Le Soir Mardi 12 novembre 2013

10LE BULLETIN CLIMATIQUE

Le politique déçoit,

DÉCIDEURS

Manque d’intérêt, manque de vision, manque d’ambition. Le bulletin des politiques est constellé de rouge. Reflet ou cause du désintérêt de la population ?

A

l’heure de dresser le bulletin
belge en matière climatique,
les nombreux experts et observateurs contactés par Le Soir
sont unanimes sur deux
choses au moins. Un : espérer une modification des comportements des entreprises et des ménages en s’appuyant uniquement sur des « carottes » (primes, déductibilités fiscales, campagnes de sensibilisation…), c’est rêver en couleurs. Il
faut aussi des mesures contraignantes
pour décourager les comportements nuisibles et ouvrir la voie aux actes positifs.
Deux : malgré quelques exceptions, on
est aujourd’hui loin du but. Tant pour les
carottes que pour les contraintes…
« Les politiques sont des politiques
avant tout, attaque un consultant, familier des cénacles gouvernementaux. Ils ne
sont pas là pour faire le bien. En matière
d’énergie et de climat, il y a quelques
bonnes décisions et beaucoup de non-décisions. » Du côté des entreprises où l’on
est parfois les premiers à combattre toute
velléité de réglementation, un patron
ajoute : « Les politiques ne savent pas
trancher. C’est la division qui règne. Une
tare vraiment catastrophique ! Qu’y a-til de sûr aujourd’hui en Belgique ? Il n’y
a ni vision ni sécurité juridique. »

mettre en place une fiscalité carbone »,
indique un universitaire.
Dans un avis inhabituellement tranché, le très consensuel Conseil fédéral du
développement durable (patrons, syndicats, ONG de développement, associations environnementales et de consommateurs) en rajoute lui-même une
couche : « Des décisions importantes se
font attendre, un cadre stratégique clair
est absent, le suivi et l’évaluation des politiques sont déficients, les engagements

ne sont pas tenus et la résolution de problèmes fondamentaux est toujours repoussée. »
Parmi cette salve impitoyable, certains
trouvent cependant des circonstances atténuantes : « Il est vrai que l’implication
de la population est proche de zéro. Difficile pour un politique de faire de ces sujets un thème électoral. » Une population
pas impliquée fait un politique démobilisé qui, en retour, n’agit pas pour
conscientiser l’opinion. Voilà qui expli-

querait, dit un autre, le fait que les parlementaires soient « remarquablement
muets sur ces questions fondamentales ».
D’autres évoquent la puissance des lobbies, qui bloqueraient les progrès.
D’autres la faiblesse des médias. Et dans
ce cercle vicieux, les ONG rament. Avec
des succès mitigés et un questionnement
qui commence à émerger : comment
parler et mobiliser « d’une manière nettement plus percutante et innovante » ? ■
MICHEL DE MUELENAERE

ACTIONS

Assez d’efforts ?

Manque de vision
L’absence de vision : un reproche récurrent. Comme celui du manque d’ambition. « Les politiques sont-ils capables
de se projeter à moyen et long terme ?,
s’interroge un haut fonctionnaire. Non,
juste à une trentaine de semaines, c’est-àdire les prochaines élections. C’est un
constat terrible, mais réaliste je crois. »
Les exemples pleuvent : l’incroyable
sanctuarisation de l’automobile, l’incapacité à investir sérieusement dans les
transports en commun, l’absence de volonté d’agir massivement dans la rénovation des bâtiments, l’échec de la fiscalité… « Tous les partis évoquent une réforme fiscale, et pratiquement pas un
seul, dans ses propositions à ce sujet, ne La politique en matière de transports routiers : un domaine dans lequel les décideurs politiques
s’exprime clairement sur la nécessité de n’ont pas osé, su, pu, imaginé trancher. Un échec majeur. © ROGER MILUTIN.

La liste des mesures prises
et à prendre à tous les niveaux de pouvoir est pourtant longue. Trop peu ?
Au fédéral, on invoque les
déductions fiscales pour
investissement économiseur
d’énergie pour les particuliers (en oubliant celles
qu’on a supprimées…) et les
entreprises, les agrocarburants, la promotion du rail,
l’éolien offshore.
La Wallonie qui s’est dotée
d’un plan énergie-climat a
lancé son alliance emploienvironnement ainsi que des
programmes de recherche ;
promeut les modes de transport doux, a octroyé 17.349
primes contre 8.168 en
2008. Dépensera 70 millions pour des primes énergie et réhabilitation et 100
pour les prêts « écopacks ».,
soutient la géothermie.
Bruxelles a aussi un plan
climat. En 5 ans, elle a dépensé 110 millions de primes
énergie-rénovation. Tente de
prendre des mesures de
mobilités. Objectif 2025 :
réduire les émissions de
30 % par rapport à 1990.
M.D.M

querelle Les désaccords entre le fédéral et les Régions

minent les politiques et la crédibilité de la Belgique
’est le clou
Et pour beaucoup, preuve
Cl’incapacité de notrelacercueil.
de
des politiques à
mener à bon port les dossiers de
l’énergie et du climat. Depuis
des mois, les Régions et le fédéral livrent bataille autour du
dossier du partage de la charge,
le burden sharing pour les intimes. Une question « simple »
mais toujours pas de réponse.
La Belgique s’étant engagée à
réduire de 15 % ses émissions de
CO2 d’ici 2020 et de couvrir
13 % de sa consommation
d’énergie avec des renouvelables, qui, du fédéral et des Régions, fait quoi ? Dans le paquet,
on discute aussi de la répartition
des revenus de la mise aux enchères des quotas de CO2 réservés à la Belgique. Et l’on a tenté
de s’entendre sur la répartition
de l’aide (150 millions sur 20102012) promise par la Belgique
aux pays en développement les
plus pauvres affectés par le
changement climatique.
Des dizaines et des dizaines de
réunions plus tard, c’est pour
l’instant l’échec sur toute la
ligne. Même si, aux dernières
nouvelles, « tout le monde veut
aboutir », selon un négociateur.
Ça fait mauvais genre. Cette semaine au sommet de Varsovie,
le monde évoquera le soutien financier aux pays du Sud. De
l’argent pour la période 20132015, puis 100 milliards de dol-

Incroyable : la somme des émissions de gaz à effet de serre rapportée par les Régions ne correspond
pas au calcul du fédéral. Quinze ans que l’ONU nous demande de mettre de l’ordre. En vain. © THIENPONT.

lars par an pour 2020. La Belgique qui s’était engagée pour
150 millions entre 2010 et 2012
n’a réussi à en trouver péniblement que 92,561. « C’est le gouvernement fédéral qui a le plus
activement participé à ce financement, insiste Melchior Wathelet (CDH), ministre de l’Environnement : Nous avons donné
78,113 millions. » L’argent n’est
pas « nouveau et additionnel »
comme c’était prévu dans les accords internationaux : une par-

tie résulte du « recyclage » de
budgets de la coopération au développement. Le reste qui devait
en principe venir des Régions ?
« Ce dossier est refermé, dit un
des participants de la Commission nationale climat où les
Belges s’étripent depuis des
lunes. La Belgique ne donnera
jamais ces 150 millions. » On
passe à autre chose. Reste que
lorsqu’il s’agira de se montrer en
pointe sur le dossier climatique,
les négociateurs belges auront

du mal à se faire entendre.
A l’heure de déterminer les
responsabilités dans ce fiasco,
tout le monde flingue tout le
monde. Du côté fédéral, on stigmatise « la schizophrénie » des
Régions qui veulent toutes les
compétences mais refusent les
contraintes qui y sont liées.
Celles-ci accusent le gouvernement fédéral d’immobilisme,
d’être absent lors des négociations et d’être incapable de se
mettre d’accord sur une poli-

tique climatique que certains
partis jugent non prioritaire.
« On attend toujours le sommet belge sur le climat annoncé
en grande pompe par Wathelet
lors du dernier sommet international à Doha en 2012. Et qu’at-il fait lorsqu’il présidait la
Commission
nationale
climat ? », s’amuse un Wallon. Les
proches du dossier relèvent aussi que les partis flamands tant à
la Région qu’à l’exécutif fédéral
dénient à celui-ci toute compétence et cherchent à torpiller le
dossier. L’environnement étant
une compétence régionale, ni le
gouvernement ni l’administration fédérale n’ont à s’en mêler,
peut-on résumer. Le hic, c’est
que certains leviers essentiels
sont encore entre les mains du
fédéral comme la fiscalité (accises sur les carburants et déductibilités), l’éolien offshore,
les agrocarburants, les normes
de produits…
« Chaos institutionnel »
Au moment de négocier, chacun cherche à reporter l’effort
sur l’autre. « C’est le chaos institutionnel », résume un fonctionnaire. En termes diplomatiques,
le Conseil fédéral du développement durable déplore l’ampleur
des divisions. Dans son dernier
avis sur la « gouvernance climatique » (tout un programme…),
il plaide pour « une réelle coordi-

nation et une réelle cohérence
entre les différentes instances
belges en charge de la politique
climatique, du fait du caractère
transversal de cette politique et
des nombreuses synergies possibles ». On traduit : en matière
d’énergie et de climat aujourd’hui en Belgique, chacun tire la
couverture à soi, mène sa politique dans son coin, éventuellement contradictoire à ce qui se
fait à d’autres niveaux de pouvoir. Alors qu’une coordination
permettrait à tous d’en tirer
d’importants bénéfices…
Vous avez dit coordination ?
Les Belges sont déjà incapables
de s’entendre sur leurs chiffres
d’émission. En raison de différences de méthodologies, la
somme des émissions régionales
ne correspond pas au calcul fédéral. Depuis des années, l’ONU
demande aux Belges d’accorder
leurs violons. « Cela fait 15 ans
que ça dure », soupire un responsable de l’inventaire.
Parviendra-t-on à ramener la
raison ? Cette année, la vente
des quotas de CO2 rapportera
environ 130 millions à la Belgique. Une somme bloquée en
attendant un accord entre le fédéral et les Régions sur sa répartition. Si les arguments de raison ne parviennent pas à
convaincre, celui-ci pourrait aider… ■
MICHEL DE MUELENAERE
10

Climat8

  • 1.
    Le Soir Mardi12 novembre 2013 10LE BULLETIN CLIMATIQUE Le politique déçoit, DÉCIDEURS Manque d’intérêt, manque de vision, manque d’ambition. Le bulletin des politiques est constellé de rouge. Reflet ou cause du désintérêt de la population ? A l’heure de dresser le bulletin belge en matière climatique, les nombreux experts et observateurs contactés par Le Soir sont unanimes sur deux choses au moins. Un : espérer une modification des comportements des entreprises et des ménages en s’appuyant uniquement sur des « carottes » (primes, déductibilités fiscales, campagnes de sensibilisation…), c’est rêver en couleurs. Il faut aussi des mesures contraignantes pour décourager les comportements nuisibles et ouvrir la voie aux actes positifs. Deux : malgré quelques exceptions, on est aujourd’hui loin du but. Tant pour les carottes que pour les contraintes… « Les politiques sont des politiques avant tout, attaque un consultant, familier des cénacles gouvernementaux. Ils ne sont pas là pour faire le bien. En matière d’énergie et de climat, il y a quelques bonnes décisions et beaucoup de non-décisions. » Du côté des entreprises où l’on est parfois les premiers à combattre toute velléité de réglementation, un patron ajoute : « Les politiques ne savent pas trancher. C’est la division qui règne. Une tare vraiment catastrophique ! Qu’y a-til de sûr aujourd’hui en Belgique ? Il n’y a ni vision ni sécurité juridique. » mettre en place une fiscalité carbone », indique un universitaire. Dans un avis inhabituellement tranché, le très consensuel Conseil fédéral du développement durable (patrons, syndicats, ONG de développement, associations environnementales et de consommateurs) en rajoute lui-même une couche : « Des décisions importantes se font attendre, un cadre stratégique clair est absent, le suivi et l’évaluation des politiques sont déficients, les engagements ne sont pas tenus et la résolution de problèmes fondamentaux est toujours repoussée. » Parmi cette salve impitoyable, certains trouvent cependant des circonstances atténuantes : « Il est vrai que l’implication de la population est proche de zéro. Difficile pour un politique de faire de ces sujets un thème électoral. » Une population pas impliquée fait un politique démobilisé qui, en retour, n’agit pas pour conscientiser l’opinion. Voilà qui expli- querait, dit un autre, le fait que les parlementaires soient « remarquablement muets sur ces questions fondamentales ». D’autres évoquent la puissance des lobbies, qui bloqueraient les progrès. D’autres la faiblesse des médias. Et dans ce cercle vicieux, les ONG rament. Avec des succès mitigés et un questionnement qui commence à émerger : comment parler et mobiliser « d’une manière nettement plus percutante et innovante » ? ■ MICHEL DE MUELENAERE ACTIONS Assez d’efforts ? Manque de vision L’absence de vision : un reproche récurrent. Comme celui du manque d’ambition. « Les politiques sont-ils capables de se projeter à moyen et long terme ?, s’interroge un haut fonctionnaire. Non, juste à une trentaine de semaines, c’est-àdire les prochaines élections. C’est un constat terrible, mais réaliste je crois. » Les exemples pleuvent : l’incroyable sanctuarisation de l’automobile, l’incapacité à investir sérieusement dans les transports en commun, l’absence de volonté d’agir massivement dans la rénovation des bâtiments, l’échec de la fiscalité… « Tous les partis évoquent une réforme fiscale, et pratiquement pas un seul, dans ses propositions à ce sujet, ne La politique en matière de transports routiers : un domaine dans lequel les décideurs politiques s’exprime clairement sur la nécessité de n’ont pas osé, su, pu, imaginé trancher. Un échec majeur. © ROGER MILUTIN. La liste des mesures prises et à prendre à tous les niveaux de pouvoir est pourtant longue. Trop peu ? Au fédéral, on invoque les déductions fiscales pour investissement économiseur d’énergie pour les particuliers (en oubliant celles qu’on a supprimées…) et les entreprises, les agrocarburants, la promotion du rail, l’éolien offshore. La Wallonie qui s’est dotée d’un plan énergie-climat a lancé son alliance emploienvironnement ainsi que des programmes de recherche ; promeut les modes de transport doux, a octroyé 17.349 primes contre 8.168 en 2008. Dépensera 70 millions pour des primes énergie et réhabilitation et 100 pour les prêts « écopacks »., soutient la géothermie. Bruxelles a aussi un plan climat. En 5 ans, elle a dépensé 110 millions de primes énergie-rénovation. Tente de prendre des mesures de mobilités. Objectif 2025 : réduire les émissions de 30 % par rapport à 1990. M.D.M querelle Les désaccords entre le fédéral et les Régions minent les politiques et la crédibilité de la Belgique ’est le clou Et pour beaucoup, preuve Cl’incapacité de notrelacercueil. de des politiques à mener à bon port les dossiers de l’énergie et du climat. Depuis des mois, les Régions et le fédéral livrent bataille autour du dossier du partage de la charge, le burden sharing pour les intimes. Une question « simple » mais toujours pas de réponse. La Belgique s’étant engagée à réduire de 15 % ses émissions de CO2 d’ici 2020 et de couvrir 13 % de sa consommation d’énergie avec des renouvelables, qui, du fédéral et des Régions, fait quoi ? Dans le paquet, on discute aussi de la répartition des revenus de la mise aux enchères des quotas de CO2 réservés à la Belgique. Et l’on a tenté de s’entendre sur la répartition de l’aide (150 millions sur 20102012) promise par la Belgique aux pays en développement les plus pauvres affectés par le changement climatique. Des dizaines et des dizaines de réunions plus tard, c’est pour l’instant l’échec sur toute la ligne. Même si, aux dernières nouvelles, « tout le monde veut aboutir », selon un négociateur. Ça fait mauvais genre. Cette semaine au sommet de Varsovie, le monde évoquera le soutien financier aux pays du Sud. De l’argent pour la période 20132015, puis 100 milliards de dol- Incroyable : la somme des émissions de gaz à effet de serre rapportée par les Régions ne correspond pas au calcul du fédéral. Quinze ans que l’ONU nous demande de mettre de l’ordre. En vain. © THIENPONT. lars par an pour 2020. La Belgique qui s’était engagée pour 150 millions entre 2010 et 2012 n’a réussi à en trouver péniblement que 92,561. « C’est le gouvernement fédéral qui a le plus activement participé à ce financement, insiste Melchior Wathelet (CDH), ministre de l’Environnement : Nous avons donné 78,113 millions. » L’argent n’est pas « nouveau et additionnel » comme c’était prévu dans les accords internationaux : une par- tie résulte du « recyclage » de budgets de la coopération au développement. Le reste qui devait en principe venir des Régions ? « Ce dossier est refermé, dit un des participants de la Commission nationale climat où les Belges s’étripent depuis des lunes. La Belgique ne donnera jamais ces 150 millions. » On passe à autre chose. Reste que lorsqu’il s’agira de se montrer en pointe sur le dossier climatique, les négociateurs belges auront du mal à se faire entendre. A l’heure de déterminer les responsabilités dans ce fiasco, tout le monde flingue tout le monde. Du côté fédéral, on stigmatise « la schizophrénie » des Régions qui veulent toutes les compétences mais refusent les contraintes qui y sont liées. Celles-ci accusent le gouvernement fédéral d’immobilisme, d’être absent lors des négociations et d’être incapable de se mettre d’accord sur une poli- tique climatique que certains partis jugent non prioritaire. « On attend toujours le sommet belge sur le climat annoncé en grande pompe par Wathelet lors du dernier sommet international à Doha en 2012. Et qu’at-il fait lorsqu’il présidait la Commission nationale climat ? », s’amuse un Wallon. Les proches du dossier relèvent aussi que les partis flamands tant à la Région qu’à l’exécutif fédéral dénient à celui-ci toute compétence et cherchent à torpiller le dossier. L’environnement étant une compétence régionale, ni le gouvernement ni l’administration fédérale n’ont à s’en mêler, peut-on résumer. Le hic, c’est que certains leviers essentiels sont encore entre les mains du fédéral comme la fiscalité (accises sur les carburants et déductibilités), l’éolien offshore, les agrocarburants, les normes de produits… « Chaos institutionnel » Au moment de négocier, chacun cherche à reporter l’effort sur l’autre. « C’est le chaos institutionnel », résume un fonctionnaire. En termes diplomatiques, le Conseil fédéral du développement durable déplore l’ampleur des divisions. Dans son dernier avis sur la « gouvernance climatique » (tout un programme…), il plaide pour « une réelle coordi- nation et une réelle cohérence entre les différentes instances belges en charge de la politique climatique, du fait du caractère transversal de cette politique et des nombreuses synergies possibles ». On traduit : en matière d’énergie et de climat aujourd’hui en Belgique, chacun tire la couverture à soi, mène sa politique dans son coin, éventuellement contradictoire à ce qui se fait à d’autres niveaux de pouvoir. Alors qu’une coordination permettrait à tous d’en tirer d’importants bénéfices… Vous avez dit coordination ? Les Belges sont déjà incapables de s’entendre sur leurs chiffres d’émission. En raison de différences de méthodologies, la somme des émissions régionales ne correspond pas au calcul fédéral. Depuis des années, l’ONU demande aux Belges d’accorder leurs violons. « Cela fait 15 ans que ça dure », soupire un responsable de l’inventaire. Parviendra-t-on à ramener la raison ? Cette année, la vente des quotas de CO2 rapportera environ 130 millions à la Belgique. Une somme bloquée en attendant un accord entre le fédéral et les Régions sur sa répartition. Si les arguments de raison ne parviennent pas à convaincre, celui-ci pourrait aider… ■ MICHEL DE MUELENAERE 10