Laura Belleyme, annoté Eric LEGER
L
es cadres dynamiques n’ont ja-
mais aussi bien porté leur nom :
« Pendant leur carrière, ils vont
devoir changer de métier cinq fois en
moyenne », observe Garance Yver-
neau, dirigeante de 5A Conseil. Et ils
sont plus d’un tiers à vouloir quitter
leur entreprise en 2016, selon l’Apec
(Agence pour l’emploi des cadres).
Mais poursedirigervers quel métier?
« Trois quarts de mes clients veulent
changer de travail, mais ils ne savent
pas quoi faire », explique Garance
Yverneau, qui accompagne chaque
année un millier de cadres dans leur
changement de carrière.
Un état des lieux
C’est là que le bilan de compétences
devient intéressant : « L’objectif est de
prendre le temps de réfléchir, de faire
unétatdeslieuxafind’êtremieuxarmé
pour rebondir. »
Encadré par la loi, le bilan de compé-
tences se déroule en trois étapes :
d’abord, plusieurs heures de discus-
sion avec un conseiller, puis une série
detestspersonnalisés.Enfin,lesalarié
rencontre des personnes qui exercent
lemétierqu’ilvise.Deuxobjectifs:voir
si le charme opère et se constituer un
réseau. En tout, vingt-quatre heures
réparties sur deux ou trois mois.
De l'assurance aux fleurs
Un bilan de compétences coûte en
moyenne 2 500 €, entièrement pris en
charge par le Fongecif (Fonds de ges-
tion du congé individuel de formation).
L’employeur aussi peut participer au
financement. A la sortie, le salarié
repart avec une synthèse de ses com-
pétences.
Selon Garance Yverneau, lediagnostic
permet de réparer certaines erreurs
d’orientation. « L’une de nos clientes
qui travaillait dans les assurances est
devenue fleuriste », raconte-t-elle.
TRAVAIL Burn-out, ennui, perte de sens : le bilan de compétences peut être une solution
Faire le bilan
pour se relancer
S.Salom-Gomis/Sipa
En moyenne, les cadres changent cinq fois de métier pendant leur carrière.
Pourd’autres,lebilandecompétences
estvécucommeunecuredeconfiance
ensoi.IsabelleDuvert,anciennecadre
d’unegrandeentreprised’assurances,
s’ennuyait : « J’avais perdu toute
confiance en mes compétences, qui
n’étaient pas utilisées dans le cadre
de mon travail. » Elle entreprend un
bilan en 2013. Mais ce n’est ni une
solutionmiracle,niuneséancedepsy-
chothérapie, prévient-elle : « Il m’a
fallu deux ans pour décider de quitter
mon entreprise et me mettre à mon
compte. L’effet n’a pas été immédiat
mais cela m’a énormément aidée. »
Selon l’Apec, 46 % des cadres envi-
sagent de faire un bilan de compé-
tences en 2016. W
www.20minutes.fr Lundi 7 mars 2016 N°2957

Bilan de Compétences - Entre Orientation et Concience

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    Laura Belleyme, annotéEric LEGER L es cadres dynamiques n’ont ja- mais aussi bien porté leur nom : « Pendant leur carrière, ils vont devoir changer de métier cinq fois en moyenne », observe Garance Yver- neau, dirigeante de 5A Conseil. Et ils sont plus d’un tiers à vouloir quitter leur entreprise en 2016, selon l’Apec (Agence pour l’emploi des cadres). Mais poursedirigervers quel métier? « Trois quarts de mes clients veulent changer de travail, mais ils ne savent pas quoi faire », explique Garance Yverneau, qui accompagne chaque année un millier de cadres dans leur changement de carrière. Un état des lieux C’est là que le bilan de compétences devient intéressant : « L’objectif est de prendre le temps de réfléchir, de faire unétatdeslieuxafind’êtremieuxarmé pour rebondir. » Encadré par la loi, le bilan de compé- tences se déroule en trois étapes : d’abord, plusieurs heures de discus- sion avec un conseiller, puis une série detestspersonnalisés.Enfin,lesalarié rencontre des personnes qui exercent lemétierqu’ilvise.Deuxobjectifs:voir si le charme opère et se constituer un réseau. En tout, vingt-quatre heures réparties sur deux ou trois mois. De l'assurance aux fleurs Un bilan de compétences coûte en moyenne 2 500 €, entièrement pris en charge par le Fongecif (Fonds de ges- tion du congé individuel de formation). L’employeur aussi peut participer au financement. A la sortie, le salarié repart avec une synthèse de ses com- pétences. Selon Garance Yverneau, lediagnostic permet de réparer certaines erreurs d’orientation. « L’une de nos clientes qui travaillait dans les assurances est devenue fleuriste », raconte-t-elle. TRAVAIL Burn-out, ennui, perte de sens : le bilan de compétences peut être une solution Faire le bilan pour se relancer S.Salom-Gomis/Sipa En moyenne, les cadres changent cinq fois de métier pendant leur carrière. Pourd’autres,lebilandecompétences estvécucommeunecuredeconfiance ensoi.IsabelleDuvert,anciennecadre d’unegrandeentreprised’assurances, s’ennuyait : « J’avais perdu toute confiance en mes compétences, qui n’étaient pas utilisées dans le cadre de mon travail. » Elle entreprend un bilan en 2013. Mais ce n’est ni une solutionmiracle,niuneséancedepsy- chothérapie, prévient-elle : « Il m’a fallu deux ans pour décider de quitter mon entreprise et me mettre à mon compte. L’effet n’a pas été immédiat mais cela m’a énormément aidée. » Selon l’Apec, 46 % des cadres envi- sagent de faire un bilan de compé- tences en 2016. W www.20minutes.fr Lundi 7 mars 2016 N°2957