«Performance et contrôle de gestion»


                 ENCYCLOPÉDIE DE
        COMPTABILITÉ, CONTRÔLE DE
      G E S T I O N E T A U D I T , 2 ÈME É D I T I O N
        ANNICK BOURGUIGNON, 2009




       BEAL Charlène
       LE GOFF Caroline
       NAUFAL Christelle
I) Le pilotage de la performance: définitions
1) La performance et son pilotage dans l’entreprise
2) Les représentations implicites
3) Une proposition de définition


II) Les nouvelles méthodes du contrôle de gestion
1) L’élargissement du champ de contrôle
2) L’orientation proactive du contrôle


III) Portée et limites de ces évolutions sémantiques et
  instrumentales
1) Intentions et perceptions
2) La méconnaissance de la rationalité psychologique de l’individu
3) Le pilotage de la performance peut-il nuire à la santé?
Nouvelle appellation du contrôle de gestion

 Apparition de l’expression « pilotage de la performance »
  depuis 20 ans, en remplacement du contrôle de gestion
 Les sens donnés au mot « performance » en gestion ont
  évolué ces dernières années, il peut s’agir:
     du succès (résultat positif),
     du résultat de l’action (sens neutre),
     de l’action elle-même (processus).
 Le sens dépend du contexte
 Une performance prend un sens positif tandis que les
  performances correspondent à un aboutissement, un
  résultat, qu’il soit bon ou non.
 « Performance » et « pilotage » sont associés à la recherche de
  l’amélioration permanente.
Des mots nouveaux porteurs de sens (1/2)

 Le mot « performance » peut prendre bien d’autres sens
  encore, lorsqu’on l’analyse en suivant la métaphore
  sportive et mécanique à laquelle ce mot fait référence.
 La métaphore sportive implique les éléments suivants:
     elle s’évalue par comparaison à d’autres (compétition), c’est un
      concept dynamique invitant au dépassement
     elle porte une idéologie d’effort et de progrès (amélioration), de
      quête de pouvoir des membres de l’organisation
     elle encourage un idéal égalitaire (tout le monde se retrouve à
      égalité dans la compétition, équité de traitement)
     elle pousse à la coopération entre les acteurs (compétence
      collective, capacité à travailler ensemble, comme une équipe)
 La métaphore de la machine est aussi utilisée
  (objectifs / moyens rationnels / mesure de l’efficience)
Des mots nouveaux porteurs de sens (2/2)

 Le mot « pilotage » renvoie à l’image du pilote d’un engin
    mécanique, homme d’action qui a une destination
    (tourné vers le futur).
   Il efface l’image négative du surveillant véhiculée par le
    mot « contrôle ».
   Performance = « réalisation des objectifs
    organisationnels », « multidimensionnelle », « subjective
     » (dépend des référents choisis)
   Piloter la performance = « conduire l’entreprise à réaliser
    ses objectifs »
   Cette formulation proactive vise à faire disparaître
    l’aspect négatif associé au contrôle de gestion
Nouvelles méthodes du contrôle de gestion (1/2)

Passage du « contrôle de gestion » classique au « pilotage de la
performance »: un renouvellement des méthodes

1-Le champ d’action du contrôle de gestion s’élargit…:
      Le contrôle de gestion ne s’inscrit plus uniquement dans le cadre comptable d’où:

     Développement d’indicateurs non financiers pour la mesure des
      performances
     Les indicateurs choisis témoignent d’une volonté stratégique d’atteinte
      des objectifs
     Dimensions nouvelles de la performance:
      commerciale, financière, processus internes, apprentissage et innovation

      Le contrôle de gestion ne mesure plus seulement la performance mais aussi les
      activités et les processus:

     Démarche transversale et non plus verticale et cloisonnée
     Meilleure appréciation des interdépendances entre les différentes entités
      de l’entreprise
Nouvelles méthodes du contrôle de gestion (2/2)


2-…et son activité se tourne vers le futur:
Le contrôle de gestion n’est plus là uniquement pour juger les performances passées mais
pour forger les décisions de l’avenir d’où:

      Mise en place de plans d’action
      Réunions où le contrôleur de gestion coordonne désormais les
       activités de chaque membre opérationnel de l'entreprise
      Dynamique permanente d’amélioration (benchmarking
       interne qui stimule l’innovation et favorise l’application des
       meilleures pratiques)
      Le contrôleur devient conseiller, partenaire de la décision
   Désormais le contrôle de gestion ne se contente plus d’être
   une analyse de chiffres faite a posteriori mais participe bel
   et bien en amont de la performance de l’entreprise et des
   stratégies mises en place par celle-ci.
Portée et limites des évolutions (1/2)

 L’impact de ces nouvelles ambitions est limité:
   Les nouvelles orientations ne sont pas toujours appropriées
    par les acteurs et des résistances apparaissent
   Les contrôleurs de gestion
       ne peuvent pas gérer à eux seuls tous les aspects de la performance
        (rôle des RH dans l’évaluation)
       Restent largement en dehors du processus décisionnel

     Comment saisir des réalités non quantifiables? (« être un
      bon manager, bonne ambiance de travail…)
     La perception de la performance est plus large que les
      indicateurs du contrôle de gestion
      (comportements, qualités, compétences des collègues)
Portée et limites des évolutions (2/2)

 Le pilotage de la performance est basé sur une rationalité
  stratégique (logique pure), qui ignore la rationalité
  psychologique des acteurs
     Mettre en lumière les insuffisances de la performance peut être
      contre-productif! (démotivation)

 Le pilotage de la performance nuit à la santé ?
     Stress accru, souffrance au travail
     Sentiment de contrôle permanent et responsabilité sur une éventail
      d’indicateurs de plus en plus touffu
     « pilotage de la performance » = euphémisme pour cacher un
      contrôle de plus en plus étendu et lourd
     Double injonction paradoxale pour les salariés : être autonomes et
      être contrôlés sur la base d’objectifs prédéfinis
Conclusion

 Nombreuses évolutions de la discipline depuis la genèse
  du contrôle de gestion dans les années 60
 D’où un nouvel habillage sémantique pour une discipline
  renouvelée en profondeur
 Mais derrière l’expression « pilotage de la performance »
  se cache un contrôle plus fort et plus tentaculaire dont
  l’efficacité n’est finalement pas prouvée
 D’où la question de la nocivité du contrôle de gestion sur
  l’entreprise et ses acteurs d’où une mise en garde liée à
  l’éthique et à la performance même de l’entreprise dans
  ces nouvelles conditions
…« trop de contrôle tue le contrôle »?

Exposé texte bourguignon

  • 1.
    «Performance et contrôlede gestion» ENCYCLOPÉDIE DE COMPTABILITÉ, CONTRÔLE DE G E S T I O N E T A U D I T , 2 ÈME É D I T I O N ANNICK BOURGUIGNON, 2009 BEAL Charlène LE GOFF Caroline NAUFAL Christelle
  • 2.
    I) Le pilotagede la performance: définitions 1) La performance et son pilotage dans l’entreprise 2) Les représentations implicites 3) Une proposition de définition II) Les nouvelles méthodes du contrôle de gestion 1) L’élargissement du champ de contrôle 2) L’orientation proactive du contrôle III) Portée et limites de ces évolutions sémantiques et instrumentales 1) Intentions et perceptions 2) La méconnaissance de la rationalité psychologique de l’individu 3) Le pilotage de la performance peut-il nuire à la santé?
  • 3.
    Nouvelle appellation ducontrôle de gestion  Apparition de l’expression « pilotage de la performance » depuis 20 ans, en remplacement du contrôle de gestion  Les sens donnés au mot « performance » en gestion ont évolué ces dernières années, il peut s’agir:  du succès (résultat positif),  du résultat de l’action (sens neutre),  de l’action elle-même (processus).  Le sens dépend du contexte  Une performance prend un sens positif tandis que les performances correspondent à un aboutissement, un résultat, qu’il soit bon ou non.  « Performance » et « pilotage » sont associés à la recherche de l’amélioration permanente.
  • 4.
    Des mots nouveauxporteurs de sens (1/2)  Le mot « performance » peut prendre bien d’autres sens encore, lorsqu’on l’analyse en suivant la métaphore sportive et mécanique à laquelle ce mot fait référence.  La métaphore sportive implique les éléments suivants:  elle s’évalue par comparaison à d’autres (compétition), c’est un concept dynamique invitant au dépassement  elle porte une idéologie d’effort et de progrès (amélioration), de quête de pouvoir des membres de l’organisation  elle encourage un idéal égalitaire (tout le monde se retrouve à égalité dans la compétition, équité de traitement)  elle pousse à la coopération entre les acteurs (compétence collective, capacité à travailler ensemble, comme une équipe)  La métaphore de la machine est aussi utilisée (objectifs / moyens rationnels / mesure de l’efficience)
  • 5.
    Des mots nouveauxporteurs de sens (2/2)  Le mot « pilotage » renvoie à l’image du pilote d’un engin mécanique, homme d’action qui a une destination (tourné vers le futur).  Il efface l’image négative du surveillant véhiculée par le mot « contrôle ».  Performance = « réalisation des objectifs organisationnels », « multidimensionnelle », « subjective » (dépend des référents choisis)  Piloter la performance = « conduire l’entreprise à réaliser ses objectifs »  Cette formulation proactive vise à faire disparaître l’aspect négatif associé au contrôle de gestion
  • 6.
    Nouvelles méthodes ducontrôle de gestion (1/2) Passage du « contrôle de gestion » classique au « pilotage de la performance »: un renouvellement des méthodes 1-Le champ d’action du contrôle de gestion s’élargit…: Le contrôle de gestion ne s’inscrit plus uniquement dans le cadre comptable d’où:  Développement d’indicateurs non financiers pour la mesure des performances  Les indicateurs choisis témoignent d’une volonté stratégique d’atteinte des objectifs  Dimensions nouvelles de la performance: commerciale, financière, processus internes, apprentissage et innovation Le contrôle de gestion ne mesure plus seulement la performance mais aussi les activités et les processus:  Démarche transversale et non plus verticale et cloisonnée  Meilleure appréciation des interdépendances entre les différentes entités de l’entreprise
  • 7.
    Nouvelles méthodes ducontrôle de gestion (2/2) 2-…et son activité se tourne vers le futur: Le contrôle de gestion n’est plus là uniquement pour juger les performances passées mais pour forger les décisions de l’avenir d’où:  Mise en place de plans d’action  Réunions où le contrôleur de gestion coordonne désormais les activités de chaque membre opérationnel de l'entreprise  Dynamique permanente d’amélioration (benchmarking interne qui stimule l’innovation et favorise l’application des meilleures pratiques)  Le contrôleur devient conseiller, partenaire de la décision Désormais le contrôle de gestion ne se contente plus d’être une analyse de chiffres faite a posteriori mais participe bel et bien en amont de la performance de l’entreprise et des stratégies mises en place par celle-ci.
  • 8.
    Portée et limitesdes évolutions (1/2)  L’impact de ces nouvelles ambitions est limité:  Les nouvelles orientations ne sont pas toujours appropriées par les acteurs et des résistances apparaissent  Les contrôleurs de gestion  ne peuvent pas gérer à eux seuls tous les aspects de la performance (rôle des RH dans l’évaluation)  Restent largement en dehors du processus décisionnel  Comment saisir des réalités non quantifiables? (« être un bon manager, bonne ambiance de travail…)  La perception de la performance est plus large que les indicateurs du contrôle de gestion (comportements, qualités, compétences des collègues)
  • 9.
    Portée et limitesdes évolutions (2/2)  Le pilotage de la performance est basé sur une rationalité stratégique (logique pure), qui ignore la rationalité psychologique des acteurs  Mettre en lumière les insuffisances de la performance peut être contre-productif! (démotivation)  Le pilotage de la performance nuit à la santé ?  Stress accru, souffrance au travail  Sentiment de contrôle permanent et responsabilité sur une éventail d’indicateurs de plus en plus touffu  « pilotage de la performance » = euphémisme pour cacher un contrôle de plus en plus étendu et lourd  Double injonction paradoxale pour les salariés : être autonomes et être contrôlés sur la base d’objectifs prédéfinis
  • 10.
    Conclusion  Nombreuses évolutionsde la discipline depuis la genèse du contrôle de gestion dans les années 60  D’où un nouvel habillage sémantique pour une discipline renouvelée en profondeur  Mais derrière l’expression « pilotage de la performance » se cache un contrôle plus fort et plus tentaculaire dont l’efficacité n’est finalement pas prouvée  D’où la question de la nocivité du contrôle de gestion sur l’entreprise et ses acteurs d’où une mise en garde liée à l’éthique et à la performance même de l’entreprise dans ces nouvelles conditions
  • 11.
    …« trop decontrôle tue le contrôle »?