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Je serai bref.
Le récit : « Le Président est mort. Les gardes du corps n’ont pas
pu l’empêcher. La police a arrêté deux personnes armées....
Lincoln 

et Kennedy
• Tous les deux élus présidents en 60 (Lincoln 1860, Kennedy 1960).
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Les deux vitesses
de la pensée
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1,10 dollar.
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Les trois questions de Kant
• Épistémologie :
Q u e p u i s - j e
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je faire ?
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Le rôle de la
morale dans la
stratégie
L’épitaphe de Kant : « Le ciel étoilé au-dessus de moi et
la loi morale en moi. »
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La séparation du bien et du vrai
On peut connaître le vrai et faire le
mal. Le mal est autonome vis-à-vis du
vrai.
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La modernité : Kant contre Platon
En séparant le bien et le vrai,
Kant s’oppose à la tradition
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La mort de Dieu
Si Dieu est mort en tant que norme s’imposant à tous, la
raison devient l’instance de jugement du vrai.
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Dire ce qui n’est pas
Ce qui se voit n’a pas
besoin d’être dit.
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faux, on lui attribue
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Les impasses du mouvement
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Le problème du jet
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Qui vibre, vole, et qui...
Le fou-rire de Parménide
L’être est, le non-être
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immuable car pour
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Un branloire pérenne
« Le monde n’est qu’un
branloire pérenne : toutes
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Le problème de la vitesse instantanée
La vitesse étant la distance parcourue divisée par le temps
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Des choses derrière les choses
Il y a des choses derrières les
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Les deux cases A et B sont de même
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Le philosophe roi
« La vie de la plupart des hommes
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« Sauver les phénomènes »
Il faut distinguer la
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Principe d’identité
Nous ne pouvons penser
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Principe du tiers exclu
À celui qui pense que le principe du tiers exclu est faux, il est
inutile de chercher à démontrer ...
Le théorème d’incomplétude de Gödel
Dans un système formel un
groupe d’axiomes fondateurs
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Principe de causalité
Il existe quatre types de
cause : la cause matérielle
(la matière dont la chose
est f aite), la caus...
30
La catastrophe platonicienne
Pour Platon, le bien et le vrai ne
sont qu’une seule et même
chose.
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Celui qui fait le mal l...
La Renaissance
La façon de connaître
le monde passe à la
Renaissance par une
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dont les hommes
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La quantification du réel
Le passage de la qualité à la
quantité se fait par la mesure.
La mesure donne accès à
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« La philosophie est écrite
dans cet immense livre qui
se tient toujours devant nos
yeux, je veux dire l’Univers,
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Géocentrisme ou héliocentrisme ?
Isaac Newton
(1642 - 1727)
Tycho Brahé
(1546 - 1601)
Galileo Galilei
(1564 - 1642)
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Le monde selon Tycho Brahé
Tycho Brahé est
pour un système
mixte : la Lune et
le Soleil tournent
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Le monde selon Kepler en 1597
Kepler imagine
un monde où
les orbites des
planètes sont
d é f i n i e s à
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Les cinq polyèdres réguliers
Kepler le génial voleur
« Voici ce que je pense
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mais il ne sait pas se
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Galilée convaincu par l’héliocentrisme
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La lunette astronomique
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La position du cardinal Bellarmin
En 1616, le cardinal Bellarmin
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Héliocentrisme et principe de l’inertie
«  Et vous, cette expérience, l’avez-vous faite pour en
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La condamnation de 1633
Après la publication en 1632 des Dialogues sur les deux
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Regard contemporain
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L’autonomie de la connaissance
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La normalisation du temps
Il existe un temps universel,
extérieur aux phénomènes,
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La volonté de maîtrise
La connaissance sert à mettre la
nature au service de l’homme.
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« Dieu est mort. »
Friedrich Nietzsche, 1882
« Nietzsche est mort. »
Dieu, 1900
 
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Marx est mort e...
Pour en finir avec le temps
La normalisation du temps définit le
temps pour mieux nier sa réalité.
L a n o r m a l i s a t...
«  Michele m’a précédé de
peu pour quitter ce monde
étrange. Mais cela importe
peu pour nous autres
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La psychanalyse : première mort de la
philosophie
La psychanalyse attribue les
pensées du sujet à des
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L’ère du soupçon (deuxième mort)
Nos opinions ont une
généalogie, elles reflètent ce
que nous sommes.
L’homme est détermin...
Hannah Arendt : la banalité du mal
L’humanisme n’a pas tenu sa
promesse. Au contraire il a
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Ivan Illich : la contre productivité
La technique a des effets contre-
productifs : le transport et la vitesse
font perdre...
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La relativité du temps
La science du XXe
siècle a signé le grand
retour du temps en montrant qu’il n’est
pas le contenant ...
Le déterminisme en difficulté
Le déterminisme de la science classique s’est
appuyé sur des modélisations qui sont elles-
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La lente agonie du principe d’identité
La transformation de la masse en énergie
et vice versa montre qu’il existe des
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Un monde non local
La physique quantique prévoit que
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particulières, l’espace...
«  Ces images, répondit Bohr, ont été
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Les théories du chaos et le retour du
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Un système déterministe n’est plus
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L’humanisme
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L’humanisme issu de la
technique est mis en
difficulté par la technique.
Il est donc repensé.
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Continuité et rupture des visions issues de la science
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Continuité et rupture des visions issues de la science. La science au moment de ses grandes ruptures apporte une nouvelle façon de voir le monde.

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Continuité et rupture des visions issues de la science

  1. 1. Continuité et rupture des visions issues de la science http://www.bruno-jarrosson.com/continuite-rupture-visions-issues-science/ www.bruno-jarrosson.com
  2. 2. Je serai bref.
  3. 3. Le récit : « Le Président est mort. Les gardes du corps n’ont pas pu l’empêcher. La police a arrêté deux personnes armées. Le Docteur AZ a déclaré que les dégâts avaient été trop importants, que rien n’aurait pu sauver la vie du Président. « Tout a été tenté », dit-il. » À partir du récit précédent, indiquez si les affirmations suivantes sont vraies, fausses ou si on ne sait pas : 1.Nous savons que le Président a été tué. 2.Rien n’aurait pu sauver la vie du Président. 3.Les blessures du Président étaient importantes. 4.Le Docteur AZ a examiné le Président. 5.Le Docteur AZ a fait une déclaration. 6.Deux hommes ont été arrêtés.
  4. 4. Lincoln 
 et Kennedy • Tous les deux élus présidents en 60 (Lincoln 1860, Kennedy 1960). • Tous les deux élus au Congrès en 46 (1846 et 1946). • Tous les deux assassinés d’une balle dans la tête. Assassins nés en 39 (1839 et 1939). • Tous les deux ont pour successeur le président Johnson né en 08 (Andrew Johnson - 1808 - et Lyndon Johnson : 1908). • La secrétaire de Kennedy s’appelait Lincoln. • La secrétaire de Lincoln s’appelait Kennedy. • Quand Kennedy a été assassiné, il était dans une Lincoln. • Où était Lincoln quand il a été assassiné ?
  5. 5. Les deux vitesses de la pensée Une batte et une balle coûtent 1,10 dollar. La batte coûte 1 dollar de plus que la balle. Combien coûte la balle ? ! Un homme et son fils ont un accident de voiture. Le père est tué. Le fils est emmené à l’hôpital. Le chirurgien dit : « Je ne peux pas l’opérer parce que c’est mon fils. » Comment est-ce possible ?
  6. 6. Les trois questions de Kant • Épistémologie : Q u e p u i s - j e connaître ? • Morale : Que dois- je faire ? • Métaphysique : Q u e m ’ e s t - i l permis d’espérer ?
  7. 7. Le rôle de la morale dans la stratégie L’épitaphe de Kant : « Le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. » La morale appartient aux individus, pas aux systèmes. C’est une volonté qui surplombe la stratégie. Seule la volonté de l’individu peut l’inciter à suivre la loi morale. « Je dois parce que je dois », dit Kant. La morale n’a pas de source extérieure.
  8. 8. La séparation du bien et du vrai On peut connaître le vrai et faire le mal. Le mal est autonome vis-à-vis du vrai. La morale est autonome vis-à-vis de la connaissance. Le « que dois-je faire ? » est une question d’un autre ordre que le « que puis-je connaître ? ». On ne peut déduire une morale de la science. Le progrès de la connaissance ne garantit aucunement celui de la morale. Il faut penser la philosophie morale de manière autonome.
  9. 9. La modernité : Kant contre Platon En séparant le bien et le vrai, Kant s’oppose à la tradition philosophique, à Platon en p a r t i c u l i e r. I l d é f i n i t l a modernité. La philosophie morale devient une partie de la philosophie i n d é p e n d a n t e d e l a connaissance. ! «  Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle. »
  10. 10. La mort de Dieu Si Dieu est mort en tant que norme s’imposant à tous, la raison devient l’instance de jugement du vrai. Il n’y a plus de normes d’opinions collectives puisque chaque homme est renvoyé à son propre jugement. La raison est devenue un absolu malgré sa fragilité.
  11. 11. Dire ce qui n’est pas Ce qui se voit n’a pas besoin d’être dit. Quand le langage dit le faux, on lui attribue néanmoins du sens. Le langage est acte, il est utilisé pour changer le réel plutôt que pour le dire. Le langage permet de passer de la pensée concrète à la pensée abstraite.
  12. 12. «  Il y avait une République fédérale allemande et une République démocratique allemande. Entre la démocratie dans les faits et la démocratie dans les mots, il y avait tout de même l’épaisseur d’un mur. » Gracchus Cassar
  13. 13. Les impasses du mouvement Le mouvement est par nature impossible parce qu’il est infiniment décomposable. L’être est. Le non-être n’est pas. Donc l’être est immuable (Parménide). Si nous voyons le monde changer alors que l’être ne peut pas changer, c’est que ce que nous voyons n’est pas l’être.
  14. 14. Le problème du jet «  Zénon  ! Cruel Zénon  ! Zénon d’Êlée !
 M’as-tu percé de cette flèche ailée
 Qui vibre, vole, et qui ne vole pas ! » ! L’effet doit se manifester au moment même où se produit la cause. Dans la physique aristotélicienne (F = mv), si la flèche avance c’est qu’à chaque instant elle est poussée. Le jet est un problème physique central. Paul Valéry (1871 - 1945)
  15. 15. Le fou-rire de Parménide L’être est, le non-être n’est pas. Donc l’être est immuable car pour changer, il devrait devenir ce qu’il n’est pas, c’est-à- dire participer du non- être. Par ménide place la question du changement au cœur et à l’origine de la philosophie.
  16. 16. Un branloire pérenne « Le monde n’est qu’un branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Égypte, et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant. » Montaigne
  17. 17. Le problème de la vitesse instantanée La vitesse étant la distance parcourue divisée par le temps mis pour la parcourir, en une durée nulle, la notion de vitesse n’a pas de sens. L’espace fini est infiniment divisible (cf. Achille et la tortue). Le mouvement est paradoxal. On ne peut se fier à la sensation pour connaître la réalité.
  18. 18. Des choses derrière les choses Il y a des choses derrières les choses. ! Connaître suppose de prendre de la distance par rapport au monde sensible (cf. le mythe de la caverne). ! Connaître suppose de prendre de la distance vis-à-vis du mystère, de l’incompréhensible, des forces occultes, de la vision animiste du monde.
  19. 19. 19
  20. 20. 20 Les deux cases A et B sont de même teinte (cf. les captures d’écran à côté).
  21. 21. Le philosophe roi « La vie de la plupart des hommes est un chemin mort et ne mène à rien. Mais d'autres savent, dès l'enfance, qu'ils vont vers une mer inconnue. Déjà l'amertume du vent les étonne, déjà le goût du sel est sur leurs lèvres - jusqu'à ce que, la dernière dune franchie, cette passion infinie les soufflette de sable et d'écume. Il leur reste de s'y abîmer ou de revenir sur leurs pas. » ! François Mauriac
  22. 22. « Sauver les phénomènes » Il faut distinguer la théorie du monde sensible. Il faut observer le m o n d e s e n s i b l e ( o b s e r v a t i o n d u cosmos). La théorie doit rendre compte du monde sensible.
  23. 23. «  J’ai rencontré un cheval, je n’ai pas rencontré l’Idée du cheval. » Aristote ! «  C’est au pied du mur que l’on voit le mieux le mur. » Gracchus Cassar
  24. 24. Principe d’identité Nous ne pouvons penser l ’ ê t r e q u e d a n s s a p e r m a n e n c e , e n l u i attribuant une identité (A = A). Cette identité est un postulat i n d é m o n t r a b l e expérimentalement. Le fondement du principe d’identité est métaphysique. La physique quantique met en difficulté le principe d’identité (cf. : E = mc2).
  25. 25. 25
  26. 26. Principe du tiers exclu À celui qui pense que le principe du tiers exclu est faux, il est inutile de chercher à démontrer son erreur car pour lui le principe peut être vrai et faux simultanément. Le principe du tiers exclu est nécessaire au débat et à la dialectique. Cela ne prouve pas qu’il soit vrai. Le principe du tiers exclu est mis en échec par des affirmations auto-référentes qui ne peuvent être vraies que si elles sont fausses et fausses que si elles sont vraies. Exemple : « Cette phrase est fausse. »
  27. 27. Le théorème d’incomplétude de Gödel Dans un système formel un groupe d’axiomes fondateurs f i n i e t c o n s i s t a n t e s t incomplet. C o n s é q u e n c e : l e s mathématiques sont ternaires : les propositions peuvent être vraies (démontrables à partir des axiomes), fausses (réfutables à partir des axiomes) ou indécidables (ni démontrables, ni réfutables).
  28. 28. Principe de causalité Il existe quatre types de cause : la cause matérielle (la matière dont la chose est f aite), la cause formelle (la forme de la chose), la cause motrice (la force qui produit le mouvement) et la cause finale (la finalité en vue de laquelle la chose est faite). Le principe de causalité donne à chaque chose une raison suffisante.
  29. 29. 30
  30. 30. La catastrophe platonicienne Pour Platon, le bien et le vrai ne sont qu’une seule et même chose. ! Celui qui fait le mal le fait faute de connaître le vrai. Il n’y a pas de mal par raison morale mais par simple ignorance (cf. L’Apologie de Socrate). ! La morale est assujettie à la connaissance. Il n’y a pas de problèmes de morale, il n’y a que des problèmes de connaissance.
  31. 31. La Renaissance La façon de connaître le monde passe à la Renaissance par une rupture dans la façon dont les hommes questionnent la nature. 1.La quantification du réel (Galilée). 2.La normalisation du temps (Newton). 3.L a v o l o n t é d e maîtrise (Descartes).
  32. 32. La quantification du réel Le passage de la qualité à la quantité se fait par la mesure. La mesure donne accès à l’objectivité (elle ne dépend pas de celui qui effectue la mesure). Ce passage de la qualité à la q u a n t i t é n ’ e s t p a s u n appauvrissement mais un enrichissement. Une fois que la nature est mesurée, représentée par des nombres, on peut raisonner à son sujet en utilisant les mathématiques.
  33. 33. « La philosophie est écrite dans cet immense livre qui se tient toujours devant nos yeux, je veux dire l’Univers, m a i s o n n e p e u t l e comprendre si l’on ne s’applique d’abord à en comprendre la langue et à connaître les caractères avec lesquels il est écrit. Il est écrit dans la langue mathématique […] » Galileo Galilei, L’Essayeur
  34. 34. Géocentrisme ou héliocentrisme ? Isaac Newton (1642 - 1727) Tycho Brahé (1546 - 1601) Galileo Galilei (1564 - 1642) Johannes Kepler (1571 - 1630) Nicolas Copernic (1473 - 1543)
  35. 35. Le monde selon Tycho Brahé Tycho Brahé est pour un système mixte : la Lune et le Soleil tournent a u t o u r d e l a T e r r e , l e s planètes tournent autour du Soleil.
  36. 36. Le monde selon Kepler en 1597 Kepler imagine un monde où les orbites des planètes sont d é f i n i e s à p a r t i r d e s p o l y è d r e s réguliers.
  37. 37. Les cinq polyèdres réguliers
  38. 38. Kepler le génial voleur « Voici ce que je pense d e T y c h o , i l e s t superlativement riche, mais il ne sait pas se servir de ce qu’il a, comme c’est le cas de la plupart des riches. Donc il faut essayer de l u i d é r o b e r s e s richesses. »
  39. 39. Les lois de Kepler (1) Première loi (1608) : les trajectoires des planètes sont des ellipses dont le Soleil occupe un des foyers. ! Deuxième loi (1608) : les planètes balaient des aires égales en des temps égaux (contrairement aux femmes de ménage).
  40. 40. Les lois de Kepler (2) Troisième loi ( 1 6 1 8 ) : l e rapport T2/a3 e s t u n e constante. Les trois lois de Kepler constituent la première formulation de lois de la nature en langage mathématique.
  41. 41. Galilée convaincu par l’héliocentrisme « […] j’ai adopté la doctrine de Copernic il y a des années […] cependant je n’ai pas encore osé publier ouvertement, redoutant le sort de Copernic lui-même, notre maître qui, s’il acquit une gloire immortelle auprès de certains, reste pour une multitude infinie (tel est le nombre des sots) un objet de ridicule et de dérision. » Galilée à Kepler, 1597
  42. 42. La lunette astronomique En 1609, Galilée se procure une lunette astronomique. Il observe les satellites de Jupiter, les phases de Vénus, les montagnes sur la Lune, l’anneau de Saturne qu’il prend pour une « planète triple ».
  43. 43. Les satellites de Jupiter Io, Europe, Callisto, Ganymède
  44. 44. L’absence de preuve Galilée ne peut apporter aucune preuve de l’héliocentrisme : • Les satellites de Jupiter ne sont pas vus par tout le monde dans la lunette. • Il n’y a pas de parallaxe observable des étoiles fixes. • La théorie des marées de Galilée ne prévoit qu’une marée par jour. • Le fait que les oiseaux et les n u a g e s «  s u i v e n t  » l e mouvement de la Terre reste inexpliqué.
  45. 45. La position du cardinal Bellarmin En 1616, le cardinal Bellarmin (1542 – 1621) – préfet du Saint- Office – ordonne à Galilée de ne plus enseigner le système de Copernic qui doit rester une simple hypothèse. Ceci p a r c e q u e c e s y s t è m e contredit une phrase de la Bible et que Galilée n’apporte pas de preuve. Bellarmin ne fait qu’appliquer la doctrine de saint Thomas d’Aquin.
  46. 46. Héliocentrisme et principe de l’inertie «  Et vous, cette expérience, l’avez-vous faite pour en parler avec autant d’assurance ? […] – Et moi, sans expérience, je suis sûr que l’effet s’ensuivra comme je vous le dis, puisqu’il est nécessaire qu’il s’ensuive ; et j’ajoute en plus que vous-même vous savez qu’il ne peut s’ensuivre autrement […]. »
  47. 47. La condamnation de 1633 Après la publication en 1632 des Dialogues sur les deux principaux systèmes du monde, le pape Urbain VIII se sent trahi. Galilée est jugé et condamné (abjuration et assignation à résidence) comme relaps. Il n’a pas respecté l’interdiction de 1616.
  48. 48. Regard contemporain En 1992 , Jean-Paul II a réhabilité Galilée et reconnu que l’Église l ’ a va i t f a i t s o u f f r i r injustement. Condamner les juges de G a l i l é e s u p p o s e d e projeter sur le XVIIe siècle les valeurs du XXIe siècle. L’affaire Galilée annonce la modernité kantienne.
  49. 49. L’autonomie de la connaissance L’affaire Galilée a les conséquences suivantes : • Elle pose la question l ’ a u t o n o m i e d e l a c o n n a i s s a n c e p a r rapport à la religion. • E l l e p e r m e t l a d é f i n i t i o n d ’ u n humanisme laïc.
  50. 50. « Les grandes personnes aiment les chiffres. Quand vous leur parlez d’un nouvel ami, elles ne vous questionnent jamais sur l’essentiel. Elles ne vous disent jamais : « Quel est le son de sa voix ? Quels sont les jeux qu’il p r é f è r e  ? E s t - c e q u ’ i l collectionne les papillons  ?  » Elles vous demandent  : «  Quel âge a-t-il  ? Combien a-t-il de frères  ? Combien pèse-t-il  ? Combien gagne son père  ?  » Alors seulement elles croient le connaître. » Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince
  51. 51. La normalisation du temps Il existe un temps universel, extérieur aux phénomènes, identique partout et s’écoulant uniformément. Le temps métaphysique est plus r é e l q u e l e t e m p s phénoménologique. On ne peut pas se fier à la sensation du temps. Le temps est connu par la mesure. La mesure du temps (la montre) sert à recaler le temps ressenti sur le « vrai » temps, le temps mesuré. Le temps est un cadre dans lequel s’inscrivent les phénomènes.
  52. 52. La volonté de maîtrise La connaissance sert à mettre la nature au service de l’homme. La connaissance permet de percer en partie les ténèbres de l’avenir, de rendre le monde moins imprévisible. La réduction de l’imprévisible débouche sur une possibilité d’éclairer les décisions par la connaissance. La connaissance permet de mettre la nature au service de l’homme de façon efficace. L’humanisme se définit comme une volonté de donner plus de valeur à l’homme qu’à la nature.
  53. 53. ! « Dieu est mort. » Friedrich Nietzsche, 1882 « Nietzsche est mort. » Dieu, 1900   «  Dieu est mort, Karl Marx est mort et moi- même je ne me sens pas très bien. » George Bernard Shaw « Agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle. » Emmanuel Kant  
  54. 54. Pour en finir avec le temps La normalisation du temps définit le temps pour mieux nier sa réalité. L a n o r m a l i s a t i o n d u t e m p s s ’ a c c o m p a g n e d ’ u n p r i n c i p e déterministe  : les développements de l’avenir ne dépendent que des données du présent. Dans un monde déterministe, la connaissance a pour objet de déterminer l’avenir à partir des données du présent, donc de nier que le temps soit irréductible à autre chose que lui-même. L’imprévisible est l’ennemi de la connaissance et de l’humanisme.
  55. 55. «  Michele m’a précédé de peu pour quitter ce monde étrange. Mais cela importe peu pour nous autres physiciens convaincus que le temps n’existe pas, qu’il n’est qu’une illusion, même si elle est tenace. » Albert Einstein   «  Dieu est subtil mais il n’est pas malveillant. » Albert Einstein
  56. 56. La psychanalyse : première mort de la philosophie La psychanalyse attribue les pensées du sujet à des pulsions inconscientes. Elle signe donc la mort de sujet conscient et par conséquent la mort sujet philosophe. ! L a p s y c h a n a l y s e v a substituer la recherche généalogique (recherche de la genèse des pensées) à la recherche de la vérité. Sigmund Freud (1856 - 1939)
  57. 57. 62
  58. 58. L’ère du soupçon (deuxième mort) Nos opinions ont une généalogie, elles reflètent ce que nous sommes. L’homme est déterminé, il n’est pas libre. Toutes ses opinions sont soupçonnables. Le sujet autonome est mort. L a s o c i o l o g i e e t l a psychologie supplantent la philosophie. La philosophie du soupçon débouche sur la haine de soi. La culture humaniste est la seule à cultiver la haine de soi.
  59. 59. Hannah Arendt : la banalité du mal L’humanisme n’a pas tenu sa promesse. Au contraire il a enfanté le mal absolu (la Shoah). Ce mal démesuré a été accompli par des êtres insignifiants (cf. Eichmann à Jérusalem). Les acteurs du mal se sont appropriés la technique et l’organisation (l’art de faire des choses extraordinaires avec des gens ordinaires selon Galbraith). Les deux outils de l’humanisme (la technique et l’organisation) ont permis l’anti humanisme absolu. Hannah Arendt (1906 – 1975)
  60. 60. Ivan Illich : la contre productivité La technique a des effets contre- productifs : le transport et la vitesse font perdre du temps, l'école abêtit, les communications deviennent si denses et si envahissantes que plus personne n'écoute ou ne se fait entendre, la médecine rend malade, etc. ! Ivan Illich propose de substituer à l’outil technique qui rend l’homme serviteur des « outils conviviaux » des outils d’«  après-développement  » de «  simplicité volontaire  » et de « décroissance soutenable ». Ivan Illich (1926 – 2002)
  61. 61. 66
  62. 62. La relativité du temps La science du XXe siècle a signé le grand retour du temps en montrant qu’il n’est pas le contenant des phénomènes mais qu’il est le phénomène lui-même. Le temps est relatif au référentiel (relativité einsteinienne). Le temps et l’espace forment la texture de l’univers (relativité générale). Le temps n’est pas éliminé par le déterminisme (théorie du chaos). L e t e m p s a u n e f l è c h e (thermodynamique). Le temps est granulaire (physique quantique).
  63. 63. Le déterminisme en difficulté Le déterminisme de la science classique s’est appuyé sur des modélisations qui sont elles- mêmes mises en difficulté. Le déterminisme classique a été associé à une vision corpusculaire du monde. Il est mis en difficulté par l’effondrement de cette vision corpusculaire. Les descriptions de la réalité à partir des concepts du sens commun (position, vitesse) sont limitées en précision par la théorie quantique (inégalités d’Heisenberg). La théorie du chaos enlève au déterminisme classique toute valeur pratique. Le déterminisme n’est pas un modèle heuristique pour la science moderne même s’il peut rester une croyance métaphysique. Benoît Mandelbrot (1924 - 2010)
  64. 64. La lente agonie du principe d’identité La transformation de la masse en énergie et vice versa montre qu’il existe des passerelles entre l’objet tel que vu par le sens commun (la masse) et la propriété de l’objet (par exemple sa vitesse). Notre connaissance du monde repose sur le principe d’identité, sur l’attribution d’une permanence dans le temps aux objets. Cette permanence de l’identité dans le temps n’est pas respectée au niveau microscopique. Le niveau microscopique semble difficilement compréhensible à partir des concepts issus du monde macroscopique.
  65. 65. Un monde non local La physique quantique prévoit que d a n s c e r t a i n e s s i t u a t i o n s particulières, l’espace ne sépare pas. L e s s y s t è m e s q u a n t i q u e s réagissent comme un seul système même quand certaines parties sont séparées dans l’espace. La notion de localité n’est pas toujours pertinente pour décrire le monde microscopique. La science moderne est difficile à comprendre à partir des concepts du sens commun.
  66. 66. «  Ces images, répondit Bohr, ont été déduites ou plutôt, si vous préférez, «  d e v i n é e s  » à p a r t i r d e f a i t s expérimentaux : elles ne sont pas le fruit de quelconques calculs théoriques. J’espère que ces images décrivent la structure des atomes aussi bien – mais seulement aussi bien – que cela est possible dans le langage visuel de la physique classique. Nous devons nous rendre compte que nous ne pouvons nous servir ici du langage qu’à la manière des poètes qui, eux non plus, ne cherchent pas à représenter les faits de façon précise, mais seulement à créer des images dans l’esprit de leur public, et à établir des connexions sur le plan des idées. » Werner Heisenberg, La Partie et le Tout Werner Heisenberg (1901 - 1976)
  67. 67. Les théories du chaos et le retour du temps Un système déterministe n’est plus prédictible dès qu’il apparaît une sensibilité infinie aux conditions de départ. Les situations de sensibilité infinie aux conditions de départ sont les plus courantes dans la nature (exemple : Poincaré et le problème des trois corps). L’univers décrit de façon mécaniste et déterministe est néanmoins imprédictible (exemple  : la prévision météorologique). Henri Poincaré (1854 - 1912)
  68. 68. L’humanisme en difficulté L’humanisme issu de la technique est mis en difficulté par la technique. Il est donc repensé. ! La technique apparaît comme l’exaspération de «  l’occultation de l’être au profit des étants ».

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