Cahiers de Poésie 18

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Joseph OUAKNINE & Laurent FELS

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Cahiers de Poésie 18

  1. 1. Collection dirigée parJoseph OUAKNINE & Laurent FELSCahiers de Poésie 18 Exemplaire n° 1 Éditions Joseph Ouaknine www.ouaknine.fr — joseph@ouaknine.fr
  2. 2. © Les auteurs de la revue Les Cahiers de Poésie.Les Cahiers de PoésieB.P. 84L-3901 MondercangeLes auteurs sont eux-mêmes responsables du contenu de leurstextes.http://www.poesie-web.eucontact@poesie-web.eujuin 2009ISBN : 978-2-35664-015-4Éditions Joseph Ouakninehttp ://www.ouaknine.fr54, rue du Moulin à ventF-93100 Montreuil-sous-boisFRANCETél. : (0033) 1 48 70 06 59Courriel : joseph@ouaknine.fr
  3. 3. PREMIÈRE PARTIE :ŒUVRES POÉTIQUES 3
  4. 4. Jean-Robert PAUL (USA) bobibi1000@hotmail.com 5
  5. 5. Chant de pierresl’arbreavait tant de chosestant de choses à direil a vu tant de rosestant de roses sourireune couronnepour trois personneset tout le bonheurau coeur de la fleurl’arbreavait tant de chosestant de choses à direil a vu toutes les rosestoutes les roses mourir 7
  6. 6. Livre 18 La blessureje vais tous effacermes je t’aime écrits partoutsur les murs de la villeton nomune larmeta voixune douleurmon cœurla béante blessuresculpture de marbre rosesouris, souris, souris sans finils pleurent mes derniers mots 8
  7. 7. LES CAHIERS DE POESIE Réincarnationtitanicse noientles sabotsde Basquiatle blues murmurequ’il faut contre soidescendre la pentealorsje descendsdescendsdescendsvaguementvers l’abimetant d’autres en moiont déjà fait le plongeon libreils ont su refaire surfacesaurai-je mon dieuune fois pour toutescomment retournervers l’autre moi-même ? 9
  8. 8. Livre 18 Les airs du malbar de l’airpas de l’heureBaudelaireau Bel-Airdéfait les chainesde la peinebas de lainerobe de reineune autre èrele même airdans la Seineune mort saineeau de bois-de-chêneune mélopée ébène. 10
  9. 9. Jacques HERMAN (Suisse) jcmh@bluewin.ch 11
  10. 10. Armée silencieuseLa cour de la fermeEmbaume la fragranceChaude du fumierMarie se frotte la panseEt prépare le caféC’est bientôt l’heureOù le paysan va rentrerIl met en marche le tracteurLe char est plein de foinOn dirait bienQu’il va déborderMais le chemin de terreSoudain poudroieDans la poussièreOn voitUne armée de soldatsFigés et rutilantsQui brillent au soleil couchantIls ne bougent pasComme s’ils étaient vissés au solAncrésEnracinés à l’instarDes peupliersLe long du ruisseau 13
  11. 11. Livre 18C’est une armée silencieuseImmobileQui semble surgieD’un siècle passéLe drapeau même ne flotte pasMalgré le ventLe paysan fait demi-tourRentre chez luiPar un détourPlus rassurant 14
  12. 12. LES CAHIERS DE POESIE Grains de tempsJ’ai rempli de grains de tempsUn ancien pot de confitureEt dans l’ombre j’attendsQu’en surgisse une imageUn fantômeUn relent du passéUn signe du futurL’heure tourneSur le cadranMais les grains dans le potDemeurentUne fille surgieD’un tableau de BalthusPasse à côté de moiSourit vaguementNe manifesteAucun étonnementDevrais-je fermer le bocalL’étiqueterAjouter sur le couvercleAttention dangerLe soir commence à tomberJ’ai l’intention d’allumer 15
  13. 13. Livre 18La lampe à pétroleJ’hésiteJe renonce finalementJe m’en vaisGrains de tempsJe vous quitteNi contraintNi forcé 16
  14. 14. LES CAHIERS DE POESIE Le combat du jour et de la nuitSamedi soir à l’issue du combatQuotidien du jour et de la nuitJ’ai ramassé le corps du perdantQue j’ai ramené chez luiLe jour vaincuFait toujours triste mineMorne et grisEt sombre et grave infinimentIl jalouse alors des nuitsLes méandres festifsAux contours indécisEt les féeries d’étoilesPrécautionneusementJe l’ai couchéSur son lit défaitJ’ai fermé les rideauxEt j’ai levé les voiles 17
  15. 15. Livre 18 SacrificeJe me suis trompé de pinceauIl n’est pas assez largePour repeindre le cielEt la couleur ne convient pas non plusC’est un bleu-vert artificielMais qu’importe après toutSi je te porte aux nuesComme on présente l’animalA bout de brasPour un rite sacrificielÔ DieuQue la victime te plaiseIl me faut de vives braisesQu’on m’allume le feu 18
  16. 16. Üzeyir Lokman ÇAYCI (France) uzeyir.cayci@free.frhttp://www.artepoetica.net/CAYCI.htm 19
  17. 17. LES CAHIERS DE POESIEYine üstündeyim geçmişin Hazır gelmişken « Seni uzaktan göreyim » dedim Farklı yerlerde değilim Yine üstündeyim geçmişin Seninle birlikte olduğum anlar Hiç gitmiyor gözlerimin önünden… Anılar bulvarında Ayrılık şarkıları titretiyor içimi Sevda şiirleri çok dokunuyor bana Yaklaştıkça uzaklaşıyorum senden. Farklı yerlerde değilim Yine üstündeyim geçmişin Sokaklar ıssız Renkler farklı görünüyor…Denizin durgunluğunda kayboluyorumSenli duygular yalnız bırakmıyor beni. Farklı yerlerde değilim Yine üstündeyim geçmişin Hazır gelmişken «Seni uzaktan göreyim » dedim İçimde yağmur yağıyor yine 21
  18. 18. Livre 18 Bakışlarım boşluğa düşüyor Düşlerimde üşüyorum. Farklı yerlerde değilim Yine üstündeyim geçmişin. Üzeyir Lokman ÇAYCI İstanbul, 21.10.1990 22
  19. 19. LES CAHIERS DE POESIE Je suis encore sur le passé Puisque je suis là J’ai eu envie «de te voir à distance» Je ne suis pas à des endroits différents Je suis encore sur le passé Les moments que j’ai passés avec toi Sont toujours devant mes yeux… Au boulevard des souvenirs Les chansons de séparation me font vibrer Je suis trop sensible aux poèmes d’amour A force de m’approcher je m’éloigne de toi. Je ne suis pas à des endroits différents Je suis encore sur le passé Les rues sont désertes Les couleurs semblent autres … Je me perds dans la quiétude de la merLes sentiments qui te contiennent ne me laissent pas seul. Je ne suis pas à des endroits différents Je suis encore sur le passé Puisque je suis là J’ai eu envie «de te voir à distance » Il pleut encore en mon for intérieur 23
  20. 20. Livre 18 Mes regards tombent dans le vide J’ai froid dans mes rêves. Je ne suis pas à des endroits différents Je suis encore sur le passé. Üzeyir Lokman ÇAYCI İstanbul, le 21.10.1990 Traduit du turc par Yakup YURT © Bruxelles, le 09.05.2007 24
  21. 21. LES CAHIERS DE POESIE I am still hovering over the past Since I am there I wanted «to see you remote» I am not in other, different places I am still hovering over the past The moments in which we crossed paths Are always in front of my eyes… On the boulevard of memories The songs of separation make me vibrate I am hypersensitive to poems of love By approaching myself I move from you I am not in other, different places I am still hovering over the past Streets are uninhabited Colours seem inaccurate … I get lost in the calmness of the seaThe feelings that contain you do not leave me alone I am not in other, different places I am still hovering over the past Since I am there I wanted «to see you remote» It is still raining within me for 25
  22. 22. Livre 18 My looks fall in space I am cold in my dreams I am not in other, different places I am still hovering over the past by Uzeyir Lokman CAYCI İstanbul, 21.10.1990 Traduit par by Yakup YURT en français Bruxelles, le 09.05.2007 French free verse translated into English free verse by Joneve McCormick 11.05.2007 26
  23. 23. Jean SAINT-VIL (Haïti) jeanssaint_vil@yahoo.fr 27
  24. 24. De rire je veux mourirDe rire je veux mourir,- Ça ne prête point à rire,Que veux-tu ? C’est mon vœu -Riant, gesticulant, chantantDans un coquericoDe chanteur d’opéraComme PavarottiDans le conte d’Hoffmann d’Offenbach.De rire je veux mourir,Fou de rire comme au théâtre,Riant, m’esclaffant, m’éclatantComme un fou qui se défouleEt qui s’en fout de tout,Même si mon cœur éclateDans un rire au long coursQui bat tous les recordsDe tous les rires des hommes.De rire je veux mourirAu sommet de l’art de rirePour rire de ce qui fait rireDans mon état de rireA un cheveu de la mort.De rire je veux mourirD’un rire larme de joie,Qui appellent rires et pleurs,Comme une larme de fond, 29
  25. 25. Livre 18A tous les yeux qui pleurentEn chœur comme quand on chante,Élevant mon âme aux cieux.De rire je veux mourir,D’un rire coup de boomerangHeureux de prendre son temps,Le temps de faire des siennesEt de faire rire à mort.De rire je veux mourir,D’un rire qui creuse ma tombeAu sein d’une fosse communeEt qui enfonce un clouQui blesse et qui transperceToute une nuit de rires.De rire je veux mourir,D’un rire au bord des larmes,D’un apprenti sorcierQui, de ses crocs pointus,Me prend sec en tenaillesDans une gaieté subite.D’un rire qui, à la mort,Ne rira qu’aux éclats,Croyant rire à la viePour vivre plus heureux.D’un rire tragi-comiqueQui joue le jeu du rirePar le fait d’un comédienQui ne vit que de riresPar ses mots et ses gestes.D’un rire plus sournoisQue mon rire habituel 30
  26. 26. LES CAHIERS DE POESIEEt qui pour une fois a juréDe ne pas rigolerAvec le rieur que je suisQui joue depuis des lustresComme un adolescentAvec le feu du rire.D’un rire hirsute comme les poilsD’un fauve fou de colèreEt qui, de ses griffes acérées,Vous passe à l’infinitif.D’un rire qui fait rireTout le monde à la ronde,Prenant sur tous les tonsTous les temps musicauxSans le temps d’une pause,Ni le temps d’un soupirJusqu’au dernier soupir.D’un rire multi vitessesDu genre vélo de courseQui, subitement,Me prend de vitesseTout en montant d’un cranToutes les microsecondesAu top de la vitesseDu délire de rire.D’un rire fou comme un fouQui a perdu le nordEt qui erre en zigzagSur le terrain glissantDes accidents mortelsQui ne finissent d’autre manière 31
  27. 27. Livre 18Qu’en queue de poisson pilote.D’un rire qui hausse le tonRien qu’en un laps de temps,Perdant toutes les pédalesComme un engin de mortEt qui sur son passage,Lamine tout ce qu’il trouveD’un rire fleuve aux freins lâches,Plongeant vers une falaiseQui mène tout droit au but,Sinon au cul-de-sacDes entrailles de la terre.D’un rire au bord du gouffreFort dans ses ralentis,Habile dans ses coups de gueule,Casse-cou dans les virages,Casse-gueule aux escaliers,Casse-tête aux coins des rues.D’un rire au bruit d’enferSur fond de verres en miettes,Comme un œuf de poule fraisTombant du haut des cieuxOu du centième étageD’un gratte-ciel délabréPlein de lumpenprolétaires,Sans le sou au réveil.D’un rire coup de hache,Creusant profondémentMes rides dilatéesPar l’effet d’une blagueComme un grand coup de foudre 32
  28. 28. LES CAHIERS DE POESIESoulevant l’hilaritéDe toute une foule en liesse.D’un rire bien délicat,Sur le rythme délirantD’une contagion subiteComme une rage de rire.D’un rire du genre couvercleChapeautant de son éclatL’ensemble des autres riresNoyés dans des torrentsDrainant sur les rives de leurs litsDes crues de tous les dangersComme pour prédire ma mortDans une attaque foudroyanteQui ne dit pas son nom.D’un rire chant de cygneDe ma manie de rireEt de mon équanimitéEt qui, d’un coup d’éclat,Donne le coup de grâceQui met fin à mes rires.D’un rire plus que grotesqueQui se résout dans l’instantD’un simple coup de théâtreComme une courte équationAu tout premier degréAvec pour inconnueLa mort au bout d’une criseDe rire irréversible,Très lourd de conséquences,Et à la clé, le temps d’une dernière grimace, 33
  29. 29. Livre 18Ou plutôt d’un sourireSans le temps de dire au revoir,Sous le signe risibleD’un rire de débile. 34
  30. 30. Claude AMMANN (France) claude.ammann@wanadoo.fr 35
  31. 31. HoméopathieIl suffirait d’un rienou de si peu de chosespour qu’un jour l’on soit bienet plus jamais morosesen s’obligeant enfinà savourer la vieà très petites doses.Pour notre quotidienjuste un menu fretinquelques miettes de paindeux trois gouttes de vinquatre grammes de mielune pincée de sel.Sur un soupçon de pluiequelques rais de lumièrele souffle des bougiesau clin de tes paupièreset mieux qu’un flot de larmesles perles d’un sourire.Pour fleurir notre vieun seul brin de muguetpour d’infimes plaisirssimplement mordiller 37
  32. 32. Livre 18le lobe d’une oreillel’esquisse d’un orteilou le bouton d’un sein.Oublier nos ripailleset pour se réchaufferdeux trois fétus de pailleet de ténus brandonspour une vie à deuxs’aimer à petit feu…Pour les jours de galafaire voler en éclatsquelques fragments d’émailun rayon du soleiljeté sur un vitraill’univers en parcelleset la vie en tesselles.Pour conquérir le mondeil faut une secondeun zeste de folietrois grains de poésiedeux ou trois mots très courtset pas de long discoursun filet de ma voixquelques bouchées de toiet deux gorgées d’amour. 38
  33. 33. LES CAHIERS DE POESIE Le bonheur absoluDes pas feutrés menusqui progressent sans bruit,les design courburesd’une albe silhouette,brusque sursaut des reinsà l’assaut imprévud’une douce caresse,tu danseset te balancesaux portes de la nuit,le corps en équilibresur les toits du silence.Coquetteries, minauderies,habiles entrechats,appuis sur pattes de velours,salto agile,siège en souverain de la couette,vibrisses en éveil,et muscles au repos,fourrure épaisse de ton dosoù j’enfouis mes dix doigts.Oreiller de tendresse,boulochant, duveteux,blotti tout contre moibien calé, si câlin, 39
  34. 34. Livre 18lové contre mon seinque par jeu amoureuxtu écorches ou mordillesde tes ardeurs félines.Compagnon exclusifd’une seule maîtresse,plus heureuse avec toiqu’avec n’importe qui,comme un joyeux ermite,promenant, solitaire,ma vie en chattemites,réchauffée au grand feude tes deux soleils verts. 40
  35. 35. LES CAHIERS DE POESIE Le dernier voyage d’AliceLorsqu’ Alice aura brisétous ses miroirset fait voler avec euxen éclatschaque parcelle,chaque petit morceaude ses plus beauxrêves d’enfance,elle comprendra qu’il estvenu peut-êtrele temps pour ellede préparerses bagagespour une autre aventure,pour un nouveau voyage,tout aussi exaltant,tout aussi mystérieux,tout aussi merveilleux,sans doute,mais surtout plus long,bien plus long,O oui, beaucoup plus longque le premier. 41
  36. 36. Livre 18 Métisse Métisse, O ma métisse aux rondeurs pain d’épices je te mords et te croque à petites bouchées. Métisse, O ma métisse aux saveurs de réglisse je te goûte et te bois à petites gorgées. Métisse, O ma métisse aux senteurs de la mer je te lèche et me noie au sel de tes mystères. Métisse, O ma métisse aux baisers de grenade je me perds dans les plis de ta toison de jade. Métisse, O ma métisse quand je force ton corps au nid de tes délices je suis un homme mort. 42
  37. 37. Marie CHEVALIER (France) marieded@orange.fr 43
  38. 38. Saturation Il aurait suffi de quelques mots En toute simplicité, en toute confiance Pour que je crois en elle. Hélas, elle m’a menti, Trahi mes espérances. Je ne pardonnerai jamais, Ce serait trop beau, trop lâche aussi ? Elle aurait le droit de m’insulter ? Elle aurait le droit de me faire mal ? Elle aurait le droit d’en rire et moi ? J’aurai celui de me taire ?Je me rebelle, je crie, je hurle, je lui fais peur Est-ce ainsi qu’elle finira par m’écouter ? Parce qu’elle me craindra ? Qu’elle craindra ma main levée ? Non je ne le veux pas J’en ai eu envie parfois certes Mais pourquoi m’abaisser si bas ? C’est ma femme et je l’aime Même si verbalement je la brutalise Mais ce que je crains parfois Est que je ne puisse plus retenir Cette envie qui me tenaille : Faire de notre amour fini, Un champ de bataille Où le meilleur gagnera… 45
  39. 39. Livre 18 Le chagrin de Madeleine Le ciel était très mouvant, Les nuages couraient très vite Madeleine regardait, la tête en arrière. Et donnait des formes : On dirait un chapeau ! On dirait des sucettes ! On dirait des moutons ! On dirait des oiseaux ! Madeleine, sais-tu qu’il va pleuvoir ? Lui demanda sa mère inquiète. Non non ! Ils sont trop beaux et blancs ! Ils vont noircir tu vas voir ! Et il fera bien plus noir, C’est ainsi que naît la pluie. Non non, répéta Madeleine, Prête à sangloter Non non, ils sont trop beaux Ils ne peuvent devenir de l’eau ! C’est pas juste ! Et à ce moment-là Une goutte dans son œil Tomba et sur sa joue glissa Sa mère ne saura jamais 46
  40. 40. LES CAHIERS DE POESIE S’il s’agissait de la pluieOu d’un chagrin incomprisElle fit rentrer Madeleine Avant que les gouttes Goutte à goutteViennent mouiller le cœur De Madeleine 47
  41. 41. Marie-Claude MARTY (France) marty.marie_claude@aliceadsl.fr 49
  42. 42. C’était une rivière… Aussi loin que me porte Mes souvenirs d’enfance, Elle se nichait au cœur De chacun, avec bonheur, Dans toute sa bienveillance. Son clapotis m’enchantait Quand, en parfaite harmonie Avec elle, elle m’entraînait, Par le murmure de son cours Dans une totale symphonie. Mais quand je la retrouvais En pleine nature, à sa source, Elle n’était que furie, Plus sauvage que jamais, Et pleine de ressources. Elle était source d’allégresse, Et souvent nous y pêchions La truite et le menu fretinQue nous mangions sans tristesse À la fin de chaque matin. Cette rivière, un jour de brume Disparue de ce village, Enfouie sous les pavés 51
  43. 43. Livre 18 D’une route de bitume Qui lui servit de plombage ! Il faut aller bien loin Pour la voir, en vision, Joyeuse et malicieuse, Se riant de sa condition De prisonnière… des voitures ! 52
  44. 44. LES CAHIERS DE POESIE Mélancolie Il ne reste que ton absence, Trop réelle, et mes appels Se perdent dans ma démence, Et dans la nuit des temps, Et je pleure sur nous. Parfois, j’ai envie de crier,Souvent, j’aimerais tout arrêter, M’envoler très loin, Sur une autre galaxie, Te chercher et te retrouver. Ce vide qui s’est installé, Ce manque de ton amour Au creux de mon être, M’accompagne chaque jour, A pris possession de moi Comme un objet trop acquis.Cette tristesse qui me recouvre M’enveloppe de noirs destins, Chassant le soleil de l’horizonEt voilant ma vue à tout jamais. 53
  45. 45. Livre 18 Murmure Murmure du vent Qui me porte en écho, Envers et par devant La rumeur du jour, Cette voix, pleine d’amour Parmi les coquelicots. Murmure d’une source Qui jaillit de nulle part Et qui éclabousse, Étincelante au soleil, Le temps d’un réveil, Les arbustes épars. Murmure de vie En fond de toile, Dans cette survie, Et qui scintille, Et qui fourmille De mille étoiles ! 54
  46. 46. Guy CREQUIE (France)guy.crequie@wanadoo.fr 55
  47. 47. Hommage à l’amour Gerbe de poèmes courtsLa femme aiméeEst celle pour laquelleÊtre hommeEst un effort sans fin… L’amour est une tragédie C’est toute l’existence accomplieTous les rêves d’humanitéS’accomplissentDans une perspectiveD’homme ou de femme Le désir du désir de l’autre Fait frissonner les corps Et vibrer les cœurs.La luciole qui tourbillonneDans le ciel du matinInterroge la questionDu pourquoi aimer iciLes affres de la vie. 57
  48. 48. Livre 18AmourEst gravé à jamaisTon empreinte d’existencele temps d’un soupirEt d’un chant balbutié Mélodie de l’amour Comme le temps d’une valse Dont l’harmonie scellait Des corps soudés Que Piaf aurait aimés. 58
  49. 49. LES CAHIERS DE POESIE Homage to the love Stack short poemsThe loved womanIs that for whichTo be manIs an effort without end… The love is a tragedy It is all the accomplished existenceAll dreams of humanityAchieve themselvesFrom the point of viewOf man or woman The desire of the desire of the other Made shiver the bodies And to vibrate the hearts.The firefly which whirlsIn the sky of the morningQuestion the questionWhy like herePangs of the life. 59
  50. 50. Livre 18LoveIs engraved foreverYour print of existencethe time of a sighAnd of a stammered song Melody of the love Like the time of a waltz Whose harmony sealed Welded bodies That Piaf would have liked. 60
  51. 51. LES CAHIERS DE POESIE Homenaje al amor Gavilla de poemas cortosLa mujer gustadaEs la para la cualSer hombreEs un esfuerzo sin final… El amor es una tragedia Es toda la existencia realizadaTodos los sueños de humanidadSe realizanEn una perspectivaHombre o mujer El deseo del deseo del otro hace Temblar los cuerpos Y vibrar los corazones.La luciérnaga que se arremolinaEn el cielo de la mañanaPregunta la cuestiónDe porqué gustar aquíEl tormento de la vida. 61
  52. 52. Livre 18AmorSe graba a nuncaTu impresión de existenciael tiempo de un suspiroY de un borde balbuceado Melodía del amor Como el tiempo de un vals La que armonía sellaba Cuerpos soldados con autógena Que Piaf habrían gustado. 62
  53. 53. Saint-John KAUSS (Haïti) johnnelson57@hotmail.com 63
  54. 54. Gestuelle à Roland Morisseau Serge Legagneur à Jean-Richard Laforest « Au- delà de la glace, du nord, de la mort, notre vie, notre bonheur. » (Rainer Maria Rilke)compagnons de la grande rivière du nordcompagnons qui s’éveillent dans la tristesse des oiselles enpoèmesque la marche soit lentemais que le décompte de notre pain quotidiensoit à la mesure du cri et de l’enfant qui a faimcompagnons de la grande muraille que j’éprouve dans mespoèmesvoix de haute haleine attachées à nos souvenirsvisages d’habiles pourvoyeurs de mots fragiles à chaquevisitationjeunes radoteurs toujours présents au rendez-vous despoèmescomme au premier jour de la naissance de l’aîné des poètes 65
  55. 55. Livre 18je vous salue comme à la première neigecomme au premier sourire de l’enfant à peine néje vous salue entre les gros mots et le bonheurde nos fillettes qui se refusent au silenceje vous salue avec les mêmes mots maigres d’un petit matin àperte d’ennuilà où habitent pécheurs et sentinelles de la garde des motsqui n’apprivoisent que les syllabes de notre premier cride notre chair depuis belle lurette mise aux enchèresque saurais-je de la terre que j’embrasse dans ses toursparallèlesvous avez ouvert la voie à la caravane des motsdes maux d’une terre mystérieuse de paradoxes et d’espoirsvous nous avez montré du doigt le désert de Gobiet ses squelettes et tous ces morts réconciliés dans la nuitces oiseaux-dinosaures ces carnivores mécontents de leur sorten somme tous ces manuscrits délaissés aux entrepôts del’Histoirele temps est insondable et les poètesdes voyants de haute lice comme à la fin d’une phrasefieffés navigateurs d’eau douce dans la vallée des syllabesfiers croisés dans le ventre du lexiqueilluminés et rassembleurs d’étoiles pour la révoltedes sangs mêlésvous qui avez léché le souffle des grandes caravellesvous qui donnez dans le silence des longs murmures auxjupes des primevèresdans le rêve et dans la nostalgie des fruits défendusvous suaires des petitesses et des espérances muettes 66
  56. 56. LES CAHIERS DE POESIEqui dites la faim des fossiles parmi les fousvous pirates pauvres et coupables des fausses accusations surles lèvresqui rappelez Homère dans sa souffrance et dans sa fidélité àl’écriturevous ramasseurs de parchemins et de blessuresquel destin que de renouer les mailles de la solitude parmi leshommesla vie est une garce et les poètesglyphes de la divinationgrimoires aux alphabets façonnés de crucifiésvoyants des voyelles atomisées sur une page d’histoirejusqu’à l’usure des embruns de chaque cauchemar sédentairefut-ce le temps des grandes découvertes de balladesd’odes et d’élégies spontanés pour les beaux yeux de l’aiméeô grève des hommes et de la terre sauvagesinflexibles sous la crue de l’amande éphémèremais pardonnés au ressac des pierres que l’on ignoreje vous salue de nouveauÔ poètes de la liberté et de la garde des motsfrères indubitables modèlespour la quête à la joieet à l’ivresse des lendemainsque reste-t-il à écrireaprès nous avoir ouvert les chemins de l’indolencela grande route des alphabets jusqu’aux vêtures des saisons 67
  57. 57. Livre 18que reste-t-il à promettreavec la fidélité des mots et l’acharnement du bouleausinon les rues de notre enfanceles doigts de nos amoursles folies de nos paupières et de nos baisers partagésle temps est indomptable et les poètescomme des enfants aux semelles de l’exiloù je chasse la femmel’unique désirée de cette aire énormel’exil de mon enfance et de mon adolescenceparmi des hommes de première mainavec les mêmes blessures et les mêmes interrogationsde crucifiés et de chasseurs de maux dans la fouledes témoinsque passent nos chemins de songes la nuit et les poètes Repentigny, été 2002 68
  58. 58. LES CAHIERS DE POESIE Motifs à Magloire Saint-Aude « Je ne crois pas; je sais. » (Carl Jung)ne puis-je croire que je saisle nom des mots à la belle syllabela superficie du silence et de l’étoilepolairejuste pour une seule foisne puis-je croire à la géographie du poèmedes lieux et aux saisons des hommesdes promesses si lointaines et aux souvenirs d’enfantquoique pour une seule foisle battement des artères s’achève sur le néantdans la solitude des hommes une fois seulsavec le cœur bien trop négligéaux dialogues des poètes interditsparias à chaque évolution des motsà chaque imposition des femmes qui pleurentaprès la pluiene suis-je pas né de la complicitédes hommes et des femmes de la frontièrequ’on assassine 69
  59. 59. Livre 18d’un homme et d’une femme amoureux éternelsqui ont embrassé dans la joietous les péchés originauxô jours bienheureux dans la chairÔ chair bienheureuse des motifs du poèmedes dialogues et promesses inscrites dans la mélasseet le mot de cœur du poètecondamné à errer dans les rues de la villela plus grande rue des orduresÔ paria étonné qui fit sangloter l’alguenous sommes tous déchus de nos villes endormieslacunaires aux pas des nymphes émerveilléesnous sommes des enfants au cœur fraisdes poètes aux mains larges de promessesmais nous sommes habités par nos joiesnos amours sans cesse à recommencerne puis-je donc croire que je saisle nom de la rose folle des motsla géographie du silenceet quelques poèmes au faîte du désespoirÔ Poésie belle à triompherjuste pour une seule foisdialogues d’hommes libres et d’assistésrequêtes devinées d’homme seul avec la pagedes pages inscrites au van de la félicitéde ce dialogue avec le poèteparia étonnant et sympathique 70
  60. 60. LES CAHIERS DE POESIEqui fit pleurer l’algue et la merquoique pour une seule foisà l’embauchement d’un cœur qui batje te célèbrefrère dans les motset de la paixÔ Poète qu’on lit sous la pluiedans la plus haute tendresseet dans le plus grand silencePort-au-Prince, 16 juillet 2001 71
  61. 61. Gilles BIZIEN (France)gilles.bizien@wanadoo.fr 73
  62. 62. Dix de cœur1.tu me dois le silence le reposil y a encore des tremblementssur la meraussi au travers des yeuxune entrée un passageà la façon d’une frontière émiettéenous ressemblons aux arbres d’hiverla certitude égarée hors de nouslaisser le monde à ses viscères fumantespuisque seul t’intéressent les astres glacésinitiaux.2.quilargue le cieldésormaisavec la force la certitude initialechauffante comme un feuon ditque quelqu’un écoutesous la masse des eauxsur les routes bleues des profondeurs 75
  63. 63. Livre 18quelqu’un écoute les fleurs marginaleset la part joyeuse de nos silences.3.lèvres fleuvenoustroncs de chairjeu avec la vasele sortapproche retourneliens comme e n t r a v ela bouelunece crochet d’ivoirepour la gorge.4.résidence de la blancheurivoire de l’œilest-ce toique je retrouveà l’image d’une brumesous la surface rosedu pétalepourquoi justifier du désertsur l’océan des yeux. 76
  64. 64. LES CAHIERS DE POESIE5.écho à la nuitton amplitudesoulève l’horizoncomme peut se soulever le cœurou l’écorce de lumièrecricage de cristalmain printempssur la plage du fronttu te prometsle volcanle feul’inexactitudealors que réduisentl’instant et la peau.6.dansesur la fleur noiredu mondeadonne-toiau pétaleau fleuve horizonà la renversedes couleurs et des soleilséquilibre perdufrôlement 77
  65. 65. Livre 18contre l’écumoire immenseressac étoilésur la rosée des jours.8.petitesseinsignifiancema taille est celle d’un graind’une perleà l’extrémité du firmamentfront intouchésans brumesans neige ou particule bleueassures-tu encore mes pascorde d’orfilin d’amourfleur froide.9.mains safranéesde la poésieregardpresque le mondesueursangmince mélancolie des astres 78
  66. 66. LES CAHIERS DE POESIEest-ce possible(le cœur comme une jade bleue)de vivre sans révoltesans le savoir sensible du sable.10.la pluie remplace le corpsce gris intimefamilierqui perce en toi plus loin que le rayonlarmes ou papillons bleus idemquand tu disque les fleuves naissent des sanglotssur le sable noir de l’amourta maisonest fichée sur une colline incoloreton esprit s’y love comme un félin éternell’océan entre par tes yeuxet rampe jusqu’à ton cœur. 79
  67. 67. Luc TRIQUELL (France) atriquell@aol.com 81
  68. 68. Nuage Une nuée de rêves à la limite rarement il n’aura été celui qu’on éprouvait l’absence souvent se tenir droitdevant l’éclat du monde qui chavire sans doute rarement tu paraîtras aussi belle qu’un jour à la limite du rêve qu’on redoute 83
  69. 69. Livre 18 Cauchemar 1éparpillés les belles amourettes à la brume des vies là oùsemble s’éteindre la plus sombre des lumières où le cielcohabite avec son fatras d’étoilesne reste que le réel pas toujours propre pas toujourssupportable le réelréel réel réel réel…..une luciole déjà me fait tourner la têtelucidité qui nous quittedans la nuit tu recherches l’amourirréel irréel irréel irréel…mais laisse moi crier 84
  70. 70. LES CAHIERS DE POESIE fuite visite furtive tonnes de délires prières firmaments ledimanche tous ensemble à retrouver son blog cosmique très comique il y a longtemps qu’ils ont mis une croix dessus 85
  71. 71. Livre 18 ChansonTu ne peux qu’aboyer la maudite chanson du désespoir sousl’oreiller un soir peut-être tu murmureras un cri peut-êtrel’espoir qui renaîtra aboyer pourquoi ameuter les loups desquartiers qui résonnent abreuver ton esprit malade et pétride petits crisgémissements qui fusillent le plus innocent des enfants qu’onoccit. 86
  72. 72. Françoise Marie BERNARD (France) Paquita151965@aol.com www.geocities.com/poemasesmeralda/Entree 87
  73. 73. Pour toi esclave noir…Une voix est montéeDepuis des temps historiques,Pour rappeler au monde hébétéQue l’espoir est magnifique…Une lueur merveilleuseQue l’on voudrait éternelleEst venue éclairer ; lumineuse ;Le chemin d’un être fraternel…C’est un peu comme une vengeanceDe l’Histoire sur le passé,C’est un peu comme une bienveillanceDu hasard sur le racisme qu’on veut tuer !Pour toi Esclave de jadis,Une étincelle de bonheurA brillé au pays de tes malheurs,Et ton âme a souri.Tout un peuple en liesseLongtemps mépriséVerra peut-être sa noblesseD’esprit enrichir la société…Pour toi Esclave déraciné,Une nouvelle ère est néePour qu’enfin grandisse la flammePour la Paix des Êtres et le silence des armes… 89
  74. 74. Livre 18 Para ti, esclavo negro…Una voz ha subidoDesde tiempos históricos,Para recordar al mundo embrutecidoQue la esperanza es magnifica…Una luz maravillosaQue se quisiera eternaHa venido aclarar; luminosa;El rumbo de un ser fraternal…¡Es un poco como una venganzaDe la Historia sobre el pasado!¡Es un poco como una benevolenciaDel azar sobre el racismo que se quiere matar!Para ti, Esclavo de antaño,Una chispa de felicidadHa brillado en el país de tus desgracias,Y tu alma ha sonreído…Todo un pueblo entusiasmadoPor mucho tiempo menospreciadoVerá tal vez su noblezaDe espíritu enriquecer la sociedad…Para ti, Esclavo desarraigado,Una nueva era ha nacidoPara que, por fin, crezca la llamaPara la Paz de los seres y el silencio de las armas… 90
  75. 75. LES CAHIERS DE POESIE Les mains du mensongeIl y a des gens en OccidentQui osent serrer la mainDe tueurs d’HumanitéSans se soucier du lendemain !…Comment peut-on accepterDe commercer avec des esclavagistesAssassinant leur propre sociétéEn brouillant les pistes ?Afrique ! Belle Afrique !Réveille-toi !Tes enfants pris de paniqueOnt peur de toi !…Tu as engendré des monstres faits de violence,De haine et de pouvoir,Ne pensant qu’à piller l’abondanceDe ton sol pour être des pantins noirs !!!Tout se sait un jourEt aujourd’hui il faut parlerDe ce manque d’amourQui ne sait que tuer !L’Histoire est faite de bains de sang,L’esclavagisme occidental n’est plus 91
  76. 76. Livre 18Mais je sais qu’il existe encore, bien vivantDans tes contrées où la vie ne vit plus !Les gouvernants de cette planèteSignent des pactes avec le diablePour quelques barils de pétrole ; bêteSournoise et aveuglante ; monnayable !!!Pauvres Humains innocentsQui ne demandez qu’à vivre en paix,On vous tient sous l’effusion de sang,Les tortures et le manque de respect.Où sont passés les Droits de l’Homme ?N’avez-vous pas le droit de vous exprimer ?Pourquoi tant de haine dans cette région du monde ?Pourquoi ne fait-on rien pour tout arrêter ?Et vous, Messieurs les Grands de ce Monde,Comment pouvez-vous fermer les yeux si facilementSur des horreurs que vous connaissez ? FécondeEst la richesse couleur torture teintée de sang !!! 92
  77. 77. LES CAHIERS DE POESIE Las manos de la mantira¡Hay gente de OccidenteQue osa estrechar la manoDe asesinos de HumanidadSin preocuparse del mañana!¿Cómo se puede aceptarComerciar con esclavistasAsesinando su propia sociedadDespistando la realidad?¡África! ¡Bella África!¡Despiértate!¡Tus hijos, tomado por el pavor,Tienen miedo de ti!¡Tú, engendras monstruos hechos de violencia,De odio y de poder,Pensando sólo en saquear la abundanciaDe tu suelo para ser títeres negros!!!¡Todo se sabe un díaY hoy hay que hablarDe esta falta de amorQue sólo sabe matar!La Historia está hecha de baños de sangre ;El esclavagismo occidental no está más, 93
  78. 78. Livre 18¡Pero se muy bien que todavía existe aún, bien vivoEn tus comarcas donde la vida no vive más!¡Los gobernantes de este planetaFirman pactos con el diabloPor algunos barriles de petróleo; bestiaHipócrita y deslumbradora; acuñable!!!¡Pobres humanos inocentesQue sólo piden vivir en paz,Se los tienen bajo el derramamiento de sangre,Torturas innobles y falta de respeto!¿Dónde están pasados los Derechos del Ser Humano?¿No tienen derecho a expresarse?¿Por qué tanto odio en está región del mundo?¿Por qué no se hace nada para detener todo esto?¿Y Ustedes, Señores Grandes de este mundo,Cómo pueden cerrar sus ojos tan fácilmenteSobre horrores que Ustedes conocen? ¡FecundaEs la riqueza color tortura teñida de sangre!!! 94
  79. 79. Nouria OTMANI (Suisse) nouria@bluewin.ch 95
  80. 80. Hiver dans ma banlieueBientôt nous tomberons dans le sombre du soirLe visage de l’hiver que l’on peut percevoirSes rides mélancoliques à la tombée du jourEt le froid qu’on supporte est un fardeau trop lourdLe maçon qui bâtit la maison d’où il sortDevra laisser aux autres la chaleur où l’on dortAu loin une femme pleure pour cet homme qui s’aliteElle devra supporter la misère et les mitesLes enfants qui grandissent à l’ombre du soleilQui connaissent le désert du monde et ses merveillesOù sont passés les rêves les espoirs de chacunDans le froid du bitume et l’odeur de la faimLes murs de mon quartier ternissent de jours en joursJe dois pouvoir compter sur la force de l’amourQuand l’enfant qui grandit demain ne sera rienPeut-être un fait divers dans les lignes du destin 97
  81. 81. Livre 18 Blanc, blanc, blanc SIDADe longs couloirs où le blanc s’aliteSur les murs tant de vide, la maladie s’agiteDes visages pâles, sans vie, parfois se lassentDe tout ce blanc, ces draps, ces gens qui passentLe repos tant béni se jette sur les corpsChacun est libre de méditer sa mortLe sale sera lavé le matin, au réveilOn sentira alors l’odeur du sommeilSur le papier est inscrite la marche du virusLa fenêtre fait rentrer les plus grands autobusElle se referme enfin en violant les prièresEt donne sans partage l’odeur de la terreEt toute cette espérance cachée sous un coussinElle éteint la lumière, elle vous croise les mainsLe sol est toujours propre quand le malade s’en va 98
  82. 82. Sandy BEL (France)bel.sandy@yahoo.fr 99
  83. 83. Ma patrie, un bout de l’éternitéPhoto de Gildas Pasquet Ma patrie, un bout de l’éternité. Un lieu sans lieu peint sur un mirage, ailleurs. J’ai oublié ses rives. Je n’ai aucun moyen de les revoir, ni d’ailleurs aucune envie. A cause du pain qui est cher et l’hystérie des colons. Je me souviens de la nuit où je suis partie. Il faisait noir. J’avançais courbée à travers les fleuves taris, le frontétincelant de désespoir et les mains implorant du ciel unechose qui me précède.Et plus tard quand une mémoire de larmes me prendra par lecou, comment y retourner ?Comment retrouver l’absurde territoire au milieu descendres ? 101
  84. 84. Livre 18La guerre est terrible.Elle a tout décimé.L’avenir, le présent et le passé.Souvent entre les eaux du sommeil, mon rêve entrouvre uneporte sur une terre entourée de paysages où tout est changépour le mieux…Du haut de mon nid d’aigle, je vois des fleurs sur les tablesdans les cafés, au cœur de la foule le méchant Bascom qui estdevenu aveugle, distribue tout son argent, mettant fin à sonrègne tyrannique depuis deux mille ans mais marquant sonretour à Dieu.Quelle effervescence dans la ville au répit qui se maquille ?Et je sens comme un feu s’allumer au coin de mon cœur etréchauffer mon visage.Je ne m’étonne de rien mais avant d’entrer à l’aurore jem’approche avec le désir du partage.A l’improviste, le vent se lève et arrête le mouvementimpétueux de mes yeux.Une poussière se met à danser autour de ma tête.Chuchotement de défaite. Silence de l’énigme qui crache sonétrangeté. Perte des repères de la ligne du cœur.Dans l’impatience tout demeure inaccessible.Sans parvenir à m’éloigner, triste je tourne, je tourne encore àla recherche d’un autre chemin de la plaine reconquise qu’onraconte dans les légendes. 102
  85. 85. LES CAHIERS DE POESIEA l’heure ou Les ampoules s’éteignent, l’aube tombe le rêvesur la grève, sa douleur retient une ombre qui dort toute nue.Il n’y a ni distance entre nous ni vent.Est-ce mon image ce rêve qui porte un visage familier ?Un soir je reviendrai dans la lumière électrique.J’y courrai avec les oiseaux migrateurs en brassant l’air commedans un rêve. 103
  86. 86. Carla. (France)carla.p@laposte.net 105
  87. 87. En échappé Juste une ville, comme un tribut - Ma négligence - Avec ses gris en suspension Ses parures ou ses plis Mais reste-t-il une ombre En échappé Car la lune, si douce Vient à manquerLe vent se plait…Ma voix s’est tue Car dans l’allée Il reste un Homme… 107
  88. 88. Livre 18 La lumière ment Rien à voir La lumière ment Ici l’on éteint les midis de soleil Et l’on isole le cri, du vent Rien à voir Avec les grands feux du dedans Ce qui les réchauffe là-bas Nous brûle ici et maintenant Rien à voir Les mots circulent en passants Dévêtus des foulées d’ivresse Il faut danser à même le sang Lèvres mordues Flammes sans laisse Rien à voir La lumière ment 108
  89. 89. LES CAHIERS DE POESIELe jardin de mes rues Motifs affleurent Sur décor nuLes impressions de ma tendresse Ont des couleurs tissées à cru Deux ou trois roses Un parfum d’eau…C’est dans le jardin de mes ruesQue j’aime à perdre ton adresse Au fil des peaux Au fil des peaux… 109
  90. 90. Livre 18 Chants du regard Chants du regard Sans parure, en négligé Comme un dialogue… Dans les allées -Nos profondeurs- La main récolte des bribes d’eau Petite pluie sans évidence À bord du silence et ses mots Je te regarde… Vivre A cette couleur là 110
  91. 91. Anick ROSCHI (France) anirosch@aliceadsl.frhttp://www.editionsducygne.com/editions-du-cygne- catalogue-litterature.html 111
  92. 92. Capitale TerreVoici le tempsPartagéDe nos dernières richessesÀ chaque naissanceLibertéUne goutte d’eauAssoiffée de rivièreÀ chaque naissanceÉgalitéUne goutte de sueurÉpuisée de misèreÀ chaque naissanceFraternitéUne goutte d’airSouillée de désertsVoici le tempsExorciséDe nos raisons planétairesLe tempsArticuléD’une capitaleTerre. 113
  93. 93. Léonard MOUTI (France) mouti@mageos.com 115
  94. 94. Le chat persan et le cerf-volantUn tapis d’Orient où dormait un chat persanRêvait à son enfance :Un long fil en laine qui tourne autour de la terreIl ira au soleilIl ira au soleilCertainementMais le chat dans son rêve était déjà là-basAu soleil…Et la terre entière au bout du fil en laineÉtait son cerf-volantQuelle est folle la Terre !– Maman ! A quoi servent les cerfs-volants ? 117
  95. 95. Livre 18 Le passéQuatre-z-yeuxSans visagesSe contemplaient dans les cieuxLe z’oiseau bleu du regardVenait juste de passer……Un nuage de parfumQuatre-z-yeuxSans visagesPleuraient, seuls, le passéQuattro occhiSenza voltoSi contemplavano nel cieloL’uccello blu dello sguardoEra appena passato……onda di profumoQuattro occhiSenza voltoPiangevano soliIl passato 118
  96. 96. LES CAHIERS DE POESIE ItalièrieArôme de l’homme quiÀ mobyletteTraversait RomePour offrir à la pluie son parapluieÀ l’âme italienne de toutes les hirondellesCet arôme y demeureUn bouton roseSur les jeunes joues des vestes de la nuit……de RomaAroma dell’uomo cheIn motociclettaAttraversò RomaPer offrire alla pioggia il suo ombrelloAll’anima italiana di tutte le rondiniQuest’aroma vi restaUn bottone rosaSulle giovani gote delle giacche della notteDi Roma 119
  97. 97. Livre 18 Les mots des poètesMi fugueMi destinMon incroyable cheminCourtIl court sur mon corpsCruelBrûlez à l’eau forteLes mots des poètes 120
  98. 98. Joseph ELEVEN (Canada) charline22_@hotmail.com 121
  99. 99. Le poirier À Anne-Marie PoirierSous le grand poirier sauvageUne vieille femme éreintéeEncombrée de lourd bagageRécite, une prière chantéeSous le grand poirier sauvageVers le ciel d’encre violâtreSes grands yeux bleus, délavésSe pâme le soleil rosâtreSes cheveux blonds envolésVers le ciel d’encre violâtreGambille l’écrivaine rêveusePirouettant sur ses patinsUne œillade amoureuseSur la glace des lieux saintsGambille l’écrivaine rêveuseSon corps mûr, plié en poireL’âme vagabonde, dans le NordAu sommet d’un mont d’ivoireUn vent glacé berce son corpsSon corps mûr, plié en poire 123
  100. 100. Livre 18La vieille duchesse sous l’arbreLe temps cueillant le fruit mûrPrisonnière dans le marbreVoyez dans la glace : l’azurLa vieille duchesse sous l’arbre. Soleil basilicLe cœur sonnette de son dardVenin mortel, sourd amoureux.Le crâne ceint de beauté ; hors- Nous sommes des serpents hideux !L’amour, cracheur de feu volageDe corps sain et joli visage.Le doux printemps pond ses éclatsDe verre. Éternel soleil. Ah !Toujours, le matin chatoiement(Jeunesse aux yeux de basilic)Réveillera notre œil critiqueEt souvent, muera le serpent ! 124
  101. 101. LES CAHIERS DE POESIE AnamnèseLe crépuscule de mes paupièresBorde mes yeux fatigués.Sous les draps fripés de l’âge,Chrysalide et sylphide dormentDans le ventre de mes pensées.Le cri amer du froid de l’hiverPénètre l’asile de mon univers givré.Sous mes yeux se creuse une plageOù les cocons onéreux se lézardent ;Délivrant des papillons prématurés.Sur les fleurs de mon âme, mère florifère !Volettent les nouveau-nés malformés.Suppliant Dieu, les mains au visageDe pardonner ma bouche blasphème…Oh, Seigneur, j’aurai dû m’avorter ! 125
  102. 102. Livre 18 Le paradis des charmesMon corps momifié jusqu’aux rondes encolures,Pectinés, les cils voilent mes cernes en mouluresSous les portes cintrées de mes roses paupièresPlongé dans la contemplation ; blanches prières !Le scaphandrier sur l’azur du ciel vogueScaphandre désert ; l’âme vaisseau en fugueDe l’entrave charnelle, l’esprit libre voltige.L’œil fureteur contemple le doux vertige !Un vent bruineux longtemps, souffle une briseSur l’impureté décharnée ; l’informe visage !Sur mon front vaporeux, perlé de glaçageL’onctueuse rosée légèrement assise !Et un miroir d’eau couché aux reflets jadeEntre les seins montagneux ; les vallées natales !Se lève à mon entrée, le soleil OréadeM’accueillant sous une pluie d’orange pétalesAu bal des quatre vents, les joyeux quadrilles !Vastes champs de lavande et d’épilobeFroufroutante et mauve, l’ondoyante robeS’abandonne dénouant ses parfums mantillesBlanc duvet d’une blancheur neigeuse sublime…Du ciel, un grand oiseau rameur, angélique ! 126
  103. 103. LES CAHIERS DE POESIEFlavescent, vers moi, son chaud rayon mystiqueDe ses ondes infinies de lumière, ranimeMa chair inerte et mon cher cœur de braise !Où mes yeux chavirés, sur la plage spectraleDu haut plafond, de la chambre sépulcrale ;S’ouvre, des écluses de l’œil, la mince daraiseSur ma joue de galet, un torrent de larmesPleure en rosaire, le paradis des charmes !Dans les sables mouvants s’enlisent les friablesPrières ; mon être, risée par les diables.Sous les lourdes portes, englouties par les dunesMa soupente cervelle pareille à des lunesFendantes ; entre réalité et rêveLa Créatrice folie : tranchant du glaive ! 127
  104. 104. Livre 18 Le jardin des grimoiresJe me rappelle son long collier blancBercé par les vagues de solitudeSur les fleurs éphémères ; d’où le ventDe fraîcheur, à sa douce habitudeParfumait la volante et immortelleRobe, sur le jardin de l’âge d’or !Elle a peint la plus charmante aquarelleAu cadre de fenêtre, sans décorEt cent fois, elle y a peint une cageSans foi, aux franges du brun désespoirS’envolaient la fredaine pâturageEt puis, le silence dans un mouchoir !Été comme hiver, la vieille chaiseBerçante de ses longs bras oscillantsChantèrent ensemble près de la fournaise ;Le vieux fourneau de ses chaudrons brûlants !Et encore, parfois, les cassolettesParfums d’antan, mijotent leurs recettesÀ la clémence des quatre saisons ;Les grands-mères aux châssis des maisonsPeignent le plus florissant des jardinsDans l’éternel printemps de nos mémoires.Dans nos cœurs émigrent les pèlerinsSouvenirs ; au nom des oiseaux grimoires ! 128
  105. 105. Francine GADBOIS (Canada) patetfrancine@hotmail.com 129
  106. 106. Les blues du lundi Elles s’accumulent tous les lundis Les dépêches, les correspondances Sur le bureauUn tas de factures qui ne sourient pasLes ombres qui dictent autour d’elles Les allées et venues des nuages L’accumulation des orages Les débats qui n’en finissent plus Et le téléphone Ne cesse de pleurer Dans ma tête Tout ce vacarme d’images Tout ce va et vient de mots Ces sensations d’automates Qui s’incrustent en moi À en perdre haleine Je pénètre Dans le tourbillon quotidien Des tourments Des insatisfactions Des bombardements Et de la colère Je n’ai qu’une mission Tout foutre en l’air 131
  107. 107. Livre 18 Vendredi je t’attends Aide-moi à faire le vide Montre-moi le bout de ton nez Fais-moi entendre ta voix Pendant que ta douceur Aiguise mes sens Contre la froideur de l’absence Et mes blues du lundi 132
  108. 108. LES CAHIERS DE POESIE Ton retour Je te perds Petit à petit Tu t’éloignes Je le sens Ta silhouette À l’horizon DisparaîtTrêve de clairvoyance Une hésitation Dans la pénombreEn est même disparue Mon ombre À jamais Elle te cherche Elle quémande Ton retour 133
  109. 109. Livre 18 La critique Elle n’en fait qu’à sa tête Consternée des réactions suscitées autour d’elle Elle se fout des qu’en dira-t-on Elle aime sans condition Les écrits Les épigraphes Et tous les tableaux Ceux qui vous font rire aux larmes Et qui ressuscitent le soleil dans le cœur de l’éploré Ceux qu’on n’oublie jamais Les bouquins classiques méritant qu’on s’y attarde Et qui nous éclaboussent d’émotions De sensations diaboliques à nous faire perdre la tête Et de sentiments troublants À nous faire perdre haleine Elle critique Sans cesse Tout ce qui effleure ses sens Et tout ce qui donne un sens À sa vie. 134
  110. 110. LES CAHIERS DE POESIE C’est fini L’escalier des regrets Les enjambées de l’ignorance… Tant de marches à monter À en perdre haleine Pour se faire rouler dans une couverture Du haut de l’escalier D’un seul coup de balai D’un revers de main D’un croc-en-jambe Jusqu’en bas Le parvis des mots N’a nullement besoin d’un escalier Imposant son sombre dictat Sur la beauté du rêve La recherche de l’emprise Son besoin de dominer N’aura su tromper mon œil de lynxFérocement bien ouvert à toutes ses atrocités Plus aucun mystère Pour son cœur de pierre C’est fini !!! 135
  111. 111. Déa L’HOËST (France)contact@dealhoest.com www.dealhoest.com www.equilyrics.com 137
  112. 112. Quamille - jeune jument Haflinger regard de douceur avant que sa vie ne lui ait été volée…www.lfpc.asso.fr/Affaires/Quamille/Quamille.html 139
  113. 113. sens sur ta jouelongue nuitquand le soleil fuitlui qui aimait éperdumentplonger son sourire étincelantle matin, en se réveillantdans l’or blanc si finde ses crinsLongue nuitquand le sommeil fuitdevant nos rêves saccagésdevant une foule enragéeseul sur un chemin perduavec ce cri, déchiré,espoir trahi, vie rompuelongue nuitsans pleurs, juste la pluielave mes pages, effacemes torrents, les tracesde mes larmes séchéessous un soleil d’or blanc d’été sens sur ta joue ses cils dorés… pour Quamille et Lubie, Thierry, Arnaud, Michel qui les ont aimées et nos nuits blanches Hernan, 9 mars 2009 141
  114. 114. Livre 18 ses yeuxun jour,dans son tempsou dans dix ans,une pouliche naîtracrins de soierobe d’or feufront étoiléavec ses yeuxses yeux…et tu sentirases cilssur ta joueincréduletu la reconnaitras pour Thierry dans le souvenir de demain qui attend déjà Hernan, 10 mars 2009 Déa L’Hoëst 142
  115. 115. LES CAHIERS DE POESIE cinq ans… version française librement re-écrite d’après l’allemand « südostmond » décembre 2006puisquedemain les enfantsjoueront toujours,demain les caméliasfleuriront encorelà où passele petit chatet des poulainsnaitront au printempspuisquela marqueau fer rouge, tracede ta jalousies’adoucirapuisque…sous la caressede ma maintu dors,mon jolila chaleur de midi,le sable blanc 143
  116. 116. Livre 18de la dune fleuried’orberce ton oubliars dans la rêveriedu temps,oubliema tristesse,le soleil couchantdans le froidsous les branches du grand pincouché par le ventoù je t’ai quittéoublietes momentsde solitude, de détressed’abandon…pendant cinq ans…reviens-moipuisquedemain encoreje penseraià toipuisquedemain encoredes enfantst’attendrontpour jouer avec toi,avec des poulainset le grand chatquand refleuriront 144
  117. 117. LES CAHIERS DE POESIEles camélias à Tayzon 12 mars 2009quart de luneplein jourhaut dans le vent vole la neigedes vagues immensément cabréesdans un caprice d’écume épaisseparsemant de flocons blancstoute la plage ; mon jeune alezanfuit à travers la mousse salée,cabriolant, sautillant, zigzaguant,déchaîné dans son jeu d’éviterces fleurs marines qui dansent,se défoulant au jeu volantavec des balles ailées de plumespoussées au souffle de la brisequi les déchire en mille lambeauxpour construire au pied des dunesavec cette neige des châteaux ;haut dans le ciel montent les vaguesaux crinières ondulées, frisées,cabriolant sous la force du ventpiqués des dards d’un soleil couchant,tous crins dressés pour chatouillerles gigantesques baleines bleutéesen montagnes de nuages grisau ciel novembre lumineux,dressées dans leur immobilitéétonnante, étonnées, figées, 145
  118. 118. Livre 18elles contemplent bouche bée la lunecroissant brillant blanc platinequi couronne les dunes au sud-estdans un ciel bleu cyan plein jour,bien avant que ne tombe le soir 146
  119. 119. LES CAHIERS DE POESIE rives de rêvespassage nocturne au détour des pagesm’ouvre la porte de plaintes tout en douceuraccrochées aux rêves, à l’image de fleursfanées déjà, jetées là sur le passagevoilés les souvenirs de bonheurs mutilés,un passé qui s’impose dans le matin clair,dicte la marche, guide les pas à l’envers :le sommeil vole la vie au chant éveillépaupières lourdes refusent de se fermerdénigrent le sommeil, refusent de rêvers’ouvrent toujours aux jours où la vie fut grandebrillent du feu d’un passé à peine perdupour renouer tous les fils d’une vie rompueyeux rivés sur les rives blanches du mondesonnet, décembre 2007 147
  120. 120. Livre 18 ventsvent d’étéje tourne la têtevers le haut,vers le chaudsur ma peau :dans mes yeuxdansent, rondesdans l’indéfini de mon mondedes lumières en jeu,boules en fête,boules en feuvent de pluieje lève les yeux,cherche le feuchaud des boulesdans le grissombre monotoned’un matin d’automne :mais au lieude boules de feuxdes gouttes roulenten pluie sur mes jouesvent de nuit 148
  121. 121. LES CAHIERS DE POESIEblottie dans ses brasforts, le vent froidcalme le feu,calme mes yeux,caresse mes tempes endolories :en bas dans la valléela ville endormiese berce sans bruitsur ailes d’éphémèreset murmure ses lumièresHernan, 12 février 2009impressions visuelles d’une petite fille 149
  122. 122. Livre 18 tout oubliéj’ai tout oublié,écartédans les recoinsde demainsd’avant-hiertout oubliéle petit chemin,toi chevauchant fierton gris-fer,oreilles tendues,naseaux dilatés,humant l’airsous les grands pins,là où passaitparfoisle brocard solitaire,celui, tu sais,au bois gauche cassécet été là,à forcede s’être trop battuje l’ai oubliécette brise 150
  123. 123. LES CAHIERS DE POESIEsalée sur ma peaufrisant tes cheveuxsur ta nuque bronzée,les fougèressi hautes, si densescet été làpliant en douceursous la cadencede nos chevaux en sueuroubliécomme tu avançaisdans le sous-boisme tournant ton dosun peu voûtéun peu fatiguéà forcede t’être trop battu,aussicommentregard au lointu m’écoutaischantersouriantscrutant déjàle ciel bleu d’étédans l’espoirdes bleues d’automneHernan, novembre 2008 151
  124. 124. Morgan RIET (France) morganriet@live.fr 153
  125. 125. Asnelles1Voici la mer qui bat son plein,érodant au passageles pontonsde la dernière guerre.Cette rumeur qu’elle écritet qui s’en vient remplirla page claire de l’instantlui est soufflée, bien sûr, par son allié d’immémoriales joutes, le vent.Et nous, les déliésde son message entêtant,d’un pas lent et pensif,nous longeons sa splendeur – coquillage de l’oreille grand ouvert à sa victoire inexorable.1 Village situé sur les plages du Débarquement. 155
  126. 126. Livre 18 Élégie amazonienneInspiration, expiration, inspiration, expiration… percevez-vous,du poumon graillonneux de la terreà nos frêles alvéoles,le carcinome de nos actesdont découle en fanfarela clameur déchirante des arbres ?Inspiration, expiration, inspiration, expiration… oh dites, percevez-vous,sous la caresse rieusedu moindre brin d’herbe,la vertigineuse étendue d’angoissede la feuilleà tout jamais blanche du monde ? 156
  127. 127. LES CAHIERS DE POESIE Marin de terre à Xavier Kergoat, 25 décembre 2008.Un peu navire,mon cher échalas,mon ami au long cours.Il faut les voir,tes bras,on dirait des mâtsprêtsà recevoiret hisser voilures de rêves. 157
  128. 128. Livre 18 Neige Je te regarde.Mais que dire sur toi, si ce n’est que tu tombes,qu’invariablement tu es blanche et froide et que, bientôt,épaisse ou non, tu finiras banalement par fondre ? Je me hasarde… Mais qu’ajouter de plus que quiconque, ici, me suit oubien me précède, et a pu t’observer de même, en ayant sansnul doute rivé à meilleurs chants ta nature éphémère ? Mon souffle avare ! Et pourtant… l’encre à opposer à ta blancheur dematin vespéral. 158
  129. 129. Môh TSU (France)m.oumama@free.fr 159
  130. 130. Le chat sur le murLe vent souffle des pensées noires à ma mémoireJe revois l’automobile venir et repartir dans le noirEt un vent glacial l’accompagnait, suivi de regardsFaits d’interrogations, des commentaires du parloir.C’était devant cette maison devant laquelle je suisQue traverse un chat loin des sirènes, loin du bruitLe silence ayant pris possession des lieux mauditsDont un volet grinçant rappelle une trace de la vie.Et le chat à ma vue, étrangement seul, dans la cour,Après être descendu du grand mur, soudain à son tour,Se met à miauler, à geindre, devant le portail mort,Rouillé comme les chaines qui pendent au dehors !C’est bien dans cette maison que tout s’était produit,Que l’horreur a pris corps, un monstre a ôté la vieÀ la fillette venue demander du lait pour le chat !Depuis, dit-on, on l’entend et on l’aperçoit parfois. 161
  131. 131. Livre 18 Vieux LouisJe quitte cette maison abandonnée en direction du centreEt voilà à qu’à ma surprise, au hasard d’une rencontreJe retrouve le vieux Louis comme on aime à l’appeler ici.Un homme gentil, avec le teint pâle et les cheveux gris.Ses rides montrent qu’il avait vécu dans l’âpre misère,Le fin fond de l’isolement connu de l’enfant sans sa mère.Brave homme qui n’a pas eu de chance durant sa vie…Et à qui on connait pour seule compagnie l’eau de vie.Cette eau de vie qui le rend ivre mort à la sortie du barOù il passe ses journées à jouer aux cartes et à boire ;À tuer le temps en attendant que lui fasse "son heure"Comme il dit avec un rire efficace, la main sur le cœur.Comme toujours, me salue en m’appelant "mon garçon"Comme pour rappeler à sa vie ce manque d’affectionQui donne envie à tout être humain de vivre en famille.Mais lui a toujours été seul, enfermé dans la petite ville.Je le salue aussi et m’arrête un instant le voir s’éloigner,Le pas comme le cœur, lourds, vers l’endroit où j’étais…Il s’y arrête et regarde le chat miauler, seul comme lui.Une tranche de vie de celui qu’on appelle ici vieux Louis. 162
  132. 132. LES CAHIERS DE POESIE Cœurs sans deuilJ’avance dans la ville, la pensée ailleurs, face au vent.En allant rejoindre une précieuse amie qui m’attend…Pour un rendez-vous, discuter et planifier son avenir,Quand je vois, triste, le mélancolique passé resurgir,En me dirigeant vers le restaurant où j’avais réservé,J’ai vu cette femme connue de la ville, assez pressée,Sortir du bar-tabac, le visage et l’être décomposés,L’âme ailleurs comme d’habitude, en femme brisée.Une femme qu’on dit aussi folle, perdue, sans âme,Mais avec des états d’âmes avec la douleur du drameQu’elle a vécu, il y a de cela plusieurs années déjàAlors mère de la fillette morte un jour de grand froid.On dit qu’elle n’arrive jamais fait le deuil et s’en veutD’avoir connu ce monstre qui a pris «son précieux»…Trésor pour une femme : son cœur, sa vie, son enfant.C’était son ex compagnon, jaloux d’un pseudo amant.Certains lui prêtaient une liaison avec le vieux Louis,Sans rien prouver. Et par vengeance, l’autre a ôté la vieÀ sa petite fille dont personne ne connait le vrai père.Mais que ces mêmes langues disent enfant d’adultère.Alors que je marche encore et arrive près du restaurant,Je me retourne brusquement comme les autres passants.Au loin sa voiture a freiné sec, sans savoir pourquoi…Avant d’apercevoir sur une voiture du bas côté le chat. 163
  133. 133. Max DE BACKER (Belgique) max@dfib.net 165
  134. 134. L’écrit vainEnvie d’écrireDe partagerNotre Amour naissantPrésentAux échanges de pupilles dilatéesBleutées et grisées de désirRéciproqueEnvie de partagerD’être enfinCe que nous n’avons jamais puNous avouerMais en vain… 167
  135. 135. Livre 18 ÉclaircieNuages de pages blanchesOù viennent se crasher mes mauxSolitaires accomplisIndispensables à ma survieDure prérogativeQue celleDe ne rien demander ni attendreÉclairciesApprécierCes sens uniquesSe dessiner enfinÀ ma vie… 168
  136. 136. LES CAHIERS DE POESIE BelleBelleClandestine passion de nos cœursSaveurs paisiblesDe bulles et rythmes effervescentsIncitation à vivre uniquementDu présentBelleSensible et sentimentaleAccordant chaque corde de nos violoncellesPour que jamais aucune noteDiabolique et victimeNe vienneNous envenimerBelleRéceptive à nos charmesÀ la sincérité de nos regardsBelleBlanche ailéeLa plus belle… 169
  137. 137. Nicolas CHEVALIER BAHUAUD (France) nicolas.chevalier@free.fr Photo : Wenceslas Chevalier www.constantine-photography.com 171
  138. 138. Si belle EssaouiraLe jour paré des flots d’entre les fonds s’éclaireUn matin solitaire au fil au ras des eauxSeul un trait, un halo, un horizon de terreLa ville sur la mer comme un seul oripeauLe vent les fait briller d’une écume de sableLe ciel est noir de nuit et la ville endormieLorsque revient le jour, on chante alors la fableDes bateaux des marins aux mers ainsi soumisCette Afrique si blanche est venue de mon rêveD’un passé animé de canons en bastionsDes cendres des absents et des vagues de sèveLigne lasse elle étend les maisons les missionsDe la mer, l’azur bleu couronne ces beautésLe jour n’est que matin triomphant et heureuxQuand l’océan fougueux s’enflamme à ses côtésEssaouira s’éveille ardente au cœur joyeux 173
  139. 139. Livre 18 Avec toiNe me laisse pas mourirSeul avec un inconnuNe me laisse pas partirSans toi sans t’avoir revuDis-moi, au dernier instantJe veux de tes bras ballantsDes caresses de tes mainsUn geste, un rire un destinC’est toi qui me porterasEt tes doigts dans mes cheveuxA toi qui me mènerasLà, je pourrai dire adieuDis-moi, au moment ultimeTu seras là ? Là tout prèsContre moi face au vent fraisQui m’attire dans l’abîme 174
  140. 140. LES CAHIERS DE POESIE Les Evzones d’AthènesGuerreInconnuToiGardien de la stèleGardeImmortelToiGardien RépubliqueMarcheEt martèleToiEt marche soldatClaqueFrappe et frappeToiUn deux en sabotVeilleEt surveilleToiEt au pas au pasVentBondissantLoinEt vole gardien 175
  141. 141. Jean-Michel A. HATTON (USA) jm.a.hatton@gmail.com http://lencrier.wordpress.com 177
  142. 142. RebelleSa chevelure lèche le ciel;troupeau de gazellesbondissantes, lapant lessteppes azurées de leur sabotsde soie.Ses brasdécouvrent les cheminsque ses doigts griffent dans l’air,sa respiration enveloppe ses élanscomme un châle frémit par le vent,ses lèvres et ses paupièreshaletantesenfièvrent la rocaille sèchede la robe de sesdérobées, Ô tellement fraiches.Ses anchestelles les ailes d’un papillonfouillentchaque recoin d’air, 179
  143. 143. Livre 18traduisentavidement une à une lesrunes oubliées,ets’abreuventd’une langue qui nes’épanche qu’avec le corps.Oh, laissez-la, vous!Ses pas, pulsant le sol saoul,brûlent de l’aquilon Afghanla poussière en diamants,au son de cette musiquelongtempsinterdite par les Talibans.De la rebelle en treillis, la Kalashnikovet les grenades ont disparus,déchuspar des perles de sueurque ses dansestissent en rivièresur son cou mat;aux yeux de ce jeune soldatun petit homme de pas plus de seize 180
  144. 144. LES CAHIERS DE POESIEellen’est plus qu’uncygne dans le désertet il en pleure.Il en pleure des pleurs saccadés,qui sentent si bon la libertécarle môme ne savait pas que c’était si beaude voirune femme danser. 181
  145. 145. Frédéric BRULS (Belgique) hp281271@hotmail.com 183
  146. 146. Le papillon Traçant dans l’air d’été son folâtre dessin, Le papillon recherche un nectar qui l’enivre : Bienheureux l’animal qui n’a d’autre dessein Qu’un calice ignorant les morsures du givre ! Comme une feuille flotte au dessus du chemin, Il s’envole à la mort qu’un vent noir lui délivre, Mais l’instinct qui le fait oublieux du demain Le préserve toujours de la douleur de vivre. Lorsque l’angoisse épie et pourchasse mon cœur,A l’heure où sans un bruit, d’un geste ample et vainqueur, La nuit rabat sur moi son filet d’étincelles, Je ne peux, pris aux rets de ces soleils lointains, Percé de leurs rayons depuis longtemps éteints, Déployer qu’un regard peint d’aveugles ocelles. 185
  147. 147. Livre 18 Storm Soudain, dans l’ouragan que leur galop déchaîne, Les nuages gonflés de fureur et de haine, Montés sur leurs chevaux que n’apaise aucun frein, Font luire dans les airs leurs longs sabres d’airain ! Fantassins en rempart dressant leurs hallebardes, Les lisières des bois se tiennent sur leurs gardes, Mais le choc est si dur que leurs corps fracassés Tombent en gémissant, dans la fosse, entassés. Je vois étinceler, sur les eaux qui refluent, Les éperons aux flancs des coursiers qui se ruent Dans les roulements sourds des tambours en renforts… Une nuée au loin se déchire et s’enflamme, Comme le drapeau blanc qui tremblote et réclame Un lit pour les blessés, un tombeau pour les morts. 186
  148. 148. LES CAHIERS DE POESIE Le sacre de l’automne A ta beauté je veux offrir cette couronne ;A vous, chemins des bois par la grume embaumés ! Je hume le parfum de tes cheveux aimésOù tombent en langueur les frondaisons d’automne. Sous ces fauves couverts que la sève abandonne, Rêveur, je me repose, et mes regards charmés Suivent les mouvements des rameaux alarmés Par la brise du soir où le soleil frissonne. Cascatelle qui croule et glisse en longs froufrous, Ton flot tumultueux teinte de reflets roux, Sur un lit de rochers, la mousse, et la renverse… Tends-moi ta chevelure aux filaments de miel, Et je la dénouerai de ma main qui la berce, Ma reine, pour couvrir l’immensité du ciel. 187
  149. 149. Livre 18 Tombeau du chat Ami du pharaon, confident du poète, Il n’obéit jamais qu’aux lois de son désir, Et d’un songe lointain prolongeant la conquête, Il nous prend d’un regard impossible à saisir… Le mystère est ton arme, étrange et noble bête, Jalouse de se plaire et de s’appartenir, Dont je caresse encore en un coin de ma tête, Grisé par son pouvoir, le vibrant souvenir. Dans ton pelage épais et chaud comme une laine, Cependant que mes doigts dessinaient en douceur Le motif amoureux dont mon âme était pleine, Tu savais de ta griffe, avec un air moqueur, Agacer mon chandail pour l’effiler sans peine, Et débrouiller ainsi l’écheveau de mon cœur… Tout çà pour chat… 188
  150. 150. Diane MERLI (France)dianemerli@hotmail.fr 189
  151. 151. Weeds Le serpent gît sous les décombres Comme un bandeau de ferC’est de son revers qu’on le distingue Comme un soulier de verre C’est de son reflet que l’on s’écarte Le serpent vit sous les décombres Trahi par son venin Il reste seul sous les décombres. Underground J’épie les regards froissés J’épie le vent caresser ta peau J’épie ta raison et te déteste J’envie les rayons qui te blessent 191
  152. 152. Livre 18 Clair-obscur Le noir couloir de mes sombres victoires Au lendemain d’un monde de funestes espoirs et d’éternels regrets De ta douce voix siffle une chanson pour sourds Pour ceux qui perçoivent ce que l’on n’entend plus Un triste matin fait de lumière et d’or De rose et de bleu te noie Ton matin est un souffle Une bise qui réchauffe ma peau Ma peau, mon sel, mon essence Ma douce peine n’est plus qu’un air Un air triste que l’on ne fredonne plus Un de ces air que l’on ne peut plus entendre Un air de rien Rion Les décombre abstraits Aveuglent les penseurs Aux chemins divergents Du mal et de ses fleurs 192
  153. 153. LES CAHIERS DE POESIE Bar 3 Je rêve d’un monde de silence, où tout se sait sans se dire. Une omniscience sans précédent. Un monde simple etutopique. Mais c’est un monde sans double sens. Un monde de triste solitude. Un peuple et son opium. Un odieux châtiment dont l’origine écœure. Une silhouette sans formetrahissant les décombre d’un rêve suspendu. Un rêve tenacerongé par ses idées. Aucun pied sur une terre qui s’effondre. Mais l’espoir, encore, dans son obscur nuage, de rage et de démence. Et tout recommencer une fois de plus. Et tout perdre à nouveau, sans chercher à comprendre l’absence de vertige. Une conscience des sens. Une ruine funeste. Une abjecte suffisance de sulfureuses jalousies. Une fausse passion fondée sur l’impuissance, l’incapacité même d’être seulement soi-même. Up side Down Un gouffre nous sépare : les autres. Dédale. Détalles! 193
  154. 154. Livre 18 John Jane June L’académie des mots. Des amants morts. Déments. Montobello Des hommes en bleu blanc rouge sous la fumée. Un peuple et sa patrie. Sous la fumée, la mort. One Laissons-les dires. Laissons-les faire. Défaire ces mots. 194
  155. 155. Yaïr BIRAN (Israël)ybiran@netvision.net.il 195
  156. 156. Les vraies vacancesQuand on prend les grandes vacances de la vieles saisons n’ont plus d’importancel’été, l’automne ou l’hiver, qu’importeexcepté le printemps avec sa douceurses fleurs ses odeurs ses caresses.Quand on prend les grandes vacances de la vieplus de contraintes ni d’obligationstrop dures, imposées d’en haut,sauf celles qu’on s’impose soi-mêmedans l’idée qu’il est bon de faire quelque chose.Pensez donc, on se lève à son heureon déjeune comme on veut quand on veuton musarde et on joueà cache-cache avec le temps avec son épouseou avec les petits-enfants rieurs espiègles.Il y a encore bien des chosesdans les grandes vacances de la viefinalement le temps est courton voudrait toucher à tout, tout faireà chaque jour ne suffit pas sa peine.C’est le temps gagné sur le tempsle temps des cerises et des fraisescelui qu’on goûte sans trop penser au lendemainle rab, la rallonge en sommecelui qui toujours fait du bien. 197
  157. 157. Livre 18 C’est incroyableToujours l’événement gêne la penséele sentiment dominel’émotion brouille la vueles yeux pleurent avantd’avoir compris ce qu’il en estc’est ce qui n’est pas qui comptele je ne sais quoi est toutpresque rien n’est compréhensibleet le reste à l’avenant…on veut retrouver l’intelligibleon n’y parvient pasc’est ça l’aventure du hasardc’est ça le fruit des joursqui passent et reviennentdes jours qui fuient indéchiffrablesles jours perdus impénétrablestranspercés de mille hasards.Et nous toujours nous resteronsabandonnés dépassés déplacésdétrompés par le réel tortueuxtrompés par nos frères humainsimpénétrables eux mais révoltésnotre naïveté sans bornestoujours trébuchera d’une déceptionà l’autre sans cesse et encoreseul le Malin y retrouve ses petits. 198
  158. 158. LES CAHIERS DE POESIE Le bleu du cielQue le ciel est bleu, mais quel bleule ciel est bleu d’un bleu infiniun bleu rêvé mais quelle palettecette immensité que l’on aimevers laquelle on aspire transportéalors c’est si beauon voudrait chanter cet espacece champ illimité des espoirsla promenade immortelle des fleurs bleuesoù il n’y a que des nuages de séréniténous regardons et c’est trop beaul’esprit vagabonde l’imagination s’envoletrop d’images poétiques qui affluentle peintre prend son pinceauet brosse un tableau de rêve enchantéQue le ciel est bleu d’un bleu profondnous on chavire on a l’âme ravieet pourtant ces cieux sont trompeursen dessous il y a des hommes qui euxne rêvent pas comme nous sauf plaies et bossesleur méchanceté leur hargne se déchaînentpour démentir le bleu des cieuxet le larder de griffes rouges de feuet de sang. 199
  159. 159. Livre 18 RetrouverRetrouver la tranquillité des joursde peur de l’avoir perduela naïveté de l’enfanceet ses tableaux ses aquarellesRetrouver l’émerveillement de jadisle chatoiement des feuilles au soleille gazouillis des oiseauxla rosée du matin chantantQuelque chose que nous avons aiméun passé que nous croyons plus beauà ce jour vu de loinparce que c’est en nousfiltré par les ans les saisonsmais toujours il nous est cheret nous voulons donc le revoirle revivre le respirer le sentirC’était la tranquillité des jourscelle dont on se souvientqui nous emplissait de joie discrèteAh ! quand la reverrons-nous ? 200
  160. 160. LES CAHIERS DE POESIE Ah la parole !Mes nuits sont plus longues que vos jours !Mais qu’est-ce que cela veut direcomment est-ce possible ?ça n’a ni queue ni têteoù sont la logique le bon sensn’importe où n’importe quoion parle à tort et à traversvoyez-moi ça ça cause ça diton ne sait quoi à vous donner le tournisC’est ça, n’est-ce pas, la machine à paroles !Comme disait Noam Chomskychaque locuteur sait inventerune infinité de phraseset c’est ça le discours.Alors j’invente… 201
  161. 161. Josée KRATOCHWIL (Luxembourg) tycho@pt.lu 203
  162. 162. ParlesParles,comme si tu entendais pour la première fois ta voixet rencontre tes motsavant qu’ils appartiennent à d’autres regards,lorsque nous nous trouvons dans une image d’enfantje désire te voir en double, pour te voir plus fort.Tu déclencheras un feu d’artifice de joies très loin, là-bas,où dans le mouvement d’un océan de blé,la vie ne se révolte plus.Quelqu’un dicte le calme,chuchote des mots scintillants et va et vient en nous,jaillit comme une fontaine de larves multicoloreset des pétales en noix de coco.Les perles chantent avec leurs bouches minuscules,les étoiles se douchent au pimentet éternuent comme un nouveau né,les gouttes de riz se noient dans la voie lactée.La dictée vient de celui qui sentet entend qu’autour des choses vagabonde une force,nous laissant pleurer en inversionet le nacre sonnant se loge dans les cellulescomme une coquille d’œuf coucou.Et ces voix, sons et syllabes recroquevillés,gravés dans la mémoire comme un tatouage invisible,les peaux reflètent un effleurage,qui n’arrête pas de vieillir.Au loin, un chœur de chant, 205
  163. 163. Livre 18 si loin que nous n’apercevons que le mouvement des lèvres dans notre imagination, comme je n’aperçois seul le parfum d’une présence dans le coup d’air d’un passant sur le pavé inconnu et un jouet mobile crée des bulles de savon propulsant le temps en couleurs d’arcs-en-ciel et c’est comme si tu parlais encore en ignorant le miel et le poivre, dans le choix de tes mots. 206
  164. 164. Daniel ARANJO (France) daniel.aranjo@univ-tln.fr 207

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