Infobesité




« Le trop plein d’informations est tel qu’on a crée un terme pour le désigner :
l’infobésité. Et face a cette profusion de données, la difficulté est de s’y retrouver.
Comment repérer le bon article, le document vraiment intéressant ? »

                                                          Les Inrockuptibles 12.10.2011
Infobesité
Infobesité
Au sein de nos sociétés occidentales, avoir       Nouveaux enjeux
accès aux données ne constitue plus l’enjeu
d’aujourd’hui : le simple fait d’allumer son
ordinateur ou smartphone permet à n’importe
quel internaute, aguerri ou néophyte, de
bénéficier d’un puits sans fond de données en
tout genre.

En revanche, tout le monde ne dispose pas de
la capacité à comprendre, filtrer et
réorganiser ces données afin d’utiliser ce
matériau brut comme base à la construction
d’information et de connaissances (voire de
sagesse).

C’est donc cette capacité qui scelle désormais
le « digital gap » contemporain : ce fossé ne
sépare non plus ceux qui ont accès à internet
de ceux qui en sont privés, mais marginalise, a
l’heure où la quasi-totalité de la planète est
connectée, ceux qui ne sauront pas
avantageusement tirer partie des possibilités
offertes par ce nouvel outil.
Nétocratie




             Dans leur livre « Les Nétocrates », les très iconoclastes Alexander Bard
             et Jan Söderqvist expliquent de manière relativement manichéenne
             que cette infobésité aura donc pour conséquence l’avènement d’une
             nouvelle société, alors divisée entre « Nétocrates » (une élite d’un
             nouveau genre capable de manier ces données et de les
             conceptualiser) et « Consumtariat » (simples consommateurs
             d’information). « L’informationnalisme » émergent condamnera donc
             le capitalisme a une lente agonie : les Nétocrates, de par leurs
             capacités cognitives supérieures, se saisiront du pouvoir autrefois
             concentré aux mains d’une élite économique. Seuls à ne pas subir les
             revers d’une digitalisation de la société et à tirer profit d’une
             utilisation appropriée de ses ressources, ils prendront légitimement la
             tête de cette nouvelle société informationniste.
Nétocratie
Il apparait donc comme légitime de se
demander si, comme le soutient le
controversé Marc-Edouard Nabe dans
son livre « L’homme qui arrêta
d’écrire », le nouveau paradigme de
l’intelligence et de la connaissance ne
se réduirait pas désormais à la simple
capacité à trouver la bonne
information au bon moment :

“Le savoir à la carte, c’est ce qu’il
fallait à l’homme. Selon ses besoins
du moment. (…) L’intelligence ce n’est
plus de savoir des choses mais de
savoir comment les trouver
rapidement. Un moteur de recherche,
ça vaut un cerveau. »
Infostéthique

Toutefois, de nouvelles
activités ainsi que de nouveaux
produits et services prennent
le contre-pied de ce nouvel
élitisme, et se proposent de
démocratiser l’accès à
l’information pertinente : data
journalisme (cf
http://data.owni.fr/ ) ou
encore infographie
(http://www.informationisbea
utiful.net/) ambitionnent de
mettre à la disposition du plus
grand nombre le travail de
filtrage de quelques-uns, afin
de faciliter la « digestion » par
tous de ce trop-plein de
données.
Curation

Mais le concept le plus récent appelé
à semer sa petite révolution au sein
de notre usage du web est celui de
« curation du web » (curator en
anglais     signifiant    commissaire
d’exposition). Le site internet
« Darkplanneur », blog de référence
dans les domaines de la publicité et
du marketing a fait de cette notion le
meilleur concept marketing de l’année
2010 (voir article).




            “Un “Content Curator” est une personne qui trouve, regroupe, organise et partage
            continuellement le contenu le plus pertinent relatif a un sujet donné” explique Rohit
            Bhargava, Professeur de Marketing international a l’université de Georgetown. L’idée,
            c’est que chaque personne peut alors devenir la « caution » du contenu qu’elle
            promeut.
Curation
                                         Storify : ce site internet donne a chacun la possibilité
                                         de devenir « curateur du web » en triant,
                                         sélectionnant, organisant et insérant a l’intérieur
                                         d’articles des informations collectées sur les réseaux
                                         sociaux.




Résultat d’un partenariat entre l’université de
journalisme new-yorkaise « Arthur L. Carter
Journalism Institute » et le site « Pro-Publica »,
Explainer.net a pour but affiché de présenter
l’information dans son contexte plutôt que de
relayer des données brutes. Le site édite, vérifie et
explique l’information afin de la rendre accessible a
un plus large public.
Curation

                                 Scoop.it est un outil de
Alors que nous assistons a       veille permettant à ses
l’essoufflement de sites         membres de sélectionner,
proposant des contenus           selon des thèmes choisis,
filtrés à l’aide d’algorithmes   des articles, photos et
tels que Delicious ou Digg,      vidéos afin de les
une nouvelle génération de       organiser, de les
plateforme de « curation de      éditorialiser et de les
contenu » émerge.                partager.
« Pearltrees » et
« curated.by » par exemple
fonctionnent a partir d’une
sélection volontaire et
personnelle de contenu,
chaque curateur se faisant le
promoteur des éléments
sélectionnés et devenant
ainsi le guide d’internautes
noyés dans un trop-plein
d’information.
Les marques

Si la guerre de la data semble avoir laissé dans son sillage son lot de mécontents
(communication de marque incontrôlable, dossiers compromettants portés a la
connaissance de tous, hyperinformation qui tend a devenir un vecteur
d’indécision…), il est peut-être temps pour les marques de s’en réapproprier les
vertus : en ces temps de profusion, les consommateurs seront d’autant plus
enclins à suivre ceux qui leur ouvriront le chemin, en apposant à des sélections
personnelles et subjectives une forme de caution.

Ainsi est-il possible d’étendre le concept de « content-curator » aux marques,
chaque marque pouvant se faire « caution » au sein de son propre secteur
d’activité (beauté, nutrition, nouvelles technologies, musique…) en sélectionnant
et regroupant des éléments aussi divers que des articles, des exemples
d’innovations, des vidéos etc.

Car qu’est-ce que la marque, originellement, si ce n’est une caution, un gage de
qualité -ou du moins de constance- aidant le consommateur a se situer dans
une société de consommation prolifique ?
Liens utiles

               Curation :

               •http://fr.techcrunch.com/2010/11/25
               /lere-des-curators-aurait-elle-sonne/

               Infosthétique :

               • http://owni.fr/categorie/data-
               cultures-numeriques/
               • http://www.gapminder.org/

               Curation et propriété
               intellectuelle :

               • http://owni.fr/2011/04/13/vous-
               reprendrez-bien-un-peu-de-curation-
               a-la-sauce-juridique/

Infobésité et curation du net

  • 1.
    Infobesité « Le tropplein d’informations est tel qu’on a crée un terme pour le désigner : l’infobésité. Et face a cette profusion de données, la difficulté est de s’y retrouver. Comment repérer le bon article, le document vraiment intéressant ? » Les Inrockuptibles 12.10.2011
  • 2.
  • 3.
  • 4.
    Au sein denos sociétés occidentales, avoir Nouveaux enjeux accès aux données ne constitue plus l’enjeu d’aujourd’hui : le simple fait d’allumer son ordinateur ou smartphone permet à n’importe quel internaute, aguerri ou néophyte, de bénéficier d’un puits sans fond de données en tout genre. En revanche, tout le monde ne dispose pas de la capacité à comprendre, filtrer et réorganiser ces données afin d’utiliser ce matériau brut comme base à la construction d’information et de connaissances (voire de sagesse). C’est donc cette capacité qui scelle désormais le « digital gap » contemporain : ce fossé ne sépare non plus ceux qui ont accès à internet de ceux qui en sont privés, mais marginalise, a l’heure où la quasi-totalité de la planète est connectée, ceux qui ne sauront pas avantageusement tirer partie des possibilités offertes par ce nouvel outil.
  • 5.
    Nétocratie Dans leur livre « Les Nétocrates », les très iconoclastes Alexander Bard et Jan Söderqvist expliquent de manière relativement manichéenne que cette infobésité aura donc pour conséquence l’avènement d’une nouvelle société, alors divisée entre « Nétocrates » (une élite d’un nouveau genre capable de manier ces données et de les conceptualiser) et « Consumtariat » (simples consommateurs d’information). « L’informationnalisme » émergent condamnera donc le capitalisme a une lente agonie : les Nétocrates, de par leurs capacités cognitives supérieures, se saisiront du pouvoir autrefois concentré aux mains d’une élite économique. Seuls à ne pas subir les revers d’une digitalisation de la société et à tirer profit d’une utilisation appropriée de ses ressources, ils prendront légitimement la tête de cette nouvelle société informationniste.
  • 6.
    Nétocratie Il apparait donccomme légitime de se demander si, comme le soutient le controversé Marc-Edouard Nabe dans son livre « L’homme qui arrêta d’écrire », le nouveau paradigme de l’intelligence et de la connaissance ne se réduirait pas désormais à la simple capacité à trouver la bonne information au bon moment : “Le savoir à la carte, c’est ce qu’il fallait à l’homme. Selon ses besoins du moment. (…) L’intelligence ce n’est plus de savoir des choses mais de savoir comment les trouver rapidement. Un moteur de recherche, ça vaut un cerveau. »
  • 7.
    Infostéthique Toutefois, de nouvelles activitésainsi que de nouveaux produits et services prennent le contre-pied de ce nouvel élitisme, et se proposent de démocratiser l’accès à l’information pertinente : data journalisme (cf http://data.owni.fr/ ) ou encore infographie (http://www.informationisbea utiful.net/) ambitionnent de mettre à la disposition du plus grand nombre le travail de filtrage de quelques-uns, afin de faciliter la « digestion » par tous de ce trop-plein de données.
  • 8.
    Curation Mais le conceptle plus récent appelé à semer sa petite révolution au sein de notre usage du web est celui de « curation du web » (curator en anglais signifiant commissaire d’exposition). Le site internet « Darkplanneur », blog de référence dans les domaines de la publicité et du marketing a fait de cette notion le meilleur concept marketing de l’année 2010 (voir article). “Un “Content Curator” est une personne qui trouve, regroupe, organise et partage continuellement le contenu le plus pertinent relatif a un sujet donné” explique Rohit Bhargava, Professeur de Marketing international a l’université de Georgetown. L’idée, c’est que chaque personne peut alors devenir la « caution » du contenu qu’elle promeut.
  • 9.
    Curation Storify : ce site internet donne a chacun la possibilité de devenir « curateur du web » en triant, sélectionnant, organisant et insérant a l’intérieur d’articles des informations collectées sur les réseaux sociaux. Résultat d’un partenariat entre l’université de journalisme new-yorkaise « Arthur L. Carter Journalism Institute » et le site « Pro-Publica », Explainer.net a pour but affiché de présenter l’information dans son contexte plutôt que de relayer des données brutes. Le site édite, vérifie et explique l’information afin de la rendre accessible a un plus large public.
  • 10.
    Curation Scoop.it est un outil de Alors que nous assistons a veille permettant à ses l’essoufflement de sites membres de sélectionner, proposant des contenus selon des thèmes choisis, filtrés à l’aide d’algorithmes des articles, photos et tels que Delicious ou Digg, vidéos afin de les une nouvelle génération de organiser, de les plateforme de « curation de éditorialiser et de les contenu » émerge. partager. « Pearltrees » et « curated.by » par exemple fonctionnent a partir d’une sélection volontaire et personnelle de contenu, chaque curateur se faisant le promoteur des éléments sélectionnés et devenant ainsi le guide d’internautes noyés dans un trop-plein d’information.
  • 11.
    Les marques Si laguerre de la data semble avoir laissé dans son sillage son lot de mécontents (communication de marque incontrôlable, dossiers compromettants portés a la connaissance de tous, hyperinformation qui tend a devenir un vecteur d’indécision…), il est peut-être temps pour les marques de s’en réapproprier les vertus : en ces temps de profusion, les consommateurs seront d’autant plus enclins à suivre ceux qui leur ouvriront le chemin, en apposant à des sélections personnelles et subjectives une forme de caution. Ainsi est-il possible d’étendre le concept de « content-curator » aux marques, chaque marque pouvant se faire « caution » au sein de son propre secteur d’activité (beauté, nutrition, nouvelles technologies, musique…) en sélectionnant et regroupant des éléments aussi divers que des articles, des exemples d’innovations, des vidéos etc. Car qu’est-ce que la marque, originellement, si ce n’est une caution, un gage de qualité -ou du moins de constance- aidant le consommateur a se situer dans une société de consommation prolifique ?
  • 12.
    Liens utiles Curation : •http://fr.techcrunch.com/2010/11/25 /lere-des-curators-aurait-elle-sonne/ Infosthétique : • http://owni.fr/categorie/data- cultures-numeriques/ • http://www.gapminder.org/ Curation et propriété intellectuelle : • http://owni.fr/2011/04/13/vous- reprendrez-bien-un-peu-de-curation- a-la-sauce-juridique/