S
i le vent souffle en Wallo-
nie, il n’est pas certain
qu’il contribue toujours à
chasser la fumée qui entoure la
politique en matière d’énergies
renouvelables. Dans ce dossier,
le paysage vient de connaître
une nouvelle modification. Et
cela ne préjuge pas des sui-
vantes… L’objectif global, on le
sait, est de produire annuelle-
ment 8.000 GWh (gigawatts/
heure) d’énergie en 2020 à par-
tir de sources renouvelables.
Mais on ne sait encore quelle se-
ra la part définitive de chaque
source (vent, soleil, biomasse,
etc.) ni avec quelle technique on
y parviendra.
En août 2011, le gouverne-
ment wallon a fixé la part de
l’éolien à 4.500 GWh. Restait à
savoir comment faire. Le mi-
nistre de l’Environnement, Phi-
lippe Henry (Ecolo), a été chargé
de définir des critères d’implan-
tation d’éoliennes et de dresser
une carte identifiant les
« meilleures » zones pour im-
planter les moulins à vent,
compte tenu des multiples
contraintes qui s’imposent. Par-
mi celles-ci le vent (il ne souffle
par suffisamment partout), les
exclusions liées aux zones mili-
taires, aux radars aéronautiques,
aux zones naturelles et surtout à
la présence d’habitations.
Des modifications
La cartographie a fait l’objet
d’une consultation auprès des
communes. Beaucoup ont réagi.
Beaucoup ont critiqué. Jeudi, le
gouvernement a validé une sé-
rieuse amodiation du cadre.
Principale modification : la dis-
tance minimale par rapport aux
habitations passe de 450 à 600
mètres, quatre fois la hauteur
d’une éolienne moyenne. La
nouvelle mouture de la carte
protège également mieux les
« cavités souterraines d’intérêt
scientifique » abritant des ras-
semblements massifs de chauve-
souris, les sites de la structure
écologique principale, les plans
d’eaux d’intérêt ornithologique
et les sites d’oiseaux de plateaux
agricoles exposés au développe-
ment éolien. Par ailleurs, la
norme d’exposition au bruit pas-
serait à 40 dBA en été et à 43
dBA hors conditions estivales.
Résultat : le territoire désor-
mais ouvert au développement
éolien en Wallonie passe de
52.000 à 37.000 hectares –
2,5 % du territoire au lieu de
3,5 %. L’objectif 2020 est rame-
né de 4.500 à 3.800 GWh. Il de-
vra être « compensé » par un re-
cours accru à d’autres sources
renouvelables, la biomasse et le
photovoltaïque industriel no-
tamment qui sont tous deux
« au-dessus de la trajectoire »,
dit-on chez le ministre de l’Ener-
gie Jean-Marc Nollet (Ecolo).
Le développement de l’éolien
se fera en priorité le long des au-
toroutes, dit-on de source offi-
cielle. C’était le sens des proposi-
tions du ministre des Travaux
publics, Carlo Di Antonio
(CDH). D’une part, il s’agirait
d’implanter environ 180 grandes
éoliennes le long des autoroutes,
d’autre part de développer en
« parcs » le petit éolien (50 et
100 kW) sur certains sites de la
Sofico (voies navigables)… Autre
aspect de la proposition : profi-
ter du remplacement progressif
des poteaux d’éclairage situés le
long des autoroutes pour instal-
ler des poteaux multifonction-
nels comprenant une petite éo-
lienne. « L’examen des différents
aspects de cette proposition – la
faisabilité, la rentabilité, la
structure de mise en œuvre, la
possibilité de créer une filière
wallonne – seront examinés par
un groupe de travail », indique
Di Antonio. Le groupe compren-
dra aussi les ministres Marcourt,
Nollet et Antoine.
Du côté d’Edora, la fédération
des professionnels du renouve-
lable, on plaide pour que des
« projets pilotes » testent la fai-
sabilité des petites éoliennes. Et
l’on insiste pour ne pas négliger
le grand éolien qui, lui, « a fait
ses preuves ». ■
MICHEL DE MUELENAERE
L’espace se réduit pour les éoliennes
ENVIRONNEMENT La Wallonie modifie les futurs critères d’implantation
On ne pourra implan-
ter d’éolienne à moins de
600 mètres d’une habi-
tation en Wallonie.
Les éoliennes autorou-
tières mises à l’étude.
Pas d’éolienne à moins de 600 mètres d’habitations.© IMAGEGLOBE

Eoliennes

  • 1.
    S i le ventsouffle en Wallo- nie, il n’est pas certain qu’il contribue toujours à chasser la fumée qui entoure la politique en matière d’énergies renouvelables. Dans ce dossier, le paysage vient de connaître une nouvelle modification. Et cela ne préjuge pas des sui- vantes… L’objectif global, on le sait, est de produire annuelle- ment 8.000 GWh (gigawatts/ heure) d’énergie en 2020 à par- tir de sources renouvelables. Mais on ne sait encore quelle se- ra la part définitive de chaque source (vent, soleil, biomasse, etc.) ni avec quelle technique on y parviendra. En août 2011, le gouverne- ment wallon a fixé la part de l’éolien à 4.500 GWh. Restait à savoir comment faire. Le mi- nistre de l’Environnement, Phi- lippe Henry (Ecolo), a été chargé de définir des critères d’implan- tation d’éoliennes et de dresser une carte identifiant les « meilleures » zones pour im- planter les moulins à vent, compte tenu des multiples contraintes qui s’imposent. Par- mi celles-ci le vent (il ne souffle par suffisamment partout), les exclusions liées aux zones mili- taires, aux radars aéronautiques, aux zones naturelles et surtout à la présence d’habitations. Des modifications La cartographie a fait l’objet d’une consultation auprès des communes. Beaucoup ont réagi. Beaucoup ont critiqué. Jeudi, le gouvernement a validé une sé- rieuse amodiation du cadre. Principale modification : la dis- tance minimale par rapport aux habitations passe de 450 à 600 mètres, quatre fois la hauteur d’une éolienne moyenne. La nouvelle mouture de la carte protège également mieux les « cavités souterraines d’intérêt scientifique » abritant des ras- semblements massifs de chauve- souris, les sites de la structure écologique principale, les plans d’eaux d’intérêt ornithologique et les sites d’oiseaux de plateaux agricoles exposés au développe- ment éolien. Par ailleurs, la norme d’exposition au bruit pas- serait à 40 dBA en été et à 43 dBA hors conditions estivales. Résultat : le territoire désor- mais ouvert au développement éolien en Wallonie passe de 52.000 à 37.000 hectares – 2,5 % du territoire au lieu de 3,5 %. L’objectif 2020 est rame- né de 4.500 à 3.800 GWh. Il de- vra être « compensé » par un re- cours accru à d’autres sources renouvelables, la biomasse et le photovoltaïque industriel no- tamment qui sont tous deux « au-dessus de la trajectoire », dit-on chez le ministre de l’Ener- gie Jean-Marc Nollet (Ecolo). Le développement de l’éolien se fera en priorité le long des au- toroutes, dit-on de source offi- cielle. C’était le sens des proposi- tions du ministre des Travaux publics, Carlo Di Antonio (CDH). D’une part, il s’agirait d’implanter environ 180 grandes éoliennes le long des autoroutes, d’autre part de développer en « parcs » le petit éolien (50 et 100 kW) sur certains sites de la Sofico (voies navigables)… Autre aspect de la proposition : profi- ter du remplacement progressif des poteaux d’éclairage situés le long des autoroutes pour instal- ler des poteaux multifonction- nels comprenant une petite éo- lienne. « L’examen des différents aspects de cette proposition – la faisabilité, la rentabilité, la structure de mise en œuvre, la possibilité de créer une filière wallonne – seront examinés par un groupe de travail », indique Di Antonio. Le groupe compren- dra aussi les ministres Marcourt, Nollet et Antoine. Du côté d’Edora, la fédération des professionnels du renouve- lable, on plaide pour que des « projets pilotes » testent la fai- sabilité des petites éoliennes. Et l’on insiste pour ne pas négliger le grand éolien qui, lui, « a fait ses preuves ». ■ MICHEL DE MUELENAERE L’espace se réduit pour les éoliennes ENVIRONNEMENT La Wallonie modifie les futurs critères d’implantation On ne pourra implan- ter d’éolienne à moins de 600 mètres d’une habi- tation en Wallonie. Les éoliennes autorou- tières mises à l’étude. Pas d’éolienne à moins de 600 mètres d’habitations.© IMAGEGLOBE