvent 50 000 ou + éléments/mm3), dont 95 % de polynucléaires neutrophiles ¼ affirmer l’origine infectieuse : • examen direct du liquide (coloration Gram) et mise en culture • staphylocoque aureus suspecté en premier, mais selon l’âge (gonocoque/sujet jeune) ou le point de départ, on suspecte un pneumocoque (ORL, pulmonaire), un streptocoque (dentaire, ORL), un BGN (digestif, génital), ... Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 142 142 > Urgences rhumatologiques > c A r t h r i t e m i c ro c r i s t a l l i n e ¼ goutte • antécédents = arthrite (MTP gros orteil, ...), lithiase urinaire, hyperuricémie connue, tophus • mise en évidence d’un facteur favorisant : diurétique thiazidique, insuffisance rénale chronique, lyse cellulaire (hémopathie maligne) • microcristaux d’urate monosodique dans le liquide articulaire ¼ chondrocalcinose articulaire • antécédents : arthrites (genoux, poignets) • liseré d’incrustation calcique (cartilages articulaires), méniscocalcinose c Arthrites réactionnelles et arthrites rhumatismales Pièges c les AINS et les corticoïdes peuvent atténuer les signes inflammatoires locaux et les signes infectieux généraux d’une arthrite septique aiguë c rechercher une antibiothérapie “ intempestive ” qui peut décapiter une arthrite septique c les formes oligo- voire polyarticulaires d’arthrites septiques sont possibles c distinguer un hygroma (genou/coude) d’une arthrite : pas de ponction articulaire en cas d’hygroma D - Traitement Arthrite septique c traiter rapidement : - antibiothérapie synergique, bactéricide, prolongée - 2 exemples d’antibiothérapie de première intention (avant les résultats microbiologiques) c infection communautaire = staph. méti-S : cloxacilline (Orbénine®) IV 100 mg/kg/j + péfloxacine (Péflacine®) PO 800 mg/j c infection nosocomiale = staph. méti-R : rifampicine (Rifadine®) PO 25-30 mg/kg/j + fosfomycine (Fosfocine®) IV 12 g/j Puis traitement en fonction du germe et de l’antibiogramme c immobiliser l’articulation et prévoir un geste de décompression (drainage/ lavage articulaire) c traiter la porte d’entrée c traiter la douleur (antalgiques de niveau II ou III de l’OMS) A r t h r i t e m i c ro c r i s t a l l i n e c goutte : colchicine, 1mgx3 J1, 1mgx2 J2, 1mg les jours suivant c chondrocalcinose : AINS Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 143 Urgences rhumatologiques > 143 C o n d u i t e à t e n i r d e v a n t u n é p a n c h e m e n t i n t r a - a r t i c u- l a i re d u g e n o u ( t r a u m a t i s m e s e x c l u s ) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 144 144 > Traumatologie > E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lelonc 1 c Petites plaies A - Définition Une effraction cutanée ou muqueuse se définit cliniquement par : • la profondeur • le mécanisme lésionnel • l’aspect de la plaie • son siège Ces notions vont permettre un diagnostic guidant le traitement : cicatrisation dirigée, suture, exploration chirurgicale et les traitements adjuvants. B - Points importants c Schématiquement on peut distinguer des lésions par section et par écrasement : ¼ par section : la plaie est nette et les lésions associées (vasculo-nerveuses ou tendineuses) sont au premier plan ¼ par écrasement : la plaie est contuse, déchiquetée, rendant des lésions osseuses possibles et le problème plastique est là au premier plan ¼ le mécanisme peut être mixte c On portera une attention particulière à certaines localisations anatomiques ¼ lorsque le trajet tendineux, nerveux ou vasculaire est superficiel (les mains, les plis de coude, le creux poplité...) c L’ a b o rd i n i t i a l d ’ u n e p l a i e h é m o r r a g i q u e ¼ il doit proscrire tout garrot au bénéfice d’un pansement compressif. L’interrogatoire précise le type de saignement (en nappe ou en jet), la préexistence d’un trouble de l’hémostase et l’existence possible de corps étrangers (gravillons, verre) dont l’ablation est à réaliser. ¼ cela permet aussi de préciser le siège de la lésion et donc l’éventualité d’un trajet vasculaire sous-cutané. c Ne pas s’arrêter à la plaie ¼ elle est témoin d’un traumatisme et il faut préciser l’existence de traumatismes associés : traumatisme crânien lors d’une plaie de scalp ou du front, l’existence de plusieurs plaies... c Un cas particulier : la main ¼ la tension élastique de la peau est importante ; surtout à la face dorsale. La face palmaire a une plus grande richesse nerveuse et vasculaire Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 145 Traumatologie > 145 ¼ les éléments cutanés sont exposés aux lésions associées : • lésions tendineuses : la plaie se produisant alors que la main est dans une position différente de celle de l’examen, l a p l a i e t e n d i n e u s e s e t ro u v e s o u v e n t d é c a l é e par rapport à l’atteinte cutanée. Le testing à distance doit être entrepris avant l’exploration de la plaie et devra être répété lors du suivi. Il faut tester phalange par phalange, en sachant que la flexion est assurée par l’interosseux et les lombricaux pour P1, par le fléchisseur superficiel pour P2 (P1 doit être en extension et les autres doigts bloqués) et par le fléchisseur profond pour P3. L’extension de P1 est due à l’extenseur, celle des 2ème et 3ème phalanges, aux interosseux et aux lombricaux • les lésions vasculo-nerveuses sont à rechercher lorsque la plaie siège en regard du canal carpien et des faces latérales des doigts. Là encore le testing d’aval reste le temps primordial de l’examen clinique C - Pronostic c Toute lésion associée (tendineuse, vasculo-nerveuse) ou même suspectée d o i t ê t re e x p l o r é e e n m i l i e u c h i r u r g i c a l e t n o n a u x u r g e n c e s . Même si cela se fait en bloc septique, les conditions d’asepsie sont meilleures qu’aux urgences. Cela permet également un confort du malade (anesthésie loco-régionale, générale) et le suivi immédiat doit être rapproché et chirurgical. c L’ a t t i t u d e s e r a l a m ê m e l o r s d ’ u n e p e r t e d e s u b s t a n c e i m p o r t a n t e o u i n t é re s s a n t u n p l i d e f l e x i o n (risque de rétraction). c L o r s d e t o u t e p l a i e , il est fondamental de s’assurer de l’état des vaccinations tétaniques. Le moindre doute entraînera la prescription de gammaglobulines. c L e p ro n o s t i c e s t f o n c t i o n n e l e t e s t h é t i q u e : la cicatrisation se fait en deux phases : la cicatrisation proprement dite qui aboutit au retour d’une résistance mécanique suffisante en 15 jours environ et une phase d’activité biologique intense qui dure entre 6 et 12 mois, aboutissant à une cicatrisation fibreuse sous-cutanée, soit excessive (chéloïdes), soit créant une rétraction. Ne pas prendre en compte ces éléments mécaniques et esthétiques peut aboutir à une cicatrisation plus catastrophique que “l’abstention thérapeutique”. D - Traitement L a s u t u re c lors de la suture d’une plaie, plusieurs phénomènes sont à considérer. D’une part, au niveau de la peau, en plus des tensions élastiques de voisinage, la plaie a tendance à s’invaginer, ce d’autant que la suture n’aura pas éversé les bords de la plaie et que la tension sur les berges sera forte. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 146 146 > Traumatologie > D’autre part, il y a formation d’un caillot qui, selon la théorie de Gillmann, va à l’encontre de la fermeture de la plaie, puisqu’il provoque une véritable coulée épidermique, sur la tranche dermique créant à terme un “hiatus dermique”. c en pratique, le réel point d’appui d’une suture est dermique, éversant ainsi les berges. La tension des fils peut être soulagée par des bandelettes adhésives micro-poreuses qui réalisent, de plus, l’affrontement épidermique. Pour éliminer tout caillot, il faut faire dans les premiers jours, des pansements humides légèrement compressifs réalisant un véritable buvard. c enfin, l’ablation des fils se fait à une durée dépendant de la sollicitation mécanique et du préjudice esthétique. Ces deux notions sont inversement proportionnelles : lorsque le préjudice esthétique est majeur et la tension élastique faible, l’ablation doit avoir lieu au maximum à 4 jours (visage). Lorsque le préjudice esthétique est faible et la contrainte mécanique est importante, les fils doivent être en place 15 jours. La cicatrisation dirigée c lors de perte de substance ou de tension mécaniques trop forte, en dehors des éléments pronostiques déjà cités plus haut, il faut préférer la cicatrisation dirigée. Celle-ci réalise une réparation spontanée qui aboutit à des résultats esthétique et fonctionnel supérieurs à ceux d’une greffe : le revêtement obtenu est en effet sensible. Diriger une cicatrisation est, dans un premier temps, la stimulation du bourgeonnement par des pansements “pro-inflammatoires” (pansements humides, baume du Pérou, Vaseline...) et, secondairement, si besoin en freinant ces phénomènes (corticotulles, biogaze...). Les traitement adjuvants c l’anesthésie locale doit toujours être recherchée. Selon l’importance et le siège, elle peut se compléter par une antalgie par voie générale, une anesthésie tronculaire. ¼ la lidocaïne(Xylocaïne®) spray à 5% doit être le premier réflexe et il faut savoir attendre 10 minutes avant toute autre intervention. Un complément par Xylocaïne® 1% injectable, (jamais à 2% et surtout jamais adrénaliné) est souvent nécessaire. c la désinfection et le débridement doivent être soigneux. La Bétadine® ou la Chloréxidine sont couramment utilisées. Cette dernière a l’avantage d’être incolore évitant de masquer l’exploration. Il s’agit ensuite de réaliser l’ablation des corps étrangers, des tissus non vascularisés et des caillots. c l’antibiothérapie par voie générale ne se justifie que lorsqu’il y a des signes généraux d’infection (fièvre, adénopathies) ou des signes locaux d’inflammation ou de suppuration, c’est à dire en cas de plaies vues tardivement, ou de complications secondaires. Cas particulier : les morsures (cf. infra). c l’immobilisation ou la contention sont à associer en cas de zone de forte contrainte mécanique. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 147 Traumatologie > 147 U n e p l a i e v u e t a rd i v e m e n t (supérieur à 6 heures) c elle ne doit bénéficier que d’une cicatrisation dirigée ou d’un parage chirurgical. L e s m o r s u re s c plusieurs problèmes se posent : ¼ il s’agit d’une plaie de mécanisme mixte (section et compression) et il est licite de proposer une exploration chirurgicale d’emblée. Celle-ci présente les avantages conjugués d’un diagnostic lésionnel fiable et d’un lavage correct. En cas de plaie simple, un lavage abondant doit être pratiqué et la cicatrisation dirigée est de mise. ¼ la validité de la vaccination antitétanique est à rechercher. Par ailleurs, la vaccination antirabique de l’animal est fondamentale. Il ne faut pas hésiter à orienter les patients vers un centre antirabique au moindre doute. ¼ l’antibiothérapie est systématique par amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin ®) : 1 g 500 chez l’adulte pendant 10 jours. L e s c o m p l i c a t i o n s d ’ u n e s u t u re s o n t c l a d é s u n i o n , qui est consécutive à un fil retiré trop tôt, d’une infection larvée ou d’une nécrose cutanée. Si la plaie est propre, de simples bandelettes adhésives microporeuses suffisent. On préférera une cicatrisation dirigée si la désunion est consécutive à une infection. En cas de nécrose ou d’infection évoluée, on fera pratiquer alors une excision chirurgicale. c l ’ i n f e c t i o n pour laquelle il faudra faire des soins locaux répétés (on peut être amené à retirer un point ou deux pour éviter la formation d’un abcès) et à une surveillance des signes généraux d’infection. Lorsqu’ils surviennent, l’antibiothérapie per os est alors indiquée, après un prélèvement bactériologique, associée à des pansements itératifs. c l a n é c ro s e c u t a n é e : elle est consécutive à une peau initialement écrasée, déchiquetée, mais aussi à une suture trop tendue responsable d’une ischémie cutanée. Le traitement dépend de l’importance et du siège de la lésion et peut comprendre l’excision et la cicatrisation dirigée ou le parage chirurgical. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 148 148 > Traumatologie > E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lelonc 2 c Tr a u m a t i s m e s c r a n i e n s A - Définition Le traumatisme crânien est un mécanisme lésionnel. L’atteinte du contenant (le crâne fut-il fracturé) est au second plan de l’atteinte du contenu. L’urgence est à la recherche d’une lésion cérébrale associée. B - Points importants c L a re c h e rc h e d ’ u n e l é s i o n c é r é b r a l e a s s o c i é e e s t l a c l a s s i f i c a t i o n c l i n i q u e d e s p a t i e n t s e n f o n c t i o n d e s c r i t è re s d e M a s t e r s . c Cette classification permet des indications d’imagerie complémentaires. S e u l l e s c a n n e r c é r é b r a l d o i t ê t re a l o r s p r a t i q u é . L’ a n a m n è s e d e l ’ a c c i d e n t c Celle-ci doit être vérifiée auprès du patient et de l’entourage, précisant la cinétique du choc et l’existence d’une perte de connaissance initiale dont la durée doit être chiffrée. L’ e x a m e n c l i n i q u e c l’examen neurologique doit explorer notamment les grandes voies pyramida- les et l’ensemble des paires crâniennes. Il précise également l’existence de points d’impact céphaliques (plaie du scalp, traumatisme facial...). Enfin il recherche d’autres lésions dues au traumatisme. c I l n e f a u t p a s m é c o n n a î t re l e s l é s i o n s a s s o c i é e s ¼ un traumatisme cérébral s’accompagne fréquemment d’un mouvement contrarié du rachis cervical expliquant ainsi une association fréquente entre traumatismes du crâne et traumatismes du rachis cervical. La recherche de cette association lésionnelle doit être systématique, en particulier chez le patient alcoolisé. ¼ lors d’un trouble de conscience témoignant d’une atteinte cérébrale, la tension périphérique est élevée pour maintenir le débit sanguin cérébral. Une tension normale ou basse chez un tel patient, peut témoigner d’une profonde hypovolémie, (la rupture splénique associée est alors à rechercher et passe en priorité) ¼ a contrario, certaines présentations sont trompeuses et ne doivent pas faire oublier un traumatisme crânien, comme par exemple un traumatisme facial ou une présentation d’intoxication éthylique responsable de traumatisme. ¼ une plaie du scalp est toujours à rechercher et doit être suturée en urgence car elle est souvent très hémorragique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 149 Traumatologie > 149 c L’ é t a t d e c o n s c i e n c e s e j u g e p a r l e s c o re de Glasgow (cf Chap VI • 1) ¼ il se côte de 3 à 15, en additionnant les scores obtenus sur les sollicitations verbales, oculaires et motrices. Il est important, sur l’observation, de mettre à côté du score final les 3 chiffres obtenus, ce qui permet de suivre au mieux, quel que soit l’examinateur, l’évolution de la conscience. c D e c e s é l é m e n t s c l i n i q u e s v a p o u v o i r ê t re t i r é e u n e c l a s s i f i c a t i o n d e s traumatisés du crâne (Masters) • GROUPE 1 : Patients asymptomatiques, ou présentant des céphalées, des sensations ébrieuses, des hématomes, des blessures ou une abrasion du scalpe et l’absence de signes des groupes 2 et 3. • GROUPE 2 : Il s’agit soit d’une modification de la conscience au moment de l’accident ou dans les suites immédiates, l’existence d’une intoxication concomitante (alcool), lorsque l’histoire des circonstances est peu fiable, l’existence après l’accident, soit de céphalées progressives, d’une crise comitiale, de vomissements, d’une amnésie. Sont également du groupe 2 tout patient présentant un polytraumatisme ou des lésions faciales sévères, des signes de fracture basilaire, une possibilité de fracture avec dépression ou lésion pénétrante au niveau de la voûte, et enfin tout enfant de moins de 2 ans ou lors d’une suspicion de maltraitance. • GROUPE 3 : Lors d’une altération du niveau de conscience (à l’exclusion d’une cause toxique ou d’une comitialité), lors de signes neurologiques focaux, lorsque existe une diminution progressive de l’état de conscience, d’une plaie pénétrante ou d’une embarrure probable. c Pour indication : ¼ pour le groupe 1 : aucun examen complémentaire ne doit être pratiqué ¼ pour le groupe 3 : un scanner cérébral doit être pratiqué en urgence ¼ pour les patients du groupe 2, l’attitude est plus au cas par cas Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 150 150 > Traumatologie > C - Pronostic Ils sont déterminés par la classification Masters puisque les patients du groupe 1 ont un risque faible, à l’opposé les patients du groupe 3 sont à risque très élevé, justifiant une prise en charge neurochirurgicale immédiate. (Le transfert doit s’effectuer sous surveillance médicalisée, en position proclive et avec les manoeuvres de réanimation symptomatiques nécessaires). D - Traitement c Là encore la classification de Masters permet de distinguer : ¼ pour les patients du groupe 1, l’abstention de tout autre examen complémentaire et un retour à domicile avec un traitement symptomatique (antalgiques en cas de céphalées) et sous couvert d’une possibilité de surveillance par l’entourage après avoir expliqué les symptômes d’alerte (modification de la conscience, céphalées d’intensité croissante, vomissements, apparition de signes fonctionnels ou déficitaires neurologiques) ¼ pour les patients du groupe 2, l’hospitalisation pour surveillance reste de mise. Les éléments thérapeutiques sont les mêmes que ceux du groupe 1 ¼ enfin, les thérapeutiques des lésions associées sont à faire dans le même temps Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 151 Traumatologie > 151 E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lelonc 3 c Tr a u m a t i s m e s r a c h i d i e n s A - Définition Dans ce cadre, la définition sera double. D’une part, il s’agira, parallèlement, de définir l’existence d’une lésion ostéo-articulaire et, d’autre part, l’existence d’une lésion médullaire ou de sa possible apparition secondaire. En effet, si la lésion médullaire peut être initiale (section, déchirement), l’apparition d’une lésion médullaire peut être secondaire à un phénomène compressif (hématome du à la fracture ou à une lésion vasculaire) ou anoxique (due à une lésion vasculaire). B - Points importants c L’ a b o rd i n i t i a l d e t o u t t r a u m a t i s é d u r a c h i s j u s t i f i e u n e i m m o b i l i s a t i o n dans le respect de l’axe, tête, cou, tronc, (le port du collier est obligatoire ) L’ e x a m e n c l i n i q u e “ d e d é b ro u i l l a g e ” v a s e b a s e r s u r d e u x p o i n t s c l’ i n t e r ro g a t o i re : il va retracer le mécanisme lésionnel, la cinétique du choc, ’ l’existence d’une zone douloureuse et de signes fonctionnels neurologiques c l ’ e x a m e n c l i n i q u e e s t a l o r s u n e x a m e n n e u ro l o g i q u e : il va rechercher avant tout une atteinte de la sensibilité dont il sera fondamental de préciser le niveau métamérique. Cet examen devra être minutieusement colligé, allant des racines sacrées jusqu’à au moins C5, car, dans certains cas, cet examen sera à répéter. Il est également à rechercher des atteintes sphinctériennes (globe vésical, sensibilité péri-anale et toucher rectal) et des atteintes motrices. Cet examen permettra également d’objectiver des traumatismes associés Examens radiologiques c c’est un temps fondamental du diagnostic c la mobilisation exige un grand nombre de soignants. Il ne s’agit donc pas de faire simplement le bon de radio, mais également, d’accompagner le patient c les clichés sont au moins une face et un profil comprenant la zone suspect. Lorsqu’une localisation est imprécise, il est licite de demander un rachis complet c à propos d’incidence de radiologie, plusieurs choses sont à savoir : ¼ du fait de la mandibule, une face de rachis cervical ne peut comprendre les deux premières vertèbres. Cela justifie systématiquement un cliché de face bouche ouverte qui est, simplement, un complément du rachis cervical de face. Des clichés de 3/4 articulaire gauche et droit complètent le bilan radiologique. Sur le profil, l’ensemble du rachis doit être visualisé justifiant que les membres supérieurs du patient soient systématiquement tirés pour dégager la charnière cervico-dorsale Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 152 152 > Traumatologie > ¼ un rachis lombaire de face est centré sur L2. Du fait de la courbure physiologique, L5 est vu en fuite et son analyse est impossible. Cette charnière lombo-sacrée est, par contre, parfaitement centrée sur un cliché de bassin de face Pièges c un traumatisme cérébral s’accompagne fréquemment d’un mouvement contrarié du rachis cervical. Ceci explique une association fréquente entre traumatismes du crâne et traumatismes du rachis cervical. La recherche de cette association lésionnelle doit être systématique, en particulier chez le patient alcoolisé. c la ceinture de sécurité ¼ sans en retirer ses avantages indéniables, pose deux problèmes rachidiens : • d’une part des mouvements brusques du rachis cervical du fait du tronc bloqué au siège et de la décélération de la tête • d’autre part, puisqu’il n’y a que 3 points d’encrage, il peut apparaître des mouvements de torsion du tronc pouvant provoquer des atteintes du rachis lombaire pouvant être soit des tassements vertébraux, soit des fractures horizontales du corps vertébral ou d’un disque (seatbell fracture ou fracture de Chance) C • Pronostic c L e p ro n o s t i c d e l ’ a t t e i n t e n e u ro l o g i q u e ¼ Il dépend de son caractère complet ou incomplet lors d’une lésion primitive, mais aussi de la méconnaissance de l’apparition d’une lésion secondaire. c L o r s q u ’ i l e x i s t e u n e f r a c t u re r a d i o l o g i q u e ¼ Il est important de différencier les lésions stables de celles instables. c L o r s q u ’ i l n ’ y a p a s d ’ a t t e i n t e o s t é o a r t i c u l a i re r a d i o l o g i q u e ¼ Il peut s’agir là d’entorses ou d’atteintes du disque intervertébral justifiant une consultation entre J7 et J14 pour une évaluation clinique complétée éventuellement par des clichés radiologiques dynamiques. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 153 Traumatologie > 153 D • Traitement L o r s d ’ u n e a t t e i n t e n e u ro l o g i q u e c La mise sous corticothérapie est immédiate, puis un transfert en milieu neurochirurgical s’impose. E n c a s d e f r a c t u re c Le traitement doit être décidé et entrepris en milieu chirurgical pour juger de la stabilité de la lésion, justifiant alors une surveillance et une antalgie. Cette surveillance est, de principe, hospitalière pour la surveillance neurologique de l’apparition de tout phénomène compressif secondaire justifiant une laminectomie d’urgence. c En cas de lésion d’emblée instable, sera discutée la stabilisation chirurgicale. E n c a s d e d o u l e u r r a c h i d i e n n e à r a d i o g r a p h i e e t e x a m e n n e u ro l o g i q u e normaux c Le retour à domicile sera envisagé sous couvert de repos, associé à une prescription d’antalgiques. Ces antalgiques pourront être au niveau 1, au niveau 2 des recommandations OMS selon l’importance de la douleur. C’est à dire du paracétamol seul ou en association avec de la codéine ou du dextro-propoxiphène. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 154 154 > Traumatologie > E. Hinglais 4 c Tr a u m a t i s m e d e l ’ é p a u l e A - Définition L'épaule se définit comme un complexe articulaire comprenant la clavicule, la scapula et l'extrémité supérieure de l'humérus sur le plan osseux et, sur le plan articulaire, la sterno-claviculaire, l'acromio-claviculaire et la scapulo-humérale. Enfin, deux structures ont un rôle fonctionnel important, la région sous- acromiale et la mobilité de la scapula sur le gril costal grâce à un jeu musculaire qui s'insère sur le gril costal et le rachis cervical et dorsal. L'impotence se définit par : • l'impossibilité de la mobilisation active de l'épaule, complète ou partielle (dont il faut alors noter les degrés de liberté). • Et/ou l'impossibilité de la mobilisation passive. • Dans les deux cas, il faut préciser le délai d'apparition après le traumatisme de ces éléments s'ils existent. La déformation se juge comparativement au membre sein par : • l'attitude du traumatisé de l'épaule : coude décollé du thorax, avant-bras soutenu par la main controlatérale, tête tournée vers le côté sain. • L'existence d'un signe de l'épaulette correspondant à la saillie de l'acromion ou d'un coup de hache orientant vers la vacuité de la glène. • L'existence d'une saillie de l'acromio-claviculaire ou d'une tuméfaction en regard de la sterno-claviculaire. B - Eléments importants I l f a u t t o u j o u r s re c h e rc h e r u n a u t re s i t e l é s i o n n e l a s s o c i é . Notamment thoracique lors d'un traumatisme direct sur la moignon de l'épaule et du membre supérieur lors d'un traumatisme indirect. L'examen clinique initial diffère selon les éléments retrouvés à l'interrogatoire et à l'inspection. Par exemple : c Lors d'une présentation clinique bruyante avec une impotence fonctionnelle complète, une attitude du traumatisé du membre supérieur, il faut rechercher les lésions vasculo-nerveuses d'aval et les radiographies seront le premier temps, dont les incidences sont guidées par la palpation, après des mesures antalgiques. c Lors d'une présentation clinique moins bruyante, il faut laisser le patient se déshabiller afin de noter les amplitudes articulaires possibles et l'examen clinique est orienté selon les hypothèses diagnostiques soulevées par l'anamnèse, c'est-à-dire le mécanisme lésionnel. c Il n'y a pas, à ce jour, d'élément permettant, comme pour la cheville et le genou, de se dispenser de radiographie devant un traumatisme récent de l'épaule. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 155 Traumatologie > 155 L a p re s c r i p t i o n d e r a d i o g r a p h i e : En dehors d'incidence plus spécifique devant telle ou telle hypothèse diagnostique, les incidences de base sont un cliché de face, un faux profil de Lamy (enfilant la scapula de profil) et, si besoin, une clavicule de face. A titre indicatif, les différentes lésions sont : c les lésions osseuses : ¼ la fracture le la clavicule par traumatisme direct sur la clavicule ou le moignon de l'épaule. ¼ La fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus par une chute sur le moignon de l'épaule, plus rarement par un traumatisme indirect sur la main ou le coude. ¼ La fracture de la scapula par traumatisme direct sur le dos ou par impaction de l'épaule. c Les lésions articulaires : ¼ Les luxations de la scapulo-humérale. ¼ Les luxations de l'acromio-claviculaire. ¼ Les entorses de la sterno-claviculaire. C • Pronostic Dans tous les cas, la région sous-acromiale est mise en tension, engendrant des lésions pouvant aller de la simple inflammation à la rupture de la coiffe des rotateurs. Ce degré d'atteinte conditionne le pronostic fonctionnel de l'épaule traumatisé, en plus du pronostic propre aux autres lésions retrouvées. D • Traitement L ' a n t a l g i e a u x u r g e n c e s e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e . c Elle doit associer l'immobilisation, en respectant l'attitude antalgique, et l'antalgie médicamenteuse. Cette dernière se fera en parentérale avec une prescription de Paracétamol (Perfalgan®). Cette antalgie peut être complétée, selon l'importance de la douleur par de la Morphine en IV. c Ces mesures doivent être mises en œuvre avant tout examen clinique ou radiologique. Les moyens d'immobilisation de l'épaule, à la sortie des urgences sont : c L'écharpe qui permet la mise au repos et une limitation des mouvements. c Le Mayo-clinique qui associe une écharpe à un blocage du coude au corps. Le repos de l'épaule est ainsi plus complet mais n'immobilise que la scapulo- humérale et la région sous-acromiale. c Le Dujarrier qui, solidarisant le membre supérieur au thorax, est le seul système immobilisant l'épaule et qui se justifie ainsi pour le traitement orthopédique d'une fracture instable de l'extrémité supérieure de l'humérus. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 156 156 > Traumatologie > D Pateron, J Manamani 5 c Tr a u m a t i s m e s d u c o u d e A - Définition L'anatomie du coude rend les axes vasculo-nerveux vulnérables lorsqu'il existe un traumatisme pénétrant de cette articulation ou lorsqu'une fracture osseuse est déplacée Dans les traumatismes fermés, les structutres osseuses sont les plus vulnérables L'immobilisation du coude doit être courte et la rééducation précoce du fait de l'ankylose rapide de cette articulation Quelque que soit la nature du traumatisme, il faut enlever rapidement les bagues des doigts B - Points importants L e m é c a n i s m e d u t r a u m a t i s m e re n s e i g n e s u r l e s l é s i o n s p o t e n t i e l l e s à r e c h e rc h e r. c Traumatismes directs : ¼ en cas de traumatisme pénétrant, il existe un risque vasculo nerveux et l'exploration chirurgicale doit être large ¼ en cas de traumatisme non pénétrant, il faut distinguer la direction du choc : • choc postérieur et inférieur : risque de lésion de la palette humérale et de l'olécrane ainsi que de la bourse séreuse olécranienne • choc latéraux : risque de lésion de l'épicondyle latéral c Traumatismes indirects : ¼ chute main en avant : les structures les plus exposées sont la tête radiale, la palette humérale. C'est dans ce type de traumatisme que l'on observe les cas de luxation ¼ en cas de mouvement forcé latéral en varus ou en valgus, les ligaments sont les plus exposés c en cas de traction du membre supérieur en particulier chez l'enfant, il existe un risque de pronation douloureuse Examen du coude : c l'examen s'effectue si possible en flexion extension puis en pronation supination ¼ Les repères normaux du coude sont : • Alignement épicondyle, olécrane, épitrochlée en extension : ligne de Malgaigne • Triangle isocèle de l’épicondyle, olécrane, épitrochlée en flexion : triangle de Nélaton ¼ Une palpation sans douleur localisée n'élimine pas une lésion osseuse; une flexion active indolore du coude supérieure à 90° est fortement prédictive de l'absence de lésion osseuse Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 157 Traumatologie > 157 Radiologie : c face et profil : de profil, coude à 90°, l’olécrane est à la verticale de l’épitrochlée et de l’épicondyle c + ou - incidence "tête radiale capitulatum" C - Traitements selon la lésion L ' a n t a l g i e e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e a u x u r g e n c e s c Fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus ¼ Il s'agit de fractures Instables ¼ Il existe un risque d’atteinte du nerf ulnaire, de l’artère humérale ¼ Le type de fracture doit être analysé : • Supra-condylienne, fréquente chez l’enfant, en extension forcée • Condylienne externe • Condylienne interne ¼ Elle nécessite l'avis chirurgical c Luxation du coude ¼ Elle est due en général à une chute bras en extension 2 types de luxation sont possibles : • luxation postéro externe du coude en valgus forcé atteinte du ligament colatéral médial • luxation postéro externe du coude en rotation externe forcé atteinte du ligament colatéral latéral ¼ la position du coude luxé ne permet pas de définir le type de lésion, il faut donc faire l’examen après réduction pour savoir s'il existe une atteinte du du ligament colatéral médial ou du du ligament colatéral latéral ¼ Clinique • si les repères de la ligne de Malgaigne et du triangle de Nélaton sont retrouvés, il n'y a pas de luxation • il existe un coup de hache et perte des repères • il existe dans ce cas un risque atteinte du nerf médian et ulnaire qu'il faut tester avant de réduire l'articulation c Entorse du coude ¼ Elles sont le plus souvent médiane en valgus et sont respoonsables d'une atteinte du ligament colatéral médial. Une atteinte musculaire peut s'y associée ¼ Le traitement est en règle orthopédique avec une attelle brachio anté brachiale amovible 15- 20 jours Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 158 158 > Traumatologie > c Fracture de l’olécrane ¼ Elle sont la conséquence d'un choc direct et s'associe à des lésions cutanées. ¼ Il faut rechercher des lésions associées : fracture du processus coronoïde, de la tête radiale ¼ Le traitement est chirurgical c Fracture de la tête radiale ¼ Classification : • type I : sans déplacement • type II : un fragment déplacé • type III : comminutive ¼ Il faut rechercher des lésions associées fréquentes : • Au niveau du coude - une luxation huméro-cubitale - la rupture ligament colatéral médial - une fracture olécrane - une fracture dutiers supérieur de l'ulna • Au niveau du poignet - une dislocation radio-cubitale inférieure ¼ Le traitement dépend du type de fracture et de l'existence de lésions associées • Stade I : attelle antalgique 3 à 4 j puis mobilisation précoce • Stade II et III : Chirurgie c Pronation douloureuse ¼ Il s'agit d'un enfant de moins de 4 ans qui a subi une traction brutale du membre supérieur entrainant une impotence totale du membre supérieur avec une attitude du coude en pronation, légèrement flechi ¼ La manoeuvre de réduction consiste en un mouvement doux de supination et d'extension du coude se terminant par une flexion complète du coude ¼ Il fait vérifier que l'enfant reprend ses activités après la réduction Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 159 Traumatologie > 159 E. Hinglais 6 c Tr a u m a t i s m e d u p o i g n e t A - Définition Le poignet est une zone articulaire reliant l'avant-bras à la main. En traumatologie, il faut dissocier les atteintes de l'extrémité distale des deux os de l'avant-bras, comprenant également l'articulation radio-ulnaire distale, de celles du carpe. L'impotence se définit par : • l'impossibilité de la mobilisation active du poignet, y compris la prono- supination, complète ou partielle (dont il faut alors noter les degrés de liberté). • Et/ou l'impossibilité de la mobilisation passive. • Dans les deux cas, il faut préciser le délai d'apparition après le traumatisme de ces éléments s'ils existent. La déformation se juge comparativement au membre sein par : • La déformation de l'extrémité distale de l'avant-bras, la plus classique étant la déformation en dos de fourchette lors d'une fracture des deux os (Pouteau-Colles). • La tuméfaction en regard du carpe, sur la face dorsale. B - Eléments importants I l f a u t t o u j o u r s re c h e rc h e r u n a u t re s i t e l é s i o n n e l a s s o c i é . Notamment du coude et plus particulièrement de la tête radiale. L'examen clinique initial diffère selon les éléments retrouvés à l'interrogatoire et à l'inspection. Par exemple : c Lors d'une présentation clinique bruyante avec une impotence fonctionnelle complète, une déformation de la partie distale de l'avant-bras, il faut rechercher les lésions vasculo-nerveuses d'aval et les radiographies seront le premier temps, dont les incidences sont guidées par la palpation, après des mesures antalgiques. c Lors d'une présentation clinique moins bruyante, l'examen va permettre de discerner les atteintes du carpe de celles de l'extrémité distale de l'avant-bras, la palpation orientant les incidences radiologiques. c Il n'y a pas, à ce jour, d'élément permettant, comme pour la cheville et le genou, de se dispenser de radiographie devant un traumatisme récent du poignet. L a p re s c r i p t i o n d e r a d i o g r a p h i e : En dehors d'incidence plus spécifique devant telle ou telle hypothèse diagnostique, les incidences de base sont un cliché de face, un profil et, s'il existe une atteinte du carpe, une incidence scaphoïdienne. A titre indicatif, les différentes lésions sont : Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 160 160 > Traumatologie > c les lésions osseuses : ¼ La fracture des deux os de l'avant-bras. ¼ La fracture du scaphoïde. ¼ La fracture articulaire du radius. ¼ Chez l'enfant, une fracture en motte de beurre du radius. c Les lésions articulaires : ¼ La luxation rétro-lunaire du carpe. ¼ La luxation de la radio-ulnaire distale, toujours associées à des lésions osseuses pouvant siéger plus haut. ¼ Les atteintes du ligament scapho-lunaire. ¼ Les entorses du carpe, c'est-à-dire des ligaments collatéraux. Cette dernière est un diagnostic d'élimination qui peut être fait seulement dans un deuxième temps. C - Pronostic Le pronostic est non seulement la récupération des amplitudes articulaires mais également la stabilité du poignet, essentielle pour la préhension. Cette stabilité est liée à l'intégrité du carpe et surtout du ligament scapho-lunaire. Ceci explique l'importance du diagnostic de la fracture du scaphoïde mais également de la recherche d'éléments radiologiques d'instabilité passive, témoignant d'une atteinte du ligament scapho-lunaire dont la réparation est chirurgicale. Ainsi, l'analyse des radiographies doit être méthodique D - Traitement L ' a n t a l g i e a u x u r g e n c e s e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e . c Elle doit associer l'immobilisation, en respectant l'attitude antalgique, et l'antalgie médicamenteuse. Cette dernière se fera en parentérale avec une prescription de Paracétamol (Perfalgan®). Cette antalgie peut être complétée, selon l'importance de la douleur par de la Morphine en IV. c Ces mesures doivent être mises en œuvre avant tout examen clinique ou radiologique. L'immobilisation du poignet, à la sortie des urgences doit être systématique. Cela se justifie par la crainte d'une atteinte scapho-lunaire, soit osseuse soit ligamentaire, non vue à l'examen clinique et radiologique initial, justifiant une consultation se suivi sous huitaine avec contrôle radiologique statique et dynamique afin d'infirmer cette hypothèse. Selon l'importance des signes cliniques, celle-ci peut être soit une attelle palmaire en position neutre, soit une manchette plâtrée. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 161 Traumatologie > 161 D Pateron, J Manamani 7 c Tr a u m a t i s m e d e h a n c h e A - Définition Il existe deux contextes très différents : • Soit il s'agit d'un sujet jeune dans le cadre d'un trauùmatisme à haute énergie (AVP, AT), la prise en charge doit être très rapide et le risque de complications fonctionnelles est élevée. Les lésions possibles sont la fracture du col fémoral avec un risque élevé de nécrose céphalique, la luxation de hanche avec un risque élevé de nécrose céphalique et la fracture pertrochantérienne qui représente une urgence opératoire différée • Soit, de façon beaucoup plus fréquente, il s'agit d'un sujet agé dans le cadre d'un traumatisme à faible énergie. Les lésions les plus fréquentes sont les fractures du col et les fractures pertrochantériennes. Les complications à redouter sont générales et vitales B - Points importants c Les lésions associées sont fréquentes chez le sujet jeune (polytraumatisme ou traumatisme du membre inférieur c La réduction d'une luxation de hanche est urgente et doit se faire sous anesthésie c Chez le sujet agé, le pronostic est lié à la rapidité de verticalisation du patient c Le degré d'ostéoporose conditionne le type d'intervention et doit être apprécié d'emblée c Toutes les fractures sont opérables C - Traitements selon la lésion L ' a n t a l g i e e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e a u x u r g e n c e s F r a c t u re e x t r é m i t é s u p é r i e u re d u f é m u r c Fracture cervicale ou du col c Associe une impotence fonctionnelle, un raccourcissement sauf si la fracture est engrenée ou non déplacée, une rotation externe du pied et une adduction c radios :hanche de face et de profil : c fracture oblique instable c fracture horizontal stable c classification de GARDEN ¼ I : travée en valgus (20%) ¼ II : travée axée (5%) ¼ III : travée en varus (45%) ¼ IV : travée déplacée (30%) c Le traitement est chirurgical, la technique dépend du type de fracture et du terrain, l'objectif est une verticalisation la plus rapide possible Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 162 162 > Traumatologie > F r a c t u re t ro c h a n t é r i e n n e o u e x t r a c a p s u l a i re c fracture cervico trochanterienne c fracture située à la jonction du col et le massif des trochanter, elle est stable déplacement faible, comminution faible c fracture pertrochantérienne c fracture passant par le petit et le grand trochanter, stable si l'un des trochanter n'est pas détaché c fracture sous trochantérienne : sous le massif trochantérien c fracture trochantéro diaphysaire : le trait de fracture avec trait de refend diaphysaire c Toutes les fractures sont opérables Luxation traumatique de hanche c Elles sont dues le plus souvent à un traumatisme axial lié à un choc sur tableau de bord ou d'une luxation sur prothèse totale de hanche c Classification c Luxation iliaque (vers l’iliaque ) la plus fréquente ¼ Rotation interne ¼ Extension de hanche c Luxation ischiatique vers l’ischion, luxation des prothèse c Luxation pubienne vers la branche pubien c luxation obturatrice vers le trou obturateur c Radiologie (Bassin F et P et hanche F et P) ¼ Perte du parallélisme des surfaces articulaires ¼ perte du ceintre cervico-obturateur ¼ Disparition du petit trochanter ¼ Recherche de lésions associées ¼ Fracture du cotyle ¼ Fracture parcellaire de la tête fémorale c Recherche d'une atteinte du nerf sciatique c Réduction ¼ dès que possible, sinon risque de nécrose vasculaire de la tête fémorale par étirement de l’artère circonflexe ¼ Sous AG et malade curarisé Tr a u m a t i s m e d e h a n c h e s a n s f r a c t u re é v i d e n t e m a i s d o u l e u r Il faut évoquer c une fracture du col engrenée c une fracture du bassin ; cadre obturateur (branche ilio et ischio pubienne) c une bursite du grand trochanter ( blocage ou accrochage à la flexion ) c une contusion du moyen fessier c une pubalgie c une épiphysiolyse, une ostéochondrite ou un rhume de hanche chez l'enfant (IRM) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 163 Traumatologie > 163 E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc 8 c Tr a u m a t i s m e s d u g e n o u A - Définition Un traumatisme du genou se définit par : • Le mécanisme lésionnel. On distingue : - les traumatismes directs où les lésions osseuses sont au premier plan - les traumatismes indirects où la stabilité, et donc les éléments ligamentaires sont prépondérants - dans les deux cas, la cinétique du choc dont il faudra préciser l’importance, permet d’apprécier la gravité potentielle • L’impotence qui se définit par : - l’impossibilité de l’appui du poids du corps sur le membre traumatisé - et/ou l’impossibilité d’une mobilité de l’articulation - dans les deux cas, il faut préciser le délai d’apparition après le traumatisme de ces éléments s’ils existent • La déformation se juge comparativement au membre sain par : - la perte de l’axe normal du membre - ou l’existence d’un épanchement articulaire - le délai d’apparition après le traumatisme d’un épanchement articulaire est important à définir (l’apparition précoce fait suspecter une hémarthrose, témoin d’une atteinte intra-articulaire) B - Points importants c I l f a u t t o u j o u r s re c h e rc h e r u n a u t re s i t e l é s i o n n e l a s s o c i é . Notamment l’articulation sus et sous-jacente. c L’ e x a m e n c l i n i q u e i n i t i a l d i f f è r e s e l o n l e s é l é m e n t s r e t r o u v é s à l ’ i n t e r ro g a t o i re e t à l ’ i n s p e c t i o n ¼ Par exemple : • lors d’un traumatisme direct de cinétique importante (accident de la voie publique avec choc sur le tableau de bord), l’impotence est immédiate et il existe une déformation de l’axe du membre. L’examen clinique est impossible. Il faut rechercher les lésions vasculo-nerveuses d’aval associées et les radiographies seront le premier geste après des mesures antalgiques (Cf. infra) • lors d’un traumatisme indirect à type de torsion en valgus, flexion et rotation externe (footballeur en pleine course dont le pied a été retenu lors d’un tacle, alors que le corps a continué sa course). La reprise de l’activité a été possible. L’impotence est apparue secondairement après le match. Il n’y a pas de déformation ou d’épanchement articulaire. On note également qu’il n’y a pas eu de sensation de craquement dans le genou lors du traumatisme. L’examen va rechercher une entorse, la prescription de radiographies se fera selon les règles d’Ottawa du genou (Cf. infra) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 164 164 > Traumatologie > c L a p re s c r i p t i o n d e r a d i o g r a p h i e s ¼ les incidences demandées seront systématiquement une face et un profil, une incidence du défilé fémoro-patellaire lorsqu’on suspecte une atteinte rotulienne. La face et le profil seront complétés par des 3/4 lors de la suspicion d’une fracture d’un plateau tibial ¼ les règles d’Ottawa de prescriptions de radiographies du genou sont les suivantes : lorsque l’âge est inférieur à 18 ans ou supérieur ou égal à 55 ans, lorsqu’il existe une douleur de la tête de la fibula, une douleur isolée de la patela, l’impossibilité de flexion à 90°, l’impossibilité de porter son poids immédiatement ou de faire 4 pas au SAU ¼ l’existence d’un de ces signes justifie la prescription de radiographies c A t i t re i n d i c a t i f , l e s d i ff é re n t e s a t t e i n t e s s o n t : ¼ les lésions osseuses : • fracture des condyles fémoraux dans des trauma directs à haute cinétique. L’association est alors fréquente avec des fractures de la patela et possible avec des fractures du cotyle • la fracture de la patela est faite par un trauma direct • la fracture des plateaux tibiaux est également due à des trauma directs et également des trauma indirects lors de la réception d’une chute sur le tiers supérieur de jambe ¼ les atteintes méniscales. • elles sont rarement isolées, survenant lors d’un traumatisme indirect en compression par une chute sur les pieds, les genoux étant en extension. Elles sont souvent associées soit à une fracture du plateau tibial, soit à une entorse grave du compartiment du ligament colatéral médial. C - Pronostic Le pronostic fonctionnel d’une entorse est lié au degré d’atteinte du ligament croisé antérieur. C’est un diagnostic difficile aux urgences. Cela justifie une consultation spécialisée à distance. D - Traitement L’ a n t a l g i e a u x u r g e n c e s e s t à a d m i n i s t re r d è s l ’ a r r i v é e c Elle doit associer l’immobilisation et l’antalgie médicamenteuse. Cette dernière se fera en parentéral avec une prescription de Propacétamol (Perfalgan®). Cette antalgie peut être complétée, selon l’importance de la douleur et des lésions par de la Morphine en IV. c Ces mesures doivent être mises en oeuvre avant tout examen clinique ou radiologique. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 165 Traumatologie > 165 Lors d’une suspicion d’entorse c Les orientations thérapeutiques initiales visent au confort du malade et un traitement anti-oedémateux pour permettre un examen clinique complet lors de la deuxième consultation. Cela comprend : ¼ repos par l’arrêt de la mise en charge de l’articulation. Cela justifie l’utilisation de cannes anglaises ¼ l’immobilisation, soit par une attelle plâtrée postérieure, le genou fléchi à 10°, prenant de la racine de la cuisse jusqu’aux malléoles, soit par des attelles préfabriquées que l’on achète en Pharmacie (attelle de type Zimmer) ¼ l’élévation du membre inférieur doit être maintenue aussi longtemps que possible ¼ les traitement médicaux adjuvants sont : • traitement antalgique comportant d’emblée des médicaments de la classe 2 de l’OMS qui associent au paracétamol, soit de la codéine, soit du dextro-proproxyphène • un traitement anti-inflammatoire non stéroïdien, en cas de non contre indication, (ulcère évolutif, dernier trimestre de la grossesse) ou en respectant les précautions d’emploi (prise au moment du repas, autre mode contraceptif en cas de port d’un dispositif intra-utérin). Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 166 166 > Traumatologie > E. Hinglais, E. Roupie, J.L. Lejonc 9 c Tr a u m a t i s m e s d e l a c h e v i l l e A - Définition Une entorse de la cheville se définit comme une atteinte de l’appareil ligamentaire de l’articulation tibio-tarsienne, quelle que soit la sévérité de l’atteinte ligamentaire. Du fait de sa rareté et de son association fréquente avec une fracture bi- malléolaire, ne sera pas abordée ici l’entorse du ligament collatéral médial mais uniquement les atteintes du ligament collatéral latéral. La démarche diagnostique est avant tout clinique et doit se faire en deux temps: • le premier temps se fait aux urgences et permet d’affirmer le diagnostic pour ainsi mettre en place une thérapeutique à visée antalgique. • le second temps, sera fait entre j3 et j5 permettant de confirmer le diagnostic et surtout d’apprécier l’importance de la lésion ligamentaire pour ainsi orienter vers une thérapeutique adaptée. B - Eléments importants A ff i r m e r l e d i a g n o s t i c v e u t d i re é l i m i n a t i o n d e s d i a g n o s t i c s d i ff é re n t i e l s c une fracture malléolaire ou du pilon tibial c les fractures du thalus et du calcanéus c une luxation des tendons des fibulaires latéraux c les lésions de la syndesmose fibulo-tibiale, de la membrane interosseuse, les fractures associées de la fibula c les lésions de l’articulation transverse du tarse c les lésions du tendon calcanéen c les décollements épiphysaires de la malléole fibulaire chez l’enfant Pièges c Ne pas méconnaître également 2 diagnostics associés à l’entorse qui sont : ¼ l’arrachement de la base du 5ème métatarsien ¼ une atteinte de l’articulation fibulo-tibiale supérieure Examen clinique initial c Il va permettre de dégager les indications radiologiques soumises aux règles d’Ottawa (Cf.Infra). Cet examen comprend l’interrogatoire, l’inspection (toujours comparative) et la palpation. c L’interrogatoire précise : ¼ les circonstances de survenue. Cela retrace l’anamnèse en s’attachant sur la violence du traumatisme, le mécanisme lésionnel et le délai entre le traumatisme et la prise en charge aux urgences. Dans le cas d’une entorse de la talo-crurale, le mécanisme est un varus du pied ou un mécanisme de varus inversion. Tout autre mécanisme doit faire suspecter d’autres lésions Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 167 Traumatologie > 167 ¼ les signes fonctionnels : la perception d’un craquement lors du traumatisme et l’évolution des douleurs sont des signes classiques mais qui ne préjugent pas de l’importance de la rupture ligamentaire. Par contre, l’instabilité et l’impotence fonctionnelle au moment de l’accident et persistant lors de l’examen, témoignent de la sévérité du traumatisme ¼ le terrain : l’âge modifie la nature des lésions (un traumatisme de cheville est un décollement épiphysaire chez l’enfant jusqu’à preuve du contraire). et après 55 ans la fragilité osseuse est accrue et la sémiologie moins typique. Il est également important de préciser l’existence d’antécédents traumatiques sur cette cheville c Examen clinique ¼ Il se déroule en deux temps : tout d’abord pour évaluer cliniquement la probabilité d’une fracture ou d’une complication associée justifiant une prescription de radiographies et un second temps pour faire une première évaluation de l’importance des lésions ligamentaires. c A t t e n t i o n p i è g e s : la négativité de la recherche des signes de laxité, dans une situation post-traumatique aiguë, n’exclue pas la rupture ligamentaire car elle peut être due à la douleur, un oedème ou une contraction muscu- laire. La radiographie c La prescription de radiographie est soumise à la positivité d’un des critères suivants : ¼ un age <18 ans et >55 ans ¼ une impossibilité de réaliser quatre pas à l’issue du traumatisme ou aux urgences ¼ une douleur provoquée à la palpation • sur la crête de la maléole latérale sur une hauteur de 6cm à partir de la pointe • sur la maléole médiale sur une hauteur de 6cm à partir de la pointe • de l’os naviculaire • de la base du 5ème métatarsien c dans tous les cas pour tout patient dont l’âge est inférieur à 12 ans ou supérieur à 55 ans. Elle est également indiquée lorsqu’il existe une douleur à la palpation de l’articulation fibulo-tibiale supérieure. c les incidences sont au nombre de 2. Il s’agit d’un profil (en faisant attention que le pied ne soit pas en équin) et d’une face en rotation interne de 20° (ou centré sur le 4ème métatarsien) permettant ainsi de dérouler l’ensemble de la pince tibio-fibulaire et le dôme talien Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 168 168 > Traumatologie > c peuvent être associées des incidences ciblées sur le pied en fonction de la suspicion de lésions associées. Cela est vrai lorsqu’il existe, de manière associée, une douleur du cou de pied accompagnée d’une douleur à la pression des os du tarse (scaphoïde tarsien et naviculaire) ou une sensibilité à la palpation osseuse de la base du 5ème métatarsien. C - Pronostic En cas d’entorse de la tibio-tarsienne isolée, le pronostic fonctionnel, lié à l’importance de l’atteinte ligamentaire, ne pourra réellement être apprécié qu’à la deuxième consultation. Le pronostic initial reste donc la mise en évidence d’un diagnostic différentiel, seul garant d’une prise en charge chirurgicale précoce. D - Traitement Les orientations thérapeutiques initiales visent au confort du malade et à un traitement anti-oedémateux pour permettre un examen clinique complet lors de la deuxième consultation entre J3 et J5. Cela repose sur l’application des principes popularisés sous le terme de “Rice” (rest, ice, compression, elevation). c Le repos par la diminution ou l’arrêt de la mise en charge de l’articulation ¼ ils dépendent de la douleur. Cela justifie l’utilisation de cannes anglaises. Il peut être discuté la mise d’une attelle postérieure maintenant la cheville à angle droit selon le terrain, le contexte et l’importance des phénomènes algiques. c Le glaçage ¼ la méthode la plus fréquente utilise une poche remplie de glaçons et d’eau à poser sur la peau par l’intermédiaire d’un ligne mouillé. Elle est maintenue par une bande élastique pendant une période de 20 à 30 minutes, répétée 4 fois par jour. c L a c o m p re s s i o n celle peut être réalisée par des blocs de mousse péri-malléolaires maintenus par des bandes élastiques. Elle peut être également réalisée par des attelles comportant des compartiments gonflables. c L’ é l é v a t i o n d u m e m b re i n f é r i e u r ¼ elle doit être maintenue aussi longtemps que possible. c U n t r a i t e m e n t m é d i c a l a d j u v a n t , n o t a m m e n t a n t a l g i q u e , e s t p re s c r i t . ¼ il s’agit avant tout du Paracétamol mais peut comporter d’emblée des médications de la classe 2 de l’OMS qui associe au paracétamol soit de la codéine soit du dextro-propoxyphène. Par ailleurs, même si leur utilisation est courante, les AINS n’ont pas, à ce jour, démontré leur bénéfice. D’après les recommandations de la conférence de consensus sur l’entorse de la cheville au SAU, Roanne, 28/04/1995, SFUM. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 169 Traumatologie > 169 D Pateron, J Manamani 10 c Tr a u m a t i s m e d e l ' a v a n t - p i e d e t du pied A - Définition Le pied et l'avant pied comporte plusieurs articulations, l'articulation sous talienne (sous astragalienne), l'articulation transverse du tarse (Chopart) et l'articulation tarso métatarsienne (Lisfranc). Cet ensemble permet des mouvements fins d'adaptation au sol malgrè la charge importante qu'il supporte. B - Points importants c Se méfier des phlébites en cas de fracture c Le traitement est souvent fonctionnel c Le mécanisme du traumatisme renseigne sur les lésions potentielles à rechercher. ¼ Traumatismes directs : • chute sur le talon : lésions osseuses au premier plan : calcaneus et talus • Impact sur l'avant-pied • pied posé sur le sol en appui : si l'agent vulnérant est large, les lésions osseuses sont au premier plan, si l'agent vulnérant est fin et tranchant les plaies interessant rapidemnt les tendons qui sont juste sous cutanés sont à craindre • pied sans appui sur le sol : lésion possible des métatarses et du tarse ¼ Impact postérieur : lésion du tendon d'Achille c L'examen clinique précise s'il existe un gros pied oedémateux et des hématomes ainsi que la localisation des hématomes et de douleurs exquises. L'existence d'anesthésie, de paralysie ou de modification des pouls sont des signes de gravité c Radiologie : ¼ pied de face et profil ¼ éventuel profil oblique interne dégageant l'ensemble des os du pied ¼ éventuel incidence rétro-tibiale : calcaneus C - Traitements selon la lésion L ' a n t a l g i e e s t à a d m i n i s t re r d è s l ' a r r i v é e a u x u r g e n c e s R u p t u re d u t e n d o n d ' A c h i l l e c Sujet jeune et sportif c Sensation de coup porté sans traumatisme avec impossibilité de monter sur la pointe du pied c Perte de l'équinisme et signe de Thomson positif (la compression des gastrocnémiens, patient en décubitus ventral sur un brancard ne provoque pas d'extension du pied) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 170 170 > Traumatologie > c Le traitement est essentiellement chirurgical c Botte platrée en équin en attente F r a c t u re d u Ta l u s c Responsable d'une impotence fonctionnelle totale c Il faut apprécier l'état de la peau c Il s'agit soit d'une fracture totale par impaction de l'avant pied ou par chute sur les talons, soit d'une fracture parcellairecompliquant une entorse de la talocrurale ou de la sous talienne c risque d'arthrose ou d'ostéonécrose important c fracture non déplacée • botte plâtrée 6 semaines sans appui sous couvert d'anticoagulant , avec pied surélevé et antalgiques • consultation avec radiographie de controle à 8 jours • Rééducation c fracture déplacée : avis chirurgical F r a c t u re d u c a l c a n é u s c Elle est due au cisaillement du calcanéus entre le sol et le poids du talus (astragale) c secondaire à une chute supérieure à deux mètre, en général un homme c responsable d'oedème, d'un talon élargi, d'un hématome plantaire, c reherche d'une ouverture cutanée, de phlyctène, des pouls c Radiologie • radio face, profil et incidence rétro tibiale • S italique couché de profil, angle de Bohler entre 20° et 40° normal. recherche d'un enfoncement du thalamus • Enfoncement vertical le plus fréquent ou mixte c Scanner en plan sagittal et frontal avec reconstruction c Traitement orthopédique par platre à chambre talonnière si fracture non déplacée, parcellaire ou traitement fonctionnel c Fracture thalamiques : avis chirugical Luxation sous astragalienne c Rare c luxation sous astragalienne interne la plus fréquente 85% la tête de l’astra- gale est en dehors et le pied en dedans; choc violent le plus souvent avec ouverture cutanée c urgence chirurgicale, réduction sous anesthésie générale Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 171 Traumatologie > 171 Entorse sous astragalienne c Due à un mouvement contrarié ou éxagéré d’inversion c Un oedème sous malléolaire peut être présent c Radio normale; recherche d'un arrachement du rebord supérieur de l'os naviculaire (scaphoide) c traitement fonctionnel en cas d'entorse simple, par botte plâtrée pendant 21 jours en cas d'entorse sévère Entorse medio tarsienne c Liée à un mouvement en varus forcé c Possible hématome médio pédieux c Pas de gravité c cannes anglaises sans appui pdt 10-15j F r a c t u re d u n a v i c u l u m ( s c a p h o ï d e t a r s i e n ) c La fracture du naviculum est associée à un entorse de l'articulation de Chopart lorsqu'elle est parcellaire ou complète lorsqu'il y a une impaction c Il existe une écchymose du dos du pied avec une saillie dorsale en cas de luxation associée c La radiographie standard est complétée par un scanner c Le traitement par botte platrée pendant 45 jours est indiqué si il n'y a pas de déplacement c Le traitement est chirugical dans les fractures déplacée et comminutives F r a c t u re d e s c u n é i f o r m e s e t c u b o ï d e s c Elle est liée plutôt à un mécanisme d'écrasement pour le cunéiforme et à un choc direct externe pour le cuboïde c Il faut rechercher une douleur exquise c Le traitement consiste en une botte plâtrée avec talonnette d'appui sur l'arrière pied pendant 6 semaines sous anticoagulant ou en une chaussure de Baruck F r a c t u re d e s m é t a t a r s i e n s m é d i a n s c Liée à un mouvement d'hyper flexion ou d'hyper extension de l’avant pied ou par choc direct ( chute d’objet ) c Le traitement est fonction du déplacement c marche soulagée 3 semaines avec appui talonnier par chaussure de Baruck c traitement chirurgical en cas de déplacement c consolidation avec appui car sinon cal vicieux Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 172 172 > Traumatologie > F r a c t u re d e l a b a s e d u V m é t a t a r s i e n c Mécanisme d'entorse de la cheville en varus-rotation interne c Il existe une douleur exquise et un hématome c La radio de profil oblique interne dégage le Vème métatarsien c L'évolution peut se faire vers pseudo arthrose c Le traitement consiste en un plâtre avec appui 1 mois s'il n'existe pas de déplacement associé à la prescription d'anticoagulant ou fonctionnel (béquillage et chaussure de Baruck®) c Chirurgie en cas de déplacement important F r a c t u re d u I m é t a t a r s i e n c Le premier métatarsien joue un rôle important dans l’architecture du pied c La fracture est due le plus souvent à un choc direct par écrasement. La peau peut être lésée c Le traitement est chirurgical le plus souvent Luxation métatarso phalangienne des orteils c Il faut faire attention au premier métatarsien du fait du risque d’incarcération des sésamoïdes lors de la réduction c La manoeuvre de réduction consiste à tenir l'orteil atteint dans sa partie proximale et à pousser le segment distal à l'aide des pouces de l'examinateur c S'il ne s'agit pas d'une atteinte du I métatarsien, on peut effectuer une traction dans l’axe F r a c t u re d e s p h a l a n g e s d e s o r t e i l s c Elles sont généralement secondaires à un traumatisme direct c Il existe fréquemment une contusion cutanée ou hématome sous unguéal c Le traitement consiste en une syndactylie de 2 à 3 semaines et une hrombonisation en cas d'hématome sous unguéal Luxation inter phalangienne des orteils c La luxation la plus fréquente est celle de l'IPP c Le traitement est la réduction suivie d'une syndactylie Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 173 Divers > 173 J.L. Mégnien 1 c Hypertension artérielle aux urgences A - Définition Il faut savoir distinguer l'hypertension artérielle simple qui est fréquemment constatée aux urgences de l'urgence hypertensive caractérisée par une souffrance multiviscérale et qu'il faut traiter immédiatement. Il faudra donc avant tout évaluer la tolérance fonctionnelle et rechercher u n e a t t e i n t e p o l y v i s c é r a l e , c a rd i a q u e , r é n a l e , c é r é b r a l e e t o c u l a i re . B - Points importants c L'urgence hypertensive vraie est une situation rare. En fait, l'hypertension a r t é r i e l l e re n c o n t r é e a u x u r g e n c e s n ' a s o u v e n t p a s b e s o i n d e t r a i t e m e n t i m m é d i a t . L'épistaxis, les acouphènes ou les céphalées ne sont pas à eux seuls des signes de souffrance viscérale. c Le traitement ne doit donc pas être indiqué en fonction des chiffres de pression mais du contexte pathologique. Diagnostic c La difficulté ne tient pas tant au diagnostic de la simple crise hypertensive qu'une mesure minutieuse après repos de la pression artérielle (PA) pourra confirmer, qu'à l'appréciation de la défaillance multiviscérale (importance du fond d'œil). c L'encéphalopathie hypertensive : ¼ Le tableau clinique associe une symptomatologie neurologique variée composée de céphalées, nausées vomissements, troubles neurosensoriels visuels ou auditifs, troubles de la conscience et dans les formes graves crises convulsives. c L'hypertension artérielle maligne : ¼ Le tableau clinique polymorphe associe des signes neurologiques (céphalées, confusion, somnolence, voire un coma) et rénaux avec l'apparition rapidement progressive d'une insuffisance rénale par néphroangiosclérose faisant le pronostic de cette affection qui peut entraîner une microangiopathie thrombotique avec thrombopénie, anémie hémolytique. Cas particulier c Les accidents vasculaires cérébraux : le diagnostic d'un accident vasculaire cérébral parfois difficile est essentiel. L'intérêt d'une thérapeutique anti-hypertensive pour éviter un saignement secondaire ou un œdème cérébral est à apprécier par rapport au risque d'une baisse trop importante de la PA, néfaste pour la perfusion cérébrale. On aboutit en règle à l’abstension thérapeutique. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 174 174 > Divers c L’insuffisance coronarienne aigue, l’insuffisance ventriculaire gauche décompensée, la dissection aortique, la prééclampsie et l’éclampsie sont des situations où le traitement anti-hypertensif est à discuter. c Les hypertensions cathécholinergiques : cocaïne, amphétamines, sevrage à la clonidine, phéochromocytome posent des problèmes thérapeutiques particuliers. Les pièges c La surestimation des chiffres tensionels est habituelle. La mesure de la PA est un acte technique difficile qui nécessite de la précision. Il faut donc répéter cette mesure en respectant des règles élémentaires (patient au repos, rassuré ; brassard de taille adaptée au bras dont la poche a été positionnée en face de l'artère humérale ; pavillon du stéthoscope libre, dégagé du brassard). c Chez le sujet initialement normotendu comme c'est souvent le cas chez l’enfant ou la femme enceinte, l’encéphalopathie hypertensive peut apparaître pour des pressions de l’ordre de 150/ 100 mm Hg. Il est donc important d'apprécier la tolérance fonctionnelle dans ces deux situations, même pour une élévation modérée de la PA. C - Gravité L'encéphalopathie hypertensive, l'hypertension artérielle maligne et l'éclampsie représentent les formes les plus graves, péjoratives sur le plan pronostique. D - Traitement c Hypertension artérielle simple ¼ rassurer le patient, le mettre au repos (un lit c'est mieux qu'un brancard !) ¼ traiter les facteurs déclenchants (douleur, anxiété) ¼ mesurer plusieurs fois la PA (surveillance par un système automatique, type Dinamap). ¼ ces simples mesures suffisent souvent à baisser les chiffres de pressions (PAS < 180 mmHg et PAD < 110 mmHg) et à renvoyer le patient à son médecin traitant. ¼ si la PA reste élevée un traitement per os pourra être proposé par de la nicardipine (Loxen®) 20 mg per os en proscrivant l'administration de nifédipine (Adalate®) par voie sub-linguale (risque d'hypotension, effet trop bref) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 175 Divers > 175 c Hypertension satellite d’une pathologie ¼ accidents vasculaire cérébraux: traiter si PA>200-120 mmHg ¼ insuffisance ventriculaire gauche : dérivés nitrés, furosémide (Lasilix®) ¼ hypertension catécholinergiques: labétalol (Trandate®), esmolol (Brévibloc®) c Urgences hypertensives ¼ la prise en charge spécialisée devra s'effectuer en unité de soins intensifs de façon à mettre en route les traitements IV de l'urgence hypertensive ainsi que les traitements spécifiques (dissection aortique, CIVD compliquant une hypertension artérielle maligne). ¼ lorsqu’il existe une souffrance viscérale le traitement doit pouvoir baisser la PA tout en maintenant une perfusion suffisante aux niveaux des organes. Ainsi la normalisation de la PA doit être évitée dans les premiers jours, en se contentant d’une baisse de la pression aux environs de 160/100 mm Hg (à l'exception des urgences cardiovasculaires). ¼ types d’anti-hypertenseurs utilisés aux urgences : • nicardipine (Loxen®) IV (Ampoules à 5 et 10 mg) - doses initiales : pour un effet rapide 1 mg en IVD/mn jusqu’à une dose cumulée de 10 mg - doses d’entretien : 0,5 à 5 mg/h avec adaptation par palier de 0,5 mg/h ou relais par voie orale nicardipine (Loxen®) 20mg, 1cp toutes les 8 heures) • urapidil (Eupressyl®) (Ampoules à 25 et 50 mg) - doses initiales : 25 mg en 20 secondes IV, à renouveler éventuellement 1 ou 2 fois 5 min après. - doses d’entretien : 10 à 30 mg/h Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 176 176 > Divers > J. Schmidt, T. Mathevon 2 c F i è v re a u re t o u r d ’ u n p a y s t ro p i c a l A - Définition Les infections spécifiquement tropicales représentent près de 50 % des cas de fièvre survenant au retour d’un pays (sub-)tropical ; les infections nécessitant un traitement urgent doivent être recherchées en priorité : p a l u d i s m e ( l a p l u s f r é q u e n t e ), fièvre typhoïde, shigellose, rickettsiose et abcès amibien du foie. B - Points importants Diagnostic c I n t e r ro g a t o i re ¼ le patient : antécédents pathologiques (diabète, néoplasie, infection à VIH), traitements immunosuppresseurs en cours (corticothérapie), prophylaxie anti-infectieuse (antipalustre, vaccinale, immunothérapie passive, préservatifs). ¼ le voyage : pays (et les régions dans le pays) visité, saison, durée, conditions hôtelières, boissons, escales. c Examen clinique ¼ la fièvre et son type ¼ les signes cliniques associés : • neuropsychiatriques : - troubles de la conscience ou crises comitiales : p a l u d i s m e - méningoencéphalites : bactériennes (rickettsiose, t y p h o ï d e) ; virales (herpès, arbovirose, VIH) ; parasitaires (trypanosomiase) • céphalées : p a l u d i s m e, typhoïde, arbovirose • Sd pseudo-grippal : h é p a t i t e s v i r a l e s, herpès, VIH • douleur de l’hypochondre droit et ictère : surtout h é p a t i t e s v i r a l e s , p a l u d i s m e e t a m i b i a s e , également leptospirose, fièvre jaune • Sd anémique : pa l u d i s m e, leishmaniose viscérale a • splénomégalie : septicémie dont t y p h o ï d e; p a l u d i s m e, leishmaniose viscérale, borréliose • adénopathies superficielles : surtout infections virales (EBV, CMV, V I H), parfois parasitaire • diarrhée contingente d'une infection bactérienne, virale ou parasitaire (paludisme) ou directement liée à l’agent pathogène : s a l m o n e l l e, s h i g e l l e, c o l i b a c i l l e, amibiase • Sd hémorragique : arbovirose (dengue) , paludisme, leptospirose, fièvre hémorragique virale • autres : douleurs musculaires , trichinose Recommandations pour la pratique clinique : prise en charge et prévention du paludisme d’importation à Plasmodium falciparum, révision 2007 de la conférence de consensus de 1999, SPILF Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 177 Divers > 177 c Délai d'incubation La plupart des maladies "exotiques" se déclarent dans les 15 premiers jours suivant le retour ¼ < 7 jours : s a l m o n e l l o s e s n o n t y p h i q u e s, s h i g e l l o s e, trichinose, a r b o v i ro s e s, fièvre hémorragique, borréliose, diphtérie ¼ 1 - 3 semaines : paludisme, amibiase hépatique, typhoïde, leptospirose, fièvre hémorragique, trypanosomiase africaine ¼ > 3 semaines : p a l u d i s m e, a m i b i a s e h é p a t i q u e, h é p a t i t e s, V I H, t u b e rc u l o s e, brucellose, leishmaniose viscérale, trypanosomiase, rage c E x a m e n s c o m p l é m e n t a i re s ¼ Systématiques aux urgences • hémogramme : - anémie : p a l u d i s m e, leishmaniose viscérale - polynucléose : a m i b i a s e, leptospirose, trypanosomiase africaine - leucopénie : paludisme, arboviroses, t y p h o ï d e, leishmaniose viscérale - hyperéosinophilie : bilharziose invasive, trichinose, distomatose - lymphomonocytose : primo-infection à VIH, EBV, hépatites virales - thrombopénie : p a l u d i s m e, arboviroses, leishmaniose viscérale, rickettsiose • frottis sanguin et goutte épaisse : affirment l’accès palustre ; le résultat du frottis sanguin est obtenu rapidement et précise l’espèce en cause et la parasitémie. A répéter si forte suspiscion et premier résultat négatif • hémocultures : contributives dans les infections à germes pyogènes dont la typhoïde (en plus du sérodiagnostic) • ECG : avant traitement antipaludéen ¼ A discuter aux urgences : • transaminases : franche augmentation oriente vers une hépatite virale (surtout A) • bilirubine : augmentée (fraction libre) au cours des hémolyses accompagnant l’accès palustre • ponction lombaire : permet d’affirmer le diagnostic de méningite ou de méningo-encéphalite. • coproculture : permet l’isolement des salmonelles, des shigelles et plus rarement des yersinia et campylobacter • radiographie thoracique : peu contributive dans les infections tropicales spécifiques, indispensable en cas de symptomatologie respiratoire • échographie abdominale : intérêt majeur en cas de suspicion d’abcès amibien hépatique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 178 178 > Divers > ¼ A discuter : • examen parasitologique des selles : amibiase digestive ou isosporose (sujets VIH) • sérodiagnostics : hépatites A, B, C ; HIV (+ antigène P24), rickettsiose, fièvre Q, typhoïde • isolement sanguin des arbovirus affirmant la fièvre dengue (confirmée par le test sérologique) • myélogramme (+ culture) : indispensable au diagnostic de leishmaniose viscérale Eléments de gravité (Paludisme) Imposent l’hospitalisation ( e n r é a n i m a t i o n : c a r a c t è re s g r a s ) c parasitémie > 5 % c notion d’hyperthermie sévère ( 40°) et persistante c anémie sévère : hématocrite < 20 %, h é m o g l o b i n e < 7 g / d L c ictère clinique et biologique (bilirubinémie totale > 50 µmol/L) c insuffisance rénale (créatininémie > 265 µ m o l / L) et oligurie (< 400 ml/ 24h) c c troubles métaboliques : hypoglycémie < 2,2 mmol/L, acidose c hémoglobinurie macroscopique c s y n d ro m e h é m o r r a g i q u e , O A P, tro u b l e s h é m o d y n a m i q u e s c signes d’infection associée c m a n i f e s t a t i o n s n e u ro - e n c é p h a l i q u e s : céphalées intenses, désorientation temporo-spatiale, agitation, obnubilation, troubles de la conscience, convulsions, signes focalisés c terrain : grossesse, splénectomie, immunodépression c D i a g n o s t i c d i ff é re n t i e l Evoquer systématiquement toutes les autres causes de fièvre liées à des infections ubiquitaires “ non tropicales ” (>50% des causes de fièvre) en particulier pneumococcies, méningites à méningocoques, pyélonéphrites. C - Traitement (Paludisme) Un traitement doit être entrepris, y compris en l’absence de signe de gravité, si la suspicion clinique est suffisamment forte même si un premier frottis est interprété comme négatif. c A c c è s s i m p l e à p l a s m o d i u m f a l c i p a r u m ( p r é s u m é n o n c h l o ro q u i n o - résistant), vivax, ovale ou malariae ; sans vomissements ¼ Chloroquine (Nivaquine®) : 10 mg/kg/j à J1 et J2, 5 mg/kg/j de J3 à J5 A t t e n t i o n : une prise de 25 mg/kg/j est mortelle par toxicité cardiaque Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 179 Divers > 179 c Accès simple à plasmodium falciparum (présumé chloroquino-résistant) ; sans vomissements ¼ Atovaquone + proguanil (Malarone®) : 4 comprimés en une prise à renouveler 2 fois à 24h d‘intervalle soit 12 comprimés en 48h. Pas de contre-indication en dehors d’allergie à l’un des constituants. ¼ Méfloquine (Lariam®) : 25 mg/kg en 2 ou 3 prises, espacées de 6 à 12 heures sur une seule journée ¼ Contre-indication : grossesse, convulsions, ATCD psychiatriques, fièvre bilieuse hémoglobinurique, insuffisance hépatique sévère, hypersensibilité à la méfloquine, traitement par Dépakine® ¼ En deuxième intention, Halofantrine (Halfan‚) : 24 mg/kg en 3 prises espacées de 6 heures, à prendre à distance des repas ; faire une seconde cure une semaine après la première cure ¼ Contre-indication : grossesse et allaitement, a l l o n g e m e n t d u Q T congénital ou médicamenteux, ATCD de cardiopathie, hypovitaminose B, nombreuses interactions médicamenteuses à risque ¼ Quinine per os : 8 mg/kg 3 fois /jour pendant sept jours. Seul anti-paludéen utilisable en cas de grossesse. ¼ Contre-indication : t ro u b l e s d e c o n d u c t i o n i n t r a - v e n t r i c u l a i re c F o r m e s s é v è re s o u c o m p l i q u é e s o u a v e c i n t o l é r a n c e d i g e s t i v e ¼ Quinine IV (Quinimax®, 125 mg d’alcaloides base / mL) (Quinoforme®, 219 mg de quinine base / mL) : dose de charge de 17 mg/kg en 4 heures puis traitement d’entretien de 8 mg/kg toutes les 8 heures en perfusions de 4 heures ou en perfusion IV continue. Relais per os dès que possible. Traitement pendant 5 à 7 jours (maxi 1,5 à 2 g/j) ¼ Contre-indication : t ro u b l e s d e c o n d u c t i o n i n t r a - v e n t r i c u l a i re risque d’hypoglycémie justifiant un apport de glucosé IV et un controle de la glycémie/4 heures ¼ Doxycycline (Vibraveineuse®) 100 mg 2x/j en association avec la quinine en cas de paludisme à P. falciparum de sensibilité diminuée à la quinine (Sud-est asiatique et Amazonie) (hors AMM) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 180 180 > Divers > 3 c Hypothermies A - Définition Une hypothermie se définit comme un abaissement de la température centrale en dessous de 35°C. Il en existe deux types : les hypothermies à “défenses maximales” ou accidentelles (alpinisme, noyade, naufrage, etc.) et les hypothermies par atteinte de la commande centrale de la thermorégulation. Ces dernières peuvent être d’origine toxiques, endocriniennes ou infectieuses. Des formes mixtes sont communes et se rencontrent par exemple chez un patient en coma éthylique exposé au froid. B - Points importants Diagnostic c La prise de température se fera par des procédés fiables (thermomètre hypo- thermique) et parfois invasif (sonde oesophagienne, sonde de Swann-Ganz). c On distingue trois degrés d’hypothermie : ¼ Hypothermie légère (35°C-32°C) • le patient est conscient, a froid, frissonne. Les réflexes ostéo- tendineux (ROT) sont vifs • il existe une pâleur cutanée avec une marbrure des extrémités • la pression artérielle est normale ou augmentée. La fréquence cardiaque est augmentée ¼ Hypothermie grave (32°C-28°C) • il existe des troubles mineurs de la conscience (obnubilation, dysarthrie, hypertonie) • les ROT sont abolis. Les pupilles sont en myosis • le frissonnement disparaît. La peau est cyanosée, sèche, elle peut être le siège de gelures • la pression artérielle et la fréquence cardiaque sont diminuées proportionnellement à l’intensité de l’hypothermie • l’ECG montre des troubles de la repolarisation à type d’allongement du QT et d’inversion de l’onde T. Des ondes d’Osborn peuvent se voir (crochetage de la branche descendante de l’onde R surtout visible en D2) • une bradypnée s’installe si la température descend en dessous de 30°C. ¼ Hypothermie majeure (< 28°C) • un coma s’installe, profond, aréactif avec une rigidité musculaire intense • l’EEG est plat si la température est inférieure à 20°C • les pupilles sont en mydriase aréactive • la pression artérielle et le pouls sont difficilement perceptibles. Il existe une bradypnée extrême voire une apnée. La bradycardie constatée sur l’ECG peut être inférieure à 20/min • il y a un risque majeur de trouble du rythme à type de fibrillation ventriculaire. Le tableau clinique réalise un état de mort apparent. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 181 Divers > 181 Pièges F. Adnet Il existe un risque majeur et non théorique de diagnostic erroné de mort avec rigidité cadavérique. Seul, l’ECG et le réchauffement du patient peut corriger le doute diagnostic. C - Pronostic Tout patient en hypothermie doit être hospitalisé. L’âge, un mauvais état général ou la présence de lésions associées (polytraumatisme) sont de mauvais pronostic. Un patient avec une hypothermie grave ou majeure doit être hospitalisé en réanimation. D - Traitement Le premier geste est de soustraire le patient à un environnement froid et de l’isoler grâce à une couverture de survie (gain de 0,5°C/h) qui assure un réchauffement progressif. L’utilisation de première intention de catécholamines est contre-indiquée à cause de l’hyperexatibilité ventriculaire majorée par l’hypothermie. Une oxygénothérapie est systématique. En cas d’arrêt cardiaque, la fin des manoeuvres de réanimation ne peut être décidé que lorsque le patient a récupéré une température 32°C. Schéma thérapeutique général c Maintien des grandes fonctions vitales ¼ le maintien des fonctions vitales doit être prudent à cause du risque majeur de survenue d’une fibrillation ventriculaire ¼ le collapsus sera corrigé par la perfusion prudente de macromolécules (500 mL) ¼ la bradycardie doit être respectée ¼ en cas de fibrillation ventriculaire, les chocs électriques externes (CEE) sont en général inefficaces en dessous de 30°C. Après échec de trois CEE successifs, le patient doit être réchauffé sous massage cardiaque externe avant de renouveler les défibrillations ¼ les indications d’intubation endotrachéale et de ventilation mécanique doivent être large dès l’apparition d’un trouble de conscience c Réchauffement ¼ les techniques de réchauffement dépendent de la profondeur de l’hypothermie ¼ en cas d’hypothermies légères, le réchauffement externe (actif ou passif) est suffisant (couverture de survie). On peut utiliser les matelas chauffants, la couverture chauffante, l’insufflation d’air chaud pulsé (air réchauffé autour de 40°C) ¼ lors d’hypothermies sévères (< 32°C), on doit utiliser les techniques de réchauffement interne (ces méthodes évitent la vasodilatation périphérique qui aggrave le collapsus). Certaines de ces techniques (lavage gastrique chaud, perfusion de liquides réchauffés, réchauffement de l’air inspiré) ne peuvent être mise en oeuvre que dans des unités de soins intensifs possédant l’équipement nécessaire ¼ en cas d’extrême gravité (présence d’un ACR ou instabilité hémodynamique gravissime) un réchauffement par circulation extra-corporelle peut être envisagé. Celui-ci a l’énorme avantage de procurer un réchauffement rapide (gain : 10-15°C/h) et de restaurer l’hémodynamique. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 182 182 > Divers > D. Pateron, B. Bernot 4 c Accidents d’exposition aux liquides biologiques A - Définition Risque de contamination par exposition à un liquide biologique (principalement par le sang mais également par sperme, LCR, sérum, liquide pleural etc...). La contamination peut se faire par contact avec une lésion cutanée, une muqueuse ou par effraction cutanée par un objet pointu préalablement souillé (aiguille, bistouri). Les situations les plus fréquentes rencontrées aux urgences sont : • les piqûres septiques ou la projection de liquides biologiques, notamment dans le cadre professionnel • les rapports sexuels non protégés (en particulier viols, rupture de préservatif) B - Points importants VIH c Le risque existe lors d'une exposition au sang ou par voie sexuelle (agression sexuelle). c Lors d’une exposition aux liquides biologiques, la plus grande angoisse est liée à la transmission du VIH. Ce risque a été évalué à 0.3% lors d’un exposition au sang d’un patient VIH+ par piqûre d'aiguille. Ceci doit être expliqué aux patients pour “dédramatiser” la situation. Hépatite liée au virus B c Le risque faible de transmission du VIH occulte parfois le risque plus élevé de transmission de l’hépatite B chez le sujet non vacciné qui existe lors d'une exposition au sang ou par voie sexuelle. c Le traitement par immunoglobulines est efficace et ne doit pas être omis. Hépatite liée au virus C c Il n’y a pas de traitement médicamenteux à proposer aux urgences pour prévenir la transmission de l’hépatite C. c Le risque de transmission existe par le sang et est extrêmement faible par voie sexuelle C - Traitement Le nettoyage immédiat c Nettoyage par de eau et savon puis désinfection par de l’eau de Javel à 12° diluée au 10éme ou à défaut par de l’alcool à 70° pendant un quart d’heure. c C'est une mesure thérapeutique essentielle et probablement la plus efficace. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 183 Divers > 183 Tr a i t e m e n t p r é v e n t i f d e l ' h é p a t i t e B c L’injection de gammaglobulines spécifique à la dose de 8 à 10 UI/ Kg en IM (maximum 500 UI) Tr a i t e m e n t p r é v e n t i f d u V I H c Lorsque le traitement anti-rétro-viral est initié aux urgences (cf. arbre décisionnel), il ne doit pas éxéder 48 heures et doit être réévalué dans ce délai par un référent désigné dans l’hôpital c L’efficacité du traitement anti-rétroviral est lié à la précocité de sa mise en route, au mieux dans les 4 premières heures c Lorsqu’un traitement anti-rétroviral est mis en route, il faut prévoir une contraception efficace chez la femme en âge de procréer c Anti-rétroviraux utilisés : ¼ zidovudine, AZT (Rétrovir®) : 250 mg per os matin et soir à 12 heures d’intervalle ¼ lamivudine, 3TC (Epivir®) : 150 mg per os matin et soir à 12 heures d’intervalle ¼ Combivir® utilisé préférentiellement est une combinaison des deux précédents et s’utilise à la dose d’une gel. matin et soir ¼ indinavir (Crixivan®) : 800 mg per os à jeun trois fois par jour à 8 heures d’intervalle ¼ stavudine, d4T (Zerit®) : 40mg per os toutes les 12 heures pour patients > 60 kg ¼ didanosine, ddI (Videx®) : 400 mg par jour en une ou deux prises per os pour patient > à 60 kg c Surveiller les transaminases et de la NFS Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 184 184 > Divers > C h o i x d u t r a i t e m e n t a n t i - r é t ro v i r a l d e v a n t u n a c c i d e n t d’exposition à un liquide biologique Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 185 Divers > 185 J.L. Lejonc, E. Roupie, E. Hinglais 5 c Tr a i t e m e n t d e l a d o u l e u r aux urgences c Toute douleur aiguë nécessite un diagnostic étiologique précis, d'où découlera un traitement en rapport avec la cause. Cependant, la nécessité d'entreprendre des investigations à but diagnostique ne doit pas entrer en concurrence avec celle de traiter la douleur. c L'existence et le retentissement de la douleur doivent être évalués dès l'arrivée du patient aux urgences, éventuellement à l'aide de différentes échelles. La plus utilisée est l'Echelle Visuelle Analogique, qui permet une auto-évaluation de l'intensité de la douleur et surtout de son évolution par le patient. Lorsque le patient ne peut pas communiquer normalement, en raison par exemple d'une confusion mentale, la douleur est évaluée par les manifestations gestuelles attestant celle-ci. Contrairement à une idée qui reste répandue, le contrôle de la douleur aux urgences ne perturbe pas la qualité du diagnostic, y compris dans les douleurs abdominales. c Les médicaments utilisés pour le traitement de la douleur aux urgences sont, en premier lieu, les antalgiques dits périphériques, dont le chef de file est le paracétamol. Il peut être administré par voie orale, à la dose de 1 g renouvelable toutes les 6 heures. Lorsque la voie orale n'est pas autorisée, le propacétamol (qui est catabolisé en paracétamol dans l'organisme) peut être utilisé à la dose de 2 g par voie IV. c Dans certaines douleurs fréquemment rencontrées aux urgences, il est établi que les AINS injectables ont un effet antalgique très remarquable qui justifie leur utilisation en premier recours (coliques néphrétiques, douleurs dentaires, douleurs pelviennes (dysménorrhée) et douleurs pleurales). Contrairement au paracétamol, ces médicaments présentent des contre-indications (par exemple la grossesse) et des effets indésirables, notamment le risque hémorragique. c Lorsque la douleur ne peut être contrôlée par les antalgiques périphériques, et dans les douleurs viscérales profondes (IDM), on fait appel aux antalgiques centraux, et tout particulièrement à la morphine, qui est l'antalgique de référence de cette famille. c La voie IV est la voie la plus rapide et la plus fiable, les voies intramusculaires ou sous cutanées ayant une résorption irrégulière et la voie orale (sulfate de morphine) étant mal adaptée à l'urgence. c Il est recommandé de faire une titration par injection IV fractionnée jusqu'à obtention de l'effet antalgique désiré. La durée d'action de la morphine est de 4 heures et les réinjection doivent être administrées autant que nécessaire. c Les autres traitements de la douleur sont l'immobilisation des fractures, et l'utilisation des anesthésies locales, et notamment l'anesthésie loco-régionale par technique du bloc (bloc crural, bloc périphérique, anesthésie tronculaire de la face). Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 186 186 > Divers > Tr a i t e m e n t d e l a d o u l e u r aux Urgences Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 187 Divers > 187 Tr a n s f u s i o n d e C G R : ( a n é m i e g r a v e ) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 188 188 > Divers > Tr a n s f u s i o n d e c o n c e n t r é s p l a q u e t t a i res : ( t h ro m b o p é n i e g r a v e < 2 0 0 0 0 / µ l ) Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 189 Divers > 189 B. Richard 1 c Médicaments de l’urgence chez la femme enceinte Risques spécifiques des médicaments chez la femme enceinte : • pour l'embryon ou le fœtus : risque tératogène, risque abortif, effet indésirable avant la naissance • pour le nouveau-né : effet indésirable survenant après la naissance • p o u r l a m è re : modification de l'effet de certains médicaments du fait de la grossesse La prescription des médicaments chez la femme enceinte doit être réduite au minimum nécessaire. La gravité de la situation doit être prise en compte pour l'utilisation de médicaments déconseillés voire exeptionnellement contrindiqués. Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 190 190 > Douleurs thoraciques > Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 191 Remerciements > 191 • L’ANEMF remercie en premier lieu les auteurs de l’APNET, sans qui ce guide ne pourrait exister. Notre attention se porte particulièrement sur le président de l’APNET le Professeur HILLON, ainsi qu’envers le Professeur PATERON et le Professeur QUENEAU qui sont les coordinateurs de cet ouvrage • Les partenaires financiers : GPM CMV Médiforce • Les partenaires logistiques pour le routage : GPM • La société d’impression : Agence 3COM Service • L’ANEMF remercie enfin l’ensemble des équipes des associations locales pour leur dévouement à la diffusion et à la communication de ce guide Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009
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    GUMC-2009 16/02/09 10:02 Page 192 192 > NOTES Guide des urgences médico-chirurgicales f 2009