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REFLETSDUREFLETSDU
laLoire
fureurs
Mieux prévenir
deles
Il était une fois
Léouville :
N°63 2002/0,50€
49 habitants
p. 14
p.9
Briare:
dansle
secret
des
émaux
p. 6
Le Loiret
à l’école
du cirque
p. 20
p.9
L E M A G A Z I N E D U C O N S E I L G É N É R A L
N° 63 • MAI/JUIN 2002
Le Loiret
côté
timbres
p. 16
30365 LOIRET63 P1 27/05/02 14:52 Page 1
L’école buissonnière avec les profs,
bien vu le Conseil général !
Rien de tel que le terrain pour faire des découvertes gran-
deur nature. Et si les professeurs sont aussi partants pour
se mettre au vert, c’est encore plus classe ! Chaque année,
le Conseil général favorise l’éclosion des curiosités en
finançant à hauteur de 30 % les classes de découverte qui
permettent à des milliers d’élèves du primaire de faire
mieux connaissance avec les écosystèmes de la campagne,
de la mer ou de la montagne. Dans la même logique, des
subventions sont également attribuées aux classes
“Patrimoine” destinées aux collégiens. Bien vu !
Le Loiret, la bonne formule
www.loiret.com
Conception:DirectiondelaCommunication/FP-ConseilGénéralduLoiret•Photo:DominiqueChauveau
Loiret
éditorial
Mêmesiarriventlesbeaux
jours de l'été, ce surcroît
de soleil et de chaleur ne
doit pas faire oublier les
momentsdifficilesquecer-
tainsdoiventparfoistraverserlors
des inondations. Notre département pas plus qu'un autre
n'est à l'abri de ce genre de catastrophe naturelle. Surtout
aveclaprésencedelaLoiredontleshumeurstumultueuses
ontétédéjàparlepassémeurtrières,causantausurplusd'énormes
dégâts.
Aussi,etc'estbienlàlerôledenotreAssemblée,lesconseillers
généraux ont-ils fait le choix de s'attaquer avec force à ce
problème dans le souci d'assurer à l'avenir la sécurité des
personnesetdesbiens.IladoncétédécidédecréerunFonds
départemental de lutte contre les inondations et un chargé
demissionspécifiqueaétérecruté,celaencomplémentde
toutes les interventions que nous menons déjà dans le
cadredel'ÉtablissementPublicdelaLoireetdel'adhésion
du Département au Plan Loire Grandeur Nature.
Cette action témoigne de l'importance fondamentale de
l'implication des collectivités locales et notamment des
Départements au plus près des citoyens. Voilà une manière
de répondre très concrètement à cette demande de proxi-
mité qui s'est faite entendre lors des dernières élections
présidentielles.Prévenirpourmieuxguériretsoutenirnos
concitoyens dans les moments d'épreuves, telle est notre
volonté.Maisc'estendonnantauxcollectivitéslocalesplus
de pouvoir ainsi qu'une véritable indépendance financière
que nous parviendrons à obtenir une vision plus claire et
plusdirectedesactionsmenéessurleterrain,cecidansun
souci réel et nécessaire d'efficacité. Et dans l'optique d'une
démocratie locale revivifiée.
Éric Doligé
sénateur,
PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL
RefletsduLOIRETDirecteur de la publication :Hubert Frémy • Directeur de la rédaction:
Pierre-Antoine Ragueneau • Rédacteur en chef : Marc Vassal • Rédaction : L.Bigot (p.6-7), E. Boutheloup
(p.14-15), O.Chauvin (p.22, 19), C. Chenault (p.23), J-L. Derenne (p.26), M.Deret (p.4-5, 8, 20-21, 28, 29-30), J-M.
Flonneau (p.24), J. Huguenin (p.9 à 13), S.Michetot (p.18-19), M. Vassal (p.16-17, 25) •
Directeur de création : Charly Abriol • Responsable d’édition: Agnès Mathon •
Direction artistique : Hugues Jacquemin • Secrétariat de rédaction : Ana Maia •
Photos hors crédit : Dominique Chauveau • Conception et réalisation : Unédite •
Impression: Imprimerie Lenglet • Dépôt légal: Mai 2002 • No
ISSN: 0769-5241.
Ce journal est aussi le vôtre: écrivez-nous à “Reflets du Loiret”, Hôtel du
Département, Direction de la communication, 15, rue Eugène-Vignat,
BP 2019,45010 Orléans Cedex 1.Tél.: 02 38 25 45 45 ou sur Internet :www.loiret.com
Inondations :
prévenir pour
mieux guérir
Les clubs d'aviron notent un réel
engouement depuis deux ans pour
ce sport. De plus en plus de rameurs
viennent exercer leur passion sur le
Loiret ou la Loire. Rencontre avec des
athlètes de tous âges!
Laissée à l'abandon, la Sologne
a du attendre Napoléon III
qui impliqua l'État dans une réelle
réhabilitation et aménagement
de la région. Histoire d'un travail
de longue haleine.
| Mai - Juin 2002 | 3 |
M
Ce magazine est aussi disponible,
pour les non-voyants, sur cassette audio.
Renseignements au 02 38 79 26 76.
24
Ancien responsable
de la billeterie du Festival de Cannes,
Jacky Billault nous fait partager ses
souvenirs auprès des plus grands
noms du cinéma.
24
itinéraire
04
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30
ALBUM
L’actualité du Loiret en images.
DOSSIER
Prévenir les fureurs de la Loire :
le Conseil général mobilisé contre
les inondations.
REPORTAGE
Léouville : la plus petite
commune du Loiret.
ENTREPRENDRE
Briare et le renouveau des Émaux.
TERRITOIRE
Politique d’habitat :
logement dans le Loiret.
LIRE, ÉCOUTER, VOIR
Suggestions de lectures
et de sorties dans le Loiret.
JEU-CONCOURS
Quizz comédiens Loiret.
KALÉIDOSCOPE
Le Loiret côté timbres.
GENS D’ICI
Raymonde Pouzieux : passementière.
Gaël Maïa : champion du monde
de football des moins de 17 ans.
Jacky Billault : ancien responsable
de la billeterie du Festival de Cannes.
CURIOSITÉ
Sous le plus grand chapiteau
du Loiret.
SPORTS
Aviron : pour le plaisir de ramer.
TERROIR
Les feux de la Saint-Jean.
Recette.
D’HIER À AUJOURD’HUI
La “regénération”
de la Sologne au XIXe siècle.
Mirabeau : le révolutionnaire du Bignon.
C’EST PRATIQUE
Le bibliobus du Conseil général :
un bus pas comme les autres.
CLUB 10/15
Conseil général Junior : cinq
nouveaux projets pour la rentrée !
1919
2222
MuséedelaVilledeParis,muséeCarnavalet,
Paris,France/BridgemanArtLibrary
30365 LOIRET63 P2-3 27/05/02 14:56 Page 1
Loiret
L’album du Loiret
Loiret
É D U C A T I O N
Demain, combien
d’élèves dans le Loiret ?
Le collège Robert Goupil
a été officiellement
inauguré le 15 mars
dernier à Beaugency. Entre
1998 et 2001, deux phases
de travaux ont permis
d’améliorer l’accueil des
quelque sept cents élèves.
Un nouveau bâtiment de
2000m2 a d’abord été construit pour ouvrir de nouvelles
classes. Le reste de l’établissement a ensuite été entièrement
réhabilité et remis aux normes. Le coût de cette profonde
restructuration s’élève à près de 5,8 M€ pour le Département.
1er Colloque
médico-social
d’Orléans
229 € par animal mâle de 5 à 24
mois (taurillon, broutard) et 76 €
par vache de réforme allaitante :
ce sont les plafonds des aides
accordées par le Département à
189 éleveurs de bovins du Loiret
suite aux sérieuses pertes subies
par la profession depuis octobre
2000. Ces subventions d’un mon-
tant total de 251 254 € représen-
tent le deuxième volet du Plan
départemental de soutien à la
filière bovine, lancé en mars 2001
en complément de celui de l’État.
La première phase avait permis
d’attribuer, en juillet 2001, une
aide globale de 163 761 € à
133 éleveurs locaux.
É D U C A T I O N
Effectuer un balisage exhaustif et cohé-
rent de tous les sites à découvrir dans le
Loiret : c’est l’objectif du Schéma direc-
teur de signalisation touristique, cultu-
relle et économique que le Conseil géné-
ral a décidé d’élaborer. Ce Schéma
s’appliquera aux différents sites remar-
quables du département ainsi qu’aux cir-
cuits touristiques, aux entrées de dépar-
tement et de villes et aux Relais Informations Services. En parallèle,
toutes les signalisations parasites (pré enseignes, publicité) devraient
être supprimées le long des routes départementales.
Le 1er colloque médico-social
d’Orléans s’est tenu le 7 mars
au Centre de conférences
d’Orléans, sur les thèmes
“Urgence-précarité-secret”.
Soutenue, entre autres, par le Conseil général, la manifestation a
réuni des professionnels de la santé et du social autour de la néces-
sité d’une prise en charge thérapeutique et sociale coordonnée,
donc plus efficace, du “patient-usager”. Les participants ont pu
approfondir leur réflexion dans des ateliers de travail et assister à
des représentations de “situations types” par des acteurs.
Le Conseil général lance une étude sur les popu-
lations scolarisées du Loiret, qui vise à mieux
appréhender leur évolution. Au niveau des col-
lèges, les résultats permettront au Département
de définir les investissements à réaliser pour
adapter les établissements à leurs effectifs.
Financée par le Conseil général à hauteur de
45000 €, l’étude contribuera également à définir
des stratégies cohérentes en matière de cartes et
de transports scolaires. Plus globalement, elle
aidera à préparer l’avenir sur toute la chaîne de
scolarisation, de l’école à l’université.
É L E V A G E
Une toute nouvelle
salle polyvalente
Soutien
départemental
à la filière bovine
Le Centre de secours
et d’incendie entièrement
réaménagé
Le nouveau Centre de secours et d’incendie de
Chilleurs-aux-Bois a été inauguré le 2 mars dernier.
L’agrandissement des anciens locaux, financé par la
commune et le service départemental d’incendie et de
secours, a permis notamment l’extension des remises
pour le matériel ainsi que la création d’une salle de
formation et l’aménagement des vestiaires et du
standard. Le Centre de Chilleurs-aux-Bois compte
dix-neuf sapeurs-pompiers volontaires, qui ont effectué
cent cinq interventions en 2001.
CADRE DE VIE
Vers une harmonisation
de la signalisation touristique
Le collège de Beaugency inauguré
La commune de
Saint-Cyr-en-Val a
inauguré, le 19 mars,
sa nouvelle salle poly-
valente de 1360 m2.
Subventionné par le
Conseil général à hau-
teur de 22 867 €, l’équipement abrite deux courts de
tennis et permet la pratique du volley-ball et du foot en
salle. Il est également question d’y installer du matériel
pour l’escalade. La nouvelle salle peut, par ailleurs,
accueillir diverses manifestations. La première,
le Forum des Métiers, s’y tiendra le 20 juin.
SAINT-CYR-EN-VAL
“Des infos qui peuvent changer les comporte-
ments”, c’est ce que les élèves des classes de 5e du
Loiret peuvent trouver dans la carte Santé Jeunes
qui leur a été distribuée le 15 avril. Projet du
Conseil général junior (CGJ) 2000/01, cette carte a
été entièrement conçue et rédigée par les membres
de la commission Social-Santé. De la taille d’une
carte de crédit, elle contient des informations pratiques et préventives sur le tabac,
la drogue, mais aussi la maltraitance et la dépression. Elle a été diffusée
à dix mille exemplaires dans les soixante-huit collèges du département.
Les casernes de gendarmerie de
La Ferté-Saint-Aubin et Bellegarde
disposeront chacune, dans quelques
mois, de deux nouveaux logements
pour gendarmes auxiliaires.
Chiffrées à 102 000 et 114 235 €
respectivement, ces extensions sont
entièrement financées par le
Département, propriétaire des
locaux. Si les travaux ont déjà
commencé à La Ferté, ils ne
débuteront qu’en juin à Bellegarde.
Les deux chantiers dureront six mois.
Le Loiret compte, sur son territoire,
onze casernes départementales,
louées à l’État pour l’hébergement
des gendarmes.
T R A V A U X
Extension de deux gendarmeries
Le foyer de vie pour adultes
handicapés de l’association
“Les Amis de Pierre”, rue du Clos
Fleuri à Orléans, a été inauguré
le 13 avril. L’établissement de
vingt-deux places résulte de
l’extension du foyer d’accueil de
jour implanté à Saint-Jean-de-la-
Ruelle jusqu’en 2001. Les travaux
ont été subventionnés à hauteur de
161 596 € par le Conseil général
qui verse également à la structure
une dotation annuelle globale de
fonctionnement correspondant à
ses charges de personnel.
O R L É A N S
Vingt-deux places
pour les adultes
handicapés
L’album du Loiret
| Mai - Juin 2002 | 5 |
RENCONTRE
P R É V E N T I O N
Une carte Santé Jeunes
pour les élèves de 5e
| 4 | Mai - Juin 2002 |
C H I L L E U R S - A U X - B O I S
30365 LOIRET63 P4-5 27/05/02 15:00 Page 4
reflets
entreprendre
Loiret
«Si vous voulez vivre comme
toutlemonde,oubliezBriare!»
L’affiche accrochée dans le
bureau du PDG de la SA
Émaux et Mosaïques ré-
sume la philosophie sur laquelle
Jean-ClaudeKergoatsouhaitefon-
derlerenouveaudesfameuxÉmaux
de Briare. Pas question, en effet,
decomparerlesrevêtementsdesols
et de murs fabriqués dans le sud-
estduLoiretàdusimplecarrelage.
Lui, préfère parler de mosaïque
décorative et se fait volontiers
défenseurd’uncertainraffinement
et d’un art de vivre à la française :
«Pourquoi, à votre avis, notre logo
arbore-t-il les couleurs du drapeau
tricolore ?» Et, effectivement, der-
rièrelesmursd’enceintedel’impo-
santeusineduXIXesiècle(10hectares),
se cachent les secrets d’un “savoir-
fairemultiséculaire”.Untermequi,
à Briare, n’a rien d’exagéré.
Aléas historiques
Car, depuis 1838, l’histoire de la
communeseconfondaveclespéri-
pétiesdecetimmensesitedepro-
duction, en bordure de canal.
D’aborddestinéeàconcurrencerla
faïenceriedeGien–qui,ironiedu
sort, compte actuellement parmi
sesactionnaires-,l’usineestdeve-
nue,dès1845,lapropriétédeJean-
Félix Bapterosses, déjà à la tête
d’une manufacture parisienne de
boutons. Dès lors, de boutons en
perlesetdeperlesenémaux,l’usine
connaît, pendant un siècle, plu-
sieursreconversions,plusoumoins
heureuses, qui l’amèneront à
employer jusqu’à un millier de
personnes,faisantpasserlapopu-
lationdeBriarede2500à5000habi-
tants (voir encadré).
C’est ainsi que les premières pro-
ductionsd’émaux(céramiqued’émail
vitrifiéetteintédanslamasse)datent
de1882.Ellesconnaîtrontplusieurs
périodes d’essor et de déclin suc-
cessives,changerontdemainsplu-
sieurs fois, et passeront même par
une période de production inten-
sive… de carrelage ! Sans succès.
OncomprenddoncqueJean-Claude
Kergoat ait choisi de renouer avec
les meilleures heures des Émaux
de Briare. En effet, n’est-il pas plus
opportun, aujourd’hui, de reven-
diquer l’élégance d’un mode de
décoration unique qu’une quel-
conque production du bâtiment ?
Lenouveaupatronfaitainsivaloir
le procédé exclusif de fabrication
desÉmauxdeBriare,quipermet-
tra,dansunedizained’annéespeut-
être, de détrôner les concurrents
italiens, leaders mondiaux de la
spécialité.«Avantlesannéesquatre-
vingt, chaotiques pour l’entreprise,
nous étions numéro un. Or, c’est un
vrai challenge de reconquérir cette
placepouruneentreprisedéjàconnue
sur le marché et qui souhaite impo-
ser une nouvelle image.» Voilà qui
aurait pu décider Jean-Claude
Kergoatàfairetablerasedupassé.
C’esttoutlecontraire.LePDGfait
des origines historiques de sa
“mosaïquedécorative”ungagede
qualité:«Nousfabriquionsicidesperles
etdesboutons,avecunequalitédefini-
tion,derenduetd’esthétiqueincom-
parables, dit-il. C’est pour cela que,
comme les Italiens, nous nous bat-
tons, aujourd’hui, pour ne pas être
confondusavecdesfournisseursdecar-
relage du bâtiment.»
Précieuse alchimie
Etdeciter,nonsansquelquespré-
cautions de langage, les “ingré-
dients” qui font encore, au XXIe
siècle, le succès de Émaux de
Briare : «Notre procédé de fabrica-
tionestàbasedesilice,provenantde
larégion,ainsiqued’autresmatières
S
La renommée
internationale des
émaux de Briare n’est
plus à faire. Mais, en
1996, leur site de
production, lui, était à
reprendre. C’est Jean-
Claude Kergoat qui a
repris le flambeau de
ce fleuron de l’ère
industrielle. Avec
pour ambition de
reconquérir la place
de leader mondial
d’ici à dix ans.
“Toutes proportions gardées,
J-F Bapterosses a fait à Briare ce
que Michelin a fait à Clermont-
Ferrand.” C’est ainsi que Jean-
Claude Kergoat résume l’œuvre de
son prestigieux prédécesseur,
véritable capitaine d’industrie qui a
laissé son empreinte sur la ville. Il
n’y a qu’à traverser Briare pour s’en
rendre compte, puisque l’usine est
implantée en centre-ville et
englobait, au XIXe siècle,
une cité ouvrière avec jardins
pour 180 familles, une école, etc.
“C’était une ville dans la ville,
avec tout ce qu’il fallait pour vivre
quasiment en autarcie.” On y
produisit jusqu’à 1400000 boutons
par jour (avant que n’apparaissent
les boutons en plastique) et
500 tonnes de perles par an !
À la mort du génial inventeur
Le jour où Jean-Félix Bapterosses choisit Briare…
reflets
entreprendre
Loiret
Numéro 3 sur son marché,
Bebloom est un
e-marchand. C’est sa
particularité. C’est-à-dire que,
pour passer commande, les
clients se connectent sur le site
Internet www.bebloom.com.
Avec l’assurance que le bouquet
livré sera rigoureusement le
même que celui visualisé sur
l’écran de l’ordinateur, s’il vous
plaît ! Pour autant, Yann Jallerat
(35 ans, horticulteur) et Charles
Cuypers (35 ans, commercial),
les deux fondateurs de Bebloom,
en avril 2000, se refusent à
qualifier leur entreprise,
aujourd’hui installée sur la ZAC
des Aulnaies, à Olivet, de start-
up. « Nous sommes d’abord une
PME horticole, basée sur des
principes de l’ancienne
économie», explique Charles
Cuypers, pour expliquer sa
résistance aux affres de la
nouvelle économie. En effet,
Bebloom (CA 2001 : 1 million
d’euros ; environ 18000 clients
fidèles) fait partie, avec France
Bouquet, du groupe de
distribution florale Bloom Trade
(CA 2001 : 3,4 millions d’euros).
Et c’est France Bouquet,
justement, qui achète les fleurs,
en France et à l’étranger - du
Kenya aux Pays-Bas, en passant
par la Colombie, pour en
commercialiser une partie dans la
grande distribution. Le reste est
livré partout dans l’Hexagone,
au gré des commandes, soit par
camions (pour la région parisienne),
soit par Chronopost. De quoi être
présent sur deux activités à la fois
et, ainsi, ne pas “piquer” la
susceptibilité des investisseurs.
Ceux-ci, parmi lesquels le fonds
régional Capital Développement,
ont tout de même investi
3,8 millions d’euros dans Bebloom.
Reste que le groupe Bloom Trade
ne s’est pas encore attaqué à la
vente en boutique, un créneau qui
représente pourtant 60% du CA
de la distribution florale en France
(1,8 milliard d’euros au total).
« Peut-être nous développerons-
nous prochainement sur ce
créneau, affirme Charles Cuypers.
Même si, pour l’instant, nous
voulons d’abord consolider la
structure existante.» Quoi de plus
naturel, lorsque l’on emploi
18 personnes et que son chiffre
d’affaires ne cesse de grimper.
Car, net-économie ou pas,
certaines lois économiques ne
semblent pas près de faner.
Bebloom a su résister aux
déboires de la net-économie.
Et son chiffre d’affaires ne
cesse de grimper.
C’est dans le secret du laboratoire
que sont créés les nouveaux émaux.
Pdg de l’entreprise, Jean-Claude
Kergoat mise sur “un savoir-faire
multiséculaire” pour donner un
nouvel essor aux émaux de Briare.
| 6 | Mai - Juin 2002 |
C’EST
PRA
TIQUE
Bebloom,
jeune pousse
florissante
«
| Mai - Juin 2002 | 7 |
de ces procédés de fabrication
révolutionnaires, ses descendants
poursuivent son œuvre et dotent la
ville d’une église, de terrains de
sport, d’un bassin de natation, d’un
stade avec vélodrome, d’une salle des
fêtes, etc. Or, les seuls bâtiments de
l’entreprise sont si vastes (45000 m2),
qu’aujourd’hui, seulement 60%
d’entre eux sont encore utilisés ;
les autres cherchent des locataires…
Briare et le renouveau
des Émaux
Briare et le renouveau
des Émaux
Le Musée de
la Mosaïque et des Émaux,
Le Musée de la Mosaïque et
des Émaux, créé en 1994,
retrace les 160 ans d’histoire
des Émaux de Briare, avec des
documents d’archives et une
collection de pièces représenta-
tives des différentes productions
du site. Il reçoit quelque
15000 visiteurs chaque année,
ce qui le place au sixième rang
des musées du Loiret (le ving-
tième de la Région Centre).
Le musée est ouvert :
• du 1er juin au 30 septembre,
tous les jours, de 10h à 18h30,
• du 1er octobre au
31 décembre et de février au
31 mai, du lundi au samedi, de
14h à 18h, et le dimanche, de
10h à 12h30 et de 14h à 18h,
• pour les groupes, sur réser-
vation, tous les jours et toute
l’année, de 10h à 18h.
Un magasin d’usine vient éga-
lement d’ouvrir ses portes au
1, bd Loreau, 45250 Briare.
Renseignements :
www.emauxdebriare.com
ou au 02 38 31 22 01.
Envie d’envoyer des fleurs ?
Aucun problème. Bebloom vous
propose de livrer, partout en France,
un bouquet de fleurs exotiques, ou de 9 à 101 roses
(une exclusivité !), si le cœur vous en dit… à des tarifs
plutôt compétitifs. Et tout ça grâce à Internet.
minérales, achetées en Australie, en
Norvège, etc. Elles sont fondues
ensembleà1400°C,puissontmélan-
géesàdesoxydesmétalliques(cobalt,
cuivre, etc.), afin d’être colorées. Le
toutestbroyé,etlapoudreainsiobte-
nueestpresséeetcuite,selonlestailles
et formes de carreaux désirées.»
C’estunecentainedesalariés(contre
77,lorsdelareprise,en1996)qui
assurentdésormaiscetteprécieuse
alchimie, au gré des commandes
passées dans le réseau de distribu-
teursdelamarque,danslemonde
entier,danssonmagasind’exposi-
tiondelarueduBac,àParis,oudans
lessalonsinternationauxégalement,
comme en atteste le calendrier de
ces rendez-vous incontournables,
en bonne place dans le bureau du
PDG. «Nousréalisons70%denotre
chiffred’affairesàl’export,précisece
dernier.Leplusgrosmarchéesteuro-
péen,maisparminosdernièresconquêtes,
ontrouvenotammentl’Europedel’Est,
l’Asieetl’Australie.»Puis,désignant
unefresque:«C’estunmotifpourle
projet de mosquée personnelle d’un
cheikauxÉmirats.»Eneffet,85%des
commandesontbeauprovenirdes
particuliersquifontrefairetantôtleur
salle de bains, tantôt leur cuisine,
lesÉmauxdeBriareontaussileurs
prestigieuses vitrines : mosquées,
bateauxdecroisière,aéroports,etc.
Quand on sait que Jean-Claude
Kergoat lui-même a décidé de
reprendrelesÉmauxdeBriareaprès
avoir connu la frustration, en tant
que promoteur immobilier, de ne
paspouvoirenornersesconstruc-
tions…C’estdirelaconvoitiseque
peuvent susciter ces “pierres
précieuses” ! Ⅲ
Le plus gros marché pour les
émaux est européen. 70% du chiffre
d’affaires est réalisé à l’exportation.
30365 LOIRET63 P6-7 27/05/02 15:03 Page 6
loiret
Même si le Loiret n’a pas connu
de crue catastrophique depuis
près d’un siècle, les fureurs et
débordements de la Loire et de ses
affluents demeurent une menace
réelle pour 80 000 habitants
du département. Soucieux
de la sécurité des personnes et
des biens, le Conseil général fait
feu de tout bois, dans le cadre
du Plan Loire Grandeur Nature
et de son Fonds départemental
de lutte contre les inondations,
pour que soient
poursuivis les travaux
de protection et pour que
les populations riveraines
soient mieux informées.
dossier
loiret
dossier
Loiret
| Mai - Juin 2002 | 9 |
les fureursles fureurs
de la Loire
LeConseilgénéraladécidé
en novembre 2000 de
créer un Fonds départe-
mental de lutte contre les
inondations et un poste
dechargédemissionspécifique,
en complément de toutes les
interventions qu’il mène déjà
dans le cadre de sa participation
activeàl’Établissementpublicde
la Loire (E.P. Loire), présidé par
Éric Doligé, et de son adhésion
au Plan Loire Grandeur Nature :
L
LES TRAVAUX À RÉALISER SUR LE LOIRET
(Estimation maximale des coûts en millions d’euros)
s Restauration du lit de la Loire : 1,53 à 1,83 M€ (10 à 12 MF).
s Renforcement des banquettes sur 15 km : 2,6 à 3,5 M€ (17 à 23 MF).
s Réfection des fusibles des déversoirs d’Ouzouer-sur-Loire et Jargeau :
1,53 M€ (10 MF).
s Renforcement des pieds des levées : 38,11 à 45,73 M€ (250 à 300 MF).
s Protection du Val de Gien : 30,49 à 38,11 M€ (200 à 250 MF).
s Prolongation de la levée d’Orléans sur 2700 m :
2,29 à 3,05 M€ (15 à 20 MF).
prévision des crues, gestion des
ouvrages, études globales, ren-
forcement des levées, entretien
du lit du fleuve, etc.
Ce Fonds, qui intègre les parti-
cipations du Département aux
programmesexistantsmenéspar
l’E.P.Loire,l’Étatetlescommunes
elles-mêmes, devrait mobiliser
10 millions d’euros de crédits
départementaux pendant toute
la durée du Contrat de Plan
(2000-2006).
Le Conseil général
mobilisé contre
les inondations
Mieux prévenir
territoire
Loiret
C’est une étude encore
jamais réalisée que le
Conseil général a lancée
en septembre dernier :
celle du logement dans les
secteurs social, très social et
privé,àl’échelledetoutleLoiret.
Elle permettra de recenser les
besoins actuels et futurs et de
déterminer les principaux
enjeux en matière d’habitat. En
effet, le dernier recensement de
l’INSEE a mis en évidence l’es-
sor démographique du Loiret.
La population a été chiffrée à
618 126 habitants, soit 0,7 %
de plus qu’en 1990, et le
nombre de résidences
principales à 248 686,
soit 12 % de plus qu’en
1990. Par ailleurs, le
département bénéficie
d’un dynamisme écono-
mique favorable à l’em-
ploi, ce qui se traduit par
un accroissement de ses
effectifs. Ces deux phénomènes
ontdesrépercussionsenmatière
de logement, que cette étude,
cofinancée par la Région et
l’État,permettrad’appréhender.
Segmentation du Loiret
Un diagnostic de l’habitat a
d’ores et déjà été établi à par-
tir de données comme la démo-
graphie, les mobilités résiden-
tielles, les statuts d’occupation
des logements, etc. Il fait appa-
raître notamment une seg-
mentation du département
avec, à l’ouest du Loiret, un
La Jeune chambre économique
d’Orléans ne manque pas d’idées
pour “rapprocher les citoyens de leur
patrimoine économique et industriel”.
Elle a lancé d’abord la première
Semaine du patrimoine économique
du Loiret, du 27 au 31 mai, pour
faire découvrir ou mieux connaître les
entreprises du département. Ainsi
Lexmark, La République du Centre,
la station d’épuration de La Chapelle-
Saint-Mesmin, la laiterie de Saint-
Denis-de-l’Hôtel et bien d’autres ont
ouvert leurs portes au public pour des
visites accompagnées. La JCEO lan-
cera ensuite les “Rendez-vous de
l’économie”, une émission de radio
sur France Bleu Orléans (100.9).
À partir de début juin, l’émission de
radio accueillera chaque mois des
entrepreneurs locaux. Au
programme : promotion et interviews.
CONTACTS
JCEO - Chambre de commerce et
d’Industrie - 23, place du Martroi
45044 Orléans Cedex
RENDEZ-VOUS
Un autre patrimoine
à découvrir
Un Schéma départe-
mental d’alimentation
en eau potable a été com-
mandé par le Conseil géné-
ral en vue de garantir
l’approvisionnement des
collectivités locales en eau
de bonne qualité et en
quantité suffisante. Conçu comme un
véritable outil d’aide à la décision, le
Schéma précisera les orientations
essentielles pour les dix à quinze ans à
venir. Il permettra ainsi de définir des
programmes cohérents pour la gestion
et la protection des ressources, ainsi
que pour le développement des infra-
structures de transfert et de distribu-
tion d’eau potable. Enfin, le Schéma
recensera toutes les actions visant à
répondre au mieux aux besoins à venir
en termes de qualité, de quantité et de
sécurité de l’alimentation en eau
potable. Le Conseil général y consa-
crera un crédit de 165 000 €.
À L’ÉTUDE
Garantir la qualité
du service public
d’eau potable
dynamisme démographique
plus soutenu et des populations
plus jeunes. Il montre égale-
ment que les petites communes
(moins de 5 000 habitants)
concentrent 42 % de la popu-
lation et se développent, tan-
dis que l’attractivité des villes
moyennes stagne ou diminue.
Concernant les habitants, 60%
sont propriétaires occupants,
un statut qui progresse. Les
locataires du privé représen-
tent, eux, 20,5 %, et ceux de
HLM 16,5 %. Cette dernière
catégorie connaît, elle aussi,
une forte augmentation
(21,2%). Par ailleurs, plus d’un
ménage sur six bénéficie d’une
aide au logement. Ce chiffre
atteint un ménage sur deux
dans le parc HLM. Dans le sec-
teur locatif social, où 41 908
logements ont été recensés, près
de 17 % des résidences prin-
cipales sont en HLM. Dans le
locatif privé, dont le parc est
majoritairement ancien, près
de trois locataires sur quatre
habitent sur la zone d’emploi
d’Orléans.
Une priorité
du Département
Ces premiers résultats ont per-
mis d’engager, avec les acteurs
locaux, une réflexion pour défi-
nir les grands axes des poli-
tiques locales et départemen-
tale de l’habitat. Ce domaine
constitue en effet l’une des prio-
rités du Conseil général, qui s’y
implique déjà à plusieurs titres.
Il intervient notamment dans
la production de logements
sociaux (plus de 2 300 loge-
ments subventionnés entre
1995 et 2000), ainsi qu’en
faveur de la réhabilitation des
logements privés, enjeu impor-
tant de revitalisation des
centres-villes et des bourgs
ruraux.
Si le Département entend pour-
suivre ces actions, il souhaite
également ajuster ses inter-
ventions en matière d’habitat.
Cette étude du logement dans
le Loiret lui apportera, comme
aux autres acteurs institution-
nels, les éclairages nécessaires
pour élaborer des stratégies effi-
caces dans ce domaine. s
| 8 | Mai - Juin 2002 |
Le Conseil général a lancé, en septembre dernier, une vaste étude sur le
logement dans le Loiret. Ses conclusions permettront de redéfinir les
grands axes des politiques locales et départementale en matière d’habitat.
C
Logement dans le Loiret
vers une meilleure définition des politiques habitat
Entre 1995 et 2000, plus de 2300
logements ont été subventionnés
par le Conseil général.
Près de 17% des résidences
principales du Loiret sont en HLM.
Force Motrice
30365 LOIRET63 P8A13 27/05/02 15:07 Page 1
dossier
Loiret
| Mai - Juin 2002 | 11 |
dossier
Loiret
Ce Fonds sert en outre à promou-
voir de nouvelles actions de sensi-
bilisationpréventivedeshabitants,
desélusetdesacteurséconomiques
riverains de la Loire et des autres
rivières du département (Loing,
Ouanne, Œuf...). Il vise aussi à
réduire la vulnérabilité des biens
exposésauxinondationsetappuiera
des opérations locales de protec-
tion des personnes et des biens. Il
accompagne la réflexion et l’émer-
gence d’un développement des
communes compatible avec les
risques d’inondations. Enfin, il a
pour objectif d’améliorer les pro-
cédures à mettre en œuvre pour la
gestiond’unecriseéventuelle(avant,
pendant et après une inondation).
Les levées renforcées
Lamiseenœuvredecesnouvelles
actions s’appuiera sur un réseau
humain composé d’un coordina-
teurencoursderecrutementàl’E.P.
Loire, de l’animateur recruté par
leConseilgénéralenfévrier,etdes
correspondants locaux (un élu et
untechnicien)quelescommunes
proposeront prochainement.
Parmi ses actions-phares, le
Départementfinancedepuis1970
les travaux de renforcement des
CHÉCY, DONNERY,
MARDIÉ, FAY-
AUX-LOGES :
des mesures
pour ne plus
avoir les pieds
dans l’eau
En février dernier, des rive-
rains de la Bionne et du canal
d’Orléans ont été victimes d’inon-
dations à Donnery, Chécy, Mardié
et Fay-aux-Loges, malgré l’inter-
vention technique rapide du
Syndicat mixte du canal d’Orléans.
Pour limiter les risques et consé-
quences d’une nouvelle inonda-
tion, plusieurs mesures ont été
proposées par le Conseil général:
• Réunir toutes les communes du
bassin du Cens en syndicat afin
de gérer de manière cohérente
cette rivière et mettre en œuvre
un programme de réhabilitation et
d’entretien, avec l’appui tech-
nique et financier du Départe-
ment: le manque d’entretien des
cours d’eau peut en effet causer
ou aggraver des inondations par
la création d’embâcles ou le bou-
chage d’évacuations.
• Mieux connaître le fonctionne-
ment du système hydraulique
Cens-canal grâce à une étude
financée par le Conseil général
.
• Exiger de l’État la réalisation
rapide des travaux de réhabilita-
tion des berges du canal, afin de
pouvoir utiliser le bief de Saint-
Jean-de-Braye comme évacua-
tion supplémentaire. Le Conseil
général a mis à disposition de
l’État depuis deux ans une somme
de 152 450 € pour lancer les tra-
vaux les plus urgents...
• Enfin, inciter les communes à se
doter des outils de prévention et de
gestion d’une crise, avec l’aide du
chargé de mission du Département
recruté pour cette tâche. s
«
| 10 |Mai - Juin 2002 |
Vingt ans de travaux et d’études
sur les risques d’inonda tions en Loire Moyenne
levées de la Loire, qui font l’objet
d’uneattentionparticulièreaudroit
des sites humainement sensibles.
Depuis 1995, cette participation
transite par l’E.P. Loire et repré-
senteletiersdesdépensesàenga-
ger durant le Contrat de Plan, à
égalité avec l’État et la Région.
En outre, ponctuellement, le
Conseil général vient en aide aux
communestouchéespardesinon-
dations. En septembre 2001,
l’Assembléedépartementaleaainsi
décidédeprendreencharge40%
du coût des travaux de remise en
état ou d’aménagement de six
communesfrappéespardescrues
en mars et juillet 2001 (Autry-
le-Châtel, Beaulieu-sur-Loire,
Cernoy-en-Berry, Pierrefitte-ès-
Bois, Poilly-lez-Gien et Saint-
Firmin-sur-Loire).s
En septembre 2001, l’Assemblée
départementale a ainsi décidé de prendre
en charge 40 % du coût des travaux de
remise en état ou d’aménagement de six
communes frappées par les crues.
Le 3 mai 2001, Jacques
Chirac a rendu visite au
Conseil général du Loiret,
afin d’encourager l’Équipe
pluridisciplinaire du Plan
Loire Grandeur Nature pour
son travail de gestion des
risques d’inondations.
à mieux informer les riverains des
risques d’inondations. Enfin, l’E.P.
Loire participe activement à la
stratégie de réduction des risques
d’inondations par les crues fortes
en Loire Moyenne, dans le cadre
du Plan Loire Grandeur Nature,
décidé par le gouvernement lors
du Comité interministériel du
4 janvier 1994.
Ce plan global à dix ans d’aména-
gement de la Loire vise à concilier
la sécurité des personnes, la pro-
tection de l’environnement et le
développementéconomique.Alors
que l’État assurait ses responsabi-
lité en publiant les atlas des zones
inondables,encontrôlantleuramé-
nagement grâce à une réglemen-
tation limitant l’urbanisation, ou
encore en modernisant le réseau
CRISTAL, les trois partenaires du
Plan Loire ont décidé de consti-
tuer une Équipe pluridisciplinaire
basée à Orléans, pour établir les
risquesd’inondations,proposerles
bases techniques d’une stratégie
de réduction de ces risques et
apporter un appui aux acteurs de
terrain qui y travailleront.
Un vaste chantier
Dans la continuité du Plan Loire
Grandeur Nature, le gouverne-
ment a décidé, lors du Comité
interministériel d’aménagement
du territoire du 23 juillet 1999,
un Programme interrégional pour
la période 2000-2006 (assorti de
782 millions de francs de crédits
d’État), dont les priorités sont
prises en compte dans les contrats
de plan signés entre l’État et les
Régions de la Loire Moyenne.
Les trois priorités retenues pour
cette nouvelle étape du Plan
Loire sont la sécurité des popu-
lations face aux risques d’inon-
dations, l’amélioration de la
gestion de la ressource en eau et
des espaces naturels et ruraux
des vallées, la mise en valeur du
patrimoine naturel, paysager et
culturel des vallées ligériennes.
Le volet “ sécurité des popula-
tions face aux risques d’inon-
dations” comprend notamment
la mise en place de P.P.R. (plans
de prévention des risques inon-
dations), la réduction de la vul-
nérabilité des biens exposées en
zone inondable, l’entretien de
la culture du risque et l’infor-
mation des populations, le ren-
forcement des moyens d’alerte
et de secours, la poursuite de la
restauration et de l’entretien du
lit de la Loire, le renforcement
des levées de la Loire, la mise en
place de protections localisées
justifiées, la préparation d’une
gestion de l’écrêtement des
grandes crues.
Bref, c’est un vaste chantier que
l’État, maître d’ouvrage notam-
ment de la restauration du lit du
fleuve et de la consolidation des
levées, les collectivités et les rive-
rains de la Loire, en tant qu’ac-
teurs de leur propre sécurité,
doivent continuer de mener à
bien sans retard, pour amortir le
choc d’un éventuel nouveau gros
coup de colère de la Loire. s
« Dommage qu’il n’y ait pas
eu un plan Somme comme il
y a un plan Loire. (...) Avec
l’environnement qui change,
les risques évoluent, et nous
n’avons pas le droit de nous aban-
donner au fatalisme (...). Dans ce
cadre, le Plan Loire Grandeur
Natureestentoutpointremarquable,
et l’EPALA une très belle opération.
La Loire a pris de l’avance.»
Ce coup de chapeau à tous ceux
qui œuvrent en faveur de la pré-
vention des inondations dans le
bassin de la Loire Moyenne est
du président de la République,
JacquesChirac.Cejour-là,le3mai
2001, le chef de l’État avait tenu
à assister en personne à une
réunion du comité de pilotage de
l’Équipe pluridisciplinaire du Plan
Loire Grandeur Nature, à l’Hôtel
du Département, à Orléans, pour
encourager le travail accompli
depuis près de vingt ans par les
collectivités ligériennes pour gérer
les risques d’inondations.
C’est en effet le 22 novembre
1983 qu’a été créé l’EPALA (Éta-
blissement public d’aménage-
ment de la Loire et de ses
affluents), qui rassemble six
Régions, seize départements, dix-
neuf villes de plus de 30 000
habitants et 10 syndicats inter-
communaux départementaux
regroupant des communes de
moins de 30 000 habitants. Ce
syndicat mixte, qui a succédé à
l’Institution interdépartementale
pour la protection des vals de
Loire contre les inondations, a
pour vocation la prévention des
inondations.
Agir et informer
L’EPALA (devenu E.P. Loire, Éta-
blissement public de la Loire)
assure la maîtrise d’ouvrage et le
financement de divers travaux,
coordonne de multiples actions
et mène un gros travail d’infor-
mation de tous les acteurs
concernés par les risques de
crues.
L’E.P. Loire est ainsi l’exploitant
dubarragedeVillerest,surlaLoire,
en amont de Roanne. Il cofinance
avec l’État et l’Agence de l’eau
Loire-Bretagne l’installation et l’ex-
ploitation de près de 200 stations
de mesure des niveaux d’eau en
rivières, des intensités de pluie et
de la température, qui constituent
le réseau CRISTAL, opérationnel
24 heures sur 24, 365 jours par
an. Il s’associe à la mise en place
du projet européen OSIRIS visant
D«
Concilier la sécurité des personnes,
la protection de l’environnement et
le développement économique... tel est
le défi auquel sont confrontés tous ceux
qui, depuis plusieurs années, cherchent à
mettre en place une politique efficace de
prévention des risques d’inondations en
Loire Moyenne.
Que se passerait-il
en cas d’inondation?
S
i le Fleuve Royal venait un jour à sortir de son lit comme
il le fit en 1856 (la plus forte crue connue à ce jour),
les enjeux des dégâts causés en Loire Moyenne (d’Angers
à Nevers) pourraient être considérables :
• Seraient concernés : 240 communes, 300 000 habitants
(dont 80000 dans le Loiret), 1500 exploitations et 88 000 ha de
terres agricoles, 13 500 entreprises et 72 000 emplois.
• Il en coûterait de l’ordre de 6 milliards d’euros de dommages
évaluables (soit 40 milliards de francs), dont 900 millions d’euros
pour le seul Loiret, sans parler des dommages que l’on ne sait pas
évaluer.
Concilier la sécurité des personnes,
la protection de l’environnement et
le développement économique... tel est
le défi auquel sont confrontés tous ceux
qui, depuis plusieurs années, cherchent à
mettre en place une politique efficace de
prévention des risques d’inondations en
Loire Moyenne.
30365 LOIRET63 P8A13 27/05/02 15:08 Page 10
dossier
Loiret
Renouer avec la
«culture du risque»
En cas de crue majeure,
sitôt après avoir été alerté
par le préfet, le maire
d’une commune menacée
d’inondationdevientl’acteur
essentiel du dispositif de préven-
tion et de protection. Dans le Loi-
ret,plusieursmunicipalitéssonten
train d’élaborer, avec un appui
technique de l’Équipe pluridisci-
plinaire du Plan Loire et bientôt
du chargé de mission Inondation
duConseilgénéral,unprogramme
communal de réduction du risque
d’inondation, comportant à la fois
des actions de prévention (avec
sensibilisation à l’indispensable
«culture du risque» et réduction
de la vulnérabilité des biens), de
prévision (alerte et gestion de la
crise, avant, pendant et après) et
de protection, quand celle-ci est
possible administrativement et
acceptable socialement.
Les communes de Saint-Pryvé-
Saint-Mesmin et Cléry-Saint-
André, sites pilotes du programme
Osiris visant à améliorer les infor-
mations de prévision et d’an-
nonce des crues, préparent un
plan local destiné à faire de cha-
cun des habitants d’agir de
manière responsable face à une
menace d’inondation.
Des plans mis au point
La Ville d’Orléans, pour sa part,
a mis au point un plan d’éva-
cuation des 21000 personnes
vivant entre Loire et Loiret, sus-
ceptibles d’être victimes d’une
crue centennale. Ce Plan muni-
cipal des secours (PMS) recense
aussi les établissements et entre-
prises qui seraient concernés,
ainsi que les lieux d’hébergement
possibles des personnes sinis-
trées. Il prévoit par ailleurs la
E
Protéger les entreprises
Parce que l’inondation représente
également pour les entreprises
un risque majeur (bien plus pro-
bable que le risque incendie, par
exemple),laChambredecommerce
et d’industrie du Loiret mène
depuis 1998, avec l’appui métho-
dologique de l’Équipe du Plan
Loire, une campagne pilote et de
longue haleine pour sensibiliser
chefs d’entreprise et commer-
çants. Un questionnaire d’éva-
luation leur a été envoyé en 2001,
un article a été publié dans le
magazine de la Chambre, et trois
réunions d’information ont été
organisées, deux à Orléans, une
à Gien.
«Peu de gens se sont déplacés»,
regrette Sébastien Saint-Chély,
conseiller environnement à la CCI,
qui, sur le terrain, ne manque
jamais d’évoquer les conséquences
| 12 |Mai - Juin 2002 |
dossier
Loiret
| Mai - Juin 2002 | 13 |
mise en œuvre d’un PC de crise
et de cellules opérationnelles pour
gérer les problèmes de commu-
nication, de logistique, de pollu-
tion, de santé, etc. Enfin, un
document d’information préa-
lable de la population est en pré-
paration.
À Sully, la municipalité dispose
d’un plan d’alerte et a déjà lar-
gement informé population et
chefs d’entreprise. Elle étudie
maintenant une protection sup-
plémentaire en aval de la levée
actuelle qui s’interrompt au pont
SNCF, la possibilité de stopper
une inondation par le ru d’Oison
et la Sange grâce à l’installation
de pompes de 180 m3, ainsi que
les actions prioritaires à mener
pour protéger les biens privés et
publics en zone inondable, et
limiter ainsi le coût d’une éven-
tuelle inondation.
Il faut croire au risque de
crue majeure et s’y préparer
Malgré toutes les mesures prises,
le risque d’une inondation majeure de la Loire
demeure. Les populations riveraines doivent
en être conscientes et s’y préparer, selon
Nicolas-Gérard Camp’huis, Directeur de
l’Équipe pluridisciplinaire du Plan Loire
Grandeur Nature.
Bien des personnes pensent que
le risque d’une crue centenale
a aujourd’hui disparu... Qu’en
pensez-vous ?
Ellessetrompent.Leseulévénement
qui provoque une crue comme
cellesquelaLoireMoyenneaconnu
auXIXe siècleesttotalementimpa-
rable.C’estlaconjugaisondefortes
pluiesocéaniquesetdefortespluies
d’oragescévenols:ilpleutenquatre
jours autant qu’en deux mois et
demi normaux et il passe plus de
deux milliards de m3 d’eau sous le
PontGeorgeVàOrléans.Unecrue
centennale, qui a une probabilité
d’apparitionannuellede1%,découle
d’un phénomène exceptionnel et
gigantesque,maissusceptibled’être
anticipé grâce aux progrès de nos
connaissances météorologiques et
dusuividesniveauxd’eauenrivières.
Le réchauffement de la planète
peut-il avoir des conséquences
néfastes ?
En 1846, 1856 et 1866, la Loire
Moyenne a connu trois crues
exceptionnelles successives, alors
qu’iln’étaitpasquestionderéchauf-
fement de la planète. Ce réchauf-
fement peut avoir une influence
sur les précipitations, mais pas
fondamentalement sur le risque
d’apparition d’une crue rare.
Si une crue centennale survenait
demain serait-elle aussi catas-
trophique que les crues du passé?
D’abord, grâce au réseau
CRISTAL, la population orléa-
naise pourrait par exemple, avec
beaucoup de fialbilité, être pré-
venue quatre jours à l’avance
de la gravité de la crue et 36 à
48 heures avant, de la hauteur
attendue.
Ensuite, le barrage de Villerest
intervient désormais pour écrê-
ter une crue sur 20% du bassin
versant de la Loire qui arrive à
Orléans. Il est capable de rete-
nir 140 millions de m3 d’eau, ce
qui diminue le débit maximal
en Loire de 500 à 1.000 m3 d’eau
par seconde sur un débit total de
6500 à 8500 m3/seconde arrivant
en aval du Bec d’Allier en cas de
crue majeure. Cela a pour effet
de diminuer le niveau d’eau d’en-
viron 50 à 70 centimètres en
Loire avant Orléans.
Les levées, qui ont subi 160
brèches en 1856, ont vu leur
corps renforcé et devraient mieux
résister à la poussée de l’eau.
L’enfoncement du lit de la Loire,
en raison de l’extraction de gra-
nulats ne représente pas forcé-
ment un avantage. En effet, la
Loire déborde moins souvent,
ne se débarrasse plus des arbres
qui encombrent son lit
et le mauvais entretien
du lit fait que l’eau aurait
moins de place pour
s’écouler franchement et
rapidement en cas de
crue. En outre, les pieds
de levées mis à nu par
l’enfoncement du lit ris-
quent d’être minés là où
ils sont en contact direct
avec la Loire et une crue
pourrait les déstabiliser.
Dans le Loiret, la Direc-
tion départementale de
l’équipement a déjà identifié ce
risque et protégé les levées
par des travaux à Saint-Benoît,
Bouteille, la Binette et Jargeau.
Enfin, les riverains voient la Loire
confinée dans le lit qu’elle s’est
creusée et croient à tort que les
crues sont révolues grâce à
Villerest et à l’enfoncement du lit.
En résumé, s’il est vrai que la
Loire Moyenne pourrait connaître
demain des inondations moins
étendues que par le passé, si les
levées qui ont été renforcées
résistent, celles-ci pourraient en
revanche être plus risquées parce
que concernant plus de per-
sonnes et plus de biens ou d’équi-
pements.
Quelmessageessentielsouhaitez-
vous faire passer aux riverains ?
Il faut bien réaliser qu’en zone
inondable le risque de crue
majeure est réel et plus “pro-
bable” que le risque d’incendie
par exemple. Il faut s’y préparer
individuellement. Les préfets et
les maires, chacun selon leurs
responsabilités, travaillent à amé-
liorer l’information des habi-
tants, en évitant de les alerter
pour des crues non domma-
geables. Mais il reste du ressort
de chaque habitant de se préparer
et nous élaborons actuellement
avec les partenaires du Plan Loire
une série de recommandations
pour aider chacun. s
d’une inondation à l’occasion de
l’établissement d’un diagnostic
environnement de base pour une
entreprise. En 2002, la CCI va
accentuerseseffortspourinformer
le maximum de chefs d’entreprise
etdecommerçants,notammentles
PME, à l’aide des plaquettes de
«diagnostic de vulnérabilité des
entreprises» réalisées par l’Équipe
du Plan Loire. s
La Loire a toujours fait peur à ses
riverains. Du haut Moyen Âge à
1861, les annales ont conservé le
souvenir de 277 crues. Les inonda-
tions les plus considérables sem-
blent s’être produites au début du
XVIIIe siècleetaumilieuduXIXe siècle.
Le fleuve a alors connu des crues
dévastatrices, dont les cotes
restent gravées sur les murs de
nombreux édifices situés sur les
berges. L’eau a atteint 1,05 mètre
à Orléans, en 1825, 1,58 mètre en
1846, 2,15 mètres en 1866 et le
record a été battu le 2 juin 1856
avec 2,22 mètres.A quatre reprises,
donc, le niveau du fleuve a oscillé
entre 6 et 7 mètres d’eau et sub-
mergé le val orléanais, ne laissant
aucun répit ou presque aux rive-
rains, d’autant que la Loire avait
ouvert 160 brèches dans les digues
sur les 450 km de son cours moyen !
Les habitants de la Loire Moyenne
ont de nouveau connu une grosse
crue le 21 octobre 1907, mais qui
n’a provoqué aucune rupture de
digue, puis ont perdu la mémoire
des excès du fleuve.
(Source : dossier “Quand la Loire
était en colère”,sous la direction de
Jean-Marie Flonneau, Archives
départementales du Loiret).
Les colères
historiques
de la Loire
«La Loire traverse de part en
partledépartementduLoiret
sur sa plus grande longueur. Nous
sommes donc très fortement impli-
qués dans la réflexion sur les inon-
dations:autraversdel’Établissement
Public Loire, dont nous sommes l’un
des principaux contributeurs finan-
ciers,mais aussi au travers de la mis-
sion pour la prévention des risques
quenousavonsmiseenplaceausein
du Conseil général, où nous avons
embauchéunepersonnespécialisée.
Nous souhaitons que cette initiative,
quipournousvaplusloinqu’uneexpé-
rience, puisse servir de modèle à
PAROLE : Éric Doligé président de Établissement Public Loire
«Il faut constituer une chaîne qui puisse travailler
et réfléchir à la prévention des inondations»
l’ensemble de nos partenaires, aux
communes et aux autres départe-
ments, en vue de constituer une
chaînequipuissetravailleretréfléchir
à la prévention des inondations. (...)
Le rôle des élus et de l’État est de
cherchertouslesmoyenspoursepro-
téger contre les inondations. Or, trop
souvent,nousavonsdumalàtravailler
ensemble parce que chacun travaille
dans son coin et détient sa part de
vérité.Ilnousfautrassemblercesvéri-
tés au service d’une intelligence col-
lective. (...)
Aujourd’hui nous n’avons plus le droit
denepasagirparcequenousconnais-
sonsmieuxuncertainnombredephé-
nomènes. Il faut entrer dans l’action :
nous en avons les moyens financiers,
car des sommes importantes ont été
misesenplace,maisaussilesmoyens
humains.(...)Maintenant,ilestdenotre
responsabilité collective d’agir, d’ac-
célérer un certain nombre de proces-
sus,parcequenousavonsqualitépour
lefaire.(...)Nousavonsaumoinsdevant
nous vingt ans de travail et d’action!»
(Extraitsdel’interventiond’ÉricDoligé
en ouverture et en clôture des
Rencontressurlapréventiondesinon-
dations sur le bassin Loire Bretagne
organiséesle15février2002àOrléans.)
Afin de sensibiliser les entreprises
sur les risques d’inondations, une
brochure informative a été distribuée
dans le cadre du Plan Loire.
L’eau a atteint 2,22 m,
le 2 juin 1856, un record !
Renouer avec la
«culture du risque»
À Gien, la rue Bernard
Palissy durant la crue
du 20 octobre 1907.
CartespostalesR.Champault/A.MorierPhot.Edit.
30365 LOIRET63 P8A13 27/05/02 15:08 Page 12
LOREM-RDP667
Une des figures
de la commune :
M. Béchu, 81 ans
avec son vélo
d’époque.
Tous les vendredis
le poissonnier passe vers huit heures.
exemple,pourDidierCorsat,letra-
jet journalier Léouville-Arpajon et
retour n’est pas un souci. «C’est
mêmeungaindetempsconsidérable»,
ajoute-t-il. En revanche, pour sa
fille Virginie, étudiante à Orléans-
LaSource,l’opérationestunpeuplus
compliquée.Illuifauts’éloignerde
Léouvillepourlasemaine:lelundi
matin,ondoitlaconduireàlagare
d’Angerville; une amie passe en-
suitelaprendreenvoitureàlagare
d’Orléans.Levendredisoir,même
chose en sens inverse, jusqu’à la
garedeBoisseauxcettefois.«Onest
toujours dépendant de quelqu’un»,
souligne-t-elle.
Une certaine liberté
Hormis les deux adolescents déjà
danslesecondaireàBazoches-les-
GallerandesouàPithiviers,lespetits
deLéouvillen’ontpasceproblème:
un car vient les chercher. Ils ont
même de la chance, car par le jeu
destournéesderamassagescolaire,
ils sont à la fois les derniers à par-
tir et les premiers arrivés. La petite
commune a aussi des bons côtés
quand on est entrepreneur. Pierre
Petit, 36 ans, cressiculteur, cultive
le cresson à cheval sur les dépar-
tements du Loiret et de l’Essonne.
C’est à Léouville, où il vit depuis
dix ans, qu’il a choisi d’implanter
le siège social de son entreprise. Il
ne se cache pas pour dire que
«l’EssonneestpluschèrequeleLoiret».
MêmesatisfactionpourJoëlBallot,
27 ans, exploitant agricole à
Léouvilleetaussiterrassierdepuis
deux ans. Si parfois il déplore le
coût élevé de la livraison de ses
marchandises, le jeune homme
savoure une certaine liberté en ce
quiconcernelestationnementdes
machines : «En ville, il y a toujours
quelqu’un qu’on va déranger...».
ÀLéouville,enrevanche,celuique
l’on n’hésite pas à solliciter, c’est
bienlemaire:«Quandilyaunpro-
blème,c’esttoujoursmoiquel’onvient
voir en premier. Et tout de suite. On
n’attend pas la permanence du mer-
reflets
reflets
reportage
Loiret
reportage
Loiret
| 14 | Mai - Juin 2002 |
construction...). Un soutien
précieux qui permet aux petites
communes de rembourser les
annuités d’emprunts contractés
pour les constructions d’écoles
primaires et maternelles par
exemple. Montant du plafond
des travaux : 15 245 €.
Le taux de subvention étant
de 55% de ce plafond pour
les communes de moins de
100 habitants et de 40% pour
les communes de 100 à
500 habitants. Ce programme
d’aides peut également
comprendre un financement de
prestations intellectuelles
comme des études d’urbanisme,
d’assainissement, etc.
Chaque année, ce sont de
150 à 200 communes qui
bénéficient de ce programme
d’aides, représentant pour
le Conseil général un
investissement annuel
de l’ordre de 686 021 €.
Le Conseil général et les aides aux petites communes
credi, on me téléphone ou on vient
directement chez moi ! Il est vrai que
je suis plus accessible qu’un maire
d’unecommuneplusimportante.Alors,
j’essaie d’arranger les choses autant
que je le peux.»
Auchapitredesdoléances,certains
vous diront que l’«on se connaît
trop, comme dans tous les petits vil-
lages»,d’autresque«lemaigrebud-
getdelacommunesetrouvelourdement
grevé par l’arrivée de nouveaux éco-
liers».Ilfautsavoirquelacommune
disposed’uneenveloppesensible-
ment inférieure à 40 000€ dont
près de 30 000 sont alloués
aux frais de fonctionnement, les
scolaires coûtant quant à eux
environ6500€.Maisn’est-cepas
le prix à payer pour la relève ? Car
Léouvillenesemblepasêtresurle
déclin.Pourpreuve,elleestpassée
dequarante-troishabitants(dixitle
recensement 1999) à quarante-
neufaujourd’hui,mêmesicelareste
sans comparaison avec la bonne
centaine de villageois des années
1900-1950. De 89 ans pour la
doyenneàquelquesmoispourles
deuxnouveau-nés,touteslesgéné-
rations sont représentées.
«Tout le monde se dit
bonjour»
Côtéinsécurité,rienàdéclarer.Ici,
lesvoiturespeuventresterouvertes!
Pas de délinquance, tout juste des
bêtisesdegamins,sansméchanceté
aucune,quirappelleraientpresque
“Jeux interdits”... Mais il y a aussi
des gestes qui font plaisir, comme
celuideBernardBéchu,quiplante
despensées«histoired’avoirunepen-
sée pour tout le monde...». À Léou-
ville,leliensocialestuneréalité.«Pas
d’anonymat»,vousdira-t-on,«tout
lemondeseditbonjour.»«Onsereçoit
entre nous, on se garde les enfants,
encasdebesoin.Oncomptevraiment
les uns sur les autres », précise
l’épouseducressiculteur.Etd’ajou-
ter:«Unenuit,jemesuismêmeinquié-
téepourmonvoisin,quej’avaisentendu
partir avec son tracteur : pensant
qu’il allait arroser les champs et, ne
l’ayant pas entendu revenir, je suis
alléevoirchezluiaumatinsitoutallait
bien. En fait, il avait juste essayé un
nouvel outil...»
Même si les quarante-neuf “Léou-
villois” ne sont pas d’accord sur
tout,ilssonttoujourspartantspour
unpotdel’amitié.Uneidéederepas
champêtre serait même dans l’air,
questiondefaireplusampleconnais-
sanceaveclesnouveauxarrivants.
Commequoi,quelques-unspour-
ront peut-être bientôt dire qu’à
Léouville, comme dans un certain
villaged’irréductiblesGaulois,tout
se termine dans la joie et la bonne
humeur autour d’un banquet ! Ⅲ
venir s’échouer à Léouville pour
goûterpaisiblementauxjoiesdela
retraite. Pour lui, comme pour
d’autres “Léouvillois” (c’est ainsi
qu’on pourrait les nommer bien
qu’ilsn’ensoientpassûrs...)encore
enactivité,laproximitédeParisest
un atout capital. Quand la tour
Eiffeln’estqu’à80km,pourquoise
priver ? Que l’on soit en résidence
secondaire ou principale, à durée
égale, les kilomètres sont plus
agréablesàfairesurdespetitesroutes
de campagne plutôt que sur de
grands axes surchargés. Ainsi, par
Danslejardin,j’aiencoredes
anneauxquiservaientàatta-
cher les brebis», témoigne
Yvette Couchard tandis
qu’elle fait visiter le gîte
dont elle est propriétaire à Léou-
villedepuis1995.Etc’estd’ailleurs
un village à l’image d’Yvette, tout
en simplicité, que l’on découvre,
une fois quittée la D97. Un village
sans les moutons qui ont fait leur
temps. Comme les chevaux qui
«ontdisparudanslesannéessoixante»,
rappelle René Mercier, maire de
Léouville, et lui-
mêmeagriculteur.
« Entre les deux
guerres, il y avait
une vingtaine de
fermes dans la
commune.» Au-
jourd’hui, on les
comptesurlesdoigtsd’unemain.
Maislessignesdupassénesontpas
tous morts. Au terme d’un long
travail de restauration, Yvette a
ainsitransformél’ancienneberge-
rieenhavredepaixpourcitadins.
Etaujourd’hui,elleaccueilledeshabi-
tués qui ne jurent plus que par
Léouvillepoursereposer.Ilestsûr
qu’ici,onnerisquepasd’êtregêné
outre mesure par le bruit des voi-
tures...etencoremoinsdestrains !
Paris à 80 km
En tout et pour tout, Léouville se
résume à quatre rues et une place
principale où la mairie côtoie
l’église, joyau architectural de la
commune. Datant du XIIe siècle,
elle abrite deux intéressantes sta-
tues en bois peint. Mais ne comp-
tez pas sur son clocher pour vous
donner l’heure, il ne pourrait plus
guère sonner qu’aux mariages et
auxenterrements.Cars’iln’yaplus
de messes le dimanche, Léouville
conserve toutefois un rite domini-
cal immuable: le passage du bou-
langervers11h15.Àgrandscoups
deKlaxon,lacamionnetteblanche
déboule sur la place avec son pain
bienfraisetsespâtisseries.Etchaque
vendredi,c’estautourdupoisson-
nier;quantauboucher,c’estlejeudi
vers14h!Carici,pointdecommerces!
«Il y avait bien un bistrot», rappelle
Bernard Béchu, le sympathique
retraiténatifdeLéouville.«Onbuvait,
onmangeait,onyfaisaitlafoire!»C’était
avant la mécanisation bien sûr, au
tempsoùlestâcheronsarrachaient
les betteraves à la main et où les
chevauxtraçaientencoredessillons
dans les champs...
C’estcettetranquillité“léouvilloise”
qui a plu à Jean Penvern. Ce Bre-
ton, expatrié à Paris, a choisi de
En 1999, le
recensement
indiquait quarante-
trois habitants pour
Léouville. Aujourd’hui,
ce petit village, situé
aux portes de
l’Essonne et fort de
ses quarante-neuf
âmes, a su concilier
ruralité et
proximité parisienne.
Entre corps de
fermes et résidences
secondaires, portrait
d’un village du Loiret
où il fait bon vivre.
«
D
Il était une fois Léouville,
plus petite commune du Loiret
LOREM-RDP
667
| Mai - Juin 2002 | 15 |
Une bonne partie des “Léouvillois” réunis devant l’église du village.
Abri de bus pour le
ramassage scolaire,
dont la restauration
dans le style de l’église
a été subventionnée
par le Conseil général.
Depuis 1983, le Conseil général
accorde des aides destinées à
des communes de faible
population (jusqu’à moins
de 500 habitants depuis
le 1er janvier 2000). C’est un
programme avantageux qui leur
permet de réaliser tous types
d’investissements : achats de
matériels divers (de la tondeuse
à l’ordinateur), de bâtiments ou
encore travaux en tous genres
(voirie, restauration,
E.Boutheloup
E.Boutheloup
E.Boutheloup
E.Boutheloup
E.Boutheloup
30365 LOIRET63 P14-15 27/05/02 15:13 Page 6
kaléidoscope
Loiret
Loiret
kaléidoscope
| Mai - Juin 2002 | 17|
C’est la Grande-Bretagne qui peut se tar-
guer d’avoir émis, le 6 mai 1840, le pre-
miertimbre-postedumonde,le“One-Penny-
black” sur lequel figurait le profil de la
reine. Cette nouveauté apparut à la suite
d’uneréformepostaleàl’occasiondelaquelle
fut acceptée l’idée que les frais d’expédi-
tion devaient être payés à l’avance, et non
pas rester aux frais du destinataire. Dans
les années suivantes, des timbres apparu-
rent aussi en Suisse, au Brésil, aux États-
Unis,enAllemagne,enBelgiqueetenFrance
le1erjanvier1849.Lepremiertimbrefran-
çais avait une valeur de 20 centimes et
représentait la déesse des moissons Cérès.
Il était de couleur noire comme la plupart
des timbres pionniers des divers pays.
Au départ de la naissance d’un timbre, il
y a une idée. Une fois le thème choisi, la
Poste confie le sujet à des artistes qui
réalisent des maquettes L’une d’elles
est sélectionnée. Puis, une technique
d’impression est approuvée. Selon le
résultat souhaité, ce peut être soit la
taille-douce, l’héliogravure ou l’offset.
Lapremièretechniquedonnedestimbres
enlégerrelief,lesdeuxautrespermettent
de faire des timbres plus riches en cou-
leursetàl’aspectplusbrillant.Lestimbres
sont ensuite imprimés par un service spé-
cialisé de la Poste : l’Imprimerie des
Timbres-Poste et des valeurs Fiduciaires
(ITVF) à Périgueux. Le nouveau timbre
est dévoilé deux mois avant son émission
“Premier Jour”. Tout ce processus, de
l’idée du timbre à la vente, peut durer un
an ou plus. Chaque année, environ quatre
milliardsdetimbres-postessontfabriqués
par l’imprimerie des Timbres-poste.
| 16 | Mai - Juin 2002 |
TOUT SAVOIR
SUR LE TIMBRE
C’EST
PRA
TIQUE
Association philatélique
du Loiret
24, bis, quai Barentin,
45000 Orléans
Internet :
assoc.wanadoo.fr/grpcl/Associa
tions/Loiret/asso.htm
À consulter aussi sur Internet :
www.ffap.net (site de la
Fédération française des
associations philatéliques)
www.yvert-et-tellier.fr
(site de la société Yvert et Tellier)
mapage.noos.fr/academiephila
telie/index.html (site de
l’académie de philatélie).
www.laposte.fr/musée
(site officiel du musée
de la Poste de Paris)
perso.wanadoo.fr/grpcl
(site du groupement philatélique
régional Centre-Loire).
Timbre commémorant le lancement de
l’aérotrain qui fut mis sur voie pour la première
fois en 1969. Cet engin atteignit la vitesse
record de 417 km/h sur la voie unique Ruan-
Saran (émis le 9 mars 1970).
Aérotrain
Timbre dont le thème a trait au pont-canal de Briare
qui, avec ses 662,69 mètres, est encore le plus long
pont-canal du monde, le seul ouvrage du genre à
ossature métallique (émis le 15 février 1991).
Unique
Journée du timbre 1974 :
Timbre émis le 11 mars 1974
lors de la Journée du timbre.
Il célèbre l’inauguration le
30 janvier 1973 par le ministre
des PTT Hubert Germain
du centre de tri postal
d’Orléans-La-Source.
La Poste entre alors dans
une phase d’automatisation
du tri du courrier.
Inauguration
Timbre représentant Jeanne d’Arc
en prière. Tiré à 2,27 millions
d’exemplaires. Le dessin et la
gravure sont d’Albert Decaris
(émis le 28 octobre 1946).
Sainte
Timbre illustré à l’aide d’une vue
panoramique d’Orléans sur laquelle on
peut remarquer les tours de la
cathédrale Sainte Croix. Son émission
concrétisa le nouveau nom de la
Fédération des sociétés philatéliques
françaises : la Fédération des
associations philatéliques
(émis le 6 juin 1995).
Panoramique
Timbre émis en 2000 et illustré avec
la mosaïque qui orne la voûte de
l’abside de l’oratoire carolingien de
Germigny-des-Près. Cette mosaïque,
datée du IXe siècle, se compose de
130 000 minuscules pièces de verre.
Carolingien
Timbre émis le 13 mai 2000 à l’occasion de la célébration
du tricentenaire de la naissance de Henry-Louis Duhamel
du Monceau (1700-1782), père fondateur de l’agronomie
et inventeur de la forêt moderne. Il avait ses racines
familiales au château de Denainvilliers à Dadonville.
Tricentennaire
Timbre à l’effigie de Jean Zay né
à Orléans en 1904 et qui fut ministre
de l’Education nationale de 1936
à 1939. Il mourut assassiné par
des miliciens en 1944
(émis le 20 février 1984).
Souvenir
Timbre émis à l’occasion du
cinquantenaire de la publication
de l’ouvrage d’Henri Becquerel
(1852-1908) sur les radiations
invisibles de l’uranium. Ce savant,
originaire de Châtillon-Coligny,
découvrit accidentellement en
1896 le phénomène de la
radioactivité. Son nom reste
attaché à une unité de mesure
de l’activité nucléaire :
le becquerel (émis le
4 février 1946).
Radioactivité
Sur ce timbre figure le cheval
de bronze trouvé lors de la
mise au jour d’un trésor gallo-
romain à Neuvy-en-Sullias.
Ce cheval et les autres pièces
de ce trésor peuvent être
admirées au
musée historique et
archéologique d’Orléans
(émis le 10 juin 1996).
Archéologique
Timbre représentant
l’écrivain Maurice Genevoix
(1890-1980) qui célébra dans
son œuvre les paysages, la
faune et les habitants de sa
Loire natale. Il obtint la
consécration littéraire avec
“Raboliot”, prix Goncourt
1925. (émis le 12 novembre
1990).
Littéraire
Timbre sur lequel figure
le portrait de l’amiral
Coligny qui fut l’un des
chefs des huguenots
pendant les guerres de
Religion. Né à Châtillon-
Coligny en 1519, il fut
l’une des premières
victimes du massacre
Saint-Barthélemy en 1572
(émis le 19 février 1973).
Timbre publié à l’occasion
des Floralies d’Orléans. Cet
événement important avait
lieu au parc floral de La
Source qui est aujourd’hui le
lieu touristique le plus
fréquenté du Loiret (émis le
20 août 1967).
Fleuri
Le Loiret côté timbresDu pont-canal de Briare à Louis XI, en passant par l’aérotrain, le château de Gien ou encore
Duhamel du Monceau, de nombreux timbres existent qui ont pour thème un événement,
un homme célèbre ou un monument de notre département. Vous voici donc convié à un
itinéraire philatélique original pour découvrir le Loiret tel que la Poste a choisi de l’illustrer.
Amiral
30365 LOIRET63 P16-17 27/05/02 15:16 Page 16
JACKY BILLAULT EN 5 DATES
19 AOÛT 1928
Naissance à Rueil-Malmaison
JUILLET 1944
Engagement au maquis de Nibelle
MAI 1951
Entrée à l’agence de publicité
Thibault pour les savons Luxe
1960
Première participation
au festival de Cannes
18 FÉVRIER 1971
Naissance de son premier enfant
gens d’ici
Loiret
CONNUS ET MOINS CONNUS, ILS ONT TOUS UN POINT COMMUN : LE LOIRET. PORTRAITS.
coudreDes idées à
passementières. Installée
depuis quelques années
à Saint-Germain-des-Prés,
près de Montargis, elle
a quitté son Paris natal
pour se consacrer à sa
passion pour l’élevage des
chevaux.
Dès qu’arrivent les col-
lections, elle retourne à
son métier et avec une
infinie patience tresse en
volume fils de soie, d’or,
de coton, pour concréti-
ser les visions des coutu-
riers. Pourtant Raymonde
Pouzieux est une parfaite
autodidacte de son art.
«À la fin de la guerre, un
client de mes parents me
miques) du monde de la
Haute Couture. Ainsi,
même si comme elle le
souligne « avec une
machine, les pièces n’au-
ront jamais la même texture,
Et 1, et 2 et 3-0. Le
30 septembre der-
nier à Trinidad et
Tobago, au milieu
de ses partenaires
de l’équipe de France des
moins de 17 ans, Gaël
Maïa s’en est donné à cœur
joie pour fêter, comme il
se doit, un titre de cham-
pion du monde obtenu
aux dépens du Nigeria.
Ivre d’un bonheur inima-
ginable, comme peut l’être
un jeune footballeur après
une telle consécration.
Né en 1982 à Beaugency,
Gaël a six ans quand il
signe sa première licence
à Meung-sur-Loire, le ter-
rain de ses premiers
exploits. «Ce qui était mar-
quant à son âge, se souvient
Manuel, son père, c’est qu’il
avait une force de frappe
étonnammentpuissantepour
un footballeur si jeune.»
Une frappe très lourde et
une présence omnipré-
sente devant les buts, le
compromis idéal pour un
attaquant prolixe. C’est
pourtant au milieu de ter-
rain que son avenir va
s’écrire. Repéré par le FCO
St Jean de la Ruelle, il par-
ticipe, en parallèle, au
centre de pré-formation
de Châteauroux.
Bordeaux, qui
lorgne depuis
Le rêve en
quelques temps sur ce
milieu prometteur, lui fait
signer son premier contrat
espoir, au grand regret de
Marseille, Metz, Toulouse
et Nice, également en lice.
Progressivement, ce milieu
deterraindéfensifd’1.80m
commence à trouver ses
marques. Il se fait repérer
par Jean-François Jodar,
le sélectionneur de l’équipe
deFrance,avantd’endeve-
nir un membre à part
entière. Pourtant, le plus
dur commence. «Être un
espoir, c’est bien, mais très
peudeviennentprofessionnel,
précise t-il. Alors, je m’ac-
croche pour un jour avoir
la chance de décrocher un
contrat pro. L’année pro-
chaine, je ferai parti de
l’équipe réserve des Giron-
dins de Bordeaux, et j’espère
me faire remarquer pour
jouer à l’échelon supérieur.
C’est vrai que j’ai démarré
ma carrière comme atta-
quant. Je rêvais de marquer
des buts comme Jean-Pierre
Papin. Mais, je dois recon-
naître que j’ai plus de qua-
litépourjouermilieudéfensif,
comme Patrick Vieira,
Emmanuel Petit et Claude
Makélélé, les trois meilleurs
français à ce poste.» En
attendant, celui qui rêve de
jouer au Real Madrid,
devra se battre au quoti-
dien pour s’immiscer dans
ce monde, si ingrat, du
professionnalisme. s
dit : “Pourquoi ne feriez-
vous pas des galons, aujour-
d’hui plus personne n’en
fait.” J’ai construit un métier
à tisser avec mon frère et j’ai
commencé à travailler en
inventant mes propres tech-
niques.» C’est justement
cette inventivité et cette
volonté de ne jamais faire
ce que quelqu’un a déjà
fait qui a établi la re-
nommée de Raymonde
Pouzieux auprès des créa-
teurs. Malheureusement,
la passementerie, comme
d’autres métiers tradi-
tionnels du textile, a
beaucoup souffert des
bouleversements (écono-
bleu, blanc, rouge
E
Les galons chamar-
rés, cordons bigar-
rés et autres parures
alambiquées qui
ornent les créations
des grands couturiers
comme Christian Lacroix,
Karl Lagerfeld ou Chanel
sont l’œuvre de Raymonde
Pouzieux, la dernière des
CHAMPION DU MONDE DE FOOTBALL DES MOINS DE 17 ANS
L
| Mai - Juin 2002 | 19 |
Loiret
Dans les lumières de
gens d’ici
Né en région pari-
sienne en 1928,
Jacky Billault a
passé toute son
enfance à Gien dans
la petite boutique de bon-
neterie que ses parents
ont tenue pendant de
nombreuses années. Son
père, Martial Billault, n’est
autre que le fondateur de
l’actuel club de football
giennois, une passion ata-
vique qui comptera beau-
coup dans la vie de Jacky.
À 16 ans à peine, après la
destruction du magasin
familial sous les bom-
bardements, Jacky Billault
rejoint la résistance au
maquis de Nibelle. Il ne
retrouvera ses parents que
quatre ans plus tard au
bout d’un périple mili-
taire qui le mènera à
Pithiviers, Paris, puis en
Allemagne. De retour
chez lui, il exerce une
foule de métiers, avant
d’intégrer une agence de
publicité parisienne au
hasard d’un match de
football. «Louis Finaud,
un ancien international, me
dit que l’agence Thibault
recherchait un avant-centre
comptable, je n’étais pas
spécialement comptable,
mais j’ai su me débrouiller.»
250 000 invitations
Un tournant dans la vie de
Jacky qui se voit rapide-
ment confier la campagne
de publicité d’une marque
de savon connue pour être
«le savon des stars». C’est
ainsi qu’il fait ses premiers
pas sur la Croisette pour
négocier des contrats d’ex-
clusivité avec Brigitte Bar-
dot, Michèle Morgan ou
Jeanne Moreau. Séduit par
le jeune homme, le secré-
tairegénéralduFestivallui
propose de gérer les invi-
tationsréservéesauximpré-
sarios,attachésdepresseet
publicitaires,«unmilieuque
je connaissais bien puisque
j’étais en contact avec eux
pourmessavons» souligne-
t-il. Efficace et conscien-
cieux, il se découvre une
| 18 | Mai - Juin 2002 |
passionpourl’organisation
de spectacles et se trouve
bientôtresponsabledetoute
la billetterie. Une fonction
primordiale qu’il occupera
pendant41ans,s’adaptant
à toutes les mutations et à
l’extraordinaire croissance
duFestivaldeCannes.Jus-
qu’à l’année passée, Jacky
Billault était à la tête d’une
équipe d’une dizaine de
personnes, «ses filles», et
réalisait près de 250 000
invitations pour tous les
temps forts de Cannes :
projections,soirées,etnatu-
rellement la montée des
marches.
Une vie sur la route
Au fil des éditions du Fes-
tival,ilaainsicôtoyélesplus
grands : Charlie Chaplin,
Tony Curtis, Belmondo ou
encore Pelé et celui qui
deviendra son grand ami,
Lino Ventura. Pour soute-
nirl’associationPerceneige
crééeparcedernier,ilfonde
une équipe de football de
rêveréunissantunepléiade
de vedettes «Roger Hanin
dans les buts, Jean-Claude
Drouot, Marcel Bozuffi et
aussi Michel Drucker ou
Claude Lelouch. On attirait
beaucoup de spectateurs, et
la recette de chaque match
étaitreverséeàl’association»,
rappelle Jacky Billault.
Loin de se limiter à
Cannes, il n’a cessé de
nombreuses années de
sillonner la France pour
organiser et animer de
nombreuses autres mani-
festations prestigieuses
comme le Festival du Film
Américain de Deauville,
du Cinéma Italien de Nice
ou encore le prix du
Jockey Club à Chantilly.
Après une vie mouve-
mentée et bien remplie,
Jacky Billault a finalement
posé ses valises au bord de
la Loire à Ousson, où avec
sa femme il s’adonne à sa
passion pour la pêche.
Cette année encore, il était
présent sur la Croisette,
mais pour la première fois
en qualité... d’invité. s
RAYMONDE POUZIEUX
PASSEMENTIÈRE
la même finesse qu’avec
les mains », Raymonde
Pouzieux n’a trouvé per-
sonne pour reprendre le
flambeau de ce métier
prodigieux. s
Cannes
GAËL MAÏA
ANCIEN RESPONSABLE DE LA BILLETTERIE DU FESTIVAL DE CANNES
JACKY BILLAULT
Pendant près d’un demi-siècle, Jacky Billault a été l’un des principaux artisans de la grand-messe du
septième art, le Festival de Cannes. De Belmondo à Claude Brasseur en passant par Charlie Chaplin, ce
fils de commerçant giennois a côtoyé les plus grandes stars. En toute simplicité et en toute discrétion.
N
Photo:Fevre/PresseSports
Photo:MauriceGaulmin/D.R.
30365 LOIRET63 P18-19 27/05/02 15:19 Page 1
I
léteintlalumièreetappuiesurle
bouton:l’hymnePinderretentit,
le chapiteau s’illumine, les pro-
jecteurs pointent sur les artistes en
plein numéro... Il semble que les
spectateursvontsemettreàapplaudir
et les fauves à rugir ! Cette maquette
d’un mètre sur deux, réplique au
1/87e ducirquePinderdesannéescin-
quante, est une merveille de minu-
tie, d’authenticité... et de patience.
Bernard Lepage y travaille depuis
1971 ! Un véritable “cirquophile”,
comme il se définit lui-même.
Pourtant, «tout a commencé avec le train», explique ce fils et petit-
fils d’employés aux Chemins de fer, devenu métallier. «Ma première
grandemaquette,construitedanslesous-soldelamaisondemesparents,
était un immense circuit ferroviaire autour duquel j’avais reproduit
tout mon quartier.» S’il entreprend, plus tard, de réaliser une maquette
de cirque, c’est parce que «cela prend moins de place». Ce qui reste
à prouver : sa passion occupe aujourd’hui tout le grenier de sa mai-
son d’Amilly ! Outre ses outils, il y entrepose une abondante collec-
tion d’affiches, programmes, livres, vidéos, photos...
Tous ces documents lui ont permis de reproduire à l’identique ses sou-
venirs d’enfance, y compris la place du Patis de Montargis, où s’ins-
tallait le cirque, avec ses rues adjacentes et ses commerces d’alors.
De fait, la maquette compte aujourd’hui plus de quatre cents per-
sonnages,cent-vingtroulottes,quatre-vingtanimauxet«leshuitchars
de la cavalcade, dans l’ordre», insiste-t-il. Ce champion du système
D déborde d’inventivité. D’un bigoudi il fait un sapin, d’un tube d’as-
pirine une locomotive, d’une tête d’épingle, un ballon... Seuls vien-
nent du commerce les tracteurs des camions et les minuscules
personnages. «Je ne suis qu’un amateur, je m’amuse», répète le cir-
quophile d’Amilly, qui risque de s’amuser encore longtemps. «Une
maquette, c’est jamais terminé», affir-
me-t-il. Entre deux enrichissements
donc, l’œuvre voyage d’une expo-
sition à l’autre. Elle fera escale
à Fay-aux-Loges les 31 août et
1er septembre, pour le Salon
de la maquette de cirque.
reflets
reflets
curiosité
Loiret
Loiret
| 20 | Mai - Juin 2002 |
curiosité
préciseLilian,quis’occupedetoute
la partie administrative. Mais nous
avons aussi des adhérents de plus de
40 ans !» Sept professeurs, tous
professionnels du cirque ou du
sport,serépartissentlescoursselon
leur spécialité et l’âge des élèves.
Polyvalent, Roger joue, lui, “le chef
d’orchestre”. Les adhérents sont
inscrits pour un cours
hebdomadaire. «À la
rentrée,annonce Lilian,
nous lançons un passeport
pour les ados et les adultes,
qui leur permettra de par-
ticiper à plusieurs séances
danslasemaine.Nousveille-
ronscependantàrespecterlacrois-
sance des plus jeunes.»
Représentation
le 30 juin
C’est ce souci de l’élève qui
donne une dimension particu-
lière à l’École de cirque Miche-
letty.«Cheznous,expliqueRoger,
les professeurs accordent la même
attentionàtousleursélèves.Notre
objectif n’est pas de “fabriquer”
des professionnels du cirque, mais
d’amener les enfants à se connaître,
àdécouvrirleurscapacités,àprendre
confiance en eux et à créer.» C’est
pourquoi, pour le spectacle de fin
d’année, les élèves de l’École de
cirque Micheletty choisissent eux-
mêmes leurs numéros : chorégra-
phies, musiques et costumes.
«Noussommeslibres,lesprofesseurs
nousaidentseulementàréaliserceque
nous avons imaginé», résument
Chimène et Flora, contorsionniste
et fildefériste, qui préparent leur
représentationdu30juinprochain.
«Il faut que l’élève soit fier de lui»,
conclutRoger.Cesoiraussi,Antonin,
Diane, David et les autres donne-
rontlemeilleurd’eux-mêmes.Dans
“l’entrée des artistes”, tandis qu’ils
s’échauffent, se concentrent et s’in-
quiètent de l’ambiance du chapi-
teau, ils découvrent ce que les
professionnels appellent “la magie
de l’avant-numéro”. Mais le rideau
develoursrouges’ouvresurlasalle
impatiente. Place au spectacle... Ⅲ
Mini-cirque,
maxi-passion
“ C I R C O P H I L I E ”
Le cirque est la passion de Bernard Lepage. Une
passion qui l’a poussé à construire une
fabuleuse maquette, réplique au 1/87e du cirque
Pinder des années cinquante.
Tandis que l’on fête
l’année du cirque, des
élèves de tout âge
évoluent sous le
chapiteau de l’École de
cirque Micheletty, à
Saint-Jean-de-Braye.
Ils n’y apprennent
pas seulement la
technique. Ils
découvrent aussi
un milieu qui
puise sa force et sa
magie dans le respect,
la mixité et la
confiance.
L’école Micheletty
accueille plus d’une
centaine d’élèves. Un
vrai succès !
C’
est le seul mensuel sur le
cirque traditionnel en
France : La Gazette de
l’Éléphant, publiée par l’associa-
tion “Les Amis du Cirque - Blois
Val-de-Loire”. Rédacteur en chef,
et souvent unique rédacteur,
Michel Domain assiste à une
cinquantaine de spectacles par an.
“Ceux des grands cirques bien sûr,
mais aussi ceux des plus petits.”
Pas de critique dans La Gazette.
L’objectif de Michel Domain, et de
tous les “Amis”, est d’“inciter les
gens à aller dans les cirques tradi-
tionnels et familiaux”. Pour ces
amoureux d’Amar, Pinder et
Barnum, qui comparent le chapi-
teau à “une cathédrale de toile”,
le cirque, c’est sacré.
CONTACT :
LES AMIS DU CIRQUE
Blois Val-de-Loire - Pierre Carroué
23, allée Tortat, 41000 Blois.
ADRESSES DIVERSES :
ÉCOLE DE CIRQUE MICHELETTY
Parc sportif du Petit Bois
45800 Saint-Jean-de-Braye
Tél./Fax : 02 38 55 13 98.
Site Internet :
www.ecoledecirquemicheletty.com
LE CLUB DU CIRQUE
Jean-Alain Marquant
40, rue Chateaubriand
45100 Orléans - La Source.
Site Internet :
www.anneeducirque.com
artistes.Sousl’œil
expertetvigilantdesprofesseurs.
«Inculquer des valeurs
essentielles»
Unspectaclequi,commeleveutla
traditiondel’ÉcoledecirqueMiche-
letty, clôturera un stage de décou-
verte des arts du cirque organisé
pendantlesvacancesscolaires.«Au-
delàdelatechnique,cesontsurtoutles
valeurs du cirque que nous voulons
inculquer aux élèves, insiste Roger
Micheletty, directeur de l’école.
née,auxrépétitionsduspectaclequenous
donnions le soir», explique Roger.
Très vite, il sent les enfants «prêtsà
sauter le rebord de piste pour essayer.
Jeleuraimisdesboulesdanslesmains
etleuraiapprisàjongler.Leursvisages
sesontilluminésdèsqu’ilsysontarri-
vés!»Rogeravouluallerplusloin.
Ilafondél’associationdel’Écolede
cirque Micheletty en 1997. «Au
début,nousnousdéplacionsdanslescentres
deloisirs.Rapidement,nousavonsres-
sentilebesoindenoussédentariserafin
depouvoirassurerlesuividenosélèves.»
C’estàSaint-Jean-de-Brayeques’ins-
talle donc le chapiteau Micheletty,
en 1999.
Plus d’une centaine
d’élèves
L’école connaît un grand
succès, dû notamment au
professionnalisme des
Micheletty, dans le cirque
depuis cinq générations ! Grâce
à eux, plus d’une centaine d’ad-
hérents profitent des plaisirs de
la piste à travers de nombreuses
disciplines. La jonglerie s’apprend
avec des balles, des massues, des
cerceaux, des diabolos, des
assiettes magiques... L’équilibre
se pratique sur un fil, un mono-
cycle, des boules... Les acrobaties
se font tantôt au sol, tantôt dans
les airs. La clownerie n’est pas
oubliée, et même la magie est
enseignée. «Nous acceptons les
enfants dès l’âge de 3 ans dans nos
coursdebaby-cirque,
✩ ✫ ✸ ✯ ❇ ✬ ✷ ✰ ✬ ✩ ✩ ✫ ✸ ✯ ❇ ✬ ✷ ✬
Chapiteau
Respect,mixité,ouverture,intégration,
échange,partage...cesvaleursportées
parnotremilieusonttoutaussiessen-
tiellesàl’extérieur,danslavieengéné-
ral. La pratique des arts du cirque
permetdelescomprendre,delesacqué-
riretcontribueaudéveloppementetà
la citoyenneté des enfants.» Et c’est
bien pour eux que Roger a créé
l’écoleavecsafemmeLilian,trapé-
ziste.L’idée a germé au début des
années quatre-vingt dix, avec les
“Journées au cirque”. «Desgroupes
scolairesvenaientassister,danslajour-
Revue de cirque
Sous le plus grand du Loiret
Cette maquette est la réplique à
l’identique au 1/87e du cirque Pinder
des années cinquante.
Lilian et Roger Micheletty, devant
leur école de cirque.
Ce soir, il y a spectacle à
l’ÉcoledecirqueMicheletty.
Dans quelques heures, les
élèvesexécuteront,devant
leurs parents et amis, les
numérosqu’ilsontpréparés.Julie
enferadeux,«l’unàlacorde,l’autre
au trapèze». Le trac ? «Oui, un
peu...mêmesic’estmontroisièmespec-
tacle.»AlorsJulies’entraîne,dans
la chaleur moite du chapiteau.
Autour d’elle, on jongle, on se
contorsionne,onpédale...onpeau-
finesaprestation.Commelesvrais
C
Bernard Lepage,
“circophile”, exposera
son œuvre au prochain
salon de la maquette
de cirque le 31 août et
le 1er septembre
à Fay-au-Loges.
30365 LOIRET63 P20-21 27/05/02 15:21 Page 20
côté sports
Loiret
bout de 500 m d’une course, le
rythme cardiaque monte à 200 pul-
sations/minute. Un rythme qu’il
faut tenir sur des distances de 1000,
voire 2000m.»
Au delà de l’exigence physique,
l’aviron est aussi l’affaire des tech-
niciens. «La force ne sert à rien si
elle n’est pas alliée à une technique
sans faille. Il faut être suffisam-
ment puissant pour effectuer plus
de quarante coups de pelles par
minute. Mais à chaque impulsion,
le corps bouge dans le bateau, per-
turbant, de fait, la glisse sur l’eau.
Les rameurs travaillent donc leur
souplesse pour limiter ces oscillations,
susceptibles de faire perdre de pré-
cieuses secondes.»
Le plus âgé a 88 ans
Ils sont aujourd’hui plus de huit
cent cinquante athlètes inscrits
dans les quatre clubs d’aviron du
Loiret. Le plus âgé d’entre eux
à 88 ans, alors que les plus
jeunes démarrent généralement
l’aviron à 12 ans. Si le nombre
des rameurs a fortement aug-
menté depuis deux ans, c’est
autant grâce
aux bons
DÉBUTANTS OU CONFIRMÉS... LE CONSEIL GÉNÉRAL EST LE PARTENAIRE DE TOUS LES SPORTIFS. terroir
Loiret
Il y a deux ans que je vis à
Jargeau, près d’Orléans, un
feu de la Saint-Jean solen-
nellement béni par un prêtre
en étole. Les femmes et les
hommesseprécipitèrentsurlesbran-
dons et les emportèrent, afin, me
dit-on, d’empêcher le tonnerre de
tomber sur leur maison.» Cette
“Note de voyage”, rédigée par
ProsperMérimée,en1840,montre
sa surprise devant l’attitude de
l’Église longtemps hostile à ces
feux, vestiges selon elle du paga-
nisme,etàlasurvivancedessuper-
stitionsquiyétaientliées.Cettefête
sacerdotaleavaiteneffetlieuenmai
chez nos ancêtres les Gaulois. Elle
était l’équivalent du Beltaine (Feu
de bel) des Celtes irlandais. Lors
de cette assemblée druidique, de
grands feux cérémoniels étaient
I
SPÉCIALITÉ
Des outils faits main
INGRÉDIENTS POUR
CHAQUE PERSONNE
180 g de rognons
1 cuillère de miel
1/2 cuillère de crème
fraîche
50 g de beurre.
PRÉPARATION
Dégraisser les
rognons, les couper
en morceaux en
suivant les contours
des lobes. Faire
chauffer la poêle avec
50% huile et 50%
beurre clarifié, saisir
sur le dos les lobes,
les retirer une fois
dorés. Finir la cuisson
au four selon
l’intensité désirée.
Sauce : dans une
petite casserole, faire
caraméliser le miel,
puis détendre avec
la crème et monter
au beurre (incorporer
le beurre par petits
morceaux et battre
avec un fouet). Saler
et poivrer.
Dresser les rognons,
lobes dorés sur le
dessus, et napper
avec la sauce.
Une purée maison
accompagnera
parfaitement ce plat.
tement de la phtisie (tuberculose
pulmonaire)pourlaquelleoninvo-
quait d’ailleurs saint Jean. Il était
égalementcoutumierdefaireréson-
ner les cloches. Ces carillonne-
mentsintempestifssontmentionnés,
auXVIIIe siècle,parleprieurdeSen-
nely qui dénonce le fait que les vil-
lageoistirentlesclochessanss’arrêter
duranttoutelanuitdu23au24juin
«pour chasser croient-ils les sorciers
et les sorcières ». La tradition des
“feux de la Saint-Jean” avait quasi-
ment disparu durant les “Trente
Glorieuses”(1945-1975).En1982,
elle ne subsistait plus que dans
quelques localités comme Attray,
Auxy,Chemault,LaChapelle-Saint-
Mesmin, Saint-Jean-de-la-Ruelle,
SennelyouTavers.Étonnamment,
c’estla“Fêtedelamusique”qui,indi-
rectement,luiredonna
unvéritableélan.
Partout, des
feux rena-
quirent. À
q u e l q u e s
rares excep-
tions, ces fêtes,
aujourd’hui
célébrées dans une
quarantaine de
communesduLoiret,
sontrestéestotalement
profanes. s
allumés,quisymbolisaientlesoleil.
Cette période était également un
temps de liesse pour les Romains,
etdenombreuxritesdeprotection
des hommes et des troupeaux y
étaient alors célébrés. La religion
catholique intégrera ces anciens
cultes païens dans son calendrier,
le 24 juin, date de la Saint-Jean-
Baptiste. Mais c’est seulement au
XVIIe siècle que les feux furent
bénis et allumés par le clergé. Des
nombreuses croyances populaires
sont restées cependant attachées
à ces “feux de la Saint-Jean” ,
notamment celles de la conser-
vation des charbons de bois qui
étaient censés protéger de la
foudre, des cendres qui avaient,
croyait-on, des vertus curatives
et fertilisatrices ou encore du
saut porte-bonheur au-dessus
du brasier.
Des carillonnement
intempestifs
Outre ces superstitions directe-
mentliéesauxfeuxdelaSaint-Jean,
cette date donnait lieu à d’autres
pratiques rituelles et symboliques.
Ainsi, à Tavers, vers 1900, on gar-
nissaitlesfenêtres,le23juin,d’une
branche de noisetier afin de pro-
tégerlamaisoncontrelafoudre.On
pensait que l’eau de pluie, tombée
le 24 juin, avait des propriétés
curatives. Les herbes et les fleurs
delaSaint-Jeanavaient,ellesaussi,
desvertussoitdisantremarquables
àconditionqu’ellessoientcueillies
avant l’aube. La bryone blanche,
l’aconit ou la grande marguerite,
dites “herbes de la Saint-Jean”
étaientrecommandéespourletrai-
À V O S P A P I L L E S
| 22 | Mai - Juin 2002 |
Herminette, serfouette,
binette, crouet à dents...
cet inventaire à la Prévert sort
tout droit des mains de Bernard
Solon, le dernier maître
taillandier de France, spécialisé
depuis une cinquantaine
d’années dans la fabrication
d’“outils à taillant”. À l’aide d’un
marteau, d’une enclume, d’une
simple barre de fer et d’un
sacré savoir-faire, il réalise,
dans sa boutique-atelier de la
rue du Poirier à Orléans, des
outils sur mesure au tranchant
impeccablement effilé. La
réputation de cet artisan unique
et talentueux ayant largement
dépassé les frontières du Loiret,
les commandes lui proviennent
de toute la France. Alors,
simple curieux ou amateur
d’outils, n’hésitez pas à franchir
la porte de sa boutique.
CONTACT :
Taillanderie Alexis
Rue du Poirier, 45000 Orléans.
Tél. : 02 38 53 91 87
Ouverture du lundi au samedi de
9h15 à 12h30 et de 14h30 à
19h. Portes ouvertes aux mois de
juillet et août, le samedi après-
midi, tous les quinze jours.
Ce jour-là, le soleil a bien
voulu être de la partie, et
ce ne sont pas les rameurs
qui s’en sont plaints. Sous
une atmosphère printa-
nière, les jeunes pousses de l’avi-
ron club d’Orléans-Olivet
démarrent leur entraînement avec
enthousiasme et entrain. Fidèle
à ses habitudes, le Loiret coule
tranquillement pour le plus grand
bonheur de ces amoureux de
l’aviron. « On est quand même
mieux là, qu’à regarder la télévi-
sion», s’exclame Simon, 14 ans,
la pelle à la main. La tentation est
alors grande de les rejoindre pour
connaître de pareilles sensations.
Mais au-delà du plaisir de glis-
ser sur l’eau, l’aviron est d’abord
l’un des sports les plus exigeants.
Peut-être le plus complet de tous.
Le président du comité dépar-
temental, Bernard Monnereau,
est l’une des légendes de l’aviron
français. Le 9 septembre 1962,
sur le Rot-See de Lucerne, il a
conquis le premier titre mondial
de l’histoire avec son inséparable
coéquipier René Duhamel en
double scull. Aujourd’hui, à
67ans, l’homme a conservé intact
son amour pour ce sport si exi-
geant.
Force et souplesse
« L’aviron est incontestablement
l’une des disciplines les plus diffi-
ciles physiquement, confie
Bernard Monnereau. Elle
développe l’ensemble des
muscles du corps humain, des
dorsaux aux jambes, sans
oublier les bras et le cœur. Au
résultats des Français aux Jeux
olympiques de Sydney (deux
titres et une médaille de bronze),
qu’aux efforts du Comité dépar-
temental pour promouvoir ce
sport auprès des jeunes, des
femmes et des salariés de l’en-
treprise. «Nous avons mis en place
des stages d’été, pour offrir la
découverte de l’aviron aux jeunes,
poursuit le président du comité
départemental. Pour les femmes,
une garderie a été installée pour leur
permettre de ramer tranquille-
ment le samedi matin. La gent
féminine représente près d’un licen-
cié sur deux dans le Loiret. Enfin,
le challenge interentreprises réunit
depuis deux ans plus de cent quatre-
vingt rameurs.» Sous le soleil,
exactement, l’aviron coule des
jours heureux.Ⅲ
Rognons dorés
au miel du Gâtinais
PAR MARC FARCY, CHEF CUISINIER AU RESTAURANT
“LE VAUDÉSIR” À SAINT-JEAN-DE-BRAYE
Les feux de la Saint-Jean
L’AVIRON
Le Loiret compte quatre clubs
à Montargis, Orléans, Gien et
Saint-Jean-de-Braye. Les deux
premiers proposent de partici-
per à des compétitions, alors
que les deux autres se consa-
crent principalement au loisir.
Pour faire de l’aviron, savoir
nager est bien sûr obligatoire.
Une activité qu’on démarre
généralement à 12 ans. Selon les
clubs et les catégories, le prix de
la cotisation varie de 75 à 200 €.
À titre d’exemple, un jeune du
club d’Orléans paie 115 € pour
une année complète tout
compris (entraînement, transport
pour les compétitions...).
RENSEIGNEMENTS :
Comité départemental d’aviron
Centre d’aviron Marcel Baratta
2575, rue de la Source
45072 Orléans Cedex
Tél. : 02 38 63 38 73
C’EST
PRA
TIQUE
Sur le Loiret ou sur la
Loire, les passionnés de
l’aviron sont de plus en
plus nombreux à
prendre du plaisir dans
ce sport très exigeant
et très complet.
Rencontre avec des
rameurs ravis qui n’ont
rien à voir avec nos
galériens d’antan.
C
Aviron :
Pour le plaisir de ramer
Plus de 850 athlètes sont inscrits
dans les quatre clubs d’aviron
du Loiret.
Avec l’été vient aussi le
temps des feux de la
Saint-Jean. Cette fête
dont l’origine remonte à
nos ancêtres les Gaulois,
demeure aujourd’hui
très populaire. En
témoignent la quarantaine
de communes du Loiret
qui, chaque année,
la célèbrent.
«
À Combleux, les feux
de la Saint-Jean sont
fêtés dans la tradition.
La bryone blanche,
l’aconit ou la grande
marguerite, dites
“herbes de la Saint-
Jean” étaient
recommandées
pour lutter contre
la phtisie.
L’aviron n’est pas
seulement un sport
de force, la technique
est essentielle.
E.Bouton
| Mai - Juin 2002 | 23 |
Retrouvez les recettes du Loiret sur : www.loiret.com
30365 LOIRET63 P22-23 27/05/02 15:24 Page 1
Reflets du Loiret - N°63 (mai-juin 2002)
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Reflets du Loiret - N°63 (mai-juin 2002)

  • 1. REFLETSDUREFLETSDU laLoire fureurs Mieux prévenir deles Il était une fois Léouville : N°63 2002/0,50€ 49 habitants p. 14 p.9 Briare: dansle secret des émaux p. 6 Le Loiret à l’école du cirque p. 20 p.9 L E M A G A Z I N E D U C O N S E I L G É N É R A L N° 63 • MAI/JUIN 2002 Le Loiret côté timbres p. 16 30365 LOIRET63 P1 27/05/02 14:52 Page 1
  • 2. L’école buissonnière avec les profs, bien vu le Conseil général ! Rien de tel que le terrain pour faire des découvertes gran- deur nature. Et si les professeurs sont aussi partants pour se mettre au vert, c’est encore plus classe ! Chaque année, le Conseil général favorise l’éclosion des curiosités en finançant à hauteur de 30 % les classes de découverte qui permettent à des milliers d’élèves du primaire de faire mieux connaissance avec les écosystèmes de la campagne, de la mer ou de la montagne. Dans la même logique, des subventions sont également attribuées aux classes “Patrimoine” destinées aux collégiens. Bien vu ! Le Loiret, la bonne formule www.loiret.com Conception:DirectiondelaCommunication/FP-ConseilGénéralduLoiret•Photo:DominiqueChauveau Loiret éditorial Mêmesiarriventlesbeaux jours de l'été, ce surcroît de soleil et de chaleur ne doit pas faire oublier les momentsdifficilesquecer- tainsdoiventparfoistraverserlors des inondations. Notre département pas plus qu'un autre n'est à l'abri de ce genre de catastrophe naturelle. Surtout aveclaprésencedelaLoiredontleshumeurstumultueuses ontétédéjàparlepassémeurtrières,causantausurplusd'énormes dégâts. Aussi,etc'estbienlàlerôledenotreAssemblée,lesconseillers généraux ont-ils fait le choix de s'attaquer avec force à ce problème dans le souci d'assurer à l'avenir la sécurité des personnesetdesbiens.IladoncétédécidédecréerunFonds départemental de lutte contre les inondations et un chargé demissionspécifiqueaétérecruté,celaencomplémentde toutes les interventions que nous menons déjà dans le cadredel'ÉtablissementPublicdelaLoireetdel'adhésion du Département au Plan Loire Grandeur Nature. Cette action témoigne de l'importance fondamentale de l'implication des collectivités locales et notamment des Départements au plus près des citoyens. Voilà une manière de répondre très concrètement à cette demande de proxi- mité qui s'est faite entendre lors des dernières élections présidentielles.Prévenirpourmieuxguériretsoutenirnos concitoyens dans les moments d'épreuves, telle est notre volonté.Maisc'estendonnantauxcollectivitéslocalesplus de pouvoir ainsi qu'une véritable indépendance financière que nous parviendrons à obtenir une vision plus claire et plusdirectedesactionsmenéessurleterrain,cecidansun souci réel et nécessaire d'efficacité. Et dans l'optique d'une démocratie locale revivifiée. Éric Doligé sénateur, PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL RefletsduLOIRETDirecteur de la publication :Hubert Frémy • Directeur de la rédaction: Pierre-Antoine Ragueneau • Rédacteur en chef : Marc Vassal • Rédaction : L.Bigot (p.6-7), E. Boutheloup (p.14-15), O.Chauvin (p.22, 19), C. Chenault (p.23), J-L. Derenne (p.26), M.Deret (p.4-5, 8, 20-21, 28, 29-30), J-M. Flonneau (p.24), J. Huguenin (p.9 à 13), S.Michetot (p.18-19), M. Vassal (p.16-17, 25) • Directeur de création : Charly Abriol • Responsable d’édition: Agnès Mathon • Direction artistique : Hugues Jacquemin • Secrétariat de rédaction : Ana Maia • Photos hors crédit : Dominique Chauveau • Conception et réalisation : Unédite • Impression: Imprimerie Lenglet • Dépôt légal: Mai 2002 • No ISSN: 0769-5241. Ce journal est aussi le vôtre: écrivez-nous à “Reflets du Loiret”, Hôtel du Département, Direction de la communication, 15, rue Eugène-Vignat, BP 2019,45010 Orléans Cedex 1.Tél.: 02 38 25 45 45 ou sur Internet :www.loiret.com Inondations : prévenir pour mieux guérir Les clubs d'aviron notent un réel engouement depuis deux ans pour ce sport. De plus en plus de rameurs viennent exercer leur passion sur le Loiret ou la Loire. Rencontre avec des athlètes de tous âges! Laissée à l'abandon, la Sologne a du attendre Napoléon III qui impliqua l'État dans une réelle réhabilitation et aménagement de la région. Histoire d'un travail de longue haleine. | Mai - Juin 2002 | 3 | M Ce magazine est aussi disponible, pour les non-voyants, sur cassette audio. Renseignements au 02 38 79 26 76. 24 Ancien responsable de la billeterie du Festival de Cannes, Jacky Billault nous fait partager ses souvenirs auprès des plus grands noms du cinéma. 24 itinéraire 04 06 08 09 14 16 18 20 22 23 24 26 28 29 30 ALBUM L’actualité du Loiret en images. DOSSIER Prévenir les fureurs de la Loire : le Conseil général mobilisé contre les inondations. REPORTAGE Léouville : la plus petite commune du Loiret. ENTREPRENDRE Briare et le renouveau des Émaux. TERRITOIRE Politique d’habitat : logement dans le Loiret. LIRE, ÉCOUTER, VOIR Suggestions de lectures et de sorties dans le Loiret. JEU-CONCOURS Quizz comédiens Loiret. KALÉIDOSCOPE Le Loiret côté timbres. GENS D’ICI Raymonde Pouzieux : passementière. Gaël Maïa : champion du monde de football des moins de 17 ans. Jacky Billault : ancien responsable de la billeterie du Festival de Cannes. CURIOSITÉ Sous le plus grand chapiteau du Loiret. SPORTS Aviron : pour le plaisir de ramer. TERROIR Les feux de la Saint-Jean. Recette. D’HIER À AUJOURD’HUI La “regénération” de la Sologne au XIXe siècle. Mirabeau : le révolutionnaire du Bignon. C’EST PRATIQUE Le bibliobus du Conseil général : un bus pas comme les autres. CLUB 10/15 Conseil général Junior : cinq nouveaux projets pour la rentrée ! 1919 2222 MuséedelaVilledeParis,muséeCarnavalet, Paris,France/BridgemanArtLibrary 30365 LOIRET63 P2-3 27/05/02 14:56 Page 1
  • 3. Loiret L’album du Loiret Loiret É D U C A T I O N Demain, combien d’élèves dans le Loiret ? Le collège Robert Goupil a été officiellement inauguré le 15 mars dernier à Beaugency. Entre 1998 et 2001, deux phases de travaux ont permis d’améliorer l’accueil des quelque sept cents élèves. Un nouveau bâtiment de 2000m2 a d’abord été construit pour ouvrir de nouvelles classes. Le reste de l’établissement a ensuite été entièrement réhabilité et remis aux normes. Le coût de cette profonde restructuration s’élève à près de 5,8 M€ pour le Département. 1er Colloque médico-social d’Orléans 229 € par animal mâle de 5 à 24 mois (taurillon, broutard) et 76 € par vache de réforme allaitante : ce sont les plafonds des aides accordées par le Département à 189 éleveurs de bovins du Loiret suite aux sérieuses pertes subies par la profession depuis octobre 2000. Ces subventions d’un mon- tant total de 251 254 € représen- tent le deuxième volet du Plan départemental de soutien à la filière bovine, lancé en mars 2001 en complément de celui de l’État. La première phase avait permis d’attribuer, en juillet 2001, une aide globale de 163 761 € à 133 éleveurs locaux. É D U C A T I O N Effectuer un balisage exhaustif et cohé- rent de tous les sites à découvrir dans le Loiret : c’est l’objectif du Schéma direc- teur de signalisation touristique, cultu- relle et économique que le Conseil géné- ral a décidé d’élaborer. Ce Schéma s’appliquera aux différents sites remar- quables du département ainsi qu’aux cir- cuits touristiques, aux entrées de dépar- tement et de villes et aux Relais Informations Services. En parallèle, toutes les signalisations parasites (pré enseignes, publicité) devraient être supprimées le long des routes départementales. Le 1er colloque médico-social d’Orléans s’est tenu le 7 mars au Centre de conférences d’Orléans, sur les thèmes “Urgence-précarité-secret”. Soutenue, entre autres, par le Conseil général, la manifestation a réuni des professionnels de la santé et du social autour de la néces- sité d’une prise en charge thérapeutique et sociale coordonnée, donc plus efficace, du “patient-usager”. Les participants ont pu approfondir leur réflexion dans des ateliers de travail et assister à des représentations de “situations types” par des acteurs. Le Conseil général lance une étude sur les popu- lations scolarisées du Loiret, qui vise à mieux appréhender leur évolution. Au niveau des col- lèges, les résultats permettront au Département de définir les investissements à réaliser pour adapter les établissements à leurs effectifs. Financée par le Conseil général à hauteur de 45000 €, l’étude contribuera également à définir des stratégies cohérentes en matière de cartes et de transports scolaires. Plus globalement, elle aidera à préparer l’avenir sur toute la chaîne de scolarisation, de l’école à l’université. É L E V A G E Une toute nouvelle salle polyvalente Soutien départemental à la filière bovine Le Centre de secours et d’incendie entièrement réaménagé Le nouveau Centre de secours et d’incendie de Chilleurs-aux-Bois a été inauguré le 2 mars dernier. L’agrandissement des anciens locaux, financé par la commune et le service départemental d’incendie et de secours, a permis notamment l’extension des remises pour le matériel ainsi que la création d’une salle de formation et l’aménagement des vestiaires et du standard. Le Centre de Chilleurs-aux-Bois compte dix-neuf sapeurs-pompiers volontaires, qui ont effectué cent cinq interventions en 2001. CADRE DE VIE Vers une harmonisation de la signalisation touristique Le collège de Beaugency inauguré La commune de Saint-Cyr-en-Val a inauguré, le 19 mars, sa nouvelle salle poly- valente de 1360 m2. Subventionné par le Conseil général à hau- teur de 22 867 €, l’équipement abrite deux courts de tennis et permet la pratique du volley-ball et du foot en salle. Il est également question d’y installer du matériel pour l’escalade. La nouvelle salle peut, par ailleurs, accueillir diverses manifestations. La première, le Forum des Métiers, s’y tiendra le 20 juin. SAINT-CYR-EN-VAL “Des infos qui peuvent changer les comporte- ments”, c’est ce que les élèves des classes de 5e du Loiret peuvent trouver dans la carte Santé Jeunes qui leur a été distribuée le 15 avril. Projet du Conseil général junior (CGJ) 2000/01, cette carte a été entièrement conçue et rédigée par les membres de la commission Social-Santé. De la taille d’une carte de crédit, elle contient des informations pratiques et préventives sur le tabac, la drogue, mais aussi la maltraitance et la dépression. Elle a été diffusée à dix mille exemplaires dans les soixante-huit collèges du département. Les casernes de gendarmerie de La Ferté-Saint-Aubin et Bellegarde disposeront chacune, dans quelques mois, de deux nouveaux logements pour gendarmes auxiliaires. Chiffrées à 102 000 et 114 235 € respectivement, ces extensions sont entièrement financées par le Département, propriétaire des locaux. Si les travaux ont déjà commencé à La Ferté, ils ne débuteront qu’en juin à Bellegarde. Les deux chantiers dureront six mois. Le Loiret compte, sur son territoire, onze casernes départementales, louées à l’État pour l’hébergement des gendarmes. T R A V A U X Extension de deux gendarmeries Le foyer de vie pour adultes handicapés de l’association “Les Amis de Pierre”, rue du Clos Fleuri à Orléans, a été inauguré le 13 avril. L’établissement de vingt-deux places résulte de l’extension du foyer d’accueil de jour implanté à Saint-Jean-de-la- Ruelle jusqu’en 2001. Les travaux ont été subventionnés à hauteur de 161 596 € par le Conseil général qui verse également à la structure une dotation annuelle globale de fonctionnement correspondant à ses charges de personnel. O R L É A N S Vingt-deux places pour les adultes handicapés L’album du Loiret | Mai - Juin 2002 | 5 | RENCONTRE P R É V E N T I O N Une carte Santé Jeunes pour les élèves de 5e | 4 | Mai - Juin 2002 | C H I L L E U R S - A U X - B O I S 30365 LOIRET63 P4-5 27/05/02 15:00 Page 4
  • 4. reflets entreprendre Loiret «Si vous voulez vivre comme toutlemonde,oubliezBriare!» L’affiche accrochée dans le bureau du PDG de la SA Émaux et Mosaïques ré- sume la philosophie sur laquelle Jean-ClaudeKergoatsouhaitefon- derlerenouveaudesfameuxÉmaux de Briare. Pas question, en effet, decomparerlesrevêtementsdesols et de murs fabriqués dans le sud- estduLoiretàdusimplecarrelage. Lui, préfère parler de mosaïque décorative et se fait volontiers défenseurd’uncertainraffinement et d’un art de vivre à la française : «Pourquoi, à votre avis, notre logo arbore-t-il les couleurs du drapeau tricolore ?» Et, effectivement, der- rièrelesmursd’enceintedel’impo- santeusineduXIXesiècle(10hectares), se cachent les secrets d’un “savoir- fairemultiséculaire”.Untermequi, à Briare, n’a rien d’exagéré. Aléas historiques Car, depuis 1838, l’histoire de la communeseconfondaveclespéri- pétiesdecetimmensesitedepro- duction, en bordure de canal. D’aborddestinéeàconcurrencerla faïenceriedeGien–qui,ironiedu sort, compte actuellement parmi sesactionnaires-,l’usineestdeve- nue,dès1845,lapropriétédeJean- Félix Bapterosses, déjà à la tête d’une manufacture parisienne de boutons. Dès lors, de boutons en perlesetdeperlesenémaux,l’usine connaît, pendant un siècle, plu- sieursreconversions,plusoumoins heureuses, qui l’amèneront à employer jusqu’à un millier de personnes,faisantpasserlapopu- lationdeBriarede2500à5000habi- tants (voir encadré). C’est ainsi que les premières pro- ductionsd’émaux(céramiqued’émail vitrifiéetteintédanslamasse)datent de1882.Ellesconnaîtrontplusieurs périodes d’essor et de déclin suc- cessives,changerontdemainsplu- sieurs fois, et passeront même par une période de production inten- sive… de carrelage ! Sans succès. OncomprenddoncqueJean-Claude Kergoat ait choisi de renouer avec les meilleures heures des Émaux de Briare. En effet, n’est-il pas plus opportun, aujourd’hui, de reven- diquer l’élégance d’un mode de décoration unique qu’une quel- conque production du bâtiment ? Lenouveaupatronfaitainsivaloir le procédé exclusif de fabrication desÉmauxdeBriare,quipermet- tra,dansunedizained’annéespeut- être, de détrôner les concurrents italiens, leaders mondiaux de la spécialité.«Avantlesannéesquatre- vingt, chaotiques pour l’entreprise, nous étions numéro un. Or, c’est un vrai challenge de reconquérir cette placepouruneentreprisedéjàconnue sur le marché et qui souhaite impo- ser une nouvelle image.» Voilà qui aurait pu décider Jean-Claude Kergoatàfairetablerasedupassé. C’esttoutlecontraire.LePDGfait des origines historiques de sa “mosaïquedécorative”ungagede qualité:«Nousfabriquionsicidesperles etdesboutons,avecunequalitédefini- tion,derenduetd’esthétiqueincom- parables, dit-il. C’est pour cela que, comme les Italiens, nous nous bat- tons, aujourd’hui, pour ne pas être confondusavecdesfournisseursdecar- relage du bâtiment.» Précieuse alchimie Etdeciter,nonsansquelquespré- cautions de langage, les “ingré- dients” qui font encore, au XXIe siècle, le succès de Émaux de Briare : «Notre procédé de fabrica- tionestàbasedesilice,provenantde larégion,ainsiqued’autresmatières S La renommée internationale des émaux de Briare n’est plus à faire. Mais, en 1996, leur site de production, lui, était à reprendre. C’est Jean- Claude Kergoat qui a repris le flambeau de ce fleuron de l’ère industrielle. Avec pour ambition de reconquérir la place de leader mondial d’ici à dix ans. “Toutes proportions gardées, J-F Bapterosses a fait à Briare ce que Michelin a fait à Clermont- Ferrand.” C’est ainsi que Jean- Claude Kergoat résume l’œuvre de son prestigieux prédécesseur, véritable capitaine d’industrie qui a laissé son empreinte sur la ville. Il n’y a qu’à traverser Briare pour s’en rendre compte, puisque l’usine est implantée en centre-ville et englobait, au XIXe siècle, une cité ouvrière avec jardins pour 180 familles, une école, etc. “C’était une ville dans la ville, avec tout ce qu’il fallait pour vivre quasiment en autarcie.” On y produisit jusqu’à 1400000 boutons par jour (avant que n’apparaissent les boutons en plastique) et 500 tonnes de perles par an ! À la mort du génial inventeur Le jour où Jean-Félix Bapterosses choisit Briare… reflets entreprendre Loiret Numéro 3 sur son marché, Bebloom est un e-marchand. C’est sa particularité. C’est-à-dire que, pour passer commande, les clients se connectent sur le site Internet www.bebloom.com. Avec l’assurance que le bouquet livré sera rigoureusement le même que celui visualisé sur l’écran de l’ordinateur, s’il vous plaît ! Pour autant, Yann Jallerat (35 ans, horticulteur) et Charles Cuypers (35 ans, commercial), les deux fondateurs de Bebloom, en avril 2000, se refusent à qualifier leur entreprise, aujourd’hui installée sur la ZAC des Aulnaies, à Olivet, de start- up. « Nous sommes d’abord une PME horticole, basée sur des principes de l’ancienne économie», explique Charles Cuypers, pour expliquer sa résistance aux affres de la nouvelle économie. En effet, Bebloom (CA 2001 : 1 million d’euros ; environ 18000 clients fidèles) fait partie, avec France Bouquet, du groupe de distribution florale Bloom Trade (CA 2001 : 3,4 millions d’euros). Et c’est France Bouquet, justement, qui achète les fleurs, en France et à l’étranger - du Kenya aux Pays-Bas, en passant par la Colombie, pour en commercialiser une partie dans la grande distribution. Le reste est livré partout dans l’Hexagone, au gré des commandes, soit par camions (pour la région parisienne), soit par Chronopost. De quoi être présent sur deux activités à la fois et, ainsi, ne pas “piquer” la susceptibilité des investisseurs. Ceux-ci, parmi lesquels le fonds régional Capital Développement, ont tout de même investi 3,8 millions d’euros dans Bebloom. Reste que le groupe Bloom Trade ne s’est pas encore attaqué à la vente en boutique, un créneau qui représente pourtant 60% du CA de la distribution florale en France (1,8 milliard d’euros au total). « Peut-être nous développerons- nous prochainement sur ce créneau, affirme Charles Cuypers. Même si, pour l’instant, nous voulons d’abord consolider la structure existante.» Quoi de plus naturel, lorsque l’on emploi 18 personnes et que son chiffre d’affaires ne cesse de grimper. Car, net-économie ou pas, certaines lois économiques ne semblent pas près de faner. Bebloom a su résister aux déboires de la net-économie. Et son chiffre d’affaires ne cesse de grimper. C’est dans le secret du laboratoire que sont créés les nouveaux émaux. Pdg de l’entreprise, Jean-Claude Kergoat mise sur “un savoir-faire multiséculaire” pour donner un nouvel essor aux émaux de Briare. | 6 | Mai - Juin 2002 | C’EST PRA TIQUE Bebloom, jeune pousse florissante « | Mai - Juin 2002 | 7 | de ces procédés de fabrication révolutionnaires, ses descendants poursuivent son œuvre et dotent la ville d’une église, de terrains de sport, d’un bassin de natation, d’un stade avec vélodrome, d’une salle des fêtes, etc. Or, les seuls bâtiments de l’entreprise sont si vastes (45000 m2), qu’aujourd’hui, seulement 60% d’entre eux sont encore utilisés ; les autres cherchent des locataires… Briare et le renouveau des Émaux Briare et le renouveau des Émaux Le Musée de la Mosaïque et des Émaux, Le Musée de la Mosaïque et des Émaux, créé en 1994, retrace les 160 ans d’histoire des Émaux de Briare, avec des documents d’archives et une collection de pièces représenta- tives des différentes productions du site. Il reçoit quelque 15000 visiteurs chaque année, ce qui le place au sixième rang des musées du Loiret (le ving- tième de la Région Centre). Le musée est ouvert : • du 1er juin au 30 septembre, tous les jours, de 10h à 18h30, • du 1er octobre au 31 décembre et de février au 31 mai, du lundi au samedi, de 14h à 18h, et le dimanche, de 10h à 12h30 et de 14h à 18h, • pour les groupes, sur réser- vation, tous les jours et toute l’année, de 10h à 18h. Un magasin d’usine vient éga- lement d’ouvrir ses portes au 1, bd Loreau, 45250 Briare. Renseignements : www.emauxdebriare.com ou au 02 38 31 22 01. Envie d’envoyer des fleurs ? Aucun problème. Bebloom vous propose de livrer, partout en France, un bouquet de fleurs exotiques, ou de 9 à 101 roses (une exclusivité !), si le cœur vous en dit… à des tarifs plutôt compétitifs. Et tout ça grâce à Internet. minérales, achetées en Australie, en Norvège, etc. Elles sont fondues ensembleà1400°C,puissontmélan- géesàdesoxydesmétalliques(cobalt, cuivre, etc.), afin d’être colorées. Le toutestbroyé,etlapoudreainsiobte- nueestpresséeetcuite,selonlestailles et formes de carreaux désirées.» C’estunecentainedesalariés(contre 77,lorsdelareprise,en1996)qui assurentdésormaiscetteprécieuse alchimie, au gré des commandes passées dans le réseau de distribu- teursdelamarque,danslemonde entier,danssonmagasind’exposi- tiondelarueduBac,àParis,oudans lessalonsinternationauxégalement, comme en atteste le calendrier de ces rendez-vous incontournables, en bonne place dans le bureau du PDG. «Nousréalisons70%denotre chiffred’affairesàl’export,précisece dernier.Leplusgrosmarchéesteuro- péen,maisparminosdernièresconquêtes, ontrouvenotammentl’Europedel’Est, l’Asieetl’Australie.»Puis,désignant unefresque:«C’estunmotifpourle projet de mosquée personnelle d’un cheikauxÉmirats.»Eneffet,85%des commandesontbeauprovenirdes particuliersquifontrefairetantôtleur salle de bains, tantôt leur cuisine, lesÉmauxdeBriareontaussileurs prestigieuses vitrines : mosquées, bateauxdecroisière,aéroports,etc. Quand on sait que Jean-Claude Kergoat lui-même a décidé de reprendrelesÉmauxdeBriareaprès avoir connu la frustration, en tant que promoteur immobilier, de ne paspouvoirenornersesconstruc- tions…C’estdirelaconvoitiseque peuvent susciter ces “pierres précieuses” ! Ⅲ Le plus gros marché pour les émaux est européen. 70% du chiffre d’affaires est réalisé à l’exportation. 30365 LOIRET63 P6-7 27/05/02 15:03 Page 6
  • 5. loiret Même si le Loiret n’a pas connu de crue catastrophique depuis près d’un siècle, les fureurs et débordements de la Loire et de ses affluents demeurent une menace réelle pour 80 000 habitants du département. Soucieux de la sécurité des personnes et des biens, le Conseil général fait feu de tout bois, dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature et de son Fonds départemental de lutte contre les inondations, pour que soient poursuivis les travaux de protection et pour que les populations riveraines soient mieux informées. dossier loiret dossier Loiret | Mai - Juin 2002 | 9 | les fureursles fureurs de la Loire LeConseilgénéraladécidé en novembre 2000 de créer un Fonds départe- mental de lutte contre les inondations et un poste dechargédemissionspécifique, en complément de toutes les interventions qu’il mène déjà dans le cadre de sa participation activeàl’Établissementpublicde la Loire (E.P. Loire), présidé par Éric Doligé, et de son adhésion au Plan Loire Grandeur Nature : L LES TRAVAUX À RÉALISER SUR LE LOIRET (Estimation maximale des coûts en millions d’euros) s Restauration du lit de la Loire : 1,53 à 1,83 M€ (10 à 12 MF). s Renforcement des banquettes sur 15 km : 2,6 à 3,5 M€ (17 à 23 MF). s Réfection des fusibles des déversoirs d’Ouzouer-sur-Loire et Jargeau : 1,53 M€ (10 MF). s Renforcement des pieds des levées : 38,11 à 45,73 M€ (250 à 300 MF). s Protection du Val de Gien : 30,49 à 38,11 M€ (200 à 250 MF). s Prolongation de la levée d’Orléans sur 2700 m : 2,29 à 3,05 M€ (15 à 20 MF). prévision des crues, gestion des ouvrages, études globales, ren- forcement des levées, entretien du lit du fleuve, etc. Ce Fonds, qui intègre les parti- cipations du Département aux programmesexistantsmenéspar l’E.P.Loire,l’Étatetlescommunes elles-mêmes, devrait mobiliser 10 millions d’euros de crédits départementaux pendant toute la durée du Contrat de Plan (2000-2006). Le Conseil général mobilisé contre les inondations Mieux prévenir territoire Loiret C’est une étude encore jamais réalisée que le Conseil général a lancée en septembre dernier : celle du logement dans les secteurs social, très social et privé,àl’échelledetoutleLoiret. Elle permettra de recenser les besoins actuels et futurs et de déterminer les principaux enjeux en matière d’habitat. En effet, le dernier recensement de l’INSEE a mis en évidence l’es- sor démographique du Loiret. La population a été chiffrée à 618 126 habitants, soit 0,7 % de plus qu’en 1990, et le nombre de résidences principales à 248 686, soit 12 % de plus qu’en 1990. Par ailleurs, le département bénéficie d’un dynamisme écono- mique favorable à l’em- ploi, ce qui se traduit par un accroissement de ses effectifs. Ces deux phénomènes ontdesrépercussionsenmatière de logement, que cette étude, cofinancée par la Région et l’État,permettrad’appréhender. Segmentation du Loiret Un diagnostic de l’habitat a d’ores et déjà été établi à par- tir de données comme la démo- graphie, les mobilités résiden- tielles, les statuts d’occupation des logements, etc. Il fait appa- raître notamment une seg- mentation du département avec, à l’ouest du Loiret, un La Jeune chambre économique d’Orléans ne manque pas d’idées pour “rapprocher les citoyens de leur patrimoine économique et industriel”. Elle a lancé d’abord la première Semaine du patrimoine économique du Loiret, du 27 au 31 mai, pour faire découvrir ou mieux connaître les entreprises du département. Ainsi Lexmark, La République du Centre, la station d’épuration de La Chapelle- Saint-Mesmin, la laiterie de Saint- Denis-de-l’Hôtel et bien d’autres ont ouvert leurs portes au public pour des visites accompagnées. La JCEO lan- cera ensuite les “Rendez-vous de l’économie”, une émission de radio sur France Bleu Orléans (100.9). À partir de début juin, l’émission de radio accueillera chaque mois des entrepreneurs locaux. Au programme : promotion et interviews. CONTACTS JCEO - Chambre de commerce et d’Industrie - 23, place du Martroi 45044 Orléans Cedex RENDEZ-VOUS Un autre patrimoine à découvrir Un Schéma départe- mental d’alimentation en eau potable a été com- mandé par le Conseil géné- ral en vue de garantir l’approvisionnement des collectivités locales en eau de bonne qualité et en quantité suffisante. Conçu comme un véritable outil d’aide à la décision, le Schéma précisera les orientations essentielles pour les dix à quinze ans à venir. Il permettra ainsi de définir des programmes cohérents pour la gestion et la protection des ressources, ainsi que pour le développement des infra- structures de transfert et de distribu- tion d’eau potable. Enfin, le Schéma recensera toutes les actions visant à répondre au mieux aux besoins à venir en termes de qualité, de quantité et de sécurité de l’alimentation en eau potable. Le Conseil général y consa- crera un crédit de 165 000 €. À L’ÉTUDE Garantir la qualité du service public d’eau potable dynamisme démographique plus soutenu et des populations plus jeunes. Il montre égale- ment que les petites communes (moins de 5 000 habitants) concentrent 42 % de la popu- lation et se développent, tan- dis que l’attractivité des villes moyennes stagne ou diminue. Concernant les habitants, 60% sont propriétaires occupants, un statut qui progresse. Les locataires du privé représen- tent, eux, 20,5 %, et ceux de HLM 16,5 %. Cette dernière catégorie connaît, elle aussi, une forte augmentation (21,2%). Par ailleurs, plus d’un ménage sur six bénéficie d’une aide au logement. Ce chiffre atteint un ménage sur deux dans le parc HLM. Dans le sec- teur locatif social, où 41 908 logements ont été recensés, près de 17 % des résidences prin- cipales sont en HLM. Dans le locatif privé, dont le parc est majoritairement ancien, près de trois locataires sur quatre habitent sur la zone d’emploi d’Orléans. Une priorité du Département Ces premiers résultats ont per- mis d’engager, avec les acteurs locaux, une réflexion pour défi- nir les grands axes des poli- tiques locales et départemen- tale de l’habitat. Ce domaine constitue en effet l’une des prio- rités du Conseil général, qui s’y implique déjà à plusieurs titres. Il intervient notamment dans la production de logements sociaux (plus de 2 300 loge- ments subventionnés entre 1995 et 2000), ainsi qu’en faveur de la réhabilitation des logements privés, enjeu impor- tant de revitalisation des centres-villes et des bourgs ruraux. Si le Département entend pour- suivre ces actions, il souhaite également ajuster ses inter- ventions en matière d’habitat. Cette étude du logement dans le Loiret lui apportera, comme aux autres acteurs institution- nels, les éclairages nécessaires pour élaborer des stratégies effi- caces dans ce domaine. s | 8 | Mai - Juin 2002 | Le Conseil général a lancé, en septembre dernier, une vaste étude sur le logement dans le Loiret. Ses conclusions permettront de redéfinir les grands axes des politiques locales et départementale en matière d’habitat. C Logement dans le Loiret vers une meilleure définition des politiques habitat Entre 1995 et 2000, plus de 2300 logements ont été subventionnés par le Conseil général. Près de 17% des résidences principales du Loiret sont en HLM. Force Motrice 30365 LOIRET63 P8A13 27/05/02 15:07 Page 1
  • 6. dossier Loiret | Mai - Juin 2002 | 11 | dossier Loiret Ce Fonds sert en outre à promou- voir de nouvelles actions de sensi- bilisationpréventivedeshabitants, desélusetdesacteurséconomiques riverains de la Loire et des autres rivières du département (Loing, Ouanne, Œuf...). Il vise aussi à réduire la vulnérabilité des biens exposésauxinondationsetappuiera des opérations locales de protec- tion des personnes et des biens. Il accompagne la réflexion et l’émer- gence d’un développement des communes compatible avec les risques d’inondations. Enfin, il a pour objectif d’améliorer les pro- cédures à mettre en œuvre pour la gestiond’unecriseéventuelle(avant, pendant et après une inondation). Les levées renforcées Lamiseenœuvredecesnouvelles actions s’appuiera sur un réseau humain composé d’un coordina- teurencoursderecrutementàl’E.P. Loire, de l’animateur recruté par leConseilgénéralenfévrier,etdes correspondants locaux (un élu et untechnicien)quelescommunes proposeront prochainement. Parmi ses actions-phares, le Départementfinancedepuis1970 les travaux de renforcement des CHÉCY, DONNERY, MARDIÉ, FAY- AUX-LOGES : des mesures pour ne plus avoir les pieds dans l’eau En février dernier, des rive- rains de la Bionne et du canal d’Orléans ont été victimes d’inon- dations à Donnery, Chécy, Mardié et Fay-aux-Loges, malgré l’inter- vention technique rapide du Syndicat mixte du canal d’Orléans. Pour limiter les risques et consé- quences d’une nouvelle inonda- tion, plusieurs mesures ont été proposées par le Conseil général: • Réunir toutes les communes du bassin du Cens en syndicat afin de gérer de manière cohérente cette rivière et mettre en œuvre un programme de réhabilitation et d’entretien, avec l’appui tech- nique et financier du Départe- ment: le manque d’entretien des cours d’eau peut en effet causer ou aggraver des inondations par la création d’embâcles ou le bou- chage d’évacuations. • Mieux connaître le fonctionne- ment du système hydraulique Cens-canal grâce à une étude financée par le Conseil général . • Exiger de l’État la réalisation rapide des travaux de réhabilita- tion des berges du canal, afin de pouvoir utiliser le bief de Saint- Jean-de-Braye comme évacua- tion supplémentaire. Le Conseil général a mis à disposition de l’État depuis deux ans une somme de 152 450 € pour lancer les tra- vaux les plus urgents... • Enfin, inciter les communes à se doter des outils de prévention et de gestion d’une crise, avec l’aide du chargé de mission du Département recruté pour cette tâche. s « | 10 |Mai - Juin 2002 | Vingt ans de travaux et d’études sur les risques d’inonda tions en Loire Moyenne levées de la Loire, qui font l’objet d’uneattentionparticulièreaudroit des sites humainement sensibles. Depuis 1995, cette participation transite par l’E.P. Loire et repré- senteletiersdesdépensesàenga- ger durant le Contrat de Plan, à égalité avec l’État et la Région. En outre, ponctuellement, le Conseil général vient en aide aux communestouchéespardesinon- dations. En septembre 2001, l’Assembléedépartementaleaainsi décidédeprendreencharge40% du coût des travaux de remise en état ou d’aménagement de six communesfrappéespardescrues en mars et juillet 2001 (Autry- le-Châtel, Beaulieu-sur-Loire, Cernoy-en-Berry, Pierrefitte-ès- Bois, Poilly-lez-Gien et Saint- Firmin-sur-Loire).s En septembre 2001, l’Assemblée départementale a ainsi décidé de prendre en charge 40 % du coût des travaux de remise en état ou d’aménagement de six communes frappées par les crues. Le 3 mai 2001, Jacques Chirac a rendu visite au Conseil général du Loiret, afin d’encourager l’Équipe pluridisciplinaire du Plan Loire Grandeur Nature pour son travail de gestion des risques d’inondations. à mieux informer les riverains des risques d’inondations. Enfin, l’E.P. Loire participe activement à la stratégie de réduction des risques d’inondations par les crues fortes en Loire Moyenne, dans le cadre du Plan Loire Grandeur Nature, décidé par le gouvernement lors du Comité interministériel du 4 janvier 1994. Ce plan global à dix ans d’aména- gement de la Loire vise à concilier la sécurité des personnes, la pro- tection de l’environnement et le développementéconomique.Alors que l’État assurait ses responsabi- lité en publiant les atlas des zones inondables,encontrôlantleuramé- nagement grâce à une réglemen- tation limitant l’urbanisation, ou encore en modernisant le réseau CRISTAL, les trois partenaires du Plan Loire ont décidé de consti- tuer une Équipe pluridisciplinaire basée à Orléans, pour établir les risquesd’inondations,proposerles bases techniques d’une stratégie de réduction de ces risques et apporter un appui aux acteurs de terrain qui y travailleront. Un vaste chantier Dans la continuité du Plan Loire Grandeur Nature, le gouverne- ment a décidé, lors du Comité interministériel d’aménagement du territoire du 23 juillet 1999, un Programme interrégional pour la période 2000-2006 (assorti de 782 millions de francs de crédits d’État), dont les priorités sont prises en compte dans les contrats de plan signés entre l’État et les Régions de la Loire Moyenne. Les trois priorités retenues pour cette nouvelle étape du Plan Loire sont la sécurité des popu- lations face aux risques d’inon- dations, l’amélioration de la gestion de la ressource en eau et des espaces naturels et ruraux des vallées, la mise en valeur du patrimoine naturel, paysager et culturel des vallées ligériennes. Le volet “ sécurité des popula- tions face aux risques d’inon- dations” comprend notamment la mise en place de P.P.R. (plans de prévention des risques inon- dations), la réduction de la vul- nérabilité des biens exposées en zone inondable, l’entretien de la culture du risque et l’infor- mation des populations, le ren- forcement des moyens d’alerte et de secours, la poursuite de la restauration et de l’entretien du lit de la Loire, le renforcement des levées de la Loire, la mise en place de protections localisées justifiées, la préparation d’une gestion de l’écrêtement des grandes crues. Bref, c’est un vaste chantier que l’État, maître d’ouvrage notam- ment de la restauration du lit du fleuve et de la consolidation des levées, les collectivités et les rive- rains de la Loire, en tant qu’ac- teurs de leur propre sécurité, doivent continuer de mener à bien sans retard, pour amortir le choc d’un éventuel nouveau gros coup de colère de la Loire. s « Dommage qu’il n’y ait pas eu un plan Somme comme il y a un plan Loire. (...) Avec l’environnement qui change, les risques évoluent, et nous n’avons pas le droit de nous aban- donner au fatalisme (...). Dans ce cadre, le Plan Loire Grandeur Natureestentoutpointremarquable, et l’EPALA une très belle opération. La Loire a pris de l’avance.» Ce coup de chapeau à tous ceux qui œuvrent en faveur de la pré- vention des inondations dans le bassin de la Loire Moyenne est du président de la République, JacquesChirac.Cejour-là,le3mai 2001, le chef de l’État avait tenu à assister en personne à une réunion du comité de pilotage de l’Équipe pluridisciplinaire du Plan Loire Grandeur Nature, à l’Hôtel du Département, à Orléans, pour encourager le travail accompli depuis près de vingt ans par les collectivités ligériennes pour gérer les risques d’inondations. C’est en effet le 22 novembre 1983 qu’a été créé l’EPALA (Éta- blissement public d’aménage- ment de la Loire et de ses affluents), qui rassemble six Régions, seize départements, dix- neuf villes de plus de 30 000 habitants et 10 syndicats inter- communaux départementaux regroupant des communes de moins de 30 000 habitants. Ce syndicat mixte, qui a succédé à l’Institution interdépartementale pour la protection des vals de Loire contre les inondations, a pour vocation la prévention des inondations. Agir et informer L’EPALA (devenu E.P. Loire, Éta- blissement public de la Loire) assure la maîtrise d’ouvrage et le financement de divers travaux, coordonne de multiples actions et mène un gros travail d’infor- mation de tous les acteurs concernés par les risques de crues. L’E.P. Loire est ainsi l’exploitant dubarragedeVillerest,surlaLoire, en amont de Roanne. Il cofinance avec l’État et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne l’installation et l’ex- ploitation de près de 200 stations de mesure des niveaux d’eau en rivières, des intensités de pluie et de la température, qui constituent le réseau CRISTAL, opérationnel 24 heures sur 24, 365 jours par an. Il s’associe à la mise en place du projet européen OSIRIS visant D« Concilier la sécurité des personnes, la protection de l’environnement et le développement économique... tel est le défi auquel sont confrontés tous ceux qui, depuis plusieurs années, cherchent à mettre en place une politique efficace de prévention des risques d’inondations en Loire Moyenne. Que se passerait-il en cas d’inondation? S i le Fleuve Royal venait un jour à sortir de son lit comme il le fit en 1856 (la plus forte crue connue à ce jour), les enjeux des dégâts causés en Loire Moyenne (d’Angers à Nevers) pourraient être considérables : • Seraient concernés : 240 communes, 300 000 habitants (dont 80000 dans le Loiret), 1500 exploitations et 88 000 ha de terres agricoles, 13 500 entreprises et 72 000 emplois. • Il en coûterait de l’ordre de 6 milliards d’euros de dommages évaluables (soit 40 milliards de francs), dont 900 millions d’euros pour le seul Loiret, sans parler des dommages que l’on ne sait pas évaluer. Concilier la sécurité des personnes, la protection de l’environnement et le développement économique... tel est le défi auquel sont confrontés tous ceux qui, depuis plusieurs années, cherchent à mettre en place une politique efficace de prévention des risques d’inondations en Loire Moyenne. 30365 LOIRET63 P8A13 27/05/02 15:08 Page 10
  • 7. dossier Loiret Renouer avec la «culture du risque» En cas de crue majeure, sitôt après avoir été alerté par le préfet, le maire d’une commune menacée d’inondationdevientl’acteur essentiel du dispositif de préven- tion et de protection. Dans le Loi- ret,plusieursmunicipalitéssonten train d’élaborer, avec un appui technique de l’Équipe pluridisci- plinaire du Plan Loire et bientôt du chargé de mission Inondation duConseilgénéral,unprogramme communal de réduction du risque d’inondation, comportant à la fois des actions de prévention (avec sensibilisation à l’indispensable «culture du risque» et réduction de la vulnérabilité des biens), de prévision (alerte et gestion de la crise, avant, pendant et après) et de protection, quand celle-ci est possible administrativement et acceptable socialement. Les communes de Saint-Pryvé- Saint-Mesmin et Cléry-Saint- André, sites pilotes du programme Osiris visant à améliorer les infor- mations de prévision et d’an- nonce des crues, préparent un plan local destiné à faire de cha- cun des habitants d’agir de manière responsable face à une menace d’inondation. Des plans mis au point La Ville d’Orléans, pour sa part, a mis au point un plan d’éva- cuation des 21000 personnes vivant entre Loire et Loiret, sus- ceptibles d’être victimes d’une crue centennale. Ce Plan muni- cipal des secours (PMS) recense aussi les établissements et entre- prises qui seraient concernés, ainsi que les lieux d’hébergement possibles des personnes sinis- trées. Il prévoit par ailleurs la E Protéger les entreprises Parce que l’inondation représente également pour les entreprises un risque majeur (bien plus pro- bable que le risque incendie, par exemple),laChambredecommerce et d’industrie du Loiret mène depuis 1998, avec l’appui métho- dologique de l’Équipe du Plan Loire, une campagne pilote et de longue haleine pour sensibiliser chefs d’entreprise et commer- çants. Un questionnaire d’éva- luation leur a été envoyé en 2001, un article a été publié dans le magazine de la Chambre, et trois réunions d’information ont été organisées, deux à Orléans, une à Gien. «Peu de gens se sont déplacés», regrette Sébastien Saint-Chély, conseiller environnement à la CCI, qui, sur le terrain, ne manque jamais d’évoquer les conséquences | 12 |Mai - Juin 2002 | dossier Loiret | Mai - Juin 2002 | 13 | mise en œuvre d’un PC de crise et de cellules opérationnelles pour gérer les problèmes de commu- nication, de logistique, de pollu- tion, de santé, etc. Enfin, un document d’information préa- lable de la population est en pré- paration. À Sully, la municipalité dispose d’un plan d’alerte et a déjà lar- gement informé population et chefs d’entreprise. Elle étudie maintenant une protection sup- plémentaire en aval de la levée actuelle qui s’interrompt au pont SNCF, la possibilité de stopper une inondation par le ru d’Oison et la Sange grâce à l’installation de pompes de 180 m3, ainsi que les actions prioritaires à mener pour protéger les biens privés et publics en zone inondable, et limiter ainsi le coût d’une éven- tuelle inondation. Il faut croire au risque de crue majeure et s’y préparer Malgré toutes les mesures prises, le risque d’une inondation majeure de la Loire demeure. Les populations riveraines doivent en être conscientes et s’y préparer, selon Nicolas-Gérard Camp’huis, Directeur de l’Équipe pluridisciplinaire du Plan Loire Grandeur Nature. Bien des personnes pensent que le risque d’une crue centenale a aujourd’hui disparu... Qu’en pensez-vous ? Ellessetrompent.Leseulévénement qui provoque une crue comme cellesquelaLoireMoyenneaconnu auXIXe siècleesttotalementimpa- rable.C’estlaconjugaisondefortes pluiesocéaniquesetdefortespluies d’oragescévenols:ilpleutenquatre jours autant qu’en deux mois et demi normaux et il passe plus de deux milliards de m3 d’eau sous le PontGeorgeVàOrléans.Unecrue centennale, qui a une probabilité d’apparitionannuellede1%,découle d’un phénomène exceptionnel et gigantesque,maissusceptibled’être anticipé grâce aux progrès de nos connaissances météorologiques et dusuividesniveauxd’eauenrivières. Le réchauffement de la planète peut-il avoir des conséquences néfastes ? En 1846, 1856 et 1866, la Loire Moyenne a connu trois crues exceptionnelles successives, alors qu’iln’étaitpasquestionderéchauf- fement de la planète. Ce réchauf- fement peut avoir une influence sur les précipitations, mais pas fondamentalement sur le risque d’apparition d’une crue rare. Si une crue centennale survenait demain serait-elle aussi catas- trophique que les crues du passé? D’abord, grâce au réseau CRISTAL, la population orléa- naise pourrait par exemple, avec beaucoup de fialbilité, être pré- venue quatre jours à l’avance de la gravité de la crue et 36 à 48 heures avant, de la hauteur attendue. Ensuite, le barrage de Villerest intervient désormais pour écrê- ter une crue sur 20% du bassin versant de la Loire qui arrive à Orléans. Il est capable de rete- nir 140 millions de m3 d’eau, ce qui diminue le débit maximal en Loire de 500 à 1.000 m3 d’eau par seconde sur un débit total de 6500 à 8500 m3/seconde arrivant en aval du Bec d’Allier en cas de crue majeure. Cela a pour effet de diminuer le niveau d’eau d’en- viron 50 à 70 centimètres en Loire avant Orléans. Les levées, qui ont subi 160 brèches en 1856, ont vu leur corps renforcé et devraient mieux résister à la poussée de l’eau. L’enfoncement du lit de la Loire, en raison de l’extraction de gra- nulats ne représente pas forcé- ment un avantage. En effet, la Loire déborde moins souvent, ne se débarrasse plus des arbres qui encombrent son lit et le mauvais entretien du lit fait que l’eau aurait moins de place pour s’écouler franchement et rapidement en cas de crue. En outre, les pieds de levées mis à nu par l’enfoncement du lit ris- quent d’être minés là où ils sont en contact direct avec la Loire et une crue pourrait les déstabiliser. Dans le Loiret, la Direc- tion départementale de l’équipement a déjà identifié ce risque et protégé les levées par des travaux à Saint-Benoît, Bouteille, la Binette et Jargeau. Enfin, les riverains voient la Loire confinée dans le lit qu’elle s’est creusée et croient à tort que les crues sont révolues grâce à Villerest et à l’enfoncement du lit. En résumé, s’il est vrai que la Loire Moyenne pourrait connaître demain des inondations moins étendues que par le passé, si les levées qui ont été renforcées résistent, celles-ci pourraient en revanche être plus risquées parce que concernant plus de per- sonnes et plus de biens ou d’équi- pements. Quelmessageessentielsouhaitez- vous faire passer aux riverains ? Il faut bien réaliser qu’en zone inondable le risque de crue majeure est réel et plus “pro- bable” que le risque d’incendie par exemple. Il faut s’y préparer individuellement. Les préfets et les maires, chacun selon leurs responsabilités, travaillent à amé- liorer l’information des habi- tants, en évitant de les alerter pour des crues non domma- geables. Mais il reste du ressort de chaque habitant de se préparer et nous élaborons actuellement avec les partenaires du Plan Loire une série de recommandations pour aider chacun. s d’une inondation à l’occasion de l’établissement d’un diagnostic environnement de base pour une entreprise. En 2002, la CCI va accentuerseseffortspourinformer le maximum de chefs d’entreprise etdecommerçants,notammentles PME, à l’aide des plaquettes de «diagnostic de vulnérabilité des entreprises» réalisées par l’Équipe du Plan Loire. s La Loire a toujours fait peur à ses riverains. Du haut Moyen Âge à 1861, les annales ont conservé le souvenir de 277 crues. Les inonda- tions les plus considérables sem- blent s’être produites au début du XVIIIe siècleetaumilieuduXIXe siècle. Le fleuve a alors connu des crues dévastatrices, dont les cotes restent gravées sur les murs de nombreux édifices situés sur les berges. L’eau a atteint 1,05 mètre à Orléans, en 1825, 1,58 mètre en 1846, 2,15 mètres en 1866 et le record a été battu le 2 juin 1856 avec 2,22 mètres.A quatre reprises, donc, le niveau du fleuve a oscillé entre 6 et 7 mètres d’eau et sub- mergé le val orléanais, ne laissant aucun répit ou presque aux rive- rains, d’autant que la Loire avait ouvert 160 brèches dans les digues sur les 450 km de son cours moyen ! Les habitants de la Loire Moyenne ont de nouveau connu une grosse crue le 21 octobre 1907, mais qui n’a provoqué aucune rupture de digue, puis ont perdu la mémoire des excès du fleuve. (Source : dossier “Quand la Loire était en colère”,sous la direction de Jean-Marie Flonneau, Archives départementales du Loiret). Les colères historiques de la Loire «La Loire traverse de part en partledépartementduLoiret sur sa plus grande longueur. Nous sommes donc très fortement impli- qués dans la réflexion sur les inon- dations:autraversdel’Établissement Public Loire, dont nous sommes l’un des principaux contributeurs finan- ciers,mais aussi au travers de la mis- sion pour la prévention des risques quenousavonsmiseenplaceausein du Conseil général, où nous avons embauchéunepersonnespécialisée. Nous souhaitons que cette initiative, quipournousvaplusloinqu’uneexpé- rience, puisse servir de modèle à PAROLE : Éric Doligé président de Établissement Public Loire «Il faut constituer une chaîne qui puisse travailler et réfléchir à la prévention des inondations» l’ensemble de nos partenaires, aux communes et aux autres départe- ments, en vue de constituer une chaînequipuissetravailleretréfléchir à la prévention des inondations. (...) Le rôle des élus et de l’État est de cherchertouslesmoyenspoursepro- téger contre les inondations. Or, trop souvent,nousavonsdumalàtravailler ensemble parce que chacun travaille dans son coin et détient sa part de vérité.Ilnousfautrassemblercesvéri- tés au service d’une intelligence col- lective. (...) Aujourd’hui nous n’avons plus le droit denepasagirparcequenousconnais- sonsmieuxuncertainnombredephé- nomènes. Il faut entrer dans l’action : nous en avons les moyens financiers, car des sommes importantes ont été misesenplace,maisaussilesmoyens humains.(...)Maintenant,ilestdenotre responsabilité collective d’agir, d’ac- célérer un certain nombre de proces- sus,parcequenousavonsqualitépour lefaire.(...)Nousavonsaumoinsdevant nous vingt ans de travail et d’action!» (Extraitsdel’interventiond’ÉricDoligé en ouverture et en clôture des Rencontressurlapréventiondesinon- dations sur le bassin Loire Bretagne organiséesle15février2002àOrléans.) Afin de sensibiliser les entreprises sur les risques d’inondations, une brochure informative a été distribuée dans le cadre du Plan Loire. L’eau a atteint 2,22 m, le 2 juin 1856, un record ! Renouer avec la «culture du risque» À Gien, la rue Bernard Palissy durant la crue du 20 octobre 1907. CartespostalesR.Champault/A.MorierPhot.Edit. 30365 LOIRET63 P8A13 27/05/02 15:08 Page 12
  • 8. LOREM-RDP667 Une des figures de la commune : M. Béchu, 81 ans avec son vélo d’époque. Tous les vendredis le poissonnier passe vers huit heures. exemple,pourDidierCorsat,letra- jet journalier Léouville-Arpajon et retour n’est pas un souci. «C’est mêmeungaindetempsconsidérable», ajoute-t-il. En revanche, pour sa fille Virginie, étudiante à Orléans- LaSource,l’opérationestunpeuplus compliquée.Illuifauts’éloignerde Léouvillepourlasemaine:lelundi matin,ondoitlaconduireàlagare d’Angerville; une amie passe en- suitelaprendreenvoitureàlagare d’Orléans.Levendredisoir,même chose en sens inverse, jusqu’à la garedeBoisseauxcettefois.«Onest toujours dépendant de quelqu’un», souligne-t-elle. Une certaine liberté Hormis les deux adolescents déjà danslesecondaireàBazoches-les- GallerandesouàPithiviers,lespetits deLéouvillen’ontpasceproblème: un car vient les chercher. Ils ont même de la chance, car par le jeu destournéesderamassagescolaire, ils sont à la fois les derniers à par- tir et les premiers arrivés. La petite commune a aussi des bons côtés quand on est entrepreneur. Pierre Petit, 36 ans, cressiculteur, cultive le cresson à cheval sur les dépar- tements du Loiret et de l’Essonne. C’est à Léouville, où il vit depuis dix ans, qu’il a choisi d’implanter le siège social de son entreprise. Il ne se cache pas pour dire que «l’EssonneestpluschèrequeleLoiret». MêmesatisfactionpourJoëlBallot, 27 ans, exploitant agricole à Léouvilleetaussiterrassierdepuis deux ans. Si parfois il déplore le coût élevé de la livraison de ses marchandises, le jeune homme savoure une certaine liberté en ce quiconcernelestationnementdes machines : «En ville, il y a toujours quelqu’un qu’on va déranger...». ÀLéouville,enrevanche,celuique l’on n’hésite pas à solliciter, c’est bienlemaire:«Quandilyaunpro- blème,c’esttoujoursmoiquel’onvient voir en premier. Et tout de suite. On n’attend pas la permanence du mer- reflets reflets reportage Loiret reportage Loiret | 14 | Mai - Juin 2002 | construction...). Un soutien précieux qui permet aux petites communes de rembourser les annuités d’emprunts contractés pour les constructions d’écoles primaires et maternelles par exemple. Montant du plafond des travaux : 15 245 €. Le taux de subvention étant de 55% de ce plafond pour les communes de moins de 100 habitants et de 40% pour les communes de 100 à 500 habitants. Ce programme d’aides peut également comprendre un financement de prestations intellectuelles comme des études d’urbanisme, d’assainissement, etc. Chaque année, ce sont de 150 à 200 communes qui bénéficient de ce programme d’aides, représentant pour le Conseil général un investissement annuel de l’ordre de 686 021 €. Le Conseil général et les aides aux petites communes credi, on me téléphone ou on vient directement chez moi ! Il est vrai que je suis plus accessible qu’un maire d’unecommuneplusimportante.Alors, j’essaie d’arranger les choses autant que je le peux.» Auchapitredesdoléances,certains vous diront que l’«on se connaît trop, comme dans tous les petits vil- lages»,d’autresque«lemaigrebud- getdelacommunesetrouvelourdement grevé par l’arrivée de nouveaux éco- liers».Ilfautsavoirquelacommune disposed’uneenveloppesensible- ment inférieure à 40 000€ dont près de 30 000 sont alloués aux frais de fonctionnement, les scolaires coûtant quant à eux environ6500€.Maisn’est-cepas le prix à payer pour la relève ? Car Léouvillenesemblepasêtresurle déclin.Pourpreuve,elleestpassée dequarante-troishabitants(dixitle recensement 1999) à quarante- neufaujourd’hui,mêmesicelareste sans comparaison avec la bonne centaine de villageois des années 1900-1950. De 89 ans pour la doyenneàquelquesmoispourles deuxnouveau-nés,touteslesgéné- rations sont représentées. «Tout le monde se dit bonjour» Côtéinsécurité,rienàdéclarer.Ici, lesvoiturespeuventresterouvertes! Pas de délinquance, tout juste des bêtisesdegamins,sansméchanceté aucune,quirappelleraientpresque “Jeux interdits”... Mais il y a aussi des gestes qui font plaisir, comme celuideBernardBéchu,quiplante despensées«histoired’avoirunepen- sée pour tout le monde...». À Léou- ville,leliensocialestuneréalité.«Pas d’anonymat»,vousdira-t-on,«tout lemondeseditbonjour.»«Onsereçoit entre nous, on se garde les enfants, encasdebesoin.Oncomptevraiment les uns sur les autres », précise l’épouseducressiculteur.Etd’ajou- ter:«Unenuit,jemesuismêmeinquié- téepourmonvoisin,quej’avaisentendu partir avec son tracteur : pensant qu’il allait arroser les champs et, ne l’ayant pas entendu revenir, je suis alléevoirchezluiaumatinsitoutallait bien. En fait, il avait juste essayé un nouvel outil...» Même si les quarante-neuf “Léou- villois” ne sont pas d’accord sur tout,ilssonttoujourspartantspour unpotdel’amitié.Uneidéederepas champêtre serait même dans l’air, questiondefaireplusampleconnais- sanceaveclesnouveauxarrivants. Commequoi,quelques-unspour- ront peut-être bientôt dire qu’à Léouville, comme dans un certain villaged’irréductiblesGaulois,tout se termine dans la joie et la bonne humeur autour d’un banquet ! Ⅲ venir s’échouer à Léouville pour goûterpaisiblementauxjoiesdela retraite. Pour lui, comme pour d’autres “Léouvillois” (c’est ainsi qu’on pourrait les nommer bien qu’ilsn’ensoientpassûrs...)encore enactivité,laproximitédeParisest un atout capital. Quand la tour Eiffeln’estqu’à80km,pourquoise priver ? Que l’on soit en résidence secondaire ou principale, à durée égale, les kilomètres sont plus agréablesàfairesurdespetitesroutes de campagne plutôt que sur de grands axes surchargés. Ainsi, par Danslejardin,j’aiencoredes anneauxquiservaientàatta- cher les brebis», témoigne Yvette Couchard tandis qu’elle fait visiter le gîte dont elle est propriétaire à Léou- villedepuis1995.Etc’estd’ailleurs un village à l’image d’Yvette, tout en simplicité, que l’on découvre, une fois quittée la D97. Un village sans les moutons qui ont fait leur temps. Comme les chevaux qui «ontdisparudanslesannéessoixante», rappelle René Mercier, maire de Léouville, et lui- mêmeagriculteur. « Entre les deux guerres, il y avait une vingtaine de fermes dans la commune.» Au- jourd’hui, on les comptesurlesdoigtsd’unemain. Maislessignesdupassénesontpas tous morts. Au terme d’un long travail de restauration, Yvette a ainsitransformél’ancienneberge- rieenhavredepaixpourcitadins. Etaujourd’hui,elleaccueilledeshabi- tués qui ne jurent plus que par Léouvillepoursereposer.Ilestsûr qu’ici,onnerisquepasd’êtregêné outre mesure par le bruit des voi- tures...etencoremoinsdestrains ! Paris à 80 km En tout et pour tout, Léouville se résume à quatre rues et une place principale où la mairie côtoie l’église, joyau architectural de la commune. Datant du XIIe siècle, elle abrite deux intéressantes sta- tues en bois peint. Mais ne comp- tez pas sur son clocher pour vous donner l’heure, il ne pourrait plus guère sonner qu’aux mariages et auxenterrements.Cars’iln’yaplus de messes le dimanche, Léouville conserve toutefois un rite domini- cal immuable: le passage du bou- langervers11h15.Àgrandscoups deKlaxon,lacamionnetteblanche déboule sur la place avec son pain bienfraisetsespâtisseries.Etchaque vendredi,c’estautourdupoisson- nier;quantauboucher,c’estlejeudi vers14h!Carici,pointdecommerces! «Il y avait bien un bistrot», rappelle Bernard Béchu, le sympathique retraiténatifdeLéouville.«Onbuvait, onmangeait,onyfaisaitlafoire!»C’était avant la mécanisation bien sûr, au tempsoùlestâcheronsarrachaient les betteraves à la main et où les chevauxtraçaientencoredessillons dans les champs... C’estcettetranquillité“léouvilloise” qui a plu à Jean Penvern. Ce Bre- ton, expatrié à Paris, a choisi de En 1999, le recensement indiquait quarante- trois habitants pour Léouville. Aujourd’hui, ce petit village, situé aux portes de l’Essonne et fort de ses quarante-neuf âmes, a su concilier ruralité et proximité parisienne. Entre corps de fermes et résidences secondaires, portrait d’un village du Loiret où il fait bon vivre. « D Il était une fois Léouville, plus petite commune du Loiret LOREM-RDP 667 | Mai - Juin 2002 | 15 | Une bonne partie des “Léouvillois” réunis devant l’église du village. Abri de bus pour le ramassage scolaire, dont la restauration dans le style de l’église a été subventionnée par le Conseil général. Depuis 1983, le Conseil général accorde des aides destinées à des communes de faible population (jusqu’à moins de 500 habitants depuis le 1er janvier 2000). C’est un programme avantageux qui leur permet de réaliser tous types d’investissements : achats de matériels divers (de la tondeuse à l’ordinateur), de bâtiments ou encore travaux en tous genres (voirie, restauration, E.Boutheloup E.Boutheloup E.Boutheloup E.Boutheloup E.Boutheloup 30365 LOIRET63 P14-15 27/05/02 15:13 Page 6
  • 9. kaléidoscope Loiret Loiret kaléidoscope | Mai - Juin 2002 | 17| C’est la Grande-Bretagne qui peut se tar- guer d’avoir émis, le 6 mai 1840, le pre- miertimbre-postedumonde,le“One-Penny- black” sur lequel figurait le profil de la reine. Cette nouveauté apparut à la suite d’uneréformepostaleàl’occasiondelaquelle fut acceptée l’idée que les frais d’expédi- tion devaient être payés à l’avance, et non pas rester aux frais du destinataire. Dans les années suivantes, des timbres apparu- rent aussi en Suisse, au Brésil, aux États- Unis,enAllemagne,enBelgiqueetenFrance le1erjanvier1849.Lepremiertimbrefran- çais avait une valeur de 20 centimes et représentait la déesse des moissons Cérès. Il était de couleur noire comme la plupart des timbres pionniers des divers pays. Au départ de la naissance d’un timbre, il y a une idée. Une fois le thème choisi, la Poste confie le sujet à des artistes qui réalisent des maquettes L’une d’elles est sélectionnée. Puis, une technique d’impression est approuvée. Selon le résultat souhaité, ce peut être soit la taille-douce, l’héliogravure ou l’offset. Lapremièretechniquedonnedestimbres enlégerrelief,lesdeuxautrespermettent de faire des timbres plus riches en cou- leursetàl’aspectplusbrillant.Lestimbres sont ensuite imprimés par un service spé- cialisé de la Poste : l’Imprimerie des Timbres-Poste et des valeurs Fiduciaires (ITVF) à Périgueux. Le nouveau timbre est dévoilé deux mois avant son émission “Premier Jour”. Tout ce processus, de l’idée du timbre à la vente, peut durer un an ou plus. Chaque année, environ quatre milliardsdetimbres-postessontfabriqués par l’imprimerie des Timbres-poste. | 16 | Mai - Juin 2002 | TOUT SAVOIR SUR LE TIMBRE C’EST PRA TIQUE Association philatélique du Loiret 24, bis, quai Barentin, 45000 Orléans Internet : assoc.wanadoo.fr/grpcl/Associa tions/Loiret/asso.htm À consulter aussi sur Internet : www.ffap.net (site de la Fédération française des associations philatéliques) www.yvert-et-tellier.fr (site de la société Yvert et Tellier) mapage.noos.fr/academiephila telie/index.html (site de l’académie de philatélie). www.laposte.fr/musée (site officiel du musée de la Poste de Paris) perso.wanadoo.fr/grpcl (site du groupement philatélique régional Centre-Loire). Timbre commémorant le lancement de l’aérotrain qui fut mis sur voie pour la première fois en 1969. Cet engin atteignit la vitesse record de 417 km/h sur la voie unique Ruan- Saran (émis le 9 mars 1970). Aérotrain Timbre dont le thème a trait au pont-canal de Briare qui, avec ses 662,69 mètres, est encore le plus long pont-canal du monde, le seul ouvrage du genre à ossature métallique (émis le 15 février 1991). Unique Journée du timbre 1974 : Timbre émis le 11 mars 1974 lors de la Journée du timbre. Il célèbre l’inauguration le 30 janvier 1973 par le ministre des PTT Hubert Germain du centre de tri postal d’Orléans-La-Source. La Poste entre alors dans une phase d’automatisation du tri du courrier. Inauguration Timbre représentant Jeanne d’Arc en prière. Tiré à 2,27 millions d’exemplaires. Le dessin et la gravure sont d’Albert Decaris (émis le 28 octobre 1946). Sainte Timbre illustré à l’aide d’une vue panoramique d’Orléans sur laquelle on peut remarquer les tours de la cathédrale Sainte Croix. Son émission concrétisa le nouveau nom de la Fédération des sociétés philatéliques françaises : la Fédération des associations philatéliques (émis le 6 juin 1995). Panoramique Timbre émis en 2000 et illustré avec la mosaïque qui orne la voûte de l’abside de l’oratoire carolingien de Germigny-des-Près. Cette mosaïque, datée du IXe siècle, se compose de 130 000 minuscules pièces de verre. Carolingien Timbre émis le 13 mai 2000 à l’occasion de la célébration du tricentenaire de la naissance de Henry-Louis Duhamel du Monceau (1700-1782), père fondateur de l’agronomie et inventeur de la forêt moderne. Il avait ses racines familiales au château de Denainvilliers à Dadonville. Tricentennaire Timbre à l’effigie de Jean Zay né à Orléans en 1904 et qui fut ministre de l’Education nationale de 1936 à 1939. Il mourut assassiné par des miliciens en 1944 (émis le 20 février 1984). Souvenir Timbre émis à l’occasion du cinquantenaire de la publication de l’ouvrage d’Henri Becquerel (1852-1908) sur les radiations invisibles de l’uranium. Ce savant, originaire de Châtillon-Coligny, découvrit accidentellement en 1896 le phénomène de la radioactivité. Son nom reste attaché à une unité de mesure de l’activité nucléaire : le becquerel (émis le 4 février 1946). Radioactivité Sur ce timbre figure le cheval de bronze trouvé lors de la mise au jour d’un trésor gallo- romain à Neuvy-en-Sullias. Ce cheval et les autres pièces de ce trésor peuvent être admirées au musée historique et archéologique d’Orléans (émis le 10 juin 1996). Archéologique Timbre représentant l’écrivain Maurice Genevoix (1890-1980) qui célébra dans son œuvre les paysages, la faune et les habitants de sa Loire natale. Il obtint la consécration littéraire avec “Raboliot”, prix Goncourt 1925. (émis le 12 novembre 1990). Littéraire Timbre sur lequel figure le portrait de l’amiral Coligny qui fut l’un des chefs des huguenots pendant les guerres de Religion. Né à Châtillon- Coligny en 1519, il fut l’une des premières victimes du massacre Saint-Barthélemy en 1572 (émis le 19 février 1973). Timbre publié à l’occasion des Floralies d’Orléans. Cet événement important avait lieu au parc floral de La Source qui est aujourd’hui le lieu touristique le plus fréquenté du Loiret (émis le 20 août 1967). Fleuri Le Loiret côté timbresDu pont-canal de Briare à Louis XI, en passant par l’aérotrain, le château de Gien ou encore Duhamel du Monceau, de nombreux timbres existent qui ont pour thème un événement, un homme célèbre ou un monument de notre département. Vous voici donc convié à un itinéraire philatélique original pour découvrir le Loiret tel que la Poste a choisi de l’illustrer. Amiral 30365 LOIRET63 P16-17 27/05/02 15:16 Page 16
  • 10. JACKY BILLAULT EN 5 DATES 19 AOÛT 1928 Naissance à Rueil-Malmaison JUILLET 1944 Engagement au maquis de Nibelle MAI 1951 Entrée à l’agence de publicité Thibault pour les savons Luxe 1960 Première participation au festival de Cannes 18 FÉVRIER 1971 Naissance de son premier enfant gens d’ici Loiret CONNUS ET MOINS CONNUS, ILS ONT TOUS UN POINT COMMUN : LE LOIRET. PORTRAITS. coudreDes idées à passementières. Installée depuis quelques années à Saint-Germain-des-Prés, près de Montargis, elle a quitté son Paris natal pour se consacrer à sa passion pour l’élevage des chevaux. Dès qu’arrivent les col- lections, elle retourne à son métier et avec une infinie patience tresse en volume fils de soie, d’or, de coton, pour concréti- ser les visions des coutu- riers. Pourtant Raymonde Pouzieux est une parfaite autodidacte de son art. «À la fin de la guerre, un client de mes parents me miques) du monde de la Haute Couture. Ainsi, même si comme elle le souligne « avec une machine, les pièces n’au- ront jamais la même texture, Et 1, et 2 et 3-0. Le 30 septembre der- nier à Trinidad et Tobago, au milieu de ses partenaires de l’équipe de France des moins de 17 ans, Gaël Maïa s’en est donné à cœur joie pour fêter, comme il se doit, un titre de cham- pion du monde obtenu aux dépens du Nigeria. Ivre d’un bonheur inima- ginable, comme peut l’être un jeune footballeur après une telle consécration. Né en 1982 à Beaugency, Gaël a six ans quand il signe sa première licence à Meung-sur-Loire, le ter- rain de ses premiers exploits. «Ce qui était mar- quant à son âge, se souvient Manuel, son père, c’est qu’il avait une force de frappe étonnammentpuissantepour un footballeur si jeune.» Une frappe très lourde et une présence omnipré- sente devant les buts, le compromis idéal pour un attaquant prolixe. C’est pourtant au milieu de ter- rain que son avenir va s’écrire. Repéré par le FCO St Jean de la Ruelle, il par- ticipe, en parallèle, au centre de pré-formation de Châteauroux. Bordeaux, qui lorgne depuis Le rêve en quelques temps sur ce milieu prometteur, lui fait signer son premier contrat espoir, au grand regret de Marseille, Metz, Toulouse et Nice, également en lice. Progressivement, ce milieu deterraindéfensifd’1.80m commence à trouver ses marques. Il se fait repérer par Jean-François Jodar, le sélectionneur de l’équipe deFrance,avantd’endeve- nir un membre à part entière. Pourtant, le plus dur commence. «Être un espoir, c’est bien, mais très peudeviennentprofessionnel, précise t-il. Alors, je m’ac- croche pour un jour avoir la chance de décrocher un contrat pro. L’année pro- chaine, je ferai parti de l’équipe réserve des Giron- dins de Bordeaux, et j’espère me faire remarquer pour jouer à l’échelon supérieur. C’est vrai que j’ai démarré ma carrière comme atta- quant. Je rêvais de marquer des buts comme Jean-Pierre Papin. Mais, je dois recon- naître que j’ai plus de qua- litépourjouermilieudéfensif, comme Patrick Vieira, Emmanuel Petit et Claude Makélélé, les trois meilleurs français à ce poste.» En attendant, celui qui rêve de jouer au Real Madrid, devra se battre au quoti- dien pour s’immiscer dans ce monde, si ingrat, du professionnalisme. s dit : “Pourquoi ne feriez- vous pas des galons, aujour- d’hui plus personne n’en fait.” J’ai construit un métier à tisser avec mon frère et j’ai commencé à travailler en inventant mes propres tech- niques.» C’est justement cette inventivité et cette volonté de ne jamais faire ce que quelqu’un a déjà fait qui a établi la re- nommée de Raymonde Pouzieux auprès des créa- teurs. Malheureusement, la passementerie, comme d’autres métiers tradi- tionnels du textile, a beaucoup souffert des bouleversements (écono- bleu, blanc, rouge E Les galons chamar- rés, cordons bigar- rés et autres parures alambiquées qui ornent les créations des grands couturiers comme Christian Lacroix, Karl Lagerfeld ou Chanel sont l’œuvre de Raymonde Pouzieux, la dernière des CHAMPION DU MONDE DE FOOTBALL DES MOINS DE 17 ANS L | Mai - Juin 2002 | 19 | Loiret Dans les lumières de gens d’ici Né en région pari- sienne en 1928, Jacky Billault a passé toute son enfance à Gien dans la petite boutique de bon- neterie que ses parents ont tenue pendant de nombreuses années. Son père, Martial Billault, n’est autre que le fondateur de l’actuel club de football giennois, une passion ata- vique qui comptera beau- coup dans la vie de Jacky. À 16 ans à peine, après la destruction du magasin familial sous les bom- bardements, Jacky Billault rejoint la résistance au maquis de Nibelle. Il ne retrouvera ses parents que quatre ans plus tard au bout d’un périple mili- taire qui le mènera à Pithiviers, Paris, puis en Allemagne. De retour chez lui, il exerce une foule de métiers, avant d’intégrer une agence de publicité parisienne au hasard d’un match de football. «Louis Finaud, un ancien international, me dit que l’agence Thibault recherchait un avant-centre comptable, je n’étais pas spécialement comptable, mais j’ai su me débrouiller.» 250 000 invitations Un tournant dans la vie de Jacky qui se voit rapide- ment confier la campagne de publicité d’une marque de savon connue pour être «le savon des stars». C’est ainsi qu’il fait ses premiers pas sur la Croisette pour négocier des contrats d’ex- clusivité avec Brigitte Bar- dot, Michèle Morgan ou Jeanne Moreau. Séduit par le jeune homme, le secré- tairegénéralduFestivallui propose de gérer les invi- tationsréservéesauximpré- sarios,attachésdepresseet publicitaires,«unmilieuque je connaissais bien puisque j’étais en contact avec eux pourmessavons» souligne- t-il. Efficace et conscien- cieux, il se découvre une | 18 | Mai - Juin 2002 | passionpourl’organisation de spectacles et se trouve bientôtresponsabledetoute la billetterie. Une fonction primordiale qu’il occupera pendant41ans,s’adaptant à toutes les mutations et à l’extraordinaire croissance duFestivaldeCannes.Jus- qu’à l’année passée, Jacky Billault était à la tête d’une équipe d’une dizaine de personnes, «ses filles», et réalisait près de 250 000 invitations pour tous les temps forts de Cannes : projections,soirées,etnatu- rellement la montée des marches. Une vie sur la route Au fil des éditions du Fes- tival,ilaainsicôtoyélesplus grands : Charlie Chaplin, Tony Curtis, Belmondo ou encore Pelé et celui qui deviendra son grand ami, Lino Ventura. Pour soute- nirl’associationPerceneige crééeparcedernier,ilfonde une équipe de football de rêveréunissantunepléiade de vedettes «Roger Hanin dans les buts, Jean-Claude Drouot, Marcel Bozuffi et aussi Michel Drucker ou Claude Lelouch. On attirait beaucoup de spectateurs, et la recette de chaque match étaitreverséeàl’association», rappelle Jacky Billault. Loin de se limiter à Cannes, il n’a cessé de nombreuses années de sillonner la France pour organiser et animer de nombreuses autres mani- festations prestigieuses comme le Festival du Film Américain de Deauville, du Cinéma Italien de Nice ou encore le prix du Jockey Club à Chantilly. Après une vie mouve- mentée et bien remplie, Jacky Billault a finalement posé ses valises au bord de la Loire à Ousson, où avec sa femme il s’adonne à sa passion pour la pêche. Cette année encore, il était présent sur la Croisette, mais pour la première fois en qualité... d’invité. s RAYMONDE POUZIEUX PASSEMENTIÈRE la même finesse qu’avec les mains », Raymonde Pouzieux n’a trouvé per- sonne pour reprendre le flambeau de ce métier prodigieux. s Cannes GAËL MAÏA ANCIEN RESPONSABLE DE LA BILLETTERIE DU FESTIVAL DE CANNES JACKY BILLAULT Pendant près d’un demi-siècle, Jacky Billault a été l’un des principaux artisans de la grand-messe du septième art, le Festival de Cannes. De Belmondo à Claude Brasseur en passant par Charlie Chaplin, ce fils de commerçant giennois a côtoyé les plus grandes stars. En toute simplicité et en toute discrétion. N Photo:Fevre/PresseSports Photo:MauriceGaulmin/D.R. 30365 LOIRET63 P18-19 27/05/02 15:19 Page 1
  • 11. I léteintlalumièreetappuiesurle bouton:l’hymnePinderretentit, le chapiteau s’illumine, les pro- jecteurs pointent sur les artistes en plein numéro... Il semble que les spectateursvontsemettreàapplaudir et les fauves à rugir ! Cette maquette d’un mètre sur deux, réplique au 1/87e ducirquePinderdesannéescin- quante, est une merveille de minu- tie, d’authenticité... et de patience. Bernard Lepage y travaille depuis 1971 ! Un véritable “cirquophile”, comme il se définit lui-même. Pourtant, «tout a commencé avec le train», explique ce fils et petit- fils d’employés aux Chemins de fer, devenu métallier. «Ma première grandemaquette,construitedanslesous-soldelamaisondemesparents, était un immense circuit ferroviaire autour duquel j’avais reproduit tout mon quartier.» S’il entreprend, plus tard, de réaliser une maquette de cirque, c’est parce que «cela prend moins de place». Ce qui reste à prouver : sa passion occupe aujourd’hui tout le grenier de sa mai- son d’Amilly ! Outre ses outils, il y entrepose une abondante collec- tion d’affiches, programmes, livres, vidéos, photos... Tous ces documents lui ont permis de reproduire à l’identique ses sou- venirs d’enfance, y compris la place du Patis de Montargis, où s’ins- tallait le cirque, avec ses rues adjacentes et ses commerces d’alors. De fait, la maquette compte aujourd’hui plus de quatre cents per- sonnages,cent-vingtroulottes,quatre-vingtanimauxet«leshuitchars de la cavalcade, dans l’ordre», insiste-t-il. Ce champion du système D déborde d’inventivité. D’un bigoudi il fait un sapin, d’un tube d’as- pirine une locomotive, d’une tête d’épingle, un ballon... Seuls vien- nent du commerce les tracteurs des camions et les minuscules personnages. «Je ne suis qu’un amateur, je m’amuse», répète le cir- quophile d’Amilly, qui risque de s’amuser encore longtemps. «Une maquette, c’est jamais terminé», affir- me-t-il. Entre deux enrichissements donc, l’œuvre voyage d’une expo- sition à l’autre. Elle fera escale à Fay-aux-Loges les 31 août et 1er septembre, pour le Salon de la maquette de cirque. reflets reflets curiosité Loiret Loiret | 20 | Mai - Juin 2002 | curiosité préciseLilian,quis’occupedetoute la partie administrative. Mais nous avons aussi des adhérents de plus de 40 ans !» Sept professeurs, tous professionnels du cirque ou du sport,serépartissentlescoursselon leur spécialité et l’âge des élèves. Polyvalent, Roger joue, lui, “le chef d’orchestre”. Les adhérents sont inscrits pour un cours hebdomadaire. «À la rentrée,annonce Lilian, nous lançons un passeport pour les ados et les adultes, qui leur permettra de par- ticiper à plusieurs séances danslasemaine.Nousveille- ronscependantàrespecterlacrois- sance des plus jeunes.» Représentation le 30 juin C’est ce souci de l’élève qui donne une dimension particu- lière à l’École de cirque Miche- letty.«Cheznous,expliqueRoger, les professeurs accordent la même attentionàtousleursélèves.Notre objectif n’est pas de “fabriquer” des professionnels du cirque, mais d’amener les enfants à se connaître, àdécouvrirleurscapacités,àprendre confiance en eux et à créer.» C’est pourquoi, pour le spectacle de fin d’année, les élèves de l’École de cirque Micheletty choisissent eux- mêmes leurs numéros : chorégra- phies, musiques et costumes. «Noussommeslibres,lesprofesseurs nousaidentseulementàréaliserceque nous avons imaginé», résument Chimène et Flora, contorsionniste et fildefériste, qui préparent leur représentationdu30juinprochain. «Il faut que l’élève soit fier de lui», conclutRoger.Cesoiraussi,Antonin, Diane, David et les autres donne- rontlemeilleurd’eux-mêmes.Dans “l’entrée des artistes”, tandis qu’ils s’échauffent, se concentrent et s’in- quiètent de l’ambiance du chapi- teau, ils découvrent ce que les professionnels appellent “la magie de l’avant-numéro”. Mais le rideau develoursrouges’ouvresurlasalle impatiente. Place au spectacle... Ⅲ Mini-cirque, maxi-passion “ C I R C O P H I L I E ” Le cirque est la passion de Bernard Lepage. Une passion qui l’a poussé à construire une fabuleuse maquette, réplique au 1/87e du cirque Pinder des années cinquante. Tandis que l’on fête l’année du cirque, des élèves de tout âge évoluent sous le chapiteau de l’École de cirque Micheletty, à Saint-Jean-de-Braye. Ils n’y apprennent pas seulement la technique. Ils découvrent aussi un milieu qui puise sa force et sa magie dans le respect, la mixité et la confiance. L’école Micheletty accueille plus d’une centaine d’élèves. Un vrai succès ! C’ est le seul mensuel sur le cirque traditionnel en France : La Gazette de l’Éléphant, publiée par l’associa- tion “Les Amis du Cirque - Blois Val-de-Loire”. Rédacteur en chef, et souvent unique rédacteur, Michel Domain assiste à une cinquantaine de spectacles par an. “Ceux des grands cirques bien sûr, mais aussi ceux des plus petits.” Pas de critique dans La Gazette. L’objectif de Michel Domain, et de tous les “Amis”, est d’“inciter les gens à aller dans les cirques tradi- tionnels et familiaux”. Pour ces amoureux d’Amar, Pinder et Barnum, qui comparent le chapi- teau à “une cathédrale de toile”, le cirque, c’est sacré. CONTACT : LES AMIS DU CIRQUE Blois Val-de-Loire - Pierre Carroué 23, allée Tortat, 41000 Blois. ADRESSES DIVERSES : ÉCOLE DE CIRQUE MICHELETTY Parc sportif du Petit Bois 45800 Saint-Jean-de-Braye Tél./Fax : 02 38 55 13 98. Site Internet : www.ecoledecirquemicheletty.com LE CLUB DU CIRQUE Jean-Alain Marquant 40, rue Chateaubriand 45100 Orléans - La Source. Site Internet : www.anneeducirque.com artistes.Sousl’œil expertetvigilantdesprofesseurs. «Inculquer des valeurs essentielles» Unspectaclequi,commeleveutla traditiondel’ÉcoledecirqueMiche- letty, clôturera un stage de décou- verte des arts du cirque organisé pendantlesvacancesscolaires.«Au- delàdelatechnique,cesontsurtoutles valeurs du cirque que nous voulons inculquer aux élèves, insiste Roger Micheletty, directeur de l’école. née,auxrépétitionsduspectaclequenous donnions le soir», explique Roger. Très vite, il sent les enfants «prêtsà sauter le rebord de piste pour essayer. Jeleuraimisdesboulesdanslesmains etleuraiapprisàjongler.Leursvisages sesontilluminésdèsqu’ilsysontarri- vés!»Rogeravouluallerplusloin. Ilafondél’associationdel’Écolede cirque Micheletty en 1997. «Au début,nousnousdéplacionsdanslescentres deloisirs.Rapidement,nousavonsres- sentilebesoindenoussédentariserafin depouvoirassurerlesuividenosélèves.» C’estàSaint-Jean-de-Brayeques’ins- talle donc le chapiteau Micheletty, en 1999. Plus d’une centaine d’élèves L’école connaît un grand succès, dû notamment au professionnalisme des Micheletty, dans le cirque depuis cinq générations ! Grâce à eux, plus d’une centaine d’ad- hérents profitent des plaisirs de la piste à travers de nombreuses disciplines. La jonglerie s’apprend avec des balles, des massues, des cerceaux, des diabolos, des assiettes magiques... L’équilibre se pratique sur un fil, un mono- cycle, des boules... Les acrobaties se font tantôt au sol, tantôt dans les airs. La clownerie n’est pas oubliée, et même la magie est enseignée. «Nous acceptons les enfants dès l’âge de 3 ans dans nos coursdebaby-cirque, ✩ ✫ ✸ ✯ ❇ ✬ ✷ ✰ ✬ ✩ ✩ ✫ ✸ ✯ ❇ ✬ ✷ ✬ Chapiteau Respect,mixité,ouverture,intégration, échange,partage...cesvaleursportées parnotremilieusonttoutaussiessen- tiellesàl’extérieur,danslavieengéné- ral. La pratique des arts du cirque permetdelescomprendre,delesacqué- riretcontribueaudéveloppementetà la citoyenneté des enfants.» Et c’est bien pour eux que Roger a créé l’écoleavecsafemmeLilian,trapé- ziste.L’idée a germé au début des années quatre-vingt dix, avec les “Journées au cirque”. «Desgroupes scolairesvenaientassister,danslajour- Revue de cirque Sous le plus grand du Loiret Cette maquette est la réplique à l’identique au 1/87e du cirque Pinder des années cinquante. Lilian et Roger Micheletty, devant leur école de cirque. Ce soir, il y a spectacle à l’ÉcoledecirqueMicheletty. Dans quelques heures, les élèvesexécuteront,devant leurs parents et amis, les numérosqu’ilsontpréparés.Julie enferadeux,«l’unàlacorde,l’autre au trapèze». Le trac ? «Oui, un peu...mêmesic’estmontroisièmespec- tacle.»AlorsJulies’entraîne,dans la chaleur moite du chapiteau. Autour d’elle, on jongle, on se contorsionne,onpédale...onpeau- finesaprestation.Commelesvrais C Bernard Lepage, “circophile”, exposera son œuvre au prochain salon de la maquette de cirque le 31 août et le 1er septembre à Fay-au-Loges. 30365 LOIRET63 P20-21 27/05/02 15:21 Page 20
  • 12. côté sports Loiret bout de 500 m d’une course, le rythme cardiaque monte à 200 pul- sations/minute. Un rythme qu’il faut tenir sur des distances de 1000, voire 2000m.» Au delà de l’exigence physique, l’aviron est aussi l’affaire des tech- niciens. «La force ne sert à rien si elle n’est pas alliée à une technique sans faille. Il faut être suffisam- ment puissant pour effectuer plus de quarante coups de pelles par minute. Mais à chaque impulsion, le corps bouge dans le bateau, per- turbant, de fait, la glisse sur l’eau. Les rameurs travaillent donc leur souplesse pour limiter ces oscillations, susceptibles de faire perdre de pré- cieuses secondes.» Le plus âgé a 88 ans Ils sont aujourd’hui plus de huit cent cinquante athlètes inscrits dans les quatre clubs d’aviron du Loiret. Le plus âgé d’entre eux à 88 ans, alors que les plus jeunes démarrent généralement l’aviron à 12 ans. Si le nombre des rameurs a fortement aug- menté depuis deux ans, c’est autant grâce aux bons DÉBUTANTS OU CONFIRMÉS... LE CONSEIL GÉNÉRAL EST LE PARTENAIRE DE TOUS LES SPORTIFS. terroir Loiret Il y a deux ans que je vis à Jargeau, près d’Orléans, un feu de la Saint-Jean solen- nellement béni par un prêtre en étole. Les femmes et les hommesseprécipitèrentsurlesbran- dons et les emportèrent, afin, me dit-on, d’empêcher le tonnerre de tomber sur leur maison.» Cette “Note de voyage”, rédigée par ProsperMérimée,en1840,montre sa surprise devant l’attitude de l’Église longtemps hostile à ces feux, vestiges selon elle du paga- nisme,etàlasurvivancedessuper- stitionsquiyétaientliées.Cettefête sacerdotaleavaiteneffetlieuenmai chez nos ancêtres les Gaulois. Elle était l’équivalent du Beltaine (Feu de bel) des Celtes irlandais. Lors de cette assemblée druidique, de grands feux cérémoniels étaient I SPÉCIALITÉ Des outils faits main INGRÉDIENTS POUR CHAQUE PERSONNE 180 g de rognons 1 cuillère de miel 1/2 cuillère de crème fraîche 50 g de beurre. PRÉPARATION Dégraisser les rognons, les couper en morceaux en suivant les contours des lobes. Faire chauffer la poêle avec 50% huile et 50% beurre clarifié, saisir sur le dos les lobes, les retirer une fois dorés. Finir la cuisson au four selon l’intensité désirée. Sauce : dans une petite casserole, faire caraméliser le miel, puis détendre avec la crème et monter au beurre (incorporer le beurre par petits morceaux et battre avec un fouet). Saler et poivrer. Dresser les rognons, lobes dorés sur le dessus, et napper avec la sauce. Une purée maison accompagnera parfaitement ce plat. tement de la phtisie (tuberculose pulmonaire)pourlaquelleoninvo- quait d’ailleurs saint Jean. Il était égalementcoutumierdefaireréson- ner les cloches. Ces carillonne- mentsintempestifssontmentionnés, auXVIIIe siècle,parleprieurdeSen- nely qui dénonce le fait que les vil- lageoistirentlesclochessanss’arrêter duranttoutelanuitdu23au24juin «pour chasser croient-ils les sorciers et les sorcières ». La tradition des “feux de la Saint-Jean” avait quasi- ment disparu durant les “Trente Glorieuses”(1945-1975).En1982, elle ne subsistait plus que dans quelques localités comme Attray, Auxy,Chemault,LaChapelle-Saint- Mesmin, Saint-Jean-de-la-Ruelle, SennelyouTavers.Étonnamment, c’estla“Fêtedelamusique”qui,indi- rectement,luiredonna unvéritableélan. Partout, des feux rena- quirent. À q u e l q u e s rares excep- tions, ces fêtes, aujourd’hui célébrées dans une quarantaine de communesduLoiret, sontrestéestotalement profanes. s allumés,quisymbolisaientlesoleil. Cette période était également un temps de liesse pour les Romains, etdenombreuxritesdeprotection des hommes et des troupeaux y étaient alors célébrés. La religion catholique intégrera ces anciens cultes païens dans son calendrier, le 24 juin, date de la Saint-Jean- Baptiste. Mais c’est seulement au XVIIe siècle que les feux furent bénis et allumés par le clergé. Des nombreuses croyances populaires sont restées cependant attachées à ces “feux de la Saint-Jean” , notamment celles de la conser- vation des charbons de bois qui étaient censés protéger de la foudre, des cendres qui avaient, croyait-on, des vertus curatives et fertilisatrices ou encore du saut porte-bonheur au-dessus du brasier. Des carillonnement intempestifs Outre ces superstitions directe- mentliéesauxfeuxdelaSaint-Jean, cette date donnait lieu à d’autres pratiques rituelles et symboliques. Ainsi, à Tavers, vers 1900, on gar- nissaitlesfenêtres,le23juin,d’une branche de noisetier afin de pro- tégerlamaisoncontrelafoudre.On pensait que l’eau de pluie, tombée le 24 juin, avait des propriétés curatives. Les herbes et les fleurs delaSaint-Jeanavaient,ellesaussi, desvertussoitdisantremarquables àconditionqu’ellessoientcueillies avant l’aube. La bryone blanche, l’aconit ou la grande marguerite, dites “herbes de la Saint-Jean” étaientrecommandéespourletrai- À V O S P A P I L L E S | 22 | Mai - Juin 2002 | Herminette, serfouette, binette, crouet à dents... cet inventaire à la Prévert sort tout droit des mains de Bernard Solon, le dernier maître taillandier de France, spécialisé depuis une cinquantaine d’années dans la fabrication d’“outils à taillant”. À l’aide d’un marteau, d’une enclume, d’une simple barre de fer et d’un sacré savoir-faire, il réalise, dans sa boutique-atelier de la rue du Poirier à Orléans, des outils sur mesure au tranchant impeccablement effilé. La réputation de cet artisan unique et talentueux ayant largement dépassé les frontières du Loiret, les commandes lui proviennent de toute la France. Alors, simple curieux ou amateur d’outils, n’hésitez pas à franchir la porte de sa boutique. CONTACT : Taillanderie Alexis Rue du Poirier, 45000 Orléans. Tél. : 02 38 53 91 87 Ouverture du lundi au samedi de 9h15 à 12h30 et de 14h30 à 19h. Portes ouvertes aux mois de juillet et août, le samedi après- midi, tous les quinze jours. Ce jour-là, le soleil a bien voulu être de la partie, et ce ne sont pas les rameurs qui s’en sont plaints. Sous une atmosphère printa- nière, les jeunes pousses de l’avi- ron club d’Orléans-Olivet démarrent leur entraînement avec enthousiasme et entrain. Fidèle à ses habitudes, le Loiret coule tranquillement pour le plus grand bonheur de ces amoureux de l’aviron. « On est quand même mieux là, qu’à regarder la télévi- sion», s’exclame Simon, 14 ans, la pelle à la main. La tentation est alors grande de les rejoindre pour connaître de pareilles sensations. Mais au-delà du plaisir de glis- ser sur l’eau, l’aviron est d’abord l’un des sports les plus exigeants. Peut-être le plus complet de tous. Le président du comité dépar- temental, Bernard Monnereau, est l’une des légendes de l’aviron français. Le 9 septembre 1962, sur le Rot-See de Lucerne, il a conquis le premier titre mondial de l’histoire avec son inséparable coéquipier René Duhamel en double scull. Aujourd’hui, à 67ans, l’homme a conservé intact son amour pour ce sport si exi- geant. Force et souplesse « L’aviron est incontestablement l’une des disciplines les plus diffi- ciles physiquement, confie Bernard Monnereau. Elle développe l’ensemble des muscles du corps humain, des dorsaux aux jambes, sans oublier les bras et le cœur. Au résultats des Français aux Jeux olympiques de Sydney (deux titres et une médaille de bronze), qu’aux efforts du Comité dépar- temental pour promouvoir ce sport auprès des jeunes, des femmes et des salariés de l’en- treprise. «Nous avons mis en place des stages d’été, pour offrir la découverte de l’aviron aux jeunes, poursuit le président du comité départemental. Pour les femmes, une garderie a été installée pour leur permettre de ramer tranquille- ment le samedi matin. La gent féminine représente près d’un licen- cié sur deux dans le Loiret. Enfin, le challenge interentreprises réunit depuis deux ans plus de cent quatre- vingt rameurs.» Sous le soleil, exactement, l’aviron coule des jours heureux.Ⅲ Rognons dorés au miel du Gâtinais PAR MARC FARCY, CHEF CUISINIER AU RESTAURANT “LE VAUDÉSIR” À SAINT-JEAN-DE-BRAYE Les feux de la Saint-Jean L’AVIRON Le Loiret compte quatre clubs à Montargis, Orléans, Gien et Saint-Jean-de-Braye. Les deux premiers proposent de partici- per à des compétitions, alors que les deux autres se consa- crent principalement au loisir. Pour faire de l’aviron, savoir nager est bien sûr obligatoire. Une activité qu’on démarre généralement à 12 ans. Selon les clubs et les catégories, le prix de la cotisation varie de 75 à 200 €. À titre d’exemple, un jeune du club d’Orléans paie 115 € pour une année complète tout compris (entraînement, transport pour les compétitions...). RENSEIGNEMENTS : Comité départemental d’aviron Centre d’aviron Marcel Baratta 2575, rue de la Source 45072 Orléans Cedex Tél. : 02 38 63 38 73 C’EST PRA TIQUE Sur le Loiret ou sur la Loire, les passionnés de l’aviron sont de plus en plus nombreux à prendre du plaisir dans ce sport très exigeant et très complet. Rencontre avec des rameurs ravis qui n’ont rien à voir avec nos galériens d’antan. C Aviron : Pour le plaisir de ramer Plus de 850 athlètes sont inscrits dans les quatre clubs d’aviron du Loiret. Avec l’été vient aussi le temps des feux de la Saint-Jean. Cette fête dont l’origine remonte à nos ancêtres les Gaulois, demeure aujourd’hui très populaire. En témoignent la quarantaine de communes du Loiret qui, chaque année, la célèbrent. « À Combleux, les feux de la Saint-Jean sont fêtés dans la tradition. La bryone blanche, l’aconit ou la grande marguerite, dites “herbes de la Saint- Jean” étaient recommandées pour lutter contre la phtisie. L’aviron n’est pas seulement un sport de force, la technique est essentielle. E.Bouton | Mai - Juin 2002 | 23 | Retrouvez les recettes du Loiret sur : www.loiret.com 30365 LOIRET63 P22-23 27/05/02 15:24 Page 1