Séance 2 – Les Lumières, la Révolution
et l’Empire bouleversent
l’histoire du monde
Jacques-Louis David, Bonaparte franchissant le
Grand-Saint-Bernard, huile sur toile, 271 × 232 cm,
1802, Musée national du Château de Versailles.
Institut d’Études politiques d’Aix-en-Provence – Certificat d’études politiques – François Parchemin – La France dans le monde
I – L’influence de la France des Lumières
A – La France de Louis XV, un modèle de modernité
Vues des ports de France par Joseph Vernet
L’entrée du port de Marseille, 1754
L’intérieur du port de Marseille (détail), 1754
Bordeaux, 1759
Toulon (détail), 1755
Joseph Vernet, La construction d’un grand chemin,
huile sur toile, 97 x 102 cm, Musée du Louvre, 1774
Joseph Vernet, Les abords d’une foire,
huile sur toile, 98 x 163 cm, Musée Fabre, Montpellier, 1774
B – Les philosophes contre l’absolutisme
A. Lemonnier, Lecture de la tragédie de l'orphelin de la Chine
de Voltaire dans le salon de madame Geoffrin, 1812
Carte des académies
«  Les académies dans les
provinces ont produit des
avantages signalés. Elles ont
fait naître l’émulation, forcé au
travail, accoutumé les jeunes
gens à de bonnes lectures,
dissipé l’ignorance et les
préjugés de quelques villes,
inspiré la politesse, et chassé
autant qu’on le peut le
pédantisme »
Voltaire, Article « Académie »
in Dictionnaire philosophique.
«  Les Lumières furent un moment décisif dans l’histoire des
idées et du processus de notre modernité. […] La raison fut,
en effet, promue en impératif suprême, comme la matrice et le
moteur d’une transformation optimiste du monde, capable de
casser le cycle des violences, individuelles et collectives,
capable aussi d’assurer tout à la fois le progrès, la
régénération et le bonheur du genre humain. Car de la raison
dans les sciences, on passa naturellement à la raison dans
l’ordre économique, l’ordre politique, l’ordre social… »
Joël Cornette, Absolutisme et Lumières,
2005, Hachette, p. 253
René Descartes (1596-1650)
Montesquieu (1689-1755)
Les lettres persanes, 1721
De l’esprit des lois, 1748
François-Marie Arouet
dit Voltaire (1694-1778)
Les lettres philosophiques ou
Lettres anglaises, 1734
Candide, 1759
Le dictionnaire philosophique
portatif, 1764
Le traité sur la tolérance,
1763
Denis Diderot (1694-1778)
dirige avec d’Alembert
L’Encyclopédie ou
Dictionnaire raisonné des
sciences, des arts et des
métiers, 1747-1765
Jean-Jacques Rousseau
(1772-1778)
Du contrat social, 1762
«  Je voudrais bien savoir quel
mal peut faire un livre qui coûte
cent écus. Jamais vingt volumes
in-folio ne feront de révolution ;
ce sont les petits livres portatifs
à trente sous qui sont à
craindre. Si l'évangile avait
coûté douze cent sesterces,
jamais la religion chrétienne ne
se serait établie »
Lettre de Voltaire à d’Alembert,
1756
Au total dix-sept volumes sont publiés entre 1751 et 1765 rassemblant 72 000
entrées rédigées par cent quarante collaborateurs. Soixante auteurs furent
mobilisés pour les onze volumes de planches. Cinq volumes de suppléments
furent ensuite publiés en 1776-1777 et deux volumes d’index en 1780.
L’Encyclopédie
La marquise de Pompadour
par Quentin de la Tour
La favorite du roi se fait
ostensiblement représenter avec
De l’esprit des lois de Montesquieu,
La Henriade de Voltaire
et le volume IV de L’Encyclopédie
C – La Révolution américaine, première des
Révolutions atlantiques inspirées par l’esprit des
Lumières
John Trumbull, Déclaration d’indépendance, United States Capitol, 1819
La Déclaration d’indépendance présentée par la Commission des Cinq (John Adams, Roger Sherman,
Robert Livingston, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin) au Pennsylvania State House
Auguste Couder, Siège de Yorktown. Le Général Rochambeau et le Général Washington Donnent
les derniers ordres pour l'attaque, October 1781, Musée national du château de Versailles, 1836.
La reddition de Cornawallis à Yorktown (octobre 1781)
en présence de Rochambeau, de Grasse, La Fayette et George Washington
John Trumbull, La reddition de Lord Cornwallis, 1817
Benjamin West, American Commissioners of the Preliminary Peace
Agreement with Great Britain, 1783-1784, Winterthur Museum, Delaware.
John Jay, John Adams, Benjamin Franklin, Henry Laurens et William T. Franklin lors de la négociation
du traité de Paris (1783). La délégation britannique refusa de poser et le tableau resta inachevé.
Un exemple de contestation de l’ordre ancien
Pièce de 1778 censurée jusqu’en 1784
«  Non, monsieur le comte, vous ne l’aurez pas… vous ne
l’aurez pas. Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous
croyez un grand génie !… noblesse, fortune, un rang, des
places, tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de
biens ? vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de
plus : du reste, homme assez ordinaire ! tandis que moi,
morbleu, perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer
plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu’on
n’en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes ;
et vous voulez jouter ! »
Extrait de la pièce de Beaumarchais, Le mariage de Figaro, 1778
Acte V, scène 3
« Que je voudrais bien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers
sur le mal qu’ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil !
Je lui dirais… que les sottises imprimées n’ont d’importance qu’aux lieux
où l’on en gêne le cours ; que, sans la liberté de blâmer, il n’est point
d’éloge flatteur ; et qu’il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits
écrits. (Il se rassied.) Las de nourrir un obscur pensionnaire, on me met un
jour dans la rue ; et comme il faut dîner, quoiqu’on ne soit plus en prison, je
taille encore ma plume, et demande à chacun de quoi il est question : on
me dit que, pendant ma retraite économique, il s’est établi dans Madrid un
système de liberté sur la vente des productions, qui s’étend même à celles
de la presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité,
ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des
corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui
tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection
de deux ou trois censeurs. Pour profiter de cette douce liberté, j’annonce
un écrit périodique, et, croyant n’aller sur les brisées d’aucun autre, je le
nomme Journal inutile. Pou-ou ! je vois s’élever contre moi mille pauvres
diables à la feuille : on me supprime, et me voilà derechef sans emploi ! »
Extrait de la pièce de Beaumarchais, Le mariage de Figaro, 1778
Acte V, scène 3
II – La Révolution se présente comme un modèle
universel
A – 1789, l’année sans pareille
Remontrances du Parlement de Paris, 4 mars 1776
«  C’est là une question d’État et une des plus importantes,
puisqu’il s’agit de savoir si tous vos sujets peuvent et doivent
être confondus, s’il faut casser d’admettre parmi eux des
conditions différentes, des rangs, des titres, des prééminences.
Le service personnel du clergé  est de remplir toutes les
fonctions relatives à l’instruction, au culte religieux, et de
contribuer au soulagement des malheureux par ses aumônes.
Le noble consacre son sang à la défense de l’État et assiste de
ses conseils le souverain.
La dernière classe de la nation, qui ne peut rendre à l’État des
services aussi distingués, s’acquitte envers lui par les tributs,
l’industrie et les travaux corporels. »
Extraits du cahier de doléances du clergé du bailliage d'Orléans
31 mars 1789
Que Sa Majesté, à l'exemple de ses prédécesseurs, accorde toute protection
et faveur à la religion, qui est le plus ferme appui du trône, qu'elle emploie tout
son zèle pour et son autorité pour la défendre des attaques multipliées de
l'impiété et de la philosophie moderne. [...]
Que l'on prenne en une particulière considération l'amélioration du sort des
curés [...] par l'augmentation de la portion congrue (revenu minimum), qui est
encore fort insuffisante. Qu'il soit proposé des moyens de retraite aux curés
Que les ecclésiastiques soient maintenus dans la jouissance de toutes les
dîmes dont ils sont en possession.
Que la liberté personnelle des citoyens soit mise à l'abri des atteintes
auxquelles elle est exposée par l'usage arbitraire des lettres de cachet...
Que le retour des États généraux soit rendu périodique, l'intervalle de leurs
assemblées successives fixé, et l'époque de la tenue qui devra suivre
prochainement les États de 1789 arrêtée...
Extraits du cahier de doléances de la noblesse du bailliage de Vendôme,
24 Mars 1789
ART. 1. Lesdits États Généraux seront rendus périodiques à des époques [...]
qu’ils fixeront eux mêmes. […]
ART. 2. Il sera établi des États Provinciaux dans tous le Royaume. [...] Le devoir
du député (de la Noblesse) est de conserver à son Ordre les droits honorifiques
et les prééminences dont la Noblesse française a joui ou a dû jouir jusqu’à ce
jour. […]
ART. 5. La Noblesse consentira un subside (impôt) sur toutes les propriétés
immobilières, quelle que soit la qualité du propriétaire. […]
ART. 6. Il ne sera fait aucun emprunt, ni levé aucun impôt sans le consentement
de la Nation légalement convoquée en États Généraux. […]
ART. 8. Les dépenses de chaque département (ministère), même celles de la
Maison du Roi seront fixées et il sera procédé à une réduction des pensions.[...]
ART. 11. La liberté individuelle des Français sera assurée par la suppression de
toutes les lettres closes, lettres d’exil et autres espèces d’ordre arbitraire (lettres
closes ou lettres de cachets, lettre dans laquelle le roi décide de vous envoyer
en prison sans jugement ni recours). [...]
Extraits du cahier de doléances fait en l’assemblée générale de La Chapelle de
Craonne, tenue sous le vestibule de l’église, le 6e jour de mars 1789.
Article premier : […] les députés aux États Généraux sollicitent le rétablissement des
droits imprescriptibles de la nation : en conséquence, que nul impôt ne puisse être
établi sans le consentement des États généraux assemblés.
ART. 2 : Qu’il soit statué que les États Généraux auront lieu de cinq ans en cinq ans.
[…]
ART. 4 : Les députés demanderont l’abolition entière de tous les privilèges des
nobles, clercs et gens de place.
ART. 5 : L’abolition de la gabelle, des tailles […] et autres droits (impôts prélevés par
le roi).
ART. 6 : Que pour remplacer ces impôts et droits, il soit établi une capitation
personnelle, une taxe foncière […] qui frappe indistinctement les citoyens des trois
ordres.
ART. 9 : Que soient abolies les justices et polices seigneuriales, les droits de chasse,
de pêche, les banalités, le cens et devoirs seigneuriaux ; que soit demandé le droit
de tuer, chacun dans son champ, les lapins et autres animaux nuisibles à
l’agriculture.
ART. 10 : Que les charges et offices (fonctions dans l'administration royale, réservées
aux nobles) soient donnés en récompense du mérite.
ART. 13 : […] qu’on puisse abolir les dîmes (impôt prélevé par le Clergé).
ART. 16 : Que les emplois civils, militaires, ecclésiastiques soient possédés de façon
que la noblesse n’ait plus de préférence et le tiers état plus d’exclusion.
8 août 1788 Convocation des États généraux
27 déc. 1788 Doublement du nombre des députés du Tiers
Janvier 1789 Qu’est-ce que le tiers état ? de Sieyès
fév.-avril 1789 Réunion des assemblées pour élire les députés et rédiger les
cahiers de doléances
5 mai 1789 Ouverture des états généraux
6 mai 1789 Les députés du Tiers se donne le nom de Communes
17 juin 1789 Le Tiers prend le titre d’Assemblée nationale
20 juin 1789 Serment du Jeu de paume
9 juillet 1789 L’Assemblée nationale se proclame constituante
La réunion des États généraux
Auguste Couder, Ouverture des États généraux à Versailles, 5 mai 1789,
musée de l'Histoire de France (Versailles), 1839.
Auguste Couder, Le Serment du Jeu de Paume, 20 juin 1789, musée de
l'Histoire de France (Versailles), 1848.
Jacques-Louis David, Le serment du Jeu de Paume, 20 juin 1789
Esquisse à l’encre brune, 66x101,2 cm, Musée national du Château de Versailles, 1791
Mai-juin 1789
de la solennité d’Ancien
Régime au souffle
révolutionnaire
de la séparation en ordres à la
fusion de la nation
La révolution populaire
14 juillet 1789 Prise de la Bastille
17 juillet 1789 Louis XVI reçoit la cocarde tricolore à l’Hôtel de Ville
18 juillet 1789 Départ des premiers émigrés
20 juillet 1789 Début de la Grande Peur
La forteresse de la Bastille au XVIIIe siècle
Jean-Pierre Houël, La Prise de la Bastille, 1789
Hubert Robert, La bastille, dans les premiers jours de sa démolition, huile sur toile,
77x114 cm, musée Carnavalet. La toile est signée « 20 juillet 1789, H. Robert pinxit »
Le bouleversement juridique
14 juillet 1789 Prise de la Bastille
20 juillet 1789 Début de la Grande Peur
4 août 1789 Abolition des privilèges (Nuit du 4 août)
26 août 1789 Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen
5-6 oct. 1789 Le peuple marche sur Versailles et oblige le roi
et sa famille à s’installer à Paris
Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789
- La fin de l’absolutisme et la participation du peuple
- La fin de l’arbitraire, des inégalités et la reconnaissance de libertés
- L’importance de la loi
- Le souci de préserver l’ordre public
On peut regrouper les articles de la
Déclaration des Droits de l’Homme et du
Citoyen de 1789 selon quatre thèmes
principaux :
- La fin de l’absolutisme et la participation
du peuple (art. 2, 3, 5, 6, 14, 15, 16)
- Fin de l’arbitraire, des inégalités et
reconnaissance de libertés (art. 1, 6, 7,
8, 9, 10, 11)
- L’importance de la loi (art. 4, 5, 6, 7, 8,
9, 10, 11)
- Le souci de préserver l’ordre public (art.
4, 12, 13, 17)
B – Les guerres de la Révolution transforment
l’Europe
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 (cinq jours après la déclaration de guerre
à l’Autriche), Claude Joseph Rouget de Lisle, capitaine du Génie en poste à
Strasbourg rédige un Chant de guerre pour l’armée du Rhin devenu très vite
La Marseillaise (chant national en 1795 puis hymne national en 1879).
Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !
Refrain :
Aux armes, citoyens,
Formez vos bataillons,
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !
Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage !
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !
Refrain
Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !
Refrain
Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !
La Marseillaise, 1792 (suite)
Refrain
Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !
Refrain
Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !
1. Une nation en armes en état de légitime défense
- la défense légitime pour une juste cause
- une nation en armes prête au combat
2. La haine de l’Ancien Régime
- La haine des traitres émigrés et du despotisme étranger
- L’exaltation des valeurs nouvelles
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 (cinq jours après la déclaration de guerre
à l’Autriche), Claude Joseph Rouget de Lisle, capitaine du Génie en poste à
Strasbourg rédige un Chant de guerre pour l’armée du Rhin devenu très vite
La Marseillaise.
Source de l’analyse : Arnauld Chappeau, Méthode du commentaire de texte historique,
Seli Arslan, 2008, pp. 22-26
Deux thématiques principales :
Horace Vernet, La bataille de Valmy. Le 20 septembre 1792, 1826.
« Dès ce moment, jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du
territoire de la République, tous les Français sont en réquisition
permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au
combat; les hommes mariés forgeront des armes et transporteront des
subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits et serviront
dans les hôpitaux ; les enfants mettront les vieux linges en charpie, les
vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le
courage des guerriers, la haine des rois et l’unité de la République ».
Article premier du décret du 23 août 1793.
La levée en masse
Horace Vernet, La bataille du pont d’Arcole, 260 × 194 cm, 1826
Antoine-Jean Gros,
Napoléon au pont d’Arcole,
73 x 59 cm,
Musée du Louvre, 1801.
La France à l’issue du traité
de Campo-Formio (1797)
Fin de la première coalition
contre la France. Les hostilités
reprennent dès 1798.
Jean-Léon Gérôme, Le général Bonaparte et son état-major en Egypte, 1867
Jean-Léon Gérôme, Bonaparte devant le Sphinx, 1868
François Bouchot, Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à
Saint-Cloud. 10 novembre 1799, château de Versailles, 1840.
Coup d’État du 18 brumaire an VIII
C – Le dérapage de la Révolution
Les provinces sous
l’Ancien Régime
Projet du comité Sieyès-
Thouret du 19 septembre 1789
80 départements de 18 lieues
de côté (70 km)
La France découpée en 83 départements (1790)
Charles Thévenin, Fête de la Fédération, 1790, musée Carnavalet, Paris.
« Jurons sur l’Autel de la patrie, et en présence de l’Être suprême, de maintenir de tout notre
pouvoir la Constitution du royaume, d’être fidèles à la nation, à la loi et au roi, d’exécuter et de
faire exécuter les décrets de l’Assemblée nationale, sanctionnés ou acceptés par le roi. »
Un représentant du peuple en mission, Huile sur toile,
1793, attribuée à David, musée de la Révolution, Vizille.
Après la chute du roi (prise des Tuileries le
10 août 1792), la République est proclamée
le 21 septembre : une assemblée unique
(la Convention) assume tous les pouvoirs.
- embrigadement des citoyens
(fêtes révolutionnaires, certificats de civisme)
- début du calendrier républicain
(semaine de dix jours, 12 mois de 30 jours
avec des noms rappelant les éléments
naturels)
- représentants du peuple en mission
(imposent l’esprit révolutionnaire, pleins
pouvoirs)
Le Calendrier républicain :
Mois d'automne (terminaison en aire)
Vendémiaire  (22 sept. ~  21 oct.) - Période des vendanges
Brumaire  (22 oct. ~  20 nov.) - Période des brumes et des brouillards
Frimaire  (  21 novembre~  20 décembre) - Période des froids (frimas)
Mois d'hiver (terminaison en ôse)
Nivôse  (21 décembre  ~  19 janvier) - Période de la neige
Pluviôse  (20 janvier  ~  18 février) - Période des pluies
Ventôse  (19 février  ~  20 mars) - Période des vents
Mois du printemps (terminaison en al)
Germinal  (21 mars  ~  19 avril) - Période de la germination
Floréal  (20 avril  ~  19 mai) - Période de l'épanouissement des fleurs
Prairial  (20 mai  ~  18 juin) - Période des récoltes des prairies
Mois d'été (terminaison en idor)
Messidor  (19 juin  ~  18 juillet) - Période des moissons
Thermidor  (19 juillet  ~  17 août) - Période des chaleurs
Fructidor  (18 août  ~  16 septembre) - Période des fruits
Caricature anonyme de 1792
Vitrail de l'église de
Montilliers, réalisé
par Jean Clamens
en 1901.
Massacre du
Moulin-de-la-Reine,
le 5 avril 1794, où
22 femmes et
enfants sont fusillés
par des soldats
républicains.
III – L’Empire napoléonien ou le second moment
d’hégémonie française en Europe
A – L’Empire, un régime hybride
Costumes
officiels
Conseil des Anciens
Conseil des Cinq-Cents
Un des cinq
directeurs
François Bouchot, Le général Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à
Saint-Cloud. 10 novembre 1799, château de Versailles, 1840.
Coup d’État du 18 brumaire an VIII
Auguste Couder, Installation du Conseil d'Etat au Palais du Petit-Luxembourg
le 25 décembre 1799, Musée national du Château de Versailles, 1856.
Jean-Auguste-Dominique Ingres,
Bonaparte, Premier consul
1804
musée du Grand Curtius, Liège.
Jacques-Louis David, Sacre de l'empereur Napoléon et couronnement
de l'impératrice Joséphine le 2 décembre 1804, 621 x 979 cm, 1806.
François Gérard, Napoléon Ier en
costume du Sacre,
225 × 147 cm, 1805, Musée
national du Château de
Fontainebleau
Jean-Auguste-Dominique Ingres,
Napoléon Ier sur le trône impérial,
huile sur toile, 263 × 163 cm, 1806,
Musée de l’armée, Paris.
Jacques-Louis David, Serment de l'armée fait à l'Empereur après la
distribution des aigles, 5 décembre 1804, 610 × 970 cm, 1810.
Napoléon est continuateur de
la Révolution
Napoléon a stabilisé la
situation
Napoléon est fossoyeur de la
Révolution
Il reconnaît la propriété et les
libertés fondamentales en
faisant rédiger le Code Civil
Il stabilise l'économie grâce à la
Banque de France et au franc
germinal
Il développe la censure, la
police politique
Il conserve une apparence de
séparation des pouvoirs
Il réforme l'administration, crée
les préfets
Il tient le pouvoir en ses seuls
mains, prend toutes les
décisions
Il pense apporter les idées des
Lumières et de la Révolution
par la guerre aux Tyrans
étrangers
Il permet assure la paix sociale
et religieuse grâce au
Concordat
Il tente de créer une dynastie,
une noblesse d'empire
Napoléon conserve les idées
révolutionnaires de 1789
Napoléon assure la stabilité
du pays en relevant
l'économie, contrôlant
l'administration et
réconciliant les Français
Napoléon souhaite contrôler
le pays, retrouver le faste de
la monarchie, il est en rupture
avec les idées de 1789
Napoléon, continuateur ou fossoyeur
de la Révolution française ?
B – L’Europe française des Bonaparte
Auguste Mayer, Titre inconnu, Huile sur toile, 1836, 105 cm x 162 cm
Le navire-amiral français Bucentaure se défend désespérément lors de la
bataille de Trafalgar
Le système napoléonien
Joseph, roi de Naples puis d’Espagne
Jérôme, roi de
Westphalie
Louis, roi de Hollande
Les frères de Napoléon
C – Des victoires comme seule légitimité
Caricature de James Gillray, 1805
Une lutte à l’échelle mondiale entre Napoléon et la Grande-Bretagne
L’Empereur inspecte les troupes à Boulogne qui préparent l’invasion de l’Angleterre
Charles Thévenin, Reddition de la ville d’Ulm, le 20 octobre 1805,
Napoléon Ier recevant la capitulation du général Mack, 1815
François Gérard, Bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805)
510 x 968 cm, Musée national du Château de Versailles, 1810
« De notre camp impérial d’Austerlitz le 12 frimaire an 14
Soldats, je suis content de vous.
Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de
votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire.
Une armée de 100 000 hommes, commandée par les empereurs de
Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou
dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante
drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces
de canon, vingt généraux, plus de 30 000 prisonniers, sont le résultat de
cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre
supérieur, n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de
rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette Troisième Coalition a été
vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je
l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu'une paix
qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés.
(…) »
Le message de l’Empereur Napoléon à l’issue
de la bataille des trois empereurs
Adolphe Roehn, Entrevue de Napoléon Ier et d'Alexandre Ier sur le Niemen 25 juin 1807
Le traité de Tilsit
Francisco de Goya, El dos de mayo de 1808 en Madrid,
266 × 345 cm, Musée du Prado, 1814
Francisco de Goya, El tres de mayo, 266 × 345 cm, Musée du Prado, 1814
Vasiliy Vasilyevich Vereshagin, Napoléon à Borodino
(7 septembre 1812), 1897
Viktor Mazurovsky, L’incendie de Moscou
Illarion Pryanishnikov, Episode de la guerre de 1812, 1874
Adolph Northen (allemand), La retraite de Napoléon de Russie
January Suchodolski (polonais), Le passage de la Bérézina, 1866
Ernest Meissonier, Friedland, 1807
Oil on canvas, Metropolitan Museum of Art, 1875
Ernest Meissonier, Campagne de France, 1814
Musée d’Orsay, 1864
Edouard Détaille,
Bonaparte en 1898
Paul Delaroche, Napoléon abdiquant à Fontainebleau, 1845
Edouard Détaille, Le rêve, 300 x 400 cm, Musée d’Orsay, 1888

Diapo séance 2

  • 1.
    Séance 2 –Les Lumières, la Révolution et l’Empire bouleversent l’histoire du monde Jacques-Louis David, Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, huile sur toile, 271 × 232 cm, 1802, Musée national du Château de Versailles. Institut d’Études politiques d’Aix-en-Provence – Certificat d’études politiques – François Parchemin – La France dans le monde
  • 2.
    I – L’influencede la France des Lumières A – La France de Louis XV, un modèle de modernité
  • 5.
    Vues des portsde France par Joseph Vernet L’entrée du port de Marseille, 1754
  • 6.
    L’intérieur du portde Marseille (détail), 1754
  • 7.
  • 8.
  • 9.
    Joseph Vernet, Laconstruction d’un grand chemin, huile sur toile, 97 x 102 cm, Musée du Louvre, 1774
  • 12.
    Joseph Vernet, Lesabords d’une foire, huile sur toile, 98 x 163 cm, Musée Fabre, Montpellier, 1774
  • 13.
    B – Lesphilosophes contre l’absolutisme
  • 16.
    A. Lemonnier, Lecturede la tragédie de l'orphelin de la Chine de Voltaire dans le salon de madame Geoffrin, 1812
  • 17.
    Carte des académies « Les académies dans les provinces ont produit des avantages signalés. Elles ont fait naître l’émulation, forcé au travail, accoutumé les jeunes gens à de bonnes lectures, dissipé l’ignorance et les préjugés de quelques villes, inspiré la politesse, et chassé autant qu’on le peut le pédantisme » Voltaire, Article « Académie » in Dictionnaire philosophique.
  • 18.
    «  Les Lumièresfurent un moment décisif dans l’histoire des idées et du processus de notre modernité. […] La raison fut, en effet, promue en impératif suprême, comme la matrice et le moteur d’une transformation optimiste du monde, capable de casser le cycle des violences, individuelles et collectives, capable aussi d’assurer tout à la fois le progrès, la régénération et le bonheur du genre humain. Car de la raison dans les sciences, on passa naturellement à la raison dans l’ordre économique, l’ordre politique, l’ordre social… » Joël Cornette, Absolutisme et Lumières, 2005, Hachette, p. 253
  • 19.
  • 20.
    Montesquieu (1689-1755) Les lettrespersanes, 1721 De l’esprit des lois, 1748
  • 21.
    François-Marie Arouet dit Voltaire(1694-1778) Les lettres philosophiques ou Lettres anglaises, 1734 Candide, 1759 Le dictionnaire philosophique portatif, 1764 Le traité sur la tolérance, 1763
  • 22.
    Denis Diderot (1694-1778) dirigeavec d’Alembert L’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1747-1765
  • 23.
  • 27.
    «  Je voudraisbien savoir quel mal peut faire un livre qui coûte cent écus. Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révolution ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. Si l'évangile avait coûté douze cent sesterces, jamais la religion chrétienne ne se serait établie » Lettre de Voltaire à d’Alembert, 1756 Au total dix-sept volumes sont publiés entre 1751 et 1765 rassemblant 72 000 entrées rédigées par cent quarante collaborateurs. Soixante auteurs furent mobilisés pour les onze volumes de planches. Cinq volumes de suppléments furent ensuite publiés en 1776-1777 et deux volumes d’index en 1780. L’Encyclopédie
  • 28.
    La marquise dePompadour par Quentin de la Tour La favorite du roi se fait ostensiblement représenter avec De l’esprit des lois de Montesquieu, La Henriade de Voltaire et le volume IV de L’Encyclopédie
  • 29.
    C – LaRévolution américaine, première des Révolutions atlantiques inspirées par l’esprit des Lumières
  • 30.
    John Trumbull, Déclarationd’indépendance, United States Capitol, 1819 La Déclaration d’indépendance présentée par la Commission des Cinq (John Adams, Roger Sherman, Robert Livingston, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin) au Pennsylvania State House
  • 31.
    Auguste Couder, Siègede Yorktown. Le Général Rochambeau et le Général Washington Donnent les derniers ordres pour l'attaque, October 1781, Musée national du château de Versailles, 1836.
  • 33.
    La reddition deCornawallis à Yorktown (octobre 1781) en présence de Rochambeau, de Grasse, La Fayette et George Washington John Trumbull, La reddition de Lord Cornwallis, 1817
  • 34.
    Benjamin West, AmericanCommissioners of the Preliminary Peace Agreement with Great Britain, 1783-1784, Winterthur Museum, Delaware. John Jay, John Adams, Benjamin Franklin, Henry Laurens et William T. Franklin lors de la négociation du traité de Paris (1783). La délégation britannique refusa de poser et le tableau resta inachevé.
  • 36.
    Un exemple decontestation de l’ordre ancien Pièce de 1778 censurée jusqu’en 1784 «  Non, monsieur le comte, vous ne l’aurez pas… vous ne l’aurez pas. Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie !… noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier ! Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus : du reste, homme assez ordinaire ! tandis que moi, morbleu, perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu’on n’en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes ; et vous voulez jouter ! » Extrait de la pièce de Beaumarchais, Le mariage de Figaro, 1778 Acte V, scène 3
  • 37.
    « Que je voudraisbien tenir un de ces puissants de quatre jours, si légers sur le mal qu’ils ordonnent, quand une bonne disgrâce a cuvé son orgueil ! Je lui dirais… que les sottises imprimées n’ont d’importance qu’aux lieux où l’on en gêne le cours ; que, sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ; et qu’il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. (Il se rassied.) Las de nourrir un obscur pensionnaire, on me met un jour dans la rue ; et comme il faut dîner, quoiqu’on ne soit plus en prison, je taille encore ma plume, et demande à chacun de quoi il est question : on me dit que, pendant ma retraite économique, il s’est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions, qui s’étend même à celles de la presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. Pour profiter de cette douce liberté, j’annonce un écrit périodique, et, croyant n’aller sur les brisées d’aucun autre, je le nomme Journal inutile. Pou-ou ! je vois s’élever contre moi mille pauvres diables à la feuille : on me supprime, et me voilà derechef sans emploi ! » Extrait de la pièce de Beaumarchais, Le mariage de Figaro, 1778 Acte V, scène 3
  • 38.
    II – LaRévolution se présente comme un modèle universel A – 1789, l’année sans pareille
  • 40.
    Remontrances du Parlementde Paris, 4 mars 1776 «  C’est là une question d’État et une des plus importantes, puisqu’il s’agit de savoir si tous vos sujets peuvent et doivent être confondus, s’il faut casser d’admettre parmi eux des conditions différentes, des rangs, des titres, des prééminences. Le service personnel du clergé  est de remplir toutes les fonctions relatives à l’instruction, au culte religieux, et de contribuer au soulagement des malheureux par ses aumônes. Le noble consacre son sang à la défense de l’État et assiste de ses conseils le souverain. La dernière classe de la nation, qui ne peut rendre à l’État des services aussi distingués, s’acquitte envers lui par les tributs, l’industrie et les travaux corporels. »
  • 42.
    Extraits du cahierde doléances du clergé du bailliage d'Orléans 31 mars 1789 Que Sa Majesté, à l'exemple de ses prédécesseurs, accorde toute protection et faveur à la religion, qui est le plus ferme appui du trône, qu'elle emploie tout son zèle pour et son autorité pour la défendre des attaques multipliées de l'impiété et de la philosophie moderne. [...] Que l'on prenne en une particulière considération l'amélioration du sort des curés [...] par l'augmentation de la portion congrue (revenu minimum), qui est encore fort insuffisante. Qu'il soit proposé des moyens de retraite aux curés Que les ecclésiastiques soient maintenus dans la jouissance de toutes les dîmes dont ils sont en possession. Que la liberté personnelle des citoyens soit mise à l'abri des atteintes auxquelles elle est exposée par l'usage arbitraire des lettres de cachet... Que le retour des États généraux soit rendu périodique, l'intervalle de leurs assemblées successives fixé, et l'époque de la tenue qui devra suivre prochainement les États de 1789 arrêtée...
  • 43.
    Extraits du cahierde doléances de la noblesse du bailliage de Vendôme, 24 Mars 1789 ART. 1. Lesdits États Généraux seront rendus périodiques à des époques [...] qu’ils fixeront eux mêmes. […] ART. 2. Il sera établi des États Provinciaux dans tous le Royaume. [...] Le devoir du député (de la Noblesse) est de conserver à son Ordre les droits honorifiques et les prééminences dont la Noblesse française a joui ou a dû jouir jusqu’à ce jour. […] ART. 5. La Noblesse consentira un subside (impôt) sur toutes les propriétés immobilières, quelle que soit la qualité du propriétaire. […] ART. 6. Il ne sera fait aucun emprunt, ni levé aucun impôt sans le consentement de la Nation légalement convoquée en États Généraux. […] ART. 8. Les dépenses de chaque département (ministère), même celles de la Maison du Roi seront fixées et il sera procédé à une réduction des pensions.[...] ART. 11. La liberté individuelle des Français sera assurée par la suppression de toutes les lettres closes, lettres d’exil et autres espèces d’ordre arbitraire (lettres closes ou lettres de cachets, lettre dans laquelle le roi décide de vous envoyer en prison sans jugement ni recours). [...]
  • 44.
    Extraits du cahierde doléances fait en l’assemblée générale de La Chapelle de Craonne, tenue sous le vestibule de l’église, le 6e jour de mars 1789. Article premier : […] les députés aux États Généraux sollicitent le rétablissement des droits imprescriptibles de la nation : en conséquence, que nul impôt ne puisse être établi sans le consentement des États généraux assemblés. ART. 2 : Qu’il soit statué que les États Généraux auront lieu de cinq ans en cinq ans. […] ART. 4 : Les députés demanderont l’abolition entière de tous les privilèges des nobles, clercs et gens de place. ART. 5 : L’abolition de la gabelle, des tailles […] et autres droits (impôts prélevés par le roi). ART. 6 : Que pour remplacer ces impôts et droits, il soit établi une capitation personnelle, une taxe foncière […] qui frappe indistinctement les citoyens des trois ordres. ART. 9 : Que soient abolies les justices et polices seigneuriales, les droits de chasse, de pêche, les banalités, le cens et devoirs seigneuriaux ; que soit demandé le droit de tuer, chacun dans son champ, les lapins et autres animaux nuisibles à l’agriculture. ART. 10 : Que les charges et offices (fonctions dans l'administration royale, réservées aux nobles) soient donnés en récompense du mérite. ART. 13 : […] qu’on puisse abolir les dîmes (impôt prélevé par le Clergé). ART. 16 : Que les emplois civils, militaires, ecclésiastiques soient possédés de façon que la noblesse n’ait plus de préférence et le tiers état plus d’exclusion.
  • 45.
    8 août 1788Convocation des États généraux 27 déc. 1788 Doublement du nombre des députés du Tiers Janvier 1789 Qu’est-ce que le tiers état ? de Sieyès fév.-avril 1789 Réunion des assemblées pour élire les députés et rédiger les cahiers de doléances 5 mai 1789 Ouverture des états généraux 6 mai 1789 Les députés du Tiers se donne le nom de Communes 17 juin 1789 Le Tiers prend le titre d’Assemblée nationale 20 juin 1789 Serment du Jeu de paume 9 juillet 1789 L’Assemblée nationale se proclame constituante La réunion des États généraux
  • 47.
    Auguste Couder, Ouverturedes États généraux à Versailles, 5 mai 1789, musée de l'Histoire de France (Versailles), 1839.
  • 48.
    Auguste Couder, LeSerment du Jeu de Paume, 20 juin 1789, musée de l'Histoire de France (Versailles), 1848.
  • 49.
    Jacques-Louis David, Leserment du Jeu de Paume, 20 juin 1789 Esquisse à l’encre brune, 66x101,2 cm, Musée national du Château de Versailles, 1791
  • 50.
    Mai-juin 1789 de lasolennité d’Ancien Régime au souffle révolutionnaire de la séparation en ordres à la fusion de la nation
  • 51.
    La révolution populaire 14juillet 1789 Prise de la Bastille 17 juillet 1789 Louis XVI reçoit la cocarde tricolore à l’Hôtel de Ville 18 juillet 1789 Départ des premiers émigrés 20 juillet 1789 Début de la Grande Peur
  • 52.
    La forteresse dela Bastille au XVIIIe siècle
  • 53.
    Jean-Pierre Houël, LaPrise de la Bastille, 1789
  • 54.
    Hubert Robert, Labastille, dans les premiers jours de sa démolition, huile sur toile, 77x114 cm, musée Carnavalet. La toile est signée « 20 juillet 1789, H. Robert pinxit »
  • 56.
    Le bouleversement juridique 14juillet 1789 Prise de la Bastille 20 juillet 1789 Début de la Grande Peur 4 août 1789 Abolition des privilèges (Nuit du 4 août) 26 août 1789 Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen 5-6 oct. 1789 Le peuple marche sur Versailles et oblige le roi et sa famille à s’installer à Paris Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789 - La fin de l’absolutisme et la participation du peuple - La fin de l’arbitraire, des inégalités et la reconnaissance de libertés - L’importance de la loi - Le souci de préserver l’ordre public
  • 59.
    On peut regrouperles articles de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 selon quatre thèmes principaux : - La fin de l’absolutisme et la participation du peuple (art. 2, 3, 5, 6, 14, 15, 16) - Fin de l’arbitraire, des inégalités et reconnaissance de libertés (art. 1, 6, 7, 8, 9, 10, 11) - L’importance de la loi (art. 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) - Le souci de préserver l’ordre public (art. 4, 12, 13, 17)
  • 60.
    B – Lesguerres de la Révolution transforment l’Europe
  • 61.
    Dans la nuitdu 25 au 26 avril 1792 (cinq jours après la déclaration de guerre à l’Autriche), Claude Joseph Rouget de Lisle, capitaine du Génie en poste à Strasbourg rédige un Chant de guerre pour l’armée du Rhin devenu très vite La Marseillaise (chant national en 1795 puis hymne national en 1879). Allons enfants de la Patrie, Le jour de gloire est arrivé ! Contre nous de la tyrannie L'étendard sanglant est levé, (bis) Entendez-vous dans les campagnes Mugir ces féroces soldats ? Ils viennent jusque dans vos bras Égorger vos fils, vos compagnes ! Refrain : Aux armes, citoyens, Formez vos bataillons, Marchons, marchons ! Qu'un sang impur Abreuve nos sillons ! Que veut cette horde d'esclaves, De traîtres, de rois conjurés ? Pour qui ces ignobles entraves, Ces fers dès longtemps préparés ? (bis) Français, pour nous, ah ! quel outrage ! Quels transports il doit exciter ! C'est nous qu'on ose méditer De rendre à l'antique esclavage !
  • 62.
    Refrain Quoi ! descohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers ! Quoi ! ces phalanges mercenaires Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis) Grand Dieu ! par des mains enchaînées Nos fronts sous le joug se ploieraient De vils despotes deviendraient Les maîtres de nos destinées ! Refrain Tremblez, tyrans et vous perfides L'opprobre de tous les partis, Tremblez ! vos projets parricides Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis) Tout est soldat pour vous combattre, S'ils tombent, nos jeunes héros, La terre en produit de nouveaux, Contre vous tout prêts à se battre ! La Marseillaise, 1792 (suite) Refrain Français, en guerriers magnanimes, Portez ou retenez vos coups ! Épargnez ces tristes victimes, À regret s'armant contre nous. (bis) Mais ces despotes sanguinaires, Mais ces complices de Bouillé, Tous ces tigres qui, sans pitié, Déchirent le sein de leur mère ! Refrain Amour sacré de la Patrie, Conduis, soutiens nos bras vengeurs Liberté, Liberté chérie, Combats avec tes défenseurs ! (bis) Sous nos drapeaux que la victoire Accoure à tes mâles accents, Que tes ennemis expirants Voient ton triomphe et notre gloire !
  • 63.
    1. Une nationen armes en état de légitime défense - la défense légitime pour une juste cause - une nation en armes prête au combat 2. La haine de l’Ancien Régime - La haine des traitres émigrés et du despotisme étranger - L’exaltation des valeurs nouvelles Dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 (cinq jours après la déclaration de guerre à l’Autriche), Claude Joseph Rouget de Lisle, capitaine du Génie en poste à Strasbourg rédige un Chant de guerre pour l’armée du Rhin devenu très vite La Marseillaise. Source de l’analyse : Arnauld Chappeau, Méthode du commentaire de texte historique, Seli Arslan, 2008, pp. 22-26 Deux thématiques principales :
  • 64.
    Horace Vernet, Labataille de Valmy. Le 20 septembre 1792, 1826.
  • 65.
    « Dès ce moment,jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat; les hommes mariés forgeront des armes et transporteront des subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront les vieux linges en charpie, les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, la haine des rois et l’unité de la République ». Article premier du décret du 23 août 1793. La levée en masse
  • 67.
    Horace Vernet, Labataille du pont d’Arcole, 260 × 194 cm, 1826
  • 68.
    Antoine-Jean Gros, Napoléon aupont d’Arcole, 73 x 59 cm, Musée du Louvre, 1801.
  • 69.
    La France àl’issue du traité de Campo-Formio (1797) Fin de la première coalition contre la France. Les hostilités reprennent dès 1798.
  • 70.
    Jean-Léon Gérôme, Legénéral Bonaparte et son état-major en Egypte, 1867
  • 71.
    Jean-Léon Gérôme, Bonapartedevant le Sphinx, 1868
  • 72.
    François Bouchot, Legénéral Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint-Cloud. 10 novembre 1799, château de Versailles, 1840. Coup d’État du 18 brumaire an VIII
  • 73.
    C – Ledérapage de la Révolution
  • 75.
  • 76.
    Projet du comitéSieyès- Thouret du 19 septembre 1789 80 départements de 18 lieues de côté (70 km)
  • 77.
    La France découpéeen 83 départements (1790)
  • 79.
    Charles Thévenin, Fêtede la Fédération, 1790, musée Carnavalet, Paris. « Jurons sur l’Autel de la patrie, et en présence de l’Être suprême, de maintenir de tout notre pouvoir la Constitution du royaume, d’être fidèles à la nation, à la loi et au roi, d’exécuter et de faire exécuter les décrets de l’Assemblée nationale, sanctionnés ou acceptés par le roi. »
  • 80.
    Un représentant dupeuple en mission, Huile sur toile, 1793, attribuée à David, musée de la Révolution, Vizille. Après la chute du roi (prise des Tuileries le 10 août 1792), la République est proclamée le 21 septembre : une assemblée unique (la Convention) assume tous les pouvoirs. - embrigadement des citoyens (fêtes révolutionnaires, certificats de civisme) - début du calendrier républicain (semaine de dix jours, 12 mois de 30 jours avec des noms rappelant les éléments naturels) - représentants du peuple en mission (imposent l’esprit révolutionnaire, pleins pouvoirs)
  • 82.
    Le Calendrier républicain: Mois d'automne (terminaison en aire) Vendémiaire  (22 sept. ~  21 oct.) - Période des vendanges Brumaire  (22 oct. ~  20 nov.) - Période des brumes et des brouillards Frimaire  (  21 novembre~  20 décembre) - Période des froids (frimas) Mois d'hiver (terminaison en ôse) Nivôse  (21 décembre  ~  19 janvier) - Période de la neige Pluviôse  (20 janvier  ~  18 février) - Période des pluies Ventôse  (19 février  ~  20 mars) - Période des vents Mois du printemps (terminaison en al) Germinal  (21 mars  ~  19 avril) - Période de la germination Floréal  (20 avril  ~  19 mai) - Période de l'épanouissement des fleurs Prairial  (20 mai  ~  18 juin) - Période des récoltes des prairies Mois d'été (terminaison en idor) Messidor  (19 juin  ~  18 juillet) - Période des moissons Thermidor  (19 juillet  ~  17 août) - Période des chaleurs Fructidor  (18 août  ~  16 septembre) - Période des fruits
  • 83.
  • 88.
    Vitrail de l'églisede Montilliers, réalisé par Jean Clamens en 1901. Massacre du Moulin-de-la-Reine, le 5 avril 1794, où 22 femmes et enfants sont fusillés par des soldats républicains.
  • 89.
    III – L’Empirenapoléonien ou le second moment d’hégémonie française en Europe A – L’Empire, un régime hybride
  • 91.
    Costumes officiels Conseil des Anciens Conseildes Cinq-Cents Un des cinq directeurs
  • 92.
    François Bouchot, Legénéral Bonaparte au Conseil des Cinq-Cents, à Saint-Cloud. 10 novembre 1799, château de Versailles, 1840. Coup d’État du 18 brumaire an VIII
  • 93.
    Auguste Couder, Installationdu Conseil d'Etat au Palais du Petit-Luxembourg le 25 décembre 1799, Musée national du Château de Versailles, 1856.
  • 94.
    Jean-Auguste-Dominique Ingres, Bonaparte, Premierconsul 1804 musée du Grand Curtius, Liège.
  • 96.
    Jacques-Louis David, Sacrede l'empereur Napoléon et couronnement de l'impératrice Joséphine le 2 décembre 1804, 621 x 979 cm, 1806.
  • 97.
    François Gérard, NapoléonIer en costume du Sacre, 225 × 147 cm, 1805, Musée national du Château de Fontainebleau
  • 98.
    Jean-Auguste-Dominique Ingres, Napoléon Iersur le trône impérial, huile sur toile, 263 × 163 cm, 1806, Musée de l’armée, Paris.
  • 99.
    Jacques-Louis David, Sermentde l'armée fait à l'Empereur après la distribution des aigles, 5 décembre 1804, 610 × 970 cm, 1810.
  • 100.
    Napoléon est continuateurde la Révolution Napoléon a stabilisé la situation Napoléon est fossoyeur de la Révolution Il reconnaît la propriété et les libertés fondamentales en faisant rédiger le Code Civil Il stabilise l'économie grâce à la Banque de France et au franc germinal Il développe la censure, la police politique Il conserve une apparence de séparation des pouvoirs Il réforme l'administration, crée les préfets Il tient le pouvoir en ses seuls mains, prend toutes les décisions Il pense apporter les idées des Lumières et de la Révolution par la guerre aux Tyrans étrangers Il permet assure la paix sociale et religieuse grâce au Concordat Il tente de créer une dynastie, une noblesse d'empire Napoléon conserve les idées révolutionnaires de 1789 Napoléon assure la stabilité du pays en relevant l'économie, contrôlant l'administration et réconciliant les Français Napoléon souhaite contrôler le pays, retrouver le faste de la monarchie, il est en rupture avec les idées de 1789 Napoléon, continuateur ou fossoyeur de la Révolution française ?
  • 101.
    B – L’Europefrançaise des Bonaparte
  • 104.
    Auguste Mayer, Titreinconnu, Huile sur toile, 1836, 105 cm x 162 cm Le navire-amiral français Bucentaure se défend désespérément lors de la bataille de Trafalgar
  • 105.
  • 107.
    Joseph, roi deNaples puis d’Espagne Jérôme, roi de Westphalie Louis, roi de Hollande Les frères de Napoléon
  • 108.
    C – Desvictoires comme seule légitimité
  • 109.
    Caricature de JamesGillray, 1805
  • 110.
    Une lutte àl’échelle mondiale entre Napoléon et la Grande-Bretagne
  • 111.
    L’Empereur inspecte lestroupes à Boulogne qui préparent l’invasion de l’Angleterre
  • 112.
    Charles Thévenin, Redditionde la ville d’Ulm, le 20 octobre 1805, Napoléon Ier recevant la capitulation du général Mack, 1815
  • 113.
    François Gérard, Batailled’Austerlitz (2 décembre 1805) 510 x 968 cm, Musée national du Château de Versailles, 1810
  • 114.
    « De notrecamp impérial d’Austerlitz le 12 frimaire an 14 Soldats, je suis content de vous. Vous avez, à la journée d'Austerlitz, justifié tout ce que j'attendais de votre intrépidité ; vous avez décoré vos aigles d'une immortelle gloire. Une armée de 100 000 hommes, commandée par les empereurs de Russie et d'Autriche, a été, en moins de quatre heures, ou coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s'est noyé dans les lacs. Quarante drapeaux, les étendards de la garde impériale de Russie, cent vingt pièces de canon, vingt généraux, plus de 30 000 prisonniers, sont le résultat de cette journée à jamais célèbre. Cette infanterie tant vantée, et en nombre supérieur, n'a pu résister à votre choc, et désormais vous n'avez plus de rivaux à redouter. Ainsi, en deux mois, cette Troisième Coalition a été vaincue et dissoute. La paix ne peut plus être éloignée ; mais, comme je l'ai promis à mon peuple avant de passer le Rhin, je ne ferai qu'une paix qui nous donne des garanties et assure des récompenses à nos alliés. (…) » Le message de l’Empereur Napoléon à l’issue de la bataille des trois empereurs
  • 115.
    Adolphe Roehn, Entrevuede Napoléon Ier et d'Alexandre Ier sur le Niemen 25 juin 1807 Le traité de Tilsit
  • 116.
    Francisco de Goya,El dos de mayo de 1808 en Madrid, 266 × 345 cm, Musée du Prado, 1814
  • 117.
    Francisco de Goya,El tres de mayo, 266 × 345 cm, Musée du Prado, 1814
  • 119.
    Vasiliy Vasilyevich Vereshagin,Napoléon à Borodino (7 septembre 1812), 1897
  • 120.
  • 121.
    Illarion Pryanishnikov, Episodede la guerre de 1812, 1874
  • 122.
    Adolph Northen (allemand),La retraite de Napoléon de Russie
  • 123.
    January Suchodolski (polonais),Le passage de la Bérézina, 1866
  • 124.
    Ernest Meissonier, Friedland,1807 Oil on canvas, Metropolitan Museum of Art, 1875
  • 125.
    Ernest Meissonier, Campagnede France, 1814 Musée d’Orsay, 1864
  • 127.
  • 128.
    Paul Delaroche, Napoléonabdiquant à Fontainebleau, 1845
  • 129.
    Edouard Détaille, Lerêve, 300 x 400 cm, Musée d’Orsay, 1888