162
Le bois et la pierre redonnent son
charme à une longère typique du
Golfe du Morbihan.
Chronologie
La ferme a été construite avant
1900.
Les esquisses ont commencé
en 2006 pour un dépôt du
permis de construire en 2010.
Les travaux ont eu lieu de 2011
à 2012.
Afin de préserver un corps de ferme en pierre hérité de leurs parents,
Anne et Michel ont souhaité le rénover. Ils sont parvenus à lui donner une
seconde vie en créant 5 gîtes.
Pour proposer un aspect plus contemporain, ils ont voulu allier les matériaux
anciens et présents sur le site à des matériaux plus actuels, sans dénaturer
l’essence même du lieu. Leur attrait pour l’environnement s’est traduit par
l’utilisation de matériaux recyclables et de récupération (pierres, poutres,
portes…) ainsi que de systèmes de chauffage et d’assainissement naturels.
Présentation
Saint Brieuc
Quimper
Vannes
Rennes
Baden
Les Eco-Logis
Vue d’ensemble - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
www.libnam.eu 2
Contexte
Les propriétaires du lieu se sont
associés pour former la SARL « Les
Eco Logis de Lairmarc’h  » et ainsi
proposer aux visiteurs des gîtes
chaleureux, faciles à chauffer et
respectueux de l’environnement.
Situés dans une zone assez
touristique : le Golfe du Morbihan,
entre mer et campagne, les
bâtiments sont construits sur
un versant sud assez venté mais
paysagé. La forme en T permet
une exposition sud pour trois des
logements et une exposition ouest
pour les deux autres.
Cette proximité de la côte entraîne
un Plan Local d’Urbanisme (PLU)
assez contraignant, puisque le
seul changement de destination
possible accordé au bâtiment était
la transformation en gîte, et cela n’a
été possible que parce que le maître
d’ouvrage est agriculteur.
Ces hébergements de vacances,
d’une surface habitable totale
de 370 m², sont donc mitoyens
et proches de la ferme  : l’une
des problématiques imposées
à l’architecte a été de créer de
l’intimité. De plus, le désir d’éloigner
les voitures des bâtiments et de
favoriser l’accès aux personnes
à mobilité réduite a influencé
l’aménagement du site. L’un des
Plan © A’Dao
N
Collectif franco-britannique Libnam3
gîtes est d’ailleurs spécialement
conçu pour l’accueil de personnes
handicapées, dans le respect de
la réglementation française sur
l’accessibilité (loi du 11/02/05).
Système constructif
Deux systèmes de construction
différents ont été utilisés pour la
rénovation. Les bâtiments existants
sont en pierre alors que les
extensions sont en ossature bois.
Les parties en pierre sont bâties
sur des fondations existantes et
peu profondes. Les murs en pierre
ont été isolés, face intérieure, par
insufflation de ouate de cellulose
sur 15 cm, et couverts de plaques
de gypse (Fermacell).
L’isolation de certains murs, où le
risque d’humidité était plus fort, a
été effectuée avec du liège.
L’ossature bois, composée de
montants en pin (45 x 145 mm), est
posée sur une dalle béton. Celle-
ci est isolée, en dessous, par des
plaques de polyuréthane de 10cm
d’épaisseur (marque Soprema).
L’isolation des murs est faite par de
la ouate de cellulose, insufflée entre
les montants, couverte de panneaux
de fibre de bois, afin d’assurer une
continuité de l’enveloppe.
La distribution des cloisons
intérieures est faite d’une ossature
métallique et de plaques de plâtre
(BA13) ou de gypse (Fermacell),
incluant de la laine de bois en
isolant.
Les menuiseries ont été réalisées
sur mesure par MC France. Elles
sont mixtes (bois et alu), en double
vitrage. Elles ne comportent pas de
volets roulants car ceux-ci, en plus
d’être inesthétiques sur des bâtis
patrimoniaux, peuvent créer des
ponts thermiques.
Conservation des pierres - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
www.libnam.eu 4
Les gîtes possèdent tous un poêle
à bois, de capacité variée en
fonction de la surface à chauffer. Ils
sont complétés par un chauffage
électrique. Toutefois, pour favoriser
l’usage d’énergies renouvelables, le
bois est fourni gratuitement alors
que l’électricité est facturée, en plus
de la location.
La ventilation est de type
Hygro B (sorties et entrées d’air
hygroréglables).
Une cuve de 10 m3 a été installée
afin de récupérer l’eau de pluie
pour l’arrosage, les toilettes et les
machines à laver (situées dans une
buanderie commune à tous les
gîtes, à l’accueil). Et le traitement
des eaux usées est assuré par des
bassins de phytoépuration.
Composition du toit, de l’extérieur
vers l’intérieur  : ardoises – voliges
– ouate (30 cm) – pare-vapeur –
plaques de gypse (Fermacell).
Composition des murs en pierre  :
pierre – dégrossi chaux-sable – pare-
pluie – ossature douglas – ouate de
cellulose sur 15 cm – pare-vapeur –
plaques de gypse (Fermacell).
Composition des murs à ossature
bois : bardage douglas 22mm –
tasseaux (lame d’air) – panneaux
de fibre de bois (Pavatex 6cm)
– pare-pluie – panneaux de
contreventement (OSB 18mm)
– ossature et ouate sur 15cm –
frein-vapeur – plaques de gypse
(Fermacell).
Extension bois - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
Collectif franco-britannique Libnam5
Focus technique :
La pierre et la ouate de
cellulose
La ouate de cellulose est
couramment utilisée comme isolant
pour l’ossature bois mais, plus
rarement, pour la pierre.
La ouate employée sur le chantier
(marque Isocell) est produite par
l’entreprise Cellaouate à Morlaix,
à partir de journaux recyclés
(quotidien « Le Télégramme »), avec
un bon bilan carbone en raison de
sa fabrication locale.
En plus d’être isolante, la ouate
de cellulose possède une
capacité de déphasage thermique
plus importante qu’une laine
minérale. Cela en fait un produit
intéressant pour réduire les écarts
de température à l’intérieur du
bâtiment, en particulier lors des pics
de chaleur saisonniers. Couplée à
la pierre, la ouate procure ainsi un
confort d’été judicieux pour des
gîtes utilisés majoritairement durant
les périodes chaudes.
Ici, elle a été insufflée en vrac dans
des caissons à l’armature en bois,
et fermés par un frein vapeur. La
machine propulse la ouate par
une ouverture dans la membrane
pare-vapeur qui est refermée
hermétiquement par la suite.
L’isolant ne doit pas être affecté
par l’humidité. Cela implique des
précautions de mise en œuvre par
rapport à la pierre, telles que le
jointoiement à l’extérieur des murs
et la protection en partie basse. Par
exemple, des pare-pluies ont été
fixés en bas des murs et du liège en
vrac a été déposé dans les endroits
les plus exposés aux remontées
capillaires.
Il faut noter, enfin, que la ouate de
cellulose intègre la présence de sel
Isolation intérieur - Photo © Yann Denion - CICS
www.libnam.eu 6
Freins et leviers
Au niveau juridique ou
réglementaire, plusieurs problèmes
ont été rencontrés. Par exemple,
le site est sur une zone classée,
il a donc fallu échanger avec
les Architectes des Bâtiments
de France, notamment pour la
création d’ouvertures à l’ouest et la
modification d’une façade.
Pour mettre en place la
phytoépuration, il a fallu expliquer
au Syndicat Intercommunal
d’Alimentation en Eau Potable en
quoi consistait le dispositif.
L’évolutionconstantedestechniques
entraîne des incompréhensions
de la part des organismes de
contrôle, ce qui peut être un frein à
l’écoconstruction.
C’est l’une des raisons pour
lesquelles les entreprises sont
obligées de se former pour obtenir
des labels, en plus d’acquérir des
compétences.
Pour la pose de la ouate, l’entreprise
CICS a suivi des formations auprès
de différents interlocuteurs : Domus
(fournisseur), Tyeco2, Ecolusis, ou
encore l’ARFAB (étanchéité à l’air).
de bore. Ce sel minéral possède
des propriétés ignifugeantes et
permet de parer aux attaques de
champignons ou de rongeurs.
En 2012 et 2013, en France, une
controverse a eu lieu au sujet de
l’impact sanitaire de cet adjuvant.
Un temps, la réglementation a
privilégié le sel d’ammonium pour,
finalement, réhabiliter le sel de
bore. Et pour cause, l’ammonium
peut se dégrader en ammoniac et
provoquer des nuisances, alors
que le sel de bore a été jugé peu
impactant en dessous d’un seuil de
5%. La filière de la ouate de cellulose
a cependant décidé d’engager des
travaux de recherche pour identifier
des produits de substitution à ces
différents sels.
Chambre - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
Collectif franco-britannique Libnam7
ElleaégalementsuividesFormations
aux Économies d’Énergie dans le
Bâtiment (modules FEEBat 1 et 2).
Le suivi assuré par le maître d’œuvre
sur chantier, les discussions avec
l’architecte et les comptes-rendus
de chantier réguliers, ont permis une
meilleurecirculationdel’information
entre corps d’état, même si cela
n’évite pas tous les désagréments.
Par exemple, il y a eu un turn-
over d’ouvriers important dans
une entreprise, ce qui a compliqué
la transmission de certaines
consignes. Or, pour atteindre les
performances thermiques visées,
chaque intervenant doit prêter
une grande attention au travail des
autres.
Il existe beaucoup de contraintes
techniques qui ont orienté les choix
des propriétaires : le béton de chaux-
chanvre les intéressait en isolation
mais cela aurait occasionné des
murs trop épais ; une VMC double
flux aurait été compliquée à installer
pour cinq gîtes indépendants ; des
panneaux photovoltaïques auraient
entraîné beaucoup de câblage,
et des ennuis lors d’une possible
division ultérieure des bâtiments...
Enfin, quelques problèmes
techniques sont apparus sur
le chantier  : les murs en pierre
recouverts de ciment ont été très
compliqués à piqueter, les plaques
de gypse sont difficiles à couper et
pèsent lourd puis la chape liquide a
mis longtemps à sécher en hiver, le
bâtiment étant très bien isolé.
Intérieur - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
8
Intervenants
Maître d’ouvrage : SARL Les Eco Logis de
Lairmarc’h (Baden - 56)
Architecte : A’Dao (Rennes - 35)
Maître d’œuvre : Gérard Lucas
(Les Fougerêts - 56)
Maçonnerie : Pelbois (Pluherlin - 56)
Charpente-menuiserie : Burban
(Malansac - 56)
Isolation - cloisons sèches : CICS (Saint
Nicolas du Tertre - 56)
VRD : SARL Coué Crété (St Martin/Oust -
56)
Plomberie : Lubert (Limerzel - 56)
Electricité : Cornec Pac Elec
(Plougoumelen - 56)
Carrelage : Roux SARL (Guegon - 56)
Escalier : Potier JP (Rieux - 56)
Peinture : Le Tournel Sarl (La Gacilly - 56)
Poêles à bois : Nicolas Cheminées
(Lanester - 56)
Espaces verts et pose de l’assainissement :
Aubat (Landaul - 56)
Conception phytoépuration : Aquatiris
(Landevant - 56)
Coûts
Maîtrise d’œuvre : 8,6% du coût global des
travaux soit 52 487€ HT
Terrassement et VRD (Voirie réseaux,
divers) : 35 088 € HT
Maçonnerie, gros œuvre : 108 751 € HT
Charpente : 74 174 € HT
Couverture et étanchéité : 51 809€ HT
Menuiseries (intérieures et extérieures) :
69 950€ HT
Électricité et chauffage : 45 848€ HT
Cloisons sèches et isolation : 91 435€
Plomberie : 33 038€ HT
Carrelage : 34 966€ HT
Escalier : 11 667€ HT
Peinture : 33 016€ HT
Total : 642 229€ HT, soit 1 735€ HT du m²
Lien
www.lafermh-baden.fr
Une étude thermique partielle
en phase d’étude a été effectuée
afin de choisir les bons matériaux.
Aucune certification n’était visée, le
souhait étant de réaliser un bâtiment
le moins énergivore possible avec
des matériaux respectueux de
l’environnement.
Performances globales
Perspective © A’Dao
Suite à des relevés, il a été constaté
que huit personnes consommaient
12eurosd’eauchaudeetd’électricité
en une semaine (environ 90 kWh).
Contact
Constructys Bretagne
www.constructys-bretagne.fr

Les eco logis-fr

  • 1.
    162 Le bois etla pierre redonnent son charme à une longère typique du Golfe du Morbihan. Chronologie La ferme a été construite avant 1900. Les esquisses ont commencé en 2006 pour un dépôt du permis de construire en 2010. Les travaux ont eu lieu de 2011 à 2012. Afin de préserver un corps de ferme en pierre hérité de leurs parents, Anne et Michel ont souhaité le rénover. Ils sont parvenus à lui donner une seconde vie en créant 5 gîtes. Pour proposer un aspect plus contemporain, ils ont voulu allier les matériaux anciens et présents sur le site à des matériaux plus actuels, sans dénaturer l’essence même du lieu. Leur attrait pour l’environnement s’est traduit par l’utilisation de matériaux recyclables et de récupération (pierres, poutres, portes…) ainsi que de systèmes de chauffage et d’assainissement naturels. Présentation Saint Brieuc Quimper Vannes Rennes Baden Les Eco-Logis Vue d’ensemble - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  • 2.
    www.libnam.eu 2 Contexte Les propriétairesdu lieu se sont associés pour former la SARL « Les Eco Logis de Lairmarc’h  » et ainsi proposer aux visiteurs des gîtes chaleureux, faciles à chauffer et respectueux de l’environnement. Situés dans une zone assez touristique : le Golfe du Morbihan, entre mer et campagne, les bâtiments sont construits sur un versant sud assez venté mais paysagé. La forme en T permet une exposition sud pour trois des logements et une exposition ouest pour les deux autres. Cette proximité de la côte entraîne un Plan Local d’Urbanisme (PLU) assez contraignant, puisque le seul changement de destination possible accordé au bâtiment était la transformation en gîte, et cela n’a été possible que parce que le maître d’ouvrage est agriculteur. Ces hébergements de vacances, d’une surface habitable totale de 370 m², sont donc mitoyens et proches de la ferme  : l’une des problématiques imposées à l’architecte a été de créer de l’intimité. De plus, le désir d’éloigner les voitures des bâtiments et de favoriser l’accès aux personnes à mobilité réduite a influencé l’aménagement du site. L’un des Plan © A’Dao N
  • 3.
    Collectif franco-britannique Libnam3 gîtesest d’ailleurs spécialement conçu pour l’accueil de personnes handicapées, dans le respect de la réglementation française sur l’accessibilité (loi du 11/02/05). Système constructif Deux systèmes de construction différents ont été utilisés pour la rénovation. Les bâtiments existants sont en pierre alors que les extensions sont en ossature bois. Les parties en pierre sont bâties sur des fondations existantes et peu profondes. Les murs en pierre ont été isolés, face intérieure, par insufflation de ouate de cellulose sur 15 cm, et couverts de plaques de gypse (Fermacell). L’isolation de certains murs, où le risque d’humidité était plus fort, a été effectuée avec du liège. L’ossature bois, composée de montants en pin (45 x 145 mm), est posée sur une dalle béton. Celle- ci est isolée, en dessous, par des plaques de polyuréthane de 10cm d’épaisseur (marque Soprema). L’isolation des murs est faite par de la ouate de cellulose, insufflée entre les montants, couverte de panneaux de fibre de bois, afin d’assurer une continuité de l’enveloppe. La distribution des cloisons intérieures est faite d’une ossature métallique et de plaques de plâtre (BA13) ou de gypse (Fermacell), incluant de la laine de bois en isolant. Les menuiseries ont été réalisées sur mesure par MC France. Elles sont mixtes (bois et alu), en double vitrage. Elles ne comportent pas de volets roulants car ceux-ci, en plus d’être inesthétiques sur des bâtis patrimoniaux, peuvent créer des ponts thermiques. Conservation des pierres - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  • 4.
    www.libnam.eu 4 Les gîtespossèdent tous un poêle à bois, de capacité variée en fonction de la surface à chauffer. Ils sont complétés par un chauffage électrique. Toutefois, pour favoriser l’usage d’énergies renouvelables, le bois est fourni gratuitement alors que l’électricité est facturée, en plus de la location. La ventilation est de type Hygro B (sorties et entrées d’air hygroréglables). Une cuve de 10 m3 a été installée afin de récupérer l’eau de pluie pour l’arrosage, les toilettes et les machines à laver (situées dans une buanderie commune à tous les gîtes, à l’accueil). Et le traitement des eaux usées est assuré par des bassins de phytoépuration. Composition du toit, de l’extérieur vers l’intérieur  : ardoises – voliges – ouate (30 cm) – pare-vapeur – plaques de gypse (Fermacell). Composition des murs en pierre  : pierre – dégrossi chaux-sable – pare- pluie – ossature douglas – ouate de cellulose sur 15 cm – pare-vapeur – plaques de gypse (Fermacell). Composition des murs à ossature bois : bardage douglas 22mm – tasseaux (lame d’air) – panneaux de fibre de bois (Pavatex 6cm) – pare-pluie – panneaux de contreventement (OSB 18mm) – ossature et ouate sur 15cm – frein-vapeur – plaques de gypse (Fermacell). Extension bois - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  • 5.
    Collectif franco-britannique Libnam5 Focus technique: La pierre et la ouate de cellulose La ouate de cellulose est couramment utilisée comme isolant pour l’ossature bois mais, plus rarement, pour la pierre. La ouate employée sur le chantier (marque Isocell) est produite par l’entreprise Cellaouate à Morlaix, à partir de journaux recyclés (quotidien « Le Télégramme »), avec un bon bilan carbone en raison de sa fabrication locale. En plus d’être isolante, la ouate de cellulose possède une capacité de déphasage thermique plus importante qu’une laine minérale. Cela en fait un produit intéressant pour réduire les écarts de température à l’intérieur du bâtiment, en particulier lors des pics de chaleur saisonniers. Couplée à la pierre, la ouate procure ainsi un confort d’été judicieux pour des gîtes utilisés majoritairement durant les périodes chaudes. Ici, elle a été insufflée en vrac dans des caissons à l’armature en bois, et fermés par un frein vapeur. La machine propulse la ouate par une ouverture dans la membrane pare-vapeur qui est refermée hermétiquement par la suite. L’isolant ne doit pas être affecté par l’humidité. Cela implique des précautions de mise en œuvre par rapport à la pierre, telles que le jointoiement à l’extérieur des murs et la protection en partie basse. Par exemple, des pare-pluies ont été fixés en bas des murs et du liège en vrac a été déposé dans les endroits les plus exposés aux remontées capillaires. Il faut noter, enfin, que la ouate de cellulose intègre la présence de sel Isolation intérieur - Photo © Yann Denion - CICS
  • 6.
    www.libnam.eu 6 Freins etleviers Au niveau juridique ou réglementaire, plusieurs problèmes ont été rencontrés. Par exemple, le site est sur une zone classée, il a donc fallu échanger avec les Architectes des Bâtiments de France, notamment pour la création d’ouvertures à l’ouest et la modification d’une façade. Pour mettre en place la phytoépuration, il a fallu expliquer au Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable en quoi consistait le dispositif. L’évolutionconstantedestechniques entraîne des incompréhensions de la part des organismes de contrôle, ce qui peut être un frein à l’écoconstruction. C’est l’une des raisons pour lesquelles les entreprises sont obligées de se former pour obtenir des labels, en plus d’acquérir des compétences. Pour la pose de la ouate, l’entreprise CICS a suivi des formations auprès de différents interlocuteurs : Domus (fournisseur), Tyeco2, Ecolusis, ou encore l’ARFAB (étanchéité à l’air). de bore. Ce sel minéral possède des propriétés ignifugeantes et permet de parer aux attaques de champignons ou de rongeurs. En 2012 et 2013, en France, une controverse a eu lieu au sujet de l’impact sanitaire de cet adjuvant. Un temps, la réglementation a privilégié le sel d’ammonium pour, finalement, réhabiliter le sel de bore. Et pour cause, l’ammonium peut se dégrader en ammoniac et provoquer des nuisances, alors que le sel de bore a été jugé peu impactant en dessous d’un seuil de 5%. La filière de la ouate de cellulose a cependant décidé d’engager des travaux de recherche pour identifier des produits de substitution à ces différents sels. Chambre - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  • 7.
    Collectif franco-britannique Libnam7 ElleaégalementsuividesFormations auxÉconomies d’Énergie dans le Bâtiment (modules FEEBat 1 et 2). Le suivi assuré par le maître d’œuvre sur chantier, les discussions avec l’architecte et les comptes-rendus de chantier réguliers, ont permis une meilleurecirculationdel’information entre corps d’état, même si cela n’évite pas tous les désagréments. Par exemple, il y a eu un turn- over d’ouvriers important dans une entreprise, ce qui a compliqué la transmission de certaines consignes. Or, pour atteindre les performances thermiques visées, chaque intervenant doit prêter une grande attention au travail des autres. Il existe beaucoup de contraintes techniques qui ont orienté les choix des propriétaires : le béton de chaux- chanvre les intéressait en isolation mais cela aurait occasionné des murs trop épais ; une VMC double flux aurait été compliquée à installer pour cinq gîtes indépendants ; des panneaux photovoltaïques auraient entraîné beaucoup de câblage, et des ennuis lors d’une possible division ultérieure des bâtiments... Enfin, quelques problèmes techniques sont apparus sur le chantier  : les murs en pierre recouverts de ciment ont été très compliqués à piqueter, les plaques de gypse sont difficiles à couper et pèsent lourd puis la chape liquide a mis longtemps à sécher en hiver, le bâtiment étant très bien isolé. Intérieur - Photo © Servane Guihaire - Constructys Bretagne
  • 8.
    8 Intervenants Maître d’ouvrage : SARLLes Eco Logis de Lairmarc’h (Baden - 56) Architecte : A’Dao (Rennes - 35) Maître d’œuvre : Gérard Lucas (Les Fougerêts - 56) Maçonnerie : Pelbois (Pluherlin - 56) Charpente-menuiserie : Burban (Malansac - 56) Isolation - cloisons sèches : CICS (Saint Nicolas du Tertre - 56) VRD : SARL Coué Crété (St Martin/Oust - 56) Plomberie : Lubert (Limerzel - 56) Electricité : Cornec Pac Elec (Plougoumelen - 56) Carrelage : Roux SARL (Guegon - 56) Escalier : Potier JP (Rieux - 56) Peinture : Le Tournel Sarl (La Gacilly - 56) Poêles à bois : Nicolas Cheminées (Lanester - 56) Espaces verts et pose de l’assainissement : Aubat (Landaul - 56) Conception phytoépuration : Aquatiris (Landevant - 56) Coûts Maîtrise d’œuvre : 8,6% du coût global des travaux soit 52 487€ HT Terrassement et VRD (Voirie réseaux, divers) : 35 088 € HT Maçonnerie, gros œuvre : 108 751 € HT Charpente : 74 174 € HT Couverture et étanchéité : 51 809€ HT Menuiseries (intérieures et extérieures) : 69 950€ HT Électricité et chauffage : 45 848€ HT Cloisons sèches et isolation : 91 435€ Plomberie : 33 038€ HT Carrelage : 34 966€ HT Escalier : 11 667€ HT Peinture : 33 016€ HT Total : 642 229€ HT, soit 1 735€ HT du m² Lien www.lafermh-baden.fr Une étude thermique partielle en phase d’étude a été effectuée afin de choisir les bons matériaux. Aucune certification n’était visée, le souhait étant de réaliser un bâtiment le moins énergivore possible avec des matériaux respectueux de l’environnement. Performances globales Perspective © A’Dao Suite à des relevés, il a été constaté que huit personnes consommaient 12eurosd’eauchaudeetd’électricité en une semaine (environ 90 kWh). Contact Constructys Bretagne www.constructys-bretagne.fr