INRIA


     Plan
stratégique
         2008 2012
             -
S   ommaire
     	 1	
     1.1	
              L’INRIA : Un bref historique
            De	la	création	à	la	fin	des	années	90	                           page	6
     1.2	   La	période	1999-2003	:	
     	      Un	développement	sans	précédent	                                 page	8
     1.3	   L
            	 a	période	2004-2007	:	
            Consolidation	et	reprise	du	développement	                       page	10




     	2
     2.1	
              Enjeux et contexte de la recherche en STIC
            Des	enjeux	de	société	                                           page	28
     2.2	 Des	défis	scientifiques	et	technologiques	                         page	31
     2.3	 	 e	cadre	international		
          L
          et	national	des	recherches	en	STIC	                                page	33




     	3	
     3.1	
              Priorités stratégiques et ambitions de l’INRIA
            Modéliser,	programmer,	communiquer	et	interagir	                 page	41
            3.1.1	 Modélisation,	simulation	et	optimisation		
                   de	systèmes	dynamiques	complexes	                         page	42
            3.1.2	 Programmation	:	
                   Sécurité	et	fiabilité	des	systèmes	informatiques	         page	48
            3.1.3	 Communication,	information	et	calcul	ubiquitaires	        page	56
            3.1.4	 Interaction	avec	des	mondes	réels	et	virtuels	            page	64
     3.2	 Au	cœur	du	développement	des	sciences		
     	    et	des	technologies	                                               page	71
            3.2.1	 Ingénierie	numérique	                                     page	72
            3.2.2	Sciences	numériques	                                       page	78
            3.2.3	Médecine	numérique	                                        page	88
     3.3	 Défis	sociétaux	couverts	par	ces	priorités	                        page	93
     3.4	 Thématiques	émergentes	                                            page	95




     	4	
     4.1	
              Actions et stratégie pour atteindre les objectifs
            L’INRIA	au	sein	du	dispositif	national	                          page	98
     4.2	 Renforcer	l’attractivité	de	l’institut	                            page	100
     4.3	 Recherche,	développement	et	transfert	                             page	110
     4.4	 Relations	européennes	et	internationales	                          page	120
     4.5	 Organisation	et	fonctionnement	internes	                           page	123


        Glossaire                                                            page	128

                                                                        Plan stratégique 2008-2012
L’INRIA : 
Un bref historique


 Dans	cette	partie	
                  :




                                                              H
1.1	   De	la	création	à	la	fin	des	années	90	       page	6
1.2	   La	période	1999-2003	:	
	      Un	développement	sans	précédent	             page	8
1.3	   L
       	 a	période	2004-2007	:	
       Consolidation	et	reprise	du	développement	   page	10
H   istoire
1.1 De la création à la fin des années 90




                                    La stratégie de l’INRIA pour les prochaines          des plus grands mathématiciens appliqués
                                    années se nourrit de son histoire, et en             de son siècle, mais il est aussi un visionnaire
                                                                                         qui comprend dès les années 50 que l’ap-
                                    particulier de la forte dynamique de
                                                                                         parition des ordinateurs va permettre des
                                    développement amorcée au début des                   développements scientifiques très profonds
                                    années 2000.                                         en mathématiques appliquées et en informa-
                                                                                         tique. On voit encore à l’INRIA aujourd’hui
                                    L’IRIA, Institut de recherche en informa-            plusieurs aspects du riche héritage laissé
                1.1                 tique et en automatique, est fondé en 197
                                    à Rocquencourt, près de Versailles, dans le
                                                                                         par Jacques-Louis Lions :
                                                                                         • un institut de recherche où l’informatique,

De la création à la                 cadre du « Plan Calcul » qui vise à renforcer
                                    la recherche et l’industrie française en infor-
                                                                                              l’automatique et les mathématiques appli-
                                                                                              quées sont simultanément présentes et
fin des années 90                   matique. Devenu INRIA en 1979, il prend en
                                    1985 le statut d’EPST¨*.
                                                                                              interagissent en profondeur ;
                                                                                         • une vision positive des relations indus-
                                    Pour l’essentiel, ses fondations sont l’œuvre             trielles, source de problèmes de recherche
                                    de Jacques-Louis Lions, qui développe la                  nouveaux et intéressants ;
                                    recherche en mathématiques appliquées à              • une organisation fondée sur des équipes
                                    l’IRIA à partir de 197, et devient le premier            de 10 à 20 chercheurs, appelées « projets
                                    président de l’INRIA de 1979 à 1984. Il est l’un          de recherche », dont les membres
                                                                                              partagent des objectifs communs,
                                                                                              sans structures intermédiaires de type
                                                                                              départements ;
                                                                                         • une grande attention apportée à la
                                                                                              formation, et notamment à la formation
                                                                                              doctorale, en coopération étroite avec
                                                                                              les universités et les écoles ;
                                                                                         • une très forte implication dans des coopé-
                                                                                              rations internationales.
                                                                                         Alain Bensoussan, automaticien, professeur
                                                                                         à l’Université Paris-Dauphine et ancien colla-
                                                                                         borateur de Jacques-Louis Lions, lui succède
                                                                                         à la présidence de l’INRIA de 1984 à 199.
                                                                                         Alain Bensoussan s’inscrit dans la droite
                                                                                         ligne de son prédécesseur, et l’INRIA accroît
                                                                                         sa notoriété en Europe et dans le monde.
                                                                                         L’institut joue un rôle de pionnier, comme
                                                                                         l’attestent son action pour introduire Internet
                                                                                         en France et son implication dès 1984 dans
                                                                                         le soutien à la création d’entreprises : 25
                                                                                         sociétés issues de l’INRIA sont créées entre
                                                                                         1984 et 1994, dont ILOG, leader mondial
                                                                                         dans les composants logiciels pour l’optimi-
                                                                                         sation. Il s’implique fortement dans l’espace
                                                                                         européen de la recherche, notamment par
                                                                                         la création du groupement ERCIM fondé en
                                                                                         1989 avec le GMD en Allemagne et le CWI
                                                                                         aux Pays-Bas. En 1995, l’INRIA est choisi
                                                                                         par le MIT et la commission européenne
                                                                                         pour être l’hôte européen du World Wide
                                                                                         Web Consortium (WC), l’organisation de
                                                                                         standardisation des technologies du Web.

    Jacques-Louis	Lions	-	1980.                                                          * Une table des sigles est donnée en annexe.




      Plan stratégique 2008-2012
H   istoire

              Dans la même période, l’INRIA développe des        •    il augmente son ouverture en encou-
              partenariats importants au sein du dispositif           rageant résolument la mobilité de ses
              national de recherche et d’enseignement                 chercheurs et ingénieurs et en ouvrant
              supérieur. Il crée successivement des unités            plus largement son recrutement à des
              de recherche sur le campus universitaire de             candidats extérieurs ;
              Rennes en 1980, puis en 198 dans la toute         • il amplifie ses partenariats au sein du dispo-
              jeune technopole de Sophia Antipolis près               sitif national de recherche en augmen-
              de Nice, et enfin en 198 en Lorraine sur le            tant le nombre de projets de recherche
              campus universitaire de Nancy. La cinquième             communs avec d’autres établissements
              unité de recherche, appelée Rhône-Alpes,                et en lançant la formule très appréciée
              est ouverte à Grenoble en 1992, avec une                des « actions de recherche coopérative »,
              antenne à Lyon.                                         ouvertes à des équipes extérieures pour
              1994 est l’année du premier plan stratégique            développer de nouvelles coopérations
              de l’INRIA, qui met en avant le caractère               et attaquer des thèmes de recherche
              diffusant des STIC, l’importance des applica-           originaux.
              tions et des relations industrielles et énonce     Durant cette période, l’institut traverse
              la devise qui résume les objectifs stratégi-       néanmoins quelques difficultés sérieuses.
              ques de l’institut : excellence scientifique       Elles sont liées pour une part à la mauvaise
              et transfert technologique. Il est à l’origine     conjoncture économique et aux contraintes
              d’une très forte mobilisation de l’institut et     sévères qui s’exercent sur le budget de l’État
              de ses personnels pour développer les acti-        et rendent très difficile le développement des
              vités de valorisation de la recherche, ce qui      deux unités de recherche les plus récentes,
              se traduit par un doublement des ressources        en Lorraine et Rhône-Alpes. Toute l’action de
              contractuelles entre 1994 et 1999 alors que        l’institut souffre du manque de personnels ITA
              les effectifs permanents de l’institut progres-    (ingénieurs, techniciens et administratifs) pour
              sent à peine de 10 %. Cette période voit           maintenir à un bon niveau les activités d’ac-
              aussi de profonds changements externes :           compagnement de la recherche. Sur un autre
              la « convergence » de l’informatique, des          plan, la contractualisation des laboratoires de
              télécommunications et de l’audiovisuel, la         recherche des universités et du CNRS, vers
              dérégulation des télécommunications, et le         1995-199, crée quelques tensions entre
              fantastique développement d’Internet et des        l’INRIA et ces établissements du fait des
              technologies de l’information et de la commu-      difficultés à accommoder cette structuration
              nication. En lien avec ces changements, l’ins-     en laboratoires avec l’organisation de l’INRIA
              titut infléchit sensiblement ses thèmes de         en équipes-projets de plus petite taille.
              recherche pour s’impliquer davantage dans
              le domaine des communications, dans les
              technologies d’Internet et du Web et dans
              la modélisation des réseaux. Dans le même
              temps, l’institut poursuit activement ses inves-
              tigations dans le domaine des technologies
              médicales, commencées progressivement à
              partir du début des années 90.
              En interne, la période 1984-199 voit aussi
              le renforcement de plusieurs aspects de la
              politique d’établissement de l’INRIA :
              • l’institut accroît la qualité et la rigueur du
                  processus d’évaluation des projets de
                  recherche, et amplifie le renouvellement
                  des projets de recherche et celui de leurs
                  responsables ;
              • il renforce son action en faveur de la
                  création d’entreprises ;




                                                                            Plan stratégique 2008-2012       7
1.2 La période 1999-200 : Un développement sans précédent




                                           Bernard Larrouturou, mathématicien appliqué,          Le Premier ministre affirme la nécessité de doubler
               1.2                         professeur à l’École polytechnique, est nommé
                                           président de l’INRIA en 199. Dès 1997, l’INRIA
                                                                                                 en dix ans les moyens de l’institut, et annonce
                                                                                                 la signature du Contrat quadriennal 2000-200

       La période                          amplifie ses actions pour insister, en France et
                                           en Europe, sur l’importance stratégique du
                                                                                                 qui prévoit que les emplois financés par l’État
                                                                                                 au sein de l’INRIA seront portés à 1 180 − 1 100
      1999-2003 :                          domaine des sciences et technologies de
                                           l’information et de la communication (STIC).
                                                                                                 emplois permanents et 80 postes contractuels −
                                                                                                 en 200, à comparer à 7 emplois permanents
Un développement                           L’institut se donne en 1999 un nouveau plan           en 2000. Cette priorité accordée à l’INRIA, malgré

   sans précédent                          stratégique ambitieux, qui plaide avec vigueur
                                           pour que le domaine des STIC bénéficie d’une
                                                                                                 les contraintes s’exerçant sur les budgets de la
                                                                                                 recherche des années suivantes, permettra à
                                           priorité affirmée dans le cadre de la politique       l’INRIA de disposer, en 200, de 1 148 emplois
                                           nationale de recherche. Il affirme aussi la volonté   financés par l’État − 101 emplois permanents
                                           de l’INRIA d’amplifier son effet d’entraînement       et 117 postes contractuels.
                                           au sein du dispositif national, et son ambition de
                                           participer plus activement à l’intense compétition    Un institut fortement engagé
                                           internationale du secteur des STIC avec l’objectif    dans la compétition internationale
                                           de devenir, en quelques années, un institut reconnu   L’institut augmente considérablement ses efforts
                                           comme le leader européen et l’un des meilleurs        pour attirer davantage de chercheurs étrangers
                                           centres mondiaux dans son domaine.                    et devient un institut beaucoup plus interna-
                                                                                                 tional : un tiers des chercheurs permanents
                                           Une très forte priorité                               recrutés par l’INRIA entre 2001 et 200 ne sont
                                           des pouvoirs publics                                  pas de nationalité française. De plus, l’institut
                                           2000 est une année charnière : le Conseil inter-      amplifie fortement sa politique d’accueil, en
                                           ministériel pour la société de l’information, réuni   réservant environ un tiers des emplois créés pour
                                           le 10 juillet 2000 sous la présidence du Premier      l’accueil d’enseignants-chercheurs ou de fonc-
                                           ministre, souligne que le plan stratégique élaboré    tionnaires des corps techniques de l’État, et en
                                           l’année précédente par l’INRIA constitue un           accueillant sur des contrats à durée déterminée
                                           élément déterminant dans la définition d’une poli-    des jeunes ingénieurs en sortie d’école pour un
                                           tique nationale ambitieuse dans le domaine des        premier emploi à fort contenu technologique.
                                           STIC et annonce un accroissement important de         En lien avec les écoles et universités dont il
                                           l’effort de recherche public dans ce domaine.         est partenaire, l’INRIA est aussi très attentif
                                                                                                 à la croissance du nombre des doctorants
                                                                                                 présents dans ses projets de recherche. Ce
                                                                                                 nombre s’élève de 50 à 750 entre le premier
                                                                                                 semestre 2000 et le premier semestre 200,
                                                                                                 dont un tiers d’étrangers.
                                                                                                 De nombreux signes témoignent de la forte
                                                                                                 augmentation du rayonnement international
                                                                                                 de l’INRIA : la croissance du nombre des arti-
                                                                                                 cles de revues internationales et de leur facteur
                                                                                                 d’impact, supérieure à celle des effectifs, l’aug-
                                                                                                 mentation du nombre des visiteurs étrangers,
                                                                                                 notamment en provenance de l’Asie et de toute
                                                                                                 l’Europe, la participation importante de l’institut
                                                                                                 au cinquième PCRD de l’Union européenne, en
                                                                                                 progression très nette par rapport au quatrième
                                                                                                 PCRD, la visibilité croissante du groupement
                                                                                                 ERCIM dont l’INRIA assure la direction et auquel
                                                                                                 est confié en 200, à l’initiative de l’institut, le
                                                                                                 rôle d’hôte européen du WC. Aux yeux de
                                                                                                 nombreux observateurs, l’institut figure parmi
                                                                                                 les premiers centres de recherche européens
    Suivi	d’objet	par	la	couleur	—	MAIA.                                                         de son domaine.




8      Plan stratégique 2008-2012
H       istoire
                         Un comité d’évaluation stratégique − Visiting             •    savoir produire des logiciels sûrs ;
                         Committee − constitué presque exclusivement               •    concevoir et maîtriser l’automatique des
                         de personnalités étrangères est réuni pour la                  systèmes complexes ;
                         première fois en 2002 afin d’évaluer l’action de la       • combiner simulation et réalité virtuelle ;
                         direction de l’institut et porter une appréciation        et deux grands domaines d’application :
                         globale sur l’INRIA*. Enfin, le renouvellement du         • télécommunications et multimédia ;
                         conseil scientifique de l’INRIA en 200 permet            • santé et biologie.
                         de donner à ce conseil une composition réso-              L’influence de cette focalisation thématique
                         lument européenne.                                        dans la dynamique de la vie scientifique de
                                                                                   l’INRIA est très sensible. En particulier, en lien
                         Des partenariats et un effet d’entraînement               avec les deux premiers défis scientifiques et
                         renforcés dans le dispositif national                     le premier domaine d’application, l’institut
                         En France, l’INRIA amplifie ses partena-                  amplifie beaucoup ses recherches sur les
                         riats avec les établissements d’enseigne-                 réseaux de télécommunications (réseaux haut
                         ment supérieur. En 200, près des deux tiers              débit, mobiles, sans fil, ad hoc), le transport et
                         des projets de recherche de l’institut sont               le traitement de données multimédia, le déve-
                         communs avec ces établissements, alors que                loppement « d’intergiciels » (middleware) pour
                         cette proportion était proche de la moitié en             le calcul distribué et le « grid computing ». De
                         1999. Le schéma de développement approuvé                 plus, les domaines de la santé et de la biologie
                         par le conseil d’administration prévoit l’ouver-          connaissent un succès supérieur aux attentes,
                         ture, à terme, de trois nouvelles unités de               avec des progressions très nettes concernant
                         recherche dans le Sud Ouest, dans le Nord                 la bioinformatique, les technologies médicales
L’engagement de          et sur le plateau de Saclay. Pour les incuber             et les neurosciences.
                         et les intégrer au mieux dans son organisation            L’engagement de l’INRIA à mobiliser ses
l’INRIA à mobiliser      interne, l’institut décide de créer au 1er janvier        efforts sur les thèmes prioritaires porte aussi
ses efforts sur les      2002 une sixième unité de recherche « sans
                         murs », appelée Futurs, localisée sur les trois
                                                                                   sur les activités de transfert technologique.
                                                                                   Malgré ses difficultés économiques, le secteur
thèmes prioritaires      sites de Bordeaux, Lille et Saclay.                       des télécommunications devient clairement
                         Dans le même temps, l’institut met en œuvre,              le premier domaine industriel auquel contri-
porte aussi sur les      autour de chacune des cinq unités de recherche            buent les recherches de l’INRIA, et l’institut y
                         plus anciennes, une politique d’élargissement             développe des partenariats étroits avec des
activités de transfert   géographique : en 200, l’INRIA compte ainsi              entreprises qui sont des leaders européens
                         une quinzaine de projets « hors-sites » situés à          ou mondiaux comme Alcatel, France Telecom,
technologique.           Besançon, Cachan, Lannion, Marne-la-Vallée,               Hitachi ou Philips. En France, les relations
                         Marseille, Metz, Nantes, Paris et plus particu-           industrielles de l’institut, notamment avec
                         lièrement à Lyon.                                         les PME, sont amplifiées par son implication
                                                                                   dans les réseaux nationaux de recherche et
                         Une politique scientifique affirmée                       d’innovation technologique, mis en place
                         En regard de la priorité fixée par le gouverne-           par le gouvernement. L’INRIA et sa filiale
                         ment, l’institut s’engage à mobiliser particu-            INRIA-Transfert, créée en 1998 pour jouer
                         lièrement ses efforts sur quelques thèmes                 un rôle d’incubateur et mettre en place les
                         prioritaires, plus précisément sur cinq « défis           tout premiers fonds d’amorçage, poursuivent
                         scientifiques » :                                         résolument leurs activités de soutien à la
                         • maîtriser l’infrastructure numérique en                 création d’entreprises et le nombre de créa-
                             sachant programmer, calculer et commu-                tions de sociétés issues de l’INRIA dépasse
                             niquer sur Internet et sur des réseaux                0. En s’appuyant sur l’expérience du WC,
                             hétérogènes ;                                         l’institut favorise la constitution de consor-
                         • concevoir les nouvelles applications                    tiums avec des partenaires académiques
                             exploitant le Web et les bases de données             et industriels pour partager les efforts de
                             multimédia ;                                          développement et accroître les chances de
                                                                                   succès de plusieurs logiciels libres issus de
                         * Les recommandations de ce Visiting Committee ont
                         joué un rôle important dans l’élaboration du plan stra-   ses recherches, comme par exemple Scilab
                         tégique suivant.                                          ou ObjectWeb.




                                                                                              Plan stratégique 2008-2012         9
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




                                  En interne, des sources de fragilité                   des ressources humaines. La plus grande
                                  Une croissance aussi rapide − environ 50 %             difficulté concerne la gestion administrative
                                  en trois ans − s’accompagne inévitablement             et financière, difficulté qui s’explique princi-
                                  de nombreuses évolutions internes, parfois             palement par un accroissement du nombre
                                  difficiles à maîtriser. L’INRIA est confronté          d’emplois d’ITA inférieur à celui des actes
                                  à de nombreuses questions nouvelles                    de gestion, par l’inadaptation des outils d’in-
                                  concernant son organisation, sa politique              formatique de gestion et le retard du projet
                                  de ressources humaines, ses pratiques                  démarré en 2001 pour les remplacer par un
                                  managériales et sa gestion administrative.             système d’information intégré, et enfin par
                                  Le domaine dans lequel les progrès les plus            une culture de contrôle de gestion insuffi-
                                  nets ont été réalisés est celui de la politique        samment développée.




                                  Fin 200, Michel Cosnard, informaticien,               scientifiques et technologiques, économiques
                   1.3            professeur à l’Université de Nice - Sophia
                                  Antipolis est nommé président de l’institut,
                                                                                         et sociétaux.
                                                                                         L’objectif essentiel de l’INRIA sur la durée du

          La période              puis, de 2004 à 200, c’est Gilles Kahn,
                                  informaticien, directeur de recherche à l’INRIA,
                                                                                         plan stratégique 2004-2007 est de réaliser des
                                                                                         percées scientifiques et technologiques
        2004-2007 :               qui assure la présidence jusqu’à son décès
                                  début 200. Michel Cosnard, lui succède à
                                                                                         majeures dans le cadre des sept grands
                                                                                         défis prioritaires suivants :
       Consolidation              la mi-200.                                            • concevoir et maîtriser les futures infras-

        et reprise du             Le plan stratégique 2004-2007 approuvé par
                                  le conseil d’administration en juillet 200,
                                                                                             tructures des réseaux et des services de
                                                                                             communication ;
      développement               confirme la volonté de l’institut d’être reconnu
                                  comme le meilleur centre de recherche euro-
                                                                                         • développer le traitement des informations
                                                                                             et données multimédia ;
                                  péen et l’un des tout meilleurs mondiaux dans          • garantir la fiabilité et la sécurité des
                                  les domaines de l’informatique, de l’automa-               systèmes à logiciel prépondérant ;
                                  tique et des mathématiques appliquées. Pour            • coupler modèles et données pour simuler
                                  réaliser cette ambition, l’institut définit une            et contrôler les systèmes complexes ;
                                  politique d’établissement reposant sur des             • combiner simulation, visualisation et
                                  choix clairement affirmés.                                 interaction ;
                                                                                         • modéliser le vivant ;
                                  Les sept défis scientifiques et                        • intégrer pleinement les STIC dans les
                                  technologiques de l’INRIA                                  technologies médicales.
                                  L’innovation dans le domaine des STIC s’ap-            Fin 200, l’ensemble de ces défis mobilise
                                  puie de façon essentielle sur la recherche             plus de 75 % des activités des projets de
                                  scientifique, parfois la plus fondamentale. Le         recherche, les deux derniers dépassant les
                                  plan stratégique 2004-2007 réaffirme cette             15 %. L’orientation vers les sciences du vivant
                                  priorité en combinant intimement l’excel-              et de la santé et les technologies médicales
                                  lence scientifique et le transfert techno-             a été très largement suivie par les projets de
                                  logique. Cependant l’INRIA a pleinement                recherche, puisqu’au total ce sont plus de
                                  conscience qu’il ne peut couvrir tous les              500 chercheurs qui sont aujourd’hui mobilisés
                                  sujets de recherche de ce domaine vaste et             sur ces thèmes.
                                  majeur de la science et de la technologie, dont
                                  l’étendue des applications et la profondeur            Former des pôles d’excellence
                                  des interactions avec d’autres domaines ne             Au sein du dispositif de recherche français,
                                  cessent de croître. Il est donc nécessaire de          l’INRIA est le seul établissement exclusivement
                                  faire des choix de politique scientifique et           dédié au domaine de l’informatique, de l’auto-
                                  technologique. Ces priorités ont été définies          matique et des mathématiques appliquées.
                                  en fonction des compétences présentes à                La qualité de ses chercheurs, son implication
                                  l’INRIA et de la vision de l’institut sur les enjeux   dans la formation par la recherche et ses




10   Plan stratégique 2008-2012
H      istoire
                        résultats en matière de recherche comme en        INRIA », en grande majorité communes avec
                        matière de transfert technologique, mais aussi    d’autres partenaires, définition précise des
                        son engagement résolu dans la construction        fonctions de direction dans les centres de
                        de l’espace européen de la recherche et dans      recherche, changement de dénomination du
                        la compétition internationale, font de l’INRIA,   président du comité des projets en délégué
                        parmi les acteurs français de la recherche        scientifique.
                        dans ce domaine, celui qui jouit de la plus       L’organisation de la recherche à l’INRIA, basée
                        grande visibilité internationale.                 principalement sur les équipes-projets de
                        Dans une dynamique de relations étroites          recherche, est réaffirmée. En promouvant
                        avec l’enseignement supérieur, l’INRIA            la dimension collective de la recherche et en
                        poursuit le développement de ses unités de        regroupant les chercheurs au sein d’équipes
                        recherche jouant un rôle de leader dans les       dont les objectifs sont bien identifiés, elle
                        sites où elles sont implantées, avec l’objectif   accroît la visibilité et l’impact des travaux
                        qu’ils soient reconnus comme des pôles d’ex-      menés au sein de l’institut. En veillant à limiter
                        cellence de niveau européen et international.     la durée des équipes-projets tout en facilitant
                        Le nombre de projets INRIA communs avec           leur évolution et leur réorientation, cette orga-
                        des établissements d’enseignement supérieur       nisation permet une grande souplesse et une
                        ou des organismes de recherche passe de 80        bonne réactivité. Le nombre d’équipes-projets
Dans une dynamique      au 1er janvier 2004 à 111 au 1er janvier 2007.    INRIA passe de 85 au 1er janvier 200 à 17
                        Dans cette optique, la politique d’accueil de     au 1er janvier 2007. A cette date, l’âge moyen
de relations étroites   l’INRIA joue un rôle important. En 200 et        des projets est de 4, ans, celui des chefs de
                        2007, plus de 50 postes de chercheurs sont        projet de 4,4 ans.
avec l’enseignement     réservés pour accueillir en détachement des
                        enseignants-chercheurs ou des chercheurs          Le transfert technologique
supérieur, l’INRIA      d’autres organismes, en particulier d’autres      Une priorité de la stratégie de l’institut est
poursuit le             domaines scientifiques, avec une priorité
                        pour le domaine des sciences du vivant.
                                                                          le transfert technologique. L’INRIA continue
                                                                          d’investir, en moyens humains et financiers,
développement           Sur la même période, le nombre d’accueils         pour en améliorer la qualité et l’efficacité,
                        d’enseignants-chercheurs en délégation est        en particulier via l’augmentation du nombre
de ses unités de        de l’ordre de 55.                                 des CDRI, le renforcement de la DirDRI, ou la
                        Pour préparer la création au 1er janvier 2008     création des SED (services d’expérimentation
recherche vers des      des unités de recherche INRIA de Bordeaux,        et de développement). L’organisation conjugue
                        Lille et Saclay, une part très importante des     les actions des CDRI dans chaque centre, au
pôles d’excellence de   moyens supplémentaires ou en redéploie-           plus près des équipes et des partenaires et un
niveau européen et      ment, est affectée à Futurs, dont le nombre
                        de personnes passe de 2 au 1er janvier
                                                                          renforcement d’actions de coordination et de
                                                                          support confiées à la DirDRI : animation des
international.          2004 à 12 au 1er janvier 2007.                   partenariats stratégiques, service spécialisé
                                                                          pour gérer les aspects PI, déploiement et
                        L’organisation de la recherche                    promotion de licences pour le logiciel libre.
                        Durant cette période et pour mieux se posi-       L’institut met notamment l’accent sur des
                        tionner dans le cadre de la politique nationale   partenariats forts avec des grandes entreprises
                        de recherche en STIC, l’INRIA revoit entière-     leaders sur leur marché, françaises ou étran-
                        ment son organisation : création des postes de    gères. Ces partenariats, qui s’inscrivent dans
                        délégué général à la recherche et au transfert    une perspective de moyen ou long terme, sont
                        pour l’innovation et de délégué général à l’ad-   un outil privilégié de travail coopératif avec des
                        ministration des ressources et des services,      grands industriels qui cherchent à mutualiser
                        restructuration des directions scientifiques et   leurs coûts de recherche et de développement.
                        des directions fonctionnelles, créations des      FT RD, EDF, Alcatel Lucent et Thalès comp-
                        fonctions de directeurs scientifiques adjoints    tent parmi ces grands partenaires.
                        et de conseillers scientifiques, changement       La professionnalisation des activités de
                        de dénominations des unités de recherche          développement logiciel et l’amélioration de
                        en « centres de recherche INRIA », et des         la qualité de ces développements est aussi
                        projets de recherche en « équipes-projets         une priorité déterminante pour obtenir des




                                                                                     Plan stratégique 2008-2012         11
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




                                            succès significatifs, pour continuer à encou-       L’accueil de jeunes ingénieurs, bénéficiant
                                            rager les chercheurs à optimiser le mode de         à l’INRIA d’une formation complémentaire
                                            transfert dans l’éventail des diverses licences     technologique au contact de la recherche,
                                            de logiciels commerciaux et de logiciels libres.    suivie le plus souvent d’un recrutement dans
                                            Chaque année, 0 à 70 logiciels sont déposés        l’industrie augmente : leur nombre passe de
                                            par les équipes de l’institut. La création ou       80 en 200 à 1 en 2007.
                                            le renforcement des SED vise à soutenir les
                                            efforts des EPI, en particulier pour profession-    Partenariats européens
                                            naliser et pérenniser leurs développements          La création de la direction des partenariats
                                            logiciels.                                          européens traduit le fait que la construction
                                            La création d’entreprises reste un moyen privi-     et le développement de l’espace européen
                                            légié de transfert de technologie, comme l’at-      de la recherche est une grande priorité de
                                            teste la création de 2 start-up sur la période     la politique de l’institut.
                                            200 à 200.                                        A la suite du cinquième PCRD dans le cadre
                                                                                                duquel l’institut a participé à 110 projets,
                                            La formation et le transfert                        le sixième PCRD a constitué un enjeu pour
                                            des connaissances                                   l’INRIA qui a conforté sa place de leader dans
                                            L’INRIA voit la contribution qu’il apporte à        la recherche en STIC en Europe, en particulier
                                            la formation par la recherche de jeunes             dans le domaine du logiciel. Dans le cadre
                                            doctorants en informatique et en mathémati-         de ce programme, l’INRIA est impliqué dans
                                            ques appliquées comme l’une de ses tâches           119 projets européens dont 21 réseaux d’ex-
                                            essentielles, menée en relation étroite avec        cellence, 2 projets intégrés et 45 projets de
                                            les écoles doctorales dont il est partenaire. Il    recherche, en liaison avec des partenaires
                                            poursuit son implication très active dans les       industriels. Il assure la coordination scienti-
                                            activités de formation doctorale, en étant très     fique de 15 d’entre eux.
                                            attentif à la qualité des thèses préparées au       Sous l’impulsion de l’institut, le consortium
                                            sein de ses équipes-projets de recherche et,        ERCIM (European Research Consortium on
                                            plus généralement, à la qualité de la formation     Informatics and Mathematics, regroupant
                                            reçue par ces doctorants et à la préparation de     aujourd’hui 18 organismes nationaux) a
                                            leur insertion professionnelle après la thèse.      progressivement construit sa représentati-
                                            Le nombre de doctorants dans les équipes-           vité au sein de la communauté scientifique et
                                            projets de recherche est passé de 70 au 1er        technologique du domaine des STIC. Sa visi-
                                            janvier 200 à 1070 au 1er janvier 2007. Le         bilité internationale a été consolidée lorsque
                                            nombre de thèses soutenues est passé de 150         l’INRIA lui a transféré sa responsabilité « d’hôte
                                            en 200 à 291 en 200. Pour réaliser cette          européen » du WC.
                                            croissance du nombre des doctorants, tout en        L’institut poursuit ses efforts pour développer
                                            conservant une très grande qualité de recrute-      ses relations avec les grands industriels euro-
                                            ment, l’INRIA a mis en place un programme           péens : participation au programme Eurêka,
                                            d’accueil doctoral financé sur crédits d’État       notamment dans le cadre du programme ITEA,
                                            mettant l’accent sur la mobilité et sur l’accueil   création du laboratoire AIRD, commun avec
                                            de doctorants étrangers. En 200, 25 contrats       Philips, Thomson et le Fraunhofer Institute.
                                            de recherche doctorale INRIA sur subvention         Dans tous les grands pays, l’importance des
                                            (CORDI-S) ont été ouverts au recrutement            régions dans les coopérations internationales
                                            conduisant à plus de 1500 candidatures. Les         est croissante, et les centres de recherche
                                            doctorants recrutés sont tous extérieurs à          INRIA participent aux relations internatio-
                                            l’école doctorale d’accueil et sont à 85 % de       nales des régions où elles sont implantées. La
                                            nationalité étrangère. En 2007, 40 nouveaux         signature de conventions de partenariat avec
                                            CORDI-S ont été ouverts au recrutement. En          le Luxembourg et l’Allemagne, notamment
                                            complément de son implication dans la forma-        avec les établissements situés à Sarrebruck et
                                            tion doctorale, l’INRIA a amplifié également        Kaiserslautern (universités, Institut Max Planck
 Le	CAT	(Contrôle	Action	Table),	           son programme d’accueil de post-doctorants          et DFKI), ou celle avec le CWI à Amsterdam
 périphérique	à	6	degrés	de	liberté	pour	   sur subvention : leur nombre passe de 7 en         sont des exemples prometteurs de cette
 environnement	virtuel	—	IPARLA.            200 à 80 en 2007.                                  politique.




12   Plan stratégique 2008-2012
H      istoire
                        Relations internationales                         succès. Le nombre des équipes associées est
                        Dans un contexte où les STIC sont partout         passé de 2 en 2004 à 71 en 2008.
                        une priorité des politiques de recherche natio-   Enfin, le personnel scientifique de l’institut
                        nales, l’INRIA continue de développer ses         continue de s’internationaliser, la proportion
                        coopérations internationales en ciblant de        d’étrangers parmi les chercheurs, les post-
                        manière privilégiée ses efforts sur quelques      doctorants et les ingénieurs rémunérés par
                        grands partenariats et sur certaines zones        l’INRIA dépassant les 15 % en 200.
                        géographiques.
                        L’Asie est la première priorité géogra-           Des structures d’appui et de gestion
                        phique en dehors de l’Europe. Le labora-          au service de la recherche
                        toire franco-chinois LIAMA installé à Pékin,      À côté des critères d’excellence et de
                        qui a fortement contribué à développer les        pertinence des actions de recherche et
                        coopérations avec la Chine dans le domaine        de transfert technologique, c’est aussi à l’aune
                        des STIC, est renforcé grâce à la possibilité     du critère d’efficience de son fonctionnement
                        pour l’INRIA d’accorder le statut d’expatriés     interne que s’évalue l’action de l’institut.
                        à certains de ses chercheurs : 4 directeurs       L’accroissement de la qualité et de l’effica-
                        de recherche sont responsables d’équipes          cité des activités de support et d’accompa-
                        communes avec l’Institut d’automatique            gnement de la recherche est une priorité de
                        de l’Académie des sciences de Chine ou            cette période :
                        avec l’université Tsinghua. Le LIAMA parti-       • le développement et le déploiement d’un
                        cipe notamment à un ambitieux projet de               système d’information plus performant,
                        développement logiciel open source dans le            adapté à l’évolution programmée du
                        cadre du consortium Scilab lancé par l’INRIA.         cadre de gestion budgétaire et comp-
                        L’institut continue aussi de développer des           table des EPST, progressivement étendu
Les STIC sont           programmes de coopération mis en place avec
                        Hong Kong, Singapour, Taiwan, la Corée et le
                                                                              à l’ensemble des registres d’action de
                                                                              l’institut ;
partout une priorité    Japon, notamment avec les grands industriels      • la poursuite de la politique de déconcentra-
                        comme Hitachi. Le programme d’accueil d’étu-          tion et le développement d’une « démarche
des politiques de       diants se développe également avec l’Inde.            qualité » s’appuyant sur la responsabilisa-
                        Le nombre de stagiaires asiatiques dans le            tion de tous les acteurs de la gestion ; la
recherche nationales.   programme INRIA International Interships              décentralisation d’une partie des respon-
                        passe de 24 en 2004 à 49 en 2007.                     sabilités administratives et financières,
                        Les relations de l’INRIA avec les États-Unis          réalisée en confiant aux directeurs d’unités
                        et le Canada sont bien sûr très dynamiques,           de recherche la fonction d’ordonnateurs
                        et des coopérations sont actives avec une             délégués ; l’acquisition et le déploiement
                        centaine d’universités ou d’entreprises. Le           dans tous les centres de recherche d’un
                        leadership incontestable que détiennent               nouveau système de gestion informatisée
                        les États-Unis dans le domaine des STIC               de bibliothèque permettant l’accès à un
                        rend indispensable un partenariat fort avec           catalogue mutualisé des différents fonds
                        l’Amérique du Nord. En particulier, l’institut        documentaires ;
                        poursuit le dialogue régulier avec la NSF et      • la mise en place du serveur d’archive
                        met en place des relations avec le NIH dans           ouverte Hal-INRIA pour un accès direct
                        les domaines de la modélisation du vivant et          par les chercheurs à la communication
                        des technologies médicales.                           scientifique ;
                        Les partenariats avec les pays du Sud sont        • la mise en place, notamment dans le
                        également renforcés. En particulier, l’INRIA          cadre du protocole de modernisation et
                        maintient son soutien à l’Afrique grâce au            de simplification signé avec la direction
                        colloque bisannuel CARI et au groupement              générale de la comptabilité publique, de
                        d’intérêt scientifique SARIMA.                        méthodes et d’outils de pilotage et de
                        Le programme des équipes associées qui                contrôle de gestion plus performants, le
                        permet d’associer à un projet de recherche            développement des pratiques de « contrôle
                        de l’INRIA une équipe de chercheurs dans              partenarial » avec l’agence comptable, la
                        une institution étrangère se développe avec           diffusion d’une culture de gestion au sein




                                                                                     Plan stratégique 2008-2012       1
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




                                      de l’institut par un effort de formation        tion de nouvelles dispositions réglementaires
                                      soutenu, l’accroissement de la réactivité et    et le fort engagement en ce sens de la direc-
                                      de la capacité d’anticipation, notamment        tion de l’institut ont permis de résorber toutes
                                      pour les achats.                                les situations de précarité dans lesquelles se
                                  L’institut a défini et mis en œuvre une politique   trouvaient, depuis plusieurs années, plusieurs
                                  ambitieuse en matière d’équipements infor-          dizaines de personnels de l’INRIA. L’institut
                                  matiques et de communications, au meilleur          a conçu et rédigé un Guide du responsable
                                  niveau international, avec des réseaux à très       dans le but de mettre en place une formation à
                                  haute performance, des moyens de calcul             l’encadrement et au management. Les actions
                                  et de visualisation et des grilles permettant       de formation continue des personnels ont été
                                  de mettre en œuvre des expérimentations et          considérablement renforcées. Les mobilités
                                  des développements technologiques de très           internes et externes des personnels ont été
                                  grande ampleur.                                     particulièrement encouragées. La généralisation
                                  Le développement d’une politique de                 des campagnes de mobilité ouvertes sur toutes
                                  ressources humaines dynamique constitue             les fonctions publiques a permis de pourvoir un
                                  une priorité majeure. Une mobilisation très         grand nombre de postes ITA par voie de déta-
                                  active des personnels de l’INRIA a permis           chement. Enfin, la mise en place d’un dispositif
                                  d’organiser avec succès des campagnes de            pour entretenir davantage ses relations avec les
                                  recrutement de grande ampleur. La publica-          anciens de l’INRIA a été initiée.




                 L’INRIA          Comme dans les autres grands domaines               problèmes pour le traitement de l’information
            aujourd’hui :         scientifiques, les recherches en STIC incluent
                                  un travail de production et d’organisation
                                                                                      et la modélisation, et, inversement, l’exis-
                                                                                      tence de nouveaux outils de conception et
          Des domaines            des connaissances, d’extraction et de mise          de simulation modifie, parfois en profon-

            scientifiques         au point d’idées générales et profondes
                                  qui sont ensuite analysées, développées
                                                                                      deur, les problématiques et même certains
                                                                                      paradigmes dans ces sciences. Dans ce
         en pleine vitalité       et appliquées. Elles visent à résoudre de
                                  nombreux problèmes nouveaux, parfois inat-
                                                                                      secteur plus que dans beaucoup d’autres,
                                                                                      le « cercle vertueux » liant recherche de base
                                  tendus, dont l’émergence est souvent une            et applications joue à plein. Les recherches,
                                  conséquence de l’évolution extrêmement              parfois les plus fondamentales, sont utili-
                                  rapide des technologies, notamment de l’aug-        sées pour développer de nouveaux produits
                                  mentation exponentielle de la puissance             selon un rythme extraordinairement accéléré
                                  des microprocesseurs, de la capacité de             tandis que les perspectives ouvertes par les
                                  communication des fibres optiques et de la          nouvelles technologies renouvellent, très
                                  densité des mémoires ou des disques magné-          souvent en profondeur, les problématiques
                                  tiques, ainsi que de l’impact considérable          de recherche. Partout, derrière les succès
                                  du déploiement du Web. La miniaturisation           brillants de la technologie, derrière les déve-
                                  des capteurs et les quantités croissantes de        loppements qui conduisent à la création
                                  données disponibles sont aussi à l’origine          de nouvelles entreprises innovantes, il y a
                                  de nouveaux développements scientifiques            des recherches fondamentales qui débou-
                                  pour mettre au point de nouveaux algorithmes        chent sur de nouvelles théories, de nouveaux
                                  visant à analyser ces données et à réguler,         modèles, de nouveaux outils logiciels et
                                  contrôler ou simuler des systèmes de plus           alimentent des domaines scientifiques d’une
                                  en plus complexes. Enfin, les interactions          grande vitalité.
                                  avec les autres sciences sont des éléments          Il est important d’insister ici sur les rela-
                                  essentiels de la vitalité de l’informatique, de     tions avec les autres sciences, qui jouent
                                  l’automatique et des mathématiques appli-           un rôle majeur dans la politique scientifique
                                  quées. Elles fonctionnent à double sens :           de l’INRIA. Tout d’abord, c’est un très grand
                                  les autres sciences apportent de nouveaux           avantage de regrouper dans un même institut




14   Plan stratégique 2008-2012
H              istoire

                                                des spécialistes de disciplines − informatique,    été explorées dès les débuts de l’IRIA, mais
                                                automatique, traitement du signal et calcul        elles se sont développées récemment dans
                                                scientifique − qui sont souvent séparées dans      des directions nouvelles, comme le montrent
                                                des structures différentes, en France comme        par exemple les contributions apportées
                                                à l’étranger. Les contributions scientifiques et   ces dernières années en géométrie algorith-
                                                technologiques que pourrait apporter l’INRIA       mique ou stochastique et en chimie compu-
                                                seraient beaucoup plus restreintes et étroites     tationnelle. La dernière décennie a vu aussi
                                                s’il était seulement un institut de recherche      un grand accroissement de l’interaction de
                                                en informatique, car les interactions entre        l’INRIA avec les sciences de l’environne-
                                                informatique et mathématiques appliquées ne        ment, et surtout avec les sciences du vivant,
                                                cessent de se renforcer et sont essentielles       dans des directions variées : bioinforma-
                                                pour relever les nouveaux défis du secteur         tique, biologie moléculaire, neurobiologie,
                                                des STIC et de ses interactions avec d’autres      biomécanique, modélisation d’organes ou
                                                domaines. En conséquence, c’est une préoc-         de fonctions physiologiques, modélisation et
                                                cupation constante de la direction de l’INRIA      simulation de la croissance des plantes, robo-
                                                que les recherches soient menées et évaluées       tique médicale, modélisation des ressources
                                                au sein de l’institut en évitant les frontières    renouvelables, etc.
                                                entre disciplines et les effets de cloisonne-      L’INRIA considère que l’interaction entre les
                                                ment liés à l’organisation. Avec ces atouts,       STIC et les sciences du vivant et les appli-
                                                les interactions avec les mathématiques, avec      cations dans les technologies médicales ou
                                                la physique, la chimie et la mécanique ont         dans le domaine de l’environnement joueront
                                                                                                   un rôle majeur et profond dans la science
                                                                                                   des prochaines décennies, de même que
                                                                                                   la profonde interaction et le grand enrichis-
                                                                                                   sement mutuel des mathématiques et de la
                                                                                                   physique ont tenu une grande place dans
                                                                                                   l’aventure scientifique au cours des derniers
                                                                                                   siècles. Enfin, les questions transversales
                                                                                                   liées à la sécurité, à l’évolution de la société
                                                                                                   de l’information, à l’éducation, à l’économie
                                                                                                   ou au développement durable bénéficient des
                                                                                                   progrès de la recherche en STIC.
                                                                                                   On peut conclure cette rapide présenta-
                                                                                                   tion globale en soulignant encore un aspect
                                                                                                   important. L’INRIA considère que ses recher-
                                                                                                   ches sont soumises à une « tension » parti-
                                                                                                   culière : du fait de la compétition très vive
                                                                                                   liée aux applications des recherches, du
                                                                                                   fait aussi de la rapidité de l’évolution des
                                                                                                   technologies, les STIC sont un domaine de
                                                                                                   recherche où le temps compte. Tout en consi-
                                                                                                   dérant que cette tension est très stimulante
                                                                                                   et fructueuse, l’INRIA estime que, dans ce
                                                                                                   contexte où les sollicitations visant à cibler
                                                                                                   les efforts sur des problèmes de court terme
                                                                                                   sont de plus en plus nombreuses, il doit
                                                                                                   veiller à poursuivre avec détermination son
                                                                                                   implication dans la recherche fondamentale,
                                                                                                   clé de sa capacité à mieux comprendre ses
                                                                                                   domaines scientifiques et à anticiper leurs
Salle	de	réalité	virtuelle.	Visualisation	de	                                                      évolutions et les innovations technologiques
surfaces	géologiques	—	ALICE.                                                                      à moyen et long terme.




                                                                                                              Plan stratégique 2008-2012       15
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




Les grands domaines                            Les 150 équipes-projets de recherche de l’INRIA sont rattachées à cinq grands thèmes
        de recherche                           de recherche, plus précisément à 16 sous-thèmes. Cette répartition permet d’iden-
                                               tifier les forces de l’INRIA selon ces cinq grandes thématiques d’une part et surtout
   abordés à l’INRIA                           permet d’organiser son processus d’évaluation. Les équipes d’un même sous-thème
                                               (en moyenne une dizaine d’équipes) sont, quel que soit leur centre de rattachement,
                                               évaluées simultanément par un collège d’experts internationaux (voir pour plus de détail
                                               sur le processus d’évaluation le paragraphe 4.3.6).
                                               On trouvera ci-contre une description sommaire de chacune de ces cinq grandes thé-
                                               matiques et la liste des seize sous-thèmes, avec pour chacun le nombre d’équipes-
                                               projets correspondant (EPI en décembre 2007).


      1    Systèmes communicants
                                               Le thème Systèmes communicants est centré sur les problèmes que soulèvent la conception
      Com-A                         12 EPI
                                               et la mise en œuvre des outils informatiques nécessaires aux systèmes d’information actuels et
      Systèmes distribués
                                               futurs. Ceux-ci font appel à des systèmes informatiques où de multiples unités de traitement sont
      et architectures réparties
                                               réparties autour de réseaux de communication, avec des contraintes particulières de fiabilité,
      Com-B                     10 EPI         de disponibilité et de performance telles que le temps réel. Ceci concerne d’abord l’architecture
      Réseaux et télécommunications            et les systèmes : outils de conception de processeurs spécialisés, compilation et optimisation de
                                               codes, en particulier pour les systèmes embarqués. La distribution et la mobilité des calculs, le
      Com-C                    10 EPI          temps-réel et l’interopérabilité font intervenir la programmation synchrone, la programmation
      Systèmes embarqués et mobilité           réactive et les processus communicants. Le dimensionnement et la métrologie des réseaux font
                                               appel à la modélisation probabiliste, à la simulation et à la théorie des graphes. La conception
      Com-D                       3 EPI        et l’étude de protocoles adaptés au haut débit et aux caractéristiques des nouveaux réseaux
      Architecture et compilation              ubiquitaires (sans-fil, mobiles, hétérogènes, etc.) est un sujet très actif.




      2    Systèmes cognitifs
                                               Le thème Systèmes cognitifs est centré sur l’interaction entre l’homme et la machine. La
      Cog-A                          7 EPI
                                               psychologie cognitive et l’ergonomie permettent de mieux adapter les systèmes informati-
      Modélisation statisti-
                                               ques à leurs utilisateurs. La manipulation et l’exploitation de bases de données multimédia
      que et apprentissage
                                               impliquent des recherches sur la fouille de données, l’interopérabilité entre ces bases,
                                               l’intermédiation des données, les interfaces en langue naturelle, mais aussi l’indexation, la
      Cog-B                         8 EPI
                                               représentation des connaissances, la modélisation statistique, l’apprentissage et le raison-
      Images et vidéo : perception,
                                               nement. Des applications nombreuses et nouvelles donnent un rôle grandissant à l’image.
      indexation, communication
                                               L’analyse d’images couvre des domaines aussi variés que les images satellitaires, les nouvelles
                                               modalités d’imagerie médicale, l’indexation de documents vidéo ou le pilotage de systèmes
      Cog-C                        8 EPI
                                               robotisés. La synthèse d’images vise à la réalité augmentée et virtuelle, et devient, couplée
      Données multimédia : interpréta-
                                               avec la simulation, un mode d’interaction homme-machine particulièrement riche pour
      tion et interaction homme-machine
                                               des activités comme la conception, la chirurgie et les applications du calcul scientifique.
                                               Le développement des réseaux fournit des contraintes nouvelles pour la transmission et le
      Cog-D                           7 EPI
                                               codage des documents multimédia.
      Synthèse d’images et réalité virtuelle




 1    Plan stratégique 2008-2012
H          istoire
3       Systèmes symboliques
                                        Le thème Systèmes symboliques est centré sur la conception et l’expérimentation de nou-
Sym-A                          12 EPI
                                        veaux outils de programmation pour maîtriser la complexité croissante des logiciels, leur
Sécurité et fiabilité du logiciel
                                        assurer une meilleure fiabilité et garantir la sécurité de leur mise en œuvre. Cette maîtrise
Sym-B                      10 EPI       passe par des langages de haut niveau intégrant des concepts génériques tels les objets ou
Structures algébriques                  les contraintes, et des principes de composition incluant la programmation par composants
et géométriques, algorithmes            et la programmation par aspects. Les recherches portent aussi sur la compilation, les outils
                                        automatiques ou interactifs de preuve de programmes ou de propriétés des programmes,
Sym-C                        10 EPI     en incluant la vérification de l’arithmétique des ordinateurs. De nouvelles applications font
Organisation des conte-                 appel à des algorithmes plus complexes pour la cryptographie, la géométrie algorithmique,
nus et de la langue                     la robotique et la bioinformatique. La conception et l’analyse de ces algorithmes recourent
                                        à des structures algébriques et géométriques et à des méthodes mathématiques nouvelles et
                                        au calcul symbolique. Sont aussi concernées les recherches sur l’organisation des contenus
                                        et de la langue.




    4    Systèmes numériques
                                        Le thème Systèmes numériques porte sur de nouvelles méthodes, de modélisation, de
Num-A                          7 EPI
                                        simulation, d’optimisation et de résolution de problèmes à grande échelle issus de l’in-
Automatique
et systèmes complexes                   génierie, l’économie, la médecine, la biologie ou l’environnement, ou plus généralement
                                        de problèmes inverses en stochastique ou en grande dimension. La théorie des systèmes
Num-B                        11 EPI     complexes et de leur commande, le traitement du signal et l’analyse de données s’appliquent
Grilles et calcul                       ici en robotique, dans la conduite de systèmes industriels, le transport routier ou aérien, le
haute-performance                       contrôle non destructif, les télécommunications, mais aussi en biologie et dans les problè-
                                        mes d’environnement. La simulation de phénomènes complexes relevant des sciences de
Num-C                         9 EPI     l’ingénieur (mécanique des fluides et des structures, semi-conducteurs et électrotechnique,
Modèles déterministes                   météorologie, matériaux nouveaux), des modèles financiers, ou encore d’organes vivants,
ou stochastiques :                      conduit à la recherche de modèles mathématiques qui font souvent intervenir des coupla-
identification et optimisation          ges entre différentes échelles et différents phénomènes physiques, et à la mise au point de
                                        méthodes numériques précises et performantes pour réaliser des simulations numériques
Num-D                      14 EPI
Simulation et analyse numérique         de grande ampleur. Les applications numériques à grande échelle font appel, avec le calcul
pour les modèles physiques              sur la grille, à la programmation parallèle ou distribuée, à la transformation de programmes
                                        et à la gestion d’applications réparties.




5       Systèmes biologiques
                                        Le thème Systèmes biologiques est centré sur la modélisation et simulation pour la biologie
Bio-A                        12 EPI     et la médecine : l’analyse et la simulation d’images médicales et de phénomènes biologiques,
Modélisation et simulation              la compréhension de la vision biologique, la bioinformatique, la robotique médicale et le
pour la biologie et la médecine         mouvement artificiel. La modélisation de la croissance des plantes, la modélisation et le
                                        contrôle de ressources renouvelables sont des sujets d’étude actifs.




                                                                                                      Plan stratégique 2008-2012         17
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




              Les centres                    Les centres de recherche de l’INRIA, au nombre de huit au 1er janvier 2008, sont très suc-
             de recherche                    cinctement décrits dans les encarts des pages suivantes. Leurs orientations scientifiques
                                             dans le cadre du présent plan stratégique sont décrites dans le chapitre 4 (cf. 4.2).
                de l’INRIA




                                                                                              x
                                                                                             u
                                                                                            a
                                                                                        st e
                                                                                       e d
                                                                                      u or
                                                                                    	O B
                                                                                   d 	
                                                                                  u IA
                                                                                 S R
                                                                                  IN




     L     e centre de recherche INRIA Bordeaux - Sud Ouest est, avec Lille et Saclay, un des trois centres incubés au sein de
           l’unité de recherche INRIA Futurs, entre janvier 2002 et décembre 2007. Il est créé comme centre de plein exercice au
     1er janvier 2008.
     Ses 13 équipes de recherche (7 EPI) ont été construites en s’appuyant sur des partenariats forts avec les universités de
     Bordeaux et de Pau et le CNRS, et plus précisément avec leurs laboratoires : le LABRI, l’IMB, le LMA et le MIGP.
     Grâce au dynamisme de ces collaborations, à l’apport de personnels ayant effectué une mobilité depuis d’autres sites de
     l’INRIA et en s’appuyant sur une politique de recrutement de chercheurs et de personnels de soutien à la recherche de
     haute qualité, le centre de recherche rassemble, début 2008, 273 personnes dont 111 sont rémunérées par l’INRIA, parmi
     lesquelles 27 chercheurs et 21 ITA fonctionnaires.




18     Plan stratégique 2008-2012
H           istoire




                                             s le
                                            e b
                                          lp no
                                        -A e
                                       e r
                                      n G
                                     ô 	
                                    h IA
                                   R R
                                    IN




L     e centre de recherche INRIA Grenoble - Rhône-Alpes a été créé en 1992 ; il rassemble environ 500 personnes dont 260
      sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 75 chercheurs et 66 ITA.
La localisation principale du centre est à Montbonnot, près de Grenoble. Près d’un quart de ses effectifs se trouve à Lyon
sur les sites de l’ENS à Gerland et du campus universitaire de la Doua. Le centre, qui dispose de huit services de support à la
recherche, rassemble fin 2007 26 équipes de recherche (23 EPI) qui sont pour la plupart communes avec le CNRS et/ou les
établissements universitaires locaux : elles ont été construites en s’appuyant sur des partenariats forts avec les universités
de Grenoble et Lyon (Université Joseph Fourier, Institut national polytechnique de Grenoble, Université Claude Bernard),
l’École normale supérieure de Lyon et l’INSA de Lyon, ainsi que le CNRS, et plus précisément avec leurs laboratoires dont
le LIG, le LJK, et le LIP ou le CITI.
Sur le plan du transfert technologique, le centre a privilégié la création d’entreprises, avec 14 sociétés créées depuis 1999 et
3 en incubation, et les partenariats avec les grands acteurs locaux comme ST Microelectronics, France Telecom et Xerox.




                                                                                                   Plan stratégique 2008-2012      19
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




                                                         e
                                                   u le
                                                        p
                                                    ro
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     L    e centre de recherche INRIA Lille - Nord Europe est, avec Bordeaux et Saclay, un des trois centres « incubés » au sein
          de l’unité de recherche INRIA Futurs, entre janvier 2002 et décembre 2007. Il est créé comme centre de plein exercice
     au 1er janvier 2008. A cette date, il rassemble environ 200 personnes dont 80 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles
     18 chercheurs et 15 ITA.
     Ses 10 équipes-projets de recherche ont été construites en s’appuyant sur des partenariats avec l’Université des sciences
     et technologies de Lille (Lille 1), l’Université Charles de Gaulle (Lille 3), l’École centrale de Lille et le CNRS. Sept EPI sont
     communes avec le LIFL, deux avec le LAGIS et une avec le laboratoire Paul Painlevé (laboratoire de mathématiques UMR
     8524 CNRS et USTL).
     Le centre s’est installé depuis le printemps 2007 dans un bâtiment de 4000 m2 acquis avec l’aide des collectivités et des fonds
     européens, situé sur le parc scientifique de la Haute Borne, en lisière du campus de l’USTL et de l’École Centrale de Lille.




20     Plan stratégique 2008-2012
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                                                                                     y
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L    e centre de recherche INRIA Nancy - Grand Est a été créé en 1986 ; il compte 480 personnes dont 210 sont rému-
     nérées par l’INRIA, parmi lesquelles 63 chercheurs et 65 ITA.
Ses 22 équipes de recherche (21 EPI) ont été construites en s’appuyant sur des partenariats avec l’Université Henri
Poincaré à Nancy, les Universités de Metz, Nancy 2 et Strasbourg, l’INP de Nancy et le CNRS, et principalement
avec leurs laboratoires LORIA (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications) et IECN (Institut
Elie Cartan). L’INRIA est également présent, par des équipes-projets bi-localisées avec Nancy, sur les sites de Metz,
Besançon et Strasbourg.
Le centre de recherche INRIA Nancy - Grand Est développe de nombreux projets internationaux et une collabora-
tion transfrontalière privilégiée avec la Sarre. En termes de transfert technologique, il est à l’origine de la création de
9 entreprises depuis 2000, et diffuse une quarantaine de logiciels.




                                                                                               Plan stratégique 2008-2012     21
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




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     C      réé en 1967 en même temps que l’institut, le centre de recherche INRIA Paris-Rocquencourt compte aujourd’hui
            environ 600 personnes dont 370 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 128 chercheurs et 130 ITA.
     Il regroupe 9 services et 35 équipes de recherche (31 EPI), dont 17 communes avec les universités Pierre et Marie
     Curie (Paris 6), Denis Diderot (Paris 7), Marne-la-Vallée et Versailles - Saint-Quentin, l’École nationale des Ponts et
     chaussées, l’École normale supérieure de Paris, l’École nationale supérieure de techniques avancées et le CNRS.
     La qualité de ses équipes a permis au centre de créer 25 entreprises et de diffuser près de 50 logiciels de haute qualité,
     dont la moitié en logiciels libres.




22     Plan stratégique 2008-2012
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”
                                                                                             e
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                           ”
     e centre de recherche INRIA Rennes - Bretagne Atlantique a été créé en 1979 en même temps que l’IRIA deve-
     nait « INRIA ». Sur Rennes et Lannion, il est partenaire du CNRS, de l’université de Rennes 1, de l’INSA de Rennes,
regroupés dans l’IRISA, UMR 6074, et de l’ENS Cachan (antenne de Bretagne). Deux équipes-projets, situées à Nantes, sont
communes avec le LINA (rattaché à l’Université de Nantes, à l’École des Mines de Nantes et au CNRS).
Le centre de recherche compte environ 580 personnes, dont 67 chercheurs INRIA, 82 enseignants-chercheurs, 15 cher-
cheurs CNRS, 80 ITA INRIA, 21 personnels techniques et administratifs d’autres établissements, environ 180 doctorants et
25 post-doctorants. Il inclut 7 services de support à la recherche et 26 équipes-projets communes avec l’un ou plusieurs
des partenaires mentionnés plus haut.
Une large partie des travaux de recherche est réalisée dans le cadre de partenariats bilatéraux (partenaires académiques
internationaux, partenaires applicatifs, grands groupes industriels, PME, organismes publics) ou de programmes multila-
téraux (Agence nationale de la recherche, pôles de compétitivité, programmes européens avec la participation à plus de
40 projets du 6e programme-cadre). Le centre est en particulier très impliqué dans le pôle de compétitivité Images  réseaux.
La création d’entreprises innovantes et la valorisation des logiciels et des brevets complète le transfert technologique.




                                                                                                Plan stratégique 2008-2012      2
1. La période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement




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     L    e centre de recherche INRIA Saclay - Île-de-France est, avec Lille et Bordeaux, un des trois centres « incubés » au
          sein de l’unité de recherche INRIA Futurs, entre janvier 2002 et décembre 2007. Il est créé comme centre de plein
     exercice au 1er janvier 2008. Le centre de recherche INRIA Saclay - Île-de-France compte environ 350 personnes dont
     180 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 50 chercheurs et 38 ITA.
     Ses 21 équipes de recherche (15 EPI) ont été construites en s’appuyant sur des partenariats forts avec l’Université
     Paris-Sud, l’École polytechnique, l’École normale supérieure de Cachan, le CNRS, et plus précisément avec leurs labo-
     ratoires : le LRI, le LIX, le LSV, le CMAP et le département de mathématiques de l’Université Paris-Sud.




24     Plan stratégique 2008-2012
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                                                                                            lis
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L    e centre de recherche INRIA Sophia Antipolis - Méditerranée a été créé en 1983 ; il compte environ 460 personnes
     dont 340 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 119 chercheurs et 80 ITA.
Ses 30 équipes de recherche (28 EPI) ont été construites, pour une moitié d’entre elles, en s’appuyant sur des partenariats
étroits avec les Universités de Nice-Sophia Antipolis et de Montpellier, avec le CNRS, l’INRA et le CIRAD, et en particulier
avec les laboratoires I3S, JAD et LIRMM.
Le centre entretient des collaborations très fortes avec les entreprises présentes dans sa zone géographique mais aussi
sur d’autres territoires, et ses équipes participent à plus de 40 projets européens. Il participe aux travaux de huit pôles de
compétitivité et il est membre fondateur du pôle mondial SCS (Solutions communicantes sécurisées). Il participe activement
au rayonnement de la technopole de Sophia Antipolis à travers sa participation active aux associations comme Telecom
Valley, mais aussi à travers les 15 spin-off issues du centre. Il s’inscrit dans le développement du pôle de Montpellier,
notamment à travers sa participation à la Fondation Montpellier Agronomie et développement durable. Enfin, le centre
héberge le siège d’ERCIM et l’équipe européenne de développement du W3C.




                                                                                                 Plan stratégique 2008-2012      25
Enjeux et contexte 
de la recherche  
en STIC

 Dans	cette	partie	
                  :




                                                            E
2.1	   Des	enjeux	de	société	                     page	28
2.2	 Des	défis	scientifiques	et	technologiques	   page	31
2.3	 	 e	cadre	international		
     L
     et	national	des	recherches	en	STIC	          page	33
       2.3.1	 Contexte	international	             page	33
       2.3.2	Contexte	européen	                   page	33
       2.3.3	Contexte	national	                   page	34
 




E   njeux
2.1 Des enjeux de société




                                  Les sciences et technologies de l’informa-                     démonstratives des prédictions permettront
                        2.1       tion sont présentes dans pratiquement tous
                                  les secteurs d’activité. Elles contribuent de
                                                                                                 de mobiliser les opinions publiques pour des
                                                                                                 actions préventives, nécessairement à long

                Des enjeux        façon essentielle à l’accélération des progrès
                                  scientifiques et technologiques, aux gains de
                                                                                                 terme, qui réclament des ressources et de
                                                                                                 forts engagements politiques et sociaux.
                de société        productivité et à la croissance. L’économie, au
                                  sens large de l’ensemble des échanges entre
                                                                                                 En ce qui concerne le développement durable,
                                                                                                 il faudra trouver des réponses pérennes aux
                                  les hommes, et la société toute entière sont                   besoins d’une humanité qui comportera près
                                  profondément modifiées par les nouvelles                       de 9,5 milliards de personnes au milieu du
                                  infrastructures et modalités pour communi-                     siècle. En termes de besoins alimentaires, il
                                  quer, interagir et produire.                                   faudra maitriser l’érosion des sols, leur appau-
                                  Les STIC transforment radicalement les                         vrissement et leur pollution par surexploita-
                                  méthodes et les outils du scientifique et de                   tion et par utilisation abusive d’engrais et
                                  l’ingénieur pour observer, pour synthétiser à                  de pesticides. Les réponses aux demandes
                                  partir de grandes masses de données, pour                      de production agronomique sont possibles,
                                  représenter et abstraire, pour modéliser, visua-               dans le respect du développement durable,
                                  liser, concevoir et décider. On les retrouve au                si on sait prendre en compte conjointement
                                  cœur des sciences numériques et de l’ingé-                     les besoins des plantes et ceux de leur envi-
                                  nierie numérique*.                                             ronnement. Les techniques de modélisation
                                  L’INRIA a élaboré ses choix stratégiques pour                  et de calcul peuvent contribuer significati-
                                  répondre aux défis sociétaux et aux enjeux                     vement à la résolution de ces problèmes et
                                  économiques que les STIC contribuent à                         d’autres relatifs, par exemple, aux ressources
                                  résoudre.                                                      halieutiques.
                                  Le grand défi sociétal est l’amélioration des                  Ces techniques, ajoutées à celles de la
                                  conditions de vie de l’ensemble de l’humanité,                 conception, de l’optimisation et du contrôle
                                  avec réduction du déséquilibre Nord/Sud,                       automatique, peuvent également contribuer
                                  conjuguée à la préservation de l’environnement                 aux besoins en matière d’énergie. L’aide
                                  de la planète. Ce défi se décline en particu-                  à la conception de bâtiments HQE (haute
                                  lier en termes de développement durable,                       qualité énergétique), la gestion intelligente des
                                  d’amélioration de la santé, de prise en compte                 besoins prenant en compte diverses sources
                                  du vieillissement qui en est la résultante, et                 énergétiques, en particulier renouvelables, peut
                                  d’accès généralisé à la connaissance.                          être effectuée en ligne par des systèmes de
                                  Concernant les questions environnemen-                         contrôle/commande mis en œuvre à l’échelle
                                  tales, la modélisation et la simulation, conju-                d’une maison, d’un immeuble ou d’une ville. On
                                  guées aux possibilités d’observation et de                     retrouve le contrôle actif partout où l’énergie
                                  détection, permettent d’étudier avec de plus                   doit être économisée, en particulier dans les
                                  en plus de précision les phénomènes naturels                   transports, où les actionneurs électriques
                                  complexes en jeu. Elles peuvent conduire à                     s’imposent progressivement. Enfin, les STIC
                                  des outils pour prédire, concevoir des straté-                 peuvent également contribuer à la gestion de
                                  gies de prévention ou d’adaptation, analyser                   nouvelles sources d’énergie : biocarburants,
                                  des scénarios et évaluer les risques de telle                  solaire, géothermique, éolien, jusqu’aux géné-
                                  ou telle politique environnementale ou de                      rateurs futurs du projet ITER.
                                  l’absence d’action. Elles fournissent des                      La santé est l’un des domaines où l’apport
                                  outils essentiels face aux risques vitaux liés                 des STIC a été déterminant ces dernières
                                  à l’accumulation des gaz à effet de serre et                   décennies, et où les besoins et les possibilités
                                  aux profondes perturbations climatiques et                     de progrès scientifiques et technologiques
                                  océaniques. Les possibilités de visualisation                  sont considérables. On pense par exemple
                                                                                                 aux grandes maladies virales, au cancer, ou
                                  * Le terme numérique est utilisé dans ce document au           aux maladies neuro-dégénératives. L’INRIA
                                  sens large de calculatoire (ou computationnel), faisant        se mobilisera largement sur ce sujet. On peut
                                  référence à l’ensemble des méthodes et algorithmes des         citer également l’intégration de divers modes
                                  mathématiques appliquées et des STIC qui permettent
                                  l’élaboration et l’identification de modèles et leur mise en   d’imagerie médicale et de mesure avec une
                                  œuvre en programmes effectifs.                                 modélisation multi-physique en vue d’obtenir




28   Plan stratégique 2008-2012
E     njeux
                         une représentation fine et personnalisée des         particuliers, logistique, ferroutage, transports
                         organes, la modélisation en épidémiologie, la        en commun modulables, nouveaux modes
                         modélisation des effets des médicaments, la          de déplacement. Les techniques de géo-
                         bioinformatique – à l’origine de progrès spec-       localisation, d’information spatiale individua-
                         taculaires en génomique et post-génomique –,         lisée et d’intelligence ambiante ouvrent de
                         la conception et le contrôle d’organes et de         nouvelles modalités d’organisation urbaine et
                         systèmes palliatifs des déficiences sensorielles     de nouvelles libertés de déplacement, en parti-
                         ou motrices, ou encore l’assistance robotisée à      culier pour les personnes handicapées.
                         la chirurgie. Au-delà de ces technologies poin-      L’éducation, l’apprentissage, et la formation
                         tues, le patient reste au cœur de tout dispositif    correspondent à des enjeux majeurs pour
                         de santé, avec la mise en place de systèmes          la société de la connaissance. Les outils de
                         d’information adaptés et le développement            communication, de visualisation, de réalité
                         du maintien à domicile par télésurveillance,         virtuelle et d’interaction peuvent y répondre,
                         télémédecine, voire même télé-chirurgie dans         en particulier en permettant un accès à l’infor-
                         certaines situations.                                mation au niveau de son contenu sémantique,
                         L’évolution démographique, caractérisée en           et selon des modalités et des langages natu-
                         particulier par le vieillissement et la concentra-   rels d’interaction (parole, vision, gestes).
                         tion urbaine des populations, ouvre d’autres         Une composante importante des enjeux des
                         grands champs d’intervention, par exemple            technologies de l’information et de la commu-
                         liés à l’autonomie des personnes âgées,              nication est leur fort potentiel de développe-
Les STIC                 aux problèmes de sécurité, aux problèmes             ment économique et industriel. Leur impact
                         d’organisation urbaine et aux problèmes de           est d’ores et déjà considérable. On estime que
transforment             transports.                                          près de la moitié de la croissance économique
                         La sécurité et la protection des personnes,          mondiale est aujourd’hui due aux STIC. La
radicalement les         des biens et des institutions deviennent des         production de biens a considérablement
méthodes et les outils   enjeux majeurs pour les sociétés avancées ;
                         les technologies de l’information sont encore
                                                                              gagné en efficacité et en flexibilité, donnant
                                                                              lieu à de larges différenciations des offres,
du scientifique et       au premier plan, à la fois en tant que facteurs      voire à des produits personnalisés, avec une
                         de risque et outils de protection. Les techni-       forte valeur ajoutée. Les STIC sont un facteur
de l’ingénieur pour      ques de surveillance intelligente, de biométrie      essentiel de l’innovation industrielle, grâce
                         ou de traçage visent à améliorer la sécurité, à      aux nouvelles possibilités d’ingénierie et de
observer, modéliser,     condition de prendre les précautions néces-          production, mais aussi grâce à l’intégration
                         saires pour qu’elles ne conduisent pas à des         dans les objets les plus divers de capteurs,
visualiser, concevoir    dérives en matière de libertés individuelles, ce     d’actionneurs, de circuits de communication
et décider.              qui renvoie au lien nécessaire entre STIC et
                         société. La cryptographie est une technique
                                                                              et de traitement de l’information qui ouvrent
                                                                              des fonctionnalités inédites.
                         de protection des échanges, mais d’autres            La part des STIC dans tous les produits, et
                         aspects de la sécurité et de la confidentialité      en particulier dans les produits grand public,
                         sont tout aussi importants : détection des           est en forte croissance. Dans les services, la
                         fraudes et intrusions, lutte contre l’intelligence   croissance des STIC est encore plus impor-
                         économique ou contre la délinquance élec-            tante. Ainsi, le commerce électronique entre
                         tronique à travers les réseaux, protection de        entreprises, et de plus en plus entre indi-
                         la vie privée.                                       vidus, connaît un essor spectaculaire. Il en
                         Concernant le transport individuel, les fonc-        va de même des échanges électroniques
                         tions d’assistance informatisée à la conduite et     de services, qui s’appuient sur les possibi-
                         les fonctions de sécurisation se complexifient       lités technologiques du web, sur les accès
                         et se généralisent. La conception architec-          ubiquitaires et la manipulation des contenus
                         turale globale, l’optimisation et la fiabilisa-      sémantiques. La mise en réseau des entre-
                         tion du véhicule et du système de transport          prises et des personnes a donné lieu à des
                         restent cependant largement à améliorer.             mutations dans l’organisation du travail, avec
                         Plus généralement, les STIC peuvent contri-          par exemple une plus grande polyvalence,
                         buer en termes d’optimisation en temps réel          davantage d’autonomie et de délégation de
                         ou différé : déplacements multimodaux des            responsabilité.




                                                                                         Plan stratégique 2008-2012       29
2.1 Des enjeux de société




                                  Cette mutation se poursuit avec le développe-         prothèses mémoire, multiplication des puces
                                  ment des technologies de travail collaboratif.        RFID implantées dans le corps humain, traça-
                                  La notion d’intelligence collective prend             bilité des objets et des individus). Il va sans
                                  aujourd’hui des dimensions concrètes dans             dire que ces types d’utilisation auront des
                                  tous les secteurs, allant de la mobilisation d’in-    incidences considérables sur l’évolution de la
                                  ternautes dans des études d’épidémiologie, à          société et qu’ils susciteront de nombreuses
                                  leur implication dans des services d’expertise        questions de fond, entre droit, éthique et
                                  et de résolution de problèmes techniques, des         technologie. L’adoption à grande échelle de
                                  services d’ingénierie, de conception, de test         technologies comme Internet ou de nouveaux
                                  de nouveaux produits, de marketing, d’études          modes de création et de diffusion de connais-
                                  économiques, politiques ou sociales à vaste           sances et de biens numériques pose déjà de
                                  échelle. Les entreprises qui organisent ces           nombreuses questions de droit : protection de
                                  services s’appuient sur des communautés               la vie privée, responsabilité légale, propriété
                                  virtuelles et mouvantes de plus en plus vastes;       intellectuelle, non-discrimination. Se posent
                                  elles créent de nouvelles relations au travail.       également les questions de preuves formelles,
                                  Les possibilités croissantes de partage et de         de certification, de responsabilité et d’assu-
                                  capitalisation d’informations, de modèles, et         rance légales des logiciels, ainsi, bien entendu,
                                  de logiciels libres pour le traitement de ces         que les problèmes d’acception sociale et d’er-
                                  informations, sont génératrices de plus values        gonomie. Par ailleurs, les questions éthiques
                                  économiques importantes.                              prennent de plus en plus d’importance, par
                                  La société de l’information conduit à des             exemple sur les micro et nanotechnologies.
                                  mutations profondes de l’entreprise, mais             Tout ceci nécessite la mise en place de débats
                                  aussi de la ville, des services publics et de         citoyens qui seront d’autant plus fructueux
                                  l’organisation sociale. Les technologies numé-        que la connaissance et la culture scientifiques
                                  riques sont de plus en plus intégrées dans            auront été diffusées. Ces enjeux requièrent
                                  notre vie quotidienne, politique et sociale, par      également d’amplifier les relations entre STIC
                                  exemple dans l’ensemble des outils d’adminis-         et sciences humaines et sociales, sur les volets
                                  tration électronique, ou dans le débat politique.     évoqués, mais également sur d’autres touchant
                                  L’informatisation des administrations et de           en particulier à la sociologie, à l’ergonomie ou
                                  l’ensemble des échanges se poursuivra, avec           à l’économie.
                                  les impératifs associés de sécurité et de protec-     Ces collaborations multidisciplinaires sont
                                  tion des droits de l’individu et de l’entreprise.     nécessaires à l’institut pour comprendre et
                                  Il reste certainement beaucoup à faire dans           affirmer son positionnement au sein de la
                                  ce domaine pour que la société de l’informa-          société de l’information. Elles peuvent égale-
                                  tion soit réellement au service de l’homme,           ment être très fécondes sur le plan de la
                                  en particulier avec l’apparition permanente           recherche, amener à renouveler une problé-
                                  de nouveaux usages. Paradoxalement, c’est             matique scientifique ou à susciter de nouvelles
                                  aussi aux STIC elles-mêmes de permettre               pistes de réflexion. L’INRIA renforcera ses
                                  d’atteindre cet équilibre. D’abord, l’accès           efforts dans ce sens et prendra des initia-
                                  de tous à la société de l’information et de la        tives pour créer des projets multidisciplinaires
                                  connaissance nécessite des efforts considéra-         permettant d’établir sur le long terme des
                                  bles en matière de disponibilité d’équipements        relations étroites avec des partenaires des
                                  (réseaux, ordinateurs, logiciels), de leur facilité   sciences humaines et sociales.
                                  de programmation, d’adaptation aisée, et d’uti-       Ces défis montrent que l’INRIA est présent
                                  lisation naturelle par le non spécialiste, efforts    sur un front essentiel au développement
                                  qui requièrent des recherches spécifiques.            économique et industriel du pays. L’institut
                                  De manière plus générale, les progrès consi-          est fortement engagé sur ces enjeux sociaux
                                  dérables effectués dans tous les domaines             et économiques avec une longue tradition
                                  des STIC (miniaturisation, recherche intelli-         de partenariats industriels et d’essaimage. Il
                                  gente d’informations, traitement d’images) vont       entend accroître ses actions de développe-
                                  rendre possibles des scénarios considérés,            ment technologique, augmenter ses actions
                                  il y a peu, comme relevant de la science-             de transfert et amplifier l’impact économique
                                  fiction, voire menaçants (Internet des objets,        et social de ses technologies.




0   Plan stratégique 2008-2012
E   njeux
                     L’INRIA, institut de recherche de réputation       mesure d’interpréter correctement les modèles
              2.2    mondiale, doit continuer à tenir une place
                     de choix dans la recherche fondamentale en
                                                                        d’autres composantes avec lesquelles elle
                                                                        pourrait s’interfacer. Cet échange doit pouvoir

       Des défis     mathématiques appliquées, en informatique
                     et en automatique pour faire progresser le
                                                                        se faire relativement à un ensemble ouvert
                                                                        de modèles, ainsi qu’à divers niveaux de
 scientifiques et    savoir, préparer les innovations technologi-
                     ques de demain et répondre aux défis socié-
                                                                        granularité entre composantes d’un sous-
                                                                        système, entre sous-systèmes, etc. Par
technologiques       taux évoqués ci-dessus. L’institut doit relever    ailleurs, l’autonomie fonctionnelle d’une
                     les grands défis scientifiques auxquels les        machine nécessite des capacités sensorielles,
                     STIC seront confrontées dans les années à          de perception et d’interprétation de l’environ-
                     venir, en particulier, au cours de l’exécution     nement, des capacités de supervision et de
                     de ce plan stratégique.                            diagnostic, de prédiction, de planification,
                     Lorsqu’on analyse l’environnement numérique        voire d’apprentissage.
                     dans lequel on se situe aujourd’hui, force         Le changement d’échelle est également consi-
                     est de constater un changement drastique           dérable pour le volume et la complexité des
                     d’échelle dans la taille et la complexité des      données à traiter. On estime à 10 milliards de
                     systèmes de référence. Dans le domaine des         Giga octets la masse de données créées en
                     réseaux, Internet interconnecte aujourd’hui        200 ; ce chiffre atteindra les 1000 milliards de
                     2 milliards de dispositifs. Ce chiffre sera        Giga en 2010, dont une bonne part sera acces-
                     en forte croissance, en particulier avec les       sible sur le réseau. Au-delà des quantités,
                     projets d’ordinateurs individuels à très bas       les nouveaux moteurs de recherche devront
                     coût. La tendance est celle d’un Internet des      s’adresser à des contenus sémantiques de
                     objets permettant de connecter un nombre           plus en plus divers, riches et complexes,
                     considérable d’artefacts. Avec l’arrivée des       et permettre de chercher efficacement et
                     nanotechnologies, il est question de pous-         intelligemment l’information pertinente pour
                     sières intelligentes, petits dispositifs dotés     l’utilisateur. L’algorithmique classique de
                     de capteurs, de capacités de calcul et de          ces domaines devra être revue pour faire
                     communication.                                     face au changement d’échelle, à la qualité
                     L’arrivée des nouvelles architectures de           et l’intelligence des traitements attendus,
                     réseaux soulève des questions de distri-           mais également à la réactivité et l’interac-
                     bution et de communication très large et           tivité, à l’adaptation à l’utilisateur, souvent
                     flexible, d’hétérogénéité, d’interopérabilité,     manquantes à l’heure actuelle.
                     d’évolutivité, d’adaptation au contexte et d’in-   Il est également important d’évoquer la
                     teraction intelligente au niveau opérationnel      question de l’ordinateur du futur qui sera
                     avec l’utilisateur. Elle soulève également des     amené à prendre le relais de nos calculateurs
                     questions d’autonomie énergétique, fonction-       actuels, dont les performances commencent
                     nelle et décisionnelle.                            à atteindre leurs limites. Même si on peut
                     L’invisibilité d’une technologie, dans son         concevoir que des améliorations techno-
                     usage quotidien, est une preuve de sa très         logiques telles que les architectures multi-
                     grande maturité. Il apparaît clairement que        cœurs puissent permettre d’aller plus loin, on
                     de très nombreux défis scientifiques restent à     pressent que l’avenir sera à des machines de
                     relever pour atteindre un tel stade de maturité    conception totalement révolutionnaire, peut-
                     technologique. Ainsi, l’interaction avec une       être fondées sur des mécanismes optiques,
                     machine doit être transparente en utilisant,       quantiques ou biologiques. De tels progrès
                     dans les deux sens, nos modalités naturelles :     révolutionneront la vision que l’on peut avoir
                     vision, langage naturel parlé, geste et touché.    sur l’avenir des STIC dans de nombreux
                     L’interaction intelligente entre machines, au-     domaines, celui de la cryptographie n’étant
                     delà de l’interopérabilité, requiert par exemple   pas le moindre.
                     que chaque composante en réseau soit en            Par ailleurs, les STIC sont au cœur de la
                     mesure d’exporter un modèle intelligible et        plupart des grands défis interdisciplinaires de
                     relativement complet des services qu’elle peut     notre époque, qui couvrent les sciences de la
                     offrir ainsi que de son fonctionnement et de       matière, de la vie, de la terre et de l’univers,
                     ses contraintes, et qu’elle soit également en      mais aussi les sciences humaines et sociales.




                                                                                   Plan stratégique 2008-2012        1
2.2 Des défis scientifiques et technologiques




                                                Pour ces défis des sciences numériques, il         pour planifier et agir. Sa compréhension est
                                                s’agit de développer des représentations           l’une des grandes aventures de la science.
                                                et des modèles hétérogènes complexes,              Ce qui est en jeu, ce sont non seulement
                                                intégrés aux capteurs et aux données, et           les réponses à de très anciennes questions
                                                de les mettre en œuvre dans des processus          que l’homme se pose sur sa singularité,
                                                efficaces de calcul, d’organisation et de          sa conscience au monde, mais aussi une
                                                recherche de l’information, de synthèse et         demande sociale pressante, multiforme
                                                d’optimisation, de vérification et de preuve,      et légitime de santé publique concernant
                                                de prédiction, de simulation et de visualisation   les maladies mentales et dégénératives, la
                                                précises. Ainsi, les problèmes interdiscipli-      dépendance, les handicaps physiques et
                                                naires de l’environnement, de l’écologie et        sensoriels, les démences. Les aspects médi-
                                                du développement durable, déjà évoqués,            caux concernent notamment le traitement
                                                ouvrent dans ce sens de vastes perspec-            et l’analyse de données d’imagerie au sens
                                                tives de recherche. Des défis scientifiques et     large, afin de développer des modèles, des
                                                technologiques essentiels sont à relever pour      algorithmes, des simulations pour aider au
                                                appréhender le vivant, pour observer, analyser     traitement des maladies du système nerveux
                                                et modéliser le fonctionnement biologique,         central. D’une façon complémentaire, les
                                                à tous les niveaux – celui de la molécule,         neurosciences computationnelles appréhen-
                                                de la cellule, de l’organe et d’organismes         dent le système nerveux central comme un
                                                complets. Les enjeux pour les STIC vont des        système de traitement de l’information parmi
                                                nano-biotechnologies, des laboratoires sur         les plus sophistiqués qui soient et dont on
                                                puces, de la bioinformatique et de l’imagerie      est très loin de comprendre les principes
                                                multimodale, à la modélisation d’un organe         de fonctionnement. Les questions de savoir
                                                aussi complexe que le cerveau.                     comment l’information y est représentée
                                                Notre cerveau est l’organe par lequel nous         (les codes neuronaux), stockée (les types
                                                explorons et communiquons avec notre envi-         de mémoire, leur redondance), mise à jour
                                                ronnement et grâce auquel nous construisons        (l’apprentissage, la plasticité), et traitée sont
                                                les représentations mentales nécessaires           absolument fondamentales. C’est un défi
                                                                                                   scientifique majeur que l’INRIA doit contribuer
                                                                                                   à relever, avec d’autres. Au delà de l’acqui-
                                                                                                   sition de connaissances fondamentales,
                                                                                                   évidemment très importantes, les retombées
                                                                                                   applicatives potentielles sont innombrables,
                                                                                                   citons la mise au point de nouveaux types de
                                                                                                   machines de traitement de l’information, des
                                                                                                   ordinateurs neuro-inspirées, des nouvelles
                                                                                                   interfaces cerveau - machine, de nouvelles
                                                                                                   prothèses pour les malentendants et les
                                                                                                   malvoyants, de nouveaux traitements plus
                                                                                                   efficaces pour les personnes atteintes de
                                                                                                   maladies neuro-dégénératives.
                                                                                                   Les problèmes évoqués ci-dessus feront
                                                                                                   appel à des domaines scientifiques divers
                                                                                                   dans le champ des sciences et technolo-
                                                                                                   gies de l’information. Les sections .1 et .2
                                                                                                   décrivent les sept axes sur lesquels l’INRIA
                                                                                                   fait le choix de porter prioritairement ses
                                                                                                   efforts. L’institut maintiendra cependant une
                                                                                                   ouverture sur d’autres thèmes exploratoires
                                                                                                   et encouragera des initiatives telles que celles
                                                                                                   présentées en section .4 autour des techno-
 Carte,	en	transparence,	de	la	variabilité	anatomique	                                             logies émergentes ou, dans un cadre euro-
 du	cerveau	(vue	du	côté	droit)	—	ASCLEPIOS.                                                       péen, par une participation à l’ERC.




2   Plan stratégique 2008-2012
E   njeux
                    2.3.1	 Contexte	international                       la cyber-infrastructure, la modélisation et la
             2.3    Les STIC sont perçues comme un des facteurs
                                                                        simulation complexes pour l’ingénierie, ainsi
                                                                        que la cyber-sécurité.

       Le cadre     premiers de la croissance et du développe-
                    ment. Elles sont donc une des priorités de la
                                                                        En Chine, la recherche en STIC est pilotée par
                                                                        un programme du ministère de la science et
   international 
                    RD mondiale. Rappelons quelques ordres
                    de grandeur :
                                                                        technologie (MOST, programme de dévelop-
                                                                        pement de hautes technologies). Les grandes
     et national 
                    • le montant de l’investissement total en           lignes portent sur la perception intelligente et

des recherches           RD STIC aux États-Unis en 200 est de
                         71 milliards de dollars (G$) en parité de
                                                                        les technologies de calcul avancé, les réseaux
                                                                        intelligents et les technologies de communi-
        en STIC          pouvoir d’achat, ce chiffre est le double de
                         celui constaté au Japon et dans l’Europe
                                                                        cation, les technologies de réalité virtuelle et
                                                                        la sécurité de l’information.
                         des 25) ;                                      Au Japon, les grandes tendances de l’action
                    • la Chine, avec 8,7 G$ d’investissement           gouvernementale sur les STIC mettent en
                         en RD, a pris en 2005 la deuxième place       avant l’informatique ubiquitaire, avec le plan
                         mondiale pour la RD industrielle en STIC.     u-Japan (liaisons par fibre optique FTTH,
                         Ce montant est légèrement supérieur            réseaux sans fils, IPv, Internet des objets,
                         à celui du Japon (4,1 G$), lequel est         RFID), les supercalculateurs, (développe-
                         supérieur à celui de l’Europe des 25 (22,1     ment d’un supercalculateur d’une dizaine de
                         G$) ;                                          petaflops, destiné à être le plus puissant du
                    • après les quatre grands, États-Unis, Chine,       monde en 2011), et la robotique. Le ministère
                         Japon, et Europe, d’autres acteurs se posi-    de l’industrie japonais voit en la robotique une
                         tionnent dans ce classement, dans l’ordre      industrie d’avenir, en particulier la robotique
                         (et situant les principaux pays européens      domestique et de service, dont le marché est
                         indépendamment de la communauté) :             estimé à 50 G$ en 2025.
                         Corée, Inde, Brésil, Allemagne, France,
                         Royaume-Uni, Taïwan, Canada, Russie,           2.3.2	 Contexte	européen
                         Suède, Finlande, Israël, Singapour.
                    Aux États-Unis, le financement des STIC est         La Commission européenne a lancé en
                    caractérisé par l’influence des programmes          2000 le concept « d’Espace européen de la
                    militaires, principalement dans le soutien à        recherche » dont l’objectif est de coordonner
                    l’industrie. Le financement des STIC au Japon       les activités de recherche et d’innovation, tant
                    et dans le reste de l’Asie est caractérisé par      au niveau des États membres qu’au niveau de
                    un fort investissement du secteur industriel        l’Union. Jusqu’alors, la recherche au niveau
                    privé. En Europe et notamment en France,            européen devait faire face à de nombreuses
                    les budgets publics et la recherche publique        difficultés : la fragmentation des efforts, l’iso-
                    jouent un rôle important, avec un investisse-       lement des systèmes nationaux de recherche,
                    ment privé comparativement plus faible.             la disparité des régimes réglementaires et
                    Les thématiques privilégiées aux États-Unis         administratifs s’ajoutant à un investissement
                    portent en particulier, selon la coordination       faible en matière de recherche, très en deçà
                    assurée par le NITRD, sur le calcul à haute         des objectifs de Lisbonne.
                    performance, les réseaux, les interactions          Sur la période 2007-201, l’investissement
                    homme-machine et l’exploitation des masses          de la Commission en matière de recherche
                    de données, le génie logiciel, la sécurité et       se situera dans le cadre du 7e PCRD dont les
                    la fiabilité des logiciels et des systèmes,         grandes lignes d’action sont regroupées en
                    les aspects socio-économiques (formation,           quatre grands programmes : Coopération,
                    éducation, usages sociétaux). Le secteur            Idées, Personnes et Capacités. Le programme
                    des télécommunications fait l’objet d’ac-           Coopération, relativement classique, permet
                    tions significatives de la DARPA ou de la           la mise en place d’actions de RD coopéra-
                    NSF. Par ailleurs, dans le cadre de l’American      tives incluant industriels et établissements de
                    Competitiveness Initiative, on retrouve, parmi      recherche. Le programme Idées, beaucoup
                    les grandes priorités nationales, le calcul à       plus ambitieux sur le plan de la recherche
                    haute performance, les réseaux avancés et           fondamentale, va permettre à des chercheurs




                                                                                   Plan stratégique 2008-2012
2. Le cadre international et national des recherches en STIC




                                  de s’investir pleinement sur des actions de         2.3.3	 Contexte	national
                                  recherche très amont avec des soutiens finan-
                                  ciers conséquents sur une durée de cinq ans.        Pour tous les domaines porteurs de croissance,
                                  A cet effet, a été créé le Conseil européen de      la recherche est source d’innovation et moteur
                                  la recherche, destiné à gérer ce programme sur      de développement économique et de progrès
                                  le plan scientifique. Le programme Personnes        social. Cette recherche est mondiale, et les
                                  est relatif à la mobilité des personnels de         compétiteurs sont de poids. La population
                                  recherche, notamment au sein de l’Union             de la France représente moins de 1 % de la
                                  européenne, et à l’élaboration d’un « statut        population mondiale, son produit intérieur brut
                                  de chercheur européen » considéré comme             moins de 4 % du PIB mondial. Une mesure
                                  nécessaire pour rendre viable la construction       du poids international de sa recherche est
                                  d’équipes et de laboratoires européens. Enfin,      sa production scientifique, évaluée à 4,7 %
                                  le Programme Capacités est principalement           (poids des publications françaises au plan
                                  concerné par les grandes infrastructures de         mondial, toutes disciplines confondues). La
                                  recherche.                                          France n’est pas le pays avec le plus fort PIB,
                                       e
                                  Le 7 PCRD est doté d’un budget de 50.5 G€           elle n’est pas le pays le plus peuplé, et elle
                                  pour les années 2007 à 201, dont environ           n’est pas excellente dans tous les domaines.
                                  1G€ consacré au Conseil de la Recherche             Il convient donc de réaffirmer les priorités
                                  Européen. Au delà de ce financement pure-           nationales sur les domaines où l’on dispose
                                  ment communautaire, tous les pays de l’Union        d’atouts forts et qui sont par ailleurs les plus
                                  consentent des efforts de recherche (publics        productifs de croissance. Ceci est le cas des
                                  et privés) importants sur les STIC, efforts         STIC, doublement peut-on dire, puisque les
                                  qui visent à atteindre en 2010 l’objectif de        recherches en STIC sont porteuses d’innova-
                                  Lisbonne de  % du PIB consacré à la RD.           tion en elles-mêmes (Internet, infrastructures
                                  L’action de l’INRIA, s’inscrit évidemment dans      numériques, systèmes embarqués, etc.), mais
                                  ce cadre ambitieux de la construction de            également parce qu’elles sont essentielles pour
                                  l’Espace européen de la recherche.                  le développement de la RD dans les domaines
                                  La participation à des projets soutenus par le      de la biologie, de la santé, de l’énergie et de
                                  Conseil européen de la recherche de certains        l’environnement, autres priorités affichées par
                                  chercheurs de l’institut – ou de chercheurs exté-   notre pays. La plupart des pays développés
                                  rieurs intéressés à le rejoindre pour un séjour     mettent en avant des politiques particulièrement
                                  long dans l’une de ses équipes – constitue un       volontaristes sur les STIC.
                                  objectif essentiel pour ce qui est de la recon-     Les STIC sont, de fait, une des priorités
                                  naissance de l’excellence des recherches            nationales comme en témoignent les moyens
                                  de l’INRIA. Sur un autre plan, dans le cadre        affectés à ces domaines en 200 par l’ANR
                                  du programme Coopération, la Commission             (155 M€, soit 20 % de son budget), par l’AII
                                  promeut la création de « Plates-formes tech-        (25 M€ soit 45 % des soutiens alloués) ou par
                                  nologiques européennes » autour de sujets           la DGE (8 M€ soit 45 % des soutiens du FCE
                                  stratégiques tels que les systèmes enfouis, les     apportés aux projets des pôles de compétitivité,
                                  logiciels et les services, les communications       auxquels se rajoutent les soutiens importants
                                  satellitaires, etc. L’INRIA est très présent dans   des collectivités). Ces priorités doivent, à tout
                                  la mise en place de ces actions d’envergure         le moins, être confirmées.
                                  qui structureront l’effort européen en matière      Les instruments pour la recherche s’articulent
                                  de RD à vocation industrielle.                     en France autour des établissements d’en-
                                  Au-delà de l’action de la Commission, mais          seignement supérieur, des organismes de
                                  dans le même esprit, des initiatives prendront      recherche, des entreprises et des agences de
                                  corps pour mener, à terme, à des labora-            moyens. Les universités et écoles ont vocation à
                                  toires d’envergure européenne. Dans cette           conduire leurs missions de formation, recherche
                                  perspective, et comme indiqué par ailleurs,         et innovation au sein de grands départements
                                  l’INRIA s’efforcera ainsi de constituer des         thématiques pérennes. Les organismes ont
                                  équipes-projets communes avec de grands             vocation à élaborer et conduire une stratégie de
                                  acteurs de la recherche de plusieurs pays           recherche, à se focaliser sur des thématiques et
                                  européens.                                          des projets d’excellence en partenariat avec les




4   Plan stratégique 2008-2012
E     njeux
                         universités et les acteurs socio-économiques           concernés par les thématiques de l’institut
                         et à assurer la cohérence entre recherche et           (modélisation, logiciels complexes, infras-
                         valorisation, jouant ainsi plus largement un rôle      tructure numérique, traitement des données,
                         d’entraînement pour la communauté nationale.           recherche aux confins des sciences de l’infor-
                         Les agences de financement apportent des               matique et du vivant), qu’ils soient de dimension
                         ressources sur des programmes compétitifs              mondiale (Aerospace Valley en Aquitaine et
                         mettant en œuvre une politique nationale.              Midi-Pyrénées, System@tic en Île-de-France,
                         Ce modèle est en train de se mettre en place           Minalogic en Rhône-Alpes et SCS en PACA) ou
                         avec des organismes de recherche spécialisés,          à vocation mondiale (par exemple en Bretagne,
                         qui figurent aujourd’hui parmi les meilleurs au        Île-de-France, ou Nord Pas-de-Calais les pôles
                         monde dans leur domaine, et des universités qui        Images et réseaux, Véhicule du futur, Cap Digital
                         disposent dorénavant des outils pour renforcer         ou Industrie du commerce). Les équipes de
                         leur gouvernance, pour se regrouper et amplifier       l’institut sont présentes aujourd’hui dans près
                         leur visibilité et attractivité internationales.       de soixante projets des pôles. Cette politique
                         Par ailleurs, la loi sur la recherche, en créant       de partenariat se prolonge également dans le
                         les Pôles de recherche et d’enseignement               cadre des actions de l’ANR : l’institut participe
                         supérieur (PRES) – qui peuvent concrétiser la          à plus de 240 projets ANR en cours fin 2007,
                         volonté des universités de se regrouper sur            dont la majorité implique des partenaires indus-
                         un site en une entité visible et attractive au         triels. C’est la qualité des recherches menées
L’INRIA entend se        plan mondial – et les Réseaux thématiques              qui a permis cette implication.
                         de recherche avancée (RTRA) – qui, comme               En ce qui concerne les RTRA, l’INRIA est
positionner fortement    leur nom ne l’indique pas clairement, offrent un       membre fondateur des RTRA Digiteo à Saclay
                         cadre de regroupement sur un site d’équipes            et Infectiologie à Lyon. Il devrait être prochai-
au cœur de huit          de niveau international dans un domaine de             nement associé, par l’intermédiaire de ses
sites d’excellence       recherche bien identifié –, permet des regroupe-
                         ments universitaires et fournit le cadre structurel
                                                                                centres de recherche aux RTRA Sciences
                                                                                mathématiques à Paris, Sciences agronomiques
nationaux et             d’une meilleure dynamique entre universités,           à Montpellier et Nanosciences à Grenoble.
                         grandes écoles et organismes de recherche,             L’institut vise par ailleurs à constituer, sur les
contribuer à             permettant ainsi de développer des pôles               sites de Rennes, de Sophia Antipolis et de Paris,
                         d’excellence de niveau mondial. Le couplage,           des pôles d’excellences sur le domaine des
accompagner ces          dans le domaine industriel, avec les pôles de          Sciences pour les télécommunications, avec
                         compétitivité – qui organisent sur une base            le GET et les membres du PRES Université
pôles vers le meilleur   territoriale une rencontre synergétique entre          européenne de Bretagne, de l’Université de
niveau international     tous les acteurs de l’innovation, l’industrie et les
                         PME, l’enseignement supérieur et la recherche
                                                                                Nice - Sophia Antipolis et d’Eurecom ainsi
                                                                                qu’avec le PRES en cours de constitution
en STIC.                 – devient ainsi naturel et très fécond, en favori-     autour de Paris . Ces trois sites auraient
                         sant l’innovation issue des laboratoires.              vocation à être associés dans une initiative
                         L’INRIA s’est engagé dans le cadre de son              originale sur le sujet.
                         contrat quadriennal 200-2009 à poursuivre             Neuf PRES ont vu le jour en 2007, dont quatre
                         sa stratégie de développement en créant des            concernent les centres de recherche INRIA à
                         centres de recherche de taille significative,          Bordeaux, Lyon, Rennes et Nancy. D’autres
                         capables de jouer un rôle moteur au cœur de            sont en préparation, comme à Grenoble, à
                         sites visibles au plan international, tant par la      Lille (qui prépare un PRES transfrontalier), à
                         qualité des recherches menées que par leur             Nice et en région parisienne. Dans la droite
                         impact sur le développement industriel. Cette          ligne de sa politique de sites, l’institut souhaite
                         stratégie était déjà la sienne au moment où le         être associé à ces PRES sous une forme qui
                         gouvernement a lancé un appel à candidature            reste à préciser.
                         pour constituer des pôles de compétitivité puis        Ainsi, l’INRIA entend se positionner fortement
                         des RTRA. Elle le reste alors que les universités      au cœur de huit sites d’excellence nationaux
                         sont dotées d’une nouvelle gouvernance et que          regroupant recherche, enseignement supérieur
                         se constituent les premiers PRES.                      et innovation, et contribuer à accompagner
                         Tous les centres de recherche INRIA jouent un          ces pôles vers le meilleur niveau international
                         rôle important dans les pôles de compétitivité         en STIC.




                                                                                            Plan stratégique 2008-2012         5
Priorités 
stratégiques et 
ambitions de l’INRIA

 Dans	cette	partie	
                  :




                                                                             P
3.1	   Modéliser,	programmer,	communiquer	et	interagir	            page	41
       3.1.1	 Modélisation,	simulation	et	optimisation		
              de	systèmes	dynamiques	complexes	                    page	42
       3.1.2	 Programmation	:	
              Sécurité	et	fiabilité	des	systèmes	informatiques	    page	48
       3.1.3	 Communication,	information	et	calcul	ubiquitaires	   page	56
       3.1.4	 Interaction	avec	des	mondes	réels	et	virtuels	       page	64
3.2	 Au	cœur	du	développement	des	sciences		
	    et	des	technologies	                                          page	71
       3.2.1	 Ingénierie	numérique	                                page	72
       3.2.2	Sciences	numériques	                                  page	78
       3.2.3	Médecine	numérique	                                   page	88
3.3	 Défis	sociétaux	couverts	par	ces	priorités	                   page	93
3.4	 Thématiques	émergentes	                                       page	95
P
riorités
Priorités stratégiques et ambitions de l’INRIA




                                  L’INRIA bénéficie d’un positionnement scien-              des infrastructures de communication et de
                                  tifique et d’une visibilité de premier plan inter-        calcul, du web sémantique, des services
                                  national en informatique et mathématiques                 et systèmes d’intelligence ambiante ;
                                  appliquées. La modélisation et la program-           • interagir : cet axe est focalisé sur l’in-
                                  mation figurent naturellement parmi ses prio-             teraction avec des mondes réels et
                                  rités. La communication et l’interaction en               virtuels, exploitant plusieurs modalités
                                  sont deux prolongements logiques, motivés                 sensorielles dans des tâches d’analyse,
                                  aussi bien par les évolutions et les besoins              de reconstruction, de compréhension de
                                  scientifiques et technologiques que par les               l’environnement, de décision, d’action et
                                  enjeux socio-économiques. A l’intérieur de ces            d’interaction en robotique et en réalité
                                  quatre domaines, l’INRIA fonde son plan stra-             virtuelle.
                                  tégique sur les axes prioritaires suivants :         Ces quatre axes prioritaires concourent bien
                                  • modéliser : cet axe est focalisé sur la            entendu à d’autres fonctions importantes telles
                                       modélisation, la simulation et l’opti-          que contrôler, optimiser et décider, dont les
                                       misation de systèmes dynamiques                 problématiques sont prises en compte trans-
                                       complexes, appréhendées par des                 versalement, en particulier dans le premier et
                                       représentations mathématiques hétéro-           quatrième axe.
                                       gènes, multi-physiques et multi-échelles,       Les STIC sont au cœur d’une révolution dans
                                       associées à des méthodes de résolution,         les méthodes et les outils d’investigation,
Les STIC sont au cœur                  d’assimilation de données et des outils de      d’abstraction, de modélisation, d’expérimen-
                                       calcul très performants ;                       tation et de conception des sciences et de
d’une révolution dans             • programmer : cet axe est focalisé sur              l’ingénierie. La collecte et l’exploitation de
                                       la sécurité et la fiabilité des systèmes        gigantesques masses de données, la simu-
les méthodes et les                    informatiques, en particulier en vue de         lation, la visualisation, l’expérimentation in
outils d’investigation,                garantir le comportement correct de logi-
                                       ciels complexes et d’assurer la sécurité
                                                                                       silico et le prototypage virtuel transforment
                                                                                       profondément tous les secteurs des sciences
d’abstraction,                         des données, des communications et des          et des technologies. L’INRIA veut jouer un rôle
                                       échanges ;                                      important dans cette révolution qui recouvre
de modélisation,                  • communiquer : cet axe est focalisé sur             des enjeux économiques et sociaux consi-
                                       les systèmes d’information, de commu-           dérables. Trois axes prioritaires découlent
d’expérimentation                      nication et de calcul ubiquitaires, pour        naturellement de cette volonté autour de
                                       le développement des nouveaux réseaux,          l’ingénierie numérique, des sciences numé-
et de conception
des sciences et de
l’ingénierie.




                                     Les	sept	priorités	du	plan	stratégique.




8   Plan stratégique 2008-2012
riques, de la médecine numérique avec les             STIC à la jonction de la biologie et de la
                                      focalisations suivantes :                             médecine.
                                      • ingénierie numérique : cet axe est foca-       Ces sept axes prioritaires tracent la voie
                                          lisé sur la conception de logiciels et de    pour plusieurs années. Ils fixent des caps
                                          systèmes embarqués à bord d’un objet         à long terme. Pour concrétiser ces orienta-
                                          physique, soumis à de fortes exigences       tions en étapes intermédiaires atteignables
                                          de dynamique et de sûreté ;                  à l’horizon de ce plan, on introduit la notion
                                      • sciences numériques : cet axe est foca-        de jalon. Les 2 jalons retenus ici instancient
                                          lisé sur la contribution des STIC à quel-    les priorités stratégiques en quelques objec-
                                          ques sujets interdisciplinaires essentiels   tifs que les équipes de l’INRIA poursuivront
                                          des sciences de la matière, de la vie, et    avec leurs partenaires. L’institut engagera les
                                          de l’environnement ;                         efforts nécessaires pour la réalisation de ces
                                      • médecine numérique : cet axe est foca-         objectifs, en particulier sous forme d’actions
                                          lisé sur l’élaboration de modèles et algo-   incitatives, de projets fédérateurs ou de plates-
                                          rithmes pour la médecine et la biologie      formes de recherche (cf. § 4.). Ces jalons sont
                                          médicale. L’objectif est de parvenir à       associés à des obligations de moyens, plutôt
                                          un couplage étroit entre observation,        qu’à des obligations de résultats ou à des
                                          modélisation et assimilation de données      objets délivrables, étant entendu qu’il s’agit
                                          biomédicales avec l’ambition de situer les   de domaines de recherche à haut risque. Les
                                                                                       jalons proposés sont là pour éclairer l’action
                                                                                       de l’institut, illustrer ses priorités, et proposer
                                                                                       des points de rendez-vous à ses équipes. Leur
                                                                                       contenu exact sera affiné au fur et à mesure
                                                                                       du déroulement du plan et du lancement des
                                                                                       actions de recherche correspondantes. Enfin,
                                                                                       les efforts de l’INRIA sur ses thématiques
                                                                                       prioritaires prendront en compte l’ensemble
                                                                                       des objectifs et pas uniquement les seuls
                                                                                       jalons retenus pour les illustrer.
                                                                                       Les problématiques scientifiques que recou-
                                                                                       vrent ces sept axes prioritaires exigent de
                                                                                       plus en plus de développements et d’expé-
                                                                                       rimentations de grandes ampleurs. L’institut
                                                                                       affiche aujourd’hui une forte ambition de
                                                                                       création de plates-formes de recherche et
                                                                                       d’appui aux activités de développement de
                                                                                       ses équipes. Cette ambition se concrétise en
                                                                                       particulier via des actions de développement
                                                                                       technologique, et par le renforcement des
                                                                                       compétences et des ressources spécifiques
                                                                                       au développement (cf. § 4.).
                                                                                       Les domaines scientifiques couverts par les
                                                                                       sept priorités énoncées ci-dessus ne sont
                                                                                       pas disjoints. Ainsi, interagir s’appuie sur
                                                                                       communiquer : gérer les contenus et la
                                                                                       sémantique des échanges doit commencer
                                                                                       dès la communication et se retrouver plei-
                                                                                       nement dans l’interaction. Les problèmes
                                                                                       de sûreté sont naturellement en program-
                                                                                       mation et en ingénierie numérique. Par
                                                                                       ailleurs, modéliser est une constante de
Plateforme	de	vision	et	robotique		                                                    toute activité de recherche et se retrouve dans
échographique	3D	—	LAGADIC.                                                            tous les axes prioritaires, en particulier dans




                                                                                                   Plan stratégique 2008-2012         9
Priorités stratégiques et ambitions de l’INRIA




                                                                                ceux de l’ingénierie, de la médecine et des
                                                                                sciences numériques. En conséquence, les
                                                                                jalons, présentés par commodité dans l’une
                                                                                des priorités, relèvent souvent de plusieurs
                                                                                axes. Ces recouvrements entre les axes prio-
                                                                                ritaires sont potentiellement fructueux au
                                                                                sens des collaborations qu’ils ouvrent entre
                                                                                les équipes-projets selon leur orientation, à
                                                                                dominante méthodologique ou vers un champ
                                                                                d’application des STIC.
                                                                                Ces sept axes prioritaires sont détaillés dans
                                                                                les sections suivantes, avec des encadrés sur
                                                                                les jalons associés et sur le positionnement
                                                                                de l’INRIA, actuel ou désiré pour chacune de
                                                                                ces thématiques. On revient brièvement sur les
                                                                                enjeux sociétaux effectivement couverts par
                                                                                les priorités de ce plan (§ .). Enfin, l’institut
                                                                                restera très attentif à faire émerger au sein
                                                                                de ses équipes de nouvelles thématiques de
                                                                                recherche, en rupture relativement aux para-
                                                                                digmes actuels des sciences et technologies
                                                                                de l’information et de la communication. La
                                                                                dernière section de ce chapitre est consacrée
                                                                                à ces thématiques émergentes et aux actions
                                                                                de l’INRIA qui leur seront associées.




 Visualisation	des	grandes	voies	de	connexion	entre	les	différentes	
 aires	du	cortex	(à	partir	d’images	IRM)	—	ODYSSEE.




40   Plan stratégique 2008-2012
3.1
 Modéliser, programmer,
communiquer et interagir




                Plan stratégique 2008-2012   41
.1.1 Modélisation, simulation et optimisation de systèmes dynamiques complexes




                  3.1.1
                                  Modélisation,	simulation		
                                  et	optimisation	de	systèmes	
                                  dynamiques	complexes




42   Plan stratégique 2008-2012
L’un des défis scientifiques majeurs de notre temps réside dans
l’amélioration de la compréhension des systèmes complexes qui nous
entourent, qu’ils soient naturels ou issus de développements technologi-
ques. Ainsi, la modélisation des phénomènes météorologiques à grande
échelle, des effets de pollution, des inondations, des séismes ou du climat
représente-t-elle un enjeu majeur pour la société. Il en va de même pour
la modélisation des nano-systèmes, que ce soit dans un contexte bio-
logique ou pour la réalisation de circuits basés sur de nouveaux types
de nano-composants. On citera également, comme exemples majeurs
de grands champs d’investigation scientifique en modélisation, la cellule
complète, le cerveau humain, l’épidémiologie, l’Internet, ou les grands
logiciels communicants. Autant de grands défis pour les mathématiques
appliquées et l’informatique sur le front de la modélisation, la simulation
et l’optimisation de systèmes dynamiques complexes.




                                                            Plan stratégique 2008-2012   4
.1.1 Modélisation, simulation et optimisation de systèmes dynamiques complexes




                                                         Tous les systèmes complexes partagent un                titudes sur les données et les modèles. Enfin,
                                                         certain nombre de caractéristiques. Leur étude          l’optimisation, l’identification et le contrôle de
                                                         requiert la collaboration de plusieurs disci-           ces systèmes sont des problèmes scientifi-
                                                         plines : ils sont multi-modèles, multi-échelles         quement difficiles. D’un point de vue mathé-
                                                         en temps et/ou en espace, continus/discrets             matique, ils peuvent être modélisés par des
                                                         ou non-réguliers en état. Les données qui y             systèmes de dimension infinie (EDP) ou finie
                                                         sont associées sont de nature et de qualité             (systèmes hybrides, inclusions différentielles,
                                                         très variables : hétérogènes, bruitées, éparses         inéquations variationnelles), déterministes et/ou
                                                         ou au contraire en très grand nombre, parfois           stochastiques.
                                                         peu fiables. Ceci rend critique le problème de          Pluridisciplinaire, la modélisation de systèmes
                                                         couplage données–modèles, et justifie l’atten-          dynamiques complexes résulte de l’interac-
                                                         tion extrême portée aux questions d’identifica-         tion entre les mathématiques, l’informatique,
                                                         tion, d’étalonnage, d’assimilation de données.          l’automatique et les disciplines portant les défis
                                                         La simulation de ces systèmes requiert des              applicatifs ou les techniques contributrices. Les
                                                         efforts de recherche, en particulier en algo-           principaux champs concernés sont :
                                                         rithmique numérique. La généralisation des              • les sciences de la matière, chimie et
                                                         processeurs multi-cœurs et des GPU néces-                    physique : mécanique des fluides,
                                                         site la prise en compte conjointe des aspects               physique des plasmas, matériaux, propa-
                                                         numériques et informatiques. La qualité des                 gation d’ondes acoustiques, électroma-
                                                         prédictions associées aux simulations doit être             gnétiques, sismiques, physique atomique
                                                         soigneusement évaluée par rapport aux incer-                et quantique ;




            Positionnement INRIA
     Le calcul scientifique est l’un des domaines        exécutifs et intergiciels pour le calcul parallèle      de l’air (logiciel Polyphemus) ou avec un
     traditionnels d’excellence de l’INRIA, tant du      et distribué à grande échelle.                          ensemble de laboratoires européens autour
     point de vue des mathématiques appliquées           De nombreux codes et supports exécutifs pro-            de la plateforme SICONOS pour l’étude des
     et de l’algorithmique numérique que de celui        duits par les équipes de l’INRIA sont utilisés          systèmes dynamiques irréguliers. Enfin, des
     du calcul parallèle haute performance. Une          de façon opérationnelle en interne comme                collaborations industrielles d’une certaine
     quarantaine d’équipes travaillent dans le           en externe, par exemple : les boîtes à outils           ampleur viennent compléter ce panorama :
     domaine, avec une expertise internationale-         pour le calcul scientifique proprement dit,             Airbus, Alcatel-Lucent, EADS, EDF, FT RD,
     ment reconnue dans les champs concernés.            les outils de support pour la parallélisation           STM, ou Thalès, Total, Turbomeca.
     On peut citer en particulier l’analyse mathé-       ou l’implémentation sur des grappes ou des              Pour l’avenir, les efforts porteront en particu-
     matique de systèmes d’équations aux dérivées        grilles, les logiciels dédiés pour la différentiation   lier sur le renforcement des problématiques
     partielles et différentielles, qui modélisent des   automatique ou les maillages.                           de l’assimilation de données et des problè-
     phénomènes physiques complexes (dynami-             Les équipes de l’INRIA ont su établir un réseau         mes inverses, et sur le calcul multi-échelles.
     que des fluides, des structures, des molécules,     de collaborations étroites avec les scientifiques       La participation active au programme de
     des circuits, propagation des ondes) ; les          des autres disciplines. Au-delà des universités, des    simulation accompagnant ITER fera l’objet
     méthodes de discrétisation et les schémas           grandes écoles et du CNRS, de grands organis-           d’une action spécifique.
     numériques (maillages dynamiques, irrégu-           mes comme le CEA, l’IFREMER, l’ONERA, et
     liers, prise en compte de singularités, d’uni-      la DGA sont bien évidemment des partenaires
     latéralité, d’hétérogénéité) ; la modélisation      de premier plan sur de nombreux sujets. Il faut
     stochastique ; les méthodes d’optimisation          également citer les liens forts qui ont pu être
     (gradients, combinatoire/mixte, contrôle            tissés dans certains secteurs applicatifs : avec
     optimal) ; la dérivation automatique ; les          l’ENPC à travers le CERMICS, en océanogra-
     solveurs à haute performance ; les méthodes         phie avec MERCATOR, en météorologie avec le
     de distribution et d’ordonnancement ; les           LMD, avec l’IRSN sur la surveillance de la qualité




44      Plan stratégique 2008-2012
•   les sciences de la vie : dynamique molé-      L’informatique pose également des défis applica-
                      culaire, réseaux métaboliques, interac-       tifs dans ce domaine, par exemple pour appré-
                      tions géniques, cancérologie, biochimie       hender des classes de systèmes distribués
                      pour la prédiction des effets des médica-     communicant de manière asynchrone via un
                      ments, biomécanique des tissus vivants,       réseau complexe.
                      neurosciences ;                               Un premier défi pour la recherche est d’aller
                  •   les sciences de l’environnement et de         au-delà des découpages disciplinaires et d’ins-
                      la terre : météorologie, climatologie,        taurer de nouvelles interactions, à l’exemple de
                      sismologie, hydrologie, glaciologie,          l’assimilation d’images qui associe spécialistes
                      océanographie, énergie, agronomie et          de l’imagerie satellitaire et numériciens pour
                      pollution ;                                   le couplage de modèles en météorologie. Un
                  •   les sciences humaines et sociales :           autre élément à considérer est l’émergence de
                      systèmes économiques et financiers,           nouveaux et nombreux domaines applicatifs
                      études liées aux populations, démogra-        comme le développement de circuits basés sur
                      phie, épidémiologie, réseaux de distri-       les nanotechnologies, enjeu économique majeur
                      bution, transports ;                          des années à venir, qui nécessite la prise en
                  •   l’ingénierie : conception et contrôle         compte d’une hiérarchie de modèles, allant de
                      de systèmes embarqués ; conception            la physique atomique (nanosciences), jusqu’au
                      mécanique, électronique et informa-           modèle comportemental du cœur de processeur,
                      tique de grands systèmes en avionique,        et pouvant inclure de la mécanique non standard
                      espace, énergie.                              dans le cas des MEMS.




                  Les objectifs de l’INRIA en modélisation          la distinction entre modélisation et simulation
Modélisation : 
                  sont d’une part de poursuivre les recher-         s’estompe, et il est nécessaire de considérer

 Le défi de la    ches sur les sujets les plus critiques, d’autre
                  part d’ouvrir de nouveaux champs jugés
                                                                    des modèles calculatoires qui impliquent
                                                                    de grandes quantités d’éléments, souvent
  complexité      importants pour le domaine. Le couplage de
                  modèles d’échelles ou de nature différentes
                                                                    simples, en interaction, comme les réseaux
                                                                    de neurones, les populations d’automates, les
                  est également une nécessité qui s’amplifie.       systèmes multi-agents, les grands systèmes
                  Une autre tendance est la place de plus           hybrides. Parmi les problèmes de recherche
                  en plus grande des approches stochas-             associés à ces modèles, de nombreuses
                  tiques, aussi bien dans la modélisation           questions spécifiques d’identification para-
                  qu’en tant qu’outil d’analyse de systèmes         métrique, d’assimilation de données, d’opti-
                  déterministes. Déjà, le filtrage stochastique     misation (en lien avec l’apprentissage) restent
                  s’avère un outil efficace pour l’assimilation     ouvertes. Plus globalement, une méthodo-
                  de données. Plus généralement, des appro-         logie complète permettant la construction de
                  ches mixtes stochastiques/déterministes           modèles complexes sur la base de compo-
                  sont à développer. Plusieurs domaines sont        sants élémentaires, leur analyse théorique
                  très concernés par de telles méthodes, par        et leur calcul, reste à élaborer.
                  exemple la géophysique et les neurosciences.      Un dernier point concerne la spécificité de
                  Enfin, bien que la poursuite d’études théo-       la modélisation pour l’automatique : en effet,
                  riques permette d’étendre régulièrement           par rapport à la nécessité de mettre au point
                  les champs des approches actuelles de             des modèles numériques permettant de
                  modélisation, celles-ci ont néanmoins des         reproduire et simuler fidèlement les phéno-
                  limites, par exemple lorsque les simplifica-      mènes physiques et naturels dans toute
                  tions introduites dans les modèles à une          leur complexité, l’objectif de commande
                  certaine échelle risquent de masquer des          implique une démarche souvent inverse : il
                  effets significatifs se propageant à d’autres     s’agit de simplifier, d’extraire les mécanismes
                  échelles ou lorsque les modèles classiques        d’interaction principaux intervenant dans
                  s’avèrent inappropriés pour décrire une archi-    l’évolution d’un processus, de modéliser
                  tecture particulière de système. Dans ce cas,     l’essentiel en gommant ce qui n’intervient




                                                                               Plan stratégique 2008-2012       45
.1.1 Modélisation, simulation et optimisation de systèmes dynamiques complexes




                                               qu’au second ordre, pour faciliter la concep-       modèles, crée de vrais challenges scientifi-
                                               tion de stratégies d’action efficaces dans un       ques dès lors que les systèmes concernés
                                               but donné. Cette nécessité de réduction,            sont de forte complexité, dimensionnelle
                                               d’extraction de la partie significative des         et/ou structurelle.




                                               Concernant la simulation, le développement          l’aide de techniques adaptatives. La certifica-
         Simulation : 
                                               de nouveaux schémas numériques est une
                                               nécessité permanente, tant pour faire face à
                                                                                                   tion des qualités d’approximation, la robus-
                                                                                                   tesse des algorithmes, la capacité à traiter
     Un changement                             la complexité croissante des modèles multi-         des données et des objets de très grande

           d’échelle                           échelles que pour simuler efficacement et
                                               contrôler des systèmes dynamiques non-
                                                                                                   taille, à des niveaux de résolutions variables,
                                                                                                   sont quelques uns des défis à relever dans ce
                                               réguliers. Ces schémas doivent être perfor-         domaine. D’un point de vue géométrique, la
                                               mants aussi bien au niveau de leur précision        représentation d’objets déformables, la prise
                                               et des temps de calcul que de leur capacité à       en compte d’espaces non euclidiens ou de
                                               s’exécuter efficacement sur des plates-formes       dimension supérieure à  sont également des
                                               de calcul à haute performance : systèmes            problèmes à considérer.
                                               multiprocesseurs, grands clusters et systèmes       Par ailleurs, les simulations produisent des
                                               répartis à grande échelle. Le gain global en        flux de données de grande dimension dont
                                               performance dans la simulation des grands           l’exploitation peut s’avérer difficile : hors ligne,
                                               systèmes complexes résultera en effet à la fois     des techniques de fouille de données dédiées
                                               de l’efficacité de l’algorithmique et de la capa-   sont nécessaires ; en ligne, les techniques de
                                               cité à programmer et exploiter efficacement         réalité virtuelle ou d’immersion dédiées à la
                                               des plates-formes fortement hétérogènes en          visualisation scientifique doivent être orientées
                                               ressources mémoire et de calcul. Ces sujets         vers la simulation temps réel interactive. Enfin,
                                               sont donc centraux dans les recherches à            la simulation, comme outil de prédiction, doit
                                               mener par l’INRIA. La nécessaire coopération        aussi aider à gérer la prévention des risques
                                               à ce niveau entre informaticiens, automaticiens     à travers, d’une part la prédiction des événe-
                                               et mathématiciens doit également permettre          ments rares, ce qui constitue un défi majeur, et
                                               de prendre en compte les problèmes d’asyn-          d’autre part la gestion des incertitudes. Il est
                                               chronisme des calculs ou de défaillance de          notamment indispensable de s’intéresser à la
                                               nœuds ou de liaisons. Le couplage d’outils          quantification des incertitudes de prédiction et
                                               de maillage et de calcul divers est également       d’étudier la sensibilité des résultats aux varia-
                                               une nécessité, pour rendre effectif le traitement   tions de l’environnement. D’une façon générale,
                                               multi-modèles, ou pour capitaliser les déve-        ces préoccupations d’incertitudes doivent être
 Simulation	numérique	de	la	circulation	       loppements logiciels effectués. Concernant          prises en compte dès l’assimilation de données
 océanique	:	le	golfe	de	Gascogne		            la discrétisation, le problème incontournable       (problème inverse) et se refléter le cas échéant
 et	le	plateau	celtique	—	MOISE.               du maillage doit être revisité, par exemple à       dans les modèles eux-mêmes.




                                               En optimisation, dans le cas des systèmes           en garantissant de bonnes performances en
      Optimisation :                           à très grande échelle, la robustesse des
                                               résultats par rapport aux incertitudes ou
                                                                                                   temps et en précision. Plus généralement,
                                                                                                   l’optimisation portant simultanément sur
               Vers le                         aux petites variations a encore besoin d’être       des entités issues de disciplines différentes

     multidisciplinaire                        améliorée, en particulier pour les EDP. Par
                                               ailleurs, le calcul des dérivées successives en
                                                                                                   reste un problème difficile. L’optimisation
                                                                                                   elle-même soulève des défis pluri-thémati-
                                               optimisation reste encore une difficulté dans       ques, par exemple lorsque l’on doit consi-
                                               beaucoup de cas et les méthodes de dériva-          dérer simultanément des aspects continus
                                               tion automatique qui ont fait leurs preuves         et discrets, qui impliquent des méthodes et
                                               pour certaines classes d’équations doivent          façons de penser très diverses. Le dévelop-
                                               être étendues aux très grands systèmes, tout        pement de méthodologies mixtes est alors




4   Plan stratégique 2008-2012
nécessaire. L’optimisation de systèmes dyna-        tion de ruptures, ces dernières permettant
                                                  miques doit prendre en compte la robustesse         de rendre les algorithmes d’optimisation
                                                  des solutions aux évolutions constantes des         plus efficaces et d’améliorer l’estimation
                                                  données du problème. Une amélioration               en ligne des dérivées. D’une façon géné-
                                                  significative de l’efficacité de l’optimisation     rale, l’importance de l’optimisation en tant
                                                  reposera sur la conjonction de techniques           qu’outil transversal étant en forte croissance,
                                                  capables de s’adapter continûment aux               l’institut devra renforcer ses compétences
                                                  variations lentes et de méthodes de détec-          sur ce thème.




                                                  Parmi les domaines actuellement ou poten-           un domaine d’investigation majeur, avec les
                  Domaines                        tiellement concernés par l’ensemble de ces
                                                  recherches, certains feront l’objet d’efforts
                                                                                                      problèmes de couplage océan-atmosphère à
                                                                                                      l’échelle globale, de prédiction des inondations
                  applicatifs                     spécifiques de la part de l’INRIA en raison des     ou d’étude du changement climatique. Là
                                                  enjeux qu’ils représentent (cf. § .2). Ainsi les   encore, les effets multi-échelles sont signifi-
                                                  systèmes biologiques sont-ils concernés à           catifs lorsque l’on veut étudier précisément les
                                                  diverses échelles, depuis la molécule (nano-        écosystèmes. Dans le secteur de l’énergie, un
                                                  moteurs biologiques) jusqu’aux organes, en          sujet dans lequel les recherches seront ampli-
                                                  passant par les réseaux d’interactions géni-        fiées est celui de la fusion à grande échelle,
                                                  ques. Typiquement, le côté multi-échelles           où se combinent magnétisme et physique des
                                                  et multi-modèles apparaît dès lors que l’on         plasmas. Toujours dans le secteur technolo-
                                                  souhaite modéliser complètement des sous-           gique, la simulation de circuits complets basés
                                                  systèmes complexes comme la cellule ou le           sur les nanotechnologies représentera un vrai
                                                  cerveau. L’environnement reste également            challenge dans les années à venir.




       Jalons
i Simulation et visualisation                     i Simulation des plasmas de fusion                  taire, la simulation des modes localisés au
scientifique pour l’environnement                 pour le programme ITER                              bord du plasma est fondamentale pour
On vise ici à développer et à mettre en           Ce jalon a pour objectif le développement d’un      comprendre et prédire les pertes d’éner-
œuvre, en grandeur réelle, la simulation          ensemble de codes de simulation gyrocinétique       gie dans ITER ainsi que pour valider les
interactive couplée à la visualisation sur un     5D et magnéto-hydrodynamique pour des               approches proposées pour y remédier. Il
problème complexe de l’environnement, par         modèles de plasmas magnétisés, étudiés dans         n’existe actuellement aucun code permet-
exemple en climatologie, ou océanologie (cf.      le programme ITER. L’étude fine d’un tokamak        tant de simuler complètement l’instabilité
§ 3.2.2). On sélectionnera une application        particulier comme ITER nécessite de prendre         de ces modes. L’objectif est de développer
particulièrement apte à mettre en avant la        précisément en compte la configuration réelle       un code haute résolution permettant la
nécessité de visualisation intelligente de        d’équilibre du plasma et pour cela d’utiliser un    simulation d’un cycle complet d’une ins-
grandes masses de données et le besoin            système de coordonnées spécifiques appelées         tabilité des modes localisés au bord (ELM),
d’interactivité, par exemple pour le posi-        coordonnées de flux respectant les isosurfaces      en utilisant des solveurs très efficaces pour
tionnement de capteurs ou le pilotage de          du champ magnétique et permettant en parti-         les grands systèmes linéaires creux et des
simulations multi-algorithmes. Ce jalon,          culier de séparer la dynamique longitudinale        méthodes numériques haute-résolution
qui aboutira à un démonstrateur, nécessitera      et transverse et de prendre en compte une           sur des maillages non structurés.
une coopération étroite entre spécialistes des    dynamique plus réaliste pour les électrons. Cette
sciences de l’environnement et chercheurs         approche, qui nécessite des développements
en modélisation, simulation, réalité virtuelle,   numériques spécifiques, permettra de mieux
infographie, et calcul intensif.                  simuler la turbulence. De façon complémen-




                                                                                                                 Plan stratégique 2008-2012           47
.1.2 Programmation : Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques




                  3.1.2
                                  Programmation	:	
                                  Sécurité	et	fiabilité		
                                  des	systèmes	informatiques




48   Plan stratégique 2008-2012
Avec les nouvelles technologies numériques, les logiciels entrent
de plus en plus fortement dans des applications ayant un impact direct sur
la vie des citoyens et le fonctionnement des sociétés et des états. Cette
situation soulève de nombreuses questions dont celles liées à :
• la sûreté des infrastructures techniques (transports, énergie), des grands
   systèmes d’information, des réseaux bancaires, et des équipements
   médicaux ;
• la sécurité et la confidentialité des infrastructures ayant un caractère
   sensible (défense, données gouvernementales) ;
• la protection des données nominatives ou de la sphère privée (dossiers
   médicaux, vote, données privées diverses) ;
• la confiance mutuelle lors des communications entre entités, la garantie
   de la probité des échanges ;
• la disponibilité et la crédibilité d’applications diverses (traçabilité et
   garantie d’origine de produits, domotique).
Face à ces enjeux, le niveau de confiance que l’utilisateur attribue aux
technologies numériques est un critère clé du développement et du déploie-
ment d’applications nouvelles. Du point de vue de l’utilisateur, la confiance
recouvre notamment l’aptitude des systèmes à résister à des attaques et à
un usage malicieux (la	sécurité), l’aptitude à fonctionner correctement dans
des conditions données (la	sûreté), ainsi que la possibilité de déterminer
les responsabilités en cas de dysfonctionnement (dimension	technico-
légale). Du point de vue des concepteurs de systèmes et d’applications, les
enjeux technologiques sont la mise à disposition de dispositifs de sécurité
robustes, corrects et prouvés, la vérification préalable de l’exécution correcte
des applications, la mise à disposition d’environnements performants de
programmation intégrant les aspects production de code et preuve.
Parce que les technologies et services de confiance intègrent une forte com-
posante logicielle, l’INRIA a clairement un rôle à jouer dans ce domaine. Un
apport important sera de développer des technologies de sûreté et sécurité
au service de la confiance, permettant de gérer les problèmes d’authenti-
fication et d’identification, de confidentialité, de certification, de protection
des contenus et des données personnelles, de traçabilité, de résilience des
services. Une autre direction est d’explorer des voies nouvelles pour assurer
la confiance, comme par exemple les domaines émergents de preuves




                                                                 Plan stratégique 2008-2012   49
.1.2 Programmation : Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques




                                  électroniques associées à un cadre juridique, les systèmes de confiance
                                  à base de réputation ou les plates-formes de confiance. Globalement, il
                                  s’agit d’étudier les bases d’une informatique décentralisée, mobile et sûre,
                                  organisant l’accès aux informations et aux applications autour d’une gestion
                                  maîtrisée des droits et de l’identité, ceci de la façon la plus transparente
                                  possible pour l’utilisateur.
                                  La profonde évolution des technologies implique aussi de nouvelles appro-
                                  ches pour la programmation et le génie logiciel : ainsi sont apparues les
                                  architectures orientées services en réponse aux problématiques que
                                  rencontrent les entreprises en termes de réutilisabilité, d’interopérabilité
                                  et de réduction de couplage entre les différentes composantes de leurs
                                  systèmes d’information. Le référencement, la coordination, la localisation
                                  de ces services font appel à l’établissement de standards, à des protocoles
                                  spécifiques pour gérer les transactions et la sécurité au sein de l’architecture,
                                  et sont encore largement à explorer.
                                  A la jonction de l’ingénierie logicielle, des systèmes d’information et de l’aide
                                  à la décision, le concept de système de systèmes est apparu en réponse
                                  à la problématique d’intégration à large échelle des systèmes formés
                                  d’un grand nombre de composantes hétérogènes, matérielles, logicielles,
                                  humaines, éventuellement géographiquement réparties, autonomes, et
                                  dont le fonctionnement résulte d’interactions entre ces composantes, en
                                  fonction de l’architecture du système, de son évolution dans le temps, de
                                  la variabilité de son environnement. De tels systèmes doivent faire l’objet
                                  d’une surveillance spécifique et d’une politique de maintenance dont les
                                  principes doivent aussi être définis dès la conception, et adaptés pendant
                                  tout le cycle de vie du système. Ceci suppose bien évidemment des
                                  techniques de modélisation et de simulation adaptées, associées à des
                                  méthodologies d’évaluation et de certification, permettant de donner des
                                  garanties de fonctionnement sûr.




50   Plan stratégique 2008-2012
Les priorités de l’INRIA pour cette thématique             matériels, logiciels, services ou systèmes,
                   s’inscrivent dans deux grands défis :                      l’intégration de ces techniques dans un
                   • garantir le comportement correct de                      contexte plus général d’ingénierie logi-
                       logiciels complexes dans leur environ-                 cielle pour leur utilisation aisée et leur large
                       nement matériel. L’institut développe                  diffusion ;
                       des méthodes de développement sûr,                 •   assurer la sécurité des données, des
                       fondées sur les langages formels, les                  communications et des échanges des
                       logiques mathématiques, la construction                systèmes informatisés. Dans ce cadre,
                       de preuve, de même que la vérification                 les priorités seront la cryptographie, les
                       et la certification de code et de compo-               politiques de sécurité, la protection contre
                       sants logiciels. L’accent sera mis sur les             les virus qui sont autant de réponses à
                       problèmes majeurs que sont le passage à                construire face aux défaillances et aux
                       l’échelle, la reprise de code existant, la prise       vulnérabilités de systèmes de plus en plus
                       en compte des composants qu’ils soient                 ouverts, distribués et mobiles.




                   Les langages de programmation de haut                  passer le cap du passage à l’échelle et de
Environnements     niveau, les systèmes de type et l’analyse              l’adoption par les milieux industriels.

de preuve et de 
                   statique ont contribué de façon significa-             Les méthodes formelles permettent aujour-
                   tive à améliorer la sûreté et la fiabilité des         d’hui aux programmeurs d’établir des garan-
 programmation     logiciels. Toutefois un fossé subsiste entre
                   le code source destiné à être exécuté et les
                                                                          ties sur leurs codes source ou leurs modèles.
                                                                          Étendre ces garanties au code exécutable
          sûres    modèles de ce code, utilisés a priori pour
                   la conception, et a posteriori pour la véri-
                                                                          et à son exécution passe par deux voies
                                                                          complémentaires : la première est la certifi-
                   fication. Ce fossé devrait être réduit, d’une          cation des outils de production et de valida-
                   part par le développement de langages de               tion de code (compilateurs, générateurs de
                   programmation dédiés avec la génération                code, analyseurs statiques, model-checkers,
                   de code et la technologie d’analyse statique           démonstrateurs de théorèmes). La seconde
                   associées, et d’autre part, par des langages           consiste à produire et attacher au code un
                   généralistes offrant une grande puissance              certificat qui peut être vérifié a posteriori par
                   d’expression et des possibilités de généri-            les utilisateurs du code. Les deux approches
                   cité et de compositionnalité (programmation            nécessitent encore un effort de recherche
                   fonctionnelle, par aspects, par contrats, par          significatif pour passer à l’échelle de produc-
                   contraintes, etc.).                                    tion de logiciels réalistes.
                   L’expérience acquise depuis plusieurs années
                   dans le développement de preuves a fait
                   apparaître des problématiques nouvelles liées
                   à leur ingénierie. Concevoir des langages
                   mathématiques généralistes permettant de
                   décrire les théories et les preuves que l’or-
                   dinateur est capable de vérifier, nécessite en
                   particulier une intégration efficace du calcul et
                   de la déduction (tous deux nécessaires dans
                   les grands développements mathématiques)
                   et la construction de bibliothèques réutili-
                   sables dans des domaines importants des
                   mathématiques et de l’informatique, comme le
                   calcul numérique, la géométrie ou les proba-
                   bilités. Il est nécessaire de développer, pour
                   les assistants à la preuve, des facilités de
                   description, d’animation et d’analyse, avec
                   un degré d’automatisation important pour




                                                                                      Plan stratégique 2008-2012         51
.1.2 Programmation : Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques




                                                    Malgré les développements remarquables              Un autre axe de progrès est la prise en compte
            Méthodes                                des méthodes formelles et des techniques de         des composants du commerce, des logiciels

    performantes de                                 vérification par exploration de modèles, la véri-
                                                    fication formelle ne passe pas encore à l’échelle
                                                                                                        préalablement développés et des logiciels
                                                                                                        libres : la plupart des systèmes, y compris
        vérification de                             des systèmes critiques du monde réel.
                                                    Les progrès viendront largement de l’utilisa-
                                                                                                        des systèmes à fortes contraintes de sûreté
                                                                                                        et de sécurité, intègrent des composants ou
logiciels et systèmes                               tion combinée de méthodes de tests et de            des logiciels externes. La vérification a poste-
                                                    preuves existantes (vérification de modèles,        riori de codes existants, la rétro-ingénierie
                                                    analyse statique, raffinement, preuve interac-      de codes destinés à être intégrés dans des
                                                    tive, génération de tests) et de l’intégration      systèmes sûrs afin de retrouver les propriétés
                                                    de ces méthodes dans des environnements             de correction et de démontrer l’absence de
                                                    de conception de systèmes et de produc-             risques résiduels sont des champs nouveaux
                                                    tion de code, tant pour le logiciel que pour        d’expérimentation des techniques de vérifi-
                                                    le matériel.                                        cation de code.




                                                    La spécification et la conception de plates-        sont assurées, sont un des points clé du
      Briques de base                               formes de confiance met en jeu des méca-
                                                    nismes de sécurité et de contrôle d’intégrité
                                                                                                        développement de systèmes de confiance.
                                                                                                        Les difficultés de déploiement de solutions à
       de la sécurité :                             liant le matériel au logiciel de base, des          clés publiques posent différentes questions

       Cryptographie,                               mécanismes de sécurisation du système
                                                    d’exploitation et des techniques garantis-
                                                                                                        sur la manière de construire et garantir des
                                                                                                        relations de confiance entre entités commu-
           protocoles,                              sant le cloisonnement sûr des différentes
                                                    classes d’application. Les solutions actuelles
                                                                                                        nicantes dans des environnements distribués
                                                                                                        et ouverts. Il faut poursuivre l’amélioration
             politiques                             se fondent sur le développement de micro-           des primitives cryptographiques et de leur
                                                    noyaux de sécurité prouvés et sur différentes       validation, qu’il s’agisse de cryptographie
                                                    techniques comme la virtualisation.                 symétrique ou asymétrique, construire des
                                                    Les besoins en primitives cryptographi-             primitives nouvelles en matière de principes
                                                    ques, dont la robustesse et la conformité           cryptographiques en assurant leur robustesse




         Positionnement INRIA
  Plus de 40 équipes-projets sont concernées        programme ou de langages fonctionnels. Ces          son partenariat avec la DGA. L’ambition
  par les thèmes de recherche couverts par ce       atouts permettent à l’INRIA de se positionner       est d’être capable de fournir expertise et
  défi. Environ 20 équipes-projets en font leur     favorablement avec ses partenaires académiques      conseil en matière de sécurité informati-
  cœur de métier. L’INRIA a une expertise           et industriels (Alcatel, Dassault, France Telecom   que, ce qui lui impose d’être à l’écoute des
  reconnue au niveau international en crypto-       RD, ILOG, Microsoft, Thalès, Trusted Logic,        attentes industrielles, juridiques et socia-
  logie, méthodes formelles, environnements         Esterel Technologies...) pour aborder les défis     les en matière de gestion des risques, de
  de preuves, vérification formelle de proto-       liés à la sécurité et la sûreté qui tiennent une    sécurité et respect de la vie privée dans le
  coles et systèmes critiques. L’institut est un    place majeure en Europe (cf. les deux thèmes        développement des services et des entre-
  leader mondial en ingénierie dirigée par les      du 7e PCRD Information and communication            prises, de plates-formes de confiance et de
  modèles. Cette expertise s’est traduite par la    technologies et Security and space) mais qui sont   virtualisation. Face à ces questions, l’institut
  conception et la diffusion de logiciels à haute   aussi cruciaux, au plan mondial, pour l’indé-       se positionne désormais sur une vision
  visibilité, qu’il s’agisse d’environnements de    pendance et la souveraineté des nations.            intégrative des aspects sûreté et sécurité
  preuve, de programmation synchrone ou             L’INRIA aura à cœur de renforcer ses relations      des logiciels et des systèmes.
  asynchrone, de vérification de protocoles         industrielles, en particulier au sein des pôles
  cryptographiques, d’outils de preuves de          de compétitivité AESE et System@tic, ainsi que




 52   Plan stratégique 2008-2012
d’implantation, concevoir des algorithmes           cables qu’à des protocoles simplifiés. Un défi
                      cryptographiques prenant en compte l’effi-          majeur est de traiter des protocoles de sécurité
                      cacité (faible consommation, rapidité) mais         complexes dans des environnements réalistes.
                      aussi la résistance à la cryptanalyse et aux        Ceci nécessite de développer des techni-
                      attaques par canaux cachés, pour lesquelles         ques de preuves modulaires, de montrer que
                      par ailleurs l’élaboration de mesure de résis-      les abstractions considérées sont correctes
                      tance est souhaitable.                              vis-à-vis des modèles plus précis utilisés en
                      Les protocoles de cryptographie pour de             cryptographie, et de formellement valider les
                      nouvelles applications telles que le vote, la       primitives cryptographiques. Il apparaît aussi
                      délégation de signature, la négociation sûre        un besoin croissant de fournir de nouvelles
                      de services de sécurité pour les applications       propriétés de sécurité liées à l’anonymat et
                      multi-niveaux, la satisfaction de politiques de     à la vie privée.
                      sécurité complexes, doivent être prouvés tant       Enfin, la conception de langages pour exprimer
                      du point de vue de leur conception, que de leur     formellement les politiques de sécurité et
                      implémentation matérielle et logicielle.            leurs propriétés, ainsi que le développe-
                      Même si d’importants progrès à la fois théo-        ment de méthodes et d’outils de vérifica-
                      riques et applicatifs ont été réalisés dans les     tion de ces propriétés constitue une autre
                      techniques de vérification de protocoles de         direction de recherche largement ouverte et
                      sécurité, la plupart des résultats ne sont appli-   prometteuse.




                      Face aux cyber-attaques, une première étape         rabilités sont plus complexes et nécessitent
         Analyse      est d’analyser et de recenser les vulnérabilités
                      et les faiblesses des logiciels et des systèmes
                                                                          des investigations spécifiques.
                                                                          Le domaine émergent de la virologie infor-
des vulnérabilités    vis-à-vis de la sécurité en se dotant d’outils      matique a pour objectif la détection de virus

     et des virus     d’analyse efficaces. Comme pour la vérifica-
                      tion, la prise en compte de composants déjà
                                                                          et l’étude de leur propagation, par exemple
                                                                          à partir d’une analyse statique des flots de
                      développés est une problématique encore non         données ou de contrôle, mais aussi la concep-
                      résolue. Même si les modèles de défaillance         tion et la construction de stratégie de défense,
                      utilisés en sûreté de fonctionnement sont une       en particulier face à des virus métamorphes
                      source d’inspiration importante, les modèles        dont le programme mute chaque fois qu’il
                      d’exploitation et de propagation des vulné-         infecte un nouvel hôte.




                      Avec le nombre croissant de données sensi-          Les technologies numériques ainsi que l’ap-
         Intégrité    bles accumulées dans les bases de données
                      actuelles, apparaît la nécessité impéra-
                                                                          parition de systèmes ouverts ne sont pas
                                                                          sans susciter des dangers pour la propriété
  des données,        tive d’assurer leur intégrité (authenticité,        intellectuelle et les droits de diffusion. Les

confidentialité et    exhaustivité, actualisation), leur confidenti-
                      alité (contrôle d’accès) ainsi que leur utili-
                                                                          technologies actuelles permettent de faire des
                                                                          copies parfaites des contenus. La redistribu-
       vie privée     sation appropriée (traçabilité). Les solutions
                      actuelles basées sur des administrations
                                                                          tion est aisée et son traçage difficile. Il est
                                                                          ainsi nécessaire de développer de nouvelles
                      centralisées peinent à être déployées et ne         technologies permettant de protéger les
                      répondent pas aux enjeux de la confiance            œuvres multimédia : identifier leur origine,
                      dans des environnements dynamiques et               protéger les droits d’auteurs, vérifier leur
                      distribués. La coopération entre la recherche       intégrité, ou encore tracer un usage illicite.
                      en bases de données et en cryptographie             Cela peut se faire par l’insertion dans le
                      est une voie prometteuse en particulier pour        contenu d’une marque indécelable, infalsi-
                      établir des relations de confiance entre            fiable et ineffaçable et dont l’extraction doit
                      entités, de manière dynamique dans l’es-            être robuste face à divers types d’attaques
                      pace et le temps.                                   que le signal pourrait subir.




                                                                                     Plan stratégique 2008-2012       5
.1.2 Programmation : Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques




                                                    La maîtrise des risques est partie prenante           Dans un contexte distribué, et plus géné-
      Maîtrise des                                  des processus de conception des systèmes
                                                    à logiciel prépondérant, qu’il s’agisse de
                                                                                                          ralement dans un environnement complexe
                                                                                                          dont le comportement ne peut être décrit
  risques dans les                                  systèmes d’information ou de systèmes temps           complètement, il devient nécessaire de forma-

 systèmes ouverts                                   réel critiques, ou encore de systèmes à grande
                                                    diffusion. Les risques sont souvent identifiés
                                                                                                          liser les interactions dysfonctionnelles et
                                                                                                          de les exprimer sous forme de contraintes
      et distribués                                 comme les manquements ou les entraves
                                                    à la disponibilité, à la sécurité, à la robus-
                                                                                                          propres à garantir la sûreté de comportement
                                                                                                          global du système. Ces modèles formels
                                                    tesse aux pics de charge et aux changements           pourraient aussi servir de base pour l’établis-
                                                    d’échelles. La perception de ces risques est          sement de responsabilités légales en cas de
                                                    accrue avec la mise en œuvre de services en           dysfonctionnement.
                                                    ligne, s’appuyant sur des systèmes ouverts            Dans les réseaux mobiles ad hoc sans infras-
                                                    et distribués.                                        tructure fixée, souvent spontanés et volatils,
                                                    De nombreux systèmes critiques ou embar-              les réseaux de capteurs ubiquitaires permet-
                                                    qués sont aujourd’hui des systèmes ouverts            tant d’interfacer l’environnement physique
                                                    qui cohabitent et inter-opèrent avec des              avec les infrastructures de communica-
                                                    systèmes d’information, et deviennent sensi-          tion et d’information, la sécurité doit être
                                                    bles non seulement aux défaillances mais              soigneusement comprise et garantie avant
                                                    également aux attaques et malveillances, à            le déploiement. La distribution des données
                                                    des comportements inattendus des utilisa-             et des calculs sur la grille conduit aussi à de
                                                    teurs, à des interactions non ou incomplète-          nouveaux défis pour la sécurité qui doit être
                                                    ment spécifiées entre composants.                     garantie dans un environnement peu fiable.




         Jalons
 i Cryptographie et sécurité                        permettront aussi le déploiement de systèmes          i Développement certifié de
 des réseaux ambiants                               d’attaque et de défense contre des codes mal-         composants logiciels industriels
 Critique du point de vue des applications          veillants (virus, vers). Elles ouvriront la voie      Pour augmenter le nombre de composants
 industrielles, la cryptographie dite légère,       vers la détection de failles, l’audit sécurité et     logiciels prouvés utilisés dans l’industrie
 est destinée à des objets de faible coût et        la certification de système..                         (compilateurs, bibliothèques certifiées), une
 potentiellement volatils. Le développement                                                               première étape est d’offrir une plateforme
 d’applications de traçabilité et de localisation   i Vérification conjointe de                           d’aide à la conception, à la modélisation et
 d’objets, par exemple par RFID, nécessite          propriétés de sûreté et sécurité                      la vérification de systèmes et de logiciels,
 de développer des mécanismes d’authenti-           Alors que les domaines de la sûreté et de la          prenant en compte l’assemblage de com-
 fication simples à mettre en œuvre et d’un         sécurité étaient jusqu’à maintenant relativement      posants et la reprise de codes existants,
 coût d’implémentation et de déploiement            disjoints, des approches intégrées sont à déve-       permettant à des sociétés ou des projets
 très faible, mais garantissant le niveau de        lopper sur différents problèmes en particulier        tiers d’utiliser ces outils sur des cas réels et
 sécurité adéquat.                                  sur la vérification automatisée des politiques de     de fournir un vrai retour d’expérience. Un
                                                    sécurité (dans le cadre par exemple de services       premier objectif est de faire la démonstra-
 i Vulnérabilités, attaques et défense              Web, de contrôles d’accès, de délégations de          tion que le processus de certification de code
 Ce jalon porte sur l’étude des attaques et de      signature), et sur la conception de protocoles        critique peut s’appuyer sur une approche
 leur prévention en conduisant des expéri-          de vote électronique sécurisé, la formalisation       mathématique rigoureuse, en particulier
 mentations significatives dans un cadre légal.     et la vérification de leurs propriétés essentielles   en produisant un compilateur prouvé,
 Un premier objectif est de caractériser les        de sécurité.                                          utilisable dans le contexte industriel. Plus
 faiblesses et vulnérabilités des logiciels vis-                                                          généralement, il s’agit d’augmenter le
 à-vis de la sécurité, d’analyser et recenser                                                             nombre de composants prouvés utilisés
 lesdites vulnérabilités, et de se doter d’outils                                                         dans le monde industriel : compilateurs,
 d’analyse efficaces. Ces expérimentations                                                                outils de vérification, bibliothèques.




54   Plan stratégique 2008-2012
Plan stratégique 2008-2012   55
.1. Communication, information et calcul ubiquitaires




                  3.1.3
                                  Communication,		
                                  information		
                                  et	calcul	ubiquitaires




5   Plan stratégique 2008-2012
Les technologies et les infrastructures de communication ont
constamment été au cœur de nombreux enjeux dans toutes les civilisa-
tions. Les technologies de communication numériques ont apporté une
rupture qualitative et un changement d’échelle drastique. Leurs enjeux
économiques et sociaux concernent aujourd’hui tous les secteurs d’ac-
tivité, allant de la production de biens et de services, à la santé et à
la sécurité. Ils sont critiques pour le développement de la société de
l’information (cf. § 2.1).
Des besoins considérables expliquent la croissance et le déploiement pro-
digieux de ces technologies : plus de 2 milliards de dispositifs connectés
aujourd’hui à Internet, autant de téléphones cellulaires dont 20 % dispo-
sent de capacités d’échange de données, un volume de données qui se
chiffrera bientôt en moles* d’octets, données que l’on souhaite aisément
lisibles par chacun et productibles par tous. À cela s’ajoute une autre
révolution : dorénavant, nos objets communiquent entre eux de façon
autonome pour nous offrir des fonctionnalités complémentaires et inté-
grées, pour se configurer et s’adapter à leur environnement et à leurs utili-
sateurs, pour couvrir un large espace d’observation (réseaux de capteurs)
et d’objets adressables (Internet des objets).
Le développement des technologies de communication est conditionné
par la résolution de nombreux problèmes scientifiques relatifs aux pro-
tocoles et réseaux de communication, au calcul distribué et au Web des
connaissances et des services. Ces trois composantes participent ensem-
ble à l’élaboration de systèmes autonomes d’intelligence ambiante, inté-
grant des processeurs et des capteurs disséminés dans l’espace et dans
de nombreux objets de la vie courante, réactifs à leur environnement, et
donnant aux utilisateurs l’accès au bon moment et au bon endroit, à des
informations individualisées, à des connaissances, à des moyens d’ex-
pression et d’action radicalement nouveaux.
L’INRIA a constamment mis en avant parmi ses objectifs prioritaires la
maîtrise des infrastructures des réseaux et des services de communica-
tion. L’institut dispose aujourd’hui de très fortes compétences et d’une
grande visibilité internationale dans ce domaine, ce qui lui permet d’af-
ficher des objectifs scientifiques ambitieux sur les réseaux, les grilles de
calcul et le Web sémantique des connaissances et des services.

* Par analogie à l’unité chimique : une mole = 6,022 x 1023 atomes.




                                                                      Plan stratégique 2008-2012   57
.1. Communication, information et calcul ubiquitaires




                                  Les objectifs de l’INRIA sur cette priorité stra-    communs fondamentaux, en mathématiques
                                  tégique sont focalisés sur trois volets :            et en algorithmique des communications
                                  • les réseaux du futur, leur modélisa-               et de l’information, problèmes sur lesquels
                                      tion, la conception de leurs architectures       l’institut restera très présent. Il poursuivra ses
                                      et protocoles, et leur évolution, malgré         recherches sur plusieurs de ces questions
                                      l’hétérogénéité des infrastructures de           fondamentales, par exemple en modélisation
                                      communication, vers un réseau continu            quantitative, sur les méthodes formelles pour
                                      dans l’espace (faire face au changement          la preuve de protocoles, sur les algorithmes
                                      d’échelle dans le nombre de disposi-             distribués avec information partielle, ou sur les
                                      tifs mobiles ou fixes interconnectés) et         algorithmes de réplication et de consensus.
                                      dans le temps (assurer avec constance            Le codage et la théorie de l’information – en
                                      et transparence une qualité de service           particulier pour la compression d’images et
                                      garantie à une grande diversité d’utilisa-       de vidéos ou pour accroître la capacité de
                                      teurs et d’usages) ;                             réseaux mobiles ad hoc – restent également
                                  • les grilles de calcul, un des grands défis de      des sujets de recherche importants. De même
                                      l’informatique distribuée pour offrir quasi-     que le sont dans le contexte abordé ici les
                                      ment partout de vastes ressources ;              questions de sécurité des réseaux et des
                                  • le Web des connaissances et des                    données : confiance, preuves de sécurité,
                                      services qui permet d’accéder au contenu         confidentialité et vie privée, protection de
                                      sémantique des informations disponibles          documents multimédia.
                                      et d’apporter à des communautés d’utili-         Ces trois volets sont détaillés dans ce qui
                                      sateurs la possibilité d’utiliser, de déployer   suit, ainsi que la problématique de l’auto-
                                      et d’intégrer un spectre d’applications de       nomie des infrastructures de communi-
                                      plus en plus large.                              cation, de calcul et d’information qui leur
                                  Ces trois volets partagent des problèmes             est transverse.




                                  L’Internet du futur est aujourd’hui au cœur          réseaux sans fil hétérogènes, à améliorer
      Communication               d’efforts considérables de recherche acadé-
                                  mique et industrielle, illustrés par de grandes
                                                                                       la qualité de service, et à mettre en place
                                                                                       des architectures de service de plus haut
        ubiquitaire et            initiatives internationales telles que celles de     niveau.

     réseaux du futur             la NSF (FIND, GENI) ou de DARPA (sur le sans
                                  fil) aux États-Unis, de la Commission euro-
                                                                                       Pour y parvenir, de nouvelles théories pour
                                                                                       l’architecture de réseaux doivent émerger.
                                  péenne (EIFFEL, FIRE, ARCADIA, EUROFI),              Les protocoles et les structures qui contrôlent
                                  de la Corée (Future Internet Forum) ou du            cette architecture doivent être repensés de
                                  Japon. En France, le gouvernement a confié           manière coordonnée et cohérente. Malgré
                                  à l’INRIA en 2007 l’animation d’un groupe            les progrès importants faits pendant les
                                  de réflexion sur ce sujet.                           dix dernières années, la couche réseau
                                  Ces recherches visent l’élaboration des bases        reste critique pour les applications forte-
                                  algorithmiques et architecturales nouvelles          ment contraintes en termes de délai, de
                                  des réseaux et services de communication             bande passante, de gigue et de fiabilité. Ces
                                  qui permettront de corriger les faiblesses           applications ne peuvent pas être déployées
                                  structurelles d’Internet, notamment dans             aujourd’hui sur Internet. L’INRIA développera
                                  le domaine de la sécurité, de la qualité de          des recherches tant théoriques qu’expéri-
                                  service, de la mobilité, du temps réel, et de        mentales sur la qualité de service et les
                                  l’interconnexion avec le monde physique via          accords de niveau de service, sur le routage
                                  des réseaux de capteurs. L’INRIA entend              différencié et sur le routage avec qualité de
                                  être actif dans la conception d’Internet du          service.
                                  futur. L’institut s’attachera en particulier à       Nos travaux porteront également sur les
                                  améliorer la sécurité et la robustesse du            réseaux d’overlay sur Internet qui permet-
                                  réseau, à rendre plus simple l’intégration de        tent à un très grand nombre de pairs d’interagir
                                  nouvelles technologies comme celles des              de manière à contribuer à l’accomplissement




58   Plan stratégique 2008-2012
d’une activité commune, soit en tant que            des algorithmes novateurs et de nouvelles
                                               relais, soit en tant que contributeur direct.       idées d’architectures. L’INRIA continuera à
                                               Les recherches se concentreront sur les             contribuer à l’énorme effort algorithmique
                                               structures qui peuvent se développer de             pour mieux contrôler ces réseaux (puissance,
                                               manière autonome et auto-organisée, comme           contrôle d’admission, contrôle d’accès
                                               les systèmes pairs-à-pairs (P2P) de partage         aux ressources, contrôle de congestion,
                                               de documents multimédia pour lesquels la            ordonnancement), en particulier par le biais
                                               participation à un groupe est très fortement        d’optimisation inter-couche. Une meilleure
                                               dynamique et volatile.                              compréhension du partage de bandes dans
                                               Par ailleurs, une meilleure connaissance et         le contexte des réseaux sans fil, dont les
                                               un meilleur contrôle d’Internet, tel que nous       réseaux hybrides, est également néces-
                                               le connaissons aujourd’hui, sont nécessaires        saire. La conception de services de réseaux
                                               pour concevoir l’Internet du futur. L’INRIA se      offrant un véritable soutien sans coupure à
                                               concentrera sur la conception de nouvelles          la mobilité et à la localisation soulève des
                                               méthodes pour la supervision, la mesure et          problèmes importants. Il en va de même de
                                               le contrôle du réseau, la tomographie d’In-         la conception d’applications vidéo sans fil qui
                                               ternet, l’inférence de matrices de trafic, et la    imposent des contraintes additionnelles aux
                                               détection automatique d’anomalies.                  techniques de codage de faible complexité
                                               À coté d’Internet proprement dit, nos travaux       ou de consommation d’énergie limitée.
                                               porteront également sur les réseaux d’opé-          Par ailleurs, les évolutions récentes en termes
                                               rateurs en se focalisant principalement sur         de complexité, de dynamicité et d’hétéro-
                                               les problématiques de l’accès sans fil et           généité des réseaux en rendent la gestion
                                               de la gestion du réseau.                            de plus en plus difficile. Il est impératif de
Modélisation	de	la	couverture	du	réseau	par	   L’évolution des réseaux sans fil repose sur         concevoir de nouveaux modèles architec-
des	antennes	utilisant	le	protocole	CDMA	      des avancées fondamentales en théorie de            turaux et des algorithmes distribués qui
(Code	Division	Multiple	Access)	—	TREC.        l’information et du codage, ainsi que sur           permettent de mettre en œuvre de manière




       Positionnement INRIA
Plus d’une trentaine d’équipes-projets         Dans le domaine des réseaux, la France bénéfi-      çaise, avec l’animation de plusieurs plates-
sont focalisées sur les thématiques rele-      cie d’un environnement industriel exception-        formes, comme GRID-5000. L’activité
vant de cette priorité. Dans les aspects       nel, avec le siège et le laboratoire de recherche   autour de l’informatique diffuse connaît
réseaux et communication, la position de       et innovation d’Alcatel-Lucent – un acteur          aussi un fort développement et a déjà
l’institut au niveau mondial en matière de     clé dans le domaine des équipements réseau          donné lieu à des actions significatives de
modélisation et de métrologie est forte. Les   – et aussi le siège d’Orange, acteur majeur au      transfert, par exemple autour de UbiQ.
efforts de standardisation en réseau sont      niveau européen pour l’accès aux réseaux sans       Pour ce qui concerne les bases de données
coordonnés par l’Internet engineering task     fil, dont elle héberge les principaux laboratoi-    et de connaissance et le Web, plusieurs
force (IETF) au sein de laquelle la plupart    res de recherche et développement. Plusieurs        chercheurs et équipes de l’INRIA jouent
des sociétés et laboratoires travaillant       laboratoires communs ont été mis en place :         un rôle influent au niveau mondial, en
sur l’Internet sont en compétition pour        avec Orange-FT sous la forme de « Centre de         particulier autour de XML. Les collabo-
faire adopter de nouveaux protocoles.          recherche collaborative », avec Alcatel-Lucent      rations sont actives avec les meilleures
L’INRIA participe depuis longtemps de          sous la forme « d’Opérations stratégiques           équipes mondiales (UCSD entre autres).
manière très active à l’IETF en présidant      conjointes », avec Thomson et Philips, sous         Des activités de transfert viennent aug-
des groupes de travail, en apportant des       la forme du laboratoire commun AIRD sur            menter cet impact.
contributions à MPG et en proposant            l’informatique ambiante.                            Ce positionnement autour des conte-
des standards tels que UDLR et OLSR.           Autour du calcul distribué, des grilles de calcul   nus, des services et des usages, mais
L’INRIA a aussi participé à la standardi-      et des systèmes pair-à-pair, l’INRIA joue un        aussi des communications, doit encore
sation de IEEE 802.11.                         rôle moteur au sein de la communauté fran-          se renforcer.




                                                                                                              Plan stratégique 2008-2012          59
.1. Communication, information et calcul ubiquitaires




                                                  autonome, sûre et robuste la gestion des           systèmes d’information spontanés et les
                                                  défaillances, des configurations, des coûts,       réseaux tolérant les délais dans lesquels la
                                                  de la performance et de la sécurité. Les ques-     connectivité intermittente est la norme. La
                                                  tions de passage à l’échelle et de l’impact        plupart de ces réseaux ont une logique de
                                                  fonctionnel des impératifs de gestion du           routage « multihop », qui consiste à utiliser
                                                  réseau sont cruciales. Ceci est particuliè-        les autres terminaux ou éléments du réseau
                                                  rement vrai pour les réseaux optiques dans         comme des relais lors du transport de l’in-
                                                  lesquels des composants reconfigurables            formation. L’institut continuera à étudier de
                                                  permettront aux opérateurs de répondre             nouveaux algorithmes de contrôle distribué
                                                  à des demandes attendues de l’ordre du             pour de tels réseaux, en particulier en ce
                                                  térabit et pour lesquels on devra disposer         qui concerne l’accès à des canaux radio
                                                  de moyens de contrôle programmables très           partagés, le routage, le contrôle de l’ad-
                                                  performants, capables d’ordonnancer les            mission et de la congestion, et le contrôle
                                                  ressources du réseau en temps réel.                de la consommation. Plus généralement, il
                                                  Enfin, il est important de traiter également       faut concevoir des algorithmes distribués
                                                  des réseaux auto-organisés. L’INRIA                permettant aux utilisateurs d’être toujours
                                                  concentrera ses recherches sur les réseaux         connectés au mieux dans un contexte équi-
                                                  ad hoc, les réseaux sans fil hybrides, les         table, particulièrement dans le cas de radios




        Jalons
 i Conception et évaluation de                    réel. Leurs limitations doivent être identifiées   des gains en robustesse et en performance
 nouvelles architectures d’Internet               et bornées. Finalement, il est important d’in-     significatifs.
 Depuis trente ans, Internet a suivi des évo-     tégrer plates-formes d’expérimentations et de
 lutions incrémentales, compatibles avec          simulations afin de simplifier la conception et    i Services et usages
 l’existant. Cette approche, qui a permis         l’évaluation des nouvelles architectures. On       On veut pouvoir répondre intelligemment à
 d’incontestables succès, a atteint ses limites   visera donc ici à développer une plateforme        des requêtes sur le Web à partir du contenu
 en bloquant la résolution de problèmes           et des méthodes d’évaluation intégrant un          sémantique des données, par exemple dans
 structurels majeurs de sécurité, de continuité   simulateur tel que NS3 et une plateforme d’ex-     le cadre d’un travail collaboratif au cours
 de service sur des infrastructures hétérogè-     périmentations telle que OneLab.                   duquel les informations seront agrégées
 nes, de robustesse à la montée en charge,                                                           et présentées à l’utilisateur qui pourra
 ou d’outils d’observation et de diagnostic.      i Grilles d’expérimentation                        interagir avec des résultats intermédiaires
 Ce jalon porte sur l’exploration de nouvelles    Il s’agit de démontrer un passage à l’échelle      et participer ainsi à la construction de la
 architectures de réseaux en rupture avec         ambitieux des techniques de programma-             réponse à la requête. Le développement
 l’existant. Il s’agit de concevoir des compo-    tion des grilles informatiques en réalisant        de ces nouveaux services doit être conçu
 sants architecturaux pour supporter de façon     plusieurs expériences dimensionnantes sur          pour permettre l’analyse de leurs usages
 native et sécurisée des services tels que la     l’infrastructure Grid’5000, développée par         effectifs : émergence de communautés et de
 diffusion de données, le partage de données      l’action ALADDIN. Ces expériences porteront        réseaux sociaux, construction dynamique
 en pair-à-pair, et le diagnostic automatique.    en particulier sur des problèmes génériques        de profils individuels et collectifs, détection
 Par ailleurs, ces nouvelles architectures ont    d’optimisation combinatoire de grande taille,      de tendances, diagnostic de performance
 besoin d’être évaluées avant un déploiement      jamais résolus grâce à une infrastructure          et de qualité de service. Les informations
 à grande échelle. Ceci nécessite des plates-     de grille. On expérimentera également sur          relatives aux usages étant produites de plus
 formes de simulation réalistes, facilement       des problèmes de biologie structurale tel          en plus rapidement et depuis des sources
 configurables, qui permettent un contrôle        que le problème d’arrimage de molécules            de plus en plus nombreuses, on doit être
 des conditions d’expérimentations et des         de grande taille. Ces expériences et d’autres      capable de faire ces analyses sur des flots
 analyses comparatives, et qui impliquent         seront réalisées sur plusieurs milliers de pro-    de données, ce qui implique l’extraction
 de vrais utilisateurs. Les simulations doivent   cesseurs, sur plusieurs sites, pour valider        de connaissances, leur interprétation et
 intégrer de meilleurs modèles et du code         expérimentalement le passage à l’échelle avec      la gestion de leur évolution.




0   Plan stratégique 2008-2012
flexibles. Par ailleurs, au niveau des modèles         de management au travers de modèles
                                      économiques, la recherche se concentrera               tels que l’utilisation d’incitateurs, la théorie
                                      sur la conception de nouvelles formes de               des jeux et des approches coopératives et
                                      déploiement et d’intégration des fonctions             collaboratives.




                                      Grâce aux réseaux de communication et à                à la conception de systèmes d’exploitation
  Calcul ubiquitaire                  l’évolution des technologies des micropro-
                                      cesseurs, la puissance de calcul accessible à
                                                                                             centrés réseaux, assurant une gestion distri-
                                                                                             buée d’un domaine et permettant, via des
 et grilles de calcul                 un utilisateur n’est plus restreinte localement        approches de virtualisation et d’abstraction,
                                      à une machine unique, elle peut s’appuyer sur          une meilleure séparation entre les applica-
                                      de vastes ressources disponibles à bas coût            tions et l’infrastructure sous-jacente.
                                      et distribuées à grande échelle. L’ambition            La gestion des ressources ne peut plus être
                                      du calcul ubiquitaire est d’ouvrir l’accès à           locale. Elle doit prendre en compte la distri-
                                      ces ressources partout, à tout moment, de              bution des ressources à large échelle. Ainsi,
                                      façon aisée, transparente et fiable. Les grilles       pour certaines applications, la gestion de
                                      de calcul, l’un des grands défis de l’infor-           flux de données doit intégrer les contraintes
                                      matique distribuée, soulèvent en particulier           de communication, lesquelles sont difficile-
                                      des problèmes d’intergiciels, de systèmes              ment prévisibles et peuvent devenir supé-
                                      d’exploitation, de gestion des ressources et           rieures aux contraintes des ressources de
                                      de modèles de programmation.                           calcul. On doit également développer de
                                      Un intergiciel distribué est une couche                bons modèles de disponibilité de ressources
                                      logicielle au-dessus des systèmes d’exploi-            qui évoluent fortement avec l’arrivée et la
                                      tation permettant le déploiement aisé d’une            disparition de nœuds de calcul en cours
                                      application sur des machines en réseau. Leur           de traitement. Les travaux porteront égale-
                                      conception soulève de nombreux problèmes               ment sur des mécanismes de gestion à
                                      dont la gestion de l’hétérogénéité, les chan-          performance garantie, par exemple sur la
                                      gements de disponibilité des ressources, ou            conception de protocoles de bout en bout
                                      le passage de l’organisation client/serveur à          fiables, efficaces et prévisibles, pour le
                                      des architectures pairs-à-pairs. Par ailleurs          transfert de masse de données.
                                      les intergiciels existants ont une relation            Enfin, de nouveaux modèles de program-
                                      à sens unique avec les applications, sans              mation sont nécessaires pour une utilisa-
                                      aucune négociation. Ce handicap peut être              tion efficace des grilles. Il s’agit de prendre
                                      levé si les applications sont en mesure d’ex-          en compte la complexité intrinsèque des
                                      ploiter la nature et la topologie des ressources       traitements distribués sur des ressources
                                      et de spécifier à l’avance les schémas de              hétérogènes et évolutives, par exemple en
                                      communication qu’elles utilisent.                      explicitant les caractéristiques de l’applica-
                                      Les systèmes d’exploitation peuvent à                  tion relativement à celles de l’infrastructure
                                      l’avenir fournir avec de meilleures perfor-            de calcul. Des nouveaux paradigmes de
                                      mances une partie des fonctionnalités des              programmation inspirés de la nature ou de
 Cluster	de	l’IRISA	-	INRIA	Rennes.   intergiciels. Il s’agit en particulier de travailler   la chimie sont également à explorer.




                                      Le passage à un Web des connaissances et               haut niveau d’utilisateurs individuels et de
        Information                   des services soulève de nombreux problèmes
                                      pour la maîtrise d’un volume considérable de
                                                                                             communautés.
                                                                                             L’accès aux contenus sémantiques s’appuie
 ubiquitaire et Web                   données hétérogènes (données structurées,              sur le développement convergent de deux

des connaissances                     documents textuels et multimédia, services en
                                      ligne) et pour le développement de nouvelles
                                                                                             classes d’approches complémentaires :
                                                                                             • celles à base de XML et des langages
    et des services                   fonctionnalités portant sur les contenus des
                                      données et répondant à des besoins de
                                                                                                 associés, en particulier RDF (“resource
                                                                                                 description framework” qui permet d’as-




                                                                                                        Plan stratégique 2008-2012       1
.1. Communication, information et calcul ubiquitaires




                                      surer l’interopérabilité des métadon-           des contenus sémantiques. Elles exigent des
                                      nées) pour les documents et données             progrès importants, dans le développement
                                      structurés ;                                    et l’intégration de plusieurs techniques, par
                                  • celles du Web sémantique pour l’expres-           exemple statistiques, linguistiques et d’extrac-
                                      sion et l’exploitation de connaissances.        tion d’information sémantique de documents
                                  Les travaux porteront en particulier sur des        multimédia.
                                  problèmes de représentation des connais-            Par ailleurs, il est important de souligner
                                  sances, d’apprentissage et de traitement auto-      que l’utilisateur du Web des connaissances
                                  matique du langage naturel pour l’élaboration       et des services n’est pas un lecteur passif.
                                  d’ontologies et d’annotations sémantiques,          C’est un acteur au sein d’une communauté,
                                  pour l’explicitation des contextes et leur utili-   un producteur de connaissances, de services,
                                  sation dans la gestion des requêtes et des          voire de biens au sein d’un espace collabo-
                                  données. Cette gestion nécessite également          ratif. On rejoint ici une problématique que
                                  la fusion d’informations issues de sources          nous développerons en section suivante sur
                                  multiples et hétérogènes, ce qui requiert l’ac-     les interactions et médiations sociales (cf.
                                  quisition, la découverte et la surveillance des     § .1.4), mais qui doit être abordée ici au
                                  ressources concernées, leur enrichissement          niveau des fonctionnalités de base de la
                                  (qualification, indexation sémantique), et leur     communication, de l’interaction et de l’intero-
                                  intégration cohérente. Ces sources d’informa-       pérabilité au niveau sémantique. Le lien avec
                                  tion peuvent être actives, via des services en      la section suivante est également à faire au
                                  ligne. Ceci soulève le problème de la compo-        niveau des systèmes d’intelligence ambiante
                                  sition des services Web par des techniques          où de nombreux dispositifs interconnectés
                                  de planification et d’apprentissage. Les ques-      perçoivent et interprètent leur environnement
                                  tions de fouille de données et de veille ne         pour interagir et offrir des moyens d’action
                                  prennent toute leur signification qu’au niveau      à l’utilisateur.




                                  Un concept central pour faire face aux              en conséquence leur propre comportement),
 Infrastructures de               problèmes posés par la demande croissante
                                  en ressources pérennes accessibles en tout
                                                                                      d’autocorrection (diagnostiquer des problèmes
                                                                                      potentiels et se reconfigurer pour continuer à
   communication,                 lieu et à tout moment, est celui des systèmes       fonctionner) et d’auto-configuration (ajuster

        de calcul et              d’information autonomes. Un tel système
                                  est composé d’une collection de composants
                                                                                      dynamiquement ses ressources au vu de son
                                                                                      propre état et de celui de son environnement
        de services               qui règlent leur comportement interne et leurs
                                  interrelations en conformité avec des règles de
                                                                                      d’exécution). Ces systèmes doivent facilement
                                                                                      s’adapter au contexte (capacité à prendre en
        autonomes                 haut niveau. Un problème difficile consiste à       compte leur environnement et à réagir à ses
                                  développer des solutions performantes permet-       changements), être ouverts (portabilité sur
                                  tant de mettre en œuvre tout ou partie des          des architectures matérielles et logicielles
                                  caractéristiques clés de ces systèmes, distri-      diverses, utilisation de protocoles et d’inter-
                                  bués à très grande échelle, de communication,       faces standards et ouverts), ils doivent pouvoir
                                  de calcul, ou de gestion d’informations. Les        anticiper, autant que possible, leurs propres
                                  caractéristiques à observer sont notamment          besoins et comportements relativement à leur
                                  celles d’auto-supervision (connaissance par         contexte d’exécution et doivent pouvoir se
                                  le système de son état et de ses compor-            comporter de manière proactive. Les travaux
                                  tements) et d’autoprotection (détecter des          sur ces sujets aborderont des questions de
                                  attaques aussi bien internes qu’externes et         modélisation qualitative et quantitative, de
                                  protéger ses ressources tout en maintenant          supervision, de diagnostic, de reconfiguration
                                  la sécurité et l’intégrité globales du système).    et de planification.
                                  Par ailleurs ces systèmes doivent avoir des
                                  capacités d’auto-optimisation (détecter des
                                  dégradations de performances et optimiser




2   Plan stratégique 2008-2012
Plan stratégique 2008-2012
.1.4 Interaction avec des mondes réels et virtuels




                  3.1.4
                                  Interaction		
                                  avec	des	mondes	
                                  réels	et	virtuels




4   Plan stratégique 2008-2012
L’outil prolonge la main de l’homme. L’outil issu des technologies de l’infor-
mation prolonge aussi ses capacités sensorielles, motrices et cognitives. L’interac-
tion grâce à un tel outil avec le monde physique, avec des modèles numériques, ou
en médiation sociale, se décline en diverses modalités, directement ou à distance,
lorsque l’outil devient autonome. Les problèmes scientifiques posés par la concep-
tion de ces prolongements, moteurs, sensoriels et cognitifs de l’homme, et par celle
des mécanismes d’interaction associés, couvrent des thématiques de recherche
importantes. Ces problèmes portent par exemple sur :
• comment détecter et interpréter l’information sensorielle pour reconnaître des
  objets, pour comprendre des scènes et des comportements selon plusieurs moda-
  lités sensorielles : vision, audition, toucher, olfaction ;
• comment représenter, reconstruire, et visualiser des données et des simulations,
  permettre d’explorer visuellement, de palper des données, d’être présent dans des
  scénarios virtuels en rendant l’outil informatique transparent dans l’interaction ;
• comment représenter et utiliser l’information symbolique et langagière pour obtenir
  et fournir des informations, échanger et générer des connaissances ;
• comment agir de façon autonome et délibérée pour la réalisation d’une mission,
  en percevant et en modélisant l’environnement, en décidant et en planifiant ses
  actions, en améliorant son comportement par apprentissage.
L’INRIA est très présent sur ces thématiques scientifiques. Il ambitionne d’y apporter
des contributions importantes, car leurs enjeux scientifiques, sociétaux et applicatifs
sont essentiels et concernent de nombreux secteurs. Il s’agit par exemple, pour les
interactions avec le monde réel, des applications de la robotique d’intervention dans
des environnements hostiles ou pour des tâches pénibles (mines, chantiers, explo-
ration sous-marine ou planétaire, déminage, etc.), de la robotique de service (sur-
veillance, manutention, nettoyage en chambres froides ou salles blanches, etc.), des
systèmes de transport et d’aide à la conduite automobile, des routes “intelligentes”
et des villes sûres. Sont également concernées les applications de la domotique, de
l’aide aux personnes à autonomie restreinte, ou de la robotique personnelle (assis-
tant domestique, machine ludique, voire robot ou fonctions robotiques portées par
l’homme). La robotique médicale (cf. § 3.2.3), soulève des problèmes ouverts liés à
des enjeux de santé publique mobilisateurs.
Les interactions virtuelles répondent à de très forts besoins. Ainsi, au niveau médical,
on souhaite par exemple pouvoir examiner et palper, via des interfaces haptiques, un
cœur numérique reconstruit à partir des modèles et données d’imagerie médicale.




                                                                     Plan stratégique 2008-2012   5
.1.4 Interaction avec des mondes réels et virtuels




                                  L’enseignement et la formation sont des champs d’application privilégiés pour la
                                  réalité virtuelle, les environnements immersifs et interactifs. L’interprétation visuelle
                                  et de flot multimédia recouvre de nombreux enjeux transverses, dont ceux de sécu-
                                  rité des biens et des personnes. L’économie de la communication et du loisir, secteur
                                  en pleine expansion, repose sur la perception et l’interaction (jeux vidéo, conception
                                  de films, communication ubiquitaire, etc.), sur une aide pertinente pour un large
                                  accès aux services et aux informations multimédia du Web, sur une information
                                  géolocalisée et individualisée. L’ingénierie numérique, tout au long du cycle de vie
                                  d’un produit ou d’une installation complexe, industrielle ou urbaine, soulève des
                                  problèmes pour les techniques de visualisation, de réalité virtuelle, et de concep-
                                  tion collaborative, nécessitant souvent l’intégration de modèles de comportement
                                  de l’utilisateur humain. Enfin, les techniques de visualisation, d’interaction avec des
                                  modèles numériques sophistiqués et de pilotage de simulations complexes seront
                                  potentiellement accessibles à un très large public. Un enjeu social important est que
                                  leur utilisation soit effective, qu’elle permette à chacun d’être un amateur de scien-
                                  ces, la main à la pâte, qu’elle puisse rendre à nouveau les sciences populaires, et
                                  redonner au débat scientifique toute sa place dans la cité.




                                     L’interaction implique deux ou plusieurs entités   surtout de faire le lien avec la sémantique
                                     qui, activement, échangent et influent l’une       des scènes observées. Les objectifs portent
                                     sur l’autre. Elle requiert des mécanismes de       également sur la synthèse de retours senso-
                                     perception, d’action, et de compréhension.         riels à partir de modèles et de données. La
                                     Avant d’aborder les objectifs spécifiques aux      fusion multi-sensorielle, en analyse ou en
                                     interactions réelles et virtuelles, considé-       synthèse, concerne les modalités citées mais
                                     rons les objectifs communs à l’ensemble des        aussi les retours haptiques, l’interprétation
                                     thématiques scientifiques abordées ici.            de gestes, d’attitudes et de comportement,
                                     Ces objectifs portent tout d’abord sur les         sans oublier le lien entre les différents sens
                                     modalités sensorielles. Il s’agit de déve-         et la langue naturelle.
                                     lopper des capacités d’analyse, de reconnais-      Les problèmes liés à l’action vont de la
                                     sance, de catégorisation, et d’interprétation      commande bouclée sur la perception, à la
                                     sémantique, selon des modalités visuelles          décision, la planification et à l’apprentissage. La
                                     ou auditives, pour la parole et le langage         modélisation dynamique de l’environnement,
                                     naturel. Ainsi l’analyse fine de scènes sonores    pour percevoir et pour agir, soulève également
                                     complexes, enregistrées avec peu de capteurs,      des problèmes ouverts importants.
                                     reste un problème ouvert. Le traitement et la      Par ailleurs, il faut développer de nouvelles
                                     compréhension des langues naturelles restent       interfaces hommes-machines plus perfor-
                                     des défis majeurs pour l’informatique ; la         mantes, qui rendent l’ordinateur transparent
                                     langue naturelle est un vecteur de commu-          pour l’utilisateur et enrichissent ses possibi-
                                     nication primordial pour les échanges à fort       lités d’interaction. Il s’agit de concevoir des
                                     contenu sémantique. En vision, des progrès         interfaces sensorielles s’appuyant sur les cinq
                                     restent nécessaires dans la robustesse, dans       sens humains, et prenant en compte l’analyse
                                     l’adaptation aux changements d’éclairage           des expressions, des mouvements, le ton de
                                     et à l’état des capteurs. Il s’agit aussi et       la voix, le suivi du regard. La conception de




   Plan stratégique 2008-2012
systèmes complètement ou partiellement                  l’apprentissage ;
                                                immersifs, la prise en compte d’interfaces          •   algorithmique géométrique et du traite-
                                                multimodales, tactiles, haptiques, sonores,             ment de l’image, en vision, en modélisation
                                                intégrant (en des vêtements “intelligents” par          de l’environnement, ou en planification ;
                                                exemple) des capacités de communication et          • techniques numériques, dans les maillages
                                                de localisation soulèvent de nombreux défis.            et la structuration des données en réalité
                                                L’étude de l’homme, au niveau des modèles               virtuelle, dans la fusion multi-sensorielle
                                                sensori-moteurs, mais également cognitifs               et la modélisation de l’environnement ;
                                                et de comportement, est certainement l’un           • algorithmique de traitement du langage
                                                de ces grands défis. De nouvelles modalités             naturel ;
                                                d’interaction directe entre le cerveau et la        • algorithmique de la décision et de la
                                                machine posent des défis tant scientifiques             planification.
                                                qu’éthiques, et nécessitent des collabora-          Bien entendu, plusieurs de ces techniques
                                                tions étroites avec les neurosciences et les        concourent à l’élaboration de méthodes
                                                concepteurs de technologies de mesure de            robustes de perception, d’action et d’inte-
                                                l’activité cérébrale.                               raction. Leur intégration soulève à son tour
                                                La résolution de ces problèmes nécessite            des problèmes d’architecture informatique,
                                                des avancées algorithmiques dans divers             de distribution et d’organisation de forte puis-
                                                secteurs, par exemple :                             sance de calcul.
                                                • techniques statistiques ou probabilistes,         Enfin, il faut souligner le caractère interdisci-
                                                    en traitement du signal, de la parole et        plinaire des problèmes évoqués ici, en parti-
                                                    de l’image, pour la description de flux         culier entre les STIC et les neurosciences, les
Recherche	d’images	par	similarité	avec	le	          hétérogènes et la séparation de sources,        sciences cognitives et les sciences humaines
logiciel	Ikona	:	images	de	plantes	—	IMEDIA.        pour l’interprétation sémantique et             et sociales.




       Positionnement INRIA
L’INRIA possède les moyens de s’attaquer        Les équipes de l’INRIA s’appuient largement sur     System@tic en particulier) est forte. De
à ces défis. Toutes les disciplines évoquées    les mathématiques appliquées – pour la vision       forts liens existent avec le CEA, FT RD,
plus haut sont déjà actives dans l’institut.    comme pour le graphique – et sur l’informa-         l’INA ou le CSTB. Les collaborations avec
Une trentaine d’équipes-projets focalisent      tique – temps réel et spécifications formelles      les start-up de l’INRIA sont importantes.
leurs recherches sur ces problèmes. Près de     pour la robotique. Elles collaborent activement     Les partenariats européens, soutenus par
vingt autres y contribuent pour partie de       sur des projets couplant perception et synthèse     les programmes des PCRD sont intenses.
leurs travaux. L’institut a une place au plus   d’images, perception et robotique. Elles coopè-     Enfin, les collaborations formelles dans le
haut niveau mondial, tant en masse qu’en        rent aussi déjà largement avec des experts en       cadre de programmes bi- ou multilatéraux,
qualité, en vision artificielle. La situation   sciences cognitives et neurosciences.               d’équipes associées, et les collaborations
est analogue en géométrie algorithmi-           La forte et ancienne implication de l’INRIA         informelles avec les meilleures équipes
que. En graphique, les équipes INRIA            dans le domaine du graphique et de l’image          mondiales (MIT-Csail, UCSD, etc.) tra-
ont aussi fait preuve de leur excellence, et    s’accompagne de nombreux partenariats aca-          duisent la forte place tenue par l’INRIA au
constituent le plus fort noyau européen         démiques et industriels. Au niveau français ou      niveau mondial dans ces thématiques.
du domaine. L’INRIA possède une masse           européen, les principaux industriels du secteur     Pour l’avenir, un effort particulier sera
critique de qualité en robotique, avec en       sont concernés (par exemple, Thales, Philips,       porté sur les nouvelles interfaces – y
particulier des travaux de pointe sur les       EADS, Renault), mais aussi des éditeurs de          compris les interfaces cerveau-machine
robots parallèles ou le contrôle de systè-      jeux vidéos, des banques ou la RATP pour            – et la prise en compte de la sémantique
mes non holonomes. L’institut dispose           la surveillance vidéo, ainsi que des sociétés       mais aussi, plus généralement, des facteurs
également de très bonnes compétences            de post-production. L’implication dans les          humains et sociaux.
en traitement de la langue naturelle et         RRIT a été massive ; la participation à plusieurs
de la parole.                                   pôles de compétitivité (Images et réseaux et




                                                                                                               Plan stratégique 2008-2012         7
.1.4 Interaction avec des mondes réels et virtuels




                                         Le défi majeur ici est de conjuguer la diver-        de comportements humains, en particulier
         Robotique et                    sité des tâches qui peuvent être réalisées
                                         de façon autonome par une machine, avec
                                                                                              pour une programmation du système par
                                                                                              l’exemple. Du coté de l’utilisateur, l’explora-
            interaction                  la variabilité des environnements ouverts            tion à distance du monde physique via une

        avec le monde                    dans lesquels cette machine peut agir effi-
                                         cacement. Ce défi recouvre de nombreux
                                                                                              machine nécessite de synthétiser dynami-
                                                                                              quement une réalité augmentée, ce qui
              physique                   problèmes scientifiques de commande
                                         robuste, de modélisation de l’environnement,
                                                                                              pose des problèmes de retours sensoriels,
                                                                                              mais également des problèmes de percep-
                                         de perception fiable et riche, de planification      tion et de modélisation distincts de ceux
                                         et d’apprentissage dynamique, de conception          propres à la réalisation de la tâche par la
                                         d’architectures informatiques modulaires,            seule machine.
                                         performantes et sûres. Il peut être abordé           Plus proche de l’humain, une interaction
                                         par ces techniques, conjointement avec des           directe conduit au concept « d’homme
                                         modèles issus des sciences cognitives, ou            augmenté », par exemple grâce à des
                                         en concevant des systèmes auto-organisés             dispositifs du type exosquelette, orthèse,
                                         contrôlables. Dans tous les cas, l’intégration       ou prothèse, munis de nombreux capteurs
                                         est au cœur de la richesse scientifique des          proprioceptifs et extéroceptifs (en particulier
                                         problèmes posés, par exemple l’intégration           de géolocalisation). Les problèmes scien-
                                         de la perception et du mouvement, de la              tifiques sont ici de nature algorithmique
                                         planification et de l’action, de l’apprentissage     et automatique ; ils mettent en œuvre des
                                         et de l’exploration.                                 traitements des signaux issus de capteurs
                                         L’interaction avec un système autonome, au           sur l’attitude et les intentions de mouve-
                                         niveau des missions et des tâches, néces-            ment de l’opérateur, et de la commande en
 Algorithmes	de	contrôle	de	la	marche	   site de doter ce système de capacités de             boucle fermée, avec des impératifs forts
 —	BIPOP	—	DEMAR.                        reconnaissance de gestes, d’attitudes et             de sécurité.




                                         Créer et gérer des mondes virtuels ou                permettent d’y accéder requiert l’adaptabi-
Interaction avec le                      augmentés a déjà conduit à coupler graphique
                                         et vision artificielle. Les possibilités de calcul
                                                                                              lité aux limitations et à la variabilité de ces
                                                                                              ressources.
     monde virtuel                       disponibles permettent de créer et de visualiser     Par ailleurs, l’interaction en trois dimensions
                                         des informations complexes, multi-échelles,          avec des univers virtuels doit développer et
                                         en quantités trop grandes pour pouvoir être          prendre en compte une meilleure connais-
                                         appréhendées aisément. Exploiter au mieux            sance de l’utilisateur (études physiologiques
                                         ces données issues de calculs scientifiques ou       et psychologiques, modèles biomécaniques,
                                         résultant de fouilles, passe par de nouvelles        modèles de comportement et des tâches
                                         méthodes de visualisation et par le recours          virtuelles. Ceci permettra d’améliorer l’in-
                                         à des modélisations géométriques et fonc-            teraction 3D multimodale (obtenir une co-
                                         tionnelles. Cela nécessite des progrès algo-         localisation spatiale et temporelle efficace des
                                         rithmiques significatifs pour permettre une          informations sensorielles multiples), l’interac-
                                         utilisation interactive.                             tion 3D mobile (pouvoir se déplacer dans
                                         L’amélioration des techniques de capture de          l’univers virtuel avec un maximum de liberté
                                         mouvements, par exemple par suppression de           de mouvement, et pouvoir travailler en dehors
                                         marqueurs, est indispensable pour une géné-          d’une salle dédiée à des équipements lourds),
                                         ralisation de l’usage des techniques d’ani-          l’interaction 3D collaborative (permettre la
                                         mation. Le rendu multimodal, par exemple             collaboration entre participants équipés de
                                         visuel, auditif et haptique, doit permettre la       périphériques différents et dont les objec-
                                         colocalisation rapide de multiples informa-          tifs peuvent être complémentaires), et enfin
                                         tions sensorielles ; d’importantes recher-           l’interaction 3D cognitive (accéder et gérer
                                         ches sont nécessaires pour en améliorer le           l’information sémantique sur les objets de la
                                         réalisme ou en faciliter la lisibilité. L’ubiquité   scène virtuelle, et travailler sur les représenta-
                                         des ressources de calcul et des moyens qui           tions mentales et les intentions de l’utilisateur,




8   Plan stratégique 2008-2012
par exemple grâce à des interfaces cerveau-         structure des environnements virtuels pour
                                            ordinateur). Globalement, les techniques d’in-      des problèmes de rendu graphique, mais
                                            teraction doivent s’adapter à des paramètres        aussi véritablement pour l’interaction D.
                                            complexes tels que le contexte, la difficulté et    Les champs d’application visés sont vastes
                                            le niveau de complétude de la tâche à réaliser,     et comprennent la conception, la production
                                            ou les capacités des utilisateurs, physiques et     et la maintenance des produits manufacturés,
                                            cognitives. Il s’agit d’obtenir des techniques      la formation tant au geste technique qu’à des
                                            multi-échelles, pas seulement en termes de          activités plus cognitives.




                                            La perception et la synthèse ouvrent de             les forums de programmeurs pour bâtir une
           Interactions                     nouvelles possibilités d’interactions entre
                                            individus et de médiations sociales. Il peut
                                                                                                expérience commune, est illustrée par l’ency-
                                                                                                clopédie Wikipedia, qui offre plus de 10 millions
         et médiations                      s’agir par exemple d’une activité collabo-          d’articles en 250 langues. Cette notion d’in-

               sociales                     rative à laquelle prend part l’avatar virtuel
                                            ou physique d’une personne distante, ou de
                                                                                                telligence collective prend aujourd’hui des
                                                                                                dimensions concrètes dans tous les secteurs,
                                            nouvelles modalités d’apprentissage situé au        allant de l’exploration géographique ou de la
                                            cours de situations professionnelles normales.      catégorisation d’objets célestes pour le plus
                                            Dans le cas de réseaux sociaux privés, on           vaste catalogue astronomique jamais conçu,
                                            peut souhaiter conserver à distance le type         à des services d’expertise et de résolution de
                                            de contact social que l’on a en étant proche.       problèmes techniques, des services d’ingé-
                                            Il faut à cet effet développer des moyens           nierie, de conception et de test de fonction-
                                            de communication légers, faciles à utiliser,        nalités de nouveaux produits, des services de
                                            assurant une conscience de la présence de           marketing, de simulation, d’études économi-
                                            l’autre. Ceci pourrait en particulier constituer    ques, politiques ou sociales à vaste échelle. Les
                                            une aide significative pour assurer l’autonomie     entreprises qui organisent ces nouveaux types
                                            de personnes âgées ou handicapées. Il peut          de services s’appuient sur des communautés
                                            encore s’agir de plusieurs personnes éloignées      de plus en plus larges et créent de nouvelles
                                            explorant et créant conjointement un même           relations au travail. Les relations associatives
                                            environnement virtuel, par exemple pour des         et politiques en seront également modifiées.
                                            besoins d’ingénierie, ou pour des motivations       On imagine sans peine que des modalités
                                            artistiques ou ludiques. Il peut s’agir d’une       d’interaction sensorielles plus naturelles et
                                            simulation sociale à grande échelle, telle que      plus riches que celles exploitées aujourd’hui
                                            Second Life, où l’individu existe virtuellement     donneront lieu à une accélération quantitative
                                            avec une grande liberté qui lui permet de créer,    et qualitative de ces phénomènes d’élaboration
                                            de produire et d’échanger dans une économie         d’intelligence collective et de ces nouvelles
                                            parallèle qui n’est pas sans incidence sur          médiations sociales. Concevoir, théoriser et
                                            l’économie réelle.                                  expérimenter les usages que permettront de
                                            On assiste à un foisonnement de nouveaux            telles médiations soulèvent des problèmes
                                            outils, de nouveaux services, et de nouveaux        largement ouverts. L’INRIA souhaite déve-
                                            usages très ouverts qui s’appuient sur la           lopper des partenariats, en particulier avec
                                            communauté très large de centaines de millions      des chercheurs des sciences humaines et
                                            d’internautes et sur des modalités d’interaction    sociales pour y contribuer.
                                            en évolution rapide. Les possibilités d’expres-
                                            sion, de conception, et de création s’ouvrent
                                            largement avec des outils peu onéreux et de
                                            plus en plus riches en possibilités graphiques
                                            et de capture d’images, en moyens de géolo-
                                            calisation, de communication et de calcul,
                                            et en logiciels permettant l’intégration et la
GRIMAGE,	plateforme	de	réalité	virtuelle	   manipulation aisée de nombreux services. La
de	l’INRIA	Grenoble	-	Rhône-Alpes.          notion d’intelligence collective, initialisée par




                                                                                                           Plan stratégique 2008-2012        9
.1.4 Interaction avec des mondes réels et virtuels




         Jalons
 i Catégorisation sémantique                         tion interactif à apprentissage, personnaliser la     Ces systèmes doivent posséder des capacités
 en temps-réel                                       recherche, et intégrer le contexte de la requête,     d’apprentissage, d’adaptation, et d’inte-
 On vise la conception d’un système de               par exemple pour focaliser les réponses dans le       raction ergonomique et naturelle, dans
 vision portable permettant la catégorisation        cas des consultations métiers des spécialistes. On    un environnement ouvert, en constante
 sémantique en temps réel des composantes            veut pouvoir exploiter les réponses intelligibles     évolution. Ils nécessitent l’intégration fonc-
 d’une scène d’intérieur et l’interprétation         (autres qu’un document complet), accompa-             tionnelle de boucles de perception/action,
 des actions des personnes qui y évoluent.           gnées des références qui permettent d’en vérifier     de modélisation, de contrôle/commande
 Imaginons, par exemple, un opérateur muni           la pertinence. On vise des progrès significatifs      et de fonctions cognitives. Leur réalisation
 d’un caméscope filmant une pièce. On veut           sur les performances de l’accès en ligne à des        requiert la prise en compte de contraintes de
 pouvoir interpréter le flux vidéo sur le plan       documents multimédia contenant des compo-             robustesse, de sécurité de fonctionnement,
 des objets qu’on y trouve, de leurs relations       santes sonores, musicales, langagières et vidéo       et de gestion de l’incertitude. L’étude de
 spatiales, du type de scène considérée et des       (enregistrements de réunions, programmes de           ces diverses fonctions, instanciées dans le
 activités qui y prennent place. Les équipes         radio et de télévision, textes), sur les interfaces   cadre de l’environnement humain, et la
 de l’INRIA développent aujourd’hui des              (mode d’interrogation, restitution des résultats),    recherche d’une intégration entre les aspects
 modèles géométriques et statistiques des            et sur les volumes traités.                           cognitifs, la modélisation et la commande
 images, des objets, des scènes et des actions                                                             seront au cœur des activités scientifiques
 qui formeront les mots et la grammaire              i Autonomie des personnes                             de ce jalon.
 de ce langage, des techniques permettant            âgées ou handicapées                                  D’un point de vue expérimental, ce jalon
 l’apprentissage des modèles des catégories          Comment aider les personnes âgées ou handi-           donnera lieu à des démonstrations dans
 d’intérêt, et des méthodes efficaces de recher-     capées à vivre de manière autonome ? Cette aide       des contextes réalistes, comme l’assistance
 che d’instances de ces modèles dans des             peut se traduire par exemple dans l’assistance        au déplacement en lieu public, en intégrant
 bases de données d’images, des flux vidéo,          à la mobilité, dans les tâches quotidiennes, en       des infrastructures fixes (environnement
 et éventuellement sonores. Les problèmes            moyens de surveillance et d’interaction aisée         coopératif ou augmenté) et des technologies
 incluent la variabilité naturelle de la forme       avec des proches, pour conforter l’appartenance       robotiques hétérogènes.
 et de l’apparence des composantes d’une             à une communauté familiale ou professionnelle.
 scène, la difficulté à construire un « langage      Les défis très nombreux portent par exemple sur
 visuel » les caractérisant, et le volume des        des technologies d’actionneurs et de capteurs
 données à manipuler.                                accessibles (sonores, visuels, biomédicaux),
                                                     peu invasifs, portés par des personnes, fixes ou
 i Consultation multimodale                          mobiles dans des environnements d’intérieur ou
 de données multimédia                               d’extérieur, et des architectures ouvertes, faciles
 L’accès aux volumes colossaux d’informa-            à reconfigurer et à intégrer par des néophytes.
 tions disponibles sur le Web est encore peu         Une ou plusieurs actions de recherche visant
 aisé. L’unité de recherche, dont le sens est flou   des démonstrations significatives seront menées
 dans le contexte numérique, est le document.        dans ce jalon.
 Les moteurs de recherche prennent mal en
 compte des requêtes sur le contenu séman-           i Robotique d’assistance et de
 tique, et ne considèrent le plus souvent que        service en environnement humain
 la partie textuelle des documents. L’objectif       L’objectif ici est de développer des systèmes
 ici est de pouvoir accéder à l’ensemble de          robotiques dotés d’autonomie destinés à coopé-
 ces documents, d’obtenir des réponses à             rer avec les humains dans leur environnement
 des questions posées en langue naturelle,           quotidien. De tels systèmes peuvent se déployer
 écrite ou orale, sans passer par des requêtes       dans des contextes variés comme la ville, les
 présupposant une connaissance partielle             lieux publics ou l’habitat, pour fournir des
 de la réponse. On veut prendre en compte            services tels que l’aide domestique et l’assistance
 l’utilisateur dans un processus de consulta-        à la mobilité.




70   Plan stratégique 2008-2012
3.2
          Au cœur du développement        
        des sciences et des technologies
Les méthodes et les outils de modélisation, d’instrumentation, d’expérimentation et de conception en sciences et en
ingénierie connaissent une transformation radicale, qui se concrétise en particulier dans l’expérimentation in silico et le
prototypage virtuel. Cette transformation résulte des développements en cours de représentations formelles et d’algorithmes
de calcul, de simulation, d’imagerie, de traitement des signaux et de visualisation. Pour contribuer à ces développements,
l’INRIA affiche trois priorités stratégiques sur :
• l’ingénierie numérique ;
• les sciences numériques ;
• la médecine numérique.
Ces trois priorités dénotent une ambition forte, celle des défis actuels des STIC au cœur du développement des sciences
et des technologies. C’est une ambition	interdisciplinaire qui couvre plusieurs champs scientifiques auxquels l’institut
contribuera, sur son domaine, en partenariat avec d’autres organismes complémentaires. C’est une ambition	intégrative
au niveau de chacune de ces trois priorités, et en particulier sur la médecine numérique où l’on vise un couplage étroit
entre le développement des sciences de la vie et celui des technologies médicales.
Ces trois priorités correspondent à des focalisations bien distinctes, mais avec plusieurs recouvrements. Les sciences de la
vie sont naturellement présentes dans les sciences numériques, au niveau de la biologie cellulaire, de la biologie animale et
végétale, et de la bioinformatique, alors que la biologie médicale est naturellement couverte en médecine numérique, dans
le sens de la vision intégrative mentionnée. Dans la même logique, une composante ingénierie est évidemment présente
dans les technologies médicales. Les séparations des thématiques entre ces trois priorités ne doivent pas être perçues de
façon réductrice. Ainsi, certaines thématiques telles que les neurosciences computationnelles, placées dans la dernière
priorité pour l’importance de leurs applications médicales, sont largement présentes dans les sciences numériques.
Enfin, les liens naturels – et dans les deux sens – entre ces trois priorités et les quatre qui précèdent sur la modélisation, la
programmation, la communication et l’interaction sont présents de façon fructueuse, en particulier dans plusieurs jalons.




                                                                                                Plan stratégique 2008-2012          71
.2.1 Ingénierie numérique




                3.2.1

                                  Ingénierie	numérique




72   Plan stratégique 2008-2012
Tout objet manufacturé existe aujourd’hui numériquement avant
d’exister matériellement. Cette réalisation numérique a été initialement
focalisée sur des données décrivant la géométrie des pièces qui compo-
sent l’objet (les modèles de CAO). L’ambition de l’ingénierie	numérique est
d’aller au-delà, vers des modèles multi-physiques (mécaniques, électriques,
thermiques) et fonctionnels de chaque composante de l’objet à concevoir,
et vers la composition de ces modèles au niveau des propriétés globales
fonctionnelles, non fonctionnelles (fiabilité, sûreté, maintenabilité, coût), et du
cycle de vie de l’objet (approche dite Gestion de Cycle de Vie Produit). Cette
ambition soulève de grands défis pour pouvoir spécifier et concevoir l’objet
de façon entièrement numérique, depuis l’élaboration de ses modèles et de
leur mise en œuvre, en simulation, optimisation, prototypage virtuel, test et
qualification, jusqu’à la synthèse automatique des logiciels qui contrôlent sa
réalisation et son comportement.
De nombreux objets d’usage quotidien et tous les systèmes un peu plus
complexes intègrent en effet des logiciels et des processeurs qui mettent
en œuvre des capteurs, des actionneurs, et des moyens de communication,
qui étendent les fonctionnalités de l’objet, améliorent ses performances et
ses conditions d’exploitation, et permettent de répondre à des exigences
de sécurité, d’ergonomie, de mobilité, de robustesse et de fiabilité. Sur les
1010 processeurs (CPU) commercialisés en 2005, seulement 2 % ont trouvé
place dans un ordinateur ; 98 % sont intégrés dans des objets divers. Un
grand nombre de capteurs chimiques ou physiques – gaz, pression, tem-
pérature, accélération, distance, vidéo, étiquettes RFID – existent, intégrés
à des circuits avec des unités de traitement et de transmission des signaux.
De même, de plus en plus d’actionneurs, intégrés à des réducteurs, des cap-
teurs, des contrôleurs numériques et de gestion de l’énergie sont disponibles.
Des moyens de communication sans fil sont de plus en plus présents dans
des objets dorénavant communicants et qui évoluent dans un mode distri-
bué. Ces composants logiciels et matériels, mis en œuvre au sein d’un objet
donné, définissent les systèmes	embarqués. Ils sont embarqués dans les
transports (l’avionique et le spatial, bien entendu, le ferroviaire, mais aussi
l’automobile), dans l’habitat et les objets du quotidien (domotique, équipe-
ments ménagers, culturels et de loisir), dans les équipements industriels et
médicaux ; ils peuvent aussi être portés par l’homme.




                                                                  Plan stratégique 2008-2012   7
.2.1 Ingénierie numérique




                                                L’INRIA souhaite contribuer au développe-           On souhaite conjuguer ces quatre axes pour le
                                                ment d’une ingénierie numérique couvrant            développement d’une ingénierie numérique
                                                l’ensemble du cycle de conception et de vie         focalisée sur les logiciels et systèmes
                                                d’un artefact. Il s’agit d’élaborer les briques     embarqués. Pour avancer vers cet objectif
                                                de base d’une approche globale d’ingénierie,        ambitieux, on se restreindra principalement
                                                allant des modèles de l’objet, de ses fonc-         aux systèmes embarqués à bord d’un objet
                                                tions et de ses comportements attendus,             physique fortement présent dans le cycle d’in-
                                                à la conception architecturale, au prototy-         génierie numérique, et ayant des contraintes
                                                page virtuel et à la synthèse de ses logiciels      élevées de criticité, en dynamique et en sûreté.
                                                embarqués. Cette ambition répond à des              Cette classe de problèmes, qui intéresse
                                                enjeux économiques essentiels pour l’industrie      les automaticiens et les informaticiens, est
                                                nationale et européenne. Elle s’appuie sur les      particulièrement importante pour tous les
                                                priorités précédentes, en particulier en :          systèmes de transport.
                                                • modélisation : modèles physiques (méca-           Pour clarifier les objectifs, on distinguera dans
                                                    nique, électrique, hydraulique, thermique),     ce qui suit quelques fonctions essentielles
                                                    dynamique et commande ;                         relatives à la modélisation de l’objet physique,
                                                • programmation : techniques formelles              à l’architecture du système embarqué, à la
                                                    de programmation et de preuve, compi-           synthèse des logiciels, aux étapes de vali-
                                                    lation, synthèse de code, fiabilité, sûreté,    dation et de vérification, et au cycle de vie
                                                    innocuité ;                                     de l’objet. Cependant, l’ingénierie numé-
                                                • communication : information et calcul à           rique requiert une forte intégration de ces
                                                    haute performance distribué, conception         fonctions. Cette intégration est l’un des
                                                    collaborative ;                                 défis scientifiques et techniques de cet axe,
                                                • interactions : traitement du signal et            en particulier dans la conception couplée
                                                    de l’image, visualisation, réalité virtuelle,   matériel-logiciel (“co-design”). Par ailleurs,
                                                    interfaces pour l’aide à la conception.         le partenariat interdisciplinaire (essentiel en




        Positionnement INRIA
 Près d’une quinzaine d’équipes-projets de      qui va du calcul à la simulation, et peut se        La détection des défaillances, l’évalua-
 l’INRIA sont fortement impliquées dans         poursuivre avec Syndex jusqu’à la synthèse          tion quantitative du risque, la sûreté
 ces thématiques de recherche et bénéficient    du code pour diverses configurations archi-         des systèmes instrumentés et program-
 d’une excellente visibilité. Dans le domaine   tecturales, donne aux équipes de l’INRIA un         més, les processus de conception sûre
 des langages synchrones, l’école française,    atout important pour s’attaquer aux défis           de systèmes, les techniques de supervi-
 au sein de l’INRIA en particulier, a produit   présentés ici.                                      sion, de diagnostic, d’adaptation et de
 de nombreuses contributions scientifiques      L’institut est également fortement impliqué         reconfiguration de systèmes déployés,
 marquantes, dont certaines ont donné           dans les pôles de compétitivité dédiés aux          la prévention et la protection contre les
 lieu à des valorisations importantes, par      applications intégrant des systèmes embar-          attaques informatiques, sont des champs
 exemple Esterel Technologies, ou TNI-          qués. On notera particulièrement Aerospace          de compétences et d’investigation qui
 Software. D’autres domaines comme la           valley tourné vers l’avionique et le spatial,       relèvent traditionnellement de commu-
 compilation, les méthodes formelles sont       System@tic en particulier pour les systèmes         nautés bien distinctes en informatique et
 aussi des points forts de l’institut, avec     embarqués dans l’automobile, Minalogic, qui         en automatique. Il est important d’am-
 la production de nombreux logiciels de         permet d’attaquer des problèmes à l’échelle         plifier l’émergence et le développement
 qualité, comme la boîte à outils CADP.         des microsystèmes (SoC), et SCS pour le pro-        de travaux conjoints dans ce domaine
 L’INRIA est également très présent en          blème de traçabilité, de RFID et de sécurité.       afin d’apporter des solutions significa-
 automatique et dans le calcul pour la          Au niveau européen, l’institut est présent dans     tivement plus performantes que celles
 modélisation, en particulier de systèmes       plusieurs collaborations, dont une partie se        issues de chaque communauté prise
 dynamiques. Ainsi, la chaîne Scilab-Scicos     traduit dans l’initiative ARTEMISIA.                séparément.




74   Plan stratégique 2008-2012
particulier dans les deux priorités sur les        en compte dans sa stratégie scientifique les
                                             sciences et la médecine numériques) a ici          feuilles de route et les impératifs industriels,
                                             comme prolongement naturel le partenariat          dont les normes et standards internationaux
                                             industriel. L’INRIA sera très attentif à prendre   essentiels dans ce domaine.




                                             Concevoir et modéliser un objet physique           l’objet. Bien entendu, un objet complexe se
        Conception                           nécessite l’intégration des modèles multi-
                                             physiques de l’objet d’intérêt (mécanique,
                                                                                                conçoit par composition, voire par réutilisation
                                                                                                de composantes. Pour cela, une description
    et modélisation                          électrique, thermique, électromagnétique), et      par composantes et par schéma-blocs orga-

de l’objet physique                          de ses modèles de comportement dynamique,
                                             de sûreté et de sécurité souhaités, en une
                                                                                                nisant ces composantes doit être associée à
                                                                                                des propriétés de compositionnalité précises.
                                             simulation multi-niveaux permettant la prédic-     Ainsi, il sera nécessaire de développer un
                                             tion de ses propriétés ainsi que les premières     nouveau concept de composant du point
                                             étapes du prototypage virtuel.                     de vue de l’automatique : comment assem-
                                             Les difficultés sont celles déjà mentionnées       bler des boucles fermées de régulation tout
                                             de la modélisation multi-physique et multi-        en préservant les bonnes propriétés de l’en-
                                             échelle. Ce sont également les difficultés de      semble (la stabilité n’est pas une propriété
                                             l’intégration des modèles des composantes de       compositionnelle).




                                             Par architecture d’un système embarqué,            en spécialisation des traitements, en perfor-
             Architecture                    on entend plusieurs aspects : le modèle de
                                             communication et de calcul, la spécification
                                                                                                mances et en sûreté. Elle ouvre des problèmes
                                                                                                de recherche importants sur la programmation
             du système                      et la conception couplée des composants            et la compilation de code pour ces nouveaux

               embarqué                      matériels et logiciels du système embarqué,
                                             les éléments assurant la tolérance aux fautes,
                                                                                                processeurs. Elle exige de pouvoir concilier de
                                                                                                manière innovante les besoins de fiabilité et de
                                             les systèmes d’exploitation et les exécutifs       performance des systèmes temps réel embar-
                                             associés.                                          qués avec le non-déterminisme de plus en plus
                                             Un des problèmes de base est celui des             important des architectures sur lesquelles ils
                                             mécanismes temporels des communications :          reposent (et singulièrement le non-détermi-
                                             synchrone, asynchrone, échantillonné, éven-        nisme inhérent aux multi-cœurs).
                                             tuellement à divers niveaux de l’architecture      Bien entendu, l’architecture a un impact sur
                                             si le modèle de communication est hybride.         les propriétés fonctionnelles globales de l’ar-
                                             Les propriétés qui en résultent, par exemple en    tefact. Par exemple, la robustesse des lois de
                                             termes de communications bloquantes ou non         commande doit prendre en compte les carac-
                                             bloquantes, imposent des contraintes impor-        téristiques de distribution du contrôle : impact
                                             tantes sur l’ingénierie des logiciels embarqués.   des latences, de la gigue, voire des pertes.
                                             Ces mécanismes temporels sont au cœur              Ceci conduit aux propriétés non fonctionnelles,
                                             des systèmes d’exploitation embarqués qui          telles que la sûreté de fonctionnement, les
                                             soulèvent des problèmes spécifiques.               ressources (énergie dissipée), la maintena-
                                             Par ailleurs, on assiste à une transformation      bilité, le coût de réalisation et d’utilisation de
                                             profonde des architectures des processeurs         l’objet. Des techniques de commande issues
                                             dont les performances progressent davantage        de l’automatique permettent de contrôler
                                             par l’augmentation du nombre de cœurs que          activement certaines variables significatives
                                             par celle de la fréquence d’horloge. Cette         (échantillonnage, modes de communication,
                                             mutation technologique met le parallélisme sur     ordonnancement, énergie) dans les situations
                                             le composant. Elle a un impact général sur la      de ressources limitées.
 Cybercar,	véhicule	urbain	à	conduite	       programmation et l’architecture logicielle. Elle   Il faut approfondir l’ensemble de ces problèmes
 entièrement	automatisée,	à	l’INRIA	Paris	   se traduit en particulier dans le domaine des      pour aller vers un environnement d’ingénierie
 -	Rocquencourt	—	IMARA.                     systèmes embarqués par des gains potentiels        numérique permettant au concepteur d’ex-




                                                                                                           Plan stratégique 2008-2012         75
.2.1 Ingénierie numérique




                                  plorer un espace de conception prenant                options architecturales doivent pouvoir être
                                  en compte diverses options architecturales :          comparées, entre elles et relativement aux
                                  modèle de communication, nombre et perfor-            spécifications, et évaluées. Ceci requiert une
                                  mances des processeurs, organisation logi-            métrique précise, problème important et large-
                                  cielle, ordonnancement des tâches, etc. Ces           ment ouvert.




                                  Partant des modèles développés dans les                   d’énergie, celles prenant en compte des
               Synthèse           étapes précédentes de conception, l’ingé-
                                  nierie numérique vise à produire les codes
                                                                                            caractéristiques particulières des proces-
                                                                                            seurs et de l’architecture, en particulier les
             des logiciels        exécutables qui réalisent les spécifications              multi-cœurs, pour lesquelles on vise une

              embarqués           du système. Le passage des modèles d’auto-
                                  matique et de simulation numérique au code
                                                                                            parallélisation automatique des traitements ;
                                                                                        • la synthèse d’algorithmes pour codes de
                                  embarqué est en particulier un problème                   calcul certifiés ;
                                  central dans cette priorité. Compte tenu de la        • le caractère statique de nombreux codes
                                  criticité des systèmes d’intérêt, on retrouve ici         embarqués, avec une allocation de mémoire
                                  une part importante des objectifs scientifiques           fixe, qui permet de simplifier les problèmes
                                  développés dans l’axe relatif à la programma-             de vérification.
                                  tion. D’autres objectifs sont plus spécifiques,       Enfin, il est important de souligner que la
                                  tels que par exemple :                                synthèse des logiciels est étroitement couplée
                                  • les techniques de compilation pour satis-           à celle des matériels et de l’architecture du
                                       faire des critères spécifiques aux contraintes   système. Ceci est en particulier très pertinent
                                       embarquées, par exemple de temps de              dans la conception des systèmes intégrés sur
                                       réponse borné ou de faible consommation          puces (Systems-On-Chips ou SOCs).




                                  Un premier problème est la vérification des           checking », d’analyse statique, d’interprétation
          Validation et           propriétés fonctionnelles de l’objet physique
                                  sur la base des modèles décrits précé-
                                                                                        abstraite, dont il faut étendre les performances
                                                                                        et la couverture. La vérification des logiciels est
            vérification          demment, et en particulier la vérification            faite aussi bien au niveau des codes sources

         des systèmes             de comportement dynamique. La synthèse
                                  des tests permettant cette vérification est un
                                                                                        que des codes objets. En ce sens, le déve-
                                                                                        loppement de compilateurs et de machines
                                  problème d’automatique largement ouvert et            certifiés est un objectif important.
                                  peu abordé.                                           La vérification des propriétés non fonction-
                                  Un deuxième problème, spécifiquement infor-           nelles, en particulier de sûreté de fonction-
                                  matique, porte sur la vérification des propriétés     nement, soulève également des problèmes
                                  des systèmes, par des méthodes de « model             essentiels que l’on retrouve ci-dessous.




                                  Les exigences de sûreté de fonctionnement             tion doit prendre en compte des éléments
           Sûreté de              et de conformité à des référentiels norma-
                                  tifs impactent fortement les architectures
                                                                                        tels que :
                                                                                        • les modèles de défaillance des systèmes
     fonctionnement               des systèmes embarqués. Sur ces sujets,                   distribués (pertes de messages, pannes

          et sécurité             l’INRIA apporte son expertise en méthodes
                                  de spécification formelle et en ingénierie
                                                                                            byzantines des composants de traitement,
                                                                                            asynchronismes) ;
                                  fondée sur la preuve.                                 • les plates-formes matérielles qui sont de
                                  Les architectes de systèmes complexes                     plus en plus complexes et intègrent nati-
                                  connaissent l’intérêt et la difficulté de spécifier       vement des composants dont le compor-
                                  les conditions d’une exécution logiquement                tement n’est pas déterministe ;
                                  et temporellement correcte. La spécifica-             • les placements et routages sur ces




7   Plan stratégique 2008-2012
nouvelles architectures matérielles qui         d’attaques est un deuxième point auquel
                                                 sont non déterministes ;                        l’INRIA contribuera. Les efforts actuels autour
                                             • les exigences de protection de données            de l’ingénierie pilotée par les modèles, et des
                                                 particulières en cas d’attaque ou de dysfonc-   techniques de transformation de modèles
                                                 tionnement (règle du « fail securely »).        doivent être poursuivis, en ciblant notamment
                                             La formalisation de ces exigences « dysfonc-        sur la problématique difficile du test.
                                             tionnelles » et leur intégration dans des           Enfin, la vérification de composants matériels
                                             méthodes formelles reste un problème                et la mise en œuvre de flots de conception
                                             ouvert.                                             sécurisés pour le matériel amènent à étudier
                                             La modélisation et la vérification des archi-       le bien fondé des techniques de vérification de
                                             tectures qui répondent aux exigences de             modèles pour les fonctions critiques embar-
                                             traitement en présence de défaillances et           quées sur des circuits matériels.




                                             La conception des fonctions de supervision et       sants matériels défaillants. Les pannes inter-
       Cycle de vie,                         de diagnostic s’appuie sur la prise en compte
                                             des propriétés de sûreté et de fiabilité pour
                                                                                                 mittentes, les dérives soulèvent des problèmes
                                                                                                 spécifiques. Une modélisation propre aux besoins
        supervision,                         toutes les étapes d’ingénierie qui précèdent.       de la supervision et du diagnostic est nécessaire

         diagnostic,                         Ainsi par exemple :
                                             • la conception fiabiliste du système, avec
                                                                                                 dès la conception initiale, en particulier lorsque
                                                                                                 le système est sous-instrumenté.
    reconfiguration                              l’étude des arbres de défaillance, et l’éva-
                                                 luation des risques de pannes ;
                                                                                                 La reconfiguration du système après une
                                                                                                 défaillance diagnostiquée (par exemple en isolant
    et maintenance                           • l’étude fine des risques de propagation de        un capteur, en supprimant une redondance)
                                                 pannes selon les modes de fonctionnement,       est nécessaire pour permettre la poursuite du
                                                 et l’étude conjointe fiabilité et conception    fonctionnement principal, éventuellement avec
                                                 fonctionnelle ;                                 des performances moindres, lorsque une inter-
                                             • la conception d’une architecture tolérante aux    vention de maintenance n’est pas envisageable
                                                 fautes, par redondance et protocoles de vote    (systèmes spatiaux) ou peut être reportée.
                                                 pour la supervision en fonctionnement.          Les problèmes de recherche ouverts portent
                                             Ces éléments sont complétés par des procédures      sur l’élaboration de modèles de fonctionne-
                                             de supervision de l’état global de fonctionne-      ment non nominaux et leur utilisation pour les
                                             ment de l’artefact, pour repérer des anomalies,     besoins de la supervision, du diagnostic et de
                                             diagnostiquer leurs sources et isoler les compo-    la reconfiguration.




       Jalons
i Plateforme de prototypage virtuel          intégrer les technologies d’ingénierie numéri-      tées composants pour systèmes embar-
On vise le développement d’une plate-        que, les langages synchrones et asynchrones,        qués critiques à contraintes temps réel
forme expérimentale de recherche, ouverte    les techniques de vérification et de validation,    dures, permettant d’intégrer une approche
et flexible, permettant d’explorer de nou-   la synthèse de code et l’exploration d’espaces      par modèles et une approche par com-
veaux processus de conception de systèmes    de conception d’architectures.                      posants d’intergiciels et plates-formes
embarqués, offrant des possibilités appro-                                                       d’exécution.
fondies de prototypage virtuel, depuis       i Intégration d’approches par
les phases de conception des modèles de      modèles et composants
l’objet physique, jusqu’à l’architecture     Ce jalon porte sur le développement d’une
d’exécution à embarquer. On souhaite y       méthode de conception d’architectures orien-




                                                                                                            Plan stratégique 2008-2012         77
.2.2 Sciences numériques




                3.2.2

                                  Sciences	numériques




78   Plan stratégique 2008-2012
Les sciences du vivant, comme celles de la matière ou de l’en-
vironnement, abordent des processus de plus en plus complexes qui
conjuguent l’interaction de phénomènes multiples, chacun nécessitant
d’être appréhendé par des approches et des représentations mathéma-
tiques spécifiques. Cette complexité peut être maîtrisée en couplant, en
une démarche intégrative, l’apport de plusieurs techniques analytiques
complémentaires. Les possibilités d’intégration	numérique de modèles
multi-physiques et multi-échelles, conjuguées aux possibilités d’instru-
mentation riche, de traitement et de fusion de données multi-sensoriel-
les, ainsi qu’aux possibilités d’accès très large à de vastes gisements de
données et à des codes de calcul et de visualisation puissants, ouvrent
d’énormes perspectives de développement des connaissances scientifi-
ques dans la plupart des disciplines.
Aux enjeux de connaissance considérables associés aux sciences numé-
riques, s’ajoutent également les enjeux éducatifs et de formation, mais
aussi des enjeux sociétaux. On peut espérer en effet que l’accès massif sur
le Web à des outils d’exploration, de visualisation du réel, et d’interaction
numérique permette de passionner de nombreux amateurs de sciences, de
rendre à nouveau les sciences populaires, et de permettre une participa-
tion citoyenne très large à la culture et au débat scientifique.




                                                             Plan stratégique 2008-2012   79
.2.2 Sciences numériques




                                  On se focalise ici sur quelques enjeux majeurs           stochastiques, au niveau algorithmique
                                  pour lesquels les STIC et l’INRIA peuvent                et au niveau des codes de calcul ;
                                  apporter une contribution importante dans les       • instrumentations et mesures sur un large
                                  sciences de la matière, les sciences de la vie           spectre de phénomènes et, au besoin,
                                  et les sciences de l’environnement. Ces défis            sur de larges échelles, par exemple sur
                                  couvrent un très large spectre de niveaux :              les réseaux de capteurs pour l’écologie
                                  atomes et molécules, cellule, organe, individu,          numérique ;
                                  population, biotope et planète. Il s’agit des       • traitement et interprétation automatique
                                  défis du matériau numérique, de la cellule               de données, fusion multi-sensorielle ;
                                  numérique, de la plante numérique, de l’éco-        • couplage en temps réel des modèles aux
                                  logie numérique, de la biosphère et de l’envi-           données, calibration, validation, caracté-
                                  ronnement numériques. Bien entendu, l’INRIA              risation des incertitudes ;
                                  abordera ces objectifs interdisciplinaires en       • visualisation et manipulation multimodales
                                  collaboration avec des laboratoires spécia-              des prédictions, conception et planifica-
                                  lisés des universités et des organismes, tels            tion d’expériences, analyse de scénarios
                                  que le CNRS, l’INRA, l’INSERM, le CEA. Les               d’évolution à long terme, et expérimenta-
                                  objectifs de l’institut sont à la fois ambitieux,        tion in silico, essentielle en particulier là
                                  en termes d’intégration numérique, mais bien             où l’expérimentation réelle est impossible
                                  focalisés sur les apports des mathématiques              ou trop contrainte.
                                  appliquées et de l’informatique, en particulier     L’INRIA a l’ambition d’apporter des contri-
                                  dans les thématiques suivantes :                    butions importantes sur ces sujets de
                                  • développement de modèles mathémati-               recherche. C’est bien évidemment le cas au
                                       ques directs et inverses ;                     niveau de sa priorité sur la Modélisation,
                                  • algorithmes performants face à l’ex-              présente pleinement ici. Les deux priorités
                                       plosion des dimensions multi-échelles          sur la Communication et sur l’Interaction
                                       des modèles, et réalisation efficace de        sont également très pertinentes, en particu-
                                       ces algorithmes sur des plates-formes          lier sur les volets du calcul ubiquitaire et de la
                                       de calcul intensif, sur des grilles et des     visualisation. L’objectif est ici de combiner les
                                       architectures adaptées ;                       contributions de ces axes prioritaires par des
                                  • intégration numérique de représentations          efforts de recherche pluridisciplinaires avec
                                       mathématiques hétérogènes, différen-           des partenaires des sciences de la matière,
                                       tielles, géométriques, combinatoires, et       de la vie ou de l’environnement.




                                  De l’échelle nanoscopique jusqu’aux objets          le comportement des matériaux à partir de
                   Matériau       courants et aux grandes structures, les progrès
                                  en matière de conception des matériaux repo-
                                                                                      la description des mécanismes physiques
                                                                                      de base (systèmes de glissement, trans-
                 numérique        sent significativement sur la simulation numé-      formation de phase…) et donc d’améliorer
                                  rique. La science des matériaux a montré le         leur compréhension. La prise en compte de
                                  rôle capital des relations entre microstruc-        la complexité de ces phénomènes, de leur
                                  ture et propriétés dans les matériaux. Ainsi,       interaction et de leur superposition à diverses
                                  l’affinement de la microstructure et/ou la          échelles pour produire, au niveau macrosco-
                                  diminution de la taille des grains permettent       pique, des effets qualitativement différents,
                                  d’optimiser un grand nombre des propriétés          est désormais indispensable pour étudier et
                                  des matériaux et de les adapter à une fonc-         concevoir des nouveaux matériaux. Il s’agit
                                  tion donnée. Le mélange de constituants             par exemple de matériaux biocompatibles
                                  dans un matériau composite lui confère des          pour les utilisations médicales, de maté-
                                  propriétés physiques et mécaniques tout à           riaux adaptatifs (alliages à mémoire de forme)
                                  fait exceptionnelles. Dans le même temps, la        ou de céramiques piézoélectriques. Enfin,
                                  mécanique des matériaux a su développer             la modélisation et la simulation numérique
                                  des outils de modélisation micromécanique           des phénomènes complexes mis en œuvre
                                  qui permettent de simuler numériquement             dans les procédés industriels (vibrations,




80   Plan stratégique 2008-2012
instabilités, etc.) permettent d’améliorer les      interactions entre électrons (régies par des
                                          processus de fabrication.                           modèles quantiques) – pour aller jusqu’à la
                                          Si l’on s’approche à présent de l’échelle           mécanique des milieux continus hétérogènes.
                                          atomique, les nouveaux matériaux mettant            Outre les problèmes de maillage, toute une
                                          en œuvre des éléments métalliques, cérami-          activité particulière de modélisation et de
                                          ques, semi-conducteurs, supramoléculaires           simulation doit être mise en place à l’échelle
                                          ou polymères, promettent de transformer radi-       nanométrique (les objets les plus connus à
                                          calement de très nombreux secteurs techno-          cette échelle étant les nano-fils et les nano-
                                          logiques, qui vont des micro et nano systèmes       tubes de carbone). Il s’agit de s’appuyer le
                                          (MEMS, NEMS, NOEMS) au transport, en                plus possible sur la simulation pour l’étude
                                          passant par l’habitat, la santé ou l’énergie.       et la conception des nano-composants, puis
                                          Dans ce dernier domaine par exemple, des            pour leur « assemblage » en vue de parvenir
                                          progrès majeurs peuvent être attendus des           à des dispositifs exploitables. À partir de
                                          nouveaux matériaux dans les cellules photo-         modèles issus de la physique et de la chimie,
                                          voltaïques ou dans les piles à combustible. Un      la simulation permet ainsi d’évaluer les consé-
                                          autre exemple est celui des couches minces          quences des choix effectués en termes de
                                          et cristaux de nitrure, borate et niobiate de       propriétés électriques, magnétiques, opti-
                                          lithium, qui permettent de réaliser des fonc-       ques, thermiques et mécaniques du matériau.
                                          tions optiques à potentialités importantes pour     Mais les problèmes posés aux STIC par cette
                                          le stockage d’information à haute densité.          démarche sont nombreux : il faut par exemple
                                          Ces progrès soulèvent de nombreux défis             intégrer des données issues de dispositifs de
                                          interdisciplinaires, en particulier pour le déve-   mesure très différents et être capable d’évaluer
                                          loppement de techniques de modélisation             la fiabilité et la pertinence des simulations.
                                          et de calcul multi-échelles des matériaux en        Par ailleurs, partant de l’atome, il est clair
                                          nano simulation, problèmes sur lesquels se          que les coûts de calcul seront prohibitifs si
                                          focalisera l’action de l’INRIA dans ce domaine.     on ne développe pas une algorithmique de
                                          Les matériaux complexes nécessitent une             résolution dédiée, avec mise en œuvre sur
                                          analyse qui part de l’échelle atomique et des       des grilles de calcul de grande dimension et
Modélisation	géométrique	d’un	matériau	   forces chimiques de base – qui résultent des        possibilité d’interactivité.
nanostructuré	—	GAMMA.


                                          Jusqu’à présent la bioinformatique a été            çage des centaines de génomes de bactéries
Cellule numérique                         principalement focalisée sur des systèmes de
                                          traitement et de fouille de grandes masses de
                                                                                              et d’archées réalisés ces dernières années.
                                                                                              La génomique comparative va donc continuer
                                          données et de connaissances, et sur l’ana-          à prendre de l’importance. Elle donnera lieu
                                          lyse du génome. Ce domaine continuera               à de nouvelles approches, rendues possible
                                          à se développer avec le perfectionnement            par ces nouvelles données, qui nécessiteront
                                          substantiel de techniques existantes (séquen-       de nouvelles méthodes algorithmiques et
                                          çage de génomes, métagénomique) et avec             informatiques. Elle soulève des thématiques
                                          l’apparition constante de nouvelles tech-           de recherche qui font partie des objectifs
                                          nologies (puces à ADN, spectrométrie de             de l’INRIA.
                                          masses, Chromatin ImmunoPrecipitation-on-           Au niveau multicellulaire, l’ambition est d’éla-
                                          Chip) qui engendrent de nouveaux types de           borer, de traduire en algorithmes performants
                                          données. Ces développements vont provoquer          et d’intégrer des modèles décrivant finement
                                          une amplification du rôle actuel de la bioin-       les échanges d’énergie et de signaux qui
                                          formatique dans les études biologiques et           permettent la coordination de cellules, leur
                                          leurs applications. Ils vont surtout ouvrir de      motilité, migration, dédoublement, différen-
                                          nouvelles perspectives et changer qualitative-      tiation, ou leur apoptose. Ces défis scienti-
                                          ment l’état des connaissances en génomique.         fiques recouvrent des enjeux considérables,
                                          Le séquençage de génomes eucaryotes va              allant de la médecine et de la pharmacologie
                                          se poursuivre dans les années à venir à une         à l’agronomie et la zootechnie.
                                          vitesse croissante, comparable au séquen-           La compréhension des échanges cellulaires




                                                                                                         Plan stratégique 2008-2012       81
3.2.2 Sciences numériques




                                  commence bien évidemment au niveau biochi-          le mouvement d’une cellule (sa motilité), les
                                  mique et moléculaire. Ainsi, par exemple, la        mécanismes de migration de la cellule, les
                                  myosine et d’autres protéines motrices de           échanges intercellulaires et les dynamiques
                                  la cellule, qui jouent un rôle clé dans ces         de populations cellulaires. Sur ce dernier
                                  échanges, démontrent des conversions                point par exemple, les populations cellu-
                                  d’énergie chimique-mécanique grâce à des            laires non structurées dans les tumeurs et les
                                  changements de conformation moléculaire.            tissus régénérateurs, tels le foie et la peau,
                                  Les modèles cinétiques s’appuient sur des           présentent un fort couplage entre architecture
                                  analyses de structures moléculaires à partir        spatiale et fonction. Pour le foie, les cellules
                                  des données d’imagerie cristallographique,          (hépatocytes) se structurent en colonnes et
                                  de RMN ou de microscopie électronique. La           feuillets pour assurer l’échange optimal des
                                  biologie algorithmique structurale s’inté-          substances entre le sang et les hépatocytes.
                                  resse à l’étude des liens entre la structure,       Des méthodes d’analyse de données et de
                                  spatiale et topologique, et la fonction de          modélisation mathématique sont néces-
                                  macromolécules. Elle soulève de nombreux            saires sur des échelles spatio-temporelles
                                  problèmes de géométrie algorithmique ou de          très diverses afin de prédire comment les
                                  planification de mouvement, par exemple pour        modifications intrinsèques ou extrinsèques au
                                  reconstruire et modéliser les zones d’inter-        niveau moléculaire (par exemple par médica-
                                  face dans un contact biochimique, pour en           ments) affectent les processus spatio-tempo-
                                  cerner les contraintes et les flexibilités, pour    rels de régénération tissulaire.
                                  analyser les conformations admissibles, les         Comme souligné dans ce qui précède, on ne
                                  mouvements relatifs permis et les possibi-          vise pas un modèle unique et générique de
                                  lités d’arrimage (« docking »), lesquelles sont     la cellule. De nombreux types de modèles
                                  essentielles à l’expression fonctionnelle des       seront nécessaires en fonction des types
                                  molécules.                                          de cellules étudiées, mais aussi des utili-
                                  La génétique et la génomique fonctionnelles         sations possibles ces modèles. Ainsi, en
                                  prolongent ces modèles de biologie structu-         recherche pharmacologique, la prédiction des
                                  rale au niveau des mécanismes d’expression          effets d’une molécule sur une population de
                                  des gènes en protéines et à celui des liens         cellules nécessitera des modèles adaptés au
                                  dynamiques associés à un réseau d’inte-             rôle physiologique de ces cellules et à l’acti-
                                  raction génique. L’ensemble des protéines           vité génétique des enzymes, de leurs divers
                                  exprimées à un moment donné au sein d’une           métabolismes (énergétique, hormonal), et de
                                  cellule (le protéome) donne lieu à de nombreux      leurs capacités éventuelles de prolifération.
                                  processus intracellulaires d’inhibition, de régu-   Un des objectifs d’intégration numérique
                                  lation, d’amplification et à des phénomènes         affiché ici est d’organiser et de formaliser le
                                  de seuil qui se traduisent globalement en des       vaste corpus de modèles, de données et de
                                  dynamiques non linéaires. La complexité de          connaissances, en très forte croissance, et
                                  ces processus est augmentée par l’apport            d’en élaborer des couplages effectifs. Des
                                  des mécanismes de régulation épigénétiques.         progrès importants peuvent être attendus de
                                  Il s’agit de développer, en une approche            ces intégrations en connaissances scientifi-
                                  de biologie systémique et intégrative, des          ques et en développements des technologies
                                  représentations et des outils informatiques         agronomiques, pharmaceutiques, médicales,
                                  permettant de décrire les règles des inte-          et vétérinaires.
                                  ractions élémentaires, de modéliser et de           L’INRIA est d’ores et déjà présent sur plusieurs
                                  simuler les dynamiques globales auxquelles          des thématiques STIC qui précèdent, allant de
                                  ces interactions peuvent donner lieu dans les       l’imagerie intracellulaire, dynamique et active,
                                  cycles cellulaires et dans les réponses de la       aux algorithmiques géométrique, combina-
                                  cellule aux contraintes et aux signaux issus        toire et à celle des graphes, en passant par
                                  de son environnement.                               les contraintes, les logiques temporelles et
                                  D’autres niveaux de modélisation sont néces-        l’automatique. L’institut souhaite amplifier
                                  saires pour élaborer des modèles numériques         ses efforts pour contribuer avec ses parte-
 Modélisation de l’interaction    de cellules, par exemple les mécanismes de          naires des sciences de la vie à une meilleure
 entre deux protéines — ABS.      déformation du cytosquelette qui permettent         connaissance de la cellule.




82   Plan stratégique 2008-2012
Un des enjeux du développement durable           contraintes physiques auxquels la plante
Plante numérique                                correspond à la maîtrise des nombreuses
                                                causes d’érosion des sols, de leur appauvris-
                                                                                                 est soumise (répartition des masses, pente,
                                                                                                 etc.). Au niveau du modèle biologique, il s’agit
                                                sement et de leur pollution par des surexploi-   d’analyser les structures et les mécanismes
                                                tations et des utilisations abusives d’engrais   de développement des méristèmes sur des
                                                et de pesticides. Les réponses aux demandes      bases génétiques. Les thématiques en STIC
                                                de production agronomique sont possibles         concernées par ces recherches conjuguent
                                                dans le respect d’un développement durable       les mathématiques appliquées, l’automatique,
                                                si on sait prendre en compte conjointement       l’informatique graphique, la géométrie, et la
                                                les besoins des plantes et ceux, à long terme,   combinatoire avec, bien entendu, de nombreux
                                                de leur environnement. Tels sont les enjeux de   liens interdisciplinaires avec la botanique,
                                                la « plante numérique ».                         l’agronomie et la génétique.
                                                On vise donc ici le développement et l’in-       L’élaboration et l’intégration de modèles
                                                tégration de modèles de croissance d’une         performants à divers niveaux, conjuguant
                                                plante et de ses interactions multiples avec     des composantes déterministes et d’autres
                                                son environnement. Au niveau du modèle           stochastiques, et permettant la résolution des
                                                agronomique, il s’agit de prendre en compte      problèmes inverses de façon efficace, soulè-
                                                les mécanismes d’organogenèse, de photo-         vent de nombreux défis. Par ailleurs, on veut
                                                synthèse, de production et de répartition de     pouvoir passer de la modélisation d’une plante
                                                biomasse, ainsi que les ressources en eau et     individuelle à celle d’une parcelle compre-
                                                en minéraux des sols, les échanges atmos-        nant de nombreuses plantes ou de diverses
Simulation	de	la	croissance	des	arbres	         phériques (luminosité, humidité, température,    espèces, ou encore prendre en compte les
—	VIRTUAL	PLANTS.                               vent, oxygène, gaz carbonique) et les autres     interactions des plantes avec des populations




       Positionnement INRIA
L’INRIA a une compétence reconnue en            ses gènes, protéines et petites molécules.       écosystèmes microbiens conduisant à
modélisation, simulation numérique et           La modélisation du cycle cellulaire a            des procédés biologiques de dépollution
calcul scientifique. Il est également expert    conduit à des algorithmes d’optimisation         des eaux usées sont quelques exemples
dans le domaine des maillages, notamment        des plannings de traitement, prenant en          de contributions à l’écologie numéri-
non-structurés. En collaborant avec des         compte les rythmes circadiens des méca-          que, faites en partenariat avec l’Inra ou
physiciens spécialistes des nanosciences, il    nismes enzymatiques du médicament                l’Ifremer.
peut ainsi contribuer significativement à ce    et leur polymorphisme génétique, ou à            Dans le contexte de l’étude du climat, de
défi du « matériau numérique » du futur.        la description de la croissance normale          la pollution atmosphérique, de l’hydro-
Avec le développement de la bioinforma-         et tumorale de populations de cellules           logie ou de divers autres aspects liés à
tique et des sciences de la vie, plusieurs      dans des tissus homogènes. Les princi-           l’environnement, les systèmes de modé-
équipes-projets de l’INRIA se sont mobi-        paux partenaires dans ce domaine sont            lisation sont utilisés pour la prévision
lisées sur l’étude des interactions entre les   l’Inserm, l’INRA, le CEA, l’Institut Curie,      opérationnelle à court et moyen terme,
gènes et leurs produits, afin de comprendre     le NIH.                                          pour des études de cas, ou pour des études
les mécanismes de régulation qui sous-          La modélisation de la croissance des             d’impact de sites industriels. Les collabo-
tendent le fonctionnement dynamique             plantes se développe en partenariat avec         rations, avec l’IGN et les universités, sont
des cellules. Par exemple, la modélisation,     l’Inra, le CIRAD, mais également l’IFN.          appelées à se développer, en particulier
la simulation et l’analyse de réseaux de        La simulation de paysages agricoles, per-        sur le plan européen.
régulation génique ont permis de com-           mettant par exemple de mieux contrôler
prendre comment la réponse d’une bac-           l’utilisation des OGM, la modélisation et
térie particulière à un stress nutritionnel     le contrôle de la croissance du plancton
émerge du réseau des interactions entre         en chémostat, ou la modélisation des




                                                                                                            Plan stratégique 2008-2012          8
.2.2 Sciences numériques




                                              d’insectes. Les prolongements des modèles          sitent d’être revus, en particulier au niveau des
                                              de plantes numériques pour la sélection des        mécanismes de calcification et de photosyn-
                                              semences, l’optimisation des densités de           thèse et d’élévation de la température. Les
                                              culture, le contrôle d’apports en fertilisants     micro-algues de leur coté sont prometteuses
                                              ou pesticides, pour la planification, l’aména-     pour la production de biocarburants: si on
                                              gement de l’environnement et sa visualisation      parvient à bien modéliser et à contrôler le
                                              à différents niveaux, sont riches en problèmes     bioprocédé correspondant, on peut espérer
                                              STIC.                                              des rendements bien plus élevés que ceux
                                              Un autre volet important de la plante numérique    des plantes terrestres. L’institut travaillera au
                                              qui intéresse également l’INRIA est celui de       développement d’écosystèmes microbiens
                                              la modélisation de la croissance du phyto-         complexes, visant aussi bien le traitement de
                                              plancton, ou le contrôle de la croissance de       substrats polluants que la production d’énergie.
                                              micro-algues. Certaines espèces de phyto-          Les recherches porteront sur l’élaboration
                                              plancton sont en mesure d’absorber du gaz          de modèles réalistes des interactions entre
                                              carbonique, en le rejetant vers les couches        espèces et substrats et de la production de
                                              profondes de l’océan. Les modèles connus           biogaz, et sur la conception de stratégies de
                                              de ces processus sont très imparfaits, ne          contrôle pour obtenir une dépollution efficace
                                              concordent pas avec l’observation, et néces-       et optimiser la production énergétique.




                                              L’écologie numérique est un domaine inter-         d’espèces microbiennes, à leur compétition
                   Écologie                   disciplinaire particulièrement important à une
                                              époque où les transformations écologiques
                                                                                                 et à leurs interactions avec un substrat. Les
                                                                                                 modèles correspondants sont très importants,
                 numérique                    sont rapides et significatives. L’apport des       par exemple pour la conception de techniques
                                              STIC est déterminant dans l’intégration de         et de méthodes de contrôle de traitement
                                              modèles hétérogènes, leur couplage à des           des eaux usées ou polluées, leur dépollution
                                              systèmes d’information géographique, à des         selon un processus anaérobique avec une
                                              données géo-référencées, à des réseaux de          conversion optimale des déchets organiques
                                              capteurs et des systèmes d’observation de          en énergie.
                                              l’environnement.                                   Les recherches potentiellement pertinentes
                                              On veut intégrer des modèles de populations        pour l’écologie numérique concernent, au
                                              animales à divers niveaux trophiques, par          sein de l’institut, plusieurs sujets complémen-
                                              exemple, des modèles différentiels pour des        taires, allant de la modélisation et du calcul
                                              populations d’insectes ou de planctons, des        aux réseaux de capteurs, en passant par les
                                              modèles spatialement structurés pour des           systèmes d’information géographique et la
                                              populations de reptiles, de poissons, ou d’am-     visualisation graphique. L’INRIA souhaite appli-
                                              phibiens, et des modèles individuels pour les      quer une partie de ces travaux au domaine de
                                              espèces à un niveau trophique plus élevé, tels     l’écologie numérique qui recouvre des enjeux
                                              que des rapaces ou de grands mammifères.           essentiels.
                                              Chaque modèle décrit les évolutions d’une
                                              population en fonction de son biotope, de ses
                                              caractéristiques de reproduction, d’alimen-
                                              tation et de ses relations proies-prédateurs.
                                              L’interaction numérique de diverses popu-
                                              lations, entre elles et avec l’environnement,
                                              permet d’étudier les réponses d’un système
                                              écologique à une agression naturelle (feu,
                                              inondation, etc.), ou humaine (déforestation,
                                              agriculture, extension urbaine), et de planifier
 Comptage	automatique	d’une	population	       des mesures de conservation efficaces.
 de	flamants	roses	—	ARIANA	(vue	aérienne	    L’écologie microbienne soulève également des
 ©	Station	biologique	de	la	Tour	du	Valat).   problèmes liés à la densité et à la distribution




84   Plan stratégique 2008-2012
La biosphère est cette partie de l’atmosphère,     face à des évolutions qui semblent inélucta-
        Biosphère et                            des sols et des océans qui supporte la vie.
                                                On conjugue donc ici les motivations et les
                                                                                                   bles. Des modèles numériques de l’environne-
                                                                                                   ment permettront d’analyser des scénarios et
      environnement                             problématiques des deux sections précé-            d’évaluer les risques de telle ou telle politique

         numériques                             dentes avec des éléments de climatologie, de
                                                géologie et d’océanographie et un changement
                                                                                                   environnementale ou d’une absence d’action.
                                                                                                   Grâce à des capacités de visualisation démons-
                                                d’échelle significatif. Les enjeux sont considé-   tratives, ces modèles permettront également
                                                rables : accumulation des gaz à effet de serre,    de mobiliser les opinions publiques, en parti-
                                                réchauffement climatique, évolutions de la         culier dans les actions préventives, qui sont
                                                pluviométrie et de la distribution d’eau douce,    nécessairement à long terme et qui réclament
                                                désertification de certaines zones, augmen-        des ressources et de forts engagements poli-
                                                tation du niveau des océans et évolution des       tiques et sociaux.
                                                zones côtières, qui concentrent la majorité de     Relativement à ces enjeux, les modèles
                                                la population humaine.                             numériques de l’environnement posent des
                                                On cherche à mettre en œuvre des capa-             problèmes d’observation, de modélisation,
                                                cités prédictives pour aider à concevoir et à      d’assimilation de données, de prédiction et de
                                                déployer des stratégies de prévention et des       suivi, à des échelles de temps très variables
                                                stratégies d’adaptation, désormais critiques       (du temps-réel au très long terme) avec de




       Jalons
i Amarrage des protéines                        cellules, et de stimuli physiologiques (hor-       modèle physiologique qu’il permette des
Ce jalon vise à améliorer la compréhension      mones, facteurs de croissance) ou pharma-          prédictions sur le plan agronomique, en
des mécanismes coopératifs inhérents au         cologiques. Ce développement visera par            fonction de l’environnement, mais aussi
repliement et à l’amarrage des protéines, en    exemple la cancérologie, pour l’élaboration de     des conduites de culture : c’est un des
développant des modèles et des méthodes         modèles de biologie systémique des réseaux         objectifs d’un modèle source-puits. La
d’analyse de données biophysiques (cris-        métaboliques cellulaires et des perturbations      confrontation avec l’expérimentation, sur
tallographie, RMN) et de données issues         du contrôle physiologique dans les cellules        des plantes cultivées, sera ici aussi, une
de la simulation (dynamique moléculaire).       tumorales.                                         pierre de touche. Le travail sera développé
L’objectif sera atteint si de telles méthodes                                                      à partir de l’étude de plantes type comme
font date dans les expériences de prédiction                                                       l’arabidopsis et le riz.
de la structure d’un complexe de protéines      i Modèles agrobiologiques des plantes              Ce jalon a donc deux faces : modélisation
à partir des partenaires isolés (expérience     La croissance d’une plante est le résultat d’un    traduisant une meilleure compréhension
CAPRI) et/ou de prédiction de la structure      ensemble coordonné de processus physiques,         de la rationalité biologique de la croissance
d’une protéine à partie de sa séquence          moléculaires et cellulaires dont les interac-      des plantes, avec des retombées à terme sur
(expérience CASP).                              tions complexes sont encore mal comprises.         la sélection, l’amélioration variétale et la
                                                Un premier objectif est la construction de         modélisation prédictive de la production,
i Dynamique cellulaire                          modèles mécanistes pour mieux compren-             ainsi que sur la pratique de culture et sur la
On veut développer des modèles réduits          dre comment la forme et l’identité d’une           compréhension de la réponse des plantes
de la signalisation cellulaire pour quel-       feuille, d’une fleur ou d’un méristème peuvent     aux variations climatiques (concentration
ques applications biologiques ou médicales      émerger de l’intégration de ces mécanismes         en CO2 de l’atmosphère, température,
importantes. Ces modèles doivent intégrer       et comment ceux-ci sont contrôlés par les          précipitations).
le métabolisme énergétique, ainsi que la        gènes et/ou l’environnement. Il s’agit de com-
régulation physiologique (expression des        parer in silico des hypothèses variées sur les
gènes, état des protéines, activité enzy-       mécanismes sous-jacents et de confronter
matique éventuelle) du cycle de division        les prédictions des modèles aux observa-
cellulaire à l’échelle d’une population de      tions expérimentales. On attend aussi d’un




                                                                                                              Plan stratégique 2008-2012            85
.2.2 Sciences numériques




                                                  nombreux processus interdépendants. Il s’agit        l’environnement sont également essentiels,
                                                  de phénomènes de flots géophysiques, de              par exemple, en océanographie, en intégrant
                                                  circulation, d’échanges et de transformation de      les modèles biologiques du phytoplancton
                                                  matière et d’énergie. Par exemple, en chimie         mentionnés précédemment.
                                                  atmosphérique, on s’intéresse à des cinétiques       Dans ce très vaste champ de recherche, l’ac-
                                                  complexes de gaz, associées aux mouvements           tion de l’INRIA, avec ses partenaires, se foca-
                                                  et aux échanges thermiques de masses d’air           lisera plus particulièrement sur les questions
                                                  pour le suivi de pollutions locales, régionales ou   suivantes qui relèvent des STIC :
                                                  plus globales. En hydrologie, on modélise les        • l’observation, à l’aide de réseaux de
                                                  conditions d’écoulement et d’évaporation des              capteurs fixes ou mobiles (ballons, sondes
                                                  eaux, d’absorption et d’érosion des sols, ainsi           flottantes) ainsi que par l’imagerie satel-
                                                  que les impacts agronomiques et écologiques               litaire et les données géo-référencées.
                                                  d’aménagements (urbains, hydrologiques, …)                L’acquisition des données soulève des
                                                  ou de catastrophes (fortes crues). En océano-             problèmes liés à la représentation et à
                                                  graphie côtière, on retrouve des problèmes                l’algorithmique adéquate pour identifier
                                                  similaires liés aux marées et aux courants pour           et suivre les mouvements de phénomènes
                                                  l’étude de pollutions ou pour l’aménagement du            d’intérêt, en particulier dans la détection
                                                  littoral. Plus généralement, les couplages et les         précoce d’événements catastrophiques.
                                                  échanges océan-atmosphère sont essentiels                 Elle soulève également des problèmes d’op-
                                                  à la compréhension des circulations océano-               timisation du système d’observation ;
                                                  graphiques et de leurs impacts climatiques           • la modélisation, avec les problèmes de
                                                  et écologiques. Par ailleurs, les couplages               couplage de représentations hétérogènes,
                                                  entre modèles physiques et biologiques de                 d’assimilation de données incomplètes,
                                                                                                            imprécises et incertaines, et de qualification
                                                                                                            des modèles (cf. § .1.1) ;
                                                                                                       • la détection précoce, le suivi de phéno-
                                                                                                            mènes rapides et de dérives lentes, l’aide
                                                                                                            au diagnostic ;
                                                                                                       • l’expérimentation in silico, l’aide à la
                                                                                                            planification et à la gestion des risques
                                                                                                            environnementaux ;
                                                                                                       • la visualisation des évolutions à long terme
                                                                                                            de l’environnement.




 Hydraulique	fluviale	:	identification	de	la	baisse		
 de	la	crue	du	fleuve	Pearl	(Chine)	—	MOISE.




8   Plan stratégique 2008-2012
Plan stratégique 2008-2012   87
.2. Médecine numérique




       3.X.X
         3.2.3

                                  Médecine	numérique




88   Plan stratégique 2008-2012
Les domaines de la médecine et de la biologie humaine soulèvent
de nombreux défis scientifiques et technologiques. Ils recouvrent les enjeux
sociétaux considérables liés à la santé, qui ont également des implications
économiques majeures.
L’ambition scientifique affichée ici est de contribuer à passer de connais-
sances exprimées sous forme de collections de cas, décrivant la réalité
très complexe du vivant, à des modèles mathématiques explicatifs et
prédictifs des mécanismes mis en œuvre dans un processus biomédi-
cal donné. Cet axe prioritaire porte donc sur une contribution pluridisci-
plinaire aux problèmes d’observation, de modélisation et de simulation
biomédicales à tous les niveaux, pour mieux comprendre la biologie
humaine mais aussi pour diagnostiquer, concevoir, mettre en œuvre et
optimiser de nouveaux moyens thérapeutiques. Cette ambition sera en
particulier focalisée sur quelques classes de pathologies importantes,
dont le cancer, les maladies cardio-vasculaires et les maladies neurodé-
génératives ou du système nerveux.
Cette priorité prolonge naturellement celles qui précèdent, en particulier
celles sur la modélisation, l’interaction et les	 sciences	 numériques.
Pour cette dernière priorité, il faut souligner le nécessaire continuum entre
les thématiques des sciences de la vie affichées ici, qui sont focalisées sur
la biologie humaine, et celles affichées dans l’axe prioritaire précédent,
qui couvrent d’autres aspects de la biologie animale ou végétale et de la
bioinformatique. Enfin, on peut également voir des liens fructueux pour les
technologies médicales avec les thèmes de l’ingénierie numérique, par
exemple dans le développement de systèmes d’aide ou de palliatifs aux
déficiences motrices ou sensorielles (prothèses, neuroprothèses).




                                                             Plan stratégique 2008-2012   89
.2. Médecine numérique




                                                 Cet axe prioritaire vise un double couplage         Les ambitions scientifiques et technologiques
                                                 scientifique et technologique :                     recouvrent un vaste spectre de thématiques
                                                 • couplage étroit entre observation, modé-          pluridisciplinaires auxquelles l’INRIA apportera
                                                     lisation et assimilation de données biolo-      ses compétences en mathématiques appli-
                                                     giques, afin de parvenir à une description      quées, en traitement du signal et de l’image,
                                                     riche et des mesures fines du vivant, en        en automatique, et en informatique. Les cher-
                                                     développant et en exploitant les nouvelles      cheurs de l’institut, en partenariat avec des
                                                     modalités d’observation biologique et           biologistes, des médecins, des chimistes et
                                                     médicale et de fusion multi-sensorielle.        des physiciens, aborderont en particulier les
                                                     Il s’agit ainsi de concevoir des modèles        problèmes d’imagerie, de modélisation, de
                                                     d’une complexité équivalente à celle des        calcul et de simulation, et ce aux divers niveaux
                                                     observations afin de pouvoir inverser ces       moléculaire, cellulaire, anatomique, fonctionnel
                                                     modèles dans un processus d’assimilation        et physiologique.
                                                     de données, et de bien qualifier la précision   En imagerie biologique et médicale, on
                                                     et les propriétés des modèles obtenus ;         contribuera à mieux maîtriser les diverses
                                                 • couplage entre biologie et médecine.              modalités d’acquisition de données in vivo :
                                                     Grâce à des modèles biologiques précis          imagerie intracellulaire, microscopique
                                                     et individualisés, qualifiés cliniquement, on   confocale, imagerie optique, imagerie par
                                                     veut développer des technologies médi-          résonance magnétique anatomique ou fonc-
                                                     cales et pharmacologiques permettant            tionnelle, magnéto-encéphalographie, tomo-
                                                     de prédire des évolutions, de détecter des      densitométrie par rayons X et tomographie par
                                                     pathologies et de réaliser des diagnos-         émission de positons. Il s’agit de développer
                                                     tics, de simuler des actions physiques ou       une algorithmique complète de traitement et
                                                     biochimiques et d’en mesurer les effets,        d’interprétation de l’image et du signal pour
                                                     de commander une prothèse, de planifier,        exploiter ces modalités, pour les fusionner
                                                     d’optimiser et d’aider à conduire précisé-      entre elles ou avec des signaux biomédicaux
 Simulation	de	contraction	cardiaque	sur	            ment un protocole thérapeutique ou une          complémentaires (ECG, EEG, mesures de flux,
 un	maillage	anatomique	—	MACS.                      intervention chirurgicale.                      de pression, etc.). L’objectif est d’acquérir des




        Positionnement INRIA
 Plus de vingt équipes-projets INRIA sont        cette thématique. Plusieurs ont donné lieu          de ces structures, auxquelles il contribue
 focalisées sur cet axe prioritaire. Une ving-   à des transferts industriels, en particulier        sur les aspects modélisation et calcul,
 taine d’autres équipes-projets travaillent      par essaimage.                                      seront pertinentes pour ce thème. Par
 sur des sujets connexes, pertinents pour ce     L’INRIA s’appuie naturellement sur des              ailleurs, l’institut entretient plusieurs
 domaine, allant des questions de maillage,      partenariats nationaux et internationaux,           partenariats industriels, qu’il développera
 de calcul numérique, de probabilité et de       essentiels pour ce domaine pluridisciplinaire.      dans le cadre de cette thématique.
 géométrie, à des questions d’apprentissage      Les principaux liens nationaux, y compris via       Au niveau européen, les liens académiques
 et de robotique. Des actions de recherche       des équipes communes, sont avec l’Inserm,           sont nombreux, par exemple avec le Guy’s
 collaborative ou d’envergure nationale          l’Inra, le CEA-DSV (en particulier dans le          Hospital à Londres, le Swiss Institute of
 sont focalisées sur les objectifs décrits       cadre de la plateforme Neurospin), l’Institut       Bioinformatics, le Weizmann Institute. Ces
 ici. L’institut s’appuie sur une longue         Pasteur, l’Institut Curie, ainsi qu’avec des        liens seront certainement amplifiés dans
 tradition de recherche et des fortes com-       départements universitaires hospitaliers et le      le cadre de l’action Virtual physiological
 pétences, internationalement reconnues,         CNRS. L’INRIA est membre du groupement              human du 7e PCRD. Au niveau internatio-
 en modélisation et calcul scientifique, ainsi   d’intérêt scientifique Institut des systèmes        nal, l’institut développe une collaboration
 qu’en vision et en traitement d’images.         complexes. Il est membre fondateur du RTRA          étroite avec le NIH, en particulier avec son
 De nombreux développements logiciels            Rhônalpin Innovations thérapeutiques en             National Institute of Biomedical Imaging
 supportent les travaux de l’INRIA sur           infectiologie. Les collaborations dans le cadre     and Bioengineering.




90   Plan stratégique 2008-2012
données anatomiques et fonctionnelles avec de         supérieure à la seule prise en compte d’un taux
                                        meilleures résolutions spatiales et temporelles.      de croissance ou de mortalité.
                                        L’interprétation de ces données – de plus en          Le développement de ces modèles soulève
                                        plus complexes – ne peut rester uniquement            des problèmes (détaillés au § .1.1) de calcul,
                                        visuelle. Une interprétation quantitative, éven-      de simulation, d’optimisation, de visualisation,
                                        tuellement stochastique, peut permettre de            de mesures d’incertitude, et plus généralement
                                        piloter efficacement les processus d’acquisition      de qualification des modèles, essentielle dans
                                        et de mesure ; elle peut être couplée à des           les applications médicales. Dans le contexte
                                        processus d’aide au diagnostic ou à l’action          de cette thématique, les techniques d’analyse
                                        thérapeutique. L’imagerie intracellulaire et          numérique, de calcul géométrique ou proba-
                                        tissulaire peut permettre d’identifier les voies      biliste, portent en particulier sur la biologie, la
                                        de signalisation cellulaires et intercellulaires à    chimie et la physique.
                                        l’œuvre dans le métabolisme des molécules,            L’ambition du couplage biologie-médecine
                                        tant endogènes qu’exogènes, et dans la proli-         exige des modèles individualisés. Ceci passe
                                        fération cellulaire, et par là de développer et       par le développement d’une anatomie algo-
                                        de valider des modèles. Ces modèles sont              rithmique et d’une physiologie algorithmique.
                                        essentiels pour une compréhension du vivant           La première se base sur des statistiques anato-
                                        et pour la conception et l’optimisation de            miques pour cerner, pour un organe donné,
                                        nouvelles thérapies.                                  les variabilités normales entre individus, bien
                                        La modélisation et l’assimilation de données          distinguer ces variabilités des déviations patho-
                                        biologiques et médicales porteront sur des            logiques, et être en mesure de détecter de telles
                                        processus allant des cellules aux organes et          déviations dans les images et données médi-
                                        aux fonctions complexes (par exemple fonction         cales. Dans la deuxième, des modèles physio-
                                        cardiovasculaire ou locomotrice), voire aux orga-     logiques individualisés devraient permettre
                                        nismes. Elles intégreront des représentations         d’expliquer et de prévoir des propriétés fonc-
                                        et des données hétérogènes, de nature anato-          tionnelles, d’explorer les incidences de physio-
                                        mique (structures) et physiologique (fonctions).      pathologies, et d’individualiser finement des
                                        Par exemple, un modèle du système cardiovas-          thérapies, par exemple, en cancérologie, par
                                        culaire intégrera des représentations souvent         des études de pharmacogénétique par puces
                                        couplées, de type géométrique, biomécanique,          à ADN pour la prescription individualisée de
                                        bioélectrique, de dynamique des fluides et de         chimiothérapies.
                                        perfusion du muscle cardiaque.                        Au niveau des technologies médicales, l’am-
                                        La résolution des problèmes inverses pour             bition de l’INRIA est de mettre en œuvre ces
                                        de tels modèles, par des techniques d’esti-           recherches algorithmiques en imagerie et en
                                        mation, d’apprentissage et d’optimisation,            modélisation pour contribuer au développement
                                        soulève de grandes difficultés algorithmiques.        de techniques de prévention, de détection et
                                        L’assimilation des données conduit naturelle-         de diagnostic quantitatif, de prédiction d’évo-
                                        ment au couplage étroit entre les problèmes de        lution, de simulation, de régulation, de contrôle
                                        modélisation et ceux d’acquisition, de traite-        et d’optimisation d’actions thérapeutiques.
                                        ment et d’interprétation de données. La richesse      Plusieurs de ces objectifs sont indissociables
                                        des modèles nécessaires pour appréhender une          de ceux qui précèdent. D’autres nécessiteront
                                        réalité biologique très complexe sera limitée         des recherches complémentaires, par exemple
                                        par la richesse des données. Les termes du            en réalité virtuelle pour ses applications théra-
                                        compromis seront sans doute différents selon          peutiques, en robotique chirurgicale et en réalité
                                        l’application visée et conduiront vraisemblable-      augmentée pour la simulation et l’aide à l’in-
                                        ment à divers types de modèles pour un organe         tervention thérapeutique en radiothérapie et
                                        ou une fonction spécifique. Ainsi, lorsque l’ap-      en chirurgie non invasive guidées par recalage
                                        plication vise l’optimisation thérapeutique, il est   entre images et modèles. Un autre exemple du
                                        nécessaire de représenter les effets attendus         couplage mesure-action est la quantification
                                        d’une combinaison de traitements (synergie            des caractéristiques mécaniques des muscles
                                        médicamenteuse) mais aussi les effets toxiques        en cas de déficience motrice en vue d’optimiser
Modélisation	de	l’activité	cérébrale	   sur les tissus sains. Ceci nécessite une finesse      l’adaptation au patient de la stimulation.
—	ODYSSEE.                              d’observation de la physiologie cellulaire bien       Enfin, il faut souligner que ces recherches




                                                                                                          Plan stratégique 2008-2012         91
.2. Médecine numérique




                                                   seront nécessairement poursuivies en relation        soulève des questions d’éthique et de déonto-
                                                   étroite avec des biologistes et des médecins,        logie auxquelles l’INRIA sera particulièrement
                                                   en particulier dans leurs composantes expéri-        attentif, y compris dans le dialogue avec les
                                                   mentales essentielles. Par ailleurs, ce domaine      associations d’utilisateurs.




        Jalons
 i Modélisation, visualisation                     modèles en technologies cliniques permet-            finement certaines suppléances sensorielles
 et manipulation interactive                       tant des chirurgies guidées par recalage entre       ou motrices passe par de nouvelles mesures
 d’un cœur numérique                               images et modèles. Plus généralement, la com-        et modélisations des structures nerveuses
 L’objectif est d’élaborer des modèles indivi-     préhension des interactions multi-échelles           concernées. Les implants de demain seront
 dualisés du système cardiovasculaire humain       entre populations de neurones dans le cerveau        capables non seulement d’activer mais aussi
 prenant en compte globalement l’ensemble,         humain requiert le développement et la mise          d’observer de l’intérieur et donc de manière
 des processus électrophysiologiques, électro-     en commun au niveau de l’INRIA et de ses             très précise le système nerveux périphérique
 mécaniques, de dynamique du flot sanguin,         partenaires d’outils de modélisation mathéma-        ou central, ouvrant des champs d’application
 de circulation artérielle, de perfusion et de     tique et de simulation ainsi que l’accès à, et la    diagnostique ou thérapeutique aujourd’hui
 biomécanique du muscle cardiaque. On vise         mise en place de, bases de données de mesures        limités.
 le développement des techniques d’imagerie        neurobiologiques. Une meilleure compréhen-
 et de l’instrumentation nécessaires à l’élabo-    sion de ces phénomènes sera un grand pas             i Environnement
 ration et à la qualification de ces modèles. Ce   vers la synergie nécessaire entre neurosciences,     chirurgical numérique
 jalon intègre l’élaboration d’une plateforme      informatique et modélisation mathématique            On veut développer et mettre en œuvre
 interactive permettant au biologiste ou           en mettant à la disposition des spécialistes en      expérimentalement des moyens de visuali-
 au médecin de visualiser les phénomènes           neurosciences des méthodes d’évaluation des          sation, de planification, de réalité augmen-
 cardiovasculaires. On veut pouvoir explorer,      propriétés computationnelles de leurs modèles        tée et de robotique par exemple pour l’aide
 grâce à une interface multimodale, visuelle       phénoménologiques.                                   en chirurgie cardiaque et/ou cérébrale,
 et haptique, un cœur numérique individua-                                                              exploitant les modèles et les méthodes déve-
 lisé, et mettre en œuvre des outils logiciels     i Interface entre système                            loppés par les deux précédents jalons.
 de diagnostic et de simulation d’actions          nerveux et système artificiel
 thérapeutiques. L’ambition est d’aborder          Il s’agit ici d’exploiter des modèles anatomiques
 des problèmes cliniques et de contribuer          et fonctionnels pour pallier une déficience          i Plateforme logicielle de simulation
 à l’amélioration de dispositifs médicaux.         motrice ou sensorielle en activant les structures    et d’intégration de modèles médicaux
 La collaboration étroite des chercheurs de        nerveuses centrales ou phériphériques mises          Il s’agit de développer un noyau logiciel
 l’INRIA avec des biologistes et des médecins      en jeu (neuroprothèse).                              robuste permettant de faire cohabiter
 sera la clé d’un tel jalon.                       A l’instar du pacemaker qui peut déclencher          différents modèles et composantes d’une
                                                   une contraction du myocarde, il est possible de      simulation : modèles de rendu, de collision,
 i Cartographie numérique et                       restaurer une fonction motrice en stimulant les      modèles déformables, haptiques, physio-
 fonctionnelle du cerveau                          nerfs moteurs, ou une fonction sensorielle, par      logiques, avec gestion des relations entre
 On veut développer des modèles anatomi-           exemple l’audition à l’aide des implants cochléai-   les différentes représentations d’un même
 ques et physiologiques individualisés du          res qui stimulent la cochlée. Ces approches thé-     organe. Au noyau, viennent s’ajouter un
 cerveau humain, couplant diverses moda-           rapeutiques reposent sur un socle commun de          ensemble de modules et des bibliothèques
 lités d’imagerie cérébrale fonctionnelle,         technologies et de recherches en électrophysio-      logicielles offrant différentes fonctionnali-
 les intégrer en une cartographie situant les      logie, mais qui se déclinent et se particularisent   tés : algorithmes de détection de collision,
 fibres neuronales et les activités corticales.    en fonction de la cible. Il est ainsi aujourd’hui    modèles déformables, méthodes de rendu
 On cherche à mettre en évidence le lien           envisageable de restaurer des fonctions très         photo-réalistes, gestion optimale des res-
 entre la structure spatiale des cartes et leur    complexes comme la station debout équilibrée,        sources de calcul, parallélisation, solveurs
 fonction ; analyser la variabilité observée       certaines fonctions sensorielles, ou de moduler le   numériques, gestion des interactions entre
 en fonction d’informations génétiques et          système nerveux central dans le cas des maladies     objets hétérogènes au sein d’une même
 comportementales. On veut prolonger ces           comme Parkinson ou l’épilepsie. Mais contrôler       simulation.




92   Plan stratégique 2008-2012
3.3
                                  Défis sociétaux couverts   
                                          par ces priorités
Le choix des sept priorités stratégiques de l’institut a été motivé et argumenté dans les sections précédentes par l’existence d’en-
jeux sociétaux et d’enjeux économiques importants. Il est intéressant de revenir rapidement sur les principales motivations socié-
tales effectivement couvertes par les priorités de l’INRIA, en particulier pour celles qui sont transverses aux axes stratégiques.
L’environnement et ses enjeux sont présents dans les thématiques de la modélisation et de l’interaction. Les objectifs affichés
en écologie numérique et sur la biosphère et l’environnement numériques couvrent explicitement une partie des défis environne-
mentaux. Le	développement	durable est principalement présent dans les thématiques de la plante numérique et de l’écologie
numérique.
La santé fait l’objet d’une priorité à part entière sur la médecine numérique. D’autres priorités telles que celles affichées sur la
cellule numérique ou sur l’interaction contribuent aux défis de la santé. La	démographie avec les problèmes de vieillissement de
la population est en partie couverte dans les priorités sur l’interaction, la communication et la médecine.
L’énergie fera l’objet d’efforts de recherche pour la modélisation, le contrôle et l’optimisation de l’utilisation de sources d’énergie
classiques ou, pour le développement de nouvelles sources telles que le solaire, les biocarburants ou la fusion thermonucléaire,
au sein de la fédération ITER.
Les	transports sont principalement présents dans la priorité sur l’ingénierie numérique, car les systèmes embarqués jouent un
rôle d’importance croissante dans ce domaine, mais également dans la priorité sur l’interaction.
Les	services	aux	personnes et le développement de la	société	de	l’information sont principalement couverts dans les priori-
tés sur la communication et l’interaction.
La	formation	et	l’éducation, au titre des possibilités de visualisation et de réalité virtuelle, sont couvertes dans la priorité sur
l’interaction. Ces défis soulèvent des problèmes également présents au niveau du Web sémantique et des services dans la
priorité sur la communication
La	sécurité soulève des problèmes abordés dans les priorités sur la programmation, la communication, l’interaction et l’ingénie-
rie numérique. Les efforts de l’institut dans cette thématique transverse seront en particulier coordonnés au sein du GIS dédié à
la surveillance, la sûreté et la sécurité des grands systèmes.




                                                                                                    Plan stratégique 2008-2012            9
. Défis sociétaux couverts par ces priorités




94   Plan stratégique 2008-2012
3.4
                              Thématiques émergentes
Les sept priorités stratégiques de l’institut soulèvent des problèmes fondamentaux importants, largement ouverts et qui peuvent
avoir de forts impacts scientifiques et technologiques. Ces problèmes mobiliseront l’essentiel des efforts de recherche dans le
cadre de ce plan. Cependant, l’INRIA veut rester ouvert à des thématiques émergentes relativement aux domaines scientifiques
bien formalisés.
Pour favoriser l’émergence de champs scientifiques nouveaux, l’INRIA se donne des moyens appropriés dans le cadre d’une ligne
« d’actions exploratoires ». La recherche soutenue par cette ligne d’action est orientée à très long terme et s’accompagne de
risques élevés. Elle devrait devenir une pépinière d’idées de recherche inédites, conduites par des chercheurs confirmés ou par
des jeunes chercheurs. Tout comme pour l’ERC, les critères fondamentaux seront la créativité, l’originalité et l’excellence pour
conduire une recherche d’avant-garde, en rupture relativement aux thématiques bien explorées. L’INRIA souhaite se doter des
moyens permettant d’encourager et d’accompagner ces travaux de nature très exploratoire.
Sans prétendre aucunement à l’exhaustivité, on évoque brièvement ci-après quelques sujets d’actions exploratoires :
• nouvelles formes et modalités de traitement de l’information. Les caractéristiques fondamentales de la matière (comportement
   quantique, dynamique des atomes, cellules, etc.) peuvent être exploitées pour développer des types radicalement nouveaux
   de logique et de composants ;
• nouveaux modèles de calculs et nouveaux paradigmes algorithmiques s’inspirant de la nature, de la biologie ou de
   la chimie. Les modèles actuels (issus du modèle de Von Neumann) atteignent leurs limites, et rapidement, d’autres
   modèles seront nécessaires ;
• nouveaux paradigmes de modélisation et de simulation ;
• nouvelles approches pour la construction de systèmes d’information dignes de confiance, sûrs et pérennes sur de très longues
   durées (plusieurs siècles) ;
• informatique diffuse s’appuyant sur des architectures très dynamiques dont le nombre de composants peut être très grand et
   dont le comportement peut parfois être incertain, avec des paradigmes facilitant l’émergence de propriétés significatives.
• nouvelles approches à la programmation, par exemple par imitation ;
• techniques d’intégration de représentations, de modèles et de données sur un très large spectre, par exemple pour
   être capable d’établir facilement les effets environnementaux et de consommation d’énergie de chaque produit (cycle
   de vie de bout en bout) ;
• nouvelles modalités pour l’interface homme-machine. Ce sujet récurrent mérite toute l’attention. De nouvelles moda-
   lités, par exemple d’interaction spatiale en 3D, doivent être étudiées et intégrées à d’autres, plus anciennes, telle que
   la parole, de façon robuste.
Par ailleurs, de nouvelles directions de recherches interdisciplinaires, en particulier avec les sciences humaines et sociales,
peuvent être également d’intérêt pour des actions exploratoires. Par exemple, les techniques de modélisation vers « l’humain
numérique » sont pertinentes pour la sociologie ; les liens des STIC avec les sciences juridiques sont également fructueux en pro-
blèmes de formalisation et d’exploitation sémantique des textes juridiques mais aussi de responsabilité, de protection juridique,
voire d’éthique en matière de logiciels et de systèmes.
L’INRIA animera la réflexion prospective en son sein et avec ses partenaires; il restera très attentif et très ouvert à l’émergence de
nouvelles directions de recherche et encouragera les prises de risques associées à de potentielles ruptures scientifiques.




                                                                                                   Plan stratégique 2008-2012            95
Actions et 
 stratégie pour 
 atteindre les objectifs

   Dans	cette	partie	
                    :




                                                                              A
4.1	   L’INRIA	au	sein	du	dispositif	national	                     page	98
4.2	 Renforcer	l’attractivité	de	l’institut	                       page	100
4.3	 Recherche,	développement	et	transfert	                        page	110
       4.3.1	 L’organisation	de	la	recherche	                      page	110
       4.3.2	 Le	développement	technologique	                      page	110
       4.3.3	 Le	transfert	technologique	et	l’innovation	          page	113
       4.3.4	 La	formation	par	la	recherche	                       page	116
       4.3.5	 La	diffusion	de	l’information	scientifique		
              et	des	connaissances	                                page	117
       4.3.6	 L’évaluation	de	la	recherche	et	du	transfert	        page	119
4.4	 Relations	européennes	et	internationales	                     page	120
       4.4.1	 L’engagement	européen	de	l’INRIA	                    page	120
       4.4.2	 Les	coopérations	avec	l’Asie,	l’Amérique	du	Nord		
              et	les	pays	du	Sud	                                  page	121
4.5	 Organisation	et	fonctionnement	internes	                      page	123
       4.5.1	 La	politique	de	ressources	humaines	                 page	124
       4.5.2	 Le	fonctionnement	interne	                           page	125
A   ctions
4.1 L’INRIA au sein du dispositif national




                                   L’organisation générale de la recherche en           recherche globales et s’adossent sur des
                     4.1.          France, dont les structures sont restées
                                   pour l’essentiel celles héritées des années
                                                                                        institutions universitaires qu’ils renforcent.
                                                                                        Pour les sciences et technologies de l’infor-

                L’INRIA            1950-1980, connaît depuis peu une évolution
                                   accélérée : création de l’ANR et des pôles
                                                                                        mation, il est essentiel que l’évolution engagée
                                                                                        en France s’accompagne et s’appuie sur le
           au sein du              de compétitivité, création des PRES et des
                                   RTRA, loi de programme pour la recherche, loi
                                                                                        renforcement de l’opérateur national spécialisé
                                                                                        dans le domaine qu’est l’INRIA, du fait des
     dispositif national           Liberté et responsabilité des universités (cf. §     spécificités du domaine, des spécificités de
                                   2..). Cette évolution répond à la formidable       l’institut et de sa capacité :
                                   pression de la mondialisation des activités de       • à créer, en partenariat avec les univer-
                                   recherche et d’innovation, à leur rôle moteur             sités, un effet d’entraînement dynami-
                                   dans le développement social et économique                sant les meilleures équipes en France
                                   et dans la compétition mondiale. Elle vise en             qui bénéficient d’une visibilité et d’une
                                   particulier à renforcer les opérateurs régio-             réputation d’excellence scientifique, et
                                   naux de recherche et de formation que sont                qui offrent des formations par la recherche
                                   les universités et à les amener au meilleur               très attractives ;
                                   niveau mondial.                                      • à élaborer dans le cadre d’une vision
                                   Dans le contexte de cette politique nationale             européenne et internationale, une stratégie
                                   de renforcement des sites universitaires et               scientifique nationale, et à focaliser de
                                   de définition de pôles d’enseignement et de               façon proactive l’essentiel de ses projets
                                   recherche de niveau international, l’INRIA                autour de cette stratégie ;
                                   continue à se positionner comme un orga-             • à mener une politique de développement,
                                   nisme national en charge de la définition et              de transfert, d’innovation et d’essaimage,
                                   de l’exécution d’une politique scientifique               en partenariat avec les principaux opéra-
                                   affirmée dans un domaine prioritaire. On                  teurs industriels du domaine.
                                   observe en effet que plusieurs pays structu-         Les STIC sont en effet un domaine jeune, qui
                                   rent leur stratégie scientifique, en particulier     connaît un développement exceptionnel, et
                                   dans le domaine des STIC, autour d’opéra-            qui a présenté dès son apparition un caractère
                                   teurs nationaux. Sans souci d’exhaustivité, on       global, compétitif, basé davantage sur l’intel-
                                   peut citer en Allemagne la combinaison Max           ligence que sur des acquis technologiques
                                   Planck Gesellshaft et Fraunhofer Gesellshaft,        préalables ou de grandes infrastructures (peu
                                   fondations financées en grande partie par les        de grands instruments en dehors d’Internet).
                                   pouvoirs publics. En Hollande, le CWI dont           L’INRIA a inventé un positionnement et un
                                   le spectre d’activités est similaire à celui         mode d’organisation qui se retrouve aujourd’hui
                                   de l’INRIA, fait partie du NWO, organisme            en phase avec les caractéristiques de son
                                   gouvernemental. Aux États-Unis, la plupart           domaine. Ce mode d’organisation, basé sur
                                   des grands départements d’État fédéraux              des personnes très mobiles et non sur des
                                   financent et gèrent directement ou indirecte-        structures rigides et cloisonnées, est une des
                                   ment des organismes de recherche nationaux           raisons essentielles des succès de l’institut.
                                   tels les NIST Laboratories, les NIH Institutes       Organisme entièrement dédié à un domaine
                                   and Centers, les National Centers adminis-           scientifique prioritaire, l’INRIA a pour mission
                                   trés par le Battelle Group. En Australie, le         de développer une politique scientifique et de
                                   centre de recherche NICTA est financé par            transfert cohérente au niveau de la France et
                                   le gouvernement et diverses entités austra-          en phase avec la politique européenne. Dans
                                   liennes en charge des STIC. Au Japon, le             un domaine d’une importance capitale pour le
                                   National Institute of Advanced Industrial            développement économique, social et culturel
                                   Science and Technology joue un rôle moteur           et en très forte croissance – souvent dans des
                                   et conduit la politique scientifique nationale       directions difficilement prévisibles –, il est
                                   dans ses domaines. Les organismes cités              indispensable de procéder à des analyses
                                   dans ces exemples ont bien entendu des               en termes d’impacts et de forces avant de
                                   spécificités et des modèles d’organisation           définir des stratégies de recherche, de faire
                                   distincts. Cependant, dans tous les cas,             des choix et d’adopter un mode d’organisation
                                   ces centres structurent des stratégies de            dynamique et proactif.




98    Plan stratégique 2008-2012
A      ctions
                       L’INRIA peut ainsi être considéré comme                   nologies. La recherche scientifique produit
                       un chaînon indispensable entre les struc-                 de façon étroitement imbriquée à la fois
                       tures de financement de la recherche (ANR,                des connaissances et des technologies.
                       Commission européenne, ERC) et les pôles                  L’articulation entre savoir et développement
                       régionaux universitaires d’enseignement et                répond aux attentes sociétales. Elle répond
                       de recherche. Pour cela, l’institut réaffirme             également aux besoins des développe-
                       les quatre fondamentaux de son action au                  ments scientifiques. Le domaine des STIC
                       service de la recherche, du développement et              présente, d’une manière plus ou moins
                       du transfert dans le domaine des STIC :                   affirmée selon les secteurs, un caractère
                       • Des équipes soudées engagées dans                       expérimental qui se traduit par l’utilisa-
                           un projet scientifique focalisé de haut               tion et, souvent, par le développement de
                           niveau. Pour maximiser l’impact de ses                plates-formes technologiques ou de logi-
                           activités, l’institut a décidé dès sa création        ciels. Le plus souvent, une équipe-projet est
                           de se structurer de manière très « plate »,           engagée dans une démarche scientifique
                           avec peu de niveaux de hiérarchie.                    qui produit à la fois des connaissances
                           L’essentiel de la mise en œuvre de sa                 et des développements technologiques.
                           politique scientifique est ainsi confié à des         Elle est évaluée sur ces deux fronts de la
L’INRIA se considère       équipes-projets rassemblées autour de                 production de la recherche.
                           leaders scientifiques porteurs de projets        • Des équipes-projets engagées dans une
comme un chaînon           ambitieux, compétitifs et fortement foca-             démarche de transfert. L’État a confié
                           lisés. Ces équipes-projets, autonomes                 une mission spéciale à l’INRIA au service
indispensable entre        mais à durée limitée, sont évaluées au                des STIC. En le plaçant aussi sous tutelle
                           plan national selon un dispositif mettant             du ministère chargé de l’Industrie, l’État
les structures de          l’accent sur le positionnement international.         affiche une volonté politique pour l’institut
financement de la          L’institut a la conviction que l’existence de
                           ces équipes-projets de recherche est une
                                                                                 de transfert de technologie en partena-
                                                                                 riat avec l’ensemble des secteurs socio-
recherche (ANR,            raison essentielle de son succès.                     économiques. En conduisant une action
                       • Un partenariat dynamisant. L’INRIA s’est                très volontariste depuis plus de 25 ans,
Commission                 engagé très activement dans des parte-                l’institut a permis de mettre en place un
                           nariats avec les universités françaises et            modèle de transfert de technologie et de
européenne, ERC) et        les organismes de recherche présents sur              création d’activités très efficace s’appuyant
                           ses sites d’implantation. Plus de 80 % des            sur une structure interne de qualité profes-
les pôles régionaux        équipes-projets INRIA sont aujourd’hui                sionnelle, décentralisée et coordonnée. Par
universitaires             communes avec des établissements parte-
                           naires. En rassemblant des chercheurs
                                                                                 la constitution d’un ensemble d’accords
                                                                                 stratégiques avec de grandes entreprises
d’enseignement et de       de haut niveau international et qui adhè-             et d’équipes communes avec des indus-
                           rent à la stratégie de l’INRIA dans ces               triels, par la mise en œuvre d’actions de
recherche.                 équipes communes, les établissements                  recherche et de développement, par la
                           construisent des entités ayant une masse              création de nombreuses start-up et par
                           critique suffisante. L’institut réaffirme son         une politique claire de diffusion de logi-
                           engagement à collaborer avec des parte-               ciels et de définition de standards, l’INRIA
                           naires qui s’engagent de façon volontaire             démontre sa capacité à prendre en charge
                           à apporter des ressources – en particulier            efficacement cette mission.
                           humaines – à l’équipe-projet et à soutenir       La mise en œuvre de ces fondamentaux par
                           son activité. La collaboration s’établit ainsi   les huit centres de recherche de l’institut sur
                           dans un cadre de confiance et de trans-          l’ensemble des fronts de la recherche, du
                           parence, sur la base d’un partage des            développement, du transfert, et des parte-
                           résultats et des retours de valorisation         nariats, est détaillée dans les encadrés de
                           au prorata des moyens affectés et d’une          ce chapitre. En particulier, des conventions
                           répartition des efforts permettant de maxi-      seront établies par chaque centre avec ses
                           miser l’efficacité.                              partenaires régionaux pour préciser les moda-
                       • Des équipes-projets impliquées dans la             lités de soutien conjoint à des opérations de
                           production de connaissances et de tech-          recherche sous forme d’équipes-projets INRIA




                                                                                       Plan stratégique 2008-2012         99
4.2 Renforcer l’attractivité de l’institut




                                   communes, et pour élaborer et conduire une              est d’attirer les meilleurs, quels que soient le
                                   politique scientifique dynamisante.                     type et le niveau de recrutement. Pour atteindre
                                   Les pierres angulaires de cette organisation            cet objectif, l’INRIA dispose d’une palette
                                   sont l’évaluation et le recrutement. Toutes             variée de cadres d’emploi, utilisant au mieux
                                   les décisions concernant l’évolution d’une              les possibilités statutaires, que ce soit sous
                                   équipe-projet sont prises après évaluation.             la forme de postes de titulaires ou de postes
                                   Cette évaluation rigoureuse, conduite par des           contractuels. Cette variété permet une certaine
                                   experts indépendants, français et étrangers,            flexibilité des rémunérations. Cette politique
                                   académiques et industriels, choisis pour leur           de recrutement est largement ouverte à l’inter-
                                   compétence et leur impartialité, a lieu tous les        national, en particulier pour les scientifiques :
                                   quatre ans pour l’ensemble des équipes-projets          le nombre de chercheurs étrangers est ainsi
                                   d’une même thématique au niveau national.               en augmentation constante depuis 2000. La
                                   Les recommandations des experts sont trai-              mise en place des conditions permettant de
                                   tées avec le plus grand sérieux. Elles permet-          recruter au meilleur niveau reste une priorité
                                   tent, non seulement de décider de l’évolution           de la direction de l’INRIA.
                                   des équipes-projets du thème (renforcement,             L’avenir des STIC en France dépendra de la
                                   reconduction ou arrêt), mais aussi de mieux             capacité de l’INRIA avec ses partenaires à
                                   comprendre le positionnement de l’INRIA dans            renforcer ce modèle, à le faire évoluer pour
                                   la thématique au plan international et de prendre       qu’il reste attractif au niveau international et
                                   les mesures nécessaires pour l’améliorer.               pertinent au regard de son environnement,
                                   Dans un organisme en croissance forte dont              et surtout à rechercher sans cesse au plan
                                   l’organisation est très dynamique, le poids             mondial les jeunes chercheurs qui seront les
                                   des personnes est prépondérant. L’objectif              leaders scientifiques de demain.




                                   Dans le contexte de compétition internationale          accentuant la communication d’image de
                                   extrêmement vive qui caractérise le domaine             l’institut ainsi que sa présence dans le marché
                        4.2        des STIC, peu capitalistique et où la produc-
                                   tivité et la qualité scientifiques sont d’abord
                                                                                           de l’emploi scientifique international en STIC.
                                                                                           Concernant les étudiants, l’INRIA dévelop-
               Renforcer           celles des chercheurs, un des enjeux majeurs            pera son programme Internships qui permet

         l’attractivité de         pour la recherche française est de renforcer son
                                   attractivité au plan mondial. Le rayonnement
                                                                                           d’accueillir des stagiaires de niveau master
                                                                                           en provenance d’universités étrangères, ainsi
                 l’institut        et l’attractivité de l’INRIA dans la communauté
                                   scientifique internationale sont et resteront
                                                                                           que le programme CORDI-S, initié en 200,
                                                                                           qui est orienté spécifiquement vers les jeunes
                                   des critères majeurs de ses succès et de sa             doctorants (français ou étrangers) souhaitant
                                   capacité à dynamiser la recherche nationale.            effectuer leur thèse dans une université ou
                                   Au-delà bien sûr de l’image d’excellence que            école géographiquement distante de celle où
                                   s’est forgé l’institut – qui est primordiale et qu’il   ils ont préparé leur master, avec une priorité
                                   faut maintenir et renforcer –, le développement         forte sur les candidats ayant fait leurs études
                                   de son attractivité devra s’appuyer sur une             à l’étranger. L’institut s’attachera à coopérer
                                   amplification de sa politique de ressources             avec les grandes écoles et universités fran-
                                   humaines, de communication et d’échanges                çaises partenaires pour mettre sur pied des
                                   internationaux.                                         formations de type masters bilingues français-
                                   Accroître sa capacité à accueillir et recruter          anglais, permettant d’accueillir en France des
                                   des chercheurs et des étudiants étrangers               étudiants non francophones. Cette orientation
                                   restera dans les prochaines années une prio-            particulière vers les titulaires de diplômes
                                   rité majeure. Concernant les recrutements               étrangers portera également sur le programme
                                   de chercheurs permanents, l’objectif est de             d’accueil postdoctoral.
                                   maintenir aux environs d’un tiers la proportion         Faciliter les coopérations scientifiques avec
                                   de scientifiques étrangers, et ce en donnant,           les meilleures équipes internationales, favo-
                                   plus encore qu’aujourd’hui, une large publi-            riser toutes les formes de mobilité des cher-
                                   cité internationale aux avis de concours, en            cheurs constituent des facteurs puissants




100   Plan stratégique 2008-2012
A      ctions
                         pour accroître l’attractivité : les programmes       Cet objectif d’attractivité renforcée devra
                         mis en place ces dernières années – Équipes          être au cœur des activités de communication
                         associées (qui promeut des collaborations            externe de l’institut. Celles-ci devront aller
                         avec des universités étrangères en apportant         bien au-delà de l’information sur l’institution
                         un support financier permettant notamment            et ses atouts. La recherche en informatique et
                         d’organiser des visites croisées et des ateliers     en mathématiques appliquées, si elle est à la
                         communs), Sabbatiques (séjours de longue             base d’évolutions qui transforment aujourd’hui
                         durée pour les chercheurs) et Explorateurs           profondément le fonctionnement social, reste
                         (missions courtes pour les chercheurs, post-         en effet largement ignorée des citoyens. Cette
                         doctorants et doctorants) – seront poursuivis        méconnaissance et, parfois, la défiance de
                         et renforcés. La mobilité des scientifiques de       l’opinion publique sont un problème pour la
                         ou vers les universités et les entreprises, après    recherche scientifique en général mais elles
                         s’être sensiblement développée ces dernières         le sont encore plus fondamentalement pour
                         années, a récemment eu tendance à ralentir.          l’informatique et l’automatique, communé-
                         En s’appuyant sur les dispositions réglemen-         ment perçues comme un « outillage », utile ou
                         taires existantes ou à venir, et aussi en tirant     redouté, et non comme des disciplines scien-
                         le meilleur parti du dynamisme économique            tifiques. Ce constat est encore plus préoccu-
                         propre au secteur des STIC, l’institut mettra        pant lorsqu’il s’applique aux jeunes, dont des
Le rayonnement           tout en œuvre pour la relancer par des mesures       études récentes soulignent une désaffection
                         d’incitation et d’accompagnement ; il est prêt,      croissante pour les matières scientifiques.
et l’attractivité        en accord avec ses autorités de tutelle, à être      Combler ce retard d’image constitue un enjeu
                         « expérimentateur » sur ce plan.                     pour l’institut : c’est le rôle des scientifiques
de l’INRIA dans          La politique d’accueil conduite par l’INRIA          d’ouvrir cette « boîte noire » et de faire, auprès
                         depuis huit ans s’est révélée très positive, en      d’un large public, la pédagogie des recherches
la communauté            termes aussi bien d’ouverture pour les équipes       conduites dans le domaine.
scientifique             de l’institut que de débouchés pour les scien-
                         tifiques et ingénieurs qui en ont bénéficié.
                                                                              La communication externe de l’institut s’orien-
                                                                              tera par conséquent en priorité vers le public
internationale sont et   L’ambition pour les prochaines années est de         non scientifique, et vers les jeunes, en contri-
                         la renforcer encore, dans tous ses aspects :         buant à combler leur déficit de connaissance
resteront des critères   accueil en détachement de titulaires des univer-     sur la recherche en informatique. Parmi les
                         sités et des grands corps techniques de l’État       actions qui seront mises en œuvre, on veillera
majeurs de ses succès    sur des projets scientifiques précis, contrats       particulièrement à renforcer la présence de
                         « d’ingénieurs associés » pour des jeunes            l’institut et de ses chercheurs dans les grands
et de sa capacité        diplômés, accueil temporaire de spécialistes du      medias, à amplifier la vulgarisation scientifique
à dynamiser la           monde industriel ou académique. Pour ce qui
                         est de l’attrait des positions permanentes au
                                                                              sur le site web de l’INRIA, et à organiser des
                                                                              événements dédiés aux recherches en STIC.
recherche nationale.     sein de l’institut, à côté des facteurs essentiels   Pour toucher efficacement le public jeune,
                         que sont le dynamisme des équipes, l’interac-        l’institut s’attachera aussi, dans les quatre
                         tion avec le monde économique, la qualité des        prochaines années, à diffuser la culture scien-
                         conditions de travail, la souplesse de l’organi-     tifique dans les collèges et les lycées (cf. §
                         sation, l’efficacité du support à la recherche,      4..5). Une attention spécifique sera également
                         l’attention devra également être portée sur les      portée à l’information des décideurs français
                         déroulements de carrière et sur l’amélioration       et européens sur les résultats des recherches
                         des rémunérations et régimes indemnitaires.          et sur les actions de transfert.
                         Des mesures ont été récemment mises en place
                         – concernant par exemple les règles relatives à
                         l’avancement ou les « indemnités spécifiques
                         pour fonctions d’intérêt collectif », permettant
                         d’accompagner les prises de responsabilité
                         – et d’autres ont été évoquées dans le cadre
                         de l’élaboration du Pacte pour la recherche.
                         Là aussi, si l’occasion s’en présente, l’institut
                         est prêt à être expérimentateur.




                                                                                         Plan stratégique 2008-2012        101
4.2 Renforcer l’attractivité de l’institut




       Les orientations            Les huit centres de recherche de l’INRIA, dont la description succincte est donnée au
                                   chapitre 1 (cf. § 1.3), s’inscrivent dans les orientations stratégiques de l’institut selon les
      scientifiques des            lignes de force données dans les encarts des pages suivantes.
             centres de  
          recherche de 
                 l’INRIA

                                   Le	centre	de	recherche	INRIA	                      éventuelle de virtualisation, permettront d’aller
                                   Bordeaux	-	Sud	Ouest                               vers des modélisations plus fidèles, interactives
                                                                                      et rapides. La modélisation du comportement
                                   Les compétences du centre de recherche INRIA       de machines autonomes interagissant avec leur
                                   Bordeaux - Sud Ouest seront mobilisées en appui    environnement sera aussi développée, en rela-
                                   des thèmes portés par le pôle de compétitivité     tion avec les partenaires locaux de recherche
                                   Aerospace Valley ; l’INRIA entend définir son      en cognitique et en robotique.
                                   développement à Bordeaux en liaison forte avec
                                   ce pôle. Des partenaires industriels et académi-   Simulation et visualisation
                                   ques seront également étroitement associés. On     INteRAgIR
                                   peut citer par exemple Total, Safran/Turbomeca,    Le traitement des questions liées à la visualisa-
                                   Thales, Rhodia, le CEA (en particulier dans le     tion multi-échelle d’informations exogènes ou
                                   cadre du programme de recherche autour du          créées par simulation repose sur des recher-
                                   Laser Mégajoule), France Telecom, EDF, Airbus,     ches en algorithmique et en représentation
                                   SNCF, etc. directement, mais aussi au travers du   graphique et sonore (qui dépendent du contexte
                                   pôle Aerospace Valley. Les capacités de déve-      de rendu qui pourra aller du téléphone mobile
                                   loppement du centre et les partenariats engagés    jusqu’au dispositif avancé de réalité virtuelle
                                   permettent d’envisager une croissance d’au         D). Ces méthodes couplées aux simulations
                                   moins 50 % dans les quatre ans à venir.            scientifiques par des environnements de pilo-
                                   Bénéficiant de compétences locales de premier      tage conduisent à des chaînes de traitement
                                   plan et d’apports extérieurs importants, les       interactives qui sont les premières briques des
                                   grandes priorités thématiques du centre sont       plates-formes numériques que développent les
                                   les suivantes :                                    industriels. Les problèmes liés à la représen-
                                                                                      tation des données et à leur transfert sont des
                                   Modélisation, calcul et systèmes                   enjeux très importants dans ces dispositifs.
                                   parallèles
                                   MOdéLISeR	–	SCIeNCeS	                              Systèmes formels
                                   NuMéRIqueS                                         PROgRAMMeR
                                   La simulation en vraie grandeur de systèmes        Que ce soit à des fins de déduction ou de
                                   complexes, physiques, chimiques, géologi-          sémantique en langage naturel pour la linguis-
                                   ques, biologiques ou médicaux repose sur           tique computationnelle, ou dans des environ-
                                   des concepts et techniques élaborés à partir       nements de programmation intégrant preuves
                                   de l’informatique et des mathématiques. Ces        et programmes, les systèmes formels sont au
                                   développements méthodologiques, conduits           centre des thématiques de plusieurs équipes.
                                   en interaction forte avec les secteurs applica-    Les recherches concernent l’étude de logiques
                                   tifs, en particulier industriels, impliquent une   linéaires, du premier ordre ou d’ordre supérieur,
                                   forte interdisciplinarité et une mise au point     et les mécanismes de déduction et de preuve
                                   optimisée permettant l’utilisation efficace de     associés. Les questions de modularité et d’or-
                                   plates-formes de calcul haute performance. La      chestration de composants de base pour la
                                   résolution constructive des questions algorith-    programmation de systèmes et la preuve dans
                                   miques posées, l’étude et la mise en œuvre des     des contextes nécessitant sûreté et sécurité
                                   systèmes séquentiels et parallèles en présence     seront développées.




102   Plan stratégique 2008-2012
A   ctions



             Le	centre	de	recherche	INRIA	                           Modéliser et simuler des phénomènes multi-
             grenoble	-	Rhône-Alpes                                  échelles et multi-composants MOdéLISeR	
                                                                     –	SCIeNCeS	NuMéRIqueS
             Le centre de recherche INRIA Grenoble - Rhône-          Un grand nombre de phénomènes, qu’ils soient
             Alpes met en avant trois thèmes scientifiques           naturels (de la géophysique aux sciences du
             importants sur lesquels son investissement doit         vivant) ou artificiels (effets lumineux, mouve-
             être poursuivi pour rester au meilleur niveau,          ment de systèmes robotisés), présentent la
             et s’inscrire dans les très fortes dynamiques           caractéristique d’être multi-échelles (ils se
             régionales exprimées notamment par les pôles            déroulent sur plusieurs échelles de temps ou
             de compétitivité à vocation mondiale : déve-            d’espace) et multi-composants (ils font inter-
             loppement des volets micro et nanotechnolo-             venir plusieurs systèmes en interaction). Qu’il
             gies pour lesquels les aspects logiciels seront         s’agisse d’en fournir une explication ou d’en
             déterminants, et modélisation pour la biologie          produire une instance virtuelle, leur modélisation
             et la santé sur le site lyonnais. Sur ce site, les      et leur simulation soulèvent ainsi des questions
             équipes du centre participent au réseau théma-          algorithmiques et numériques communes. Les
             tique de recherche avancée « innovations en             domaines informatiques concernés couvrent un
             infectiologie » à Lyon.                                 large spectre d’activités, allant de la représen-
             Les trois grandes priorités thématiques du centre       tation et l’assimilation de données à la modé-
             sont les suivantes :                                    lisation probabiliste et à l’étude des systèmes
                                                                     dynamiques. Une question générale importante
             Maîtriser des ressources dynamiques et                  concerne le couplage de modèles permettant
             hétérogènes : des systèmes embarqués                    de rendre compte de la complexité des phéno-
             aux infrastructures de calcul et de                     mènes en jeu. Enfin, une caractéristique impor-
             communication                                           tante de cette activité est qu’elle nécessite, dans
             COMMuNIqueR	–	INgéNIéRIe	                               chacun de ses domaines d’application (physique,
             NuMéRIque                                               biologie, médecine…), d’étroites collaborations
             La conception et l’exploitation de systèmes inté-       pluridisciplinaires.
             grant du logiciel ont connu des bouleversements
             avec la fin du modèle rassurant d’un programme          Percevoir et interagir avec des
             fixe, s’exécutant sur une architecture bien définie.    environnements réels et virtuels
             Désormais, des systèmes embarqués sur puce              INteRAgIR
             aux grilles de calcul, en passant par les réseaux       Le développement d’outils au service des
             auto-organisés, les environnements de déploie-          activités humaines implique la maîtrise de
             ment de logiciel sont devenus très contraints,          l’acquisition de données, de leur traitement
             dynamiques, et hétérogènes. La conception de            (compréhension, catégorisation et hiérarchisa-
             logiciels fiables, adaptés aux contraintes des          tion) et de l’action sur l’environnement extérieur.
             microsystèmes communicants, implique une                La compréhension des processus de perception
             prise en compte des interfaces matériel-logiciel        multi-sensorielle ou de cognition permet d’aug-
             et des architectures ainsi que la mise en œuvre         menter les capacités d’interaction, dans les deux
             de techniques avancées de compilation et de             sens, entre l’utilisateur ou un système automatisé
             vérification. Pour l’optimisation des infrastructures   et des environnements réels ou virtuels.
             informatiques, l’algorithmique et l’ordonnan-
             cement sont au cœur du développement des
             systèmes distribués, des architectures pair-à-
             pair et des réseaux de capteurs.




                                                                                 Plan stratégique 2008-2012        10
4.2 Renforcer l’attractivité de l’institut




                                   Le	centre	de	recherche	                               Infrastructures logicielles pour
                                   INRIA	Lille	-	Nord	europe                             l’intelligence ambiante
                                                                                         COMMuNIqueR
                                   Le centre de recherche INRIA Lille - Nord             Un enjeu important dans le contexte du centre
                                   Europe conduira son développement dans                est celui des systèmes ambiants, transparents,
                                   l’affirmation de la politique partenariale, sur       adaptables et faciles à déployer. Ces systèmes
                                   le parc scientifique de la Haute borne qui            interagiront avec l’homme selon une variété de
                                   sera le centre de gravité géographique de ce          modalités de plus en plus naturelles, en parti-
                                   développement. Des équipes-projets pourront           culier grâce à une dissémination de capteurs.
                                   être créées en commun avec d’autres établis-          Les objectifs scientifiques se focaliseront sur
                                   sements de la région, voire des universités           la résolution des problèmes d’auto-organisa-
                                   européennes voisines, dans la perspective             tion, de coopération d’un grand nombre de
                                   d’une croissance de 50 % dans les cinq ans à          dispositifs, ambiants ou personnels, de prise
                                   venir. Les pôles de compétitivité (le pôle I-Trans    en compte de ressources limitées (énergie,
                                   sur les transports terrestres et tout particuliè-     mémoire, faible coût) selon une approche de
                                   rement le pôle des Industries du commerce)            conception conjointe matériel-logiciel. Par
                                   et le campus interdisciplinaire de recherche et       ailleurs, ces systèmes doivent être sûrs, évolu-
                                      d’innovation technologique autour de l’in-         tifs et interopérables, ce qui nécessite des
                                          telligence ambiante inscrit dans le CPER       avancées dans les domaines des méthodes
                                               constitueront un axe privilégié de        formelles, des supports d’exécution et des
                                                 développement scientifique et de        intergiciels. Les applications dans les services
                                                     partenariat avec les entreprises.   seront privilégiées, notamment en relation avec
                                                        Les orientations scientifiques   le pôle Industries du commerce.
                                                           prioritaires du centre sont
                                                               les suivantes :
                                                                                         Modélisation du vivant,
                                                                                         interactions avec le vivant
                                                                                         MOdéLISeR	–	SCIeNCeS	
                                                                                         NuMéRIqueS
                                                                                         L’approche multi-échelles et multi-modèles
                                                                                         de la réalité virtuelle et augmentée permettra
                                                                                         de développer des plates-formes de plus en
                                                                                         plus réalistes en matière de simulateurs médi-
                                                                                         caux. Par ailleurs, les collaborations avec les
                                                                                         biologistes, tant sur les réseaux de régulation
                                                                                         qu’en génétique comparative, combineront
                                                                                         l’algorithmique de la bioinformatique et les
                                                                                         méthodes issues du calcul numérique comme
                                                                                         du calcul symbolique et des statistiques.

                                                                                         Modélisation et simulation
                                                                                         MOdéLISeR
                                                                                         Les objectifs portent ici sur la résolution de
                                                                                         problèmes touchant en particulier à l’environne-
                                                                                         ment et à l’électromagnétisme. On développera
                                                                                         des techniques génériques de modélisation,
                                                                                         discrètes et continues, ainsi que des techniques
                                                                                         d’apprentissage, d’identification et de contrôle
                                                                                         par des méthodes algébriques.




104   Plan stratégique 2008-2012
A   ctions
             Le	centre	de	recherche	                            Simulation, optimisation
             INRIA	Nancy	-	grand	est                            et contrôle des systèmes complexes
                                                                MOdéLISeR	–	SCIeNCeS	
             Le centre de recherche INRIA Nancy - Grand         NuMéRIqueS
             Est souhaite, sur le pôle nancéien, finaliser      La complexité et la taille des systèmes réels
             avec les universités partenaires la réflexion      que l’on veut modéliser, simuler ou contrôler
             en cours sur les évolutions d’organisation         pose de vrais défis scientifiques. Réaliser des
             permettant un développement harmonieux             avancées sur ce sujet nécessite un haut niveau
             de la recherche en STIC, dans le respect des       de compétences conjuguées sur les méthodes
             politiques scientifiques des différents établis-   de calcul intensif et l’informatique, sur la théorie
             sements. Tout en continuant à soutenir les         mathématique du contrôle et de l’optimisation.
             thématiques de recherche en informatique           On vise ici le développement de méthodes et
             qui font sa force en Lorraine, l’institut aura à   d’outils permettant l’identification, le contrôle
             cœur de développer son potentiel en mathé-         et l’optimisation des systèmes couplant des
             matiques appliquées, en automatique et dans        dynamiques différentes (continue et discrète,
             les thématiques pluridisciplinaires situées à      de dimension finie et de dimension infinie) et de
             la confluence des STIC et d’autres secteurs        grande taille. Les recherches porteront notam-
             scientifiques, notamment les sciences du           ment sur des systèmes issus de la physique
             vivant, la physique et les sciences humaines       de plasmas (projet ITER), les méthodes numé-
             et sociales. Le centre souhaite développer son     riques rapides pour l’informatique graphique,
             rayonnement dans la grande région, notam-          la visualisation scientifique ou la conception
             ment à Strasbourg, Metz et Besançon ; il vise      et la commande des robots autonomes, en
             la création à moyen terme d’équipes-projets        particulier biomimétiques.
             communes transfrontalières. Tous ces axes
             de développement auront comme principales          Sûreté et sécurité des systèmes
             lignes directrices l’excellence scientifique au    informatiques
             meilleur niveau international et le développe-     PROgRAMMeR	–	INgéNIéRIe	
             ment des thématiques prioritaires.                 NuMéRIque
             Le centre de recherche INRIA Nancy - Grand         Les questions de la sûreté et de la sécurité
             Est développera prioritairement ses activités      des systèmes intégrant du logiciel jouent un
             suivant trois orientations :                       rôle primordial pour l’adoption des systèmes
                                                                numériques dans un contexte économique,
             Cognition : Perception, langue                     juridique et sociétal. Les systèmes en jeu
             et connaissance                                    peuvent être logiciels, matériels ou hybrides,
             INteRAgIR                                          comme par exemple les systèmes embarqués
             La modélisation et l’analyse computationnelle      ou l’infrastructure informatique. Les recherches
             des capacités cognitives qui nous rendent          portent sur la conception sûre et la certifica-
             humains – notre capacité à percevoir, raisonner,   tion de logiciels et de protocoles, la vérifica-
             communiquer et utiliser de l’information – est     tion du bon fonctionnement et des garanties
             un domaine où Nancy a acquis une reconnais-        concernant l’utilisation de ressources, les
             sance internationale. Les recherches portent       performances nécessaires pour un niveau de
             notamment sur le traitement automatique            service acceptable, les questions liées à la
             des langues, le traitement de la parole, l’ex-     sécurité informatique, ainsi que les techniques
             traction d’informations sémantiques dans de        de prévention, de détection et de protection
             grandes masses de données multimédia, la           contre les attaques des réseaux et services
             robotique autonome, l’apprentissage à base         distribués.
             de modèles statistiques, la réalité augmentée,
             le travail collaboratif, le développement de
             modèles numériques dans un cadre immersif
             ou interactif.




                                                                            Plan stratégique 2008-2012         105
4.2 Renforcer l’attractivité de l’institut




                                   Le	centre	de	recherche	INRIA	                       Logiciels fiables et sécurité
                                   Paris	-	Rocquencourt                                PROgRAMMeR
                                                                                       Notre environnement quotidien s’enrichit
                                   Le centre de Paris-Rocquencourt est aujourd’hui     chaque jour de produits technologiques
                                   un acteur majeur de la recherche en Île-de-         contenant une part importante et souvent
                                   France. Le centre participe activement aux          invisible de logiciel – de la carte à puce au
                                   pôles de compétitivité CapDigital, Mov’eo           téléphone cellulaire, de l’automobile à l’avion,
                                   et System@tic ainsi qu’aux réseaux thémati-         du cabinet médical à la salle d’opération. Le
                                   ques de recherche avancée (RTRA) Digiteo et         centre travaille sur les outils qui permettront
                                   Sciences mathématiques de Paris. Nombre de          de concevoir plus rapidement des logiciels
                                      ces collaborations se font en synergie étroite   de qualité toujours plus efficaces et fiables.
                                         avec l’autre centre de recherche INRIA        Ses recherches portent sur les langages de
                                             situé en Île-de-France, à Saclay.         haut niveau et l’analyse de programmes, la
                                                 L’objectif principal du centre        spécification et la validation de logiciels, la
                                                   de recherche INRIA Paris-           résolution de contraintes. Elles concernent
                                                   Rocquencourt est d’être un          aussi des solutions algorithmiques fiables et
                                                 acteur majeur des grandes évolu-      performantes en informatique et calcul numé-
                                             tions scientifiques et technologiques     rique, menant à des logiciels de qualité large-
                                         dans les trois thèmes de recherche            ment diffusés, en particulier pour la conception
                                      suivants :                                       et la simulation en ingénierie.

                                   Réseaux et systèmes de communication                Modélisation du vivant
                                   COMMuNIqueR                                         et de l’environnement
                                   Le Web, les réseaux mobiles, les systèmes           MOdéLISeR	–	SCIeNCeS	
                                   pair-à-pair, les grilles de calcul, ou encore les   NuMéRIqueS
                                   bornes d’accès haut débit, s’appuient sur des       Les nouvelles techniques en biologie expéri-
                                   infrastructures de réseaux de plus en plus          mentale, les remarquables progrès en imagerie
                                   denses et sophistiquées. Le centre entend           médicale, les énormes quantités de relevés
                                   contribuer de façon majeure à la conception         satellitaires et le déploiement intensif de
                                   de ces réseaux ainsi qu’à l’optimisation de         capteurs pour surveiller les écosystèmes à
                                   leurs performances. Un des objectifs géné-          toutes les échelles, nécessitent de structurer
                                   raux des recherches est de garantir la diffu-       et contrôler des ensembles de données gigan-
                                   sion de l’information de façon rapide, fiable,      tesques. Pour que ces avancées puissent être
                                   distribuée, et à coût minimal en tout point         pleinement exploitées par les spécialistes des
                                   du réseau considéré. Les travaux portent            domaines considérés, des modèles mathéma-
                                   en particulier sur la conception et l’analyse       tiques complexes doivent être développés et
                                   mathématique des algorithmes distribués,            analysés, et des méthodes formelles issues de
                                   sur l’impact de la mobilité par les protocoles      l’informatique sont nécessaires pour valider et
                                   associés et sur l’utilisation des mesures pour      gérer ces modèles. Le centre travaille en particu-
                                   en assurer le contrôle.                             lier sur le couplage de modèles et de données,
                                                                                       la modélisation et simulation d’organes (comme
                                                                                       le cœur) ou d’ensembles cellulaires (développe-
                                                                                       ment de tumeurs), ou encore la prévision des
                                                                                       évolutions de la biosphère et des sols.




10   Plan stratégique 2008-2012
A   ctions
             Le	centre	de	recherche	INRIA	                         Conception, analyse et compilation
             Rennes	-	Bretagne	Atlantique                          de logiciels embarqués
                                                                   PROgRAMMeR	–	INgéNIéRIe	
             Le centre de recherche INRIA Rennes - Bretagne        NuMéRIque
             Atlantique compte poursuivre sa politique de          L’objectif est d’étudier des nouveaux para-
             partenariat engagée de longue date avec les           digmes, fondés en particulier sur les notions
             établissements d’enseignement supérieur et les        de modèle, d’aspect, de contrat et de compo-
             EPST présents localement. Tout en confortant          sants pour la conception et la validation de
             ses points forts, il envisage aussi de développer     logiciels embarqués, dont l’importance croît
             des actions de recherche importantes aux              dans des domaines d’application variés tels
             interfaces des STIC, des autres disciplines           que les transports et les télécommunications.
             scientifiques et des domaines d’application           Il est nécessaire d’améliorer et d’intégrer les
             stratégiques. La triple convergence informa-          méthodes d’analyse de programme et de
             tique – télécommunications - multimédia est en        test afin de garantir la sûreté des logiciels. Le
             particulier un domaine d’investigation privilégié     problème de la modélisation et de l’optimisation
             du centre. Cela se traduit par de nombreuses          d’aspects extra-fonctionnels (temps, mémoire,
             actions de collaboration avec des partenaires         énergie) sera particulièrement exploré, dans un
             industriels et applicatifs de ce secteur, tant        continuum allant des systèmes statiquement
             au plan régional (pôle Images  réseaux),             déterminés aux systèmes dynamiquement
             national (projets ANR) qu’international. Le           adaptatifs.
             centre est également fortement impliqué dans
             les programmes européens (une quarantaine de          Images et données multimodales :
             projets dans le e PCRD, avec la responsabilité       des méthodologies aux usages
             de coordination de trois projets).                    INteRAgIR	–	MédeCINe	NuMéRIque
             Le centre de recherche met en avant trois             Les images et autres médias sont très
             grandes thématiques prioritaires :                    largement présents dans un nombre crois-
                                                                   sant de contextes professionnels et grand
             Maîtrise des réseaux et des systèmes                  public (comme les mobiles ou le Web dans le
             distribués à très grande échelle                      multimédia) ainsi que dans divers domaines
             COMMuNIqueR	–	PROgRAMMeR                              scientifiques (médecine, biologie, physique,
             Il s’agit d’étudier et de concevoir des logiciels,    etc.), avec, de plus, l’apparition de nouvelles
             de nouveaux modèles de calcul et de program-          modalités ou de réseaux de capteurs. Parmi
             mation pour des infrastructures distribuées           les défis importants ainsi posés, on retiendra
             dont les éléments peuvent n’avoir qu’une              notamment : la communication, la protection,
             connaissance partielle du système du fait de sa       l’exploitation de contenus relatifs aux images,
                 taille, de sa « nomadicité » éventuelle, de son   vidéos et données multimodales, l’élabora-
                      hétérogénéité et de sa « dynamicité ».       tion d’environnements virtuels interactifs, le
                          Cela implique notamment d’étu-           couplage des images et de modèles physiques
                            dier des mécanismes logiciels qui      ou biologiques en relation avec les sciences
                            virtualisent l’accès aux ressources    du vivant et de l’environnement.
                          au sein des grilles informatiques, et
                      de nouveaux algorithmes de tolérance
                 aux fautes dans les systèmes dynamiques.
             Plus généralement, ces systèmes à grande
             échelle posent de nouveaux défis en termes
             de gestion, de surveillance et de sécurité.




                                                                              Plan stratégique 2008-2012       107
4.2 Renforcer l’attractivité de l’institut




                                   Le centre de recherche INRIA                        Calcul haute-performance
                                   Saclay - Île-de-France                              et connaissances distribuées sur le Web
                                                                                       CommuNIqueR
                                    Les développements à venir seront fortement        La miniaturisation et la multiplicité des compo-
                                   couplés avec l’activité du pôle de compétitivité    sants de calcul ou de stockage est source
                                   System@tic, et s’inscriront dans le cadre des       de changements profonds dans la manipu-
                                   coopérations du RTRA Digiteo fondé par le           lation de données et les modèles de calcul.
                                   CEA, le CNRS, l’INRIA, l’École polytechnique,       Les données peuvent venir de réseaux de
                                   l’université Paris-sud et l’École supérieure        capteurs ou de ressources distribuées sur
                                   d’électricité, en synergie étroite avec le centre   le Web. Retrouver et organiser ces données
                                   de recherche Paris-Rocquencourt. Enfin le           demande de concevoir de nouvelles méthodes
                                   centre de recherche INRIA Saclay - Île-de-          d’exploration et de restitution, s’appuyant en
                                   France développera également des relations          particulier sur des techniques d’apprentissage
                                   fortes avec le CEA et ses partenaires dans          ou des modèles innovants d’interaction. Les
                                   le cadre du projet NeuroSpin d’imagerie du          capacités de calcul s’accroissent mais reposent
                                   cerveau qui s’inscrit dans le contexte du pôle      sur des composants hétérogènes, dynamiques
                                   de compétitivité MediTech.                          et distribués. Leur exploitation pour le calcul
                                   Le centre de recherche INRIA Saclay - Île-          haute-performance requiert de développer de
                                   de-France développera prioritairement ses           nouveaux modèles de calcul, en particulier le
                                   activités suivant trois orientations :              modèle de grille et de nouvelles architectures.
                                                                                       Elle soulève de nouvelles questions : efficacité,
                                   Sécurité et fiabilité des logiciels                 tolérance aux pannes, nouveaux algorithmes
                                   PRogRAmmeR                                          et modèles de programmation.
                                   Rendre les composants critiques des systèmes
                                   informatiques plus sûrs requiert le développe-      Modélisation, simulation et optimisation
                                   ment de modèles avancés pour la sécurité et         de systèmes dynamiques complexes
                                   de méthodes d’analyse de programmes qui             modéLISeR
                                   sont supportés par des outils permettant le         Les systèmes dynamiques complexes appa-
                                   passage à l’échelle. Les travaux s’appuient sur     raissent dans de nombreux domaines naturels
                                   des connaissances mathématiques avancées :          (physique, biologie) ou artificiels (Internet). Leur
                                   courbes elliptiques pour la cryptographie,          modélisation peut être réalisée par des appro-
                                    théorie des types comme support pour des           ches variées (équations aux dérivées partielles,
                                       preuves par ordinateur, modèles probabi-        « systèmes évolutionnaires », modèles discrets
                                           listes... L’objectif est de proposer des    ou continus, déterministes ou stochastiques,
                                               méthodes et outils permettant d’aug-    résolution numérique ou algébrique). Les prin-
                                                   menter la confiance des utilisa-    cipaux champs d’investigation concernent le
                                                       teurs dans les technologies     traitement d’images, en particulier médicales,
                                                          numériques en s’appuyant     la reconnaissance de formes, la construction
                                                             sur une approche          de modèles mathématiques d’évolution pour
                                                                 mathématique          les plantes ou le vieillissement des organes
                                                                     rigoureuse.       ou la compréhension du fonctionnement du
                                                                                       cerveau. Par ailleurs les questions d’optimisa-
                                                                                       tion et de contrôle robuste de ces systèmes,
                                                                                       ainsi que leur tolérance aux fautes, restent des
                                                                                       problèmes difficiles.




108   Plan stratégique 2008-2012
A   ctions
             Le centre de recherche INRIA                        de recouvrement, grilles) et à la découverte de
             Sophia Antipolis - Méditerranée                     ressources, ainsi qu’à l’intégration de connais-
                                                                 sances et de services dans des réseaux de
             Fort de la notoriété internationale de ses          communauté à travers le Web sémantique.
             équipes de recherche, de sa présence dans les
             pôles de compétitivité de PACA (SCS, Pégase,        Médecine et biologie computationnelles
              etc.) et de sa réussite dans les programmes        MédeCINe NuMéRIque – SCIeNCeS
                  ANR et européens, le centre de recherche       NuMéRIqueS
                     INRIA Sophia Antipolis - Méditerranée       L’objectif est de concevoir, mettre en œuvre et
                         est un partenaire moteur au sein des    contrôler des modèles numériques et informa-
                            réseaux d’acteurs des territoires    tiques de systèmes vivants aussi variés que
                            sur lesquels il intervient. Sur le   des écosystèmes microbiens, des organes du
                         site de Nice-Sophia Antipolis, trois    corps humain ou une forêt, et d’en identifier les
                     objectifs structurants sont affichés :      paramètres grâce à des mesures multimodales
                  participer activement au Campus STIC           (imagerie, signaux biologiques, biochimiques).
              avec l’université de Nice-Sophia Antipolis         Les recherches impliquent l’étude et le déve-
             (UNSA) et Eurecom pour en faire un pôle             loppement de nouveaux outils mathématiques
             d’excellence, développer les synergies entre        et algorithmiques en collaboration avec la
             recherche en STIC et recherche en médecine,         biologie, la médecine, la physique et la chimie.
             en particulier avec l’UNSA, le centre Antoine-      Le centre se focalisera sur la modélisation
             Lacassagne et le CHU, collaborer activement         computationnelle de systèmes biologiques,
             avec le tissu associatif d’entreprises et être      anatomiques et physiologiques, l’imagerie et
             force de proposition auprès des industriels.        la robotique médicales pour l’assistance au
             Sur le site de Montpellier, le centre a pour        diagnostic et à la thérapie personnalisée, les
             objectif d’inscrire durablement sa présence         neurosciences computationnelles et la modé-
             en lien étroit avec l’INRA, le CIRAD et les         lisation des plantes et des écosystèmes dans
             partenaires du LIRMM. Un objectif structurant       une perspective de développement durable.
             est de réussir l’implication de l’INRIA dans la
             fondation issue du RTRA Sciences agronomi-          Modélisation, simulation
             ques et environnement durable pour la création      et interaction avec le monde réel
             et le développement d’un programme sur la           ModéLISeR – INteRAgIR
             « plante computationnelle ».                        Bien établies dans les processus industriels
             Le centre de recherche INRIA Sophia Antipolis -     sophistiqués (spatial, transport, énergie, etc.),
             Méditerranée développera prioritairement ses        la modélisation et la simulation numérique vont
             activités suivant trois orientations :              être de plus en plus utilisées dans des secteurs
                                                                 variés (gestion du risque, sécurité industrielle,
             Communication et calcul omniprésents                urbanisme, intervention chirurgicale, rééduca-
             CoMMuNIqueR                                         tion fonctionnelle, jeux, etc.). Pour nombre de
             Le bon fonctionnement des réseaux, des              ces domaines, la dimension supplémentaire de
             entités mobiles et la transparence de leurs         l’interactivité est fondamentale. Les processus
             usages constituent des enjeux vitaux dans la        d’interaction entre virtuel et réel sur des niveaux
             mesure où les services et applications qui les      aussi bien physiques que cognitifs nécessitent
             utilisent requièrent un réseau omniprésent, sûr     la création et le rendu audiovisuel d’environne-
             et fiable. Le développement et l’exploitation des   ments virtuels ou augmentés ainsi que la réali-
             réseaux hétérogènes complexes s’appuient sur        sation des conditions haptiques d’interaction
             l’algorithmique, la conception de protocoles,       temps-réel avec les utilisateurs intégrant des
             l’évaluation des performances, la simulation,       conditions de leur évaluation. La robotique
             les méthodes formelles et les plates-formes         est aussi un domaine où la modélisation et la
             d’expérimentation. Les recherches du centre         simulation jouent un rôle croissant, y compris
             portent sur les problèmes relatifs à la sécurité,   sur le volet interaction robot - humain, en vue
             à la confiance et à la robustesse, aux nouvelles    notamment du développement de la robotique
             architectures de réseaux (réseaux-sur-puce,         de service ou de la robotique de rééducation
             pair-à-pair, réseaux auto-organisés, réseaux        dans des espaces immersifs.




                                                                             Plan stratégique 2008-2012        109
4. Recherche, développement et transfert




                                   4.3.1	L’organisation	                              et éventuellement de partenaires extérieurs, par
                    4.3            de	la	recherche                                    exemple autour des jalons définis dans ce plan,
                                                                                      et autour de projets intégratifs et/ou pluridisci-

          Recherche,               L’INRIA réaffirme le caractère fondamental
                                   de son modèle d’organisation en équipes-
                                                                                      plinaires qui visent des jonctions ambitieuses,
                                                                                      en connaissances et en développements.
       développement               projets, modèle largement reconnu, cité en
                                   exemple et adopté par divers autres orga-
                                                                                      Pour mieux préparer les nécessaires évolu-
                                                                                      tions thématiques de ses activités, l’institut
           et transfert            nismes étrangers. Une équipe-projet est un         sera attentif à aider les chercheurs qui, après
                                   groupe de taille limitée (de 10 à 25 personnes     l’arrêt d’une équipe-projet, réfléchissent à
                                   environ), avec des objectifs scientifiques et un   rejoindre des équipes existantes ou en train
                                   programme de recherche clairement définis, sur     de se former, en particulier ceux qui sont prêts
                                   une thématique focalisée et une durée fixée.       à infléchir leurs thèmes de recherches vers
                                   Elle est animée par un leader scientifique qui     les orientations prioritaires de sa politique
                                   a la responsabilité de coordonner les travaux      scientifique. L’INRIA veillera à favoriser l’auto-
                                   de l’ensemble de l’équipe. L’INRIA attache         nomie des jeunes chercheurs, notamment en
                                   une grande importance à l’existence d’ob-          leur donnant des possibilités de mobilité ou
                                   jectifs partagés par tous les membres d’une        d’encadrement, en leur permettant de piloter
                                   équipe-projet et au leadership scientifique des    des actions de recherche collaborative ou
                                   chefs de projets, à qui il revient de proposer     des actions exploratoires. Sur ce dernier
                                   les objectifs qui seront fixés pour le projet et   point, l’institut encouragera l’émergence de
                                   de veiller à la focalisation de ses activités.     nouvelles activités de recherche, en rupture
                                   Cette organisation a de nombreux avantages         relativement aux thématiques bien établies
                                   auxquels l’institut est très attaché. En promou-   du domaine.
                                   vant la dimension collective de la recherche et    L’INRIA améliorera ses outils organisationnels
                                   en regroupant les chercheurs au sein d’équipes     pour construire une vision globale de ses
                                   dont les objectifs sont bien identifiés, elle      recherches et de ses activités de dévelop-
                                   accroît la visibilité et l’impact des travaux      pement et de transfert technologique et pour
                                   menés au sein de l’institut. D’une grande          mettre en œuvre sa politique scientifique et
                                   souplesse, elle permet une bonne réactivité,       technologique. Les nouvelles missions des
                                   que l’institut a encore accrue ces dernières       directions scientifiques, le rôle de coordina-
                                   années en augmentant le taux de renouvel-          tion globale joué par le délégué général à la
                                   lement de ses équipes-projets de recherche.        recherche et au transfert pour l’innovation,
                                   Les équipes-projets sont présentes sur les trois   ainsi que la mise en place d’un observatoire
                                   fronts de la production de connaissances, du       des activités scientifiques de l’institut sont des
                                   développement de technologies et du transfert.     éléments essentiels pour y parvenir.
                                   Elles sont évaluées sur toutes ces dimen-
                                   sions. L’articulation entre savoir et dévelop-     4.3.2	Le	développement	
                                   pement technologique répond non seulement          technologique
                                   aux attentes sociétales, mais également aux
                                   besoins de la recherche scientifique.              Le développement technologique prend une
                                   Pour compléter efficacement son organisation       place de plus en plus importante dans la
                                   en équipes-projets, l’institut renforcera ses      recherche en STIC, aussi bien pour répondre
                                   moyens de coordonner les activités et les          aux besoins propres de la recherche, dans le
                                   projets de ses huit centres de recherche (voir     processus de production de connaissances,
                                   les encadrés de ce chapitre qui situent les        que pour répondre à des enjeux économiques
                                   priorités de chaque centre relativement aux        et sociaux et aux demandes industrielles dans
                                   axes stratégiques du plan). Cette coordination     le cadre d’une politique de transfert et d’inno-
                                   passe par des actions d’animation scientifique,    vation. Pour l’INRIA, dont la mission couple
                                   des actions transversales de recherche ou de       étroitement recherche et transfert, le dévelop-
                                   développement, et des actions d’envergure          pement technologique est central.
                                   nationale. Il est essentiel en particulier de      En STIC, l’objet de recherche devient en
                                   renforcer ce dernier type d’actions, en conju-     effet de plus en plus complexe ; il nécessite
                                   guant les travaux de plusieurs équipes-projets     des expérimentations à vaste échelle pour




110   Plan stratégique 2008-2012
A             ctions
                                                appréhender les vrais problèmes, pour élaborer       d’expérimentation et de développement
                                                et valider des modèles réalistes. Ainsi, dans        (SED), à travers une forte augmentation du
                                                l’étude des grilles et architectures de calcul       nombre de permanents et du nombre de postes
                                                à large distribution, il est difficile de simuler    d’accueil au sein de ces services. Ces ingé-
                                                le comportement de milliers de machines              nieurs seront intégrés dans les équipes-projets
                                                hétérogènes et leurs interconnexions. Il faut        pour participer activement à leurs développe-
                                                réaliser des plates-formes d’expérimenta-            ments logiciels et expérimentaux. En complé-
                                                tion pour pouvoir, en grandeur réelle, appro-        ment de ces actions collaboratives avec les
                                                cher les problèmes et qualifier les solutions.       équipes-projets, les SED prendront également
                                                De même, la conception et l’évaluation de            en charge la réalisation, le déploiement ou la
                                                nouvelles architectures de réseaux requièrent        mise à jour d’outils génériques pouvant favo-
                                                des plates-formes réalistes, facilement confi-       riser une meilleure pratique de développement
                                                gurables, qui impliquent de vrais utilisateurs,      logiciel dans l’institut, comme les « forges » ou
                                                et qui permettent des analyses comparatives          les plates-formes de portage.
                                                et un contrôle des conditions d’expérimenta-         Les actions de développement technologi-
                                                tions. La recherche en robotique ne peut se          ques (ADT) constituent un nouvel instrument
                                                faire qu’avec des robots et des environnements       au sein de l’INRIA. Une action de dévelop-
                                                d’expérimentation ouverts. Les besoins de            pement technologique obéit à une logique
                                                développement technologiques et de plates-           et à une dynamique de projet collaboratif ;
                                                formes d’expérimentation sont également              elle est à la jonction des équipes-projets et
                                                présents dans d’autres priorités de l’institut,      des services de développement. Elle s’appuie
                                                de l’étude des vulnérabilités des systèmes           sur des ressources scientifiques, au sein des
                                                informatiques à la réalité virtuelle. Enfin, de      équipes-projets, et des ressources techniques,
                                                nombreuses thématiques de ce plan straté-            humaines et expérimentales, qui sont gérées
                                                gique, en particulier en ingénierie numérique,       par les SED. L’action de développement tech-
                                                en sciences ou en médecine numériques,               nologique est définie et menée conjointement
                                                nécessitent le déploiement de capteurs, d’ac-        par une ou plusieurs équipes-projets et un ou
                                                tionneurs, d’instrumentations spécifiques et de      plusieurs SED, le porteur et responsable de
                                                processeurs embarqués en des expérimenta-            l’action restant (sauf exception) un scientifique.
                                                tions conséquentes.                                  L’action pourra être menée conjointement avec
                                                Pour tous ces domaines, l’institut développera       des partenaires de l’INRIA selon des modalités
                                                ses plates-formes expérimentales, éventuel-          qui seront fonction de la nature de l’action et
                                                lement en association avec d’autres orga-            du partenaire.
                                                nismes tels que le CEA, le CNRS, l’INRA ou           Le programme des opérations de dévelop-
                                                l’INSERM, quand la pluridisciplinarité ou les        pement logiciel (ODL) est un élément de la
                                                enjeux nationaux ou internationaux le justi-         politique de valorisation et de transfert techno-
                                                fient. Ces plates-formes seront ouvertes à la        logique de l’INRIA. Il a pour objectif de renforcer
                                                communauté scientifique nationale. L’effort en       le développement et la diffusion de logiciels
                                                développement de ces plates-formes dépasse,          de qualité issus des projets de recherche de
                                                bien entendu, le seul investissement en équipe-      l’INRIA, et d’en accroître l’impact technolo-
                                                ments disponibles sur étagères. Il implique des      gique. Il consiste à apporter un complément
                                                développements technologiques conséquents,           de ressource de développement aux équipes-
                                                principalement, mais pas uniquement, sous la         projets en « ingénieurs associés » pour une
                                                forme de logiciels.                                  période de deux ans. Ce programme sera
                                                                                                     poursuivi.
                                                Les moyens mis en œuvre                              Les plates-formes expérimentales (PFE) sont
                                                L’institut va accroître son investissement, en       des outils technologiques de recherche à la
                                                particulier en moyens humains, pour soutenir         disposition de plusieurs équipes-projets. Les
                                                les développements technologiques de ses             éléments logiciels et/ou matériels qui compo-
                                                équipes. Les principaux dispositifs qui vont venir   sent une PFE sont génériques et partagés. La
                                                en appui de cette stratégie sont diversifiés.        plateforme permet de mutualiser les coûts
Cyclope : capteur optique pour                  L’amplification du soutien au développement          d’infrastructure, de fonctionnement et de mise
la réalité virtuelle et la réalité augmentée.   sera réalisée par le renforcement des services       à disposition, mais aussi de faciliter les parte-




                                                                                                                 Plan stratégique 2008-2012        111
4. Recherche, développement et transfert




                                   nariats entre équipes, de rendre l’accès plus        soit pour les plates-formes existantes ou à venir,
                                   facile via le support apporté, de permettre des      on cherchera dans tous les cas à en rationaliser
                                   développements plus ambitieux, et d’améliorer        la gestion, par une politique coordonnée et une
                                   la visibilité des recherches. L’INRIA dispose        évaluation systématique de leur impact.
                                   déjà au sein de ses centres de plusieurs plates-     Le support à la normalisation sera renforcé
                                   formes expérimentales, en robotique, réalité         et étendu. L’activité de normalisation est très
                                   virtuelle, vision par ordinateur, ou informatique    importante car elle apporte aux travaux de
                                   distribuée. Pour répondre aux besoins scienti-       recherche une forte visibilité ; elle en favorise
                                   fiques liés aux priorités stratégiques de l’ins-     la diffusion dans le monde économique. Elle
                                   titut, en particulier aux jalons associés, il sera   doit s’appuyer sur une activité de développe-
                                   nécessaire d’en modifier certaines ou d’en créer     ment permettant de soutenir les propositions
                                   de nouvelles, par exemple : une plateforme de        de standardisation : réalisation de logiciels
                                   calcul hautes performances pour la simulation,       pour montrer la faisabilité et la pertinence et
                                   une remise à niveau des équipements de GRID          pour donner des références, parfois requises
                                   5000, ou une plateforme dédiée à l’étude de la       dans certains types de normalisation de fait.
                                   sécurité des systèmes embarqués. On pourra           En plus de cet accompagnement, un support
                                   également envisager des expérimentations plus        au portage de propositions auprès d’orga-
                                   ou moins lourdes sur les systèmes embarqués,         nismes de normalisation sera proposé aux
                                   les réseaux de capteurs, la robotique interactive,   équipes-projets, principalement sous la forme
                                   avec constitution de plates-formes selon les         de soutien en ingénieurs. En effet, l’institut
                                   cas. Ces créations de plates-formes pourront         est déjà très présent au sein d’instances de
                                   se faire en partenariat ou s’inscrire dans des       standardisation et de normalisation. C’est par
                                   actions nationales ou internationales. Que ce        exemple le cas dans le domaine des réseaux
                                                                                        et des services de communication, ou dans
                                                                                        celui du traitement des informations et des
                                                                                        données multimédia. L’INRIA est membre de
                                                                                        WC, de l’OMG, de l’ETSI et de JCP. L’institut
                                                                                        est également très actif au sein de l’IETF et
                                                                                        l’ISO. L’INRIA renforcera sa présence dans
                                                                                        ces organismes ainsi que dans les instances
                                                                                        de décision des organismes de standardisation
                                                                                        de fait, comme Eclipse.
                                                                                        Enfin, la politique de protection et de valori-
                                                                                        sation de la propriété intellectuelle, définie
                                                                                        par la stratégie de transfert et d’innovation (cf.
                                                                                        § 4..), sera prise en compte explicitement
                                                                                        dès les premières phases de chaque action
                                                                                        de développement. Ceci permettra d’orienter
                                                                                        si besoin des choix techniques (par exemple
                                                                                        dans l’intégration de composants libres qui
                                                                                        imposent par héritage leur type de licence),
                                                                                        de mettre en place des partenariats éventuels,
                                                                                        et des mesures initiales de protection et/ou
                                                                                        de diffusion.

                                                                                        La mise en valeur
                                                                                        de l’activité de développement
                                                                                        Il est important que l’activité de dévelop-
                                                                                        pement technologique puisse être bien
                                                                                        appréciée et considérée comme une des
                                                                                        composantes de la recherche en STIC, au
                                                                                        même titre que la production de connais-
                                                                                        sances traduites par des publications inter-




112   Plan stratégique 2008-2012
A   ctions
             nationales au meilleur niveau.                      vision partagée et une proximité des équipes
             Dans ce but, l’INRIA mettra en place, en            aux divers niveaux du spectre d’activités allant
             partenariat avec d’autres organismes, des           de la recherche à la conception.
             mécanismes d’évaluation des contributions           Paradoxalement, les programmes de soutien
             technologiques, en particulier l’évaluation         à la recherche et au développement, tels que
             des développements de logiciels. L’objectif         les programmes cadres européens, ceux de
             est de parvenir à une appréciation par les          l’ANR ou des pôles de compétitivité, contrai-
             pairs de la pertinence, de l’originalité et de la   gnent aussi les possibilités d’interaction en
             qualité d’un logiciel. Cette évaluation vise à      amont nécessaires au transfert. En effet,
             être reconnue dans la communauté, de façon          ces programmes ont fortement dynamisé
             similaire à la reconnaissance qui accom-            les activités de RD en donnant lieu à de
             pagne les publications scientifiques. Ainsi,        nombreuses actions collaboratives autour de
             les développements logiciels seront pris en         développements précompétitifs ou d’outils
             compte de façon qualifiée dans l’évaluation         d’intérêt commun. Les efforts faits par les
             des chercheurs et des équipes.                      équipes de RD des entreprises dans le cadre
                                                                 de ces programmes ont eu pour effet un affai-
             4.3.3	Le	transfert	                                 blissement de leurs partenariats directs avec
             technologique	et	l’innovation                       la recherche publique. Il est important que la
                                                                 politique de transfert de l’institut prenne en
             L’INRIA associe en permanence l’excellence          compte ces redistributions et y réponde en
             scientifique et le transfert technologique.         mettant en place des lieux d’interaction privi-
             L’institut a mené jusqu’à présent une poli-         légiés avec certains partenaires, en amont des
             tique très active et volontariste sur le front      participations communes aux programmes
             du transfert et de la valorisation avec des         de soutien à la RD. L’institut souhaite que
             succès significatifs, en particulier en matière     ces partenariats bilatéraux, fondés sur des
             de création d’entreprises innovantes. L’institut    visions technologiques partagées, soient les
             entend poursuivre une politique forte dans ce       points de départ de participations communes
             domaine, en tenant compte des évolutions            à des actions des programmes nationaux et
             significatives de l’environnement socio-écono-      européens, et non l’inverse.
             mique, des nouveaux défis et des enjeux des         Par ailleurs, la politique de transfert de l’INRIA
             secteurs d’activités, de plus en plus vastes,       couvre bien certaines branches d’activités
             qui le concernent.                                  telles que les systémiers, les constructeurs
             La RD est aujourd’hui un facteur clé de la         d’infrastructures et les opérateurs de télé-
             compétitivité. Les prises de position sur les       communication. Mais l’institut doit investir
             marchés sont de plus en plus tirées par des         plus fortement vers des secteurs industriels
             avancées technologiques. Le management de           devenus essentiels dans sa stratégie. Il s’agit
             l’innovation est désormais au cœur de tous          par exemple des secteurs des biotechnolo-
             les secteurs industriels impactés par les STIC.     gies, des technologies pharmaceutiques ou
             Dans ce contexte de ruptures technologiques         médicales, ou des secteurs de l’énergie et de
             et économiques, les interactions entre les          l’environnement. On peut citer également le
             unités opérationnelles des entreprises et la        secteur des services dans les technologies
             recherche fondamentale doivent être envisa-         de l’information. Les sociétés de service, peu
             gées très en amont. Le transfert et l’innova-       présentes pendant longtemps sur le front de
             tion ne sont pas des fonctions en aval de la        la RD, sont en effet aujourd’hui médiatrices
             production de connaissances. Les actions de         et forces de déploiement de technologies
             transfert doivent contribuer à l’identification     innovantes. Il est donc important de bien
             et la formulation de problèmes pertinents et        les intégrer à la politique de transfert de
             à anticiper sur les ruptures technologiques         l’INRIA.
             et économiques à préparer.                          Ces éléments d’analyse conduisent l’institut
             Cette interaction en amont est fortement            à adopter une stratégie de transfert proac-
             contrainte par des cycles de développement          tive pour l’essaimage et le transfert direct,
             industriel de plus en plus courts, en particulier   qui identifie les secteurs clés associés à ses
             dans le secteur des STIC. Elle requiert une         priorités et adapte au mieux ses actions de




                                                                            Plan stratégique 2008-2012        11
4. Recherche, développement et transfert




                                   transfert à leurs spécificités, qui s’appuie sur    Les actions vers l’extérieur se concrétiseront
                                   des soutiens renforcés à ses équipes-projets        en premier lieu vis-à-vis d’un petit nombre
                                   pour le transfert, sur des réseaux de parte-        de partenaires avec lesquels l’institut pourra
                                   nariat dans le cadre des pôles de compétiti-        établir ces rencontres, très en amont, autour
                                   vité, et sur des programmes communs avec            de visions et d’objectifs de transfert partagés.
                                   quelques partenaires stratégiques.                  Il s’agit des partenaires stratégiques de l’ins-
                                                                                       titut. La dimension stratégique d’un partenaire
                                   Une stratégie proactive de transfert                pour l’INRIA repose sur plusieurs attributs :
                                   Il s’agit d’identifier en amont, et au cas par      sa capacité à apporter des problématiques
                                   cas, des voies candidates de transfert, de          de recherche pertinentes à l’institut, ses
                                   choisir, en adéquation avec des objectifs           besoins en technologies innovantes pour
                                   d’innovation à définir, les actions éventuelles     garder une avance industrielle, ses possibi-
                                   de développement de la technologie cible            lités de valorisation avec un fort impact des
                                   et les modalités de transfert associés. Il y        technologies INRIA. Avec les partenaires
                                   a donc des convergences à réaliser entre la         stratégiques, l’INRIA souhaite développer
                                   cible d’innovation, la technologie candidate        des actions programmatiques en participant
                                   pour y répondre, et les actions de transfert et     aux différentes étapes du cycle d’innovation,
                                   de valorisation à mettre en œuvre. Les trois        de la définition des thématiques à la mise en
                                   directions de la recherche, du développement        œuvre des solutions dans les processus ou les
                                   technologique, et du transfert et de l’innova-      produits, réalisés par le partenaire. Les actions
                                   tion sont pleinement impliquées, conjointe-         pourront prendre des formes diverses, en
                                   ment avec les partenaires de l’institut, dans       particulier celles des laboratoires communs
                                   l’élaboration de ces convergences complexes,        recherche – industrie.
                                   lesquelles nécessitent des boucles d’interac-       Les objectifs de transfert de l’INRIA ne s’ar-
                                   tion multiples entre la vision scientifique et      rêtent pas aux seuls partenaires stratégiques.
                                   les impératifs des demandes économiques             La gestion du portefeuille d’actions d’inno-
                                   et sociales.                                        vation inclura naturellement la recherche de
                                   Les actions concrètes pour mettre en œuvre          partenaires pour le transfert direct, et, bien
                                   cette stratégie se déclineront naturelle-           entendu, pour l’essaimage.
                                   ment vers l’intérieur et vers l’extérieur de        La création d’entreprises reste en effet un
                                   l’institut.                                         bras de levier important de la politique de
                                   En son sein, l’INRIA mettra en place des            transfert. La détection d’opportunités de
                                   actions d’analyse des prospectives et des           création d’entreprises doit être la plus ouverte
                                   travaux de recherches en cours, en vue d’iden-      possible, afin de favoriser la rencontre entre
                                   tifier le plus tôt possible les actions de trans-   des innovations de nature technique et des
                                   fert potentielles, compte tenu des impératifs       innovations dans les usages ou les applica-
                                   industriels. Ce travail de criblage sera réalisé    tions de la technologie. La définition d’un
                                   par de petits groupes ouverts à des experts         processus proactif de création d’entreprises
                                   industriels et des innovateurs. Il donnera lieu     sera facilité par un certain nombre d’outils,
                                   à l’identification d’un portefeuille d’actions      tels un espace de rencontre virtuel pour faire
                                   d’innovation, lesquelles se déclineront et          émerger des projets d’essaimage. Le renfor-
                                   s’affineront en termes d’actions incitatives        cement des mécanismes de soutien à l’es-
                                   de recherche, d’actions de développement            saimage, de suivi et d’accompagnement de
                                   technologique, d’actions amont de transfert,        ces projets durant leur phase d’incubation,
                                   et éventuellement de protection intellectuelle.     afin de trouver des clients tests, et de faire la
                                   Le processus correspondant s’appuiera sur           preuve du concept technologique et marke-
                                   des mécanismes de suivi et de pilotage des          ting, seront des points clés de l’action de
                                   actions d’innovation, ainsi que sur des outils      transfert sur ce sujet.
                                   de cartographie des compétences, de veille          La politique de transfert direct est une
                                   et de prospective. L’INRIA mettra également         autre composante de la stratégie volontariste
                                   en place, en interne, un programme impor-           développée. Elle requiert la compréhension
                                   tant de formation à l’entreprenariat et à           des secteurs d’activité et des attentes des
                                   l’innovation.                                       acteurs, la prospection, l’accompagnement




114   Plan stratégique 2008-2012
A      ctions
                       ainsi que l’aide au déploiement des techno-         compétitivité doit être renforcée. Les pôles
                       logies transférées. La gestion du portefeuille      sont des lieux de rencontres ouverts, qui
                       d’actions d’innovation doit permettre d’éla-        permettent de mener des actions collabora-
                       borer une offre INRIA lisible et cohérente. Le      tives avec des groupes industriels importants
                       processus de transfert nécessite de penser          et avec des PME. Du fait même de leur carac-
                       très tôt aux modalités de développement et          tère collaboratif, les projets menés dans les
                       de mise à disposition des codes en fonction         pôles visent le plus souvent des technologies
                       des objectifs de transfert.                         support et transverses, telles que les techni-
                       Par ailleurs, la politique de transfert via         ques de modélisation et de vérification, ou les
                       des logiciels libres et d’autres ressources         outils de sécurisation. Participer de manière
                       libres (modèles, données et documents sous          accrue aux instances des pôles, favoriser la
                       diverses formes) doit aussi être pensée et          lisibilité et la cohérence des thématiques sous-
                       élaborée dans le cadre de cette stratégie           jacentes aux projets, renforcer les partenariats
                       proactive. Il s’agit d’identifier les mécanismes    avec les PME en tant que disséminateurs de
                       d’amplification attendue d’une diffusion libre      ces technologies sont des objectifs à court
On souhaite que        via des communautés de développeurs et
                       des communautés d’utilisateurs. Il s’agit
                                                                           terme, notamment dans les pôles où l’INRIA
                                                                           est fortement représenté.
ces partenariats       également de proposer des mécanismes et             Le développement d’une politique de transfert
                       des outils pour créer et animer ces commu-          et de partenariat industriel à l’international est
bilatéraux, fondés     nautés, et suivre le processus de création de       une autre ambition. Divers éléments peuvent
                       valeur en services et usages. Enfin, il s’agit de   être pris en compte, dont par exemple la
sur des visions        bien maîtriser les modèles économiques de           présence de laboratoires académiques dans
                       start-up innovantes autour de logiciels libres,     lesquels l’INRIA est partie prenante dans les
technologiques         modèles qui commencent à être expérimentés          pays émergents, le déploiement à l’interna-
partagées, soient      avec succès au sein de l’INRIA dans quelques
                       essaimages récents (par exemple ActiveEon
                                                                           tional de partenaires industriels, ou encore
                                                                           l’intérêt de sociétés étrangères pour les start-
les points de départ   ou GeometryFactory).                                up issues de l’INRIA.
                       Enfin, la politique de soutien aux actions de       Ces objectifs auront un impact sur la politique
de participations      standardisation, décrite dans le cadre des          de propriété intellectuelle de l’institut. L’institut
                       activités de développement technologique            renforcera les mécanismes de protection et
communes à             (cf. § 4..2), prendra en compte les objectifs      de valorisation de la propriété intellectuelle
                       de transfert. Dans la mesure du possible, elle      produite par ses équipes. Ces mécanismes
des actions des        sera menée en coordination avec celles des          contribuent assurément à la mise en valeur
programmes             principaux partenaires stratégiques.                et à la visibilité des activités de dévelop-
                                                                           pement technologique. Au-delà des moda-
nationaux et           Secteurs d’activité et réseaux de                   lités de dépôt de logiciels, relativement bien
                       partenariat                                         rodées au sein des équipes, l’INRIA mettra
européens et non       La stratégie de transfert proactif s’ins-           en place une politique de dépôt de brevets
                       crira dans une logique de développement             sur un périmètre technologique bien défini,
l’inverse.             de secteurs d’activité, afin de prendre en          associée à des moyens de sensibilisation,
                       compte l’ensemble des acteurs et identifier         de formation et d’accompagnement des
                       les actions les mieux adaptées à chaque             chercheurs. Ces mécanismes de protection
                       secteur. Les secteurs des télécommunications        de propriété intellectuelle seront renforcés
                       (de l’infrastructure aux services en passant        conjointement avec le développement d’une
                       par les équipements), de l’énergie, du trans-       politique claire sur les logiciels libres, en parti-
                       port, du développement durable, et de la            culier dans le cadre des licences CECILL, là
                       défense, ainsi que le secteur de la santé, et       où cette modalité de diffusion technologique
                       plus particulièrement des biotechnologies,          est préférable, par exemple pour des raisons
                       seront développés. Le secteur des STIC en           d’impact, d’existence de communautés de
                       tant que tel sera abordé en termes d’édition        développeurs, ou de soutien à des activités
                       de logiciels mais aussi de services à forte         de service à forte valeur ajoutée technologique
                       valeur ajoutée.                                     ou économique.
                       La position de l’INRIA au sein des pôles de




                                                                                       Plan stratégique 2008-2012          115
4. Recherche, développement et transfert




                                   4.3.4	La	formation	                                    dans les activités de formation doctorale, en
                                   par	la	recherche                                       étant particulièrement attentif à la qualité des
                                                                                          thèses préparées au sein de ses équipes-
                                   La contribution apportée à la formation par la         projets et, plus généralement, à la qualité de la
                                   recherche de jeunes doctorants en informa-             formation reçue par ses doctorants, ainsi qu’à
                                   tique et en mathématiques appliquées est l’une         la préparation de leur insertion professionnelle
                                   des tâches essentielles de l’institut. Il la mène      après la thèse. Dans ce sens, l’institut veillera à
                                   en relation étroite avec les écoles doctorales         être associé aux écoles doctorales auxquelles
                                   dont il est partenaire. Les doctorants occupent        ses chercheurs et équipes sont rattachés. Il
                                   depuis toujours une place centrale dans le             compte également poursuivre ses expériences
                                   dynamisme de l’INRIA.                                  de compléments de formation proposés aux
                                   Pour favoriser les initiatives et le suivi d’actions   doctorants : stages en entreprise, fonctions
                                   en direction des doctorants, l’institut a mis en       d’assistant ingénieur informaticien, séminaires,
                                   place une mission Formation par la recherche           participation à des écoles d’été, etc. Il mettra
                                   active dans chaque centre. L’INRIA soutient            en place des formations continues pour ses
                                   l’organisation d’écoles thématiques destinées          membres permanents à la pédagogie, à la
                                   aux doctorants et aux jeunes chercheurs et             formation par la recherche et à l’encadrement
                                   attribue également des aides destinées à des           doctoral.
                                   associations de doctorants. En partenariat             Sur un plan plus quantitatif, l’institut veillera à
                                   parfois avec ces associations, l’institut main-        maintenir une croissance du nombre de docto-
                                   tient des données fiables relatives au devenir         rants accueillis du même ordre que celle des
                                   après la thèse des jeunes docteurs.                    chercheurs permanents et des enseignants-
                                   L’INRIA entend continuer à être très présent           chercheurs présents dans ses centres de
                                                                                          recherche. En lien avec des universités parte-
                                                                                          naires, en France et à l’étranger, il amplifiera
                                                                                          ses efforts pour attirer vers les formations
                                                                                          doctorales françaises un nombre plus grand
                                                                                          d’étudiants étrangers.
                                                                                          Les questions liées à l’attractivité des études
                                                                                          doctorales dans le domaine des STIC méritent
                                                                                          une attention toute particulière. En lien avec
                                                                                          l’ensemble de ses partenaires (ministères,
                                                                                          universités, écoles, collectivités territoriales,
                                                                                          entreprises, etc.) l’INRIA poursuivra les actions
                                                                                          engagées concernant la nécessaire revalori-
                                                                                          sation des montants des rémunérations des
                                                                                          doctorants, et surtout l’augmentation indispen-
                                                                                          sable du nombre des financements de thèse.
                                                                                          L’institut a pu mettre en place récemment un
                                                                                          programme d’accueil doctoral finançant des
                                                                                          doctorants dans ses équipes-projets (contrats
                                                                                          de recherche doctorale INRIA sur subvention,
                                                                                          CORDI-S). Ce programme complète utilement
                                                                                          les autres dispositifs d’accueil, dont celui des
                                                                                          allocations de recherche doctorale. Il s’en
                                                                                          distingue en étant réservé à l’accueil de docto-
                                                                                          rants étrangers ou de candidats en mobilité
                                                                                          qui ne pourraient pas, ou très difficilement,
                                                                                          s’insérer dans le calendrier et les procédures
                                                                                          de candidatures habituelles. Ce programme
                                                                                          CORDI-S a un grand succès et contribue très
                                                                                          utilement à l’attractivité de la France dans le
                                                                                          domaine des STIC. Il sera amplifié et si possible




11   Plan stratégique 2008-2012
A      ctions
                      complété dans le cadre de partenariats avec         4.3.5	La	diffusion	
                      des entreprises ou des collectivités.               de	l’information	scientifique	
                      Afin de remplir l’objectif d’excellence scien-
                                                                          et	des	connaissances
                      tifique que l’INRIA s’est fixé, il est indispen-
                      sable d’accompagner l’augmentation du               Archives ouvertes
                      nombre de financements par l’augmenta-              L’accès à l’information scientifique est un
                      tion du nombre de candidats. Plusieurs voies        enjeu crucial pour le chercheur et pour la
                      seront poursuivies : mise en place d’actions        société. C’est au travers des publications
                      de sensibilisation des jeunes (collèges, lycées     faites par les chercheurs dans des revues
                      et premières années d’université) aux métiers       ou des actes de colloques scientifiques que
                      de la recherche en informatique et en mathé-        sont annoncées les avancées significatives
                      matiques, actions spécifiques pour attirer des      de travaux de recherche. C’est sur la base
                      candidates (aujourd’hui, le taux de fémini-         de ces publications que sont reconnues les
Favoriser la          sation des doctorants de 18 % est en légère         contributions, que les équipes sont évaluées
                      hausse, mais reste encore trop faible), actions     et financées et que se joue leur place dans
compréhension et      pour augmenter le bassin de recrutement à           la compétition mondiale.
l’appropriation       l’international (la proportion de doctorants
                      étrangers se situe à 8 % en 2007 et est
                                                                          Le profond bouleversement de l’accès à l’in-
                                                                          formation permis par Internet a totalement
par un large public   en hausse constante depuis 2002). Enfin et          changé les pratiques de la recherche. La
                      surtout, l’institut poursuivra auprès de ses        communauté scientifique s’est emparée de
des connaissances     partenaires industriels des efforts pour valo-      ces nouveaux outils en tirant le meilleur parti
                      riser la formation par la recherche dans leurs      de l’accélération des échanges. Par ailleurs,
scientifiques et      filières de recrutement.                            ces outils rendent possible un nouveau modèle
                      L’INRIA amplifiera dans les prochaines années       économique de publication scientifique, bien
méthodologiques       sa politique active de partenariat avec des         meilleur pour la diffusion de la science : on
est une nécessité     écoles doctorales. La forte volonté de l’ins-
                      titut de participer au nécessaire développe-
                                                                          remplace progressivement des abonnements
                                                                          extrêmement onéreux par un accès libre et
reconnue dans un      ment de l’effort national de formation par          gratuit à tous les lecteurs, et ceci pour un
                      la recherche, dans le domaine des STIC,             investissement relativement réduit de la part
monde où science et   s’appuie sur un renforcement de ses liens           des organismes de recherche. La Déclaration
                      avec les universités et les écoles. L’institut      de Berlin d’octobre 200, dont l’INRIA est
technique jouent un   encouragera ses chercheurs à s’impliquer            signataire, affirme ainsi : « Pour la première
                      davantage dans des actions de formation ;           fois, Internet nous offre la possibilité de consti-
rôle économique et    il leur proposera un programme conséquent           tuer une représentation globale et interactive
sociétal majeur.      de formation continue en pédagogie et ensei-
                      gnement des sciences.
                                                                          de la connaissance humaine, y compris son
                                                                          patrimoine culturel, et la garantie d’un accès
Cet enjeu est         En complément de son engagement dans                mondial. »
                      la formation doctorale, l’INRIA poursuivra et       Ce mouvement d’accès libre s’est rapidement
particulièrement      amplifiera ses activités d’accueil postdoc-         amplifié : l’impact d’une publication en nombre
                      toral. Celles-ci s’articulent autour de plusieurs   de citations est accru de manière substantielle
critique dans le      volets : l’accueil de jeunes chercheurs             si celle-ci est accessible librement et gratuite-
                      effectuant un séjour postdoctoral dans une          ment sur le Web et si sa pérennité est garantie
domaine des STIC.     équipe-projet de l’institut, l’envoi de jeunes      par celle d’une archive ouverte, mise en place
                      docteurs français pour un séjour postdoctoral       par une ou plusieurs institutions.
                      à l’étranger, ou des formules mixtes telles que     L’INRIA est associé à l’archive ouverte HAL.
                      celle des post-doctorats ERCIM.                     Avec ses partenaires des organismes de
                      Enfin, l’INRIA poursuivra son activité d’accueil    recherche et des universités, l’institut s’est
                      de jeunes ingénieurs nouvellement diplômés,         engagé à faire de HAL la plateforme commune
                      auxquels il propose un premier emploi de            de dépôt de la production scientifique de ses
                      quelques années, qui comporte une formation         chercheurs. L’INRIA encourage ses équipes à
                      complémentaire technologique au contact             déposer leurs travaux dans l’archive ouverte
                      de la recherche, suivie le plus souvent d’un        HAL-INRIA qui propose une interface de dépôt
                      recrutement dans l’industrie.                       et de consultation propre au domaine des




                                                                                      Plan stratégique 2008-2012        117
4. Recherche, développement et transfert




                                   STIC. L’institut se donne ainsi pour objectif         L’enjeu des prochaines années est bien sûr de
                                   de parvenir rapidement à ce que toutes ses            pérenniser et d’enrichir ce fonds, mais surtout
                                   publications soient enregistrées dans HAL, et à       d’élargir la diffusion de cette revue électronique
                                   ce que toutes celles déposables le soient effec-      de culture scientifique en STIC. Un effort parti-
                                   tivement. Pour atteindre cet objectif, plusieurs      culier doit notamment être fait en direction du
                                   actions sont mises en œuvre : des aménage-            public lycéen. Il est également indispensable
                                   ments techniques pour faire de HAL un outil           d’accroître la diversité des contributions en
                                   pratique et efficace, garantissant la visibilité      passant à l’échelle européenne afin de mutua-
                                   institutionnelle des déposants et permettant          liser les efforts similaires menés dans les autres
                                   une gestion aisée des données bibliogra-              pays et leurs centres de recherche.
                                   phiques des équipes et des chercheurs, un              L’INRIA se donne les objectifs suivants pour
                                   soutien aux dépôts, des formations.                   la durée du plan stratégique :
                                   Enfin, l’institut soutiendra l’activité éditoriale    • En 2007, le site Interstices publie cinq
                                   des revues scientifiques à accès libre dans                nouveaux documents tous les mois.
                                   son domaine et encouragera l’évolution vers                L’institut encouragera un plus grand
                                   l’accès libre de toutes les publications scienti-          nombre de chercheurs à contribuer et
                                   fiques, dont les actes des principaux colloques            les accompagnera dans le processus de
                                   dans son domaine.                                          mise en forme de leurs contributions. Le
                                                                                              site proposera des articles accessibles
                                   Diffusion des connaissances                                aux lycéens, utilisables pour leurs cours
                                   Favoriser la compréhension et l’appropriation              ou travaux dirigés. La promotion de ce site
                                   par un large public des connaissances scien-               sera effectuée auprès du corps enseignant.
                                   tifiques et méthodologiques est une nécessité              En soutenant cette action par un comité
                                   reconnue dans un monde où science et tech-                 éditorial et une équipe technique renforcés,
                                   nique jouent un rôle économique et sociétal                l’objectif est de doubler en quatre ans la
                                   majeur.                                                    production mensuelle.
                                   Cet enjeu est particulièrement critique dans le       • L’INRIA mettra en réseau les différentes
                                   domaine des STIC. Les technologies numé-                   initiatives de culture scientifique qui se
                                   riques ont en effet pénétré tous les secteurs              font en lien avec les CCSTI régionaux (ou
                                   d’activité. Pour le citoyen, le risque de perdre           les structures similaires) et l’Education
                                   pied dans les usages quotidiens, souvent                   nationale. L’institut souhaite développer
                                   imposés, de ces technologies est important.                sa présence au sein des collèges et des
                                   De plus, si sa compréhension des débats que                lycées. Ainsi, les actions déjà menées avec
                                   soulève leur utilisation dans certaines applica-           les enseignants seront généralisées dans
                                   tions sensibles est insuffisante, il est à craindre        tous les centres de recherche comme la
                                   qu’il s’y engage mal, ou pire qu’il s’en désin-            signature de conventions, le parrainage
                                   téresse. Le scientifique et l’ingénieur, quant à           des Olympiades des mathématiques, l’or-
                                   eux, considèrent le plus souvent l’informatique            ganisation de conférences de chercheurs,
                                   sous la vision réductrice du seul outil, sans              l’organisation ou le parrainage d’initiatives
                                   percevoir les bases et potentialités concep-               scientifiques menées par les enseignants, la
                                   tuelles et fondamentales du domaine.                       diffusion dans les établissements scolaires
                                   Il devient essentiel de faire simultanément                de documents pédagogiques comme l’abé-
                                   comprendre les enjeux et les démarches de la               cédaire de l’informatique.
                                   recherche et d’expliquer l’autonomie scientifique     • L’INRIA participera, avec ses partenaires
                                   d’un domaine qui ne se réduit évidemment pas               universitaires, au développement des
                                   à ses incarnations technologiques. L’INRIA s’est           universités numériques thématiques,
                                   d’ores et déjà positionné comme un acteur                  lesquelles contribuent à la diffusion de la
                                   majeur en matière de culture scientifique en               culture scientifique et peuvent jouer un rôle
                                   produisant depuis trois ans des contenus multi-            majeur, dans la diffusion des contenus à
                                   média, souvent interactifs, diffusés en accès              vocation pédagogique ou didactique.
                                   libre sur le site Interstices.info créé à son         • L’institut contribuera à une meilleure
                                   initiative, en partenariat avec le CNRS, les               perception des enjeux et des possibilités
                                   universités et l’ASTI.                                     des STIC de la part des élus et des déci-




118   Plan stratégique 2008-2012
A       ctions
                               deurs, ainsi qu’au renforcement de politi-           pour quatre ans. L’avis des évaluateurs sur
                               ques publiques nationales et territoriales           l’ensemble des activités de l’INRIA présen-
                               dans le domaine.                                     tées au cours du séminaire, notamment sur
                           •   À l’échelle européenne, l’INRIA susci-               les collaborations entre équipes-projets, et
                               tera chez ses partenaires la création d’un           sur les domaines trop ou trop peu couverts
                               réseau de sites comparables à Interstices.           est également sollicité.
                               En échangeant ou en référençant leurs                Le rapport d’évaluation détaille les avis des
                               contenus, sous la forme de textes, mais              évaluateurs sur l’économie générale du thème
                               aussi d’images, de vidéos et d’animations            concerné, ainsi que leur appréciation de
                               interactives, en les traduisant quand cela           chacune des équipes-projets. Celles-ci sont
                               est utile, ces sites atteindront plus facile-        invitées à répondre à la partie les concernant.
                               ment la masse critique nécessaire pour               Au vu de ces documents et des appréciations
                               couvrir de façon ambitieuse le domaine               des comités des projets de centres, la commis-
                               des STIC, tout en restant très réactifs              sion d’évaluation établit des recommandations
                               pour répondre à l’évolution rapide des               sur le prolongement ou non de chaque équipe-
                               connaissances.                                       projet. Après avis du conseil scientifique, le
                                                                                    processus se conclut par une décision de la
                           4.3.6	L’évaluation	                                      direction de l’institut, conduisant pour chaque
                           de	la	recherche	et	du	transfert                          équipe-projet à son prolongement pour une
                                                                                    durée déterminée ou bien à son arrêt.
L’évaluation est           Le processus d’évaluation des équipes-projets            En résumé, l’INRIA dispose d’un mécanisme
                           et des chercheurs est au centre de la vie scienti-       d’évaluation global de ses équipes-projets qui
au centre de la            fique de l’institut. Veiller à sa qualité et maintenir   est particulièrement performant et dynamisant.
                           sa rigueur resteront donc des préoccupations             Il maintiendra ce processus d’évaluation, en
vie scientifique de        permanentes de l’INRIA.                                  complément de celui que l’AERES met en
l’institut. Veiller à la   Les équipes-projets de l’INRIA sont évaluées,
                           par thème, tous les quatre ans. Cette évaluation
                                                                                    place dans le cadre de sa mission d’évaluation
                                                                                    des équipes de recherche dans leur contexte
qualité et maintenir       sur une base thématique et nationale permet              géographique et qui permettra à l’INRIA de
                           de donner aux évaluateurs une vision complète            disposer d’une évaluation de chacun de ses
sa rigueur resteront       de l’activité de l’institut dans un domaine              centres dans son environnement régional.
                           donné. C’est l’une des spécificités et l’une des         Il est important de souligner qu’à côté de la
des préoccupations         richesses de la vie scientifique de l’INRIA, et          production scientifique traditionnelle, traduite
                           l’institut y est très attaché. Ce processus est          en publications, et dont la prise en compte
permanentes de             exigeant pour les équipes-projets qui doivent            lors de l’évaluation par les pairs est classique,
l’INRIA.                   se situer par rapport à l’ensemble des équipes
                           du même thème, quelle que soit leur localisa-
                                                                                    l’évaluation doit examiner et valoriser un éven-
                                                                                    tail d’activités très large. Il convient de prendre
                           tion géographique ; il est intrinsèquement lié à         en compte les travaux de développement de
                           la capacité de l’institut à maintenir une vision         logiciels, d’évaluer l’impact des actions de
                           globale de son activité et de ses missions, et           transfert technologique, d’apprécier les actions
                           à définir une stratégie et une politique scien-          de formation, les tâches d’encadrement. Il faut
                           tifique d’ensemble.                                      aussi valoriser les responsabilités collectives
                           L’évaluation est menée au cours d’un séminaire           et les tâches d’animation scientifique inter-
                           de deux jours par une dizaine d’évaluateurs              équipes ou interdisciplinaires, les expériences
                           académiques et industriels, avec une propor-             de mobilité, les efforts déployés pour des
                           tion importante d’étrangers. Les objectifs et            actions de vulgarisation ou de diffusion de
                           les critères de l’évaluation portent sur les             l’information scientifique et technique, et toutes
                           contributions scientifiques, les développements          les formes de prises de risque.
                           technologiques, notamment logiciels, les acti-           Comme on l’a souligné plus haut, l’institut
                           vités de transfert, ainsi que sur les contributions      engagera un travail approfondi pour une
                           de l’équipe à l’enseignement et à la formation           meilleure appréciation des activités de dévelop-
                           par la recherche. Ils prennent en compte les             pement technologique, et pour mieux évaluer
                           objectifs proposés par chaque équipe-projet              les activités de transfert technologique et en
                           lors de sa création ou de son renouvellement             mesurer l’impact.




                                                                                                Plan stratégique 2008-2012        119
4.4 Relations européennes et internationales




                                               4.4.1	L’engagement	                                    ment au sein de la priorité sur les Technologies
                    4.4                        européen	de	l’INRIA                                    de l’information et de la communication,
                                                                                                      dans laquelle l’institut collabore déjà avec de

             Relations                         La poursuite d’un engagement fort dans la
                                               construction et le développement de l’espace
                                                                                                      nombreux industriels européens.
                                                                                                      L’institut a participé à 119 projets du e PCRD
      européennes et                           européen de la recherche est une grande prio-
                                               rité de la politique de l’INRIA. Faisant cohabiter
                                                                                                      dont 9 sont encore actifs en fin 2007 et dont
                                                                                                      certains vont se prolonger jusqu’en 2010. Le
       internationales                         recherche d’excellence et transfert technolo-
                                                                                                        e
                                                                                                      7 PCRD vient d’être lancé et se poursuivra
                                               gique, l’INRIA tire profit de cette spécificité pour   jusqu’en 201. Lors du premier appel à projets,
                                               affirmer sa présence au niveau européen.               18 nouvelles propositions ont été retenues, soit
                                                                                                      un taux de succès de 2,9 % (à comparer avec
                                               L’INRIA et les programmes-cadres                       le chiffre de 17 % au plan européen). L’institut
                                               Le sixième et, depuis peu, le septième                 poursuivra une politique d’implication forte
                                               programme-cadre constituent des enjeux                 dans ce programme.
                                               majeurs pour l’INRIA. L’institut cherche à y           L’INRIA adopte également une position volon-
                                               conforter son excellente position en Europe, en        tariste concernant le Conseil européen de la
                                               s’appuyant sur les acquis liés à sa participation      recherche (ERC). Il a fortement encouragé ses
                                               aux programmes-cadres précédents, notam-               jeunes chercheurs à candidater au premier
                                                                                                      appel les concernant ; il poursuivra ses actions
                                                                                                      dans ce sens pour les appels à venir, notam-
                                                                                                      ment sur les chercheurs confirmés. Au plan
                                                                                                      européen, 917 dossiers ont été déposés,
                                                                                                      toutes disciplines confondues, dont 2 issus
                                                                                                      de l’INRIA (soit 0,28 %) et 559 dossiers ont
                                                                                                      été retenus pour la seconde étape, dont  de
                                                                                                      l’INRIA (soit 0,54 %).
                                                                                                      En marge du PCRD, certains centres de
                                                                                                      recherche INRIA font des efforts pour déve-
                                                                                                      lopper des échanges transfrontaliers avec
                                                                                                      des établissements voisins. Le centre Lille -
                                                                                                      Nord Europe est partie prenante dans une
                                                                                                      action relevant du programme INTERREG et
                                                                                                      prépare la création d’EPI commune avec le
                                                                                                      CWI à Amsterdam ; le centre Nancy-Grand Est
                                                                                                      consent des efforts importants pour renforcer
                                                                                                      un partenariat transfrontalier entre l’INRIA, le
                                                                                                      Max Planck Institute, le DFKI, le Fraunhofer
                 Photo                                                                                Institute, et les universités de Sarrebruck, de
                à insérer                                                                             Kaiserslautern, et du Luxembourg.

                                                                                                      Le groupement ERCIM
                                                                                                      Le consortium ERCIM, qui inclut maintenant
                                                                                                      18 membres de 18 pays européens, constitue
                                                                                                      une organisation unique en Europe. Au fil des
                                                                                                      ans, notamment sous l’impulsion de l’INRIA,
                                                                                                      ERCIM a accru son ouverture et sa représen-
                                                                                                      tativité au sein de la communauté scientifique
                                                                                                      et technologique du domaine des STIC, si bien
                                                                                                      que la Commission européenne commence
                                                                                                      à s’appuyer sur lui pour des opérations de
                                                                                                      suivi de la recherche communautaire et de
  Viviane	Reding,	Commissaire	européen	chargée	de	la	société	de	l’information		                       relations avec d’autres régions du monde. Le
  et	des	médias	et	Michel	Cosnard.                                                                    groupement a également augmenté sa visi-




120   Plan stratégique 2008-2012
A      ctions
                     bilité mondiale en devenant l’hôte européen            compétition internationale se renforce et que
                     du WC. Pour toutes ces raisons, et aussi              les STIC sont partout une des premières prio-
                     par ses nombreux groupes de travail et son             rités des politiques de recherche nationales, il
                     programme de bourses postdoctorales dont               est essentiel que l’institut continue de déve-
                     le succès grandit, ERCIM reste un vecteur              lopper ses coopérations internationales en
                     important de l’engagement européen de l’INRIA          focalisant ses efforts en partenariats et zones
                     et doit s’affirmer comme un outil essentiel de         géographiques ciblées.
                     promotion des STIC au plan européen.                   La stratégie internationale de l’INRIA vise en
                                                                            premier à renforcer l’attractivité de l’institut et
                     Partenariats industriels européens                     à accroître sa capacité à accueillir et à recruter
                     Au-delà du PCRD, l’INRIA poursuivra ses efforts        des étudiants et des chercheurs étrangers.
                     pour développer ses relations avec les grands          L’INRIA promeut fortement le recrutement de
                     industriels européens qui occupent une position        chercheurs étrangers sur poste de titulaire,
                     de leader au plan mondial dans les domaines            ainsi que l’accueil en séjours sabbatiques, ou
                     liés à ses priorités de recherche. Dans cette          de postdoctorants. Plusieurs instruments, tels
                     optique, l’institut participe aux programmes           que le programme Internships, sont déployés
                     Eurêka ITEA et ITEA-2 concernant les logiciels         dans ce sens.
                     embarqués et distribués (des équipes-projets           Le développement de partenariats avec les
                     INRIA sont actuellement partenaires de 10              meilleurs laboratoires étrangers, universitaires
                     projets ITEA et ITEA-2).                               ou industriels, reste une constante de la poli-
                     Par ailleurs, l’institut accorde une attention         tique internationale. Diverses formes sont mises
                     particulière aux plates-formes technologi-             en œuvre de façon souple via le programme
Au-delà du PCRD,     ques européennes (ETP) de son domaine car              Équipes associées de l’INRIA mais également
                     celles-ci constituent des enjeux très impor-           via les programmes du ministère des Affaires
l’INRIA poursuivra   tants. Pour chacune de ces plates-formes,              étrangères, de la Commission européenne
ses efforts pour     un chercheur permanent a accepté d’en être
                     le correspondant scientifique et de suivre les
                                                                            (bourses Marie Curie), et des autres institutions
                                                                            mondiales (NSF, JSPS, CNPQ, etc.).
développer ses       activités scientifiques et projets de l’ETP. Il        Au-delà de ces priorités générales, l’INRIA
                     s’agit des plates-formes Artemis (Embedded             décline sa politique internationale en zones
relations avec les   Computing Systems), eMobility (the Mobile              géographiques.
                     and Wireless Communications Technology                 • Le partenariat fort avec l’Amérique du Nord
grands industriels   Platform), EPoSS (European Technology                       est essentiel étant donné la maîtrise des
                     Platform on Smart Systems Integration),                     États-Unis dans le domaine des STIC et
européens.           EUROP (European Robotics Platform), ISI                     des sciences de la vie.
                     (Integral Satcom Initiative), NEM (Networked           • Les coopérations avec la zone Chine,
                     and Electronic Media), NESSI (Networked                     Hong Kong, Taïwan, Singapour et l’Inde
                     European Software and Services Initiative) et               seront approfondies. L’objectif est d’aug-
                     IMI (Innovative Medicines Initiative). L’INRIA              menter très significativement et rapidement
                     a adhéré aux structures de gestion de ces                   les mouvements de personnes entre les
                     plates-formes et participe à la définition de               deux continents, prioritairement en ce qui
                     leurs agendas de recherche stratégiques.                    concerne les jeunes. Le laboratoire LIAMA
                     L’institut veille aussi à la réussite du laboratoire        à Pékin est une pierre angulaire de cet
                     AIRD, commun avec Philips, Thomson et le                   objectif.
                     Fraunhofer, qui constitue le premier succès            • L’INRIA maintiendra une grande atten-
                     d’ampleur de sa politique de partenariat avec               tion à la formation par la recherche en
                     l’industrie européenne.                                     Afrique en général et plus particulièrement
                                                                                 au Maghreb. L’objectif poursuivi est de
                     4.4.2	Les	coopérations	                                     favoriser des échanges de chercheurs,
                     avec	l’Asie,	l’Amérique	                                    des cotutelles de thèses et des projets
                                                                                 communs de recherche. L’organisation de
                     du	Nord	et	les	pays	du	Sud
                                                                                 cours de masters en Afrique sera favorisée,
                     L’INRIA est un institut d’excellence au niveau              notamment par des missions sur place de
                     mondial dans son domaine. Alors que la                      chercheurs de l’INRIA. Cette politique,




                                                                                        Plan stratégique 2008-2012        121
4.4 Relations européennes et internationales




                                          inscrite dans le cadre de collaborations        sera renforcé, en particulier vis-à-vis de l’Asie.
                                          établies, vise ainsi à limiter le phénomène     Le programme Internships favorisera la mobi-
                                          de fuite des cerveaux.                          lité de jeunes étudiants vers les équipes de
                                      •   Les efforts continueront en Amérique du         recherche de l’INRIA de manière à constituer
                                          Sud notamment au Brésil, au Chili, en           un vivier de collaborateurs scientifiques poten-
                                          Uruguay et en Argentine, où se trouvent         tiels ; on s’efforcera de lui donner une grande
                                          d’importants pôles de compétence en             visibilité internationale dans le domaine des
                                          informatique et en mathématiques appli-         STIC. On s’efforcera enfin de développer subs-
                                          quées, avec l’utilisation de l’ensemble des     tantiellement deux programmes qui restent
                                          moyens usuels pour y maintenir une bonne        encore aujourd’hui de portée relativement
                                          coopération (appels à projets joints, stages,   modeste : le programme Séjours sabba-
                                          équipes associées, etc.).                       tiques, qui vise à accroître la mobilité des
                                                                                          chercheurs de l’INRIA vers des laboratoires
                                      Programmes                                          académiques ou industriels étrangers, et
                                      Les quatre principaux programmes instru-            le programme Explorateurs, qui incite les
                                      ments des relations internationales de l’INRIA      jeunes chercheurs à enrichir leur expérience à
                                      seront poursuivis. Le programme Équipes             l’international, en facilitant des séjours courts
                                      associées qui vise à développer des collabo-        dans des laboratoires partenaires privilégiés
                                      rations étroites avec des partenaires étrangers,    de l’institut.




  10e	anniversaire	du	LIAMA,	Pékin.




122   Plan stratégique 2008-2012
A      ctions
                        L’organisation générale mise en place fin 200,      de centre au comité de direction national. Un
                 4.5    dont on rappelle ci-après les grands traits, a
                        vocation à rester la même sur la période 2008-
                                                                             axe d’amélioration concernera le fonction-
                                                                             nement matriciel et plus particulièrement les

      Organisation      2012. Elle distingue trois niveaux de pilotage,
                        celui des équipes-projets de recherche, celui
                                                                             dispositifs de coordination, de restitution, de
                                                                             contrôle de gestion (au sens large) et d’éva-
et fonctionnement       des centres de recherche – regroupant des
                        équipes-projets et des structures de support à
                                                                             luation interne qui lui sont nécessairement
                                                                             associés. Une telle organisation matricielle,
           internes     la recherche, au développement et au transfert,      certes plus complexe à mettre en œuvre qu’un
                        et dont le directeur assure une double mission       simple emboîtement hiérarchique des niveaux
                        scientifique et managériale –, et celui de la        de responsabilité, apparaît nécessaire dans
                        direction nationale et des services de siège.        un organisme de recherche qui veut à la fois
                        Ce dernier est constitué de la direction géné-       préserver une véritable autonomie de ses
                        rale (PDG, directeur général adjoint et deux         centres et équipes-projets et éviter de se trans-
                        délégués généraux) et de neuf « directions           former en « fédération » de pôles indépendants.
                        fonctionnelles » :                                   Les directions du siège ont un rôle essentiel
                        • la direction de la recherche, la direction du      à jouer pour garantir une bonne intégration
                             développement technologique, la direction       d’ensemble et l’unité de la politique conduite
                             du transfert et de l’innovation, la direction   par l’institut. Elles devront se concentrer sur
                             des partenariats européens et la direc-         leurs missions de pilotage et d’évaluation,
                             tion des relations internationales, ces cinq    mettre en place les orientations, les procédures
                             directions scientifiques étant plus parti-      et les outils servant de cadre à une gestion
                             culièrement coordonnées par le délégué          décentralisée, conduite par les services des
                             général à la recherche et au transfert pour     centres de recherche, eux-mêmes placés sous
                             l’innovation ;                                  la responsabilité hiérarchique des directeurs
                        • la direction des ressources humaines,              de centre. Ces directions du siège seront par
                             la direction des affaires administratives,      ailleurs allégées au maximum de toutes les
                             financières et patrimoniales et la direction    tâches de gestion centrale, par mutualisation
                             des systèmes d’information, des infrastruc-     des fonctions d’appui administratif et de logis-
                             tures et des services informatiques, ces        tique au sein de la délégation à l’administration
                             trois directions – ainsi qu’une délégation à    du siège mise en place en 2007.
                             l’administration du siège – étant plus parti-   Ceci concerne les orientations générales décli-
                             culièrement coordonnées par le délégué          nées dans les deux sections précédentes
                             général à l’administration des ressources       et les orientations en matière de ressources
                             et des services ;                               humaines et de fonctions support. Comme il
                        • la direction de la communication.                  a été rappelé dans la première partie de ce
                        Les quatre membres de la direction générale,         document, l’amélioration de la qualité et l’effi-
                        les huit directeurs de centre de recherche et        cacité des activités de support et d’accompa-
                        les neuf directeurs fonctionnels constituent le      gnement de la recherche reste une priorité, qui
                        comité de direction de l’institut.                   se décline sur plusieurs plans : la poursuite de
                        Le pilotage d’ensemble est conduit selon             la politique de déconcentration et la diffusion
                        un schéma matriciel dans lequel s’articulent         d’une « démarche qualité » s’appuyant sur la
                        d’une part les « structures opérationnelles de       responsabilisation de tous les acteurs de la
                        production » que sont les centres de recherche       gestion, le développement du système d’in-
                        et leurs équipes et services, et d’autre part        formation et la mise en place de méthodes et
                        les « lignes fonctionnelles » portées par les        d’outils de pilotage et de contrôle de gestion
                        directions du siège, chacune en charge d’un          plus performants, le partage d’une culture de
                        segment de la politique de l’institut. Dans ce       management.
                        cadre, les centres de recherche – et en leur sein
                        les équipes-projets – disposent d’une impor-
                        tante délégation de responsabilité : l’objectif
                        des prochaines années est de poursuivre dans
                        cette voie d’une forte déconcentration asso-
                        ciée à la participation directe des directeurs




                                                                                        Plan stratégique 2008-2012       12
4.5 Organisation et fonctionnement internes




                                   4.5.1	La	politique	                                     •   La structuration de la politique d’emploi
                                   de	ressources	humaines                                      autour d’une vision prospective. Face à
                                                                                               une organisation de la recherche en mouve-
                                   L’institut s’est engagé lors de son précédent plan          ment, l’institut doit anticiper les évolutions
                                   stratégique dans un vaste chantier de moderni-              des métiers de la recherche pour s’adapter
                                   sation de son fonctionnement administratif, qui             aux défis scientifiques à venir. Le travail
                                   s’est traduit notamment par d’importantes évolu-            d’analyse entrepris sur les évolutions les
                                   tions de ses politiques menées dans le domaine              plus marquantes des métiers d’appui à la
                                   de la gestion des ressources humaines. C’est                recherche (informatique, développement,
                                   ainsi que la gestion du personnel est désormais             gestion, etc.) devra être étendu et complété
                                   passée d’une fonction essentiellement adminis-              par une véritable réflexion prévisionnelle
                                   trative, centrée sur l’application des règlements,          sur les fonctions et les compétences (fonc-
                                   à une fonction de développement véritablement               tions obsolètes ou émergentes, activités
                                   dynamique, assurant les nécessaires équilibres              susceptibles d’être mutualisées ou externa-
                                   entre les impératifs statutaires et la volonté              lisées, etc.). Cette analyse devra également
                                   d’évolution de l’institut, de ses personnels et de          intégrer les métiers scientifiques : valorisa-
                                   leurs compétences. Cette inflexion s’est appuyée            tion des parcours professionnels, devenir
                                   sur les leviers offerts par la loi organique relative       des doctorants et post-doctorants ainsi
                                   aux lois de finances.                                       que des nombreux personnels français
                                   Plus que jamais, la mobilisation des ressources             ou étrangers accueillis chaque année de
                                   humaines nécessaires à la recherche est un                  manière temporaire.
                                   enjeu majeur pour l’institut. Les risques consti-       •   L’amélioration tant sur le plan collectif
                                   tués par la relative désaffection des jeunes pour           que sur le plan individuel du suivi de
                                   les métiers scientifiques, par la compétition               l’évolution professionnelle. S’appuyant
                                   croissante entre les différents acteurs de la               sur les dispositifs existants pour les cher-
                                   recherche française et étrangère pour attirer               cheurs et sur l’évaluation individuelle pour
                                   les meilleurs, par les changements rapides                  les ITA, l’objectif sera de développer de
                                   des technologies, des métiers et compétences                nouveaux moyens de formation et d’accom-
                                   associés, font de la gestion des ressources                 pagnement permettant à chacun de mettre
                                   humaines la clef des réussites à venir.                     en cohérence ses souhaits personnels
                                   L’INRIA, s’appuyant sur ses nombreux atouts,                avec les ambitions de l’institut. Concernant
                                   devra continuer à consolider sa politique en                les chercheurs, il s’agira de donner des
                                   matière de ressources humaines, poursuivre                  repères permettant une mise en perspec-
                                   la révision systématique des activités asso-                tive des parcours professionnels envisa-
                                   ciées, en vue de les adapter aux changements                geables, centrée non seulement sur les
                                   externes et aux évolutions de son organisa-                 dimensions de l’expertise scientifique mais
                                   tion interne, tout en répondant au mieux aux                également sur les compétences mana-
                                   attentes de ses personnels. Il convient de souli-           gériales. Concernant les ITA, l’évaluation
                                   gner que l’acception donnée aux « ressources                annuelle mise en œuvre depuis quelques
                                   humaines de l’institut » doit être large : elles            années permet une connaissance affinée
                                   recouvrent bien sûr les personnels statutaires,             des compétences en place ; un schéma
                                   chercheurs et ITA, et les personnels contrac-               directeur pluriannuel de la formation profes-
                                   tuels relevant de diverses catégories, mais                 sionnelle facilitera leur bonne évolution par
                                   aussi, même s’ils n’induisent pas les mêmes                 l’articulation des besoins collectifs et des
                                   responsabilités en termes de gestion, les très              souhaits individuels.
                                   nombreux collaborateurs extérieurs, non salariés        •   La professionnalisation des pratiques
                                   de l’institut mais directement impliqués dans               de management. L’accompagnement des
                                   ses équipes-projets.                                        managers de l’institut se poursuivra. Après
                                   Ce management stratégique des ressources                    l’élaboration du « guide du responsable »,
                                   humaines, qui devra s’appuyer sur un système                l’institut se donnera les moyens de créer
                                   d’information ressources humaines sensible-                 une véritable « école de management »
                                   ment plus performant (cf. infra), s’articulera              interne. Dans un milieu de la recherche
                                   autour de trois axes majeurs :                              en constante mutation, les cadres devront




124   Plan stratégique 2008-2012
A       ctions
                                disposer dès leur prise de fonction et tout      travail ont été récemment créés au sein de
                                au long de leur parcours, de formations faci-    l’institut, contribuera à cet objectif d’amé-
                                litant la compréhension de leur environne-       lioration de qualité administrative. La mise à
                                ment et l’exercice de leurs responsabilités,     jour de la documentation de l’ensemble des
                                mettant à disposition de meilleurs outils de     procédures, en lien avec les modes opéra-
                                pilotage, et diffusant une culture commune       toires du nouveau système d’information,
                                tendue vers des objectifs partagés.              permettra de faire progresser globalement
                           Il convient aussi de souligner qu’un suivi            les différents acteurs.
L’acception donnée         des anciens collaborateurs de l’INRIA                 La mise en œuvre des techniques de déma-
                           est progressivement mis en place pour                 térialisation des pièces administratives et
aux « ressources           construire et entretenir un réseau utile à            comptables, notamment des factures asso-
                           la fois pour les contacts professionnels –            ciées aux « cartes achat » ainsi que l’automa-
humaines de                notamment avec les entreprises du secteur –           tisation des tâches récurrentes rendront les
                           et pour la recherche d’emploi.                        traitements plus rapides et plus fiables.
l’institut » doit être     Enfin, parce qu’une présence plus nombreuse           Un « système de pilotage », dont le déve-
large : elles recouvrent   de femmes dans les sciences et technologies de
                           l’information et de la communication – secteur
                                                                                 loppement a été initié en 2007, sera progres-
                                                                                 sivement déployé : il donnera aux acteurs et
bien sûr les personnels    qui est aujourd’hui pour elles sensiblement           décideurs internes les moyens de mettre en
                           moins attractif que d’autres – est de nature à        place un réel contrôle de gestion permettant
statutaires,               enrichir ses recherches, l’INRIA sera encore          une meilleure maîtrise des budgets et une
                           plus attentif à promouvoir la place des femmes        rationalisation des coûts de support qui sont
chercheurs et ITA,         parmi ses scientifiques, dans ses instances, et       aujourd’hui en augmentation sensible, du fait
                           aux postes à responsabilité.                          de l’accroissement et de la diversification
et les personnels          Au regard de ces orientations, il est indispensable   des activités. L’atteinte de ce dernier objectif
contractuels relevant      de rappeler que les organisations syndicales
                           sont les partenaires privilégiés pour élaborer
                                                                                 passe aussi par la définition d’une politique
                                                                                 d’achat qui, associée à une analyse des
de diverses catégories,    un management stratégique des ressources              inducteurs de coût, doit rendre plus efficiente
                           humaines prenant en compte les besoins de             l’exécution budgétaire. Dans ce contexte, un
mais aussi, même s’ils     tous les personnels. D’un dialogue social de          développement de la comptabilité analytique,
                           qualité dépendra la cohésion nécessaire à la          au-delà de son utilisation actuelle principale-
n’induisent pas les        réussite tant individuelle que collective.            ment centrée sur la justification des dépenses
                                                                                 liées à l’exécution des contrats européens,
mêmes responsabilités      4.5.2	Le	fonctionnement	interne                       devra être mis en œuvre.
en termes de gestion,      Une gestion administrative et financière
                                                                                 Le contrôle de gestion passe également par
                                                                                 une professionnalisation accrue des acteurs.
les très nombreux          fiabilisée et simplifiée                              À ce titre, un important plan de formation sera
                           Les axes d’amélioration dans ce domaine               mis en œuvre pour insuffler une véritable
collaborateurs             s’inscrivent dans le cadre du protocole de            culture de gestion. Il permettra notamment de
                           modernisation financière et comptable signé           mieux appréhender des tâches à forte techni-
extérieurs, non            en 200, dont le but est de renouveler et de          cité, en particulier celles liées à la gestion de
                           simplifier la gestion administrative, comptable       la TVA ou à la gestion des immobilisations.
salariés de l’institut     et financière de l’institut. La perspective de        Un effet global sur la qualité de la gestion
mais directement           la certification des comptes – prévue pour
                           l’INRIA à compter de l’année 2009 – dans
                                                                                 – rendue encore plus indispensable par la
                                                                                 perspective de la certification des comptes
impliqués dans ses         le contexte de la loi de sécurité financière          – est attendu.
                           implique de rénover nombre de processus               La question des mandats de gestion suscep-
équipes-projets.           internes, notamment ceux liés à la gestion            tibles d’être mis en place dans le cadre des
                           des immobilisations, au principe de sépara-           structures de recherche conjointes, ou plus
                           tion des exercices, à l’évaluation des actifs,        généralement avec les établissements parte-
                           à la valorisation des recettes et à l’évaluation      naires de l’INRIA, sera également un axe
                           des créances.                                         d’amélioration privilégié, avec un impact
                           La formalisation du contrôle et de l’audit            potentiel important en termes de simplifica-
                           internes, pour lesquels des dispositifs de            tion administrative.




                                                                                            Plan stratégique 2008-2012       125
4.5 Organisation et fonctionnement internes




                                   Un système d’information étendu à                  •    développer une logique de services, pour
                                   l’ensemble des registres d’action                       permettre aux différents métiers et aux
                                   Disposer d’un système d’information perfor-             utilisateurs de gagner en efficacité par le
                                   mant et beaucoup plus complet qu’aujourd’hui,           développement de nouvelles méthodes de
                                   « urbanisé » sinon totalement « intégré », est          travail en réseau et une accessibilité accrue
                                   une condition indispensable pour le bon fonc-           aux ressources internes et externes ;
                                   tionnement d’une organisation multi-sites          • systématiser une approche globale de
                                   et multi-acteurs qui, comme c’est le cas à              ces services, en garantissant la cohérence
                                   l’INRIA, privilégie la décentralisation sur de          et l’évolutivité qui permettent d’une part
                                   nombreux centres de responsabilité et le travail        de répondre aux attentes d’ouverture et
                                   en réseau.                                              d’interopérabilité avec les systèmes d’in-
                                   L’institut s’est doté fin 2007 d’un « schéma            formations des partenaires de l’institut et,
                                   d’orientation du système d’information » qui            d’autre part, de restituer les données de
                                   guidera au cours des prochaines années                  synthèse nécessaires au pilotage ;
                                   les différents acteurs du développement du         • généraliser une démarche qualité
                                   système d’information (centres de recherche             pour gagner en fiabilité et disponibilité
                                   et directions fonctionnelles) avec trois grandes        des services et faire évoluer l’organisa-
                                   orientations :                                          tion vers une mutualisation accrue des
                                                                                           compétences.
                                                                                      Une première priorité portera sur le déploie-
                                                                                      ment d’un système d’information ressources
                                                                                      humaines (SIRH) performant. Son extension
                                                                                      fonctionnelle et sa modernisation se feront en
                                                                                      deux temps : après avoir répondu aux besoins
                                                                                      les plus forts à court terme (2008-2009), un
                                                                                      projet plus ambitieux sera lancé pour parvenir
                                                                                      à la couverture complète des fonctions néces-
                                                                                      saires avant la fin du plan stratégique.
                                                                                      Les autres axes stratégiques identifiés pour
                                                                                      le système d’information de l’institut sont
                                                                                      de favoriser une « communication totale »
                                                                                      par un accès permanent à très haut débit
                                                                                      aux ressources dans toutes les situations
                                                                                      de travail (sur site INRIA, sur site externe,
                                                                                      en déplacement en France ou à l’étranger),
                                                                                      d’offrir aux personnels une palette d’outils
                                                                                      adaptatifs et souples permettant de répondre
                                                                                      aux besoins de travail en réseau (collabo-
                                                                                      rations scientifiques, conduite de projets,
                                                                                      partage de documents ou de données, etc.),
                                                                                      d’accompagner le travail des chercheurs
                                                                                      par des dispositifs d’accès aux publications,
                                                                                      de diffusion, de veille, de consultation des
                                                                                      rapports, d’exploitation des plates-formes,
                                                                                      de suivi des soumissions et contrats, etc.,
                                                                                      d’étendre la couverture fonctionnelle des
                                                                                      outils de gestion en permettant leur intero-
                                                                                      pérabilité avec des systèmes d’informations
                                                                                      externes, de développer des outils de mesure
                                                                                      et de pilotage, et de développer la politique
                                                                                      de sécurité informatique (PSSI) conciliant
                                                                                      les exigences de protection avec les besoins
                                                                                      d’ouverture et de souplesse.




12   Plan stratégique 2008-2012
A      ctions
                      La communication interne                               années à venir. Les projets de cette nature, par
                      La communication, dans un établissement                les transformations de pratiques qu’ils suppo-
                      multi-sites, engagé dans de nombreux parte-            sent, génèrent des résistances au changement
                      nariats, qui grandit et qui, à côté de l’indispen-     (le plus souvent passives) qui peuvent entraver
                      sable permanence d’un socle de compétences             leur mise en place et obérer la performance
                      de base, favorise un fort renouvellement               attendue : ils devront donc faire l’objet d’une
                      des personnels temporaires, est une tâche              communication d’accompagnement structurée.
                      complexe, toujours recommencée. Au-delà                Le management stratégique des ressources
                      des aspects de partage d’informations, parti-          humaines de l’institut doit être visible et partagé
                      culièrement abondantes, elle revêt à l’INRIA           par tous. La lisibilité de cette politique est
                      une importante dimension de lien identitaire,          rendue particulièrement indispensable alors
                      d’accompagnement du changement et d’arti-              que l’institut « change d’échelle », notamment
                      culation avec le développement d’une culture           avec la mise en place des nouveaux centres de
                      de management. L’institut s’est doté au cours          recherche. Pour que tous les agents puissent
Au-delà des           des dernières années des canaux d’informa-             inscrire leur activité dans un cadre collectif,
aspects de partage    tion adaptés à ce nécessaire équilibre entre
                      diversité et unité : un journal électronique de
                                                                             il est essentiel de mettre à la disposition de
                                                                             chacun les clefs de compréhension de son
d’informations,       brèves pour la communication transverse, une           environnement professionnel, ceci en vue
                      lettre d’information du comité de direction,           de donner du sens, de renforcer les liens, et
particulièrement      de nombreux sites Web internes dédiés aux              de développer le sentiment d’appartenance.
                      équipes-projets, aux centres de recherche,             De manière plus spécifique, le développe-
abondantes, la        aux différents « métiers » et registres d’ac-          ment d’une communication interne au siège
                      tion fonctionnels, une politique d’accueil des         de l’institut – beaucoup moins constituée
communication         nouveaux arrivants, mis en place avec les              aujourd’hui que peut l’être celle des centres
revêt à l’INRIA       services de ressources humaines et les services
                      de communication de chaque centre et s’ex-
                                                                             de recherche –, la révision des supports de
                                                                             communication interne, la coordination des
une importante        primant au niveau national par un séminaire            actions nationales et locales font également
                      d’accueil annuel et un livret d’accueil.               partie des objectifs.
dimension de          Les enjeux pour les prochaines années restent
                      ceux d’une adhésion de tous les personnels
lien identitaire,     au projet de l’institut, projet vivant, c’est-à-dire
                      en perpétuelle adaptation : la communication
d’accompagnement      interne aura d’abord un rôle fédérateur, s’ex-
du changement et      primant au niveau national et se déclinant au
                      niveau des centres. Les supports existants ne
d’articulation avec   remplissent cette fonction qu’imparfaitement
                      et restent, chacun à son niveau, des organes
le développement      d’information plus que de communication
                      motivante. L’anniversaire des 40 ans de l’ins-
d’une culture de      titut a donné l’occasion de lancer un support
                      beaucoup plus fédérateur, Code Source, dont le
management.           succès a été grand, et la préparation du forum
                      national Informatique et société, organisé à Lille
                      fin 2007, a suscité une grande mobilisation
                      collective et permis d’engager une réflexion
                      stimulante sur la question des « valeurs parta-
                      gées » de l’institut. Ces directions de travail
                      devront être poursuivies.
                      La mise en œuvre du présent plan stratégique,
                      le déploiement de la démarche management,
                      le développement d’une démarche qualité,
                      l’évolution des cadres de gestion sont autant
                      de projets que l’institut va engager dans les




                                                                                         Plan stratégique 2008-2012        127
ARteMIS                                   CeA


A
                                                Programme for Embedded Systems            Centre de l’énergie atomique
                                                RD in Europe

                                                                                        CeA-dSV
AdN                                           ARteMISIA                                   Centre de l’énergie atomique
  Acide désoxyribonucléique                     The ARTEMIS Industrial Association        - Direction des sciences du vivant


Adt                                           AStI                                      CeCILL
  Action de développement                       Association française des sciences et     License française de logiciel
  technologique                                 technologies de l’information             libre [acronyme pour
                                                                                          Ce(A)C(nrs)I(NRIA)L(ogiciel)L(ibre)]
AeReS
  Agence d’évaluation de la recherche
  et de l’enseignement supérieur              C                                         CeRMICS
                                                                                          Centre d’enseignement et de
                                                                                          recherche en informatique et
                                              CAdP
AeSe                                                                                      calcul scientifique
                                                Construction and Analysis of
  Aéronautique, espace et systèmes
                                                Distributed Processes
  embarqués [pôle de compétitivité]
                                                                                        CHu
                                                                                          Centre hospitalier universitaire
                                              CAO
AII
                                                Conception assistée par ordinateur
      Agence de l’innovation industrielle
                                                                                        CIRAd
                                              CAPRI                                       Centre de coopération internationale
AIRd                                                                                     en recherche agronomique pour
                                                Capteurs en réseaux sécurisés
  Ambient Intelligence Research                                                           le développement
                                                [cf. Minalogic]
   Development


                                              CARI                                      CItI
ALAddIN
                                                Colloque africain sur la recherche en     Centre d’innovations en télécommuni-
  Action de développement
                                                informatique                              cations et intégration de services
  technologique relative à l’infrastructure
  GRID 5000

                                              CASP                                      CMAP
                                                Critical Assessment of techniques for     Centre de mathématiques appliquées
ANR
  Agence nationale de la recherche              protein Structure Prediction

                                                                                        CNPq
ARC                                           CCStI                                       Conselho Nacional de
  Action de recherche collaborative             Centre de culture scientifique,           Desenvolvimento Científico e
                                                technique et industrielle                 Tecnológico [Brésil]

ARCAdIA
  Arrangements de quadriques,                 CdRI                                      CNRS
  algorithmes, implémentation et                Chargé du développement et des            Centre national de la recherche
  applications                                  relations industrielles                   scientifique




128     Plan stratégique 2008-2012
G
CORdI-S
                    lossaire
                                           dirdRI
                                                              AdN		FIRe




                                                                                     ePoSS
  Contrat de recherche doctorale INRIA        Direction du développement et            European Platform on Smart Systems
  financé sur subvention d’État               des relations industrielles              Integration


CPeR                                                                                 ePSt
                                           dtN
  Contrat de projet État-Région                                                        Établissement public à caractère
                                             Delay-Tolerant Networking                 scientifique et technologique

CPu


                                           E
  Conférence des présidents d’université                                             eRC
                                                                                       European Research Council

CPu
  Central Process Unit                     eAdS                                      eRCIM
                                             European Aeronautic Defence and           European Research Consortium on
                                             Space company                             Informatics and Mathematics
CSAIL
  Computer Science and Articicial
  Intelligence Laboratory                                                            etP
                                           eCg
  [cf. MIT, États-Unis]                                                                European Technology Platform
                                             Électrocardiogramme


CStB                                                                                 etSI
  Centre scientifique et technique         edF                                         European Telecommunications
  du bâtiment                                Électricité de France                     Standards Institute


CWI                                        edP                                       euROFI
  Centrum voor Wiskunde en Informatica       Équation aux dérivées partielles          Banking and Finance in Europe
  [Pays-Bas]


                                           eeg                                       euROP


D
                                                                                       European Robotics Platform
                                             Électroencéphalogramme



dARPA
  Defence Advanced Research Projects
  Agency [États-Unis]
                                           eIFFeL
                                              Evolved Internet Future for European
                                              Leadership
                                                                                     F
                                                                                     FCe
                                                                                       Fonds de compétitivité des entreprises
dFKI                                       eLM                                         [cf. DGE]
  Deutsche Forschungszentrum für             Extended length message
  Künstliche Intelligenz [Allemagne]
                                                                                     FINd
                                                                                        Future Internet Network Design
                                           eNS
dgA                                                                                     [cf. NSF]
  Délégation générale pour l’armement        École normale supérieure

                                                                                     FIRe
dge                                        ePI                                          Future Internet Research and
  Direction générale des entreprises         Équipe-projet INRIA                        Experimentation




                                                                                              Plan stratégique 2008-2012   129
Ft                                                                                 INRIA


                                      I
     France Telecom                                                                  Institut national de recherche en infor-
                                                                                     matique et en automatique

Ft	Rd
  France Telecom Recherche et         IeCN                                         INSA
                                         Institut Elie Cartan de Nancy               Institut national des sciences
  Développement
                                                                                     appliquées

                                      Ieee
FttH                                     Institute of Electrical and Electronics
  Fiber To The Home                                                                INSeRM
                                         Engineers
                                                                                     Institut national de la santé et de la
                                                                                     recherche médicale


G
                                      IetF
                                         Internet Engineering Task Force
                                                                                   INteRReg
                                                                                     Acronyme d’un programme européen
geNI                                  IFN                                            sur la coopération entre régions
  Global Environment for Networking      Inventaire forestier national               frontalières
  Innovations [cf. NSF]

                                      IFReMeR                                      IPv6
get                                      Institut français de recherche pour          Internet Protocol v
                                         l’exploitation de la mer
  Groupe des écoles des
  télécommunications
                                                                                   IRIA
                                      IMB                                             Institut de recherche en informatique
                                        Institut de mathématiques de                  et en automatique
gIS                                     Bordeaux
  Groupement d’intérêt scientifique
                                                                                   IRISA
                                      IMI                                             Institut de recherche en informatique
gMd                                     Innovative Medicines Initiative               et systèmes aléatoires
  Gesellschaft für Mathematik und
  Datenverarbeitung [Allemagne]
                                      INA                                          IRSN
                                        Institut national de l’audiovisuel
                                                                                      Institut de radioprotection et de sûreté
gPu                                                                                   nucléaire
  Graphics Processing Unit
                                      INPg
                                        Institut national polytechnique de
                                        Grenoble
                                                                                   ISI


H
                                                                                         Integral Satcom Initiative

                                      INPL
                                        Institut national polytechnique de         ISO
HAL                                     Lorraine                                      International Standards Organization
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                                      INRA                                         ItA
Hqe                                     Institut national de recherche en             Personnels ingénieurs, techniciens et
  Haute qualité énergétique             agronomie                                     administratifs




10    Plan stratégique 2008-2012
G
IteA
                    lossaire
                                            LIFL
                                                                  Ft		MPg




                                                                                       LRI
   Information Technology for European         Laboratoire d’informatique fondamen-      Laboratoire de recherche en
   Advancement                                 tale de Lille                             informatique


IteR                                        LIg                                        LSV
   International Thermonuclear                 Laboratoire d’informatique de             Laboratoire de spécification et
   Experimental Reactor                        Grenoble                                  vérification




J                                                                                      M
                                            LINA
                                               Laboratoire d’informatique de Nantes
                                               Atlantique

JAd                                                                                    MeMS
  Laboratoire Jean-Alexandre Dieudonné      LIP                                          Micro-electro-mechanical systems
                                               Laboratoire de l’informatique du
                                               parallélisme
JCP                                                                                    MeRCAtOR
  Java Community Process                                                                 Groupement d’intérêt public Mercator
                                            LIP6                                         Océan
                                               Laboratoire d’informatique de Paris 
JSPS
  Japan Society for the Promotion of                                                   MIgP
  Science                                   LIRMM                                        Laboratoire Modélisation et imagerie
                                               Laboratoire d’informatique, de robo-      en géosciences de Pau
                                               tique et de microélectronique de


L
                                               Montpellier
                                                                                       MINALOgIC
                                                                                         Micro-nano technologies et
                                            LIX                                          intelligence logicielle embarquée [pôle
LABRI                                          Laboratoire d’informatique de l’École     de compétitivité]
  Laboratoire bordelais de recherche en        Polytechnique
  informatique
                                                                                       MIt
                                            LJK                                          Massachusetts Institute of Technology
LAgIS                                         Laboratoire Jean Kuntzmann                 [États-Unis]
  Laboratoire d’automatique, génie infor-
  matique et signal
                                            LMA                                        MOSt
                                              Laboratoire de mathématiques               Ministry of Science and Technology
LIAMA                                         appliquées de Pau                          [Chine]
   Laboratoire franco-chinois d’informa-
   tique, d’automatique et de mathémati-
   ques appliquées                          LMd                                        MPg
                                              Laboratoire de météorologie                Max Planck Gesellschaft [Allemagne]
                                              dynamique
LIeNS
   Laboratoire d’informatique de l’École
   normale supérieure [cf. ENS]             LORIA
                                              Laboratoire lorrain de recherche en
                                              informatique et ses applications




                                                                                                 Plan stratégique 2008-2012   11
NWO                                       PIB


N
                                           Nederlanse Organisatie voor                Produit intérieur brut
                                           Wetenshappelijk Onderzoek [Pays-Bas]


                                                                                   PMe

                                         O
	NeM
  Nano Electronic Materials                                                          Petites et moyennes entreprises



NeMS                                     OdL                                       PReS
  Nano-Electro-Mechanical Systems          Opération de développement logiciel       Pôle de recherche et d’enseignement
                                                                                     supérieur

NeSSI                                    OgM
  Networked European Software and          Organisme génétiquement modifié
                                                                                   PSSI
  Services Initiative
                                                                                     Politique de sécurité des systèmes
                                         OLSR                                        d’information
NICtA                                      Optimized Link State Routing protocol
  National Information and


                                                                                   R
  Communication Technologies Australia
  [Australie]                            OMg
                                           OBJECT Management Group


NIH                                                                                Rd
                                         ONeRA
  National Institutes of Health
                                           Office national d’études et de            Recherche et développement
                                           recherches aéronautiques
NISt
  National Institute of Standards and
                                                                                   RAtP
  Technology [États-Unis]
                                         P                                           Régie autonome des transports
                                                                                     parisiens

NItRd                                    P2P
  Networking and Information               Peer to peer                            RFId
  Technology Research and
                                                                                     Radio-frequency identification
  Development Program [États-Unis]
                                         PACA
                                           Région Provence - Alpes - Côte d’Azur   RRIt
NOeMS
  Nano Opto Electro Mechanical                                                       Réseau de recherche et d’innovation
  Systems                                PCRd                                        technologique
                                           Programme-cadre de recherche et
                                           développement
NS3                                                                                RMN
  National Security Swath Ship
                                                                                     Résonance magnétique nucléaire
  [groupe DCNS]                          Pdg
                                           Président-directeur général

NSF                                                                                RtRA
  National Science Foundation            PFe                                         Réseau thématique de recherche
  [États-Unis]                             Plates-formes expérimentales              avancée




12   Plan stratégique 2008-2012
G                    lossaire                                    NeM		W3C




S                                             T
SARIMA                                        tVA
  Soutien aux activités de recherche infor-     Taxe sur la valeur ajoutée
  matique et mathématique en Afrique


SCS
  Solutions communicantes sécurisées
  [pôle de compétitivité]
                                              U
                                              uCSd
                                                University of California, San Diego
Sed                                             [États-Unis]
  Service d’expérimentation et de
  développement
                                              udLR
                                                Unidirectional Link Routing protocol
SICONOS
   Projet européen Modelling, Simulation
   and Control of Nonsmooth Dynamical         uNSA
   Systems                                      Université de Nice - Sophia Antipolis


SIRH                                          uStL
   Système d’information en ressources          Université des sciences et
   humaines                                     technologies de Lille




                                              W
SIS
   Système d’information spontané


SNCF                                          W3C
  Société nationale des chemins de fer          World Wide Web Consortium
  français


SOCs
  Systems-On-Chips


StIC
  Sciences et technologies de
  l’information et de la communication


StM
  Abréviation pour STMicroelectronics




                                                                                        Plan stratégique 2008-2012   1
Document édité par la direction générale de l’INRIA

Maquette :

Crédits photos : © INRIA / J. Wallace, C. Lebedinsky,
J.M. Ramès, A.S. Douard - © CNES / Distribution Spot
Image / 1998 - © Airbus S.A.S. / 2008 - © Frédéric Cirou -
© DigitalVision

ISBN 2-7261-1296 8
Janvier 2008
Inria - Plan stratégique 2008-2012

Inria - Plan stratégique 2008-2012

  • 1.
    INRIA Plan stratégique 2008 2012 -
  • 3.
    S ommaire 1 1.1 L’INRIA : Un bref historique De la création à la fin des années 90 page 6 1.2 La période 1999-2003 : Un développement sans précédent page 8 1.3 L a période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement page 10 2 2.1   Enjeux et contexte de la recherche en STIC Des enjeux de société page 28 2.2 Des défis scientifiques et technologiques page 31 2.3 e cadre international L et national des recherches en STIC page 33 3 3.1 Priorités stratégiques et ambitions de l’INRIA Modéliser, programmer, communiquer et interagir page 41 3.1.1 Modélisation, simulation et optimisation de systèmes dynamiques complexes page 42 3.1.2 Programmation : Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques page 48 3.1.3 Communication, information et calcul ubiquitaires page 56 3.1.4 Interaction avec des mondes réels et virtuels page 64 3.2 Au cœur du développement des sciences et des technologies page 71 3.2.1 Ingénierie numérique page 72 3.2.2 Sciences numériques page 78 3.2.3 Médecine numérique page 88 3.3 Défis sociétaux couverts par ces priorités page 93 3.4 Thématiques émergentes page 95 4 4.1 Actions et stratégie pour atteindre les objectifs L’INRIA au sein du dispositif national page 98 4.2 Renforcer l’attractivité de l’institut page 100 4.3 Recherche, développement et transfert page 110 4.4 Relations européennes et internationales page 120 4.5 Organisation et fonctionnement internes page 123    Glossaire    page 128 Plan stratégique 2008-2012
  • 4.
    L’INRIA :  Un bref historique Dans cette partie : H 1.1 De la création à la fin des années 90 page 6 1.2 La période 1999-2003 : Un développement sans précédent page 8 1.3 L a période 2004-2007 : Consolidation et reprise du développement page 10
  • 5.
    H istoire
  • 6.
    1.1 De lacréation à la fin des années 90 La stratégie de l’INRIA pour les prochaines des plus grands mathématiciens appliqués années se nourrit de son histoire, et en de son siècle, mais il est aussi un visionnaire qui comprend dès les années 50 que l’ap- particulier de la forte dynamique de parition des ordinateurs va permettre des développement amorcée au début des développements scientifiques très profonds années 2000. en mathématiques appliquées et en informa- tique. On voit encore à l’INRIA aujourd’hui L’IRIA, Institut de recherche en informa- plusieurs aspects du riche héritage laissé 1.1 tique et en automatique, est fondé en 197 à Rocquencourt, près de Versailles, dans le par Jacques-Louis Lions : • un institut de recherche où l’informatique, De la création à la  cadre du « Plan Calcul » qui vise à renforcer la recherche et l’industrie française en infor- l’automatique et les mathématiques appli- quées sont simultanément présentes et fin des années 90 matique. Devenu INRIA en 1979, il prend en 1985 le statut d’EPST¨*. interagissent en profondeur ; • une vision positive des relations indus- Pour l’essentiel, ses fondations sont l’œuvre trielles, source de problèmes de recherche de Jacques-Louis Lions, qui développe la nouveaux et intéressants ; recherche en mathématiques appliquées à • une organisation fondée sur des équipes l’IRIA à partir de 197, et devient le premier de 10 à 20 chercheurs, appelées « projets président de l’INRIA de 1979 à 1984. Il est l’un de recherche », dont les membres partagent des objectifs communs, sans structures intermédiaires de type départements ; • une grande attention apportée à la formation, et notamment à la formation doctorale, en coopération étroite avec les universités et les écoles ; • une très forte implication dans des coopé- rations internationales. Alain Bensoussan, automaticien, professeur à l’Université Paris-Dauphine et ancien colla- borateur de Jacques-Louis Lions, lui succède à la présidence de l’INRIA de 1984 à 199. Alain Bensoussan s’inscrit dans la droite ligne de son prédécesseur, et l’INRIA accroît sa notoriété en Europe et dans le monde. L’institut joue un rôle de pionnier, comme l’attestent son action pour introduire Internet en France et son implication dès 1984 dans le soutien à la création d’entreprises : 25 sociétés issues de l’INRIA sont créées entre 1984 et 1994, dont ILOG, leader mondial dans les composants logiciels pour l’optimi- sation. Il s’implique fortement dans l’espace européen de la recherche, notamment par la création du groupement ERCIM fondé en 1989 avec le GMD en Allemagne et le CWI aux Pays-Bas. En 1995, l’INRIA est choisi par le MIT et la commission européenne pour être l’hôte européen du World Wide Web Consortium (WC), l’organisation de standardisation des technologies du Web. Jacques-Louis Lions - 1980. * Une table des sigles est donnée en annexe. Plan stratégique 2008-2012
  • 7.
    H istoire Dans la même période, l’INRIA développe des • il augmente son ouverture en encou- partenariats importants au sein du dispositif rageant résolument la mobilité de ses national de recherche et d’enseignement chercheurs et ingénieurs et en ouvrant supérieur. Il crée successivement des unités plus largement son recrutement à des de recherche sur le campus universitaire de candidats extérieurs ; Rennes en 1980, puis en 198 dans la toute • il amplifie ses partenariats au sein du dispo- jeune technopole de Sophia Antipolis près sitif national de recherche en augmen- de Nice, et enfin en 198 en Lorraine sur le tant le nombre de projets de recherche campus universitaire de Nancy. La cinquième communs avec d’autres établissements unité de recherche, appelée Rhône-Alpes, et en lançant la formule très appréciée est ouverte à Grenoble en 1992, avec une des « actions de recherche coopérative », antenne à Lyon. ouvertes à des équipes extérieures pour 1994 est l’année du premier plan stratégique développer de nouvelles coopérations de l’INRIA, qui met en avant le caractère et attaquer des thèmes de recherche diffusant des STIC, l’importance des applica- originaux. tions et des relations industrielles et énonce Durant cette période, l’institut traverse la devise qui résume les objectifs stratégi- néanmoins quelques difficultés sérieuses. ques de l’institut : excellence scientifique Elles sont liées pour une part à la mauvaise et transfert technologique. Il est à l’origine conjoncture économique et aux contraintes d’une très forte mobilisation de l’institut et sévères qui s’exercent sur le budget de l’État de ses personnels pour développer les acti- et rendent très difficile le développement des vités de valorisation de la recherche, ce qui deux unités de recherche les plus récentes, se traduit par un doublement des ressources en Lorraine et Rhône-Alpes. Toute l’action de contractuelles entre 1994 et 1999 alors que l’institut souffre du manque de personnels ITA les effectifs permanents de l’institut progres- (ingénieurs, techniciens et administratifs) pour sent à peine de 10 %. Cette période voit maintenir à un bon niveau les activités d’ac- aussi de profonds changements externes : compagnement de la recherche. Sur un autre la « convergence » de l’informatique, des plan, la contractualisation des laboratoires de télécommunications et de l’audiovisuel, la recherche des universités et du CNRS, vers dérégulation des télécommunications, et le 1995-199, crée quelques tensions entre fantastique développement d’Internet et des l’INRIA et ces établissements du fait des technologies de l’information et de la commu- difficultés à accommoder cette structuration nication. En lien avec ces changements, l’ins- en laboratoires avec l’organisation de l’INRIA titut infléchit sensiblement ses thèmes de en équipes-projets de plus petite taille. recherche pour s’impliquer davantage dans le domaine des communications, dans les technologies d’Internet et du Web et dans la modélisation des réseaux. Dans le même temps, l’institut poursuit activement ses inves- tigations dans le domaine des technologies médicales, commencées progressivement à partir du début des années 90. En interne, la période 1984-199 voit aussi le renforcement de plusieurs aspects de la politique d’établissement de l’INRIA : • l’institut accroît la qualité et la rigueur du processus d’évaluation des projets de recherche, et amplifie le renouvellement des projets de recherche et celui de leurs responsables ; • il renforce son action en faveur de la création d’entreprises ; Plan stratégique 2008-2012 7
  • 8.
    1.2 La période1999-200 : Un développement sans précédent Bernard Larrouturou, mathématicien appliqué, Le Premier ministre affirme la nécessité de doubler 1.2 professeur à l’École polytechnique, est nommé président de l’INRIA en 199. Dès 1997, l’INRIA en dix ans les moyens de l’institut, et annonce la signature du Contrat quadriennal 2000-200 La période  amplifie ses actions pour insister, en France et en Europe, sur l’importance stratégique du qui prévoit que les emplois financés par l’État au sein de l’INRIA seront portés à 1 180 − 1 100 1999-2003 :  domaine des sciences et technologies de l’information et de la communication (STIC). emplois permanents et 80 postes contractuels − en 200, à comparer à 7 emplois permanents Un développement  L’institut se donne en 1999 un nouveau plan en 2000. Cette priorité accordée à l’INRIA, malgré sans précédent stratégique ambitieux, qui plaide avec vigueur pour que le domaine des STIC bénéficie d’une les contraintes s’exerçant sur les budgets de la recherche des années suivantes, permettra à priorité affirmée dans le cadre de la politique l’INRIA de disposer, en 200, de 1 148 emplois nationale de recherche. Il affirme aussi la volonté financés par l’État − 101 emplois permanents de l’INRIA d’amplifier son effet d’entraînement et 117 postes contractuels. au sein du dispositif national, et son ambition de participer plus activement à l’intense compétition Un institut fortement engagé internationale du secteur des STIC avec l’objectif dans la compétition internationale de devenir, en quelques années, un institut reconnu L’institut augmente considérablement ses efforts comme le leader européen et l’un des meilleurs pour attirer davantage de chercheurs étrangers centres mondiaux dans son domaine. et devient un institut beaucoup plus interna- tional : un tiers des chercheurs permanents Une très forte priorité recrutés par l’INRIA entre 2001 et 200 ne sont des pouvoirs publics pas de nationalité française. De plus, l’institut 2000 est une année charnière : le Conseil inter- amplifie fortement sa politique d’accueil, en ministériel pour la société de l’information, réuni réservant environ un tiers des emplois créés pour le 10 juillet 2000 sous la présidence du Premier l’accueil d’enseignants-chercheurs ou de fonc- ministre, souligne que le plan stratégique élaboré tionnaires des corps techniques de l’État, et en l’année précédente par l’INRIA constitue un accueillant sur des contrats à durée déterminée élément déterminant dans la définition d’une poli- des jeunes ingénieurs en sortie d’école pour un tique nationale ambitieuse dans le domaine des premier emploi à fort contenu technologique. STIC et annonce un accroissement important de En lien avec les écoles et universités dont il l’effort de recherche public dans ce domaine. est partenaire, l’INRIA est aussi très attentif à la croissance du nombre des doctorants présents dans ses projets de recherche. Ce nombre s’élève de 50 à 750 entre le premier semestre 2000 et le premier semestre 200, dont un tiers d’étrangers. De nombreux signes témoignent de la forte augmentation du rayonnement international de l’INRIA : la croissance du nombre des arti- cles de revues internationales et de leur facteur d’impact, supérieure à celle des effectifs, l’aug- mentation du nombre des visiteurs étrangers, notamment en provenance de l’Asie et de toute l’Europe, la participation importante de l’institut au cinquième PCRD de l’Union européenne, en progression très nette par rapport au quatrième PCRD, la visibilité croissante du groupement ERCIM dont l’INRIA assure la direction et auquel est confié en 200, à l’initiative de l’institut, le rôle d’hôte européen du WC. Aux yeux de nombreux observateurs, l’institut figure parmi les premiers centres de recherche européens Suivi d’objet par la couleur — MAIA. de son domaine. 8 Plan stratégique 2008-2012
  • 9.
    H istoire Un comité d’évaluation stratégique − Visiting • savoir produire des logiciels sûrs ; Committee − constitué presque exclusivement • concevoir et maîtriser l’automatique des de personnalités étrangères est réuni pour la systèmes complexes ; première fois en 2002 afin d’évaluer l’action de la • combiner simulation et réalité virtuelle ; direction de l’institut et porter une appréciation et deux grands domaines d’application : globale sur l’INRIA*. Enfin, le renouvellement du • télécommunications et multimédia ; conseil scientifique de l’INRIA en 200 permet • santé et biologie. de donner à ce conseil une composition réso- L’influence de cette focalisation thématique lument européenne. dans la dynamique de la vie scientifique de l’INRIA est très sensible. En particulier, en lien Des partenariats et un effet d’entraînement avec les deux premiers défis scientifiques et renforcés dans le dispositif national le premier domaine d’application, l’institut En France, l’INRIA amplifie ses partena- amplifie beaucoup ses recherches sur les riats avec les établissements d’enseigne- réseaux de télécommunications (réseaux haut ment supérieur. En 200, près des deux tiers débit, mobiles, sans fil, ad hoc), le transport et des projets de recherche de l’institut sont le traitement de données multimédia, le déve- communs avec ces établissements, alors que loppement « d’intergiciels » (middleware) pour cette proportion était proche de la moitié en le calcul distribué et le « grid computing ». De 1999. Le schéma de développement approuvé plus, les domaines de la santé et de la biologie par le conseil d’administration prévoit l’ouver- connaissent un succès supérieur aux attentes, ture, à terme, de trois nouvelles unités de avec des progressions très nettes concernant recherche dans le Sud Ouest, dans le Nord la bioinformatique, les technologies médicales L’engagement de et sur le plateau de Saclay. Pour les incuber et les neurosciences. et les intégrer au mieux dans son organisation L’engagement de l’INRIA à mobiliser ses l’INRIA à mobiliser interne, l’institut décide de créer au 1er janvier efforts sur les thèmes prioritaires porte aussi ses efforts sur les 2002 une sixième unité de recherche « sans murs », appelée Futurs, localisée sur les trois sur les activités de transfert technologique. Malgré ses difficultés économiques, le secteur thèmes prioritaires sites de Bordeaux, Lille et Saclay. des télécommunications devient clairement Dans le même temps, l’institut met en œuvre, le premier domaine industriel auquel contri- porte aussi sur les autour de chacune des cinq unités de recherche buent les recherches de l’INRIA, et l’institut y plus anciennes, une politique d’élargissement développe des partenariats étroits avec des activités de transfert géographique : en 200, l’INRIA compte ainsi entreprises qui sont des leaders européens une quinzaine de projets « hors-sites » situés à ou mondiaux comme Alcatel, France Telecom, technologique. Besançon, Cachan, Lannion, Marne-la-Vallée, Hitachi ou Philips. En France, les relations Marseille, Metz, Nantes, Paris et plus particu- industrielles de l’institut, notamment avec lièrement à Lyon. les PME, sont amplifiées par son implication dans les réseaux nationaux de recherche et Une politique scientifique affirmée d’innovation technologique, mis en place En regard de la priorité fixée par le gouverne- par le gouvernement. L’INRIA et sa filiale ment, l’institut s’engage à mobiliser particu- INRIA-Transfert, créée en 1998 pour jouer lièrement ses efforts sur quelques thèmes un rôle d’incubateur et mettre en place les prioritaires, plus précisément sur cinq « défis tout premiers fonds d’amorçage, poursuivent scientifiques » : résolument leurs activités de soutien à la • maîtriser l’infrastructure numérique en création d’entreprises et le nombre de créa- sachant programmer, calculer et commu- tions de sociétés issues de l’INRIA dépasse niquer sur Internet et sur des réseaux 0. En s’appuyant sur l’expérience du WC, hétérogènes ; l’institut favorise la constitution de consor- • concevoir les nouvelles applications tiums avec des partenaires académiques exploitant le Web et les bases de données et industriels pour partager les efforts de multimédia ; développement et accroître les chances de succès de plusieurs logiciels libres issus de * Les recommandations de ce Visiting Committee ont joué un rôle important dans l’élaboration du plan stra- ses recherches, comme par exemple Scilab tégique suivant. ou ObjectWeb. Plan stratégique 2008-2012 9
  • 10.
    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement En interne, des sources de fragilité des ressources humaines. La plus grande Une croissance aussi rapide − environ 50 % difficulté concerne la gestion administrative en trois ans − s’accompagne inévitablement et financière, difficulté qui s’explique princi- de nombreuses évolutions internes, parfois palement par un accroissement du nombre difficiles à maîtriser. L’INRIA est confronté d’emplois d’ITA inférieur à celui des actes à de nombreuses questions nouvelles de gestion, par l’inadaptation des outils d’in- concernant son organisation, sa politique formatique de gestion et le retard du projet de ressources humaines, ses pratiques démarré en 2001 pour les remplacer par un managériales et sa gestion administrative. système d’information intégré, et enfin par Le domaine dans lequel les progrès les plus une culture de contrôle de gestion insuffi- nets ont été réalisés est celui de la politique samment développée. Fin 200, Michel Cosnard, informaticien, scientifiques et technologiques, économiques 1.3 professeur à l’Université de Nice - Sophia Antipolis est nommé président de l’institut, et sociétaux. L’objectif essentiel de l’INRIA sur la durée du La période  puis, de 2004 à 200, c’est Gilles Kahn, informaticien, directeur de recherche à l’INRIA, plan stratégique 2004-2007 est de réaliser des percées scientifiques et technologiques 2004-2007 :  qui assure la présidence jusqu’à son décès début 200. Michel Cosnard, lui succède à majeures dans le cadre des sept grands défis prioritaires suivants : Consolidation  la mi-200. • concevoir et maîtriser les futures infras- et reprise du  Le plan stratégique 2004-2007 approuvé par le conseil d’administration en juillet 200, tructures des réseaux et des services de communication ; développement confirme la volonté de l’institut d’être reconnu comme le meilleur centre de recherche euro- • développer le traitement des informations et données multimédia ; péen et l’un des tout meilleurs mondiaux dans • garantir la fiabilité et la sécurité des les domaines de l’informatique, de l’automa- systèmes à logiciel prépondérant ; tique et des mathématiques appliquées. Pour • coupler modèles et données pour simuler réaliser cette ambition, l’institut définit une et contrôler les systèmes complexes ; politique d’établissement reposant sur des • combiner simulation, visualisation et choix clairement affirmés. interaction ; • modéliser le vivant ; Les sept défis scientifiques et • intégrer pleinement les STIC dans les technologiques de l’INRIA technologies médicales. L’innovation dans le domaine des STIC s’ap- Fin 200, l’ensemble de ces défis mobilise puie de façon essentielle sur la recherche plus de 75 % des activités des projets de scientifique, parfois la plus fondamentale. Le recherche, les deux derniers dépassant les plan stratégique 2004-2007 réaffirme cette 15 %. L’orientation vers les sciences du vivant priorité en combinant intimement l’excel- et de la santé et les technologies médicales lence scientifique et le transfert techno- a été très largement suivie par les projets de logique. Cependant l’INRIA a pleinement recherche, puisqu’au total ce sont plus de conscience qu’il ne peut couvrir tous les 500 chercheurs qui sont aujourd’hui mobilisés sujets de recherche de ce domaine vaste et sur ces thèmes. majeur de la science et de la technologie, dont l’étendue des applications et la profondeur Former des pôles d’excellence des interactions avec d’autres domaines ne Au sein du dispositif de recherche français, cessent de croître. Il est donc nécessaire de l’INRIA est le seul établissement exclusivement faire des choix de politique scientifique et dédié au domaine de l’informatique, de l’auto- technologique. Ces priorités ont été définies matique et des mathématiques appliquées. en fonction des compétences présentes à La qualité de ses chercheurs, son implication l’INRIA et de la vision de l’institut sur les enjeux dans la formation par la recherche et ses 10 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire résultats en matière de recherche comme en INRIA », en grande majorité communes avec matière de transfert technologique, mais aussi d’autres partenaires, définition précise des son engagement résolu dans la construction fonctions de direction dans les centres de de l’espace européen de la recherche et dans recherche, changement de dénomination du la compétition internationale, font de l’INRIA, président du comité des projets en délégué parmi les acteurs français de la recherche scientifique. dans ce domaine, celui qui jouit de la plus L’organisation de la recherche à l’INRIA, basée grande visibilité internationale. principalement sur les équipes-projets de Dans une dynamique de relations étroites recherche, est réaffirmée. En promouvant avec l’enseignement supérieur, l’INRIA la dimension collective de la recherche et en poursuit le développement de ses unités de regroupant les chercheurs au sein d’équipes recherche jouant un rôle de leader dans les dont les objectifs sont bien identifiés, elle sites où elles sont implantées, avec l’objectif accroît la visibilité et l’impact des travaux qu’ils soient reconnus comme des pôles d’ex- menés au sein de l’institut. En veillant à limiter cellence de niveau européen et international. la durée des équipes-projets tout en facilitant Le nombre de projets INRIA communs avec leur évolution et leur réorientation, cette orga- des établissements d’enseignement supérieur nisation permet une grande souplesse et une ou des organismes de recherche passe de 80 bonne réactivité. Le nombre d’équipes-projets Dans une dynamique au 1er janvier 2004 à 111 au 1er janvier 2007. INRIA passe de 85 au 1er janvier 200 à 17 Dans cette optique, la politique d’accueil de au 1er janvier 2007. A cette date, l’âge moyen de relations étroites l’INRIA joue un rôle important. En 200 et des projets est de 4, ans, celui des chefs de 2007, plus de 50 postes de chercheurs sont projet de 4,4 ans. avec l’enseignement réservés pour accueillir en détachement des enseignants-chercheurs ou des chercheurs Le transfert technologique supérieur, l’INRIA d’autres organismes, en particulier d’autres Une priorité de la stratégie de l’institut est poursuit le domaines scientifiques, avec une priorité pour le domaine des sciences du vivant. le transfert technologique. L’INRIA continue d’investir, en moyens humains et financiers, développement Sur la même période, le nombre d’accueils pour en améliorer la qualité et l’efficacité, d’enseignants-chercheurs en délégation est en particulier via l’augmentation du nombre de ses unités de de l’ordre de 55. des CDRI, le renforcement de la DirDRI, ou la Pour préparer la création au 1er janvier 2008 création des SED (services d’expérimentation recherche vers des des unités de recherche INRIA de Bordeaux, et de développement). L’organisation conjugue Lille et Saclay, une part très importante des les actions des CDRI dans chaque centre, au pôles d’excellence de moyens supplémentaires ou en redéploie- plus près des équipes et des partenaires et un niveau européen et ment, est affectée à Futurs, dont le nombre de personnes passe de 2 au 1er janvier renforcement d’actions de coordination et de support confiées à la DirDRI : animation des international. 2004 à 12 au 1er janvier 2007. partenariats stratégiques, service spécialisé pour gérer les aspects PI, déploiement et L’organisation de la recherche promotion de licences pour le logiciel libre. Durant cette période et pour mieux se posi- L’institut met notamment l’accent sur des tionner dans le cadre de la politique nationale partenariats forts avec des grandes entreprises de recherche en STIC, l’INRIA revoit entière- leaders sur leur marché, françaises ou étran- ment son organisation : création des postes de gères. Ces partenariats, qui s’inscrivent dans délégué général à la recherche et au transfert une perspective de moyen ou long terme, sont pour l’innovation et de délégué général à l’ad- un outil privilégié de travail coopératif avec des ministration des ressources et des services, grands industriels qui cherchent à mutualiser restructuration des directions scientifiques et leurs coûts de recherche et de développement. des directions fonctionnelles, créations des FT RD, EDF, Alcatel Lucent et Thalès comp- fonctions de directeurs scientifiques adjoints tent parmi ces grands partenaires. et de conseillers scientifiques, changement La professionnalisation des activités de de dénominations des unités de recherche développement logiciel et l’amélioration de en « centres de recherche INRIA », et des la qualité de ces développements est aussi projets de recherche en « équipes-projets une priorité déterminante pour obtenir des Plan stratégique 2008-2012 11
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    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement succès significatifs, pour continuer à encou- L’accueil de jeunes ingénieurs, bénéficiant rager les chercheurs à optimiser le mode de à l’INRIA d’une formation complémentaire transfert dans l’éventail des diverses licences technologique au contact de la recherche, de logiciels commerciaux et de logiciels libres. suivie le plus souvent d’un recrutement dans Chaque année, 0 à 70 logiciels sont déposés l’industrie augmente : leur nombre passe de par les équipes de l’institut. La création ou 80 en 200 à 1 en 2007. le renforcement des SED vise à soutenir les efforts des EPI, en particulier pour profession- Partenariats européens naliser et pérenniser leurs développements La création de la direction des partenariats logiciels. européens traduit le fait que la construction La création d’entreprises reste un moyen privi- et le développement de l’espace européen légié de transfert de technologie, comme l’at- de la recherche est une grande priorité de teste la création de 2 start-up sur la période la politique de l’institut. 200 à 200. A la suite du cinquième PCRD dans le cadre duquel l’institut a participé à 110 projets, La formation et le transfert le sixième PCRD a constitué un enjeu pour des connaissances l’INRIA qui a conforté sa place de leader dans L’INRIA voit la contribution qu’il apporte à la recherche en STIC en Europe, en particulier la formation par la recherche de jeunes dans le domaine du logiciel. Dans le cadre doctorants en informatique et en mathémati- de ce programme, l’INRIA est impliqué dans ques appliquées comme l’une de ses tâches 119 projets européens dont 21 réseaux d’ex- essentielles, menée en relation étroite avec cellence, 2 projets intégrés et 45 projets de les écoles doctorales dont il est partenaire. Il recherche, en liaison avec des partenaires poursuit son implication très active dans les industriels. Il assure la coordination scienti- activités de formation doctorale, en étant très fique de 15 d’entre eux. attentif à la qualité des thèses préparées au Sous l’impulsion de l’institut, le consortium sein de ses équipes-projets de recherche et, ERCIM (European Research Consortium on plus généralement, à la qualité de la formation Informatics and Mathematics, regroupant reçue par ces doctorants et à la préparation de aujourd’hui 18 organismes nationaux) a leur insertion professionnelle après la thèse. progressivement construit sa représentati- Le nombre de doctorants dans les équipes- vité au sein de la communauté scientifique et projets de recherche est passé de 70 au 1er technologique du domaine des STIC. Sa visi- janvier 200 à 1070 au 1er janvier 2007. Le bilité internationale a été consolidée lorsque nombre de thèses soutenues est passé de 150 l’INRIA lui a transféré sa responsabilité « d’hôte en 200 à 291 en 200. Pour réaliser cette européen » du WC. croissance du nombre des doctorants, tout en L’institut poursuit ses efforts pour développer conservant une très grande qualité de recrute- ses relations avec les grands industriels euro- ment, l’INRIA a mis en place un programme péens : participation au programme Eurêka, d’accueil doctoral financé sur crédits d’État notamment dans le cadre du programme ITEA, mettant l’accent sur la mobilité et sur l’accueil création du laboratoire AIRD, commun avec de doctorants étrangers. En 200, 25 contrats Philips, Thomson et le Fraunhofer Institute. de recherche doctorale INRIA sur subvention Dans tous les grands pays, l’importance des (CORDI-S) ont été ouverts au recrutement régions dans les coopérations internationales conduisant à plus de 1500 candidatures. Les est croissante, et les centres de recherche doctorants recrutés sont tous extérieurs à INRIA participent aux relations internatio- l’école doctorale d’accueil et sont à 85 % de nales des régions où elles sont implantées. La nationalité étrangère. En 2007, 40 nouveaux signature de conventions de partenariat avec CORDI-S ont été ouverts au recrutement. En le Luxembourg et l’Allemagne, notamment complément de son implication dans la forma- avec les établissements situés à Sarrebruck et tion doctorale, l’INRIA a amplifié également Kaiserslautern (universités, Institut Max Planck Le CAT (Contrôle Action Table), son programme d’accueil de post-doctorants et DFKI), ou celle avec le CWI à Amsterdam périphérique à 6 degrés de liberté pour sur subvention : leur nombre passe de 7 en sont des exemples prometteurs de cette environnement virtuel — IPARLA. 200 à 80 en 2007. politique. 12 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire Relations internationales succès. Le nombre des équipes associées est Dans un contexte où les STIC sont partout passé de 2 en 2004 à 71 en 2008. une priorité des politiques de recherche natio- Enfin, le personnel scientifique de l’institut nales, l’INRIA continue de développer ses continue de s’internationaliser, la proportion coopérations internationales en ciblant de d’étrangers parmi les chercheurs, les post- manière privilégiée ses efforts sur quelques doctorants et les ingénieurs rémunérés par grands partenariats et sur certaines zones l’INRIA dépassant les 15 % en 200. géographiques. L’Asie est la première priorité géogra- Des structures d’appui et de gestion phique en dehors de l’Europe. Le labora- au service de la recherche toire franco-chinois LIAMA installé à Pékin, À côté des critères d’excellence et de qui a fortement contribué à développer les pertinence des actions de recherche et coopérations avec la Chine dans le domaine de transfert technologique, c’est aussi à l’aune des STIC, est renforcé grâce à la possibilité du critère d’efficience de son fonctionnement pour l’INRIA d’accorder le statut d’expatriés interne que s’évalue l’action de l’institut. à certains de ses chercheurs : 4 directeurs L’accroissement de la qualité et de l’effica- de recherche sont responsables d’équipes cité des activités de support et d’accompa- communes avec l’Institut d’automatique gnement de la recherche est une priorité de de l’Académie des sciences de Chine ou cette période : avec l’université Tsinghua. Le LIAMA parti- • le développement et le déploiement d’un cipe notamment à un ambitieux projet de système d’information plus performant, développement logiciel open source dans le adapté à l’évolution programmée du cadre du consortium Scilab lancé par l’INRIA. cadre de gestion budgétaire et comp- L’institut continue aussi de développer des table des EPST, progressivement étendu Les STIC sont programmes de coopération mis en place avec Hong Kong, Singapour, Taiwan, la Corée et le à l’ensemble des registres d’action de l’institut ; partout une priorité Japon, notamment avec les grands industriels • la poursuite de la politique de déconcentra- comme Hitachi. Le programme d’accueil d’étu- tion et le développement d’une « démarche des politiques de diants se développe également avec l’Inde. qualité » s’appuyant sur la responsabilisa- Le nombre de stagiaires asiatiques dans le tion de tous les acteurs de la gestion ; la recherche nationales. programme INRIA International Interships décentralisation d’une partie des respon- passe de 24 en 2004 à 49 en 2007. sabilités administratives et financières, Les relations de l’INRIA avec les États-Unis réalisée en confiant aux directeurs d’unités et le Canada sont bien sûr très dynamiques, de recherche la fonction d’ordonnateurs et des coopérations sont actives avec une délégués ; l’acquisition et le déploiement centaine d’universités ou d’entreprises. Le dans tous les centres de recherche d’un leadership incontestable que détiennent nouveau système de gestion informatisée les États-Unis dans le domaine des STIC de bibliothèque permettant l’accès à un rend indispensable un partenariat fort avec catalogue mutualisé des différents fonds l’Amérique du Nord. En particulier, l’institut documentaires ; poursuit le dialogue régulier avec la NSF et • la mise en place du serveur d’archive met en place des relations avec le NIH dans ouverte Hal-INRIA pour un accès direct les domaines de la modélisation du vivant et par les chercheurs à la communication des technologies médicales. scientifique ; Les partenariats avec les pays du Sud sont • la mise en place, notamment dans le également renforcés. En particulier, l’INRIA cadre du protocole de modernisation et maintient son soutien à l’Afrique grâce au de simplification signé avec la direction colloque bisannuel CARI et au groupement générale de la comptabilité publique, de d’intérêt scientifique SARIMA. méthodes et d’outils de pilotage et de Le programme des équipes associées qui contrôle de gestion plus performants, le permet d’associer à un projet de recherche développement des pratiques de « contrôle de l’INRIA une équipe de chercheurs dans partenarial » avec l’agence comptable, la une institution étrangère se développe avec diffusion d’une culture de gestion au sein Plan stratégique 2008-2012 1
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    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement de l’institut par un effort de formation tion de nouvelles dispositions réglementaires soutenu, l’accroissement de la réactivité et et le fort engagement en ce sens de la direc- de la capacité d’anticipation, notamment tion de l’institut ont permis de résorber toutes pour les achats. les situations de précarité dans lesquelles se L’institut a défini et mis en œuvre une politique trouvaient, depuis plusieurs années, plusieurs ambitieuse en matière d’équipements infor- dizaines de personnels de l’INRIA. L’institut matiques et de communications, au meilleur a conçu et rédigé un Guide du responsable niveau international, avec des réseaux à très dans le but de mettre en place une formation à haute performance, des moyens de calcul l’encadrement et au management. Les actions et de visualisation et des grilles permettant de formation continue des personnels ont été de mettre en œuvre des expérimentations et considérablement renforcées. Les mobilités des développements technologiques de très internes et externes des personnels ont été grande ampleur. particulièrement encouragées. La généralisation Le développement d’une politique de des campagnes de mobilité ouvertes sur toutes ressources humaines dynamique constitue les fonctions publiques a permis de pourvoir un une priorité majeure. Une mobilisation très grand nombre de postes ITA par voie de déta- active des personnels de l’INRIA a permis chement. Enfin, la mise en place d’un dispositif d’organiser avec succès des campagnes de pour entretenir davantage ses relations avec les recrutement de grande ampleur. La publica- anciens de l’INRIA a été initiée. L’INRIA    Comme dans les autres grands domaines problèmes pour le traitement de l’information aujourd’hui :  scientifiques, les recherches en STIC incluent un travail de production et d’organisation et la modélisation, et, inversement, l’exis- tence de nouveaux outils de conception et Des domaines  des connaissances, d’extraction et de mise de simulation modifie, parfois en profon- scientifiques    au point d’idées générales et profondes qui sont ensuite analysées, développées deur, les problématiques et même certains paradigmes dans ces sciences. Dans ce en pleine vitalité et appliquées. Elles visent à résoudre de nombreux problèmes nouveaux, parfois inat- secteur plus que dans beaucoup d’autres, le « cercle vertueux » liant recherche de base tendus, dont l’émergence est souvent une et applications joue à plein. Les recherches, conséquence de l’évolution extrêmement parfois les plus fondamentales, sont utili- rapide des technologies, notamment de l’aug- sées pour développer de nouveaux produits mentation exponentielle de la puissance selon un rythme extraordinairement accéléré des microprocesseurs, de la capacité de tandis que les perspectives ouvertes par les communication des fibres optiques et de la nouvelles technologies renouvellent, très densité des mémoires ou des disques magné- souvent en profondeur, les problématiques tiques, ainsi que de l’impact considérable de recherche. Partout, derrière les succès du déploiement du Web. La miniaturisation brillants de la technologie, derrière les déve- des capteurs et les quantités croissantes de loppements qui conduisent à la création données disponibles sont aussi à l’origine de nouvelles entreprises innovantes, il y a de nouveaux développements scientifiques des recherches fondamentales qui débou- pour mettre au point de nouveaux algorithmes chent sur de nouvelles théories, de nouveaux visant à analyser ces données et à réguler, modèles, de nouveaux outils logiciels et contrôler ou simuler des systèmes de plus alimentent des domaines scientifiques d’une en plus complexes. Enfin, les interactions grande vitalité. avec les autres sciences sont des éléments Il est important d’insister ici sur les rela- essentiels de la vitalité de l’informatique, de tions avec les autres sciences, qui jouent l’automatique et des mathématiques appli- un rôle majeur dans la politique scientifique quées. Elles fonctionnent à double sens : de l’INRIA. Tout d’abord, c’est un très grand les autres sciences apportent de nouveaux avantage de regrouper dans un même institut 14 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire des spécialistes de disciplines − informatique, été explorées dès les débuts de l’IRIA, mais automatique, traitement du signal et calcul elles se sont développées récemment dans scientifique − qui sont souvent séparées dans des directions nouvelles, comme le montrent des structures différentes, en France comme par exemple les contributions apportées à l’étranger. Les contributions scientifiques et ces dernières années en géométrie algorith- technologiques que pourrait apporter l’INRIA mique ou stochastique et en chimie compu- seraient beaucoup plus restreintes et étroites tationnelle. La dernière décennie a vu aussi s’il était seulement un institut de recherche un grand accroissement de l’interaction de en informatique, car les interactions entre l’INRIA avec les sciences de l’environne- informatique et mathématiques appliquées ne ment, et surtout avec les sciences du vivant, cessent de se renforcer et sont essentielles dans des directions variées : bioinforma- pour relever les nouveaux défis du secteur tique, biologie moléculaire, neurobiologie, des STIC et de ses interactions avec d’autres biomécanique, modélisation d’organes ou domaines. En conséquence, c’est une préoc- de fonctions physiologiques, modélisation et cupation constante de la direction de l’INRIA simulation de la croissance des plantes, robo- que les recherches soient menées et évaluées tique médicale, modélisation des ressources au sein de l’institut en évitant les frontières renouvelables, etc. entre disciplines et les effets de cloisonne- L’INRIA considère que l’interaction entre les ment liés à l’organisation. Avec ces atouts, STIC et les sciences du vivant et les appli- les interactions avec les mathématiques, avec cations dans les technologies médicales ou la physique, la chimie et la mécanique ont dans le domaine de l’environnement joueront un rôle majeur et profond dans la science des prochaines décennies, de même que la profonde interaction et le grand enrichis- sement mutuel des mathématiques et de la physique ont tenu une grande place dans l’aventure scientifique au cours des derniers siècles. Enfin, les questions transversales liées à la sécurité, à l’évolution de la société de l’information, à l’éducation, à l’économie ou au développement durable bénéficient des progrès de la recherche en STIC. On peut conclure cette rapide présenta- tion globale en soulignant encore un aspect important. L’INRIA considère que ses recher- ches sont soumises à une « tension » parti- culière : du fait de la compétition très vive liée aux applications des recherches, du fait aussi de la rapidité de l’évolution des technologies, les STIC sont un domaine de recherche où le temps compte. Tout en consi- dérant que cette tension est très stimulante et fructueuse, l’INRIA estime que, dans ce contexte où les sollicitations visant à cibler les efforts sur des problèmes de court terme sont de plus en plus nombreuses, il doit veiller à poursuivre avec détermination son implication dans la recherche fondamentale, clé de sa capacité à mieux comprendre ses domaines scientifiques et à anticiper leurs Salle de réalité virtuelle. Visualisation de évolutions et les innovations technologiques surfaces géologiques — ALICE. à moyen et long terme. Plan stratégique 2008-2012 15
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    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement Les grands domaines  Les 150 équipes-projets de recherche de l’INRIA sont rattachées à cinq grands thèmes de recherche  de recherche, plus précisément à 16 sous-thèmes. Cette répartition permet d’iden- tifier les forces de l’INRIA selon ces cinq grandes thématiques d’une part et surtout abordés à l’INRIA permet d’organiser son processus d’évaluation. Les équipes d’un même sous-thème (en moyenne une dizaine d’équipes) sont, quel que soit leur centre de rattachement, évaluées simultanément par un collège d’experts internationaux (voir pour plus de détail sur le processus d’évaluation le paragraphe 4.3.6). On trouvera ci-contre une description sommaire de chacune de ces cinq grandes thé- matiques et la liste des seize sous-thèmes, avec pour chacun le nombre d’équipes- projets correspondant (EPI en décembre 2007). 1 Systèmes communicants Le thème Systèmes communicants est centré sur les problèmes que soulèvent la conception Com-A 12 EPI et la mise en œuvre des outils informatiques nécessaires aux systèmes d’information actuels et Systèmes distribués futurs. Ceux-ci font appel à des systèmes informatiques où de multiples unités de traitement sont et architectures réparties réparties autour de réseaux de communication, avec des contraintes particulières de fiabilité, Com-B 10 EPI de disponibilité et de performance telles que le temps réel. Ceci concerne d’abord l’architecture Réseaux et télécommunications et les systèmes : outils de conception de processeurs spécialisés, compilation et optimisation de codes, en particulier pour les systèmes embarqués. La distribution et la mobilité des calculs, le Com-C 10 EPI temps-réel et l’interopérabilité font intervenir la programmation synchrone, la programmation Systèmes embarqués et mobilité réactive et les processus communicants. Le dimensionnement et la métrologie des réseaux font appel à la modélisation probabiliste, à la simulation et à la théorie des graphes. La conception Com-D 3 EPI et l’étude de protocoles adaptés au haut débit et aux caractéristiques des nouveaux réseaux Architecture et compilation ubiquitaires (sans-fil, mobiles, hétérogènes, etc.) est un sujet très actif. 2 Systèmes cognitifs Le thème Systèmes cognitifs est centré sur l’interaction entre l’homme et la machine. La Cog-A 7 EPI psychologie cognitive et l’ergonomie permettent de mieux adapter les systèmes informati- Modélisation statisti- ques à leurs utilisateurs. La manipulation et l’exploitation de bases de données multimédia que et apprentissage impliquent des recherches sur la fouille de données, l’interopérabilité entre ces bases, l’intermédiation des données, les interfaces en langue naturelle, mais aussi l’indexation, la Cog-B 8 EPI représentation des connaissances, la modélisation statistique, l’apprentissage et le raison- Images et vidéo : perception, nement. Des applications nombreuses et nouvelles donnent un rôle grandissant à l’image. indexation, communication L’analyse d’images couvre des domaines aussi variés que les images satellitaires, les nouvelles modalités d’imagerie médicale, l’indexation de documents vidéo ou le pilotage de systèmes Cog-C 8 EPI robotisés. La synthèse d’images vise à la réalité augmentée et virtuelle, et devient, couplée Données multimédia : interpréta- avec la simulation, un mode d’interaction homme-machine particulièrement riche pour tion et interaction homme-machine des activités comme la conception, la chirurgie et les applications du calcul scientifique. Le développement des réseaux fournit des contraintes nouvelles pour la transmission et le Cog-D 7 EPI codage des documents multimédia. Synthèse d’images et réalité virtuelle 1 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire 3 Systèmes symboliques Le thème Systèmes symboliques est centré sur la conception et l’expérimentation de nou- Sym-A 12 EPI veaux outils de programmation pour maîtriser la complexité croissante des logiciels, leur Sécurité et fiabilité du logiciel assurer une meilleure fiabilité et garantir la sécurité de leur mise en œuvre. Cette maîtrise Sym-B 10 EPI passe par des langages de haut niveau intégrant des concepts génériques tels les objets ou Structures algébriques les contraintes, et des principes de composition incluant la programmation par composants et géométriques, algorithmes et la programmation par aspects. Les recherches portent aussi sur la compilation, les outils automatiques ou interactifs de preuve de programmes ou de propriétés des programmes, Sym-C 10 EPI en incluant la vérification de l’arithmétique des ordinateurs. De nouvelles applications font Organisation des conte- appel à des algorithmes plus complexes pour la cryptographie, la géométrie algorithmique, nus et de la langue la robotique et la bioinformatique. La conception et l’analyse de ces algorithmes recourent à des structures algébriques et géométriques et à des méthodes mathématiques nouvelles et au calcul symbolique. Sont aussi concernées les recherches sur l’organisation des contenus et de la langue. 4 Systèmes numériques Le thème Systèmes numériques porte sur de nouvelles méthodes, de modélisation, de Num-A 7 EPI simulation, d’optimisation et de résolution de problèmes à grande échelle issus de l’in- Automatique et systèmes complexes génierie, l’économie, la médecine, la biologie ou l’environnement, ou plus généralement de problèmes inverses en stochastique ou en grande dimension. La théorie des systèmes Num-B 11 EPI complexes et de leur commande, le traitement du signal et l’analyse de données s’appliquent Grilles et calcul ici en robotique, dans la conduite de systèmes industriels, le transport routier ou aérien, le haute-performance contrôle non destructif, les télécommunications, mais aussi en biologie et dans les problè- mes d’environnement. La simulation de phénomènes complexes relevant des sciences de Num-C 9 EPI l’ingénieur (mécanique des fluides et des structures, semi-conducteurs et électrotechnique, Modèles déterministes météorologie, matériaux nouveaux), des modèles financiers, ou encore d’organes vivants, ou stochastiques : conduit à la recherche de modèles mathématiques qui font souvent intervenir des coupla- identification et optimisation ges entre différentes échelles et différents phénomènes physiques, et à la mise au point de méthodes numériques précises et performantes pour réaliser des simulations numériques Num-D 14 EPI Simulation et analyse numérique de grande ampleur. Les applications numériques à grande échelle font appel, avec le calcul pour les modèles physiques sur la grille, à la programmation parallèle ou distribuée, à la transformation de programmes et à la gestion d’applications réparties. 5 Systèmes biologiques Le thème Systèmes biologiques est centré sur la modélisation et simulation pour la biologie Bio-A 12 EPI et la médecine : l’analyse et la simulation d’images médicales et de phénomènes biologiques, Modélisation et simulation la compréhension de la vision biologique, la bioinformatique, la robotique médicale et le pour la biologie et la médecine mouvement artificiel. La modélisation de la croissance des plantes, la modélisation et le contrôle de ressources renouvelables sont des sujets d’étude actifs. Plan stratégique 2008-2012 17
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    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement Les centres    Les centres de recherche de l’INRIA, au nombre de huit au 1er janvier 2008, sont très suc- de recherche  cinctement décrits dans les encarts des pages suivantes. Leurs orientations scientifiques dans le cadre du présent plan stratégique sont décrites dans le chapitre 4 (cf. 4.2). de l’INRIA x u a st e e d u or O B d u IA S R IN L e centre de recherche INRIA Bordeaux - Sud Ouest est, avec Lille et Saclay, un des trois centres incubés au sein de l’unité de recherche INRIA Futurs, entre janvier 2002 et décembre 2007. Il est créé comme centre de plein exercice au 1er janvier 2008. Ses 13 équipes de recherche (7 EPI) ont été construites en s’appuyant sur des partenariats forts avec les universités de Bordeaux et de Pau et le CNRS, et plus précisément avec leurs laboratoires : le LABRI, l’IMB, le LMA et le MIGP. Grâce au dynamisme de ces collaborations, à l’apport de personnels ayant effectué une mobilité depuis d’autres sites de l’INRIA et en s’appuyant sur une politique de recrutement de chercheurs et de personnels de soutien à la recherche de haute qualité, le centre de recherche rassemble, début 2008, 273 personnes dont 111 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 27 chercheurs et 21 ITA fonctionnaires. 18 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire s le e b lp no -A e e r n G ô h IA R R IN L e centre de recherche INRIA Grenoble - Rhône-Alpes a été créé en 1992 ; il rassemble environ 500 personnes dont 260 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 75 chercheurs et 66 ITA. La localisation principale du centre est à Montbonnot, près de Grenoble. Près d’un quart de ses effectifs se trouve à Lyon sur les sites de l’ENS à Gerland et du campus universitaire de la Doua. Le centre, qui dispose de huit services de support à la recherche, rassemble fin 2007 26 équipes de recherche (23 EPI) qui sont pour la plupart communes avec le CNRS et/ou les établissements universitaires locaux : elles ont été construites en s’appuyant sur des partenariats forts avec les universités de Grenoble et Lyon (Université Joseph Fourier, Institut national polytechnique de Grenoble, Université Claude Bernard), l’École normale supérieure de Lyon et l’INSA de Lyon, ainsi que le CNRS, et plus précisément avec leurs laboratoires dont le LIG, le LJK, et le LIP ou le CITI. Sur le plan du transfert technologique, le centre a privilégié la création d’entreprises, avec 14 sociétés créées depuis 1999 et 3 en incubation, et les partenariats avec les grands acteurs locaux comme ST Microelectronics, France Telecom et Xerox. Plan stratégique 2008-2012 19
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    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement e u le p ro E Lil rd o IA N R IN L e centre de recherche INRIA Lille - Nord Europe est, avec Bordeaux et Saclay, un des trois centres « incubés » au sein de l’unité de recherche INRIA Futurs, entre janvier 2002 et décembre 2007. Il est créé comme centre de plein exercice au 1er janvier 2008. A cette date, il rassemble environ 200 personnes dont 80 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 18 chercheurs et 15 ITA. Ses 10 équipes-projets de recherche ont été construites en s’appuyant sur des partenariats avec l’Université des sciences et technologies de Lille (Lille 1), l’Université Charles de Gaulle (Lille 3), l’École centrale de Lille et le CNRS. Sept EPI sont communes avec le LIFL, deux avec le LAGIS et une avec le laboratoire Paul Painlevé (laboratoire de mathématiques UMR 8524 CNRS et USTL). Le centre s’est installé depuis le printemps 2007 dans un bâtiment de 4000 m2 acquis avec l’aide des collectivités et des fonds européens, situé sur le parc scientifique de la Haute Borne, en lisière du campus de l’USTL et de l’École Centrale de Lille. 20 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire y st c E n d a n N ra IA G R IN L e centre de recherche INRIA Nancy - Grand Est a été créé en 1986 ; il compte 480 personnes dont 210 sont rému- nérées par l’INRIA, parmi lesquelles 63 chercheurs et 65 ITA. Ses 22 équipes de recherche (21 EPI) ont été construites en s’appuyant sur des partenariats avec l’Université Henri Poincaré à Nancy, les Universités de Metz, Nancy 2 et Strasbourg, l’INP de Nancy et le CNRS, et principalement avec leurs laboratoires LORIA (Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications) et IECN (Institut Elie Cartan). L’INRIA est également présent, par des équipes-projets bi-localisées avec Nancy, sur les sites de Metz, Besançon et Strasbourg. Le centre de recherche INRIA Nancy - Grand Est développe de nombreux projets internationaux et une collabora- tion transfrontalière privilégiée avec la Sarre. En termes de transfert technologique, il est à l’origine de la création de 9 entreprises depuis 2000, et diffuse une quarantaine de logiciels. Plan stratégique 2008-2012 21
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    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement rt n s u e ri o u a c q P c o IA R R IN C réé en 1967 en même temps que l’institut, le centre de recherche INRIA Paris-Rocquencourt compte aujourd’hui environ 600 personnes dont 370 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 128 chercheurs et 130 ITA. Il regroupe 9 services et 35 équipes de recherche (31 EPI), dont 17 communes avec les universités Pierre et Marie Curie (Paris 6), Denis Diderot (Paris 7), Marne-la-Vallée et Versailles - Saint-Quentin, l’École nationale des Ponts et chaussées, l’École normale supérieure de Paris, l’École nationale supérieure de techniques avancées et le CNRS. La qualité de ses équipes a permis au centre de créer 25 entreprises et de diffuser près de 50 logiciels de haute qualité, dont la moitié en logiciels libres. 22 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire ” e u tiq Ut ullaortis dunt tla s n A e velisl utem ing e n euip etuerit vullut n n g e ta R dolenim ipis nulput re IA luptate dolore. B R IN L ” e centre de recherche INRIA Rennes - Bretagne Atlantique a été créé en 1979 en même temps que l’IRIA deve- nait « INRIA ». Sur Rennes et Lannion, il est partenaire du CNRS, de l’université de Rennes 1, de l’INSA de Rennes, regroupés dans l’IRISA, UMR 6074, et de l’ENS Cachan (antenne de Bretagne). Deux équipes-projets, situées à Nantes, sont communes avec le LINA (rattaché à l’Université de Nantes, à l’École des Mines de Nantes et au CNRS). Le centre de recherche compte environ 580 personnes, dont 67 chercheurs INRIA, 82 enseignants-chercheurs, 15 cher- cheurs CNRS, 80 ITA INRIA, 21 personnels techniques et administratifs d’autres établissements, environ 180 doctorants et 25 post-doctorants. Il inclut 7 services de support à la recherche et 26 équipes-projets communes avec l’un ou plusieurs des partenaires mentionnés plus haut. Une large partie des travaux de recherche est réalisée dans le cadre de partenariats bilatéraux (partenaires académiques internationaux, partenaires applicatifs, grands groupes industriels, PME, organismes publics) ou de programmes multila- téraux (Agence nationale de la recherche, pôles de compétitivité, programmes européens avec la participation à plus de 40 projets du 6e programme-cadre). Le centre est en particulier très impliqué dans le pôle de compétitivité Images réseaux. La création d’entreprises innovantes et la valorisation des logiciels et des brevets complète le transfert technologique. Plan stratégique 2008-2012 2
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    1. La période2004-2007 : Consolidation et reprise du développement n y e ra la c -F c e Sa -d IA Île R IN L e centre de recherche INRIA Saclay - Île-de-France est, avec Lille et Bordeaux, un des trois centres « incubés » au sein de l’unité de recherche INRIA Futurs, entre janvier 2002 et décembre 2007. Il est créé comme centre de plein exercice au 1er janvier 2008. Le centre de recherche INRIA Saclay - Île-de-France compte environ 350 personnes dont 180 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 50 chercheurs et 38 ITA. Ses 21 équipes de recherche (15 EPI) ont été construites en s’appuyant sur des partenariats forts avec l’Université Paris-Sud, l’École polytechnique, l’École normale supérieure de Cachan, le CNRS, et plus précisément avec leurs labo- ratoires : le LRI, le LIX, le LSV, le CMAP et le département de mathématiques de l’Université Paris-Sud. 24 Plan stratégique 2008-2012
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    H istoire lis o tip e n é A a ia rr ph n ite o d S é IA M R IN L e centre de recherche INRIA Sophia Antipolis - Méditerranée a été créé en 1983 ; il compte environ 460 personnes dont 340 sont rémunérées par l’INRIA, parmi lesquelles 119 chercheurs et 80 ITA. Ses 30 équipes de recherche (28 EPI) ont été construites, pour une moitié d’entre elles, en s’appuyant sur des partenariats étroits avec les Universités de Nice-Sophia Antipolis et de Montpellier, avec le CNRS, l’INRA et le CIRAD, et en particulier avec les laboratoires I3S, JAD et LIRMM. Le centre entretient des collaborations très fortes avec les entreprises présentes dans sa zone géographique mais aussi sur d’autres territoires, et ses équipes participent à plus de 40 projets européens. Il participe aux travaux de huit pôles de compétitivité et il est membre fondateur du pôle mondial SCS (Solutions communicantes sécurisées). Il participe activement au rayonnement de la technopole de Sophia Antipolis à travers sa participation active aux associations comme Telecom Valley, mais aussi à travers les 15 spin-off issues du centre. Il s’inscrit dans le développement du pôle de Montpellier, notamment à travers sa participation à la Fondation Montpellier Agronomie et développement durable. Enfin, le centre héberge le siège d’ERCIM et l’équipe européenne de développement du W3C. Plan stratégique 2008-2012 25
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    Enjeux et contexte  de la recherche   en STIC Dans cette partie : E 2.1 Des enjeux de société page 28 2.2 Des défis scientifiques et technologiques page 31 2.3 e cadre international L et national des recherches en STIC page 33 2.3.1 Contexte international page 33 2.3.2 Contexte européen page 33 2.3.3 Contexte national page 34
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    2.1 Des enjeuxde société Les sciences et technologies de l’informa- démonstratives des prédictions permettront 2.1 tion sont présentes dans pratiquement tous les secteurs d’activité. Elles contribuent de de mobiliser les opinions publiques pour des actions préventives, nécessairement à long Des enjeux   façon essentielle à l’accélération des progrès scientifiques et technologiques, aux gains de terme, qui réclament des ressources et de forts engagements politiques et sociaux. de société productivité et à la croissance. L’économie, au sens large de l’ensemble des échanges entre En ce qui concerne le développement durable, il faudra trouver des réponses pérennes aux les hommes, et la société toute entière sont besoins d’une humanité qui comportera près profondément modifiées par les nouvelles de 9,5 milliards de personnes au milieu du infrastructures et modalités pour communi- siècle. En termes de besoins alimentaires, il quer, interagir et produire. faudra maitriser l’érosion des sols, leur appau- Les STIC transforment radicalement les vrissement et leur pollution par surexploita- méthodes et les outils du scientifique et de tion et par utilisation abusive d’engrais et l’ingénieur pour observer, pour synthétiser à de pesticides. Les réponses aux demandes partir de grandes masses de données, pour de production agronomique sont possibles, représenter et abstraire, pour modéliser, visua- dans le respect du développement durable, liser, concevoir et décider. On les retrouve au si on sait prendre en compte conjointement cœur des sciences numériques et de l’ingé- les besoins des plantes et ceux de leur envi- nierie numérique*. ronnement. Les techniques de modélisation L’INRIA a élaboré ses choix stratégiques pour et de calcul peuvent contribuer significati- répondre aux défis sociétaux et aux enjeux vement à la résolution de ces problèmes et économiques que les STIC contribuent à d’autres relatifs, par exemple, aux ressources résoudre. halieutiques. Le grand défi sociétal est l’amélioration des Ces techniques, ajoutées à celles de la conditions de vie de l’ensemble de l’humanité, conception, de l’optimisation et du contrôle avec réduction du déséquilibre Nord/Sud, automatique, peuvent également contribuer conjuguée à la préservation de l’environnement aux besoins en matière d’énergie. L’aide de la planète. Ce défi se décline en particu- à la conception de bâtiments HQE (haute lier en termes de développement durable, qualité énergétique), la gestion intelligente des d’amélioration de la santé, de prise en compte besoins prenant en compte diverses sources du vieillissement qui en est la résultante, et énergétiques, en particulier renouvelables, peut d’accès généralisé à la connaissance. être effectuée en ligne par des systèmes de Concernant les questions environnemen- contrôle/commande mis en œuvre à l’échelle tales, la modélisation et la simulation, conju- d’une maison, d’un immeuble ou d’une ville. On guées aux possibilités d’observation et de retrouve le contrôle actif partout où l’énergie détection, permettent d’étudier avec de plus doit être économisée, en particulier dans les en plus de précision les phénomènes naturels transports, où les actionneurs électriques complexes en jeu. Elles peuvent conduire à s’imposent progressivement. Enfin, les STIC des outils pour prédire, concevoir des straté- peuvent également contribuer à la gestion de gies de prévention ou d’adaptation, analyser nouvelles sources d’énergie : biocarburants, des scénarios et évaluer les risques de telle solaire, géothermique, éolien, jusqu’aux géné- ou telle politique environnementale ou de rateurs futurs du projet ITER. l’absence d’action. Elles fournissent des La santé est l’un des domaines où l’apport outils essentiels face aux risques vitaux liés des STIC a été déterminant ces dernières à l’accumulation des gaz à effet de serre et décennies, et où les besoins et les possibilités aux profondes perturbations climatiques et de progrès scientifiques et technologiques océaniques. Les possibilités de visualisation sont considérables. On pense par exemple aux grandes maladies virales, au cancer, ou * Le terme numérique est utilisé dans ce document au aux maladies neuro-dégénératives. L’INRIA sens large de calculatoire (ou computationnel), faisant se mobilisera largement sur ce sujet. On peut référence à l’ensemble des méthodes et algorithmes des citer également l’intégration de divers modes mathématiques appliquées et des STIC qui permettent l’élaboration et l’identification de modèles et leur mise en d’imagerie médicale et de mesure avec une œuvre en programmes effectifs. modélisation multi-physique en vue d’obtenir 28 Plan stratégique 2008-2012
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    E njeux une représentation fine et personnalisée des particuliers, logistique, ferroutage, transports organes, la modélisation en épidémiologie, la en commun modulables, nouveaux modes modélisation des effets des médicaments, la de déplacement. Les techniques de géo- bioinformatique – à l’origine de progrès spec- localisation, d’information spatiale individua- taculaires en génomique et post-génomique –, lisée et d’intelligence ambiante ouvrent de la conception et le contrôle d’organes et de nouvelles modalités d’organisation urbaine et systèmes palliatifs des déficiences sensorielles de nouvelles libertés de déplacement, en parti- ou motrices, ou encore l’assistance robotisée à culier pour les personnes handicapées. la chirurgie. Au-delà de ces technologies poin- L’éducation, l’apprentissage, et la formation tues, le patient reste au cœur de tout dispositif correspondent à des enjeux majeurs pour de santé, avec la mise en place de systèmes la société de la connaissance. Les outils de d’information adaptés et le développement communication, de visualisation, de réalité du maintien à domicile par télésurveillance, virtuelle et d’interaction peuvent y répondre, télémédecine, voire même télé-chirurgie dans en particulier en permettant un accès à l’infor- certaines situations. mation au niveau de son contenu sémantique, L’évolution démographique, caractérisée en et selon des modalités et des langages natu- particulier par le vieillissement et la concentra- rels d’interaction (parole, vision, gestes). tion urbaine des populations, ouvre d’autres Une composante importante des enjeux des grands champs d’intervention, par exemple technologies de l’information et de la commu- liés à l’autonomie des personnes âgées, nication est leur fort potentiel de développe- Les STIC aux problèmes de sécurité, aux problèmes ment économique et industriel. Leur impact d’organisation urbaine et aux problèmes de est d’ores et déjà considérable. On estime que transforment transports. près de la moitié de la croissance économique La sécurité et la protection des personnes, mondiale est aujourd’hui due aux STIC. La radicalement les des biens et des institutions deviennent des production de biens a considérablement méthodes et les outils enjeux majeurs pour les sociétés avancées ; les technologies de l’information sont encore gagné en efficacité et en flexibilité, donnant lieu à de larges différenciations des offres, du scientifique et au premier plan, à la fois en tant que facteurs voire à des produits personnalisés, avec une de risque et outils de protection. Les techni- forte valeur ajoutée. Les STIC sont un facteur de l’ingénieur pour ques de surveillance intelligente, de biométrie essentiel de l’innovation industrielle, grâce ou de traçage visent à améliorer la sécurité, à aux nouvelles possibilités d’ingénierie et de observer, modéliser, condition de prendre les précautions néces- production, mais aussi grâce à l’intégration saires pour qu’elles ne conduisent pas à des dans les objets les plus divers de capteurs, visualiser, concevoir dérives en matière de libertés individuelles, ce d’actionneurs, de circuits de communication et décider. qui renvoie au lien nécessaire entre STIC et société. La cryptographie est une technique et de traitement de l’information qui ouvrent des fonctionnalités inédites. de protection des échanges, mais d’autres La part des STIC dans tous les produits, et aspects de la sécurité et de la confidentialité en particulier dans les produits grand public, sont tout aussi importants : détection des est en forte croissance. Dans les services, la fraudes et intrusions, lutte contre l’intelligence croissance des STIC est encore plus impor- économique ou contre la délinquance élec- tante. Ainsi, le commerce électronique entre tronique à travers les réseaux, protection de entreprises, et de plus en plus entre indi- la vie privée. vidus, connaît un essor spectaculaire. Il en Concernant le transport individuel, les fonc- va de même des échanges électroniques tions d’assistance informatisée à la conduite et de services, qui s’appuient sur les possibi- les fonctions de sécurisation se complexifient lités technologiques du web, sur les accès et se généralisent. La conception architec- ubiquitaires et la manipulation des contenus turale globale, l’optimisation et la fiabilisa- sémantiques. La mise en réseau des entre- tion du véhicule et du système de transport prises et des personnes a donné lieu à des restent cependant largement à améliorer. mutations dans l’organisation du travail, avec Plus généralement, les STIC peuvent contri- par exemple une plus grande polyvalence, buer en termes d’optimisation en temps réel davantage d’autonomie et de délégation de ou différé : déplacements multimodaux des responsabilité. Plan stratégique 2008-2012 29
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    2.1 Des enjeuxde société Cette mutation se poursuit avec le développe- prothèses mémoire, multiplication des puces ment des technologies de travail collaboratif. RFID implantées dans le corps humain, traça- La notion d’intelligence collective prend bilité des objets et des individus). Il va sans aujourd’hui des dimensions concrètes dans dire que ces types d’utilisation auront des tous les secteurs, allant de la mobilisation d’in- incidences considérables sur l’évolution de la ternautes dans des études d’épidémiologie, à société et qu’ils susciteront de nombreuses leur implication dans des services d’expertise questions de fond, entre droit, éthique et et de résolution de problèmes techniques, des technologie. L’adoption à grande échelle de services d’ingénierie, de conception, de test technologies comme Internet ou de nouveaux de nouveaux produits, de marketing, d’études modes de création et de diffusion de connais- économiques, politiques ou sociales à vaste sances et de biens numériques pose déjà de échelle. Les entreprises qui organisent ces nombreuses questions de droit : protection de services s’appuient sur des communautés la vie privée, responsabilité légale, propriété virtuelles et mouvantes de plus en plus vastes; intellectuelle, non-discrimination. Se posent elles créent de nouvelles relations au travail. également les questions de preuves formelles, Les possibilités croissantes de partage et de de certification, de responsabilité et d’assu- capitalisation d’informations, de modèles, et rance légales des logiciels, ainsi, bien entendu, de logiciels libres pour le traitement de ces que les problèmes d’acception sociale et d’er- informations, sont génératrices de plus values gonomie. Par ailleurs, les questions éthiques économiques importantes. prennent de plus en plus d’importance, par La société de l’information conduit à des exemple sur les micro et nanotechnologies. mutations profondes de l’entreprise, mais Tout ceci nécessite la mise en place de débats aussi de la ville, des services publics et de citoyens qui seront d’autant plus fructueux l’organisation sociale. Les technologies numé- que la connaissance et la culture scientifiques riques sont de plus en plus intégrées dans auront été diffusées. Ces enjeux requièrent notre vie quotidienne, politique et sociale, par également d’amplifier les relations entre STIC exemple dans l’ensemble des outils d’adminis- et sciences humaines et sociales, sur les volets tration électronique, ou dans le débat politique. évoqués, mais également sur d’autres touchant L’informatisation des administrations et de en particulier à la sociologie, à l’ergonomie ou l’ensemble des échanges se poursuivra, avec à l’économie. les impératifs associés de sécurité et de protec- Ces collaborations multidisciplinaires sont tion des droits de l’individu et de l’entreprise. nécessaires à l’institut pour comprendre et Il reste certainement beaucoup à faire dans affirmer son positionnement au sein de la ce domaine pour que la société de l’informa- société de l’information. Elles peuvent égale- tion soit réellement au service de l’homme, ment être très fécondes sur le plan de la en particulier avec l’apparition permanente recherche, amener à renouveler une problé- de nouveaux usages. Paradoxalement, c’est matique scientifique ou à susciter de nouvelles aussi aux STIC elles-mêmes de permettre pistes de réflexion. L’INRIA renforcera ses d’atteindre cet équilibre. D’abord, l’accès efforts dans ce sens et prendra des initia- de tous à la société de l’information et de la tives pour créer des projets multidisciplinaires connaissance nécessite des efforts considéra- permettant d’établir sur le long terme des bles en matière de disponibilité d’équipements relations étroites avec des partenaires des (réseaux, ordinateurs, logiciels), de leur facilité sciences humaines et sociales. de programmation, d’adaptation aisée, et d’uti- Ces défis montrent que l’INRIA est présent lisation naturelle par le non spécialiste, efforts sur un front essentiel au développement qui requièrent des recherches spécifiques. économique et industriel du pays. L’institut De manière plus générale, les progrès consi- est fortement engagé sur ces enjeux sociaux dérables effectués dans tous les domaines et économiques avec une longue tradition des STIC (miniaturisation, recherche intelli- de partenariats industriels et d’essaimage. Il gente d’informations, traitement d’images) vont entend accroître ses actions de développe- rendre possibles des scénarios considérés, ment technologique, augmenter ses actions il y a peu, comme relevant de la science- de transfert et amplifier l’impact économique fiction, voire menaçants (Internet des objets, et social de ses technologies. 0 Plan stratégique 2008-2012
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    E njeux L’INRIA, institut de recherche de réputation mesure d’interpréter correctement les modèles 2.2 mondiale, doit continuer à tenir une place de choix dans la recherche fondamentale en d’autres composantes avec lesquelles elle pourrait s’interfacer. Cet échange doit pouvoir Des défis  mathématiques appliquées, en informatique et en automatique pour faire progresser le se faire relativement à un ensemble ouvert de modèles, ainsi qu’à divers niveaux de scientifiques et  savoir, préparer les innovations technologi- ques de demain et répondre aux défis socié- granularité entre composantes d’un sous- système, entre sous-systèmes, etc. Par technologiques taux évoqués ci-dessus. L’institut doit relever ailleurs, l’autonomie fonctionnelle d’une les grands défis scientifiques auxquels les machine nécessite des capacités sensorielles, STIC seront confrontées dans les années à de perception et d’interprétation de l’environ- venir, en particulier, au cours de l’exécution nement, des capacités de supervision et de de ce plan stratégique. diagnostic, de prédiction, de planification, Lorsqu’on analyse l’environnement numérique voire d’apprentissage. dans lequel on se situe aujourd’hui, force Le changement d’échelle est également consi- est de constater un changement drastique dérable pour le volume et la complexité des d’échelle dans la taille et la complexité des données à traiter. On estime à 10 milliards de systèmes de référence. Dans le domaine des Giga octets la masse de données créées en réseaux, Internet interconnecte aujourd’hui 200 ; ce chiffre atteindra les 1000 milliards de 2 milliards de dispositifs. Ce chiffre sera Giga en 2010, dont une bonne part sera acces- en forte croissance, en particulier avec les sible sur le réseau. Au-delà des quantités, projets d’ordinateurs individuels à très bas les nouveaux moteurs de recherche devront coût. La tendance est celle d’un Internet des s’adresser à des contenus sémantiques de objets permettant de connecter un nombre plus en plus divers, riches et complexes, considérable d’artefacts. Avec l’arrivée des et permettre de chercher efficacement et nanotechnologies, il est question de pous- intelligemment l’information pertinente pour sières intelligentes, petits dispositifs dotés l’utilisateur. L’algorithmique classique de de capteurs, de capacités de calcul et de ces domaines devra être revue pour faire communication. face au changement d’échelle, à la qualité L’arrivée des nouvelles architectures de et l’intelligence des traitements attendus, réseaux soulève des questions de distri- mais également à la réactivité et l’interac- bution et de communication très large et tivité, à l’adaptation à l’utilisateur, souvent flexible, d’hétérogénéité, d’interopérabilité, manquantes à l’heure actuelle. d’évolutivité, d’adaptation au contexte et d’in- Il est également important d’évoquer la teraction intelligente au niveau opérationnel question de l’ordinateur du futur qui sera avec l’utilisateur. Elle soulève également des amené à prendre le relais de nos calculateurs questions d’autonomie énergétique, fonction- actuels, dont les performances commencent nelle et décisionnelle. à atteindre leurs limites. Même si on peut L’invisibilité d’une technologie, dans son concevoir que des améliorations techno- usage quotidien, est une preuve de sa très logiques telles que les architectures multi- grande maturité. Il apparaît clairement que cœurs puissent permettre d’aller plus loin, on de très nombreux défis scientifiques restent à pressent que l’avenir sera à des machines de relever pour atteindre un tel stade de maturité conception totalement révolutionnaire, peut- technologique. Ainsi, l’interaction avec une être fondées sur des mécanismes optiques, machine doit être transparente en utilisant, quantiques ou biologiques. De tels progrès dans les deux sens, nos modalités naturelles : révolutionneront la vision que l’on peut avoir vision, langage naturel parlé, geste et touché. sur l’avenir des STIC dans de nombreux L’interaction intelligente entre machines, au- domaines, celui de la cryptographie n’étant delà de l’interopérabilité, requiert par exemple pas le moindre. que chaque composante en réseau soit en Par ailleurs, les STIC sont au cœur de la mesure d’exporter un modèle intelligible et plupart des grands défis interdisciplinaires de relativement complet des services qu’elle peut notre époque, qui couvrent les sciences de la offrir ainsi que de son fonctionnement et de matière, de la vie, de la terre et de l’univers, ses contraintes, et qu’elle soit également en mais aussi les sciences humaines et sociales. Plan stratégique 2008-2012 1
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    2.2 Des défisscientifiques et technologiques Pour ces défis des sciences numériques, il pour planifier et agir. Sa compréhension est s’agit de développer des représentations l’une des grandes aventures de la science. et des modèles hétérogènes complexes, Ce qui est en jeu, ce sont non seulement intégrés aux capteurs et aux données, et les réponses à de très anciennes questions de les mettre en œuvre dans des processus que l’homme se pose sur sa singularité, efficaces de calcul, d’organisation et de sa conscience au monde, mais aussi une recherche de l’information, de synthèse et demande sociale pressante, multiforme d’optimisation, de vérification et de preuve, et légitime de santé publique concernant de prédiction, de simulation et de visualisation les maladies mentales et dégénératives, la précises. Ainsi, les problèmes interdiscipli- dépendance, les handicaps physiques et naires de l’environnement, de l’écologie et sensoriels, les démences. Les aspects médi- du développement durable, déjà évoqués, caux concernent notamment le traitement ouvrent dans ce sens de vastes perspec- et l’analyse de données d’imagerie au sens tives de recherche. Des défis scientifiques et large, afin de développer des modèles, des technologiques essentiels sont à relever pour algorithmes, des simulations pour aider au appréhender le vivant, pour observer, analyser traitement des maladies du système nerveux et modéliser le fonctionnement biologique, central. D’une façon complémentaire, les à tous les niveaux – celui de la molécule, neurosciences computationnelles appréhen- de la cellule, de l’organe et d’organismes dent le système nerveux central comme un complets. Les enjeux pour les STIC vont des système de traitement de l’information parmi nano-biotechnologies, des laboratoires sur les plus sophistiqués qui soient et dont on puces, de la bioinformatique et de l’imagerie est très loin de comprendre les principes multimodale, à la modélisation d’un organe de fonctionnement. Les questions de savoir aussi complexe que le cerveau. comment l’information y est représentée Notre cerveau est l’organe par lequel nous (les codes neuronaux), stockée (les types explorons et communiquons avec notre envi- de mémoire, leur redondance), mise à jour ronnement et grâce auquel nous construisons (l’apprentissage, la plasticité), et traitée sont les représentations mentales nécessaires absolument fondamentales. C’est un défi scientifique majeur que l’INRIA doit contribuer à relever, avec d’autres. Au delà de l’acqui- sition de connaissances fondamentales, évidemment très importantes, les retombées applicatives potentielles sont innombrables, citons la mise au point de nouveaux types de machines de traitement de l’information, des ordinateurs neuro-inspirées, des nouvelles interfaces cerveau - machine, de nouvelles prothèses pour les malentendants et les malvoyants, de nouveaux traitements plus efficaces pour les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives. Les problèmes évoqués ci-dessus feront appel à des domaines scientifiques divers dans le champ des sciences et technolo- gies de l’information. Les sections .1 et .2 décrivent les sept axes sur lesquels l’INRIA fait le choix de porter prioritairement ses efforts. L’institut maintiendra cependant une ouverture sur d’autres thèmes exploratoires et encouragera des initiatives telles que celles présentées en section .4 autour des techno- Carte, en transparence, de la variabilité anatomique logies émergentes ou, dans un cadre euro- du cerveau (vue du côté droit) — ASCLEPIOS. péen, par une participation à l’ERC. 2 Plan stratégique 2008-2012
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    E njeux 2.3.1 Contexte international la cyber-infrastructure, la modélisation et la 2.3 Les STIC sont perçues comme un des facteurs simulation complexes pour l’ingénierie, ainsi que la cyber-sécurité. Le cadre  premiers de la croissance et du développe- ment. Elles sont donc une des priorités de la En Chine, la recherche en STIC est pilotée par un programme du ministère de la science et international    RD mondiale. Rappelons quelques ordres de grandeur : technologie (MOST, programme de dévelop- pement de hautes technologies). Les grandes et national    • le montant de l’investissement total en lignes portent sur la perception intelligente et des recherches  RD STIC aux États-Unis en 200 est de 71 milliards de dollars (G$) en parité de les technologies de calcul avancé, les réseaux intelligents et les technologies de communi- en STIC pouvoir d’achat, ce chiffre est le double de celui constaté au Japon et dans l’Europe cation, les technologies de réalité virtuelle et la sécurité de l’information. des 25) ; Au Japon, les grandes tendances de l’action • la Chine, avec 8,7 G$ d’investissement gouvernementale sur les STIC mettent en en RD, a pris en 2005 la deuxième place avant l’informatique ubiquitaire, avec le plan mondiale pour la RD industrielle en STIC. u-Japan (liaisons par fibre optique FTTH, Ce montant est légèrement supérieur réseaux sans fils, IPv, Internet des objets, à celui du Japon (4,1 G$), lequel est RFID), les supercalculateurs, (développe- supérieur à celui de l’Europe des 25 (22,1 ment d’un supercalculateur d’une dizaine de G$) ; petaflops, destiné à être le plus puissant du • après les quatre grands, États-Unis, Chine, monde en 2011), et la robotique. Le ministère Japon, et Europe, d’autres acteurs se posi- de l’industrie japonais voit en la robotique une tionnent dans ce classement, dans l’ordre industrie d’avenir, en particulier la robotique (et situant les principaux pays européens domestique et de service, dont le marché est indépendamment de la communauté) : estimé à 50 G$ en 2025. Corée, Inde, Brésil, Allemagne, France, Royaume-Uni, Taïwan, Canada, Russie, 2.3.2 Contexte européen Suède, Finlande, Israël, Singapour. Aux États-Unis, le financement des STIC est La Commission européenne a lancé en caractérisé par l’influence des programmes 2000 le concept « d’Espace européen de la militaires, principalement dans le soutien à recherche » dont l’objectif est de coordonner l’industrie. Le financement des STIC au Japon les activités de recherche et d’innovation, tant et dans le reste de l’Asie est caractérisé par au niveau des États membres qu’au niveau de un fort investissement du secteur industriel l’Union. Jusqu’alors, la recherche au niveau privé. En Europe et notamment en France, européen devait faire face à de nombreuses les budgets publics et la recherche publique difficultés : la fragmentation des efforts, l’iso- jouent un rôle important, avec un investisse- lement des systèmes nationaux de recherche, ment privé comparativement plus faible. la disparité des régimes réglementaires et Les thématiques privilégiées aux États-Unis administratifs s’ajoutant à un investissement portent en particulier, selon la coordination faible en matière de recherche, très en deçà assurée par le NITRD, sur le calcul à haute des objectifs de Lisbonne. performance, les réseaux, les interactions Sur la période 2007-201, l’investissement homme-machine et l’exploitation des masses de la Commission en matière de recherche de données, le génie logiciel, la sécurité et se situera dans le cadre du 7e PCRD dont les la fiabilité des logiciels et des systèmes, grandes lignes d’action sont regroupées en les aspects socio-économiques (formation, quatre grands programmes : Coopération, éducation, usages sociétaux). Le secteur Idées, Personnes et Capacités. Le programme des télécommunications fait l’objet d’ac- Coopération, relativement classique, permet tions significatives de la DARPA ou de la la mise en place d’actions de RD coopéra- NSF. Par ailleurs, dans le cadre de l’American tives incluant industriels et établissements de Competitiveness Initiative, on retrouve, parmi recherche. Le programme Idées, beaucoup les grandes priorités nationales, le calcul à plus ambitieux sur le plan de la recherche haute performance, les réseaux avancés et fondamentale, va permettre à des chercheurs Plan stratégique 2008-2012
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    2. Le cadreinternational et national des recherches en STIC de s’investir pleinement sur des actions de 2.3.3 Contexte national recherche très amont avec des soutiens finan- ciers conséquents sur une durée de cinq ans. Pour tous les domaines porteurs de croissance, A cet effet, a été créé le Conseil européen de la recherche est source d’innovation et moteur la recherche, destiné à gérer ce programme sur de développement économique et de progrès le plan scientifique. Le programme Personnes social. Cette recherche est mondiale, et les est relatif à la mobilité des personnels de compétiteurs sont de poids. La population recherche, notamment au sein de l’Union de la France représente moins de 1 % de la européenne, et à l’élaboration d’un « statut population mondiale, son produit intérieur brut de chercheur européen » considéré comme moins de 4 % du PIB mondial. Une mesure nécessaire pour rendre viable la construction du poids international de sa recherche est d’équipes et de laboratoires européens. Enfin, sa production scientifique, évaluée à 4,7 % le Programme Capacités est principalement (poids des publications françaises au plan concerné par les grandes infrastructures de mondial, toutes disciplines confondues). La recherche. France n’est pas le pays avec le plus fort PIB, e Le 7 PCRD est doté d’un budget de 50.5 G€ elle n’est pas le pays le plus peuplé, et elle pour les années 2007 à 201, dont environ n’est pas excellente dans tous les domaines. 1G€ consacré au Conseil de la Recherche Il convient donc de réaffirmer les priorités Européen. Au delà de ce financement pure- nationales sur les domaines où l’on dispose ment communautaire, tous les pays de l’Union d’atouts forts et qui sont par ailleurs les plus consentent des efforts de recherche (publics productifs de croissance. Ceci est le cas des et privés) importants sur les STIC, efforts STIC, doublement peut-on dire, puisque les qui visent à atteindre en 2010 l’objectif de recherches en STIC sont porteuses d’innova- Lisbonne de % du PIB consacré à la RD. tion en elles-mêmes (Internet, infrastructures L’action de l’INRIA, s’inscrit évidemment dans numériques, systèmes embarqués, etc.), mais ce cadre ambitieux de la construction de également parce qu’elles sont essentielles pour l’Espace européen de la recherche. le développement de la RD dans les domaines La participation à des projets soutenus par le de la biologie, de la santé, de l’énergie et de Conseil européen de la recherche de certains l’environnement, autres priorités affichées par chercheurs de l’institut – ou de chercheurs exté- notre pays. La plupart des pays développés rieurs intéressés à le rejoindre pour un séjour mettent en avant des politiques particulièrement long dans l’une de ses équipes – constitue un volontaristes sur les STIC. objectif essentiel pour ce qui est de la recon- Les STIC sont, de fait, une des priorités naissance de l’excellence des recherches nationales comme en témoignent les moyens de l’INRIA. Sur un autre plan, dans le cadre affectés à ces domaines en 200 par l’ANR du programme Coopération, la Commission (155 M€, soit 20 % de son budget), par l’AII promeut la création de « Plates-formes tech- (25 M€ soit 45 % des soutiens alloués) ou par nologiques européennes » autour de sujets la DGE (8 M€ soit 45 % des soutiens du FCE stratégiques tels que les systèmes enfouis, les apportés aux projets des pôles de compétitivité, logiciels et les services, les communications auxquels se rajoutent les soutiens importants satellitaires, etc. L’INRIA est très présent dans des collectivités). Ces priorités doivent, à tout la mise en place de ces actions d’envergure le moins, être confirmées. qui structureront l’effort européen en matière Les instruments pour la recherche s’articulent de RD à vocation industrielle. en France autour des établissements d’en- Au-delà de l’action de la Commission, mais seignement supérieur, des organismes de dans le même esprit, des initiatives prendront recherche, des entreprises et des agences de corps pour mener, à terme, à des labora- moyens. Les universités et écoles ont vocation à toires d’envergure européenne. Dans cette conduire leurs missions de formation, recherche perspective, et comme indiqué par ailleurs, et innovation au sein de grands départements l’INRIA s’efforcera ainsi de constituer des thématiques pérennes. Les organismes ont équipes-projets communes avec de grands vocation à élaborer et conduire une stratégie de acteurs de la recherche de plusieurs pays recherche, à se focaliser sur des thématiques et européens. des projets d’excellence en partenariat avec les 4 Plan stratégique 2008-2012
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    E njeux universités et les acteurs socio-économiques concernés par les thématiques de l’institut et à assurer la cohérence entre recherche et (modélisation, logiciels complexes, infras- valorisation, jouant ainsi plus largement un rôle tructure numérique, traitement des données, d’entraînement pour la communauté nationale. recherche aux confins des sciences de l’infor- Les agences de financement apportent des matique et du vivant), qu’ils soient de dimension ressources sur des programmes compétitifs mondiale (Aerospace Valley en Aquitaine et mettant en œuvre une politique nationale. Midi-Pyrénées, System@tic en Île-de-France, Ce modèle est en train de se mettre en place Minalogic en Rhône-Alpes et SCS en PACA) ou avec des organismes de recherche spécialisés, à vocation mondiale (par exemple en Bretagne, qui figurent aujourd’hui parmi les meilleurs au Île-de-France, ou Nord Pas-de-Calais les pôles monde dans leur domaine, et des universités qui Images et réseaux, Véhicule du futur, Cap Digital disposent dorénavant des outils pour renforcer ou Industrie du commerce). Les équipes de leur gouvernance, pour se regrouper et amplifier l’institut sont présentes aujourd’hui dans près leur visibilité et attractivité internationales. de soixante projets des pôles. Cette politique Par ailleurs, la loi sur la recherche, en créant de partenariat se prolonge également dans le les Pôles de recherche et d’enseignement cadre des actions de l’ANR : l’institut participe supérieur (PRES) – qui peuvent concrétiser la à plus de 240 projets ANR en cours fin 2007, volonté des universités de se regrouper sur dont la majorité implique des partenaires indus- un site en une entité visible et attractive au triels. C’est la qualité des recherches menées L’INRIA entend se plan mondial – et les Réseaux thématiques qui a permis cette implication. de recherche avancée (RTRA) – qui, comme En ce qui concerne les RTRA, l’INRIA est positionner fortement leur nom ne l’indique pas clairement, offrent un membre fondateur des RTRA Digiteo à Saclay cadre de regroupement sur un site d’équipes et Infectiologie à Lyon. Il devrait être prochai- au cœur de huit de niveau international dans un domaine de nement associé, par l’intermédiaire de ses sites d’excellence recherche bien identifié –, permet des regroupe- ments universitaires et fournit le cadre structurel centres de recherche aux RTRA Sciences mathématiques à Paris, Sciences agronomiques nationaux et d’une meilleure dynamique entre universités, à Montpellier et Nanosciences à Grenoble. grandes écoles et organismes de recherche, L’institut vise par ailleurs à constituer, sur les contribuer à permettant ainsi de développer des pôles sites de Rennes, de Sophia Antipolis et de Paris, d’excellence de niveau mondial. Le couplage, des pôles d’excellences sur le domaine des accompagner ces dans le domaine industriel, avec les pôles de Sciences pour les télécommunications, avec compétitivité – qui organisent sur une base le GET et les membres du PRES Université pôles vers le meilleur territoriale une rencontre synergétique entre européenne de Bretagne, de l’Université de niveau international tous les acteurs de l’innovation, l’industrie et les PME, l’enseignement supérieur et la recherche Nice - Sophia Antipolis et d’Eurecom ainsi qu’avec le PRES en cours de constitution en STIC. – devient ainsi naturel et très fécond, en favori- autour de Paris . Ces trois sites auraient sant l’innovation issue des laboratoires. vocation à être associés dans une initiative L’INRIA s’est engagé dans le cadre de son originale sur le sujet. contrat quadriennal 200-2009 à poursuivre Neuf PRES ont vu le jour en 2007, dont quatre sa stratégie de développement en créant des concernent les centres de recherche INRIA à centres de recherche de taille significative, Bordeaux, Lyon, Rennes et Nancy. D’autres capables de jouer un rôle moteur au cœur de sont en préparation, comme à Grenoble, à sites visibles au plan international, tant par la Lille (qui prépare un PRES transfrontalier), à qualité des recherches menées que par leur Nice et en région parisienne. Dans la droite impact sur le développement industriel. Cette ligne de sa politique de sites, l’institut souhaite stratégie était déjà la sienne au moment où le être associé à ces PRES sous une forme qui gouvernement a lancé un appel à candidature reste à préciser. pour constituer des pôles de compétitivité puis Ainsi, l’INRIA entend se positionner fortement des RTRA. Elle le reste alors que les universités au cœur de huit sites d’excellence nationaux sont dotées d’une nouvelle gouvernance et que regroupant recherche, enseignement supérieur se constituent les premiers PRES. et innovation, et contribuer à accompagner Tous les centres de recherche INRIA jouent un ces pôles vers le meilleur niveau international rôle important dans les pôles de compétitivité en STIC. Plan stratégique 2008-2012 5
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    Priorités  stratégiques et  ambitions de l’INRIA Dans cette partie : P 3.1 Modéliser, programmer, communiquer et interagir page 41 3.1.1 Modélisation, simulation et optimisation de systèmes dynamiques complexes page 42 3.1.2 Programmation : Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques page 48 3.1.3 Communication, information et calcul ubiquitaires page 56 3.1.4 Interaction avec des mondes réels et virtuels page 64 3.2 Au cœur du développement des sciences et des technologies page 71 3.2.1 Ingénierie numérique page 72 3.2.2 Sciences numériques page 78 3.2.3 Médecine numérique page 88 3.3 Défis sociétaux couverts par ces priorités page 93 3.4 Thématiques émergentes page 95
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    Priorités stratégiques etambitions de l’INRIA L’INRIA bénéficie d’un positionnement scien- des infrastructures de communication et de tifique et d’une visibilité de premier plan inter- calcul, du web sémantique, des services national en informatique et mathématiques et systèmes d’intelligence ambiante ; appliquées. La modélisation et la program- • interagir : cet axe est focalisé sur l’in- mation figurent naturellement parmi ses prio- teraction avec des mondes réels et rités. La communication et l’interaction en virtuels, exploitant plusieurs modalités sont deux prolongements logiques, motivés sensorielles dans des tâches d’analyse, aussi bien par les évolutions et les besoins de reconstruction, de compréhension de scientifiques et technologiques que par les l’environnement, de décision, d’action et enjeux socio-économiques. A l’intérieur de ces d’interaction en robotique et en réalité quatre domaines, l’INRIA fonde son plan stra- virtuelle. tégique sur les axes prioritaires suivants : Ces quatre axes prioritaires concourent bien • modéliser : cet axe est focalisé sur la entendu à d’autres fonctions importantes telles modélisation, la simulation et l’opti- que contrôler, optimiser et décider, dont les misation de systèmes dynamiques problématiques sont prises en compte trans- complexes, appréhendées par des versalement, en particulier dans le premier et représentations mathématiques hétéro- quatrième axe. gènes, multi-physiques et multi-échelles, Les STIC sont au cœur d’une révolution dans associées à des méthodes de résolution, les méthodes et les outils d’investigation, Les STIC sont au cœur d’assimilation de données et des outils de d’abstraction, de modélisation, d’expérimen- calcul très performants ; tation et de conception des sciences et de d’une révolution dans • programmer : cet axe est focalisé sur l’ingénierie. La collecte et l’exploitation de la sécurité et la fiabilité des systèmes gigantesques masses de données, la simu- les méthodes et les informatiques, en particulier en vue de lation, la visualisation, l’expérimentation in outils d’investigation, garantir le comportement correct de logi- ciels complexes et d’assurer la sécurité silico et le prototypage virtuel transforment profondément tous les secteurs des sciences d’abstraction, des données, des communications et des et des technologies. L’INRIA veut jouer un rôle échanges ; important dans cette révolution qui recouvre de modélisation, • communiquer : cet axe est focalisé sur des enjeux économiques et sociaux consi- les systèmes d’information, de commu- dérables. Trois axes prioritaires découlent d’expérimentation nication et de calcul ubiquitaires, pour naturellement de cette volonté autour de le développement des nouveaux réseaux, l’ingénierie numérique, des sciences numé- et de conception des sciences et de l’ingénierie. Les sept priorités du plan stratégique. 8 Plan stratégique 2008-2012
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    riques, de lamédecine numérique avec les STIC à la jonction de la biologie et de la focalisations suivantes : médecine. • ingénierie numérique : cet axe est foca- Ces sept axes prioritaires tracent la voie lisé sur la conception de logiciels et de pour plusieurs années. Ils fixent des caps systèmes embarqués à bord d’un objet à long terme. Pour concrétiser ces orienta- physique, soumis à de fortes exigences tions en étapes intermédiaires atteignables de dynamique et de sûreté ; à l’horizon de ce plan, on introduit la notion • sciences numériques : cet axe est foca- de jalon. Les 2 jalons retenus ici instancient lisé sur la contribution des STIC à quel- les priorités stratégiques en quelques objec- ques sujets interdisciplinaires essentiels tifs que les équipes de l’INRIA poursuivront des sciences de la matière, de la vie, et avec leurs partenaires. L’institut engagera les de l’environnement ; efforts nécessaires pour la réalisation de ces • médecine numérique : cet axe est foca- objectifs, en particulier sous forme d’actions lisé sur l’élaboration de modèles et algo- incitatives, de projets fédérateurs ou de plates- rithmes pour la médecine et la biologie formes de recherche (cf. § 4.). Ces jalons sont médicale. L’objectif est de parvenir à associés à des obligations de moyens, plutôt un couplage étroit entre observation, qu’à des obligations de résultats ou à des modélisation et assimilation de données objets délivrables, étant entendu qu’il s’agit biomédicales avec l’ambition de situer les de domaines de recherche à haut risque. Les jalons proposés sont là pour éclairer l’action de l’institut, illustrer ses priorités, et proposer des points de rendez-vous à ses équipes. Leur contenu exact sera affiné au fur et à mesure du déroulement du plan et du lancement des actions de recherche correspondantes. Enfin, les efforts de l’INRIA sur ses thématiques prioritaires prendront en compte l’ensemble des objectifs et pas uniquement les seuls jalons retenus pour les illustrer. Les problématiques scientifiques que recou- vrent ces sept axes prioritaires exigent de plus en plus de développements et d’expé- rimentations de grandes ampleurs. L’institut affiche aujourd’hui une forte ambition de création de plates-formes de recherche et d’appui aux activités de développement de ses équipes. Cette ambition se concrétise en particulier via des actions de développement technologique, et par le renforcement des compétences et des ressources spécifiques au développement (cf. § 4.). Les domaines scientifiques couverts par les sept priorités énoncées ci-dessus ne sont pas disjoints. Ainsi, interagir s’appuie sur communiquer : gérer les contenus et la sémantique des échanges doit commencer dès la communication et se retrouver plei- nement dans l’interaction. Les problèmes de sûreté sont naturellement en program- mation et en ingénierie numérique. Par ailleurs, modéliser est une constante de Plateforme de vision et robotique toute activité de recherche et se retrouve dans échographique 3D — LAGADIC. tous les axes prioritaires, en particulier dans Plan stratégique 2008-2012 9
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    Priorités stratégiques etambitions de l’INRIA ceux de l’ingénierie, de la médecine et des sciences numériques. En conséquence, les jalons, présentés par commodité dans l’une des priorités, relèvent souvent de plusieurs axes. Ces recouvrements entre les axes prio- ritaires sont potentiellement fructueux au sens des collaborations qu’ils ouvrent entre les équipes-projets selon leur orientation, à dominante méthodologique ou vers un champ d’application des STIC. Ces sept axes prioritaires sont détaillés dans les sections suivantes, avec des encadrés sur les jalons associés et sur le positionnement de l’INRIA, actuel ou désiré pour chacune de ces thématiques. On revient brièvement sur les enjeux sociétaux effectivement couverts par les priorités de ce plan (§ .). Enfin, l’institut restera très attentif à faire émerger au sein de ses équipes de nouvelles thématiques de recherche, en rupture relativement aux para- digmes actuels des sciences et technologies de l’information et de la communication. La dernière section de ce chapitre est consacrée à ces thématiques émergentes et aux actions de l’INRIA qui leur seront associées. Visualisation des grandes voies de connexion entre les différentes aires du cortex (à partir d’images IRM) — ODYSSEE. 40 Plan stratégique 2008-2012
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    3.1 Modéliser, programmer, communiqueret interagir Plan stratégique 2008-2012 41
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    .1.1 Modélisation, simulationet optimisation de systèmes dynamiques complexes 3.1.1 Modélisation, simulation et optimisation de systèmes dynamiques complexes 42 Plan stratégique 2008-2012
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    L’un des défisscientifiques majeurs de notre temps réside dans l’amélioration de la compréhension des systèmes complexes qui nous entourent, qu’ils soient naturels ou issus de développements technologi- ques. Ainsi, la modélisation des phénomènes météorologiques à grande échelle, des effets de pollution, des inondations, des séismes ou du climat représente-t-elle un enjeu majeur pour la société. Il en va de même pour la modélisation des nano-systèmes, que ce soit dans un contexte bio- logique ou pour la réalisation de circuits basés sur de nouveaux types de nano-composants. On citera également, comme exemples majeurs de grands champs d’investigation scientifique en modélisation, la cellule complète, le cerveau humain, l’épidémiologie, l’Internet, ou les grands logiciels communicants. Autant de grands défis pour les mathématiques appliquées et l’informatique sur le front de la modélisation, la simulation et l’optimisation de systèmes dynamiques complexes. Plan stratégique 2008-2012 4
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    .1.1 Modélisation, simulationet optimisation de systèmes dynamiques complexes Tous les systèmes complexes partagent un titudes sur les données et les modèles. Enfin, certain nombre de caractéristiques. Leur étude l’optimisation, l’identification et le contrôle de requiert la collaboration de plusieurs disci- ces systèmes sont des problèmes scientifi- plines : ils sont multi-modèles, multi-échelles quement difficiles. D’un point de vue mathé- en temps et/ou en espace, continus/discrets matique, ils peuvent être modélisés par des ou non-réguliers en état. Les données qui y systèmes de dimension infinie (EDP) ou finie sont associées sont de nature et de qualité (systèmes hybrides, inclusions différentielles, très variables : hétérogènes, bruitées, éparses inéquations variationnelles), déterministes et/ou ou au contraire en très grand nombre, parfois stochastiques. peu fiables. Ceci rend critique le problème de Pluridisciplinaire, la modélisation de systèmes couplage données–modèles, et justifie l’atten- dynamiques complexes résulte de l’interac- tion extrême portée aux questions d’identifica- tion entre les mathématiques, l’informatique, tion, d’étalonnage, d’assimilation de données. l’automatique et les disciplines portant les défis La simulation de ces systèmes requiert des applicatifs ou les techniques contributrices. Les efforts de recherche, en particulier en algo- principaux champs concernés sont : rithmique numérique. La généralisation des • les sciences de la matière, chimie et processeurs multi-cœurs et des GPU néces- physique : mécanique des fluides, site la prise en compte conjointe des aspects physique des plasmas, matériaux, propa- numériques et informatiques. La qualité des gation d’ondes acoustiques, électroma- prédictions associées aux simulations doit être gnétiques, sismiques, physique atomique soigneusement évaluée par rapport aux incer- et quantique ; Positionnement INRIA Le calcul scientifique est l’un des domaines exécutifs et intergiciels pour le calcul parallèle de l’air (logiciel Polyphemus) ou avec un traditionnels d’excellence de l’INRIA, tant du et distribué à grande échelle. ensemble de laboratoires européens autour point de vue des mathématiques appliquées De nombreux codes et supports exécutifs pro- de la plateforme SICONOS pour l’étude des et de l’algorithmique numérique que de celui duits par les équipes de l’INRIA sont utilisés systèmes dynamiques irréguliers. Enfin, des du calcul parallèle haute performance. Une de façon opérationnelle en interne comme collaborations industrielles d’une certaine quarantaine d’équipes travaillent dans le en externe, par exemple : les boîtes à outils ampleur viennent compléter ce panorama : domaine, avec une expertise internationale- pour le calcul scientifique proprement dit, Airbus, Alcatel-Lucent, EADS, EDF, FT RD, ment reconnue dans les champs concernés. les outils de support pour la parallélisation STM, ou Thalès, Total, Turbomeca. On peut citer en particulier l’analyse mathé- ou l’implémentation sur des grappes ou des Pour l’avenir, les efforts porteront en particu- matique de systèmes d’équations aux dérivées grilles, les logiciels dédiés pour la différentiation lier sur le renforcement des problématiques partielles et différentielles, qui modélisent des automatique ou les maillages. de l’assimilation de données et des problè- phénomènes physiques complexes (dynami- Les équipes de l’INRIA ont su établir un réseau mes inverses, et sur le calcul multi-échelles. que des fluides, des structures, des molécules, de collaborations étroites avec les scientifiques La participation active au programme de des circuits, propagation des ondes) ; les des autres disciplines. Au-delà des universités, des simulation accompagnant ITER fera l’objet méthodes de discrétisation et les schémas grandes écoles et du CNRS, de grands organis- d’une action spécifique. numériques (maillages dynamiques, irrégu- mes comme le CEA, l’IFREMER, l’ONERA, et liers, prise en compte de singularités, d’uni- la DGA sont bien évidemment des partenaires latéralité, d’hétérogénéité) ; la modélisation de premier plan sur de nombreux sujets. Il faut stochastique ; les méthodes d’optimisation également citer les liens forts qui ont pu être (gradients, combinatoire/mixte, contrôle tissés dans certains secteurs applicatifs : avec optimal) ; la dérivation automatique ; les l’ENPC à travers le CERMICS, en océanogra- solveurs à haute performance ; les méthodes phie avec MERCATOR, en météorologie avec le de distribution et d’ordonnancement ; les LMD, avec l’IRSN sur la surveillance de la qualité 44 Plan stratégique 2008-2012
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    les sciences de la vie : dynamique molé- L’informatique pose également des défis applica- culaire, réseaux métaboliques, interac- tifs dans ce domaine, par exemple pour appré- tions géniques, cancérologie, biochimie hender des classes de systèmes distribués pour la prédiction des effets des médica- communicant de manière asynchrone via un ments, biomécanique des tissus vivants, réseau complexe. neurosciences ; Un premier défi pour la recherche est d’aller • les sciences de l’environnement et de au-delà des découpages disciplinaires et d’ins- la terre : météorologie, climatologie, taurer de nouvelles interactions, à l’exemple de sismologie, hydrologie, glaciologie, l’assimilation d’images qui associe spécialistes océanographie, énergie, agronomie et de l’imagerie satellitaire et numériciens pour pollution ; le couplage de modèles en météorologie. Un • les sciences humaines et sociales : autre élément à considérer est l’émergence de systèmes économiques et financiers, nouveaux et nombreux domaines applicatifs études liées aux populations, démogra- comme le développement de circuits basés sur phie, épidémiologie, réseaux de distri- les nanotechnologies, enjeu économique majeur bution, transports ; des années à venir, qui nécessite la prise en • l’ingénierie : conception et contrôle compte d’une hiérarchie de modèles, allant de de systèmes embarqués ; conception la physique atomique (nanosciences), jusqu’au mécanique, électronique et informa- modèle comportemental du cœur de processeur, tique de grands systèmes en avionique, et pouvant inclure de la mécanique non standard espace, énergie. dans le cas des MEMS. Les objectifs de l’INRIA en modélisation la distinction entre modélisation et simulation Modélisation :    sont d’une part de poursuivre les recher- s’estompe, et il est nécessaire de considérer Le défi de la  ches sur les sujets les plus critiques, d’autre part d’ouvrir de nouveaux champs jugés des modèles calculatoires qui impliquent de grandes quantités d’éléments, souvent complexité importants pour le domaine. Le couplage de modèles d’échelles ou de nature différentes simples, en interaction, comme les réseaux de neurones, les populations d’automates, les est également une nécessité qui s’amplifie. systèmes multi-agents, les grands systèmes Une autre tendance est la place de plus hybrides. Parmi les problèmes de recherche en plus grande des approches stochas- associés à ces modèles, de nombreuses tiques, aussi bien dans la modélisation questions spécifiques d’identification para- qu’en tant qu’outil d’analyse de systèmes métrique, d’assimilation de données, d’opti- déterministes. Déjà, le filtrage stochastique misation (en lien avec l’apprentissage) restent s’avère un outil efficace pour l’assimilation ouvertes. Plus globalement, une méthodo- de données. Plus généralement, des appro- logie complète permettant la construction de ches mixtes stochastiques/déterministes modèles complexes sur la base de compo- sont à développer. Plusieurs domaines sont sants élémentaires, leur analyse théorique très concernés par de telles méthodes, par et leur calcul, reste à élaborer. exemple la géophysique et les neurosciences. Un dernier point concerne la spécificité de Enfin, bien que la poursuite d’études théo- la modélisation pour l’automatique : en effet, riques permette d’étendre régulièrement par rapport à la nécessité de mettre au point les champs des approches actuelles de des modèles numériques permettant de modélisation, celles-ci ont néanmoins des reproduire et simuler fidèlement les phéno- limites, par exemple lorsque les simplifica- mènes physiques et naturels dans toute tions introduites dans les modèles à une leur complexité, l’objectif de commande certaine échelle risquent de masquer des implique une démarche souvent inverse : il effets significatifs se propageant à d’autres s’agit de simplifier, d’extraire les mécanismes échelles ou lorsque les modèles classiques d’interaction principaux intervenant dans s’avèrent inappropriés pour décrire une archi- l’évolution d’un processus, de modéliser tecture particulière de système. Dans ce cas, l’essentiel en gommant ce qui n’intervient Plan stratégique 2008-2012 45
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    .1.1 Modélisation, simulationet optimisation de systèmes dynamiques complexes qu’au second ordre, pour faciliter la concep- modèles, crée de vrais challenges scientifi- tion de stratégies d’action efficaces dans un ques dès lors que les systèmes concernés but donné. Cette nécessité de réduction, sont de forte complexité, dimensionnelle d’extraction de la partie significative des et/ou structurelle. Concernant la simulation, le développement l’aide de techniques adaptatives. La certifica- Simulation :    de nouveaux schémas numériques est une nécessité permanente, tant pour faire face à tion des qualités d’approximation, la robus- tesse des algorithmes, la capacité à traiter Un changement  la complexité croissante des modèles multi- des données et des objets de très grande d’échelle échelles que pour simuler efficacement et contrôler des systèmes dynamiques non- taille, à des niveaux de résolutions variables, sont quelques uns des défis à relever dans ce réguliers. Ces schémas doivent être perfor- domaine. D’un point de vue géométrique, la mants aussi bien au niveau de leur précision représentation d’objets déformables, la prise et des temps de calcul que de leur capacité à en compte d’espaces non euclidiens ou de s’exécuter efficacement sur des plates-formes dimension supérieure à sont également des de calcul à haute performance : systèmes problèmes à considérer. multiprocesseurs, grands clusters et systèmes Par ailleurs, les simulations produisent des répartis à grande échelle. Le gain global en flux de données de grande dimension dont performance dans la simulation des grands l’exploitation peut s’avérer difficile : hors ligne, systèmes complexes résultera en effet à la fois des techniques de fouille de données dédiées de l’efficacité de l’algorithmique et de la capa- sont nécessaires ; en ligne, les techniques de cité à programmer et exploiter efficacement réalité virtuelle ou d’immersion dédiées à la des plates-formes fortement hétérogènes en visualisation scientifique doivent être orientées ressources mémoire et de calcul. Ces sujets vers la simulation temps réel interactive. Enfin, sont donc centraux dans les recherches à la simulation, comme outil de prédiction, doit mener par l’INRIA. La nécessaire coopération aussi aider à gérer la prévention des risques à ce niveau entre informaticiens, automaticiens à travers, d’une part la prédiction des événe- et mathématiciens doit également permettre ments rares, ce qui constitue un défi majeur, et de prendre en compte les problèmes d’asyn- d’autre part la gestion des incertitudes. Il est chronisme des calculs ou de défaillance de notamment indispensable de s’intéresser à la nœuds ou de liaisons. Le couplage d’outils quantification des incertitudes de prédiction et de maillage et de calcul divers est également d’étudier la sensibilité des résultats aux varia- une nécessité, pour rendre effectif le traitement tions de l’environnement. D’une façon générale, multi-modèles, ou pour capitaliser les déve- ces préoccupations d’incertitudes doivent être Simulation numérique de la circulation loppements logiciels effectués. Concernant prises en compte dès l’assimilation de données océanique : le golfe de Gascogne la discrétisation, le problème incontournable (problème inverse) et se refléter le cas échéant et le plateau celtique — MOISE. du maillage doit être revisité, par exemple à dans les modèles eux-mêmes. En optimisation, dans le cas des systèmes en garantissant de bonnes performances en Optimisation :  à très grande échelle, la robustesse des résultats par rapport aux incertitudes ou temps et en précision. Plus généralement, l’optimisation portant simultanément sur Vers le  aux petites variations a encore besoin d’être des entités issues de disciplines différentes multidisciplinaire améliorée, en particulier pour les EDP. Par ailleurs, le calcul des dérivées successives en reste un problème difficile. L’optimisation elle-même soulève des défis pluri-thémati- optimisation reste encore une difficulté dans ques, par exemple lorsque l’on doit consi- beaucoup de cas et les méthodes de dériva- dérer simultanément des aspects continus tion automatique qui ont fait leurs preuves et discrets, qui impliquent des méthodes et pour certaines classes d’équations doivent façons de penser très diverses. Le dévelop- être étendues aux très grands systèmes, tout pement de méthodologies mixtes est alors 4 Plan stratégique 2008-2012
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    nécessaire. L’optimisation desystèmes dyna- tion de ruptures, ces dernières permettant miques doit prendre en compte la robustesse de rendre les algorithmes d’optimisation des solutions aux évolutions constantes des plus efficaces et d’améliorer l’estimation données du problème. Une amélioration en ligne des dérivées. D’une façon géné- significative de l’efficacité de l’optimisation rale, l’importance de l’optimisation en tant reposera sur la conjonction de techniques qu’outil transversal étant en forte croissance, capables de s’adapter continûment aux l’institut devra renforcer ses compétences variations lentes et de méthodes de détec- sur ce thème. Parmi les domaines actuellement ou poten- un domaine d’investigation majeur, avec les Domaines  tiellement concernés par l’ensemble de ces recherches, certains feront l’objet d’efforts problèmes de couplage océan-atmosphère à l’échelle globale, de prédiction des inondations applicatifs spécifiques de la part de l’INRIA en raison des ou d’étude du changement climatique. Là enjeux qu’ils représentent (cf. § .2). Ainsi les encore, les effets multi-échelles sont signifi- systèmes biologiques sont-ils concernés à catifs lorsque l’on veut étudier précisément les diverses échelles, depuis la molécule (nano- écosystèmes. Dans le secteur de l’énergie, un moteurs biologiques) jusqu’aux organes, en sujet dans lequel les recherches seront ampli- passant par les réseaux d’interactions géni- fiées est celui de la fusion à grande échelle, ques. Typiquement, le côté multi-échelles où se combinent magnétisme et physique des et multi-modèles apparaît dès lors que l’on plasmas. Toujours dans le secteur technolo- souhaite modéliser complètement des sous- gique, la simulation de circuits complets basés systèmes complexes comme la cellule ou le sur les nanotechnologies représentera un vrai cerveau. L’environnement reste également challenge dans les années à venir. Jalons i Simulation et visualisation i Simulation des plasmas de fusion taire, la simulation des modes localisés au scientifique pour l’environnement pour le programme ITER bord du plasma est fondamentale pour On vise ici à développer et à mettre en Ce jalon a pour objectif le développement d’un comprendre et prédire les pertes d’éner- œuvre, en grandeur réelle, la simulation ensemble de codes de simulation gyrocinétique gie dans ITER ainsi que pour valider les interactive couplée à la visualisation sur un 5D et magnéto-hydrodynamique pour des approches proposées pour y remédier. Il problème complexe de l’environnement, par modèles de plasmas magnétisés, étudiés dans n’existe actuellement aucun code permet- exemple en climatologie, ou océanologie (cf. le programme ITER. L’étude fine d’un tokamak tant de simuler complètement l’instabilité § 3.2.2). On sélectionnera une application particulier comme ITER nécessite de prendre de ces modes. L’objectif est de développer particulièrement apte à mettre en avant la précisément en compte la configuration réelle un code haute résolution permettant la nécessité de visualisation intelligente de d’équilibre du plasma et pour cela d’utiliser un simulation d’un cycle complet d’une ins- grandes masses de données et le besoin système de coordonnées spécifiques appelées tabilité des modes localisés au bord (ELM), d’interactivité, par exemple pour le posi- coordonnées de flux respectant les isosurfaces en utilisant des solveurs très efficaces pour tionnement de capteurs ou le pilotage de du champ magnétique et permettant en parti- les grands systèmes linéaires creux et des simulations multi-algorithmes. Ce jalon, culier de séparer la dynamique longitudinale méthodes numériques haute-résolution qui aboutira à un démonstrateur, nécessitera et transverse et de prendre en compte une sur des maillages non structurés. une coopération étroite entre spécialistes des dynamique plus réaliste pour les électrons. Cette sciences de l’environnement et chercheurs approche, qui nécessite des développements en modélisation, simulation, réalité virtuelle, numériques spécifiques, permettra de mieux infographie, et calcul intensif. simuler la turbulence. De façon complémen- Plan stratégique 2008-2012 47
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    .1.2 Programmation :Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques 3.1.2 Programmation : Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques 48 Plan stratégique 2008-2012
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    Avec les nouvellestechnologies numériques, les logiciels entrent de plus en plus fortement dans des applications ayant un impact direct sur la vie des citoyens et le fonctionnement des sociétés et des états. Cette situation soulève de nombreuses questions dont celles liées à : • la sûreté des infrastructures techniques (transports, énergie), des grands systèmes d’information, des réseaux bancaires, et des équipements médicaux ; • la sécurité et la confidentialité des infrastructures ayant un caractère sensible (défense, données gouvernementales) ; • la protection des données nominatives ou de la sphère privée (dossiers médicaux, vote, données privées diverses) ; • la confiance mutuelle lors des communications entre entités, la garantie de la probité des échanges ; • la disponibilité et la crédibilité d’applications diverses (traçabilité et garantie d’origine de produits, domotique). Face à ces enjeux, le niveau de confiance que l’utilisateur attribue aux technologies numériques est un critère clé du développement et du déploie- ment d’applications nouvelles. Du point de vue de l’utilisateur, la confiance recouvre notamment l’aptitude des systèmes à résister à des attaques et à un usage malicieux (la sécurité), l’aptitude à fonctionner correctement dans des conditions données (la sûreté), ainsi que la possibilité de déterminer les responsabilités en cas de dysfonctionnement (dimension technico- légale). Du point de vue des concepteurs de systèmes et d’applications, les enjeux technologiques sont la mise à disposition de dispositifs de sécurité robustes, corrects et prouvés, la vérification préalable de l’exécution correcte des applications, la mise à disposition d’environnements performants de programmation intégrant les aspects production de code et preuve. Parce que les technologies et services de confiance intègrent une forte com- posante logicielle, l’INRIA a clairement un rôle à jouer dans ce domaine. Un apport important sera de développer des technologies de sûreté et sécurité au service de la confiance, permettant de gérer les problèmes d’authenti- fication et d’identification, de confidentialité, de certification, de protection des contenus et des données personnelles, de traçabilité, de résilience des services. Une autre direction est d’explorer des voies nouvelles pour assurer la confiance, comme par exemple les domaines émergents de preuves Plan stratégique 2008-2012 49
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    .1.2 Programmation :Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques électroniques associées à un cadre juridique, les systèmes de confiance à base de réputation ou les plates-formes de confiance. Globalement, il s’agit d’étudier les bases d’une informatique décentralisée, mobile et sûre, organisant l’accès aux informations et aux applications autour d’une gestion maîtrisée des droits et de l’identité, ceci de la façon la plus transparente possible pour l’utilisateur. La profonde évolution des technologies implique aussi de nouvelles appro- ches pour la programmation et le génie logiciel : ainsi sont apparues les architectures orientées services en réponse aux problématiques que rencontrent les entreprises en termes de réutilisabilité, d’interopérabilité et de réduction de couplage entre les différentes composantes de leurs systèmes d’information. Le référencement, la coordination, la localisation de ces services font appel à l’établissement de standards, à des protocoles spécifiques pour gérer les transactions et la sécurité au sein de l’architecture, et sont encore largement à explorer. A la jonction de l’ingénierie logicielle, des systèmes d’information et de l’aide à la décision, le concept de système de systèmes est apparu en réponse à la problématique d’intégration à large échelle des systèmes formés d’un grand nombre de composantes hétérogènes, matérielles, logicielles, humaines, éventuellement géographiquement réparties, autonomes, et dont le fonctionnement résulte d’interactions entre ces composantes, en fonction de l’architecture du système, de son évolution dans le temps, de la variabilité de son environnement. De tels systèmes doivent faire l’objet d’une surveillance spécifique et d’une politique de maintenance dont les principes doivent aussi être définis dès la conception, et adaptés pendant tout le cycle de vie du système. Ceci suppose bien évidemment des techniques de modélisation et de simulation adaptées, associées à des méthodologies d’évaluation et de certification, permettant de donner des garanties de fonctionnement sûr. 50 Plan stratégique 2008-2012
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    Les priorités del’INRIA pour cette thématique matériels, logiciels, services ou systèmes, s’inscrivent dans deux grands défis : l’intégration de ces techniques dans un • garantir le comportement correct de contexte plus général d’ingénierie logi- logiciels complexes dans leur environ- cielle pour leur utilisation aisée et leur large nement matériel. L’institut développe diffusion ; des méthodes de développement sûr, • assurer la sécurité des données, des fondées sur les langages formels, les communications et des échanges des logiques mathématiques, la construction systèmes informatisés. Dans ce cadre, de preuve, de même que la vérification les priorités seront la cryptographie, les et la certification de code et de compo- politiques de sécurité, la protection contre sants logiciels. L’accent sera mis sur les les virus qui sont autant de réponses à problèmes majeurs que sont le passage à construire face aux défaillances et aux l’échelle, la reprise de code existant, la prise vulnérabilités de systèmes de plus en plus en compte des composants qu’ils soient ouverts, distribués et mobiles. Les langages de programmation de haut passer le cap du passage à l’échelle et de Environnements  niveau, les systèmes de type et l’analyse l’adoption par les milieux industriels. de preuve et de  statique ont contribué de façon significa- Les méthodes formelles permettent aujour- tive à améliorer la sûreté et la fiabilité des d’hui aux programmeurs d’établir des garan- programmation  logiciels. Toutefois un fossé subsiste entre le code source destiné à être exécuté et les ties sur leurs codes source ou leurs modèles. Étendre ces garanties au code exécutable sûres modèles de ce code, utilisés a priori pour la conception, et a posteriori pour la véri- et à son exécution passe par deux voies complémentaires : la première est la certifi- fication. Ce fossé devrait être réduit, d’une cation des outils de production et de valida- part par le développement de langages de tion de code (compilateurs, générateurs de programmation dédiés avec la génération code, analyseurs statiques, model-checkers, de code et la technologie d’analyse statique démonstrateurs de théorèmes). La seconde associées, et d’autre part, par des langages consiste à produire et attacher au code un généralistes offrant une grande puissance certificat qui peut être vérifié a posteriori par d’expression et des possibilités de généri- les utilisateurs du code. Les deux approches cité et de compositionnalité (programmation nécessitent encore un effort de recherche fonctionnelle, par aspects, par contrats, par significatif pour passer à l’échelle de produc- contraintes, etc.). tion de logiciels réalistes. L’expérience acquise depuis plusieurs années dans le développement de preuves a fait apparaître des problématiques nouvelles liées à leur ingénierie. Concevoir des langages mathématiques généralistes permettant de décrire les théories et les preuves que l’or- dinateur est capable de vérifier, nécessite en particulier une intégration efficace du calcul et de la déduction (tous deux nécessaires dans les grands développements mathématiques) et la construction de bibliothèques réutili- sables dans des domaines importants des mathématiques et de l’informatique, comme le calcul numérique, la géométrie ou les proba- bilités. Il est nécessaire de développer, pour les assistants à la preuve, des facilités de description, d’animation et d’analyse, avec un degré d’automatisation important pour Plan stratégique 2008-2012 51
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    .1.2 Programmation :Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques Malgré les développements remarquables Un autre axe de progrès est la prise en compte Méthodes  des méthodes formelles et des techniques de des composants du commerce, des logiciels performantes de  vérification par exploration de modèles, la véri- fication formelle ne passe pas encore à l’échelle préalablement développés et des logiciels libres : la plupart des systèmes, y compris vérification de  des systèmes critiques du monde réel. Les progrès viendront largement de l’utilisa- des systèmes à fortes contraintes de sûreté et de sécurité, intègrent des composants ou logiciels et systèmes tion combinée de méthodes de tests et de des logiciels externes. La vérification a poste- preuves existantes (vérification de modèles, riori de codes existants, la rétro-ingénierie analyse statique, raffinement, preuve interac- de codes destinés à être intégrés dans des tive, génération de tests) et de l’intégration systèmes sûrs afin de retrouver les propriétés de ces méthodes dans des environnements de correction et de démontrer l’absence de de conception de systèmes et de produc- risques résiduels sont des champs nouveaux tion de code, tant pour le logiciel que pour d’expérimentation des techniques de vérifi- le matériel. cation de code. La spécification et la conception de plates- sont assurées, sont un des points clé du Briques de base  formes de confiance met en jeu des méca- nismes de sécurité et de contrôle d’intégrité développement de systèmes de confiance. Les difficultés de déploiement de solutions à de la sécurité :  liant le matériel au logiciel de base, des clés publiques posent différentes questions Cryptographie,  mécanismes de sécurisation du système d’exploitation et des techniques garantis- sur la manière de construire et garantir des relations de confiance entre entités commu- protocoles,  sant le cloisonnement sûr des différentes classes d’application. Les solutions actuelles nicantes dans des environnements distribués et ouverts. Il faut poursuivre l’amélioration politiques se fondent sur le développement de micro- des primitives cryptographiques et de leur noyaux de sécurité prouvés et sur différentes validation, qu’il s’agisse de cryptographie techniques comme la virtualisation. symétrique ou asymétrique, construire des Les besoins en primitives cryptographi- primitives nouvelles en matière de principes ques, dont la robustesse et la conformité cryptographiques en assurant leur robustesse Positionnement INRIA Plus de 40 équipes-projets sont concernées programme ou de langages fonctionnels. Ces son partenariat avec la DGA. L’ambition par les thèmes de recherche couverts par ce atouts permettent à l’INRIA de se positionner est d’être capable de fournir expertise et défi. Environ 20 équipes-projets en font leur favorablement avec ses partenaires académiques conseil en matière de sécurité informati- cœur de métier. L’INRIA a une expertise et industriels (Alcatel, Dassault, France Telecom que, ce qui lui impose d’être à l’écoute des reconnue au niveau international en crypto- RD, ILOG, Microsoft, Thalès, Trusted Logic, attentes industrielles, juridiques et socia- logie, méthodes formelles, environnements Esterel Technologies...) pour aborder les défis les en matière de gestion des risques, de de preuves, vérification formelle de proto- liés à la sécurité et la sûreté qui tiennent une sécurité et respect de la vie privée dans le coles et systèmes critiques. L’institut est un place majeure en Europe (cf. les deux thèmes développement des services et des entre- leader mondial en ingénierie dirigée par les du 7e PCRD Information and communication prises, de plates-formes de confiance et de modèles. Cette expertise s’est traduite par la technologies et Security and space) mais qui sont virtualisation. Face à ces questions, l’institut conception et la diffusion de logiciels à haute aussi cruciaux, au plan mondial, pour l’indé- se positionne désormais sur une vision visibilité, qu’il s’agisse d’environnements de pendance et la souveraineté des nations. intégrative des aspects sûreté et sécurité preuve, de programmation synchrone ou L’INRIA aura à cœur de renforcer ses relations des logiciels et des systèmes. asynchrone, de vérification de protocoles industrielles, en particulier au sein des pôles cryptographiques, d’outils de preuves de de compétitivité AESE et System@tic, ainsi que 52 Plan stratégique 2008-2012
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    d’implantation, concevoir desalgorithmes cables qu’à des protocoles simplifiés. Un défi cryptographiques prenant en compte l’effi- majeur est de traiter des protocoles de sécurité cacité (faible consommation, rapidité) mais complexes dans des environnements réalistes. aussi la résistance à la cryptanalyse et aux Ceci nécessite de développer des techni- attaques par canaux cachés, pour lesquelles ques de preuves modulaires, de montrer que par ailleurs l’élaboration de mesure de résis- les abstractions considérées sont correctes tance est souhaitable. vis-à-vis des modèles plus précis utilisés en Les protocoles de cryptographie pour de cryptographie, et de formellement valider les nouvelles applications telles que le vote, la primitives cryptographiques. Il apparaît aussi délégation de signature, la négociation sûre un besoin croissant de fournir de nouvelles de services de sécurité pour les applications propriétés de sécurité liées à l’anonymat et multi-niveaux, la satisfaction de politiques de à la vie privée. sécurité complexes, doivent être prouvés tant Enfin, la conception de langages pour exprimer du point de vue de leur conception, que de leur formellement les politiques de sécurité et implémentation matérielle et logicielle. leurs propriétés, ainsi que le développe- Même si d’importants progrès à la fois théo- ment de méthodes et d’outils de vérifica- riques et applicatifs ont été réalisés dans les tion de ces propriétés constitue une autre techniques de vérification de protocoles de direction de recherche largement ouverte et sécurité, la plupart des résultats ne sont appli- prometteuse. Face aux cyber-attaques, une première étape rabilités sont plus complexes et nécessitent Analyse  est d’analyser et de recenser les vulnérabilités et les faiblesses des logiciels et des systèmes des investigations spécifiques. Le domaine émergent de la virologie infor- des vulnérabilités  vis-à-vis de la sécurité en se dotant d’outils matique a pour objectif la détection de virus et des virus d’analyse efficaces. Comme pour la vérifica- tion, la prise en compte de composants déjà et l’étude de leur propagation, par exemple à partir d’une analyse statique des flots de développés est une problématique encore non données ou de contrôle, mais aussi la concep- résolue. Même si les modèles de défaillance tion et la construction de stratégie de défense, utilisés en sûreté de fonctionnement sont une en particulier face à des virus métamorphes source d’inspiration importante, les modèles dont le programme mute chaque fois qu’il d’exploitation et de propagation des vulné- infecte un nouvel hôte. Avec le nombre croissant de données sensi- Les technologies numériques ainsi que l’ap- Intégrité  bles accumulées dans les bases de données actuelles, apparaît la nécessité impéra- parition de systèmes ouverts ne sont pas sans susciter des dangers pour la propriété des données,  tive d’assurer leur intégrité (authenticité, intellectuelle et les droits de diffusion. Les confidentialité et  exhaustivité, actualisation), leur confidenti- alité (contrôle d’accès) ainsi que leur utili- technologies actuelles permettent de faire des copies parfaites des contenus. La redistribu- vie privée sation appropriée (traçabilité). Les solutions actuelles basées sur des administrations tion est aisée et son traçage difficile. Il est ainsi nécessaire de développer de nouvelles centralisées peinent à être déployées et ne technologies permettant de protéger les répondent pas aux enjeux de la confiance œuvres multimédia : identifier leur origine, dans des environnements dynamiques et protéger les droits d’auteurs, vérifier leur distribués. La coopération entre la recherche intégrité, ou encore tracer un usage illicite. en bases de données et en cryptographie Cela peut se faire par l’insertion dans le est une voie prometteuse en particulier pour contenu d’une marque indécelable, infalsi- établir des relations de confiance entre fiable et ineffaçable et dont l’extraction doit entités, de manière dynamique dans l’es- être robuste face à divers types d’attaques pace et le temps. que le signal pourrait subir. Plan stratégique 2008-2012 5
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    .1.2 Programmation :Sécurité et fiabilité des systèmes informatiques La maîtrise des risques est partie prenante Dans un contexte distribué, et plus géné- Maîtrise des  des processus de conception des systèmes à logiciel prépondérant, qu’il s’agisse de ralement dans un environnement complexe dont le comportement ne peut être décrit risques dans les  systèmes d’information ou de systèmes temps complètement, il devient nécessaire de forma- systèmes ouverts  réel critiques, ou encore de systèmes à grande diffusion. Les risques sont souvent identifiés liser les interactions dysfonctionnelles et de les exprimer sous forme de contraintes et distribués comme les manquements ou les entraves à la disponibilité, à la sécurité, à la robus- propres à garantir la sûreté de comportement global du système. Ces modèles formels tesse aux pics de charge et aux changements pourraient aussi servir de base pour l’établis- d’échelles. La perception de ces risques est sement de responsabilités légales en cas de accrue avec la mise en œuvre de services en dysfonctionnement. ligne, s’appuyant sur des systèmes ouverts Dans les réseaux mobiles ad hoc sans infras- et distribués. tructure fixée, souvent spontanés et volatils, De nombreux systèmes critiques ou embar- les réseaux de capteurs ubiquitaires permet- qués sont aujourd’hui des systèmes ouverts tant d’interfacer l’environnement physique qui cohabitent et inter-opèrent avec des avec les infrastructures de communica- systèmes d’information, et deviennent sensi- tion et d’information, la sécurité doit être bles non seulement aux défaillances mais soigneusement comprise et garantie avant également aux attaques et malveillances, à le déploiement. La distribution des données des comportements inattendus des utilisa- et des calculs sur la grille conduit aussi à de teurs, à des interactions non ou incomplète- nouveaux défis pour la sécurité qui doit être ment spécifiées entre composants. garantie dans un environnement peu fiable. Jalons i Cryptographie et sécurité permettront aussi le déploiement de systèmes i Développement certifié de des réseaux ambiants d’attaque et de défense contre des codes mal- composants logiciels industriels Critique du point de vue des applications veillants (virus, vers). Elles ouvriront la voie Pour augmenter le nombre de composants industrielles, la cryptographie dite légère, vers la détection de failles, l’audit sécurité et logiciels prouvés utilisés dans l’industrie est destinée à des objets de faible coût et la certification de système.. (compilateurs, bibliothèques certifiées), une potentiellement volatils. Le développement première étape est d’offrir une plateforme d’applications de traçabilité et de localisation i Vérification conjointe de d’aide à la conception, à la modélisation et d’objets, par exemple par RFID, nécessite propriétés de sûreté et sécurité la vérification de systèmes et de logiciels, de développer des mécanismes d’authenti- Alors que les domaines de la sûreté et de la prenant en compte l’assemblage de com- fication simples à mettre en œuvre et d’un sécurité étaient jusqu’à maintenant relativement posants et la reprise de codes existants, coût d’implémentation et de déploiement disjoints, des approches intégrées sont à déve- permettant à des sociétés ou des projets très faible, mais garantissant le niveau de lopper sur différents problèmes en particulier tiers d’utiliser ces outils sur des cas réels et sécurité adéquat. sur la vérification automatisée des politiques de de fournir un vrai retour d’expérience. Un sécurité (dans le cadre par exemple de services premier objectif est de faire la démonstra- i Vulnérabilités, attaques et défense Web, de contrôles d’accès, de délégations de tion que le processus de certification de code Ce jalon porte sur l’étude des attaques et de signature), et sur la conception de protocoles critique peut s’appuyer sur une approche leur prévention en conduisant des expéri- de vote électronique sécurisé, la formalisation mathématique rigoureuse, en particulier mentations significatives dans un cadre légal. et la vérification de leurs propriétés essentielles en produisant un compilateur prouvé, Un premier objectif est de caractériser les de sécurité. utilisable dans le contexte industriel. Plus faiblesses et vulnérabilités des logiciels vis- généralement, il s’agit d’augmenter le à-vis de la sécurité, d’analyser et recenser nombre de composants prouvés utilisés lesdites vulnérabilités, et de se doter d’outils dans le monde industriel : compilateurs, d’analyse efficaces. Ces expérimentations outils de vérification, bibliothèques. 54 Plan stratégique 2008-2012
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    .1. Communication, informationet calcul ubiquitaires 3.1.3 Communication, information et calcul ubiquitaires 5 Plan stratégique 2008-2012
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    Les technologies etles infrastructures de communication ont constamment été au cœur de nombreux enjeux dans toutes les civilisa- tions. Les technologies de communication numériques ont apporté une rupture qualitative et un changement d’échelle drastique. Leurs enjeux économiques et sociaux concernent aujourd’hui tous les secteurs d’ac- tivité, allant de la production de biens et de services, à la santé et à la sécurité. Ils sont critiques pour le développement de la société de l’information (cf. § 2.1). Des besoins considérables expliquent la croissance et le déploiement pro- digieux de ces technologies : plus de 2 milliards de dispositifs connectés aujourd’hui à Internet, autant de téléphones cellulaires dont 20 % dispo- sent de capacités d’échange de données, un volume de données qui se chiffrera bientôt en moles* d’octets, données que l’on souhaite aisément lisibles par chacun et productibles par tous. À cela s’ajoute une autre révolution : dorénavant, nos objets communiquent entre eux de façon autonome pour nous offrir des fonctionnalités complémentaires et inté- grées, pour se configurer et s’adapter à leur environnement et à leurs utili- sateurs, pour couvrir un large espace d’observation (réseaux de capteurs) et d’objets adressables (Internet des objets). Le développement des technologies de communication est conditionné par la résolution de nombreux problèmes scientifiques relatifs aux pro- tocoles et réseaux de communication, au calcul distribué et au Web des connaissances et des services. Ces trois composantes participent ensem- ble à l’élaboration de systèmes autonomes d’intelligence ambiante, inté- grant des processeurs et des capteurs disséminés dans l’espace et dans de nombreux objets de la vie courante, réactifs à leur environnement, et donnant aux utilisateurs l’accès au bon moment et au bon endroit, à des informations individualisées, à des connaissances, à des moyens d’ex- pression et d’action radicalement nouveaux. L’INRIA a constamment mis en avant parmi ses objectifs prioritaires la maîtrise des infrastructures des réseaux et des services de communica- tion. L’institut dispose aujourd’hui de très fortes compétences et d’une grande visibilité internationale dans ce domaine, ce qui lui permet d’af- ficher des objectifs scientifiques ambitieux sur les réseaux, les grilles de calcul et le Web sémantique des connaissances et des services. * Par analogie à l’unité chimique : une mole = 6,022 x 1023 atomes. Plan stratégique 2008-2012 57
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    .1. Communication, informationet calcul ubiquitaires Les objectifs de l’INRIA sur cette priorité stra- communs fondamentaux, en mathématiques tégique sont focalisés sur trois volets : et en algorithmique des communications • les réseaux du futur, leur modélisa- et de l’information, problèmes sur lesquels tion, la conception de leurs architectures l’institut restera très présent. Il poursuivra ses et protocoles, et leur évolution, malgré recherches sur plusieurs de ces questions l’hétérogénéité des infrastructures de fondamentales, par exemple en modélisation communication, vers un réseau continu quantitative, sur les méthodes formelles pour dans l’espace (faire face au changement la preuve de protocoles, sur les algorithmes d’échelle dans le nombre de disposi- distribués avec information partielle, ou sur les tifs mobiles ou fixes interconnectés) et algorithmes de réplication et de consensus. dans le temps (assurer avec constance Le codage et la théorie de l’information – en et transparence une qualité de service particulier pour la compression d’images et garantie à une grande diversité d’utilisa- de vidéos ou pour accroître la capacité de teurs et d’usages) ; réseaux mobiles ad hoc – restent également • les grilles de calcul, un des grands défis de des sujets de recherche importants. De même l’informatique distribuée pour offrir quasi- que le sont dans le contexte abordé ici les ment partout de vastes ressources ; questions de sécurité des réseaux et des • le Web des connaissances et des données : confiance, preuves de sécurité, services qui permet d’accéder au contenu confidentialité et vie privée, protection de sémantique des informations disponibles documents multimédia. et d’apporter à des communautés d’utili- Ces trois volets sont détaillés dans ce qui sateurs la possibilité d’utiliser, de déployer suit, ainsi que la problématique de l’auto- et d’intégrer un spectre d’applications de nomie des infrastructures de communi- plus en plus large. cation, de calcul et d’information qui leur Ces trois volets partagent des problèmes est transverse. L’Internet du futur est aujourd’hui au cœur réseaux sans fil hétérogènes, à améliorer Communication  d’efforts considérables de recherche acadé- mique et industrielle, illustrés par de grandes la qualité de service, et à mettre en place des architectures de service de plus haut ubiquitaire et  initiatives internationales telles que celles de niveau. réseaux du futur la NSF (FIND, GENI) ou de DARPA (sur le sans fil) aux États-Unis, de la Commission euro- Pour y parvenir, de nouvelles théories pour l’architecture de réseaux doivent émerger. péenne (EIFFEL, FIRE, ARCADIA, EUROFI), Les protocoles et les structures qui contrôlent de la Corée (Future Internet Forum) ou du cette architecture doivent être repensés de Japon. En France, le gouvernement a confié manière coordonnée et cohérente. Malgré à l’INRIA en 2007 l’animation d’un groupe les progrès importants faits pendant les de réflexion sur ce sujet. dix dernières années, la couche réseau Ces recherches visent l’élaboration des bases reste critique pour les applications forte- algorithmiques et architecturales nouvelles ment contraintes en termes de délai, de des réseaux et services de communication bande passante, de gigue et de fiabilité. Ces qui permettront de corriger les faiblesses applications ne peuvent pas être déployées structurelles d’Internet, notamment dans aujourd’hui sur Internet. L’INRIA développera le domaine de la sécurité, de la qualité de des recherches tant théoriques qu’expéri- service, de la mobilité, du temps réel, et de mentales sur la qualité de service et les l’interconnexion avec le monde physique via accords de niveau de service, sur le routage des réseaux de capteurs. L’INRIA entend différencié et sur le routage avec qualité de être actif dans la conception d’Internet du service. futur. L’institut s’attachera en particulier à Nos travaux porteront également sur les améliorer la sécurité et la robustesse du réseaux d’overlay sur Internet qui permet- réseau, à rendre plus simple l’intégration de tent à un très grand nombre de pairs d’interagir nouvelles technologies comme celles des de manière à contribuer à l’accomplissement 58 Plan stratégique 2008-2012
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    d’une activité commune,soit en tant que des algorithmes novateurs et de nouvelles relais, soit en tant que contributeur direct. idées d’architectures. L’INRIA continuera à Les recherches se concentreront sur les contribuer à l’énorme effort algorithmique structures qui peuvent se développer de pour mieux contrôler ces réseaux (puissance, manière autonome et auto-organisée, comme contrôle d’admission, contrôle d’accès les systèmes pairs-à-pairs (P2P) de partage aux ressources, contrôle de congestion, de documents multimédia pour lesquels la ordonnancement), en particulier par le biais participation à un groupe est très fortement d’optimisation inter-couche. Une meilleure dynamique et volatile. compréhension du partage de bandes dans Par ailleurs, une meilleure connaissance et le contexte des réseaux sans fil, dont les un meilleur contrôle d’Internet, tel que nous réseaux hybrides, est également néces- le connaissons aujourd’hui, sont nécessaires saire. La conception de services de réseaux pour concevoir l’Internet du futur. L’INRIA se offrant un véritable soutien sans coupure à concentrera sur la conception de nouvelles la mobilité et à la localisation soulève des méthodes pour la supervision, la mesure et problèmes importants. Il en va de même de le contrôle du réseau, la tomographie d’In- la conception d’applications vidéo sans fil qui ternet, l’inférence de matrices de trafic, et la imposent des contraintes additionnelles aux détection automatique d’anomalies. techniques de codage de faible complexité À coté d’Internet proprement dit, nos travaux ou de consommation d’énergie limitée. porteront également sur les réseaux d’opé- Par ailleurs, les évolutions récentes en termes rateurs en se focalisant principalement sur de complexité, de dynamicité et d’hétéro- les problématiques de l’accès sans fil et généité des réseaux en rendent la gestion de la gestion du réseau. de plus en plus difficile. Il est impératif de Modélisation de la couverture du réseau par L’évolution des réseaux sans fil repose sur concevoir de nouveaux modèles architec- des antennes utilisant le protocole CDMA des avancées fondamentales en théorie de turaux et des algorithmes distribués qui (Code Division Multiple Access) — TREC. l’information et du codage, ainsi que sur permettent de mettre en œuvre de manière Positionnement INRIA Plus d’une trentaine d’équipes-projets Dans le domaine des réseaux, la France bénéfi- çaise, avec l’animation de plusieurs plates- sont focalisées sur les thématiques rele- cie d’un environnement industriel exception- formes, comme GRID-5000. L’activité vant de cette priorité. Dans les aspects nel, avec le siège et le laboratoire de recherche autour de l’informatique diffuse connaît réseaux et communication, la position de et innovation d’Alcatel-Lucent – un acteur aussi un fort développement et a déjà l’institut au niveau mondial en matière de clé dans le domaine des équipements réseau donné lieu à des actions significatives de modélisation et de métrologie est forte. Les – et aussi le siège d’Orange, acteur majeur au transfert, par exemple autour de UbiQ. efforts de standardisation en réseau sont niveau européen pour l’accès aux réseaux sans Pour ce qui concerne les bases de données coordonnés par l’Internet engineering task fil, dont elle héberge les principaux laboratoi- et de connaissance et le Web, plusieurs force (IETF) au sein de laquelle la plupart res de recherche et développement. Plusieurs chercheurs et équipes de l’INRIA jouent des sociétés et laboratoires travaillant laboratoires communs ont été mis en place : un rôle influent au niveau mondial, en sur l’Internet sont en compétition pour avec Orange-FT sous la forme de « Centre de particulier autour de XML. Les collabo- faire adopter de nouveaux protocoles. recherche collaborative », avec Alcatel-Lucent rations sont actives avec les meilleures L’INRIA participe depuis longtemps de sous la forme « d’Opérations stratégiques équipes mondiales (UCSD entre autres). manière très active à l’IETF en présidant conjointes », avec Thomson et Philips, sous Des activités de transfert viennent aug- des groupes de travail, en apportant des la forme du laboratoire commun AIRD sur menter cet impact. contributions à MPG et en proposant l’informatique ambiante. Ce positionnement autour des conte- des standards tels que UDLR et OLSR. Autour du calcul distribué, des grilles de calcul nus, des services et des usages, mais L’INRIA a aussi participé à la standardi- et des systèmes pair-à-pair, l’INRIA joue un aussi des communications, doit encore sation de IEEE 802.11. rôle moteur au sein de la communauté fran- se renforcer. Plan stratégique 2008-2012 59
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    .1. Communication, informationet calcul ubiquitaires autonome, sûre et robuste la gestion des systèmes d’information spontanés et les défaillances, des configurations, des coûts, réseaux tolérant les délais dans lesquels la de la performance et de la sécurité. Les ques- connectivité intermittente est la norme. La tions de passage à l’échelle et de l’impact plupart de ces réseaux ont une logique de fonctionnel des impératifs de gestion du routage « multihop », qui consiste à utiliser réseau sont cruciales. Ceci est particuliè- les autres terminaux ou éléments du réseau rement vrai pour les réseaux optiques dans comme des relais lors du transport de l’in- lesquels des composants reconfigurables formation. L’institut continuera à étudier de permettront aux opérateurs de répondre nouveaux algorithmes de contrôle distribué à des demandes attendues de l’ordre du pour de tels réseaux, en particulier en ce térabit et pour lesquels on devra disposer qui concerne l’accès à des canaux radio de moyens de contrôle programmables très partagés, le routage, le contrôle de l’ad- performants, capables d’ordonnancer les mission et de la congestion, et le contrôle ressources du réseau en temps réel. de la consommation. Plus généralement, il Enfin, il est important de traiter également faut concevoir des algorithmes distribués des réseaux auto-organisés. L’INRIA permettant aux utilisateurs d’être toujours concentrera ses recherches sur les réseaux connectés au mieux dans un contexte équi- ad hoc, les réseaux sans fil hybrides, les table, particulièrement dans le cas de radios Jalons i Conception et évaluation de réel. Leurs limitations doivent être identifiées des gains en robustesse et en performance nouvelles architectures d’Internet et bornées. Finalement, il est important d’in- significatifs. Depuis trente ans, Internet a suivi des évo- tégrer plates-formes d’expérimentations et de lutions incrémentales, compatibles avec simulations afin de simplifier la conception et i Services et usages l’existant. Cette approche, qui a permis l’évaluation des nouvelles architectures. On On veut pouvoir répondre intelligemment à d’incontestables succès, a atteint ses limites visera donc ici à développer une plateforme des requêtes sur le Web à partir du contenu en bloquant la résolution de problèmes et des méthodes d’évaluation intégrant un sémantique des données, par exemple dans structurels majeurs de sécurité, de continuité simulateur tel que NS3 et une plateforme d’ex- le cadre d’un travail collaboratif au cours de service sur des infrastructures hétérogè- périmentations telle que OneLab. duquel les informations seront agrégées nes, de robustesse à la montée en charge, et présentées à l’utilisateur qui pourra ou d’outils d’observation et de diagnostic. i Grilles d’expérimentation interagir avec des résultats intermédiaires Ce jalon porte sur l’exploration de nouvelles Il s’agit de démontrer un passage à l’échelle et participer ainsi à la construction de la architectures de réseaux en rupture avec ambitieux des techniques de programma- réponse à la requête. Le développement l’existant. Il s’agit de concevoir des compo- tion des grilles informatiques en réalisant de ces nouveaux services doit être conçu sants architecturaux pour supporter de façon plusieurs expériences dimensionnantes sur pour permettre l’analyse de leurs usages native et sécurisée des services tels que la l’infrastructure Grid’5000, développée par effectifs : émergence de communautés et de diffusion de données, le partage de données l’action ALADDIN. Ces expériences porteront réseaux sociaux, construction dynamique en pair-à-pair, et le diagnostic automatique. en particulier sur des problèmes génériques de profils individuels et collectifs, détection Par ailleurs, ces nouvelles architectures ont d’optimisation combinatoire de grande taille, de tendances, diagnostic de performance besoin d’être évaluées avant un déploiement jamais résolus grâce à une infrastructure et de qualité de service. Les informations à grande échelle. Ceci nécessite des plates- de grille. On expérimentera également sur relatives aux usages étant produites de plus formes de simulation réalistes, facilement des problèmes de biologie structurale tel en plus rapidement et depuis des sources configurables, qui permettent un contrôle que le problème d’arrimage de molécules de plus en plus nombreuses, on doit être des conditions d’expérimentations et des de grande taille. Ces expériences et d’autres capable de faire ces analyses sur des flots analyses comparatives, et qui impliquent seront réalisées sur plusieurs milliers de pro- de données, ce qui implique l’extraction de vrais utilisateurs. Les simulations doivent cesseurs, sur plusieurs sites, pour valider de connaissances, leur interprétation et intégrer de meilleurs modèles et du code expérimentalement le passage à l’échelle avec la gestion de leur évolution. 0 Plan stratégique 2008-2012
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    flexibles. Par ailleurs,au niveau des modèles de management au travers de modèles économiques, la recherche se concentrera tels que l’utilisation d’incitateurs, la théorie sur la conception de nouvelles formes de des jeux et des approches coopératives et déploiement et d’intégration des fonctions collaboratives. Grâce aux réseaux de communication et à à la conception de systèmes d’exploitation Calcul ubiquitaire  l’évolution des technologies des micropro- cesseurs, la puissance de calcul accessible à centrés réseaux, assurant une gestion distri- buée d’un domaine et permettant, via des et grilles de calcul un utilisateur n’est plus restreinte localement approches de virtualisation et d’abstraction, à une machine unique, elle peut s’appuyer sur une meilleure séparation entre les applica- de vastes ressources disponibles à bas coût tions et l’infrastructure sous-jacente. et distribuées à grande échelle. L’ambition La gestion des ressources ne peut plus être du calcul ubiquitaire est d’ouvrir l’accès à locale. Elle doit prendre en compte la distri- ces ressources partout, à tout moment, de bution des ressources à large échelle. Ainsi, façon aisée, transparente et fiable. Les grilles pour certaines applications, la gestion de de calcul, l’un des grands défis de l’infor- flux de données doit intégrer les contraintes matique distribuée, soulèvent en particulier de communication, lesquelles sont difficile- des problèmes d’intergiciels, de systèmes ment prévisibles et peuvent devenir supé- d’exploitation, de gestion des ressources et rieures aux contraintes des ressources de de modèles de programmation. calcul. On doit également développer de Un intergiciel distribué est une couche bons modèles de disponibilité de ressources logicielle au-dessus des systèmes d’exploi- qui évoluent fortement avec l’arrivée et la tation permettant le déploiement aisé d’une disparition de nœuds de calcul en cours application sur des machines en réseau. Leur de traitement. Les travaux porteront égale- conception soulève de nombreux problèmes ment sur des mécanismes de gestion à dont la gestion de l’hétérogénéité, les chan- performance garantie, par exemple sur la gements de disponibilité des ressources, ou conception de protocoles de bout en bout le passage de l’organisation client/serveur à fiables, efficaces et prévisibles, pour le des architectures pairs-à-pairs. Par ailleurs transfert de masse de données. les intergiciels existants ont une relation Enfin, de nouveaux modèles de program- à sens unique avec les applications, sans mation sont nécessaires pour une utilisa- aucune négociation. Ce handicap peut être tion efficace des grilles. Il s’agit de prendre levé si les applications sont en mesure d’ex- en compte la complexité intrinsèque des ploiter la nature et la topologie des ressources traitements distribués sur des ressources et de spécifier à l’avance les schémas de hétérogènes et évolutives, par exemple en communication qu’elles utilisent. explicitant les caractéristiques de l’applica- Les systèmes d’exploitation peuvent à tion relativement à celles de l’infrastructure l’avenir fournir avec de meilleures perfor- de calcul. Des nouveaux paradigmes de mances une partie des fonctionnalités des programmation inspirés de la nature ou de Cluster de l’IRISA - INRIA Rennes. intergiciels. Il s’agit en particulier de travailler la chimie sont également à explorer. Le passage à un Web des connaissances et haut niveau d’utilisateurs individuels et de Information  des services soulève de nombreux problèmes pour la maîtrise d’un volume considérable de communautés. L’accès aux contenus sémantiques s’appuie ubiquitaire et Web  données hétérogènes (données structurées, sur le développement convergent de deux des connaissances  documents textuels et multimédia, services en ligne) et pour le développement de nouvelles classes d’approches complémentaires : • celles à base de XML et des langages et des services fonctionnalités portant sur les contenus des données et répondant à des besoins de associés, en particulier RDF (“resource description framework” qui permet d’as- Plan stratégique 2008-2012 1
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    .1. Communication, informationet calcul ubiquitaires surer l’interopérabilité des métadon- des contenus sémantiques. Elles exigent des nées) pour les documents et données progrès importants, dans le développement structurés ; et l’intégration de plusieurs techniques, par • celles du Web sémantique pour l’expres- exemple statistiques, linguistiques et d’extrac- sion et l’exploitation de connaissances. tion d’information sémantique de documents Les travaux porteront en particulier sur des multimédia. problèmes de représentation des connais- Par ailleurs, il est important de souligner sances, d’apprentissage et de traitement auto- que l’utilisateur du Web des connaissances matique du langage naturel pour l’élaboration et des services n’est pas un lecteur passif. d’ontologies et d’annotations sémantiques, C’est un acteur au sein d’une communauté, pour l’explicitation des contextes et leur utili- un producteur de connaissances, de services, sation dans la gestion des requêtes et des voire de biens au sein d’un espace collabo- données. Cette gestion nécessite également ratif. On rejoint ici une problématique que la fusion d’informations issues de sources nous développerons en section suivante sur multiples et hétérogènes, ce qui requiert l’ac- les interactions et médiations sociales (cf. quisition, la découverte et la surveillance des § .1.4), mais qui doit être abordée ici au ressources concernées, leur enrichissement niveau des fonctionnalités de base de la (qualification, indexation sémantique), et leur communication, de l’interaction et de l’intero- intégration cohérente. Ces sources d’informa- pérabilité au niveau sémantique. Le lien avec tion peuvent être actives, via des services en la section suivante est également à faire au ligne. Ceci soulève le problème de la compo- niveau des systèmes d’intelligence ambiante sition des services Web par des techniques où de nombreux dispositifs interconnectés de planification et d’apprentissage. Les ques- perçoivent et interprètent leur environnement tions de fouille de données et de veille ne pour interagir et offrir des moyens d’action prennent toute leur signification qu’au niveau à l’utilisateur. Un concept central pour faire face aux en conséquence leur propre comportement), Infrastructures de  problèmes posés par la demande croissante en ressources pérennes accessibles en tout d’autocorrection (diagnostiquer des problèmes potentiels et se reconfigurer pour continuer à communication,  lieu et à tout moment, est celui des systèmes fonctionner) et d’auto-configuration (ajuster de calcul et  d’information autonomes. Un tel système est composé d’une collection de composants dynamiquement ses ressources au vu de son propre état et de celui de son environnement de services  qui règlent leur comportement interne et leurs interrelations en conformité avec des règles de d’exécution). Ces systèmes doivent facilement s’adapter au contexte (capacité à prendre en autonomes haut niveau. Un problème difficile consiste à compte leur environnement et à réagir à ses développer des solutions performantes permet- changements), être ouverts (portabilité sur tant de mettre en œuvre tout ou partie des des architectures matérielles et logicielles caractéristiques clés de ces systèmes, distri- diverses, utilisation de protocoles et d’inter- bués à très grande échelle, de communication, faces standards et ouverts), ils doivent pouvoir de calcul, ou de gestion d’informations. Les anticiper, autant que possible, leurs propres caractéristiques à observer sont notamment besoins et comportements relativement à leur celles d’auto-supervision (connaissance par contexte d’exécution et doivent pouvoir se le système de son état et de ses compor- comporter de manière proactive. Les travaux tements) et d’autoprotection (détecter des sur ces sujets aborderont des questions de attaques aussi bien internes qu’externes et modélisation qualitative et quantitative, de protéger ses ressources tout en maintenant supervision, de diagnostic, de reconfiguration la sécurité et l’intégrité globales du système). et de planification. Par ailleurs ces systèmes doivent avoir des capacités d’auto-optimisation (détecter des dégradations de performances et optimiser 2 Plan stratégique 2008-2012
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    .1.4 Interaction avecdes mondes réels et virtuels 3.1.4 Interaction avec des mondes réels et virtuels 4 Plan stratégique 2008-2012
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    L’outil prolonge lamain de l’homme. L’outil issu des technologies de l’infor- mation prolonge aussi ses capacités sensorielles, motrices et cognitives. L’interac- tion grâce à un tel outil avec le monde physique, avec des modèles numériques, ou en médiation sociale, se décline en diverses modalités, directement ou à distance, lorsque l’outil devient autonome. Les problèmes scientifiques posés par la concep- tion de ces prolongements, moteurs, sensoriels et cognitifs de l’homme, et par celle des mécanismes d’interaction associés, couvrent des thématiques de recherche importantes. Ces problèmes portent par exemple sur : • comment détecter et interpréter l’information sensorielle pour reconnaître des objets, pour comprendre des scènes et des comportements selon plusieurs moda- lités sensorielles : vision, audition, toucher, olfaction ; • comment représenter, reconstruire, et visualiser des données et des simulations, permettre d’explorer visuellement, de palper des données, d’être présent dans des scénarios virtuels en rendant l’outil informatique transparent dans l’interaction ; • comment représenter et utiliser l’information symbolique et langagière pour obtenir et fournir des informations, échanger et générer des connaissances ; • comment agir de façon autonome et délibérée pour la réalisation d’une mission, en percevant et en modélisant l’environnement, en décidant et en planifiant ses actions, en améliorant son comportement par apprentissage. L’INRIA est très présent sur ces thématiques scientifiques. Il ambitionne d’y apporter des contributions importantes, car leurs enjeux scientifiques, sociétaux et applicatifs sont essentiels et concernent de nombreux secteurs. Il s’agit par exemple, pour les interactions avec le monde réel, des applications de la robotique d’intervention dans des environnements hostiles ou pour des tâches pénibles (mines, chantiers, explo- ration sous-marine ou planétaire, déminage, etc.), de la robotique de service (sur- veillance, manutention, nettoyage en chambres froides ou salles blanches, etc.), des systèmes de transport et d’aide à la conduite automobile, des routes “intelligentes” et des villes sûres. Sont également concernées les applications de la domotique, de l’aide aux personnes à autonomie restreinte, ou de la robotique personnelle (assis- tant domestique, machine ludique, voire robot ou fonctions robotiques portées par l’homme). La robotique médicale (cf. § 3.2.3), soulève des problèmes ouverts liés à des enjeux de santé publique mobilisateurs. Les interactions virtuelles répondent à de très forts besoins. Ainsi, au niveau médical, on souhaite par exemple pouvoir examiner et palper, via des interfaces haptiques, un cœur numérique reconstruit à partir des modèles et données d’imagerie médicale. Plan stratégique 2008-2012 5
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    .1.4 Interaction avecdes mondes réels et virtuels L’enseignement et la formation sont des champs d’application privilégiés pour la réalité virtuelle, les environnements immersifs et interactifs. L’interprétation visuelle et de flot multimédia recouvre de nombreux enjeux transverses, dont ceux de sécu- rité des biens et des personnes. L’économie de la communication et du loisir, secteur en pleine expansion, repose sur la perception et l’interaction (jeux vidéo, conception de films, communication ubiquitaire, etc.), sur une aide pertinente pour un large accès aux services et aux informations multimédia du Web, sur une information géolocalisée et individualisée. L’ingénierie numérique, tout au long du cycle de vie d’un produit ou d’une installation complexe, industrielle ou urbaine, soulève des problèmes pour les techniques de visualisation, de réalité virtuelle, et de concep- tion collaborative, nécessitant souvent l’intégration de modèles de comportement de l’utilisateur humain. Enfin, les techniques de visualisation, d’interaction avec des modèles numériques sophistiqués et de pilotage de simulations complexes seront potentiellement accessibles à un très large public. Un enjeu social important est que leur utilisation soit effective, qu’elle permette à chacun d’être un amateur de scien- ces, la main à la pâte, qu’elle puisse rendre à nouveau les sciences populaires, et redonner au débat scientifique toute sa place dans la cité. L’interaction implique deux ou plusieurs entités surtout de faire le lien avec la sémantique qui, activement, échangent et influent l’une des scènes observées. Les objectifs portent sur l’autre. Elle requiert des mécanismes de également sur la synthèse de retours senso- perception, d’action, et de compréhension. riels à partir de modèles et de données. La Avant d’aborder les objectifs spécifiques aux fusion multi-sensorielle, en analyse ou en interactions réelles et virtuelles, considé- synthèse, concerne les modalités citées mais rons les objectifs communs à l’ensemble des aussi les retours haptiques, l’interprétation thématiques scientifiques abordées ici. de gestes, d’attitudes et de comportement, Ces objectifs portent tout d’abord sur les sans oublier le lien entre les différents sens modalités sensorielles. Il s’agit de déve- et la langue naturelle. lopper des capacités d’analyse, de reconnais- Les problèmes liés à l’action vont de la sance, de catégorisation, et d’interprétation commande bouclée sur la perception, à la sémantique, selon des modalités visuelles décision, la planification et à l’apprentissage. La ou auditives, pour la parole et le langage modélisation dynamique de l’environnement, naturel. Ainsi l’analyse fine de scènes sonores pour percevoir et pour agir, soulève également complexes, enregistrées avec peu de capteurs, des problèmes ouverts importants. reste un problème ouvert. Le traitement et la Par ailleurs, il faut développer de nouvelles compréhension des langues naturelles restent interfaces hommes-machines plus perfor- des défis majeurs pour l’informatique ; la mantes, qui rendent l’ordinateur transparent langue naturelle est un vecteur de commu- pour l’utilisateur et enrichissent ses possibi- nication primordial pour les échanges à fort lités d’interaction. Il s’agit de concevoir des contenu sémantique. En vision, des progrès interfaces sensorielles s’appuyant sur les cinq restent nécessaires dans la robustesse, dans sens humains, et prenant en compte l’analyse l’adaptation aux changements d’éclairage des expressions, des mouvements, le ton de et à l’état des capteurs. Il s’agit aussi et la voix, le suivi du regard. La conception de Plan stratégique 2008-2012
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    systèmes complètement oupartiellement l’apprentissage ; immersifs, la prise en compte d’interfaces • algorithmique géométrique et du traite- multimodales, tactiles, haptiques, sonores, ment de l’image, en vision, en modélisation intégrant (en des vêtements “intelligents” par de l’environnement, ou en planification ; exemple) des capacités de communication et • techniques numériques, dans les maillages de localisation soulèvent de nombreux défis. et la structuration des données en réalité L’étude de l’homme, au niveau des modèles virtuelle, dans la fusion multi-sensorielle sensori-moteurs, mais également cognitifs et la modélisation de l’environnement ; et de comportement, est certainement l’un • algorithmique de traitement du langage de ces grands défis. De nouvelles modalités naturel ; d’interaction directe entre le cerveau et la • algorithmique de la décision et de la machine posent des défis tant scientifiques planification. qu’éthiques, et nécessitent des collabora- Bien entendu, plusieurs de ces techniques tions étroites avec les neurosciences et les concourent à l’élaboration de méthodes concepteurs de technologies de mesure de robustes de perception, d’action et d’inte- l’activité cérébrale. raction. Leur intégration soulève à son tour La résolution de ces problèmes nécessite des problèmes d’architecture informatique, des avancées algorithmiques dans divers de distribution et d’organisation de forte puis- secteurs, par exemple : sance de calcul. • techniques statistiques ou probabilistes, Enfin, il faut souligner le caractère interdisci- en traitement du signal, de la parole et plinaire des problèmes évoqués ici, en parti- de l’image, pour la description de flux culier entre les STIC et les neurosciences, les Recherche d’images par similarité avec le hétérogènes et la séparation de sources, sciences cognitives et les sciences humaines logiciel Ikona : images de plantes — IMEDIA. pour l’interprétation sémantique et et sociales. Positionnement INRIA L’INRIA possède les moyens de s’attaquer Les équipes de l’INRIA s’appuient largement sur System@tic en particulier) est forte. De à ces défis. Toutes les disciplines évoquées les mathématiques appliquées – pour la vision forts liens existent avec le CEA, FT RD, plus haut sont déjà actives dans l’institut. comme pour le graphique – et sur l’informa- l’INA ou le CSTB. Les collaborations avec Une trentaine d’équipes-projets focalisent tique – temps réel et spécifications formelles les start-up de l’INRIA sont importantes. leurs recherches sur ces problèmes. Près de pour la robotique. Elles collaborent activement Les partenariats européens, soutenus par vingt autres y contribuent pour partie de sur des projets couplant perception et synthèse les programmes des PCRD sont intenses. leurs travaux. L’institut a une place au plus d’images, perception et robotique. Elles coopè- Enfin, les collaborations formelles dans le haut niveau mondial, tant en masse qu’en rent aussi déjà largement avec des experts en cadre de programmes bi- ou multilatéraux, qualité, en vision artificielle. La situation sciences cognitives et neurosciences. d’équipes associées, et les collaborations est analogue en géométrie algorithmi- La forte et ancienne implication de l’INRIA informelles avec les meilleures équipes que. En graphique, les équipes INRIA dans le domaine du graphique et de l’image mondiales (MIT-Csail, UCSD, etc.) tra- ont aussi fait preuve de leur excellence, et s’accompagne de nombreux partenariats aca- duisent la forte place tenue par l’INRIA au constituent le plus fort noyau européen démiques et industriels. Au niveau français ou niveau mondial dans ces thématiques. du domaine. L’INRIA possède une masse européen, les principaux industriels du secteur Pour l’avenir, un effort particulier sera critique de qualité en robotique, avec en sont concernés (par exemple, Thales, Philips, porté sur les nouvelles interfaces – y particulier des travaux de pointe sur les EADS, Renault), mais aussi des éditeurs de compris les interfaces cerveau-machine robots parallèles ou le contrôle de systè- jeux vidéos, des banques ou la RATP pour – et la prise en compte de la sémantique mes non holonomes. L’institut dispose la surveillance vidéo, ainsi que des sociétés mais aussi, plus généralement, des facteurs également de très bonnes compétences de post-production. L’implication dans les humains et sociaux. en traitement de la langue naturelle et RRIT a été massive ; la participation à plusieurs de la parole. pôles de compétitivité (Images et réseaux et Plan stratégique 2008-2012 7
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    .1.4 Interaction avecdes mondes réels et virtuels Le défi majeur ici est de conjuguer la diver- de comportements humains, en particulier Robotique et  sité des tâches qui peuvent être réalisées de façon autonome par une machine, avec pour une programmation du système par l’exemple. Du coté de l’utilisateur, l’explora- interaction  la variabilité des environnements ouverts tion à distance du monde physique via une avec le monde  dans lesquels cette machine peut agir effi- cacement. Ce défi recouvre de nombreux machine nécessite de synthétiser dynami- quement une réalité augmentée, ce qui physique problèmes scientifiques de commande robuste, de modélisation de l’environnement, pose des problèmes de retours sensoriels, mais également des problèmes de percep- de perception fiable et riche, de planification tion et de modélisation distincts de ceux et d’apprentissage dynamique, de conception propres à la réalisation de la tâche par la d’architectures informatiques modulaires, seule machine. performantes et sûres. Il peut être abordé Plus proche de l’humain, une interaction par ces techniques, conjointement avec des directe conduit au concept « d’homme modèles issus des sciences cognitives, ou augmenté », par exemple grâce à des en concevant des systèmes auto-organisés dispositifs du type exosquelette, orthèse, contrôlables. Dans tous les cas, l’intégration ou prothèse, munis de nombreux capteurs est au cœur de la richesse scientifique des proprioceptifs et extéroceptifs (en particulier problèmes posés, par exemple l’intégration de géolocalisation). Les problèmes scien- de la perception et du mouvement, de la tifiques sont ici de nature algorithmique planification et de l’action, de l’apprentissage et automatique ; ils mettent en œuvre des et de l’exploration. traitements des signaux issus de capteurs L’interaction avec un système autonome, au sur l’attitude et les intentions de mouve- niveau des missions et des tâches, néces- ment de l’opérateur, et de la commande en Algorithmes de contrôle de la marche site de doter ce système de capacités de boucle fermée, avec des impératifs forts — BIPOP — DEMAR. reconnaissance de gestes, d’attitudes et de sécurité. Créer et gérer des mondes virtuels ou permettent d’y accéder requiert l’adaptabi- Interaction avec le  augmentés a déjà conduit à coupler graphique et vision artificielle. Les possibilités de calcul lité aux limitations et à la variabilité de ces ressources. monde virtuel disponibles permettent de créer et de visualiser Par ailleurs, l’interaction en trois dimensions des informations complexes, multi-échelles, avec des univers virtuels doit développer et en quantités trop grandes pour pouvoir être prendre en compte une meilleure connais- appréhendées aisément. Exploiter au mieux sance de l’utilisateur (études physiologiques ces données issues de calculs scientifiques ou et psychologiques, modèles biomécaniques, résultant de fouilles, passe par de nouvelles modèles de comportement et des tâches méthodes de visualisation et par le recours virtuelles. Ceci permettra d’améliorer l’in- à des modélisations géométriques et fonc- teraction 3D multimodale (obtenir une co- tionnelles. Cela nécessite des progrès algo- localisation spatiale et temporelle efficace des rithmiques significatifs pour permettre une informations sensorielles multiples), l’interac- utilisation interactive. tion 3D mobile (pouvoir se déplacer dans L’amélioration des techniques de capture de l’univers virtuel avec un maximum de liberté mouvements, par exemple par suppression de de mouvement, et pouvoir travailler en dehors marqueurs, est indispensable pour une géné- d’une salle dédiée à des équipements lourds), ralisation de l’usage des techniques d’ani- l’interaction 3D collaborative (permettre la mation. Le rendu multimodal, par exemple collaboration entre participants équipés de visuel, auditif et haptique, doit permettre la périphériques différents et dont les objec- colocalisation rapide de multiples informa- tifs peuvent être complémentaires), et enfin tions sensorielles ; d’importantes recher- l’interaction 3D cognitive (accéder et gérer ches sont nécessaires pour en améliorer le l’information sémantique sur les objets de la réalisme ou en faciliter la lisibilité. L’ubiquité scène virtuelle, et travailler sur les représenta- des ressources de calcul et des moyens qui tions mentales et les intentions de l’utilisateur, 8 Plan stratégique 2008-2012
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    par exemple grâceà des interfaces cerveau- structure des environnements virtuels pour ordinateur). Globalement, les techniques d’in- des problèmes de rendu graphique, mais teraction doivent s’adapter à des paramètres aussi véritablement pour l’interaction D. complexes tels que le contexte, la difficulté et Les champs d’application visés sont vastes le niveau de complétude de la tâche à réaliser, et comprennent la conception, la production ou les capacités des utilisateurs, physiques et et la maintenance des produits manufacturés, cognitives. Il s’agit d’obtenir des techniques la formation tant au geste technique qu’à des multi-échelles, pas seulement en termes de activités plus cognitives. La perception et la synthèse ouvrent de les forums de programmeurs pour bâtir une Interactions  nouvelles possibilités d’interactions entre individus et de médiations sociales. Il peut expérience commune, est illustrée par l’ency- clopédie Wikipedia, qui offre plus de 10 millions et médiations  s’agir par exemple d’une activité collabo- d’articles en 250 langues. Cette notion d’in- sociales rative à laquelle prend part l’avatar virtuel ou physique d’une personne distante, ou de telligence collective prend aujourd’hui des dimensions concrètes dans tous les secteurs, nouvelles modalités d’apprentissage situé au allant de l’exploration géographique ou de la cours de situations professionnelles normales. catégorisation d’objets célestes pour le plus Dans le cas de réseaux sociaux privés, on vaste catalogue astronomique jamais conçu, peut souhaiter conserver à distance le type à des services d’expertise et de résolution de de contact social que l’on a en étant proche. problèmes techniques, des services d’ingé- Il faut à cet effet développer des moyens nierie, de conception et de test de fonction- de communication légers, faciles à utiliser, nalités de nouveaux produits, des services de assurant une conscience de la présence de marketing, de simulation, d’études économi- l’autre. Ceci pourrait en particulier constituer ques, politiques ou sociales à vaste échelle. Les une aide significative pour assurer l’autonomie entreprises qui organisent ces nouveaux types de personnes âgées ou handicapées. Il peut de services s’appuient sur des communautés encore s’agir de plusieurs personnes éloignées de plus en plus larges et créent de nouvelles explorant et créant conjointement un même relations au travail. Les relations associatives environnement virtuel, par exemple pour des et politiques en seront également modifiées. besoins d’ingénierie, ou pour des motivations On imagine sans peine que des modalités artistiques ou ludiques. Il peut s’agir d’une d’interaction sensorielles plus naturelles et simulation sociale à grande échelle, telle que plus riches que celles exploitées aujourd’hui Second Life, où l’individu existe virtuellement donneront lieu à une accélération quantitative avec une grande liberté qui lui permet de créer, et qualitative de ces phénomènes d’élaboration de produire et d’échanger dans une économie d’intelligence collective et de ces nouvelles parallèle qui n’est pas sans incidence sur médiations sociales. Concevoir, théoriser et l’économie réelle. expérimenter les usages que permettront de On assiste à un foisonnement de nouveaux telles médiations soulèvent des problèmes outils, de nouveaux services, et de nouveaux largement ouverts. L’INRIA souhaite déve- usages très ouverts qui s’appuient sur la lopper des partenariats, en particulier avec communauté très large de centaines de millions des chercheurs des sciences humaines et d’internautes et sur des modalités d’interaction sociales pour y contribuer. en évolution rapide. Les possibilités d’expres- sion, de conception, et de création s’ouvrent largement avec des outils peu onéreux et de plus en plus riches en possibilités graphiques et de capture d’images, en moyens de géolo- calisation, de communication et de calcul, et en logiciels permettant l’intégration et la GRIMAGE, plateforme de réalité virtuelle manipulation aisée de nombreux services. La de l’INRIA Grenoble - Rhône-Alpes. notion d’intelligence collective, initialisée par Plan stratégique 2008-2012 9
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    .1.4 Interaction avecdes mondes réels et virtuels Jalons i Catégorisation sémantique tion interactif à apprentissage, personnaliser la Ces systèmes doivent posséder des capacités en temps-réel recherche, et intégrer le contexte de la requête, d’apprentissage, d’adaptation, et d’inte- On vise la conception d’un système de par exemple pour focaliser les réponses dans le raction ergonomique et naturelle, dans vision portable permettant la catégorisation cas des consultations métiers des spécialistes. On un environnement ouvert, en constante sémantique en temps réel des composantes veut pouvoir exploiter les réponses intelligibles évolution. Ils nécessitent l’intégration fonc- d’une scène d’intérieur et l’interprétation (autres qu’un document complet), accompa- tionnelle de boucles de perception/action, des actions des personnes qui y évoluent. gnées des références qui permettent d’en vérifier de modélisation, de contrôle/commande Imaginons, par exemple, un opérateur muni la pertinence. On vise des progrès significatifs et de fonctions cognitives. Leur réalisation d’un caméscope filmant une pièce. On veut sur les performances de l’accès en ligne à des requiert la prise en compte de contraintes de pouvoir interpréter le flux vidéo sur le plan documents multimédia contenant des compo- robustesse, de sécurité de fonctionnement, des objets qu’on y trouve, de leurs relations santes sonores, musicales, langagières et vidéo et de gestion de l’incertitude. L’étude de spatiales, du type de scène considérée et des (enregistrements de réunions, programmes de ces diverses fonctions, instanciées dans le activités qui y prennent place. Les équipes radio et de télévision, textes), sur les interfaces cadre de l’environnement humain, et la de l’INRIA développent aujourd’hui des (mode d’interrogation, restitution des résultats), recherche d’une intégration entre les aspects modèles géométriques et statistiques des et sur les volumes traités. cognitifs, la modélisation et la commande images, des objets, des scènes et des actions seront au cœur des activités scientifiques qui formeront les mots et la grammaire i Autonomie des personnes de ce jalon. de ce langage, des techniques permettant âgées ou handicapées D’un point de vue expérimental, ce jalon l’apprentissage des modèles des catégories Comment aider les personnes âgées ou handi- donnera lieu à des démonstrations dans d’intérêt, et des méthodes efficaces de recher- capées à vivre de manière autonome ? Cette aide des contextes réalistes, comme l’assistance che d’instances de ces modèles dans des peut se traduire par exemple dans l’assistance au déplacement en lieu public, en intégrant bases de données d’images, des flux vidéo, à la mobilité, dans les tâches quotidiennes, en des infrastructures fixes (environnement et éventuellement sonores. Les problèmes moyens de surveillance et d’interaction aisée coopératif ou augmenté) et des technologies incluent la variabilité naturelle de la forme avec des proches, pour conforter l’appartenance robotiques hétérogènes. et de l’apparence des composantes d’une à une communauté familiale ou professionnelle. scène, la difficulté à construire un « langage Les défis très nombreux portent par exemple sur visuel » les caractérisant, et le volume des des technologies d’actionneurs et de capteurs données à manipuler. accessibles (sonores, visuels, biomédicaux), peu invasifs, portés par des personnes, fixes ou i Consultation multimodale mobiles dans des environnements d’intérieur ou de données multimédia d’extérieur, et des architectures ouvertes, faciles L’accès aux volumes colossaux d’informa- à reconfigurer et à intégrer par des néophytes. tions disponibles sur le Web est encore peu Une ou plusieurs actions de recherche visant aisé. L’unité de recherche, dont le sens est flou des démonstrations significatives seront menées dans le contexte numérique, est le document. dans ce jalon. Les moteurs de recherche prennent mal en compte des requêtes sur le contenu séman- i Robotique d’assistance et de tique, et ne considèrent le plus souvent que service en environnement humain la partie textuelle des documents. L’objectif L’objectif ici est de développer des systèmes ici est de pouvoir accéder à l’ensemble de robotiques dotés d’autonomie destinés à coopé- ces documents, d’obtenir des réponses à rer avec les humains dans leur environnement des questions posées en langue naturelle, quotidien. De tels systèmes peuvent se déployer écrite ou orale, sans passer par des requêtes dans des contextes variés comme la ville, les présupposant une connaissance partielle lieux publics ou l’habitat, pour fournir des de la réponse. On veut prendre en compte services tels que l’aide domestique et l’assistance l’utilisateur dans un processus de consulta- à la mobilité. 70 Plan stratégique 2008-2012
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    3.2 Au cœur du développement    des sciences et des technologies Les méthodes et les outils de modélisation, d’instrumentation, d’expérimentation et de conception en sciences et en ingénierie connaissent une transformation radicale, qui se concrétise en particulier dans l’expérimentation in silico et le prototypage virtuel. Cette transformation résulte des développements en cours de représentations formelles et d’algorithmes de calcul, de simulation, d’imagerie, de traitement des signaux et de visualisation. Pour contribuer à ces développements, l’INRIA affiche trois priorités stratégiques sur : • l’ingénierie numérique ; • les sciences numériques ; • la médecine numérique. Ces trois priorités dénotent une ambition forte, celle des défis actuels des STIC au cœur du développement des sciences et des technologies. C’est une ambition interdisciplinaire qui couvre plusieurs champs scientifiques auxquels l’institut contribuera, sur son domaine, en partenariat avec d’autres organismes complémentaires. C’est une ambition intégrative au niveau de chacune de ces trois priorités, et en particulier sur la médecine numérique où l’on vise un couplage étroit entre le développement des sciences de la vie et celui des technologies médicales. Ces trois priorités correspondent à des focalisations bien distinctes, mais avec plusieurs recouvrements. Les sciences de la vie sont naturellement présentes dans les sciences numériques, au niveau de la biologie cellulaire, de la biologie animale et végétale, et de la bioinformatique, alors que la biologie médicale est naturellement couverte en médecine numérique, dans le sens de la vision intégrative mentionnée. Dans la même logique, une composante ingénierie est évidemment présente dans les technologies médicales. Les séparations des thématiques entre ces trois priorités ne doivent pas être perçues de façon réductrice. Ainsi, certaines thématiques telles que les neurosciences computationnelles, placées dans la dernière priorité pour l’importance de leurs applications médicales, sont largement présentes dans les sciences numériques. Enfin, les liens naturels – et dans les deux sens – entre ces trois priorités et les quatre qui précèdent sur la modélisation, la programmation, la communication et l’interaction sont présents de façon fructueuse, en particulier dans plusieurs jalons. Plan stratégique 2008-2012 71
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    .2.1 Ingénierie numérique 3.2.1 Ingénierie numérique 72 Plan stratégique 2008-2012
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    Tout objet manufacturéexiste aujourd’hui numériquement avant d’exister matériellement. Cette réalisation numérique a été initialement focalisée sur des données décrivant la géométrie des pièces qui compo- sent l’objet (les modèles de CAO). L’ambition de l’ingénierie numérique est d’aller au-delà, vers des modèles multi-physiques (mécaniques, électriques, thermiques) et fonctionnels de chaque composante de l’objet à concevoir, et vers la composition de ces modèles au niveau des propriétés globales fonctionnelles, non fonctionnelles (fiabilité, sûreté, maintenabilité, coût), et du cycle de vie de l’objet (approche dite Gestion de Cycle de Vie Produit). Cette ambition soulève de grands défis pour pouvoir spécifier et concevoir l’objet de façon entièrement numérique, depuis l’élaboration de ses modèles et de leur mise en œuvre, en simulation, optimisation, prototypage virtuel, test et qualification, jusqu’à la synthèse automatique des logiciels qui contrôlent sa réalisation et son comportement. De nombreux objets d’usage quotidien et tous les systèmes un peu plus complexes intègrent en effet des logiciels et des processeurs qui mettent en œuvre des capteurs, des actionneurs, et des moyens de communication, qui étendent les fonctionnalités de l’objet, améliorent ses performances et ses conditions d’exploitation, et permettent de répondre à des exigences de sécurité, d’ergonomie, de mobilité, de robustesse et de fiabilité. Sur les 1010 processeurs (CPU) commercialisés en 2005, seulement 2 % ont trouvé place dans un ordinateur ; 98 % sont intégrés dans des objets divers. Un grand nombre de capteurs chimiques ou physiques – gaz, pression, tem- pérature, accélération, distance, vidéo, étiquettes RFID – existent, intégrés à des circuits avec des unités de traitement et de transmission des signaux. De même, de plus en plus d’actionneurs, intégrés à des réducteurs, des cap- teurs, des contrôleurs numériques et de gestion de l’énergie sont disponibles. Des moyens de communication sans fil sont de plus en plus présents dans des objets dorénavant communicants et qui évoluent dans un mode distri- bué. Ces composants logiciels et matériels, mis en œuvre au sein d’un objet donné, définissent les systèmes embarqués. Ils sont embarqués dans les transports (l’avionique et le spatial, bien entendu, le ferroviaire, mais aussi l’automobile), dans l’habitat et les objets du quotidien (domotique, équipe- ments ménagers, culturels et de loisir), dans les équipements industriels et médicaux ; ils peuvent aussi être portés par l’homme. Plan stratégique 2008-2012 7
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    .2.1 Ingénierie numérique L’INRIA souhaite contribuer au développe- On souhaite conjuguer ces quatre axes pour le ment d’une ingénierie numérique couvrant développement d’une ingénierie numérique l’ensemble du cycle de conception et de vie focalisée sur les logiciels et systèmes d’un artefact. Il s’agit d’élaborer les briques embarqués. Pour avancer vers cet objectif de base d’une approche globale d’ingénierie, ambitieux, on se restreindra principalement allant des modèles de l’objet, de ses fonc- aux systèmes embarqués à bord d’un objet tions et de ses comportements attendus, physique fortement présent dans le cycle d’in- à la conception architecturale, au prototy- génierie numérique, et ayant des contraintes page virtuel et à la synthèse de ses logiciels élevées de criticité, en dynamique et en sûreté. embarqués. Cette ambition répond à des Cette classe de problèmes, qui intéresse enjeux économiques essentiels pour l’industrie les automaticiens et les informaticiens, est nationale et européenne. Elle s’appuie sur les particulièrement importante pour tous les priorités précédentes, en particulier en : systèmes de transport. • modélisation : modèles physiques (méca- Pour clarifier les objectifs, on distinguera dans nique, électrique, hydraulique, thermique), ce qui suit quelques fonctions essentielles dynamique et commande ; relatives à la modélisation de l’objet physique, • programmation : techniques formelles à l’architecture du système embarqué, à la de programmation et de preuve, compi- synthèse des logiciels, aux étapes de vali- lation, synthèse de code, fiabilité, sûreté, dation et de vérification, et au cycle de vie innocuité ; de l’objet. Cependant, l’ingénierie numé- • communication : information et calcul à rique requiert une forte intégration de ces haute performance distribué, conception fonctions. Cette intégration est l’un des collaborative ; défis scientifiques et techniques de cet axe, • interactions : traitement du signal et en particulier dans la conception couplée de l’image, visualisation, réalité virtuelle, matériel-logiciel (“co-design”). Par ailleurs, interfaces pour l’aide à la conception. le partenariat interdisciplinaire (essentiel en Positionnement INRIA Près d’une quinzaine d’équipes-projets de qui va du calcul à la simulation, et peut se La détection des défaillances, l’évalua- l’INRIA sont fortement impliquées dans poursuivre avec Syndex jusqu’à la synthèse tion quantitative du risque, la sûreté ces thématiques de recherche et bénéficient du code pour diverses configurations archi- des systèmes instrumentés et program- d’une excellente visibilité. Dans le domaine tecturales, donne aux équipes de l’INRIA un més, les processus de conception sûre des langages synchrones, l’école française, atout important pour s’attaquer aux défis de systèmes, les techniques de supervi- au sein de l’INRIA en particulier, a produit présentés ici. sion, de diagnostic, d’adaptation et de de nombreuses contributions scientifiques L’institut est également fortement impliqué reconfiguration de systèmes déployés, marquantes, dont certaines ont donné dans les pôles de compétitivité dédiés aux la prévention et la protection contre les lieu à des valorisations importantes, par applications intégrant des systèmes embar- attaques informatiques, sont des champs exemple Esterel Technologies, ou TNI- qués. On notera particulièrement Aerospace de compétences et d’investigation qui Software. D’autres domaines comme la valley tourné vers l’avionique et le spatial, relèvent traditionnellement de commu- compilation, les méthodes formelles sont System@tic en particulier pour les systèmes nautés bien distinctes en informatique et aussi des points forts de l’institut, avec embarqués dans l’automobile, Minalogic, qui en automatique. Il est important d’am- la production de nombreux logiciels de permet d’attaquer des problèmes à l’échelle plifier l’émergence et le développement qualité, comme la boîte à outils CADP. des microsystèmes (SoC), et SCS pour le pro- de travaux conjoints dans ce domaine L’INRIA est également très présent en blème de traçabilité, de RFID et de sécurité. afin d’apporter des solutions significa- automatique et dans le calcul pour la Au niveau européen, l’institut est présent dans tivement plus performantes que celles modélisation, en particulier de systèmes plusieurs collaborations, dont une partie se issues de chaque communauté prise dynamiques. Ainsi, la chaîne Scilab-Scicos traduit dans l’initiative ARTEMISIA. séparément. 74 Plan stratégique 2008-2012
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    particulier dans lesdeux priorités sur les en compte dans sa stratégie scientifique les sciences et la médecine numériques) a ici feuilles de route et les impératifs industriels, comme prolongement naturel le partenariat dont les normes et standards internationaux industriel. L’INRIA sera très attentif à prendre essentiels dans ce domaine. Concevoir et modéliser un objet physique l’objet. Bien entendu, un objet complexe se Conception    nécessite l’intégration des modèles multi- physiques de l’objet d’intérêt (mécanique, conçoit par composition, voire par réutilisation de composantes. Pour cela, une description et modélisation  électrique, thermique, électromagnétique), et par composantes et par schéma-blocs orga- de l’objet physique de ses modèles de comportement dynamique, de sûreté et de sécurité souhaités, en une nisant ces composantes doit être associée à des propriétés de compositionnalité précises. simulation multi-niveaux permettant la prédic- Ainsi, il sera nécessaire de développer un tion de ses propriétés ainsi que les premières nouveau concept de composant du point étapes du prototypage virtuel. de vue de l’automatique : comment assem- Les difficultés sont celles déjà mentionnées bler des boucles fermées de régulation tout de la modélisation multi-physique et multi- en préservant les bonnes propriétés de l’en- échelle. Ce sont également les difficultés de semble (la stabilité n’est pas une propriété l’intégration des modèles des composantes de compositionnelle). Par architecture d’un système embarqué, en spécialisation des traitements, en perfor- Architecture  on entend plusieurs aspects : le modèle de communication et de calcul, la spécification mances et en sûreté. Elle ouvre des problèmes de recherche importants sur la programmation du système  et la conception couplée des composants et la compilation de code pour ces nouveaux embarqué matériels et logiciels du système embarqué, les éléments assurant la tolérance aux fautes, processeurs. Elle exige de pouvoir concilier de manière innovante les besoins de fiabilité et de les systèmes d’exploitation et les exécutifs performance des systèmes temps réel embar- associés. qués avec le non-déterminisme de plus en plus Un des problèmes de base est celui des important des architectures sur lesquelles ils mécanismes temporels des communications : reposent (et singulièrement le non-détermi- synchrone, asynchrone, échantillonné, éven- nisme inhérent aux multi-cœurs). tuellement à divers niveaux de l’architecture Bien entendu, l’architecture a un impact sur si le modèle de communication est hybride. les propriétés fonctionnelles globales de l’ar- Les propriétés qui en résultent, par exemple en tefact. Par exemple, la robustesse des lois de termes de communications bloquantes ou non commande doit prendre en compte les carac- bloquantes, imposent des contraintes impor- téristiques de distribution du contrôle : impact tantes sur l’ingénierie des logiciels embarqués. des latences, de la gigue, voire des pertes. Ces mécanismes temporels sont au cœur Ceci conduit aux propriétés non fonctionnelles, des systèmes d’exploitation embarqués qui telles que la sûreté de fonctionnement, les soulèvent des problèmes spécifiques. ressources (énergie dissipée), la maintena- Par ailleurs, on assiste à une transformation bilité, le coût de réalisation et d’utilisation de profonde des architectures des processeurs l’objet. Des techniques de commande issues dont les performances progressent davantage de l’automatique permettent de contrôler par l’augmentation du nombre de cœurs que activement certaines variables significatives par celle de la fréquence d’horloge. Cette (échantillonnage, modes de communication, mutation technologique met le parallélisme sur ordonnancement, énergie) dans les situations le composant. Elle a un impact général sur la de ressources limitées. Cybercar, véhicule urbain à conduite programmation et l’architecture logicielle. Elle Il faut approfondir l’ensemble de ces problèmes entièrement automatisée, à l’INRIA Paris se traduit en particulier dans le domaine des pour aller vers un environnement d’ingénierie - Rocquencourt — IMARA. systèmes embarqués par des gains potentiels numérique permettant au concepteur d’ex- Plan stratégique 2008-2012 75
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    .2.1 Ingénierie numérique plorer un espace de conception prenant options architecturales doivent pouvoir être en compte diverses options architecturales : comparées, entre elles et relativement aux modèle de communication, nombre et perfor- spécifications, et évaluées. Ceci requiert une mances des processeurs, organisation logi- métrique précise, problème important et large- cielle, ordonnancement des tâches, etc. Ces ment ouvert. Partant des modèles développés dans les d’énergie, celles prenant en compte des Synthèse  étapes précédentes de conception, l’ingé- nierie numérique vise à produire les codes caractéristiques particulières des proces- seurs et de l’architecture, en particulier les des logiciels  exécutables qui réalisent les spécifications multi-cœurs, pour lesquelles on vise une embarqués du système. Le passage des modèles d’auto- matique et de simulation numérique au code parallélisation automatique des traitements ; • la synthèse d’algorithmes pour codes de embarqué est en particulier un problème calcul certifiés ; central dans cette priorité. Compte tenu de la • le caractère statique de nombreux codes criticité des systèmes d’intérêt, on retrouve ici embarqués, avec une allocation de mémoire une part importante des objectifs scientifiques fixe, qui permet de simplifier les problèmes développés dans l’axe relatif à la programma- de vérification. tion. D’autres objectifs sont plus spécifiques, Enfin, il est important de souligner que la tels que par exemple : synthèse des logiciels est étroitement couplée • les techniques de compilation pour satis- à celle des matériels et de l’architecture du faire des critères spécifiques aux contraintes système. Ceci est en particulier très pertinent embarquées, par exemple de temps de dans la conception des systèmes intégrés sur réponse borné ou de faible consommation puces (Systems-On-Chips ou SOCs). Un premier problème est la vérification des checking », d’analyse statique, d’interprétation Validation et  propriétés fonctionnelles de l’objet physique sur la base des modèles décrits précé- abstraite, dont il faut étendre les performances et la couverture. La vérification des logiciels est vérification  demment, et en particulier la vérification faite aussi bien au niveau des codes sources des systèmes de comportement dynamique. La synthèse des tests permettant cette vérification est un que des codes objets. En ce sens, le déve- loppement de compilateurs et de machines problème d’automatique largement ouvert et certifiés est un objectif important. peu abordé. La vérification des propriétés non fonction- Un deuxième problème, spécifiquement infor- nelles, en particulier de sûreté de fonction- matique, porte sur la vérification des propriétés nement, soulève également des problèmes des systèmes, par des méthodes de « model essentiels que l’on retrouve ci-dessous. Les exigences de sûreté de fonctionnement tion doit prendre en compte des éléments Sûreté de  et de conformité à des référentiels norma- tifs impactent fortement les architectures tels que : • les modèles de défaillance des systèmes fonctionnement  des systèmes embarqués. Sur ces sujets, distribués (pertes de messages, pannes et sécurité l’INRIA apporte son expertise en méthodes de spécification formelle et en ingénierie byzantines des composants de traitement, asynchronismes) ; fondée sur la preuve. • les plates-formes matérielles qui sont de Les architectes de systèmes complexes plus en plus complexes et intègrent nati- connaissent l’intérêt et la difficulté de spécifier vement des composants dont le compor- les conditions d’une exécution logiquement tement n’est pas déterministe ; et temporellement correcte. La spécifica- • les placements et routages sur ces 7 Plan stratégique 2008-2012
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    nouvelles architectures matériellesqui d’attaques est un deuxième point auquel sont non déterministes ; l’INRIA contribuera. Les efforts actuels autour • les exigences de protection de données de l’ingénierie pilotée par les modèles, et des particulières en cas d’attaque ou de dysfonc- techniques de transformation de modèles tionnement (règle du « fail securely »). doivent être poursuivis, en ciblant notamment La formalisation de ces exigences « dysfonc- sur la problématique difficile du test. tionnelles » et leur intégration dans des Enfin, la vérification de composants matériels méthodes formelles reste un problème et la mise en œuvre de flots de conception ouvert. sécurisés pour le matériel amènent à étudier La modélisation et la vérification des archi- le bien fondé des techniques de vérification de tectures qui répondent aux exigences de modèles pour les fonctions critiques embar- traitement en présence de défaillances et quées sur des circuits matériels. La conception des fonctions de supervision et sants matériels défaillants. Les pannes inter- Cycle de vie,  de diagnostic s’appuie sur la prise en compte des propriétés de sûreté et de fiabilité pour mittentes, les dérives soulèvent des problèmes spécifiques. Une modélisation propre aux besoins supervision,  toutes les étapes d’ingénierie qui précèdent. de la supervision et du diagnostic est nécessaire diagnostic,  Ainsi par exemple : • la conception fiabiliste du système, avec dès la conception initiale, en particulier lorsque le système est sous-instrumenté. reconfiguration  l’étude des arbres de défaillance, et l’éva- luation des risques de pannes ; La reconfiguration du système après une défaillance diagnostiquée (par exemple en isolant et maintenance • l’étude fine des risques de propagation de un capteur, en supprimant une redondance) pannes selon les modes de fonctionnement, est nécessaire pour permettre la poursuite du et l’étude conjointe fiabilité et conception fonctionnement principal, éventuellement avec fonctionnelle ; des performances moindres, lorsque une inter- • la conception d’une architecture tolérante aux vention de maintenance n’est pas envisageable fautes, par redondance et protocoles de vote (systèmes spatiaux) ou peut être reportée. pour la supervision en fonctionnement. Les problèmes de recherche ouverts portent Ces éléments sont complétés par des procédures sur l’élaboration de modèles de fonctionne- de supervision de l’état global de fonctionne- ment non nominaux et leur utilisation pour les ment de l’artefact, pour repérer des anomalies, besoins de la supervision, du diagnostic et de diagnostiquer leurs sources et isoler les compo- la reconfiguration. Jalons i Plateforme de prototypage virtuel intégrer les technologies d’ingénierie numéri- tées composants pour systèmes embar- On vise le développement d’une plate- que, les langages synchrones et asynchrones, qués critiques à contraintes temps réel forme expérimentale de recherche, ouverte les techniques de vérification et de validation, dures, permettant d’intégrer une approche et flexible, permettant d’explorer de nou- la synthèse de code et l’exploration d’espaces par modèles et une approche par com- veaux processus de conception de systèmes de conception d’architectures. posants d’intergiciels et plates-formes embarqués, offrant des possibilités appro- d’exécution. fondies de prototypage virtuel, depuis i Intégration d’approches par les phases de conception des modèles de modèles et composants l’objet physique, jusqu’à l’architecture Ce jalon porte sur le développement d’une d’exécution à embarquer. On souhaite y méthode de conception d’architectures orien- Plan stratégique 2008-2012 77
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    .2.2 Sciences numériques 3.2.2 Sciences numériques 78 Plan stratégique 2008-2012
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    Les sciences duvivant, comme celles de la matière ou de l’en- vironnement, abordent des processus de plus en plus complexes qui conjuguent l’interaction de phénomènes multiples, chacun nécessitant d’être appréhendé par des approches et des représentations mathéma- tiques spécifiques. Cette complexité peut être maîtrisée en couplant, en une démarche intégrative, l’apport de plusieurs techniques analytiques complémentaires. Les possibilités d’intégration numérique de modèles multi-physiques et multi-échelles, conjuguées aux possibilités d’instru- mentation riche, de traitement et de fusion de données multi-sensoriel- les, ainsi qu’aux possibilités d’accès très large à de vastes gisements de données et à des codes de calcul et de visualisation puissants, ouvrent d’énormes perspectives de développement des connaissances scientifi- ques dans la plupart des disciplines. Aux enjeux de connaissance considérables associés aux sciences numé- riques, s’ajoutent également les enjeux éducatifs et de formation, mais aussi des enjeux sociétaux. On peut espérer en effet que l’accès massif sur le Web à des outils d’exploration, de visualisation du réel, et d’interaction numérique permette de passionner de nombreux amateurs de sciences, de rendre à nouveau les sciences populaires, et de permettre une participa- tion citoyenne très large à la culture et au débat scientifique. Plan stratégique 2008-2012 79
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    .2.2 Sciences numériques On se focalise ici sur quelques enjeux majeurs stochastiques, au niveau algorithmique pour lesquels les STIC et l’INRIA peuvent et au niveau des codes de calcul ; apporter une contribution importante dans les • instrumentations et mesures sur un large sciences de la matière, les sciences de la vie spectre de phénomènes et, au besoin, et les sciences de l’environnement. Ces défis sur de larges échelles, par exemple sur couvrent un très large spectre de niveaux : les réseaux de capteurs pour l’écologie atomes et molécules, cellule, organe, individu, numérique ; population, biotope et planète. Il s’agit des • traitement et interprétation automatique défis du matériau numérique, de la cellule de données, fusion multi-sensorielle ; numérique, de la plante numérique, de l’éco- • couplage en temps réel des modèles aux logie numérique, de la biosphère et de l’envi- données, calibration, validation, caracté- ronnement numériques. Bien entendu, l’INRIA risation des incertitudes ; abordera ces objectifs interdisciplinaires en • visualisation et manipulation multimodales collaboration avec des laboratoires spécia- des prédictions, conception et planifica- lisés des universités et des organismes, tels tion d’expériences, analyse de scénarios que le CNRS, l’INRA, l’INSERM, le CEA. Les d’évolution à long terme, et expérimenta- objectifs de l’institut sont à la fois ambitieux, tion in silico, essentielle en particulier là en termes d’intégration numérique, mais bien où l’expérimentation réelle est impossible focalisés sur les apports des mathématiques ou trop contrainte. appliquées et de l’informatique, en particulier L’INRIA a l’ambition d’apporter des contri- dans les thématiques suivantes : butions importantes sur ces sujets de • développement de modèles mathémati- recherche. C’est bien évidemment le cas au ques directs et inverses ; niveau de sa priorité sur la Modélisation, • algorithmes performants face à l’ex- présente pleinement ici. Les deux priorités plosion des dimensions multi-échelles sur la Communication et sur l’Interaction des modèles, et réalisation efficace de sont également très pertinentes, en particu- ces algorithmes sur des plates-formes lier sur les volets du calcul ubiquitaire et de la de calcul intensif, sur des grilles et des visualisation. L’objectif est ici de combiner les architectures adaptées ; contributions de ces axes prioritaires par des • intégration numérique de représentations efforts de recherche pluridisciplinaires avec mathématiques hétérogènes, différen- des partenaires des sciences de la matière, tielles, géométriques, combinatoires, et de la vie ou de l’environnement. De l’échelle nanoscopique jusqu’aux objets le comportement des matériaux à partir de Matériau  courants et aux grandes structures, les progrès en matière de conception des matériaux repo- la description des mécanismes physiques de base (systèmes de glissement, trans- numérique sent significativement sur la simulation numé- formation de phase…) et donc d’améliorer rique. La science des matériaux a montré le leur compréhension. La prise en compte de rôle capital des relations entre microstruc- la complexité de ces phénomènes, de leur ture et propriétés dans les matériaux. Ainsi, interaction et de leur superposition à diverses l’affinement de la microstructure et/ou la échelles pour produire, au niveau macrosco- diminution de la taille des grains permettent pique, des effets qualitativement différents, d’optimiser un grand nombre des propriétés est désormais indispensable pour étudier et des matériaux et de les adapter à une fonc- concevoir des nouveaux matériaux. Il s’agit tion donnée. Le mélange de constituants par exemple de matériaux biocompatibles dans un matériau composite lui confère des pour les utilisations médicales, de maté- propriétés physiques et mécaniques tout à riaux adaptatifs (alliages à mémoire de forme) fait exceptionnelles. Dans le même temps, la ou de céramiques piézoélectriques. Enfin, mécanique des matériaux a su développer la modélisation et la simulation numérique des outils de modélisation micromécanique des phénomènes complexes mis en œuvre qui permettent de simuler numériquement dans les procédés industriels (vibrations, 80 Plan stratégique 2008-2012
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    instabilités, etc.) permettentd’améliorer les interactions entre électrons (régies par des processus de fabrication. modèles quantiques) – pour aller jusqu’à la Si l’on s’approche à présent de l’échelle mécanique des milieux continus hétérogènes. atomique, les nouveaux matériaux mettant Outre les problèmes de maillage, toute une en œuvre des éléments métalliques, cérami- activité particulière de modélisation et de ques, semi-conducteurs, supramoléculaires simulation doit être mise en place à l’échelle ou polymères, promettent de transformer radi- nanométrique (les objets les plus connus à calement de très nombreux secteurs techno- cette échelle étant les nano-fils et les nano- logiques, qui vont des micro et nano systèmes tubes de carbone). Il s’agit de s’appuyer le (MEMS, NEMS, NOEMS) au transport, en plus possible sur la simulation pour l’étude passant par l’habitat, la santé ou l’énergie. et la conception des nano-composants, puis Dans ce dernier domaine par exemple, des pour leur « assemblage » en vue de parvenir progrès majeurs peuvent être attendus des à des dispositifs exploitables. À partir de nouveaux matériaux dans les cellules photo- modèles issus de la physique et de la chimie, voltaïques ou dans les piles à combustible. Un la simulation permet ainsi d’évaluer les consé- autre exemple est celui des couches minces quences des choix effectués en termes de et cristaux de nitrure, borate et niobiate de propriétés électriques, magnétiques, opti- lithium, qui permettent de réaliser des fonc- ques, thermiques et mécaniques du matériau. tions optiques à potentialités importantes pour Mais les problèmes posés aux STIC par cette le stockage d’information à haute densité. démarche sont nombreux : il faut par exemple Ces progrès soulèvent de nombreux défis intégrer des données issues de dispositifs de interdisciplinaires, en particulier pour le déve- mesure très différents et être capable d’évaluer loppement de techniques de modélisation la fiabilité et la pertinence des simulations. et de calcul multi-échelles des matériaux en Par ailleurs, partant de l’atome, il est clair nano simulation, problèmes sur lesquels se que les coûts de calcul seront prohibitifs si focalisera l’action de l’INRIA dans ce domaine. on ne développe pas une algorithmique de Les matériaux complexes nécessitent une résolution dédiée, avec mise en œuvre sur analyse qui part de l’échelle atomique et des des grilles de calcul de grande dimension et Modélisation géométrique d’un matériau forces chimiques de base – qui résultent des possibilité d’interactivité. nanostructuré — GAMMA. Jusqu’à présent la bioinformatique a été çage des centaines de génomes de bactéries Cellule numérique principalement focalisée sur des systèmes de traitement et de fouille de grandes masses de et d’archées réalisés ces dernières années. La génomique comparative va donc continuer données et de connaissances, et sur l’ana- à prendre de l’importance. Elle donnera lieu lyse du génome. Ce domaine continuera à de nouvelles approches, rendues possible à se développer avec le perfectionnement par ces nouvelles données, qui nécessiteront substantiel de techniques existantes (séquen- de nouvelles méthodes algorithmiques et çage de génomes, métagénomique) et avec informatiques. Elle soulève des thématiques l’apparition constante de nouvelles tech- de recherche qui font partie des objectifs nologies (puces à ADN, spectrométrie de de l’INRIA. masses, Chromatin ImmunoPrecipitation-on- Au niveau multicellulaire, l’ambition est d’éla- Chip) qui engendrent de nouveaux types de borer, de traduire en algorithmes performants données. Ces développements vont provoquer et d’intégrer des modèles décrivant finement une amplification du rôle actuel de la bioin- les échanges d’énergie et de signaux qui formatique dans les études biologiques et permettent la coordination de cellules, leur leurs applications. Ils vont surtout ouvrir de motilité, migration, dédoublement, différen- nouvelles perspectives et changer qualitative- tiation, ou leur apoptose. Ces défis scienti- ment l’état des connaissances en génomique. fiques recouvrent des enjeux considérables, Le séquençage de génomes eucaryotes va allant de la médecine et de la pharmacologie se poursuivre dans les années à venir à une à l’agronomie et la zootechnie. vitesse croissante, comparable au séquen- La compréhension des échanges cellulaires Plan stratégique 2008-2012 81
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    3.2.2 Sciences numériques commence bien évidemment au niveau biochi- le mouvement d’une cellule (sa motilité), les mique et moléculaire. Ainsi, par exemple, la mécanismes de migration de la cellule, les myosine et d’autres protéines motrices de échanges intercellulaires et les dynamiques la cellule, qui jouent un rôle clé dans ces de populations cellulaires. Sur ce dernier échanges, démontrent des conversions point par exemple, les populations cellu- d’énergie chimique-mécanique grâce à des laires non structurées dans les tumeurs et les changements de conformation moléculaire. tissus régénérateurs, tels le foie et la peau, Les modèles cinétiques s’appuient sur des présentent un fort couplage entre architecture analyses de structures moléculaires à partir spatiale et fonction. Pour le foie, les cellules des données d’imagerie cristallographique, (hépatocytes) se structurent en colonnes et de RMN ou de microscopie électronique. La feuillets pour assurer l’échange optimal des biologie algorithmique structurale s’inté- substances entre le sang et les hépatocytes. resse à l’étude des liens entre la structure, Des méthodes d’analyse de données et de spatiale et topologique, et la fonction de modélisation mathématique sont néces- macromolécules. Elle soulève de nombreux saires sur des échelles spatio-temporelles problèmes de géométrie algorithmique ou de très diverses afin de prédire comment les planification de mouvement, par exemple pour modifications intrinsèques ou extrinsèques au reconstruire et modéliser les zones d’inter- niveau moléculaire (par exemple par médica- face dans un contact biochimique, pour en ments) affectent les processus spatio-tempo- cerner les contraintes et les flexibilités, pour rels de régénération tissulaire. analyser les conformations admissibles, les Comme souligné dans ce qui précède, on ne mouvements relatifs permis et les possibi- vise pas un modèle unique et générique de lités d’arrimage (« docking »), lesquelles sont la cellule. De nombreux types de modèles essentielles à l’expression fonctionnelle des seront nécessaires en fonction des types molécules. de cellules étudiées, mais aussi des utili- La génétique et la génomique fonctionnelles sations possibles ces modèles. Ainsi, en prolongent ces modèles de biologie structu- recherche pharmacologique, la prédiction des rale au niveau des mécanismes d’expression effets d’une molécule sur une population de des gènes en protéines et à celui des liens cellules nécessitera des modèles adaptés au dynamiques associés à un réseau d’inte- rôle physiologique de ces cellules et à l’acti- raction génique. L’ensemble des protéines vité génétique des enzymes, de leurs divers exprimées à un moment donné au sein d’une métabolismes (énergétique, hormonal), et de cellule (le protéome) donne lieu à de nombreux leurs capacités éventuelles de prolifération. processus intracellulaires d’inhibition, de régu- Un des objectifs d’intégration numérique lation, d’amplification et à des phénomènes affiché ici est d’organiser et de formaliser le de seuil qui se traduisent globalement en des vaste corpus de modèles, de données et de dynamiques non linéaires. La complexité de connaissances, en très forte croissance, et ces processus est augmentée par l’apport d’en élaborer des couplages effectifs. Des des mécanismes de régulation épigénétiques. progrès importants peuvent être attendus de Il s’agit de développer, en une approche ces intégrations en connaissances scientifi- de biologie systémique et intégrative, des ques et en développements des technologies représentations et des outils informatiques agronomiques, pharmaceutiques, médicales, permettant de décrire les règles des inte- et vétérinaires. ractions élémentaires, de modéliser et de L’INRIA est d’ores et déjà présent sur plusieurs simuler les dynamiques globales auxquelles des thématiques STIC qui précèdent, allant de ces interactions peuvent donner lieu dans les l’imagerie intracellulaire, dynamique et active, cycles cellulaires et dans les réponses de la aux algorithmiques géométrique, combina- cellule aux contraintes et aux signaux issus toire et à celle des graphes, en passant par de son environnement. les contraintes, les logiques temporelles et D’autres niveaux de modélisation sont néces- l’automatique. L’institut souhaite amplifier saires pour élaborer des modèles numériques ses efforts pour contribuer avec ses parte- Modélisation de l’interaction de cellules, par exemple les mécanismes de naires des sciences de la vie à une meilleure entre deux protéines — ABS. déformation du cytosquelette qui permettent connaissance de la cellule. 82 Plan stratégique 2008-2012
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    Un des enjeuxdu développement durable contraintes physiques auxquels la plante Plante numérique correspond à la maîtrise des nombreuses causes d’érosion des sols, de leur appauvris- est soumise (répartition des masses, pente, etc.). Au niveau du modèle biologique, il s’agit sement et de leur pollution par des surexploi- d’analyser les structures et les mécanismes tations et des utilisations abusives d’engrais de développement des méristèmes sur des et de pesticides. Les réponses aux demandes bases génétiques. Les thématiques en STIC de production agronomique sont possibles concernées par ces recherches conjuguent dans le respect d’un développement durable les mathématiques appliquées, l’automatique, si on sait prendre en compte conjointement l’informatique graphique, la géométrie, et la les besoins des plantes et ceux, à long terme, combinatoire avec, bien entendu, de nombreux de leur environnement. Tels sont les enjeux de liens interdisciplinaires avec la botanique, la « plante numérique ». l’agronomie et la génétique. On vise donc ici le développement et l’in- L’élaboration et l’intégration de modèles tégration de modèles de croissance d’une performants à divers niveaux, conjuguant plante et de ses interactions multiples avec des composantes déterministes et d’autres son environnement. Au niveau du modèle stochastiques, et permettant la résolution des agronomique, il s’agit de prendre en compte problèmes inverses de façon efficace, soulè- les mécanismes d’organogenèse, de photo- vent de nombreux défis. Par ailleurs, on veut synthèse, de production et de répartition de pouvoir passer de la modélisation d’une plante biomasse, ainsi que les ressources en eau et individuelle à celle d’une parcelle compre- en minéraux des sols, les échanges atmos- nant de nombreuses plantes ou de diverses Simulation de la croissance des arbres phériques (luminosité, humidité, température, espèces, ou encore prendre en compte les — VIRTUAL PLANTS. vent, oxygène, gaz carbonique) et les autres interactions des plantes avec des populations Positionnement INRIA L’INRIA a une compétence reconnue en ses gènes, protéines et petites molécules. écosystèmes microbiens conduisant à modélisation, simulation numérique et La modélisation du cycle cellulaire a des procédés biologiques de dépollution calcul scientifique. Il est également expert conduit à des algorithmes d’optimisation des eaux usées sont quelques exemples dans le domaine des maillages, notamment des plannings de traitement, prenant en de contributions à l’écologie numéri- non-structurés. En collaborant avec des compte les rythmes circadiens des méca- que, faites en partenariat avec l’Inra ou physiciens spécialistes des nanosciences, il nismes enzymatiques du médicament l’Ifremer. peut ainsi contribuer significativement à ce et leur polymorphisme génétique, ou à Dans le contexte de l’étude du climat, de défi du « matériau numérique » du futur. la description de la croissance normale la pollution atmosphérique, de l’hydro- Avec le développement de la bioinforma- et tumorale de populations de cellules logie ou de divers autres aspects liés à tique et des sciences de la vie, plusieurs dans des tissus homogènes. Les princi- l’environnement, les systèmes de modé- équipes-projets de l’INRIA se sont mobi- paux partenaires dans ce domaine sont lisation sont utilisés pour la prévision lisées sur l’étude des interactions entre les l’Inserm, l’INRA, le CEA, l’Institut Curie, opérationnelle à court et moyen terme, gènes et leurs produits, afin de comprendre le NIH. pour des études de cas, ou pour des études les mécanismes de régulation qui sous- La modélisation de la croissance des d’impact de sites industriels. Les collabo- tendent le fonctionnement dynamique plantes se développe en partenariat avec rations, avec l’IGN et les universités, sont des cellules. Par exemple, la modélisation, l’Inra, le CIRAD, mais également l’IFN. appelées à se développer, en particulier la simulation et l’analyse de réseaux de La simulation de paysages agricoles, per- sur le plan européen. régulation génique ont permis de com- mettant par exemple de mieux contrôler prendre comment la réponse d’une bac- l’utilisation des OGM, la modélisation et térie particulière à un stress nutritionnel le contrôle de la croissance du plancton émerge du réseau des interactions entre en chémostat, ou la modélisation des Plan stratégique 2008-2012 8
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    .2.2 Sciences numériques d’insectes. Les prolongements des modèles sitent d’être revus, en particulier au niveau des de plantes numériques pour la sélection des mécanismes de calcification et de photosyn- semences, l’optimisation des densités de thèse et d’élévation de la température. Les culture, le contrôle d’apports en fertilisants micro-algues de leur coté sont prometteuses ou pesticides, pour la planification, l’aména- pour la production de biocarburants: si on gement de l’environnement et sa visualisation parvient à bien modéliser et à contrôler le à différents niveaux, sont riches en problèmes bioprocédé correspondant, on peut espérer STIC. des rendements bien plus élevés que ceux Un autre volet important de la plante numérique des plantes terrestres. L’institut travaillera au qui intéresse également l’INRIA est celui de développement d’écosystèmes microbiens la modélisation de la croissance du phyto- complexes, visant aussi bien le traitement de plancton, ou le contrôle de la croissance de substrats polluants que la production d’énergie. micro-algues. Certaines espèces de phyto- Les recherches porteront sur l’élaboration plancton sont en mesure d’absorber du gaz de modèles réalistes des interactions entre carbonique, en le rejetant vers les couches espèces et substrats et de la production de profondes de l’océan. Les modèles connus biogaz, et sur la conception de stratégies de de ces processus sont très imparfaits, ne contrôle pour obtenir une dépollution efficace concordent pas avec l’observation, et néces- et optimiser la production énergétique. L’écologie numérique est un domaine inter- d’espèces microbiennes, à leur compétition Écologie  disciplinaire particulièrement important à une époque où les transformations écologiques et à leurs interactions avec un substrat. Les modèles correspondants sont très importants, numérique sont rapides et significatives. L’apport des par exemple pour la conception de techniques STIC est déterminant dans l’intégration de et de méthodes de contrôle de traitement modèles hétérogènes, leur couplage à des des eaux usées ou polluées, leur dépollution systèmes d’information géographique, à des selon un processus anaérobique avec une données géo-référencées, à des réseaux de conversion optimale des déchets organiques capteurs et des systèmes d’observation de en énergie. l’environnement. Les recherches potentiellement pertinentes On veut intégrer des modèles de populations pour l’écologie numérique concernent, au animales à divers niveaux trophiques, par sein de l’institut, plusieurs sujets complémen- exemple, des modèles différentiels pour des taires, allant de la modélisation et du calcul populations d’insectes ou de planctons, des aux réseaux de capteurs, en passant par les modèles spatialement structurés pour des systèmes d’information géographique et la populations de reptiles, de poissons, ou d’am- visualisation graphique. L’INRIA souhaite appli- phibiens, et des modèles individuels pour les quer une partie de ces travaux au domaine de espèces à un niveau trophique plus élevé, tels l’écologie numérique qui recouvre des enjeux que des rapaces ou de grands mammifères. essentiels. Chaque modèle décrit les évolutions d’une population en fonction de son biotope, de ses caractéristiques de reproduction, d’alimen- tation et de ses relations proies-prédateurs. L’interaction numérique de diverses popu- lations, entre elles et avec l’environnement, permet d’étudier les réponses d’un système écologique à une agression naturelle (feu, inondation, etc.), ou humaine (déforestation, agriculture, extension urbaine), et de planifier Comptage automatique d’une population des mesures de conservation efficaces. de flamants roses — ARIANA (vue aérienne L’écologie microbienne soulève également des © Station biologique de la Tour du Valat). problèmes liés à la densité et à la distribution 84 Plan stratégique 2008-2012
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    La biosphère estcette partie de l’atmosphère, face à des évolutions qui semblent inélucta- Biosphère et  des sols et des océans qui supporte la vie. On conjugue donc ici les motivations et les bles. Des modèles numériques de l’environne- ment permettront d’analyser des scénarios et environnement  problématiques des deux sections précé- d’évaluer les risques de telle ou telle politique numériques dentes avec des éléments de climatologie, de géologie et d’océanographie et un changement environnementale ou d’une absence d’action. Grâce à des capacités de visualisation démons- d’échelle significatif. Les enjeux sont considé- tratives, ces modèles permettront également rables : accumulation des gaz à effet de serre, de mobiliser les opinions publiques, en parti- réchauffement climatique, évolutions de la culier dans les actions préventives, qui sont pluviométrie et de la distribution d’eau douce, nécessairement à long terme et qui réclament désertification de certaines zones, augmen- des ressources et de forts engagements poli- tation du niveau des océans et évolution des tiques et sociaux. zones côtières, qui concentrent la majorité de Relativement à ces enjeux, les modèles la population humaine. numériques de l’environnement posent des On cherche à mettre en œuvre des capa- problèmes d’observation, de modélisation, cités prédictives pour aider à concevoir et à d’assimilation de données, de prédiction et de déployer des stratégies de prévention et des suivi, à des échelles de temps très variables stratégies d’adaptation, désormais critiques (du temps-réel au très long terme) avec de Jalons i Amarrage des protéines cellules, et de stimuli physiologiques (hor- modèle physiologique qu’il permette des Ce jalon vise à améliorer la compréhension mones, facteurs de croissance) ou pharma- prédictions sur le plan agronomique, en des mécanismes coopératifs inhérents au cologiques. Ce développement visera par fonction de l’environnement, mais aussi repliement et à l’amarrage des protéines, en exemple la cancérologie, pour l’élaboration de des conduites de culture : c’est un des développant des modèles et des méthodes modèles de biologie systémique des réseaux objectifs d’un modèle source-puits. La d’analyse de données biophysiques (cris- métaboliques cellulaires et des perturbations confrontation avec l’expérimentation, sur tallographie, RMN) et de données issues du contrôle physiologique dans les cellules des plantes cultivées, sera ici aussi, une de la simulation (dynamique moléculaire). tumorales. pierre de touche. Le travail sera développé L’objectif sera atteint si de telles méthodes à partir de l’étude de plantes type comme font date dans les expériences de prédiction l’arabidopsis et le riz. de la structure d’un complexe de protéines i Modèles agrobiologiques des plantes Ce jalon a donc deux faces : modélisation à partir des partenaires isolés (expérience La croissance d’une plante est le résultat d’un traduisant une meilleure compréhension CAPRI) et/ou de prédiction de la structure ensemble coordonné de processus physiques, de la rationalité biologique de la croissance d’une protéine à partie de sa séquence moléculaires et cellulaires dont les interac- des plantes, avec des retombées à terme sur (expérience CASP). tions complexes sont encore mal comprises. la sélection, l’amélioration variétale et la Un premier objectif est la construction de modélisation prédictive de la production, i Dynamique cellulaire modèles mécanistes pour mieux compren- ainsi que sur la pratique de culture et sur la On veut développer des modèles réduits dre comment la forme et l’identité d’une compréhension de la réponse des plantes de la signalisation cellulaire pour quel- feuille, d’une fleur ou d’un méristème peuvent aux variations climatiques (concentration ques applications biologiques ou médicales émerger de l’intégration de ces mécanismes en CO2 de l’atmosphère, température, importantes. Ces modèles doivent intégrer et comment ceux-ci sont contrôlés par les précipitations). le métabolisme énergétique, ainsi que la gènes et/ou l’environnement. Il s’agit de com- régulation physiologique (expression des parer in silico des hypothèses variées sur les gènes, état des protéines, activité enzy- mécanismes sous-jacents et de confronter matique éventuelle) du cycle de division les prédictions des modèles aux observa- cellulaire à l’échelle d’une population de tions expérimentales. On attend aussi d’un Plan stratégique 2008-2012 85
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    .2.2 Sciences numériques nombreux processus interdépendants. Il s’agit l’environnement sont également essentiels, de phénomènes de flots géophysiques, de par exemple, en océanographie, en intégrant circulation, d’échanges et de transformation de les modèles biologiques du phytoplancton matière et d’énergie. Par exemple, en chimie mentionnés précédemment. atmosphérique, on s’intéresse à des cinétiques Dans ce très vaste champ de recherche, l’ac- complexes de gaz, associées aux mouvements tion de l’INRIA, avec ses partenaires, se foca- et aux échanges thermiques de masses d’air lisera plus particulièrement sur les questions pour le suivi de pollutions locales, régionales ou suivantes qui relèvent des STIC : plus globales. En hydrologie, on modélise les • l’observation, à l’aide de réseaux de conditions d’écoulement et d’évaporation des capteurs fixes ou mobiles (ballons, sondes eaux, d’absorption et d’érosion des sols, ainsi flottantes) ainsi que par l’imagerie satel- que les impacts agronomiques et écologiques litaire et les données géo-référencées. d’aménagements (urbains, hydrologiques, …) L’acquisition des données soulève des ou de catastrophes (fortes crues). En océano- problèmes liés à la représentation et à graphie côtière, on retrouve des problèmes l’algorithmique adéquate pour identifier similaires liés aux marées et aux courants pour et suivre les mouvements de phénomènes l’étude de pollutions ou pour l’aménagement du d’intérêt, en particulier dans la détection littoral. Plus généralement, les couplages et les précoce d’événements catastrophiques. échanges océan-atmosphère sont essentiels Elle soulève également des problèmes d’op- à la compréhension des circulations océano- timisation du système d’observation ; graphiques et de leurs impacts climatiques • la modélisation, avec les problèmes de et écologiques. Par ailleurs, les couplages couplage de représentations hétérogènes, entre modèles physiques et biologiques de d’assimilation de données incomplètes, imprécises et incertaines, et de qualification des modèles (cf. § .1.1) ; • la détection précoce, le suivi de phéno- mènes rapides et de dérives lentes, l’aide au diagnostic ; • l’expérimentation in silico, l’aide à la planification et à la gestion des risques environnementaux ; • la visualisation des évolutions à long terme de l’environnement. Hydraulique fluviale : identification de la baisse de la crue du fleuve Pearl (Chine) — MOISE. 8 Plan stratégique 2008-2012
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    .2. Médecine numérique 3.X.X 3.2.3 Médecine numérique 88 Plan stratégique 2008-2012
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    Les domaines dela médecine et de la biologie humaine soulèvent de nombreux défis scientifiques et technologiques. Ils recouvrent les enjeux sociétaux considérables liés à la santé, qui ont également des implications économiques majeures. L’ambition scientifique affichée ici est de contribuer à passer de connais- sances exprimées sous forme de collections de cas, décrivant la réalité très complexe du vivant, à des modèles mathématiques explicatifs et prédictifs des mécanismes mis en œuvre dans un processus biomédi- cal donné. Cet axe prioritaire porte donc sur une contribution pluridisci- plinaire aux problèmes d’observation, de modélisation et de simulation biomédicales à tous les niveaux, pour mieux comprendre la biologie humaine mais aussi pour diagnostiquer, concevoir, mettre en œuvre et optimiser de nouveaux moyens thérapeutiques. Cette ambition sera en particulier focalisée sur quelques classes de pathologies importantes, dont le cancer, les maladies cardio-vasculaires et les maladies neurodé- génératives ou du système nerveux. Cette priorité prolonge naturellement celles qui précèdent, en particulier celles sur la modélisation, l’interaction et les sciences numériques. Pour cette dernière priorité, il faut souligner le nécessaire continuum entre les thématiques des sciences de la vie affichées ici, qui sont focalisées sur la biologie humaine, et celles affichées dans l’axe prioritaire précédent, qui couvrent d’autres aspects de la biologie animale ou végétale et de la bioinformatique. Enfin, on peut également voir des liens fructueux pour les technologies médicales avec les thèmes de l’ingénierie numérique, par exemple dans le développement de systèmes d’aide ou de palliatifs aux déficiences motrices ou sensorielles (prothèses, neuroprothèses). Plan stratégique 2008-2012 89
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    .2. Médecine numérique Cet axe prioritaire vise un double couplage Les ambitions scientifiques et technologiques scientifique et technologique : recouvrent un vaste spectre de thématiques • couplage étroit entre observation, modé- pluridisciplinaires auxquelles l’INRIA apportera lisation et assimilation de données biolo- ses compétences en mathématiques appli- giques, afin de parvenir à une description quées, en traitement du signal et de l’image, riche et des mesures fines du vivant, en en automatique, et en informatique. Les cher- développant et en exploitant les nouvelles cheurs de l’institut, en partenariat avec des modalités d’observation biologique et biologistes, des médecins, des chimistes et médicale et de fusion multi-sensorielle. des physiciens, aborderont en particulier les Il s’agit ainsi de concevoir des modèles problèmes d’imagerie, de modélisation, de d’une complexité équivalente à celle des calcul et de simulation, et ce aux divers niveaux observations afin de pouvoir inverser ces moléculaire, cellulaire, anatomique, fonctionnel modèles dans un processus d’assimilation et physiologique. de données, et de bien qualifier la précision En imagerie biologique et médicale, on et les propriétés des modèles obtenus ; contribuera à mieux maîtriser les diverses • couplage entre biologie et médecine. modalités d’acquisition de données in vivo : Grâce à des modèles biologiques précis imagerie intracellulaire, microscopique et individualisés, qualifiés cliniquement, on confocale, imagerie optique, imagerie par veut développer des technologies médi- résonance magnétique anatomique ou fonc- cales et pharmacologiques permettant tionnelle, magnéto-encéphalographie, tomo- de prédire des évolutions, de détecter des densitométrie par rayons X et tomographie par pathologies et de réaliser des diagnos- émission de positons. Il s’agit de développer tics, de simuler des actions physiques ou une algorithmique complète de traitement et biochimiques et d’en mesurer les effets, d’interprétation de l’image et du signal pour de commander une prothèse, de planifier, exploiter ces modalités, pour les fusionner d’optimiser et d’aider à conduire précisé- entre elles ou avec des signaux biomédicaux Simulation de contraction cardiaque sur ment un protocole thérapeutique ou une complémentaires (ECG, EEG, mesures de flux, un maillage anatomique — MACS. intervention chirurgicale. de pression, etc.). L’objectif est d’acquérir des Positionnement INRIA Plus de vingt équipes-projets INRIA sont cette thématique. Plusieurs ont donné lieu de ces structures, auxquelles il contribue focalisées sur cet axe prioritaire. Une ving- à des transferts industriels, en particulier sur les aspects modélisation et calcul, taine d’autres équipes-projets travaillent par essaimage. seront pertinentes pour ce thème. Par sur des sujets connexes, pertinents pour ce L’INRIA s’appuie naturellement sur des ailleurs, l’institut entretient plusieurs domaine, allant des questions de maillage, partenariats nationaux et internationaux, partenariats industriels, qu’il développera de calcul numérique, de probabilité et de essentiels pour ce domaine pluridisciplinaire. dans le cadre de cette thématique. géométrie, à des questions d’apprentissage Les principaux liens nationaux, y compris via Au niveau européen, les liens académiques et de robotique. Des actions de recherche des équipes communes, sont avec l’Inserm, sont nombreux, par exemple avec le Guy’s collaborative ou d’envergure nationale l’Inra, le CEA-DSV (en particulier dans le Hospital à Londres, le Swiss Institute of sont focalisées sur les objectifs décrits cadre de la plateforme Neurospin), l’Institut Bioinformatics, le Weizmann Institute. Ces ici. L’institut s’appuie sur une longue Pasteur, l’Institut Curie, ainsi qu’avec des liens seront certainement amplifiés dans tradition de recherche et des fortes com- départements universitaires hospitaliers et le le cadre de l’action Virtual physiological pétences, internationalement reconnues, CNRS. L’INRIA est membre du groupement human du 7e PCRD. Au niveau internatio- en modélisation et calcul scientifique, ainsi d’intérêt scientifique Institut des systèmes nal, l’institut développe une collaboration qu’en vision et en traitement d’images. complexes. Il est membre fondateur du RTRA étroite avec le NIH, en particulier avec son De nombreux développements logiciels Rhônalpin Innovations thérapeutiques en National Institute of Biomedical Imaging supportent les travaux de l’INRIA sur infectiologie. Les collaborations dans le cadre and Bioengineering. 90 Plan stratégique 2008-2012
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    données anatomiques etfonctionnelles avec de supérieure à la seule prise en compte d’un taux meilleures résolutions spatiales et temporelles. de croissance ou de mortalité. L’interprétation de ces données – de plus en Le développement de ces modèles soulève plus complexes – ne peut rester uniquement des problèmes (détaillés au § .1.1) de calcul, visuelle. Une interprétation quantitative, éven- de simulation, d’optimisation, de visualisation, tuellement stochastique, peut permettre de de mesures d’incertitude, et plus généralement piloter efficacement les processus d’acquisition de qualification des modèles, essentielle dans et de mesure ; elle peut être couplée à des les applications médicales. Dans le contexte processus d’aide au diagnostic ou à l’action de cette thématique, les techniques d’analyse thérapeutique. L’imagerie intracellulaire et numérique, de calcul géométrique ou proba- tissulaire peut permettre d’identifier les voies biliste, portent en particulier sur la biologie, la de signalisation cellulaires et intercellulaires à chimie et la physique. l’œuvre dans le métabolisme des molécules, L’ambition du couplage biologie-médecine tant endogènes qu’exogènes, et dans la proli- exige des modèles individualisés. Ceci passe fération cellulaire, et par là de développer et par le développement d’une anatomie algo- de valider des modèles. Ces modèles sont rithmique et d’une physiologie algorithmique. essentiels pour une compréhension du vivant La première se base sur des statistiques anato- et pour la conception et l’optimisation de miques pour cerner, pour un organe donné, nouvelles thérapies. les variabilités normales entre individus, bien La modélisation et l’assimilation de données distinguer ces variabilités des déviations patho- biologiques et médicales porteront sur des logiques, et être en mesure de détecter de telles processus allant des cellules aux organes et déviations dans les images et données médi- aux fonctions complexes (par exemple fonction cales. Dans la deuxième, des modèles physio- cardiovasculaire ou locomotrice), voire aux orga- logiques individualisés devraient permettre nismes. Elles intégreront des représentations d’expliquer et de prévoir des propriétés fonc- et des données hétérogènes, de nature anato- tionnelles, d’explorer les incidences de physio- mique (structures) et physiologique (fonctions). pathologies, et d’individualiser finement des Par exemple, un modèle du système cardiovas- thérapies, par exemple, en cancérologie, par culaire intégrera des représentations souvent des études de pharmacogénétique par puces couplées, de type géométrique, biomécanique, à ADN pour la prescription individualisée de bioélectrique, de dynamique des fluides et de chimiothérapies. perfusion du muscle cardiaque. Au niveau des technologies médicales, l’am- La résolution des problèmes inverses pour bition de l’INRIA est de mettre en œuvre ces de tels modèles, par des techniques d’esti- recherches algorithmiques en imagerie et en mation, d’apprentissage et d’optimisation, modélisation pour contribuer au développement soulève de grandes difficultés algorithmiques. de techniques de prévention, de détection et L’assimilation des données conduit naturelle- de diagnostic quantitatif, de prédiction d’évo- ment au couplage étroit entre les problèmes de lution, de simulation, de régulation, de contrôle modélisation et ceux d’acquisition, de traite- et d’optimisation d’actions thérapeutiques. ment et d’interprétation de données. La richesse Plusieurs de ces objectifs sont indissociables des modèles nécessaires pour appréhender une de ceux qui précèdent. D’autres nécessiteront réalité biologique très complexe sera limitée des recherches complémentaires, par exemple par la richesse des données. Les termes du en réalité virtuelle pour ses applications théra- compromis seront sans doute différents selon peutiques, en robotique chirurgicale et en réalité l’application visée et conduiront vraisemblable- augmentée pour la simulation et l’aide à l’in- ment à divers types de modèles pour un organe tervention thérapeutique en radiothérapie et ou une fonction spécifique. Ainsi, lorsque l’ap- en chirurgie non invasive guidées par recalage plication vise l’optimisation thérapeutique, il est entre images et modèles. Un autre exemple du nécessaire de représenter les effets attendus couplage mesure-action est la quantification d’une combinaison de traitements (synergie des caractéristiques mécaniques des muscles médicamenteuse) mais aussi les effets toxiques en cas de déficience motrice en vue d’optimiser Modélisation de l’activité cérébrale sur les tissus sains. Ceci nécessite une finesse l’adaptation au patient de la stimulation. — ODYSSEE. d’observation de la physiologie cellulaire bien Enfin, il faut souligner que ces recherches Plan stratégique 2008-2012 91
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    .2. Médecine numérique seront nécessairement poursuivies en relation soulève des questions d’éthique et de déonto- étroite avec des biologistes et des médecins, logie auxquelles l’INRIA sera particulièrement en particulier dans leurs composantes expéri- attentif, y compris dans le dialogue avec les mentales essentielles. Par ailleurs, ce domaine associations d’utilisateurs. Jalons i Modélisation, visualisation modèles en technologies cliniques permet- finement certaines suppléances sensorielles et manipulation interactive tant des chirurgies guidées par recalage entre ou motrices passe par de nouvelles mesures d’un cœur numérique images et modèles. Plus généralement, la com- et modélisations des structures nerveuses L’objectif est d’élaborer des modèles indivi- préhension des interactions multi-échelles concernées. Les implants de demain seront dualisés du système cardiovasculaire humain entre populations de neurones dans le cerveau capables non seulement d’activer mais aussi prenant en compte globalement l’ensemble, humain requiert le développement et la mise d’observer de l’intérieur et donc de manière des processus électrophysiologiques, électro- en commun au niveau de l’INRIA et de ses très précise le système nerveux périphérique mécaniques, de dynamique du flot sanguin, partenaires d’outils de modélisation mathéma- ou central, ouvrant des champs d’application de circulation artérielle, de perfusion et de tique et de simulation ainsi que l’accès à, et la diagnostique ou thérapeutique aujourd’hui biomécanique du muscle cardiaque. On vise mise en place de, bases de données de mesures limités. le développement des techniques d’imagerie neurobiologiques. Une meilleure compréhen- et de l’instrumentation nécessaires à l’élabo- sion de ces phénomènes sera un grand pas i Environnement ration et à la qualification de ces modèles. Ce vers la synergie nécessaire entre neurosciences, chirurgical numérique jalon intègre l’élaboration d’une plateforme informatique et modélisation mathématique On veut développer et mettre en œuvre interactive permettant au biologiste ou en mettant à la disposition des spécialistes en expérimentalement des moyens de visuali- au médecin de visualiser les phénomènes neurosciences des méthodes d’évaluation des sation, de planification, de réalité augmen- cardiovasculaires. On veut pouvoir explorer, propriétés computationnelles de leurs modèles tée et de robotique par exemple pour l’aide grâce à une interface multimodale, visuelle phénoménologiques. en chirurgie cardiaque et/ou cérébrale, et haptique, un cœur numérique individua- exploitant les modèles et les méthodes déve- lisé, et mettre en œuvre des outils logiciels i Interface entre système loppés par les deux précédents jalons. de diagnostic et de simulation d’actions nerveux et système artificiel thérapeutiques. L’ambition est d’aborder Il s’agit ici d’exploiter des modèles anatomiques des problèmes cliniques et de contribuer et fonctionnels pour pallier une déficience i Plateforme logicielle de simulation à l’amélioration de dispositifs médicaux. motrice ou sensorielle en activant les structures et d’intégration de modèles médicaux La collaboration étroite des chercheurs de nerveuses centrales ou phériphériques mises Il s’agit de développer un noyau logiciel l’INRIA avec des biologistes et des médecins en jeu (neuroprothèse). robuste permettant de faire cohabiter sera la clé d’un tel jalon. A l’instar du pacemaker qui peut déclencher différents modèles et composantes d’une une contraction du myocarde, il est possible de simulation : modèles de rendu, de collision, i Cartographie numérique et restaurer une fonction motrice en stimulant les modèles déformables, haptiques, physio- fonctionnelle du cerveau nerfs moteurs, ou une fonction sensorielle, par logiques, avec gestion des relations entre On veut développer des modèles anatomi- exemple l’audition à l’aide des implants cochléai- les différentes représentations d’un même ques et physiologiques individualisés du res qui stimulent la cochlée. Ces approches thé- organe. Au noyau, viennent s’ajouter un cerveau humain, couplant diverses moda- rapeutiques reposent sur un socle commun de ensemble de modules et des bibliothèques lités d’imagerie cérébrale fonctionnelle, technologies et de recherches en électrophysio- logicielles offrant différentes fonctionnali- les intégrer en une cartographie situant les logie, mais qui se déclinent et se particularisent tés : algorithmes de détection de collision, fibres neuronales et les activités corticales. en fonction de la cible. Il est ainsi aujourd’hui modèles déformables, méthodes de rendu On cherche à mettre en évidence le lien envisageable de restaurer des fonctions très photo-réalistes, gestion optimale des res- entre la structure spatiale des cartes et leur complexes comme la station debout équilibrée, sources de calcul, parallélisation, solveurs fonction ; analyser la variabilité observée certaines fonctions sensorielles, ou de moduler le numériques, gestion des interactions entre en fonction d’informations génétiques et système nerveux central dans le cas des maladies objets hétérogènes au sein d’une même comportementales. On veut prolonger ces comme Parkinson ou l’épilepsie. Mais contrôler simulation. 92 Plan stratégique 2008-2012
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    3.3 Défis sociétaux couverts    par ces priorités Le choix des sept priorités stratégiques de l’institut a été motivé et argumenté dans les sections précédentes par l’existence d’en- jeux sociétaux et d’enjeux économiques importants. Il est intéressant de revenir rapidement sur les principales motivations socié- tales effectivement couvertes par les priorités de l’INRIA, en particulier pour celles qui sont transverses aux axes stratégiques. L’environnement et ses enjeux sont présents dans les thématiques de la modélisation et de l’interaction. Les objectifs affichés en écologie numérique et sur la biosphère et l’environnement numériques couvrent explicitement une partie des défis environne- mentaux. Le développement durable est principalement présent dans les thématiques de la plante numérique et de l’écologie numérique. La santé fait l’objet d’une priorité à part entière sur la médecine numérique. D’autres priorités telles que celles affichées sur la cellule numérique ou sur l’interaction contribuent aux défis de la santé. La démographie avec les problèmes de vieillissement de la population est en partie couverte dans les priorités sur l’interaction, la communication et la médecine. L’énergie fera l’objet d’efforts de recherche pour la modélisation, le contrôle et l’optimisation de l’utilisation de sources d’énergie classiques ou, pour le développement de nouvelles sources telles que le solaire, les biocarburants ou la fusion thermonucléaire, au sein de la fédération ITER. Les transports sont principalement présents dans la priorité sur l’ingénierie numérique, car les systèmes embarqués jouent un rôle d’importance croissante dans ce domaine, mais également dans la priorité sur l’interaction. Les services aux personnes et le développement de la société de l’information sont principalement couverts dans les priori- tés sur la communication et l’interaction. La formation et l’éducation, au titre des possibilités de visualisation et de réalité virtuelle, sont couvertes dans la priorité sur l’interaction. Ces défis soulèvent des problèmes également présents au niveau du Web sémantique et des services dans la priorité sur la communication La sécurité soulève des problèmes abordés dans les priorités sur la programmation, la communication, l’interaction et l’ingénie- rie numérique. Les efforts de l’institut dans cette thématique transverse seront en particulier coordonnés au sein du GIS dédié à la surveillance, la sûreté et la sécurité des grands systèmes. Plan stratégique 2008-2012 9
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    . Défis sociétauxcouverts par ces priorités 94 Plan stratégique 2008-2012
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    3.4 Thématiques émergentes Les sept priorités stratégiques de l’institut soulèvent des problèmes fondamentaux importants, largement ouverts et qui peuvent avoir de forts impacts scientifiques et technologiques. Ces problèmes mobiliseront l’essentiel des efforts de recherche dans le cadre de ce plan. Cependant, l’INRIA veut rester ouvert à des thématiques émergentes relativement aux domaines scientifiques bien formalisés. Pour favoriser l’émergence de champs scientifiques nouveaux, l’INRIA se donne des moyens appropriés dans le cadre d’une ligne « d’actions exploratoires ». La recherche soutenue par cette ligne d’action est orientée à très long terme et s’accompagne de risques élevés. Elle devrait devenir une pépinière d’idées de recherche inédites, conduites par des chercheurs confirmés ou par des jeunes chercheurs. Tout comme pour l’ERC, les critères fondamentaux seront la créativité, l’originalité et l’excellence pour conduire une recherche d’avant-garde, en rupture relativement aux thématiques bien explorées. L’INRIA souhaite se doter des moyens permettant d’encourager et d’accompagner ces travaux de nature très exploratoire. Sans prétendre aucunement à l’exhaustivité, on évoque brièvement ci-après quelques sujets d’actions exploratoires : • nouvelles formes et modalités de traitement de l’information. Les caractéristiques fondamentales de la matière (comportement quantique, dynamique des atomes, cellules, etc.) peuvent être exploitées pour développer des types radicalement nouveaux de logique et de composants ; • nouveaux modèles de calculs et nouveaux paradigmes algorithmiques s’inspirant de la nature, de la biologie ou de la chimie. Les modèles actuels (issus du modèle de Von Neumann) atteignent leurs limites, et rapidement, d’autres modèles seront nécessaires ; • nouveaux paradigmes de modélisation et de simulation ; • nouvelles approches pour la construction de systèmes d’information dignes de confiance, sûrs et pérennes sur de très longues durées (plusieurs siècles) ; • informatique diffuse s’appuyant sur des architectures très dynamiques dont le nombre de composants peut être très grand et dont le comportement peut parfois être incertain, avec des paradigmes facilitant l’émergence de propriétés significatives. • nouvelles approches à la programmation, par exemple par imitation ; • techniques d’intégration de représentations, de modèles et de données sur un très large spectre, par exemple pour être capable d’établir facilement les effets environnementaux et de consommation d’énergie de chaque produit (cycle de vie de bout en bout) ; • nouvelles modalités pour l’interface homme-machine. Ce sujet récurrent mérite toute l’attention. De nouvelles moda- lités, par exemple d’interaction spatiale en 3D, doivent être étudiées et intégrées à d’autres, plus anciennes, telle que la parole, de façon robuste. Par ailleurs, de nouvelles directions de recherches interdisciplinaires, en particulier avec les sciences humaines et sociales, peuvent être également d’intérêt pour des actions exploratoires. Par exemple, les techniques de modélisation vers « l’humain numérique » sont pertinentes pour la sociologie ; les liens des STIC avec les sciences juridiques sont également fructueux en pro- blèmes de formalisation et d’exploitation sémantique des textes juridiques mais aussi de responsabilité, de protection juridique, voire d’éthique en matière de logiciels et de systèmes. L’INRIA animera la réflexion prospective en son sein et avec ses partenaires; il restera très attentif et très ouvert à l’émergence de nouvelles directions de recherche et encouragera les prises de risques associées à de potentielles ruptures scientifiques. Plan stratégique 2008-2012 95
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    Actions et  stratégie pour  atteindre les objectifs Dans cette partie : A 4.1 L’INRIA au sein du dispositif national page 98 4.2 Renforcer l’attractivité de l’institut page 100 4.3 Recherche, développement et transfert page 110 4.3.1 L’organisation de la recherche page 110 4.3.2 Le développement technologique page 110 4.3.3 Le transfert technologique et l’innovation page 113 4.3.4 La formation par la recherche page 116 4.3.5 La diffusion de l’information scientifique et des connaissances page 117 4.3.6 L’évaluation de la recherche et du transfert page 119 4.4 Relations européennes et internationales page 120 4.4.1 L’engagement européen de l’INRIA page 120 4.4.2 Les coopérations avec l’Asie, l’Amérique du Nord et les pays du Sud page 121 4.5 Organisation et fonctionnement internes page 123 4.5.1 La politique de ressources humaines page 124 4.5.2 Le fonctionnement interne page 125
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    A ctions
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    4.1 L’INRIA ausein du dispositif national L’organisation générale de la recherche en recherche globales et s’adossent sur des 4.1. France, dont les structures sont restées pour l’essentiel celles héritées des années institutions universitaires qu’ils renforcent. Pour les sciences et technologies de l’infor- L’INRIA  1950-1980, connaît depuis peu une évolution accélérée : création de l’ANR et des pôles mation, il est essentiel que l’évolution engagée en France s’accompagne et s’appuie sur le au sein du  de compétitivité, création des PRES et des RTRA, loi de programme pour la recherche, loi renforcement de l’opérateur national spécialisé dans le domaine qu’est l’INRIA, du fait des dispositif national Liberté et responsabilité des universités (cf. § spécificités du domaine, des spécificités de 2..). Cette évolution répond à la formidable l’institut et de sa capacité : pression de la mondialisation des activités de • à créer, en partenariat avec les univer- recherche et d’innovation, à leur rôle moteur sités, un effet d’entraînement dynami- dans le développement social et économique sant les meilleures équipes en France et dans la compétition mondiale. Elle vise en qui bénéficient d’une visibilité et d’une particulier à renforcer les opérateurs régio- réputation d’excellence scientifique, et naux de recherche et de formation que sont qui offrent des formations par la recherche les universités et à les amener au meilleur très attractives ; niveau mondial. • à élaborer dans le cadre d’une vision Dans le contexte de cette politique nationale européenne et internationale, une stratégie de renforcement des sites universitaires et scientifique nationale, et à focaliser de de définition de pôles d’enseignement et de façon proactive l’essentiel de ses projets recherche de niveau international, l’INRIA autour de cette stratégie ; continue à se positionner comme un orga- • à mener une politique de développement, nisme national en charge de la définition et de transfert, d’innovation et d’essaimage, de l’exécution d’une politique scientifique en partenariat avec les principaux opéra- affirmée dans un domaine prioritaire. On teurs industriels du domaine. observe en effet que plusieurs pays structu- Les STIC sont en effet un domaine jeune, qui rent leur stratégie scientifique, en particulier connaît un développement exceptionnel, et dans le domaine des STIC, autour d’opéra- qui a présenté dès son apparition un caractère teurs nationaux. Sans souci d’exhaustivité, on global, compétitif, basé davantage sur l’intel- peut citer en Allemagne la combinaison Max ligence que sur des acquis technologiques Planck Gesellshaft et Fraunhofer Gesellshaft, préalables ou de grandes infrastructures (peu fondations financées en grande partie par les de grands instruments en dehors d’Internet). pouvoirs publics. En Hollande, le CWI dont L’INRIA a inventé un positionnement et un le spectre d’activités est similaire à celui mode d’organisation qui se retrouve aujourd’hui de l’INRIA, fait partie du NWO, organisme en phase avec les caractéristiques de son gouvernemental. Aux États-Unis, la plupart domaine. Ce mode d’organisation, basé sur des grands départements d’État fédéraux des personnes très mobiles et non sur des financent et gèrent directement ou indirecte- structures rigides et cloisonnées, est une des ment des organismes de recherche nationaux raisons essentielles des succès de l’institut. tels les NIST Laboratories, les NIH Institutes Organisme entièrement dédié à un domaine and Centers, les National Centers adminis- scientifique prioritaire, l’INRIA a pour mission trés par le Battelle Group. En Australie, le de développer une politique scientifique et de centre de recherche NICTA est financé par transfert cohérente au niveau de la France et le gouvernement et diverses entités austra- en phase avec la politique européenne. Dans liennes en charge des STIC. Au Japon, le un domaine d’une importance capitale pour le National Institute of Advanced Industrial développement économique, social et culturel Science and Technology joue un rôle moteur et en très forte croissance – souvent dans des et conduit la politique scientifique nationale directions difficilement prévisibles –, il est dans ses domaines. Les organismes cités indispensable de procéder à des analyses dans ces exemples ont bien entendu des en termes d’impacts et de forces avant de spécificités et des modèles d’organisation définir des stratégies de recherche, de faire distincts. Cependant, dans tous les cas, des choix et d’adopter un mode d’organisation ces centres structurent des stratégies de dynamique et proactif. 98 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions L’INRIA peut ainsi être considéré comme nologies. La recherche scientifique produit un chaînon indispensable entre les struc- de façon étroitement imbriquée à la fois tures de financement de la recherche (ANR, des connaissances et des technologies. Commission européenne, ERC) et les pôles L’articulation entre savoir et développement régionaux universitaires d’enseignement et répond aux attentes sociétales. Elle répond de recherche. Pour cela, l’institut réaffirme également aux besoins des développe- les quatre fondamentaux de son action au ments scientifiques. Le domaine des STIC service de la recherche, du développement et présente, d’une manière plus ou moins du transfert dans le domaine des STIC : affirmée selon les secteurs, un caractère • Des équipes soudées engagées dans expérimental qui se traduit par l’utilisa- un projet scientifique focalisé de haut tion et, souvent, par le développement de niveau. Pour maximiser l’impact de ses plates-formes technologiques ou de logi- activités, l’institut a décidé dès sa création ciels. Le plus souvent, une équipe-projet est de se structurer de manière très « plate », engagée dans une démarche scientifique avec peu de niveaux de hiérarchie. qui produit à la fois des connaissances L’essentiel de la mise en œuvre de sa et des développements technologiques. politique scientifique est ainsi confié à des Elle est évaluée sur ces deux fronts de la L’INRIA se considère équipes-projets rassemblées autour de production de la recherche. leaders scientifiques porteurs de projets • Des équipes-projets engagées dans une comme un chaînon ambitieux, compétitifs et fortement foca- démarche de transfert. L’État a confié lisés. Ces équipes-projets, autonomes une mission spéciale à l’INRIA au service indispensable entre mais à durée limitée, sont évaluées au des STIC. En le plaçant aussi sous tutelle plan national selon un dispositif mettant du ministère chargé de l’Industrie, l’État les structures de l’accent sur le positionnement international. affiche une volonté politique pour l’institut financement de la L’institut a la conviction que l’existence de ces équipes-projets de recherche est une de transfert de technologie en partena- riat avec l’ensemble des secteurs socio- recherche (ANR, raison essentielle de son succès. économiques. En conduisant une action • Un partenariat dynamisant. L’INRIA s’est très volontariste depuis plus de 25 ans, Commission engagé très activement dans des parte- l’institut a permis de mettre en place un nariats avec les universités françaises et modèle de transfert de technologie et de européenne, ERC) et les organismes de recherche présents sur création d’activités très efficace s’appuyant ses sites d’implantation. Plus de 80 % des sur une structure interne de qualité profes- les pôles régionaux équipes-projets INRIA sont aujourd’hui sionnelle, décentralisée et coordonnée. Par universitaires communes avec des établissements parte- naires. En rassemblant des chercheurs la constitution d’un ensemble d’accords stratégiques avec de grandes entreprises d’enseignement et de de haut niveau international et qui adhè- et d’équipes communes avec des indus- rent à la stratégie de l’INRIA dans ces triels, par la mise en œuvre d’actions de recherche. équipes communes, les établissements recherche et de développement, par la construisent des entités ayant une masse création de nombreuses start-up et par critique suffisante. L’institut réaffirme son une politique claire de diffusion de logi- engagement à collaborer avec des parte- ciels et de définition de standards, l’INRIA naires qui s’engagent de façon volontaire démontre sa capacité à prendre en charge à apporter des ressources – en particulier efficacement cette mission. humaines – à l’équipe-projet et à soutenir La mise en œuvre de ces fondamentaux par son activité. La collaboration s’établit ainsi les huit centres de recherche de l’institut sur dans un cadre de confiance et de trans- l’ensemble des fronts de la recherche, du parence, sur la base d’un partage des développement, du transfert, et des parte- résultats et des retours de valorisation nariats, est détaillée dans les encadrés de au prorata des moyens affectés et d’une ce chapitre. En particulier, des conventions répartition des efforts permettant de maxi- seront établies par chaque centre avec ses miser l’efficacité. partenaires régionaux pour préciser les moda- • Des équipes-projets impliquées dans la lités de soutien conjoint à des opérations de production de connaissances et de tech- recherche sous forme d’équipes-projets INRIA Plan stratégique 2008-2012 99
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    4.2 Renforcer l’attractivitéde l’institut communes, et pour élaborer et conduire une est d’attirer les meilleurs, quels que soient le politique scientifique dynamisante. type et le niveau de recrutement. Pour atteindre Les pierres angulaires de cette organisation cet objectif, l’INRIA dispose d’une palette sont l’évaluation et le recrutement. Toutes variée de cadres d’emploi, utilisant au mieux les décisions concernant l’évolution d’une les possibilités statutaires, que ce soit sous équipe-projet sont prises après évaluation. la forme de postes de titulaires ou de postes Cette évaluation rigoureuse, conduite par des contractuels. Cette variété permet une certaine experts indépendants, français et étrangers, flexibilité des rémunérations. Cette politique académiques et industriels, choisis pour leur de recrutement est largement ouverte à l’inter- compétence et leur impartialité, a lieu tous les national, en particulier pour les scientifiques : quatre ans pour l’ensemble des équipes-projets le nombre de chercheurs étrangers est ainsi d’une même thématique au niveau national. en augmentation constante depuis 2000. La Les recommandations des experts sont trai- mise en place des conditions permettant de tées avec le plus grand sérieux. Elles permet- recruter au meilleur niveau reste une priorité tent, non seulement de décider de l’évolution de la direction de l’INRIA. des équipes-projets du thème (renforcement, L’avenir des STIC en France dépendra de la reconduction ou arrêt), mais aussi de mieux capacité de l’INRIA avec ses partenaires à comprendre le positionnement de l’INRIA dans renforcer ce modèle, à le faire évoluer pour la thématique au plan international et de prendre qu’il reste attractif au niveau international et les mesures nécessaires pour l’améliorer. pertinent au regard de son environnement, Dans un organisme en croissance forte dont et surtout à rechercher sans cesse au plan l’organisation est très dynamique, le poids mondial les jeunes chercheurs qui seront les des personnes est prépondérant. L’objectif leaders scientifiques de demain. Dans le contexte de compétition internationale accentuant la communication d’image de extrêmement vive qui caractérise le domaine l’institut ainsi que sa présence dans le marché 4.2 des STIC, peu capitalistique et où la produc- tivité et la qualité scientifiques sont d’abord de l’emploi scientifique international en STIC. Concernant les étudiants, l’INRIA dévelop- Renforcer  celles des chercheurs, un des enjeux majeurs pera son programme Internships qui permet l’attractivité de  pour la recherche française est de renforcer son attractivité au plan mondial. Le rayonnement d’accueillir des stagiaires de niveau master en provenance d’universités étrangères, ainsi l’institut et l’attractivité de l’INRIA dans la communauté scientifique internationale sont et resteront que le programme CORDI-S, initié en 200, qui est orienté spécifiquement vers les jeunes des critères majeurs de ses succès et de sa doctorants (français ou étrangers) souhaitant capacité à dynamiser la recherche nationale. effectuer leur thèse dans une université ou Au-delà bien sûr de l’image d’excellence que école géographiquement distante de celle où s’est forgé l’institut – qui est primordiale et qu’il ils ont préparé leur master, avec une priorité faut maintenir et renforcer –, le développement forte sur les candidats ayant fait leurs études de son attractivité devra s’appuyer sur une à l’étranger. L’institut s’attachera à coopérer amplification de sa politique de ressources avec les grandes écoles et universités fran- humaines, de communication et d’échanges çaises partenaires pour mettre sur pied des internationaux. formations de type masters bilingues français- Accroître sa capacité à accueillir et recruter anglais, permettant d’accueillir en France des des chercheurs et des étudiants étrangers étudiants non francophones. Cette orientation restera dans les prochaines années une prio- particulière vers les titulaires de diplômes rité majeure. Concernant les recrutements étrangers portera également sur le programme de chercheurs permanents, l’objectif est de d’accueil postdoctoral. maintenir aux environs d’un tiers la proportion Faciliter les coopérations scientifiques avec de scientifiques étrangers, et ce en donnant, les meilleures équipes internationales, favo- plus encore qu’aujourd’hui, une large publi- riser toutes les formes de mobilité des cher- cité internationale aux avis de concours, en cheurs constituent des facteurs puissants 100 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions pour accroître l’attractivité : les programmes Cet objectif d’attractivité renforcée devra mis en place ces dernières années – Équipes être au cœur des activités de communication associées (qui promeut des collaborations externe de l’institut. Celles-ci devront aller avec des universités étrangères en apportant bien au-delà de l’information sur l’institution un support financier permettant notamment et ses atouts. La recherche en informatique et d’organiser des visites croisées et des ateliers en mathématiques appliquées, si elle est à la communs), Sabbatiques (séjours de longue base d’évolutions qui transforment aujourd’hui durée pour les chercheurs) et Explorateurs profondément le fonctionnement social, reste (missions courtes pour les chercheurs, post- en effet largement ignorée des citoyens. Cette doctorants et doctorants) – seront poursuivis méconnaissance et, parfois, la défiance de et renforcés. La mobilité des scientifiques de l’opinion publique sont un problème pour la ou vers les universités et les entreprises, après recherche scientifique en général mais elles s’être sensiblement développée ces dernières le sont encore plus fondamentalement pour années, a récemment eu tendance à ralentir. l’informatique et l’automatique, communé- En s’appuyant sur les dispositions réglemen- ment perçues comme un « outillage », utile ou taires existantes ou à venir, et aussi en tirant redouté, et non comme des disciplines scien- le meilleur parti du dynamisme économique tifiques. Ce constat est encore plus préoccu- propre au secteur des STIC, l’institut mettra pant lorsqu’il s’applique aux jeunes, dont des Le rayonnement tout en œuvre pour la relancer par des mesures études récentes soulignent une désaffection d’incitation et d’accompagnement ; il est prêt, croissante pour les matières scientifiques. et l’attractivité en accord avec ses autorités de tutelle, à être Combler ce retard d’image constitue un enjeu « expérimentateur » sur ce plan. pour l’institut : c’est le rôle des scientifiques de l’INRIA dans La politique d’accueil conduite par l’INRIA d’ouvrir cette « boîte noire » et de faire, auprès depuis huit ans s’est révélée très positive, en d’un large public, la pédagogie des recherches la communauté termes aussi bien d’ouverture pour les équipes conduites dans le domaine. scientifique de l’institut que de débouchés pour les scien- tifiques et ingénieurs qui en ont bénéficié. La communication externe de l’institut s’orien- tera par conséquent en priorité vers le public internationale sont et L’ambition pour les prochaines années est de non scientifique, et vers les jeunes, en contri- la renforcer encore, dans tous ses aspects : buant à combler leur déficit de connaissance resteront des critères accueil en détachement de titulaires des univer- sur la recherche en informatique. Parmi les sités et des grands corps techniques de l’État actions qui seront mises en œuvre, on veillera majeurs de ses succès sur des projets scientifiques précis, contrats particulièrement à renforcer la présence de « d’ingénieurs associés » pour des jeunes l’institut et de ses chercheurs dans les grands et de sa capacité diplômés, accueil temporaire de spécialistes du medias, à amplifier la vulgarisation scientifique à dynamiser la monde industriel ou académique. Pour ce qui est de l’attrait des positions permanentes au sur le site web de l’INRIA, et à organiser des événements dédiés aux recherches en STIC. recherche nationale. sein de l’institut, à côté des facteurs essentiels Pour toucher efficacement le public jeune, que sont le dynamisme des équipes, l’interac- l’institut s’attachera aussi, dans les quatre tion avec le monde économique, la qualité des prochaines années, à diffuser la culture scien- conditions de travail, la souplesse de l’organi- tifique dans les collèges et les lycées (cf. § sation, l’efficacité du support à la recherche, 4..5). Une attention spécifique sera également l’attention devra également être portée sur les portée à l’information des décideurs français déroulements de carrière et sur l’amélioration et européens sur les résultats des recherches des rémunérations et régimes indemnitaires. et sur les actions de transfert. Des mesures ont été récemment mises en place – concernant par exemple les règles relatives à l’avancement ou les « indemnités spécifiques pour fonctions d’intérêt collectif », permettant d’accompagner les prises de responsabilité – et d’autres ont été évoquées dans le cadre de l’élaboration du Pacte pour la recherche. Là aussi, si l’occasion s’en présente, l’institut est prêt à être expérimentateur. Plan stratégique 2008-2012 101
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    4.2 Renforcer l’attractivitéde l’institut Les orientations  Les huit centres de recherche de l’INRIA, dont la description succincte est donnée au chapitre 1 (cf. § 1.3), s’inscrivent dans les orientations stratégiques de l’institut selon les scientifiques des  lignes de force données dans les encarts des pages suivantes. centres de   recherche de  l’INRIA Le centre de recherche INRIA éventuelle de virtualisation, permettront d’aller Bordeaux - Sud Ouest vers des modélisations plus fidèles, interactives et rapides. La modélisation du comportement Les compétences du centre de recherche INRIA de machines autonomes interagissant avec leur Bordeaux - Sud Ouest seront mobilisées en appui environnement sera aussi développée, en rela- des thèmes portés par le pôle de compétitivité tion avec les partenaires locaux de recherche Aerospace Valley ; l’INRIA entend définir son en cognitique et en robotique. développement à Bordeaux en liaison forte avec ce pôle. Des partenaires industriels et académi- Simulation et visualisation ques seront également étroitement associés. On INteRAgIR peut citer par exemple Total, Safran/Turbomeca, Le traitement des questions liées à la visualisa- Thales, Rhodia, le CEA (en particulier dans le tion multi-échelle d’informations exogènes ou cadre du programme de recherche autour du créées par simulation repose sur des recher- Laser Mégajoule), France Telecom, EDF, Airbus, ches en algorithmique et en représentation SNCF, etc. directement, mais aussi au travers du graphique et sonore (qui dépendent du contexte pôle Aerospace Valley. Les capacités de déve- de rendu qui pourra aller du téléphone mobile loppement du centre et les partenariats engagés jusqu’au dispositif avancé de réalité virtuelle permettent d’envisager une croissance d’au D). Ces méthodes couplées aux simulations moins 50 % dans les quatre ans à venir. scientifiques par des environnements de pilo- Bénéficiant de compétences locales de premier tage conduisent à des chaînes de traitement plan et d’apports extérieurs importants, les interactives qui sont les premières briques des grandes priorités thématiques du centre sont plates-formes numériques que développent les les suivantes : industriels. Les problèmes liés à la représen- tation des données et à leur transfert sont des Modélisation, calcul et systèmes enjeux très importants dans ces dispositifs. parallèles MOdéLISeR – SCIeNCeS Systèmes formels NuMéRIqueS PROgRAMMeR La simulation en vraie grandeur de systèmes Que ce soit à des fins de déduction ou de complexes, physiques, chimiques, géologi- sémantique en langage naturel pour la linguis- ques, biologiques ou médicaux repose sur tique computationnelle, ou dans des environ- des concepts et techniques élaborés à partir nements de programmation intégrant preuves de l’informatique et des mathématiques. Ces et programmes, les systèmes formels sont au développements méthodologiques, conduits centre des thématiques de plusieurs équipes. en interaction forte avec les secteurs applica- Les recherches concernent l’étude de logiques tifs, en particulier industriels, impliquent une linéaires, du premier ordre ou d’ordre supérieur, forte interdisciplinarité et une mise au point et les mécanismes de déduction et de preuve optimisée permettant l’utilisation efficace de associés. Les questions de modularité et d’or- plates-formes de calcul haute performance. La chestration de composants de base pour la résolution constructive des questions algorith- programmation de systèmes et la preuve dans miques posées, l’étude et la mise en œuvre des des contextes nécessitant sûreté et sécurité systèmes séquentiels et parallèles en présence seront développées. 102 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions Le centre de recherche INRIA Modéliser et simuler des phénomènes multi- grenoble - Rhône-Alpes échelles et multi-composants MOdéLISeR – SCIeNCeS NuMéRIqueS Le centre de recherche INRIA Grenoble - Rhône- Un grand nombre de phénomènes, qu’ils soient Alpes met en avant trois thèmes scientifiques naturels (de la géophysique aux sciences du importants sur lesquels son investissement doit vivant) ou artificiels (effets lumineux, mouve- être poursuivi pour rester au meilleur niveau, ment de systèmes robotisés), présentent la et s’inscrire dans les très fortes dynamiques caractéristique d’être multi-échelles (ils se régionales exprimées notamment par les pôles déroulent sur plusieurs échelles de temps ou de compétitivité à vocation mondiale : déve- d’espace) et multi-composants (ils font inter- loppement des volets micro et nanotechnolo- venir plusieurs systèmes en interaction). Qu’il gies pour lesquels les aspects logiciels seront s’agisse d’en fournir une explication ou d’en déterminants, et modélisation pour la biologie produire une instance virtuelle, leur modélisation et la santé sur le site lyonnais. Sur ce site, les et leur simulation soulèvent ainsi des questions équipes du centre participent au réseau théma- algorithmiques et numériques communes. Les tique de recherche avancée « innovations en domaines informatiques concernés couvrent un infectiologie » à Lyon. large spectre d’activités, allant de la représen- Les trois grandes priorités thématiques du centre tation et l’assimilation de données à la modé- sont les suivantes : lisation probabiliste et à l’étude des systèmes dynamiques. Une question générale importante Maîtriser des ressources dynamiques et concerne le couplage de modèles permettant hétérogènes : des systèmes embarqués de rendre compte de la complexité des phéno- aux infrastructures de calcul et de mènes en jeu. Enfin, une caractéristique impor- communication tante de cette activité est qu’elle nécessite, dans COMMuNIqueR – INgéNIéRIe chacun de ses domaines d’application (physique, NuMéRIque biologie, médecine…), d’étroites collaborations La conception et l’exploitation de systèmes inté- pluridisciplinaires. grant du logiciel ont connu des bouleversements avec la fin du modèle rassurant d’un programme Percevoir et interagir avec des fixe, s’exécutant sur une architecture bien définie. environnements réels et virtuels Désormais, des systèmes embarqués sur puce INteRAgIR aux grilles de calcul, en passant par les réseaux Le développement d’outils au service des auto-organisés, les environnements de déploie- activités humaines implique la maîtrise de ment de logiciel sont devenus très contraints, l’acquisition de données, de leur traitement dynamiques, et hétérogènes. La conception de (compréhension, catégorisation et hiérarchisa- logiciels fiables, adaptés aux contraintes des tion) et de l’action sur l’environnement extérieur. microsystèmes communicants, implique une La compréhension des processus de perception prise en compte des interfaces matériel-logiciel multi-sensorielle ou de cognition permet d’aug- et des architectures ainsi que la mise en œuvre menter les capacités d’interaction, dans les deux de techniques avancées de compilation et de sens, entre l’utilisateur ou un système automatisé vérification. Pour l’optimisation des infrastructures et des environnements réels ou virtuels. informatiques, l’algorithmique et l’ordonnan- cement sont au cœur du développement des systèmes distribués, des architectures pair-à- pair et des réseaux de capteurs. Plan stratégique 2008-2012 10
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    4.2 Renforcer l’attractivitéde l’institut Le centre de recherche Infrastructures logicielles pour INRIA Lille - Nord europe l’intelligence ambiante COMMuNIqueR Le centre de recherche INRIA Lille - Nord Un enjeu important dans le contexte du centre Europe conduira son développement dans est celui des systèmes ambiants, transparents, l’affirmation de la politique partenariale, sur adaptables et faciles à déployer. Ces systèmes le parc scientifique de la Haute borne qui interagiront avec l’homme selon une variété de sera le centre de gravité géographique de ce modalités de plus en plus naturelles, en parti- développement. Des équipes-projets pourront culier grâce à une dissémination de capteurs. être créées en commun avec d’autres établis- Les objectifs scientifiques se focaliseront sur sements de la région, voire des universités la résolution des problèmes d’auto-organisa- européennes voisines, dans la perspective tion, de coopération d’un grand nombre de d’une croissance de 50 % dans les cinq ans à dispositifs, ambiants ou personnels, de prise venir. Les pôles de compétitivité (le pôle I-Trans en compte de ressources limitées (énergie, sur les transports terrestres et tout particuliè- mémoire, faible coût) selon une approche de rement le pôle des Industries du commerce) conception conjointe matériel-logiciel. Par et le campus interdisciplinaire de recherche et ailleurs, ces systèmes doivent être sûrs, évolu- d’innovation technologique autour de l’in- tifs et interopérables, ce qui nécessite des telligence ambiante inscrit dans le CPER avancées dans les domaines des méthodes constitueront un axe privilégié de formelles, des supports d’exécution et des développement scientifique et de intergiciels. Les applications dans les services partenariat avec les entreprises. seront privilégiées, notamment en relation avec Les orientations scientifiques le pôle Industries du commerce. prioritaires du centre sont les suivantes : Modélisation du vivant, interactions avec le vivant MOdéLISeR – SCIeNCeS NuMéRIqueS L’approche multi-échelles et multi-modèles de la réalité virtuelle et augmentée permettra de développer des plates-formes de plus en plus réalistes en matière de simulateurs médi- caux. Par ailleurs, les collaborations avec les biologistes, tant sur les réseaux de régulation qu’en génétique comparative, combineront l’algorithmique de la bioinformatique et les méthodes issues du calcul numérique comme du calcul symbolique et des statistiques. Modélisation et simulation MOdéLISeR Les objectifs portent ici sur la résolution de problèmes touchant en particulier à l’environne- ment et à l’électromagnétisme. On développera des techniques génériques de modélisation, discrètes et continues, ainsi que des techniques d’apprentissage, d’identification et de contrôle par des méthodes algébriques. 104 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions Le centre de recherche Simulation, optimisation INRIA Nancy - grand est et contrôle des systèmes complexes MOdéLISeR – SCIeNCeS Le centre de recherche INRIA Nancy - Grand NuMéRIqueS Est souhaite, sur le pôle nancéien, finaliser La complexité et la taille des systèmes réels avec les universités partenaires la réflexion que l’on veut modéliser, simuler ou contrôler en cours sur les évolutions d’organisation pose de vrais défis scientifiques. Réaliser des permettant un développement harmonieux avancées sur ce sujet nécessite un haut niveau de la recherche en STIC, dans le respect des de compétences conjuguées sur les méthodes politiques scientifiques des différents établis- de calcul intensif et l’informatique, sur la théorie sements. Tout en continuant à soutenir les mathématique du contrôle et de l’optimisation. thématiques de recherche en informatique On vise ici le développement de méthodes et qui font sa force en Lorraine, l’institut aura à d’outils permettant l’identification, le contrôle cœur de développer son potentiel en mathé- et l’optimisation des systèmes couplant des matiques appliquées, en automatique et dans dynamiques différentes (continue et discrète, les thématiques pluridisciplinaires situées à de dimension finie et de dimension infinie) et de la confluence des STIC et d’autres secteurs grande taille. Les recherches porteront notam- scientifiques, notamment les sciences du ment sur des systèmes issus de la physique vivant, la physique et les sciences humaines de plasmas (projet ITER), les méthodes numé- et sociales. Le centre souhaite développer son riques rapides pour l’informatique graphique, rayonnement dans la grande région, notam- la visualisation scientifique ou la conception ment à Strasbourg, Metz et Besançon ; il vise et la commande des robots autonomes, en la création à moyen terme d’équipes-projets particulier biomimétiques. communes transfrontalières. Tous ces axes de développement auront comme principales Sûreté et sécurité des systèmes lignes directrices l’excellence scientifique au informatiques meilleur niveau international et le développe- PROgRAMMeR – INgéNIéRIe ment des thématiques prioritaires. NuMéRIque Le centre de recherche INRIA Nancy - Grand Les questions de la sûreté et de la sécurité Est développera prioritairement ses activités des systèmes intégrant du logiciel jouent un suivant trois orientations : rôle primordial pour l’adoption des systèmes numériques dans un contexte économique, Cognition : Perception, langue juridique et sociétal. Les systèmes en jeu et connaissance peuvent être logiciels, matériels ou hybrides, INteRAgIR comme par exemple les systèmes embarqués La modélisation et l’analyse computationnelle ou l’infrastructure informatique. Les recherches des capacités cognitives qui nous rendent portent sur la conception sûre et la certifica- humains – notre capacité à percevoir, raisonner, tion de logiciels et de protocoles, la vérifica- communiquer et utiliser de l’information – est tion du bon fonctionnement et des garanties un domaine où Nancy a acquis une reconnais- concernant l’utilisation de ressources, les sance internationale. Les recherches portent performances nécessaires pour un niveau de notamment sur le traitement automatique service acceptable, les questions liées à la des langues, le traitement de la parole, l’ex- sécurité informatique, ainsi que les techniques traction d’informations sémantiques dans de de prévention, de détection et de protection grandes masses de données multimédia, la contre les attaques des réseaux et services robotique autonome, l’apprentissage à base distribués. de modèles statistiques, la réalité augmentée, le travail collaboratif, le développement de modèles numériques dans un cadre immersif ou interactif. Plan stratégique 2008-2012 105
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    4.2 Renforcer l’attractivitéde l’institut Le centre de recherche INRIA Logiciels fiables et sécurité Paris - Rocquencourt PROgRAMMeR Notre environnement quotidien s’enrichit Le centre de Paris-Rocquencourt est aujourd’hui chaque jour de produits technologiques un acteur majeur de la recherche en Île-de- contenant une part importante et souvent France. Le centre participe activement aux invisible de logiciel – de la carte à puce au pôles de compétitivité CapDigital, Mov’eo téléphone cellulaire, de l’automobile à l’avion, et System@tic ainsi qu’aux réseaux thémati- du cabinet médical à la salle d’opération. Le ques de recherche avancée (RTRA) Digiteo et centre travaille sur les outils qui permettront Sciences mathématiques de Paris. Nombre de de concevoir plus rapidement des logiciels ces collaborations se font en synergie étroite de qualité toujours plus efficaces et fiables. avec l’autre centre de recherche INRIA Ses recherches portent sur les langages de situé en Île-de-France, à Saclay. haut niveau et l’analyse de programmes, la L’objectif principal du centre spécification et la validation de logiciels, la de recherche INRIA Paris- résolution de contraintes. Elles concernent Rocquencourt est d’être un aussi des solutions algorithmiques fiables et acteur majeur des grandes évolu- performantes en informatique et calcul numé- tions scientifiques et technologiques rique, menant à des logiciels de qualité large- dans les trois thèmes de recherche ment diffusés, en particulier pour la conception suivants : et la simulation en ingénierie. Réseaux et systèmes de communication Modélisation du vivant COMMuNIqueR et de l’environnement Le Web, les réseaux mobiles, les systèmes MOdéLISeR – SCIeNCeS pair-à-pair, les grilles de calcul, ou encore les NuMéRIqueS bornes d’accès haut débit, s’appuient sur des Les nouvelles techniques en biologie expéri- infrastructures de réseaux de plus en plus mentale, les remarquables progrès en imagerie denses et sophistiquées. Le centre entend médicale, les énormes quantités de relevés contribuer de façon majeure à la conception satellitaires et le déploiement intensif de de ces réseaux ainsi qu’à l’optimisation de capteurs pour surveiller les écosystèmes à leurs performances. Un des objectifs géné- toutes les échelles, nécessitent de structurer raux des recherches est de garantir la diffu- et contrôler des ensembles de données gigan- sion de l’information de façon rapide, fiable, tesques. Pour que ces avancées puissent être distribuée, et à coût minimal en tout point pleinement exploitées par les spécialistes des du réseau considéré. Les travaux portent domaines considérés, des modèles mathéma- en particulier sur la conception et l’analyse tiques complexes doivent être développés et mathématique des algorithmes distribués, analysés, et des méthodes formelles issues de sur l’impact de la mobilité par les protocoles l’informatique sont nécessaires pour valider et associés et sur l’utilisation des mesures pour gérer ces modèles. Le centre travaille en particu- en assurer le contrôle. lier sur le couplage de modèles et de données, la modélisation et simulation d’organes (comme le cœur) ou d’ensembles cellulaires (développe- ment de tumeurs), ou encore la prévision des évolutions de la biosphère et des sols. 10 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions Le centre de recherche INRIA Conception, analyse et compilation Rennes - Bretagne Atlantique de logiciels embarqués PROgRAMMeR – INgéNIéRIe Le centre de recherche INRIA Rennes - Bretagne NuMéRIque Atlantique compte poursuivre sa politique de L’objectif est d’étudier des nouveaux para- partenariat engagée de longue date avec les digmes, fondés en particulier sur les notions établissements d’enseignement supérieur et les de modèle, d’aspect, de contrat et de compo- EPST présents localement. Tout en confortant sants pour la conception et la validation de ses points forts, il envisage aussi de développer logiciels embarqués, dont l’importance croît des actions de recherche importantes aux dans des domaines d’application variés tels interfaces des STIC, des autres disciplines que les transports et les télécommunications. scientifiques et des domaines d’application Il est nécessaire d’améliorer et d’intégrer les stratégiques. La triple convergence informa- méthodes d’analyse de programme et de tique – télécommunications - multimédia est en test afin de garantir la sûreté des logiciels. Le particulier un domaine d’investigation privilégié problème de la modélisation et de l’optimisation du centre. Cela se traduit par de nombreuses d’aspects extra-fonctionnels (temps, mémoire, actions de collaboration avec des partenaires énergie) sera particulièrement exploré, dans un industriels et applicatifs de ce secteur, tant continuum allant des systèmes statiquement au plan régional (pôle Images réseaux), déterminés aux systèmes dynamiquement national (projets ANR) qu’international. Le adaptatifs. centre est également fortement impliqué dans les programmes européens (une quarantaine de Images et données multimodales : projets dans le e PCRD, avec la responsabilité des méthodologies aux usages de coordination de trois projets). INteRAgIR – MédeCINe NuMéRIque Le centre de recherche met en avant trois Les images et autres médias sont très grandes thématiques prioritaires : largement présents dans un nombre crois- sant de contextes professionnels et grand Maîtrise des réseaux et des systèmes public (comme les mobiles ou le Web dans le distribués à très grande échelle multimédia) ainsi que dans divers domaines COMMuNIqueR – PROgRAMMeR scientifiques (médecine, biologie, physique, Il s’agit d’étudier et de concevoir des logiciels, etc.), avec, de plus, l’apparition de nouvelles de nouveaux modèles de calcul et de program- modalités ou de réseaux de capteurs. Parmi mation pour des infrastructures distribuées les défis importants ainsi posés, on retiendra dont les éléments peuvent n’avoir qu’une notamment : la communication, la protection, connaissance partielle du système du fait de sa l’exploitation de contenus relatifs aux images, taille, de sa « nomadicité » éventuelle, de son vidéos et données multimodales, l’élabora- hétérogénéité et de sa « dynamicité ». tion d’environnements virtuels interactifs, le Cela implique notamment d’étu- couplage des images et de modèles physiques dier des mécanismes logiciels qui ou biologiques en relation avec les sciences virtualisent l’accès aux ressources du vivant et de l’environnement. au sein des grilles informatiques, et de nouveaux algorithmes de tolérance aux fautes dans les systèmes dynamiques. Plus généralement, ces systèmes à grande échelle posent de nouveaux défis en termes de gestion, de surveillance et de sécurité. Plan stratégique 2008-2012 107
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    4.2 Renforcer l’attractivitéde l’institut Le centre de recherche INRIA Calcul haute-performance Saclay - Île-de-France et connaissances distribuées sur le Web CommuNIqueR Les développements à venir seront fortement La miniaturisation et la multiplicité des compo- couplés avec l’activité du pôle de compétitivité sants de calcul ou de stockage est source System@tic, et s’inscriront dans le cadre des de changements profonds dans la manipu- coopérations du RTRA Digiteo fondé par le lation de données et les modèles de calcul. CEA, le CNRS, l’INRIA, l’École polytechnique, Les données peuvent venir de réseaux de l’université Paris-sud et l’École supérieure capteurs ou de ressources distribuées sur d’électricité, en synergie étroite avec le centre le Web. Retrouver et organiser ces données de recherche Paris-Rocquencourt. Enfin le demande de concevoir de nouvelles méthodes centre de recherche INRIA Saclay - Île-de- d’exploration et de restitution, s’appuyant en France développera également des relations particulier sur des techniques d’apprentissage fortes avec le CEA et ses partenaires dans ou des modèles innovants d’interaction. Les le cadre du projet NeuroSpin d’imagerie du capacités de calcul s’accroissent mais reposent cerveau qui s’inscrit dans le contexte du pôle sur des composants hétérogènes, dynamiques de compétitivité MediTech. et distribués. Leur exploitation pour le calcul Le centre de recherche INRIA Saclay - Île- haute-performance requiert de développer de de-France développera prioritairement ses nouveaux modèles de calcul, en particulier le activités suivant trois orientations : modèle de grille et de nouvelles architectures. Elle soulève de nouvelles questions : efficacité, Sécurité et fiabilité des logiciels tolérance aux pannes, nouveaux algorithmes PRogRAmmeR et modèles de programmation. Rendre les composants critiques des systèmes informatiques plus sûrs requiert le développe- Modélisation, simulation et optimisation ment de modèles avancés pour la sécurité et de systèmes dynamiques complexes de méthodes d’analyse de programmes qui modéLISeR sont supportés par des outils permettant le Les systèmes dynamiques complexes appa- passage à l’échelle. Les travaux s’appuient sur raissent dans de nombreux domaines naturels des connaissances mathématiques avancées : (physique, biologie) ou artificiels (Internet). Leur courbes elliptiques pour la cryptographie, modélisation peut être réalisée par des appro- théorie des types comme support pour des ches variées (équations aux dérivées partielles, preuves par ordinateur, modèles probabi- « systèmes évolutionnaires », modèles discrets listes... L’objectif est de proposer des ou continus, déterministes ou stochastiques, méthodes et outils permettant d’aug- résolution numérique ou algébrique). Les prin- menter la confiance des utilisa- cipaux champs d’investigation concernent le teurs dans les technologies traitement d’images, en particulier médicales, numériques en s’appuyant la reconnaissance de formes, la construction sur une approche de modèles mathématiques d’évolution pour mathématique les plantes ou le vieillissement des organes rigoureuse. ou la compréhension du fonctionnement du cerveau. Par ailleurs les questions d’optimisa- tion et de contrôle robuste de ces systèmes, ainsi que leur tolérance aux fautes, restent des problèmes difficiles. 108 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions Le centre de recherche INRIA de recouvrement, grilles) et à la découverte de Sophia Antipolis - Méditerranée ressources, ainsi qu’à l’intégration de connais- sances et de services dans des réseaux de Fort de la notoriété internationale de ses communauté à travers le Web sémantique. équipes de recherche, de sa présence dans les pôles de compétitivité de PACA (SCS, Pégase, Médecine et biologie computationnelles etc.) et de sa réussite dans les programmes MédeCINe NuMéRIque – SCIeNCeS ANR et européens, le centre de recherche NuMéRIqueS INRIA Sophia Antipolis - Méditerranée L’objectif est de concevoir, mettre en œuvre et est un partenaire moteur au sein des contrôler des modèles numériques et informa- réseaux d’acteurs des territoires tiques de systèmes vivants aussi variés que sur lesquels il intervient. Sur le des écosystèmes microbiens, des organes du site de Nice-Sophia Antipolis, trois corps humain ou une forêt, et d’en identifier les objectifs structurants sont affichés : paramètres grâce à des mesures multimodales participer activement au Campus STIC (imagerie, signaux biologiques, biochimiques). avec l’université de Nice-Sophia Antipolis Les recherches impliquent l’étude et le déve- (UNSA) et Eurecom pour en faire un pôle loppement de nouveaux outils mathématiques d’excellence, développer les synergies entre et algorithmiques en collaboration avec la recherche en STIC et recherche en médecine, biologie, la médecine, la physique et la chimie. en particulier avec l’UNSA, le centre Antoine- Le centre se focalisera sur la modélisation Lacassagne et le CHU, collaborer activement computationnelle de systèmes biologiques, avec le tissu associatif d’entreprises et être anatomiques et physiologiques, l’imagerie et force de proposition auprès des industriels. la robotique médicales pour l’assistance au Sur le site de Montpellier, le centre a pour diagnostic et à la thérapie personnalisée, les objectif d’inscrire durablement sa présence neurosciences computationnelles et la modé- en lien étroit avec l’INRA, le CIRAD et les lisation des plantes et des écosystèmes dans partenaires du LIRMM. Un objectif structurant une perspective de développement durable. est de réussir l’implication de l’INRIA dans la fondation issue du RTRA Sciences agronomi- Modélisation, simulation ques et environnement durable pour la création et interaction avec le monde réel et le développement d’un programme sur la ModéLISeR – INteRAgIR « plante computationnelle ». Bien établies dans les processus industriels Le centre de recherche INRIA Sophia Antipolis - sophistiqués (spatial, transport, énergie, etc.), Méditerranée développera prioritairement ses la modélisation et la simulation numérique vont activités suivant trois orientations : être de plus en plus utilisées dans des secteurs variés (gestion du risque, sécurité industrielle, Communication et calcul omniprésents urbanisme, intervention chirurgicale, rééduca- CoMMuNIqueR tion fonctionnelle, jeux, etc.). Pour nombre de Le bon fonctionnement des réseaux, des ces domaines, la dimension supplémentaire de entités mobiles et la transparence de leurs l’interactivité est fondamentale. Les processus usages constituent des enjeux vitaux dans la d’interaction entre virtuel et réel sur des niveaux mesure où les services et applications qui les aussi bien physiques que cognitifs nécessitent utilisent requièrent un réseau omniprésent, sûr la création et le rendu audiovisuel d’environne- et fiable. Le développement et l’exploitation des ments virtuels ou augmentés ainsi que la réali- réseaux hétérogènes complexes s’appuient sur sation des conditions haptiques d’interaction l’algorithmique, la conception de protocoles, temps-réel avec les utilisateurs intégrant des l’évaluation des performances, la simulation, conditions de leur évaluation. La robotique les méthodes formelles et les plates-formes est aussi un domaine où la modélisation et la d’expérimentation. Les recherches du centre simulation jouent un rôle croissant, y compris portent sur les problèmes relatifs à la sécurité, sur le volet interaction robot - humain, en vue à la confiance et à la robustesse, aux nouvelles notamment du développement de la robotique architectures de réseaux (réseaux-sur-puce, de service ou de la robotique de rééducation pair-à-pair, réseaux auto-organisés, réseaux dans des espaces immersifs. Plan stratégique 2008-2012 109
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    4. Recherche, développementet transfert 4.3.1 L’organisation et éventuellement de partenaires extérieurs, par 4.3 de la recherche exemple autour des jalons définis dans ce plan, et autour de projets intégratifs et/ou pluridisci- Recherche,  L’INRIA réaffirme le caractère fondamental de son modèle d’organisation en équipes- plinaires qui visent des jonctions ambitieuses, en connaissances et en développements. développement  projets, modèle largement reconnu, cité en exemple et adopté par divers autres orga- Pour mieux préparer les nécessaires évolu- tions thématiques de ses activités, l’institut et transfert nismes étrangers. Une équipe-projet est un sera attentif à aider les chercheurs qui, après groupe de taille limitée (de 10 à 25 personnes l’arrêt d’une équipe-projet, réfléchissent à environ), avec des objectifs scientifiques et un rejoindre des équipes existantes ou en train programme de recherche clairement définis, sur de se former, en particulier ceux qui sont prêts une thématique focalisée et une durée fixée. à infléchir leurs thèmes de recherches vers Elle est animée par un leader scientifique qui les orientations prioritaires de sa politique a la responsabilité de coordonner les travaux scientifique. L’INRIA veillera à favoriser l’auto- de l’ensemble de l’équipe. L’INRIA attache nomie des jeunes chercheurs, notamment en une grande importance à l’existence d’ob- leur donnant des possibilités de mobilité ou jectifs partagés par tous les membres d’une d’encadrement, en leur permettant de piloter équipe-projet et au leadership scientifique des des actions de recherche collaborative ou chefs de projets, à qui il revient de proposer des actions exploratoires. Sur ce dernier les objectifs qui seront fixés pour le projet et point, l’institut encouragera l’émergence de de veiller à la focalisation de ses activités. nouvelles activités de recherche, en rupture Cette organisation a de nombreux avantages relativement aux thématiques bien établies auxquels l’institut est très attaché. En promou- du domaine. vant la dimension collective de la recherche et L’INRIA améliorera ses outils organisationnels en regroupant les chercheurs au sein d’équipes pour construire une vision globale de ses dont les objectifs sont bien identifiés, elle recherches et de ses activités de dévelop- accroît la visibilité et l’impact des travaux pement et de transfert technologique et pour menés au sein de l’institut. D’une grande mettre en œuvre sa politique scientifique et souplesse, elle permet une bonne réactivité, technologique. Les nouvelles missions des que l’institut a encore accrue ces dernières directions scientifiques, le rôle de coordina- années en augmentant le taux de renouvel- tion globale joué par le délégué général à la lement de ses équipes-projets de recherche. recherche et au transfert pour l’innovation, Les équipes-projets sont présentes sur les trois ainsi que la mise en place d’un observatoire fronts de la production de connaissances, du des activités scientifiques de l’institut sont des développement de technologies et du transfert. éléments essentiels pour y parvenir. Elles sont évaluées sur toutes ces dimen- sions. L’articulation entre savoir et dévelop- 4.3.2 Le développement pement technologique répond non seulement technologique aux attentes sociétales, mais également aux besoins de la recherche scientifique. Le développement technologique prend une Pour compléter efficacement son organisation place de plus en plus importante dans la en équipes-projets, l’institut renforcera ses recherche en STIC, aussi bien pour répondre moyens de coordonner les activités et les aux besoins propres de la recherche, dans le projets de ses huit centres de recherche (voir processus de production de connaissances, les encadrés de ce chapitre qui situent les que pour répondre à des enjeux économiques priorités de chaque centre relativement aux et sociaux et aux demandes industrielles dans axes stratégiques du plan). Cette coordination le cadre d’une politique de transfert et d’inno- passe par des actions d’animation scientifique, vation. Pour l’INRIA, dont la mission couple des actions transversales de recherche ou de étroitement recherche et transfert, le dévelop- développement, et des actions d’envergure pement technologique est central. nationale. Il est essentiel en particulier de En STIC, l’objet de recherche devient en renforcer ce dernier type d’actions, en conju- effet de plus en plus complexe ; il nécessite guant les travaux de plusieurs équipes-projets des expérimentations à vaste échelle pour 110 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions appréhender les vrais problèmes, pour élaborer d’expérimentation et de développement et valider des modèles réalistes. Ainsi, dans (SED), à travers une forte augmentation du l’étude des grilles et architectures de calcul nombre de permanents et du nombre de postes à large distribution, il est difficile de simuler d’accueil au sein de ces services. Ces ingé- le comportement de milliers de machines nieurs seront intégrés dans les équipes-projets hétérogènes et leurs interconnexions. Il faut pour participer activement à leurs développe- réaliser des plates-formes d’expérimenta- ments logiciels et expérimentaux. En complé- tion pour pouvoir, en grandeur réelle, appro- ment de ces actions collaboratives avec les cher les problèmes et qualifier les solutions. équipes-projets, les SED prendront également De même, la conception et l’évaluation de en charge la réalisation, le déploiement ou la nouvelles architectures de réseaux requièrent mise à jour d’outils génériques pouvant favo- des plates-formes réalistes, facilement confi- riser une meilleure pratique de développement gurables, qui impliquent de vrais utilisateurs, logiciel dans l’institut, comme les « forges » ou et qui permettent des analyses comparatives les plates-formes de portage. et un contrôle des conditions d’expérimenta- Les actions de développement technologi- tions. La recherche en robotique ne peut se ques (ADT) constituent un nouvel instrument faire qu’avec des robots et des environnements au sein de l’INRIA. Une action de dévelop- d’expérimentation ouverts. Les besoins de pement technologique obéit à une logique développement technologiques et de plates- et à une dynamique de projet collaboratif ; formes d’expérimentation sont également elle est à la jonction des équipes-projets et présents dans d’autres priorités de l’institut, des services de développement. Elle s’appuie de l’étude des vulnérabilités des systèmes sur des ressources scientifiques, au sein des informatiques à la réalité virtuelle. Enfin, de équipes-projets, et des ressources techniques, nombreuses thématiques de ce plan straté- humaines et expérimentales, qui sont gérées gique, en particulier en ingénierie numérique, par les SED. L’action de développement tech- en sciences ou en médecine numériques, nologique est définie et menée conjointement nécessitent le déploiement de capteurs, d’ac- par une ou plusieurs équipes-projets et un ou tionneurs, d’instrumentations spécifiques et de plusieurs SED, le porteur et responsable de processeurs embarqués en des expérimenta- l’action restant (sauf exception) un scientifique. tions conséquentes. L’action pourra être menée conjointement avec Pour tous ces domaines, l’institut développera des partenaires de l’INRIA selon des modalités ses plates-formes expérimentales, éventuel- qui seront fonction de la nature de l’action et lement en association avec d’autres orga- du partenaire. nismes tels que le CEA, le CNRS, l’INRA ou Le programme des opérations de dévelop- l’INSERM, quand la pluridisciplinarité ou les pement logiciel (ODL) est un élément de la enjeux nationaux ou internationaux le justi- politique de valorisation et de transfert techno- fient. Ces plates-formes seront ouvertes à la logique de l’INRIA. Il a pour objectif de renforcer communauté scientifique nationale. L’effort en le développement et la diffusion de logiciels développement de ces plates-formes dépasse, de qualité issus des projets de recherche de bien entendu, le seul investissement en équipe- l’INRIA, et d’en accroître l’impact technolo- ments disponibles sur étagères. Il implique des gique. Il consiste à apporter un complément développements technologiques conséquents, de ressource de développement aux équipes- principalement, mais pas uniquement, sous la projets en « ingénieurs associés » pour une forme de logiciels. période de deux ans. Ce programme sera poursuivi. Les moyens mis en œuvre Les plates-formes expérimentales (PFE) sont L’institut va accroître son investissement, en des outils technologiques de recherche à la particulier en moyens humains, pour soutenir disposition de plusieurs équipes-projets. Les les développements technologiques de ses éléments logiciels et/ou matériels qui compo- équipes. Les principaux dispositifs qui vont venir sent une PFE sont génériques et partagés. La en appui de cette stratégie sont diversifiés. plateforme permet de mutualiser les coûts Cyclope : capteur optique pour L’amplification du soutien au développement d’infrastructure, de fonctionnement et de mise la réalité virtuelle et la réalité augmentée. sera réalisée par le renforcement des services à disposition, mais aussi de faciliter les parte- Plan stratégique 2008-2012 111
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    4. Recherche, développementet transfert nariats entre équipes, de rendre l’accès plus soit pour les plates-formes existantes ou à venir, facile via le support apporté, de permettre des on cherchera dans tous les cas à en rationaliser développements plus ambitieux, et d’améliorer la gestion, par une politique coordonnée et une la visibilité des recherches. L’INRIA dispose évaluation systématique de leur impact. déjà au sein de ses centres de plusieurs plates- Le support à la normalisation sera renforcé formes expérimentales, en robotique, réalité et étendu. L’activité de normalisation est très virtuelle, vision par ordinateur, ou informatique importante car elle apporte aux travaux de distribuée. Pour répondre aux besoins scienti- recherche une forte visibilité ; elle en favorise fiques liés aux priorités stratégiques de l’ins- la diffusion dans le monde économique. Elle titut, en particulier aux jalons associés, il sera doit s’appuyer sur une activité de développe- nécessaire d’en modifier certaines ou d’en créer ment permettant de soutenir les propositions de nouvelles, par exemple : une plateforme de de standardisation : réalisation de logiciels calcul hautes performances pour la simulation, pour montrer la faisabilité et la pertinence et une remise à niveau des équipements de GRID pour donner des références, parfois requises 5000, ou une plateforme dédiée à l’étude de la dans certains types de normalisation de fait. sécurité des systèmes embarqués. On pourra En plus de cet accompagnement, un support également envisager des expérimentations plus au portage de propositions auprès d’orga- ou moins lourdes sur les systèmes embarqués, nismes de normalisation sera proposé aux les réseaux de capteurs, la robotique interactive, équipes-projets, principalement sous la forme avec constitution de plates-formes selon les de soutien en ingénieurs. En effet, l’institut cas. Ces créations de plates-formes pourront est déjà très présent au sein d’instances de se faire en partenariat ou s’inscrire dans des standardisation et de normalisation. C’est par actions nationales ou internationales. Que ce exemple le cas dans le domaine des réseaux et des services de communication, ou dans celui du traitement des informations et des données multimédia. L’INRIA est membre de WC, de l’OMG, de l’ETSI et de JCP. L’institut est également très actif au sein de l’IETF et l’ISO. L’INRIA renforcera sa présence dans ces organismes ainsi que dans les instances de décision des organismes de standardisation de fait, comme Eclipse. Enfin, la politique de protection et de valori- sation de la propriété intellectuelle, définie par la stratégie de transfert et d’innovation (cf. § 4..), sera prise en compte explicitement dès les premières phases de chaque action de développement. Ceci permettra d’orienter si besoin des choix techniques (par exemple dans l’intégration de composants libres qui imposent par héritage leur type de licence), de mettre en place des partenariats éventuels, et des mesures initiales de protection et/ou de diffusion. La mise en valeur de l’activité de développement Il est important que l’activité de dévelop- pement technologique puisse être bien appréciée et considérée comme une des composantes de la recherche en STIC, au même titre que la production de connais- sances traduites par des publications inter- 112 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions nationales au meilleur niveau. vision partagée et une proximité des équipes Dans ce but, l’INRIA mettra en place, en aux divers niveaux du spectre d’activités allant partenariat avec d’autres organismes, des de la recherche à la conception. mécanismes d’évaluation des contributions Paradoxalement, les programmes de soutien technologiques, en particulier l’évaluation à la recherche et au développement, tels que des développements de logiciels. L’objectif les programmes cadres européens, ceux de est de parvenir à une appréciation par les l’ANR ou des pôles de compétitivité, contrai- pairs de la pertinence, de l’originalité et de la gnent aussi les possibilités d’interaction en qualité d’un logiciel. Cette évaluation vise à amont nécessaires au transfert. En effet, être reconnue dans la communauté, de façon ces programmes ont fortement dynamisé similaire à la reconnaissance qui accom- les activités de RD en donnant lieu à de pagne les publications scientifiques. Ainsi, nombreuses actions collaboratives autour de les développements logiciels seront pris en développements précompétitifs ou d’outils compte de façon qualifiée dans l’évaluation d’intérêt commun. Les efforts faits par les des chercheurs et des équipes. équipes de RD des entreprises dans le cadre de ces programmes ont eu pour effet un affai- 4.3.3 Le transfert blissement de leurs partenariats directs avec technologique et l’innovation la recherche publique. Il est important que la politique de transfert de l’institut prenne en L’INRIA associe en permanence l’excellence compte ces redistributions et y réponde en scientifique et le transfert technologique. mettant en place des lieux d’interaction privi- L’institut a mené jusqu’à présent une poli- légiés avec certains partenaires, en amont des tique très active et volontariste sur le front participations communes aux programmes du transfert et de la valorisation avec des de soutien à la RD. L’institut souhaite que succès significatifs, en particulier en matière ces partenariats bilatéraux, fondés sur des de création d’entreprises innovantes. L’institut visions technologiques partagées, soient les entend poursuivre une politique forte dans ce points de départ de participations communes domaine, en tenant compte des évolutions à des actions des programmes nationaux et significatives de l’environnement socio-écono- européens, et non l’inverse. mique, des nouveaux défis et des enjeux des Par ailleurs, la politique de transfert de l’INRIA secteurs d’activités, de plus en plus vastes, couvre bien certaines branches d’activités qui le concernent. telles que les systémiers, les constructeurs La RD est aujourd’hui un facteur clé de la d’infrastructures et les opérateurs de télé- compétitivité. Les prises de position sur les communication. Mais l’institut doit investir marchés sont de plus en plus tirées par des plus fortement vers des secteurs industriels avancées technologiques. Le management de devenus essentiels dans sa stratégie. Il s’agit l’innovation est désormais au cœur de tous par exemple des secteurs des biotechnolo- les secteurs industriels impactés par les STIC. gies, des technologies pharmaceutiques ou Dans ce contexte de ruptures technologiques médicales, ou des secteurs de l’énergie et de et économiques, les interactions entre les l’environnement. On peut citer également le unités opérationnelles des entreprises et la secteur des services dans les technologies recherche fondamentale doivent être envisa- de l’information. Les sociétés de service, peu gées très en amont. Le transfert et l’innova- présentes pendant longtemps sur le front de tion ne sont pas des fonctions en aval de la la RD, sont en effet aujourd’hui médiatrices production de connaissances. Les actions de et forces de déploiement de technologies transfert doivent contribuer à l’identification innovantes. Il est donc important de bien et la formulation de problèmes pertinents et les intégrer à la politique de transfert de à anticiper sur les ruptures technologiques l’INRIA. et économiques à préparer. Ces éléments d’analyse conduisent l’institut Cette interaction en amont est fortement à adopter une stratégie de transfert proac- contrainte par des cycles de développement tive pour l’essaimage et le transfert direct, industriel de plus en plus courts, en particulier qui identifie les secteurs clés associés à ses dans le secteur des STIC. Elle requiert une priorités et adapte au mieux ses actions de Plan stratégique 2008-2012 11
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    4. Recherche, développementet transfert transfert à leurs spécificités, qui s’appuie sur Les actions vers l’extérieur se concrétiseront des soutiens renforcés à ses équipes-projets en premier lieu vis-à-vis d’un petit nombre pour le transfert, sur des réseaux de parte- de partenaires avec lesquels l’institut pourra nariat dans le cadre des pôles de compétiti- établir ces rencontres, très en amont, autour vité, et sur des programmes communs avec de visions et d’objectifs de transfert partagés. quelques partenaires stratégiques. Il s’agit des partenaires stratégiques de l’ins- titut. La dimension stratégique d’un partenaire Une stratégie proactive de transfert pour l’INRIA repose sur plusieurs attributs : Il s’agit d’identifier en amont, et au cas par sa capacité à apporter des problématiques cas, des voies candidates de transfert, de de recherche pertinentes à l’institut, ses choisir, en adéquation avec des objectifs besoins en technologies innovantes pour d’innovation à définir, les actions éventuelles garder une avance industrielle, ses possibi- de développement de la technologie cible lités de valorisation avec un fort impact des et les modalités de transfert associés. Il y technologies INRIA. Avec les partenaires a donc des convergences à réaliser entre la stratégiques, l’INRIA souhaite développer cible d’innovation, la technologie candidate des actions programmatiques en participant pour y répondre, et les actions de transfert et aux différentes étapes du cycle d’innovation, de valorisation à mettre en œuvre. Les trois de la définition des thématiques à la mise en directions de la recherche, du développement œuvre des solutions dans les processus ou les technologique, et du transfert et de l’innova- produits, réalisés par le partenaire. Les actions tion sont pleinement impliquées, conjointe- pourront prendre des formes diverses, en ment avec les partenaires de l’institut, dans particulier celles des laboratoires communs l’élaboration de ces convergences complexes, recherche – industrie. lesquelles nécessitent des boucles d’interac- Les objectifs de transfert de l’INRIA ne s’ar- tion multiples entre la vision scientifique et rêtent pas aux seuls partenaires stratégiques. les impératifs des demandes économiques La gestion du portefeuille d’actions d’inno- et sociales. vation inclura naturellement la recherche de Les actions concrètes pour mettre en œuvre partenaires pour le transfert direct, et, bien cette stratégie se déclineront naturelle- entendu, pour l’essaimage. ment vers l’intérieur et vers l’extérieur de La création d’entreprises reste en effet un l’institut. bras de levier important de la politique de En son sein, l’INRIA mettra en place des transfert. La détection d’opportunités de actions d’analyse des prospectives et des création d’entreprises doit être la plus ouverte travaux de recherches en cours, en vue d’iden- possible, afin de favoriser la rencontre entre tifier le plus tôt possible les actions de trans- des innovations de nature technique et des fert potentielles, compte tenu des impératifs innovations dans les usages ou les applica- industriels. Ce travail de criblage sera réalisé tions de la technologie. La définition d’un par de petits groupes ouverts à des experts processus proactif de création d’entreprises industriels et des innovateurs. Il donnera lieu sera facilité par un certain nombre d’outils, à l’identification d’un portefeuille d’actions tels un espace de rencontre virtuel pour faire d’innovation, lesquelles se déclineront et émerger des projets d’essaimage. Le renfor- s’affineront en termes d’actions incitatives cement des mécanismes de soutien à l’es- de recherche, d’actions de développement saimage, de suivi et d’accompagnement de technologique, d’actions amont de transfert, ces projets durant leur phase d’incubation, et éventuellement de protection intellectuelle. afin de trouver des clients tests, et de faire la Le processus correspondant s’appuiera sur preuve du concept technologique et marke- des mécanismes de suivi et de pilotage des ting, seront des points clés de l’action de actions d’innovation, ainsi que sur des outils transfert sur ce sujet. de cartographie des compétences, de veille La politique de transfert direct est une et de prospective. L’INRIA mettra également autre composante de la stratégie volontariste en place, en interne, un programme impor- développée. Elle requiert la compréhension tant de formation à l’entreprenariat et à des secteurs d’activité et des attentes des l’innovation. acteurs, la prospection, l’accompagnement 114 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions ainsi que l’aide au déploiement des techno- compétitivité doit être renforcée. Les pôles logies transférées. La gestion du portefeuille sont des lieux de rencontres ouverts, qui d’actions d’innovation doit permettre d’éla- permettent de mener des actions collabora- borer une offre INRIA lisible et cohérente. Le tives avec des groupes industriels importants processus de transfert nécessite de penser et avec des PME. Du fait même de leur carac- très tôt aux modalités de développement et tère collaboratif, les projets menés dans les de mise à disposition des codes en fonction pôles visent le plus souvent des technologies des objectifs de transfert. support et transverses, telles que les techni- Par ailleurs, la politique de transfert via ques de modélisation et de vérification, ou les des logiciels libres et d’autres ressources outils de sécurisation. Participer de manière libres (modèles, données et documents sous accrue aux instances des pôles, favoriser la diverses formes) doit aussi être pensée et lisibilité et la cohérence des thématiques sous- élaborée dans le cadre de cette stratégie jacentes aux projets, renforcer les partenariats proactive. Il s’agit d’identifier les mécanismes avec les PME en tant que disséminateurs de d’amplification attendue d’une diffusion libre ces technologies sont des objectifs à court On souhaite que via des communautés de développeurs et des communautés d’utilisateurs. Il s’agit terme, notamment dans les pôles où l’INRIA est fortement représenté. ces partenariats également de proposer des mécanismes et Le développement d’une politique de transfert des outils pour créer et animer ces commu- et de partenariat industriel à l’international est bilatéraux, fondés nautés, et suivre le processus de création de une autre ambition. Divers éléments peuvent valeur en services et usages. Enfin, il s’agit de être pris en compte, dont par exemple la sur des visions bien maîtriser les modèles économiques de présence de laboratoires académiques dans start-up innovantes autour de logiciels libres, lesquels l’INRIA est partie prenante dans les technologiques modèles qui commencent à être expérimentés pays émergents, le déploiement à l’interna- partagées, soient avec succès au sein de l’INRIA dans quelques essaimages récents (par exemple ActiveEon tional de partenaires industriels, ou encore l’intérêt de sociétés étrangères pour les start- les points de départ ou GeometryFactory). up issues de l’INRIA. Enfin, la politique de soutien aux actions de Ces objectifs auront un impact sur la politique de participations standardisation, décrite dans le cadre des de propriété intellectuelle de l’institut. L’institut activités de développement technologique renforcera les mécanismes de protection et communes à (cf. § 4..2), prendra en compte les objectifs de valorisation de la propriété intellectuelle de transfert. Dans la mesure du possible, elle produite par ses équipes. Ces mécanismes des actions des sera menée en coordination avec celles des contribuent assurément à la mise en valeur programmes principaux partenaires stratégiques. et à la visibilité des activités de dévelop- pement technologique. Au-delà des moda- nationaux et Secteurs d’activité et réseaux de lités de dépôt de logiciels, relativement bien partenariat rodées au sein des équipes, l’INRIA mettra européens et non La stratégie de transfert proactif s’ins- en place une politique de dépôt de brevets crira dans une logique de développement sur un périmètre technologique bien défini, l’inverse. de secteurs d’activité, afin de prendre en associée à des moyens de sensibilisation, compte l’ensemble des acteurs et identifier de formation et d’accompagnement des les actions les mieux adaptées à chaque chercheurs. Ces mécanismes de protection secteur. Les secteurs des télécommunications de propriété intellectuelle seront renforcés (de l’infrastructure aux services en passant conjointement avec le développement d’une par les équipements), de l’énergie, du trans- politique claire sur les logiciels libres, en parti- port, du développement durable, et de la culier dans le cadre des licences CECILL, là défense, ainsi que le secteur de la santé, et où cette modalité de diffusion technologique plus particulièrement des biotechnologies, est préférable, par exemple pour des raisons seront développés. Le secteur des STIC en d’impact, d’existence de communautés de tant que tel sera abordé en termes d’édition développeurs, ou de soutien à des activités de logiciels mais aussi de services à forte de service à forte valeur ajoutée technologique valeur ajoutée. ou économique. La position de l’INRIA au sein des pôles de Plan stratégique 2008-2012 115
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    4. Recherche, développementet transfert 4.3.4 La formation dans les activités de formation doctorale, en par la recherche étant particulièrement attentif à la qualité des thèses préparées au sein de ses équipes- La contribution apportée à la formation par la projets et, plus généralement, à la qualité de la recherche de jeunes doctorants en informa- formation reçue par ses doctorants, ainsi qu’à tique et en mathématiques appliquées est l’une la préparation de leur insertion professionnelle des tâches essentielles de l’institut. Il la mène après la thèse. Dans ce sens, l’institut veillera à en relation étroite avec les écoles doctorales être associé aux écoles doctorales auxquelles dont il est partenaire. Les doctorants occupent ses chercheurs et équipes sont rattachés. Il depuis toujours une place centrale dans le compte également poursuivre ses expériences dynamisme de l’INRIA. de compléments de formation proposés aux Pour favoriser les initiatives et le suivi d’actions doctorants : stages en entreprise, fonctions en direction des doctorants, l’institut a mis en d’assistant ingénieur informaticien, séminaires, place une mission Formation par la recherche participation à des écoles d’été, etc. Il mettra active dans chaque centre. L’INRIA soutient en place des formations continues pour ses l’organisation d’écoles thématiques destinées membres permanents à la pédagogie, à la aux doctorants et aux jeunes chercheurs et formation par la recherche et à l’encadrement attribue également des aides destinées à des doctoral. associations de doctorants. En partenariat Sur un plan plus quantitatif, l’institut veillera à parfois avec ces associations, l’institut main- maintenir une croissance du nombre de docto- tient des données fiables relatives au devenir rants accueillis du même ordre que celle des après la thèse des jeunes docteurs. chercheurs permanents et des enseignants- L’INRIA entend continuer à être très présent chercheurs présents dans ses centres de recherche. En lien avec des universités parte- naires, en France et à l’étranger, il amplifiera ses efforts pour attirer vers les formations doctorales françaises un nombre plus grand d’étudiants étrangers. Les questions liées à l’attractivité des études doctorales dans le domaine des STIC méritent une attention toute particulière. En lien avec l’ensemble de ses partenaires (ministères, universités, écoles, collectivités territoriales, entreprises, etc.) l’INRIA poursuivra les actions engagées concernant la nécessaire revalori- sation des montants des rémunérations des doctorants, et surtout l’augmentation indispen- sable du nombre des financements de thèse. L’institut a pu mettre en place récemment un programme d’accueil doctoral finançant des doctorants dans ses équipes-projets (contrats de recherche doctorale INRIA sur subvention, CORDI-S). Ce programme complète utilement les autres dispositifs d’accueil, dont celui des allocations de recherche doctorale. Il s’en distingue en étant réservé à l’accueil de docto- rants étrangers ou de candidats en mobilité qui ne pourraient pas, ou très difficilement, s’insérer dans le calendrier et les procédures de candidatures habituelles. Ce programme CORDI-S a un grand succès et contribue très utilement à l’attractivité de la France dans le domaine des STIC. Il sera amplifié et si possible 11 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions complété dans le cadre de partenariats avec 4.3.5 La diffusion des entreprises ou des collectivités. de l’information scientifique Afin de remplir l’objectif d’excellence scien- et des connaissances tifique que l’INRIA s’est fixé, il est indispen- sable d’accompagner l’augmentation du Archives ouvertes nombre de financements par l’augmenta- L’accès à l’information scientifique est un tion du nombre de candidats. Plusieurs voies enjeu crucial pour le chercheur et pour la seront poursuivies : mise en place d’actions société. C’est au travers des publications de sensibilisation des jeunes (collèges, lycées faites par les chercheurs dans des revues et premières années d’université) aux métiers ou des actes de colloques scientifiques que de la recherche en informatique et en mathé- sont annoncées les avancées significatives matiques, actions spécifiques pour attirer des de travaux de recherche. C’est sur la base candidates (aujourd’hui, le taux de fémini- de ces publications que sont reconnues les Favoriser la sation des doctorants de 18 % est en légère contributions, que les équipes sont évaluées hausse, mais reste encore trop faible), actions et financées et que se joue leur place dans compréhension et pour augmenter le bassin de recrutement à la compétition mondiale. l’appropriation l’international (la proportion de doctorants étrangers se situe à 8 % en 2007 et est Le profond bouleversement de l’accès à l’in- formation permis par Internet a totalement par un large public en hausse constante depuis 2002). Enfin et changé les pratiques de la recherche. La surtout, l’institut poursuivra auprès de ses communauté scientifique s’est emparée de des connaissances partenaires industriels des efforts pour valo- ces nouveaux outils en tirant le meilleur parti riser la formation par la recherche dans leurs de l’accélération des échanges. Par ailleurs, scientifiques et filières de recrutement. ces outils rendent possible un nouveau modèle L’INRIA amplifiera dans les prochaines années économique de publication scientifique, bien méthodologiques sa politique active de partenariat avec des meilleur pour la diffusion de la science : on est une nécessité écoles doctorales. La forte volonté de l’ins- titut de participer au nécessaire développe- remplace progressivement des abonnements extrêmement onéreux par un accès libre et reconnue dans un ment de l’effort national de formation par gratuit à tous les lecteurs, et ceci pour un la recherche, dans le domaine des STIC, investissement relativement réduit de la part monde où science et s’appuie sur un renforcement de ses liens des organismes de recherche. La Déclaration avec les universités et les écoles. L’institut de Berlin d’octobre 200, dont l’INRIA est technique jouent un encouragera ses chercheurs à s’impliquer signataire, affirme ainsi : « Pour la première davantage dans des actions de formation ; fois, Internet nous offre la possibilité de consti- rôle économique et il leur proposera un programme conséquent tuer une représentation globale et interactive sociétal majeur. de formation continue en pédagogie et ensei- gnement des sciences. de la connaissance humaine, y compris son patrimoine culturel, et la garantie d’un accès Cet enjeu est En complément de son engagement dans mondial. » la formation doctorale, l’INRIA poursuivra et Ce mouvement d’accès libre s’est rapidement particulièrement amplifiera ses activités d’accueil postdoc- amplifié : l’impact d’une publication en nombre toral. Celles-ci s’articulent autour de plusieurs de citations est accru de manière substantielle critique dans le volets : l’accueil de jeunes chercheurs si celle-ci est accessible librement et gratuite- effectuant un séjour postdoctoral dans une ment sur le Web et si sa pérennité est garantie domaine des STIC. équipe-projet de l’institut, l’envoi de jeunes par celle d’une archive ouverte, mise en place docteurs français pour un séjour postdoctoral par une ou plusieurs institutions. à l’étranger, ou des formules mixtes telles que L’INRIA est associé à l’archive ouverte HAL. celle des post-doctorats ERCIM. Avec ses partenaires des organismes de Enfin, l’INRIA poursuivra son activité d’accueil recherche et des universités, l’institut s’est de jeunes ingénieurs nouvellement diplômés, engagé à faire de HAL la plateforme commune auxquels il propose un premier emploi de de dépôt de la production scientifique de ses quelques années, qui comporte une formation chercheurs. L’INRIA encourage ses équipes à complémentaire technologique au contact déposer leurs travaux dans l’archive ouverte de la recherche, suivie le plus souvent d’un HAL-INRIA qui propose une interface de dépôt recrutement dans l’industrie. et de consultation propre au domaine des Plan stratégique 2008-2012 117
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    4. Recherche, développementet transfert STIC. L’institut se donne ainsi pour objectif L’enjeu des prochaines années est bien sûr de de parvenir rapidement à ce que toutes ses pérenniser et d’enrichir ce fonds, mais surtout publications soient enregistrées dans HAL, et à d’élargir la diffusion de cette revue électronique ce que toutes celles déposables le soient effec- de culture scientifique en STIC. Un effort parti- tivement. Pour atteindre cet objectif, plusieurs culier doit notamment être fait en direction du actions sont mises en œuvre : des aménage- public lycéen. Il est également indispensable ments techniques pour faire de HAL un outil d’accroître la diversité des contributions en pratique et efficace, garantissant la visibilité passant à l’échelle européenne afin de mutua- institutionnelle des déposants et permettant liser les efforts similaires menés dans les autres une gestion aisée des données bibliogra- pays et leurs centres de recherche. phiques des équipes et des chercheurs, un L’INRIA se donne les objectifs suivants pour soutien aux dépôts, des formations. la durée du plan stratégique : Enfin, l’institut soutiendra l’activité éditoriale • En 2007, le site Interstices publie cinq des revues scientifiques à accès libre dans nouveaux documents tous les mois. son domaine et encouragera l’évolution vers L’institut encouragera un plus grand l’accès libre de toutes les publications scienti- nombre de chercheurs à contribuer et fiques, dont les actes des principaux colloques les accompagnera dans le processus de dans son domaine. mise en forme de leurs contributions. Le site proposera des articles accessibles Diffusion des connaissances aux lycéens, utilisables pour leurs cours Favoriser la compréhension et l’appropriation ou travaux dirigés. La promotion de ce site par un large public des connaissances scien- sera effectuée auprès du corps enseignant. tifiques et méthodologiques est une nécessité En soutenant cette action par un comité reconnue dans un monde où science et tech- éditorial et une équipe technique renforcés, nique jouent un rôle économique et sociétal l’objectif est de doubler en quatre ans la majeur. production mensuelle. Cet enjeu est particulièrement critique dans le • L’INRIA mettra en réseau les différentes domaine des STIC. Les technologies numé- initiatives de culture scientifique qui se riques ont en effet pénétré tous les secteurs font en lien avec les CCSTI régionaux (ou d’activité. Pour le citoyen, le risque de perdre les structures similaires) et l’Education pied dans les usages quotidiens, souvent nationale. L’institut souhaite développer imposés, de ces technologies est important. sa présence au sein des collèges et des De plus, si sa compréhension des débats que lycées. Ainsi, les actions déjà menées avec soulève leur utilisation dans certaines applica- les enseignants seront généralisées dans tions sensibles est insuffisante, il est à craindre tous les centres de recherche comme la qu’il s’y engage mal, ou pire qu’il s’en désin- signature de conventions, le parrainage téresse. Le scientifique et l’ingénieur, quant à des Olympiades des mathématiques, l’or- eux, considèrent le plus souvent l’informatique ganisation de conférences de chercheurs, sous la vision réductrice du seul outil, sans l’organisation ou le parrainage d’initiatives percevoir les bases et potentialités concep- scientifiques menées par les enseignants, la tuelles et fondamentales du domaine. diffusion dans les établissements scolaires Il devient essentiel de faire simultanément de documents pédagogiques comme l’abé- comprendre les enjeux et les démarches de la cédaire de l’informatique. recherche et d’expliquer l’autonomie scientifique • L’INRIA participera, avec ses partenaires d’un domaine qui ne se réduit évidemment pas universitaires, au développement des à ses incarnations technologiques. L’INRIA s’est universités numériques thématiques, d’ores et déjà positionné comme un acteur lesquelles contribuent à la diffusion de la majeur en matière de culture scientifique en culture scientifique et peuvent jouer un rôle produisant depuis trois ans des contenus multi- majeur, dans la diffusion des contenus à média, souvent interactifs, diffusés en accès vocation pédagogique ou didactique. libre sur le site Interstices.info créé à son • L’institut contribuera à une meilleure initiative, en partenariat avec le CNRS, les perception des enjeux et des possibilités universités et l’ASTI. des STIC de la part des élus et des déci- 118 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions deurs, ainsi qu’au renforcement de politi- pour quatre ans. L’avis des évaluateurs sur ques publiques nationales et territoriales l’ensemble des activités de l’INRIA présen- dans le domaine. tées au cours du séminaire, notamment sur • À l’échelle européenne, l’INRIA susci- les collaborations entre équipes-projets, et tera chez ses partenaires la création d’un sur les domaines trop ou trop peu couverts réseau de sites comparables à Interstices. est également sollicité. En échangeant ou en référençant leurs Le rapport d’évaluation détaille les avis des contenus, sous la forme de textes, mais évaluateurs sur l’économie générale du thème aussi d’images, de vidéos et d’animations concerné, ainsi que leur appréciation de interactives, en les traduisant quand cela chacune des équipes-projets. Celles-ci sont est utile, ces sites atteindront plus facile- invitées à répondre à la partie les concernant. ment la masse critique nécessaire pour Au vu de ces documents et des appréciations couvrir de façon ambitieuse le domaine des comités des projets de centres, la commis- des STIC, tout en restant très réactifs sion d’évaluation établit des recommandations pour répondre à l’évolution rapide des sur le prolongement ou non de chaque équipe- connaissances. projet. Après avis du conseil scientifique, le processus se conclut par une décision de la 4.3.6 L’évaluation direction de l’institut, conduisant pour chaque de la recherche et du transfert équipe-projet à son prolongement pour une durée déterminée ou bien à son arrêt. L’évaluation est Le processus d’évaluation des équipes-projets En résumé, l’INRIA dispose d’un mécanisme et des chercheurs est au centre de la vie scienti- d’évaluation global de ses équipes-projets qui au centre de la fique de l’institut. Veiller à sa qualité et maintenir est particulièrement performant et dynamisant. sa rigueur resteront donc des préoccupations Il maintiendra ce processus d’évaluation, en vie scientifique de permanentes de l’INRIA. complément de celui que l’AERES met en l’institut. Veiller à la Les équipes-projets de l’INRIA sont évaluées, par thème, tous les quatre ans. Cette évaluation place dans le cadre de sa mission d’évaluation des équipes de recherche dans leur contexte qualité et maintenir sur une base thématique et nationale permet géographique et qui permettra à l’INRIA de de donner aux évaluateurs une vision complète disposer d’une évaluation de chacun de ses sa rigueur resteront de l’activité de l’institut dans un domaine centres dans son environnement régional. donné. C’est l’une des spécificités et l’une des Il est important de souligner qu’à côté de la des préoccupations richesses de la vie scientifique de l’INRIA, et production scientifique traditionnelle, traduite l’institut y est très attaché. Ce processus est en publications, et dont la prise en compte permanentes de exigeant pour les équipes-projets qui doivent lors de l’évaluation par les pairs est classique, l’INRIA. se situer par rapport à l’ensemble des équipes du même thème, quelle que soit leur localisa- l’évaluation doit examiner et valoriser un éven- tail d’activités très large. Il convient de prendre tion géographique ; il est intrinsèquement lié à en compte les travaux de développement de la capacité de l’institut à maintenir une vision logiciels, d’évaluer l’impact des actions de globale de son activité et de ses missions, et transfert technologique, d’apprécier les actions à définir une stratégie et une politique scien- de formation, les tâches d’encadrement. Il faut tifique d’ensemble. aussi valoriser les responsabilités collectives L’évaluation est menée au cours d’un séminaire et les tâches d’animation scientifique inter- de deux jours par une dizaine d’évaluateurs équipes ou interdisciplinaires, les expériences académiques et industriels, avec une propor- de mobilité, les efforts déployés pour des tion importante d’étrangers. Les objectifs et actions de vulgarisation ou de diffusion de les critères de l’évaluation portent sur les l’information scientifique et technique, et toutes contributions scientifiques, les développements les formes de prises de risque. technologiques, notamment logiciels, les acti- Comme on l’a souligné plus haut, l’institut vités de transfert, ainsi que sur les contributions engagera un travail approfondi pour une de l’équipe à l’enseignement et à la formation meilleure appréciation des activités de dévelop- par la recherche. Ils prennent en compte les pement technologique, et pour mieux évaluer objectifs proposés par chaque équipe-projet les activités de transfert technologique et en lors de sa création ou de son renouvellement mesurer l’impact. Plan stratégique 2008-2012 119
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    4.4 Relations européenneset internationales 4.4.1 L’engagement ment au sein de la priorité sur les Technologies 4.4 européen de l’INRIA de l’information et de la communication, dans laquelle l’institut collabore déjà avec de Relations  La poursuite d’un engagement fort dans la construction et le développement de l’espace nombreux industriels européens. L’institut a participé à 119 projets du e PCRD européennes et  européen de la recherche est une grande prio- rité de la politique de l’INRIA. Faisant cohabiter dont 9 sont encore actifs en fin 2007 et dont certains vont se prolonger jusqu’en 2010. Le internationales recherche d’excellence et transfert technolo- e 7 PCRD vient d’être lancé et se poursuivra gique, l’INRIA tire profit de cette spécificité pour jusqu’en 201. Lors du premier appel à projets, affirmer sa présence au niveau européen. 18 nouvelles propositions ont été retenues, soit un taux de succès de 2,9 % (à comparer avec L’INRIA et les programmes-cadres le chiffre de 17 % au plan européen). L’institut Le sixième et, depuis peu, le septième poursuivra une politique d’implication forte programme-cadre constituent des enjeux dans ce programme. majeurs pour l’INRIA. L’institut cherche à y L’INRIA adopte également une position volon- conforter son excellente position en Europe, en tariste concernant le Conseil européen de la s’appuyant sur les acquis liés à sa participation recherche (ERC). Il a fortement encouragé ses aux programmes-cadres précédents, notam- jeunes chercheurs à candidater au premier appel les concernant ; il poursuivra ses actions dans ce sens pour les appels à venir, notam- ment sur les chercheurs confirmés. Au plan européen, 917 dossiers ont été déposés, toutes disciplines confondues, dont 2 issus de l’INRIA (soit 0,28 %) et 559 dossiers ont été retenus pour la seconde étape, dont de l’INRIA (soit 0,54 %). En marge du PCRD, certains centres de recherche INRIA font des efforts pour déve- lopper des échanges transfrontaliers avec des établissements voisins. Le centre Lille - Nord Europe est partie prenante dans une action relevant du programme INTERREG et prépare la création d’EPI commune avec le CWI à Amsterdam ; le centre Nancy-Grand Est consent des efforts importants pour renforcer un partenariat transfrontalier entre l’INRIA, le Max Planck Institute, le DFKI, le Fraunhofer Photo Institute, et les universités de Sarrebruck, de à insérer Kaiserslautern, et du Luxembourg. Le groupement ERCIM Le consortium ERCIM, qui inclut maintenant 18 membres de 18 pays européens, constitue une organisation unique en Europe. Au fil des ans, notamment sous l’impulsion de l’INRIA, ERCIM a accru son ouverture et sa représen- tativité au sein de la communauté scientifique et technologique du domaine des STIC, si bien que la Commission européenne commence à s’appuyer sur lui pour des opérations de suivi de la recherche communautaire et de Viviane Reding, Commissaire européen chargée de la société de l’information relations avec d’autres régions du monde. Le et des médias et Michel Cosnard. groupement a également augmenté sa visi- 120 Plan stratégique 2008-2012
  • 121.
    A ctions bilité mondiale en devenant l’hôte européen compétition internationale se renforce et que du WC. Pour toutes ces raisons, et aussi les STIC sont partout une des premières prio- par ses nombreux groupes de travail et son rités des politiques de recherche nationales, il programme de bourses postdoctorales dont est essentiel que l’institut continue de déve- le succès grandit, ERCIM reste un vecteur lopper ses coopérations internationales en important de l’engagement européen de l’INRIA focalisant ses efforts en partenariats et zones et doit s’affirmer comme un outil essentiel de géographiques ciblées. promotion des STIC au plan européen. La stratégie internationale de l’INRIA vise en premier à renforcer l’attractivité de l’institut et Partenariats industriels européens à accroître sa capacité à accueillir et à recruter Au-delà du PCRD, l’INRIA poursuivra ses efforts des étudiants et des chercheurs étrangers. pour développer ses relations avec les grands L’INRIA promeut fortement le recrutement de industriels européens qui occupent une position chercheurs étrangers sur poste de titulaire, de leader au plan mondial dans les domaines ainsi que l’accueil en séjours sabbatiques, ou liés à ses priorités de recherche. Dans cette de postdoctorants. Plusieurs instruments, tels optique, l’institut participe aux programmes que le programme Internships, sont déployés Eurêka ITEA et ITEA-2 concernant les logiciels dans ce sens. embarqués et distribués (des équipes-projets Le développement de partenariats avec les INRIA sont actuellement partenaires de 10 meilleurs laboratoires étrangers, universitaires projets ITEA et ITEA-2). ou industriels, reste une constante de la poli- Par ailleurs, l’institut accorde une attention tique internationale. Diverses formes sont mises particulière aux plates-formes technologi- en œuvre de façon souple via le programme Au-delà du PCRD, ques européennes (ETP) de son domaine car Équipes associées de l’INRIA mais également celles-ci constituent des enjeux très impor- via les programmes du ministère des Affaires l’INRIA poursuivra tants. Pour chacune de ces plates-formes, étrangères, de la Commission européenne ses efforts pour un chercheur permanent a accepté d’en être le correspondant scientifique et de suivre les (bourses Marie Curie), et des autres institutions mondiales (NSF, JSPS, CNPQ, etc.). développer ses activités scientifiques et projets de l’ETP. Il Au-delà de ces priorités générales, l’INRIA s’agit des plates-formes Artemis (Embedded décline sa politique internationale en zones relations avec les Computing Systems), eMobility (the Mobile géographiques. and Wireless Communications Technology • Le partenariat fort avec l’Amérique du Nord grands industriels Platform), EPoSS (European Technology est essentiel étant donné la maîtrise des Platform on Smart Systems Integration), États-Unis dans le domaine des STIC et européens. EUROP (European Robotics Platform), ISI des sciences de la vie. (Integral Satcom Initiative), NEM (Networked • Les coopérations avec la zone Chine, and Electronic Media), NESSI (Networked Hong Kong, Taïwan, Singapour et l’Inde European Software and Services Initiative) et seront approfondies. L’objectif est d’aug- IMI (Innovative Medicines Initiative). L’INRIA menter très significativement et rapidement a adhéré aux structures de gestion de ces les mouvements de personnes entre les plates-formes et participe à la définition de deux continents, prioritairement en ce qui leurs agendas de recherche stratégiques. concerne les jeunes. Le laboratoire LIAMA L’institut veille aussi à la réussite du laboratoire à Pékin est une pierre angulaire de cet AIRD, commun avec Philips, Thomson et le objectif. Fraunhofer, qui constitue le premier succès • L’INRIA maintiendra une grande atten- d’ampleur de sa politique de partenariat avec tion à la formation par la recherche en l’industrie européenne. Afrique en général et plus particulièrement au Maghreb. L’objectif poursuivi est de 4.4.2 Les coopérations favoriser des échanges de chercheurs, avec l’Asie, l’Amérique des cotutelles de thèses et des projets communs de recherche. L’organisation de du Nord et les pays du Sud cours de masters en Afrique sera favorisée, L’INRIA est un institut d’excellence au niveau notamment par des missions sur place de mondial dans son domaine. Alors que la chercheurs de l’INRIA. Cette politique, Plan stratégique 2008-2012 121
  • 122.
    4.4 Relations européenneset internationales inscrite dans le cadre de collaborations sera renforcé, en particulier vis-à-vis de l’Asie. établies, vise ainsi à limiter le phénomène Le programme Internships favorisera la mobi- de fuite des cerveaux. lité de jeunes étudiants vers les équipes de • Les efforts continueront en Amérique du recherche de l’INRIA de manière à constituer Sud notamment au Brésil, au Chili, en un vivier de collaborateurs scientifiques poten- Uruguay et en Argentine, où se trouvent tiels ; on s’efforcera de lui donner une grande d’importants pôles de compétence en visibilité internationale dans le domaine des informatique et en mathématiques appli- STIC. On s’efforcera enfin de développer subs- quées, avec l’utilisation de l’ensemble des tantiellement deux programmes qui restent moyens usuels pour y maintenir une bonne encore aujourd’hui de portée relativement coopération (appels à projets joints, stages, modeste : le programme Séjours sabba- équipes associées, etc.). tiques, qui vise à accroître la mobilité des chercheurs de l’INRIA vers des laboratoires Programmes académiques ou industriels étrangers, et Les quatre principaux programmes instru- le programme Explorateurs, qui incite les ments des relations internationales de l’INRIA jeunes chercheurs à enrichir leur expérience à seront poursuivis. Le programme Équipes l’international, en facilitant des séjours courts associées qui vise à développer des collabo- dans des laboratoires partenaires privilégiés rations étroites avec des partenaires étrangers, de l’institut. 10e anniversaire du LIAMA, Pékin. 122 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions L’organisation générale mise en place fin 200, de centre au comité de direction national. Un 4.5 dont on rappelle ci-après les grands traits, a vocation à rester la même sur la période 2008- axe d’amélioration concernera le fonction- nement matriciel et plus particulièrement les Organisation    2012. Elle distingue trois niveaux de pilotage, celui des équipes-projets de recherche, celui dispositifs de coordination, de restitution, de contrôle de gestion (au sens large) et d’éva- et fonctionnement  des centres de recherche – regroupant des équipes-projets et des structures de support à luation interne qui lui sont nécessairement associés. Une telle organisation matricielle, internes la recherche, au développement et au transfert, certes plus complexe à mettre en œuvre qu’un et dont le directeur assure une double mission simple emboîtement hiérarchique des niveaux scientifique et managériale –, et celui de la de responsabilité, apparaît nécessaire dans direction nationale et des services de siège. un organisme de recherche qui veut à la fois Ce dernier est constitué de la direction géné- préserver une véritable autonomie de ses rale (PDG, directeur général adjoint et deux centres et équipes-projets et éviter de se trans- délégués généraux) et de neuf « directions former en « fédération » de pôles indépendants. fonctionnelles » : Les directions du siège ont un rôle essentiel • la direction de la recherche, la direction du à jouer pour garantir une bonne intégration développement technologique, la direction d’ensemble et l’unité de la politique conduite du transfert et de l’innovation, la direction par l’institut. Elles devront se concentrer sur des partenariats européens et la direc- leurs missions de pilotage et d’évaluation, tion des relations internationales, ces cinq mettre en place les orientations, les procédures directions scientifiques étant plus parti- et les outils servant de cadre à une gestion culièrement coordonnées par le délégué décentralisée, conduite par les services des général à la recherche et au transfert pour centres de recherche, eux-mêmes placés sous l’innovation ; la responsabilité hiérarchique des directeurs • la direction des ressources humaines, de centre. Ces directions du siège seront par la direction des affaires administratives, ailleurs allégées au maximum de toutes les financières et patrimoniales et la direction tâches de gestion centrale, par mutualisation des systèmes d’information, des infrastruc- des fonctions d’appui administratif et de logis- tures et des services informatiques, ces tique au sein de la délégation à l’administration trois directions – ainsi qu’une délégation à du siège mise en place en 2007. l’administration du siège – étant plus parti- Ceci concerne les orientations générales décli- culièrement coordonnées par le délégué nées dans les deux sections précédentes général à l’administration des ressources et les orientations en matière de ressources et des services ; humaines et de fonctions support. Comme il • la direction de la communication. a été rappelé dans la première partie de ce Les quatre membres de la direction générale, document, l’amélioration de la qualité et l’effi- les huit directeurs de centre de recherche et cacité des activités de support et d’accompa- les neuf directeurs fonctionnels constituent le gnement de la recherche reste une priorité, qui comité de direction de l’institut. se décline sur plusieurs plans : la poursuite de Le pilotage d’ensemble est conduit selon la politique de déconcentration et la diffusion un schéma matriciel dans lequel s’articulent d’une « démarche qualité » s’appuyant sur la d’une part les « structures opérationnelles de responsabilisation de tous les acteurs de la production » que sont les centres de recherche gestion, le développement du système d’in- et leurs équipes et services, et d’autre part formation et la mise en place de méthodes et les « lignes fonctionnelles » portées par les d’outils de pilotage et de contrôle de gestion directions du siège, chacune en charge d’un plus performants, le partage d’une culture de segment de la politique de l’institut. Dans ce management. cadre, les centres de recherche – et en leur sein les équipes-projets – disposent d’une impor- tante délégation de responsabilité : l’objectif des prochaines années est de poursuivre dans cette voie d’une forte déconcentration asso- ciée à la participation directe des directeurs Plan stratégique 2008-2012 12
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    4.5 Organisation etfonctionnement internes 4.5.1 La politique • La structuration de la politique d’emploi de ressources humaines autour d’une vision prospective. Face à une organisation de la recherche en mouve- L’institut s’est engagé lors de son précédent plan ment, l’institut doit anticiper les évolutions stratégique dans un vaste chantier de moderni- des métiers de la recherche pour s’adapter sation de son fonctionnement administratif, qui aux défis scientifiques à venir. Le travail s’est traduit notamment par d’importantes évolu- d’analyse entrepris sur les évolutions les tions de ses politiques menées dans le domaine plus marquantes des métiers d’appui à la de la gestion des ressources humaines. C’est recherche (informatique, développement, ainsi que la gestion du personnel est désormais gestion, etc.) devra être étendu et complété passée d’une fonction essentiellement adminis- par une véritable réflexion prévisionnelle trative, centrée sur l’application des règlements, sur les fonctions et les compétences (fonc- à une fonction de développement véritablement tions obsolètes ou émergentes, activités dynamique, assurant les nécessaires équilibres susceptibles d’être mutualisées ou externa- entre les impératifs statutaires et la volonté lisées, etc.). Cette analyse devra également d’évolution de l’institut, de ses personnels et de intégrer les métiers scientifiques : valorisa- leurs compétences. Cette inflexion s’est appuyée tion des parcours professionnels, devenir sur les leviers offerts par la loi organique relative des doctorants et post-doctorants ainsi aux lois de finances. que des nombreux personnels français Plus que jamais, la mobilisation des ressources ou étrangers accueillis chaque année de humaines nécessaires à la recherche est un manière temporaire. enjeu majeur pour l’institut. Les risques consti- • L’amélioration tant sur le plan collectif tués par la relative désaffection des jeunes pour que sur le plan individuel du suivi de les métiers scientifiques, par la compétition l’évolution professionnelle. S’appuyant croissante entre les différents acteurs de la sur les dispositifs existants pour les cher- recherche française et étrangère pour attirer cheurs et sur l’évaluation individuelle pour les meilleurs, par les changements rapides les ITA, l’objectif sera de développer de des technologies, des métiers et compétences nouveaux moyens de formation et d’accom- associés, font de la gestion des ressources pagnement permettant à chacun de mettre humaines la clef des réussites à venir. en cohérence ses souhaits personnels L’INRIA, s’appuyant sur ses nombreux atouts, avec les ambitions de l’institut. Concernant devra continuer à consolider sa politique en les chercheurs, il s’agira de donner des matière de ressources humaines, poursuivre repères permettant une mise en perspec- la révision systématique des activités asso- tive des parcours professionnels envisa- ciées, en vue de les adapter aux changements geables, centrée non seulement sur les externes et aux évolutions de son organisa- dimensions de l’expertise scientifique mais tion interne, tout en répondant au mieux aux également sur les compétences mana- attentes de ses personnels. Il convient de souli- gériales. Concernant les ITA, l’évaluation gner que l’acception donnée aux « ressources annuelle mise en œuvre depuis quelques humaines de l’institut » doit être large : elles années permet une connaissance affinée recouvrent bien sûr les personnels statutaires, des compétences en place ; un schéma chercheurs et ITA, et les personnels contrac- directeur pluriannuel de la formation profes- tuels relevant de diverses catégories, mais sionnelle facilitera leur bonne évolution par aussi, même s’ils n’induisent pas les mêmes l’articulation des besoins collectifs et des responsabilités en termes de gestion, les très souhaits individuels. nombreux collaborateurs extérieurs, non salariés • La professionnalisation des pratiques de l’institut mais directement impliqués dans de management. L’accompagnement des ses équipes-projets. managers de l’institut se poursuivra. Après Ce management stratégique des ressources l’élaboration du « guide du responsable », humaines, qui devra s’appuyer sur un système l’institut se donnera les moyens de créer d’information ressources humaines sensible- une véritable « école de management » ment plus performant (cf. infra), s’articulera interne. Dans un milieu de la recherche autour de trois axes majeurs : en constante mutation, les cadres devront 124 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions disposer dès leur prise de fonction et tout travail ont été récemment créés au sein de au long de leur parcours, de formations faci- l’institut, contribuera à cet objectif d’amé- litant la compréhension de leur environne- lioration de qualité administrative. La mise à ment et l’exercice de leurs responsabilités, jour de la documentation de l’ensemble des mettant à disposition de meilleurs outils de procédures, en lien avec les modes opéra- pilotage, et diffusant une culture commune toires du nouveau système d’information, tendue vers des objectifs partagés. permettra de faire progresser globalement Il convient aussi de souligner qu’un suivi les différents acteurs. L’acception donnée des anciens collaborateurs de l’INRIA La mise en œuvre des techniques de déma- est progressivement mis en place pour térialisation des pièces administratives et aux « ressources construire et entretenir un réseau utile à comptables, notamment des factures asso- la fois pour les contacts professionnels – ciées aux « cartes achat » ainsi que l’automa- humaines de notamment avec les entreprises du secteur – tisation des tâches récurrentes rendront les et pour la recherche d’emploi. traitements plus rapides et plus fiables. l’institut » doit être Enfin, parce qu’une présence plus nombreuse Un « système de pilotage », dont le déve- large : elles recouvrent de femmes dans les sciences et technologies de l’information et de la communication – secteur loppement a été initié en 2007, sera progres- sivement déployé : il donnera aux acteurs et bien sûr les personnels qui est aujourd’hui pour elles sensiblement décideurs internes les moyens de mettre en moins attractif que d’autres – est de nature à place un réel contrôle de gestion permettant statutaires, enrichir ses recherches, l’INRIA sera encore une meilleure maîtrise des budgets et une plus attentif à promouvoir la place des femmes rationalisation des coûts de support qui sont chercheurs et ITA, parmi ses scientifiques, dans ses instances, et aujourd’hui en augmentation sensible, du fait aux postes à responsabilité. de l’accroissement et de la diversification et les personnels Au regard de ces orientations, il est indispensable des activités. L’atteinte de ce dernier objectif contractuels relevant de rappeler que les organisations syndicales sont les partenaires privilégiés pour élaborer passe aussi par la définition d’une politique d’achat qui, associée à une analyse des de diverses catégories, un management stratégique des ressources inducteurs de coût, doit rendre plus efficiente humaines prenant en compte les besoins de l’exécution budgétaire. Dans ce contexte, un mais aussi, même s’ils tous les personnels. D’un dialogue social de développement de la comptabilité analytique, qualité dépendra la cohésion nécessaire à la au-delà de son utilisation actuelle principale- n’induisent pas les réussite tant individuelle que collective. ment centrée sur la justification des dépenses liées à l’exécution des contrats européens, mêmes responsabilités 4.5.2 Le fonctionnement interne devra être mis en œuvre. en termes de gestion, Une gestion administrative et financière Le contrôle de gestion passe également par une professionnalisation accrue des acteurs. les très nombreux fiabilisée et simplifiée À ce titre, un important plan de formation sera Les axes d’amélioration dans ce domaine mis en œuvre pour insuffler une véritable collaborateurs s’inscrivent dans le cadre du protocole de culture de gestion. Il permettra notamment de modernisation financière et comptable signé mieux appréhender des tâches à forte techni- extérieurs, non en 200, dont le but est de renouveler et de cité, en particulier celles liées à la gestion de simplifier la gestion administrative, comptable la TVA ou à la gestion des immobilisations. salariés de l’institut et financière de l’institut. La perspective de Un effet global sur la qualité de la gestion mais directement la certification des comptes – prévue pour l’INRIA à compter de l’année 2009 – dans – rendue encore plus indispensable par la perspective de la certification des comptes impliqués dans ses le contexte de la loi de sécurité financière – est attendu. implique de rénover nombre de processus La question des mandats de gestion suscep- équipes-projets. internes, notamment ceux liés à la gestion tibles d’être mis en place dans le cadre des des immobilisations, au principe de sépara- structures de recherche conjointes, ou plus tion des exercices, à l’évaluation des actifs, généralement avec les établissements parte- à la valorisation des recettes et à l’évaluation naires de l’INRIA, sera également un axe des créances. d’amélioration privilégié, avec un impact La formalisation du contrôle et de l’audit potentiel important en termes de simplifica- internes, pour lesquels des dispositifs de tion administrative. Plan stratégique 2008-2012 125
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    4.5 Organisation etfonctionnement internes Un système d’information étendu à • développer une logique de services, pour l’ensemble des registres d’action permettre aux différents métiers et aux Disposer d’un système d’information perfor- utilisateurs de gagner en efficacité par le mant et beaucoup plus complet qu’aujourd’hui, développement de nouvelles méthodes de « urbanisé » sinon totalement « intégré », est travail en réseau et une accessibilité accrue une condition indispensable pour le bon fonc- aux ressources internes et externes ; tionnement d’une organisation multi-sites • systématiser une approche globale de et multi-acteurs qui, comme c’est le cas à ces services, en garantissant la cohérence l’INRIA, privilégie la décentralisation sur de et l’évolutivité qui permettent d’une part nombreux centres de responsabilité et le travail de répondre aux attentes d’ouverture et en réseau. d’interopérabilité avec les systèmes d’in- L’institut s’est doté fin 2007 d’un « schéma formations des partenaires de l’institut et, d’orientation du système d’information » qui d’autre part, de restituer les données de guidera au cours des prochaines années synthèse nécessaires au pilotage ; les différents acteurs du développement du • généraliser une démarche qualité système d’information (centres de recherche pour gagner en fiabilité et disponibilité et directions fonctionnelles) avec trois grandes des services et faire évoluer l’organisa- orientations : tion vers une mutualisation accrue des compétences. Une première priorité portera sur le déploie- ment d’un système d’information ressources humaines (SIRH) performant. Son extension fonctionnelle et sa modernisation se feront en deux temps : après avoir répondu aux besoins les plus forts à court terme (2008-2009), un projet plus ambitieux sera lancé pour parvenir à la couverture complète des fonctions néces- saires avant la fin du plan stratégique. Les autres axes stratégiques identifiés pour le système d’information de l’institut sont de favoriser une « communication totale » par un accès permanent à très haut débit aux ressources dans toutes les situations de travail (sur site INRIA, sur site externe, en déplacement en France ou à l’étranger), d’offrir aux personnels une palette d’outils adaptatifs et souples permettant de répondre aux besoins de travail en réseau (collabo- rations scientifiques, conduite de projets, partage de documents ou de données, etc.), d’accompagner le travail des chercheurs par des dispositifs d’accès aux publications, de diffusion, de veille, de consultation des rapports, d’exploitation des plates-formes, de suivi des soumissions et contrats, etc., d’étendre la couverture fonctionnelle des outils de gestion en permettant leur intero- pérabilité avec des systèmes d’informations externes, de développer des outils de mesure et de pilotage, et de développer la politique de sécurité informatique (PSSI) conciliant les exigences de protection avec les besoins d’ouverture et de souplesse. 12 Plan stratégique 2008-2012
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    A ctions La communication interne années à venir. Les projets de cette nature, par La communication, dans un établissement les transformations de pratiques qu’ils suppo- multi-sites, engagé dans de nombreux parte- sent, génèrent des résistances au changement nariats, qui grandit et qui, à côté de l’indispen- (le plus souvent passives) qui peuvent entraver sable permanence d’un socle de compétences leur mise en place et obérer la performance de base, favorise un fort renouvellement attendue : ils devront donc faire l’objet d’une des personnels temporaires, est une tâche communication d’accompagnement structurée. complexe, toujours recommencée. Au-delà Le management stratégique des ressources des aspects de partage d’informations, parti- humaines de l’institut doit être visible et partagé culièrement abondantes, elle revêt à l’INRIA par tous. La lisibilité de cette politique est une importante dimension de lien identitaire, rendue particulièrement indispensable alors d’accompagnement du changement et d’arti- que l’institut « change d’échelle », notamment culation avec le développement d’une culture avec la mise en place des nouveaux centres de de management. L’institut s’est doté au cours recherche. Pour que tous les agents puissent Au-delà des des dernières années des canaux d’informa- inscrire leur activité dans un cadre collectif, aspects de partage tion adaptés à ce nécessaire équilibre entre diversité et unité : un journal électronique de il est essentiel de mettre à la disposition de chacun les clefs de compréhension de son d’informations, brèves pour la communication transverse, une environnement professionnel, ceci en vue lettre d’information du comité de direction, de donner du sens, de renforcer les liens, et particulièrement de nombreux sites Web internes dédiés aux de développer le sentiment d’appartenance. équipes-projets, aux centres de recherche, De manière plus spécifique, le développe- abondantes, la aux différents « métiers » et registres d’ac- ment d’une communication interne au siège tion fonctionnels, une politique d’accueil des de l’institut – beaucoup moins constituée communication nouveaux arrivants, mis en place avec les aujourd’hui que peut l’être celle des centres revêt à l’INRIA services de ressources humaines et les services de communication de chaque centre et s’ex- de recherche –, la révision des supports de communication interne, la coordination des une importante primant au niveau national par un séminaire actions nationales et locales font également d’accueil annuel et un livret d’accueil. partie des objectifs. dimension de Les enjeux pour les prochaines années restent ceux d’une adhésion de tous les personnels lien identitaire, au projet de l’institut, projet vivant, c’est-à-dire en perpétuelle adaptation : la communication d’accompagnement interne aura d’abord un rôle fédérateur, s’ex- du changement et primant au niveau national et se déclinant au niveau des centres. Les supports existants ne d’articulation avec remplissent cette fonction qu’imparfaitement et restent, chacun à son niveau, des organes le développement d’information plus que de communication motivante. L’anniversaire des 40 ans de l’ins- d’une culture de titut a donné l’occasion de lancer un support beaucoup plus fédérateur, Code Source, dont le management. succès a été grand, et la préparation du forum national Informatique et société, organisé à Lille fin 2007, a suscité une grande mobilisation collective et permis d’engager une réflexion stimulante sur la question des « valeurs parta- gées » de l’institut. Ces directions de travail devront être poursuivies. La mise en œuvre du présent plan stratégique, le déploiement de la démarche management, le développement d’une démarche qualité, l’évolution des cadres de gestion sont autant de projets que l’institut va engager dans les Plan stratégique 2008-2012 127
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    ARteMIS CeA A Programme for Embedded Systems Centre de l’énergie atomique RD in Europe CeA-dSV AdN ARteMISIA Centre de l’énergie atomique Acide désoxyribonucléique The ARTEMIS Industrial Association - Direction des sciences du vivant Adt AStI CeCILL Action de développement Association française des sciences et License française de logiciel technologique technologies de l’information libre [acronyme pour Ce(A)C(nrs)I(NRIA)L(ogiciel)L(ibre)] AeReS Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur C CeRMICS Centre d’enseignement et de recherche en informatique et CAdP AeSe calcul scientifique Construction and Analysis of Aéronautique, espace et systèmes Distributed Processes embarqués [pôle de compétitivité] CHu Centre hospitalier universitaire CAO AII Conception assistée par ordinateur Agence de l’innovation industrielle CIRAd CAPRI Centre de coopération internationale AIRd en recherche agronomique pour Capteurs en réseaux sécurisés Ambient Intelligence Research le développement [cf. Minalogic] Development CARI CItI ALAddIN Colloque africain sur la recherche en Centre d’innovations en télécommuni- Action de développement informatique cations et intégration de services technologique relative à l’infrastructure GRID 5000 CASP CMAP Critical Assessment of techniques for Centre de mathématiques appliquées ANR Agence nationale de la recherche protein Structure Prediction CNPq ARC CCStI Conselho Nacional de Action de recherche collaborative Centre de culture scientifique, Desenvolvimento Científico e technique et industrielle Tecnológico [Brésil] ARCAdIA Arrangements de quadriques, CdRI CNRS algorithmes, implémentation et Chargé du développement et des Centre national de la recherche applications relations industrielles scientifique 128 Plan stratégique 2008-2012
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    G CORdI-S lossaire dirdRI AdN FIRe ePoSS Contrat de recherche doctorale INRIA Direction du développement et European Platform on Smart Systems financé sur subvention d’État des relations industrielles Integration CPeR ePSt dtN Contrat de projet État-Région Établissement public à caractère Delay-Tolerant Networking scientifique et technologique CPu E Conférence des présidents d’université eRC European Research Council CPu Central Process Unit eAdS eRCIM European Aeronautic Defence and European Research Consortium on Space company Informatics and Mathematics CSAIL Computer Science and Articicial Intelligence Laboratory etP eCg [cf. MIT, États-Unis] European Technology Platform Électrocardiogramme CStB etSI Centre scientifique et technique edF European Telecommunications du bâtiment Électricité de France Standards Institute CWI edP euROFI Centrum voor Wiskunde en Informatica Équation aux dérivées partielles Banking and Finance in Europe [Pays-Bas] eeg euROP D European Robotics Platform Électroencéphalogramme dARPA Defence Advanced Research Projects Agency [États-Unis] eIFFeL Evolved Internet Future for European Leadership F FCe Fonds de compétitivité des entreprises dFKI eLM [cf. DGE] Deutsche Forschungszentrum für Extended length message Künstliche Intelligenz [Allemagne] FINd Future Internet Network Design eNS dgA [cf. NSF] Délégation générale pour l’armement École normale supérieure FIRe dge ePI Future Internet Research and Direction générale des entreprises Équipe-projet INRIA Experimentation Plan stratégique 2008-2012 129
  • 130.
    Ft INRIA I France Telecom Institut national de recherche en infor- matique et en automatique Ft Rd France Telecom Recherche et IeCN INSA Institut Elie Cartan de Nancy Institut national des sciences Développement appliquées Ieee FttH Institute of Electrical and Electronics Fiber To The Home INSeRM Engineers Institut national de la santé et de la recherche médicale G IetF Internet Engineering Task Force INteRReg Acronyme d’un programme européen geNI IFN sur la coopération entre régions Global Environment for Networking Inventaire forestier national frontalières Innovations [cf. NSF] IFReMeR IPv6 get Institut français de recherche pour Internet Protocol v l’exploitation de la mer Groupe des écoles des télécommunications IRIA IMB Institut de recherche en informatique Institut de mathématiques de et en automatique gIS Bordeaux Groupement d’intérêt scientifique IRISA IMI Institut de recherche en informatique gMd Innovative Medicines Initiative et systèmes aléatoires Gesellschaft für Mathematik und Datenverarbeitung [Allemagne] INA IRSN Institut national de l’audiovisuel Institut de radioprotection et de sûreté gPu nucléaire Graphics Processing Unit INPg Institut national polytechnique de Grenoble ISI H Integral Satcom Initiative INPL Institut national polytechnique de ISO HAL Lorraine International Standards Organization Hyper Article en Ligne INRA ItA Hqe Institut national de recherche en Personnels ingénieurs, techniciens et Haute qualité énergétique agronomie administratifs 10 Plan stratégique 2008-2012
  • 131.
    G IteA lossaire LIFL Ft MPg LRI Information Technology for European Laboratoire d’informatique fondamen- Laboratoire de recherche en Advancement tale de Lille informatique IteR LIg LSV International Thermonuclear Laboratoire d’informatique de Laboratoire de spécification et Experimental Reactor Grenoble vérification J M LINA Laboratoire d’informatique de Nantes Atlantique JAd MeMS Laboratoire Jean-Alexandre Dieudonné LIP Micro-electro-mechanical systems Laboratoire de l’informatique du parallélisme JCP MeRCAtOR Java Community Process Groupement d’intérêt public Mercator LIP6 Océan Laboratoire d’informatique de Paris JSPS Japan Society for the Promotion of MIgP Science LIRMM Laboratoire Modélisation et imagerie Laboratoire d’informatique, de robo- en géosciences de Pau tique et de microélectronique de L Montpellier MINALOgIC Micro-nano technologies et LIX intelligence logicielle embarquée [pôle LABRI Laboratoire d’informatique de l’École de compétitivité] Laboratoire bordelais de recherche en Polytechnique informatique MIt LJK Massachusetts Institute of Technology LAgIS Laboratoire Jean Kuntzmann [États-Unis] Laboratoire d’automatique, génie infor- matique et signal LMA MOSt Laboratoire de mathématiques Ministry of Science and Technology LIAMA appliquées de Pau [Chine] Laboratoire franco-chinois d’informa- tique, d’automatique et de mathémati- ques appliquées LMd MPg Laboratoire de météorologie Max Planck Gesellschaft [Allemagne] dynamique LIeNS Laboratoire d’informatique de l’École normale supérieure [cf. ENS] LORIA Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications Plan stratégique 2008-2012 11
  • 132.
    NWO PIB N Nederlanse Organisatie voor Produit intérieur brut Wetenshappelijk Onderzoek [Pays-Bas] PMe O NeM Nano Electronic Materials Petites et moyennes entreprises NeMS OdL PReS Nano-Electro-Mechanical Systems Opération de développement logiciel Pôle de recherche et d’enseignement supérieur NeSSI OgM Networked European Software and Organisme génétiquement modifié PSSI Services Initiative Politique de sécurité des systèmes OLSR d’information NICtA Optimized Link State Routing protocol National Information and R Communication Technologies Australia [Australie] OMg OBJECT Management Group NIH Rd ONeRA National Institutes of Health Office national d’études et de Recherche et développement recherches aéronautiques NISt National Institute of Standards and RAtP Technology [États-Unis] P Régie autonome des transports parisiens NItRd P2P Networking and Information Peer to peer RFId Technology Research and Radio-frequency identification Development Program [États-Unis] PACA Région Provence - Alpes - Côte d’Azur RRIt NOeMS Nano Opto Electro Mechanical Réseau de recherche et d’innovation Systems PCRd technologique Programme-cadre de recherche et développement NS3 RMN National Security Swath Ship Résonance magnétique nucléaire [groupe DCNS] Pdg Président-directeur général NSF RtRA National Science Foundation PFe Réseau thématique de recherche [États-Unis] Plates-formes expérimentales avancée 12 Plan stratégique 2008-2012
  • 133.
    G lossaire NeM W3C S T SARIMA tVA Soutien aux activités de recherche infor- Taxe sur la valeur ajoutée matique et mathématique en Afrique SCS Solutions communicantes sécurisées [pôle de compétitivité] U uCSd University of California, San Diego Sed [États-Unis] Service d’expérimentation et de développement udLR Unidirectional Link Routing protocol SICONOS Projet européen Modelling, Simulation and Control of Nonsmooth Dynamical uNSA Systems Université de Nice - Sophia Antipolis SIRH uStL Système d’information en ressources Université des sciences et humaines technologies de Lille W SIS Système d’information spontané SNCF W3C Société nationale des chemins de fer World Wide Web Consortium français SOCs Systems-On-Chips StIC Sciences et technologies de l’information et de la communication StM Abréviation pour STMicroelectronics Plan stratégique 2008-2012 1
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    Document édité parla direction générale de l’INRIA Maquette : Crédits photos : © INRIA / J. Wallace, C. Lebedinsky, J.M. Ramès, A.S. Douard - © CNES / Distribution Spot Image / 1998 - © Airbus S.A.S. / 2008 - © Frédéric Cirou - © DigitalVision ISBN 2-7261-1296 8 Janvier 2008