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JOURNAL DU LYCÉE IMMACULÉE CONCEPTION
décembre 2016
Rédacteurs : Louis Dréano, Manon Hardy, Anne Dubouch, Pierre-Ambroise Gallouet, Elisabeth
Iordanov, Coline Lappeman, Albane Nicot, Fanny Fèvre
Éditorial par Louis Dréano
Dans le chaos actuel, Noël
serait ce petit moment de répit,
comme une bouée jetée à la
mer. C’est le temps de se
retrouver et de partager
ensemble. Face au mépris de
tout, il est bon d’évincer les
ondes négatives pour générer
un peu d’amour et de charité.
Toute l’équipe du Tohu Bahu
vous souhaite un joyeux noël !
Trump par Louis Dréano
Trump est une imposture. Sa
cinglante – et si contestable –
victoire sonne le glas de
quelque chose de bien trouble
en Occident : l'essoufflement
du système politique lui-
même. Son arrivée au pouvoir
était inattendue – même lui ne
devait pas s’y attendre – et a eu
des répercussions très rapides à
l’échelle mondiale : le peso
mexicain s’écroule, le coût des
prêts immobiliers s’élève en
France, le Japon se sent
encouragé à réarmer, le
partenariat transpacifique est
caduque. Trump est une
imposture car sa campagne se
fonde en grande partie sur un
défi qu’il s’était lui-même
lancé. En effet, lors du dîner
annuel des correspondants de
la Maison Blanche, un 30 avril
2011 à Washington, Barack
1
Obama avait répondu avec
ironie à la controverse que
Trump avait lancée, celle sur le
lieu de naissance du président.
Insolite, Obama s’en était bien
amusé : « Maintenant il peut
retourner s’occuper des vrais
problèmes : le premier pas sur
la Lune était-il faux ? Que
s’est-il vraiment passé à
Roswell ? Et où sont Biggie et
Tupac ? » Rires gras du public,
rire jaune de Trump. Il en avait
pris pour son estime. Toutefois,
les ambitions présidentielles de
Trump ne datent pas d’hier.
Dès 1988, le promoteur
immobilier avait tenté de
devenir le colistier de George
W. Bush. Il brigua ensuite,
dans la perspective de
l’élection de 2000, l’investiture
du Parti de la réforme, lequel
avait servi de plate-forme à
Ross Perot, le premier
« milliardaire populiste » à se
lancer dans l’arène politique.
Trump est une imposture car il
ne représente qu'un quart des
Américains : seulement 53,4%
américains ont fait l'effort de
se déplacer. Ces derniers n'ont
pas seulement élu un président
sans expérience – Reagan
existait bien avant – mais ont
ignoré royalement l'avis de
l'écrasante majorité des
journalistes, des artistes, des
universitaires, des experts.
C'est bien la déroute de
l'intelligentsia qu'il s'agit. Le
nuage pesant et sombre du
populisme vient recouvrir les
États-Unis, comme il a déjà
commencé à se propager en
Europe de l'Est depuis le début
des années 2000. En effet, rien
ne rend mieux compte de ce
que le sociologue Pierre
Bourdieu appelait le « racisme
de l’intelligence ». La victoire
de Trump est le résultat d’un
processus indolore, latent et
empli de haine : la droite est
parvenu à transformer l’anti-
intellectualisme en arme
politique efficace, en identité
culturelle revendiquée. Lors
d’un de ses meetings, le
milliardaire s’était justement
exclamé : « J’aime les gens
peu instruits ». En termes de
statistiques, il est révélateur de
noter que, dans le groupe des
Blancs sans diplôme,
l’avantage des Républicains
était déjà de 25% il y a quatre
ans : il vient d’atteindre 39%
(selon The New York Times du
18 novembre 2016). C’est en
ce point d’inflexion
sociologique dès lors
impensable que le philosophe
Jason Brennan, dans un
numéro de Foreign Policy
publié en novembre 2016,
rappelle avec lucidité : « La
démocratie a pour vocation de
mettre en œuvre la volonté
populaire. Mais qu’en est-il si
le peuple ne sait pas ce qu’il
fait ? »
Trump est une imposture car il
est un populiste. Nous l'avions
déjà expliqué lors de notre
numéro d'octobre. Le
populisme est le pot-pourri
idéologique et une mouvance
opportuniste en politique,
qualifié comme : identitaire car
la défense de la nation est
"perturbée dans son
homogénéité" (vous savez par
qui...), anti-européen et
antisystème car l'élite
dominante et le pouvoir sont
absolument "corrompus",
spectaculaire car le populiste
est un grand tribun subversif et
propose des solutions très
simples, et évidemment anti-
libérales dans le sens sociétal
car la société "perd" ses
valeurs, ses traditions. Il y a,
finalement, une volonté de
contre-courant, de retour en
arrière au temps où chacun
était bien chez soi et tout le
monde se battait pour son
propre pays.
Dans le marasme politique
actuel, il faut rester lucide. Ne
pas pencher vers les passions
mais bien faire preuve de
raison et de conviction. Trump
a gagné et a ouvert le domaine
de tous les possibles.
Dorénavant, les candidats
« hors système » n’hésitent pas
à se prévaloir de la haine qu’ils
inspirent aux médias. En Italie,
Giuseppe Grillo a ainsi tiré de
l’élection américaine une leçon
réconfortante pour lui et son
parti : « Ils prétendent que
nous sommes sexistes,
homophobes, démagogues et
populistes. Ils ne réalisent pas
que des millions de gens ne
lisent plus leurs journaux et ne
regardent plus leur télévision »
(cité par The International
New York Times, 14 novembre
2016). Ce rejet des médias, ce
mépris de l’intellectualisme et
du système révèlent une réalité
bien trop cachée : il y a les
gens d’en-bas, les
« invisibles » pour reprendre
les termes de Stéphane Beaud,
cette majorité silencieuse qui
gronde profondément mais que
l’on n’entend pas. Il serait
enfin d’intérêt politique mais
premièrement humain de les
considérer, de mettre la
compassion et la solidarité au
service notre société.
2
International
À travers l'Asie par Louis Dréano – informations extraites du Monde
Birmanie
La pression internationale
continue de s’intensifier autour
de la Prix Nobel Aung San Suu
Kyi (photo ci-dessous). La
cheffe du gouvernement
birman a été accusée,
dimanche 4 décembre, de
passivité face au « génocide »
de la minorité musulmane
Rohingya par Najik Razal, son
homologue malaisien. Ce
dernier a également dénoncé la
passivité de la communauté
internationale, après que des
membres de la minorité
rohingya réfugiés au
Bangladesh eurent fait état de
viols en réunion, de tortures,
de meurtres et de massacres.
En effet, cette communauté
d’environ 1,1 million de
personnes est perçue comme
étrangère en Birmanie et
persécutée par des extrémistes
boudhistes dans l’Etat de
Rakhine dans le Nord-Ouest
birman.
Chine
La Chine a vu ses importations
rebondir vigoureusement en
novembre, tandis que ses
exportations se stabilisaient,
confirmant une précaire reprise
de son économie. Les
importations ont gonflé de 6,7
% le mois dernier, à 152,2
milliards de dollars, a annoncé
jeudi l’administration des
douanes. Ce montant est dopé
par le renchérissement des
matières premières
industrielles. Cette reprise
précaire de l’économie
chinoise intervient dans un
environnement mondial
compliqué par la victoire de
Donald Trump, qui a promis
d’imposer une taxe prohibitive
de 45 % sur les importations
chinoises..
Corée du Sud
Les députés sud-coréens ont
voté, vendredi 9 décembre, la
destitution de la présidente
sud-coréenne, Park Geun-hye
(caricature à droite ci-dessus),
la privant de ses pouvoirs
exécutifs, notamment celui de
chef des armées. Empêtrée
dans un scandale de trafic
d’influence impliquant ses
proches et les plus grands
conglomérats du pays, la
présidente est accusée d’avoir
été sous influence d’une
conseillère occulte, Choi Soon-
sil (caricature à gauche ci-
dessus), qui aurait profité de
son ascendant pour spolier des
groupes industriels (à hauteur
de l’équivalent de 61 millions
d’euros). De plus, Mme Park
lui aurait donné accès à des
documents confidentiels,
l’aurait laissée retravailler ses
discours et aurait suivi ses
conseils dans la conduite des
affaires de l’Etat. Mme
Choi a été arrêtée jeudi pour
fraude et abus de pouvoir.
Dans l’attente de la décision de
la Cour constitutionnelle, les
pouvoirs exécutifs de la
présidente sont confiés dès lors
au premier ministre, Hwang
Kyo-ahn, un ancien procureur
qui n’a jamais été élu.
Inde
La décision du premier
ministre indien Narendra Modi
de retirer de la circulation les
gros billets de 500 et de 1 000
roupies (soit 6,50 euros et 13
euros) pour tenter d’enrayer
l’évasion fiscale continue de
provoquer des immenses files
d’attente dans les banques. Le
chef de l’exécutif, qui se
régalait jusqu’ici de voir la
croissance indienne dépasser la
croissance chinoise, a pris le
risque de voir le produit
intérieur brut encaisser un
sacré coup de frein. Les
analystes de Goldman Sachs
prévoyaient un bond du PIB de
7,9 % cette année, ils ne
parient plus désormais que sur
6,8 %. Toutefois, la
démonétisation n’aura « aucun
effet sur l’argent sale et la
fausse monnaie », assure
l’ancien ministre des finances
Palaniappan Chidambaram.
3
États-Unis
Le Partenariat Transpacifique
de libre-échange (TPP) était
l’axe principal de la stratégie
de rééquilibrage d’Obama vers
l’Asie, calibré pour damer le
pion à la Chine dans la région.
Cet accord ne fera pourtant pas
parti de l’héritage légué par le
président américain sortant.
Son successeur, le républicain
Donald Trump, entend sortir
les Etats-Unis de cet accord
commercial, « catastrophe en
puissance pour notre pays »,
dès son entrée en fonction le
20 janvier. Selon la
Commission américaine du
commerce international
(USITC), le TPP aurait permis
d’accroître le produit intérieur
brut américain de 0,15 % d’ici
à 2032 et ses exportations de 1
%. Mais le véritable enjeu d’un
traité qui, dès le départ, a laissé
Pékin sur la touche, est
diplomatique. Le TPP est au
cœur de la stratégie du « pivot
» vers l’Asie défendue par M.
Obama. « Les Etats-Unis ne
laisseront pas des pays comme
la Chine fixer les règles du
commerce mondial », avait
affirmé le président américain
au moment de signer l’accord.
Ouzbékistan
Les Ouzbeks se sont rendus
aux urnes, dimanche 4
décembre, pour élire leur
nouveau président, Chavkat
Mirzioïev (ci-contre), trois
mois après la mort d’Islam
Karimov, qui a dirigé
l’Ouzbékistan pendant un quart
de siècle. Successeur désigné,
M. Mirzioïev, 59 ans, a donc
été déclaré vainqueur sans
partage de cette élection.
Premier ministre depuis 2003,
il assurait déjà la présidence
par intérim de cette ancienne
République soviétique d’Asie
centrale de 31 millions
d’habitants qui n’a jamais
connu d’élections libres depuis
son indépendance, acquise en
1991.
Philippines
Duterte avait dit son intention
de faire transférer au cimetière
des héros de la nation la
dépouille mortelle du dictateur
Ferdinand Marcos, qui, de
1965 à 1986, régna d’une main
de fer sur les Philippines, avant
de mourir en 1989. Le 8
Novembre 2016, Marcos est
inhumé au cimetière des
grands hommes, faisant
renverser d’un coup toute
l’histoire de l’émancipation
populaire philippine et rendant
le pire des « souvenirs » le plus
grand héros de toute une
nation. Face à cette injustice,
les Philippins sont dans la rue
et répandent le hashtag
#MarcosIsNotAHero sur
internet.
Philippines
Rodrigo Duterte a déclaré qu’il
était prêt à suivre l’exemple de
Vladimir Poutine qui entend
annuler la signature par la
Russie du traité fondateur de la
cour de justice. En effet, il
estime que la juridiction de La
Haye est « inutile » et ne s’en
prend qu’aux petits pays
comme les Philippines. Il
dénonce également les
accusations des Occidentaux
qui reprochent au
gouvernement philippin de se
livrer à des exécutions
sommaires sous couvert d’une
guerre contre les
narcotrafiquants qui a fait près
de 4 900 morts depuis juin. Le
chef d’Etat philippin souhaite
par ailleurs rencontrer
Vladimir Poutine en marge du
sommet Asie-Pacifique, à
Lima, au Pérou : « Vous savez,
si la Chine et la Russie
décident de créer un nouvel
ordre mondial, je serai le
premier à le rejoindre.»
Taïwan
Jeudi 17 novembre, une «
manif pour tous » a rassemblé
près de 10 000 personnes
autour du Parlement de Taipei.
Les deux associations
organisatrices émaneraient de
communautés chrétiennes
conservatrices, proches des
églises évangéliques
4
américaines. Vêtus de blanc,
bobs sur la tête, armés de
pancartes dénonçant « la
destruction de la famille et du
mariage », les manifestants ont
expliqué à la presse qu’ils ne
s’opposaient pas à la
protection des droits des
homosexuels, mais réclamaient
la tenue d’un référendum et de
plus amples discussions. Car
Taïwan pourrait être le premier
pays asiatique à légaliser le
mariage gay.
Thaïlande
Le Parlement thaïlandais a «
proposé », mardi 29 novembre,
au prince héritier Maha
Vajiralongkorn de monter sur
le trône. Personnalité
controversée, il n’est pas aisé
pour le prince Vajiralongkorn
de succéder à son père, le roi
Bhumibol, monarque qui aura
profondément marqué
l’histoire de l’ancien royaume
de Siam et suscitait une
adoration sans pareil. Le
souhait du prince de «
respecter le deuil », en
n'accédant pas immédiatement
au trône, avait alimenté les
rumeurs de querelles de
palais : la transition royale
intervenant dans un contexte
politique aussi troublé que
compliqué, la succession
s’annonçait possiblement
délicate. Le 1er décembre
2016, Vajiralongkorn est
proclamé le roi de Thaïlande
sous le nom de Rama X
(photo).
Le Monde Diplomatique – N°753 – Décembre 2016 – « La déroute de l'intelligentsia » par Serge
Halimi
Typologie de la bataille d'Alep par Louis Dréano
La bataille d’Alep reste
cruciale pour l’avenir de la
Syrie. Assiégés depuis
septembre par les forces pro-
gouvernementales dans la
partie Est de la ville, les
insurgés appartiennent
essentiellement à des
mouvements islamistes. La
multitude et la diversité des
acteurs armés qui participent à
la bataille d’Alep expliquent la
durée et l’extension du conflit
syrien.
Alep-Est
Au travers de l’opposition
armée au régime de Bachar al-
Assad, on discerne trois types
de groupes : ceux qui
combattent de façon autonome,
ceux qui fusionnent entre eux
et ceux qui coordonnent leurs
assauts à travers une
« chambre d’opération »
(ghourfat al’âmaliyyat).
À Alep-Est, où vivraient
encore environ 250 000
personnes, ainsi que dans les
bastions rebelles proches, deux
« chambres d’opérations »
principales rassemblent au
total entre 10 000 et 20 000
hommes. La première baptisée
Jaïch Al-Fatah (Armée de la
conquête), représente près d’un
tiers des soldats rebelles, et est
notamment composée de l’ex-
branche syrienne d’Al-Qaida,
le Front Fatah Al-Cham –
considéré comme terroriste par
les Etats-Unis. Dans une
mouvance djihado-salafiste,
elle appelle à un « djihad
global », revendique la
création d’un Etat Islamique et
l’application stricte de la
charia.
À côté, la coalition Fatah
Halab (Conquête d’Alep)
rassemble plusieurs factions
proches des Frères musulmans
ou affiliées à l’Armée syrienne
libre (ASL). À bien des égards,
elle semble être la plus
modérée car elle ne se réclame
pas du salafisme et n’appelle
pas au djihad. Or la nature de
5
l’ASL a évolué au fil du temps,
explique le géographe Fabrice
Balanche : « l’ASL est loin de
correspondre désormais à la
perception que l’on en a en
Occident, c’est-à-dire modérée
et en faveur de la laïcité, du
moins sur le terrain alépin. Les
groupes ou les brigades qui lui
sont affiliés ne sont pas
djihadistes, certes, mais les
Frères musulmans, qui y sont
largement représentés,
cherchent bel et bien à
instaurer la charia. » En effet,
toutes les composantes de
l’ASL relèvent aujourd’hui de
l’islam politique, sans pour
autant découler d’un
radicalisme de fond, selon le
spécialiste de la Syrie Raphaël
Lefèvre : « ils tiennent un
discours qui met en valeur leur
volonté de construire un Etat
qu’ils appellent « civil », dans
lequel la citoyenneté serait
attribuée à tous sans distinction
religieuse et qui serait régi par
un système parlementaire. »
Alep-Ouest
À Alep-Ouest où l’on compte
près d’1,2 million d’habitants,
les forces armées pro-
gouvernementales syriennes
bénéficient du renfort de sept
milices majoritairement
chiites, dont trois principales.
Harakat Hezbollah Al-Nujaba
(Mouvement des nobles du
parti de Dieu) est une milice
irakienne idéologiquement
proche du Hezbollah libanais
et qui participe à la bataille
contre l’Organisation de l’Etat
islamique (OEI) à Mossoul, en
Irak. A côté, Liwa Fatemiyoun
(Brigade des Fatimides) se
compose essentiellement de
Hazaras, des Afghans chiites
persanophones entraînés et
armés par les gardiens de la
révolution iranienne. Enfin, le
Hezbollah libanais, présent en
Syrie dès 2012, joue un rôle
moteur à Alep pour assurer sa
propre survie – Damas étant,
avec Téhéran, son principal
allié et fournisseur d’armes.
Quant aux forces kurdes
(Unités de protection du
peuple, YGP), qui
entretiennent un pacte tacite de
non-agression avec l’armée
syrienne depuis 2011, elles
continuent de contrôler le
quartier à majorité kurde de
Cheikh-Maqsoud.
Brouillage de pistes entre les
différentes forces rebelles
Les motivations politico-
religieuses des forces pro-
gouvernementales sont assez
simples à discerner. Il s’agit
pour ces milices chiites pro-
Bachar d’empêcher la chute du
régime alaouite – branche
hétérodoxe du chiisme dont
fait partie le clan al-Assad – et
de faire obstacle à la prise du
pouvoir par ceux qu’elles
qualifient de « salafistes » -
courant islamiste
fondamentaliste dont les
adeptes prétendent défendre la
seule vraie religion, celle du
Prophète et des pieux ancêtres
(al-salaf al-salih) – et de «
takfiristes » - inspirés par le
mouvement Al-Takfir wa-
Hijra, en rupture avec les
Frères musulmans et prônant
l’excommunication, y compris
par la mort, de tous ceux qui
ne suivent pas leur lecture
littérale du Coran.
A l’inverse, dans le camp
rebelle, le jeu des alliances et
la multiplication tant des
acteurs que des coalitions
souvent éphémères rendent
difficile la distinction entre «
radicaux » et « modérés » que
le cessez-le-feu de septembre
était censé établir. Cette
instabilité vient brouiller les
pistes de compréhension : le
Front Fatah Al-Cham a
récemment rompu avec Al-
Qaida, le groupe rebelle Ahrar
Al-Cham – soutenu par le
Qatar et la Turquie – a
longtemps été proche de
l’Organisation de l’Etat
Islamique (OEI) jusqu’en
2014. La situation est d’autant
plus difficile à appréhender
que des groupes radicaux
salafistes ont été ou demeurent
affiliés ou associés à l’ASL
(Armée Syrienne Libre),
présentée par ses soutiens
occidentaux comme le plus
modéré des acteurs de la
rébellion.
Un enfer sur Terre
Depuis l’entrée des rebelles
dans Alep-Est à l’été 2012, des
centaines de milliers de
personnes ont fui ces
quartiers : ceux qui avaient
peur des bombardements du
régime, ceux qui avaient de
l’argent et ceux qui ne
partageaient pas le credo anti-
6
Assad des rebelles, qui
craignaient d’être pris pour
cible par les nouveaux maîtres
de l’Est d’Alep. En juillet
2016, lorsque les forces pro-
Assad parachèvent
l’encerclement de la ville. A
deux reprises, la Russie et le
régime proclament un cessez-
le-feu et offrent aux civils qui
le veulent de quitter l’Est par
des corridors protégés.
Personne ou presque
n’emprunte ces corridors. Une
partie des habitants d’Alep-Est
redoute d’être appréhendée par
les services de renseignement
syriens s’ils mettent le pied à
l’ouest. Pourtant, le régime a
toujours refusé de confier
l’évacuation des civils à un
organisme tiers, neutre, comme
les Nations unies (ONU).
Le régime contrôle désormais
85 % des quartiers que les
insurgés tenaient avant le
lancement de l’offensive, le 15
novembre.
Toutefois, les forces armées
syriennes qui bombardent la
ville d’Alep sont responsables
de « crimes contre l’humanité
» et de « crimes de guerre », a
déclaré John Kerry à
l’occasion d’une conférence
internationale sur la Syrie à
Paris, le 10 décembre. Le
secrétaire d’Etat américain a
effectivement dénoncé un «
bombardement aveugle par le
régime, qui viole le droit
international ». La
communauté internationale a
exhorté la Russie et son allié
syrien à laisser les civils et les
combattants rebelles quitter
Alep.
Le Monde Diplomatique – N°753 – Décembre 2016 – « Qui sont les rebelles syriens ? » par Bachir El-
Khoury
http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/01/alep-la-presence-de-ces-civils-n-a-jamais-dissuade-
le-regime-de-bombarder-aveuglement-la-ville_5041802_1618247.html#ACtr4fqhY7ICAuZC.99
http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/10/alep-le-regime-syrien-accuse-de-crimes-contre-l-
humanite-par-washington_5046938_1618247.html#TujeBhAiKRbuKkRP.99
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/20/au-fait-quelle-difference-entre-sunnites-et-
chiites_4442319_4355770.html#oZt5zd7OJltWF0pc.99
Index sur le cas alaouite de Syrie par Louis Dréano
La scission des deux courants
chiite et sunnite de l’islam
remonte à la mort du prophète
Mahomet, en 632. Se pose
alors la question du successeur
le plus légitime pour diriger la
communauté des croyants : les
futurs chiites désignent Ali,
gendre et fils spirituel de
Mahomet, au nom des liens du
sang ; les futurs sunnites
désignent Abou Bakr, un
homme ordinaire, compagnon
de toujours de Mahomet, au
nom du retour aux traditions
tribales. Une majorité de
musulmans soutiennent Abou
Bakr, qui devient le premier
calife. Depuis, les sunnites ont
toujours été majoritaires. Ils
représentent aujourd’hui
environ 85 % des musulmans
du monde. Toutefois, les
querelles actuelles entre
chiisme et sunnisme tiennent
moins du différend religieux
que d’un conflit politique entre
deux modèles, deux ensembles
géopolitiques.
Les chiites, emmenés par
l’Iran, sont depuis la révolution
islamique de 1979 en conflit
ouvert avec les dirigeants
sunnites, considérés comme
corrompus et vendus au «
Grand Satan » américain. Se
dessine depuis quelques années
l’idée d’un « croissant chiite »,
expression née dans la bouche
du roi de Jordanie Abdallah en
2004, qui rassemblerait l’Iran,
le Liban, le Pakistan, l’Irak, la
Syrie et une partie du Liban
(avec le Hezbollah). Mais les
alliances politiques dépassent
parfois les différences
religieuses : l’Iran soutient en
effet le Hamas palestinien
(sunnite), Bachar Al-Assad
(alaouite) ou encore l’Arménie
chrétienne plutôt que
l’Azerbaïdjan chiite.
7
Alaouisme, aux antipodes de
l’islam traditionnel
L’initiation alaouite est
réservée aux hommes et se
veut particulièrement
différente de l’Islam
traditionnel : le pèlerinage à La
Mecque est ignoré tout comme
les cinq prières par jour, les
femmes ne portent pas l’hijab
(voile) et l’alcool est toléré.
Cette minorité est formée en
clans, représentant 2 millions
d’hommes alors que 78% de la
population syrienne est
sunnite. En 1970, Hafez al-
Hassad fait un coup d’Etat et
impose sa dictature, ce qui
constitue une revanche face
aux discriminations manifestes
que les alaouites subissaient.
Toutefois, le régime établi a
souvent été contesté : des
islamistes insurgent Hama en
février 1982, le Printemps
arabe fait rage pour plus de
libertés en 2011. Ce dernier
élément est le détonateur
premier de la situation de
guerre civile actuelle en Syrie :
on dénombre près de 250,000
morts, 12 millions d’habitants
déplacés – soit près de la
moitié de la population.
Aujourd’hui, nombre
d’alaouites redoutent, en cas
d’effondrement du régime, une
revanche sanglante de la part
de leurs compatriotes sunnites.
Dans ce contexte, ils
pourraient être tentés de
constituer un réduit dans leur
région d’origine. Un tel
processus est d’ailleurs en
gestation. Les villes sunnites
de Tal-Kalash et Jisr Al-
Choughour, en périphérie de la
région alaouite, ont ainsi été
victimes d’un phénomène de
purification ethnique : l’armée
fidèle à Bachar al-Assad a
laissé les habitants fuir vers le
Liban et la Turquie.
http://lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/20/au-fait-quelle-difference-entre-sunnites-et-
chiites_4442319_4355770.html
http://geopolis.francetvinfo.fr/syrie-qui-sont-vraiment-les-alaouites-2792
Le Tohu Bahu recrute !
Envoyez vos textes, écrits, poèmes, chansons, articles, etc. à l’adresse :
louis.dreano@sfr.fr
8
Être femme
Dans ce numéro, nous avons réalisé un petit dossier sur cette mouvance bien actuelle et polémique
qu’est le « féminisme ». Deux chroniqueuses du journal ont choisi de prendre la parole pour nous
raconter l’expérience théorique et pratique du « féminisme ».
Les femmes bousculent tout par Louis Dréano
"On ne naît pas femme, on le
devient." Paru en 1949, Le
Deuxième Sexe de Simone de
Beauvoir devient la référence
fondatrice des féministes et du
courant culturaliste des women
studies américaines. Les
rapports psychologiques,
sociologiques, économiques
entre hommes et femmes sont
culturellement construits et
donc dépassables. A l'instar de
la philosophe française
Elisabeth Badinter, un courant
égalitariste – dit aussi
universaliste – prône une
égalité pleine et entière entre
hommes et femmes. La
féminité étant une construction
culturelle qui imprègne les
pratiques sociales, les théories
égalitaristes dénoncent les
stéréotypes de sexe.
En histoire, de nombreux
travaux font ressurgir le rôle et
la présence des femmes dans le
passé, occultés par des sources
masculines. Théoricienne du
genre, l'historienne Joan Scott
rappelle les difficultés des
citoyennes françaises à obtenir
le droit de vote seulement en
1944 et à mettre fin à leur
exclusion de l'espace public.
Pourtant, en cinquante ans, les
femmes ont bénéficié
d'immenses progrès en termes
de liberté, reconnaissance et
statut dans la société : loi
Neuwirth sur l’accès à la
contraception (1967), loi Veil
sur l'avortement (1975), égale
représentation dans la vie
privée, protection contre la
violence, loi sur la parité
(2000). Dans la même période,
les sociétés patriarcales qui
conféraient la toute-puissance
aux hommes dans la vie
publique et privée se sont
effondrées, laissant place à une
égalité de droits et de rôles
pour chacun des sexes. Sorties
de la sphère privée à laquelle
leurs mères étaient cantonnées,
les filles investissent les études
supérieures – où elles sont
aujourd'hui plus nombreuses
que les garçons – et sont
devenues, depuis 20 ans, le
principal facteur de
l'augmentation de la population
active : on parle de
féminisation à l’emploi.
Avec l'émancipation des
femmes, les années 1990 sont
celles du dévoilement :
philosophes, anthropologues,
sociologues s'interrogent sur
les arcanes d'une domination
masculine qui se retrouve,
depuis la nuit des temps, dans
la plupart des sociétés
humaines. Dans
"Anthropologie et recherches
féministes" in Le Travail du
genre, Maurice Godelier, à
partir de son étude sur la tribu
des Baruyas de Nouvelle-
Guinée, décrit tout un
ensemble de rituels et de
pratiques symboliques qui,
selon lui, tendent à "magnifier
les hommes au détriment des
femmes". Dans les mythes
Baruyas, "il y a l'idée qu'il
fallait faire violence aux
femmes pour établir l'ordre
social et cosmique et que cette
violence tournait autour des
pouvoirs féminins de faire des
enfants et particulièrement des
garçons". Pareillement, dans
Masculin-féminin. La pensée
de la différence, Françoise
Héritier met en évidence
l'existence d'une "valence
différentielle des sexes"
universellement repérable –
c'est-à-dire une dominance du
principe masculin sur le
principe féminin dans la table
des valeurs. Les raisons de la
domination masculine
viendraient d'une peur
originelle des hommes devant
le pouvoir des femmes
d'enfanter et de pérenniser la
vie. On retrouvait dans ces
modèles archaïques les
origines des violences faites
aux femmes, mais aussi
l'explication d'une répartition
des rôles sexués. Dans La
Domination masculine, Pierre
Bourdieu voit dans la
domination masculine une
"construction sociale
naturalisée". Ayant intégré les
habitus de leur sexe –
comportements et jugements
9
"incorporés" jusque dans les
manières d'utiliser son corps et
dans les pratiques sexuelles de
chacun et de chacune – les
femmes œuvreraient
inconsciemment à leur
domination.
Les années 2000 sont celles de
la réception en France de
nouveaux courants de
recherche sur le genre, qui
tentent de déconstruire la
différenciation sexuelle jusqu'à
une certaine subversion.
Michel Foucault – par sa
critique de l'universalisme et sa
contestation de la norme
hétérosexuelle – et Jacques
Derrida – par son concept de la
déconstruction – ont été les
philosophes français souvent
de référence à l'émergence des
théories du genre. En effet, la
philosophe américaine Judith
Butler s'est imposée comme la
théoricienne du queer dans les
années 1990 : la distinction
entre deux sexes – biologique
ou culturelle – est le produit
des normes et d'un langage
performatif, dans nos sociétés
où la référence est la femme
blanche hétérosexuelle. A
contrario, la théorie queer
propose de subvertir les
normes de sexes et leur fixité.
Finalement, même si la loi
prescrit une égalité et liberté
grandissantes en vers les
femmes, l'émancipation
féminine prend sens aussi dans
la volonté de casser les mœurs
qui incitent à la reproduction
des inégalités hommes-
femmes.
Sciences Humaines – Spécial 20 ans – N°222 – Janvier 2011 – « La montée en puissance des femmes » par
Martine Fournier
Entretien féministe avec Albane Nicot et Coline Lappeman
Pour vous, qu'est-ce que
signifie "être féministe" ?
Coline : Je pense qu'être
féministe, c'est avant tout
vouloir qu'un jour la femme
puisse être égale à l'homme, et
non pas au contraire, comme
certains stéréotypes le font
penser, à ce que la femme soit
supérieure à l'homme. Les
femmes n'ont pas à penser que
leur liberté dans n'importe quel
domaine n'a pas autant de
valeur que celle d'un homme.
Albane : Être féministe pour
moi, c'est se mobiliser pour
que les femmes aient les
mêmes droits et les mêmes
opportunités que les hommes.
Et donc, par extension, qu'elles
ne soient plus victimes de
discriminations. Ou même sans
se mobiliser, reconnaître
qu'elles doivent disposer des
mêmes droits et opportunités.
Pour un même travail, elles
doivent avoir le même salaire,
le même respect. C'est "la
base".
Comment se comporter en «
féministe » dans la vie de tous
les jours ? Quelle action
quotidienne peut-elle révéler
le caractère « féministe » de
votre personnalité ?
Albane : Houlà ! Ce n’est pas
simple à expliquer… Tout
d'abord, il y a un côté qui, je
pense, consiste à s'affirmer.
Aujourd'hui, « féministe » est
devenu presque un gros mot.
D’un autre côté, c'est aussi
s'indigner. Quand on entend
une blague misogyne – ou
misandre d'ailleurs – de façon
sérieuse, on va essayer de faire
comprendre en quoi ce n'est
pas quelque chose
d'acceptable. Il faut aussi
s'informer je pense, le
féminisme de nos jours à bien
évolué depuis les premiers
mouvements. Si les femmes
ont maintenant, sur le papier,
les mêmes droits que les
hommes, il reste des inégalités.
Enfin, il faut être tolérant.
Coline : Je conçois en effet
également que c'est plutôt
compliqué parce que c'est
comme devenu une part entière
de notre identité. Être
féministe quotidiennement
c'est remarquer des
comportements vis-à-vis des
femmes qu'on trouve injustes
ou inacceptables et y réagir.
J'étais encore il y a quelques
mois dans cette incertitude de
devoir m'affirmer parce que
j'avais peur qu'on me voie «
10
différemment » de qui j'étais.
Mais en fin de compte, c'était
de toute façon me renier moi et
accepter que je n’aie pas le
droit de m'exprimer. Ainsi,
j'essaye de toujours de mettre
en avant la femme
objectivement, mais ça ne veut
pas dire que l'homme doit être
déconsidérer.
Albane : Je dévie un peu là.
J'ai entendu des personnes
décrier le terme féministe en
disant qu'il était sexiste, de
façon inhérente à son
étymologie. Je comprends
l'idée, et comprends bien les
arguments des personnes
préférant un nom plus « neutre
» comme « équaliste ».
Coline : On irait naturellement
comparer féministe à machiste.
Mais féminisme c'est en soit
l'amélioration de la condition
de la femme. « De l'inférieur
vers l'égalité » je dirais.
Albane : Mais le "problème"
ici, c’est que dans notre (nos ?)
société(s) aujourd'hui, les
femmes sont le plus souvent
celles qui subissent un
abaissement. Et, par
conséquent, le féminisme vise
à améliorer la condition de la
femme. Et non pas, comme
certains semblent le penser, à
rabaisser les hommes.
Pensez-vous que les
institutions traditionnelles plus
informelles – qui ne sont pas
sous la tutelle directe de
l’État, comme l'Église
chrétienne – ont encouragé ou
encouragent toujours une
inégalité entre hommes et
femmes ?
Coline : Je trouve que la
religion chrétienne n'est pas
tellement si restrictive de nos
jours qu'elle l’a été auparavant.
Après, au Vatican, il n'y a pas
de femmes religieuses ayant
une position hiérarchique
importante... La religion
musulmane fait beaucoup «
polémique », si le terme est
correct, par rapport à la liberté
de la femme. Mais ça reste
plutôt contradictoire car la
femme peut être amenée à
choisir de porter le voile, ou
bien elle est forcée. Pourtant il
n’est stipulé nulle part dans le
Coran qu’il y ait une restriction
vestimentaire.
Albane : Je ne suis pas trop
familière avec le Coran, donc
je m'abstiendrai. Pour la Bible,
les textes, si pris au pied de la
lettre n'accordent pas beaucoup
de liberté, ni de considération à
la femme (lapidée si infidèle,
propriété de son mari...).
Toutefois, leur interprétation a
évolué et il faudrait plus
creuser le séjour par rapport à
la position de l'Église
catholique de nos jours. De
plus, toutes les branches du
christianisme ne sont pas
comme l'Église catholique. En
Suède, les femmes ont le droit
d'être pasteure.
Quelles figures féministes vous
inspirent ? Ou, tout du moins,
quelles femmes ou hommes
vous semblent avoir permis de
changer les mentalités et
déclencher une réelle
évolution ?
Albane : Peut-être un peu
Simone de Beauvoir, pas mal
Emma Watson. Mais en toute
honnêteté, je n'ai pas
l'impression qu'une seule
personne m'ait motivée. C'est
plus une communauté et une
prise de conscience.
Coline : Particulièrement ma
mère, mon père et ma grand-
mère maternelle qui m'ont
appris beaucoup sur la vie et
qu'il ne faut pas se laisser
marcher sur les pieds. Emma
Watson m'a beaucoup marqué
également, surtout avec son
discours de #HeForShe.
Pensez-vous que sur le plan de
la loi, on peut encore
améliorer les choses ou le
progrès féministe se doit avant
tout de bouleverser les
mœurs ?
11
Albane : Le mieux serait bien
évidemment de ne pas avoir
besoin de lois pour aboutir à
une égalité, mais on voit bien
qu'il existe des inégalités, et ce
même avec des lois.
Du coup, il serait plutôt
question de changer les
mentalités ?
Coline : Oui, mais ça prend
souvent du temps ! Les
mentalités s'accordent souvent
à l'époque, et je pense que
malgré tout, les jeunes sont
beaucoup plus ouverts d'esprit
qu'auparavant et on arrive
mieux à se comprendre.
Que pensez-vous du retour de
la question sur l'accès à
l'avortement gratuitement ?
Notamment au sein des
mouvements FN, Civitas en
France et en Pologne, avec le
projet de loi Anti-IVG lancé
par le président du Sénat
Stanislaw Karczewski en
octobre 2016 ?
Coline : La femme a le droit à
un choix libre face à
l’avortement !
Mon beau sapin – chant de Noël
Mon beau sapin,
Roi des forêts
Que j'aime ta verdure.
Quand par l'hiver
Bois et guérets
Sont dépouillés
De leurs attraits.
Mon beau sapin,
Roi des forêts
Tu gardes ta parure.
Toi que Noël
Planta chez nous
Au saint anniversaire
Joli sapin,
Comme ils sont doux
Et tes bonbons
Et tes joujoux
Toi que Noël
Planta chez nous
Georges Brassens, ce poète éternel par Pierre-Ambroise Gallouet
Êtes-vous de ces gens qui
trouvent que du Maître Gims
ce n'est pas très bien écrit ?
(pour rester euphémiste) Êtes-
vous de ces gens qui trouvent
que danser sur une musique
qui "ambiance" ça va deux
minutes, mais qu'une belle
composition ça changerait un
peu? Êtes-vous de ces gens qui
voudraient un texte à la fois
beau et avec des messages
forts ? C'est peut-être
l'occasion de vous replonger
dans quelques vieux classiques
de la chanson française.
J'aurais pu parler de Renaud
(qui est toujours debout), de
Charles Trenet (qui chante soir
et matin) ou encore de Brel
(qui fait le vestiaire à
l'Alcazar). J'aimerais vous
parler de mon chouchou,
Georges Brassens, à travers
quelques extraits de chansons
que j'apprécie tout
particulièrement.
12
La Mauvaise Réputation (1952)
« Au village sans prétentions,
J'ai mauvaise réputation.
Je me démène, je reste quoi
Je passe pour un je ne sais quoi. »
Interdite d'antenne dès sa
sortie, La Mauvaise
Réputation nous raconte la vie
et mort d'un anticonformiste
dans son village. Au fur et à
mesure de l'avancement de la
chanson, on a comme une
descente aux enfers avec le
comportement des villageois
évoluant. "Tout le monde
médit de moi", "Tout le monde
me montre au doigt", "Tout le
monde se rue sur moi" et "Tout
le monde viendra me voir
pendu". Le tout teinté d'une
pointe d'humour noir car seuls
les muets ne le médiront pas,
seuls les manchots ne le
pointeront pas, seuls les culs-
de-jatte ne se rueront pas et
seuls les aveugles ne le verront
pas. Cette chanson exprime
toute la bêtise humaine et ce
phénomène de répulsion face à
des comportements n'étant pas
considérés comme "normaux"
pour leur aspirations, idées,
goûts, manière d'être... Et plus
encore que la bêtise humaine,
toute la méchanceté de cette
dernière qui n'hésite pas à
juger et à condamner
collectivement sans aucune
forme de procès.
« Je ne fais pourtant de tort à personne,
En ne suivant les chemins qui n'mèn' pas à Rome !
Mais les braves gens n'aiment pas que
L’on suive une autre route qu'eux
Non les braves gens n'aiment pas que
L’on suive une autre route qu'eux. »
Trompettes de la Renommée (1962)
« Je vivais à l'écart de la place publique,
Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique...
Refusant d'acquitter la rançon de la gloir',
Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir.
Les gens de bon conseil ont su me fair' comprendre
Qu'à l'homme de la ru' j'avais des compt's à rendre
Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,
J'devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.
Trompettes
De la Renommée,
Vous êtes
Bien mal embouchées ! »
Dans Trompettes de la
Renommée, Brassens dénonce
ce que l'on pourrait appeler le
phénomène "people" ou de
surmédiatisation ou le moindre
morceau de vie privée d'une
star peut faire les gros titres
(ou le buzz aujourd'hui). Et là
où le bas blesse, ces scandales
et autres regards indiscrets
dans la vie privée
constitueraient la seule vraie
popularité, condamnant les
trop chastes pour se dévoiler à
l'oubli. Et aujourd'hui encore
13
(ce qui créerait sans doute un
tollé de nos jours), on retrouve
ce même phénomène de "jeux
du cirque qu'il faut offrir au
commun des mortels pour sa
distraction". Le poète va alors
s'atteler, toute sa chanson
durant, à démontrer à se
moquer des moyens de se
rendre populaire, quitte à,
quelque part, se prostituer pour
la gloire et son public.
« Une femme du monde, et qui souvent me laisse
Fair' mes quat' voluptés dans ses quartiers d'noblesse,
M'a sournois'ment passé, sur son divan de soi',
Des parasit's du plus bas étage qui soit...
Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame,
Ai-j’le droit de ternir l'honneur de cette dame
En criant sur les toits, et sur l'air des lampions :
" Madame la marquis' m'a foutu des morpions ! " ? " »
Et juste pour conclure avec le passage :
« Sonneraient-elles plus fort, ces divines trompettes,
Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette,
Si je me déhanchais comme une demoiselle,
Et prenais tout à coup des allures de gazelle [...] »
Il me semble bon de rappeler que Georges Brassens était ami avec Charles Trenet et n'était pas
homophobe pour deux sous. Ne condamnons pas le bonhomme trop rapidement !
Le Temps ne Fait Rien à l'Affaire (1961)
« Quand ils sont tout neufs,
Qu'ils sortent de l'œuf,
Du cocon,
Tous les jeun's blancs-becs
Prennent les vieux mecs
Pour des cons.
Quand ils sont d'venus
Des têtes chenu’s,
Des grisons,
Tous les vieux fourneaux
Prennent les jeunots
Pour des cons. »
Chansonnette pas forcément la
plus connue, je l'apprécie tout
particulièrement pour sa
construction et sa légèreté.
Pleine de calembours et autres
jeux de mots, je ne peux
m'empêcher en l'écoutant
d'avoir un petit sourire sur le
coin de la lèvre. Le message en
est simple : le temps n'a rien à
voir avec la sagesse et la
maturité. C'est ainsi que cette
chanson nous appelle à la
modestie car nous pouvons
tous être bornés et pas
forcément plus sages.
« Méditez l'impartial message
D'un qui balance entre deux âges :
Le temps ne fait rien à l'affaire,
Quand on est con, on est con. »
14
Les Copains d'Abord (1964) :
J'aurais pu vous parler du
Gorille ou de Mourir pour des
Idées mais il me fallait parler
(et sans doute conclure) sur
Les Copains d'Abord. Sans
doute la chanson qui a
popularisé le poète et qui est
resté à la postérité, l'histoire de
cette chanson en est simple et
charmante : elle conte l'amitié
entre deux camarades de classe
et comment elle perdura dans
le temps malgré les malheurs.
Légère, amusante, tragique,
belle, il n'y a pas de mot je
crois pour dire à quel point je
pense que c'est un chef-
d’œuvre. Est-ce Maître Gims
qui arriverait à caser
« Montaigne et la Boétie »
dans une chanson de cette
légèreté ? Ou encore « Sodome
et Gomorrhe » ? J'aimerais
juste citer, pour conclure cet
article, les derniers vers de la
chanson en hommage à toutes
les merveilleuses personnes
que j'ai pu rencontrer :
« Des bateaux j'en ai pris beaucoup,
Mais le seul qui'ait tenu le coup,
Qui n'ait jamais viré de bord,
Mais viré de port,
Naviguait en père peinard
Sur la grand-mare des canards,
Et s'app'lait les Copains d'abord Les Copains d'abord. »
Vive le vent – chant de Noël
Sur le long chemin
Tout blanc de neige blanche
Un vieux monsieur s'avance
Avec sa canne dans la main
Et tout là-haut le vent
Qui siffle dans les branches
Lui souffle la romance
Qu'il chantait petit enfant
Refrain
Vive le vent, vive le vent,
Vive le vent d'hiver
Qui s'en va sifflant, soufflant
Dans les grands sapins verts.
Vive le temps, vive le temps,
Vive le temps d'hiver
Boules de neige et jour de l'an
Et bonne année grand-mère.
Et le vieux monsieur
Descend vers le village
C'est l'heure où tout est sage
Et l'ombre danse au coin du feu
Mais dans chaque maison
Il flotte un air de fête
Partout la table est prête
Et l'on entend la même
chanson
Refrain
15
Cinéma
Moi, Daniel Blake par Louis Dréano
Le dernier film de Ken Loach,
Moi, Daniel Blake, est un geste
de courage incroyablement
fort. Ayant remporté la Palme
d'Or à Cannes, Loach rappelait
son combat contre les rouages
du système économique
britannique, celui qui écrase
les plus démunis : "un autre
monde est possible et
nécessaire" avait-il conclu avec
ardeur lorsqu'il venait de
recevoir le prix cannois. Nous
espérons que son cri de guerre,
qu'il défend depuis bien avant
les années Thatcher, soit
entendu.
Daniel Blake, menuisier d'une
cinquantaine d'années, est
arrêté après une crise
cardiaque. Ses médecins
l'interdissent de travailler alors
que son assurance ne l'autorise
pas à toucher ses indemnités.
Ni travailleur, ni chômeur,
privé de ressources, dépourvu
des économies qu'une vie de
labeur ne permet pas de
rassembler, Daniel se retrouve
perdu dans cette monstre
machine kafkaïenne qu'est
l'administration du Job Center
Plus – l'équivalent du Pôle
Emploi en Angleterre. Dans cet
univers déshumanisant, il
tombe sur Katie, une mère d'à
peine trente ans qui élève seule
ses deux enfants. De bon cœur,
Daniel les prend sous son aile
où naît une amitié forte, celle
de l'entraide quand on est au
fond du trou. Des deux côtés,
chacun chute mais se cache
difficilement, jusqu'au moment
où leur dignité soit en jeu.
Daniel décide de quitter le
système.
Le cinéma de Ken Loach est
foncièrement social et a
toujours pointé du bout du
doigt les injustices. Il n'y a, au
final, très peu d'artifice, d'effet
de style tant le cinéaste
cherche à montrer la réalité,
celle silencieuse où les gens
font la queue aux banques
alimentaires et sont
littéralement broyés dans
l'enfer bureaucratique de l'Etat.
L'image est bien pâle, même
glaçante au nord de
l'Angleterre. Pourtant, le
naturalisme avec lequel Loach
fait ses portraits déploie aussi
une palette d'émotions
chaudes. Il y a cette scène
spectaculaire où Katie craque
dans une banque alimentaire ;
une autre, plus subtile, où
Daniel est dépassé par le
monde virtuel auquel il doit
faire face, pour toucher ses
"aides sociales". Le dernier
plan que Loach nous laisse est
le coup ultime, le couteau dans
le dos, celui très amer mais que
l'histoire annonce depuis le
début : Katie raconte sa
rencontre avec Daniel, son
combat jusqu'auboutiste, puis
elle s'en va et la caméra se
coupe brutalement sans nous
laisser une dernière image
quelconque d'espérance.
La terre anglaise est bien un
centre d'impulsion économique
mais la grande précarité qui y
subsiste laisse douter le
spectateur : y aurait-il bien une
fin à tout ça ?
“Fantastic Beasts And Where To Find Them” Review par Elisabeth Iordanov
As the 'Deathly Hallows Part 2'
20.. film firmly locked the
franchise that is Harry Potter, I
am sure most of us believed
we had seen the last of JK
Rowling. Apart from a sudden
controversial appearance in
2013, making her debut under
the pseudonym “Robert
Galbraith” as the author of
'The Cuckoo's Calling', and the
common knowledge that
Rowling (who earned enough
to make her richer than the
Queen of England) lost her
millionnaire status making
generous donations to charity,
the best-selling novelist has
16
had little to no publicity.
However, earlier this year,
Rowling picked-up her plume
and delighted us many
Potterheads with the script to
'The Cursed Child' –
completing her “Nineteen
Years Later” epilogue to the
entire Harry Potter series. I
admit that I was a little
surprised by the publication,
and was not particularly
desperate to read the script.
Honestly, the entire fiasco
seemed a tad too Harper-Lee-
Suddenly-Atticus-Is-Racist,
and I did not see the point in
potentially staining my
innocent Potter-blessed
childhood. Thus,
unsurprisingly, the play
picked-up controversy within
its first day on stage as
(shock(!)) Hermione was a
person of colour.
Anyway, the bigger talk-of-
the-town is of course the new
movie 'Fantastic Beasts and
Where to Find Them', directed
by David Yates. With Academy
Award winning actor Eddie
Redmayne playing the
bumbling and awkward
protagonist Newt Scamander,
as well as a number of other
bright actors and actresses
portraying a variety of magical
and muggle characters, the
film is paradoxically a step
further from Harry Potter's
adventures at Hogwarts. Gone
are the gothic school walls and
uniforms, and all things
British, and in comes 1926
New York. The only Brit is
dear Eddie/Newt, and the
Harry Potter world is cooly
“americanised”. Nevertheless,
'Fantastic Beasts and Where to
Find Them' is, in fact, far from
disappointing Potterheads.
Filled with wit, humour and
some comical awkwardness, in
many ways watching Yates'
movie is like watching an
entirely new Harry Potter film.
Of course, it enshrines the
same spells and charms used
by Potter and his gang, but we
rediscover it all in wonder and
fascination. 'Fantastic Beasts
and Where to Find Them'
seems a lot more mature than
the Harry Potter franchise, as it
opens up an adult wizarding
world beyond Hogwarts.
Rowling has literally been set
loose, redefining our already
rich knowledge of the world of
wizards and witches, and
pulling us into newly imagined
dimensions. The awkward
protagonist, Newt, is a
remarkable and loveable
character who eerily resembles
BBC's Doctor Who (Matt
Smith interpretation
obviously). In fact, the entire
plot itself calls to a blend of
'Doctor Who' and 'Harry
Potter', seasoned with hints of
'The Night At The Museum'.
For all those hardcore
Potterheads 'Fantastic Beasts
and Where to Find Them' is
deliciously delightful. Subtle
hints at “Hogwarts”, the
triangular Deathly Hallows
symbol and the “Estrange”
family are appreciated. The
blockbuster treasures the
charm of the Harry Potter
world, and retains all its
mystery and intelligence.
Arguably, references to 'Harry
Potter' characters, places,
names, etc. were perhaps laid a
little too thickly, and the
(“Odds bodkins!”) emergence
of a bizarre blond Johnny
Depp was clumsy enough at
the end, but overall the film
was a success. And as a
Potterhead I was not
disappointed, and await with
anticipation the sequel in the
new 'Fantastic Beasts '
franchise. Also, keeping in
mind that my impression of
this first film was pretty much
overshadowed by the bumbling
wannabe baker Jacob and the
kleptomanic platypus, I expect
the sequel to retain the former
and the latter.
Le Tohu Bahu recrute !
Envoyez vos textes, écrits, poèmes, chansons, articles, etc. à l’adresse :
louis.dreano@sfr.fr
17
Divers
La Maison ATHEOL : un accueil temporaire pour personnes handicapées par Manon Hardy
Un « soulagement » pour les
familles
Prendre l’air, se changer les
idées, partir en vacances
comme tout le monde… Des
rêves impossibles par la
présence du handicap que des
familles peuvent enfin réaliser.
C'est ce que l'association
ATHEOL permet : elle
organise un accueil temporaire
pour les personnes atteintes de
handicap, enfants ou adultes.
Son objectif étant
principalement de « soulager »
les familles. En effet, la
Maison ATHEOL s’engage à
accueillir à n’importe quel
moment de l’année ces
personnes, quel que soit leurs
âges ou leurs types de
handicap, et c'est ce qui la rend
si précieuse aux yeux des
familles.
Un deuxième chez-soi
Tout est fait pour que l’enfant
ou l’adulte se sente bien. Ses
habitudes quotidiennes sont
suivies à la lettre sans
problèmes : « si un enfant a
l’habitude de regarder un film
avant de se coucher, il
regardera son film » rassurent
les encadrants. Le deal étant
que la personne se sente aussi
bien à ATHEOL qu’à la
maison. Néanmoins, même si
le quotidien est suivi
scrupuleusement pour ne pas
perturber la personne en
question, cela reste des
vacances aussi pour eux.
Ballades à la mer, activités
balnéo, piscine… Le
programme est toujours bien
chargé et les encadrants ne
manquent pas d'idées de
sorties!
… mais aussi un lieu de
socialisation
Au-delà du soulagement
apporté aux familles, l’un des
objectifs de l’association est
également le développement
de l’autonomie de la personne
atteinte de handicap, ainsi que
son intégration dans la société.
En effet, ces vacances
proposent de grands moments
de partages. Elles incitent la
personne souffrant de handicap
à communiquer et développer
sa socialisation avec les autres,
que ce soit avec les encadrants
ou les autres occupants. C'est
touchant de voir qu'au fil du
temps, certains enfants
finissent par avoir leur
"éducateur préféré" et
développent des affinités entre
eux.
Une idée commune
L’idée de cet accueil
temporaire est venue tout
simplement des parents. En
effet les vacances scolaires et
les week-ends deviennent de
vrais problèmes quand les
parents travaillent. Quand
certains attendent les vacances
avec impatience, d’autres les
redoutent… Des parents
rencontrant ce problème se
sont donc réunis avec l’idée
d’une maison d’accueil et ont
monté leur association en
2000. C’est comme ça que le
10 octobre 2009 a pu être
inaugurée la Maison ATHEOL.
Et je pense que les grands
sourires des Athéoliens à la
vue de cette grande Maison
témoignent que le pari est
réussi. Le terme "Maison"
prend alors tout son sens.
Si vous souhaitez apporter
votre soutien à cette
association, ou juste en savoir
plus, n’hésitez pas :
www.atheol.org
Plus tard je serai par Fanny Fèvre
Petit Papa noël je voudrais que
pour cette année tu me dises le
métier que je devrai exercer
plus tard et les études que je
devrai mener dans 2, 1 ans ou
bien l’année prochaine.
Ainsi je serai soulagée, plus
d’angoisse, plus de peur pour
l’avenir, pour les études, plus
de stress pour les parents, les
profs et toi-même .Et je
pourrai passer Ce noël sans la
fameuse question posée par le
tonton, le cousin, la mamie etc.
« Qu’est que tu vas faire
18
après le bac ? Tu as une idée
de métier ? Cette question on
se l’a déjà posée un jour ou
l’autre et beaucoup d’entre
nous se la pose toujours,
enfants, adolescents et même
adultes. Elle nous préoccupe,
nous inquiète bien plus que ce
que l’on pense.
Cher père noël, je sais
malheureusement qu’il
n’existe pas de recette miracle
que tu pourrais m’apporter
dans un paquet cadeau mais as-
tu des techniques, des moyens
pour m’aider à choisir mon
futur métier ?!
Je n’ai en effet pas de recette
miracle à te donner mais je
peux te conseiller quelques
conseils de Père Noël...
Avant de choisir ton futur
métier il nécessaire que tu
apprennes à te connaître.
« Connais-toi toi-même »
Socrate :
Tes qualités (serviable,
humble, festif, manuel,
cérébral, attentionné, studieux,
sociable, décideur, déterminée)
Il y en existe des centaines …
Tes défauts qui peuvent se
transformer en qualités, par
exemple être têtue (tu
n’abandonneras une tâche tant
qu’elle ne sera pas finie)
Tes passions, les choses qui te
font vibrer, tes valeurs que tu
souhaites garder dans ton futur
métier (Si tu veux défendre
l’honnêteté par exemple ne va
pas travailler dans certains
métiers qui te demandent de
mentir à tes clients toute la
journée)
Comment tu veux travailler ?
Je parle des conditions de
travail du métier. Est-ce que tu
veux travailler à l’intérieur
(derrière un bureau) ? Dehors ?
Qu’il pleuve, qu’il neige sous
le froid … Et tu préfères
exécuter des tâches que ton
patron te demandera ? Ou bien
tu veux travailler à ton
compte, être ton propre chef ?
Il est évident que si tu es du
genre décideur, meneur,
travailler pour et avec un
patron n’est pas la meilleure
des solutions. Savoir comment
tu imagines ton futur peut
t’aider dans le choix de ton
métier. Par exemple pour ta vie
familiale : est-ce que tu es prêt
(e) à partir loin de chez toi,
partir la semaine, des mois
sans voir tes enfants et ta
femme, mari) ? La priorité que
tu vas donner à ton métier ta
famille tes amis, dans ton futur
a un impact dans le choix de
ton métier… Il est nécessaire
de se demander qu’est ce qui
compte vraiment pour toi ?
Est-ce que tu veux avoir du
temps pour toi (pour tes
passions, loisirs) ? Donner du
temps aux autres ? (participer à
une association caritative etc. ?
Ou bien au contraire tu veux
mettre toute ton énergie et ton
temps principalement dans ton
métier ? Qu’est-ce qui te
motive dans ton futur métier ?
Que l’argent ? Faire ce tu
aimes tout en gagnant de
l’argent pour vivre
convenablement ? Rendre les
autres heureux ?Rendre
service ? Faire de ta passion
ton métier ou bien le garder
comme loisir, comme une
passion ?
Voici quelques idées qui
pourront j’espère t’aider. Et
pour finir saches que tu vas
sûrement faire plusieurs
métiers dans ta vie, et même
être amener à inventer des
métiers qui n’existent pas
encore. Les études sont
importantes pour ton futur
métier mais ce qu’il y a de plus
important, c’est surtout qui tu
es, tes qualités pour adapter
ton futur métier à toi, à tes
qualités et non l’inverse. Ce
sont tes qualités qui donneront
des comportements. Donc il ne
reste plus qu’à être toi-même
et à trouver le métier qui te
correspond.
Douce nuit – chant de Noël
Douce nuit, sainte nuit
Dans les cieux, l'astre luit.
Le mystère annoncé s'accomplit .
Cet enfant sur la paille endormi,
C'est l'amour infini, c'est l'amour
infini.
Paix à tous, gloire au Ciel
Gloire au sein maternel.
Qui pour nous en ce jour de Noël,
Enfanta le sauveur éternel,
Qu'attendait Israël, Qu'attendait
Israël.
Saint enfant, doux agneau.
Qu'il est grand, qu'il est beau.
Entendez résonner les pipeaux,
Des bergers conduisant leurs
troupeaux
Vers son humble berceau, vers son
humble berceau
19
Cette cachette et ce silence par Anne Dubouch
Elizabeth expira un grand
coup. Ça y est. Elle l'avait fait.
Elle avait admis que Gaëlle,
Annabelle, Céline et Linda
n'étaient pas ses amies. Cela
faisait des mois et des mois
qu'elle les harcelait en leur
racontant sa vie de A à Z. Tout
le temps. C'était devenu
exaspérant, d'autant plus que sa
réputation en avait pris un
coup. De toute façon, on se
moquerait toujours d'elle...
Cependant, il n'était plus
possible de continuer à traîner
avec les quatre filles : il n'y
avait pas de véritable amitié
entre elles. Mais qu'était
l'amitié, alors ? Elle semblait si
difficile à définir, maintenant
qu'Elisabeth savait qu'il ne
suffisait pas d'inviter des gens,
de parler avec eux et de les
aimer pour qu'ils soient des
amis...
Elle avait pensé à une solution
pour ne plus recommencer ce
qu'elle avait fait, mais elle en
avait eu peur. Cet état l'avait
torturée pendant les trois
premiers jours de l'année
scolaire... La décision
paraissait effrayante.
Cependant, elle l'horrifiait
avant. Plus maintenant. C'était
faisable. Et puis c'était le
meilleur moyen pour qu'elle ne
saoule plus personne avec sa
vie, à l'avenir... "Désormais, je
serai seule", décida-t-elle
intérieurement. Sans doute la
meilleure décision.
La veille au soir par Coline Lappeman
Voici que se prépare la fête du cœur
Dans ce soir croquant e froideur
Certes fondant de chaleur et de bonheur.
Voici le 24 décembre où pour tous les enfants,
Les petits et les grands,
Prospère la magie d'antan.
Papa et maman, que je vous aime tant,
Sœurs et frères, voyez comme je suis fière,
De l'amour qui nous unis,
Pour ce jour de Noël tant joli.
Regardez ces couleurs !
Rouge vermeille, velours et pétant,
Vert champêtre, boisé et éclatant,
Or lustré, humble et scintillant
Je ris de cette beauté qui me fait pleurer
maintenant.
Nos joues rosies par la neige glacée,
Qui vague enlacée au vent essoufflé,
Nous la regardons,
Tandis que de joyeuses filles et gentils garçons
Déclament leurs voix sur le paillasson.
« A table ! » faut-il aller
Des jambes menues accourent enrubannées
De soie et de papier
Pour s’asseoir émerveillées
Devant la saveur des repas amoureusement
cuisinées
Bientôt tous sont fatigués
Par l'engouement du dîner,
Ainsi les petites blondes, brunes et rousses
Doivent entamer des rêves à l'odeur douce,
Alors que doucement dans la nuit
Un bonhomme rouge à la clarté de minuit
Gourmandise les biscuits moelleux et sucrés.
Soudain le tintement distinct du grelot
Alerte le chien, au pied du sapin si beau
Entrapercevant la drôle de botte noire
Ascendant la cheminée, laissant choir
Des flocons blancs partout dispersés
Sur un sol illuminé par milles lumières
enguirlandées.
La musique de mes songes et de mes souvenirs
M'accueillent et m'embrassent par tendresse et
plaisir
Pour me chanter la magie encore
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  • 1. JOURNAL DU LYCÉE IMMACULÉE CONCEPTION décembre 2016 Rédacteurs : Louis Dréano, Manon Hardy, Anne Dubouch, Pierre-Ambroise Gallouet, Elisabeth Iordanov, Coline Lappeman, Albane Nicot, Fanny Fèvre Éditorial par Louis Dréano Dans le chaos actuel, Noël serait ce petit moment de répit, comme une bouée jetée à la mer. C’est le temps de se retrouver et de partager ensemble. Face au mépris de tout, il est bon d’évincer les ondes négatives pour générer un peu d’amour et de charité. Toute l’équipe du Tohu Bahu vous souhaite un joyeux noël ! Trump par Louis Dréano Trump est une imposture. Sa cinglante – et si contestable – victoire sonne le glas de quelque chose de bien trouble en Occident : l'essoufflement du système politique lui- même. Son arrivée au pouvoir était inattendue – même lui ne devait pas s’y attendre – et a eu des répercussions très rapides à l’échelle mondiale : le peso mexicain s’écroule, le coût des prêts immobiliers s’élève en France, le Japon se sent encouragé à réarmer, le partenariat transpacifique est caduque. Trump est une imposture car sa campagne se fonde en grande partie sur un défi qu’il s’était lui-même lancé. En effet, lors du dîner annuel des correspondants de la Maison Blanche, un 30 avril 2011 à Washington, Barack 1
  • 2. Obama avait répondu avec ironie à la controverse que Trump avait lancée, celle sur le lieu de naissance du président. Insolite, Obama s’en était bien amusé : « Maintenant il peut retourner s’occuper des vrais problèmes : le premier pas sur la Lune était-il faux ? Que s’est-il vraiment passé à Roswell ? Et où sont Biggie et Tupac ? » Rires gras du public, rire jaune de Trump. Il en avait pris pour son estime. Toutefois, les ambitions présidentielles de Trump ne datent pas d’hier. Dès 1988, le promoteur immobilier avait tenté de devenir le colistier de George W. Bush. Il brigua ensuite, dans la perspective de l’élection de 2000, l’investiture du Parti de la réforme, lequel avait servi de plate-forme à Ross Perot, le premier « milliardaire populiste » à se lancer dans l’arène politique. Trump est une imposture car il ne représente qu'un quart des Américains : seulement 53,4% américains ont fait l'effort de se déplacer. Ces derniers n'ont pas seulement élu un président sans expérience – Reagan existait bien avant – mais ont ignoré royalement l'avis de l'écrasante majorité des journalistes, des artistes, des universitaires, des experts. C'est bien la déroute de l'intelligentsia qu'il s'agit. Le nuage pesant et sombre du populisme vient recouvrir les États-Unis, comme il a déjà commencé à se propager en Europe de l'Est depuis le début des années 2000. En effet, rien ne rend mieux compte de ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait le « racisme de l’intelligence ». La victoire de Trump est le résultat d’un processus indolore, latent et empli de haine : la droite est parvenu à transformer l’anti- intellectualisme en arme politique efficace, en identité culturelle revendiquée. Lors d’un de ses meetings, le milliardaire s’était justement exclamé : « J’aime les gens peu instruits ». En termes de statistiques, il est révélateur de noter que, dans le groupe des Blancs sans diplôme, l’avantage des Républicains était déjà de 25% il y a quatre ans : il vient d’atteindre 39% (selon The New York Times du 18 novembre 2016). C’est en ce point d’inflexion sociologique dès lors impensable que le philosophe Jason Brennan, dans un numéro de Foreign Policy publié en novembre 2016, rappelle avec lucidité : « La démocratie a pour vocation de mettre en œuvre la volonté populaire. Mais qu’en est-il si le peuple ne sait pas ce qu’il fait ? » Trump est une imposture car il est un populiste. Nous l'avions déjà expliqué lors de notre numéro d'octobre. Le populisme est le pot-pourri idéologique et une mouvance opportuniste en politique, qualifié comme : identitaire car la défense de la nation est "perturbée dans son homogénéité" (vous savez par qui...), anti-européen et antisystème car l'élite dominante et le pouvoir sont absolument "corrompus", spectaculaire car le populiste est un grand tribun subversif et propose des solutions très simples, et évidemment anti- libérales dans le sens sociétal car la société "perd" ses valeurs, ses traditions. Il y a, finalement, une volonté de contre-courant, de retour en arrière au temps où chacun était bien chez soi et tout le monde se battait pour son propre pays. Dans le marasme politique actuel, il faut rester lucide. Ne pas pencher vers les passions mais bien faire preuve de raison et de conviction. Trump a gagné et a ouvert le domaine de tous les possibles. Dorénavant, les candidats « hors système » n’hésitent pas à se prévaloir de la haine qu’ils inspirent aux médias. En Italie, Giuseppe Grillo a ainsi tiré de l’élection américaine une leçon réconfortante pour lui et son parti : « Ils prétendent que nous sommes sexistes, homophobes, démagogues et populistes. Ils ne réalisent pas que des millions de gens ne lisent plus leurs journaux et ne regardent plus leur télévision » (cité par The International New York Times, 14 novembre 2016). Ce rejet des médias, ce mépris de l’intellectualisme et du système révèlent une réalité bien trop cachée : il y a les gens d’en-bas, les « invisibles » pour reprendre les termes de Stéphane Beaud, cette majorité silencieuse qui gronde profondément mais que l’on n’entend pas. Il serait enfin d’intérêt politique mais premièrement humain de les considérer, de mettre la compassion et la solidarité au service notre société. 2
  • 3. International À travers l'Asie par Louis Dréano – informations extraites du Monde Birmanie La pression internationale continue de s’intensifier autour de la Prix Nobel Aung San Suu Kyi (photo ci-dessous). La cheffe du gouvernement birman a été accusée, dimanche 4 décembre, de passivité face au « génocide » de la minorité musulmane Rohingya par Najik Razal, son homologue malaisien. Ce dernier a également dénoncé la passivité de la communauté internationale, après que des membres de la minorité rohingya réfugiés au Bangladesh eurent fait état de viols en réunion, de tortures, de meurtres et de massacres. En effet, cette communauté d’environ 1,1 million de personnes est perçue comme étrangère en Birmanie et persécutée par des extrémistes boudhistes dans l’Etat de Rakhine dans le Nord-Ouest birman. Chine La Chine a vu ses importations rebondir vigoureusement en novembre, tandis que ses exportations se stabilisaient, confirmant une précaire reprise de son économie. Les importations ont gonflé de 6,7 % le mois dernier, à 152,2 milliards de dollars, a annoncé jeudi l’administration des douanes. Ce montant est dopé par le renchérissement des matières premières industrielles. Cette reprise précaire de l’économie chinoise intervient dans un environnement mondial compliqué par la victoire de Donald Trump, qui a promis d’imposer une taxe prohibitive de 45 % sur les importations chinoises.. Corée du Sud Les députés sud-coréens ont voté, vendredi 9 décembre, la destitution de la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye (caricature à droite ci-dessus), la privant de ses pouvoirs exécutifs, notamment celui de chef des armées. Empêtrée dans un scandale de trafic d’influence impliquant ses proches et les plus grands conglomérats du pays, la présidente est accusée d’avoir été sous influence d’une conseillère occulte, Choi Soon- sil (caricature à gauche ci- dessus), qui aurait profité de son ascendant pour spolier des groupes industriels (à hauteur de l’équivalent de 61 millions d’euros). De plus, Mme Park lui aurait donné accès à des documents confidentiels, l’aurait laissée retravailler ses discours et aurait suivi ses conseils dans la conduite des affaires de l’Etat. Mme Choi a été arrêtée jeudi pour fraude et abus de pouvoir. Dans l’attente de la décision de la Cour constitutionnelle, les pouvoirs exécutifs de la présidente sont confiés dès lors au premier ministre, Hwang Kyo-ahn, un ancien procureur qui n’a jamais été élu. Inde La décision du premier ministre indien Narendra Modi de retirer de la circulation les gros billets de 500 et de 1 000 roupies (soit 6,50 euros et 13 euros) pour tenter d’enrayer l’évasion fiscale continue de provoquer des immenses files d’attente dans les banques. Le chef de l’exécutif, qui se régalait jusqu’ici de voir la croissance indienne dépasser la croissance chinoise, a pris le risque de voir le produit intérieur brut encaisser un sacré coup de frein. Les analystes de Goldman Sachs prévoyaient un bond du PIB de 7,9 % cette année, ils ne parient plus désormais que sur 6,8 %. Toutefois, la démonétisation n’aura « aucun effet sur l’argent sale et la fausse monnaie », assure l’ancien ministre des finances Palaniappan Chidambaram. 3
  • 4. États-Unis Le Partenariat Transpacifique de libre-échange (TPP) était l’axe principal de la stratégie de rééquilibrage d’Obama vers l’Asie, calibré pour damer le pion à la Chine dans la région. Cet accord ne fera pourtant pas parti de l’héritage légué par le président américain sortant. Son successeur, le républicain Donald Trump, entend sortir les Etats-Unis de cet accord commercial, « catastrophe en puissance pour notre pays », dès son entrée en fonction le 20 janvier. Selon la Commission américaine du commerce international (USITC), le TPP aurait permis d’accroître le produit intérieur brut américain de 0,15 % d’ici à 2032 et ses exportations de 1 %. Mais le véritable enjeu d’un traité qui, dès le départ, a laissé Pékin sur la touche, est diplomatique. Le TPP est au cœur de la stratégie du « pivot » vers l’Asie défendue par M. Obama. « Les Etats-Unis ne laisseront pas des pays comme la Chine fixer les règles du commerce mondial », avait affirmé le président américain au moment de signer l’accord. Ouzbékistan Les Ouzbeks se sont rendus aux urnes, dimanche 4 décembre, pour élire leur nouveau président, Chavkat Mirzioïev (ci-contre), trois mois après la mort d’Islam Karimov, qui a dirigé l’Ouzbékistan pendant un quart de siècle. Successeur désigné, M. Mirzioïev, 59 ans, a donc été déclaré vainqueur sans partage de cette élection. Premier ministre depuis 2003, il assurait déjà la présidence par intérim de cette ancienne République soviétique d’Asie centrale de 31 millions d’habitants qui n’a jamais connu d’élections libres depuis son indépendance, acquise en 1991. Philippines Duterte avait dit son intention de faire transférer au cimetière des héros de la nation la dépouille mortelle du dictateur Ferdinand Marcos, qui, de 1965 à 1986, régna d’une main de fer sur les Philippines, avant de mourir en 1989. Le 8 Novembre 2016, Marcos est inhumé au cimetière des grands hommes, faisant renverser d’un coup toute l’histoire de l’émancipation populaire philippine et rendant le pire des « souvenirs » le plus grand héros de toute une nation. Face à cette injustice, les Philippins sont dans la rue et répandent le hashtag #MarcosIsNotAHero sur internet. Philippines Rodrigo Duterte a déclaré qu’il était prêt à suivre l’exemple de Vladimir Poutine qui entend annuler la signature par la Russie du traité fondateur de la cour de justice. En effet, il estime que la juridiction de La Haye est « inutile » et ne s’en prend qu’aux petits pays comme les Philippines. Il dénonce également les accusations des Occidentaux qui reprochent au gouvernement philippin de se livrer à des exécutions sommaires sous couvert d’une guerre contre les narcotrafiquants qui a fait près de 4 900 morts depuis juin. Le chef d’Etat philippin souhaite par ailleurs rencontrer Vladimir Poutine en marge du sommet Asie-Pacifique, à Lima, au Pérou : « Vous savez, si la Chine et la Russie décident de créer un nouvel ordre mondial, je serai le premier à le rejoindre.» Taïwan Jeudi 17 novembre, une « manif pour tous » a rassemblé près de 10 000 personnes autour du Parlement de Taipei. Les deux associations organisatrices émaneraient de communautés chrétiennes conservatrices, proches des églises évangéliques 4
  • 5. américaines. Vêtus de blanc, bobs sur la tête, armés de pancartes dénonçant « la destruction de la famille et du mariage », les manifestants ont expliqué à la presse qu’ils ne s’opposaient pas à la protection des droits des homosexuels, mais réclamaient la tenue d’un référendum et de plus amples discussions. Car Taïwan pourrait être le premier pays asiatique à légaliser le mariage gay. Thaïlande Le Parlement thaïlandais a « proposé », mardi 29 novembre, au prince héritier Maha Vajiralongkorn de monter sur le trône. Personnalité controversée, il n’est pas aisé pour le prince Vajiralongkorn de succéder à son père, le roi Bhumibol, monarque qui aura profondément marqué l’histoire de l’ancien royaume de Siam et suscitait une adoration sans pareil. Le souhait du prince de « respecter le deuil », en n'accédant pas immédiatement au trône, avait alimenté les rumeurs de querelles de palais : la transition royale intervenant dans un contexte politique aussi troublé que compliqué, la succession s’annonçait possiblement délicate. Le 1er décembre 2016, Vajiralongkorn est proclamé le roi de Thaïlande sous le nom de Rama X (photo). Le Monde Diplomatique – N°753 – Décembre 2016 – « La déroute de l'intelligentsia » par Serge Halimi Typologie de la bataille d'Alep par Louis Dréano La bataille d’Alep reste cruciale pour l’avenir de la Syrie. Assiégés depuis septembre par les forces pro- gouvernementales dans la partie Est de la ville, les insurgés appartiennent essentiellement à des mouvements islamistes. La multitude et la diversité des acteurs armés qui participent à la bataille d’Alep expliquent la durée et l’extension du conflit syrien. Alep-Est Au travers de l’opposition armée au régime de Bachar al- Assad, on discerne trois types de groupes : ceux qui combattent de façon autonome, ceux qui fusionnent entre eux et ceux qui coordonnent leurs assauts à travers une « chambre d’opération » (ghourfat al’âmaliyyat). À Alep-Est, où vivraient encore environ 250 000 personnes, ainsi que dans les bastions rebelles proches, deux « chambres d’opérations » principales rassemblent au total entre 10 000 et 20 000 hommes. La première baptisée Jaïch Al-Fatah (Armée de la conquête), représente près d’un tiers des soldats rebelles, et est notamment composée de l’ex- branche syrienne d’Al-Qaida, le Front Fatah Al-Cham – considéré comme terroriste par les Etats-Unis. Dans une mouvance djihado-salafiste, elle appelle à un « djihad global », revendique la création d’un Etat Islamique et l’application stricte de la charia. À côté, la coalition Fatah Halab (Conquête d’Alep) rassemble plusieurs factions proches des Frères musulmans ou affiliées à l’Armée syrienne libre (ASL). À bien des égards, elle semble être la plus modérée car elle ne se réclame pas du salafisme et n’appelle pas au djihad. Or la nature de 5
  • 6. l’ASL a évolué au fil du temps, explique le géographe Fabrice Balanche : « l’ASL est loin de correspondre désormais à la perception que l’on en a en Occident, c’est-à-dire modérée et en faveur de la laïcité, du moins sur le terrain alépin. Les groupes ou les brigades qui lui sont affiliés ne sont pas djihadistes, certes, mais les Frères musulmans, qui y sont largement représentés, cherchent bel et bien à instaurer la charia. » En effet, toutes les composantes de l’ASL relèvent aujourd’hui de l’islam politique, sans pour autant découler d’un radicalisme de fond, selon le spécialiste de la Syrie Raphaël Lefèvre : « ils tiennent un discours qui met en valeur leur volonté de construire un Etat qu’ils appellent « civil », dans lequel la citoyenneté serait attribuée à tous sans distinction religieuse et qui serait régi par un système parlementaire. » Alep-Ouest À Alep-Ouest où l’on compte près d’1,2 million d’habitants, les forces armées pro- gouvernementales syriennes bénéficient du renfort de sept milices majoritairement chiites, dont trois principales. Harakat Hezbollah Al-Nujaba (Mouvement des nobles du parti de Dieu) est une milice irakienne idéologiquement proche du Hezbollah libanais et qui participe à la bataille contre l’Organisation de l’Etat islamique (OEI) à Mossoul, en Irak. A côté, Liwa Fatemiyoun (Brigade des Fatimides) se compose essentiellement de Hazaras, des Afghans chiites persanophones entraînés et armés par les gardiens de la révolution iranienne. Enfin, le Hezbollah libanais, présent en Syrie dès 2012, joue un rôle moteur à Alep pour assurer sa propre survie – Damas étant, avec Téhéran, son principal allié et fournisseur d’armes. Quant aux forces kurdes (Unités de protection du peuple, YGP), qui entretiennent un pacte tacite de non-agression avec l’armée syrienne depuis 2011, elles continuent de contrôler le quartier à majorité kurde de Cheikh-Maqsoud. Brouillage de pistes entre les différentes forces rebelles Les motivations politico- religieuses des forces pro- gouvernementales sont assez simples à discerner. Il s’agit pour ces milices chiites pro- Bachar d’empêcher la chute du régime alaouite – branche hétérodoxe du chiisme dont fait partie le clan al-Assad – et de faire obstacle à la prise du pouvoir par ceux qu’elles qualifient de « salafistes » - courant islamiste fondamentaliste dont les adeptes prétendent défendre la seule vraie religion, celle du Prophète et des pieux ancêtres (al-salaf al-salih) – et de « takfiristes » - inspirés par le mouvement Al-Takfir wa- Hijra, en rupture avec les Frères musulmans et prônant l’excommunication, y compris par la mort, de tous ceux qui ne suivent pas leur lecture littérale du Coran. A l’inverse, dans le camp rebelle, le jeu des alliances et la multiplication tant des acteurs que des coalitions souvent éphémères rendent difficile la distinction entre « radicaux » et « modérés » que le cessez-le-feu de septembre était censé établir. Cette instabilité vient brouiller les pistes de compréhension : le Front Fatah Al-Cham a récemment rompu avec Al- Qaida, le groupe rebelle Ahrar Al-Cham – soutenu par le Qatar et la Turquie – a longtemps été proche de l’Organisation de l’Etat Islamique (OEI) jusqu’en 2014. La situation est d’autant plus difficile à appréhender que des groupes radicaux salafistes ont été ou demeurent affiliés ou associés à l’ASL (Armée Syrienne Libre), présentée par ses soutiens occidentaux comme le plus modéré des acteurs de la rébellion. Un enfer sur Terre Depuis l’entrée des rebelles dans Alep-Est à l’été 2012, des centaines de milliers de personnes ont fui ces quartiers : ceux qui avaient peur des bombardements du régime, ceux qui avaient de l’argent et ceux qui ne partageaient pas le credo anti- 6
  • 7. Assad des rebelles, qui craignaient d’être pris pour cible par les nouveaux maîtres de l’Est d’Alep. En juillet 2016, lorsque les forces pro- Assad parachèvent l’encerclement de la ville. A deux reprises, la Russie et le régime proclament un cessez- le-feu et offrent aux civils qui le veulent de quitter l’Est par des corridors protégés. Personne ou presque n’emprunte ces corridors. Une partie des habitants d’Alep-Est redoute d’être appréhendée par les services de renseignement syriens s’ils mettent le pied à l’ouest. Pourtant, le régime a toujours refusé de confier l’évacuation des civils à un organisme tiers, neutre, comme les Nations unies (ONU). Le régime contrôle désormais 85 % des quartiers que les insurgés tenaient avant le lancement de l’offensive, le 15 novembre. Toutefois, les forces armées syriennes qui bombardent la ville d’Alep sont responsables de « crimes contre l’humanité » et de « crimes de guerre », a déclaré John Kerry à l’occasion d’une conférence internationale sur la Syrie à Paris, le 10 décembre. Le secrétaire d’Etat américain a effectivement dénoncé un « bombardement aveugle par le régime, qui viole le droit international ». La communauté internationale a exhorté la Russie et son allié syrien à laisser les civils et les combattants rebelles quitter Alep. Le Monde Diplomatique – N°753 – Décembre 2016 – « Qui sont les rebelles syriens ? » par Bachir El- Khoury http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/01/alep-la-presence-de-ces-civils-n-a-jamais-dissuade- le-regime-de-bombarder-aveuglement-la-ville_5041802_1618247.html#ACtr4fqhY7ICAuZC.99 http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/12/10/alep-le-regime-syrien-accuse-de-crimes-contre-l- humanite-par-washington_5046938_1618247.html#TujeBhAiKRbuKkRP.99 http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/20/au-fait-quelle-difference-entre-sunnites-et- chiites_4442319_4355770.html#oZt5zd7OJltWF0pc.99 Index sur le cas alaouite de Syrie par Louis Dréano La scission des deux courants chiite et sunnite de l’islam remonte à la mort du prophète Mahomet, en 632. Se pose alors la question du successeur le plus légitime pour diriger la communauté des croyants : les futurs chiites désignent Ali, gendre et fils spirituel de Mahomet, au nom des liens du sang ; les futurs sunnites désignent Abou Bakr, un homme ordinaire, compagnon de toujours de Mahomet, au nom du retour aux traditions tribales. Une majorité de musulmans soutiennent Abou Bakr, qui devient le premier calife. Depuis, les sunnites ont toujours été majoritaires. Ils représentent aujourd’hui environ 85 % des musulmans du monde. Toutefois, les querelles actuelles entre chiisme et sunnisme tiennent moins du différend religieux que d’un conflit politique entre deux modèles, deux ensembles géopolitiques. Les chiites, emmenés par l’Iran, sont depuis la révolution islamique de 1979 en conflit ouvert avec les dirigeants sunnites, considérés comme corrompus et vendus au « Grand Satan » américain. Se dessine depuis quelques années l’idée d’un « croissant chiite », expression née dans la bouche du roi de Jordanie Abdallah en 2004, qui rassemblerait l’Iran, le Liban, le Pakistan, l’Irak, la Syrie et une partie du Liban (avec le Hezbollah). Mais les alliances politiques dépassent parfois les différences religieuses : l’Iran soutient en effet le Hamas palestinien (sunnite), Bachar Al-Assad (alaouite) ou encore l’Arménie chrétienne plutôt que l’Azerbaïdjan chiite. 7
  • 8. Alaouisme, aux antipodes de l’islam traditionnel L’initiation alaouite est réservée aux hommes et se veut particulièrement différente de l’Islam traditionnel : le pèlerinage à La Mecque est ignoré tout comme les cinq prières par jour, les femmes ne portent pas l’hijab (voile) et l’alcool est toléré. Cette minorité est formée en clans, représentant 2 millions d’hommes alors que 78% de la population syrienne est sunnite. En 1970, Hafez al- Hassad fait un coup d’Etat et impose sa dictature, ce qui constitue une revanche face aux discriminations manifestes que les alaouites subissaient. Toutefois, le régime établi a souvent été contesté : des islamistes insurgent Hama en février 1982, le Printemps arabe fait rage pour plus de libertés en 2011. Ce dernier élément est le détonateur premier de la situation de guerre civile actuelle en Syrie : on dénombre près de 250,000 morts, 12 millions d’habitants déplacés – soit près de la moitié de la population. Aujourd’hui, nombre d’alaouites redoutent, en cas d’effondrement du régime, une revanche sanglante de la part de leurs compatriotes sunnites. Dans ce contexte, ils pourraient être tentés de constituer un réduit dans leur région d’origine. Un tel processus est d’ailleurs en gestation. Les villes sunnites de Tal-Kalash et Jisr Al- Choughour, en périphérie de la région alaouite, ont ainsi été victimes d’un phénomène de purification ethnique : l’armée fidèle à Bachar al-Assad a laissé les habitants fuir vers le Liban et la Turquie. http://lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/20/au-fait-quelle-difference-entre-sunnites-et- chiites_4442319_4355770.html http://geopolis.francetvinfo.fr/syrie-qui-sont-vraiment-les-alaouites-2792 Le Tohu Bahu recrute ! Envoyez vos textes, écrits, poèmes, chansons, articles, etc. à l’adresse : louis.dreano@sfr.fr 8
  • 9. Être femme Dans ce numéro, nous avons réalisé un petit dossier sur cette mouvance bien actuelle et polémique qu’est le « féminisme ». Deux chroniqueuses du journal ont choisi de prendre la parole pour nous raconter l’expérience théorique et pratique du « féminisme ». Les femmes bousculent tout par Louis Dréano "On ne naît pas femme, on le devient." Paru en 1949, Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir devient la référence fondatrice des féministes et du courant culturaliste des women studies américaines. Les rapports psychologiques, sociologiques, économiques entre hommes et femmes sont culturellement construits et donc dépassables. A l'instar de la philosophe française Elisabeth Badinter, un courant égalitariste – dit aussi universaliste – prône une égalité pleine et entière entre hommes et femmes. La féminité étant une construction culturelle qui imprègne les pratiques sociales, les théories égalitaristes dénoncent les stéréotypes de sexe. En histoire, de nombreux travaux font ressurgir le rôle et la présence des femmes dans le passé, occultés par des sources masculines. Théoricienne du genre, l'historienne Joan Scott rappelle les difficultés des citoyennes françaises à obtenir le droit de vote seulement en 1944 et à mettre fin à leur exclusion de l'espace public. Pourtant, en cinquante ans, les femmes ont bénéficié d'immenses progrès en termes de liberté, reconnaissance et statut dans la société : loi Neuwirth sur l’accès à la contraception (1967), loi Veil sur l'avortement (1975), égale représentation dans la vie privée, protection contre la violence, loi sur la parité (2000). Dans la même période, les sociétés patriarcales qui conféraient la toute-puissance aux hommes dans la vie publique et privée se sont effondrées, laissant place à une égalité de droits et de rôles pour chacun des sexes. Sorties de la sphère privée à laquelle leurs mères étaient cantonnées, les filles investissent les études supérieures – où elles sont aujourd'hui plus nombreuses que les garçons – et sont devenues, depuis 20 ans, le principal facteur de l'augmentation de la population active : on parle de féminisation à l’emploi. Avec l'émancipation des femmes, les années 1990 sont celles du dévoilement : philosophes, anthropologues, sociologues s'interrogent sur les arcanes d'une domination masculine qui se retrouve, depuis la nuit des temps, dans la plupart des sociétés humaines. Dans "Anthropologie et recherches féministes" in Le Travail du genre, Maurice Godelier, à partir de son étude sur la tribu des Baruyas de Nouvelle- Guinée, décrit tout un ensemble de rituels et de pratiques symboliques qui, selon lui, tendent à "magnifier les hommes au détriment des femmes". Dans les mythes Baruyas, "il y a l'idée qu'il fallait faire violence aux femmes pour établir l'ordre social et cosmique et que cette violence tournait autour des pouvoirs féminins de faire des enfants et particulièrement des garçons". Pareillement, dans Masculin-féminin. La pensée de la différence, Françoise Héritier met en évidence l'existence d'une "valence différentielle des sexes" universellement repérable – c'est-à-dire une dominance du principe masculin sur le principe féminin dans la table des valeurs. Les raisons de la domination masculine viendraient d'une peur originelle des hommes devant le pouvoir des femmes d'enfanter et de pérenniser la vie. On retrouvait dans ces modèles archaïques les origines des violences faites aux femmes, mais aussi l'explication d'une répartition des rôles sexués. Dans La Domination masculine, Pierre Bourdieu voit dans la domination masculine une "construction sociale naturalisée". Ayant intégré les habitus de leur sexe – comportements et jugements 9
  • 10. "incorporés" jusque dans les manières d'utiliser son corps et dans les pratiques sexuelles de chacun et de chacune – les femmes œuvreraient inconsciemment à leur domination. Les années 2000 sont celles de la réception en France de nouveaux courants de recherche sur le genre, qui tentent de déconstruire la différenciation sexuelle jusqu'à une certaine subversion. Michel Foucault – par sa critique de l'universalisme et sa contestation de la norme hétérosexuelle – et Jacques Derrida – par son concept de la déconstruction – ont été les philosophes français souvent de référence à l'émergence des théories du genre. En effet, la philosophe américaine Judith Butler s'est imposée comme la théoricienne du queer dans les années 1990 : la distinction entre deux sexes – biologique ou culturelle – est le produit des normes et d'un langage performatif, dans nos sociétés où la référence est la femme blanche hétérosexuelle. A contrario, la théorie queer propose de subvertir les normes de sexes et leur fixité. Finalement, même si la loi prescrit une égalité et liberté grandissantes en vers les femmes, l'émancipation féminine prend sens aussi dans la volonté de casser les mœurs qui incitent à la reproduction des inégalités hommes- femmes. Sciences Humaines – Spécial 20 ans – N°222 – Janvier 2011 – « La montée en puissance des femmes » par Martine Fournier Entretien féministe avec Albane Nicot et Coline Lappeman Pour vous, qu'est-ce que signifie "être féministe" ? Coline : Je pense qu'être féministe, c'est avant tout vouloir qu'un jour la femme puisse être égale à l'homme, et non pas au contraire, comme certains stéréotypes le font penser, à ce que la femme soit supérieure à l'homme. Les femmes n'ont pas à penser que leur liberté dans n'importe quel domaine n'a pas autant de valeur que celle d'un homme. Albane : Être féministe pour moi, c'est se mobiliser pour que les femmes aient les mêmes droits et les mêmes opportunités que les hommes. Et donc, par extension, qu'elles ne soient plus victimes de discriminations. Ou même sans se mobiliser, reconnaître qu'elles doivent disposer des mêmes droits et opportunités. Pour un même travail, elles doivent avoir le même salaire, le même respect. C'est "la base". Comment se comporter en « féministe » dans la vie de tous les jours ? Quelle action quotidienne peut-elle révéler le caractère « féministe » de votre personnalité ? Albane : Houlà ! Ce n’est pas simple à expliquer… Tout d'abord, il y a un côté qui, je pense, consiste à s'affirmer. Aujourd'hui, « féministe » est devenu presque un gros mot. D’un autre côté, c'est aussi s'indigner. Quand on entend une blague misogyne – ou misandre d'ailleurs – de façon sérieuse, on va essayer de faire comprendre en quoi ce n'est pas quelque chose d'acceptable. Il faut aussi s'informer je pense, le féminisme de nos jours à bien évolué depuis les premiers mouvements. Si les femmes ont maintenant, sur le papier, les mêmes droits que les hommes, il reste des inégalités. Enfin, il faut être tolérant. Coline : Je conçois en effet également que c'est plutôt compliqué parce que c'est comme devenu une part entière de notre identité. Être féministe quotidiennement c'est remarquer des comportements vis-à-vis des femmes qu'on trouve injustes ou inacceptables et y réagir. J'étais encore il y a quelques mois dans cette incertitude de devoir m'affirmer parce que j'avais peur qu'on me voie « 10
  • 11. différemment » de qui j'étais. Mais en fin de compte, c'était de toute façon me renier moi et accepter que je n’aie pas le droit de m'exprimer. Ainsi, j'essaye de toujours de mettre en avant la femme objectivement, mais ça ne veut pas dire que l'homme doit être déconsidérer. Albane : Je dévie un peu là. J'ai entendu des personnes décrier le terme féministe en disant qu'il était sexiste, de façon inhérente à son étymologie. Je comprends l'idée, et comprends bien les arguments des personnes préférant un nom plus « neutre » comme « équaliste ». Coline : On irait naturellement comparer féministe à machiste. Mais féminisme c'est en soit l'amélioration de la condition de la femme. « De l'inférieur vers l'égalité » je dirais. Albane : Mais le "problème" ici, c’est que dans notre (nos ?) société(s) aujourd'hui, les femmes sont le plus souvent celles qui subissent un abaissement. Et, par conséquent, le féminisme vise à améliorer la condition de la femme. Et non pas, comme certains semblent le penser, à rabaisser les hommes. Pensez-vous que les institutions traditionnelles plus informelles – qui ne sont pas sous la tutelle directe de l’État, comme l'Église chrétienne – ont encouragé ou encouragent toujours une inégalité entre hommes et femmes ? Coline : Je trouve que la religion chrétienne n'est pas tellement si restrictive de nos jours qu'elle l’a été auparavant. Après, au Vatican, il n'y a pas de femmes religieuses ayant une position hiérarchique importante... La religion musulmane fait beaucoup « polémique », si le terme est correct, par rapport à la liberté de la femme. Mais ça reste plutôt contradictoire car la femme peut être amenée à choisir de porter le voile, ou bien elle est forcée. Pourtant il n’est stipulé nulle part dans le Coran qu’il y ait une restriction vestimentaire. Albane : Je ne suis pas trop familière avec le Coran, donc je m'abstiendrai. Pour la Bible, les textes, si pris au pied de la lettre n'accordent pas beaucoup de liberté, ni de considération à la femme (lapidée si infidèle, propriété de son mari...). Toutefois, leur interprétation a évolué et il faudrait plus creuser le séjour par rapport à la position de l'Église catholique de nos jours. De plus, toutes les branches du christianisme ne sont pas comme l'Église catholique. En Suède, les femmes ont le droit d'être pasteure. Quelles figures féministes vous inspirent ? Ou, tout du moins, quelles femmes ou hommes vous semblent avoir permis de changer les mentalités et déclencher une réelle évolution ? Albane : Peut-être un peu Simone de Beauvoir, pas mal Emma Watson. Mais en toute honnêteté, je n'ai pas l'impression qu'une seule personne m'ait motivée. C'est plus une communauté et une prise de conscience. Coline : Particulièrement ma mère, mon père et ma grand- mère maternelle qui m'ont appris beaucoup sur la vie et qu'il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds. Emma Watson m'a beaucoup marqué également, surtout avec son discours de #HeForShe. Pensez-vous que sur le plan de la loi, on peut encore améliorer les choses ou le progrès féministe se doit avant tout de bouleverser les mœurs ? 11
  • 12. Albane : Le mieux serait bien évidemment de ne pas avoir besoin de lois pour aboutir à une égalité, mais on voit bien qu'il existe des inégalités, et ce même avec des lois. Du coup, il serait plutôt question de changer les mentalités ? Coline : Oui, mais ça prend souvent du temps ! Les mentalités s'accordent souvent à l'époque, et je pense que malgré tout, les jeunes sont beaucoup plus ouverts d'esprit qu'auparavant et on arrive mieux à se comprendre. Que pensez-vous du retour de la question sur l'accès à l'avortement gratuitement ? Notamment au sein des mouvements FN, Civitas en France et en Pologne, avec le projet de loi Anti-IVG lancé par le président du Sénat Stanislaw Karczewski en octobre 2016 ? Coline : La femme a le droit à un choix libre face à l’avortement ! Mon beau sapin – chant de Noël Mon beau sapin, Roi des forêts Que j'aime ta verdure. Quand par l'hiver Bois et guérets Sont dépouillés De leurs attraits. Mon beau sapin, Roi des forêts Tu gardes ta parure. Toi que Noël Planta chez nous Au saint anniversaire Joli sapin, Comme ils sont doux Et tes bonbons Et tes joujoux Toi que Noël Planta chez nous Georges Brassens, ce poète éternel par Pierre-Ambroise Gallouet Êtes-vous de ces gens qui trouvent que du Maître Gims ce n'est pas très bien écrit ? (pour rester euphémiste) Êtes- vous de ces gens qui trouvent que danser sur une musique qui "ambiance" ça va deux minutes, mais qu'une belle composition ça changerait un peu? Êtes-vous de ces gens qui voudraient un texte à la fois beau et avec des messages forts ? C'est peut-être l'occasion de vous replonger dans quelques vieux classiques de la chanson française. J'aurais pu parler de Renaud (qui est toujours debout), de Charles Trenet (qui chante soir et matin) ou encore de Brel (qui fait le vestiaire à l'Alcazar). J'aimerais vous parler de mon chouchou, Georges Brassens, à travers quelques extraits de chansons que j'apprécie tout particulièrement. 12
  • 13. La Mauvaise Réputation (1952) « Au village sans prétentions, J'ai mauvaise réputation. Je me démène, je reste quoi Je passe pour un je ne sais quoi. » Interdite d'antenne dès sa sortie, La Mauvaise Réputation nous raconte la vie et mort d'un anticonformiste dans son village. Au fur et à mesure de l'avancement de la chanson, on a comme une descente aux enfers avec le comportement des villageois évoluant. "Tout le monde médit de moi", "Tout le monde me montre au doigt", "Tout le monde se rue sur moi" et "Tout le monde viendra me voir pendu". Le tout teinté d'une pointe d'humour noir car seuls les muets ne le médiront pas, seuls les manchots ne le pointeront pas, seuls les culs- de-jatte ne se rueront pas et seuls les aveugles ne le verront pas. Cette chanson exprime toute la bêtise humaine et ce phénomène de répulsion face à des comportements n'étant pas considérés comme "normaux" pour leur aspirations, idées, goûts, manière d'être... Et plus encore que la bêtise humaine, toute la méchanceté de cette dernière qui n'hésite pas à juger et à condamner collectivement sans aucune forme de procès. « Je ne fais pourtant de tort à personne, En ne suivant les chemins qui n'mèn' pas à Rome ! Mais les braves gens n'aiment pas que L’on suive une autre route qu'eux Non les braves gens n'aiment pas que L’on suive une autre route qu'eux. » Trompettes de la Renommée (1962) « Je vivais à l'écart de la place publique, Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique... Refusant d'acquitter la rançon de la gloir', Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir. Les gens de bon conseil ont su me fair' comprendre Qu'à l'homme de la ru' j'avais des compt's à rendre Et que, sous peine de choir dans un oubli complet, J'devais mettre au grand jour tous mes petits secrets. Trompettes De la Renommée, Vous êtes Bien mal embouchées ! » Dans Trompettes de la Renommée, Brassens dénonce ce que l'on pourrait appeler le phénomène "people" ou de surmédiatisation ou le moindre morceau de vie privée d'une star peut faire les gros titres (ou le buzz aujourd'hui). Et là où le bas blesse, ces scandales et autres regards indiscrets dans la vie privée constitueraient la seule vraie popularité, condamnant les trop chastes pour se dévoiler à l'oubli. Et aujourd'hui encore 13
  • 14. (ce qui créerait sans doute un tollé de nos jours), on retrouve ce même phénomène de "jeux du cirque qu'il faut offrir au commun des mortels pour sa distraction". Le poète va alors s'atteler, toute sa chanson durant, à démontrer à se moquer des moyens de se rendre populaire, quitte à, quelque part, se prostituer pour la gloire et son public. « Une femme du monde, et qui souvent me laisse Fair' mes quat' voluptés dans ses quartiers d'noblesse, M'a sournois'ment passé, sur son divan de soi', Des parasit's du plus bas étage qui soit... Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame, Ai-j’le droit de ternir l'honneur de cette dame En criant sur les toits, et sur l'air des lampions : " Madame la marquis' m'a foutu des morpions ! " ? " » Et juste pour conclure avec le passage : « Sonneraient-elles plus fort, ces divines trompettes, Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette, Si je me déhanchais comme une demoiselle, Et prenais tout à coup des allures de gazelle [...] » Il me semble bon de rappeler que Georges Brassens était ami avec Charles Trenet et n'était pas homophobe pour deux sous. Ne condamnons pas le bonhomme trop rapidement ! Le Temps ne Fait Rien à l'Affaire (1961) « Quand ils sont tout neufs, Qu'ils sortent de l'œuf, Du cocon, Tous les jeun's blancs-becs Prennent les vieux mecs Pour des cons. Quand ils sont d'venus Des têtes chenu’s, Des grisons, Tous les vieux fourneaux Prennent les jeunots Pour des cons. » Chansonnette pas forcément la plus connue, je l'apprécie tout particulièrement pour sa construction et sa légèreté. Pleine de calembours et autres jeux de mots, je ne peux m'empêcher en l'écoutant d'avoir un petit sourire sur le coin de la lèvre. Le message en est simple : le temps n'a rien à voir avec la sagesse et la maturité. C'est ainsi que cette chanson nous appelle à la modestie car nous pouvons tous être bornés et pas forcément plus sages. « Méditez l'impartial message D'un qui balance entre deux âges : Le temps ne fait rien à l'affaire, Quand on est con, on est con. » 14
  • 15. Les Copains d'Abord (1964) : J'aurais pu vous parler du Gorille ou de Mourir pour des Idées mais il me fallait parler (et sans doute conclure) sur Les Copains d'Abord. Sans doute la chanson qui a popularisé le poète et qui est resté à la postérité, l'histoire de cette chanson en est simple et charmante : elle conte l'amitié entre deux camarades de classe et comment elle perdura dans le temps malgré les malheurs. Légère, amusante, tragique, belle, il n'y a pas de mot je crois pour dire à quel point je pense que c'est un chef- d’œuvre. Est-ce Maître Gims qui arriverait à caser « Montaigne et la Boétie » dans une chanson de cette légèreté ? Ou encore « Sodome et Gomorrhe » ? J'aimerais juste citer, pour conclure cet article, les derniers vers de la chanson en hommage à toutes les merveilleuses personnes que j'ai pu rencontrer : « Des bateaux j'en ai pris beaucoup, Mais le seul qui'ait tenu le coup, Qui n'ait jamais viré de bord, Mais viré de port, Naviguait en père peinard Sur la grand-mare des canards, Et s'app'lait les Copains d'abord Les Copains d'abord. » Vive le vent – chant de Noël Sur le long chemin Tout blanc de neige blanche Un vieux monsieur s'avance Avec sa canne dans la main Et tout là-haut le vent Qui siffle dans les branches Lui souffle la romance Qu'il chantait petit enfant Refrain Vive le vent, vive le vent, Vive le vent d'hiver Qui s'en va sifflant, soufflant Dans les grands sapins verts. Vive le temps, vive le temps, Vive le temps d'hiver Boules de neige et jour de l'an Et bonne année grand-mère. Et le vieux monsieur Descend vers le village C'est l'heure où tout est sage Et l'ombre danse au coin du feu Mais dans chaque maison Il flotte un air de fête Partout la table est prête Et l'on entend la même chanson Refrain 15
  • 16. Cinéma Moi, Daniel Blake par Louis Dréano Le dernier film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake, est un geste de courage incroyablement fort. Ayant remporté la Palme d'Or à Cannes, Loach rappelait son combat contre les rouages du système économique britannique, celui qui écrase les plus démunis : "un autre monde est possible et nécessaire" avait-il conclu avec ardeur lorsqu'il venait de recevoir le prix cannois. Nous espérons que son cri de guerre, qu'il défend depuis bien avant les années Thatcher, soit entendu. Daniel Blake, menuisier d'une cinquantaine d'années, est arrêté après une crise cardiaque. Ses médecins l'interdissent de travailler alors que son assurance ne l'autorise pas à toucher ses indemnités. Ni travailleur, ni chômeur, privé de ressources, dépourvu des économies qu'une vie de labeur ne permet pas de rassembler, Daniel se retrouve perdu dans cette monstre machine kafkaïenne qu'est l'administration du Job Center Plus – l'équivalent du Pôle Emploi en Angleterre. Dans cet univers déshumanisant, il tombe sur Katie, une mère d'à peine trente ans qui élève seule ses deux enfants. De bon cœur, Daniel les prend sous son aile où naît une amitié forte, celle de l'entraide quand on est au fond du trou. Des deux côtés, chacun chute mais se cache difficilement, jusqu'au moment où leur dignité soit en jeu. Daniel décide de quitter le système. Le cinéma de Ken Loach est foncièrement social et a toujours pointé du bout du doigt les injustices. Il n'y a, au final, très peu d'artifice, d'effet de style tant le cinéaste cherche à montrer la réalité, celle silencieuse où les gens font la queue aux banques alimentaires et sont littéralement broyés dans l'enfer bureaucratique de l'Etat. L'image est bien pâle, même glaçante au nord de l'Angleterre. Pourtant, le naturalisme avec lequel Loach fait ses portraits déploie aussi une palette d'émotions chaudes. Il y a cette scène spectaculaire où Katie craque dans une banque alimentaire ; une autre, plus subtile, où Daniel est dépassé par le monde virtuel auquel il doit faire face, pour toucher ses "aides sociales". Le dernier plan que Loach nous laisse est le coup ultime, le couteau dans le dos, celui très amer mais que l'histoire annonce depuis le début : Katie raconte sa rencontre avec Daniel, son combat jusqu'auboutiste, puis elle s'en va et la caméra se coupe brutalement sans nous laisser une dernière image quelconque d'espérance. La terre anglaise est bien un centre d'impulsion économique mais la grande précarité qui y subsiste laisse douter le spectateur : y aurait-il bien une fin à tout ça ? “Fantastic Beasts And Where To Find Them” Review par Elisabeth Iordanov As the 'Deathly Hallows Part 2' 20.. film firmly locked the franchise that is Harry Potter, I am sure most of us believed we had seen the last of JK Rowling. Apart from a sudden controversial appearance in 2013, making her debut under the pseudonym “Robert Galbraith” as the author of 'The Cuckoo's Calling', and the common knowledge that Rowling (who earned enough to make her richer than the Queen of England) lost her millionnaire status making generous donations to charity, the best-selling novelist has 16
  • 17. had little to no publicity. However, earlier this year, Rowling picked-up her plume and delighted us many Potterheads with the script to 'The Cursed Child' – completing her “Nineteen Years Later” epilogue to the entire Harry Potter series. I admit that I was a little surprised by the publication, and was not particularly desperate to read the script. Honestly, the entire fiasco seemed a tad too Harper-Lee- Suddenly-Atticus-Is-Racist, and I did not see the point in potentially staining my innocent Potter-blessed childhood. Thus, unsurprisingly, the play picked-up controversy within its first day on stage as (shock(!)) Hermione was a person of colour. Anyway, the bigger talk-of- the-town is of course the new movie 'Fantastic Beasts and Where to Find Them', directed by David Yates. With Academy Award winning actor Eddie Redmayne playing the bumbling and awkward protagonist Newt Scamander, as well as a number of other bright actors and actresses portraying a variety of magical and muggle characters, the film is paradoxically a step further from Harry Potter's adventures at Hogwarts. Gone are the gothic school walls and uniforms, and all things British, and in comes 1926 New York. The only Brit is dear Eddie/Newt, and the Harry Potter world is cooly “americanised”. Nevertheless, 'Fantastic Beasts and Where to Find Them' is, in fact, far from disappointing Potterheads. Filled with wit, humour and some comical awkwardness, in many ways watching Yates' movie is like watching an entirely new Harry Potter film. Of course, it enshrines the same spells and charms used by Potter and his gang, but we rediscover it all in wonder and fascination. 'Fantastic Beasts and Where to Find Them' seems a lot more mature than the Harry Potter franchise, as it opens up an adult wizarding world beyond Hogwarts. Rowling has literally been set loose, redefining our already rich knowledge of the world of wizards and witches, and pulling us into newly imagined dimensions. The awkward protagonist, Newt, is a remarkable and loveable character who eerily resembles BBC's Doctor Who (Matt Smith interpretation obviously). In fact, the entire plot itself calls to a blend of 'Doctor Who' and 'Harry Potter', seasoned with hints of 'The Night At The Museum'. For all those hardcore Potterheads 'Fantastic Beasts and Where to Find Them' is deliciously delightful. Subtle hints at “Hogwarts”, the triangular Deathly Hallows symbol and the “Estrange” family are appreciated. The blockbuster treasures the charm of the Harry Potter world, and retains all its mystery and intelligence. Arguably, references to 'Harry Potter' characters, places, names, etc. were perhaps laid a little too thickly, and the (“Odds bodkins!”) emergence of a bizarre blond Johnny Depp was clumsy enough at the end, but overall the film was a success. And as a Potterhead I was not disappointed, and await with anticipation the sequel in the new 'Fantastic Beasts ' franchise. Also, keeping in mind that my impression of this first film was pretty much overshadowed by the bumbling wannabe baker Jacob and the kleptomanic platypus, I expect the sequel to retain the former and the latter. Le Tohu Bahu recrute ! Envoyez vos textes, écrits, poèmes, chansons, articles, etc. à l’adresse : louis.dreano@sfr.fr 17
  • 18. Divers La Maison ATHEOL : un accueil temporaire pour personnes handicapées par Manon Hardy Un « soulagement » pour les familles Prendre l’air, se changer les idées, partir en vacances comme tout le monde… Des rêves impossibles par la présence du handicap que des familles peuvent enfin réaliser. C'est ce que l'association ATHEOL permet : elle organise un accueil temporaire pour les personnes atteintes de handicap, enfants ou adultes. Son objectif étant principalement de « soulager » les familles. En effet, la Maison ATHEOL s’engage à accueillir à n’importe quel moment de l’année ces personnes, quel que soit leurs âges ou leurs types de handicap, et c'est ce qui la rend si précieuse aux yeux des familles. Un deuxième chez-soi Tout est fait pour que l’enfant ou l’adulte se sente bien. Ses habitudes quotidiennes sont suivies à la lettre sans problèmes : « si un enfant a l’habitude de regarder un film avant de se coucher, il regardera son film » rassurent les encadrants. Le deal étant que la personne se sente aussi bien à ATHEOL qu’à la maison. Néanmoins, même si le quotidien est suivi scrupuleusement pour ne pas perturber la personne en question, cela reste des vacances aussi pour eux. Ballades à la mer, activités balnéo, piscine… Le programme est toujours bien chargé et les encadrants ne manquent pas d'idées de sorties! … mais aussi un lieu de socialisation Au-delà du soulagement apporté aux familles, l’un des objectifs de l’association est également le développement de l’autonomie de la personne atteinte de handicap, ainsi que son intégration dans la société. En effet, ces vacances proposent de grands moments de partages. Elles incitent la personne souffrant de handicap à communiquer et développer sa socialisation avec les autres, que ce soit avec les encadrants ou les autres occupants. C'est touchant de voir qu'au fil du temps, certains enfants finissent par avoir leur "éducateur préféré" et développent des affinités entre eux. Une idée commune L’idée de cet accueil temporaire est venue tout simplement des parents. En effet les vacances scolaires et les week-ends deviennent de vrais problèmes quand les parents travaillent. Quand certains attendent les vacances avec impatience, d’autres les redoutent… Des parents rencontrant ce problème se sont donc réunis avec l’idée d’une maison d’accueil et ont monté leur association en 2000. C’est comme ça que le 10 octobre 2009 a pu être inaugurée la Maison ATHEOL. Et je pense que les grands sourires des Athéoliens à la vue de cette grande Maison témoignent que le pari est réussi. Le terme "Maison" prend alors tout son sens. Si vous souhaitez apporter votre soutien à cette association, ou juste en savoir plus, n’hésitez pas : www.atheol.org Plus tard je serai par Fanny Fèvre Petit Papa noël je voudrais que pour cette année tu me dises le métier que je devrai exercer plus tard et les études que je devrai mener dans 2, 1 ans ou bien l’année prochaine. Ainsi je serai soulagée, plus d’angoisse, plus de peur pour l’avenir, pour les études, plus de stress pour les parents, les profs et toi-même .Et je pourrai passer Ce noël sans la fameuse question posée par le tonton, le cousin, la mamie etc. « Qu’est que tu vas faire 18
  • 19. après le bac ? Tu as une idée de métier ? Cette question on se l’a déjà posée un jour ou l’autre et beaucoup d’entre nous se la pose toujours, enfants, adolescents et même adultes. Elle nous préoccupe, nous inquiète bien plus que ce que l’on pense. Cher père noël, je sais malheureusement qu’il n’existe pas de recette miracle que tu pourrais m’apporter dans un paquet cadeau mais as- tu des techniques, des moyens pour m’aider à choisir mon futur métier ?! Je n’ai en effet pas de recette miracle à te donner mais je peux te conseiller quelques conseils de Père Noël... Avant de choisir ton futur métier il nécessaire que tu apprennes à te connaître. « Connais-toi toi-même » Socrate : Tes qualités (serviable, humble, festif, manuel, cérébral, attentionné, studieux, sociable, décideur, déterminée) Il y en existe des centaines … Tes défauts qui peuvent se transformer en qualités, par exemple être têtue (tu n’abandonneras une tâche tant qu’elle ne sera pas finie) Tes passions, les choses qui te font vibrer, tes valeurs que tu souhaites garder dans ton futur métier (Si tu veux défendre l’honnêteté par exemple ne va pas travailler dans certains métiers qui te demandent de mentir à tes clients toute la journée) Comment tu veux travailler ? Je parle des conditions de travail du métier. Est-ce que tu veux travailler à l’intérieur (derrière un bureau) ? Dehors ? Qu’il pleuve, qu’il neige sous le froid … Et tu préfères exécuter des tâches que ton patron te demandera ? Ou bien tu veux travailler à ton compte, être ton propre chef ? Il est évident que si tu es du genre décideur, meneur, travailler pour et avec un patron n’est pas la meilleure des solutions. Savoir comment tu imagines ton futur peut t’aider dans le choix de ton métier. Par exemple pour ta vie familiale : est-ce que tu es prêt (e) à partir loin de chez toi, partir la semaine, des mois sans voir tes enfants et ta femme, mari) ? La priorité que tu vas donner à ton métier ta famille tes amis, dans ton futur a un impact dans le choix de ton métier… Il est nécessaire de se demander qu’est ce qui compte vraiment pour toi ? Est-ce que tu veux avoir du temps pour toi (pour tes passions, loisirs) ? Donner du temps aux autres ? (participer à une association caritative etc. ? Ou bien au contraire tu veux mettre toute ton énergie et ton temps principalement dans ton métier ? Qu’est-ce qui te motive dans ton futur métier ? Que l’argent ? Faire ce tu aimes tout en gagnant de l’argent pour vivre convenablement ? Rendre les autres heureux ?Rendre service ? Faire de ta passion ton métier ou bien le garder comme loisir, comme une passion ? Voici quelques idées qui pourront j’espère t’aider. Et pour finir saches que tu vas sûrement faire plusieurs métiers dans ta vie, et même être amener à inventer des métiers qui n’existent pas encore. Les études sont importantes pour ton futur métier mais ce qu’il y a de plus important, c’est surtout qui tu es, tes qualités pour adapter ton futur métier à toi, à tes qualités et non l’inverse. Ce sont tes qualités qui donneront des comportements. Donc il ne reste plus qu’à être toi-même et à trouver le métier qui te correspond. Douce nuit – chant de Noël Douce nuit, sainte nuit Dans les cieux, l'astre luit. Le mystère annoncé s'accomplit . Cet enfant sur la paille endormi, C'est l'amour infini, c'est l'amour infini. Paix à tous, gloire au Ciel Gloire au sein maternel. Qui pour nous en ce jour de Noël, Enfanta le sauveur éternel, Qu'attendait Israël, Qu'attendait Israël. Saint enfant, doux agneau. Qu'il est grand, qu'il est beau. Entendez résonner les pipeaux, Des bergers conduisant leurs troupeaux Vers son humble berceau, vers son humble berceau 19
  • 20. Cette cachette et ce silence par Anne Dubouch Elizabeth expira un grand coup. Ça y est. Elle l'avait fait. Elle avait admis que Gaëlle, Annabelle, Céline et Linda n'étaient pas ses amies. Cela faisait des mois et des mois qu'elle les harcelait en leur racontant sa vie de A à Z. Tout le temps. C'était devenu exaspérant, d'autant plus que sa réputation en avait pris un coup. De toute façon, on se moquerait toujours d'elle... Cependant, il n'était plus possible de continuer à traîner avec les quatre filles : il n'y avait pas de véritable amitié entre elles. Mais qu'était l'amitié, alors ? Elle semblait si difficile à définir, maintenant qu'Elisabeth savait qu'il ne suffisait pas d'inviter des gens, de parler avec eux et de les aimer pour qu'ils soient des amis... Elle avait pensé à une solution pour ne plus recommencer ce qu'elle avait fait, mais elle en avait eu peur. Cet état l'avait torturée pendant les trois premiers jours de l'année scolaire... La décision paraissait effrayante. Cependant, elle l'horrifiait avant. Plus maintenant. C'était faisable. Et puis c'était le meilleur moyen pour qu'elle ne saoule plus personne avec sa vie, à l'avenir... "Désormais, je serai seule", décida-t-elle intérieurement. Sans doute la meilleure décision. La veille au soir par Coline Lappeman Voici que se prépare la fête du cœur Dans ce soir croquant e froideur Certes fondant de chaleur et de bonheur. Voici le 24 décembre où pour tous les enfants, Les petits et les grands, Prospère la magie d'antan. Papa et maman, que je vous aime tant, Sœurs et frères, voyez comme je suis fière, De l'amour qui nous unis, Pour ce jour de Noël tant joli. Regardez ces couleurs ! Rouge vermeille, velours et pétant, Vert champêtre, boisé et éclatant, Or lustré, humble et scintillant Je ris de cette beauté qui me fait pleurer maintenant. Nos joues rosies par la neige glacée, Qui vague enlacée au vent essoufflé, Nous la regardons, Tandis que de joyeuses filles et gentils garçons Déclament leurs voix sur le paillasson. « A table ! » faut-il aller Des jambes menues accourent enrubannées De soie et de papier Pour s’asseoir émerveillées Devant la saveur des repas amoureusement cuisinées Bientôt tous sont fatigués Par l'engouement du dîner, Ainsi les petites blondes, brunes et rousses Doivent entamer des rêves à l'odeur douce, Alors que doucement dans la nuit Un bonhomme rouge à la clarté de minuit Gourmandise les biscuits moelleux et sucrés. Soudain le tintement distinct du grelot Alerte le chien, au pied du sapin si beau Entrapercevant la drôle de botte noire Ascendant la cheminée, laissant choir Des flocons blancs partout dispersés Sur un sol illuminé par milles lumières enguirlandées. La musique de mes songes et de mes souvenirs M'accueillent et m'embrassent par tendresse et plaisir Pour me chanter la magie encore Et encore, jusqu'à l'aube De l'hiver épanoui. 20