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L’opportunisme de droite est le complice de la globalisation
impérialiste
Oleg S. Chénine,
Président du Soviet de l’Union des Partis Communistes -
Parti Communiste de l’Union Soviétique
Contribution au dixième Séminaire Communiste International,
« La révolution socialiste mondiale dans les conditions de la globalisation
impérialiste »
Bruxelles, 2-4 mai 2001
Le 19e congrès du PCUS s’est terminé le 14 octobre 1952. A la dernière
séance, Staline y a prononcé une brève allocution. Et bien que dans le rapport de
G.M.Malenkov, il est affirmé que « les contradictions, qui déchirent maintenant le
camp impérialiste, peuvent amener à la guerre d’un Etat capitaliste contre un autre »,
Staline s’est entièrement désolidarisé des vieux dogmes et donna la caractéristique
de la nouvelle situation dans le monde :
« Auparavant la bourgeoisie se considérait chef des nations, elle défendait les
droits et l’indépendance des nations, les plaçant ‘par dessus tout’. Maintenant il n’est
plus resté trace du ‘principe national’. Maintenant la bourgeoisie vend les droits et
l’indépendance des nations pour des dollars. Le drapeau de l’indépendance
nationale et de la souveraineté nationale a été jeté par dessus bord. » Joseph
Vissarionovitch Staline énonçait le fonds de ce phénomène, qu’on appelle
maintenant globalisation.
La globalisation, concept à multiples significations, bien que de circulation
relativement récente, possède son histoire. En son temps, les régents de « l’empire
céleste », les empereurs romains, et la « reine des mers », la Grande Bretagne, ont
prétendu au caractère mondial de leurs actions. La formation d’un mouvement
social, économique, spirituel global, s’emparant de pratiquement tout le globe
terrestre et des aspects principaux de la vie de l’humanité et désigné comme la
civilisation occidentale remonte au 19e siècle. Pourtant, la seconde moitié du siècle
passé a conduit à des corrections vraiment spécifiques et à des compléments de ce
processus.
Citons encore une pensée de J.V.Staline, prononcée dans les années 30 :
« Plus on marchera de l’avant, plus on aura de succès, plus s’irritent les vestiges des
classes exploiteuses brisées, plus vite passeront-elles à des formes plus aiguës du
combat. » Cette évocation ne vise pas seulement à exprimer le profond regret d’avoir
oublié les recommandations du chef dans des temps pas si lointains, mais à utiliser
l’approche dialectique marxiste-léniniste-stalinienne et à trouver l’optimisme, en
évaluant la situation mondiale actuelle, afin d’examiner la condamnation historique
de la globalisation et les moyens de la vaincre.
Au milieu du 19e siècle, il devient évident que tous les événements
importants, déterminant la marche de l’histoire mondiale, se passent dans les pays
2
d’Europe et aux Etats-Unis. « La bourgeoisie, par la voie de l’exploitation du marché
mondial, déclarent, dans le Manifeste du Parti Communiste, Karl Marx et Friedrich
Engels, a rendu la production et la consommation de tous les pays cosmopolite. Par
les perfectionnements rapides de tous les moyens de production et par un
allégement incessant des moyens de communication, elle entraîne dans la
civilisation toutes les nations, même les plus barbares. »
C’est particulièrement pertinent quand on réalise que les plus grands succès
dans le développement de la technique, de la science, des forces de production, ne
correspondent pas à l’aspiration de l’humanité à la réalisation d’un idéal social, en
harmonie avec tous les domaines de la vie sociale. La rupture dans la situation
socio-économique entre capitalistes et travailleurs salariés, l’aggravation de
l’opposition des classes dans les pays avancés du capitalisme, ont conduit à la
création par Marx et Engels de l’idéologie communiste scientifiquement fondée.
Cette rupture véritable de la tendance capitaliste globalisante du développement, qui
a en vérité une signification historique mondiale, a été réalisée par le parti de Lénine
en Octobre 1917.
La base socio-économique, organisationnelle, idéologique et stratégique de la
politique de globalisation impérialiste (ultra-impérialisme du 21e siècle) se forme
sous nos yeux. Si on compare les facteurs importants des buts et des valeurs du
projet de globalisation américano-sioniste et du projet socialiste (communiste),
l’absence de perspective historique du premier devient tout à fait évidente.
L’objet de la globalisation impérialiste – par définition – est le monde entier.
Toutefois, dans la théorie et surtout dans les actions pratiques, une délimitation
tranchante s’établit entre l’humanité «principale » et l’humanité « auxiliaire et non-
rentable », à laquelle les fonctionnaires « civilisés » de l’ONU attribuent deux tiers de
la population du globe. Des possibilités colossales d’action sur les processus
mondiaux sont concentrées dans les mains d’un groupe très étroit de personnes et
d’organisations. « Les corporations transnationales, comme le remarque le dirigeant
du peuple cubain Fidel Castro, sont des organisations possédant de grandes
possibilités, une grande richesse et plus de pouvoir que tous les gouvernements
ensemble. Plus elles fusionnent, plus elles se rendent maîtres des finances, de la
production et de l’économie mondiale, propulsées par les lois aveugles et
incontrôlées de leurs systèmes. Ainsi elles accélèrent davantage l’arrivée de la
crise. »
L’objet de la régulation socialiste économique à grande échelle est avant tout
le processus de reproduction sociale. Ce processus est coordonné par un centre
unique économique, l’Etat. Sur le plan international, une balance de développement
progressif s’établit comme suit : d’un côté entre le milieu de vie de la société
humaine et le système technique qu’elle a créé, de l’autre entre les intérêts de
développement des pays distincts comme de certains instituts internationaux, qui
résolve les problèmes de coordination, par exemple dans les domaines de la
science, du transport et de la communication, de la conquête du cosmos, de la mise
en valeur de l’Antarctique, etc.
La profondeur du conflit entre les deux tendances envisagées apparaît encore
plus clairement lors de la confrontation du sens et du but de l’économie. La
régulation globalisante a pour but l’enrichissement sans frein des sujets de
3
l’économie, c’est-à-dire avant tout les multinationales, le contrôle sur l’espace
économique mondiale, l’obtention du profit sous différentes formes, surtout comme
rente financière. La régulation globale s’appuie sur la force de l’argent, et ne mise
pas en premier lieu sur les besoins économiques mais financiers. Cette tendance,
démontrée par Marx, - « A la place de tous les sentiments physiques et spirituels on
arrive à une aliénation de tous ces sentiments, à un sentiment de possession » - a
atteint la limite de « primitivisation » complète de l’homme. Toutes les valeurs se
convertissent en coût, les différences qualitatives en quantitatives, et la liberté de la
personne (pour laquelle luttent tant de libéraux-globalisateurs) en liberté de vendre
et d’acheter tous et tout.
Le but et le sens du processus de la régulation socialiste de l’économie est
le développement optimal de tous les secteurs de l’économie ; la création d’une
base matérielle pour le développement diversifié et surtout spirituel de la société et
de l’homme ; l’aspiration à la réalisation du principe de justice sociale, non
seulement dans la répartition, mais aussi dans tous les domaines de la vie sociale et
économique ; la garantie pour chaque individu, chaque collectivité, chaque peuple,
de chances égales de réaliser les besoins spirituels de toute la société et de chacun
de ses membres.
A la fin du 20
e
siècle, avec le développement de la vie économique (et pas
seulement économique) selon des scénarios élaborés par les sujets de la régulation
globale, les liens économiques entre pays ont acquis la forme d’une toile d’araignée
financière. La bulle spéculative géante, créée par les Etats-Unis avec l’aide du
Fonds Monétaire International, a atteint une dimension de 300 trillions de dollars,
pour une production mondiale n'atteignant que 40 trillions. Les Etats industriellement
développés principaux comme l’Allemagne, la France, l’Italie, mais aussi le Japon et
la Chine, prennent davantage conscience que leurs intérêts économiques et
politiques entrent en contradiction directe avec le diktat du dollar, avec l’inévitable
interruption totale du système des valeurs et financier, imposé au monde par les
Etats-Unis.
De même, dans la sphère économique de la partie « secondaire » de la
communauté mondiale, à laquelle appartiennent aussi les pays de la C.E.I., on
impose, au lieu de production réelle des valeurs de consommation, le fantôme du
marché, le fétichisme monétaire. Ainsi dans le domaine de la conception du monde,
tout l’espace est comblé par la masse irréelle, « virtuelle » d’informations. Au siècle
technotronique, l’écran résout tout. Dans cette masse, dominent le rejet de la
nécessité du progrès social et la conception de la « fin de l’histoire », la valeur de
consommation bourgeoise et l’anti-collectivisme réactionnaire, la propagande pour la
licence morale et le droit du plus fort, le discrédit du travail et le culte de la richesse.
Ces « émanations » de l’idéalisme informationnel privent carrément les citoyens
ordinaires et la nouvelle génération du sentiment du danger, de défense
psychologique envers le système d’aliénation et d’exploitation. Ce système, avec ses
possibilités techniques actuelles de contrainte par des forces intéressées non au
développement de la société mais à sa dégradation, conduit inévitablement à la
catastrophe, nucléaire ou écologique, de la civilisation ou de la morale.
Dans le pays qui s’impose au monde comme modèle à imiter, la criminalité
atteint des taux records. Les groupes de la population non-traditionnels (plus
exactement : hors de la tradition) augmentent, les homosexuels comptent déjà
4
jusqu’à 15% de la population, les membres des sectes, etc. Néanmoins, pour les
systèmes financiers puissants, qui contrôlent pratiquement tout le réseau télévisé
comme aux Etats-Unis ou comme en Israël, où se concentrent des personnes
possédant la double citoyenneté, une telle évolution parait nécessaire pour la
formation accélérée d’un nouvel ordre mondial et d’un gouvernement mondial.
Encore un aspect, peut-être le plus important, bien que le plus passé sous
silence, de la globalisation. Pour élargir leur zone de contrôle, les globalisateurs
choisissent généralement – surtout après l’effondrement de l’URSS – non la
coopération économique ou culturelle, mais ils misent sur la violence, avec l’aide,
avant tout, du bloc armé de l’Otan. Ils insistent sur « l’absence de pertes », sur
« l’obtention d’un profit maximum », c’est à dire sur l’impunité, sur la réduction au
maximum de leurs pertes, en tuant un nombre maximum d’hommes chez leurs
victimes. La « guerre du Golfe » est significative : pour chaque Américain tué, il y a
eu mille Irakiens tués. Naturellement, une telle proportion ne peut être obtenue que
si on se donne pour tâche de supprimer tout le monde et non seulement ceux qui
portent l’uniforme militaire.
En Corée, en 1950-1953, les « forteresses volantes » américaines ont
bombardé impunément des populations pacifiques, des monuments culturels. Au
Viêt-nam, les Etats-Unis ont largement utilisé l’arme chimique, le napalm, ils ont
incendié des villages entiers, avec pour résultat la mort de plus de 500.000 habitants
du pays. Dans ces guerres impitoyables, les Etats-Unis ont tué surtout la population
civile. Si la proportion des victimes civiles a atteint 5% au cours de la Première
Guerre mondiale, et dans la Seconde Guerre mondiale 50% (ce fut déjà le « mérite
brillant » de l’Allemagne fasciste de Hitler), lors des guerres de Corée c’était 84%, au
Viêt-nam près de 90% de civils. Ce furent des guerres américaines pour détruire
toute la population des pays socialistes. Et ils sont prêts à poursuivre ces guerres
contre les peuples qui ne sont pas d’accord avec la politique pratiquée par les
« civilisateurs ».
Sans doute dans le chiffre énorme des victimes, un autre facteur a joué un
rôle. Il s’agit d’un autre moyen de lutte contre la population « non-rentable » et
« excédentaire » : le blocus. La population est privée de produits, de médicaments,
on organise la disparition « pacifique ». Ce moyen est aussi appliqué en Russie,
avec le concours actif du régime, arrivé au pouvoir il y a 10 ans. On ne peut pas
qualifier de « naturelle » la baisse de la population, égale à près de 6 millions, en 8
ans. La mortalité dans le pays est plus que deux fois plus grande que la natalité.
60% de la population touche un revenu inférieur au minimum vital. On cultive le culte
de la violence, du sexe libre, de l’alcool et de la tabagie. Le niveau d’instruction et
d’éducation s’abaisse fortement. La base sociale frappée par l’alcoolisme, la drogue,
le sida et la criminalité s’élargit.
Les traits de base de la politique de globalisation sont apparus assez
pleinement dans l’exemple de l’activité de subversion contre l’Union soviétique. Pour
la destruction de l’URSS et du régime social soviétique, le sommet de la « société
élitaire globalisatrice » a mobilisé toutes ses forces et possibilités. L’irruption massive
dans notre pays a conduit à trois directions principales : militaro-politique, socio-
économique et culturelle-idéologique.
La suggestion sarcastique d’un des philosophes slavophiles du 19e siècle aux
partisans de la civilisation européenne (c’est-à-dire de la globalisation) - « affaiblir ce
5
principe populaire » qui résiste à cette civilisation - était adressée aux
contemporains. Toutefois elle paraissait prophétique : la voie de l’affaiblissement du
principe populaire fut adoptée et réalisée, avec les conséquences aggravantes
qu’elle fut l’œuvre de la partie dissidente de l’intelligentsia soviétique (surtout
« créatrice ») et des traîtres du sommet du Parti et d’Etat. Sous le slogan « du retour
dans le courant de la civilisation mondiale», on a sapé, ébranlé et détruit par tous les
moyens les racines de l’unité de cette société, de ce type culturel et historique et de
cette nouvelle formation socio-économique, qui formaient la base de
l’épanouissement et de la puissance de l’Union soviétique, de cette formation qui
pouvait réellement devenir la base de la solidarité entre toutes les parties de
l’humanité.
Précisément cette solidarité, l’internationalisme prolétarien, peut et doit
devenir l’arme principale dans la lutte contre la globalisation impérialiste. Les
interventions des nationalistes-patriotes contre la globalisation doivent sans doute
être saluées, avec ceux-ci on peut collaborer, mais notre tâche principale c’est de
renforcer le front de gauche, les forces des travailleurs. C’est pourquoi toutes
déformations, mots d’ordre falsifiés, courants opportunistes à l’intérieur de ce front
sont mortellement dangereuses.
L’opportunisme au sein du mouvement communiste dans notre pays, dans les
pays d’Europe a une longue histoire. Lors du 19
e
Congrès du P.C.U.S. déjà
mentionné, fut acceptée entre autres la résolution suivante :
« 1. Estimer indispensable et opportun de mener le remaniement du
programme existant du parti.
2. Lors du remaniement du programme, se laisser guider par les positions de
principe de l’œuvre du camarade Staline « Problèmes économiques de l’Union
soviétique. » 4. Soumettre le projet remanié du parti à l’attention du Congrès
suivant du Parti Communiste de l’Union soviétique »
Toutefois N. Khrouchtchev, au Congrès suivant, le 20
e
Congrès, et en fait lors d’un
Plénum Elargi du Comité Central (car le 24 février 1956 le congrès a épuisé l’ordre
du jour et a accompli son travail, mais le rapport mentionné ci-dessus de
Khrouchtchev a été communiqué oralement le 25 février), a commis une double
trahison.
Au lieu du programme, il a fait passer une résolution « sur le culte de la
personnalité et ses conséquences ». Mais vers 1961, il a écarté de fait les membres
de la commission de programme du travail (Khrouchtchev lui-même n’était pas inclus
dans la commission, comme on le voit, d’après ses propres indications), et cela a
conduit à l’acceptation d’un « programme de construction du communisme » anti-
marxiste par son continu. Il a fournit un terrain riche pour le développement
impétueux du révisionnisme et de l’opportunisme à l’échelle historique mondiale.
Plus tôt encore, au 21
e
Congrès de 1959, Khrouchtchev a déclaré « la victoire
entière et définitive du socialisme en URSS », ce qui était faux et prématuré, et une
conséquence de la tendance du groupe dirigeant du Parti pour des solutions rapides
et faciles.
Du point de vue théorique, toute la période de 10 années de la direction de
Khrouchtchev peut être caractérisée comme le refus de développement créateur du
marxisme, comme du néo-trotskisme, comme une évidente fuite en avant, comme
6
du gauchisme, ce qui se transforme inévitablement en opportunisme de droite. Ceci
confirme l’estimation du danger des déviations de droite et de gauche dans le
mouvement communiste, estimation faite par Staline: « les deux sont pires ».
L’élimination des documents du parti, par Khrouchtchev, de la proposition
suivante, fut un coup puissant porté au P.C.U.S. :
« Dans le parti, il ne peut y avoir deux disciplines, l’une pour les dirigeants,
l’autre pour les membres ordinaires… Etre juste et honnête devant le parti, ne
pas admettre dissimulation, ni altération de la vérité. La fausseté d’un
communiste face au parti et la tromperie du parti sont un mal néfaste et
incompatible avec la présence dans les rangs du parti. A n’importe quel poste,
un communiste doit choisir des cadres d’après les indices des qualités
politiques et pratiques. Le choix des cadres d’après les indices de la parenté
et du népotisme, de l’origine et du dévouement personnel sont inadmissibles.
La violation de ces normes, le choix des cadres selon les relations d’amitié, de
dévouement personnel, de copinage régional et de parenté, sont
incompatibles avec la présence dans les rangs du parti. »
Il est caractéristique que, justement sur ce thème, il a exprimé la thèse
opposée avec pathos au 19
e
Congrès du P.C.U.S., où sur demande du Comité
Central, il a fait rapport sur les changements dans le statut du parti.
Khrouchtchev retire l’article 131 de la Constitution de l’URSS :
« Chaque citoyen est tenu de garder et de renforcer la propriété
sociale, socialiste, comme base sacrée et inviolable du régime soviétique,
comme origine de la vie prospère et culturelle de tous les travailleurs. Les
personnes qui attentent à la propriété sociale, socialiste, sont des ennemis du
peuple. »
Peut-être le plus grand crime de Khrouchtchev est-il d’avoir supprimé le
mécanisme de contrôle et de stimulation de la diminution du prix de revient. Il a
proclamé que la politique stalinienne de baisse systématique des prix était
aventureuse. Cette démarche en particulier a servi de base pour la réforme de 1965,
qui a confirmé définitivement la catégorie capitaliste du profit comme critère de
l’efficacité dans l’économie socialiste.
Souvent, on entend que le terme « dictature du prolétariat », bien que
rigoureusement scientifique, paraît irréfléchi sur le plan socio-économique, qu’il incite
la conscience primitive vers une violence incontrôlée. L’histoire a prouvé clairement
que dans une société de classe, l’Etat est simplement indispensable comme appareil
de violence d’une de ces classes pour garantir sa domination. Quel que soit
l’emballage de l’Etat exploiteur - « la société des chances égales », « la démocratie
la plus large », « le respect des droits de l’homme », etc. - son essence est
invariable : la dictature des propriétaires, de la bourgeoisie. Son alternative, c’est la
dictature du prolétariat.
On ne peut accuser Staline de conservatisme, ni d’aventurisme.
L.M.Kaganovitch avait raison quand dans ses derniers souvenirs, il attribuait à
Staline la qualité d’une exceptionnelle prudence politique. Et dans la conclusion de
« Problèmes économiques du socialisme en URSS », il proposait l’introduction
7
pesée, mais ferme, d’un large système d’échange de produits direct entre ville et
campagne et, de-là même, la réduction de la sphère d’activité de l’échange de
marchandises.
A présent il est incontestable que Staline fut le principal stratège économique
du pays pendant trois décennies. A l’exception des deux premières années de la
guerre, il n’a pas laissé descendre les tempos annuels réels de croissance de la
production sous 10%. Bien qu’on essaie de l’effacer de la mémoire populaire, dans
les années d’après guerre, il a réalisé une baisse annuelle des prix comme forme
essentielle de l’augmentation du niveau de vie des travailleurs. Staline a clairement
montré comment on peut diriger un grand pays, utiliser le pouvoir à des fins de
progrès du socialisme.
Staline fut aussi conséquent dans les affaires internationales. Sous Staline la
politique extérieure d’après guerre fut conduite en tenant précisément compte que
les fruits de la grande victoire doivent être gardés entièrement, en partie pour
confirmer le socialisme en URSS et en partie pour consolider le camp socialiste.
Dans le dernier cas, il ne faut pas se laisser entraîner par son élargissement, mais il
faut assimiler solidement ce qui est acquis.
Les conférences de Moscou des représentants des partis communistes en
1957 et 1960 ont été visiblement influencées par les congrès du P.C.U.S., qui se
tenaient sous Khrouchtchev. Elles ont déclaré que le P.C.U.S. est le parti, non de la
classe ouvrière, mais l’avant-garde de tout le peuple, et par conséquent la thèse sur
la dictature du prolétariat a été retirée des documents du mouvement communiste
international. On s’est expliqué, non sur la lutte entre deux systèmes, mais sur leur
coexistence pacifique, ce qui a provoqué une vive critique de la part du Parti
Communiste Chinois.
Dans la déclaration de la Conférence des représentants des partis
communistes et ouvriers en novembre 1960, il était dit : « Maintenant les possibilités
socio-économiques de restauration du capitalisme sont liquidées, non seulement en
Union soviétique, mais aussi dans d’autres pays socialistes. Les forces unies du
camp socialiste garantissent solidement chaque pays socialiste des attentats de la
part de la réaction impérialiste. Ainsi la cohésion des Etats socialistes dans un camp
uni, l’unité solide et la puissance toujours montante de ce camp garantit dans le
cadre de tout le système une victoire complète du socialisme. »
Cette position, tout comme une série d’autres, pêchent par des exagérations,
par l’absence de dialectique, par la confusion entre désir et réalité.
Dans les documents de la Conférence des représentants des partis
communistes et ouvriers, on peut toutefois rencontrer des formulations tout à fait
justes encore aujourd’hui :
« L’opportunisme de droite s’efforce
de diffamer l’enseignement du marxisme-léninisme, de le proclamer
périmé et de le remplacer par une idéologie réformiste, niant la lutte des
classes, la révolution socialiste et la dictature du prolétariat ;
d’escamoter les contradictions de la société bourgeoise ;
de nier le rôle de la classe ouvrière comme force révolutionnaire principale ;
8
de considérer comme absolues les méthodes parlementaires, de dégrader
l’importance de la lutte de masse extraparlementaire.
Comme de règle, l’opportunisme « de gauche » s’unit au dogmatisme et
conduit à la routine sectaire.
Bien qu’ils formulent des thèses différentes, l’opportunisme « de droite » et
celui « de gauche » s’entrelacent souvent, la communauté de l’orientation
anti-révolutionnaire les relie. Le révisionnisme dans la théorie ouvre la voie à
la pratique opportuniste. L’opportunisme de droite signifie le glissement des
positions de liquidation, l’accord avec la social-démocratie en politique et
idéologie. Les opportunistes de gauche se dissimulent sous une phrase ultra-
révolutionnaire et poussent les masses à des actions aventuristes, et le parti
sur la voie du sectarisme.
Aussi différentes qu’elles soient, les déviations de marxisme-léninisme à droite
ou à gauche conduisent finalement à des conséquences identiques nuisibles :
elles affaiblissent la capacité de lutte des partis communistes, elles sapent les
positions révolutionnaires de la classe ouvrière et l’unité des forces anti-
impérialistes.
Souvent l’opportunisme de gauche et de droite partagent le trait commun de la
capitulation devant le nationalisme, et parfois passent directement aux
positions nationalistes. Lénine a découvert ce lien il y a longtemps : « la
parenté idéologique et politique, le lien, même l’identité de l’opportunisme et
du social-nationalisme ne fait aucun doute ». »
Mais ce qui est bien exposé dans la théorie, n’est pas toujours observé dans
la pratique. Et les semences empoisonnées de l’opportunisme semées par
Khrouchtchev ont commencé à donner des pousses abondantes déjà au début des
années 60.
Ainsi le Plénum du Bureau Central du P.C. de Norvège écrivait dans sa
déclaration de janvier 1963 : « Nous, le P.C. de Norvège, prendrons notre propre
position sur les différentes questions de caractère idéologique. »
Et voici la position du P.C. Italien : « Il est possible que nous devions trouver
de nouvelles formes d’unité entre les partis, en conservant le respect maximum de
l’autonomie de chacun d’eux, en retenant les sentiments de responsabilité pour
laquelle nous nous sommes toujours comportés avec zèle, parce que nous avons
exigé les premiers de refuser la théorie de l’Etat et du parti-dirigeant. La
responsabilité, la démocratie, la diffusion des idées entre différents partis et à
l’intérieur de chaque parti sont la voie qu’on peut prendre pour sauver et consolider
l’unité. »
« La société socialiste italienne doit être basée sur la démocratie dans des
conditions du principe de la majorité libre et démocratiquement exprimée… »
(L.Longo, interventions de mai 1963 et novembre 1964).
Voilà encore quelques exemples : « Le Parti Communiste Français, admettant
le système multipartite, a proposé la collaboration durable et étroite entre parti
communiste et socialiste, non seulement pour aujourd’hui, dans la lutte contre le
régime du pouvoir personnel et pour la démocratie, mais aussi demain afin de
9
construire ensemble le socialisme, créant avec succès les conditions pour sa
réalisation, grâce à une large union démocratique entre classe ouvrière, paysannerie
au travail, intelligentsia et couches moyennes ». (V.Rochet, novembre 1964)
« Les organisations démocratiques de notre pays sont maintenant tellement
fortes, que, en utilisant correctement leur puissance unifiée, on peut liquider la
domination du capital et atteindre le pouvoir populaire. » (Programme du PC de
Suède, 1964)
Si le Congrès International de 1957 s’est tenu sous le signe du détrônement
du « culte de la personnalité », en 1969, le thème principal était, face à l’ordre du
jour officiel, le maoïsme (« sectarisme de gauche ») et les événements de
Tchécoslovaquie de 1968. Les divergences idéologiques se sont renforcée, une
critique ouverte s’est manifestée à l’égard du P.C.U.S.
« Nous estimons que la tendance à coller des étiquettes et à prononcer des
arrêts idéologiques, par ceux qui se tiennent sur d’autres positions, est négative. On
essaie d’expliquer n’importe quelles divergences par une « déviation » de la pureté
de l’enseignement, pendant qu’on ne sait pas qui devrait être le gardien de cette
pureté. Cela signifie en fait non seulement aiguiser ces divergences, mais aussi se
couper des voies vers la compréhension des raisons objectives, des intérêts réels,
qui se trouvent à leur source. » (E.Berlinguer, P.C. Italien) Ici se situe le début de la
racine de « l’Eurocommunisme », celui-là même qui, dans la seconde moitié du
siècle passé, s’est substituée au marxisme-léninisme en qualité de base idéologique
de nombreux partis communistes d’Europe occidentale et conduisit à leur
dégénération.
Maintenant nous voyons particulièrement que « l’eurocommunisme » ne fut
rien d’autre qu’une forme contemporaine d’un opportunisme d’extrême droite. Il est
responsable de la chute du mouvement communiste ouest-européen. Et aussi la
raison de la disparition de l’arène politique européenne d’une série de partis
communistes qui, il y a un demi-siècle, étaient l’avant-garde et la fierté du
mouvement anti-impérialiste révolutionnaire mondial.
C’est pourquoi pratiquement tous les partis communistes des pays capitalistes
développés sont intervenus contre l’usage de la force pour résoudre la crise en
Tchécoslovaquie en 1968. G.Husak a donné une réplique digne :
« Les cercles impérialistes prennent toujours sainement en compte dans la
politique et l’économie les facteurs réels. Nous serions des fantaisistes et non
des socialistes scientifiques, si nous ne partions pas de l’estimation réelle des
faits.
En fin de compte, ce sont les gens qui font la politique, mais ils ne possèdent
pas toujours des qualités idéales. Dans l’étape du passage au socialisme
surviennent des problèmes de caractère objectif et subjectif. Des
contradictions et des divergences surviennent. Il faut distinguer leur caractère
particulier ou essentiel. Sur les questions particulières on peut discuter et
débattre. S’il s’agit des principes de notre doctrine et de notre politique, il faut
lutter conséquemment.
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Nous sommes étonnés que certains partis frères ici, ne connaissant que
superficiellement les choses et notre développement, tirent des
conclusions hâtives concernant la problématique tchécoslovaque.
Objectivement, cela s’oppose à nos intérêts.
Notre propre expérience montre que le mot d’ordre de souveraineté, privé de
contenu de classe, est aminci et sert comme une arme efficace aux forces
opportunistes de droite, révisionnistes et anti-socialistes.
Pour nous, il ne peut être question d’unité formelle et sans principe, de
compromis sur des questions de principe. Une riche expérience nous apprend
que les compromis opportunistes ne résolvent rien et que tôt ou tard ils se
retournent contre le mouvement révolutionnaire et le peuple des travailleurs. »
Mais le document final de la Conférence Internationale de 1969 relève :
« Les communistes accordent une importance décisive à l’unité de la classe
ouvrière, s’expriment pour la collaboration avec les socialistes et les sociaux-
démocrates, pour établir un courant démocratique progressif et construire la
société socialiste de l’avenir.
L’impérialisme est impuissant à recouvrer l’initiative historique qu’il a perdue, à
faire revenir en arrière le développement du monde actuel. Le système
socialiste mondial, la classe ouvrière mondiale, toutes les forces
révolutionnaires déterminent la voie principale du développement de
l’humanité. »
Ceci orientait le parti vers l’indulgence, élargissait de façon non fondée la
base sociale.
Ainsi toutes les tendances négatives dans le mouvement communiste et
ouvrier, y compris en Union soviétique, ont leur source dans une histoire pas
tellement lointaine. Les événements de la fin de l’an passé et du début de cette
année, dont nous avons informé les partis frères, et dont les initiateurs furent les
opportunistes de droite contemporains avec à la tête la direction du plus grand Parti
Communiste (seulement par appellation) de la Fédération Russe, y trouvent leur
origine.
Pour les participants à la conférence, il est intéressant de connaître une des
déclarations de G.Ziouganov au « Plénum » du 20 janvier 2001, que la commission
de contrôle de l’UPC-PCUS du 24 février a d’ailleurs reconnue contraire aux statuts
et illégale : « Une des plus grandes réalisations du 20
e
siècle fut la création d’une
grande Union, qui fut le flambeau et l’espoir de tous les travailleurs, et la création de
l’Union européenne, qui aujourd’hui prospère et conduit assez intelligemment et avec
clairvoyance sa politique. »
Et encore une opinion de l’ex-frère d’armes G.Ziouganov à l’Union Nationale
Patriotique Russe : « Les sociaux-démocrates de l’Europe du modèle des années 90
ont su de façon magistrale, en partant de la position des intérêts nationaux,
s’intégrer dans les processus globaux, trouver ce « juste milieu », qui tenait compte à
la fois des lois de l’évolution humaine, y compris les processus globaux des années
90, et de la spécificité nationale qui pourrait résister à l’effacement de l’identité
11
nationale. » Cette déclaration est faite alors que dans les campagnes de Serbie, du
Kosovo et de Metokhi, les projectiles à l’uranium continuent à semer la mort invisible,
silencieuse. Ce sont les traces des tirs et bombardements de l’Otan, soutenus
inconditionnellement par les sociaux-démocrates d’Europe, qui forment le noyau de
l’Internationale socialiste et dirigent le gouvernement de 13 pays de l’Europe
occidentale. Voilà un exemple avec lequel nos opposants « constructifs-
intransigeants » essaient d’inspirer le peuple.
Nous resterons fermement sur des positions de classe, révolutionnaires,
prolétaires, et mènerons un combat décidé pour attirer de larges masses de
travailleurs à nos côtés.
La formule de Lénine reste toujours actuelle : « L’opportunisme consiste à
sacrifier les intérêts fondamentaux pour gagner des avantages particuliers et
temporaires. Voilà le clou de la définition théorique de l’opportunisme. » Cette
position est concrétisée par les paroles du camarade Guss Hall, décédé
récemment :
« Dans la situation actuelle, l’appui excessif à « l’indépendance du parti » peut
mener au nationalisme. Les cadres, éduqués par les idées d’autonomie et
d’indépendance, peuvent se transformer en gens tendant à mener une
politique de nationalisme étroit.
Les partis se sont transformés en puissantes organisations de masse. C’était
un phénomène positif. Mais ce qui était négatif, c’est qu’ils sont devenus des
partis larges, de tout le peuple, partant des positions du nationalisme et
d’absence de classes. Ils se sont transformés en partis de masse sur le
compte du recul des positions d’avant-garde de la classe ouvrière.
Le rapport des forces est aujourd’hui différent, différente est la pression de
l’adversaire, et par conséquent l’influence de l’opportunisme a changé. Mais
aussi longtemps que dure la lutte entre deux classes opposées, il sera
nécessaire de lutter contre l’opportunisme. »
Le dirigeant du peuple coréen, le camarade Kim Jong Il, parle de façon
expressive et convainquante du danger extrême de l’opportunisme, dont l’essence
consiste à s’inscrire dans la civilisation « mondiale », c’est-à-dire américaine :
« Aujourd’hui le plus nuisible et dangereux est l’obséquiosité envers les impérialistes
des Etats-Unis. Apparenté avec le sentiment de la peur, l’admiration envers les
Etats-Unis, cette obséquiosité cause un grand dommage à la lutte révolutionnaire
des peuples. Il sert de poison idéologique le plus nuisible, il paralyse la conscience
de classe des gens. »
Aujourd’hui nous devons dire nettement : sans victoire sur l’opportunisme on
ne peut atteindre l’unité du mouvement communiste. Mais sans cette unité on ne
peut vaincre le danger mortel pour tout l’humanité que représente la globalisation
impérialiste.
Moscou, mars 2001.

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L’opportunisme de droite est le complice de la globalisation impérialiste

  • 1. 1 L’opportunisme de droite est le complice de la globalisation impérialiste Oleg S. Chénine, Président du Soviet de l’Union des Partis Communistes - Parti Communiste de l’Union Soviétique Contribution au dixième Séminaire Communiste International, « La révolution socialiste mondiale dans les conditions de la globalisation impérialiste » Bruxelles, 2-4 mai 2001 Le 19e congrès du PCUS s’est terminé le 14 octobre 1952. A la dernière séance, Staline y a prononcé une brève allocution. Et bien que dans le rapport de G.M.Malenkov, il est affirmé que « les contradictions, qui déchirent maintenant le camp impérialiste, peuvent amener à la guerre d’un Etat capitaliste contre un autre », Staline s’est entièrement désolidarisé des vieux dogmes et donna la caractéristique de la nouvelle situation dans le monde : « Auparavant la bourgeoisie se considérait chef des nations, elle défendait les droits et l’indépendance des nations, les plaçant ‘par dessus tout’. Maintenant il n’est plus resté trace du ‘principe national’. Maintenant la bourgeoisie vend les droits et l’indépendance des nations pour des dollars. Le drapeau de l’indépendance nationale et de la souveraineté nationale a été jeté par dessus bord. » Joseph Vissarionovitch Staline énonçait le fonds de ce phénomène, qu’on appelle maintenant globalisation. La globalisation, concept à multiples significations, bien que de circulation relativement récente, possède son histoire. En son temps, les régents de « l’empire céleste », les empereurs romains, et la « reine des mers », la Grande Bretagne, ont prétendu au caractère mondial de leurs actions. La formation d’un mouvement social, économique, spirituel global, s’emparant de pratiquement tout le globe terrestre et des aspects principaux de la vie de l’humanité et désigné comme la civilisation occidentale remonte au 19e siècle. Pourtant, la seconde moitié du siècle passé a conduit à des corrections vraiment spécifiques et à des compléments de ce processus. Citons encore une pensée de J.V.Staline, prononcée dans les années 30 : « Plus on marchera de l’avant, plus on aura de succès, plus s’irritent les vestiges des classes exploiteuses brisées, plus vite passeront-elles à des formes plus aiguës du combat. » Cette évocation ne vise pas seulement à exprimer le profond regret d’avoir oublié les recommandations du chef dans des temps pas si lointains, mais à utiliser l’approche dialectique marxiste-léniniste-stalinienne et à trouver l’optimisme, en évaluant la situation mondiale actuelle, afin d’examiner la condamnation historique de la globalisation et les moyens de la vaincre. Au milieu du 19e siècle, il devient évident que tous les événements importants, déterminant la marche de l’histoire mondiale, se passent dans les pays
  • 2. 2 d’Europe et aux Etats-Unis. « La bourgeoisie, par la voie de l’exploitation du marché mondial, déclarent, dans le Manifeste du Parti Communiste, Karl Marx et Friedrich Engels, a rendu la production et la consommation de tous les pays cosmopolite. Par les perfectionnements rapides de tous les moyens de production et par un allégement incessant des moyens de communication, elle entraîne dans la civilisation toutes les nations, même les plus barbares. » C’est particulièrement pertinent quand on réalise que les plus grands succès dans le développement de la technique, de la science, des forces de production, ne correspondent pas à l’aspiration de l’humanité à la réalisation d’un idéal social, en harmonie avec tous les domaines de la vie sociale. La rupture dans la situation socio-économique entre capitalistes et travailleurs salariés, l’aggravation de l’opposition des classes dans les pays avancés du capitalisme, ont conduit à la création par Marx et Engels de l’idéologie communiste scientifiquement fondée. Cette rupture véritable de la tendance capitaliste globalisante du développement, qui a en vérité une signification historique mondiale, a été réalisée par le parti de Lénine en Octobre 1917. La base socio-économique, organisationnelle, idéologique et stratégique de la politique de globalisation impérialiste (ultra-impérialisme du 21e siècle) se forme sous nos yeux. Si on compare les facteurs importants des buts et des valeurs du projet de globalisation américano-sioniste et du projet socialiste (communiste), l’absence de perspective historique du premier devient tout à fait évidente. L’objet de la globalisation impérialiste – par définition – est le monde entier. Toutefois, dans la théorie et surtout dans les actions pratiques, une délimitation tranchante s’établit entre l’humanité «principale » et l’humanité « auxiliaire et non- rentable », à laquelle les fonctionnaires « civilisés » de l’ONU attribuent deux tiers de la population du globe. Des possibilités colossales d’action sur les processus mondiaux sont concentrées dans les mains d’un groupe très étroit de personnes et d’organisations. « Les corporations transnationales, comme le remarque le dirigeant du peuple cubain Fidel Castro, sont des organisations possédant de grandes possibilités, une grande richesse et plus de pouvoir que tous les gouvernements ensemble. Plus elles fusionnent, plus elles se rendent maîtres des finances, de la production et de l’économie mondiale, propulsées par les lois aveugles et incontrôlées de leurs systèmes. Ainsi elles accélèrent davantage l’arrivée de la crise. » L’objet de la régulation socialiste économique à grande échelle est avant tout le processus de reproduction sociale. Ce processus est coordonné par un centre unique économique, l’Etat. Sur le plan international, une balance de développement progressif s’établit comme suit : d’un côté entre le milieu de vie de la société humaine et le système technique qu’elle a créé, de l’autre entre les intérêts de développement des pays distincts comme de certains instituts internationaux, qui résolve les problèmes de coordination, par exemple dans les domaines de la science, du transport et de la communication, de la conquête du cosmos, de la mise en valeur de l’Antarctique, etc. La profondeur du conflit entre les deux tendances envisagées apparaît encore plus clairement lors de la confrontation du sens et du but de l’économie. La régulation globalisante a pour but l’enrichissement sans frein des sujets de
  • 3. 3 l’économie, c’est-à-dire avant tout les multinationales, le contrôle sur l’espace économique mondiale, l’obtention du profit sous différentes formes, surtout comme rente financière. La régulation globale s’appuie sur la force de l’argent, et ne mise pas en premier lieu sur les besoins économiques mais financiers. Cette tendance, démontrée par Marx, - « A la place de tous les sentiments physiques et spirituels on arrive à une aliénation de tous ces sentiments, à un sentiment de possession » - a atteint la limite de « primitivisation » complète de l’homme. Toutes les valeurs se convertissent en coût, les différences qualitatives en quantitatives, et la liberté de la personne (pour laquelle luttent tant de libéraux-globalisateurs) en liberté de vendre et d’acheter tous et tout. Le but et le sens du processus de la régulation socialiste de l’économie est le développement optimal de tous les secteurs de l’économie ; la création d’une base matérielle pour le développement diversifié et surtout spirituel de la société et de l’homme ; l’aspiration à la réalisation du principe de justice sociale, non seulement dans la répartition, mais aussi dans tous les domaines de la vie sociale et économique ; la garantie pour chaque individu, chaque collectivité, chaque peuple, de chances égales de réaliser les besoins spirituels de toute la société et de chacun de ses membres. A la fin du 20 e siècle, avec le développement de la vie économique (et pas seulement économique) selon des scénarios élaborés par les sujets de la régulation globale, les liens économiques entre pays ont acquis la forme d’une toile d’araignée financière. La bulle spéculative géante, créée par les Etats-Unis avec l’aide du Fonds Monétaire International, a atteint une dimension de 300 trillions de dollars, pour une production mondiale n'atteignant que 40 trillions. Les Etats industriellement développés principaux comme l’Allemagne, la France, l’Italie, mais aussi le Japon et la Chine, prennent davantage conscience que leurs intérêts économiques et politiques entrent en contradiction directe avec le diktat du dollar, avec l’inévitable interruption totale du système des valeurs et financier, imposé au monde par les Etats-Unis. De même, dans la sphère économique de la partie « secondaire » de la communauté mondiale, à laquelle appartiennent aussi les pays de la C.E.I., on impose, au lieu de production réelle des valeurs de consommation, le fantôme du marché, le fétichisme monétaire. Ainsi dans le domaine de la conception du monde, tout l’espace est comblé par la masse irréelle, « virtuelle » d’informations. Au siècle technotronique, l’écran résout tout. Dans cette masse, dominent le rejet de la nécessité du progrès social et la conception de la « fin de l’histoire », la valeur de consommation bourgeoise et l’anti-collectivisme réactionnaire, la propagande pour la licence morale et le droit du plus fort, le discrédit du travail et le culte de la richesse. Ces « émanations » de l’idéalisme informationnel privent carrément les citoyens ordinaires et la nouvelle génération du sentiment du danger, de défense psychologique envers le système d’aliénation et d’exploitation. Ce système, avec ses possibilités techniques actuelles de contrainte par des forces intéressées non au développement de la société mais à sa dégradation, conduit inévitablement à la catastrophe, nucléaire ou écologique, de la civilisation ou de la morale. Dans le pays qui s’impose au monde comme modèle à imiter, la criminalité atteint des taux records. Les groupes de la population non-traditionnels (plus exactement : hors de la tradition) augmentent, les homosexuels comptent déjà
  • 4. 4 jusqu’à 15% de la population, les membres des sectes, etc. Néanmoins, pour les systèmes financiers puissants, qui contrôlent pratiquement tout le réseau télévisé comme aux Etats-Unis ou comme en Israël, où se concentrent des personnes possédant la double citoyenneté, une telle évolution parait nécessaire pour la formation accélérée d’un nouvel ordre mondial et d’un gouvernement mondial. Encore un aspect, peut-être le plus important, bien que le plus passé sous silence, de la globalisation. Pour élargir leur zone de contrôle, les globalisateurs choisissent généralement – surtout après l’effondrement de l’URSS – non la coopération économique ou culturelle, mais ils misent sur la violence, avec l’aide, avant tout, du bloc armé de l’Otan. Ils insistent sur « l’absence de pertes », sur « l’obtention d’un profit maximum », c’est à dire sur l’impunité, sur la réduction au maximum de leurs pertes, en tuant un nombre maximum d’hommes chez leurs victimes. La « guerre du Golfe » est significative : pour chaque Américain tué, il y a eu mille Irakiens tués. Naturellement, une telle proportion ne peut être obtenue que si on se donne pour tâche de supprimer tout le monde et non seulement ceux qui portent l’uniforme militaire. En Corée, en 1950-1953, les « forteresses volantes » américaines ont bombardé impunément des populations pacifiques, des monuments culturels. Au Viêt-nam, les Etats-Unis ont largement utilisé l’arme chimique, le napalm, ils ont incendié des villages entiers, avec pour résultat la mort de plus de 500.000 habitants du pays. Dans ces guerres impitoyables, les Etats-Unis ont tué surtout la population civile. Si la proportion des victimes civiles a atteint 5% au cours de la Première Guerre mondiale, et dans la Seconde Guerre mondiale 50% (ce fut déjà le « mérite brillant » de l’Allemagne fasciste de Hitler), lors des guerres de Corée c’était 84%, au Viêt-nam près de 90% de civils. Ce furent des guerres américaines pour détruire toute la population des pays socialistes. Et ils sont prêts à poursuivre ces guerres contre les peuples qui ne sont pas d’accord avec la politique pratiquée par les « civilisateurs ». Sans doute dans le chiffre énorme des victimes, un autre facteur a joué un rôle. Il s’agit d’un autre moyen de lutte contre la population « non-rentable » et « excédentaire » : le blocus. La population est privée de produits, de médicaments, on organise la disparition « pacifique ». Ce moyen est aussi appliqué en Russie, avec le concours actif du régime, arrivé au pouvoir il y a 10 ans. On ne peut pas qualifier de « naturelle » la baisse de la population, égale à près de 6 millions, en 8 ans. La mortalité dans le pays est plus que deux fois plus grande que la natalité. 60% de la population touche un revenu inférieur au minimum vital. On cultive le culte de la violence, du sexe libre, de l’alcool et de la tabagie. Le niveau d’instruction et d’éducation s’abaisse fortement. La base sociale frappée par l’alcoolisme, la drogue, le sida et la criminalité s’élargit. Les traits de base de la politique de globalisation sont apparus assez pleinement dans l’exemple de l’activité de subversion contre l’Union soviétique. Pour la destruction de l’URSS et du régime social soviétique, le sommet de la « société élitaire globalisatrice » a mobilisé toutes ses forces et possibilités. L’irruption massive dans notre pays a conduit à trois directions principales : militaro-politique, socio- économique et culturelle-idéologique. La suggestion sarcastique d’un des philosophes slavophiles du 19e siècle aux partisans de la civilisation européenne (c’est-à-dire de la globalisation) - « affaiblir ce
  • 5. 5 principe populaire » qui résiste à cette civilisation - était adressée aux contemporains. Toutefois elle paraissait prophétique : la voie de l’affaiblissement du principe populaire fut adoptée et réalisée, avec les conséquences aggravantes qu’elle fut l’œuvre de la partie dissidente de l’intelligentsia soviétique (surtout « créatrice ») et des traîtres du sommet du Parti et d’Etat. Sous le slogan « du retour dans le courant de la civilisation mondiale», on a sapé, ébranlé et détruit par tous les moyens les racines de l’unité de cette société, de ce type culturel et historique et de cette nouvelle formation socio-économique, qui formaient la base de l’épanouissement et de la puissance de l’Union soviétique, de cette formation qui pouvait réellement devenir la base de la solidarité entre toutes les parties de l’humanité. Précisément cette solidarité, l’internationalisme prolétarien, peut et doit devenir l’arme principale dans la lutte contre la globalisation impérialiste. Les interventions des nationalistes-patriotes contre la globalisation doivent sans doute être saluées, avec ceux-ci on peut collaborer, mais notre tâche principale c’est de renforcer le front de gauche, les forces des travailleurs. C’est pourquoi toutes déformations, mots d’ordre falsifiés, courants opportunistes à l’intérieur de ce front sont mortellement dangereuses. L’opportunisme au sein du mouvement communiste dans notre pays, dans les pays d’Europe a une longue histoire. Lors du 19 e Congrès du P.C.U.S. déjà mentionné, fut acceptée entre autres la résolution suivante : « 1. Estimer indispensable et opportun de mener le remaniement du programme existant du parti. 2. Lors du remaniement du programme, se laisser guider par les positions de principe de l’œuvre du camarade Staline « Problèmes économiques de l’Union soviétique. » 4. Soumettre le projet remanié du parti à l’attention du Congrès suivant du Parti Communiste de l’Union soviétique » Toutefois N. Khrouchtchev, au Congrès suivant, le 20 e Congrès, et en fait lors d’un Plénum Elargi du Comité Central (car le 24 février 1956 le congrès a épuisé l’ordre du jour et a accompli son travail, mais le rapport mentionné ci-dessus de Khrouchtchev a été communiqué oralement le 25 février), a commis une double trahison. Au lieu du programme, il a fait passer une résolution « sur le culte de la personnalité et ses conséquences ». Mais vers 1961, il a écarté de fait les membres de la commission de programme du travail (Khrouchtchev lui-même n’était pas inclus dans la commission, comme on le voit, d’après ses propres indications), et cela a conduit à l’acceptation d’un « programme de construction du communisme » anti- marxiste par son continu. Il a fournit un terrain riche pour le développement impétueux du révisionnisme et de l’opportunisme à l’échelle historique mondiale. Plus tôt encore, au 21 e Congrès de 1959, Khrouchtchev a déclaré « la victoire entière et définitive du socialisme en URSS », ce qui était faux et prématuré, et une conséquence de la tendance du groupe dirigeant du Parti pour des solutions rapides et faciles. Du point de vue théorique, toute la période de 10 années de la direction de Khrouchtchev peut être caractérisée comme le refus de développement créateur du marxisme, comme du néo-trotskisme, comme une évidente fuite en avant, comme
  • 6. 6 du gauchisme, ce qui se transforme inévitablement en opportunisme de droite. Ceci confirme l’estimation du danger des déviations de droite et de gauche dans le mouvement communiste, estimation faite par Staline: « les deux sont pires ». L’élimination des documents du parti, par Khrouchtchev, de la proposition suivante, fut un coup puissant porté au P.C.U.S. : « Dans le parti, il ne peut y avoir deux disciplines, l’une pour les dirigeants, l’autre pour les membres ordinaires… Etre juste et honnête devant le parti, ne pas admettre dissimulation, ni altération de la vérité. La fausseté d’un communiste face au parti et la tromperie du parti sont un mal néfaste et incompatible avec la présence dans les rangs du parti. A n’importe quel poste, un communiste doit choisir des cadres d’après les indices des qualités politiques et pratiques. Le choix des cadres d’après les indices de la parenté et du népotisme, de l’origine et du dévouement personnel sont inadmissibles. La violation de ces normes, le choix des cadres selon les relations d’amitié, de dévouement personnel, de copinage régional et de parenté, sont incompatibles avec la présence dans les rangs du parti. » Il est caractéristique que, justement sur ce thème, il a exprimé la thèse opposée avec pathos au 19 e Congrès du P.C.U.S., où sur demande du Comité Central, il a fait rapport sur les changements dans le statut du parti. Khrouchtchev retire l’article 131 de la Constitution de l’URSS : « Chaque citoyen est tenu de garder et de renforcer la propriété sociale, socialiste, comme base sacrée et inviolable du régime soviétique, comme origine de la vie prospère et culturelle de tous les travailleurs. Les personnes qui attentent à la propriété sociale, socialiste, sont des ennemis du peuple. » Peut-être le plus grand crime de Khrouchtchev est-il d’avoir supprimé le mécanisme de contrôle et de stimulation de la diminution du prix de revient. Il a proclamé que la politique stalinienne de baisse systématique des prix était aventureuse. Cette démarche en particulier a servi de base pour la réforme de 1965, qui a confirmé définitivement la catégorie capitaliste du profit comme critère de l’efficacité dans l’économie socialiste. Souvent, on entend que le terme « dictature du prolétariat », bien que rigoureusement scientifique, paraît irréfléchi sur le plan socio-économique, qu’il incite la conscience primitive vers une violence incontrôlée. L’histoire a prouvé clairement que dans une société de classe, l’Etat est simplement indispensable comme appareil de violence d’une de ces classes pour garantir sa domination. Quel que soit l’emballage de l’Etat exploiteur - « la société des chances égales », « la démocratie la plus large », « le respect des droits de l’homme », etc. - son essence est invariable : la dictature des propriétaires, de la bourgeoisie. Son alternative, c’est la dictature du prolétariat. On ne peut accuser Staline de conservatisme, ni d’aventurisme. L.M.Kaganovitch avait raison quand dans ses derniers souvenirs, il attribuait à Staline la qualité d’une exceptionnelle prudence politique. Et dans la conclusion de « Problèmes économiques du socialisme en URSS », il proposait l’introduction
  • 7. 7 pesée, mais ferme, d’un large système d’échange de produits direct entre ville et campagne et, de-là même, la réduction de la sphère d’activité de l’échange de marchandises. A présent il est incontestable que Staline fut le principal stratège économique du pays pendant trois décennies. A l’exception des deux premières années de la guerre, il n’a pas laissé descendre les tempos annuels réels de croissance de la production sous 10%. Bien qu’on essaie de l’effacer de la mémoire populaire, dans les années d’après guerre, il a réalisé une baisse annuelle des prix comme forme essentielle de l’augmentation du niveau de vie des travailleurs. Staline a clairement montré comment on peut diriger un grand pays, utiliser le pouvoir à des fins de progrès du socialisme. Staline fut aussi conséquent dans les affaires internationales. Sous Staline la politique extérieure d’après guerre fut conduite en tenant précisément compte que les fruits de la grande victoire doivent être gardés entièrement, en partie pour confirmer le socialisme en URSS et en partie pour consolider le camp socialiste. Dans le dernier cas, il ne faut pas se laisser entraîner par son élargissement, mais il faut assimiler solidement ce qui est acquis. Les conférences de Moscou des représentants des partis communistes en 1957 et 1960 ont été visiblement influencées par les congrès du P.C.U.S., qui se tenaient sous Khrouchtchev. Elles ont déclaré que le P.C.U.S. est le parti, non de la classe ouvrière, mais l’avant-garde de tout le peuple, et par conséquent la thèse sur la dictature du prolétariat a été retirée des documents du mouvement communiste international. On s’est expliqué, non sur la lutte entre deux systèmes, mais sur leur coexistence pacifique, ce qui a provoqué une vive critique de la part du Parti Communiste Chinois. Dans la déclaration de la Conférence des représentants des partis communistes et ouvriers en novembre 1960, il était dit : « Maintenant les possibilités socio-économiques de restauration du capitalisme sont liquidées, non seulement en Union soviétique, mais aussi dans d’autres pays socialistes. Les forces unies du camp socialiste garantissent solidement chaque pays socialiste des attentats de la part de la réaction impérialiste. Ainsi la cohésion des Etats socialistes dans un camp uni, l’unité solide et la puissance toujours montante de ce camp garantit dans le cadre de tout le système une victoire complète du socialisme. » Cette position, tout comme une série d’autres, pêchent par des exagérations, par l’absence de dialectique, par la confusion entre désir et réalité. Dans les documents de la Conférence des représentants des partis communistes et ouvriers, on peut toutefois rencontrer des formulations tout à fait justes encore aujourd’hui : « L’opportunisme de droite s’efforce de diffamer l’enseignement du marxisme-léninisme, de le proclamer périmé et de le remplacer par une idéologie réformiste, niant la lutte des classes, la révolution socialiste et la dictature du prolétariat ; d’escamoter les contradictions de la société bourgeoise ; de nier le rôle de la classe ouvrière comme force révolutionnaire principale ;
  • 8. 8 de considérer comme absolues les méthodes parlementaires, de dégrader l’importance de la lutte de masse extraparlementaire. Comme de règle, l’opportunisme « de gauche » s’unit au dogmatisme et conduit à la routine sectaire. Bien qu’ils formulent des thèses différentes, l’opportunisme « de droite » et celui « de gauche » s’entrelacent souvent, la communauté de l’orientation anti-révolutionnaire les relie. Le révisionnisme dans la théorie ouvre la voie à la pratique opportuniste. L’opportunisme de droite signifie le glissement des positions de liquidation, l’accord avec la social-démocratie en politique et idéologie. Les opportunistes de gauche se dissimulent sous une phrase ultra- révolutionnaire et poussent les masses à des actions aventuristes, et le parti sur la voie du sectarisme. Aussi différentes qu’elles soient, les déviations de marxisme-léninisme à droite ou à gauche conduisent finalement à des conséquences identiques nuisibles : elles affaiblissent la capacité de lutte des partis communistes, elles sapent les positions révolutionnaires de la classe ouvrière et l’unité des forces anti- impérialistes. Souvent l’opportunisme de gauche et de droite partagent le trait commun de la capitulation devant le nationalisme, et parfois passent directement aux positions nationalistes. Lénine a découvert ce lien il y a longtemps : « la parenté idéologique et politique, le lien, même l’identité de l’opportunisme et du social-nationalisme ne fait aucun doute ». » Mais ce qui est bien exposé dans la théorie, n’est pas toujours observé dans la pratique. Et les semences empoisonnées de l’opportunisme semées par Khrouchtchev ont commencé à donner des pousses abondantes déjà au début des années 60. Ainsi le Plénum du Bureau Central du P.C. de Norvège écrivait dans sa déclaration de janvier 1963 : « Nous, le P.C. de Norvège, prendrons notre propre position sur les différentes questions de caractère idéologique. » Et voici la position du P.C. Italien : « Il est possible que nous devions trouver de nouvelles formes d’unité entre les partis, en conservant le respect maximum de l’autonomie de chacun d’eux, en retenant les sentiments de responsabilité pour laquelle nous nous sommes toujours comportés avec zèle, parce que nous avons exigé les premiers de refuser la théorie de l’Etat et du parti-dirigeant. La responsabilité, la démocratie, la diffusion des idées entre différents partis et à l’intérieur de chaque parti sont la voie qu’on peut prendre pour sauver et consolider l’unité. » « La société socialiste italienne doit être basée sur la démocratie dans des conditions du principe de la majorité libre et démocratiquement exprimée… » (L.Longo, interventions de mai 1963 et novembre 1964). Voilà encore quelques exemples : « Le Parti Communiste Français, admettant le système multipartite, a proposé la collaboration durable et étroite entre parti communiste et socialiste, non seulement pour aujourd’hui, dans la lutte contre le régime du pouvoir personnel et pour la démocratie, mais aussi demain afin de
  • 9. 9 construire ensemble le socialisme, créant avec succès les conditions pour sa réalisation, grâce à une large union démocratique entre classe ouvrière, paysannerie au travail, intelligentsia et couches moyennes ». (V.Rochet, novembre 1964) « Les organisations démocratiques de notre pays sont maintenant tellement fortes, que, en utilisant correctement leur puissance unifiée, on peut liquider la domination du capital et atteindre le pouvoir populaire. » (Programme du PC de Suède, 1964) Si le Congrès International de 1957 s’est tenu sous le signe du détrônement du « culte de la personnalité », en 1969, le thème principal était, face à l’ordre du jour officiel, le maoïsme (« sectarisme de gauche ») et les événements de Tchécoslovaquie de 1968. Les divergences idéologiques se sont renforcée, une critique ouverte s’est manifestée à l’égard du P.C.U.S. « Nous estimons que la tendance à coller des étiquettes et à prononcer des arrêts idéologiques, par ceux qui se tiennent sur d’autres positions, est négative. On essaie d’expliquer n’importe quelles divergences par une « déviation » de la pureté de l’enseignement, pendant qu’on ne sait pas qui devrait être le gardien de cette pureté. Cela signifie en fait non seulement aiguiser ces divergences, mais aussi se couper des voies vers la compréhension des raisons objectives, des intérêts réels, qui se trouvent à leur source. » (E.Berlinguer, P.C. Italien) Ici se situe le début de la racine de « l’Eurocommunisme », celui-là même qui, dans la seconde moitié du siècle passé, s’est substituée au marxisme-léninisme en qualité de base idéologique de nombreux partis communistes d’Europe occidentale et conduisit à leur dégénération. Maintenant nous voyons particulièrement que « l’eurocommunisme » ne fut rien d’autre qu’une forme contemporaine d’un opportunisme d’extrême droite. Il est responsable de la chute du mouvement communiste ouest-européen. Et aussi la raison de la disparition de l’arène politique européenne d’une série de partis communistes qui, il y a un demi-siècle, étaient l’avant-garde et la fierté du mouvement anti-impérialiste révolutionnaire mondial. C’est pourquoi pratiquement tous les partis communistes des pays capitalistes développés sont intervenus contre l’usage de la force pour résoudre la crise en Tchécoslovaquie en 1968. G.Husak a donné une réplique digne : « Les cercles impérialistes prennent toujours sainement en compte dans la politique et l’économie les facteurs réels. Nous serions des fantaisistes et non des socialistes scientifiques, si nous ne partions pas de l’estimation réelle des faits. En fin de compte, ce sont les gens qui font la politique, mais ils ne possèdent pas toujours des qualités idéales. Dans l’étape du passage au socialisme surviennent des problèmes de caractère objectif et subjectif. Des contradictions et des divergences surviennent. Il faut distinguer leur caractère particulier ou essentiel. Sur les questions particulières on peut discuter et débattre. S’il s’agit des principes de notre doctrine et de notre politique, il faut lutter conséquemment.
  • 10. 10 Nous sommes étonnés que certains partis frères ici, ne connaissant que superficiellement les choses et notre développement, tirent des conclusions hâtives concernant la problématique tchécoslovaque. Objectivement, cela s’oppose à nos intérêts. Notre propre expérience montre que le mot d’ordre de souveraineté, privé de contenu de classe, est aminci et sert comme une arme efficace aux forces opportunistes de droite, révisionnistes et anti-socialistes. Pour nous, il ne peut être question d’unité formelle et sans principe, de compromis sur des questions de principe. Une riche expérience nous apprend que les compromis opportunistes ne résolvent rien et que tôt ou tard ils se retournent contre le mouvement révolutionnaire et le peuple des travailleurs. » Mais le document final de la Conférence Internationale de 1969 relève : « Les communistes accordent une importance décisive à l’unité de la classe ouvrière, s’expriment pour la collaboration avec les socialistes et les sociaux- démocrates, pour établir un courant démocratique progressif et construire la société socialiste de l’avenir. L’impérialisme est impuissant à recouvrer l’initiative historique qu’il a perdue, à faire revenir en arrière le développement du monde actuel. Le système socialiste mondial, la classe ouvrière mondiale, toutes les forces révolutionnaires déterminent la voie principale du développement de l’humanité. » Ceci orientait le parti vers l’indulgence, élargissait de façon non fondée la base sociale. Ainsi toutes les tendances négatives dans le mouvement communiste et ouvrier, y compris en Union soviétique, ont leur source dans une histoire pas tellement lointaine. Les événements de la fin de l’an passé et du début de cette année, dont nous avons informé les partis frères, et dont les initiateurs furent les opportunistes de droite contemporains avec à la tête la direction du plus grand Parti Communiste (seulement par appellation) de la Fédération Russe, y trouvent leur origine. Pour les participants à la conférence, il est intéressant de connaître une des déclarations de G.Ziouganov au « Plénum » du 20 janvier 2001, que la commission de contrôle de l’UPC-PCUS du 24 février a d’ailleurs reconnue contraire aux statuts et illégale : « Une des plus grandes réalisations du 20 e siècle fut la création d’une grande Union, qui fut le flambeau et l’espoir de tous les travailleurs, et la création de l’Union européenne, qui aujourd’hui prospère et conduit assez intelligemment et avec clairvoyance sa politique. » Et encore une opinion de l’ex-frère d’armes G.Ziouganov à l’Union Nationale Patriotique Russe : « Les sociaux-démocrates de l’Europe du modèle des années 90 ont su de façon magistrale, en partant de la position des intérêts nationaux, s’intégrer dans les processus globaux, trouver ce « juste milieu », qui tenait compte à la fois des lois de l’évolution humaine, y compris les processus globaux des années 90, et de la spécificité nationale qui pourrait résister à l’effacement de l’identité
  • 11. 11 nationale. » Cette déclaration est faite alors que dans les campagnes de Serbie, du Kosovo et de Metokhi, les projectiles à l’uranium continuent à semer la mort invisible, silencieuse. Ce sont les traces des tirs et bombardements de l’Otan, soutenus inconditionnellement par les sociaux-démocrates d’Europe, qui forment le noyau de l’Internationale socialiste et dirigent le gouvernement de 13 pays de l’Europe occidentale. Voilà un exemple avec lequel nos opposants « constructifs- intransigeants » essaient d’inspirer le peuple. Nous resterons fermement sur des positions de classe, révolutionnaires, prolétaires, et mènerons un combat décidé pour attirer de larges masses de travailleurs à nos côtés. La formule de Lénine reste toujours actuelle : « L’opportunisme consiste à sacrifier les intérêts fondamentaux pour gagner des avantages particuliers et temporaires. Voilà le clou de la définition théorique de l’opportunisme. » Cette position est concrétisée par les paroles du camarade Guss Hall, décédé récemment : « Dans la situation actuelle, l’appui excessif à « l’indépendance du parti » peut mener au nationalisme. Les cadres, éduqués par les idées d’autonomie et d’indépendance, peuvent se transformer en gens tendant à mener une politique de nationalisme étroit. Les partis se sont transformés en puissantes organisations de masse. C’était un phénomène positif. Mais ce qui était négatif, c’est qu’ils sont devenus des partis larges, de tout le peuple, partant des positions du nationalisme et d’absence de classes. Ils se sont transformés en partis de masse sur le compte du recul des positions d’avant-garde de la classe ouvrière. Le rapport des forces est aujourd’hui différent, différente est la pression de l’adversaire, et par conséquent l’influence de l’opportunisme a changé. Mais aussi longtemps que dure la lutte entre deux classes opposées, il sera nécessaire de lutter contre l’opportunisme. » Le dirigeant du peuple coréen, le camarade Kim Jong Il, parle de façon expressive et convainquante du danger extrême de l’opportunisme, dont l’essence consiste à s’inscrire dans la civilisation « mondiale », c’est-à-dire américaine : « Aujourd’hui le plus nuisible et dangereux est l’obséquiosité envers les impérialistes des Etats-Unis. Apparenté avec le sentiment de la peur, l’admiration envers les Etats-Unis, cette obséquiosité cause un grand dommage à la lutte révolutionnaire des peuples. Il sert de poison idéologique le plus nuisible, il paralyse la conscience de classe des gens. » Aujourd’hui nous devons dire nettement : sans victoire sur l’opportunisme on ne peut atteindre l’unité du mouvement communiste. Mais sans cette unité on ne peut vaincre le danger mortel pour tout l’humanité que représente la globalisation impérialiste. Moscou, mars 2001.