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4.2. Les instruments développés et utilisés ....................................................52       4.2.1. Questionna...
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LISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMESAM       Approche MastersonCLE      Centre local d’emploiCNP      Classificatio...
RÉSUMÉDepuis plusieurs années, le Québec vit, comme plusieurs autres sociétésoccidentales, des changements importants au n...
1. INTRODUCTIONLes pratiques d’aide en développement de l’employabilité sont marquées depuisquelques années par une comple...
lequel ils évoluent et la portée de leurs actions professionnelles. Le deuxièmechapitre concerne la cadre conceptuelle. Ce...
1. PROBLÉMATIQUEAu Québec, la majorité des services d’aide en développement del’employabilité offerts à la population sont...
scolarité souvent supérieure à la moyenne de la population québécoise(Emploi-Québec, 2007). Les enjeux de surqualification...
Les clientèles mentionnées jusqu’à présent, ainsi que plusieurs autress’entremêlent également au sein de celles des presta...
travailleurs âgés et de s’accrocher aux mythes au sujet de leur capacité ou deleur rendement. D’autres risquent de sous-év...
faisant partie des problématiques auxquelles les spécialistes du domaine del’employabilité doivent de plus en plus faire f...
Parallèlement, des études récentes rapportent l’impact de la dégradation desconditions de travail, de la qualité de vie et...
conseillers en emploi devrait augmenter de façon notable au cours desprochaines années.Partout au Canada les associations ...
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influencé par des facteurs dordre biologique, psychologique            et social. Lévaluation du fonctionnement psychologi...
les problèmes liés aux ressources humaines et à lemploi. Les         conseillers en emploi travaillent principalement pour...
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intervenants en employabilité qui sont différents du reste de la province. Toutd’abord, la part des personnes titulaires d...
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Ces différents aspects du métier de conseillère et de conseiller d’orientationtémoignent d’une meilleure préparation à l’e...
2. CADRE THÉORIQUECette section propose tout d’abord une exploration conceptuelle des courantspsychologiques     d’interve...
comme inadéquate. Aussi, la plupart des approches du courant humanisteaccordent une place de choix à l’instauration d’une ...
2.1.3. Approches cognitives comportementalesParmi l’ensemble des écoles de pensées inscrites au sein de ces courants, troi...
(Bujold et Gingras, 2000). Comme elle s’intéresse à comprendre lesmécanismes de défense comme modalités d’autorégulation e...
de la neurobiologie du développement affectif et social (Schore, 1994).2.2.1. Origine et développementL’AM découle tout d’...
2.2.2. Influences théoriques et articulation conceptuelle de l’AMMasterson (2004), distingue quatre structures de personna...
l’implication du style d’attachement du parent dans la                     détermination de celui de l’enfant. Tout cela a...
(Fairbairn, Guntrip), Masterson (2004, p.24) définit la                   notion   de    relation   d’objet   comme      é...
développement d’un trouble de la personnalité ou                       trouble du soi, tel que décrit par Masterson. De pl...
de faire l’inventaire des concepts importants devant se retrouver dans uneformation portant sur cette approche, le tableau...
l’enfant se trouve laissé à lui-même pour gérer des                    situations qui le dépassent, et il est envahi à rép...
On peut aussi penser au fait d’être capable de vivre avec                 et sans les autres, ainsi qu’être capable d’inté...
désapprobation parentale ou la négligence durant les             premières années de son développement. Ce qui devient    ...
une dynamique malsaine (Masterson, 2004).     Distance        Masterson (2004) considère que le thérapeute doit garder  th...
 La capacité d’apaiser les affects douloureux (émotions                         douloureuses), de contrôler ses impulsion...
personnalité résulteraient d’un arrêt dans le développement du Soi et d’unsyndrome angiodépressif particulier, appelé la «...
Masterson selon quatre grandes catégories : état limite, narcissique, schizoïde etantisocial. Cette dernière serait semble...
Personnalité narcissiqueAu niveau de la correspondance avec le DSM-IV, le type narcissique tiré de cemême manuel ne corres...
dévaluant, il fera sentir au conseiller qu’il est minable, inférieur et inadéquat.La dévaluation est ici une défense pour ...
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Essai en ligne ! Jean-François Maltais sur l'Approche Masterson en counseling de carrière

  1. 1. UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL L’IMPACT D’UNE FORMATION AXÉE SUR LA COMPRÉHENSION DUFONCTIONNEMENT PSYCHOLOGIQUE (APPROCHE MASTERSON) SUR LES PRATIQUES DE CONSEILLÈRES EN DÉVELOPPEMENT DE L’EMPLOYABILITÉ AU SEIN D’ORGANISMES DU MONTRÉAL MÉTROPOLITAIN RAPPORT D’ACTIVITÉS DIRIGÉES PRÉSENTÉ COMME EXIGENCE PARTIELLE DE LA MAÎTRISE EN ÉDUCATION PAR JEAN-FRANÇOIS MALTAIS DÉCEMBRE 2011
  2. 2. REMERCIEMENTSOutre les conseillères ayant participé à cette recherche et sans qui cettedémarche n’aurait pu avoir lieu, je tiens à remercier quelques personnesm’ayant directement ou indirectement aidé dans la dernière année à passer àtravers, ce qui pour moi, représentait un travail colossal. Tout d’abord, un grosmerci à ma copine Sarah. Dans la vie, il y a des périodes qu’on préfère ne pastraverser seul et celle-ci en fait partie. Sans ton support, ton ouverture, tesconseils et surtout ta capacité à me pousser au dépassement, la tâche aurait sansdoute été encore plus difficile à surmonter et j’y serais probablement encore.Je me dois absolument de remercier une autre personne de mon entourage sansqui ce travail d’activité dirigée n’aurait pu aboutir, ni même démarrer, macollègue et amie Jacinthe Fortier. Tout d’abord, merci Jacinthe d’avoir acceptéde partager ta formation, ton savoir et ton expérience avec moi. Le temps etl’énergie que tu as mise pour m’aider ne seront jamais oubliés et je peuxt’assurer que ton implication à grandement contribués à la qualité et la justessede l’information se retrouvant dans cette recherche.Un merci tout spécial à mon directeur de recherche Louis Cournoyer. Je doisdire que ta capacité à analyser et à pousser toujours plus loin les idées m’avraiment impressionné. À cet égard, tu demeures pour moi un modèle derigueur et de professionnalisme pour ma pratique future. Aussi, j’aimeraismentionner que tu as contribué, de par tes interventions et tes commentaires, àdévelopper mes compétences en recherche d’une façon incroyable. De sorteque sans ton aide, il m’aurait été très difficile d’accomplir un travail duquel jesois aussi fier. Finalement, un gros merci pour ta disponibilité au travers de ladernière année. ii
  3. 3. Je souhaite terminer en remerciant mes parents Yvon et Hélène pour tout cequ’ils ont fait pour moi et pour les valeurs qu’ils m’ont transmises. iii
  4. 4. TABLE DES MATIÈRESREMERCIEMENTS ........................................................................................... iiLISTE DES TABLEAUX .................................................................................. viLISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMES ......................... viiRÉSUMÉ ......................................................................................................... viii1. INTRODUCTION .......................................................................................11. PROBLÉMATIQUE ........................................................................................3 1.1 Problématiques émergentes en développement de l’employabilité ...........3 1.2 Rôle et tâches de conseillères et de conseillers en emploi ....................... 11 1.3 Spécificité montréalaise en développement de l’employabilité ...............13 1.4. Portée des interventions des conseillères et des conseillers en emploi ...142. CADRE THÉORIQUE ..................................................................................20 2.1. Différentes conceptions du counseling de carrière .................................20 2.1.1. Approches humanistes......................................................................20 2.1.2. Approches systémiques ....................................................................21 2.1.3. Approches cognitives comportementales .........................................22 2.1.4. Approches psychodynamiques .........................................................22 2.2. L’Approche Masterson (AM) ..................................................................23 2.2.1. Origine et développement ...............................................................24 2.2.2. Influences théoriques et articulation conceptuelle de l’AM ...........25 2.2.3. Enjeux et concepts clés de l’AM ......................................................28 2.2.4. Notion de trouble de personnalité, au cœur de l’AM .......................34 2.2.4. Structures de personnalité selon l’AM .............................................35 2.2.5. Recension des écrits sur l’AM .........................................................39 2.2.6. Interventions de l’AM adaptées pour chacun des types de personnalité ................................................................................................42 2.2.7. Intégration possible de l’AM en développement de carrière ...........453. OBJECTIF DE RECHERCHE ......................................................................494. MÉTHODOLOGIE ........................................................................................50 4.1. Échantillonnage .......................................................................................50 iv
  5. 5. 4.2. Les instruments développés et utilisés ....................................................52 4.2.1. Questionnaire sociodémographique .................................................52 4.2.2. Questionnaires pré et post formation ...............................................52 4.3. Méthode de collecte des données ............................................................53 4.4. Analyse des données ...............................................................................54 4.4.1. L’analyse qualitative des données ....................................................54 4.4.2. L’analyse quantitative des données ..................................................57 4.5. Considérations éthiques .........................................................................575. PRÉSENTATION ET INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS....................59 5.1 Compétences perçues par les conseillères : avant et après la formation ..59 5.1.1 Auto-évaluation des conseillères et des conseillers avant la formation ....................................................................................................................60 5.1.2 Auto-évaluation des conseillères et des conseillers après la formation ....................................................................................................................75 5.2 Différences perçues dans le discours des conseillères quant à leurs perceptions de compétences professionnelles suite à la formation sur l’Approche Masterson ....................................................................................916. DISCUSSION ................................................................................................98LIMITES DE LA RECHERCHE .....................................................................106CONCLUSION ................................................................................................107Appendice A - Rôle des conseillers en emploi et de leur clientèle .................. 110Appendice B - Programmes de formations permettant d’accéder au métier deconseiller en emploi ......................................................................................... 116Appendice C - Programmes de formation donnant accès au métier de conseillerd’orientation .....................................................................................................122Appendice D - Questionnaire sociodémographique Approche Masterson ......128Appendice E - Questionnaire pré-formation ....................................................130Appendice F - Questionnaire Post formation ...................................................135Appendice G - Formulaire d’information et de consentement........................140RÉFÉRENCES.................................................................................................145 v
  6. 6. LISTE DES TABLEAUXTableau Page1.1 Tâches relatives au travail de conseillères et de conseillers en emploi ………………………………………….. 121.2 Scolarité des conseillères et des conseillers en emploi au Québec ……………………………………………………... 162.1 Influences théoriques du Québec ……………………………… 252.2 Articulation conceptuelle de l’AM ……………………………. 292.3 Interventions adaptées à chacun des types de personnalité …… 424.1 Répartition du niveau de scolarité des conseillères interrogées …………………………………………………….. 514.2 Étapes de réalisation d’une analyse thématique en continu ………………………………………………………… 555.1 Résultats quantitatif pré formation ……………………………. 615.2 Résultats quantitatif post formation …………………………… 755.3 Moyennes comparées …………………………………………. 915.4 Écarts-types comparés ………………………………………… 92 vi
  7. 7. LISTE DES ABRÉVIATIONS, SIGLES ET ACRONYMESAM Approche MastersonCLE Centre local d’emploiCNP Classification nationale des professionsDSM Diagnostic and Statistical Manual of Mental DisordersFECQ Fédération étudiante collégiale du QuébecINRS Institut national de recherche scientifiqueMESS Ministère de l’Emploi et de la Solidarité socialeOCCOQ Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du QuébecOCDE Organisation de coopération et de développement économiqueOMS Organisation mondiale de la santéRHDCC Ressources humaines et développement des compétences du Canada vii
  8. 8. RÉSUMÉDepuis plusieurs années, le Québec vit, comme plusieurs autres sociétésoccidentales, des changements importants au niveau social, économique,politique et technologique. Ces transformations semblent avoir desrépercussions sur les types de clientèles demandant de l’aide dans les servicesd’aide en développement de carrière, mais plus encore, sur la complexité desproblématiques de ces clientèles. Entre autres, le nombre croissant de personnesse présentant avec des problèmes de santé mentale, la clientèle immigrante oula clientèle judiciarisée. Au même moment, des transformations majeures sedessinent au Québec avec l’adoption du projet de loi 21, prévoyant desmodifications au Code des professions dans le domaine de la santé mentale etdes relations humaines. Ce rapport d’activité dirigée vise à décrire les impactsd’un atelier de formation continue misant sur le fonctionnement psychologiquedes individus, en contexte de développement de l’employabilité. Il présente uneméthodologie mixte simultanée imbriquée, portant sur un corpus de donnéesissu de questions à court développement et traitant de difficultés d’adaptationparticulières chez les clients. Les propos de conseillères avant (N=22) uneformation sur l’Approche Masterson en contexte de counseling d’emploi etaprès (N=17) cette même formation y sont analysés à partir d’une procédure dethématisation en continu du matériel. L’analyse des résultats a pour objectifs dedécrire les différences perçues par les conseillères et les conseillers en emploiquant à leur perception de compétence à intervenir sur des modalités dufonctionnement psychologique chez leurs clients à la suite d’une formationcentrée sur l’Approche Masterson en counseling d’emploi.Les résultats suggèrent une augmentation de la perception de compétence desconseillères à pouvoir intervenir sur les cinq difficultés d’adaptation évaluées.Ils semblent aussi laisser croire à une augmentation des capacités desconseillères quant à leur auto-analyse, leur capacité à analyser leurs clients,ainsi que de leur capacité à analyser les différentes dynamiques à l’intérieur dela relation client/conseiller. Finalement, les résultats semblent indiquer une plusgrande facilité chez les conseillères à exprimer leurs besoins, en lien avecl’intervention. viii
  9. 9. 1. INTRODUCTIONLes pratiques d’aide en développement de l’employabilité sont marquées depuisquelques années par une complexification importante des problématiquestouchant les bénéficiaires de services (Emploi Québec, 2009). Ledéveloppement de l’employabilité consiste ici à évaluer la situation de lapersonne selon différentes dimensions, dont ses ressources et ses lacunes, àmobiliser son potentiel humain, ainsi qu’à intervenir sur certainescaractéristiques du fonctionnement personnel et social. Les conseillères et lesconseillers en emploi œuvrant dans ce domaine possèdent généralement uneformation de 1er cycle universitaire en développement de carrière ou dans unediscipline connexe. Leur formation initiale leur permet d’acquérir descompétences théoriques et pratiques au plan du counseling de carrière, de lapsychométrie, du traitement de l’information et en psychologie de lapersonnalité. Néanmoins, leurs compétences demeurent lacunaires au plan del’intervention clinique auprès de personnes présentant des troubles de santémentale et d’adaptation psychosociale. De plus, ils exercent dans les mêmesmilieux et s’adressent aux mêmes clientèles que leurs consœurs et confrèresœuvrant en orientation professionnelle, qui eux possède une formation deniveau maîtrise. Cela emmène à se questionner sur la façon dont les conseillèreset les conseillers en emploi pourraient accroître leurs compétences au niveau del’intervention avec des clientèles de plus en plus complexes, entre autres dans lacompréhension de la dimension du fonctionnement psychologique desindividus.Ce rapport d’activités comporte six chapitres qui s’articulent comme suit.Le premier chapitre présente d’abord la problématique. Celle-ci sert àdocumenter la situation dans le domaine de l’employabilité au Québec quantaux problématiques qu’on y retrouve, les acteurs qui y œuvrent, le milieu dans 1
  10. 10. lequel ils évoluent et la portée de leurs actions professionnelles. Le deuxièmechapitre concerne la cadre conceptuelle. Celui-ci traite des différentesapproches utilisées dans le domaine du développement de l’employabilité et enintervention dans les relations humaines en général. Ce chapitre sert aussi àexpliquer et décortiquer l’Approche Masterson, utilisée comme intervention ausein du protocole de recherche. Le troisième chapitre expose l’objectif derecherche principal et ses deux sous-objectifs.Le quatrième objectif aborde quant à lui la méthodologie utilisée pour lacueillette et l’analyse des données. Le cinquième et avant-dernier objectifconcerne la présentation et l’interprétation des résultats. Les résultats avant etaprès formation seront tout d’abord présentés. Ceux-ci seront ensuite interprétésafin de faire ressortir les différences perçues dans les propos des conseillèresavant et après la formation. Le sixième et dernier objectif porte sur unediscussion des résultats analysés. Les résultats sont mis en relation avec lesdivers aspects de la problématique, le cadre conceptuel et la question derecherche. 2
  11. 11. 1. PROBLÉMATIQUEAu Québec, la majorité des services d’aide en développement del’employabilité offerts à la population sont rendus par des professionnelles etprofessionnels formés au premier cycle universitaire en développement decarrière ou dans un domaine connexe lié aux sciences sociales, scienceshumaines et sciences de l’éducation. Au gré des transformations sociales,économiques, politiques, technologiques et autres ayant marqués les sociétésoccidentales au cours des dernières décennies, les types de clientèles sollicitant,à un moment ou l’autre de leur vie, des services d’aide en développement decarrière ont non seulement augmenté, mais se sont aussi diversifié(Organisation de coopération et de développement économiques, 2004). Ainsi,les conseillers œuvrant en développement de carrière aujourd’hui au Québecdoivent mener des interventions tenant compte aussi bien des enjeuxpsychosociaux, culturels et économiques de populations immigrantes, d’ex-contrevenants, de femmes monoparentales, de personnes sans emploi etbénéficiant de la sécurité du revenu de l’État, de personnes présentant unhandicap sur le plan physique ou psychologique, que de travailleurs aux prisesavec des pressions et des tensions liées à leur environnement de travail.1.1 Problématiques émergentes en développement de l’employabilitéLa section qui suit, présente, à travers différentes clientèles, les problématiquesen émergences avec lesquels les intervenants travaillant dans les services d’aideau développement de l’employabilité du Québec doivent composer.La population des personnes immigrantes est l’une de ces clientèles émergentesdepuis quelques années. Ces personnes nées à l’extérieur du Canada, maiségalement celles de citoyens associés à un statut de minorités visibles,présentent de plus faibles revenus, un taux de chômage plus élevé, malgré une 3
  12. 12. scolarité souvent supérieure à la moyenne de la population québécoise(Emploi-Québec, 2007). Les enjeux de surqualification, d’absence descolarisation québécoise, d’adaptation sociale, sans compter celles plusparticulièrement liées aux craintes de préjugés et de stigmatisation ne sont quequelques-uns des enjeux qui pèsent sur l’expérience d’insertionsocioprofessionnelle des immigrants (Bégin, 2009).Un autre type de clientèle en émergence est celle des personnes ayant undossier criminel. Celle-ci rencontre autant des difficultés d’insertion que deréinsertion sociale et professionnelle. Elle représente actuellement près de 10%de la population québécoise et ce chiffre ne cesse d’augmenter depuis 1996(Bernheim, 2010). Cette personnes, comme plusieurs autres, voient leursituation s’accompagner d’enjeux psychosociaux importants dont une faibleestime de soi, un manque de motivation, des difficultés liées à la consommationde drogues, d’alcool et de médicaments, des difficultés financières, ainsi quedes problèmes de santé physique et mentale. Tous ces enjeux, concomitants lesuns avec les autres, ne sont pas sans avoir d’incidences négatives sur ledéveloppement et le maintien de leur employabilité.De leur côté, les femmes monoparentales représentent elles aussi un type debénéficiaire présentant des problématiques complexes. Celles-ci font entreautres face à des contraintes d’organisation du temps en raison de leursresponsabilités familiales, elles se retrouvent souvent dans des emploisatypiques, caractérisés par la précarité, le travail moins bien rémunéré et sanssécurité d’emploi (Cournoyer, 2009). Une recension de recherches menées parBujold et Gingras (2000) sur le développement de carrière des femmesdémontre la panoplie d’enjeux auxquelles les femmes de manière générale,ainsi que les femmes en situation de monoparentalité en particulier, doiventfaire face : développement d’une identité personnelle, sociale, professionnelleet maternelle en simultanée ; gestion de carrière et des barrières à l’emploi ;choix de vie et conciliation travail-famille, etc. 4
  13. 13. Les clientèles mentionnées jusqu’à présent, ainsi que plusieurs autress’entremêlent également au sein de celles des prestataires de l’aide sociale. Pourles conseillers en emploi qui accompagnent ces personnes en vue d’undéveloppement de leur employabilité, celle-ci représente un défi passablementimportant. Ainsi, malgré que la clientèle adulte sans contrainte d’emploi, selonles normes du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), aitdiminué de 44,2 % entre 1998 et 2008, les dernières années ont vu apparaîtreune modification du profil de cette clientèle. En fait, le nombre d’adultes sanscontrainte d’emploi faisant toujours appel au service d’aide sociale etbénéficiant de ce service depuis plus de 120 mois semblent avoir augmenté(Emploi-Québec, 2008). De sorte que cette clientèle apparaît désormais commeétant de plus en plus éloignées du marché du travail. Les prestataires d’aidesociale présentent entre autres des problématiques de faible niveau de scolarité,des difficultés à intégrer un emploi stable et à s’y maintenir, ainsi que desdifficultés comportementales et relationnelles lorsqu’en emploi (Cournoyer,2009).Pour les personnes en marge du marché du travail, tout comme pour celles quisont intégrées depuis plusieurs années, certains phénomènes prennent de plusen plus d’ampleur. C’est le cas du phénomène de vieillissement de lapopulation. Au cours des dernières années, il est possible d’en voir lespremières répercussions sociales, dont sur le plan de problématiques aveclesquelles les conseillers en développement de l’employabilité doivent, etdevront de plus en plus, composer. Bussière et coll. (2009) mentionnent, dansune étude de l’Institut national de recherche scientifique (INRS) —Urbanisation, Culture et Société, qu’à moins de changements démographiquesmajeurs, le Québec sera l’une des sociétés les plus vieilles en occident d’ici2041. Face à cette problématique du vieillissement de la population, une étudede Ressources humaines et développement des compétences du Canada(RHDCC, 2008), mentionne les obstacles à l’emploi auxquels cette clientèle enémergence au Québec et au Canada doit faire face. Ils mentionnent entre autresque certains employeurs risquent de nourrir des stéréotypes négatifs au sujet des 5
  14. 14. travailleurs âgés et de s’accrocher aux mythes au sujet de leur capacité ou deleur rendement. D’autres risquent de sous-évaluer la productivité destravailleurs âgés, d’appliquer des pratiques surannées en matière de ressourceshumaines ou simplement de ne pas être conscients des compétences, descapacités et de la valeur que les travailleurs âgés apportent à leur organisation.Il est aussi question d’un manque de connaissance en matière de stratégies derecherche d’emploi, d’aspirations salariales élevées, de préjugés de la part desemployeurs, d’une scolarité insuffisante, de compétences en micro-informatiques insuffisantes et d’une faible mobilité de la main-d’œuvre.Les personnes présentant un handicap figurent aussi parmi les clientèles à lafois plus nombreuses et plus à risque sur le plan de la précarité de l’emploi. Lesdifficultés d’intégration au travail des personnes handicapées vont bien au-delàde leur qualification, car ces personnes font face à des limitations aussi bienintellectuelles, psychiques, que physiques (Emploi-Québec, 2009). Les défisd’intégration à l’emploi de ces personnes toucheraient par exemple, desproblématiques telles que le manque de confiance en soi, le manque d’estime desoi, l’isolement, des difficultés à s’adapter aux changements ou des attentesirréalistes face au marché du travail (Emploi-Québec, 2004). Ce qui engendredes difficultés supplémentaires à prendre en compte dans le développement del’employabilité de ces clientèles.Au fur et à mesure que se confrontent les lourdeurs des problématiques propresà chacune des clientèles mentionnées ci-dessus à un environnement de travailde plus en plus exigeant, où la sécurité d’emploi est moindre, la qualité desconditions d’accès et de développement au travail réservé à une élite, lamarginalisation, la mise à l’écart du besoin fondamental de travailler ou deproduire quelque chose de sa vie peut entraîner des conséquences importantessur la santé psychologique. Cournoyer (2010) indique que la clientèleprésentant des troubles de santé mentale est en augmentation dans lesorganismes en employabilité. Il mentionne par exemple des problématiques dedépression, de troubles bipolaires et de troubles de personnalité limite, comme 6
  15. 15. faisant partie des problématiques auxquelles les spécialistes du domaine del’employabilité doivent de plus en plus faire face. Il peut être ajouté à cela, desproblèmes de consommation de drogue, de lourde médication ou de ladépendance au jeu. Norcross et coll. (2002), mentionnaient déjà il y près de dixans les grands besoins en soins pour la santé mentale et laugmentation de lamise à contribution des professionnels en counseling de niveau maîtrise dans letraitement de ces problèmes. Toujours il y a dix ans, lOrganisation mondiale dela santé (OMS, 2001) mentionnait que les besoins pour des soins de santé enlien avec la santé mentale étaient en augmentation et représentait 12% de toutesles maladies répertoriées. Il est à noter qu’au Québec, 59 % des diagnosticsmédicaux des prestataires du programme de solidarité sociale répertoriés en2008 touchent la santé mentale, ainsi que les difficultés intellectuelles etd’apprentissage (Emploi Québec, 2009). Plus récemment, une recherche menéepar la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ, 2011), mentionne lafulgurante augmentation des cas de troubles dapprentissage, de déficits delattention ou de problèmes de santé mentale et mentionne que cesproblématiques ont bondi de 1150 % de 2005 à 2009.Au niveau de la prévalence des troubles de la personnalité dans la populationgénérale, peu de données canadiennes semblent disponibles. Toutefois,plusieurs études américaines récentes démontrent qu’environ 10 % de lapopulation générale souffrirait d’un trouble de la personnalité (Torgersen, 2001;Reich, Yates et Nduaguba, 2005; Lenzenweger, 2009). Une étude de Landry etcoll. (1996) mentionne aussi une prévalence élevée de troubles de lapersonnalité chez les personnes aux prises avec un problème de toxicomanie.Les troubles de la personnalité seraient même une des plus importantes causesd’inadaptation psychosociale des individus à long terme (Bessette, 2010). En sebasant sur ces statistiques, on peut facilement croire que parmi les individus seprésentant dans les services d’aide à l’emploi du Québec, un certainpourcentage d’entre eux a un trouble de la personnalité ou de santé mentaleautre. 7
  16. 16. Parallèlement, des études récentes rapportent l’impact de la dégradation desconditions de travail, de la qualité de vie et de la santé mentale chez lestravailleurs et les personnes sans emploi. Tel que le souligne Soarès (2002), laprévalence élevée de la détresse psychologique, de symptômes dépressifs et detroubles de stress post-traumatique est plus élevée chez de nombreusespersonnes en emploi ou qui perdent leur emploi. Une étude moins récentemenée par Karasek, Gardell et Lindell (1987) mentionnait déjà dans les années80 des liens entre la surcharge de travail et la détresse psychologique destravailleurs. L’association internationale de la sécurité sociale (2010),mentionne dans une étude concernant l’impact des crises économiques sur lasanté mentale des travailleurs que dans l’optique où les difficultés existant surle marché de l’emploi et le niveau élevé du chômage se prolongent, l’on peuts’attendre à ce que l’anxiété générée par la précarité des revenus et des emploispersiste. L’étude souligne entre autres que les problèmes de santé mentalerisquent par conséquent de devenir de plus en plus préoccupants pour lesgouvernements et les travailleurs et que la dernière crise économique aprobablement eu des répercussions sur la santé mentale des travailleurs danstous les pays. De plus, on y mentionne que les bénéficiaires d’indemnités enlien avec des limitations dû à la santé mentale sont les personnes quirencontrent le plus de difficultés à retrouver un emploi à plein temps. Bemak etHanna (1998), dans un article paru dans l’International Journal for theAdvancement of Counselling, mentionne que le 21e siècle amènera de nouveauxproblèmes de société qui auront un impact majeur sur la santé mentale despopulations. Les auteurs disent entre autres que les conseillers en relationd’aide prendront de plus en plus de place dans toutes les sphères la sociétéquant à la prévention et l’intervention sur les problématiques de santé mentale.Ils suggèrent donc que les formations des conseillers prennent en compte cesfaits et ajustent leurs formations afin de répondre plus efficacement à cetteréalité. Au sujet de la place occupée par les conseillères et les conseillers enemploi sur le marché du travail, Services Canada (2010) mentionne que vu lesbesoins grandissants des adultes en chômage ou en processus de réorientationen matière de counseling demploi et dorientation professionnelle, le nombre de 8
  17. 17. conseillers en emploi devrait augmenter de façon notable au cours desprochaines années.Partout au Canada les associations professionnelles de conseillers en relationshumaines se regroupent pour développer un cadre plus rigoureux au plan de ladéontologie et des normes de pratique (Association canadienne de counseling etde psychothérapie, 2009). Tel qu’on le mentionne dans le comité responsabledes travaux menés dans le cadre du mandat de modernisation de la pratiqueprofessionnelle en santé mentale et en relations humaines (Comité d’experts,2005): Jamais sans doute n’aura-t-on accordé, autant qu’à notre époque, une telle attention à la santé, que ce soit sous l’angle de la santé des individus, des politiques de santé publique, des services à la population, du financement qui s’y rattache, des avancées technologiques et scientifiques, des perspectives d’avenir… Derrière cela, se profilent très nettement l’évolution des sociétés, le vieillissement des populations, de nouvelles conceptions au plan des droits, l’essor des découvertes, la mondialisation, et bien d’autres phénomènes, tant en contexte québécois, que canadien ou étranger. (p.3)Cet état des faits sur la complexification du marché du travail et des types deproblématiques vécu par les clientèles, combinées à un intérêt de plus en plusévident à travers le Canada pour développer un cadre plus rigoureux au plan dela déontologie et des normes de pratique, envoie un message clair surl’importance de la compréhension du fonctionnement psychologique desindividus par les conseillères et conseillers en relation d’aide, et ce, peu importeleur secteur d’activité. De tels constats peuvent soulever des questionnementsau niveau de l’employabilité quant à la compétence des conseillères et desconseillers en emploi à intervenir avec des clientèles de plus en plus complexeset par le fait même, sur leur compétence à intervenir sur les multiples 9
  18. 18. dimensions qui composent les individus. Entre autres, les ressourcespersonnelles (connaissance de soi, aptitudes, capacités, acquis formels etinformels, sexe, âge, etc.), les conditions du milieu (famille, groupe de pairs,contexte socioculturel, conditions économiques, etc.) et sur la dimension dufonctionnement psychologique (intérêts, valeurs, croyances, personnalité,stratégies d’adaptation, motivation, lieu de contrôle, affirmation de soi,autonomie, etc.) (Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec(OCCOQ), 2010). Rivière (2008) a abordé la question du sentiment decompétence des intervenants en décrivant le sentiment d’impuissance qui peutêtre ressentie en relation d’aide. L’auteur mentionne que les clients, par leursattentes irréalistes quant aux résultats de la thérapie, par leurs demandescontradictoires, par leurs comportements mésadaptés face au cadre et aux règlesdu processus, fait en sorte que les intervenants en arrivent à ressentir unsentiment d’impuissance dans leur capacité à aider leurs clients. Cela vient enquelque sorte renforcer l’idée pour les conseillers et conseillères en emploid’avoir des compétences au niveau de la compréhension des dimensionscomposants les individus, dont celle du fonctionnement psychologique.Bien quil soit difficile de convenir dune définition générale du fonctionnementpsychologique sans faire référence à une théorie, une approche ou un modèleconceptuel spécifique, lOCCOQ (2010) dans son guide dévaluation enorientation donne la définition suivante : En référence au champ dexercices, le fonctionnement psychologique implique la prise en compte des caractéristiques de la personne (ex. : intérêts, valeurs, aptitudes, traits de personnalité), de lorganisation dynamique de son expérience (ex. : croyances, pensées, émotions, comportements), ainsi que de leurs effets sur sa vie quotidienne (ex. : modalités dautorégulation et dautoprotection, qualité de lestime et de la confiance en soi, stratégies adaptatives). Le fonctionnement psychologique est 10
  19. 19. influencé par des facteurs dordre biologique, psychologique et social. Lévaluation du fonctionnement psychologique implique également de prendre en compte la présence de troubles mentaux ou neuropsychologiques, dun retard mental, de situation de handicap, de difficultés dadaptation en contexte scolaire ou professionnel, ou dautres troubles décelés par des référentiels reconnus en santé mentale.1(p.6-7)Il y a alors lieu de se demander si les conseillères et conseillers en emploi sontsuffisamment formés pour intervenir efficacement à l’intérieur de cettedimension de l’individu qu’est le fonctionnement psychologique. C’est ce quenous tenterons de répondre un peu plus loin.1.2 Rôle et tâches de conseillères et de conseillers en emploiDans le domaine de l’employabilité au Québec, ce sont les conseillères et lesconseillers en emploi qui principalement s’occupent du développement del’employabilité. Le Ministère des Ressources Humaines et Développement desCompétences du Canada (RHDCC) via le site Internet 2 de la classificationnationale des professions (CNP, 2010), définit le métier de conseiller en emploide la façon suivante : Les conseillers en emploi prodiguent des conseils et du counseling, et donnent des renseignements aux clients qui travaillent sur tous les aspects de la recherche demploi et du choix de carrière. Ils conseillent également les employeurs sur1 Dans le cadre de cette recherche, lorsqu’il sera question du fonctionnement psychologique,c’est à cette définition que le lecteur est invité à se référer.2 http://www5.rhdcc.gc.ca/CNP/Francais/CNP/2006/Bienvenue.aspx 11
  20. 20. les problèmes liés aux ressources humaines et à lemploi. Les conseillers en emploi travaillent principalement pour les gouvernements fédéraux et provinciaux, mais travaillent également dans de grands établissements et des services de placement privés. Les superviseurs des conseillers en emploi sont compris dans ce groupe de base.Pour ce qui est des tâches des conseillères et conseillers en emploi, ceux-ci fontprincipalement les tâches suivantes : Tableau 1.1 Tâches relatives au travail de conseillères et de conseillers en emploi faire une entrevue d’accueil et rencontrer les clients pour obtenir des renseignements sur leurs antécédents professionnels et scolaires, ainsi que leurs objectifs professionnels, en utilisant le counseling individuel. identifier les obstacles à lemploi et aider les clients dans des domaines comme les aptitudes à lemploi, les stratégies de recherche demploi, la rédaction du curriculum vitae et la préparation avant une entrevue; conception, planification et animation dateliers de groupe ayant pour but la recherche demploi (bilan de carrière, méthodes et techniques de recherche demploi: curriculum vitae, lettre de présentation, entrevue demploi, contacts téléphoniques, etc.). élaborer des plans daction, faire l’encadrement et le suivi des participants lors des stages dexploration au marché du travail donner des conseils aux employeurs sur les ressources humaines et autres sujets liés à lemploi; administrer et interpréter des tests afin de cerner les intérêts, les aptitudes et les habiletés dun client; déterminer les besoins tels que la réadaptation, laide financière ou la formation professionnelle complémentaire et diriger les clients vers les services appropriés; fournir aux travailleurs en emploi de linformation sur le maintien en 12
  21. 21. emploi ou les mutations au sein dun organisme, la façon de faire face à linsatisfaction professionnelle ou les changements dorientation en cours de carrière; recueillir des renseignements sur le marché du travail et informer le client des possibilités demploi, des conditions daccès à la profession, des compétences requises et autres renseignements sur les professions; fournir des services de consultation aux groupes et organismes communautaires, aux entreprises et à lindustrie ainsi quà dautres organisations qui soccupent de fournir des ressources dans la collectivité au niveau de la planification de carrières. Possibilité de travailler auprès dune clientèle présentant divers handicaps physiques ou intellectuels Référer vers diverses ressources selon les besoins.Sources : Site internet de la CNP (2006) ; Relance des diplômées et des diplômées de l’université deSherbrooke (2010)Le développement de l’employabilité consiste à évaluer la situation de lapersonne selon différentes dimensions, dont les ressources et les lacunes, àmobiliser son potentiel humain, ainsi qu’à intervenir sur certainescaractéristiques du fonctionnement personnel et social. Si la répartitiongéographique des problématiques sociales, psychologiques, culturelles,économiques et autres propres aux clientèles de conseillers en développementde carrière s’étend sans aucun doute à l’ensemble des régions du Québec, forceest de constater que c’est dans la région de Montréal qu’il est possible d’yretrouver la plus forte concentration et le plus grand nombre de personnes auxprises avec une ou plusieurs de celles-ci.1.3 Spécificité montréalaise en développement de l’employabilitéDans la région de Montréal, la population présente certaines particularitésfaisant en sorte que cette région du Québec présente des défis pour les 13
  22. 22. intervenants en employabilité qui sont différents du reste de la province. Toutd’abord, la part des personnes titulaires d’un diplôme universitaire (certificat,baccalauréat et diplômes d’études supérieures) correspond à près du tiers(31,8 %) de la population montréalaise, ce qui est bien au-dessus de la moyennequébécoise (21,4 %) (Emploi-Québec, 2010). Il apparaît toutefois que cepourcentage de personnes possédant un diplôme universitaire sur l’île deMontréal varie beaucoup d’un secteur à l’autre de l’île. En effet, ce pourcentagepasse de 14 % pour le territoire du centre local d’emploi (CLE) de Pointe-aux-Trembles, à 48,3 % pour le territoire du Plateau-Mont-Royal. Aussi, près dutiers des personnes de 15 ans et plus ne possèderaient aucun diplôme dans lessecteurs de Montréal-Nord et de Saint-Michel (Emploi-Québec, 2009). Desdisparités apparaissent donc avec le reste du Québec, mais aussi à travers lesdifférents secteurs de l’île de Montréal. Selon cette même étude, la présence despersonnes nées hors Canada et des personnes issues des minorités visibles seraittrès marquée sur l’île de Montréal puisque ces deux groupes rassemblentrespectivement 602 060 et 455 700 des personnes de l’île. À l’échelle duQuébec, 66,1 % des personnes nées hors Canada et 69,7 % des personnes issuesdes minorités visibles résideraient sur le territoire de l’île de Montréal. Aussi,en comparaison avec le reste de la province de Québec, l’île de Montréalcomporterait une plus grande part de jeunes adultes de 20 à 39 ans, tant chez leshommes que les femmes. Sur l’aspect salarial, les personnes vivant sur l’île deMontréal auraient un salaire annuel inférieur au reste du Québec. Pour lapopulation des 25 à 44 ans cela représenterait un salaire d’environ 12 % demoins. La situation serait davantage préoccupante pour les personnes nées àl’extérieur du Canada et vivant sur l’île de Montréal, puisque leur revenumédian serait inférieur à ceux des personnes nées au Québec et vivant eux aussisur l’île de Montréal (respectivement 18 183 $ et 25 561 $).1.4. Portée des interventions des conseillères et des conseillers enemploiLe répertoire en ligne « Itinéraire pour l’emploi » fournit une liste de sites 14
  23. 23. Internet d’organismes du grand Montréal offrant des services en développementde l’employabilité. L’analyse exhaustive des informations contenues sur lessites Internet d’une quarantaine de ces organismes indique une prépondérancede services offerts plus particulièrement aux jeunes adultes et aux adultes visantà insérer ou réinsérer, à s’adapter, sinon à se maintenir sur le marché du travail.L’analyse a également permis de mettre en lumière la variété desproblématiques – parfois imbriquées les unes aux autres - qui accompagnent cesservices, que ce soit les enjeux d’immigration, de toxicomanie, dejudiciarisation, de santé mentale et d’adaptation psychosociale (Appendice A).Les conseillères et les conseillers en emploi possèdent généralement uneformation de 1er cycle universitaire en développement de carrière ou dans unediscipline connexe. Au Québec, trois universités offrent le programme deformation spécialisée en orientation et en développement de carrière : Laval,Université du Québec à Montréal et Sherbrooke. Toutefois, la Classificationnationale des professions (CNP, 2010) apporte les précisions suivantesconcernant la formation des conseillers et conseillères en emploi actuellementsur le marché de travail : Un baccalauréat ou un diplôme détudes collégiales dans un domaine connexe tel que la psychologie, les services sociaux ou léducation est habituellement exigé. Un diplôme détudes secondaires, ainsi que plusieurs années dexpérience dans les services liés au counseling ou dans une profession daide peuvent suppléer aux études officielles.Ainsi, la formation des conseillères et conseillers en emploi s’avère plus oumoins définie et rien ne semble garantir que toutes et tous présentent lesqualifications initiales couramment associées aux tenants d’un baccalauréat enorientation ou en développement de carrière. Cette réalité est d’autant pluspréoccupante que 40 % des conseillères et conseillers en emploi ne 15
  24. 24. possèderaient pas de formation universitaire et que près de 10% auraient undiplôme d’études secondaires 5 ou moins (Site internet de Services Canada,2010). Le tableau qui suit présente la répartition de l’emploi selon le plus hautniveau de scolarité atteint par les conseillers et conseillères en emploi auQuébec : Tableau 1.2 Scolarité des conseillères et des conseillers en emploi au QuébecMoins d’un diplôme d’études secondaire 1,4 %Diplôme d’études secondaires complété (DES) 9,0 %Diplôme postsecondaire non universitaire 29,6 %Diplôme universitaire de baccalauréat et plus 60,0 %Source : Service Canada (2010)Les cursus de formation de premier cycle universitaire spécialisés en orientationet en développement de carrière permettent aux étudiantes et aux étudiantsd’acquérir les compétences théoriques et pratiques sur le plan du counseling decarrière, de la psychométrie, du traitement de l’information, de la psychologiede la personnalité et de l’information scolaire et professionnelle. Néanmoins,comme il est possible de le constater en analysant les cursus de formation dechacune des universités (Appendice B), les compétences acquises suite à laformation demeurent lacunaires au plan de l’intervention clinique auprès depersonnes présentant des troubles de santé mentale et d’adaptationpsychosociale. La formation de baccalauréat leur fournit beaucoup de notionsthéoriques et pratiques comme des stages, mais la dimension du fonctionnementpsychologique y semble très peu approfondie.Les conseillères et conseillers en emploi ne sont pas seuls à intervenir dans ledomaine de l’employabilité. Les conseillères et conseillers d’orientationœuvrent aussi dans ce domaine. Le comité responsable des travaux menés dans 16
  25. 25. le cadre du mandat de modernisation de la pratique professionnelle en santémentale et en relations humaines (Comité dexperts sur la modernisation de lapratique professionnelle en santé mentale et en relations humaines, 2005)propose la définition suivante quant au rôle des conseillères et des conseillersd’orientation : L’exercice de l’orientation consiste à évaluer le fonctionnement psychologique, les ressources personnelles et les conditions du milieu, à intervenir sur l’identité, à développer et à maintenir des stratégies actives d’adaptation dans le but de faire des choix personnels et professionnels tout au long de la vie, de rétablir l’autonomie socioprofessionnelle et de réaliser des projets de carrière chez l’être humain en interaction avec son environnement. L’information, la promotion de la santé, la prévention du suicide, de la maladie, des accidents et des problèmes sociaux font également partie de l’exercice de la profession auprès des individus, des familles et des collectivités.Ce même comité d’experts (2005) mentionne aussi que lorsqu’on prend enconsidération le rôle du travail dans la préservation de la santé mentale etl’impact des problèmes liés au travail dans l’équilibre de la personne, leconseiller d’orientation pourra être mis à contribution dans le cadre de laréalisation du Plan d’action en santé mentale du ministère de la Santé et desServices sociaux du Québec. Cournoyer (2009), mentionne quant à lui : Par leur travail d’évaluation, d’interventions et de suivi du développement de l’employabilité de leur clientèle, les conseillers d’orientation sont en mesure, entre autres, de participer à la reconnaissance de compétences génériques et techniques, de préparer les personnes aux réalités qui les attendent sur le marché du travail, à porter des actions 17
  26. 26. préventives en matière de décrochage scolaire et enfin, à donner un sens à la vie personnelle et professionnelle de personnes plus ou moins éloignées du marché du travail. (p.29)L’analyse des formations de niveau maîtrise (deuxième cycle universitaire) desconseillères et conseillers d’orientation permet de remarquer que les notionsenseignées sont plus approfondies quant au fonctionnement psychologique de lapersonne (Appendice C). La formation semble mieux outiller ces dernières etces dernières à intervenir auprès de clientèles présentant des problématiquesplus complexes. D’ailleurs, la profession de conseillères et conseillersd’orientation (Comité d’experts, 2005) est aujourd’hui appelée légalement àvoir ses interventions dirigées sur la prise en compte des multiples dimensionsde l’individu et entre autres sur celle du fonctionnement psychologique. Parexemple, les caractéristiques de la personne, l’organisation dynamique de sonexpérience et les effets sur sa vie quotidienne. Ces professionnels doivent aussiprendre en compte la présence de troubles mentaux ou neuropsychologiques,dun retard mental, de situation de handicap, de difficultés dadaptation encontexte scolaire ou professionnel, ou dautres troubles décelés par desréférentiels reconnus en santé mentale (OCCOQ, 2010). Cela est d’autant plusvrai depuis l’apparition du projet de loi 21, qui avait pour objectif de modifierle Code des professions afin de prévoir une redéfinition des champs d’exercicesprofessionnels dans le domaine de la santé mentale et des relations humainespour plusieurs métiers en relation d’aide, dont le métier de conseillerd’orientation. Entre autres, ce projet de loi inclut des activités d’information, depromotion et de prévention communes à l’exercice de certaines professions dela santé, tel que la prévention du suicide. Il établit pour les conseillersd’orientation une réserve d’exercice pour des activités à risque de préjudicedans le domaine de la santé mentale et des relations humaines et prévoitl’encadrement de la pratique de la psychothérapie (gouvernement du Québec,2009). 18
  27. 27. Ces différents aspects du métier de conseillère et de conseiller d’orientationtémoignent d’une meilleure préparation à l’exercice d’interventions portées surdes problématiques psychosociales toujours plus présentes sur le marché dutravail. Néanmoins, il demeure que les conseillères et conseillers en emploi,qu’elles et qu’ils le veuillent ou non, sont aussi confrontés quotidiennement àces problématiques difficiles et complexes. Ils n’auront toutefois pasnécessairement le bagage pour intervenir et se sentiront peut-être dépassés auniveau de l’intervention.À ce propos, il existe au niveau de l’intervention en général, une multitude decourants de pratique différents pouvant être utilisées par les conseillers etconseillères en emploi dans le cadre de leur pratique. Parfois utilisées seules ouen combinaison, les choix ne manquent pas. Suite à une étude sur l’identitéprofessionnelle des conseillers canadiens, Gazzola et coll. (2010) ont démontréque lorientation théorique la plus utilisée par les conseillers canadiens ayantparticipé à létude, est lapproche humaniste centrée sur le client, tandis que lesapproches psychodynamiques seraient le moins utilisées. 40% des répondantsaffirmeraient utiliser au moins trois approches différentes dans leur pratique et30 % en utiliseraient même six et plus.Les approches et les modèles conceptuels et théoriques en counseling decarrière sont aussi nombreux. Dans le champ plus étendu de la psychologie etde la psychothérapie, d’où le counseling de carrière retire ses principalesinfluences théoriques, quatre grands courants d’intervention sont généralementreconnus. La prochaine section vise à décrire et faciliter la compréhension deces courants, ainsi que d’examiner plus en détail la plus-value possible d’uneapproche psychodynamique en émergence au sein des pratiques, soitl’Approche Masterson. 19
  28. 28. 2. CADRE THÉORIQUECette section propose tout d’abord une exploration conceptuelle des courantspsychologiques d’intervention d’approches humanistes, systémiques,cognitives comportementales et psychodynamiques. Dans un deuxième temps,une approche liée à ce dernier courant, soit l’Approche Masterson est présentéede façon plus approfondie, de façon générale, puis plus spécifiquement en lienavec l’exercice professionnel de conseillères et de conseillers en emploi.2.1. Différentes conceptions du counseling de carrièreCette sous-section propose un survol des quatre principaux courantsd’intervention en psychologie, psychothérapie et counseling. Il s’agit dansl’ordre des approches humanistes, systémiques, cognitives comportementaleset psychodynamiques.2.1.1. Approches humanistesLes approches humanistes se regroupent généralement en trois écoles depensées ayant des bases communes, mais qui diffèrent sur certains points. Lesapproches centrées sur la personne (Carl Rogers), l’approche gestaltiste (FritzPerls) et les approches existentialistes (Frank Yalom). Au niveau des basescommunes, chacune d’elles misent avant tout sur la valorisation de l’expériencedu sujet, tant consciente, qu’inconsciente. Elles accordent donc une grandeplace à l’expérience subjective de la personne, en prétendant que chaquepersonne est unique et que chaque client est l’expert de sa propre expérience.Au niveau du processus, le conseiller mise davantage sur sa croyance dans lescapacités d’autodétermination et de liberté de choix du client plutôt que sur lamodification de comportements ou de cognitions qu’il pourrait interpréter 20
  29. 29. comme inadéquate. Aussi, la plupart des approches du courant humanisteaccordent une place de choix à l’instauration d’une relation de confianceempreinte de compréhension et d’acceptation pouvant faciliter lareconsidération des problèmes et des inquiétudes, ainsi qu’une mise en actionsubséquente plus rationnelle (Lecomte et Drouin, 2007). Les approcheshumanistes sont actuellement très utilisées en contexte du développement del’employabilité. Elles sont toutefois très générales et ne conviennent pas pourtous les types de problématiques.2.1.2. Approches systémiquesCes approchent ont pour objet de comprendre l’individu en partant du fait quecelui-ci est en interaction constante et circulaire avec son ou ses systèmes devie. Dans cette approche, le thérapeute participe à la coconstruction de la réalitédu système, mais sans essayer de comprendre la place du symptôme dans cesystème et n’encouragera pas non plus l’expression des émotions. Il va plutôts’attarder à ce qui contribue à maintenir le problème ou le modifier(Bellemarre, 2000). L’approche systémique est principalement utilisée dans lathérapie familiale. Elle met de l’avant l’importance de l’influence des contextessociaux dans lequel évolue l’individu, le groupe ou la famille. Il peut aussi êtreutile en contexte de thérapie individuelle. Cette approche utilise entre autrescomme instruments : le récit de vie, le génogramme ou la carte familiale et destechniques d’intervention comme : la prescription de tâches, l’utilisation durecadrage et du paradoxe, le questionnement circulaire et les injonctionscomportementales. Cette approche est toutefois plus difficile à appliquer encontexte de relation d’aide individuelle. On la retrouve le plus souvent encontexte de groupe ou en thérapie familiale. 21
  30. 30. 2.1.3. Approches cognitives comportementalesParmi l’ensemble des écoles de pensées inscrites au sein de ces courants, troisd’entre elles se sont distinguées lors du vingtième siècle, soit l’écolecomportementale de Skinner, l’école cognitive d’Ellis et l’école émotionnellede Linehan et les thérapies cognitives comportementales (TCC) inspirés destravaux de Beck. Toutes convergent vers un travail centré sur la modificationdes comportements et des cognitions, sur le développement d’habiletés et sur larésolution des problèmes de la vie des personnes. Cette approche utilise destechniques d’intervention telles que l’analyse empirique, l’analyse logique etl’expérimentation, afin de modifier des comportements ou des cognitions(Young, Klosko et Weishaar, 2005). Ce type d’approche est de plus en plusprésent au Québec au sein des cursus de formation universitaire endéveloppement de carrière. Par contre, elle est souvent moins adaptée pour lestroubles de la personnalité, due à son cadre rigide, à la difficulté des personnesà avoir accès à leurs cognitions et leurs émotions et du besoin de l’implicationdes clients pour la thérapie. De plus, elle s’intéresse peu aux difficultésrencontrées dans la relation, elle présuppose que le client sera capable d’établirune relation avec le thérapeute ou le conseiller et finalement, elle exige des butsprécis des clients qui peuvent s’avérer difficiles dans le cas de clients ayant untrouble de la personnalité ou de santé mentale autre.2.1.4. Approches psychodynamiquesLes approches psychodynamiques peuvent se regrouper sous plusieurs pointscommuns tant au niveau de la théorie, que de la pratique. Au niveau théorique,les approches psychodynamiques mettent toutes de l’avant l’importance despremières expériences de vie dans le développement de la personnalité,l’importance de l’instinct et des pulsions (plus ou moins inconscient) sur lecomportement, les affects et la pensée. Finalement, l’importance desmécanismes de défense pour maîtriser l’influence des motivations inconscientes 22
  31. 31. (Bujold et Gingras, 2000). Comme elle s’intéresse à comprendre lesmécanismes de défense comme modalités d’autorégulation et d’autoprotectiondes individus, elle peut donc aider à l’analyse du fonctionnement psychologiquedes individus. Elle fournit aussi un cadre d’analyse permettant d’identifiercertains troubles de la personnalité et accorde beaucoup d’importance aujugement du conseiller. Et finalement, l’intervenant, par la prise en compte deses contre-transferts, peut arriver à s’améliorer comme intervenant, et ainsidiminuer l’impact de ses propres réactions émotionnelles dans la relation avecl’autre.2.2. L’Approche Masterson (AM)Au sein du courant psychodynamique, une approche se révèle de plus en plusprésente en matière de formation initiale et continue chez les professionnelles etles professionnels de la relation d’aide, soit l’Approche Masterson. L’auteur decette approche, le docteur James F. Masterson, a créé une approche qui, àl’intérieur d’une psychologie du soi, intègre plusieurs théories différentes : lathéorie de l’attachement, la théorie développementale, la théorie des relationsd’objets précoces et les nouvelles avancées sur la neurobiologie du cerveau.Inspiré des concepts fondamentaux de la théorie freudienne des pulsions :transfert, compulsion de répétition, résistance, conflit psychique, existence delinconscient et perlaboration, lApproche Masterson est une approchepsychothérapeutique des troubles de personnalité qui oriente son accentthérapeutique sur la période préoedipienne (avant l’âge de trois ans), plutôt quesur le conflit oedipien lui-même (Orcutt, 1997). L’approche s’inscrit dans lescourants de la psychologie du Soi (Kohut 1971; 1977) et de l’école américainede la théorie des relations objectales (Mahler, 1968; Kernberg, 1967). Elleintègre les recherches touchant la théorie de l’attachement (Bowlby, 1969;Ainsworth et coll., 1978) et le développement psychologique de l’enfant(Mahler, 1968). L’approche utilise aussi les nouvelles avancées dans le domaine 23
  32. 32. de la neurobiologie du développement affectif et social (Schore, 1994).2.2.1. Origine et développementL’AM découle tout d’abord d’études empiriques menées auprès dadolescentsétat limite internés dans un hôpital de New York (Masterson, 1967, 1972,1980), ainsi que d’intervention auprès de centaines dadolescents et dadultes enconsultation et en traitement en pratique privée (Masterson, 1976; 1981). Cesrecherches cliniques, combinées aux travaux de Margaret Mahler (1968) sur ledéveloppement de l’enfant dans la période préoedipienne emmenèrentMasterson à penser que le trouble de la personnalité état limite était avant toutun problème développemental. S’ajouta ensuite les théories des relationsd’objet, afin d’expliquer l’existence d’un lien possible entre l’indisponibilité dela mère et l’arrêt du développement du soi et de la structure intrapsychique.Durant les années 80, le docteur Masterson décida d’élargir la portée de sonapproche en appliquant celle-ci à la compréhension des troubles de lapersonnalité narcissique. Il s’intéressa aussi davantage à la théorie du Soi enintégrant celle-ci à son approche et en ajoutant des concepts qu’il utilisait lui-même dans ses thérapies : le vrai Soi ou Soi-Réel et le Soi défensif. De 1988 àaujourdhui, l’AM s’est enrichie de nouvelles notions importantes, entre autresgrâce au travail de Ralph Klein et Candace Orcutt qui ont intégré les travaux deGuntrip et Fairbairn sur les troubles schizoïdes à la théorie de Masterson.Ensuite, les récentes études sur la théorie de l’attachement qui sont venuesconfirmer l’influence de la mère dans le développement du soi et les nouvellesavancées en recherches neurobiologiques sur le cerveau, qui elles, sont venuesouvrir la porte à la compréhension des connexions neurobiologiques qui sous-tendent le développement du soi. 24
  33. 33. 2.2.2. Influences théoriques et articulation conceptuelle de l’AMMasterson (2004), distingue quatre structures de personnalités pathologiques(état limite, narcissique, schizoïde et antisocial) et propose pour chacune de cesstructures des stratégies de communication adaptées. Parmi les concepts clésutilisés par Masterson, notons le développement de l’alliance thérapeutique,l’analyse des résistances, des mécanismes de défense et des passages à l’actequi font obstacle à l’alliance thérapeutique, ainsi que le cycle de l’individuappelé « Triade dynamique du trouble du soi ». Le tableau ci-dessous présenteles différentes inspirations théoriques de l’Approche Masterson : Tableau 2.1 Influences théoriques de l’AM Théorie de De l’enfance, puis de façon répétitive tout au long de l’attachement de leur vie, les individus tendent à adapter leurs Bowlby (1969) comportements personnels et interpersonnels en fonction de la satisfaction de besoins instinctifs d’attachement. Entre autres, l’histoire développementale de la personne au plan de la satisfaction ou de la non-satisfaction de ces besoins affectifs pourra témoigner de l’adoption de comportements fondée sur une dynamique de sécurité ou d’insécurité personnelle ressentie selon les individus dans leur vie adulte (Ainsworth et coll., 1978), de même que leur capacité à autoréguler leurs actions personnelles, et ce, dès le l’enfance (Siegel, 1999; Fonagy, 2001). Sroufe et coll. (1999) sont venus corroborer ces faits en démontrant la persistance du style d’attachement de l’enfant dans l’âge adulte et 25
  34. 34. l’implication du style d’attachement du parent dans la détermination de celui de l’enfant. Tout cela amenant le développement d’un faux soi défensif chez l’enfant, résultant de l’accommodation de celui-ci aux besoins émotionnels de son parent et brimant du même coup l’expression de son « soi réel », tel qu’utilisé par Masterson (Orcutt, 1997, p. 74). Théorie À travers le développement d’un enfant normal, il vient développementale un moment où celui-ci doit développer une identité (Mahler, 1968) (sens de soi), qui soit séparé de celle de sa mère. Cela se produit à travers le stade de séparation/individuation selon Mahler. Entre autres, la disponibilité ou l’indisponibilité de la mère à répondre au besoin affectif de l’enfant entre 5 et 30 mois aurait une incidence majeure sur le développement d’un soi sain chez celui-ci. L’arrêt du développement normal à la phase de séparation-individuation, provoqué par une réponse parentale insuffisante à soutenir le soi émergent de l’enfant serait à l’origine des troubles de la personnalité. Cet arrêt du développement viendrait limiter les capacités d’autorégulation de l’enfant (Masterson utilise les expressions activation autonomes ou activation du soi réel). Conséquemment, les personnes présentant une faible capacité d’autorégulation se verraient donc porter à l’adolescence et à l’âge adulte à utiliser des mécanismes de défense primitifs tels que le clivage, le déni, la projection et l’évitement, ainsi qu’à utiliser des objets externes pour se réguler (Masterson, 1972).Théorie des relations S’insérant dans le courant américain des relations d’objet objectales (Mahler, Kernberg) et le courant britannique 26
  35. 35. (Fairbairn, Guntrip), Masterson (2004, p.24) définit la notion de relation d’objet comme étant les représentations internes qu’ont les individus d’eux- mêmes et des autres. Ces représentations internes sont reliées à des affects parfois négatif, parfois positif et influence la relation que les individus entretiennent avec eux-mêmes et avec les autres. Dans le cas des personnes présentant un trouble de la personnalité, celles-ci auraient seulement des relations d’objet partielles. Conséquemment, elles ont une vision extrême et irréaliste d’elles-mêmes et des autres qu’on pourrait concevoir comme étant tout bon ou tout mauvais et qui fait en sorte que leurs relations d’objet ne sont pas entières. Théorie du Soi Stern (1985) dans sa théorie développementale du soi, stipule que l’enfant développe des « sens du soi » qui évoluent à travers ses interactions sociales. Ces interactions sociales sont elles-mêmes régulées et organisées par le filtre subjectif du soi de l’enfant. La transformation psychique des individus se fait donc à travers les interactions sociales qu’ils ont et par leur capacité à s’actualiser par celles-ci (Orkutt, 1997).Neurobiologie de Le développement du soi serait grandement influencé l’attachement par le style d’attachement du parent nourricier, selon (Schore, 1994; qu’il soit sécure ou insécure. Conséquemment, un style 2003) d’attachement insécure chez le parent peut entraîner une incapacité de se synchroniser avec les besoins affectifs de l’enfant. L’incapacité à répondre aux besoins affectifs de l’enfant qui ferait en sorte que les connections neuronales nécessaires au développement d’un soi sain ne se ferait pas, ce qui entrainerait le 27
  36. 36. développement d’un trouble de la personnalité ou trouble du soi, tel que décrit par Masterson. De plus, ces traumatismes d’attachement seraient incorporés dans la mémoire autobiographique à long terme, ce qui appuierait l’hypothèse des relations d’objet pathologiques. Notons aussi l’hyperexcitation de la branche sympathique du système nerveux autonome décrite par Schore comme caractéristique des pathologies préoedipiennes du Soi et qui correspondrait à la dépression d’abandon décrite par Masterson (Bessette, 2010).Ce qu’il faut retenir, c’est que James Masterson s’est inspiré de plusieursthéories provenant de divers horizons, afin de mettre des bases théoriques etcliniques à son approche psychothérapeutique. Tout d’abord influencé par lathéorie de l’attachement, d’une théorie développementale et de la théorie desrelations objectales, l’AM a évolué et s’est ensuite enrichie des concepts d’unethéorie du soi pour expliqué la transformation psychique des individus à traversleurs relations, mais aussi de notions plus modernes en neurobiologie, afin desolidifier ce qu’elle avançait sur l’influence des relations d’attachement sur ledéveloppement des enfants. Il apparaît donc que l’AM s’est construite au fur età mesure d’expériences cliniques, de recherches personnelles par Masterson,mais aussi de collaboration avec d’autres chercheurs. Cette construction del’AM a aussi donné naissance à plusieurs concepts centraux dont il faut prendreconnaissance si on veut bien comprendre l’application pratique de cetteapproche.2.2.3. Enjeux et concepts clés de l’AMMasterson utilise plusieurs termes, propres à son approche et qui méritent d’êtreexpliqués plus en détail. Dans le but de faciliter la compréhension du lecteur et 28
  37. 37. de faire l’inventaire des concepts importants devant se retrouver dans uneformation portant sur cette approche, le tableau ci-dessous rassemble etexplique les concepts clés de l’Approche Masterson. Tableau 2.2 Articulation conceptuelle de l’AMTriade dynamique Réfère au cycle où l’individu tente d’activer son « Soi du trouble du soi réel » ou activation autonome, ce qui entraine chez lui(de la personnalité) l’apparition d’affects négatifs appelés « Dépression d’abandon ». Pour s’en protéger, l’individu doit alors mobiliser des mécanismes de défense primitive. Ce cycle permet entre autres à la conseillère ou au conseiller qui l’utilise de former des hypothèses cliniques sur les clients et sur eux-mêmes, dont la validité pourra ensuite être vérifiée à travers les rencontres. Activation Tel de décrit par Bessette (2007), l’activation autonome autonome ou activation du Soi réel correspond à « toute situation qui requiert la mobilisation et l’utilisation des capacités d’adaptation et d’autorégulation de l’individu ». L’activation des capacités de l’individu déclenche donc l’émergence des d’affects négatifs que Masterson appelle la «dépression d’abandon ». Dépression Le terme dépression d’abandon est en fait le terme que d’abandon Masterson utilise pour décrire les réactions émotionnelles intolérables de lenfant face à un désajustement davec sa mère. Il fait référence au sentiment subjectif qu’éprouve l’individu d’être abandonné ou à une menace ressentie par l’individu concernant sa survie, ainsi que ce qui compose cet état. Lorsque les besoins affectifs de l’enfant ne trouvent pas de réponse appropriée, ou se butent à une réponse hostile de la part des figures d’attachement, 29
  38. 38. l’enfant se trouve laissé à lui-même pour gérer des situations qui le dépassent, et il est envahi à répétition par les affects de dépression, de colère, de peur, de culpabilité de passivité, d’impuissance, de solitude, de vide et de nullité (Masterson, 1976 : 38; 2004; Bessette, 2007). Mécanismes de Corresponds aux moyens utilisés par n’importe quel défense individu pour éviter d’avoir à vivre la dépression d’abandon et ses affects ressentis comme intolérables. La réactivation de la dépression d’abandon entraînerait la mobilisation de défenses primitives, efficaces pour ne pas avoir à vivre les affects intolérables, mais destructeurs pour l’adaptation et le fonctionnement psychosocial. Les principaux mécanismes de défense utilisés chez les personnes ayant un trouble de la personnalité sont : le clivage, le déni, la projection, l’identification projective, l’évitement, la fuite dans les fantaisies et le passage à l’acte. Dans la vie de la personne, ces passages à l’acte se traduiraient par des gestes suicidaires et parasuicidaires, de l’abus de substance, des explosions colériques et de la violence verbale ou physique. Tandis que dans le processus thérapeutique, en plus des passages à l’acte, on pourrait les constater par des retards et des absences fréquents, un non-respect du cadre d’intervention, parler de sujet secondaire ou changer continuellement de sujet (Bessette, 2007).Vrai Soi ou Soi réel Tel que décrit par Klein (Masterson et Klein, 1989), le « vrai soi » de Masterson représente une personnalité qui s’est développée de façon saine, mais aussi une structure de personnalité saine. Cela se traduit par la capacité à vivre la séparation, la capacité à pouvoir s’attacher, la capacité d’individuation et à faire preuve d’autonomie. 30
  39. 39. On peut aussi penser au fait d’être capable de vivre avec et sans les autres, ainsi qu’être capable d’intégrer ces différentes capacités à travers les structures de sa personnalité. Ce «Vrai Soi», serait ressenti par les individus comme un sentiment de continuité, de stabilité et de réciprocité dans l’expérience à soi, avec et sans les autres. Tandis qu’un individu ayant de la difficulté à exprimer son «Vrai Soi» se plaindra généralement de problèmes reliés à sa capacité à vivre l’intimité, à avoir de l’empathie et à partager. Des difficultés dans l’expression du « Vrai Soi » emmèneraient aussi l’individu à avoir de la difficulté à admettre ou à partager ses pensées, ses sentiments et ses désirs. Structure Masterson (2004) définit la structure intrapsychiqueintrapsychique comme étant le résultat de la somme des expériences en bas âge avec le donneur de soins principal et de nos représentations objectales, ainsi que des affects qui y sont reliés. La structure intrapsychique organise donc la façon dont nous nous percevons en relation avec les autres, ce qui se répercute par la suite dans la vie adulte. Tel qu’expliqué par Bessette (2007), cette structure intrapsychique est pathologique chez les personnes ayant un trouble de la personnalité, faisant en sorte qu’ils vont être clivés dans leurs perceptions. Le côté positif du clivage, correspondant au système d’attachement pathologique de la personne qui focalise sur les besoins de l’objet et le côté négatif du clivage, correspondant à un état d’abandon où les personnes perdent le sentiment d’être connectées à l’objet et aux relations. Acting-out Par lacting-out transférentiel, l’enfant tente par sestransférentiel comportements déviter davoir à évoquer la 31
  40. 40. désapprobation parentale ou la négligence durant les premières années de son développement. Ce qui devient par la suite chez la personne atteint d’un trouble du soi, une partie intégrante de sa réponse fondamentale aux relations. Le concept d’acting-out transférentiel prend une importance particulière dans la relation thérapeutique, où l’individu, au lieu de présenter une attitude nuancée des relations humaines (distorsion de la réalité, combinée à une vision réaliste et raisonnable), présente plutôt une vision clivée, constituée essentiellement de sentiments et d’émotions distorsionné3s envers le ou la thérapeute. Par exemple, le client pourrait se sentir choqué, désappointé ou à l’écart lorsque le thérapeute n’agit pas comme il le désire (Orkutt, 1997 : 74 ; Masterson, 2004). Lorsqu’une personne fait de l’acting-out transférentiel dans sa vie adulte, elle tente par ce comportement ou compromis psychique d’éviter d’avoir à vivre la dépression d’abandon (Orkutt, 1997 : 74).Neutralité Ce concept clé dans l’Approche Masterson estanalytique directement lié à l’acting-out transférentiel, car il implique la création par la conseillère ou le conseiller, d’un climat thérapeutique qui donne toute la place au client. L’approche accorde une grande attention à ce que la conseillère ou le conseiller, face aux problèmes du client, n’introduisent pas de matériel personnel, tel que leurs réactions émotionnelles dans la relation. Comme il est inévitable pour un intervenant d’avoir des réactions émotionnelles dans une rencontre, il doit donc éviter de faire lui-même des acting-out contretransférentiels, soit de réagir aux acting-out des clients par un autre « acting- out », ce qui laisserait le patient et l’intervenant pris dans 32
  41. 41. une dynamique malsaine (Masterson, 2004). Distance Masterson (2004) considère que le thérapeute doit garder thérapeutique une neutralité avec son client. Cette neutralité n’a toutefois rien à voir avec une attitude froide, détachée ou indifférente de la part du thérapeute, mais elle permet plutôt d’éviter d’être en collusion avec les transferts du client. Et ce, afin qu’il puisse se permettre de relever les comportements défensif, régressif ou autodestructeur de celui-ci (Roberts, tirés de Masterson, 2005). Cadre Consiste à l’établissement de règles claires et constantes, thérapeutique sans toutefois être rigides, afin de définir dès le départ la façon de travailler et ce qui est attendu du client. Par exemple, justification des absences, retards fréquents et moment du paiement (Masterson, 2004). Technique de la La technique de la confrontation sert à confronter de confrontation façon empathique les défenses mises en place par le client et lui servant à préserver son faux soi. Comme les personnes ayant un trouble de la personnalité ont la plupart du temps des perceptions de la réalité qui sont clivées ou partielles, la technique de la confrontation est utilisée ici pour fournir au client une perception de la réalité qui soit plus juste et plus complète (Masterson, 1998 : 131). Capacités du Soi  Les capacités du soi réel (capacités d’adaptation) réel sont :Masterson (2004) ;  La régulation de l’humeur et de l’estime de soi ;Bessette (2007)  La capacité de vivre les émotions profondément, avec vivacité, joie, vigueur, excitation et spontanéité ;  La capacité d’identifier ses intérêts et ses objectifs personnels, de s’activer et de faire preuve d’initiative, de s’affirmer et de se défendre ; 33
  42. 42.  La capacité d’apaiser les affects douloureux (émotions douloureuses), de contrôler ses impulsions et de tolérer la frustration;  La capacité d’engagement face à un objectif ou à une relation, et de persévérance pour atteindre ses buts malgré les obstacles;  La créativité;  Capacité d’intimité : la capacité d’exprimer qui on est réellement dans une relation intime, sans craindre de façon démesurée d’être abandonné ou d’être englouti;  L’autonomie.Ces concepts mettent tout d’abord l’emphase sur la compréhension del’individu au niveau de son ressenti et des comportements et attitudes quil’accompagnent. Ainsi, l’utilisation de la triade dynamique, les notions de vraisoi ou soi défensif, la notion d’acting-out transférentiel, celle des capacités dusoi réel et le concept de structure intrapsychique servent ici d’outils pour laconceptualisation des clients que les conseillères ou les conseillers rencontrent.Les autres concepts tels que la neutralité analytique, la distance thérapeutique,le cadre thérapeutique et la technique de la confrontation représententdavantage des aspects techniques liés à l’utilisation de l’AM. Il est important deretenir que les concepts au cœur de l’AM ont été construits au regard declientèles présentant des troubles de la personnalité. Il est donc important debien comprendre l’étiologie de ces troubles selon Masterson, afin de saisirl’origine et l’utilité des concepts proposés pour des clientèles présentant untrouble de personnalité ou présentant des traits de personnalité marqués, nuisantà leur fonctionnement.2.2.4. Notion de trouble de personnalité, au cœur de l’AMSelon Masterson (Masterson et Lieberman, 2004), les troubles de la 34
  43. 43. personnalité résulteraient d’un arrêt dans le développement du Soi et d’unsyndrome angiodépressif particulier, appelé la « dépression d’abandon »(Bessette, 2007 : 11.04). Ils seraient principalement causés par un problème lorsde la phase de séparation-individuation dans l’enfance, où l’enfant introjecte lagratification et le retrait de la mère comme étant les deux seules réponsespossibles à ses besoins (clivage) (Poirier, 1997). Les troubles de personnalitépourraient aussi être causés par des facteurs qui n’ont rien à voir avec ledéveloppement en bas âge. Par exemple, des facteurs tels que le tempérament,les caractéristiques de l’enfant et les évènements stresseurs du hasard de la vie,peuvent être reliés au développement d’un trouble de la personnalité et sontgénéralement pris en considération dans l’étiologie du trouble. (Masterson etKlein, 1989, p.11). L’individu présentant un trouble de la personnalité, toutcomme les personnes ne présentant pas de tels troubles, tente de satisfaire sesbesoins psychologiques (« activation du Soi réel ») par la mobilisation etl’utilisation de ses capacités d’adaptation et d’autorégulation. Toutefois, au lieude ressentir des émotions tempérées pouvant être positives et négatives commela plupart des gens, il ressent plutôt des affects négatifs que Masterson appellela « dépression d’abandon ». La personne peut alors ressentir des émotionstelles que la dépression, la rage, de l’anxiété, de la honte, du désespoir ou unsentiment de vide. Afin de contrer ces sentiments négatifs et ainsi ne pas avoir àles supporter, l’individu développera un faux soi défensif, en mettant en placedes mécanismes de défense primitifs tels que le déni, le clivage, la projection,l’identification, la fuite ou l’évitement. La dynamique qui s’exerce entrel’activation des capacités du soi réel de la personne, les affects négatifs qui enrésultent et les mécanismes de défense mis en place, est appelé pas Masterson latriade dynamique du trouble du soi et constitue la pierre angulaire de sonapproche. (Masterson et Klein, 1989; 1995).2.2.4. Structures de personnalité selon l’AMLes troubles de la personnalité peuvent être regroupés dans l’Approche 35
  44. 44. Masterson selon quatre grandes catégories : état limite, narcissique, schizoïde etantisocial. Cette dernière serait semble-t-il non-traitable et correspondrait autype psychopathe du DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual of MentalDisorders). Masterson a aussi ajouté des sous-catégories à celles d’état limite,de narcissique et de schizoïde. L’auteur différencie son approche de celle duDSM-IV (1994), par le fait que ce dernier fournit plus un portrait descomportements et attitudes dysfonctionnelles observables associés auxpsychopathologies, tandis que sont approche irait plus en profondeur enanalysant la structure intrapsychique des personnes c’est-à-dire desreprésentations internalisées du soi et de l’objet. Pour Masterson, les critèresdiagnostiques du DSM-IV constitueraient en quelque sorte des défenses quisont partagées par tous les troubles de la personnalité et qui se traduiraientdifféremment selon la structure interne des personnes.Personnalité limiteAu niveau de la correspondance avec le DSM-IV (2004), on retrouve àl’intérieur de ce type de personnalité de l’Approche Masterson, les types depersonnalité histrionique, dépendante, passive agressive et compulsive. Dans laformulation de James Masterson du trouble limite du soi, l’individu tente, pardes comportements mésadaptés, d’éviter à tout prix de ressentir la dépressiond’abandon. Concrètement, cela se traduit de deux façons dans le processusthérapeutique. Du côté positif du clivage, le client va s’en remettre authérapeute, de façon à ce que celui-ci lui donne des solutions, le prenne encharge, le réconforte et le rassure dans ce qu’il croit ou ce qu’il fait. Il va doncse soumettre à l’objet (thérapeute). Lorsque le thérapeute ne répond paspositivement à ces demandes de prises en charge, le client se retrouvera du côténégatif du clivage. Le client verra alors le thérapeute comme rejetant etabandonnant et se sentira alors comme étant indigne de recevoir de l’amour ousans valeur. Le thérapeute devra alors faire attention à ne pas être contaminé parles projections du client et ainsi, éviter de se sentir responsable du client et de leprendre en charge (Bessette, 2007). 36
  45. 45. Personnalité narcissiqueAu niveau de la correspondance avec le DSM-IV, le type narcissique tiré de cemême manuel ne correspond qu’au sous-type exhibitionniste de Masterson.L’auteur a ajouté les types à grandiosité inhibée « closet narcissistic » etdévaluant dans son approche. Dans la personnalité narcissique décrite parMasterson, les représentations du soi et de l’objet sont fusionnées. Lorsque çase passe bien, la personne voit l’objet comme étant parfait et tout puissant, doncparfaitement capable de répondre au besoin narcissique du Soi : fournir leregard admirateur qui confirme la grandiosité du Soi. Donc lorsque lenarcissique obtient ce sentiment d’être supérieur, merveilleux ou spécial, il s’ensert pour réguler son humeur et s’accorder la valeur qu’il mérite. Lorsqu’il nel’obtient pas, le narcissique aura tendance à voir le thérapeute comme étantdévaluant ou attaquant et à se sentir fragmenté, pas à la hauteur, minable oudévaluée. Le type exhibitionniste est celui qui correspond en grande partie autype narcissique du DSM-IV, car sa grandiosité est exprimée au maximum afinqu’il puisse se réguler. Toutefois, les clients ayant une grandiosité plus discrètene semblent pas ressortir si on se fit au critère du DSM-IV. C’est pourquoiMasterson a ajouté deux autres types de narcissiques. Le type narcissique àgrandiosité inhibée se distingue, car il utilise davantage l’idéalisation de l’objetpour se réguler, en maintenant ses projections de la fusion grandiose. Il voitalors les autres comme supérieurs, performants, spéciaux ou puissants. Cemaintien de la personne dans le côté positif de son clivage fait en sorte qu’ilarrive à ressentir qu’il peut répondre aux besoins et aux attentes des autres et àse sentir adoré. Il évite ainsi d’avoir à vivre la dépression d’abandon et depasser du côté négatif du clivage, où il se sentira inadéquat et fragmenté parrapport à l’objet. Le type dévaluant se distingue quant à lui dans le fait qu’il sesitue uniquement du côté négatif du clivage. Il y a deux scénarios possibles ducôté négatif du clivage : sois je suis le dévaluant et tu es le minable; sois je suisle minable et tu es le dévaluant. Le type dévaluant peut donc adopter deuxattitudes ou jouer deux rôles dans la relation. D’un côté, s’il prend le rôle du 37
  46. 46. dévaluant, il fera sentir au conseiller qu’il est minable, inférieur et inadéquat.La dévaluation est ici une défense pour le client et lui permet de projeter surl’autre le rôle du minable. De l’autre côté, quand la dévaluation ne fonctionneplus (la défense de la dévaluation n’est plus assez forte), le client est alorscoincé à reprendre le rôle du minable, de l’inadéquat. Il n’arrive plus à « seremonter en écrasant l’autre». Le contre-transfert se répercutera alors chez lesintervenants de façon différente que chez le client état limite. Comme le clientprojette ses idéalisations sur le conseiller, celui-ci peut alors sentir qu’il doitperformer de façon exceptionnelle, certains parlent d’un sentiment de marchersur des œufs dans la relation avec le client.Personnalité schizoïdeContrairement aux deux autres structures de personnalité, la structure schizoïdene croit pas qu’il est possible pour lui de créer de véritables relations avec lesautres et ainsi obtenir un apport affectif. Par conséquent, on ne retrouve pasdans cette structure un côté positif dans le clivage, comme dans les deux autresstructures de personnalité. La personne schizoïde voit d’un côté du clivagel’objet comme étant le maître qui manipule, qui exploite, qui impose sesvolontés et qui ne veut pas entrer en relation. Elle se voit donc comme étantl’esclave qui exécute les désirs du maître, un robot, une victime. Celui-ci trouvealors une forme de sécurité dans la relation maître-esclave, jusqu’à ce que lessentiments associés à cette dynamique soit trop insupportables et que lapersonne passe de l’autre côté du clivage, appeler pôle exil. La personneschizoïde voit alors l’objet comme sadique, dangereux et abandonnant. Lapersonne se sent alors isolée, étrangère aux humains, aliénée. Le fait de nepouvoir être ni trop près, ni trop loin de l’objet est appelé le dilemme schizoïde.Tandis que le compromis schizoïde correspond au fait de trouver une distancesécuritaire entre l’objet et le schizoïde. La réponse contre-transférentielle àlaquelle il faut faire attention dans l’intervention avec les schizoïdes est de nepas répondre à la projection de maître faite par le client sur le thérapeute (objet)et de se mettre à diriger le client comme un robot ou un esclave. Ou de l’autre 38

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