Panorama des risques avril2011 coface

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Panorama des risques
Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur
Cette publication trimestrielle présente le détail des évolutions des notes pays, des analyses et prévisions du département études économiques et risques pays de la Coface.

édition avril 2011

http://www.coface.fr/CofacePortal/FR_fr_FR/pages/home/publications/Panorama_des_risques

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Panorama des risques avril2011 coface

  1. 1. Panorama des risquesAvril 2011
  2. 2. Scénario de croissances 20112 I Panorama des risques / Avril 2011
  3. 3. Scénario de croissances 2011 Scénario de croissances 2011 et évolution des risquesDivers évènements survenus au premier trimestre 2011 poussent Coface à réviser à la baisse sa prévisionde croissance mondiale à 3,2% en 2011 contre 3,4% précédemment. Par ailleurs, avec les donnéesquasi définitives du quatrième trimestre 2010, la croissance en 2010 ressort à 4,2%. Croissance du PIB (% T/T-1) 2,5 États-Unis Japon 2,0 Allemagne France 1,5 Espagne Italie 1,1 Royaume-Uni 1 0,7 0,4 0,5 0,5 0,5 0,5 0,3 0,3 0,1 0 0 -0,3 -0,5 -0,5 T3 2009 T4 2009 T1 2010 T2 2010 T3 2010 T4 2010Entre 2010 et 2011, le ralentissement de léconomie mondiale devient substantiel avec 1 point depourcentage de PIB. Panorama des risques / Avril 2011 I 3
  4. 4. Coface 2007 2008 2009 2010 2011p Coface Production mondiale 4,2 2,0 -1,6 4,2 3,2 Production mondiale Pays industrialisés 2,4 0,1 -3,5 2,5 1,7 Pays industrialisés États-Unis 1,9 0 -2,6 2,8 2,5 États-Unis Japon 2,4 -1,2 -5,2 4 0,3 Japon Zone euro 2,8 0,4 -4,0 1,8 1,3 Zone euro Allemagne 2,7 1 -4,7 3,7 2,3 Allemagne Royaume-Uni 2,7 0,1 -4,9 1,3 1 Royaume-Uni France 2,4 0,2 -2,5 1,5 1,6 France Italie 1,4 -1,3 -5,2 1,3 1 Italie Espagne 3,6 0,9 -3,7 -0,1 0,5 Espagne Pays émergents 7,9 5,6 1,8 6,9 5,6 Pays émergents Asie émergente 10,1 6,9 6,0 9,0 7,2 Asie émergente Amérique latine 5,6 4,2 -1,7 6,2 4,2 Amérique latine Europe émergente 5,7 3,0 -4,0 4,0 3,7 Europe émergente CEI 8,6 5,5 6,6 4,4 4,7 CEI Moyen-Orient 5,5 5,8 1,6 3,9 3,8 Moyen-Orient Afrique subsaharienne 6,9 5,7 1,6 4,6 4,8 Afrique subsaharienne Chine 14,2 9,6 9,1 10,3 8,8 Chine Inde 9,2 6,7 7,4 8,8 8,0 Inde Brésil 5,7 5,2 -0,6 7,5 4,0 Brésil Russie 8,1 5,6 -7,9 4,0 4,5 Russie Commerce mondial 7,3 2,8 -10,7 14,5 6,5 Commerce mondialLe ralentissement économique est dû à une conjonction de facteurs négatifs affectant léconomiemondiale. Deux facteurs étaient déjà pris en compte dans la précédente prévision de Coface.La crise souveraine dans la zone euro sance de 1,3% en 2011, une perte de seulement 0,1se poursuit avec le recours du Portugal à l’Europe. point de PIB par rapport à la prévision précédente.Le pays est plongé dans une crise politique (dont l’ori- Un résultat toujours peu brillant, marqué par la pour-gine est le plan de rigueur budgétaire) et la récession suite des politiques budgétaires restrictives dans deattendue en 2011 est révisée à -1,3%. Coface révise nombreuses économies et des spreads toujours éle-également à la baisse la croissance de l’Italie (affectée vés pour de nombreux pays jugés fragiles au planentre autres par la crise libyenne) à 1%. Les perfor- financier.mances de l’Allemagne devraient rester satisfaisantes, Il faut ajouter qu’une restructuration de la dette souve-mais légèrement en retrait par rapport à ce qui était raine d’un pays membre ne peut pas être écartée : leattendu, à 2,3%, en raison de la hausse des prix des début de l’année 2011 a été marqué par des rumeursintrants. Au total, la zone euro afficherait une crois- récurrentes s’agissant de la Grèce. Les mécanismes4 I Panorama des risques / Avril 2011
  5. 5. Scénario de croissances 2011d’aide de l’UE – en cours de finalisation – prévoient la affecterait sensiblement les banques européennes,possibilité d’une « participation du secteur privé », par très exposées au risque souverain de la zone euro.exemple sous la forme d’un abandon partiel de la dette La montée du risque souverain dans la zone euro aura(au pire), mais seulement à partir de la mi-2013. un coût avec un accès plus difficile au crédit alors queLa Grèce a déjà renégocié les conditions de son aide la confiance des investisseurs et des ménages estoctroyée par l’UE en mai 2010 (baisse des taux, allon- encore fragile. Le crédit bancaire reste un des vecteursgement des maturités). Les capacités de soutien des de transmission de la crise souveraine vers les entre-mécanismes européens devraient être augmentées prises. Or ce dernier connaît un point bas en Europe,pour « acheter du temps » pour les 4 pays supposés alors qu’avec la reprise, il devrait accompagner lefragiles (Grèce, Portugal, Irlande et Espagne). Le nou- redémarrage de l’investissement. Or les banques,veau gouvernement irlandais tente d’ailleurs de rené- entravées par leur forte exposition au risque souverain,gocier les conditions de l’aide multilatérale, selon seront réticentes à financer la croissance. Dans cer-l’exemple grec. Il n’a pas pu obtenir de tels aménage- tains cas tels que le Portugal et l’Irlande, on observements pour le moment en raison du blocage entourant actuellement une contraction de l’offre de crédit,la question de la hausse de son taux d’imposition des susceptible de s’accentuer dans les mois à venir,sociétés. Tout sera fait par les institutions européennes provoquant de nouvelles défaillances d’entreprises.pour éviter une réduction de valeur de la dette qui Crédit bancaire aux entreprises (taux de croissance, %) 30% France 25% Royaume-Uni 20% Italie Allemagne 15% 10% 5% 0% -5% -10% -15% dé 0 av 4 ao 5 dé 5 av 5 ao 6 dé 6 av 6 ao 7 dé 7 av 7 ao 8 dé 8 av 8 ao 9 dé 9 av 9 ao 0 10 .1 0 .0 .0 0 .0 .0 0 .0 .0 0 .0 .0 0 .0 .0 0 .1 c. c. c. c. c. c. c. ril ût ril ût ril ût ril ût ril ût ril ût dé Panorama des risques / Avril 2011 I 5
  6. 6. Crédit bancaire aux entreprises (taux de croissance, %) 50% Grèce 40% Portugal 30% Espagne Irlande 20% 10% 0% -10% -20% -30% -40% -50% 4 04 5 05 6 06 7 07 8 08 9 09 0 10 1 .0 .0 .0 .0 .0 .0 .1 .1 il. il. il. il. il. il. il. nv nv nv nv nv nv nv nv ju ju ju ju ju ju ju ja ja ja ja ja ja ja jaHors zone euro, la croissance du Royaume-Uni est Mais des éléments nouveaux viennent assombrirégalement revue à la baisse à 1% (contre 1,3%), la conjoncture de 2011compte tenu d’un quatrième trimestre 2010 en La hausse des prix de l’énergie affecterarécession. l’activité. Pour 2011, la prévision du prix moyenLe commerce mondial ralentit après le rebond du baril de brent est de l’ordre de 100$/b, soit uneextraordinaire de 2010. On reviendrait selon l’OMC hausse de 25 % par rapport à 2010. Le prix moyenà un rythme de 6,5%, qui reste très porteur contre du baril s’est établi à 79,8 $ en 2010. Il s’est établi14,5% en 2010 et -10,7% en 2009. à 104,45 $ de janvier à fin mars 2011.6 I Panorama des risques / Avril 2011
  7. 7. Scénario de croissances 2011 Prix du Brent (dollar/baril) 150 - 140 - 130 - moyenne 2008. 98 $/b 120 - 2011 moy = 104,4 $/b Prix moyen au 31 décembre 2010 110 - 79,8 $/b 100 - 90 - 2007. 72,5 $/b moyenne 2009. 80 - 61,37 $/b 70 - 2006. 65,2 $/b 60 - 50 - 2005. 54,5 $/b 2004. 38,2 $/b 40 - 2003. 28,8 $/b 30 - 20 - 10 - r s in e e ie ar br br ju nv m em m ja ce pt dé seCoface estime que les événements du Moyen-Orient, Au-delà, cependant, la reconstruction et la nécessitéet notamment les troubles politiques à Bahreïn dans de trouver des énergies de substitution à la capacitélesquels lArabie saoudite s’implique, lintervention nucléaire manquante, dans un Japon pauvre enmilitaire en Libye et la possibilité que le mouvement ressources énergétiques, devraient pousser les prixde révolutions politiques s’étende à dautres pays de mondiaux du pétrole à la hausse, de même quela zone devraient maintenir les cours à un niveau ceux du gaz et du charbon. Dans ce contexte, laélevé. La catastrophe naturelle au Japon en mars révision des prix du brut est de 25% par rapport à la2011, suivie d’une crise nucléaire, devrait avoir, dans prévision précédente. En gros, cette hausse du brutun premier temps, un effet dépressif sur les cours en grignoterait 0,1 à 0,2 point de PIB de croissanceraison du recul à court terme de la croissance dans pour les grands pays importateurs, notamment auxce pays, 3ème importateur de pétrole dans le monde. Etats-Unis (désormais à 2,5%), en Allemagne (2,3%), en Corée du Sud (3,5%) ou en Inde (8%). Panorama des risques / Avril 2011 I 7
  8. 8. Aux plans géopolitique et économique, l’Arabie saoudite est l’économie déterminante pour l’évo- lution à long terme des prix du pétrole. Il est le premier producteur de pétrole du monde (certaines années devancé par la Russie), captant 16% de la production mondiale. Membre-phare de l’OPEP, l’Arabie Saoudite est capable d’ajuster sa production en volume pour orienter les cours. Il a annoncé une hausse de la production de 500 000 b/j à 900 000 de b/j pour stabiliser les cours et compenser la perte de produc- tion libyenne. Principaux pays consommateurs de pétrole Principaux pays producteurs de pétrole (données 2009 - Source BP - US EIA) (données 2009 - Source BP - US EIA) Royaume-Uni 2,9 % Italie 2,6 % France 3,2 % Russie 15,8 % Iran 2,9 % Arabie Saoudite États-Unis 15,6 % Mexique 3,6 % 32,5 % Algérie 3,3 %Canada 3,7 % Nigeria 3,5 %Corée du Sud3,8 % Norvège 3,7 %ArabieSaoudite 4,2 % Irak 3,8 % États-Unis 14,6 %Allemagne 4,2 % Venezuela 3,9 %Brésil 4,4 % Koweït 4,0 % Russie 4,7 % Brésil 4,1 % Iran 6,7 % Chine 14,4 % EAU 4,5 % Inde 5,4 % Mexique 4,8 % Japon 7,7 % Canada 5,3 % Chine 6,4 % 8 I Panorama des risques / Avril 2011
  9. 9. Scénario de croissances 2011Les catastrophes en chaîne survenues au 9% du PIB mondial (6% en PIB PPA). L’impact deJapon (tremblement de terre, tsunami et crise ces événements dramatiques sur l’économie mondialenucléaire) auront un coût pour la croissance mon- est difficile à mesurer : tout dépendra de l‘évolutiondiale. Coface révise la croissance du PIB japonais à des accidents nucléaires. Il pourrait être de courte0,3%, alors que le pays représente tout de même durée mais sera tangible.Le séisme et le tsunami au Japon pourrait être la catastrophe la plus coûteuse de l’histoireDate Catastrophe Estimation du coût économique En % du PIB en Mds de dollars1995 Séisme Kobé (Japon) 100 Mds $ 1,9%2004 Tsunami (Indonésie, 10 Mds $ (dont 4,5 Mds $ pour 1,8% (Indonésie) / 0,6% Thailande, Sri Lanka) lIndonésie et 1 Md $ pour la Thaïlande) (Thaïlande)2005 Ouragan Katrina 125 Mds $ (Insurance Information Entre 1% et 1,1% (Etats-Unis) Institute) -140 Mds $ (Carnegie)2008 Séisme Sichuan (Chine) 85 Mds $ 1,9%2011 Séisme + tsunami (Japon) 235 Mds $ (Banque Mondiale) entre 4,3% et 5,7% 309 Mds $ (gouvernement japonais)Le rôle du Japon est important dans la chaîne de Chine a déclaré qu’elle n’avait des stocks de compo-production mondiale, désormais très intégrée. Les sants en provenance du Japon que jusqu’à débutprocessus productifs sont décomposés de manière avril et que sa production pourrait être sérieusementinternationale. Il y aura donc d’abord des ruptures affectée à court terme. Le Japon reste un exportateurd’approvisionnement de l’offre, et pas seulement au essentiel de produits intermédiaires industriels :Japon. Le secteur automobile mondial sera directe- il exporte 10,7% des circuits intégrés, 8,5% desment affecté : le Japon représente 14% des exporta- machines outils, 7,5% de l’acier et 7% des instrumentstions mondiales de véhicules et Toyota a annoncé des d’optique.ruptures d’approvisionnement sur le marché américain. Il est le premier fournisseur de batteries au lithium.Le Japon est également un fournisseur majeur de La très forte spécialisation du Japon dans lespièces détachées du secteur. Ainsi, Peugeot prévoit produits de haut de gamme, notamment dans lesdes perturbations dans sa production de moteur composants électroniques, rend difficile unediesel en Europe et l’unité de production Volvo en diversification des sources d’approvisionnement. Panorama des risques / Avril 2011 I 9
  10. 10. L’impact de la crise japonaise sur le reste du monde ces pays sont en revanche dépendants des importa-peut donc se faire via le canal de l’offre qui semble tions en provenance du Japon, notamment de biensa priori prépondérant sur celui de la demande : intermédiaires utilisés dans la chaîne d’assemblage,le Japon représente environ 5% des importations principalement dans le secteur électronique. Ainsi,mondiales de biens. La demande intérieure japo- 15% des importations coréennes, 21% des importa-naise était structurellement anémique avant cette tions taïwanaises, 20% des importations thaïlandaisescrise mais il est bien clair qu’elle sera atteinte. Les et 13% des importations chinoises viennent du Japon.touristes japonais se feront plus rares (en Europe et Ces pays pourraient donc être affectés par une éven-en Asie). La demande mondiale pourrait être très tuelle pénurie de composants électroniques. L’impactaffectée par le canal psychologique, si le désastre négatif sur la production manufacturière asiatiquenucléaire venait à s’aggraver. pourrait toutefois être atténué par la réorientation des sources d’approvisionnement. Ce mouvement seraitImpact sur l’Asie émergente en effet favorisé par l’existence de surcapacités dansSi la Corée, Taiwan ou la Thaïlande sont peu dépendants les usines des pays avancés. Néanmoins, commedu Japon comme marché d’exportation (le Japon ne indiqué précédemment, la très forte spécialisation dureprésente que 8% des exportations chinoises, 6% Japon dans les produits de haut de gamme, notam-des exportations coréennes, 7% des exportations ment dans les composants électroniques, rend cettaïwanaises et 12% des exportations thaïlandaise), exercice de diversification des sources d’approvision- Poids du Japon dans les exportations et les importations mondiales (%) 20% Exportations mondiales 15% 13,9% Importations mondiales Exportations 10,7% 10% 8,5% 7,5% 7% 5% 5% 4,7% 0% té s és ou s s r ifi ts es s ie in uit ne til ile nt n gr qu Ac ie e ob hi irc sc trum ac m C M to s Au In10 I Panorama des risques / Avril 2011
  11. 11. Scénario de croissances 2011nement complexe, d’autant qu’il existe plusieurs rangs japonais. Le yen devrait donc s’apprécier à court terme.de sous-traitance. Par ailleurs, le secteur du tourisme Sa tendance à plus long terme est difficile à mesurerde la région, et surtout de Taiwan, devrait pâtir de la au-delà des effets techniques. D’autant qu’une coordi-situa- tion. En revanche, l’impact sur l’économie indienne nation des banques centrales les plus importantes– peu ouverte – et l’économie vietnamienne – qui s’est mise en place pour limiter l’appréciation de laexporte principalement des produits agricoles et à faible devise nippone sur les marchés et soutenir les expor-valeur ajoutée (pêche, textile) – sera faible. tations japonaises. Dans ce contexte, l’excédent de laEnfin, le Japon est un fournisseur essentiel de produits balance courante japonaise pourrait se réduire sensi-chimiques, de papiers, d’acier, de pièces pour engins blement. Il était de près de 5% du PIB avant la crise etde travaux publics. de 3,6% en 2010.Impact sur les flux de capitaux vers l’étranger La gestion de la surchauffe dans les paysLe Japon est le troisième exportateur mondial de capi- émergents implique de réviser leur taux detaux avec 11,5% de l’ensemble des capitaux expor- croissance à 5,6% en 2011 après 6,9% en 2010tés, après l’Allemagne (13,3%) et la Chine (24,2%). Les perspectives restent les mêmes s’agissant deIl est un gros acheteur d’obligations du trésor américain l’Amérique latine où un atterrissage en douceur est à(880 Mds USD) derrière la Chine (1160 Mds USD). l’œuvre, singulièrement au Brésil (4%), mais aussi enLa vente possible d’actifs de cette catégorie, accom- Argentine (5,5%), car la croissance de 2010 était trèspagnée d’achats moins importants, pourrait pousser au-dessus du potentiel. Le continent passerait doncles taux américains à la hausse et faire s’apprécier le de 6,2% en 2010 à 4,2% en 2011. La CEI et l’Afriquedollar. pourraient plutôt profiter de la hausse des prix deCe phénomène pourrait être concomitant à la fin du l’énergie et des matières premières minérales avec desquantitative easing (QE2) de la Fed prévu fin juin, ce croissances respectivement de 4,7% et 4,8% enqui pourrait pousser la Fed à mettre en place un QE3 2011. Le Moyen-Orient, qui concentre une grandeoù a adopter d’autres mesures non conventionnelles. partie des réserves de pétrole, bénéficierait assez peuLes obligations d’Etats européens pourraient égale- des hausses de cours dans la mesure où les boulever-ment pâtir de tels mouvements. En revanche, l’impact sements politiques les empêcheront d’en profiter. Ausur les IDE vers la Thaïlande, le Vietnam ou sur les total, la zone Moyen-Orient Afrique du Nord afficheraittransferts des travailleurs philippins expatriés au Japon 3,8% en 2011 contre 3,9 en 2010, malgré la haussedevrait être marginal dans ces trois pays. substantielle des cours des hydrocarbures. C’est l’Asie émergente qui ralentit le plus parmi lesImpact sur le yen pays émergents (à 7,2%, ce qui reste très porteur,Le cataclysme a poussé momentanément le yen à la contre 9% en 2010) avec des révisions des crois-baisse le 12 mars, puis son appréciation est repartie sances de la Chine (8,8% contre 10,3% en 2010) etsignificativement, en raison des anticipations des mar- de l’Inde (8% contre 8,8% en 2010) en raison de lachés sur les rapatriements d’actifs au Japon par les hausse des prix de l’énergie et des mesures de poli-assureurs et les entreprises, mais aussi par le dénoue- tique monétaire (hausse de taux d’intérêt, appréciationment de positions de carry trade par les particuliers du taux de change et contrôle quantitatif du crédit Panorama des risques / Avril 2011 I 11
  12. 12. dans le cas chinois) destinées à lutter contre la sur- taux en Inde (l’inflation passerait de 9,5% en 2010 àchauffe. C’est également le cas en Corée, en Thaï- 7,8% en 2011) alors que la hausse des prix continueralande et en Indonésie. à s’accélérer au Vietnam, atteignant 13,5% en 2011Les graphiques ci-dessous montrent que c’est surtout en moyenne annuelle.au Vietnam et en Inde que l’inflation atteint des niveaux En moyenne, toujours selon Natixis, les hausses deinquiétants. En moyenne, pour les 11 principales éco- taux d’intérêt en Asie ne seraient que de 0,4 point denomies d’Asie, l’inflation annuelle passerait de 6,7% base. Toutefois, les situations au regard de l’inflationen 2010 à 8,4% en 2011 ce qui constitue une montée sont très disparates. En Malaisie, à Taiwan ou à Hongdes prix substantielle. Les prévisions de Natixis tablent Kong, l’inflation, même si elle augmente en 2011,sur une (relative) efficacité de la politique de hausse de n’atteindra pas des niveaux préoccupants. 16 13,4 Inflation 2010 14 Inflation 2011 12 10 8,35 8 7,8 6,8 6 5,4 4,8 4,4 4,1 3,9 4 3,1 2,8 2 1,5 0 m de ie r e es ne ée e e g an ou n nd si n és na in or en hi iw In Ko ai ap la n pp C et C al Ta oy do aï ng g Vi M ili on Th M In Ph Si H 12 10,5 Taux d’intérêt 2010 10 Taux d’intérêt 2011 8 7 7 6,5 6,31 6 4 3,25 3 2,5 2 1,625 0,5 0,4 0 m de e es ne ée e e an g r ou si si nd n na in or hi iw In Ko né ai ap la pp C et C al Ta do aï ng g Vi M ili on Th In Ph Si H12 I Panorama des risques / Avril 2011
  13. 13. Scénario de croissances 2011L’inflation observée dans la plupart des pays émer- Dans un second temps, en outre, le ralentissement degents ne semble pas provenir d’un problème structu- la demande intérieure est rendu nécessaire, dans cer-rel de déphasage entre la demande et l’offre, mais tains cas, par un creusement des déficits courants dansplutôt d’une inflation importée, de biens alimentaires et un contexte de reflux de capitaux. Ces déséquilibresénergétiques. En Chine, par exemple, l’inflation sous- courants concernent peu l’Asie, à l’exception notablejacente (hors prix alimentaire et énergétique) est restée de l’Inde et du Vietnam (dont la situation externeinférieure à 2-3% en 2010 et au 1er trimestre 2011. devient préoccupante). Au Brésil, en Turquie et en Afrique du Sud, les déficits courants se creusent. En tout état de cause, le ralentissement de l’économiePour cette raison, l’IPC peut être un indicateur trom- chinoise (d’une certaine manière souhaité par les auto-peur pour capter le risque social associé aux hausses rités) est très incertain car les instruments visant àde prix. En effet, les autorités des pays d’Asie ont refroidir l’économie n’ont pas, jusqu’à maintenant, faitconscience que les hausses des prix des produits pri- leur preuve. Une croissance de 8,8% reste un tauxmaires surviennent dans un contexte de croissance élevé et il est possible que l’économie chinoise,certes forte, mais souvent inégalitaire, et donc por- comme chaque année, affiche au final un taux encoreteuse de risques de tensions sociales. Les populations plus élevé.les plus défavorisées sont plus sensibles aux prix desdenrées alimentaires. En Inde toutefois, on détecteune corrélation entre l’inflation sous-jacente et l’indiceIPC, les prix des biens alimentaires provoquant unehausse des coûts qui se transmet aux prix finaux.Toujours selon le FMI, l’inflation sous-jacente en Indeaugmente ; elle était négative fin 2008 et est montéeà 10% début 2010.Les hausses de taux d’intérêt peuvent-elles être effi-caces pour enrayer la hausse des prix si celle-ciprovient en grande partie des hausses des cours deproduits de base ? En fait, les autorités monétaires ontà cœur d’immobiliser la liquidité pour lutter contre lesbulles. Ainsi, la politique de hausse de taux d’intérêtpeut-elle avoir un effet attractif sur les dépôts et doncfavoriser l’épargne au détriment de la consommationet empêcher un surcroît de demande qui viendraitrenforcer l’inflation observée des biens alimentaires. Panorama des risques / Avril 2011 I 13
  14. 14. Europe14 I Panorama des risques / Avril 2011
  15. 15. Europe Les mesures d’austérité affectent les demandes intérieures portugaise et britannique, et le dégonflement de la bulle immobilière à Chypre engendre des difficultés dans le secteur bancaire et chez les ménages. Les notes @rating du Portugal et de Chypre sont déclassées en A4 et en A3, la surveillance positive sur celle du Royaume-Uni (A3) est levée. Modification de note Portugal Déclassement en A4 de la note A3 (depuis juin 2009)Le crédit bancaire reste atone, alors que les entreprises, dont les marges d’autofinancement sont faibles,en sont dépendantes. Le pays s’impose une sévère cure d’austérité, dictée par la nécessité de réduireun important déficit public, qui devrait entraîner une chute de la demande intérieure et le faire replongerdans la récession en 2011. En dépit des mécanismes de soutien mis en place au sein de la zone euro,les taux d’intérêt des obligations d’Etat portugaises ont atteint des niveaux record. Lourdement endettéet confronté à de faibles perspectives de croissance, le pays a été contraint de recourir à l’aide del’Europe, la crise politique actuelle ayant hâté le processus.Une économie susceptible de replonger dans ont pesé négativement sur la demande intérieurela récession en 2011 du fait du durcissement dans la seconde moitié de l’année 2010, entraînantde l’austérité même une baisse de l’activité économique au dernierLa hausse de la taxation, la réduction des transferts trimestre. Seules les exportations ont conservé unsociaux et des salaires dans la fonction publique, de rôle moteur. Le durcissement des mesures d’austé-même que des conditions de crédit plus restrictives, rité budgétaire risque de replonger le pays dans la Panorama des risques / Avril 2011 I 15
  16. 16. récession en 2011, dans un contexte déjà marqué par Le pays a cédé des parts de marché et affiche l’un desle niveau élevé de l’endettement des ménages, un déficits courants les plus élevés de la zone. Le poids detaux de chômage important, un crédit atone, ainsi que sa dette extérieure, comme celui de la dette despar une faible profitabilité et une faible capacité d’auto- ménages et des entreprises, s’est fortement alourdi.financement des entreprises. La consommation Les banques sont devenues dépendantes des finan-devrait retourner en territoire négatif, l’investissement cements de la BCE et ont sensiblement accru leursreculant, quant à lui, pour la troisième année consécu- détentions de titres de la dette publique. La détériora-tive. En outre, la demande étrangère devrait connaître tion de la situation économique et financière se doubleun léger tassement. Toutefois, la contribution du d’une crise politique. Le refus de l’opposition d’entéri-commerce extérieur à la croissance devrait rester ner un nouveau plan de rigueur a, en effet, entraîné lalégèrement positive. démission du Premier ministre. Ceci ouvre la voie àDes déséquilibres macroéconomiques des élections anticipées et a précipité le recours à unequi se sont accumulés aide internationale.Les mesures initiales de soutien à la croissance et la Des entreprises fragiliséesrécession ont entraîné un creusement du déficit bud- La progression des faillites s’est maintenue à ungétaire et une hausse prononcée de la dette publique, rythme élevé en 2010. Les secteurs les plus touchésà plus de 80% du PIB. Le pays a pris des mesures sont ceux de la confection, du textile, du cuir, de lad’assainissement plus rapidement que la Grèce et son construction et de l’ameublement. L’activité dans lasecteur bancaire n’a pas subi de pertes liées à l’explo- construction continue de décroître et le commerce desion d’une bulle immobilière, à la différence de l’Ir- détail continue d’enregistrer une baisse de son chiffrelande. Cependant, les tensions se sont fortement d’affaires en dehors de la distribution alimentaire.accrues sur le marché de la dette portugaise, dont les Le textile voit sa production décroître tendanciellement.taux d’intérêt atteignent des niveaux record, et la Il devra continuer d’investir dans de nouvelles techno-contraction du PIB va rendre plus compliquée l’at- logies et méthodes de production afin de résister à lateinte des objectifs budgétaires du gouvernement. concurrence indienne et chinoise. L’agroalimentaire,Après la Grèce et l’Irlande, déjà secourues par l’Europe le principal secteur industriel du pays, semble, quantet le FMI en 2010, le Portugal ressort à l’heure actuelle à lui, plutôt bien résister à la crise. D’importants effortscomme le pays le plus fragile de la zone euro. L’Etat de modernisation et d’innovation ont été entrepris.portugais a été contraint, à son tour, de recourir à Le secteur a la capacité d’explorer de nouveauxl’aide extérieure. En dépit de certaines avancées, marchés et de s’ajuster. Toutefois, il reste très atomisé,l’économie reste handicapée par une faible producti- dépendant des matières premières et doit faire facevité, un manque de compétitivité et un niveau général à la pression de la grande distribution. Enfin, dans led’endettement élevé. Les rigidités du marché du travail, secteur automobile (filiales de groupes étrangers) lesune règlementation pesante, l’insuffisance de concur- perspectives à l’export (97% de la production) sontrence et un manque de qualification de la main-d’œuvre plutôt favorables, mais les ventes domestiques souffri-expliquent la faiblesse de la productivité. Conjuguée à ront de la récession en 2011.une forte progression des salaires, celle-ci a entraînéune perte de compétitivité.16 I Panorama des risques / Avril 2011
  17. 17. Europe Modification de note Royaume-Uni Levée de la surveillance positive sur la note A3L’économie britannique a affiché une récession au quatrième trimestre 2010, et la confiance desménages s’est fortement dégradée. Les mesures d’austérité mises en place par le gouvernementde coalition vont contraindre les dépenses des Britanniques qui devraient reculer cette année. De plus,les exportations devraient ralentir sous l’effet de la demande moins dynamique en provenance desprincipaux partenaires commerciaux, notamment de l’Union européenne.Malgré une croissance bien orientée en 2010, autour de 4%, la quasi-stagnation des salaires réels,la confiance des ménages sest dégradée au la détérioration du marché du travail avec un taux de4ème trimestre chômage autour de 8%. Dans ce contexte, lesAprès la forte récession de 2009, lactivité sest bien ménages très endettés (plus de 150% de leur revenuredressée lannée dernière (+1,3%), tirée principale- disponible), tenteront damorcer un mouvement dement par la bonne tenue de la demande domestique, désendettement. Néanmoins, ils devraient encoreliée à la reconstitution des stocks. Les exportations cette année tirer sur leur épargne (5,4% du RD au pre- mier trimestre 2011). La valeur du patrimoine immobi-ont profité de la dépréciation de la livre sterling, mais lier sest peu ou prou maintenue en 2010. Cetteleur progression na pas été aussi dynamique quat- année, latonie des transactions immobilières devraittendu, notamment dans le secteur des services. Les pousser les prix à la baisse, denviron 10% par rapportperspectives de durcissement de la politique budgé- au point haut de 2010. Linvestissement public chu-taire ont fortement affecté la confiance des consom- tera de manière très prononcée, et celui des entre-mateurs à la fin de lannée dernière. Le quatrième prises ne progressera que faiblement. Le déficit de latrimestre a enregistré un recul de 0,5%, en grande balance courante se réduira grâce au ralentissementpartie dû aux mauvaises conditions climatiques. marqué des importations, en ligne avec une demandeLa progression de la croissance domestique moins soutenue. Malgré la persistancesera modeste en 2011 probable dun taux de change favorable, le dyna-Lactivité ralentira cette année (+1%), freinée par les misme des exportations de biens et services sera par-mesures de rigueur économique mises en place par la tiellement enrayé par le ralentissement attendu de lacoalition gouvernementale. Plusieurs éléments pous- demande des principaux clients du Royaume-Uni,seront les ménages à réduire leur consommation : les la zone euro en particulier qui représente 50% descoupes claires réalisées dans les dépenses publiques, expéditions vers létranger. Grâce à la réduction desla hausse de la TVA de 2,5 points de pourcentage dépenses de lEtat, le déficit budgétaire se contractera.en janvier 2011, laugmentation des prix de lénergie En revanche, la dette publique continuera de grimper,et des produits alimentaires qui poussera linflation à plus de 80% du PIB (contre 52% avant la crise). Panorama des risques / Avril 2011 I 17
  18. 18. La politique monétaire devrait, quant à elle, rester trésoreries restent tendues. Cette situation pourraitaccommodante, avec un taux directeur de 0,5%. faire courir un risque de rupture dans les stocks et lesNéanmoins des interrogations subsistent quant aux livraisons. Face à la prudence des ménages, la distri-décisions que pourrait prendre la Bank of England bution pourrait être amenée à mettre en place desdans léventualité dune augmentation du taux direc- politiques commerciales plus agressives qui détériore-teur de la BCE. En cas de détérioration plus marquée raient leurs marges. Les fabricants et détaillants dede lactivité, elle pourrait étendre les mesures non produits durables, les restaurants, agences deconventionnelles, tel le quantitative easing décidé en voyage, distribution de produits de loisirs seront les2010. plus touchés par le ralentissement des dépenses pri- vées. Les constructions résidentielle et commercialeLe crédit bancaire tarde à redémarrer et les pâtiront dune demande beaucoup moins soutenue etfaillites se maintiennent à un niveau élevé devront donc être surveillées cette année. Les faillitesLassainissement des bilans bancaires et les nouvelles ont baissé de plus de 12% en 2010, ce qui reflèterégulations imposées par Basle III contraindront lexpérience de paiement de Coface. Néanmoins, leencore cette année le crédit. Cela affectera particuliè- niveau des défaillances demeure élevé.rement les petites et moyennes entreprises dont les Modification de note Chypre Déclassement en A3 de la note A2 (depuis décembre 2010)La reprise est atone en raison du dégonflement durable de la bulle immobilière qui affecte les ménageset les banques chypriotes. Ces dernières sont en outre exposées au souverain grec et aux risques dedéfaut accru des ménages et entreprises helléniques, qui captent un large part des crédits chypriotes.Une reprise freinée par un niveau élevé soldées par l’éclatement de la bulle immobilière aux-d’endettement privée et des finances quels les banques et les ménages ont été fortementpubliques fragilisées exposés. La hausse du chômage, le resserrement duEn 2011, la croissance restera atone, autour de 1%. crédit et le poids de la dette des ménages pèserontElle ne retrouvera pas ces prochaines années la ainsi sur la consommation privée. Les recettes touris-moyenne de 4% de la période 2004-2008. Ces années tiques devraient continuer de pâtir de l’atonie du mar-de surchauffe, financées par le recours à l’endette- ché européen et de la dégradation des infrastructuresment privé qui a atteint 280% du PIB en 2009, se sont touristiques. De même, le secteur pharmaceutique et18 I Panorama des risques / Avril 2011
  19. 19. Europede la chimie continueront de subir une érosion de leur 40% des crédits alloués par les banques chypriotescompétitivité. L’investissement restera faible en raison le sont à des ménages et des entreprises grecques.de la difficile reprise du marché de l’immobilier et de la Le système bancaire chypriote apparaît donc particu-construction. En outre, les dépenses publiques seront lièrement fragilisé par la poursuite de la récession encontraintes par la faiblesse des recettes fiscales et les Grèce et fait face par ailleurs à un risque de restructu-mesures engagées depuis 2010 pour réduire le déficit ration de la dette publique grecque et à un ralentisse-public. Les cotisations de retraite ont été relevées en ment marqué de l’activité en Grèce. En outre, les2009, la TVA à 15% pourrait être augmentée de 1% banques commerciales et le réseau coopératif mutua-en 2011, cependant il est peu probable que le gouver- liste sont également exposés au ralentissement desnement procède à l’augmentation du taux d’impôt sur secteurs domestiques de l’immobilier et de la cons-les sociétés (10%) qui risquerait de remettre en cause truction. Dans cette perspective, la situation du secteurla position du pays en tant que plateforme régionale devrait sensiblement se détériorer en 2011 en dépitde services aux entreprises. Aussi, à terme, en l’ab- des mesures prises tardivement par les autorités desence d’une réorientation du régime de croissance supervision visant notamment les niveaux de réservefondé sur un faible taux d’imposition, le déficit budgé- obligatoire.taire devrait continuer à croître et la dette publiquepourrait dépasser dès 2011 la barre des 60% du PIB. Un très lent processus de négociation pour la réunificationDes vulnérabilités croissantes Les négociations en vue de la réunification de l’île,dans le secteur financier qui ont redémarré en septembre 2008, ont fait peu deLe système bancaire chypriote a mieux résisté à la progrès. La partie nord de l’île demeure occupée parcrise que ceux des autres pays de la zone euro. 25000 soldats turcs. Malgré les efforts réalisés jusqu’àEn 2010, les banques sont restées rentables avec un présent par les présidents grec et turc, il reste beau-bon niveau de capitalisation et des ratios de liquidité coup à faire pour aplanir les divergences (partage duconfortables. Toutefois, ce secteur présente des pouvoir, règlement du dossier des propriétés spoliées).risques en raison de sa taille et de sa concentration, En outre, depuis la victoire à l’élection présidentiellerelativement importantes pour l’économie chypriote. chypriote turque d’avril 2010 de Dervish Eroglu, leaderEn effet, le total des actifs du secteur s’élève à plus de du parti nationaliste, il est peu probable que le proces-10 fois le PIB du pays. Par ailleurs, la forte exposition sus de réunification aboutisse à court terme.du secteur bancaire à l’économie grecque est unesource importante de vulnérabilité. Les banques com-merciales chypriotes détiennent des obligations émisespar l’Etat et les banques grecques, elles prêtent égale-ment aux ménages et aux entreprises helléniques,via leurs filiales et succursales. Fin 2010, les trois plusgrandes banques commerciales chypriotes avaientune exposition à la Grèce qui s’élevait jusqu’à 53% del’actif, dont 23 milliards d’euros de prêts concédésaux ménages et entreprises grecques. Panorama des risques / Avril 2011 I 19
  20. 20. Asie20 I Panorama des risques / Avril 2011
  21. 21. AsieAu Japon, le séisme et le tsunami, conjugués à la crise nucléaire, auront un impact sur la chaîne de production mondialeet sur la croissance de l’Archipel qui est revue à la baisse (0.3%).La note A1, meilleur risque, est mise sous surveillance négative.Au Vietnam, l’économie pourrait connaître un atterrissage brutal, dû à la forte détérioration de la situation financière du pays. La note @rating est déclassée en C. Panorama des risques / Avril 2011 I 21
  22. 22. Modification de note Japon Mise sous surveillance négative de la note A1Rappel : la note du Japon a été dégradée en mars 2009 en A2, et a retrouvé sa note d’avant la crise A1 en septembre 2010, en raison du rebond de ses exportations dans un contexte régional dynamique et de la décélération des faillites.Il est difficile à ce stade de déterminer précisément l’impact des trois chocs subis par l’économie japo-naise. Néanmoins, il est certain que les entreprises (notamment les PME sous-traitantes de grandsgroupes) localisées dans les zones touchées et dans les départements dépendants pour la fournitureénergétique des centrales nucléaires sinistrées, seront très fragilisées. Elles doivent en effet faire face àla destruction des infrastructures, aux interruptions dans les chaînes de fabrication, et à l’approvisionnementerratique en électricité et en eau. Dans ce contexte, les exportations, moteur traditionnel de l’activité,devraient considérablement ralentir, alors que la consommation des ménages se contractera.La croissance a donc été revue à la baisse en 2011, à 0,3%.Vive croissance en 2010 portée par un rebond ont porté un coup dune violence inédite au pays. Lesspectaculaire des exportations interruptions de fourniture délectricité et deau, conju-Le Japon a étonné par laccélération, même limitée, guées à la destruction des infrastructures routières,de la consommation des ménages (1,9%), soutenue portuaires et ferroviaires, pèseront sur la productionpar la politique budgétaire très réactive des autorités, des usines implantées dans les régions sinistrées (leset par le rebond spectaculaire des exportations (24%) quatre préfectures touchées représentent 6,2% duen 2010 qui ont profité de la demande dynamique des PIB) mais également dans les départements alimentésautres économies asiatiques (54% des expéditions). par les centrales nucléaires du nord-est du pays, etLes exportations ont ainsi retrouvé le niveau perdu davantage industrialisés (Kanagawa et Shizuoka). Lespendant la crise. La croissance en 2010 a donc bondi secteurs les plus touchés sont lautomobile, lélectro- nique, la sidérurgie, la pharmacie et lagroalimentaire.à 3,9%, progression jamais atteinte depuis 1991. Les exportations, dont on prévoyait déjà le ralentisse- ment avant ces événements dramatiques, pourraientLe séisme et le tsunami affecteront ainsi décélérer sur plusieurs mois. Cela concernerala croissance sur plusieurs mois particulièrement les ventes de composants électro-Au 4ème trimestre 2010, la croissance sest grippée, niques et dautres produits intermédiaires à la Chine,sous leffet de la contraction à la fois des exportations, à la Corée du Sud et à Taiwan, indispensables à las-handicapées par lappréciation du yen, et de la semblage de produits finis destinés au Japon, auxconsommation des ménages anticipant un retour à la Etats-Unis et à lEurope notamment. Lexistence destagnation, voire au recul, de leur revenu disponible. surcapacités de production au Japon pourrait néan-Cest dans ce contexte de fragilité de léconomie que moins atténuer cet effet négatif. Par ailleurs, le yen fortse sont produits le séisme et le tsunami de mars 2011. continuera dhandicaper la compétitivité-prix desCes cataclysmes, conjugués à la crainte nucléaire, produits nippons. Il devrait en effet se maintenir à un22 I Panorama des risques / Avril 2011
  23. 23. Asieniveau de change élevé, sous leffet des rapatriements par le séisme te le tsunami, mais de nombreuses PMEdactifs détenus à létranger et du dénouement dopé- sous-traitantes et des pôles de haute technologie yrations de carry trade par les compagnies dassurance, sont également implantées. Le modèle de productionles entreprises et les ménages. Cette tendance sera japonais du juste à temps, qui élimine laccumulationtoutefois atténuée par la politique monétaire de la Bank de stocks, amplifie limpact des arrêts de production.of Japan qui dispose de réserves de change très éle- Labsence de pièces indispensables à la fabricationvées pour stabiliser la devise nippone et soutenir ainsi entraîne larrêt des chaînes dassemblage et le ration-les exportations. Les ménages seront affectés par nement délectricité mis en place pourrait entraînercette nouvelle crise sans précédent et, même si la soli- des pertes lors de la fabrication des produits, pardarité et la cohésion nationales soutiendront les plus exemple, dans le secteur des pièces électroniques,touchés dentre eux, leur confiance pourrait être dura- dont le Japon assure 21% de la production mondialeblement ébranlée. Leurs dépenses devraient donc et qui demande une précision extrême. De plus, leségalement reculer, dautant que lépargne des entreprises sous-traitantes pourraient voir un renché-ménages sest considérablement réduite au fil des rissement des intrants quelles ne pourront probable-années pour se situer en 2010 autour de 2,5% du ment pas répercuter sur leurs clients, étant liées parrevenu disponible. Les effets négatifs pourraient ses- des contrats annuels. Il sen suivra des pressions surtomper autour de lété, pour donner lieu alors à un leurs marges. Cette catégorie dentreprises affichaitrebond de lactivité, tiré par la reconstruction. L’inten- même avant le début de la crise financière de grandessité de la reprise sera toutefois conditionnée par la fragilités (faible rentabilité, forte dépendance à un seulcapacité de Tepco (Tokyo Electric Power co.) à limiter grand client, accès difficile au crédit). Cette situationla contamination radioactive à l’environnement et à contraste dailleurs avec celle des grandes entreprisesrétablir l’approvisionnement en électricité. Le coût des qui ont reconstitué leurs capacités dautofinancementdestructions à ce jour na pas été définitivement éva- (autour de 60% mi-2009, il est repassé fin 2010 àlué. Le financement de cette reconstruction ne devrait 115%). De plus, la persistance du niveau élevé du yentoutefois pas être source dinquiétude, le Japon ayant ainsi que les leçons tirées du cataclysme pourraientles moyens financiers pour faire face à cette situation. servir de catalyseur au mouvement déjà large de délo-La dette publique affiche certes un niveau très élevé calisation de la production manufacturière, ce qui fragili-(225% du PIB), mais elle est détenue à 95% par des serait encore davantage les entreprises sous-traitantes.résidents et les actifs de lArchipel à létranger sont Enfin, même si le risque de contamination nucléaire neconsidérables (60% du PIB). Le gouvernement peut se concrétise pas ou reste de faible ampleur, leségalement sappuyer sur une épargne nationale consé- consommateurs exprimeront probablement unequente (25% du PIB) constituée principalement par les méfiance au regard des produits en provenance duentreprises. Dans ce contexte la croissance a éte revue Japon, quels quils soient. Ce sera particulièrement leà la baisse, à 0,3%. cas pour les industries agroalimentaires. Limpact de ces désastres sur lenvironnement (émanations radio- actives et complexes pétrochimiques en feu), outre leLes petites et moyennes entreprises apparais- problème de santé publique quil génèrera, affecterasent les plus vulnérables très durablement lactivité agricole.De grands groupes japonais et étrangers possèdentdes unités de production dans les régions touchées Panorama des risques / Avril 2011 I 23
  24. 24. Modification de note Vietnam Déclassement en C de la note B (depuis juin 2008)En raison de la détérioration de la situation financière du pays (creusement du déficit courant, défiancedes résidents contre le dong, dévaluations plus fréquentes et plus prononcées, système bancairedollarisé, réserves de change extrêmement faibles) et du risque d’atterrissage brutal.Détérioration significative de la situation Anticipant de nouvelles dévaluations, les résidentsfinancière : risque de change et de liquidité convertissent leurs portefeuilles en or et en dollars. Surélevé le marché informel, le dong s’échange contre le dollarDepuis 2007, le déficit courant vietnamien se creuse avec une décote considérable. Sur le reste de l’année(-9 % du PIB en 2010 contre -0,3% en 2006) en raison 2011, le déficit courant substantiel et la forte crois-de l’ouverture de l’économie (entrée à l’OMC), du sance des agrégats monétaires (le crédit a augmentédynamisme de l’investissement qui a nécessité des de 45% en 2009 et de 35% en 2010) pourraientimportations massives de biens d’équipement et des entraîner un nouveau décrochage de la monnaie.rapatriements de profits des entreprises étrangères Toutefois, les contrôles de capitaux en place (laimplantées au Vietnam. En 2011, le déficit courant convertibilité du dong est restreinte) limitant la possibi-pourrait encore s’accentuer en raison de la hausse lité des attaques spéculatives contre le dong, l’intro-des prix alimentaires et énergétiques. Il sera couvert à duction des restrictions aux importations d’or, puisquehauteur de 80% par les IDE, le reste étant financé par l’or est habituellement une valeur refuge contre lade la dette bancaire. dépréciation du dong pour les résidents, et le différen-Dans ce contexte d’insuffisantes entrées de capitaux tiel de taux important entre les contrats libellés enet de forte l’inflation, les pressions à la baisse sur le dong et ceux libellés en dollars (permettant de mainte-dong ont été vives et ont poussé les autorités à déva- nir le carry trade) pourraient atténuer les sorties mas-luer le dong à 6 reprises depuis juin 2008 dans le sives de capitaux de résidents et de non résidents.cadre d’un régime de taux de change fixe. Si en 2008- Par ailleurs, le niveau des réserves a atteint un niveau2009, les dévaluations étaient marginales, 2010-2011 extrêmement faible (entre 6 et 8 semaines d’importa-a été marqué par des dévaluations plus fréquentes et tions selon les estimations) rendant le pays peu résis-plus prononcées (8,5% en février 2011). Malgré ces tant face à un retrait brutal de capitaux.dévaluations, le risque de change reste élevé.24 I Panorama des risques / Avril 2011
  25. 25. AsieSystème bancaire fragile car peu capitalisé Ralentissement attendu de la croissanceet fortement dollarisé Après avoir rebondi en 2010 portée par la reprise de laLes banques sont très vulnérables au risque de change demande interne et des exportations, la croissancedu fait de leur forte dollarisation (16% des crédits pourrait ralentir en 2011 (5% attendu contre 6,7% endomestiques sont libellés en dollars et 22% des 2010). La demande interne devrait en effet pâtir de ladépôts sont en devises). Le crédit a connu une forte forte inflation (13,4% attendu en 2011) et du resserre-croissance (+150% à prix constants depuis 2005) ment de la politique monétaire. Néanmoins, les fluxpassant de 48% du PIB en 2003 à 120% en 2010. d’IDE entrants devraient se maintenir en lien avec leEn outre, malgré les progrès récents (ouverture plus mouvement de délocalisation qui conduit les entre-franche aux capitaux étrangers et début de privatisa- prises asiatiques à développer des unités de produc-tions de banques publiques), le risque demeure élevé tion au Vietnam. En témoigne les délocalisationsen raison de la faible capitalisation, du niveau impor- chinoises liée à la hausse progressive du yuan et à latant de créances douteuses (10% selon le consensus progression récente des salaires : le salaire mensuelcontre 2% officiellement) et du manque de transpa- moyen d’un travailleur vietnamien est de 96 $, soitrence et de supervision. environ les deux tiers du salaire moyen chinois. Les secteurs exportateurs (textile, chaussure, électro-Risque souverain significatif : dette publique nique) devrait afficher un fort dynamisme. De même,élevée et manque de transparence le secteur des services (tourisme, transport, communi- cation, services financiers) affichera de bonnes perfor-La dette publique devrait augmenter, alors même mances. Enfin, la croissance du secteur primaire – quiqu’elle est libellée pour moitié en devises étrangères, concentre 74% de l’emploi rural – devrait rester vivece qui la rend vulnérable au risque de change. Par ail- grâce aux meilleures conditions climatiques attendues.leurs, la pratique qui consiste à placer hors budgetdiverses dépenses rend les comptes publics opaques.Le risque de défaut de l’Etat s’accroît donc. Lacunes persistantes en termesIl est cependant à noter que le gouvernement a réussi d’environnement des affairesfin janvier 2010 une émission souveraine sur les mar- Le Parti Communiste continue de contrôler l’ensemblechés internationaux (1) pour un montant d’un milliard de de la vie politique, économique et sociale du pays. Ledollars. Le placement de ces obligations de maturité 11ème Congrès National, qui se tiendra en janvier 2011,10 ans, à rendement 6,95% suggère que les marchés sera marqué par de nombreux changements de per-internationaux restent confiants dans la capacité du sonnes aux plus hauts échelons, sans toutefois remet-pays à honorer ses engagements. Même si elle a été tre en cause la continuité des politiques économiques.sursouscrite, l’émission obligataire vietnamienne Néanmoins, les problèmes de gouvernance et surtoutaffiche cependant un spread de 333 points de base de corruption demeurent le talon d’Achille du pays,par rapport aux Bons du Trésor américain, au dessus comme en témoigne le scandale autour de la faillite dudes spreads indonésiens (228 points de base) ou des groupe public de construction navale Vinashin.spreads philippins (184 points de base pour l’émissionobligataire de 1,5 Md $ de janvier 2010).(1) Il s’agit de la deuxième émission sur les marchés internationaux, la première de 750 Mns $ date de 2005. Panorama des risques / Avril 2011 I 25
  26. 26. Afrique du Nord Proche et Moyen-Orient26 I Panorama des risques / Avril 2011
  27. 27. Afrique du Nord, Proche et Moyen-Orient Transition politique en Tunisie et en Egypte,très grave détérioration en Libye et agitation sociopolitique au Bahreïn et en Syrie, autant d’événements qui auront des répercussions négatives sur la situation économique et financière de ces pays. Les notes @rating sont mises sous surveillance négative, voire déclassées. Panorama des risques / Avril 2011 I 27
  28. 28. Modification de note Tunisie Mise sous surveillance négative de la note A4Les incertitudes politiques devant peser négativement sur l’activité économique et entraîner une dété-rioration supplémentaire des finances publiques et des comptes extérieurs.Incertitudes politiques et nombreux défis une politique d’aménagement du territoire en faveursociaux et économiques à relever de l’intérieur du pays, défavorisé par rapport auxAprès l’éviction mi-janvier 2011 de l’ex-président Ben régions côtières, est indispensable.Ali, au pouvoir depuis 1987, un gouvernement intéri-maire d’union nationale a été formé dans le but Activité dépendante de l’évolutionnotamment d’organiser des élections présidentielle et de la situation politiquelégislatives dans les mois à venir. Cette situation nou- Un rebond de la croissance s’est produit en 2010,velle est porteuse de nombreuses incertitudes, la tran- l’activité ayant notamment bénéficié de la reprisesition vers un régime stable n’étant pas assurée au vu modérée dans l’Union Européenne (UE), qui reste lede la prééminence de l’ancien parti présidentiel, le partenaire le plus important de la Tunisie, représentantRassemblement constitutionnel démocratique, ainsi plus des trois quarts des exportations, des recettesque des divisions et de l’affaiblissement de l’opposi- touristiques, des envois de fonds des expatriés et destion. investissements directs étrangers (IDE).Par ailleurs, les nouvelles autorités sont confrontées à La croissance devrait nettement se tasser en 2011de multiples défis sociaux et économiques. Le chô- (autour de 0,5%), principalement en raison des Incerti-mage, qui touche officiellement environ 15% de la tudes politiques, beaucoup dépendant de l’issue de lapopulation (mais jusqu’au double selon d’autres période de transition. L’activité sera également tribu-sources) et particulièrement les jeunes diplômés, taire du ralentissement attendu dans l’UE et de l’im-demeure un enjeu majeur. Il nourrit un important senti- pact des événements politiques sur le secteur dument de frustration et a conduit aux manifestations à tourisme. On pourrait, cependant, assister à unel’origine de la chute de l’ex-président. En outre, se relance des investissements. L’investissement publicpose la question du devenir de pans de l’économie devrait bénéficier d’indispensables mises à niveau des(distribution commerciale et automobile, hôtellerie, infrastructures dans les régions les plus défavorisées.transport aérien, banques) qui étaient sous l’emprise Quant à l’investissement privé, qui avait été freiné pardu clan Ben Ali-Trabelsi. De plus, les fruits de la crois- le népotisme de l’ancien clan présidentiel, il devraitsance ont été distribués inégalitairement, non seule- être relancé.ment socialement mais aussi géographiquement, et28 I Panorama des risques / Avril 2011
  29. 29. Afrique du Nord, Proche et Moyen-OrientPar ailleurs, la Tunisie devrait continuer à chercher de Les exportations pourraient stagner en 2011, à causenouveaux gisements de croissance, en diversifiant ses des Incertitudes politiques et de la mollesse de ladébouchés extérieurs et en développant la montée en demande de lUE, lexploration de nouveaux marchés,gamme des secteurs, notamment dans le textile, en particulièrement en Afrique, risquant d’être repoussée.intégrant conception et design, mais aussi dans l’élec- En revanche, la robustesse de la demande intérieure,tronique, les technologies de l’information et les ser- et notamment de l’investissement, pourrait se traduirevices (55% du PIB), avec le tourisme et la finance. par une légère progression des importations et donc par le maintien d’un déficit commercial significatif.Détérioration des déficits jumeaux Celui-ci ne serait qu’en partie atténué par les transfertsLa possible relance des investissements publics, des expatriés et, à un bien moindre degré, par desdiverses actions visant à améliorer le niveau de vie et à recettes touristiques en chute et, au total, le déficitréduire le chômage, ainsi que les subventions aux prix courant devrait se dégrader sensiblement. De plus,de certains produits de base se traduiront par le creu- ce déficit ne devrait être que partiellement couvert parsement du déficit public. Néanmoins, depuis quelques les flux d’IDE, la Tunisie risquant de constituer un cadreannées, le niveau de la dette publique s’est réduit par moins attractif pour ceux-ci, temporairement du moins.rapport au PIB (43 %) et avoisine désormais lamoyenne des pays émergents comparables. En outre,cette dette est contractée à 70% auprès d’institutionsmultilatérales à des termes concessionnels, et lerisque souverain s’en trouve donc atténué. Panorama des risques / Avril 2011 I 29
  30. 30. Modification de note Bahreïn Déclassement en A4 de la note A3 (depuis septembre 2003)La très forte agitation sociopolitique depuis la mi-février 2011 a conduit à une intervention militairede l’Arabie Saoudite sous l’égide du Conseil de Coopération du Golfe et à la proclamation de l’étatd’urgence le 15 mars 2011. Ces événements devraient avoir une incidence négative sur la situationéconomique et financière de l’archipel et notamment sur son rôle de place financière régionale.Climat sociopolitique problématique Ce contexte pourrait influer négativement sur un envi-Dans le sillage des révolutions tunisienne et égyp- ronnement des affaires jusqu’ici favorable, en raison d’efforts déployés pour stimuler le secteur privé, attirertienne, l’agitation sociale et politique s’est intensifiée davantage dinvestissements étrangers et améliorerdepuis la mi-février 2011, les chiites, représentant les compétences locales, efforts motivés par la néces-environ 70% de la population, s’estimant marginalisés sité de diversifier léconomie.économiquement et politiquement par les sunnites.Les manifestants, à majorité chiite, demandent un Recul prévisible de la croissance en 2011changement politique, et notamment une réforme en raison des tensions politiquesconstitutionnelle axée sur un renforcement des pou-voirs du Parlement. Lors des élections législatives L’impact sur l’économie de cette crise devrait conduire à une croissance limitée à environ 3% end’octobre 2010, Al-Wefaq, principal groupe d’opposi- 2011, au lieu de 5% initialement prévu.tion chiite, était arrivé en tête sans obtenir la majorité,devant le mouvement dindépendants pro-gouverne- La situation d’instabilité a d’ores et déjà des répercus-mentaux, allié à des partis sunnites. sions négatives sur le secteur touristique et commer- cial, traditionnellement bénéficiaire de la venue deDans ce climat très tendu, s’ajoutant aux incertitudes Saoudiens. Cela est également illustré par l’annulationgéopolitiques, principalement liées à la proximité de du Grand prix de F1 (qui était prévu mi-mars 2011) etl’Iran, des troupes saoudiennes ont été déployées à d’autres grandes manifestations commercialesBahrein le 14 mars 2011, à la demande des autorités (salons, congrès).de Manama, sous l’égide de la force commune du De plus, le risque de nouvelles confrontations ternit laConseil de Coopération du Golfe (CCG) et le roi de réputation de stabilité financière de Bahrein et des ins-Bahreïn, Hamad Ben Issa Al-Khalifa, d’obédience titutions financières sont enclines à transférer leurssunnite, a proclamé le 15 mars létat durgence pour activités à Doha ou Dubaï, considérées comme destrois mois. localisations moins risquées. Or, le secteur financier offshore de Bahrein, dont le rôle est jusqu’ici préémi-30 I Panorama des risques / Avril 2011

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