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Le Tourisme Religieux : Cas de La Mecque 
En quoi La Mecque fait partie du tourisme religieux et quelles sont les 
enjeux ? 
Dyarriata BA et Barry Abdoulaye Djogo 
Université du Havre 
UFR Lettres et Sciences Humaines 
Master professionnel 1 Ingénierie Touristique et Culturelle 
UE 6 Tourisme 1 : Sociologie du Tourisme
Plan : 
Intro 
I. Histoire du pèlerinage à La Mecque 
 Historique 
 Fonctions du pèlerinage 
 Caractéristiques 
II. Concept théorique du tourisme religieux 
 Définition du tourisme religieux 
 La Mecque tourisme en quoi ? 
 Approche Sociologique 
III. Le développement du Tourisme 
 Impact infrastructurel 
 Tourisme comme substitut du pétrole 
 Retombées financières du tourisme religieux (incluant les prévisions) 
Conclusion
La sociologie du tourisme suppose, l’analyse des comportements des Hommes dans le milieu 
touristique. Nous sommes alors amenés à nous interroger sur la manière dont la société adhère 
à l’avènement des faits touristiques, de savoir comment le tourisme s’intègre dans une 
civilisation et quels en sont les enjeux. 
Le tourisme regroupe un nombre important de pratiques. Commencer une étude sur le 
tourisme en général est une tâche laborieuse, c’est la raison pour laquelle il convient de 
déterminer une forme de tourisme. Ce dossier traitera donc du Tourisme religieux. Ce choix 
s’explique par le fait que, ce type de tourisme obtient de nos jours une augmentation 
importante de pratiquants. En effet, la visite des lieux sacrés, le retour aux sources, la quête de 
soi, l’accomplissement de rites,… se réalisent dans des lieux confinés et considérés comme 
purs que seuls les fervents pratiquants fréquentent. Dans ce cas, il sera alors intéressant de 
savoir comment le tourisme religieux est apparut, qui circule réellement dans ces lieux et de 
définir ce qui différencie un touriste religieux aux autres types de touristes. 
Pour ce faire, nous allons étudier le cas le plus parlant du tourisme religieux, le pèlerinage. 
Nous nous devons donc, d’apporter une explication sociologique à la question suivante : Peut-on 
dire d’un pèlerin que c’est un touriste ? Un pratiquant, vous répondrait que c’est un 
blasphème d’appeler un pèlerin comme tel. Seulement, du point de vue de la sociologie du 
tourisme qu’en est-il réellement ? 
« La Mecque, Bénarès, Saint-Jacques-de-Compostelle, Bodhgaya, Jérusalem sont des noms 
qui résonnent aux croyants et aux pratiquants comme un trait d’union entre l’esprit le plus pur 
et l’humanité la plus ordinaire »1 Il existe de nombreuses religions et de nombreux lieux de 
pèlerinage, ce dossier décrira l’arrivé du tourisme religieux à La Mecque. Cette ville située au 
Sud-ouest de l’Arabie Saoudite, principal lieu de pèlerinage des musulmans, est vectrice du 
tourisme religieux. Ce lieu sacré soulève bien des interrogations. En effet, les aspects sacré et 
exclusif (accès aux musulmans) soulignent le caractère religieux de ce lieux. Cependant, de 
nombreux faits sociaux nous mène a nous questionner sur la fonction de ce lieu. Pourquoi 
peut-on parler de tourisme dans ce lieu sacré ? 
Carte de l’Arabie Saoudite 
Google image 
1 L.DESHAYES, Les pèlerinages, PLON, France, 2007, p. 6, 125 pages.
i. Histoire du pèlerinage à La Mecque 
Chaque année, 2,5 millions de musulmans viennent effectuer leur pèlerinage appelé plus 
communément le Hajj, à La Mecque. Ce fait représente l’un des cinq piliers de Coran. En 
effet, chaque croyant doit s’y rendre au moins une fois dans sa vie, dans l’optique de se 
purifier. 
a) Historique 
La Mekke est le premier lieu saint dans l’islam. La première apparition dans les écrits, date du 
IIè siècle. A l’époque, Ptolémée en parlait comme la Mekoraba dans son ouvrage, l’Almageste 
en 140 ap. J.C. 
Dans la période préislamique, La Mecque était déjà considérée comme un lieu de pèlerinage, 
le Coran, la nomme Bakka. « Selon Al Yaqût, « Bakka » désigne l’emplacement de la Kaaba 
tandis que Mekka désigne l’ensemble de la cité ».2 
« En vérité le premier temple (Baytin) édifié pour les hommes est celui de Bakka (bibakkata), 
temple béni, comme bonne direction pour les mondes. (mubarakan wa Hûdan lil ‘alamein) ». 
(Sourate III, verset 96, Le Coran) 
L’existence de La Mecque se caractérise avant tout par la présence de la Ka’ba3 (maison de 
Dieu). Cette dernière, selon les écrits coranique, a été construite par le premier homme, 
Adam, elle fut détruite par le déluge de Noé. Dieu a demandé ensuite à Abraham (Ibrahim) de 
la reconstruire avec son fils Ismaël. C’est à ce moment que l’ange Gabriel lui aurait attribué la 
pierre noire4. 
« Il y a là un signe manifeste : un lieu où Abraham s’est tenu debout ; Quiconque y entre est 
en sûreté – Dieu prescrit le pèlerinage à ce temple comme devoir à qui en a les moyens. » 
(Sourate III verset 97, Le Coran) 
La Mecque est également le lieu où Abraham devait quitter Agar et leur fils, Ismaël sous 
l’ordre d’Allah. Dieu y fit jaillir l’eau du puits Zamzam, qui sauva Ismaël et sa mère et en fit 
un endroit habitable. Plus tard en 570, cette ville devint le lieu de naissance du prophète 
Mahomet. A cette époque, La Mecque était un puissant pôle commercial, un lieu de 
pèlerinage et de festival5. Ce lieu était sous le contrôle des Quraychites6, tribu de la famille du 
prophète. En 610, les premières révélations du prophète, le mène a effectuer de vaines actions 
de « sensibilisations » à l’Islam. L’Hégire en 622, date où le prophète chassé de sa tribu, 
s’exile à Yathrib7 (Médine) et y fonde les préceptes de l’Islam. Mahomet à fixer à Médine, La 
2 Dr D. BOUBAKEUR, La Mecque, la Kaaba et les origines de l’Islam, http://www.mosquee-de-paris. 
org/Conf/Theologie/II0202.pdf, 7 pages. 
Le Dr Dalil Boubakeur est le recteur de l’Institut Musulman de l a Mosquée de Paris. 
3 Traduction arabe de « Cube ». 
4 Actuellement incrustée dans l’un des quatre côté de la Ka’ba . La Pierre Noire était à l’origine était blanche, 
mais elle se noircit avec les péchés des hommes qui viendraient à la toucher lors du pèler inage. 
5 Lieu de déroulement du Concours de poésie 
6 Gardiens de la Ka’ba. 
7 Medinat An-Nabi : ville du prophète. Deuxième lieu de pèlerinage, avant Jérusalem, c’est le lieu du décès du 
prophète et le lieu où le tombeau du prophète y repose.
Qibla (cinq prières quotidiennes) en direction de la Mecque ou plus précisément en direction 
de la Ka’ba. 
A l’époque, le pèlerinage était accompli, par les tribus étrangères, que pendant les périodes de 
trêves, qui correspondaient aux grandes foires de printemps et d’automne. Médine étant une 
ville pauvre, les musulmans tentèrent de regagner La Mecque. Après quelques embuscades et 
djihad, l’armée Quraychite, affaiblit adopta une trêve de 10 ans, seulement pour les 
musulmans, il était inconcevable de ne pas effectuer de pèlerinage. Ils y mettèrent fin en 630, 
par une occupation de la ville, sans rencontrer de résistance. Dès lors, les musulmans sont 
devenus les nouveaux maîtres des lieux. En 632, lors du « pèlerinage de l’Adieu », le prophète 
fixa les rites du pèlerinage, et mourra quelques mois après. La mosquée Al-Haram8, le 
premier lieu destiné à l’adoration d’Allah a été construites 5 ans plus tard. Elle encadre la 
Ka’ba. Après avoir résumé l’histoire de ce lieu, il est nécessaire de comprendre quels ont été 
ses facteurs d’évolution. 
b) Fonctions du pèlerinage 
Pour déterminer, les causes de développement de La Mecque, nous devons débuter par 
l’analyse de la pratique de la religion chez les Hommes. 
« La religion est un système de symboles qui agit de manière à susciter chez les hommes des 
motivations et des dispositions puissantes, profondes et durables, en formulant des 
conceptions d’ordre général sur l’existence et en donnant à ces conceptions une telle 
apparence de réalité que ces motivations et ces dispositions semblent ne s’appuyer que sur du 
réel » (Geertz, 1966, p.4). 
S’appuyant sans doute sur les analyses de Weber (1er sociologue de la religion), Geertz décrit 
la religion comme étant l’invention des Hommes, qui, pour se rassurer ou expliquer les faits 
naturels qu’ils ne comprennent pas, s’imaginent un être supérieur à tous, une divinité. En 
effet, Max Weber «construit sa sociologie des religions en corrélation avec l’organisation 
sociale où s’épanouit la religion étudiée, et met en valeur le rapport entre le religieux, le 
politique et l’économique »9. Les Hommes font du profit, grâce « à la prédestination et [au] 
don gratuit de la grâce »10. Ainsi, le travail devient un devoir, la réussite un signe d’élection et 
le refus de récompense une vertu11. On peut alors se référer à la théorie du « Don / contre-don 
» de Mauss. 
Pour lui, « l'action de donner, [qui] semble matérialiser une relation de sympathie, revêt en 
fait une dimension agressive. Car le cadeau crée une dette. En obligeant son partenaire, le 
donateur acquiert sur lui de l'ascendant, sinon du pouvoir. Il le contraint à l'obligation, 
éventuellement coûteuse, de rendre et d'être pris, peut-être malgré lui, dans une escalade 
embarrassante, dans une partie risquée où sont en jeu nom, réputation, rang, fonction ou 
simplement fortune »12. Si on s’appuis sur les travaux de Weber, on se rend compte que le don 
8 Haram signi fie sacrée en arabe. 
9 C. RIVIERE, Socio-anthropologie des religions, Armand Colin, Paris, 1997, p. 43, 190 pages. 
10 Cf note 9. 
11 Cf note 9. 
12 M. Mauss, Essai sur le don-forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques, L'Année sociologique, 
1923-1924.
n’est pas tout à fait gratuit, puisque l’individu attend en contre partie l’élection divine, et les 
effets de la vertu et de son devoir. 
Selon Mauss, nous pouvons également retrouver sa théorie dans la «politesses, des festins, des 
rites, des services militaires, des femmes, des enfants, des danses, des fêtes, des foires dont le 
marché n'est qu'un des moments et où la circulation des richesses n'est qu'un des termes d'un 
contrat beaucoup plus général et beaucoup plus permanent13». Les rites sont donc, classés 
comme don nécessitant d’un retour. 
Par définition, «les rites sont à considérer comme un ensemble de conduites et d’actes 
répétitifs et codifiés souvent solennels, d’ordre verbal, gestuel et postural, à forte charge 
symbolique, fondés sur la croyance en la force agissante d’êtres ou de puissances sacrés avec 
lesquelles l’homme tente de communiquer en vue d’obtenir un effet déterminé14 ». L’état de 
sacralisation, la circumambulation, la 
course, le jet de pierres, le sacrifice, 
altération auprès du puits Zamzam, l’état de 
désacralisation, sont autant de rites qui 
composent le Hajj. Il s’agit d’une obligation 
divine, qui permet aux musulmans de 
racheter leurs fautes, de se purifier, d’avoir 
accès au paradis et de ne pas être condamner 
à l’errance infernale. Nous pouvons, de plus 
nous appuyer sur la théorie d’habitus de 
Bourdieu. Les hommes réalisent des 
pratiques religieuses de manière à s’intégrer 
à un groupe A gauche schéma représentatif du Hajj. 
précis. Ainsi, en effectuant ces actes les 
individus Google image 
s’inscrivent dans un groupe : les rites, les 
sacrifices, les pratiques,… le caractérisent. 
c) Caractéristiques 
Si les rites du pèlerinage permettent aux pratiquants d’obtenir pureté, rassurance et 
conviction, ils donnent à la ville, le moyen d’augmenter ses richesses de manières drastiques. 
Aussi loin que la création de la ville, La Mecque était un lieu de commerce, de foires et de 
festivals. D’ailleurs grâce aux commerces et aux trêves, les Quraychites remportaient des 
revenus importants. La ville étant caractérisée comme sacrée (haram), donc inviolable15. 
Cependant, toutes les tribus (juives, chrétiennes, schistes, mazdéiste) y avaient accès. De nos 
jours seuls les musulmans fréquentent ces lieux. Des gardes postés à l’entrée de la mosquée, 
veillent aux respects de cette règle. Seuls les musulmans peuvent se rendre à La Mecque. « Il 
est absolument interdit et même condamné de s'y rendre pour les autres personnes 
13 Cf note 12. 
14 C. RIVIERE, Socio-anthropologie des religions, Armand Colin, Paris, 1997, p. 81, 190 pages. 
15 G.PEYRONNET, L’Islam et la civilisation islamique VIIe- XIIIe siècle, Armand Colin, Paris, Mai 1992, p. 20, 375 
pages.
et les personnes ne portant pas un nom arabe (le passeport en faisant foi), un certificat de 
conversion (attribué dans les mosquées) doivent être présentés à l'entrée dans le pays »16. 
Même si l’Islam est considéré (en général), comme la continuité des religions juives et 
chrétiennes, il n’existe pas de monastère. Le mariage est fortement conseillé : « Parmi Ses 
signes est qu’Il a créé de vous-mêmes vos épouses afin que vous cohabitiez avec elles, et Il a 
mis entre vous affection et miséricorde, il y a en cela un signe pour un peuple qui réfléchit ». 
(Sourate 30 verset 21, Le Coran). De plus, la religion est enseignée, dans une mosquée, une 
salle de classe, dans des endroits sacrée et/ou purifié. 
Malgré le caractère exclusif et pur, en quoi Le Mecque est un lieu de tourisme religieux ? 
i. Concepts théoriques du tourisme religieux 
a) Définition du tourisme religieux 
Le pèlerinage est probablement l’une des plus anciennes formes de migration des populations 
à travers la planète. Selon l’organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme s’est 
l’ensemble des : « Activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs 
séjours dans les lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période 
consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs, 
non liés à l’exercice d’une activité rémunérée dans le lieu visité ». D’après cette approche, le 
pèlerinage rentre dans le cadre des activités touristiques. Même si, il va au delà de la simple 
consommation et du mouvement. 
Divers angles nous permettra de mieux cerner ce concept17. Le tourisme religieux met en 
interaction trois éléments : un touriste (pèlerin), un lieu sacré ou considère comme tel et les 
moyens techniques et financières nécessaires à l’organisation au déplacement. D’abord du 
point de vu spirituel, le pèlerinage se présent comme le processus par lequel un croyant se 
rapproche de sa divinité par la visite d’un lieu considéré sacré en rapport direct ou indirect 
avec sa foi. Sociologiquement, le tourisme religieux est un moyen de mieux connaitre 
l’histoire et les traits caractéristiques de ses coreligionnaires. C’est une opportunité d’être en 
relation physique et spirituelle avec les autres. Culturellement, le concept donne accès à la 
culture (connaissances, rites, symboles..) provenant d’une religion. Cette culture constitue une 
denrée qui dépasse les frontières religieuses. 
Ainsi, nous définirons le tourisme religieux comme « un voyage effectué par un croyant vers 
un lieu de « saint » pour des motifs religieux et dans un esprit de « dévotion ». 
ii. Tourisme religieux à la Mecque et valorisation territoriale : 
16 Lamecque.fr, http://www.lamecque.fr/votre-voyage.php, consulté le 17 Mars 2013. 
17 Geotourweb, geotourweb.com et Zygmund Knyszewski, «les aspects du tourisme religieux en France», 
consulté le 07 mars 2013 à 17 h.
Dans le souci de mieux accueillir les trois millions de visiteurs annuels venus des 189 pays, la 
monarchie saoudienne a mené une politique de développement social et infrastructurel sur 
l’ensemble des sites touristique du pays, Mecque et Médine notamment. Cela dans le but de 
représenter une demande sociale réelle et satisfaire son développement. « Plus qu’un système 
productif territorialisé, un territoire en développement est une stratégie collective qui anticipe 
les problèmes et secrètes les solutions correspondantes » 18 
Ainsi, le secteur immobilier s’est adapté au nombre en constante croissance de pèlerins. Des 
immeubles s’érigent, dont le mètre carré est le plus élevé du royaume. Au tour de la Kaaba, 
sortent de terre depuis quelques années des hôtels hauts gamme. Des édifices historiques sont 
rasés à la chaine pour laisser place à des complexes toujours plus hauts, plus vastes et plus 
luxueux. 
Le revenu perçu sous forme de taxes a permit la construction d’une ligne de train à grande 
vitesse de 480 km reliant les deux villes saintes sera inaugurée en 2014, permettant de retirer 
25 000 bus des 70 000 utilisés lors du Hadj. Sont aussi en projet de construction sur une 
période de dix ans quatre lignes de Metro et quatre vint huit stations. 
Déjà en 2010, la ville s’est dotée d’une 1ere 
ligne de métro souterraine opérationnelle cinq 
jours par an, qui relie les trois sites de la ville de la Mecque. Et malgré cet effort les 
problèmes persistent toujours. 
Par ailleurs selon la même source, 381 000 chambres d’hôtels sont attendus d’ici 2015 soit 
63% en plus qu’en 2010. Et le taux d’occupation des hôtels dans les trois villes saintes est le 
l’un des plus élevé au monde avec 58.2%, et ce, malgré les printemps arabe. 
Avec une croissance de 20% en 2010, ayant permit à l’état saoudien d’empocher une 
bagatelle de 5 milliards de dollars us19. Selon une étude publiée par British saudi Bank, le 
nombre des pèlerins à la Mecque atteindra les 20 millions contre 3 millions actuellement. 
Il existe deux visions de la finalité du pèlerinage selon les rôles et les objectifs des acteurs. 
Pour les touristes, le pèlerinage est un voyage qui est avant tout de quête de spiritualité. A ce 
propos le prophète de l’Islam (Mohamed) affirme : « les pèlerins et ceux qui accomplissent le 
Oumra20 sont des hôtes de Dieu, s’ils lui demandent il exauce leurs demandes, et s’ils lui 
demandent le pardon, il leur pardonne.»21 L’économie passe au second plan. 
L’autre vision du pèlerinage est celle du marché juteux, notamment dans les pays laïcs comme 
la France. Les voyagistes, agences de voyages, compagnies de transports se frottent les mains. 
Ainsi : «Le pèlerinage sauvage est devenu absolument impossible, tout est scrupuleusement 
18 Greffe, 2007, P.97 
19 Clarence Rodriguez; RFI moyen orient ; orient ; Arabie saoudite ; pèlerinage - Article publié le : mercredi 24 
octobre 2012 - Dernière modification le : mercredi 24 octobre 2012 
20 L’oumra c’est le petit pèlerinage effectué sur la mosquée du prophète à Médine 
21 Rapporté par Hibou majja
encadré par les autorités, rationalisé, rentabilisé. Le rite lui-même est taylorisé pour faciliter la 
circulation autour de la Ka’ba. Et les agences de voyage promeuvent les séjours en formule 
tout compris (à partir de 2000 euros, en moyenne de 4000 à 5000 euros). La Mecque s’est en 
quelque sorte “disneylandifiée”, et l’industrie du hajj s’accélère à grande vitesse »22 fait 
remarquer Omar Saghi dans ce cadre. 
En somme, au fil des siècles, le tourisme religieux à la Mecque à résisté aux croisades, à 
l’instabilité politique qui émaillée le royaume au début du dernier siècle et aux moyens de 
transports et hébergements rudimentaires de l’époque pour s’imposer comme le plus grand 
rassemblement humain de nos jours et deuxième source de revenu de l’Arabie saoudite après 
le pétrole. Avec un 1.69 milliard de musulmans dans le monde soit à peu 28.6% de la 
population mondiale qui ont l’obligation morale d’effectuer au moins une fois dans leur vie 
un voyage à la Mecque s’ils ont les capacités physiques et financières, l’industrie du tourisme 
religieux à dans le royaume a des belles années devant elle. Malgré les efforts fournis pour 
améliorer l’accueil des touristes et pour faciliter le processus du pèlerinage, beaucoup de 
chose reste encore à faire notamment au niveau de la sécurité et de l’hygiène, la protection 
environnementale des sites visités, l’usage plus efficace des technologies de l’information et 
de la communication, marketing touristique… 
Au delà de l’aspect financier et du développement socio-économique et territorial observables 
dans les villes saintes (Mecque, Médine Djeddah), le pèlerinage est outil dont se servent les 
autorités du pays du wahhabisme23 dont l’Arabie saoudite le pionnier dans sa guerre secrète 
contre l’influence chiite dans le monde musulman amené par l’Iran. 
22 Omar Saghi, 2010, Paris -La Mecque. Sociologie du pèlerinage 
23 Le wahhabisme est un mouvement politico-religieux saoudien, fondé par Mohammed ben Abdelwahhab. 
Selon lui, l'islam devrait être ramené à sa forme originelle qu'il définit selon sa propre interprétation du Coran 
et des hadiths. La pensée ainsi définie diffère des autres doctrines de l'Islam, très largement majoritaires. 
Parfois perçue comme une secte, cette doctrine est régulièrement présentée comme un mouvement ultra-orthodoxe 
et extrémiste.
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Le Tourisme Religieux : Cas de La Mecque

  • 1. Le Tourisme Religieux : Cas de La Mecque En quoi La Mecque fait partie du tourisme religieux et quelles sont les enjeux ? Dyarriata BA et Barry Abdoulaye Djogo Université du Havre UFR Lettres et Sciences Humaines Master professionnel 1 Ingénierie Touristique et Culturelle UE 6 Tourisme 1 : Sociologie du Tourisme
  • 2. Plan : Intro I. Histoire du pèlerinage à La Mecque  Historique  Fonctions du pèlerinage  Caractéristiques II. Concept théorique du tourisme religieux  Définition du tourisme religieux  La Mecque tourisme en quoi ?  Approche Sociologique III. Le développement du Tourisme  Impact infrastructurel  Tourisme comme substitut du pétrole  Retombées financières du tourisme religieux (incluant les prévisions) Conclusion
  • 3. La sociologie du tourisme suppose, l’analyse des comportements des Hommes dans le milieu touristique. Nous sommes alors amenés à nous interroger sur la manière dont la société adhère à l’avènement des faits touristiques, de savoir comment le tourisme s’intègre dans une civilisation et quels en sont les enjeux. Le tourisme regroupe un nombre important de pratiques. Commencer une étude sur le tourisme en général est une tâche laborieuse, c’est la raison pour laquelle il convient de déterminer une forme de tourisme. Ce dossier traitera donc du Tourisme religieux. Ce choix s’explique par le fait que, ce type de tourisme obtient de nos jours une augmentation importante de pratiquants. En effet, la visite des lieux sacrés, le retour aux sources, la quête de soi, l’accomplissement de rites,… se réalisent dans des lieux confinés et considérés comme purs que seuls les fervents pratiquants fréquentent. Dans ce cas, il sera alors intéressant de savoir comment le tourisme religieux est apparut, qui circule réellement dans ces lieux et de définir ce qui différencie un touriste religieux aux autres types de touristes. Pour ce faire, nous allons étudier le cas le plus parlant du tourisme religieux, le pèlerinage. Nous nous devons donc, d’apporter une explication sociologique à la question suivante : Peut-on dire d’un pèlerin que c’est un touriste ? Un pratiquant, vous répondrait que c’est un blasphème d’appeler un pèlerin comme tel. Seulement, du point de vue de la sociologie du tourisme qu’en est-il réellement ? « La Mecque, Bénarès, Saint-Jacques-de-Compostelle, Bodhgaya, Jérusalem sont des noms qui résonnent aux croyants et aux pratiquants comme un trait d’union entre l’esprit le plus pur et l’humanité la plus ordinaire »1 Il existe de nombreuses religions et de nombreux lieux de pèlerinage, ce dossier décrira l’arrivé du tourisme religieux à La Mecque. Cette ville située au Sud-ouest de l’Arabie Saoudite, principal lieu de pèlerinage des musulmans, est vectrice du tourisme religieux. Ce lieu sacré soulève bien des interrogations. En effet, les aspects sacré et exclusif (accès aux musulmans) soulignent le caractère religieux de ce lieux. Cependant, de nombreux faits sociaux nous mène a nous questionner sur la fonction de ce lieu. Pourquoi peut-on parler de tourisme dans ce lieu sacré ? Carte de l’Arabie Saoudite Google image 1 L.DESHAYES, Les pèlerinages, PLON, France, 2007, p. 6, 125 pages.
  • 4. i. Histoire du pèlerinage à La Mecque Chaque année, 2,5 millions de musulmans viennent effectuer leur pèlerinage appelé plus communément le Hajj, à La Mecque. Ce fait représente l’un des cinq piliers de Coran. En effet, chaque croyant doit s’y rendre au moins une fois dans sa vie, dans l’optique de se purifier. a) Historique La Mekke est le premier lieu saint dans l’islam. La première apparition dans les écrits, date du IIè siècle. A l’époque, Ptolémée en parlait comme la Mekoraba dans son ouvrage, l’Almageste en 140 ap. J.C. Dans la période préislamique, La Mecque était déjà considérée comme un lieu de pèlerinage, le Coran, la nomme Bakka. « Selon Al Yaqût, « Bakka » désigne l’emplacement de la Kaaba tandis que Mekka désigne l’ensemble de la cité ».2 « En vérité le premier temple (Baytin) édifié pour les hommes est celui de Bakka (bibakkata), temple béni, comme bonne direction pour les mondes. (mubarakan wa Hûdan lil ‘alamein) ». (Sourate III, verset 96, Le Coran) L’existence de La Mecque se caractérise avant tout par la présence de la Ka’ba3 (maison de Dieu). Cette dernière, selon les écrits coranique, a été construite par le premier homme, Adam, elle fut détruite par le déluge de Noé. Dieu a demandé ensuite à Abraham (Ibrahim) de la reconstruire avec son fils Ismaël. C’est à ce moment que l’ange Gabriel lui aurait attribué la pierre noire4. « Il y a là un signe manifeste : un lieu où Abraham s’est tenu debout ; Quiconque y entre est en sûreté – Dieu prescrit le pèlerinage à ce temple comme devoir à qui en a les moyens. » (Sourate III verset 97, Le Coran) La Mecque est également le lieu où Abraham devait quitter Agar et leur fils, Ismaël sous l’ordre d’Allah. Dieu y fit jaillir l’eau du puits Zamzam, qui sauva Ismaël et sa mère et en fit un endroit habitable. Plus tard en 570, cette ville devint le lieu de naissance du prophète Mahomet. A cette époque, La Mecque était un puissant pôle commercial, un lieu de pèlerinage et de festival5. Ce lieu était sous le contrôle des Quraychites6, tribu de la famille du prophète. En 610, les premières révélations du prophète, le mène a effectuer de vaines actions de « sensibilisations » à l’Islam. L’Hégire en 622, date où le prophète chassé de sa tribu, s’exile à Yathrib7 (Médine) et y fonde les préceptes de l’Islam. Mahomet à fixer à Médine, La 2 Dr D. BOUBAKEUR, La Mecque, la Kaaba et les origines de l’Islam, http://www.mosquee-de-paris. org/Conf/Theologie/II0202.pdf, 7 pages. Le Dr Dalil Boubakeur est le recteur de l’Institut Musulman de l a Mosquée de Paris. 3 Traduction arabe de « Cube ». 4 Actuellement incrustée dans l’un des quatre côté de la Ka’ba . La Pierre Noire était à l’origine était blanche, mais elle se noircit avec les péchés des hommes qui viendraient à la toucher lors du pèler inage. 5 Lieu de déroulement du Concours de poésie 6 Gardiens de la Ka’ba. 7 Medinat An-Nabi : ville du prophète. Deuxième lieu de pèlerinage, avant Jérusalem, c’est le lieu du décès du prophète et le lieu où le tombeau du prophète y repose.
  • 5. Qibla (cinq prières quotidiennes) en direction de la Mecque ou plus précisément en direction de la Ka’ba. A l’époque, le pèlerinage était accompli, par les tribus étrangères, que pendant les périodes de trêves, qui correspondaient aux grandes foires de printemps et d’automne. Médine étant une ville pauvre, les musulmans tentèrent de regagner La Mecque. Après quelques embuscades et djihad, l’armée Quraychite, affaiblit adopta une trêve de 10 ans, seulement pour les musulmans, il était inconcevable de ne pas effectuer de pèlerinage. Ils y mettèrent fin en 630, par une occupation de la ville, sans rencontrer de résistance. Dès lors, les musulmans sont devenus les nouveaux maîtres des lieux. En 632, lors du « pèlerinage de l’Adieu », le prophète fixa les rites du pèlerinage, et mourra quelques mois après. La mosquée Al-Haram8, le premier lieu destiné à l’adoration d’Allah a été construites 5 ans plus tard. Elle encadre la Ka’ba. Après avoir résumé l’histoire de ce lieu, il est nécessaire de comprendre quels ont été ses facteurs d’évolution. b) Fonctions du pèlerinage Pour déterminer, les causes de développement de La Mecque, nous devons débuter par l’analyse de la pratique de la religion chez les Hommes. « La religion est un système de symboles qui agit de manière à susciter chez les hommes des motivations et des dispositions puissantes, profondes et durables, en formulant des conceptions d’ordre général sur l’existence et en donnant à ces conceptions une telle apparence de réalité que ces motivations et ces dispositions semblent ne s’appuyer que sur du réel » (Geertz, 1966, p.4). S’appuyant sans doute sur les analyses de Weber (1er sociologue de la religion), Geertz décrit la religion comme étant l’invention des Hommes, qui, pour se rassurer ou expliquer les faits naturels qu’ils ne comprennent pas, s’imaginent un être supérieur à tous, une divinité. En effet, Max Weber «construit sa sociologie des religions en corrélation avec l’organisation sociale où s’épanouit la religion étudiée, et met en valeur le rapport entre le religieux, le politique et l’économique »9. Les Hommes font du profit, grâce « à la prédestination et [au] don gratuit de la grâce »10. Ainsi, le travail devient un devoir, la réussite un signe d’élection et le refus de récompense une vertu11. On peut alors se référer à la théorie du « Don / contre-don » de Mauss. Pour lui, « l'action de donner, [qui] semble matérialiser une relation de sympathie, revêt en fait une dimension agressive. Car le cadeau crée une dette. En obligeant son partenaire, le donateur acquiert sur lui de l'ascendant, sinon du pouvoir. Il le contraint à l'obligation, éventuellement coûteuse, de rendre et d'être pris, peut-être malgré lui, dans une escalade embarrassante, dans une partie risquée où sont en jeu nom, réputation, rang, fonction ou simplement fortune »12. Si on s’appuis sur les travaux de Weber, on se rend compte que le don 8 Haram signi fie sacrée en arabe. 9 C. RIVIERE, Socio-anthropologie des religions, Armand Colin, Paris, 1997, p. 43, 190 pages. 10 Cf note 9. 11 Cf note 9. 12 M. Mauss, Essai sur le don-forme et raison de l'échange dans les sociétés archaïques, L'Année sociologique, 1923-1924.
  • 6. n’est pas tout à fait gratuit, puisque l’individu attend en contre partie l’élection divine, et les effets de la vertu et de son devoir. Selon Mauss, nous pouvons également retrouver sa théorie dans la «politesses, des festins, des rites, des services militaires, des femmes, des enfants, des danses, des fêtes, des foires dont le marché n'est qu'un des moments et où la circulation des richesses n'est qu'un des termes d'un contrat beaucoup plus général et beaucoup plus permanent13». Les rites sont donc, classés comme don nécessitant d’un retour. Par définition, «les rites sont à considérer comme un ensemble de conduites et d’actes répétitifs et codifiés souvent solennels, d’ordre verbal, gestuel et postural, à forte charge symbolique, fondés sur la croyance en la force agissante d’êtres ou de puissances sacrés avec lesquelles l’homme tente de communiquer en vue d’obtenir un effet déterminé14 ». L’état de sacralisation, la circumambulation, la course, le jet de pierres, le sacrifice, altération auprès du puits Zamzam, l’état de désacralisation, sont autant de rites qui composent le Hajj. Il s’agit d’une obligation divine, qui permet aux musulmans de racheter leurs fautes, de se purifier, d’avoir accès au paradis et de ne pas être condamner à l’errance infernale. Nous pouvons, de plus nous appuyer sur la théorie d’habitus de Bourdieu. Les hommes réalisent des pratiques religieuses de manière à s’intégrer à un groupe A gauche schéma représentatif du Hajj. précis. Ainsi, en effectuant ces actes les individus Google image s’inscrivent dans un groupe : les rites, les sacrifices, les pratiques,… le caractérisent. c) Caractéristiques Si les rites du pèlerinage permettent aux pratiquants d’obtenir pureté, rassurance et conviction, ils donnent à la ville, le moyen d’augmenter ses richesses de manières drastiques. Aussi loin que la création de la ville, La Mecque était un lieu de commerce, de foires et de festivals. D’ailleurs grâce aux commerces et aux trêves, les Quraychites remportaient des revenus importants. La ville étant caractérisée comme sacrée (haram), donc inviolable15. Cependant, toutes les tribus (juives, chrétiennes, schistes, mazdéiste) y avaient accès. De nos jours seuls les musulmans fréquentent ces lieux. Des gardes postés à l’entrée de la mosquée, veillent aux respects de cette règle. Seuls les musulmans peuvent se rendre à La Mecque. « Il est absolument interdit et même condamné de s'y rendre pour les autres personnes 13 Cf note 12. 14 C. RIVIERE, Socio-anthropologie des religions, Armand Colin, Paris, 1997, p. 81, 190 pages. 15 G.PEYRONNET, L’Islam et la civilisation islamique VIIe- XIIIe siècle, Armand Colin, Paris, Mai 1992, p. 20, 375 pages.
  • 7. et les personnes ne portant pas un nom arabe (le passeport en faisant foi), un certificat de conversion (attribué dans les mosquées) doivent être présentés à l'entrée dans le pays »16. Même si l’Islam est considéré (en général), comme la continuité des religions juives et chrétiennes, il n’existe pas de monastère. Le mariage est fortement conseillé : « Parmi Ses signes est qu’Il a créé de vous-mêmes vos épouses afin que vous cohabitiez avec elles, et Il a mis entre vous affection et miséricorde, il y a en cela un signe pour un peuple qui réfléchit ». (Sourate 30 verset 21, Le Coran). De plus, la religion est enseignée, dans une mosquée, une salle de classe, dans des endroits sacrée et/ou purifié. Malgré le caractère exclusif et pur, en quoi Le Mecque est un lieu de tourisme religieux ? i. Concepts théoriques du tourisme religieux a) Définition du tourisme religieux Le pèlerinage est probablement l’une des plus anciennes formes de migration des populations à travers la planète. Selon l’organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme s’est l’ensemble des : « Activités déployées par les personnes au cours de leurs voyages et de leurs séjours dans les lieux situés en dehors de leur environnement habituel pour une période consécutive qui ne dépasse pas une année, à des fins de loisirs, pour affaires et autres motifs, non liés à l’exercice d’une activité rémunérée dans le lieu visité ». D’après cette approche, le pèlerinage rentre dans le cadre des activités touristiques. Même si, il va au delà de la simple consommation et du mouvement. Divers angles nous permettra de mieux cerner ce concept17. Le tourisme religieux met en interaction trois éléments : un touriste (pèlerin), un lieu sacré ou considère comme tel et les moyens techniques et financières nécessaires à l’organisation au déplacement. D’abord du point de vu spirituel, le pèlerinage se présent comme le processus par lequel un croyant se rapproche de sa divinité par la visite d’un lieu considéré sacré en rapport direct ou indirect avec sa foi. Sociologiquement, le tourisme religieux est un moyen de mieux connaitre l’histoire et les traits caractéristiques de ses coreligionnaires. C’est une opportunité d’être en relation physique et spirituelle avec les autres. Culturellement, le concept donne accès à la culture (connaissances, rites, symboles..) provenant d’une religion. Cette culture constitue une denrée qui dépasse les frontières religieuses. Ainsi, nous définirons le tourisme religieux comme « un voyage effectué par un croyant vers un lieu de « saint » pour des motifs religieux et dans un esprit de « dévotion ». ii. Tourisme religieux à la Mecque et valorisation territoriale : 16 Lamecque.fr, http://www.lamecque.fr/votre-voyage.php, consulté le 17 Mars 2013. 17 Geotourweb, geotourweb.com et Zygmund Knyszewski, «les aspects du tourisme religieux en France», consulté le 07 mars 2013 à 17 h.
  • 8. Dans le souci de mieux accueillir les trois millions de visiteurs annuels venus des 189 pays, la monarchie saoudienne a mené une politique de développement social et infrastructurel sur l’ensemble des sites touristique du pays, Mecque et Médine notamment. Cela dans le but de représenter une demande sociale réelle et satisfaire son développement. « Plus qu’un système productif territorialisé, un territoire en développement est une stratégie collective qui anticipe les problèmes et secrètes les solutions correspondantes » 18 Ainsi, le secteur immobilier s’est adapté au nombre en constante croissance de pèlerins. Des immeubles s’érigent, dont le mètre carré est le plus élevé du royaume. Au tour de la Kaaba, sortent de terre depuis quelques années des hôtels hauts gamme. Des édifices historiques sont rasés à la chaine pour laisser place à des complexes toujours plus hauts, plus vastes et plus luxueux. Le revenu perçu sous forme de taxes a permit la construction d’une ligne de train à grande vitesse de 480 km reliant les deux villes saintes sera inaugurée en 2014, permettant de retirer 25 000 bus des 70 000 utilisés lors du Hadj. Sont aussi en projet de construction sur une période de dix ans quatre lignes de Metro et quatre vint huit stations. Déjà en 2010, la ville s’est dotée d’une 1ere ligne de métro souterraine opérationnelle cinq jours par an, qui relie les trois sites de la ville de la Mecque. Et malgré cet effort les problèmes persistent toujours. Par ailleurs selon la même source, 381 000 chambres d’hôtels sont attendus d’ici 2015 soit 63% en plus qu’en 2010. Et le taux d’occupation des hôtels dans les trois villes saintes est le l’un des plus élevé au monde avec 58.2%, et ce, malgré les printemps arabe. Avec une croissance de 20% en 2010, ayant permit à l’état saoudien d’empocher une bagatelle de 5 milliards de dollars us19. Selon une étude publiée par British saudi Bank, le nombre des pèlerins à la Mecque atteindra les 20 millions contre 3 millions actuellement. Il existe deux visions de la finalité du pèlerinage selon les rôles et les objectifs des acteurs. Pour les touristes, le pèlerinage est un voyage qui est avant tout de quête de spiritualité. A ce propos le prophète de l’Islam (Mohamed) affirme : « les pèlerins et ceux qui accomplissent le Oumra20 sont des hôtes de Dieu, s’ils lui demandent il exauce leurs demandes, et s’ils lui demandent le pardon, il leur pardonne.»21 L’économie passe au second plan. L’autre vision du pèlerinage est celle du marché juteux, notamment dans les pays laïcs comme la France. Les voyagistes, agences de voyages, compagnies de transports se frottent les mains. Ainsi : «Le pèlerinage sauvage est devenu absolument impossible, tout est scrupuleusement 18 Greffe, 2007, P.97 19 Clarence Rodriguez; RFI moyen orient ; orient ; Arabie saoudite ; pèlerinage - Article publié le : mercredi 24 octobre 2012 - Dernière modification le : mercredi 24 octobre 2012 20 L’oumra c’est le petit pèlerinage effectué sur la mosquée du prophète à Médine 21 Rapporté par Hibou majja
  • 9. encadré par les autorités, rationalisé, rentabilisé. Le rite lui-même est taylorisé pour faciliter la circulation autour de la Ka’ba. Et les agences de voyage promeuvent les séjours en formule tout compris (à partir de 2000 euros, en moyenne de 4000 à 5000 euros). La Mecque s’est en quelque sorte “disneylandifiée”, et l’industrie du hajj s’accélère à grande vitesse »22 fait remarquer Omar Saghi dans ce cadre. En somme, au fil des siècles, le tourisme religieux à la Mecque à résisté aux croisades, à l’instabilité politique qui émaillée le royaume au début du dernier siècle et aux moyens de transports et hébergements rudimentaires de l’époque pour s’imposer comme le plus grand rassemblement humain de nos jours et deuxième source de revenu de l’Arabie saoudite après le pétrole. Avec un 1.69 milliard de musulmans dans le monde soit à peu 28.6% de la population mondiale qui ont l’obligation morale d’effectuer au moins une fois dans leur vie un voyage à la Mecque s’ils ont les capacités physiques et financières, l’industrie du tourisme religieux à dans le royaume a des belles années devant elle. Malgré les efforts fournis pour améliorer l’accueil des touristes et pour faciliter le processus du pèlerinage, beaucoup de chose reste encore à faire notamment au niveau de la sécurité et de l’hygiène, la protection environnementale des sites visités, l’usage plus efficace des technologies de l’information et de la communication, marketing touristique… Au delà de l’aspect financier et du développement socio-économique et territorial observables dans les villes saintes (Mecque, Médine Djeddah), le pèlerinage est outil dont se servent les autorités du pays du wahhabisme23 dont l’Arabie saoudite le pionnier dans sa guerre secrète contre l’influence chiite dans le monde musulman amené par l’Iran. 22 Omar Saghi, 2010, Paris -La Mecque. Sociologie du pèlerinage 23 Le wahhabisme est un mouvement politico-religieux saoudien, fondé par Mohammed ben Abdelwahhab. Selon lui, l'islam devrait être ramené à sa forme originelle qu'il définit selon sa propre interprétation du Coran et des hadiths. La pensée ainsi définie diffère des autres doctrines de l'Islam, très largement majoritaires. Parfois perçue comme une secte, cette doctrine est régulièrement présentée comme un mouvement ultra-orthodoxe et extrémiste.