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CULTURE &
RAISON
Instinct / raison
Lorsqu’il y a transmission de comportements acquis et nouveaux chez les animaux, cette
transmission s’ajoute à un fond de comportements instinctifs qui préexistent à cette
transmission de comportements nouveaux. La culture pour l’animal s’ajoute à une base
instinctive naturelle, la culture s’ajoute à la nature.
Chez l’homme, la culture se transmet avec une part d’innovation et de changement. Chaque
génération apporte des modifications et rejette une partie de ce qu’on lui a transmis.
L’homme n’a pas d’instinct, ses comportements sont acquis par l’intermédiaire des autres
hommes. Sans acquis culturel, l’homme ne peut pas se réaliser (ex : les enfants sauvages), à
l’inverse de l’animal qui peut devenir un animal sans culture. Mais, l’homme a une raison.
Kant : « L’homme est le plus démuni des animaux. » Dans cette comparaison, Kant soutient la
thèse selon laquelle l’homme serait inférieur à l’animal car il n’aurait pas d’instinct qui
garantirait sa survie, c’est-à-dire, satisferait ses besoins biologiques.
L’instinct : l’animal est du côté de la nature
A la naissance, l’instinct est déterminé
génétiquement. Conséquences :
 Rend l’animal plus fort
(prédétermination au milieu)
 Prive l’animal de liberté. L’instinct est
déterminé, l’animal ne peut pas le
modifier.
 Permet à l’animal d’être parfaitement
adapté à son milieu. Il se réalise
pleinement dans sa nature.
La raison : l’homme est du côté de la culture
A la naissance, la raison est pure potentialité.
Conséquences :
 Rend l’homme faible et dépendant (la
raison peut échouer)
 Permet à l’homme de comprendre ce
qu’il fait : choix et liberté d’actions.
 Permet à l’homme de progresser. Le
développement de la raison n’a jamais
de fin.
Rapport Homme – Nature
 Technique : ensemble des procédés inventés par l’homme dans un but de survie et pour
améliorer les conditions de vie en se servant de la nature.
 Sciences : connaissance de la nature qui a été progressivement découverte par l’homme dans
l’histoire.
Rapport Homme-Homme
L’homme n’ayant pas d’instinct, il doit inventer lui-même les règles de sa conduite. Il doit formuler
lui-même des lois. Les lois sont des règles impératives, établies par le législateur, dans le but
d’autoriser, d’interdire ou d’exiger certaines conduites afin d’assurer la cohésion du groupe.
Rapport Homme et lui-même
 Religion : croyance en l’existence d’un ou plusieurs dieux, avec lesquels l’homme espère
entrer en relation par des prières ou des rituels variant les cultures.
 Maïeutique : art de faire accoucher les esprits selon Socrate.
 Doute : attitude du sujet pensant qui considère tout jugement sur tout objet de
connaissance comme douteux afin de tendre vers la plus grande certitude possible, la
certitude première étant celle du sujet pensant lui-même.
Descartes affirme que la confiance n’est pas un critère de vérité. Il met en doute ce qu’il a appris par
sa propre existence mettant en pratique ses cinq sens qui selon lui sont douteux (illusions d’optique,
rêve, etc.). Les informations des sens ne sont pas objectives, elles ne nous disent pas ce que sont les
choses en elles-mêmes.
 Instinct : ensemble de comportements innées, immuables, spécifiques, automatiques et ayant un but de survie.
 Raison : capacité propre à l’homme d’apprendre en comprenant ce qu’il apprend à travers le langage.
CULTURE &
RAISON
LANGAGE
Le langage pensé
Hegel : « C’est dans les mots que nous pensons. Vouloir penser sans les mots
est une entreprise insensée. »
Platon : « La pensée, c’est le dialogue silencieux de l’âme avec elle-même. »
La pensée ne précède pas le langage, elle en est inséparable. La pensée se
constitue à travers les mots du langage. L’homme s’appuie sur un langage
pensé alors que le singe ne pense pas. Lorsque l’on a peu de vocabulaire, il
est évident qu’on ne peut pas penser.
Les avantages du langage symbolique
 Permet une grande liberté par rapport au vécu de l’homme. Il n’a pas
besoin de vivre les choses pour pouvoir en parler.
 Donne une maitrise de la réalité grâce aux concepts.
 Permet de parler de ce qui n’a aucune réalité concrète (ex : science-
fiction).
 Donne une maitrise de l’espace et du temps.
Les mots disent-ils les choses ?
Cratyle : « Je soutiens que les mots sont la peinture des choses. » Les mots ne feraient qu’imiter la réalité qu’ils
désignent. Il y aurait un rapport naturel entre les mots et les choses.
Hermogène soutient la thèse d’un rapport conventionnel entre les mots et les choses. Le langage est le résultat
d’une convention entre les hommes qui auraient décidé arbitrairement d’associer tels mots à telles choses.
Les différences entre les langues ne sont pas seulement des différences de signifiants. Chaque langue, à travers les
mots qu’elle emploie, organise la réalité d’une manière particulière et interprète le réel à sa manière. Les mots ne
sont donc pas des copies de choses. Grâce aux distinctions et aux regroupements opérés par les mots, la réalité
s’organise par l’homme, ce qui lui permet de maitriser intellectuellement le monde qui l’entoure.
Parler, ce n’est pas dire ce que sont les choses, c’est dire la manière dont la raison humaine interprète les choses. La
langue que nous parlons nous préexiste, elle va ainsi conditionner notre rapport à la réalité. La langue nous
contraint à avoir une certaine vision des choses car elle nous oblige à voir les choses à travers des distinctions
qu’elle opère. Elle a une fonction de grille préétablie qui a pour conséquence de nous enfermer dans des catégories.
Elle donne toutefois du sens. Le langage organise les sensations et assure une maitrise de la réalité. A l’inverse,
l’animal n’ayant pas de langage symbolique est prisonnier des sensations qui le submerge.
Les limites des mots ne sont que les limites de la raison. Ce que la raison ne peut pas penser, les mots ne peuvent
pas les dire. Ce n’est pas le langage qui est limité, c’est la raison car elle ne peut pas ne pas penser par idée
générale.
Le langage humain n’a pas de limite
 Chez l’homme, les mots expriment la manière
dont la raison organise la réalité en faisant des
regroupements appelés symboles.
 Chez l’homme, le sens des mots s’apprend par
un travail de la raison. Apprendre à parler,
c’est apprendre à construire et à comprendre
des concepts en leur associant des sens.
 Pour l’homme, les signes sont polysémiques.
Par conséquent, on ne cesse d’interpréter sa
propre langue.
Le langage animal est limité
 Chez l’animal, les signes expriment directement la
réalité. ils sont un substitut de ce qu’est la réalité
vécue par l’animal. Le signe utilisé est comme une
étiquette renvoyant directement au vécut de l’animal.
 Pour l’animal, il n’y a que deux manières d’accéder au
sens du signe qu’il emploie : sens inné (ex : pour
communiquer, les abeilles dansent) et sens appris par
répétition.
 Pour l’animal, les signes sont univoques.
LANGAGE
 Signe : association d’un élément sensible avec des significations.
 Concept : idée générale et abstraite qui est le résultat de l’opération par laquelle la
raison isole, à partir des réalités données dans l’expérience, un ensemble de
caractères communs qu’elle désigne par un même mot.
 Idée : notion construite par la raison sans faire appel à des réalités données dans
l’expérience.
 Raison : faculté à constuire et à comprendre le sens des symboles que sont les mots.
 Référent : ensemble de réalités à laquelle la raison se réfère pour construire un
concept.
 Ineffable : ce qui ne peut pas être dit par les hommes.
 Système : ensemble d’éléments qui sont unis par des relations déterminées et dans
un but commun.
RAISON ET REEL
VERITE ET
DEMONSTRATION
La vérité selon les Sophistes
 Relativisme : hypothèse selon laquelle la vérité est relative à celui qui l’énonce.
Protagoras : « L’homme est la mesure de toute chose » (Le Théétète). Chacun ayant la capacité
de juger ce que sont les choses, chacun va donc avoir une conception particulière de ce que
sont les choses. Chacun va juger les choses de manière unique et en fonction de son
expérience personnelle. Il n’y a pas d’opinion qui serait plus vraie qu’une autre. Cette
conception s’appelle le relativisme. Les sophistes rejettent toutes notions de vérité universelle
car, selon eux, il n’y a pas de critère qui distingue le vrai du faux. Il ne reste que des vérités
particulières et subjectives. Pour les sophistes, la vérité est le discours bien construit.
Critique
Aristote : « Le sophiste s’est revêtu du manteau de philosophe. » Selon lui, le but des sophistes
est purement politique, le langage est au service de ceux qui veulent le pouvoir (forme de
démagogie).
Socrate met en évidence une erreur de logique. Les sophistes soutiennent que toutes les
opinions se valent. Or, soutenir cette thèse prouve bien que cette affirmation est plus vraie
que les autres.
La vérité selon les Sceptiques
 Scepticisme : philosophie pour laquelle la raison humaine est incapable par nature d’atteindre
la moindre certitude sur la réalité au plan théorique comme au plan pratique.
Selon les sceptiques, l’homme ne peut pas atteindre la moindre certitude car :
 Les perceptions sensibles sont subjectives.
 Les sens donnent des informations contradictoires. Ex : un plat peut sembler bon à la vue mais
mauvais au goût.
 Les informations sensibles varient chez une même personne selon son âge.
 Les sens sont trompeurs. Ex : illusion d’optique.
 Les rêves sont illusoires.
 L’influence des coutumes joue sur ce que nous voyons des choses.
Critique
Aristote : « Le scepticisme est invivable. » Selon lui, la thèse des sceptiques est contradictoire car ils
ne doutent pas de la nécessité de douter.
La vérité selon Descartes
 Vérité (Descartes) : développement des idées
innées connues par intuition, par la raison seule
suivant un ordre purement déductif sans faire
appel à l’expérience sensible.
Pour Descartes, la vérité se fonde sur la saisie
intuitive des vérités contenues dans les idées innées.
Toutes les déductions qui vont ensuite être faites en
dépendent entièrement. Autrement dit, selon lui les
démonstrations ont un fondement indubitable. Elles
se fondent sur des vérités évidentes. Tous les
hommes ont la possibilité d’accéder à la vérité
absolue à condition de suivre la bonne méthode.
Cependant cette méthode exige qu’on ne s’appuie
pas sur l’expérience sensible. Les sens sont un
obstacle à la vérité absolue mais Descartes reconnait
qu’ils sont parfois utiles pour agir.
La vérité selon les Empiristes
 Empirisme : philosophie selon
laquelle la vérité dépend entièrement
de l’expérience sensible.
L’expérience sensible est nécessaire et
suffisante pour accéder à des
connaissances vraies. Les empiristes
pensent qu’il est possible de dépasser la
subjectivité des sens car les sensations sont
communes à tous les hommes.
John Locke : « Je ne crois pas que personne
puisse être sérieusement si sceptique que
d’être incertain de l’existence des choses
qu’il voit et sent en ce moment. »
 Jugement : proposition affirmative ou négative.
 Vérité : concordance entre l’esprit et la réalité.
 Esprit : capacité de connaissance de l’homme.
 Réalité : ce qui existe en moi et hors de moi.
 Contingent : ce qui peut être autrement qu’il n’est.
 Démonstration : raisonnement qui établit la vérité d’une conclusion à partir des prémisses dont elle est
la conséquence nécessaire.
La vérité selon Platon
Platon fait l’hypothèse de l’existence du monde des idées. Selon lui, la vérité est la
contemplation par l’âme seule des idées du monde intelligible saisies comme étant les
principes des réalités sensibles.
Monde sensible
 Perçu par le sens
 Constitué de matières : soumis aux
évolutions du temps
 Monde en devenir
Monde intelligible
 Saisit par l’âme
 Immatériel : immuable et éternel
 L’être
Le monde sensible (MS) est en devenir car il n’est qu’une copie du monde éternel, c’est-à-
dire, du monde intelligible (MI). Or une copie amène toujours un écart, un moindre-être. Le
MS a donc une infériorité ontologique selon Platon. Il est capable d’accéder à la
connaissance absolue en contemplant les idées par l’âme (l’âme étant le seul moyen
d’accéder au MI).
L’homme se définit comme l’assemblage d’un corps et d’une âme, ce qui lui permet de
dépasser le MS. Platon illustre cette thèse dans l’allégorie de la caverne. Il veut montrer
qu’une connaissance est plus ou moins vraie selon qu’elle porte sur des réalités plus ou
moins réelles (Film Matrix)
DEGRES DE
REALITE LE
MOINS REEL
Ombre
Objets sensibles
DEGRES DE
REALITE LE
PLUS REEL
Le cercle en
maths
Les idées
DEGRES DE
CONNAISSANCES
LE MOINS VRAI
L’art
DEGRES DE
CONNAISSANCES
LE PLUS REEL
Connaissances
mathématiques
La philosophie
Conclusion
Kant analyse les limites de la raison humaine et son pouvoir. Le pouvoir de la raison organise les
impressions sensibles grâce au travail de l’entendement à travers l’espace et le temps de manière à
produire des vérités de toutes sortes. Cependant, ce travail est possible à condition d’admettre que
nous ne connaitrons jamais ce que sont les choses en elles-mêmes, mais telles qu’elles nous
apparaissent.
Kant : « Les sens ne nous trompent pas, non parce qu’ils jugent toujours justes mais parce qu’ils ne
jugent pas du tout. » Les sens ne font que nous fournir des matériaux neutres. Pour lui, l’homme a
des connaissances certaines mais elles n’ont de valeurs que pour l’homme. Elles correspondent à
une construction de l’esprit de l’homme sur le réel. Il dit : « Nous ne nous connaissons nous-même
que tel que nous nous apparaissons nous-même. »
RAISON ET REEL
VERITE ET
DEMONSTRATION
CONSCIENCE ET
INCONSCIENCE
DESIR, DEVOIR
ET LIBERTE
La liberté selon Calliclès
Calliclès : « Pour être libre et heureux, il faut laisser prendre à ses passions tout l’accroissement
possible au lieu de les réprimer et avoir le courage et l’intelligence de donner satisfaction à ses
désirs. » Pour se justifier, il affirme que les lois et règles morales ont été inventées pour ceux qui
y avaient un intérêt et pour ceux qui n’ont ni le courage ni l’intelligence de satisfaire leurs désirs.
Les règles ne servent qu’aux plus faibles pour se protéger des plus forts. Selon lui, les rapports
des hommes en société doivent prendre pour modèle ce qui se passe pour les animaux.
Pourtant, les animaux ont un instinct et ne sont donc ni libres, ni volontaires. Mais même si
l’homme n’a pas d’instinct, il a des désirs et des passions qui sont en lui. Nature désirante et
passionnée, il ne devrait pas avoir honte de réaliser sa nature.
La liberté selon Freud
 Inconscient : ensemble des éléments refoulés.
Pour Freud, le psychique de l’homme est constitué de pulsions, c’est-à-dire d’une énergie
psychique qui le pousse à chercher une satisfaction du plaisir par tous les moyens. Au départ, le
nourrisson est entièrement constitué de pulsions inconscientes. Freud l’appelle le « ça ». Il va
faire l’expérience de rentrer en conflit avec la réalité si celle-ci ne vient pas satisfaire ses pulsions.
C’est grâce à ce conflit que la conscience se constitue. Sa fonction est de nous faire rendre
compte que le monde extérieur existe mais qu’il n’est pas nous. Plus tard, on subit des
contraintes qui provoquent la mise en place d’un « surmoi », intériorisation des exigences
sociales et morales transmises au cours de l’éducation.
Freud : « Le bonheur, c’est aimer et travailler. » Le bonheur permettrait d’établir un équilibre
satisfaisant, c’est-à-dire, tantôt satisfaire les pulsions malgré le surmoi, tantôt reconnaitre que ce
n’est pas possible.
La liberté selon Kant
Kant maintient la possibilité d’une action libre de l’homme, action faite par pure devoir. Pour
Kant, tant qu’on agit par désir, on est enfermé dans sa subjectivité. Nos désirs nous sont propres,
ils nous individualisent et n’appartiennent qu’à nous. Mon action n’a de valeur que pour moi et
m’isole des autres. L’action qui me rend libre est l’action qui a une valeur universelle, c’est-à-dire
l’action que tout homme pourrait vouloir. Cette action rend l’homme libre car elle le libère de sa
subjectivité. Sa volonté n’est plus soumise à ses désirs. C’est une action libre car elle impose une
exigence morale.
La liberté selon Spinoza
 Déterminisme : hypothèse selon laquelle tous les phénomènes naturels sont reliés les uns
aux autres sans exception par des relations de cause à effet déterminées.
Spinoza montre les limites de la conscience au plan de nos actions. Notre conscience nous
donne une impression de liberté qui est illusoire. Il faut faire la distinction entre les perceptions
et les aperceptions. Sans les perceptions inconscientes, il n’y aurait par d’aperception
consciente.
La notion de libre arbitre n’a aucun sens selon lui. C’est une illusion due aux limites de notre
inconscient. L’homme a l’impression de choisir lui-même alors qu’en réalité, ses choix sont dictés
par l’ignorance profonde.
Néanmoins, l’homme conserve une notion de liberté car doté d’une raison, il comprend qu’il est
soumis au déterminisme. Grâce à sa raison, il peut se libérer de l’illusion de la liberté.
CONSCIENCE ET INCONSCIENCE
DESIR, DEVOIR ET LIBERTE
 Conscience : capacité de se rendre compte que l’on existe et que le monde extérieur existe.
 Sujet : celui qui est l’auteur de ses actes et qui est responsable.
 Conscience morale : capacité de juger ses actes et ceux d’autrui au nom de certaines valeurs de bien et de
mal.
 Liberté : dans l’opinion commune, elle consiste à faire ce que l’on veut, réaliser ses désirs sans en être
empêché.
 Désir : tendance consciente qui nous pousse à rechercher les objets dont on attend une satisfaction.
 Plaisir : satisfaction du désir.
 Devoir : obligation morale que l’on s’impose à nous même au nom de certaines valeurs morales.
 Pulsion : énergie qui pousse à rechercher tout objet dont il obtiendra une forme de satisfaction.
 Refoulement : opération par laquelle le sujet repousse et maintient dans l’inconscient tous les éléments
psychiques qu’il considère dangereux pour son équilibre.
 Lapsus : dire un mot ou une syllabe à la place d’un autre.
 Acte manqué : oubli d’un rendez-vous, d’un nom, etc.
 Sublimation : utilise l’énergie d’une pulsion dans un but différent de son but initial, considéré comme
acceptable.
L’ART
Le beau est paradoxale car il provoque chez l’homme un
plaisir singulier : le plaisir esthétique (subjectif). Ce plaisir
a une prétention universelle mais cette universalité
prétendue ne peut pas être justifiée rationnellement
puisque le beau n’est pas un concept. Le concept se
comprend alors que le beau échappe à la raison.
L’art : reflet des conditions socio-économiques dans lesquelles vit l’artiste
Pour Marx, les artistes reflètent les conditions sociales et économiques dans lesquelles ils vivent.
Dans cette hypothèse, l’art s’inscrit dans une histoire (ex : romans de Balzac ou de Zola).
Critique
Marx critique sa propre hypothèse. Dans La contribution de la critique politique (1859), Marx dit :
« La difficulté n’est pas de comprendre que l’art grec et la poésie grecque soient liés à certaines
formes de développement sociale. Mais la difficulté réside dans le fait qu’ils nous procurent
toujours une jouissance artistique et qu’ils aient encore pour nous la valeur de modèles
indépassables. »
L’art : expression de la vie intérieure de l’artiste
Selon Freud, l’art est l’expression des pulsions inconscientes des artistes. Il fait une comparaison
entre l’artiste et le névrosé : « L’artiste comme le névrosé s’est retiré loin de la réalité
insatisfaisante dans un monde imaginaire, mais à l’inverse du névrosé, il peut reprendre pied
dans la réalité. Ses créations, les œuvres d’art, sont des satisfactions imaginaires de désirs
inconscients. » L’artiste refuse la réalité mais à l’inverse du névrosé qui reste dans un état de
souffrance, l’artiste s’en sert pour faire des œuvres d’arts. C’est un des effets de la sublimation.
Cependant, Freud reconnait les limites de cette hypothèse et s’interroge sur le mystère du beau.
L’art : re-présentation de la réalité
Platon soutient la thèse selon laquelle l’art imiterait la nature et la réalité. Pour lui, l’artiste prend
modèle sur la réalité (ce qui explique l’infériorité de l’art par rapport à la réalité). L’art, selon lui,
est la connaissance la moins vraie car ce n’est qu’une copie d’une copie du monde intelligible. La
technique a plus de valeur que l’art. L’œuvre d’art, entant qu’imitation trompeuse du réel
sensible, est dangereuse parce qu’elle nous détourne de la réalité véritable, elle nous fait aimer
l’illusion. L’artiste est l’anti philosophe.
Critique
Hegel, dans l’Esthétique, critique Platon. Si vraiment l’art n’était qu’une reprise inférieure du réel,
il ne pourrait pas nous procurer de plaisir. Le beau artistique a une dimension différente de la
beauté de la nature mais ne lui est pas inférieur.
De plus, l’art figuratif et l’art abstrait ne sont pas des imitations de la réalité (Van Gogh, Les
champs de blés, Braque, L’Estaque, Picasso, La bouteille du vieux Marc, Malevitch, Croix Noire,
etc.). Il est donc impossible d’admettre que l’œuvre d’art se limiterait à une reprise puisque
quand l’art se sert de la réalité, il la transforme et parfois ne fait même pas appel à la réalité.
L’art : reflet des conditions socio-économiques dans lesquelles vit l’artiste
Pour Marx, les artistes reflètent les conditions sociales et économiques dans lesquelles ils vivent.
Dans cette hypothèse, l’art s’inscrit dans une histoire (ex : romans de Balzac ou de Zola).
Critique
Marx critique sa propre hypothèse. Dans La contribution de la critique politique (1859), Mark
dit : « La difficulté n’est pas de comprendre que l’art grec et la poésie grecque soient liés à
certaines formes de développement sociale. Mais la difficulté réside dans le fait qu’ils nous
procurent toujours une jouissance artistique et qu’ils aient encore pour nous la valeur de
modèles indépassables. »
L’art : valeur trans-historique
André Malraux explique que l’art a
trois temps : création,
contemplation et intemporalité.
L’ART
 Art : capacité de l’homme à produire des objets en se servant de la nature. Kant : « L’art, c’est ce que
l’homme ajoute à la nature. »
 Beau : norme du jugement esthétique. Kant : « Le beau plait universellement sans concept. »
 Beaux-arts : toutes les activités ayant pour but la création du beau dans des œuvres d’art.
Exemple : Pommes et oranges de Paul Cézanne. Ce sont ces pommes
qui manifestent son esprit, sa raison, ses émotions et sa vie intérieure.
Il explique en trois étapes la transformation en profondeur que l’artiste
opère sur le réel. Avant le travail de l’artiste, les objets sont purement
matériels et extérieurs à l’homme. Mais avec le travail de l’artiste,
l’objet devient spirituel. Après le travail de l’artiste, ces objets
deviennent intérieurs et intelligibles.
Tous ces exemples confirment que l’art modifie le regard sur la réalité. La vision que
nous avons des choses est partielle. L’art aurait pour but de nous faire accéder à une
réalité authentique.
L’art figuratif nous induit en erreur dans le sens où il pourrait nous faire croire que
l’artiste se contente de représenter la réalité, alors que dans l’art abstrait, on se
demande ce que c’est. Finalement, l’art abstrait et l’art figuratif ont la même
fonction : rendre visible ce qui est invisible. En vérité, on peut dire qu’aucun art n’est
figuratif dans le sens où aucun art n’a pour fonction de reproduire la réalité telle
qu’elle est. Sa fonction est transfigurative : aller au-delà des apparences.
L’art : révélateur du réel
Kant : « L’art n’est pas la représentation d’une belle chose mais la belle représentation d’une chose » (La
critique du jugement). Il rejette l’hypothèse platonicienne selon laquelle l’art serait une représentation d’une
chose en moins bien.
Hegel affirme que les objets ordinaires que peignent les peintres nous laisse soit indifférents soit nous leur
portons un intérêt quand on en a besoin. Ces objets deviennent intéressants dès lors qu’ils sont transformés
et qu’ils deviennent une manifestation de l’esprit de l’artiste.
L’œuvre d’art reste de la matière mais est habitée par la présence de l’esprit de l’artiste. C’est une matière
qui a du sens. L’œuvre est un médium entre l’artiste et le spectateur. Benedetto Croce : « Dans le moment de
la contemplation, notre esprit ne fait qu’un avec celui de l’artiste. Dans cette identité réside la possibilité que
nos petites âmes résonnent avec les grandes et s’agrandissent avec elles dans l’universalité de l’esprit. »
Paul Klee : « L’art ne montre pas le visible, il rend visible l’invisible. »
Alberto Giacometti : « La réalité n’est pas pour moi le moyen de faire de belles œuvres, mais l’art est le
moyen de voir un peu mieux la réalité. » L’art opérerait un renversement dans notre rapport au réel.
Habituellement, nous nous contentons du visible, de la réalité telle qu’elle nous apparait, alors que l’artiste
nous fait apparaitre ce que l’on ne veut pas voir. L’art serait une sorte de révélateur :
 L’impressionnisme (Monet, Cézanne, etc.)
 La sculpture de Brancusi
 La réalité que l’artiste veut nous dévoiler n’est pas seulement la réalité naturelle mais la réalité
humaine (traumatisme d’Otto Dix suite à la 1ère guerre mondiale)
 L’hyper-réalisme (Hopper)
L’ART
DESIR,
BONHEUR ET
TEMPS
Le bonheur toujours raté
Pascal soutient la thèse de l’impossibilité du bonheur. Pour se justifier, il analyse notre rapport au temps dans ses
trois dimensions. Ce rapport rend impossible l’accession au bonheur car notre présent est toujours tourné vers le
passé et le futur. L’homme passe son temps à regretter ou à espérer mais ne vit jamais le moment présent.
L’espérance et le regret ont un point commun : désirer ce qui est absent. Le présent nous fait souffrir car il ne nous
apporte pas ce que nous désirons. Même lorsque l’on a une satisfaction, elle ne dure jamais.
Platon confirme cette hypothèse dans Le Banquet. Par essence, désirer c’est manquer. Pour appuyer sa thèse, il
s’appuie sur le mythe de l’androgyne. Ce mythe explique le désir amoureux. Un corps réunissant les deux sexes est
coupé en deux. Après l’opération, chaque individu va rechercher sa moitié.
Socrate : « Celui qui désire une chose, désire une chose qui lui manque et ne désire pas ce qui ne lui manque pas. »
Schopenhauer affirme également, que même au moment où le bonheur est satisfait, ce n’est plus vraiment du
bonheur car « la vie oscille comme une pendule entre la souffrance et l’ennui. » Je ne désire plus car l’objet n’est
plus désirable.
Le bonheur semble impossible à atteindre car il serait imaginaire et illusoire. Mais c’est cette illusion qui nous
donnerait envie d’espérer et donc de vivre.
Pistes pour atteindre le bonheur
Pascal affirme que si l’on s’en tenait au présent, on serait heureux. Si le présent était notre fin, notre but, alors nous
pourrions accéder au bonheur. Par exemple, on éprouve du plaisir dans l’acte d’écouter une musique, de regarder
une peinture ou même de découvrir un paysage sans pour autant éprouver un manque.
Montaigne : « Plante des choux pour planter des choux, et non pour avoir des choux. » Il faut essayer de réaliser
parfaitement l’acte qu’on est en train de faire au moment où on le fait, sans remettre au lendemain ce que l’on
peut faire le jour même.
Epictète, dans Le Manuel, commence par distinguer ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. Il faut
réaliser parfaitement ce qui dépend de nous et accepter et aimer ce qui ne dépend pas de nous. L’objectif est de
parvenir à l’ataraxie. Le désir ne porte ni sur le passé, ni sur le futur.
Marc Aurèle : « Vis chaque jour comme si c’était le dernier » (Les pensées pour moi-même).
Sénèque : « Là où il y a le souverain bien, il n’y a ni accès ni à l’espoir, ni à la crainte » (Vita Beata).
DESIR, BONHEUR
ET TEMPS
 Bonheur : dans l’opinion commune, on considère le bonheur comme la satisfaction de
tous les désirs, état de contemplation parfait, de béatitude.
HITOIRE ET
TEMPS
Conception circulaire du temps
La théorie du temps cyclique est une conception selon laquelle l'écoulement du temps n’obéirait qu’à des cycles immuables
amenant un retour périodique de l'humanité face aux mêmes situations, cycles dont la durée varie selon les traditions.
Hésiode, dans Les travaux et les Jours, soutient que l’humanité connait une succession de 4 âges : l’âge d’or, d’argent, de
bronze et de fer (âge de décadence). Au terme de l’âge de fer, Zeus recréera le monde. Vision pessimiste du temps.
Platon, dans Le politique, emploie l’image d’une boule formant l’univers suspendu à un fil. La boule tourne tantôt du bon
côté, tantôt du mauvais sens. Dans cette conception, le temps n’apporte rien de nouveau car les mêmes événements se
répètent éternellement. Au cours du temps s’opère une décadence.
Pour que le temps soit synonyme de progrès, il faut que le temps soit interprété d’une manière linéaire.
Conception linéaire du temps
 Providence : pouvoir de dieu de voir d’avance ce qu’il va se passer.
La conception linéaire du temps se caractérise par l'image de la flèche du temps, c'est-à-dire, un temps orienté, cumulatif,
non réversible, dans lequel le changement est réputé se produire sous la forme d'un progrès linéaire (à l’inverse de la
conception cyclique du temps qui se base sur la répétition de mêmes événements). Vision optimiste du temps.
Bossuet a le projet de décrire une histoire universelle. Chaque société semble avoir une histoire qui lui est propre, mais il veut
montrer que malgré les apparences de singularité, on peut unifier toutes ces histoires particulières dans une vision unique. Il
affirme que le principe unique permettant de comprendre le passé se fait grâce à la volonté de dieu et de son action parmi
les hommes, la divine providence. Celle-ci a organisé l’histoire des sociétés humaines dans un seul but : la fin de l’histoire et
le retour de dieu sur terre. Cette hypothèse unifie la totalité de l’histoire du passé mais cette explication se fonde sur la
croyance de la vision chrétienne et théologique. Elle pose aussi le problème de la liberté. Dans cette conception, l’homme ne
serait qu’un « jouet » de la grande providence.
Kant fait une distinction entre l’histoire empirique et l’histoire universelle. Le point de départ de son analyse est le fait que la
nature de l’homme n’est pas la même que l’animal qui lui n’a pas d’histoire. L’homme est en perpétuel devenir, son espèce
progresse. Par nature, l’homme a des désirs et des passions qui le poussent à rechercher la domination chez les autres. Il
comprend qu’il faut s’associer pour être le plus fort : « insociable sociabilité ». Les sociétés comprennent aussi qu’elles
doivent s’associer. Elles progressent également au niveau de leur constitution politique, si bien qu’à la fin de l’histoire, on
arrivera à un état d’équilibre entre les peuples qui renonceront à la guerre. On sera dans un état de paix perpétuel.
Conception matérialiste de l’histoire
 Matérialisme historique : seule connaissance scientifique de l’histoire car
elle repose sur le principe que c’est la structure économique de la société
qui est à la base de l’histoire.
 Mode de production : relations qu’entretiennent les forces productives et
les rapports sociaux de production.
 Force productive : ensemble de moyens de production ainsi que la force
physique et intellectuelle de l’homme.
 Rapports sociaux de production : rapports entretenus par les hommes
dans la société à l’occasion de la production.
Pour Marx, l’histoire de l’homme repose sur la succession des différents modes
de production jusqu’à la libération finale de la production économique de
l’homme dans une société communiste. Il distingue trois étapes :
 Début : aliénation de l’homme à cause de la division du travail
 Développement : succession des différents modes de production
 Fin : action révolutionnaire pour arriver à une société communiste.
Problème de la scientificité de l’histoire
 Epistémologie : étude d’une science du point de vue de ses méthodes et
de son histoire.
L’historien n’a accès qu’à une partie du passé alors qu’il est censé le
reconstituer. L’histoire serait lacunaire et relative car l’historien pourra toujours
trouver des documents pouvant remettre en question toutes ses hypothèses. A
la différence des sciences expérimentales, l’histoire ne peut pas aboutir à une
vérité objective et universelle. Elle se définit comme une interprétation possible
du passé dans le cadre de ce qui en subsiste.
MORALITE &
POLITIQUE
La justice pré-existerait à l’état et fonderait son pouvoir
Platon : « Le supérieur doit commander à l’inférieur. » La justice se définit comme un
ordre harmonieux et hiérarchique. Cette idée se fonde sur le monde intelligible,
ensemble d’idées bien hiérarchisées. Au sommet du Monde Intelligible (MI), il y a l’idée
du bien et de l’un (idée directrice et organisatrice). La justice dans le Monde Sensible
(MS) va imiter l’ordre harmonieux du MI. Au plan moral, un homme juste est un homme
dans lequel le supérieur commande à l’inférieur. Autrement dit, dans l’homme, l’âme
doit commander aux corps, aux désirs et aux passions qui nous attachent au MS.
Au plan politique, une société juste est hiérarchisée. Le supérieur commande à l’inférieur
de sorte à produire une harmonie. Société divisée en classes subordonnées les unes aux
autres :
 Classe inférieure regroupe les artisans, commerçants et agriculteurs (intérêts liés au
MS).
 Classe médium se compose des gardiens, soldats et militaires. Cette classe assure la
protection de la cité et va permettre de sélectionner les meilleurs gardiens pour en
tirer la classe dominante. La classe des gardiens a une organisation particulière. Il
faut mettre en place la communauté des biens, femmes et enfants (absence de
propriété privée). De la même manière, la communauté n’est pas organisée avec la
famille. Pour assurer la survie du groupe, il faut organiser des fêtes pour se
reproduire.
 Classe dominante regroupe les philosophes rois. La seule société juste pour Platon
est organisée sous forme d’un état dans lequel les gouvernements sont des
philosophes car seul le savoir légitime l’exercice du pouvoir. Les lois ne sont
néanmoins pas parfaites car elles sont générales, or chaque action humaine est
unique et singulière. On parle d’un état anomique.
Le droit et la justice ne seraient fondés que sur la force
Calliclès, dans Gorgias, fait une critique du droit positif. Les lois ne sont qu’une
invention des faibles, majoritaires, pour effrayer les plus forts. Pour se justifier, il
fait appel à la nature et dit : « Ce sont des conventions contraires à la nature car
la nature nous prouve qu’en bonne justice, celui qui vaut le plus, doit l’emporter
sur celui qui vaut le moins, partout chez les animaux et les hommes. » La
marque de la justice est donc la loi du plus fort.
Droit positif :
 Droit : simple convention sans valeur grâce auxquels les faibles peuvent se
confronter au plus forts
 Droit contraire à la nature
 La loi est un droit injuste (ne doit donc pas être respectée)
Droit selon la nature :
 Droit du plus fort : droit par lequel le plus fort écrase le plus faible.
 Droit conforme à la nature
Le droit selon la nature doit servir de règle dans les relations entre les hommes.
Critique
Rousseau, dans Le contrat social, critique la notion de droit du plus fort. Il dit :
« Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre, s’il ne
transforme pas sa force en droit et l’obéissance en devoir. » Il affirme que les
termes employés par Calliclès sont contradictoires. La force n’est qu’un fait,
donc en aucun cas ce fait ne peut être considéré comme un droit. Le droit (ce
qui doit être) et le fait (ce qui est) sont deux notions contradictoires.
 Morale : analyse philosophique des principes et des fins de l’action humaine individuellement considérée.
 Politique : analyse philosophique des principes et des fins des actions humaines en société.
 Société : tout l’ensemble d’individu unis par des relations déterminées et des services mutuels.
 Etat : l’institutionnalisation et la concentration du pouvoir politique grâce à un certain nombre de structure.
 Droit : 1° chacun considère avoir des droits qu’il revendique. Chacun considère qu’il a le pouvoir moral de faire certaine choses et d’exiger certaines choses de la part des autres hommes. 2° le droit se définit par des lois. La loi
est censée déterminer ce qui est obligatoire, interdit et autorisée : droit positif établit par le législateur.
 Droit positif : ensemble des lois établies par le législateur dans un pays donné et dans une époque donnée. On constate que le droit positif est changeant et contingent. De plus, les lois ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre
donc ce qui est légal dans un, peut être illégal dans l’autre.
L’état serait par nature injuste
Marx et Engels, dans Le manifeste du parti communiste,
pensent qu’il faut construire une société sans état pour que la
justice soit juste. L’état n’est pas légitime car il est apparu au
cours de l’histoire et, est contingent (aurait pu ne pas exister).
Pour justifier leur thèse, ils retracent l’histoire économique
pour mettre en évidence les conditions d’apparition d’un état.
Selon eux, l’état se définit comme une institution créée par la
classe dominante pour garantir sa position face aux classes
dominées. Une fois que l’état apparait, il faut mettre au point
des lois : droit positif qui est par essence injuste car sa fonction
est purement idéologique, assurer la position de la classe
dominante. Marx fait une distinction au sein de la société
capitaliste entre la classe dominante, les bourgeois, et la classe
dominée, les prolétaires pour mettre en évidence les inégalités.
Marx et Engels souhaitent que l’état disparaisse pour qu’il n’y
ait plus de classe ni d’inégalité. Selon eux, la société
communiste est la plus juste dans la mesure où il n’y a plus
d’exploitation de l’homme par l’homme.
L’état serait le seul fondement du droit et de la justice
Hobbes, dans Le Léviathan, soutient la thèse selon laquelle le pouvoir
politique serait le seul fondement du droit et de la justice. Il se demande
pourquoi les hommes ne se révoltent pas face au pouvoir écrasant de l’état.
Pour résoudre ce problème, il fait l’hypothèse d’un état de nature de
l’homme. Pour lui, la nature de l’homme se définit comme un désir d’exercer
sa puissance sans limite, sans contraintes extérieures. Chacun voudra
exercer sa liberté sans limite. Tous ces désirs entreront en conflit, ce qui
aboutira à un état de guerre de tous contre tous. Les hommes comprennent
que l’état de nature est invivable et fondent un contrat.
Selon Hobbes, le contrat qui fonde l’état est le même qui fonde celui de
l’existence de la société. Il n’y a donc pas de société sans état. Il s’oppose aux
philosophes qui soutiennent la thèse selon laquelle l’homme serait par
nature un animal social car il peut réaliser sa nature que dans ses rapports
avec les autres. Dans l’état de nature, il n’y a aucune notion de droit, de
justice, d’injustice puisque les hommes n’ont que des rapports de force.
Critique
Rousseau, dans Le contrat social, critique Hobbes en montrant que le
contrat qu’il a imaginé est impossible à réaliser. Hobbes suggère que les
hommes doivent renoncer entièrement à leur liberté et la confier au
souverain. Rousseau affirme qu’on ne peut pas renoncer à sa liberté car elle
est inaliénable.
L’état n’aurait pas à être juste
Machiavel, dans Le prince (1513), considère que la morale et la politique
constituent deux domaines hétérogènes. Il énumère les différentes manières
d’accéder au pouvoir : par sa propre « virtù » (qualité personnelle de
l’individu), par la faveur de ses concitoyens ou par la « scélératesse ».
L’état est une réalité de fait qui a été produite au cours de l’histoire. Il n’a
donc pas à être juste. Les lois n’ont qu’une fonction : être au service du
pouvoir.
Solution : la théorie du droit naturel
La notion de droit naturel est apparue au XVIIIe siècle avec la philosophie des Lumières. Cette expression désigne un
droit absolu fondé sur la nature de l’homme : sa « raisonnabilité ». Cette notion a été construite pour répondre à
l’absolutisme de Hobbes sans pour autant tomber dans l’idéalisme platonicien. Cette capacité de liberté, inhérente à
l’être humain à cause de sa raison, confère à l’homme une dignité spéciale que les animaux n’ont pas. Le respect
mutuel des hommes fondé sur la raison est le fondement du droit naturel. C’est un droit inaliénable que possède
chacun d’être respecté dans sa personne en tant qu’être raisonnable et capable de liberté.
Kant : « Considère toujours autrui non pas comme un moyen, mais comme un fin. » Le droit naturel nous pose
comme exigence qu’il faut considérer autrui comme une fin, c’est-à-dire, respecter en lui sa capacité à poser lui-
même ses buts, sa liberté fondée sur sa raison. Selon lui, le droit naturel permet de déterminer les droits subjectifs.
LE VIVANT
Conception vitaliste du vivant
Le vitalisme considère que le vivant n'est pas réductible aux lois physico-chimiques. Elle envisage la vie
comme de la matière animée d'un principe ou force vitale, qui s'ajouterait pour les êtres vivants aux lois de
la matière. Selon cette conception, c'est cette force qui insufflerait la vie à la matière.
Aristote et Bergson partent du principe que les êtres vivants seraient parcourus d’une force vitale qui les
animeraient. Cette puissance aurait une intention qui ferait que les êtres vivants auraient une harmonie.
Critique
Spinoza dénonce cette conception en disant qu’elle est imaginaire car anthropomorphiste. On interprète la
nature sur le modèle de l’homme.
Conception mécanique du vivant
Du point de vue anatomique et physiologique, l’organisme est comparable à une machine, Comme elle, il
met en jeu des organes de nature et de structure apparemment comparables.
Lucrèce soutient la thèse selon laquelle le fonctionnement de l’organisme n’est qu’un effet mécanique d’un
assemblage d’organe. Il développe la théorie d’Epicure : il explique la construction de l’univers avec le vivant
et le non-vivant avec les atomes qui se seraient regroupés par hasard à cause d’une pluie d’atome. Le vivant
n’est donc que de la matière.
Descartes : « L’univers est une machine où il n’y a rien du tout à considérer que les figures et les mouvements
de ses parties » (Les Principes de la Philosophies). Il reprend l’idée du vivant comme simple assemblage
d’éléments matériels mais élimine l’idée du hasard. Il prend appuie sur des automates et arrive à affirmer
que les corps humains seraient en réalité des automates compliqués (thèse des animaux machines) : « Il est
certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique […] lorsqu’une montre marque les
heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel qu’il est à un arbre de
produire des fruits ».
Critique
Kant reprend la comparaison entre la montre et l’arbre de Descartes. Il souligne qu’il y a de grandes
différences. La montre ne produit pas elle-même la partie qui la compose tandis que le vivant s’auto-
construit. Une montre ne se répare pas elle-même alors que chez le vivant, il y a un phénomène de
cicatrisation. Enfin, la montre ne peut pas se reproduire à l’inverse du vivant.
Dépassement de l’opposition mécanique-vitalisme
Selon Claude Bernard, pour comprendre le fonctionnement du vivant, il faut faire
appel à des analyses de mécaniste (chimie, descriptions anatomiques, physiologie).
Toutes ces analyses contypefirment l’hypothèse mécaniste du vivant mais ne
suffisent pas. On ne peut pas décrire le fonctionnement d’un organe à partir de sa
structure, on peut décrire un organe mais on ne peut pas savoir à quoi il sert. La
fonction mécanique n’est donc pas un simple effet mécanique de sa structure. Il parle
de finalité harmonique.
 Vivant : organisme autonome capable de survivre par lui-même dans une relation avec le
milieu qui l’entoure.

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Révision bac philosophie

  • 2. Instinct / raison Lorsqu’il y a transmission de comportements acquis et nouveaux chez les animaux, cette transmission s’ajoute à un fond de comportements instinctifs qui préexistent à cette transmission de comportements nouveaux. La culture pour l’animal s’ajoute à une base instinctive naturelle, la culture s’ajoute à la nature. Chez l’homme, la culture se transmet avec une part d’innovation et de changement. Chaque génération apporte des modifications et rejette une partie de ce qu’on lui a transmis. L’homme n’a pas d’instinct, ses comportements sont acquis par l’intermédiaire des autres hommes. Sans acquis culturel, l’homme ne peut pas se réaliser (ex : les enfants sauvages), à l’inverse de l’animal qui peut devenir un animal sans culture. Mais, l’homme a une raison. Kant : « L’homme est le plus démuni des animaux. » Dans cette comparaison, Kant soutient la thèse selon laquelle l’homme serait inférieur à l’animal car il n’aurait pas d’instinct qui garantirait sa survie, c’est-à-dire, satisferait ses besoins biologiques. L’instinct : l’animal est du côté de la nature A la naissance, l’instinct est déterminé génétiquement. Conséquences :  Rend l’animal plus fort (prédétermination au milieu)  Prive l’animal de liberté. L’instinct est déterminé, l’animal ne peut pas le modifier.  Permet à l’animal d’être parfaitement adapté à son milieu. Il se réalise pleinement dans sa nature. La raison : l’homme est du côté de la culture A la naissance, la raison est pure potentialité. Conséquences :  Rend l’homme faible et dépendant (la raison peut échouer)  Permet à l’homme de comprendre ce qu’il fait : choix et liberté d’actions.  Permet à l’homme de progresser. Le développement de la raison n’a jamais de fin. Rapport Homme – Nature  Technique : ensemble des procédés inventés par l’homme dans un but de survie et pour améliorer les conditions de vie en se servant de la nature.  Sciences : connaissance de la nature qui a été progressivement découverte par l’homme dans l’histoire. Rapport Homme-Homme L’homme n’ayant pas d’instinct, il doit inventer lui-même les règles de sa conduite. Il doit formuler lui-même des lois. Les lois sont des règles impératives, établies par le législateur, dans le but d’autoriser, d’interdire ou d’exiger certaines conduites afin d’assurer la cohésion du groupe. Rapport Homme et lui-même  Religion : croyance en l’existence d’un ou plusieurs dieux, avec lesquels l’homme espère entrer en relation par des prières ou des rituels variant les cultures.  Maïeutique : art de faire accoucher les esprits selon Socrate.  Doute : attitude du sujet pensant qui considère tout jugement sur tout objet de connaissance comme douteux afin de tendre vers la plus grande certitude possible, la certitude première étant celle du sujet pensant lui-même. Descartes affirme que la confiance n’est pas un critère de vérité. Il met en doute ce qu’il a appris par sa propre existence mettant en pratique ses cinq sens qui selon lui sont douteux (illusions d’optique, rêve, etc.). Les informations des sens ne sont pas objectives, elles ne nous disent pas ce que sont les choses en elles-mêmes.  Instinct : ensemble de comportements innées, immuables, spécifiques, automatiques et ayant un but de survie.  Raison : capacité propre à l’homme d’apprendre en comprenant ce qu’il apprend à travers le langage. CULTURE & RAISON
  • 4. Le langage pensé Hegel : « C’est dans les mots que nous pensons. Vouloir penser sans les mots est une entreprise insensée. » Platon : « La pensée, c’est le dialogue silencieux de l’âme avec elle-même. » La pensée ne précède pas le langage, elle en est inséparable. La pensée se constitue à travers les mots du langage. L’homme s’appuie sur un langage pensé alors que le singe ne pense pas. Lorsque l’on a peu de vocabulaire, il est évident qu’on ne peut pas penser. Les avantages du langage symbolique  Permet une grande liberté par rapport au vécu de l’homme. Il n’a pas besoin de vivre les choses pour pouvoir en parler.  Donne une maitrise de la réalité grâce aux concepts.  Permet de parler de ce qui n’a aucune réalité concrète (ex : science- fiction).  Donne une maitrise de l’espace et du temps. Les mots disent-ils les choses ? Cratyle : « Je soutiens que les mots sont la peinture des choses. » Les mots ne feraient qu’imiter la réalité qu’ils désignent. Il y aurait un rapport naturel entre les mots et les choses. Hermogène soutient la thèse d’un rapport conventionnel entre les mots et les choses. Le langage est le résultat d’une convention entre les hommes qui auraient décidé arbitrairement d’associer tels mots à telles choses. Les différences entre les langues ne sont pas seulement des différences de signifiants. Chaque langue, à travers les mots qu’elle emploie, organise la réalité d’une manière particulière et interprète le réel à sa manière. Les mots ne sont donc pas des copies de choses. Grâce aux distinctions et aux regroupements opérés par les mots, la réalité s’organise par l’homme, ce qui lui permet de maitriser intellectuellement le monde qui l’entoure. Parler, ce n’est pas dire ce que sont les choses, c’est dire la manière dont la raison humaine interprète les choses. La langue que nous parlons nous préexiste, elle va ainsi conditionner notre rapport à la réalité. La langue nous contraint à avoir une certaine vision des choses car elle nous oblige à voir les choses à travers des distinctions qu’elle opère. Elle a une fonction de grille préétablie qui a pour conséquence de nous enfermer dans des catégories. Elle donne toutefois du sens. Le langage organise les sensations et assure une maitrise de la réalité. A l’inverse, l’animal n’ayant pas de langage symbolique est prisonnier des sensations qui le submerge. Les limites des mots ne sont que les limites de la raison. Ce que la raison ne peut pas penser, les mots ne peuvent pas les dire. Ce n’est pas le langage qui est limité, c’est la raison car elle ne peut pas ne pas penser par idée générale. Le langage humain n’a pas de limite  Chez l’homme, les mots expriment la manière dont la raison organise la réalité en faisant des regroupements appelés symboles.  Chez l’homme, le sens des mots s’apprend par un travail de la raison. Apprendre à parler, c’est apprendre à construire et à comprendre des concepts en leur associant des sens.  Pour l’homme, les signes sont polysémiques. Par conséquent, on ne cesse d’interpréter sa propre langue. Le langage animal est limité  Chez l’animal, les signes expriment directement la réalité. ils sont un substitut de ce qu’est la réalité vécue par l’animal. Le signe utilisé est comme une étiquette renvoyant directement au vécut de l’animal.  Pour l’animal, il n’y a que deux manières d’accéder au sens du signe qu’il emploie : sens inné (ex : pour communiquer, les abeilles dansent) et sens appris par répétition.  Pour l’animal, les signes sont univoques. LANGAGE  Signe : association d’un élément sensible avec des significations.  Concept : idée générale et abstraite qui est le résultat de l’opération par laquelle la raison isole, à partir des réalités données dans l’expérience, un ensemble de caractères communs qu’elle désigne par un même mot.  Idée : notion construite par la raison sans faire appel à des réalités données dans l’expérience.  Raison : faculté à constuire et à comprendre le sens des symboles que sont les mots.  Référent : ensemble de réalités à laquelle la raison se réfère pour construire un concept.  Ineffable : ce qui ne peut pas être dit par les hommes.  Système : ensemble d’éléments qui sont unis par des relations déterminées et dans un but commun.
  • 5. RAISON ET REEL VERITE ET DEMONSTRATION
  • 6. La vérité selon les Sophistes  Relativisme : hypothèse selon laquelle la vérité est relative à celui qui l’énonce. Protagoras : « L’homme est la mesure de toute chose » (Le Théétète). Chacun ayant la capacité de juger ce que sont les choses, chacun va donc avoir une conception particulière de ce que sont les choses. Chacun va juger les choses de manière unique et en fonction de son expérience personnelle. Il n’y a pas d’opinion qui serait plus vraie qu’une autre. Cette conception s’appelle le relativisme. Les sophistes rejettent toutes notions de vérité universelle car, selon eux, il n’y a pas de critère qui distingue le vrai du faux. Il ne reste que des vérités particulières et subjectives. Pour les sophistes, la vérité est le discours bien construit. Critique Aristote : « Le sophiste s’est revêtu du manteau de philosophe. » Selon lui, le but des sophistes est purement politique, le langage est au service de ceux qui veulent le pouvoir (forme de démagogie). Socrate met en évidence une erreur de logique. Les sophistes soutiennent que toutes les opinions se valent. Or, soutenir cette thèse prouve bien que cette affirmation est plus vraie que les autres. La vérité selon les Sceptiques  Scepticisme : philosophie pour laquelle la raison humaine est incapable par nature d’atteindre la moindre certitude sur la réalité au plan théorique comme au plan pratique. Selon les sceptiques, l’homme ne peut pas atteindre la moindre certitude car :  Les perceptions sensibles sont subjectives.  Les sens donnent des informations contradictoires. Ex : un plat peut sembler bon à la vue mais mauvais au goût.  Les informations sensibles varient chez une même personne selon son âge.  Les sens sont trompeurs. Ex : illusion d’optique.  Les rêves sont illusoires.  L’influence des coutumes joue sur ce que nous voyons des choses. Critique Aristote : « Le scepticisme est invivable. » Selon lui, la thèse des sceptiques est contradictoire car ils ne doutent pas de la nécessité de douter. La vérité selon Descartes  Vérité (Descartes) : développement des idées innées connues par intuition, par la raison seule suivant un ordre purement déductif sans faire appel à l’expérience sensible. Pour Descartes, la vérité se fonde sur la saisie intuitive des vérités contenues dans les idées innées. Toutes les déductions qui vont ensuite être faites en dépendent entièrement. Autrement dit, selon lui les démonstrations ont un fondement indubitable. Elles se fondent sur des vérités évidentes. Tous les hommes ont la possibilité d’accéder à la vérité absolue à condition de suivre la bonne méthode. Cependant cette méthode exige qu’on ne s’appuie pas sur l’expérience sensible. Les sens sont un obstacle à la vérité absolue mais Descartes reconnait qu’ils sont parfois utiles pour agir. La vérité selon les Empiristes  Empirisme : philosophie selon laquelle la vérité dépend entièrement de l’expérience sensible. L’expérience sensible est nécessaire et suffisante pour accéder à des connaissances vraies. Les empiristes pensent qu’il est possible de dépasser la subjectivité des sens car les sensations sont communes à tous les hommes. John Locke : « Je ne crois pas que personne puisse être sérieusement si sceptique que d’être incertain de l’existence des choses qu’il voit et sent en ce moment. »  Jugement : proposition affirmative ou négative.  Vérité : concordance entre l’esprit et la réalité.  Esprit : capacité de connaissance de l’homme.  Réalité : ce qui existe en moi et hors de moi.  Contingent : ce qui peut être autrement qu’il n’est.  Démonstration : raisonnement qui établit la vérité d’une conclusion à partir des prémisses dont elle est la conséquence nécessaire.
  • 7. La vérité selon Platon Platon fait l’hypothèse de l’existence du monde des idées. Selon lui, la vérité est la contemplation par l’âme seule des idées du monde intelligible saisies comme étant les principes des réalités sensibles. Monde sensible  Perçu par le sens  Constitué de matières : soumis aux évolutions du temps  Monde en devenir Monde intelligible  Saisit par l’âme  Immatériel : immuable et éternel  L’être Le monde sensible (MS) est en devenir car il n’est qu’une copie du monde éternel, c’est-à- dire, du monde intelligible (MI). Or une copie amène toujours un écart, un moindre-être. Le MS a donc une infériorité ontologique selon Platon. Il est capable d’accéder à la connaissance absolue en contemplant les idées par l’âme (l’âme étant le seul moyen d’accéder au MI). L’homme se définit comme l’assemblage d’un corps et d’une âme, ce qui lui permet de dépasser le MS. Platon illustre cette thèse dans l’allégorie de la caverne. Il veut montrer qu’une connaissance est plus ou moins vraie selon qu’elle porte sur des réalités plus ou moins réelles (Film Matrix) DEGRES DE REALITE LE MOINS REEL Ombre Objets sensibles DEGRES DE REALITE LE PLUS REEL Le cercle en maths Les idées DEGRES DE CONNAISSANCES LE MOINS VRAI L’art DEGRES DE CONNAISSANCES LE PLUS REEL Connaissances mathématiques La philosophie Conclusion Kant analyse les limites de la raison humaine et son pouvoir. Le pouvoir de la raison organise les impressions sensibles grâce au travail de l’entendement à travers l’espace et le temps de manière à produire des vérités de toutes sortes. Cependant, ce travail est possible à condition d’admettre que nous ne connaitrons jamais ce que sont les choses en elles-mêmes, mais telles qu’elles nous apparaissent. Kant : « Les sens ne nous trompent pas, non parce qu’ils jugent toujours justes mais parce qu’ils ne jugent pas du tout. » Les sens ne font que nous fournir des matériaux neutres. Pour lui, l’homme a des connaissances certaines mais elles n’ont de valeurs que pour l’homme. Elles correspondent à une construction de l’esprit de l’homme sur le réel. Il dit : « Nous ne nous connaissons nous-même que tel que nous nous apparaissons nous-même. » RAISON ET REEL VERITE ET DEMONSTRATION
  • 9. La liberté selon Calliclès Calliclès : « Pour être libre et heureux, il faut laisser prendre à ses passions tout l’accroissement possible au lieu de les réprimer et avoir le courage et l’intelligence de donner satisfaction à ses désirs. » Pour se justifier, il affirme que les lois et règles morales ont été inventées pour ceux qui y avaient un intérêt et pour ceux qui n’ont ni le courage ni l’intelligence de satisfaire leurs désirs. Les règles ne servent qu’aux plus faibles pour se protéger des plus forts. Selon lui, les rapports des hommes en société doivent prendre pour modèle ce qui se passe pour les animaux. Pourtant, les animaux ont un instinct et ne sont donc ni libres, ni volontaires. Mais même si l’homme n’a pas d’instinct, il a des désirs et des passions qui sont en lui. Nature désirante et passionnée, il ne devrait pas avoir honte de réaliser sa nature. La liberté selon Freud  Inconscient : ensemble des éléments refoulés. Pour Freud, le psychique de l’homme est constitué de pulsions, c’est-à-dire d’une énergie psychique qui le pousse à chercher une satisfaction du plaisir par tous les moyens. Au départ, le nourrisson est entièrement constitué de pulsions inconscientes. Freud l’appelle le « ça ». Il va faire l’expérience de rentrer en conflit avec la réalité si celle-ci ne vient pas satisfaire ses pulsions. C’est grâce à ce conflit que la conscience se constitue. Sa fonction est de nous faire rendre compte que le monde extérieur existe mais qu’il n’est pas nous. Plus tard, on subit des contraintes qui provoquent la mise en place d’un « surmoi », intériorisation des exigences sociales et morales transmises au cours de l’éducation. Freud : « Le bonheur, c’est aimer et travailler. » Le bonheur permettrait d’établir un équilibre satisfaisant, c’est-à-dire, tantôt satisfaire les pulsions malgré le surmoi, tantôt reconnaitre que ce n’est pas possible. La liberté selon Kant Kant maintient la possibilité d’une action libre de l’homme, action faite par pure devoir. Pour Kant, tant qu’on agit par désir, on est enfermé dans sa subjectivité. Nos désirs nous sont propres, ils nous individualisent et n’appartiennent qu’à nous. Mon action n’a de valeur que pour moi et m’isole des autres. L’action qui me rend libre est l’action qui a une valeur universelle, c’est-à-dire l’action que tout homme pourrait vouloir. Cette action rend l’homme libre car elle le libère de sa subjectivité. Sa volonté n’est plus soumise à ses désirs. C’est une action libre car elle impose une exigence morale. La liberté selon Spinoza  Déterminisme : hypothèse selon laquelle tous les phénomènes naturels sont reliés les uns aux autres sans exception par des relations de cause à effet déterminées. Spinoza montre les limites de la conscience au plan de nos actions. Notre conscience nous donne une impression de liberté qui est illusoire. Il faut faire la distinction entre les perceptions et les aperceptions. Sans les perceptions inconscientes, il n’y aurait par d’aperception consciente. La notion de libre arbitre n’a aucun sens selon lui. C’est une illusion due aux limites de notre inconscient. L’homme a l’impression de choisir lui-même alors qu’en réalité, ses choix sont dictés par l’ignorance profonde. Néanmoins, l’homme conserve une notion de liberté car doté d’une raison, il comprend qu’il est soumis au déterminisme. Grâce à sa raison, il peut se libérer de l’illusion de la liberté. CONSCIENCE ET INCONSCIENCE DESIR, DEVOIR ET LIBERTE  Conscience : capacité de se rendre compte que l’on existe et que le monde extérieur existe.  Sujet : celui qui est l’auteur de ses actes et qui est responsable.  Conscience morale : capacité de juger ses actes et ceux d’autrui au nom de certaines valeurs de bien et de mal.  Liberté : dans l’opinion commune, elle consiste à faire ce que l’on veut, réaliser ses désirs sans en être empêché.  Désir : tendance consciente qui nous pousse à rechercher les objets dont on attend une satisfaction.  Plaisir : satisfaction du désir.  Devoir : obligation morale que l’on s’impose à nous même au nom de certaines valeurs morales.  Pulsion : énergie qui pousse à rechercher tout objet dont il obtiendra une forme de satisfaction.  Refoulement : opération par laquelle le sujet repousse et maintient dans l’inconscient tous les éléments psychiques qu’il considère dangereux pour son équilibre.  Lapsus : dire un mot ou une syllabe à la place d’un autre.  Acte manqué : oubli d’un rendez-vous, d’un nom, etc.  Sublimation : utilise l’énergie d’une pulsion dans un but différent de son but initial, considéré comme acceptable.
  • 11. Le beau est paradoxale car il provoque chez l’homme un plaisir singulier : le plaisir esthétique (subjectif). Ce plaisir a une prétention universelle mais cette universalité prétendue ne peut pas être justifiée rationnellement puisque le beau n’est pas un concept. Le concept se comprend alors que le beau échappe à la raison. L’art : reflet des conditions socio-économiques dans lesquelles vit l’artiste Pour Marx, les artistes reflètent les conditions sociales et économiques dans lesquelles ils vivent. Dans cette hypothèse, l’art s’inscrit dans une histoire (ex : romans de Balzac ou de Zola). Critique Marx critique sa propre hypothèse. Dans La contribution de la critique politique (1859), Marx dit : « La difficulté n’est pas de comprendre que l’art grec et la poésie grecque soient liés à certaines formes de développement sociale. Mais la difficulté réside dans le fait qu’ils nous procurent toujours une jouissance artistique et qu’ils aient encore pour nous la valeur de modèles indépassables. » L’art : expression de la vie intérieure de l’artiste Selon Freud, l’art est l’expression des pulsions inconscientes des artistes. Il fait une comparaison entre l’artiste et le névrosé : « L’artiste comme le névrosé s’est retiré loin de la réalité insatisfaisante dans un monde imaginaire, mais à l’inverse du névrosé, il peut reprendre pied dans la réalité. Ses créations, les œuvres d’art, sont des satisfactions imaginaires de désirs inconscients. » L’artiste refuse la réalité mais à l’inverse du névrosé qui reste dans un état de souffrance, l’artiste s’en sert pour faire des œuvres d’arts. C’est un des effets de la sublimation. Cependant, Freud reconnait les limites de cette hypothèse et s’interroge sur le mystère du beau. L’art : re-présentation de la réalité Platon soutient la thèse selon laquelle l’art imiterait la nature et la réalité. Pour lui, l’artiste prend modèle sur la réalité (ce qui explique l’infériorité de l’art par rapport à la réalité). L’art, selon lui, est la connaissance la moins vraie car ce n’est qu’une copie d’une copie du monde intelligible. La technique a plus de valeur que l’art. L’œuvre d’art, entant qu’imitation trompeuse du réel sensible, est dangereuse parce qu’elle nous détourne de la réalité véritable, elle nous fait aimer l’illusion. L’artiste est l’anti philosophe. Critique Hegel, dans l’Esthétique, critique Platon. Si vraiment l’art n’était qu’une reprise inférieure du réel, il ne pourrait pas nous procurer de plaisir. Le beau artistique a une dimension différente de la beauté de la nature mais ne lui est pas inférieur. De plus, l’art figuratif et l’art abstrait ne sont pas des imitations de la réalité (Van Gogh, Les champs de blés, Braque, L’Estaque, Picasso, La bouteille du vieux Marc, Malevitch, Croix Noire, etc.). Il est donc impossible d’admettre que l’œuvre d’art se limiterait à une reprise puisque quand l’art se sert de la réalité, il la transforme et parfois ne fait même pas appel à la réalité. L’art : reflet des conditions socio-économiques dans lesquelles vit l’artiste Pour Marx, les artistes reflètent les conditions sociales et économiques dans lesquelles ils vivent. Dans cette hypothèse, l’art s’inscrit dans une histoire (ex : romans de Balzac ou de Zola). Critique Marx critique sa propre hypothèse. Dans La contribution de la critique politique (1859), Mark dit : « La difficulté n’est pas de comprendre que l’art grec et la poésie grecque soient liés à certaines formes de développement sociale. Mais la difficulté réside dans le fait qu’ils nous procurent toujours une jouissance artistique et qu’ils aient encore pour nous la valeur de modèles indépassables. » L’art : valeur trans-historique André Malraux explique que l’art a trois temps : création, contemplation et intemporalité. L’ART  Art : capacité de l’homme à produire des objets en se servant de la nature. Kant : « L’art, c’est ce que l’homme ajoute à la nature. »  Beau : norme du jugement esthétique. Kant : « Le beau plait universellement sans concept. »  Beaux-arts : toutes les activités ayant pour but la création du beau dans des œuvres d’art.
  • 12. Exemple : Pommes et oranges de Paul Cézanne. Ce sont ces pommes qui manifestent son esprit, sa raison, ses émotions et sa vie intérieure. Il explique en trois étapes la transformation en profondeur que l’artiste opère sur le réel. Avant le travail de l’artiste, les objets sont purement matériels et extérieurs à l’homme. Mais avec le travail de l’artiste, l’objet devient spirituel. Après le travail de l’artiste, ces objets deviennent intérieurs et intelligibles. Tous ces exemples confirment que l’art modifie le regard sur la réalité. La vision que nous avons des choses est partielle. L’art aurait pour but de nous faire accéder à une réalité authentique. L’art figuratif nous induit en erreur dans le sens où il pourrait nous faire croire que l’artiste se contente de représenter la réalité, alors que dans l’art abstrait, on se demande ce que c’est. Finalement, l’art abstrait et l’art figuratif ont la même fonction : rendre visible ce qui est invisible. En vérité, on peut dire qu’aucun art n’est figuratif dans le sens où aucun art n’a pour fonction de reproduire la réalité telle qu’elle est. Sa fonction est transfigurative : aller au-delà des apparences. L’art : révélateur du réel Kant : « L’art n’est pas la représentation d’une belle chose mais la belle représentation d’une chose » (La critique du jugement). Il rejette l’hypothèse platonicienne selon laquelle l’art serait une représentation d’une chose en moins bien. Hegel affirme que les objets ordinaires que peignent les peintres nous laisse soit indifférents soit nous leur portons un intérêt quand on en a besoin. Ces objets deviennent intéressants dès lors qu’ils sont transformés et qu’ils deviennent une manifestation de l’esprit de l’artiste. L’œuvre d’art reste de la matière mais est habitée par la présence de l’esprit de l’artiste. C’est une matière qui a du sens. L’œuvre est un médium entre l’artiste et le spectateur. Benedetto Croce : « Dans le moment de la contemplation, notre esprit ne fait qu’un avec celui de l’artiste. Dans cette identité réside la possibilité que nos petites âmes résonnent avec les grandes et s’agrandissent avec elles dans l’universalité de l’esprit. » Paul Klee : « L’art ne montre pas le visible, il rend visible l’invisible. » Alberto Giacometti : « La réalité n’est pas pour moi le moyen de faire de belles œuvres, mais l’art est le moyen de voir un peu mieux la réalité. » L’art opérerait un renversement dans notre rapport au réel. Habituellement, nous nous contentons du visible, de la réalité telle qu’elle nous apparait, alors que l’artiste nous fait apparaitre ce que l’on ne veut pas voir. L’art serait une sorte de révélateur :  L’impressionnisme (Monet, Cézanne, etc.)  La sculpture de Brancusi  La réalité que l’artiste veut nous dévoiler n’est pas seulement la réalité naturelle mais la réalité humaine (traumatisme d’Otto Dix suite à la 1ère guerre mondiale)  L’hyper-réalisme (Hopper) L’ART
  • 14. Le bonheur toujours raté Pascal soutient la thèse de l’impossibilité du bonheur. Pour se justifier, il analyse notre rapport au temps dans ses trois dimensions. Ce rapport rend impossible l’accession au bonheur car notre présent est toujours tourné vers le passé et le futur. L’homme passe son temps à regretter ou à espérer mais ne vit jamais le moment présent. L’espérance et le regret ont un point commun : désirer ce qui est absent. Le présent nous fait souffrir car il ne nous apporte pas ce que nous désirons. Même lorsque l’on a une satisfaction, elle ne dure jamais. Platon confirme cette hypothèse dans Le Banquet. Par essence, désirer c’est manquer. Pour appuyer sa thèse, il s’appuie sur le mythe de l’androgyne. Ce mythe explique le désir amoureux. Un corps réunissant les deux sexes est coupé en deux. Après l’opération, chaque individu va rechercher sa moitié. Socrate : « Celui qui désire une chose, désire une chose qui lui manque et ne désire pas ce qui ne lui manque pas. » Schopenhauer affirme également, que même au moment où le bonheur est satisfait, ce n’est plus vraiment du bonheur car « la vie oscille comme une pendule entre la souffrance et l’ennui. » Je ne désire plus car l’objet n’est plus désirable. Le bonheur semble impossible à atteindre car il serait imaginaire et illusoire. Mais c’est cette illusion qui nous donnerait envie d’espérer et donc de vivre. Pistes pour atteindre le bonheur Pascal affirme que si l’on s’en tenait au présent, on serait heureux. Si le présent était notre fin, notre but, alors nous pourrions accéder au bonheur. Par exemple, on éprouve du plaisir dans l’acte d’écouter une musique, de regarder une peinture ou même de découvrir un paysage sans pour autant éprouver un manque. Montaigne : « Plante des choux pour planter des choux, et non pour avoir des choux. » Il faut essayer de réaliser parfaitement l’acte qu’on est en train de faire au moment où on le fait, sans remettre au lendemain ce que l’on peut faire le jour même. Epictète, dans Le Manuel, commence par distinguer ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. Il faut réaliser parfaitement ce qui dépend de nous et accepter et aimer ce qui ne dépend pas de nous. L’objectif est de parvenir à l’ataraxie. Le désir ne porte ni sur le passé, ni sur le futur. Marc Aurèle : « Vis chaque jour comme si c’était le dernier » (Les pensées pour moi-même). Sénèque : « Là où il y a le souverain bien, il n’y a ni accès ni à l’espoir, ni à la crainte » (Vita Beata). DESIR, BONHEUR ET TEMPS  Bonheur : dans l’opinion commune, on considère le bonheur comme la satisfaction de tous les désirs, état de contemplation parfait, de béatitude.
  • 16. Conception circulaire du temps La théorie du temps cyclique est une conception selon laquelle l'écoulement du temps n’obéirait qu’à des cycles immuables amenant un retour périodique de l'humanité face aux mêmes situations, cycles dont la durée varie selon les traditions. Hésiode, dans Les travaux et les Jours, soutient que l’humanité connait une succession de 4 âges : l’âge d’or, d’argent, de bronze et de fer (âge de décadence). Au terme de l’âge de fer, Zeus recréera le monde. Vision pessimiste du temps. Platon, dans Le politique, emploie l’image d’une boule formant l’univers suspendu à un fil. La boule tourne tantôt du bon côté, tantôt du mauvais sens. Dans cette conception, le temps n’apporte rien de nouveau car les mêmes événements se répètent éternellement. Au cours du temps s’opère une décadence. Pour que le temps soit synonyme de progrès, il faut que le temps soit interprété d’une manière linéaire. Conception linéaire du temps  Providence : pouvoir de dieu de voir d’avance ce qu’il va se passer. La conception linéaire du temps se caractérise par l'image de la flèche du temps, c'est-à-dire, un temps orienté, cumulatif, non réversible, dans lequel le changement est réputé se produire sous la forme d'un progrès linéaire (à l’inverse de la conception cyclique du temps qui se base sur la répétition de mêmes événements). Vision optimiste du temps. Bossuet a le projet de décrire une histoire universelle. Chaque société semble avoir une histoire qui lui est propre, mais il veut montrer que malgré les apparences de singularité, on peut unifier toutes ces histoires particulières dans une vision unique. Il affirme que le principe unique permettant de comprendre le passé se fait grâce à la volonté de dieu et de son action parmi les hommes, la divine providence. Celle-ci a organisé l’histoire des sociétés humaines dans un seul but : la fin de l’histoire et le retour de dieu sur terre. Cette hypothèse unifie la totalité de l’histoire du passé mais cette explication se fonde sur la croyance de la vision chrétienne et théologique. Elle pose aussi le problème de la liberté. Dans cette conception, l’homme ne serait qu’un « jouet » de la grande providence. Kant fait une distinction entre l’histoire empirique et l’histoire universelle. Le point de départ de son analyse est le fait que la nature de l’homme n’est pas la même que l’animal qui lui n’a pas d’histoire. L’homme est en perpétuel devenir, son espèce progresse. Par nature, l’homme a des désirs et des passions qui le poussent à rechercher la domination chez les autres. Il comprend qu’il faut s’associer pour être le plus fort : « insociable sociabilité ». Les sociétés comprennent aussi qu’elles doivent s’associer. Elles progressent également au niveau de leur constitution politique, si bien qu’à la fin de l’histoire, on arrivera à un état d’équilibre entre les peuples qui renonceront à la guerre. On sera dans un état de paix perpétuel.
  • 17. Conception matérialiste de l’histoire  Matérialisme historique : seule connaissance scientifique de l’histoire car elle repose sur le principe que c’est la structure économique de la société qui est à la base de l’histoire.  Mode de production : relations qu’entretiennent les forces productives et les rapports sociaux de production.  Force productive : ensemble de moyens de production ainsi que la force physique et intellectuelle de l’homme.  Rapports sociaux de production : rapports entretenus par les hommes dans la société à l’occasion de la production. Pour Marx, l’histoire de l’homme repose sur la succession des différents modes de production jusqu’à la libération finale de la production économique de l’homme dans une société communiste. Il distingue trois étapes :  Début : aliénation de l’homme à cause de la division du travail  Développement : succession des différents modes de production  Fin : action révolutionnaire pour arriver à une société communiste. Problème de la scientificité de l’histoire  Epistémologie : étude d’une science du point de vue de ses méthodes et de son histoire. L’historien n’a accès qu’à une partie du passé alors qu’il est censé le reconstituer. L’histoire serait lacunaire et relative car l’historien pourra toujours trouver des documents pouvant remettre en question toutes ses hypothèses. A la différence des sciences expérimentales, l’histoire ne peut pas aboutir à une vérité objective et universelle. Elle se définit comme une interprétation possible du passé dans le cadre de ce qui en subsiste.
  • 19. La justice pré-existerait à l’état et fonderait son pouvoir Platon : « Le supérieur doit commander à l’inférieur. » La justice se définit comme un ordre harmonieux et hiérarchique. Cette idée se fonde sur le monde intelligible, ensemble d’idées bien hiérarchisées. Au sommet du Monde Intelligible (MI), il y a l’idée du bien et de l’un (idée directrice et organisatrice). La justice dans le Monde Sensible (MS) va imiter l’ordre harmonieux du MI. Au plan moral, un homme juste est un homme dans lequel le supérieur commande à l’inférieur. Autrement dit, dans l’homme, l’âme doit commander aux corps, aux désirs et aux passions qui nous attachent au MS. Au plan politique, une société juste est hiérarchisée. Le supérieur commande à l’inférieur de sorte à produire une harmonie. Société divisée en classes subordonnées les unes aux autres :  Classe inférieure regroupe les artisans, commerçants et agriculteurs (intérêts liés au MS).  Classe médium se compose des gardiens, soldats et militaires. Cette classe assure la protection de la cité et va permettre de sélectionner les meilleurs gardiens pour en tirer la classe dominante. La classe des gardiens a une organisation particulière. Il faut mettre en place la communauté des biens, femmes et enfants (absence de propriété privée). De la même manière, la communauté n’est pas organisée avec la famille. Pour assurer la survie du groupe, il faut organiser des fêtes pour se reproduire.  Classe dominante regroupe les philosophes rois. La seule société juste pour Platon est organisée sous forme d’un état dans lequel les gouvernements sont des philosophes car seul le savoir légitime l’exercice du pouvoir. Les lois ne sont néanmoins pas parfaites car elles sont générales, or chaque action humaine est unique et singulière. On parle d’un état anomique. Le droit et la justice ne seraient fondés que sur la force Calliclès, dans Gorgias, fait une critique du droit positif. Les lois ne sont qu’une invention des faibles, majoritaires, pour effrayer les plus forts. Pour se justifier, il fait appel à la nature et dit : « Ce sont des conventions contraires à la nature car la nature nous prouve qu’en bonne justice, celui qui vaut le plus, doit l’emporter sur celui qui vaut le moins, partout chez les animaux et les hommes. » La marque de la justice est donc la loi du plus fort. Droit positif :  Droit : simple convention sans valeur grâce auxquels les faibles peuvent se confronter au plus forts  Droit contraire à la nature  La loi est un droit injuste (ne doit donc pas être respectée) Droit selon la nature :  Droit du plus fort : droit par lequel le plus fort écrase le plus faible.  Droit conforme à la nature Le droit selon la nature doit servir de règle dans les relations entre les hommes. Critique Rousseau, dans Le contrat social, critique la notion de droit du plus fort. Il dit : « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre, s’il ne transforme pas sa force en droit et l’obéissance en devoir. » Il affirme que les termes employés par Calliclès sont contradictoires. La force n’est qu’un fait, donc en aucun cas ce fait ne peut être considéré comme un droit. Le droit (ce qui doit être) et le fait (ce qui est) sont deux notions contradictoires.  Morale : analyse philosophique des principes et des fins de l’action humaine individuellement considérée.  Politique : analyse philosophique des principes et des fins des actions humaines en société.  Société : tout l’ensemble d’individu unis par des relations déterminées et des services mutuels.  Etat : l’institutionnalisation et la concentration du pouvoir politique grâce à un certain nombre de structure.  Droit : 1° chacun considère avoir des droits qu’il revendique. Chacun considère qu’il a le pouvoir moral de faire certaine choses et d’exiger certaines choses de la part des autres hommes. 2° le droit se définit par des lois. La loi est censée déterminer ce qui est obligatoire, interdit et autorisée : droit positif établit par le législateur.  Droit positif : ensemble des lois établies par le législateur dans un pays donné et dans une époque donnée. On constate que le droit positif est changeant et contingent. De plus, les lois ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre donc ce qui est légal dans un, peut être illégal dans l’autre.
  • 20. L’état serait par nature injuste Marx et Engels, dans Le manifeste du parti communiste, pensent qu’il faut construire une société sans état pour que la justice soit juste. L’état n’est pas légitime car il est apparu au cours de l’histoire et, est contingent (aurait pu ne pas exister). Pour justifier leur thèse, ils retracent l’histoire économique pour mettre en évidence les conditions d’apparition d’un état. Selon eux, l’état se définit comme une institution créée par la classe dominante pour garantir sa position face aux classes dominées. Une fois que l’état apparait, il faut mettre au point des lois : droit positif qui est par essence injuste car sa fonction est purement idéologique, assurer la position de la classe dominante. Marx fait une distinction au sein de la société capitaliste entre la classe dominante, les bourgeois, et la classe dominée, les prolétaires pour mettre en évidence les inégalités. Marx et Engels souhaitent que l’état disparaisse pour qu’il n’y ait plus de classe ni d’inégalité. Selon eux, la société communiste est la plus juste dans la mesure où il n’y a plus d’exploitation de l’homme par l’homme. L’état serait le seul fondement du droit et de la justice Hobbes, dans Le Léviathan, soutient la thèse selon laquelle le pouvoir politique serait le seul fondement du droit et de la justice. Il se demande pourquoi les hommes ne se révoltent pas face au pouvoir écrasant de l’état. Pour résoudre ce problème, il fait l’hypothèse d’un état de nature de l’homme. Pour lui, la nature de l’homme se définit comme un désir d’exercer sa puissance sans limite, sans contraintes extérieures. Chacun voudra exercer sa liberté sans limite. Tous ces désirs entreront en conflit, ce qui aboutira à un état de guerre de tous contre tous. Les hommes comprennent que l’état de nature est invivable et fondent un contrat. Selon Hobbes, le contrat qui fonde l’état est le même qui fonde celui de l’existence de la société. Il n’y a donc pas de société sans état. Il s’oppose aux philosophes qui soutiennent la thèse selon laquelle l’homme serait par nature un animal social car il peut réaliser sa nature que dans ses rapports avec les autres. Dans l’état de nature, il n’y a aucune notion de droit, de justice, d’injustice puisque les hommes n’ont que des rapports de force. Critique Rousseau, dans Le contrat social, critique Hobbes en montrant que le contrat qu’il a imaginé est impossible à réaliser. Hobbes suggère que les hommes doivent renoncer entièrement à leur liberté et la confier au souverain. Rousseau affirme qu’on ne peut pas renoncer à sa liberté car elle est inaliénable. L’état n’aurait pas à être juste Machiavel, dans Le prince (1513), considère que la morale et la politique constituent deux domaines hétérogènes. Il énumère les différentes manières d’accéder au pouvoir : par sa propre « virtù » (qualité personnelle de l’individu), par la faveur de ses concitoyens ou par la « scélératesse ». L’état est une réalité de fait qui a été produite au cours de l’histoire. Il n’a donc pas à être juste. Les lois n’ont qu’une fonction : être au service du pouvoir. Solution : la théorie du droit naturel La notion de droit naturel est apparue au XVIIIe siècle avec la philosophie des Lumières. Cette expression désigne un droit absolu fondé sur la nature de l’homme : sa « raisonnabilité ». Cette notion a été construite pour répondre à l’absolutisme de Hobbes sans pour autant tomber dans l’idéalisme platonicien. Cette capacité de liberté, inhérente à l’être humain à cause de sa raison, confère à l’homme une dignité spéciale que les animaux n’ont pas. Le respect mutuel des hommes fondé sur la raison est le fondement du droit naturel. C’est un droit inaliénable que possède chacun d’être respecté dans sa personne en tant qu’être raisonnable et capable de liberté. Kant : « Considère toujours autrui non pas comme un moyen, mais comme un fin. » Le droit naturel nous pose comme exigence qu’il faut considérer autrui comme une fin, c’est-à-dire, respecter en lui sa capacité à poser lui- même ses buts, sa liberté fondée sur sa raison. Selon lui, le droit naturel permet de déterminer les droits subjectifs.
  • 22. Conception vitaliste du vivant Le vitalisme considère que le vivant n'est pas réductible aux lois physico-chimiques. Elle envisage la vie comme de la matière animée d'un principe ou force vitale, qui s'ajouterait pour les êtres vivants aux lois de la matière. Selon cette conception, c'est cette force qui insufflerait la vie à la matière. Aristote et Bergson partent du principe que les êtres vivants seraient parcourus d’une force vitale qui les animeraient. Cette puissance aurait une intention qui ferait que les êtres vivants auraient une harmonie. Critique Spinoza dénonce cette conception en disant qu’elle est imaginaire car anthropomorphiste. On interprète la nature sur le modèle de l’homme. Conception mécanique du vivant Du point de vue anatomique et physiologique, l’organisme est comparable à une machine, Comme elle, il met en jeu des organes de nature et de structure apparemment comparables. Lucrèce soutient la thèse selon laquelle le fonctionnement de l’organisme n’est qu’un effet mécanique d’un assemblage d’organe. Il développe la théorie d’Epicure : il explique la construction de l’univers avec le vivant et le non-vivant avec les atomes qui se seraient regroupés par hasard à cause d’une pluie d’atome. Le vivant n’est donc que de la matière. Descartes : « L’univers est une machine où il n’y a rien du tout à considérer que les figures et les mouvements de ses parties » (Les Principes de la Philosophies). Il reprend l’idée du vivant comme simple assemblage d’éléments matériels mais élimine l’idée du hasard. Il prend appuie sur des automates et arrive à affirmer que les corps humains seraient en réalité des automates compliqués (thèse des animaux machines) : « Il est certain que toutes les règles des mécaniques appartiennent à la physique […] lorsqu’une montre marque les heures par le moyen des roues dont elle est faite, cela ne lui est pas moins naturel qu’il est à un arbre de produire des fruits ». Critique Kant reprend la comparaison entre la montre et l’arbre de Descartes. Il souligne qu’il y a de grandes différences. La montre ne produit pas elle-même la partie qui la compose tandis que le vivant s’auto- construit. Une montre ne se répare pas elle-même alors que chez le vivant, il y a un phénomène de cicatrisation. Enfin, la montre ne peut pas se reproduire à l’inverse du vivant. Dépassement de l’opposition mécanique-vitalisme Selon Claude Bernard, pour comprendre le fonctionnement du vivant, il faut faire appel à des analyses de mécaniste (chimie, descriptions anatomiques, physiologie). Toutes ces analyses contypefirment l’hypothèse mécaniste du vivant mais ne suffisent pas. On ne peut pas décrire le fonctionnement d’un organe à partir de sa structure, on peut décrire un organe mais on ne peut pas savoir à quoi il sert. La fonction mécanique n’est donc pas un simple effet mécanique de sa structure. Il parle de finalité harmonique.  Vivant : organisme autonome capable de survivre par lui-même dans une relation avec le milieu qui l’entoure.