Éthique à Nicomaque  Aristote   Seconde partie: la vertu
 
Introduction  L’Éthique à Nicomaque fait partie avec  l’Éthique à Eudème  et  la Grande morale  des ouvrages fondateurs de la philosophie d’Aristote Il est dédié à Nicomaque, son fils, mort en bas âge  Aristote rejoint le courant de pensée grec en s’interrogeant sur l’accès au bonheur. Comment doit-on agir pour être heureux ?     le philosophe prône le respect et la pratique des vertus morales et intellectuelles Dans une seconde partie, Aristote se préoccupe particulièrement de la vertu et tente de la définir.
Plan de la seconde partie  Vertus intellectuelles et vertus morales La vertu et le plaisir Conditions de l’acte moral La vertu est une habitude (définition générique) La vertu est une médiété (définition spécifique) Définition complète de la vertu morale et précisions supplémentaires
I- Vertus intellectuelles et vertus morales  Pourquoi l’étude des vertus ?  Le cas du politique  Le « découpage » de l’âme  Les différentes vertus
A) Pourquoi l’étude des vertus?  L’étude du bien humain (le bonheur) ne peut pas se faire sans une étude préalable des vertus humaines. B) Le cas du politique  Le politique est celui qui  « s’adonne spécialement à l’étude de la vertu »  pour le bonheur de ses citoyens.  La vertu permet de transformer les citoyens en  « gens honnêtes »  (l.4) et  « soumis aux lois »  (l.5)
C) La partition de l’âme Il découle de ce découpage de l’âme plusieurs types de vertus :  - intellectuelles ( Dianoêtikes)    sagesse, intelligence, prudence  - morales  (Êthikes)    libéralité et modération  D) Les différentes vertus  Âme   Partie irrationnelle  Partie rationnelle  Ce qui possède la raison   Ce qui obéit à la raison:   « à la façon dont on  obéit à son père »   Partie végétative   Elle est commune à tous les êtres vivants (homme  et animaux) et entraîne la nutrition et  l’accroissement  Partie appétitive (épitumia) Participe à la raison  écoute et obéit à la raison
II- la vertu et le plaisir  Le critère d’une vie morale accomplie  Plaisir et peine  Rapport entre plaisir, peine et vertus  Conclusion et récapitulatif
A) Le critère d’une vie morale accomplie  Une vie morale accomplie : faire le bien avec plaisir  1) Plaisir et peine d’un homme suivant son tempérament B) Plaisir et peine  éprouve une peine Homme lâche Plaisir ou absence de peine Homme courageux Affrontement du danger Affligement Homme intempérant Réjouissement Homme modéré Refus et abstention des plaisirs du corps Résultat Tempérament Situation
C) Rapport entre plaisir, peine et vertus  2) Le plaisir  Éprouver du plaisir en faisant le bien est une  disposition acquise  par  « la sainte éducation »  (15)  Le plaisir est donc un aboutissement : - il n’est pas à l’origine de la conduite morale  - c’est le résultat du mérite   « Toute passion et toute action s’accompagnent logiquement de plaisir et de peine »  (l.16)   1) Les sanctions Les sanctions découlent du rapport entre plaisir, peine et vertu.  «   Le châtiment est une sorte de cure »  qui corrige d’un vice et encourage la vertu. Le choix d’une sanction obéit à la loi des opposés.
D) Conclusion et récapitulatif  Première essais de  définition de la vertu  :  « la vertu morale est celle qui tend à agir de la meilleure façon au regard des plaisirs et des peines, et que le vice fait tout le contraire »  Plaisir : disposition acquise au cours de l’éducation pendant l’enfance.  « l’aptitude au plaisir a grandi avec chacun de nous : c’est pourquoi il est difficile de ce débarrasser de ce sentiment, tout imprégné qu’il est dans notre vie »   2) l’âme   L’âme est modifiée par des choses qui la rendent meilleure ou pire. L’âme s’adapte et permet à l’homme de rechercher les peines ou les plaisirs.  Non :  « états d’impassibilité et de repos »  sont des termes absolus. Il faut ajouter  « de la façon qu’il faut  […]  au moment où il faut »   3) Les vertus, «  des états d’impassibilité et de repos » ?
III- conditions de l’acte morale  Les caractères intrinsèques  L’état d’esprit de l’agent
A) L’action juste et modérée L’action vertueuse est désintéressée : elle ne prend pas en compte les caractères intrinsèques  « Savoir ce qu’il fait » « Choisir librement l’acte en question et le choisir en vue de cet acte lui-même »   « l’accomplir dans une disposition d’esprit ferme et inébranlable » B) L’état d’esprit de l’agent
IV- la vertu est une habitude (définition générique)  Rappel : vertus morales et intellectuelles Le rôle de la nature  S’améliorer grâce à la pratique
A) Rappel : vertus morales et intellectuelles  B) Le rôle de la nature  Impossibilité de contrarier la nature :  « rien de ce qui a une nature donnée ne pourrait être accoutumée à se comporter autrement »  Rapport entre la nature et les vertus :  - conformité - la nature donne la capacité de recevoir les vertus.       « Amenée à maturité par l’habitude » C) S’améliorer grâce à la pratique  « les choses qu’il faut avoir apprises pour les faire, c’est en les faisant que nous les apprenons » :  ex : justice, modération, courage  Vertus   Morales : Produit de l’habitude  La production et l’accroissement des vertus  Intellectuelles  dépendent de l’enseignement
V- la vertu est une médiété (définition spécifique)  Agir vertueusement conduit au bonheur  Le notions de plus, moins et d’égal  La recherche de la médiété
1) Quelle sorte de disposition est la vertu ?  Les vertus ont pour effet de  « mettre cette chose en bon état et de leur permettre de bien accomplir son œuvre propre »  Ex : la vertu d’une plante procure du bien-être   Le vin a une fonction sociale et des qualités médicinales  2) Autre tentative de définition de la vertu  « la vertu de l’homme ne saurait être qu’une disposition par laquelle un homme devient bon et par laquelle son œuvre sera rendue bonne »  A) Agir vertueusement conduit au bonheur
B) Les notion de plus, égal ou moins  «  L’ égal  » se situe entre  l’excès et le défaut . Il est donc : - moyen dans la chose = « ce qui s’écarte à égale distance de chacune des deux extrémités »  - moyen par rapport à nous = notion relative à chaque être humain     « ce qui n’est ni trop, ni trop peu »  Affabilité  Sympathie  Rusticité Bouffonnerie Enjambement Humour Dissimulation  Jacquetense Franchise Vérité Relations sociales  Pusillanime  Vanité Magnanimité  Honneurs Avarice Prodigalité Libéralité Richesse  Biens matériels Apathie Irascibilité Sang-froid Colère  Lâcheté Témérité  Courage Peur Insensibilité  Débauche Tempérance Plaisir Passion Défaut (moins)  Excès (plus)  Vertu (médiété) Domaine
C) La recherche de la médiété  Le  « moyen » est présent en toute discipline    est-il présent dans les vertus morales et les actions ?  L’ excès  ( « le trop »)  et le  défaut  ( « trop peu »)  sont néfastes à l’homme
VI- définition complète de la vertu morale et précisions supplémentaires  Ultime définition de la vertu  La médiété n’est pas présente partout
A) Ultime définition de la vertu « la vertu est une disposition à agir de façon délibérée consistant en une médiété relative à nous  […]  située entre deux vices : l’excès et le défaut »  « la vertu choisit la position moyenne » La vertu est une médiété et un sommet   B) La médiété n’est pas présente partout  Certaines actions n’ont pas cette médiété :  - les vices et les fautes : vertu impossible car ces actions sont en elles-mêmes perverses. (ex : malveillance, impudence, envie, adultère) - les valeurs : il n’existe pas de défaut ou d’excès
Conclusion  La vertu : préoccupation des anciens. Chacun l’étudie sous un différent angle - Thucydide    la vertu est-elle innée ou naît-elle de la raison et de l’enseignement ? Est-elle naturelle ou est-elle le fruit d’un apprentissage ? - Socrate    la vertu peut-elle s’enseigner ? - Périclès    il décrit un régime d’institutions athéniennes lié aux vertus. Il explique :  « Autrement dit, définir un peuple c’est définir ce vers quoi il tend ». Pour Aristote, le plaisir est un aboutissement d’une vie morale accomplie. Kant se détachera de la philosophie Aristotélicienne, en considérant au contraire que le plaisir est une disposition naturelle et non acquise

Adelaide de C. Aristote-La Vertu

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    Éthique à Nicomaque Aristote Seconde partie: la vertu
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    Introduction L’Éthiqueà Nicomaque fait partie avec l’Éthique à Eudème et la Grande morale des ouvrages fondateurs de la philosophie d’Aristote Il est dédié à Nicomaque, son fils, mort en bas âge Aristote rejoint le courant de pensée grec en s’interrogeant sur l’accès au bonheur. Comment doit-on agir pour être heureux ?  le philosophe prône le respect et la pratique des vertus morales et intellectuelles Dans une seconde partie, Aristote se préoccupe particulièrement de la vertu et tente de la définir.
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    Plan de laseconde partie Vertus intellectuelles et vertus morales La vertu et le plaisir Conditions de l’acte moral La vertu est une habitude (définition générique) La vertu est une médiété (définition spécifique) Définition complète de la vertu morale et précisions supplémentaires
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    I- Vertus intellectuelleset vertus morales Pourquoi l’étude des vertus ? Le cas du politique Le « découpage » de l’âme Les différentes vertus
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    A) Pourquoi l’étudedes vertus? L’étude du bien humain (le bonheur) ne peut pas se faire sans une étude préalable des vertus humaines. B) Le cas du politique Le politique est celui qui « s’adonne spécialement à l’étude de la vertu »  pour le bonheur de ses citoyens. La vertu permet de transformer les citoyens en « gens honnêtes » (l.4) et « soumis aux lois » (l.5)
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    C) La partitionde l’âme Il découle de ce découpage de l’âme plusieurs types de vertus : - intellectuelles ( Dianoêtikes)  sagesse, intelligence, prudence - morales (Êthikes)  libéralité et modération D) Les différentes vertus Âme Partie irrationnelle Partie rationnelle Ce qui possède la raison Ce qui obéit à la raison: « à la façon dont on obéit à son père » Partie végétative Elle est commune à tous les êtres vivants (homme et animaux) et entraîne la nutrition et l’accroissement Partie appétitive (épitumia) Participe à la raison écoute et obéit à la raison
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    II- la vertuet le plaisir Le critère d’une vie morale accomplie Plaisir et peine Rapport entre plaisir, peine et vertus Conclusion et récapitulatif
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    A) Le critèred’une vie morale accomplie Une vie morale accomplie : faire le bien avec plaisir 1) Plaisir et peine d’un homme suivant son tempérament B) Plaisir et peine éprouve une peine Homme lâche Plaisir ou absence de peine Homme courageux Affrontement du danger Affligement Homme intempérant Réjouissement Homme modéré Refus et abstention des plaisirs du corps Résultat Tempérament Situation
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    C) Rapport entreplaisir, peine et vertus 2) Le plaisir Éprouver du plaisir en faisant le bien est une disposition acquise  par « la sainte éducation » (15) Le plaisir est donc un aboutissement : - il n’est pas à l’origine de la conduite morale - c’est le résultat du mérite « Toute passion et toute action s’accompagnent logiquement de plaisir et de peine » (l.16) 1) Les sanctions Les sanctions découlent du rapport entre plaisir, peine et vertu. « Le châtiment est une sorte de cure » qui corrige d’un vice et encourage la vertu. Le choix d’une sanction obéit à la loi des opposés.
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    D) Conclusion etrécapitulatif Première essais de définition de la vertu  : « la vertu morale est celle qui tend à agir de la meilleure façon au regard des plaisirs et des peines, et que le vice fait tout le contraire » Plaisir : disposition acquise au cours de l’éducation pendant l’enfance. « l’aptitude au plaisir a grandi avec chacun de nous : c’est pourquoi il est difficile de ce débarrasser de ce sentiment, tout imprégné qu’il est dans notre vie » 2) l’âme L’âme est modifiée par des choses qui la rendent meilleure ou pire. L’âme s’adapte et permet à l’homme de rechercher les peines ou les plaisirs. Non : « états d’impassibilité et de repos » sont des termes absolus. Il faut ajouter « de la façon qu’il faut […] au moment où il faut » 3) Les vertus, «  des états d’impassibilité et de repos » ?
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    III- conditions del’acte morale Les caractères intrinsèques L’état d’esprit de l’agent
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    A) L’action justeet modérée L’action vertueuse est désintéressée : elle ne prend pas en compte les caractères intrinsèques « Savoir ce qu’il fait » « Choisir librement l’acte en question et le choisir en vue de cet acte lui-même » « l’accomplir dans une disposition d’esprit ferme et inébranlable » B) L’état d’esprit de l’agent
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    IV- la vertuest une habitude (définition générique) Rappel : vertus morales et intellectuelles Le rôle de la nature S’améliorer grâce à la pratique
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    A) Rappel :vertus morales et intellectuelles B) Le rôle de la nature Impossibilité de contrarier la nature : « rien de ce qui a une nature donnée ne pourrait être accoutumée à se comporter autrement » Rapport entre la nature et les vertus : - conformité - la nature donne la capacité de recevoir les vertus.   « Amenée à maturité par l’habitude » C) S’améliorer grâce à la pratique « les choses qu’il faut avoir apprises pour les faire, c’est en les faisant que nous les apprenons » : ex : justice, modération, courage Vertus Morales : Produit de l’habitude La production et l’accroissement des vertus Intellectuelles dépendent de l’enseignement
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    V- la vertuest une médiété (définition spécifique) Agir vertueusement conduit au bonheur Le notions de plus, moins et d’égal La recherche de la médiété
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    1) Quelle sortede disposition est la vertu ? Les vertus ont pour effet de « mettre cette chose en bon état et de leur permettre de bien accomplir son œuvre propre » Ex : la vertu d’une plante procure du bien-être Le vin a une fonction sociale et des qualités médicinales 2) Autre tentative de définition de la vertu « la vertu de l’homme ne saurait être qu’une disposition par laquelle un homme devient bon et par laquelle son œuvre sera rendue bonne » A) Agir vertueusement conduit au bonheur
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    B) Les notionde plus, égal ou moins «  L’ égal  » se situe entre l’excès et le défaut . Il est donc : - moyen dans la chose = « ce qui s’écarte à égale distance de chacune des deux extrémités » - moyen par rapport à nous = notion relative à chaque être humain  « ce qui n’est ni trop, ni trop peu » Affabilité Sympathie Rusticité Bouffonnerie Enjambement Humour Dissimulation Jacquetense Franchise Vérité Relations sociales Pusillanime Vanité Magnanimité Honneurs Avarice Prodigalité Libéralité Richesse Biens matériels Apathie Irascibilité Sang-froid Colère Lâcheté Témérité Courage Peur Insensibilité Débauche Tempérance Plaisir Passion Défaut (moins) Excès (plus) Vertu (médiété) Domaine
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    C) La recherchede la médiété Le « moyen » est présent en toute discipline  est-il présent dans les vertus morales et les actions ? L’ excès ( « le trop ») et le défaut ( « trop peu ») sont néfastes à l’homme
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    VI- définition complètede la vertu morale et précisions supplémentaires Ultime définition de la vertu La médiété n’est pas présente partout
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    A) Ultime définitionde la vertu « la vertu est une disposition à agir de façon délibérée consistant en une médiété relative à nous […] située entre deux vices : l’excès et le défaut » « la vertu choisit la position moyenne » La vertu est une médiété et un sommet B) La médiété n’est pas présente partout Certaines actions n’ont pas cette médiété : - les vices et les fautes : vertu impossible car ces actions sont en elles-mêmes perverses. (ex : malveillance, impudence, envie, adultère) - les valeurs : il n’existe pas de défaut ou d’excès
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    Conclusion Lavertu : préoccupation des anciens. Chacun l’étudie sous un différent angle - Thucydide  la vertu est-elle innée ou naît-elle de la raison et de l’enseignement ? Est-elle naturelle ou est-elle le fruit d’un apprentissage ? - Socrate  la vertu peut-elle s’enseigner ? - Périclès  il décrit un régime d’institutions athéniennes lié aux vertus. Il explique : « Autrement dit, définir un peuple c’est définir ce vers quoi il tend ». Pour Aristote, le plaisir est un aboutissement d’une vie morale accomplie. Kant se détachera de la philosophie Aristotélicienne, en considérant au contraire que le plaisir est une disposition naturelle et non acquise