CARENCE EN
VITAMINE A AU NIGER –
Analyse de la
situation
Le contexte
Six villages ruraux
• La plupart ont des jardins
• Deux ont un poste sanitaire
• Tous ont un boucher
• Tous ont un petit marché
Activité principale
• Agriculture / horticulture (hommes et femmes)
• Les hommes sont aussi des chefs d’entreprise
Statut socioéconomique (pas si mauvais)
• Plus de la moitié des villageois mangent de la viande
une fois par semaine
• Environ la moitié des ménages ont un âne
Le problème
nutritionnel
Les groupes considérés comme exposés ont été
les suivants :
• Les trois quarts des femmes enceintes
• Les deux tiers des mères allaitantes
• Près de la moitié des enfants de 13 à 16 mois
• 62 % des enfants de 37 à 72 mois
Objectifs de
l’analyse de la
situation
L’analyse de la situation visait à explorer :
• Les connaissances, les attitudes et les pratiques
de la population concernant le régime
alimentaire généralement adopté et les aliments
riches en vitamine A
• Les ressources et les possibilités (aliments
disponibles, possibilités d'accroître l'offre)
• Les contraintes (coût, acceptabilité, saisonnalité)
…et à discuter de la meilleure marche à suivre
1e étape :
revue de la
littérature
• Les membres de l’équipe du projet lisent les
rapports et les autres documents disponibles
• Ils consultent aussi les experts nationaux et
commandent des études sur la composition
des aliments
Résultats préliminaires #1
Aliments disponibles pour remédier à la carence
• Légumes feuillus frais, consommés juste après cuisson : ils ne sont
disponibles que pendant la saison humide. Les feuilles séchées ne
sont pas une bonne source de vitamine A.
• Les poivrons rouges sont épicés, si bien que la quantité consommée
ne peut pas augmenter beaucoup.
• Les mangues sont des fruits saisonniers et sont chers.
• Le foie est facilement assimilable, disponible toute l'année, et
apporte aussi de l'acide folique et du fer. La plupart des villages en
ont en assez grande quantité.
• Pour la citrouille et la courge, on connaît mal les disponibilités.
N. B. Pour assimiler la vitamine A d'origine végétale, l'ingestion d'un
peu d'huile ou de matière grasse est nécessaire. Or, les matières
grasses sont peu présentes dans les repas des villageois.
Résultats préliminaires #2
Développement de la production
de légumes feuillus vert foncé
La production de légumes feuillus pourrait être développée :
• En les cultivant pour la consommation familiale dans les
jardins de saison sèche (en plus des cultures de rapport)
• En réalisant une seconde récolte de courges, de feuilles de
haricot et d'oseille rouge (nouvelle pratique)
• En plantant des moringa et en faisant deux récoltes par
mois (nécessite toutefois un arrosage toute l'année)
(nouvelle pratique)
• En ramassant des graines de feuilles sauvages (ex. :
amarante) et en les semant à la volée pendant la saison
sèche
Recommandations préliminaires
L’équipe du projet a décidé des points suivants :
1. Promouvoir la consommation de :
• Foie
• Légumes feuillus vert foncé, additionnés
d’huile
2. Se renseigner sur la production de citrouilles
3. Encourager une production accrue de
légumes feuillus à l’aide des pratiques
existantes (jardins en saison sèche et graines
sauvages)
Prochaine étape :
planifier l’enquête
communautaire
Décider des points suivants :
• Que devons-nous savoir?
• À qui parler et comment?
• Quelles questions poser?
Que devons-nous savoir?
L'équipe a choisi de se renseigner sur les
connaissances, attitudes, pratiques et
perceptions des acteurs principaux à l’égard des
points suivants :
• Régime alimentaire : en général et ceux des
groupes à risque
• Carence en vitamine A
• Foie
• Légumes feuillus vert foncé
À qui parler et comment?
L’équipe a prévu parler avec les groupes de la
communauté qui sont les plus touchés et ceux
qui participent le plus à la production, à la
distribution et à la consommation des aliments
visés.
L’équipe a décidé de la manière dont elle
recueillera l’information (ex. : observation,
entretien, groupes de discussion,
questionnaires, dossiers).
Quelles questions poser?
L’équipe a rédigé des questions à l’intention des
groupes visés.
L’équipe a testé au préalable les questions pour
s’assurer qu’elles étaient courtes, simples,
claires et neutres, en plus d’être efficaces pour
ouvrir les discussions et recueillir l’information.
Prochaine étape :
effectuer l’enquête
communautaire
L’équipe du projet a :
• Déterminé la méthode de sélection d’un
échantillon représentatif de la population cible
• Formé des enquêteurs et des animateurs pour
les groupes de discussion
• Organisé et mené l’enquête
• Nettoyé les données
• Convenu des résultats et les a disséminés
Résultats
Voici ce que l’équipe a trouvé sur :
• Les régimes alimentaires et les carences en
vitamine A
• Le foie
• Les légumes feuillus vert foncé
Résultat #1 :
Régime alimentaire et carence en vitamine A
L’enquête communautaire a mis en lumière les points suivants :
1. Les hommes et les femmes attachent plus d'importance au
fait d'être rassasiés qu'à la valeur nutritive des aliments
qu'ils consomment.
2. Les hommes et les femmes ont peu de connaissances sur les
besoins nutritionnels des groupes à haut risque.
3. Aucun régime alimentaire particulier n'est suivi pendant la
grossesse et l'allaitement, si ce n'est que les femmes
mangent plus de haricots pour favoriser la lactation.
4. Aucun régime alimentaire particulier n'est mis en place
pour les enfants de moins de 3 ans. Ils sont censés se
nourrir tout seuls et manger la même chose que les adultes
dès qu'ils en sont capables.
5. La diarrhée, la cécité crépusculaire et l'insuffisance
pondérale à la naissance sont associées à la mauvaise
alimentation, mais pas à des carences précises.
Résultat #2 : Foie
L’enquête communautaire a mis en lumière les points
suivants :
• Le foie est généralement acheté par les hommes et
consommé sous forme de collations par les femmes
et les enfants. Il est acheté en très petites quantités.
Il est considéré comme cher.
• Le foie est considéré comme un aliment « spécial »,
associé au traitement des maladies et de la cécité
crépusculaire et à différents rites. Pour « soigner » la
cécité crépusculaire, un petit morceau est conservé
entre les dents pendant quelque temps, puis il est
avalé ou recraché.
• Le foie est disponible en grandes quantités dans le
village.
Résultat #3 : Légumes feuillus
L’enquête communautaire a mis en lumière les points suivants :
• Tout le monde aime les légumes feuillus vert foncé. Ils
sont associés à la bonne santé.
• Les gens en mangent souvent. Pendant la saison humide,
ils font cuire les feuilles fraîches et les servent froides
avec de l'huile et des épices. Le reste de l'année, ils
mettent les feuilles séchées dans des sauces.
• Pour moitié environ, les légumes feuillus sont achetés,
pour l'autre moitié, ils sont cultivés ou ramassés.
• Prolonger la période de végétation nécessiterait de
déplacer les cultures de rapport hors des jardins de
saison sèche.
Prochaines étapes
• Formuler les objectifs
• Planifier l’intervention
• Décider des mesures de référence
• Établir les groupes témoin et d’intervention
• Mettre en œuvre l’intervention
Fin du cas

Unité 6 - Carence en vitamine A au niger

  • 1.
    CARENCE EN VITAMINE AAU NIGER – Analyse de la situation
  • 2.
  • 4.
    Six villages ruraux •La plupart ont des jardins • Deux ont un poste sanitaire • Tous ont un boucher • Tous ont un petit marché Activité principale • Agriculture / horticulture (hommes et femmes) • Les hommes sont aussi des chefs d’entreprise Statut socioéconomique (pas si mauvais) • Plus de la moitié des villageois mangent de la viande une fois par semaine • Environ la moitié des ménages ont un âne
  • 5.
  • 6.
    Les groupes considéréscomme exposés ont été les suivants : • Les trois quarts des femmes enceintes • Les deux tiers des mères allaitantes • Près de la moitié des enfants de 13 à 16 mois • 62 % des enfants de 37 à 72 mois
  • 7.
  • 8.
    L’analyse de lasituation visait à explorer : • Les connaissances, les attitudes et les pratiques de la population concernant le régime alimentaire généralement adopté et les aliments riches en vitamine A • Les ressources et les possibilités (aliments disponibles, possibilités d'accroître l'offre) • Les contraintes (coût, acceptabilité, saisonnalité) …et à discuter de la meilleure marche à suivre
  • 9.
    1e étape : revuede la littérature
  • 10.
    • Les membresde l’équipe du projet lisent les rapports et les autres documents disponibles • Ils consultent aussi les experts nationaux et commandent des études sur la composition des aliments
  • 11.
    Résultats préliminaires #1 Alimentsdisponibles pour remédier à la carence • Légumes feuillus frais, consommés juste après cuisson : ils ne sont disponibles que pendant la saison humide. Les feuilles séchées ne sont pas une bonne source de vitamine A. • Les poivrons rouges sont épicés, si bien que la quantité consommée ne peut pas augmenter beaucoup. • Les mangues sont des fruits saisonniers et sont chers. • Le foie est facilement assimilable, disponible toute l'année, et apporte aussi de l'acide folique et du fer. La plupart des villages en ont en assez grande quantité. • Pour la citrouille et la courge, on connaît mal les disponibilités. N. B. Pour assimiler la vitamine A d'origine végétale, l'ingestion d'un peu d'huile ou de matière grasse est nécessaire. Or, les matières grasses sont peu présentes dans les repas des villageois.
  • 13.
    Résultats préliminaires #2 Développementde la production de légumes feuillus vert foncé La production de légumes feuillus pourrait être développée : • En les cultivant pour la consommation familiale dans les jardins de saison sèche (en plus des cultures de rapport) • En réalisant une seconde récolte de courges, de feuilles de haricot et d'oseille rouge (nouvelle pratique) • En plantant des moringa et en faisant deux récoltes par mois (nécessite toutefois un arrosage toute l'année) (nouvelle pratique) • En ramassant des graines de feuilles sauvages (ex. : amarante) et en les semant à la volée pendant la saison sèche
  • 14.
    Recommandations préliminaires L’équipe duprojet a décidé des points suivants : 1. Promouvoir la consommation de : • Foie • Légumes feuillus vert foncé, additionnés d’huile 2. Se renseigner sur la production de citrouilles 3. Encourager une production accrue de légumes feuillus à l’aide des pratiques existantes (jardins en saison sèche et graines sauvages)
  • 15.
    Prochaine étape : planifierl’enquête communautaire
  • 16.
    Décider des pointssuivants : • Que devons-nous savoir? • À qui parler et comment? • Quelles questions poser?
  • 17.
    Que devons-nous savoir? L'équipea choisi de se renseigner sur les connaissances, attitudes, pratiques et perceptions des acteurs principaux à l’égard des points suivants : • Régime alimentaire : en général et ceux des groupes à risque • Carence en vitamine A • Foie • Légumes feuillus vert foncé
  • 18.
    À qui parleret comment? L’équipe a prévu parler avec les groupes de la communauté qui sont les plus touchés et ceux qui participent le plus à la production, à la distribution et à la consommation des aliments visés. L’équipe a décidé de la manière dont elle recueillera l’information (ex. : observation, entretien, groupes de discussion, questionnaires, dossiers).
  • 19.
    Quelles questions poser? L’équipea rédigé des questions à l’intention des groupes visés. L’équipe a testé au préalable les questions pour s’assurer qu’elles étaient courtes, simples, claires et neutres, en plus d’être efficaces pour ouvrir les discussions et recueillir l’information.
  • 20.
    Prochaine étape : effectuerl’enquête communautaire
  • 21.
    L’équipe du projeta : • Déterminé la méthode de sélection d’un échantillon représentatif de la population cible • Formé des enquêteurs et des animateurs pour les groupes de discussion • Organisé et mené l’enquête • Nettoyé les données • Convenu des résultats et les a disséminés
  • 22.
  • 23.
    Voici ce quel’équipe a trouvé sur : • Les régimes alimentaires et les carences en vitamine A • Le foie • Les légumes feuillus vert foncé
  • 24.
    Résultat #1 : Régimealimentaire et carence en vitamine A L’enquête communautaire a mis en lumière les points suivants : 1. Les hommes et les femmes attachent plus d'importance au fait d'être rassasiés qu'à la valeur nutritive des aliments qu'ils consomment. 2. Les hommes et les femmes ont peu de connaissances sur les besoins nutritionnels des groupes à haut risque. 3. Aucun régime alimentaire particulier n'est suivi pendant la grossesse et l'allaitement, si ce n'est que les femmes mangent plus de haricots pour favoriser la lactation. 4. Aucun régime alimentaire particulier n'est mis en place pour les enfants de moins de 3 ans. Ils sont censés se nourrir tout seuls et manger la même chose que les adultes dès qu'ils en sont capables. 5. La diarrhée, la cécité crépusculaire et l'insuffisance pondérale à la naissance sont associées à la mauvaise alimentation, mais pas à des carences précises.
  • 25.
    Résultat #2 :Foie L’enquête communautaire a mis en lumière les points suivants : • Le foie est généralement acheté par les hommes et consommé sous forme de collations par les femmes et les enfants. Il est acheté en très petites quantités. Il est considéré comme cher. • Le foie est considéré comme un aliment « spécial », associé au traitement des maladies et de la cécité crépusculaire et à différents rites. Pour « soigner » la cécité crépusculaire, un petit morceau est conservé entre les dents pendant quelque temps, puis il est avalé ou recraché. • Le foie est disponible en grandes quantités dans le village.
  • 26.
    Résultat #3 :Légumes feuillus L’enquête communautaire a mis en lumière les points suivants : • Tout le monde aime les légumes feuillus vert foncé. Ils sont associés à la bonne santé. • Les gens en mangent souvent. Pendant la saison humide, ils font cuire les feuilles fraîches et les servent froides avec de l'huile et des épices. Le reste de l'année, ils mettent les feuilles séchées dans des sauces. • Pour moitié environ, les légumes feuillus sont achetés, pour l'autre moitié, ils sont cultivés ou ramassés. • Prolonger la période de végétation nécessiterait de déplacer les cultures de rapport hors des jardins de saison sèche.
  • 27.
  • 28.
    • Formuler lesobjectifs • Planifier l’intervention • Décider des mesures de référence • Établir les groupes témoin et d’intervention • Mettre en œuvre l’intervention
  • 29.

Notes de l'éditeur

  • #11 Expliquer les études sur la composition des aliments
  • #15 PETITE IMAGE DE LA CITROUILLE (La valeur de 50 francs par semaine, à partager entre la mère et l'enfant.) Deux portions par jour avec un peu d'huile (cela nécessitera d'augmenter la production de légumes-feuilles, en particulier pendant la saison sèche).
  • #22 Ex[plain food composition studies
  • #24 Ex[plain food composition studies