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Poèmes
des fourmis
  radines
 ~ 2010 ~



   Ivresse
De ce jour je me souviens
       Il faisait un temps de chien
       J'errai en de vague rêveries
       Demain c'est sûr je m'enfuis

  Je pars loin de ses relents d'égouts
  Qui me poursuivent, jusqu'au bout
      De la nuit, et de mes songes
 Qu'ai-je à faire d'autre qui ne me ronge

 Au dire du calendrier, le jour qui vient,
 Jour de liesse, on se doit d'y être serein
Moi ce sera du vin que je tirerai ma liesse
 Que je ne puise qu'en ce sournois xérès

       De képis, oncs à l'horizon,
      À m'interdire le divin poison.
     Seuls mes remords me jaugent,
      De leurs poids ils me jugent

       Je bats le briquet, lentement
         Du fond de mon ivresse
          J'émerge et me remets.
        Qu'ai-je fait ma princesse?
bab

        L'air de rien
 Voilà que ce fichu chien
     Ce vieux roquet
   Mon briquet a tiapé.
   Le voici aussi rogné
 Qu'un vieux calendrier
  Traînant dans la boue
  Sur une grille d'égout.

 Que me vaut ce malheur
    Plus aucune lueur
    Dans le noir je suis
Tel un crane sous un képi.
Pattouf
      Roulé en boule sur le sol sous un cyprès
 Dans le chenil assourdissant le petit chien se tait
                 Les grand yeux curieux
  C’est un briquet tout rond tout frisé brun foncé
           La bourre de ses long poils fait
             Des amas gris sales terreux.
        À l’arrière de la voiture, il a si chaud
      Qu'on s’arrête au bord d’un point d’eau
           Au lieu de boire, il plonge, ravi
    En sortant de l’eau il est efflanqué amaigri
              Il semble sortir d’un égout.
        Il s’ébroue nous maculant de boue.
      C’est ainsi qu’a débuté cette aventure
     Le petit chien si calme sous son résineux
    Fut un compagnon très enjoué et facétieux
  Qui ne pensait qu’à vagabonder dans la nature
           Qu’à courser le facteur en képi
          Venu nous apporter le calendrier




                  Groshibou
Ça devait être un soir
      Ou peut être une nuit
     Sur mon vieux canapé
      Je me suis endormie
   C'était après une beuverie
J'ai cru voir d'une plaque d'égout
      Sortir un vieux képi
       Le temps était doux
         Je me suis levée
      Titubant dans le noir
      J'ai pris mon briquet
        Je voulais savoir
       Lorsque j'ai allumé
      Les chiens de la nuit
      Se sont mis à aboyer
     Et je me suis assoupie
    Et derrière le calendrier
       Ahurie j'ai cru voir
       Les chiens enragés
     Disparaitre dans le noir
Laurie


    Rappelle-toi, les champs de blé
 De notre enfance, de toi, j'ai gardé
   L'éclat magique de notre amitié
 Les cris des mouettes émerveillées
    Nos promenades dans les prés
  Nos restaurants de fins d'années
Tout cela, dans mon cœ ur je l'ai gardé

 Te souviens tu cher Amour Amitié
   De ce clochard tant désespéré
Que nous invitions parfois à manger
  Pour avec lui, ensemble partager
Bécassine

              Mon jumeau


 J’avais un jumeau qui me ressemblait
    Tant, qu’à être lui je m’amusais
        Sans même qu’il le sache
     Je lui jouais des tours potaches


   En me cachant, aux belles cyclistes
Je faisais le coup du pneu qui fait pschitt
 Mon frère non-loin se faisait houspiller
Étant du tournevis le malandrin désigné


  D’un hamburger nous faisions paire
   À lui le pain, à moi pâté de chaire
  Lui c’était le candide moi le vantard
   Des deux qui sera le plus veinard ?


      À l’aube de notre vie adulte
Séparés nous étions comme liés
               Ce que faisait l’un l’autre l’avait pensé
         D’une simple pensée nous faisions la culbute


               D’aucun nous traitaient en pot-de-colle
           À nous voir même loin toujours si proche
         Quel avenir eussions nous tiré de nos poches
           Que celui d’être toujours à la même école




Gateuxrigolo

À mon âge rien de tel qu’une promenade sur la plage
à la place du vent dans les couettes,
je n’entend que le chant des mouettes. Je ne suis plus
une petite fille à qui l’on peut lire la belle et le
clochard. Je suis de celles que l’on invite au
restaurant ou faire un tour dans les champs de blé
Mais je me plais à rêver en regardant mon reflet dans
l’eau
Qu’un jour mon prince viendra m’enlever

De z'hom

un clochard avait froid et faim
devant un restaurant il tendait la main
il ręvait de champs de blé
mais il ne voyait que son reflet
dans le ciel il aperçut une mouette
et il vit la mer dans sa tęte
lui qui n’ avait rien
ręvait d’ un bout de pain




         Caréli
       Moi je fais des vers de mirliton.
        J’ignore tout de la métrique,
         Suis nulle en arithmétique,
        Préfère manger des bonbons
         Que fatiguer mes neurones.
           Je joue avec mon chien,
         Fais des touts petits riens.
          Vrai, je ne suis pas bonne
            Aux choses sérieuses.
              Je bats le briquet
             Quand fait frisquet.
          Je préfère être heureuse,
          Me blottir au coin du feu
         Loin des bruits, du dégoût,
Loin des bouches d’égout
               Oublier ce qu’est affreux
           Oublier le temps des calendriers.
                Je grignote, je rêvasse
               Loin du temps qui passe
         Loin des hommes en képi, fous à lier,
                  Suis bien chez moi,
              Et chez moi, c’est chez toi.



gateuxrigolo (celui de ma fille)


Je voudrais tant être un ange pour arracher une
étoile
Et l'accrocher dans ton cœur pour que tu brilles
de Mille feux.
Je voudrais tant être une peluche pour te
rassurer
Et te protéger des cauchemars.
Je voudrais tant être la lune pour pouvoir te
Regarder dormir paisiblement.
Je voudrais tant être un chat pour te faire plein
de Câlins
Et dormir dans tes bras.
Je voudrais tant te serrer dans mes bras
Et te dire que tout va bien se passer.
Je voudrais tant m'enlever le cœur
Et le couper en morceaux pour t'en donner une
part.
Je voudrais tant tout cela mais une paroi de verre
M'en empêche.
Je suis enfermée et impuissante.
Je suis désolée..




                 Careli
                   J’allais à bicyclette
                   Chantant à tue-tête
                Les yeux dans les étoiles,
               Fallait bien que je m’étale.
                  À regarder les astres,
                Réussir un beau désastre:
              Les muscles jumeaux déchirés
                    Mon vélo: expiré !
                Même le roi du tournevis
            Ne pourra récupérer toutes les vis.
             Même le plus grand pot de colle
Ne réparera mon épaule.
    Griffée, dépenaillée, cheveux en pétard
        J’allais dans un petit café noir
        Chercher un peu de réconfort
              Avais-je raison, ou tort ?
            J’avalais aussi un hamburger
             Qui me donna mal au cœur.
           Moralité : A regarder les étoiles,
                 Je finis à l’hôpital !




         Groshibou


      Tout au fond de la nuit
          La lune blafarde
          Sans état d'esprit
     Froidement me regarde
Et, bien au chaud sous ma couette
    Je pense aux temps enfuis
     Où, partant à bicyclette
       Je parcourrai la nuit
      Avec pour tout bagage
  Un tournevis, un hamburger
     Continuant mon voyage
Et surmontant ma peur
Je sais bien, je suis un peu folle
    Je travaille du chapeau
  J'ai perdu mon pot de colle
    Allez je repars au dodo
   Et pour finir cette contine
    J'ai oublié les jumeaux
    Pardonne moi bécassine
    Je travaille du chapeau




             Restos


           De restos
           en cœur
           de rangs
            en cage
           j'enrage
de naître
   en être
  de sang
  en vains
   efforts
  de vivre
  non ivre
un monde
 qu'inonde
la rancœur
 et la peur
Careli

Vieille dame indigne


           Quand je serai bien vieille
     Je veux être une vieille dame indigne
    Du genre qui s’enivre du jus de la treille.
          Riant à l’ombre de ma vigne
      Je regarderai tous ces petits jeunes
      Sérieux, comme jamais je ne l’ai été
       Comme des ermites en plein jeûne
        Ne connaissant rien de la gaieté
         Tout expliquer à l’envie, gloser
            M’expliquer tout et rien.
         Ignorant la beauté de la rosée,
           Et la folie d’un jeune chien.
     Et je me souviendrai de mes vingt ans
          De la chaleur du printemps.
     Comme on dit : C’était le bon temps
       Je n’en regretterai pas un instant.
De Bécassine                    Jojo
                    C’est un gentil jojo, tout le jour
                    Il se prend pour le roi, le héros
                   De la cité, du bitume, du caniveau.
                   En deux temps il vous joue un tour

                J’aime le voir faisant ses embrouilles.
               Un jour, l’air de rien il dégotte en douce
                 Des larousses comme s’il en pousse
               Des dicos pourquoi ? Ben, la tambouille !

                Me dit-il, de son air de ne pas y toucher
                «La cass ‘trole, et ben j’suis trop p’tit…
               Les ‘la rousse’, c’est qu’j’suis trop rikiki »
               Le flegme, il ne connait pas, juste écorché

                    je le vis, une autre fois, arriver
                 Comme un dératé, le feu quelque part
                  C’est sûr, ou bien un train de retard.
                 Atterrit, en un virage serré, sur le nez.

                  Chouinant à vous en fendre l’âme,
                    En chapelet se mit à dégoiser
                     Une suite de gros mots osés
                  Devant les passants qui s’exclament

               Sur ses talons, les bleus, la maréchaussée
                 Viennent pour lui mettre les poussets
                  C’est que notre hardi, plutôt gonflé
                 D’un plantigrade c’est pris d’amitié.

                  La veille au soir, sans concertation
                 Pris la direction du parc zoologique
                Prestement escalade, une gymnastique,
                   Les grilles de cette vaste prison.

                      Et libère en un tour de main
                     De leur ‘Eden’ ours et oursons
                      Qui s’enfuient tels démons
                      Sans même penser à demain

                      Nos amis pandores ne surent
                     Ni ne virent quoi, ni comment
                    Le rusé, bravement en se jouant,
                     Faussa une compagnie d’azur
careli


        A la naissance que reçoit-on en
                    héritage ?
          Peut-être la poursuite d’un
                     objectif,
       Parfois le goût du partage
      Ou bien le goût léger, furtif,
 Pour le bonheur, sentiment qui enivre
      Fait oublier le rire grinçant
   De ces râleurs qui ne veulent vivre
   Que semblables au bruit de la craie,
 crissant, Sur le tableau de leurs désirs
                   ratés,
     Passant leur triste vie à cuver
       Leur vie amère et frelatée.
  A eux je dis, videz vos verres, buvez,
   Et que la gaieté venue de la bonne
                   chère
    Fasse de vous de joyeux convives
  De ceux que l’on appelle : compères
 Gais comme pinsons, souls comme des
                  grives.
Careli
           D’une oreille j’écoutais la télé
            Parlait d’OGM, champs de blé,
                Parlait séisme, guerre
                OM et grande misère.
             Comme des cris de mouette
             Juste au dessus de ma tête,
             Parlant de grands malheurs,
         Me brisant encor et encor le cœur.
             Reflets d’une triste réalité :
          Clochards ne sachant où habiter.
         Où sont passés les contes de fées ?
              Disparus, en allés, défaits.
               Mais comme une lueur,
           Les restaurants, ceux du cœur.
                Un espoir, une bonté,
               Mais hélas une nécessité


.
Caréli
         Chaque soir, chez gros hibou
              Maraude un renard
            Qui vient faire joujou
             A l’abri des regards
         Avec ses poules et ses lapins.
          C’est rageant qu’il dérobe
            Ses œufs avant l’aube
         Et qu’il commette ses larcins
            En semblant se railler.
            Mais elle veille et piège
           Ce goupil qui fait le siège
               De son poulailler.
             Un jour, elle va l’aura
                  Ce voleur rusé
             Qui s’est bien amusé.
             C’est elle qui gagnera
Groshibou
            j'ai failli l'oublier le renard
                     ce gros malin
                         roublard
                   ce vieux coquin
                mais un de ces jours
                  peut être demain
               sera son dernier tour
                    sonnera sa fin

                mais en attendant
                 assez pour ce soir
                je vais doucement
                  filer dans le noir
                sous mon édredon
                  aller au plumard
                avec mes chatons
                  je suis en retard

               bonne nuit mes amis
                couvrez vous bien
                mes chères fourmis
               je vous dit a demain
et j’attends patiemment
                    comme tous les soirs
                   le retour du printemps
                  le renouveau et l'espoir


Careli
A tous les empêcheurs
De rire en rond
A eux, en panne de bonheur,
Aux grincheux, ronchons,
Je veux vous ignorer,
Je veux vous raturer.
Ma vie, je veux la colorer
De joie pour me rassurer.
Ne pas entendre vos cris,
Ne pas voir vos tristes mines,
Faire des papillons de mes écrits,
Afin que la nuit s’illumine.
Et que votre humeur morose,
Vole en mille éclats,
Que ma vie soit rose,
Et, du noir sonne le glas.


Bécassine
         L'était un papy de bon tempérament
              Qui volait très allègrement
          D'un message prestement à l'autre
          Pas autruche, ni fan de pâtre nôtre
              Prit son élan pour plonger
D'un salto avant sans s'inonder
                En ce lieu de tumulte
           Il fit voir comment culbuter
          Celui qui, toute honte avalée
          Ose lui crier "haro" le baudet




Caréli
                Je poétise allègrement
           Et les mots viennent facilement
              Je m’exprime légèrement
             Quand je le fais en rimant.

              Ce n’est pas pour autant
              Que j’écris à tout instant
                Et parfois j’attends
              Les mots très longtemps.

               C’est vrai qu’il m’arrive
            De rester bloquée sur la rive
             Souvent la muse s’esquive.
             C’est une fugace convive.
Gateuxrigolo
         que de déboire j ai eu droit ce soir
           que de malheurs en mon cœur
         mais ici parmi les fourmis je revis
           et demain j aurai faim de câlins
                de bisous de mon chou
               des sourires de ma fille
qui ce défile à mes baisers qui dans le passé étaient
                        adorés




Bécassine
Il était une fois, des fois
Autre fois, ma foi je le crois,
À foison, poussés du norois
                                  oissons aux foies
                                  d’airain
Comme en foire aux saints
Succombaient en l’étouffoir
Telle foule pressée au hâloir

                                               arfois même se
                                               jetaient
Fouaillés, au travers d’étais
AA Aaffolés, cernés, masse foisonnante
Dans l'écume froide et vibrante
Seuls, petits et fretin quelques fois
Explosaient, gerbe argentée, d'effroi



Bécassine                  La Quête
                   Il courait sans prendre haleine.
                   On avait envie d’être son chien,
                   De le guider le long du chemin.
                  Le cheveux hirsute, il faisait peine

                   Son pas soudain se fit plus lourd.
                     De loin on voyait la vapeur
                   Dégagée par son corps en sueur.
                  À nos exhortations, il sembla sourd

                    Au bout du chemin, démasqué
                   Enfin, il l’aperçut, dressé, géant,
                  Comme sorti d’un tombeau béant .
                      Était-ce un rêve ou réalité

                    On percevait de lui seulement
                   Le contour flou, comme nimbé
                    D’une brume naissante d’été.
                  L’esquisse d’un corps évanescent

                  Est-ce celui d’un simple maraud ,
                   D’un quelconque traîne-misère
                   C’est sûr, il ne peut plus se taire
                 Cet être, nul doute, est son alter ego

                  Les visages lentement s’approchent
                    Des pieds la poussière retombe
                     Une lassitude d’outre-tombe
                  Les mains impatientes se cherchent
Las, jamais tu n’auras pu renouer
                  De cet être nulle pitié à attendre
                  Aucune espérance de te rendre
                     Cette âme qu’il t’a dérobée

                  Juste de tes lèvres tel un vampire
                Il vient d’aspirer le dernier, l’ultime,
                   Le vital fluide qui ta vie anime.
                  Le souffle dernier que tu expires.

Caréli

               Souvenirs
Te souviens-tu, j’étais encor’ fillette
C’était un magnifique jour de fête
On avait poussé les volets à l’espagnolette
Nous buvions et mangions une galette.

De notre fenêtre, on voyait le parapet
Qu’avait construit le papet
La rambarde en était toute râpée
Et le bois moisi du pont nous faisait déraper.

Une fois je m’en souviens, lors d’une escapade,
Alors que soi disant j’étais malade
De l’école, me faisant une dérobade,
J’y avais attrapé une belle estafilade.

Cette galette cuisinée par la Mamie, avec habileté
J’en ai le souvenir attendri, en vérité.
J’en sens encore, le goût avec limpidité
Qui chassait de la poussière l’insipidité.
Les jours enfuis ont pour moi, pour toujours,
L’odeur de la pâte sortant du four,
Et ce goût que je retrouve avec émoi , celui de l’amour.
Amour que la famille partageait chaque jour




Bécassine :

Destin
Elle s’est retrouvée seul sur le quai
Valise à la main par un matin chagrin
En partance vers un improbable destin
De n’être qu’un caillou, un objet

Toute menue dans son ciré plastique
Elle semblait ignoré même pourquoi
Le fonctionnaire au sourire sardonique
Lui avait intimé : Ici t’es pas chez toi !

Chez moi, c’est où alors, dans quel port ?
De quel pays suis-je l’enfant chéri ?
Ma maison, mon école, tous mes amis
Sont pourtant ici, quel est mon tort ?

Elle ne l’a pas vu arriver, simple quidam
Il l’interpelle dans la rue : Toi là !
Et aussitôt emmenée par une dame
Allez petite, pas d’histoire ! monte-là !

La voilà toute seule, elle pleure, reniflant
Comme l’enfant qu’elle fut il y a peu
Résonnent échos des rires et des jeux
Son cœur en complainte cri : Maman !

Tout son être se rétracte comme aspiré
De toute l’énergie qui l’habitait jadis,
Quand de la carmagnole en coulisse
Les couplets elle écoutait, inspirée

C’était l’époque ou tout était lumineux,
L’avenir étendant ses doigts sur elle,
Lui prédisait un avenir merveilleux
De citoyenne, de femme, comme gazelle

L’école, c’est fini, pour elle à jamais,
Là où elle va son avenir n’existe pas.
Finies les galéjades des amis marseillais,
Promenades languissantes sur les quais.

Destin d’expulsée, destin d’égarée
Brebis sacrifiée sur l’autel implacable
De la loi du vide, la loi sinistrée
Juste un enfant qui part sans cartable
Caréli :


Mythique
S’endormir dans une forêt enchanteresse
Et croire au sortir d’un rêve éthylique
Avoir fait une rencontre mythique
Avoir vu les dieux et les déesses
Danser dans une forêt en train de reverdir.
Le printemps donne de ces songes.
Mais c’est le temps qui les ronge
Cause l’oubli qui les fait déguerpir.
Dans des siècles reculés.
Il y avait des faunes et des sirènes
Qui jouaient avec les humaines
Et festoyaient sur des autels maculés.
Ils ont, depuis longtemps, disparu
Laissant place au scepticisme
De cette nuit-là, je préfère l’onirisme
Dans lequel ils ont réapparu.




Caréli :
Pas sérieux
Je veux vous parler d’un quidam
Qui se voulait le plus grand
M’appelait m’dam,
Se prenait pour un géant
Vous racontait être le meilleur,
Vous racontait des galéjades
Avec son air railleur
C’n’était que des salades


A l’entendre, l’aurait fait la révolution
En chantant la carmagnole
L’aurait dansé sur le pont d’Avignon
Disait des mensonges, le drôle.
Tout en vous dérobant le cœur,
Il rigolait, ironique,
S’enfuyant, comme un voleur
Dans un éclat de rire sardonique.
S’appelle Polichinelle
Et toujours fanfaronne.
C’est un fichu rebelle
Ce n’est un secret pour personne


Bécassine :
                            Cancans
                      Cancane en ricanant
                      La canne va à l’encan
                     Et quand le cantonnier
                       Sur son quant-à-soi
                      Pousse la cansonette
                    Les cantinières en émois
                     Candides et soubrettes
                    Se disent qu’en dira-t-on
                   À la cantonade ? Y serons
                Dames patronnesses évoquant,
               En grands cantiques, le Vatican.
              Loin du boucan, notre cancaneuse
              S’en ira, claudiquant, et moqueuse




Caréli
Je cale, ma barque fait escale
C’est mal, mes rimes sont bancales
Ma muse se fait la malle.

J’aborde au port
J’ai fort à faire, j’écris avec effort
J’ai encor’ perdu le nord
Entre nous j’ai jeté l’ancre
Je ne suis qu’une cancre
Comment écrire sans encre.




Gateuxrigolo
                    Ce matin j ai pris mon bain
                      Après j'avais grand faim
               Mais manque de bol j ai plus de pain
                   Je devient folle et vide le vin
                        Me voila bien fine
               Avec ma bibine reste plus qu'une chose
                         Que je me repose


Dududu

j'aime mieux les crevettes
et puis la blanquette
Danser sur l'herbette
et faire des galipettes


mais ça n'est plus de mon age
Il faut que je sois sage
sage comme une image
et ça c'est bien dommage




Bécassine

                           Topes là !


                     D        e taupe natif
                              le regard vif
                           sur l'cailloux
                       de tif point du tout
            Elle galiérise à tout va sur la pelouse
                      foin des monticules,
                    elle dresse son édicule.
                    nul rai de soleil ne perce
                 pour y mener son commerce;
                  point de lunettes n'a besoin.
                   le flair lui dicte le chemin
                     et d'une oreille avertie
                    le vermisseau elle suit.
               Son territoire c'est l'expansion!
                   tôt matin fait le planning
                   de ses futures acquisition.
                 les racines lui sont bénignes,
                   à grands coups de griffes
                elle vous essarte une panoplie
               de ces ronces qui vous griffent.
             joyeusement déplace comme on rit
              des bannées de déblais en vitesse
c'est que notre demoiselle
                     est une grande travailleuse
                   de bonne heure elle vous creuse
                    des hectares comme carrousel
                   Et si vous décidiez un beau jour
                     de mettre terme à ce labour
                sachez que là seulement commencent
                les vrais ennuis de cette suffisance....
Dududu

Non je ne suis pas sage
Je conduis trop vite
Au fond du virage
Il y avait un flic
Qui ma donné un gage
Et m'a pris tout mon fric

Juju

C      huuuut... Elle dort encore

J'ai les yeux fermés, ma tête est vide
J'ai les yeux fermés, je suis seule dans le noir
J'ai les yeux fermés, ma tête est vide

Je tends l'oreille aucun bruit autour de moi
Qu'un pâle chuchotement, est-ce le bruit du vent

Je tâtonne doucement, je sens mon corps
Je tâtonne doucement, donc je vis encore

Je ne dors plus, je tâtonne mon corps
Je ne rêve plus, j'existe encore

J’entrouvre les yeux, personne autour de moi
Je ne rêve plus et j'ai soudain très froid

Je suis seule au monde, j'ai envie de crier
Mon corps me semble de plus en plus glacé

Soudain, un ange passe et me sourit
Je ferme les yeux et la paix m'envahit

Je ne rêve plus, j'existe encore
Je ferme les yeux et je souris à la nuit

Enfin apaisée, le sommeil m'emporte
Je ne suis plus seule, et je vis encore

Laurie


                            Renaissance

         T    out doucement, par le temps qui coule
                   On déroule son corps fatigué
               La vie nous pousse et nous roule
                   Dans un long vide affecté
                Quand des moments de peine
                  Nous isole dans nos pleurs
                  Nos angoisses ne tiennent
                  Qu’au fil de longues heures
                Quand, d’un regard, d’un mot
                       D’une main tendue
               Notre cœur est en renouveau
                   Il bat jusqu'à en être ému
               Quand le long tunnel s’évanouit
                Pour laisser se glisser un soleil
              Dans le bout de cette longue nuit
                  Qui nous semblait éternel
                  Regarde comme c’est beau
                 Sent les odeurs du printemps
                       Tout est renouveau
                   Laisse le temps au temps
                  D’une armure de guerrier
On enfouit les sentiments
                     Les armes déposées
                 Laissent entrevoir l’humain
                  Quand un sourire ébahi
                      Esquisse une joie
                  C’est le moment de trêve
                    Tout est en harmonie

Juju


J      e ne suis pas un bon jardinier

Il faut du temps pour faire germer une graine,
Il faut avoir la patience d’attendre et observer

Je ne suis pas un bon jardinier

Il faut du temps pour faire pousser une fleur
Il faut savoir regarder sans brusquer, laisser
respirer

Je ne suis pas un bon jardinier

Il faut du temps pour faire pousser un arbre
Il faut savoir lui parler, le caresser, le soigner

Je ne suis pas un bon jardinier

Mais je suis prêt à apprendre

La nature est si présente autour de nous
Que je ne la vois plus, aveugle ou indifférent

Je deviendrai un bon jardinier
Je saurais patienter, observer, laisser respirer,
Parler, caresser, soigner et surtout protéger


Gateuxrigolo

sage comme une image je n'irai pas à la plage
sage comme un page perdu dans mon village
sage à mon âge je vais a d'autres rivages




                            L
               Bécassine
                                e jardin
                                Asymétrique et hétéroclite
                                  En un désordre organisé
                                 Où le non-carré fait suite
                                          Au presque-droit
                                            De bric en bacs
                                           De pots en brocs
                                  Comme des mâts en rade
                                  Surgis comme par erreur
                             Règnent les tuteurs éphémères
                              Contre le gré de leur créateur
                                             Le....jardinier




R
Bécassine
         ien de ton amour
         Pour me dire des acrostiches,
         Nichts !
Me déclarer j'en suis baba,
Nada !
Devenir ma beauté étoilée,
Niente !
D'amour et de swing,
Nothing !
Car d'un sourire, tu fais la nique
Nimic !
Et....
De ton cœur sous ton sein
Rien !



Groshibou

                 y    en a de gentils ,,, de fantômes
                              tapis dans le noir
               ceux qui tirent les orteils des hommes
                         lorsque tombe le soir
                   cette longues écharpe blanche
                  qui flotte à la tombée de la nuit
                      accrochée à une branche
                           attention c'est lui
                   c'est lui ce coquin de fantôme
                   qui furtivement , sur ton ordi
                  s'étire ,tout doucement comme
                         une touche d'organdi
                      attention , pauvre firmin
                       il est voyou ce fantôme
                         cache toi mon gamin
                      et a demain sur le forum




U
Sybille
        ne croisière
        Au pays de la poésie
        Ce n'est pas une hérésie
Mais une réalité printanière
Au pays des fourmis
Affalées sur des tatamis




             C
Caréli
                      'est mon vieux chien qui dort
                           Aplati, au coin du feu,
                        Il a clos ses bons yeux d'or
                       Rassuré et heureux.
               Il rêve, je le vois, sa truffe frémit,
                       Ses pattes s'agitent.
                    Parfois il soupire, gémit.
                 Dans ses songes il court, vite,
                  Derrière une proie odorante
               Qui l'entraîne loin de la maison,
                         Course vivifiante
                   Sous de vertes frondaisons.
                     Je retiens une caresse,
                    Le laisse à son sommeil,
                   Ses souvenirs de jeunesse.
                       Je crains son réveil,
                 Qu'il ouvre ses bons yeux d'or
                Me regarde avec tant d'amour,
                  Me demande d'aller dehors,
                   Que je le porte, poids lourd
                   A mon corps, à mon cœur.
              La vieillesse le cloue auprès de moi
                 Il n'en garde aucune rancœur
                    D'être si loin de ses bois.
Je lui ai promis, que pour son dernier voyage
                             Je serai près de lui
                   L'accompagnant jusqu'à l'autre rivage
               Jusqu'à ce que dans yeux d'or, tombe la nuit.




m
Gateuxrigolo
         on chat dort comme un pacha
         affalé sur son coussin
il a oublier de faire son malin
de temps en temps
il montre les dents
faut voir comme il sourit
à croire qu'il court après une souris
sa douce respiration
entourée de ronron
me donne inspiration
et calme ma dépression



                Caréli :
                                Alexandrin

                 J
               e l’ai dit, je le sais, je serai heureuse
               Non, pas question d’être une vieille râleuse
              Tôt, ce matin j’ai vu voleter des oiseaux
    Les canards plongeaient au lointain dans les roseaux.
            Tout aussitôt j’ai éteint la télévision
           Coupant et la météo et ses prévisions,
         Préférant les gazouillis à ces faits divers
Qui me mettent la tête et le cœur à l’envers.
           Puis j’ai regardé le vol des tourterelles
            Et mon cafard s’est enfui à tire d’aile




careli


S     oir de patinage
      Hier, j’espérais vivre un rêve
mais, la parole de Nelson ignore la trêve.
Je croyais naïvement que le patinage,
du mouvement et de la musique, scellait le mariage.
Mais d’Annick, Philippe et Nelson,
il a fallu, sans du tout perdre la raison,
subir le continuel et insensé babillage.
A ma plus grande et profonde rage,
sur les mesures harmonieuses d’un violon,
j’ai dû, navrée, écouter les longues péroraisons
d’un sinistre raseur, qui sans répit
a réussi à couvrir les mélodies de son débit.
Glosant sur les femmes, leur physique,
ne se préoccupant que de leur plastique,
en bref, réduisant ces dernières
à la seule forme de leur derrière.
Comment ont-ils osé tout ravager ?
Faudra-t-il attendre qu’ils soient trop âgés
pour sévir sur les ondes et dans nos demeures ?
À moins que centenaires, ils ne meurent
accroché à leurs micros sonores,
nous assourdissant encore et encore,
jusqu’à la dernière minute de leur existence
nous gâchant le patinage de leur «science» ?
Je réclame un référendum,
que le peuple dise le sort de ces hommes,
qu’à défaut de couper les têtes, on coupe l’antenne,
reléguant ces bavards du devant de la scène
à un douillet petit placard,
bien loin de nos oreilles et nos regards.



Juju

O      n ne peut vivre sans tendresse
       C'est une délicieuse faiblesse

Si dans le feu de la jeunesse
l'amour fait des prouesses
Sans la tendresse l'amour n'est rien
Qu'un feu de paille qui ne mène à rien

On ne peut vivre sans tendresse
Quand les cheveux blancs paraissent
Qui a-t-il de plus beau que la caresse
Du compagnon qui partage cette tendresse

Si la vie impitoyable sème des embuches sur ta route
Qui peut empêcher ton cœur de partir à la déroute
Si ce n'est celui qui en te prenant la main
Se rapproche de toi te rappelant sa tendresse

On ne peut vivre sans tendresse
C'est une délicieuse faiblesse
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  • 1. Poèmes des fourmis radines ~ 2010 ~ Ivresse
  • 2. De ce jour je me souviens Il faisait un temps de chien J'errai en de vague rêveries Demain c'est sûr je m'enfuis Je pars loin de ses relents d'égouts Qui me poursuivent, jusqu'au bout De la nuit, et de mes songes Qu'ai-je à faire d'autre qui ne me ronge Au dire du calendrier, le jour qui vient, Jour de liesse, on se doit d'y être serein Moi ce sera du vin que je tirerai ma liesse Que je ne puise qu'en ce sournois xérès De képis, oncs à l'horizon, À m'interdire le divin poison. Seuls mes remords me jaugent, De leurs poids ils me jugent Je bats le briquet, lentement Du fond de mon ivresse J'émerge et me remets. Qu'ai-je fait ma princesse?
  • 3. bab L'air de rien Voilà que ce fichu chien Ce vieux roquet Mon briquet a tiapé. Le voici aussi rogné Qu'un vieux calendrier Traînant dans la boue Sur une grille d'égout. Que me vaut ce malheur Plus aucune lueur Dans le noir je suis Tel un crane sous un képi.
  • 4. Pattouf Roulé en boule sur le sol sous un cyprès Dans le chenil assourdissant le petit chien se tait Les grand yeux curieux C’est un briquet tout rond tout frisé brun foncé La bourre de ses long poils fait Des amas gris sales terreux. À l’arrière de la voiture, il a si chaud Qu'on s’arrête au bord d’un point d’eau Au lieu de boire, il plonge, ravi En sortant de l’eau il est efflanqué amaigri Il semble sortir d’un égout. Il s’ébroue nous maculant de boue. C’est ainsi qu’a débuté cette aventure Le petit chien si calme sous son résineux Fut un compagnon très enjoué et facétieux Qui ne pensait qu’à vagabonder dans la nature Qu’à courser le facteur en képi Venu nous apporter le calendrier Groshibou
  • 5. Ça devait être un soir Ou peut être une nuit Sur mon vieux canapé Je me suis endormie C'était après une beuverie J'ai cru voir d'une plaque d'égout Sortir un vieux képi Le temps était doux Je me suis levée Titubant dans le noir J'ai pris mon briquet Je voulais savoir Lorsque j'ai allumé Les chiens de la nuit Se sont mis à aboyer Et je me suis assoupie Et derrière le calendrier Ahurie j'ai cru voir Les chiens enragés Disparaitre dans le noir
  • 6. Laurie Rappelle-toi, les champs de blé De notre enfance, de toi, j'ai gardé L'éclat magique de notre amitié Les cris des mouettes émerveillées Nos promenades dans les prés Nos restaurants de fins d'années Tout cela, dans mon cœ ur je l'ai gardé Te souviens tu cher Amour Amitié De ce clochard tant désespéré Que nous invitions parfois à manger Pour avec lui, ensemble partager
  • 7. Bécassine Mon jumeau J’avais un jumeau qui me ressemblait Tant, qu’à être lui je m’amusais Sans même qu’il le sache Je lui jouais des tours potaches En me cachant, aux belles cyclistes Je faisais le coup du pneu qui fait pschitt Mon frère non-loin se faisait houspiller Étant du tournevis le malandrin désigné D’un hamburger nous faisions paire À lui le pain, à moi pâté de chaire Lui c’était le candide moi le vantard Des deux qui sera le plus veinard ? À l’aube de notre vie adulte
  • 8. Séparés nous étions comme liés Ce que faisait l’un l’autre l’avait pensé D’une simple pensée nous faisions la culbute D’aucun nous traitaient en pot-de-colle À nous voir même loin toujours si proche Quel avenir eussions nous tiré de nos poches Que celui d’être toujours à la même école Gateuxrigolo À mon âge rien de tel qu’une promenade sur la plage à la place du vent dans les couettes, je n’entend que le chant des mouettes. Je ne suis plus une petite fille à qui l’on peut lire la belle et le clochard. Je suis de celles que l’on invite au restaurant ou faire un tour dans les champs de blé Mais je me plais à rêver en regardant mon reflet dans l’eau Qu’un jour mon prince viendra m’enlever De z'hom un clochard avait froid et faim devant un restaurant il tendait la main
  • 9. il ręvait de champs de blé mais il ne voyait que son reflet dans le ciel il aperçut une mouette et il vit la mer dans sa tęte lui qui n’ avait rien ręvait d’ un bout de pain Caréli Moi je fais des vers de mirliton. J’ignore tout de la métrique, Suis nulle en arithmétique, Préfère manger des bonbons Que fatiguer mes neurones. Je joue avec mon chien, Fais des touts petits riens. Vrai, je ne suis pas bonne Aux choses sérieuses. Je bats le briquet Quand fait frisquet. Je préfère être heureuse, Me blottir au coin du feu Loin des bruits, du dégoût,
  • 10. Loin des bouches d’égout Oublier ce qu’est affreux Oublier le temps des calendriers. Je grignote, je rêvasse Loin du temps qui passe Loin des hommes en képi, fous à lier, Suis bien chez moi, Et chez moi, c’est chez toi. gateuxrigolo (celui de ma fille) Je voudrais tant être un ange pour arracher une étoile Et l'accrocher dans ton cœur pour que tu brilles de Mille feux. Je voudrais tant être une peluche pour te rassurer Et te protéger des cauchemars. Je voudrais tant être la lune pour pouvoir te Regarder dormir paisiblement. Je voudrais tant être un chat pour te faire plein de Câlins Et dormir dans tes bras. Je voudrais tant te serrer dans mes bras
  • 11. Et te dire que tout va bien se passer. Je voudrais tant m'enlever le cœur Et le couper en morceaux pour t'en donner une part. Je voudrais tant tout cela mais une paroi de verre M'en empêche. Je suis enfermée et impuissante. Je suis désolée.. Careli J’allais à bicyclette Chantant à tue-tête Les yeux dans les étoiles, Fallait bien que je m’étale. À regarder les astres, Réussir un beau désastre: Les muscles jumeaux déchirés Mon vélo: expiré ! Même le roi du tournevis Ne pourra récupérer toutes les vis. Même le plus grand pot de colle
  • 12. Ne réparera mon épaule. Griffée, dépenaillée, cheveux en pétard J’allais dans un petit café noir Chercher un peu de réconfort Avais-je raison, ou tort ? J’avalais aussi un hamburger Qui me donna mal au cœur. Moralité : A regarder les étoiles, Je finis à l’hôpital ! Groshibou Tout au fond de la nuit La lune blafarde Sans état d'esprit Froidement me regarde Et, bien au chaud sous ma couette Je pense aux temps enfuis Où, partant à bicyclette Je parcourrai la nuit Avec pour tout bagage Un tournevis, un hamburger Continuant mon voyage
  • 13. Et surmontant ma peur Je sais bien, je suis un peu folle Je travaille du chapeau J'ai perdu mon pot de colle Allez je repars au dodo Et pour finir cette contine J'ai oublié les jumeaux Pardonne moi bécassine Je travaille du chapeau Restos De restos en cœur de rangs en cage j'enrage
  • 14. de naître en être de sang en vains efforts de vivre non ivre un monde qu'inonde la rancœur et la peur
  • 15. Careli Vieille dame indigne Quand je serai bien vieille Je veux être une vieille dame indigne Du genre qui s’enivre du jus de la treille. Riant à l’ombre de ma vigne Je regarderai tous ces petits jeunes Sérieux, comme jamais je ne l’ai été Comme des ermites en plein jeûne Ne connaissant rien de la gaieté Tout expliquer à l’envie, gloser M’expliquer tout et rien. Ignorant la beauté de la rosée, Et la folie d’un jeune chien. Et je me souviendrai de mes vingt ans De la chaleur du printemps. Comme on dit : C’était le bon temps Je n’en regretterai pas un instant.
  • 16. De Bécassine Jojo C’est un gentil jojo, tout le jour Il se prend pour le roi, le héros De la cité, du bitume, du caniveau. En deux temps il vous joue un tour J’aime le voir faisant ses embrouilles. Un jour, l’air de rien il dégotte en douce Des larousses comme s’il en pousse Des dicos pourquoi ? Ben, la tambouille ! Me dit-il, de son air de ne pas y toucher «La cass ‘trole, et ben j’suis trop p’tit… Les ‘la rousse’, c’est qu’j’suis trop rikiki » Le flegme, il ne connait pas, juste écorché je le vis, une autre fois, arriver Comme un dératé, le feu quelque part C’est sûr, ou bien un train de retard. Atterrit, en un virage serré, sur le nez. Chouinant à vous en fendre l’âme, En chapelet se mit à dégoiser Une suite de gros mots osés Devant les passants qui s’exclament Sur ses talons, les bleus, la maréchaussée Viennent pour lui mettre les poussets C’est que notre hardi, plutôt gonflé D’un plantigrade c’est pris d’amitié. La veille au soir, sans concertation Pris la direction du parc zoologique Prestement escalade, une gymnastique, Les grilles de cette vaste prison. Et libère en un tour de main De leur ‘Eden’ ours et oursons Qui s’enfuient tels démons Sans même penser à demain Nos amis pandores ne surent Ni ne virent quoi, ni comment Le rusé, bravement en se jouant, Faussa une compagnie d’azur
  • 17. careli A la naissance que reçoit-on en héritage ? Peut-être la poursuite d’un objectif, Parfois le goût du partage Ou bien le goût léger, furtif, Pour le bonheur, sentiment qui enivre Fait oublier le rire grinçant De ces râleurs qui ne veulent vivre Que semblables au bruit de la craie, crissant, Sur le tableau de leurs désirs ratés, Passant leur triste vie à cuver Leur vie amère et frelatée. A eux je dis, videz vos verres, buvez, Et que la gaieté venue de la bonne chère Fasse de vous de joyeux convives De ceux que l’on appelle : compères Gais comme pinsons, souls comme des grives.
  • 18. Careli D’une oreille j’écoutais la télé Parlait d’OGM, champs de blé, Parlait séisme, guerre OM et grande misère. Comme des cris de mouette Juste au dessus de ma tête, Parlant de grands malheurs, Me brisant encor et encor le cœur. Reflets d’une triste réalité : Clochards ne sachant où habiter. Où sont passés les contes de fées ? Disparus, en allés, défaits. Mais comme une lueur, Les restaurants, ceux du cœur. Un espoir, une bonté, Mais hélas une nécessité .
  • 19. Caréli Chaque soir, chez gros hibou Maraude un renard Qui vient faire joujou A l’abri des regards Avec ses poules et ses lapins. C’est rageant qu’il dérobe Ses œufs avant l’aube Et qu’il commette ses larcins En semblant se railler. Mais elle veille et piège Ce goupil qui fait le siège De son poulailler. Un jour, elle va l’aura Ce voleur rusé Qui s’est bien amusé. C’est elle qui gagnera
  • 20. Groshibou j'ai failli l'oublier le renard ce gros malin roublard ce vieux coquin mais un de ces jours peut être demain sera son dernier tour sonnera sa fin mais en attendant assez pour ce soir je vais doucement filer dans le noir sous mon édredon aller au plumard avec mes chatons je suis en retard bonne nuit mes amis couvrez vous bien mes chères fourmis je vous dit a demain
  • 21. et j’attends patiemment comme tous les soirs le retour du printemps le renouveau et l'espoir Careli A tous les empêcheurs De rire en rond A eux, en panne de bonheur, Aux grincheux, ronchons, Je veux vous ignorer, Je veux vous raturer. Ma vie, je veux la colorer De joie pour me rassurer. Ne pas entendre vos cris, Ne pas voir vos tristes mines, Faire des papillons de mes écrits, Afin que la nuit s’illumine. Et que votre humeur morose, Vole en mille éclats, Que ma vie soit rose, Et, du noir sonne le glas. Bécassine L'était un papy de bon tempérament Qui volait très allègrement D'un message prestement à l'autre Pas autruche, ni fan de pâtre nôtre Prit son élan pour plonger
  • 22. D'un salto avant sans s'inonder En ce lieu de tumulte Il fit voir comment culbuter Celui qui, toute honte avalée Ose lui crier "haro" le baudet Caréli Je poétise allègrement Et les mots viennent facilement Je m’exprime légèrement Quand je le fais en rimant. Ce n’est pas pour autant Que j’écris à tout instant Et parfois j’attends Les mots très longtemps. C’est vrai qu’il m’arrive De rester bloquée sur la rive Souvent la muse s’esquive. C’est une fugace convive.
  • 23. Gateuxrigolo que de déboire j ai eu droit ce soir que de malheurs en mon cœur mais ici parmi les fourmis je revis et demain j aurai faim de câlins de bisous de mon chou des sourires de ma fille qui ce défile à mes baisers qui dans le passé étaient adorés Bécassine Il était une fois, des fois Autre fois, ma foi je le crois, À foison, poussés du norois oissons aux foies d’airain Comme en foire aux saints
  • 24. Succombaient en l’étouffoir Telle foule pressée au hâloir arfois même se jetaient Fouaillés, au travers d’étais AA Aaffolés, cernés, masse foisonnante Dans l'écume froide et vibrante Seuls, petits et fretin quelques fois Explosaient, gerbe argentée, d'effroi Bécassine La Quête Il courait sans prendre haleine. On avait envie d’être son chien, De le guider le long du chemin. Le cheveux hirsute, il faisait peine Son pas soudain se fit plus lourd. De loin on voyait la vapeur Dégagée par son corps en sueur. À nos exhortations, il sembla sourd Au bout du chemin, démasqué Enfin, il l’aperçut, dressé, géant, Comme sorti d’un tombeau béant . Était-ce un rêve ou réalité On percevait de lui seulement Le contour flou, comme nimbé D’une brume naissante d’été. L’esquisse d’un corps évanescent Est-ce celui d’un simple maraud , D’un quelconque traîne-misère C’est sûr, il ne peut plus se taire Cet être, nul doute, est son alter ego Les visages lentement s’approchent Des pieds la poussière retombe Une lassitude d’outre-tombe Les mains impatientes se cherchent
  • 25. Las, jamais tu n’auras pu renouer De cet être nulle pitié à attendre Aucune espérance de te rendre Cette âme qu’il t’a dérobée Juste de tes lèvres tel un vampire Il vient d’aspirer le dernier, l’ultime, Le vital fluide qui ta vie anime. Le souffle dernier que tu expires. Caréli Souvenirs Te souviens-tu, j’étais encor’ fillette C’était un magnifique jour de fête On avait poussé les volets à l’espagnolette Nous buvions et mangions une galette. De notre fenêtre, on voyait le parapet Qu’avait construit le papet La rambarde en était toute râpée Et le bois moisi du pont nous faisait déraper. Une fois je m’en souviens, lors d’une escapade, Alors que soi disant j’étais malade De l’école, me faisant une dérobade, J’y avais attrapé une belle estafilade. Cette galette cuisinée par la Mamie, avec habileté J’en ai le souvenir attendri, en vérité. J’en sens encore, le goût avec limpidité Qui chassait de la poussière l’insipidité.
  • 26. Les jours enfuis ont pour moi, pour toujours, L’odeur de la pâte sortant du four, Et ce goût que je retrouve avec émoi , celui de l’amour. Amour que la famille partageait chaque jour Bécassine : Destin Elle s’est retrouvée seul sur le quai Valise à la main par un matin chagrin En partance vers un improbable destin De n’être qu’un caillou, un objet Toute menue dans son ciré plastique Elle semblait ignoré même pourquoi Le fonctionnaire au sourire sardonique Lui avait intimé : Ici t’es pas chez toi ! Chez moi, c’est où alors, dans quel port ? De quel pays suis-je l’enfant chéri ? Ma maison, mon école, tous mes amis Sont pourtant ici, quel est mon tort ? Elle ne l’a pas vu arriver, simple quidam Il l’interpelle dans la rue : Toi là ! Et aussitôt emmenée par une dame
  • 27. Allez petite, pas d’histoire ! monte-là ! La voilà toute seule, elle pleure, reniflant Comme l’enfant qu’elle fut il y a peu Résonnent échos des rires et des jeux Son cœur en complainte cri : Maman ! Tout son être se rétracte comme aspiré De toute l’énergie qui l’habitait jadis, Quand de la carmagnole en coulisse Les couplets elle écoutait, inspirée C’était l’époque ou tout était lumineux, L’avenir étendant ses doigts sur elle, Lui prédisait un avenir merveilleux De citoyenne, de femme, comme gazelle L’école, c’est fini, pour elle à jamais, Là où elle va son avenir n’existe pas. Finies les galéjades des amis marseillais, Promenades languissantes sur les quais. Destin d’expulsée, destin d’égarée Brebis sacrifiée sur l’autel implacable De la loi du vide, la loi sinistrée Juste un enfant qui part sans cartable
  • 28. Caréli : Mythique S’endormir dans une forêt enchanteresse Et croire au sortir d’un rêve éthylique Avoir fait une rencontre mythique Avoir vu les dieux et les déesses Danser dans une forêt en train de reverdir. Le printemps donne de ces songes. Mais c’est le temps qui les ronge Cause l’oubli qui les fait déguerpir. Dans des siècles reculés. Il y avait des faunes et des sirènes Qui jouaient avec les humaines Et festoyaient sur des autels maculés. Ils ont, depuis longtemps, disparu
  • 29. Laissant place au scepticisme De cette nuit-là, je préfère l’onirisme Dans lequel ils ont réapparu. Caréli : Pas sérieux Je veux vous parler d’un quidam Qui se voulait le plus grand M’appelait m’dam, Se prenait pour un géant Vous racontait être le meilleur, Vous racontait des galéjades Avec son air railleur C’n’était que des salades A l’entendre, l’aurait fait la révolution En chantant la carmagnole L’aurait dansé sur le pont d’Avignon Disait des mensonges, le drôle. Tout en vous dérobant le cœur, Il rigolait, ironique, S’enfuyant, comme un voleur
  • 30. Dans un éclat de rire sardonique. S’appelle Polichinelle Et toujours fanfaronne. C’est un fichu rebelle Ce n’est un secret pour personne Bécassine : Cancans Cancane en ricanant La canne va à l’encan Et quand le cantonnier Sur son quant-à-soi Pousse la cansonette Les cantinières en émois Candides et soubrettes Se disent qu’en dira-t-on À la cantonade ? Y serons Dames patronnesses évoquant, En grands cantiques, le Vatican. Loin du boucan, notre cancaneuse S’en ira, claudiquant, et moqueuse Caréli Je cale, ma barque fait escale C’est mal, mes rimes sont bancales Ma muse se fait la malle. J’aborde au port J’ai fort à faire, j’écris avec effort J’ai encor’ perdu le nord
  • 31. Entre nous j’ai jeté l’ancre Je ne suis qu’une cancre Comment écrire sans encre. Gateuxrigolo Ce matin j ai pris mon bain Après j'avais grand faim Mais manque de bol j ai plus de pain Je devient folle et vide le vin Me voila bien fine Avec ma bibine reste plus qu'une chose Que je me repose Dududu j'aime mieux les crevettes et puis la blanquette Danser sur l'herbette et faire des galipettes mais ça n'est plus de mon age Il faut que je sois sage
  • 32. sage comme une image et ça c'est bien dommage Bécassine Topes là ! D e taupe natif le regard vif sur l'cailloux de tif point du tout Elle galiérise à tout va sur la pelouse foin des monticules, elle dresse son édicule. nul rai de soleil ne perce pour y mener son commerce; point de lunettes n'a besoin. le flair lui dicte le chemin et d'une oreille avertie le vermisseau elle suit. Son territoire c'est l'expansion! tôt matin fait le planning de ses futures acquisition. les racines lui sont bénignes, à grands coups de griffes elle vous essarte une panoplie de ces ronces qui vous griffent. joyeusement déplace comme on rit des bannées de déblais en vitesse
  • 33. c'est que notre demoiselle est une grande travailleuse de bonne heure elle vous creuse des hectares comme carrousel Et si vous décidiez un beau jour de mettre terme à ce labour sachez que là seulement commencent les vrais ennuis de cette suffisance.... Dududu Non je ne suis pas sage Je conduis trop vite Au fond du virage Il y avait un flic Qui ma donné un gage Et m'a pris tout mon fric Juju C huuuut... Elle dort encore J'ai les yeux fermés, ma tête est vide J'ai les yeux fermés, je suis seule dans le noir J'ai les yeux fermés, ma tête est vide Je tends l'oreille aucun bruit autour de moi Qu'un pâle chuchotement, est-ce le bruit du vent Je tâtonne doucement, je sens mon corps Je tâtonne doucement, donc je vis encore Je ne dors plus, je tâtonne mon corps Je ne rêve plus, j'existe encore J’entrouvre les yeux, personne autour de moi Je ne rêve plus et j'ai soudain très froid Je suis seule au monde, j'ai envie de crier
  • 34. Mon corps me semble de plus en plus glacé Soudain, un ange passe et me sourit Je ferme les yeux et la paix m'envahit Je ne rêve plus, j'existe encore Je ferme les yeux et je souris à la nuit Enfin apaisée, le sommeil m'emporte Je ne suis plus seule, et je vis encore Laurie Renaissance T out doucement, par le temps qui coule On déroule son corps fatigué La vie nous pousse et nous roule Dans un long vide affecté Quand des moments de peine Nous isole dans nos pleurs Nos angoisses ne tiennent Qu’au fil de longues heures Quand, d’un regard, d’un mot D’une main tendue Notre cœur est en renouveau Il bat jusqu'à en être ému Quand le long tunnel s’évanouit Pour laisser se glisser un soleil Dans le bout de cette longue nuit Qui nous semblait éternel Regarde comme c’est beau Sent les odeurs du printemps Tout est renouveau Laisse le temps au temps D’une armure de guerrier
  • 35. On enfouit les sentiments Les armes déposées Laissent entrevoir l’humain Quand un sourire ébahi Esquisse une joie C’est le moment de trêve Tout est en harmonie Juju J e ne suis pas un bon jardinier Il faut du temps pour faire germer une graine, Il faut avoir la patience d’attendre et observer Je ne suis pas un bon jardinier Il faut du temps pour faire pousser une fleur Il faut savoir regarder sans brusquer, laisser respirer Je ne suis pas un bon jardinier Il faut du temps pour faire pousser un arbre Il faut savoir lui parler, le caresser, le soigner Je ne suis pas un bon jardinier Mais je suis prêt à apprendre La nature est si présente autour de nous Que je ne la vois plus, aveugle ou indifférent Je deviendrai un bon jardinier Je saurais patienter, observer, laisser respirer,
  • 36. Parler, caresser, soigner et surtout protéger Gateuxrigolo sage comme une image je n'irai pas à la plage sage comme un page perdu dans mon village sage à mon âge je vais a d'autres rivages L Bécassine e jardin Asymétrique et hétéroclite En un désordre organisé Où le non-carré fait suite Au presque-droit De bric en bacs De pots en brocs Comme des mâts en rade Surgis comme par erreur Règnent les tuteurs éphémères Contre le gré de leur créateur Le....jardinier R Bécassine ien de ton amour Pour me dire des acrostiches, Nichts ! Me déclarer j'en suis baba, Nada ! Devenir ma beauté étoilée, Niente ! D'amour et de swing,
  • 37. Nothing ! Car d'un sourire, tu fais la nique Nimic ! Et.... De ton cœur sous ton sein Rien ! Groshibou y en a de gentils ,,, de fantômes tapis dans le noir ceux qui tirent les orteils des hommes lorsque tombe le soir cette longues écharpe blanche qui flotte à la tombée de la nuit accrochée à une branche attention c'est lui c'est lui ce coquin de fantôme qui furtivement , sur ton ordi s'étire ,tout doucement comme une touche d'organdi attention , pauvre firmin il est voyou ce fantôme cache toi mon gamin et a demain sur le forum U Sybille ne croisière Au pays de la poésie Ce n'est pas une hérésie Mais une réalité printanière Au pays des fourmis
  • 38. Affalées sur des tatamis C Caréli 'est mon vieux chien qui dort Aplati, au coin du feu, Il a clos ses bons yeux d'or Rassuré et heureux. Il rêve, je le vois, sa truffe frémit, Ses pattes s'agitent. Parfois il soupire, gémit. Dans ses songes il court, vite, Derrière une proie odorante Qui l'entraîne loin de la maison, Course vivifiante Sous de vertes frondaisons. Je retiens une caresse, Le laisse à son sommeil, Ses souvenirs de jeunesse. Je crains son réveil, Qu'il ouvre ses bons yeux d'or Me regarde avec tant d'amour, Me demande d'aller dehors, Que je le porte, poids lourd A mon corps, à mon cœur. La vieillesse le cloue auprès de moi Il n'en garde aucune rancœur D'être si loin de ses bois.
  • 39. Je lui ai promis, que pour son dernier voyage Je serai près de lui L'accompagnant jusqu'à l'autre rivage Jusqu'à ce que dans yeux d'or, tombe la nuit. m Gateuxrigolo on chat dort comme un pacha affalé sur son coussin il a oublier de faire son malin de temps en temps il montre les dents faut voir comme il sourit à croire qu'il court après une souris sa douce respiration entourée de ronron me donne inspiration et calme ma dépression Caréli : Alexandrin J e l’ai dit, je le sais, je serai heureuse Non, pas question d’être une vieille râleuse Tôt, ce matin j’ai vu voleter des oiseaux Les canards plongeaient au lointain dans les roseaux. Tout aussitôt j’ai éteint la télévision Coupant et la météo et ses prévisions, Préférant les gazouillis à ces faits divers
  • 40. Qui me mettent la tête et le cœur à l’envers. Puis j’ai regardé le vol des tourterelles Et mon cafard s’est enfui à tire d’aile careli S oir de patinage Hier, j’espérais vivre un rêve mais, la parole de Nelson ignore la trêve. Je croyais naïvement que le patinage, du mouvement et de la musique, scellait le mariage. Mais d’Annick, Philippe et Nelson, il a fallu, sans du tout perdre la raison, subir le continuel et insensé babillage. A ma plus grande et profonde rage, sur les mesures harmonieuses d’un violon, j’ai dû, navrée, écouter les longues péroraisons d’un sinistre raseur, qui sans répit a réussi à couvrir les mélodies de son débit. Glosant sur les femmes, leur physique, ne se préoccupant que de leur plastique, en bref, réduisant ces dernières à la seule forme de leur derrière. Comment ont-ils osé tout ravager ? Faudra-t-il attendre qu’ils soient trop âgés pour sévir sur les ondes et dans nos demeures ? À moins que centenaires, ils ne meurent accroché à leurs micros sonores,
  • 41. nous assourdissant encore et encore, jusqu’à la dernière minute de leur existence nous gâchant le patinage de leur «science» ? Je réclame un référendum, que le peuple dise le sort de ces hommes, qu’à défaut de couper les têtes, on coupe l’antenne, reléguant ces bavards du devant de la scène à un douillet petit placard, bien loin de nos oreilles et nos regards. Juju O n ne peut vivre sans tendresse C'est une délicieuse faiblesse Si dans le feu de la jeunesse l'amour fait des prouesses Sans la tendresse l'amour n'est rien Qu'un feu de paille qui ne mène à rien On ne peut vivre sans tendresse Quand les cheveux blancs paraissent Qui a-t-il de plus beau que la caresse Du compagnon qui partage cette tendresse Si la vie impitoyable sème des embuches sur ta route Qui peut empêcher ton cœur de partir à la déroute Si ce n'est celui qui en te prenant la main Se rapproche de toi te rappelant sa tendresse On ne peut vivre sans tendresse C'est une délicieuse faiblesse