[DIX ANS] Paroles d’élus 
Le 
numérique 
en 
action
Le numérique a transformé la vie 
des territoires. Chaque partenaire 
de “Paroles d’élus”, les associations 
et Orange, en rend ici compte, 
développant les incontournables 
utilisations que les collectivités 
se sont appropriées.
Le déploiement de la fibre vient également d’être engagé à Montluçon et à Nevers. 
30 Paroles d’élus tome 10 
Bruno Janet, directeur des Relations avec 
les collectivités locales Groupe Orange 
“le numérique 
a bouleversé 
Les territoires 
en permettant 
l’expression 
des politiques 
publiques.” 
Avec ce nouveau tome, nos Paroles d’élus fêtent leur dixième anni-versaire. 
En dix ans, ce sont des centaines d’exemples de projets 
numériques illustrant, au plus près, le dynamisme de collectivités 
territoriales qui ont mis au coeur de leur développement le numé-rique 
et ses usages. Paroles d’élus en est le témoin et souhaite 
mettre à l’honneur les collectivités qui agissent partout en France 
– villes et intercommunalités de toutes tailles, métropoles, territoires 
ruraux ou de montagne, acteurs du développement économique, 
départements – pour innover dans leurs politiques publiques avec 
le numérique. 
Ce tome 10 célèbre aussi dix ans de l’aventure partenariale des 
11 acteurs du dispositif “Paroles d’élus”. Nous l’avons voulu différent 
des éditions précédentes. Nous avons souhaité à la fois retracer ces 
dix années de révolution numérique, saluer aujourd’hui les utilisations 
incontournables, et nous projeter vers les tendances amorcées qui 
vont transformer dans les dix prochaines années encore davantage 
la vie des territoires et des citoyens français. 
[DIX ANS] Le numérique en action 
La carte de déploiement de la fibre 
Cet opus, le dixième du dispositif “Paroles 
d’élus”, témoigne de dix ans de partenariat 
d’Orange avec dix associations d’élus. 
Il retrace dix années de révolution numérique 
et se projette vers les enjeux et les tendances 
qui transformeront encore davantage 
demain la vie des territoires et des citoyens.
parolesdelus.com 31 
Ces pages soulignent à quel point le numérique 
a profondément bouleversé la vie des territoires 
en permettant une nouvelle expression des 
politiques publiques au bénéfice de tous les 
citoyens : de la jeunesse, avec l’e-éducation, à 
la vieillesse, avec la dépendance des personnes 
âgées, en passant par développement écono-mique, 
le tourisme, la sécurité, l’accessibilité aux 
services publiques, les transports, etc. Ainsi, la 
géolocalisation favorise une mobilité intelligente 
et contribue à la lutte contre la pollution et le 
réchauffement climatique. Il importe de repen-ser 
nos modes de transports. Avec les smart-phones, 
les capteurs, la NFC et les réseaux 
sociaux, la mobilité passe nécessairement par 
un usage du numérique. Il concourt également 
à relever des défis cruciaux, comme le renfor-cement 
de l’attractivité de tous les territoires, 
favorisant le développement de nouvelles formes 
de tourisme et de valorisation de leur patrimoine 
culturel ou géographique. 
Le numérique joue aussi un rôle déterminant 
en matière d’innovation sociale. Il est l’occasion 
d’expérimenter des organisations innovantes : 
services nomades, plateformes collaboratives, 
télécentres et télétravail, qui, comme la visiocon-férence, 
devraient encore plus se développer 
et participer d’une gestion plus intelligente de 
l’énergie et du déplacement. Dans le domaine 
de l’acquisition des savoirs, le numérique est un 
support désormais indispensable. Paroles d’élus 
revient sur quelques réalisations particulièrement 
stimulantes et passionnantes. On y constate que 
le numérique joue dorénavant un rôle majeur 
au service de la réussite de tous les élèves. Ils 
permettent à chacun, indépendamment de sa 
localisation sur le territoire, d’accéder à la culture 
et à la connaissance. Comme dans les volumes 
précédents, la lecture de ce tome 10 nous invite 
à mesurer à quel point les questions liées à la 
santé ont pris dans nos sociétés une place 
considérable, réalisant une révolution profonde 
des relations entre soignants et patients. 
Une nouvelle fois, les exemples mis en lumière 
attestent que l’innovation numérique est en 
capacité de répondre très concrètement aux 
questions qui se posent dans nos territoires. 
Le déploiement de ces nouveaux services 
s’appuie sur une stratégie qui nous permettra, 
à terme, de déployer, comme nous l’­avions 
fait 
pour le haut débit, le très haut débit pour l’en-semble 
de nos concitoyens. 
Au-delà des investissements réalisés en propre 
par le Groupe pour couvrir en FttH 60 % de la 
population, Orange investit aux côtés des collec-tivités 
qui souhaitent apporter le très haut débit 
à tous, dans un souci de complémentarité entre 
technologies et investissements publics et privés. 
C’est ainsi, et ensemble, que nous arriverons à 
relever le défi de faire de tous nos territoires des 
territoires numériques, et du digital une opportu-nité 
pour la France. 
une 
décennie 
du 
numérique 
2004 Charte des départements 
innovants pour le déploiement 
du haut débit. Plan très haut 
débit (THD) pour 2 000 ZAE. 
2005 Plan 3 x 10, un bouquet 
de services innovants pour les 
collectivités. 
2006 Couverture ADSL 
des zones d’activité. 
2007 Le point visio-public 
(PVP) Auvergne couronné 
par le Broadband Awards 
à Bruxelles. 
2007-2008 Lancement 
du programme NRA-ZO. 
2009 Lancement du site 
Internet parolesdelus.com. 
2010-2011 Déploiement 
du très haut débit par la fibre 
Investissement avec 2 milliards 
d’euros. 
2012 Lancement de la 4G 
dans 10 villes. 21 millions 
de foyers abonnés à l’ADSL. 
2013 10 millions de foyers 
raccordés à la fibre. 
2014 Plus de 30 villes équipées 
en NFC. 70 % de la population 
couverte en 4G.
[DIX ANS] Le numérique en action 
La France numérique 
32 Paroles d’élus tome 10 
x 2 
en un an 
+ 30 % en un an (pour le THD) 
Plus de 2,3 millions d’abonnés 
au très haut débit (THD) 
en un an 
ÉQUIPEMENT 
AMÉNAGEMENT NUMÉRIQUE 
DU TERRITOIRE 
Tablette 
Internet 
Télérèglement 
Fibre 
NFC 
4G 
un Français sur 3 
Plus de 30 villes équipées 
de solutions de paiement sur mobile 
N° 1 
des réseaux mobiles 
pour la quatrième année 
des entreprises de plus de 20 salariés 
8 millions 
de foyers 
équipés 
25,4 millions 
d’abonnés 
Une intercommunalité sur 10 était 
équipée de télérèglement en 2013, 
au lieu d’une sur 100 en 2008 
80% 
70 % 
de couverture 
avec Orange 
+ 69 % 
Si le développement des usages numériques en 2014 
France se poursuit à un rythme dynamique, 2014 est 
aussi marquée par les transformations structurelles du 
secteur des télécoms, particulièrement dans le mobile, 
avec l’arrivée d’un quatrième opérateur, la fusion 
de deux d’entre eux et une guerre des prix intense. 
Avec, à la clé, la chute simultanée de la facture 
mensuelle du client, du chiffre d’affaires des opérateurs 
et du nombre d’emplois du secteur (- 4 200). 
Ailleurs dans le monde, le marché a plutôt enregistré 
un léger rebond de croissance.
DU CÔTÉ DES USAGES L’ÉCONOMIE DU SECTEUR 
75 70 
parolesdelus.com 33 
Données consommées 
(fixe et mobile) 
62 
320 
en un an 
13 000 To 
2009 
155 000 To 
2013 
95 000 To 
2012 
Mobinautes 
Outils connectés 
Facebook 
Seulement 10,7 % de députés 
y sont présents (sur 577) 
Twitter 
Plus de 50 % des députés 
ont un compte 
Le mobile le moins cher 
(moyenne du prix abonnement en euros, par mois) 
Mobile Triple play 
33 37 
Chiffre d’affaires des opérateurs 
(en 2012) 
60 % des salariés effectuent 
les ¾ de leur travail 
avec des outils connectés 
14,5 % 
En investissements Chiffre d’affaires 
Une heure ou plus 
sur smartphone ou tablette 
pour 80% d’entre e ux 
45 40 
20 32 
49 46 
39 37 
+ 63 % 
par jour 
% 
année 
Sources : zdnet, journaldunet, Challenges, Arcep, Azetone, baromètre AdCF, Sénat, Orange, ArthurDLittle – Réalisation : Studio V2 
- 13 %
maires de France 
“Cybercité rurale”, Bras-sur-Meuse n’a 
rien à envier aux plus grandes collectivités. 
Comme elles, cette petite commune 
de Lorraine de 800 habitants joue à fond 
les nouvelles technologies. Entretien 
avec son maire et éclairages en miroir 
sur trois collectivités qui exploitent les 
mêmes outils qu’elle : la formation 
numérique à Pont-Audemer, la webTV 
à Lille et l’e-concertation à Amiens. 
34 Paroles d’élus tome 10 
Julien Didry, maire de Bras-sur-Meuse (Meuse) 
“Sans Internet, 
je ne pourrais 
pas être maire !” 
Paroles d’élus Considérez-vous votre commune comme un 
territoire pilote en matière d’initiatives numériques ? 
Julien Didry Comme d’autres communes en France, je peux dire 
effectivement que Bras-sur-Meuse est un territoire pilote en termes 
d’initiative numérique. L’objectif est de démontrer qu’il est possible 
d’envisager socialement et économiquement un développement 
des territoires ruraux grâce au numérique. 
De multiples actions ont été entreprises par la mairie pour 
associer les citoyens aux décisions municipales : peut-on 
parler d’une e-démocratie à Bras-sur-Meuse ? Peut-elle, à 
terme, renouveler la politique et raviver l’intérêt des jeunes ? 
Le conseil municipal en direct, par exemple, est-il une infor-mation 
citoyenne et/ou un procédé de gestion communale ? 
Avec l’évolution des comportements, du mode de vie… les gens 
ne prennent plus ou n’ont plus le temps de se rendre aux conseils 
municipaux. Il y a deux façons de voir les choses. Soit nous 
n’­acceptons 
pas ces changements en pensant que les habitants 
n’ont qu’à se déplacer, soit nous mettons en place de nouveaux 
moyens adaptés pour que la démocratie vive. Le fait de proposer 
aux habitants de participer au conseil municipal “virtuel” contribue à 
ce qu’ils s’intéressent à leur commune. Mais la solution sera globale. 
Il faut se diriger vers encore davantage de transparence avec de 
l’open data simple, et endiguer cette défiance envers la politique. 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des
sur 
le terrain 
1 
2 
3 
parolesdelus.com 35 
Au sujet du Numéripôle, pensez-vous que les enjeux de la 
formation numérique soient plus importants dans les ter-ritoires 
ruraux ? Est-ce parce qu’une telle formation par-ticipe 
à la lutte contre les inégalités face au numérique ? 
Par ailleurs, d’après vous, le modèle du Numéripôle, qui 
regroupe formations, services de télétravail et jeux, est-il 
exportable ? 
Encore une fois, le numérique est un enjeu de développement éco-nomique 
et social pour les territoires ruraux. Mais nous ne sommes 
pas en zone dense, donc le haut débit et le très haut débit (THD) 
pris en charge à 100 % par les opérateurs, ce n’est malheureu-sement 
pas pour nous… Ces technologies arrivent moins vite et 
ce décalage technologique a engendré un décalage d’usages. La 
formation – aux outils et usages – est donc essentielle dans nos 
territoires. Les perspectives sont dans le développement du rayon-nement 
du Numéripôle sur l’ensemble du bassin de vie de l’ag-glomération. 
Concernant le télétravail, notre espace de coworking 
(télécentre) a connu un succès rapide et l’objectif est de déployer 
la démarche sur l’ensemble du département. Parallèlement, nous 
voulons aussi développer le Numérifab (laboratoire de fabrication 
numérique), dernier né du Numéripôle. Les laboratoires de pro-totypage 
de cet ordre ont toute leur place chez les ruraux aussi. 
Pensez-vous augmenter la visibilité, à terme, du projet de 
webTV LNTV.fr de Bras-sur-Meuse, qui donne un moyen 
d’expression aux jeunes ? Est-ce un outil d’information 
citoyenne ? Une manière d’alimenter la vie de la commune ? 
L’un des objectifs de LNTV est bien d’atteindre les jeunes. Leur 
comportement évolue aussi et ils ne consomment plus l’information 
de la même manière. Avec des émissions thématiques, produites 
par des jeunes pour les jeunes, nous essayons de les intéresser 
aux sujets de société. Et une webTV va chercher ses auditeurs là 
où ils sont, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux, etc. 
Comment envisagez-vous les perspectives du numérique 
dans le cadre d’un nouveau mandat ? 
Les perspectives vont au-delà des frontières de Bras-sur-Meuse. 
L’enjeu est de mener le combat d’égalité des territoires avec un 
plan THD pour la ruralité. L’avenir de nos territoires passera par 
leur capacité à être attractifs. C’est un enjeu d’aménagement du 
territoire en France car, urbains et ruraux, nos destins sont liés. 
u bras-sur-meuse.fr 
u Lire sur parolesdelus.com : la table du conseil dans les nuages 
Pont-Audemer 
Lille 
Amiens Métropole
du côté des 
maires de France 
Pont-Audemer (Eure) 
Former et 
accéder 
au numérique 
1 
La Ville de Pont-Audemer se soucie des accès de l’ensemble 
de la population aux réseaux numériques mais aussi 
de sa formation dans un souci d’égalité devant le numérique. 
Depuis la fin 2000, la Ville de Pont-Audemer 
n’a cessé de développer les lieux d’accès 
gratuits à Internet, aux multimédias et aux 
nouvelles technologies, entre autres grâce 
à son service Net-Cité, qui met à disposition 
huit postes pour des consultations avec 
présence d’une animatrice. 
Elle a également proposé de nombreuses 
formations, individuelles ou en groupe, 
dispensées sous forme d’ateliers thématiques, 
en accord avec la charte NetPublic, pour 
encourager la découverte de l’informatique, 
d’Internet, des courriels, des logiciels 
de bureautique et outils numériques, etc. 
Les usagers ainsi que les associations 
et les agents de la collectivité les utilisent, 
en particulier via les ateliers spécifiques 
bureautique, quel que soit le support 
numérique ou le système d’exploitation. 
36 Paroles d’élus tome 10 
À Pont-Audemer, la lutte contre la fracture 
numérique et l’inégalité des usages 
numériques est donc bien avancée, par 
exemple pour accompagner les demandeurs 
d’emploi, les seniors, ou monter des projets 
destinés aux jeunes avec la CAF, l’enjeu étant 
de doter gratuitement toute la population 
d’un niveau minimal. La collectivité permet 
ainsi une égalité d’accès aux technologies 
numériques pour les habitants de son 
territoire et une meilleure utilisation des 
outils informatiques pour son personnel. 
La plupart des formations sont organisées 
en petit groupe de cinq mais peuvent parfois 
être programmées en séances individuelles, 
avec une présence en continu d’animateurs. 
Régulièrement, les membres d’un groupe se 
consultent mutuellement afin de se retrouver 
lors de futures séances. C’est donc aussi 
un moyen de développer le lien social et 
intergénérationnel sur le territoire. Le public 
et les associations qui ont bénéficié de ces 
formations en sont d’ailleurs très satisfaits. 
La principale difficulté est souvent de 
rassurer les apprenants, surtout les seniors, 
en démystifiant les outils numériques et 
informatiques. 
Quant à l’avenir, un atelier sur la sécurité 
des données personnelles, les droits et les 
usages sur Internet est en cours d’élaboration 
au sein de Net-Cité. 
u ville-pont-audemer.fr
2 3 Amiens Métropole (Somme) 
parolesdelus.com 37 
Cela fait déjà longtemps que 
la Communauté d’agglomération 
d’Amiens Métropole a pris 
le tournant de l’ère numérique. 
Après l’e-concertation pour 
adapter le réseau de bus aux 
attentes des citoyens, en 2011 
(lire tome 8, page 111), la 
Communauté a mis en place, 
en 2012, une concertation 
par un jeu pour évaluer les 
besoins à l’occasion d’un 
projet de construction de piscine. 
L’enjeu de cette consultation 
numérique était de taille : il 
s’agissait de récolter l’avis 
des futurs utilisateurs de cette 
piscine, à commencer par 
ceux qui participent rarement 
aux réunions publiques. 
Et, notamment, les jeunes, 
Comme LNTV à Bras-sur-Meuse, 
la webTV LM-TV a pour objectif 
de faire connaître Lille Métropole 
à travers des films, en informant 
sur ses compétences : culture, 
déchets, écologie, économie, eau, 
transports, nature, sport, habitat, 
voirie, etc. Chaque semaine, 
sont diffusés des reportages, 
des débats, des clips, etc. LM-TV 
informe sur toutes les actions 
menées par Lille Métropole, 
de la nouvelle politique des 
encombrants à l’actualité des 
parcs naturels. 
Grâce à l’intervention de plusieurs 
agences de la métropole lilloise 
en charge de la production des 
contenus, cette webTV est un 
réel outil multimédia au service 
des citoyens. Lancé en 2013, 
ce portail a plusieurs objectifs : 
faire connaître l’activité de Lille 
Métropole et communiquer 
sur toutes ses actions, inciter 
les internautes à participer 
en envoyant leurs propres 
vidéos, permettre une complète 
autonomie des personnels de 
Lille Métropole pour mettre à jour 
la webTV, etc. 
Mais ce projet va bien au-delà 
d’une chaîne d’information 
classique. C’est un accès simple 
à l’information locale, avec des 
conseils de la Communauté et 
des informations en direct sur 
les événements de la Métropole. 
Après avoir créé leur compte, 
les internautes peuvent ajouter 
des vidéos à leur playlist pour 
les consulter ultérieurement. 
Ils peuvent aussi participer à 
la webTV en soumettant leurs 
propres vidéos au comité 
de rédaction de LM-TV. Les 
internautes découvrent les vidéos 
réalisées près de chez eux 
en sélectionnant leur commune 
ou leur territoire. De plus, LM-TV, 
connectée aux réseaux sociaux, 
permet aux internautes de 
partager les vidéos sur Facebook 
et Twitter, mais aussi sur leur blog 
en intégrant le lecteur dédié. 
u lm-tv.fr 
qui adhèrent plus facilement 
aux consultations en ligne. 
La première phase de cette 
concertation a débuté sur 
Internet sous forme de jeu. 
L’initiative de la Métropole avait 
pour but de recueillir et de 
prendre en compte les attentes 
et les suggestions des citoyens 
sur cet aménagement de piscine. 
La démarche, très plébiscitée, 
a favorisé le lancement d’une 
deuxième phase de concertation. 
En répondant à une série 
de questions concernant leurs 
habitudes, les internautes 
obtenaient un modèle 3D de leur 
piscine idéale. 
Si le budget de développement 
(15 000 euros) représente un réel 
investissement pour la mairie, 
il constitue un moyen efficace 
et relativement économique de 
consulter les citoyens face au 
coût de réalisation de la piscine, 
estimé entre 15 et 20 millions 
d’euros. 
Avec près de 2 500 participants, 
cette consultation fut un véritable 
succès. Par le nombre, mais 
aussi parce qu’elle a révélé les 
pratiques des futurs usagers. 
Par ailleurs, les nombreuses 
suggestions de citoyens ne 
résidant pas dans la Métropole, 
ont permis de démontrer toute 
l’attractivité de la capitale 
régionale. 
u amiens.fr/piscine 
Un jeu en ligne 
pour construire 
sa piscine idéale 
Lille (Nord) 
À l’heure de l’information 
numérique
Les intercommunalités se soucient 
de mieux maîtriser l’outil numérique 
et de le diffuser, parce que, dynamique, 
il optimise la gestion des territoires, 
stimule leur aménagement, démultiplie 
les politiques d’économies, valorise le 
travail des élus – avec davantage de 
transparence – et renforce les pouvoirs 
du citoyen. 
38 Paroles d’élus tome 10 
Daniel Delaveau 
“Le numérique 
irrigue le 
quotidien des 
populations.” 
Ancien maire de Rennes, président de Rennes Métropole 
de 2008 à 2014, Daniel Delaveau a présidé l’Assemblée 
des communautés de France, qui a contribué, dès 2004, 
au dispositif Paroles d’élus. Entretien sur les enjeux du 
numérique dans les territoires. 
Paroles d’élus Vous étiez encore récemment maire de Rennes, 
commune-phare en matière de ville numérique. Quelles avan-cées 
les plus prometteuses retenez-vous ? 
Daniel Delaveau Authentique révolution industrielle, l’essor du 
numérique touche de plein fouet, au-delà des domaines économique 
Daniel Nouaille 
“Le bon élu 
est un élu 
informé.” 
Daniel Nouaille, maire d’Aixe-sur- 
Vienne jusqu’en mars 2014, ancien 
président de la Communauté de communes Val-de- 
Vienne et ancien vice-président de l’AdCF, a beaucoup 
oeuvré en faveur de l’essor du numérique dans les 
collectivités territoriales. 
intercommunalités 
Les 
communautés 
dans la 
révolution 
numérique 
Paroles d’élus Quelles sont depuis dix ans, selon vous, les 
avancées les plus caractéristiques en matière de moderni-sation 
des services publics ? 
Daniel Nouaille En premier lieu, l’accès des habitants à l’infor-mation 
et aux services proposés par les collectivités, avec la mise 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des
sur 
le terrain 
1 
2 
3 
4 
parolesdelus.com 39 
en ligne du paiement de certains services, l’ins-cription 
sur les listes électorales, la consultation 
du PLU, etc. Ensuite, du point de vue de l’orga-nisation 
interne, la simplification administrative 
fait gagner un temps précieux. La télétransmis-sion 
de documents, dont le circuit a été réduit, 
notamment celui des contrôles de légalité dans 
les préfectures, permet d’éviter désormais de 
nombreux déplacements. En somme, l’impres-sion 
d’avoir quitté le Moyen-Âge pour vivre dans 
une ère moderne. Aujourd’hui, le bon élu est un 
élu informé. 
Les collectivités, en particulier les intercom-munalités, 
ont-elles suffisamment investi le 
champ et les outils du numérique ? 
Tout reste à faire, d’autant que le champ explose 
et que le monde entier communique : le nombre 
d’informations que les collectivités diffusent et 
reçoivent double chaque année. Ni compétents 
ni ouverts, certains élus ont freiné localement le 
développement du numérique. Certaines col-lectivités 
aussi, de crainte de perdre du pouvoir. 
D’autres ont manqué de moyens… Il faut aider, 
accompagner les hommes et les femmes, les 
convaincre et recenser les bonnes pratiques : 
c’est là que se trouvent des gisements d’éco-nomies 
et de temps pour rendre les élus plus 
productifs et plus responsabilisés. L’innovation 
n’est pas toujours à Paris ou à Lyon, mais éga-lement 
en Ariège ou dans l’Aveyron. 
Quels sont les secteurs concernés par de 
telles progressions ? 
Nous signons encore des dizaines de kilos de 
papier. En matière de marchés publics, par 
exemple, pour des chantiers de métro ou de 
tramway. Dans les services, les relations entre 
usagers et prestataires peuvent être encore amé-liorées. 
Mais au-delà, nous devons continuer, 
sans cesse, de nous interroger sur ces outils 
numériques pour les faire évoluer. 
et social, le champ démocratique, les outils numé-riques 
constituant de formidables atouts pour les 
collectivités territoriales, en particulier pour les ser-vices 
aux citoyens. De la plus petite communauté 
de communes à la métropole, l’innovation joue son 
rôle, avec la mise en place de nouveaux services, 
dans la gestion de l’état civil, l’accès aux cantines, 
à la crèche, à la médiathèque, etc. Le numérique 
offre des capacités d’innovation considérables, et 
les collectivités y contribuent largement en soute-nant 
les start-up, en incitant localement à la créa-tion 
et à l’innovation, comme dans le cas des can-tines 
numériques ou des fablabs. Tous les champs 
de la vie collective et publique sont concernés, de 
la crèche au cimetière ! 
Une illustration se dégage-t-elle de ce four-millement 
d’usages ? 
L’élément majeur est qu’aucun champ de la vie 
sociale et collective n’échappe aux atouts du 
numérique, lequel facilite le quotidien de toutes 
les populations. 
Quels sont les principaux obstacles et que 
préconisez-vous pour les contourner ? 
L’accessibilité pour tous est l’objectif principal 
auquel nous devons nous consacrer, à travers 
l’éducation et la formation. La fracture entre les 
territoires existe aussi sur le plan social pour les 
gens démunis face à ces technologies. Je voudrais 
citer deux exemples émergents. D’abord, la ques-tion 
du vieillissement et l’ensemble de services que 
nous devons apporter pour faciliter le maintien à 
domicile et mieux vivre le grand âge. De l’adapta-tion 
du logement au lien entre la personne âgée 
isolée et les autres, nous attendons beaucoup 
du numérique. L’enjeu et le défi de société sont 
considérables : développer de nouveaux services 
et outils, créant ainsi des emplois. Autre exemple : 
l’apport du numérique dans la gestion globale de 
la cité, offrant un meilleur niveau de service à la 
population, tout en étant source d’économies pour 
les collectivités. C’est tout l’enjeu des smart cities 
et des smart grids : mieux faire vivre la ville. 
Grand Cahors 
Lamballe Communauté 
Grand Autunois Morvan 
Communauté 
d’agglomération dracénoise
Depuis le printemps 2013, 
les habitants du Grand 
Cahors peuvent accéder 
aux équipements 
et aux services 
intercommunaux 
grâce à une carte 
appelée le Grand 
Pass. Difficile de 
faire plus simple ! 
La création de la 
carte Grand Pass 
repose sur une 
démarche participative 
des citoyens et interne 
à la collectivité, via un 
processus de mutualisation 
important entre la Ville de 
Cahors et la Communauté 
d’agglomération. 
Il en résulte un accès simplifié 
aux services publics. Les usagers 
fournissent leurs coordonnées 
pour obtenir leur Grand Pass. Ils 
sont ensuite facilement identifiés 
et accèdent sans inscription 
supplémentaire à la plupart 
des services intercommunaux. 
Dispensés de remplir de 
nombreux formulaires, les 
habitants bénéficient en outre 
de réductions tarifaires dans 
40 Paroles d’élus tome 10 
1 Lamballe Communauté 
(Côtes-d’Armor) 
2 Révolution numérique : 
tous en profiter 
Pour réduire la fracture numérique, 
la communauté de communes 
bretonne de Lamballe s’est dotée 
d’un réseau de cyberbases où des 
animateurs qualifiés accompagnent 
les usagers. Car simplifier le service 
public implique d’en garantir l’accès 
au plus grand nombre. 
Ce réseau, outil d’aménagement 
et de développement du territoire 
déployé depuis 2004, est devenu 
un service intercommunal en 2014. 
Composé de six cyberbases 
réparties sur l’ensemble du 
territoire intercommunal ainsi que 
d’un Point étude et de l’espace 
multimédia de la bibliothèque, il 
offre gratuitement l’accès Internet 
les équipements, par exemple aux habitants. Il compte aussi 
les piscines et le réseau de 
transports en commun. Pour 
l’accès au nouveau complexe 
aqualudique, la carte peut même 
être créditée. La carte Grand 
Pass simplifie les démarches 
des 43 400 Grands-Cadurciens, 
offre des avantages tarifaires 
auprès des services et favorise 
le sentiment d’appartenance 
l’intercommunalité autour de 
l’identité territoriale. 
u grandcahors.fr 
les services communautaires 
du Point info jeunesse et info 
emploi, et le Point d’accès à 
la téléformation pour développer 
la formation à distance. 
Chaque cyberbase est équipée 
de matériel performant, de cinq 
à huit postes informatiques 
munis des logiciels de bureautique, 
de matériel photo et vidéo. 
L’accès au numérique est en 
outre favorisé par la présence 
d’un réseau d’animateurs 
sur toute la communauté 
de communes. Ils proposent 
aux usagers des ateliers 
pour débutants ou utilisateurs 
confirmés. 
u lamballe-communaute.com 
Grand Cahors (Lot) 
Halte aux formulaires… 
carte Grand Pass ! 
“Le Grand Pass est une carte d’identité du territoire 
qui transforme l’usager en citoyen. Il constitue 
un véritable sésame pour tous les habitants de 
l’agglomération.” 
Jean-Marc Vayssouze-Faure, maire de Cahors, 
président du Grand Cahors 
“Conscients que nous devons favoriser l’accès au 
numérique à tous nos concitoyens, nous recherchons 
constamment des partenariats, ouvrons nos cyberbases, 
et multiplions les événements autour du numérique.” 
Jean-Pierre Briens, maire de Morieux, vice-président 
de Lamballe Communauté 
du côté des 
intercommunalités
3 4 Communauté d’agglomération 
parolesdelus.com 41 
dracénoise (Var) 
Plateforme en ligne 
des marchés publics 
du territoire 
La plateforme e-Marchés Dracénie 
réunit une vingtaine de structures 
publiques du territoire dracénois. 
Elle offre une meilleure visibilité 
des procédures de consultation 
et favorise l’accès de l’ensemble 
des acteurs économiques locaux 
à la commande publique. 
Depuis la fin mars 2013, 
la plateforme en ligne voulue par 
la Communauté d’agglomération 
dracénoise centralise les 
offres de marchés publics 
des collectivités et des 
administrations de la 
Dracénie. Le dispositif 
améliore la visibilité 
des marchés publics, 
d’autant plus qu’une 
dizaine de collectivités 
ne disposaient pas 
de site web pour leurs 
marchés. 
L’objectif affiché est de 
faciliter l’accès du tissu 
économique à l’offre 
de marchés publics et 
de faire de la commande 
publique un levier de 
développement territorial 
solidaire. Pour simplifier 
En Bourgogne, le Grand 
Autunois Morvan a misé sur la 
dématérialisation pour simplifier 
les relations entre les multiples 
acteurs de son territoire. Il y avait 
là, pour lui, nécessité d’un 
fonctionnement intercommunal, 
mais aussi le souci d’envisager 
un travail collaboratif avec un 
objectif d’efficacité à la clé. 
C’est ainsi en 2008 que cette 
intercommunalité crée son 
réseau de communication 
intranet/extranet pour faciliter la 
communication et le travail avec 
les mairies éloignées, puis avec 
les élus communautaires. 
Aujourd’hui, l’outil est commun 
à tous les agents de la collectivité, 
qui continue de s’élargir 
géographiquement et étoffe ses 
compétences. 
Munis d’un accès sécurisé, tous 
les intranautes peuvent consulter 
depuis un mobile les actualités, 
le carnet d’adresses mutualisé, 
leur agenda, et accéder 
au stockage et au partage 
de données en ligne. 
Le dispositif a généré des 
économies liées au zéro papier, 
tout en offrant rapidité et 
réactivité pour répondre aux 
usagers. Le Grand Autunois 
Morvan dispose ainsi d’un 
réseau intranet performant 
qui favorise le travail collaboratif 
entre les services et avec les 
élus. Ici, la dématérialisation 
a fait ses preuves au bénéfice 
des agents, des élus et 
de l’efficacité pour l’usager. 
u grandautunoismorvan.fr 
la démarche dématérialisée 
et attirer les TPE/PME, le portail 
propose des fiches pratiques 
et un guide d’accompagnement. 
La solution technique garantit 
également une sécurité optimale 
pour le dépôt des réponses 
électroniques. 
u emarche.dracenie.com 
Grand Autunois Morvan 
(Saône-et-Loire) 
Le travail collaboratif 
pour toujours 
plus d’efficacité 
“L’intranet et la stratégie de dématérialisation de notre 
Communauté rendent le travail entre les élus, personnels 
et contacts externes d’une incroyable efficacité/simplicité, 
générant confort et gains de productivité.” 
Jean-Baptiste Pierre, maire de Sommant, vice-président 
de la Communauté de communes du Grand Autunois Morvan 
“Dans un contexte de crise économique qui touche autant 
le secteur marchand que les collectivités, notre agglomération 
souhaite inscrire les dépenses publiques dans un 
cercle vertueux au service des acteurs de son territoire.” 
Olivier Audibert-Troin, président de la Communauté 
d’agglomération dracénoise, député du Var
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des 
À l’heure de la réforme territoriale, 
le président de l’ADF témoigne du rôle 
pionnier des Départements dans le 
numérique qui “innerve leurs politiques 
publiques”. Il cite leur investissement 
dans le haut débit hier, dans le très haut 
débit aujourd’hui et demain, mais aussi 
dans l’e-administration, l’e-éducation, 
l’e-santé ou les SIG, qui en font des 
plateformes indispensables pour 
la modernisation de l’action publique. 
42 Paroles d’élus tome 10 
Claudy Lebreton, président de l’Assemblée 
des Départements de France (ADF) 
“Aux avants 
postes de la 
lutte contre 
les fractures 
numériques…” 
“Rendre compte de dix ans d’inves­tissement 
des conseils généraux dans 
le numérique est ardu, parce qu’ils y ont 
été pionniers, aux avants postes de la 
lutte contre les fractures numériques 
territoriales, sociales et culturelles. 
Aujourd’hui, les politiques publiques 
des conseils généraux sont innervées 
par l’usage du numérique. Ce n’est 
pas d’un ou de dix usages numériques 
dont il faudrait parler ici, mais de 100, 
de 1 000… 
Le très haut débit, après le haut 
débit 
Pour rappel, les Départements ont été 
pour l’essentiel à l’origine de la moi-tié 
des 3 milliards d’investissements 
permettant d’apporter l’Internet haut 
débit dans les petites villes, les bourgs, 
les campagnes. En dix ans, plus de 
2 500 zones d’activités et 13 000 éta-blissements 
publics, administratifs, 
intercommunaux, d’enseignement, de 
santé, d’action sociale et culturelle, ont 
été ainsi connectés au haut débit. En 
prévoyant d’investir 3,3 milliards d’eu-ros 
sur fonds propres au cours des 
dix prochaines années, ils vont faire 
de même pour le très haut débit. Par 
ailleurs, les conseils généraux ont été 
parmi les principaux investisseurs dans 
les quelque 5 000 espaces publics 
numériques (EPN). 
Des partenaires incontournables 
Ce que l’on sait moins, c’est qu’avec 
un budget informatique annuel de 
790 millions d’euros, 22 000 ser-veurs, 
60 000 ­techniciens, 
620 spé-cialistes 
des systèmes d’information 
géographiques et une cinquantaine 
d’organismes intercollectivités de 
coopération informatique et numérique 
dont ils sont à l’initiative, les conseils 
généraux se sont positionnés comme 
des architectes et des partenaires 
incontournables de la modernisation 
de l’action publique. À maints égards, 
en partenariat avec les autres niveaux 
de collectivités, ils en sont devenus les 
laboratoires de proximité. 
départements
parolesdelus.com 43 
Au coeur des politiques 
publiques innovantes 
Dans tous les domaines – des soli-darités 
sociales jusqu’au soutien 
à l’innovation et aux start-up du 
numérique, en passant par l’action 
éducative et culturelle ou l’aide aux 
communes – s’y invente la façon 
dont se conçoivent désormais 
grâce au numérique des politiques 
publiques innovantes centrées 
sur les attentes et les besoins des 
citoyens, des associations et des 
entreprises. 
Il est significatif que dans le domaine 
de l’éducation nous estimons à plus 
de 250 millions d’euros par an, 
depuis 2009, l’investissement des 
Départements dans la connexion, 
l’équipement informatique et les 
systèmes d’information et de 
pédagogie numérique des collèges 
(espaces numériques de travail, 
tableaux interactifs, ordinateurs 
portables, tablettes…). Il n’est pas 
anodin non plus que, depuis trois 
ans, 12 Départements se soient 
déjà portés aux avant-postes de 
l’open data ; 30 autres ont l’intention 
de s’y lancer. 
Ce qui se lit au travers de ce 
dynamisme numérique, c’est que 
la dimension départementale et 
sa gouvernance par les conseils 
généraux ont fait preuve d’une 
capacité d’adaptation d’autant 
plus remarquable qu’elle est deve-nue 
collaborative et partenariale. 
Les Conseils généraux sont désor-mais 
les artisans les plus créatifs 
des nouveaux territoires de projets 
dont notre pays a besoin. Sans 
doute serait-ce une grave erreur 
que de penser pouvoir s’en priver.” 
u departements.fr 
sur 
le 1 
terrain 2 
Aube 
Isère 
34 
Puy-de-Dôme 
5 
Calvados 
Drôme 
Aube 
Xdemat, l’Aube 
1 de la mutualisation… 
L’Aube a choisi de faire de la 
dématérialisation de la chaîne 
comptable, des marchés publics 
et du contrôle de légalité les leviers 
essentiels de la modernisation 
de sa relation aux usagers et de 
sa transformation administrative. 
Mais, dans un contexte où 
les marges de manoeuvre des 
collectivités se restreignent, 
le Département a senti un besoin 
pressant de regroupement 
de l’ingénierie : l’avènement 
du cloud computing et les 
nombreux projets de services 
en ligne poussent à promouvoir 
les logiques de mutualisation. 
Proposée par l’Aube, cette 
logique a convaincu les Conseils 
généraux des Ardennes et de 
la Marne. Ainsi a été créée la 
société publique locale Xdemat, 
conçue à l’origine pour répondre 
à l’enjeu majeur de l’archivage 
électronique : si la conservation 
ne remplit pas les conditions 
exigées pour la reconnaissance 
d’un écrit électronique 
(authenticité et intégrité), elle 
perd sa valeur juridique. 
Rejointe rapidement par les 
Conseils généraux de l’Aisne, 
de la Haute-Marne et de la Meuse, 
et par la Région Champagne- 
Ardennes, la SPL X-Demat étend 
aujourd’hui ses services pour 
ses actionnaires à l’ensemble de 
la chaîne de la dématérialisation. 
Elle aide les petites collectivités 
(à ce jour, 721) de chacun 
des départements et met à leur 
disposition “des outils simples 
d’utilisation, car développés 
en interne par des collectivités 
pour d’autres collectivités”. 
u spl-xdemat.fr 
u cg-aube.fr/273-dematerialisation-et- 
e-services.htm 
“À l’initiative de l’Aube, La SPL-Xdemat prouve que six 
Départements peuvent mutualiser leurs ressources pour 
mettre à disposition de toutes les collectivités des outils 
de dématérialisation simples d’utilisation, car développés 
en interne par des collectivités pour d’autres collectivités.” 
Philippe Adnot, président du Conseil général de l’Aube, sénateur
44 Paroles d’élus tome 10 
3 Agrilocal est une plateforme 
virtuelle de mise en relation 
de proximité entre exploitants 
agricoles et acheteurs de la 
restauration collective. Intuitive 
et rapide, cette plateforme, 
lancée à la fin 2012 par le Puy-de- 
Dôme et la Drôme – rejoints 
par neuf puis 15 Conseils 
généraux – offre un gain de 
temps précieux pour l’achat 
de denrées alimentaires en 
circuits courts. 
Grâce à un module original 
de géolocalisation automatique 
de la filière, le site agrilocal.fr 
crée une liaison directe entre 
acheteurs publics (collèges, 
lycées, maisons de retraites, 
communes, communautés…) 
et producteurs. 
Le dispositif Agrilocal assure 
le respect du Code des marchés 
publics et permet aux exploitants 
agricoles d’accéder à de nouveaux 
débouchés en leur assurant un 
revenu complémentaire. Grâce 
à son effet de désintermédiation 
de la chaîne économique, le 
système permet aux producteurs 
de récupérer l’essentiel de 
la valeur ajoutée obtenue de 
Le projet Autonom@dom®, 
lancé en Isère, a pour objectif 
de regrouper téléassistance, 
télésanté et télémédecine 
dans un seul bouquet 
de services adapté aux 
besoins des personnes 
en risque ou en perte 
d’autonomie, atteintes 
d’une pathologie 
chronique invalidante 
ou en convalescence, 
et de favoriser leur vie 
à domicile. 
Il s’appuie sur les technologies 
numériques comme supports à 
des parcours de santé et de soins 
sans rupture, de décloisonnement 
du sanitaire et du médico-social, 
tout en répondant à plusieurs 
questions structurantes : quelle 
organisation optimale et quels 
types d’offres pour éviter des 
hospitalisations inutiles et garantir 
le retour rapide de l’hôpital ou 
le maintien à domicile ? Comment 
répartir les charges fixes d’une 
telle infrastructure ? Comment 
financer le volet télémédecine/ 
téléassistance par la réallocation 
des ressources du système de 
santé ? Quelles évolutions dans 
Puy-de-Dôme 
Le numérique aide 
les circuits courts 
alimentaires 
Isère 
Bien vieillir en réseaux 
et à domicile 
l’allocation des ressources de 
santé pour créer un modèle 
économique public/privé pérenne ? 
Associant des groupes industriels 
et PME, des entreprises de 
l’économie sociale et solidaire, 
des collectivités locales, des 
organismes publics et des usagers, 
l’expérimentation a commencé 
pour une durée de deux ans et 
demi avec près de 600 personnes. 
u isere.fr/social/personnes-ageesautonomadom 
leur production, mais aussi, 
comme c’est le cas dans le 
Puy-de-Dôme, de stimuler la 
demande locale et de structurer 
l’offre en produits biologiques. 
530 producteurs agricoles et 
la quasi-totalité des restaurateurs 
collectifs puydomois recourent 
déjà régulièrement à Agrilocal. 
u agrilocal.fr 
u agrilocal63.fr 
“Autonom@dom® a pour ambition, en Isère, de regrouper 
téléassistance, télésanté et télémédecine dans un seul 
bouquet de services adapté aux besoins et aux moyens 
des personnes en perte d’autonomie, et de répondre à 
leur demande de présence et de liens.” 
Alain Cottalorda, président du Conseil général de l’Isère 
“Grâce au développement d’Agrilocal, le Conseil général 
du Puy-de-Dôme se donne les moyens de favoriser 
des achats de proximité de qualité et de développer 
les productions agricoles locales.” 
Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil général 
du Puy-de-Dôme, vice-président de l’ADF 
du côté des 
départements 
2
4 5 OASIS (Openly Accessible 
parolesdelus.com 45 
Services & Interacting Society) 
est une plateforme de services 
interactifs, grâce au partage 
de données, à destination des 
citoyens, des associations, des 
collectivités et des entreprises. 
Pour les collectivités et les 
institutions, c’est une nouvelle 
manière de rendre les services 
publics plus accessibles 
et de favoriser la participation 
citoyenne. 
La vocation du projet est d’être 
le trait d’union entre les citoyens, 
les collectivités et les entreprises 
pour le développement local 
et la création d’un bien commun 
numérique. Basée sur une 
plateforme entièrement “open 
source”, Oasis peut accueillir 
tout type de logiciel dans le 
but de créer de l’interopérabilité 
grâce à des référentiels de 
données coconstruits avec 
les éditeurs et utilisateurs 
des services. 
L’objectif est de fournir aux 
administrations publiques 
un environnement de services 
mutualisés (applications 
métiers, télétransmission, 
L’Educ de Normandie est un 
établissement numérique de 
travail (ENT), fruit d’un partenariat 
entre Départements, Région 
et autorités académiques, qui 
ont choisi une solution technique 
pour offrir un même outil à 
l’ensemble des collèges et 
lycées publics de leur territoire. 
Les collectivités financent la 
solution et veillent à sa mise en 
oeuvre, tandis que les autorités 
académiques organisent la 
formation et l’accompagnement 
des personnels. 
L’objectif est avant tout de 
favoriser l’élévation du niveau 
de formation de tous les jeunes 
Drôme 
La création d’un bien 
commun numérique 
au service 
de la transversalité 
Calvados 
L’école numérique, 
une ambition commune 
au bénéfice des jeunes 
et de faciliter leur insertion 
sociale et professionnelle. L’Educ 
de Normandie vise à mettre 
à disposition des établissements 
du Calvados le même ENT 
que dans les autres départements 
de Basse-Normandie, sous forme 
d’un portail d’accès à des services 
éducatifs et à des ressources 
pédagogiques qui répondent aux 
enjeux spécifiques du territoire. 
Le déploiement de cet ENT 
a débuté en 2013-2014 et se 
poursuivra sur une période 
de cinq ans, selon un calendrier 
défini par les partenaires du 
projet. 
u l-educdenormandie.fr 
e-administration, archivage…) 
pour faciliter le déploiement 
de services interactifs ainsi 
que la création, la diffusion, 
et la réutilisation des données 
produites dans ces services 
par tout type d’utilisateur. 
Oasis permet une approche 
transversale du territoire, car 
elle procure les conditions pour 
accueillir au fil du temps des 
services variés : touristiques, 
médico-sociaux, de transport, 
de gestion énergétique, etc. 
u pole-numerique.fr/index.php/le-projet-europeen- 
oasis 
“Toute la communauté éducative normande est mobilisée 
pour offrir à chaque enfant les meilleures chances d’accéder 
au savoir et d’apprendre dans une relation de confiance 
solidaire, et non plus de manière solitaire.” 
Jean-Léonce Dupont, président du Conseil général 
du Calvados, sénateur 
“Dans le domaine de l’économie numérique, OASIS 
est le parfait exemple d’une coopération européenne 
au service de l’innovation publique et citoyenne, 
du bien commun local et des solidarités de proximité.” 
Didier Guillaume, président du Conseil général 
de la Drôme, sénateur
ruralités 
Vanik Berberian, président de l’Association 
des maires ruraux de France (AMRF) 
– près de 10 000 adhérents –, présente 
ici sa vision du numérique. L’AMRF 
s’engage au quotidien aux niveaux local 
et national pour défendre et promouvoir 
les enjeux spécifiques de la ruralité. Avec 
l’appui, notamment, du numérique. 
46 Paroles d’élus tome 10 
Vanik Berberian, président de l’AMRF 
“Nous serons 
satisfaits 
quand chaque 
habitant des 
communes 
rurales aura 
accès au THD.” 
Paroles d’élus Vous estimez-vous satisfait d’avoir obtenu 
la généralisation du très haut débit à l’ensemble du pays, 
alors que la feuille de route du Gouvernement prévoit un 
calendrier décalé du déploiement dans les villes et dans 
les campagnes ? 
Vanik Berberian Nous ne serons satisfaits que lorsque chaque 
habitant de chaque commune rurale aura effectivement accès au 
très haut débit et que la fracture numérique sera enfin résorbée. 
Le calendrier du Gouvernement était en retrait par rapport aux 
demandes urgentes des maires ruraux. L’AMRF avait fait du très 
haut débit la première de ses dix priorités pour le nouveau man-dat 
présidentiel. Nous n’en démordons pas. La feuille de route 
prévoit un calendrier en deux temps : d’ici 2017, déploiement 
du très haut débit dans les zones denses. Puis couverture de 
l’ensemble des foyers d’ici 2022. Rien ne garantit aujourd’hui 
le respect du calendrier pour ces deux phases : nous restons 
en alerte. Le développement très rapide de la dématérialisation 
dans de nombreux domaines risque d’exclure encore plus les 
territoires qui ne disposent pas d’un bon accès à Internet. 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des
sur 
le terrain 
1 
2 
3 
parolesdelus.com 47 
À votre avis est-il nécessaire de passer par des phases 
d’expérimentation ? Et si oui, quelles leçons les maires 
ruraux peuvent-ils en tirer ? 
L’expérimentation de techniques ou d’usages demande des 
moyens que les communes rurales n’ont pas la plupart du temps. 
Ce que je reproche à l’expérimentation, c’est qu’elle s’­arrête 
sou-vent 
à l’expérience ponctuelle. Or, ce qui est important, c’est la 
généralisation à tout le pays. Sinon, cela crée de nouvelles frac-tures. 
Comme ce fut le cas avec l’opération Connect’Écoles, pré-décesseur 
du programme Écoles connectées du Gouvernement 
qui vise à généraliser le “vrai haut débit” aux écoles rurales. 
Y a-t-il une spécificité rurale des usages du numérique ? 
C’est une question très intéressante dont les chercheurs devraient 
s’emparer. Comme je ne suis pas un chercheur, mais un praticien, je 
vais répondre par d’autres questions : tout d’abord, en quoi le numé-rique 
est-il différent des autres objets technologiques ? Existe-t-il une 
spécificité des usages de l’électricité ou de la télévision dans les cam-pagnes 
? Existe-t-il une culture rurale d’Internet, cette technologie qui 
fait passer de l’échelle mondiale à l’échelle locale à la vitesse d’un zoom 
dans Google Earth ? Il faudrait corréler les résultats avec la catégorie 
socioprofessionnelle, le niveau d’études… et l’âge du capitaine. À ce 
stade du développement du numérique dans notre société, je crois que 
ces facteurs prennent le pas sur beaucoup d’autres. 
Considérez-vous que les maires ruraux ont intégré le virage 
du numérique ? 
Impossible d’envisager les maires ruraux comme un ensemble homo-gène 
: plus de 30 000 individus, accompagnés de conseillers munici-paux 
et de secrétaires de mairie ! Le “virage du numérique” est une jolie 
expression, mais quel en est le “rayon” ? En tout cas, il n’y a pas de 
sortie de route des chemins ruraux sur les autoroutes de l’information. 
Pour prendre deux extrêmes, l’usage du courrier électronique est 
généralisé – au point de devenir une charge pour les élus ! À l’in-verse, 
l’usage de l’e-administration reste peu répandu. Comment 
s’en étonner lorsque la télétransmission des délibérations à la 
préfecture pour contrôle de légalité représente une charge pour 
la commune, notamment en coût d’équipement (abonnement 
à un tiers de télétransmission, achat d’un certificat électronique 
d’identification…). Je n’ai pas l’impression que l’administration 
d’État a complètement intégré le virage. Elle commence cepen-dant 
à prendre en compte nos mairies rurales. Quant à la page 
Facebook du village, certains élus se demandent si elle est bien 
indispensable dans une commune où le maire peut discuter avec 
ses administrés dans la rue ou au bistro… et pourtant… 
u amrf.fr 
Campagnol 
Connect’Écoles 
Les tiers lieux
du côté des 
ruralités 
48 Paroles d’élus tome 10 
1 2 
L’opération Connect’Écoles 
a été déployée par quatre 
partenaires – AMRF, NordNet, 
Eutelsat et Orange –, pour 
mieux faire connaître le haut 
débit par satellite aux écoles 
rurales : une trentaine de sites 
ont été gratuitement équipés 
et reliés en France métropolitaine 
au satellite KA-SAT d’Eutelsat. 
Le projet Connect’Écoles, 
mené sur les années scolaires 
2012-2014, a été l’occasion 
pour des enseignants d’une 
trentaine d’écoles rurales, dont 
plus de la moitié ne connaissait 
pas le satellite ou n’en avait pas 
une bonne image, de découvrir 
les apports de cette solution 
technologique qui ne nécessite 
que peu de matériel (une parabole 
et un décodeur pour un débit 
jusqu’à 20 Mbp/s en réception). 
Après l’opération, les municipalités 
ont décidé, pour les trois 
quarts, d’équiper et d’abonner 
les établissements. En effet, la 
connexion a été autant appréciée 
comme un service pour la gestion 
administrative de l’école que 
pour les usages pédagogiques, 
Le site Internet communal est 
souvent la première manifestation 
de l’intérêt du maire pour les 
usages du numérique et la 
première action engagée dans 
ce domaine par les communes. 
Pourtant, personne n’est à 
même aujourd’hui de fournir 
précisément le nombre de 
communes disposant d’un site 
web. Les estimations varient 
entre un tiers, la moitié, voire 
deux tiers… Quoi qu’il en soit, 
encore beaucoup de chemin 
à parcourir. 
Trois mots pour caractériser 
campagnol.fr, service lancé en 
2010 par l’AMRF : simplicité, 
simplicité et simplicité. Pour 
généraliser l’utilisation de cet 
outil, il fallait surmonter les 
Connect’Écoles 
L’école rurale 
enfin à haut débit 
Campagnol 
Un site web pour 
toutes les communes 
obstacles propres aux petites 
communes. La simplicité se 
manifeste d’abord par un outil 
de création et de gestion de 
site ne demandant pas d’autres 
compétences que l’utilisation 
d’un logiciel de bureautique. Elle 
se retrouve également dans une 
formule imaginée par des maires : 
répondant aux besoins usuels 
d’une commune et suffisamment 
souple pour se conformer à son 
identité et aux choix des élus. 
Troisième dimension : la simplicité 
d’un pack complet regroupant 
en un même abonnement l’outil 
de gestion du site en ligne, l’espace 
d’hébergement, le nom de domaine 
et l’assistance téléphonique, pour 
un coût modique. 
Avec ce service issu de la volonté 
de mutualisation d’une association 
d’élus, complété par les offres 
commerciales du marché, la 
généralisation du site Internet 
pour les communes de France est 
désormais une perspective réaliste. 
Qui est prêt prendre le pari 
avec l’AMRF qu’elle sera atteinte 
lors de ce nouveau mandat ? 
u campagnol.fr 
de la petite section au CM2. 
Les enseignants l’ont souvent 
perçue comme un gain de temps, 
procédant depuis leur domicile 
à des formalités courantes 
(relation avec l’Académie…). 
Ils ont aussi découvert un accès 
à des ressources en ligne 
qui leur ont ouvert l’horizon 
des usages possibles avec 
le matériel informatique de la 
classe. Cette diversité des usages 
pédagogiques développés 
au cours de cette expérimentation 
témoigne également d’une 
appropriation de l’outil par les 
enseignants avec leurs élèves. 
Ils ont exprimé leur satisfaction 
pour un service qui a bien répondu 
à leurs besoins en termes de 
rapidité, de fluidité, de continuité 
et de volume de téléchargement. 
u amrf.fr 
“Il ne suffit pas d’installer des tableaux numériques dans 
toutes les classes. Sans un débit suffisant pour y apporter 
de l’image et de l’interactivité, ça ne sert à rien. À l’outil, 
il faut associer le débit nécessaire.” 
John Billard, maire du Favril, vice-président de l’AMRF, 
membre du Conseil national du numérique
parolesdelus.com 49 
3 
Les tiers lieux 
Le maillage 
des “possibles” 
L’AMRF s’intéresse à de nouvelles structures, sortes de 
maisons de service public connectées, dont la création 
peut être suscitée par le numérique et ses usages. On les 
appelle des tiers lieux, espaces spécifiques ouverts aux 
usages numériques dans les territoires, en particulier ruraux. 
Et demain, quelle innovation numérique serait 
susceptible de se généraliser à la campagne ? 
Celle-ci pourrait être sociale plutôt que 
technique. Entre Espaces publics numériques 
(EPN) et centres de “coworking” : des lieux 
dont les activités s’organisent en fonction des 
besoins. 
Plusieurs générations se sont déjà succédé. 
À l’origine se sont tout d’abord développés 
les Papis (Points d’accès à Internet), puis 
sont apparus les EPN, plus orientés vers 
la formation aux usages. Certains évoluent 
vers les centres de projets et de ressources, 
en intégrant éventuellement des “fablabs” 
(laboratoires de fabrication) qui mutualisent le 
matériel, tout particulièrement les imprimantes 
3D. Enfin, le travail à distance reste l’objectif 
des cybercentres et cyberbases – dont 
un modèle uniforme n’est pas encore défini, 
tant ils dépendent des profils de travailleurs 
et d’entreprises présents sur le territoire. 
Ces espaces sont connus sous l’appellation 
“tiers lieux”, fourre-tout sympathique dans 
lequel pourraient également entrer les Maisons 
de services publics (MSP) dopées au 
numérique où l’on pourrait, par exemple, 
entrer en contact avec des administrations 
par visioconférence. À condition que ces 
MSP se généralisent dans une version 
décentralisée et disséminée qui ne serait pas 
limitée à la ville-centre de l’intercommunalité. 
Pour cela, l’utilisation du maillage communal 
qui permet le contact pour tous est 
l’unique voie en faveur de la généralisation 
autour de cette richesse bien française 
des 36 000 communes ! 
Le maire d’une commune rurale de Seine-et- 
Marne avait adopté pour son projet 
une appellation poétique et opérationnelle : 
le “relais des possibles”. Un bon résumé 
de l’ouverture sur l’avenir inhérente à ces 
réalisations. 
Papis, EPN, fablabs, cybercentres, cyberbases, 
MSP, etc. Dans leur prolongement les tiers 
lieux sont appelés à se développer dans les 
territoires.
montagne 
Symbole stratégique et économique 
de l’attractivité des territoires, le très 
haut débit est, tout particulièrement 
en montagne, la garantie pour les élus 
d’une juste cohérence territoriale 
et d’une répartition équitable des services 
numériques. L’objectif : la disparition 
des zones blanches… hormis la neige. 
50 Paroles d’élus tome 10 
Laurent Wauquiez, député de la Haute-Loire, 
président de l’Anem, ancien ministre 
“ne restons 
pas passifs, 
mais tentons 
de résorber 
au plus vite 
les inégalités.” 
L’accès au très haut débit (THD) est un enjeu stratégique 
pour les territoires de montagne. Aujourd’hui plus que jamais, 
ils ont besoin d’une politique ambitieuse d’aménagement numé-rique 
de tous les territoires. Sans solution adaptée, le risque est 
grand d’assister à l’apparition d’une véritable fracture numérique. 
Les difficultés de déploiement du THD, liées à la topographie et à 
l’éloignement des centres urbains denses, ne doivent pas induire 
d’inégalité de traitement pour les citoyens. Il est indispensable 
de favoriser le déploiement rapide du très haut débit dans ces 
zones pour éviter la triple peine : enclavement routier, ferroviaire, 
et absence de couverture numérique. 
Le très haut débit constitue un facteur essentiel de développement 
et de compétitivité pour les entreprises implantées en montagne, 
en termes d’innovation, de productivité et d’accès à de nouveaux 
marchés. Il leur permet en effet de renforcer l’efficacité de leur 
fonctionnement et d’éliminer les barrières liées à la distance, 
notamment grâce à la visioconférence et au transfert instantané 
de données. 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des
sur 
le terrain 
1 
2 
3 
parolesdelus.com 51 
La généralisation de l’accès au très haut débit pour les citoyens 
constitue par ailleurs un levier d’innovation en permettant d’accé-der 
à des usages nouveaux (réalisations 3D, jeux en ligne, visio-conférence, 
open data…). Si la couverture intégrale du territoire en 
fibre optique est annoncée pour 2022, la priorité dans la période 
transitoire n’est pas de rester passif, mais bien de tenter de résor-ber 
au plus vite les inégalités. 
Au sein de l’Anem, nous oeuvrons pour la réduction rapide des dis-parités 
d’accès à Internet en conduisant des expérimentations de 
montée en débit dans les zones blanches, liées au développement 
du tourisme ou de l’éducation. J’insisterai particulièrement sur la 
problématique du financement, car nous n’avons pas d’autres 
choix que de réfléchir à des solutions de déploiement sous l’angle 
de la péréquation. 
La prise en considération de la ruralité au travers d’un coeffi-cient 
intégrant la faible densité de population et l’habitat dispersé 
démontre la nécessité de répartir les aides publiques en fonction 
du coût du déploiement. À ce titre, le financement du réseau élec-trique 
rural, dont l’État a subventionné 50 % des travaux engagés 
par les collectivités avec un taux majoré pour la desserte des 
zones les plus reculées, constitue un précédent à méditer. L’État 
doit donc organiser le déploiement du réseau selon le modèle 
économique et les options technologiques les plus appropriés 
aux spécificités locales. Nous avons trouvé une grande écoute 
de la part de la mission France Très Haut Débit. Mais au moment 
où s’intensifie le déploiement d’un réseau de communications 
à très haut débit, les moyens humains consacrés, aux niveaux 
national et local, à ce chantier gigantesque apparaissent encore 
insuffisants. Il est donc plus que jamais nécessaire de conforter 
la mission France Très Haut Débit en lui donnant les moyens de 
ses ambitions. 
La question de la cohérence territoriale du déploiement fera l’ob-jet 
de toute la vigilance des élus de la montagne, qui prônent la 
neutralité technologique : peu importe le support, dès lors que le 
même service est apporté en tout point du territoire. Les élus de la 
montagne ne resteront pas les spectateurs passifs du déploiement 
de la fibre optique dans les zones denses. 
u anem.fr 
Pays de Murat 
Saint-Girons 
Olmi-Cappella
du côté de la 
montagne 
1 
Pays de Murat (Cantal) 
Télécentre, télétravail 
et développement 
économique 
Implanté dans la Maison des services 
de Murat, le premier télécentre lancé par 
le Conseil général du Cantal en 2006 
propose dix bureaux privatifs dotés d’outils 
informatiques, d’une connexion Internet haut 
débit, deux salles de réunion et un système 
de visioconférence. La salle multimédia 
permet d’animer des formations sur place. 
Ces formations, uniques en France, 
s’adressent à trois publics spécifiques : 
les télétravailleurs en activité ou en projet 
d’installation, qui s’y retrouvent en immersion 
totale pour apprendre, échanger, construire 
et progresser rapidement dans leur projet ; 
les responsables et salariés en entreprise 
ou en collectivité, qui y appréhendent les 
techniques à adopter, au côté d’un formateur 
spécialisé dans l’organisation du travail 
dans le secteur privé ou public ; les chargés 
de développement économique ou les élus, 
qui découvrent ainsi une méthode éprouvée 
52 Paroles d’élus tome 10 
pour développer le télétravail dans leur 
territoire. Une formation gratuite au télétravail 
est proposée par la collectivité. 
La collaboration entre le Conseil général, le 
réseau national des télécentres (telecentres.fr), 
l’État et le Fonds social européen permet 
aujourd’hui d’accueillir une dizaine de Net-entrepreneurs. 
En 14 sessions, l’espace 
formation au télétravail indépendant a réuni 
plus de 200 candidats, issus de toute la 
France et aux profils variés (demandeurs 
d’emploi, secrétaires, comptables, 
traducteurs ou dessinateurs). 
Le télétravail contribue à la préservation 
de l’environnement, à la qualité de vie 
des salariés, et donc à la productivité 
de l’entreprise. Mais aussi à augmenter 
l’attractivité du territoire. 
u telecentres.cantal.fr 
u paysdemurat.fr 
u cybercantal.fr 
“Face à la question 
prépondérante du 
télétravail, les territoires 
ruraux disposent d’un 
cadre de vie idéal. 
L’originalité du projet 
du Conseil général du 
Cantal est de proposer 
un véritable réseau de 
télécentres avec chacun 
ses spécificités.” 
Vincent Descoeur, 
président du Conseil 
général du Cantal, ancien 
président de l’Anem 
Depuis plus de quinze ans, le Département du Cantal utilise 
le déploiement du très haut débit comme l’un des leviers 
de son développement économique. Les sept télécentres 
mis en place dans le cadre du plan CyberCantal, lancé 
dès 1998, favorisent le désenclavement et l’aménagement 
des territoires ruraux de moyenne montagne. Ils contribuent 
à l’attractivité des entreprises, au maintien de la population 
et au développement économique.
2 3 À Olmi Cappella, en Haute- 
parolesdelus.com 53 
Corse, les élèves de la classe 
unique ont été équipés, dès 
janvier 2010, d’ordinateurs, 
d’un tableau blanc interactif 
et d’une connexion Internet haut 
débit avec WiFi, venus supplanter 
les craies et le tableau noir. 
Le projet donne à l’enseignement 
une autre dimension, s’adaptant 
au monde auquel il faut préparer 
les enfants et contribuant à 
rompre l’isolement géographique. 
Répondant à l’appel à projet 
lancé dans le cadre du plan initié 
par le ministère de l’Éducation 
nationale, l’installation de la solution 
proposée par Orange, d’un 
coût total de 12 000 euros, a été 
financée à 80 % par l’État 
et à 20 % par les fonds propres 
de la commune. 
Grâce à l’équipement de cette 
classe unique au sein du 
dispositif ENR, les dix élèves ont 
l’opportunité de maîtriser très 
tôt les outils numériques, atout 
indispensable pour leur avenir. 
Mais au-delà de l’apprentissage 
technique de leur usage, le 
dispositif leur donne accès à un 
contenu pédagogique de haut 
niveau ainsi qu’à une multitude 
Dans ces territoires, pour la 
plupart montagneux, l’important 
est de garantir un accès aux 
soins urgents et de premiers 
secours en moins de trente 
minutes pour les habitants. 
Le Pays Couserans, initiateur 
et pilote de l’opération, a associé 
au projet le Pays de Figeac, 
en Midi-Pyrénées, mais aussi des 
territoires espagnols (dans les 
régions d’Aragon, de Castille-et- 
León et des Asturies) et portugais 
(dans la région de l’Algarve). 
Cela s’est traduit notamment en 
Couserans, au travers du réseau 
Ville-Hôpital, par l’ouverture 
d’une maison médicale, la création 
de l’HAD – hospitalisation 
à domicile –, la mise en place 
Olmi-Cappella (Corse) 
“As-tu fait 
tes devoirs 
numériques ?” 
Saint-Girons (Ariège) 
Resater, au service 
de la santé et 
de la télémédecine 
du dossier médical dématérialisé, 
une meilleure répartition et 
un meilleur suivi des dossiers 
de santé. Parmi les moyens 
mis en oeuvre, neuf stations 
de télémédecine (visioconférence) 
dans sept Ehpad et dans deux 
centres hospitaliers, ainsi que 
l’installation de liaisons haut 
débit sécurisées. Résultats 
tangibles obtenus : la lutte contre 
la désertification médicale 
dans les zones de montagne, 
la diminution du temps d’accès 
aux prestations, l’augmentation 
du nombre de réseaux locaux 
de santé et une meilleure 
appropriation du numérique 
par la population. 
u pays-couserans.fr 
de sources d’information 
et de documentation pour 
compléter les cours, comme 
si bibliothèques et centres 
de ressources se trouvaient 
au coin de la rue. 
Après quelques mois de 
fonctionnement, les élèves 
d’Olmi-Cappella étaient déjà 
familiarisés à la création d’un 
site Internet très documenté 
sur la vie à l’école. Cette 
activité pédagogique démontre 
leur maîtrise des outils de 
communication, à un niveau 
similaire des élèves des écoles 
publiques citadines. La réduction 
de la fracture numérique passe 
aussi par les chemins de l’école. 
u Paroles d’élus, tome 6, page 175 
“Cette offre de soins adaptée, innovante et évolutive dans 
ces bassins de santé en difficulté, conforte leur attractivité 
et favorise notamment l’installation des jeunes médecins. 
Un moyen de lutter contre la désertification des territoires.” 
Olivier Rey, directeur du Syndicat mixte du Pays de Couserans 
“L’école numérique rurale – ENR –, pour une commune 
située en zone de montagne, souvent isolée, permet 
de réduire la fracture numérique et offre ainsi aux élèves 
de la classe unique les mêmes chances de réussite.” 
Frédéric Mariani, maire d’Olmi-Cappella
petites villes 
Le numérique 
au service du 
développement 
durable 
Intégrer le numérique dans les services 
en réseaux des petites villes est une 
solution pertinente qui optimise la dépense 
publique, tout en contribuant à atteindre 
les objectifs environnementaux. La preuve 
par l’exemple, à travers quatre de ces 
bonnes pratiques. 
Conscientes des intérêts que peut apporter l’intégration du 
numérique dans les services urbains, de nombreuses petites villes 
se sont lancées dans l’installation de nouvelles technologies reliées 
aux services en réseaux. Suivi à distance des consommations muni-cipales 
d’eau, de gaz et d’électricité, mais aussi tarification adaptée 
en fonction de la quantité de déchets produits ou mise en place 
d’outils pour lutter contre la pollution visuelle sont autant d’innova-tions 
qui contribuent à réduire la dépense publique, à lutter contre le 
gaspillage énergétique, à protéger les paysages et à mieux répondre 
aux attentes des citoyens et des entreprises. Le concept de smart 
city, généralement employé pour les grandes villes, n’est donc pas 
l’apanage des agglomérations et se décline parfaitement dans ces 
petites communes qui, elles aussi, comptent sur la généralisation 
des technologies du numérique pour un développement durable 
de leur territoire. 
u apvf.asso.fr 
54 Paroles d’élus tome 10 
sur 
le terrain 
1 
2 
Villard-Bonnot 
3 
Lanton 
4 
Saint-Amand-Montrond 
Joigny 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des
parolesdelus.com 55 
Villard-Bonnot (Isère) 
Une appli pour 
gérer la publicité 
extérieure 
En matière de publicité extérieure, la protection 
des paysages et la mise en valeur du patrimoine 
de la commune, en tenant compte des 
réalités économiques, ne peuvent s’effectuer 
sans une vision globale et précise de l’existant. 
L’application “ypy”, utilisée à Villard-Bonnot, 
facilite considérablement l’application de la 
politique municipale et du règlement local de 
publicité : elle fait partager leurs informations 
aux services d’urbanisme, aux services des 
finances et à la police municipale. 
Le référencement des surfaces publicitaires 
(enseignes de commerçants et panneaux), 
la mise en place et la gestion de la taxe locale 
sur la publicité extérieure (TLPE), ainsi que 
la négociation de contrats de mobilier urbain 
représentent des enjeux importants pour 
l’ensemble des collectivités. Soucieuse de 
bien maîtriser la publicité extérieure sur son 
territoire, Villard-Bonnot s’est récemment 
équipée d’une application facilitant le 
1 
référencement et l’audit de l’ensemble 
des surfaces publicitaires de la commune. 
Dotée de la plateforme “ypy”, la Ville 
a croisé les informations issues des 
référencements sur le terrain (collectées 
grâce à une application sur smartphone) 
et les données administratives détenues 
en mairie. Une carte précise de la publicité 
extérieure sur le territoire a ainsi été 
élaborée, ce qui a permis au service 
Urbanisme de repérer rapidement les 
emplacements illégaux et d’engager 
des procédures de mise en conformité 
des différents dispositifs publicitaires. 
La gestion quotidienne des demandes 
d’implantations d’enseignes et des 
déclarations préalables de pose de panneaux 
publicitaires est dorénavant grandement 
facilitée, et la taxe locale sur la publicité 
extérieure a pu être instaurée sans difficulté. 
u villard-bonnot.fr 
u ypy.fr 
“L’application ypy 
favorise une véritable 
maîtrise de la publicité 
extérieure sur notre 
territoire.” 
Frédéric Ceva, 
adjoint au maire 
de Villard-Bonnot, en 
charge de l’urbanisme 
Élément indissociable de la vie économique, la publicité 
extérieure est présente dans toutes les communes de 
France : enseignes, pré-enseignes et panneaux publicitaires 
impactent le cadre de vie des habitants. À Villard-Bonnot, 
une application en optimise la gestion.
56 Paroles d’élus tome 10 
2 Saint-Amand-Montrond (Cher) 
Capteurs 
3 environnementaux : 
optimiser et protéger 
La mairie de Saint-Amand- 
Montrond a mis en oeuvre, 
avec la Communauté de 
communes Coeur de France 
et le Sivu, un suivi à distance 
des consommations municipales 
grâce à différents capteurs 
environnementaux intelligents 
installés sur des bâtiments 
communaux. 
Capteurs de consommation 
d’eau, de niveau d’hygrométrie, 
Le déploiement de la télérelève 
des consommations des 
compteurs d’eau des foyers 
de Lanton a été voulu par la 
municipalité comme un outil 
d’aide au suivi de consommation 
des citoyens, mais aussi comme 
une contribution à la protection 
de la ressource en eau. Grâce à 
ce dispositif, Lanton sera, à la fin 
2015, la première ville de ce type 
entièrement connectée. 
L’implantation de huit antennes, 
qui s’achèvera d’ici la fin 2015, 
permettra de communiquer 
automatiquement les relevés de 
consommation des compteurs 
d’eau privés équipés d’un 
émetteur (4 210 au total). Ces 
émetteurs enverront deux fois 
par jour un signal de quelques 
millisecondes afin de moderniser 
le service public local de l’eau 
(suppression de la gêne liée à la 
relève pour l’usager, facturation 
plus fréquente, tarification 
innovante…), de proposer 
de nouveaux services aux 
usagers (alerte par SMS en cas 
de fuite, suivi en ligne de 
la consommation quotidienne 
d’eau…), et/ou d’améliorer 
l’efficacité de l’exploitation 
du réseau de distribution d’eau 
potable. Les données des 
consommations seront collectées 
automatiquement via un réseau 
radio basse fréquence ayant pour 
particularité d’être ouvert et 
interopérable : 
il pourra ainsi 
être utilisé pour 
la collecte de 
données d’autres 
services urbains. 
u mairie-lanton.fr 
de bruit, de consommation 
électrique et de gaz, de qualité 
de l’air : l’Internet des objets se 
met au service du développement 
durable de la ville. Fuites d’eau 
ou robinets mal fermés dans 
les vestiaires communaux sont 
de petits dysfonctionnements 
quotidiens qui finissent par 
coûter cher à la collectivité 
et qui sont préjudiciables 
à la protection de la planète. 
Pour mesurer et optimiser 
la consommation d’eau 
et d’énergie, la municipalité 
s’est donc engagée en 2013 
dans un projet de télégestion 
multifluides vers une diminution 
de la facture de 10 à 15 %. 
Toute anomalie est dorénavant 
signalée par SMS aux Services 
techniques, tandis que le 
capteur d’hygrométrie détermine 
la nécessité ou non d’arroser. 
Grâce à ces systèmes innovants, 
la Ville de Saint-Amand-Montrond 
fait preuve d’exemplarité en 
oeuvrant pour la maîtrise de son 
empreinte écologique. 
u ville-saint-amand-montrond.fr 
u Paroles d’élus, tome 9, page 69 
Lanton (Gironde) 
Télérelève pour 
une gestion 
intelligente de l’eau 
“Il s’agit d’anticiper les nouveaux modes de consommation 
et de préparer concrètement les collectivités aux défis de 
la nature. Notre volonté est aussi d’optimiser les ressources 
financières et fiscales, car nos citoyens exigent de notre 
part de la rigueur et la garantie d’une qualité de vie maximale.” 
Thierry Vinçon, maire de Saint-Amand-Montrond 
du côté des 
petites villes
parolesdelus.com 57 
Joigny (Yonne) 
Des puces sur 
les poubelles 
4 
Réduire la production même des déchets, 
et en particulier des déchets ultimes, dans 
une logique de maîtrise des coûts et de 
construction d’un modèle plus durable pour 
l’environnement : tel est le double enjeu 
d’une ville en matière de détritus. Pour réduire 
la quantité de déchets et faire baisser la 
taxe d’enlèvement des ordures ménagères, 
certaines villes, comme Joigny, innovent 
sur tous les fronts : collecte des déchets, 
ambassadeur du tri, redevance incitative, 
équipements intelligents, programme 
de prévention, mise en place de nouvelles 
filières, etc. 
Pour encourager le compostage et éviter 
que les déchets fermentescibles ne viennent 
alourdir la collecte en finissant mélangés 
avec les ordures ménagères dans le centre 
d’enfouissement, la commune s’apprête à 
mettre en place, au sein de la Communauté 
de communes du Jovinien, un dispositif 
permettant de faire payer l’enlèvement de 
ses ordures ménagères proportionnellement 
à la quantité produite par chacun. 
Des puces sur les poubelles et des badges 
personnels pour ouvrir des conteneurs 
d’ordures ménagères vont être installés 
en vue de la mise en place d’une redevance 
incitative : chaque foyer paiera selon la 
fréquence de ramassage de ses déchets. 
Les élus de la Communauté de communes 
comptent ainsi faire baisser de 15 % la 
quantité d’ordures ménagères, bien au-delà 
des objectifs du programme de prévention 
signé avec l’Ademe, qui engageait à une 
réduction de 7 %. 
u ccjovinien.fr 
u ville-joigny.fr 
“Nous mettons tout 
en oeuvre, en multipliant 
les initiatives, pour 
réduire la production de 
déchets des ménages 
et des entreprises et, 
le cas échéant, pour 
diminuer les coûts de 
collecte et de traitement.” 
Nicolas Soret, 
premier maire adjoint 
de Joigny, président 
de la Communauté de 
communes du Jovinien 
La redevance incitative sera bientôt une réalité à Joigny, 
où tous les foyers seront équipés d’un système qui prend 
en compte la collecte annuelle de leurs déchets. 
La commune, avec le concours de sa Communauté, met tout 
en oeuvre pour maîtriser les coûts de traitement des déchets 
et diminuer leur quantité, en appliquant un programme 
de prévention ou en favorisant la réutilisation ou le recyclage, 
dans une logique de développement durable.
développement économique 
Les principales marges de progrès 
économique se situent encore et toujours 
au niveau du développement des usages 
et de l’appropriation des outils numériques 
par les acteurs économiques. 
Interview de Pascal Allizard, président 
du Cner (Fédération des agences 
de développement et des comités 
d’expansion économique). 
58 Paroles d’élus tome 10 
Pascal Allizard, président du Cner 
“Se connecter 
au jeu 
économique 
mondial grâce 
au numérique.” 
Paroles d’élus En quoi le numérique est-il devenu un fac-teur 
indispensable au développement économique des ter-ritoires 
? 
Pascal Allizard Ces dernières années, le numérique a totalement 
bouleversé la donne en matière de développement économique 
pour les territoires. Les réseaux à haut débit sont aujourd’hui aussi 
nécessaires que les autoroutes, et ils sont la condition sine qua non 
du maintien et du développement de l’attractivité des territoires, 
pour les nouveaux investisseurs tout autant que pour les entre-prises 
déjà implantées. Pour les territoires ruraux en particulier, 
il s’agit d’un atout majeur afin d’attirer notamment de nouvelles 
populations, qualifiées et actives, à la recherche d’une meilleure 
qualité de vie. De même, c’est par le numérique que ces territoires 
ruraux et leurs entreprises peuvent se connecter aux marchés du 
monde entier et être insérés dans le jeu économique mondial au 
même titre qu’une métropole. 
Au-delà des infrastructures, quel a été l’impact du numé-rique 
sur les usages des professionnels du développement 
économique ? 
Le métier de développeur économique a profondément évolué, en 
particulier la promotion de l’attractivité du territoire via des actions 
de marketing ciblées. Aujourd’hui, le webmarketing permet aux 
territoires de diffuser des messages très finement adaptés à des 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté du
sur 
le terrain 
1 
2 
OnlyLyon 
3 “Le numérique a 
totalement bouleversé 
la donne en matière 
de développement 
économique pour les 
territoires.” 
Pascal Allizard, 
sénateur-maire de 
Condé-sur-Noireau, 
président du Cner, 
président de l’agence 
de développement 
économique Calvados 
Stratégie 
Lozère Développement 
parolesdelus.com 59 
catégories de prospects très spécifiques. Au sens large, le marke-ting 
territorial (lire l’expérience d’OnlyLyon en page 63) s’appuie sur 
une vaste palette d’outils numériques qui vont de l’animation de 
communautés sur les réseaux sociaux à l’organisation de conven-tions 
d’affaires virtuelles, en passant par la détection en ligne de 
projets d’investissements. 
Pour prendre un autre exemple, le numérique permet de mettre 
en place des systèmes de veille très efficaces pour rassembler les 
offres de marchés publics européennes et internationales. 
Peut-on dire que le numérique a modifié le tissu économique 
des territoires ? 
Le numérique est structurant pour les entreprises, qu’il s’agisse 
d’outils de travail ou d’organisation, avec les possibilités de travail 
à distance, par exemple. 
Au-delà de son impact sur les entreprises et leurs salariés, le numé-rique 
a contribué à faire émerger de nouvelles filières économiques. 
Je prendrai l’exemple de la silver économie : l’accompagnement 
des personnes âgées en perte d’autonomie, dont les enjeux sont 
majeurs pour les collectivités, a été transformé par le numérique, 
avec le développement d’objets connectés, l’arrivée de la maison 
intelligente (lire l’expérience d’Ariège Expansion en page 62), etc. 
Les agences de développement économique accompagnent ces 
changements en détectant les porteurs de projets innovants et en 
les soutenant dans leur développement. 
Plus largement, le numérique met en contact potentiel n’importe 
quelle entreprise avec le marché mondial, lui offrant ainsi l’opportu-nité 
d’un développement internationalisé, quelle que soit sa localisa-tion 
(lire l’expérience de Lozère Développement en page 63). C’est 
pourquoi des agences de développement économique ont bâti pour 
les entreprises de leur territoire des places de marché virtuelles afin 
de rendre visibles leurs produits locaux partout sur le globe. 
Et demain ? 
La révolution numérique n’est pas près de s’achever ! L’impres-sion 
3D et le développement de la robotique, pour ne citer que 
deux exemples, vont continuer à modifier les économies de nos 
territoires. Les agences de développement économique, grâce à 
leur expertise et à leur connaissance intime des entreprises de 
leur territoire, l’ont bien compris : elles ont ainsi déjà adapté leur 
accompagnement à ces changements majeurs par un fort investis-sement 
dans des services numériques aux entreprises de nouvelle 
génération, comme le crowdfunding, notamment. 
u cner-france.com 
Ariège Expansion
du côté du 
OnlyLyon (Rhône) 
Marketing territorial 
1 Créée en 2007, fédérant 19 partenaires institutionnels et 
SUR le web et 
économiques de Lyon la démarche OnlyLyon utilise tous 
les atouts du numérique pour mener à bien ses missions : 
les réseaux sociaux 
promouvoir l’image et la notoriété du territoire lyonnais 
et renforcer son attractivité. La création et l’animation du réseau 
des ambassadeurs de Lyon, qui compte 
aujourd’hui plus de 15 500 membres, 
se sont appuyées dès le départ sur des 
outils digitaux. Ces ambassadeurs agissent 
comme une caisse de résonance pour 
la démarche de marketing territorial menée 
par OnlyLyon et contribuent à faire 
connaître, faire aimer, et faire venir à Lyon. 
Facebook, Twitter, LinkedIn, Youtube… mais 
aussi Weibo et WeChat : OnlyLyon s’investit 
fortement sur les réseaux sociaux. Et cet 
engagement s’avère payant : 560 000 fans 
sur les pages Facebook Lyon et OnlyLyon, 
17 000 followers sur Twitter… Et 12 millions 
de vues lors de la dernière campagne 
Emirates sur la nouvelle liaison aérienne 
Lyon-Dubaï. 
60 Paroles d’élus tome 10 
Le digital est également un outil de 
comarketing pour OnlyLyon : le OnlyLyon 
buzz, opération menée en partenariat 
avec cinq écoles de communication, 
a abouti à la création de plusieurs dizaines 
de vidéos de grande qualité par les 
étudiants. 
Enfin, les outils digitaux renforcent 
l’attractivité de la métropole lyonnaise 
auprès de ses cibles prioritaires via 
des campagnes internationales ciblées 
et géolocalisées. Sont ainsi en cours 
une campagne mondiale sur TripAdvisor 
afin d’attirer les touristes, une campagne 
sur LinkedIn pour les investisseurs, 
et une campagne sur les écrans digitaux 
des aéroports de Paris. 
u onlylyon.org 
développement économique
2 3 Avec un tiers de sa population 
parolesdelus.com 61 
âgée de plus de 60 ans, l’Ariège est 
un territoire où la silver économie 
représente un enjeu majeur. 
Depuis trois ans, Ariège Expansion 
s’engage pour structurer la filière 
et faire émerger des solutions. Elle 
détecte et soutient les porteurs de 
projets proposant des technologies 
numériques ou des services pour le 
maintien à domicile ou l’autonomie 
des personnes âgées. 
Par exemple, le projet Sacha 
(Search and Computerize Human 
Acts) vise à réaliser un patch 
souple pour les personnes âgées 
atteintes d’Alzheimer afin de 
prévenir les fugues et de détecter 
les chutes. Dans le cadre du projet 
Madam (Maintien à domicile 
pour l’autonomie), une plateforme 
d’assistance 24 heures sur 24 
a été mise en place : des capteurs 
domotiques et une caméra non 
intrusive couplée à une box et 
à une plateforme cloud en ligne 
transmettent une alerte en cas 
de chute, de gaz non éteint ou 
de fugue. Ces projets ont été 
réalisés grâce à la mise en réseau 
des divers acteurs de la silver 
économie : hôpitaux, Ehpad, 
gérontopole de Toulouse, sociétés 
Les agences de développement 
sont des “laboratoires de projets”. 
La mise en réseau des entreprises 
et des acteurs économiques du 
territoire fait partie des missions 
des agences de développement. 
Lozère développement s’est 
ainsi dotée d’une solution originale 
et efficace : une plateforme 
de veille collaborative pour aider 
les acteurs économiques à 
mieux se connaître, à échanger 
des idées et à interagir avec leur 
environnement : ambassadeurs-lozerenouvellevie. 
com 
Entrée en service en juin 2014, 
la plateforme ambassadeurs- 
Ariège Expansion (Ariège) 
Silver économie : 
l’Ariège, territoire 
d’expérimentation 
Lozère Développement (Lozère) 
Plateforme collaborative : 
une nouvelle vie pour les 
entreprises 
lozerenouvellevie.com a été 
entièrement réalisée en interne 
par l’agence à partir du logiciel 
libre Wordpress. Elle permet 
de partager aisément avec ses 
partenaires les informations 
économiques que l’agence 
recueille, aussi bien que la veille 
économique qu’elle réalise. 
Autre avantage de cette solution : 
des échanges facilités sur 
des thématiques spécialisées 
de développement économique 
(écomatériaux, sous-traitance 
industrielle, agro-industrie…) 
via des groupes de discussion 
et des groupes de travail. 
Enfin, la plateforme permet 
de soutenir le Club des 
ambassadeurs économiques 
de la Lozère. 
Une prestation de moins de 
3 000 euros a été nécessaire 
pour finaliser les développements 
et installer la plateforme 
sur un serveur de production. 
Pour le reste, elle a demandé 
une vingtaine de journées 
de développement au webmaster 
de l’agence. 
u ambassadeurs-lozerenouvellevie.com 
u lozerenouvellevie.com 
de services à la personne, 
laboratoires de recherche, etc. 
L’Ehpad Bellissen accueille 
ainsi une pépinière d’entreprises, 
au plus près des personnels de 
santé et des patients. 
Aujourd’hui, l’agence va plus loin 
avec e-Apy (e-autonomie en Ariège 
Pyrénées), pour faire de l’Ariège 
un territoire d’expérimentation et 
de démonstration avant la diffusion 
des solutions sur le plan régional, 
national ou international. Deux axes 
de travail ont été déterminés : se 
lancer dans des projets collaboratifs 
avec recherche de financements, 
en s’affranchissant, si possible, 
des procédures classiques 
d’appels d’offres ; 
développer de 
nouvelles solutions 
technologiques 
ou des services 
innovants 
répondant aux 
attentes par 
la mobilisation 
des partenaires 
ou des 
compétences 
en Ariège 
et au-delà. 
u e-apy.fr 
“La démarche d’attractivité de la Lozère passe par 
l’affirmation d’atouts, de compétences, de ressources 
propres à notre territoire. Je souhaite que la Lozère soit 
identifiée et rayonne dans ses secteurs d’excellence.” 
Jean-Paul Pourquier, président de Lozère Développement, 
président du Conseil général de la Lozère 
“Avec e-Apy, notre objectif est de faire de nos contraintes 
– vieillissement de la population, coût des dépenses sociales 
ou de santé – une action de développement économique 
contribuant à mieux utiliser les fonds publics aux besoins 
de soins et de prise en charge de la dépendance.” 
Alain Grenier, président d’Ariège Expansion
entreprises 
publiques locales 
Plus de 1 200 entreprises publiques 
locales étaient en activité début 2014, 
représentant plus de 74 000 emplois 
et un chiffre d’affaires actualisé de plus 
de 12 milliards d’euros. Ces entreprises 
publiques locales tiennent un rôle 
essentiel en matière de déploiement 
du numérique dans les territoires, 
comme le démontrent les quatre 
initiatives suivantes. 
62 Paroles d’élus tome 10 
sur 
le terrain 
1 
2 
N’PY SEM Pyrénées 
3 
Week Me Up 
SEM Pau Pyrénées 
Oppidea Blagnac 
4 
STGA Grand Angoulême 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des
parolesdelus.com 63 
N’PY (Hautes-Pyrénées) 
N’PY fait le buzz 
sur les réseaux 
sociaux 
La société d’économie mixte des Pyrénées 
N’PY gère l’offre touristique de huit stations 
pyrénéennes (Peyragudes, Piau Engaly, Grand 
Tourmalet, Luz Ardiden, Cauterets, Gourette, 
La Pierre-Saint-Martin et le Pic du Midi). 
Présente sur Facebook, Twitter, Instagram 
et Google +, la marque N’PY se place 
dans le trio de tête des stations de ski 
françaises sur les réseaux sociaux. Depuis 
2013, un site de réservation en ligne donne 
accès à plus d’une centaine de prestataires, 
de l’hébergement à la location de skis, en 
plus du forfait en ligne. Dernière application, 
N’PY Connection, sur Facebook, crée 
une communauté de skieurs pyrénéens 
pour favoriser le covoiturage et le partage 
d’hébergement. Simple et convivial ! 
u n-py.com 
“Classé dans le top 5 
des domaines skiables 
français, N’PY compte 
plus de 60 000 fans et 
abonnés sur les réseaux 
sociaux (Facebook, 
Twitter, Instagram…). 
Prochain challenge, 
devenir le premier 
opérateur de séjours 
dans les Pyrénées avec 
la marketplace.” 
Michel Pélieu, président 
de N’PY, président 
du Conseil général 
des Hautes-Pyrénées 
1 
Pionnière en matière de marketing et de commerce 
numérique, N’PY, la SEM des Pyrénées, utilise les 
réseaux sociaux pour fidéliser les skieurs sur son domaine 
skiable et créer des réseaux d’ambassadeurs sur la Toile.
du côté des entreprises 
publiques locales 
2 3 À Blagnac, la Sem Oppidea, 
64 Paroles d’élus tome 10 
chargée de l’aménagement 
de l’écoquartier Andromède 
pour le compte de Toulouse 
Métropole, réalise des logements 
évolutifs qui s’adaptent aux 
personnes âgées ou en situation 
de handicap. L’opération s’inscrit 
dans la démarche Autonomie de 
Toulouse Métropole et sera mise 
en oeuvre lors de la construction 
d’un immeuble prévue en 2015. 
À partir des expériences en 
domotique menées par la Maison 
intelligente de l’IUT de Blagnac, 
La SEM Pau Pyrénées, 
gestionnaire d’un 
pôle d’activités de 
40 entreprises et 
1 200 salariés, met 
à leur disposition 
une plateforme 
numérique. 
Appelée 
Week Me Up, 
la plateforme 
propose depuis 
2012 un service 
de conciergerie 
(du pressing à la 
cordonnerie), un 
module de petites 
annonces, une boutique 
en ligne de produits 
locaux et livrés sur zone. 
Les solutions offertes facilitent le 
quotidien des usagers et étoffent 
les missions d’intérêt général 
de la SEM, tout en développant 
de nouveaux usages porteurs 
d’emplois de proximité. 
Le dispositif crée, en outre, une 
communauté entre les membres, 
des liens entre les entreprises 
et de la solidarité. Convaincue 
de ces bienfaits, la SEM Pau 
Pyrénées propose des ateliers 
Oppidea (Haute-Garonne) 
Logements adaptables 
au vieillissement 
SEM Pau Pyrénées (Pyrénées-Atlantiques) 
Saisir le potentiel des 
plateformes numériques 
“des proximités augmentées”, 
destinés à d’autres entreprises 
publiques locales afin de tirer le 
meilleur parti du numérique dans 
les zones d’activité économique, 
mais aussi en matière de tourisme, 
de logement social et de loisirs. 
u sempp.fr 
le projet met aussi en place des 
innovations en matière d’e-santé. 
L’enjeu est de favoriser le maintien 
à domicile des personnes 
âgées, qui ressentent la perte 
d’autonomie plus rapidement 
dans des logements inadaptés 
ou isolés. Outre la création 
d’une centaine de logements 
évolutifs, la Sem Oppidea 
intègre à l’environnement des 
commerces et services de 
proximité. Des solutions pour 
mieux vieillir à Blagnac ! 
u oppidea.fr 
“Notre premier objectif est d’exploiter le numérique comme 
une ressource locale ! Accessible notamment depuis l’appli 
Week Me Up, la plateforme de services vise à favoriser 
l’économie locale via une e-boutique réservée aux achats 
de proximité.” 
François Bayrou, maire de Pau, ancien ministre 
“Oppidea est engagé au côté de Toulouse Métropole pour 
développer des logements évolutifs et adaptables, en lien 
avec les innovations d’e-santé.” 
Gilles Broquere, président d’Oppidea, président 
de la commission Développement économique et Emploi 
de Toulouse Métropole, maire de Fenouillet
parolesdelus.com 65 
sur les smartphones en 2010 grâce à des 
QR codes installés dans les abribus. Pour 
un service encore plus efficace et solidaire, 
l’application VocaBus utilise ces avancées 
technologiques et transmet les données 
vocalement. 
Gratuite, l’application pour iPhone et Android 
géolocalise automatiquement l’utilisateur 
et détecte l’arrêt le plus proche, ainsi que 
le délai d’attente des deux prochains bus. 
Pour actualiser l’information, il suffit ensuite 
de secouer son téléphone. Très simple 
d’utilisation, cette innovation, développée en 
interne avec une association de malvoyants, 
fait l’objet d’une licence gratuite à disposition 
de toutes les agglomérations. Une innovation 
qui profite à tous. 
u stga.fr 
La Société de transports du Grand 
Angoulême (STGA) a lancé en 2013 son 
application mobile VocaBus, dernier 
développement d’une série d’innovations 
numériques. Ainsi dès les années 1980, 
la SEM met en place un système de suivi 
des bus en temps réel. Il devient accessible 
“Le développement 
du numérique est une 
priorité pour la STGA, 
tant vers l’information 
voyageurs que dans le 
fonctionnement interne 
du réseau. Pour les 
voyageurs malvoyants, 
la STGA a développé 
VocaBus, application 
qui annonce le temps 
d’attente des prochains 
bus à l’arrêt et guide 
le voyageur en utilisant 
les fonctions Voice 
Over des smartphones.” 
Michel Germaneau, 
vice-président du Grand 
Angoulême, chargé de 
l’aménagement durable 
du territoire et des politiques 
de mobilités, maire de Linars 
STGA (Charente) 
VocaBus, appli 
4 vocale pour 
malvoyants
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des 
Les grandes métropoles doivent faire 
face à d’immenses défis, imbriqués, 
liés à la raréfaction de l’espace, 
à la concentration des populations, 
à l’engorgement des moyens de 
communication et à l’impérieuse 
nécessité de réduire leur empreinte 
environnementale. La “smart city” 
implique de passer d’une vision 
par “silo” à une approche intégrée, 
systémique des politiques publiques, 
où le numérique s’impose comme 
un moyen de fédérer et d’optimiser 
les infrastructures urbaines. 
66 Paroles d’élus tome 10 
Moins énergivore, plus efficiente 
et agréable 
La smart city repose sur des infrastructures très haut débit performantes et, au-delà 
de la connexion des habitations et des entreprises, sur un maillage toujours 
plus fin de la couverture sans fil. Jardins et places publiques, parkings souterrains, 
métro, partout la connectivité est l’une des conditions premières de la ville intelligente. 
Ces réseaux servent à collecter d’énormes quantités de données qui constituent 
le véritable “carburant” de la ville intelligente. Issues de capteurs (présence, tem-pérature, 
pollution…), des objets connectés (valideurs de transports, compteurs, 
poubelles, véhicules…), ou fournies par les utilisateurs (réseaux sociaux, données de 
connexion…), les données sont compilées, corrélées et interprétées en temps réel, 
offrant aux collectivités la possibilité de mieux piloter la ville et d’informer le citoyen 
pour prendre les bonnes décisions. 
Mots croisés 
Antoine Picon, ingénieur et architecte, auteur de Smart Cities : théorie 
et critique d’un idéal auto-réalisateur, et David Lisnard, maire de 
Cannes et vice-président du Conseil général des Alpes-Maritimes, 
échangent leur point de vue autour du concept de smart city. 
Paroles d’élus Quelle est votre définition de la smart city ? 
Antoine Picon La smart city est une ville actionnée par des 
capteurs, “monitorée” par des écrans qui suivent tout ce qui 
s’y passe en temps réel. On a souvent tendance à opposer 
deux visions de la smart city : l’approche “néo-cyberticienne” 
d’une ville pilotée depuis un centre de contrôle, défendue par 
des entreprises comme IBM ou Cisco ; à l’opposé, la smart city 
version Wikipédia, gérée par et pour les citoyens. En réalité, 
tous les problèmes ne se règlent pas par des puces et des capteurs et on ne 
peut pas non plus gérer le métro sur le modèle de Wikipédia. 
Quels sont les domaines d’application de la smart city ? 
Les transports et la mobilité sont sans doute les domaines où les projets sont les 
plus aboutis. L’accès au trafic et aux délais d’attente en temps réel, la possibilité 
de combiner l’offre de transports pour ses déplacements, le parking intelligent… 
en sont quelques exemples. Viennent ensuite les réseaux : eau, assainissement, 
et surtout l’énergie, avec les “smart grids”. Puis, tous les projets destinés à 
simplifier les relations entre les citoyens et l’administration. 
territoires urbains 
Les 
promesses 
de la smart 
city
sur 
le terrain 
1 
2 
3 
parolesdelus.com 67 
Mais la smart city, c’est aussi une administration 
plus ouverte sur le monde : mise à disposition des 
données publiques (open data), émergence de 
nouvelles formes de collaborations avec les entre-prises 
(living labs, concours d’applications…), 
usage quotidien des réseaux sociaux et coconcep-tion 
des politiques publiques avec les citoyens en 
sont également des caractéristiques essentielles. 
Aujourd’hui, l’ensemble des grandes villes fran-çaises 
ont initié des projets liés à la ville intelligente. 
Dans le domaine de la mobilité, par exemple, l’am-bition 
est de construire une offre intégrant transports 
en commun traditionnels, véhicules partagés et 
marche à pied pour faciliter les déplacements sans 
augmenter l’empreinte carbone. Cette “mobilité 
intelligente” repose sur une billettique unifiée, un sys-tème 
d’information en temps réel et des solutions 
de mobilité électrique (billettique sur mobile à Caen, 
Nice et Strasbourg ; Autolib, le système d’autopar-tage 
parisien, a essaimé à Besançon, Grenoble et 
Lyon). La transition énergétique génère aussi de très 
nombreux projets liés aux compteurs (smart meter) 
et aux réseaux électriques intelligents (smart grids). 
Lyon et Grenoble s’intéressent à l’appropriation 
des compteurs intelligents par les utilisateurs, Nice 
teste un “quartier solaire intelligent”, alors qu’Issy-les- 
Moulineaux a initié un projet où les entreprises 
installées dans des bâtiments à énergie positive 
peuvent la redistribuer aux immeubles environnants. 
u grandesvilles.org 
Quelle place du citoyen dans la smart city ? 
Grâce au numérique, le citoyen a plus de pouvoirs, 
avec l’émergence de formes de coopération iné-dites, 
comme la cartographie contributive (Open 
Street Maps). Mais sur Internet, on ne vote pas… 
on partage ! Les élus doivent en prendre conscience 
et chercher à “augmenter” la réalité démocratique 
par de nouvelles pratiques. Je suis convaincu que 
la ville est le laboratoire idéal pour ces nouvelles 
formes de coopération hommes-machines. 
Paroles d’élus La smart city 
n’est-elle pas une utopie ? 
David Lisnard L’histoire 
déborde de supposées utopies 
qui ont changé le monde et 
transformé la vie des hommes. 
Comme la révolution numérique, 
qui ne cesse de s’amplifier au 
gré des nouveaux moyens de communication. 
L’homme cherche intrinsèquement à être relié, à 
faire lien avec l’autre, une communauté, un terri-toire. 
Le développement des réseaux repousse les 
limites de la connexion. Il n’y a pas de prospérité 
sans échanges, partage, flux ; et la cité ne peut se 
priver de ce vecteur de prospérité sociale, culturelle, 
économique, environnementale. 
Selon vous, quel est le périmètre de services 
de la smart city ? 
À Cannes, nous en avons déjà développé plusieurs 
aspects : le suivi des transports en temps réel, une 
vidéoprotection intelligente, une signalisation vocale 
pour la traversée des piétons malvoyants, des cap-teurs 
pour limiter la consommation d’énergie sur les 
espaces publics, le paiement à distance du sta-tionnement, 
etc. Nous allons développer les spots 
WiFi gratuits, les services en ligne accessibles à 
tout moment pour simplifier les démarches dans 
le cadre d’une mairie numérique, une application 
smartphone pour signaler une anomalie sur le 
domaine public. Avec un objectif : rendre notre ville 
toujours plus pratique et agréable. 
Quelle place du citoyen dans la smart city ? 
Le citoyen n’est pas un simple “consommateur 
de la cité”. La smart city, tout en contribuant à 
l’amélioration du cadre de vie, doit être un nouvel 
espace de démocratie participative. La gouver-nance 
numérique, qui s’intègre à la démocratie 
représentative et ne la remplace pas, doit viser 
à favoriser la participation citoyenne, catalyser le 
débat d’idées, partager l’information, fluidifier la 
communication et l’interaction citoyens-collecti-vité. 
L’e-citoyen doit devenir coproducteur de la 
politique municipale. 
Toulouse 
Nantes 
Lyon
du côté des territoires urbains 
Toulouse (Haute-Garonne) 
Une smart city 
1 
en rose 
Toulouse sera la première ville à implanter 
l’Application billettique commune (ABC), un 
système qui doit permettre à n’importe quel 
détenteur de smartphone NFC de payer 
et de valider son titre de transport avec son 
mobile. L’application, coconçue avec des 
acteurs nationaux et une dizaine de réseaux 
de transports en France, aura la particularité 
de fonctionner sur les réseaux de transport 
toulousains, mais aussi dans toutes les villes 
équipées de l’ABC. 
En matière de données publiques, un portail 
offre la possibilité de télécharger près de 
200 jeux de données de Toulouse Métropole 
et de ses communes membres : ces datas 
ont contribué à faire émerger des applications 
citoyennes pour faciliter les déplacements 
partagés à vélo (VélÔToulouse), pour valoriser 
les événements locaux, ou encore pour 
visualiser les données budgétaires par grands 
domaines d’intervention. La Ville préside, du 
68 Paroles d’élus tome 10 
reste, depuis 2013 l’association OpenData 
France, qui fédère les collectivités locales 
engagées dans l’ouverture de leurs données. 
Dans le domaine des réseaux électriques 
intelligents, la Métropole accueille sur son 
territoire le projet SoGrid. Ce démonstrateur, 
qui réunit une dizaine de partenaires 
industriels, vise à améliorer la communication 
de l’ensemble des équipements installés 
sur le réseau électrique grâce à la technologie 
du courant porteur en ligne (CPL) et à des 
capteurs intelligents. 
Enfin, Toulouse expérimente des services 
de stationnement intelligent sur voirie avec 
des capteurs qui signalent aux automobilistes 
les espaces de stationnement disponibles 
en temps réel 
u toulouse.fr 
“Toulouse, terre 
d’expérimentation 
et entrepreneuriale 
en termes de ville 
intelligente, réfléchit 
à la ville de demain 
pour le « mieux vivre 
et travailler ensemble » 
de ses citoyens.” 
Bertrand Serp, vice-président 
de Toulouse 
Métropole, conseiller 
municipal délégué en 
charge du numérique 
Open data, mobilité 2.0, smartgrid…, la ville rose est 
engagée dans un ambitieux programme lié à la smart city.
2 3 
parolesdelus.com 69 
Avec son 
programme Grand 
Lyon Métropole 
Intelligente, 
l’Agglomération fait 
le choix d’anticiper 
la ville de demain. 
Une démarche simple pour rendre 
la vie en ville plus facile, plus fluide, 
plus agréable, et accroître, par 
l’innovation, le service rendu à ses 
citoyens. 
Depuis 2012, le Grand Lyon 
expérimente la ville intelligente 
avec une centaine de partenaires 
publics et privés autour d’une 
quarantaine d’expérimentations 
dans quatre domaines : 
• les nouvelles mobilités : avec une 
centrale de mobilité intermodale et 
prédictive baptisée Optimod’Lyon 
et l’application OnlyMoov’, le vélo 
et l’automobile électrique partagés 
avec Vélo’V, BlueLy et SunMoov’, 
la simplification du fret urbain 
et l’optimisation des plans de 
transports, le covoiturage avec 
une plateforme dédiée, etc. 
• Les services numériques : 
horodateurs à paiement sans 
contact, mobilier urbain interactif, 
services dématérialisés de la Ville, 
capteurs de l’état de la voirie, et, 
tout récemment, une application 
pour localiser d’un seul clic les 
grands parcs et sentiers nature 
de l’agglomération (Grand Lyon 
Nature) ; 
• l’énergie et les smart grids : 
le projet “Lyon Smart Community” 
du quartier Confluence (bâtiments 
à énergie positive, autopartage 
À Nantes, ville intelligente rime 
avec aménagement urbain, 
développement durable et 
participation citoyenne. L’un des 
projets les plus emblématiques 
de la démarche de la Ville 
et de Nantes Métropole se 
développe dans le quartier 
de la Création, qui s’inscrit dans 
le cadre de la réhabilitation de 
l’île de Nantes (friche industrielle 
de 337 hectares au coeur de la 
métropole). À terme, ce quartier 
réunira 10 000 étudiants 
(école de beaux-arts), créatifs, 
chercheurs, artistes, start-upeurs… 
et mêler lieux de 
création, de production et 
d’espaces culturels pour faire 
émerger un pôle d’excellence 
d’envergure nationale dans 
le domaine des industries 
culturelles et créatives. 
Ce sera aussi un écoquartier 
aux plus hauts standards 
de qualité environnementale, 
où le numérique sera discret 
mais omniprésent dans les 
infrastructures, les services, 
et l’animation même du projet. 
Loin d’une vision technologique, 
la particularité de la démarche 
nantaise en matière de smart 
city est son approche durable 
de l’innovation. “Les nouvelles 
technologies offrent un potentiel 
fort pour rationaliser la gestion 
des transports, partager des 
informations ou encore prendre 
des décisions. Mais derrière 
ces considérations techniques 
se pose une question politique : 
le partage de la connaissance, 
la question de notre modèle 
de société et de notre mode de 
gouvernance. Aujourd’hui, nous 
devons répondre à une demande 
toujours plus forte des citoyens 
en termes de services et éviter 
par-dessus tout la fracture entre 
les connectés et ceux qui ne 
le sont pas”, explique Johanna 
Rolland, maire de Nantes. 
u nantesmetropole.fr 
de véhicules électriques alimentés 
à 100 % par énergie renouvelable, 
suivi des consommations d’énergie 
sur tablettes tactiles, suivi et 
pilotage des données énergétiques 
à l’échelle du quartier), le 
déploiement des compteurs 
intelligents Linky et la multiplication 
d’expérimentations adossées à 
ces compteurs qui permettent 
notamment le suivi et la réduction 
des consommations d’énergie, etc. 
• Les conditions de l’innovation : 
des programmes dédiés aux 
start-up, des pépinières et des 
espaces de coworking en lien 
avec les nouvelles technologies, 
une plateforme d’accès aux 
données numériques du territoire 
(Grand Lyon Smart Data), un 
“living lab urbain” autour de la 
donnée numérique pour faire 
émerger de nouveaux services 
de la ville intelligente, etc. 
u grandlyon.com 
Lyon (Rhône) 
Expérimenter 
la ville de demain 
par Karine Dognin-Sauze, 
vice-présidente de la Communauté 
urbaine de Lyon, adjointe au maire 
Nantes (Loire-Atlantique) 
La smart city durable, 
culturelle et créative 
“Nous avons l’ambition de déployer les technologies 
numériques pour rendre la ville plus facile grâce à une approche 
collaborative avec les acteurs de l’économie numérique, les 
entreprises, les services publics et les citoyens.” 
Johanna Rolland, maire de Nantes, présidente 
de Nantes Métropole
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté des 
Un seul mot d’ordre : faciliter la vie des 
habitants et des visiteurs ! Leur faire 
bénéficier du meilleur cadre de vie ; offrir 
des prestations publiques performantes 
et ajustées aux besoins ; renforcer 
l’attractivité des agglomérations, du 
centre-ville aux communes périurbaines 
et rurales qui les entourent : voilà les 
voeux que formule la présidente de Villes 
de France en matière de numérique. 
70 Paroles d’élus tome 10 
Caroline Cayeux, maire de Beauvais, sénatrice 
de l’Oise, présidente de Villes de France 
promouvoir 
le numérique 
et anticiper 
ses innovations 
Notre société vit une révolution numérique dans laquelle le 
rôle des élus est capital : pour impulser et diffuser l’innovation, 
pour accompagner le changement social qu’il induit, pour s’assu-rer 
que tous dans nos villes pourront s’approprier les opportunités 
nouvelles qu’il offre, quels que soient l’âge, le lieu de résidence et 
le niveau de vie des habitants. 
Il revient aux élus de promouvoir une utilisation moderne des outils 
numériques et d’Internet, et plus encore d’anticiper les innovations 
à venir et leur application future. Dans les villes, centres de bassins 
d’emplois et relais entre les métropoles et les territoires ruraux, le 
numérique est un outil aux mains des décideurs, leur permettant 
de s’assurer que leur territoire reste attractif, d’améliorer les condi-tions 
de vie des populations et la qualité des services publics. 
Mieux communiquer, mieux se déplacer, mieux se soigner où que 
l’on habite, accéder aux informations en temps réel, simplifier les 
démarches administratives, tels sont les services que les élus de 
Villes de France veulent offrir à la population urbaine de France, 
non pas demain, mais dès aujourd’hui. 
Dès aujourd’hui, les élus ont entrepris de transformer la ville, et avec 
elle l’école (Arras), le patrimoine (Albi), la vie des plus vulnérables 
(Vannes). Si le numérique peut transformer la vie des gens, il peut 
aussi transformer l’action publique locale, comme l’illustre le pro-jet 
mené par Lannion, anticipant les exigences de l’open data et 
associant les habitants à la création de leurs propres applications 
numériques. Les citoyens disposent ainsi d’outils parfaitement ajus-tés 
à leurs besoins. 
Par ces nouveaux projets dont les élus vous proposent ici quatre 
illustrations, Villes de France témoigne de son engagement pour 
promouvoir la ville numérique de demain, au service des 30 mil-lions 
d’habitants qu’elle représente. 
villes de France
parolesdelus.com 71 
sur 
le terrain 
1 
2 
Arras 
3 
Albi 
Lannion 
4 
Vannes 
Arras (Pas-de-Calais) 
Portail famille et visite 
1 virtuelle du château 
de Versailles 
La ville d’Arras s’est emparée 
château de Versailles et la ville 
du numérique pour simplifier 
d’Arras. Les élèves peuvent 
et optimiser les services aux 
ainsi assister à une visite animée 
élèves et à leurs familles. Dans 
par un conférencier présentant 
le contexte de réforme des 
le château en direct, en se 
rythmes scolaires, la Ville d’Arras 
connectant à une plateforme 
a en effet décidé de mettre 
collaborative en ligne via un 
le numérique au service de 
tableau numérique interactif. 
l’éducation. Deux projets innovants 
La classe et le conférencier 
ont été menés de front : le portail 
échangent pendant une heure, 
Internet Arras Famille et des 
grâce à l’installation de webcams. 
visioconférences en direct 
Cette innovation technologique 
du château de Versailles dans 
inédite se met ainsi au service 
les écoles pendant le temps 
de l’accès à la culture pour 
d’activité périscolaire (TAP). 
les élèves des 14 écoles qui 
participent à cette expérience. 
L’objectif du portail Arras Famille 
u arras.fr 
est de simplifier les démarches 
des usagers, notamment pour 
l’inscription aux TAP, à l’école, 
dans les centres de loisirs, à la 
cantine, pour le paiement des 
factures de ces prestations, etc. 
Désormais, toutes les démarches 
relatives aux services éducation, 
jeunesse et petite enfance 
peuvent être effectuées en ligne. 
La visite en visioconférence 
du château de Versailles pendant 
les TAP pour les classes de 
CM1 et de CM2 est le fruit d’un 
partenariat entre Orange, le 
“Arras a placé la réussite éducative au coeur de ses priorités 
et se veut en phase avec les nouveaux usages. Au service 
de la collectivité, le numérique ouvre de nouvelles 
perspectives aux enseignants, aux élèves et aux familles.” 
Frédéric Leturque, maire d’Arras, secrétaire général de Villes 
de France
2 Albi (Tarn) 
du côté des 
villes de France 
huit siècles 
d’histoire 
accessibles 
de chez vous ! 
Suite au classement Unesco de la cité 
épiscopale d’Albi en 2010, la Ville 
a développé en 2012 un site Internet 
spécialement consacré à la cathédrale 
Sainte-Cécile (construite à partir 
de 1282), qui propose une visite virtuelle 
en 3D de l’édifice et de ses environs. 
C’est dans le cadre d’une politique de 
valorisation de son patrimoine par le 
numérique qu’Albi a développé cette visite 
virtuelle et interactive à 360 degrés qui 
donne la possibilité à l’internaute d’évoluer 
au-dessus et à l’intérieur de la cathédrale, 
d’écouter l’orgue, mais également de 
découvrir des points de vue insolites depuis 
le ciel sur la cité épiscopale. 
Grâce à cet outil multimédia puissant, 
le visiteur virtuel peut découvrir l’édifice dans 
ses moindres détails, s’instruire 
et s’informer. En effet, un travail particulier 
72 Paroles d’élus tome 10 
a été effectué sur les voûtains peints de 
la voûte principale, chef-d’oeuvre absolu 
de la peinture monumentale, grâce à un outil 
nommé “Zoomify”. Ce dernier offre une image 
dotée d’un degré de détail jamais atteint 
jusqu’alors, associée à des textes explicatifs 
pour donner à voir les voûtes. Ainsi, grand 
public comme professionnels et universitaires, 
Albigeois et internautes du monde entier 
peuvent découvrir et redécouvrir les richesses 
de la cathédrale. 
En 2013, la volonté de pousser plus en avant 
cette technologie a permis d’ajouter une visite 
virtuelle du sentier de randonnée urbaine, 
“l’Échappée verte”, permettant la découverte 
sous forme de fiches interactives de la 
faune et de la flore que le marcheur peut 
y rencontrer. 
u cite-episcopale-albi.fr 
u albi.fr 
“Survoler le quartier, 
visiter la cathédrale 
d’Albi, contempler les 
fresques intérieures… 
Tout cela a été rendu 
possible grâce à 
un usage novateur 
du numérique.” 
Philippe Bonnecarrère, 
sénateur, président 
de la Communauté 
d’agglomération de 
l’Albigeois, conseiller 
municipal délégué 
au patrimoine et à 
l’inscription de la cité 
épiscopale d’Albi 
au patrimoine mondial 
La visite virtuelle d’Albi, présente sur le site de la ville et sur le 
site cite-episcopale-albi.fr a été consultée plus de 60 000 fois 
depuis sa création en 2012.
3 4 
parolesdelus.com 73 
Vannes propose à sa population 
de se familiariser avec le numérique 
dans un cybercentre, Médiacap, 
qui propose notamment des 
formations pour les personnes 
visuellement déficientes. Ville 
Internet labellisée @@@@@ 
depuis plusieurs années, Vannes a 
toujours été très engagée dans la 
société de l’information et l’usage 
du numérique au service de ses 
habitants. 
L’enjeu de l’accompagnement 
aux usages est facilité par 
la création d’espaces publics 
numériques, d’actions vers les 
écoles ou la mise en place de 
dispositifs pour les entreprises. 
Des tablettes numériques ont 
été déployées auprès du conseil 
municipal, dans le cadre de la 
modernisation de l’administration, 
et les écoles ont bénéficié 
Lannion (Côtes-d’Armor) 
Numérique et innovation 
au service du quotidien 
des habitants 
Dans le cadre d’Innov@Lannion, 
des habitants ont développé une 
quinzaine d’applications via la 
mise à disposition de la plateforme 
de développement open source 
d’Orange Emerginov, couplée à 
des données publiques de la ville. 
Innov@Lannion est un partenariat 
entre Orange, la Ville de Lannion, 
Lannion Trégor Communauté, 
l’Enssat et le fablab de Lannion, 
dont l’objectif est de permettre 
aux habitants de créer des 
microapplications SMS, vocales 
et web. 
Lannion a été retenue pour sa 
connaissance du tissu associatif 
et sa capacité à fournir des 
données aux développeurs. 
Les habitants ont profité de 
cette solution technique et des 
données gratuitement, à titre 
expérimental, pour permettre aux 
usagers (étudiants, associations) 
d’utiliser des services basés 
sur des accès voix, SMS et/ou 
web lors d’Innov@Lannion. 
Ont été orchestrés des rencontres 
et présentations du service, 
des formations au codage 
et un concours qui promeut 
l’élaboration d’applications 
utilisables au quotidien. Deux 
Vannes (Morbihan) 
Médiacap : numérique 
pour tous et partout 
concours de codage ont été 
organisés en 2013 et 2014, 
avec sept puis 15 applications, 
développées par des étudiants. 
Ces concours ont aussi accueilli 
des rencontres sur les thèmes 
de l’open data, de l’open street 
map, des objets connectés. La 
régularité des rencontres favorise 
une mise en relation efficace des 
différents acteurs du territoire. 
u ville-lannion.fr 
u facebook.com/pages/Innov-A-Lannion/ 
443077515794238 
u fablab-lannion.org 
du raccordement à la fibre, 
pour une plus grande diffusion 
des savoirs. 
Le centre multimédia Médiacap 
propose une assistance 
personnalisée à l’utilisation des 
outils numériques – ordinateurs, 
tablettes, smartphones – mais 
aussi des ateliers d’initiation de 
premier niveau et à destination 
des seniors. Particularités de 
ce service, l’accès à la formation 
est basée sur les quotients 
familiaux, et des formations 
spécifiques ont été mises en place 
à destination des personnes 
visuellement déficientes. 
Depuis trois ans, les animateurs 
du centre travaillent directement 
avec les centres socioculturels 
et viennent dispenser leurs 
formations au coeur des quartiers, 
dans les endroits que les 
administrés fréquentent 
habituellement. Un nouvel axe 
d’actions va dorénavant être 
privilégié en plus des initiatives 
actuelles : les technologies en 
support du lien intergénérationnel. 
Le numérique, pour tous et 
partout ! 
u mairie-vannes.fr 
“La Ville adapte l’accompagnement des publics aux 
usages du numérique. Nous déplaçons nos formations 
vers les quartiers, au plus proche des gens.” 
Anne le Dirach, adjointe au maire de Vannes, en charge 
de la communication, des systèmes d’information et du 
développement numérique 
“La smart city collaborative est à la croisée de l’open 
source, de l’open data et de la production collaborative 
pour une ville plus ouverte, plus efficace et plus 
citoyenne.” 
Fabien Canevet, conseiller municipal chargé de la politique 
numérique
Depuis la première parution de ces 
Paroles d’élus il y a dix ans, nous avons 
vu émerger, peu à peu, un monde 
hyperconnecté. À la fin 2014, plus de 
40 % de la population mondiale aura 
accès à Internet. Au total, ce sont environ 
3 milliards d’êtres humains qui seront 
connectés, dont plus des deux tiers 
via un terminal mobile, notamment grâce 
au succès du smartphone1. Le taux 
de pénétration d’Internet continuera à 
croître rapidement. En 2017, la moitié des 
habitants de la planète aura accès à la Toile. 
74 Paroles d’élus tome 10 
Stéphane Richard, 
président-directeur général d’Orange 
“être le premier 
opérateur 
télécom de 
l’ère internet 
au service 
de tous les 
citoyens.” 
l’innovation 
Le numérique joue désormais un 
rôle moteur dans les modes de 
communication, d’échange et de 
relations entre nos concitoyens et les 
collectivités. Ancrée au plus profond 
de l’histoire et de la culture d’entre-prise 
d’Orange, l’innovation est au 
coeur des enjeux numériques. Elle 
permet d’anticiper, au niveau mon-dial 
comme national, les besoins de 
nos clients. 
Paroles d’élus met à l’honneur depuis 
dix ans les initiatives des collectivi-tés 
territoriales et d’Orange dans le 
domaine de l’innovation numérique. 
“Orange Cash” à Strasbourg, le 
musée Soulages à Rodez, la télé­relève 
des compteurs au Havre, le 
musée Courbet à Ornans, ou bien 
encore “Ma Ville dans ma poche” à 
Bordeaux sont autant d’exemples 
de ce que savent produire nos cher-cheurs, 
ingénieurs, développeurs, 
designers, techniciens et spécia-listes 
du service au client, à l’écoute 
des collectivités, pour répondre aux 
politiques publiques décidées et 
déployées par les collectivités terri-toriales. 
Et demain, dans un monde toujours 
plus connecté où la frontière entre le 
monde physique et le monde numé-rique 
sera devenue de plus en plus 
ténue, de nouvelles solutions verront 
le jour pour améliorer le bien-être de 
nos concitoyens, dans le domaine 
de la santé ou de l’éducation, par 
exemple. 
La mission d’Orange sur tous les ter-ritoires 
est de proposer à l’ensemble 
[DIX ANS] Le numérique en action 
du côté de
1 
de la ville et de la métropole. 
Les Bordelais accéderont à la 
première version de ce bouquet 
de services dès la Semaine 
digitale 2014 (13-18 octobre), 
suivie de nouvelles versions 
en 2015 et 2016. Orange IT&Labs, 
filiale d’Orange, a été retenue 
pour développer l’interface 
homme/machine de cette appli. 
u livetv.orange.com/fr/live-Orange-TV/ 
innovation/ville-de-demain/ma-ville-dans-ma- 
poche-un-nouveau-paysage-urbain 
parolesdelus.com 75 
sur 
le terrain Bordeaux 
12 
Grand Rodez 
34 
Ornans 
5 
Strasbourg 
Communauté de 
l’agglomération havraise 
de ses clients une expérience 
100 % digitale, fondée sur la 
simplicité, la mobilité, la qualité et 
la transparence, afin de garantir 
à chacune et à chacun de nos 
concitoyens le meilleur accès 
aux services Internet, quel que 
soit le lieu où ils se trouvent et 
indépendamment du terminal 
utilisé. Orange leur propose des 
services faciles à utiliser, perti-nents 
et personnalisés, tout en 
veillant à la protection de leur 
vie privée et de leurs données 
personnelles, et rendant acces-sible 
au plus grand nombre les 
avantages du numérique et des 
services connectés. 
Ainsi, au plus près des terri-toires, 
s’inventent chaque jour 
de nouvelles façons d’innover, 
plus agiles, plus souples et plus 
ouvertes sur notre environne-ment 
: les collectivités, nos parte-naires 
industriels, les universités, 
les start-up, les PME, etc. 
Les innovations décrites dans 
ce tome 10 illustrent et reflètent 
l’ambition nouvelle que je donne 
au Groupe : être le premier opé-rateur 
télécom de l’ère Internet, 
au service de tous nos conci-toyens 
sur tous les territoires. 
1. Constat dressé par la Commis-sion 
Internet pour le développement 
du numérique dans le monde, sous 
l’égide de l’ONU et de l’Union inter-nationale 
des télécoms (UIT). Lire le 
rapport annuel sur l’état de l’Inter-net 
dans le monde, en marge de la 
69e session de l’assemblée générale 
des Nations unies. 
Bordeaux (Gironde) 
Bouquet de services 
dans la poche 
Depuis plusieurs années, la Ville 
de Bordeaux s’attache, à 
travers sa politique numérique 
“Bordeaux, Cité Digitale”, 
à développer des services 
de proximité accessibles 
à tout moment, depuis la carte 
de vie quotidienne, un ordinateur 
ou, en mobilité, depuis un 
téléphone. Autant de nouveaux 
services qui facilitent la ville 
aux usagers et contribuent 
à optimiser les processus de 
gestion interne pour bâtir une 
e-administration toujours plus 
performante, économe et agile. 
C’est tout l’enjeu du 
développement du portail de 
services mobiles “Bordeaux, 
ma Ville en poche”. Ce bouquet 
de services permettra aux 
usagers, au-delà de la carte 
Ville et du portail bordeaux.fr, 
de gérer leurs services 
quotidiens directement depuis 
leur téléphone : emprunter 
des ouvrages à la bibliothèque, 
acheter des entrées piscine, 
payer leur stationnement depuis 
leur véhicule, abaisser les bornes 
d’accès aux voies piétonnes, 
et toute autre fonctionnalité 
utile en mobilité sur le territoire 
“La qualité des informations, des services disponibles 
et des infrastructures participe à l’attractivité d’une ville : 
leur intérêt est donc individuel, social et économique. 
J’invite les Bordelais et nos visiteurs à s’approprier cette appli 
et à participer ensemble à l’invention de la ville mobile.” 
Alain Juppé, maire de Bordeaux, ancien Premier ministre
Grand Rodez (Aveyron) 
Musée Soulages : 
innovations architecturales, 
scénographiques 
et numériques 
76 Paroles d’élus tome 10 
2 3 
La Communauté d’agglomération 
du Grand Rodez a reçu une 
importante donation d’oeuvres 
de la part de Pierre et Colette 
Soulages. Elles sont accueillies 
depuis le 30 mai 2014 dans le 
musée Soulages, construit au coeur 
de Rodez, à quelques pas du centre 
historique et de la cathédrale. 
Au coeur d’un jardin totalement 
réhabilité, le musée est constitué, 
sur 5 000 m², de puissants 
volumes monolithiques bardés 
d’acier Corten. Doté d’un service 
éducatif, d’un atelier pour les 
enfants et d’une bibliothèque-centre 
de documentation, le 
musée Soulages est accessible 
au plus grand nombre et accueille 
des événements de portée 
nationale ou internationale. 
Il a pour vocation de s’ouvrir 
à d’autres artistes et d’être un 
centre artistique dynamique où 
le processus créatif est mis en 
avant. Ce sera un véritable pôle 
d’attraction culturel favorisant 
la découverte de Rodez, de sa 
région et de son patrimoine. 
En juillet 2013, le Grand Rodez 
a confié à Orange la définition, 
a conception, la programmation 
et la mise en oeuvre des solutions 
numériques pour accompagner 
le visiteur du musée. 
Une première application mobile 
est réalisée pour aider à la visite 
– accompagnement du visiteur 
dans le musée et outils ludiques 
pour le guider – et permettre 
au visiteur de préparer sa visite 
du musée et sa venue à Rodez. 
u grand-rodez.com 
u musees.grand-rodez.com 
“Plus grande collection au monde des oeuvres du maître 
de l’outrenoir, ce musée est à l’image de Pierre Soulages : ouvert 
à la création sous toutes ses formes, ouvert aux autres artistes 
pour mettre l’art et la culture à la portée de toutes les curiosités.” 
Christian Teyssèdre, président de la Communauté 
d’agglomération du Grand Rodez, maire de Rodez 
du côté de 
l’innovation 
Ornans (Doubs) 
Médiation culturelle 
enrichie 
Le musée Gustave-Courbet, à 
Ornans, propriété du Département 
du Doubs, est installé dans un 
bâtiment entièrement rénové et 
arbore une architecture résolument 
moderne où il offre une exposition 
permanente autour du peintre ainsi 
que des expositions temporaires. 
Il a accueilli plus de 200 000 visiteurs 
depuis son ouverture en juillet 2011. 
Le Département a initié un 
partenariat avec Orange pour 
mettre en oeuvre une innovation 
numérique muséale et culturelle 
à l’occasion de l’exposition 
qui s’est déroulée entre la fin 
2013 et le printemps 2014 
sur le peintre Hanoteau, ami 
de Gustave Courbet, avec 
qui il a notamment peint 
Les Baigneuses. Des flashcodes 
et des tags NFC sans contact, 
disposés près de certaines 
oeuvres, donnent accès à un 
site Internet dédié. Les visiteurs 
équipés de smartphones 
ou de tablettes peuvent 
y consulter des informations 
complémentaires sur le détail 
d’une oeuvre ou des vidéos. 
Face au succès de cet outil de 
médiation culturelle, le partenariat 
est reconduit pour les expositions 
temporaires. Il a notamment 
accompagné l’exposition estivale 
“Cet obscur objet de désirs”, 
proposée autour du célèbre 
tableau, L’Origine du monde. 
u www2.doubs.fr/courbet/index.php?option 
=com_content&view=frontpage&Itemid=1 
“Parce que le Doubs veut offrir à ses habitants et 
ses visiteurs la possibilité de découvrir à la fois l’oeuvre 
de Gustave Courbet et son pays, nous faisons 
le choix d’ouvrir nos modes de médiation culturelle 
aux technologies numériques.” 
Claude Jeannerot, président du Conseil général du Doubs
4 5 Au Havre, le numérique simplifie 
parolesdelus.com 77 
déjà la vie des habitants en 
matière de services administratifs 
grâce à un compte en ligne, mais 
aussi pour les services urbains, 
avec le stationnement payé 
au temps réel par mobile, ou 
encore les prestations de service 
de l’eau, accessibles en ligne 
(notamment l’abonnement ou 
la consultation des factures). 
La Communauté de 
l’agglomération havraise (Codah) 
équipe 100 000 compteurs d’eau 
de la technologie M2M (machine 
to machine) du télérelevé. 
Développé par m2ocity, filiale 
spécialisée de Veolia Eau, et 
Orange, le service de télérelevé 
repose sur des compteurs 
intelligents qui transmettent des 
données aux services de gestion 
de l’eau. Les usagers peuvent 
alors suivre leurs consommations 
d’eau en ligne et maîtriser leurs 
dépenses sans dérangement lié 
à la relève du compteur. 
Un SMS ou un courriel alerte 
l’usager en cas de fuite d’eau 
ou de dépassement d’un seuil 
de consommation prédéterminé. 
Pour la collectivité, un tel service 
À Strasbourg, les habitants 
et les visiteurs disposent déjà 
de nombreux services liés 
à la technologie NFC (Near Field 
Communication), la technologie 
sans contact. La Ville et la 
Communauté urbaine figurent 
parmi les leaders en France 
dans ce domaine. En effet, les 
détenteurs d’un smartphone 
peuvent par exemple connaître 
l’horaire de passage du prochain 
tram, acheter leur ticket de 
transport en commun via leur 
Communauté de l’agglomération 
havraise – Codah (Seine-Maritime) 
Télérelevés des 
compteurs d’eau 
au Havre, la smart city 
Strasbourg (Bas-Rhin) 
Smartphone city, 
la révolution NFC 
mobile ou payer 
le stationnement 
automobile. 
En 2014, Strasbourg 
est avec Caen 
la première à 
expérimenter dans 
les commerces 
Orange Cash, la 
solution de paiement 
mobile et sécurisée 
développée avec Visa. 
Une simple application 
à télécharger transforme 
le smartphone en porte-monnaie, 
rechargeable avec 
sa carte bancaire. L’utilisateur 
paie en posant son téléphone 
sur un terminal compatible. 
Au-delà de 20 euros, il doit 
simplement taper son code 
confidentiel. Le solde du compte 
est mis à jour instantanément 
et consultable en temps réel. 
Fruit d’un fort partenariat entre 
les collectivités, les banques, 
Orange et les commerçants, 
ce nouveau service renforce 
l’image innovante de la métropole 
européenne. 
u strasbourg.eu 
u orangecash.fr 
optimise la performance 
et favorise la préservation 
de la ressource. En outre, 
le réseau de télérelevé est 
une infrastructure interopérable 
avec d’autres services. 
u codah.fr 
u m2ocity.com 
“Lancer Orange Cash en avant-première à Strasbourg prouve 
que nous avons réussi notre pari en matière de NFC. Avec 
tous les acteurs du territoire, nous avons constitué un puissant 
écosystème, terrain idéal d’expérimentation et de déploiement.” 
Robert Hermann, président de la Communauté urbaine 
de Strasbourg 
“Le télérelevé est un réel progrès qui s’inscrit dans une politique 
forte de modernisation de la qualité du service public en termes 
de distribution d’eau potable. Son déploiement marque 
une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures.” 
Édouard Philippe, président de la Communauté 
de l’agglomération havraise, maire du Havre

Le numérique en action

  • 1.
    [DIX ANS] Parolesd’élus Le numérique en action
  • 2.
    Le numérique atransformé la vie des territoires. Chaque partenaire de “Paroles d’élus”, les associations et Orange, en rend ici compte, développant les incontournables utilisations que les collectivités se sont appropriées.
  • 3.
    Le déploiement dela fibre vient également d’être engagé à Montluçon et à Nevers. 30 Paroles d’élus tome 10 Bruno Janet, directeur des Relations avec les collectivités locales Groupe Orange “le numérique a bouleversé Les territoires en permettant l’expression des politiques publiques.” Avec ce nouveau tome, nos Paroles d’élus fêtent leur dixième anni-versaire. En dix ans, ce sont des centaines d’exemples de projets numériques illustrant, au plus près, le dynamisme de collectivités territoriales qui ont mis au coeur de leur développement le numé-rique et ses usages. Paroles d’élus en est le témoin et souhaite mettre à l’honneur les collectivités qui agissent partout en France – villes et intercommunalités de toutes tailles, métropoles, territoires ruraux ou de montagne, acteurs du développement économique, départements – pour innover dans leurs politiques publiques avec le numérique. Ce tome 10 célèbre aussi dix ans de l’aventure partenariale des 11 acteurs du dispositif “Paroles d’élus”. Nous l’avons voulu différent des éditions précédentes. Nous avons souhaité à la fois retracer ces dix années de révolution numérique, saluer aujourd’hui les utilisations incontournables, et nous projeter vers les tendances amorcées qui vont transformer dans les dix prochaines années encore davantage la vie des territoires et des citoyens français. [DIX ANS] Le numérique en action La carte de déploiement de la fibre Cet opus, le dixième du dispositif “Paroles d’élus”, témoigne de dix ans de partenariat d’Orange avec dix associations d’élus. Il retrace dix années de révolution numérique et se projette vers les enjeux et les tendances qui transformeront encore davantage demain la vie des territoires et des citoyens.
  • 4.
    parolesdelus.com 31 Cespages soulignent à quel point le numérique a profondément bouleversé la vie des territoires en permettant une nouvelle expression des politiques publiques au bénéfice de tous les citoyens : de la jeunesse, avec l’e-éducation, à la vieillesse, avec la dépendance des personnes âgées, en passant par développement écono-mique, le tourisme, la sécurité, l’accessibilité aux services publiques, les transports, etc. Ainsi, la géolocalisation favorise une mobilité intelligente et contribue à la lutte contre la pollution et le réchauffement climatique. Il importe de repen-ser nos modes de transports. Avec les smart-phones, les capteurs, la NFC et les réseaux sociaux, la mobilité passe nécessairement par un usage du numérique. Il concourt également à relever des défis cruciaux, comme le renfor-cement de l’attractivité de tous les territoires, favorisant le développement de nouvelles formes de tourisme et de valorisation de leur patrimoine culturel ou géographique. Le numérique joue aussi un rôle déterminant en matière d’innovation sociale. Il est l’occasion d’expérimenter des organisations innovantes : services nomades, plateformes collaboratives, télécentres et télétravail, qui, comme la visiocon-férence, devraient encore plus se développer et participer d’une gestion plus intelligente de l’énergie et du déplacement. Dans le domaine de l’acquisition des savoirs, le numérique est un support désormais indispensable. Paroles d’élus revient sur quelques réalisations particulièrement stimulantes et passionnantes. On y constate que le numérique joue dorénavant un rôle majeur au service de la réussite de tous les élèves. Ils permettent à chacun, indépendamment de sa localisation sur le territoire, d’accéder à la culture et à la connaissance. Comme dans les volumes précédents, la lecture de ce tome 10 nous invite à mesurer à quel point les questions liées à la santé ont pris dans nos sociétés une place considérable, réalisant une révolution profonde des relations entre soignants et patients. Une nouvelle fois, les exemples mis en lumière attestent que l’innovation numérique est en capacité de répondre très concrètement aux questions qui se posent dans nos territoires. Le déploiement de ces nouveaux services s’appuie sur une stratégie qui nous permettra, à terme, de déployer, comme nous l’­avions fait pour le haut débit, le très haut débit pour l’en-semble de nos concitoyens. Au-delà des investissements réalisés en propre par le Groupe pour couvrir en FttH 60 % de la population, Orange investit aux côtés des collec-tivités qui souhaitent apporter le très haut débit à tous, dans un souci de complémentarité entre technologies et investissements publics et privés. C’est ainsi, et ensemble, que nous arriverons à relever le défi de faire de tous nos territoires des territoires numériques, et du digital une opportu-nité pour la France. une décennie du numérique 2004 Charte des départements innovants pour le déploiement du haut débit. Plan très haut débit (THD) pour 2 000 ZAE. 2005 Plan 3 x 10, un bouquet de services innovants pour les collectivités. 2006 Couverture ADSL des zones d’activité. 2007 Le point visio-public (PVP) Auvergne couronné par le Broadband Awards à Bruxelles. 2007-2008 Lancement du programme NRA-ZO. 2009 Lancement du site Internet parolesdelus.com. 2010-2011 Déploiement du très haut débit par la fibre Investissement avec 2 milliards d’euros. 2012 Lancement de la 4G dans 10 villes. 21 millions de foyers abonnés à l’ADSL. 2013 10 millions de foyers raccordés à la fibre. 2014 Plus de 30 villes équipées en NFC. 70 % de la population couverte en 4G.
  • 5.
    [DIX ANS] Lenumérique en action La France numérique 32 Paroles d’élus tome 10 x 2 en un an + 30 % en un an (pour le THD) Plus de 2,3 millions d’abonnés au très haut débit (THD) en un an ÉQUIPEMENT AMÉNAGEMENT NUMÉRIQUE DU TERRITOIRE Tablette Internet Télérèglement Fibre NFC 4G un Français sur 3 Plus de 30 villes équipées de solutions de paiement sur mobile N° 1 des réseaux mobiles pour la quatrième année des entreprises de plus de 20 salariés 8 millions de foyers équipés 25,4 millions d’abonnés Une intercommunalité sur 10 était équipée de télérèglement en 2013, au lieu d’une sur 100 en 2008 80% 70 % de couverture avec Orange + 69 % Si le développement des usages numériques en 2014 France se poursuit à un rythme dynamique, 2014 est aussi marquée par les transformations structurelles du secteur des télécoms, particulièrement dans le mobile, avec l’arrivée d’un quatrième opérateur, la fusion de deux d’entre eux et une guerre des prix intense. Avec, à la clé, la chute simultanée de la facture mensuelle du client, du chiffre d’affaires des opérateurs et du nombre d’emplois du secteur (- 4 200). Ailleurs dans le monde, le marché a plutôt enregistré un léger rebond de croissance.
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    DU CÔTÉ DESUSAGES L’ÉCONOMIE DU SECTEUR 75 70 parolesdelus.com 33 Données consommées (fixe et mobile) 62 320 en un an 13 000 To 2009 155 000 To 2013 95 000 To 2012 Mobinautes Outils connectés Facebook Seulement 10,7 % de députés y sont présents (sur 577) Twitter Plus de 50 % des députés ont un compte Le mobile le moins cher (moyenne du prix abonnement en euros, par mois) Mobile Triple play 33 37 Chiffre d’affaires des opérateurs (en 2012) 60 % des salariés effectuent les ¾ de leur travail avec des outils connectés 14,5 % En investissements Chiffre d’affaires Une heure ou plus sur smartphone ou tablette pour 80% d’entre e ux 45 40 20 32 49 46 39 37 + 63 % par jour % année Sources : zdnet, journaldunet, Challenges, Arcep, Azetone, baromètre AdCF, Sénat, Orange, ArthurDLittle – Réalisation : Studio V2 - 13 %
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    maires de France “Cybercité rurale”, Bras-sur-Meuse n’a rien à envier aux plus grandes collectivités. Comme elles, cette petite commune de Lorraine de 800 habitants joue à fond les nouvelles technologies. Entretien avec son maire et éclairages en miroir sur trois collectivités qui exploitent les mêmes outils qu’elle : la formation numérique à Pont-Audemer, la webTV à Lille et l’e-concertation à Amiens. 34 Paroles d’élus tome 10 Julien Didry, maire de Bras-sur-Meuse (Meuse) “Sans Internet, je ne pourrais pas être maire !” Paroles d’élus Considérez-vous votre commune comme un territoire pilote en matière d’initiatives numériques ? Julien Didry Comme d’autres communes en France, je peux dire effectivement que Bras-sur-Meuse est un territoire pilote en termes d’initiative numérique. L’objectif est de démontrer qu’il est possible d’envisager socialement et économiquement un développement des territoires ruraux grâce au numérique. De multiples actions ont été entreprises par la mairie pour associer les citoyens aux décisions municipales : peut-on parler d’une e-démocratie à Bras-sur-Meuse ? Peut-elle, à terme, renouveler la politique et raviver l’intérêt des jeunes ? Le conseil municipal en direct, par exemple, est-il une infor-mation citoyenne et/ou un procédé de gestion communale ? Avec l’évolution des comportements, du mode de vie… les gens ne prennent plus ou n’ont plus le temps de se rendre aux conseils municipaux. Il y a deux façons de voir les choses. Soit nous n’­acceptons pas ces changements en pensant que les habitants n’ont qu’à se déplacer, soit nous mettons en place de nouveaux moyens adaptés pour que la démocratie vive. Le fait de proposer aux habitants de participer au conseil municipal “virtuel” contribue à ce qu’ils s’intéressent à leur commune. Mais la solution sera globale. Il faut se diriger vers encore davantage de transparence avec de l’open data simple, et endiguer cette défiance envers la politique. [DIX ANS] Le numérique en action du côté des
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    sur le terrain 1 2 3 parolesdelus.com 35 Au sujet du Numéripôle, pensez-vous que les enjeux de la formation numérique soient plus importants dans les ter-ritoires ruraux ? Est-ce parce qu’une telle formation par-ticipe à la lutte contre les inégalités face au numérique ? Par ailleurs, d’après vous, le modèle du Numéripôle, qui regroupe formations, services de télétravail et jeux, est-il exportable ? Encore une fois, le numérique est un enjeu de développement éco-nomique et social pour les territoires ruraux. Mais nous ne sommes pas en zone dense, donc le haut débit et le très haut débit (THD) pris en charge à 100 % par les opérateurs, ce n’est malheureu-sement pas pour nous… Ces technologies arrivent moins vite et ce décalage technologique a engendré un décalage d’usages. La formation – aux outils et usages – est donc essentielle dans nos territoires. Les perspectives sont dans le développement du rayon-nement du Numéripôle sur l’ensemble du bassin de vie de l’ag-glomération. Concernant le télétravail, notre espace de coworking (télécentre) a connu un succès rapide et l’objectif est de déployer la démarche sur l’ensemble du département. Parallèlement, nous voulons aussi développer le Numérifab (laboratoire de fabrication numérique), dernier né du Numéripôle. Les laboratoires de pro-totypage de cet ordre ont toute leur place chez les ruraux aussi. Pensez-vous augmenter la visibilité, à terme, du projet de webTV LNTV.fr de Bras-sur-Meuse, qui donne un moyen d’expression aux jeunes ? Est-ce un outil d’information citoyenne ? Une manière d’alimenter la vie de la commune ? L’un des objectifs de LNTV est bien d’atteindre les jeunes. Leur comportement évolue aussi et ils ne consomment plus l’information de la même manière. Avec des émissions thématiques, produites par des jeunes pour les jeunes, nous essayons de les intéresser aux sujets de société. Et une webTV va chercher ses auditeurs là où ils sont, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux, etc. Comment envisagez-vous les perspectives du numérique dans le cadre d’un nouveau mandat ? Les perspectives vont au-delà des frontières de Bras-sur-Meuse. L’enjeu est de mener le combat d’égalité des territoires avec un plan THD pour la ruralité. L’avenir de nos territoires passera par leur capacité à être attractifs. C’est un enjeu d’aménagement du territoire en France car, urbains et ruraux, nos destins sont liés. u bras-sur-meuse.fr u Lire sur parolesdelus.com : la table du conseil dans les nuages Pont-Audemer Lille Amiens Métropole
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    du côté des maires de France Pont-Audemer (Eure) Former et accéder au numérique 1 La Ville de Pont-Audemer se soucie des accès de l’ensemble de la population aux réseaux numériques mais aussi de sa formation dans un souci d’égalité devant le numérique. Depuis la fin 2000, la Ville de Pont-Audemer n’a cessé de développer les lieux d’accès gratuits à Internet, aux multimédias et aux nouvelles technologies, entre autres grâce à son service Net-Cité, qui met à disposition huit postes pour des consultations avec présence d’une animatrice. Elle a également proposé de nombreuses formations, individuelles ou en groupe, dispensées sous forme d’ateliers thématiques, en accord avec la charte NetPublic, pour encourager la découverte de l’informatique, d’Internet, des courriels, des logiciels de bureautique et outils numériques, etc. Les usagers ainsi que les associations et les agents de la collectivité les utilisent, en particulier via les ateliers spécifiques bureautique, quel que soit le support numérique ou le système d’exploitation. 36 Paroles d’élus tome 10 À Pont-Audemer, la lutte contre la fracture numérique et l’inégalité des usages numériques est donc bien avancée, par exemple pour accompagner les demandeurs d’emploi, les seniors, ou monter des projets destinés aux jeunes avec la CAF, l’enjeu étant de doter gratuitement toute la population d’un niveau minimal. La collectivité permet ainsi une égalité d’accès aux technologies numériques pour les habitants de son territoire et une meilleure utilisation des outils informatiques pour son personnel. La plupart des formations sont organisées en petit groupe de cinq mais peuvent parfois être programmées en séances individuelles, avec une présence en continu d’animateurs. Régulièrement, les membres d’un groupe se consultent mutuellement afin de se retrouver lors de futures séances. C’est donc aussi un moyen de développer le lien social et intergénérationnel sur le territoire. Le public et les associations qui ont bénéficié de ces formations en sont d’ailleurs très satisfaits. La principale difficulté est souvent de rassurer les apprenants, surtout les seniors, en démystifiant les outils numériques et informatiques. Quant à l’avenir, un atelier sur la sécurité des données personnelles, les droits et les usages sur Internet est en cours d’élaboration au sein de Net-Cité. u ville-pont-audemer.fr
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    2 3 AmiensMétropole (Somme) parolesdelus.com 37 Cela fait déjà longtemps que la Communauté d’agglomération d’Amiens Métropole a pris le tournant de l’ère numérique. Après l’e-concertation pour adapter le réseau de bus aux attentes des citoyens, en 2011 (lire tome 8, page 111), la Communauté a mis en place, en 2012, une concertation par un jeu pour évaluer les besoins à l’occasion d’un projet de construction de piscine. L’enjeu de cette consultation numérique était de taille : il s’agissait de récolter l’avis des futurs utilisateurs de cette piscine, à commencer par ceux qui participent rarement aux réunions publiques. Et, notamment, les jeunes, Comme LNTV à Bras-sur-Meuse, la webTV LM-TV a pour objectif de faire connaître Lille Métropole à travers des films, en informant sur ses compétences : culture, déchets, écologie, économie, eau, transports, nature, sport, habitat, voirie, etc. Chaque semaine, sont diffusés des reportages, des débats, des clips, etc. LM-TV informe sur toutes les actions menées par Lille Métropole, de la nouvelle politique des encombrants à l’actualité des parcs naturels. Grâce à l’intervention de plusieurs agences de la métropole lilloise en charge de la production des contenus, cette webTV est un réel outil multimédia au service des citoyens. Lancé en 2013, ce portail a plusieurs objectifs : faire connaître l’activité de Lille Métropole et communiquer sur toutes ses actions, inciter les internautes à participer en envoyant leurs propres vidéos, permettre une complète autonomie des personnels de Lille Métropole pour mettre à jour la webTV, etc. Mais ce projet va bien au-delà d’une chaîne d’information classique. C’est un accès simple à l’information locale, avec des conseils de la Communauté et des informations en direct sur les événements de la Métropole. Après avoir créé leur compte, les internautes peuvent ajouter des vidéos à leur playlist pour les consulter ultérieurement. Ils peuvent aussi participer à la webTV en soumettant leurs propres vidéos au comité de rédaction de LM-TV. Les internautes découvrent les vidéos réalisées près de chez eux en sélectionnant leur commune ou leur territoire. De plus, LM-TV, connectée aux réseaux sociaux, permet aux internautes de partager les vidéos sur Facebook et Twitter, mais aussi sur leur blog en intégrant le lecteur dédié. u lm-tv.fr qui adhèrent plus facilement aux consultations en ligne. La première phase de cette concertation a débuté sur Internet sous forme de jeu. L’initiative de la Métropole avait pour but de recueillir et de prendre en compte les attentes et les suggestions des citoyens sur cet aménagement de piscine. La démarche, très plébiscitée, a favorisé le lancement d’une deuxième phase de concertation. En répondant à une série de questions concernant leurs habitudes, les internautes obtenaient un modèle 3D de leur piscine idéale. Si le budget de développement (15 000 euros) représente un réel investissement pour la mairie, il constitue un moyen efficace et relativement économique de consulter les citoyens face au coût de réalisation de la piscine, estimé entre 15 et 20 millions d’euros. Avec près de 2 500 participants, cette consultation fut un véritable succès. Par le nombre, mais aussi parce qu’elle a révélé les pratiques des futurs usagers. Par ailleurs, les nombreuses suggestions de citoyens ne résidant pas dans la Métropole, ont permis de démontrer toute l’attractivité de la capitale régionale. u amiens.fr/piscine Un jeu en ligne pour construire sa piscine idéale Lille (Nord) À l’heure de l’information numérique
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    Les intercommunalités sesoucient de mieux maîtriser l’outil numérique et de le diffuser, parce que, dynamique, il optimise la gestion des territoires, stimule leur aménagement, démultiplie les politiques d’économies, valorise le travail des élus – avec davantage de transparence – et renforce les pouvoirs du citoyen. 38 Paroles d’élus tome 10 Daniel Delaveau “Le numérique irrigue le quotidien des populations.” Ancien maire de Rennes, président de Rennes Métropole de 2008 à 2014, Daniel Delaveau a présidé l’Assemblée des communautés de France, qui a contribué, dès 2004, au dispositif Paroles d’élus. Entretien sur les enjeux du numérique dans les territoires. Paroles d’élus Vous étiez encore récemment maire de Rennes, commune-phare en matière de ville numérique. Quelles avan-cées les plus prometteuses retenez-vous ? Daniel Delaveau Authentique révolution industrielle, l’essor du numérique touche de plein fouet, au-delà des domaines économique Daniel Nouaille “Le bon élu est un élu informé.” Daniel Nouaille, maire d’Aixe-sur- Vienne jusqu’en mars 2014, ancien président de la Communauté de communes Val-de- Vienne et ancien vice-président de l’AdCF, a beaucoup oeuvré en faveur de l’essor du numérique dans les collectivités territoriales. intercommunalités Les communautés dans la révolution numérique Paroles d’élus Quelles sont depuis dix ans, selon vous, les avancées les plus caractéristiques en matière de moderni-sation des services publics ? Daniel Nouaille En premier lieu, l’accès des habitants à l’infor-mation et aux services proposés par les collectivités, avec la mise [DIX ANS] Le numérique en action du côté des
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    sur le terrain 1 2 3 4 parolesdelus.com 39 en ligne du paiement de certains services, l’ins-cription sur les listes électorales, la consultation du PLU, etc. Ensuite, du point de vue de l’orga-nisation interne, la simplification administrative fait gagner un temps précieux. La télétransmis-sion de documents, dont le circuit a été réduit, notamment celui des contrôles de légalité dans les préfectures, permet d’éviter désormais de nombreux déplacements. En somme, l’impres-sion d’avoir quitté le Moyen-Âge pour vivre dans une ère moderne. Aujourd’hui, le bon élu est un élu informé. Les collectivités, en particulier les intercom-munalités, ont-elles suffisamment investi le champ et les outils du numérique ? Tout reste à faire, d’autant que le champ explose et que le monde entier communique : le nombre d’informations que les collectivités diffusent et reçoivent double chaque année. Ni compétents ni ouverts, certains élus ont freiné localement le développement du numérique. Certaines col-lectivités aussi, de crainte de perdre du pouvoir. D’autres ont manqué de moyens… Il faut aider, accompagner les hommes et les femmes, les convaincre et recenser les bonnes pratiques : c’est là que se trouvent des gisements d’éco-nomies et de temps pour rendre les élus plus productifs et plus responsabilisés. L’innovation n’est pas toujours à Paris ou à Lyon, mais éga-lement en Ariège ou dans l’Aveyron. Quels sont les secteurs concernés par de telles progressions ? Nous signons encore des dizaines de kilos de papier. En matière de marchés publics, par exemple, pour des chantiers de métro ou de tramway. Dans les services, les relations entre usagers et prestataires peuvent être encore amé-liorées. Mais au-delà, nous devons continuer, sans cesse, de nous interroger sur ces outils numériques pour les faire évoluer. et social, le champ démocratique, les outils numé-riques constituant de formidables atouts pour les collectivités territoriales, en particulier pour les ser-vices aux citoyens. De la plus petite communauté de communes à la métropole, l’innovation joue son rôle, avec la mise en place de nouveaux services, dans la gestion de l’état civil, l’accès aux cantines, à la crèche, à la médiathèque, etc. Le numérique offre des capacités d’innovation considérables, et les collectivités y contribuent largement en soute-nant les start-up, en incitant localement à la créa-tion et à l’innovation, comme dans le cas des can-tines numériques ou des fablabs. Tous les champs de la vie collective et publique sont concernés, de la crèche au cimetière ! Une illustration se dégage-t-elle de ce four-millement d’usages ? L’élément majeur est qu’aucun champ de la vie sociale et collective n’échappe aux atouts du numérique, lequel facilite le quotidien de toutes les populations. Quels sont les principaux obstacles et que préconisez-vous pour les contourner ? L’accessibilité pour tous est l’objectif principal auquel nous devons nous consacrer, à travers l’éducation et la formation. La fracture entre les territoires existe aussi sur le plan social pour les gens démunis face à ces technologies. Je voudrais citer deux exemples émergents. D’abord, la ques-tion du vieillissement et l’ensemble de services que nous devons apporter pour faciliter le maintien à domicile et mieux vivre le grand âge. De l’adapta-tion du logement au lien entre la personne âgée isolée et les autres, nous attendons beaucoup du numérique. L’enjeu et le défi de société sont considérables : développer de nouveaux services et outils, créant ainsi des emplois. Autre exemple : l’apport du numérique dans la gestion globale de la cité, offrant un meilleur niveau de service à la population, tout en étant source d’économies pour les collectivités. C’est tout l’enjeu des smart cities et des smart grids : mieux faire vivre la ville. Grand Cahors Lamballe Communauté Grand Autunois Morvan Communauté d’agglomération dracénoise
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    Depuis le printemps2013, les habitants du Grand Cahors peuvent accéder aux équipements et aux services intercommunaux grâce à une carte appelée le Grand Pass. Difficile de faire plus simple ! La création de la carte Grand Pass repose sur une démarche participative des citoyens et interne à la collectivité, via un processus de mutualisation important entre la Ville de Cahors et la Communauté d’agglomération. Il en résulte un accès simplifié aux services publics. Les usagers fournissent leurs coordonnées pour obtenir leur Grand Pass. Ils sont ensuite facilement identifiés et accèdent sans inscription supplémentaire à la plupart des services intercommunaux. Dispensés de remplir de nombreux formulaires, les habitants bénéficient en outre de réductions tarifaires dans 40 Paroles d’élus tome 10 1 Lamballe Communauté (Côtes-d’Armor) 2 Révolution numérique : tous en profiter Pour réduire la fracture numérique, la communauté de communes bretonne de Lamballe s’est dotée d’un réseau de cyberbases où des animateurs qualifiés accompagnent les usagers. Car simplifier le service public implique d’en garantir l’accès au plus grand nombre. Ce réseau, outil d’aménagement et de développement du territoire déployé depuis 2004, est devenu un service intercommunal en 2014. Composé de six cyberbases réparties sur l’ensemble du territoire intercommunal ainsi que d’un Point étude et de l’espace multimédia de la bibliothèque, il offre gratuitement l’accès Internet les équipements, par exemple aux habitants. Il compte aussi les piscines et le réseau de transports en commun. Pour l’accès au nouveau complexe aqualudique, la carte peut même être créditée. La carte Grand Pass simplifie les démarches des 43 400 Grands-Cadurciens, offre des avantages tarifaires auprès des services et favorise le sentiment d’appartenance l’intercommunalité autour de l’identité territoriale. u grandcahors.fr les services communautaires du Point info jeunesse et info emploi, et le Point d’accès à la téléformation pour développer la formation à distance. Chaque cyberbase est équipée de matériel performant, de cinq à huit postes informatiques munis des logiciels de bureautique, de matériel photo et vidéo. L’accès au numérique est en outre favorisé par la présence d’un réseau d’animateurs sur toute la communauté de communes. Ils proposent aux usagers des ateliers pour débutants ou utilisateurs confirmés. u lamballe-communaute.com Grand Cahors (Lot) Halte aux formulaires… carte Grand Pass ! “Le Grand Pass est une carte d’identité du territoire qui transforme l’usager en citoyen. Il constitue un véritable sésame pour tous les habitants de l’agglomération.” Jean-Marc Vayssouze-Faure, maire de Cahors, président du Grand Cahors “Conscients que nous devons favoriser l’accès au numérique à tous nos concitoyens, nous recherchons constamment des partenariats, ouvrons nos cyberbases, et multiplions les événements autour du numérique.” Jean-Pierre Briens, maire de Morieux, vice-président de Lamballe Communauté du côté des intercommunalités
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    3 4 Communautéd’agglomération parolesdelus.com 41 dracénoise (Var) Plateforme en ligne des marchés publics du territoire La plateforme e-Marchés Dracénie réunit une vingtaine de structures publiques du territoire dracénois. Elle offre une meilleure visibilité des procédures de consultation et favorise l’accès de l’ensemble des acteurs économiques locaux à la commande publique. Depuis la fin mars 2013, la plateforme en ligne voulue par la Communauté d’agglomération dracénoise centralise les offres de marchés publics des collectivités et des administrations de la Dracénie. Le dispositif améliore la visibilité des marchés publics, d’autant plus qu’une dizaine de collectivités ne disposaient pas de site web pour leurs marchés. L’objectif affiché est de faciliter l’accès du tissu économique à l’offre de marchés publics et de faire de la commande publique un levier de développement territorial solidaire. Pour simplifier En Bourgogne, le Grand Autunois Morvan a misé sur la dématérialisation pour simplifier les relations entre les multiples acteurs de son territoire. Il y avait là, pour lui, nécessité d’un fonctionnement intercommunal, mais aussi le souci d’envisager un travail collaboratif avec un objectif d’efficacité à la clé. C’est ainsi en 2008 que cette intercommunalité crée son réseau de communication intranet/extranet pour faciliter la communication et le travail avec les mairies éloignées, puis avec les élus communautaires. Aujourd’hui, l’outil est commun à tous les agents de la collectivité, qui continue de s’élargir géographiquement et étoffe ses compétences. Munis d’un accès sécurisé, tous les intranautes peuvent consulter depuis un mobile les actualités, le carnet d’adresses mutualisé, leur agenda, et accéder au stockage et au partage de données en ligne. Le dispositif a généré des économies liées au zéro papier, tout en offrant rapidité et réactivité pour répondre aux usagers. Le Grand Autunois Morvan dispose ainsi d’un réseau intranet performant qui favorise le travail collaboratif entre les services et avec les élus. Ici, la dématérialisation a fait ses preuves au bénéfice des agents, des élus et de l’efficacité pour l’usager. u grandautunoismorvan.fr la démarche dématérialisée et attirer les TPE/PME, le portail propose des fiches pratiques et un guide d’accompagnement. La solution technique garantit également une sécurité optimale pour le dépôt des réponses électroniques. u emarche.dracenie.com Grand Autunois Morvan (Saône-et-Loire) Le travail collaboratif pour toujours plus d’efficacité “L’intranet et la stratégie de dématérialisation de notre Communauté rendent le travail entre les élus, personnels et contacts externes d’une incroyable efficacité/simplicité, générant confort et gains de productivité.” Jean-Baptiste Pierre, maire de Sommant, vice-président de la Communauté de communes du Grand Autunois Morvan “Dans un contexte de crise économique qui touche autant le secteur marchand que les collectivités, notre agglomération souhaite inscrire les dépenses publiques dans un cercle vertueux au service des acteurs de son territoire.” Olivier Audibert-Troin, président de la Communauté d’agglomération dracénoise, député du Var
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    [DIX ANS] Lenumérique en action du côté des À l’heure de la réforme territoriale, le président de l’ADF témoigne du rôle pionnier des Départements dans le numérique qui “innerve leurs politiques publiques”. Il cite leur investissement dans le haut débit hier, dans le très haut débit aujourd’hui et demain, mais aussi dans l’e-administration, l’e-éducation, l’e-santé ou les SIG, qui en font des plateformes indispensables pour la modernisation de l’action publique. 42 Paroles d’élus tome 10 Claudy Lebreton, président de l’Assemblée des Départements de France (ADF) “Aux avants postes de la lutte contre les fractures numériques…” “Rendre compte de dix ans d’inves­tissement des conseils généraux dans le numérique est ardu, parce qu’ils y ont été pionniers, aux avants postes de la lutte contre les fractures numériques territoriales, sociales et culturelles. Aujourd’hui, les politiques publiques des conseils généraux sont innervées par l’usage du numérique. Ce n’est pas d’un ou de dix usages numériques dont il faudrait parler ici, mais de 100, de 1 000… Le très haut débit, après le haut débit Pour rappel, les Départements ont été pour l’essentiel à l’origine de la moi-tié des 3 milliards d’investissements permettant d’apporter l’Internet haut débit dans les petites villes, les bourgs, les campagnes. En dix ans, plus de 2 500 zones d’activités et 13 000 éta-blissements publics, administratifs, intercommunaux, d’enseignement, de santé, d’action sociale et culturelle, ont été ainsi connectés au haut débit. En prévoyant d’investir 3,3 milliards d’eu-ros sur fonds propres au cours des dix prochaines années, ils vont faire de même pour le très haut débit. Par ailleurs, les conseils généraux ont été parmi les principaux investisseurs dans les quelque 5 000 espaces publics numériques (EPN). Des partenaires incontournables Ce que l’on sait moins, c’est qu’avec un budget informatique annuel de 790 millions d’euros, 22 000 ser-veurs, 60 000 ­techniciens, 620 spé-cialistes des systèmes d’information géographiques et une cinquantaine d’organismes intercollectivités de coopération informatique et numérique dont ils sont à l’initiative, les conseils généraux se sont positionnés comme des architectes et des partenaires incontournables de la modernisation de l’action publique. À maints égards, en partenariat avec les autres niveaux de collectivités, ils en sont devenus les laboratoires de proximité. départements
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    parolesdelus.com 43 Aucoeur des politiques publiques innovantes Dans tous les domaines – des soli-darités sociales jusqu’au soutien à l’innovation et aux start-up du numérique, en passant par l’action éducative et culturelle ou l’aide aux communes – s’y invente la façon dont se conçoivent désormais grâce au numérique des politiques publiques innovantes centrées sur les attentes et les besoins des citoyens, des associations et des entreprises. Il est significatif que dans le domaine de l’éducation nous estimons à plus de 250 millions d’euros par an, depuis 2009, l’investissement des Départements dans la connexion, l’équipement informatique et les systèmes d’information et de pédagogie numérique des collèges (espaces numériques de travail, tableaux interactifs, ordinateurs portables, tablettes…). Il n’est pas anodin non plus que, depuis trois ans, 12 Départements se soient déjà portés aux avant-postes de l’open data ; 30 autres ont l’intention de s’y lancer. Ce qui se lit au travers de ce dynamisme numérique, c’est que la dimension départementale et sa gouvernance par les conseils généraux ont fait preuve d’une capacité d’adaptation d’autant plus remarquable qu’elle est deve-nue collaborative et partenariale. Les Conseils généraux sont désor-mais les artisans les plus créatifs des nouveaux territoires de projets dont notre pays a besoin. Sans doute serait-ce une grave erreur que de penser pouvoir s’en priver.” u departements.fr sur le 1 terrain 2 Aube Isère 34 Puy-de-Dôme 5 Calvados Drôme Aube Xdemat, l’Aube 1 de la mutualisation… L’Aube a choisi de faire de la dématérialisation de la chaîne comptable, des marchés publics et du contrôle de légalité les leviers essentiels de la modernisation de sa relation aux usagers et de sa transformation administrative. Mais, dans un contexte où les marges de manoeuvre des collectivités se restreignent, le Département a senti un besoin pressant de regroupement de l’ingénierie : l’avènement du cloud computing et les nombreux projets de services en ligne poussent à promouvoir les logiques de mutualisation. Proposée par l’Aube, cette logique a convaincu les Conseils généraux des Ardennes et de la Marne. Ainsi a été créée la société publique locale Xdemat, conçue à l’origine pour répondre à l’enjeu majeur de l’archivage électronique : si la conservation ne remplit pas les conditions exigées pour la reconnaissance d’un écrit électronique (authenticité et intégrité), elle perd sa valeur juridique. Rejointe rapidement par les Conseils généraux de l’Aisne, de la Haute-Marne et de la Meuse, et par la Région Champagne- Ardennes, la SPL X-Demat étend aujourd’hui ses services pour ses actionnaires à l’ensemble de la chaîne de la dématérialisation. Elle aide les petites collectivités (à ce jour, 721) de chacun des départements et met à leur disposition “des outils simples d’utilisation, car développés en interne par des collectivités pour d’autres collectivités”. u spl-xdemat.fr u cg-aube.fr/273-dematerialisation-et- e-services.htm “À l’initiative de l’Aube, La SPL-Xdemat prouve que six Départements peuvent mutualiser leurs ressources pour mettre à disposition de toutes les collectivités des outils de dématérialisation simples d’utilisation, car développés en interne par des collectivités pour d’autres collectivités.” Philippe Adnot, président du Conseil général de l’Aube, sénateur
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    44 Paroles d’élustome 10 3 Agrilocal est une plateforme virtuelle de mise en relation de proximité entre exploitants agricoles et acheteurs de la restauration collective. Intuitive et rapide, cette plateforme, lancée à la fin 2012 par le Puy-de- Dôme et la Drôme – rejoints par neuf puis 15 Conseils généraux – offre un gain de temps précieux pour l’achat de denrées alimentaires en circuits courts. Grâce à un module original de géolocalisation automatique de la filière, le site agrilocal.fr crée une liaison directe entre acheteurs publics (collèges, lycées, maisons de retraites, communes, communautés…) et producteurs. Le dispositif Agrilocal assure le respect du Code des marchés publics et permet aux exploitants agricoles d’accéder à de nouveaux débouchés en leur assurant un revenu complémentaire. Grâce à son effet de désintermédiation de la chaîne économique, le système permet aux producteurs de récupérer l’essentiel de la valeur ajoutée obtenue de Le projet Autonom@dom®, lancé en Isère, a pour objectif de regrouper téléassistance, télésanté et télémédecine dans un seul bouquet de services adapté aux besoins des personnes en risque ou en perte d’autonomie, atteintes d’une pathologie chronique invalidante ou en convalescence, et de favoriser leur vie à domicile. Il s’appuie sur les technologies numériques comme supports à des parcours de santé et de soins sans rupture, de décloisonnement du sanitaire et du médico-social, tout en répondant à plusieurs questions structurantes : quelle organisation optimale et quels types d’offres pour éviter des hospitalisations inutiles et garantir le retour rapide de l’hôpital ou le maintien à domicile ? Comment répartir les charges fixes d’une telle infrastructure ? Comment financer le volet télémédecine/ téléassistance par la réallocation des ressources du système de santé ? Quelles évolutions dans Puy-de-Dôme Le numérique aide les circuits courts alimentaires Isère Bien vieillir en réseaux et à domicile l’allocation des ressources de santé pour créer un modèle économique public/privé pérenne ? Associant des groupes industriels et PME, des entreprises de l’économie sociale et solidaire, des collectivités locales, des organismes publics et des usagers, l’expérimentation a commencé pour une durée de deux ans et demi avec près de 600 personnes. u isere.fr/social/personnes-ageesautonomadom leur production, mais aussi, comme c’est le cas dans le Puy-de-Dôme, de stimuler la demande locale et de structurer l’offre en produits biologiques. 530 producteurs agricoles et la quasi-totalité des restaurateurs collectifs puydomois recourent déjà régulièrement à Agrilocal. u agrilocal.fr u agrilocal63.fr “Autonom@dom® a pour ambition, en Isère, de regrouper téléassistance, télésanté et télémédecine dans un seul bouquet de services adapté aux besoins et aux moyens des personnes en perte d’autonomie, et de répondre à leur demande de présence et de liens.” Alain Cottalorda, président du Conseil général de l’Isère “Grâce au développement d’Agrilocal, le Conseil général du Puy-de-Dôme se donne les moyens de favoriser des achats de proximité de qualité et de développer les productions agricoles locales.” Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil général du Puy-de-Dôme, vice-président de l’ADF du côté des départements 2
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    4 5 OASIS(Openly Accessible parolesdelus.com 45 Services & Interacting Society) est une plateforme de services interactifs, grâce au partage de données, à destination des citoyens, des associations, des collectivités et des entreprises. Pour les collectivités et les institutions, c’est une nouvelle manière de rendre les services publics plus accessibles et de favoriser la participation citoyenne. La vocation du projet est d’être le trait d’union entre les citoyens, les collectivités et les entreprises pour le développement local et la création d’un bien commun numérique. Basée sur une plateforme entièrement “open source”, Oasis peut accueillir tout type de logiciel dans le but de créer de l’interopérabilité grâce à des référentiels de données coconstruits avec les éditeurs et utilisateurs des services. L’objectif est de fournir aux administrations publiques un environnement de services mutualisés (applications métiers, télétransmission, L’Educ de Normandie est un établissement numérique de travail (ENT), fruit d’un partenariat entre Départements, Région et autorités académiques, qui ont choisi une solution technique pour offrir un même outil à l’ensemble des collèges et lycées publics de leur territoire. Les collectivités financent la solution et veillent à sa mise en oeuvre, tandis que les autorités académiques organisent la formation et l’accompagnement des personnels. L’objectif est avant tout de favoriser l’élévation du niveau de formation de tous les jeunes Drôme La création d’un bien commun numérique au service de la transversalité Calvados L’école numérique, une ambition commune au bénéfice des jeunes et de faciliter leur insertion sociale et professionnelle. L’Educ de Normandie vise à mettre à disposition des établissements du Calvados le même ENT que dans les autres départements de Basse-Normandie, sous forme d’un portail d’accès à des services éducatifs et à des ressources pédagogiques qui répondent aux enjeux spécifiques du territoire. Le déploiement de cet ENT a débuté en 2013-2014 et se poursuivra sur une période de cinq ans, selon un calendrier défini par les partenaires du projet. u l-educdenormandie.fr e-administration, archivage…) pour faciliter le déploiement de services interactifs ainsi que la création, la diffusion, et la réutilisation des données produites dans ces services par tout type d’utilisateur. Oasis permet une approche transversale du territoire, car elle procure les conditions pour accueillir au fil du temps des services variés : touristiques, médico-sociaux, de transport, de gestion énergétique, etc. u pole-numerique.fr/index.php/le-projet-europeen- oasis “Toute la communauté éducative normande est mobilisée pour offrir à chaque enfant les meilleures chances d’accéder au savoir et d’apprendre dans une relation de confiance solidaire, et non plus de manière solitaire.” Jean-Léonce Dupont, président du Conseil général du Calvados, sénateur “Dans le domaine de l’économie numérique, OASIS est le parfait exemple d’une coopération européenne au service de l’innovation publique et citoyenne, du bien commun local et des solidarités de proximité.” Didier Guillaume, président du Conseil général de la Drôme, sénateur
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    ruralités Vanik Berberian,président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) – près de 10 000 adhérents –, présente ici sa vision du numérique. L’AMRF s’engage au quotidien aux niveaux local et national pour défendre et promouvoir les enjeux spécifiques de la ruralité. Avec l’appui, notamment, du numérique. 46 Paroles d’élus tome 10 Vanik Berberian, président de l’AMRF “Nous serons satisfaits quand chaque habitant des communes rurales aura accès au THD.” Paroles d’élus Vous estimez-vous satisfait d’avoir obtenu la généralisation du très haut débit à l’ensemble du pays, alors que la feuille de route du Gouvernement prévoit un calendrier décalé du déploiement dans les villes et dans les campagnes ? Vanik Berberian Nous ne serons satisfaits que lorsque chaque habitant de chaque commune rurale aura effectivement accès au très haut débit et que la fracture numérique sera enfin résorbée. Le calendrier du Gouvernement était en retrait par rapport aux demandes urgentes des maires ruraux. L’AMRF avait fait du très haut débit la première de ses dix priorités pour le nouveau man-dat présidentiel. Nous n’en démordons pas. La feuille de route prévoit un calendrier en deux temps : d’ici 2017, déploiement du très haut débit dans les zones denses. Puis couverture de l’ensemble des foyers d’ici 2022. Rien ne garantit aujourd’hui le respect du calendrier pour ces deux phases : nous restons en alerte. Le développement très rapide de la dématérialisation dans de nombreux domaines risque d’exclure encore plus les territoires qui ne disposent pas d’un bon accès à Internet. [DIX ANS] Le numérique en action du côté des
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    sur le terrain 1 2 3 parolesdelus.com 47 À votre avis est-il nécessaire de passer par des phases d’expérimentation ? Et si oui, quelles leçons les maires ruraux peuvent-ils en tirer ? L’expérimentation de techniques ou d’usages demande des moyens que les communes rurales n’ont pas la plupart du temps. Ce que je reproche à l’expérimentation, c’est qu’elle s’­arrête sou-vent à l’expérience ponctuelle. Or, ce qui est important, c’est la généralisation à tout le pays. Sinon, cela crée de nouvelles frac-tures. Comme ce fut le cas avec l’opération Connect’Écoles, pré-décesseur du programme Écoles connectées du Gouvernement qui vise à généraliser le “vrai haut débit” aux écoles rurales. Y a-t-il une spécificité rurale des usages du numérique ? C’est une question très intéressante dont les chercheurs devraient s’emparer. Comme je ne suis pas un chercheur, mais un praticien, je vais répondre par d’autres questions : tout d’abord, en quoi le numé-rique est-il différent des autres objets technologiques ? Existe-t-il une spécificité des usages de l’électricité ou de la télévision dans les cam-pagnes ? Existe-t-il une culture rurale d’Internet, cette technologie qui fait passer de l’échelle mondiale à l’échelle locale à la vitesse d’un zoom dans Google Earth ? Il faudrait corréler les résultats avec la catégorie socioprofessionnelle, le niveau d’études… et l’âge du capitaine. À ce stade du développement du numérique dans notre société, je crois que ces facteurs prennent le pas sur beaucoup d’autres. Considérez-vous que les maires ruraux ont intégré le virage du numérique ? Impossible d’envisager les maires ruraux comme un ensemble homo-gène : plus de 30 000 individus, accompagnés de conseillers munici-paux et de secrétaires de mairie ! Le “virage du numérique” est une jolie expression, mais quel en est le “rayon” ? En tout cas, il n’y a pas de sortie de route des chemins ruraux sur les autoroutes de l’information. Pour prendre deux extrêmes, l’usage du courrier électronique est généralisé – au point de devenir une charge pour les élus ! À l’in-verse, l’usage de l’e-administration reste peu répandu. Comment s’en étonner lorsque la télétransmission des délibérations à la préfecture pour contrôle de légalité représente une charge pour la commune, notamment en coût d’équipement (abonnement à un tiers de télétransmission, achat d’un certificat électronique d’identification…). Je n’ai pas l’impression que l’administration d’État a complètement intégré le virage. Elle commence cepen-dant à prendre en compte nos mairies rurales. Quant à la page Facebook du village, certains élus se demandent si elle est bien indispensable dans une commune où le maire peut discuter avec ses administrés dans la rue ou au bistro… et pourtant… u amrf.fr Campagnol Connect’Écoles Les tiers lieux
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    du côté des ruralités 48 Paroles d’élus tome 10 1 2 L’opération Connect’Écoles a été déployée par quatre partenaires – AMRF, NordNet, Eutelsat et Orange –, pour mieux faire connaître le haut débit par satellite aux écoles rurales : une trentaine de sites ont été gratuitement équipés et reliés en France métropolitaine au satellite KA-SAT d’Eutelsat. Le projet Connect’Écoles, mené sur les années scolaires 2012-2014, a été l’occasion pour des enseignants d’une trentaine d’écoles rurales, dont plus de la moitié ne connaissait pas le satellite ou n’en avait pas une bonne image, de découvrir les apports de cette solution technologique qui ne nécessite que peu de matériel (une parabole et un décodeur pour un débit jusqu’à 20 Mbp/s en réception). Après l’opération, les municipalités ont décidé, pour les trois quarts, d’équiper et d’abonner les établissements. En effet, la connexion a été autant appréciée comme un service pour la gestion administrative de l’école que pour les usages pédagogiques, Le site Internet communal est souvent la première manifestation de l’intérêt du maire pour les usages du numérique et la première action engagée dans ce domaine par les communes. Pourtant, personne n’est à même aujourd’hui de fournir précisément le nombre de communes disposant d’un site web. Les estimations varient entre un tiers, la moitié, voire deux tiers… Quoi qu’il en soit, encore beaucoup de chemin à parcourir. Trois mots pour caractériser campagnol.fr, service lancé en 2010 par l’AMRF : simplicité, simplicité et simplicité. Pour généraliser l’utilisation de cet outil, il fallait surmonter les Connect’Écoles L’école rurale enfin à haut débit Campagnol Un site web pour toutes les communes obstacles propres aux petites communes. La simplicité se manifeste d’abord par un outil de création et de gestion de site ne demandant pas d’autres compétences que l’utilisation d’un logiciel de bureautique. Elle se retrouve également dans une formule imaginée par des maires : répondant aux besoins usuels d’une commune et suffisamment souple pour se conformer à son identité et aux choix des élus. Troisième dimension : la simplicité d’un pack complet regroupant en un même abonnement l’outil de gestion du site en ligne, l’espace d’hébergement, le nom de domaine et l’assistance téléphonique, pour un coût modique. Avec ce service issu de la volonté de mutualisation d’une association d’élus, complété par les offres commerciales du marché, la généralisation du site Internet pour les communes de France est désormais une perspective réaliste. Qui est prêt prendre le pari avec l’AMRF qu’elle sera atteinte lors de ce nouveau mandat ? u campagnol.fr de la petite section au CM2. Les enseignants l’ont souvent perçue comme un gain de temps, procédant depuis leur domicile à des formalités courantes (relation avec l’Académie…). Ils ont aussi découvert un accès à des ressources en ligne qui leur ont ouvert l’horizon des usages possibles avec le matériel informatique de la classe. Cette diversité des usages pédagogiques développés au cours de cette expérimentation témoigne également d’une appropriation de l’outil par les enseignants avec leurs élèves. Ils ont exprimé leur satisfaction pour un service qui a bien répondu à leurs besoins en termes de rapidité, de fluidité, de continuité et de volume de téléchargement. u amrf.fr “Il ne suffit pas d’installer des tableaux numériques dans toutes les classes. Sans un débit suffisant pour y apporter de l’image et de l’interactivité, ça ne sert à rien. À l’outil, il faut associer le débit nécessaire.” John Billard, maire du Favril, vice-président de l’AMRF, membre du Conseil national du numérique
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    parolesdelus.com 49 3 Les tiers lieux Le maillage des “possibles” L’AMRF s’intéresse à de nouvelles structures, sortes de maisons de service public connectées, dont la création peut être suscitée par le numérique et ses usages. On les appelle des tiers lieux, espaces spécifiques ouverts aux usages numériques dans les territoires, en particulier ruraux. Et demain, quelle innovation numérique serait susceptible de se généraliser à la campagne ? Celle-ci pourrait être sociale plutôt que technique. Entre Espaces publics numériques (EPN) et centres de “coworking” : des lieux dont les activités s’organisent en fonction des besoins. Plusieurs générations se sont déjà succédé. À l’origine se sont tout d’abord développés les Papis (Points d’accès à Internet), puis sont apparus les EPN, plus orientés vers la formation aux usages. Certains évoluent vers les centres de projets et de ressources, en intégrant éventuellement des “fablabs” (laboratoires de fabrication) qui mutualisent le matériel, tout particulièrement les imprimantes 3D. Enfin, le travail à distance reste l’objectif des cybercentres et cyberbases – dont un modèle uniforme n’est pas encore défini, tant ils dépendent des profils de travailleurs et d’entreprises présents sur le territoire. Ces espaces sont connus sous l’appellation “tiers lieux”, fourre-tout sympathique dans lequel pourraient également entrer les Maisons de services publics (MSP) dopées au numérique où l’on pourrait, par exemple, entrer en contact avec des administrations par visioconférence. À condition que ces MSP se généralisent dans une version décentralisée et disséminée qui ne serait pas limitée à la ville-centre de l’intercommunalité. Pour cela, l’utilisation du maillage communal qui permet le contact pour tous est l’unique voie en faveur de la généralisation autour de cette richesse bien française des 36 000 communes ! Le maire d’une commune rurale de Seine-et- Marne avait adopté pour son projet une appellation poétique et opérationnelle : le “relais des possibles”. Un bon résumé de l’ouverture sur l’avenir inhérente à ces réalisations. Papis, EPN, fablabs, cybercentres, cyberbases, MSP, etc. Dans leur prolongement les tiers lieux sont appelés à se développer dans les territoires.
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    montagne Symbole stratégiqueet économique de l’attractivité des territoires, le très haut débit est, tout particulièrement en montagne, la garantie pour les élus d’une juste cohérence territoriale et d’une répartition équitable des services numériques. L’objectif : la disparition des zones blanches… hormis la neige. 50 Paroles d’élus tome 10 Laurent Wauquiez, député de la Haute-Loire, président de l’Anem, ancien ministre “ne restons pas passifs, mais tentons de résorber au plus vite les inégalités.” L’accès au très haut débit (THD) est un enjeu stratégique pour les territoires de montagne. Aujourd’hui plus que jamais, ils ont besoin d’une politique ambitieuse d’aménagement numé-rique de tous les territoires. Sans solution adaptée, le risque est grand d’assister à l’apparition d’une véritable fracture numérique. Les difficultés de déploiement du THD, liées à la topographie et à l’éloignement des centres urbains denses, ne doivent pas induire d’inégalité de traitement pour les citoyens. Il est indispensable de favoriser le déploiement rapide du très haut débit dans ces zones pour éviter la triple peine : enclavement routier, ferroviaire, et absence de couverture numérique. Le très haut débit constitue un facteur essentiel de développement et de compétitivité pour les entreprises implantées en montagne, en termes d’innovation, de productivité et d’accès à de nouveaux marchés. Il leur permet en effet de renforcer l’efficacité de leur fonctionnement et d’éliminer les barrières liées à la distance, notamment grâce à la visioconférence et au transfert instantané de données. [DIX ANS] Le numérique en action du côté des
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    sur le terrain 1 2 3 parolesdelus.com 51 La généralisation de l’accès au très haut débit pour les citoyens constitue par ailleurs un levier d’innovation en permettant d’accé-der à des usages nouveaux (réalisations 3D, jeux en ligne, visio-conférence, open data…). Si la couverture intégrale du territoire en fibre optique est annoncée pour 2022, la priorité dans la période transitoire n’est pas de rester passif, mais bien de tenter de résor-ber au plus vite les inégalités. Au sein de l’Anem, nous oeuvrons pour la réduction rapide des dis-parités d’accès à Internet en conduisant des expérimentations de montée en débit dans les zones blanches, liées au développement du tourisme ou de l’éducation. J’insisterai particulièrement sur la problématique du financement, car nous n’avons pas d’autres choix que de réfléchir à des solutions de déploiement sous l’angle de la péréquation. La prise en considération de la ruralité au travers d’un coeffi-cient intégrant la faible densité de population et l’habitat dispersé démontre la nécessité de répartir les aides publiques en fonction du coût du déploiement. À ce titre, le financement du réseau élec-trique rural, dont l’État a subventionné 50 % des travaux engagés par les collectivités avec un taux majoré pour la desserte des zones les plus reculées, constitue un précédent à méditer. L’État doit donc organiser le déploiement du réseau selon le modèle économique et les options technologiques les plus appropriés aux spécificités locales. Nous avons trouvé une grande écoute de la part de la mission France Très Haut Débit. Mais au moment où s’intensifie le déploiement d’un réseau de communications à très haut débit, les moyens humains consacrés, aux niveaux national et local, à ce chantier gigantesque apparaissent encore insuffisants. Il est donc plus que jamais nécessaire de conforter la mission France Très Haut Débit en lui donnant les moyens de ses ambitions. La question de la cohérence territoriale du déploiement fera l’ob-jet de toute la vigilance des élus de la montagne, qui prônent la neutralité technologique : peu importe le support, dès lors que le même service est apporté en tout point du territoire. Les élus de la montagne ne resteront pas les spectateurs passifs du déploiement de la fibre optique dans les zones denses. u anem.fr Pays de Murat Saint-Girons Olmi-Cappella
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    du côté dela montagne 1 Pays de Murat (Cantal) Télécentre, télétravail et développement économique Implanté dans la Maison des services de Murat, le premier télécentre lancé par le Conseil général du Cantal en 2006 propose dix bureaux privatifs dotés d’outils informatiques, d’une connexion Internet haut débit, deux salles de réunion et un système de visioconférence. La salle multimédia permet d’animer des formations sur place. Ces formations, uniques en France, s’adressent à trois publics spécifiques : les télétravailleurs en activité ou en projet d’installation, qui s’y retrouvent en immersion totale pour apprendre, échanger, construire et progresser rapidement dans leur projet ; les responsables et salariés en entreprise ou en collectivité, qui y appréhendent les techniques à adopter, au côté d’un formateur spécialisé dans l’organisation du travail dans le secteur privé ou public ; les chargés de développement économique ou les élus, qui découvrent ainsi une méthode éprouvée 52 Paroles d’élus tome 10 pour développer le télétravail dans leur territoire. Une formation gratuite au télétravail est proposée par la collectivité. La collaboration entre le Conseil général, le réseau national des télécentres (telecentres.fr), l’État et le Fonds social européen permet aujourd’hui d’accueillir une dizaine de Net-entrepreneurs. En 14 sessions, l’espace formation au télétravail indépendant a réuni plus de 200 candidats, issus de toute la France et aux profils variés (demandeurs d’emploi, secrétaires, comptables, traducteurs ou dessinateurs). Le télétravail contribue à la préservation de l’environnement, à la qualité de vie des salariés, et donc à la productivité de l’entreprise. Mais aussi à augmenter l’attractivité du territoire. u telecentres.cantal.fr u paysdemurat.fr u cybercantal.fr “Face à la question prépondérante du télétravail, les territoires ruraux disposent d’un cadre de vie idéal. L’originalité du projet du Conseil général du Cantal est de proposer un véritable réseau de télécentres avec chacun ses spécificités.” Vincent Descoeur, président du Conseil général du Cantal, ancien président de l’Anem Depuis plus de quinze ans, le Département du Cantal utilise le déploiement du très haut débit comme l’un des leviers de son développement économique. Les sept télécentres mis en place dans le cadre du plan CyberCantal, lancé dès 1998, favorisent le désenclavement et l’aménagement des territoires ruraux de moyenne montagne. Ils contribuent à l’attractivité des entreprises, au maintien de la population et au développement économique.
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    2 3 ÀOlmi Cappella, en Haute- parolesdelus.com 53 Corse, les élèves de la classe unique ont été équipés, dès janvier 2010, d’ordinateurs, d’un tableau blanc interactif et d’une connexion Internet haut débit avec WiFi, venus supplanter les craies et le tableau noir. Le projet donne à l’enseignement une autre dimension, s’adaptant au monde auquel il faut préparer les enfants et contribuant à rompre l’isolement géographique. Répondant à l’appel à projet lancé dans le cadre du plan initié par le ministère de l’Éducation nationale, l’installation de la solution proposée par Orange, d’un coût total de 12 000 euros, a été financée à 80 % par l’État et à 20 % par les fonds propres de la commune. Grâce à l’équipement de cette classe unique au sein du dispositif ENR, les dix élèves ont l’opportunité de maîtriser très tôt les outils numériques, atout indispensable pour leur avenir. Mais au-delà de l’apprentissage technique de leur usage, le dispositif leur donne accès à un contenu pédagogique de haut niveau ainsi qu’à une multitude Dans ces territoires, pour la plupart montagneux, l’important est de garantir un accès aux soins urgents et de premiers secours en moins de trente minutes pour les habitants. Le Pays Couserans, initiateur et pilote de l’opération, a associé au projet le Pays de Figeac, en Midi-Pyrénées, mais aussi des territoires espagnols (dans les régions d’Aragon, de Castille-et- León et des Asturies) et portugais (dans la région de l’Algarve). Cela s’est traduit notamment en Couserans, au travers du réseau Ville-Hôpital, par l’ouverture d’une maison médicale, la création de l’HAD – hospitalisation à domicile –, la mise en place Olmi-Cappella (Corse) “As-tu fait tes devoirs numériques ?” Saint-Girons (Ariège) Resater, au service de la santé et de la télémédecine du dossier médical dématérialisé, une meilleure répartition et un meilleur suivi des dossiers de santé. Parmi les moyens mis en oeuvre, neuf stations de télémédecine (visioconférence) dans sept Ehpad et dans deux centres hospitaliers, ainsi que l’installation de liaisons haut débit sécurisées. Résultats tangibles obtenus : la lutte contre la désertification médicale dans les zones de montagne, la diminution du temps d’accès aux prestations, l’augmentation du nombre de réseaux locaux de santé et une meilleure appropriation du numérique par la population. u pays-couserans.fr de sources d’information et de documentation pour compléter les cours, comme si bibliothèques et centres de ressources se trouvaient au coin de la rue. Après quelques mois de fonctionnement, les élèves d’Olmi-Cappella étaient déjà familiarisés à la création d’un site Internet très documenté sur la vie à l’école. Cette activité pédagogique démontre leur maîtrise des outils de communication, à un niveau similaire des élèves des écoles publiques citadines. La réduction de la fracture numérique passe aussi par les chemins de l’école. u Paroles d’élus, tome 6, page 175 “Cette offre de soins adaptée, innovante et évolutive dans ces bassins de santé en difficulté, conforte leur attractivité et favorise notamment l’installation des jeunes médecins. Un moyen de lutter contre la désertification des territoires.” Olivier Rey, directeur du Syndicat mixte du Pays de Couserans “L’école numérique rurale – ENR –, pour une commune située en zone de montagne, souvent isolée, permet de réduire la fracture numérique et offre ainsi aux élèves de la classe unique les mêmes chances de réussite.” Frédéric Mariani, maire d’Olmi-Cappella
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    petites villes Lenumérique au service du développement durable Intégrer le numérique dans les services en réseaux des petites villes est une solution pertinente qui optimise la dépense publique, tout en contribuant à atteindre les objectifs environnementaux. La preuve par l’exemple, à travers quatre de ces bonnes pratiques. Conscientes des intérêts que peut apporter l’intégration du numérique dans les services urbains, de nombreuses petites villes se sont lancées dans l’installation de nouvelles technologies reliées aux services en réseaux. Suivi à distance des consommations muni-cipales d’eau, de gaz et d’électricité, mais aussi tarification adaptée en fonction de la quantité de déchets produits ou mise en place d’outils pour lutter contre la pollution visuelle sont autant d’innova-tions qui contribuent à réduire la dépense publique, à lutter contre le gaspillage énergétique, à protéger les paysages et à mieux répondre aux attentes des citoyens et des entreprises. Le concept de smart city, généralement employé pour les grandes villes, n’est donc pas l’apanage des agglomérations et se décline parfaitement dans ces petites communes qui, elles aussi, comptent sur la généralisation des technologies du numérique pour un développement durable de leur territoire. u apvf.asso.fr 54 Paroles d’élus tome 10 sur le terrain 1 2 Villard-Bonnot 3 Lanton 4 Saint-Amand-Montrond Joigny [DIX ANS] Le numérique en action du côté des
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    parolesdelus.com 55 Villard-Bonnot(Isère) Une appli pour gérer la publicité extérieure En matière de publicité extérieure, la protection des paysages et la mise en valeur du patrimoine de la commune, en tenant compte des réalités économiques, ne peuvent s’effectuer sans une vision globale et précise de l’existant. L’application “ypy”, utilisée à Villard-Bonnot, facilite considérablement l’application de la politique municipale et du règlement local de publicité : elle fait partager leurs informations aux services d’urbanisme, aux services des finances et à la police municipale. Le référencement des surfaces publicitaires (enseignes de commerçants et panneaux), la mise en place et la gestion de la taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE), ainsi que la négociation de contrats de mobilier urbain représentent des enjeux importants pour l’ensemble des collectivités. Soucieuse de bien maîtriser la publicité extérieure sur son territoire, Villard-Bonnot s’est récemment équipée d’une application facilitant le 1 référencement et l’audit de l’ensemble des surfaces publicitaires de la commune. Dotée de la plateforme “ypy”, la Ville a croisé les informations issues des référencements sur le terrain (collectées grâce à une application sur smartphone) et les données administratives détenues en mairie. Une carte précise de la publicité extérieure sur le territoire a ainsi été élaborée, ce qui a permis au service Urbanisme de repérer rapidement les emplacements illégaux et d’engager des procédures de mise en conformité des différents dispositifs publicitaires. La gestion quotidienne des demandes d’implantations d’enseignes et des déclarations préalables de pose de panneaux publicitaires est dorénavant grandement facilitée, et la taxe locale sur la publicité extérieure a pu être instaurée sans difficulté. u villard-bonnot.fr u ypy.fr “L’application ypy favorise une véritable maîtrise de la publicité extérieure sur notre territoire.” Frédéric Ceva, adjoint au maire de Villard-Bonnot, en charge de l’urbanisme Élément indissociable de la vie économique, la publicité extérieure est présente dans toutes les communes de France : enseignes, pré-enseignes et panneaux publicitaires impactent le cadre de vie des habitants. À Villard-Bonnot, une application en optimise la gestion.
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    56 Paroles d’élustome 10 2 Saint-Amand-Montrond (Cher) Capteurs 3 environnementaux : optimiser et protéger La mairie de Saint-Amand- Montrond a mis en oeuvre, avec la Communauté de communes Coeur de France et le Sivu, un suivi à distance des consommations municipales grâce à différents capteurs environnementaux intelligents installés sur des bâtiments communaux. Capteurs de consommation d’eau, de niveau d’hygrométrie, Le déploiement de la télérelève des consommations des compteurs d’eau des foyers de Lanton a été voulu par la municipalité comme un outil d’aide au suivi de consommation des citoyens, mais aussi comme une contribution à la protection de la ressource en eau. Grâce à ce dispositif, Lanton sera, à la fin 2015, la première ville de ce type entièrement connectée. L’implantation de huit antennes, qui s’achèvera d’ici la fin 2015, permettra de communiquer automatiquement les relevés de consommation des compteurs d’eau privés équipés d’un émetteur (4 210 au total). Ces émetteurs enverront deux fois par jour un signal de quelques millisecondes afin de moderniser le service public local de l’eau (suppression de la gêne liée à la relève pour l’usager, facturation plus fréquente, tarification innovante…), de proposer de nouveaux services aux usagers (alerte par SMS en cas de fuite, suivi en ligne de la consommation quotidienne d’eau…), et/ou d’améliorer l’efficacité de l’exploitation du réseau de distribution d’eau potable. Les données des consommations seront collectées automatiquement via un réseau radio basse fréquence ayant pour particularité d’être ouvert et interopérable : il pourra ainsi être utilisé pour la collecte de données d’autres services urbains. u mairie-lanton.fr de bruit, de consommation électrique et de gaz, de qualité de l’air : l’Internet des objets se met au service du développement durable de la ville. Fuites d’eau ou robinets mal fermés dans les vestiaires communaux sont de petits dysfonctionnements quotidiens qui finissent par coûter cher à la collectivité et qui sont préjudiciables à la protection de la planète. Pour mesurer et optimiser la consommation d’eau et d’énergie, la municipalité s’est donc engagée en 2013 dans un projet de télégestion multifluides vers une diminution de la facture de 10 à 15 %. Toute anomalie est dorénavant signalée par SMS aux Services techniques, tandis que le capteur d’hygrométrie détermine la nécessité ou non d’arroser. Grâce à ces systèmes innovants, la Ville de Saint-Amand-Montrond fait preuve d’exemplarité en oeuvrant pour la maîtrise de son empreinte écologique. u ville-saint-amand-montrond.fr u Paroles d’élus, tome 9, page 69 Lanton (Gironde) Télérelève pour une gestion intelligente de l’eau “Il s’agit d’anticiper les nouveaux modes de consommation et de préparer concrètement les collectivités aux défis de la nature. Notre volonté est aussi d’optimiser les ressources financières et fiscales, car nos citoyens exigent de notre part de la rigueur et la garantie d’une qualité de vie maximale.” Thierry Vinçon, maire de Saint-Amand-Montrond du côté des petites villes
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    parolesdelus.com 57 Joigny(Yonne) Des puces sur les poubelles 4 Réduire la production même des déchets, et en particulier des déchets ultimes, dans une logique de maîtrise des coûts et de construction d’un modèle plus durable pour l’environnement : tel est le double enjeu d’une ville en matière de détritus. Pour réduire la quantité de déchets et faire baisser la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, certaines villes, comme Joigny, innovent sur tous les fronts : collecte des déchets, ambassadeur du tri, redevance incitative, équipements intelligents, programme de prévention, mise en place de nouvelles filières, etc. Pour encourager le compostage et éviter que les déchets fermentescibles ne viennent alourdir la collecte en finissant mélangés avec les ordures ménagères dans le centre d’enfouissement, la commune s’apprête à mettre en place, au sein de la Communauté de communes du Jovinien, un dispositif permettant de faire payer l’enlèvement de ses ordures ménagères proportionnellement à la quantité produite par chacun. Des puces sur les poubelles et des badges personnels pour ouvrir des conteneurs d’ordures ménagères vont être installés en vue de la mise en place d’une redevance incitative : chaque foyer paiera selon la fréquence de ramassage de ses déchets. Les élus de la Communauté de communes comptent ainsi faire baisser de 15 % la quantité d’ordures ménagères, bien au-delà des objectifs du programme de prévention signé avec l’Ademe, qui engageait à une réduction de 7 %. u ccjovinien.fr u ville-joigny.fr “Nous mettons tout en oeuvre, en multipliant les initiatives, pour réduire la production de déchets des ménages et des entreprises et, le cas échéant, pour diminuer les coûts de collecte et de traitement.” Nicolas Soret, premier maire adjoint de Joigny, président de la Communauté de communes du Jovinien La redevance incitative sera bientôt une réalité à Joigny, où tous les foyers seront équipés d’un système qui prend en compte la collecte annuelle de leurs déchets. La commune, avec le concours de sa Communauté, met tout en oeuvre pour maîtriser les coûts de traitement des déchets et diminuer leur quantité, en appliquant un programme de prévention ou en favorisant la réutilisation ou le recyclage, dans une logique de développement durable.
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    développement économique Lesprincipales marges de progrès économique se situent encore et toujours au niveau du développement des usages et de l’appropriation des outils numériques par les acteurs économiques. Interview de Pascal Allizard, président du Cner (Fédération des agences de développement et des comités d’expansion économique). 58 Paroles d’élus tome 10 Pascal Allizard, président du Cner “Se connecter au jeu économique mondial grâce au numérique.” Paroles d’élus En quoi le numérique est-il devenu un fac-teur indispensable au développement économique des ter-ritoires ? Pascal Allizard Ces dernières années, le numérique a totalement bouleversé la donne en matière de développement économique pour les territoires. Les réseaux à haut débit sont aujourd’hui aussi nécessaires que les autoroutes, et ils sont la condition sine qua non du maintien et du développement de l’attractivité des territoires, pour les nouveaux investisseurs tout autant que pour les entre-prises déjà implantées. Pour les territoires ruraux en particulier, il s’agit d’un atout majeur afin d’attirer notamment de nouvelles populations, qualifiées et actives, à la recherche d’une meilleure qualité de vie. De même, c’est par le numérique que ces territoires ruraux et leurs entreprises peuvent se connecter aux marchés du monde entier et être insérés dans le jeu économique mondial au même titre qu’une métropole. Au-delà des infrastructures, quel a été l’impact du numé-rique sur les usages des professionnels du développement économique ? Le métier de développeur économique a profondément évolué, en particulier la promotion de l’attractivité du territoire via des actions de marketing ciblées. Aujourd’hui, le webmarketing permet aux territoires de diffuser des messages très finement adaptés à des [DIX ANS] Le numérique en action du côté du
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    sur le terrain 1 2 OnlyLyon 3 “Le numérique a totalement bouleversé la donne en matière de développement économique pour les territoires.” Pascal Allizard, sénateur-maire de Condé-sur-Noireau, président du Cner, président de l’agence de développement économique Calvados Stratégie Lozère Développement parolesdelus.com 59 catégories de prospects très spécifiques. Au sens large, le marke-ting territorial (lire l’expérience d’OnlyLyon en page 63) s’appuie sur une vaste palette d’outils numériques qui vont de l’animation de communautés sur les réseaux sociaux à l’organisation de conven-tions d’affaires virtuelles, en passant par la détection en ligne de projets d’investissements. Pour prendre un autre exemple, le numérique permet de mettre en place des systèmes de veille très efficaces pour rassembler les offres de marchés publics européennes et internationales. Peut-on dire que le numérique a modifié le tissu économique des territoires ? Le numérique est structurant pour les entreprises, qu’il s’agisse d’outils de travail ou d’organisation, avec les possibilités de travail à distance, par exemple. Au-delà de son impact sur les entreprises et leurs salariés, le numé-rique a contribué à faire émerger de nouvelles filières économiques. Je prendrai l’exemple de la silver économie : l’accompagnement des personnes âgées en perte d’autonomie, dont les enjeux sont majeurs pour les collectivités, a été transformé par le numérique, avec le développement d’objets connectés, l’arrivée de la maison intelligente (lire l’expérience d’Ariège Expansion en page 62), etc. Les agences de développement économique accompagnent ces changements en détectant les porteurs de projets innovants et en les soutenant dans leur développement. Plus largement, le numérique met en contact potentiel n’importe quelle entreprise avec le marché mondial, lui offrant ainsi l’opportu-nité d’un développement internationalisé, quelle que soit sa localisa-tion (lire l’expérience de Lozère Développement en page 63). C’est pourquoi des agences de développement économique ont bâti pour les entreprises de leur territoire des places de marché virtuelles afin de rendre visibles leurs produits locaux partout sur le globe. Et demain ? La révolution numérique n’est pas près de s’achever ! L’impres-sion 3D et le développement de la robotique, pour ne citer que deux exemples, vont continuer à modifier les économies de nos territoires. Les agences de développement économique, grâce à leur expertise et à leur connaissance intime des entreprises de leur territoire, l’ont bien compris : elles ont ainsi déjà adapté leur accompagnement à ces changements majeurs par un fort investis-sement dans des services numériques aux entreprises de nouvelle génération, comme le crowdfunding, notamment. u cner-france.com Ariège Expansion
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    du côté du OnlyLyon (Rhône) Marketing territorial 1 Créée en 2007, fédérant 19 partenaires institutionnels et SUR le web et économiques de Lyon la démarche OnlyLyon utilise tous les atouts du numérique pour mener à bien ses missions : les réseaux sociaux promouvoir l’image et la notoriété du territoire lyonnais et renforcer son attractivité. La création et l’animation du réseau des ambassadeurs de Lyon, qui compte aujourd’hui plus de 15 500 membres, se sont appuyées dès le départ sur des outils digitaux. Ces ambassadeurs agissent comme une caisse de résonance pour la démarche de marketing territorial menée par OnlyLyon et contribuent à faire connaître, faire aimer, et faire venir à Lyon. Facebook, Twitter, LinkedIn, Youtube… mais aussi Weibo et WeChat : OnlyLyon s’investit fortement sur les réseaux sociaux. Et cet engagement s’avère payant : 560 000 fans sur les pages Facebook Lyon et OnlyLyon, 17 000 followers sur Twitter… Et 12 millions de vues lors de la dernière campagne Emirates sur la nouvelle liaison aérienne Lyon-Dubaï. 60 Paroles d’élus tome 10 Le digital est également un outil de comarketing pour OnlyLyon : le OnlyLyon buzz, opération menée en partenariat avec cinq écoles de communication, a abouti à la création de plusieurs dizaines de vidéos de grande qualité par les étudiants. Enfin, les outils digitaux renforcent l’attractivité de la métropole lyonnaise auprès de ses cibles prioritaires via des campagnes internationales ciblées et géolocalisées. Sont ainsi en cours une campagne mondiale sur TripAdvisor afin d’attirer les touristes, une campagne sur LinkedIn pour les investisseurs, et une campagne sur les écrans digitaux des aéroports de Paris. u onlylyon.org développement économique
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    2 3 Avecun tiers de sa population parolesdelus.com 61 âgée de plus de 60 ans, l’Ariège est un territoire où la silver économie représente un enjeu majeur. Depuis trois ans, Ariège Expansion s’engage pour structurer la filière et faire émerger des solutions. Elle détecte et soutient les porteurs de projets proposant des technologies numériques ou des services pour le maintien à domicile ou l’autonomie des personnes âgées. Par exemple, le projet Sacha (Search and Computerize Human Acts) vise à réaliser un patch souple pour les personnes âgées atteintes d’Alzheimer afin de prévenir les fugues et de détecter les chutes. Dans le cadre du projet Madam (Maintien à domicile pour l’autonomie), une plateforme d’assistance 24 heures sur 24 a été mise en place : des capteurs domotiques et une caméra non intrusive couplée à une box et à une plateforme cloud en ligne transmettent une alerte en cas de chute, de gaz non éteint ou de fugue. Ces projets ont été réalisés grâce à la mise en réseau des divers acteurs de la silver économie : hôpitaux, Ehpad, gérontopole de Toulouse, sociétés Les agences de développement sont des “laboratoires de projets”. La mise en réseau des entreprises et des acteurs économiques du territoire fait partie des missions des agences de développement. Lozère développement s’est ainsi dotée d’une solution originale et efficace : une plateforme de veille collaborative pour aider les acteurs économiques à mieux se connaître, à échanger des idées et à interagir avec leur environnement : ambassadeurs-lozerenouvellevie. com Entrée en service en juin 2014, la plateforme ambassadeurs- Ariège Expansion (Ariège) Silver économie : l’Ariège, territoire d’expérimentation Lozère Développement (Lozère) Plateforme collaborative : une nouvelle vie pour les entreprises lozerenouvellevie.com a été entièrement réalisée en interne par l’agence à partir du logiciel libre Wordpress. Elle permet de partager aisément avec ses partenaires les informations économiques que l’agence recueille, aussi bien que la veille économique qu’elle réalise. Autre avantage de cette solution : des échanges facilités sur des thématiques spécialisées de développement économique (écomatériaux, sous-traitance industrielle, agro-industrie…) via des groupes de discussion et des groupes de travail. Enfin, la plateforme permet de soutenir le Club des ambassadeurs économiques de la Lozère. Une prestation de moins de 3 000 euros a été nécessaire pour finaliser les développements et installer la plateforme sur un serveur de production. Pour le reste, elle a demandé une vingtaine de journées de développement au webmaster de l’agence. u ambassadeurs-lozerenouvellevie.com u lozerenouvellevie.com de services à la personne, laboratoires de recherche, etc. L’Ehpad Bellissen accueille ainsi une pépinière d’entreprises, au plus près des personnels de santé et des patients. Aujourd’hui, l’agence va plus loin avec e-Apy (e-autonomie en Ariège Pyrénées), pour faire de l’Ariège un territoire d’expérimentation et de démonstration avant la diffusion des solutions sur le plan régional, national ou international. Deux axes de travail ont été déterminés : se lancer dans des projets collaboratifs avec recherche de financements, en s’affranchissant, si possible, des procédures classiques d’appels d’offres ; développer de nouvelles solutions technologiques ou des services innovants répondant aux attentes par la mobilisation des partenaires ou des compétences en Ariège et au-delà. u e-apy.fr “La démarche d’attractivité de la Lozère passe par l’affirmation d’atouts, de compétences, de ressources propres à notre territoire. Je souhaite que la Lozère soit identifiée et rayonne dans ses secteurs d’excellence.” Jean-Paul Pourquier, président de Lozère Développement, président du Conseil général de la Lozère “Avec e-Apy, notre objectif est de faire de nos contraintes – vieillissement de la population, coût des dépenses sociales ou de santé – une action de développement économique contribuant à mieux utiliser les fonds publics aux besoins de soins et de prise en charge de la dépendance.” Alain Grenier, président d’Ariège Expansion
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    entreprises publiques locales Plus de 1 200 entreprises publiques locales étaient en activité début 2014, représentant plus de 74 000 emplois et un chiffre d’affaires actualisé de plus de 12 milliards d’euros. Ces entreprises publiques locales tiennent un rôle essentiel en matière de déploiement du numérique dans les territoires, comme le démontrent les quatre initiatives suivantes. 62 Paroles d’élus tome 10 sur le terrain 1 2 N’PY SEM Pyrénées 3 Week Me Up SEM Pau Pyrénées Oppidea Blagnac 4 STGA Grand Angoulême [DIX ANS] Le numérique en action du côté des
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    parolesdelus.com 63 N’PY(Hautes-Pyrénées) N’PY fait le buzz sur les réseaux sociaux La société d’économie mixte des Pyrénées N’PY gère l’offre touristique de huit stations pyrénéennes (Peyragudes, Piau Engaly, Grand Tourmalet, Luz Ardiden, Cauterets, Gourette, La Pierre-Saint-Martin et le Pic du Midi). Présente sur Facebook, Twitter, Instagram et Google +, la marque N’PY se place dans le trio de tête des stations de ski françaises sur les réseaux sociaux. Depuis 2013, un site de réservation en ligne donne accès à plus d’une centaine de prestataires, de l’hébergement à la location de skis, en plus du forfait en ligne. Dernière application, N’PY Connection, sur Facebook, crée une communauté de skieurs pyrénéens pour favoriser le covoiturage et le partage d’hébergement. Simple et convivial ! u n-py.com “Classé dans le top 5 des domaines skiables français, N’PY compte plus de 60 000 fans et abonnés sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Instagram…). Prochain challenge, devenir le premier opérateur de séjours dans les Pyrénées avec la marketplace.” Michel Pélieu, président de N’PY, président du Conseil général des Hautes-Pyrénées 1 Pionnière en matière de marketing et de commerce numérique, N’PY, la SEM des Pyrénées, utilise les réseaux sociaux pour fidéliser les skieurs sur son domaine skiable et créer des réseaux d’ambassadeurs sur la Toile.
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    du côté desentreprises publiques locales 2 3 À Blagnac, la Sem Oppidea, 64 Paroles d’élus tome 10 chargée de l’aménagement de l’écoquartier Andromède pour le compte de Toulouse Métropole, réalise des logements évolutifs qui s’adaptent aux personnes âgées ou en situation de handicap. L’opération s’inscrit dans la démarche Autonomie de Toulouse Métropole et sera mise en oeuvre lors de la construction d’un immeuble prévue en 2015. À partir des expériences en domotique menées par la Maison intelligente de l’IUT de Blagnac, La SEM Pau Pyrénées, gestionnaire d’un pôle d’activités de 40 entreprises et 1 200 salariés, met à leur disposition une plateforme numérique. Appelée Week Me Up, la plateforme propose depuis 2012 un service de conciergerie (du pressing à la cordonnerie), un module de petites annonces, une boutique en ligne de produits locaux et livrés sur zone. Les solutions offertes facilitent le quotidien des usagers et étoffent les missions d’intérêt général de la SEM, tout en développant de nouveaux usages porteurs d’emplois de proximité. Le dispositif crée, en outre, une communauté entre les membres, des liens entre les entreprises et de la solidarité. Convaincue de ces bienfaits, la SEM Pau Pyrénées propose des ateliers Oppidea (Haute-Garonne) Logements adaptables au vieillissement SEM Pau Pyrénées (Pyrénées-Atlantiques) Saisir le potentiel des plateformes numériques “des proximités augmentées”, destinés à d’autres entreprises publiques locales afin de tirer le meilleur parti du numérique dans les zones d’activité économique, mais aussi en matière de tourisme, de logement social et de loisirs. u sempp.fr le projet met aussi en place des innovations en matière d’e-santé. L’enjeu est de favoriser le maintien à domicile des personnes âgées, qui ressentent la perte d’autonomie plus rapidement dans des logements inadaptés ou isolés. Outre la création d’une centaine de logements évolutifs, la Sem Oppidea intègre à l’environnement des commerces et services de proximité. Des solutions pour mieux vieillir à Blagnac ! u oppidea.fr “Notre premier objectif est d’exploiter le numérique comme une ressource locale ! Accessible notamment depuis l’appli Week Me Up, la plateforme de services vise à favoriser l’économie locale via une e-boutique réservée aux achats de proximité.” François Bayrou, maire de Pau, ancien ministre “Oppidea est engagé au côté de Toulouse Métropole pour développer des logements évolutifs et adaptables, en lien avec les innovations d’e-santé.” Gilles Broquere, président d’Oppidea, président de la commission Développement économique et Emploi de Toulouse Métropole, maire de Fenouillet
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    parolesdelus.com 65 surles smartphones en 2010 grâce à des QR codes installés dans les abribus. Pour un service encore plus efficace et solidaire, l’application VocaBus utilise ces avancées technologiques et transmet les données vocalement. Gratuite, l’application pour iPhone et Android géolocalise automatiquement l’utilisateur et détecte l’arrêt le plus proche, ainsi que le délai d’attente des deux prochains bus. Pour actualiser l’information, il suffit ensuite de secouer son téléphone. Très simple d’utilisation, cette innovation, développée en interne avec une association de malvoyants, fait l’objet d’une licence gratuite à disposition de toutes les agglomérations. Une innovation qui profite à tous. u stga.fr La Société de transports du Grand Angoulême (STGA) a lancé en 2013 son application mobile VocaBus, dernier développement d’une série d’innovations numériques. Ainsi dès les années 1980, la SEM met en place un système de suivi des bus en temps réel. Il devient accessible “Le développement du numérique est une priorité pour la STGA, tant vers l’information voyageurs que dans le fonctionnement interne du réseau. Pour les voyageurs malvoyants, la STGA a développé VocaBus, application qui annonce le temps d’attente des prochains bus à l’arrêt et guide le voyageur en utilisant les fonctions Voice Over des smartphones.” Michel Germaneau, vice-président du Grand Angoulême, chargé de l’aménagement durable du territoire et des politiques de mobilités, maire de Linars STGA (Charente) VocaBus, appli 4 vocale pour malvoyants
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    [DIX ANS] Lenumérique en action du côté des Les grandes métropoles doivent faire face à d’immenses défis, imbriqués, liés à la raréfaction de l’espace, à la concentration des populations, à l’engorgement des moyens de communication et à l’impérieuse nécessité de réduire leur empreinte environnementale. La “smart city” implique de passer d’une vision par “silo” à une approche intégrée, systémique des politiques publiques, où le numérique s’impose comme un moyen de fédérer et d’optimiser les infrastructures urbaines. 66 Paroles d’élus tome 10 Moins énergivore, plus efficiente et agréable La smart city repose sur des infrastructures très haut débit performantes et, au-delà de la connexion des habitations et des entreprises, sur un maillage toujours plus fin de la couverture sans fil. Jardins et places publiques, parkings souterrains, métro, partout la connectivité est l’une des conditions premières de la ville intelligente. Ces réseaux servent à collecter d’énormes quantités de données qui constituent le véritable “carburant” de la ville intelligente. Issues de capteurs (présence, tem-pérature, pollution…), des objets connectés (valideurs de transports, compteurs, poubelles, véhicules…), ou fournies par les utilisateurs (réseaux sociaux, données de connexion…), les données sont compilées, corrélées et interprétées en temps réel, offrant aux collectivités la possibilité de mieux piloter la ville et d’informer le citoyen pour prendre les bonnes décisions. Mots croisés Antoine Picon, ingénieur et architecte, auteur de Smart Cities : théorie et critique d’un idéal auto-réalisateur, et David Lisnard, maire de Cannes et vice-président du Conseil général des Alpes-Maritimes, échangent leur point de vue autour du concept de smart city. Paroles d’élus Quelle est votre définition de la smart city ? Antoine Picon La smart city est une ville actionnée par des capteurs, “monitorée” par des écrans qui suivent tout ce qui s’y passe en temps réel. On a souvent tendance à opposer deux visions de la smart city : l’approche “néo-cyberticienne” d’une ville pilotée depuis un centre de contrôle, défendue par des entreprises comme IBM ou Cisco ; à l’opposé, la smart city version Wikipédia, gérée par et pour les citoyens. En réalité, tous les problèmes ne se règlent pas par des puces et des capteurs et on ne peut pas non plus gérer le métro sur le modèle de Wikipédia. Quels sont les domaines d’application de la smart city ? Les transports et la mobilité sont sans doute les domaines où les projets sont les plus aboutis. L’accès au trafic et aux délais d’attente en temps réel, la possibilité de combiner l’offre de transports pour ses déplacements, le parking intelligent… en sont quelques exemples. Viennent ensuite les réseaux : eau, assainissement, et surtout l’énergie, avec les “smart grids”. Puis, tous les projets destinés à simplifier les relations entre les citoyens et l’administration. territoires urbains Les promesses de la smart city
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    sur le terrain 1 2 3 parolesdelus.com 67 Mais la smart city, c’est aussi une administration plus ouverte sur le monde : mise à disposition des données publiques (open data), émergence de nouvelles formes de collaborations avec les entre-prises (living labs, concours d’applications…), usage quotidien des réseaux sociaux et coconcep-tion des politiques publiques avec les citoyens en sont également des caractéristiques essentielles. Aujourd’hui, l’ensemble des grandes villes fran-çaises ont initié des projets liés à la ville intelligente. Dans le domaine de la mobilité, par exemple, l’am-bition est de construire une offre intégrant transports en commun traditionnels, véhicules partagés et marche à pied pour faciliter les déplacements sans augmenter l’empreinte carbone. Cette “mobilité intelligente” repose sur une billettique unifiée, un sys-tème d’information en temps réel et des solutions de mobilité électrique (billettique sur mobile à Caen, Nice et Strasbourg ; Autolib, le système d’autopar-tage parisien, a essaimé à Besançon, Grenoble et Lyon). La transition énergétique génère aussi de très nombreux projets liés aux compteurs (smart meter) et aux réseaux électriques intelligents (smart grids). Lyon et Grenoble s’intéressent à l’appropriation des compteurs intelligents par les utilisateurs, Nice teste un “quartier solaire intelligent”, alors qu’Issy-les- Moulineaux a initié un projet où les entreprises installées dans des bâtiments à énergie positive peuvent la redistribuer aux immeubles environnants. u grandesvilles.org Quelle place du citoyen dans la smart city ? Grâce au numérique, le citoyen a plus de pouvoirs, avec l’émergence de formes de coopération iné-dites, comme la cartographie contributive (Open Street Maps). Mais sur Internet, on ne vote pas… on partage ! Les élus doivent en prendre conscience et chercher à “augmenter” la réalité démocratique par de nouvelles pratiques. Je suis convaincu que la ville est le laboratoire idéal pour ces nouvelles formes de coopération hommes-machines. Paroles d’élus La smart city n’est-elle pas une utopie ? David Lisnard L’histoire déborde de supposées utopies qui ont changé le monde et transformé la vie des hommes. Comme la révolution numérique, qui ne cesse de s’amplifier au gré des nouveaux moyens de communication. L’homme cherche intrinsèquement à être relié, à faire lien avec l’autre, une communauté, un terri-toire. Le développement des réseaux repousse les limites de la connexion. Il n’y a pas de prospérité sans échanges, partage, flux ; et la cité ne peut se priver de ce vecteur de prospérité sociale, culturelle, économique, environnementale. Selon vous, quel est le périmètre de services de la smart city ? À Cannes, nous en avons déjà développé plusieurs aspects : le suivi des transports en temps réel, une vidéoprotection intelligente, une signalisation vocale pour la traversée des piétons malvoyants, des cap-teurs pour limiter la consommation d’énergie sur les espaces publics, le paiement à distance du sta-tionnement, etc. Nous allons développer les spots WiFi gratuits, les services en ligne accessibles à tout moment pour simplifier les démarches dans le cadre d’une mairie numérique, une application smartphone pour signaler une anomalie sur le domaine public. Avec un objectif : rendre notre ville toujours plus pratique et agréable. Quelle place du citoyen dans la smart city ? Le citoyen n’est pas un simple “consommateur de la cité”. La smart city, tout en contribuant à l’amélioration du cadre de vie, doit être un nouvel espace de démocratie participative. La gouver-nance numérique, qui s’intègre à la démocratie représentative et ne la remplace pas, doit viser à favoriser la participation citoyenne, catalyser le débat d’idées, partager l’information, fluidifier la communication et l’interaction citoyens-collecti-vité. L’e-citoyen doit devenir coproducteur de la politique municipale. Toulouse Nantes Lyon
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    du côté desterritoires urbains Toulouse (Haute-Garonne) Une smart city 1 en rose Toulouse sera la première ville à implanter l’Application billettique commune (ABC), un système qui doit permettre à n’importe quel détenteur de smartphone NFC de payer et de valider son titre de transport avec son mobile. L’application, coconçue avec des acteurs nationaux et une dizaine de réseaux de transports en France, aura la particularité de fonctionner sur les réseaux de transport toulousains, mais aussi dans toutes les villes équipées de l’ABC. En matière de données publiques, un portail offre la possibilité de télécharger près de 200 jeux de données de Toulouse Métropole et de ses communes membres : ces datas ont contribué à faire émerger des applications citoyennes pour faciliter les déplacements partagés à vélo (VélÔToulouse), pour valoriser les événements locaux, ou encore pour visualiser les données budgétaires par grands domaines d’intervention. La Ville préside, du 68 Paroles d’élus tome 10 reste, depuis 2013 l’association OpenData France, qui fédère les collectivités locales engagées dans l’ouverture de leurs données. Dans le domaine des réseaux électriques intelligents, la Métropole accueille sur son territoire le projet SoGrid. Ce démonstrateur, qui réunit une dizaine de partenaires industriels, vise à améliorer la communication de l’ensemble des équipements installés sur le réseau électrique grâce à la technologie du courant porteur en ligne (CPL) et à des capteurs intelligents. Enfin, Toulouse expérimente des services de stationnement intelligent sur voirie avec des capteurs qui signalent aux automobilistes les espaces de stationnement disponibles en temps réel u toulouse.fr “Toulouse, terre d’expérimentation et entrepreneuriale en termes de ville intelligente, réfléchit à la ville de demain pour le « mieux vivre et travailler ensemble » de ses citoyens.” Bertrand Serp, vice-président de Toulouse Métropole, conseiller municipal délégué en charge du numérique Open data, mobilité 2.0, smartgrid…, la ville rose est engagée dans un ambitieux programme lié à la smart city.
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    2 3 parolesdelus.com69 Avec son programme Grand Lyon Métropole Intelligente, l’Agglomération fait le choix d’anticiper la ville de demain. Une démarche simple pour rendre la vie en ville plus facile, plus fluide, plus agréable, et accroître, par l’innovation, le service rendu à ses citoyens. Depuis 2012, le Grand Lyon expérimente la ville intelligente avec une centaine de partenaires publics et privés autour d’une quarantaine d’expérimentations dans quatre domaines : • les nouvelles mobilités : avec une centrale de mobilité intermodale et prédictive baptisée Optimod’Lyon et l’application OnlyMoov’, le vélo et l’automobile électrique partagés avec Vélo’V, BlueLy et SunMoov’, la simplification du fret urbain et l’optimisation des plans de transports, le covoiturage avec une plateforme dédiée, etc. • Les services numériques : horodateurs à paiement sans contact, mobilier urbain interactif, services dématérialisés de la Ville, capteurs de l’état de la voirie, et, tout récemment, une application pour localiser d’un seul clic les grands parcs et sentiers nature de l’agglomération (Grand Lyon Nature) ; • l’énergie et les smart grids : le projet “Lyon Smart Community” du quartier Confluence (bâtiments à énergie positive, autopartage À Nantes, ville intelligente rime avec aménagement urbain, développement durable et participation citoyenne. L’un des projets les plus emblématiques de la démarche de la Ville et de Nantes Métropole se développe dans le quartier de la Création, qui s’inscrit dans le cadre de la réhabilitation de l’île de Nantes (friche industrielle de 337 hectares au coeur de la métropole). À terme, ce quartier réunira 10 000 étudiants (école de beaux-arts), créatifs, chercheurs, artistes, start-upeurs… et mêler lieux de création, de production et d’espaces culturels pour faire émerger un pôle d’excellence d’envergure nationale dans le domaine des industries culturelles et créatives. Ce sera aussi un écoquartier aux plus hauts standards de qualité environnementale, où le numérique sera discret mais omniprésent dans les infrastructures, les services, et l’animation même du projet. Loin d’une vision technologique, la particularité de la démarche nantaise en matière de smart city est son approche durable de l’innovation. “Les nouvelles technologies offrent un potentiel fort pour rationaliser la gestion des transports, partager des informations ou encore prendre des décisions. Mais derrière ces considérations techniques se pose une question politique : le partage de la connaissance, la question de notre modèle de société et de notre mode de gouvernance. Aujourd’hui, nous devons répondre à une demande toujours plus forte des citoyens en termes de services et éviter par-dessus tout la fracture entre les connectés et ceux qui ne le sont pas”, explique Johanna Rolland, maire de Nantes. u nantesmetropole.fr de véhicules électriques alimentés à 100 % par énergie renouvelable, suivi des consommations d’énergie sur tablettes tactiles, suivi et pilotage des données énergétiques à l’échelle du quartier), le déploiement des compteurs intelligents Linky et la multiplication d’expérimentations adossées à ces compteurs qui permettent notamment le suivi et la réduction des consommations d’énergie, etc. • Les conditions de l’innovation : des programmes dédiés aux start-up, des pépinières et des espaces de coworking en lien avec les nouvelles technologies, une plateforme d’accès aux données numériques du territoire (Grand Lyon Smart Data), un “living lab urbain” autour de la donnée numérique pour faire émerger de nouveaux services de la ville intelligente, etc. u grandlyon.com Lyon (Rhône) Expérimenter la ville de demain par Karine Dognin-Sauze, vice-présidente de la Communauté urbaine de Lyon, adjointe au maire Nantes (Loire-Atlantique) La smart city durable, culturelle et créative “Nous avons l’ambition de déployer les technologies numériques pour rendre la ville plus facile grâce à une approche collaborative avec les acteurs de l’économie numérique, les entreprises, les services publics et les citoyens.” Johanna Rolland, maire de Nantes, présidente de Nantes Métropole
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    [DIX ANS] Lenumérique en action du côté des Un seul mot d’ordre : faciliter la vie des habitants et des visiteurs ! Leur faire bénéficier du meilleur cadre de vie ; offrir des prestations publiques performantes et ajustées aux besoins ; renforcer l’attractivité des agglomérations, du centre-ville aux communes périurbaines et rurales qui les entourent : voilà les voeux que formule la présidente de Villes de France en matière de numérique. 70 Paroles d’élus tome 10 Caroline Cayeux, maire de Beauvais, sénatrice de l’Oise, présidente de Villes de France promouvoir le numérique et anticiper ses innovations Notre société vit une révolution numérique dans laquelle le rôle des élus est capital : pour impulser et diffuser l’innovation, pour accompagner le changement social qu’il induit, pour s’assu-rer que tous dans nos villes pourront s’approprier les opportunités nouvelles qu’il offre, quels que soient l’âge, le lieu de résidence et le niveau de vie des habitants. Il revient aux élus de promouvoir une utilisation moderne des outils numériques et d’Internet, et plus encore d’anticiper les innovations à venir et leur application future. Dans les villes, centres de bassins d’emplois et relais entre les métropoles et les territoires ruraux, le numérique est un outil aux mains des décideurs, leur permettant de s’assurer que leur territoire reste attractif, d’améliorer les condi-tions de vie des populations et la qualité des services publics. Mieux communiquer, mieux se déplacer, mieux se soigner où que l’on habite, accéder aux informations en temps réel, simplifier les démarches administratives, tels sont les services que les élus de Villes de France veulent offrir à la population urbaine de France, non pas demain, mais dès aujourd’hui. Dès aujourd’hui, les élus ont entrepris de transformer la ville, et avec elle l’école (Arras), le patrimoine (Albi), la vie des plus vulnérables (Vannes). Si le numérique peut transformer la vie des gens, il peut aussi transformer l’action publique locale, comme l’illustre le pro-jet mené par Lannion, anticipant les exigences de l’open data et associant les habitants à la création de leurs propres applications numériques. Les citoyens disposent ainsi d’outils parfaitement ajus-tés à leurs besoins. Par ces nouveaux projets dont les élus vous proposent ici quatre illustrations, Villes de France témoigne de son engagement pour promouvoir la ville numérique de demain, au service des 30 mil-lions d’habitants qu’elle représente. villes de France
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    parolesdelus.com 71 sur le terrain 1 2 Arras 3 Albi Lannion 4 Vannes Arras (Pas-de-Calais) Portail famille et visite 1 virtuelle du château de Versailles La ville d’Arras s’est emparée château de Versailles et la ville du numérique pour simplifier d’Arras. Les élèves peuvent et optimiser les services aux ainsi assister à une visite animée élèves et à leurs familles. Dans par un conférencier présentant le contexte de réforme des le château en direct, en se rythmes scolaires, la Ville d’Arras connectant à une plateforme a en effet décidé de mettre collaborative en ligne via un le numérique au service de tableau numérique interactif. l’éducation. Deux projets innovants La classe et le conférencier ont été menés de front : le portail échangent pendant une heure, Internet Arras Famille et des grâce à l’installation de webcams. visioconférences en direct Cette innovation technologique du château de Versailles dans inédite se met ainsi au service les écoles pendant le temps de l’accès à la culture pour d’activité périscolaire (TAP). les élèves des 14 écoles qui participent à cette expérience. L’objectif du portail Arras Famille u arras.fr est de simplifier les démarches des usagers, notamment pour l’inscription aux TAP, à l’école, dans les centres de loisirs, à la cantine, pour le paiement des factures de ces prestations, etc. Désormais, toutes les démarches relatives aux services éducation, jeunesse et petite enfance peuvent être effectuées en ligne. La visite en visioconférence du château de Versailles pendant les TAP pour les classes de CM1 et de CM2 est le fruit d’un partenariat entre Orange, le “Arras a placé la réussite éducative au coeur de ses priorités et se veut en phase avec les nouveaux usages. Au service de la collectivité, le numérique ouvre de nouvelles perspectives aux enseignants, aux élèves et aux familles.” Frédéric Leturque, maire d’Arras, secrétaire général de Villes de France
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    2 Albi (Tarn) du côté des villes de France huit siècles d’histoire accessibles de chez vous ! Suite au classement Unesco de la cité épiscopale d’Albi en 2010, la Ville a développé en 2012 un site Internet spécialement consacré à la cathédrale Sainte-Cécile (construite à partir de 1282), qui propose une visite virtuelle en 3D de l’édifice et de ses environs. C’est dans le cadre d’une politique de valorisation de son patrimoine par le numérique qu’Albi a développé cette visite virtuelle et interactive à 360 degrés qui donne la possibilité à l’internaute d’évoluer au-dessus et à l’intérieur de la cathédrale, d’écouter l’orgue, mais également de découvrir des points de vue insolites depuis le ciel sur la cité épiscopale. Grâce à cet outil multimédia puissant, le visiteur virtuel peut découvrir l’édifice dans ses moindres détails, s’instruire et s’informer. En effet, un travail particulier 72 Paroles d’élus tome 10 a été effectué sur les voûtains peints de la voûte principale, chef-d’oeuvre absolu de la peinture monumentale, grâce à un outil nommé “Zoomify”. Ce dernier offre une image dotée d’un degré de détail jamais atteint jusqu’alors, associée à des textes explicatifs pour donner à voir les voûtes. Ainsi, grand public comme professionnels et universitaires, Albigeois et internautes du monde entier peuvent découvrir et redécouvrir les richesses de la cathédrale. En 2013, la volonté de pousser plus en avant cette technologie a permis d’ajouter une visite virtuelle du sentier de randonnée urbaine, “l’Échappée verte”, permettant la découverte sous forme de fiches interactives de la faune et de la flore que le marcheur peut y rencontrer. u cite-episcopale-albi.fr u albi.fr “Survoler le quartier, visiter la cathédrale d’Albi, contempler les fresques intérieures… Tout cela a été rendu possible grâce à un usage novateur du numérique.” Philippe Bonnecarrère, sénateur, président de la Communauté d’agglomération de l’Albigeois, conseiller municipal délégué au patrimoine et à l’inscription de la cité épiscopale d’Albi au patrimoine mondial La visite virtuelle d’Albi, présente sur le site de la ville et sur le site cite-episcopale-albi.fr a été consultée plus de 60 000 fois depuis sa création en 2012.
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    3 4 parolesdelus.com73 Vannes propose à sa population de se familiariser avec le numérique dans un cybercentre, Médiacap, qui propose notamment des formations pour les personnes visuellement déficientes. Ville Internet labellisée @@@@@ depuis plusieurs années, Vannes a toujours été très engagée dans la société de l’information et l’usage du numérique au service de ses habitants. L’enjeu de l’accompagnement aux usages est facilité par la création d’espaces publics numériques, d’actions vers les écoles ou la mise en place de dispositifs pour les entreprises. Des tablettes numériques ont été déployées auprès du conseil municipal, dans le cadre de la modernisation de l’administration, et les écoles ont bénéficié Lannion (Côtes-d’Armor) Numérique et innovation au service du quotidien des habitants Dans le cadre d’Innov@Lannion, des habitants ont développé une quinzaine d’applications via la mise à disposition de la plateforme de développement open source d’Orange Emerginov, couplée à des données publiques de la ville. Innov@Lannion est un partenariat entre Orange, la Ville de Lannion, Lannion Trégor Communauté, l’Enssat et le fablab de Lannion, dont l’objectif est de permettre aux habitants de créer des microapplications SMS, vocales et web. Lannion a été retenue pour sa connaissance du tissu associatif et sa capacité à fournir des données aux développeurs. Les habitants ont profité de cette solution technique et des données gratuitement, à titre expérimental, pour permettre aux usagers (étudiants, associations) d’utiliser des services basés sur des accès voix, SMS et/ou web lors d’Innov@Lannion. Ont été orchestrés des rencontres et présentations du service, des formations au codage et un concours qui promeut l’élaboration d’applications utilisables au quotidien. Deux Vannes (Morbihan) Médiacap : numérique pour tous et partout concours de codage ont été organisés en 2013 et 2014, avec sept puis 15 applications, développées par des étudiants. Ces concours ont aussi accueilli des rencontres sur les thèmes de l’open data, de l’open street map, des objets connectés. La régularité des rencontres favorise une mise en relation efficace des différents acteurs du territoire. u ville-lannion.fr u facebook.com/pages/Innov-A-Lannion/ 443077515794238 u fablab-lannion.org du raccordement à la fibre, pour une plus grande diffusion des savoirs. Le centre multimédia Médiacap propose une assistance personnalisée à l’utilisation des outils numériques – ordinateurs, tablettes, smartphones – mais aussi des ateliers d’initiation de premier niveau et à destination des seniors. Particularités de ce service, l’accès à la formation est basée sur les quotients familiaux, et des formations spécifiques ont été mises en place à destination des personnes visuellement déficientes. Depuis trois ans, les animateurs du centre travaillent directement avec les centres socioculturels et viennent dispenser leurs formations au coeur des quartiers, dans les endroits que les administrés fréquentent habituellement. Un nouvel axe d’actions va dorénavant être privilégié en plus des initiatives actuelles : les technologies en support du lien intergénérationnel. Le numérique, pour tous et partout ! u mairie-vannes.fr “La Ville adapte l’accompagnement des publics aux usages du numérique. Nous déplaçons nos formations vers les quartiers, au plus proche des gens.” Anne le Dirach, adjointe au maire de Vannes, en charge de la communication, des systèmes d’information et du développement numérique “La smart city collaborative est à la croisée de l’open source, de l’open data et de la production collaborative pour une ville plus ouverte, plus efficace et plus citoyenne.” Fabien Canevet, conseiller municipal chargé de la politique numérique
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    Depuis la premièreparution de ces Paroles d’élus il y a dix ans, nous avons vu émerger, peu à peu, un monde hyperconnecté. À la fin 2014, plus de 40 % de la population mondiale aura accès à Internet. Au total, ce sont environ 3 milliards d’êtres humains qui seront connectés, dont plus des deux tiers via un terminal mobile, notamment grâce au succès du smartphone1. Le taux de pénétration d’Internet continuera à croître rapidement. En 2017, la moitié des habitants de la planète aura accès à la Toile. 74 Paroles d’élus tome 10 Stéphane Richard, président-directeur général d’Orange “être le premier opérateur télécom de l’ère internet au service de tous les citoyens.” l’innovation Le numérique joue désormais un rôle moteur dans les modes de communication, d’échange et de relations entre nos concitoyens et les collectivités. Ancrée au plus profond de l’histoire et de la culture d’entre-prise d’Orange, l’innovation est au coeur des enjeux numériques. Elle permet d’anticiper, au niveau mon-dial comme national, les besoins de nos clients. Paroles d’élus met à l’honneur depuis dix ans les initiatives des collectivi-tés territoriales et d’Orange dans le domaine de l’innovation numérique. “Orange Cash” à Strasbourg, le musée Soulages à Rodez, la télé­relève des compteurs au Havre, le musée Courbet à Ornans, ou bien encore “Ma Ville dans ma poche” à Bordeaux sont autant d’exemples de ce que savent produire nos cher-cheurs, ingénieurs, développeurs, designers, techniciens et spécia-listes du service au client, à l’écoute des collectivités, pour répondre aux politiques publiques décidées et déployées par les collectivités terri-toriales. Et demain, dans un monde toujours plus connecté où la frontière entre le monde physique et le monde numé-rique sera devenue de plus en plus ténue, de nouvelles solutions verront le jour pour améliorer le bien-être de nos concitoyens, dans le domaine de la santé ou de l’éducation, par exemple. La mission d’Orange sur tous les ter-ritoires est de proposer à l’ensemble [DIX ANS] Le numérique en action du côté de
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    1 de laville et de la métropole. Les Bordelais accéderont à la première version de ce bouquet de services dès la Semaine digitale 2014 (13-18 octobre), suivie de nouvelles versions en 2015 et 2016. Orange IT&Labs, filiale d’Orange, a été retenue pour développer l’interface homme/machine de cette appli. u livetv.orange.com/fr/live-Orange-TV/ innovation/ville-de-demain/ma-ville-dans-ma- poche-un-nouveau-paysage-urbain parolesdelus.com 75 sur le terrain Bordeaux 12 Grand Rodez 34 Ornans 5 Strasbourg Communauté de l’agglomération havraise de ses clients une expérience 100 % digitale, fondée sur la simplicité, la mobilité, la qualité et la transparence, afin de garantir à chacune et à chacun de nos concitoyens le meilleur accès aux services Internet, quel que soit le lieu où ils se trouvent et indépendamment du terminal utilisé. Orange leur propose des services faciles à utiliser, perti-nents et personnalisés, tout en veillant à la protection de leur vie privée et de leurs données personnelles, et rendant acces-sible au plus grand nombre les avantages du numérique et des services connectés. Ainsi, au plus près des terri-toires, s’inventent chaque jour de nouvelles façons d’innover, plus agiles, plus souples et plus ouvertes sur notre environne-ment : les collectivités, nos parte-naires industriels, les universités, les start-up, les PME, etc. Les innovations décrites dans ce tome 10 illustrent et reflètent l’ambition nouvelle que je donne au Groupe : être le premier opé-rateur télécom de l’ère Internet, au service de tous nos conci-toyens sur tous les territoires. 1. Constat dressé par la Commis-sion Internet pour le développement du numérique dans le monde, sous l’égide de l’ONU et de l’Union inter-nationale des télécoms (UIT). Lire le rapport annuel sur l’état de l’Inter-net dans le monde, en marge de la 69e session de l’assemblée générale des Nations unies. Bordeaux (Gironde) Bouquet de services dans la poche Depuis plusieurs années, la Ville de Bordeaux s’attache, à travers sa politique numérique “Bordeaux, Cité Digitale”, à développer des services de proximité accessibles à tout moment, depuis la carte de vie quotidienne, un ordinateur ou, en mobilité, depuis un téléphone. Autant de nouveaux services qui facilitent la ville aux usagers et contribuent à optimiser les processus de gestion interne pour bâtir une e-administration toujours plus performante, économe et agile. C’est tout l’enjeu du développement du portail de services mobiles “Bordeaux, ma Ville en poche”. Ce bouquet de services permettra aux usagers, au-delà de la carte Ville et du portail bordeaux.fr, de gérer leurs services quotidiens directement depuis leur téléphone : emprunter des ouvrages à la bibliothèque, acheter des entrées piscine, payer leur stationnement depuis leur véhicule, abaisser les bornes d’accès aux voies piétonnes, et toute autre fonctionnalité utile en mobilité sur le territoire “La qualité des informations, des services disponibles et des infrastructures participe à l’attractivité d’une ville : leur intérêt est donc individuel, social et économique. J’invite les Bordelais et nos visiteurs à s’approprier cette appli et à participer ensemble à l’invention de la ville mobile.” Alain Juppé, maire de Bordeaux, ancien Premier ministre
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    Grand Rodez (Aveyron) Musée Soulages : innovations architecturales, scénographiques et numériques 76 Paroles d’élus tome 10 2 3 La Communauté d’agglomération du Grand Rodez a reçu une importante donation d’oeuvres de la part de Pierre et Colette Soulages. Elles sont accueillies depuis le 30 mai 2014 dans le musée Soulages, construit au coeur de Rodez, à quelques pas du centre historique et de la cathédrale. Au coeur d’un jardin totalement réhabilité, le musée est constitué, sur 5 000 m², de puissants volumes monolithiques bardés d’acier Corten. Doté d’un service éducatif, d’un atelier pour les enfants et d’une bibliothèque-centre de documentation, le musée Soulages est accessible au plus grand nombre et accueille des événements de portée nationale ou internationale. Il a pour vocation de s’ouvrir à d’autres artistes et d’être un centre artistique dynamique où le processus créatif est mis en avant. Ce sera un véritable pôle d’attraction culturel favorisant la découverte de Rodez, de sa région et de son patrimoine. En juillet 2013, le Grand Rodez a confié à Orange la définition, a conception, la programmation et la mise en oeuvre des solutions numériques pour accompagner le visiteur du musée. Une première application mobile est réalisée pour aider à la visite – accompagnement du visiteur dans le musée et outils ludiques pour le guider – et permettre au visiteur de préparer sa visite du musée et sa venue à Rodez. u grand-rodez.com u musees.grand-rodez.com “Plus grande collection au monde des oeuvres du maître de l’outrenoir, ce musée est à l’image de Pierre Soulages : ouvert à la création sous toutes ses formes, ouvert aux autres artistes pour mettre l’art et la culture à la portée de toutes les curiosités.” Christian Teyssèdre, président de la Communauté d’agglomération du Grand Rodez, maire de Rodez du côté de l’innovation Ornans (Doubs) Médiation culturelle enrichie Le musée Gustave-Courbet, à Ornans, propriété du Département du Doubs, est installé dans un bâtiment entièrement rénové et arbore une architecture résolument moderne où il offre une exposition permanente autour du peintre ainsi que des expositions temporaires. Il a accueilli plus de 200 000 visiteurs depuis son ouverture en juillet 2011. Le Département a initié un partenariat avec Orange pour mettre en oeuvre une innovation numérique muséale et culturelle à l’occasion de l’exposition qui s’est déroulée entre la fin 2013 et le printemps 2014 sur le peintre Hanoteau, ami de Gustave Courbet, avec qui il a notamment peint Les Baigneuses. Des flashcodes et des tags NFC sans contact, disposés près de certaines oeuvres, donnent accès à un site Internet dédié. Les visiteurs équipés de smartphones ou de tablettes peuvent y consulter des informations complémentaires sur le détail d’une oeuvre ou des vidéos. Face au succès de cet outil de médiation culturelle, le partenariat est reconduit pour les expositions temporaires. Il a notamment accompagné l’exposition estivale “Cet obscur objet de désirs”, proposée autour du célèbre tableau, L’Origine du monde. u www2.doubs.fr/courbet/index.php?option =com_content&view=frontpage&Itemid=1 “Parce que le Doubs veut offrir à ses habitants et ses visiteurs la possibilité de découvrir à la fois l’oeuvre de Gustave Courbet et son pays, nous faisons le choix d’ouvrir nos modes de médiation culturelle aux technologies numériques.” Claude Jeannerot, président du Conseil général du Doubs
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    4 5 AuHavre, le numérique simplifie parolesdelus.com 77 déjà la vie des habitants en matière de services administratifs grâce à un compte en ligne, mais aussi pour les services urbains, avec le stationnement payé au temps réel par mobile, ou encore les prestations de service de l’eau, accessibles en ligne (notamment l’abonnement ou la consultation des factures). La Communauté de l’agglomération havraise (Codah) équipe 100 000 compteurs d’eau de la technologie M2M (machine to machine) du télérelevé. Développé par m2ocity, filiale spécialisée de Veolia Eau, et Orange, le service de télérelevé repose sur des compteurs intelligents qui transmettent des données aux services de gestion de l’eau. Les usagers peuvent alors suivre leurs consommations d’eau en ligne et maîtriser leurs dépenses sans dérangement lié à la relève du compteur. Un SMS ou un courriel alerte l’usager en cas de fuite d’eau ou de dépassement d’un seuil de consommation prédéterminé. Pour la collectivité, un tel service À Strasbourg, les habitants et les visiteurs disposent déjà de nombreux services liés à la technologie NFC (Near Field Communication), la technologie sans contact. La Ville et la Communauté urbaine figurent parmi les leaders en France dans ce domaine. En effet, les détenteurs d’un smartphone peuvent par exemple connaître l’horaire de passage du prochain tram, acheter leur ticket de transport en commun via leur Communauté de l’agglomération havraise – Codah (Seine-Maritime) Télérelevés des compteurs d’eau au Havre, la smart city Strasbourg (Bas-Rhin) Smartphone city, la révolution NFC mobile ou payer le stationnement automobile. En 2014, Strasbourg est avec Caen la première à expérimenter dans les commerces Orange Cash, la solution de paiement mobile et sécurisée développée avec Visa. Une simple application à télécharger transforme le smartphone en porte-monnaie, rechargeable avec sa carte bancaire. L’utilisateur paie en posant son téléphone sur un terminal compatible. Au-delà de 20 euros, il doit simplement taper son code confidentiel. Le solde du compte est mis à jour instantanément et consultable en temps réel. Fruit d’un fort partenariat entre les collectivités, les banques, Orange et les commerçants, ce nouveau service renforce l’image innovante de la métropole européenne. u strasbourg.eu u orangecash.fr optimise la performance et favorise la préservation de la ressource. En outre, le réseau de télérelevé est une infrastructure interopérable avec d’autres services. u codah.fr u m2ocity.com “Lancer Orange Cash en avant-première à Strasbourg prouve que nous avons réussi notre pari en matière de NFC. Avec tous les acteurs du territoire, nous avons constitué un puissant écosystème, terrain idéal d’expérimentation et de déploiement.” Robert Hermann, président de la Communauté urbaine de Strasbourg “Le télérelevé est un réel progrès qui s’inscrit dans une politique forte de modernisation de la qualité du service public en termes de distribution d’eau potable. Son déploiement marque une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures.” Édouard Philippe, président de la Communauté de l’agglomération havraise, maire du Havre