Théories de l’information et de la 
communication 
M3103
L’ORIGINE DE LA PROPAGANDE 
LES CONDITIONS DE L’ÉMERGENCE
ILLUSION DE LA PERMANENCE 
M3103 3
ILLUSION DE LA PERMANENCE 
Paul Veyne, « Propagande 
expression roi, image 
idole oracle », première 
version en ligne sur 
persee: 
http://www.persee.fr/web 
/revues/home/prescript/ar 
ticle/hom_0439- 
4216_1990_num_30_114_ 
369238 
M3103 4
Une condition: l’opinion publique 
La presse avant la presse, les imprimés occasionnels: 
- dès les débuts de l’imprimerie, nouvelles imprimées 
sous forme de fascicules de 8-16 p.>occasionnels, 
libelles, placards, chansons, canards 
- contenu des canards: faits vrais ou imaginaires (cf. 
représentations de l’époque) qui heurtent souvent les 
sensibilités: catastrophes naturelles (inondations, 
tremblements de terre…), signes exceptionnels, 
monstruosités, crimes sanglants 
- étymologie de gazette (ital. gazzette<gazetta (petite 
monnaie) et <gazza (la pie gazza (it)>jaser (fr)) 
M3103 5
Une condition: l’opinion publique 
La presse avant la presse, les imprimés réguliers: 
- dès les débuts de l’imprimerie (Mayence 1448), publication 
d’almanachs sur une périodicité annuelle 
- mais, véritables débuts plus tardifs (XVIIe s.) à Anvers avec le Nieuwe 
Tydinghen (1605) et dans l’Empire puis pour le premier 
hebdomadaire à Londres (1622) et Paris (1631) avec la Gazette de 
Théophraste Renaudot qui comporte 4 pages sur un format 23*15 
cm avec un tirage de 300 à 800 exemplaires 
M3103 6
Une condition: l’opinion publique 
• Le modèle anglais marqué par l’abolition du licensing act (autorisation préalable) 
en 1695> premier quotidien occidental (Daily Currant, 1702-1735) 
• Raisons de cette avance: 
- les luttes politiques et l’alternance gouvernementale entre whigs et tories: 
l’opposition institutionnelle tend à défendre la liberté d’expression 
- l’existence d’un public large, curieux et cultivé: à son origine, les turbulences 
politiques du XVIIe s. et l’essor économique au XVIIIe (avec une alphabétisation 
record des classes moyennes voire populaires urbaines) ou encore le 
développement des cabinets de lecture 
- l’existence de grands talents, parmi lesquels, Richard Steele et Joseph Addison 
(Tatler en 1709, puis le quotidien Spectator à partir de 1711) pour le camp des 
whigs ou chez les tories avec Jonathan Swift (Examiner, 1710). 
M3103 7
Une condition: l’opinion publique 
L’article essentiel de la Déclaration des droits 
de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 
dit toute l’importance de la presse pour les 
révolutionnaires: « La libre communication de 
la pensée et des opinions est un des droits 
les plus précieux de l’homme. Tout citoyen 
peut donc parler, écrire, imprimer 
librement, sauf à répondre de cette liberté 
dans les cas déterminés par la loi ». 
Les journaux jouent un rôle de tout premier plan 
dans les événements, tout comme les journalistes 
tels que Marat, Camille Desmoulins, Hébert, 
Mirabeau, Brissot 
M3103 8
Une condition: l’opinion publique 
L’opinion publique (cette notion apparaîtrait au 
milieu du XVIIIe s.) devient vite, aux yeux mêmes 
des contemporains le moteur de l’Histoire; 
elle se serait cristallisée dans l’opposition à 
l’absolutisme et aurait dès lors cessé d’être 
désordonnée et contradictoire. 
La question de l’origine de l’opinion travaille la 
pensée à l’époque: vient-elle du magma des 
diversités de la nation? Ou est-elle 
organisée? Et par qui? 
M3103 9
Une condition: l’opinion publique 
Dans la volonté de tourner une opinion publique 
indécise en une opinion publique rectifiée par une 
cohérence imposée d’en haut, émerge l’idée 
nouvelle d’esprit public qui met en avant l’unité 
et l’organisation quitte à renoncer à la 
spontanéité, à la diversité ou même à la 
liberté. 
La double postulation de la Révolution est là: 
entre l’acceptation de l’hétérogénéité de 
l’opinion comme défense contre 
l’arbitraire et la réduction des différences 
dans la citoyenneté; entre l’explosion de la 
presse et son bâillonnement sous la 
terreur. 
M3103 10
Une condition: l’opinion publique 
Industrialisation de la presse 
 invention de la presse à 
vapeur avec ses rouleaux 
(Stanhope et König, fin 
XVIIIe-début XIXe): premier 
numéro du Times publié 
industriellement le 29 nov. 
1814 
 > mise au point des 
rotatives en Angleterre et 
aux États-Unis 
conjointement (1860-1870): 
elles ont fonctionné jusqu’à 
une période récente 
M3103 11
Une condition: l’opinion publique 
Industrialisation de la presse 
 progression dans la composition: 
abandon du procédé de composition à 
la main; adoption des « flans » qui 
permettent de reproduire des pages 
entières et de les déplacer en bloc 
en 1884, Ottmar Mergenthaler introduit 
la linotype, qui permet de saisir le 
texte sur un clavier 
 perfectionnement de la gravure; 
invention de la lithographie (Aloys 
Senefelder, 1798) ; succès des journaux 
illustrés à bon marché: Penny magazine 
(1830), Pfennig Magazine, Punch, 
développement de la caricature: La 
Caricature de Philipon en 1830, Le 
Charivari de 1832 avec Daumier 
M3103 12
Une condition: l’opinion publique 
Industrialisation de la presse 
 accroissement des vitesses de recueil des 
nouvelles 
si le télégraphe optique Chappe reste l’apanage 
des gouvernements, les courriers spéciaux se 
multiplient; l’utilisation des pigeons 
voyageurs se développe au moins jusqu’à la 
généralisation du télégraphe électrique 
Morse (1837) 
1866: câble transatlantique, invention d’un 
transcripteur (transmission de 1000 mots à la 
mn puis 4000) 
la transmission de la photographie par le 
réseau télégraphique grâce au bélinographe 
est rendue possible au début du siècle 
suivant. 
 émergence des grandes agences de presse: 
Havas (1835), Reuters (1851), Wolff (1849), 
AP (1848): accord entre les 3 européennes 
(1859), adhésion d’AP (1872) 
 à partir des années 1840, la distribution est 
améliorée grâce aux chemins de fer. 
M3103 13
Une condition: l’opinion publique 
De nombreuses 
« améliorations » sont 
apportées à la forme 
des journaux. 
En France, Emile de 
Girardin, un des 
premiers 
entrepreneurs de 
presse innove sur de 
nombreux points: 
M3103 14
Une condition: l’opinion publique 
> son hebdomadaire Le Voleur est la première revue 
de presse (1828) 
> La Mode marque l’essor de la presse féminine 
> Le Journal des connaissances utiles (1831), 
précurseur de Bricoler ou Mon Jardinage, propose 32 
p. de conseils pratiques auxquels sont souscrits 
quelques 130 000 abonnements 
M3103 15
Une condition: l’opinion publique 
> il lance un journal moitié moins cher (40 
francs d’abonnement contre 80): La Presse (1836), 
bientôt suivi d’un concurrent sur le même créneau 
(Le Siècle); il s’agit d’un modèle économique 
nouveau: pour diminuer le prix, il faut 
nécessairement accroître son lectorat par l’appât 
du coût certes mais aussi par le contenu et compter 
sur des entrées publicitaires plus grandes (du fait 
du plus grand nombre de lecteurs). Un débat est 
lancé: le journalisme qui revêtait jusque-là la 
noblesse du sacerdoce devenait un trafic 
vulgaire. La publicité rapporte déjà 40 à 50% des 
recettes 
M3103 16
Une condition: l’opinion publique 
> autre trouvaille: le roman-feuilleton, histoire à 
rebondissements publiée au rez-de-chaussée de la 
première; il devient un enjeu important pour le 
journal, les plus grands écrivains prêtent leurs 
plumes (Balzac, Hugo, Dumas, Sue) 
> dans les années 60, après l’exil et l’interdiction, 
Girardin invente la première rubrique sportive 
dans La Liberté (« le monde sportique »!) 
M3103 17
Une condition: l’opinion publique 
Comme en atteste la carrière de Girardin, l’avenir de la presse 
concerne le grand public: certes, d’un côté, le niveau moyen 
d’instruction s’élève; mais, d’un autre, la presse baisse ses 
ambitions intellectuelles en même temps que ses coûts. 
La vente au numéro devient alors plus importante que les 
abonnements avec un écueil économique (l’instabilité des 
recettes): il faut fidéliser les lecteurs et cela passe par une 
surenchère dans le sensationnalisme (avec le feuilleton littéraire 
(d’aventure ou policier) et les faits divers en Europe ou les comics 
(Yellow Kid, 1895) aux Etats-Unis). 
M3103 18
Une condition: l’opinion publique 
Participe de l’émergence globale d’une culture de masse marquée par: 
- technicisation de la production culturelle et de la communication 
- adoption des formes industrielles de division du travail et de 
rationalisation des procédures: sérialisation de la production 
- formation de nouveaux publics, de nouveaux marchés/redéfinition des 
habitudes, des comportements sociaux 
M3103 19
Une condition: l’opinion publique 
Au même titre que le cinéma: 
Apparu en 1895 (Lumière) et s’imposant rapidement partout, le 
cinématographe apparaît comme l’aboutissement de la mécanisation du 
spectacle. 
« De la même façon que McCormick [l’inventeur de la batteuse 
mécanique] a résolu le problème de l’agriculture en lui faisant faire, avec 
sa machine, un saut gigantesque, Edison et Eastman ont résolu le problème 
du divertissement avec leur cinématographe, grâce auquel le spectacle est 
produit en gros et vendu ensuite au détail, à des prix accessibles à tous », 
Morton Sills, acteur américain du début du XXe s. 
M3103 20
Une condition: l’opinion publique 
Au même titre que le cinéma: 
Pendant quelques temps expérimental (dans son langage mais 
aussi dans son modèle économique), il devient vite aux 
Etats-Unis un loisir essentiel des couches populaires avec 
les Nickelodeons (5 cents) et leur projection en continu de 
films courts. Dès 1913, on vend un à deux billets par 
habitant et par semaine (plus chez les jeunes et les enfants) 
M3103 21
Une condition: l’opinion publique 
Au même titre que le cinéma: 
Emerge rapidement une industrie concentrée et très hiérarchisée: 
- l’empire Pathé 
- le trust Edison (brevets américains): plus de la moitié des salles et des productions 
en 1910 
- avec le « star system », développement des 7 majors d’Hollywood: Fox, Metro 
Goldwyn Mayer, Paramount, Warner, (Columbia, United Artists, Universal) 
Dans les années 30, c’est l’âge d’or du « studio system »; s’appuyant sur un marché 
intérieur important, les majors imposent leurs productions partout dans le monde. 
M3103 22
Une condition: l’opinion publique 
Au même titre que l’industrie de la musique: 
D’abord en apparence concurrentes (voir coût des appareils), les technologies 
du disque et de la radio vont s’allier dans l’entre-deux-guerres, la radio 
permettant la promotion de disques par leur écoute (RCA grande entreprise 
d’appareils acoustiques, détenant la majorité du marché du disque est 
actionnaire majoritaire du premier réseau radiophonique, NBC). 
L’arrivée du cinéma parlant (1927) est un atout supplémentaire pour le 
disque. 
L’industrie du disque est très tôt confronté à la nécessité du développement 
du contenu pour vendre le contenant: promotion de la chanson rythmée. 
M3103 23
Une condition: l’opinion publique 
Le journaliste, héros de la démocratie et figure 
de l’industrie culturelle 
Voir Hollywood Post de Frédéric Bonnaud, 
TCM, 2009. 
M3103 24

M3103 cm3

  • 1.
    Théories de l’informationet de la communication M3103
  • 2.
    L’ORIGINE DE LAPROPAGANDE LES CONDITIONS DE L’ÉMERGENCE
  • 3.
    ILLUSION DE LAPERMANENCE M3103 3
  • 4.
    ILLUSION DE LAPERMANENCE Paul Veyne, « Propagande expression roi, image idole oracle », première version en ligne sur persee: http://www.persee.fr/web /revues/home/prescript/ar ticle/hom_0439- 4216_1990_num_30_114_ 369238 M3103 4
  • 5.
    Une condition: l’opinionpublique La presse avant la presse, les imprimés occasionnels: - dès les débuts de l’imprimerie, nouvelles imprimées sous forme de fascicules de 8-16 p.>occasionnels, libelles, placards, chansons, canards - contenu des canards: faits vrais ou imaginaires (cf. représentations de l’époque) qui heurtent souvent les sensibilités: catastrophes naturelles (inondations, tremblements de terre…), signes exceptionnels, monstruosités, crimes sanglants - étymologie de gazette (ital. gazzette<gazetta (petite monnaie) et <gazza (la pie gazza (it)>jaser (fr)) M3103 5
  • 6.
    Une condition: l’opinionpublique La presse avant la presse, les imprimés réguliers: - dès les débuts de l’imprimerie (Mayence 1448), publication d’almanachs sur une périodicité annuelle - mais, véritables débuts plus tardifs (XVIIe s.) à Anvers avec le Nieuwe Tydinghen (1605) et dans l’Empire puis pour le premier hebdomadaire à Londres (1622) et Paris (1631) avec la Gazette de Théophraste Renaudot qui comporte 4 pages sur un format 23*15 cm avec un tirage de 300 à 800 exemplaires M3103 6
  • 7.
    Une condition: l’opinionpublique • Le modèle anglais marqué par l’abolition du licensing act (autorisation préalable) en 1695> premier quotidien occidental (Daily Currant, 1702-1735) • Raisons de cette avance: - les luttes politiques et l’alternance gouvernementale entre whigs et tories: l’opposition institutionnelle tend à défendre la liberté d’expression - l’existence d’un public large, curieux et cultivé: à son origine, les turbulences politiques du XVIIe s. et l’essor économique au XVIIIe (avec une alphabétisation record des classes moyennes voire populaires urbaines) ou encore le développement des cabinets de lecture - l’existence de grands talents, parmi lesquels, Richard Steele et Joseph Addison (Tatler en 1709, puis le quotidien Spectator à partir de 1711) pour le camp des whigs ou chez les tories avec Jonathan Swift (Examiner, 1710). M3103 7
  • 8.
    Une condition: l’opinionpublique L’article essentiel de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 dit toute l’importance de la presse pour les révolutionnaires: « La libre communication de la pensée et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de cette liberté dans les cas déterminés par la loi ». Les journaux jouent un rôle de tout premier plan dans les événements, tout comme les journalistes tels que Marat, Camille Desmoulins, Hébert, Mirabeau, Brissot M3103 8
  • 9.
    Une condition: l’opinionpublique L’opinion publique (cette notion apparaîtrait au milieu du XVIIIe s.) devient vite, aux yeux mêmes des contemporains le moteur de l’Histoire; elle se serait cristallisée dans l’opposition à l’absolutisme et aurait dès lors cessé d’être désordonnée et contradictoire. La question de l’origine de l’opinion travaille la pensée à l’époque: vient-elle du magma des diversités de la nation? Ou est-elle organisée? Et par qui? M3103 9
  • 10.
    Une condition: l’opinionpublique Dans la volonté de tourner une opinion publique indécise en une opinion publique rectifiée par une cohérence imposée d’en haut, émerge l’idée nouvelle d’esprit public qui met en avant l’unité et l’organisation quitte à renoncer à la spontanéité, à la diversité ou même à la liberté. La double postulation de la Révolution est là: entre l’acceptation de l’hétérogénéité de l’opinion comme défense contre l’arbitraire et la réduction des différences dans la citoyenneté; entre l’explosion de la presse et son bâillonnement sous la terreur. M3103 10
  • 11.
    Une condition: l’opinionpublique Industrialisation de la presse  invention de la presse à vapeur avec ses rouleaux (Stanhope et König, fin XVIIIe-début XIXe): premier numéro du Times publié industriellement le 29 nov. 1814  > mise au point des rotatives en Angleterre et aux États-Unis conjointement (1860-1870): elles ont fonctionné jusqu’à une période récente M3103 11
  • 12.
    Une condition: l’opinionpublique Industrialisation de la presse  progression dans la composition: abandon du procédé de composition à la main; adoption des « flans » qui permettent de reproduire des pages entières et de les déplacer en bloc en 1884, Ottmar Mergenthaler introduit la linotype, qui permet de saisir le texte sur un clavier  perfectionnement de la gravure; invention de la lithographie (Aloys Senefelder, 1798) ; succès des journaux illustrés à bon marché: Penny magazine (1830), Pfennig Magazine, Punch, développement de la caricature: La Caricature de Philipon en 1830, Le Charivari de 1832 avec Daumier M3103 12
  • 13.
    Une condition: l’opinionpublique Industrialisation de la presse  accroissement des vitesses de recueil des nouvelles si le télégraphe optique Chappe reste l’apanage des gouvernements, les courriers spéciaux se multiplient; l’utilisation des pigeons voyageurs se développe au moins jusqu’à la généralisation du télégraphe électrique Morse (1837) 1866: câble transatlantique, invention d’un transcripteur (transmission de 1000 mots à la mn puis 4000) la transmission de la photographie par le réseau télégraphique grâce au bélinographe est rendue possible au début du siècle suivant.  émergence des grandes agences de presse: Havas (1835), Reuters (1851), Wolff (1849), AP (1848): accord entre les 3 européennes (1859), adhésion d’AP (1872)  à partir des années 1840, la distribution est améliorée grâce aux chemins de fer. M3103 13
  • 14.
    Une condition: l’opinionpublique De nombreuses « améliorations » sont apportées à la forme des journaux. En France, Emile de Girardin, un des premiers entrepreneurs de presse innove sur de nombreux points: M3103 14
  • 15.
    Une condition: l’opinionpublique > son hebdomadaire Le Voleur est la première revue de presse (1828) > La Mode marque l’essor de la presse féminine > Le Journal des connaissances utiles (1831), précurseur de Bricoler ou Mon Jardinage, propose 32 p. de conseils pratiques auxquels sont souscrits quelques 130 000 abonnements M3103 15
  • 16.
    Une condition: l’opinionpublique > il lance un journal moitié moins cher (40 francs d’abonnement contre 80): La Presse (1836), bientôt suivi d’un concurrent sur le même créneau (Le Siècle); il s’agit d’un modèle économique nouveau: pour diminuer le prix, il faut nécessairement accroître son lectorat par l’appât du coût certes mais aussi par le contenu et compter sur des entrées publicitaires plus grandes (du fait du plus grand nombre de lecteurs). Un débat est lancé: le journalisme qui revêtait jusque-là la noblesse du sacerdoce devenait un trafic vulgaire. La publicité rapporte déjà 40 à 50% des recettes M3103 16
  • 17.
    Une condition: l’opinionpublique > autre trouvaille: le roman-feuilleton, histoire à rebondissements publiée au rez-de-chaussée de la première; il devient un enjeu important pour le journal, les plus grands écrivains prêtent leurs plumes (Balzac, Hugo, Dumas, Sue) > dans les années 60, après l’exil et l’interdiction, Girardin invente la première rubrique sportive dans La Liberté (« le monde sportique »!) M3103 17
  • 18.
    Une condition: l’opinionpublique Comme en atteste la carrière de Girardin, l’avenir de la presse concerne le grand public: certes, d’un côté, le niveau moyen d’instruction s’élève; mais, d’un autre, la presse baisse ses ambitions intellectuelles en même temps que ses coûts. La vente au numéro devient alors plus importante que les abonnements avec un écueil économique (l’instabilité des recettes): il faut fidéliser les lecteurs et cela passe par une surenchère dans le sensationnalisme (avec le feuilleton littéraire (d’aventure ou policier) et les faits divers en Europe ou les comics (Yellow Kid, 1895) aux Etats-Unis). M3103 18
  • 19.
    Une condition: l’opinionpublique Participe de l’émergence globale d’une culture de masse marquée par: - technicisation de la production culturelle et de la communication - adoption des formes industrielles de division du travail et de rationalisation des procédures: sérialisation de la production - formation de nouveaux publics, de nouveaux marchés/redéfinition des habitudes, des comportements sociaux M3103 19
  • 20.
    Une condition: l’opinionpublique Au même titre que le cinéma: Apparu en 1895 (Lumière) et s’imposant rapidement partout, le cinématographe apparaît comme l’aboutissement de la mécanisation du spectacle. « De la même façon que McCormick [l’inventeur de la batteuse mécanique] a résolu le problème de l’agriculture en lui faisant faire, avec sa machine, un saut gigantesque, Edison et Eastman ont résolu le problème du divertissement avec leur cinématographe, grâce auquel le spectacle est produit en gros et vendu ensuite au détail, à des prix accessibles à tous », Morton Sills, acteur américain du début du XXe s. M3103 20
  • 21.
    Une condition: l’opinionpublique Au même titre que le cinéma: Pendant quelques temps expérimental (dans son langage mais aussi dans son modèle économique), il devient vite aux Etats-Unis un loisir essentiel des couches populaires avec les Nickelodeons (5 cents) et leur projection en continu de films courts. Dès 1913, on vend un à deux billets par habitant et par semaine (plus chez les jeunes et les enfants) M3103 21
  • 22.
    Une condition: l’opinionpublique Au même titre que le cinéma: Emerge rapidement une industrie concentrée et très hiérarchisée: - l’empire Pathé - le trust Edison (brevets américains): plus de la moitié des salles et des productions en 1910 - avec le « star system », développement des 7 majors d’Hollywood: Fox, Metro Goldwyn Mayer, Paramount, Warner, (Columbia, United Artists, Universal) Dans les années 30, c’est l’âge d’or du « studio system »; s’appuyant sur un marché intérieur important, les majors imposent leurs productions partout dans le monde. M3103 22
  • 23.
    Une condition: l’opinionpublique Au même titre que l’industrie de la musique: D’abord en apparence concurrentes (voir coût des appareils), les technologies du disque et de la radio vont s’allier dans l’entre-deux-guerres, la radio permettant la promotion de disques par leur écoute (RCA grande entreprise d’appareils acoustiques, détenant la majorité du marché du disque est actionnaire majoritaire du premier réseau radiophonique, NBC). L’arrivée du cinéma parlant (1927) est un atout supplémentaire pour le disque. L’industrie du disque est très tôt confronté à la nécessité du développement du contenu pour vendre le contenant: promotion de la chanson rythmée. M3103 23
  • 24.
    Une condition: l’opinionpublique Le journaliste, héros de la démocratie et figure de l’industrie culturelle Voir Hollywood Post de Frédéric Bonnaud, TCM, 2009. M3103 24