Transport Public
Réseau Marocain de
État des lieux synthétique du transport public dans les villes membres du REMA-TP
Le REMA-TP encourage le respect de
l’environnement, le présent document
est imprimé sur du papier recyclé.
3RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
Sommaire
Abréviations, sigles et acronymes..............................................
4 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
Abréviations,
sigles et
acronymes
ADEME, 	 Agence de l'Environnement et de la Maîtri...
5RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
Avant-propos
Ce document est le produit du Réseau Marocain du Transport Public (REMAT...
6 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
Communes urbaines
membres
Espace urbain
pris en considération
Institution au périmèt...
7RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
Introduction
Les enjeux liés à la mobilité urbaine et à la gestion du transport publi...
8 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
1- Qu’est-ce que
la mobilité
dans les grandes
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marocaines ?
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Les défis urbains au Maroc
Les villes membres de REMATP font face à des multiples déf...
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 Structure urbaine
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Zones d’Activité Économique de la Régi...
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Partage de la voirie :
Piétonisation de certaines sections autour du tramway,
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Évolution de la trame urbaine
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MARRAKECH
 Structure urbaine
Première destination touristique du Maroc, la ville d...
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Réseau viaire et routier :
Réseau radiocentrique avec des carrefours mal régulés,
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 Le système multimodal des transports urbains
Réseau routier :
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TANGER
 Structure urbaine
Ville pont entre Europe et Afrique, entre Méditerranée et...
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Réseau viaire : Des problèmes d’accessibilité, de lisibilité, de
saturation sur cer...
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 Le système multimodal des transports urbains
Inter/National Aéroport, réseau viair...
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2- Quel service
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transport public
aujourd’hui ?
Les transports urbains rende...
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Décharge
ESPACE : LES RÉSEAUX DANS LA VILLE
Situation actuelle
Les exploitants actue...
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LES TEMPS DE DÉPLACEMENT
Quand est-ce que le transport est disponible ?
Les transpo...
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LES TARIFS
Agglomé-
ration
Type de
tarification
Tarifs à l’unité
(min-max, en DH)
Au...
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LE CIVISME ET LA SÉCURITÉ
Données existantes
N’ayant pas fait l’objet d’études part...
SOCIÉTÉ
Étudiants des établissements publics
La seule catégorie sociale qui semble être prise en compte par le TP est cell...
ÉCONOMIE ET ENVIRONNEMENT
Le transport urbain collectif «joue un rôle déterminant dans […] la compétitivité du territoire ...
27RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
AGADIR
Après la restructuration proposée et effectuée par Alsa
en 2012, il existe au...
28 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
CASABLANCA
Aujourd’hui, le tramway couvre 31 km de ligne sur
3 branches et le bus c...
29RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
FÈS
Entermesdecouverturespatiale,leréseauestcomposé
de 53 lignes de bus disposées en...
30 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
18) Article «Fès/Transport public - City Bus mise sur la navigation satellite» paru...
31RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
RABAT-SALÉ-TÉMARA
L’agglomération de RST compte 2 lignes de tramway en
cœur d’agglom...
Etat des lieux synthétique du transport public
Etat des lieux synthétique du transport public
Etat des lieux synthétique du transport public
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Publication du Réseau Marocain des collectivités locales pour le Transport Public (REMATP) réalisé dans le cadre du programme de coopération GIZ CoMun.
C'est une photo du transport public urbain dans les 7 majeures villes du Maroc (Tanger, Tétouan, Fès, Rabat, Casablanca, Marrakech et Agadir).
On y traite synthétiquement la mobilité urbaine, le service rendu par le système des bus publics et le gestion de ce dernier dans la gouvernance générale des transports et de la mobilité.

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  1. 1. Transport Public Réseau Marocain de État des lieux synthétique du transport public dans les villes membres du REMA-TP
  2. 2. Le REMA-TP encourage le respect de l’environnement, le présent document est imprimé sur du papier recyclé.
  3. 3. 3RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Sommaire Abréviations, sigles et acronymes...........................................................................................................................................04 Avant-propos.......................................................................................................................................................................................05 Introduction..........................................................................................................................................................................................07 1- Qu’est-ce que la mobilité dans les grandes agglomérations marocaines ?................................................08 Le fonctionnement des transports en milieu urbain.....................................................................................................................................08 Les défis urbains au Maroc........................................................................................................................................................................................09 AGADIR.........................................................................................................................................................................................................................10 CASABLANCA.............................................................................................................................................................................................................11 FÈS.................................................................................................................................................................................................................................12 MARRAKECH...............................................................................................................................................................................................................14 RABAT-SALÉ-TÉMARA...........................................................................................................................................................................................15 TANGER.........................................................................................................................................................................................................................17 TÉTOUAN......................................................................................................................................................................................................................18 2- Quel service rend le transport public aujourd’hui ?.................................................................................................20 ESPACE : LES RÉSEAUX DANS LA VILLE.............................................................................................................................................................21 LES TEMPS DE DÉPLACEMENT..................................................................................................................................................................................22 LES TARIFS.........................................................................................................................................................................................................................23 LE CIVISME ET LA SÉCURITÉ......................................................................................................................................................................................24 SOCIÉTÉ................................................................................................................................................................................................................................25 ÉCONOMIE ET ENVIRONNEMENT...............................................................................................................................................................................26 AGADIR.........................................................................................................................................................................................................................27 CASABLANCA.............................................................................................................................................................................................................28 FÈS.................................................................................................................................................................................................................................29 MARRAKECH...............................................................................................................................................................................................................30 RABAT-SALÉ-TÉMARA...........................................................................................................................................................................................31 TANGER.........................................................................................................................................................................................................................32 TÉTOUAN......................................................................................................................................................................................................................33 3- Comment les villes gèrent-elles le transport public ?...........................................................................................34 GOUVERNANCE..................................................................................................................................................................................................................34 MOYENS JURIDIQUES et TECHNIQUES..................................................................................................................................................................37 MOYENS FINANCIERS.....................................................................................................................................................................................................39 AGADIR.........................................................................................................................................................................................................................40 CASABLANCA.............................................................................................................................................................................................................41 FÈS.................................................................................................................................................................................................................................43 MARRAKECH...............................................................................................................................................................................................................44 RABAT-SALÉ-TÉMARA...........................................................................................................................................................................................46 TANGER.........................................................................................................................................................................................................................47 TÉTOUAN......................................................................................................................................................................................................................49 Membres ressources.......................................................................................................................................................................50
  4. 4. 4 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Abréviations, sigles et acronymes ADEME, Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie ADEREE, Agence de Développement des Énergies Renouvelables et de l'Efficacité Énergétique AODU, Autorité Organisatrice des Déplacements Urbains BHNS, Bus à Haut Niveau de Service BRT, Bus rapid transit CA, Chiffre d’affaires CEREMA, Centre d’Études et d’expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement CESE, Conseil Économique, Social et Environnemental CNPAC, Comité National de Prévention des Accidents de la Circulation CR/CU Commune rurale/urbaine DGCL¸ Direction Générale des Collectivités Locales DH, Dirham DPE, Direction de la Planification des Équipements (DGCL) DRSC¸ Direction des Régies et des Services Concédés (Ministère de l’Intérieur) GIZ, Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit, agence de coopération internationale allemande pour le développement HCP, Haut Commissariat au Plan PMR, Personne à mobilité réduite PDA/PDE, Plan des Déplacements d’Administration/Entreprise PDU, Plan des Déplacements Urbains REMATP, Réseau Marocain du Transport Public SAEIV, Système d’Aide à l’Exploitation et à l’Information Voyageurs SDAU, Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme SDCT, Schéma Directeur de Circulation et de Transport SPC, Service Permanent de Contrôle du contrat de la gestion déléguée TCSP, Transport collectif en site propre (ex. tramway, train) TP, Transport public
  5. 5. 5RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Avant-propos Ce document est le produit du Réseau Marocain du Transport Public (REMATP) et traite du transport public dans les plus grandes villes et agglomérations du Maroc dont les Communes sont les membres fondateurs du REMATP (voir encadré). Un document pour «quoi» ? • Pour permettre aux acteurs des Communes membres de REMATP une meilleure connaissance des défis et des pratiques les uns des autres et donc pour constituer la base d’un échange enrichi au sein du réseau. Ceci vaut autant pour un cadre ou un élu d’une ville qui découvre la situation d’un cadre ou d’un élu d’une autre ville, que pour le cadre d’un service municipal spécifique (circulation, études stratégiques, contrôle de l’opérateur ou encore urbanisme) qui redécouvre les interrelations avec d’autres services et organismes, internes ou externes à la Commune (Préfecture, agence urbaine, police et opérateurs). • Pour décrire la réalité du transport public urbain marocain de la façon la plus synthétique, complète et objective possible à partir des données existantes et accessibles. • Pour fournir quelques simples éléments d’analyse et mettre en évidence les traits communs et spécifiques auxquels les acteurs de chaque ville font face dans la gestion du transport public. • Pour poser des questions et pousser la réflexion, notamment en ce qui concerne le cœur du document, à savoir le service du transport urbain (chapitre 2), pour qu’il devienne un service de meilleure qualité pour les citadins. • Pour encourager une culture générale de l’échange et du partage de l’information et de la transparence, mais aussi une culture plus technique et stratégique de la gestion des données en tant qu’outil de gestion d’un service public et de mise en place des politiques publiques. Un document pour «qui» ? • Pour les cadres des différents services concernés des Communes et pour les décideurs locaux. • Pour les autres institutions intéressées, qu’elles soient au niveau central (notamment la Direction des Régies et des Services Concédés et la Direction de la Planification des Équipements du Ministère de l’Intérieur mais aussi l’ADEREE) ou local (notamment les Préfectures et les Wilayas ainsi que les agences urbaines). • Pour les opérateurs du transport public. • Pour les partenaires internationaux actuels et futurs. • Pour les simples curieux, pour les étudiants et pour toute organisation de la société civile qui soient intéressés par le sujet. Un document «à plusieurs lectures» Ce document se prête à de multiples lectures de par sa composition en 3 chapitres composés chacun d’une partie générale et d’une partie monographique par ville. Le lecteur est libre de le parcourir en fonction de ses intérêts. Qu’indique-t-on par «ville» et «agglomération» ? Dans les villes moyennes et grandes, les déplacements des habitants dessinent un espace urbain, vécu ou fonctionnel qui dépasse les limites des Communes urbaines principales. Pour certaines Communes, comme Agadir, Rabat ou encore Casablanca et Tétouan qui sont entourées par d’autres Communes importantes, cet espace urbain dessine une agglomération de Communes. Pour d’autres Communes, cet espace est plutôt le prolongement de leur influence sur l’espace et sur les petites Communes environnantes comme pour Fès, Marrakech et Tanger. Parfois à ce périmètre fonctionnel correspond, du moins en partie, un périmètre institutionnel pour traiter la question des transports (Agadir, Rabat, Casablanca). Dans ce document, les termes «ville» et «agglomération» indiquent cet espace fonctionnel.
  6. 6. 6 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Communes urbaines membres Espace urbain pris en considération Institution au périmètre de la zone urbaine considérée Agadir Grand Agadir Groupement d’Agglomération du Grand Agadir Casablanca Grand Casablanca Région du Grand Casablanca+AODU Fès Fès + Communes environnantes Marrakech Marrakech + Communes environnantes Rabat Salé Témara Agglomération de Rabat-Salé-Témara Groupement d’Agglomération de Rabat-Salé-Témara «Al Assima» Tanger Tanger + Communes environnantes Tétouan Tétouan et Martil Qu’indique-t-on par «transport public» ? Dans ce document, on utilisera l’acception la plus récurrente dans ce domaine au Maroc pour laquelle le transport public est le transport dont la gestion revient aux Communes. Au sens strict il s’agit donc du transport assuré par autobus, auquel le tram vient de s’ajouter tout récemment à Casablanca et à Rabat-Salé. Toutefois, en ce qui concerne la gestion du tram, comme on le verra, elle relève de sociétés anonymes et non directement des Communes, pourtant associées dans le Conseil d’administration desdites sociétés. Ainsi, le document se concentrera principalement sur le transport public par autobus tout en le mettant dans son contexte urbain et dans le système plus large des transports (chapitre 1) ainsi que dans son environnement institutionnel (chapitre 3). Le Réseau Marocain de Transport Public (REMATP) est une émanation du Programme Coopération Municipale - CoMun Gouvernance locale et participative au Maghreb, initié en partenariat entre la Direction Générale des Collectivités Locales (DGCL) et la Coopération technique allemande (GIZ). Il se compose des villes les plus grandes et vise, à travers un échange structuré et périodique, à réaliser les objectifs de capitalisation et de partage des bonnes pratiques ainsi que le renforcement des capacités des décideurs et des cadres locaux en charge des transports publics urbains.
  7. 7. 7RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Introduction Les enjeux liés à la mobilité urbaine et à la gestion du transport public sont au centre des défis des villes maghrébines caractérisés entre autres par l’étalement urbain, la métropolisation et la création de villes nouvelles, qui vont de paire avec la dispersion de la population, des activités et des emplois, une diminution de la densité des zones urbanisées et donc une augmentation considérable de la mobilité des citoyens. Dans une telle optique, les enjeux liés à la maîtrise de la motorisation croissante sont reflétés dans des coûts très élevés occasionnés par la congestion de la circulation, la pollution de l’air, une surconsommation de l’énergie et l’insécurité routière. Il s’avère que la majorité des villes maghrébines ne sont pas dotées d’une planification intégrée dans le secteur de la mobilité, ou bien disposent de planifications qui ne s’articulent pas toujours avec une stratégie urbaine plus globale ou qui ne répondent pas de manière satisfaisante aux besoins de déplacement actuels. En réponse à ces enjeux et mutations perpétuelles, les grandes agglomérations du Maroc réfléchissent, avec l’appui du Ministère de l’Intérieur, à de nouvelles approches et à de nouveaux modèles économiques et de gouvernance prenant mieux en compte les responsabilités de chacun et séparant le risque commercial du risque industriel. Les modes de financements font aussi l’objet de réflexion avancée. En effet, les collectivités locales ne disposant pas des ressources financières pour combler les déficits d’exploitation, des ressources nouvelles doivent être mobilisées pour répondre de manière structurée aux besoins de financement du transport urbain. En parallèle, la planification des villes doit être revue pour prendre en compte une intégration harmonieuse et efficace des différents modes de transport urbain : Parcs relais, sites propres, pistes cyclables, et pour organiser le développement urbain autour des axes forts de transport public. La mobilité urbaine dans les agglomérations marocaines Les villes maghrébines ont connu ces dernières années un processus d’urbanisation accéléré dû en grande majorité à la croissance économique et caractérisé par une dynamique de développement spontané et surtout non maîtrisé. Cette expansion des zones urbaines exerce d’immenses pressions sur les systèmes de transports urbains. Ainsi, les villes sont devenues de plus en plus étalées avec un besoin accru en mobilité urbaine. La croissance économique a non seulement permis à l’urbanisation de prendre de l’ampleur mais aussi de doper le niveau de consommation des ménages grâce aux facilités de paiement et d’acquisition des automobiles, donnant de plus en plus l’occasion à des déplacements dans les agglomérations et rallongeant davantage les distances. Toutefois, les enjeux liées à l’urbanisation galopante se sont aussi accompagnés par une prise de conscience des pouvoirs publics de l’importance du développement des transports collectifs et des problématiques engendrées par les déplacements urbains. Le Maroc, comme d’autres pays du Maghreb, a commencé à orienter ses efforts vers des démarches intégrées comme le bus à haut niveau de service, le tramway et autres... La réflexion en cours reste insuffisante en l’absence d’un cadre institutionnel adapté et favorisant la mise oeuvre d'une véritable gestion de la mobilité urbaine. Le service transport public Les transports collectifs dans les villes maghrébines ont longtemps souffert d’irrégularité dans le service, d’une faiblesse dans le confort et la sécurité et de véhicules vétustes… Les transports en commun ont malheureusement toujours eu mauvaise publicité et véhiculé une image suffisamment négative pour n'intéresser que la couche sociale qui n’a pas accès à l’acquisition des automobiles. L’offre de transport par autobus n’arrive pas à accompagner les besoins constants en mobilité, notamment dans les périphéries, à cause de la faiblesse de l’offre, de la mauvaise couverture des agglomérations et d’une qualité de service insatisfaisante. Cette situation s’accompagne de difficultés financières graves pour les opérateurs, qu’ils soient régies ou concessionnaires, marocains ou étrangers ; c’est le modèle qui est en crise. La mise en service des premiers transports de masse dans le Royaume (tramway en fonction à Rabat, Salé et à Casablanca), bien que couronnée de succès, ne suffit pas à elle seule à rétablir une situation largement compromise. La gestion du transport public Face aux défis majeurs imposés par le transport public et la mobilité, les villes marocaines devront consolider la maîtrise d’ouvrage urbaine et renforcer leur gestion par la gouvernance entre les différents acteurs impliqués dans les agglomérations. Le cadre réglementaire devra se renforcer pour mieux outiller les villes à offrir aux citoyens un service de transport public performant. Les collectivités locales et le Ministère de l’Intérieur mènent depuis la mise en place de la stratégie nationale en matière de déplacements urbains une réflexion approfondie et un appui renforcé afin d'aider les villes à offrir aux citoyens un service performant.
  8. 8. 8 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC 1- Qu’est-ce que la mobilité dans les grandes agglomérations marocaines ? Le fonctionnement des transports en milieu urbain Le transport collectif peut améliorer la qualité de vie : À court terme, il favorise les déplacements via les modes de transport les plus bénéfiques pour l’environnement, tandis que sur le long terme il soutient une utilisation des sols plus favorable à l’environnement, notamment en empêchant l’étalement urbain. Toutefois, ces effets sont réduits pour les villes marocaines du fait d’un côté d’un usage accru de l’automobile, notamment pour les classes moyennes et supérieures et de l’autre côté par un usage accru des grands taxis, notamment pour les populations les plus démunies et les plus éloignées pour lesquelles le transport public (bus, tram) n’est pas une option (voir le cercle vicieux de la dégradation urbaine). Le transport collectif participe de la compétitivité des activités économiques et de l’attractivité économique du centre-ville et de l’agglomération, notamment par la réduction des coûts liés aux déplacements et par l’accessibilité à l’emploi, aux études mais aussi aux hôpitaux, aux commerces ainsi qu’aux loisirs par les habitants et les visiteurs. Le transport collectif bénéficie tout particulièrement aux personnes les plus démunies : il est le majeur transporteur de personnes à faible revenu et il participe de la prospérité économique, ce qui bénéficie aussi à ces personnes. Toutefois, au Maroc le cercle vicieux de la dégradation urbaine qui est en cours affaiblit le pouvoir du transport public de jouer ce rôle. Les acteurs publics marocains se montrent tout particulièrement concernés par la «spirale négative du sous-investissement dans le transport public» (voir schéma) qui découle de ce cercle vicieux sans pour autant relever directement les défis de la maîtrise du trafic automobile, de l’étalement urbain, de la dégradation de l’environnement, de l’inclusion sociale et plus généralement de la qualité de vie. La spirale négative du sous-investissement dans le transport public, d'après M. Nour-Eddine Boutayeb, Wali Secrétaire Général du Ministère de l'Intérieur, comme présenté lors du Forum Civitas à Casablanca, 25 septembre 2014. Le Cercle vicieux de la dégradation urbaine, traduction d’après l’Union internationale des transports publics (UITP) in Better urban mobility in developing countries, 2003. Faibles revenus Ville moins accessible pour tous Hauts revenus Personnes marchant sur les voies du tramway à Rabat Déficit en investissement (voirie, matériel roulant, etc.) Congestion et baisse de la vitesse commerciale Baisse des recettes et déficit d'exploitation Faible qualité du transport public urbain Recours accru aux voitures, aux taxis, à l'informel Marche ou vélo Les migrants arrivent dans la ville Les migrants s'établissent dans la périphérie de la ville, légalement ou illégalement Faible gestion de l'utilisation des sols Pas de fourniture de transport public Le secteur informel se développe Les usagers optent pour d'autres modes Le transport public est de plus en plus lent et de moins en moins fiable CONGESTION Augmentation des revenus Les déplacements sont plus longs et plus fréquents Politiques favorables aux modes privés Étalement urbain Plus de voiture plus de trafic routier Plus de capacité routière Pression politique
  9. 9. 9RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Les défis urbains au Maroc Les villes membres de REMATP font face à des multiples défis qui sont traduits dans le cercle vicieux précédemment décrit. La croissance urbaine, l’étalement des villes et les changements économiques et sociaux sont à l’origine d’une augmentation considérable de la demande de déplacements urbains. Avec un taux d’urbanisation estimé proche de 60%(1) , le Maroc continue d’enregistrer une croissance urbaine soutenue avec un étalement de l’urbanisation et une dispersion des activités socio-économiques. Il en résulte un allongement des distances de déplacement et des besoins accrus en mobilité mécanisée. Parallèlement, avec un taux de croissance du PIB de 4,5% en 2013(2) , le Royaume vit une phase de croissance économique continue qui, grâce à l’accès aux crédits, favorise l’équipement en voiture des ménages (27% des ménages équipés). Cependant, le taux de motorisation est encore faible(3) et la marche à pied reste le mode de transport dominant au Maroc avec plus de la moitié (54%) des déplacements urbains(4) . La demande de mobilité individuelle augmente aussi du fait d’une majeure participation des femmes à la vie active du pays. Dans les grandes agglomérations, la circulation est rendue particulièrement difficile par l’augmentation des déplacements automobiles (véhicules particuliers et taxis), ce qui rend criant les insuffisances du réseau de voirie et les faiblesses de gestion de la circulation et du stationnement. L’offre de transport par bus n’arrive pas à satisfaire les besoins en mobilité, notamment dans les périphéries, à cause de la faiblesse de l’offre, de la mauvaise couverture des agglomérations et de la qualité de service insatisfaisante. La gestion des transports urbains traverse des difficultés financières et une crise du modèle, avec la quasi-faillite des régies, la concentration des opérations des concessionnaires sur les lignes les plus rentables, le passage à la gestion déléguée, l’augmentation de l’offre des grands taxis, l’essor du transport informel et la mise en service des premiers transports de masse dans le Royaume (tramway en fonction à Rabat et Salé et à Casablanca en plus des projets de BRT à Marrakech et BHNS à Agadir). Grâce aux plans locaux des transports (PDU, Schéma Directeur, Plan de Mobilité) que certaines des grandes villes ont entrepris ces dernières années, la répartition modale des déplacements est connue et montre la dominance de la marche à pied, ce qui peut être raisonnablement valable pour les autres villes du Royaume de taille moyenne. Le corollaire de cette situation est une importante réduction de l’accès des populations aux services et aux emplois et une progression constante de la pollution atmosphérique, des accidents, de la consommation énergétique, des gaz à effet de serre et des autres nuisances liés aux déplacements. Ces impacts négatifs sont pris en compte par l’estimation des coûts socio- économiques des externalités négatives monétarisées (pollution, congestion, facture énergétique, insécurité…) engendrés par une politique de statu quo (notamment dans le PDU de Casablanca). D’après la BM, ces coûts pourraient se chiffrer en centaines de milliards de Dirhams dans la décennie à venir. Il s’agit des premières études (plans locaux des transports et d’autres) visant la promotion d’actions en faveur des transports publics et notamment l’investissement public dans le secteur. 1) Source : Haut Commissariat au Plan, www.hcp.ma/Taux-d-urbanisation-en-par-annee-1960-2050_a682.html 2) Source : Banque Mondiale, www.worldbank.org/en/publication/global-economic-prospects/data?region=MNA 3) En effet, la moyenne nationale ne dépasse pas les 70 personnes motorisées pour mille habitants. Source : article de Le Matin « Un marché à fort potentiel de croissance » du 19 février 2013 reportant une étude menée par l’ Association des importateurs des véhicules au Maroc (Aivam) sur le marché automobile national, www.lematin.ma/supplement/auto/L-observatoire-de-l-automobile_Fort-potentiel-de-croissance-pour-le-marche-automobile/Automobile_Un-marche-a- fort--potentiel-de-croissance/178158.html 4) Source : Banque Mondiale, Royaume du Maroc, Secteur des Déplacements, Urbains Note de Stratégie Sectorielle, avril 2008, http://documents.banquemondiale. org/curated/fr/2008/04/10384421/morocco-secteur-des-deplacements-urbains-note-de-strategie-sectorielle Comparaison des principaux polluants de l'air d’Agadir, Casablanca, Fès, Marrakech, Rabat en 2010. Source : Ministère de l'Équipement et du Transport. 0 20 40 60 80 100 SO2 NO2 120 Agadir Rabat Casablanca Fès Marrakech
  10. 10. 10 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC 41 6 2 17 8 8 10 7 1 AGADIR  Structure urbaine Deuxième pôle économique du Royaume avec le premier port de pêche du pays et une renommée de station balnéaire, l’agglomération du Grand Agadir (9 Communes à cheval entre 2 Préfectures, d’après le PDU) registre une croissance démographique exceptionnelle et un développement urbain conséquent. La forte ségrégation des activités de chaque noyau (zones industrielles, lieux de commerce, pôle universitaire, etc.) génère d’importants flux domicile-travail. La discontinuité dans l’urbanisation entre les noyaux périphériques et l’urbanisation centrale ainsi que la présence d’éléments de rupture dans le tissu urbain (aéroport militaire, terrains de golf, zones agricoles, etc.), entraîne une augmentation des déplacements centre-périphérie et des distances de déplacements et donc du besoin de moyens motorisés. Les pôles principaux d’attraction et d’émission des déplacements, tous modes mécanisés confondus, sont Agadir-Centre (264 000 émis par jour ouvrable), puis la zone commerciale d’Inezgane (45 000) et enfin les autres pôles de l’agglomération qui sont Inezgane, Aït Melloul et Dcheira Al Jihadya (40 000).  Le système multimodal des transports urbains Réseau viaire et routier : Hiérarchisé mais pas de distinction claire entre les flux locaux et les flux de transit, ce qui entraîne une surcharge de certains axes et des conflits d’usages. Des lacunes de maillage causent des problèmes de connectivité. Partage de la voirie : 27 km de pistes cyclables existantes et 5 km projetés mais discontinus et parfois envahis. Aménagements piétons parfois déficients. Stationnement : Offre hétérogène et en général peu structurée. Source : PDU 2013  Répartition modale des déplacements Il y a une majorité de modes mécanisés (59%). Les bus urbains assurent la même quantité de déplacements que les petits taxis (8% du total ou 13% des modes mécanisés). Inter/National Aéroport, port, réseau viaire de portée nationale. Le SDAU propose un réseau ferroviaire. Périurbain 13 lignes de bus, grands taxis, transport mixte et informel. Urbain 24 lignes de bus, petits taxis, grands taxis, transport informel. Mode Type Véhicules Organisation spatiale Source Bus Urbains et périurbains 198 Plutôt maillée au centre de l’agglomération avec des lignes périphériques radiales SPC 2014 Taxis Grands 1 900 Leur fragmentation administrative ne répond plus à la réalité urbaine de la conurbation ni aux besoins des déplacements PDU 2013 Petits 1 500 Transport de personnel 100 Principalement pour la desserte d’Anza, Tassila et du quartier industriel d’Aït Melloul PDU 2013 Transport mixte Véhicules vétustes Pour les espaces ruraux, avec une concurrence dénoncée par les bus et les taxis PDU 2013 Transport informel Véhicules vétustes Dans des zones bien circonscrites PDU 2013 Pôles principaux et projets futurs. Source : Diagnostic du PDU, mai 2013. Encerclés en rouge, les principaux pôles d’attraction et d’émission des déplacements. Marche à pied Véhicule particulier Bus urbain Petit taxi Grand taxi 2 roues mécanisé Transp. de personnel Transp. scolaire Autre mode mécanisé
  11. 11. 11RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Population par ZAT - 2010. Source : AODU 2014 Zones d’Activité Économique de la Région du Grand Casablanca. Source : AODU 2014 Classement des zones en zones de générations, d’attraction et neutres OD: 156.848 déplacements Période de pointe du matin (7h – 10h) • Zones de génération de déplacements : plus de 60% de déplacements générés par rapport au total • Zones d’attraction de déplacements : plus de 60% de déplacements attirés par rapport au total • Zones neutres : distribution entre les dépla- cements générés et attirés inférieure à 60% / 40%. Source : AODU 2014 CASABLANCA  Structure urbaine Casablanca est aujourd’hui la capitale économique du pays, au cœur d’une région urbanisée nommée Grand Casablanca qui compte près de 4 M d’habitants, dont un tiers âgés de moins de 15 ans. Région de services et d’industries, elle est composée de la Province de Nouaceur, de la Province de Médiouna, de la Préfecture de Mohammédia et de la Préfecture de Casablanca dont le territoire correspond à celui de la Commune Urbaine de Casablanca. En ce qui concerne la mobilité, les problèmes engendrés par la croissance urbaine rapide comme l’étalement urbain et l’éclatement des fonctions urbaines (résidence, emploi, études, commerce, santé, loisirs, etc.) sont exacerbés par des grands projets urbains. Ces derniers sont produits sans une réflexion intégrée sur la mobilité, comme la création de villes nouvelles (Zenata entre Casablanca et Mohammédia) et le recasement de bidonvilles (par exemple le quartier des Carrières Centrales recasé en périphérie dans le cadre du programme Ville sans bidonvilles).
  12. 12. 12 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Partage de la voirie : Piétonisation de certaines sections autour du tramway, notamment une partie de la Place des Nations Unies et le central Boulevard Mohammed V. Taux de motorisation : Une augmentation durable du parc automobile : on est passé de 90 000 unités en 1975 à 335 246 en 2004 (+272%) et le PDU prévoit 1,2 ou 1,3 million pour 2030 (quadruplement du parc).  Répartition modale des déplacements D’après le PDU de 2004, la marche est dominante (53%), suivie des déplacements en automobile (véhicules privés et taxis à 15% chacun), puis les bus (13%) et les 2 roues (4%). On remarque que, depuis 1975, l’usage de ces dernières ont considérablement diminué au contraire des taxis. La marche a augmenté, y compris sur de grandes distances en périphérie (distance moyenne de 1 500 m et 25 % sur des distances supérieures). Sources : PDU de 2004, présentation de l’AODU du 17 juin 2014 au REMATP Répartition modale en 2004 et 1975. Source : PDU 2004 0 10 20 30 40 50 60 53 13 13 15 15 18 17 4 1 51 Marche 2 roues Taxi Transport en commun Voiture particulière Répartition (%) 1975 Répartition (%) 2004 FÈS  Structure urbaine Ville de plus d’un million d’habitants, Fès est mondialement connue pour sa médina, le tourisme et l’artisanat. Son industrie agroalimentaire florissante tire profit de la plaine fertile qui entoure la ville. Aujourd’hui on constate un étalement de son développement urbain, notamment autour de la ville nouvelle qui a connu un éclatement progressif de l’habitat (parfois non réglementaire, avec un manque d’infrastructure entravant la desserte en transport) et des fonctions urbaines loin de la médina et en bonne partie vers Sud et Sud-Ouest. La séparation observée entre les lieux de vie et les lieux d’activités (emploi, études, commerce, loisirs, etc.) génère une forte augmentation de la demande de transport : un allongement des distances à parcourir et un plus grand besoin en moyens mécanisés, témoignés dans la carte ci- contre par l’allongement des lignes de bus. La croissance de la mobilité motorisée, du nombre de véhicules privés en circulation, notamment les taxis, et l’accroissement du taux de motorisation des ménages, participent à la congestion du centre-ville et à la dégradation de l’environnement.  Le système multimodal des transports urbains Inter/National Aéroport et port internationaux, réseau ferroviaire et viaire de portée nationale. Agglomération 63 lignes de bus, 1 ligne de tram, train, petits et grands taxis, transport informel en périphérie. Mode Type Véhicules Organisation spatiale Fréquentation Source Bus Urbains et périurbains 740 en circulation dont 600 M'dinaBus (80 places) Réseau maillé sur 1 208 km. Il existe encore des lignes assurées par d’anciens concessionnaires, comme Lux, qui se superposent au réseau M’dinaBus. 500 000 v/jour (M’dina Bus) AODU 2014 Taxis Grands 6 400 (6/7 places) Desserte assez maillée en cœur d’agglomération et radiale en dehors sur un rayon max. de 20 km 930 000 v/jour AODU 2014 Petits 8 400 620 000 v/jour AODU 2014 Train Interurbain n.c. Traversant le cœur du Grand Casablanca du Nord-Est au Sud- Ouest n.c. Tramway Urbain et périurbain (CUC) 37 rames (600 places) 1 ligne de 31 km orientée est-ouest en forme de V inversé avec la pointe sur le centre et une partie divisée en 2 branches 105,000 v/jour AODU 2014 Transp. informel Triporteurs, charrettes, taxis illégaux En périphérie et notamment dans les quartiers populaires, par exemple Lahraouivine, autour du Morocco Mall n.c.
  13. 13. 13RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Évolution de la trame urbaine et du réseau bus dans la ville de Fès entre 1971 et 2002 d'après l’enquête de H. DBAB du Département de Géo de Dhar Mahrez de Fès reprise lors des Premières rencontres franco- maghrébines «Villes Durables» le 10 et 11 juin 2010. En rouge ont été rajoutées les zones d'attractions des déplacements (emploi, études, commerce, loisirs, etc.) et en noir les zones les plus densément peuplées selon le rapport de mission d’accompagnement CoMun- Fès, 2011. 45 35 10 10  Le système multimodal des transports urbains Inter/National Aéroport, port, réseau viaire de portée nationale. Urbain et périurbain 53 lignes de bus, grands et petits taxis, transport informel. Mode Type Véhicules Organisation spatiale et autres détails Source Bus Urbains et périurbains 245 (2013) Réseau radial + 2 lignes circulaires avec une concentration sur l’axe centre-ville-médina. 622 km de lignes sur un rayon de 60 km. 60% des usagers sont des étudiants. City Bus, 2014 Taxis Grands 840 (2011) Opérant sur l’axe quartier Bensouda-centre ville et à l’intérieur de la ville, autour de l’hub du tribunal. En dehors de la ville selon une organisation radiale. SPC, 2014 Petits 2 153 (2008) Transport informel Triporteurs, taxis illégaux Réseau viaire et routier : De forme radial, le réseau assure une bonne accessibilité au centre et à la médina mais présente des problèmes en terme de gestion du trafic, qui augmente et génère de la congestion. Partage de la voirie : Favorisant les voitures, sauf dans la médina ; difficulté à assurer la présence des trottoirs dans les nouveaux développements. Stationnement : Offre hétérogène. Taux de motorisation : Parc automobile d’environ 70 000 véhicules pour environ 1 M d’habitants (Estimations 2011). Sources : Élaboration d’un concept intégré de transport collectif - Rapport de la mission d’accompagnement du programme CoMun à Fès, sept. 2011. Transport collectif, localisation résidentielle et développement urbain durable : Cas de l'agglomération de Fès.  Répartition modale des déplacements D’après des estimations faites en 2011, parmi les modes mécanisés les bus ne couvrent qu’environ 10% des déplacements quotidiens : ils ont un faible taux d’utilisation. Voitures particulières : 200-250 000 dép. Taxis : 150 000 à 200 000 dép. Bus : Environ 50 000 dép. 2 roues : Environ 50 000 dép. Répartition modale estimée, Rapport de mission d’accompagnement CoMun à Fès, 2011. Voitures particulières Taxis Bus 2 roues
  14. 14. 14 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC MARRAKECH  Structure urbaine Première destination touristique du Maroc, la ville de Marrakech voit un développement urbain qui s’étale les long des grands axes viaires, surtout en direction Ouest (voir image à droite) où, en 2030, habitera plus de la moitié de la population (850 000 habitants en 2008) et en direction Sud- Est où beaucoup de projets touristiques verront le jour (40 000 lits touristiques en 2008 et autant de prévu à l’horizon 2015. Pour la localisation voir image en bas à gauche, en vert). Par ailleurs, les projets de développement urbain envisagés à proximité, comme la ville nouvelle de Tamansourt (logements pour 300 000 habitants pour la 1ère phase de réalisation) sur la route de Safi au Nord-Ouest de la ville, rendront nécessaire des axes forts de transports collectifs et d’importantes infrastructures routières, ce qui aura des impacts considérables sur la mobilité en ville. Ainsi, la périphérie de Marrakech pèse de tout son poids sur le fonctionnement de la ville et sur la question des déplacements. En effet, même dans le périmètre urbain les zones qui génèrent le plus de déplacements sont excentrées, d’où des trajets assez longs, qui sont en grande partie radiaux.  Le système multimodal des transports urbains À droite : Développement urbain de Marrakech entre 1900 et 2010 d'après le Plan stratégique de développement et d'aménagement urbain et, entourées en couleur, les zones attractives pour les TC (en rouge les plus densément peuplées, en vert les principaux pôles d’activités et en jaune les zones industrielles). En noir pointillé, l’emprise de l’aéroport. En encadré en haut la structure du réseau routier avec la charge du trafic correspondante. À gauche : Principaux projets de développement connus à Marrakech (en haut, d’habitat et d’activités et en bas, de tourisme), d'après le pré-diagnostic du PDU de 2008. Inter/National Aéroport, réseau viaire et ferroviaire de portée nationale. Périurbain 17 lignes de bus, grands taxis… Urbain 20 lignes de bus, petits taxis, grands taxis, calèches et bus touristiques. Mode Type Véhicules Organisation spatiale Source Bus Urbains et périurbains Réseau radial avec 4 axes importants : boulevard Mohammed V, boulevard Hassan II, route de Mhamid et boulevard Allal El Fassi. Taxis Grands 1 500 dont 600 longues distances Pour les liaisons interurbaines, 4 zones de stationnement : Bab Doukkala, Bab Ghemat, Oued Issil et Chrifia. PDU 2008 Petits 1 700 Transport informel N.C
  15. 15. 15RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Réseau viaire et routier : Réseau radiocentrique avec des carrefours mal régulés, notamment liés à l’inadéquation entre leur conception et le comportement des usagers. Partage de la voirie et stationnement : - Existence de bandes et pistes cyclables, discontinues, non réservées aux deux-roues non motorisés et souvent utilisées pour le stationnement des voitures. - Existence de larges trottoirs dans de nombreuses artères mais qui souvent utilisés pour le stationnement des voitures ou des deux-roues ou par les restaurateurs. La présence d’aménagements piétons (traversées piétonnes, modérateurs de trafic) ont un faible impact sur la sécurité du fait notamment du comportement des usagers motorisés et non (pas de priorité aux piétons, traversées de ces derniers partout sur la chaussée). - Conflits d’usage de la place Jamaa El Fna à la Koutoubia ainsi que dans la médina entre piétons et 2 roues. Taux de motorisation (2008) : En moyenne 120 voitures pour 1 000 hab. et 240 deux-roues pour 1 000 hab. : 1,2 M de voitures en circulation + autant de 2 roues + des charrettes et des calèches (environ 150 calèches touristiques).  Répartition modale des déplacements En 2008, la marche était prédominante, suivie des deux roues motorisés ou non (très répandus à Marrakech) tandis que les modes collectifs était marginaux (voir graphique). En 2008 il y avait 2,2 M de déplacements par jour avec une progression projetée de +55% en 2030 (4,5 M). La demande sur les transports urbains est quasi exclusivement radiale. 60 22 21 15 Marche à pied 2 roues (motos, vélos, etc.) Voitures particulières Taxi Bus Source : PDU de 2008 RABAT-SALÉ-TÉMARA  Structure urbaine Située dans la Région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër, la capitale administrative du Royaume forme aujourd’hui avec les villes voisines de Salé et de Témara une agglomération d’environ 2 millions d’habitants, dont 600 000 résidaient à Rabat et 800 000 à Salé selon le dernier recensement de 2004. Aujourd’hui, le cœur d’agglomération n’est pas la zone la plus dense et la croissance est absorbée par les quartiers excentrés, notamment à Salé et à Témara, d’où des difficultés accrues pour l’organisation du réseau de TU (voir image). Zone tertiaire, ses pôles de développement se concentrent notamment à Rabat (historiquement Hassan mais de plus en plus Agdal et Hay Riad) et Témara. Le réseau de bus actuel se trouve en décalage par rapport à ces centralités nouvelles. De plus, Salé est en fort déséquilibre habitat-emplois ce qui provoque une congestion accrue causée par les travailleurs qui traversent quotidiennement la vallée du Bouregreg pour arriver à Rabat. L’Agence d’Aménagement de la Vallée du Bouregreg travaille sur la valorisation de la vallée et sur ces problèmes de traversée : elle a porté le projet du Tramway de Rabat-Salé et elle crée des ponts, en plus des projets d’équipement et d’habitat. L’agglomération fonctionne en conurbation avec Casablanca et Kénitra par le train, mais il n’y a pas de visibilité sur un projet de RER. En 2018, la gare de Rabat-Agdal accueillera les futurs TGV et Hay Riad aura une gare. La ligne 2 du tram sera bientôt étendue des deux côtés, en suivant le schéma qui prévoit deux autres lignes vers les deux zones peuplées qu’on peut voir des 2 côtés du Bouregreg. Répartition de la population en 2014 à RST. Source : Diagnostic de l'Étude de Restructuration, 2014
  16. 16. 16 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC 66 12 2 14 9 6  Le système multimodal des transports urbains Réseau routier : Relativement dense et hiérarchisé, avec des phénomènes de congestion et d’engorgement (traversées du Bouregreg) aggravés par une gestion inadaptée des carrefours. Partage de la voirie : Infrastructure orientée pour les voitures. Trottoirs souvent envahis par les voitures et les commerces. Depuis 2006-07, il existe des bandes cyclables à Rabat sur des tronçons ponctuels. Passages piétons mal signalés. Taux de motorisation : Il a doublé entre 2006 et 2009 dans les 3 Préfectures, mais en absolu, surtout à Rabat, en raison du niveau social plus élevé des ménages et des véhicules de service des ministères. Sources : Schéma Directeur du Transport et de Circulation de l’Agglomération de RST, 2007, Diagnostic de l’Étude de restructuration du réseau des bus, 2014.  Répartition modale des déplacements En 2007 la majorité des déplacements s’effectuait à pied (66%) puis en bus (14%) et en taxi (6%). Mais en 2014 les grands taxis transportent autant que le tram tandis que le bus a une fréquentation au moins double. Inter/National Aéroport, réseau viaire et ferroviaire de portée nationale. Agglomération 55 lignes de bus, tram, petits et grands taxis, tr. de personnel, tr. clandestin. Mode Type Véhicules Organisation spatiale Fréquentation estimée Source Bus Agglo 674 (2013, Stareo) Radiale avec peu de points de correspondance 200-250 000 passagers par jour Transitec et al. 2014 Tramway Urbain N.C. 2 lignes qui se croisent par un tronçon commun à proximité du pont Rabat-Salé. Témara non desservi. 100 000 validations/j avec 20% de correspondances (2/3 ligne 1) Transitec et al. 2014 Taxis Grands N.C. Liaisons entre les 3 Préfectures. La plupart des lignes sont radiales et en partielle concurrence avec les lignes de bus car plus directes. Grandes stations au centre de Rabat (surtout Bab Chellah) et à Témara qui joue le rôle de «pivot» entre les secteurs ruraux et Rabat. 70-100.000 pass./jour Transitec et al. 2014Petits N.C. Transport de personnel N.C. Itinéraires fixes non connus, notamment pour les employés des ministères 20-30.000 pass/jour Transitec et al. 2014 Train Interurbain N.C. Ligne traversant l’agglomération en parallèle à la mer 2 000 pass/jour interne RST + 25 000 pass. en échange Transitec et al. 2014 Transport informel N.C. Marche à pied Bus Voiture Taxi Motocyclette Bicyclette Autre
  17. 17. 17RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC TANGER  Structure urbaine Ville pont entre Europe et Afrique, entre Méditerranée et Atlantique, Tanger est un véritable carrefour maritime, une ville d’échanges et une destination touristique. En raison de son attractivité économique, la ville vit une croissance démographique rapide (environ 670 000 habitants recensés en 2004 avec une projection de dépassement du million en 2020). Le constat de l’Agence urbaine est que l’urbanisation aujourd’hui se développe rapidement vers la périphérie et les points de «sortie» de la ville et cela sans planification adéquate : l’habitat s’étale vers le Sud-Ouest, les activités industrielles se concentrent en périphérie notamment au Sud-Est et les interfaces modales comme le port, les gares ferroviaires et routières ainsi que l’aéroport présentent un éclatement sur le territoire (voir image ci-contre). La morphologie est accidentée. La problématique de la traversée des poids lourds s’ajoute à cela. On observe aussi que l’hyper-centre en jaune concentre la plupart des pôles générateurs inter-communaux et provinciaux (administration, santé, culture, loisirs, commerces) avec une mauvaise couverture de la périphérie. Face à l’enjeu principal de la structuration et de l’intégration de cette dernière, le programme royal Tanger Métropole prévoit une réorganisation spatiale et économique avec le transfert d’activités comme les abattoirs, le marché de gros et la gare routière. La couverture des transports et leur connectivité (réseau des bus mais aussi celui des grands taxis en bonne partie superposés et en concurrence) est lacunaire surtout dans certains quartiers, peu ou pas desservis (Schéma Directeur Circulation Transport, 2002).  Le système multimodal des transports urbains Inter/National Aéroport et port internationaux, réseau viaire et ferroviaire national avec trafic international de poids lourds. Périurbain 17 lignes de bus, grands taxis… Urbain 26 lignes de bus, petits taxis, 34 lignes intra-communautaires de grands taxis, bus privatifs, minibus. Mode Type Véhicules Organisation spatiale Source Bus Urbains et périurbains 118 Réseau radial ALSA 2014 Taxis Grands 1 400 Réseau radial reprenant globalement les mêmes directions que celles desservies par les bus mais avec une meilleure desserte du centre ville, du port et de l’aéroport et une desserte moins importante sur la RN2 (Moghogha et Charf) et au Nord-Ouest (Rahrah, R’Milat…). Le Tellier et al. 2009, SDCT 2002 Petits 1 600 Bus privatifs 500 132 sociétés privées de bus avec un total de véhicules en croissance exponentielle. Jami/Kammas 2013 Tramway Urbain et périurbain (CUC) 37 rames (600 places) 1 ligne de 31 km orientée est-ouest en forme de V inversé avec la pointe sur le centre et une partie divisée en 2 branches AODU 2014 Minibus 970 19 400 places Pour desservir les zones industrielles (route de Tétouan, plage et de Rabat). 332 licences de la CU en 2014. En croissance exponentielle mais encore insuffisants par rapport à la demande. Congestion en sortie. Le Tellier et al. 2009, CU Tanger Transport mixte et informel N.C. Urbanisation et répartition des activités à Tanger. Source : Agence Urbaine de Tanger, 2014
  18. 18. 18 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Réseau viaire : Des problèmes d’accessibilité, de lisibilité, de saturation sur certains axes (centre ville, réseau national) aggravés par des lacunes structurelles et par une mauvaise gestion des intersections. Des conflits d’usages entre circulation et vie locale. Partage de la voirie : Infrastructure orientée vers la voiture. Trottoirs en mauvais état, souvent occupés par les voitures garées et par des commerces et parfois inexistants en périphérie. Pas d’infrastructure cyclable. Stationnement : Offre peu structurée et insuffisante en centre ville. Taux de motorisation : Encore faible avec 70 voitures pour 1 000 habitants d’après la Banque Mondiale en 2010 mais en croissance rapide (8% par an selon Tellier et al 2009). Grandes disparités entre 4% en médina et 43% dans la ville nouvelle (SDCT).  Répartition modale des déplacements D’après la Wilaya au colloque Grand Paris/ Grand Tanger, juin 2014) : bus 18%, grands taxis 38%, petits taxis 27% et 17% pour les autres modes de transport en commun. Toutefois, la répartition modale précise n’est pas connue et Le Tellier et al. (2009) indique que le pourcentage de déplacements à pied dépasse 50% dans nombre de zones. Les enquêtes cordons menées lors du SDCT de 2002 mettaient en évidence une différence entre la zone urbaine (bus 4-6%, petits et grands taxis 36-42%) et la périphérie où les bus seraient plus utilisés (bus 15-17%, 27-28% taxis). Sources autres que les acteurs locaux rencontrés : -Le Tellier, J., Debbi, F. L. Amzil (2009): La Mobilité Urbaine dans l’agglomeration de Tanger. UNEP, MAP, plan bleu. - Transitec, Schéma Directeur Circulation et Transport, 2002. - Jami, J. S. Kammas (2013): La pratique du développement durable par les transporteurs routiers Marocains (cas de la ville de Tanger, Maroc) état des lieux, impacts sur l’environnement et recommandations. European Scientific Journal 9 (23), pp. 112-153. TÉTOUAN  Structure urbaine D’après le Plan de Mobilité Urbaine de 2008 /2009, la Commune urbaine de Tétouan, au caractère montagneux, forme une agglomération urbaine (environ 360 000 habitants en 2004) avec la petite Commune de Martil qui se trouve sur la côte. Toutefois, l’urbanisation en direction de la Commune de M’diq est telle qu’on pourrait parler d’une agglomération tripartite Tétouan-Martil-M’diq avec un étalement en périphérie, le long des grands axes Est-Ouest-Nord. Agglomération touristique, elle vit des pics de trafic en été. Tétouan concentrait en 2008 presque 90% des habitants et des emplois, mais Martil s’est beaucoup urbanisé du fait de son caractère balnéaire. Les contraintes topographiques (entre montagnes et oued pour Tétouan, entre mer et oued pour Martil) et les principaux axes de communication orientés Est-Ouest (voir encadré) structurent l’urbanisation qui se développe en étages à Tétouan et en discontinuité entre les 2 villes du fait de l’aéroport et des zones artisanales et industrielles. Dans Tétouan, la concentration des pôles économiques le long des axes, ainsi qu’un réseau peu maillé, génèrent des flux massifs sur certains axes. Toutefois, les types de mobilité constatés sont très différents selon les quartiers. Les piétons sont rois dans les quartiers denses et inaccessibles aux voitures de la médina et des quartiers Nord (à flanc de montagne) alors que le centre-ville «européen» ou ensanche n’étant lui non plus desservi par les bus, voit une cohabitation difficile des piétons et des voitures. Des problèmes de sécurité existent en traversée des grands axes de contournement du centre-ville où la vitesse est élevée (fixée à 60km/h). Les nouvelles urbanisations périphériques sont aménagées pour une meilleure accessibilité en voiture. Caractéristiques physiques et urbaines de Tétouan : En violet les secteurs denses. En bleu clair, la concentra- tion d’emplois notamment au centre et sur la droite (cité administrative et aéro- port) puis, en bleu, le long de l’oued, les activités ar- tisanales et industrielles. Dans l’encadré en haut à gauche : Le réseau routier principal dont l’épaisseur représente les volumes de trafic d’un jour ouvrable. Dans l’encadré à droite : La grande agglomération qui englobe Tétouan, Martil et M’diq. Source : PMU de 2008
  19. 19. 19RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC  Le système multimodal des transports urbains Inter/National Aéroport, réseau viaire de portée nationale. Interurbain 20 lignes de bus, grands taxis interurbains, transport mixte. Urbain 18 lignes de bus, petits et grands taxis urbains. Mode Type Véhicules Organisation spatiale et autres détails Source Bus Urbains et périurbains 153 dont 89 en circulation (juil.13) Réseau urbain concentrée sur l’axe de la vallée CU Tétouan Taxis Grands, urbains 450 (Tétouan) Taxis rattachés à Tétouan (petits et grands, 450 urbains et 810 interurbains) : répartis dans 17 stations pour un total de 550 places de stationnement, pour moitié au centre-ville. PMU 2008 Petits 1 350 (Tétouan) Transports mixte et informel 3 stations à Tétouan (à l’Ouest la principale, avec un rayonnement à 360°, centre-ville et Nord-Est) PMU 2008 Réseau viaire et routier : Réseau peu maillé avec des grands axes et des voies étroites et sinueuses au Nord de la ville. Partage de la voirie et stationnement : Favorable aux piétons en centre-ville (piétonisation d’un axe de l’ensache le soir) mais espace envahi par les voitures dans l’ensanche, et problèmes de sécurité en traversée des grands axes. Taux de motorisation : 52 voitures pour 1 000 personnes d’après le registre des vignettes vendues en 2007. Répartition modale estimée : Voir le graphique pour la demande motorisée estimée à partir d’un ratio d’utilisation de l’offre. Modes souvent en concurrence. La marche à pied est dominante dans la médina et les quartiers Nord. Sources : Plan de Mobilité Urbaine, 2008 40 35 25 Taxis Bus Transports mixtes
  20. 20. 20 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC 2- Quel service rend le transport public aujourd’hui ? Les transports urbains rendent service aux particuliers… Concernant les usagers, en 2008 la Banque Mondiale soulignait que «la connaissance de la demande des usagers est très limitée et ne permet pas de modifier le tracé des lignes ou les fréquences ou même le type de bus utilisé pour mieux servir cette demande». En paraphrasant Jarrett Walker, un consultant américain en politique et design des réseaux de transport public et auteur d’un livre sur le sujet(5) , un service utile est celui qui m’amène où je veux aller (1), quand je veux aller (2), dans des bonnes conditions (3), pour un prix raisonnable (4) et qui me laisse la liberté de changer de plans (5)(6) . Ces conditions peuvent être remplies en faisant attention aux aspects suivants qui peuvent répondre à plusieurs demandes à la fois : les arrêts (1, 3, 5), la connectivité du réseau (1, 5), la fréquence (2, 3, 5), l’amplitude horaire (2, 5), la durée du déplacement (3, 5), le tarif (4), le civisme (sécurité, sûreté, espace d’agrément, politesse, propreté, etc. - 3), fiabilité et prévisibilité (3, 5), simplicité et présentation (5). Ainsi, on se concentrera sur les aspects liés à l’espace (notamment le réseau), au temps (amplitude, durée, prévisibilité), au tarif et à la sécurité. …et à la collectivité. Ces aspects présentent également une dimension collective très forte si on prend en considération l’impact que ces caractéristiques du transport peuvent avoir sur des populations en particulier, comme les personnes à faible revenu, les femmes ou les personnes présentant une mobilité réduite (PMR) qui peuvent être exclus du système. Grâce au PDU de Casablanca, on sait, par exemple, que les dépenses liées aux déplacements urbains correspondent à une part importante du budget des ménages et de l’économie nationale. De l’autre côté, il faut aussi considérer que les transports représentent une source d’emploi non négligeable pour une partie de la population. Cette question sociale peut devenir problématique dans le passage des régies (personnel fonctionnaire) aux gestions déléguées (sociétés privées). Encore aujourd’hui cette question reste épineuse et non résolue pour certaines agglomérations comme Rabat-Salé-Témara et Casablanca pour lesquelles le Ministère de l’Intérieur intervient avec des protocoles ad hoc. Toutefois, quand on pense aux transports publics et à la collectivité, les discours se concentrent souvent sur l’impact négatif du modèle de mobilité (trafic, congestion, pollution, facture énergétique, insécurité, etc.) afin de promouvoir des actions en faveur des transports publics et notamment l’investissement public dans le secteur. Pourtant, on arrive rarement à décliner ces actions dans la sphère de la gestion du transport public, sinon par des actions ponctuelles et visant souvent d’autres objectifs. Par exemple, en ce qui concerne la pollution de l’air, on ne se préoccupe pas de réduire la part de contribution des bus à la pollution même si le renouvellement du parc a un effet positif à cet égard. De même pour la facture énergétique. Dans ce chapitre, on essayera d’esquisser une image pour les principales agglomérations marocaines, pour lesquelles existent des données et des études touchant aux thèmes évoqués. 5) Human Transit : how clearer thinking about public transit can enrich our communities and our lives, 2011 6) Voici ce que les usagers demandent au transport public : « Il m’amène où je veux aller / 2. Il m’amène quand je veux aller / 3. C’est un bon usage de mon temps / 4. C’est un bon usage de mon argent / 5. Il me respecte / 6. Je peux lui faire confiance / 7. Il me laisse la liberté de changer mes plans ».
  21. 21. 21RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC Décharge ESPACE : LES RÉSEAUX DANS LA VILLE Situation actuelle Les exploitants actuels ont souvent hérité de la gestion précédente des réseaux aux périmètres variables (souvent urbain et périurbain confondu), aux lignes longues et à structure radiale avec peu d’attention accordée aux correspondances. Les réseaux ont notamment une mauvaise couverture des zones périphériques qui se sont agrandies avec le développement urbain. La desserte des principaux pôles générateurs n’est pas généralement assurée, comme les études sur les déplacements le montrent. Données existantes Toutefois, le peu de données existant sur l’accessibilité et sur la couverture spatiale des réseaux par rapport à la zone urbanisée, aux densités et aux pôles générateurs relèvent du travail ponctuel des bureaux d’études, notamment étrangers et ne font apparemment pas l’objet d’indicateurs standardisés. Évolutions en cours Les agglomérations ont apporté au fur et à mesure de petites modifications aux lignes, aux arrêts et aux parcours, souvent suite aux réclamations des citoyens. Plus récemment, on assiste à des restructurations des réseaux faisant suite à des études ciblées, comme c’est le cas à Agadir, Casablanca (étude finalisée) et Rabat (en cours). La tendance actuelle va vers la création de lignes plus courtes et de points de correspondance entre lignes de bus et avec les trams, le but général étant l’accroissement de la connectivité du réseau et de la fiabilité du service en termes de fréquences. Dans le cas de Casablanca et de Rabat, les études de restructuration font suite à la mise en service des lignes de tram et sont notamment motivées par la recherche d’une complémentarité qui puisse favoriser les déplacements intermodaux. Toutefois, cette intermodalité est limitée aux bus et trams (à Rabat le tram n’accepte pas les vélos, par ex(7) . Agglomération Réseaux Lignes Évolutions Structure Agadir Bus Urbain avec des lignes périurbaines 37 = 22U + 15P Réseau restructuré en 2012, augmentation importante de la demande et achat conséquent de bus Plutôt maillée au centre de l’agglomération avec des lignes périphériques radiales Casablanca Bus Urbain 70 Étude de restructuration récemment finalisée Plutôt maillée avec de longues lignes Tram Urbain 1 avec 2 branches 4 nouvelles lignes de tram à venir Ligne Est-Ouest à V sur le centre avec une partie divisée en deux branches Fès Bus Urbain avec des lignes périurbaines 53 Allongement des lignes Radiale centrée sur le centre ville et sur l’axe centre ville-médina avec des parties de ligne en guise de rocade Marrakech Bus Urbain 21 Création / prolongation des lignes Radiale et concentrée sur quelques axes Bus Périurbain 17 Prolongation de lignes Radiale Rabat-Salé- Témara Bus Urbain avec des lignes périurbaines 55 Étude de restructuration en cours Radiale avec peu de points de correspondance Tram Urbain 2 Prolongation des lignes en cours et parking relais en cours de finalisation Lignes qui se croisent par un tronçon commun à proximité du pont entre Rabat et Salé. Témara non desservi. Tanger Bus Urbain avec des lignes interurbaines 43 = 26U +17I Réseau récemment créé avec la nouvelle gestion déléguée Plutôt maillée Tétouan Bus 2 = Urbain et interurbain 38 = 18U+20I Des modifications récentes de trajets et de terminus ont été approuvées (avenant au contrat) Réseau urbain concentrée sur l’axe de la vallée Légende : U = Ligne urbaine, P= Ligne périurbaine. Source : Données fournies par les opérateurs et entretiens. 7) Règlement relatif à l’exploitation du Tramway de Rabat-Salé http://www.tram-way.ma/site/assets/files/1075/transdev-reglement_dexploitation-fr.pdf
  22. 22. 22 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC LES TEMPS DE DÉPLACEMENT Quand est-ce que le transport est disponible ? Les transports publics par autobus sont accessibles pendant une période variable selon les lignes mais pour une amplitude maximale qui peut être de 15h15 à Tanger par exemple, une bonne partie des lignes fonctionnant entre 7h et 21h. L’amplitude peut aller jusqu’à 18h pour Fès (entre 5h et 23h). En ce qui concerne les trams, à Casablanca le premier départ est fixé à 5h30 et le dernier à 22h30 (environ 18h d’amplitude) avec des fréquences différentes et variables en fonctions des tranches horaires et des branches(8) . Pour Rabat, le service est assuré entre 6h et 22h avec une discontinuité des fréquences avant 21 h (toutes les 8 min) et après 21h (toutes les 20 min), pendant la semaine. Généralement l’amplitude et les fréquences changent le samedi et le dimanche avec une réduction généralisée le week-end. Sur l’année on remarque des discontinuités hiver - été ainsi que pour la période de ramadan. Situation actuelle On remarque que les villes REMATP souffrent d’une faible prévisibilité du temps de déplacement en bus : Les horaires ne sont généralement pas affichés, ni respectés, les fréquences en heure creuse ou de pointe restent fluctuantes et souvent pas adaptées, les trajets en bus sont exposés à la congestion et aux aléas de la circulation ainsi qu’à la défaillance des véhicules et aux accidents. Cela présente un décalage frappant avec les déplacements par tram pour lesquels le temps du transport est beaucoup mieux maîtrisé et communiqué avec, par exemple, la présence d’affichages dynamiques des temps d’attente dans toutes les stations. Données existantes La faible maîtrise de ces aspects explique la carence en données précises et la présence de données plus théoriques à leur place. Souvent, dans les rapports techniques on choisit la vitesse commerciale comme indicateur assez synthétique pour donner un aperçu des aspects liés au temps du transport. Cela s’explique aussi par le fait que la vitesse commerciale est importante pour la productivité des transports (plus la vitesse est élevée et plus les bus peuvent faire des allers/retours durant le temps de travail du personnel de l’opérateur). Par ailleurs, c’est l’une des raisons pour lesquelles l’accès aux données est difficile chez l’opérateur car elles constituent un enjeu considérable pour lui. Évolutions en cours Dans les agglomérations, des réflexions et des projets sont en cours. Certains s’attachent au maintien d’une bonne vitesse commerciale face à des conditions de circulation qui se font de plus en plus difficiles avec l’accroissement du trafic. À Casablanca et à Rabat, des lignes de tram ont vu le jour tandis que dans plusieurs villes on pousse la réflexion vers la réalisation de bus en site propre (BHNS à Agadir prévu pour 2018 et BRT à Marrakech avec des sites déjà en travaux) et d’aménagements réservés (couloirs bus prévus à Casablanca). Dans d’autres villes, les opérateurs mettent en place un système d’aide à l’exploitation (SAE) qui leur permettra de géo-localiser leur flotte, de mieux gérer les irrégularités et de fiabiliser les temps de parcours tout en fournissant aux voyageurs une information pertinente sur les temps d’attente aux arrêts. City Bus Fès l’a récemment fait et Alsa Tanger va le faire. 8) Pour la ligne principale, c’est autour des 5-6 min toute la journée et de 15 min en fin de soirée. Les temps de parcours affichés sur le site sont de 69 minutes pour le parcours Sidi Moumen - Facultés et de 77 minutes pour Ain Diab Plage. Quels sont les temps d’un déplacement ? Comme on peut le voir sur l’image suivante, le temps du déplacement en transport public par un usager se compose de plusieurs parties : le temps d’accès à un arrêt, le temps d’attente du bus, le temps du transport par bus et le temps d’accès à la destination finale. Temps du déplacement. Élaboration de Lidia Signor. Il existe ainsi plusieurs façons de maîtriser le temps des déplacements et d’augmenter l’attractivité du transport urbain : == L’amélioration de la couverture spatiale du réseau (section précédente) réduit le temps d’accès au réseau et celui d’accès à la destination finale. == Des fréquences élevées réduisent le temps d’attente. == Une bonne vitesse commerciale (= temps du transport, arrêts compris / longueur du trajet parcouru) tout comme la réduction de l’exposition aux aléas de la circulation par un aménagement dédié (couloirs réservés, sites propres¸ priorités aux intersections) garantissent des temps de transport plus rapides et fiables. == L’information aux voyageurs, sous forme statique (une affiche avec les horaires) ou dynamique (un panneau électrique avec l’affichage dynamique des temps d’attente aux arrêts) joue un rôle clé car elle rend le temps du déplacement prévisible et maîtrisable par l’usager qui a ainsi le choix de comment utiliser son temps.
  23. 23. 23RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC LES TARIFS Agglomé- ration Type de tarification Tarifs à l’unité (min-max, en DH) Autres tarifs (en DH) Abonnement élèves et étudiants (en DH) Autres abonnement (en DH) Agadir Bus U Tarif unique 3-4 Carte prépayée IKHLAS : jusqu’à -0,50 TRANSIT (entre bus) : +1 en moyenne Élèves ou étudiants : 80/mois P Par ligne 4-9 IKHLAS : 3,60-8,20 Étudiants : 90/mois Casablanca Bus Par ligne 57 lignes : 4 4 lignes : 4,50 2 lignes : 6 Étudiants : 70/mois Élèves : 60/mois Tram Tarif unique sur support rechargeable 6 (+1 pour support rechargeable 10 voyages OU +15 illimité) Étudiants ≤25 ans, établissements publics et privés et formations professionnelles homologuées : 150 /mois (+15) Tout public Hebdo. : 60 (+15) Mensuel : 230 (+15) Fès Bus Par ligne et selon distance 2,50 - 7,50 (50% lignes à 3,50) Étudiants : 70/mois Élèves : 60/mois Marrakech Bus U Tarif unique 4 IKHLAS : 3,5 Étudiants : 100/mois Élèves : 80/mois P Par ligne et selon distance (4 zones) 4,50 - 18 Rabat-Salé- Témara Bus Tarif unique 4 Tarif spécial aéroport : 20 Public : 130/mois Privé : 200/mois Spéciaux : 285/mois Tram Tarif unique sur support unitaire 6 Correspondances assurées avec le même billet Établissements publics Mensuel : 150 Trimestriel : 420 Semestriel : 810 Annuel : 1 500 Tout public Mensuel : 250 Trimestriel : 700 Semestriel : 1 350 Annuel : 2 500 Tanger Bus U Tarif unique 3,5 Réduit scolaire : 1,50 Étudiants et élèves 26 ans, établissements publics, par mois 1 ligne : 75 2 lignes : 95 I Par ligne et en fonction de la distance 3,5 - 8 Tétouan Bus U Tarif unique 2 Selon nb lignes, par mois : 1 : 80, 2 : 100, +2 : 120 2 : 110 +2 : 130 Tout public, par mois : 1 : 200, 2 : 300, +2 : 400 2 : 400 +2 : 525 I Par ligne 4 - 10 1 : 100, 2 : 120, +2 : 140 1 : 350, 2 : 500, +2 : 650 Légende : Type de tarification : U= Urbain, P= Périurbain. Dimension de société : Personnes à faibles revenus Si on réfléchit à la dimension collective de cet aspect, on trouve que «pour les ménages sous le seuil de pauvreté, les coûts de transport sont très élevés, limitant de facto leur capacité de déplacement et donc leur accès au marché du travail comme aux services publics et contribuant ainsi à perpétuer la pauvreté». Ceci explique en partie la part de marché élevée que la marche à pied a dans les modes de transport et cela malgré l’allongement continu des distances des déplacements. Données existantes et précautions pour l’analyse Le graphique ci-dessus peut donner un ordre d’idées du poids mensuel que le coût du transport public représente sur la moyenne des dépenses individuelles dans chaque région (enquête du HCP en 2007 avec projection linéaire des données en 2014). Toutefois, il faut dire que les bus ne représentent qu’un des moyens disponibles et donc qu’une dépense parmi d’autres (notamment les grands taxis pour les populations qui habitent en périphérie).
  24. 24. 24 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC LE CIVISME ET LA SÉCURITÉ Données existantes N’ayant pas fait l’objet d’études particulières jusqu’à présent au Maroc, considérant son caractère plutôt qualitatif, le civisme ou l’expérience de transport englobant sécurité, sûreté, confort, politesse, propreté etc. peut difficilement être analysée de manière exhaustive, en raison d’un manque de données, même pour des aspects quantifiables comme le taux de remplissage des bus. Ce taux n’a pu être mesuré que de façon ponctuelle lors de certaines études à partir de l’observation nous indiquant un sous- dimensionnement de l’offre par rapport à la demande. Du fait des données existantes et de leur importance, on se concentrera ici sur l’aspect de la sécurité qui nous donne également une appréciation de la fiabilité du système de transport. En ce qui concerne la sécurité et la sûreté, si on laisse de côté les aspects perçus et qu’on ne prend en considération que les accidents corporels, on peut esquisser une image à partir de deux sources principales des données : - Les opérateurs de bus tendent à classer les accidents sous la catégorie générale d’«incident» qui indique toute action qui entraîne l’interruption de service du bus, que ce soit un accident mortel ou un jet de pierre. Certains opérateurs comme Alsa font la distinction entre les accidents à responsabilité chauffeur et adversaire, avec un ratio rapporté aux 100 000 km et des objectifs de réduction affichés (voir tableau). Par contre, on ne connaît pas l’issue de ces accidents, en termes de morts et blessés. On enregistre également les agressions contre le personnel mais pas contre les usagers. - Le Ministère de l’Équipement et du Transport (Dir. des routes) récupère, via la police, les données concernant les accidents routiers, mais des incertitudes existent à propos de la catégorie «bus» utilisée par les policiers qui enregistrent ces données : il se peut que les bus comptabilisés n’appartiennent pas qu’au transport public délégué par les autorités (ils pourraient par exemple appartenir au transport privé de personnel). Dans le tableau ci-contre on rapporte les nombre de blessés au parc bus déclaré par les opérateurs (NC = non communiqué). EX. ALSA AGADIR 2011 2012 2012 Accident responsabilité chauffeur 167 147 129 Ratio accident responsabilité chauffeur/ 100 000 km 1,69 1,01 0,75 Objectif 1,48 1,29 0,82 2013 - Provinces Blessés légers et graves Tués Parc bus Blessés pour 100 bus Agadir Ida Outanane + Chtouka Inezgane 22 = 9+13 0 171 12,90 Wilaya de Grand Casa 190 1 882 21,50 Fès 31 0 245 12,65 Marrakech 7 0 114 6,10 Wilaya de Rabat - Salé 113 0 674 16,80 Tanger 42 0 77 54,50 Tétouan 16 0 nc - Le confort comme argument de vente Dans certaines villes, comme Tanger (photo ci-dessus) ou Fès (article de l’Économiste du 23/12/2013) des bus sont climatisés.  Tramway Beaucoup d’accidents ont été enregistrés, notamment dans les premiers mois, dus notamment à la nouveauté de ce mode de transport dans l’horizon urbain. Par exemple, Casa Tram a déclaré en janvier 2014 une moyenne de 15 accidents mensuels enregistrés depuis fin 2012. 80% de ces accidents sont survenus aux carrefours, «en raison du “manque de respect” de la signalisation par les piétons, les 2 roues et les automobilistes» (Article de H24 info « Tramway de Casablanca : incivisme mortel » du 14/01/2014). Bus climatisé à Tanger
  25. 25. SOCIÉTÉ Étudiants des établissements publics La seule catégorie sociale qui semble être prise en compte par le TP est celle des étudiants des établissements publics puisqu’ils bénéficient d’un service attractif et d’abonnements exclusifs (compensés par la subvention du Ministère de l’Intérieur). Les étudiants représentent souvent la majorité des passagers transportés. Personnes à Mobilité Réduite L’accessibilité PMR commence à faire l’objet d’un plan d’action plus général pour l’amélioration de l’accessibilité (cadre bâti, aménagement des espaces publics et mobilité urbaine) de la part du Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement, en collaboration avec la Banque Mondiale. Concernant les bus, on peut considérer que la présence de rampes PMR peut être un premier indicateur positif (voir tableau). Femmes Concernant les femmes, un article d’Aujourd’hui le Maroc d’octobre 2013 reportait une consultation de la Banque Mondiale avec des organisations de la société civile selon laquelle les femmes «sont souvent victimes de harcèlement, d’agressions sexuelles, de violence et de vols»(9) . Plus généralement, d’après une étude précédente menée à Casablanca et publiée par la BM en octobre 2011(10) , les femmes prennent davantage les transports en commun (notamment bus et grands taxis) que les hommes, mais les systèmes de transport ne sont pas adaptés à leurs besoins : «les difficultés de déplacement des femmes ont un impact négatif sur leur santé, leur scolarité et leur accès aux loisirs». Par ailleurs, malgré la participation croissante des femmes au marché du travail, «pour plus de la moitié des femmes [enquêtées] le manque de moyens de transport impacte l’amélioration de leurs revenus, leur accès à l’emploi et l’évolution de leur carrière professionnelle». Ceci est particulièrement vrai pour les femmes qui habitent dans les quartiers périphériques de Casablanca et pour lesquelles il est difficile de se rendre jusqu’aux usines textiles qui recrutent. «En définitif, la majorité des femmes (80 %) confirme que les difficultés de déplacement limitent leur autonomie»(11) . Employés Les transports publics constituent aussi un bassin d’emplois, pour les hommes et les femmes(12) . Par exemple le tramway de Rabat- Salé «a permis de créer 4 000 emplois directs et indirects durant la phase de construction et 1 000 emplois supplémentaires après son lancement. De nombreux jeunes au chômage ont participé à des formations accélérées pour trouver des emplois de chauffeurs, contrôleurs et techniciens(13) ». 9) «Transport en commun : les Marocaines victimes d’incivilités en tout genre , Aujourd’hui le Maroc, 1/108/2013 http://www.aujourdhui.ma/maroc/societe/ transports-en-commun-les-marocaines-victimes-d-incivilites-en-tout-genre-105314#.U85OS7Grat_ 10) BM, http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/ACCUEILEXTN/NEWSFRENCH/0,,contentMDK:22978565~menuPK:3325321~pagePK:34370~piPK:34424~theSit ePK:1074931,00.html 11) «Étude sur le genre et les transports au Maroc : le cas de Casablanca», rapport final Draft, 11 octobre 2010. 12) http://www.h24info.ma/h24-tv/lactu-video/le-quotidien-de-karima-sekkari-chauffeur-de-tram-rabat/18932 13) http://magharebia.com/fr/articles/awi/features/2011/06/17/feature-03 2013 Bus avec rampe PMR Parc total % Bus PMR ALSA Agadir 53 171 31% ALSA Tanger 39 77 51% ALSA Marrakech 17 114 15% Bus avec rampe PMR. Source : Groupe Alsa Transport, juin 2014 Bus avec plancher haut et femme avec une poussette à Tétouan 25RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
  26. 26. ÉCONOMIE ET ENVIRONNEMENT Le transport urbain collectif «joue un rôle déterminant dans […] la compétitivité du territoire et l’attractivité des investissements.» En effet, «au niveau de l’économie urbaine, le transport se présente, en raison de ses impacts économiques et sociaux, comme un levier de croissance et de développement durable»(14) . Au Maroc, ceci semble être un discours récurrent mais peu étudié. En termes d’environnement, les études sur les déplacements prennent souvent en compte l’impact environnemental des transports dans leur globalité, notamment sur l’efficacité énergétique, la pollution de l’air et l’effet de serre. Certes le renouvellement du parc bus qui a eu lieu avec l’entrée en vigueur des contrats a contribué naturellement à réduire une partie de ces impacts, mais il n’y a pas de suivi à ce sujet ni de vraies politiques affichées pour la durabilité environnementale. ,De fait, les bus neufs dont l’achat est demandé aux sociétés délégataires rejettent moins de polluants. Toutefois, cette mesure a parfois eu des effets mitigés du fait des difficultés de certains opérateurs à réaliser les investissements prévus dans une situation de déficit financier de l’exploitation. C’est le cas de M’dina Bus à laquelle on a permis de racheter des bus d’occasion RATP au début de son contrat. En effet, l’argent couvrant prioritairement les dépenses courantes (salaires, essence…), la maintenance et l’investissement dans du nouveau matériel roulant sont négligés, ce qui explique la vétusté du parc des bus, dégrade la fiabilité et la sécurité du service. La faible qualité du transport public qui en découle contribue ainsi à la spirale négative du sous-investissement du transport public, qui alimente le recours aux véhicules particuliers (voitures et grands taxis) et la congestion, ce qui à son tour rend encore moins attractif le transport public et creuse le déficit d’exploitation (voir schéma dans l’introduction). 26 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC
  27. 27. 27RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC AGADIR Après la restructuration proposée et effectuée par Alsa en 2012, il existe aujourd’hui un réseau hiérarchisé avec des lignes à haute fréquence, des lignes beaucoup plus courtes et 3 pôles d’échanges pour favoriser les correspondances. Cela est aussi favorisé par une tarification adaptée (tarif transit qui permet d’emprunter un autre bus en ajoutant 1 DH en moyenne) et la présence d’information voyageurs dans certains abris-bus comme dans la photo ci-contre. En réponse à la restructuration du réseau, la demande a augmenté au-delà des prévisions, notamment lors de la rentrée scolaire, et le réseau s’est trouvé en sous- capacité. Pour cela Alsa a acheté de plus en plus de bus. Un parc de 200 bus en 2015, puis de 250 dans 2-3 ans est projeté, afin de répondre à la demande sans cesse croissante. En effet, on est passé des 20M de passagers transportés par les 60 bus de la RATAG à 60M de passagers estimés pour cette année 2014. En 2018, est prévue la mise en service d’un Bus à Haut Niveau de Service (BHNS). Pensé comme un outil de soutien au développement et à la croissance à long terme, la première ligne de BHNS, d’une longueur de plus de 10 km, a pour objectif d’améliorer la circulation, de favoriser la mobilité, de valoriser les espaces publics et de réduire les nuisances environnementales. Pour cela, elle desservira les pôles économiques du port et du centre-ville ainsi que la ville nouvelle et le centre universitaire. Ce sera également l’occasion de restructurer le réseau bus et taxis afin de rationaliser leur exploitation dans une approche complémentaire. Entre temps, nous sommes encore loin d’un travail sur la qualité : par exemple, la régulation du service se fait avec beaucoup de moyens humains et de papier, sans GPS, ni tablettes ou autre technologie(15) . Par contre, la société Alsa est bien structurée et dotée de procédures dont certaines sont certifiées. La gestion de la sécurité est particulièrement prise au sérieux. La société se déclare en équilibre financier. 14) La gestion déléguée des services publics locaux, rapport de la Cour des comptes, octobre 2014 15) Une équipe d’une vingtaine de contrôleurs est disposée sur 6 points stratégiques du réseau -là où 90% des lignes ont leur terminus : Wilaya, Abdellah Sala, Inezgane, Ait Melloul, Chtouka Ait Baha, Val des Oiseaux. Ils remplissent plusieurs tâches, telles que le contrôle des fraudes, de la sécurité, des horaires, des chauffeurs. Le chef des contrôleurs dispose d’une voiture et assure la supervision. Les informations qui sont collectées sur papier par les contrôleurs sont ensuite centralisées par une personne qui saisit des données sur un logiciel interne de la société Alsa, ce qui permet la standardisation, la centralisation et le contrôle depuis Madrid. Information voyageurs dans un abribus à côté de la gare routière à Agadir.
  28. 28. 28 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC CASABLANCA Aujourd’hui, le tramway couvre 31 km de ligne sur 3 branches et le bus compte 1 208 km de ligne. «Le tramway a permis aux habitants des quartiers périphériques d’accéder plus rapidement au centre-ville qui demeure un point noir de la ville»(16) . Pour volonté du Conseil de la ville, 80 km de nouvelles lignes de tramway vont être réalisées entre 2015 et 2020 (plan de développement de Casablanca). Ces lignes devraient desservir plusieurs quartiers, même des zones telles que Lahraouiyine et Rahma. Les études pour la deuxième ligne sont en cours. Le réseau de bus sera restructuré d’ici 2015 avec la création de 14 pôles d’échange et d’une ligne BHNS de sorte à favoriser la complémentarité entre bus et tramway (en bleu sur la carte ci-contre). On prévoit à terme la réalisation de 50 km de couloir bus. Le plan d’actions prioritaires dédie 200 MDH au renouvellement des bus : plus de 200 bus seront acquis par CasaTransports et mis à la disposition du délégataire. Concernant la circulation routière, un budget de 360 MDH(17) est alloué à l’aménagement d’infrastructures routières, notamment de grandes artères : 19 boulevards et 13 carrefours sont déjà en cours de réaménagement afin de fluidifier le trafic. Parmi les recommandations du Plan de circulation réalisé par l’AODU, est proposée la mise en place d’un poste de commande centralisé dont les études sont en cours. Ce projet est censé être un catalyseur pour la réalisation de toutes les mesures concernant la mise à niveau de la voirie et des carrefours telles que recommandées par le PDC. L’opérateur est en train de se doter d’un SAEIV, ce qui se traduira également par une meilleure information aux voyageurs. Toujours dans le sens d’une meilleure maîtrise de la circulation, un projet en cours vise à accélérer la réaction de la police en cas d’accident afin de permettre une reprise rapide de la circulation. Selon les autorités, l’intermodalité et l’interopérabilité bus-tram sont prioritaires : M’dinaBus est désormais doté d’un système billettique -tous les bus sont équipés- et des études tarifaires se font dans le cadre de la révision du contrat en cours. L’aspect technique étant réglé, restent seulement à traiter les questions liées au tarif du ticket bus-tram, au partage des recettes et au subventionnement. Une carte prépayée sans contact, la «M’dina MOOV», est disponible sans frais supplémentaires, mais n’est utilisée que par environ 10% des usagers. Elle a aussi l'objectif d’accélérer les montées. Pour la sécurité, les bus sont dotés de caméras de surveillance et les trams bénéficient de la présence de policiers mis à la disposition de CasaTransports (mesure envisageable aussi pour les bus). Après un an et demi de service, pour le tramway on constate que «certains usagers ne respectent pas la priorité du tram [ce qui génère] des accidents et des perturbations concernant l’exploitation des lignes(18) . Il n’y a pas encore d’études pour mesurer l’impact du tramway. Pour l’information des usagers, il est prévu de créer des agences commerciales ainsi que des campagnes d’information accompagnant la mise en place progressive du nouveau réseau de bus (carte, fréquences, etc.). En ce qui concerne des populations à besoins spécifiques comme les PMR ou l’environnement, il n’y a pas de stratégies, mais des actions ponctuelles : des critères sont proposés à la Wilaya par l’AODU pour le cahier de charges d’achat des nouveaux bus (ex. bus Euro 3, à plancher bas). 16) Spécial Casablanca, les Éco suppléments, septembre 2014. 17) 18) Ibidem Carte du réseau des bus de M'dinaBus. Source : Site web officiel mdinabus.ma  Transport public et taxis, une relation de force ? Le discours dominant à ce propos est une stratégie d’amélioration des TP qui va automatiquement faire reculer les grands taxis et les reléguer à la périphérie de la ville à laquelle, d’après la loi, ils appartiennent. Deux faits indiquent la relation de force résultante : 1- En 2012, lors du premier jour de circulation d’une navette entre l’aéroport et le centre, les grands taxis ont formé une barricade qui a empêché la navette de passer et provoqué sa fin. La navette coûtait 40 DH pour un voyageur contre 300 DH pour un grand taxi. 2- En 2013, lors de la mise en place du tramway, les grands taxis sont entrés en grève, mais sur le moyen terme ont abandonné la route desservie par le tramway. Le succès du tramway s’explique d’ailleurs par le report d’une partie des clients des grands taxis, vu que la fréquentation de M’dinaBus n’a sensiblement pas changé.
  29. 29. 29RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC FÈS Entermesdecouverturespatiale,leréseauestcomposé de 53 lignes de bus disposées en forme radiale et totalisant 640 km. La couverture des périphéries est plus faible mais bénéficie de 2 lignes circulaires. L’amplitude horaire est de 18h (de 5h à 23h). Le réseau bénéficie d’une meilleure maîtrise de l’exploitation grâce au système d’aide à l’exploitation (SAE) de 3ème génération (GPS, GPRS et navigation satellite) en cours d’installation. «Techniquement, le SAE de City Bus offre des fonctionnalités essentielles telles la géo-localisation des bus, la gestion des stations et des lignes, la gestion des voyages et des temps de passage par les stations, et la gestion des bus, des chauffeurs et leurs affectations aux lignes(18) ». Grâce au SAE, les usagers recevront une information pertinente sur les temps d’attente aux arrêts. L’opérateur a prévu de réaliser aussi une application mobile, mais elle n’est pas encore opérationnelle. En ce qui concerne une maîtrise complète des fréquences, la ville réfléchit à des couloirs bus pour les sortir du trafic véhiculaire. Toutefois, on attend les recommandations du Plan de Déplacements Urbain qui vient de démarrer avant de concrétiser cette mesure. Les étudiants peuvent bénéficier d’une carte magnétique qui leur est dédiée pour l’abonnement. Cela garantit une meilleure maîtrise des recettes et assure un temps d’embarquement et donc de voyage plus rapide. D’après l’administrateur de l’opérateur, le système de SAE garantira aussi la sécurité des usagers et du personnel à bord, grâce à la prévention et l’amélioration de la réaction face aux alertes de détresse. La formation en éco-conduite suivie par le personnel constitue aussi un facteur en faveur de l’amélioration de la sécurité. En ce qui concerne l’attention portée à l’environnement, il faut remarquer que sur les 240 bus circulant, plus de 80% sont Euro 4. Le personnel est formé à l’éco- conduite auprès de l’Office de Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail. Cela se traduit par une conduite plus douce et sûre pour les usagers mais aussi moins consommatrice d’essence et donc avec un moindre rejet d’émissions polluantes. Cette économie d’énergie a aussi un effet positif sur les coûts de l’opérateur. Comme on peut le voir sur la photo ci-contre, les bus neufs ne sont pas dotés d’un plancher bas, ce qui favoriserait la montée des personnes à mobilité réduite. Toutefois, pour assurer l’accessibilité sur toute la chaîne du déplacement, il faudrait également veiller à une accessibilité des arrêts et généralement de l’espace public, ce qui n’est pas encore avéré à Fès. Bus neuf à Fès avec quelques marches et donc à accessibilité réduite pour les personnes ayant une mobilité réduite.
  30. 30. 30 RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC 18) Article «Fès/Transport public - City Bus mise sur la navigation satellite» paru sur l’Économiste le 2 juillet 2014. MARRAKECH L’agglomération a un réseau urbain (20 lignes) et un réseau de 17 lignes périurbaines mais les correspondances (urbain-urbain ou urbain-périurbain) ne sont pas forcément favorisées que ce soit au niveau spatial ou au niveau tarifaire (pas de tarif Transit comme à Agadir). Comme pour les autres réseaux Alsa, une carte prépayée permet d’économiser sur le tarif des bus du service public ainsi que sur celui des bus touristiques gérés par Alsa. Pour les lignes périurbaines, différents tarifs peuvent être appliqués en fonction de la distance. Dans un futur proche, des couloirs réservés, des stations de rabattement et des pôles d’échange sont prévus. Actuellement, 2 axes de BRT bidirectionnels sont en cours de réalisation sur les routes les plus utilisées par le trafic dans le périmètre urbain (voir photo ci-contre) : M’hamid, Al Massira. D’autres, Allal El Fassi et Sidi Youssef Ben Ali, sont prévus. La fréquence attendue serait de 5 à 10 min. À noter qu’à Marrakech, en dehors du contrat de gestion déléguée, l’opérateur gère aussi des services qui favorisent le tourisme (2 tours avec des bus spéciaux comme dans la photo ci-contre). Cela est permis par le contrat de gestion déléguée qui laisse au concessionnaire la liberté de «conclure tout autre contrat ou convention de transport, à condition qu’il ne porte pas préjudice au service faisant l’objet de la convention». Le Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement Social, dans le cadre du Programme National d’Accessibilité, a choisi Marrakech comme ville pilote pour une étude accessibilité des personnes à mobilité réduite, notamment par rapport aux transports. Le diagnostic vient d’être achevé et des aménagements pilotes sont prévus à terme. Aménagements BRT en travaux dans l'av. Hassan II. 2014. Bus touristique à Marrakech. Réseau urbain de Marrakech, géré par la Commune et dans l'encadré en bas le réseau périurbain (en rouge les lignes qui sont gérées par une convention avec la Préfecture de El Haouz, le reste avec la Préfecture de Marrakech). Poteau d’un arrêt de bus avec information voyageur statique (plan du réseau et numéro des lignes).
  31. 31. 31RÉSEAU MAROCAIN DU TRANSPORT PUBLIC RABAT-SALÉ-TÉMARA L’agglomération de RST compte 2 lignes de tramway en cœur d’agglomération et 55 lignes de bus. Elles sont disposées selon une structure radiale avec peu de points de correspondance (voir carte ci-contre) et elles s’organisent autour de 4 terminus principaux centraux (Mélilia, Bab El Had, Océan et Moulay Hassan) avec une dissociation nette des parties Nord et Sud de l’agglomération. Il n’y a pas encore d’intégration physique ou tarifaire entre les bus et les trams. Toutefois, une étude est en cours afin de restructurer le réseau, le rendre complémentaire avec le tramway et desservir les nouveaux pôles d’attraction (Agdal et Hay Ryad notamment, mais aussi les gares) en plus du centre-ville rabati. Entre temps, des parking-relais viennent d’être créés aux terminus des lignes de tramways avec une formule tarifaire attrayante afin d’inciter l’intermodalité (en voiture jusqu’au terminus, puis le reste du trajet en tramway, comme dans la photo). Comme on peut le voir dans la figure en bas, la ligne 2 du tram (en bleu clair) va être prolongée (en pointillé) et les travaux sont censés commencer en janvier 2015. Les temps d’attente et de voyage sont connus et assurés pour le tramway mais pas pour les bus, pour lesquels il n’existe pas d’information voyageurs aux arrêts, pas même une carte de la ligne ou du réseau. Par ailleurs, la régularité de la majorité des lignes se trouve perturbée par une dizaine de «points noirs» où beaucoup de temps est perdu. Cependant, les procédures d’exploitation sont en évolution avec la création prévue d’un poste de commande centralisé pour une meilleure régulation de l’exploitation. Puisque la forte demande est difficilement absorbée par l’offre actuelle (bus mais aussi ligne 1 sont sous-dimensionnés), on peut affirmer que le confort des déplacements par bus n’est pas assuré. Ainsi, il n’est pas inhabituel de voir la queue s’allonger aux arrêts et occasionnellement les grands taxis stationner en face. Toutefois, la société est en train de recevoir un parc additionnel, ce qui aura vraisemblablement un impact positif sur les fréquences et le confort. Une femme attend le bus avec son enfant au terminus de Bab El Had à Rabat. Carte du réseau Stareo et dans l'encadré la carte du réseau projeté de tramways. Actuellement, seules existent la ligne rouge et la verte. Source : Stareo et Transitec et al., 2014 Extension actuelle des 2 lignes existantes de tramway avec les extensions prévues des deux terminus de la ligne 2. Source : Présentation du diagnostic de Transitec du 11 octobre 2014. Panneau qui informe du nouveau service de parking relais avec tarification intégrée, au bord d'une station.

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