Raisons

Opportunités

Risques

Conditions et perspectives




   Pour une rencontre fructueuse
   entre sciences de la cognition
   et éducation


                   Elena Pasquinelli
RAISONS
Nature de l’apprentissage
¤  Education is neither writing on a blank slate nor allowing a child's
    nobility to flower. 

¤  Rather education is a technology that tries to make up for what the
    human mind is innately bad at. 

¤  Children don't have to go to school to learn to walk, talk, recognize
    objects, or remember the personalities of their friends even though
    these tasks are much harder than reading, adding, or remembering
    dates in history...

¤  Because much of the content of education is not cognitively
    natural, the process of mastering it may not always be easy or
    pleasant, notwithstanding the mantra that learning is fun... they are
    not necessarily motivated in their cognitive faculties to unnatural
    tasks like formal mathematics. (Pinker 2002, p. 222)
①  Education =
   Technologie
   pour
   promouvoir les
   apprentissages
   qui ne nous
   viennent pas
   naturellement
②  Apprentissage
   = Fonction
   cognitive
   naturelle et
   ubiquitaire
③  Notre
   intuition
   nous induit
   souvent
   en erreur
Fallacies de l’intuition

¤  A. Illusions perceptives
    et cognitives
   ¤  Sensibilité aux patterns
   ¤  Hyperthrophie de la
       causalité
   ¤  ….
Fallacies de l’intuition

¤  B. Illusions méta-
    cognitives (optimistes)
   ¤  Attention
   ¤  Mémoire
   ¤  Compétence,
       Connaissance,
       Compréhension
Fallacies de l’intuition

¤  C. Biais de raisonnement,
    heuristiques
  ¤  Biais de confirmation
  ¤  Accessibilité
  ¤  Représentativité
  ¤  Contexte
OPPORTUNITÉS
①  Les sciences
   cognitives se
   tournent vers
   l’éducation
②  Elles apportent

1.  Connaissances

2.  Méthodes

3.  Un cadre théorique:
    modèles

4.  De nouvelles questions
    … et risques
Connaissances
                Mécanismes de
                l’apprentissage
                •    Mémoire

                •    Compréhension

                •    Expertise

                •    Spécificité de domaine de la
                     pensée

                •    Conditions nécessaires pour le
                     transfert (et ses difficultés)

                •    Rôle des processus méta-cognitifs

                •    …
Connaissances
                Limites de
                l’apprentissage
                •    Troubles de l’apprentissage

                •    Rôle des idées, connaissances,
                     structures, apprentissages
                     préalables

                •    Biais de raisonnement

                •    Apprentissages naturels et non

                •    Age, périodes sensibles, plasticité

                •    Fonction cognitives corrélées (ex.
                     Attention)
•  …
Connaissances

                Autres fonctions
                •  Emotions

                •  Cognition sociale
                    •  Pédagogie naturelle
                    •  Coopération
                    •  …

                •  Effets des nouvelles
                   technologies
Cadres théoriques & méthodes
RISQUES
Sullivan, Joshi, Leonard, 2010
                              Halpern, et al, 2011




①  Fallacie naturaliste =
   Considérer le savoir
   scientifique comme
   prescriptif, alors qu’il
   n’est que descriptif
Weisberg (2008)
                               Weisberg et al (2008)
                               McCabe & Castel (2008)




②  Effet persuasif du jargon
   et des images
   scientifiques
   (neurosciences)

•    Céder à l’allure
     persuasive des
     neurosciences

•    méprendre des
     descriptions de
     localisation pour des
     explications
Lilienfeld et al (2010)
                                   Della Sala (ed.) (2007)
                                   OECD (2002)
                                   Howard-Jones (2010)



③  Ne pas avoir la “bonne
   science”

•  Distorsion

•  Mauvaise interprétation

•  Simplification excessive

•  du savoir produit par la
   science


   du savoir produit par la scie
Neuromythes

      ¤  Mythe des trois
          premières années/et
          son opposé: mythe de
          la plasticité infinie ou du
          cerveau muscle




Bruer (1997)
Neuromythes

  ¤  Effet Mozart




Rauscher et al (1993)
Chabris (1999)
Neuromythes

    ¤  Mythe du cerveau droit-
        gauche




Gazzaniga et al (1985)
Goswami (2006)
Howard-Jones (2009)
④  Usage trivial
   des
   connaissances
   scientifiques
   (brain-based)

⑤  Méthodes sans
   base
   scientifique,
   mais qui
   utilisent un
   langage
   scientifique
   (brain-based)
Roediger & Karpicke
                               (2006)




⑥  Tentative d’application
   immédiate du savoir
   théorique général à la
   pratique sans passage
   par la preuve
   « clinique » de
   l’efficacité =

•    Impossible de savoir si
     ça marche réellement
     en classe
“a bridge too far?”

                  ¤  Les neurosciences ne
                      peuvent pas donner lieu à
                      des applications sans le
                      pont des sciences
                      cognitives




Bruer (1997)
“a bridge too far?”

                  ¤  La recherche en général
                      ne peut pas donner lieu à
                      des applications, si elle
                      n’est pas pensée pour
                      l’application et
                      accompagnée de mesures
                      d’efficacité qui se
                      déroulent dans la situation
                      d’application




                  Willingham (2010)
Feynman, 1974

⑦  Simplification excessive
   de la méthode
   scientifique (preuve des
   effets)

•    Type de Contrôles

•    Causalité/Corrélation

•    Significativité pour la
     vie réelle



⑧  Usage opportuniste et
   incomplet des résultats
   scientifiques (“cherry
   picking”)
Limites expérimentales des études
existantes




  Green, Bavelier, & Dye (2010)   Miller & Robertson (2010)
    Green & Bavelier (2008)
       Boot et al (2008)
      Owen et al. (2010)
Cartwright, 2008


⑨  Pointillisme de la
   recherche empirique:

•    Le savoir empirique
     peut être difficile à
     transférer dans des
     situations différentes de
     celles où il a été produit
     (contexte, contenu,
     typologie
     d’apprenants)

•    Il peut être difficile de
     contrôler les variables
     cachées si on n’a pas
     un modèle théorique
     qui explique les résultats
     empiriques
⑩  “Inutilité” du savoir
   produit (savoir non
   applicable):

•    Le savoir produit peut
     ne pas concerner la vie
     de l’apprenant

•    Le savoir produit peut
     ne pas répondre aux
     questions des
     éducateurs et
     problèmes de
     l’éducation

•    OU ne pas être
     accessible à ceux qui
     en sont concernés
CONDITIONS ET PERSPECTIVES
¤  Avoir la “bonne science”
   ¤  Savoir empirique (qu’est-ce qui marche)
   ¤  Savoir théorique (pourquoi ça marche – qu’est-ce qui pourrait
       marcher)
   ¤  produit par des méthodes rigoureuses et modèles solides


¤  L’utiliser à bon escient et éthiquement
   ¤  en connaissance de l’ensemble de la recherche
   ¤  en déclarant clairement ses limites et conditions de validité


¤  Produire du savoir utile
   ¤  par rapport aux besoins réels de l’éducation
   ¤  Et des apprenants

¤  Le diffuser de manière accessible
   ¤  Informer
   ¤  Former
Alliance entre recherche
théorique et empirique
•  Qu’est-ce qui marche
•  Pourquoi cela marche
•  Qu’est-ce qui pourrait marcher
Recherche translationnelle
  •  Production de nouveau savoir
  •  De la classe au laboratoire, du laboratoire à la classe
Le modèle médical
Médecine basée sur la                    Médecine
preuve                                   translationnelle
¤  EBM concerne l’utilisation du        ¤  TM concerne la production de
    savoir clinique en complément            nouveau savoir utilisable (utile et
    de celui biologique ou de                adopté) à partir de savoir plus
    l’expérience                             général
                                                ¤  Prise en compte du
        ¤  Classification et                       patient réel
            hiérarchisation des
            preuves                             ¤  Test cliniques des
                                                    interventions susceptibles
        ¤  Synthèse de l’information               d’avoir un effet
        ¤  Diffusion de l’information          ¤  Efficacité dans la vie
                                                    réelle
        ¤  Formation initiale et
            continue                            ¤  Conditions d’adoption
                                                ¤  Traduction des résultats
                                                    en politiques de santé
Un effort commun et fédérateur


¤  Au niveau
  ¤  Disciplinaire, entre sciences de l’apprendre et de la
      cognition humaine
  ¤  Du terrain et de la recherche
  ¤  International

Namur2012

  • 1.
    Raisons Opportunités Risques Conditions et perspectives Pour une rencontre fructueuse entre sciences de la cognition et éducation Elena Pasquinelli
  • 2.
  • 3.
    Nature de l’apprentissage ¤ Education is neither writing on a blank slate nor allowing a child's nobility to flower.  ¤  Rather education is a technology that tries to make up for what the human mind is innately bad at.  ¤  Children don't have to go to school to learn to walk, talk, recognize objects, or remember the personalities of their friends even though these tasks are much harder than reading, adding, or remembering dates in history... ¤  Because much of the content of education is not cognitively natural, the process of mastering it may not always be easy or pleasant, notwithstanding the mantra that learning is fun... they are not necessarily motivated in their cognitive faculties to unnatural tasks like formal mathematics. (Pinker 2002, p. 222)
  • 4.
    ①  Education = Technologie pour promouvoir les apprentissages qui ne nous viennent pas naturellement
  • 5.
    ②  Apprentissage = Fonction cognitive naturelle et ubiquitaire
  • 6.
    ③  Notre intuition nous induit souvent en erreur
  • 7.
    Fallacies de l’intuition ¤ A. Illusions perceptives et cognitives ¤  Sensibilité aux patterns ¤  Hyperthrophie de la causalité ¤  ….
  • 8.
    Fallacies de l’intuition ¤ B. Illusions méta- cognitives (optimistes) ¤  Attention ¤  Mémoire ¤  Compétence, Connaissance, Compréhension
  • 9.
    Fallacies de l’intuition ¤ C. Biais de raisonnement, heuristiques ¤  Biais de confirmation ¤  Accessibilité ¤  Représentativité ¤  Contexte
  • 10.
  • 11.
    ①  Les sciences cognitives se tournent vers l’éducation
  • 12.
    ②  Elles apportent 1. Connaissances 2.  Méthodes 3.  Un cadre théorique: modèles 4.  De nouvelles questions … et risques
  • 13.
    Connaissances Mécanismes de l’apprentissage •  Mémoire •  Compréhension •  Expertise •  Spécificité de domaine de la pensée •  Conditions nécessaires pour le transfert (et ses difficultés) •  Rôle des processus méta-cognitifs •  …
  • 14.
    Connaissances Limites de l’apprentissage •  Troubles de l’apprentissage •  Rôle des idées, connaissances, structures, apprentissages préalables •  Biais de raisonnement •  Apprentissages naturels et non •  Age, périodes sensibles, plasticité •  Fonction cognitives corrélées (ex. Attention)
  • 15.
    •  … Connaissances Autres fonctions •  Emotions •  Cognition sociale •  Pédagogie naturelle •  Coopération •  … •  Effets des nouvelles technologies
  • 16.
  • 17.
  • 18.
    Sullivan, Joshi, Leonard,2010 Halpern, et al, 2011 ①  Fallacie naturaliste = Considérer le savoir scientifique comme prescriptif, alors qu’il n’est que descriptif
  • 19.
    Weisberg (2008) Weisberg et al (2008) McCabe & Castel (2008) ②  Effet persuasif du jargon et des images scientifiques (neurosciences) •  Céder à l’allure persuasive des neurosciences •  méprendre des descriptions de localisation pour des explications
  • 20.
    Lilienfeld et al(2010) Della Sala (ed.) (2007) OECD (2002) Howard-Jones (2010) ③  Ne pas avoir la “bonne science” •  Distorsion •  Mauvaise interprétation •  Simplification excessive •  du savoir produit par la science du savoir produit par la scie
  • 21.
    Neuromythes ¤  Mythe des trois premières années/et son opposé: mythe de la plasticité infinie ou du cerveau muscle Bruer (1997)
  • 22.
    Neuromythes ¤ Effet Mozart Rauscher et al (1993) Chabris (1999)
  • 23.
    Neuromythes ¤  Mythe du cerveau droit- gauche Gazzaniga et al (1985) Goswami (2006) Howard-Jones (2009)
  • 24.
    ④  Usage trivial des connaissances scientifiques (brain-based) ⑤  Méthodes sans base scientifique, mais qui utilisent un langage scientifique (brain-based)
  • 25.
    Roediger & Karpicke (2006) ⑥  Tentative d’application immédiate du savoir théorique général à la pratique sans passage par la preuve « clinique » de l’efficacité = •  Impossible de savoir si ça marche réellement en classe
  • 26.
    “a bridge toofar?” ¤  Les neurosciences ne peuvent pas donner lieu à des applications sans le pont des sciences cognitives Bruer (1997)
  • 27.
    “a bridge toofar?” ¤  La recherche en général ne peut pas donner lieu à des applications, si elle n’est pas pensée pour l’application et accompagnée de mesures d’efficacité qui se déroulent dans la situation d’application Willingham (2010)
  • 28.
    Feynman, 1974 ⑦  Simplificationexcessive de la méthode scientifique (preuve des effets) •  Type de Contrôles •  Causalité/Corrélation •  Significativité pour la vie réelle ⑧  Usage opportuniste et incomplet des résultats scientifiques (“cherry picking”)
  • 29.
    Limites expérimentales desétudes existantes Green, Bavelier, & Dye (2010) Miller & Robertson (2010) Green & Bavelier (2008) Boot et al (2008) Owen et al. (2010)
  • 30.
    Cartwright, 2008 ⑨  Pointillismede la recherche empirique: •  Le savoir empirique peut être difficile à transférer dans des situations différentes de celles où il a été produit (contexte, contenu, typologie d’apprenants) •  Il peut être difficile de contrôler les variables cachées si on n’a pas un modèle théorique qui explique les résultats empiriques
  • 31.
    ⑩  “Inutilité” dusavoir produit (savoir non applicable): •  Le savoir produit peut ne pas concerner la vie de l’apprenant •  Le savoir produit peut ne pas répondre aux questions des éducateurs et problèmes de l’éducation •  OU ne pas être accessible à ceux qui en sont concernés
  • 32.
  • 33.
    ¤  Avoir la“bonne science” ¤  Savoir empirique (qu’est-ce qui marche) ¤  Savoir théorique (pourquoi ça marche – qu’est-ce qui pourrait marcher) ¤  produit par des méthodes rigoureuses et modèles solides ¤  L’utiliser à bon escient et éthiquement ¤  en connaissance de l’ensemble de la recherche ¤  en déclarant clairement ses limites et conditions de validité ¤  Produire du savoir utile ¤  par rapport aux besoins réels de l’éducation ¤  Et des apprenants ¤  Le diffuser de manière accessible ¤  Informer ¤  Former
  • 34.
    Alliance entre recherche théoriqueet empirique •  Qu’est-ce qui marche •  Pourquoi cela marche •  Qu’est-ce qui pourrait marcher
  • 35.
    Recherche translationnelle •  Production de nouveau savoir •  De la classe au laboratoire, du laboratoire à la classe
  • 36.
    Le modèle médical Médecinebasée sur la Médecine preuve translationnelle ¤  EBM concerne l’utilisation du ¤  TM concerne la production de savoir clinique en complément nouveau savoir utilisable (utile et de celui biologique ou de adopté) à partir de savoir plus l’expérience général ¤  Prise en compte du ¤  Classification et patient réel hiérarchisation des preuves ¤  Test cliniques des interventions susceptibles ¤  Synthèse de l’information d’avoir un effet ¤  Diffusion de l’information ¤  Efficacité dans la vie réelle ¤  Formation initiale et continue ¤  Conditions d’adoption ¤  Traduction des résultats en politiques de santé
  • 37.
    Un effort communet fédérateur ¤  Au niveau ¤  Disciplinaire, entre sciences de l’apprendre et de la cognition humaine ¤  Du terrain et de la recherche ¤  International