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Thème 2 : enjeux et recompositions
géopolitiques du monde
Chapitre 1 : les chemins de la puissance : les
Etats-Unis et le monde depuis les 14 points du
président Wilson
En préambule :
•Les rapports entre le modèle américain et le monde
2 ts usa depuis 1918
Selon la formule de John Winthrop, les États-Unis se considèrent
comme « a city upon a hill », ce qui a deux implications :
-d’une part, un sentiment de destin exceptionnel, et la conviction
de devoir, par l’exemple ou le prosélytisme, faire partager au
monde un système aux vertus universelles et,
-d’autre part, dans une forme de paranoïa, se méfier de ce monde
hostile, barbare, qui chercherait à les détruire.
Cette image d’un pays qui serait comme « a city upon a hill » reste
vraie aujourd’hui, on la retrouve dans de nombreux films.
• Une relation particulière avec l’Europe
2 ts usa depuis 1918
2 ts usa depuis 1918
Au XIXème siècle, le président Monroe entérine la séparation avec
l’Europe : c’est la doctrine qui porte son nom.
1- Le continent américain doit désormais être considéré comme
fermé à toute tentative ultérieure de colonisation de la part de
puissances européennes.
2- Toute intervention d'une puissance européenne sur le continent
américain serait considérée comme une manifestation inamicale à
l'égard des États-Unis.
3- Toute intervention américaine dans les affaires européennes est
désormais exclue.
Donc les EU considèrent :
-que les affaires de l’Europe ne les concernent plus
-que le reste du continent américain est leur arrière-cour,
« backyard » dont ils sont les seuls maîtres…
Si les Européens veulent changer de vie, ils n’ont qu’à émigrer
aux États-Unis !
La doctrine Monroe est souvent qualifiée d’isolationniste,
pourtant…
Elle n’empêche pas les
États-Unis de prendre
le contrôle de
territoires ultramarins
d’importance
stratégique.
Au nom de la la
politique du
« big stick » de
Theodore
Roosevelt, les
États-Unis
contrôlent
l’Amérique
centrale pour
préserver leurs
intérêts.
I) De 1918 à 1941 : les États-Unis, entre
isolationnisme viscéral et modèle pour le
monde
A) De l’isolationnisme aux 14 points : le volte-face du
président Wilson…
1) Au début de la guerre : l’affirmation de la neutralité américaine.
En 1914, Wilson s’inscrit clairement dans le sens de la doctrine
Monroe
2) 1917 : raisons et motivations de l’entrée en guerre des ÉtatsUnis
2 ts usa depuis 1918
2 ts usa depuis 1918
2 ts usa depuis 1918
Si les raisons sont clairement défensives, les motivations
défendues par Wilson laissent entrevoir un désir de se mêler des
affaires de l’Europe et notamment de l’Allemagne.
3) Le discours des quatorze points du Président Wilson (8 janvier
1918) prévoit un rôle nouveau pour les États-Unis …
2 ts usa depuis 1918
2 ts usa depuis 1918
Au-delà de la portée humaniste de ce texte, ce qui nous intéresse ici
c’est bien de voir qu’il constitue une rupture majeure dans presque
un siècle de Doctrine Monroe : Wilson considère que le modèle
américain ne peut pas s’épanouir sans paix en Europe, et que les
États-Unis doivent donc se préoccuper du sort de l’Europe.
B)…qui est finalement refusé par le Congrès.
Parmi les parlementaires américains, nombreux sont ceux qui
voient d’un mauvais œil les évolutions voulues par Wilson.
Cette tendance est encore plus forte au sein de la population :
2 ts usa depuis 1918
pourquoi aller mourir
pour cette Europe
condamnée à se
battre sans fin ?
2 ts usa depuis 1918
2 ts usa depuis 1918
2 ts usa depuis 1918
Henry Cabot Lodge, sénateur
républicain, est un des opposants les
plus en vue.
Dans les statuts de la SDN naissante, c’est l’article 10 qui inquiète
le plus :
Il prévoit en effet que les pays devront entrer en guerre pour
défendre n’importe quel autre pays membre agressé.
En 1920, Henry Cabot Lodge glisse dans un long discours au Congrès
14 « réserves », qui sont en fait des « anti-points ».
Il exige des garanties, et notamment le fait que le Congrès puisse
contrôler les déclarations de guerre. Face au refus de Wilson, il
mène une véritable « fronde » contre un Wilson très diminué par
la maladie.
Au final, la majorité des 2/3 n’est pas atteinte à 7 voix près :
Le Congrès refuse de ratifier le traité de Versailles, qui certes
ressemble assez peu aux 14 points censés l’avoir inspiré, et signe
une paix séparée avec l’Allemagne.
Les États-Unis ne rejoignent donc pas la SDN, ce qui affecte
beaucoup sa crédibilité …
L’isolationnisme a gagné.
C) Les années 20 et 30 : un leadership croissant mais un
isolationnisme politique marqué
1) La première puissance mondiale
 Quels sont ici
les ressorts de
l’influence des
États-Unis sur le
monde ?
Au lendemain de la
Première Guerre
mondiale, la domination
économique et culturelle
des États-Unis sur le
monde ne fait aucun
doute et leur confère un
pouvoir nouveau.
L’avant-dernière phrase
peut être vue comme une
allusion au Plan Dawes
qui, en 1924, a permis de
stabiliser la monnaie
allemande.
La crise mondiale qui suit le krach
boursier de 1929 montre à quel
point le monde est dépendant des
États-Unis.
2) L’isolationnisme réaffirmé malgré la montée de la menace
nazie et militariste
Pourtant, les États-Unis refusent de jouer un rôle international
proportionnel à leur poids économique.
Malgré la clairvoyance de Roosevelt vis à vis de la montée en
puissance de l’Allemagne nazie et du Japon, les États-Unis
restent partisans de la neutralité et de l’apaisement.
C’est ainsi qu’en 1938, Joseph Kennedy, père du futur président,
est nommé ambassadeur à Londres, alors qu’il est connu pour
ses opinions antisémites et sa sympathie pour Hitler.
Il soutient, voire influence la politique anglaise menée par
Chamberlain vis-à-vis d’Hitler.
Après son remplacement début 1941, et le soutien logistique des
États-Unis à la Grande Bretagne, il soutient le Comité America
First qui, de 1940 à 1941, milite activement pour que les ÉtatsUnis restent totalement en-dehors du conflit.
L’aviateur Charles Lindbergh, qui en est la personnalité la plus en
vue, milite explicitement pour ne pas entrer dans une guerre à
laquelle « les Britanniques, l’administration Roosevelt et les
Juifs » voudraient conduire les États-Unis…
3) La critique de
l’isolationnisme
Une partie de l’opinion est
favorable à ce que les
États-Unis prennent leurs
responsabilités face à la
guerre en Europe
Certains intellectuels prennent ouvertement position contre le
régime nazi : c’est le cas de Charlie Chaplin avec « le Dictateur » qui
sort en 1940 et qui rencontre un succès important.
On peut interpréter le discours final du film comme une exhortation
à l’engagement des États-Unis dans la guerre :
2 ts usa depuis 1918
Malgré cela, en 1941, les États-Unis ne sont pas prêts à entrer en
guerre, et se contentent de la loi prêt-bail de mars 1941 qui
permet de vendre des armes à la Grande Bretagne, ou de
déclarations de bonnes intentions comme la Charte de
l’Atlantique du 14 aout 1941…
II) Les États-Unis, leaders du « monde libre »
durant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre
froide
A) Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale
sur les rapports entre les États-Unis et le monde : la fin
de l’isolationnisme
1) Le tournant de 1941
Le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent par surprise la base
américaine de Pearl Harbor à Hawaï. Le 8 décembre, les États-Unis
déclarent la guerre au Japon.
1941 est donc un tournant dans la Seconde Guerre mondiale.
Dans le sujet qui nous intéresse, c’est aussi un tournant dans le
regard que les États-Unis portent sur le monde : en effet, dans sa
déclaration, Roosevelt déclare :
« Je pense exprimer la volonté du Congrès et de la nation en
affirmant que nous ne nous contenterons pas de nous défendre
jusqu'au bout, mais que nous ferons tout pour être certains
qu’une telle traîtrise ne puisse plus jamais nous menacer »
(I believe that I interpret the will of the Congress and of the
people when I assert that we will not only defend ourselves to
the uttermost but will make it very certain that this form of
treachery shall never again endanger us)
Concrètement, cela signifie que jamais plus les États-Unis
n’attendront d’être attaqués pour agir.
2) Un rôle international assumé
Dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis
acceptent de jouer un rôle politique en rapport avec leur
puissance économique, en participant activement à la mise en
place des instances de l’après guerre, et notamment l’ONU, qui
est basée à New York.
Roosevelt a cependant tiré les leçons du passé, et veille à ce que
les États-Unis puissent avoir un droit de veto, pour ne pas
heurter le courant isolationniste.
→ Les Etats-Unis, au sortir de la guerre, sont en position de force
pour jouer un rôle de premier plan au niveau mondial :
-ils sont à la tête d'une puissance militaire colossale et ont des
moyens inédits pour faire respecter leurs intérêts
-ils profitent d'un prestige immense qui leur offre une publicité
incomparable et rend leur hégémonie « naturelle »
→ c'est ce qu'on a nommé depuis le « hard power » et le « soft
power »
Nous allons voir comment les Etats-Unis ont su jouer sur ces
deux leviers durant la Guerre froide.
B) Entre hard power et soft power, les Etats-Unis
leaders du « monde libre » dans la Guerre froide.
1) 1945 – 1962 : un sans faute pour les Etats-Unis ?
a) Une image de combattants de la liberté et de la paix
Au début de la Guerre froide, un certain nombre d’actions et
d'évènements permettent aux États-Unis de développer leur
puissance tout en leur permettant de conforter leur image.
• Le succès du Plan Marshall
En juin 1947, le plan Marshall est une aide de 12 milliards de
dollars accordée à 16 pays d'Europe. En 1949, une aide
similaire est accordée au Japon
2 ts usa depuis 1918
Ce plan est très favorable à
l’image des États-Unis, et
est largement exploité par
la propagande.
• Des crises dont les États-Unis sortent gagnants sur les plans
stratégiques et en termes d’image
 Berlin, rappels du cours de 1ère…
1948 : le
blocus de
Berlin-Ouest
voulu par
Staline …
... est contourné par un remarquable pont aérien mis en place par
les États-Unis.
Les États-Unis font ainsi d’un pierre deux coups :
-ils maintiennent leur présence en pleine zone soviétique
-ils gagnent la sympathie des populations allemandes durement
éprouvées par la guerre : les avions ne sont plus synonymes de
dévastation mais d’espoir.
En 1961, la construction du Mur permet au président JF Kennedy de
vanter le modèle américain lors d’un discours en 1963.
 Deuxième exemple : la Guerre de Corée (1950-1953)
Les États-Unis
interviennent sous
mandat de l’ONU
pour aider la Corée du
Sud attaquée par le
Nord communiste.
Ils libèrent le Sud,
puis envahissent le
Nord, puis refluent :
2 millions de Coréens
du Nord en profitent
pour passer au Sud.
La guerre de Corée est un succès stratégique et donne une image favorable aux ÉtatsUnis, malgré le déchaînement de la propagande communiste.
• Une intense propagande visant à promouvoir l’action des
États-Unis et à discréditer l’adversaire communiste
 Exemple : en France, le Comité Paix et Liberté est financé par
les États-Unis :
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Le « combat pour la paix » des
communistes est
particulièrement tourné en
dérision
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ainsi que la soumission des responsables du PCF à l’URSS
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Mais la
propagande prooccidentale sait
aussi se montrer
solennelle
en évoquant notamment le souvenir du pacte germano-soviétique
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b) Le rôle d'Hollywood dans la promotion de la puissance des
États-Unis
Jusqu’à la fin des années 60, Hollywood sert les intérêts de la
puissance américaine, et ce de 2 manières :
•la dénonciation de la menace communiste par des films de
science-fiction :
On peut citer « Le jour où la Terre s’arrêta », en 1951,
Ou encore « le village des
damnés », sorti en 1960.
Ce film est analysé dans le livre
« Hollywood, le Pentagone et
Washington » écrit par J.-M.
Valantin :
 Bande-annonce :
http://www.dailymotion.com/video/xczi8b_le-village-desdamnes-1960_shortfilms#.UPApFneHOTY
2 ts usa depuis 1918
• La réalisation de superproductions sur la Seconde Guerre
mondiale permet à Hollywood de faire de gros succès
commerciaux tout en faisant la promotion de l’action des
États-Unis : ainsi, pour « Le jour le plus long », sorti en 1962,
la Navy met à disposition des moyens matériels extrêmement
importants.
A l'image du cinéma, les autres formes d'expression artistique
expriment un regard très positif sur le modèle américain, et
renvoient au monde une image de dynamisme et d'audace.
c) Les ombres au tableau
Dans le contexte de la Guerre froide qui se durcit, les tenants
d’une ligne dure face au communisme et à l’URSS montent en
puissance
•

Le Maccarthysme
Joseph Mac Carthy est un sénateur républicain qui devient très
qui devient très populaire en dénonçant la présence de « communistes » au cœur
populaire en dénonçant la présence de « communistes » au cœur
même de l’Etat
même de l’Etat.
Une véritable « chasse aux sorcières » a lieu aux Etats-Unis.
Des millions de personnes sont « vérifiées » et doivent prouver
leur innocence. Pour les fonctionnaires, un simple soupçon
signifie le renvoi…
C’est dans ce contexte que les époux Rosenberg sont arrêtés et
condamnés à mort pour avoir transmis les secrets de la bombe
atomique. Malgré le peu de preuves, ils sont exécutés en 53.
Des intellectuels de renom doivent s’exiler (Chaplin)
Ces évènements font un tort considérable à la puissance des
États-Unis, de nombreux intellectuels occidentaux sont
confortés dans leur choix de rejeter les États-Unis.
Pourtant, les États-Unis restent une démocratie et le
Maccarthysme y suscite aussi l’indignation, notamment de la
part du célèbre dessinateur Herbert Block : c’est d’ailleurs lui
qui est à l’origine du terme « Maccarthysme ».
Voici quelques uns de ses dessins :
October 31, 1947
April 24, 1949
June 17, 1949
May 8, 1950
August 13, 1951
March 4, 1954
Ce n'est qu'en 1954, quand Mac Carthy s'en prend à des officiers
irréprochables (Marshall, notamment), que l’opinion le lâche :
son parti le désapprouve et il est renvoyé du Sénat.
• Les actions de la CIA

De nombreuses actions sont menées à l’étranger pour défendre
les intérêts américains face à des régimes suspectés de
sympathies communistes.
Ainsi, en 1953, la CIA organise un coup d’état en Iran pour
chasser le réformateur Mossadegh (il avait nationalisé
l’industrie pétrolière) et permettre au Shah de retrouver les
pleins pouvoirs.
La longue liste des opérations de la CIA est disponible à l’adresse
:
http://en.wikipedia.org/wiki/Covert_United_States_foreign_regi
me_change_actions
Le documentaire « la CIA, les guerres secrètes » revient sur
certaines de ces opérations.
Parmi toutes les opérations, la plus catastrophique en termes
d’image pour les États-Unis est l’opération lancée contre Castro
en 1959 : le débarquement de la Baie des Cochons est un
désastre complet.
2) Les années 60 et 70 : le temps des doutes ?
a) Les raisons du doute
• Le bourbier vietnamien ouvre une crise du leadership
américain
 rappels de 1ère : un
engagement colossal,
motivé par la « théorie des
dominos ». 500 000 soldats
engagés, des moyens
colossaux pour traquer la
guérilla au Sud et
bombarder le Nord (plus de
bombes que durant toute la
2GM)… en pure perte.
La guerre du Vietnam écorne sérieusement l’image des ÉtatsUnis : aussi bien dans ses motivations que dans les moyens
employés, l’image de « leaders du monde libre » est mise à
mal.


Des dysfonctionnements internes : un modèle en crise ?

Les années 60 et 70 sont marquées par plusieurs événements
qui renvoient au monde l'image d'un pays en proie au doute :
-La société américaine reste ségrégationniste au début des
années 60
2 ts usa depuis 1918
Le combat de la population noire pour obtenir des droits égaux à
ceux des blancs est émaillé de très nombreuses émeutes et
assassinats, dont celui de Martin Luther King en 1968.
2 ts usa depuis 1918
-La fonction présidentielle mise à mal
→En 1963, le président J.-F. Kennedy est assassiné dans des
circonstances troubles. Son frère, candidat à la présidence, est
assassiné à son tour en 1968

→ En 1974, le président Nixon doit démissionner suite au
scandale du Watergate (mise sur écoute du siège du parti
démocrate)
-Enfin, la crise économique s'abat sur le pays à partir de 1973,
entraînant la montée du chômage
b) Une période pourtant faste en termes de « Soft power »
Les films d'apologie...
En 1968 sort le film « Les bérets
verts ».
→ regardons la bande-annonce et
voyons de quel type de film il
s'agit...
C’est un film de propagande pure,
avec 20 minutes très
« didactiques » sur le pourquoi de
l’engagement US, et des scènes de
combat à la gloire des unités
spéciales de l’armée américaine.
Le président Johnson a fait mettre
des moyens militaires à
disposition, à hauteur de plusieurs
millions de dollars.
Le film est un succès commercial car il est techniquement réussi, mais
il est mal accueilli par la critique et il est en décalage avec le regard
que l’opinion publique jette sur une guerre « sans issue ».
• ...sont remplacés par des
créations beaucoup plus
critiques
Dès lors apparaît une nouvelle
génération de films beaucoup
plus critiques sur la guerre, à
l’image d’Apocalypse Now qui
sort en 1979… évidemment
sans avoir bénéficié du
moindre soutien de l’armée !
2 ts usa depuis 1918
2 ts usa depuis 1918
L’exemple de la guerre du Vietnam est emblématique : quelques
années seulement après sa fin, Hollywood produit des films
sans concession à son égard, et ses films sont d’immenses
succès planétaires !
Or c’est là un point extrêmement important : si les États-Unis
apparaissent aux abois en termes de « hard power » dans les
années 70, leur rayonnement culturel reste florissant,
précisément grâce à ce vaste de mouvement de contestation
multiforme.
On pourrait dire que la crise du « hard power » et du modèle
américain, frappé par la crise économique des années 70, a
permis un renouveau du « soft power » américain, porté
notamment par le cinéma et la musique (festival de
Woodstock en 1969).
Par ailleurs, leur prestige reste immense, comme le montre cette
photo du premier homme sur la lune, en 1969 : les États-Unis ont
rattrapé le retard qu’ils avaient pris sur l’URSS dans le domaine de la
conquête spatiale.
Ils restent en outre très attractifs sur le plan migratoire.
c) Les difficultés de la fin des années
1970
A la fin des années 1970, les États-Unis
paraissent affaiblis sur la scène
internationale. Face à la « politique
des bons sentiments » menée par
Jimmy Carter visant à moraliser
l'attitude des Etats-Unis vis-à-vis du
monde, on constate que :
• l'URSS n'a cessé d'étendre son
influence durant les années 70, il est
clair que la Détente lui a profité :
-En 1977, elle déploie de
nouveaux missiles en Europe, les
SS20, prenant ainsi une longueur
d'avance dans la course aux
armements.
-En 1979, elle envahit l'Afghanistan pour venir en aide au régime
communiste local menacé.
• En 1979, le nouveau régime
iranien juge les États-Unis
complices du dictateur déchu,
et prend en otage le personnel
de l'ambassade des États-Unis.
Le monde entier assiste à leur
humiliation.
→ Enfin, les Etats-Unis ne parviennent pas à renouer avec la
croissance économique
Mise au point : il ne faut pas sous-estimer l'action de Carter :
face à l'avancée soviétique, il réagit avec fermeté, notamment
en décidant de soutenir la résistance afghane à l'URSS,
d'installer de nouvelles armes en Europe, en boycottant les JO
de Moscou de 1980, ou en interdisant les exportations de
céréales vers l'URSS. Mais sa politique manque
incontestablement d'une vision d'ensemble.
3) Le « sursaut » des années 80

Dans ce contexte, le républicain Ronald Reagan est élu président
sur le slogan « America is back »
Il entend affirmer avec force la
supériorité des Etats-Unis et
dénonce l'idée d'un déclin
inévitable.


Sur le plan intérieur, Reagan prône un retour aux valeurs
« pionnières » : le modèle libéral est mis en avant, les charges
pesant sur les entreprises et les dépenses publiques sont
réduites (politique d'austérité).

Il en résulte une reprise économique, avec une baisse du
chômage, mais aussi un accroissement des inégalités.


Sur le plan international, il réaffirme ce qu'il considère être la
supériorité morale des Etats-Unis sur l'URSS, qu'il qualifie
« d'empire du Mal ».

Cette vision est fortement imprégnée de religiosité et inspirée
par le renouveau évangéliste que connaissent les Etats-Unis.
Elle est aussi guidée par l'idée de « destinée manifeste », l'idée
que les Etats-Unis sont un modèle pour le monde.
Elle permet à Reagan d'affirmer que les Etats-Unis n'ont en
aucun cas à rougir de leur histoire, puisqu'ils sont en lutte
pour le bien.
-Il décide de relancer l'effort militaire du pays avec l'Initiative de
Défense Stratégique, également surnommée “Star Wars”
L'idée est de développer un bouclier spatial grâce à un réseau de
satellites qui rendrait les États-Unis invulnérables à la menace
soviétique.
On a aussi le développement de nouvelles armes (missiles
Patriot, avions furtifs)
Le budget militaire augmente donc fortement (de moins de 5 %
du PIB en 1977, on est à 6,5 % en 1987). Il impose ainsi une
relance de la course aux armements que l'URSS ne peut
suivre.
-En Europe, il maintient l'installation de fusées Pershing II face aux
SS20 soviétiques, malgré une forte opposition (« better red than
dead »)
-le retour des opérations militaires à l'étranger
En 1983, la situation en Grenade donne à l'administration Reagan
l'occasion d'intervenir pour y renverser la dictature communiste
Cette intervention, la première depuis le Vietnam, est un succès
stratégique pour les États-Unis.
-le poids de CIA
La CIA est très puissante sous Reagan, dont le vice-président
(Bush père) est un ancien directeur de la CIA.
Elle bénéficie de moyens importants pour armer les
Moudjahidins afghans.
Son obsession anticommuniste la conduit cependant à mener
des actions très « limite » : lorsque le Congrès lui interdit de
financer la lutte armée contre le régime nicaraguayen, elle
n'hésite pas à vendre des armes à... l'Iran (!) et à faciliter le
trafic de drogue (!!) pour pouvoir continuer à financer les
terribles « Contras .
Malgré de nombreuses actions critiquables, la fermeté de
l'administration Reagan a favorisé la fin de la Guerre froide en
poussant l'URSS à négocier sur le désarmement.
→ La fin de la Guerre froide laisse les États-Unis dans une
position de puissance inédite.
• Les aspects « soft » de la « révolution reaganienne »: le retour
de films « positifs »
Dans les années 80, à côté des films qui continuent de dénoncer
l'engagement américain au Vietnam (Platoon, Full Metal
Jacket), Hollywood revient au consensus avec le pouvoir. On
peut s'appuyer sur deux types d'exemples :
-En 1982, Rambo raconte
l'histoire d'un vétéran du
Vietnam mis au ban de la
société et en pleine révolte
contre ce pays qui ne
reconnaît pas ses sacrifices
passés.
Dans le livre, il est
finalement abattu par la
police, mais dans le film il
est arrêté...
...ce qui permet un
savoureux 2ème opus (1985),
où cette fois Rambo est
envoyé en mission au
Vietnam...
...puis un troisième (1988)
qui se passe cette fois en
Afghanistan.
Toute une flopée de films
exploitent cette veine du
héros solitaire porteur, seul
contre tous, des valeurs
américaines (on peut citer
la série des 3 « missing in
action » de Chuck Norris)
Sur Stallone et Norris, le
site « nanarland » fournit
des biographies très
complètes !
A côté des traditionnels films
d'extraterrestres, Hollywood
fait aussi des films moins
métaphoriques, explicitement
anticommunistes : en 1984,
« l'Aube Rouge » imagine une
invasion soviétique des ÉtatsUnis, finalement repoussée
grâce à la bravoure d'un
groupe de jeunes entré en
résistance.
A côté de ces films, des séries véhiculant une image plutôt
positive du modèle américain connaissent aussi une diffusion
mondiale, comme les 2137 épisodes de Santa Barbara (19841993)
III) Depuis 1990, forces et faiblesses de la
première puissance mondiale face au « nouvel
ordre mondial »
A) Les États-Unis, hyperpuissance des années 1990
→ analysons le point de vue de Bill Clinton en 1997 et voyons
dans quelle mesure il est représentatif de la puissance des ÉtatsUnis durant la décennie 90 :
La politique d'enlargement de B. Clinton
« Les Etats-Unis sont une puissance mondiale et ils ont des intérêts dans toutes les
régions de la Terre. Les Etats-Unis devront être actifs dans chaque aire qui se dessine
aujourd’hui, pour contribuer à maintenir la paix et la stabilité et pour promouvoir la
démocratie. Nous savons que les autres pays ont le regard tourné vers nous, non
seulement à cause des dimensions et de la force de notre pays, mais pour ce que nous
représentons et pour ce à quoi nous sommes disposés à nous opposer. Nous ne
sommes pas, et nous ne pouvons pas être, le gendarme du monde. Mais là où nos
intérêts et nos idéaux le demandent, et quand nous aurons la possibilité de laisser
notre empreinte, nous agirons et, si c’est nécessaire, nous assumerons le rôle de
leader. Nous avons souscrit à des engagements forts importants d’un bout à l’autre du
monde en Asie, en Amérique latine, en Océanie, au Moyen-Orient et naturellement en
France – et nous les tiendrons. Nous sommes décidés, en particulier, à favoriser le flot
montant de la démocratie et du libre marché sur tous les continents. Ceci est le reflet
non seulement de nos idéaux, mais aussi de nos intérêts. Si un pays est démocratique,
les probabilités qu’il engage une guerre contre un autre pays ou bien qu’il commette
des abus envers des droits de son peuple diminuent. Et les probabilités qu’ils soit un
bon partenaire commercial et qu’il collabore avec nous pour combattre les nouvelles
menaces que les démocraties doivent ensemble affronter, les Etats hors-la-loi, le
terrorisme, la criminalité internationale et le trafic de la drogue augmentent. »
Bill Clinton, entretien accordée à la revue française de géopolitique Limes, n° 1, 1997.
1) Les « gendarmes du monde » ?
La victoire des États-Unis dans la Guerre froide permet de
réactiver l'idéalisme wilsonien d'une communauté
internationale pacifiée derrière le leadership étasunien


Le succès militaire et diplomatique de la Guerre du Golfe de
90-91.

Cette guerre est un cas unique, une sorte d'apothéose de la
puissance des États-Unis.
Le jour même de l'invasion du Koweit par l'Irak, l'ONU la
condamne par la résolution 660, dont les États-Unis vont se
faire le bras armé avec l'opération « tempête du désert »
Les États-Unis sont à la tête d'une coalition de 930 000 hommes
dotée d'un matériel considérable
Derrière eux, une quasi-unanimité, remarquable dans un monde qui
sort de 45 ans de guerre froide.
-La coalition attaque le
17 janvier, d’abord par
des bombardements
massifs…
… où priment les
« frappes chirurgicales »
d’armes à la fois
puissantes et précises…
…puis par une opération au sol.
Les États-Unis ont quasiment le
monopole des images, reprises par
CNN. La guerre est « esthétisée », on
ne voit pas de morts, et les journaux
regorgent de descriptions des armes
américaines, toutes plus fascinantes
les unes que les autres (avions,
missiles anti-missiles « patriot »,
guidage laser,…).
-Le 3 mars, la guerre est terminée et, fort d’un bilan humain
excellent pour la coalition, Bush peut déclarer le 6 mars
l’avènement de cet « ordre mondial de justice » voulu par l’ONU
et que la guerre froide avait jusque là empêché.
Le président américain peut ainsi vanter les mérites d'un monde
soudé derrière les États-Unis dans sa quête de paix et de justice...
Mais il apparaît rapidement que c'est un leurre :
-Les pertes irakiennes sont élevées (environ 150 000 morts). Les
forces de la coalition se seraient « faites plaisir » en détruisant des
soldats en déroute, notamment sur « l’autoroute de la mort »
-Dans les mois qui suivent, le monde découvre que les États-Unis
ont réussi une remarquable opération de communication
Ils ont pu montrer en « vrai »
l’efficacité de leur armement
face aux équipements
irakiens, soviétiques et
français, décrochant ainsi de
nombreux contrats
Cette guerre est donc un moment unique de maîtrise
diplomatique (« multilatéralisme »), militaire et médiatique
d'un événement.


Les autres opérations des années 90 : des succès plus mitigés
-l'opération « Restore Hope » (1992) en Somalie,
opération humanitaire très médiatisée, est
confrontée à des tensions croissantes, débouchant
sur la bataille de Mogadiscio en 1993, où les ÉtatsUnis perdent 18 soldats sans atteindre leur objectif
-les interventions en ex-Yougoslavie pour mettre fin à la
guerre (95 et 99) sont décisives, mais ne font pas
l'unanimité (bombardements de la Serbie
condamnés par la Russie et la Chine)


Des endroits négligés

Par ailleurs, les États-Unis n'interviennent pas partout, on peut
citer notamment l'absence d'intervention dans le contexte du
génocide rwandais, ou face à la situation humanitaire
dramatique créée par les Talibans en Afghanistan...
Donc, si on reprend le texte de Clinton, on comprend pourquoi
ce terme de « gendarmes du monde » n'est pas pleinement
pertinent.


Pourtant, la puissance américaine est immense, et les ÉtatsUnis sont plus que jamais des alliés privilégiés : ainsi, les pays
d'Europe centrale et orientale se hâtent de rejoindre l'OTAN
en 1999 et 2004.


Par ailleurs, leur présence aux 4 coins du monde en fait une
cible privilégiée, particulièrement pour les intégristes
islamistes qui n'acceptent pas leur présence en Arabie
Saoudite. Ce sont les attentats de 93 (premier attentat du
World Trade Center), 98 (ambassades au Kenya et en Tanzanie
détruites), et 2000 (navire militaire américain cible d'une
attaque suicide à Aden).
2) Le renouveau du « soft power » américain


Le dynamisme de la diplomatie américaine

Rappel du texte de tonton Bill : « Les États-Unis devront être
actifs dans chaque aire qui se dessine aujourd’hui, pour
contribuer à maintenir la paix et la stabilité et pour
promouvoir la démocratie »
La décennie 1990 est marquée par des succès diplomatiques
importants :
En 1993 et 1998, les accords d'Oslo et de Wye Plantation
apparaissent comme des étapes importantes dans le
processus de paix israélo-palestinien, même s'ils seront
bafoués par la suite par Israël...
En 1998, sous l'impulsion de Clinton, les accords du Vendredi
Saint mettent fin à 30 ans de guerre civile larvée en Irlande du
Nord


La promotion du libéralisme et du libre-échange

« Nous sommes décidés, en particulier, à favoriser le flot
montant de la démocratie et du libre marché sur tous les
continents »

La fin de la Guerre froide a marqué l'effondrement du système
communiste : les États-Unis peuvent donc œuvrer en faveur
de la libéralisation des échanges, et appuient notamment la
candidature de la Chine à l'OMC (qui y rentre en 2001)
2 ts usa depuis 1918


Le rayonnement culturel, encore et toujours

le rayonnement culturel est assuré à la fois par des
superproductions jouant plus ou moins sur l'imaginaire et les
valeurs américains (Titanic, Indepedence day), mais aussi,
comme durant la période précédente, par des films qui
dénoncent les zones d'ombres de l'histoire ou de la société
américaine (JFK, American History X).
De nouveaux réalisateurs (Quentin Tarantino, John Woo)
permettent aussi un renouveau.
2 ts usa depuis 1918
La décennie 90 voit aussi le succès de nombreuses séries tv,
comme par exemple « X-Files » ou encore Melrose Place.
C) Depuis 2001, le leadership réaffirmé des EtatsUnis
1) Du choc de 2001 à l'excès de « hard power »


Les attentats font près de 3 000 morts, les États-Unis sont
touchés au cœur.
Les images et vidéos des attentats tournent en boucle pendant
des jours et des jours, traumatisant le monde entier.
• Les guerres de représailles : du consensus à l’unilatéralisme
A l’annonce des attentats, 2 États se réjouissent officiellement :
l’Afghanistan dirigé par le mouvement taliban et l’Irak.
Ce sont ces 2 États qui subissent la répression, malgré les
ramifications multiples d'Al-Qaïda, notamment au Pakistan et en
Arabie Saoudite.
Avec l’aval de l’ONU, l'Afghanistan est attaqué dès octobre 2001 et
conquis en décembre : on peut parler de multilatéralisme
Au passage, les États-Unis utilisent plusieurs bases en Asie centrale, ce
qui déplaît à la Russie
En 2003, les États-Unis prétextent la détention d’armes de
destruction massives (fictives) pour attaquer l'Irak. Ils montrent qu'ils
peuvent agir sans l'ONU et sans de nombreux pays industrialisés, ils
font preuve d'unilatéralisme et suscitent la méfiance même chez
leurs plus fidèles alliés.
• Les États-Unis, au-dessus des lois internationales ?
Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, des « combattants
illégaux » sont détenus dans le camp de Guantanamo, sans aucun
respect des règles du droit international.

En 2005, le Washington Post
confirme que la CIA entretient
des prisons secrètes dans des
pays alliés où des détenus
soupçonnés de liens avec AlQaïda sont torturés.
Quel bilan pour cette dernière « guerre » ?
-les pays « libérés » (Afghanistan, Irak) restent très instables, le
résultat est modeste au vu des moyens colossaux déployés par les
États-Unis
-les États-Unis ont étendu leur influence militaire et économique
(contrôle des ressources pétrolières irakiennes)
-les États-Unis sont donc perçus comme impérialistes et se jouant
des règles internationales
2) L'administration Obama : le retour à la raison ?


La difficulté de liquider l'héritage Bush

-la mort de Ben Laden en mai 2011 ne signifie pas la fin des
mouvements djihadistes, qui restent une menace importante
pour la paix du monde
-en 2009, Obama a promis que les États-Unis respecteraient
désormais la Convention de Genève dans la guerre contre le
terrorisme... mais pour des raisons juridiques, Guantanamo
n'est toujours pas fermé...
• Retour à davantage de multilatéralisme dans le cadre du
« smart power »
L'idée est que le « hard power » est nécessaire mais contreproductif s'il est employé seul, et qu'il faut donc le fusionner
avec le « soft power ».
Cependant, on a bien vu que le « soft power » repose sur des
choses imprévisibles et aléatoires... le « smart power » serait
donc plutôt une forme de « hard power » intelligent, réfléchi,
et notamment adapté à la montée en puissance de la Chine.
3) Le renouveau du « soft power » dans la foulée de la révolution
Internet
-puissance des firmes américaines dans les
secteurs de l’informatique, de la
communication
-au niveau culturel, on peut dire que les « recettes » déjà
analysées précédemment (superproductions et films
contestataires, on peut citer Michael Moore qui remporte la
palme d’or à Cannes) ont été réemployées avec succès,
2 ts usa depuis 1918
on peut aussi noter un renouveau du genre de films pour
enfants, avec l'inventivité des studios Pixar ou Dreamworks
notamment.
On notera aussi le poids croissant des séries tv dans le
rayonnement culturel.
2 ts usa depuis 1918
Conclusion
Depuis 1918, il apparaît clairement que les États-Unis se sont
affirmés comme une puissance ouverte sur le monde.
Cependant, les erreurs des années 2000 ont montré les limites
d'un unilatéralisme devenu anachronique.
Les États-Unis seront-ils capables de conserver leur leadership
lorsqu'ils auront été dépassés économiquement par la Chine ?
I) Un pouvoir de rayonnement considérable et aux relais nombreux
A) La première puissance mondiale et ses pôles d'influence : « hard power » et « soft power »
Puissance du territoire
Riche, exploité, peuplé… le camp de base de
l'influence mondiale
New York et Chicago
Commandent le Nord-est, le cœur éco des USA.
Pouvoir économique (sièges FTN) et financier
(bourses). NY : ville emblématique et martyre
Washington
Capitale politique, pentagone : décisions qui
concernent la planète
Los Angeles
Rayonnement culturel mondial d'Hollywood
B) Les relais de cette puissance
L'ALENA

Non
placé

Les pays accueillant le réseau
échelon

Zone de libre-échange au sein de laquelle les EtatsUnis sont en position dominante. Le Canada est de
très loin le premier partenaire mondial des Etats-Unis
Réseau d'espionnage économique, s’appuyant sur les
bases US dans le monde et relayé par des pays fidèles
aux Etats-Unis (environ 40 stations et des satellites)
II) L'omniprésence mondiale des Etats-Unis
A) Un rôle politique de premier plan
Les "flottes"
Non
placé

Interventions militaires récentes

Les espaces stratégiques sous
surveillance

Symbolisent une présence militaire mondiale et le
contrôle des lieux stratégiques. + : nombreuses bases
Elles visent à préserver les intérêts des Etats-Unis et
de leurs alliés, sans faire forcément l'unanimité
internationale
Raisons géopolitiques ou économiques, présence
militaire ou intense activité diplomatique

B) Une influence capitale sur l'économie mondiale
Les échanges commerciaux
Les Etats-Unis sont au cœur des échanges entre PI.
Déficit commercial abyssal, mais largement lié à des
importations de productions délocalisées
Les espaces d'investissement
(hors ALENA)

Non
placé

Des pans entiers de l'éco y sont contrôlés par les
firmes US. Conquête des marchés, délocalisations, et
contrôle des ressources naturelles. 50% des invts vers
l’UE
Les espaces où l'influence éco est Trop pauvres (Afrique) ou trop peu sûrs (Russie) pour
faible
être attractifs, sauf pour des domaines très précis
III) Attraction et contestation de la superpuissance
A) Un modèle qui fascine
L'immigration
Considérable, elle est multiforme (des clandestins
au "brain drain"), elle est un facteur de dynamisme
et facilite les liens éco avec les pays émetteurs
L'épargne

Pour financer leur déficit budgétaire, les EtatsUnis émettent des bons du Trésor : ils vivent à
crédit du monde entier (Japon, Etats pétroliers, et
surtout Chine)

B) Une puissance concurrencée
Des pôles éco partenaires mais Potentiel éco solide qui concurrence les Etatségalement concurrents
Unis, (exemple Airbus qui supplante Boeing),
UE
âpres négociations pour préserver leurs intérêts
Union des nations sudLancée en 2008, pour contrer les ambitions US de
américaines
créer une zone de libre-échange des Amériques
sous leur contrôle. Volonté de créer une « UE sud
américaine »
La Russie
Puissance qui conteste l’influence américaine
La Chine

Développement rapide, seule puissance capable
d'inquiéter les Etats-Unis à moyen terme
C) Une puissance cible de l'hyperterrorisme d'Al Quaida
L'inscription de la superpuissance des Etats-Unis
dans l'espace mondial
UE

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Union des
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2 ts usa depuis 1918

  • 1. Thème 2 : enjeux et recompositions géopolitiques du monde Chapitre 1 : les chemins de la puissance : les Etats-Unis et le monde depuis les 14 points du président Wilson
  • 2. En préambule : •Les rapports entre le modèle américain et le monde
  • 4. Selon la formule de John Winthrop, les États-Unis se considèrent comme « a city upon a hill », ce qui a deux implications : -d’une part, un sentiment de destin exceptionnel, et la conviction de devoir, par l’exemple ou le prosélytisme, faire partager au monde un système aux vertus universelles et, -d’autre part, dans une forme de paranoïa, se méfier de ce monde hostile, barbare, qui chercherait à les détruire. Cette image d’un pays qui serait comme « a city upon a hill » reste vraie aujourd’hui, on la retrouve dans de nombreux films.
  • 5. • Une relation particulière avec l’Europe
  • 8. Au XIXème siècle, le président Monroe entérine la séparation avec l’Europe : c’est la doctrine qui porte son nom.
  • 9. 1- Le continent américain doit désormais être considéré comme fermé à toute tentative ultérieure de colonisation de la part de puissances européennes. 2- Toute intervention d'une puissance européenne sur le continent américain serait considérée comme une manifestation inamicale à l'égard des États-Unis. 3- Toute intervention américaine dans les affaires européennes est désormais exclue. Donc les EU considèrent : -que les affaires de l’Europe ne les concernent plus -que le reste du continent américain est leur arrière-cour, « backyard » dont ils sont les seuls maîtres…
  • 10. Si les Européens veulent changer de vie, ils n’ont qu’à émigrer aux États-Unis !
  • 11. La doctrine Monroe est souvent qualifiée d’isolationniste, pourtant…
  • 12. Elle n’empêche pas les États-Unis de prendre le contrôle de territoires ultramarins d’importance stratégique.
  • 13. Au nom de la la politique du « big stick » de Theodore Roosevelt, les États-Unis contrôlent l’Amérique centrale pour préserver leurs intérêts.
  • 14. I) De 1918 à 1941 : les États-Unis, entre isolationnisme viscéral et modèle pour le monde A) De l’isolationnisme aux 14 points : le volte-face du président Wilson…
  • 15. 1) Au début de la guerre : l’affirmation de la neutralité américaine.
  • 16. En 1914, Wilson s’inscrit clairement dans le sens de la doctrine Monroe
  • 17. 2) 1917 : raisons et motivations de l’entrée en guerre des ÉtatsUnis
  • 21. Si les raisons sont clairement défensives, les motivations défendues par Wilson laissent entrevoir un désir de se mêler des affaires de l’Europe et notamment de l’Allemagne.
  • 22. 3) Le discours des quatorze points du Président Wilson (8 janvier 1918) prévoit un rôle nouveau pour les États-Unis …
  • 25. Au-delà de la portée humaniste de ce texte, ce qui nous intéresse ici c’est bien de voir qu’il constitue une rupture majeure dans presque un siècle de Doctrine Monroe : Wilson considère que le modèle américain ne peut pas s’épanouir sans paix en Europe, et que les États-Unis doivent donc se préoccuper du sort de l’Europe.
  • 26. B)…qui est finalement refusé par le Congrès. Parmi les parlementaires américains, nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil les évolutions voulues par Wilson. Cette tendance est encore plus forte au sein de la population :
  • 28. pourquoi aller mourir pour cette Europe condamnée à se battre sans fin ?
  • 32. Henry Cabot Lodge, sénateur républicain, est un des opposants les plus en vue.
  • 33. Dans les statuts de la SDN naissante, c’est l’article 10 qui inquiète le plus :
  • 34. Il prévoit en effet que les pays devront entrer en guerre pour défendre n’importe quel autre pays membre agressé.
  • 35. En 1920, Henry Cabot Lodge glisse dans un long discours au Congrès 14 « réserves », qui sont en fait des « anti-points ».
  • 36. Il exige des garanties, et notamment le fait que le Congrès puisse contrôler les déclarations de guerre. Face au refus de Wilson, il mène une véritable « fronde » contre un Wilson très diminué par la maladie. Au final, la majorité des 2/3 n’est pas atteinte à 7 voix près : Le Congrès refuse de ratifier le traité de Versailles, qui certes ressemble assez peu aux 14 points censés l’avoir inspiré, et signe une paix séparée avec l’Allemagne.
  • 37. Les États-Unis ne rejoignent donc pas la SDN, ce qui affecte beaucoup sa crédibilité … L’isolationnisme a gagné.
  • 38. C) Les années 20 et 30 : un leadership croissant mais un isolationnisme politique marqué 1) La première puissance mondiale
  • 39.  Quels sont ici les ressorts de l’influence des États-Unis sur le monde ?
  • 40. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la domination économique et culturelle des États-Unis sur le monde ne fait aucun doute et leur confère un pouvoir nouveau. L’avant-dernière phrase peut être vue comme une allusion au Plan Dawes qui, en 1924, a permis de stabiliser la monnaie allemande.
  • 41. La crise mondiale qui suit le krach boursier de 1929 montre à quel point le monde est dépendant des États-Unis.
  • 42. 2) L’isolationnisme réaffirmé malgré la montée de la menace nazie et militariste Pourtant, les États-Unis refusent de jouer un rôle international proportionnel à leur poids économique. Malgré la clairvoyance de Roosevelt vis à vis de la montée en puissance de l’Allemagne nazie et du Japon, les États-Unis restent partisans de la neutralité et de l’apaisement.
  • 43. C’est ainsi qu’en 1938, Joseph Kennedy, père du futur président, est nommé ambassadeur à Londres, alors qu’il est connu pour ses opinions antisémites et sa sympathie pour Hitler. Il soutient, voire influence la politique anglaise menée par Chamberlain vis-à-vis d’Hitler.
  • 44. Après son remplacement début 1941, et le soutien logistique des États-Unis à la Grande Bretagne, il soutient le Comité America First qui, de 1940 à 1941, milite activement pour que les ÉtatsUnis restent totalement en-dehors du conflit.
  • 45. L’aviateur Charles Lindbergh, qui en est la personnalité la plus en vue, milite explicitement pour ne pas entrer dans une guerre à laquelle « les Britanniques, l’administration Roosevelt et les Juifs » voudraient conduire les États-Unis…
  • 46. 3) La critique de l’isolationnisme
  • 47. Une partie de l’opinion est favorable à ce que les États-Unis prennent leurs responsabilités face à la guerre en Europe
  • 48. Certains intellectuels prennent ouvertement position contre le régime nazi : c’est le cas de Charlie Chaplin avec « le Dictateur » qui sort en 1940 et qui rencontre un succès important. On peut interpréter le discours final du film comme une exhortation à l’engagement des États-Unis dans la guerre :
  • 50. Malgré cela, en 1941, les États-Unis ne sont pas prêts à entrer en guerre, et se contentent de la loi prêt-bail de mars 1941 qui permet de vendre des armes à la Grande Bretagne, ou de déclarations de bonnes intentions comme la Charte de l’Atlantique du 14 aout 1941…
  • 51. II) Les États-Unis, leaders du « monde libre » durant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide A) Les conséquences de la Seconde Guerre mondiale sur les rapports entre les États-Unis et le monde : la fin de l’isolationnisme 1) Le tournant de 1941
  • 52. Le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent par surprise la base américaine de Pearl Harbor à Hawaï. Le 8 décembre, les États-Unis déclarent la guerre au Japon.
  • 53. 1941 est donc un tournant dans la Seconde Guerre mondiale. Dans le sujet qui nous intéresse, c’est aussi un tournant dans le regard que les États-Unis portent sur le monde : en effet, dans sa déclaration, Roosevelt déclare : « Je pense exprimer la volonté du Congrès et de la nation en affirmant que nous ne nous contenterons pas de nous défendre jusqu'au bout, mais que nous ferons tout pour être certains qu’une telle traîtrise ne puisse plus jamais nous menacer » (I believe that I interpret the will of the Congress and of the people when I assert that we will not only defend ourselves to the uttermost but will make it very certain that this form of treachery shall never again endanger us)
  • 54. Concrètement, cela signifie que jamais plus les États-Unis n’attendront d’être attaqués pour agir.
  • 55. 2) Un rôle international assumé Dans la foulée de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis acceptent de jouer un rôle politique en rapport avec leur puissance économique, en participant activement à la mise en place des instances de l’après guerre, et notamment l’ONU, qui est basée à New York. Roosevelt a cependant tiré les leçons du passé, et veille à ce que les États-Unis puissent avoir un droit de veto, pour ne pas heurter le courant isolationniste.
  • 56. → Les Etats-Unis, au sortir de la guerre, sont en position de force pour jouer un rôle de premier plan au niveau mondial : -ils sont à la tête d'une puissance militaire colossale et ont des moyens inédits pour faire respecter leurs intérêts -ils profitent d'un prestige immense qui leur offre une publicité incomparable et rend leur hégémonie « naturelle » → c'est ce qu'on a nommé depuis le « hard power » et le « soft power » Nous allons voir comment les Etats-Unis ont su jouer sur ces deux leviers durant la Guerre froide.
  • 57. B) Entre hard power et soft power, les Etats-Unis leaders du « monde libre » dans la Guerre froide. 1) 1945 – 1962 : un sans faute pour les Etats-Unis ?
  • 58. a) Une image de combattants de la liberté et de la paix Au début de la Guerre froide, un certain nombre d’actions et d'évènements permettent aux États-Unis de développer leur puissance tout en leur permettant de conforter leur image.
  • 59. • Le succès du Plan Marshall En juin 1947, le plan Marshall est une aide de 12 milliards de dollars accordée à 16 pays d'Europe. En 1949, une aide similaire est accordée au Japon
  • 61. Ce plan est très favorable à l’image des États-Unis, et est largement exploité par la propagande.
  • 62. • Des crises dont les États-Unis sortent gagnants sur les plans stratégiques et en termes d’image  Berlin, rappels du cours de 1ère…
  • 63. 1948 : le blocus de Berlin-Ouest voulu par Staline …
  • 64. ... est contourné par un remarquable pont aérien mis en place par les États-Unis.
  • 65. Les États-Unis font ainsi d’un pierre deux coups : -ils maintiennent leur présence en pleine zone soviétique -ils gagnent la sympathie des populations allemandes durement éprouvées par la guerre : les avions ne sont plus synonymes de dévastation mais d’espoir.
  • 66. En 1961, la construction du Mur permet au président JF Kennedy de vanter le modèle américain lors d’un discours en 1963.
  • 67.  Deuxième exemple : la Guerre de Corée (1950-1953)
  • 68. Les États-Unis interviennent sous mandat de l’ONU pour aider la Corée du Sud attaquée par le Nord communiste. Ils libèrent le Sud, puis envahissent le Nord, puis refluent : 2 millions de Coréens du Nord en profitent pour passer au Sud.
  • 69. La guerre de Corée est un succès stratégique et donne une image favorable aux ÉtatsUnis, malgré le déchaînement de la propagande communiste.
  • 70. • Une intense propagande visant à promouvoir l’action des États-Unis et à discréditer l’adversaire communiste  Exemple : en France, le Comité Paix et Liberté est financé par les États-Unis :
  • 100. Le « combat pour la paix » des communistes est particulièrement tourné en dérision
  • 102. ainsi que la soumission des responsables du PCF à l’URSS
  • 106. Mais la propagande prooccidentale sait aussi se montrer solennelle
  • 107. en évoquant notamment le souvenir du pacte germano-soviétique
  • 109. b) Le rôle d'Hollywood dans la promotion de la puissance des États-Unis Jusqu’à la fin des années 60, Hollywood sert les intérêts de la puissance américaine, et ce de 2 manières : •la dénonciation de la menace communiste par des films de science-fiction :
  • 110. On peut citer « Le jour où la Terre s’arrêta », en 1951,
  • 111. Ou encore « le village des damnés », sorti en 1960. Ce film est analysé dans le livre « Hollywood, le Pentagone et Washington » écrit par J.-M. Valantin :
  • 114. • La réalisation de superproductions sur la Seconde Guerre mondiale permet à Hollywood de faire de gros succès commerciaux tout en faisant la promotion de l’action des États-Unis : ainsi, pour « Le jour le plus long », sorti en 1962, la Navy met à disposition des moyens matériels extrêmement importants.
  • 115. A l'image du cinéma, les autres formes d'expression artistique expriment un regard très positif sur le modèle américain, et renvoient au monde une image de dynamisme et d'audace.
  • 116. c) Les ombres au tableau Dans le contexte de la Guerre froide qui se durcit, les tenants d’une ligne dure face au communisme et à l’URSS montent en puissance
  • 118. Joseph Mac Carthy est un sénateur républicain qui devient très qui devient très populaire en dénonçant la présence de « communistes » au cœur populaire en dénonçant la présence de « communistes » au cœur même de l’Etat même de l’Etat.
  • 119. Une véritable « chasse aux sorcières » a lieu aux Etats-Unis. Des millions de personnes sont « vérifiées » et doivent prouver leur innocence. Pour les fonctionnaires, un simple soupçon signifie le renvoi…
  • 120. C’est dans ce contexte que les époux Rosenberg sont arrêtés et condamnés à mort pour avoir transmis les secrets de la bombe atomique. Malgré le peu de preuves, ils sont exécutés en 53.
  • 121. Des intellectuels de renom doivent s’exiler (Chaplin)
  • 122. Ces évènements font un tort considérable à la puissance des États-Unis, de nombreux intellectuels occidentaux sont confortés dans leur choix de rejeter les États-Unis. Pourtant, les États-Unis restent une démocratie et le Maccarthysme y suscite aussi l’indignation, notamment de la part du célèbre dessinateur Herbert Block : c’est d’ailleurs lui qui est à l’origine du terme « Maccarthysme ». Voici quelques uns de ses dessins :
  • 129. Ce n'est qu'en 1954, quand Mac Carthy s'en prend à des officiers irréprochables (Marshall, notamment), que l’opinion le lâche : son parti le désapprouve et il est renvoyé du Sénat.
  • 130. • Les actions de la CIA De nombreuses actions sont menées à l’étranger pour défendre les intérêts américains face à des régimes suspectés de sympathies communistes. Ainsi, en 1953, la CIA organise un coup d’état en Iran pour chasser le réformateur Mossadegh (il avait nationalisé l’industrie pétrolière) et permettre au Shah de retrouver les pleins pouvoirs. La longue liste des opérations de la CIA est disponible à l’adresse : http://en.wikipedia.org/wiki/Covert_United_States_foreign_regi me_change_actions Le documentaire « la CIA, les guerres secrètes » revient sur certaines de ces opérations.
  • 131. Parmi toutes les opérations, la plus catastrophique en termes d’image pour les États-Unis est l’opération lancée contre Castro en 1959 : le débarquement de la Baie des Cochons est un désastre complet.
  • 132. 2) Les années 60 et 70 : le temps des doutes ?
  • 133. a) Les raisons du doute • Le bourbier vietnamien ouvre une crise du leadership américain
  • 134.  rappels de 1ère : un engagement colossal, motivé par la « théorie des dominos ». 500 000 soldats engagés, des moyens colossaux pour traquer la guérilla au Sud et bombarder le Nord (plus de bombes que durant toute la 2GM)… en pure perte.
  • 135. La guerre du Vietnam écorne sérieusement l’image des ÉtatsUnis : aussi bien dans ses motivations que dans les moyens employés, l’image de « leaders du monde libre » est mise à mal.
  • 136.  Des dysfonctionnements internes : un modèle en crise ? Les années 60 et 70 sont marquées par plusieurs événements qui renvoient au monde l'image d'un pays en proie au doute :
  • 137. -La société américaine reste ségrégationniste au début des années 60
  • 139. Le combat de la population noire pour obtenir des droits égaux à ceux des blancs est émaillé de très nombreuses émeutes et assassinats, dont celui de Martin Luther King en 1968.
  • 141. -La fonction présidentielle mise à mal →En 1963, le président J.-F. Kennedy est assassiné dans des circonstances troubles. Son frère, candidat à la présidence, est assassiné à son tour en 1968 → En 1974, le président Nixon doit démissionner suite au scandale du Watergate (mise sur écoute du siège du parti démocrate)
  • 142. -Enfin, la crise économique s'abat sur le pays à partir de 1973, entraînant la montée du chômage
  • 143. b) Une période pourtant faste en termes de « Soft power » Les films d'apologie...
  • 144. En 1968 sort le film « Les bérets verts ». → regardons la bande-annonce et voyons de quel type de film il s'agit...
  • 145. C’est un film de propagande pure, avec 20 minutes très « didactiques » sur le pourquoi de l’engagement US, et des scènes de combat à la gloire des unités spéciales de l’armée américaine. Le président Johnson a fait mettre des moyens militaires à disposition, à hauteur de plusieurs millions de dollars.
  • 146. Le film est un succès commercial car il est techniquement réussi, mais il est mal accueilli par la critique et il est en décalage avec le regard que l’opinion publique jette sur une guerre « sans issue ».
  • 147. • ...sont remplacés par des créations beaucoup plus critiques Dès lors apparaît une nouvelle génération de films beaucoup plus critiques sur la guerre, à l’image d’Apocalypse Now qui sort en 1979… évidemment sans avoir bénéficié du moindre soutien de l’armée !
  • 150. L’exemple de la guerre du Vietnam est emblématique : quelques années seulement après sa fin, Hollywood produit des films sans concession à son égard, et ses films sont d’immenses succès planétaires !
  • 151. Or c’est là un point extrêmement important : si les États-Unis apparaissent aux abois en termes de « hard power » dans les années 70, leur rayonnement culturel reste florissant, précisément grâce à ce vaste de mouvement de contestation multiforme.
  • 152. On pourrait dire que la crise du « hard power » et du modèle américain, frappé par la crise économique des années 70, a permis un renouveau du « soft power » américain, porté notamment par le cinéma et la musique (festival de Woodstock en 1969).
  • 153. Par ailleurs, leur prestige reste immense, comme le montre cette photo du premier homme sur la lune, en 1969 : les États-Unis ont rattrapé le retard qu’ils avaient pris sur l’URSS dans le domaine de la conquête spatiale.
  • 154. Ils restent en outre très attractifs sur le plan migratoire.
  • 155. c) Les difficultés de la fin des années 1970 A la fin des années 1970, les États-Unis paraissent affaiblis sur la scène internationale. Face à la « politique des bons sentiments » menée par Jimmy Carter visant à moraliser l'attitude des Etats-Unis vis-à-vis du monde, on constate que : • l'URSS n'a cessé d'étendre son influence durant les années 70, il est clair que la Détente lui a profité :
  • 156. -En 1977, elle déploie de nouveaux missiles en Europe, les SS20, prenant ainsi une longueur d'avance dans la course aux armements.
  • 157. -En 1979, elle envahit l'Afghanistan pour venir en aide au régime communiste local menacé.
  • 158. • En 1979, le nouveau régime iranien juge les États-Unis complices du dictateur déchu, et prend en otage le personnel de l'ambassade des États-Unis. Le monde entier assiste à leur humiliation.
  • 159. → Enfin, les Etats-Unis ne parviennent pas à renouer avec la croissance économique
  • 160. Mise au point : il ne faut pas sous-estimer l'action de Carter : face à l'avancée soviétique, il réagit avec fermeté, notamment en décidant de soutenir la résistance afghane à l'URSS, d'installer de nouvelles armes en Europe, en boycottant les JO de Moscou de 1980, ou en interdisant les exportations de céréales vers l'URSS. Mais sa politique manque incontestablement d'une vision d'ensemble.
  • 161. 3) Le « sursaut » des années 80 Dans ce contexte, le républicain Ronald Reagan est élu président sur le slogan « America is back » Il entend affirmer avec force la supériorité des Etats-Unis et dénonce l'idée d'un déclin inévitable.
  • 162.  Sur le plan intérieur, Reagan prône un retour aux valeurs « pionnières » : le modèle libéral est mis en avant, les charges pesant sur les entreprises et les dépenses publiques sont réduites (politique d'austérité). Il en résulte une reprise économique, avec une baisse du chômage, mais aussi un accroissement des inégalités.
  • 163.  Sur le plan international, il réaffirme ce qu'il considère être la supériorité morale des Etats-Unis sur l'URSS, qu'il qualifie « d'empire du Mal ». Cette vision est fortement imprégnée de religiosité et inspirée par le renouveau évangéliste que connaissent les Etats-Unis. Elle est aussi guidée par l'idée de « destinée manifeste », l'idée que les Etats-Unis sont un modèle pour le monde. Elle permet à Reagan d'affirmer que les Etats-Unis n'ont en aucun cas à rougir de leur histoire, puisqu'ils sont en lutte pour le bien.
  • 164. -Il décide de relancer l'effort militaire du pays avec l'Initiative de Défense Stratégique, également surnommée “Star Wars”
  • 165. L'idée est de développer un bouclier spatial grâce à un réseau de satellites qui rendrait les États-Unis invulnérables à la menace soviétique. On a aussi le développement de nouvelles armes (missiles Patriot, avions furtifs)
  • 166. Le budget militaire augmente donc fortement (de moins de 5 % du PIB en 1977, on est à 6,5 % en 1987). Il impose ainsi une relance de la course aux armements que l'URSS ne peut suivre.
  • 167. -En Europe, il maintient l'installation de fusées Pershing II face aux SS20 soviétiques, malgré une forte opposition (« better red than dead »)
  • 168. -le retour des opérations militaires à l'étranger
  • 169. En 1983, la situation en Grenade donne à l'administration Reagan l'occasion d'intervenir pour y renverser la dictature communiste
  • 170. Cette intervention, la première depuis le Vietnam, est un succès stratégique pour les États-Unis.
  • 171. -le poids de CIA La CIA est très puissante sous Reagan, dont le vice-président (Bush père) est un ancien directeur de la CIA. Elle bénéficie de moyens importants pour armer les Moudjahidins afghans. Son obsession anticommuniste la conduit cependant à mener des actions très « limite » : lorsque le Congrès lui interdit de financer la lutte armée contre le régime nicaraguayen, elle n'hésite pas à vendre des armes à... l'Iran (!) et à faciliter le trafic de drogue (!!) pour pouvoir continuer à financer les terribles « Contras .
  • 172. Malgré de nombreuses actions critiquables, la fermeté de l'administration Reagan a favorisé la fin de la Guerre froide en poussant l'URSS à négocier sur le désarmement. → La fin de la Guerre froide laisse les États-Unis dans une position de puissance inédite.
  • 173. • Les aspects « soft » de la « révolution reaganienne »: le retour de films « positifs » Dans les années 80, à côté des films qui continuent de dénoncer l'engagement américain au Vietnam (Platoon, Full Metal Jacket), Hollywood revient au consensus avec le pouvoir. On peut s'appuyer sur deux types d'exemples :
  • 174. -En 1982, Rambo raconte l'histoire d'un vétéran du Vietnam mis au ban de la société et en pleine révolte contre ce pays qui ne reconnaît pas ses sacrifices passés. Dans le livre, il est finalement abattu par la police, mais dans le film il est arrêté...
  • 175. ...ce qui permet un savoureux 2ème opus (1985), où cette fois Rambo est envoyé en mission au Vietnam...
  • 176. ...puis un troisième (1988) qui se passe cette fois en Afghanistan. Toute une flopée de films exploitent cette veine du héros solitaire porteur, seul contre tous, des valeurs américaines (on peut citer la série des 3 « missing in action » de Chuck Norris) Sur Stallone et Norris, le site « nanarland » fournit des biographies très complètes !
  • 177. A côté des traditionnels films d'extraterrestres, Hollywood fait aussi des films moins métaphoriques, explicitement anticommunistes : en 1984, « l'Aube Rouge » imagine une invasion soviétique des ÉtatsUnis, finalement repoussée grâce à la bravoure d'un groupe de jeunes entré en résistance.
  • 178. A côté de ces films, des séries véhiculant une image plutôt positive du modèle américain connaissent aussi une diffusion mondiale, comme les 2137 épisodes de Santa Barbara (19841993)
  • 179. III) Depuis 1990, forces et faiblesses de la première puissance mondiale face au « nouvel ordre mondial » A) Les États-Unis, hyperpuissance des années 1990 → analysons le point de vue de Bill Clinton en 1997 et voyons dans quelle mesure il est représentatif de la puissance des ÉtatsUnis durant la décennie 90 :
  • 180. La politique d'enlargement de B. Clinton « Les Etats-Unis sont une puissance mondiale et ils ont des intérêts dans toutes les régions de la Terre. Les Etats-Unis devront être actifs dans chaque aire qui se dessine aujourd’hui, pour contribuer à maintenir la paix et la stabilité et pour promouvoir la démocratie. Nous savons que les autres pays ont le regard tourné vers nous, non seulement à cause des dimensions et de la force de notre pays, mais pour ce que nous représentons et pour ce à quoi nous sommes disposés à nous opposer. Nous ne sommes pas, et nous ne pouvons pas être, le gendarme du monde. Mais là où nos intérêts et nos idéaux le demandent, et quand nous aurons la possibilité de laisser notre empreinte, nous agirons et, si c’est nécessaire, nous assumerons le rôle de leader. Nous avons souscrit à des engagements forts importants d’un bout à l’autre du monde en Asie, en Amérique latine, en Océanie, au Moyen-Orient et naturellement en France – et nous les tiendrons. Nous sommes décidés, en particulier, à favoriser le flot montant de la démocratie et du libre marché sur tous les continents. Ceci est le reflet non seulement de nos idéaux, mais aussi de nos intérêts. Si un pays est démocratique, les probabilités qu’il engage une guerre contre un autre pays ou bien qu’il commette des abus envers des droits de son peuple diminuent. Et les probabilités qu’ils soit un bon partenaire commercial et qu’il collabore avec nous pour combattre les nouvelles menaces que les démocraties doivent ensemble affronter, les Etats hors-la-loi, le terrorisme, la criminalité internationale et le trafic de la drogue augmentent. » Bill Clinton, entretien accordée à la revue française de géopolitique Limes, n° 1, 1997.
  • 181. 1) Les « gendarmes du monde » ? La victoire des États-Unis dans la Guerre froide permet de réactiver l'idéalisme wilsonien d'une communauté internationale pacifiée derrière le leadership étasunien
  • 182.  Le succès militaire et diplomatique de la Guerre du Golfe de 90-91. Cette guerre est un cas unique, une sorte d'apothéose de la puissance des États-Unis. Le jour même de l'invasion du Koweit par l'Irak, l'ONU la condamne par la résolution 660, dont les États-Unis vont se faire le bras armé avec l'opération « tempête du désert »
  • 183. Les États-Unis sont à la tête d'une coalition de 930 000 hommes dotée d'un matériel considérable
  • 184. Derrière eux, une quasi-unanimité, remarquable dans un monde qui sort de 45 ans de guerre froide.
  • 185. -La coalition attaque le 17 janvier, d’abord par des bombardements massifs…
  • 186. … où priment les « frappes chirurgicales » d’armes à la fois puissantes et précises…
  • 187. …puis par une opération au sol.
  • 188. Les États-Unis ont quasiment le monopole des images, reprises par CNN. La guerre est « esthétisée », on ne voit pas de morts, et les journaux regorgent de descriptions des armes américaines, toutes plus fascinantes les unes que les autres (avions, missiles anti-missiles « patriot », guidage laser,…).
  • 189. -Le 3 mars, la guerre est terminée et, fort d’un bilan humain excellent pour la coalition, Bush peut déclarer le 6 mars l’avènement de cet « ordre mondial de justice » voulu par l’ONU et que la guerre froide avait jusque là empêché.
  • 190. Le président américain peut ainsi vanter les mérites d'un monde soudé derrière les États-Unis dans sa quête de paix et de justice...
  • 191. Mais il apparaît rapidement que c'est un leurre :
  • 192. -Les pertes irakiennes sont élevées (environ 150 000 morts). Les forces de la coalition se seraient « faites plaisir » en détruisant des soldats en déroute, notamment sur « l’autoroute de la mort »
  • 193. -Dans les mois qui suivent, le monde découvre que les États-Unis ont réussi une remarquable opération de communication
  • 194. Ils ont pu montrer en « vrai » l’efficacité de leur armement face aux équipements irakiens, soviétiques et français, décrochant ainsi de nombreux contrats
  • 195. Cette guerre est donc un moment unique de maîtrise diplomatique (« multilatéralisme »), militaire et médiatique d'un événement.
  • 196.  Les autres opérations des années 90 : des succès plus mitigés -l'opération « Restore Hope » (1992) en Somalie, opération humanitaire très médiatisée, est confrontée à des tensions croissantes, débouchant sur la bataille de Mogadiscio en 1993, où les ÉtatsUnis perdent 18 soldats sans atteindre leur objectif -les interventions en ex-Yougoslavie pour mettre fin à la guerre (95 et 99) sont décisives, mais ne font pas l'unanimité (bombardements de la Serbie condamnés par la Russie et la Chine)
  • 197.  Des endroits négligés Par ailleurs, les États-Unis n'interviennent pas partout, on peut citer notamment l'absence d'intervention dans le contexte du génocide rwandais, ou face à la situation humanitaire dramatique créée par les Talibans en Afghanistan... Donc, si on reprend le texte de Clinton, on comprend pourquoi ce terme de « gendarmes du monde » n'est pas pleinement pertinent.
  • 198.  Pourtant, la puissance américaine est immense, et les ÉtatsUnis sont plus que jamais des alliés privilégiés : ainsi, les pays d'Europe centrale et orientale se hâtent de rejoindre l'OTAN en 1999 et 2004.
  • 199.  Par ailleurs, leur présence aux 4 coins du monde en fait une cible privilégiée, particulièrement pour les intégristes islamistes qui n'acceptent pas leur présence en Arabie Saoudite. Ce sont les attentats de 93 (premier attentat du World Trade Center), 98 (ambassades au Kenya et en Tanzanie détruites), et 2000 (navire militaire américain cible d'une attaque suicide à Aden).
  • 200. 2) Le renouveau du « soft power » américain  Le dynamisme de la diplomatie américaine Rappel du texte de tonton Bill : « Les États-Unis devront être actifs dans chaque aire qui se dessine aujourd’hui, pour contribuer à maintenir la paix et la stabilité et pour promouvoir la démocratie » La décennie 1990 est marquée par des succès diplomatiques importants :
  • 201. En 1993 et 1998, les accords d'Oslo et de Wye Plantation apparaissent comme des étapes importantes dans le processus de paix israélo-palestinien, même s'ils seront bafoués par la suite par Israël...
  • 202. En 1998, sous l'impulsion de Clinton, les accords du Vendredi Saint mettent fin à 30 ans de guerre civile larvée en Irlande du Nord
  • 203.  La promotion du libéralisme et du libre-échange « Nous sommes décidés, en particulier, à favoriser le flot montant de la démocratie et du libre marché sur tous les continents » La fin de la Guerre froide a marqué l'effondrement du système communiste : les États-Unis peuvent donc œuvrer en faveur de la libéralisation des échanges, et appuient notamment la candidature de la Chine à l'OMC (qui y rentre en 2001)
  • 205.  Le rayonnement culturel, encore et toujours le rayonnement culturel est assuré à la fois par des superproductions jouant plus ou moins sur l'imaginaire et les valeurs américains (Titanic, Indepedence day), mais aussi, comme durant la période précédente, par des films qui dénoncent les zones d'ombres de l'histoire ou de la société américaine (JFK, American History X). De nouveaux réalisateurs (Quentin Tarantino, John Woo) permettent aussi un renouveau.
  • 207. La décennie 90 voit aussi le succès de nombreuses séries tv, comme par exemple « X-Files » ou encore Melrose Place.
  • 208. C) Depuis 2001, le leadership réaffirmé des EtatsUnis 1) Du choc de 2001 à l'excès de « hard power »  Les attentats font près de 3 000 morts, les États-Unis sont touchés au cœur.
  • 209. Les images et vidéos des attentats tournent en boucle pendant des jours et des jours, traumatisant le monde entier.
  • 210. • Les guerres de représailles : du consensus à l’unilatéralisme A l’annonce des attentats, 2 États se réjouissent officiellement : l’Afghanistan dirigé par le mouvement taliban et l’Irak. Ce sont ces 2 États qui subissent la répression, malgré les ramifications multiples d'Al-Qaïda, notamment au Pakistan et en Arabie Saoudite.
  • 211. Avec l’aval de l’ONU, l'Afghanistan est attaqué dès octobre 2001 et conquis en décembre : on peut parler de multilatéralisme
  • 212. Au passage, les États-Unis utilisent plusieurs bases en Asie centrale, ce qui déplaît à la Russie
  • 213. En 2003, les États-Unis prétextent la détention d’armes de destruction massives (fictives) pour attaquer l'Irak. Ils montrent qu'ils peuvent agir sans l'ONU et sans de nombreux pays industrialisés, ils font preuve d'unilatéralisme et suscitent la méfiance même chez leurs plus fidèles alliés.
  • 214. • Les États-Unis, au-dessus des lois internationales ? Dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, des « combattants illégaux » sont détenus dans le camp de Guantanamo, sans aucun respect des règles du droit international. En 2005, le Washington Post confirme que la CIA entretient des prisons secrètes dans des pays alliés où des détenus soupçonnés de liens avec AlQaïda sont torturés.
  • 215. Quel bilan pour cette dernière « guerre » ? -les pays « libérés » (Afghanistan, Irak) restent très instables, le résultat est modeste au vu des moyens colossaux déployés par les États-Unis -les États-Unis ont étendu leur influence militaire et économique (contrôle des ressources pétrolières irakiennes) -les États-Unis sont donc perçus comme impérialistes et se jouant des règles internationales
  • 216. 2) L'administration Obama : le retour à la raison ?  La difficulté de liquider l'héritage Bush -la mort de Ben Laden en mai 2011 ne signifie pas la fin des mouvements djihadistes, qui restent une menace importante pour la paix du monde -en 2009, Obama a promis que les États-Unis respecteraient désormais la Convention de Genève dans la guerre contre le terrorisme... mais pour des raisons juridiques, Guantanamo n'est toujours pas fermé...
  • 217. • Retour à davantage de multilatéralisme dans le cadre du « smart power » L'idée est que le « hard power » est nécessaire mais contreproductif s'il est employé seul, et qu'il faut donc le fusionner avec le « soft power ». Cependant, on a bien vu que le « soft power » repose sur des choses imprévisibles et aléatoires... le « smart power » serait donc plutôt une forme de « hard power » intelligent, réfléchi, et notamment adapté à la montée en puissance de la Chine.
  • 218. 3) Le renouveau du « soft power » dans la foulée de la révolution Internet
  • 219. -puissance des firmes américaines dans les secteurs de l’informatique, de la communication
  • 220. -au niveau culturel, on peut dire que les « recettes » déjà analysées précédemment (superproductions et films contestataires, on peut citer Michael Moore qui remporte la palme d’or à Cannes) ont été réemployées avec succès,
  • 222. on peut aussi noter un renouveau du genre de films pour enfants, avec l'inventivité des studios Pixar ou Dreamworks notamment.
  • 223. On notera aussi le poids croissant des séries tv dans le rayonnement culturel.
  • 225. Conclusion Depuis 1918, il apparaît clairement que les États-Unis se sont affirmés comme une puissance ouverte sur le monde. Cependant, les erreurs des années 2000 ont montré les limites d'un unilatéralisme devenu anachronique. Les États-Unis seront-ils capables de conserver leur leadership lorsqu'ils auront été dépassés économiquement par la Chine ?
  • 226. I) Un pouvoir de rayonnement considérable et aux relais nombreux A) La première puissance mondiale et ses pôles d'influence : « hard power » et « soft power » Puissance du territoire Riche, exploité, peuplé… le camp de base de l'influence mondiale New York et Chicago Commandent le Nord-est, le cœur éco des USA. Pouvoir économique (sièges FTN) et financier (bourses). NY : ville emblématique et martyre Washington Capitale politique, pentagone : décisions qui concernent la planète Los Angeles Rayonnement culturel mondial d'Hollywood B) Les relais de cette puissance L'ALENA Non placé Les pays accueillant le réseau échelon Zone de libre-échange au sein de laquelle les EtatsUnis sont en position dominante. Le Canada est de très loin le premier partenaire mondial des Etats-Unis Réseau d'espionnage économique, s’appuyant sur les bases US dans le monde et relayé par des pays fidèles aux Etats-Unis (environ 40 stations et des satellites)
  • 227. II) L'omniprésence mondiale des Etats-Unis A) Un rôle politique de premier plan Les "flottes" Non placé Interventions militaires récentes Les espaces stratégiques sous surveillance Symbolisent une présence militaire mondiale et le contrôle des lieux stratégiques. + : nombreuses bases Elles visent à préserver les intérêts des Etats-Unis et de leurs alliés, sans faire forcément l'unanimité internationale Raisons géopolitiques ou économiques, présence militaire ou intense activité diplomatique B) Une influence capitale sur l'économie mondiale Les échanges commerciaux Les Etats-Unis sont au cœur des échanges entre PI. Déficit commercial abyssal, mais largement lié à des importations de productions délocalisées Les espaces d'investissement (hors ALENA) Non placé Des pans entiers de l'éco y sont contrôlés par les firmes US. Conquête des marchés, délocalisations, et contrôle des ressources naturelles. 50% des invts vers l’UE Les espaces où l'influence éco est Trop pauvres (Afrique) ou trop peu sûrs (Russie) pour faible être attractifs, sauf pour des domaines très précis
  • 228. III) Attraction et contestation de la superpuissance A) Un modèle qui fascine L'immigration Considérable, elle est multiforme (des clandestins au "brain drain"), elle est un facteur de dynamisme et facilite les liens éco avec les pays émetteurs L'épargne Pour financer leur déficit budgétaire, les EtatsUnis émettent des bons du Trésor : ils vivent à crédit du monde entier (Japon, Etats pétroliers, et surtout Chine) B) Une puissance concurrencée Des pôles éco partenaires mais Potentiel éco solide qui concurrence les Etatségalement concurrents Unis, (exemple Airbus qui supplante Boeing), UE âpres négociations pour préserver leurs intérêts Union des nations sudLancée en 2008, pour contrer les ambitions US de américaines créer une zone de libre-échange des Amériques sous leur contrôle. Volonté de créer une « UE sud américaine » La Russie Puissance qui conteste l’influence américaine La Chine Développement rapide, seule puissance capable d'inquiéter les Etats-Unis à moyen terme C) Une puissance cible de l'hyperterrorisme d'Al Quaida
  • 229. L'inscription de la superpuissance des Etats-Unis dans l'espace mondial UE Chine Moyen -Orient Japon, Corée, Taiwan Amérique Centrale Union des nations sudaméricaines