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WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel)
 

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Mémoire de fin de DUT Communication des Organisations soutenu en septembre 2010 à Bordeaux (Université Michel de Montaigne Bordeaux 3)....

Mémoire de fin de DUT Communication des Organisations soutenu en septembre 2010 à Bordeaux (Université Michel de Montaigne Bordeaux 3).

Certains passages, notamment les images sont en basse qualité dans la version ci présentée.

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    WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel) WEBDOC MAGAZINE (mémoire E.Poupel) Document Transcript

    • WEBDOCMAGAZINENUMÉRO 1 - SEPTEMBRE 2010 Mémoire de premier cycle universitaire DUT Information- Communication Spécialité Communication des Organisations Écriture et réalisation : Emma POUPEL LE MAGAZINE DU NOUVEL OUTIL MULTIMÉDIA AU SERVICE DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION Sous la direction d’Alain BOULDOIRES et de Vincent BENGOLD
    • Photographies d’illustration de la couverture tirées des web-documentaires suivants :(de gauche à droite de haut en bas)1ère ligne : Thanatorama / Piraterie en Somalie / Le Challenge : le procès du pétrole en Amazonie2ème ligne : Un Somalien à Paris / L’Obésité est-elle une fatalité ? / Le Challenge : le procès du pétrole enAmazonie / Les Communes de Paris3ème ligne : Les Bras de la France / Le Corps handicapé, vivre après l’accident / Brèves de Trottoirs / PrisonValley / La Vie rêvée des pavillons
    • PAGE 1 Avant-propos Pourquoi avoir choisi la forme magazine ? AVANT-PROPOS L’idée est venue d’elle-même au fur et à mesure des investigations menéessur le sujet du mémoire. En effet, plus l’étude du format web-documentaire avançaitet plus la linéarité dans le traitement d’un sujet, et en particulier celui du web-documentaire, semblait obsolète. Car la forme du mémoire «  traditionnel  » est très linéaire  : le cheminementprésenté au lecteur ne permet généralement pas d’aller-retour entre les parties. Lelecteur est censé partir du début « point A » pour atteindre la fin, « point B ».Et cette forme semblait aux antipodes de notre sujet : un nouvel objet multimédia etdélinéarisé.Dans le web-documentaire, le lecteur peut à tout moment accéder au menu (ici ils’agit du sommaire) et accéder directement au contenu qui l’intéresse spécialement.Les sujets sont présentés comme des domaines à explorer, s’appuyant sur unenarration sémantique. Il en découle un rapport privilégié avec le lecteur. C’est cerapport que j’ai voulu retrouver dans cette forme magazine. Cette idée, qui est le fondement du web-documentaire, est appliquée au papiervia le format magazine de ce mémoire. Utiliser le format magazine est donc un apportde cohérence avec le sujet interactif, c’est la mise en pratique du sujet étudié. Lapossibilité de lire les éléments de réponses au sujet de façon indépendante estproposée au lecteur. Comme dans le web-documentaire la linéarité est rompue. Leformat magazine permet donc de s’exercer à cette pratique délicate avec le défi dene pas s’éloigner du sujet, tout en s’approchant au plus près de la forme étudiée. Cette forme magazine est ainsi une alternative au format web-documentairequi lui est tout numérique. Car si l’idée de traiter le sujet du web-documentaire àtravers justement un web-documentaire est apparue, cette idée s’est très rapidementrévélée techniquement irréalisable au regard des compétences pluridisciplinairesnécessaires à sa réalisation Et surtout, la perte de tout support papier semblaitincompatible avec un mémoire.C’est ainsi qu’est née la forme magazine de ce mémoire.
    • SOMMAIRE SOMMAIRE PAGE 2Avant-propos 1Sommaire 2Éditorial 3 Acteurs 52Éléments 4 réalisateurs / artisans /plateformesphotographie / hyperlien / réseaux / organes de presse / agences desociaux / vidéo / carte... production / figures / internauteInteractivité 15 Précurseurs 59navigation / degrés d’interactivité Oulipo / hyperfictions / livres-jeu / cinéma photographié / audioramaQuestionnements 21 Naissance 64définition ? / documentaire ?/ loi ? / médias ? / évolution ? terminaux Internet / web journalismSujets 29 Solution 71sujets récurrents / sujets d’actualité surabondance informationnelle /eldorado du photojournalismeAudience etconsommation 31pratiques / fréquentation Marketing 72 professional branding / storytellingTechniques 33 Économie 73compétences / contraintes / logiciels économie d’Internet / business model / financements / subventionsFormes 37formes identifiées / séries Entreprises et marques 80 SFR / Lacoste / PoweradeÉcritures 43écriture du récit / usage de l’écrit Institutions 83 Ministère de la DéfenseNarrations 45Structure narrative /différentes narrations Communication 84 agences / festivalsJeu 49réel -virtuel / jeu en réalité alternée Table des matières 87Linéarité 51 Sources et Ressources 90délinéarisation / bibliographie / webographieconvictions contradictoires
    • EDITORIAL PAGE 3 Éditorial Pourquoi s’intéresser au web-documentaire ? Le web-documentaire est un nouvel outil multimédia en pleine définition dont les premières grandes productions sont apparues cette année. Certaines se sont même vues primées lors du dernier festival Visa pour l’image de Perpignan1. En plein essor sur Internet, son lieu de naissance et d’existence, et exploré tant par les journalistes, les chaînes de médias (Arte, Canal + et France Télévisions notamment) que par les agences de communication, cet «  ovni  » multimédia, encore méconnu du grand public pose de grandes questions tant au niveau de sa forme que de ses usages. De l’écriture aux financements, le web-documentaire est en pleine définition, mais semble très en avance car il présente déjà tous les critères des nouveaux médias. Considérés jusqu’il y a peu comme des gadgets, certains voient en ce nouvel objet Un «ovni multi- multimédia l’outil qui sauvera la presse de la crise actuelle. Et ce média encore sans compter les premières applications faites de ce nouvel outil méconnu du trans-média par les entreprises et dans les institutions (le format a grand public». déjà du succès auprès des ONG2). Encore méconnu du grand public le web-documentaire présente cependant toutes les qualités d’un nouvel outil performant et efficace au service de l’information, pour le traitement de sujets journalistiques, mais aussi de la communication, dans le cadre de campagnes de communication internes ou externes.1 Édition 2009 du festival2 Comme c’est le cas de la Croix-Rouge avec son web-documentaire sur le Tsunami ou du Samusocial avec laplateforme Danslapeaudunsansabri.com
    • Le web-documentaire : une oeuvre ELEMENTS PAGE 4complèteUne œuvre pluri média Plus loin encore, on peut également Le web-documentaire utilise tout ou trouver des diaporamas commentés, desune partie des médias disponibles sur animations en trois dimensions, des croquisInternet pour traiter un sujet. C’est une ou encore des émissions de radio.véritable expérience interactive qui est Encore une fois, il convient deofferte à l’internaute. souligner le format indéfini de notre sujet. Le web-documentaire intègre ainsi Enfin, avant de détailler tous cesplusieurs formats en son sein : éléments constituant le web-documentaire,photographies, textes, illustrations, vidéos, il est important de préciser qu’il n’y a pas debande sonore, cartes, hyperliens. Il peut présentation type, que ces éléments ne sontaussi offrir la possibilité à l’internaute de pas reliés entre eux de façon déterminée.laisser des commentaires, ou bien être relié Chaque web-documentaire est « aménagé »aux réseaux sociaux. selon son sujet et le choix de ses auteurs. Cette liste de formats intégrés dans le En ce sens, si on observeweb-documentaire n’est pas exhaustive. En généralement la présence d’un menueffet, tout ce qui peut illustrer ou expliciter le principal, ce n’est pas systématique.sujet peut figurer dans le web-documentaire. Hervé Chabalier3 explique à ce sujet :«  Ce qui est intéressant dans le web-documentaire, ce nest pas quelinteractivité mais le fait de pouvoir raconter « Les nouvelles technologies (...)une histoire en se servant à la fois de lécrit, enclenchent unede limage, du son, de la photo". Et il insiste nouvelle manièresur la dynamique apportée par l’utilisation de créer».de ces nouveaux médias  : "Cest pour çaque les nouvelles technologies ne sont pas Hervé Chabalierporteuses que de progrès techniques, ellesenclenchent une nouvelle manière de créer".3 Hervé Chabalier dirige lagence Capa
    • La photographie documentaire lorsqu’elle est associée au son.ELEMENTS PAGE 5 C’est d’ailleurs une des principales forces du La présence de la photographie dans web-documentaire  : la mise en avant de le web-documentaire semble, dans la plupart clichés photographiques grâce à des effets d e s w e b - d o c u m e n t a i r e s v i s i o n n é s , sonores percutants. primordiale. Enfin, la photographie peut aussi se Alternées avec la vidéo ou enchaînées présenter sous la forme d’une galerie en diaporama, les photographies sont d’images accessible depuis le menu principal généralement présentées dans un rythme du web-documentaire. Elle illustre alors lent. Le spectateur a le temps de les observer. souvent davantage que les lieux et les Et il y a souvent un effet de focus léger sur les personnages, et complète le sujet en photographies. présentant de nouveaux éléments. Elles sont souvent de très bonne qualité (qualité «reflex numérique») ce qui n’entrave pas la diffusion en Haute Définition du web-documentaire. Cependant, si l’image est souvent qualifiable de «  propre  » (les plans sont souvent originaux, les portraits très soignés, Photographie d’accueil du web- les couleurs vives, le flou maîtrisé) ce n’est documentaire «Un somalien à Paris» pas une généralité. Dans le web- documentaire «  Prison Valley  » (Arte) par exemple l’image sert vraiment le récit et joue en grande partie sur l’ambiance du web- documentaire. Mais dans le web- documentaire Concubines (France 5), les images de nuit sont quasiment toutes ratées. Photographie de la série de web- La série de clichés semble disséminée dans documentaires «Brèves de Trottoirs» le récit sans grande logique pour justifier l’étiquette web-documentaire au projet. On peut expliquer ces différences de qualités dans la photographie par la provenance des auteurs de web- documentaires  : certains sont originellement photoreporters, d’autres journalistes de presse écrite. La qualité peut alors s’en ressentir. Photographie extraite de «Voyage au La photographie intégrée au récit bout du Charbon» p re n d t o u t e s a f o rc e d a n s l e w e b -
    • ELEMENTS PAGE 6 Capture d’écran du web-documentaire «HomoNuméricus», photographie introduisant le portrait de la femme représentée. Capture d’écran du web-documentaire «Le Corps Incarcéré», photographie accompagnant le témoignage (voix) de l’homme représenté.Capture d’écran du web-documentaire «Les Communes de Paris»,Photographie extraite de la séquence de présentation de «Chatelêt»,une des sections du web-documentaire.
    • ELEMENTS PAGE 7 Le 360° Le concept du «  360°  » permet de plonger le spectateur au cœur d’une pièce ou d’un paysage comme s’il y était. Le web- documentaire frôle d’encore plus près la réalité avec cet outil. En effet, il s’agit de juxtaposer à l’aide d’un logiciel spécialisé plusieurs clichés bords à bords pour atteindre un panoramique complet. Le lecteur sera alors projeté au centre de ce 360° lorsqu’il visionnera le web-documentaire. Il y a d’ailleurs un web-documentaire, qui concerne encore le milieu carcéral, dont le 360° est un outil central utilisé par les concepteurs. Il s’agit «360degrees Perspectives on the U.S. Criminal Justice System  » où le lecteur est plongé dans l’univers des détenus (visite des cellules ou de leur foyer, entretiens avec leur psychiatre, leurs proches ou eux mêmes). Cette technologie, réalisée avec le logiciel QuickTime VR, donne une étrange impression de 3D. Illustration du 360° avec des captures d’écran du web- documentaire «360degrees»
    • ELEMENTS PAGE 8L’hyperlien ILLUSTRATION D’UN CAS D’HYPERLIEN DANS LE WEB- Le web-documentaire peut DOCUMENTAIRE «BRÈVES DE TROTTOIRS»également présenter de l’hyperlien. L’atout 1principal est de justifier le traitement dusujet en renvoyant le lecteur vers desréalisations extérieures renforçant ou Capture d’écran du menu du web-documentairecomplétant son propos. Il peut aussi s’agir «Brèves de Trottoirs»de réalisations sur lesquelles s’est appuyél ’ a u t e u r p o u r c o n s t r u i re s o n w e b - 2documentaire. Mais encore, il peut s’agirde documents évoqués dans le récit. En cesens, les références utilisées sontdirectement proposées au lecteur. Dans le web-documentaire, leshyperliens sont des éclairagescomplémentaires sur le sujet que le visiteurpeut, selon ses envies, explorer ou non. Capture d’écran de la rubrique «Infos» 3 Capture d’écran d’un article sur l’hiver des sans abris à Paris
    • ELEMENTS PAGE 9 Le son l’espace, au delà d’une découverte de la géographie des lieux. Comme évoqué plus haut avec la Dans le web-documentaire La Cité des photographie, le son a une réelle force dans le Mortes par exemple, vous pourrez accéder à web-documentaire. une carte de Ciudad Juarez (la ville « sujet » du Tout type de son peut prendre un rôle web-documentaire) où sont localisés tous les crucial  : le claquement d’une porte, une meurtres de femmes par quartier. Mais il s’agit alarme, un reniflement, ou encore un rire. là d’une carte « à la demande », car pour voir Associé à la photographie, l’effet produit sur le apparaître ces points sur la carte, il vous fait spectateur peut être à couper le souffle. En choisir le type de meurtre que vous souhaitez effet les sons prennent toute leur dimension visualiser. Pour les meurtres à l’arme blanche dans le web-documentaire  : on y entend des les points sont de couleur, et pour ceux non voix, des extraits radiophoniques ou élucidés de couleur, et ainsi de suite. Vous télévisuels, de la musique, des sons pouvez les faire apparaître les uns à la suite d’ambiance, des citations et dans certains cas des autres, ce qui vous donne, une fois tous la voix du ou des auteurs. les types de meurtres sélectionnés, un aperçu Il y a un véritable travail sur l’ouïe, les du nombre total de femmes assassinées dans sons retiennent parfois davantage l’attention cette ville. que les images. Dans la plupart des web- Autre exemple, dans «Brèves de documentaires il n’y a jamais de «blanc», les Trottoirs» le menu principal même est une voix s’enchaînent sur les musiques de fond, le carte. bruit du véhicule qui sert de trame principale Pour accéder aux portraits réalisés par au récit. les auteurs, vous devez déplacer la souris sur le plan de Paris. Il y a un portrait d’une personnalité iconoclaste parisienne par La carte interactive quartier, ils sont localisés sur la carte par un La carte est un élément très intéressant petit drapeau de couleur. Lorsque vous du web-documentaire. Dans la plupart des cas survolez l’emplacement de cette personne, elle est interactive et sert à repérer vous pouvez cliquer et accéder au reportage spatialement des faits mais aussi à se repérer ( de 4 à 10 minutes selon les cas). dans le web-documentaire, ce qui est un Vous choisissez donc grâce à la carte véritable double atout. d’une part de visualiser l’information qui vous Concrètement, l’internaute peut afficher intéresse, et d’autre part vous vous repérez grâce à cette carte des informations qui vont dans le récit. lui permettre de restituer les événements dans
    • ELEMENTS PAGE 10 Exemple d’apparition d’un portrait lors du survol de la carte interactiveCapture d’écran de la carte qui sert d’écran principal au web-documentaire «Brèves de Trottoirs» Agrandissement des fonctions proposées par la carte interactiveCapture d’écran de la carte interactive de «Cuidad Juarez» Capture d’écran de la carte de «PIB» Capture d’écran de la carte de «Prison Valley»
    • ELEMENTS PAGE 11 Les réseaux sociaux d’accès  » au web-documentaire et un véritable moyen de promotion instantané. L’intérêt pour le web-documentaire Le réseau social Twitter est par exemple le d’être « relié » aux réseaux sociaux (Facebook 5ème4 «  apporteur de trafic  » pour le web- le plus souvent, ou Twitter) réside dans le documentaire Prison Valley. développement de son audience d’une part, Logo Twitter en étendant sa visibilité, mais aussi dans le renforcement de son critère multimédia ou Dans la plupart des « pluri média ». cas, les réseaux sociaux Logo Facebook se limitent cependant à la simple fonction de En effet, la participation recommandation, avec par exemple l’option des internautes est, selon « J’aime » proposée aux membres du réseau les web-documentaires, plus ou moins mise Facebook. en avant, mais souvent perçue comme valorisante par ses auteurs. Car certaines interfaces facilitent plus que d’autres le partage de contenu entre internautes. Exemple de proposition de recommandation En donnant la parole aux internautes sur le d’une page sur le réseau Facebook (ici pour le sujet étudié dans le web-documentaire, les journal Libération). Il suffit que l’utilisateur clique sur le bouton «J’aime» et tout son réseau en sera auteurs ont différentes intentions  : voir les informé. internautes contribuer au sujet et apporter de nouvelles informations d’une part, mais espèrent d’autre part voir naître le débat. Le débat se fait soit en interne, c’est à dire dans le web-documentaire lui même (exemple dans «  Prison Valley  ») ou en prolongement sur les réseaux sociaux. La connexion à un ou plusieurs réseaux sociaux valorise l’aspect participatif et «  web 2.0 » du web-documentaire. Plus loin encore, certains web- documentaires permettent même leur visionnage intégral ou partiel sur les réseaux sociaux, qui deviennent alors une «  porte 4 Chiffre avancé par Joël Ronez, responsable du pôle web sur Arte France lors de «  La journée du webdocumentaire de la Communauté française »
    • ELEMENTS PAGE 12Capture d’écran du web-documentaire «India in Motion», exemple d’intégration des options derecommandation des réseaux sociaux dans la barre d’outils inférieure. Les logos Facebook et Twitter sontprécédés de la mention «Share this vidéo on social network» («partagez cette vidéo sur un réseau social»).La présence sur le réseau social n’est pas gage departicipation de qualité ? En effet, les web-documentaires sont nombreux et le réseau social est un outilincontestable dans la course à l’audience pour ces « ovnis » Internet.Mais la force du réseau social (il s’agit de Facebook ou de Twitter la plupart du temps)ne réside pas dans la quantité d’internautes abonnés : la force du réseau social vientde sa qualité.Cette idée, à laquelle sont confrontées toutes les marques présentes sur les réseauxsociaux, est absolument centrale dans le succès d’un web-documentaire à caractèreparticipatif.Ainsi la crédibilité de la communauté est le pilier central du web-documentaire : lapertinence des éléments complémentaires publiés et la qualité des commentaires. Cesont ces éléments mêmes qui feront la différence entre deux web-documentaires àl’interface similaire.Le nombre de membres et de billets postés ne reflète donc en rien la qualité departicipation du web-documentaire. Il s’agit de fédérer une communauté dynamiqueautour du web-documentaire.
    • ELEMENTS PAGE 13 Le commentaire Les réseaux sociaux ne sont pas seuls, Le web-documentaire permet, grâce à un autre outil participatif du web- cette possibilité, de renvoyer vers des documentaire existe. Dans certains cas, le pétitions ou des votes. Alors que les auteurs commentaire est proposé, en complément ou du web-documentaire n’auraient peut-être en alternative aux réseaux sociaux. pas prévu d’associer ces contenus à leur Ce commentaire peut être directement web-documentaire. Le rôle que peut prendre intégré au web-documentaire (la possibilité l’internaute peut ainsi être bien réel. de laisser un commentaire est donnée à Le web-documentaire peut alors certains moments clés du récit), ou bien devenir une arme de militant avec l’apport de souvent à la fin du visionnage dans une ces réactions à chaud, en pouvant dépasser rubrique spécialement créée. Le commentaire l’intention initiale des auteurs. donne une dimension collaborative ou La question de la modération se pose collective au web-documentaire. Les donc, et amène avec elle la question de la spectateurs peuvent grâce à cet outil donner censure. directement leur sentiment sur le document Car n’oublions pas que les sujets visionné ou sur le thème abordé, sur abordés dans les web-documentaires sont d’éventuelles incompréhensions ou sujets à de fortes polémiques (prostitution, désaccords avec le traitement du sujet. immigration, milieu carcéral, mort..) et donc Cette possibilité est parfois proposée sujets à d’éventuels débordements sur ces sous d’autres termes. «  Condoléances  » est forums. ainsi le terme employé dans « Thanatorama ». Capture d’écran des «condoléances» proposées dans le web-documentaire «Thanatorama».
    • ELEMENTS PAGE 14La vidéo L’illustration La présence de la vidéo est, avec la Bien que la photographie et la vidéophotographie, prépondérante dans le web- soient deux médias très utilisés dans les web-documentaire. documentaires, cet usage n’est pas exclusif. Il est en effet très rare de rencontrer un En effet,des illustrations sont parfoisweb-documentaire qui n’en fait pas usage. présentes et revêtent différents atouts. Les équipes de réalisation de web- Dans «La Crise Du Lait» par exemple,documentaire sont souvent restreintes, l e s i l l u s t r a t i o n s , i n t é g r é e s à d e scomparativement aux équipes engagées pour photographies en noir et blanc, servent àson homologue télévisuel. accéder aux contenus du web-documentaire. Il en découle pour la vidéo despratiques spécifiques : un cadrage plus intime, des plansserrés et souvent la pratique du regard-caméra lors d’interviews. La vidéo est d’ailleurs presque toujoursla trame conductrice du récit. C’est un piliercentral, souvent accompagné de la voix del’auteur. Elle fait le lien entre les photos les Capture d’écran du menu principal decartes et autres outils médias intégrés au «La Crise du Lait»récit.Capture d’écran de «La cité des Mortes».Les vidéos de web-documentaire sontancrées dans ce graphisme à la manièred’une télévision. Pour changer de vidéo ilfaut changer de chaine de télévision sur ceposte.
    • INTERACTIVITÉ PAGE 15 L’interactivité au coeur du web- documentaire Si la particularité du web-documentaire est de croiser plusieurs médias au sein d’une même production, un élément central les connecte entre eux  : l’interactivité. Ce critère donne la force même au web-documentaire, mais n’est pas sans risques. Aussi, bien que l’interactivité ne se résume pas aux choix de parcours dans le web- documentaire, nous verrons que certains auteurs choisissent pourtant cette forme d’interactivité. Concrètement, l’interactivité dans le web-documentaire consiste à offrir des choix de navigation à partir d’un menu ou sous forme de liens au sein du récit. Ces choix, matérialisés par des liens cliquables par l’internaute, permettent d’accéder aux contenus périphériques du web-documentaire, et sont généralement présentés sous forme hypertextuelle (parfois ils sont accompagnés d’une image ou d’un symbole). Différents degrés d’interactivité L’interaction entre l’usager et le web-documentaire est très aléatoire dans les web- documentaires. Ainsi, les internautes ont parfois la possibilité de contrôler uniquement leur cheminement au sein du web-documentaire (qui s’apparente à une exploration). Cécile Cros5 n’envisage pas de laisser intervenir l’internaute plus que dans les choix à faire avec l’interface. Elle insiste même sur «  le choix de ne rien faire  » qui doit être laissé aux internautes face au web-documentaire. Mais ils ont parfois la possibilité d’ouvrir des portes vers des éléments multimédias complémentaires (photos, vidéos, sons…). L’interaction est alors plus poussée car l’internaute, en plus de décider de son cheminement, va décider d’accéder à des contenus supplémentaires. Tout va dépendre ensuite de la «  maturité Internet  » de l’internaute. Rappelons que ces contenus sont des notes, des photos, des interviews dont les auteurs se sont servis ou ont réalisé durant leur enquête. C’est alors une visite « à la carte », dont l’internaute devient le maître. 5 Fondatrice de l’agence de production Narrative
    • INTERACTIVITÉ PAGE 16EXEMPLE DE L’INTERACTIVITÉ PARDEGRÉS DANS «360DEGREES»L’interactivité est présentée dans ce web-documentaire sous cette forme schématique.Au centre les récits de détenus (stories), puis desdonnées relatives au sujet comme le nombre dedétenus par exemple (dynamic data), vient ensuiteune chronologie (timeline), des liens vers desdocuments connexes (ressources), un forum dediscussion (dialogue), et enfin une rubrique deprésentation du projet (about).
    • INTERACTIVITÉ PAGE 17 L’exemple de « Prison Valley » : une interactivité à tiroirs Dans le web-documentaire «  Prison Valley  », l’interactivité est poussée car elle se présente via les différents médias au sein même du web-documentaire mais surtout, elle s’étale sur différents niveaux. C’est une interactivité « en profondeur ». On peut qualifier ces niveaux de «  tiroirs  » car ils s’imbriquent les uns dans les autres  ; pour accéder aux niveaux d’interactivité les plus élaborés, il faut passer par les premiers stades du récit. Plus vous avancez dans l’exploration du web-documentaire et plus nombreuses sont les possibilités d’interactions qui s’offrent à vous. On peut classifier l’interactivité du web-documentaire de cette façon : 1er stade : Le document se regarde d’une traite, avec de rares interactions indispensables à la poursuite du récit. Cela consiste pour 2 è m e s t a d e  : L a p o s s i b i l i t é l’internaute à cliquer sur «  retour au film  » (le d’approfondir certains sujets avec terme « film » surprend). des interviews complémentaires, la La compréhension de la navigation à ce consultation de statistiques, la stade du récit est aisée. Tout internaute ayant géolocalisation des faits rapportés déjà utilisé un CD-Rom peut arriver à suivre la dans le récit. Puis l’internaute revient trame du récit. au récit. Ce deuxième niveau est relativement accessible, surtout par 3ème stade : L’offre d’un système interne ce que dans Prison Valley les de discussion en temps réel. Les internautes sont graphismes sont très soignés et invités à échanger avec d’autres internautes qui l’internaute est visuellement guidé visualisent eux aussi le web-documentaire. Ce pour retourner au récit. procédé fait appel à la technologie Facebook Connect6, car les discussions transitent via le serveur du site Facebook. 4ème stade  : L’accès au forum du web-documentaire et la prise de position dans les débats lancés. L’internaute est y invité une fois tout le web-documentaire visionné. Ce niveau d’interactivité est aisé à gérer pour tout internaute ayant déjà participé à un forum quelconque sur Internet. En effet, la présentation et le fonctionnement du forum sont classiques et seule sa présence au sein d’un documentaire est une nouveauté. 6 « Facebook Connect » permet aux développeurs de pages Internet et de contenus web d’intégrer Facebook sur différents sites ou plateformes.
    • INTERACTIVITÉ PAGE 18 5ème stade  : L’entrée en contact direct avec les personnes présentées dans le récit. Cette fonctionnalité n’est pas disponible en continu. Les internautes avaient cette possibilité seulement au lancement du web-documentaire. Ils consistaient à des rendez-vous en direct via le tchat interne et sur le forum. Ce niveau d’interactivité est, au regard des autres web-documentaires étudié, une exclusivité 6ème stade  : Ce stade est la suite de «  Prison Valley  ». On peut en effet logique du précèdent, une fois les acteurs deviner que cette fonctionnalité est assez du récit interrogés par les internautes, le lourde à mettre en place pour les web-documentaire présente des rendez réalisateurs. vous hebdomadaires avec des spécialistes du sujet. Cette continuité dans l’interactivité proposée à l’internaute est un véritable atout dans le sens où le sujet n’est pas uniquement approfondi via la participation des internautes mais via l’apport de données spécialisées. Le fonctionnement est le même que pour le stade précédent, et est de la même façon relativement accessible. 7ème stade : Enfin, le web-documentaire invite les internautes à poursuivre le débatsur d’autres sites reliés (Yahoo, France Inter, Télérama, YouTube) à celui du web-documentaire.  A ce stade, l’interaction est plus aisée pour un internaute sans grande maîtrise desfonctionnalités qu’offre Internet. La participation est facilitée car elle ne se fait pas au seinmême du web-documentaire et la présence des vidéos est là pour cadrer l’internaute quiserait égaré dans toute cette sphère tournant autour du web-documentaire. Mais ilsemble tout de même préférable que l’internaute ait visionné le web-documentaire enintégralité pour prendre part aux débats. Aussi, on peut imaginer que ce dernier stade d’interactivité attire une nouvelleaudience, celle des sites sur lesquels le web-documentaire est partiellement retransmis.
    • Les défis de l’interactivitéINTERACTIVITÉ PAGE 19 L’interactivité, véritable apport de dynamiques au sein du web-documentaire doit cependant se confronter à quelques défis. D’une part pour l’auteur, et d’autre part, pour le visiteur. Pour l’auteur Et ce sans oublier que l’interactivité ne P o u r l ’ a u t e u r, l e s peut être une fin en soi, elle doit servir le questions liées à l’interactivité du sujet. Et ce point est peut être le défi central web-documentaire sont du web-documentaire  : ne jamais laisser le multiples. Ces problèmes contenant dépasser le contenu. d’écriture adaptée au format sont détaillés plus haut dans l’écriture du web-documentaire car elles se posent à l’auteur précisément au moment de la rédaction. Pour le visiteur Pour l’internaute, les problèmes d’interactivité sont rencontrés dès l’ouverture du web-documentaire. Il est en effet très rapidement précipité au cœur d’un document interactif dont il ne maîtrise pas toujours le fonctionnement. Confronté à une multitude d’éléments narratifs, à une histoire éclatée en fragments et disséminés tout au long de l’histoire, l’interactivité doit participer à l’enrichissement de l’histoire sans risquer de brouiller cette dernière. Et il est très délicat pour les auteurs de mesurer la capacité des internautes à gérer l’interactivité au sein du web-documentaire. Le risque pour le lecteur est que le déroulement du récit soit affecté par ses multiples possibilités d’interactivité. L’internaute est en effet habitué à offrir une audience passive (lors du visionnage d’un documentaire télévisuel).
    • INTERACTIVITÉ PAGE 20Le risque de l’interactivité L’interactivité limitée auxforcée choix de navigation Nous avons expliqué que Dans certains web-documentaires,l’interactivité n’est pas une chose aisément pour éviter de rencontrer les problèmes quemaîtrisée. nous venons de citer ou par souci deMais un internaute qui maîtrise l’interactivité simplicité dans le montage du web-ne fait pas forcément un internaute satisfait. documentaire, on constate que les auteursAndrew DeVigal7 dit: « Si elle est forcée, ont limité l’interactivité aux choix dans lal’interactivité peut très bien détruire un récit navigation.». Et c’est peut être l’interactivité la plus P o u r t a n t l ’ i n t e r a c t i v i t é e s t créatrice dans le web-documentaire. Enfondamentale au web-documentaire. effet, si on connaît le concept des jeux deDans «  Voyage au bout du Charbon  » par rôles, des blogs, des réseaux sociaux, leexemple, on sent parfois que l’interactivité web-documentaire est le premier outilest forcée. Elle est assez lourde, présente à multimédia qui permet un tel choix dechaque tournant du récit. À force de choix navigation dans le traitement d’un sujet réel.dans la navigation, elle fait perdre le fil des Dans ces web-documentaires, leévénements. Le rythme en est cassé, pouvoir de l’internaute réside dans l’ordrel’expérience du web-documentaire devient qu’il donne au récit. Il choisit quellesanxiogène pour le lecteur et le risque qu’il informations visualiser ou non.décroche est bien réel. Ce choix peut donner au web- documentaire une ambiance « reporter ». Le w e b - d o c u m e n t a i re d e v i e n t a l o r s l e documentaire dont vous êtes le héros. Cet effet a pour conséquence de renforcer le caractère immersif du web- documentaire mais ceci n’est pas anodin : le web-documentaire, bien qu’il traite de faits réels et souvent graves, n’est alors pas sans Illustrations de choix de navigation rappeler le jeu de rôle. dans le web-documentaire «Voyage au bout du Charbon»7 Andrew De Vigal est le responsable multimédia du New-York Times.
    • L’introuvable définition du web-QUESTIONNEMENTS PAGE 21 documentaire Un concept aux Une définition contours flous proche de celle Le web-documentaire d’Internet est un concept multimédia Mais s’il y a une aux formes encore définition dont le web- indéterminées. L’absence de documentaire peut Ce nouveau concept s’approcher, c’est la définition associe du texte, des photos, définition propre d’Inter net. En effet, les des cartes, des vidéos, du E n e f f e t , l e w e b - caractéristiques mêmes du son, des animations, et les documentaire se cherche web-documentaire réseaux sociaux, de façon encore, il n’y a donc pas de s’approchent fortement de interactive et didactique. On définition précise. C’est une celles d’Internet. A savoir : un p e u t p a r l e r d e c o n c e p t nouvelle pratique observée produit disponible sur «  h y p e r m é d i a  »  : c ’ e s t s u r I n t e r n e t d o n t l e s Internet, associant de l’agencement et l’exploitation principaux acteurs (la presse, multiples médias (vidéos, des différents outils qu’offre les photo reporters, les sons, cartes…), dont I n t e r n e t e n u n e u n i q u e maisons de productions, les l’agencement est l’œuvre production autour d’un sujet. d o c u m e n t a l i s t e s , l e s d’un d’auteur. Tous ces Et chaque nouveau sujet est journalistes, les agences de éléments sont en interaction l ’ o c c a s i o n d ’ u n n o u v e l communication entre autres) avec le spectateur. Le web- agencement. Il n’y a pas de cherchent encore la forme documentaire est donc le genre unique, de modèle, de exacte et les limites. «  produit Inter net  » par format prédéfini ou identifié. E n c o n s é q u e n c e , excellence, ou du moins une plusieurs terminologies sont f o r m e t r è s a b o u t i e d e d o n c e m p l o y é e s p o u r l’association des différents désigner le w e b - outils Internet. Plus qu’une documentaire  : le journal en expérimentation multimédia, ligne LeMonde.fr le qualifie c ’ e s t u n e d é m a rc h e d e par exemple de «  visuel « médium total ». i n t e r a c t i f  » o u d e « documentaire multimédia ».
    • QUESTIONNEMENTS PAGE 22Une nouvelle Une discipline enméthode de évolutiontraitement d’un constantesujet En effet, le web- d o c u m e n t a i re n ’ e s t p a s Le web-documentaire Une nouvelle encore totalement défini et ilest une nouvelle forme de semble qu’il continuera à seréponse à un sujet  : c’est un architecture au chercher encore. Car il netraitement croisé de documentaire pourra trouver sa formelinformation au service d’un Le web-documentaire propre tant qu’Internet serasujet. C’est une nouvelle apporte en effet une nouvelle en constante évolution (sonfaçon de traiter un thème, architecture8, ou structure au caractère principal étantmais surtout de raconter une récit documentaire. l’exploitation des outilshistoire. L e d o c u m e n t a i r e Internet). Ce nouveau traitement classique, visionné à la Ainsi le web-implique une nouvelle forme télévision, est défini comme documentaire semble être,décriture multimédia. Il s’agit «  u n f i l m d i d a c t i q u e pour une durée impossible àen fait d’une histoire que l’on p r é s e n t a n t d e s f a i t s évaluer aujourd’hui, voué araconte grâce à l’assemblage réels  n’intervenant pas sur le être un outil protéiforme.des outils exploitables sur déroulement des faitsInternet. Il en résulte relatés ».l’aménagement d’une Cette définition peutinterface autour d’un récit. s’appliquer au web- documentaire à condition de préciser son caractère pluri média, apporté par son canal de transmission, Internet. E n c l a i r, i l s ’ a g i t généralement d’une enquête jour nalistique interactive conçue pour Internet. 8 Terme employé par Monique Simard, directrice générale du Programme français de l’Office National du Film (ONF) dans une interview de Charles Gervais pour alternatives.ca.
    • QUESTIONNEMENTS PAGE 23 Une discipline méconnue du grand public Enfin, il est important de signaler que le web- documentaire est un outil si récent qu’il est encore méconnu du grand public. Quelle est la différence Comme le dit Aurélie avec un documentaire Hamelin9 «dans les milieux diffusé sur Internet ? de l’audiovisuel, on en parle beaucoup, mais le grand La différence entre un documentaire diffusé sur public n’identifie pas encore Internet et un web-documentaire réside dans les caractères bien ce genre ». mêmes du web-documentaire. C’est-à-dire la non linéarité Ce qui n’est pas et le caractère pluri média de ce dernier, que ne possède étonnant compte tenu de la pas le « simple » documentaire. difficulté des milieux En effet, un documentaire diffusé sur Internet n’est autre spécialisés (web, médias, que l’utilisation du médium Internet comme un canal de communication…) à définir diffusion, sans agir sur la forme propre du documentaire et le genre. sur son contenu. Sur Dailymotion10 ou Youtube11, par exemple, il est possible de trouver des documentaires précédemment diffusés à la télévision qui trouvent sur Internet un second public. Mais le web-documentaire est plus que cela : il détient ses critères multimédias spécifiques qui le rendent impossible à qualifier de «  simple  » documentaire. C’est un nouvel outil multimédia construit pour Internet et exclusivement diffusé sous cette forme sur Internet. En ce sens, un web-documentaire est donc en aucun cas la rediffusion d’un documentaire sur Internet. 9 Aurélie Hamelin est responsable du pôle contenu média global de France Télévisions 10 Dailymotion est une une plateforme dhébergement, de partage et de visionnage de vidéo en ligne. 11 YouTube est une plateforme d’hébergement, de vidéos sur lequel les utilisateurs peuvent envoyer, visualiser et partager des séquences vidéos.
    • QUESTIONNEMENTS PAGE 24Quelles lois pour le web- À savoir, aux Etats-documentaire ? Unis les règles sont différentes : le Le web-documentaire n’a pas de définition légale propre. C’est producteur du web- documentaireune œuvre multimédia et légalement les œuvres multimédias sont très détient tous lesdifficiles à encadrer. En effet, chaque création ne repose pas droits. Les artisans du projet sont alorsforcément sur les mêmes lois. considérés commeLe web-documentaire peut ainsi s’appuyer sur les lois du logiciel, les des techniciens.lois des bases de données ou encore les lois de l’œuvre audiovisuelle.Car il peut correspondre à ces trois catégories d’outils numériques.On constate ainsi l’existence d’un vide juridique.Le web-documentaire est une création collective. Il s’agit d’un travailréalisé par des professionnels spécialisés dans des domainesdifférents qui ne sont pas protégés par les mêmes lois. Et cela amène la question du droit d’auteur pour ces différentespersonnes concourant à la réalisation d’un même projet.Pour cela, il est possible de qualifier le web-documentaire d’œuvrecollective ou d’œuvre de collaboration, ou encore d’œuvre composite.Il s’agit de qualifications légales. Celles-ci permettent aux différentsartisans ayant contribué au web-documentaire de protéger une partiede leur travail. Ainsi, bien qu’il soit impossible de qualifier légalementle web-documentaire dans son intégralité d’œuvre audiovisuelle, il estpossible de considérer les différents éléments le composant commedes œuvres audiovisuelles indépendantes. Le web-documentaire est alors considéré légalement commeune œuvre multimédia collective ou comme un assemblage d’œuvresaudiovisuelles.
    • Le web-documentaire au cœur desQUESTIONNEMENTS PAGE 25 évolutions des médias On emploie alternativement les termes «  multimédia  », «  pluri-média  », «  trans- média », « cross-média » et enfin « rich-média ». Bien que ces termes se rejoignent (et soient pour certains presque des synonymes) ils peuvent tous plus ou moins correspondre au web-documentaire. Il convient donc de les définir plus précisément afin de situer le web-documentaire qui navigue entre ces différents concepts. Le multimédia pour un même sujet mais ces derniers peuvent être utilisés de façon dissociée. La Le multimédia est la combinaison de stratégie pluri-média consiste par exemple médias (textes, images, graphiques, sons, pour une entreprise à penser ses supports vidéo) au sein d’un objet numérique de communication interne (newsletter, commun. Le multimédia correspond ainsi jour nal d’entreprise, événements, au traitement simultané de ces médias intranet…) comme un tout et non plus grâce à une programmation informatique. comme des supports de communication Cette programmation rend la lecture de pris individuellement. L’idée du pluri-média l’objet numérique possible depuis un est de faire que ces outils se complétent ordinateur. dans une même logique. Ce dispositif peut Le web-documentaire correspond bien à s’apparenter à celui d’un plan de cette définition, dans le sens où la communication mais, plus que ça, il s’agit particularité du web-documentaire est ici de porter une réflexion globale sur un sujet, mise en évidence  : l’usage de plusieurs en utilisant différents médias. Le pluri- médias. média implique, dans ce cas d’une Cependant, cette définition n’est pas communication interne, une cohérence complète, il manque le caractère interactif éditoriale totale de toutes les productions du web-documentaire. de l’entreprise, quelques soient les supports. Le pluri-média De même pour le cas du web- La définition du pluri-média documentaire  : il s’agit d’une réflexion s’approche de celle du multimédia : il s’agit d’auteur sur un sujet, mis en forme dans le de la combinaison de plusieurs médias. web-documentaire en combinant différents Cependant, le traitement de ces médias de façon à répondre avec le plus médias n’est pas simultané. Ainsi le pluri- de cohérence possible à ce sujet. média désigne l’usage de plusieurs médias
    • Le cross-média spécificités de chaque média sont en effet QUESTIONNEMENTS PAGE 26 prises en compte, ce qui n’est pas le cas du Le cross-média est le principe de la cross-média.mise en réseau des médias. Ce terme Ainsi le même contenu n’est pas décliné surdésigne l’usage rationnel de plusieurs chaque média, chaque média présentant lemédias, mais il se distingue du multimédia même sujet mais d’une façon qui lui estcar il ne sollicite pas l’attention de l’individu propre. L’utilisateur a alors la possibilitédepuis un même lieu et à un même moment. d’entrer dans le sujet par différentes En effet, le cross-média n’a pas le «  portes  », c’est-à-dire par différents médiascritère synchronisé du multimédia qui portant le sujet.mélange le son, le texte et la vidéo sur un À grande échelle le trans-média peutseul support numérique. Dans le cross- correspondre à un jeu à taille humaine où lesmédia, les médias utilisés sont utilisés les uns événements du jeu arrivent au spectateur viaaprès les autres. son mobile Internet ou la radio (comme nousÀ la différence du pluri-média, le cross média l’avons expliqué avec les ARG).ne véhicule pas forcément un même À l’échelle du web-documentaire il s’agitmessage sur les différents médias utilisés. d’utiliser les différents médias qui lePar exemple, pour une agence publicitaire, le composent en fonction de l’intérêt que revêtcross-média consiste à décliner une chaque média  : le témoignage d’un individucampagne sur différents médias (radio, se transmet avec une plus grande réalité viatélévision, presse..). C’est la combinaison et le son ou la vidéo que via le texte, le portraitl’utilisation coordonnée de différents médias via la photographie ect..au service d’une même stratégie. A savoir, la société de téléphonie Orange aL’intérêt du cross média est de créer des lancé un laboratoire du trans-média. Il estinteractions entre les médias utilisés. explorable à l’adresse :Ainsi on peut qualifier le web-documentaire http://www.transmedialab.org .de cross-média uniquement lorsque celui-làconnaît une version déclinée à la télévision. Le rich-mediaEn effet, le web-documentaire n’est pas Enfin, le rich-média désigne un formatintrinsèquement cross-média  : il fait appel à numérique composé d’animations utilisant dudifférents médias, mais ceux-ci sont son, de la vidéo ou encore des photographiesregroupés en un même support. basés sur la technologie Flash avec la particularité de proposer des interactionsLe trans-media avec l’internaute. Le rich média est beaucoup utilisé dans la publicité car il permet de Le trans-média consiste, comme le proposer sur Internet des publicités trèscross-média, à développer un contenu dynamiques à l’internaute. Le rich-média anarratif sur plusieurs médias. Cependant, le cette particularité qui fait aussi la force ducontenu développé sur chaque média est web-documentaire  : l’interaction avecdifférent.  Les capacités d’interaction et les l’internaute.
    • Parle-t-on de web-documentaire ou deQUESTIONNEMENTS PAGE 27 web-reportage ? Les deux terminologies sont utilisées mais la plus fréquente est «  web- documentaire ». Il est possible d’utiliser les deux termes, mais le terme web-documentaire semble plus approprié, c’est pourquoi nous l’utiliserons. Les différences entre le web-documentaire et le web-reportage sont celles existant déjà entre le documentaire et le reportage. Le documentaire relève du champ artistique et cinématographique alors que le reportage relève quant à lui du champ journalistique. Ainsi le documentaire se distingue du reportage par l’angle utilisé d’une part, le point de vue présenté et la pérennité. L’angle utilisé n’est pas le même  : dans le documentaire lauteur ramène les faits réels à lui même («  je pars à la rencontre d’ouvriers de la mine  ») alors que pour le reportage c’est l’inverse (« les ouvriers vont à la mine »), la réalité présentée est ramenée au spectateur. Le point de vue est en ce sens plus affirmé dans un documentaire que dans un reportage. Un même sujet n’est donc pas traité de la même façon dans un documentaire et dans un reportage. Dans ce dernier est présenté un fonctionnement et ses conséquences, alors que dans le documentaire sont présentées les causes de cette situation, les mécanismes qui amènent cette situation. Les enjeux ne sont donc pas les mêmes. Le documentaire présente donc un questionnement plus complexe, il porte une dimension d’analyse. Aussi, les sujets du documentaire sont des sujets qui s’inscrivent dans le temps, les documentaires sont voués à durer. Ils témoignent de leur époque : c’est une mise en perspective. Ce n’est pas le cas des reportages qui, eux, sont plus dans l’actualité, ils sont liés au présent. Ils ne sont pas conçus pour durer, ils sont dans l’instant. Ainsi la notion de temps est aussi très importante pour différencier ces deux genres. Cependant, il n’y a aucune hiérarchie entre ces deux genres, le documentaire n’est en aucun cas d’une meilleure qualité que le reportage. Il existe de mauvais documentaires et de bons reportages, et vice versa.
    • QUESTIONNEMENTS PAGE 28Le web-documentaire est donc enconstante évolution ? Depuis l’apparition des premiers véritables web-documentaires en 2007 (quin’étaient pas de simples diaporamas accompagné d’une bande son), on observe une netteprogression du genre.En effet, si comme nous l’avons annoncé plus haut le genre ne sera pas arrêté tantqu’internet continuera d’évoluer, le web-documentaire a malgré tout significativementgrandi.Guillaume Blanchot12, décrit bien cette évolution  en parlant des projets en demande desubventions «On ne reçoit plus comme au début des web-docu conçus comme descompléments, un peu comme des bonus de DVD». Désormais loin de la présentation de clichés photographiques sur fond de musiqued’ambiance montée sur PowerPoint, le web-documentaire est un genre évolutif à part.Entémoigne Alexandre Brachet, de l’agence de création de web-documentaires Upian, quireconnaît aussi cette évolution dans ses propres productions : «En 2002, avec “La Cité desmortes”, on essayait dutiliser les contenus différents, vidéos, photos, cartographie. Puisdans “Thanatorama”, on a vraiment introduit linteractivité, puisque linternaute en est lehéros… mort ! Enfin, avec “Gaza/Sderot”, on a intégré graphisme et technologies àlhistoire, puisquil sagissait de décrire les vies parallèles dans ces deux villes, avec parexemple une frontière entre deux écrans sur le site». Le genre web-documentaire est donc un genre expérimental qui se cherchecontinuellement une place à la croisée des médias. Capture d’écran de la page daccueil du web- documentaire «Thanatorama», «une aventure dont vous êtes le héros mort» précise le site avant de commencer le récit.12 Guillaume Blanchot est Directeur des nouveaux médias du Centre National du Cinéma et de l’imageanimée (CNC)
    • SUJETS PAGE 29 Quels sujets pour le web-documentaire ? Les sujets traités par les web- documentaires sont très variés. Mais on peut leur reconnaître un dénominateur commun  : les sujets abordés sont audacieux. On pourrait supposer, au regard de la charge de travail que demande la réalisation d’un web-documentaire, que les sujets abordés seraient légers et divertissants. Bien au contraire, il s’agit dans tous les web- documentaires rencontrés de sujets lourds et complexes. Comme si le web-documentaire venait répondre aux sujets les plus délicats à traiter. La prison, la mort et les grands conflits Quels sont les politiques actuels sont les trois thèmes risques dans cette dominants les web-documentaires français, nouvelle façon de dont la réalisation est la plus aboutie et surtout les plus vus. traiter un sujet ? Avec «  Le corps incarcéré  », «  Prison Les risques que présente ce nouveau Valley  », «  Thanatorama  », «  La Cité des traitement concernent principalement la Mortes  » ou encore, «  Gaza/Sderot  » et navigation à laquelle l’internaute n’est pas Havana/Miami  » , le web-documentaire se habitué. Si celle ci est trop complexe le risque présente comme une nouvelle forme de est de «  perdre  » l’internaute qui, lassé de réponse aux thèmes les plus dérangeants de chercher comment se déplacer, quittera le notre société actuelle. web-documentaire. Mais ce n’est pas tout, ce traitement innovant peut aussi « tuer « le sujet si la forme prend l’ascendant sur le fond. En effet la forme très interactive peut « polluer » le récit, le destructurer. Ainsi le contenu, qui est la substance même du web-documentaire et sa raison d’être, doit rester maître sur le contenant, comme dans tout autre projet,
    • SUJETS PAGE 30Le web-documentaire est-il adapté autraitement de sujets d’actualités dits« chauds » ? Sur Internet, l’information est souvent brute, les billets d’actualité ressemblenténormément à la dépêche AFP et ne sont pas très différents entre les différents journauxen ligne.On appelle cela du « flash journalism » : les articles sont courts sans réelle profondeur etrarement accompagnés d’illustrations multimédias. Pourtant le web-documentairepourrait être un réel apport de profondeur en élargissant le traitement de l’actualité aumultimédia. Mais le web-documentaire coûte cher, c’est un format lourd à mettre en place(professionnels, matériel, temps de réalisation, investigations..) et il est souvent réservéaux sujets magazines. Pourtant on peut imaginer que certaines formes de web-documentaires « allégés » s’adaptent à l’actualité chaude et soient réalisés en un tempsbeaucoup plus court. Il s’agirait dediaporamas sonores avec uneinteractivité un peu plus légère. Vers une industrialisation du processus de création ?Lemonde.fr a par exemple couvert le Selon la rédactrice de la chaînesommet de Copenhague en direct sur France24.com Karine Broyer : «Le but estson site Internet via le multimédia. Ce dindustrialiser le processus». La chaîneprocédé est du «  live journalism  » qui d’informations internationales France 24vient de la radio et de la télévision. Il réfléchit en effet à une organisationconsiste à faire vivre en direct un spécifique de son équipe web pourévénement au public (procès, émission réaliser des web-documentaires en 24 oude télévision, débat politique, match 48 heures sur des sujets d’actualité chaude.sportif). Ainsi la forme du web-documentaire, bien qu’elle soit plus contraignante qu’unarticle « classique », semble adaptée aux « news » dans le sens où elle est un véritableapport de profondeur dans le traitement du sujet. La forme du web-documentaire doitcependant être un peu allégée pour permettre de raccourcir le délai de création etpermettre aux internautes d’y accéder le plus tôt possible. Il reste aux journalistes àmaîtriser ce nouvel outil et d’en faire un atout, ce qui permettrait aux journaux en lignede faire une véritable différence avec les éditions papier.
    • Quelle est l’audience des web-AUDIENCE ET CONSOMMATION PAGE 31 documentaires ? L’audience des web-documentaires est, tout comme l’outil en lui-même, encore floue. En effet, si l’on connaît le nombre de visites uniques et le temps moyen de visite de certains web-documentaires, on ne sait pas vraiment qui « accroche » à ce nouveau format. D’une façon générale, il semble que les jeunes générations, habituées à chercher l’information sur le médium Internet, sont demandeuses de nouveaux formats et de nouvelles approches de l’information. Le boom des blogs et des réseaux sociaux en témoigne, le « do it myself  » est devenu une banalité, les jeunes générations connaissent le processus de publication d’une information, aussi futile soit elle, sur Internet. Elles ont en effet vu naître les nouveaux médias numériques et ont bouleversé les usages des médias. La presse traditionnelle n’est plus le seul médium des nouvelles générations qui choisissent ce qu’elles regardent et veulent participer. Le web-documentaire semble en ce sens un nouvel outil pour la « digital native generation ». A cela il faut ajouter les internautes dans leur globalité (la France comptait en 2007 plus de 30 millions d’internautes)  : selon Médiamétrie ce sont 5, 9 millions de français qui regardent une vidéo par jour. «Voyage au bout du Charbon» a ainsi reçu la visite de 70 000 internautes, mais ce chiffre est a prendre avec précaution car ce web-documentaire a bénéficié d’une large publicité sur Internet. Il n’est donc pas représentatif de l’ensemble des web-documentaires qui forment un ensemble hétérogène. Affiche du web-documentaire «Voyage au bout du Charbon»
    • Quelles sont les pratiques de AUDIENCE ET CONSOMMATION PAGE 32consommation et de fréquentation desweb-documentaires ? On observe de grands changements dans les attitudes de consommation desinternautes. En effet, la consommation de contenus audiovisuels s’est individualiséavec la généralisation des ordinateurs et des terminaux Internet personnels. Lesinternautes ont aussi changé leur temps de consommation, désormais leur attentionest sollicitée de toutes parts  :ils sont devenus moins attentifs au contenu multimédiaqu’ils visionnent. À cette baisse de l’attention en ligne il faut ajouter le phénomène de« multi-tasking » : les internautes font plusieurs choses à la fois, ils ne s’attardent passur un sujet mais en « consomment » plusieurs simultanément. C’est dans ce contextedélicat que le web-documentaire tente de se faire un public. Pour ce qui est de la fréquentation des web-documentaires, elle est modérée.En effet, la fréquentation est moindre que certaines vidéos au contenu beaucoupmoins travaillé qui ont fait le buzz13 sur YouTube (extrait d’émissions de télé réalitéentre autres). Les chiffres sont rares, on sait que la durée moyenne de visite du web-documentaire «  Gaza/Sderot  » est de 6,30 minutes14 en moyenne. Cette durée estcomparable à celle observée à la télévision pour un documentaire. Pour « Voyage aubout du Charbon », plus de la moitié des internautes l’ayant visionné sont restés plusde 10 minutes15 ce qui est considérable pour Internet.13 Le buzz (anglicisme de bourdonnement) est un concept marketing traduisant ce que lon pourraitdécrire en français comme un écho. Il s’agit d’un engouement soudain des internautes pour une vidéo,un article, ou un site internet. Celui-ci est repris sur des blogs, des sites spécialisés, des réseauxsociaux et devient notoire en quelques jours voir parfois quelques heures.14 Durée avancée par Alexandre Brachet de la société Upian ayant produit ce web-documentaire lorsd’un débat diffusé sur le site de la SCAM, intitulé « Doc on Web ».15 Durée avancée par Samuel Bollendorff lors d’une interview de Canon SA disponible sur le site owni.fr
    • QuellesTECHNIQUES PAGE 33 Le web-documentaire est très long et très compétences sont complexe à réaliser. Il est nouveau et il n’y a nécessaires à la pas de modèle de création défini. Chaque réalisation d’un web- documentaire disponible aujourd’hui a été documentaire ? conçu a sa façon. A cela il faut ajouter le caractère précaire de Les compétences nécessaires à la la plupart des corps de métiers auquel il fait réalisation d’un web-documentaire sont aussi appel (journalisme, montage, développement vastes que le panel d’outils que ce dernier Internet). utilise. En résulte des mutations importantes dans L’écriture du sujet, les recherches sur le sujet, les conditions de travail  pour les différents les photographies, les interviews à réaliser, acteurs du web-documentaire : dégradation les outils interactifs à définir, le paramétrage, du salaire (car bénéfices incertains), réduction l’intégration, l’exploitation, le design du site des moyens généralement disponibles (car l ’ h é b e r g e a n t , l a m o d é r a t i o n d e s pas de modèle économique), standards de c o m m e n t a i r e s … To u t e s c e s t â c h e s qualité ambigus (car pas ou peu d’historique), concernent énormément de corps de métiers délais imprécis, incompréhensions dans la différents (que nous verrons plus loin). On répartition des tâches et tâches non peut cependant déjà citer le journaliste, le maîtrisées attribuées (pluralité d’auteurs sur photographe, le technicien du son, et le web un même projet), format «  type  » inexistant, designer. flou sur les financements, absence de Les compétences requises sont très générique de fin, préoccupations juridiques nombreuses et transforment les réalisateurs sur les notions d’auteurs et sur les droits. de web-documentaires en de véritables Mais surtout, comme il n’y a pas «  une  » hommes-orchestres. profession spécialisée en web-documentaire, Mais, si les compétences techniques les auteurs viennent de différents univers que demande un tel format sont complexes, il p a r f o i s i n c o m p a t i b l e s . A i n s i l e s n’est pas possible de s’improviser expert. professionnels d’Internet sont habitués aux Le web-documentaire est donc très lourd à cadences des projets de communication (car mettre en place. C’est un outil qui offre de le modèle économique impose une grande nombreux agencements possibles, mais qui réactivité). Alors que les professionnels issus est délicat à organiser, tant les possibilités du l’univers de l’audiovisuel sont eux habitués sont nombreuses. à rythmer leurs projets par des commissions Quels changements d’écriture puis par des commissions du CNC, du SCAM, des régions… Au final, les deux le web- univers ne vont pas à la même vitesse et documentaire amène lorsqu’il s’agit de créer un web-documentaire -t-il dans les l’enjeu est de trouver un rythme et des conditions de méthodes de création communes. travail ?
    • Quelles sont les contraintes techniques TECHNIQUES PAGE 34rencontrées lors de la réalisation d’unweb-documentaire ? Les contraintes techniques sont nombreuses  : organisation du travail entre lesdifférents acteurs (photographes, auteurs, développeurs web, web designers) d’une part,mais plus concrètement ce sont les questions matérielles qui semblent poser les plusgrands problèmes.En effet le web-documentaire est une œuvre complexe qui implique une très bonneorganisation de la matière collectée sur le terrain. De plus, il est nécessaire d’anticiper laforme qu’aura le web-documentaire et de réaliser un très bon travail préparatoire enamont. Les réalisateurs de «  Brèves de Trottoirs  » expliquent que pour leurs premiersportraits, la matière rapportée des rencontres s’est révélée insuffisante une fois lemontage lancé. Ils ont dû retourner plusieurs fois sur le terrain pour reprendre desphotographies et des voix.La forme du web-documentaire ne peut pas être improvisée. Ensuite, il faut ajouter les contraintes purement matérielles engendrée parl’absence de modèle économique. Car, si les financements se font rares, et les bénéficesengendrés par le web-documentaire encore plus, une des conséquences est la limitematérielle à laquelle doivent se confronter les auteurs.Il n’est pas toujours possible d’acheter tout le matériel nécessaire au web-documentaire : une caméra professionnelle, une perche pour prendre le son, un appareilphoto reflex, un numérique haute qualité, des logiciels de montage et de développementweb, un ordinateur et une connexion Internet puissante ect.. Bien souvent, les auteurs disposent de leur matériel personnel (les photographespar exemple) mais ce n’est pas toujours le cas et c’est une solution partielle.Bien heureusement, il est possible de réaliser des web-documentaires avec du matérielamateur ou semi professionnel (comme en témoigne toutes les nouvelles gammes decaméras digitales et de reflex numériques) et on trouve d’ailleurs de très bellesréalisations.On pourra de nouveau citer le très abouti «  Brèves de Trottoirs  », réalisé avec unenregistreur numérique et un appareil photo réflex numérique (ses auteurs évaluent cematériel à 5000 euros environ).Mais à long terme, dans une optique de professionnalisation de la discipline du web-documentaire, ces questions techniques deviendront inévitables. Pour le moment cesoeuvres ne « rapportent pas », on ne leur demande donc pas une propreté irréprochable,mais si cela devenait le cas, alors il deviendrait nécessaire d’investir dans le matériel.
    • Quels logiciels sont utilisés auTECHNIQUES PAGE 35 développement d’un web-documentaire ? Les logiciels utilisés dans le développement de web-documentaires sont variés. Là encore il n’y a pas de modèle de création défini. Il faut énormément de temps pour développer une nouvelle forme d’écriture audiovisuelle, surtout quand les outils de création spécifiques (logiciels) n’existent pas. Tous les web-documentaires n’ont pas les mêmes interfaces et chaque web-documentaire ne faisant pas appel aux mêmes médias n’a pas les mêmes « besoins numériques ». Mais généralement, on observe que le logiciel Flash16 est utilisé (en particulier le format .swf). En effet, l’assemblage de médias hétérogènes (que nous venons de Logo Flash décrire) au sein d’un même objet multimédia peuvent s’intégrer et s’organiser via Flash. Bien que ce logiciel pose un problème de référencement, c’est le plus utilisé dans le monde de la création web-documentaire. Flash nécessite cependant un apprentissage très poussé, et la maîtrise de la programmation « actionscript17 ». Certains réalisateurs parlent aussi de possibilités futures d’utiliser le javascript18 et le HTML5, mais les terminaux des internautes (smartphones19 et ordinateurs) n’y sont pas encore préparés. Smartphones les plus répandus sur le marché français (dans l’ordre de présentation) : Iphone d’Apple, HTC, Blackberry, Nokia. 16 Flash est un logiciel conçu par Macromedia. Il permet de créer des animations graphiques et technologiques interactives pour Internet. Il offre une meilleure perspective que le code HTML. 17 Actionscript est le langage de programmation utilisé par Macromédia Flash pour créer des applications avancées. Il permet de développer une animation flash et de rendre les animations flash plus interactives. 18 JavaScript est un langage de programmation de scripts principalement utilisé pour les pages web interactives. Cest une extension du langage HTML. Ce langage de programmation permet dapporter des améliorations au langage HTML en permettant dexécuter des commandes. 19 Un smartphone est un téléphone mobile et un assistant numérique personnel. Il fournit entre autres les fonctionnalités dagenda, de calendrier, de navigation Internet, de courrier électronique, de messagerie instantanée, de GPS.
    • TECHNIQUES PAGE 36 D’autres formats ont cependant pu être rencontrés : Prezi20, alternative à la classique présentation Power Point, mais, plus surprenant, Netvibes21 est utilisé comme plateforme centralisant tous les médiasLogo Netvibes utilisés dans un web-documentaire sur Berlin réalisé par des étudiants l’Ijba22. A noter, lorsque le web-documentaire utilise Flash, c’est en général en combinaison avec le Html23. Le web-documentaire est alors intégré à Logo Prezi une page Internet indépendante, où certains chapitres du récit renvoient vers des pages Internet de son site propre. Enfin, la société de production audiovisuelle française Honkytonk développe depuis deux ans le logiciel Klynt. Ce logiciel d’aide au montage est spécialement dédié au format du web-documentaire. Ce logiciel sert en interne à la société Honkytonk pour le montage de tous ses web-documentaires. Actuellement, c’est le seul logiciel spécifiquement dédié au web-documentaire. Des ateliers sont également proposés par la société Honkytonk pour accompagner les journalistes et créateurs de contenu multimédia. Capture d’écran de la page daccueil du web-documentaire «Berlin Kultur Lab», le seul web- documentaire réalisé grâce à la plateforme de centralisation de contenus Netvibes. 20 Prezi est une alternative à PowerPoint. C’est une application de présentation assistée par ordinateur. 21 Netvibes est un portail Internet français personnalisable. Il permet de créer des pages daccueil personnalisables comme iGoogle. C’est un portail individuel qui donne accès à une multitude de contenus en provenance dautres sites. 22 Ijba : Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine, un des 12 établissements français reconnus par la profession. 23 Le Html (Hyper Text Markup Language) est aussi appelé langage hypertexte. C’est le langage dans lequel sont écrites les pages Internet.
    • Quelles formes de web-documentaireFORMES PAGE 37 observe t-on ? Comme nous l’avons maintes fois expliqué, la forme du web-documentaire nest pas encore totalement élaborée et elle continuera de muter. Mais la façon dont elle traite les sujets lui est bien particulière et on peut déjà donner quelques « critères phares » du web-documentaire. La forme du web- En règle générale, les web- documentaires les plus pertinents sont quand documentaire est une forme même ceux où le sujet est traité en libre profondeur et où cette profondeur est portée O n p a r l e d e f o r m e l i b r e c a r par l’usage de plusieurs médias. contrairement aux documentaires diffusés sur On ne peut pas tout filmer, et certains les chaînes de télévision,le web-documentaire éléments sont beaucoup plus parlant ne connaît pas de « formatage ». lorsqu’ils sont présentés en image fixe Tout d’abord en ce qui concerne la (photographie) plutôt que mobile (vidéo). Et durée, il est possible de rencontrer des web- vice et versa. documentaires allant de 3 minutes à 2 heures. Par exemple dans «  Thanatorama  », Et ils ont tous leur place sur Internet, ce qui dans les photographies de cadavres, la mort ne serait pas le cas, sous cette forme précise, est plus lisible, plus présente, alors que si ces à la télévision car ils n’entreraient pas dans corps avaient été filmés il y aurait eu le risque les grilles de programmation standardisées. d’une confusion d’une part («  Est-il vraiment mort  ?  »,  «  Est- il déjà mort  ?  »), et d’autre La forme vient du sujet et part un problème d’éthique («  Est-il moral de des médias qui composent filmer ce corps ainsi à la morgue ? » ). le web-documentaire La photographie instaure une distance Pour être réussi, le web-documentaire nécessaire à la scène, et lui donne, dans le doit s’adapter à son sujet. Et c’est un critère même temps, toute sa dimension réelle. Ainsi, très délicat à satisfaire. En effet dans nombre l’effet produit sur le spectateur n’est pas de web-documentaires observés, à force de aussi percutant selon le média utilisé. Plus concrètement, le défi du web- vouloir donner une vision globale du sujet à l’aide de nombreux gadgets et renvois vers documentaire est de faire en sorte que d’autres médias, on perd le fil du récit et on chaque élément du récit soit présenté sous le ne sait plus s’il faut donner la priorité aux média qui lui correspond le mieux. Et on voix, aux vidéos, ou encore aux coupures de observe généralement que chaque média utilisé prend son sens parce qu’il est (...) presse intégrées au web-documentaire.
    • FORMES PAGE 38(...) intégré au tout qu’est le web-documentaire. Pris indépendamment, il y aune perte de sens. La question du sujet dans la mise enforme et du choix des médias entrecroisésest donc cruciale. Et c’est en ce sens que leweb-documentaire trouve un équilibre etprésente une réponse juste et cohérente à unsujet. Pour illustrer ces propos, prenons leweb-documentaire « Les Bras de la France ».On y voit des immigrés maliens travaillantdans un des plus grands abattoirs européensen Bretagne. On découvre le village et cesfamilles et finalement, après cette promenadeen étoile autour des abattoirs, on se rendcompte qu’on ne sait pas grand chose de leurmode de travail au sein des abattoirs, (quel’on suppose à la chaîne).Parti pris des auteurs, ou faille venant duformat multimédia ?Encore une fois, réussir à bien traiter un sujetavec le web-documentaire est un pari risqué. Capture d’écran du menu du web-documentaire »Les Bras de la France»
    • FORMES PAGE 39 Y a-t-il malgré cette liberté de forme différents types de web-documentaires identifiables ? Quels sont-ils ? Certains formats, ou combinaison des éléments médias qui le composent, sont cependant récurrents dans l’univers du web-documentaire. Bien que l’historique soit récent on peut les regrouper en catégories qui sont indicatives et non exhaustives, car certains web-documentaires peuvent trouver leur place dans plusieurs d’entre elles. Les « recyclés » On observe alors l’intégration réel  : qu’il n’y ait que 100 ou Ce sont des réutilisations de d’images, de textes, de 4000 visites, il y aura un séries de photos vendues vidéos ou encore de sons. retour par voies de commentaires ou sur les dans le passé à la presse Les collectifs réseaux sociaux. À la écrite ou de témoignages Ces web-documentaires sont télévision, un documentaire vidéos inexploités. Ils sont ceux dont les auteurs veulent de 3 millions de spectateurs alors remis en forme autour j o u e r l a c a r t e d e l a n’offre pas ce retour. Depuis d’éléments multimédias qui participation des internautes. peu, il est possible de donner leur donnent une nouvelle I l s s o n t p a r t i c i p a t i f s e t son avis sur un documentaire l e c t u re e t u n e n o u v e l l e exploitent au mieux les télévisuel, mais cet avis ne se dynamique, un nouveau r é s e a u x s o c i a u x e t l e s partage pas en instantané, il public. commentaires. L a faut que le téléspectateur se C’est par exemple le cas du participation dans ces web- rende sur les sites Internet web-documentaire «  Voyage documentaires est mise en des chaînes de télévision au bout du Charbon  » dont avant et rythme le récit, elle pour le faire. les photos proviennent d’une fait partie intégrante de Attention à ne pas confondre ancienne série du l’histoire telle quelle est le commentaire simple, qui photographe Samuel racontée. Elle prend part à la e s t l a p o s s i b i l i t é d e Bollendorff. narration. Elle peut prendre la commenter en marge le Les évolutifs forme de commentaires, de traitement du sujet, avec les Ce sont w e b - liens «  relais  » ajoutés sur les commentaires intégrés, qui les réseaux sociaux, mais aussi eux interviennent dans le documentaires qui ne sont pas des produits figés une de contenus intégrés au web- r é c i t . L e d e g r é d e fois diffusés sur Internet. Au d o c u m e n t a i r e p a r l e s participation n’est pas le internautes (vidéos, photos, même partout. Une fois contraire, dans ces web- documentaires, des mises à témoignages). encore, tout dépend de la L’intérêt d’ouvrir le web- volonté des auteurs et du j o u r s o n t e ff e c t u é e s e t permettent une actualité d o c u m e n t a i r e à l a sujet. quotidienne autour du sujet. participation extérieure est
    • O n p e u t i l l u s t r e r c e t t e même, avancer, chercher une sur des faits réels, seuls les FORMES PAGE 40c a t é g o r i e a v e c l e w e b - i s s u e ( q u ’ i l n e t ro u v e r a noms ont été changés. »documentaire américain « The g é n é r a l e m e n t p a s ) . Nous pouvons égalementNew Hard Times », réalisé par L’expérience est très réaliste citer le web-documentairele quotidien The New York et bien souvent troublante. Obésité qui en est un autreTimes, qui présente une série Certains web-documentaires bon exemple. En effet dansd’entretiens avec des s o n t q u a l i f i a b l e s ce dernier, l’approche qui estindividus ayant vécu la crise d’  «  immersifs  » sans pour faite du sujet peut rendrede 1929. On constate qu’il y a autant avoir recours à la l’internaute assez mal à l’aiseplus de sujets envoyés par les technologie du 360°. Dans le tant l’interface rend les faitsi n t e r n a u t e s q u e p a r l e s web-documentaire immersif, présentés proches, rendantjournalistes de la rédaction. tous les éléments contribuent difficile une mise à distance.Et ces sujets sont d’une à renforcer le caractèrebonne qualité. «  total  » de l’expérience  : le Les portfolios design, l’interface et la Bien que la photographie soit navigation. En effet dans présente dans la grande «  V o y a g e a u b o u t d u m a j o r i t é d e s w e b - A savoir, en anglais ces Charbon  », le lecteur est documentaires, certains ont web-documentaires sont qualifiés de « UGC » : l’enquêteur. C’est-à-dire u n e f o r t e d o m i n a n t e « user generated vous. Vous menez l’enquête. photographique. A renfort de content », que l’on peut Du moins le récit est rythmé galeries d’images ou par traduire par « contenu de telle façon que vous avez l’absence de vidéos, les web- généré par les usagers ». le sentiment de découvrir le d o c u m e n t a i r e s s t y l e sujet à votre rythme et selon «  portfolio  » mettent en avantLes immersifs vos désirs. Le reportage un véritable travail visuelCe sont les w e b - souvre avec cette phrase : autour du sujet.d o c u m e n t a i re s q u i s o n t «  Vo u s ê t e s j o u r n a l i s t e On peut citer dans cetteg é n é r a l e m e n t l e s p l u s i n d é p e n d a n t . Vo u s a v e z catégorie  : «  Voyage au boutbouleversants, au-delà du décidé de mener une grande d u C h a r b o n  » etc h o i x d u s u j e t . G r â c e enquête sur les conditions de « Thanatorama ».notamment à la technologie t r a v a i l d e s o u v r i e r s q u i360° ( e x p l i q u é e chaque jour recommencent leprécédemment), le lecteur est " m i r a c l e c h i n o i s " . Vo u splongé dans l’univers auquel commencez votre enquêteappartient le sujet du web- par les mines de charbondocumentaire. Son regard et r é p u t é e s l e s p l u scelui de la caméra ne sont dangereuses... Votre voyagequ’un, il peut tourner sur lui- au bout du charbon est basé
    • FORMES PAGE 41 Les portraits croisés Cette dernière catégorie est celle qui semble la mieux nourrie par le pluri média. En effet, il s’agit de montrer deux (ou plusieurs) réalités vécues d’une même situation. Le web-documentaire connaît alors plusieurs constructions possibles  : l’écran verra défiler plusieurs témoignages, ou plus flagrant, le découpage de l’écran en deux parties distinctes relatant chacune une réalité. Dans ce type de web- documentaire, les points de vue s’opposent donc. Ils répondent bien souvent à des sujets d’actualité politique ou économique. Pour illustrer notre propos nous pouvons citer «PIB : l’indice humain de la crise économique canadienne», ou sur le modèle du partage d’écran «Gaza/Sderot». Le web- documentaire «  PIB  » est, par la présentation de trop nombreux personnages, foisonnant à l’excès. C’est le risque de ce type de web- documentaire. Captures d’écran du web-documentaire «Gaza/Sderot», organisé en portraits croisés via le partage d’écran.
    • Les séries de web-documentaires : des FORMES PAGE 42traitements multiples pour une mêmeréalité Lorsque le traitement d’un sujet en «  portraits croisés  » ne suffit plus, une autreforme existe : les séries. Cette alternative est encore peu exploitée.Ces web-documentaires sont diffusés au fur et à mesure comme une série télévisée à ladifférence qu’ils peuvent être remontés, modifiés ou augmentés.Car n’oublions pas que le web-documentaire est un produit vivant en évolution constante. Dans les séries, l’attention des auteurs est portée sur l’intérêt des internautes suscitépar la diffusion des premiers épisodes. Cela leur permet d’affiner la structure narrative etinteractive tout comme la qualité des épisodes suivants. Nous pouvons souligner une foisde plus que le «  à la demande  » est une caractéristique vraiment déterminante dans legenre web-documentaire. France 5 a, par exemple, lancé «  Portraits d’unNouveau monde  ». Cette série de web-documentaires al’ambition de présenter le monde actuel en plusieursvisages. Les web-documentaires sont classés parthématiques  sur la plateforme : la Chine, Emigration,Urbanisation, Economie Ecologie, Vivre ensemble. La A savoir, les web-qualité des web-documentaires présentés n’est pas documentaires en épisodes sont parfoishomogène. Peut-être parce que les auteurs sont différents qualifiés deet la pertinence des sujets variable. « webisodes ».A savoir, les web-documentaires en épisodes sont parfoisqualifiés de « webisodes ». On peut voir en cette forme untraitement à privilégier pour des expériences de longue haleine.Capture d’écran du site de la série «Portraits d’un nouveau monde» de France 5
    • L’ écriture du web-documentaireECRITURES PAGE 43 Héritée du croisement de différents médias et de l’interactivité, l’écriture dans le web-documentaire est spécifique. En effet, elle ressemble peu à celle d’un documentaire télévisuel classique. Plus proche, plus émotive, l’écriture du web-documentaire intègre la possible entrée du lecteur à différents stades du récit et sa possible sortie. Ces allers-retours sont une contrainte majeure dans l’écriture d’un récit. La cohérence du récit est mise en danger par ces multiples portes d’entrées. Comment ne pas se répéter, pour éviter des redondances qui feront abandonner le lecteur ? Comment se répéter pour donner un point d’appui à tout lecteur entrant à un moment quelconque de l’histoire ? Lors de l’écriture du sujet, l’auteur doit organiser sa réflexion de façon à satisfaire l’expérience de l’internaute au sein de son web-documentaire. Et tous les internautes auront leur propre expérience, leur propre lecture du web-documentaire. Chaque visite est individuelle car chaque visiteur ne consulte pas les mêmes contenus. C’est en ce sens que l’écriture du web-documentaire est complexe. L’écriture implique la considération de tous les éléments multimédias qui composent le web-documentaire mais aussi toutes les différentes lectures potentielles. C’est pourquoi, le web-documentaire nécessite de réelles compétences en montage. Car l’écriture du web-documentaire peut se montrer moins complexe si l’auteur maîtrise l’interface de son web-documentaire. En effet, une interface claire et lisible ne peut qu’aider au respect et à la cohérence de la trame du récit. Notamment pour l’accueil de l’internaute  : ce dernier doit comprendre rapidement comment fonctionne le web-documentaire. S’il ne voit pas quel est le mode de circulation dans le document, alors la lecture du récit sera délicate, et la compréhension du sujet encore plus laborieuse. Mais comme il n’y a pas un seul type de web-documentaire, il n’y a pas une seule écriture. La narration dépend donc de la navigation (qui peut être chronologique, en étoile, ou encore chorale) au sein du web-documentaire. L’auteur doit dans tous les cas avoir en mémoire tous les éléments qu’il veut placer dans son web-documentaire. Car l’écriture du récit doit préparer le lecteur à ces possibilités de s’éloigner un temps de la colonne vertébrale du récit. Ainsi, ce que dit limage, les personnages déjà présentés, le volume sonore, rien ne doit être laissé au hasard. Tout, depuis les éléments composant le web-documentaire à l’agencement de ces derniers, contribue à sa crédibilité.
    • ECRITURES PAGE 44 Capture d’écran du texte daccueil de «Voyage au bout du Charbon», le contexte est présenté à l’internaute via ce court texte introductif.L’usage de l’écritL’utilisation de l’écritdans le web-documentaire a plusieursusages.Il sert à raconter l’histoireen s’affichantsimplement à l’écran, parexemple il peut servir àdonner des informationsur les lieux où sedéroulent les faitsprésentés dans le web-documentaire (exemple«Région du Sichuan »).Mais l’écrit peut aussiapparaître sous forme detextes en documents Capture d’écran de la chambre de motel de «Prison Valley» où sont« supplémentaires ». proposés à l’internaute, via différents objets de la chambre, différentesDe plus, l’écrit peut actions. Ces objets sont signalés par du texte écrit.permettre au lecteurd’agir dans le récit(participation auxforums, commentaires).Enfin, les hyperliensprésentent également del’écrit sur lequell’internaute peut cliquerpour poursuivre soncheminement, parexemple « rencontrer unspécialiste de l’obésité »,« entrer dans la maisonde droite ».L’écrit est un véritable Captures d’écran de «L’obésité est-elle une fatalité?». Ici le texte permetoutil au service de de présenter les personnages et de faire choisir à l’internaute lesl’interactivité. questions qu’il souhaite poser.
    • La structure narrative du web-NARRATIONS PAGE 45 documentaire : naissance d’une nouvelle écriture audiovisuelle De nouveaux de réécriture des standards c o n t r ô l e p o s s i b l e é t a i t narratifs, c’est parce que son binaire  : marche ou arrêt. Le usages format le permettait. web-documentaire dépasse multimédias En effet, la structure du web- en tout point ses documentaire est unique. La prédécesseurs. Si Internet permet à n’importe linéarité n’est pas quel internaute de La temporalité systématique et les contenus, s ’ i m p ro v i s e r j o u r n a l i s t e , de tout types, invitent l’auteur l’écriture journalistique elle, dans le web- à sortir des traditionnels ne s’improvise pas. Ainsi, si documentaire modes d’écriture l’usage des médias a bien documentaires. Lélément central de changé avec la révolution Le web-documentaire cette nouvelle narration est Internet, les formes des apporte la technique même une nouvelle temporalité. productions elles aussi ont nécessaire au changement On observe que de évolué. d’écriture  : interactions entre nombreux web- Ces nouveaux usages et médias qui le composent, documentaires n’ont parfois mode de «  consommation  » interactions avec l’internaute, pas de fin véritablement de l’information ont donc é l a rg i s s e m e n t p o s s i b l e , marquée ni même de début. influencé la forme des récits. participation proposée, S’y ajoute le caractère évolutif Les internautes sont en effet intégration au sein de séries du web-documentaire : mises constamment plongés dans ou de plateformes à jour ponctuelles ou un flux informationnel continu s p é c i a l i s é e s … To u s c e s régulières, agrégations de (smartphones, PDA, tablettes, agrégats permettent ce grand contenus, changements dans ordinateurs portables…) dans virage dans la narration  : la les débats, apparition de lequel ils doivent se repérer. linéarité n’est plus la nouveaux témoignages… Les formats ont donc changé référence. Ainsi, il n’est pas garanti et les narrations revues, pour Précédemment, les qu’un web-documentaire s’adapter au lectorat d’une documentaires ne consulté au jour 1 sera part mais aussi pour attirer présentaient pas une telle toujours le même au jour 3. une audience d’autre part. ouverture dans la narration. Tous ces éléments C’est dans cette voie qu’est Le reportage audiovisuel était considérés amènent une né le web-documentaire. tout d’abord très encadré en temporalité jusque-là terme de durée et de format inconnue au documentaire. Une structure par la chaîne sur laquelle il particulière était diffusés. Ensuite les images étaient imposées, tout Si le web-documentaire s’est comme leur durée de engagé dans cette tendance passage à l’écran. Le seul
    • NARRATIONS PAGE 46 COMPARAISON SCHÉMATIQUE DES NARRATIONS DU FILM, DU CD-ROM ET DU WEB-DOCUMENTAIRE. On observe que le web-documentaire présente des possibilités de déplacement beaucoup plus nombreuses (notamment des retours en arrières ) que le film, tout linéaire, et le CD-Rom ne proposent pas.Cette représentation est extraite de l’article intitulé «Le web-documentaire» d’Alexandre LÉCHENET etde Joachim WERNER daté du 12 février 2010. Il est accéssible à l’adresse :http://www.crossmedias.fr/annee/2010/le-web-documentaire-raconter-la-realite-version-multimedia/
    • Différentes narrations pour des formes deNARRATIONS PAGE 47 navigation différenciées Chaque web-documentaire a sa propre navigation. Cette navigation dépend de la narration du web-documentaire. En effet, les propositions de navigation faites au spectateur vont découler de la trame du récit. Le cheminement élastique De plus, cette forme incite à l’immersion du spectateur. La narration la plus « simple » est la narration C’est le cheminement observé dans le web- élastique. Elle ressemble à celle d’un documentaire « Prison Valley » : vous pouvez documentaire classique, mais il faut y ajouter continuer a écouter la voix off et découvrir les l’interactivité et le caractère pluri média. prisons du comté ou rencontrer un gardien de Elle permet au lecteur de suivre le récit et prison. d’avoir parfois l’occasion d’approfondir un point du récit (rencontre avec quelqu’un, arrêt Le cheminement libre, sur un lieu ). On parle d’élasticité car la narration est semi également désigné « en imposée au lecteur. Celui-ci peut « tendre » le étoile » récit en fonction des contenus additionnels A la narration élastique s’oppose le qu’il souhaite consulter. cheminement en étoile. Les éléments médias La rencontre approfondie (c’est-à-dire le du web-documentaire sont éparpillés «  en visionnage d’une vidéo spécifique à une étoile  » autour d’un menu. La narration n’est personne, la lecture d’un texte la concernant) pas imposée ni continue. Cette navigation est optionnelle  : il est en effet possible de éclatée implique plusieurs passages en un c o n t i n u e r s a n s e x p l o re r c e c o n t e n u même «  point  » du web-documentaire, le additionnel. Une fois cette rencontre menu. La navigation au sein de ce type de facultative effectuée, le lecteur revient au récit w e b - d o c u m e n t a i re s ’ a p p a re n t e à l a et reprend son voyage. Mais il ne revient pas au menu, ce type de narration est donc navigation au sein d’un site Internet. L’internaute peut aller où il le veut, et approximativement linéaire. L’histoire est quasiment quand il le veut. Ce type de enrichie, et le caractère interactif renforcé. cheminement favorise le visionnage du web- Cette forme de navigation est celle, qui, documentaire par morceaux. C’est le cas du d’après tous les web-documentaires observés permet de tenir le lecteur en haleine web-documentaire intitulé «  Les Bras de la France ». et de maintenir la cohérence dans le récit. Ces deux types de cheminements, correspondant respectivement à deux types de narration, illustrent assez bien le caractère adaptatif du web-documentaire. En effet, entre l’interactivité et le cheminement, les possibilités d’écriture et de conception sont nombreuses.
    • EXEMPLE DE CHEMINEMENT NARRATIF À POSSIBILITÉS MULTIPLES : NARRATIONS PAGE 48 LA STRUCTURE DE «VOYAGE AU BOUT DU CHARBON» Ce schéma permet de visualiser la structure que peut avoir le récit dans un web- documentaire. On y voit les cheminements possibles de l’internaute et les propositions qui lui sont faites tout au long de son parcours. Dans ce web-documentaire il y a bien un début et une fin marquée. Il s’agit du cheminement élastique : un internaute peut visualiser le web-documentaire sans accéder à tout le contenu si, dans le cas de ce web-documentaire, il a par exemple révélé sa qualité (fictive) de journaliste.Ce schéma est extrait de l’article intitulé «Le Storytelling Digital : formes émergentes, nouveaux métiers, businessmodels» par Nicolas Marronnier daté du 22 avril 2010 et disponible à l’adresse :http://socialmediaclub.fr/2010/04/le-storytelling-digital-formes-emergentes-nouveaux-metiers-business-models/
    • Quand le réel frôle le jeuJEU PAGE 49 On aurait pu supposer que le web-documentaire concourrait à un meilleur traitement de faits réels à l’aide des médias qui le composent, de son caractère interactif, et de sa nouvelle écriture mais ce n’est pas systématiquement le cas. En effet, si l’approche est plus complexe et peut sembler plus complète, les sujets ne sont pas mieux compris. Ainsi, le format du web-documentaire n’est pas un gage de rigueur dans le traitement d’un sujet, notamment lorsque le web-documentaire est très interactif. Car comme nous l’avons supposé précédemment, le caractère interactif est aussi un danger lorsque celui ci fait perdre au web-documentaire son caractère réel. L’immersion poussée de l’internaute et les nombreux choix de navigation qui lui sont proposés rendent l’expérience ludique. Et ce n’est pas sans rappeler l’univers de la fiction, voire même, l’univers du jeu vidéo. Pourtant, le web-documentaire se veut plus proche de la réalité. Si certains internautes développeront bien leur propre réflexion sur le sujet suite à la visite du web-documentaire, on peut craindre que d’autres au contraire, et peut être les plus jeunes, ne considèrent pas les éléments présentés comme objectifs puisque très ludiques. La dérive est à craindre, surtout lorsque l’on considère le caractère participatif des web- documentaires et les sujets traités. Ludiques et interactifs les web-documentaires remettent ainsi en question la frontière entre  la fiction et la réalité. On explique ce risque en partie par le format et la conception du web- documentaire, dont les cheminements et le visuel rappellent le jeu vidéo, mais aussi par Schéma représentant les composants du jeu en réalité alternée. 24 Les « Alternate Reality Game » sont définis par Marie Lechner de Libération par : « Fictions immersives qui brouillent les frontières entre le monde réel et imaginaire, se déploient à la fois en ligne et dans la vraie vie, se propagent par tous les canaux : coups de fils anonymes, chasses aux trésors dans la ville, textos, dans les journaux, pubs télé, affiches, e-mails, sites Internet, etc. »
    • JEU PAGE 50 Et plus que les visuels et les cheminements, il y a même des logiques issues de l’univers du jeu dans les web-documentaires  : l’action, le but, les récompenses,  la compétition, le social, le temps et l’espace. Ces logiques sont, à quelques détails près, celles même du web-documentaire. Ainsi, on fait également le lien avec les ARG. Cette nouvelle façon de jouer vient de la tendance générale d’impliquer les auditeurs / spectateurs / internautes dans tous les médias. Les expériences participatives et les incitations à la contribution sont en effet devenues fréquentes dans ces univers. Ce que les web-documentaires ont en commun avec les jeux en réalité alternée sont les critères mêmes de l’ARG  : le multimédia et le cross-média, la confusion entre l’expérience dans le jeu et l’expérience hors du jeu, la nouveauté dans l’écriture du récit, le divertissement, l’action, et la découverte. Ces ambiguïtés amènent des questionnements quant au rapport de l’internaute à la consultation (qui ressemble plutôt à une consommation) dinformations sur Internet.Image d’illustration tirée d’une Interview de Serge Minet, psychothérapeute spécialisé dans les addictions auxjeuxhttp://www.erenumerique.fr/jeu_video_les_lois_de_l_addiction_1_re_partie-art-2346-3.html
    • LINERATITÉ PAGE 51 Le risque de la Des convictions délinéarisation contradictoires sur la linéarité Mais la délinéarisation, si elle permet Dans la blogosphère25, la linéarité l’interactivité, n’est pas sans failles. dans le web-documentaire fait débat. En effet, la narration n’est plus totalement On observe que les convictions sont fortes et dirigée et le message est déployé par souvent contradictoires : saccades. En plus du risque de perdre le Certains estiment qu’il faut délinéariser au spectateur par une délinéarisation trop maximum le récit et ainsi offrir un choix très poussée (éparpillement des documents large dans le parcours de l’internaute au sein connexes) ou non accompagnée de du web-documentaire. l’interface du web-documentaire, il y a le D’autres au contraire affirment qu’il faut risque de ne pas comprendre le sujet. On accompagner au plus près l’internaute dans exige de l’internaute une gymnastique sa découverte du sujet. Un début et une fin intellectuelle périlleuse. fixées ou une forme complètement évolutive, les avis concernant la linéarité divergent sur tous les points. Entre emmener l’internaute dans l’intimité d’un sujet où lui offrir une vision très large quitte à survoler le sujet, il ne semble pas y avoir de «bonne  recette  ». Et cela est bien compréhensible, car chaque «  école de pensée  » du web-documentaire est en cohérence avec le nouvel outil. Le web-documentaire s’adapte à ces contradictions sur la linéarité. Toute écriture est possible, sans que cela n’ôte l’interactivité ou l’hypermédia au web- documentaire. Ainsi, qu’il soit question du «  média à média  » ou du «  tout à la fois  », le web- documentaire peut exister dans des conceptions diamétralement opposées. 25 Le terme blogosphère désigne lensemble de tous les blogs, ou lensemble de ses rédacteurs. Cest un sous-ensemble d’Internet.
    • ACTEURS PAGE 52 Et non seulement il a ce rôle deLe rôle du sélection de l’information, mais aussi le rôle« lectacteur » de commenter cette information. Il influe L e t e r m e d e «  l e c t a c t e u r 2 6 » , donc sur la présentation du contenu et, sicontraction des termes «  lecteur  » et ses commentaires sont considérés par les«  acteur  », est une expression intéressante auteurs du web-documentaire, sur lade la double position que prend l’internaute pertinence de ce contenu.face au web-documentaire. En effet, chaque Aussi, si ces dispositions sontinternaute peut agir sur le déroulement du spécifiques pour l’internaute, il faut y ajouterweb-documentaire en fonction de ses envies sa place physique par rapport au web-et de ses besoins (ce que nous avons documentaire  : généralement l’internautedétaillé avec le caractère interactif du web- visionne le web-documentaire depuis sondocumentaire). ordinateur personnel. Il est donc à une Du point de vue du traitement du distance allant d’environ 50 à 80 centimètressujet, on a en effet montré que cette de l’écran. Il peut aussi porter un casque, ceinteractivité était incontestablement une qui augmente la sensation d’immersion.nouveauté et une source de dynamiques au L’internaute n’a pas la même attitude facesein du web-documentaire, mais qu’en est-il au web-documentaire que face à sadu point de vue de l’internaute ? télévision. Sur l’ordinateur, l’internaute On parle de double position car c o n s u l t e r a r e m e n t d e s d o c u m e n t sl’internaute est, comme face à tout autre audiovisuels de longue durée  : au boutdocumentaire, en mode passif, mais alterne d’une demi-heure, il est lassé. Par contre, onaussi avec un mode actif où il est très peut lui présenter des images fixes pendantimpliqué dans le déroulement du récit et plusieurs secondes d’affilée sans que cela ledans le choix des contenus visionnés. fasse partir. C’est ce mélange entre une approche De plus, s’il regarde une vidéo sur« classique » de documentaire et l’immersion Internet, l’internaute aura tendance à seactive de l’internaute qui est tout particulier. « promener » sur d’autres site car il éprouveOn peut apparenter le rôle du « lectacteur » le besoin de cliquer. Alors qu’à la télévisionà celui d’un cadre  structurant : c’est à lui si l’internaute regarde un film il ne changerad’organiser la lecture du reportage. Ses pas probablement pas de chaîne. Toutes ceschoix individuels déterminent le rythme du dispositions de l’internaute favorisent sondéroulement du récit et le tempo de la rôle au sein du web-documentaire.narration.26 Notion développée par Jean-Louis Weissberg, Maître de Conférence en Sciences de l’Information et de laCommunication à l’Université Paris 13
    • Une place pour le réalisateur dans le web-ACTEURS PAGE 53 documentaire Dans certains web-documentaires, il est possible de consulter une interview du réalisateur. Cette fonction, qui n’est généralement pas présente dans un documentaire télévisuel, est un atout indéniable, du moins lorsque cette interview ne consiste pas en une compilation d’éloges sur le web-documentaire. En effet, l’ajout du point de vue du réalisateur sur sa propre création apporte à l’internaute des informations inédites aidant à la compréhension du sujet  : conditions de réalisation, réflexions qu’il a initiées, problèmes rencontrés. Le web-documentaire offre une place privilégiée au réalisateur qui le souhaite. La mise à disposition de l’interview du réalisateur renforce la proximité entre le lecteur et le sujet. Capture d’écran de l’interview de Patrick Alleyn, auteur du web-documentaire «Train de la désertification» de la série «Portraits d’un Nouveau Monde» de France 5.
    • ACTEURS PAGE 54Des artisans et leur talent en mal dereconnaissance Le web-documentaire, parce qu’il recoupe différentes fonctionnalités issuesd’Internet, nécessite l’intervention de différents corps de métier dans sa réalisation. Mais lacombinaison de ces compétences au sein d’une même œuvre amène des questions enterme de répartition du travail comme nous l’avons vu précédemment mais aussi en termede reconnaissance. En effet, si l’auteur - réalisateur a une place prépondérante dans leprocessus de création puisqu’il mène l’écriture, il ne peut à lui seul réaliser le web-documentaire dans son intégralité. Web masters, web designers, graphistes, développeurs, administrateurs,ergonomes, photographes, architectes réseau, reporters, journalistes, chefs de projets,responsable communication, producteurs, ingénieurs du son, techniciens de l’image,monteurs…Tous contribuent à l’aboutissement du projet, et il n’y a pas de hiérarchie formelle entreces différents professionnels.Pourtant, les documentaristes fournissent la matière, le sujet. L’auteur a une placespécifique car c’est lui qui trouve les personnages, gagne leur confiance, construit le récitautour d’eux. Il prépare ses interviews et les amène à se raconter. Sans lui le web-documentaire ne pourrait être qualifié de travail d’auteur. C’est un peu l’âme du web-documentaire.Les techniciens d’Internet eux sont là pour assurer la viabilité du format et sa transmission.Les uns dépendent des autres. Comment reconnaître le travail de chacun à sa justevaleur ? Certaines compétences sont elles à valoriser plus que d’autres ? C’est la grande question qu’amène, via son format inédit, le web-documentaire. Carsi ces professionnels et leurs contributions respectives ne sont pas reconnues etvalorisées autour du projet, il est évident que la collaboration ne peut être efficace. Laréussite du web-documentaire passe par cette fusion de compétences d’horizons variés.Le partage des statuts est inévitable, et amène un second problème : celui des droits surl’œuvre produite.La SCAM27 considère d’ailleurs le producteur du web-documentaire comme un co-auteur.À savoir, il n’y a généralement pas de générique de fin dans le web-documentaire, dumoins aucun de ceux étudiés n’en comporte.La liste des contributeurs peut néanmoins se consulter si l’internaute le souhaite encliquant sur « crédits ».27 SCAM : Société Civile des Auteurs Multimédia
    • Des organes deACTEURS PAGE 55 presse investis dans le web-documentaire Les organes de presse sont de Le magazine géo véritables acteurs du web-documentaire car Le magazine a lancé sur son site ils sont des canaux de diffusion quasi- Inter net un espace dédié aux web- exclusifs. Ils sont d’ailleurs les seuls à documentaires. s’engager si fortement dans la vague du Jean-Luc Marty, rédacteur en chef du web-documentaire. magazine, qualifie cependant cette rubrique Ainsi, issus de la presse écrite comme de «  transjournalisme  ». Les reportages l e m a g a z i n e G é o , o u d e l a p re s s e p r é s e n t é s s o n t c o m p l é t é s p a r d e s audiovisuelle (France Télévisions, Arte) ou de documents, des photos et des hyperliens. la presse en ligne avec LeMonde.fr, le web- documentaire suscite l’engouement des LeMonde.fr télévisions comme des médias Début 2010 le journal en ligne traditionnellement davantage tournés vers leMonde.fr a lancé le site «  Le Monde l’écriture et l’image. Webdocumentaires ». Et cette tendance ne s’arrête pas aux Ce site présente des web-documentaire de frontières : le Washington Post et le New qualité, qui ont l’intérêt d’être souvent York Times se sont aussi engagés autour du accompagnés de compléments nouveau format et proposent désormais sur d’information via les Dossiers du Monde. leurs sites Internet des web-documentaires. Ces plateformes créent donc le lien Arte entre les médias traditionnels et les nouvelles formes de médias, le web-documentaire La chaîne culturelle franco-allemande notamment. a lancé le site «  ARTE Webdocs  »  . Le site Ainsi l’intégration des web-documentaires présente les web-documentaires produits faite par les médias est de plus en plus par la chaîne. efficace. Capture d’écran de la page daccueil de la plateforme de web- documentaires «Arte WEBDOCS»
    • ACTEURS PAGE 56Capture d’écran de la section du site Géo.fr consacrée aux web-documentaires. Capture d’écran de la rubrique «Webdocus» du site LeMonde.fr
    • ACTEURS PAGE 57 Des agences de production Des plateformes audiovisuelle dédiées au web- documentaire Mais les organes de presse ne sont pas les seuls engagés dans la «  vague web- La diffusion des web-documentaire ne documentaire ». s’arrête pas aux organes de presse et aux En effet, des sociétés de production agences précédemment cités. En effet, a u d i o v i s u e l l e , d e s a g e n c e s d e d’autres sites se spécialisent dans le web- d é v e l o p p e m e n t e t d e w e b d e s i g n documentaire. s ’ i n t é re s s e n t e t s ’ e s s a y e n t a u w e b - Le site Linterview.fr est le plus documentaire, quand elles ne se spécialisent conséquent, il est spécialisé et se qualifie pas. d’ailleurs de «  laboratoire du web- Logo de l’agence Narrative documentaire  ». Il répertorie les web- documentaires disponibles sur Internet et En 2008 propose certaines vidéos ou articles sur le l’agence Narrative est fondée par Cécile Cros sujet. Le répertoire de web-documentaires est et Laurence Bagot. Cette petite structure conséquent, il propose notamment 5 s’est spécialisée dans l’élaboration de web- classements différents : par thématique, par documentaires et a réalisé la série de web- genre, par média, par production, et par série. documentaires «  Portraits d’un nouveau L’intérêt du site Linterview.fr réside aussi dans Monde » pour France 5. sa rubrique «Actualités» qui est bien fournie Les autres sociétés les plus actives en terme et régulièrement mise à jour. Ce site se veut de création de web-documentaires sont ê t r e l e s i t e d e r é f é r e n c e d u w e b - Honkytonk  avec «  Voyage au bout du documentaire. Charbon », Logo de l’agence Honkytonk Capture d’écran de la plateforme et enfin entièrement dédiée au web-documentaire Upian  avec notamment «  Prison Valley  » et «Linterview.fr» « Havana-Miami ». Logo de l’agence Upian
    • ACTEURS PAGE 58 Affiche du web-documentaire «Homo Numericus» Figure du webdoc 1/2 réalisé par Samuel Bollendorff pour la société SFR. Samuel Bollendorff est un ex photographe de l’agence Oeil Public. Il est considéré comme un des pionniers du web- documentaire. Il a en effet réalisé « Voyage au bout du charbon » pour LeMonde.fr ainsi que « Homo Numericus : Portraits d’une révolution invisible » pour SFR. Capture d’écran de Samuel Bollendorff lors d’une interview par Canon France (http:// vimeo.com/9551710) Portrait de Jean Abbiateci présentée sur le site du collectif de journalistes «Objectif Plume» dont il fait partieFigure du webdoc 2/2Jean Abbiateci estjournaliste multimédiaindépendant. Il est aussiauteur de web-documentaires, et aréalisé pour LeMonde.fr« Africascopie, l’Afriquedans la révolutionnumérique », mais aussi« Haïti : la route de lafaim ». Il est aussimembre de l’Atelier desMédias et collabore aublog consacré aujournalisme multimédia Page daccueil du web-documentaire «Haïti : la route de laEspritblog.com. faim» réalisé par Jean Abbiateci
    • Quels sont les précurseurs du web-PRECURSSEURS PAGE 59 documentaire ? Le web-documentaire n’est pas clairement défini et sa forme pluri-média a sans aucun doute été encouragée avec l’essor d’Internet. Mais on trouve des formes qui s’approchent de celle du web-documentaire avant même l’essor d’Internet. Ainsi, bien que les web-documentaires aient une histoire difficile à retracer on peut leur reconnaître quelques ancêtres. L’Ouvroir de littérature potentielle et la littérature combinatoire LOuvroir de littérature potentielle, aussi désigné par son acronyme Oulipo, est un groupe de littéraires et de mathématiciens qui se réunissent pour réfléchir aux contraintes littéraires et créer de nouvelles structures destinées à encourager la création. Raymond Queneau, qui faisait partie de ce groupe, en a donné cette définition : «des rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir ». Cette définition peut s’appliquer au web-documentaire car le cheminement, découlant de la non-linéarité et de la navigation comme nous l’avons vu, correspond à cette image de labyrinthe auto-construit. Aussi, on retrouve d’autres traces du concept du web-documentaire dans la littérature combinatoire de Raymond Queneau. En effet, dans son ouvrage intitulé Cent mille milliards de poèmes datant de 1960, il présente une combinatoire de vers pouvant donner 100 000 milliards (soit 1014) poèmes. Louvrage de Raymond Queneau s’utilise comme un instrument qui permet de combiner des vers de façon à composer des poèmes répondant à la forme classique du sonnet régulier : deux quatrains suivis de deux tercets, soit quatorze vers. Les pages sont pour cela séparées en bandes horizontales portant chacune un vers. Ainsi, le lecteur peut créer son poème en choisissant les vers qu’il préfère, il assemble pour cela les bandelettes en tournant les pages. Ce qui rappelle là encore le web-documentaire est le caractère sélectif et interactif de l’œuvre de Queneau. Photographie de l’intérieur de l’ouvrage «Cent mille milliards de poèmes»
    • En effet, cet ouvrage bien qu’il soit sur support papier, fait intervenir le lecteur et lui PRECURSSEURS PAGE 60permet de choisir les vers qu’il désire voir apparaître dans le poème qu’il souhaite lire.C’est le même fonctionnement auquel est confronté le lecteur au sein du web-documentaire.Des hyperfictions Le terme hyperfiction est apparu aux Etats-Unis à la fin des années 80.L’hyperfiction est un genre littéraire que l’on rencontre uniquement sur ordinateur. Eneffet, il s’agit d’une fiction interactive lisible depuis un ordinateur dont le déroulementdépend des choix du lecteur grâce aux hyperliens. Comme dans le web-documentaire le lecteur fait avancer le récit en cliquant surdes liens qui le renvoient vers d’autres parties du récit. Cependant, ce genre estuniquement écrit, il n’y a pas la dimension pluri média comme dans le web-documentaire. Le contenu de l’hyperfiction est uniquement un texte écrit.Le travail de l’écrivain américain Michael Joyce en est la référence avec son œuvre« Afternoon » qui est un véritable labyrinthe narratif.Capture d’écran d’»Afternoon» de Michael Joyce (1987)Illustration tirée de l’article «Que sont les hypertextes et les hypermédias de fiction ? «http://www.olats.org/livresetudes/basiques/litteraturenumerique/8_basiquesLN.php
    • PRECURSSEURS PAGE 61 Le cinéma photographié28 Un des premiers films réalisés en série d’image fixes est «  La Jetée  », réalisé en 1962 par Chris Marker. Ce moyen-métrage futuriste a la particularité d’être uniquement composé d’une voix off et de photographies en noir et blanc. Une histoire est racontée  : celle d’une fictive 3ème guerre mondiale. Comme dans le web-documentaire il y a un récit à suivre. Le spectateur se laisse porter par les images et la voix off, comme c’est le cas dans de nombreux web-documentaires portfolios. D’ailleurs, on remarque que de nombreuses photographies rappellent celles vues dans certains web-documentaires. Peut-être parce que les sujets sont angoissants et présentent la détresse humaine. Captures d’écran du film «La Jetée» 28 Le terme «  cinéma-photographié  » est le terme utilisé par la Cinémathèque Française pour désigner les films réalisés en séries d’images fixes.
    • Des reportages sonores – audioramas PRECURSSEURS PAGE 62 Ces reportages sonores utilisent le même procédé que le cinéma-photographie à ladifférence qu’il ne s’agit plus de fictions mais de reportages. Il y a toujours un récit à menermais les faits ne sont plus fictifs. Concrètement ils ressemblent à certains web-documentaires de style portofolio mais n’ont pas de caractère interactif. Les photographiessont accompagnées de voix, celle du journaliste ou celles de spécialistes ou encore desvoix des individus représentés.Le New-York Times a ainsi présenté des portraits de New-yorkais qui défilent avec leurtémoignage en fond sonore («One in 8 million»).À la différence du web-documentaire, ces reportages ne font pas l’usage de différentsmédias. Ils se limitent aux photographies et au son, et ce de façon linéaire. Enfin, ils ne sontpas interactifs.Captures d’écran de la série «One in 8 million», chaque témoignage sonore estaccompagné de portraits photographiques.Le documentaire audiovisuel Enfin, il s’agit maintenant d’évoquer le documentaire audiovisuel.En effet, cette forme de documentaire est dans le paysage médiatique actuel la forme quis’approche le plus du web-documentaire.Que celui-ci soit cinématographique ou télévisuel le documentaire a pour objectif dereprésenter la réalité telle qu’elle est.C’est en cela que le documentaire «  classique  » rejoint le web-documentaire  ; mais c’estaussi en cela qu’il s’en éloigne : dans le documentaire classique cette réalité est représentéesans altération de son déroulement alors que dans le web-documentaire le déroulements durécit change selon les lecteurs.
    • Des livres-jeuPRECURSSEURS PAGE 63 Les livres jeu, aussi appelés « histoires dont vous êtes le héros » proposent au lecteur de naviguer au sein du livre selon ses décisions prises en fin de chaque page. Ces livres s’adressent souvent aux enfants ou aux adolescents et ont pour contexte l’époque médiévale ou des mondes fantastiques. À la fin de chaque page il est en effet proposé au lecteur, qui incarne un personnage, de se rendre dans différents lieux ou de faire différentes actions. Pour chaque action, le lecteur est renvoyé a une page mais il doit choisir une seule action, il se rend donc a une Couvertures de livres jeu de la collection «Vivez l’aventure « des Editions Grund seule page où d’autres choix lui seront proposés en fin de page et ainsi de suite. Par exemple «  vous souhaitez rejoindre d’autres chevaliers rendez-vous page 17, pour retourner au pont-levis allez page 22, pour boire la potion du sorcier rendez-vous page 3 ». L’histoire se développe donc en fonction de ces actions, et non dans l’ordre des pages. L’intérêt de ce type de récit est que le lecteur ne sera jamais lassé car il peut relire le livre de différentes façons. L’histoire ne sera jamais la même bien qu’il n’y ait généralement qu’une « bonne fin », le héros mourant dans les autres cas de figure. Ainsi, comme dans le web-documentaire ces livres sont interactifs et le déroulement dépend des choix du lecteur. La différence réside dans le support qui est papier est non numérique. Schéma d’illustration des cheminements possibles du lecteur dans un livre-jeu.
    • Qu’est-ce qui a favorisé la naissance du NAISSANCE PAGE 64genre web-documentaire ? De l’engouement récent pour le genre documentaire aux possibilités offertes par lemédium Internet en passant par la crise de la presse amenant de nouvelles formesjournalistiques, la naissance du genre web-documentaire ne connaît pas un mais plusieursfacteurs favorisants.L’engouement pour le genre documentaire Les succès du « Cauchemar de Darwin », d’« Être et avoir », et des documentaires deMickaël Moore, montrent que le genre documentaire suscite de l’intérêt et ce jusque dans lescinémas où il connaît un réel succès. Au regard du nombre d’entrées que ces réalisations ontoccasionnées, on peut imaginer que la forme web-documentaire profite de cette vagued’intérêt pour le genre documentaire. En effet cet engouement atteste dans un premier tempsque les spectateurs sont sensibilisés au documentaire mais surtout qu’il existe un public.Les possibilités offertes par le médium Internet Mais cet engouement pour le documentaire ne fait pas tout.Tout d’abord, il faut souligner la place de plus en plus grande que prend le médium Internetdans la recherche d’informations. Le moteur de recherche Google est ainsi devenu un réflexepour la grande majorité des utilisateurs d’Internet. Ces derniers se servent de ce médiumdésormais démocratisé pour chercher l’information au-delà des supports traditionnels del’information (papier, radio, télévision) et consulter une offre qui s’enrichit chaque jour.L’information présentée sous la forme de web-documentaire est donc attractive  : elle estinteractive et soignée. Mais surtout, elle est triée, puis synthétisée par le documentariste. Le«  travail  » est déjà pré effectué  : l’internaute accède à un «  produit informationnel  » prêt àconsommer, et très différent de ce qu’il peut trouver à la télévision. La nouveauté du web-documentaire est donc autant née de l’usage qui est fait d’Internet que de l’outil en lui-même.De plus, les possibilités offertes par le médium Internet constituent un facteur nonnégligeable dans la naissance du nouveau format web-documentaire.Car Internet est le médium de l’hyper sollicitation, et il offre au web-documentaire les outilsnécessaires au spectateur pour que celui-ci mène son introspection et ses interrogations ausein du document, comme nous l’avons précédemment montré dans la partie interactivité.De plus, Internet permet une transmission immédiate et continue d’informations, et le web-documentaire est justement adapté à ce critère  : les mises à jour et les actualisations sontpossibles. Le web-documentaire s’adapte donc au rythme Internet.En ce sens, les usages faits d’Internet et l’offre d’outils que ce médium apporte, favorisentl’apparition du web-documentaire.
    • NAISSANCE PAGE 65 La multiplicité des supports Internet Actuellement Internet n’est plus uniquement accessible depuis un ordinateur. On compte aujourd’hui différents supports numériques permettant aux internautes d’accéder au médium Internet, et donc à la consultation de web-documentaires. Ainsi, si l’ordinateur reste un outil central il faut aussi évoquer : Les téléphones mobiles avec accès Internet Ceux ci sont couramment appelés «  smartphones  ». Ils permettent une Les tablettes consommation limitée et parfois ralentie de contenus Inter net. Cependant, Ce support est très récent et voit sa l’avantage indéniable de ce support est la place se faire avec l’arrivée de l’iPad mobilité du terminal  : Internet est d’Apple. désormais dans la poche ou le sac à main Le public n’est pas encore bien habitué à des utilisateurs. L’information est alors l’utiliser car c’est un outil récent. partout et tout le temps. Les tablettes tactiles sont moins mobiles que les smartphones, cependant l’ergonomie est meilleure. La consultation de contenus Internet est plus confortable. A la différence d’un ordinateur, les tablettes sont tactiles : l’interaction passe par les doigts sur l’écran, il n’y a plus l’intermédiaire de la souris. On peut ainsi aisément envisager la Tablette iPad d’Apple consultation d’un web-documentaire sur ce type de terminal. La crise de la presse La crise actuelle que connaît la presse est liée à plusieurs facteurs. La crise économique, mais aussi la révolution structurelle de la presse avec le numérique, la désaffection pour la presse papier ou encore la gratuité de certains journaux, sont donnés pour responsables de cette crise. Ainsi les photojournalistes sont par exemple confrontés à une perte de reconnaissance de leur discipline : leurs images sont mises en concurrence avec celles de journalistes « multitâches » ou même d’amateurs. Le web-documentaire se présente donc à eux comme une nouvelle façon de redonner vie à leurs images, et même une nouvelle appréhension de leur profession. La crise des médias traditionnels a ainsi favorisé l’émergence du web-documentaire.
    • NAISSANCE PAGE 66Le changement des pratiques journalistiques Ainsi l’engouement pour le documentaire, la crise de la presse et la multiplicitédes supports Internet ont concouru à la naissance du genre web-documentaire, mais cen’est pas tout  : les pratiques journalistiques ont évolué et ont elles aussi favorisé lanaissance du genre.Et plus loin encore, le web-documentaire a fait naître de nouvelles pratiques  commel’évoque Jean Abbiateci29 : « La version multimédia du reportage, accouplé au blog quenous tenions alors que nous étions sur place, a fondamentalement changé notre pratiquedu journalisme». Le web-documentaire est en effet une façon totalement nouvelle pour lesjournalistes de faire leur métier. Il s’agit d’une démarche à part qui mélange plusieursniveaux d’information  : la vidéo, la photographie, le son et le texte. Le journaliste doitréfléchir bien en amont à la forme qu’il veut donner à son oeuvre, à ce qu’il veut dire surson sujet, grâce à quels médias. C’est un réel travail d’investigation. La réalisation du web-documentaire «Le Corps incarcéré» a ainsi nécessité letravail de plusieurs salariés du journal LeMonde.fr pendant trois mois. Capture d’écran du web-documentaire «Le Corps incarcéré»La mort du mono-journalisme «  La mono-information30 est quasi morte  »,estime Lucas Menget31. On parle de mort du mono-journalisme car la mono-informationsemble être abandonnée pour le pluri-média. Plus concrètement, cela signifie pour lesacteurs de l’information (chaînes de télévisions, radios, ou agences) leur déploiementaux autres médias. Car ils ne peuvent exister seuls en tant que tel  : la «  digital nativegeneration  » est d’abord une génération d’internautes avant d’être une génération detéléspectateurs. En s’ouvrant ainsi à la sphère Internet ces médias d’envergures’assurent l’audience de ce public. Le web-documentaire est dans ce contexte uneforme de « lien » entre le contenu télévisuel classique et le contenu d’Internet.29Jean Abbiateci est journaliste multimédia et auteur de web-documentaires.30 La mono-information est l’information apportée par un unique canal de diffusion.31 Lucas Menget est grand reporter à France 24 et il est l’initiateur du prix du web-documentaire remis pourla première fois au festival de photojournalisme de Perpignan.
    • Le web-journalisme prémisse du web-documentaireNAISSANCE PAGE 67 Si le web-documentaire est assez utilisé par les journalistes, c’est parce que ceux ci se sont confrontés les premiers au médium Internet et aux problèmes qu’il amène quand il s’agit de traiter une information. Il en est même né une «  branche  » du journalisme : le journalisme Internet aussi appelé « web-journalisme ». Et les caractéristiques du web-journalisme sont proches de celles du web- documentaire : c’est une profession en construction qui connaît un contexte économique défavorisé  ; c’est une discipline évolutive qui suit l’évolution Internet et c’est un journalisme en devenir dont les supports sont instables. Les web-journalistes sont aussi bien souvent des hommes orchestres qui doivent maîtriser toutes les formes d’écritures multimédia et développer tous les types de formats numériques. De plus, la pratique du web-journalisme n’étant pas unifiée, elle présente comme le web-documentaire des définitions contradictoires. Ainsi, le web-documentaire se présente à ces nouveaux professionnels comme l’ « arme parfaite ». En effet, la pratique du web-journalisme implique réactivité et créativité  : c’est un journalisme «  connecté  » avec les internautes tout comme l’est le web-documentaire. Cette interaction se fait aussi via les commentaires, les réseaux sociaux et les blogs. Le web-journalisme fonctionne donc avec ces communautés de lecteurs. Il en est même né un journalisme particulier  : le «  community manager  ». Sa mission consiste à extraire l’information des échanges réalisés entre les internautes sur les forums. Le web-journalisme a aussi recours au «  travail en progression  »  : cette pratique consiste à publier une information « brute » qui par la suite est rectifiée et complétée au fur et à mesure par le journaliste. Cette pratique peut se recouper en partie avec la forme du web-documentaire qui présente des contenus additionnels ajoutés par les auteurs ou les lecteurs. Surtout, le web-journalisme est un journalisme pluri média: l’information passe par le texte, les images, les vidéos, les sons, ou encore les diaporamas et les illustrations, le tout enrichi par les hyperliens. Et c’est exactement le concept du web-documentaire. Enfin, le web-journalisme connaît lui aussi des problèmes de financement  : la presse en ligne n’a pas de modèle économique stable et la rentabilité des informations est faible. On peut détailler plusieurs branches dans le web-journalisme :
    • NAISSANCE PAGE 68Le “blog journalism” Le « narrative journalism »! Ce journalisme est la logique du blog ! Le narrative journalism est aujourd’huiappliquée au journaliste  : celui-ci poste des reconnu comme un genre littéraire à partbillets courts et souvent assez subjectifs, qui entière. Né aux Etats-Unis dans le contextemêlent du texte et des contenus multimédias de crise de la presse, ce nouveau genreapportant un commentaire personnel sur littéraire a d’abord été appelé «  newl’événement. journalism  » puis «  literary journalism  » etLe blog journalisme permet le dialogue avec enfin «  narrative journalism  », tel qu’il estles internautes qui ont la possibilité de laisser désormais qualifié.des commentaires. Aujourd’hui, on remarque Le concept du « narrative journalism » est ded e n o m b re u x b l o g s d e j o u r n a l i s t e s , faire de la vie quotidienne non plus le sujetnotamment de journalistes spécialisés d’un reportage mais un sujet littéraire. Les(politique, m é d i a s , sujets sont alors menés comme des sujets deautomobile,religion,économie,régions du roman et ne sont plus traités comme dans lesmonde…). Souvent ces blogs sont rattachés reportages journalistiques.à des sites Internet d’organes de presse Ce concept se retrouve justement danscomme LeMonde.fr ou Rue89. le web-documentaire  : la narration n’est pas celle d’un reportage classique, il est question de mener un récit, raconter une histoire. Le journalisme de données, ou « data-journalisme » Le journalisme de données, également appelé «  data-journalisme  », est aussi une nouvelle forme de journalisme née conjointement de l’essor d’Internet et de la crise de la presse. Ce nouveau genre est très en vogue au Royaume Uni et les médias anglo-saxons sont d’ailleurs très en pointe dans cette discipline alors que la France traîne un peu. Ce journalisme consiste à utiliser des données pour construire l’information. La donnée est alors le centre du concept. Cela peut sembler logique pour du journalisme, mais ce journalisme exploite les données au maximum et en fait l’outil maître du traitement de ses sujets. Le journaliste de données a donc pour mission d’exploiter des données dans le cadre d’un reportage puis surtout de rendre les données lisibles par les lecteurs. Les bases de données utilisées pour le reportage sont ainsi également présentées aux lecteurs via des systèmes de visualisation. Par exemple le Guardian propose aux internautes, pour ses articles en ligne du DataBlog, d’accéder aux données dont le journaliste s’est servi pour réaliser son article. Le data-journalism permet ainsi de rendre intelligible de grandes quantités d’informations. L’usage du data-journalism est très pertinent lorsque les phénomènes étudiés sont complexes : le présentation des faits en utilisant les données est alors simplifiée. Cela implique que le reportage n’est plus construit autour du texte mais des éléments visuels qui présentent ces données. Il s’agit pour le lecteur de visualiser l’information.
    • Le journalisme de données est donc un nouvel angle journalistique, auparavant leNAISSANCE PAGE 69 journaliste avait le choix entre la brève, l’interview, l’enquête… Désormais il a aussi la possibilité de traiter son sujet via les données. Un des précurseurs du data-journalisme est Adrian Holovaty qui avait réalisé des cartes du crime à Chicago grâce à Google Maps32. Le data-journalism consiste donc,comme le fait le web-documentaire, à raconter des histoires via des données. Cependant, le journalisme de données n’est pas plus objectif que les autres formes journalistiques. En effet il est possible de manipuler ces données comme pour tout autre produit journalistique où l’information est manipulable. Un site russe a ainsi truqué une carte interactive des lieux de culte en Russie en y augmentant le nombre de mosquées. Il faut garder à l’esprit que les données sont aussi subjectives que les mots. Il ne s’agit donc pas d’un journalisme «  supérieur  » qui serait plus véritable que les autres. Les données sont présentées comme d’autres éléments, avec la vision du journaliste. L’intérêt du data-journalisme est de pouvoir raconter des histoires via ces données, et c’est le concept du web-documentaire  : relier des données entre elles au sein d’une même production pour répondre à un sujet. Les données permettent, en les maniant, de construire des interprétations, de raconter comme avec des mots une histoire. Le fait de pouvoir manipuler des données permet de mieux retenir l’information (rappelez vous de l’exemple de la carte interactive des meurtres à Juarez dans le web-documentaire La Cité des Mortes). L’autre intérêt du data-journalism est le même que celui du web-documentaire  : la pérennité du dispositif si celui ci est régulièrement mis à jour. En effet si la base de données présentée est actualisée, le dispositif ne perd pas sa pertinence avec le temps. Enfin, le data-journalism présente un autre point commun avec le web- documentaire : la participation des internautes. En effet, les internautes sont parfois sollicités pour traiter des données en grande quantité. Le Guardian a ainsi proposé à des internautes d’analyser la moitié des 548000 pages de notes de frais des députés britanniques que le journal avait récupéré. En France, le site Owni33 a eu besoin d’exploiter des données non mises en forme dans le cadre d’un projet de localisation des bureaux de vote en France. 300 internautes ont ainsi saisi 13 000 adresses manuellement pour faire aboutir le projet. 32Google Maps est un service gratuit de carte géographique interactive et d’itinéraires en ligne. Ce service est proposé par Google. 33 OWNI (http://owni.fr) est un média social créé en avril 2009 auquel participent des journalistes, des blogueurs, des entrepreneurs, des étudiants et des chercheurs. Ils expérimentent le Digital Journalism et offrent de l’information et des débats sur l’évolution de la société numérique. OWNI analyse aussi l’impact d’Internet sur la société, les pouvoirs et les cultures.
    • NAISSANCE PAGE 70 Capture d’écran de l’application Facebook «Où je vote ?» née du projet de localisation des bureaux de vote d’Owni.fr. Pour donner un exemple, j’ai fais faire une recherche à la base de données à partir de l’adresse de l’IUT. Voici le résultat de la base de données : tous les bureaux devote de la Gironde n’ont pas étélocalisés par les internautes, une limite au projet collaboratif.Le même système a été utilisé en Belgique pour évaluer l’état des pistes cyclables.Le data-journalism, comme le web-documentaire, est donc un concept né des possibilitésoffertes par Internet, puisqu’ils utilisent tous deux les données qui sont démultipliées surInternet.Le « slow Journalism" Ce journalisme consiste en des formats longs. La narration est souvent riche et lesentretiens travaillés. Le slow journalisme est un journalisme lent  : il recoupe desinformations, évalue les données, c’est en somme un journalisme beaucoup plus réfléchique le flash journalisme qui lui est dans l’instantané (dépêches). Il y a une réelle prise derecul et c’est en cela que le slow journalism rejoint le web-documentaire  : les sujets desweb-documentaires sont réfléchis et très travaillés, il y a un réel travail d’investigation et demontage des éléments.
    • SOLUTION PAGE 71 photojournalistes. Le photographe Reza parle Le web- déjà de « renaissance » 34. documentaire, une En effet, dans un contexte économique réponse à la d i ff i c i l e p o u r l a p ro f e s s i o n l e w e b - surabondance documentaire représente une nouvelle informationnelle ? stratégie pour faire face à la crise. Symbole de cette crise profonde que connaît Depuis une dizaine d’années, on le secteur : le redressement judiciaire en juillet observe que des milliers d’articles sont d e r n i e r, d e l a c é l è b r e a g e n c e d e publiés quotidiennement, alors que leur photojournalisme Gamma. contenu est quasiment similaire. Ces articles Cette crise du photojournalisme découle, sont, de plus, rapidement obsolètes et sans d’une part, de la crise de la presse mais a réel fond. Le web-documentaire, par son aussi d’autres causes  : le développement du format et le traitement des sujets qu’il libre de droit, et les nouvelles pratiques des apporte peut-être une réponse à ce médias qui préfèrent acheter des clichés à problème  : il permet à l’internaute d’accéder l’unité à l’AFP ou Reuters plutôt que de à une information complète et approfondie et financer des reportages photo. regroupe des contenus connexes. Il ne C’est dans ce contexte que le web- duplique pas les contenus mais les relie entre documentaire se présente comme une eux via l’interface du web-documentaire. véritable opportunité. Mais l’intérêt du web- En ce sens le web-documentaire peut documentaire ne se limite pas au contenu permettre à long terme de freiner la pléthore photographique. En effet, le web- d’articles sur Internet et à court terme de documentaire permet également au proposer aux utilisateurs ultra sollicités une photojournaliste de témoigner information approfondie. personnellement. C’est aussi un moyen de gérer ses partenariats, et éventuellement la Le web- publicité pour financer leur travail. documentaire un Nombreux sont les photojournalistes à voir en nouvel eldorado pour ce nouveau format leur avenir, et certains se les sont déjà reconvertis à l’instar de Brian Storm, le fondateur de l’agence de création photojournalistes ? de web-documentaires Mediastorm, qui était Le web-documentaire permet de photojournaliste à l’origine. mettre l’image au centre de l’enquête. Le web-documentaire serait ainsi une C’est une des raisons qui fait de ce nouvel évolution du journalisme de terrain, au-delà outil multimédia un outil à saisir pour les d’une réponse à la crise du photojournalisme. 34Terme rapporté dans un article de Sophie Roselli sur Swissinfo.Ch intitulé « Le webdocumentaire, l’avenir du photojournalisme
    • Cette définition correspond au storytelling telQuand le journaliste MARKETING PAGE 72 qu’il existe au sein des sphères politiques etse crée une « marque économiques. C’est la définition que présentede fabrique » : le Christian Salmon dans son ouvrage intitulé« Professional «  Storytelling, La Machine à fabriquer desbranding » histoires et à formater les esprits ». Mais le storytelling est plus largement la Le «  professional branding  », aussi capacité à raconter des histoires, à créer deconnu sous le nom de « personal branding », nouvelles formes de récits qui s’adaptent àest une méthode qui utilise les techniques de leur contexte spécifique. Et les médiascommunication des marques mais appliquées digitaux présentent justement de nouvellesaux individus. Ces techniques permettent de formes d’écriture et de lecture.gérer l’image de marque de professionnels, Le web-documentaire permet de raconter laleur réputation numérique35 et leur notoriété. réalité, comme l’ont fait auparavant laCeci leur permettant par la suite de réaliser peinture, la photographie, puis la radio et lades projets d’envergure. télévision, mais en utilisant différents médias. Les journalistes à travers le web- En ce sens le web-documentaire s’inscritdocumentaire peuvent donc se donner une parfaitement dans ce contexte : il s’agit pour«  image de marque  » que l’on pourrait l’auteur de raconter une histoire en modulantfamilièrement qualifier de «  marque de son récit sur le format numérique Internet.fabrique  ». Le web-documentaire serait donc L’histoire racontée dans le web-documentaireun outil leur permettant de gérer leur est donc organisée pour le média Internet,réputation, de faire du web-documentaire la l’objectif est de transporter l’internaute dansvitrine de leur travail via des réalisations le récit. L’auteur du web-documentaire doit«  marquées  », un style d’interface ou présenter les personnages, donner de lad’aménagement des contenus qui leur serait cohérence à son récit, rendre l’histoirepropre. attrayante. Tout ceci fait ainsi du web-Une histoire à documentaire un outil du storytelling.raconter : le« storytelling » Le storytelling est généralement considérécomme un art de la persuasion, voire de lamanipulation.35La réputation numérique est, d’après Gautier Barbe rédacteur du site www.boitedeveille.fr «  Limage duneentité sur le Web. Elle est définie par les internautes qui communiquent sur la toile et elle est perceptible via lesmédias en ligne, blogs, espaces de discussion et médias sociaux. Difficilement contrôlable, elle est devenue unenjeu stratégique tant son impact est puissant sur les ventes et limage dun produit, dune marque ou dunepersonnalité. » La réputation numérique est aussi appelée « e-reputation ».
    • ECONOMIE PAGE 73 Les modèles économiques d’Internet Avant de définir les possibles modèles économiques du web-documentaire, il convient de définir les modèles économiques d’Internet. Actuellement, les plateformes proposant des web-documentaires sont toutes gratuites. Mais ce n’est pas le cas de tous les médias en ligne. Il existe plusieurs modèles économiques sur Internet: Le modèle gratuit Le modèle payant C’est le modèle économique le plus Ce modèle, qui aux débuts répandu dans le monde de l’information sur d’Internet, était peu utilisé par les médias Internet. Ce modèle fonctionne grâce à en ligne, revient en ce moment sur Internet l’apport financier apporté par la publicité. pour contrer la faible rentabilité du modèle Cette publicité revêt plusieurs formes, gratuit. principalement des bannières, des liens Cependant, mis à part le journal en ligne sponsorisés, et des fenêtres pop-up. Mediapart dont tout l’accès est payant, ce Une variante au modèle gratuit financé par modèle n’est pas très répandu. la publicité est le sponsoring professionnel. Aussi, on remarque désormais que certains Par exemple le journal en ligne Rue89 sites ont adopté un modèle hybride  : une propose un mur virtuel où il est possible partie du site est à accès gratuit, une autre, d’acheter une « brique » pour y mettre son payante, est réservée aux abonnés. Ce logo. Écoles privées, entreprises et modèle est aussi appelé «  freemium  ». particuliers notamment y participent. Parfois, il est également possible de payer les articles à l’unité, ou de payer l’accès aux archives pour une certaine durée. Généralement, on observe que c’est l’accès aux archives qui est payant, comme c’est le cas de LeMonde.fr. Le «mur» de Rue89 Extrait du site Mediapart
    • Le coût de la réalisation d’un web- ECONOMIE PAGE 74 documentaire La réalisation d’un web-documentaire n’est pas moins coûteuse que celle d’un documentaire télévisuel, bien au contraire. L’idée que ce format serait plus économique parce qu’il s’agit d’Internet est une grande erreur  : la réalisation d’un web-documentaire coûte généralement autant voire plus qu’un documentaire télévisuel. C’est ce que souligne Matthieu Mondoloni36 : « Aujourdhui, un web reportage se vend trois fois rien alors quon utilise trois fois plus de ressources ». Le budget d’un web-documentaire est variable car ces œuvres sont très différentes les unes des autres mais il est possible de donner ce chiffre de 60 000 €37 par documentaire. C’est ce que coûte en moyenne un web-documentaire produit puis diffusé sur LeMonde.fr. Cependant les « supers productions » sorties cette année ont des budget beaucoup plus conséquents  : 430 000€ pour «  Havana-Miami  » (ce budget comprend également la production d’un film de 52 minutes pour la télévision) , 230 000 € pour « Prison Valley ». Capture d’écran du menu de Havana-Miami Enfin, il y a des web-documentaires sans grand budget  : les deux web- documentaires de qualité «  Brèves de Trottoirs » et «  La Maraude à l’écoute des sans abris » en sont l’exemple. Capture d’écran du menu de «La Maraude à l’écoute des sans--abris»36 Matthieu Mondolini est le co-auteur de « La Mauraude, à lécoute des sans-abris ».37 Estimation donnée par Boris Razon rédacteur en chef du Monde.fr
    • Des financements publics pour le web-ECONOMIE PAGE 75 documentaire ? Ainsi nous avons vu quel était le budget nécessaire à la réalisation d’un web- documentaire. Intéressons nous désormais aux financements possibles. Comme pour le documentaire télévisuel, le producteur, ou le journaliste,  doit trouver le financement à son projet dès le début. Car l’auteur d’un web-documentaire ne peut se financer seul, les sommes à engager étant trop importantes. Il démarche pour cela les diffuseurs et fait des demandes d’aides publiques auprès du CNC et de la SCAM ou encore des collectivités territoriales. Les journalistes n’ont pas l’habitude de se tourner vers ce genre d’instituts publics pour trouver des financements, mais ils y sont parfois contraints. En effet, les journalistes ne peuvent pas s’appuyer sur leurs rédactions car les sommes sont bien trop élevées. Les coûts du web-documentaire sont démesurés par rapport aux petits budgets alloués aux reportages photo. Et le problème est amplifié pour les rédactions de journaux en ligne dont les budgets sont encore plus étroits que ceux des rédactions de journaux papier. D’une façon générale, les diffuseurs sont difficiles à convaincre car le retour sur investissement est encore très faible. De plus, le genre documentaire est un genre traditionnellement issu du service public. Il y a des documentaires diffusés sur les chaînes commerciales, mais l’angle n’est pas le même que sur les chaînes publiques. C’est un genre qui est hérité du secteur public et qui le finance plus largement. Mais, actuellement la situation des web-documentaires en France est, comparativement aux autres pays européens, très avantagée. Bien que l’on ne puisse pas encore parler de confort financier, des aides publiques sont déjà mises en place. Le CNC représente un montant supérieur à 3,5M d’€. Le Centre National du Cinéma et de Ainsi les sommes allouées par le CNC l’image animée (CNC) a en effet sont importantes, mais elles ne spécifiquement créé en 2007 une représentent jamais plus de la moitié du commission «  nouveaux médias  » et est, budget d’une production. avec les diffuseurs comme Arte, la Par exemple, pour «  Prison Valley  », le première source de financement des budget 38 est composé de la façon web-documentaires réalisés. suivante : 70 000 € viennent d’Arte.tv, 90 Après deux années d’aides allouées, une 000 € du CNC et 60 000 € de l’agence de centaine de projets ont été aidés ce qui production Upian. 38 Budget détaillé par Alexandre Brachet, le fondateur de la société de production Upian
    • C’est pourquoi de nombreux projets ne Les critères de sélection sont les suivants : ECONOMIE PAGE 76voient pas le jour faute de financements «On prend en compte des critères tels quesuffisants  : la deuxième moitié est très l’intérêt du sujet et l’aspect interactif dudifficile à trouver. Pourtant, l’aide du CNC a web-documentaire. Mais aussi, la présenceun effet très positif sur la création de web- d’un diffuseur déjà engagé sur le projet quidocumentaires. Sans cette aide, de très partagera les frais de production» expliquenombreux projets ne verraient pas le jour  : en ce sens Guillaume Blancheau41.l’aide du CNC est incontournable. L’aide apportée par le CNC favoriseC’est en ce sens que s’exprime Laurence indéniablement le développement du web-B a g o t 3 9  : «  A u p a r a v a n t l e s w e b - documentaire en France.documentaires se faisaient vraiment avecdes bouts de chandelle (…) là, pour la La SCAMpremière fois, on a pu travailler en La Scam propose deux bourses d’aide à laengageant des frais » en parlant de la série création de web-documentaires.de web-documentaires «  Portraits d’un Tout d’abord, la bourse « Brouillon d’un rêvenouveau monde » de France 5, dont les 24 numérique » qui est une bourse d’aide à lafilms ont bénéficié d’un budget global de création de l’art numérique. Cette bourse a450.000 €. pour objectif l’aide à l’écriture et auLe CNC a d’ailleurs prévu d’augmenter les développement et s’adresse à des auteurssessions de sélection de projets à financer ayant des projets d’art numérique interactifà partir du deuxième trimestre 2010, afin ou linéaire. Ces projets peuvent exister sur support (comme un CD-Rom) ou surd’adapter le dispositif d’aide au rythme de réseaux (Internet), et doivent être àproduction d’Internet. caractère expérimental et/ou documentaire.Le CNC propose deux types d’aides aux Le montant maximum de chaque boursemontants différents : l’aide à l’écriture et au est de 6 000 €.développement et l’aide à la production. La seconde bourse est la bourse «  PierreL’aide à l’écriture et au développement Schaeffer ». Cette bourse est une aide às’adresse aux auteurs et aux producteurs, la création et l’expérimentation numérique.elle peut atteindre 20 000 €. C’est une aide Pour être éligible à cette bourse, le projetqui intervient en amont de la production. doit impliquer l’usage de nouvellesL’aide à la production quant à elle s’adresse technologies dans les domaines deuniquement aux producteurs et peut aller l’interactivité, l’usage de la programmation,jusqu’à 100 000 €. Une seule aide doit être la mise en ligne, la haute définition, lessollicitée pour un même projet. DVD-Rom, la vidéo procédurale.Un plafond40 à ces aides est fixé par l’Etat :200 000 € sur trois ans par entreprise.39 Fondatrice de la société de production spécialisée dans le web-documentaire Narrative.40 D’après le règlement (CE) n°1998/2006 du 15 décembre 2006 qui concerne l’application des articles 87 et 88du traité aux aides de minimis (d’après le site Internet du CNC).41 Guillaume Blancheau est directeur du multimédia au CNC.
    • Les projets doivent également toucher àECONOMIE PAGE 77 un des domaines de la Scam  : l’écrit, la photographie, la vidéo, Internet, et enfin Logo du CNC le logiciel. Cette bourse de recherche est plafonnée à 3 000 €. L’auteur doit être accueilli par un établissement d’enseignement supérieur (école ou université). Cet établissement met à la disposition du lauréat des groupes d’étudiants, des moyens et des locaux. Cette bourse concerne des projets beaucoup plus expérimentaux Logo de la Scam que la précédente. Les deux correspondent cependant au web-documentaire bien que les sommes ne soient pas réellement à l’échelle du coût de sa réalisation. Les collectivités territoriales En complément des subventions du CNC et de la SCAM, il est également possible pour les auteurs de web-documentaires de se tourner vers les collectivités territoriales. C’est le cas d’un web-documentaire sur Verdun, «L’enfant de Verdun» qui a ainsi obtenu des fonds de la région Lorraine, Capture d’écran de ‘L’enfant de Verdun» du département de la Meuse ainsi que de la ville de Verdun. Mais ces aides sont ponctuelles et s’allouent au cas par cas selon les sujets, et selon les propres critères des collectivités territoriales qui ont leurs propres bourses à allouer.
    • ECONOMIE PAGE 78L’alternative du sponsoring Bien que l’aide publique soit conséquente, elle ne suffit pas. L’idée de recourir ausponsoring ne semble pas évidente pour les auteurs, pourtant cette solution sembleplutôt correspondre aux besoins financiers du web-documentaire.Cependant, on devine que les réticences à ce modèle économique sont d’ordre«  éthique  »  : la majorité des web-documentaires sont journalistiques, et l’image d’unegrande marque associée à celle du web-documentaire atteint la crédibilité de l’œuvreproduite.La solution de «  branded-content  » consisterait à associer une marque à un web-documentaire. La marque n’est pas à l’origine du processus créatif, mais elle appose sonimage à celle de l’œuvre car elle l’a financée. Il est question de sensibiliser lesinternautes à la marque en montrant son engagement financier pour une œuvre.Le web-documentaire intitulé «L’obésité est-elle une fatalité» a ainsi fait appel à Canonqui a prêté un appareil photo HD à l’équipe de réalisation. Cependant ce type de modèle ne peut fonctionner que si la marque respectel’indépendance des auteurs dans la création du web-documentaire. De plus la marqueassociée doit avoir une cohérence avec le sujet du web-documentaire pour préserver lacrédibilité de l’œuvre.Ainsi si cette solution semble économiquement la plus simple, elle est la plus risquée enterme d’image. Aux Etats-Unis un autre genre de sponsoring émerge : le « crowdfunding »42.Ce sponsoring est un appel au financement du public. Les sujets sont proposés aupublic et il choisi ceux qu’il souhaite découvrir, et donc financer. En France ce typed’initiative n’existe pas pour des sujets journalistiques. Cependant, des sites Internetproposant ce type de service existent pour la musique (My Major Company43 parexemple). L’internaute devient producteur. 42 Le « crowfunding » peut se traduire par « mécénat populaire ». 43 My Major Company (MMC) est un label musical communautaire à partir duquel les internautes peuvent devenir des "internautes-contributeurs".
    • L’impossible « business model44 » duECONOMIE PAGE 79 web-documentaire L’économie d’Internet est régie par le clic  : un web-documentaire peut ainsi dégager le même nombre de clics qu’une dépêche AFP, alors qu’il a pu demander une année entière de travail. Il est délicat de concilier les contraintes financières d’Internet avec la logique journalistique qui impose un réel travail sur le fond. Pourtant cette question du modèle économique est entière et principale, sans modèle économique bien établi le web-documentaire ne semble pas voué à perdurer. Seulement l’interactivité coûte cher, et elle ne sert qu’à un seul média  : Internet. Les interfaces immersives et interactives que demande le web-documentaire sont longues et coûteuses à créer. Plusieurs modèles économiques se dessinent : L’adaptation Les produits Ainsi, bien que la multiplication des télévisuelle dérivés supports soit risquée, elle Un des modèles Généralement le représente malgré cela un économiques rencontrés web-documentaire est un possible modèle s’appuie sur l’adaptation produit en soi, il a été économique pour le web- du web-documentaire. En conçu et réfléchi pour documentaire. effet, cette option permet naître sous ce format. de financer la réalisation Mais parfois, le web- La publicité du web-documentaire par documentaire est relayé à La publicité est un la diffusion d’une un «  second rang  » et modèle économique peu adaptation linéaire à la accompagne un livre, un rencontré. On peut télévision. C’est le cas du DVD ou une exposition. Il expliquer cela par les web-documentaire devient alors en quelque sujets traités par les web- «  Prison Valley  » qui a été sorte un «  gadget  », qui documentaires. Par diffusé sur Arte le 12 juin peut servir à appuyer un exemple pour les web- dernier. Le documentaire autre produit (favoriser la documentaires sur Haïti, le télévisuel a également été vente d’un DVD par Tsunami, la mort, l’obésité, vendu à l’international à exemple). Mais le on imagine difficilement quelques chaînes. Ceci financement du web- une marque de grande concourt à la rentabilité de documentaire peut aussi distribution ou de produit l’ensemble du projet. bénéficier de ces produits consommable associer « Mais le web-doc ne doit dérivés, par exemple la son image au sujet traité. pas devenir le simple création d’un livre peut Les marques qui financent complément du reportage permettre de financer une des programmes ont télé», précise Alexandre partie web-documentaire. généralement un rapport Brachet45. avec leur contenu. 44« business model » : modèle économique 45 Alexandre Brachet est le fondateur de l’agence de production Upian
    • Les usages du web-documentaire dans ENTREPRISES ET MARQUES PAGE 80l’entreprise SFR est la première entreprise à avoir réalisé un web-documentaire. Celui ci a étédévoilé à l’occasion de la sortie de son rapport d’activité.Rappelons que l’entreprise SFR est un opérateur de téléphonie mobile. L’intérêt manifestépar cette société pour le web-documentaire montre encore une fois le caractère «  pluri-média » du web-documentaire.Ce web-documentaire, «Homo Numericus», consiste à offrir un autre regard sur la «  vienumérique  », à savoir l’usage dunumérique dans la vie quotidienne.Réalisé en une série de portraits toutesgénérations (enfants, adolescents, grands-parents, familles) mais aussi à travers destémoignages de développeurs Internet etmême d’un psychologue. Ce web-documentaire présente, à travers chaqueindividu interrogé, le numérique tel que Accueil d’»Homo Numericus»nous le vivons. Il est ainsi l’exemple de l’usage qui peut être fait par une société du format web-documentaire. On peut deviner qu’il y a différents intérêts à cette initiative pour SFR : d’unepart son image de marque auprès de ses collaborateurs, ses employés, ses clients, maisaussi le grand public. De plus ce web-documentaire revêt un caractère pédagogique, car ilne s’inscrit pas dans une logique d’auto-promotion de la société, mais offre une tentative dedessiner la vie numérique telle qu’elle est vécue dans l’ensemble de la société. Ce web-documentaire est accessible depuis la plateforme de web-documentaires du journalLeMonde.fr. Le format web-documentaire semble être un nouvel outil pour la communicationd’entreprises désirant témoigner de leurs engagements extra-commerciaux. On peut parexemple penser que les fondations de grandes sociétés pourront utiliser cet outil afin depromouvoir leurs actions menées dans les domaines de l’environnement, de l’art, du social,de la santé…On peut citer pour illustrer ce propos la Fondation Cartier pour l’art contemporain, laFondation Véolia, la Fondation Elle, ou encore la Fondation Jean Luc Lagardère.
    • L’usage des web-documentaires par lesENTREPRISES ET MARQUES PAGE 81 marques Le web-documentaire n’est pas qu’un outil journalistique  : les marques l’utilisent aussi. En effet, cette nouvelle forme de récit en ligne permet de capter une audience nouvelle : celle des médias digitaux. Cela permet aux marques d’augmenter leur potentiel relationnel avec le public. Cela donne également aux clients les moyens ou futurs clients de la marque d’interagir, de s’approprier le message, et d’associer leur histoire au récit de la marque en participant. De plus ces web-documentaires peuvent eux aussi être déployés sur les réseaux sociaux. On peut parler de storytelling digital de marque, mais cette forme de web-documentaire présente des limites en termes de liberté d’édition car l’objectif premier reste le travail de l’image de la marque. En ce sens, ce type de web-documentaire est voué à être un véritable outil pour les agences de communication. Lacoste La marque Lacoste, par exemple, a employé le web- Logo de la marque documentaire à l’occasion des 75 ans de la marque, en plein événement Lacoste Roland Garros. L’arrivée de ce web-documentaire a été programmée et s’inscrit dans la stratégie de communication de la marque. Ce web-documentaire futuriste est réalisé à base d’images vidéos et d’images 3D. Il retrace l’évolution du tennis, de la marque et propose une vision du tennis en 2083. Une interview d’un tennisman est proposée et ses sentiments sur la vision du tennis du futur sont recueillis. Des vidéos d’archives sont aussi disponibles. La taille du terrain, les équipements mais aussi les techniques du tennis sont évoquées. La participation des internautes est la bienvenue avec un mur participatif où sont recueillis les points de vue des internautes sur le tennis en 2083. Le message que l’on peut tirer de ce web-documentaire est de montrer que Lacoste a su s’adapter au fil du temps, que la philosophie de la marque et les équipements se sont adaptés, et que Lacoste a su faire preuve d’innovations. L’objectif est d’inscrire durablement dans les esprits, à la fois l’histoire de la marque, son présent et son avenir. L’usage du web-documentaire apporte à l’image de la marque un caractère relationnel fort et fédérateur. Ce web-documentaire est accessible à l’adresse http://www.lacoste-future.com/fr.
    • Aperçu de la plateforme du ENTREPRISES ET MARQUES PAGE 82 web-documentaire Lacoste Vidéo d’archive présentée dans le web- documentaire Lacoste Powerade Une autre marque a utilisé le format web-documentaire pour sespublicités : la marque de boissons rafraîchissantes Powerade. Logo Powerade Le web-documentaire est disponible sur la très fréquentée plateforme de vidéos enligne YouTube. Le web-documentaire retrace plusieurs matchs de football dans différentspays et propose à l’occasion de chacun d’entres eux de découvrir l’état d’esprit desjoueurs, ce que leur moral ou leur corps subit. C’est l’occasion pour la marque de vanterles mérites de ses boissons énergisantes. Tout au long du web-documentaire, le logo de lamarque est mis en évidence. L’interface de la plateforme YouTube est aussi aménagéepour la marque, ses couleurs sont utilisées en fond et des bandeaux sont aussi installés depart et d’autre du web-documentaire. La marque Powerade joue la carte de la proximité,avec ce web-documentaire tourné dans plusieurs régions du monde, lors de matchsimprovisés dans la rue ou dans des écoles. Au delà de ce coté international que la marquemet en avant, on remarque que la plateforme choisie pour diffuser le web-documentaire n’apas été choisie au hasard  : c’est, avec Daylimotion, la plateforme la plus visitée de lasphère Internet, avec une forte proportion d’adolescents, une des cibles de la marque.Pourtant, la chaîne de vidéos mise en place sur la plateforme par la marque ne détient qu’àpeine plus de 1600 abonnés. De plus, cette campagne a été lancée à l’occasion de la coupe du monde de football2010 « 2010 Fifa World Cup » dont Powerade est un des sponsors. Comme pour la marqueLacoste ce web-documentaire fait son apparition à l’occasion d’un événement particulier. Capture d’écran du web- documentaire institutionnel Powerade
    • L’usage du web-documentaire par lesINSTITUTIONS PAGE 83 institutions publiques Mais les marques ne sont pas les seules à se servir du web- documentaire comme outil de communication : le Ministère de la Défense a ainsi lancé son web-documentaire au profit de la Marine Nationale. Ce site permet à l’internaute de suivre l’expérience de 4 jeunes sélectionnés pour vivre à bord et suivre ainsi la vie d’un marin à bord. Il est aussi possible de se glisser dans la peau d’un marin et de partir en mission. Le web-documentaire offre également la possibilité de consulter des fiches métiers. La présentation de l’interface rappelle fortement celle d’un jeu vidéo, ce qui s’explique par la cible du web-documentaire  : les 15-20 ans, garçon ou fille. Ce web-documentaire s’inscrit dans un contexte de recrutement pour la marine. Encore une fois la création du web-documentaire est motivée par un contexte particulier servant de pilier au récit. Ce web-documentaire montre que cet outil multimédia peut très bien servir les collectivités territoriales, les infrastructures publiques ou plus largement les organisations de grande envergure dans leurs plans de communication. Ce web-documentaire est accessible à l’adresse http://etremarin.fr. Captures d’écran du web- documentaire «3Jours en mer»
    • La communication d’un web-documentaire COMMUNICATION PAGE 84 Le web-documentaire reste un format méconnu du grand public, l’idée qui est faitereste très vague. Pour le faire connaître, et assurer sa visibilité on peut imaginer plusieursstratégies. S’il s’agit d’un web-documentaire de type journalistique, le rôle du diffuseur estprimordial. C’est en effet généralement sur son site qu’il diffuse le web-documentaire.Celui-ci doit y être mis en valeur et les internautes du site doivent être incités à s’y rendre.On peut aussi envisager un mailing aux abonnés de la newsletter46 du site pour le lancer.S’il s’agit d’un «  web-documentaire de communication  » (et non pas d’un web-documentaire journalistique), il existe une agence de communication qui orchestre le projetdepuis la recherche de fonds jusqu’à la diffusion, en passant par la création. Dans ce cas,celle-ci a la mission de planifier la sortie du web-documentaire, en interne ou en externe àl’entreprise, et d’organiser une réelle stratégie de communication pour accompagner leweb-documentaire et lui assurer un trafic47. Certains outils de communication sont communs aux deux types de web-documentaire.Les réseaux sociaux ont leur rôle. La fonction de recommandation des réseaux sociaux estun véritable outil pour favoriser la visite du web-documentaire. Plus le web-documentairesera commenté et repris dans les réseaux sociaux et plus sa visibilité augmentera.Les partenaires financiers eux aussi ont leur rôle à jouer dans la visibilité du web-documentaire. Qu’ils soient privés ou publics leurs réseaux propres sont aussi des cibles àenvisager. En effet, si le web-documentaire a été financé par ces organismes, il estprobable que les membres de ces organisations soient sensibilisés à son thème. C’est alorsun véritable bouche-à-oreille qui peut se mettre en place. Enfin, les blogs sont aussi un point stratégique dans la communication.L’influence des blogueurs est de plus en plus forte, et certains blogs drainent un lectoratfidèle et nombreux. Dans le cas du web-documentaire, il convient de s’intéresser aux blogsqui traitent des médias, mais surtout aux blogs qui traitent de près ou de loin du sujet traitépar le web-documentaire.Il convient aussi de ne pas oublier les blogs de journalistes et les blogs d’agences decommunication (comme le très fréquenté site Fubiz.net). Ainsi, en travaillant avec ces blogueurs, on assure un autre public au web-documentaire. Car la fonction de recommandation est dans la blogosphère, comme dansles réseaux sociaux, très forte.46 Une newsletter est un document dinformation envoyé de manière périodique par courrier électronique àune liste de diffusion. Elle est également appelée infolettre, cyberlettre ou plus souvent lettre dinformation.47 Le trafic est le terme employé pour désigner l’audience ou la fréquentation dun site Internet.
    • Le web-documentaire fait son entrée dansCOMMUNICATION PAGE 85 les festivals Les festivals eux aussi s’intéressent aux web-documentaires. À la croisée des festivals de photoreportage, des festivals de documentaires et des festivals multimédias, le web- documentaire à en effet de quoi séduire de nombreux organisateurs de festivals. C’est aussi l’occasion pour les auteurs de faire connaître leur travail. Même si aucun festival n’est exclusivement consacré au nouveau format multimédia, des festivals de grande envergure lui dédient désormais un prix spécifique. Le web-documentaire «Thanatorama» a ainsi été récompensé lors de la sixième édition du festival dans la catégorie «  Art Le Flash Festival en France graphisme  » et a également reçu le Grand prix spécial du jury. Le Flash Festival en France est le À noter, l’édition 2010 du festival a été précurseur des festivals récompensant des annulée (d’après le site Internet pour des initiatives multimédias. raisons logistiques). Cette initiative de la chaîne Arte et du Centre Pompidou était consacrée au contenu animé et interactif pour Internet. Malheureusement ce festival n’a connu qu’une édition, en 2002. Le Flash Festival en France a été remplacé Le Festival International de l’année suivante par le Web Flash Festival. P h o t o j o u r n a l i s m e Vi s a pour l’image Un grand prix du web-documentaire a été créé à l’occasion du 21ème festival Visa pour l’image de Perpignan (juin 2009). Ce prix est à l’initiative de la chaîne Le Web Flash Festival d’informations internationale France 24 et Le Web Flash Festival récompense «  le de RFI, radio d’information internationale. contenu et la création pour Internet ». Ce prix du web-documentaire a l’objectif de Ses critères de sélection sont les suivants : récompenser toutes les der nières originalité, innovation, recherche artistique, productions de web-documentaires, qui ont interactivité, mérite technique, prise en fait preuve d’un traitement original d’un compte des contraintes du média, sujet d’actualité et qui ont utilisé des outils intégration multimédia, ergonomie. multimédias offerts par Internet.
    • S u r l e s n e u f w e b - d o c u m e n t a i re s effet, depuis la 23ème édition (2010) le COMMUNICATION PAGE 86récompensés au festival Visa pour festival s’est tourné vers les productionsl’image, six sont français : d’Internet et les web-documentaires ont à« La Maraude à l’écoute des sans abris» présent leur place au sein du festival.de MatthieuMONDOLINI« Chroniques de Pékin : de Mao aux Jo »de MarcoNASSI NERA« Génération Tiananmen : avoir 20 ans enChine » de Patrick ZACHMANN Le Festival européen des« Adoma, vers la maison ? » de ThierryCARON 4 écrans Le Festival européen des 4 écrans« Etat Critique- Les mots de la guerre a été fondé en 2007 par Hervé Chabalier,dans l’est du Congo» de Cédric qui est directeur général de l’agenceGERBEHAYE Capa. Ce festival a l’ambition de suivre au« Le Corps incarcéré » de Philippe plus près et d’accompagner lesJANNET bouleversements engendrés par la révolution numérique dans le secteur de laudiovisuel et des médias. Douze productions européennes réalisées durant lannée 2008/2009 ont été sélectionnées par léquipe de programmation du festival en vue d’un nouveau prix «  web-films  ».Le Festival International L’édition 2010 du festival va en effetdes Programmes récompenser pour la première fois leAudiovisuels format Internet. Sur les douze oeuvres Le Festival International des spécifiquement conçues pour InternetProgrammes Audiovisuels récompense présentées, neuf sont des web-les oeuvres audiovisuelles sélectionnées documentaires. Les résultats de cettedans la production internationale de édition seront révélés le 20 novembre 2010.lannée écoulée. Ces œuvresaudiovisuelles peuvent être  des fictions,des documentaires de création, desessais, des grands reportages etdésormais des web-documentaires. En
    • TABLE DES MATIÈRES PAGE 87 Table des Matières
    • TABLE DES MATIÈRES PAGE 88
    • TABLE DES MATIÈRES PAGE 89
    • Bibliographie SOURCES ET RESSOURCES PAGE 90Sur la presse et le journalismeGREVISSE, Benoît – Ecritures journalistiques : stratégies rédactionnelles, multimédia etjournalisme narratif – De Boeck – septembre 2008LEFLOCH, Patrick ; SONNAC, Nathalie – Économie de la presse – La Découverte – septembre2005LITS, Marc – Du récit au récit médiatique – De Boeck – septembre 2008MANIER, Paul-Stéphane – Le journalisme audiovisuel  : Techniques et pratiquesrédactionnelles – Dixit – mars 2004RONEZ, Joël – Lécrit Web : Traitement de linformation sur Internet – Editions CFPJ –août 2007YVES, Agnès – Manuel de journalisme –La Découverte – septembre 2008Sur les médiasBARBIER, Frédéric ; BERTHO-LAVENIR, Catherine – Histoire des médias de Diderot à Internet– Armand Colin – 1996BOYER Isabelle – Jeunesse, médias et lien social – Éditions Encrage – 2008.CHUPIN, Yvan  ; HUBÉ, Nicolas  ; KACIAF, Nicolas – Histoire politique et économique desmédias en France – La Découverte – 2009.D’ALMEIDA, Fabrice  ; DELPORTE Christian – Histoire des médias en France, de la GrandeGuerre à nos jours – Flammarion collection Champs Université – 2003.DELAVAUD Gilles – Nouveaux médias, nouveaux contenus – Editions Apogée – 2009DONNAT, Olivier – Les pratiques culturelles des français à l’ère numérique, Enquête 2008 –La Découverte – 2009MIGOZZI, Jacques – De l’écrit à l’écran. littératures populaires : mutations génériques,mutations médiatiques – PULIM – 2000Sur le documentaireCOLLEYN, Jean-Paul – Le regard documentaire – Editions du Centre Georges Pompidou coll."Supplémentaires" – 1993NINEY, François Lépreuve du réel à lécran. Essai sur le principe de réalité documentaire –DeBoeck – 2000
    • SOURCES ET RESSOURCES PAGE 91 Webographie Cette webographie est aux normes ISO 690-2 («  éléments et ordre prescrit dans les références bibliographiques relatives aux documents électroniques »). Elle est présentée par thématiques, puis par ordre alphabétique dans chaque thématique. L’intégralité des adresses présentées ont été consultées le 22 août 2010. Les sources présentées dans cette webographie proviennent de sites Internet français (FR), belges (BE), suisses (CH), ou encore canadiens (CA). Lorsque le nom de l’auteur n’apparaît pas le nom de la plateforme le remplace. Et lorsque l’accès au contenu de la page est restreint ou lorsque le contenu d’une page est payant cela est indiqué, pour toutes les autres pages à accès libre il est indiqué « En ligne ». Articles sur la crise de la presse et les nouvelles formes de journalisme APF via Linterview – « Le web documentaire : nouvelles perspectives pour les journalistes » – Linterview.fr – [En ligne] – 15 septembre 2009 http://linterview.fr/new-reporter/le-web-documentaire-nouveau-mode-de-reportage-pour-les- jeunes-journalistes/ BRINGER, Benoît – «  Webdocu : Quand le journalisme se réinvente sur la toile  » – nouvelobs.com – [En ligne] – 31 décembre 2009 http://benoitbringer.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/12/30/webdocu-quand-le- journalisme-se-reinvente-sur-la-toile.html CHARON, Jean-Marie – « Qu’est-ce que le journalisme web ? » – Regardailleurs.fr – [En ligne] – 18 mai 2010 http://regardailleurs.fr/wordpress/2010/05/journalisme-web-definition-licencepro-metz/ COFFIN, Alice – « France Télévisions à lassaut du web-documentaire » – 20minutes.fr – [En ligne] – 28 janvier 2010 http://www.20minutes.fr/article/380209/Media-France-Televisions-a-l-assaut-du-web- documentaire.php DEBRAINE, Luc – «  La nouvelle écriture documentaire  » – LeTemps.ch – [Accès après identification ] – 23 février 2010 http://www.letemps.ch/Page/Uuid/5321e0f0-1ffa-11df-b561-f36c76562c2e%7C0 FING – «  Journaliste de données  : data as storytelling  » – Fondation Internet Nouvelle Génération fing.org – [En ligne] – non daté http://fing.org/?Lift-France-10-les-articles-d HAUSHALTER, Louis – «  Supports, modèles économiques : quand le webjournalisme se décline » – futurjournalisme.owni.fr – [En ligne] – 1er juillet 2010 http://futurjournalisme.owni.fr/2010/07/01/supports-modeles-economiques-quand-le- webjournalisme-se-decline/
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    • SOURCES ET RESSOURCES PAGE 98Répertoires de web-documentairesMILET, Christophe – « 92 Webdocumentaires, Récits Multimédias ou Web-reportages » –Pearltrees.com – [En ligne] – dernière mise à jour 25 février 2010http://www.pearltrees.com/#/N-play=1&N-u=1_73708&N-p=5196598&N-s=1_825853&N-f=1_825853 ou http://www.christophemilet.com/?p=770UNIVERSCIENCE – « webdoc en stock » – Universcience.tv – [En ligne] – 21 janvier 2010Portails de web-documentairesArtehttp://webdocs.arte.tv/France 5http://documentaires.france5.frGéohttp://reportage-video.geo.fr/L’Interviewhttp://linterview.fr/Jean Abbiateci (journaliste multimédia)http://www.jeanabbiateci.net/Le Monde Sociétés de production dehttp://www.lemonde.fr/webdocumentaires web-documentairesLe Web Activistehttp://www.web-activiste.com HONKYTONK «  production vidéo & multimédia »En anglais : http://www.honkytonk.fr/Interactive Narrativeshttp://www.interactivenarratives.org/ LIGNE 4 « agence de reportages » http://www.ligne4.fr/Mediastormhttp://www.mediastorm.com/ NARRATIVE «  documentaires pour les nouveaux médias » http://www.narrative.info/ UPIAN «  WEB player, créateur , agitateur, designer, 2.0 (…)» http://www.upian.com/
    • SOURCES ET RESSOURCES PAGE 99 Formations ou articles sur des formations au web- documentaire CFJ Ecole de journalisme – « Le web- documentaire » – cfpj.com – [En ligne] – http://www.cfpj.com/formation/journaliste/ le-web-documentaire.html IUT2 Grenoble – « Sites web documentaires » – laformationcontinue.fr – [En ligne] – Sites généralistes http://laformationcontinue.fr/index.php? option=com_content&view=article&id=95&I Arrêt sur Images temid=101 http://www.arretsurimages.net/ JOANNES, Alain – « LUniversité de Metz Association Française des directeurs de la crée une licence de rich media photographie Cinématographique journalistique » –Journalistiques.fr – [En http://www.afcinema.com ligne] – 20 mai 2009 http://www.journalistiques.fr/post/ Commission Européenne Média 2009/05/20/La-faculte-de-Metz-cree-un- http://ec.europa.eu/culture/media/ licence-de-rich-media-journalistique index_fr.htm Festival International de Photojournalisme Visa pour l’Image http://www.visapourlimage.com/ INA Sup – Pôle européen des sciences et métiers de l’image et du son http://www.ina-sup.com/ressources/ dossiers-de-laudiovisuel Institut des sciences de la communication du CNRS http://www.iscc.cnrs.fr/ Ministère de la Culture et de la Communication Enquête 2008 Les pratiques culturelles des Français http:// www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/ Observatoire des Médias http://www.acrimed.org/
    • SOURCES ET RESSOURCES PAGE 100Web-documentairesévoqués360degreehttp://www.360degrees.orgGaza/Sderothttp://gaza-sderot.arte.tv/fr/Haïti : la route de la faim Le Corps Incarcéréhttp://laroutedelafaim.tumblr.com/ http://www.lemonde.fr/societe/visuel/ 2009/06/22/le-corps-Havana-Miami incarcere_1209087_3224.htmlhttp://havana-miami.arte.tv/ Les Bras de la FranceHomo Numericus http://www.france24.com/static/http://www.sfrplayer.com/homonumericus/ infographies/webdocumentaire-travailleur-#/le-webdocumentaire-sur-la-revolution- malien-bras-france-collinee-bretagne-numerique-de-sfr-page-d-accueil abattoir-kermene-immigration/index.htmlBerlin Kultur Lab Les Communes de Parishttp://www.netvibes.com/ http://www.lescommunesdeparis.fr/berlinkulturlab#Bienvenue_sur_la_une One in 8 millionBrèves de Trottoirs http://www.nytimes.com/packages/html/http://www.brevesdetrottoirs.com/ nyregion/1-in-8-million/index.htmlAccueil.html Pib : l’indice humain de la criseCiudad Juarez La citée des mortes économique canadiennehttp://www.lacitedesmortes.net/ http://pib.onf.ca/Concubines Prison Valleyhttp://documentaires.france5.fr/webdocs/ http://prisonvalley.arte.tv/?lang=frportraits-dun-nouveau-monde-chine/concubines Thanatorama http://www.thanatorama.com/La crise du Laithttp://crisedulait.free.fr/ Un somalien à Paris http://documentaires.france5.fr/webdocs/La Maraude à l’écoute des sans abris portraits-dun-nouveau-monde-emigration/http://www.dna.fr/fr/maraude/index.html un-somalien-parisL’obésité est elle une fatalité ? Voyage au bout du charbonhttp://www.curiosphere.tv/ressource/ http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/22876-lobesite-est-elle-une-fatalite visuel/2008/11/17/voyage-au-bout-du- charbon_1118477_3216.html
    • Conférences, Débats & Interviews sur le web-SOURCES ET RESSOURCES PAGE 101 documentaire ASSOCIATION ÇA PRESSE ! « Le webdoc » Débat du 2 février Durée 1 heure 30 Participants : Laurence Bagot, de la société de production Narrative Thierry Caron, auteur du web-documentaire « Adoma, vers la maison » http://linterview.fr/new-reporter/le-webdoc-video-du-debat-en-ligne/ BFM RADIO – L’ATELIER NUMERIQUE « Le webdocumentaire » Durée 12 minutes 20 Emission de Francois Sorel Participants : Alexandre Brachet, société de production Upian Louis Villers, direction de Linterview.fr http://linterview.fr/new-reporter/emission-sur-le-web-documentaire-bfm/ C.C.A. de la Communauté française de Belgique – CINERGIE.BE « La journée du webdocumentaire de la Communauté française » Rencontre du 5 mai 2010 Durée 10 minutes Les participants : Frédéric Delcor, secrétaire général du Ministère de la Communauté française Patric Jean, réalisateur et responsable de Black Moon Production Barbara Levandangeur, programmatrice et productrice indépendante Alexandre Brachet, fondateur d’Upian Marie Mandy, réalisatrice du projet de web-documentaire « La loge du sein » Joël Ronez, responsable du pôle web sur Arte France présentée par Jean-Jacques Jespers http://linterview.fr/new-reporter/la-journee-du-webdocumentaire-de-la-communaute- francaise/ ou second montage à l’adresse : http://www.dailymotion.com/video/xdmuz5_la-journee-du-webdocumantaire-parta_news CANON France SA « L’invention du webdocumentaire » Interview de février 2010 Durée 3 minutes 50 Avec Samuel Bollendorf, auteur de « Voyage au bout du Charbon » http://owni.fr/2010/02/23/le-webdocumentaire-selon-samuel-bollendorff/ CENTRE POMPIDOU « Les ciném@s de demain : le Web documentaire » Séance du 21 mars 2002 Participants : Jean Philippe Renoult, France Culture Equipe de Plokker, web-documentaires dArte Cécilia Vasquez, web-documentaire Trans Humantes Xavier Felix, portfolio Labaraka.net Marie Paire, Onverrabien.com http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/2f6d2a49fa88f902c1256da5005ef33f/
    • SOURCES ET RESSOURCES PAGE 102FRANCE INFO« Le webdocumentaire »Emission du 25 juillet 2010Emission de Caroline Delage, journalisteParticipants :Eric Scherer, directeur « stratégie et relations extérieures » à l’AFPAlexandre Brachet, société de production Upianhttp://france-info.com/chroniques-les-fils-de-l-info-2010-07-22-le-webdocumentaire-468730-36-41.htmlFRANCE INTER – UN JOUR SUR LA TOILE (Et pourtant elle tourne)Au sujet du web-documentaire « Correspondances » de Benoit BringerEmission du 16 novembre 2007Durée 12 minutesEmission de Jean-Marc Four, journalisteh t t p : / / w w w. c o r re s p o n d a n c e s - g e n e r a t i o n . f r / b l o g / b e n o i t b r i n g e r. c o m / a u d i o /correspondancessurfranceinter.mp3FRANCE INTER – UN JOUR SUR LA TOILEAu sujet du web-reportage « Lights bringer »Emission du 4 mars 2009Durée 3 minutes 12Par Hélène Chevalier, journalistehttp://www.correspondances-generation.fr/blog/benoitbringer.com/?page_id=247INSTITUT PRATIQUE DU JOURNALISME – MAG2COM / Coulisses2com« Le webdocumentaire »Conférence tenue le 4 mai 2010Durée 2 minutes 20Intervenants :Pauline Augrain, Chargée du soutien à la production multimedia au CNCBenoit Bringer, Journaliste, organisateur de la conférenceBoris Razon, Rédacteur en chef du Monde.frhttp://www.mag2com.com/?le-webdocumentaireLE MOUV’Intervention de Benoit Bringer, non datéeDurée 30 secondeshttp://www.correspondances-generation.fr/blog/benoitbringer.com/audio/lemouvbenoit%201.Mp3LE MOUV’– TÊTE À NETAu sujet du web-documentaire www.lagrandeaventure.frEmission du 20 octobre 2008Durée 2 minutes 56Avec Benoît Bringerhttp://www.correspondances-generation.fr/blog/benoitbringer.com/?page_id=247
    • SOURCES ET RESSOURCES PAGE 103 MEDIAS 2 / LINTERVIEW.fr « Les webdocumentaires, révolution ou effet de mode ? » Emission du 29 avril 2010 Durée 30 minutes Intervenants : Arnaud Dressen,producteur de web documentaires, Honkytonk Films Guillaume Herbault et Bruno Masi, réalisateurs, Retour à Tchernobyl Benoit Cassegrain, réalisateur Web-reporter.net Olivier Lambert et Thomas Salva, réalisateurs, fondateurs du site Brèves de trottoir Marianne Rigaux, étudiante en journalisme, spécialisé journalisme multimédia, bloggeuse Animation Xavier Rinaldi, journaliste indépendant http://medias2.tv/event/45//webtv--les-webdocumentaires--revolution-ou-effet-de-mode MEDIAS 2 « Quel modèle économique pour les webdocumentaires ? » Intervenants : Guillaume Blanchot, directeur du pôle multimédia du CNC Serge Gordey Gordey, Producteur du web-documentaire Havana-Miami Alexis Serini, co-rédacteur en chef de Linterview.fr Louis Villiers, reporter et fondateur de Linterview.fr http://medias2.tv/event/142/innovations/nouveaux-medias--nouveaux-outils/quel-modele- economique-pour-les-webdocumentaires NOUVELOBS.COM – 3ème EDITION DU FESTIVAL 4 ECRANS « L’essor du webdocumentaire » Durée 2 minutes 56 Participants : Hervé Chabalier, délégué général du Festival 4 écrans Aurélie Florent, responsable du développement, société de production Honkytonk Arnaud Dressen, société de production Honkytonk h t t p : / / w w w. t e l l e e s t m a t e l e . c o m / a r t i c l e - - v i d e o - f e s t i v a l - 4 - e c r a n s - l - e s s o r- d u - webdocumentaire-40061369-comments.html PERRUS, Josselin Rencontre du 29 avril 2010 Avec Alexandre Brachet, fondateur d’Upian Durée totales des vidéos 13 minutes http://nilsoj.tumblr.com/post/558027088/sxd-alexandre-brachet-fondateur-dupian PROGRESS IN WORK (PIW!’S) Interview de Simon Bouisson, auteur de « Les communes de Paris » Mise en ligne le 28 juillet 2010 http://blog.progress-in-work.fr/ PROGRESS IN WORK (PIW!’S) Interview de Samuel Bollendorff, auteur de « Voyage au bout du Charbon » Mise en ligne le 21 juin 2010 http://blog.progress-in-work.fr/
    • SOURCES ET RESSOURCES PAGE 104PROGRESS IN WORK (PIW!’S)Interview de Philippe Brault, co-auteur de « Prison Valley »Mise en ligne le 7 juin 2010http://blog.progress-in-work.fr/RFI – ATELIER DES MEDIAS« Jean Abbiateci : les joies et les difficultés du reportage multimédia »Emission mise en ligne le 2 juillet 2009Durée 12 minutes 42Interview de Jean Abbiateci, auteur d’ « Haïti : la route de la faim »http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/jean-abbiateci-les-joies-etRFI – ATELIER DES MEDIAS« Départ de Philippe Couve + léconomie du webdocumentaire » (Emission 116-1)Emission mise en ligne le 19 Février 2010Participants :Guillaume Blanchot, directeur du multimédia au CNCJoël Ronez, responsable du pôle web dArteAlexandre Brachet, créateur dUpianLaurence Bagot, fondatrice de Narrativeh t t p : / / a t e l i e r. r f i . f r / p r o f i l e s / b l o g s / e m i s s i o n - 1 1 6 1 - d e p a r t - d e ?xg_source=msg_mes_network#5SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia)« Doc on Web »Débat du 20 janvier 2010Durée 1 heure 35Participants :Guillaume Blanchot, directeur du multimédia et des industries techniques du CNCLaurent Duvillier, directeur général de la ScamAurélie Hamelin, responsable du pôle média, direction des programmes de FranceTélévisionsBoris Razon, rédacteur en chef de lemonde.frJoël Ronez, responsable du pôle Internet d’ARTE FranceJudith Rueff, journaliste, auteur de web-documentairesAnimation par Stéphane Druaishttp://www.scam.fr/tabid/363252/articleType/ArticleView/articleId/6988/Doc-on-web.aspxSOCIAL MEDIA CLUB FRANCE« le Storytelling Digital »conférence du 8 avril 2010Participants :Cécile Cros, co-fondatrice de l’agence de production NarrativeArnaud Dressen, co-fondateur de l’agence HonkyTonkJulien Aubert, co-fondateur de la société de développement et de production StoryFactoryNicolas Bry, directeur du Transmedia Lab d’Orangehttp://socialmediaclub.fr/2010/04/la-conference-storytelling-digital-du-0804-en-video/
    • corps commentaire Chine sponsoring Rue89 consommation contraintes risques réseaux sociaux smartphones Narrative cheminements logiciel Arte jeu vidéo guider immersion choix rédactions séries 360° numérique témoignages LeMonde.fr web journalisme sons plateformes Upian SFR Twitter SCAM Géo laboratoire collectivités business model Facebook Honkytonk France2 newsvoix ARG crise de la presse storytelling découvrir ovni CNC modèle gratuit internaute Oulipo connexions prison formes recommandation buzz marques France Télévisions histoires lois pluri média organes de presse marketing interactivité navigation création croisements sans-abris mort clic changements digital native generation participation RFI entreprise festival hyperliens réalisateur Internet temporalité audiorama eldoradoprofessional branding acteurs photographie cartes interactives alternative écriture datajournalism artisans Afternoon cinéma photographié multimédia audience développement évolution portraits délinéarisation livre jeu rich-média compétences trans-média