Une critique des études sur le journalisme
en ligne
Pour une approche de socio-économie politique
Nikos Smyrnaios
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Présentation basée sur ma
contribution à l’ouvrage
Parution en octobre 2015
aux Presses de l’Université
Laval
Le constat
Recherche prolifique (notamment anglo-saxonne) sur
l’information en ligne
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Et le travail ?
Dans l’information en ligne se déploient les logiques du
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Elles visent à l’extract...
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L’oligopole de l’infomédiation:
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autour de la rédaction
Précarité et inversion du stigmate:
Précarité, flexibilité, abaissem...
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La production de soi comme labeur:
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3. Le travail en dehors de
la rédaction
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1857: General intellect (Marx)
1964...
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la rédaction
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3. Le travail en dehors de
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La participation profane comme source de valeur:
Participation non rémunérée de « ...
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L ’hégémonie néolibérale « naturalise » les formes
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Une critique des études du journalisme en ligne

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Communication au séminaire PragmaTIC, 19 novembre 2015

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Une critique des études du journalisme en ligne

  1. 1. Une critique des études sur le journalisme en ligne Pour une approche de socio-économie politique Nikos Smyrnaios Université de Toulouse
  2. 2. Présentation basée sur ma contribution à l’ouvrage Parution en octobre 2015 aux Presses de l’Université Laval
  3. 3. Le constat Recherche prolifique (notamment anglo-saxonne) sur l’information en ligne Mais… Manque de mise en perspective politique Pas d’ancrage de la réflexion au contexte socioéconomique et politique global Faible dimension critique Quand elle existe elle porte sur la propriété, les stratégies, le management ou le contenu
  4. 4. Et le travail ? Dans l’information en ligne se déploient les logiques du capitalisme postfordiste Elles visent à l’extraction de plus-value à partir du travail (professionnel et profane, à l’intérieur, autour et en dehors des rédactions) Ce « travail immatériel » implique des usages du numérique complexes Pistes pour une socioéconomie politique afin de mettre en évidence les logiques d’exploitation
  5. 5. 1. Le contexte technologique et économique Financiarisation de l’économie: influence croissante des acteurs financiers, pression pour rentabilité à court terme, shareholder value, concentration de la propriété… …mais aussi, faits nouveaux pour les médias, intériorisation au sein des rédactions des contraintes comptables et intégration poussée du marketing, indicateurs chiffrés de productivité
  6. 6. 1. Le contexte technologique et économique L’oligopole de l’infomédiation: Un petit nombre d’acteurs (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft etc.) contrôle les canaux de diffusion de l’information, oriente les flux de l’audience et impose sa loi aux médias Tire des bénéfices des externalités du digital labor Détient également la propriété sur les outils de travail quotidiens de journalistes (mail, tchat, réseautage, recherche etc.)
  7. 7. 2. Le travail à l’intérieur et autour de la rédaction Précarité et inversion du stigmate: Précarité, flexibilité, abaissement des protections sociales très présents dans le journalisme Multiplication des free lance, pigistes et autres « fournisseurs de services » pour faire baisser le coût Convocation de la critique artiste pour inverser le stigmate: autonomie, absence de routine, liberté Esprit start- up: Abnégation, registre affectif voire militant du management
  8. 8. 2. Le travail à l’intérieur et autour de la rédaction La production de soi comme labeur: Personnalité, affects, rapports humains au service de la production de plus-value Confusion entre espace/temps professionnel et privé Stratégies des organisation pour s’accaparer de ce travail affectif Exemple: la présence et activité des journalistes sur les réseaux socionumériques
  9. 9. 2. Le travail à l’intérieur et autour de la rédaction La rationalisation du travail journalistique : Intensification, standardisation, quantification, omniprésence de la supervision Modèle publicitaire, pression pour accroitre la productivité, objectifs chiffrés, usage intense des dispositifs de mesure (analytics, metrics) Séries d’opération répétitives, denses en information, arbitrages complexes mais encadrés par des logiciels (CMS, gabarits etc.)
  10. 10. 2. Le travail à l’intérieur et autour de la rédaction La dispersion au travail : Environnement du travail journalistique très instable : modifications interruptions, arbitrages Diversité de tâches, qui peuvent être standardisées, multiplication des stimuli sensoriels, usage simultané d’une multitude d’outils numériques Stress, fatigue psychique, physique et cognitive Gérer la dispersion peut être source de satisfaction mais aussi de frustration= tension entre idéal/réalité
  11. 11. 3. Le travail en dehors de la rédaction Le rapport social comme rapport de production: 1857: General intellect (Marx) 1964: l’usine sociale (Tronti) 1977: audience-as-commodity (Smythe) 1986: watching-as-working (Jhally & Livant) Puis rien jusqu’en 2000: Free Labor (Terranova) Digital Labor: Scholz, Casilli, Andrejevic etc.
  12. 12. 3. Le travail en dehors de la rédaction Financement indirect du journalisme en ligne : Economie de l’attention fondée sur la collecte et l’exploitation des données personnelles Production de contenu non rémunérée, logique participative, dissémination par le public La participation profane comme source de valeur: motivations économiques derrière l’idée de « faire progresser le débat », injonction à participer
  13. 13. 3. Le travail en dehors de la rédaction La participation profane comme source de valeur: Participation non rémunérée de « qualité »: Le Plus (L’Obs), Club de Médiapart, blogs du Monde etc. Fragments d’info amateur: You (Parisien), Témoins (BFMTV), Reporter (Métro), Citizenside, Twitter Commentaires traités industriellement comme moyens de fidélisation Partage et évaluation de l’information sur les RSN comme multiplicateurs d’audience
  14. 14. En guise de conclusion… L ’hégémonie néolibérale « naturalise » les formes d’exploitation contemporaines Le capitalisme cognitif et le travail immatériel sont sources de confusion: Entre espace et temps privé/professionnel Entre plaisir, jeu/contrainte, frustration Entre émancipation/aliénation Nécessité d’un renouvellement d’une approche critique du journalisme

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