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LA PLACE DE LA
SEXUALITÉ VIRTUELLE
Sexto, Nude et Porn Revenge
BOSSUS Laure – RENAUT Pénélope
■ « La démocratisation du numérique
en France a pensé autrement la
socialisation. En effet, elle va créer
”de nouvelles manières d’être
ensemble” » Maryse Jaspard – 2017
■ Simplicité et accessibilité de la
relation virtuelle
■ Libération et sécurisation mais
aussi… déstabilisation ?
LE DIGI-SEXE EST-IL UNE ÉVOLUTION OU UNE RÉVOLUTION DÉNUÉE
DE CONSÉQUENCES ?
I. La démocratisation de la sexualité
▪ Démocratisation… désexualisation ?
« Le développement de la cyber sexualité
présente des effets paradoxaux encore
peu analysés :
- une levée des tabous induite par la
tendance à l’exhibitionnisme et l’éventail
des pratiques des plus basiques aux plus
extrêmes.
-une standardisation de la sexualité,
conséquence de la rationalisation de la
vie sexuelle propre aux lois du marché »
Maryse Jaspard – 2017
■ Contrainte sociale de se mettre à nu
■ Codes différents entre hommes et femmes
■ « Le cybersexe est un jeu de séduction où se
croisent dans l’illusion de la proximité des
inconnus lointains, où se frôlent des amours
virtuels dans l’instantanéité du courrier
électronique » Maryse Jaspard – 2017
■ « Internet a entamé une révolution dans les
mœurs. C’est le côté piquant du cybersexe.
Le plaisir coupable n’existe pas dans le
virtuel. Tout ou presque est permis. Les
fantasmes les plus indicibles s’écrivent,
s’échangent et se réalisent sur demande et
acceptation » Linda Robert
■ L’emoji est comme une façon timide de
s’exprimer plus librement sans utiliser
des mots
■ Utilisé principalement lors du sexting, la
pratique de nude se suffisant à elle-
même
■ Durex s’est lui aussi
mis au langage du
sexto pour toucher sa
cible
■ Campagne mondiale
avec langage universel
II. La femme au cœur de la pratique du digi-sexe
■ « en 1980, la littérature
érotique n’est plus le domaine
réservé des hommes » Maryse
Jaspard – 2017
■ La femme prend du pouvoir,
au centre de cette pratique
■ Idée de domination féminine,
son corps est désiré
■ « A travers le mythe de l’orgasme vaginal et de la
frigidité, s’exprime la volonté de briser les tabous qui
contraignent la sexualité féminine et la
revendication du plaisir » Maryse Jaspard – 2017
■ Dissidence entre hommes et femmes :
« Les garçons affichent des motivations conformes à
l’image de la virilité. Presque la moitié des garçons ont
déclaré avoir eu leur premier coït par attirance et désir
physique, 38 % par amour contre 61 % des filles.
L’attirance le désir et l’amour ne sont pas
incompatibles, ces réponses stéréotypées relèvent
davantage des représentations sexuées que des
pratiques sexuées. » Maryse Jaspard – 2017
III. La protection de notre vie privée et ses dérives
■ Règle des 3A : Abordable,
Anonyme, Accessible
■ « La rapidité, voire l’instantanéité,
la prolifération, la diversité et
souvent la gratuité facilitent les
échanges érotiques » Maryse
Jaspard – 2017
■ Twitter, Google et Pornhub ont
exclu le Porn Revenge depuis
2015. Facebook teste
actuellement en Australie une
nouvelle méthode contre cette
pratique
■ « Les conséquences du cyber
harcèlement, arme de destruction de
l’autre extrêmement efficace, sont
mal perçues par les adolescent-e-s
qui s’y adonnent. Libérant l’individu
du consentement de l’autre,
fondement de la liberté sexuelle, la
tentation d’une sexualité virtuelle,
sans altérité charnelle et sans
limites, se fait jour, agitant
l’épouvantail de la déshumanisation
de la sexualité. » Maryse Jaspard –
2017
IV. Enquête sous forme de questionnaire
1. Le cybersexe (sexto, nudes, sex tapes)
est une pratique : normale, libérée ou
choquante ? Et pourquoi ?
■ Idée de normalité, liberté voire de
nécessité dans cas de relations
longue distance
2. Dans la pratique de nudes ou sex
tapes, il existe des techniques de «non
reconnaissance» qu’en pensez-vous ?
■ Importance du post nude/sex tape,
mention des plans personnels,
familiaux et professionnels à
préserver
3. Quelle différence voyez-vous entre le
fait d’être plus à l’aise virtuellement
plutôt que réellement et vice-versa ?
■ Virtuel : timidité, prise de contrôle,
libération et mise en scène de soi-
même
■ Réellement : vulnérabilité, plus
d’importance à l’acte qu’au visuel
4. Le cybersexe relève-t-il de la tromperie
? Pourquoi ?
■ Idée de mensonge, de désir extra-
conjugal malsain donc l’infidélité
mais pas la pornographie
5. L’hyper sexualisation de la société est-elle
une évolution ou une révolution (notamment
pour la femme) ?
■ Évolution : objectification persistante,
dévalorisation de son corps, régression de
son statut
■ Révolution : appropriation de son corps,
conscience de son désir, meilleure
acceptation sociétale
6. La vengeance pornographique (Porn
Revenge) est-elle un outil efficace ? Pourquoi
?
■ Inefficacité unanime, vengeance malsaine,
humiliation sociale qui peut sévir sur
d’autres plans
7. Quel est selon vous le contexte propice à ce genre de
relation virtuelle ? Où (endroit) ? Quand (moment de la
journée et moment dans la relation) ? Comment (quelle
application et quelle technique) ?
■ Snapchat : minimisation des preuves (texte + photo)
■ Le soir privilégié pour ces échanges : idée du
manque et de la disponibilité
■ Début d’un couple : libération, lors d’un couple à
distance : relance du désir, entre sex friend : donner
envie
En conclusion…
■ Nouvelles manières d’être
ensemble créées : aucun tabou,
aucune surveillance parentale
■ L’apprentissage de de la
sexualité simplifiée par la
déshumanisation
■ Cependant le cyber-harcèlement
est de plus en plus présent du à
cette révolution
ANNEXES
Références, bibliographie et résumés de nos questions
d’enquête
Sitographie
■ Steve Roy, « La sécurité par internet : la cyber intimidation par le sexting. », 1O novembre
2011,
https://fr.slideshare.net/SteveRoy1/cyberintimidation-sexting?qid=b225c18a-788f-4828-
b240-2e6e453ab548&v=&b=&from_search=1
■ Vincent Mabillaud, « L’amour et la sexualité à l’ère numérique », 29 janvier 2012,
https://fr.slideshare.net/vincentmabillot/sexe-internet-et-usages-des-mdias-
numriques?qid=6a5a639a-0d5b-4987-b0c4-750abf62060d&v=&b=&from_search=3
■ Sylviane Larose, « Le cybersexe est-ce tromper son conjoint ? », année non spécifiée,
http://votresexologue.com/data/documents/Le-cybersexe-Est-ce-tromper-son-conjoint.pdf
■ Virginie Cresci, « Facebook s'arme pour lutter contre le Revenge Porn », mai 2017,
http://www.konbini.com/fr/tendances-2/facebook-sonne-la-fin-du-revenge-porn-enfin-
presque/
Sitographie
■ Émilie Cailleau, « Insolite : Durex fait campagne pour un emoji officiel préservatif », 7
décembre 2016,
https://www.topsante.com/medecine/maladies-infectieuses/vih-sida/insolite-durex-fait-
campagne-pour-un-emoji-officiel-preservatif-614560
■ Linda Robert, « Mode d'emploi pour s'initier au sexe virtuel (et faire l'amour à
distance) », année non spécifiée,
http://www.marieclaire.fr/,cybersexe-quand-le-sexe-devient-virtuel,2610383,688709.asp
Bibliographie
■ Maryse Jaspard, « Sociologie des comportement sexuels », La Découverte, 2017,
sur : http://www.cairn.info.proxy.scd.univ-lille3.fr/sociologie-des-comportements-
sexuels--9782707196392.htm
RÉSUMÉ DES
ENTRETIENS
Panel constitué de 15 personnes âgées entre 19 et 24 ans, sur la base
du volontariat.
1. Le cybersexe (sexto, nudes, sex tape) est une pratique : normale, libérée ou choquante
? Et pourquoi ?
■ La plupart des réponses sont dirigées vers la normalité et la liberté de la pratique du
digi-sexe. Normalité car elle se fait facilement, et libérée car moins honteuse mais pas
complètement démocratisée puisque le fait d’en parler par se restreindre au cercle
d’ami(e)s proches.
■ Le contexte actuel est aussi un élément très important : la démocratisation des outils
de communication : on revient ici à l’idée que les pratiques donnent lieu à des
fonctionnalités, la société hyper sexualisée, il n’y a rien de choquant (avec les clips
musicaux qui mettent à nue le corps de la femme par exemple). De plus, il arrive que
les couples vivent loin l’un de l’autre et que le digi-sexe devient une nécessité pour
entretenir le désir. Puis, dans les années 70, la sexualité était tout aussi débridée
mais aujourd’hui, les réseaux sociaux servent à faire passer un message « je n’ai pas
de complexes, regarde ce que j’ai », avec l’idée de la mise en scène de soi.
2. Dans la pratique de nudes ou sex tape, il y a des techniques de «non reconnaissance»
qu’en pensez-vous ?
■ Ici, tout le monde est conscient qu’il est important de cacher son visage. Notamment pour
se protéger d’un « après nudes », aussi nous remarquons que la confiance n’est jamais
totale. Ici, on constate que l’on pense premièrement à l’image que l’on pourrait renvoyer si
le monde serait amené à voir nos nudes sans notre consentement. Donc, d’une photo se
faisant dans la plus grande intimité entre deux personnes, on aborde vite le sujet de la
diffusion publique. Ce qui est complètement contradictoire. Le fait de causer du tort à
l’émetteur est principal dans les réponses, en effet dans le monde du travail, dans le
cercle familial il serait mal vu d’être adepte au digi-sexe. Nous revenons une fois de plus à
la question de l’image de soi qu’il faut protéger. Et aussi, cela sert à minimiser les risques
de chantages. Mais nous reviendrons sur ce point dans la question concernant le Porn
Revenge.
■ Puis, cacher son visage, ne montrer aucun signe distinctifs nous permets de démentir une
quelque rumeur pouvant circuler, puisque personne ne nous reconnaît vraiment, les
preuves sont donc difficiles à déceler. Il y a ici la notion de tranquillité, il vaut mieux être
dépersonnaliser à la vue d’une personne (le récepteur) que déshumaniser aux yeux du
monde. Mais un(e) volontaire se pose une questions en vérité légitime : Pourquoi
pratiquer le digi-sexe si l’on pense tout de suite aux conséquences ? C’est qu’il s’agit
d’une pratique qui ne relève pas d’une totale confiance. Pourquoi prendre ce risque ?
3. Quelle différence voyez-vous entre le fait d’être plus à l’aise virtuellement plutôt que
réellement et vice-versa ?
■ Ici, nous constatons que le fait d’être plus à l’aise virtuellement relève d’une certaine
timidité, du désir de pouvoir gérer et cacher ses complexes, on va choisir les mots, les
images, tout ce qui nous convient au mieux, nous allons prendre le contrôle. Le virtuel
notamment sur les réseaux sociaux permet aux personnes timides de se sentir « être
quelqu’un ». La spontanéité n’est pas de mise ici.
■ Virtuellement nous pouvons être vraiment nous-même ou en tout cas ce que nous
voulons être. Cela revient aussi à la mise en scène de soi. De plus, le jugement du
récepteur n’est pas direct donc moins impactant. Réellement, on se sent plus vulnérable
puisque mis à nu, et le naturel n’est pas chose aisé pour tout le monde. Mais, des
volontaires mettent aussi en avant le fait que le virtuel peut permettre à une personne
de se libérer. Donc la pratique du digi-sexe peut être intéressante mais ne doit pas
remplacer une relation réelle. L’acte en lui-même est une osmose où les défauts de
l’autre sont minimisés face à l’adoration du corps du partenaire.
■ Puis, un(e) volontaire accentue le fait qu’il faut s’aimer dans les deux contextes : le
virtuel et le réel, mais un(e) autre y voit vraiment une séparation et maintient qu’il est
préférable d’être à l’aise réellement que virtuellement.
4. Le cybersexe relève-t-il de la tromperie ? Pourquoi ?
■ La tromperie est complètement subjective dans un couple. C’est ce dernier qui fixer
les règles et donc de ce qui est considérer comme infidélité ou pas. Ici, la plupart des
volontaires s’accordent pour dire que le cybersexe relève de la tromperie. En effet, il y
a l’acte de demander et de le pratiquer, donc absence de désir au sein du couple,
mais ce désir ne peut pas se recréer hors du couple. De plus, la question ici n’est
plus physique, à partir du moment où il y a la notion de faits extra-conjugaux relevant
de l’intime il s’agit de tromperie. Ici, même sans contact physique, l’échange a bien
eu lieu. La relation de couple est un lieu privilégiée, si le digi-sexe, l’attirance et une
personne extérieure s’immisce dans cette relation ce n’est plus sain.
■ A contrario, un(e) volontaire affirme que sans réel, la tromperie n’est pas valide
puisque aucun acte n’est commis de fait. Puis, un(e) seconde volontaire met en
lumière un élément intéressant de la sexualité digitale, puisqu’il s’agit de dire que le
digi-sexe est une pratique relevant de l’infidélité mais que la consultation de sites
pornographiques n’est pas de la tromperie. Cela soulève donc d’intéressantes
questions, à quel moment est-ce de l’infidélité ou pas ? Puisque sur les sites, le désir
d’autrui est tout de même présent.
5. L’hyper sexualisation de la société est-elle une Evolution ou une Révolution (notamment
pour la femme) ?
■ Dans ce contexte, les réponses sont partagées pour différentes raisons. On relève ici la
difficulté à utiliser le terme de Révolution puisque la libération de la femme ne supprime
pas son objectivation grandissante. Malgré le fait que le sexe féminin, le plaisir, le corps
de la femme s’émancipent et ne dépendent plus de l’homme. Il y a une réelle
appropriation et assurance de son corps. La femme va sortir des dictats imposés
auparavant et va prendre conscience de son corps, de ses atouts et va même pouvoir en
jouer. Le sexe n’est plus tabou et est accepté, c’est aussi dans ce sens qu’il s’agit d’une
évolution.
■ Pour plusieurs volontaires, il ne s’agit pas vraiment d’une évolution ou d’une révolution
puisque la sexualité féminine a toujours existé, certes des pratiques ont naquit ou se sont
libérées mais rien n’a été inventé simplement aujourd’hui elles sont amplifiées et donc
mieux acceptées. Puis certains volontaires ont un avis catégorique sur la question : il
s’agit d’une Révolution puisqu’il s’agit pour la femme de s’assumer mais pour d’autres,
ce n’est ni une Révolution ni même une Evolution puisqu’en sexualisant tous les
comportements de la femme, on incite à les dévaloriser. Il s’agit donc d’une régression.
De plus, les femmes ne vivant pas à travers leur sexualité sont souvent considérées
comme anormales, c’est donc un effet négatif de l’hyper sexualisation de la femme, et de
la société en général.
6. La vengeance pornographique (le Porn Revenge) est-elle un outil efficace ? Pourquoi ?
■ L’intimité et la confiance sont des notions très présentes dans le cas du Porn
Revenge. En effet, cet outil permet de faire passer l’intime au public sans le
consentement de la personne concerné, ce qui peut détruire littéralement quelqu’un.
Surtout une personne que l’on a aimé, ou qui a eu notre estime. La vengeance par
elle-même est toujours mal placée puisqu’elle engendre des dégâts (intimes, sociaux,
professionnels) pour la victime. Cet outil va être fait dans le but d’humilier quelqu’un
avec des éléments les plus intimes possibles : la démonstration du corps, du désir.
■ Un(e) volontaire met en lumière le fait que le Porn Revenge est un outil donné à
l’autre pendant la relation de couple, mais il s’agit de l’acte le plus privilégié que l’on
peut donner à une personne, et quand cette dernière s’en sert, la victime va se sentir
salie. Un(e) autre volontaire, nous parle de conscience de risques et de passage d’un
accord entre les deux parties, pour minimiser le risque de destruction par le Porn
Revenge.
7. Quel est selon vous le contexte propice à ce genre de relation virtuelle ? Où (endroit) ?
Quand (moment de la journée et moment dans la relation) ? Comment (quelle application et
quelle technique) ?
■ L’outil utilisé prédominant est Snapchat, cette application nous conforte dans la sérénité
de l’éphémère et nous sommes prévenus de l’impression de la photo envoyée (le screen).
Donc nous revenons sur l’idée de la suppression de preuve et donc de minimisation de
risque de vengeance ou de dévoilement de la photo à un public quelconque. Mais les
volontaires sont conscients que le digi-sexe peut se faire par message, appel téléphonique
ou même encore webcam.
■ De plus, la pratique du digi-sexe n’est pas réservée qu’aux couples, elle peut se faire entre
partenaires certes, mais aussi entre sex friend, après avoir fait connaissance avec
quelqu’un, ou encore dans une relation à distance (le couple est dans l’incapacité de se
voir mais souhaite quand même avoir une intimité). Mais c’est une pratique qui reste
relativement personnelle et tabou. Pour un(e) volontaire, le digi-sexe peut avoir plusieurs
intérêts, pour un jeune couple cela permet de se découvrir et pour un couple inclus dans
une relation longue, cela peut s’avérer efficace pour relance le désir.
■ Pour ce qui est du moment, les volontaires s’accordent tous pour dire que le soir est plus
approprié, chacun est seul chez soi, inoccupé et donc complètement dévoué au digi-sexe.
De plus, c’est à cette période de la journée que le manque de l’autre se fait ressentir.
Donc, c’est un moyen de lui dire que nous aimerions qu’elle soit à nos côtés.

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  • 1. LA PLACE DE LA SEXUALITÉ VIRTUELLE Sexto, Nude et Porn Revenge BOSSUS Laure – RENAUT Pénélope
  • 2. ■ « La démocratisation du numérique en France a pensé autrement la socialisation. En effet, elle va créer ”de nouvelles manières d’être ensemble” » Maryse Jaspard – 2017 ■ Simplicité et accessibilité de la relation virtuelle ■ Libération et sécurisation mais aussi… déstabilisation ?
  • 3. LE DIGI-SEXE EST-IL UNE ÉVOLUTION OU UNE RÉVOLUTION DÉNUÉE DE CONSÉQUENCES ?
  • 4. I. La démocratisation de la sexualité ▪ Démocratisation… désexualisation ? « Le développement de la cyber sexualité présente des effets paradoxaux encore peu analysés : - une levée des tabous induite par la tendance à l’exhibitionnisme et l’éventail des pratiques des plus basiques aux plus extrêmes. -une standardisation de la sexualité, conséquence de la rationalisation de la vie sexuelle propre aux lois du marché » Maryse Jaspard – 2017
  • 5. ■ Contrainte sociale de se mettre à nu ■ Codes différents entre hommes et femmes ■ « Le cybersexe est un jeu de séduction où se croisent dans l’illusion de la proximité des inconnus lointains, où se frôlent des amours virtuels dans l’instantanéité du courrier électronique » Maryse Jaspard – 2017 ■ « Internet a entamé une révolution dans les mœurs. C’est le côté piquant du cybersexe. Le plaisir coupable n’existe pas dans le virtuel. Tout ou presque est permis. Les fantasmes les plus indicibles s’écrivent, s’échangent et se réalisent sur demande et acceptation » Linda Robert
  • 6. ■ L’emoji est comme une façon timide de s’exprimer plus librement sans utiliser des mots ■ Utilisé principalement lors du sexting, la pratique de nude se suffisant à elle- même
  • 7. ■ Durex s’est lui aussi mis au langage du sexto pour toucher sa cible ■ Campagne mondiale avec langage universel
  • 8. II. La femme au cœur de la pratique du digi-sexe ■ « en 1980, la littérature érotique n’est plus le domaine réservé des hommes » Maryse Jaspard – 2017 ■ La femme prend du pouvoir, au centre de cette pratique ■ Idée de domination féminine, son corps est désiré
  • 9. ■ « A travers le mythe de l’orgasme vaginal et de la frigidité, s’exprime la volonté de briser les tabous qui contraignent la sexualité féminine et la revendication du plaisir » Maryse Jaspard – 2017 ■ Dissidence entre hommes et femmes : « Les garçons affichent des motivations conformes à l’image de la virilité. Presque la moitié des garçons ont déclaré avoir eu leur premier coït par attirance et désir physique, 38 % par amour contre 61 % des filles. L’attirance le désir et l’amour ne sont pas incompatibles, ces réponses stéréotypées relèvent davantage des représentations sexuées que des pratiques sexuées. » Maryse Jaspard – 2017
  • 10. III. La protection de notre vie privée et ses dérives ■ Règle des 3A : Abordable, Anonyme, Accessible ■ « La rapidité, voire l’instantanéité, la prolifération, la diversité et souvent la gratuité facilitent les échanges érotiques » Maryse Jaspard – 2017 ■ Twitter, Google et Pornhub ont exclu le Porn Revenge depuis 2015. Facebook teste actuellement en Australie une nouvelle méthode contre cette pratique
  • 11. ■ « Les conséquences du cyber harcèlement, arme de destruction de l’autre extrêmement efficace, sont mal perçues par les adolescent-e-s qui s’y adonnent. Libérant l’individu du consentement de l’autre, fondement de la liberté sexuelle, la tentation d’une sexualité virtuelle, sans altérité charnelle et sans limites, se fait jour, agitant l’épouvantail de la déshumanisation de la sexualité. » Maryse Jaspard – 2017
  • 12. IV. Enquête sous forme de questionnaire 1. Le cybersexe (sexto, nudes, sex tapes) est une pratique : normale, libérée ou choquante ? Et pourquoi ? ■ Idée de normalité, liberté voire de nécessité dans cas de relations longue distance 2. Dans la pratique de nudes ou sex tapes, il existe des techniques de «non reconnaissance» qu’en pensez-vous ? ■ Importance du post nude/sex tape, mention des plans personnels, familiaux et professionnels à préserver
  • 13. 3. Quelle différence voyez-vous entre le fait d’être plus à l’aise virtuellement plutôt que réellement et vice-versa ? ■ Virtuel : timidité, prise de contrôle, libération et mise en scène de soi- même ■ Réellement : vulnérabilité, plus d’importance à l’acte qu’au visuel 4. Le cybersexe relève-t-il de la tromperie ? Pourquoi ? ■ Idée de mensonge, de désir extra- conjugal malsain donc l’infidélité mais pas la pornographie
  • 14. 5. L’hyper sexualisation de la société est-elle une évolution ou une révolution (notamment pour la femme) ? ■ Évolution : objectification persistante, dévalorisation de son corps, régression de son statut ■ Révolution : appropriation de son corps, conscience de son désir, meilleure acceptation sociétale 6. La vengeance pornographique (Porn Revenge) est-elle un outil efficace ? Pourquoi ? ■ Inefficacité unanime, vengeance malsaine, humiliation sociale qui peut sévir sur d’autres plans
  • 15. 7. Quel est selon vous le contexte propice à ce genre de relation virtuelle ? Où (endroit) ? Quand (moment de la journée et moment dans la relation) ? Comment (quelle application et quelle technique) ? ■ Snapchat : minimisation des preuves (texte + photo) ■ Le soir privilégié pour ces échanges : idée du manque et de la disponibilité ■ Début d’un couple : libération, lors d’un couple à distance : relance du désir, entre sex friend : donner envie
  • 16. En conclusion… ■ Nouvelles manières d’être ensemble créées : aucun tabou, aucune surveillance parentale ■ L’apprentissage de de la sexualité simplifiée par la déshumanisation ■ Cependant le cyber-harcèlement est de plus en plus présent du à cette révolution
  • 17. ANNEXES Références, bibliographie et résumés de nos questions d’enquête
  • 18. Sitographie ■ Steve Roy, « La sécurité par internet : la cyber intimidation par le sexting. », 1O novembre 2011, https://fr.slideshare.net/SteveRoy1/cyberintimidation-sexting?qid=b225c18a-788f-4828- b240-2e6e453ab548&v=&b=&from_search=1 ■ Vincent Mabillaud, « L’amour et la sexualité à l’ère numérique », 29 janvier 2012, https://fr.slideshare.net/vincentmabillot/sexe-internet-et-usages-des-mdias- numriques?qid=6a5a639a-0d5b-4987-b0c4-750abf62060d&v=&b=&from_search=3 ■ Sylviane Larose, « Le cybersexe est-ce tromper son conjoint ? », année non spécifiée, http://votresexologue.com/data/documents/Le-cybersexe-Est-ce-tromper-son-conjoint.pdf ■ Virginie Cresci, « Facebook s'arme pour lutter contre le Revenge Porn », mai 2017, http://www.konbini.com/fr/tendances-2/facebook-sonne-la-fin-du-revenge-porn-enfin- presque/
  • 19. Sitographie ■ Émilie Cailleau, « Insolite : Durex fait campagne pour un emoji officiel préservatif », 7 décembre 2016, https://www.topsante.com/medecine/maladies-infectieuses/vih-sida/insolite-durex-fait- campagne-pour-un-emoji-officiel-preservatif-614560 ■ Linda Robert, « Mode d'emploi pour s'initier au sexe virtuel (et faire l'amour à distance) », année non spécifiée, http://www.marieclaire.fr/,cybersexe-quand-le-sexe-devient-virtuel,2610383,688709.asp Bibliographie ■ Maryse Jaspard, « Sociologie des comportement sexuels », La Découverte, 2017, sur : http://www.cairn.info.proxy.scd.univ-lille3.fr/sociologie-des-comportements- sexuels--9782707196392.htm
  • 20. RÉSUMÉ DES ENTRETIENS Panel constitué de 15 personnes âgées entre 19 et 24 ans, sur la base du volontariat.
  • 21. 1. Le cybersexe (sexto, nudes, sex tape) est une pratique : normale, libérée ou choquante ? Et pourquoi ? ■ La plupart des réponses sont dirigées vers la normalité et la liberté de la pratique du digi-sexe. Normalité car elle se fait facilement, et libérée car moins honteuse mais pas complètement démocratisée puisque le fait d’en parler par se restreindre au cercle d’ami(e)s proches. ■ Le contexte actuel est aussi un élément très important : la démocratisation des outils de communication : on revient ici à l’idée que les pratiques donnent lieu à des fonctionnalités, la société hyper sexualisée, il n’y a rien de choquant (avec les clips musicaux qui mettent à nue le corps de la femme par exemple). De plus, il arrive que les couples vivent loin l’un de l’autre et que le digi-sexe devient une nécessité pour entretenir le désir. Puis, dans les années 70, la sexualité était tout aussi débridée mais aujourd’hui, les réseaux sociaux servent à faire passer un message « je n’ai pas de complexes, regarde ce que j’ai », avec l’idée de la mise en scène de soi.
  • 22. 2. Dans la pratique de nudes ou sex tape, il y a des techniques de «non reconnaissance» qu’en pensez-vous ? ■ Ici, tout le monde est conscient qu’il est important de cacher son visage. Notamment pour se protéger d’un « après nudes », aussi nous remarquons que la confiance n’est jamais totale. Ici, on constate que l’on pense premièrement à l’image que l’on pourrait renvoyer si le monde serait amené à voir nos nudes sans notre consentement. Donc, d’une photo se faisant dans la plus grande intimité entre deux personnes, on aborde vite le sujet de la diffusion publique. Ce qui est complètement contradictoire. Le fait de causer du tort à l’émetteur est principal dans les réponses, en effet dans le monde du travail, dans le cercle familial il serait mal vu d’être adepte au digi-sexe. Nous revenons une fois de plus à la question de l’image de soi qu’il faut protéger. Et aussi, cela sert à minimiser les risques de chantages. Mais nous reviendrons sur ce point dans la question concernant le Porn Revenge. ■ Puis, cacher son visage, ne montrer aucun signe distinctifs nous permets de démentir une quelque rumeur pouvant circuler, puisque personne ne nous reconnaît vraiment, les preuves sont donc difficiles à déceler. Il y a ici la notion de tranquillité, il vaut mieux être dépersonnaliser à la vue d’une personne (le récepteur) que déshumaniser aux yeux du monde. Mais un(e) volontaire se pose une questions en vérité légitime : Pourquoi pratiquer le digi-sexe si l’on pense tout de suite aux conséquences ? C’est qu’il s’agit d’une pratique qui ne relève pas d’une totale confiance. Pourquoi prendre ce risque ?
  • 23. 3. Quelle différence voyez-vous entre le fait d’être plus à l’aise virtuellement plutôt que réellement et vice-versa ? ■ Ici, nous constatons que le fait d’être plus à l’aise virtuellement relève d’une certaine timidité, du désir de pouvoir gérer et cacher ses complexes, on va choisir les mots, les images, tout ce qui nous convient au mieux, nous allons prendre le contrôle. Le virtuel notamment sur les réseaux sociaux permet aux personnes timides de se sentir « être quelqu’un ». La spontanéité n’est pas de mise ici. ■ Virtuellement nous pouvons être vraiment nous-même ou en tout cas ce que nous voulons être. Cela revient aussi à la mise en scène de soi. De plus, le jugement du récepteur n’est pas direct donc moins impactant. Réellement, on se sent plus vulnérable puisque mis à nu, et le naturel n’est pas chose aisé pour tout le monde. Mais, des volontaires mettent aussi en avant le fait que le virtuel peut permettre à une personne de se libérer. Donc la pratique du digi-sexe peut être intéressante mais ne doit pas remplacer une relation réelle. L’acte en lui-même est une osmose où les défauts de l’autre sont minimisés face à l’adoration du corps du partenaire. ■ Puis, un(e) volontaire accentue le fait qu’il faut s’aimer dans les deux contextes : le virtuel et le réel, mais un(e) autre y voit vraiment une séparation et maintient qu’il est préférable d’être à l’aise réellement que virtuellement.
  • 24. 4. Le cybersexe relève-t-il de la tromperie ? Pourquoi ? ■ La tromperie est complètement subjective dans un couple. C’est ce dernier qui fixer les règles et donc de ce qui est considérer comme infidélité ou pas. Ici, la plupart des volontaires s’accordent pour dire que le cybersexe relève de la tromperie. En effet, il y a l’acte de demander et de le pratiquer, donc absence de désir au sein du couple, mais ce désir ne peut pas se recréer hors du couple. De plus, la question ici n’est plus physique, à partir du moment où il y a la notion de faits extra-conjugaux relevant de l’intime il s’agit de tromperie. Ici, même sans contact physique, l’échange a bien eu lieu. La relation de couple est un lieu privilégiée, si le digi-sexe, l’attirance et une personne extérieure s’immisce dans cette relation ce n’est plus sain. ■ A contrario, un(e) volontaire affirme que sans réel, la tromperie n’est pas valide puisque aucun acte n’est commis de fait. Puis, un(e) seconde volontaire met en lumière un élément intéressant de la sexualité digitale, puisqu’il s’agit de dire que le digi-sexe est une pratique relevant de l’infidélité mais que la consultation de sites pornographiques n’est pas de la tromperie. Cela soulève donc d’intéressantes questions, à quel moment est-ce de l’infidélité ou pas ? Puisque sur les sites, le désir d’autrui est tout de même présent.
  • 25. 5. L’hyper sexualisation de la société est-elle une Evolution ou une Révolution (notamment pour la femme) ? ■ Dans ce contexte, les réponses sont partagées pour différentes raisons. On relève ici la difficulté à utiliser le terme de Révolution puisque la libération de la femme ne supprime pas son objectivation grandissante. Malgré le fait que le sexe féminin, le plaisir, le corps de la femme s’émancipent et ne dépendent plus de l’homme. Il y a une réelle appropriation et assurance de son corps. La femme va sortir des dictats imposés auparavant et va prendre conscience de son corps, de ses atouts et va même pouvoir en jouer. Le sexe n’est plus tabou et est accepté, c’est aussi dans ce sens qu’il s’agit d’une évolution. ■ Pour plusieurs volontaires, il ne s’agit pas vraiment d’une évolution ou d’une révolution puisque la sexualité féminine a toujours existé, certes des pratiques ont naquit ou se sont libérées mais rien n’a été inventé simplement aujourd’hui elles sont amplifiées et donc mieux acceptées. Puis certains volontaires ont un avis catégorique sur la question : il s’agit d’une Révolution puisqu’il s’agit pour la femme de s’assumer mais pour d’autres, ce n’est ni une Révolution ni même une Evolution puisqu’en sexualisant tous les comportements de la femme, on incite à les dévaloriser. Il s’agit donc d’une régression. De plus, les femmes ne vivant pas à travers leur sexualité sont souvent considérées comme anormales, c’est donc un effet négatif de l’hyper sexualisation de la femme, et de la société en général.
  • 26. 6. La vengeance pornographique (le Porn Revenge) est-elle un outil efficace ? Pourquoi ? ■ L’intimité et la confiance sont des notions très présentes dans le cas du Porn Revenge. En effet, cet outil permet de faire passer l’intime au public sans le consentement de la personne concerné, ce qui peut détruire littéralement quelqu’un. Surtout une personne que l’on a aimé, ou qui a eu notre estime. La vengeance par elle-même est toujours mal placée puisqu’elle engendre des dégâts (intimes, sociaux, professionnels) pour la victime. Cet outil va être fait dans le but d’humilier quelqu’un avec des éléments les plus intimes possibles : la démonstration du corps, du désir. ■ Un(e) volontaire met en lumière le fait que le Porn Revenge est un outil donné à l’autre pendant la relation de couple, mais il s’agit de l’acte le plus privilégié que l’on peut donner à une personne, et quand cette dernière s’en sert, la victime va se sentir salie. Un(e) autre volontaire, nous parle de conscience de risques et de passage d’un accord entre les deux parties, pour minimiser le risque de destruction par le Porn Revenge.
  • 27. 7. Quel est selon vous le contexte propice à ce genre de relation virtuelle ? Où (endroit) ? Quand (moment de la journée et moment dans la relation) ? Comment (quelle application et quelle technique) ? ■ L’outil utilisé prédominant est Snapchat, cette application nous conforte dans la sérénité de l’éphémère et nous sommes prévenus de l’impression de la photo envoyée (le screen). Donc nous revenons sur l’idée de la suppression de preuve et donc de minimisation de risque de vengeance ou de dévoilement de la photo à un public quelconque. Mais les volontaires sont conscients que le digi-sexe peut se faire par message, appel téléphonique ou même encore webcam. ■ De plus, la pratique du digi-sexe n’est pas réservée qu’aux couples, elle peut se faire entre partenaires certes, mais aussi entre sex friend, après avoir fait connaissance avec quelqu’un, ou encore dans une relation à distance (le couple est dans l’incapacité de se voir mais souhaite quand même avoir une intimité). Mais c’est une pratique qui reste relativement personnelle et tabou. Pour un(e) volontaire, le digi-sexe peut avoir plusieurs intérêts, pour un jeune couple cela permet de se découvrir et pour un couple inclus dans une relation longue, cela peut s’avérer efficace pour relance le désir. ■ Pour ce qui est du moment, les volontaires s’accordent tous pour dire que le soir est plus approprié, chacun est seul chez soi, inoccupé et donc complètement dévoué au digi-sexe. De plus, c’est à cette période de la journée que le manque de l’autre se fait ressentir. Donc, c’est un moyen de lui dire que nous aimerions qu’elle soit à nos côtés.