Pistes pour une approche critique des
DIspositifs SocioTechniques
d'Information et de Communication
(DISTIC)
Alexandre Coutant, ELLIADD, OUN, Université de
Franche-Comté
alexandre.coutant@univ-fcomte.fr
@acoutant

Diffusable sous licence Creative Commons – CC BY-SA 3.0
http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/
Plan de l'intervention

Sujet :

●

●
●

Étudier des phénomènes en cours de stabilisation, le cas des médias sociaux
Objectifs scientifiques :
●

Proposer un cadre "rigoureux" d'analyse compréhensive d'un phénomène mouvant

Enjeux :

●

●

●
●
●
●
●

●

Théoriser ou dégager des permanences/récurrences sur la base d'objets mouvants
(Jauréguiberry, Proulx, 2011 ; Miège 2004)
Ne pas isoler usage (Jouët, 2000, 2012)
Dépasser idéologie/imaginaire (Rebillard, 2007 ; Flichy, 2001 ; Robert, 2011)
Éviter déterminismes technique et social (Wolton, 1999 ; Miège, 2007)
S'affranchir d'une demande sociale (Chambat, 1994)
Ne pas sous-estimer nouveauté (Granjon, 2004 ; Denouël, Granjon, 2011)
●
Articuler les nombreuses approches des TIC (Coutant, Domenget, 2013, à paraître)
Enjeux individuels, sociaux, économiques, politiques justifiant une intervention des
chercheurs dès ces phases incertaines :
●
« La sociologie ne vaut pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt
spéculatif. » (Durkheim, De la division du travail social)
Plan de l'intervention
Plan :

●

●

Définitions

●

Un cadre d'analyse

●

Application aux médias sociaux

●

Un cadre pour analyser la complexité ?
Définitions
Des plateformes ?

●

●

Choix neutre : espace circonscrit où observer un phénomène, sans préjuger de
ses déterminants ni de son autonomie

Configuration sociotechnique

●

●

Modalité évolutive d’agencement social d’une technologie résultant des relations
entre groupes sociaux engagés dans sa conception, son utilisation, et sa
représentation, et (historiquement) structurée par ses modalités antérieures
comme par les logiques macro-sociales environnant son développement
(Rebillard, 2007, p. 132)

Dispositif

●

●

Un modèle alternatif de l'action, où l'acteur n'est plus le siège exclusif de la
capacité d'agir et de contrôler, mais partage ces attributs avec les objets, les
artefacts, les outils et les non-humains en général (Jacquinot, Monnoyer-Smith,
1999, p. 11)
●
●
●

Moyens mis en œuvre vers une fin ("antériorité de l'offre", Paquienséguy, 2012)
Visée d'efficacité, optimisation des conditions de réalisation, stratégique (Foucault, 1975)
Attention aux fuites (Deleuze, 1989) 
– Concept de "de l'entre-deux" (Peeters, Charlier, 1999) ; Généalogie de sa définition (Gavillet, 2010)

– Approche sociotechnique (Akrich, 1987) attentive à l'usager (Proulx, 1994 ; Thévenot, 1994,
Kaufmann, 1997
Définitions
DISTIC : dispositifs socio-techniques d’information
et de communication
●

●

Construits sociaux issus de processus d’interaction
entre des individus (tout à la fois producteurs,
consommateurs, usagers, citoyens) et un ensemble
hétérogène de techniques. Les dispositifs
construisent leurs utilisateurs autant qu’ils sont
façonnés par eux. L’environnement technologique
n’est pas neutre. Il forme l’individu en instaurant des
normes économiques, ergonomiques, de pratiques
acceptées ou imposées. Il est lui-même transformé
par l’émergence du sujet isolé ou agissant en
réseaux (programme I3M)
Définitions
Médias sociaux

●

Services Internet :
1) dont le contenu est très largement produit par les internautes utilisateurs
(principe UGC : user generated content),
2) qui regroupent des configurations sociotechniques très variées en termes de
dynamique de participation (par intérêt, par amitié) et de visibilité (nature et
finalité des données publiées en ligne) (Stenger, Coutant, 2013)
●

Réseaux socionumériques

●

Services web permettant aux utilisateurs
1) de construire un profil public ou semi-public au sein d’un système,
2) de gérer une liste des utilisateurs avec lesquels ils partagent un lien,
3) de voir et naviguer sur leur liste de liens et sur ceux établis par les autres au
sein du système,
4) fondent leur attractivité essentiellement sur l’opportunité de retrouver ses
« amis » et d’interagir avec eux par le biais de profils, listes de contacts et
applications à travers une grande variété d’activités (Stenger, Coutant, 2011)
●
Un cadre d'analyse
●

Synthèse de différents :
●

Projets de recherche nationaux :
–
–

●

Projets d'équipe :
–
–

●

Réseaux socionumériques
Identités numériques
Médias sociaux
Usages professionnels de Twitter

Réflexions épistémologiques et méthodologiques au
sein des séminaires :
●

●

Usages des Dispositifs Sociotechniques Numériques
(ISCC/I3M/OUN) :
http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?rubrique309
Identités Numériques (ISCC/CEREGE/OUN) :
http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?rubrique385
Situer son
apport dans le
programme

Situer son
apport dans le
programme

Situer son
apport dans le
programme

Possibilité d'inscrire son travail
comme participation à l'une des
phases
Ou si les conditions matérielles et
financières le permettent de réaliser le
programme entier au sein d'un projet
de recherche ambitieux
Situer son
apport dans le
programme

Situer son
apport dans le
programme

Situer son
apport dans le
programme
Contexte du projet
• Commanditaire : Groupe La Poste
• Mission de la Recherche – DIDES (Direction de l’Innovation
et du développement des E-Services)

• Contexte
• Tradition de soutien à la recherche à travers des services
dédiés… Laissant place à une volonté large de veille sur les
opportunités d’innovation

• Objet
• « L’apprentissage à la consommation chez les jeunes de 16
à 24 ans à travers les communautés et réseaux sociaux
numériques »
De quoi
parle-t-on ???
Problématisation
Redéfinition de l'objet

●

●

Interroger catégorie par lesquelles phénomènes sont
abordés
●
●
●

Apprentissage à la consommation
Jeunes de 16 à 24 ans
Communautés et réseaux sociaux numériques

Méthodologie :

●

●
●
●
●

Revue de littérature autour des concepts convoqués
Analyse des discours d'accompagnement
Observation extérieure sur différentes plateformes
Entretiens exploratoires : récits de pratique
Description
Saisir une pratique : que regarder ?

●

●

Significations d’usages

●

Observations des pratiques

●

Contextes d’usage

●

Incitations contenues dans les scripts des objets techniques

●

Stratégies économiques et/ou politiques des acteurs impliqués

Méthodologie :

●

●

Questionnaires sur plateformes fréquentées et fréquence d'usage

●

Analyse de l'encadrement national et européen

●

Monographies techniques et économiques des plateformes

●

Entretiens individuels et de groupe (n = 67)

●

Observations extérieures

●

Suivis de compte (n = 37)

●

Analyses de campagnes de marques

●

Analyse quantitative de profils (ARS et lexicale)
Résultats (Coutant, Stenger, 2011)
Activités :

●

●
●
●

●
●

●

Statuts : activités ordinaires et esprit badin
Photos : me montrer / nous montrer / les montrer
Apprentissage à la sociabilité : comparaison et
évaluation positive (tests, jeux, quizz, etc)
Mise en scène de soi : « affichage » et « miroir »
Maintien du contact : « traîner ensemble »,
entretenir, explorer dans une zone géographique
donnée
Interconnexion online/IRL : ellipses, connivence,
échanges multi-supports
Résultats (Coutant, Stenger, 2010)
Synthèse :

●

●

L'identité Rsn : « Le profil est une narration par
laquelle on présente sa face et dont le vocabulaire et
la syntaxe sont constitués par les activités en ligne »
●

●

●

●

Une pratique sociale d'invention de soi plus large

L’ordre de l’interaction Rsn : un espace négocié,
aseptisé, lié IRL
Une migration associée aux changements de
positions de vie
Un effondrement des contextes temporels et
spatiaux
Résultats (Stenger, Coutant, 2012)
Les amis, moteurs de la participation :

●

●
●
●
●

Diversité des formes d'« amis »
Porte d'entrée et stimulateur de l'activité
Un contrôle social par le bas : little sister
Un paravent aux stratégies des plateformes
Résultats (Stenger, Coutant, 2009)
Prescription ordinaire et économie du profilage :

●

●

Prescription généralisée
●

●

●
●

Amis : prescription a minima / déclaration publique /
prescription volontaire
Système : Facebook / applications tierces

Contexte perçu comme non marchand
Modèle de relation marques/internautes erroné
●

Leader d'opinion vs capacité à générer des interactions
Théorisation
●

Généralisation à des pratiques sociales plus larges et portée
sociopolitique

●

Mise en commun des différents travaux

●

Comparaison interdisciplinaire et avec autres recherches
●

Méthodologie :
–
–
–

–

Enquêtes d'usage complémentaires (entretiens et
observations)
Revue de littérature
Association des logiques individuelles et collectives des
usagers, des stratégies des plateformes et des logiques
des systèmes techniques
Ouverture de séminaires de partage de travaux
De quoi
parle-t-on ???
Théorisation
●

Définir le modèle participatif : un cadre à
poser sur cette diversité
●

Médias sociaux
–

Services Internet :
dont le contenu est très largement produit par les
internautes utilisateurs (principe UGC : user
generated content),
● qui regroupent des configurations sociotechniques
très variées en termes de dynamique de
participation (par intérêt, par amitié) et de visibilité
(nature et finalité des données publiées en ligne)
(Stenger, Coutant, 2013)
●
Théorisation
●

Réinterroger les notions de publics et d'usagers :
●

Dépasser réseau social (ou communauté virtuelle)
–

Diversité des groupes sociaux retrouvés sur les plateformes peuplant Internet

–

Modes d’interaction, relations de confiance et activités collectives différentes
●
●

●
●
●
●

Audience (Dayan, 2000)
Communauté
– D'expérience (Gensollen, 2006)
– Épistémique (Gensollen, 2006)
– De partage (Gensollen, 2006)
– De marque (Muniz et O'Guinn, 2001)
– D’innovation (Füller & al., 2006)
– Provisoire (Esquenazi, 2003)
– Imaginée (Dayan, 2000)
Utilisateur-innovateur (Von Hippel, 2011)
Braconneur (Proulx, 1994)
Amateur (Flichy, 2011)
Consommateur (Cochoy, 1999 ; Paquienséguy, 2012)
Théorisation
●

Interroger les limites de l'intime : inversion du rapport aux
traces
●

Dépassement des oppositions privé/public, donnée
personnelle/non personnelle, privacy paradox
–
–

●

Catégories de l'intime plus ou moins exposables selon audiences et
contextes
Traces produites par soi ou par un tiers / volontaire ou non /
identifiantes ou non / sensibles ou non / sensibles selon l'audience, le
temps ou les deux / finalité

Adaptation aux logiques des usagers des techniques de
privacy by design
–

Classification des données selon les usages :
●
●

–

Identifiant nécessaire / ponctuel / facultatif
Données non sensibles / sensibles selon le temps / sensibles selon l’audience /
très sensibles

Attitudes à l’égard de la privacy
●

Très attentif (bleu) / moyennement attentif (jaune) / peu attentif (rouge)
Id+
Dns
DsT
DsA
Ds+

Id~

Ex
Dispositif

Id-
Théorisation
●

Réouvrir l'interrogation sur les activités ordinaires :
"les pratiques de la consommation sont les fantômes
de la société qui porte leur nom" (Certeau, 1980)
●

●

●

Mise en visibilité de l'activité ordinaire sinon peu visible ni
regardée : bricolages, détournements, échanges badins,
emprise des objets
Approche compréhensive de l'identité (Kaufmann, 2002,
2004 ; Lahire, 2002, 2004 ; Martucelli, 2002)
Amène à interroger société individualiste, culture
expressive, ère de la participation : techniques de soi /
techniques intellectuelles et ersatz ("faux-amis" ?)
–

●

Outils d'individuation ? (Simondon, 1989 ; Stiegler, 2008)
Théorisation
●

Dépasser des oppositions théoriques devenues
stériles :
●

●

Technophile/technophobe ;
technicisme/sociologisme ; critique/empirique

Par un nouveau programme :
●

Clarifier un cadre épistémologique
–

●

Épistémologie transductive (Simondon, 1989) :
relations qui constituent leurs propres termes

Clarifier un cadre méthodologique
–

Phases de recherche aux objectifs complémentaires
Mobilité
théorique =
effort de
renouvellement
théorique
●
Ambition
critique et
théorique
ancrée
●
Mobilité
théorique =
●
effort de
Repérage des
renouvellement contributions =
théorique
humilité
●
Ambition
critique et
théorique
ancrée
●
Travail en
équipes =
complexité
●
Mobilité
l'impose
théorique =
●
Temps
●
effort de
Repérage des
relativement
renouvellement contributions =
longs =
théorique
humilité
affirmation du
●
Ambition
temps
critique et
scientifique
théorique
●
Interdisciplinari
ancrée
té avec
épistémologie
commune
●
Travail en
équipes =
complexité
●
Mobilité
l'impose
théorique =
●
Temps
●
effort de
Repérage des
relativement
renouvellement contributions =
longs =
théorique
humilité
affirmation du
●
Ambition
temps
critique et
scientifique
théorique
●
Interdisciplinari
ancrée
té avec
épistémologie
commune
●

Éthique:appliquer dans ses méthodologies le respect de la maîtrise des
traces par les individus
●
Continuer les échanges...
●

Présentations et cours :
●

●

Articles en ligne :
●

●

http://fr.slideshare.net/AlexandreCoutant/
http://hal.archives-ouvertes.fr

Veille publics, usages et TNIC
●

https://twitter.com/acoutant

Pistes pour une approche critique des DISTIC

  • 1.
    Pistes pour uneapproche critique des DIspositifs SocioTechniques d'Information et de Communication (DISTIC) Alexandre Coutant, ELLIADD, OUN, Université de Franche-Comté alexandre.coutant@univ-fcomte.fr @acoutant Diffusable sous licence Creative Commons – CC BY-SA 3.0 http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/
  • 2.
    Plan de l'intervention Sujet : ● ● ● Étudierdes phénomènes en cours de stabilisation, le cas des médias sociaux Objectifs scientifiques : ● Proposer un cadre "rigoureux" d'analyse compréhensive d'un phénomène mouvant Enjeux : ● ● ● ● ● ● ● ● Théoriser ou dégager des permanences/récurrences sur la base d'objets mouvants (Jauréguiberry, Proulx, 2011 ; Miège 2004) Ne pas isoler usage (Jouët, 2000, 2012) Dépasser idéologie/imaginaire (Rebillard, 2007 ; Flichy, 2001 ; Robert, 2011) Éviter déterminismes technique et social (Wolton, 1999 ; Miège, 2007) S'affranchir d'une demande sociale (Chambat, 1994) Ne pas sous-estimer nouveauté (Granjon, 2004 ; Denouël, Granjon, 2011) ● Articuler les nombreuses approches des TIC (Coutant, Domenget, 2013, à paraître) Enjeux individuels, sociaux, économiques, politiques justifiant une intervention des chercheurs dès ces phases incertaines : ● « La sociologie ne vaut pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu’un intérêt spéculatif. » (Durkheim, De la division du travail social)
  • 3.
    Plan de l'intervention Plan : ● ● Définitions ● Uncadre d'analyse ● Application aux médias sociaux ● Un cadre pour analyser la complexité ?
  • 4.
    Définitions Des plateformes ? ● ● Choix neutre :espace circonscrit où observer un phénomène, sans préjuger de ses déterminants ni de son autonomie Configuration sociotechnique ● ● Modalité évolutive d’agencement social d’une technologie résultant des relations entre groupes sociaux engagés dans sa conception, son utilisation, et sa représentation, et (historiquement) structurée par ses modalités antérieures comme par les logiques macro-sociales environnant son développement (Rebillard, 2007, p. 132) Dispositif ● ● Un modèle alternatif de l'action, où l'acteur n'est plus le siège exclusif de la capacité d'agir et de contrôler, mais partage ces attributs avec les objets, les artefacts, les outils et les non-humains en général (Jacquinot, Monnoyer-Smith, 1999, p. 11) ● ● ● Moyens mis en œuvre vers une fin ("antériorité de l'offre", Paquienséguy, 2012) Visée d'efficacité, optimisation des conditions de réalisation, stratégique (Foucault, 1975) Attention aux fuites (Deleuze, 1989)  – Concept de "de l'entre-deux" (Peeters, Charlier, 1999) ; Généalogie de sa définition (Gavillet, 2010) – Approche sociotechnique (Akrich, 1987) attentive à l'usager (Proulx, 1994 ; Thévenot, 1994, Kaufmann, 1997
  • 5.
    Définitions DISTIC : dispositifs socio-techniquesd’information et de communication ● ● Construits sociaux issus de processus d’interaction entre des individus (tout à la fois producteurs, consommateurs, usagers, citoyens) et un ensemble hétérogène de techniques. Les dispositifs construisent leurs utilisateurs autant qu’ils sont façonnés par eux. L’environnement technologique n’est pas neutre. Il forme l’individu en instaurant des normes économiques, ergonomiques, de pratiques acceptées ou imposées. Il est lui-même transformé par l’émergence du sujet isolé ou agissant en réseaux (programme I3M)
  • 6.
    Définitions Médias sociaux ● Services Internet: 1) dont le contenu est très largement produit par les internautes utilisateurs (principe UGC : user generated content), 2) qui regroupent des configurations sociotechniques très variées en termes de dynamique de participation (par intérêt, par amitié) et de visibilité (nature et finalité des données publiées en ligne) (Stenger, Coutant, 2013) ● Réseaux socionumériques ● Services web permettant aux utilisateurs 1) de construire un profil public ou semi-public au sein d’un système, 2) de gérer une liste des utilisateurs avec lesquels ils partagent un lien, 3) de voir et naviguer sur leur liste de liens et sur ceux établis par les autres au sein du système, 4) fondent leur attractivité essentiellement sur l’opportunité de retrouver ses « amis » et d’interagir avec eux par le biais de profils, listes de contacts et applications à travers une grande variété d’activités (Stenger, Coutant, 2011) ●
  • 7.
    Un cadre d'analyse ● Synthèsede différents : ● Projets de recherche nationaux : – – ● Projets d'équipe : – – ● Réseaux socionumériques Identités numériques Médias sociaux Usages professionnels de Twitter Réflexions épistémologiques et méthodologiques au sein des séminaires : ● ● Usages des Dispositifs Sociotechniques Numériques (ISCC/I3M/OUN) : http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?rubrique309 Identités Numériques (ISCC/CEREGE/OUN) : http://www.iscc.cnrs.fr/spip.php?rubrique385
  • 9.
    Situer son apport dansle programme Situer son apport dans le programme Situer son apport dans le programme Possibilité d'inscrire son travail comme participation à l'une des phases
  • 10.
    Ou si lesconditions matérielles et financières le permettent de réaliser le programme entier au sein d'un projet de recherche ambitieux Situer son apport dans le programme Situer son apport dans le programme Situer son apport dans le programme
  • 11.
    Contexte du projet •Commanditaire : Groupe La Poste • Mission de la Recherche – DIDES (Direction de l’Innovation et du développement des E-Services) • Contexte • Tradition de soutien à la recherche à travers des services dédiés… Laissant place à une volonté large de veille sur les opportunités d’innovation • Objet • « L’apprentissage à la consommation chez les jeunes de 16 à 24 ans à travers les communautés et réseaux sociaux numériques »
  • 24.
  • 25.
    Problématisation Redéfinition de l'objet ● ● Interrogercatégorie par lesquelles phénomènes sont abordés ● ● ● Apprentissage à la consommation Jeunes de 16 à 24 ans Communautés et réseaux sociaux numériques Méthodologie : ● ● ● ● ● Revue de littérature autour des concepts convoqués Analyse des discours d'accompagnement Observation extérieure sur différentes plateformes Entretiens exploratoires : récits de pratique
  • 26.
    Description Saisir une pratique :que regarder ? ● ● Significations d’usages ● Observations des pratiques ● Contextes d’usage ● Incitations contenues dans les scripts des objets techniques ● Stratégies économiques et/ou politiques des acteurs impliqués Méthodologie : ● ● Questionnaires sur plateformes fréquentées et fréquence d'usage ● Analyse de l'encadrement national et européen ● Monographies techniques et économiques des plateformes ● Entretiens individuels et de groupe (n = 67) ● Observations extérieures ● Suivis de compte (n = 37) ● Analyses de campagnes de marques ● Analyse quantitative de profils (ARS et lexicale)
  • 27.
    Résultats (Coutant, Stenger,2011) Activités : ● ● ● ● ● ● ● Statuts : activités ordinaires et esprit badin Photos : me montrer / nous montrer / les montrer Apprentissage à la sociabilité : comparaison et évaluation positive (tests, jeux, quizz, etc) Mise en scène de soi : « affichage » et « miroir » Maintien du contact : « traîner ensemble », entretenir, explorer dans une zone géographique donnée Interconnexion online/IRL : ellipses, connivence, échanges multi-supports
  • 28.
    Résultats (Coutant, Stenger,2010) Synthèse : ● ● L'identité Rsn : « Le profil est une narration par laquelle on présente sa face et dont le vocabulaire et la syntaxe sont constitués par les activités en ligne » ● ● ● ● Une pratique sociale d'invention de soi plus large L’ordre de l’interaction Rsn : un espace négocié, aseptisé, lié IRL Une migration associée aux changements de positions de vie Un effondrement des contextes temporels et spatiaux
  • 30.
    Résultats (Stenger, Coutant,2012) Les amis, moteurs de la participation : ● ● ● ● ● Diversité des formes d'« amis » Porte d'entrée et stimulateur de l'activité Un contrôle social par le bas : little sister Un paravent aux stratégies des plateformes
  • 31.
    Résultats (Stenger, Coutant,2009) Prescription ordinaire et économie du profilage : ● ● Prescription généralisée ● ● ● ● Amis : prescription a minima / déclaration publique / prescription volontaire Système : Facebook / applications tierces Contexte perçu comme non marchand Modèle de relation marques/internautes erroné ● Leader d'opinion vs capacité à générer des interactions
  • 33.
    Théorisation ● Généralisation à despratiques sociales plus larges et portée sociopolitique ● Mise en commun des différents travaux ● Comparaison interdisciplinaire et avec autres recherches ● Méthodologie : – – – – Enquêtes d'usage complémentaires (entretiens et observations) Revue de littérature Association des logiques individuelles et collectives des usagers, des stratégies des plateformes et des logiques des systèmes techniques Ouverture de séminaires de partage de travaux
  • 42.
  • 43.
    Théorisation ● Définir le modèleparticipatif : un cadre à poser sur cette diversité ● Médias sociaux – Services Internet : dont le contenu est très largement produit par les internautes utilisateurs (principe UGC : user generated content), ● qui regroupent des configurations sociotechniques très variées en termes de dynamique de participation (par intérêt, par amitié) et de visibilité (nature et finalité des données publiées en ligne) (Stenger, Coutant, 2013) ●
  • 48.
    Théorisation ● Réinterroger les notionsde publics et d'usagers : ● Dépasser réseau social (ou communauté virtuelle) – Diversité des groupes sociaux retrouvés sur les plateformes peuplant Internet – Modes d’interaction, relations de confiance et activités collectives différentes ● ● ● ● ● ● Audience (Dayan, 2000) Communauté – D'expérience (Gensollen, 2006) – Épistémique (Gensollen, 2006) – De partage (Gensollen, 2006) – De marque (Muniz et O'Guinn, 2001) – D’innovation (Füller & al., 2006) – Provisoire (Esquenazi, 2003) – Imaginée (Dayan, 2000) Utilisateur-innovateur (Von Hippel, 2011) Braconneur (Proulx, 1994) Amateur (Flichy, 2011) Consommateur (Cochoy, 1999 ; Paquienséguy, 2012)
  • 49.
    Théorisation ● Interroger les limitesde l'intime : inversion du rapport aux traces ● Dépassement des oppositions privé/public, donnée personnelle/non personnelle, privacy paradox – – ● Catégories de l'intime plus ou moins exposables selon audiences et contextes Traces produites par soi ou par un tiers / volontaire ou non / identifiantes ou non / sensibles ou non / sensibles selon l'audience, le temps ou les deux / finalité Adaptation aux logiques des usagers des techniques de privacy by design – Classification des données selon les usages : ● ● – Identifiant nécessaire / ponctuel / facultatif Données non sensibles / sensibles selon le temps / sensibles selon l’audience / très sensibles Attitudes à l’égard de la privacy ● Très attentif (bleu) / moyennement attentif (jaune) / peu attentif (rouge)
  • 50.
  • 51.
    Théorisation ● Réouvrir l'interrogation surles activités ordinaires : "les pratiques de la consommation sont les fantômes de la société qui porte leur nom" (Certeau, 1980) ● ● ● Mise en visibilité de l'activité ordinaire sinon peu visible ni regardée : bricolages, détournements, échanges badins, emprise des objets Approche compréhensive de l'identité (Kaufmann, 2002, 2004 ; Lahire, 2002, 2004 ; Martucelli, 2002) Amène à interroger société individualiste, culture expressive, ère de la participation : techniques de soi / techniques intellectuelles et ersatz ("faux-amis" ?) – ● Outils d'individuation ? (Simondon, 1989 ; Stiegler, 2008)
  • 52.
    Théorisation ● Dépasser des oppositionsthéoriques devenues stériles : ● ● Technophile/technophobe ; technicisme/sociologisme ; critique/empirique Par un nouveau programme : ● Clarifier un cadre épistémologique – ● Épistémologie transductive (Simondon, 1989) : relations qui constituent leurs propres termes Clarifier un cadre méthodologique – Phases de recherche aux objectifs complémentaires
  • 53.
  • 54.
    Mobilité théorique = ● effort de Repéragedes renouvellement contributions = théorique humilité ● Ambition critique et théorique ancrée ●
  • 55.
    Travail en équipes = complexité ● Mobilité l'impose théorique= ● Temps ● effort de Repérage des relativement renouvellement contributions = longs = théorique humilité affirmation du ● Ambition temps critique et scientifique théorique ● Interdisciplinari ancrée té avec épistémologie commune ●
  • 56.
    Travail en équipes = complexité ● Mobilité l'impose théorique= ● Temps ● effort de Repérage des relativement renouvellement contributions = longs = théorique humilité affirmation du ● Ambition temps critique et scientifique théorique ● Interdisciplinari ancrée té avec épistémologie commune ● Éthique:appliquer dans ses méthodologies le respect de la maîtrise des traces par les individus ●
  • 57.
    Continuer les échanges... ● Présentationset cours : ● ● Articles en ligne : ● ● http://fr.slideshare.net/AlexandreCoutant/ http://hal.archives-ouvertes.fr Veille publics, usages et TNIC ● https://twitter.com/acoutant