L'Enseignement des langues à l'heure du Web 2.0 & des réseaux sociaux
Upcoming SlideShare
Loading in...5
×
 

Like this? Share it with your network

Share

L'Enseignement des langues à l'heure du Web 2.0 & des réseaux sociaux

le

  • 10,678 vues

Thèse effectuée à l'issue de mon MBA Marketing Commerce sur Internet à l'Institut Léonard de Vinci, Paris La Défense.

Thèse effectuée à l'issue de mon MBA Marketing Commerce sur Internet à l'Institut Léonard de Vinci, Paris La Défense.

Statistiques

Vues

Total des vues
10,678
Vues sur SlideShare
4,884
Vues externes
5,794

Actions

J'aime
3
Téléchargements
490
Commentaires
1

15 Ajouts 5,794

http://www.cours-anglais-gratuits.com 3912
http://www.scoop.it 1847
http://www.dailymotion.com 7
http://www.google.fr 5
http://www.youtube.com 5
http://www.linkedin.com 3
http://translate.googleusercontent.com 3
http://174.122.150.34 2
http://forms.aweber.com 2
http://webcache.googleusercontent.com 2
http://ugtabba.kazeo.com 2
http://www.pinterest.com 1
https://www.google.ca 1
http://gator1273.hostgator.com 1
http://www.pearltrees.com 1
Plus...

Accessibilité

Catégories

Détails de l'import

Uploaded via as Adobe PDF

Droits d'utilisation

© Tous droits réservés

Report content

Signalé comme inapproprié Signaler comme inapproprié
Signaler comme inapproprié

Indiquez la raison pour laquelle vous avez signalé cette présentation comme n'étant pas appropriée.

Annuler
  • Full Name Full Name Comment goes here.
    Êtes-vous sûr de vouloir
    Votre message apparaîtra ici
    Processing...
Poster un commentaire
Modifier votre commentaire

L'Enseignement des langues à l'heure du Web 2.0 & des réseaux sociaux Document Transcript

  • 1. MBA Spécialisé Marketing Commerce sur Internet MCI PART TIME 2010/2011 THÈSE PROFESSIONNELLE Sébastien JEHLENL’ENSEIGNEMENT / APPRENTISSAGE DES LANGUES ÉTRANGÈRES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RÉSEAUX SOCIAUX
  • 2. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENL’ENSEIGNEMENT /APPRENTISSAGE DESLANGUES ÉTRANGERESA L’HEURE DU WEB 2.0ET DES RÉSEAUXSOCIAUXSébastien JEHLENMCI Part-Time 2010 | 2011THÈSEPROFESSIONNELLEJANVIER 2012
  • 3. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN remerciements M Giedo CUSTERS, pour ses conseils formateurs Professeur Agrégé de Français Langue Étrangère (F.L.E.) et Chef de Projet à l’Université Catholique de Louvain, Belgique Christophe JAEGLIN, pour son expertise E Professeur Agrégé d’allemand, Formateur T.I.C.E. Carmen VERA PEREZ, pour son éclairage avisé sur les T.I.C.E. Docteur en Philologie française, Professeur Agrégé de Français Langue Étrangère (F.L.E.) Arnaud PORTANELLI, pour son expérience R Co-fondateur et Directeur Marketing de Lingueo et PolyglotParty Guillaume de MENTHON, pour ses réponses éclairantes Directeur Général de goFluent France Stéphanie DUPUIS, pour sa passion C Professeur d’anglais au collège Matisse, ISSY-LES-MOULINEAUX Marie HOCHET, pour son aide précieuse Commerciale chez Learnship Diane PEDRO, pour son suivi de tous les jours et son sourire I Assistante pédagogique à l’Institut Léonard de Vinci Mathilde HOFFMANN, pour sa disponibilité Assistante pédagogique à l’Institut Léonard de Vinci Gabriel, pour son soutien précieux Dominique, pour ses conseils et son soutien indéfectible
  • 4. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN TABLE DES MATIÈRESRÉSUMÉ……………………………………………………………………………………..P. 1INTRODUCTION…………………………………………………………………………....P. 2SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS……………………………………………….P. 4PART APPLICATIVE - PARTIE 1……………………………………………………….. P. 5I. Panorama de l’e-formation, le médium digital de la connaissance……………P. 6 A. La formation digitale s’impose peu à peu………………………………………………………P. 6 1. L’e-learning, apprendre et enseigner grâce aux outils numériques……………………………………………P. 6 2. Les T.I.C.E., l’école du XXIème siècle………………………………………………………………………………. …P. 9 3. La formation ouverte d’hier à aujourd’hui…………………………………………………………………………..P. 10 B. Les « vieilles » et les « nouvelles » technologies…………………………………………….P. 13 1. La radio et la télévision scolaires, le savoir au service des masses………………………………………......P. 14 2. L’informatique, nouvel environnement pédagogique…………………………………………………….………P. 14 3. Le magnétoscope et la V.H.S., l’image à l’infini…………………………..........................................................P. 15 4. Le multimédia où la conjonction de vecteurs pour une pédagogie dynamique…………………………….P. 15 5. Internet, la connaissance n’a plus de frontière ni de limite dans le temps…………………………………..P. 16 C. La pédagogie en trois dimensions : l’éducation nationale, la formation continue, l’apprentissage autonome………………………………………………………………………...P. 17 1. La formation initiale, l’école de Jules Ferry et Napoléon…………………………………………………….....P. 17 2. La formation continue ou comment démultiplier ses compétences………………………………………….P. 18 3. L’apprentissage autonome : apprendre tout au long de son existence………………………………….......P. 19 D. État des lieux des T.I.C.E. en milieu scolaire : un usage contrasté………………………P. 20 1. Une distorsion notable entre les moyens et les usages………………………………………………………...P. 20 2. Les Espaces Numériques de Travail, la systémique des ressources………………………………………..P. 28 E. L’e-formation est désormais bien installée dans l’enseignement extrascolaire………P. 28 F. L’enseignement des langues a très vite succombé aux sirènes du Web……………….P. 33 1. Les leaders n’occupent pas une position dominante sur le marché………………………………………...P. 33
  • 5. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 2. Une nébuleuse d’acteurs de l’e-formation linguistique…………………………………………………………P. 38 G. Les théories de l’apprentissage, quelles méthodes pour bien apprendre ?……………P. 39 1. Le connectivisme : une synthèse salutaire des grandes théories ?.…………………………………………P. 39 2. L’apprentissage linguistique, en théorie ça donne quoi ?...........................................................................P. 43II. Le Web 2.0 ou l’interaction partout, tout le temps………………………………P. 45 A. Définition et tour d’horizon du Web de deuxième génération…….…..............................P. 45 B. La force de frappe des réseaux sociaux et de l’intelligence collective…….…...............P. 48 C. Le social learning en phase de lancement………………………………..............................P. 50 D. Do you speak Web 2.0 ?.........................................................................................................P. 51 1. L’expression et la compréhension orales……………………………..............................................................P. 51 2. L’expression et la compréhension écrites………………………………………………………………………...P. 53 E. Sur le Web, les outils linguistiques performants ne manquent pas……………………...P. 63 1. Les outils généralistes made in Web 2.0…………………………………………………………………………..P. 65 2. Les outils spécifiques à la pédagogie linguistique………………………………………….............................P. 67III. L’efficacité comme problématique centrale de l’e-formation………………...P. 69SOLUTIONS PROPOSÉES - PARTIE 2………………………………........................P. 70 1. Quelle peut être et doit être la place du formateur pour une e-formation efficiente ?..............................P. 71 Parmi les professeurs, deux populations s’opposent……………………………………………………..P. 71 L’apprenant ne doit pas se sentir seul face à son programme de formation………………………....P. 72 Qui dit formateur en langue(s) dit échanges linguistiques…………………………………………….....P. 73 2. Comment conserver l’implication et la constance de l’apprenant et éviter l’isolement ?........................P. 76 La motivation, la clé de voûte de l’e-apprentissage………………………………………………………..P. 76 Qui dit stimulation dit échanges fructueux…………………………………………………………………..P. 77 Les échanges fructueux sont-ils possibles via les réseaux sociaux ?...............................................P. 77 3. Comment gérer les échanges différés pour la maîtrise du « vertige asynchrone » ?...............................P. 78 L’approche asynchrone génère de l’autonomie…………………………................................................P. 78 Mais l’autonomie n’est pas une condition sine qua non dans la réussite d’une e-formation……....P. 78
  • 6. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 4. Comment sélectionner ses outils pour une pédagogie dynamique ?........................................................P. 79 En entreprise, il faut capitaliser sur les échanges entre salariés………………………………………..P. 79 A l’école, il est nécessaire d’effectuer la synthèse du ludique et de l’éducatif…………………….....P. 80 En autonomie, il est primordial de multiplier les interactions sociales..............................................P. 81 5. Comment éviter l’appauvrissement des contenus du, entre autres, à une offre pléthorique ?...............P. 82 6. Comment appréhender le social learning mais aussi le flux apprenant/apprenant ?.........………….…...P. 83 Le feedback, clé de voûte de l’apprentissage d’une langue………………………………………….......P. 83 Qui dit social learning dit toutes les nationalités, tous les profils, tous les niveaux………….……..P. 84RECOMMANDATIONS DETAILLÉES – PARTIE 3…………………………………..P. 85CRITIQUE ET QUESTIONNEMENT – PARTIE 4…………………………………..…P. 99 1. L’avenir de l’e-formation sociale pourrait passer par le social rich learning………………………………..P. 102 2. L’e-learning va muter pour devenir le we-learning…………………………………….....................................P. 102 3. L’e-learning linguistique sera une expérience grâce à la réalité augmentée………...................................P. 103CONCLUSION……………………………………………………………………………..P. 107SOURCES………………………………………………………………………………….P. 109GLOSSAIRE………………………………………………………………………………..P. 114ANNEXES………………………………………………………………………………......P. 118 Interviews……………………………………………………………………………………………………….….P. 119 Enquête Profetic……………………………………………………………….……………………………….....P. 127 Quiz……………………………………………………………………………………………………………….....P. 138 Pour aller plus loin………………………………………………………………………………………………..P. 139
  • 7. résumé / abstract / resumen / riassunto ECette étude, dont le sujet est l’enseignement/apprentissage des langues à l’heure du Web 2.0 et desréseaux sociaux, se propose de vous conduire dans l’écosystème de l’e-formation linguistique, à l’école, Nen entreprise et en autonomie pour mieux cerner les enjeux et problématiques en termes d’efficacitémais aussi préconiser des axes d’optimisation. L’approche ludo-éducative, l’alternance des contextes, laplace de l’oral et de l’écrit, le social language learning, le m-learning, entre autres, sont des leviers quenous mettons en exergue. Outre ce panorama domestique de l’e-apprentissage des langues, nous nousinterrogeons sur des points de développement, comme par exemple, le social rich learning. Cetteréflexion est également l’opportunité de démontrer l’aspect majeur des langues secondes qui mettent enrelief des cultures, des liens humains à une époque où les médias sociaux vont révolutionner leséchanges et le partage pour une société collaborative au modèle économique largement ouvert sur le Rmonde.Mots-clés : langues, Internet, Web 2.0, e-formation, social learning, m-learning, efficacitéThis study, which subject is the Web 2.0 and social media’s contributions to the e-language learning,focuses on the e-learning ecosystem for foreign languages at school, in the professional field and athome. It is an opportunity to highlight challenges and issues in terms of efficiency and to makerecommendations for the purpose of optimisation. Edutainment, context alternation, oral and writingdimensions, social language learning, m-learning are some of the levers that I would recommend.Beyond this national panorama, some prospective paths can be drawn as, for example, the social richlearning. This study also demonstrates the major dimension of foreign languages in terms of culture andhuman bonds at a time social media are about to revolutionise our civilisation through increasedworldwide exchanges and collaborative sharing.Key words: languages, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, efficiency ÉEste estudio, cuyo sujeto es el aprendizaje de idiomas con la Web 2.0 y las redes sociales, enfoca en el Secosistema del e-learning en escuela, en empresa y en autonomía para delimitar los desafíos y lasproblemáticas en términos de eficacia y también recomendar ejes de optimización. El enfoque ludo-educativo, la alternancia de los contextos, la utilización del oral y del escrito, el social language learning,el m-learning son, entre otros, unos puntos clave que ponemos de manifiesto. Más allá de estepanorama nacional del aprendizaje digital de los idiomas, nos interrogamos en cuanto a lasoportunidades de desarrollo como, por ejemplo, el social rich learning. Esta reflexión es también laocasión de demostrar el aspecto mayor de los idiomas que resaltan con las culturas, los enlaceshumanos en un periodo en el que las redes sociales van a revolucionar los intercambios y el compartir Uen una sociedad de colaboración con un sistema económico muy abierto al mundo.Palabras claves: idiomas, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, eficaciaQuesto studio, il quale soggetto è l’insegnamento/apprendimento delle lingue straniere nell’epoca delWeb 2.0 e dei social networks, si focalizza sull’ecosistema dell’e-learning linguistico a scuola, in aziendaed da casa per capire meglio le sfide e le problematiche in termini di efficacia e per proporre metodi diottimizzazione. L’edutainment, l’alternanza dei contesti, l’utilizzazione dell’orale e dello scritto, il sociallanguage learning, l’m-learning, tra gli altri, sono alcuni degli strumentisu cui proponiamo di far leva. Al dila di questo panorama nazionale dell’insegnamento/apprendimento delle lingue straniere, ciinterroghiamo su punti da sviluppare come, ad esempio, il social rich learning. Questo studio si proponeinoltre di dimostrare l’aspetto prevalente delle lingue in termini di valorizzazione di culture e legamiinterpersonali in un’epoca in cui social networks stanno per rivoluzionare gli scambi e la condivisione invista di una società il cui modello sia largamente aperto sul mondo. MParole chiavi: lingue, Internet, Web 2.0, e-learning, social learning, m-learning, efficacia É 1
  • 8. IEN INTRODUCTION NQUE VAIS-JE TAPPRENDRE ? R OJe parle italien aux femmes,français aux hommes etallemand à mon chevalCharles QUINT 2
  • 9. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENMaîtriser une ou plusieurs langue(s) étrangère(s) est devenu un critère distinctif. A commencerpar l’entreprise où il y a ceux qui parlent anglais, ceux qui font du mieux qu’ils peuvent et ceuxqui ne le parlent pas. Nous avons tous entendu des connaissances se lamenter de leur faibleniveau en langues – quand nous ne faisons pas partie nous-mêmes des « laissés pour comptelinguistiques » - et désespérant de pouvoir combler leurs lacunes héritées d’un enseignementscolaire perçu, au choix, comme inadapté, peu probant voire dramatique. Il est donc naturelque les langues aient toujours été des disciplines plébiscitées dans la formation à distance.Combien de salariés français réclament une formation linguistique lors de leur entretien annuelavec l’espoir d’enfin pouvoir maîtriser la langue ciblée à moyen terme ? L’arrivée d’Internet, entre autres source universelle de la connaissance, et de sa batterie d’outils variés a amplifié ce désir d’apprendre ou perfectionner sa maîtrise d’une ou plusieurs langues secondes. Mais, la résistance, volontaire ou inconsciente, aux nouvelles technologies, la pluralité des outils, des supports, des approches pédagogiques peuvent en décourager plus d’un. C’est d’autant plus le cas pour les apprenants autonomes qui ne sont ni des scolaires ni immergés dans une formation professionnelle. Pourtant, apprendre une langue étrangère n’a jamais été aussi facilité. Le Web 2.0,via sa dimension participative et collaborative, bouscule les usages et revitalise l’enseignementlinguistique.A l’école, en entreprise ou en autonomie, apprendre une langue seconde n’est plus lecheminement long et coûteux, tout autant émotionnellement que matériellement, d’antan. Maiscela vaut si les indicateurs établis sont clairs et réalistes, les leviers actionnés source demotivation, et les outils employés adéquats et engageants. Dans ce rapport, nous dresseronsun panorama national de l’e-formation linguistique, en 2012, que ce soit en milieu scolaire,professionnel ou privé, avant de cerner la problématique de l’enseignement/apprentissage deslangues à l’heure du Web 2.0 et des réseaux sociaux, pour y répondre avec lesrecommandations et solutions que nous estimons probantes, puis nous nous interrogerons demanière plus prospective sur les futurs axes de développement de l’e-formation linguistique.Via ce travail, nous ouvrirons une fenêtre sur les nouvelles technologies dans le vaste domainede la formation tout en nous glissant dans la peau d’un apprenant lambda projeté dansl’écosystème digital bouillonnant et mutant. Cette étude, nous l’espérons, sera égalementl’opportunité de transmettre notre passion pour les cultures étrangères mais aussi Internet, unerévolution pour l’Humanité.Suivez-nous dans les arcanes de la formation linguistique numérique et de ses thématiques,passionnantes et d’actualité, telles qu’entre autres le devenir du professeur, les échangessynchrones et asynchrones, le social language learning, le mobile learning ou encore leconnectivisme. Levons hic et nunc1 le voile sur l’enseignement/apprentissage des languesétrangères à l’heure du Web 2.0 et des réseaux sociaux.1 Locution latine. « Ici et sans délai » 3
  • 10. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN synthèse des recommandations R E1 Désigner au moins un référent pour le guidage du parcours pédagogique Le facteur humain ne peut être exclu de l’e-formation linguistique2 Privilégier un apprentissage ludo-éducatif pour une motivation maximale La pédagogie 2.0 doit savoir provoquer l’engagement et optimiser la motivation des apprenants C3 Diversifier les contextes pour alterner les registres de langue et les situations La langue parlée est différente de la langue écrite. L’anglais professionnel n’est pas l’anglais des pubs londoniens4 Rythmer la motivation par la correction, la gratification et l’évaluation Corriger, orienter, apporter du feedback qualitatif mais aussi savoir récompenser sont des O points essentiels de la pédagogie5 Combiner l’oral à l’écrit tout au long du parcours pédagogique Parler une langue, c’est aussi savoir l’écrire et la lire6 Multiplier les échanges et le partage Les interactions collaboratives sont les passerelles du rich learning7 Encourager l’apprentissage par affinités Apprendre main dans la main avec ceux qui partagent nos intérêts, nos passions est un tremplin pédagogique S8 Favoriser le recours au social language learning Savoir tisser des liens avec ses alter-égos digitaux pour apprendre ensemble, c’est optimiser ses connaissances9 Exploiter la complémentarité du m-learning Utiliser son mobile ou sa tablette entretient la valuable knowledge10 Permettre un continuum dans l’apprentissage délivré La motivation et l’autonomie acquise durant le parcours pédagogique doivent être entretenues au-delà de la classe Découvrez le contenu exhaustif de ces recommandations dès la page 85. 4
  • 11. PL’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN PART APPLICATIVE A R PANORAMA DU SUJET T I E Je ne puis apprendre à parler à qui ne s’efforce pas de parler 1 Confucius 5
  • 12. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENCe sujet s’inscrit pleinement dans le vaste domaine de la formation des individus avec, pourfers de lance, la pédagogie linguistique et les vecteurs numériques. Ce rapport limitera sonpérimètre au marché français afin de brosser le plus exhaustivement possible un portrait de lasituation domestique. En préambule, il est important de poser une dichotomie notable : enentreprise et dans la sphère privée, on parlera d’e-learning ; lorsqu’il s’agira des instancesscolaires françaises, c’est l’expression T.I.C.E. (Technologies de l’Information et de laCommunication appliquées à l’Enseignement) qui sera retenue.A. La formation digitale s’impose à peu à peu1. L’e-learning, apprendre et enseigner grâce aux outils numériquesL’e-learning propose l’exploitation des technologies de l’information et de la communicationpour un enrichissement des apprentissages via l’accès à distance à des ressources et servicesmais aussi par la collaboration et l’échange (Source : Educsol, e-formation et e-learning). EnFrance, l’e-learning, est le terme retenu pour les formations digitales dispensées dans le cadrede la formation continue ou souscrites en autonomie par les particuliers.En parallèle de l’instruction brick and mortar, l’e-learning affiche une forte progression cesdernières années de par les gains de temps, économique et d’intelligence que ce systèmeinduit. sDans une perspective économique, l’e-learning a généré un chiffre d’affaires de 144 millionsd’euros et a bénéficié d’une croissance annuelle de 25%, en 2010, soit une hausse de 66% parrapport à 2008, année lors de laquelle un décollage a été constaté. 6
  • 13. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENEn septembre 2010, le cabinet spécialisé Féfaur a publié les résultats de son étude « L’offreprofessionnelle e-learning en France ». Celle-ci met en relief la segmentation du marché, àsavoir :>Les contenus sur-mesure, soit 44% du marché>Les contenus sur étagère pour 26%>Les learning management systems (L.M.S.) pour 21%>Les outils et services d’auteurs avec 4%>Le serious gaming avec 3%>Les autres types de modules pour 2%Les contenus sur-mesure sont basés sur le cahier des charges et les pré-requis desentreprises pour une analyse des besoins et objectifs poursuivis avec pour finalité la créationde modules pédagogiques adaptés.Les contenus sur étagère sont, a contrario, des modules standard proposés par l’offreur.Les learning management systems sont des systèmes logiciels mettant à disposition desenseignants un contrôle des accès, la gestion des cours et des outils de communication dansle cadre d’une démarche collaborative et work in progress. Sur le plan technique, on peut lesrapprocher des C.M.S. (Content Management Systems).Les outils d’auteurs sont des logiciels open source qui peuvent être personnalisés.Les serious games conjuguent le ludique au technologique pour livrer un contenu pédagogiquebasé sur un environnement de type jeu vidéo et, ainsi, permettre une démarche ludoéducativeplus impliquante (simulation de cas réels, 3D, …). Source : Rapport « L’e-transformation de la formation », Institut Léonard de Vinci, juin 2011 Le marché de l’e-learning en France en bref - 2010 C.A. généré : 144M. € +25% par rapport à 2009 65% des grandes entreprises ont déjà recours à l’e-learning 44% des salariés ont déjà bénéficié d’une formation faisant appel à l’e-learning 7
  • 14. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENAfin de mieux appréhender la pénétration de l’e-learning dans le vaste domaine de laformation, le diagnostique stratégique suivant dresse un portrait succinct de ce jeune marchéen devenir :L’e-learning, vocable désormais bien connu des masses, se démocratise peu à peu puisqueles français, que ce soit dans le cadre d’une démarche professionnelle ou privée, sont de plusen plus nombreux à se renseigner sur les possibilités offertes par l’e-learning. Cependant, « e-learning » étant un terme générique pour l’enseignement en ligne, ils lui préfèrent desrecherches plus précises sur la base de leurs besoins spécifiques, comme en attestent lesindex de Google Tendance des Recherches. Du côté du search L’occurrence « e- learning » tend à voir sa volumétrie se réduire ces dernières années puisque les utilisateurs lui préfèrent des recherches moins larges telles que « e- learning anglais ». 8
  • 15. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLorsque l’e-learning est associé aux cours classiques en face à face et que, de fait, leprésentiel et le distantiel sont conjoints, on parle de blended learning, « blended » signifiant« mélange ». Il s’agit donc d’un enseignement mixte combinant, par exemple, des cours partéléphone à des cours en salle et par Internet. La démocratisation des smartphones voitaujourd’hui l’essor du m-learning ou mobile learning pour un accès à des contenuspédagogiques en toute mobilité.2. Les T.I.C.E., l’école du XXIème siècle L’acronyme T.I.C.E. désigne et regroupe toutes les techniques utilisées principalement pour la création, la diffusion et le traitement d’informations pédagogiques. Avec l’essor de la société de l’information, au cours du vingtième siècle, l’usage des télécommunications, de l’informatique puis d’internet a tendu à largement se développer pour la formation des individus que ce soit en milieu scolaire ou dans le cadre d’une formation autonome ou continue. Les principales techniques usitées sont l’informatique, la microélectronique, les télécommunications et réseaux, le multimédia, les logiciels et tous les médias électroniques. Les applications des T.I.C.E. consistent en la production, le traitement, le stockage, la classification et l’échange de contenus numériques pour l’enseignement et l’apprentissage d’une discipline.Les T.I.C.E. sont communément regroupées sous trois grands pôles applicatifs qui tendentparfois à se chevaucher, à savoir : 9
  • 16. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN1 | Le pôle audiovisuel, à savoir le traitement de l’image et du son.2 | Le pôle informatique : l’ordinateur devient un outil intellectuel puisque la connaissance n’estplus uniquement transmise mais également inductive via les diverses expériences vécues parles apprenants au contact de la machine. Le professeur cohabite désormais avec celle-ci.3 | Le pôle des télécommunications qui regroupe la télédiffusion, à savoir la télécommunicationunilatérale vers un grand nombre de destinataires disposant du matériel de réception adéquat(radiodiffusion, vidéographie, etc.), la télématique qui est la symbiose des télécommunicationset de l’informatique (le Minitel en étant l’exemple le plus probant) et les télécommunications quisont l’ensemble des moyens de communication à distance (téléphone, fax, télévision, …).Ces trois pôles sont amenés à se chevaucher car ils forment le multimédia qui, on le verrapostérieurement, a pris son essor à l’issue des années 80 pour un enseignement multicanal.En 2011, les T.I.C.E. font partie intégrante du paysage scolaire. Professeurs et élèvesapprennent ensemble à multiplier les activités numériques pour une pédagogie plusdynamique. D’autant que les élèves doivent désormais obtenir le Brevet Informatique etInternet (B2i). Créé en 2000, le B2i établit les compétences informatiques que les élèvesdoivent maîtriser à l’issue du collège. Reçu sous la forme d’une attestation, le B2i estnécessaire à l’obtention du brevet des collèges.La création du B2i prouve l’importance accordée par l’Éducation Nationale à l’usage tout autantautonome que collectif des technologies de l’information et de la communication. Cependant,les disparités sont nombreuses et la situation française, au sein des pays de l’O.C.D.E., estsujette à plusieurs interrogations comme nous allons le voir dans ce rapport.L’e-learning et les T.I.C.E. ont pour creuset l’enseignement ouvert, ou à distance, dont lesgrandes étapes historiques sont mises en exergue dans le chapitre suivant.3. La formation ouverte d’hier à aujourd’hui 10
  • 17. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN1849/1919 | L’enseignement par correspondance prend son envol1860 Deuxième partie du dix-huitième siècle : les cours par correspondance se développent grâce à l’essor de l’imprimerie et des services postaux, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni puis en France (1877, Cours HATTEMER).1920/1945 | Les prémices du multimédia, déjà…1920/1930 Développement du cinéma et enregistrement et diffusion de cours de langues sur disques 78 Tours.1936 Essor de la radio scolaire.1939 Création du Centre National du Télé-enseignement (C.N.T.E.) suite à l’exode des populations du Nord et de l’Est vers la zone libre. Le C.N.T.E. deviendra en 1986 le C.N.E.D. (Centre National d’Enseignement à Distance) qui dispense aujourd’hui environ 300 000 formations.1945 Création de la télévision française à vocation pédagogique via l’O.R.T.F. (Office de Radio Télévision Français).1946/1971 | Le paysage de la formation à distance est remanié1946/1947 Réorganisation des associations professionnelles et mise en place de la formation professionnelle.1950 Développement du microsillon et du magnétophone, nouveaux supports d’enseignement.1963 Télé-CNAM est lancée1969 Développement et soutien de la télévision scolaire dans les pays en voie de développement sur la volonté de l’UNESCO.1970/1994 | déclin puis reprise de la télévision éducative, essor de l’enseignement àdistance à l’échelle internationaleAnnées 70 Création du Conseil International de l’Enseignement à Distance et du Consortium International Francophone de Formation à Distance (C.I.F.F.A.D.).1974 Dissolution de l’O.R.T.F. pour favoriser la concurrence télévisuelle ; sur le petit écran la formation s’incline face au divertissement.1982 Les magnétoscopes et la V.H.S. se généralisent peu à peu.1984 L’ordinateur personnel s’impose, notamment grâce au Macintosh d’APPLE.1985 Lancement du plan Informatique Pour Tous (I.P.T.) (voir ci-après).1988 Les logiciels à vocation pédagogique fleurissent dans la distribution spécialisée.1994 Lancement de la Cinquième (désormais France 5), la télévision de la connaissance et du savoir. 11
  • 18. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR LE PLAN INFORMATIQUE POUR TOUS (I.P.T.)Le 25 janvier 1985, le gouvernement français, soucieux d’équiper les 50 000 écoles, collègeset lycées nationaux en matériel informatique, annonce la mise en place d’un plan de 1.8milliard de francs pour l’installation de 120 000 ordinateurs et l’accès à l’informatique des 11millions d’élèves français. Ce plan très ambitieux a permis une vulgarisation de l’informatiqueauprès de la population scolaire. Cependant, celui-ci est considéré comme un échec puisque laprogrammation a été privilégiée au détriment de l’utilisation de logiciels mais aussi car lesprofesseurs n’étaient que peu formés et le matériel souvent obsolète. D’ailleurs, parprotectionnisme, ce sont des sociétés françaises qui ont été sélectionnées telles queTHOMSON et BULL. Or, très vite, se sont imposés les équipementiers américains APPLE etIBM.1995/2011 | la montée en puissance du multimédia1995 Les particuliers découvrent Internet et ses ressources universelles. Création de l’A.R.F.E. (Anneau des Ressources Francophones de l’Education) par des enseignants, chercheurs et étudiants. De nombreux documents éducatifs téléchargeables y sont implémentés.1996 Plusieurs académies scolaires proposent leur site internet et les établissements scolaires commencent à souscrire des connexions Internet.1997 Lancement du plan national pour l’équipement et la connexion de tous les établissements de l’enseignement public, de la maternelle à l’université, d’ici l’an 2000. Généralisation du D.V.D.2000 Tous les lycéens métropolitains et ultramarins sont équipés, les écoles et collèges accusent un certain retard.2003 Le Web 2.0, concept défini par Dale DOUGHERTY et Tim O’REILLY, transforme les usages d’Internet.2010 En France, on dénombre 1 P.C. pour 4 lycéens, 1 pour 6 collégiens, 1 pour 10 élèves de primaire. A peine 20% des établissements proposent une connexion Wi-Fi.2011 Adoption du plan France Numérique 2012 pour l’économie numérique.FOCUS SUR LE MULTIMÉDIALe multimédia se caractérise par la conjonction digitale d’au moins deux médias distincts parmile texte, le son, l’image fixe ou l’image animée. C’est dès 1978 que François BILLETDOUX,auteur et romancier français, invente ce néologisme qui deviendra peu à peu le termedésignant toute l’industrie des éditions numériques que ce soit en termes de contenant(consoles, ordinateurs, tablettes, …) et de contenus (l’information créée puis transmise etdiffusée). 12
  • 19. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENSur le plan de l’apprentissage, le multimédia se caractérise par le regroupement de médias surun même support (logiciel, internet) favorisant l’interactivité (navigation, hyper navigation,recherche d’informations, aide en ligne) avec l’apprenant. C’est donc la logique L.M.S.(Learning Management System, système d’apprentissage web pour accompagner toutepersonne dans son processus d’apprentissage et la gestion personnalisée de son parcours) quiprédomine via l’évaluation, le cheminement (laisser des traces de sa progression) et lacommunication synchrone et asynchrone (facteur temps) avec ses pairs et/ou un enseignant.Cette chronologie démontre combien l’évolution de l’enseignement à distance et, plusglobalement, des T.I.C.E. a été rythmée par l’introduction de technologies innovantes. La partiesuivante s’attachera donc à présenter ces vecteurs pédagogiques et, ainsi, mettre en relief lesprogrès dans le domaine de l’e-formation.B. Les « vieilles » et les « nouvelles » technologiesSur la frise ci-dessus est illustrée de façon synthétique les diverses grandes technologies ayantconcouru à façonner l’enseignement ouvert. 13
  • 20. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN1. La radio et la télévision scolaires, le savoir au service des massesA la fin des années vingt, l’Etat prend en compte l’enseignement et la formation à distance etencourage l’introduction de technologies dans l’enseignement notamment par l’usage de laradio et du téléphone. Cependant, le téléphone est un support vite abandonné car coûteux etencore peu généralisé. En 1926, Radio Luxembourg est la première radio à transmettre unprogramme éducatif. Puis, en 1936, les premiers grands projets de formation par l’utilisation dusupport radiophonique soutenus par l’Etat sont opérationnels. Radio Sorbonne, par exemple,voit le jour en 1937.Plusieurs radios publiques comme privées diffusent des émissions éducatives à grande échellepour les personnes désireuses d’accroître leurs connaissances. Le succès est au rendez-vous,notamment dans les zones rurales.En parallèle de la radio, la télévision s’intéresse très vite à l’éducation des masses. Dès 1957,de courts programmes pédagogiques sont diffusés. En 1963, c’est outre-manche que latélévision éducative trouve ses lettres de noblesse avec le lancement d’une chaîne dédiée auxadultes par la B.B.C. En France, Télé-CNAM est lancée. Dès 1965, la Radio TélévisionScolaire (R.T.S.) encourage de multiples émissions éducatives majoritairement à destinationdes adultes. Les Pays-Bas, l’Allemagne, la Pologne, le Québec suivent.Aujourd’hui, BBC Learning et BBC Schools font toujours office de références. Dans le mondefrancophone c’est R.F.I., pour la radio, et France 5 et certaines de ses jumelles nationales(Radio Canada), pour la télévision, qui sont actuellement les principaux vecteurs éducatifs. Cesdeux médias tendent à s’effacer devant Internet.2. L’informatique, nouvel environnement pédagogiqueSuite au colloque de l’O.C.D.E. à Sèvres, en 1970, la France, qui est en pleine période dedéveloppement, introduit l’informatique dans l’enseignement secondaire. On fait le choixd’introduire l’informatique en tant que support et non en tant que discipline indépendante. Sepose alors le problème de l’équipement qui est coûteux et volumineux. Seuls 58 lycées sontéquipés entre 1972 et 1976.D’un lycée à l’autre, les initiatives et pratiques sont très diverses : club informatique, cours deprogrammation, enseignement assisté par ordinateur (E.A.O.). C’est cette dernière initiative quiprend le dessus et tend à plus largement se développer à l’orée des années 80 bien qu’en1978 le rapport Simon insiste sur l’importance de finalement définir l’informatique comme unediscipline à part entière. En 1979, l’opération « 10 000 micro-ordinateurs » est validée.Les professeurs étant très peu voire mal formés, on établit des stages d’un an dans chaqueacadémie pour palier à cette problématique. En parallèle, on crée l’option informatique pour lessecondes, premières et terminales. En 1983, le gouvernement entérine le projet « 100 000micro-ordinateurs» qui sera renforcé par le plan Informatique Pour Tous (I.P.T.) déjà cité.Aujourd’hui, informatique et multimédia sont presque indissociable, Internet étant devenu unoutil logiciel important au sein des classes. 14
  • 21. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR L’E.A.O. OU ENSEIGNEMENT ASSISTÉ PAR ORDINATEURLorsqu’un apprenant utilise un logiciel sur micro-ordinateur pour apprendre, on parled’Enseignement Assisté par Ordinateur. L’E.A.O. s’appuie sur des didacticiels (contraction delogiciels didactiques), à savoir des logiciels à portée pédagogique, articulés autour du triptyquestimulus/réponse/évaluation, notamment dans le cas des didacticiels exerciseurs quiconsolident une notion par le phénomène de répétition (behaviorisme, notion que nousdévelopperons par la suite). Les didacticiels se distinguent par leurs fonctions interactives. Sesuperposent les tutoriels qui ont pour unique but de dispenser un contenu pour offrir et/ourenforcer la connaissance d’un sujet précis.L’E.A.O., choix des gouvernements français successifs, bénéficie de nombre d’intérêts maissouffre aussi de lacunes évidentes. L’E.A.O. apporte de nombreux stimuli à la motivation desélèves et leur propose des activités interactives et ludiques qu’un enseignant ne peut pastoujours créer ni effectuer. En revanche, ces programmes manquent parfois d’empathie et nepeuvent pas toujours apporter une réponse à des cas spécifiques où l’accompagnementhumain est important. Bien évidemment, l’E.A.O. suscite également des réserves de par sasubstitution à l’enseignant, le facteur humain étant considéré comme déterminant dansl’apprentissage.Ce que l’on désigne désormais par l’acronyme T.I.C.E. est essentiellement le fruit de lasynthèse de l’E.A.O. et du multimédia.3. Le magnétoscope et la V.H.S., l’image à l’infiniAvec l’enregistrement du son et de l’image sur bande magnétique, la vidéo s’impose très vitecomme un excellent vecteur pédagogique, au cours des années 80. Les possibilités sontimmenses : illustration de cas, descriptions pédagogiques, insertion de photographies, planrapprochés, division de l’image, ralentis, retours en arrière, passage accéléré à la séquencesuivante, etc. En tant que support peu encombrant et facile d’utilisation, la V.H.S. devient viteun outil pédagogique incontournable que ce soit en classe ou en autoformation, par exemple.Cependant, la vidéo est parfois décriée pour son manque d’implication réelle de l’apprenant, lefait qu’elle ne soit pas forcément adaptée à l’auditoire et, de plus, non modifiable maiségalement pour sa couverture parfois très superficielle d’un sujet derrière de divertissantsatours.C’est pourtant une technologie désormais universelle et qui a su se renouveler dès 1997 avecle lancement du Digital Versatile Disc (D.V.D.) qui truste toujours une place importante dans lesméthodes pédagogiques.4. Le multimédia ou la conjonction de vecteurs pour une pédagogie dynamiqueLes bases du multimédia pédagogiques ont été jetées par l’E.A.O. et la vidéo éducative. A lafin des années 70, avec l’essor du multimédia, la formation à distance commence à être perçuecomme une sphère éducative indépendante par les pouvoirs publics qui appréhendent plusaisément ses enjeux, ses expériences, ses caractéristiques et ses problématiques propres. 15
  • 22. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENCela se double d’une réelle empathie pour le public apprenant. On mène des études decomportement à la fois sur les formateurs et les formés et la recherche technologique dansl’éducation est plus largement encouragée. Avec pour conséquence une assimilation duconcept d’individualisation. Dès 1987, le Ministère du Travail lance un appel à projets« systèmes de formation multimédia individualisés ». A l’échelon européen, le programmeD.E.L.T.A. voit le jour, en 1991, avec pour objectif la recherche et le développementd’applications basées sur les nouvelles technologies d’information et de communication dansl’éducation. Sur le plan national, le programme F.O.R.E. (Formation Ouverte et RessourcesÉducatives) permet la généralisation de formations à distance dans les entreprises et lescentres de formation.Dès 1988, avec la généralisation des micro-ordinateurs, tout un chacun peut désormaisacquérir des logiciels pour se former ou renforcer ses compétences. L’école, de son côté, n’estpas en reste avec la constitution de logithèques.5. Internet, la connaissance n’a plus de frontière ni de limite dans le tempsEn 1995, une révolution technologique voit le jour, à savoir Internet. Les instanceseuropéennes, bientôt relayées par leurs pendants nationaux et régionaux multiplient lesinitiatives mettant le multimédia au cœur de l’éducation. On l’a vu précédemment, lesétablissements français se dotent relativement rapidement d’une connexion pour tirer partie dece nouvel outil mettant à portée de clic la connaissance universelle.On commence à numériser les ouvrages, on publie divers travaux et recherches. Les CampusNumériques Universitaires sont mis sur pied ; le concept d’e-université est né. L’e-learningprolonge cette notion à toutes les classes d’âge, à tous les niveaux scolaires. On parle deNouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (N.T.I.C.) puis, lesdéveloppements étant particulièrement fulgurants, de T.I.C. L’enseignement qui, comme on l’avu sait tout le potentiel qu’offrent ces technologies, définit très rapidement le concept deT.I.C.E.En 2003/2004, le Web vit sa première grande révolution. Le Web 2.0 prend le relais. D’unInternet aux contenus pratiquement figés et peu interactifs, on passe à l’implémentation d’outilsen cascade pour un recentrage sur l’internaute et, de fait, une plus grande horizontalité. Lavidéo, les plug-ins, les podcasts et A.P.I. se généralisent sur la Toile. Autant d’attributsparticulièrement adaptés pour faire d’Internet une formidable source éducative. Les contenusnumériques publiés ne sont plus uniquement l’apanage d’experts puisque tout un chacun peutinteragir avec les internautes. Outre la multiplication des sources et l’aplanissement du facteurtemporel, on se connecte sur différents devices (ordinateurs, tablettes, téléphones mobiles)pour un accès extrêmement facilité à l’information qui se régénère constamment.En parallèle du flux logique et bien établi enseignant/apprenant, se développe les fluxenseignant/enseignant et apprenant/apprenant qui sont particulièrement encouragés avecl’apparition des réseaux sociaux. Ces plateformes d’échanges planétaires, au succès croissantdepuis 2006, sont certainement le principal catalyseur de la notion d’individualisation del’enseignement dans la lignée des logiciels. Le paysage pédagogique est, une nouvelle fois,bousculé et les vérités d’hier ne sont pas forcément celles d’aujourd’hui. Le « décor » de laformation ouverte étant planté, il me paraît essentiel à ce niveau de passer en revue lasituation des T.I.C.E. dans l’Hexagone à l’école mais aussi de l’e-learning en entreprise et à lamaison, en 2012. 16
  • 23. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN e-twinning Synchrone/Asynchrone Apprentissage Learner2Learner Evaluation 2.0 Formation E.A.O. Ludique Education 2.0 Blogs e-learning Partage desAutonomie données Motivation Tâches Interactivité E.N.T. Widgets T.I.C.E. Classes Virtuelles Chat Wikis Web 2.0 Encadrement Syndication Pédagogie 2.0 MultimédiaC. La pédagogie en trois dimensions : l’éducation nationale, la formationcontinue, l’apprentissage autonomeLorsque l’on évoque le vaste domaine de l’éducation des personnes, on distingue deux grands« compartiments », à savoir l’éducation scolaire, sous la houlette de l’éducation nationale et duministère du même nom et la formation continue qui s’exerce au cours de la carrièreprofessionnelle. On parle de formation initiale par opposition à la formation continue.Cependant, lorsque l’on évoque l’éducation, il ne faut pas minorer l’importance del’apprentissage autonome, à savoir les démarches personnelles des individus souhaitant seformer à une ou plusieurs discipline(s) ou approfondir leurs connaissances. A contrario desformations précédentes, il n’y a pas forcément de structure encadrante.1. La formation initiale, l’école de Jules Ferry et de NapoléonIl s’agit de l’éducation intellectuelle et morale d’une personne obtenue au terme d’un cycled’étude.C’est via l’école, dans toutes ses composantes, qu’est donc dispensée la formation initiale,généralement sanctionnée par un ou plusieurs diplôme(s). Sont considérés en formation initialeles individus qui :>N’ont pas interrompu leurs études au-delà de deux ans>Travaillent en temps partiel en parallèle de leurs étudesLe système scolaire français, qui se base sur une instruction obligatoire de 6 à 16 ans,s’articule en trois grandes périodes que sont :>L’enseignement primaire, de 2 à 10 ans, et qui rassemble les écoles maternelle et primaire.>L’enseignement secondaire, en moyenne de 11 à 18 ans, qui est la synthèse du collège et dulycée.>L’enseignement supérieur qui revêt diverses formes selon l’orientation choisie ou subie àl’issue du collège et pendant les années lycée. 17
  • 24. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN2. La formation continue ou comment démultiplier ses compétencesLa formation continue est l’éducation concernant les apprenants qui ont quitté la formationinitiale et sont donc entrés dans la vie active. Elle désigne de fait les apprenants adultes. Laformation continue revêt deux formes :>la reprise d’études avec des modalités proches de la formation initiale 18
  • 25. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>la formation professionnelle continue (F.P.C.)Dès 1946, la république inscrit la formation professionnelle dans la constitution française. En1949, l’A.F.P.A. (Association pour la Formation Professionnelle des Adultes) voit le jour. Apartir de 1959, la loi Debré permet aux centres de formation de dispenser des cours du soir. Onconsidère que la formation est un effort personnel récompensable par une promotionprofessionnelle. La reconversion professionnelle est prise en compte, en 1963, via le FondsNational pour l’Emploi (F.N.E.) qui participe à la restructuration du secteur industriel et de sesmoyens humains. Suite à mai 68 et, après de profondes négociations, les partenaires sociauxfont entrer la formation professionnelle au cœur du droit du travail via l’accord nationalinterprofessionnel (A.N.I.), permettant ainsi de corriger les inégalités du système éducatif, laréponse aux besoins en main d’œuvre et aux aspirations individuelles à la promotion. Tous lessalariés, excepté ceux du secteur public, sont concernés.Depuis la loi du 16 juillet 1971, la F.P.C est dispensées par des organismes reconnus auxstatuts très divers. L’Etat, les collectivités et les cotisations patronales sont les sources definancement de la F.P.C. qui jouit aujourd’hui d’un budget annuel avoisinant les 30 milliardsd’euros. En 1984, le congé individuel de formation (C.I.F.) voit le jour suivi, en 1989, par lecrédit formation.Une rationalisation des organismes de formation est menée en 1991 suite à certaines dérives.Des labels sont délivrés. En 1993, c’est le financement qui est assaini : les O.P.C.A.(Organismes Paritaires de Collecte Agréés) sont instaurés. Le capital temps formation voit lejour et permet aux salariés de profiter de formations inscrites au plan de formation de leurentreprise pendant leur temps de travail. 2004 signe l’instauration du droit à la formationprofessionnelle tout au long de la vie de l’individu. Depuis 2007, certaines branches de lafonction publique bénéficient également de ce système. C’est ainsi que le droit individuel à laformation (D.I.F.) est créé : le salarié dispose de vingt heures de formation par an, des heurescumulables sur plusieurs années.Avec le D.I.F., les services Web prennent de l’ampleur, comme nous le verrons plus largementdans la suite de ce rapport, et le salarié est parfois directement sollicité par les offreurs dumarché de l’e-learning.3. L’apprentissage autonome : apprendre tout au long de son existenceNous avons précédemment souligné l’importance de l’individualisation. Au cours du vingtièmesiècle, la notion d’apprentissage autonome s’est largement développée en parallèle del’évolution des techniques pédagogiques. En effet, l’apprentissage en autonomie jouit d’unebatterie d’avantages pour un apprenant désireux de se former ou d’approfondir sesconnaissances par lui-même, à savoir :>Une autonomie permettant une gestion personnelle des efforts et du temps consacré>Un apprentissage basé sur les besoins et attentes spécifiques de l’apprenant>Un apprentissage décentralisé par rapport aux personnels et locaux disponibles>Une souplesse dans la progression et une pression moindre par rapport aux objectifs>Un coût maîtrisé, notamment à l’ère numérique 19
  • 26. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENEn 2011, c’est l’ordinateur qui très majoritairement est choisi par les individus. Cependant,selon l’appétence à l’informatique, l’âge ou encore les ressources, certains privilégient encorela formation par les livres, cassettes audio et vidéo ou D.V.D. Ces choix tendent à semarginaliser devant la force de frappe des logiciels et d’Internet. En effet, l’apprentissageautonome via ces outils conventionnels souffre notamment des points faibles suivants :>Pas ou peu de contact avec d’autres apprenants>Moins de possibilités d’échange>Un partage d’expériences peu favorisé>Une évaluation rare ou inexistante des progrès accomplisIl est difficile de quantifier l’apprentissage autonome qui est un choix personnel qui s’exerce endehors des structures scolaires et professionnelles. Si la France se positionne comme lachampionne du soutien scolaire, avec 2.2 milliards € et une croissance annuelle de 10%, quiddu « marché adulte » de l’apprentissage autonome ? D’autant qu’avec Internet, les démarchessont grandement facilitées.FOCUS SUR LE SOUTIEN SCOLAIRELa France étant l’un des rares pays où le soutien scolaire bénéficie d’une réduction fiscale, lescours de soutien connaissent une envolée ces dernières années. En surimpression de ce coupde pouce, la culture typiquement française de l’élite, où l’échec est très mal vécu, est unparamètre à prendre en compte.D’autre part, le développement des technologies numériques permet désormais une trèsgrande flexibilité en termes horaires, pécuniaires, organisationnels et de motivation. ProfExpress, Educastream, Maxicours, Teacheo et consorts ont su tirer partie du Web 2.0 enimplémentant des outils variés pour un parcours personnalisé des élèves. Acadomia, leader ducours à domicile, s’est récemment lancé dans les cours de langue en ligne selon les niveauxreconnus par le C.E.C.R. que nous expliciterons ultérieurement.D. État des lieux des T.I.C.E. en milieu scolaire : un usage contrasté1. Une distorsion notable entre les moyens et les usagesBien que parmi les pays de l’OC.D.E. la France ne soit pas des plus en avance, le recours auxnouvelles technologies s’est grandement accéléré ces dernières années. Il est pour autantnécessaire de souligner que cette progression est très logique voire urgente puisque notrepays accuse un lourd retard en la matière. 20
  • 27. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Vocabulaire L.P. Lycées Professionnels L.E.G.T. Lycées d’Enseignement Général & Technologique Source : Éducnet, Débit de l’accès à Internet, 2010En 2010, parmi les pays de l’Union Européenne, la France arrive en huitième position entermes d’équipement informatique. Bien que notre pays soit la deuxième économie de cettezone, il s’agit d’un rang somme toute honorable et qui est le fruit d’efforts continus, cesdernières années, de nos gouvernants pour équiper les établissements nationaux et ultra-marins. Cependant, le taux d’équipement subit de regrettables variations d’une académie àl’autre, un déséquilibre qui pourrait s’aggraver avec les récentes lois de décentralisation. Source : Éducnet, Nombre d’élèves par ordinateur, 2010Le graphe ci-après, qui s’attarde sur les matériels technologiques utilisés est édifiant. Hormisles photocopieurs, tous les autres outils sont majoritairement fournis par les enseignants quidoivent très souvent mobiliser leurs ressources personnelles pour permettre un accès facilité etmulti-supports de leurs élèves aux T.I.C.E. Pour l’usage d’un simple ordinateur de salon, cinqfois sur dix, c’est l’ordinateur personnel de l’enseignant qui est mis à contribution. 21
  • 28. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : Éducnet, Équipements à la disposition des enseignants, 2010 Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Utilisation des équipements à titre professionnel, 2010 22
  • 29. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Utilisation des équipements, 2010Le recours aux équipements permettant une utilisation d’Internet s’est accéléré. Pourtant, lesenseignants restent prudents dans leurs usages en favorisant des matériels classiques dont ilsmaîtrisent parfaitement l’utilisation. Les tableaux blancs, les classes mobiles et les tablettes,notamment, suscitent même des freins notables. Le tableau blanc interactif dispose d’un écrantactile, d’un stylet et d’un capteur suivant les mouvements de l’utilisateur. Il est généralementrelié à la Wi-Fi. La classe mobile permet de favoriser les travaux en réseau. Ces résultatsdénotent de la frilosité de certains professeurs envers ces outils technologiques révolutionnantl’approche pédagogique.En ce qui concerne la place des T.I.C.E. à l’école, les résultats sont édifiants : sur les 27 paysque compte l’U.E., notre pays se classe au vingt-quatrième rang pour l’usage de cestechnologies dans la classe. Ce déséquilibre a pour résultante une distorsion entre lescapacités et les usages. L’accès des élèves aux ressources est désormais généralisé maisceux-ci ne bénéficient que très peu des dernières innovations ou pour des tâches encore trèsbasiques. Outre les moyens financiers et techniques, il est nécessaire de prendre enconsidération « l’évangélisation des enseignants » pour clarifier ce retard inquiétant.Depuis le Plan Informatique pour Tous de 1985, la formation et, en préambule, lasensibilisation des professeurs a bien souvent été le parent pauvre des programmes etpolitiques décidées par le Ministère de l’Éducation. En conséquence, il n’y a pas dans notrepays de véritable « coaching » et donc d’adhésion pleine et entière des enseignants autour desmultiples possibilités des T.I.C.E. A contrario de certains de ses alter-egos, l’enseignantfrançais reste donc timoré dans son approche et dans son usage des T.I.C.E., sauf exception,et n’explore que très peu de méthodes et travaux en dehors de ceux mis en exergue par lesinstances éducatives.Les conséquences sont les suivantes :>La défiance vis-à-vis des T.I.C.E. est encore notable>Le recours spontané au T.I.C.E. est donc faible>La créativité pédagogique est minorée>La « veille techno-pédagogique » est rare parmi le corps enseignant peu sensibiliséL’étude sur les T.I.C.E. et les enseignants, menée en 2010 par l’IPSOS, donne un éclairagetrès parlant sur la perception des outils numériques par les professeurs. L’histogramme ci-après démontre que ces techniques sont plus largement vues comme des leviers du savoir-être avant d’être de probants vecteurs du savoir. 87% des enseignants jugent les T.I.C.E.comme un moyen de permettre un usage raisonné d’Internet par les élèves et apportant unecertaine maîtrise de l’information et de la communication. L’aide à la pratique d’une langueétrangère (52%), à la rédaction (44%) et à la maîtrise du français (41%) ou bien encore à la 23
  • 30. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENmaîtrise des mathématiques et des sciences et technologies (38%), qui se situe sur le plan dusavoir, sont des critères cités par moins d’un enseignant sur deux. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Compétences développées par les TICE, 2010On constate, à la lecture des réponses données, que le corps enseignant appréhende encoretrès largement les T.I.C.E. comme un moyen plus que comme un faisceau de sources de laconnaissance. Pour preuve, le graphique suivant qui aborde les bénéfices des T.I.C.E.ressentis par les professeurs. Les mentions « apprendre de manière interactive et ludique »et/ou « consolider les savoirs », par exemple, ne figurent pas parmi les résultats proposés parle ministère. Pour la grande majorité des enseignants, les T.I.C.E. sont le moyen idoine depréparer des supports de cours et de réaliser des tâches administratives. Ils ne sont que 66% àplébisciter l’item « faire cours ». Et seuls 49% sont tout à fait d’accord avec l’affirmation« réaliser un suivi personnalisé des élèves et leur évaluation, en dehors de la classe ». LesT.I.C.E. sont considérées comme des techniques organisationnelles pratiques pour lesprofesseurs et qui, lorsqu’elles sont utilisées avec les apprenants, le sont essentiellement enclasse. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Bénéfices des TICE, 2010Devant cette perception encore très classique, les réponses à la question « quelles actionspour généraliser l’usage des T.I.C.E. ? » sont éloquentes : 8 professeurs sur 10 réclament des 24
  • 31. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENformations et une aide à la gestion de la maintenance. 57% demandent l’adaptation desprogrammes et ils sont 40% à souhaiter que les instances scolaires communiquent bien plussur les bénéfices que les T.I.C.E. peuvent apporter aux enseignants, ce qui illustre clairementle manque « d’éducation » du corps enseignant à ces technologies. D’ailleurs, le fait qu’ilssoient 71% à estimer qu’il est important de prendre en compte le fait que l’usage des T.I.C.E.nécessite un temps de préparation plus long prouve la méconnaissance des pédagoguespuisque les T.I.C.E. sont censées, entre autres, permettre une gestion facilitée et donc plusrapide des cours. Seuls 2% répondent qu’ils ne voient aucun intérêt aux T.I.C.E., ce quisouligne la prise de conscience relative à l’importance et à l’impact de ces outils par lacommunauté scolaire. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Quelles actions pour généraliser l’usage des TICE ?, 2010 Disciplines et T.I.C.E. >Les sciences et technologies sont logiquement en tête >Les maths trustent la seconde place avec plus de 20% >Le rédactionnel (lettres, sciences humaines et langues) peinent encore à « se digitaliser » >Les technologies complexes accusent un fort retardLes deux tableaux ci-après listent les types d’actions principalement menées par lesenseignants lorsqu’ils ont recours aux technologies de l’information et de la communicationdans l’enseignement. Le premier tableau concerne le cycle primaire, le suivant le secondaire. 25
  • 32. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : Éducnet, Services en lignes à l’écoleA la lecture de ces indices, on constate que c’est étonnamment en maternelle que l’on fait leplus appel aux ressources pédagogiques en ligne. Suivent les lycées avec 71%, les collèges etécoles primaires avec 64% et les lycées professionnels avec 53%. En France, les nouvellestechnologies à l’école semblent être essentiellement synonymes de praticité et gain de tempsdans l’approche organisationnelle : on délivre les emplois du temps, les notes et actualitésscolaires avec Internet pour appui. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, Moyens d’évaluation utilisés, 2010Cependant, les enseignants se convertissent peu à peu l’évaluation 2.0 pour une interactivitéplus forte, comme le démontrent les indices ci-dessus. Les tâches multimédia sont encore 26
  • 33. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENdisparates mais les formateurs ont intégré l’aspect facilitateur de la notation grâce aux outilsnumériques. Pour les devoirs sur table, les exercices ou encore les interrogations écrites etorales, les moyens d’évaluation numériques sont de plus en plus utilisés par les enseignants.Cependant, dans le cadre des devoirs à la maison ou préparations d’exposés, les professeursappliquent rarement une évaluation basée sur les outils digitaux en mode asynchrone donc àdistance.A l’heure du Web 2.0, il est surprenant de constater que les outils digitaux employés par lecorps enseignant demeurent relativement conventionnels, comme en atteste le graphique ci-dessous à gauche. Le rédactionnel reste majoritaire avec l’utilisation et l’entretien d’un blogpour 27% des répondants. Facebook et Twitter, largement utilisés par les élèves en tantqu’agréments, ne sont que peu exploités (9% Vs. 2%) en classe.Sur le chapitre des réseaux sociaux (graphique de droite), la méconnaissance estmalheureusement criante : 31% des sondés ont opté pour l’item « Ne sait pas » à l’affirmation« Les réseaux sociaux peuvent servir de vecteur pédagogique » et pratiquement 2 professeurssur 10 ne sont pas d’accord avec cette affirmation. Source : IPSOS, Etude sur les TICE et les enseignants, 2010Le social learning, qui s’appuie sur le mode collaboratif induit par les médias sociaux et quenous aborderons plus loin dans ce rapport, n’a pas encore les faveurs du corps enseignant.Pourtant, l’installation et le renforcement inévitable des T.I.C.E. dans le paysage scolairefrançais vont amener les instructeurs à optimiser leurs usages en ce domaine et, surtout, àtravailler en mode systémique, comme le résume l’infographie ci-après.Outre les supports papier classiques, les professeurs devront s’adonner à la gestion d’outils électroniques divers (wikis, blogs, réseaux sociaux, vidéoconférence, webinars, etc.) tout en gérant l’approfondissement de leurs rapports avec les familles, leurs collègues (best practices, …), leur hiérarchie mais aussi et surtout avec leurs élèves bien plus informés et exigeants. L’interdépendance et le partage vont prendre une autre dimension à l’école sous la houlette de professeurs bien plus aguerris aux nouvelles technologies. 27
  • 34. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Le prof dans l’œil du cyclone >Il est connecté >Il doit constamment se former >Il connaît la valeur de la collaboration >Il est la porte d’entrée vers le réseau >Il est le nœud des échanges >Il connecte les intelligences >Il lie le tangible au virtuel Source : The networked teacher, Alec COUROSA, 20102. Les Espaces Numériques de Travail, la systémique des ressourcesCependant, l’Etat a réagi en instaurant les E.N.T. (Espaces de Travail Numérique) dans lesétablissements secondaires puis universitaires. Il s’agit de fournir aux utilisateurs (élèves,professeurs, chercheurs) un accès aux ressources liées à leur(s) activité(s). Ce point d’entréeest constitué d’un socle de services applicatifs pour des recherches profondes de données. LesE.N.T. ont permis de donner un accès en dehors des structures scolaires aux bénéficiairespour un partage collectif de l’information, de moderniser la scolarité en encourageantl’utilisation de ressources pédagogiques au sein des familles, permettre aux scolaires lagestion de l’information et donc de mieux appréhender la société de l’information et, enfin derendre possible par tous et pour tous l’utilisation de formes alternatives d’enseignement etd’apprentissage. Les E.N.T. sont les équivalents nationaux des L.M.S anglo-saxons, soit descentres de ressources.E. L’e-formation est désormais bien installée dans l’enseignement extrascolaireSelon une étude de Cegos (« La formation professionnelle, aujourd’hui et demain »), en 2010,24% des salariés français ont suivi un cours en e-learning contre 51% en Espagne et 47% auRoyaume-Uni. Cependant, ce retard devrait être comblé d’ici 2012 puisque on observe uneaccélération du recours à l’e-learning au sein de nos entreprises. Les employeurs incluentdésormais plus facilement un volet e-learning à leur plan de formation. Les causes en sontessentiellement la flexibilité et la réduction de certains coûts, à une époque où les dépensessont étudiées à la loupe.L’enquête CEGOS met en avant 7 tendances lourdes encourageant la conversion desressources humaines à l’e-learning. 28
  • 35. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : BISEUL Xavier, « E-learning : la France en cours de rattrapage », 15 janvier 2010L’étude « e-transformation de la formation » conduite par les étudiants de l’Institut Léonard deVinci (I.L.V.), en 2011, met en exergue le potentiel de l’e-learning dont la part budgétaire nereprésente qu’un pourcent du budget total de la formation quand celle-ci atteint les 11% auniveau mondial. Ce sont logiquement les grandes entreprises et les multinationales quigénèrent 73% du chiffre d’affaires de ce secteur. Selon Philippe GIL, de DEMOS E-Learning,« les entreprises du CAC 40 estiment que la part de l’e-learning sera en augmentation ou enforte augmentation dans les deux ans à venir. Aucune ne prévoit de réduire l’effortd’investissement ». Le potentiel de croissance est donc vaste. D’autant que 85% de cessociétés font de l’outsourcing pour la réalisation de modules de formation.Il s’agit donc essentiellement de contenus sur mesure, à savoir répondant à un cahier descharges établi selon les besoins du donneur d’ordre. Suivent les contenus sur étagère, oustandard, désormais majoritairement liés aux thématiques managériales. Outre ces deuxsegments désormais largement exploités, le serious gaming fait une percée remarquable cesderniers mois. Le plan France Numérique 2012, pour le développement et l’offre de contenusnumériques, dispose d’un budget de 20 millions d’euros pour le soutien de 48 projets deserious gaming. Ce segment de l’e-learning génère 1.5 milliard d’euros et atteindra les 10milliards en 2015. Le potentiel est donc considérable et les entreprises se laissent désormaisséduire par cette pédagogie ludique très réaliste permettant une forte implication et donc uneadhésion de leurs salariés. Ces « jeux sérieux » combinant le ludique à l’interactivité peuventêtre de six natures :>Les advergames ou jeux publicitaires pour la promotion d’une marque>Les jeux ludo-éducatifs pour apprendre tout en s’amusant 29
  • 36. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Les jeux de marché qui servent la stratégie de communication et les enjeux sociaux>Les jeux engagés pour la dénonciation de problèmes généralement d’ordre éco-politique>Les jeux de simulation permettant la reproduction d’une tâche ou manœuvre>Les jeux expérimentaux généralement à dimension scientifiqueBien évidemment, les sociétés sont bien plus enclines à mettre en place les jeux ludo-éducatifset de simulation. Cependant, les autres types sont parfois utilisés par les marques auprès dumarché donc de leurs consommateurs, notamment les advergames. A noter que L’OREAL a,par exemple, recruté un tiers de ses stagiaires via le jeu Reveal, en 2010.L’étude de DEMOS E-Learning démontre également que 30% de ces entreprises du CAC 40offrent la possibilité à leurs salariés de suivre leurs modules d’e-formation à domicile. Onconstate une accélération de la délinéarisation de la formation professionnelle par le recoursrenforcé aux solutions digitales. Six entreprises sur dix, pour parer à la solitude de l’apprenantmais également stimuler sa motivation, ont mis en place un système d’accompagnement telque le tutorat. En effet, si le distantiel, soit l’apprentissage à distance, a des nombreuxavantages, les employeurs sont soucieux d’entretenir la motivation de leurs ouailles.A l’instar d’autres enquêtes, celle-ci démontre une nouvelle fois la montée en puissance dublended learning ou mélange des modalités pédagogiques relatives au présentiel et audistantiel. 44% des sociétés renforçant leur formation autour du blended learning ont réduit leprésentiel. Il s’agit, désormais, de bien préparer son mix learning pour effectuer un savantdosage entre le présentiel et le distantiel mais aussi, en termes de vecteurs, savoir quels outilssélectionner et quelle part leur donner dans la stratégie globale du plan de formationprofessionnelle.Car si le blended learning est très prometteur, il s’agit de bien préparer en amont les contenuset leur séquençage en choisissant la durée, les outils, l’interface et l’ergonomie les plus àmêmes d’engendrer une efficacité pédagogique si possible zéro défaut pour enseigner maisaussi motiver et entretenir l’attention tout en mesurant les progrès accomplis et mettant enexergue les mesures correctrices à mener au fur et à mesure que se déploie l’apprentissage.D’une offre plutôt standard, on est passé à une offre affinée selon les besoins des entrepriseset de leurs effectifs. Le blended learning va certainement connaître un développement majeurdans les prochaines années.FOCUS SUR LE BLENDED LEARNINGLe blended learning permet une formation multimodale pour offrir à l’apprenant la formation laplus complète et flexible possible. Le blended learning s’appuie sur un savant mix learningpouvant s’appuyer pêle-mêle sur le face à face, le téléphone, l’e-mail, la visioconférence etbien évidement tous les outils digitaux pédagogiques connus. Bien que le blended learningpuisse être employé dans divers domaines, c’est dans la formation linguistique que ce conceptserait le plus efficient. TELELANGUE, leader des cours de langue à distance, quantifie entre 30et 50% le gain d’efficacité engendré par le blended learning pour, de plus, un coût inférieur parrapport aux cours classiques. 64% des formations en blended learning sont des cours delangue. 30
  • 37. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLe blended learning, concept probant pour apprendre une langueTrois motifs justifient la forte efficacité de blended learning dans la formation linguistique :>L’assimilation : grammaire, orthographe, vocabulaire sont acquis au rythme de l’apprenant viales outils digitaux utilisés. Mais la restitution des acquis est assurée par le professeur, seulcapable de faire travailler efficacement les réflexes.>La rapidité : l’apprenant progresse deux fois plus vite grâce à un enseignement disponibleanytime anywhere et parfaitement calibré à ses besoins et à son niveau.>La double flexibilité : l’employeur tout comme son salarié bénéficient d’une flexibilité dansl’enseignement/apprentissage puisque les contenus peuvent être accessibles 24/24h, enentreprise ou à l’extérieur. Source : DEMOS E-Learning, Enquête “Blended learning et tutorat”, 2009Avec la montée en puissance des smartphones, certains anticipent déjà la croissance logiquedu m-learning ou mobile learning. Certains acteurs commencent à investir le micro marché dela pédagogie nomade. C’est le cas, par exemple, de MICROPOLE et 4N MEDIA. Les salariésétant amenés à souvent se déplacer, tels les visiteurs médicaux ou les commerciaux, vontdonc être amenés à de plus en plus bénéficier de modules pédagogiques via leurssmartphones. Sans pour autant ne concerner que les geeks, le m-learning induit une adhésionforte des utilisateurs aux nouvelles technologies, bien plus encore que dans le cas de l’e-learning conventionnel. De plus, le fond et la forme des contenus pédagogiques doivent êtreadaptés à l’usage sur mobile. Selon le blog Innovative Learning Technologies, 5 raisonsmajeures illustrent les prémices du succès du m-learning :>L’exploitation optimale du Web 2.0 dans une logique communautaire>Le support idéal pour des exercices d’entraînement>Le développement de nouvelles tâches (utilisation des flashcodes, par exemple)>Permettre des formations d’un nouveau genre sur un appareil du quotidien>La dématérialisation des frontières de l’espace de formationOn entrevoit combien l’e-learning originel cède peu à peu la place à un e-learning 2.0. cardésormais les particuliers n’hésitent pas à aller à la source pédagogique pour se former par 31
  • 38. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENeux-mêmes, c’est-à-dire approfondir leurs connaissances ou développer de nouvellescompétences. L’écueil principal étant de savoir piocher parmi les gigantesques ressourcesd’Internet. Les critères observés sont majoritairement le coût, la qualité des contenus etl’interface graphique et l’ergonomie. Notons qu’avec Internet, il est souvent possible de faireson menu e-formation gratuitement ou, à tout le moins, pour un faible coût. Cependant, laqualité sera très variable.La capture d’écran ci-dessous nous donne un aperçu des référencements gratuit et payantlorsqu’il s’agit de l’occurrence « cours en e-learning ».Comme souligné précédemment, les recherches relatives à l’e-learning sont désormais pluspointues : face à la largeur de l’offreur mais aussi sur la base d’une exigence plus forte, lesFrançais tapent désormais « cours d’anglais », « cours d’italien », « e-learning langues », etc.Le graphe ci-après, issu de Google Tendance des Recherches, prouve l’essor des recherchesplus profondes à partir de 2004.Ce graphe établi à partir de l’occurrence « cours d’anglais » illustre également le fait qu’Internetsoit désormais un vecteur de choix dans la recherche d’une pédagogie adaptée par desapprenants de plus en plus séduits par la Toile pour répondre à leurs besoins, que ce soit enmode présentiel ou distantiel. 32
  • 39. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENOutre les professionnels et les scolaires, les particuliers sont désormais une cible de choix pourles acteurs de l’e-learning qui ont constaté l’importance du phénomène et tirent partienotamment du droit individuel à la formation (D.I.F.). Le marché de la formation linguistique secaractérise par une offre très atomisée rassemblant un grand nombre d’organismes, d’individuset d’entreprises de toutes tailles, avec des statuts et des offres de formations très variés,exerçant une activité dans le domaine des cours de langue.F. L’enseignement des langues a très vite succombé aux sirènes du Web A l’heure où la mondialisation régit l’économie et la géopolitiqueinternationales, la maîtrise de langues étrangères devient déterminante. Lesmarchés domestiques étant saturés, dans de nombreux secteurs d’activité,les P.M.E./P.M.I. emboîtent le pas aux grandes entreprises en se lançant àl’export afin d’obtenir des débouchés commerciaux. Outre l’anglais qui estbien souvent impératif dans le recrutement de talents, les langues secondes prennent une plusgrande importance. Et la progression des B.R.I.C.S. (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique duSud) et du Moyen-Orient amène les entreprises à rechercher des locuteurs de langues plusardues telles que l’arabe, le mandarin ou le japonais.C’est pourquoi les perspectives pour les offreurs sont placées sous les meilleurs auspices.Passons désormais en revue les sociétés référentes sur ce marché.1. Les leaders n’occupent pas une position dominante sur le marchéDans son édition du 29 novembre 2010, le Journal du Net a remis les conclusions de son étude« L’anglais en e-learning : les formations au banc d’essai ». Quatre leaders sont isolés de lamasse toujours plus importante des offreurs. 33
  • 40. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Notation des méthodes pour l’évaluation du niveau du requérant :>Notation des modules d’e-learning proposés :Ces quatre entreprises occupent 30% du marché et ont su tirer partie du booster qu’a été l’e-learning dans la formation en langues. TELELANGUE bénéficie d’une croissance d’environ26% sur les derniers exercices grâce à des investissements massifs dans son conceptCyberteachers (10 millions d’euros) qui combine blended learning, téléphone, modules e-learning, cours en présentiel et outil de gestion LMS. Cette stratégie lui permet aujourd’hui defortement concurrencer les pure players GOFLUENT et PROFORMATION. De même,BERLITZ, via son concept Virtual Classroom, a su se renouveler et, surtout, se redresser suiteà des années 2003 et 2004 difficiles.L’étude du JDN démontre que, sur ce marché, ce sont étonnamment encore les click andmortar qui tiennent le haut du pavé. En effet, seul GOFLUENT est un pure player. Parts de marché Seuls 60% du marché sont détenus par les spécialistes du secteur. 34
  • 41. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 1 370€ H.T. pour 20 heures de téléphone et 20 heures multimédia 1 450€ H.T. pour 20h de téléphone et un accès multimédia illimité 1 790€ pour 30h de cours (18hmultimédia, 12h de téléphone) 1 669€ H.T. pour 21 heures de téléphone et 21 heures multimédia 79€ par mois pour un engagement d’un an Sur devis 35
  • 42. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 99€ par mois pour l’offre Private Teacher Sur devis 89€ pour 6 mois Sur devisTELELANGUE passe sous pavillon Américain [E-learning-infos.com, 8 septembre 2011]Un coup de tonnerre dans le ciel de la formation linguistique… Berlitz accélère son développement en rachetant TelelangueLa fin - ou le début ? - dune belle aventure pour Jean-Michel Dubedout qui a su faire de Telelangue, lun des leaders européens de la formationlinguistique à distance.La mariée est belle : pionnier de la formation à distance, avec notamment la création des cours de langue par téléphone, éditeur de solutions e-learning spécialisées, présent en France à travers une trentaine de centres, Telelangue a formé plus dun million dapprenants et sert plus de 15,000entreprises clientes de par le monde. Quant à Berlitz, il est un acteur global de la formation linguistique et des services interculturels avec plus de 550centres dans 70 pays.Les motifs du rapprochement sont raisonnables. La complémentarité géographique, et celle surtout des approches de la formation, permettra aunouvel ensemble de peser plus que la seule somme des parties. Les clients de Berlitz devraient être les premiers bénéficiaires des innovationspédagogiques et de la technologie développée par Telelangue, facteurs de renforcement de la formation et doptimisation des coûts. "Ce qui est enjeu, explique Jean-Michel Dubedout, cest notre capacité à répondre à de grands appels doffre internationaux. La compétition est devenue mondiale,et les acteurs susceptibles dy participer en très petit nombre. En se rapprochant de Berlitz, Telelangue fait mieux que de rester dans la course". 36
  • 43. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLa formation linguistique est en effet particulièrement sensible aux réductions qui affectent les budgets formation des entreprises. Cest une autreraison des rapprochements en cours : les investissements nécessaires pour continuer dinnover sont importants, et leur retour suppose une baseinternationale de clients de plus en plus étendue.Par ailleurs, ces innovations peuvent aussi inspirer dautres thématiques de formation, comme le souligne Marc Verger, Président Directeur Généralde Berlitz France SAS : "La technologie de Telelangue nous ouvre également d’autres perspectives de développement pour nos formations enmanagement, leadership, diversité ou encore l’accompagnement interculturel".Cette opération fait bouger les lignes : les grands concurrents de Telelangue, à commencer par Auralog, devront sans doute revoir leur copiestratégique.Le mapping ci-après se propose de répartir les offreurs les plus influents selon deux axes quinous semblent pertinents, à savoir les acteurs clic and mortar / clic only en ordonnée et lessolutions payantes / outils gratuits ou semi-gratuits en abscisse.À la lecture de ce mapping, deux populations s’opposent diamétralement : les acteurs clic andmortar aux L.M.S. complexes et dont le tarif des solutions peut en conséquence varier dusimple au double et les réseaux sociaux linguistiques bien plus abordables voire totalementgratuits. Les offreurs clic and mortar proposant des outils très accessibles sont rares. Les outilsen question ne sont pas adossés à un L.M.S. Les pure players sont peu nombreux sur unmarché encore très occupé par les spécialistes ayant acquis une forte légitimité sur le offline. 37
  • 44. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN2. Une nébuleuse d’acteurs de l’e-formation linguistiqueLes acteurs suivants sont une vue succincte de ce qui est proposé sur Internet par des acteursde moindre ampleur et dont les business models sont parfois aux antipodes les uns des autres.>La réputation d’ASSIMIL conjuguée à l’audience de TOUTAPPRENDRE.COMFort de la centaine de langues enseignées, de son assise construite depuis 1929, de ses 37millions de clients et de sa méthode spécifique, ASSIMIL s’est associée àTOUTAPPRENDRE.COM pour superposer des modules e-learning à son offre livres et CD-Rom. Ces modules s’adressent prioritairement aux particuliers favorisant un apprentissageautonome. Pour 59€ annuels, 110 leçons sont disponibles.>MAXICOURS.COM, une notoriété digitale qui n’est plus à fairePassant en revue les matières scolaires pour apporter un soutien approfondi pour la somme de9.99€ mensuels, MAXICOURS.COM a très vite étoffé son offre en ajoutant l’allemand etl’espagnol à l’anglais. Bien connu des scolaire et mis en avant par les médias, la pédagogieuniquement digitale de MAXICOURS.COM connaît un beau succès. En langues, cours, vidéo,animations, exercices corrigés sont au menu.>APPRENDRE-LANGUES.COM a choisi la gratuité comme modèle économiqueCe site, lié aux Éditions Vasseur, propose treize langues – dont le néerlandais, l’arabe ouencore le turc – en toute gratuité. La méthode repose sur le téléchargement de fichiers texteset son. Mais les fichiers sont facturés 0.90€ l’unité. Pour aller plus loin, les apprenants sontbien évidemment dirigés vers le site des Éditions Vasseur afin d’acquérir les Cd-Romsafférents. La pédagogie en ligne reste très en surface voire basique mais a le mérite de donnerquelques notions.>LAPASSERELLE.COM, 90 leçons de langues gratuitesCe site, à l’ergonomie très Web 1.0, propose 90 leçons d’anglais totalement gratuites.L’apprenant est encouragé à faire un don de 5, 10€ ou plus à sa convenance. Fichiers son ettextes sont téléchargeables. Comme dans le cas précédent, l’acquisition de logiciels est l’étapesuivante mais, à la différence d’APPRENDE-LANGUES.COM, il s’agit de plug-ins directementtéléchargeables. Pour parler correctement le russe, apprenez dabord langlais; ça vous permettra de vous rendre compte que ces deux langues nont absolument aucun rapport entre elles. Pierre DAC 38
  • 45. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENG. Les théories de l’apprentissage, quelles méthodes pour bien apprendre ?1. Le connectivisme : une synthèse salutaire des grandes théories ?Il semble ici important de faire un point sur ce que les spécialistes préconisent en termes deméthodes d’apprentissage probantes, notamment pour les langues. En effet, dans le milieuéducatif, trois théories de l’enseignement sont plus communément admises. Il s’agit dubehaviorisme, du cognitivisme et du constructivisme.Le behaviorisme – ou comportementalisme dans notre langue –, défini en 1913 par JohnBROADUS WATSON, envisage l’enseignement sur la base de comportements observableschez l’élève sans faire appel aux mécanismes neurologiques. Le behaviorisme est dérivé de lapsychologie animale puisque les behavioristes considèrent l’homme comme un pigeoncomplexe. Cette théorie s’appuie notamment sur le phénomène de répétition et leconditionnement via le dyptique stimulus/réaction. L’expérience la plus marquante pour illustrerle comportementalisme est celle du physiologiste russe Pavlov : en 1889, celui-ci démontraque si l’on habitue un chien à accompagner sa nourriture d’une manifestation sonore(stimulus), celle-ci pouvait à la longue déclencher un phénomène de salivation de l’animal(réaction) sans pour autant être accompagnée de nourriture. Le canidé était au fil des joursconditionné à recevoir des aliments dès qu’une cloche était activée ; l’animal associamentalement ce son à la nourriture.Le fait d’apprendre par cœur, par exemple, s’inscrit parfaitement dans une démarchebehavioriste. En France, l’enseignement s’est largement appuyé sur le behaviorisme jusquedans les années 90. L’influence de cette théorie a depuis largement décrue de par les critiquesconstantes émanant des humanistes, psychanalystes et phénoménologues mettant en avant laforce de l’inconscient dans le processus d’apprentissage.Pour autant, les T.I.C.E. font parfois encore appel au comportementalisme. ChristianBARRETTE, Analyste à l’Association pour la Recherche au Collégial (A.R.C.), préconise ladiversification des approches pédagogiques lors de l’emploi d’outils T.I.C.E. et argue du faitque des études empiriques montrent que les T.I.C.E. servent également des approchescentrées sur la « simple » transmission de connaissances en mode réactif. L’enseignant base ses cours L’apprentissage se manifeste PRINCIPE DU sur des exposés, la répétition BEHAVIORISME par un changement dans le et le renforcement des comportement de l’apprenantLe cognitivisme se base sur le postulat établissant que la pensée est un processus detraitement de l’information. Selon les cognitivistes, le cerveau interprète puis stocke lesinformations. Pour schématiser, on peut définir le cognitivisme comme la science desprocessus mentaux par opposition au behaviorisme qui se base sur des stimuli exogènes.C’est notamment via la logique, les mathématiques puis l’informatique que la théoriecognitiviste a pris de l’ampleur.Plus récente que le behaviorisme, la théorie cognitiviste considère le cerveau humain commeun ordinateur complexe traitant l’information grâce à des systèmes ouverts communiquant avecleur environnement. Les concepts sont reliés entre eux par des relations. Le cognitivismeétudie les procédés, les stratégies et les règles suivies par l’esprit humain en phase 39
  • 46. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENd’apprentissage. L’apprenant collecte, stocke, analyse les données pour prendre des décisionset orienter sa conduite. Cela via, par exemple, la résolution de problèmes mathématiques oul’apprentissage de la lecture. Le cognitivisme s’appuie largement sur la mémoire. La mémoirese déploie de manière constructive suite aux diverses expériences de l’individu et permet destocker l’information et de développer la connaissance. Ce stockage dans le cerveau reposesur trois axes, à savoir le registre d’information sensorielle (vue, ouïe, toucher), la mémoire àcourt terme (répétition, encodage, décision, récupération) et la mémoire à long terme (stockagepermanent).Que ce soit dans la modélisation de logiciels ou via les plateformes digitales, le cognitivisme aapporté sa pierre aux T.I.C.E. Les environnements d’apprentissage proposant une présentationnon linéaire de l’information, de type hypermédia, sont largement inspirés de la méthodecognitiviste. On parle de flexibilité cognitive. En termes d’ergonomie, par exemple, celadébouche sur l’utilisation de différents systèmes de classification, des modalités diversesd’accès aux données pour multiplier les parcours d’apprentissage, l’insertion de schémas, devidéos, de photos. L’enseignant amène l’élève à L’apprentissage se manifeste PRINCIPE DU traiter les informations et COGNITIVISME dans le changement des interagit avec lui structures cognitivesLe constructivisme, qui s’est développé depuis les années 50, est une branche du cognitivismequi a été largement exploitée ces dernières années. La théorie constructiviste se focalise surl’apprenant a contrario du behaviorisme (stimulus externe) et du cognitivisme (traitement desinformations émanant de l’environnement). Le constructivisme considère que l’on apprend viaune activité mentale et la recherche de sens, de significations. Chacun produit ses règles etmodèles mentaux pour donner un sens à ses expériences. Apprendre est donc un processusd’ajustement de nos modèles mentaux face à de nouvelles expériences. L’individu construitses connaissances. D’après les constructivistes, pour apprendre, notre cerveau va mobilisercertaines facultés cognitives (la mémoire, la perception, etc.) pour une assimilation desinformations ou, à tout le moins, pour une accommodation, dès lors qu’il y a résistance, pourune modification in fine des structures cognitives de l’individu. La connaissance progresse àcondition d’être remise en question au contact de l’environnement.Par exemple, l’apprenant reçoit une information, celle-ci déséquilibre son modèle de penséeétabli et va donc le pousser à la disséquer, la comprendre et l’assimiler pour trouver un nouveléquilibre. Le psychologue suisse Piaget a démontré l’influence du développement cognitif dansl’apprentissage. L’apprenant va passer par différents stades pour assimiler l’information. Lesétudiants apprennent donc mieux lorsqu’ils s’approprient la connaissance par l’exploration etl’apprentissage actif (cas pratiques, analyses, synthèses, etc.).Certains constructivistes (Lave, Brown, Collins, Duguid) ont développé la notion desocioconstructivisme à l’issue des années 80. Ils estiment que la construction du savoir, bienque personnelle, s’effectue dans un cadre social et historique dont tenir compte. Lesinformations que l’individu traite sont en lien avec le milieu social, le contexte et proviennent àla fois de ce que l’on pense et de ce que les autres apportent comme interactions. Il s’agit del’aspect socioculturel de la connaissance. 40
  • 47. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENAu sein des T.I.C.E., le constructivisme et le socioconstructivisme font une remarquablepercée : mise en situation quasi réelle, résolution de problèmes et énigmes, interactions avecles autres (communautés d’apprentissage, réseaux sociaux), échange de savoirs, etc.>Mise en perspective des trois théories en vigueur : Source : Wikipedia, Les théories de l’apprentissage 41
  • 48. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Outre ces trois grands mouvements contemporains, se développe le connectivisme né sur la constatation des limites des trois principales théories en vigueur. Le connectivisme observe et explique l’impact de la technologie sur la façon d’apprendre. Selon les connectivistes, la conception, la lecture et le partage – notamment grâce aux ordinateurs et Internet - permettent de co-apprendre sans forcément avoir besoin d’un encadrement supérieur prononcé. Le connectivisme se base sur les connexions au cœur d’un thème, d’un sujet ou d’une problématique. Ce sont les connexions d’informations spécialisées qui permettent d’apprendre. Les données sont telles des bourgeons ou grappes. Cela sous entend d’aller à la recherche de la connaissance. Le schéma ci-dessus, illustre les caractéristiques du connectivisme, qui partage de nombreuses caractéristiques avec le Web 2.0, comme on le verra a posteriori. Le connectivisme est souvent considéré comme un néo-constructivisme. Selon l’InternationalJournal of Instructional Technology and Distance Learning, la théorie connectiviste conjugueles éléments pertinents des précédentes théories aux réseaux sociaux et aux technologiesmodernes pour fonder une théorie de l’apprentissage solide à l’ère numérique.L’article de Georges SIEMENS, « Commencer à mettre en place le connectivisme », jette lesbases d’une exploitation optimale du connectivisme par les enseignants. Selon cet auteur, voiciles actions à mener :>Créer des blogs pour la classe>Utiliser des activités d’apprentissage collaboratif (wikis)>Ouvrir ses propres ressources à la collaboration et au partage (L.M.S.)>Les ressources et les échanges ont besoin d’un certain degré d’ouverture>Utiliser les systèmes éducatifs ouverts dans la prestation de matériel didactique (jeux)>Faciliter la recherche de ressources>Privilégier l’écoute directe à la source (webinars, visioconférences, podcasts)>Expérimenter différents outils et approches pédagogiques>Former les apprenants à ces ressources pour qu’ils les exploitent hors de la classe>Développer l’appétence des apprenants à participer et à contribuer aux réseaux>Enrichir les cours grâce à un réseau d’experts externes et/ou d’autres apprenants 42
  • 49. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN2. L’apprentissage linguistique, en théorie ça donne quoi ?L’acquisition des langues secondes a également été théorisée. Comme dans le cas del’enseignement au sens large, différentes écoles s’opposent. Voici un panoramique de cesdiverses approches :>La méthode audio-orale : la langue maternelle et la grammaire sont proscrites. La lecture etl’écriture sont réservées aux étudiants de niveau avancé. On va privilégier, dans un premiertemps, la répétition et la substitution jusqu’à ce que l’apprenant acquiert une relative fluiditédans le discours qui soit perfectionnée cours après cours. Cette méthode s’appuie largementsur la mémorisation.>La grammaire transformationnelle générative : cette théorie, encouragée par NoamCHOMSKY dans les années 50, considère que la répétition behavioriste n’est pas suffisante.Elle met en avant la distinction entre compétence et performance, à savoir la connaissance quele locuteur a de la langue étudiée et l’emploi effectif de celle-ci dans des situations concrètes,bref de son utilisation pratique et non plus seulement théorique.>Le code cognitif : cette théorie se base sur le fait que les étudiants doivent penser et analyserles règles apprises pour les assimiler et les mettre en pratique. On encourage les apprenants àfaire le lien entre les structures de leur langue maternelle et celle de la langue étudiée. Pour cefaire, on les place dans des situations réalistes, telles des jeux de rôle, pour qu’ils emploient cequ’ils viennent d’assimiler. L’écriture et la lecture sont donc très importantes dès le début del’apprentissage.>L’approche communicative : cette théorie met en exergue deux principes, à savoir les notionset les fonctions. Les notions sont bien évidemment ce qui a été appris, que ce soit par larépétition, la mise en situation ou toute autre approche ; les fonctions consisteront, parexemple, en la demande d’éclaircissements, la formulation d’excuses ou l’expression de soninsatisfaction pour permettre à l’apprenant de trouver les mots justes pour exprimer sessentiments. Au lieu de se baser sur enseignement formel, la théorie communicative met l’élèveau centre de la dynamique en servant ses besoins en matière de communication dans chaquesituation.Cependant, peu d’instructeurs basent uniquement leur enseignement sur une approche unique.Et force est de constater qu’on n’a toujours pas trouvé de méthode idéale pour une apprendreune langue seconde qui puisse être appliquée à n’importe quel apprenant. En revanche, tousles chercheurs s’accordent sur un point essentiel : il est impensable de faire une séparationentre la langue apprise et le contexte culturel dans lequel cette langue existe. Enfin, lesapprenants intègrent leurs nouvelles connaissances de manière hiérarchique.L’enseignement des langues est donc conduit par diverses théories parfois clairementdivergentes dans leurs méthodes. Pourtant toutes s’accordent sur un point : la tâche. En effet,enseigner une langue n’est pas la même chose qu’enseigner une discipline scientifique, parexemple, où les données répondent à des lois ou théorèmes formels. Il est donc nécessaire deproposer des tâches structurées aux apprenants pour une évolution maîtrisée desconnaissances, qu’elles soient grammaticales, orthographiques, syntaxiques, … Et, lorsquel’on s’aventure sur le terrain digital, il est nécessaire que l’enseignant conjugue créativité etrigueur pour exploiter de manière optimale les larges possibilités offertes par le Web 2.0. Le 43
  • 50. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENchapitre suivant s’attachera à présenter le Web de deuxième génération, les acteursspécialistes des cours de langue en ligne mais également les tâches proposées.FOCUS SUR L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES EN FRANCEOn se lamente souvent du niveau en langue des français. Pourtant, l’enseignement deslangues est très codifié en France. C’est désormais dès l’école primaire, en C.E.2. plusprécisément, que début l’apprentissage d’une langue vivante. 90% des effectifs optent pourl’anglais. En quatrième débute l’enseignement d’une seconde langue. Au lycée, la poursuite del’apprentissage des deux langues est obligatoire, même en lycée professionnel. Désormais, lesenseignements linguistiques sont dispensés au lycée par groupes de compétences, non pluspar classe, et les jumelages avec des établissements étrangers sont impératifs pour favoriserles échanges entre élèves et les séjours linguistiques. Il est également possible de choisir unetroisième langue vivante, dès la seconde.Le Cadre Européen Commun de Référence pour les langues (C.E.C.R.)Institué en 2001, il définit les niveaux de maîtrise d’une langue étrangère. Le Cadre EuropéenCommun de Référence pour les langues a été établi par plusieurs experts en linguistiqueseuropéens. Ce programme communautaire permet de dresser des objectifs et uneméthodologie dans l’enseignement des langues dans les établissements scolaires de l’UnionEuropéenne. Les programmes, diplômes et certificats sont donc harmonisés depuis dix ans.La mobilité intracommunautaire est également encouragée par ce programme unique aumonde.Les collégiens français sont tenus d’obtenir le niveau A2 ou « de survie », soit celui d’unutilisateur élémentaire pour des conversations simples, les lycéens le niveau B2, celuid’utilisateur indépendant menant des conversations argumentées, pour décrocher lebaccalauréat. Les niveaux C1 (usage régulier dans des contextes de difficulté raisonnable) etC2 (compréhension sans effort et maîtrise) relèvent des études supérieures. De quoi permettreaux apprenants français de tendre vers le niveau de leurs voisins scandinaves,particulièrement bons en langues.
  • 51. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENA. Définition et tour d’horizon du Web de deuxième génération Sur Internet, les définitions du Web 2.0 sont légion mais bien souvent incomplètes. Je m’attacherai donc ici à faire une synthèse de diverses publications sur le sujet. Dans le prolongement du Web classique, le Web 2.0 propose de nouvelles fonctionnalités largement centrées sur l’utilisateur et l’interaction. Les interfaces désormais dynamiques du Web 2.0 permettent aux internautes de créer eux-mêmes, de relayer ou d’adapter à leurs besoins les contenus d’Internet. Chacun devient émetteur, transmetteur et récepteur d’informations ou données via des plateformes logicielles puissantes, des standards basés surl’ergonomie logicielle et des conventions de programmation plus strictes. Le Web 2.0 secaractérise, de fait, par la multiplication d’outils collaboratifs à la fois communautaires etpersonnalisés. Les internautes sont devenus les acteurs centraux d’Internet par la création etle partage. C’est en 2003 que Dale DOUGHERTY a pour la première fois évoquél’expression de Web 2.0 qui sera ensuite vulgarisée par Tim O’REILLY, notamment lors de lapublication en 2005 de l’article « What is Web 2.0 ? ».FOCUS SUR WHAT IS WEB 2.0? DÉCRYPTAGE…Via son article, O’REILLY met en exergue les paramètres suivants :>Le Web devient une plateforme logicielle>La longue traîne : du chiffre d’affaires peut être généré via des niches>Le Web est un activateur social>Les flux RSS (Really Simple Syndication) bouleversent la consultation d’informations>Les données génèrent de la valeur ajoutée>La version bêta permanente : on améliore constamment>L’accès est multi supports>Les interactions homme - machine ne cesseront de s’enrichir 45
  • 52. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENAfin de mieux cerner la révolution numérique induite par le Web 2.0, voici une comparaisonentre le Web classique et le Web 2.0 sur la base de critères inhérents à l’usage d’Internet. Sources : Carmen VERA PEREZ, Le Web 2.0 dans l’enseignement des langues, 2008 http://www.marine-landre.fr/2009/06/quelles-differences-entre-le-web-20-et-le-web-10-pour-les-entreprisesD’un réseau relativement centralisé et mené par des experts, le Web s’est transformé engigantesque outil universel de la transmission du savoir et en relais commercial de premierplan. Les clés de voûte de cette auto révolution reposent sur les attributs suivants. 46
  • 53. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Source : Le Web 2.0 en classe de langue, Christian OLLIVIER et Laurent PUREN, juin 2011 Les Outils du Web 2.0 >Stockage de documents >Outils bureautiques >Traitement des images >Messageries instantanées >Agrégateurs/syndication >Wikis et blogs >Gestion de tâches >Gestion de la relation client 47
  • 54. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Le flux conversationnel >On publie en masse >On commente beaucoup >On partage facilement >La vox populi s’exprime >On laisse des traces >L’info s’échange >L’info se monnaye Source : The conversation prism, Brian SOLISB. La force de frappe des réseaux sociaux et de l’intelligence collectiveL’une descaractéristiquesmajeures du Web2.0 est son aspectsocial de par lasystémiquehorizontale induitepar la deuxièmegénération du net.Dès lors, la notionde média social sedéveloppe. C’estl’apparition deFacebook, début2004, Twitter, en 2006, puis de nombreux réseaux sociaux généralistes ou spécialisés,grand public ou professionnels (Viadeo, Linkedin). Le dernier né étant Google+, en juin 2011.Outre les réseaux sociaux à l’aura universelle, certaines entreprises développent desréseaux sociaux plus confidentiels pour un rapport quasi direct avec leurs clients ;AIRFRANCE KLM a, par exemple, lancé Bluenity fin 2008. On peut définir2 un réseau socialcomme un système reliant des identités ou individus entre eux par des liens d’amitié,professionnels, ou d’intérêts divers permettant des interactions sociales. En bref, lesindividus constituent volontairement des groupes afin de partager des données, échangerdes informations, mener des actions, etc.2 Source : Wikipedia 48
  • 55. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Caractéristiques des réseaux sociaux >Interaction entre les utilisateurs >Partage des données >Profils et groupes par centres d’intérêt >Structuration identitaire >Plateformes ouvertes ou semi-ouvertesOn peut donc imaginer combien les échanges numériques sont en plein boom, ces dernièresannées. Dans le cadre de l’e-learning, les réseaux sociaux deviennent des plateformes detravail particulièrement prisées de par les vastes possibilités qu’ils offrent. FACEBOOK en FRANCE 23.2M. d’utilisateurs +1.3M. en 6 mois 9ème pays utilisateur Pénétration 35.89% 52% des internautes 18/34 ans 51% Femmes 51% CPC moyen 0.53 USD CPM moyen 0.23 USD Top 3 fan pages : OASIS FUN PAGE O.M. DISNEYLAND PARIS Source : Socialbakers, Statistiques et infographies des médias sociaux, 23 novembre 2011 49
  • 56. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENC. Le social learning en phase de lancementD’ailleurs, au-delà des médias sociaux, la force du social investit de nombreux domaines telsque, par exemple, la vente avec le social shopping et, depuis peu, la pédagogie avec lesocial learning. Logiquement, le social learning applique une éducation basée sur les fluxd’échanges au sein d’une communauté. La motivation, la solidarité et l’engagement sont lespiliers de ce concept récent pour une pédagogie active et participative qui met au centre desa dynamique les acteurs de la chaîne, soit les apprenants, les enseignants, les chercheurset les parents. Une revalorisation de ces intervenants est logiquement encouragée par cesystème offrant une interdépendance salutaire.Le social learning bénéficie d’avantages distinctifs notables :>Les apprenants collaborent les uns avec les autres et sont plus actifs>Les familles sont reliées à la communauté pédagogique et, de fait, plus impliquées>Le soutien individualisé et personnalisé est renforcé>Les échanges culturels et linguistiques sont favorisés>In fine, les compétences et donc l’employabilité sont décupléesEncore balbutiant, le social learning est arrimé à la longue traîne de l’e-formation. La courbelongue traîne ci-dessous positionne le social learning sur la dichotomie présentiel/distantiel. La socio-formation >Présentiel faible >Variété des individus >Compétences diverses >Talents complémentaires >Échange des savoirs >Coproduction >Work in progress >Marketplace des savoirs Source : Rapport « L’e-transformation de la formation », La longue traîne de l’e-formation, Institut Léonard de Vinci, juin 2011Si l’on quantifie une centaine de milliers de formateurs accrédités vivant de l’e-formation, onestime les formateurs occasionnels à 1 million d’individus. Certains voient dans le sociallearning l’e-learning 2.0. Un livre blanc a d’ailleurs été publié fin 2009. Les auteurs, FrédéricCAVAZZA, Cédric DENIAUD, Bertrand DUPERRIN, Clark QUINN, Harold JARCHE et 50
  • 57. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENGeorge SIEMENS (spécialiste du connectivisme dont nous avons évoqué le nomprécédemment) mettent en avant le bouleversement que va induire le social learning dans lasociété mais aussi au sein de l’entreprise 2.0. Avec l’apprentissage social, on passe du « jepense donc je suis » à « nous participons donc nous sommes » dixit Frédéric DOMON del’agence Social Learning.FOCUS SUR LES CHIFFRES-CLÉS DES RÉSEAUX SOCIAUX – Novembre 2011750 millions de personnes sont actives sur Facebook23 millions de Français ont un compte FacebookFoursquare réunit 10 millions de membres300 millions de comptes Twitter sont répertoriés108 millions d’utilisateurs sont référencés par LinkedinLe temps moyen mensuel passé sur Facebook est de 11 heuresOn enregistre 9.2 inscriptions à par seconde200 millions de tweets circulent chaque jourCoca Cola fédère, à lui seul, 26 millions de fans sur FacebookGoogle + rassemble déjà 25 millions d’utilisateursFoursquare a accueilli 4 millions de membres en plus en cinq moisD. Do you speak Web 2.0?Je vais m’attacher, ici, à présenter les outils collaboratifs offerts par le Web 2.0 dansl’apprentissage linguistique en ligne. Je les ai volontairement articulés autour du diptyqueexpression orale/expression écrite qui a toute son importance dans l’enseignement d’unelangue.1. L’expression et la compréhension orales>Les podcasts, l’audio se décline sur la toileIl s’agit de fichiers son implémentés sur Internet. Les apprenants peuvent ainsi les écouteret/ou les télécharger voire les transmettre dans le cas d’une utilisation libre. Ces pistesnumériques encouragent la répétition pour améliorer la compréhension, la prise de notes àun moment souhaité. Les connaissances sont ainsi complétées.Mots-clés : son, Audioboo, Vocaroo, Twaud.io, Voxli, Voxopop, Woices, Voki 51
  • 58. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR AUDIOBOO, LE MICRO-BLOGGING ORALAvec AUDIOBOO, l’enregistrement de messages oraux (ou boos) devient simple et rapide.Ces messages audio de 5 minutes maximum peuvent être envoyés à n’importe quel inscrit.Des photos et une géolocalisation, via l’A.P.I. GOOGLE MAPS, peuvent être ajoutées à cespistes audio. Outre l’enregistrement en temps réel, il est possible d’en charger depuis undisque dur physique ou virtuel du moment qu’ils sont sous formats mp3, wav, flac, ogg, aiffou aac. Avant de publier ces messages, il est possible de les réécouter, effacer et / oucompléter. Mais AUDIOBOO va encore plus loin en permettant l’ajout de tags, ou mots-clés,afin de permettre une classification optimal et un meilleur référencement.Chaque utilisateur dispose d’une page profil, à la manière des réseaux sociaux, sur laquellesont publiés les boos, hormis lorsqu’ils sont transmis en privé. Il est également possibled’obtenir le code html de chaque enregistrement pour les implémenter sur d’autres supportsmais aussi de le partager sur Facebook ou Twitter. Mieux encore : vos boos peuvent être« podcastés » dans iTunes. Voilà de quoi encourager des tâches pédagogiques ludiques ettrès interactives. Dans le cas de deux classes de langue distantes, par exemple, AUDIOBOOse révèle un formidable outil social.>La vidéo ou la puissance de l’image aux quatre coins du Web donc du monde Dans la continuité de la V.H.S. et du D.V.D., la vidéo n’a jamais été aussi puissante. Internet, caisse de résonnance sans nulle autre pareille, a redonné un souffle à la vidéo. Chaque jour, ce sont des centaines de milliers de productions qui sont mises en lignes. Quand on sait que YouTube truste d’ores et déjà 10% de la bande passante, on imagine la force de la pédagogie visuelle via Internet.Mots-clés : image, viralité, visioconférence, Dailymotion, YouTube 52
  • 59. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR VOXLITE, LES E-MAILS EN VIDÉOSans ouvrir de compte utilisateur, il est possibled’enregistrer un message vidéo d’une durée pouvantaller jusqu’à vingt minutes sur VOXLITE. Celui-ci peutêtre accompagné d’un texte. Si l’utilisateur dispose d’uncompte, il bénéficie d’un stockage illimité et peut classerces e-mails.VOXLITE permet donc des échanges, par exemple, entre scolaires distants ou encore entreun formateur et son apprenant en mode asynchrone. Avec cet outil, le banal envoi d’e-mailsdevient à nouveau stimulant puisque le son et l’image sont ajoutés à l’écrit.2. L’expression et la compréhension écrites>Les blogs, des journaux digitaux à la touche toute personnelleLes blogs peuvent être considérés comme des journaux numériques qui fédèrent des billets(ou articles ou posts) qui sont classés par date et/ou thématique(s). Dans une approchepédagogique, un blog peut aisément tirer partie de son caractère multimodal, à savoircombinant l’écrit à l’image, à la vidéo et au son. L’information circule en interne et enexterne : en interne, du contenu est publié, en externe des commentaires sont postés parl’audience des blogs.Mots-clés : articles, posts, billets, commentaires, WordPress, Blogger, Technorati 53
  • 60. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR POSTEROUS OU COMMENT BLOGUER EN TOUTE SIMPLICITÉTrès minimaliste, l’interface de POSTEROUS permet la création d’un blog en quelques clics,cela sans forcément être inscrit. Via un contrôle par e-mail, la publication, la rédaction debrouillons et le partage d’articles sont grandement facilité. Pour poster un article, il suffitd’envoyer le contenu à post@posterous.com ; pour l’éditer sur un de ses autres blogs,l’adresse à utiliser est nomdublog@posterous.com ; pour un article privé, le texte seratransmis à private@posterous.com ; enfin pour conserver un brouillon, c’estdraft@posterous.com qui le permettra.Une trentaine de templates est proposée. Photos, diaporamas, vidéos et podcasts peuventêtre, en outre, implémentés. La gestion des articles est également facilitée via l’ongletManage. Les droits peuvent être cédés à d’autres administrateurs. Enfin, la gestion defollowers est possible.>Les forumsLes forums sont des plateformes de discussionouverte. A l’inverse des messageries instantanées, leflux de publications est en mode asynchrone etcelles-ci sont organisées par thématique. Lesmessages sont donc organisés en cascade. Un ouplusieurs modérateur(s) régule(nt) les contributions.Certains forums sont gérés par des animateurs quidynamisent et font rebondir les échanges. Ondistingue les forums privés des forums publics ouencore audio.Mots-clés : asynchrone, posts, échange, modération, Teamspeak 54
  • 61. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Les wikis, plateformes du savoirLes wikis sont des sites permettant une écriture, une illustration et la modificationcollaboratives entre les individus. Le plus connu des wikis est sans conteste Wikipedia,l’encyclopédie libre fédérant les contributions des internautes sur tous les sujets. Les wikis,qui tirent leur nom du terme hawaïen éponyme signifiant « vite » puisqu’il s’agit de publierrapidement et facilement, peuvent être décrits comme des communautés de laconnaissance. A contrario des blogs, gérés par un auteur unique, les wikis sont développéspar plusieurs auteurs de même niveau qui améliorent constamment les anciennespublications voire les suppriment pour une mise à jour perpétuelle. La notion deperfectionnement est prégnante. On parle de collaborateurs. Des traces sont laissées parchacun afin que l’on sache qui a contribué.Mots-clés : Wikipedia, contribution, amélioration, multi source, collaboration 55
  • 62. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR VIKIDIA, le WIKIPEDIA des 8/13 ans (et des autres)Émanant de WIKIPEDIA, VIKIDIA est une encyclopédie à destination des tweens. Disponibleen anglais, français, espagnol et néerlandais, ce site reprend le principe fondateur de songrand frère, à savoir rédiger, lire, publier, remanier des pages sur des thèmes précis. Lesapprenants accèdent donc à des contenus simples, faciles d’accès et adaptés.Les préadolescents peuvent donc aisément s’exprimer et apprendre sur les sujets qui leurtiennent à cœur. Véritable travail d’investigation, dans un cadre digital, la publication decontenus sur VIKIDIA permet de mobiliser à la fois individuellement et collectivement lestalents.>Les chats et messageries instantanées, le dialogue pour concept fondateurDans un contexte synchrone, le chat – dérivé de l’anglais chat soit bavardage – permet deséchanges écrits en direct au cœur d’une chat room ou interface de bavardage. Leséchanges sont en temps réel et les contributions de fait très rapides. Il peut s’agir d’undialogue entre deux ou plusieurs personnes. Les chats encouragent fortement la notion degestion de la compréhension. L’apprenant trouvera un sens à la lecture des commentaires etpourra ensuite à son tour exprimer ses idées, opinions, sentiments. Le défi du chat résidedans le fait de conserver et nourrir l’intérêt de l’élève. Avec le chat, l’apprenant vadévelopper et exercer son esprit critique, son imaginaire, sa patience, son respect tout entravaillant en concertation et l’entraide sera favorisée.Mots-clés : temps réel, posts, one-to-one, one-to-all, all-to-one, Voxl 56
  • 63. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR TYPEWITHME, L’ÉCRITURE COLLECTIVE EN TEMPS RÉELA la différence d’un wiki, TYPEWITHME permet d’éditer du texte collectivement en tempsréel. Disposant d’une messagerie instantanée, apparaissant sur la partie droite de l’écran,cet outil minimaliste reprenant les fonctionnalités d’un traitement de texte autorise le partagedes contenus. Jusqu’à quinze rédacteurs sont différenciés par un code couleur.TYPEWITHME permet une expression écrite collective sur un ou plusieurs sujets connexesavec, à la clé, une amélioration des niveaux d’orthographe, de syntaxe, de grammaire maisaussi de vocabulaire. De quoi permettre de performants travaux collectifs aux classes delangue.>La syndication et les agrégateurs ou comment référencer du contenu sur un thèmeLa syndication permet l’agrégation de contenus selon une thématique précise. Ainsi, il estpossible d’obtenir de l’information en continu sur un sujet donné. Les flux R.S.S., parexemple, permettent d’alerter les utilisateurs de la publication de données récentes sur lethème en question. C’est en quelque sorte un abonnement aux flux d’informations publiées.Les flux R.S.S. vont « rapatrier » les informations fraîches. Sont apparus récemment dessites permettant d’agréger les contenus publiés aux quatre coins du Web sous un profilcommun qui, à son tour, va fédérer une communauté de followers ou suiveurs dans lalangue de Molière.Mots-clés : Really Simple Syndication, flux, fraîcheur de l’info, Scoop.it, Netvibes 57
  • 64. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Le stockage en ligne, du contenu accessible 24/24h, à Paris comme à TokyoLa partie immergée de la tendance structurelle du cloud computing permet de charger ettélécharger de l’information en accès partagé. Véritables disques durs digitaux, les sites destockage en ligne bouleversent le facteur spatial et la limitation en octets.Mots-clés : Slideshare, dématérialisation, cloud computingFOCUS SUR SLIDESHARE, LA PLATEFORME DE PARTAGE DE TRAVAUXLancé en 2006, SLIDESHARE permet l’upload de présentations aux formats PPT et PDFpour permettre une visualisation par le plus grand nombre. C’est ainsi que des millionsd’internautes peuvent publier et donc partager leurs travaux sur une multitude de sujets.SLIDESHARE s’est donc très vite imposé comme une vitrine d’information et de networking.On peut y découvrir énormément de travaux d’écoliers et étudiants et, ce, dans toutes leslangues.Outre son aspect commercial (service Leadshare de prospection B2B), cet outil estrésolument pédagogique puisque c’est une source profonde d’informations. A chaquepublication, il est demandé à l’utilisateur de définir un titre puis des tags et une descriptionsuccincte pour que sa présentation soit reliée à un thème et donc facilement trouvable via lemoteur de recherche interne. Bien évidemment, il est possible de diffuser les travaux publiésvia les réseaux sociaux par les boutons Facebook, Twitter, etc. connect. Dans le cadre d’uncours d’espagnol, par exemple, il est alors possible aux apprenants de se documenter surCervantès puis de réaliser une synthèse qui sera, à son tour, publiée par la classe et quipourra être envoyée par les élèves sur leur page Facebook. De quoi leur permettre de sedocumenter, de lire puis de rédiger en espagnol. Un partage en aval sur les pages Facebookdes étudiants mais aussi de l’école, si elle en a une, valorisera l’acte pédagogiqueaccompli.des étudiants. 58
  • 65. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Les tags, sésames pour obtenir de la donnée multi sourceLes tags sont des mots-clés apposés sur un site Web tels des étiquettes digitales. Grâce àces mots-clés, on peut obtenir des modules d’information sur un sujet précis. On parle defolksonomy, à savoir de classification des données par les gens (folks) donc la communauté.Mots-clés : nuage de tags, renvoi direct, folksonomy>Les marque-pages, l’organisation des informationsLes sites marque-pages, ou de bookmarking, offrent la possibilité aux internautes d’archiverleurs pages favorites sur le(s) serveur(s) du site de bookmarking. Ces pages sont classéespar des tags qui, tels des raccourcis, permettent d’atteindre directement les pages classées.Les marque-pages des utilisateurs peuvent être visibles de tous, dans une optique sociale,ou verrouillés selon la teneur du contenu et la volonté de l’archiviste.Mots-clés : bookmark, Diigo, Del.ici.ous, EvernoteFOCUS SUR DIIGO OU COMMENT ARCHIVER DE MULTIPLES SOURCESDIIGO permet la centralisation gratuite d’un très grand nombre de sources. Via l’archivagede ces pages Web, il est possible à l’utilisateur de les partager ou, a contrario, d’en limiterl’accès. Un apprenant en Italien peut, par exemple, faire une étude exploratoire despublications relatives à la mythologie romaine pour, ensuite, établir des marque-pages surDIIGO, ces marque-pages étant a posteriori consultés par son formateur qui pourra requérirune fiche de synthèse dans la langue de Dante qui pourra à son tour faire l’objet d’unepublication sur SLIDESHARE, par exemple.Lors de cette démarche, l’apprenant aura compulsé de nombreuses sources donc lu etappris en Italien pour ensuite endosser un rôle plus proactif dans la rédaction. 59
  • 66. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Les widgets, des gadgets pédagogiques malinsSous forme ludique, ces petites applications (traducteurs, jeux, …), dont le nom est lacontraction des termes anglais « window » et « gadget », apportent un service qui, à défautd’être très développé, se révèle très pratique au quotidien. Pédagogiquement, il s’agit deprésenter les choses de manière très concise, pratique et amusante.Mots-clés : O.S., gadget, commodité, en surface, Stepmap, Glogster, Dvolver 60
  • 67. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR STEPMAP, MODULE DE CREATION DE CARTES GEOGRAPHIQUESCe widget permet de créer et de personnaliser des cartes géographiques. Dans le cadred’un cours de langue, cet outil est bien pratique pour illustrer le propos de l’apprenant ou duformateur. Gratuit, STEPMAP crée l’opportunité d’uploader sur n’importe quel site la ou lescarte(s) créé(es). Dans une démarche plus sociale, n’importe quel utilisateur peut faire unerecherche de cartes et utiliser les cartes créées par d’autres. Des étudiants en allemandpourront, par exemple, créer la carte de BERLIN Ouest et Est avec les divers districts pourillustrer et agrémenter un travail sur le rideau de fer.>Les Moodles, la conjonction des wikis et des tâches pédagogiquesA l’origine, Moodle est une plateforme pédagogique fédérant aussi bien des contenus quedes communautés d’apprenants. Pédagogues, chercheurs et apprenants vont chercher,implémenter, développer, télécharger des ressources. Ce concept proche de nos E.N.T.nationaux, plus formels, draine des émules.Mots-clés : Moodle>Les réseaux sociaux, la constitution de communautés par intérêtLes réseaux sociaux permettent la constitution de communautés linguistiques. Basé surl’échange, le concept du réseau social permet d’apprendre une langue étrangère grâce auxautres utilisateurs tout en enseignant sa langue maternelle en retour. Outre la publicationévidente de contenus dans toutes les langues sur les réseaux sociaux classiques, certainesplateformes ont su tirer avantage de ce concept en constituant des réseaux sociauxlinguistiques spécialisés où l’enseignement/apprentissage d’une langue est la clé de voûtedes activités sur ces plateformes d’échange.Mots-clés : Facebook, Twitter, Google+, Viadeo, Linkedin, PolyglotParty, échange, partage,conversation 61
  • 68. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX LINGUISTIQUES, NOUVEAUX VECTEURSTreize réseaux sociaux se taillent la part du lion dans le domaine de l’e-formation langues :12SPEAKChat, jeux et modules de vocabulaire sont proposés aux membres.BABBELCe réseau encourage l’entraide et les échanges on et offline entre membres.BAB.LASystème de boîtes à fiches échangées par les membres.BUSUUÉchanges, vidéo-chat, corrections d’exercices peer-to-peer.LEXXINGSont privilégiés une interface et des outils à la FACEBOOK (posts, photos, vidéos, forums).LINGOMATCHCe réseau s’appuie sur un système d’annonces permettant les mises en relation a posteriori.LINGQFiches et leçons, chats, fichiers son téléchargeables et tutorat sont proposés par LINGQ.LIVEMOCHAPublication d’exercices et de leçons. Correction par la communauté. Leader en son domaine.MY HAPPY PLANETCe réseau repose essentiellement sur des échanges avec des natifs.MY LANGUAGE EXCHANGECe réseau, à l’ergonomie surannée, repose sur l’entraide entre natifs de langues différentes.POLYGLOT PARTYÉchanges, constitution de groupes et publications. Rencontres physiques mensuelles.POLYSPEAKSRéseau s’appuyant uniquement sur les chats entre apprenants.WOLTYL’apprentissage s’effectue via la lecture et la publication de notes écrites. 62
  • 69. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLe dyptique conventionnel expression orale/expression écrite n’est plus aussi évident avec ledigital puisque le multimédia bouscule « les méthodes ante numériques » en multipliant lesexpériences sensorielles. Par exemple, on écoute et on regarde Youtube ou Dailymotionmais on oublie que l’on peut lire et s’exprimer via ces vecteurs.E. Sur le Web, les outils linguistiques performants ne manquent pasOutre les systèmes propres aux acteurs de l’e-learning, qui développe leurs L.M.S., et ceuxde l’Éducation Nationale, qui privilégient certains outils T.I.C.E. spécifiques, les particuliersjouissent d’une palette de possibilités dès leur connexion. Le challenge sera de faire preuvede discernement dans la sélection de ces outils au cœur de la jungle numérique.Prenons l’exemple d’un jeune actif français qui pratiquequotidiennement l’anglais mais souffre de lacunes en espagnolalors qu’il est régulièrement face à des partenaires commerciauxhispaniques, dans le cadre de son activité professionnelle.Appelons-le Jérémy. Jérémy a un espagnol scolaire faible etdésire acquérir, en 2012, une pratique plus fluide de cette langueen auto apprentissage pour un faible coût.En début d’année, il prend la résolution de faire l’effort d’optimiser sa maîtrise de l’espagnolvia Internet pour être bien plus à l’aise à court terme, d’autant qu’il projette de visiterl’Amérique du Sud à l’été 2012. Il s’est déjà renseigné sur les diverses pédagogies en ligneet finalise ses choix. Il dispose d’un ordinateur de salon et d’un smartphone pour continuerson apprentissage en toute mobilité. 63
  • 70. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENVendredi 20 janvier 2012, 21hJérémy aborde son week-end. Il se connecte à Internet pour amorcer son renforcement enespagnol. Il s’inscrit sur TELELANGUE pour 3 mois à 149€. Il commence à prendre sespremières leçons en ligne.Samedi 21 janvier 2012, 10hJérémy se connecte à son espace personnel sur TELELANGUE pour réviser sa premièreleçon d’espagnol. Il s’inscrit ensuite à LIVEMOCHA et, après quelques minutes, il est encontact avec Adrián, un madrilène ayant les mêmes centres d’intérêts et voulant améliorerson français. Lors de ses échanges, Jérémy est parfois limité en termes de vocabulaire. Ilutilise REVERSO et WORDREFERENCE pour une traduction simultanée.Dimanche 22 janvier 2012, 18hJérémy aborde la leçon 2 dans le cadre de son abonnement TELELANGUE. Souhaitantraconter son week-end à Adrián, il lance SKYPE pour un échange audio vidéo direct. Il sesert en même temps de REVERSO et GOOGLE TRADUCTION. Suite à cet échange, pouraller plus loin, il s’abonne aux flux d’El Páis sur TWITTER et FACEBOOK. Passionné denouvelles technologies, il ouvre un compte SCOOP.IT et décide de suivre des contributeurshispaniques sur le thème du Web 2.0.Mardi 24 janvier 2012, 20h30Jérémy révise la leçon 2 puis amorce la leçon 3 via TELELANGUE. Adrián étant endéplacement professionnel, il lui écrit un message privé via LIVEMOCHA puis ouvre uncompte sur POLYGLOT PARTY afin de rejoindre le groupe I LOVE SPANISH et diversifierses échanges via un forum. Il lit quelques articles sur SCOOP.IT puis via TWITTER.Mercredi 25 janvier 2012, 8hEn allant travailler, il découvre les dernières publications dans la langue de Cervantés surTWITTER mais aussi sur l’application mobile d’EL PERIÓDICO.Mercredi 25 janvier 2012, 21hAprès avoir finalisé la troisième leçon sur TELELANGUE et « skypé » avec son nouvel amimadrilène, Jérémy crée son glog sous GLOGSTER, soit un mur avec des notes. Il invite sesamis de POLYGLOT PARTY à contribuer sur son mur et à le suivre sur SCOOP.IT.Dimanche 25 mars 2012, 17hJérémy, qui s’est fortement impliqué (merci les bonnes résolutions du début de l’année) cesdernières semaines, est ravi de la qualité de ses échanges que ce soit d’ordre professionnelou privé. Après une douzaine de leçons, nombre d’échanges sur LIVEMOCHA etPOLYGLOT PARTY, plusieurs sessions via SKYPE et la lecture d’articles en espagnol grâceà TWITTER, SCOOP.IT et d’autres sites, il envisage même de créer son blog sousWORDPRESS sur les nouvelles technologies en langues française et espagnole.Cette chronique sommaire démontre les larges possibilités offertes sur le Web pour initier,entretenir ou optimiser la pratique d’un idiome. 64
  • 71. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN1. Les outils généralistes made in Web 2.0Dans une démarche pédagogique, le Web met à la disposition des formateurs et apprenantsune kyrielle d’outils. Loin de se limiter aux outils exclusivement pédagogiques, nombreuxsont les professeurs qui font appel à des outils 2.0 généralistes pour un usage ciblé. Lesoutils ci-après illustrés en sont quelques exemples.>NING ou comment fédérer une communauté autour d’une thématiqueLes enseignants, chercheurs, apprenants, particuliers souhaitant développer leurpropre réseau social autour d’une culture, d’une langue ou d’une méthodeidentifiée, par exemple, peuvent pleinement bénéficier de NING et produire unhybride de FACEBOOK et MOODLE. Texte, vidéos, photos, fichiers audio, calendrier,création de groupes, importation de widgets sont autant de vecteurs proposés sur NING. Leréseau Apprendre 2.0, qui mène collégialement des réflexions autour des T.I.C.E. a su tirerpartie de ce formidable outil pour centraliser des ressources et relier les talents.>TWITTER, le micro-blogging et l’ouverture sur le monde La timeline du réseau social de micro-blogging est une immense source linguistique méconnue. Car outre les initiatives sympathiques et cœur de cible telles que voca_anglais – qui dispense mots et expressions en anglais suivis de la traduction française – suivre les publications en langue originale de divers supports selon sesgoûts propres et centres d’intérêt permet un enrichissement notable de la compréhensionmais aussi de la pratique d’une langue étrangère via le scanning d’articles, humeurs etretweets, surtout lorsque l’on sait que 61% des tweets sont en anglais. Dans le mondefrancophone, on recense 128 twittclasses à l’initiative de Laurence JUIN, professeurd’histoire géographie à La Rochelle. 65
  • 72. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN Twitter et mon niveau en langues >J’identifie des hashtags en anglais, arabe, … >Je suis les comptes qui m’intéressent >Je crée des listes de comptes par langue >J’interagis en répondant aux tweetsSource : Des gazouillis à l’envol, Nathalie COUZON, http://prezi.com/zmhgenmhu5r4/des-gazouillis-a-lenvol, 2 novembre 2011>SKYPE, le professeur dans l’écranSKYPE, le « téléphone digital » aujourd’hui membre de la galaxie MICROSOFT,conjugue le son à l’image en direct pour permettre des connexions gratuites depar le monde. Avec un tel outil, il n’est pas étonnant que les majors du secteur,mais aussi d’autres offreurs plus modestes, soient en train d’adopter SKYPE.Live Tutor™, chez TELL ME MORE, met en relation les apprenants avec desprofesseurs natifs pour des échanges approfondis sur des thèmes professionnels, culturels,du quotidien ou encore sur les loisirs et centres d’intérêt de l’apprenant. Mais, TELL MEMORE va plus loin qu’un simple échange en diffusant des reportages d’EURONEWS, laconversation avec un personnage virtuel pour les échanges plus informels et le doublage deséries pour optimiser la prononciation. L’apprenant devra cependant se délester de 326€pour 8 cours dans le mois.TELELANGUE propose même l’outil NetPlanning pour une réservation 24/24h de son coursde langue sur SKYPE. L’avantage de la solution TELELANGUE c’est la mise en parallèleavec son très réputé Cyberteachers pour permettre à l’élève de faire des exercices pendantla communication. L’enseignant est tenu de rédiger un compte-rendu de chaque séancedans NetPlanning afin que l’apprenant ait une restitution rapide sur ses progrès et lacunes. Allo Pronto Dígame La communauté Skype s’entraide en échangeant sur tout et rien via cet outil universel rapprochant les locuteurs de toutes nationalités, de tous âges aux centres d’intérêt divers et variés. Le téléphone digital est un facilitateur. 66
  • 73. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN2. Les outils spécifiques à la pédagogie linguistique>ENGLISH ATTACK, une offensive disruptive sur un marché à potentielCe site, qui a pour signature « L’anglais 2.0 », met le jeu et l’actualité au cœur de sapédagogie 2.0. Avec son module Vidéo Booster, ENGLISH ATTACK propose de visionnerdes extraits de films, séries ou documentaires, pour la compréhension orale, puis derépondre à des questions et de faire des exercices relatifs à la vidéo précédemment vuepour optimiser l’expression écrite. En amont de son lancement, ENGLISH ATTACK a ététesté par 25 000 utilisateurs de par le monde. Une bonne part des fonctionnalités estgratuite. Pour déverrouiller tous les modules du catalogue, l’utilisateur paie via une monnaievirtuelle et peut acquérir des « Booster coins » par un achat direct ou la participation à desoffres partenaires.Les Photos Vocabs sont des dictionnaires visuels compilant des photos sur un sujet donnépour une mémorisation optimisée. Mots, expressions, maximes, proverbes sont couplés àces photos via des fichiers audio. Ces outils sont complétés par des jeux de type jeux vidéo,parfois accessibles gratuitement, pour « une addiction à la révision », comme le dit le site. 67
  • 74. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Échanges virtuels et tangibles, la stratégie différenciatrice de POLYGLOT PARTYEn plus d’être un réseau social linguistique en pleine ascension, POLYGLOT PARTYorganise régulièrement les rencontres polyglottes. Armés d’un badge spécifiant les languesmaîtrisées et celles qu’ils souhaitent apprendre, les participants se retrouvent dans un barpour y passer une soirée ludique où l’échange est le maître-mot. A l’instar des soiréesErasmus, ces événements rencontrent un grand succès de par leur convivialité, que ce soit àParis ou dans les villes de province.>BUSUU donne ses lettres de noblesse au m-learning linguistiqueProposant beaucoup de vocabulaire et d’exercices en totale gratuité, le téléchargement del’application étant lui-même gratuit, BUSUU encourage un apprentissage nomade de qualité.Les working girls n’ayant pas une minute à elles n’ont plus d’excuse pour justifier leurmanque de temps dans l’optimisation de leur business english. Dans les transports, àl’aéroport, au restaurant, il est désormais possible d’entretenir sinon améliorer son niveau enanglais, allemand, français, espagnol ou italien. La méthode BUSUU se base sur les niveauxreconnus par le C.E.C.R. 68
  • 75. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLes chapitres précédents nous ont permis de dresser un panorama domestique de l’e-formation linguistique, que ce soit à l’école, en autonomie ou dans le cadre professionnel, entermes de marché, de technologie mais aussi d’usages. Ce regard à 360 degrés met enexergue plusieurs interrogations légitimes qui s’inscrivent toutes dans un axe précis :l’efficience de cette jeune forme de pédagogie. Les chapitres postérieurs s’attacheront doncà répondre à la problématique suivante : « Le Web 2.0 et le social learning sont-ils efficaces dans l’enseignement/apprentissage des langues étrangères ? »Cette problématique sera débattue sur la base de diverses réflexions, à savoir :>Quelle peut être et doit être la place du formateur pour une e-formation efficiente ?>Comment conserver l’implication et la constance de l’apprenant et éviter l’isolement ?>Comment gérer les échanges différés pour la maîtrise du « vertige asynchrone » ?>Comment sélectionner ses outils pour une pédagogie dynamique ?>Comment éviter l’appauvrissement des contenus du, entre autres, à une offre pléthorique ?>Comment appréhender le social learning mais aussi le flux apprenant/apprenant ?Que ce soit en entreprise, à l’école ou à la maison, l’e-learning en France est en progression.Cette tendance, désormais structurelle, est appelée à encore muter avec le développementen filigrane de l’e-learning 2.0 qui repose essentiellement sur le social learning. La place del’enseignant est donc amenée à intégrer plusieurs « mutations ». Outre le formateur e-learning en langues, le professeur en milieu scolaire devra lui aussi trouver sa place au cœurdes nouvelles technologies qui, de plus en plus, impacteront la vie tangible. Qui et que serale tuteur en langues en 2030 ? Ce « déferlement électronique » pourrait, dans certains casdérouter également l’apprenant qui devra faire preuve d’une forte autonomie dans sonparcours et dans l’usage d’outils adaptés, cela en milieu privé, en milieu professionnel, dejour comme de nuit, à Paris ou en déplacement à Tokyo. L’apprentissage asynchronepourrait devenir la norme alors que pendant des siècles c’est le présentiel qui dominait lapédagogie.L’optimisation et la multiplication d’applications à la disposition de l’apprenant, dans lesprochaines années, finira certainement par subir une rationalisation. Pédagogues,pédopsychiatres, apprenants, chercheurs et autorités auront pour challenge principal unesélectivité rigoureuse des méthodes et outils pour une pédagogie 3.0 à l’efficacité inédite.Dans les prochaines décennies, apprendre une langue étrangère ne paraîtra plusinsurmontable à certains. Les échanges transnationaux seront tellement évidents que l’onapprendra vite à se comprendre, à communiquer, à partager. L’anglais s’imposera-t-ildéfinitivement ou, au contraire, la palette de langues n’aura jamais été aussi large ? 69
  • 76. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN P SOLUTIONS A PROPOSÉES RÉPONDRE À LA R PROBLÉMATIQUE T I Lernado era era era : kaj vi iam E estos clera – Apprenez petit, petit, petit : un jour vous serez instruit Proverbe en Espéranto 2 70
  • 77. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN1. Quelle peut être et doit être la place du formateur pour une e-formationefficiente ?Les modalités de formation et les outils employés peuvent être définis en partie selon laplace dévolue au formateur sur une échelle présence/distance/absence.Source : Étude LINGUAID « Le marché de la formation linguistique en France », Section 3 La Formation à distance, Mars 2009Comme nous l’avons vu précédemment, il existe des outils très pointus permettant auxapprenants de travailler en quasi autonomie voire en totale indépendance. Dès lors, on peuts’interroger sur la place du formateur. D’autant que les évolutions à venir pourraient réduire àla portion congrue le rôle de l’enseignant. Cette problématique a été mise en exergue dès lesdébuts de l’e-learning par des professeurs inquiets de la « fuite du savoir » car le formateurn’est plus le seul acteur de l’acte pédagogique, comme l’a souligné Anne-Marie HUSSON,formatrice et membre d’une cellule de veille sur les technologies éducatives. Il se sentparfois dépossédé de son savoir car, lorsqu’il ne délivre pas physiquement sesconnaissances et/ou que celles-ci sont mises en ligne, il peut avoir l’impression d’une fuitedu savoir puisque les apprenants se les approprient sans forcément faire appel à lui.Parmi les professeurs, deux populations s’opposentLes apprenants, toujours plus autonomes, ne sollicitent plus forcément l’expertise duformateur. Et les outils actuels « volent » une partie de cette expertise pour la diffuser auplus grand nombre. Christophe PARMENTIER, un auteur spécialisé, va jusqu’à affirmer qued’aucuns considèrent l’e-formation comme une concurrence, voire une menace. Une autreconcurrence existe : celle entre ceux qui se convertissent à ces outils digitaux et ceux quirefusent ce qu’ils considèrent comme l’appauvrissement des relations pédagogiques. 71
  • 78. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENCes ressentis ont donc pour conséquence un « schisme » au sein de la population desformateurs : d’un côté, les progressistes qui voient cette évolution comme une mutation voireune valorisation de leur rôle puisqu’ils maîtrisent de nouveaux matériels et que l’actepédagogique est complexifié, de l’autre les pessimistes qui se désolent de cette fuite enavant technologique, de la perte de repères et du consumérisme pédagogique, voire d’une« macdonaldisation » des contenus. Enfin, la résistance au changement ne saurait êtreminorée.Cependant, plusieurs études et la pratique à long terme de l’e-learning et des T.I.C.E.devraient, en partie réconcilier, ces deux groupes puisqu’il semble que l’e-formationtotalement autonome soit une gageure. En effet, la perte de motivation de l’étudiant est lecorollaire de l’amplification de son autonomie par l’usage bientôt généralisé de ces outilsdigitaux.L’apprenant ne doit pas se sentir seul face à son programme de formationEn effet, le second défi de l’e-formation, après celui de bien former les apprenants, estl’entretien de leur motivation. En effet, il est démontré que les apprenants n’ayant pas deréférent pédagogique, soit un formateur en chair et en os, subissent tôt ou tard une chute deleur motivation. A l’instar des logiciels, le travail effectué uniquement via Internet peutmanquer de rythme puisque les encouragements, les feedbacks, les évaluations etcorrections ne sont pas délivrés par un encadrant. Les émotions, la sensibilité et toutes lescomposantes en relation avec les sentiments ne sont pas prises en comptes. Or, dans toutapprentissage, un suivi et une réorientation, le cas échéant, sont généralement nécessairesà la progression de l’apprenant. Les apprenants en interactivité maximum avec les machinesmontrent un certain découragement au bout de quelques sessions. La motivation estpourtant un élément crucial dans le suivi d’une formation à distance.Même si l’apprenant est souvent seul face à son ordinateur, il doit pouvoir solliciter unréférent. Si certains contenus sont mal appréhendés, la démotivation peut apparaître avecpour résultante un risque d’abandon pur et simple de la formation. L’aspect motivationnel estdonc essentiel pour enrayer tout début de découragement. Seule la présence, synchrone ouasynchrone, d’un formateur permettra d’adapter le suivi et la progression des formés. Si leblended learning semble s’imposer comme un mode pédagogique de choix ce n’est pas unhasard. Il a été constaté que supprimer le facteur humain n’est pas viable à moyen terme. Ilne faut pas perdre de vue que l’e-formateur a avant tout un rôle de coordinateur etd’animateur. Comme le souligne l’étude conduite en 2004 par l’Université du Québec« Formation des formateurs en lignes : obstacles, rôles et compétences », l’e-formateur,outre son rôle d’instructeur, « anime des activités pédagogiques en mode synchrone etasynchrone, favorise les interactions entre les apprenants […] en utilisant le projetcollaboratif, le jeu de rôle, le jeu de simulation, utilise des techniques d’animation de groupeen fonction de l’évolution des relations dans le groupe et stimule la participation desapprenants ». Il a également un rôle technique et doit utiliser « une variété de technologiesafin de s’adapter aux différents styles d’apprentissage existants ».Il est donc nécessaire de faire évoluer le rôle du coordinateur pour lui donner un relief adaptéà l’heure où Internet bouscule le monde pédagogique. Le blog THOT CURSUS s’estinterrogé, en 2010, sur la place du formateur dans cet écosystème et a isolé six profilsdistincts, à savoir : 72
  • 79. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>Le professeur>Le tuteur>Le coach>Le mentor>L’expert>L’auteurLe rôle du professeur est essentiellement celui de transmettre ses connaissances en tantque pédagogue spécialiste d’une discipline. La classe virtuelle, l’enregistrement et ladiffusion de sessions en présentiel ou distantiel, le chat et les forums sont ses moyensd’intervention auprès des apprenants.Le tuteur se focalise beaucoup plus sur l’accompagnement de l’apprenant en l’orientant versdes ressources pédagogiques, en rythmant et en évaluant l’acte pédagogique à l’aide dedivers outils sélectionnés en amont et en formant l’étudiant à l’usage de ces outils. Ilendosse un rôle proactif dans l’organisation et l’amélioration de la formation.>Le coach, a contrario des précédents, n’est pas forcément spécialisé dans une discipline. Ilintervient beaucoup plus sur l’aspect émotionnel, organisationnel, la confiance en soi etl’individualisation de l’e-formation suivie. Le développement personnel est son champd’action principal.>A l’inverse, le mentor – qui est très proche du coach en termes d’attributions – est un expertqui accompagnera sur le terrain son élève et qui se posera comme une source d’inspiration.>L’expert, qui n’endosse aucun rôle pédagogique à la différence du professeur et du tuteur,est là pour répondre aux interrogations des apprenants mais aussi les orienter dans leurdémarche de par sa connaissance très pointue de la discipline concernée. Il intervient dansle contexte pédagogique en modes synchrone et asynchrone telle une balise pour guiderceux qui le sollicitent.>Nombre de professeurs ou experts consacrent leur temps à conceptualiser, définir puiscréer des outils standards ou sur-mesure à disposition de leurs collègues et de leursapprenants. Il est nécessaire de rappeler que nombreux sont les formateurs qui réalisent lescontenus voire les supports qui seront utilisés par les formés.Qui dit formateur en langue(s) dit échanges linguistiquesLa fiche métier du professeur de langues d’un site de recherche d’emploi bien connu estéloquente :« Le professeur de langues enseigne une langue étrangère soit au collège, au lycée, àluniversité ou dans les formations pour adultes. Au préalable, il prépare les exercices et lescours quil va dispenser en fonction du niveau de son public. Il explique, de manièrepédagogique, la grammaire, le vocabulaire et lorthographe dune langue. Le professeur delangues a également pour mission de faire découvrir à ses élèves une autre culture. Il utilisedes outils pédagogiques variés, dans le but de captiver lattention de son auditoire, comme : 73
  • 80. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENles films, la musique, la pratique phonétique, la mise en scène, les jeux, la lecture etc. Il apour rôle daider les élèves à progresser dans leur apprentissage de la langue. Il élabore desexamens dévaluation dacquis des connaissances puis les corrige. »Cette illustration insiste sur l’importance d’ouvrir la conscience des apprenants à la cultureentourant la langue enseignée. Qui mieux que le formateur peut sensibiliser son auditoireaux us et coutumes locaux ? Qui mieux que l’enseignant peut orienter, corriger le travailaccompli ? Qui mieux que le formateur peut adapter les contenus et outils répondants auxdemandes souvent bien spécifiques des ressources humaines et de leurs salariés ?Dans le cadre scolaire, le projet européen e-twinning, lancé en 2005, s’appuie sur cet axefort de l’e-enseignement des langues étrangères en proposant aux classes européennes detravailler conjointement sur des thèmes et sujets précis. Ce jumelage électronique rencontreun succès notable tout autant parmi les professeurs et les élèves à travers l’Europe puisqu’ilpermet une ouverture sur les pratiques, us et coutumes et modes de pensées des diverspays prenant part à ce programme.FOCUS SUR E-TWINNING, LE JUMELAGE LINGUISTIQUE TRANSEUROPÉENRéunissant 32 pays européens, le projet e-twinning (ou e-jumelage enfrançais) encourage l’utilisation des T.I.C.E. entre élèves de ces pays pourmener des activités et projets de manière collaborative. 145 000 enseignantsont adhéré à ce concept. Tous les outils mis à disposition des enseignants etde leurs élèves sont gratuits. Les activités développées entre les classes européennesfavorisent bien évidemment la maîtrise des outils digitaux mais aussi et surtout lesinteractions entre les cultures, l’échange linguistique, le travail interdisciplinaire et rythment lamotivation d’élèves impliqués dans des actes pédagogiques innovants et mobilisateurs.Recherche d’informations, vidéos, podcasts, photos et visioconférence sont les vecteursforts de ce projet unique dans le monde. Du côté de l’enseignant, la coopérationtechnologique, la sensibilisation aux nouvelles technologies et l’enrichissement du travailpédagogique sont les principaux axes du recours à e-twinning.On n’apprend pas une langue sans échange. Que ce soit à l’écrit ou à l’oral, l’échange, lepartage, la confrontation de points de vue sont des éléments moteurs de l’apprentissagelinguistique. Pour autant, les outils précédemment décrits dans ce rapport prouvent qu’il estpossible de se former aux langues en autonomie. Cependant, l’acquisition de bases solides,condition sine qua non pour une progression constante sans handicap et une motivationintacte, ne peut se faire sans « intervention humaine », a contrario de ce que certainsaffirment.La copie d’écran ci-après, émanant de YAHOO Questions/Réponses, démontre combien lesapprenants ont besoin de pouvoir s’appuyer sur une aide, notamment dans le cas deslangues difficiles pour les locuteurs francophones : 74
  • 81. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENAvec le e-learning 2.0 qui préfigure une dématérialisation de plus en plus poussée etl’amplification du flux learner to learner, la place du professeur de langue sera pourtantdéterminante. Le professeur va se transformer en tuteur voire en accompagnateur desapprenants. Et, cela, notamment pour les néophytes, en amont du processusd’apprentissage. Avec la montée en puissance de la vidéo et de la visioconférence, le tuteurpourra faire le point et ryhtmer l’apprentissage pour éviter tout abandon. Il encadrera sesélèves et sera, à tout le moins, une « bouée de sauvetage » en cas de difficulté, d’inquiétudeou de démotivation. Une e-formation linguistique sans guidage est vouée à l’échec. 75
  • 82. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN2. Comment conserver l’implication et la constance de l’apprenant et éviterl’isolement ?Commencer à suivre une formation en e-learning, parexemple en anglais, requiert de l’avis de tous uneforte dose de motivation. En effet, même à l’époquede la génération Z, l’apprentissage en classe perdure.De fait, depuis notre plus jeune âge, nous sommeshabitués à apprendre par l’entremise de professeursqui nous guident, nous stimulent et nous évaluent.Nous venons de nous interroger sur le facteur humainau cœur de l’e-formation et avons conclu qu’une e-formation sans échange, en autarcie, aboutira sur ladémotivation puis sur l’abandon, a fortiori dans ledomaine des langues où le feedback interculturel sedoit d’être prégnant. Alors, comment éviter l’isolementde l’apprenant ?La motivation, la clé de voûte de l’e-apprentissageL’aspect motivationnel est crucial lorsque l’onapprend une discipline. Il l’est encore plus quand leparcours se fait dans le cadre d’une langue inconnue,peu ou moyennement maîtrisée. Le psychologuehongrois Mihaly CSIKSZENTMIHALI a établi leconcept de flux motivationnel, repris dans le domaineéducatif, qui illustre l’état d’une personne engagéedans un processus. Selon ce maître de la psychologiepositive, le flow – ou flux dans notre langue – est l’état de concentration maximal d’une 76
  • 83. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENpersonne engagée dans une activité. Avec pour résultante un développement personneloptimal et l’atteinte des objectifs poursuivis. Selon lui, il est nécessaire d’assigner des butsclairs, de savoir doser les moyens et, surtout, de favoriser une concentration élevée. Onentrevoit, via cette théorie, combien la stimulation de l’apprenant est importante.Qui dit stimulation dit échanges fructueuxDans le cadre d’une e-formation linguistique, bien que les outils performants soientnombreux, il est d’autant plus nécessaire de favoriser les échanges. Apprendre une languerepose sur deux piliers incontestables : l’expression et la compréhension écrites et orales.Pour éviter la démotivation voire l’abandon de l’apprenant face à son ordinateur, sa tabletteou son mobile, il faut impérativement ponctuer l’apprentissage d’échanges, de feedbacks,d’évaluations. C’est pourquoi, en entreprise, le blended learning est désormais reconnucomme la méthode la plus performante. Les apprenants doivent « rendre des comptes »mais peuvent aussi se raccrocher à des sessions synchrones avec un formateur, que ce soiten présentiel, via une session de visioconférence ou au téléphone.Dans un processus d’autoformation, le manque de repères et de validation desconnaissances linguistiques peut vite devenir le point d’achoppement de la démarche. Si unapprenant, en dehors de toute structure scolaire ou professionnelle, débute une e-formationlinguistique, il devra s’astreindre à échanger régulièrement. La communication est la base dela maîtrise d’une langue. Sans véritable communication, les acquis ne sont pas utilisés, unefrustration se fait jour, bref l’apprenant ne sait pas où il va et doute rapidement de la teneurdes connaissances acquises. Si, de plus, le budget est faible voire nul, l’inscription aux coursproposés par les acteurs du secteur ne sera pas forcément possible ou sera limitée entermes de profondeur des contenus.Les échanges fructueux sont-ils possibles via les réseaux sociaux ?L’arrivée massive de réseaux sociaux spécialisés permet, en partie, de combler cetteproblématique motivationnelle. En effet, les échanges pouvant être multiples, synchronesautant qu’asynchrones, les apprenants sont absorbés dans une dynamique qui mobilise àtout instant leur implication donc leur motivation pour un flow nécessaire à leur progression.Groupes d’échange, exercices, chats, vidéos et autres widgets sont déployés sur lesréseaux sociaux linguistiques qui font de l’échange et de l’entraide leur mantra. L’avantagedes réseaux sociaux réside, entre autres, en les échanges directs qui s’établissent.Dans la perspective d’une autoformation sans présentiel, le défi sera plutôt de savoir trouverles interlocuteurs natifs adaptés pour bien progresser dans son apprentissage.Heureusement, la variété des profils présents sur ces réseaux permet non seulement demultiplier les échanges mais aussi une sélection de ses interlocuteurs par affinités. C’estainsi que les divers registres de langue peuvent être couverts et les activités diversifiéespuisque celles effectuées conjointement avec un premier interlocuteur pourront être d’unetoute autre nature avec un autre. Cependant, lorsque des synergies s’établissent entre deuxindividus, chacun devra être conscient que la distance et les emplois du temps respectifs,notamment, impliqueront tôt ou tard des échanges différés. Lorsque ceux-ci sont fréquents,travailler en mode asynchrone n’est pas toujours évident. Il est donc nécessaire d’apprendreà gérer cette dimension. 77
  • 84. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN3. Comment gérer les échanges différés pour la maîtrise du « vertigeasynchrone » ?Pour un apprenant faisant le choix (ou pas) d’utiliser les technologies de l’information et de lacommunication, il n’est pas toujours évident d’adopter la rigueur organisationnelle corrélée àce type d’apprentissage. En effet, a contrario d’un cours fixe en salle, l’espace/temps sont deux paramètres à gérer différemment dans le cadre de l’e- formation. Si les termes « synchrone » et « asynchrone » reviennent fréquemment dans les réflexions sur cette forme d’apprentissage, c’est bien évidemment parce que la dématérialisation, la mobilité et la distance intrinsèquement induites bousculent les usages et les habitudes. Dans le cadre d’une e-formation linguistique, nous avons précédemment insisté sur l’importance de la communication et de l’échange, de préférence en temps réel pour permettre aux apprenants de s’entraîner, de se corriger et donc de progresser sur des bases solides.L’approche asynchrone génère de l’autonomieContrairement à ce que certains affirment, l’e-formation et ses leçons asynchrones nedéshumanisent pas. Une enquête menée par des psychologues cliniciens, à Valence, adémontré que les apprenants avaient une image positive de la relation asynchrone qu’ilsentretenaient avec leurs tuteurs puisqu’ils les percevaient comme finalement plus prochesd’eux : « un jeune comme nous, cool et à notre écoute, qui ne se prend pas la tête ». Lesformateurs eux-mêmes, en encourageant les échanges informels par e-mail, ont affirmé queles jeunes apprenants regroupés en échantillon « se montraient impliqués, plus confiantsque dans une relation en face-à-face et certainement plus volontaires et donc autonomes ».Les outils, l’approche méthodologique, s’ils sont bien définis en amont et souples dans leurutilisation, peuvent valoriser les apprenants et changer la représentation que l’on se fait del’interlocuteur. En conséquence, les apprenants se sentiront mobilisés et seront beaucoupplus prompts à travailler seuls à distance, sans pression, tout en sachant qu’ils sont guidéslors d’étapes récurrentes que sont les feedbacks détaillés des professeurs. Cependant, il estdémontré que, si les outils asynchrones sont un facteur important pour créer une dynamiquepédagogique, ils exigent une rétroaction des réponses sous 24 voire 48 heures maximumafin de conserver une implication constante et entretenir la motivation.Mais l’autonomie n’est pas une condition sine qua non dans la réussite d’une e-formation Adrien FERRO, Responsable Développement du Master II « Ingénierie de l’e-formation » à l’Université Rennes I estime que les échanges asynchrones n’isolent pas, bien au contraire : « Internet développe la capacité à se mettre en relation en dépit de l’éloignement physique des protagonistes de la formation (e-mail, forum, …). Sans relation humaine, la formation ne peut réussir, et ici précisément, ce sont les technologies qui permettent d’engager la présence, stimulent l’humanisation de l’apprentissage. En fait, ilfaut oublier l’a priori selon lequel la formation à distance par ordinateur nécessite ledéveloppement de l’autonomie chez l’apprenant. C’est tout le contraire : les réseauxinteractifs ont pour mission principale de multiplier les contacts entre deux personnes quin’auraient jamais pu se connaître et, ce, en temps réel ». 78
  • 85. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN4. Comment sélectionner ses outils pour une pédagogie dynamique ?Nous avons précédemment décrit divers outils numériques, qu’ilssoient généralistes ou plus spécifiques à l’enseignement deslangues. Dans le cadre d’une e-formation linguistique, il est toutd’abord très important de pouvoir apporter une interface qui puisseêtre pris en main par le plus grand nombre. Il est ensuite nécessairede pouvoir livrer du contenu adapté au niveau de chacun. Ladichotomie compréhension/expression écrites etcompréhension/expression orales sont les deux axes majeurs dansla sélection d’outils adéquats pour une e-pédagogie performante.Les aspects synchrones et asynchrones sont également unparamètre important dont tenir compte dans le rythme de l’e-formation en langues qui doitprivilégier des contacts développés pour encourager diverses formes d’expression etpermettre à l’apprenant de découvrir, retenir, utiliser et perfectionner son usage des mots etexpressions. Bien évidemment, les choix ne seront pas les mêmes en entreprise et à l’école.En entreprise, il faut capitaliser sur les échanges entre salariésDésormais, le social language learning investit l’entreprise. Dans le cas d’une multinationale,on imagine aisément les « ponts » qui peuvent être établis entre les différentes filiales :l’implémentation, par exemple, d’une messagerie instantanée peut permettre aucollaborateur allemand d’échanger avec son pendant français dans les langues de Goethe etMolière. L’intranet est également un vecteur de choix pour multiplier les partageslinguistiques.Bien que l’intranet soit devenu désuet, il y a de multiples possibilités offertes par cette vitrineinterne. Ce support est un process de communication interne à large échelle permettant demettre en collaboration les forces vives et tous les talents qui peuvent apprendre les uns desautres mais aussi être en relation avec la société d’e-formation éventuellement mandatéepar l’employeur. D’autre part, c’est le meilleur moyen de connecter tous les métiersreprésentés au sein de l’entreprise et, ainsi, favoriser le champ lexical bien évidemmentfavorisé par l’apprenant qui souhaite apprendre ou se perfectionner de préférence dans ledomaine d’activité qui représente son quotidien.Outre l’intranet et la messagerie instantanée, les réseaux sociaux peuvent venir encomplément du L.M.S. déployé par le prestataire e-formation ou tout simplement palierl’éventuel manque de stratégie digitale de l’entreprise en ce domaine. Bien qu’au sein del’entreprise les réseaux sociaux n’aient pas toujours bonne presse, de plus en plus desociétés japonaises, sud-coréennes ou encore américaines (MICROSOFT DevelopperNetwork) implémentent leur propre réseau social interne pour permettre à leurs salariésd’interagir en toute confidentialité. Selon I.B.M., d’ici 2014, 20% des employés de cessociétés avant-gardistes auront délaissé l’e-mail au profit de leur réseau social d’entreprise.Via ces univers, il devient tout à fait possible de développer un social language learning fort.Visio, podcasts, messagerie, forums, photos, flux, commentaires et textes peuvent ainsicirculer pour des échanges aussi bien formels qu’informels et, ce, dans toutes les langues.L’entreprise ne pourra pas passer outre le développement exponentiel du social Web. Dansles e-formations dispensées, se priver du social en le considérant comme exogène à la viede la société et « top axé loisir » serait dommageable. Le social learning, au cœur du Web2.0, est d’ailleurs le meilleur moyen d’effectuer la synthèse entre la formation professionnellecontinue, et toute la rigueur en découlant, et les usages informels et ludiques corrélés auxmédias sociaux largement utilisés par les collaborateurs dans le cadre personnel. 79
  • 86. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR PLAYSAY INC., LE SOCIAL LANGUAGE LEARNING VIA FACEBOOKPlaySay Inc., the first of its kind platform for fun, rewarding, immersive and social foreignlanguage learning on Facebook, officially launched today at TechCrunch Disrupt SanFrancisco 2011. By dragging and dropping pictures into a flexible interface, PlaySay usersconstruct the meaning (semantics) of what they want to say and the system produces thecorrect foreign language phrase (syntax) in real time. PlaySays language offerings arecurrently limited to Spanish, but the company plans to add new languages in the comingmonths. The company is backed by Kevin Yu, former director of PayPal Japan; Sean Glass,founder of Higher One; and Novak Biddle Venture Partners, the most active VC investors inthe education space nationally.Dans le cadre d’un L.M.S. classique, le client devra être vigilant sur les outils proposés par leprestataire e-formation langues : l’équilibre entre l’oral et l’écrit est-il bien respecté ? Est-ilpossible de travailler en distantiel ? Si oui, dans quelles conditions ? Quels vecteurs (texte,vidéo, podcasts, etc.) sont privilégiés ? Le social language learning, moins couteux et trèscollaboratif, a-t-il droit de citer ? Comment s’effectuent l’évaluation et la restitution descorrections ? Bref, il est tout autant nécessaire de disséquer la qualité du futur enseignementque les coûts engendrés et le temps neutralisé par l’e-formation linguistique. Enfin, plutôtque de rester sur un modèle vertical, de l’e-formateur vers les apprenants et vice-versa,l’entreprise à tout à gagner à favoriser les process horizontaux entre ses talents.A l’école, il est nécessaire d’effectuer la synthèse du ludique et de l’éducatifLes vieilles habitudes sont tenaces : les institutions scolaires ont tendance à maintenir unenseignement très théorique, même dans le cadre des T.I.C.E. Or, un enfant ou unadolescent a légitimement une propension à conserver « un esprit joueur » donc plusfantaisiste, dans le bon sens du terme, dans sa compréhension de concepts, règles etthéories. Retrouver les aventures de la famille Smith du livre d’anglais habituel sur le tableaublanc interactif du collège sans qu’il n’y ait une réelle valeur ajoutée dans la mise en situationn’apportera pas une stimulation forte des esprits. Pour apprendre, par exemple, les piècesde la maison et le mobilier, tel le désormais fameux « Brian is in the kitchen », il seraitbeaucoup plus probant de permettre aux élèves de « gamifier » le home sweet home de lafamille Smith avec, pourquoi pas, une modélisation 3D de la maison familiale et del’ameublement de celle-ci.Les scolaires représentant une part importante des 28 millions de joueurs nationaux sur lesjeux vidéo, il serait regrettable que ceux-ci soient encore mal perçus par la majorité du corpsprofessoral d’ici à l’horizon 2020. Les possibilités offertes par la gamification sont multiples,surtout à une époque où le divertissement occupe une place de plus en plus importante dansles sociétés développées. L’engagement est, notamment, la pierre angulaire du jeu dans lecadre de l’apprentissage. Pourquoi les scolaires ne pourraient-il pas bénéficier des apportsdu jeu alors que leurs aînés participent de plus en plus à des serious games ? De plus enplus d’académies scolaires commencent à mener des réflexions poussées sur l’impactbénéfique des jeux vidéo sur les T.I.C.E., à l’instar de celle de Créteil, sur la based’exemples probants émanant d’autres pays. En 2002, une expérience particulièrementintéressante a été menée au Chili : deux groupes d’élèves ont été constitués, l’un bénéficiantd’un apprentissage traditionnel, l’autre utilisant un jeu vidéo éducatif spécifique. Les élèvesdu second groupe ont obtenu des résultats 50% supérieurs à ceux du premier groupe auxexamens dispensés à la fin de l’expérience. Les capacités cognitives et motrices semblent,de plus, avoir été particulièrement stimulées et la connaissance de l’informatique améliorée. 80
  • 87. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLa sollicitation des sens visuel et auditif des élèves par les jeux vidéo, déjà largement utilisésà la maison, permet une optimisation de la concentration, de l’attention et de la motivation.Les informations transmises sont, de fait, retenues plus facilement. Sachant que l’échangeest le cœur de l’apprentissage d’une langue, la gamification pourrait trouver une place dechoix dans les enseignements linguistiques, à condition que les jeux développés soientdivertissants, participatifs, interactifs et adaptés au niveau des élèves. Les aspectsparticipatif et interactif sont d’ailleurs des points majeurs de l’enseignement linguistiqueludique car faire collaborer mais aussi s’affronter les élèves favorise une harmonisation duniveau général via une stimulation et une implication plus prononcée de tous. Pourquoi lagrammaire, par exemple, devrait-elle demeurer un pensum pour une grande majorité desapprenants en langues ?En autonomie, il est primordial de multiplier les interactions socialesLe marché aligne de nombreux acteurs aux solutions performantes. Cependant, souscrire unabonnement chez l’un d’entre eux ne doit pas empêcher l’apprenant d’avoir recours à desoutils indépendamment de ceux proposés par le formateur. A l’heure des réseaux sociaux etde la pluralité des outils digitaux, un apprenant autonome peut largement diversifier lescontacts. Cela commence par le fait d’optimiser son utilisation d’Internet. Rebondir sur lespublications de ses fans et amis est une chose, rechercher des profils affinitaires d’autresnationalités pour développer de l’échange, peut-être plus productif que les échangeshabituels, est un moyen d’optimiser son apprentissage. On apprend plus facilement unelangue lorsque l’on s’exprime sur un sujet pour lequel on a une forte empathie.Par exemple, via Twitter ou Scoop.it, il est intéressant de s’abonner aux flux publiés sur unsujet qui nous tient à cœur, bien évidemment dans la langue étudiée, afin de lire, voir,écouter sur ce thème tout en interagissant avec les auteurs. L’apprentissage par affinité(s)est le bon moyen d’entretenir une forte motivation et de pouvoir acquérir rapidement desnotions dans la langue étudiée.Bien évidemment, l’apprentissage d’une langue en autonomie doit pour autant éviter l’écueilde s’éparpiller sur de multiples supports avec, pour finalité, un usage sommaire despossibilités pédagogiques et un manque de profondeur dans la pratique de la langueétudiée. L’offre pléthorique et polymorphe sur Internet peut dérouter un apprenant autonometout comme elle peut créer une indécision parmi les personnes en charge du pilotage de laformation continue en entreprise. Outre les outils identifiés comme adaptés à la futureformation dispensée, comment être sûr que les contenus seront de qualité ? Le chapitresuivant s’attarde sur cette problématique. 81
  • 88. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN5. Comment éviter l’appauvrissement des contenus du, entre autres, à uneoffre pléthorique ?Certains détracteurs de l’e-formation, parle d’e-llusion pour qualifier une forme de pédagogiequi, selon eux, met l’accent sur le technologique au détriment du pédagogique. Ils arguentaussi du fait que la curation des contenus, bref la reprise multiple de sources, dilue lacréativité, la qualité et le dynamisme inhérents à l’enseignement d’une discipline ou d’unsujet. Il est vrai qu’au vu des prestations d’intervenants multiples sur un marché prometteuret en plein développement on peut parfois être particulièrement déçu tout autant parl’ergonomie, les méthodes ou les contenus.Encore jeune, le marché de l’e-learning souffre parfois d’offrespeu adaptées. Certains font du drag and drop de contenus issusde CD-Rom, d’autres font montre de créativité mais livrent desmodules d’une platitude déconcertante. On empile lesressources sans toujours s’appuyer sur un discernementprononcé. L’appauvrissement des contenus n’est pas une fin ensoi car Internet se régénère constamment via des millions depublications chaque jour. Pour un apprenant en langue, qu’il soitscolaire ou salarié, il n’y a pas encore de recette miracle. Mais, avec le digital, il y a uneimmensité de possibilités. L’article « Réussir son projet e-learning », publié par le Journal duNet le 27 février 2007, pose quatre prérequis indispensables pour une e-formation optimumen entreprise, à savoir :1 | Bien définir son besoinSans cahier des charges précis, la formation sera un échec. Il est nécessaire de faire un tourd’horizon des ressources internes mais également des outils proposés par le prestataire.2 | Déterminer la solution la plus adaptéeDoit-on opter pour des contenus standards, des contenus sur étagères ou sur-mesure ?L’hébergement doit-il être établi sur l’intranet ou chez le prestataire ? Il en va de la gestionvoire de l’optimisation du L.M.S. qui sera implémenté avec une batterie d’outils éducatifs.3 | Bien choisir son prestataireLa démarche qualité des prestataires doit être étudiée à la loupe. Des tests produits doiventêtre menés. A ce titre, il ne faudra pas se contenter d’un échantillon servi sur un plateau parles prestataires potentiels. Enfin, les champs d’action de ceux-ci sont un paramètre àprendre en compte : certains bénéficient d’une expertise dans certaines disciplines, d’autress’appuient sur des compétences techniques pointues, d’autres, enfin, savent capitaliser surles synergies des grands groupes (stages en interne, formations classiques largementdéveloppées, …).4 | Accompagner le projet en interneL’implication et la motivation dépendent d’une bonne communication interne.Les ressources humaines vont devoir « professionnaliser » leurs cahiers des charges pour,sur cette base claire, faire montre d’un discernement dans le choix des intervenants, lacadence des cours, le dosage entre le présentiel et le distantiel mais aussi la sélection desoutils. 82
  • 89. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN6. Comment appréhender le social learning mais aussi le fluxapprenant/apprenant ?Le social learning va renforcer l’autonomie de l’apprenant. Via l’observation, l’imitation,l’attitude et l’échange, les apprenants vont désormais s’entraider pour progresser. Le sociallearning, qui est un pont entre les théories behavioriste et cognitiviste puisque basé surl’attention, la mémoire et la motivation, va permettre un déterminisme réciproque selon lepsychologue et professeur Canadien Albert BANDURA. BANDURA est connu pour sathéorie de l’apprentissage social et le concept d‘auto-efficacité qui en découle. Selon lepsychologue Canadien, l’individu est un producteur et un produit de son environnement. Ilest en interaction avec d’autres individus qui vont influer sur ses croyances, soncomportement ; lui-même endossera ce rôle auprès des autres de par ses attitudes, idées etopinions. L’efficacité personnelle a pour fondations la motivation, la persévérance et l’action.Comme l’écrit Fabien HUMBERT dans son article « La révolution du social learning » (LeNouvel Economiste, 2 mars 2011), « le social learning […] puise ses racines dans lecompagnonnage ». Plusieurs études conduites en milieu universitaire ont démontré que lesétudiants travaillant en groupe obtiennent de meilleurs résultats que ceux ayant travailléseuls en bibliothèque. En entreprise, Frédéric DOMON de l’agence Social Learning voit lesocial learning « comme la formalisation d’un concept ancien, les échanges informels enmilieu professionnel, et parle de la formalisation dans un concept d’un constat que l’on faisaitdéjà il y a longtemps ». Il prend l’exemple de la machine à café qui permet aux salariés« d’interagir et d’échanger des savoirs ».Le feedback, clé de voûte de l’apprentissage d’une langueNous avons souligné, précédemment, l’importance des échanges interculturels. Lesmembres d’un réseau social, qu’il soit linguistique ou non, apprennent en créant etdéveloppant des connexions, intentionnelles ou non, via un échange d’idées, d’expériences,de best practices, d’informations. Ils collaborent, interagissent, partagent, commentent,créent et défendent leurs points de vue, idées et opinions. Les communautés permettent,forment, guident et développent les échanges enrichissants même si informels ousurprenants sur la forme. Partager des blagues, faire du « storytelling », corriger,commenter, mettre en ligne des ressources, donner des tuyaux, lire, poser des questions,donner des exemples, bref créer l’empathie sont les attributs distinctifs des médias sociauxet donc du social learning. Les horizons s’élargissent, le développement personnels’intensifie. Le locuteur espagnol souhaitant apprendre le mandarin pourra non seulement àcoup sûr trouver son pendant chinois mais également multiplier les interlocuteurs donc lesapproches, les vues, les styles, les méthodes.Kirsten WINKLER, tuteur en langues éminent dans la blogosphère éducation 2.0, a publié etcommenté une étude sur le social language learning, en 2009, émanant de l’enquête« Evaluation of Evidence-Based Practices in Online Learning » menée par l’U.S. Departmentof Education. Le titre de l’article publié sur son blog est éloquent : « The Proof that LanguageLearning Communities are the most efficient way of learning right now ». Elle met en reliefplusieurs points cruciaux démontrant cette efficacité :>Le mix facteur humain et interactivité avec la machine, au-delà du blended learning>Le choix de l’environnement : informel, en mobilité, en entreprise, à la maison>La nature et le niveau du contenu : faits, concepts, simples échanges, procédures, etc. 83
  • 90. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>La(es) technologie(s) choisie(s) : audio, vidéo, podcast, chat, simulations, T.B.I., visio, etc.>Le synchrone et l’asynchrone : il est prouvé que la communication à la fois synchrone etasynchrone a des effets bien plus positifs que la formation uniquement en distantiel qui nepermet pas autant d’interactions.>Les apprenants savent discerner mieux que quiconque le contenu qui leur est approprié. Lesocial learning n’est pas vécu comme une contrainte puisque les apprenants vont d’eux-mêmes sélectionner leurs sources. Les résultats : une empathie majorée, un « auto-monitoring » affirmé, une « débrouillardise » forte, une réflexion amplifiée.>Un renouvellement véloce et perpétuel : le flux est constant, la volumétrie des échanges enattestant, l’offre rencontre la demande et vice versa. Source : http://www.kirstenwinkler.com/the-proof-that-language-learning-communities-are-the-most-efficient-way-of-learning- right-now/, Kirsten WINKLER, 14 juillet 2009Qui dit social learning dit toutes les nationalités, tous les profils, tous les niveaux Avec 2 milliards d’internautes dans le monde, on imagine aisément la variété des profils des social learners. Si certains parlent d’appauvrissement des contenus, ils oublient que derrière les écrans se cachent aussi des formateurs, des professeurs, des chercheurs, bref une population aguerrie à l’enseignement. Le social learning va révolutionner l’apprentissage linguistique et démontrer l’efficacité de la pédagogie 2.0 car, en dehors des classes, des entreprises ou des organismes, les échangescontinuent, l’entraide se renforce, l’interdépendance se crée. On peut aisément capitalisersur la passion des professeurs qui sont majoritairement dans une dynamique detransmission du savoir. En conséquence, échanger, partager tout autant avec sonconcitoyen qu’un professeur de russe basé à Vladivostok va devenir une évidence.EN RÉSUMÉ…Pour une e-formation linguistique efficiente, au travail comme à la maison, il fautimpérativement être vigilant sur les points suivants :>Les objectifs sont-ils clairement définis ?>Y aura-t-il au moins un référent pour « secourir » voire, de préférence, guider l’apprenant ?>L’échange, la communication sont-ils au cœur de la démarche ?>Le partage asynchrone est-il intelligemment mis en œuvre pour une bonne dynamique ?>Les outils sont-ils adaptés au niveau des communications orale et écrite de l’apprenant ?>L’ergonomie et la technique sont-elles optimales ?>Le projet capitalise-t-il sur l’entraide voire l’interdépendance pour un enrichissement ? 84
  • 91. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN RECOMMANDATIONS P DÉTAILLÉES A PRÉCONISER DES AXES R FORTS T I Apprendre coûte et savoir vaut E Proverbe Français 3 85
  • 92. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENDans ce chapitre, nous allons dresser les axes majeurs pour unenseignement/apprentissage optimal des langues étrangères à l’aide du Web 2.0 et desréseaux sociaux. En préambule de ces recommandations, il est intéressant de revenir sur lesparamètres qui conditionnent l’apprentissage linguistique. Gérard POIROT, Docteur enLinguistique Malgache, met en relief douze variables principales, à savoir : Source : Apprendre efficacement une langue étrangère, Gérard POIROTVoici un tour d’horizon succinct de ces éléments constitutifs du parcours pédagogique dansl’enseignement/apprentissage d’une langue étrangère :>AffectivitéCette notion souligne la motivation et donc l’adhésion et l’implication nécessaires de la partde l’apprenant. Le digital doit donc savoir stimuler et entretenir l’enthousiasme initial del’individu abordant une formation en langue.>ÂgeL’âge influe sur l’apprentissage, a fortiori dans le cas d’une langue étrangère. Au-delà detrente ans, le processus de mémorisation est plus lent. Cependant, en vieillissant, nousaccumulons les expériences et les connaissances, ce qui favorise une plus grandeperformance dans les domaines familiers. Pour bien fonctionner, la mémoire doit êtresouvent sollicitée et challengée afin d’endiguer le plus possible la diminution des capacitésattentionnelles, de la récupération active et de la vitesse de traitement de l’information. Il estdonc nécessaire que l’e-formation implique une sollicitation quotidienne de la mémoire.>Auditif et visuelLes individus extravertis ont une prédisposition pour les langues étrangères. En effet, ceuxqui, socialement, multiplient les échanges sont favorisés car ils activent très régulièrementles fonctions auditives a contrario des individus plus en retrait qui vont beaucoup plus faireappel à leur sens visuel. Dans le cas d’une e-formation en langues, il est primordial d’activerà la fois les sens auditif et visuel de l’apprenant.>CompréhensionPour que la mémoire soit performante, il est impératif que celle-ci appréhende parfaitementles notions enseignées. Une phrase apprise par cœur sans que l’élève ne la comprenne, entermes de sens, ne sera pas archivée de façon optimale par la mémoire. 86
  • 93. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN>EncodageL’encodage est une étape clé du processus mémoriel. Il s’agit du traitement et del’élaboration, à la fois conscients et inconscients, de l’information pour la transformer ensouvenir. L’encodage, par des images, des sons, des émotions va créer un contexte demémorisation en établissant des liens mentaux qui permettent de retenir l’information puis dela stocker pour pouvoir, par la suite, la retrouver au cœur de la mémoire et l’utiliser à bonescient.>Filet sémantiqueLe filet sémantique désigne le classement des informations effectué par le cerveau. Une foisarchivées, les données sont reliées à des connaissances déjà acquises comme, parexemple, la signification dans la langue maternelle. La multiplication de liens mentaux autourd’une information favorise la mémorisation et la fabrication de souvenirs.>MémoireLa mémoire permet d’intégrer, coder, stocker et restituer les données. Celle-ci est à la foisphysique et psychique. On distingue trois types de mémoire. La mémoire sensorielle est trèsvolatile car elle a une durée de quelques millisecondes. La mémoire à court terme est trèsdépendante des capacités attentionnelles de l’individu. Étant limitée dans le temps, il s’agitde la mémoire sollicitée dans la poignée de minutes suivant la perception d’une information.La mémoire à long terme est illimitée sur le plan temporel et en termes de stockage. C’est ledisque dur de l’individu où sont stockés les souvenirs, expériences et connaissances.L’encodage, le stockage et la restitution font partie intégrante de la mémoire à long terme.L’analyse, la concentration, la conceptualisation, le contexte, la logique, la méthodologie etl’oubli sont des composantes inhérentes à la mémoire.>OutilsDans l’apprentissage d’une langue, la variété des outils employés est significative dans laprogression de l’apprenant. Variété ne signifie pas un éparpillement méthodologique maisl’alternance d’au moins deux supports.>ReconstructionLa reconstruction est une autre composante de la mémoire. Lorsqu’un apprenant en languedoit restituer ses connaissances, il va devoir rappeler ses souvenirs grâce à unereconstruction basée sur des éléments disparates.>RéflexesPour pratiquer une langue étrangère, il est nécessaire d’avoir des réflexes pour ne pas avoirà chercher ses mots. Lorsque nous écoutons et échangeons avec notre interlocuteur, nousfaisons appel à des réflexes multiples.>SensLa mobilisation des sens de l’apprenant est une condition impérative du parcourspédagogique d’un apprenant en langues. La mémoire sensorielle participe pleinement àl’apprentissage. 87
  • 94. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN >Stockage Au cœur de la mémoire, le stockage est une composante centrale. Sachant que l’oubli fait partie du processus mémoriel, la consolidation des informations doit être encouragée pour éviter l’écueil de l’oubli. La réactualisation des connaissances par le traitement d’informations plus récentes liées à une notion va permettre de contourner l’oubli. C’est pourquoi une personne ne pratiquant plus une langue seconde aura besoin d’un réajustement lorsqu’elle sollicitera à nouveau sa connaissance de cette langue lors de la rédaction d’une lettre, par exemple. Prenant notamment appui sur ces paramètres essentiels, les recommandations suivantes décrivent les axes qu’il nous semble nécessaire de suivre pour délivrer une e-formation linguistique la plus efficiente possible.1 Désigner au moins un référent pour le guidage du parcours pédagogique Bien que parmi les recommandations qui vont suivre, nous allons détailler l’importance de l’autonomie dans l’apprentissage linguistique en ligne, il nous semble particulièrement important de désigner un tuteur dans le cadre d’une e-formation. L’autonomie étant corrélé à la progression pédagogique, donc à la maîtrise technique et linguistique dans le sujet qui nous intéresse, les apprenants doivent pouvoir être reliés à une autorité qui supervisera : >Le niveau et la progression de chacun >Les besoins technologiques et les outils à utiliser >La variété des outils et supports pour l’optimisation des tâches >La définition, l’animation voire la réorientation du parcours pédagogique >L’entretien et le développement de la motivation de ses ouailles >La correction, l’évaluation et la restitution (feedback) >La facilitation des contacts et du partage >La préconisation d’outils additionnels Nous conseillons aux apprenants évoluant en totale autonomie, soit en dehors de l’école et du monde professionnel, d’identifier un ou plusieurs référent(s) afin d’optimiser leur apprentissage. Par « référent », nous n’entendons pas forcément une autorité pédagogique mais de préférence un natif faisant montre d’implication, de disponibilité et étant force de soutien. La motivation étant la pierre angulaire de l’e-formation, il serait regrettable d’étudier en semi-autarcie. Le social language learning et tous les outils interactifs doivent, dans ce cas de figure, être favorisés. Dans le cadre professionnel, des K.P.I. (Key Performance Indicators) doivent être validés en amont avec l’e-formateur qui devra se tenir à ces objectifs tout au long de l’enseignement. A posteriori, il est légitime que les apprenants, à leur tour, puissent juger de la formation reçue. 88
  • 95. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN2 Privilégier un apprentissage ludo-éducatif pour une motivation maximale Depuis les années 90 et la vague des jeux vidéo, il est acquis que le ludique peut grandement stimuler l’apprentissage. Commencer à apprendre une langue peut sembler insurmontable pour certains individus, notamment à l’âge adulte, car ils appréhendent la durée et les conditions pédagogiques. Pour prendre une métaphore, ces apprenants redoutent d’entrer dans un tunnel dont ils ne verront pas le bout et qui sera semé d’embûches. Le fait, en outre, de devoir très vite avoir des échanges dans la langue étudiée, pratiquement « sans filet de sécurité » et dans un contexte pédagogique où l’évaluation est par défaut nécessaire, peut rapidement saper leur bonne volonté initiale. Même en autonomie, l’évaluation se fera dans le jugement des interlocuteurs qui cerneront vite le niveau de maîtrise de la personne qui leur fait face. Le fait d’introduire des modules et supports ludiques permet d’endiguer en partie ce sentiment préjudiciable à la motivation des apprenants. Plusieurs expériences, menées notamment au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis, ont étudié les mécanismes psychologiques dans le cadre d’un enseignement faisant le part belle au jeu. Les résultats ont prouvé que, lorsque le jeu est combiné aux exercices et méthodes plus formels, la progression des étudiants est plus rapide. En effet, les tâches ludiques stimulent la réflexion et donc la concentration d’apprenants ravis de s’adonner à des exercices sollicitant tout autant leur imagination, leur affect ou bien encore leur esprit de compétition. Ces programmes ont démontré que les mises en situation ludiques mobilisent fortement les fonctions sensorielles aux côtés des mécanismes neurologiques classiques. Le serious gaming a donc de beaux jours devant lui. FOCUS SUR QUEST TO LEARN, QUAND LE JEU ILLUSTRE LA THÉORIE En 2009, à New York, a vu le jour QUEST TO LEARN, une école d’un nouveau genre. Sa conceptrice, Katie SALEN, a souhaité accueillir des classes de 6ème et 5ème, pour commencer, et leur proposer des cours conduits à la fois par un professeur traditionnel et un concepteur de jeux pour le développement de modules ludiques à l’initiative des élèves. Par exemple, en classe de physique, c’est un module de dix semaines, Invisible Pathways, qui a été retenu. Ce jeu de rôle consistait à « transformer » les enfants en scientifiques étudiant le comportement de la lumière (réfraction, absorption, diffusion et réflexion) grâce à des caméras numériques et la modélisation 3D dans un environnement virtuel. Ainsi, les connaissances théoriques étaient directement mises en pratique dans un univers ludique pour permettre aux élèves d’élaborer de nouvelles théories, de s’interroger sur la matière, d’étudier l’œil et ses composants optiques, etc. En histoire, les élèves sont devenus les administrateurs de Sparte et ont du « monitorer » les relations avec Athènes. Ce jeu de stratégie leur a permis de mieux appréhender le contexte et l’environnement des Cités-États de la Grèce Antique. Cette école très digitale réfute la notation et privilégie une classification des élèves par niveau afin de les encourager à atteindre les niveaux supérieurs. Forte du succès rencontré à New York, une deuxième école ouvrira ses portes prochainement à Chicago. Source : Quest to learn, l’école où l’on joue à apprendre, ROUTIN V. / SUSSAN R., Le Monde, 26 septembre 2011 89
  • 96. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN3 Diversifier les contextes pour alterner les registres de langue et les situations Parler une langue seconde, ce n’est pas parler comme un livre. La vie fait que l’on sera amené à rencontrer des interlocuteurs de tous horizons, dans des situations diverses. C’est le contexte qui donne du relief à nos expressions, écrites comme orales. Certaines formations, notamment en entreprise, privilégient à dessein un registre de langue que nous qualifierons d’étroit. Nous préconisons au contraire d’ouvrir l’e-enseignement linguistique à des tâches et des mises en situations diversifiées pour offrir aux formés non seulement une adaptabilité et une autonomie accrue mais aussi afin d’optimiser leur engagement. On ne parle pas comme on écrit. On ne parle pas avec son collègue espagnol comme on parle avec son client espagnol. Les tâches et outils mis en œuvre doivent conjuguer l’écrit à l’oral, le ludique à l’académique, le langage parlé au langage formel. Le fait, par exemple, d’avoir recours au serious gaming favorise une mise en situation des formés et de leur tuteur qui vivront ce qu’ils apprendront. A la suite de cela, un débriefing dans la langue étudiée entre les participants et, encadré par le formateur, va non seulement permettre une correction mutuelle mais aussi un débat, des échanges oraux dans un registre certainement plus direct, plus percutant sans challenge, sans pression. Les échanges en distantiel sont également un bon moyen de donner une empreinte moins formelle, notamment si ces échanges sont inter-apprenants. Débattre via les réseaux sociaux sur un ou plusieurs sujet(s) délimité(s) donnera aux contributions un cadre bien différent de celui de la classe de langues. Ce genre d’outil encourage les apports concis et percutants. C’est aussi l’occasion de casser la timidité à l’oral de certains apprenants qui peuvent, de chez eux ou ailleurs, « s’offrir » une tribune dans les échanges écrits qu’ils mèneront avec les autres. Faire participer les apprenants à un blog est un autre moyen de donner carte blanche (ou presque) à chacun qui pourra imprimer sa patte, son style. Lorsque l’on apprend l’anglais, avoir quelques notions de slang peut toujours servir. Le langage familier fait aussi partie du contexte culturel de la langue étudiée. Outre le cadre professionnel, l’apprenant sera amené à utiliser ses connaissances en voyage ou dans ses échanges avec ses followers et amis digitaux qui ne s’embarrasseront pas toujours d’un langage soutenu, ou à tout le moins académique, dans leurs expressions. La diversité des interlocuteurs, donc des registres de langue, doit faire partie des paramètres de l’e-formation linguistique. Si, à l’école et en entreprise, il est légitime que le langage formel soit en priorité inculqué, les échanges hors classe peuvent être d’une toute autre nature. A contrario d’une discipline scientifique, le langage est polymorphe. Pour appréhender cette diversité, donc délivrer un apprentissage efficace, la mise en situation est un point à ne pas négliger. Le digital est censé contourner la froideur que peut inspirer un livre ou un CD-Rom de leçons. Il serait donc regrettable que les moyens offerts par les médias numériques ne soient pas exploités en ce sens. Nous recommandons donc un travail fort sur les axes d’engagement des apprenants, cela pour ouvrir les esprits à la langue donc à la culture étudiée mais aussi afin d’armer les futurs locuteurs qui, à l’issue de l’e-formation dispensée, devront faire preuve de la plus grande autonomie lexicale et syntaxique face à leurs interlocuteurs. 90
  • 97. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN4 Rythmer la motivation par la correction, la gratification et l’évaluation Dans les langues, comme dans toutes les disciplines, la correction et l’évaluation sont importantes. Mais, dans lenseignement d’une langue étrangère, l’élève est particulièrement désireux d’obtenir un feedback très rapide pour se sentir guidé dans sa progression. Nous avons mis en exergue l’importance de l’échange et du partage, au cours de ce rapport. En effet, ces deux variables sont cruciales dans l’apprentissage linguistique qui doit faire la part belle aux interactions entre les individus. Pour ne pas être limité dans ses contacts, qu’ils soient verbaux ou épistolaires, l’apprenant réclamera logiquement une correction et une restitution par rapport à ses productions. Elena COŞEREANU, Docteur en Didactique du Français Langue Étrangère à l’Université Technologique de Compiègne, a rédigé en 2009 un article sur ce sujet dans les Cahiers de l’APLIUT3, au sein duquel elle démontre l’importance de la correction dans l’acquisition d’une langue seconde en se basant sur les travaux de GASS, MACKEY et ROSS-FELDMAN. La correction permet aux apprenants de se situer et les expose à faire des changements de leur output, soit leurs productions vis-à-vis du professeur et/ou de leurs pairs. L’apprenant va plus facilement prendre conscience des inadéquations et approximations entre son interlangue et la langue cible. L’interlangue étant la langue intermédiaire entre la langue source ou maternelle et la langue cible ou seconde. Par exemple, un italien souhaitant dire « on s’appelle » pourrait, dans un premier temps, franciser l’expression italienne « ci sentiamo » en déclarant « on se sent ». L’interlangue est faite d’approximations, de maladresses, mais est une phase logique dans le parcours pédagogique linguistique. Le Docteur COŞEREANU souligne le fait que la correction encourage l’apprenant à régulièrement restructurer son interlangue pour éviter de faire les mêmes erreurs dans ses prochaines productions. L’essor des échanges sociaux, à l’heure du Web 2.0, amplifie ce phénomène de restructuration et donc de progression puisque l’e- apprenant s’expose à de multiples feedbacks correctifs qu’il peut incorporer rapidement à ses connaissances. SWAIN et LAPKIN ont également mis en évidence l’importance des épisodes communicationnels lors desquels les apprenants s’interrogent sur le langage qu’ils produisent, s’autocorrigent et corrigent l’autre dans leur ouvrage « Interaction and second language learning: two adolescent French immersion students working together ». L’évaluation et la gratification sont logiquement liées à la correction. Depuis le plus jeune âge, nous sommes habitués à être évalués pour nos productions. Bien que certains arguent du fait que la notation n’ait pas forcément une portée bénéfique sur des élèves mis en compétition et donc sous pression, il nous semble important que l’e-formation linguistique propose une qualification des productions des apprenants. Cette qualification ne sous- entend pas forcément la notation mais à tout le moins un système clair d’évaluation permettant aux élèves de se situer. De plus, les efforts fournis peuvent être sanctionnés par une gratification personnelle et/ou collective tout autant voire encore plus génératrice de motivation que l’est la restitution induite par la correction. C’est toujours plaisant de s’entendre dire un « very good! ». 3 L’APLIUT, Association des Professeurs de Langues des I.U.T., édite la revue Recherche et pratiques pédagogique en langues de spécialité 91
  • 98. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN5 Combiner l’oral à l’écrit tout au long du parcours pédagogique Une langue étrangère ne saurait être maîtrisée sans une pratique approfondie des discours écrit et oral. En effet, le but de l’enseignement d’une langue étrangère est de permettre à l’apprenant de parler et d’écrire la langue étudiée. C’est pourquoi, on a longtemps spécifié dans nos curriculum vitae la mention « lu, parlé, écrit » au chapitre « Compétences Linguistiques ». Mais, la prédominance du livre en classe de langue, pendant des décennies, a privilégié l’écrit, l’oral ayant été majoritairement cantonné aux commentaires, débats et échanges entre le professeur et les élèves, au mieux entre les apprenants. L’arrivée de nouvelles technologies (ordinateur, V.H.S., D.V.D., logiciels, Internet) a, depuis les années 70, bousculé l’enseignement classique en revalorisant l’oral. Les programmes scolaires de 1977 réaffirmaient l’importance de l’oral et requéraient la nécessité impérative de comprendre les interventions verbales de son interlocuteur dans la pratique d’une langue seconde. Ce glissement subit vers l’oral a failli déboucher sur un enseignement linguistique basé sur le tout-oral après des décennies de tout-écrit. Fort heureusement, la nécessité de maintenir un équilibre entre les discours oraux et écrits s’est imposée au début des années 80 alors même que les technologies se multipliaient. Les évolutions récentes ont plaidé pour une synthèse de l’oral et de l’écrit avec pour clé de voûte l’échange. Outre les compréhensions écrite et orale, le concept de compétence de communication a été développé à partir de 1995 dans les programmes scolaires. En surimpression d’un discours descriptif, il a été demandé aux apprenants de s’exprimer également à la première personne du singulier, de prendre parti, de se positionner tout en débattant avec leurs camarades. La dissociation de l’oral et de l’écrit a donc été bannie. Suite aux instructions de 1995, la prononciation orale, gage d’une expression de qualité et d’une compréhension orale optimisée, est même devenue un axe majeur de l’enseignement des langues secondes. Désormais, le poids des T.I.C.E., à l’école, et de l’e-learning en entreprise, permet de combiner l’oral à l’écrit tout au long du parcours pédagogique linguistique. Le degré de technicité des L.M.S. est un moyen de multiplier les productions à la fois écrites et orales. Cependant, un apprenant autonome, qui ne bénéficie pas d’un encadrement et donc d’une orientation de ses travaux, devra s’astreindre à des échanges oraux et éviter l’écueil de productions uniquement écrites qui sont bien évidemment facilitées avec l’usage d’Internet. Nous recommandons que les podcasts, les échanges via Skype et autres médias oraux soient impérativement incorporés à l’apprentissage d’une langue seconde. Il est, d’ailleurs, reconnu que l’acquisition du langage s’effectue via les cinq sens qui reçoivent et interprètent les stimuli extérieurs pour, in fine, structurer les mécanismes neurologiques. Forts de ce constat, il nous semble dommageable de ne pas avoir recours à des outils rythmant la compréhension et l’expression orales aux côtés de supports basés notamment sur le texte et la compétence écrite. Les apprenants doivent s’astreindre à progresser dans leur apprentissage de manière multimodale, à savoir par la parole, l’écoute, la lecture et l’écriture. Les e-enseignements qui auraient tendance à ne pas maintenir un équilibre entre les tâches orales et écrites sont à prescrire. 92
  • 99. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN6 Multiplier les échanges et le partage Les réseaux sociaux linguistiques ne s’y sont pas trompés en favorisant les mises en relation multiples. MYLANGUAGEEXCHANGE.COM, par exemple, s’appuie sur la méthode CORMIER qui propose à un groupe de deux à quatre individus de deux nationalités distinctes d’échanger cinquante pourcents du temps dans la première langue, cinquante pourcents dans l’autre langue. Hélène CORMIER a développé cette approche pendant trois ans au sein du Club d’Échanges Linguistiques de Montréal. Selon ce réseau social spécialisé, « Il nexiste aucune autre méthode aussi efficace pour apprendre une nouvelle langue, si ce nest la supervision directe dun enseignant qualifié. […] Pour les étudiants de niveau intermédiaire, cette méthode est de loin la meilleure dans lapprentissage dune langue seconde ». Échanger avec un natif est certainement la voie royale pour développer une maîtrise de manière optimale la maîtrise d’une langue seconde. Le site APPRENDRELANGUE.COM plaide pour cette mise en situation et déclare « Les conversations de la vie de tous les jours seront toujours différentes de ceux des livres et des méthodes audio qui supposent une utilisation correcte et sans acrobatie de la langue ». L’outil SharedTalk de ROSETTA STONE, spécialiste américain des méthodes linguistiques, propose de trouver l’interlocuteur idéal via une interface extrêmement simple et légère hébergeant un chat vocal et une messagerie instantanée. BRUNER, un psychologue américain spécialisé dans la psychologie de l’éducation, a développé le concept d’étayage, qui induit l’apprentissage par la découverte, et a mis en relief l’aspect déterminant de l’échange verbal avec l’autre pour extérioriser les processus mentaux. Pour BRUNER, le langage se développe via son fonctionnement social. Cela nous rappelle la théorie socioconstructiviste précédemment décrite dans cette étude. Dès le plus jeune âge, l’observation et l’imitation de l’autre sont déterminantes dans la progression de l’individu. Le collaboratif est plus que jamais un sésame dans l’apprentissage d’une langue étrangère. SIEMENS, le père fondateur du connectivisme, théorie basée sur l’usage des nouvelles technologies, souligne que c´est la qualité et la pertinence du réseau de l´apprenant qui doit primer sur les connaissances elles-mêmes en déclarant que « la création de sens et la formation de connexions entre des communautés spécialisées sont des activités importantes ». La théorie connectiviste, qui nous semble particulièrement pertinente, promeut fortement l’échange en s’appuyant notamment sur les axes suivants : >L´apprentissage et les connaissances résident dans la diversité des opinions >L´apprentissage est basé sur les sources d´informations et les nœuds entre les individus >La capacité d´accès à une plus grande quantité de connaissances est plus importante que la connaissance elle-même >La formation et le maintien des connexions facilitent l´apprentissage continu >L´habilité à réaliser des connexions entre des champs, des idées et des concepts est une compétence centrale 93
  • 100. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN7 Encourager l’apprentissage par affinités L’apprentissage par affinités, outre le fait qu’il permette aux individus en contact d’échanger sur un domaine qui les stimule et donc de progresser plus rapidement dans leur maîtrise de la langue seconde étudiée, crée une interdépendance entre les apprenants. L’interdépendance nécessite une entraide et donc un partage fort. Dans cette optique, il est nécessaire d’effectuer un distinguo4 entre la démarche coopérative et la démarche collaborative qui repose sur le degré de contrôle et d’autonomie des apprenants. La démarche coopérative, qui concerne généralement de jeunes apprenants ou des élèves très peu expérimentés, repose sur un contrôle fort exercé par le formateur pour combler une faible autonomie de ses élèves. Ce contrôle développera graduellement l’habilité des apprenants à passer de la coopération à la collaboration. La coopération implique la division des tâches et des responsabilités au sein d’un groupe d’élèves dans lequel chaque individu va participer à l’atteinte d’un but commun, à savoir la réalisation d’un exposé sur Dante dans le cadre d’un cours d’italien, par exemple. L’interdépendance est très forte entre les membres du groupe. A contrario, la démarche collaborative se distingue par un faible contrôle puisque l’autonomie des apprenants est forte. Les apprenants ont également un but commun mais chacun travaillera indépendamment à atteindre ce but consensuel par ses propres efforts. Le résultat sera la production d’œuvres individuelles mises en commun pour la réalisation de l’œuvre collective. La tâche collaborative n’est pas morcelée entre les apprenants. Chaque apprenant réalise par et pour lui-même l’ensemble de la tâche en utilisant les ressources collectives mais aussi en s’appuyant sur le groupe. L’interdépendance a donc un caractère associatif. L’évolution optimale de l’apprentissage implique de passer de la coopération à la collaboration au fil de la progression de l’enseignement. Une e-formation linguistique, pour être efficace, doit entre autres proposer des activités et tâches basées sur les contacts sociaux qui développeront un sentiment d’appartenance au groupe et d’interdépendance entre les membres de celui-ci et, dans le cadre d’un apprentissage autonome, un engagement affinitaire. Comme le soulignent Karin LUNDGREN-CAYROL et Henri France dans leur ouvrage « Apprentissage collaboratif à distance : pour comprendre et concevoir les environnements d’apprentissage virtuels », « l’apprenant demeure au centre du processus et son engagement à collaborer repose sur l’intérêt intrinsèque qu’il trouve à partager avec le groupe pour l’aider dans l’accomplissement de la tâche ». Le site MEETUP.COM propose de fédérer ses utilisateurs internationaux autour de leurs passions mais aussi de réunir par zone géographique (une ville ou un code postal peut être renseigné) ces individus qui pourront prolonger leurs échanges en mode offline. 4 Source : HENRI France / LUNDGREN-CAYROL Karin, Apprentissage collaboratif à distance : pour comprendre et concevoir les environnements d’apprentissage virtuels, 2001 94
  • 101. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN8 Favoriser le recours au social language learning Lev VYGOTSKI, psychologue russe, a déclaré « la vraie direction du développement de la pensée ne va pas de lindividuel au social, mais du social à lindividuel ». Cette affirmation vient illustrer la révolution sociale qui s’opère actuellement avec la multiplication des médias sociaux sur le Web. Le collaboratif, automatiquement induit par le Web 2.0, est un formidable tremplin dans le domaine de la formation pour optimiser l’appropriation des connaissances via le groupe, bref le collectif. Que ce soit à la maison, à l’école ou en entreprise, le social language learning nous semble un point primordial des e-formations modernes. L’entreprise doit se projeter comme une organisation apprenante à tous les niveaux Avec la poussée de l’e-learning en entreprise mais aussi la formation professionnelle continue tout au long de la carrière, l’apprentissage va devenir une notion très importante dans les politiques R.S.E (Responsabilité Sociale de l’Entreprise). Les salariés vont avoir la possibilité de se former de façon multiple, au cours de leur cheminement professionnel, ce qui leur apportera un arc de compétence élargi et donc bénéficiera également à l’employeur. L’entreprise va désormais devoir se projeter comme une organisation apprenante à tous les niveaux, que ce soit entre les métiers ou encore les fonctions. Les bénéfices des apprentissages à la fois individuels et collectifs vont converger. Bien évidemment, pour piloter au mieux ce qui nous semble être l’avenir de la formation professionnelle, il sera nécessaire de procéder à des ajustements organisationnels pour maximiser les compétences du capital humain. Les langues seront plus que jamais un volet important des plans de formation car l’accélération de la globalisation va impacter toutes les tailles de structures après avoir façonné la façon de travailler dans les multinationales et les entreprises intervenant à l’export. Les échanges et le partage seront cruciaux. En amont des domaines techniques et complexes, le verbal et l’écrit entre les individus, que ce soit en interne ou avec le marché, seront déterminants. Le social language learning nous semble donc un avantage concurrentiel à exploiter dès à présent via la mise en place d’outils efficients tels qu’entre autres les réseaux sociaux d’entreprise. A l’école, les communautés linguistiques doivent être développées Le projet e-twinning démontre, selon nous, la force des projets collaboratifs à l’école. Ce concept trans-écoles européennes offre aux enfants non seulement une expérience scolaire innovante mais aussi une sensibilisation aux autres cultures. Le contexte culturel étant un point fort de l’enseignement des langues secondes, professeurs et élèves ont tout intérêt à souscrire aux communautés linguistiques. Il est à espérer que les politiques en matière de T.I.C.E. sauront favoriser le language learning collaboratif dès l’école primaire. L’apprentissage en autonomie ne peut se passer des échanges sociaux Le Web 2.0 mettant à la disposition des apprenants en langues une infinité d’outils interactifs, nous préconisons la multiplication des échanges, sans pour autant tomber dans l’éparpillement, que ce soit à l’oral ou à l’écrit. Le social language learning favorisant le phénomène d’imitation, la correction mutuelle et l’interdépendance, les apprenants en autonomie doivent se lancer dans « le grand bain digital » pour bénéficier des apports de l’apprentissage collaboratif. Cent cinquante ans après l’essor de la formation à distance, les générations X, Y et Z ont la chance de pouvoir exploiter une fenêtre sur le monde sans nul autre pareil dans l’histoire de l’Humanité. Apprendre de et avec les autres n’a pas de prix. 95
  • 102. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN9 Exploiter la complémentarité du m-learning Le mobile learning vit actuellement une poussée au cœur de l’écosystème e-learning. Sachant que les smartphones sont en train de démocratiser l’accès à Internet, de par le monde, il est plus que d’actualité d’envisager le mobile comme un support complémentaire à l’e-formation classique. La dynamique impulsée en présentiel mais aussi via les usages sur ordinateur peut désormais se prolonger en totale mobilité. Passons en revue les points forts et les points à améliorer du m-learning. >Forces du mobile learning >Faiblesses du mobile learning Source : Nomadisme et mobile learning, e-learning actu, http://www.elearning-actu.org/mobile-learning/ Ces points devant être pris en compte, le m- learning se doit de délivrer un enseignement linguistique complémentaire, simple, concis, ludique et pratique. Les conditions d’étude pouvant être antagonistes avec la rigueur nécessaire à l’apprentissage, la voie plus informelle doit être privilégiée. À date, le mobile doit venir en complément des cours en présentiel et des autres supports digitaux. 96
  • 103. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFOCUS SUR LE MOBILE ASSISTED LANGUAGE LEARNING (M.A.L.L.)Le M.A.L.L. désigne lapprentissage linguistique sur mobile, P.D.A. ou tablette et est lasynthèse du m-learning et du Computer-Assisted Language Learning (C.A.L.L.). Avec leM.A.L.L., les apprenants ont accès aux ressources linguistiques et peuvent échanger toutautant avec leur tuteur que leurs pairs, partout et tout le temps. Du simple tutoriel au modulede cours complet en passant par quelques widgets, le M.A.L.L. est en pleine ascension etbénéficie du développement de produits spécifiques à ce format sur la base dune demandetoujours plus conséquente. Dautant que le M.A.L.L. encourage la rétention et lutilisation deconnaissances récemment acquises en réduisant le risque de déperdition de la "valuableknowledge". Avec des apprenants toujours plus soumis à des horaires universitaires ouprofessionnels lourds, le temps consacré aux sessions classiques dapprentissage ne cessede diminuer. Lintroduction du rich media, loptimisation des contenus sur smartphones ettablettes et lamélioration constante de la qualité de ces terminaux promet un bel avenir auM.A.L.L.Les tablettes vont changer la donneAvec la démocratisation progressive des tablettes tactiles, l’e-language learning va encorese développer. Que ce soit en entreprise, en autonomie voire à l’école, les tablettes pourrontétablir une synthèse entre la mobilité et le confort d’un P.C. pour tous les language learnersdésireux de travailler leur maîtrise d’une ou plusieurs langue(s) étrangère(s). La tablette à 1€proposée par le gouvernement pourrait, de plus, renforcer cette impulsion. Les forces devente itinérantes, pourraient également trouver leur compte dans le m-learning sur tablette.Outil de vente et de monitoring le jour, celles-ci se transformeront facilement en outild’apprentissage à distance le soir ou dans les transports, par exemple. Les développementstechniques étant spectaculaires, ces dernières années, gageons que les freins d’hier serontbientôt levés : le confort, l’ergonomie, le stockage, entre autres, sont en passe de vivre uneoptimisation déterminante.Nous recommandons donc tout autant aux tuteurs qu’aux apprenants d’envisager lessupports mobiles comme des relais de choix dans leur apprentissage. Offrant une grandeliberté en termes d’espace/temps, ces devices sont déjà le nouveau cheval de bataille desacteurs de l’e-learning qui y voient non seulement un nouveau défi technologique maiségalement un moyen de prolonger l’enseignement et de capter de nouveau clients. Sachantqu’un internaute français sur quatre est un mobinaute, le champ d’action est vaste. Outrel’accès à l’Internet classique, la multiplication des applications mobiles de language learningest programmée. De plus, au vu des tarifs modérés pratiqués sur mobile, les apprenants onttout intérêt à exploiter ce support complémentaire qui évite une trop grande interruption dansla dynamique pédagogique. Le téléphone, outil de communication par excellence, est lemédium de choix pour un élève en langues. Presque un siècle après les premières tentativesd’enseignement à distance par téléphone, cet objet est devenu le prolongement de l’individu. 97
  • 104. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN10 Permettre un continuum dans l’apprentissage délivré Lorsque l’on a amorcé l’apprentissage ou le perfectionnement d’une langue, il est légitime d’espérer pouvoir continuer celui-ci et/ou pratiquer la langue apprise au-delà de la formation lorsque celle-ci s’achève. On ne parle bien une langue que lorsqu’on la pratique dit-on. Lors d’une e-formation linguistique, il est donc important de donner aux apprenants des repères, des balises, dans la jungle numérique afin qu’ils puissent entrevoir comment ils pourront développer leur pratique par eux-mêmes à l’issue de la formation. L’autonomie devant logiquement se développer au fur et à mesure du parcours pédagogique, les formés étant d’abord encadrés puis guidés puis conseillés, le(s) formateur(s) ou professeur(s) se doivent de leur donner l’envie d‘exploiter cette autonomie en dehors des sessions de formation ou des cours en classe et, ainsi, poser les jalons d’un continuum dans cet apprentissage. Cette sensibilisation doit être amorcée par le formateur au cours de la formation en projetant ses apprenants dans le futur donc dans les situations et usages qu’ils seront amenés à vivre. Les apprenants développeront, ainsi, l’envie d’entretenir les connaissances qu’ils auront acquises, via maints efforts, que ce soit en termes de temps consacré, de réflexion ou encore d’investissement matériel. Quoi de plus gratifiant qu’ajouter des cordes à son arc et de pouvoir se targuer de maîtriser et pratiquer régulièrement une langue seconde ? De plus, l’aisance ne peut se développer que sur le long terme. Il n’est pas question de s’astreindre voire s’imposer une charge de travail identique à celle déployée lors de la formation mais plutôt de savoir conserver une gymnastique pédagogique. La lecture d’articles de presse via son smartphone, dans les transports, les contributions sur les réseaux sociaux dans la langue concernée, le fait de regarder des vidéos et tout ce qui relève du rich media ou encore lire dans la langue étudiée sur son Kindle sont des exemples parmi tant d’autres. Dans le cas de l’anglais, cette démarche est facilitée puisque la langue universelle est partout, notamment, sur le Web. Utiliser des supports offline viendra également renforcer l’optimisation de l’e-formation dispensée. L’efficacité de l’e-formation linguistique peut, ne l’oublions pas, aussi se mesurer à l’aune de la formation aux nouvelles technologies et de l’ouverture d’esprit aux outils complémentaires et à leurs développements que cet enseignement aura conféré aux apprenants. Ces recommandations étant posées, nous abordons désormais un chapitre plus prospectif. Le Web courant à grandes enjambées vers sa deuxième révolution de par une innovation effrénée et une exigence toujours plus forte des internautes, les perspectives de l’e- formation en langues vont, de fait, s’élargir. Quels seront les usages de demain ? Ma tablette sera-t-elle devenue un cahier électronique hyper performant ? La géolocalisation va-t-elle bousculer la distinction présentiel/distantiel ? Quelle sera l’influence du collaboratif sur l’organisation de l’entreprise ? Les interrogations sont multiples. Nous nous proposons de tenter de lever un coin du voile et, pourquoi pas ?, verser parfois dans la futurologie au fil des pages qui suivent. 98
  • 105. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN P CRITIQUE ET A QUESTIONNEMENT POURQUOI ? R COMMENT ? T I E Au cœur de la culture Internet se terre une force qui entend tout apprendre de vous Andrew GROVE 4 99
  • 106. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN L’infographie ci- contre, établie par le Rasmussen College, une université américaine, sur l’évolution de la formation à distance est une synthèse historique intéressante. Celle- ci éclaire la démocratisation de l’apprentissage puisqu’on est passé du précepteur à un apprentissage de masse, via la classe d’école, puis les nouvelles technologies tout autant à l’usage des scolaires que des adultes. Les technologies ont peu à peu révolutionné l’apprentissage vertical classique en présentiel. Depuis 1996, année 0 de l’adoption d’Internet par le grand public, l’apprentissage bénéficie d’outils variés, en présentiel comme en distantiel, en modes synchrone et asynchrone, dans un contexte de plus en plus collaboratif. L’apprentissage devient horizontal et privilégie l’échange, le partage, bref l’apprentissage mutuel via une miseen interdépendance des apprenants et de leurs formateurs. Le social learning offre unegrande variété de profils, d’outils, de contextes, de modes pédagogiques. Le serious gamingrevalorise l’approche ludique de la connaissance. Le blended learning permet de trouverl’équilibre entre l’enseignement en classe et à distance. Dans le cas des langues étrangères,la fenêtre sur le monde qu’est le Web 2.0 favorise une multitude d’échanges, formels etinformels, au bénéfice des utilisateurs. Pourtant, on peut délibérément s’interroger sur uneforme d’apprentissage qui semble cantonnée à un rôle complémentaire de l’apprentissageclassique qui implique la présence et le suivi d’un catalyseur essentiel du parcourspédagogique, le professeur. 100
  • 107. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLe social learning, à qui l’on fait endosser les habits d’un fragile e-learning 2.0, est-il suffisantpour réellement apprendre une langue étrangère, ce qui implique une forte rigueur et unepratique constante à moyen sinon long terme ? L’engagement, l’implication, la motivation, lesoutils, le suivi doivent être optimaux. Les médias sociaux sont-ils, à ce jour, suffisants sur lefond et sur la forme pour apprendre puis maîtriser une langue seconde ? 101
  • 108. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENFort heureusement, le pédagogique est en train de prendre une nouvelle dimension sur leWeb 2.0 avec l’arrivée et le déploiement du rich media et de la réalité augmentée.L’accessibilité, la multiplication et la rapidité des flux, le collaboratif, vont impacter lesusages : nous allons passer du « j’apprends peu à peu avec Internet » au « j’apprends toutle temps sur et grâce à Internet ».1. L’avenir de l’e-formation sociale pourrait passer par le social rich learningFrédéric BASCUNANA, en 2010, a publié un manifeste du social rich learning dans lequel ildéfinit et promeut ce concept, encore flou pour beaucoup, puisqu’il estime que le sociallearning est encore insuffisant dans sa portée. Partant du constat que le collaboratif est bienplus impliquant que le communautaire, il théorise le lien indéfectible entre le social richmedia et le social rich learning. On peut se sentir seul, au sein de sa communauté, si l’on necollabore pas et reste passif. A contrario, le collaboratif implique de rebondir sur lescontributions, de créer des interconnexions, des frictions intellectuelles, de mélanger lesfluides intellectuels, cela dans un contexte d’autorégulation avec, en toile de fond, desmédias engageants. Via sa WebTV collaborative, TechtocTV, BASCUNANA a mené dessessions hyper participatives où le débat, la liberté de ton sont encouragés tout en cadrantles participations. Il a constaté avec étonnement un engouement très fort autour de cestables rondes filmées et diffusées et a quantifié à 284 le nombre de contributeurs actifs et300 les contributeurs occasionnels sur cette plateforme.Selon lui, le social learning distille de l’informel et crée des passerelles entre les apprenantsmais, si l’on ajoute, du rich media à d’autres outils performants, cela devient du social richlearning pour créer une alchimie entre des participants bien plus mobilisés doncdynamiques. La vidéo, notamment, est impliquante car l’on engage son image. La gestuelleet tout ce qui relève du langage corporel ne peut aller à l’encontre de la parole. Les senssont fortement sollicités. Et l’audience peut interagir en direct et donc orienter les débats. Lesocial rich learning va donc encourager une pédagogie toujours plus active.2. L’e-learning va muter pour devenir le we-learningAvec la généralisation du social learning, certains observateurs de l’e-learning commencentà définir un nouveau concept, le we-learning. Partant de la constatation que la connaissanceest partout, liée à chaque personne physique tout autant que morale, ils estiment que savoiret expériences doivent être partagés. En entreprise, notamment, on estime à 5 à 10% laconnaissance des individus réellement utilisée. Le modèle 70 : 20 : 10, qui part du constatque les salariés apprennent à hauteur de 10% de l’apprentissage formel, 20% vial’entourage professionnel et 70% par l’expérience, plaide en faveur du knowledgemanagement, soit la gestion efficace de la connaissance.Après que l’e-learning ait empiété sur la place du formateur au profit des développeurs, lewe-learning devrait réduire le pouvoir de ces développeurs et de leurs « designers » deprogrammes pédagogiques digitaux. Le we-learning cassera l’hégémonie de ces offreurspuisque la mise à contribution collaborative des connaissances et talents de tout un chacun,dans l’entreprise, favorisera la diffusion de la connaissance et de l’expérience. Laconnaissance va circuler plus facilement. Si, sur le plan organisationnel la gestion est bienmenée, les salariés comprendront l’intérêt de partager leurs connaissances et d’apprendreen commun. Cela sera facilité par un background informatique performant s’appuyantnotamment sur une approche SaaS, soit software as a service, pour une utilisation mutuelle.Les anciens paradigmes vont être remis en cause : tout comme il a fallu apprendre à seservir de Flash, à effectuer du développement de contenus ou encore à savoir mettre diversmédias en systémique, il sera désormais nécessaire d’apprendre, entre autres, le learning 102
  • 109. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENcommunity management et le tagging et de savoir définir l’architecture de l’information touten utilisant à bon escient les analytics car l’efficacité sera bien plus quantifiéequ’actuellement. Le we-learning va créer de nouveaux marchés de par le volume d’outils etde systèmes à gérer qu’il implique.CISCO, SUN, CITRIX, MICROSOFT investissent d’ores et déjà des millions de dollars dansle développement de systèmes d’apprentissage corporate mettant au cœur de leurarchitecture le collaboratif, le savoir travailler ensemble et l’exploitation des connaissances.Ces systèmes doivent beaucoup aux outils et idées développés, la plupart du temps, par desréseaux sociaux tels que Facebook, Ning, LinkedIn. L’e-learning « a libéré » l’apprenant dela salle de classe, le we-learning va le libérer de l’ordinateur. Les supports mobiles,smartphones et tablettes, vont provoquer une accélération des flux collaboratifs et permettreun partage n’importe où n’importe quand. Au-delà du blended learning, qui a vu formateurset apprenants établir les objectifs puis travailler et collaborer en présentiel et distantiel, le we-learning va créer des communautés d’apprentissage collaboratif qui se prolongeront après laclasse, physique ou virtuelle, pour appliquer ce qu’elles ont appris en amont du process.Mais le we-learning implique également un changement culturel et managérial. Il va falloirdonner aux individus les supports, la culture et la motivation corrélés au we-learning pourqu’ils s’engagent dans cette voie. En effet, au sein des entreprises, le partage d’expérienceet de la connaissance n’est pas encore un réflexe évident pour les salariés. Les experts, parexemple des salariés bilingues, devront bénéficier d’incentives les amenant à contribuer à laconnaissance collective de la société soit, dans notre exemple, le partage de leursconnaissances linguistiques avec ceux qui souhaitent se former aux langues secondesmaîtrisées par ces experts. Ces experts devront être récompensés et leurs interlocuteursauront pour tâche de savoir à leur tour donner leur contribution à des projets collectifs pourlesquels ils ont une compétence distinctive. Nous avons tous nos talents et il s’agira desavoir en faire profiter autrui pour soi-même bénéficier des connaissances de nos collègues.3. L’e-learning linguistique sera une expérience grâce à la réalité augmentéeL’interactivité, terreau de l’apprentissage d’une langue, va connaître un développementtechnique important, au cours des prochaines années. Grâce à la réalité augmentée, quisuperpose des objets virtuels 2D et 3D à l’image classique, la perception en temps réel de laréalité va changer d’intensité. En effet, les perceptions à la fois visuelle, auditive et tactileseront très fortement augmentées. Nos travaux actuels, en deux dimensions, vont vivre unerévolution. Bientôt, nous pourrons vivre sensoriellement notre apprentissage.Lorsque nous serons en pleine conversation avec un natif, il sera possible de lui toucher lamain à distance. La détection des mouvements, qui est déjà appliquée actuellement, vadevenir de plus en plus puissante pour une interaction majorée avec la machine et uneinteractivité optimisée avec nos interlocuteurs. Comme l’a déclaré Arthur C. CLARKE « toutetechnologie suffisamment avancée se confond avec la magie ».L’application mobile World Lens, éditée par QUEST VISUAL, permet une traductioninstantanée en temps réel via la capture d’une image depuis un mobile ou une tablette. Si,par exemple, un touriste est perplexe devant un panneau d’affichage rédigé dans la languelocale, il lui suffit de lancer l’application – qui fonctionne en mode offline - puis de viser lepanneau ou tout autre support avec du texte pour obtenir un affichage instantané de latraduction du texte. La photographie suivante est un exemple édifiant de cette technologie :le panneau de signalisation en langue française visé est instantanément traduit en anglaistout en conservant tous les attributs de l’image que ce soit en termes de taille, couleurs, detypographie, de contraste et de luminosité. 103
  • 110. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLe jeu Yoostar, créé par MICROSOFT, permet aux téléspectateurs de rejouer les scènesd’émissions en étant intégrés à l’écran.C’est ainsi que l’on peut revivre certaines scènes de films et donner corps à un personnage.MTV s’est associé à MICROSOFT pour une utilisation de Yoostar avec les émissionsdiffusées à l’antenne et, ainsi, permettre une plus forte interactivité avec son audience.L’utilisateur est projeté dans un univers d’expériences sensorielles. Dans l’enseignementlinguistique, où l’aspect culturel est crucial, pouvoir incarner un personnage et multiplier lesinteractions vocales et textuelles avec le système et/ou d’autres apprenants est une avancéemajeure. 104
  • 111. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENLa réalité augmentée dans l’e-formation linguistique va bientôt permettre la sollicitation de lamémoire visuelle et gestuelle. L’incrustation de mots, d’expressions, de sons, sur des objetsen mouvements, des avatars devrait toujours plus impliquer des apprenants résolumentautonomes.Les avatars, ces personnages virtuels que nous pouvons façonner et incarner sur Internet,seront bientôt nos représentants en classe virtuelle. Les univers immersifs, tels que SecondLife, vont constamment s’améliorer. Ce qui était une initiative sympathique mais peufonctionnelle devrait revenir sur le devant de la scène avec la poussée de la réalitéaugmentée. Les études du Professeur Karl KAPP, de l’université de Bloomsburg enPennsylvanie, ont démontré que les apprenants s’identifient très vite à leur avatar ; il estdonc possible de se mettre aisément dans la peau d’un citoyen d’une autre nationalité etd’évoluer à distance dans son environnement culturel en utilisant la langue seconde étudiée.Le projet Les Eonautes, qui s’appuie sur un logiciel de français langue étrangère, fait évoluerles apprenants dans un univers virtuel au sein duquel ils doivent remplir des missions dontles enjeux sont didactiques. Les apprenants sont plongés dans diverses époques (antique,médiévale, contemporaine) et vivent des interactions avec divers personnages (druide,prêtre, chevalier, etc.) tout au long du parcours pédagogique quiest contrôlé en back officepar le formateur.Les enseignements menés via les univers immersifs semblent accroître de 30% les résultatsdes élèves, selon les études de KAPP. Ce succès a pour fondement un apprentissageexpérientiel avec une contextualisation de l’apprentissage, qui est donc enrichi, et unedimension collaborative forte. Lacréation d’objets, de contenus,d’outils par les apprenants estrendue possible. Le projetEnglish City de VIRTUAL LAB,via lequel on peut échangeravec des natifs de langueanglaise dans un univers virtuel,a levé en 2011 1 million dedollar pour poursuivre sonévolution. English City alignedéjà plus de 50 000 utilisateursprovenant de pas moins de 70pays. Des situations de la vieréelle, telles qu’aller au restaurant, faire du shopping, assister à un cours, s’échanger des 105
  • 112. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENrecettes de cuisine, sont désormais transposées dans les univers virtuels ou immersifs pourapprendre un idiome via de multiples interactions avec ses pairs allophones5.L’arrivée de la deuxième révolution d’Internet, ou Web 3.0, devrait également impacter l’e-formation. On s’accorde pour dire que le Web 3.0 réside en la notion de Web sémantique.Cela signifie que les programmes, logiciels et ressources vont devenir intelligents grâce auxmétadonnées qui permettront d’agréger, de générer, de publier et d’échanger des donnéesen fonction de leurs relations sémantiques. Les objets et les données seront reliés par unlangage universel. Les ordinateurs et autres devices pourront donc avoir la capacité decomprendre les contenus qui existent sur les systèmes et les serveurs du Web. Au-delà deslangages protocolaires, les objets que nous utiliserons pour nous former et, en l’occurrencepour apprendre une langue étrangère, pourront aller sélectionner contenus et ressourcesidoines pour, également, les agréger en toute intelligence pour un apprentissage à fortevaleur ajoutée. Nos devices sauront anticiper nos besoins en allant piocher dans la junglenumérique les contenus permettant d’accélérer nos connaissances, nos expériences et doncde nous faire progresser. L’expérience digitale sera toujours plus forte.Pourtant, cette célérité dans le traitement de l’information, la traduction simultanée,l’agrégation de contenus déjà traduits en français pourrait faire renoncer, dans lesprochaines années, les bonnes volontés qui avaient pour objectif la maîtrise d’une ouplusieurs langue(s) seconde(s). Mais alors comment cerner une culture étrangère etréellement bien comprendre ses acteurs ? Sans pouvoir s’exprimer dans la langue desnatifs, l’expérience touristique par exemple ne serait qu’incomplète. Certains peuplesutilisent des vocables qui n’ont pas d’équivalents dans notre langue. Bien souvent, il s’agit demots qui expriment des sentiments, des sensations, car chaque peuple, chaque culture a sapropre vision du monde.5 Allophone : individu dont la langue est différente de celle de la communauté dans laquelle il évolue. 106
  • 113. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN C EN CONCLUSION O QU’AI-JE APPRIS ? N C L U Quand l’eau entre dans notre bouche, il est trop tard pour apprendre à nager Proverbe Danois R 107 E
  • 114. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENL’accélération de la globalisation, en partie due aux développements technologiques etnotamment numériques, est en train de façonner la société de demain. Une société trèsouverte où les échanges seront démultipliés de par l’immédiateté et une désintermédiationaccrue. Ce bouleversement va projeter les peuples, les cultures dans un tourbillon denouvelles possibilités économiques, sociales, culturelles, politiques, bref humaines. Un grandmelting-pot se fait jour : sans effacer les patriotismes, surtout à un moment où lerégionalisme accuse une forte poussée, les peuples vont être amenés à échanger, àpartager, à collaborer de manière inédite. Internet continuera de tisser sa toile entre desindividus toujours plus interdépendants. Au cœur de cette révolution, les langues seront lesésame pour tirer partie de cette nouvelle donne de la façon la plus optimale qui soit.Bien que l’anglais ait rythmé les échanges internationaux pendant des siècles, pratiquerplusieurs langues étrangères sera un avantage décisif. Une langue unique ne permet pas deconquérir le monde, trop divers culturellement, cela pour notre plus grande richesseintellectuelle. Et, même si demain des outils ultra performants, effectuerons une traductionsimultanée de la langue première vers la langue seconde, rien ne remplacera le vrai contacthumain, avec ses maladresses, son argot, sa complicité et tout l’affect qu’une conversationpeut véhiculer.Charles QUINT affirmait « Un homme vaut autant dhommes quil connaît de langues ».Parler une langue, c’est ouvrir une fenêtre sur une culture, sur une histoire, sur un art devivre. C’est aussi ouvrir son esprit à l’autre, aux autres, tout en acquérant de la connaissancedonc de la compétence pour une employabilité optimisée. En phase de croissance, l’e-learning, en entreprise, et les T.I.C.E., à l’école, vont provoquer un basculement du« j’apprends longuement et durement puis je passe à la pratique » au « j’apprendsrapidement, tout le temps, tout au long de ma vie, par et avec autrui ».L’accélération du social learning, le prolongement de l’e-learning classique, conjuguée àl’incorporation d’outils multimodaux fortement interactifs et collaboratifs permet de vaincre lacrainte d’aborder un apprentissage difficile, long, parfois monotone comme d’aucuns leressentent lorsqu’ils abordent une langue étrangère. La mise en situation réelle avec leserious gaming, l’emploi des outils du quotidien, tels que Facebook et Twitter, la mobilisationdes sens via les podcasts, la vidéo, les photos, etc., créent le terreau d’un nouvelenseignement accessible partout, tout le temps, sur différents supports.Demain, apprendre une langue sera bien plus facile et passionnant. Échanger avec lespeuples du bout du monde, à l’écrit comme à l’oral, sera aussi évident que discuter avec sonfrère vivant à l’autre bout de la ville. Les individus des cinq continents auront, pour ce faire,une langue commune : Internet. 108
  • 115. SL’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN SOURCES O U AUTOROUTES DE L’INFORMATION R C E C’est par ses branches que l’arbre révèle ses racines S Proverbe Arabe 109
  • 116. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN presse[Article] Les cours de langues sur Internet, La Croix, 22 mai 2009[Article] MUSI Gilles, Lingueo réinvente lapprentissage des langues sur internet, L’Expansion, 13 février 2009[Article] CUSTERS Giedo, Le Web 2.0 dans lenseignement des langues ?, Interculturel, 5 janvier 2011[Article] Telelangue prend des cours avec Berlitz, Les Echos, 12 septembre 2011[Article] HUMBERT Fabien, La révolution du social learning, Le Nouvel Economiste, 2 mars 2011[Article] ROUTIN V. / SUSSAN R., Quest to learn, l’école où l’on joue à apprendre, Le Monde, 26 septembre 2011 webGlossaire des T.I.C.E., http://www.corolia-formation.fr/outils/glossaire.htm[Présentation] ANGLADE C. / BLONDET M. / CAPERAN C. / EDMOND C. / KUEVI F. / RAÏS R., L’e-transformation de la formation, juillet 2011, http://www.slideshare.net/eformation/e-transformation-de-la-formation[Rapport] Étude sur les T.I.C.E. et les enseignants, IPSOS, 13 mai 2011,http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Documents/.../IPSOS_CP.ppt[Article] CROSNIER Jean-Michel, Le point sur les Tice à l’école : la révolution numérique est-elle en marche ?, 3septembre 2009, http://lewebpedagogique.com/jmcrosnier/2009/09/03/le-point-sur-les-tice-a-lecole-la-revolution-numerique-est-elle-en-marche/[Webinar] WAGNER Jürgen / JAEGLIN Christophe, Web 2.0 et langues étrangères, 7 octobre 2010,http://breeze.lpm.uni-sb.de/p30931580[Article] MORABITO Mauro / PÖPPELBAUM Yvonne, Avec Internet, une nouvelle manière d’apprendre leslangues, 25 septembre 2008, http://www.cafebabel.fr/article/26434/apprentissage-en-ligne-e-learning.html er[Article] ROGET Thierry, 13 réseaux sociaux pour apprendre les langues et échanger avec des natifs, 1novembre 2011, http://roget.biz/9-reseaux-sociaux-pour-apprendre-les-langues-et-echanger-avec-des-natifs[Infographie] Alec COUROSA, The networked teacher, 2010, http://www.flickr.com/photos/courosa/2922421696/[Rapport] La formation professionnelle aujourdhui et demain, Cegos, Avril 2011, http://www.elearning-cegos.fr/actualites/detail/article/etude-cegos-la-formation-professionnelle-aujourdhui-et-demain.html?cHash=e21dedba49&print=1[Rapport] Blended learning et tutorat, 2009, http://www.youscribe.com/catalogue/rapports-et-theses/blended-learning-et-tutorat-et-359010[Article] JAIMES Nicolas, L’anglais en e-learning : les formations au banc d’essai, JDN, 29 novembre 2010,http://www.journaldunet.com/management/formation/formation-anglais-a-distance/[Article] Telelangue passe sous pavillon Américain, 8 septembre 2011, http://www.elearning-actu.org/telelangue/[Article] O’REILLY Tim, What is Web 2.0?, 30 septembre 2005, http://oreilly.com/web2/archive/what-is-web-20.html 110
  • 117. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN[Article] LEANDRE Marine, Quelles différences entre le Web 2.0 et le Web 1.0 pour les entreprises ?, 25 juin2009, http://www.marine-landre.fr/2009/06/quelles-differences-entre-le-web-20-et-le-web-10-pour-les-entreprises[Infographie] Le prisme du Web 2.0, http://www.web2communication.com/?p=171[Infographie] World Map of social networks, 2011, http://vincos.it/world-map-of-social-networks/[Infographie] Social medias report, 23 novembre 2011, http://www.socialbakers.com/blog/317-socialbakers-social-media-report-of-facebook-pages-in-france-november-2011/[Rapport] DEMAIZIERE Françoise, TIC et enseignement / apprentissage des langues : d’une logiqued’enseignement à une logique d’apprentissage, 26 avril 2002,http://didatic.net/article.php3?id_article=16#sommaire_7[Rapport] Lenseignement des langues étrangères en France, 12 novembre 2003, http://www.senat.fr/rap/r03-063/r03-063_mono.html#toc190[Rapport] Apprentissage des langues, TIC et nouveaux médias : 1 circulaire, 2 enquêtes, février 2010,http://eduscol.education.fr/numerique/veille-education-numerique/fevrier-2010/apprentissage-des-langues-tic-nouveaux-medias-[Rapport] VERA PEREZ Carmen, Le Web 2.0 dans l’enseignement des langues, 2010,http://www.slideshare.net/guest47c480a/le-web-2-1495755[Rapport] MARINO VAZQUEZ Iria, Le profit didactique des outils du Web 2.0 dans l’enseignement etl’apprentissage des langues, Colloque Cyber-Langues 2009, http://www.slideshare.net/iria_marino/web-20-iria-vazquez-marino[Article] Réseaux sociaux et Apprentissage des langues, 10 avril 2011,http://flenet.canalblog.com/archives/2011/04/10/14252673.html[Article] ZOUROU Katerina / DEMAIZIERE Françoise, Médias sociaux et apprentissage des langues : (r)évolution er?, 1 décembre 2010, http://alsic.revues.org/index1692.html#tocto1n2[Article] DUBREUCQ Martine, Le point de vue des spécialistes de lapprentissage des langues sur le web 2.0, 13septembre 2010, http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/9950/point-vue-des-specialistes-apprentissage-des/[Présentation] Language learning 2.0, 8 mars 2009, http://www.slideshare.net/AvatarLanguages.com/language-learning-20-74274?type=powerpoint[Présentation] DREMEAU Isabelle, E-learning 2.0 : vers quel apprentissage des langues ?, 6 février 2008,http://www.slideshare.net/idremeau/elearning-20-vers-quel-apprentissage-des-langues[Article] LABENDZKI Mathieu, Livemocha ou comment apprendre les langues grâce au Web 2.0, 20 mai 2010,http://www.revue-reseau-tic.net/Livemocha-ou-comment-apprendre-les.html[Présentation] LAIGLE Thomas, Environnements d’apprentissage et Internet 2.0, 19 août 2008,http://www.slideshare.net/tomlaigle/eap-et-internet-20-presentation?from=ss_embed[Article] Fédération Wallonie Bruxelles, Les TICE au service des cours de langues modernes, 2010,http://www.enseignement.be/index.php?page=26051&navi%3D2919[Rapport] BUFFARD Elisabeth, Twitter pour l’apprentissage des langues, Colloque Cyber-Langues 2011,http://www.cyber-langues.asso.fr/spip.php?article232[Rapport] KELLY M. / KENNELL T. / McBRIDE R. / STURM M., Analyse de la formation linguistique en ligne et àdistance, juin 2007, http://ensemble.etablissement.org/ressource/allons-de-lavant-analyse-de-la-formation-linguistique-en-ligne-et-%C3%A0-distance[Présentation] LEMERY Cédric, Le Web 2.0 pour l’enseignant, 4 mars 2009, http://www.slideshare.net/clemery/le-web-20-pour-les-profs?from=ss_embed 111
  • 118. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN[Article] CROSNIER Jean-Michel, Les dossiers de la rentrée : Quelle place pour les TICE à l’Ecole ?, 3septembre 2009, http://lewebpedagogique.com/jmcrosnier/2009/09/03/le-point-sur-les-tice-a-lecole-la-revolution-numerique-est-elle-en-marche/[Article] Wikipédia, Technologies de linformation et de la communication pour lenseignement, Dernièremodification 19 décembre 2011,http://fr.wikipedia.org/wiki/Technologies_de_l%27information_et_de_la_communication_pour_l%27enseignement[Rapport] MONTAIGU Reynald / NICODEME Raymond, Modalités et espaces nouveaux pour lenseignement deslangues, novembre 2009, http://www.education.gouv.fr/cid50854/modalites-et-espaces-nouveaux-pour-l-enseignement-des-langues.html[Article] PEUGEOT Ludovic, La situation actuelle des T.I.C.E., 2 octobre 2008,http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/2008/CT_PartieI1.aspx[Rapport] Les T.I.C.E. en 2010 : quelques chiffres-clés, janvier 2011,http://eduscol.education.fr/cid56181/2010.html[Article] KETCHUM PLEON Paris, A quel point nos enfants sont-ils connectés ?, 24 février 2011,http://mimio.wordpress.com/2011/02/24/a-quel-point-nos-enfants-sont-ils-connectes-chiffres-2010/[Article] Médias sociaux et usages pédagogiques, 29 novembre 2011,http://eduscol.education.fr/cid58481/medias-sociaux-et-usages-pedagogiques.html[Article] HEPPELL Juliette / HEPPEL Stephen, Using Facebook in the classroom, 24 juillet 2010,http://www.heppell.net/facebook_in_school/[Article] 150 herramientas gratuitas para crear materiales didácticos on line, 14 octobre 2010,http://juandomingofarnos.wordpress.com/2010/10/14/150-herramientas-gratuitas-para-crear-materiales-didacticos-on-line/[Article] PAIR Claude, Informatique et enseignement : hier, aujourd’hui et demain, 1987,http://www.epi.asso.fr/revue/47/b47p085.htm[Article] Wikipédia, Behaviorisme, Dernière modification 17 décembre 2011,http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9haviorisme[Article] Wikipédia, La formation continue, Dernière modification 16 décembre 2011,http://fr.wikipedia.org/wiki/Formation_continue_en_France[Article] Le socioconstructivisme, Dernière modification 11 août 2008, http://edutechwiki.unige.ch/fr/Socio-constructivisme[Rapport] Le marché de la formation linguistique en France, Section 3 La Formation à distance, Mars 2009,http://www.etude-langues.fr/.../INTRODUCTION_LINGUAID_EDMFPLE...[Article] WINKLER Kirsten, The proof that language learning communities are the most efficient way of learningright now, 14 juillet 2009, http://www.kirstenwinkler.com/the-proof-that-language-learning-communities-are-the-most-efficient-way-of-learning-right-now/[Infographie] COUZON Nathalie, Des gazouillis à l’envol, 2 novembre 2011, http://prezi.com/zmhgenmhu5r4/des-gazouillis-a-lenvol[Article] Quelle place pour les enseignants dans les dispositifs hybrides de formation ?, 12 mars 2011,http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/5504/quelle-place-pour-les-enseignants-dans/[Article] POIROT Gérard, Apprendre efficacement une langue étrangère, http://langues-africaines.com/APPRENTISSAGE/index.htm 112
  • 119. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN ouvragesOLLIVIER Christian / PUREN Laurent, Le Web 2.0 en classe de langue, Éditions Maison des Langues, Juin 2011BELLIER Sandra, Le e-learning, Collection Entreprises et Carrières, Éditions Liaisons, 2001WUNSCH-VINCENT, Participative web and user-created content: web 2.0, wikis and social networking,Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD), 2007ALA-MUTKA Kirsti, Learning in informal online networks and communities, 2010HENRI France / LUNDGREN-CAYROL Karin, Apprentissage collaboratif à distance : pour comprendre etconcevoir les environnements d’apprentissage virtuels, 2001SWAIN Merrill / LAPKIN Sharon, Interaction and second language learning: two adolescent French immersionstudents working together, 1998 113
  • 120. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENAAgrégateurs Les agrégateurs s’appuient sur la syndication pour fédérer des contenus par thématique deApproche communicative Théorie de l’apprentissage des langues basée sur le sens et le contexte lors d’un échangeAsynchrone Qui n’a pas lieu en même tempsBB2i Brevet Informatique et Internet. Certificat obtenu à l’issue du collège ABehaviorisme Théorie qui s’appuie sur l’étude du comportement et promeut la répétitionBlended learning Enseignement mixte combinant le présentiel et le distantielBlog Journal digital fédérant des billets ou articles ou postsBookmarking Équivalent anglo-saxon de marque-page. Permet d’accéder rapidement aux pages archivéesB.R.I.C.S. Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud. Acronyme désignant les pays émergents.CC.A.L.L. Computer-Assisted Language Learning. Apprentissage des langues sur ordinateurC.E.C.R. Cadre Européen Commun de Référence – Harmonisation européenne des niveaux scolairesCHOMSKY Noam (1928- ) Linguiste et philosophe américain auteur de la théorie de la grammaire générativeC.I.F. Congé Individuel de FormationC.I.F.F.A.D.Classe mobile Consortium International Francophone de Formation à Distance Classe travaillant en réseau àCloud computing Dématérialisation des données sur des serveurs informatiques distantsC.M.S. Content Management System. Système de conception et de monitoring de sites InternetC.N.E.D. Centre National de l’Enseignement à DistanceC.N.T.E. Centre National du Télé-Enseignement – Devenu le C.N.E.D. en 1986Code cognitif Théorie basée sur les liens entre les structures de la langue maternelle et celles de la langue étudiéeComportementalismeCognitivismeConnectivismeConnectivité Terme français pour désigner le behaviorisme Théorie qui s’appuie sur les apports des nouvelles technologies dans l’apprentissage Théorie basée sur les apports des T.I.C. dans l’apprentissage Connexions potentielles entre les systèmes, les A.P.I., etc. ZConstructivisme Théorie promouvant l’apprentissage par la restructuration des connaissances via les expériencesCSIKSZENTMIHALI Mihaly (1934- ) Psychologue hongrois auteur de la théorie du flux motivationnel, soit un état de concentration et d’absorption complète dans une activitéDDevice Appareil en anglais. Il s’agit des divers supports utilisables 114
  • 121. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEND.I.F. Droit Individuel à la FormationDistantiel Adjectif désignant la formation à distanceEE-learning Ensemble de contenus numériques mis à la disposition des apprenants deE.A.O. Enseignement Assisté par OrdinateurEncodage Étape du processus mémoriel. Traitement et élaboration de l’information pour la transformer en souvenirE.N.T. Espace Numérique de Travail – Système collaboratif réunissant des ressources pédagogiquesÉvaluation 2.0 Mode d’évaluation basé sur l’usage des outils digitauxFFilet sémantique Dans l’apprentissage d’une langue, liens effectués par le cerveau entre les nouvelles connaissances et celles déjà acquises dans la langue maternelle pour donner un sens aux vocables AFlow Flux motivationnel. État mental d’un individu plongé dans une concentration maximale (Cf. CSIKSZENTMIHALI Mihaly)Folksonomy Méthode de classification collaborativeF.O.R.E. Formation Ouverte et Ressources EducativesFormation ouverte La formation ouverte rassemble les enseignements dispensés à distanceForum Espace de discussion publique sur Internet. Les discussions sur un sujet sont généralement archivées par ordre chronologique àF.P.C. Formation Professionnelle Continue – Il s’agit de la formation extrascolaire reçue à l’âge adulteF.L.E. Français Langue ÉtrangèreGGamification Ludification en français. Utilisation des jeux vidéo dans d’autres domaines, tels que l’apprentissage, pour un renforcement de l’engagement et de la motivation des apprenantsGrammaire générative Théorie d’apprentissage linguistique basée sur la distinction entre compétence et performanceH ZHTML HyperText Markup Language. Langage de balisage permettant d’implémenter des liens entre des contenus numériques.Hypertextualité Terme désignant les liens entre des contenus digitaux. Le langage HTML permet cette hypernavigation.IInstantanéité Vélocité des publications sur InternetInteraction Lien entre l’homme et la machineInteractivité Liens entre les hommes 115
  • 122. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENInterlangue Phase intermédiaire entre la langue maternelle et la langue étudiée. L’interlangue se caractérise par des approximations, des maladresses puisque l’apprenant va, par son intermédiaire, essayer d’exprimer ses idées sur les bases syntaxiques et grammaticales de sa langue maternelleJ deKK.P.I. Key Performance Indicators. Indicateurs mesurant l’efficacité et la rentabilitéLL.M.S Learning Management System – équivalent anglo-saxon de nos E.N.T.L.E.G.T.L.P.M Lycée d’Enseignement Général et Technologique Lycée Professionnel Am-learning Mobile learning – Apprentissage dispensé via les smartphonesM.A.L.L. Mobile-Assisted Language Learning. Apprentissage linguistique sur smartphone, P.D.A. ou tabletteMoodle Plateforme open source d’apprentissage en ligne fédérant des contenus et activités pédagogiquesMulticanalité Interaction de plusieurs canaux sur un même support (texte, son, vidéo, …)Multiréférentialité Synthèse de la multicanalité et de l’hypertextualitéN àOO.P.C.A. Organismes Paritaires de Collecte Agréés – Cf. « F.P.C. »Open source Licence logicielle permettant la redistribution et l’accès au code source et aux travaux dérivésO.R.T.F. Organisation de la Radio Télévision Française – Dissous en 1974 ZPPavlov Ivan (1849-1936) Médecin et physiologiste russe auteur d’expériences sur les réflexes conditionnelsPiaget Jean (1896-1980) Psychologue et biologiste suisse ayant concouru au développement du constructivismePrésentiel Adjectif désignant la formation en face à facePosts Équivalent des termes « article » et « billets » désignant les publications sur un blogQ 116
  • 123. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENRReconstruction Étape du processus mémoriel. Rappel des souvenirs de l’apprenant lorsqu’il s’exprime dans la langue seconde étudiée deR.S.E. Responsabilité Sociale de l’Entreprise. Préoccupations sociales, environnementales et économiques des entreprises engagéesR.S.S. Really Simple Syndication – L’abonnement aux flux R.S.S. d’un site Web permet d’être informé de la publication de contenus récentsS ASaaS Software As A Service. Les clients ne paient pas pour posséder un logiciel mais pour l’utiliserSerious gaming Littéralement “jeux sérieux ». Il s’agit d’apprendre via une interface réaliste de type jeu vidéoSIEMENS George Théoricien du connectivisme. Il poursuit désormais ses recherches à l’Université d’Athabasca, au CanadaSocial learning Apprendre par le partage, l’échange et la collaborationSyndication Agrégation de contenus par thématique. Cf. « agrégateurs »Socioconstructivisme Théorie considérant que le contexte historique et les interactions sociales impactent l’apprentissageSynchrone Qui a lieu en même tempsTT.B.I. Tableau Blanc Interactif – Tableau tactile et connecté à InternetTélédiffusionTélématique Télécommunication unilatérale vers un grand nombre de destinataires disposant du matériel de réception adéquat Services informatiques transmis via un réseau de télécommunication àT.I.C. Technologies de l’Information et de la CommunicationT.I.C.E. Technologies de l’Information et de la Communication appliquées à l’EnseignementUVVYGOTSKI LevWXYZ (1896-1934) Psychologue russe connu pour ses recherches sur la psychologie du développement ZWeb 3.0 Prochaine révolution du Web. On s’accorde à dire que celle-ci passera par l’Internet des objetsWidget Contraction de « window » et « gadget » - Application sommaire ludiqueWiki Site Internet permettant l’écriture, l’illustration et la modification collaborative des contenus. Le terme Wiki provient de l’hawaïen et signifie « rapide » 117
  • 124. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN A ANNEXES N N SOURCES D’INSPIRATION E X Enseigner c’est apprendre deux E fois Joseph JOUBERT S 118
  • 125. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN interviewsGuillaume de MENTHON, Directeur Général de goFluent FranceQuels sont l’historique, les produits et la politique actuelle de goFluent ?GdM | goFluent a été créé par Christophe FERRANDOU, en 2000, par un concours decirconstances. Il travaillait dans une banque à New York et voulait améliorer son niveau enanglais. N’ayant pas trouvé d’offre après 18 heures, il a lancé un site Internet pour que lesstagiaires puissent communiquer et apprendre entre eux. Un jour, il a reçu une commande.Cela lui a donné l’envie de lancer sa propre société, goFluent, pour mettre en relation directeapprenants et formateurs à distance.Donnant leurs cours depuis leur pays natal, les formateurs goFluent ont révolutionnél’approche des cours de langues au grand bénéfice des entreprises, collectivités etuniversités. goFluent exerce désormais dans neuf pays et jouit d’une expertise internationaledans l’apprentissage de l’anglais à distance.Quel est l’effectif du groupe ?GdM | Nous avons 560 salariés dans le monde dont 400 formateurs de langue maternelle auCanada, aux Philippines et aux États-Unis et 30 développeurs en informatique. goFluentFrance fédère 70 employés.Comment se positionne goFluent sur le marché français de la formation à distance ?GdM | goFluent détient environ 40% de part de marché de la formation professionnelle àl’anglais à distance au téléphone. L’anglais représente en effet soixante-dix pourcents desdemandes. Vingt pourcents du chiffre d’affaires sont générés par nos partenaires (OPCA,…), quatre-vingts en direct. Nous travaillons avec douze partenaires. À ce jour, nous avonsfidélisé 2 000 entreprises et l’évolution est très rapide puisque goFluent a une croissance enmoyenne de trente à quarante pourcents chaque année depuis 2007. Soixante-cinqpourcents de l’activité du groupe se fait en France.Comment les formateurs sont-ils recrutés ?GdM | Nos formateurs ont un niveau d’études équivalent à Bac+3 et plus et sont de languematernelle anglaise. Ils doivent justifier d’au moins trois années d’expérience professionnelle(commercial, marketing, finance, ressources humaines, droit, etc.) pour avoir uneconnaissance du monde de l’entreprise et enseigner un anglais à usage professionnel. Tousnos formateurs sont salariés de goFluent qui ne fait pas appel à des prestataires externes.Avez-vous votre propre L.M.S. ?GdM | Nous avons notre propre plateforme de gestion logistique et de suivi administratif àdisposition des responsables formation et des apprenants. Nous mettons également à leurdisposition un outil permettant la conversion sous Excel des données, notamment les 119
  • 126. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENreportings. Nous investissons beaucoup dans ce support pour permettre une interactivité etune fluidification des échanges.Quels sont les outils goFluent ?GdM | goFluent téléphone est notre produit historique mais également notre best-seller. Il estcomplété par l’outil Collaboration Space qui permet des échanges écrits entre les apprenantset le formateur. Après le cours, les apprenants reçoive par e-mail un Lesson Report, soit unrécapitulatif avec les corrections et la proposition de supports adaptés pour un travailefficace entre chaque cours. Les apprenants peuvent gérer leur planning de cours sur leurespace personnalisé en ligne ou via notre Service Clients 24h/24 et 7j/7.Avec goFluent Conference, les apprenants assistent à un cours d’une heure envisioconférence en groupe de 3 à 4 personnes. C’est la solution optimale pour unrenforcement en vocabulaire et en grammaire mais aussi pour l’amélioration de l’expressionorale. Une cinquantaine de thèmes sont proposés aux apprenants qui peuvent directements’inscrire au planning des conférences jusqu’à six heures avant qu’elles débutent. Laconférence est facturée 25€. Les participants reçoivent, là aussi, un Lesson Report aposteriori.Avec goFluent ePost, un espace interactif Web 2.0, les apprenants développent leur maîtrisede l’écrit en échangeant des posts avec les formateurs. Des réponses commentées sontdélivrées sous vingt-quatre heures avec des exercices d’approfondissement à la clé sur leursespaces en ligne. Sur cet espace, divers outils sont utilisés (textes, podcasts, etc.).Selon vous, comment va évoluer le marché dans les cinq prochaines années ?GdM | La formation à distance a fait ses preuve et se développe fortement au détriment duprésentiel. Elle représentera bientôt un tiers du marché. L’appétence des formés àl’informatique et au numérique se développant fortement, la maîtrise des nouvellestechnologies va faire un bond, ce qui va nous permettre de proposer des solutions toujoursplus innovantes. 120
  • 127. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENStéphanie DUPUIS, Professeur d’Anglais au Collège Matisse d’ISSY-LES-MOULINEAUXEn tant que professeur, êtes-vous amenée à utiliser les nouvelles technologies enclasse ?SD | Nous avons la chance de pouvoir utiliser le tableau blanc interactif, ce qui permet auxélèves d’utiliser les mêmes outils que sur un ordinateur mais de façon collective sur grandécran. Cela me permet de passer des extraits de films ou encore des chansons en langueanglaise. Au lieu d’être recroquevillée derrière un ordinateur, je peux commenter et faireparticiper plus facilement les élèves. Je fais aussi circuler l’ardoise sans fil dans la classe et,ainsi, éviter que les élèves se déplacent. Grâce au T.B.I., plus besoin de passer destransparents longs à préparer sur un rétroprojecteur projetant des images de qualité variable.Je peux me servir de ressources bureautiques ou émanant directement d’Internet.Utilisez-vous souvent Internet dans vos travaux avec vos classes ?SD | Je ne dirais pas « souvent ». J’utilise essentiellement Internet dans mes recherchespersonnelles. Et je sais que mes élèves font de même pour effectuer leurs devoirs. Enclasse, via le T.B.I., j’ai accès aux ressources mises en ligne, à commencer par cellesstockées par l’équipe pédagogique. Si un élève est absent, je lui envoie par e-mail uncondensé des tâches effectuées en classe.Vous servez-vous des réseaux sociaux ?SD | Non je n’utilise pas les ce genre d’outils. Mais, j’ai conscience qu’ils permettent deséchanges rapides dans différentes langues.Saviez-vous qu’il existe des réseaux sociaux linguistiques ?SD | Non je ne le savais pas. Je connais essentiellement Facebook que j’utilise à la maisonpour un usage personnel.Encouragez-vous l’usage d’outils digitaux par vos élèves, à la maison, pour effectuerleurs devoirs ?SD | Je ne donne pas de consigne particulière mais je les encourage à faire des recherchesapprofondies pour les fiches de lecture et les exposés.Selon vous, quels sont les avantages et inconvénients d’Internet en classe ?SD | Quand j’utilise Internet avec mes élèves, j’apprécie son côté interactif et ludique. Lesélèves sont beaucoup plus enclins à participer et à échanger. Internet est aussi très pratiquepour multiplier les sources et les approches. Et c’est très pratique pour effectuer le suiviadministratif. En revanche, les contenus sont parfois maladroits en termes de syntaxe oud’orthographe voire peu travaillés contrairement à ce que l’on serait en droit d’attendre. 121
  • 128. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENMarie HOCHET, Commerciale chez LEARNSHIPPourquoi LEARNSHIP a fait le choix de ne proposer que des cours en présentiel ?MH | LEARNSHIP propose un concept unique appelé le « Présentiel Online » et répond ainsià une demande forte : bénéficier de la qualité des cours en face à face (interaction avec leformateur, possibilité de travailler les compétences linguistiques à l’écrit et à l’oral, etc.) et dela souplesse des formations à distance.Quels sont les outils utilisés dans le cadre des solutions LEARNSHIP ?MH | Les outils utilisés sont les suivants :>Ordinateur (pas d’installation de logiciel requise si ce n’est l’application Adobe Flash Player>Téléphone (fixe/mobile)>Casque équipé d’un micro et webcam (ces deux équipements sont obligatoires pour lesformateurs mais facultatifs pour les stagiaires)L’usage des réseaux sociaux fait-il partie des offres LEARNSHIP ?MH | Non, pas pour le moment. Il existe une page Facebook et un compte Twitter mais ils nesont pas alimentés. J’ignore pourquoi.Le mobile learning est-il envisagé par LEARNSHIP à court ou moyen terme ?MH | À ma connaissance, le mobile n’est pas une fonctionnalité développée par LEARNSHIPactuellement.Comment s’effectuent la correction et la restitution à l’issue de chaque cours ?MH | À l’issue d’un cours, le formateur met en ligne sur l’espace personnel du stagiaire desexercices que ce dernier peut compléter à l’aide des outils interactifs de la salle de cours(pas d’impression papier). Ces exercices font l’objet d’une correction durant les dixpremières minutes du cours suivants. Le formateur a également la possibilité d’adresser ufeedback à son élève à l’issue d’un cours afin de lui faire part de ses progrès, l’encourager,lui indiquer les points à (re)travailler, etc. Ce dernier est aussi consultable via l’espacepersonnel accessible depuis le site Internet de LEARNSHIP. Le stagiaire a également lapossibilité d’évaluer son cours en écrivant à son formateur via l’espace personnel. Il peuts’agir de points/compétences sur lesquels il souhaiterait travailler lors d’un prochain cours,de questions de grammaire, etc.Pouvez-vous expliciter le concept LEARNSHIP ACADEMY ?MH | La LEARNSHIP ACADEMY est entièrement dédiée aux formateurs, du process derecrutement aux formations (initiales et continues) sans oublier la notion de suivi qualitatifpuisque les formateurs sont systématiquement informés des retours de leurs élèves, qu’ilssoient positifs ou plus mitigés. Il est en effet primordial, compte-tenu de l’isolement quepeuvent impliquer des formations à distance que les formateurs se sentent impliqués,considérés. 122
  • 129. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENQuelles sont les mesures de progression mises en place par LEARNSHIP ?MH | Afin de mesurer la progression des stagiaires, deux solutions sont proposées :>Les tests de mi-parcours et/ou de fin de parcours. Le nombre de tests proposés – enaccord avec le Responsable Formation – dépend de la durée du parcours de formation. Lestests, proposés et créés par LEARNSHIP, permettent de tester les progrès des stagiaires àun moment T. Il s’agira de tester tant les progrès concernant les compétences écritesqu’orales. Pour des parcours spécifiques (R.H., Marketing, etc.), il est possible de créer destests plus particulièrement orientés sur le vocabulaire cible (terminologie spécifique). Lesstagiaires se verront ensuite remettre le résultat détaillé de leur évaluation (score enpourcentage + points forts et axes d’amélioration). Si aucun test n’est proposé durant laformation, le formateur rédigera alors un bilan de fin de parcours reprenant les progrèsréalisés (grammaire, expression écrite/orale, etc.) ainsi que les points sur lesquels un travailreste nécessaire.>Afin d’évaluer le taux de satisfaction des stagiaires, un ou plusieurs questionnaire(s) qualitéleur sont adressés durant leur formation (de1 à 3 selon la durée du parcours). Les stagiairesont alors la possibilité de noter, sur une échelle allant de 1 à 5, des critères tels que lecontenu des cours, la ponctualité du formateur, la pertinence des ressources pédagogiquesutilisées par rapport à leurs besoins exprimés, etc. Ces formulaires comportent égalementdeux questions ouvertes, à savoir « Qu’avez-vous le pus apprécié ? » et « Qu’est-ce quiselon vous pourrait être amélioré ? ». Ainsi, il est ensuite possible d’ajuster, au besoin, leparcours dans sa globalité (plus de temps de parole, moins de grammaire, etc.). 123
  • 130. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENGiedo CUSTERS, Chef de Projet à l’Université Catholique de Louvain, BelgiqueSelon vous, comment encourager le recours au Web 2.0 par les professeurs ?GC | Ici, vous touchez un problème majeur: parmi les professeurs en général et lesprofesseurs de langues en particulier, rare sont ceux qui connaissent « déjà » la terminologieweb 2.0. Il y en a – pas mal - qui utilisent pour la plupart Facebook et Youtube - et rarementd’autres réseaux sociaux - sans se rendre compte du fait qu’ils sont à ce moment dans lemonde du web 2.0Le premier pas à franchir est donc de faire connaître les possibilités du web 2.0 auxprofesseurs.Pendant des formations, j’utilise parfois la carte heuristique qui se trouve à l’adressehttp://www.mind42.com/pub/mindmap?mid=b98ee8d0-8435-42d2-9db8-51aa73451988 pourexpliquer que le Web 2.0 est plus vaste que les simples réseaux sociaux. En plus, enexploitant les fichiers mis à disposition par Isabelle Drumeau : http://idremeau.pagesperso-orange.fr/carte_outils2011.html et http://idremeau.pagesperso-orange.fr/panorama20.html ,on voit très bien de quelle panoplie d’outils web 2.0 le professeur peut disposer.Or, le point faible de toute cette richesse est le fait qu’elle est quasi inconnue. Et on ne peutpas aimer ce qu’on ne connaît pas… [L’inconnu n’est pas aimé (proverbe flamand)]Une fois que le prof a fait connaissance avec les outils et après en avoir exploité lespossibilités et les frontières, il pourra les intégrer dans son apprentissage personnel (car jeconsidère le prof comme un être humain qui est dans une situation d’apprentissage tout aulong de sa vie) et puis dans son enseignement. Je suis convaincu que cette formation estune condition sine qua non. Elle est chère ? Si la formation coûte trop cher, essayonsl’ignorance.Dans lapprentissage dune langue, les réseaux sociaux sont-ils des outils efficaces ?GC | L’effet le plus important est d’avoir à n’importe quel moment, un accès facile à deslocuteurs natifs et à des spécialistes en la matière. Aucune question ne restera sansréponse, une fois lancée dans les réseaux sociaux.Des services tels que Delicious (partage de signets) facilite énormément la recherche et, enplus, permet la prise de contact avec « celui qui en sait plus ».Dans l’apprentissage en général, les réseaux sociaux permettent de sortir de son petit jardinsecret et, par la prise de contact avec des collègues, de se mettre dans une situation decollaboration qui ne peut être qu’une situation gagnant-gagnant : tous les participantsgagnent car la qualité du travail réalisé augmente quand plusieurs paires d’yeux le regardentet en même temps, par le partage du travail réalisé, on arrive à une optimalisation du tempsde travail : en échangeant son matériel, on reçoit plus qu’on a pu produire. 124
  • 131. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENEn mode asynchrone, comment maintenir la motivation et donc limplication desapprenants ?GC | Déjà, vous présumez une motivation et implication des apprenants. Réalisons d’abordl’acceptation par les professeurs et l’intégration des outils web 2.0 dans la pratiquequotidienne de leur enseignement.Une fois que les outils Web 2.0 font partie intégrante de son apprentissage, l’apprenant verrales avantages que ces outils lui offrent. Il verra comment il évolue grâce aux outils 2.0 et ilapprendra leur utilité pour sa formation personnelle. Ceci dit : si la motivation de l’apprenantest intrinsèque, que sa motivation est de vouloir apprendre et ne pas d’avoir assez debonnes notes pour pouvoir réussir, il se rendra très vite compte de l’atout qui lui est offert parles outils du Web 2.0.A part la rapidité du mode synchrone, il verra aussi la richesse du mode asynchrone : on nepeut pas être derrière son ordinateur – ou devant son écran – 24/24 et 7/7… et il y a laglobalisation qui fait que son correspondant/collaborateur n’est pas nécessairement réveilléau même moment.N’oublions pas non plus que les outils Web 2.0 ne sont pas les seuls outils pourl’apprentissage. Il existe aussi des bouquins, des encyclopédies et journaux papier, etc. Toutcomme il existe des apprenants qui n’aiment pas – détestent même – ce mondeélectronique.Maintenir la motivation et l’implication des apprenants n’est pas un problème lié au Web 2.0en mode synchrone ou asynchrone, c’est un problème général de motivation pour sonapprentissage tout court.Quels sont les outils les plus adaptés à lexpression et la compréhension orales ?GC | Le podcast – la baladodiffusion en français académique - est un outil très puissantpuisqu’il permet d’avoir accès à une mine d’or de documents authentiques. En plus, parmiles logiciels utilisés, il en existe qui permettent de ralentir le flux sonore sans perdre le timbrede la voix. Ce qui offre aux débutants un moyen de s’exercer plus facilement.D’ailleurs, le podcast n’est pas uniquement un outil réceptif : la production/réalisation d’unpodcast est devenu extrêmement facile, ce qui offre toute une série de possibilités.N’oublions surtout pas le lien vers la publication réelle de son podcast, ce qui donne un sensà ce type d’exercices : on ne produit pas pour le tiroir du professeur, on produit pour êtreentendu.Pour ce qui concerne l’expression orale (domaines de la communication et de la médiation),un outil puissant est la téléphonie sur internet – voice over IP – avec le service Skypecomme outil phare. Désormais, les richesses de l’utilisation du téléphone s’offrent àl’apprenant. A part la possibilité de prendre contact avec n’importe qui, Skype permet aussila visioconférence, ce qui rend visible le langage du corps de son correspondant, langage ducorps dont on dit qu’il contribue à hauteur de 55% à limpact/efficacité de la transmission dumessage à lautre. 125
  • 132. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENA ça s’ajoute la possibilité de l’enregistrement de ses conversations en se servant delogiciels tels que Pamela (http://www.pamela.biz/en/), Skype Call Recorder(http://atdot.ch/scr/), VODBurner (http://www.vodburner.com/) et autres.Comment piloter de manière efficace lévaluation et la restitution des résultats pourcontrôler la progression des apprenants et orienter leur progression ?GC | A part l’installation et l’utilisation d’outils permettant de garder trace du travail synchroneeffectué avec des outils Web 2.0 – le travail asynchrone laisse des traces par lui-même –l’évaluation n’est pas différente de l’évaluation habituelle faite par le prof sauf que,probablement, pas mal de travaux dans ce domaine peuvent être l’objet d’une évaluation parpairs (peerevaluation) ou autoévaluation.Comme beaucoup des travaux où l’on se sert des outils Web 2.0 sont des travaux quis’inscrivent dans la pédagogie par projet, c’est par conséquent l’évaluation de ce type depédagogie qui sera valable.Aussi bien pour l’évaluation que pour la vérification et l’orientation du progrès de l’apprenant,nil nove sub sole est : on évalue les objectifs qu’on a fixés. 126
  • 133. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLENenquête Profetic, juillet 2011 127
  • 134. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 128
  • 135. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 129
  • 136. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 130
  • 137. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 131
  • 138. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 132
  • 139. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 133
  • 140. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 134
  • 141. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 135
  • 142. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 136
  • 143. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN 137
  • 144. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN quizFaisons le point ensemble sur les notions, concepts et offreurs évoqués dans cette étude.1 | Quel nom porte le concept conjuguant le présentiel au distantiel pour une plus grandeefficacité ? Le blended learning Le social learning Le m-learning2 | Quel est le nom de la théorie de l’apprentissage basée sur l’interactivité entre l’homme etles nouvelles technologies ? Le socioconstructivisme Le connectivisme Le code cognitif3 | Quel spécialiste de l’e-formation linguistique a été racheté récemment par BERLITZ ? TELELANGUE AURALOG GOFLUENT4 | Quel est l’équivalent français des L.M.S. anglo-saxons, à l’école ? La classe virtuelle Le T.B.I. L’E.N.T.5 | De quelle origine est le mot « wiki » ? Hawaïenne Jamaïcaine Polynésienne6 | Quel est le terme anglo-saxon choisi per CSIKSZENTMIHALI pour désigner l’état deconcentration maximale d’une personne plongée dans un processus d’engagement fort ? Le fly Le floss Le flow7 | L’encodage est une étape-clé de : L’affect La concentration La mémoire8 | Quelle application permet d’automatiquement traduire un texte capturé par le viseur d’unsmartphone ? World Lens Language Lens Trans Lens9 | Quel est le nom du projet d’e-learning linguistique le plus avancé de Second Life ? Linguo City English City Linguo School10 | Quel concept favorise particulièrement la rétention de la valuable knowledge ? Le social language learning Le m-learning Le social rich learning 138
  • 145. L’ENSEIGNEMENT/APPRENTISSAGE DES LANGUES A L’HEURE DU WEB 2.0 ET DES RESEAUX SOCIAUX | S. JEHLEN pour aller plus loin>Consultez mon espace sur SCOOP.IT>Likez ma page FACEBOOK 139