Soutien à l’agroécologie résiliente face au climat au
Malawi
Ellen Matupi
Présidente
Coalition des agricultrices du Malawi
(COWFA)
Sommaire
• Impact du changement climatique au Malawi
• 2019 : les ravages suite au passage du cyclone
Idai
• Difficultés spécifiques rencontrées par les
agricultrices
• Multiplication des semences
• Cultures intercalaires
• Production de lisier
• Avantages de l’agroécologie
Impact du changement climatique au
Malawi
• Au cours de ces dernières années, des
catastrophes ont touché le Malawi
pratiquement tous les ans
• El Nino en 2015/16 ; le cyclone Idai en 2019
• Inondations dévastatrices, vagues de
sécheresse, légionnaire d’automne,
dégradation des terres
– Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence
2019 : les ravages suite au passage du
cyclone Idai
• En 2019, de terribles inondations ont dévasté le Malawi - des
cultures et des champs ont été inondés, des gens et des bêtes
ont péri noyés.
• J’ai été moi aussi touchée par cette catastrophe et j’ai
pratiquement tout perdu – les cultures sur les hauteurs sont
les seules à avoir été épargnées par les inondations.
• En 2016, suite à l’absence de précipitations, les cultures ont
dépéri, en raison du manque d’eau et des températures trop
élevées.
• De nouveaux ravageurs sont apparus – le légionnaire
d’automne n’est toujours pas sous contrôle.
• Nous avons été touchés par l’insécurité alimentaire.
Difficultés spécifiques rencontrées
par les agricultrices
• Les agricultrices ne possèdent pas de terres, elles
ne peuvent donc pas décider ce qu’elles vont
planter car elles ne possèderont plus forcément
cette terre demain
• Accès limité aux services publics de vulgarisation
agricole (1 agent de vulgarisation pour plus de
3000 agriculteurs)
• Les services publics de vulgarisation
n’encouragent pas l’agroécologie
• En raison de la participation limitée des petites
agricultrices au processus de décision, les besoins
de ces petites exploitantes sont négligés
Multiplication des semences
• Les petites agricultrices de la COWFA et moi-
même :
• produisons, utilisons, stockons et partageons des
semences indigènes
• avons mis en place des banques de semences
• L’utilisation des semences est encouragée et les
semences sont échangées entre les agricultrices
et lors de foires aux semences
• Cela nous donne les moyens, à nous petites
agricultrices, de contrôler complètement les
semences et de décider de ce que nous allons
semer et planter et à quel moment
Multiplication des semences, suite
• Les petites agricultrices n’ont pas les moyens
d’acheter exclusivement des semences
(hybrides)
• Les semences hybrides sont chères et celles
qui les utilisent ne peuvent pas toujours se les
procurer à temps
Cultures intercalaires
• Pratique agricole utilisée par les petites
agricultrices de la COWFA
• La culture intercalaire implique de semer ou de
faire pousser plusieurs cultures en même temps
sur la même parcelle
• Offre une solution au problème de la pénurie de
terres à laquelle doivent faire face les petites
agricultrices
• Je cultive sur 5 hectares de terres : 3 hectares de
maïs, 1 hectare de haricots, 1 hectare moitié soja
et moitié arachides
• Les légumineuses (notamment les haricots - sugar
beans -, les graines de soja) fixent l’azote et
fertilisent naturellement le sols
• Cette pratique est présentée et diffusées auprès
des agricultrices de la COWFA par le biais de foires
semencières et de visites d’étude
• ActionAid Malawi nous aide en documentant les
meilleures pratiques et en les diffusant à grande
échelle auprès des agricultrices, et ce à tous les
niveaux
Cultures intercalaires, suite
Production de lisier
• Nous produisons du lisier à partir des cultures et
des déjections animales – bétail, élevage caprin
et porcin
• Nous l’utilisons pour fabriquer du compost pour
le sol qui apporte aux cultures les éléments
nutritifs dont elles ont besoin
• Nous utilisons la technique du paillage – j’utilise
l’herbe sèche pour couvrir le sol, qui conserve
ainsi son humidité
• Utilisation des connaissances et des pratiques
traditionnelles pour lutter contre les nuisibles,
notamment le légionnaire d’automne
Production de lisier (agroécologie),
suite
• Une amie est venue de me trouver pour me
dire : « Ellen, pourquoi perds-tu ton temps à
aller chercher de l’engrais alors que tu élèves
des porcs, des vaches et de la volaille? » Elle
m’a expliqué comment fabriquer cet engrais à
partir du lisier. J’ai suivi ses conseils et j’ai
utilisé ce lisier. Depuis, je l’utilise toujours.
• Désormais, je n’utilise plus d’engrais
chimiques !
Production de lisier (agroécologie),
suite
• Cette année, j’ai voulu aussi montrer aux
habitants de la ville les avantages de
l’agroécologie.
• Je possède une petite parcelle en ville. J’ai
apporté du lisier. Toutes mes amies sont
venues voir. A présent, elles utilisent toutes du
lisier comme engrais.
A propos de l’agroécologie
• On pense généralement que l’agriculture
durable ou les méthodes agroécologiques sont
moins productives que les systèmes agricoles
à forte utilisation d’intrants. C’est faux !
• Je l’ai moi-même constaté.
• En 2008, j’ai planté du maïs. Je n’avais pas
d’argent pour acheter de l’engrais. Ma récolte
a été très mauvaise. Le sol manquait de
nutriments naturels.
Avantages de l’agroécologie
• Les agricultrices du réseau de la COWFA et
donc moi-même avons adopté des méthodes
agroécologiques qui nous ont permis d’obtenir
des rendements identiques et parfois
nettement supérieurs à ceux obtenus avec les
méthodes traditionnelles
• Je collabore depuis des nombreuses années
avec les agricultrices des villages. Elles
connaissent à présent ces pratiques, et les
utilisent.
Avantages, suite
• Les pratiques agroécologiques sont importantes
pour les femmes. Elles sont bon marché et nous
permettent de produire l’engrais au niveau local.
• Elles retiennent l’humidité dans les sols, ce qui
est essentiel pour les cultures. Sans eau, les
cultures ne poussent pas.
• Les engrais chimiques rendent le sol très dur et
l’eau ne pénètre que difficilement dans le sol.
Conclusion
Merci
Zikomo
Asante

BB59: Soutenir une agroécologie résiliente au changement climatique au Malawi - Ellen Matupi

  • 1.
    Soutien à l’agroécologierésiliente face au climat au Malawi Ellen Matupi Présidente Coalition des agricultrices du Malawi (COWFA)
  • 2.
    Sommaire • Impact duchangement climatique au Malawi • 2019 : les ravages suite au passage du cyclone Idai • Difficultés spécifiques rencontrées par les agricultrices • Multiplication des semences • Cultures intercalaires • Production de lisier • Avantages de l’agroécologie
  • 3.
    Impact du changementclimatique au Malawi • Au cours de ces dernières années, des catastrophes ont touché le Malawi pratiquement tous les ans • El Nino en 2015/16 ; le cyclone Idai en 2019 • Inondations dévastatrices, vagues de sécheresse, légionnaire d’automne, dégradation des terres – Le gouvernement a déclaré l’état d’urgence
  • 4.
    2019 : lesravages suite au passage du cyclone Idai • En 2019, de terribles inondations ont dévasté le Malawi - des cultures et des champs ont été inondés, des gens et des bêtes ont péri noyés. • J’ai été moi aussi touchée par cette catastrophe et j’ai pratiquement tout perdu – les cultures sur les hauteurs sont les seules à avoir été épargnées par les inondations. • En 2016, suite à l’absence de précipitations, les cultures ont dépéri, en raison du manque d’eau et des températures trop élevées. • De nouveaux ravageurs sont apparus – le légionnaire d’automne n’est toujours pas sous contrôle. • Nous avons été touchés par l’insécurité alimentaire.
  • 5.
    Difficultés spécifiques rencontrées parles agricultrices • Les agricultrices ne possèdent pas de terres, elles ne peuvent donc pas décider ce qu’elles vont planter car elles ne possèderont plus forcément cette terre demain • Accès limité aux services publics de vulgarisation agricole (1 agent de vulgarisation pour plus de 3000 agriculteurs) • Les services publics de vulgarisation n’encouragent pas l’agroécologie • En raison de la participation limitée des petites agricultrices au processus de décision, les besoins de ces petites exploitantes sont négligés
  • 6.
    Multiplication des semences •Les petites agricultrices de la COWFA et moi- même : • produisons, utilisons, stockons et partageons des semences indigènes • avons mis en place des banques de semences • L’utilisation des semences est encouragée et les semences sont échangées entre les agricultrices et lors de foires aux semences • Cela nous donne les moyens, à nous petites agricultrices, de contrôler complètement les semences et de décider de ce que nous allons semer et planter et à quel moment
  • 7.
    Multiplication des semences,suite • Les petites agricultrices n’ont pas les moyens d’acheter exclusivement des semences (hybrides) • Les semences hybrides sont chères et celles qui les utilisent ne peuvent pas toujours se les procurer à temps
  • 8.
    Cultures intercalaires • Pratiqueagricole utilisée par les petites agricultrices de la COWFA • La culture intercalaire implique de semer ou de faire pousser plusieurs cultures en même temps sur la même parcelle • Offre une solution au problème de la pénurie de terres à laquelle doivent faire face les petites agricultrices • Je cultive sur 5 hectares de terres : 3 hectares de maïs, 1 hectare de haricots, 1 hectare moitié soja et moitié arachides
  • 9.
    • Les légumineuses(notamment les haricots - sugar beans -, les graines de soja) fixent l’azote et fertilisent naturellement le sols • Cette pratique est présentée et diffusées auprès des agricultrices de la COWFA par le biais de foires semencières et de visites d’étude • ActionAid Malawi nous aide en documentant les meilleures pratiques et en les diffusant à grande échelle auprès des agricultrices, et ce à tous les niveaux Cultures intercalaires, suite
  • 10.
    Production de lisier •Nous produisons du lisier à partir des cultures et des déjections animales – bétail, élevage caprin et porcin • Nous l’utilisons pour fabriquer du compost pour le sol qui apporte aux cultures les éléments nutritifs dont elles ont besoin • Nous utilisons la technique du paillage – j’utilise l’herbe sèche pour couvrir le sol, qui conserve ainsi son humidité • Utilisation des connaissances et des pratiques traditionnelles pour lutter contre les nuisibles, notamment le légionnaire d’automne
  • 11.
    Production de lisier(agroécologie), suite • Une amie est venue de me trouver pour me dire : « Ellen, pourquoi perds-tu ton temps à aller chercher de l’engrais alors que tu élèves des porcs, des vaches et de la volaille? » Elle m’a expliqué comment fabriquer cet engrais à partir du lisier. J’ai suivi ses conseils et j’ai utilisé ce lisier. Depuis, je l’utilise toujours. • Désormais, je n’utilise plus d’engrais chimiques !
  • 12.
    Production de lisier(agroécologie), suite • Cette année, j’ai voulu aussi montrer aux habitants de la ville les avantages de l’agroécologie. • Je possède une petite parcelle en ville. J’ai apporté du lisier. Toutes mes amies sont venues voir. A présent, elles utilisent toutes du lisier comme engrais.
  • 13.
    A propos del’agroécologie • On pense généralement que l’agriculture durable ou les méthodes agroécologiques sont moins productives que les systèmes agricoles à forte utilisation d’intrants. C’est faux ! • Je l’ai moi-même constaté. • En 2008, j’ai planté du maïs. Je n’avais pas d’argent pour acheter de l’engrais. Ma récolte a été très mauvaise. Le sol manquait de nutriments naturels.
  • 14.
    Avantages de l’agroécologie •Les agricultrices du réseau de la COWFA et donc moi-même avons adopté des méthodes agroécologiques qui nous ont permis d’obtenir des rendements identiques et parfois nettement supérieurs à ceux obtenus avec les méthodes traditionnelles • Je collabore depuis des nombreuses années avec les agricultrices des villages. Elles connaissent à présent ces pratiques, et les utilisent.
  • 15.
    Avantages, suite • Lespratiques agroécologiques sont importantes pour les femmes. Elles sont bon marché et nous permettent de produire l’engrais au niveau local. • Elles retiennent l’humidité dans les sols, ce qui est essentiel pour les cultures. Sans eau, les cultures ne poussent pas. • Les engrais chimiques rendent le sol très dur et l’eau ne pénètre que difficilement dans le sol.
  • 16.