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Le logement social sans factures
de chauffage !
Chronologie :
Conception en 2009.
Contrat de vente en avril
2010.
Travaux d’avril 2010 à mai
2011.
Un promoteur immobilier « pas comme les autres » s’est rapproché d’un
Office Public de l’Habitat pour créer un collectif de 4 logements sociaux,
dans la commune rurale de Sant-Léry. L’immeuble, isolé avec du journal
recyclé et de la laine de bois, ne consomme pas de chauffage, pour le
bonheur de ses habitants.
Présentation
Saint Brieuc
Quimper
Vannes
Rennes
St Léry
Saint-Léry
Façade Sud - Photo © Fabienne Briero - Habiozone
www.libnam.eu 2
Développer l’habitat écologique pour
tous, tel est le crédo de « Habiozone »,
le promoteur immobilier de ce
projet. Lorsqu’il est venu frapper à la
porte d’un Office Public de l’Habitat
(OPH), en 2007, pour construire des
habitations à loyer modéré (HLM)
passives, le pari semblait insensé.
Pourtant, les personnes à revenu
modeste sont celles qui ont le plus
besoin de voir diminuer leurs factures
d’énergies.
Pour faire aboutir le projet, il a fallu
entrer dans le cadre budgétaire
restreint de l’OPH et travailler de
concert avec toutes les parties
prenantes dès la phase de conception.
L’engagement contractuel de double
labellisation (BBC et Passivhaus) a
Contexte
servi de moteur à l’implication de
tous les acteurs.
Conformément aux standards de
construction passive, l’architecte
sélectionné a imaginé un bâtiment
compact de 282 m² (70.5 m² par
logement), bénéficiant d’une
excellente isolation thermique.
Les pièces de vie donnent sur la
façade sud très largement vitrée,
afin de profiter des apports solaires.
L’isolation fait appel à des matériaux
écologiques et le bâtiment répond
aux normes d’accessibilité. Le terrain
de 1100 m² est protégé des vents et
de l’ombre.
Plan © Le Garzic Achitecte
Collectif franco-britannique Libnam3
Le bâtiment a été édifié en filière
sèche. Le plancher lui-même est
entièrement en bois, au-dessus du
vide sanitaire. Il a été isolé avec
40 cm de ouate de cellulose d’origine
allemande. La finition de cette partie
du bâtiment est un marmoleum posé
sur des plaques de gypse conçue
pour les sols de 20 mm (Fermacell).
La structure des murs est en ossature
bois (épicéa traité classe 2) avec des
montants de 45 x 225 cm. Elle est
contreventée avec des panneaux
de fibre de bois de 16 mm. Une
couche de 22.5 cm de ouate a été
insufflée dans des caissons au sein
de l’ossature, puis revêtue d’un pare-
Système constructif
pluie en fibres de bois de 60 mm
(Pavatherm) et d’un bardage douglas
(avec lame d’air intégrée).
La toiture est un bac acier sur lequel
sont fixés 40 mm de polyuréthane
(toiture chaude) et 36 cm de ouate,
avec frein-vapeur.
Les cloisons intérieures sont habillées
avec des plaques de plâtre (placo-
plâtre) ou de gypse (Fermacell).
Les portes d’entrée, en bois, et les
fenêtres en triple-vitrage mixtes
«  bois/alu  » proviennent d’Alsace
(Bieber). Les baies ne sont pas
coulissantes mais à la «  française  »
(ouverture battante dont les vantaux
s’ouvrent vers l’intérieur sur un axe
vertical). Des brise-soleil supportent
des panneaux solaires thermiques qui
alimentent un ballon d’eau chaude,
Panneaux solaires thermiques- Photo © Fabienne Briero - Habiozone
www.libnam.eu 4
assistés d’un appoint électrique.
Une VMC double-flux, produite
en Allemagne (Paul), permet la
récupération optimale des calories
de l’air évacué à l’extérieur des
logements.
Enfin, deux citernes de récupération
d’eau de pluie de 5 m3 sont utilisées
pour le jardin et les WC.
Focus technique :
Le plancher bois
Afin de tester l’édification d’un
collectif de 4 logements en filière
sèche, le support de plancher a été
réalisé uniquement en bois, sans
dalle ni poutres en béton. 70 mètres
linéaires de poutres lamellées-
collées (fabrication régionale par un
lamelliste) ont ainsi été posés sur 15
plots de fondation. Les têtes de ces
derniers devaient présenter un niveau
parfait, pour réduire les calages
ultérieurs en bois dur. Les poutres qui
soutiennent le plancher sont donc en
contact avec le vide sanitaire ventilé,
situé en-dessous. C’est pourquoi
elles ont été traitées à cœur. Leurs
dimensions sont de 500 X 200 mm.
Au-dessus des poutres maîtresses, un
plancher de poutres en I (320 mm) a
été fixé, contreventé par des panneaux
OSB. Cette seconde épaisseur de
poutre en bois accueille l’isolation en
ouate de cellulose.
Coupe © Le Garzic Achitecte
Collectif franco-britannique Libnam5
Freins et leviers
La responsable du cabinet de
promotion immobilière a voulu
anticiper au maximum les difficultés
en favorisant la collaboration entre
les différents partenaires, dès le
lancement du projet.
Les freins économiques ont pu
être levés en s’adaptant au schéma
budgétaire de l’OPH. Le cellier, l’abri
voiture et des protections solaires
aux fenêtres ont été retirés, en
conséquence.
Il a également fallu persuader la
société d’assurance d’apporter sa
garantie « dommage/ouvrage ». Dans
la mesure où l’OPH était déjà client et
possédait un service de maintenance
des bâtiments, l’accord a été plus
facile à obtenir.
Le bureau de contrôle a également
montré son accord pour être associé
aux réflexions. Dans un rôle de
conseil, il a pu aider des entreprises
à élaborer des solutions techniques,
notamment pour le vide sanitaire de
l’immeuble. Il a aussi accepté que des
convecteurs électriques (inutiles dans
ce bâtiment passif) ne soient pas
installés dans les chambres, pourvu
quelecâblageetsonraccordementau
tableau électrique soient conformes
réglementairement.
Sur chantier, la coopération entre
artisans a été facilitée par leur
regroupement en coopérative (Eco-
artisans de l’Yvel). Ils ont l’habitude
de travailler ensemble et se sentent
responsables les uns vis-à-vis des
autres.
Les habitants, pour leur part, ont
plébiscité leur logement une fois mis
Extérieur - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
www.libnam.eu 6
en service. L’absence de besoin en
chauffage n’est pas imaginaire, en
dehors d’un appoint ponctuel lors
d’épisodes de froid rigoureux.
Enrevanche,lesusagersd’unbâtiment
passif doivent être préparés, plus que
d’autres, à l’exploitation du logement.
C’est pourquoi un cahier d’usage de
l’habitation a été remis aux locataires,
avec des recommandations.
Par exemple, l’électroménager doit
êtredebonnequalité:sileréfrigérateur
connait un défaut d’étanchéité, dans
une pièce passive qui se refroidit très
peu, il surconsommera de l’énergie.
La présence d’une pièce plus fraîche,
séparée de la partie passive, pourrait
alors se montrer avantageuse.
De même, il est nécessaire de ventiler
davantage lorsqu’un nombre de
personnes important profite du lieu,
car la chaleur humaine suffit à faire
office de chauffage !
Enfin, les protections vis-à-vis du soleil
contribuent à réduire le phénomène
de surchauffe.
Focus transverse :
Quelle généralisation ?
L’expérience des logements sociaux
de Saint-Léry a connu peu de freins
pour sa réalisation. La presse a relayé
les résultats obtenus. Les habitants
sont satisfaits. Et pourtant, des freins
existent à la démultiplication de ce
type d’expériences. Pourquoi  donc ?
Si le promoteur estime que l’éco-
construction s’est développée ces
dernières années, il observe aussi que
les modes constructifs n’ont pas été
fondamentalement remis en cause.
Beaucoup de collectivités ont envie
de mettre un coup de projecteur
sur un bâtiment ou un éco-quartier
exemplaires, mais, peu encore visent
une généralisation de l’habitat passif
ou écologique.
En outre, les collectivités sont peu
enclines à reproduire à l’identique un
Intérieur - Photo © Fabienne Briero - Habiozone
Collectif franco-britannique Libnam7
bâtiment ayant déjà fait ses preuves,
même s’il est personnalisable.
Enfin, la maîtrise d’ouvrage publique
privilégie, assez souvent, la rapidité,
le volume et le prix, même si les
dépenses de fonctionnement des
bâtiments construits s’avèreront plus
élevées qu’en construction passive.
Focus transverse :
La Vente en état futur
d’achèvement
Le programme immobilier du
domaine des Courtieux a été vendu
en « état futur d’achèvement »
(VEFA) à l’Office Public de l’Habitat.
La VEFA est un contrat de vente
immobilière par lequel l’acquéreur
(l’OPH, dans le cas présent) devient
propriétaire des ouvrages seulement
après leur exécution. Le promoteur
conserve ainsi les pouvoirs de maître
de l’ouvrage jusqu’à la réception
des travaux. C’est ce qui a permis à
Habiozone d’être relativement maître
de ses choix techniques et de pouvoir
sélectionner les entreprises. Dans le
cadre d’une VEFA, le promoteur a
l’obligation de se doter d’une garantie
financière d’achèvement, qui protège
l’acquéreur.
Le Domaine des Courtieux a obtenu
le label français «Bâtiment Basse
Consommation» (BBC) et le label
Passivhaus. Ce fut d’ailleurs le 1er
collectif certifié « passif » dans
le Grand Ouest de la France. Il a
également reçu le prix de l’innovation
au concours des Pyramides d’argent
2012.
Les logements ont fait l’objet d’un
examen par thermographie de la
part du Centre d’Etude Technique de
Performances globales
Maison passive - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
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Intervenants
Promoteur : Habiozone éco-promoteur
(Mauron - 56)
Office Public de l’Habitat : Bretagne Sud
Habitat (Vannes - 56)
Maître d’oeuvre : Le Garzic Architecte
(Rennes - 35)
Coopérative d’entrepreneurs : Les éco-
artisans de l’Yvel (Mauron - 56)
Terrassement et plots : Ent. Bergamasco
(Ploërmel - 56)
Construction bois (clos couvert isolation) :
Eurl Briero (Mauron - 56)
Cloisons sèches : Ent. Rialet (Mauron - 56)
Plomberie, électricité, ventilation : Ent.
Thamin (Mauron - 56)
Peinture, revêtements de sol : Sarl Derval
(Taupont - 56)
Faïence : Ent. Cochet (Mauron - 56)
Lien
www.habiozone.fr/Logements-Passivhaus.
html
Coûts
Fondations : 17 997 € HT
Structure Bois : 87 150 € HT
Charpente : 14 944 € HT
Isolation : 37 582 € HT
Couverture : 13 913 € HT
Menuiseries : 76 583 € HT
Cloison-plâtrerie : 27 879 € HT
Electricité : 14 347 € HT
Plomberie-sanitaire : 41 285 € HT
Revêtement de sols : 14 968 € HT
Ventilation : 19 131 € HT
Peinture : 17 136 € HT
Bardage – finitions : 29 424 € HT
Terrasse bois : 10 729 € HT
Coût total de la construction : 418 568 € HT
soit 1 484 €/m2 HT
Métrologie : 19 651 € HT (subvention inclue
de 14 965 €)
Double labellisation : 3 229 € HT
Test Etanchéité à l’air : 960 € HT
l’Équipement (CETE) de l’Ouest qui n’a détecté aucun pont thermique. Ils ont
aussi été instrumentés avec le soutien financier de l’Agence de l’Environnement
et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME), c’est-à-dire équipés de capteurs afin
d’évaluer les performances réelles. En attendant les résultats, de premières
observations indiquent déjà que le 1er poste de consommation électrique est
l’électroménager. Hormis un appoint ponctuel lors de périodes hivernales très
froides, le bâtiment n’a pas besoin d’être chauffé.
Façade Nord - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
Contact
Constructys Bretagne
http://www.constructys-bretagne.fr/

Saint léry fr

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    2 Le logement socialsans factures de chauffage ! Chronologie : Conception en 2009. Contrat de vente en avril 2010. Travaux d’avril 2010 à mai 2011. Un promoteur immobilier « pas comme les autres » s’est rapproché d’un Office Public de l’Habitat pour créer un collectif de 4 logements sociaux, dans la commune rurale de Sant-Léry. L’immeuble, isolé avec du journal recyclé et de la laine de bois, ne consomme pas de chauffage, pour le bonheur de ses habitants. Présentation Saint Brieuc Quimper Vannes Rennes St Léry Saint-Léry Façade Sud - Photo © Fabienne Briero - Habiozone
  • 2.
    www.libnam.eu 2 Développer l’habitatécologique pour tous, tel est le crédo de « Habiozone », le promoteur immobilier de ce projet. Lorsqu’il est venu frapper à la porte d’un Office Public de l’Habitat (OPH), en 2007, pour construire des habitations à loyer modéré (HLM) passives, le pari semblait insensé. Pourtant, les personnes à revenu modeste sont celles qui ont le plus besoin de voir diminuer leurs factures d’énergies. Pour faire aboutir le projet, il a fallu entrer dans le cadre budgétaire restreint de l’OPH et travailler de concert avec toutes les parties prenantes dès la phase de conception. L’engagement contractuel de double labellisation (BBC et Passivhaus) a Contexte servi de moteur à l’implication de tous les acteurs. Conformément aux standards de construction passive, l’architecte sélectionné a imaginé un bâtiment compact de 282 m² (70.5 m² par logement), bénéficiant d’une excellente isolation thermique. Les pièces de vie donnent sur la façade sud très largement vitrée, afin de profiter des apports solaires. L’isolation fait appel à des matériaux écologiques et le bâtiment répond aux normes d’accessibilité. Le terrain de 1100 m² est protégé des vents et de l’ombre. Plan © Le Garzic Achitecte
  • 3.
    Collectif franco-britannique Libnam3 Lebâtiment a été édifié en filière sèche. Le plancher lui-même est entièrement en bois, au-dessus du vide sanitaire. Il a été isolé avec 40 cm de ouate de cellulose d’origine allemande. La finition de cette partie du bâtiment est un marmoleum posé sur des plaques de gypse conçue pour les sols de 20 mm (Fermacell). La structure des murs est en ossature bois (épicéa traité classe 2) avec des montants de 45 x 225 cm. Elle est contreventée avec des panneaux de fibre de bois de 16 mm. Une couche de 22.5 cm de ouate a été insufflée dans des caissons au sein de l’ossature, puis revêtue d’un pare- Système constructif pluie en fibres de bois de 60 mm (Pavatherm) et d’un bardage douglas (avec lame d’air intégrée). La toiture est un bac acier sur lequel sont fixés 40 mm de polyuréthane (toiture chaude) et 36 cm de ouate, avec frein-vapeur. Les cloisons intérieures sont habillées avec des plaques de plâtre (placo- plâtre) ou de gypse (Fermacell). Les portes d’entrée, en bois, et les fenêtres en triple-vitrage mixtes «  bois/alu  » proviennent d’Alsace (Bieber). Les baies ne sont pas coulissantes mais à la «  française  » (ouverture battante dont les vantaux s’ouvrent vers l’intérieur sur un axe vertical). Des brise-soleil supportent des panneaux solaires thermiques qui alimentent un ballon d’eau chaude, Panneaux solaires thermiques- Photo © Fabienne Briero - Habiozone
  • 4.
    www.libnam.eu 4 assistés d’unappoint électrique. Une VMC double-flux, produite en Allemagne (Paul), permet la récupération optimale des calories de l’air évacué à l’extérieur des logements. Enfin, deux citernes de récupération d’eau de pluie de 5 m3 sont utilisées pour le jardin et les WC. Focus technique : Le plancher bois Afin de tester l’édification d’un collectif de 4 logements en filière sèche, le support de plancher a été réalisé uniquement en bois, sans dalle ni poutres en béton. 70 mètres linéaires de poutres lamellées- collées (fabrication régionale par un lamelliste) ont ainsi été posés sur 15 plots de fondation. Les têtes de ces derniers devaient présenter un niveau parfait, pour réduire les calages ultérieurs en bois dur. Les poutres qui soutiennent le plancher sont donc en contact avec le vide sanitaire ventilé, situé en-dessous. C’est pourquoi elles ont été traitées à cœur. Leurs dimensions sont de 500 X 200 mm. Au-dessus des poutres maîtresses, un plancher de poutres en I (320 mm) a été fixé, contreventé par des panneaux OSB. Cette seconde épaisseur de poutre en bois accueille l’isolation en ouate de cellulose. Coupe © Le Garzic Achitecte
  • 5.
    Collectif franco-britannique Libnam5 Freinset leviers La responsable du cabinet de promotion immobilière a voulu anticiper au maximum les difficultés en favorisant la collaboration entre les différents partenaires, dès le lancement du projet. Les freins économiques ont pu être levés en s’adaptant au schéma budgétaire de l’OPH. Le cellier, l’abri voiture et des protections solaires aux fenêtres ont été retirés, en conséquence. Il a également fallu persuader la société d’assurance d’apporter sa garantie « dommage/ouvrage ». Dans la mesure où l’OPH était déjà client et possédait un service de maintenance des bâtiments, l’accord a été plus facile à obtenir. Le bureau de contrôle a également montré son accord pour être associé aux réflexions. Dans un rôle de conseil, il a pu aider des entreprises à élaborer des solutions techniques, notamment pour le vide sanitaire de l’immeuble. Il a aussi accepté que des convecteurs électriques (inutiles dans ce bâtiment passif) ne soient pas installés dans les chambres, pourvu quelecâblageetsonraccordementau tableau électrique soient conformes réglementairement. Sur chantier, la coopération entre artisans a été facilitée par leur regroupement en coopérative (Eco- artisans de l’Yvel). Ils ont l’habitude de travailler ensemble et se sentent responsables les uns vis-à-vis des autres. Les habitants, pour leur part, ont plébiscité leur logement une fois mis Extérieur - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  • 6.
    www.libnam.eu 6 en service.L’absence de besoin en chauffage n’est pas imaginaire, en dehors d’un appoint ponctuel lors d’épisodes de froid rigoureux. Enrevanche,lesusagersd’unbâtiment passif doivent être préparés, plus que d’autres, à l’exploitation du logement. C’est pourquoi un cahier d’usage de l’habitation a été remis aux locataires, avec des recommandations. Par exemple, l’électroménager doit êtredebonnequalité:sileréfrigérateur connait un défaut d’étanchéité, dans une pièce passive qui se refroidit très peu, il surconsommera de l’énergie. La présence d’une pièce plus fraîche, séparée de la partie passive, pourrait alors se montrer avantageuse. De même, il est nécessaire de ventiler davantage lorsqu’un nombre de personnes important profite du lieu, car la chaleur humaine suffit à faire office de chauffage ! Enfin, les protections vis-à-vis du soleil contribuent à réduire le phénomène de surchauffe. Focus transverse : Quelle généralisation ? L’expérience des logements sociaux de Saint-Léry a connu peu de freins pour sa réalisation. La presse a relayé les résultats obtenus. Les habitants sont satisfaits. Et pourtant, des freins existent à la démultiplication de ce type d’expériences. Pourquoi  donc ? Si le promoteur estime que l’éco- construction s’est développée ces dernières années, il observe aussi que les modes constructifs n’ont pas été fondamentalement remis en cause. Beaucoup de collectivités ont envie de mettre un coup de projecteur sur un bâtiment ou un éco-quartier exemplaires, mais, peu encore visent une généralisation de l’habitat passif ou écologique. En outre, les collectivités sont peu enclines à reproduire à l’identique un Intérieur - Photo © Fabienne Briero - Habiozone
  • 7.
    Collectif franco-britannique Libnam7 bâtimentayant déjà fait ses preuves, même s’il est personnalisable. Enfin, la maîtrise d’ouvrage publique privilégie, assez souvent, la rapidité, le volume et le prix, même si les dépenses de fonctionnement des bâtiments construits s’avèreront plus élevées qu’en construction passive. Focus transverse : La Vente en état futur d’achèvement Le programme immobilier du domaine des Courtieux a été vendu en « état futur d’achèvement » (VEFA) à l’Office Public de l’Habitat. La VEFA est un contrat de vente immobilière par lequel l’acquéreur (l’OPH, dans le cas présent) devient propriétaire des ouvrages seulement après leur exécution. Le promoteur conserve ainsi les pouvoirs de maître de l’ouvrage jusqu’à la réception des travaux. C’est ce qui a permis à Habiozone d’être relativement maître de ses choix techniques et de pouvoir sélectionner les entreprises. Dans le cadre d’une VEFA, le promoteur a l’obligation de se doter d’une garantie financière d’achèvement, qui protège l’acquéreur. Le Domaine des Courtieux a obtenu le label français «Bâtiment Basse Consommation» (BBC) et le label Passivhaus. Ce fut d’ailleurs le 1er collectif certifié « passif » dans le Grand Ouest de la France. Il a également reçu le prix de l’innovation au concours des Pyramides d’argent 2012. Les logements ont fait l’objet d’un examen par thermographie de la part du Centre d’Etude Technique de Performances globales Maison passive - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  • 8.
    8 Intervenants Promoteur : Habiozone éco-promoteur (Mauron- 56) Office Public de l’Habitat : Bretagne Sud Habitat (Vannes - 56) Maître d’oeuvre : Le Garzic Architecte (Rennes - 35) Coopérative d’entrepreneurs : Les éco- artisans de l’Yvel (Mauron - 56) Terrassement et plots : Ent. Bergamasco (Ploërmel - 56) Construction bois (clos couvert isolation) : Eurl Briero (Mauron - 56) Cloisons sèches : Ent. Rialet (Mauron - 56) Plomberie, électricité, ventilation : Ent. Thamin (Mauron - 56) Peinture, revêtements de sol : Sarl Derval (Taupont - 56) Faïence : Ent. Cochet (Mauron - 56) Lien www.habiozone.fr/Logements-Passivhaus. html Coûts Fondations : 17 997 € HT Structure Bois : 87 150 € HT Charpente : 14 944 € HT Isolation : 37 582 € HT Couverture : 13 913 € HT Menuiseries : 76 583 € HT Cloison-plâtrerie : 27 879 € HT Electricité : 14 347 € HT Plomberie-sanitaire : 41 285 € HT Revêtement de sols : 14 968 € HT Ventilation : 19 131 € HT Peinture : 17 136 € HT Bardage – finitions : 29 424 € HT Terrasse bois : 10 729 € HT Coût total de la construction : 418 568 € HT soit 1 484 €/m2 HT Métrologie : 19 651 € HT (subvention inclue de 14 965 €) Double labellisation : 3 229 € HT Test Etanchéité à l’air : 960 € HT l’Équipement (CETE) de l’Ouest qui n’a détecté aucun pont thermique. Ils ont aussi été instrumentés avec le soutien financier de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME), c’est-à-dire équipés de capteurs afin d’évaluer les performances réelles. En attendant les résultats, de premières observations indiquent déjà que le 1er poste de consommation électrique est l’électroménager. Hormis un appoint ponctuel lors de périodes hivernales très froides, le bâtiment n’a pas besoin d’être chauffé. Façade Nord - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne Contact Constructys Bretagne http://www.constructys-bretagne.fr/