L’implant cochléaire chez
         l’enfant:
   Pratiques actuelles et
 problématique éthique.


       Mohamed Amine BENJELLOUN
• « Les pionniers se déchirent les mains aux
  épines; il faut leur laisser la liberté d’errer.Les
  pionniers      précèdent     les     maîtres    qui
  fabriqueront des routes pour les carrosses, qui
  mettront, comme le disait Péguy, des poteaux
  indicateurs. Les pionniers avancent sans savoir
  comment et ne laissent aucune trace.On est
  devant eux (disait Newman)’’ à la fois enchanté
  et perplexe’’ .
                                    Jacques Arnould.
-’’ Ma’’ rencontre avec l’implant
   cochléaire: une rencontre du ’’troisième
   type’’?:

     -Perte de ’’ mes ’’ repères.
     -Fascination de type ’’infantile’’
     -« Super Jaimie »:un proto implant
  fantasmatique ?
Problématique:

• Progrès          technologiques           rapides,
  FASCINANTS,               qui      s’accentueront
  probablement encore (nanotechnologies…).
• Des indications de plus en plus larges et de plus
  en plus précoces.
                         ⇓
         « Dépister » le plus tôt possible,
    « Dépister » le plus grand nombre possible,
      pour implanter le plus « tôt » possible .
       (de préférence avant 6 mois de vie)
Avec au passage , une confusion majeure
  portant sur la nature du langage, sa
  structure, sa fonction :
Un enfant sourd profond implanté tôt
  devient il un enfant « entendant-
  parlant »?
-« Oui », disent les implantologues…
-« Non », disent peut être les patients, leurs
  parents…
• Question de la nature du langage qui est au
  centre même du débat éthique.
  – La surdité comme culture ? (avec dès lors un
    langage propre.)
                      VERSUS
  – Le rejet de critères physiques comme
    arguments au fondements d’une culture
• D’autres positions émergent:
  G.Seay, K.Schauers : les théories morales
  sceptiques n’aident pas les parents à décider
  et    brouillent    le    raisonnement     et
  l’entendement.

  A la façon d’Engelhardt:
-procédures morales et éthiques débarrassées
  de toute forme de relativisme.
-utilisation de « Case book » prototypiques et
  parlants
• Rappelons:
-La position de pionnier du CCNE (1994)
-L’avis du Groupe Européen d’Éthique des Sciences et
   des Nouvelles Technologies autour des Technologies de
   l’Information et de la communication:
-Inquiétudes:
   - ’’Perfectibilité de l’être humain ? ’’
   - Quel impact des TIC sur le psychisme humain?
   -’’Amélioration’’ des capacités ou ’’rajouts’’ des
   capacités?
   - Du corps modifié instrumentalisé à l’individu privé de
   son individualité anthropologique.
Rappel du GEE:
•   Dignité;
•    Inviolabilité de la Personne;
•     Protection de la Vie Privée et des données;
•   Principe de Précaution ;
•    Principe minimisation des données,
    spécification de la finalité, principe de
    proportionnalité et de de pertinence.
Une autre approche: le monde vécu et
         interpersonnel du patient.

Mais inaccessible d’emblée , sans efforts,
 aux soignants, formés à la bio médecine,
 à ses enjeux, à ses pouvoirs.
Problématique:
           Liaison / Déliaison
• Liaison: Liaison des sens, du regard, de
  l’ouie, des autres sens, autour d’une
  attention dirigée et partagée,
  empathique, et non pas seulement
  fonctionnelle.
• Déliaison: Contre exemple de l’enfant
  autiste qui entend bel et bien mais que
  fait il de ce matériel?
Problématique:
       Subjectivation / Désubjectivation
• Subjectivation:détour par la linguistique , mais aussi
  par la psychanalyse.
   -Le langage comme structure et non comme un outil
     de communication, permettant l’accès au
     symbolique.
• Désubjectivation : ’’les sourds entendants’’ (Y .Thoua)
   – « Tableau familier d’êtres déficients »
   – « La barbarie de notre langage qui commence par un principe
      de non contradiction »
   – « L’Entendant qui veut répare du Sourd »
   « Il est vrai que celui qui n’a pas accès à sa propre parole ne peut
      en conduire un autre vers la sienne.il ne peut que l’en
      empêcher.Sans le savoir.la question éthique est là »
Question paradigmatique:

• Entre tekhnè et Gestell.
• Entre corps subjectif et corps objectif,
  entre corps organique (korper) et corps
  investi (leib) .
• Entre langage comme structure et langage
  comme outil de communication, voire de
  sonorisation des bruits.
                             Dominique Folscheid
Propositions:
                    REVOIR !!!
•   Le dispositif de dépistage.
•   Le dispositif d’annonce.
•   Habilitation des équipes.
•   Formation des équipes.
•   Transdisciplinarité obligatoire.
Conclusion:
L’enfant sourd n’est pas l’ IN-FANS , mais il
 risque de le devenir…

Ethique et implant cochléaire

  • 1.
    L’implant cochléaire chez l’enfant: Pratiques actuelles et problématique éthique. Mohamed Amine BENJELLOUN
  • 2.
    • « Lespionniers se déchirent les mains aux épines; il faut leur laisser la liberté d’errer.Les pionniers précèdent les maîtres qui fabriqueront des routes pour les carrosses, qui mettront, comme le disait Péguy, des poteaux indicateurs. Les pionniers avancent sans savoir comment et ne laissent aucune trace.On est devant eux (disait Newman)’’ à la fois enchanté et perplexe’’ . Jacques Arnould.
  • 3.
    -’’ Ma’’ rencontreavec l’implant cochléaire: une rencontre du ’’troisième type’’?: -Perte de ’’ mes ’’ repères. -Fascination de type ’’infantile’’ -« Super Jaimie »:un proto implant fantasmatique ?
  • 4.
    Problématique: • Progrès technologiques rapides, FASCINANTS, qui s’accentueront probablement encore (nanotechnologies…). • Des indications de plus en plus larges et de plus en plus précoces. ⇓ « Dépister » le plus tôt possible, « Dépister » le plus grand nombre possible, pour implanter le plus « tôt » possible . (de préférence avant 6 mois de vie)
  • 5.
    Avec au passage, une confusion majeure portant sur la nature du langage, sa structure, sa fonction : Un enfant sourd profond implanté tôt devient il un enfant « entendant- parlant »? -« Oui », disent les implantologues… -« Non », disent peut être les patients, leurs parents…
  • 6.
    • Question dela nature du langage qui est au centre même du débat éthique. – La surdité comme culture ? (avec dès lors un langage propre.) VERSUS – Le rejet de critères physiques comme arguments au fondements d’une culture
  • 7.
    • D’autres positionsémergent: G.Seay, K.Schauers : les théories morales sceptiques n’aident pas les parents à décider et brouillent le raisonnement et l’entendement. A la façon d’Engelhardt: -procédures morales et éthiques débarrassées de toute forme de relativisme. -utilisation de « Case book » prototypiques et parlants
  • 8.
    • Rappelons: -La positionde pionnier du CCNE (1994) -L’avis du Groupe Européen d’Éthique des Sciences et des Nouvelles Technologies autour des Technologies de l’Information et de la communication: -Inquiétudes: - ’’Perfectibilité de l’être humain ? ’’ - Quel impact des TIC sur le psychisme humain? -’’Amélioration’’ des capacités ou ’’rajouts’’ des capacités? - Du corps modifié instrumentalisé à l’individu privé de son individualité anthropologique.
  • 9.
    Rappel du GEE: • Dignité; • Inviolabilité de la Personne; • Protection de la Vie Privée et des données; • Principe de Précaution ; • Principe minimisation des données, spécification de la finalité, principe de proportionnalité et de de pertinence.
  • 10.
    Une autre approche:le monde vécu et interpersonnel du patient. Mais inaccessible d’emblée , sans efforts, aux soignants, formés à la bio médecine, à ses enjeux, à ses pouvoirs.
  • 11.
    Problématique: Liaison / Déliaison • Liaison: Liaison des sens, du regard, de l’ouie, des autres sens, autour d’une attention dirigée et partagée, empathique, et non pas seulement fonctionnelle. • Déliaison: Contre exemple de l’enfant autiste qui entend bel et bien mais que fait il de ce matériel?
  • 12.
    Problématique: Subjectivation / Désubjectivation • Subjectivation:détour par la linguistique , mais aussi par la psychanalyse. -Le langage comme structure et non comme un outil de communication, permettant l’accès au symbolique. • Désubjectivation : ’’les sourds entendants’’ (Y .Thoua) – « Tableau familier d’êtres déficients » – « La barbarie de notre langage qui commence par un principe de non contradiction » – « L’Entendant qui veut répare du Sourd » « Il est vrai que celui qui n’a pas accès à sa propre parole ne peut en conduire un autre vers la sienne.il ne peut que l’en empêcher.Sans le savoir.la question éthique est là »
  • 13.
    Question paradigmatique: • Entretekhnè et Gestell. • Entre corps subjectif et corps objectif, entre corps organique (korper) et corps investi (leib) . • Entre langage comme structure et langage comme outil de communication, voire de sonorisation des bruits. Dominique Folscheid
  • 14.
    Propositions: REVOIR !!! • Le dispositif de dépistage. • Le dispositif d’annonce. • Habilitation des équipes. • Formation des équipes. • Transdisciplinarité obligatoire.
  • 15.
    Conclusion: L’enfant sourd n’estpas l’ IN-FANS , mais il risque de le devenir…