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1 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
DOSSIER DE PRESSE
INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
2 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
À LA UNE
Tous ensemble,
nous comptons
constituer un véritable
pôle d’excellence doté
d’une vision globale
sur la ville durable
et les mobilités
du futur.
©PHOTO-COLPIA.COM
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 3
AUJOURD’HUI L’IFSTTAR !
HÉLÈNE JACQUOT-GUIMBAL,
directrice générale
L’
an passé, nous lancions « Les
Décennies de ­l’Ifsttar », un
grand cycle de manifesta-
tions sur nos différents sites
en régions. Objectif : fêter
plusieurs anniversaires emblématiques
pour notre Institut.
La première journée commencera par
l’inauguration du bâtiment Bienvenüe de
Champs-sur-Marne (77), véritable vaisseau
amiral de l’Ifsttar accueillant désormais
notre siège et 400 agents de l’Institut.
Niché au cœur de la communauté Université
Paris-Est forte de 22 partenaires dont nous
faisons partie, Bienvenüe est un bâtiment
basse consommation de 40 000 m² certi-
fié haute qualité environnementale (HQE)
et doté de laboratoires uniques en Europe.
Nous y côtoyons par exemple des équipes
de l’École des ponts ParisTech, du CSTB, du
Cerema, de l’Institut Efficacity ou de l’École
d’urbanisme. De quoi favoriser le développe-
ment de projets communs sur des thèmes
partagés, comme en témoigne par exemple
l’équipement Sense-City. Tous ensemble,
nous comptons constituer un véritable pôle
d’excellence doté d’une vision globale sur la
ville durable et les mobilités du futur.
Le bâtiment Bienvenüe accueillera ensuite
la conférence « La ville peut-elle être du-
rable ? », thème transversal à nos sites de
Champs-sur-Marne et de Versailles-Satory,
et sur lequel j’échangerai avec le philo-
sophe Raphaël Enthoven, Michèle Pappa-
lardo (présidente de Vivapolis), Philippe
Tchamitchian (président de l’université
Paris-Est), Jacques Tavernier (président de
l’École des ponts ParisTech et de l’Ifsttar)
et Corinne Gendron (professeur à l’univer-
sité de Montréal et nouvelle présidente du
conseil scientifique de l’Institut).
Plusieurs tables rondes se tiendront en-
suite sur des sujets passionnants, explorés
par les équipes de nos deux sites franci-
liens : de la place des femmes dans la ville
à l’implication des citoyens dans l’élabora-
tion des systèmes de transport, en passant
par les nouveaux matériaux et leurs tech-
niques d’imagerie, le changement clima-
tique et les risques naturels, la pratique du
vélo, les enjeux du sous-sol du Grand Paris
ou bien encore le Big Data.
Enfin, pour montrer la diversité de nos ac-
tivités de recherche et les manières dont
elles affectent la vie quotidienne des ci-
toyens, notre site de Versailles-Satory et le
bâtiment Bienvenüe ouvriront leurs portes
au public le vendredi 23 septembre. L’oc-
casion aussi de découvrir des équipements
exceptionnels, telle la plateforme d’essais
des structures pour tester des composants
de génie civil : une impressionnante dalle
de 30 mètres de long sur 8 mètres de
large, l’une des plus grandes du monde.
Venez nombreux !
4 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
DANS QUEL CONTEXTE
URBAIN LE BÂTIMENT
BIENVENÜE SE TROUVE-T-IL ?
Le contexte où se situe la Cité Des-
cartes est celui de Marne-la-Vallée,
une « ville nouvelle » créée dans les
années 1960 ; elle accueille des bâ-
timents d’enseignement scientifique
et de recherche implantés dans une
grande zone paysagère, mais aus-
si des logements des commerces
et des activités. Chaque édifice est
autonome et possède sa propre per-
sonnalité, c’est le cas de l’EISIEE
(l’École d’ingénieurs des sciences
et technologies de l’information et
de la communication) construite par
Dominique Perrault ; du Centre d’in-
formatique Bull conçu par Bertrand
Bonnier ; de l’École Nationale des
Ponts et Chaussées bâtie par Chaix
et Morel ; et enfin de l’École d’Archi-
tecture de la Ville et des Territoires
édifiée par Bernard Tschumi.
Pour autant la Ville Nouvelle ne
donne pas le sentiment d’une ur-
banité forte du fait de ces espaces
publics distendus et du manque
de lien entre ses quartiers. La nais-
JEAN-PHILIPPE PARGADE, architecte du bâtiment bienvenüe
ENTRETIEN AVEC
sance d’un pôle universitaire et de
recherche à la cité Descartes va
conduire à sa densification c’est
pourquoi j’ai saisi cette occasion
pour offrir des solutions à une muta-
tion urbaine nécessaire. Rappelons
que le site est bordé par les bois de
Grace et de Grange et qu’il est re-
lié directement au cœur de Paris et
à la future université de Condorcet
au nord. Ce projet est donc en par-
faite adéquation avec l’ambition du
Grand Paris.
COMMENT S’EST FORGÉ
VOTRE PARTI PRIS ?
L’idée de faire campus s’est imposée
très vite comme fil directeur du pro-
jet. Il s’agit de s’appuyer sur le vide
existant occupé par des terrains spor-
tifs, un parvis face à l’École des Ponts
repérable par son obélisque provenant
de la cour de la rue des Saints-Pères,
une perspective ouverte sur les bois,
un lien direct au RER pour créer un
événement urbain exceptionnel qui
met en scène un espace paysager
dans le prolongement de la trame
verte du Campus Descartes.
©SERGIOGRAZIA
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 5
POURQUOI CE CHOIX ?
Mon but était que Bienvenüe de-
vienne un lieu de convergence des
bâtiments d’enseignement et des
grands espaces verts. J’ai pris pour
référence le campus américain de
Charlottesville dans l’État de Virginie
fondé par Thomas Jefferson, homme
politique philosophe et architecte,
un campus homogène qui synthétise
« l’autorité de la nature et le pouvoir
de la raison ». En d’autres termes,
j’ai construit le projet autour du vide
et offert un espace public central
réservé aux piétons ; en parallèle, il
me fallait densifier pour passer du
lotissement à une structure urbaine
identifiable.
LE PROJET S’ORGANISE-T-IL
DANS UNE DUALITÉ ?
D’une part, ce projet distingue un
espace tertiaire entièrement est/
ouest qui crée un front bâti sur le
boulevard Newton et délimite au sud
l’espace jardin du campus. D’autre
part, il offre un espace polyvalent
partagé abrité par une voûte ondu-
lante recouverte de jardins en la-
nières et de cabanes en bois. Cette
voûte est comme un soulèvement
du sol, elle dégage un parcours de
découverte vers le paysage de la val-
lée et les bois alentours. Cette vague
paysagère (200 mètres) exprime une
convergence entre une résolution
programmatique et une volonté de
faire un urbanisme fort.
EN QUOI BIENVENUE
ADHÈRE-T-IL AUX ACTIVITÉS
QUI S’Y DÉROULENT ?
Dédié aux essais sur les matériaux,
l’Ifsttar s’enrichit de nouvelles re-
cherches sur le développement du-
rable et sur l’urbanisme en associa-
tion avec l’Institut de la ville. C’est
pourquoi j’ai voulu créer un lien très
fort entre le design du bâtiment et
son contenu, ce que les Anglais
nomment l’affordance, c’est-à-dire
la capacité d’un objet à suggérer sa
propre utilisation.
CETTE VAGUE PAYSAGÈRE
EST-ELLE UN SIGNAL ?
L’espace central du Campus est
maintenant repérable ; d’un côté, le
grand hall vitré de l’École des Ponts,
de l’autre, l’entrée principale de
Bienvenüe, avec sa voûte en béton.
Son aspect protecteur donne un sen-
timent d’appartenance à cet espace
de convergence et de rencontres vé-
hiculé par l’architecture elle-même.
Elle est aussi un hommage au génie
civil, une discipline phare au sein de
l’Ifsttar. Sa conception est venue au
fur et à mesure de l’écriture du pro-
jet, mais au départ c’était une intui-
tion. Puis elle s’est matérialisée par
le développement de solutions tech-
niques exceptionnelles réunies au
sein d’un pont long de 200 mètres
conçu avec des ingénieurs spécia-
lisés dans les ouvrages d’art. Le
choix du béton coulé en une seule
pièce concrétise l’aspect monumen-
tal du lieu dont les grandes failles
s’ouvrent sur le ciel et font entrer
la lumière. L’autre défi était d’évi-
ter les joints de dilatation ce qui a
nécessité une technique de coffrage
adaptée pour appuyer l’effet mo-
nolithique. Au-delà de ses vertus
techniques, cette voûte joue un rôle
essentiel dans le confort thermique
grâce à son inertie qui lui permet de
garder la chaleur l’hiver et de resti-
tuer la fraîcheur l’été. En outre, l’eau
du toit est récupérée pour irriguer et
arroser le toit planté.
AU-DELÀ DE SES PROUESSES
TECHNIQUES QUE SUGGÈRE
CETTE VOÛTE ?
Ce monolithe sculptural semblable
à une nef rassemble en un même
lieu diverses activités ; des ateliers,
un centre de documentation, un au-
ditorium, un kiosque à journaux, un
vaste restaurant, des salles de réu-
nion. Le point d’orgue est cette gi-
gantesque plateforme d’essais tech-
niques et ses zones de préparation
visibles depuis les grandes baies de
l’entrée. Ce laboratoire à ciel ouvert
teste les matériaux et les procédés
techniques. Ce rez-de-chaussée
concentre les circulations : il donne
accès aux bureaux et aux labora-
toires et aux activités publiques et
industrielles du pôle scientifique et
technique (PST).
©SERGIOGRAZIA
6 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
PHILIPPE TCHAMITCHIAN,
président de la Comue Paris-Est
3 QUESTIONS À
L’EQUIPEX SENSE-CITY
FINANCÉ PAR LE 1ER
PLAN DES
INVESTISSEMENTS D’AVENIR
ET DONT LA CONSTRUCTION
S’ACHÈVERA COURANT 2017,
VOUS PARAÎT-IL UN BON
EXEMPLE DE COOPÉRATION ?
Bien entendu, ce projet d’équi-
pement de pointe dont plusieurs
membres d’Université Paris-Est sont
les acteurs illustre parfaitement notre
ambition scientifique. En croisant
les disciplines et les connaissances
de l’Ifsttar, d’ESIEE Paris, du CSTB,
de l’UPEM, de l’ENPC et du CNRS,
nous pourrons analyser les systèmes
territoriaux et les réseaux à l’aide de
nouveaux capteurs qui permettront à
terme de mesurer les performances
des espaces et objets urbains. Cette
plate-forme d’innovation technolo-
gique est une occasion unique pour
proposer des solutions créatives et de
rupture. Elle est aussi un bon vecteur
de l’ouverture du site à d’autres par-
tenaires, notamment franciliens, tels
que Polytechnique et Inria.
PENSEZ-VOUS QUE L’IFSTTAR
POURRAIT AUGMENTER SON
ACTIVITÉ DE FORMATION ?
Oui, d’autant que de nombreux col-
lègues de l’Ifsttar ont manifesté leur
souhait d’enseigner.
Leurs compétences sont en partie
complémentaires à celles de nos
collègues des établissements d’en-
seignement supérieur du site ; elles
peuvent nous aider à répondre à des
besoins non couverts à ce jour. Il
existe de larges possibilités de déve-
loppement qu’il s’agisse de filières
professionnelles (formations conti-
nues, technologiques ou en appren-
tissage) ou de filières en formation
initiale.
1. Établissements membres ou associés de la
Communauté d’Universités et Établissements
Université Paris-Est localisés à la Cité Descartes :
Université Paris-Est Marne-la-Vallée, École des
Ponts ParisTech, CSTB, FCBA (arrivé en 2014),
École nationale supérieure d’architecture de la
ville et des territoires, ESIEE Paris, ENSG
COMMENT VOYEZ-VOUS
L’IMPLICATION DE L’IFSTTAR
DANS LA CONSTRUCTION
D’UPE ET DU FUTUR I-SITE ?
L’arrivée de l’Ifsttar en 2012 a per-
mis de renforcer la puissance de re-
cherche et d’expertise à la Cité Des-
cartes et la thématisation du site
alors même qu’il était déjà identifié
comme cœur du cluster de la ville
durable du Grand Paris. L’Ifsttar
partage en effet de nombreux en-
jeux de recherche avec les établis-
sements antérieurement présents
sur le site1
.
Aujourd’hui, l’implication de l’Ifsttar
dans notre candidature I-SITE du
programme Investissements d’Avenir
est l’opportunité de construire une
politique de recherche commune.
Riches de nos différences et dans
le respect des prérogatives de cha-
cun, nous avons intérêt à définir des
orientations conjointes, par exemple
en matière d’infrastructures, ou pour
couvrir de façon suffisamment large
différents aspects de l’activité de re-
cherche, depuis la plus fondamen-
tale jusqu’à la recherche-action et,
au-delà, le transfert vers les activités
socioéconomiques. ©SIMÉALUPÉRON-CAMPUSNUMÉRIQUE-UPEM
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 7
HERVÉ LE TREUT,
directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace
3 QUESTIONS À
DANS LE DOMAINE DU
CHANGEMENT CLIMATIQUE,
SUR QUELS ASPECTS EST-IL
SOUHAITABLE D’ACCENTUER
L’EFFORT DE RECHERCHE
(OBSERVATIONS À
DIFFÉRENTES ÉCHELLES,
SYNTHÈSE ET TRAITEMENT
DES DONNÉES,
PERFECTIONNEMENT
DES MODÈLES…) ?
La réponse la plus juste est malheu-
reusement que tout est nécessaire :
le système climatique forme un
tout, et c’est à l’interface entre la
modélisation et l’observation, entre
les grandes et petites échelles spa-
tiales, entre les composantes très
différentes de ce système (atmos-
phère, océan, couches superficielles
des océans, glaciers, biosphère…)
que se situe très souvent la marge
de progrès la plus immédiate. Et
nous avons aussi un besoin fort de
science fondamentale, de méca-
nique de la convection nuageuse, ou
des couches turbulentes atmosphé-
riques et océaniques, par exemple.
Une chose mérite peut-être d’être
singularisée : assurer le suivi d’un
moment unique, celui où le climat
subit une transition rapide du fait
de l’augmentation rapide des émis-
sions de gaz à effet de serre. Ne pas
l’observer aujourd’hui, c’est être sûr
de manquer d’éléments pour mieux
le comprendre demain. Les agences
spatiales ont mis en place un pro-
gramme de mesures des « variables
climatiques essentielles » : il sera
nécessaire de s’y tenir pendant toute
la durée du siècle actuel.
EST-IL POSSIBLE D’ÉVALUER
ASSEZ FINEMENT LES
EFFETS INDUITS SUR DES
PHÉNOMÈNES NATURELS
TELS QUE LES INONDATIONS,
LES GLISSEMENTS DE
TERRAIN, L’ÉROSION, ETC. ?
Mieux comprendre ce qui est pré-
visible ou le deviendra peut-être,
discerner au contraire ce qui reste-
ra imprévisible à jamais, cela défi-
nit l’un des axes majeurs de la re-
cherche climatique. On sait depuis
les travaux du professeur Edward
Lorenz en 1963, et la renommée
que lui a valu sa célèbre métaphore
sur le rôle des battements d’ailes de
papillon, qu’une prévision météoro-
logique précise restera impossible
au-delà d’une échéance que l’on si-
tue aujourd’hui à 10 jours environ.
Par contre les météorologues ont
beaucoup progressé, et dans ce laps
de quelques jours, les prévisions
d’inondations, de précipitations, se
sont considérablement améliorées.
Au-delà on doit appréhender les
évolutions de manière statistique, et
donc sous la forme de risques : le ré-
chauffement climatique lié aux gaz à
effet de serre vient moduler les fluc-
tuations naturelles du climat, il est
fortement susceptible d’augmenter
l’intensité des précipitations, ou au
contraire la durée des sécheresses
et canicules. Mais ce ne sont pas
des évènements que l’on sait dater
et localiser de manière précise : on
sait seulement déterminer des zones
à risque.
AFIN DE S’ADAPTER AUX
CHANGEMENTS CLIMATIQUES,
UNE DÉCLINAISON
NATIONALE ET RÉGIONALE
DES POLITIQUES PUBLIQUES
EST-ELLE ENVISAGEABLE
(AMÉNAGEMENTS LITTORAUX,
URBAINS…) ?
Oui, et c’est même souhaitable.
Mais au niveau régional, où l’on at-
tend un diagnostic climatique plus
précis, il devient nécessaire de tra-
vailler sur des bases différentes. Là
où certains espéraient faire des pré-
visions directes en affinant la résolu-
tion des modèles, il devient néces-
saire de s’appuyer sur un concept
différent, celui de vulnérabilité. En
quoi un territoire est-il « climato-dé-
pendant » ? Il s’agit d’une approche
scientifique très riche, car elle per-
met de juxtaposer des regards issus
de mondes variés, celui de climato-
logues mais aussi de sociologues,
d’écologues, d’énergéticiens, pour
comparer sur un territoire donné des
risques de natures très différentes.
Elle a un double avantage : éclairer
de manière factuelle les compromis
entre des exigences souvent oppo-
sées qui sont le lot croissant des dé-
cisions publiques dans le domaine
environnemental ; et offrir une pos-
sibilité d’implication, et d’éducation
à ces enjeux, pour des citoyens ou
futur citoyens de tout âge. Ces ap-
proches constituent pour les scienti-
fiques une responsabilité nouvelle et
très importante, mais aussi un tra-
vail transdisciplinaire passionnant.
DR
8 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
L’IFSTTAR CÔTÉ NANO
Le génie civil se conçoit et s’ausculte aussi à l’échelle
nanométrique ! L’Ifsttar a par exemple participé au
développement de nouveaux bétons nanostructurés,
notamment pour garantir leurs propriétés et leur bon usage.
Bientôt, c’est l’état de santé des ouvrages qui sera surveillé
grâce à des nanocapteurs disséminés dans leurs structures.
NANOMATÉRIAUX ET NANOTECHNOLOGIES
©SERGEYDZYUBA
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 9
M
ême si le cœur d’expertise
de ­l’Ifsttar concerne des in-
frastructures de grande taille
(ponts, aéroports, digues,
routes, autoroutes, réseaux
d’eau, etc.), l’Institut s’intéresse de longue
date aux nanomatériaux et aux technolo-
gies qui en découlent (nanotechnologies).
Ces matériaux, dont l’échelle des consti-
tuants est le nanomètre (milliardième de
mètre), présentent des propriétés très dif-
férentes de leurs homologues conçus avec
des constituants de plus grande taille.
« Néanmoins, admet Henri Van Damme,
ancien directeur scientifique de l’Ifsttar,
aujourd’hui professeur invité au Massachu-
setts Institute of Technology (MIT), depuis
les premières recherches sur les nanomaté-
riaux il y a une vingtaine d’années, il faut
reconnaître que peu de matériaux de génie
civil ou de construction en ont véritable-
ment tiré parti excepté les bétons à ultra
haute performance (BFUP) ou les bétons
photocatalytiques, autonettoyants. En re-
vanche, nous utilisons beaucoup les outils
nés de ces recherches à l’échelle nanomé-
trique, que ce soit le microscope à force
atomique (AFM) ou la nanoindentation pour
mesurer des propriétés mécaniques. » De-
main, ce sera peut-être l’impression 3D qui
permettra de fabriquer des pièces de génie
civil en matériau composite, par exemple
avec des fibres organiques à base de soie
d’araignée synthétique, sujet sur lequel tra-
vaille le MIT.
Quel rapport entre béton
et nano ?
« Le béton est l’archétype du matériau
massif constitué d’une collection de nano­
particules assemblées, répond Henri Van
Damme. Les bétons modernes, comme le
BFUP, ont été conçus avec une continui-
té de taille de constituants, des silex aux
nanograins de silicate de calcium. Leurs
structures laissent ainsi peu de place au
vide, ce qui leur confère d’excellentes pro-
priétés mécaniques, de durabilité, et un
écoulement plus fluide lors de leur mise en
œuvre. »
L’Ifsttar a joué un très grand rôle dans
le développement des BFUP et de leurs
usages, que ce soit dans le cadre de re-
cherches collaboratives ou financées en
interne. Les BFUP sont encore peu utili-
sés dans le monde assez traditionnel de
la construction, mais le potentiel de ces
caïds de la construction, aux propriétés
proches de l’acier, est prometteur.
Ausculter le patrimoine
de génie civil
« Nous sommes aussi très actifs en ma-
tière de nanotechnologies, par exemple
pour estimer l’état de santé du patrimoine
de génie civil, qu’il soit en béton ou en
enrobés bitumineux », poursuit-il. Les
besoins sont colossaux, tant en construc-
tion qu’en renouvellement. Au lieu des
capteurs actuellement placés ici ou là et
d’inspections pédestres ou manuelles (une
surveillance macro), les nanotechnologies
permettraient d’instrumenter les nouveaux
ouvrages pour les ausculter finement et
de façon automatique : des nanocapteurs
inclus en nombre pendant la construction
mesureraient les paramètres importants,
comme le pH du béton pour vérifier que
l’acier est protégé. « Nous sommes parmi
les pionniers dans ces recherches, notam-
ment dans le cadre du projet Sense-City,
se félicite-t-il. Nous développons des nano-
capteurs fiables et durables à très bas coût
ainsi que l’électronique associée, le traite-
ment des données, etc. » Les ouvrages se-
ront bientôt sous haute surveillance…
©ISTOCKPHOTO
10 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
IMPLIQUER LES CITOYENS
POUR DES SOLUTIONS
DURABLES
Comment associer efficacement les citoyens aux projets
visant à améliorer leur mobilité quotidienne et leur cadre
de vie ? Dans quels projets de « science participative »
est impliqué l’Ifsttar ? Une table ronde abordera ces questions.
MOBILITÉ ET AMÉNAGEMENT
©ISTOCKPHOTO
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 11
E
mbouteillages, manque de places
de parking, transports en commun
saturés, retards, zones délais-
sées… Les premiers concernés
par les problèmes de transport,
ce sont leurs usagers ! « Voilà pourquoi
de plus en plus de projets RD les im-
pliquent dès les premiers stades », lance
Jean-Marie Burkhardt du Laboratoire LPC
de l’Ifsttar. Objectif : développer des solu-
tions innovantes et « climat-­compatibles »
répondant vraiment à leurs attentes… et
qui sont donc largement adoptées.
Dans le concept du user-centered design,
les chercheurs demandent par exemple aux
usagers d’exprimer leurs besoins et d’éva-
luer les concepts en développement. Dans
l’approche participatory design, ceux-ci
sont véritablement considérés comme des
partenaires qui contribuent aux décisions,
à tous les stades du développement. Un
modèle particulièrement développé en
Scandinavie. « À l’Ifsttar, nous étudions
de près ces différents modes de participa-
tion citoyenne. »
Plusieurs degrés de participation
Menée auprès de 23 experts en innovation
du réseau de l’Institut VeDeCom1
, une de
leurs études montre par exemple que les
usagers associés dès les premiers pas du
projet sont davantage force de proposition
et créatifs, mais qu’ils ont souvent be-
soin de supports visuels pour se projeter :
images, schémas, prototypes… Autre point
important : les entretiens en tête-à-tête
permettraient d’obtenir des informations
plus riches sur les besoins des usagers, les
consultations collectives s’avérant plus ef-
ficaces pour sonder le degré d’acceptation
d’une innovation.
Dans une autre étude menée sur 34 vo-
lontaires, les chercheurs de l’Ifsttar ont
comparé des groupes de travail associant
experts et usagers ou seulement consti-
tués d’experts. Menés dans le cadre d’un
projet de recherche de VeDeCom, tous
avaient pour objectif de trouver de nou-
veaux services de transport pour les per-
sonnes travaillant à Versailles-Satory (78).
Principaux enseignements : les groupes
de travail mixtes généraient davantage de
propositions, qui sont surtout réalisables
en un à deux ans, sous la pression d’usa-
gers quotidiennement confrontés aux nom-
breux problèmes de mobilité dans cette
zone.
Des smartphones au service
de la recherche
Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ligne
ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, bar-
rage de Sivens… À l’heure de crispations
sur de nombreux projets d’infrastructures,
ces recherches prennent tout leur sens.
« Pour sa part, l’Ifsttar mobilise également
des usagers citoyens dans ses propres pro-
jets. » L’un d’eux vise par exemple à éta-
blir des cartographies collaboratives du
bruit en milieu urbain. L’idée ? Tirer parti
des smartphones de citadins à partir d’une
application qui enregistre, géolocalise
et analyse le niveau de bruit généré par
le trafic routier qui les environne. Autre
exemple de science participative : le projet
Mobypost qui a développé dix véhicules
roulant à l’hydrogène pour les livraisons
de courriers et autres colis par la Poste ;
ici, les usagers concernés (les facteurs)
ont été fortement impliqués dès les toutes
premières phases du projet, ce qui a gran-
dement contribué à sa réussite… Autant
de recherches passionnantes qui devraient
déclencher de riches échanges, lors de
cette table ronde.
1. Institut du véhicule décarboné et communicant
impliquant des acteurs privés et publics dont l’Ifsttar.
©PINKYPILLS
12 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
PAS DE VÉLO SANS VOLONTÉ
POLITIQUE
Pourquoi la pratique du vélo se développe-t-elle
ou non ? Quelles sont les politiques publiques
efficaces ? Quelle est la perception du risque ?
Autant de questions qui seront abordées lors de la table
ronde consacrée au vélo.
DÉPLACEMENTS DOUX
©ISTOCKPHOTO-RYANJLANE
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 13
C
eux qui le pratiquent le savent :
en France, le vélo, souvent plé-
biscité, n’est pas encore respecté
sur le bitume. Malgré des avan-
tages écologiques, sanitaires et
économiques reconnus, il n’est pas toujours
pris très au sérieux. Or le constat est simple,
comme le rappellera Frédéric Héran, spé-
cialiste des recherches sur le vélo : partout
en Europe, le vélo s’est développé grâce aux
politiques publiques de long terme, à l’instar
de celles des Pays-Bas.
Un moyen de transport
historique…
Très utilisé dans les années 1920-1930, le
vélo a été chassé de toutes les villes euro-
péennes après-guerre, et surtout dans les
années 1950-1960 par les engins à moteur,
pour revenir progressivement à partir des
années 1970, principalement en Europe
du Nord et dans certaines villes d’Italie. La
modération de la circulation grâce à des po-
litiques de restriction de la voiture a joué un
rôle déterminant.
« C’est la politique d’ensemble qui compte,
précise Francis Papon, responsable de l’ani-
mation du réseau Vélo à l’Ifsttar qui réunit
depuis 2012 les chercheurs de l’Institut,
du Cerema et d’autres institutions. Le dé-
placement est un système dont l’ensemble
des modes est affecté lorsqu’il y a un re-
port. Nous avons analysé l’évolution de la
mobilité en France à partir des enquêtes
locales et nationales sur les déplacements :
après un déclin jusqu’aux années 1980,
la pratique du vélo est désormais stable. »
Un constat que le chercheur nuance : il faut
distinguer la périphérie des villes, où les vé-
los sont de plus en plus rares, des centres-
villes, surtout des grandes agglomérations
où, depuis le milieu des années 1990, il est
réapparu. Strasbourg ou Bordeaux illustrent
parfaitement ce retour en force grâce à des
politiques publiques durables. La plupart
des grandes villes suivent cette voie. Le
développement des vélos en libre-service a
également accompagné cette tendance, no-
tamment à Lyon ou Paris.
Quelles politiques publiques
mettre en place ?
« Outre la construction d’aménagements
adaptés, qui peuvent varier mais en assu-
rant la continuité, la restriction des voitures
est fondamentale, répond Francis Papon.
Par exemple, en développant les zones 30
dans les rues calmes, un aménagement qui
profite aussi aux piétons et aux riverains. Le
stationnement est également important sur
les voies publiques à proximité des com-
merces, gares, écoles, administrations et
dans les lieux privés (immeubles, bureaux).
Enfin, l’intermodalité, en particulier en mi-
lieu périurbain, entre vélos et transports pu-
blics est à favoriser. » Dans ces zones pé-
riphériques où la voiture est reine, en plus
des aménagements de voirie pour accéder
aux gares, il s’agit de prévoir des dispositifs
de stationnement adaptés et sûrs (embar-
quer le vélo dans le train n’est pas réaliste
à grande échelle).
Enfin, parmi les freins à la pratique du
vélo, on évoque souvent les risques d’acci-
dent et l’air pollué des villes. « Nous avons
montré que ces risques sont à relativiser au
regard de l’intérêt de l’exercice physique
associé, rétorque le chercheur. L’avantage
pour la santé est d’un ordre de grandeur
supérieur aux inconvénients. » Pour mieux
évaluer le comportement des cyclistes,
l’Ifsttar développe un simulateur de vélo.
Des tours de pédale sur place qui devraient
aider à améliorer les conditions de circula-
tion des cyclistes et leur cohabitation avec
les autres usagers.
©ISTOCKPHOTO
14 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
LE BIG DATA AU SERVICE
DE LA VILLE DURABLE
Une table ronde s’intéressera aux travaux destinés
à truffer nos villes de capteurs, pour mieux étudier
la pollution, l’efficacité énergétique des bâtiments,
les déplacements urbains ou la santé des infrastructures.
Objectif : développer des solutions à l’échelle du citoyen.
Vue du laboratoire Claire-SITI à Marne
La plate-forme ClaireSITI (Système Intelligent de Transport  Intermodalité), permet d’intégrer des données multimodales de transport, de superviser en
temps réel l’exploitation de tout type de réseaux, d’en analyser les performances (qualité de service, émissions de GES) et de contribuer à réalisation de
services d’aide au déplacement (information/guidage des voyageurs, covoiturage, exploitation en conditions perturbées ou de crise…)
VILLE COMMUNICANTE
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 15
T
rafic congestionné, pollution,
fuites thermiques, îlots de cha-
leur, surconsommation énergé-
tique… Pour rendre nos villes
plus durables, encore faut-il
réussir à analyser en détail les phénomènes
qui s’y déroulent. Une des solutions consis-
terait à truffer l’espace urbain de capteurs
sans fil à bas coût, pour mesurer en conti-
nu une foule d’indicateurs : qualité de l’air
et de l’eau, déperditions de chaleur, tra-
fic routier, santé des infrastructures, etc.
Bref, des villes capables de s’autodiagnos-
tiquer en permanence. « L’analyse de ces
immenses volumes de données – ce qu’on
appelle le Big Data – permettrait en effet
de modéliser finement ce qui se passe…
De quoi développer des solutions sur me-
sure à l’échelle du citoyen », explique Fré-
déric Bourquin, directeur du département
COSYS1
de l’Ifsttar.
Réduire les pollutions
Dans cette optique, l’Ifsttar codéveloppe
une « ville communicante » miniature à
Champs-sur-Marne (77), dans le cadre du
consortium Sense-City. Sur cette plate-
forme expérimentale de 250 m², cher-
cheurs et industriels évaluent les perfor-
mances de solutions à base de capteurs
sur des bâtiments et des portions d’in-
frastructures et de mobiliers urbains. Sur
un réseau d’eau modèle, les scientifiques
testent par exemple des capteurs de pol-
luants et des systèmes numériques pour
piloter très finement l’ajout de chlore dans
les réseaux d’eau potable. Pour la pollution
de l’air, Sense-City déploie un quadrillage
ultradense de 54 capteurs capables de
suivre en temps réel les concentrations en
ozone, oxydes d’azote et particules fines :
une infrastructure unique en France.
Surveiller le bâti
Placés sur des mats à différentes hau-
teurs, d’autres capteurs permettent de
mesurer comment évolue en temps réel la
température en milieu urbain : selon l’en-
soleillement, le positionnement des bâti-
ments, les flux d’air, etc. Les données sont
ensuite représentées dans l’espace en 3D,
une véritable « géovisualisation ». Autre
domaine de recherche crucial : l’efficaci-
té énergétique, grâce à des caméras ther- Projet SenseCity
miques et des capteurs de température et
de consommation d’énergie intégrés aux
bâtiments. « Pour les infrastructures rou-
tières, tels les ponts, les équipes testent
aussi des nanocapteurs noyés dans les
matériaux de construction, capables de dé-
tecter des microfissures », ajoute Frédéric
Bourquin. De quoi agir au plus vite pour
empêcher l’extension des dommages et ré-
duire les coûts de réparation.
Améliorer les transports
Enfin, au sein de Sense-City, on cherche
également à améliorer les transports en
milieu urbain. Un observatoire vidéo étu-
die par exemple les interactions entre
piétons et cyclistes, de plus en plus nom-
breux en ville. En ligne de mire : le nombre
d’accidents. Des solutions à bas coûts sont
aussi testées pour fluidifier le trafic des ag-
glomérations dans les pays en développe-
ment : au cœur du système, des capteurs
dans la chaussée capables de transmettre
leurs infos par un réseau radio à fleur de
route, et d’actionner les feux tricolores.
On l’aura compris, Sense-City fourmille
d’innovations, avec déjà une seconde mi-
ni-ville communicante de 400 m² en pro-
jet pour 2017.
1. COSYS : Composants et systèmes
16 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
LA QUESTION DES FEMMES
DANS LES TRANSPORTS
SOULÈVE CELLE DE LA
DIVERSITÉ DES USAGERS
Les femmes n’ont pas les mêmes comportements
de mobilité que les hommes. Réfléchir à ces besoins
spécifiques est un premier pas vers des transports
plus justes, adaptés à chacun. Ce sujet majeur en
termes de politiques publiques sera évoqué lors
de la table ronde animée par Ariane Dupont Kieffer.
DIVERSITÉ DES USAGERS
©ISTOCKPHOTO-SAMISERT
DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 17
«Cette table ronde sera l’oc-
casion d’identifier les princi-
pales questions de recherche
sur le sujet, résume Ariane
Dupont Kieffer, directrice de
l’UFR d’économie de l’université Paris 1
Panthéon Sorbonne et responsable scienti-
fique du comité américain Women’s Issues
in Transportation (WIT), dont elle avait
organisé, en 2014, à Paris, la cinquième
édition. Cela devrait montrer à quel point
prendre en compte la diversité des usagers
(diversité des genres mais aussi des âges,
des capacités de mobilité, des revenus,
etc.) pourrait favoriser la croissance éco-
nomique grâce à une meilleure intégration
au marché de l’emploi, et la qualité de vie
de chacun. Cela va donc bien au-delà des
transports et des femmes. »
Des différences majeures
de mobilité
Depuis 35 ans, même si elles tendent à
s’estomper, des différences majeures de
mobilité ont été mises en évidence : les
femmes parcourent de plus courtes dis-
tances, grâce à un emploi cherché plus
près de leur domicile ; plus souvent à
temps partiel, elles se déplacent plus hors
des heures de pointe ; elles enchaînent les
déplacements (accompagnement, travail,
achats, etc.) ; elles ont moins d’accidents
mortels ; elles utilisent davantage les
transports en commun et les modes doux.
Beaucoup de ces comportements sont hé-
rités de notre vision genrée du monde, fait
remarquer la chercheuse, bien au-delà du
temps partiel : « par exemple, les femmes,
qu’elles aient des enfants ou non, qu’elles
soient en couple hétérosexuel ou homo-
sexuel, effectuent plus de déplacements
d’accompagnement. Les différences d’ex-
position aux risques sont aussi souvent
dues à une éducation plus protectrice en-
vers les filles. » Même la mobilité pédestre
diffère.
Des constats qui modifient
les critères de décision
et les analyses
Autant de constats menés sur les femmes
qui amènent les chercheurs à reconsi-
dérer les critères de décision et les mé-
thodes d’analyses associés aux projets
de transports, que ce soit les services ou
les infrastructures. Des constats valables
pour tous les usagers, dans leur diversité,
y compris au sein d’un genre, l’âge ou le
revenu étant parfois le plus déterminant.
La valeur temps, critère longtemps parta-
gé, ne permet pas de garantir l’équité dans
l’accessibilité aux transports, et le terri-
toire n’a pas les mêmes proportions selon
les capacités de chacun.
Que font les sociétés de transport en
termes de sécurité (un des sujets souvent
évoqué), d’accessibilité notamment pour
les quartiers les moins favorisés, les plus
éloignés ? Qu’est-ce qu’un transport plus
juste ? Juste par rapport à quels critères ?
Comment les jeunes voient-ils l’avenir ? Ne
faut-il pas repenser l’espace à partir des
transports ? N’y a-t-il pas des solutions à
bas coût permettant à tout citoyen de par-
ticiper à la vie économique, de rejoindre
facilement son lieu professionnel, d’avoir
droit à la santé, aux services, etc. ? Autant
de questions qui seront débattues.
« Le transport est une des clés de la réus-
site des politiques publiques, martèle avec
enthousiasme Ariane Dupont Kieffer. Il
ne doit pas être considéré comme acquis
mais pris en compte très en amont pour
être adapté aux besoins et économe. Cer-
taines entreprises l’ont compris et y réflé-
chissent. C’est une question de temps. »
www.grouperougevif.fr-ROUGEVIFEDITORIAL-24352-Septembre2016
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  • 1. 1 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE DOSSIER DE PRESSE INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE
  • 2. 2 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE À LA UNE Tous ensemble, nous comptons constituer un véritable pôle d’excellence doté d’une vision globale sur la ville durable et les mobilités du futur. ©PHOTO-COLPIA.COM
  • 3. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 3 AUJOURD’HUI L’IFSTTAR ! HÉLÈNE JACQUOT-GUIMBAL, directrice générale L’ an passé, nous lancions « Les Décennies de ­l’Ifsttar », un grand cycle de manifesta- tions sur nos différents sites en régions. Objectif : fêter plusieurs anniversaires emblématiques pour notre Institut. La première journée commencera par l’inauguration du bâtiment Bienvenüe de Champs-sur-Marne (77), véritable vaisseau amiral de l’Ifsttar accueillant désormais notre siège et 400 agents de l’Institut. Niché au cœur de la communauté Université Paris-Est forte de 22 partenaires dont nous faisons partie, Bienvenüe est un bâtiment basse consommation de 40 000 m² certi- fié haute qualité environnementale (HQE) et doté de laboratoires uniques en Europe. Nous y côtoyons par exemple des équipes de l’École des ponts ParisTech, du CSTB, du Cerema, de l’Institut Efficacity ou de l’École d’urbanisme. De quoi favoriser le développe- ment de projets communs sur des thèmes partagés, comme en témoigne par exemple l’équipement Sense-City. Tous ensemble, nous comptons constituer un véritable pôle d’excellence doté d’une vision globale sur la ville durable et les mobilités du futur. Le bâtiment Bienvenüe accueillera ensuite la conférence « La ville peut-elle être du- rable ? », thème transversal à nos sites de Champs-sur-Marne et de Versailles-Satory, et sur lequel j’échangerai avec le philo- sophe Raphaël Enthoven, Michèle Pappa- lardo (présidente de Vivapolis), Philippe Tchamitchian (président de l’université Paris-Est), Jacques Tavernier (président de l’École des ponts ParisTech et de l’Ifsttar) et Corinne Gendron (professeur à l’univer- sité de Montréal et nouvelle présidente du conseil scientifique de l’Institut). Plusieurs tables rondes se tiendront en- suite sur des sujets passionnants, explorés par les équipes de nos deux sites franci- liens : de la place des femmes dans la ville à l’implication des citoyens dans l’élabora- tion des systèmes de transport, en passant par les nouveaux matériaux et leurs tech- niques d’imagerie, le changement clima- tique et les risques naturels, la pratique du vélo, les enjeux du sous-sol du Grand Paris ou bien encore le Big Data. Enfin, pour montrer la diversité de nos ac- tivités de recherche et les manières dont elles affectent la vie quotidienne des ci- toyens, notre site de Versailles-Satory et le bâtiment Bienvenüe ouvriront leurs portes au public le vendredi 23 septembre. L’oc- casion aussi de découvrir des équipements exceptionnels, telle la plateforme d’essais des structures pour tester des composants de génie civil : une impressionnante dalle de 30 mètres de long sur 8 mètres de large, l’une des plus grandes du monde. Venez nombreux !
  • 4. 4 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE DANS QUEL CONTEXTE URBAIN LE BÂTIMENT BIENVENÜE SE TROUVE-T-IL ? Le contexte où se situe la Cité Des- cartes est celui de Marne-la-Vallée, une « ville nouvelle » créée dans les années 1960 ; elle accueille des bâ- timents d’enseignement scientifique et de recherche implantés dans une grande zone paysagère, mais aus- si des logements des commerces et des activités. Chaque édifice est autonome et possède sa propre per- sonnalité, c’est le cas de l’EISIEE (l’École d’ingénieurs des sciences et technologies de l’information et de la communication) construite par Dominique Perrault ; du Centre d’in- formatique Bull conçu par Bertrand Bonnier ; de l’École Nationale des Ponts et Chaussées bâtie par Chaix et Morel ; et enfin de l’École d’Archi- tecture de la Ville et des Territoires édifiée par Bernard Tschumi. Pour autant la Ville Nouvelle ne donne pas le sentiment d’une ur- banité forte du fait de ces espaces publics distendus et du manque de lien entre ses quartiers. La nais- JEAN-PHILIPPE PARGADE, architecte du bâtiment bienvenüe ENTRETIEN AVEC sance d’un pôle universitaire et de recherche à la cité Descartes va conduire à sa densification c’est pourquoi j’ai saisi cette occasion pour offrir des solutions à une muta- tion urbaine nécessaire. Rappelons que le site est bordé par les bois de Grace et de Grange et qu’il est re- lié directement au cœur de Paris et à la future université de Condorcet au nord. Ce projet est donc en par- faite adéquation avec l’ambition du Grand Paris. COMMENT S’EST FORGÉ VOTRE PARTI PRIS ? L’idée de faire campus s’est imposée très vite comme fil directeur du pro- jet. Il s’agit de s’appuyer sur le vide existant occupé par des terrains spor- tifs, un parvis face à l’École des Ponts repérable par son obélisque provenant de la cour de la rue des Saints-Pères, une perspective ouverte sur les bois, un lien direct au RER pour créer un événement urbain exceptionnel qui met en scène un espace paysager dans le prolongement de la trame verte du Campus Descartes. ©SERGIOGRAZIA
  • 5. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 5 POURQUOI CE CHOIX ? Mon but était que Bienvenüe de- vienne un lieu de convergence des bâtiments d’enseignement et des grands espaces verts. J’ai pris pour référence le campus américain de Charlottesville dans l’État de Virginie fondé par Thomas Jefferson, homme politique philosophe et architecte, un campus homogène qui synthétise « l’autorité de la nature et le pouvoir de la raison ». En d’autres termes, j’ai construit le projet autour du vide et offert un espace public central réservé aux piétons ; en parallèle, il me fallait densifier pour passer du lotissement à une structure urbaine identifiable. LE PROJET S’ORGANISE-T-IL DANS UNE DUALITÉ ? D’une part, ce projet distingue un espace tertiaire entièrement est/ ouest qui crée un front bâti sur le boulevard Newton et délimite au sud l’espace jardin du campus. D’autre part, il offre un espace polyvalent partagé abrité par une voûte ondu- lante recouverte de jardins en la- nières et de cabanes en bois. Cette voûte est comme un soulèvement du sol, elle dégage un parcours de découverte vers le paysage de la val- lée et les bois alentours. Cette vague paysagère (200 mètres) exprime une convergence entre une résolution programmatique et une volonté de faire un urbanisme fort. EN QUOI BIENVENUE ADHÈRE-T-IL AUX ACTIVITÉS QUI S’Y DÉROULENT ? Dédié aux essais sur les matériaux, l’Ifsttar s’enrichit de nouvelles re- cherches sur le développement du- rable et sur l’urbanisme en associa- tion avec l’Institut de la ville. C’est pourquoi j’ai voulu créer un lien très fort entre le design du bâtiment et son contenu, ce que les Anglais nomment l’affordance, c’est-à-dire la capacité d’un objet à suggérer sa propre utilisation. CETTE VAGUE PAYSAGÈRE EST-ELLE UN SIGNAL ? L’espace central du Campus est maintenant repérable ; d’un côté, le grand hall vitré de l’École des Ponts, de l’autre, l’entrée principale de Bienvenüe, avec sa voûte en béton. Son aspect protecteur donne un sen- timent d’appartenance à cet espace de convergence et de rencontres vé- hiculé par l’architecture elle-même. Elle est aussi un hommage au génie civil, une discipline phare au sein de l’Ifsttar. Sa conception est venue au fur et à mesure de l’écriture du pro- jet, mais au départ c’était une intui- tion. Puis elle s’est matérialisée par le développement de solutions tech- niques exceptionnelles réunies au sein d’un pont long de 200 mètres conçu avec des ingénieurs spécia- lisés dans les ouvrages d’art. Le choix du béton coulé en une seule pièce concrétise l’aspect monumen- tal du lieu dont les grandes failles s’ouvrent sur le ciel et font entrer la lumière. L’autre défi était d’évi- ter les joints de dilatation ce qui a nécessité une technique de coffrage adaptée pour appuyer l’effet mo- nolithique. Au-delà de ses vertus techniques, cette voûte joue un rôle essentiel dans le confort thermique grâce à son inertie qui lui permet de garder la chaleur l’hiver et de resti- tuer la fraîcheur l’été. En outre, l’eau du toit est récupérée pour irriguer et arroser le toit planté. AU-DELÀ DE SES PROUESSES TECHNIQUES QUE SUGGÈRE CETTE VOÛTE ? Ce monolithe sculptural semblable à une nef rassemble en un même lieu diverses activités ; des ateliers, un centre de documentation, un au- ditorium, un kiosque à journaux, un vaste restaurant, des salles de réu- nion. Le point d’orgue est cette gi- gantesque plateforme d’essais tech- niques et ses zones de préparation visibles depuis les grandes baies de l’entrée. Ce laboratoire à ciel ouvert teste les matériaux et les procédés techniques. Ce rez-de-chaussée concentre les circulations : il donne accès aux bureaux et aux labora- toires et aux activités publiques et industrielles du pôle scientifique et technique (PST). ©SERGIOGRAZIA
  • 6. 6 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE PHILIPPE TCHAMITCHIAN, président de la Comue Paris-Est 3 QUESTIONS À L’EQUIPEX SENSE-CITY FINANCÉ PAR LE 1ER PLAN DES INVESTISSEMENTS D’AVENIR ET DONT LA CONSTRUCTION S’ACHÈVERA COURANT 2017, VOUS PARAÎT-IL UN BON EXEMPLE DE COOPÉRATION ? Bien entendu, ce projet d’équi- pement de pointe dont plusieurs membres d’Université Paris-Est sont les acteurs illustre parfaitement notre ambition scientifique. En croisant les disciplines et les connaissances de l’Ifsttar, d’ESIEE Paris, du CSTB, de l’UPEM, de l’ENPC et du CNRS, nous pourrons analyser les systèmes territoriaux et les réseaux à l’aide de nouveaux capteurs qui permettront à terme de mesurer les performances des espaces et objets urbains. Cette plate-forme d’innovation technolo- gique est une occasion unique pour proposer des solutions créatives et de rupture. Elle est aussi un bon vecteur de l’ouverture du site à d’autres par- tenaires, notamment franciliens, tels que Polytechnique et Inria. PENSEZ-VOUS QUE L’IFSTTAR POURRAIT AUGMENTER SON ACTIVITÉ DE FORMATION ? Oui, d’autant que de nombreux col- lègues de l’Ifsttar ont manifesté leur souhait d’enseigner. Leurs compétences sont en partie complémentaires à celles de nos collègues des établissements d’en- seignement supérieur du site ; elles peuvent nous aider à répondre à des besoins non couverts à ce jour. Il existe de larges possibilités de déve- loppement qu’il s’agisse de filières professionnelles (formations conti- nues, technologiques ou en appren- tissage) ou de filières en formation initiale. 1. Établissements membres ou associés de la Communauté d’Universités et Établissements Université Paris-Est localisés à la Cité Descartes : Université Paris-Est Marne-la-Vallée, École des Ponts ParisTech, CSTB, FCBA (arrivé en 2014), École nationale supérieure d’architecture de la ville et des territoires, ESIEE Paris, ENSG COMMENT VOYEZ-VOUS L’IMPLICATION DE L’IFSTTAR DANS LA CONSTRUCTION D’UPE ET DU FUTUR I-SITE ? L’arrivée de l’Ifsttar en 2012 a per- mis de renforcer la puissance de re- cherche et d’expertise à la Cité Des- cartes et la thématisation du site alors même qu’il était déjà identifié comme cœur du cluster de la ville durable du Grand Paris. L’Ifsttar partage en effet de nombreux en- jeux de recherche avec les établis- sements antérieurement présents sur le site1 . Aujourd’hui, l’implication de l’Ifsttar dans notre candidature I-SITE du programme Investissements d’Avenir est l’opportunité de construire une politique de recherche commune. Riches de nos différences et dans le respect des prérogatives de cha- cun, nous avons intérêt à définir des orientations conjointes, par exemple en matière d’infrastructures, ou pour couvrir de façon suffisamment large différents aspects de l’activité de re- cherche, depuis la plus fondamen- tale jusqu’à la recherche-action et, au-delà, le transfert vers les activités socioéconomiques. ©SIMÉALUPÉRON-CAMPUSNUMÉRIQUE-UPEM
  • 7. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 7 HERVÉ LE TREUT, directeur de l’Institut Pierre Simon Laplace 3 QUESTIONS À DANS LE DOMAINE DU CHANGEMENT CLIMATIQUE, SUR QUELS ASPECTS EST-IL SOUHAITABLE D’ACCENTUER L’EFFORT DE RECHERCHE (OBSERVATIONS À DIFFÉRENTES ÉCHELLES, SYNTHÈSE ET TRAITEMENT DES DONNÉES, PERFECTIONNEMENT DES MODÈLES…) ? La réponse la plus juste est malheu- reusement que tout est nécessaire : le système climatique forme un tout, et c’est à l’interface entre la modélisation et l’observation, entre les grandes et petites échelles spa- tiales, entre les composantes très différentes de ce système (atmos- phère, océan, couches superficielles des océans, glaciers, biosphère…) que se situe très souvent la marge de progrès la plus immédiate. Et nous avons aussi un besoin fort de science fondamentale, de méca- nique de la convection nuageuse, ou des couches turbulentes atmosphé- riques et océaniques, par exemple. Une chose mérite peut-être d’être singularisée : assurer le suivi d’un moment unique, celui où le climat subit une transition rapide du fait de l’augmentation rapide des émis- sions de gaz à effet de serre. Ne pas l’observer aujourd’hui, c’est être sûr de manquer d’éléments pour mieux le comprendre demain. Les agences spatiales ont mis en place un pro- gramme de mesures des « variables climatiques essentielles » : il sera nécessaire de s’y tenir pendant toute la durée du siècle actuel. EST-IL POSSIBLE D’ÉVALUER ASSEZ FINEMENT LES EFFETS INDUITS SUR DES PHÉNOMÈNES NATURELS TELS QUE LES INONDATIONS, LES GLISSEMENTS DE TERRAIN, L’ÉROSION, ETC. ? Mieux comprendre ce qui est pré- visible ou le deviendra peut-être, discerner au contraire ce qui reste- ra imprévisible à jamais, cela défi- nit l’un des axes majeurs de la re- cherche climatique. On sait depuis les travaux du professeur Edward Lorenz en 1963, et la renommée que lui a valu sa célèbre métaphore sur le rôle des battements d’ailes de papillon, qu’une prévision météoro- logique précise restera impossible au-delà d’une échéance que l’on si- tue aujourd’hui à 10 jours environ. Par contre les météorologues ont beaucoup progressé, et dans ce laps de quelques jours, les prévisions d’inondations, de précipitations, se sont considérablement améliorées. Au-delà on doit appréhender les évolutions de manière statistique, et donc sous la forme de risques : le ré- chauffement climatique lié aux gaz à effet de serre vient moduler les fluc- tuations naturelles du climat, il est fortement susceptible d’augmenter l’intensité des précipitations, ou au contraire la durée des sécheresses et canicules. Mais ce ne sont pas des évènements que l’on sait dater et localiser de manière précise : on sait seulement déterminer des zones à risque. AFIN DE S’ADAPTER AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES, UNE DÉCLINAISON NATIONALE ET RÉGIONALE DES POLITIQUES PUBLIQUES EST-ELLE ENVISAGEABLE (AMÉNAGEMENTS LITTORAUX, URBAINS…) ? Oui, et c’est même souhaitable. Mais au niveau régional, où l’on at- tend un diagnostic climatique plus précis, il devient nécessaire de tra- vailler sur des bases différentes. Là où certains espéraient faire des pré- visions directes en affinant la résolu- tion des modèles, il devient néces- saire de s’appuyer sur un concept différent, celui de vulnérabilité. En quoi un territoire est-il « climato-dé- pendant » ? Il s’agit d’une approche scientifique très riche, car elle per- met de juxtaposer des regards issus de mondes variés, celui de climato- logues mais aussi de sociologues, d’écologues, d’énergéticiens, pour comparer sur un territoire donné des risques de natures très différentes. Elle a un double avantage : éclairer de manière factuelle les compromis entre des exigences souvent oppo- sées qui sont le lot croissant des dé- cisions publiques dans le domaine environnemental ; et offrir une pos- sibilité d’implication, et d’éducation à ces enjeux, pour des citoyens ou futur citoyens de tout âge. Ces ap- proches constituent pour les scienti- fiques une responsabilité nouvelle et très importante, mais aussi un tra- vail transdisciplinaire passionnant. DR
  • 8. 8 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE L’IFSTTAR CÔTÉ NANO Le génie civil se conçoit et s’ausculte aussi à l’échelle nanométrique ! L’Ifsttar a par exemple participé au développement de nouveaux bétons nanostructurés, notamment pour garantir leurs propriétés et leur bon usage. Bientôt, c’est l’état de santé des ouvrages qui sera surveillé grâce à des nanocapteurs disséminés dans leurs structures. NANOMATÉRIAUX ET NANOTECHNOLOGIES ©SERGEYDZYUBA
  • 9. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 9 M ême si le cœur d’expertise de ­l’Ifsttar concerne des in- frastructures de grande taille (ponts, aéroports, digues, routes, autoroutes, réseaux d’eau, etc.), l’Institut s’intéresse de longue date aux nanomatériaux et aux technolo- gies qui en découlent (nanotechnologies). Ces matériaux, dont l’échelle des consti- tuants est le nanomètre (milliardième de mètre), présentent des propriétés très dif- férentes de leurs homologues conçus avec des constituants de plus grande taille. « Néanmoins, admet Henri Van Damme, ancien directeur scientifique de l’Ifsttar, aujourd’hui professeur invité au Massachu- setts Institute of Technology (MIT), depuis les premières recherches sur les nanomaté- riaux il y a une vingtaine d’années, il faut reconnaître que peu de matériaux de génie civil ou de construction en ont véritable- ment tiré parti excepté les bétons à ultra haute performance (BFUP) ou les bétons photocatalytiques, autonettoyants. En re- vanche, nous utilisons beaucoup les outils nés de ces recherches à l’échelle nanomé- trique, que ce soit le microscope à force atomique (AFM) ou la nanoindentation pour mesurer des propriétés mécaniques. » De- main, ce sera peut-être l’impression 3D qui permettra de fabriquer des pièces de génie civil en matériau composite, par exemple avec des fibres organiques à base de soie d’araignée synthétique, sujet sur lequel tra- vaille le MIT. Quel rapport entre béton et nano ? « Le béton est l’archétype du matériau massif constitué d’une collection de nano­ particules assemblées, répond Henri Van Damme. Les bétons modernes, comme le BFUP, ont été conçus avec une continui- té de taille de constituants, des silex aux nanograins de silicate de calcium. Leurs structures laissent ainsi peu de place au vide, ce qui leur confère d’excellentes pro- priétés mécaniques, de durabilité, et un écoulement plus fluide lors de leur mise en œuvre. » L’Ifsttar a joué un très grand rôle dans le développement des BFUP et de leurs usages, que ce soit dans le cadre de re- cherches collaboratives ou financées en interne. Les BFUP sont encore peu utili- sés dans le monde assez traditionnel de la construction, mais le potentiel de ces caïds de la construction, aux propriétés proches de l’acier, est prometteur. Ausculter le patrimoine de génie civil « Nous sommes aussi très actifs en ma- tière de nanotechnologies, par exemple pour estimer l’état de santé du patrimoine de génie civil, qu’il soit en béton ou en enrobés bitumineux », poursuit-il. Les besoins sont colossaux, tant en construc- tion qu’en renouvellement. Au lieu des capteurs actuellement placés ici ou là et d’inspections pédestres ou manuelles (une surveillance macro), les nanotechnologies permettraient d’instrumenter les nouveaux ouvrages pour les ausculter finement et de façon automatique : des nanocapteurs inclus en nombre pendant la construction mesureraient les paramètres importants, comme le pH du béton pour vérifier que l’acier est protégé. « Nous sommes parmi les pionniers dans ces recherches, notam- ment dans le cadre du projet Sense-City, se félicite-t-il. Nous développons des nano- capteurs fiables et durables à très bas coût ainsi que l’électronique associée, le traite- ment des données, etc. » Les ouvrages se- ront bientôt sous haute surveillance… ©ISTOCKPHOTO
  • 10. 10 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE IMPLIQUER LES CITOYENS POUR DES SOLUTIONS DURABLES Comment associer efficacement les citoyens aux projets visant à améliorer leur mobilité quotidienne et leur cadre de vie ? Dans quels projets de « science participative » est impliqué l’Ifsttar ? Une table ronde abordera ces questions. MOBILITÉ ET AMÉNAGEMENT ©ISTOCKPHOTO
  • 11. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 11 E mbouteillages, manque de places de parking, transports en commun saturés, retards, zones délais- sées… Les premiers concernés par les problèmes de transport, ce sont leurs usagers ! « Voilà pourquoi de plus en plus de projets RD les im- pliquent dès les premiers stades », lance Jean-Marie Burkhardt du Laboratoire LPC de l’Ifsttar. Objectif : développer des solu- tions innovantes et « climat-­compatibles » répondant vraiment à leurs attentes… et qui sont donc largement adoptées. Dans le concept du user-centered design, les chercheurs demandent par exemple aux usagers d’exprimer leurs besoins et d’éva- luer les concepts en développement. Dans l’approche participatory design, ceux-ci sont véritablement considérés comme des partenaires qui contribuent aux décisions, à tous les stades du développement. Un modèle particulièrement développé en Scandinavie. « À l’Ifsttar, nous étudions de près ces différents modes de participa- tion citoyenne. » Plusieurs degrés de participation Menée auprès de 23 experts en innovation du réseau de l’Institut VeDeCom1 , une de leurs études montre par exemple que les usagers associés dès les premiers pas du projet sont davantage force de proposition et créatifs, mais qu’ils ont souvent be- soin de supports visuels pour se projeter : images, schémas, prototypes… Autre point important : les entretiens en tête-à-tête permettraient d’obtenir des informations plus riches sur les besoins des usagers, les consultations collectives s’avérant plus ef- ficaces pour sonder le degré d’acceptation d’une innovation. Dans une autre étude menée sur 34 vo- lontaires, les chercheurs de l’Ifsttar ont comparé des groupes de travail associant experts et usagers ou seulement consti- tués d’experts. Menés dans le cadre d’un projet de recherche de VeDeCom, tous avaient pour objectif de trouver de nou- veaux services de transport pour les per- sonnes travaillant à Versailles-Satory (78). Principaux enseignements : les groupes de travail mixtes généraient davantage de propositions, qui sont surtout réalisables en un à deux ans, sous la pression d’usa- gers quotidiennement confrontés aux nom- breux problèmes de mobilité dans cette zone. Des smartphones au service de la recherche Aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, bar- rage de Sivens… À l’heure de crispations sur de nombreux projets d’infrastructures, ces recherches prennent tout leur sens. « Pour sa part, l’Ifsttar mobilise également des usagers citoyens dans ses propres pro- jets. » L’un d’eux vise par exemple à éta- blir des cartographies collaboratives du bruit en milieu urbain. L’idée ? Tirer parti des smartphones de citadins à partir d’une application qui enregistre, géolocalise et analyse le niveau de bruit généré par le trafic routier qui les environne. Autre exemple de science participative : le projet Mobypost qui a développé dix véhicules roulant à l’hydrogène pour les livraisons de courriers et autres colis par la Poste ; ici, les usagers concernés (les facteurs) ont été fortement impliqués dès les toutes premières phases du projet, ce qui a gran- dement contribué à sa réussite… Autant de recherches passionnantes qui devraient déclencher de riches échanges, lors de cette table ronde. 1. Institut du véhicule décarboné et communicant impliquant des acteurs privés et publics dont l’Ifsttar. ©PINKYPILLS
  • 12. 12 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE PAS DE VÉLO SANS VOLONTÉ POLITIQUE Pourquoi la pratique du vélo se développe-t-elle ou non ? Quelles sont les politiques publiques efficaces ? Quelle est la perception du risque ? Autant de questions qui seront abordées lors de la table ronde consacrée au vélo. DÉPLACEMENTS DOUX ©ISTOCKPHOTO-RYANJLANE
  • 13. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 13 C eux qui le pratiquent le savent : en France, le vélo, souvent plé- biscité, n’est pas encore respecté sur le bitume. Malgré des avan- tages écologiques, sanitaires et économiques reconnus, il n’est pas toujours pris très au sérieux. Or le constat est simple, comme le rappellera Frédéric Héran, spé- cialiste des recherches sur le vélo : partout en Europe, le vélo s’est développé grâce aux politiques publiques de long terme, à l’instar de celles des Pays-Bas. Un moyen de transport historique… Très utilisé dans les années 1920-1930, le vélo a été chassé de toutes les villes euro- péennes après-guerre, et surtout dans les années 1950-1960 par les engins à moteur, pour revenir progressivement à partir des années 1970, principalement en Europe du Nord et dans certaines villes d’Italie. La modération de la circulation grâce à des po- litiques de restriction de la voiture a joué un rôle déterminant. « C’est la politique d’ensemble qui compte, précise Francis Papon, responsable de l’ani- mation du réseau Vélo à l’Ifsttar qui réunit depuis 2012 les chercheurs de l’Institut, du Cerema et d’autres institutions. Le dé- placement est un système dont l’ensemble des modes est affecté lorsqu’il y a un re- port. Nous avons analysé l’évolution de la mobilité en France à partir des enquêtes locales et nationales sur les déplacements : après un déclin jusqu’aux années 1980, la pratique du vélo est désormais stable. » Un constat que le chercheur nuance : il faut distinguer la périphérie des villes, où les vé- los sont de plus en plus rares, des centres- villes, surtout des grandes agglomérations où, depuis le milieu des années 1990, il est réapparu. Strasbourg ou Bordeaux illustrent parfaitement ce retour en force grâce à des politiques publiques durables. La plupart des grandes villes suivent cette voie. Le développement des vélos en libre-service a également accompagné cette tendance, no- tamment à Lyon ou Paris. Quelles politiques publiques mettre en place ? « Outre la construction d’aménagements adaptés, qui peuvent varier mais en assu- rant la continuité, la restriction des voitures est fondamentale, répond Francis Papon. Par exemple, en développant les zones 30 dans les rues calmes, un aménagement qui profite aussi aux piétons et aux riverains. Le stationnement est également important sur les voies publiques à proximité des com- merces, gares, écoles, administrations et dans les lieux privés (immeubles, bureaux). Enfin, l’intermodalité, en particulier en mi- lieu périurbain, entre vélos et transports pu- blics est à favoriser. » Dans ces zones pé- riphériques où la voiture est reine, en plus des aménagements de voirie pour accéder aux gares, il s’agit de prévoir des dispositifs de stationnement adaptés et sûrs (embar- quer le vélo dans le train n’est pas réaliste à grande échelle). Enfin, parmi les freins à la pratique du vélo, on évoque souvent les risques d’acci- dent et l’air pollué des villes. « Nous avons montré que ces risques sont à relativiser au regard de l’intérêt de l’exercice physique associé, rétorque le chercheur. L’avantage pour la santé est d’un ordre de grandeur supérieur aux inconvénients. » Pour mieux évaluer le comportement des cyclistes, l’Ifsttar développe un simulateur de vélo. Des tours de pédale sur place qui devraient aider à améliorer les conditions de circula- tion des cyclistes et leur cohabitation avec les autres usagers. ©ISTOCKPHOTO
  • 14. 14 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE LE BIG DATA AU SERVICE DE LA VILLE DURABLE Une table ronde s’intéressera aux travaux destinés à truffer nos villes de capteurs, pour mieux étudier la pollution, l’efficacité énergétique des bâtiments, les déplacements urbains ou la santé des infrastructures. Objectif : développer des solutions à l’échelle du citoyen. Vue du laboratoire Claire-SITI à Marne La plate-forme ClaireSITI (Système Intelligent de Transport Intermodalité), permet d’intégrer des données multimodales de transport, de superviser en temps réel l’exploitation de tout type de réseaux, d’en analyser les performances (qualité de service, émissions de GES) et de contribuer à réalisation de services d’aide au déplacement (information/guidage des voyageurs, covoiturage, exploitation en conditions perturbées ou de crise…) VILLE COMMUNICANTE
  • 15. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 15 T rafic congestionné, pollution, fuites thermiques, îlots de cha- leur, surconsommation énergé- tique… Pour rendre nos villes plus durables, encore faut-il réussir à analyser en détail les phénomènes qui s’y déroulent. Une des solutions consis- terait à truffer l’espace urbain de capteurs sans fil à bas coût, pour mesurer en conti- nu une foule d’indicateurs : qualité de l’air et de l’eau, déperditions de chaleur, tra- fic routier, santé des infrastructures, etc. Bref, des villes capables de s’autodiagnos- tiquer en permanence. « L’analyse de ces immenses volumes de données – ce qu’on appelle le Big Data – permettrait en effet de modéliser finement ce qui se passe… De quoi développer des solutions sur me- sure à l’échelle du citoyen », explique Fré- déric Bourquin, directeur du département COSYS1 de l’Ifsttar. Réduire les pollutions Dans cette optique, l’Ifsttar codéveloppe une « ville communicante » miniature à Champs-sur-Marne (77), dans le cadre du consortium Sense-City. Sur cette plate- forme expérimentale de 250 m², cher- cheurs et industriels évaluent les perfor- mances de solutions à base de capteurs sur des bâtiments et des portions d’in- frastructures et de mobiliers urbains. Sur un réseau d’eau modèle, les scientifiques testent par exemple des capteurs de pol- luants et des systèmes numériques pour piloter très finement l’ajout de chlore dans les réseaux d’eau potable. Pour la pollution de l’air, Sense-City déploie un quadrillage ultradense de 54 capteurs capables de suivre en temps réel les concentrations en ozone, oxydes d’azote et particules fines : une infrastructure unique en France. Surveiller le bâti Placés sur des mats à différentes hau- teurs, d’autres capteurs permettent de mesurer comment évolue en temps réel la température en milieu urbain : selon l’en- soleillement, le positionnement des bâti- ments, les flux d’air, etc. Les données sont ensuite représentées dans l’espace en 3D, une véritable « géovisualisation ». Autre domaine de recherche crucial : l’efficaci- té énergétique, grâce à des caméras ther- Projet SenseCity miques et des capteurs de température et de consommation d’énergie intégrés aux bâtiments. « Pour les infrastructures rou- tières, tels les ponts, les équipes testent aussi des nanocapteurs noyés dans les matériaux de construction, capables de dé- tecter des microfissures », ajoute Frédéric Bourquin. De quoi agir au plus vite pour empêcher l’extension des dommages et ré- duire les coûts de réparation. Améliorer les transports Enfin, au sein de Sense-City, on cherche également à améliorer les transports en milieu urbain. Un observatoire vidéo étu- die par exemple les interactions entre piétons et cyclistes, de plus en plus nom- breux en ville. En ligne de mire : le nombre d’accidents. Des solutions à bas coûts sont aussi testées pour fluidifier le trafic des ag- glomérations dans les pays en développe- ment : au cœur du système, des capteurs dans la chaussée capables de transmettre leurs infos par un réseau radio à fleur de route, et d’actionner les feux tricolores. On l’aura compris, Sense-City fourmille d’innovations, avec déjà une seconde mi- ni-ville communicante de 400 m² en pro- jet pour 2017. 1. COSYS : Composants et systèmes
  • 16. 16 DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE LA QUESTION DES FEMMES DANS LES TRANSPORTS SOULÈVE CELLE DE LA DIVERSITÉ DES USAGERS Les femmes n’ont pas les mêmes comportements de mobilité que les hommes. Réfléchir à ces besoins spécifiques est un premier pas vers des transports plus justes, adaptés à chacun. Ce sujet majeur en termes de politiques publiques sera évoqué lors de la table ronde animée par Ariane Dupont Kieffer. DIVERSITÉ DES USAGERS ©ISTOCKPHOTO-SAMISERT
  • 17. DOSSIER DE PRESSE - INAUGURATION DU BÂTIMENT BIENVENÜE 17 «Cette table ronde sera l’oc- casion d’identifier les princi- pales questions de recherche sur le sujet, résume Ariane Dupont Kieffer, directrice de l’UFR d’économie de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et responsable scienti- fique du comité américain Women’s Issues in Transportation (WIT), dont elle avait organisé, en 2014, à Paris, la cinquième édition. Cela devrait montrer à quel point prendre en compte la diversité des usagers (diversité des genres mais aussi des âges, des capacités de mobilité, des revenus, etc.) pourrait favoriser la croissance éco- nomique grâce à une meilleure intégration au marché de l’emploi, et la qualité de vie de chacun. Cela va donc bien au-delà des transports et des femmes. » Des différences majeures de mobilité Depuis 35 ans, même si elles tendent à s’estomper, des différences majeures de mobilité ont été mises en évidence : les femmes parcourent de plus courtes dis- tances, grâce à un emploi cherché plus près de leur domicile ; plus souvent à temps partiel, elles se déplacent plus hors des heures de pointe ; elles enchaînent les déplacements (accompagnement, travail, achats, etc.) ; elles ont moins d’accidents mortels ; elles utilisent davantage les transports en commun et les modes doux. Beaucoup de ces comportements sont hé- rités de notre vision genrée du monde, fait remarquer la chercheuse, bien au-delà du temps partiel : « par exemple, les femmes, qu’elles aient des enfants ou non, qu’elles soient en couple hétérosexuel ou homo- sexuel, effectuent plus de déplacements d’accompagnement. Les différences d’ex- position aux risques sont aussi souvent dues à une éducation plus protectrice en- vers les filles. » Même la mobilité pédestre diffère. Des constats qui modifient les critères de décision et les analyses Autant de constats menés sur les femmes qui amènent les chercheurs à reconsi- dérer les critères de décision et les mé- thodes d’analyses associés aux projets de transports, que ce soit les services ou les infrastructures. Des constats valables pour tous les usagers, dans leur diversité, y compris au sein d’un genre, l’âge ou le revenu étant parfois le plus déterminant. La valeur temps, critère longtemps parta- gé, ne permet pas de garantir l’équité dans l’accessibilité aux transports, et le terri- toire n’a pas les mêmes proportions selon les capacités de chacun. Que font les sociétés de transport en termes de sécurité (un des sujets souvent évoqué), d’accessibilité notamment pour les quartiers les moins favorisés, les plus éloignés ? Qu’est-ce qu’un transport plus juste ? Juste par rapport à quels critères ? Comment les jeunes voient-ils l’avenir ? Ne faut-il pas repenser l’espace à partir des transports ? N’y a-t-il pas des solutions à bas coût permettant à tout citoyen de par- ticiper à la vie économique, de rejoindre facilement son lieu professionnel, d’avoir droit à la santé, aux services, etc. ? Autant de questions qui seront débattues. « Le transport est une des clés de la réus- site des politiques publiques, martèle avec enthousiasme Ariane Dupont Kieffer. Il ne doit pas être considéré comme acquis mais pris en compte très en amont pour être adapté aux besoins et économe. Cer- taines entreprises l’ont compris et y réflé- chissent. C’est une question de temps. »
  • 18. www.grouperougevif.fr-ROUGEVIFEDITORIAL-24352-Septembre2016 IFSTTAR Siège 25 Allée des Marronniers F-78000 Versailles Tél. : 01 30 84 40 00 www.ifsttar.fr contact : communication@ifsttar.fr CONTACT PRESSE Emilie VIDAL 01 81 66 82 15 - 06 19 71 21 95 emilie.vidal@ifsttar.fr