6èmes assises du très haut-débit

                                          ______

                       Maison de la Chimie - Lundi 09 juillet 2012


Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie de votre invitation à intervenir à ces 6èmes assises du Très Haut
Débit. Le déploiement du très haut débit représente en effet à la fois un défi et un enjeu
crucial pour les opérateurs - que je représente aujourd’hui via la Fédération Française
des Télécoms.

Ce défi se présente à nous alors même que notre secteur connaît de profonds
bouleversements :
   - D’abord un contexte général de crise économique ;
   - Mais surtout une baisse tendancielle des revenus des opérateurs de plus de 2%
      / an.

Pourtant, les opérateurs télécoms sont en train d’entreprendre un effort
d’investissement sans précédent pour répondre aux défis du développement de la fibre
et de l’investissement dans la 4G.

                                                                      croissance,
Cet investissement joue un rôle majeur dans la stimulation de la croissance, de la
compétitivité et de ll’emploi non seulement de manière directe, par les emplois créés et
                      ’
l’argent injecté dans l’économie, mais également par le levier que représentent les
infrastructures de communication pour l’ensemble des acteurs économiques.

Face à l’ampleur de ces défis, l’action des opérateurs est encore trop souvent
méconnue, ou mal comprise, alors même que le déploiement du très haut débit, non
seulement est déjà une réalité, mais s’accélère.

Je voudrais souligner aujourd’hui plusieurs points qui témoignent de cet engagement :

   -   Les accords de co-financement conclus entre les opérateurs sous le regard
                         co-                            opérateurs,
       attentif des autorités de régulation et de concurrence, qui vont permettre
       d’optimiser le déploiement ;

   -   Les actions de formation et de professionnalisation conduites avec les autres
       associations professionnelles de la filière ;

   -   Enfin, l’indispensable dialogue avec les élus et les collectivités territoriales, qui a
                indispensable                                             territoriales
       déjà conduit à conclure plusieurs conventions de déploiement avec des régions,
       communes et autres collectivités.




                                                                                            1
1. Les opérateurs télécoms sont des investisseurs clés de ll’économie nationale.
                                                               ’

Les télécoms sont le premier secteur d’investissement privé dans les réseaux
                                            d’
d’infrastructures en France. Nous ne le répèterons jamais assez.

   Les opérateurs investissent chaque année, de manière récurrente, entre 6 à 7
   milliards d’euros, afin d’assurer le déploiement, l’entretien et l’exploitation de leurs
             d’
   infrastructures numériques, réseaux, plateformes de services et SI - soit l’équivalent
   de 10 euros par mois et par français. Et cette somme ne comprend pas l’acquisition
   de fréquences pour la 3G et la 4G, qui alimente directement les finances publiques.

   C’est une échelle d’investissement équivalente aux réseaux électriques et ferrés
   réunis. Les efforts cumulés d’investissement des opérateurs sont évalués à environ
   100 milliards d’€uros pour les quinze prochaines années. Le développement des
                  d’
   réseaux à Très Haut Débit y occupe naturellement une place prépondérante.

   La Commission européenne a d’ailleurs récemment indiqué que 10 points
   supplémentaires dans le taux de pénétration du Très Haut Débit au sein de l’Union
   représentaient un potentiel de 1 à 1,5 point de croissance économique
   supplémentaire.

   Ces chiffres démontrent l’enjeu du Très Haut Débit dans un contexte économique
   qui nécessite d’identifier, à court et moyen terme, de « vraies locomotives » de
   croissance et d’emploi. Je rappelle que l’industrie des télécoms représente
   aujourd’hui plus de 300 000 emplois directs et indirects en France
                                                               France.


   2. Les opérateurs sont pleinement investis dans l’enjeu du Très Haut Débit depuis
       Les                                         l’enjeu
      la stabilisation du cadre réglementaire

   Pour relever ce défi l’investissement dans le Très Haut Débit, il a fallu que le cadre
   juridique, réglementaire, économique et politique, du déploiement soit tracé et
   compatible avec le besoin de stabilité et de lisibilité nécessaire à l’engagement
   déterminé des acteurs. Ce cadre a été défini en 2010 et permet de donner la
   visibilité indispensable à des investissements de très long terme.

   La voie étant désormais ouverte, les opérateurs ont très rapidement manifesté leur
   intention d’investir, d’ici à 2020, dans plusieurs milliers de communes réparties dans
   les agglomérations françaises. 60% de la population française sera ainsi couverte en
                    d’       2020.
   Très Haut Débit d’ici à 2020.

   Dans cet esprit, Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom ont conclu, comme les y
   invitait le cadre réglementaire, des accords de co-investissement pour assurer le
                                                   co-
                  d’                                                   intermédiaire.
   déploiement d’un réseau unique mutualisé dans les zones de densité intermédiaire
   Ce qui va permettre d’optimiser la couverture en évitant de déployer deux fois le
   même réseau dans les zones de moindre rentabilité. C’est, comme je le dis souvent,
   « plus de fibre pour un même euro investi ».



                                                                                         2
A titre d’illustration : moins de 7 mois après ll’annonce nationale de leur accord,
                                                 ’        nationale
Orange et SFR ont présenté il y a quelques semaines le détail de leur déploiement
de la fibre optique pour Toulouse Métropole.

Après avoir initialisé leur déploiement à Toulouse, située en Zone Très Dense,
Orange et SFR ont décidé de compléter leur couverture dans les Zones Moins
Denses. C’est ainsi que ll’ensemble des foyers des 37 communes du Grand
                             ’
                               raccordement
Toulouse pourra bénéficier du raccordement au réseau de fibre optique.

                                                          d’
Tous les foyers du Grand Toulouse seront ainsi couverts, d’ici 2020, par la fibre par
le seul investissement des opérateurs privés (cela représente un volume de 120 000
prises).


Cet exemple est emblématique de l‘approche territoriale des opérateurs et de la
                                    approche
prise en compte des impératifs d’aménagement des territoires :
                               d’

-   Couvrir dans un premier temps de manière homogène les grandes
    agglomérations françaises en évitant tout phénomène de mitage préjudiciable au
    développement harmonieux de ces territoires,

-   Achever les déploiements dans les communes concernées dans un délai de cinq
    ans à compter de leur initialisation (soit d’ici 2015 pour un achèvement au plus
    tard en 2020).

Il nous faut également conduire un dialogue ouvert et constructif avec les
collectivités locales pour l’équipement des zones les plus rurales du territoire
national :

− Comme nous y invitent les pouvoirs publics à travers la généralisation des
  SDTAN, il s’agit de développer ensemble une vision partenariale et concertée au
  bénéfice de l’aménagement numérique des territoires. La complémentarité
  public / privé est consubstantielle de ll’enjeu et des responsabilités de chacun.
                                           ’

− Nous souhaitons développer ce dialogue « de terrain », dans le cadre des
  instances de concertation mises en place par les pouvoirs publics.
                                                            publics.

Les exemples de conventionnement avec les Régions Auvergne et Bretagne, les
communautés d’agglomération d’Auxerre ou du Grand Troyes et les intentions
manifestées par d’autres territoires comme le département du Loiret, montrent avec
force l’efficacité de ces relations directes, ouvertes et clairvoyantes. Il s’agit tout
simplement d’une bonne gestion de ll’intérêt général, des finances publiques et des
                                       ’
investissements privés.
investissements privés

                       d’
La fibre ne concerne d’ailleurs pas que le très haut débit fixe. Le développement de
la fibre optique doit en effet permettre de concevoir des solutions intermédiaires de
montée en débit de type PRM, pour de répondre à la légitime impatience des foyers
qui ne disposent pas du « bon débit », tout en inscrivant dans un horizon de plus


                                                                                     3
long terme l’arrivée de la fibre jusqu’à l’abonné, mais aussi de faciliter le
    développement de la 4G par « l’opticalisation » des stations émettrices.
                                                                 émettrices


    3. Opérateurs et industriels se mobilisent pour accompagner la montée en
       puissance du Très Haut Débit.

    Le Très Haut Débit est un défi collectif et un challenge sur la durée. Il nécessite la
    mobilisation d’une filière industrielle pour accompagner le déploiement de la fibre
                 d’
    optique sur les 15 ou 20 années qui viennent.

    C’est dans cet esprit que la Fédération Français des Télécoms et les organisations
    représentant les industriels du secteur1, ont initié la mise en place d’un collectif,
                                                                            d’
    intitulé « Objectif Fibre », ayant pour vocation de rassembler les différents acteurs
    industriels impliqués dans le déploiement de la fibre optique : opérateurs de
    communications électroniques, équipementiers, installateurs, centres de formation.

    La plate-forme ainsi créée est à l’œuvre depuis déjà 3 ans afin de préparer la phase
    d’industrialisation du déploiement. Des groupes de travail ont été ainsi constitués
    sur les questions d’information, de formation et de normalisation permettant
    d’accompagner le décollage de la fibre et de mobiliser les moyens techniques de
    production indispensables à l’atteinte des objectifs de déploiement.

    Sur le plan de la formation par exemple, ll’enjeu est majeur Il s’agit de former les 10
                                               ’          majeur.
    à 15 000 personnes dont nous aurons besoin dans les cinq prochaines années pour
    déployer la fibre. D’où les programmes d’action qui sont lancés avec les partenaires
    publics et privés concernés, tant en matière de formation initiale que de formation
    continue pour faire face à ces besoins nouveaux.

    Dans le domaine très concret du câblage, des guides de câblage des logements
    neufs et de câblage vertical des immeubles ont été élaborés à destination des
    professionnels du déploiement.

    Cette initiative interprofessionnelle et volontariste démontre la maturité d’une filière
    et sa capacité à se mobiliser collectivement pour répondre à un véritable enjeu
    national.
    national Les professionnels, eux, ne doutent pas ; conscients de la criticité des
    enjeux, ils se sont pris en charge de manière responsable et sont bien résolus à
    relever les défis qui se présentent.

1
 FIEC (Fédération des industries européennes de la construction),
FFIE (Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique),
GITEP-TICS (Groupement des industries des technologies de l’information et de la communication),
GIXEL (Groupement français des industries de composants et de systèmes électroniques),
IGNES (Groupement des Industries du Génie Numérique Énergétique et Sécuritaire),
SERCE (Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique),
SYCABEL (Syndicat professionnel des fils et câbles électriques de communication),
PROMOTELEC (association promouvant les usages durables de l’électricité dans le bâtiment résidentiel
et petit tertiaire),
et l’UTE (organisme national de normalisation du domaine électrotechnique).

                                                                                                  4
4. La question de la fiscalité spécifique qui touche les opérateurs télécoms est
         centrale au regard des investissements auxquels ils doivent faire face.

      A l’heure où nous parlons d’investissements majeurs qui portent tant d’espoirs en
      termes d’attractivité et de compétitivité, permettez-moi de vous revenir sur la
      question de la fiscalité spécifique qui touche les opérateurs télécoms. Cette fiscalité
      spécifique représente un montant d’1,2 milliard d’euros par an et correspond à une
                                                  secteurs.
      surfiscalité de 25% par rapport aux autres secteurs

      Alors que chacun attend toujours plus et toujours mieux des opérateurs, tant du
      point de vue de la couverture que des débits, cette surfiscalité pèse lourdement sur
                      d’investissement.
      leurs capacités d’investissement

      Notre situation d’« objets taxables bien identifiés », est d’autant plus paradoxale que
                        «
      les acteurs globaux du web échappent presque totalement à l’impôt en France.
      Alors qu’ils bénéficient amplement de l’accès à la base des clients connectés
      français et captent une part significative de la valeur de réseaux qu’ils ne financent
      pas.

      La Fédération Française des Télécoms appelle donc une nouvelle fois les pouvoirs
      publics à mettre fin à cette iniquité fiscale qui conduit à une distorsion de
      concurrence affaiblissant les acteurs français et menace les investissements des
      opérateurs.


Conclusion

      Pour ceux qui en doutaient encore, les exemples que j’ai cités, comme les
      expérimentations que nous avons réalisées sur 6 communes différentes2
      démontrent que nous nous situons bien désormais dans le concret et dans l’action
      et que, la France entre bien, progressivement, dans l’ère du Très Haut Débit .

      C’est bien au prix d’un effort conjoint des pouvoirs publics, des collectivités locales
      et des opérateurs privés que ce grand projet industriel du développement des
      réseaux de nouvelle génération sera en mesure de tenir toutes ses promesses, tant
      en termes de croissance, de compétitivité et d’emplois que de bien-être social.

      L’exigence vis-à-vis des opérateurs en matière de déploiement est légitime. Encore
      faut-il que les pouvoirs publics ne multiplient pas par ailleurs les contraintes
      réglementaires et fiscales et prennent en compte la mondialisation de la
      concurrence que connaît le secteur des communications électroniques.
                                                              électroniques



Je vous remercie de votre attention.


2
    Issoire, Chevry-Cossigny, Aumont-Aubrac, Sallanches, Saint-Lô et Mareuil.


                                                                                           5

6èmes Assises du THD - Intervention Pierre Louette

  • 1.
    6èmes assises dutrès haut-débit ______ Maison de la Chimie - Lundi 09 juillet 2012 Mesdames, Messieurs, Je vous remercie de votre invitation à intervenir à ces 6èmes assises du Très Haut Débit. Le déploiement du très haut débit représente en effet à la fois un défi et un enjeu crucial pour les opérateurs - que je représente aujourd’hui via la Fédération Française des Télécoms. Ce défi se présente à nous alors même que notre secteur connaît de profonds bouleversements : - D’abord un contexte général de crise économique ; - Mais surtout une baisse tendancielle des revenus des opérateurs de plus de 2% / an. Pourtant, les opérateurs télécoms sont en train d’entreprendre un effort d’investissement sans précédent pour répondre aux défis du développement de la fibre et de l’investissement dans la 4G. croissance, Cet investissement joue un rôle majeur dans la stimulation de la croissance, de la compétitivité et de ll’emploi non seulement de manière directe, par les emplois créés et ’ l’argent injecté dans l’économie, mais également par le levier que représentent les infrastructures de communication pour l’ensemble des acteurs économiques. Face à l’ampleur de ces défis, l’action des opérateurs est encore trop souvent méconnue, ou mal comprise, alors même que le déploiement du très haut débit, non seulement est déjà une réalité, mais s’accélère. Je voudrais souligner aujourd’hui plusieurs points qui témoignent de cet engagement : - Les accords de co-financement conclus entre les opérateurs sous le regard co- opérateurs, attentif des autorités de régulation et de concurrence, qui vont permettre d’optimiser le déploiement ; - Les actions de formation et de professionnalisation conduites avec les autres associations professionnelles de la filière ; - Enfin, l’indispensable dialogue avec les élus et les collectivités territoriales, qui a indispensable territoriales déjà conduit à conclure plusieurs conventions de déploiement avec des régions, communes et autres collectivités. 1
  • 2.
    1. Les opérateurstélécoms sont des investisseurs clés de ll’économie nationale. ’ Les télécoms sont le premier secteur d’investissement privé dans les réseaux d’ d’infrastructures en France. Nous ne le répèterons jamais assez. Les opérateurs investissent chaque année, de manière récurrente, entre 6 à 7 milliards d’euros, afin d’assurer le déploiement, l’entretien et l’exploitation de leurs d’ infrastructures numériques, réseaux, plateformes de services et SI - soit l’équivalent de 10 euros par mois et par français. Et cette somme ne comprend pas l’acquisition de fréquences pour la 3G et la 4G, qui alimente directement les finances publiques. C’est une échelle d’investissement équivalente aux réseaux électriques et ferrés réunis. Les efforts cumulés d’investissement des opérateurs sont évalués à environ 100 milliards d’€uros pour les quinze prochaines années. Le développement des d’ réseaux à Très Haut Débit y occupe naturellement une place prépondérante. La Commission européenne a d’ailleurs récemment indiqué que 10 points supplémentaires dans le taux de pénétration du Très Haut Débit au sein de l’Union représentaient un potentiel de 1 à 1,5 point de croissance économique supplémentaire. Ces chiffres démontrent l’enjeu du Très Haut Débit dans un contexte économique qui nécessite d’identifier, à court et moyen terme, de « vraies locomotives » de croissance et d’emploi. Je rappelle que l’industrie des télécoms représente aujourd’hui plus de 300 000 emplois directs et indirects en France France. 2. Les opérateurs sont pleinement investis dans l’enjeu du Très Haut Débit depuis Les l’enjeu la stabilisation du cadre réglementaire Pour relever ce défi l’investissement dans le Très Haut Débit, il a fallu que le cadre juridique, réglementaire, économique et politique, du déploiement soit tracé et compatible avec le besoin de stabilité et de lisibilité nécessaire à l’engagement déterminé des acteurs. Ce cadre a été défini en 2010 et permet de donner la visibilité indispensable à des investissements de très long terme. La voie étant désormais ouverte, les opérateurs ont très rapidement manifesté leur intention d’investir, d’ici à 2020, dans plusieurs milliers de communes réparties dans les agglomérations françaises. 60% de la population française sera ainsi couverte en d’ 2020. Très Haut Débit d’ici à 2020. Dans cet esprit, Orange, Free, SFR et Bouygues Telecom ont conclu, comme les y invitait le cadre réglementaire, des accords de co-investissement pour assurer le co- d’ intermédiaire. déploiement d’un réseau unique mutualisé dans les zones de densité intermédiaire Ce qui va permettre d’optimiser la couverture en évitant de déployer deux fois le même réseau dans les zones de moindre rentabilité. C’est, comme je le dis souvent, « plus de fibre pour un même euro investi ». 2
  • 3.
    A titre d’illustration: moins de 7 mois après ll’annonce nationale de leur accord, ’ nationale Orange et SFR ont présenté il y a quelques semaines le détail de leur déploiement de la fibre optique pour Toulouse Métropole. Après avoir initialisé leur déploiement à Toulouse, située en Zone Très Dense, Orange et SFR ont décidé de compléter leur couverture dans les Zones Moins Denses. C’est ainsi que ll’ensemble des foyers des 37 communes du Grand ’ raccordement Toulouse pourra bénéficier du raccordement au réseau de fibre optique. d’ Tous les foyers du Grand Toulouse seront ainsi couverts, d’ici 2020, par la fibre par le seul investissement des opérateurs privés (cela représente un volume de 120 000 prises). Cet exemple est emblématique de l‘approche territoriale des opérateurs et de la approche prise en compte des impératifs d’aménagement des territoires : d’ - Couvrir dans un premier temps de manière homogène les grandes agglomérations françaises en évitant tout phénomène de mitage préjudiciable au développement harmonieux de ces territoires, - Achever les déploiements dans les communes concernées dans un délai de cinq ans à compter de leur initialisation (soit d’ici 2015 pour un achèvement au plus tard en 2020). Il nous faut également conduire un dialogue ouvert et constructif avec les collectivités locales pour l’équipement des zones les plus rurales du territoire national : − Comme nous y invitent les pouvoirs publics à travers la généralisation des SDTAN, il s’agit de développer ensemble une vision partenariale et concertée au bénéfice de l’aménagement numérique des territoires. La complémentarité public / privé est consubstantielle de ll’enjeu et des responsabilités de chacun. ’ − Nous souhaitons développer ce dialogue « de terrain », dans le cadre des instances de concertation mises en place par les pouvoirs publics. publics. Les exemples de conventionnement avec les Régions Auvergne et Bretagne, les communautés d’agglomération d’Auxerre ou du Grand Troyes et les intentions manifestées par d’autres territoires comme le département du Loiret, montrent avec force l’efficacité de ces relations directes, ouvertes et clairvoyantes. Il s’agit tout simplement d’une bonne gestion de ll’intérêt général, des finances publiques et des ’ investissements privés. investissements privés d’ La fibre ne concerne d’ailleurs pas que le très haut débit fixe. Le développement de la fibre optique doit en effet permettre de concevoir des solutions intermédiaires de montée en débit de type PRM, pour de répondre à la légitime impatience des foyers qui ne disposent pas du « bon débit », tout en inscrivant dans un horizon de plus 3
  • 4.
    long terme l’arrivéede la fibre jusqu’à l’abonné, mais aussi de faciliter le développement de la 4G par « l’opticalisation » des stations émettrices. émettrices 3. Opérateurs et industriels se mobilisent pour accompagner la montée en puissance du Très Haut Débit. Le Très Haut Débit est un défi collectif et un challenge sur la durée. Il nécessite la mobilisation d’une filière industrielle pour accompagner le déploiement de la fibre d’ optique sur les 15 ou 20 années qui viennent. C’est dans cet esprit que la Fédération Français des Télécoms et les organisations représentant les industriels du secteur1, ont initié la mise en place d’un collectif, d’ intitulé « Objectif Fibre », ayant pour vocation de rassembler les différents acteurs industriels impliqués dans le déploiement de la fibre optique : opérateurs de communications électroniques, équipementiers, installateurs, centres de formation. La plate-forme ainsi créée est à l’œuvre depuis déjà 3 ans afin de préparer la phase d’industrialisation du déploiement. Des groupes de travail ont été ainsi constitués sur les questions d’information, de formation et de normalisation permettant d’accompagner le décollage de la fibre et de mobiliser les moyens techniques de production indispensables à l’atteinte des objectifs de déploiement. Sur le plan de la formation par exemple, ll’enjeu est majeur Il s’agit de former les 10 ’ majeur. à 15 000 personnes dont nous aurons besoin dans les cinq prochaines années pour déployer la fibre. D’où les programmes d’action qui sont lancés avec les partenaires publics et privés concernés, tant en matière de formation initiale que de formation continue pour faire face à ces besoins nouveaux. Dans le domaine très concret du câblage, des guides de câblage des logements neufs et de câblage vertical des immeubles ont été élaborés à destination des professionnels du déploiement. Cette initiative interprofessionnelle et volontariste démontre la maturité d’une filière et sa capacité à se mobiliser collectivement pour répondre à un véritable enjeu national. national Les professionnels, eux, ne doutent pas ; conscients de la criticité des enjeux, ils se sont pris en charge de manière responsable et sont bien résolus à relever les défis qui se présentent. 1 FIEC (Fédération des industries européennes de la construction), FFIE (Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique), GITEP-TICS (Groupement des industries des technologies de l’information et de la communication), GIXEL (Groupement français des industries de composants et de systèmes électroniques), IGNES (Groupement des Industries du Génie Numérique Énergétique et Sécuritaire), SERCE (Syndicat des entreprises de génie électrique et climatique), SYCABEL (Syndicat professionnel des fils et câbles électriques de communication), PROMOTELEC (association promouvant les usages durables de l’électricité dans le bâtiment résidentiel et petit tertiaire), et l’UTE (organisme national de normalisation du domaine électrotechnique). 4
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    4. La questionde la fiscalité spécifique qui touche les opérateurs télécoms est centrale au regard des investissements auxquels ils doivent faire face. A l’heure où nous parlons d’investissements majeurs qui portent tant d’espoirs en termes d’attractivité et de compétitivité, permettez-moi de vous revenir sur la question de la fiscalité spécifique qui touche les opérateurs télécoms. Cette fiscalité spécifique représente un montant d’1,2 milliard d’euros par an et correspond à une secteurs. surfiscalité de 25% par rapport aux autres secteurs Alors que chacun attend toujours plus et toujours mieux des opérateurs, tant du point de vue de la couverture que des débits, cette surfiscalité pèse lourdement sur d’investissement. leurs capacités d’investissement Notre situation d’« objets taxables bien identifiés », est d’autant plus paradoxale que « les acteurs globaux du web échappent presque totalement à l’impôt en France. Alors qu’ils bénéficient amplement de l’accès à la base des clients connectés français et captent une part significative de la valeur de réseaux qu’ils ne financent pas. La Fédération Française des Télécoms appelle donc une nouvelle fois les pouvoirs publics à mettre fin à cette iniquité fiscale qui conduit à une distorsion de concurrence affaiblissant les acteurs français et menace les investissements des opérateurs. Conclusion Pour ceux qui en doutaient encore, les exemples que j’ai cités, comme les expérimentations que nous avons réalisées sur 6 communes différentes2 démontrent que nous nous situons bien désormais dans le concret et dans l’action et que, la France entre bien, progressivement, dans l’ère du Très Haut Débit . C’est bien au prix d’un effort conjoint des pouvoirs publics, des collectivités locales et des opérateurs privés que ce grand projet industriel du développement des réseaux de nouvelle génération sera en mesure de tenir toutes ses promesses, tant en termes de croissance, de compétitivité et d’emplois que de bien-être social. L’exigence vis-à-vis des opérateurs en matière de déploiement est légitime. Encore faut-il que les pouvoirs publics ne multiplient pas par ailleurs les contraintes réglementaires et fiscales et prennent en compte la mondialisation de la concurrence que connaît le secteur des communications électroniques. électroniques Je vous remercie de votre attention. 2 Issoire, Chevry-Cossigny, Aumont-Aubrac, Sallanches, Saint-Lô et Mareuil. 5