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THEME 3 :
SOCIETES ET CULTURES DE
L’EUROPE MEDIEVALE (XIème-
XIIIème siècles)
Question 1 :
La chrétienté médiévale.
Introduction
Carte p 86
L’Europe et le bassin méditerranéen (XIème – XIIIème siècle)
1) Quelles sont les limites spatiales de la chrétienté ?
2) Comment cet espace est-il structuré et comment évolue-t-
il ?
- Quelle est la place de l’Eglise dans la vie sociale,
culturelle et économique ?
- Quelle est l’importance de la religion dans la vie et
les représentations des chrétiens de l’époque
médiévale ?
- Comment l’Eglise impose-t-elle sa domination et
lutte-t-elle contre les dissidences religieuses ?
I. La place de l’Eglise dans la vie
sociale, culturelle et économique.
Etude de cas :
Reims et sa cathédrale
Que nous apprend la cathédrale de
Reims sur la place de l’Eglise dans la
société et les mentalités médiévales ?
Reims
Reims, une cité au cœur de la chrétienté
Reims
1) Pourquoi Reims et sa cathédrale ?
Doc 1 : Pourquoi Reims et sa cathédrale ?
« Comme l’exprime très clairement la façade de la cathédrale, le baptême de Clovis est l’acte
fondateur du royaume des Francs et il justifie le choix de Reims comme ville du sacre.
Dans la seconde moitié du Vème siècle, Reims était la métropole de la province romaine de
Gaule Belgique. Il n’est pas établi que toutes les cités aient eu un évêque avant 500 et il est
sûr que l’évangélisation avait encore bien des progrès à faire, mais la métropole était un
foyer religieux rayonnant. A Reims, le christianisme était solidement implanté depuis la
seconde moitié du IIIème siècle, date admise pour la fondation du diocèse. De surcroît, cet
évêque était, depuis 458-459, une personnalité exceptionnelle. Par chance, nous avons
conservé la lettre que saint Remi adressa au nouveau roi des Francs au moment de son
avènement. Clovis était resté païen mais respectait les évêques et comprenait tout l’intérêt
qu’il y avait à les ménager (l’Empire romain d’Occident a cessé d’exister en 476). Quand le
baptême eut lieu, sans doute en 498 ou 499, trois mille hommes suivirent Clovis. Grégoire de
Tours fait de Clovis un nouveau Constantin parce qu’avec lui le royaume des Francs se fonde
sur des bases chrétiennes.
Clovis, au moment de la désintégration politique et religieuse de l’empire d’Occident, a
accompli une œuvre stabilisatrice. Il a recomposé un ordre, assuré la fusion des nouvelles
forces germaniques et de l’héritage romain dans le creuset d’une même foi. C’était tout
simplement le début du Moyen Age, qui devait non sans mal bâtir une nouvelle société, une
nouvelle culture, européenne et chrétienne. »
Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008.
1) Montrez l’importance de Reims et de sa cathédrale.
Doc 2 : Le baptême de Clovis.
« Précédé des Evangiles et des croix, au milieu
du chant des litanies, des hymnes et des
cantiques spirituels, le saint pontife Remi
s’avance du palais au baptistère, conduisant
le roi Clovis par la main, suivi de la reine
Clotilde et du peuple. Alors le saint prélat,
levant au ciel ses yeux baignés de larmes,
adressa secrètement une prière à Dieu. Tout
à coup voilà qu’une colombe, blanche comme
la neige, arrive portant dans son bec une fiole
envoyée du ciel et remplie de saint chrême.
Après avoir confessé la foi orthodoxe, le roi
est plongé trois fois dans l’eau sainte, au nom
de la très haute et indivisible Trinité, du Père,
du Fils, du Saint-Esprit : enfin il est relevé par
le saint prélat et consacré par l’onction divine.
Tout le peuple franc est alors converti à la foi
chrétienne et baptisé par saint Remi. »
Flodoard, Histoire de l’Eglise de Reims,
milieu du Xème siècle.
Baptême de Clovis
Détail du tympan du portail des saints
de la cathédrale de Reims (façade
nord, état avant 1914).
1) Pourquoi le baptême de Clovis
est-il un acte fondateur ?
La galerie des rois
La galerie des rois de la cathédrale de Reims
La reine Clotilde présente la
couronne au roi Clovis
Clovis, dans la cuve
baptismale Saint-Remi, tend la main pour
recevoir la Sainte Ampoule
avec laquelle il va oindre le
roi
Doc 3 : L’Eglise légitime le pouvoir royal.
« Dès le baptême de Clovis, mais beaucoup plus explicitement à partir du premier sacre, celui
de Pépin le Bref, la référence est le modèle royal de l’Ancien Testament. L’alliance conclue
entre Dieu et le monarque est conditionnelle : le pouvoir royal est soumis à l’obligation de
régner selon la justice et de protéger les sujets, de respecter la religion et la morale. Baptisé
et, de surcroît, oint, le roi doit obéir aux commandements de Dieu et de l’Eglise, vivre
chrétiennement, participer à la vie sacramentelle. Charlemagne allait chanter l’office avec les
clercs, saint Louis lisait les heures canoniales ; assister à la messe quotidienne était la
moindre des choses et la plus naturelle.
L’onction produit une mutation ; investi par l’Esprit de Dieu, le roi devient un autre homme, il
est l’élu de Dieu, sa personne est sanctifiée, s’identifie à l’image de la personne divine, à
l’oint du Seigneur par excellence, le Christ (Khristos : oint). Saint Augustin écrivait déjà :
« Vous pouvez appeler des Christ tous ceux qui ont été oints du saint chrême ».
Puisque le pouvoir royal est construit analogiquement sur un modèle divin, il est sacrilège d’y
porter atteinte. Cette protection n’était pas le moindre avantage du sacre, compte tenu des
risques de la fonction… Aucun roi sacré ne fut assassiné en France au Moyen Age. »
Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008.
1) Dans quelle mesure l’Eglise légitime-t-elle le pouvoir royal ?
Miniature
du XIIIème
siècle
Sacre de Philippe Auguste
Sacre de Charles VII
Doc 4 : La puissance des archevêques de Reims.
« Au Xème siècle, l’archevêque de Reims n’est pas un pur esprit, c’est une puissance. Le
patrimoine foncier de l’Eglise de Reims est l’un des plus considérables d’Occident. Le service
militaire demandé aux hommes libres permet d’entretenir un effectif important de
chevaliers. Succédant à Hincmar dans la tourmente des invasions normandes, Foulques,
relevant les remparts, a fait de Reims une place forte du diocèse, une puissance militaire.
L’archevêque de Reims, choisi dans la haute aristocratie, est une puissance écoutée de ses
pairs. Quand commence entre les deux dynasties robertienne (futurs capétiens) et
carolingienne la lutte pour le pouvoir, l’archevêque de Reims est l’arbitre de la situation. Par
le nom de saint Remi et l’œuvre d’Hincmar, il exalte son Eglise comme détentrice de la
légitimité. »
Patrick Demouy, Reims, ville royale, Tallandier, 1988.
Sacre d’Hugues Capet (987)
par l’archevêque de Reims Adalbéron
1) Dans quels domaines la puissance des
archevêques de Reims s’exerce-t-elle ?
B. Encadrer les fidèles et la vie religieuse
De quelle manière l’Eglise exerce-t-elle sa domination sur la société médiévale ?
Eus, Pyrénées-Orientales
2) L’Eglise organise l’espace.
L’espace rural…
Cathédrale Notre-Dame
Abbatiale Saint-Nicaise
Basilique Saint-Remi
Cardo
Decumanus
Abbayes
Reims en 1635, d’après le plan de
Chastillon
L’espace urbain dominé par les édifices religieux
Cardo
Decumanus
Reims,
vers 1300
Urbanisation
Comment évolue l’urbanisation de la ville de Reims ?
Abbatiale de Saint-Riquier (gravure
de 1612).
Il est possible que la cathédrale
carolingienne de Reims (IXème
siècle) ait eu un aspect
comparable.
Elle est détruite par un incendie en
1210.
Doc 6 : La construction de la cathédrale.
« L’histoire de la construction de Notre-dame de Reims n’a pas fini d’interroger les
chercheurs. Les textes sont rares. Deux dates sont habituellement admises : le 6
mai 1211, pose de la première pierre par l’archevêque Aubry de Humbert, un an
après l’incendie qui ravagea l’édifice antérieur ; le 8 septembre 1241, célébration
de la Nativité de la Vierge dans le nouveau chœur.
Pour l’archevêque de Reims, il ne faut pas sous-estimer le souci de tenir son rang.
Face aux prétentions de la nécropole royale, gardienne des regalia (les ornements
royaux utilisés lors du sacre et de l’oriflamme (bannière symbole de la monarchie
française), la cathédrale du sacre, mémorial du baptême de Clovis, devait
s’illustrer par la quête même de la perfection. Rien n’était trop beau pour honorer
Dieu, Notre-Dame et le siège du successeur de l’apôtre des Francs.
Dans le même esprit, l’abbé de saint-Remi décida peu après de rebâtir la façade de
l’abbatiale.
Par un double programme monumental, l’Eglise de Reims s’affirmait primordiale. »
Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008.
1) Pour quelle raison l’archevêque de Reims fait-il reconstruire la cathédrale ?
Voûte sur
croisée
d’ogives
Le « palais du Tau »,
Palais de l’archevêque
Représentation de la cathédrale de Reims achevée…
Dessin de Viollet-le-Duc,
XIXème siècle.
Abbatiale
Saint-Remi
Reliquaire
de saint-Remi
Doc 7 : L’église Saint-Nicaise.
« L’église Saint-Nicaise n’est plus qu’un souvenir vivace pour les Rémois
qui admiraient dans ce chef-d’œuvre de l’art gothique l’élégance, la
légèreté, la pureté des lignes architecturales, l’harmonie des proportions, la
grâce du portail, des deux tours ajourées surmontées de flèches, et son
incomparable luminosité intérieure. Par la suite, les archéologues ne
cesseront de déplorer la disparition de ce monument dont il ne reste aucune
trace.
L’église Saint-Nicaise a été construite à la même époque que la cathédrale.
La première pierre fut posée en 1229 par l’archevêque Henri de Braine.
L’historien Charles Givelet nous a laissé une description assez complète du
monument qui avait 30 mètres de hauteur sous nef, 100 mètres de longueur
et 42 mètres de largeur. La hauteur des flèches était d’environ 73 mètres. »
Daniel Pellus, Reims, un siècle d’évènement, 1800-1900, Fradet, Reims, 2003.
Doc 8 : Le clergé régulier de Reims.
« La vie monastique y fit son apparition dès le VIème siècle avec les moniales et les
clercs réunis autour des reliques de saint-Remi. Dans les années 1060,
l’archevêque Gervais installa les moines bénédictins à Saint-Nicaise. A partir du
XIIème siècle, les bénédictins durent subir la concurrence d’ordres nouveaux et
particulièrement l’essor des cisterciens. Ceux-ci préféraient des solitudes
campagnardes mais ne voulaient pas exposer les moniales aux risques d’un
isolement exagéré ; des cisterciennes s’installèrent en 1222 aux portes de Reims.
Au XIIIème siècle arrivèrent les ordres mendiants : dominicains dès 1219, suivis de
peu par les franciscains et les clarisses. Ils entreprirent rapidement la construction
de vastes couvents et de spacieuses églises.
Si l’on ajoute à ces établissements les templiers, l’Hôtel-Dieu jouxtant la
cathédrale, desservi par des religieux, les léproseries Saint-Eloi et Sainte-Anne,
l’hôpital Saint-Antoine et les diverses aumôneries, on trouve une densité de
population ecclésiastique considérable difficile à concevoir pour nos
contemporains »
Patrick Demouy, Reims, ville royale, Tallandier, 1988.
1) Pourquoi la vie monastique se développe-t-elle à Reims ?
2) Quelles en sont les conséquences ?
3) L’Eglise encadre les chrétiens et fixe les
croyances.
…………………
…………………
…………………
…………………
…………………
Ceux qui combattent
ou commandent
Ceux qui travaillent
ou obéissent
…………………
…………………
protègent
protègent
nourrissent
prient,prêchent,
distribuentlessacrements
Loi céleste
Loi terrestre
Les trois ordres de la société selon Adalbéron de Laon
La hiérarchie de l’Eglise
LE PAPE
(évêque de
Rome)
CLERGE REGULIER
 Abbés et abbesses
 Moines et moniales
CLERGE SECULIER
 Archevêques
 Évêques
 Prêtres ou curés
Les fidèles (les laïcs)
dirigent les diocèses
dirigent les abbayes
nommenomme
prient,
préservent
la culture,
enseignent
encadrent,
donnent les
sacrements,
prêchent
CHRETIENTE
DIOCESES
PAROISSES
Schéma : L’organisation territoriale de la chrétienté
Les paroisses de Reims au milieu du XIVème siècle
1) En combien de paroisses la ville de Reims est-elle divisée au XIVème siècle ?
Cite deux d’entre-elles.
Doc 2 p 95
1) Quelle est l’utilité de la confession, pour les fidèles d’une part, et pour le clergé
d’autre part ?
2) Comment peut-on qualifier les relations entre le clergé et les fidèles ? Relevez des
éléments de vocabulaire pour justifier.
Tympan de la facade Nord de la cathédrale de Reims représentant le Jugement dernier
Doc 9 : Le Jugement dernier.
« Souvent représenté sur les tympans depuis l’époque romane, le Jugement dernier reflète
au XIIIème siècle une vision plus sereine de la miséricorde divine. Certes les damnés sont
conduits en enfer mais les sculpteurs ne se sont pas complus à détailler les supplices
abominables ni à multiplier les diables effrayants. Le Christ invite à la prière confiante.
Sur le tympan s’étagent à droite et à gauche du souverain juge les élus et les vertus, les
damnés et les vices : des anges présentent les âmes sauvées – sous la forme d’enfants – au
patriarche Abraham, le père des croyants ; de l’autre côté on retrouve les âmes perdues dans
une marmite infernale tandis qu’un diable enchaîne quelques damnés représentatifs de la
société de l’époque : un roi, un évêque, un moine, une femme et un bourgeois avare
emportant sa bourse bien garnie outre-tombe ; des vertus conventionnelles trônent ; des
vices qui l’étaient moins ont subi la censure de chanoines pudibonds du XVIIIème siècle.
Au-dessus, deux registres montrent les efforts que font les défunts pour sortir de leurs
sarcophages.
Au sommet, le Christ-Juge montre ses plaies entouré de deux anges. Il est entouré de la
Vierge Marie et de saint Jean-Baptiste qui implorent sa clémence. Le pardon est promis à
celui qui se repent, comme le marchand drapier surpris en train de vendre à fausse mesure
et qui vient faire amende honorable aux pieds de Notre-Dame. Peut-être a-t-il participé aux
frais du portail pour sa pénitence ? »
Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008.
1) Que nous apprend la représentation du Jugement dernier sur la cathédrale de
Reims sur le pouvoir de contrainte de l’Eglise et sa capacité à influer moralement
sur la société ?
Le Christ
Les morts ressuscitant sortant de leurs cercueils
Les damnésLes élus
Les vicesLes vertus
Les chrétiens face à la question du salut
DIEU
Jugement des âmes
PURGATOIRE
Temps
intermédiaire
FIDELES BAPTISES
(CHRETIENS)
Grâce
si non-respect du dogme
et péché
prient pour
les morts
si respect du dogme et
pénitence
PARADIS
ENFER
Dogme :
Croyances officielles fixées par l’Eglise et que le chrétien doit
obligatoirement respecter.
Portail des saints, façade
nord, de la cathédrale de
Reims.
Doc 10 : Le portail des saints de la cathédrale de Reims.
« Un pape était vénéré dans la cathédrale, saint Calixte Ier (mort en 222), dont les
reliques avaient été offertes en 898 à l’Eglise de Reims. La présence d’un pape
rappelle la fidélité à l’Eglise mère. C’est de Rome que l’archevêque tient son
autorité sur la province, comme le montrent les attributs qu’il partage avec le
pape.
A gauche, le fondateur de la cathédrale, l’évêque saint-Nicaise, tient dans ses
mains sa tête décapitée. En face, les fondateurs de la monarchie chrétienne : saint
Remi, assisté par un ange, converse avec le roi Clovis. Entre leurs épaules, la
colombe de la Sainte Ampoule rappelle le miracle originel du sacre rémois.
Le tympan est consacré pour l’essentiel aux miracles de saint Remi. Thaumaturge
précoce, il guérit l’ermite aveugle. Elu évêque de Reims, il chassa les démons qui
avaient mis le feu à la ville, exorcisa une jeune fille venue de Toulouse avec une
telle vigueur qu’elle en mourut et qu’il fut contraint de la ressusciter. Enfin, il
remplit de vin un tonneau vide, ce qui n’est pas pour les Champenois son plus
mince titre de gloire. »
Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008.
1) Quels messages le portail des saints adresse-t-il aux fidèles ?
Les pratiques des chrétiens témoignent de leur sentiment religieux : l’exemple du pèlerinage de
Saint-Remi à Reims…
Doc 11 : Le pèlerinage de Saint-Remi à Reims.
« Pour se procurer des ressource supplémentaires, l’abbé Odon de Saint Remi cherche à
attirer davantage de pèlerins à l’abbaye de St Remi et songe alors à une nouvelle
translation de reliques. L’abbé déclare alors que toutes les offrandes faites par les pèlerins
seraient consacrées à venir en aide aux moines. A ce moment les miracles se multiplient,
et les pèlerins viennent en si grande foule qu’ils peuvent à peine tenir dans le bourg de
Saint Remi. Il affirme avoir été personnellement témoin de nombreux miracles : il a
touché les membres guéris, il a soutenu lui-même les malades et les a amenés jusqu’au
tombeau du saint. Il n’y a pas de rapport entre la maladie et la façon dont la guérison
intervient : en faisant des prières, en touchant les reliques, etc. Certains sont guéris dès
leur arrivée, d’autres doivent attendre plusieurs jours et parfois plusieurs semaines, voire
ne sont pas guéris du tout.
Pour l’historien, il est évidemment très difficile de savoir si la guérison était réelle ou non,
et plus difficile encore de connaître la cause de la guérison. De toute façon, il nous suffit
qu’au XIIème siècle on ait été convaincu de se trouver en présence de miracles, c’est-à-
dire d’interventions divines dépassant les lois de la nature, et que cette croyance ait été
suffisamment enracinée dans la mentalité populaire médiévale, pour que ce phénomène
mérite qu’on l’étudie. »
Pierre-André Sigal,
Maladie, pèlerinage et guérison au XIIe siècle. Les miracles de saint Gibrien à Reims, 1969.
1) Pourquoi les chrétiens se rendent en grand nombre à l’abbaye Saint-Remi de Reims ?
2) Que faut-il faire pour espérer un miracle ?
3) Pourquoi est-il important pour l’historien d’étudier ce pèlerinage ?
II. Réforme et lutte contre les dissidences
religieuses.
1) La Réforme grégorienne.
Doc 12 : La réforme grégorienne à Reims.
« A côté des moines, certains clercs avaient choisi la vie canoniale. Pour les chanoines de
la cathédrale, l’existence était relativement douillette. N’ayant pas renoncé à la
possession de biens propres, ils jouissaient de leurs prébendes moyennant un service
liturgique. Les réformateurs de l’Eglise grégorienne s’étaient préoccupés, au XIème
siècle, de ramener ces clercs séculiers à davantage de rigueur, sans illusions sur la
possibilité de convertir à l’austérité le chapitre cathédral, l’archevêque Gervais établit
dans l’église Saint-Denis en 1067 une communauté observant la règle de saint-Augustin.
Installés juste en face de la cathédrale et liés avec le chapitre par de nombreuses
pratiques liturgiques, les chanoines réguliers accueillirent ceux de leurs confrères
séculiers qui aspiraient à davantage de discipline. »
Patrick Demouy, Reims, ville royale, Tallandier, 1988.
1) D’après ce texte, quel est l’objectif de la réforme grégorienne ?
Doc 13 : La moralisation de l’Eglise.
« La première mise en œuvre des idées nouvelles se produit en 1049, à Reims, où se tient
un grand concile sous la présidence du pape Léon IX. L’assemblée réunit quatre
archevêques, seize évêques et une cinquantaine d’abbés. A l’initiative du pape et de son
entourage, le concile promulgue plusieurs décrets condamnant sévèrement la simonie et
rappelant les normes qui doivent définir l’état clérical. Plusieurs prélats, présents ou
absents, sont mis en jugement : certains sont excommuniés (l’archevêque de Sens, les
évêques de Beauvais et d’Amiens), d’autres déposés (les évêques de Langres et Nantes).
Quelques laïcs sont aussi excommuniés pour un union « incestueuse », c’est-à-dire
illégitime au regard des interdits de parenté édictés par l’Eglise.
Le concile de Reims marque un point de départ : dans les décennies qui suivent, toute une
série de conciles et de synodes reprennent de manière de plus en plus précise la lutte
contre la simonie, le nicolaïsme et l’inceste, promulguant de nouvelles normes, déposant
les évêques récalcitrants, investissant des partisans de la réforme. »
Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010.
1) Que condamne la réforme grégorienne ?
2) Quels sont les moyens d’action de l’Eglise ?
Doc 14
Mais la réforme grégorienne n’est pas seulement une réforme morale…
Doc 15 : Une réforme politique.
« La question de l’investiture des évêques traduit une évolution comparable. Le roi et les grands
estimaient pouvoir investir les évêques dans leur charge et cela non seulement parce que les évêques
étaient appelés à exercer sous leur autorité leurs prérogatives régaliennes ou seigneuriales, mais
aussi, de manière plus fondamentale, parce que la fonction épiscopale restait conçue comme un
prolongement naturel du pouvoir du roi. Cette investiture se produisait après l’élection, au cours
d’une cérémonie durant laquelle l’évêque recevait du roi sa crosse et son anneau, et lui prêtait
serment de fidélité. Le roi pouvait ainsi contrôler l’évêque.
Mais les réformateurs ne peuvent concevoir qu’une fonction d’Eglise soit attribuée par un laïc, a
fortiori l’épiscopat considéré comme la plus importante. Dès 1075, Grégoire VII condamne
fermement l’investiture laïque. Urbain II élargit la condamnation en interdisant à tout évêque et à
tout abbé de prêter hommage et serment de fidélité au roi ou à un quelconque laïc.
Les conflits suscités par une telle condamnation furent particulièrement aigus dans le Saint-Empire,
où le pouvoir du souverain reposait largement sur les évêques, auxquels il avait concédé maintes
prérogatives régaliennes. »
Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010.
1) Quel est l’autre volet de la réforme grégorienne ? Que cherche à imposer le pape ?
Doc 16 :
Les Dictatus Papae
(1075)
1) Quels articles montrent que le
pape cherche à imposer son
autorité aux rois et à l’empereur ?
Les pouvoirs temporels et spirituels,
Miniature du XIIème siècle.
L’évêque, bien identifiable à sa
mitre, comme le roi, qui brandit
l’épée, symbole de la justice,
tiennent tous les deux un
phylactère, symbole de la loi, à
l’établissement et au respect de
laquelle les deux pouvoirs
collaborent.
Mais l’évêque est en position
éminente, signe de la supériorité du
pouvoir spirituel sur le pouvoir
temporel.
2) L’Eglise lutte contre les hérésies : l’exemple
des Cathares.
Miniature du
XIVème siècle
La communion du chevalier,
Cathédrale de Reims.
Doc 19 : L’Eglise influence le comportement des chevaliers.
« Les réformateurs tentent d’influencer les comportements. Il s’agit souvent pour les clercs
de dénoncer les mauvais chevaliers qui, habités par la violence et l’impiété, rompent la paix
– la paix de Dieu – et pillent les terres d’Eglise. Il peut s’agir à l’inverse de valoriser les bons
chevaliers que leur frugalité, leur chasteté et leur piété rapprochent de l’éthique
ecclésiastique, des chevaliers qui mettent leur glaive au service de la cause de l’Eglise.
La croisade, qu’elle se déroule en Espagne ou au Levant, représente plus largement le
meilleur moyen d’accomplir un tel engagement. Comme l’exprime Guibert de Nogent dans
sa Geste de Dieu par les Francs, « Dieu, de nos jours, a suscité de saintes batailles où
chevaliers trouvent, au lieu de s’entretuer à l’exemple des anciens païens, des moyens
nouveaux de gagner leur salut ». Dans ce contexte, l’apparition de congrégations religieuses
associant de manière inconnue jusqu’alors activité guerrière et statut clérical –
essentiellement l’ordre du Temple – peut apparaître comme une conciliation entre la voie
monastique et l’engagement militaire au service de l’Eglise. »
Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010.
1) Comment l’Eglise met-elle la chevalerie à son service ?
Doc 20 : L’appel à la croisade.
« Urbain II succède à Grégoire VII comme pape. Né dans la noblesse champenoise, il est
élève à Reims de l‘écolâtre Brunon de Cologne. Il reçoit la formation de moine bénédictin et
devient chanoine puis archidiacre à Reims.
Le voyage du pape Urbain II dans le royaume de France en 1095-1096 peut apparaître
comme une forme d’apogée de l’action réformatrice. Le sommet du voyage est le concile
de Clermont en novembre 1095. Treize archevêques et plus de deux cents évêques y
assistent. Il prononce une nouvelle excommunication pour bigamie du roi Philippe Ier et
étend les prescriptions de la paix et de la trêve de Dieu à l’ensemble de la chrétienté.
Surtout, le pape prononce une prédication appelant tous les chrétiens à prendre la croix
pour obtenir la délivrance de Jérusalem du joug musulman.
Cet appel représente l’aboutissement d’une longue évolution idéologique : la guerre
menée en faveur de l’Eglise, contre les infidèles, est considérée comme une guerre juste.
Cet appel présente ensuite la croisade comme un pèlerinage pénitentiel offert à
l’aristocratie guerrière : les croisés voient leurs familles et leurs biens placés sous la
protection de l’Eglise et ceux qui mourront sous la croix bénéficieront, comme les martyrs,
d’une indulgence plénière. Enfin, l’appel à la croisade est une mise en pratique de l’autorité
acquise par le pape sur la chrétienté et les princes laïcs. C’est lui qui lance l’opération, lui
qui prétend en instituer le chef, aussi bien ecclésiastique que laïc. »
Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010.
1) Comment le pape affirme-t-il sa suprématie sur les laïcs ?
2) Dans quelle mesure la croisade participe-t-elle au renforcement de son pouvoir ?
Doc 1 p 102 :
1)Quel vocabulaire est employé pour désigner les
Cathares ?
2) En quoi les croyances des Cathares s’opposent-elles
au dogme de l’Eglise ?
Doc 2 p 102 :
1)Que reprochent les Cathares à l’Eglise ?
Exercice :
Après avoir lu le doc 5 p 103, expliquez ce qui justifie pour l’Eglise, selon
les articles des Dictatus Papae, la croisade contre les cathares.

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  • 1. THEME 3 : SOCIETES ET CULTURES DE L’EUROPE MEDIEVALE (XIème- XIIIème siècles) Question 1 : La chrétienté médiévale.
  • 2. Introduction Carte p 86 L’Europe et le bassin méditerranéen (XIème – XIIIème siècle) 1) Quelles sont les limites spatiales de la chrétienté ? 2) Comment cet espace est-il structuré et comment évolue-t- il ?
  • 3. - Quelle est la place de l’Eglise dans la vie sociale, culturelle et économique ? - Quelle est l’importance de la religion dans la vie et les représentations des chrétiens de l’époque médiévale ? - Comment l’Eglise impose-t-elle sa domination et lutte-t-elle contre les dissidences religieuses ?
  • 4. I. La place de l’Eglise dans la vie sociale, culturelle et économique. Etude de cas : Reims et sa cathédrale Que nous apprend la cathédrale de Reims sur la place de l’Eglise dans la société et les mentalités médiévales ?
  • 5. Reims Reims, une cité au cœur de la chrétienté Reims
  • 6. 1) Pourquoi Reims et sa cathédrale ? Doc 1 : Pourquoi Reims et sa cathédrale ? « Comme l’exprime très clairement la façade de la cathédrale, le baptême de Clovis est l’acte fondateur du royaume des Francs et il justifie le choix de Reims comme ville du sacre. Dans la seconde moitié du Vème siècle, Reims était la métropole de la province romaine de Gaule Belgique. Il n’est pas établi que toutes les cités aient eu un évêque avant 500 et il est sûr que l’évangélisation avait encore bien des progrès à faire, mais la métropole était un foyer religieux rayonnant. A Reims, le christianisme était solidement implanté depuis la seconde moitié du IIIème siècle, date admise pour la fondation du diocèse. De surcroît, cet évêque était, depuis 458-459, une personnalité exceptionnelle. Par chance, nous avons conservé la lettre que saint Remi adressa au nouveau roi des Francs au moment de son avènement. Clovis était resté païen mais respectait les évêques et comprenait tout l’intérêt qu’il y avait à les ménager (l’Empire romain d’Occident a cessé d’exister en 476). Quand le baptême eut lieu, sans doute en 498 ou 499, trois mille hommes suivirent Clovis. Grégoire de Tours fait de Clovis un nouveau Constantin parce qu’avec lui le royaume des Francs se fonde sur des bases chrétiennes. Clovis, au moment de la désintégration politique et religieuse de l’empire d’Occident, a accompli une œuvre stabilisatrice. Il a recomposé un ordre, assuré la fusion des nouvelles forces germaniques et de l’héritage romain dans le creuset d’une même foi. C’était tout simplement le début du Moyen Age, qui devait non sans mal bâtir une nouvelle société, une nouvelle culture, européenne et chrétienne. » Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008. 1) Montrez l’importance de Reims et de sa cathédrale.
  • 7. Doc 2 : Le baptême de Clovis. « Précédé des Evangiles et des croix, au milieu du chant des litanies, des hymnes et des cantiques spirituels, le saint pontife Remi s’avance du palais au baptistère, conduisant le roi Clovis par la main, suivi de la reine Clotilde et du peuple. Alors le saint prélat, levant au ciel ses yeux baignés de larmes, adressa secrètement une prière à Dieu. Tout à coup voilà qu’une colombe, blanche comme la neige, arrive portant dans son bec une fiole envoyée du ciel et remplie de saint chrême. Après avoir confessé la foi orthodoxe, le roi est plongé trois fois dans l’eau sainte, au nom de la très haute et indivisible Trinité, du Père, du Fils, du Saint-Esprit : enfin il est relevé par le saint prélat et consacré par l’onction divine. Tout le peuple franc est alors converti à la foi chrétienne et baptisé par saint Remi. » Flodoard, Histoire de l’Eglise de Reims, milieu du Xème siècle. Baptême de Clovis Détail du tympan du portail des saints de la cathédrale de Reims (façade nord, état avant 1914). 1) Pourquoi le baptême de Clovis est-il un acte fondateur ?
  • 9. La galerie des rois de la cathédrale de Reims La reine Clotilde présente la couronne au roi Clovis Clovis, dans la cuve baptismale Saint-Remi, tend la main pour recevoir la Sainte Ampoule avec laquelle il va oindre le roi
  • 10. Doc 3 : L’Eglise légitime le pouvoir royal. « Dès le baptême de Clovis, mais beaucoup plus explicitement à partir du premier sacre, celui de Pépin le Bref, la référence est le modèle royal de l’Ancien Testament. L’alliance conclue entre Dieu et le monarque est conditionnelle : le pouvoir royal est soumis à l’obligation de régner selon la justice et de protéger les sujets, de respecter la religion et la morale. Baptisé et, de surcroît, oint, le roi doit obéir aux commandements de Dieu et de l’Eglise, vivre chrétiennement, participer à la vie sacramentelle. Charlemagne allait chanter l’office avec les clercs, saint Louis lisait les heures canoniales ; assister à la messe quotidienne était la moindre des choses et la plus naturelle. L’onction produit une mutation ; investi par l’Esprit de Dieu, le roi devient un autre homme, il est l’élu de Dieu, sa personne est sanctifiée, s’identifie à l’image de la personne divine, à l’oint du Seigneur par excellence, le Christ (Khristos : oint). Saint Augustin écrivait déjà : « Vous pouvez appeler des Christ tous ceux qui ont été oints du saint chrême ». Puisque le pouvoir royal est construit analogiquement sur un modèle divin, il est sacrilège d’y porter atteinte. Cette protection n’était pas le moindre avantage du sacre, compte tenu des risques de la fonction… Aucun roi sacré ne fut assassiné en France au Moyen Age. » Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008. 1) Dans quelle mesure l’Eglise légitime-t-elle le pouvoir royal ?
  • 12. Sacre de Philippe Auguste
  • 14. Doc 4 : La puissance des archevêques de Reims. « Au Xème siècle, l’archevêque de Reims n’est pas un pur esprit, c’est une puissance. Le patrimoine foncier de l’Eglise de Reims est l’un des plus considérables d’Occident. Le service militaire demandé aux hommes libres permet d’entretenir un effectif important de chevaliers. Succédant à Hincmar dans la tourmente des invasions normandes, Foulques, relevant les remparts, a fait de Reims une place forte du diocèse, une puissance militaire. L’archevêque de Reims, choisi dans la haute aristocratie, est une puissance écoutée de ses pairs. Quand commence entre les deux dynasties robertienne (futurs capétiens) et carolingienne la lutte pour le pouvoir, l’archevêque de Reims est l’arbitre de la situation. Par le nom de saint Remi et l’œuvre d’Hincmar, il exalte son Eglise comme détentrice de la légitimité. » Patrick Demouy, Reims, ville royale, Tallandier, 1988. Sacre d’Hugues Capet (987) par l’archevêque de Reims Adalbéron 1) Dans quels domaines la puissance des archevêques de Reims s’exerce-t-elle ?
  • 15. B. Encadrer les fidèles et la vie religieuse De quelle manière l’Eglise exerce-t-elle sa domination sur la société médiévale ? Eus, Pyrénées-Orientales 2) L’Eglise organise l’espace. L’espace rural…
  • 16. Cathédrale Notre-Dame Abbatiale Saint-Nicaise Basilique Saint-Remi Cardo Decumanus Abbayes Reims en 1635, d’après le plan de Chastillon L’espace urbain dominé par les édifices religieux
  • 17. Cardo Decumanus Reims, vers 1300 Urbanisation Comment évolue l’urbanisation de la ville de Reims ?
  • 18. Abbatiale de Saint-Riquier (gravure de 1612). Il est possible que la cathédrale carolingienne de Reims (IXème siècle) ait eu un aspect comparable. Elle est détruite par un incendie en 1210.
  • 19. Doc 6 : La construction de la cathédrale. « L’histoire de la construction de Notre-dame de Reims n’a pas fini d’interroger les chercheurs. Les textes sont rares. Deux dates sont habituellement admises : le 6 mai 1211, pose de la première pierre par l’archevêque Aubry de Humbert, un an après l’incendie qui ravagea l’édifice antérieur ; le 8 septembre 1241, célébration de la Nativité de la Vierge dans le nouveau chœur. Pour l’archevêque de Reims, il ne faut pas sous-estimer le souci de tenir son rang. Face aux prétentions de la nécropole royale, gardienne des regalia (les ornements royaux utilisés lors du sacre et de l’oriflamme (bannière symbole de la monarchie française), la cathédrale du sacre, mémorial du baptême de Clovis, devait s’illustrer par la quête même de la perfection. Rien n’était trop beau pour honorer Dieu, Notre-Dame et le siège du successeur de l’apôtre des Francs. Dans le même esprit, l’abbé de saint-Remi décida peu après de rebâtir la façade de l’abbatiale. Par un double programme monumental, l’Eglise de Reims s’affirmait primordiale. » Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008. 1) Pour quelle raison l’archevêque de Reims fait-il reconstruire la cathédrale ?
  • 21. Le « palais du Tau », Palais de l’archevêque
  • 22. Représentation de la cathédrale de Reims achevée… Dessin de Viollet-le-Duc, XIXème siècle.
  • 24. Doc 7 : L’église Saint-Nicaise. « L’église Saint-Nicaise n’est plus qu’un souvenir vivace pour les Rémois qui admiraient dans ce chef-d’œuvre de l’art gothique l’élégance, la légèreté, la pureté des lignes architecturales, l’harmonie des proportions, la grâce du portail, des deux tours ajourées surmontées de flèches, et son incomparable luminosité intérieure. Par la suite, les archéologues ne cesseront de déplorer la disparition de ce monument dont il ne reste aucune trace. L’église Saint-Nicaise a été construite à la même époque que la cathédrale. La première pierre fut posée en 1229 par l’archevêque Henri de Braine. L’historien Charles Givelet nous a laissé une description assez complète du monument qui avait 30 mètres de hauteur sous nef, 100 mètres de longueur et 42 mètres de largeur. La hauteur des flèches était d’environ 73 mètres. » Daniel Pellus, Reims, un siècle d’évènement, 1800-1900, Fradet, Reims, 2003.
  • 25. Doc 8 : Le clergé régulier de Reims. « La vie monastique y fit son apparition dès le VIème siècle avec les moniales et les clercs réunis autour des reliques de saint-Remi. Dans les années 1060, l’archevêque Gervais installa les moines bénédictins à Saint-Nicaise. A partir du XIIème siècle, les bénédictins durent subir la concurrence d’ordres nouveaux et particulièrement l’essor des cisterciens. Ceux-ci préféraient des solitudes campagnardes mais ne voulaient pas exposer les moniales aux risques d’un isolement exagéré ; des cisterciennes s’installèrent en 1222 aux portes de Reims. Au XIIIème siècle arrivèrent les ordres mendiants : dominicains dès 1219, suivis de peu par les franciscains et les clarisses. Ils entreprirent rapidement la construction de vastes couvents et de spacieuses églises. Si l’on ajoute à ces établissements les templiers, l’Hôtel-Dieu jouxtant la cathédrale, desservi par des religieux, les léproseries Saint-Eloi et Sainte-Anne, l’hôpital Saint-Antoine et les diverses aumôneries, on trouve une densité de population ecclésiastique considérable difficile à concevoir pour nos contemporains » Patrick Demouy, Reims, ville royale, Tallandier, 1988. 1) Pourquoi la vie monastique se développe-t-elle à Reims ? 2) Quelles en sont les conséquences ?
  • 26. 3) L’Eglise encadre les chrétiens et fixe les croyances.
  • 27. ………………… ………………… ………………… ………………… ………………… Ceux qui combattent ou commandent Ceux qui travaillent ou obéissent ………………… ………………… protègent protègent nourrissent prient,prêchent, distribuentlessacrements Loi céleste Loi terrestre Les trois ordres de la société selon Adalbéron de Laon
  • 28. La hiérarchie de l’Eglise LE PAPE (évêque de Rome) CLERGE REGULIER  Abbés et abbesses  Moines et moniales CLERGE SECULIER  Archevêques  Évêques  Prêtres ou curés Les fidèles (les laïcs) dirigent les diocèses dirigent les abbayes nommenomme prient, préservent la culture, enseignent encadrent, donnent les sacrements, prêchent
  • 30. Les paroisses de Reims au milieu du XIVème siècle 1) En combien de paroisses la ville de Reims est-elle divisée au XIVème siècle ? Cite deux d’entre-elles.
  • 31. Doc 2 p 95 1) Quelle est l’utilité de la confession, pour les fidèles d’une part, et pour le clergé d’autre part ? 2) Comment peut-on qualifier les relations entre le clergé et les fidèles ? Relevez des éléments de vocabulaire pour justifier.
  • 32. Tympan de la facade Nord de la cathédrale de Reims représentant le Jugement dernier
  • 33. Doc 9 : Le Jugement dernier. « Souvent représenté sur les tympans depuis l’époque romane, le Jugement dernier reflète au XIIIème siècle une vision plus sereine de la miséricorde divine. Certes les damnés sont conduits en enfer mais les sculpteurs ne se sont pas complus à détailler les supplices abominables ni à multiplier les diables effrayants. Le Christ invite à la prière confiante. Sur le tympan s’étagent à droite et à gauche du souverain juge les élus et les vertus, les damnés et les vices : des anges présentent les âmes sauvées – sous la forme d’enfants – au patriarche Abraham, le père des croyants ; de l’autre côté on retrouve les âmes perdues dans une marmite infernale tandis qu’un diable enchaîne quelques damnés représentatifs de la société de l’époque : un roi, un évêque, un moine, une femme et un bourgeois avare emportant sa bourse bien garnie outre-tombe ; des vertus conventionnelles trônent ; des vices qui l’étaient moins ont subi la censure de chanoines pudibonds du XVIIIème siècle. Au-dessus, deux registres montrent les efforts que font les défunts pour sortir de leurs sarcophages. Au sommet, le Christ-Juge montre ses plaies entouré de deux anges. Il est entouré de la Vierge Marie et de saint Jean-Baptiste qui implorent sa clémence. Le pardon est promis à celui qui se repent, comme le marchand drapier surpris en train de vendre à fausse mesure et qui vient faire amende honorable aux pieds de Notre-Dame. Peut-être a-t-il participé aux frais du portail pour sa pénitence ? » Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008. 1) Que nous apprend la représentation du Jugement dernier sur la cathédrale de Reims sur le pouvoir de contrainte de l’Eglise et sa capacité à influer moralement sur la société ?
  • 35. Les morts ressuscitant sortant de leurs cercueils
  • 36. Les damnésLes élus Les vicesLes vertus
  • 37. Les chrétiens face à la question du salut DIEU Jugement des âmes PURGATOIRE Temps intermédiaire FIDELES BAPTISES (CHRETIENS) Grâce si non-respect du dogme et péché prient pour les morts si respect du dogme et pénitence PARADIS ENFER Dogme : Croyances officielles fixées par l’Eglise et que le chrétien doit obligatoirement respecter.
  • 38. Portail des saints, façade nord, de la cathédrale de Reims.
  • 39. Doc 10 : Le portail des saints de la cathédrale de Reims. « Un pape était vénéré dans la cathédrale, saint Calixte Ier (mort en 222), dont les reliques avaient été offertes en 898 à l’Eglise de Reims. La présence d’un pape rappelle la fidélité à l’Eglise mère. C’est de Rome que l’archevêque tient son autorité sur la province, comme le montrent les attributs qu’il partage avec le pape. A gauche, le fondateur de la cathédrale, l’évêque saint-Nicaise, tient dans ses mains sa tête décapitée. En face, les fondateurs de la monarchie chrétienne : saint Remi, assisté par un ange, converse avec le roi Clovis. Entre leurs épaules, la colombe de la Sainte Ampoule rappelle le miracle originel du sacre rémois. Le tympan est consacré pour l’essentiel aux miracles de saint Remi. Thaumaturge précoce, il guérit l’ermite aveugle. Elu évêque de Reims, il chassa les démons qui avaient mis le feu à la ville, exorcisa une jeune fille venue de Toulouse avec une telle vigueur qu’elle en mourut et qu’il fut contraint de la ressusciter. Enfin, il remplit de vin un tonneau vide, ce qui n’est pas pour les Champenois son plus mince titre de gloire. » Patrick Demouy, Notre-Dame de Reims, CNRS éditions, Paris, 2008. 1) Quels messages le portail des saints adresse-t-il aux fidèles ?
  • 40. Les pratiques des chrétiens témoignent de leur sentiment religieux : l’exemple du pèlerinage de Saint-Remi à Reims… Doc 11 : Le pèlerinage de Saint-Remi à Reims. « Pour se procurer des ressource supplémentaires, l’abbé Odon de Saint Remi cherche à attirer davantage de pèlerins à l’abbaye de St Remi et songe alors à une nouvelle translation de reliques. L’abbé déclare alors que toutes les offrandes faites par les pèlerins seraient consacrées à venir en aide aux moines. A ce moment les miracles se multiplient, et les pèlerins viennent en si grande foule qu’ils peuvent à peine tenir dans le bourg de Saint Remi. Il affirme avoir été personnellement témoin de nombreux miracles : il a touché les membres guéris, il a soutenu lui-même les malades et les a amenés jusqu’au tombeau du saint. Il n’y a pas de rapport entre la maladie et la façon dont la guérison intervient : en faisant des prières, en touchant les reliques, etc. Certains sont guéris dès leur arrivée, d’autres doivent attendre plusieurs jours et parfois plusieurs semaines, voire ne sont pas guéris du tout. Pour l’historien, il est évidemment très difficile de savoir si la guérison était réelle ou non, et plus difficile encore de connaître la cause de la guérison. De toute façon, il nous suffit qu’au XIIème siècle on ait été convaincu de se trouver en présence de miracles, c’est-à- dire d’interventions divines dépassant les lois de la nature, et que cette croyance ait été suffisamment enracinée dans la mentalité populaire médiévale, pour que ce phénomène mérite qu’on l’étudie. » Pierre-André Sigal, Maladie, pèlerinage et guérison au XIIe siècle. Les miracles de saint Gibrien à Reims, 1969. 1) Pourquoi les chrétiens se rendent en grand nombre à l’abbaye Saint-Remi de Reims ? 2) Que faut-il faire pour espérer un miracle ? 3) Pourquoi est-il important pour l’historien d’étudier ce pèlerinage ?
  • 41. II. Réforme et lutte contre les dissidences religieuses. 1) La Réforme grégorienne. Doc 12 : La réforme grégorienne à Reims. « A côté des moines, certains clercs avaient choisi la vie canoniale. Pour les chanoines de la cathédrale, l’existence était relativement douillette. N’ayant pas renoncé à la possession de biens propres, ils jouissaient de leurs prébendes moyennant un service liturgique. Les réformateurs de l’Eglise grégorienne s’étaient préoccupés, au XIème siècle, de ramener ces clercs séculiers à davantage de rigueur, sans illusions sur la possibilité de convertir à l’austérité le chapitre cathédral, l’archevêque Gervais établit dans l’église Saint-Denis en 1067 une communauté observant la règle de saint-Augustin. Installés juste en face de la cathédrale et liés avec le chapitre par de nombreuses pratiques liturgiques, les chanoines réguliers accueillirent ceux de leurs confrères séculiers qui aspiraient à davantage de discipline. » Patrick Demouy, Reims, ville royale, Tallandier, 1988. 1) D’après ce texte, quel est l’objectif de la réforme grégorienne ?
  • 42. Doc 13 : La moralisation de l’Eglise. « La première mise en œuvre des idées nouvelles se produit en 1049, à Reims, où se tient un grand concile sous la présidence du pape Léon IX. L’assemblée réunit quatre archevêques, seize évêques et une cinquantaine d’abbés. A l’initiative du pape et de son entourage, le concile promulgue plusieurs décrets condamnant sévèrement la simonie et rappelant les normes qui doivent définir l’état clérical. Plusieurs prélats, présents ou absents, sont mis en jugement : certains sont excommuniés (l’archevêque de Sens, les évêques de Beauvais et d’Amiens), d’autres déposés (les évêques de Langres et Nantes). Quelques laïcs sont aussi excommuniés pour un union « incestueuse », c’est-à-dire illégitime au regard des interdits de parenté édictés par l’Eglise. Le concile de Reims marque un point de départ : dans les décennies qui suivent, toute une série de conciles et de synodes reprennent de manière de plus en plus précise la lutte contre la simonie, le nicolaïsme et l’inceste, promulguant de nouvelles normes, déposant les évêques récalcitrants, investissant des partisans de la réforme. » Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010. 1) Que condamne la réforme grégorienne ? 2) Quels sont les moyens d’action de l’Eglise ?
  • 44. Mais la réforme grégorienne n’est pas seulement une réforme morale… Doc 15 : Une réforme politique. « La question de l’investiture des évêques traduit une évolution comparable. Le roi et les grands estimaient pouvoir investir les évêques dans leur charge et cela non seulement parce que les évêques étaient appelés à exercer sous leur autorité leurs prérogatives régaliennes ou seigneuriales, mais aussi, de manière plus fondamentale, parce que la fonction épiscopale restait conçue comme un prolongement naturel du pouvoir du roi. Cette investiture se produisait après l’élection, au cours d’une cérémonie durant laquelle l’évêque recevait du roi sa crosse et son anneau, et lui prêtait serment de fidélité. Le roi pouvait ainsi contrôler l’évêque. Mais les réformateurs ne peuvent concevoir qu’une fonction d’Eglise soit attribuée par un laïc, a fortiori l’épiscopat considéré comme la plus importante. Dès 1075, Grégoire VII condamne fermement l’investiture laïque. Urbain II élargit la condamnation en interdisant à tout évêque et à tout abbé de prêter hommage et serment de fidélité au roi ou à un quelconque laïc. Les conflits suscités par une telle condamnation furent particulièrement aigus dans le Saint-Empire, où le pouvoir du souverain reposait largement sur les évêques, auxquels il avait concédé maintes prérogatives régaliennes. » Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010. 1) Quel est l’autre volet de la réforme grégorienne ? Que cherche à imposer le pape ?
  • 45. Doc 16 : Les Dictatus Papae (1075) 1) Quels articles montrent que le pape cherche à imposer son autorité aux rois et à l’empereur ?
  • 46. Les pouvoirs temporels et spirituels, Miniature du XIIème siècle. L’évêque, bien identifiable à sa mitre, comme le roi, qui brandit l’épée, symbole de la justice, tiennent tous les deux un phylactère, symbole de la loi, à l’établissement et au respect de laquelle les deux pouvoirs collaborent. Mais l’évêque est en position éminente, signe de la supériorité du pouvoir spirituel sur le pouvoir temporel.
  • 47. 2) L’Eglise lutte contre les hérésies : l’exemple des Cathares. Miniature du XIVème siècle
  • 48. La communion du chevalier, Cathédrale de Reims.
  • 49. Doc 19 : L’Eglise influence le comportement des chevaliers. « Les réformateurs tentent d’influencer les comportements. Il s’agit souvent pour les clercs de dénoncer les mauvais chevaliers qui, habités par la violence et l’impiété, rompent la paix – la paix de Dieu – et pillent les terres d’Eglise. Il peut s’agir à l’inverse de valoriser les bons chevaliers que leur frugalité, leur chasteté et leur piété rapprochent de l’éthique ecclésiastique, des chevaliers qui mettent leur glaive au service de la cause de l’Eglise. La croisade, qu’elle se déroule en Espagne ou au Levant, représente plus largement le meilleur moyen d’accomplir un tel engagement. Comme l’exprime Guibert de Nogent dans sa Geste de Dieu par les Francs, « Dieu, de nos jours, a suscité de saintes batailles où chevaliers trouvent, au lieu de s’entretuer à l’exemple des anciens païens, des moyens nouveaux de gagner leur salut ». Dans ce contexte, l’apparition de congrégations religieuses associant de manière inconnue jusqu’alors activité guerrière et statut clérical – essentiellement l’ordre du Temple – peut apparaître comme une conciliation entre la voie monastique et l’engagement militaire au service de l’Eglise. » Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010. 1) Comment l’Eglise met-elle la chevalerie à son service ?
  • 50. Doc 20 : L’appel à la croisade. « Urbain II succède à Grégoire VII comme pape. Né dans la noblesse champenoise, il est élève à Reims de l‘écolâtre Brunon de Cologne. Il reçoit la formation de moine bénédictin et devient chanoine puis archidiacre à Reims. Le voyage du pape Urbain II dans le royaume de France en 1095-1096 peut apparaître comme une forme d’apogée de l’action réformatrice. Le sommet du voyage est le concile de Clermont en novembre 1095. Treize archevêques et plus de deux cents évêques y assistent. Il prononce une nouvelle excommunication pour bigamie du roi Philippe Ier et étend les prescriptions de la paix et de la trêve de Dieu à l’ensemble de la chrétienté. Surtout, le pape prononce une prédication appelant tous les chrétiens à prendre la croix pour obtenir la délivrance de Jérusalem du joug musulman. Cet appel représente l’aboutissement d’une longue évolution idéologique : la guerre menée en faveur de l’Eglise, contre les infidèles, est considérée comme une guerre juste. Cet appel présente ensuite la croisade comme un pèlerinage pénitentiel offert à l’aristocratie guerrière : les croisés voient leurs familles et leurs biens placés sous la protection de l’Eglise et ceux qui mourront sous la croix bénéficieront, comme les martyrs, d’une indulgence plénière. Enfin, l’appel à la croisade est une mise en pratique de l’autorité acquise par le pape sur la chrétienté et les princes laïcs. C’est lui qui lance l’opération, lui qui prétend en instituer le chef, aussi bien ecclésiastique que laïc. » Florian Mazel, Féodalités, 888-1180, Paris, Belin, 2010. 1) Comment le pape affirme-t-il sa suprématie sur les laïcs ? 2) Dans quelle mesure la croisade participe-t-elle au renforcement de son pouvoir ?
  • 51. Doc 1 p 102 : 1)Quel vocabulaire est employé pour désigner les Cathares ? 2) En quoi les croyances des Cathares s’opposent-elles au dogme de l’Eglise ? Doc 2 p 102 : 1)Que reprochent les Cathares à l’Eglise ?
  • 52. Exercice : Après avoir lu le doc 5 p 103, expliquez ce qui justifie pour l’Eglise, selon les articles des Dictatus Papae, la croisade contre les cathares.