SlideShare une entreprise Scribd logo
1  sur  5
Télécharger pour lire hors ligne
CLES 
Comprendre Les Enjeux Stratégiques 
Note hebdomadaire d’analyse géopolitique 
Géopolitique de la contrefaçon 
Jean-François Fiorina s'entretient avec Pierre Delval 
HS39 
Octobre 
2014 
La contrefaçon tue. La contrefaçon aujourd'hui relève 
très clairement de la sphère criminelle. Tel est le 
constat sans ambiguïté dressé par le criminologue 
et criminaliste français Pierre Delval, l'un des 
meilleurs spécialistes mondiaux de la contrefaçon. 
Celle-ci touche essentiellement des produits 
de consommation courants, mettant en danger 
la sécurité des personnes et la santé publique. 
Véritable hydre à l'échelle planétaire, la contrefaçon 
progresse au rythme effrayant de 20 % par an et 
pourrait atteindre 1 000 milliards US$ d'ici 5 ans, 
avec des conséquences extrêmement néfastes pour 
les peuples et les équilibres sociaux. Pierre Delval 
démontre l'ampleur du phénomène et propose des 
pistes vigoureuses d'action pour endiguer ce fléau. 
Pierre Delval et Jean-François Fiorina : sans une prise de conscience, 
sans un durcissement pénal, le fléau de la contrefaçon s'amplifiera et 
le crime organisé prospérera au détriment des peuples. 
Comment définissez-vous la contrefaçon ? 
La contrefaçon constitue une tromperie par l'apparence. On trompe en effet l'utilisateur 
final sur la présentation ou la forme d'un produit qui donne l'illusion de répondre à 
un certain nombre de critères, techniques ou sécuritaires, mais en réalité de manière 
totalement fallacieuse. Ce n'est plus simplement une atteinte à la propriété intellectuelle. 
On se situe là bien au-delà du seul aspect juridique. En fait, la contrefaçon aujourd'hui 
relève de la sphère criminelle. La quasi-totalité des contrefaçons se fait sous le contrôle 
des organisations criminelles, qui en particulier gèrent les circuits de distribution. 
Vous avez des mots très durs pour dénoncer la contrefaçon, parlant à cet égard de "crime 
organisé" et de "produits qui tuent". Pourquoi ? 
Tout d'abord, il faut savoir que, sur l’ensemble des contrefaçons constatées dans le 
monde, moins de 10 % concernent les produits classiquement présentés comme 
appartenant au monde du luxe ou à celui des articles de sport, qui naturellement nous 
viennent à l'esprit quand on évoque la contrefaçon. La très grande majorité des produits 
de contrefaçon sont des biens de consommation courants, comme l’alimentaire, 
les produits de santé, le tabac, les matériaux et équipements de la construction, le 
cosmétique, les jouets… Bref tout ce qui touche directement à la sécurité et/ou à la 
santé des consommateurs, mais aussi à la stabilité économique et politique des pays. Le 
crime organisé en est aujourd’hui le principal acteur puisqu’il pousse au développement 
des industries de la contrefaçon, investit même dans l’outil industriel (nouvelle forme de 
blanchiment d’argent) et distribue les produits contrefaisants dans ses réseaux de vente 
déjà existants, historiquement utilisés pour d’autres commerces illicites. 
CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 1 -
Il faut faire du décèlement 
précoce une priorité, 
observer les signes 
révélateurs d'une évolution, 
pour anticiper et mettre 
très vite en oeuvre – et au 
mieux – les mesures 
nécessaires pour enrayer 
ces nouvelles 
tendances en matière 
de contrefaçons 
dangereuses que je nomme 
"crime-contrefaçon". 
La contrefaçon doit de nos jours être appréhendée sur un mode élargi. La contrefaçon 
est avant tout un produit non conforme, qui ne répond plus aux critères de qualité et 
de sécurité exigés pour qu’il soit consommable ou manipulable. Cette "non-conformité" 
est le plus souvent due au fait qu’un produit de ce type doit avant tout rapporter un 
maximum de profit aux réseaux criminels et donc avoir un prix de revient le plus bas 
possible. Toutes les règles de contrôle de sécurité et de qualité des matières premières, 
classiquement coûteuses pour l’industriel, sont donc bannies. De fait, beaucoup de ces 
produits se révèlent au bout du compte dangereux – voire mortels – pour l’utilisateur 
final, trompé le plus souvent par une apparence proche de la réalité et des artifices de 
vente (utilisation abusive de marquages de conformité, faux certificats 
de garantie, etc.). Enfin, dernière raison, la contrefaçon constitue 
également un vecteur de financement direct ou indirect pour des 
filières criminelles comme le terrorisme. Nous le constatons tous les 
jours par exemple dans la zone subsaharienne et en Afrique du Nord 
(Tunisie ou Libye par exemple). 
Pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette question ? 
Passionné par le domaine de l'investigation criminelle, j'ai suivi un 
double cursus, tout à la fois juridique – droit pénal et criminologie – 
et scientifique. Dans le cadre de la police scientifique, je me suis dès 
l'origine intéressé à la question des faux documents. J'ai ensuite quitté 
le Ministère de l'Intérieur pour prendre la direction de la sécurité 
au groupement des cartes bancaires, au moment où s'enclenchait le 
procédé de la carte à puce. Il fallait coordonner les actions pour la 
mise en sécurité du micro-processeur, des terminaux de paiement et des centrales de 
traitement des données. J'ai ensuite créé le premier bureau d'étude privé chargé de 
travailler au profit des Etats sur les documents intelligents dotés d'un micro-processeur. 
Puis, je suis devenu le conseiller stratégique du président de l'Imprimerie nationale en 
charge des évolutions techniques relatives à la sécurité des documents, avant d'aller à 
Bercy comme chargé de mission dans le domaine de la lutte contre les contrefaçons 
industrielles. Pour des raisons stratégiques, j'ai quitté la France pour créer en Suisse la 
fondation WAITO. Cette organisation internationale avait pour objectif de traquer le 
commerce illicite en matière de sécurité et de santé publique, structure que j'ai transfé-rée 
aux États-Unis, et en Tunisie pour la partie opérationnelle. Cela fait donc 25 ans que 
je travaille dans ce domaine de la lutte contre la contrefaçon… 
Quels sont vos clients ? 
Les clients sont essentiellement de deux types : les fédérations professionnelles et les 
gouvernements. En fédérant les capacités des entreprises, on est plus à même de pou-voir 
être efficace pour lutter contre la contrefaçon. Il faut bien comprendre que ce phé-nomène 
touche tout le monde, et que paradoxalement, bien des pays producteurs de 
contrefaçons se retrouvent dans la position de l'arroseur arrosé. La Chine est dans ce 
cas. La production de contrefaçon y est massive, mais dans le même temps, elle ne peut 
se permettre d'avoir des crises sociales et politiques majeures liées à cette question de 
la contrefaçon, notamment dans le domaine de la santé publique. 
Dans la plupart des cas, on nous demande de conduire des actions de coordination 
et de suivi de l'évolution du phénomène criminel. Les douanes par exemple, dans un 
certain nombre de pays, n'ont pas forcément une appréhension correcte des nouvelles 
tendances. Ensuite, on s'aperçoit que l'interface entre sphère privée et sphère publique 
n'existe pas ou fonctionne mal, ce qui engendre des dysfonctionnements. Nous nous 
fixons donc prioritairement deux objectifs. Tout d'abord – pour reprendre l'expression 
de Xavier Raufer et Alain Bauer – il faut faire du décèlement précoce une priorité, 
observer les signes révélateurs d'une évolution, pour anticiper et mettre très vite en 
oeuvre – et au mieux – les mesures nécessaires pour enrayer ces nouvelles tendances 
en matière de contrefaçon dangereuse, que je nomme "crime-contrefaçon". Ensuite, 
second objectif, il s'agit d'activer au mieux nos centres opérationnels de lutte contre la 
contrefaçon pour servir d'interface entre sphère publique et sphère privée, avec à la clé 
des actions extrêmement pragmatiques. 
Ainsi en Tunisie, nous allons mener des actions concrètes aux frontières. La crise 
économique, commerciale et politique tient en partie ses origines dans le trafic illicite 
généralisé qui ruine le pays. Pour le verrouiller au niveau des frontières, il faut donner 
CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 2 -
La contrefaçon rapporte au 
crime organisé 
beaucoup plus que la 
drogue, dont le chiffre 
d'affaires est peu 
ou prou estimé à 
350 milliards US$. 
l'opportunité aux populations locales de s'extraire des réseaux mafieux, en favorisant 
la création de vraies zones économiques, correctement encadrées, structurées et 
protégées. On joue donc d'abord sur l'incitation avant de jouer le cas échéant la carte 
de la répression. Ce qui implique de la planification stratégique à conduire, des efforts 
pédagogiques à mener, tout en remettant à niveau le système pénal. Il faut aussi mettre 
en place des systèmes de traçabilité et d'authentification des produits, pour éviter 
notamment les fuites fiscales. Mais surtout, on doit rétablir la confiance, en particulier 
pour les investisseurs qui rechignent à revenir dans le pays. 
Peut-on dire qu'il existe une géopolitique de la contrefaçon ? L'explosion de la contrefaçon 
est-elle directement liée au phénomène de la mondialisation ? 
Oui. La contrefaçon est une démarche opportuniste. Le vendeur de contrefaçons 
s’intéresse aux tendances des marchés et réagit à partir de ces observations. Un jour 
il vend des médicaments, le lendemain des équipements électriques et le surlendemain 
des produits de luxe. Le prédateur vise des niches où le profit est maximal et immédiat. 
Bien évidemment, la mondialisation a joué un rôle majeur dans le développement de 
la contrefaçon, notamment grâce à la délocalisation des industries européennes et à 
la facilitation des moyens de transport, maritimes et aériens. Mais la mondialisation 
n’explique pas tout. Elle a surtout profité de la mutation économique en faveur de 
l’hémisphère sud et de l’appauvrissement des classes moyennes de l’hémisphère nord 
et des populations en souffrance (au nord comme au sud), tout cela se trouvant aggravé 
par la mondialisation accélérée et exponentielle des réseaux criminels. 
Internet joue-t-il un rôle ? 
C'est indéniable. Cela a commencé avec les contrefaçons de produits de luxe. Mais 
on voit actuellement exploser la demande avec les médicaments ou l'alimentaire, qui 
peuvent s'exporter très facilement. Il faut bien comprendre que des populations qui 
voient leurs revenus stagner voire régresser en période de crise, constituent une cible 
idéale pour les criminels qui peuvent répondre à leur attente en fournissant des produits 
à bas prix. De même, des artisans ou des chefs d'entreprise peuvent être tentés de se 
procurer via internet ou des réseaux peu scrupuleux, des matériels ou matériaux de 
contrefaçon moins chers, qui permettent de maintenir ou optimiser leurs marges. On 
assiste ainsi à de véritables livraisons de masse, directement sur les chantiers, par des 
containers entiers, via des commandes par internet. Nous travaillons d'ailleurs avec la 
Fédération française du bâtiment, qui a eu le mérite de prendre en compte assez tôt ce 
fléau de la contrefaçon, susceptible de générer de très graves accidents. 
Quelle est l'étendue de la contrefaçon ? Pouvez-vous nous donner quelques chiffres et 
quelques exemples ? 
Parlons plutôt en termes de chiffre d’affaires pour le crime organisé… 
Même si les chiffres sont aujourd’hui discutables, nous savons que 
les cigarettes de contrefaçon par exemple génèrent 50 milliards 
US$. Nous savons également que les médicaments illicites génèrent 
pour 100 pays, au nord comme au sud, près de 75 milliards US$. 
Globalement, nous estimons que la contrefaçon des biens matériels 
représente près de 300 milliards US$ de profits, et la même chose 
pour les biens immatériels. Sa progression est de l’ordre de 20 % par 
an, en hausse continuelle et pourrait dépasser 1000 milliards US$ 
d’ici 5 ans si nous n’agissons pas vigoureusement. Autrement dit, la 
contrefaçon rapporte au crime organisé beaucoup plus que la drogue, 
dont le chiffre d'affaires est peu ou prou estimé à 350 milliards US$. 
Comment se protéger aujourd'hui de ce fléau ? 
Comme nous l'avons dit, la contrefaçon n’est plus aujourd’hui une 
simple infraction au droit de la propriété intellectuelle. Les contrefacteurs en ont 
compris les failles, notamment au niveau des pénalités, à mon sens trop faibles et surtout 
inadaptées. La contrefaçon est élargie au champ beaucoup plus large des trafics illicites. 
Tout se mélange, contrefaçon et contrebande, gênant ainsi les capacités d’intervention 
des autorités publiques beaucoup trop cloisonnées. À ce cloisonnement s'ajoutent les 
difficultés budgétaires que rencontrent les autorités de contrôle, qui ne parviennent 
pas à déployer des moyens suffisamment efficaces pour contrecarrer cette pandémie. 
CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 3 -
Les entreprises sont 
victimes de contrefaçon 
parce qu’elles n’ont jamais 
suffisamment anticipé 
la menace et qu’elles 
cèdent le plus souvent 
aux tendances d’une 
compétition de plus en plus 
déloyale. 
Il convient de se tourner vers la sphère privée. Mais certainement pas en procédant 
de manière désordonnée, comme le font trop souvent les industries qui préfèrent 
faire cavalier seul plutôt que de fédérer les actions en partenariat avec les autorités 
publiques. Or, même si ces actions de partenariat existent, elles sont malheureusement 
sporadiques et à mon sens d'ordre beaucoup trop marketing pour gêner sérieusement 
les mafias. La démarche doit être menée auprès des fédérations de chaque filière afin 
de mieux coordonner les actions préventives et dissuasives. Et surtout elle doit viser à 
sensibiliser les membres de chacune des fédérations ou des syndicats concernés. 
Que faire sur le plan juridique ? 
La politique de répression, en France en particulier, est élevée. Mais il y a peu de 
procédures pénales et dans les procédures civiles, très peu arrivent à terme, parce 
que l'on privilégie les règlements à l'amiable. C'est pourquoi je plaide pour que l'on ne 
place plus le problème au seul niveau de l'atteinte au droit de la propriété intellectuelle, 
mais au niveau de l'atteinte à la sécurité des personnes et aux problèmes de santé 
publique, ces sphères représentant 90 % des contrefaçons. Sur cette base, des principes 
pénaux peuvent être utilisés partout dans le monde. Je pense à la notion de tromperie 
aggravée, infraction pénale utilisée dans de nombreux pays, et au principe de la volonté 
de nuisance à la vie d'autrui, autrement dit l'empoisonnement. 
Comment faites-vous pour suivre toutes ces évolutions ? 
Comme toujours, le recueil et le traitement de l'information sont essentiels. Je me suis 
constitué un réseau de 170 experts à travers le monde, le plus souvent évoluant dans 
les pouvoirs publics, qui suivent ces questions et échangent avec nous. Nous parvenons 
ainsi à suivre l'évolution des tendances et à mettre en place les dispositifs idoines pour 
y faire face. Et puis, nous suivons l'évolution des champs réglementaires. Par exemple, 
quand, dans le domaine de la construction, de nouvelles normes sont mises en oeuvre, 
très vite on va observer une adaptation des réseaux criminels qui vont proposer des 
contrefaçons pour surfer sur la vague et faire très vite du profit. 
Pensez-vous qu'il faille sensibiliser les futurs cadres à cette question ? Que diriez-vous à de 
jeunes étudiants en école de commerce à ce sujet ? 
Oui, il est capital de faire toucher du doigt aux étudiants la réalité criminelle de la 
contrefaçon. Car déjà dans l'univers professionnel, je constate qu'il y a une méconnaissance 
complète de la situation. Il faut bien expliquer qu'il s'agit là d'une menace économique 
majeure, qui est aussi une menace sociale et une menace criminelle. Ces menaces vont 
grandissantes, puisque la nature même de la crise que nous traversons rend les États 
plus faibles et souvent à la remorque des initiatives des groupes criminels. 
Ensuite, il faut bien comprendre que face à un phénomène mondial d'une telle ampleur, 
seul, on ne peut rien faire. Même une grande industrie ne peut agir seule. Car la 
menace est polymorphe, elle est en évolution constante et il est nécessaire d'avoir une 
perception globale du phénomène. Il faut donc privilégier la collégialité, la transmission 
d'information, mais aussi la pédagogie qui permet d'éveiller les consciences à ces réalités. 
D'où l'impérieuse nécessité de ne jamais se replier sur soi-même. La lutte contre la 
contrefaçon passe en effet par la communauté de moyens et l’échange avec les collègues 
de la filière, pour anticiper et éviter le pire. D'où l'importance du travail au sein des 
fédérations professionnelles pour bâtir de vraies stratégies dans leurs filières. 
Les résultats des études récentes démontrent que les entreprises sont victimes de 
contrefaçon parce qu’elles n’ont jamais suffisamment anticipé la menace et qu’elles 
cèdent le plus souvent aux tendances d’une compétition de plus en plus déloyale. 
Certains sont alors tentés par la facilité et se disent en substance : pourquoi ne suivrais-je 
pas l’exemple de mon concurrent puisque nous sommes dans la dérégulation de 
fait ?.. Les cadres deviennent ainsi moins regardants sur la manière d'acheter. D'où 
l'importance de mettre les décideurs à tous les niveaux de la chaîne des achats – tant les 
négociants que les entrepreneurs – devant leurs responsabilités pénales, de les informer 
des risques qu'ils prennent. Sans une prise de conscience, sans un durcissement pénal, 
le fléau de la contrefaçon s'amplifiera et le crime organisé qui le gère prospérera au 
détriment des peuples. n 
CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 4 -
Pierre Delval 
Pierre Delval est un criminologue 
(Panthéon-Assas Paris-II) et cri-minaliste 
français, spécialiste in-ternational 
en matière de contre-façons 
dangereuses. 
Licencié en histoire et histoire 
des arts (Paris-Panthéon-Sor-bonne), 
titulaire d’une maîtrise 
de sciences et techniques pour 
la conservation et la restaura-tion 
des oeuvres d’art (Paris-Pan-théon- 
Sorbonne), diplômé de 
l’École des Beaux-Arts de Paris- 
Montparnasse, ingénieur crimi-naliste 
(Ministère de l’Intérieur), 
Pierre Delval détient également 
deux diplômes de troisième cycle, 
l’un en chimie minérale (Tech-niques 
d’investigation scientifique 
sur les faux en oeuvres d’art), l’autre 
en droit pénal (Le Crime contrefa-çon 
: une solution face aux limites du 
droit de la propriété intellectuelle). 
Il est aujourd'hui le président-fondateur 
de WAITO Corp. et 
WAITO International, deux 
organisations respectivement 
franco-américaine et franco-tunisienne 
chargées de lutter 
contre les trafics illicites de 
produits non-conformes, portant 
atteinte à l’économie des États, à 
la sécurité des consommateurs, 
à la stabilité sociale et à la santé 
publique. Il est fréquemment 
consulté par des Institutions 
internationales sur l’actualité 
relative à la convergence 
entre protection des citoyens 
consommateurs et stabilité des 
États. 
Animateur de plusieurs 
observatoires au sein de 
fédérations interprofessionnelles 
et président de la commission 
"contrefaçon de médicaments" 
à la Banque Mondiale et à 
l’OCDE, Pierre Delval maintient 
sa feuille de route de pénaliste 
et de scientifique, en focalisant 
essentiellement ses actions 
contre le crime organisé. 
Pierre Delval a également été 
conseiller et conférencier 
des Assises nationales de la 
Recherche stratégique à l'École 
militaire (2012), conseiller et 
co-chairman de la conférence 
Crime-Contrefaçon des matériaux 
et équipements de la construction 
organisée sous l'égide de la 
Fédération française du bâtiment 
(2012). 
Pierre Delval a notamment publié 
Faux et fraudes : la criminalité 
internationale des faux documents 
(PUF, 1998), La contrefaçon : un 
crime organisé (Jean-Claude 
Gawsewitch Éditeur, 2008), Le 
marché mondial du faux : crimes 
et contrefaçons (CNRS éditions, 
2010). 
Pour plus d’informations : www. 
waitocorp.org 
Raison d’être des “Entretiens du Directeur” 
En rencontrant tous les mois des 
personnalités de haut niveau qui 
pratiquent la géopolitique, Jean- 
François Fiorina aime à rappeler 
que l’intérêt de l’ESC Grenoble 
pour cette discipline répond à des 
objectifs bien précis : 
“Notre volonté est d’inciter nos par-tenaires 
et nos étudiants à faire 
preuve d’un nouvel état d’esprit. Il 
s’agit de leur proposer non seule-ment 
une grille de lecture du réel 
adaptée aux enjeux du monde 
contemporain, mais aussi de nou-veaux 
outils d’aide à la décision. 
Pour les entreprises, il s’agit d’être 
capables de réagir le mieux et le 
plus rapidement possible. Pour nos 
étudiants, il s’agit moins d’évoluer 
sur le court terme que de se prépa-rer 
à une course de fond. 
D’où une formation qui vise da-vantage 
à former les esprits qu’à 
apprendre de simples techniques, 
qui, de toute façon, évolueront. 
Pour les uns comme pour les 
autres, il est cependant impératif 
de bien comprendre l’intérêt de la 
géopolitique, non pas comme ré-férent 
universitaire abstrait, mais 
comme méthode permettant d’ap-procher 
et cerner le monde dans sa 
complexité, afin d’être au plus près 
des enjeux réels. La géopolitique 
doit servir à gagner des marchés, 
ou du moins à ne pas en perdre. 
Autrement dit, elle constitue une 
clé précieuse pour évoluer dans 
le monde d’aujourd’hui, et surtout 
de demain”. (Communication & In-fluence 
n°19, mai 2010). n 
Retrouvez d’autres analyses géopolitiques sur www.diploweb.com et sur www.grenoble-em.com/geopolitique. 
CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 5 -

Contenu connexe

En vedette

Diapositivas de tenologia e informatica
Diapositivas de tenologia e informatica Diapositivas de tenologia e informatica
Diapositivas de tenologia e informatica
karendahiana
 
Note CLES n°92 - Où va la Corée du Sud
Note CLES n°92 - Où va la Corée du SudNote CLES n°92 - Où va la Corée du Sud
Note CLES n°92 - Où va la Corée du Sud
Jean-François Fiorina
 
2 этап группа 3 компьютер
2 этап группа 3 компьютер2 этап группа 3 компьютер
2 этап группа 3 компьютер
guest5b1b87
 
Lordinateur Groupe 3
Lordinateur Groupe 3Lordinateur Groupe 3
Lordinateur Groupe 3
guest5b1b87
 
2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants
2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants
2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants
DFIE Lyon
 
El ajedrez y su valor como herramienta pedagógica
El ajedrez y su valor como herramienta pedagógicaEl ajedrez y su valor como herramienta pedagógica
El ajedrez y su valor como herramienta pedagógica
Guillermo Andreoli
 

En vedette (20)

Cles hs n°38, la géopolitique à la française, entretien avec Yves Lacoste, se...
Cles hs n°38, la géopolitique à la française, entretien avec Yves Lacoste, se...Cles hs n°38, la géopolitique à la française, entretien avec Yves Lacoste, se...
Cles hs n°38, la géopolitique à la française, entretien avec Yves Lacoste, se...
 
Antivirus gabriel y renata
Antivirus gabriel y renataAntivirus gabriel y renata
Antivirus gabriel y renata
 
Diapositivas de tenologia e informatica
Diapositivas de tenologia e informatica Diapositivas de tenologia e informatica
Diapositivas de tenologia e informatica
 
Note CLES - Comprendre Les Enjeux Stratégiques - Entretien avec Noël PONS, sp...
Note CLES - Comprendre Les Enjeux Stratégiques - Entretien avec Noël PONS, sp...Note CLES - Comprendre Les Enjeux Stratégiques - Entretien avec Noël PONS, sp...
Note CLES - Comprendre Les Enjeux Stratégiques - Entretien avec Noël PONS, sp...
 
Note CLES n°92 - Où va la Corée du Sud
Note CLES n°92 - Où va la Corée du SudNote CLES n°92 - Où va la Corée du Sud
Note CLES n°92 - Où va la Corée du Sud
 
Note CLES n°111 - Les batailles de l'Angleterre
Note CLES n°111 - Les batailles de l'AngleterreNote CLES n°111 - Les batailles de l'Angleterre
Note CLES n°111 - Les batailles de l'Angleterre
 
Cles entretien n°40 Thierry Marx
Cles entretien n°40   Thierry MarxCles entretien n°40   Thierry Marx
Cles entretien n°40 Thierry Marx
 
2 этап группа 3 компьютер
2 этап группа 3 компьютер2 этап группа 3 компьютер
2 этап группа 3 компьютер
 
Rapport : Le regard des Français sur la Russie
Rapport : Le regard des Français sur la Russie Rapport : Le regard des Français sur la Russie
Rapport : Le regard des Français sur la Russie
 
Estrategias recursos y herramientas para profesores final
Estrategias recursos y herramientas para profesores finalEstrategias recursos y herramientas para profesores final
Estrategias recursos y herramientas para profesores final
 
Lordinateur Groupe 3
Lordinateur Groupe 3Lordinateur Groupe 3
Lordinateur Groupe 3
 
FêTe Des Rois
FêTe Des RoisFêTe Des Rois
FêTe Des Rois
 
Cles113 - Géopolitique des Kurdes - Itinéraire et avenir d'un peuple sans État
Cles113 - Géopolitique des Kurdes - Itinéraire et avenir d'un peuple sans ÉtatCles113 - Géopolitique des Kurdes - Itinéraire et avenir d'un peuple sans État
Cles113 - Géopolitique des Kurdes - Itinéraire et avenir d'un peuple sans État
 
2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants
2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants
2012 12 10 dispositifs pédagogiques innovants
 
l'expérimentation de la démarche d'investigation : l'exemple de P2S
l'expérimentation de la démarche d'investigation : l'exemple de P2Sl'expérimentation de la démarche d'investigation : l'exemple de P2S
l'expérimentation de la démarche d'investigation : l'exemple de P2S
 
Cles n°117, l'Europe face à l'immigration illégale
Cles n°117, l'Europe face à l'immigration illégaleCles n°117, l'Europe face à l'immigration illégale
Cles n°117, l'Europe face à l'immigration illégale
 
El ajedrez y su valor como herramienta pedagógica
El ajedrez y su valor como herramienta pedagógicaEl ajedrez y su valor como herramienta pedagógica
El ajedrez y su valor como herramienta pedagógica
 
Cles, hs, les entretiens du directeur n°23, Yves zlotowski
Cles, hs, les entretiens du directeur n°23, Yves zlotowskiCles, hs, les entretiens du directeur n°23, Yves zlotowski
Cles, hs, les entretiens du directeur n°23, Yves zlotowski
 
Cles123 | La "guerre civile" centrafricaine
Cles123 | La "guerre civile" centrafricaineCles123 | La "guerre civile" centrafricaine
Cles123 | La "guerre civile" centrafricaine
 
Existencias xaneiro 2015
Existencias xaneiro 2015Existencias xaneiro 2015
Existencias xaneiro 2015
 

Similaire à Note CLES - Les entretiens du directeur n°39, Géopolitique de la contrefaçon, entretien avec Pierre Delval

Jacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanes
Jacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanesJacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanes
Jacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanes
Fondation Chirac
 
Presentation nouveau livre lutte anti blanchiment - 10 07 2013
Presentation nouveau livre   lutte anti blanchiment -  10 07 2013Presentation nouveau livre   lutte anti blanchiment -  10 07 2013
Presentation nouveau livre lutte anti blanchiment - 10 07 2013
Geert DELRUE
 
Sondage campagne communication
Sondage campagne communicationSondage campagne communication
Sondage campagne communication
hydroponie57
 

Similaire à Note CLES - Les entretiens du directeur n°39, Géopolitique de la contrefaçon, entretien avec Pierre Delval (20)

PME / PMI : prévenir les risques juridiques à l'international
PME / PMI : prévenir les risques juridiques à l'internationalPME / PMI : prévenir les risques juridiques à l'international
PME / PMI : prévenir les risques juridiques à l'international
 
Guide de l'élu local transparence des relations avec le citoyen
Guide de l'élu local transparence des relations avec le citoyenGuide de l'élu local transparence des relations avec le citoyen
Guide de l'élu local transparence des relations avec le citoyen
 
195compensation
195compensation195compensation
195compensation
 
The dangerous and illegal trade in counterfeit medicines
The dangerous and illegal trade in counterfeit medicinesThe dangerous and illegal trade in counterfeit medicines
The dangerous and illegal trade in counterfeit medicines
 
Fraude finance
Fraude financeFraude finance
Fraude finance
 
la Corruption
la Corruption la Corruption
la Corruption
 
Le phénomène des Fake news - Mémoire ESGI
Le phénomène des Fake news - Mémoire ESGILe phénomène des Fake news - Mémoire ESGI
Le phénomène des Fake news - Mémoire ESGI
 
Jacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanes
Jacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanesJacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanes
Jacques Chirac s'adresse au Conseil de l'organisation mondiale des douanes
 
Presentation nouveau livre lutte anti blanchiment - 10 07 2013
Presentation nouveau livre   lutte anti blanchiment -  10 07 2013Presentation nouveau livre   lutte anti blanchiment -  10 07 2013
Presentation nouveau livre lutte anti blanchiment - 10 07 2013
 
Effects of Corruption on Growth and Development of the Moroccan Economy
Effects of Corruption on Growth and Development of the Moroccan Economy Effects of Corruption on Growth and Development of the Moroccan Economy
Effects of Corruption on Growth and Development of the Moroccan Economy
 
Liberté et numérique
Liberté et numériqueLiberté et numérique
Liberté et numérique
 
Le marché mondial du faux : Crimes et contrefaçons » par Pierre Delval
Le marché mondial du faux : Crimes et contrefaçons » par Pierre DelvalLe marché mondial du faux : Crimes et contrefaçons » par Pierre Delval
Le marché mondial du faux : Crimes et contrefaçons » par Pierre Delval
 
Sondage campagne communication
Sondage campagne communicationSondage campagne communication
Sondage campagne communication
 
Article (Version intégrale) - Les PME ne sont pas protégées contre la cybercr...
Article (Version intégrale) - Les PME ne sont pas protégées contre la cybercr...Article (Version intégrale) - Les PME ne sont pas protégées contre la cybercr...
Article (Version intégrale) - Les PME ne sont pas protégées contre la cybercr...
 
OECD, 2nd Task Force Meeting on Charting Illicit Trade - Didier Ridoret
OECD, 2nd Task Force Meeting on Charting Illicit Trade - Didier RidoretOECD, 2nd Task Force Meeting on Charting Illicit Trade - Didier Ridoret
OECD, 2nd Task Force Meeting on Charting Illicit Trade - Didier Ridoret
 
Infographie PwC sur la fraude en entreprise (2014)
Infographie PwC sur la fraude en entreprise (2014)Infographie PwC sur la fraude en entreprise (2014)
Infographie PwC sur la fraude en entreprise (2014)
 
Introduction cyber securite 2016
Introduction cyber securite 2016Introduction cyber securite 2016
Introduction cyber securite 2016
 
La Veille De Né Kid Du 26.08.2009 : l'art de la manipulation
La Veille De Né Kid Du 26.08.2009 : l'art de la manipulationLa Veille De Né Kid Du 26.08.2009 : l'art de la manipulation
La Veille De Né Kid Du 26.08.2009 : l'art de la manipulation
 
2011-10-11 Richard Duval Urgence éthique dans l'attribution et l'exécution de...
2011-10-11 Richard Duval Urgence éthique dans l'attribution et l'exécution de...2011-10-11 Richard Duval Urgence éthique dans l'attribution et l'exécution de...
2011-10-11 Richard Duval Urgence éthique dans l'attribution et l'exécution de...
 
Web Conférence: Corruption et Supply Chain - Quelles sont mes responsabilités?
Web Conférence: Corruption et Supply Chain - Quelles sont mes responsabilités?Web Conférence: Corruption et Supply Chain - Quelles sont mes responsabilités?
Web Conférence: Corruption et Supply Chain - Quelles sont mes responsabilités?
 

Plus de Jean-François Fiorina

Appel à communication du prochain festival de géopolitique
Appel à communication du prochain festival de géopolitique Appel à communication du prochain festival de géopolitique
Appel à communication du prochain festival de géopolitique
Jean-François Fiorina
 
Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...
Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...
Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...
Jean-François Fiorina
 

Plus de Jean-François Fiorina (20)

Géopolitiquement votre, ma newsletter géopolitique
Géopolitiquement votre, ma newsletter géopolitiqueGéopolitiquement votre, ma newsletter géopolitique
Géopolitiquement votre, ma newsletter géopolitique
 
Géopolitiquement vôtre
Géopolitiquement vôtre Géopolitiquement vôtre
Géopolitiquement vôtre
 
Brochure PGE 2018
Brochure PGE 2018Brochure PGE 2018
Brochure PGE 2018
 
Appel à communication du prochain festival de géopolitique
Appel à communication du prochain festival de géopolitique Appel à communication du prochain festival de géopolitique
Appel à communication du prochain festival de géopolitique
 
Year book 2017 / 2018 - MSc Marketing GEM
Year book 2017 / 2018 - MSc Marketing GEMYear book 2017 / 2018 - MSc Marketing GEM
Year book 2017 / 2018 - MSc Marketing GEM
 
Appel à communication entrepreneuriat en afrique
Appel à communication entrepreneuriat en afriqueAppel à communication entrepreneuriat en afrique
Appel à communication entrepreneuriat en afrique
 
Festival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de Management
Festival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de ManagementFestival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de Management
Festival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de Management
 
6ème édition du festival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de Management
6ème édition du festival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de Management 6ème édition du festival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de Management
6ème édition du festival de l'Entrepreneuriat de Grenoble Ecole de Management
 
"Marketing, le magazine qui peut sauver ton partiel", une publication des étu...
"Marketing, le magazine qui peut sauver ton partiel", une publication des étu..."Marketing, le magazine qui peut sauver ton partiel", une publication des étu...
"Marketing, le magazine qui peut sauver ton partiel", une publication des étu...
 
It happens at Grenoble Ecole de Management !
It happens at Grenoble Ecole de Management !It happens at Grenoble Ecole de Management !
It happens at Grenoble Ecole de Management !
 
Comment devenir partenaire de Grenoble Ecole de Management
Comment devenir partenaire de Grenoble Ecole de Management Comment devenir partenaire de Grenoble Ecole de Management
Comment devenir partenaire de Grenoble Ecole de Management
 
Guide de l'acheteur international
Guide de l'acheteur internationalGuide de l'acheteur international
Guide de l'acheteur international
 
Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...
Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...
Contributions de l'AGERA (Association des Grandes Ecoles en Rhône-Alpes Auver...
 
GEM Lab studies - Climat mondial des affaires DFCG-GEM
GEM Lab studies - Climat mondial des affaires DFCG-GEMGEM Lab studies - Climat mondial des affaires DFCG-GEM
GEM Lab studies - Climat mondial des affaires DFCG-GEM
 
Plaquette siap
Plaquette siapPlaquette siap
Plaquette siap
 
A Note On The Evolution Of The French Management Scholarship, 1994-2014
A Note On The Evolution Of The French Management Scholarship, 1994-2014A Note On The Evolution Of The French Management Scholarship, 1994-2014
A Note On The Evolution Of The French Management Scholarship, 1994-2014
 
GEM LAB Executive Summaries #18 - Salariés incontournables : comment leur évi...
GEM LAB Executive Summaries #18 - Salariés incontournables : comment leur évi...GEM LAB Executive Summaries #18 - Salariés incontournables : comment leur évi...
GEM LAB Executive Summaries #18 - Salariés incontournables : comment leur évi...
 
Pour innover efficace, ne vous trompez pas de marque - GEM LAB Executive Summ...
Pour innover efficace, ne vous trompez pas de marque - GEM LAB Executive Summ...Pour innover efficace, ne vous trompez pas de marque - GEM LAB Executive Summ...
Pour innover efficace, ne vous trompez pas de marque - GEM LAB Executive Summ...
 
Dirigeants, pour mieux innover, n’innovez pas seuls
Dirigeants, pour mieux innover, n’innovez pas seulsDirigeants, pour mieux innover, n’innovez pas seuls
Dirigeants, pour mieux innover, n’innovez pas seuls
 
Newsletter n°6 Dispositif diversité de GEM
Newsletter n°6 Dispositif diversité de GEM Newsletter n°6 Dispositif diversité de GEM
Newsletter n°6 Dispositif diversité de GEM
 

Note CLES - Les entretiens du directeur n°39, Géopolitique de la contrefaçon, entretien avec Pierre Delval

  • 1. CLES Comprendre Les Enjeux Stratégiques Note hebdomadaire d’analyse géopolitique Géopolitique de la contrefaçon Jean-François Fiorina s'entretient avec Pierre Delval HS39 Octobre 2014 La contrefaçon tue. La contrefaçon aujourd'hui relève très clairement de la sphère criminelle. Tel est le constat sans ambiguïté dressé par le criminologue et criminaliste français Pierre Delval, l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la contrefaçon. Celle-ci touche essentiellement des produits de consommation courants, mettant en danger la sécurité des personnes et la santé publique. Véritable hydre à l'échelle planétaire, la contrefaçon progresse au rythme effrayant de 20 % par an et pourrait atteindre 1 000 milliards US$ d'ici 5 ans, avec des conséquences extrêmement néfastes pour les peuples et les équilibres sociaux. Pierre Delval démontre l'ampleur du phénomène et propose des pistes vigoureuses d'action pour endiguer ce fléau. Pierre Delval et Jean-François Fiorina : sans une prise de conscience, sans un durcissement pénal, le fléau de la contrefaçon s'amplifiera et le crime organisé prospérera au détriment des peuples. Comment définissez-vous la contrefaçon ? La contrefaçon constitue une tromperie par l'apparence. On trompe en effet l'utilisateur final sur la présentation ou la forme d'un produit qui donne l'illusion de répondre à un certain nombre de critères, techniques ou sécuritaires, mais en réalité de manière totalement fallacieuse. Ce n'est plus simplement une atteinte à la propriété intellectuelle. On se situe là bien au-delà du seul aspect juridique. En fait, la contrefaçon aujourd'hui relève de la sphère criminelle. La quasi-totalité des contrefaçons se fait sous le contrôle des organisations criminelles, qui en particulier gèrent les circuits de distribution. Vous avez des mots très durs pour dénoncer la contrefaçon, parlant à cet égard de "crime organisé" et de "produits qui tuent". Pourquoi ? Tout d'abord, il faut savoir que, sur l’ensemble des contrefaçons constatées dans le monde, moins de 10 % concernent les produits classiquement présentés comme appartenant au monde du luxe ou à celui des articles de sport, qui naturellement nous viennent à l'esprit quand on évoque la contrefaçon. La très grande majorité des produits de contrefaçon sont des biens de consommation courants, comme l’alimentaire, les produits de santé, le tabac, les matériaux et équipements de la construction, le cosmétique, les jouets… Bref tout ce qui touche directement à la sécurité et/ou à la santé des consommateurs, mais aussi à la stabilité économique et politique des pays. Le crime organisé en est aujourd’hui le principal acteur puisqu’il pousse au développement des industries de la contrefaçon, investit même dans l’outil industriel (nouvelle forme de blanchiment d’argent) et distribue les produits contrefaisants dans ses réseaux de vente déjà existants, historiquement utilisés pour d’autres commerces illicites. CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 1 -
  • 2. Il faut faire du décèlement précoce une priorité, observer les signes révélateurs d'une évolution, pour anticiper et mettre très vite en oeuvre – et au mieux – les mesures nécessaires pour enrayer ces nouvelles tendances en matière de contrefaçons dangereuses que je nomme "crime-contrefaçon". La contrefaçon doit de nos jours être appréhendée sur un mode élargi. La contrefaçon est avant tout un produit non conforme, qui ne répond plus aux critères de qualité et de sécurité exigés pour qu’il soit consommable ou manipulable. Cette "non-conformité" est le plus souvent due au fait qu’un produit de ce type doit avant tout rapporter un maximum de profit aux réseaux criminels et donc avoir un prix de revient le plus bas possible. Toutes les règles de contrôle de sécurité et de qualité des matières premières, classiquement coûteuses pour l’industriel, sont donc bannies. De fait, beaucoup de ces produits se révèlent au bout du compte dangereux – voire mortels – pour l’utilisateur final, trompé le plus souvent par une apparence proche de la réalité et des artifices de vente (utilisation abusive de marquages de conformité, faux certificats de garantie, etc.). Enfin, dernière raison, la contrefaçon constitue également un vecteur de financement direct ou indirect pour des filières criminelles comme le terrorisme. Nous le constatons tous les jours par exemple dans la zone subsaharienne et en Afrique du Nord (Tunisie ou Libye par exemple). Pourquoi vous êtes-vous intéressé à cette question ? Passionné par le domaine de l'investigation criminelle, j'ai suivi un double cursus, tout à la fois juridique – droit pénal et criminologie – et scientifique. Dans le cadre de la police scientifique, je me suis dès l'origine intéressé à la question des faux documents. J'ai ensuite quitté le Ministère de l'Intérieur pour prendre la direction de la sécurité au groupement des cartes bancaires, au moment où s'enclenchait le procédé de la carte à puce. Il fallait coordonner les actions pour la mise en sécurité du micro-processeur, des terminaux de paiement et des centrales de traitement des données. J'ai ensuite créé le premier bureau d'étude privé chargé de travailler au profit des Etats sur les documents intelligents dotés d'un micro-processeur. Puis, je suis devenu le conseiller stratégique du président de l'Imprimerie nationale en charge des évolutions techniques relatives à la sécurité des documents, avant d'aller à Bercy comme chargé de mission dans le domaine de la lutte contre les contrefaçons industrielles. Pour des raisons stratégiques, j'ai quitté la France pour créer en Suisse la fondation WAITO. Cette organisation internationale avait pour objectif de traquer le commerce illicite en matière de sécurité et de santé publique, structure que j'ai transfé-rée aux États-Unis, et en Tunisie pour la partie opérationnelle. Cela fait donc 25 ans que je travaille dans ce domaine de la lutte contre la contrefaçon… Quels sont vos clients ? Les clients sont essentiellement de deux types : les fédérations professionnelles et les gouvernements. En fédérant les capacités des entreprises, on est plus à même de pou-voir être efficace pour lutter contre la contrefaçon. Il faut bien comprendre que ce phé-nomène touche tout le monde, et que paradoxalement, bien des pays producteurs de contrefaçons se retrouvent dans la position de l'arroseur arrosé. La Chine est dans ce cas. La production de contrefaçon y est massive, mais dans le même temps, elle ne peut se permettre d'avoir des crises sociales et politiques majeures liées à cette question de la contrefaçon, notamment dans le domaine de la santé publique. Dans la plupart des cas, on nous demande de conduire des actions de coordination et de suivi de l'évolution du phénomène criminel. Les douanes par exemple, dans un certain nombre de pays, n'ont pas forcément une appréhension correcte des nouvelles tendances. Ensuite, on s'aperçoit que l'interface entre sphère privée et sphère publique n'existe pas ou fonctionne mal, ce qui engendre des dysfonctionnements. Nous nous fixons donc prioritairement deux objectifs. Tout d'abord – pour reprendre l'expression de Xavier Raufer et Alain Bauer – il faut faire du décèlement précoce une priorité, observer les signes révélateurs d'une évolution, pour anticiper et mettre très vite en oeuvre – et au mieux – les mesures nécessaires pour enrayer ces nouvelles tendances en matière de contrefaçon dangereuse, que je nomme "crime-contrefaçon". Ensuite, second objectif, il s'agit d'activer au mieux nos centres opérationnels de lutte contre la contrefaçon pour servir d'interface entre sphère publique et sphère privée, avec à la clé des actions extrêmement pragmatiques. Ainsi en Tunisie, nous allons mener des actions concrètes aux frontières. La crise économique, commerciale et politique tient en partie ses origines dans le trafic illicite généralisé qui ruine le pays. Pour le verrouiller au niveau des frontières, il faut donner CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 2 -
  • 3. La contrefaçon rapporte au crime organisé beaucoup plus que la drogue, dont le chiffre d'affaires est peu ou prou estimé à 350 milliards US$. l'opportunité aux populations locales de s'extraire des réseaux mafieux, en favorisant la création de vraies zones économiques, correctement encadrées, structurées et protégées. On joue donc d'abord sur l'incitation avant de jouer le cas échéant la carte de la répression. Ce qui implique de la planification stratégique à conduire, des efforts pédagogiques à mener, tout en remettant à niveau le système pénal. Il faut aussi mettre en place des systèmes de traçabilité et d'authentification des produits, pour éviter notamment les fuites fiscales. Mais surtout, on doit rétablir la confiance, en particulier pour les investisseurs qui rechignent à revenir dans le pays. Peut-on dire qu'il existe une géopolitique de la contrefaçon ? L'explosion de la contrefaçon est-elle directement liée au phénomène de la mondialisation ? Oui. La contrefaçon est une démarche opportuniste. Le vendeur de contrefaçons s’intéresse aux tendances des marchés et réagit à partir de ces observations. Un jour il vend des médicaments, le lendemain des équipements électriques et le surlendemain des produits de luxe. Le prédateur vise des niches où le profit est maximal et immédiat. Bien évidemment, la mondialisation a joué un rôle majeur dans le développement de la contrefaçon, notamment grâce à la délocalisation des industries européennes et à la facilitation des moyens de transport, maritimes et aériens. Mais la mondialisation n’explique pas tout. Elle a surtout profité de la mutation économique en faveur de l’hémisphère sud et de l’appauvrissement des classes moyennes de l’hémisphère nord et des populations en souffrance (au nord comme au sud), tout cela se trouvant aggravé par la mondialisation accélérée et exponentielle des réseaux criminels. Internet joue-t-il un rôle ? C'est indéniable. Cela a commencé avec les contrefaçons de produits de luxe. Mais on voit actuellement exploser la demande avec les médicaments ou l'alimentaire, qui peuvent s'exporter très facilement. Il faut bien comprendre que des populations qui voient leurs revenus stagner voire régresser en période de crise, constituent une cible idéale pour les criminels qui peuvent répondre à leur attente en fournissant des produits à bas prix. De même, des artisans ou des chefs d'entreprise peuvent être tentés de se procurer via internet ou des réseaux peu scrupuleux, des matériels ou matériaux de contrefaçon moins chers, qui permettent de maintenir ou optimiser leurs marges. On assiste ainsi à de véritables livraisons de masse, directement sur les chantiers, par des containers entiers, via des commandes par internet. Nous travaillons d'ailleurs avec la Fédération française du bâtiment, qui a eu le mérite de prendre en compte assez tôt ce fléau de la contrefaçon, susceptible de générer de très graves accidents. Quelle est l'étendue de la contrefaçon ? Pouvez-vous nous donner quelques chiffres et quelques exemples ? Parlons plutôt en termes de chiffre d’affaires pour le crime organisé… Même si les chiffres sont aujourd’hui discutables, nous savons que les cigarettes de contrefaçon par exemple génèrent 50 milliards US$. Nous savons également que les médicaments illicites génèrent pour 100 pays, au nord comme au sud, près de 75 milliards US$. Globalement, nous estimons que la contrefaçon des biens matériels représente près de 300 milliards US$ de profits, et la même chose pour les biens immatériels. Sa progression est de l’ordre de 20 % par an, en hausse continuelle et pourrait dépasser 1000 milliards US$ d’ici 5 ans si nous n’agissons pas vigoureusement. Autrement dit, la contrefaçon rapporte au crime organisé beaucoup plus que la drogue, dont le chiffre d'affaires est peu ou prou estimé à 350 milliards US$. Comment se protéger aujourd'hui de ce fléau ? Comme nous l'avons dit, la contrefaçon n’est plus aujourd’hui une simple infraction au droit de la propriété intellectuelle. Les contrefacteurs en ont compris les failles, notamment au niveau des pénalités, à mon sens trop faibles et surtout inadaptées. La contrefaçon est élargie au champ beaucoup plus large des trafics illicites. Tout se mélange, contrefaçon et contrebande, gênant ainsi les capacités d’intervention des autorités publiques beaucoup trop cloisonnées. À ce cloisonnement s'ajoutent les difficultés budgétaires que rencontrent les autorités de contrôle, qui ne parviennent pas à déployer des moyens suffisamment efficaces pour contrecarrer cette pandémie. CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 3 -
  • 4. Les entreprises sont victimes de contrefaçon parce qu’elles n’ont jamais suffisamment anticipé la menace et qu’elles cèdent le plus souvent aux tendances d’une compétition de plus en plus déloyale. Il convient de se tourner vers la sphère privée. Mais certainement pas en procédant de manière désordonnée, comme le font trop souvent les industries qui préfèrent faire cavalier seul plutôt que de fédérer les actions en partenariat avec les autorités publiques. Or, même si ces actions de partenariat existent, elles sont malheureusement sporadiques et à mon sens d'ordre beaucoup trop marketing pour gêner sérieusement les mafias. La démarche doit être menée auprès des fédérations de chaque filière afin de mieux coordonner les actions préventives et dissuasives. Et surtout elle doit viser à sensibiliser les membres de chacune des fédérations ou des syndicats concernés. Que faire sur le plan juridique ? La politique de répression, en France en particulier, est élevée. Mais il y a peu de procédures pénales et dans les procédures civiles, très peu arrivent à terme, parce que l'on privilégie les règlements à l'amiable. C'est pourquoi je plaide pour que l'on ne place plus le problème au seul niveau de l'atteinte au droit de la propriété intellectuelle, mais au niveau de l'atteinte à la sécurité des personnes et aux problèmes de santé publique, ces sphères représentant 90 % des contrefaçons. Sur cette base, des principes pénaux peuvent être utilisés partout dans le monde. Je pense à la notion de tromperie aggravée, infraction pénale utilisée dans de nombreux pays, et au principe de la volonté de nuisance à la vie d'autrui, autrement dit l'empoisonnement. Comment faites-vous pour suivre toutes ces évolutions ? Comme toujours, le recueil et le traitement de l'information sont essentiels. Je me suis constitué un réseau de 170 experts à travers le monde, le plus souvent évoluant dans les pouvoirs publics, qui suivent ces questions et échangent avec nous. Nous parvenons ainsi à suivre l'évolution des tendances et à mettre en place les dispositifs idoines pour y faire face. Et puis, nous suivons l'évolution des champs réglementaires. Par exemple, quand, dans le domaine de la construction, de nouvelles normes sont mises en oeuvre, très vite on va observer une adaptation des réseaux criminels qui vont proposer des contrefaçons pour surfer sur la vague et faire très vite du profit. Pensez-vous qu'il faille sensibiliser les futurs cadres à cette question ? Que diriez-vous à de jeunes étudiants en école de commerce à ce sujet ? Oui, il est capital de faire toucher du doigt aux étudiants la réalité criminelle de la contrefaçon. Car déjà dans l'univers professionnel, je constate qu'il y a une méconnaissance complète de la situation. Il faut bien expliquer qu'il s'agit là d'une menace économique majeure, qui est aussi une menace sociale et une menace criminelle. Ces menaces vont grandissantes, puisque la nature même de la crise que nous traversons rend les États plus faibles et souvent à la remorque des initiatives des groupes criminels. Ensuite, il faut bien comprendre que face à un phénomène mondial d'une telle ampleur, seul, on ne peut rien faire. Même une grande industrie ne peut agir seule. Car la menace est polymorphe, elle est en évolution constante et il est nécessaire d'avoir une perception globale du phénomène. Il faut donc privilégier la collégialité, la transmission d'information, mais aussi la pédagogie qui permet d'éveiller les consciences à ces réalités. D'où l'impérieuse nécessité de ne jamais se replier sur soi-même. La lutte contre la contrefaçon passe en effet par la communauté de moyens et l’échange avec les collègues de la filière, pour anticiper et éviter le pire. D'où l'importance du travail au sein des fédérations professionnelles pour bâtir de vraies stratégies dans leurs filières. Les résultats des études récentes démontrent que les entreprises sont victimes de contrefaçon parce qu’elles n’ont jamais suffisamment anticipé la menace et qu’elles cèdent le plus souvent aux tendances d’une compétition de plus en plus déloyale. Certains sont alors tentés par la facilité et se disent en substance : pourquoi ne suivrais-je pas l’exemple de mon concurrent puisque nous sommes dans la dérégulation de fait ?.. Les cadres deviennent ainsi moins regardants sur la manière d'acheter. D'où l'importance de mettre les décideurs à tous les niveaux de la chaîne des achats – tant les négociants que les entrepreneurs – devant leurs responsabilités pénales, de les informer des risques qu'ils prennent. Sans une prise de conscience, sans un durcissement pénal, le fléau de la contrefaçon s'amplifiera et le crime organisé qui le gère prospérera au détriment des peuples. n CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 4 -
  • 5. Pierre Delval Pierre Delval est un criminologue (Panthéon-Assas Paris-II) et cri-minaliste français, spécialiste in-ternational en matière de contre-façons dangereuses. Licencié en histoire et histoire des arts (Paris-Panthéon-Sor-bonne), titulaire d’une maîtrise de sciences et techniques pour la conservation et la restaura-tion des oeuvres d’art (Paris-Pan-théon- Sorbonne), diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris- Montparnasse, ingénieur crimi-naliste (Ministère de l’Intérieur), Pierre Delval détient également deux diplômes de troisième cycle, l’un en chimie minérale (Tech-niques d’investigation scientifique sur les faux en oeuvres d’art), l’autre en droit pénal (Le Crime contrefa-çon : une solution face aux limites du droit de la propriété intellectuelle). Il est aujourd'hui le président-fondateur de WAITO Corp. et WAITO International, deux organisations respectivement franco-américaine et franco-tunisienne chargées de lutter contre les trafics illicites de produits non-conformes, portant atteinte à l’économie des États, à la sécurité des consommateurs, à la stabilité sociale et à la santé publique. Il est fréquemment consulté par des Institutions internationales sur l’actualité relative à la convergence entre protection des citoyens consommateurs et stabilité des États. Animateur de plusieurs observatoires au sein de fédérations interprofessionnelles et président de la commission "contrefaçon de médicaments" à la Banque Mondiale et à l’OCDE, Pierre Delval maintient sa feuille de route de pénaliste et de scientifique, en focalisant essentiellement ses actions contre le crime organisé. Pierre Delval a également été conseiller et conférencier des Assises nationales de la Recherche stratégique à l'École militaire (2012), conseiller et co-chairman de la conférence Crime-Contrefaçon des matériaux et équipements de la construction organisée sous l'égide de la Fédération française du bâtiment (2012). Pierre Delval a notamment publié Faux et fraudes : la criminalité internationale des faux documents (PUF, 1998), La contrefaçon : un crime organisé (Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2008), Le marché mondial du faux : crimes et contrefaçons (CNRS éditions, 2010). Pour plus d’informations : www. waitocorp.org Raison d’être des “Entretiens du Directeur” En rencontrant tous les mois des personnalités de haut niveau qui pratiquent la géopolitique, Jean- François Fiorina aime à rappeler que l’intérêt de l’ESC Grenoble pour cette discipline répond à des objectifs bien précis : “Notre volonté est d’inciter nos par-tenaires et nos étudiants à faire preuve d’un nouvel état d’esprit. Il s’agit de leur proposer non seule-ment une grille de lecture du réel adaptée aux enjeux du monde contemporain, mais aussi de nou-veaux outils d’aide à la décision. Pour les entreprises, il s’agit d’être capables de réagir le mieux et le plus rapidement possible. Pour nos étudiants, il s’agit moins d’évoluer sur le court terme que de se prépa-rer à une course de fond. D’où une formation qui vise da-vantage à former les esprits qu’à apprendre de simples techniques, qui, de toute façon, évolueront. Pour les uns comme pour les autres, il est cependant impératif de bien comprendre l’intérêt de la géopolitique, non pas comme ré-férent universitaire abstrait, mais comme méthode permettant d’ap-procher et cerner le monde dans sa complexité, afin d’être au plus près des enjeux réels. La géopolitique doit servir à gagner des marchés, ou du moins à ne pas en perdre. Autrement dit, elle constitue une clé précieuse pour évoluer dans le monde d’aujourd’hui, et surtout de demain”. (Communication & In-fluence n°19, mai 2010). n Retrouvez d’autres analyses géopolitiques sur www.diploweb.com et sur www.grenoble-em.com/geopolitique. CLES - Les entretiens géopolitiques mensuels du directeur - HS n°39 - octobre 2014 - www.grenoble-em.com - 5 -