L’ÉTHIQUE PLATONICIENNE
L’éthique grecque cherche à répondre aux questions : « Quel genre de vie mener?» « Quel est le Bien pour l’être humain?» « Comment bien agir ? » bref «En quoi consiste la vertu?»
L’éthique tourne autour du concept de vertu d’« areté », d’excellence, en grec.
La réflexion éthique antérieure 
•Homère et Hésiode 
•Les sophistes 
•Socrate
Dans l’éthique traditionnelle 
Chez Homère et Hésiode l’expression « areté » se rapporte à l’excellence en général, l’excellence du corps, de la terre, des animaux, etc. 
Elle n’a pas de contenu moral 
à proprement parler. 
Quant à l’excellence des êtres humains, 
la vertu est l’apanage de l’aristocratie. 
Elle se rapporte à la bravoure militaire. 
Elle ne peut être ni enseignée ni apprise. 
Elle est un don de la divinité.
Chez Homère et Hésiode 
il s’agit de faire 
tout le bien possible aux amis 
et tout le mal possible aux ennemis.
Les sophistes 
changent le concept de vertu 
et le démocratisent : 
la vertu devient acquérissable. 
Ils se consacrent à enseigner 
la vertu aux citoyens 
qui peuvent payer leur instruction.
Les sophistes définissent la vertu comme 
l’art d’être un homme accompli, 
de maîtriser l’art de parler en public 
(la rhétorique) 
et de savoir gérer les affaires 
privées et publiques.
Chez les sophistes 
la vertu n’est par rapportée à la justice, 
ni à l’honnêteté ni à l’obéissance des lois. 
La vertu est considérée comme relative. 
La plupart des sophistes affichent même 
leur mépris de la morale traditionnelle. 
La vertu au sens traditionnel n’est à leurs yeux 
qu’un ensemble de conventions contraires à la nature.
Chez Socrate 
La notion d’areté subit une mutation : 
elle commence à devenir une vertu proprement morale. 
La vertu devient savoir, 
« soin de l’âme » 
et connaissance du bien, 
l’aboutissement de la quête philosophique. 
Le jugement moral s’affranchit de la cité. 
Le mal vient de l’ignorance.
L’éthique platonicienne est tissée comme une toile d’araignée autour du noyau de l’éthique socratique.
Platon défend la valeur de la vertu contre les attaques du vulgaire et des sophistes 
La vertu est un bien 
qu’on aime tant pour lui-même 
que pour ses suites. 
La justice 
-vertu suprême- 
est préférable à l’injustice.
Bonheur et vertu font un. 
Le vulgaire trouve la vertu pénible, 
mais elle se trompe : 
L’injuste est le plus malheureux des hommes.
La vertu c’est l’empise de la raison 
Platon plaide en faveur de 
la maîtrise des passions. 
La partie rationnelle de l’âme doit 
s’imposer à la partie irascible 
et à la concupiscible. 
La raison doit gouverner l’âme
Si c’est l’âme irascible qui domine, l’homme devient colérique, belliqueux et violent. Il délaisse l’activité intellectuelle.
Si la partie concupiscible de l’âme s’empare de l’homme 
il devient l’esclave 
de ses désirs sensibles. 
Or le désir est illimité. 
Il change sans cesse d’objet 
et ne se satisfait jamais. 
L’âme concupiscible est comme le tonneau percé des Danaïdes.
Platon méprise les plaisirs physiques 
et s’oppose à n’importe quelle éthique, 
populaire ou sophistique, 
qui considère le plaisir 
comme la fin suprême 
de l’existence humaine.
L’emprise de la raison 
apporte la paix dans l’âme et l’harmonie. 
Par contre, une guerre civile s’installe 
dans l’âme de l’homme 
emporté par les passions. 
La vertu c’est l’harmonie dans l’âme
Ainsi, l’homme vertueux 
est celui qui purifie son âme des passions, 
la délie du corps, 
pour s’élever vers le monde des idées. 
La vertu c’est la purification
Les quatre vertus cardinales 
Les parties de l’ÂME 
LES VERTUS 
l’âme rationnelle 
la sagesse 
l’âme irascible 
le courage 
l’âme concupiscente 
la modération 
la justice 
+
Le point de mire de l’éthique platonicienne c’est l’Idée du Bien. 
Il faut contempler le Bien 
pour se conduire avec sagesse 
dans la vie privée et dans la vie publique. 
Nous devons conformer au Bien nos actions.
Le bonheur 
Platon situe le bonheur 
dans l’activité intellectuelle, 
dans la jouissance de la vérité. 
Le prisonnier affranchi de l’allégorie de la caverne ne goûte au bonheur que quand il sort de la caverne, quand il arrive à contempler le monde véritable.
Dans un de ses derniers dialogues, intitulé le Philèbe, Platon nuance sa conception du bonheur. 
Ni le plaisir ni la pensée ne possèdent à eux seuls 
les moyens de procurer à l’homme 
le bonheur qu’il recherche par nature. 
Seule une vie mixte, qui mélange plaisir et pensée, 
peut alors prétendre fournir aux hommes 
un bien-être suffisant.
LE BONHEUR ET LA POLITIQUE 
Le bonheur de la cité et celui du citoyen ont partie liée. 
La politique est nécessaire au bonheur, d’autant plus que 
le but de la politique est le bonheur. 
Le seul moyen d'assurer le bonheur 
de la cité et du citoyen, 
c’est d’unir la philosophie à la politique, selon Platon.
SUJETS DE DISSERTATION 1. Faut-il toujours maîtriser ses passions ? 2. Est-ce que l’homme injuste est forcément malheureux, comme le pense Platon ? 3. Est-ce que la vertu entraîne le bonheur ? 4. Aucune possession sensible ne saurait satisfaire le désir humain, dit Platon. Etes-vous d’accord ? Portez un jugement sur cette affirmation. 5. Est-il sage de faire de l’acquisition des richesses le but de la vie ? 6. Le plaisir est-il la fin suprême de l’existence humaine ? 7. Quelles sont les conditions du bonheur ? Peut-il être atteint ?

Leçon 10 platon l'éthique platonicienne

  • 1.
  • 2.
    L’éthique grecque chercheà répondre aux questions : « Quel genre de vie mener?» « Quel est le Bien pour l’être humain?» « Comment bien agir ? » bref «En quoi consiste la vertu?»
  • 3.
    L’éthique tourne autourdu concept de vertu d’« areté », d’excellence, en grec.
  • 4.
    La réflexion éthiqueantérieure •Homère et Hésiode •Les sophistes •Socrate
  • 5.
    Dans l’éthique traditionnelle Chez Homère et Hésiode l’expression « areté » se rapporte à l’excellence en général, l’excellence du corps, de la terre, des animaux, etc. Elle n’a pas de contenu moral à proprement parler. Quant à l’excellence des êtres humains, la vertu est l’apanage de l’aristocratie. Elle se rapporte à la bravoure militaire. Elle ne peut être ni enseignée ni apprise. Elle est un don de la divinité.
  • 6.
    Chez Homère etHésiode il s’agit de faire tout le bien possible aux amis et tout le mal possible aux ennemis.
  • 7.
    Les sophistes changentle concept de vertu et le démocratisent : la vertu devient acquérissable. Ils se consacrent à enseigner la vertu aux citoyens qui peuvent payer leur instruction.
  • 8.
    Les sophistes définissentla vertu comme l’art d’être un homme accompli, de maîtriser l’art de parler en public (la rhétorique) et de savoir gérer les affaires privées et publiques.
  • 9.
    Chez les sophistes la vertu n’est par rapportée à la justice, ni à l’honnêteté ni à l’obéissance des lois. La vertu est considérée comme relative. La plupart des sophistes affichent même leur mépris de la morale traditionnelle. La vertu au sens traditionnel n’est à leurs yeux qu’un ensemble de conventions contraires à la nature.
  • 10.
    Chez Socrate Lanotion d’areté subit une mutation : elle commence à devenir une vertu proprement morale. La vertu devient savoir, « soin de l’âme » et connaissance du bien, l’aboutissement de la quête philosophique. Le jugement moral s’affranchit de la cité. Le mal vient de l’ignorance.
  • 11.
    L’éthique platonicienne esttissée comme une toile d’araignée autour du noyau de l’éthique socratique.
  • 12.
    Platon défend lavaleur de la vertu contre les attaques du vulgaire et des sophistes La vertu est un bien qu’on aime tant pour lui-même que pour ses suites. La justice -vertu suprême- est préférable à l’injustice.
  • 13.
    Bonheur et vertufont un. Le vulgaire trouve la vertu pénible, mais elle se trompe : L’injuste est le plus malheureux des hommes.
  • 14.
    La vertu c’estl’empise de la raison Platon plaide en faveur de la maîtrise des passions. La partie rationnelle de l’âme doit s’imposer à la partie irascible et à la concupiscible. La raison doit gouverner l’âme
  • 15.
    Si c’est l’âmeirascible qui domine, l’homme devient colérique, belliqueux et violent. Il délaisse l’activité intellectuelle.
  • 16.
    Si la partieconcupiscible de l’âme s’empare de l’homme il devient l’esclave de ses désirs sensibles. Or le désir est illimité. Il change sans cesse d’objet et ne se satisfait jamais. L’âme concupiscible est comme le tonneau percé des Danaïdes.
  • 17.
    Platon méprise lesplaisirs physiques et s’oppose à n’importe quelle éthique, populaire ou sophistique, qui considère le plaisir comme la fin suprême de l’existence humaine.
  • 18.
    L’emprise de laraison apporte la paix dans l’âme et l’harmonie. Par contre, une guerre civile s’installe dans l’âme de l’homme emporté par les passions. La vertu c’est l’harmonie dans l’âme
  • 19.
    Ainsi, l’homme vertueux est celui qui purifie son âme des passions, la délie du corps, pour s’élever vers le monde des idées. La vertu c’est la purification
  • 20.
    Les quatre vertuscardinales Les parties de l’ÂME LES VERTUS l’âme rationnelle la sagesse l’âme irascible le courage l’âme concupiscente la modération la justice +
  • 21.
    Le point demire de l’éthique platonicienne c’est l’Idée du Bien. Il faut contempler le Bien pour se conduire avec sagesse dans la vie privée et dans la vie publique. Nous devons conformer au Bien nos actions.
  • 22.
    Le bonheur Platonsitue le bonheur dans l’activité intellectuelle, dans la jouissance de la vérité. Le prisonnier affranchi de l’allégorie de la caverne ne goûte au bonheur que quand il sort de la caverne, quand il arrive à contempler le monde véritable.
  • 23.
    Dans un deses derniers dialogues, intitulé le Philèbe, Platon nuance sa conception du bonheur. Ni le plaisir ni la pensée ne possèdent à eux seuls les moyens de procurer à l’homme le bonheur qu’il recherche par nature. Seule une vie mixte, qui mélange plaisir et pensée, peut alors prétendre fournir aux hommes un bien-être suffisant.
  • 24.
    LE BONHEUR ETLA POLITIQUE Le bonheur de la cité et celui du citoyen ont partie liée. La politique est nécessaire au bonheur, d’autant plus que le but de la politique est le bonheur. Le seul moyen d'assurer le bonheur de la cité et du citoyen, c’est d’unir la philosophie à la politique, selon Platon.
  • 25.
    SUJETS DE DISSERTATION1. Faut-il toujours maîtriser ses passions ? 2. Est-ce que l’homme injuste est forcément malheureux, comme le pense Platon ? 3. Est-ce que la vertu entraîne le bonheur ? 4. Aucune possession sensible ne saurait satisfaire le désir humain, dit Platon. Etes-vous d’accord ? Portez un jugement sur cette affirmation. 5. Est-il sage de faire de l’acquisition des richesses le but de la vie ? 6. Le plaisir est-il la fin suprême de l’existence humaine ? 7. Quelles sont les conditions du bonheur ? Peut-il être atteint ?