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Etude tiers lieux

  1. 1. co-working space cafés smlieux mod modcentres d’affaires li s d affaire affaires d bureaux satellites bureaux satellites lieux smart work cent x caf s co-work g cafés co-working s féTélécentres,d lieux modaux ki centres écocentres bureaux satellites working space eaux sate ites i smart work ce a mar t w cente work co-working space cafés smart work cen e n smart smart work cen smart work center work center k n bureaux satellites bureaux satellites lieuxxorkingorking space e é és ntres d’affai co-working g lieux modaux o centremodaux ux xm urea satell ureaux s tellites r reaux liworking spacea d l centres d’affaires cafés d’ ff ires cafés bureaux satellites re lieux co-workin xco-working space g n ntres d’affaire ff i e faire bureaux satellites co worki lieux modaux lieu x smart work center et lieux pour les eActivitésco-working rentres d aires d’affaires co-working space ’affaires bureaux satellites lieux m g afés fé smart mart t Regards surspaceexpériences work cen co-working les cafés smart nx satellites sate i et les pratiques dans le mondeco-working centres d’affaires g smart work center co- work enttcentresbureaux satellites smart work cent li d s d’affaires d affaire affairesbureaux satellites lieux x cafés co-working s fé ki
  2. 2. Sous la direction du Cluster Green and Connected CitiesCette étude réalisée par le Cluster Green & Connected Cities est le résultatdu travail conduit par Gilles Berhault et Richard Collin, co-présidents,avec les contributions éditoriales de Laurent Coussedière, Anne Paillet,Fabienne Poyard et Anne Véron, et la réalisation et rédaction principalede Vincent Cuffini-Valéro et Amandine Raffin de Dolce Vita l’associationde développement durable de Grenoble Ecole de Management.Maquette : Philippe Camus / DUCTUSPhotographies : Anne Véron et photothèque des membresdu Cluster Green and Connected CitiesCo-édité par le Cluster Green and Connected Cities, ACIDDet Grenoble Ecole de Managementseptembre 2010téléchargement sur www.greenandconnectedcities.eu
  3. 3. Télécentres, écocentreset lieux pour les eActivités
  4. 4. SOMMAIREPréface _______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ 7Témoignages ____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ 7Introduction générale__________________________________________________________________________________________________________________________________________ 11 Contexte _________________________________________________________________________________________________________________________________________ 11 Méthodologie _________________________________________________________________________________________________________________________________ 17 Parti pris_________________________________________________________________________________________________________________________________________ 18 Plan de l’étude ______________________________________________________________________________________________________________________________ 19Monographie, les télécentres urbains _____________________________________________________________________________________________________________ 21Les télécentres urbains situés en centre de métropole ____________________________________________________________________________ 23 Le co-working space____________________________________________________________________________________________________________________ 25 Le centre d’affaire ________________________________________________________________________________________________________________________ 39 Tiers Lieux : les cafés___________________________________________________________________________________________________________________ 45Les télécentres situés à l’interface entre ville et périphérie ____________________________________________________________________ 49 Les lieux modaux__________________________________________________________________________________________________________________________ 51Les télécentres situés en périphérie des villes____________________________________________________________________________________________ 57 Les bureaux satellites d’une entreprise __________________________________________________________________________________ 59 Le Smart Work Center __________________________________________________________________________________________________________________ 63 5Synthèse _________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ 69 Le financement des télécentres, un enjeu stratégique _______________________________________________________ 69 Éléments visuels de comparaison des centres : cartes perceptuelles ______________________________ 71 Comparaison des télécentres selon les critères du développement durable__________________ 76 Correspondances des télécentres étudiés avec la définition des Ecocentres 2.0 ________ 80 Des pistes à explorer pour créer un télécentre innovant et attractif ________________________________ 87 Enseignements____________________________________________________________________________________________________________________ 87 Étonnement _________________________________________________________________________________________________________________________ 90Postface __________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ 93Annexes __________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ 95 Bibliographie - Sitographie _________________________________________________________________________________________________________ 95 Les lieux ruraux ____________________________________________________________________________________________________________________________ 97 Tableaux récapitulatifs des enseignements à tirer des exemples ruraux _______________________ 114
  5. 5. PRÉFACERéinventer le travail, réinventer la ville concrètement « Nous vous invitons à être audacieux et opérationnels pour travailler et se concerter tous ensemble pour imaginer et proposer les solutions et approches innovantes pour la vie au travail, les activités dans la cité de demain et la conception de nouvelles propositions pour un développement durable s’appuyant sur les nouvelles technologies ». Catherine Trautmann et Britta Thomsen, membres du Parlement européen1. C’est tout le sens du travail du Cluster Green & Connected Cities déjà engagé depuis maintenant 18 mois. Et c’est tout le sens des initiatives et résultats conduits ensemble par de grandes métropoles, des entreprises, des associations d’experts et des chercheurs 7 associés pour élaborer scénarios et cahier des charges de télécentres de nouvelle génération, les Ecocentres 2.0. Ceux-ci sont des nouveaux lieux urbains, intermédiaires, en proximité des lieux de vie, qui installent de nouveaux modes de travail, de création de richesses mais aussi de lien social, de culture innovante, en s’appuyant sur les nouvelles technologies, dans des démarches de développement durable. C’est dans ce contexte, et pour répondre à cette nécessaire ambition de sortie du cadre habituel que nous avons lancé et réalisé cette étude « Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités » pour mieux évaluer les pratiques, les résultats, les modèles et les perspectives des initiatives conduites sur la planète. Loin d’un document scientifique et exhaustif, nous avons voulu donner à cette étude la solidité et la profondeur nécessaire pour mieux comprendre les caractéristiques d’usage et enjeux, sociétaux, économiques des dispositifs existants. Mais aussi de mesurer au travers d’une analyse forces et faiblesses (SWOT) les éventuelles pistes à approfondir pour le projet Ecocentre 2.0 du Cluster Green & Connected Cities. Nous vous invitons à lire ce document avec attention. Il propose aussi en conclusion des pistes de solutions, au centre des travaux du Cluster Green & Connected Cities.1 Le 9 juin 2010, à l’occasion d’une réunion de travail restreinte au Parlement Européen de Bruxelles préfigurant une plateforme de projets surles questions des dimensions sociales et économiques du Green ICT, s’adressant aux entreprises, aux syndicats et autres parties-prenantes.
  6. 6. Tout le monde est concerné : élus et responsables de l’aménagement et de l’attractivitéterritoriale, acteurs économiques, partenaires sociaux et aussi citoyens, salariés,travailleurs indépendants, entrepreneurs. C’est une question de qualité de vie, de diminution des impacts environnementauxdes activités humaines et de création de valeurs. C’est notre engagement ! Et nousespérons le vôtre. Gilles Berhault Richard Collin Président du Comité 21, comité français Professeur, Directeur de l’Institut pour le développement durable de l’Entreprise 2.0 Grenoble Ecole de Management Président ACIDD, Ass. Communication et information pour le développement durable Co-président Cluster Green & Connected Cities Délégué développement durable, direction scientifique de lInstitut Telecom
  7. 7. TémoignagesILS S’EXPRIMENT SUR LE CLUSTERET SA PREMIÈRE INITIATIVEDES ECOCENTRES 2.0 :` Alain Juppé Maire de Bordeaux A Bordeaux, en matière de mobilité par exemple, nous avons déjà changé complète- ment les modes de comportement et nous souhaitons aller plus loin, pour réfléchir au lien entre l’écologique et le numérique. Nathalie Kosciusko-Morizet Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, auprès du Premier ministre Le nouveau modèle de croissance que nous devons inventer pour sortir de la crise économique et affronter les crises environnementales (fin des énergies carbonées et changement climatique, atteintes à la biodiversité) se construira au frottement entre 9 les technologies numériques et les technologies vertes. Lamia Chaffai Secrétaire d’Etat auprès du ministre des technologies de la communication, chargée de l’informatique, de l’Internet et des logiciels libres en Tunisie La France est le premier partenaire de la Tunisie pour les TIC. C’est aussi une question d’accès pour tous à l’Internet, de services aux citoyens, d’accès des écoles, des pro- fessionnels de santé. Hafida Aarab Directrice Technique de l’Habitat auprès du Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement de l’Espace du Maroc L’aménagement physique n’est plus le seul point à travailler et le numérique est de- venu une composante structurante et essentielle pour l’attractivité du territoire. Ces conceptions nous interrogent sur notre capacité à vivre ensemble dans le même es- pace, à l’image des bâtiments intelligents ou des bâtiments à usages polyvalents.
  8. 8. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Gilles Pennequin Adjoint au responsable Environnement et développement durable Mission Union pour la Méditerranée - Présidence de la République Nous devons co-construire au sud la ville durable méditerranéenne, la ville du XXIe siècle. Le lien entre TIC et urbain est très important pour l’Union pour la Méditerranée. L’UpM a besoin d’innovation et de projets concrets. Charles Secrett Member – Board of London Development Agency Notre but final est bien de stabiliser le climat en 2050 en maîtrisant la hausse des températures par le développement de technologies vertes de rupture et la mise en place de projets innovants. Mais l’évolution des comportements est aussi nécessaire autour de quatre vecteurs de changement : les valeurs, les attitudes, les croyances, les marchés. Federico Casalegno Director of the MIT Mobile Experience Lab and Associate Director of the MIT Design Laboratory at the Massachusetts Institute of Technology Nous sommes intéressés par les approches innovantes qui peuvent lever les freins identifiés, définir un ou plusieurs modèles économiques viables, et créer des lieux de10 créativité augmentée et d’efficacité collective. Catherine Trautmann Députée européenne Pour massifier et démocratiser cette société de l’information, il est impératif d’arti- culer des projets pilotes et leur mise en œuvre. À cet égard, il me semble essentiel de penser l’innovation dans le sens de l’usage et des services. Jacques Bigot Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg Dans une ville qui a été une pionnière des nouveaux modes de déplacement en Fran- ce, Strasbourg, la question de la mobilité de demain ne peut pas ne pas s’interroger sur les questions des nouvelles technologies, qui d’ailleurs évitent les déplacements et favorisent la relation internationale sans forcément bouger. Isabelle Torrelli Responsable Synergie Clients et Innovation Service, Renault L’ emplacement stratégique d’un écocentre dans l’environnement comme nœud de communications et hub multimodal et intermodal le rend également centre de res- source de l’éco-mobilité, ouvert sur l’extérieur.
  9. 9. TémoignagesPatrick AnghertDirecteur des opérations pour les comptes stratégiques, CiscoLa technologie existe et permet la compétitivité du territoire. Le débat actuel concernebien plus le business model que les technologies.Laure LefebvreIngénieur projet, Véolia EnvironnementAvec la mise en place d’Ecocentres, les usagers bénéficieront d’outils de gestion, deformation et de conduite du changement dans un lieu de mixité propice à la créationde lien social.Ces déclarations d’introduction sont tirées de l’atelier Green and Connected Cities deBordeaux, en juillet 2009, du Forum Green and Connected Cities de Strasbourg, endécembre 2009, et de la déclaration de parrainage du Cluster Green and ConnectedCities par Nathalie Kosciusko-Morizet du 16 juin 2009 :http://www.greenandconnectedcities.eu/fr/contexte-rencontres-et-%C3%A9v%C3%A9nements/premier-atelier-green-connected-cities-bordeaux/http://www.greenconnected.eu/ 11
  10. 10. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités
  11. 11. INTRODUCTION GÉNÉRALEContexteDe nouveaux lieux émergent... “Another world is not just possible, it’s happening.” La devise du réseau communau- taire de coworking space, the Hub, illustre bien les réflexions des principaux acteurs im- pliqués dans le développement de télécentres à travers le monde : des nouvelles formes et de nouveaux lieux de travail ne cessent d’émerger. L’actualité des télécentres est en effet marquée par une ébullition sans précédent. Des acteurs divers, entreprises, associations, réseaux d’entrepreneurs et collectivités locales ima- ginent de nouvelles façons de travailler et pour cela innovent en créant des lieux répondant à des besoins, des publics et des logiques différentes mais s’inscrivant tous dans une même démarche qui est celle d’utiliser internet et les nouvelles technologies comme levier de trans- formation. Puisant ses origines dans le mouvement du télécottage de Electronic Village Hall au Danemark et du Community Technology Centers (CTC’s) aux Etats-Unis dans les années 1980, le mouvement des télécentres a connu très récemment de profondes innovations. L’année 13 2008 marque un tournant, c’est effectivement cette année que sont lancés des lieux comme la Cantine à Paris ou le réseau « The Hub » au départ de Londres ainsi que le site pilote d’Al- mere aux Pays-Bas porté par Cisco à partir de septembre 2008 qui ont connu un réel succès. Ces lieux sont emblématiques par la publicité qui leur a été faite mais également par leur dé- multiplication. En effet, ces lieux tendent aujourd’hui à se répandre. C’est déjà le cas pour The Hub qui compte des expérimentations sur 4 continents et dans 12 villes, pour les Smart Work Center de Cisco où 20 lieux de ce type sont programmés dans la banlieue d’Amsterdam et près de 400 dans celle de Séoul et à une plus petite échelle pour La Cantine dont trois projets à Rennes, Nantes et Toulouse sont sur le point d’aboutir. Une vingtaine étant encore à l’état de réflexion. Ces quelques exemples illustrent bien le dynamisme actuel en matière de lieux innovants pour les téléactivités.Signe de la prise de conscience par les différents acteurs traditionnelsde tendances lourdes... Ces innovations et changements de comportements sont induits par des enjeux planétaires de plus en plus prégnants. Tout d’abord la question du réchauffement climatique. Le sommet de Copenhague de décembre 2009 a été l’occasion de faire le point sur la question. Il est acquis que d’ores
  12. 12. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités et déjà l’empreinte environnementale globale de l’humanité - la surface nécessaire pour que la terre puisse se renouveler sans se détruire - est supérieure à celle du globe. Tous les jours le CO2 s’accumule, le niveau des eaux monte, les pollutions augmentent. Les conséquences sont multiples : des problèmes sa- Copenhague a démontré que nitaires (maladies notamment respiratoires, accès à l’as- la société civile est désormais sainissement), climatiques (tempêtes, montée des eaux sensibilisée à la question et donc migrants climatiques) et économiques (accès aux du réchauffement climatique matières premières, économie fondée sur le pétrole...) ap- paraissent. Copenhague a également démontré que la so- ciété civile, désormais sensibilisée à la question, était un acteur fort que les décideurs ne peuvent plus ignorer. Les technologies de l’information et de la communication accompa- gnent les évolutions, proposent des solutions nouvelles, mais jusqu’à présent, n’ont pas particulièrement été un vecteur de développement durable. Aujourd’hui de nombreuses initiatives montrent l’utilité des nouvelles technologies en terme d’efficacité énergétique, de transport en commun ou même encore de gouvernance. Puis il faut évoquer les questions d’urbanisation, de métropolisation et de périurba- nisation qui s’accompagnent d’importantes migrations pendulaires. La population mon- diale tend à devenir de plus en plus urbaine : depuis 2008 plus de 50 % des habitants de la planète vivent en ville, 80 % des Européens seront urbains avant 2020, et dans sept pays,14 ce seront 90 % d’entre eux, voire plus. Jusqu’ici, l’augmentation du prix du pétrole n’a pas eu d’impacts durables sur cette tendance. La périurbanisation est une conséquence directe de la métropolisation. Elle contribue à l’augmentation de l’empreinte écologique d’une ville notamment en entraînant d’importantes migrations pendulaires. En effet, la périurbanisation contribue à accroître les distances entre lieu de résidence et lieu de travail. Pour rappel, la migration pendulaire est un phénomène caractéristique des grands ensembles urbains et de la division spatiale des activités. Les lieux où sont concentrés les emplois sont généralement situés au centre-ville, car l’urbanisation va de pair avec la tertiarisation des emplois et la centralisation adminis- trative. Le développement des zones urbaines a donc posé un problème de logement qui a été résolu avec l’extension des aires urbaines et la création de banlieues. Ainsi, de manière générale, les logements se situent à la périphérie des villes, et les emplois, au centre-ville. Ces migrations pendulaires se font très souvent en auto- mobile, les transports publics ne pouvant atteindre tou- La périurbanisation tes ces zones périphériques ainsi elles sont une source contribue à accroître considérable de pollution et de stress pour les usagers. les distances entre Là encore les nouvelles technologies peuvent apporter lieu de résidence des solutions innovantes qui permettront d’apporter des et lieu de travail. solutions nouvelles à cette question.
  13. 13. introduction générale Enfin une dernière tendance lourde marque l’économie contemporaine. Les conditions de création de valeurs et de richesses sont aujourd’hui différentes. Trois ruptures sont à noter :1 Nous nous situons désormais au stade du capitalisme cognitif qui se caractérise par le passage d’une gestion de la main d’œuvre à une gestion des savoirs, des connaissances et des compétences. C’est ainsi que l’homme en sa capacité à innover est replacé au centre de l’économie et du monde en mouvement.2 Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la vitesse des innovations technologiques est largement supérieure au rythme des générations, ce qui nécessite une adaptation permanente et continue de chacun.3 L’universalisation des technologies et de la société en réseau, la mondialisation économique et les migrations créent une interdépendance planétaire qui oblige à revoir radicalement les fondamentaux de la gouvernance des territoires. Ces changements économiques imposent la nécessité d’inventer de nouvelles façons de travailler et consacrent une nouvelle économie fondée sur le réseau, la circulation de l’information et des connaissances, et la mutualisation des ressources. 15
  14. 14. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Cette prise de conscience entraine également la création de nouveaux acteurs... C’est pour répondre à ces nouveaux défis sociétaux et environnementaux des villes que le Cluster Green and Connected Cities initié par ACIDD (Association Communication et Information pour le Développement Durable) et Grenoble Ecole de Management, dans ses projets vise à allier technologies de l’information et développement durable. En effet, le Cluster Green and Connected Cities, qui est un regroupement de villes, d’entreprises, d’experts, de chercheurs, d’association et d’institution en Europe et en Méditerranée, travaille pour faire exister la ville verte et interconnectée du XXIème siècle. Il s’agit donc d’une démarche public-privé. On voit ainsi que ne cessent d’émerger les réunions d’acteurs autours de la relation entre les nouvelles technologies de l’information et des télécommunications et le développement durable. Des études ou publications ne cessent de paraître comme le rapport OTeN (Observatoire des territoires numériques, rapport TIC et développement durable) sur la relation entre développement durable et nouvelles technologies ou encore le livre de Gilles Berhault « Développement durable 2. 0 : l’internet peut-il sauver la planète ? ». Néanmoins, loin de ces visions prospectives et des évolutions actuelles il faut faire le point sur l’état de fait des téléactivités en France et dans le monde.16 Quelles réalités et terminologies pour le télétravail en France Le télétravail peut être défini comme le travail qui s’effectue, dans le cadre d’un contrat de travail, au domicile ou à distance de l’environnement hiérarchique et de l’équipe du travailleur, à l’aide des technologies de l’information et de la communication. Il reste aujourd’hui assez peu
  15. 15. introduction généraledéveloppé et comme le disait Serge Le Roux président Le télétravail partielde l’Association Française du Télétravail lors du forum pourrait concerner« Green and Connected Cities » de Strasbourg endécembre 2009 « notre inconscient collectif semble de 40 à 50 % des emploisdéfinitivement marqué par le fait d’aller au travail, par d’ici à dix ansle fait de sortir de chez soi, schéma qui renvoie auxpratiques du 19 e siècle ». En France, le télétravail concerne 7 % de la population française. Ils’agit de personnes qui ont le choix de se déplacer : des cadres, des commerciaux nomadesmais le plus souvent il s’agit de travailleurs indépendants. C’est un chiffre faible lorsque l’on faitle constat qu’un employé travaillant en entreprise produit une tonne de CO2 équivalent pétrolepar an, toujours selon l’Association Française du Télétravail. Nos voisins européens ont eux lancé des initiatives innovantes dans le domaine. L’Espagne parexemple a autorisé près de 40 % de ses fonctionnaires, ceux qui ne sont pas en contact directavec le public, à télétravailler. Autre exemple les pays scandinaves sont depuis longtempsengagés dans le mouvement des télécottages qui sont des télécentres ruraux d’originesassociatives dont le but est de favoriser le développement social et culturel en fournissant unaccès à l’identité numérique à des populations qui en sont dépourvues. Le centre d’analyse stratégique a publié récemment une étude confiée au cabinet RollandBerger, intitulée « Le développement du télétravail dans la société numérique de demain ».Cette étude liste un certain nombre de raisons qui expliquent le manque d’enthousiasme 17français pour le télétravail en soulignant le manque de réactivité organisationnelle ; les facteursculturels spécifiques à la France et le manque de formation des acteurs alors que le télétravaildispose d’un potentiel de croissance important. Selon le même rapport, le télétravail partiel,c’est-à-dire pour une partie de la profession et pour une partie du temps de travail pourraitconcerner de 40 à 50 % des emplois d’ici à dix ans. En outre, toutes les fonctions ne sont pastélétravaillables notamment dès lors qu’elles n’utilisent pas les TIC. Ainsi les emplois qui vontle plus se développer dans les prochaines années, tels les métiers des services à la personnene sont pas éligibles au télétravail. C’est pourquoi le développement du télétravail repose surune diffusion large et importante dans les métiers qui lui sont particulièrement propices(emplois de cadres et d’ingénieurs, fonctions administratives support, fonctions intellectuelles,etc.). Ainsi nous devons être lucides sur les conséquences sociales du développement dutélétravail dans la mesure où un développement non contrôlé peut entrainer un accroissementde la fracture numérique entre les différentes catégories socioprofessionnelles. A l’intérieur du contexte global du télétravail, les télécentres présentent différentescaractéristiques. Le télécentre se définit comme une ressource immobilière et logistiquecomposée de bureaux disposant d’équipements informatiques et de télécommunications,conçus, réalisés et gérés par un opérateur et mis à disposition de télétravailleurs. Ceux-cipeuvent être des salariés d’entreprises ou d’administrations qui réalisent leurs tâches àdistance en restant en liaison permanente avec leurs organisations, mais ils peuvent aussi
  16. 16. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités être indépendants comme dans le cas des professions libérales. Il n’y aurait que Le télécentre est, en général, sous la responsabilité d’un 30 télécentres gestionnaire qui l’entretient et le gère comme un centre de profit en louant aux occupants les bureaux et équipements communs: salles de opérationnels réunion, photocopieurs, télécopieurs, équipements de visioconférence. actuellement Ilpeutégalementproposeruncertainnombredeservicesauxoccupants: en France accueil téléphonique, secrétariat, etc. Les prestations sont en général facturées à l’heure, à la journée, à la semaine ou au mois pour donner le maximum de souplesse d’utilisation. Le rapport du centre d’analyse stratégique nous rappelle que les premiers projets de télécentres remontent aux années 1980 et sont le fait des entreprises japonaises du secteur des TIC (NEC,NTT).EnFrance,dèslesannées1990,letélétravailaétéimaginécommeunoutild’aménagement du territoire c’est pour pourquoi la Direction Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires (DIACT) a émis un appel à projets visant à soutenir la création par les collectivités territoriales de 100 télécentres en deux ans. Toujours, selon le Centre d’Analyse Stratégique, il n’y aurait que 30 télécentres opérationnels actuellement en France alors que des lieux et infrastructures innovantes existent et connaissent une certaine réussite. Il nous faut donc les étudier et observer de plus près en France et à l’international ce qui fait leurs succès mais aussi leurs limites.18 Le besoin d’un état des lieux des infrastructures innovantes pour les téléactivités. Cette étude s’attache à présenter un état de l’art des lieux particulièrement innovants pour les téléactivités dans le monde. C’est à partir de quelques cas remarquables que nous allons chercher à identifier et à retenir des caractéristiques reproductibles de ces lieux innovants qui participent aux défis sociétaux et environnementaux. Ce travail s’inscrit dans le premier projet du Cluster Green and Connected Cities qui est celui des Ecocentres 2. 0. Les acteurs du Cluster réunis en groupe de travail ont pour objectif d’imaginer et de développer dans les villes euro-méditerranéennes différentes expérimentations de lieux et de mutualisation des e-activités de nouvelles générations, de créer à la fois des lieux intermédiaires évolutifs urbains, de centre ville ou de périphérie et dispositifs innovants de vie et de travail pour une ville durable. Ainsi il s’agit d’une innovation économique culturelle et sociale pour accompagner l’évolution des comportements individuels et collectifs dans de nouveaux types de lieux, d’activités et de services professionnels, publics et de loisirs pour créer de la richesse, une nouvelle qualité de vie et un développement durable, audacieux et solidaire.
  17. 17. introduction généraleMéthodologie Le premier constat qui s’impose lorsque l’on décide d’étudier les télécentres dans le monde est la multiplicité des cas. Aussi avec quels paramètres sélectionner les innombrables sites issus chacun d’un environnement particulier ? Comment étudier la pertinence des informations sur tels ou tels lieux décrits dans un article parce que porteur d’une innovation ? Enfin, comment croiser et vérifier ces informations pour en rendre une vision objective, centrée sur la plus value qu’apportent ces sites aux usagers ? Nos premières recherches se sont focalisées sur internet. C’est ainsi que nous avons eu le plus souvent une première approche de ces lieux et qui, à force d’être croisés dans des lectures différentes, nous ont semblés dignes d’intérêt. Nous avons ensuite ciblé nos recherches sur ces lieux et leur réseau, en établissant des échanges avec les administrateurs, par mails, skype ou directement lors d’une visite dans le télécentre même. Le lecteur pourra trouver en annexe une sitographie indiquant les principaux sites sur lesquels l’étude s’appuie. Il s’agit le plus souvent des sites des porteurs de projets ou des réseaux auxquels ils appartiennent et qui sont actifs dans le domaine des téléactivités comme « telecentre. org »... Cette étude s’est également appuyée sur quelques études spécialisées qui font 19 références sur les téléactivités. Ainsi, il faut évoquer l’étude de la DIACT sur les télécentres en France ou plus récemment l’étude commandée par le Centre d’Analyse Stratégique (CAS) au cabinet Rolland Berger sur « le développement du télétravail dans la société numérique de demain » dont la partie sur les freins des téléactivités en France est particulièrement éclairante. Enfin des études plus spécifiques ont également retenu notre attention comme l’étude très réussie de Sillicon Sentier sur les coworking space dans le monde ou le très récent Livre Vert de SYNTEC Informatique « Le Télétravail au service du Développement Durable ». Cette étude a également bénéficié de l’expertise de nombreux acteurs impliqués dans des projets de télécentres à l’occasion du 1 er Forum « Green and Connected Cities » qui a eu lieu à Strasbourg début décembre 2009 et qui a réuni de nombreux experts du domaine des téléactivités à l’occasion notamment d’un atelier consacré aux « nouveaux lieux et infrastructures pour les activités connectées ».
  18. 18. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Parti pris Cette étude ne tend pas à l’exhaustivité. Elle s’inscrit dans le travail de fond mené par le Cluster Green and Connected Cities sur les Ecocentres 2. 0. Il s’agit du premier projet opérationnel du Cluster et dont le but est l’élaboration d’un cahier des charges fonctionnels des expérimentations des Ecocentres 2. 0 et ainsi la création de lieux particulièrement innovants. Cette étude présente de manière dynamique un état des lieux des espaces pour les téléactivités qui, pour différentes raisons, connaissent aujourd’hui un certain succès au niveau international, en insistant principalement sur une logique urbaine et même métropolitaine qui est celle du Cluster. Par conséquent cette étude s’attache à souligner les tendances et les vides qui marquent le mouvement des télécentres à travers le monde afin de montrer, dans une logique d’innovation de service et d’innovation sociale, où pourrait résider l’innovation aujourd’hui dans la création de télécentres. Cette étude est donc tournée vers l’innovation en présentant différents types de lieux qui sont autant de lieux remarquables pouvant constituer des modèles à l’échelle mondiale. Les spécificités, forces et faiblesses de chaque modèle vont être présentées en insistant sur les logiques dans lesquelles elles s’inscrivent.20 Ces lieux ont été étudiés, ici au travers d’un certain prisme qui s’attache aux réflexions du Cluster qui accorde une importance particulière aux questions urbaines et métropolitaines, aux logiques pendulaires et de proximités avec le lieu de vie et donc aux questions sociales. Ces lieux sont idéalement des facilitateurs, en proposant une nouvelle façon de travailler ils ont vocation à proposer une autre façon de vivre la ville. Ensuite la question de l’éducation au numérique est primordiale. Ces lieux ne peuvent être les lieux où se reproduiront et s’amplifieront des fractures numériques déjà prégnantes. Ainsi l’étude porte une attention particulière aux efforts faits par ces espaces en matière d’e- inclusion. Enfin ces lieux s’inscrivent dans une économie du partage et de mutualisation des ressources entre les différents acteurs et usagers liés au télécentre. Enfin nous tenons à un prisme qui serait celui du développement durable celui-ci ne se limitant évidemment pas à l’aspect environnemental et énergétique mais envisageant aussi des questions de liberté, de citoyenneté, de solidarité et de respect de l’existant et en particulier du contexte culturel.
  19. 19. introduction générale 21Plan de l’étude La présente étude se compose de trois parties :1 La première présente les différents types de lieux, les grands modèles urbains puisque les problématiques diffèrent avec ceux dits ruraux qui sont évoqués en annexe.2 La seconde présente une analyse comparative de ces lieux selon plusieurs critères dont le financement, leur ouverture, les services proposés et les quatre piliers du développement durable.3 Le troisième temps aborde quant à lui les pistes à explorer pour la création de télécentres innovants.
  20. 20. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités
  21. 21. MONOGRAPHIELes télécentres urbains Après avoir présenté en introduction la tendance La ville, dont la de l’urbanisation et les problèmes qu’elle pose, l’étude fonction historique s’intéresse désormais aux lieux urbains pour les est l’échange, est téléactivités. La ville est l’espace où la relation entre travail, mobilité et qualité de vie se pose de la manière aussi un formidable la plus accrue, justifiant ainsi l’intérêt d’une réflexion sur lieu de concentration la question. Mais la ville, dont la fonction historique est d’innovations l’échange, est aussi un formidable lieu de concentration d’innovations. La ville semble donc être de plus en plus un pharmakkon c’est-à-dire à la fois le remède et le mal aux problèmes évoqués ci-dessus. C’est pourquoi cette étude porte un regard particulier sur les lieux urbains pour les téléactivités. Nous présenterons dans un premier temps les lieux privilégiant une localisation en centre ville, puis ceux privilégiant l’intermodalité et enfin ceux situés en périphérie. 23
  22. 22. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités24 Co-working space page 25
  23. 23. Les télécentres urbainsLES TÉLÉCENTRES URBAINS SITUÉSEN CENTRE DE MÉTROPOLE 25Centre d’affaire Tiers lieuxpage 39 page 45
  24. 24. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités26
  25. 25. Les télécentres urbains situés en centre de métropoleLE CO-WORKING SPACEDescription générale de ce type Le coworking désigne la réunion en un même Les adeptes du coworking lieu de personnes de compétences différentes, se regroupent autour professionnellement indépendantes les unes de projets et partagent, des autres mais partageant un espace commun de travail et les résultats de leurs actions en loin de toute hiérarchie synergie. Mais plus qu’une simple juxtaposition classique, connaissances spatiale de télétravailleurs isolés, le coworking et informations. tend souvent vers le travail collaboratif c’est-à- dire un nouveau modèle économique de production par lequel de nombreuses personnes se joignent autour de projets grâce aux nouveaux outils de communication et partagent, loin de toute hiérarchie classique connaissances et informations. L’étude de Sillicon Sentier sur les Co-Working spaces dans le monde, une référence sur la question, les définit comme étant des « tiers lieux » régis par quatre dimensions. Une 27 dimension économique d’abord puisque ces lieux doivent pouvoir générer des revenus LE CO-WORKING SPACE mais aussi parce qu’ils proposent une forme de mutualisation des ressources aussi bien matérielles (espace, équipement de travail) qu’immatérielles (compétence, savoir) permettant à de nombreux travailleurs indépendants de partager un lieu de travail. Une dimension socioprofessionnelle ensuite puisque le coworking space devient un lieu de référence où les professionnels d’une même communauté peuvent se rencontrer et échanger. Puis une dimension culturelle, en effet, un certain nombre de normes et valeurs sont promues par l’équipe d’animation et partagées par les membres tels que des valeurs d’ouverture et de partage. Enfin une dimension territoriale puisque ce lieu est connecté au tissu social d’un territoire et se propose de favoriser les rencontres.
  26. 26. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Description d’un exemple emblématique et caractéristique de ce type Exemple de la Cantine par Silicon Sentier, à Paris Date de création Le 30 janvier 2008 Cantine par Silicon Sentier voit le jour à Paris et accueille ses premiers co-workers. Origine du projet Le projet de la Cantine est issu d’une réunion entre différents acteurs. Silicon Sentier est une association de PME innovantes du secteur numérique français et plus particulièrement francilien à but non lucratif qui compte 140 membres. Dès 2006, elle réfléchit à l’ouverture d’un lieu qui permettrait à ses membres de se réunir au quotidien pour travailler sur des projets en commun et échanger mais également qui pourrait accueillir des évènements marquants et fédérateurs. Ce site a ensuite été pensé en28 réseau, divers acteurs ont alors rejoint le projet, le premier d’entre eux est Cap Digital, association loi 1901, pôle de compétitivité des services et contenus numériques dontLE CO-WORKING SPACE le rôle est principalement de financer des projets de R&D et de développer des plates formes mutualisées. Des acteurs publics comme la Région Ile-De-France et la Mairie de Paris sont également parties prenantes de ce projet. Enfin une entreprise privée, Orange, est associée en apportant notamment une expertise et des services techniques. Il s’agit donc ici d’un projet qui est assez exemplaire d’une logique de réseau puisqu’il est rare qu’un panel si grand d’acteurs intervienne et apporte son expertise autour d’un seul et même projet. Objectif du centre L’objectif de Silicon Sentier en créant la Cantine était de pouvoir incarner son réseau dans un lieu mais également de pouvoir offrir à ses membres un lieu privilégié de rencontres, d’échanges et d’organisation d’événements. Par conséquent dès son lancement ce lieu était pensé pour les membres de Silicon Sentier. « Cet espace représentait, plus que le travail, le besoin de se réunir dans un environnement convivial. Ce lieu modulable de 180 m² devait répondre à des besoins simples : travailler, boire un café et se réunir » disait Marie-Vorgan Le Barzic, directrice de la Cantine, à l’occasion du forum de Strasbourg. Il se devait donc d’offrir un lieu répondant à une nouvelle manière d’entreprendre et de travailler à travers notamment le travail collaboratif et le travail
  27. 27. Les télécentres urbains situés en centre de métropole nomade. Les services proposés par la Cantine pour remplir sa mission sont présentés ci-dessous. La Cantine a peu à peu dépassé ces objectifs initiaux puisqu’elle est devenue le lieu de référence pour les activités numériques en Ile-de-France. Ainsi quand Marck Zuckerberg, le jeune fondateur de Facebook est venu à Paris, il s’est rendu à La Cantine. De même, la Cantine a accueilli le 13 janvier 2010 une soirée-débat sur le thème 29 de l’utilisation de twitter pour les politiques. Les principaux partis politiques étaient LE CO-WORKING SPACE représentés avec notamment Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre à la Prospective et à l’Economie Numérique et Benoit Hamon porte-parole du Parti Socialiste. Ceci montre que la Cantine est désormais un lieu reconnu par les politiques comme étant le lieu de référence pour les activités numériques.Financement La question du financement et du business model, c’est-à-dire la manière de créer de la valeur permettant de financer les activités, est centrale pour les télécentres. Il s’agit pour la Cantine d’un financement public-privé assez exemplaire. Ainsi Orange, la région Ile-de- France et Cap Digital ont soutenu Silicon Sentier pour le lancement de ce lieu. En effet, ce lieu d’open-innovation s’inscrivait dans la lignée de la stratégie d’Orange R&D. Il lui permettait également de nouer un contact particulier avec des PME innovantes, futurs prestataires ou partenaires. En ce qui concerne la région Ile-de-France, ce projet rentrait en phase avec les préoccupations de développement de l’économie numérique et des regroupements, déjà initiés avec les Il s’agit pour la Cantine politiques de pôles de compétitivité, en « grappes » d’un financement d’entreprises innovantes. Puis Cap Digital et la mairie de public-privé assez Paris ont suivi et soutenu ce projet. Désormais la Cantine exemplaire
  28. 28. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités La Cantine loue des postes dégage des revenus d’exploitations issus principalement de la de travail ou des salles location d’espaces liés au travail et des activités événementielles. La Cantine loue des postes de travail ou des salles pour travailler pour accueillir des et accueillir des évènements. Selon le document d’étude sur événements. l’évaluation de la Cantine, les revenus réalisés par Silicon Sentier pour 2009 s’élèvent à 493 000 euros. Ils se décomposent de la manière suivante : 205 000 de revenus d’exploitations, 128 000 de sponsoring privé et 160 000 euros de subventions publiques. Les charges pour 2009 s’élevant à 490 000 euros, ce lieu est juste rentable. Ainsi il se finance à 70 % et fait appel ensuite à 30 % de subventions publiques, celles-ci restent donc vitales pour la Cantine. Néanmoins ces subventions lui permettent d’organiser des événements et de faire se rencontrer des communautés sans rechercher absolument la rentabilité. Grâce à ces financements publics elle peut donc favoriser encore plus l’émulation des différents acteurs. Aujourd’hui et à l’avenir la Cantine souhaiterait obtenir encore plus de financements publics afin de diversifier sa politique d’accueil.30LE CO-WORKING SPACE
  29. 29. Les télécentres urbains situés en centre de métropoleTaille du réseau et des lieux La Cantine est un lieu de 240 m2 modulable au cœur de Paris. Le réseau est pour l’instant faiblement développé. On a vu la particularité du modèle de financement de la Cantine et en quoi il était très dépendant de son appartenance à l’environnement francilien et notamment à la présence de Silicon Sentier, au dynamisme de la région et de Cap Digital. C’est pourquoi ce modèle est difficilement réplicable. Néanmoins aujourd’hui le mouvement tend à s’étendre et l’on va vers l’apparition de Cantine en régions, le but étant de fédérer des acteurs des communautés numériques au niveau national et de favoriser les échanges entre territoires. Suite à l’intérêt de nombreux acteurs régionaux, le label la Cantine a été créé. Il fixe un cadre de normes et valeurs partagées par les membres candidats à accueillir de tels lieux et permettra à ces nouveaux lieux de bénéficier de l’image « La Cantine ». De nombreux projets ont donc été lancés et en sont à différents stades d’avancement. 31 LE CO-WORKING SPACE On peut supposer qu’une fois que ces lieux opérationnels seront réunis sous le label la Cantine, la présence d’un tel réseau à un niveau national permettra une dynamique forte et des synergies importantes.
  30. 30. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Services proposés La Cantine a pour mission au quotidien d’être un lieu pour travailler, montrer, réfléchir et partager, se rencontrer, fabriquer et diffuser. Tout d’abord, la Cantine se propose de servir les besoins du travail collaboratif en fournissant l’accès à plus de 20 postes individuels de travail ainsi qu’à deux salles de réunions disponibles sur réservation. Montrer signifie être un lieu qui peut présenter et promouvoir des entreprises et des projets à l’occasion de soirées de lancement ou de conférences de presse. Mais il s’agit également d’un lieu pour réfléchir et partager où s’organisent des ateliers spécifiques tels que des barcamps pour avancer l’état de la connaissance sur tel ou tel projet. Le lieu a ensuite été conçu dès le départ pour permettre la rencontre et les échanges notamment grâce à l’espace café central. Puis c’est un lieu fait par et pour des entrepreneurs donc il permet d’expérimenter des innovations grâce à la mise à disposition de support de tests. Enfin c’est un lieu qui se propose de participer à la diffusion des nouvelles technologies avec beaucoup d’actions de lobbying et quelques actions autour de l’éducation numérique auprès des personnes âgées notamment. Les installations technologiques sont de qualités avec notamment en salle de réunions des écrans de conférence. Il faut noter qu’il y a très peu de postes informatiques fixes et qu’il faut donc posséder un ordinateur portable pour travailler à la Cantine. Enfin, la Cantine ne dispose pas d’outils collaboratifs de très hauts degrés, comme la téléprésence par exemple. 32 OuvertureLE CO-WORKING SPACE La Cantine est un lieu qui se veut ouvert à tous les publics. N’importe qui peut venir travailler à la Cantine pour une journée ou plus sans abonnement et à la carte. Ceci demande une grande flexibilité dans l’organisation et représente un coût. Par conséquent, l’accès à la Cantine est payant, (10 euros la journée, 7 euros la demi-journée), ce qui lui permet de se financer. Même si ces prix restent modestes pour une utilisation ponctuelle, ils s’élèvent vite pour une utilisation répétée du lieu. Il existe des formules d’abonnements (10 entrées) mais qui restent relativement onéreuses. Ainsi un certain type de population ne peut accéder à ce lieu. De plus, l’équipe d’animation de ce lieu est peu tournée vers l’éducation au numérique de population e-migrantes, mises à part les actions marginales menées à direction des personnes âgées. Le rôle de cette équipe est d’animer le réseau des acteurs, par conséquent la population qui fréquente la Cantine est assez homogène. Il s’agit principalement d’une population jeune (25 - 40 ans), d’indépendants ou de salariés, d’associations du secteur numérique et d’une population de ce que l’on peut appeler des « e-natives » c’est-à-dire des personnes qui ont une connaissance intime et familière des nouvelles technologies et des outils du numérique.
  31. 31. Les télécentres urbains situés en centre de métropoleExemple du réseau « the Hub »notamment à Amsterdam et LondresOrigine du projet Le projet du Hub est parti de Londres où a été ouvert un espace de travail collaboratif près de la station de Le Hub est totalement métro de King Cross. indépendant des Aujourd’hui, il s’agit d’un réseau présent mondia- collectivités ou lement sur 4 continents et près de 20 métropoles autres acteurs pour mondiales : Amsterdam, Mumbaï, Tel-Aviv, Toronto, Madrid, Milan, Riga, Sao Paulo en sont des exemples. A la son activité et son différence de la Cantine, il n’y a pas ici de soutiens financement extérieurs. Ces lieux sont créés et gérés par la société « The Hub ». On a ici un exemple de « social business » et donc d’entreprise sociale qui doit être autonome financièrement en assurant sa rentabilité dans le but d’atteindre un objectif de mieux-être social et de maximiser son impact positif sur son éco-système. Ceci permet au Hub d’être totalement indépendant des collectivités ou autres acteurs pour son activité et son financement. Des partenariats ont tout de même été nécessaires, notamment avec la société GoodBrand and Company qui est spécialisée dans la stratégie des grandes entreprises sociales. 33 LE CO-WORKING SPACE
  32. 32. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Objectif du centre The Hub est un incubateur pour l’innovation sociale, offrant à ses membres de se re- trouver dans un lieu pour les entrepreneurs innovants leur donnant les moyens de tra- vailler, de rencontrer d’autres membres, d’apprendre, d’être connecté et de concrétiser des idées émergentes. Le Hub met à disposition tous les outils nécessaires pour cultiver une idée, lancer un projet, accueillir une réunion ou encore diriger une entreprise. Ces lieux sont extrêmement ambitieux. Tout d’abord ils partent du constat qu’il existe une foule de personnes créatives issues de milieux et secteurs différents (publics, privés, asso- ciatifs) et que leurs idées n’ont pas de frontières. En cela ils se situent pleinement dans la nou- velle économie de la connaissance et de la créativité qui marque le XXIème siècle. Pour cela les gens ont besoin de lieux qui leurs permettent de se rencontrer, d’échanger, et d’être connec- tés au monde, des lieux adaptés à leur manière flexible de travailler. Le pari de cette entreprise est donc de proposer de nouveaux lieux qui permettraient de nouvelles façons de travailler. L’opportunité pour ceci se décompose en quatre points : l’émergence des consommateurs responsables et le développement des entreprises sociales ; 2) la reconnaissance qu’il n’y a plus une seule solution mais qu’il est temps de mutualiser les initiatives et de se cibler sur des synergies ; 3) l’émergence de nouvelles formes de travail grâce au développement des téléac- tivités ; 4) le besoin d’innovations transverses face aux nouveaux problèmes complexes. C’est à partir de cela que The Hub crée son offre. 34 FinancementLE CO-WORKING SPACE Une des particularités du Hub est qu’il se finance entièrement grâce à son exploitation. Un site du Hub à Londres a ainsi reçu pour 2008, 502 000 euros de revenus provenant de ses membres. Les revenus proviennent néanmoins de différentes sources. Il s’agit d’abord des cotisations payées pour devenir membre du réseau. L’usager peut choisir de devenir membre d’une communauté locale et de payer uniquement pour un lieu s’il n’est pas amené à se déplacer ou au contraire de choisir l’extension mondiale qui lui permet de se rendre dans les quatorze lieux du Hub dans le monde pour travailler. Viennent ensuite, par ordre d’importance, les revenus issus des évènements organisés par le lieu. Ainsi des usagers peuvent louer des salles pour tenir une conférence de presse, présenter le lancement d’un produit ou organiser une grande réunion par exemple. Puis, autre source de revenus non négligeable, celle issue de la location de postes de travail ou de salles de réunions à des visiteurs occasionnels. Enfin le réseau reçoit des donations privées et quelques revenus tirés de la publicité. Les tarifs proposés à Londres sont les suivants : Il y a différent types d’engagements. Etre membre au mois pour 20 heures coûte 40 Livres Sterling. L’abonnement de 45 heures pour un mois coûte 120 Livres Sterling. Pour un abonnement mensuel de 60 heures avec thé et café illimité, il faut compter 170 euros. Enfin l’abonnement illimité en nombre d’heures et avec des services tels qu’une
  33. 33. Les télécentres urbains situés en centre de métropole ligne téléphonique, le thé et le café illimités, l’appui sur L’usager paye le prix du personnel coûte 480 Livres par mois. La location de l’appartenance des salles de réunions varie de 30 à 50 livres pour la journée. Ces tarifs sont fournis TTC. Cette entreprise à une communauté est très fière de revendiquer son autonomie financière. et la possibilité Pour cela elle s’appuie sur des prix très élevés. Ainsi de rencontrer des l’usager paye davantage le prix de l’appartenance à collaborateurs une communauté et la possibilité de rencontres que la qualité des services auxquels son abonnement donne droit.Taille du réseau et des lieux Le réseau s’étend et est présent aujourd’hui dans 14 métropoles (Amsterdam, Madrid, Milan, Tel-Aviv, Mumbai, Johannesburg, Sao Paulo, Londres...) sur près de 4 continents. Il s’agit là d’une taille très importante pour un réseau autonome de coworking spaces. La taille des lieux varient selon la localisation. Dans le cas du site d’Amsterdam par exemple, il s’agit d’un plateau modulable de près de 250 m2 avec un vaste open space, un coin café, un espace détente et quelques salles de réunion. La particularité des lieux londoniens de King Cross et du projet à Bargehouse est qu’ils ont fait l’objet d’une réhabilitation pour l’occasion. Il s’agit souvent d’anciens lieux industriels abandonnés qui constituent des friches urbaines ou qui sont sous utilisés. 35 Le Hub réhabilite ces lieux, souvent en faisant appel à des ouvriers en programme de LE CO-WORKING SPACE réinsertion, et propose un nouvel espace entièrement remodelé. Une des autres caractéristiques de ces lieux est l’attention qu’ils portent aux consommations d’énergies. Le lieu de Bargehouse a été pensé pour être un lieu neutre en carbone. Ceci est relativement rare lorsqu’il s’agit de télécentres et c’est ici l’unique exemple qui pousse à ce point cette logique. Ainsi tout le système proposé par le Hub (jours d’ouverture, locations des bureaux, occupations, mutualisation des ressources) est pensé pour optimiser l’efficacité énergétique du lieu et y contribue effectivement. Le modèle d’utilisation des locaux par exemple est comparé à celui d’un bureau normal. Il est ainsi calculé qu’un espace du Hub correspond à 5 m2 par travailleur, occupé à 90 %, douze heures par jours, alors qu’un bureau classique propose lui 15 m2 par travailleur, occupé à 60 % et seulement huit heures par jours. Ce bureau de co working est utilisé 6 jours par semaine ce qui correspond à 72 heures par semaine et à 3 600 heures par an alors qu’un bureau classique est utilisé 5 jours par semaine soit 40 heures par semaine et 2000 heures par an. La conclusion qui en découle est la suivante : un salarié consomme 0, 30 KwH dans un espace du Hub alors qu’un salarié dans un bureau classique consomme 2, 50 KwH. L’écart est assez saisissant. L’efficacité énergétique du lieu s’appuie donc sur l’utilisation et l’occupation comme on vient de le voir mais également sur la construction du bâtiment avec notamment le choix des matériaux et par une prise en compte de
  34. 34. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités l’environnement du lieu. Par exemple, les bureaux sont installés au mieux pour bénéficier le plus longtemps dans l’année de la lumière du jour, en été, le soleil est utilisé comme source d’énergie et les autres saisons, l’eau de pluie est récupérée pour alimenter les circuits internes du bâtiment. On est donc là face à un modèle de bâtiment passif et à la pointe de la construction écologique. Néanmoins, très peu de lieux de co-working peuvent proposer des systèmes si innovants et au sein du Hub même, il s’agit d’une exception. Services proposés L’offre de service semble dans un premier temps assez simple. Il s’agit d’offrir un lieu qui fournirait « l’inspiration » nécessaire pour travailler, innover, apprendre et se relaxer le tout en plein centre de Londres. Ce lieu aurait ainsi l’ambition de devenir « le refuge de ceux qui travaillent à créer un monde meilleur », c’est-à-dire fournir un lieu pour les entrepreneurs éthiques.36LE CO-WORKING SPACE
  35. 35. Les télécentres urbains situés en centre de métropole Pour cela les espaces du Hub offrent un lieu agréable permettant de travailler avec les outils nécessaires (imprimantes, scanners, fax...), des événements de différents types (débats, cours, expositions, diners, la possibilité d’organiser soi même des événements pouvant accueillir jusqu’à 140 personnes et l’appartenance à un réseau social international de plus de 3000 travailleurs de l’économie sociale et éthique. Le réseau se targue du patronage de certaines personnalités et notamment de Koffi Annan qui trône sur les plaquettes de cette entreprise accompagnée d’une citation « This place that is becoming known world-wide, is proving what is possible ».Ouverture L’ouverture est relativement large. Par principe, ce lieu est ouvert à tous. De plus, les équipes d’animations organisent des événements dont le but est de permettre la diffusion de connaissances, l’échange et les rencontres imprévues. Dans les faits, le public d’usagers est très homogène travaillant dans un secteur d’activité proche et ayant un statut de travailleurs indépendants ou d’entrepreneurs. 37 LE CO-WORKING SPACE
  36. 36. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Diagnostic interne du modèle Il s’agit ici d’analyser ce modèle en réalisant un diagnostic visant à souligner les forces et faiblesses qui y sont inhérentes. Diagnostic Forces Faiblesses Localisation Ces lieux privilégient une position urbaine centrale Cette position centrale ne se permettant d’être facilement accessible par les propose pas d’apporter une réponse transports en commun. Cela permet de toucher les aux logiques pendulaires en vigueur deux cibles principales de ces lieux : les travailleurs dans une métropole. Ainsi ces lieux indépendants amenés à se déplacer dans le ne sont pas des solutions nouvelles monde (important pour accueillir des travailleurs pour les travailleurs qui font la internationaux) ; situation indispensable pour navette au quotidien entre leur accueillir et organiser des événements. domicile situé en banlieue et leur Exemple : Cantine Paris, passage des Panoramas travail. 75002 ; The Hub Amsterdam, Westerstraat, Jordaan. The Hub Londres : King’s Cross Ouverture L’ouverture au public est grande. N’importe qui peut Dans les faits on observe une au public venir travailler dans ces lieux et disposer d’un espace certaine homogénéité des de travail pour des tarifs relativement abordables. On publics. A la fois en terme d’âge : retrouve une certaine flexibilité dans la fréquence des prédominance des venues puisqu’un abonnement n’est pas nécessaire 25 - 40 ans ; de CSP : indépendant et38 et qu’un travailleur peut venir une seule fois aussi de relation au numérique : e-native. bien que travailler à temps plein. Il est égalementLE CO-WORKING SPACE possible de réserver des salles pour des réunions pour le compte d’associations, d’entreprises ou de particuliers. Equipe Ces lieux bénéficient d’une équipe d’animation. La formation au numérique et l’e- d’animation Elle assure le fonctionnement au quotidien du lieu inclusion ne sont pas la priorité mais son rôle principal est celui d’animer le réseau. de l’équipe d’animation au delà Elle participe ainsi à la création des liens entre les d’actions marginales. membres du réseau. Réseau Ce qui fait la principale force de ces lieux et d’appartenance d’appartenir à un réseau extrêmement dynamique ou même comme se revendiquent les membres du Hub à une « communauté ». Si l’on part du principe que la plus value de ces lieux réside dans la capacité à provoquer des rencontres et à être des lieux d’échanges d’informations alors on peut considérer que c’est leur appartenance à un réseau qui fait leurs succès puisque ces lieux sont devenus des lieux de rencontres et d’échanges entre membres d’un réseau. De plus, c’est ce qui permet la tenue d’événement très nombreux qui assurent à la fois le dynamisme du lieu et une partie de sa pérennité financière.
  37. 37. Les télécentres urbains situés en centre de métropolePlace Ces lieux sont aujourd’hui clairement orientés sur les Aujourd’hui beaucoup de gensde l’aspect aspects professionnels. Ce sont des lieux de travail... travaillent dans ces lieux mais peuprofessionnel mais d’une nouvelle forme de travail fortement basée y travaillent de façon permanente sur l’échange. Donc ces lieux accueillent aussi de (maximum une centaine). Ainsi ces nombreux évènements. Ceux-ci sont très divers. lieux ont plus d’impact dans leur La Cantine se veut le lieu d’accueil d’événements fonction d’événementiel que dans de toutes les communautés numériques de Paris l’accueil de travailleur. avec un hétéroclisme stimulant. Ces lieux sont donc situés assez habilement à l’intersection des activités professionnelles et associatives.Création de lien Ces lieux sont destinés à favoriser la sérendipité c’est- Si l’on prend en compte une visionsocial à-dire la rencontre et la découverte inattendue. Ces plus large de création de lien social lieux ont donc pour vocation de créer du lien social on peut alors voir une limite du entre acteurs et y réussissent assez bien. modèle en raison de l’homogénéité assez grande du public qui fréquente ces lieux. En effet, il y a assez peu d’opérations lancées vers des publics de CSP ou d’âges différentes. La sensibilisation au numérique des personnes du 3 ème âge à la Cantine reste en effet, une action marginale dans les activités de ce lieu. les lieux du Hub sont même des lieux fermés 39 et inaccessibles pour un public non LE CO-WORKING SPACE averti. Localisation En quoi la localisation du lieu est-elle un facteur stratégique pour son attractivité ? Quels sont les moyens d’accès à ce lieu ? Ouverture au public Ouverture au public : le lieu a-t-il une ouverture large ou limitée au public ? Equipe d’animation Equipe d’animation : y a-t-il une équipe d’animation dans le télécentre ? Si oui, quel est son rôle ? Réseau d’appartenance Réseau d’appartenance : le télécentre appartient-il à un réseau ? Si oui, quels sont son étendue et son rôle dans le fonctionnement même du télécentre ? Place de l’aspect professionnel Place de l’aspect professionnel : ce lieu a-t-il une vocation professionnelle ? Si oui, dans quelle mesure et sous quels aspects ? Création de lien social Dans quelle mesure le lieu est-il créateur de lien social ?
  38. 38. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités40LE CENTRE D’AFFAIRE
  39. 39. Les télécentres urbains situés en centre de métropoleLE CENTRE D’AFFAIREDescription générale de ce type Un centre d’affaire est généralement un immeuble de bureaux qui est tout équipé et meublé pour recevoir des utilisateurs de bureau pour une courte période. Les centres d’affaires sont souvent administrés par des entreprises spécialisées qui détiennent des espaces entiers et dont le travail est de relouer des bureaux individuels, des espaces variables à des entreprises ou des travailleurs indépendants. On les trouve surtout dans les centres-villes et quartiers d’affaires. De nombreux termes sont utilisés pour nommer ces lieux puisque Les usagers payent l’on parle parfois de business centers, d’office business assez cher pour centers ou encore de managed offices. bénéficier de Les centres d’affaires existent depuis les années solutions adaptées et 1980 et trouvent leurs origines dans les principales surtout pour pouvoir villes d’affaires des Etats-Unis. Ils étaient destinés dans un premier temps aux voyageurs de commerce. C’est s’installer rapidement 41 seulement ensuite qu’ils ont évolué pour se transformer en groupe de taille planétaire LE CENTRE D’AFFAIRE dont le premier leader était le groupe Servcorp qui s’installe à Sydney en 1978. Ces centres ont bâti leurs succès sur la création d’offres immobilières et de services périphériques à destination des entreprises ou des travailleurs indépendants. La recette de leur succès est de fournir des solutions clés en mains aux entreprises et d’offrir des baux beaucoup plus flexibles et de plus courte durée que les bureaux traditionnels. Par conséquent les usagers, qui sont ici des clients, payent assez cher pour bénéficier de solutions adaptées et surtout pour pouvoir s’installer rapidement. De plus ils peuvent répondre à la croissance des entreprises en proposant de pouvoir changer très rapidement la taille des bureaux. Ainsi ils sont prisés par ces derniers qui s’y implantent dans un premier temps pour tester le marché avant de réfléchir à une implantation plus conséquente.
  40. 40. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Description d’un exemple emblématique et caractéristique de ce type Les centres d’affaires Régus Les centres Regus sont aujourd’hui implantés dans 400 villes sur près de 70 pays ce qui en fait le leader mondial de ce qu’on appelle le secteur du travail externalisé. Origine du projet L’origine du réseau Regus vient de l’idée d’un entrepreneur qui au cours d’un voyage s’est rendu compte combien les halls et salons des hôtels étaient remplis par des travailleurs en déplacement à court ou moyen terme qui y effectuait de réelles tâches professionnelles sans bénéficier pour autant de la prestation de service adéquate. Il eut alors l’idée de répondre à ce besoin en créant des concepts d’espaces de travail à la carte. Regus a donc été fondé en 1989 à Bruxelles et est aujourd’hui cotée à la bourse de Londres. Il s’agit donc d’une initiative privée répondant à un besoin identifié.42 Il s’agit néanmoins d’une innovation de rupture puisque ce concept novateur a entrainé la création d’un nouveau marché.LE CENTRE D’AFFAIRE Objectif du centre Les centres Regus répondent dans un premier temps à un besoin marketing et commercial. Ils proposent des solutions d’externalisation du lieu de travail. C’est en cela que l’on peut parler de travail à distance. Les clients cibles sont donc ceux qui souhaitent disposer d’un bureau modulable et de services périphériques dans un temps limité et dans des conditions beaucoup plus flexibles que pour un bail normal. Peuvent être mis à disposition : un secrétariat, une ligne téléphonique et une connexion internet et des services de photocopies. Avec de tels services, Regus touche un large panel de clients. On peut réaliser une typologie sommaire des clients de Regus à partir des raisons pour lesquels ils choisissent Regus : • entrepreneuriale - une entreprise trop petite qui ne veut pas s’engager sur des baux à long terme parce qu’elle n’a pas encore de visibilité sur son activité. Cela lui permet d’économiser sur ses frais généraux et de personnel (pas besoin d’embaucher de secrétariat par exemple). • géographique- des entreprises étrangères qui ont besoin d’un pied à terre dans la ville pour installer ou développer une affaire. Il s’agit en général d’un bureau commercial ou de représentation.
  41. 41. Les télécentres urbains situés en centre de métropole • de débordement- des usagers en croissance rapide et dont l’espace actuel est insuffisant. Le besoin peut-être à court terme. • d’intermittence- des usagers en cours de déménagement et dont les nouveaux locaux ne sont pas prêts. • de projet- des usagers qui ont un besoin spécifique dû à un projet précis (enquête, 43 étude...) LE CENTRE D’AFFAIRE Les objectifs des centres Regus sont donc de répondre à ces besoins principaux et d’être à la pointe des évolutions du consommateur en matière de travail externalisé.Financement Les financements des Centres Regus sont semblables à ceux d’une entreprise cotée en bourse. Ils sont en cela entièrement privés. Les investissements et augmentation de capital sont financés grâce aux actionnaires et par les revenus de l’exploitation. Les résultats de l’année 2007 étaient ainsi marqués par un chiffre d’affaire de 862 millions de Livres Sterling en progression de près de 30% pour un résultat d’exploitation de 122 millions de Livres Sterling et des bénéfices avant impôt de 119 millions. Il s’agit donc incontestablement d’un groupe en bonne santé financière installé sur un marché porteur. Les coûts de location sont très variables en fonction des besoins de l’entreprise et du degré de prestation proposé. On peut retenir que la location d’un bureau virtuel, c’est- à-dire une adresse et un secrétariat dans une ville de province deIl s’agit d’un groupe France peut coûter 200 euros par mois.en bonne santé Les prix dépendent du type de bureau (taille, prestation definancière installé sur services), de la location de l’immeuble (pays, ville, arrondissement),un marché porteur de la fidélité du client.
  42. 42. Télécentres, écocentres et lieux pour les eActivités Taille du réseau et des lieux Une des grandes forces des centres Régus est la taille de leur réseau. En effet, Regus compte 400 000 clients quotidiens et plus de 5 000 employés. La société compte un réseau de plus de 1 000 centres d’affaires situés dans des immeubles parmi les plus prestigieux dans près de 450 villes et 75 pays. Cette taille impressionnante fait de Regus le leader incontesté du marché des solutions d’externalisation des lieux de travail. La taille des lieux est variable en fonctions des besoins. Il s’agit en général d’immeubles de bureaux configurés selon les particularités du lieu et modulables. Services proposés Quatre activités majeures : 1 La location de bureau à l’intérieur de laquelle on peut trouver des configurations et solutions multiples répondant à des besoins différents des clients. On peut trouver ci-dessous la liste des configurations possibles de bureau : • Bureau équipé long terme : dès lors qu’une entreprise s’installe pour le long terme elle peut bénéficier d’un bureau entièrement équipé et de la taille souhaité. • Ouverture d’une filiale : des bureaux standards avec la possibilité d’avoir accès à l’intranet de l’entreprise mère. • Bureau à durée limitée : des bureaux standards avec accès à des salles de réunion44 et de vidéo conférence.LE CENTRE D’AFFAIRE

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