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Samedi 20 février 2016
Lagrandepanne
desappareilspolitiques
Confrontésàunebaissehistoriquedeleuradhérents,déconnectésdelasociétéfrançaise, lespartistraditionnelspeinent
àseréinventer.EnEurope,etnotammentenEspagne avecPodemos,desmodèlesnovateurstententd’émerger
Cette société, que l’on dit souvent en avance
populistes de toutes obédiences, qui rêvent
précisément de se débarrasser de toute mé-
diation pour engager de présumés «dialo-
gues directs» avec le peuple.
Derrière cette bataille, c’est la nature du ré-
gime qui est en jeu. «Il n’y a pas de démocra-
tie représentative sans partis. Il faut les défen-
dre. S’ils deviennent trop faibles, le pouvoir
personnel ne sera pas loin», met en garde Gé-
rard Grunberg, directeur de recherche CNRS
au Centre d’études européennes (CEE) de
Sciences Po. Les partis n’ont certes plus
grand-chose de «présentable» à offrir au re-
gard des citoyens. Mais ils conservent un
précieux élixir entre leurs mains: rien de
moins que le sort de la démocratie – «le pire
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déjà essayés dans le passé», selon l’expres-
sion de Winston Churchill.
S’ils n’étaient indispensables à la démo-
cratie, cela ferait d’ailleurs longtemps que
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ne datent pas d’hier. Les partis «confis-
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été observée avec méfiance par les citoyens,
qui redoutent que leurs opinions et préoccu-
pations soient mal transmises. «Le lien repré-
sentatif pose constamment problème. Les re-
présentés estiment toujours qu’ils sont mal re-
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des partis», en fut un ardent procureur, ar-
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de Gaulle a pourtant créé une structure parti-
sane organisée pour le soutenir. Ce fut le RPF,
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toyens de tous milieux et de toutes condi-
tions. Leur premier objectif, explique Flo-
rence Haegel, fut de les inciter à s’inscrire sur
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en Angleterre, plus brutalement en France,
où l’instauration du suffrage universel mas-
culin en 1848 fut rapidement interrompue
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souligne Florence Haegel.
La persistance d’une tradition monarchique
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envers les corps intermédiaires, est l’une des
particularités qui expliquent la permanente
faiblesse des partis politiques dans notre
pays, où le PCF, avec son implantation dura-
ble, a longtemps fait figure d’exception.
L’autre particularité est la construction d’un
Etat jacobin et centralisé, sur lequel les partis
se sont adossés en autant de structures verti-
cales et très hiérarchisées. L’imbrication des
partis dans l’Etat – ce que les politistes appel-
lent la «cartellisation» – a sans doute accen-
tué, en France plus qu’ailleurs, leur coupure
avec la société.
sur les politiques, a connu depuis plusieurs
décennies des bouleversements en profon-
deur, auxquels les partis cherchent encore
aujourd’hui à répondre. «Les partis sont les fils
de la révolution industrielle. Notre société est
postindustrielle», résume Piero Ignazi, profes-
seur à l’université de Bologne, qui travaille sur
les formations politiques en Europe. Ce bas-
culement vers «l’atomisation et l’individuali-
sation», la «rupture des liens traditionnels»
qui regroupaient les individus par métiers, re-
ligions ou classes sociales, ont totalement
pris de court les partis, qui étaient par essence
l’incarnation et l’expression du collectif. Le
modèle ancien – «une maison, une famille et
un travail transmis de père en fils» – convenait
parfaitement à des formations politiques qui
faisaient corps avec des groupes socialement
homogènes.
De cet ancien temps, où le parti était la
matrice de l’identité et de la culture politique,
ne restent que des images jaunies. «Les mem-
bres du Labour [le Parti travailliste britanni-
que] avaient des références et une mémoire
commune, rappelle le directeur du centre
d’histoire de Sciences Po, Marc Lazar. Ils fré-
quentaient les mêmes pubs, partageaient une
manière de parler, de s’habiller.» Même chose
en Italie: «Jusque dans les années 1980, dans
les Maisons du peuple, en Toscane, on allait
boire un verre sous les portraits de Berlinguer
et Gramsci [figures historiques du PCI], ajoute
Marc Lazar. Tout cela, c’est fini.»
Les sociétés occidentales vivent désormais à
l’heure de l’individualisation et de la mobilité.
Mobilité sociale, familiale… et électorale. «La
société postindustrielle demande à chacun de
s’exprimer, d’exprimer ses caractéristiques»,
souligne Piero Ignazi. Selon une étude menée
par la Fondation Jean-Jaurès avant la prési-
dentielle de 2012, plus d’un tiers de l’échan-
tillon suivi (36 %) a changé d’intention de vote
au cours des six mois précédents le scrutin.
Tandis que les candidats se muent en «attra-
pe-tout» pendant des campagnes électorales
où règne la communication – le style plus que
les idées –, les partis perdent leur base mili-
tante. Et se coupent d’une société plurielle qui
leur échappe. S’est engagé un cercle vicieux,
que décrit très bien Piero Ignazi: confrontés à
une crise de confiance et à une perte d’adhé-
rents, les partis se sont désinvestis de leur
base pour se tourner vers l’Etat, afin d’y puiser
non seulement un financement public, mais
aussi les compétences de fonctionnaires des
collectivités locales. Cet éloignement du ter-
rain génère à son tour de la défiance.
Lorsqu’on l’interroge sur la crise des partis,
Martial Foucault, directeur du Cevipof, le Cen-
tre de recherches politiques de Sciences Po,
insiste tout particulièrement sur l’étroitesse
de leur recrutement. «A partir du début des
années 1980, la crise économique a engendré
une demande d’efficacité et de compétences.
Les partis ont alors puisé dans le vivier des fu-
turs hauts fonctionnaires sortis des grandes
écoles» – cette autre spécificité française, «un
moule de formation très homogène». Ne dis-
posant pas du même capital social et culturel,
les «simples» militants ne pouvaient pas
rivaliser avec ces experts. S’en est suivi l’acca-
parement des postes par des professionnels
de la politique. Une évolution accentuée par
le cumul des mandats. Et une absence criante
de renouvellement.
La verticalité propre à notre pays jacobin a
accentué cette cassure. «Il n’existe plus de
parti de masse en France, que des partis de
cadres, qui ont perdu toute distance avec les
structures de gouvernement», souligne Mar-
tial Foucault. Il note que la «fluidité» propre
aux structures politiques des pays scandina-
ves, où «les fonctions ne sont pas réservées
aux seuls possédants» de ce capital social et
culturel, s’accompagne d’un surcroît relatif de
confiance des citoyens à l’égard de leurs insti-
tutions.
Autre facteur de coupure: l’éloignement et
la dispersion des lieux de décisions, qui ne
coïncident plus avec le cadre de l’Etat-nation
dans lequel agissent les partis. Chercheur à
Sciences Po Grenoble, Fabien Escalona évoque
cette «dénationalisation du pouvoir politi-
que» apparue progressivement avec la cons-
truction européenne, la création de commis-
sions indépendantes et l’emprise plus impor-
tante des autorités judiciaires. Une évolution
qui, à la coupure entre les partis et la société,
ajoute une «disjonction entre les territoires
dans lesquels les citoyens sont habitués à exer-
cer leurs droits et les lieux où se prennent les
décisions concrètes.»
Pas facile de répondre à ces multiples défis,
dont les partis politiques sont plus conscients
qu’on ne l’imagine. Compte tenu de la pro-
fonde défiance des citoyens, les seuls mouve-
ments qui aient suscité de l’adhésion au cours
des dernières années ont été le fait de candi-
dats ou de formations populistes se présen-
tant comme «anti-système». On notera que
le Front national, qui porte ce discours, est un
parti très classique et très hiérarchisé, créé au
début des années 1970… sur le modèle du PCF.
Les expériences les plus novatrices ont été
menées au sein de la gauche radicale, dans
des contextes particuliers. En Grèce, Syriza,
coalition de partis de gauche, a défendu une
sorte de renationalisation du pouvoir en me-
nant campagne contre les contraintes pesant
sur le pays du fait de l’austérité réclamée par
l’Union européenne. En Espagne, Podemos
est né des «indignés», ce puissant mouve-
ment social qui s’est accompagné d’une ré-
flexion critique sur les systèmes politiques.
Ses leaders, souligne Fabien Escalona, «ont
laissé une forme d’autonomie» aux adhérents
et «ont promu des visages» qui reflétaient le
mouvement social. Rien de tel en France où,
en l’absence de mouvement social d’ampleur,
prévaut une forme d’«atonie», souligne le
chercheur. Des mouvements écologistes
comme EELV ou de gauche radicale comme le
NPA ont cherché à s’ouvrir davantage, mais les
«réflexes d’appareil» et le «repli sur des enjeux
internes» ont mis à mal ces expériences.
La coupure est restée la même, et la donne
globalement inchangée. «Les Français sont
un peuple très politisé, intéressé à la chose pu-
blique et au débat d’idées», note pourtant
Martial Foucault. Si crise il y a, elle n’est donc
nullement «citoyenne». Il y a une demande,
que l’offre politique ne rencontre pas. Les ex-
périences de démocratie participative prô-
nées par Ségolène Royal lors de sa campagne
présidentielle de 2007 ou de démocratie déli-
bérative, à travers quelques référendums lo-
caux, n’y ont rien changé. Dans un cadre ins-
titutionnel contraint – qui, par une forme de
présidentialisation du régime, limite le rôle
des partis –, il revient aux formations politi-
ques de trouver les moyens de renouer avec la
société. En lui ressemblant davantage. Et en
acceptant de partager un peu plus le peu de
pouvoirs qui leur reste. Avant qu’il ne soit
trop tard. p
jean-baptiste de monvalon
ANNOTE PAR ERIC LEGER
«Il n’y a pas de démocratie
représentative sans partis.
Il faut les défendre. S’ils deviennent
trop faibles, le pouvoir personnel
ne sera pas loin»
gérard grunberg
directeur de recherche CNRS à Sciences Po

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Mais ils conservent un précieux élixir entre leurs mains: rien de moins que le sort de la démocratie – «le pire des régimes, à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé», selon l’expres- sion de Winston Churchill. S’ils n’étaient indispensables à la démo- cratie, cela ferait d’ailleurs longtemps que les partis politiques auraient disparu, ense- velis sous le flot des critiques. Car celles-ci ne datent pas d’hier. Les partis «confis- quent» le pouvoir? Le sociologue italien d’origine allemande Robert Michels, mem- bre du SPD, observait déjà cette propension, qu’il jugeait suffisamment puissante pour la qualifier de «loi d’airain de l’oligarchie». Son ouvrage Les Partis politiques: essai sur les tendances oligarchiques des démocraties a été publié en… 1911. «Les partis ont tou- jours été très impopulaires », rappelle le chercheur Gérard Grunberg. La défiance à leur égard, dont on fait (à juste titre) grand cas aujourd’hui, s’est manifestée très tôt. «Dès leur création, on a pronostiqué leur disparition», souligne Florence Haegel, professeure au CEE de Sciences Po. Les partis sont les médiateurs entre les électeurs et les gouvernants, et cette fonction a de tout temps été observée avec méfiance par les citoyens, qui redoutent que leurs opinions et préoccu- pations soient mal transmises. «Le lien repré- sentatif pose constamment problème. Les re- présentés estiment toujours qu’ils sont mal re- présentés par leurs représentants», note M. Grunberg, qui rappelle que des propos «épouvantables» ont été tenus à l’encontre des partis sous la IIIe et la IVe République. Le général de Gaulle, pourfendeur du «régime des partis», en fut un ardent procureur, ar- guant qu’ils constituaient des facteurs de di- vision. S’il se voulait «au-dessus de la mêlée», de Gaulle a pourtant créé une structure parti- sane organisée pour le soutenir. Ce fut le RPF, puis, après son retour au pouvoir en 1958, l’UNR et l’UDR. S’ils ont constamment fait l’objet – à tout le moins – de soupçons, les partis politiques ont toujours accompagné la démocratie. Ils sont nés avec le suffrage universel, qui im- posa aux politiques de sortir du petit cercle des riches électeurs qui exerçaient le suffrage censitaire pour entrer en contact avec des ci- toyens de tous milieux et de toutes condi- tions. Leur premier objectif, explique Flo- rence Haegel, fut de les inciter à s’inscrire sur les listes électorales. Mission accomplie au XIXe siècle – progressivement et en douceur en Angleterre, plus brutalement en France, où l’instauration du suffrage universel mas- culin en 1848 fut rapidement interrompue par la longue parenthèse du Second Empire. «En France, il n’y a pas eu d’acculturation», souligne Florence Haegel. La persistance d’une tradition monarchique et bonapartiste, ainsi que la grande méfiance envers les corps intermédiaires, est l’une des particularités qui expliquent la permanente faiblesse des partis politiques dans notre pays, où le PCF, avec son implantation dura- ble, a longtemps fait figure d’exception. L’autre particularité est la construction d’un Etat jacobin et centralisé, sur lequel les partis se sont adossés en autant de structures verti- cales et très hiérarchisées. L’imbrication des partis dans l’Etat – ce que les politistes appel- lent la «cartellisation» – a sans doute accen- tué, en France plus qu’ailleurs, leur coupure avec la société. sur les politiques, a connu depuis plusieurs décennies des bouleversements en profon- deur, auxquels les partis cherchent encore aujourd’hui à répondre. «Les partis sont les fils de la révolution industrielle. Notre société est postindustrielle», résume Piero Ignazi, profes- seur à l’université de Bologne, qui travaille sur les formations politiques en Europe. Ce bas- culement vers «l’atomisation et l’individuali- sation», la «rupture des liens traditionnels» qui regroupaient les individus par métiers, re- ligions ou classes sociales, ont totalement pris de court les partis, qui étaient par essence l’incarnation et l’expression du collectif. Le modèle ancien – «une maison, une famille et un travail transmis de père en fils» – convenait parfaitement à des formations politiques qui faisaient corps avec des groupes socialement homogènes. De cet ancien temps, où le parti était la matrice de l’identité et de la culture politique, ne restent que des images jaunies. «Les mem- bres du Labour [le Parti travailliste britanni- que] avaient des références et une mémoire commune, rappelle le directeur du centre d’histoire de Sciences Po, Marc Lazar. Ils fré- quentaient les mêmes pubs, partageaient une manière de parler, de s’habiller.» Même chose en Italie: «Jusque dans les années 1980, dans les Maisons du peuple, en Toscane, on allait boire un verre sous les portraits de Berlinguer et Gramsci [figures historiques du PCI], ajoute Marc Lazar. Tout cela, c’est fini.» Les sociétés occidentales vivent désormais à l’heure de l’individualisation et de la mobilité. Mobilité sociale, familiale… et électorale. «La société postindustrielle demande à chacun de s’exprimer, d’exprimer ses caractéristiques», souligne Piero Ignazi. Selon une étude menée par la Fondation Jean-Jaurès avant la prési- dentielle de 2012, plus d’un tiers de l’échan- tillon suivi (36 %) a changé d’intention de vote au cours des six mois précédents le scrutin. Tandis que les candidats se muent en «attra- pe-tout» pendant des campagnes électorales où règne la communication – le style plus que les idées –, les partis perdent leur base mili- tante. Et se coupent d’une société plurielle qui leur échappe. S’est engagé un cercle vicieux, que décrit très bien Piero Ignazi: confrontés à une crise de confiance et à une perte d’adhé- rents, les partis se sont désinvestis de leur base pour se tourner vers l’Etat, afin d’y puiser non seulement un financement public, mais aussi les compétences de fonctionnaires des collectivités locales. Cet éloignement du ter- rain génère à son tour de la défiance. Lorsqu’on l’interroge sur la crise des partis, Martial Foucault, directeur du Cevipof, le Cen- tre de recherches politiques de Sciences Po, insiste tout particulièrement sur l’étroitesse de leur recrutement. «A partir du début des années 1980, la crise économique a engendré une demande d’efficacité et de compétences. Les partis ont alors puisé dans le vivier des fu- turs hauts fonctionnaires sortis des grandes écoles» – cette autre spécificité française, «un moule de formation très homogène». Ne dis- posant pas du même capital social et culturel, les «simples» militants ne pouvaient pas rivaliser avec ces experts. S’en est suivi l’acca- parement des postes par des professionnels de la politique. Une évolution accentuée par le cumul des mandats. Et une absence criante de renouvellement. La verticalité propre à notre pays jacobin a accentué cette cassure. «Il n’existe plus de parti de masse en France, que des partis de cadres, qui ont perdu toute distance avec les structures de gouvernement», souligne Mar- tial Foucault. Il note que la «fluidité» propre aux structures politiques des pays scandina- ves, où «les fonctions ne sont pas réservées aux seuls possédants» de ce capital social et culturel, s’accompagne d’un surcroît relatif de confiance des citoyens à l’égard de leurs insti- tutions. Autre facteur de coupure: l’éloignement et la dispersion des lieux de décisions, qui ne coïncident plus avec le cadre de l’Etat-nation dans lequel agissent les partis. Chercheur à Sciences Po Grenoble, Fabien Escalona évoque cette «dénationalisation du pouvoir politi- que» apparue progressivement avec la cons- truction européenne, la création de commis- sions indépendantes et l’emprise plus impor- tante des autorités judiciaires. Une évolution qui, à la coupure entre les partis et la société, ajoute une «disjonction entre les territoires dans lesquels les citoyens sont habitués à exer- cer leurs droits et les lieux où se prennent les décisions concrètes.» Pas facile de répondre à ces multiples défis, dont les partis politiques sont plus conscients qu’on ne l’imagine. Compte tenu de la pro- fonde défiance des citoyens, les seuls mouve- ments qui aient suscité de l’adhésion au cours des dernières années ont été le fait de candi- dats ou de formations populistes se présen- tant comme «anti-système». On notera que le Front national, qui porte ce discours, est un parti très classique et très hiérarchisé, créé au début des années 1970… sur le modèle du PCF. Les expériences les plus novatrices ont été menées au sein de la gauche radicale, dans des contextes particuliers. En Grèce, Syriza, coalition de partis de gauche, a défendu une sorte de renationalisation du pouvoir en me- nant campagne contre les contraintes pesant sur le pays du fait de l’austérité réclamée par l’Union européenne. En Espagne, Podemos est né des «indignés», ce puissant mouve- ment social qui s’est accompagné d’une ré- flexion critique sur les systèmes politiques. Ses leaders, souligne Fabien Escalona, «ont laissé une forme d’autonomie» aux adhérents et «ont promu des visages» qui reflétaient le mouvement social. Rien de tel en France où, en l’absence de mouvement social d’ampleur, prévaut une forme d’«atonie», souligne le chercheur. Des mouvements écologistes comme EELV ou de gauche radicale comme le NPA ont cherché à s’ouvrir davantage, mais les «réflexes d’appareil» et le «repli sur des enjeux internes» ont mis à mal ces expériences. La coupure est restée la même, et la donne globalement inchangée. «Les Français sont un peuple très politisé, intéressé à la chose pu- blique et au débat d’idées», note pourtant Martial Foucault. Si crise il y a, elle n’est donc nullement «citoyenne». Il y a une demande, que l’offre politique ne rencontre pas. Les ex- périences de démocratie participative prô- nées par Ségolène Royal lors de sa campagne présidentielle de 2007 ou de démocratie déli- bérative, à travers quelques référendums lo- caux, n’y ont rien changé. Dans un cadre ins- titutionnel contraint – qui, par une forme de présidentialisation du régime, limite le rôle des partis –, il revient aux formations politi- ques de trouver les moyens de renouer avec la société. En lui ressemblant davantage. Et en acceptant de partager un peu plus le peu de pouvoirs qui leur reste. Avant qu’il ne soit trop tard. p jean-baptiste de monvalon ANNOTE PAR ERIC LEGER «Il n’y a pas de démocratie représentative sans partis. Il faut les défendre. S’ils deviennent trop faibles, le pouvoir personnel ne sera pas loin» gérard grunberg directeur de recherche CNRS à Sciences Po