La connaissance, moteur de la
croissance ?
David VALLAT
(Université Lyon 1 – TRIANGLE UMR CNRS 5206 – ENS de Lyon)
@DavidVALLAT
david.vallat@univ-lyon1.fr
Cycle de conférences
Vers une autre croissance ?
9 octobre 2017
Ecole Normale Supérieure de Lyon
Site Descartes - Amphithéâtre Descartes - 15 parvis René Descartes 69007 Lyon
0.
Introduction
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 3
Économie de la connaissance
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT
• « Le savoir fait la richesse » (David Landes, 1999) et la
puissance…
• D’après l’Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE - 1996), l’ère de l’économie du savoir
est celle où la performance économique des pays,
dépendent de plus en plus du savoir, de l’éducation, de
l’information et de la technologie.
• Pour Peter Drucker le knowledge worker est au cœur de
l’économie de la connaissance (Drucker, 1999).
• Cette économie de la connaissance repose sur des milieux
innovateurs (Michael Porter, 1998) comme la Silicon Valley.
PLAN DE LA PRÉSENTATION
1) Des précisions de vocabulaire
2) L’innovation moteur du capitalisme
3) Vers la 3e révolution industrielle ?
4) La connaissance, un bien commun ?
5) De la connaissance à la sagesse (conclusion)
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 5
1.
Des précisions de
vocabulaire
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 6
La croissance = vivre mieux ?
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 7
1.
La croissance = création de richesses ?
La croissance = avoir plutôt qu’être ?
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 8
1.
La connaissance…
…peut prendre des formes diverses
(sensation, émotion, art).
La connaissance scientifique
(fondée sur la Raison) est
une convention
permettant d’instaurer un
dialogue…
Karl Popper (1902-1994)
… officiellement
en France depuis
1665.
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 9
1.
La connaissance…
… permet de faire des choix
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 10
1.
La connaissance
11
1.
L’innovation, le chaînon manquant entre
croissance et connaissance
Connaissance => Invention => Innovation => Croissance éco.
2.
L’innovation moteur
du capitalisme
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 12
L’innovation moteur du capitalisme
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 13
1.
De Solow à Romer
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT
• Robert Solow (1924-) en 1956 mit en évidence qu’il y avait
une partie résiduelle de la croissance non expliquée. Solow
l’imputa au progrès technique. Selon lui, le développement
économique s’explique par trois paramètres :
l’investissement (le capital) ; les heures de travail
(et sa productivité) ; le progrès technique.
• Paul Romer (1994) cherche à rendre compte des facteurs qui
gouvernent l’accumulation du facteur A, le fameux résidu de
Solow (« croissance endogène ») : capital humain, innovation,
connaissances.
2. L’innovation moteur du capitalisme
Retour sur Schumpeter
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT
• En 1939, Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950) publie
Business Cycles: Theorical, historical and statistical
analysis of the capitalist process.
• A partir des travaux de Kondratiev, Schumpeter montre le
synchronisme entre les fluctuations de l’activité́
économique à long terme et le rôle des innovations
technologiques.
• Tout cycle économique se décompose en quatre périodes
ou phases. La phase de croissance, puis le premier
moment du retournement du cycle est celle de la phase
de crise, puis la troisième phase est celle de la
dépression, le second moment de retournement étant la
reprise. La crise constitue le point maximum du cycle, et
la reprise le point minimum à partir duquel s’enclenche
une nouvelle phase de croissance.
2. L’innovation moteur du capitalisme
16
• Chaque phase ascendante du cycle correspondant au développement
d’une innovation majeure, ainsi la première phase (1792 – 1815) voyait
l’émergence de la sidérurgie et du textile. La seconde (1847/49 – 1873)
correspondait au développement du chemin de fer, la troisième (1896 –
1920) au règne de l’électricité.
• Il est possible de poursuivre ces cycles avec l’automobile et le pétrole dans
une quatrième phase (1945 – 1975) qui correspond aux "Trente
Glorieuses" de Jean Fourastié.
La cinquième phase a commencé vers la fin des années 1990, avec les
technologies de l’information, notamment Internet.
Le cycle se présente ainsi :
2. L’innovation moteur du capitalisme
La « destruction créatrice »
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT
« L'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste
est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de
production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation
industrielle – tous éléments créés par l'initiative capitaliste. [...] L'histoire de l'équipement
productif d'énergie, depuis la roue hydraulique jusqu'à la turbine moderne, ou l'histoire
des transports, depuis la diligence jusqu'à l'avion. L'ouverture de nouveaux marchés
nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis
l'atelier artisanal et la manufacture jusqu'aux entreprises amalgamées telles que l’U.S.
Steel, constituent d'autres exemples du même processus de mutation industrielle – si l'on
me passe cette expression biologique – qui révolutionne incessamment de l'intérieur la
structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant
continuellement des éléments neufs. Ce processus de Destruction Créatrice constitue la
donnée fondamentale du capitalisme : c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le
capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s'y adapter. »
Schumpeter J. (1943 Traduction française 1951), Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot, p.106 et 107.
2. L’innovation moteur du capitalisme
18
« – Ma foi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore
un peu essoufflé, on arriverait généralement à un autre
endroit si on courait très vite pendant longtemps,
comme nous venons de le faire.
– On va bien lentement dans ton pays ! Ici, vois-tu, on
est obligé de courir tant qu'on peut pour rester au
même endroit. Si on veut aller ailleurs, il faut courir au
moins deux fois plus vite que ça ! ». (Carroll, 2007, ch.2,
De l’autre côté du miroir)
L’hypothèse de la Reine Rouge
Le processus de destruction créatrice s’inscrit dans une approche de l’évolution
naturelle conforme à celle de Darwin et approfondi par l’hypothèse de la Reine
Rouge en biologie évolutive (Van Valen, 1977) qui consiste à considérer qu’une
espèce doit constamment évoluer pour maintenir sa place dans l’écosystème suite
aux évolutions des espèces avec lesquelles elle coévolue.
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT
2. L’innovation moteur du capitalisme
Le paradoxe de Solow
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT
• « On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de
productivité » (R. Solow, 1987).
• Ralentissement de la productivité ?
• Innovations d’usage ?
• Changer la mesure ?
2. L’innovation moteur du capitalisme
3.
La 3e révolution
industrielle
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 20
Un monde « hyperconnecté »…
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 21
3. La 3ème révolution industrielle
La 3e RI de J. Rifkin
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 22
• 1er RI au 18e siècle : technologies mécaniques utilisant la
vapeur d’eau + l'imprimerie et les transports (train,
courrier).
• 2e RI au 20e siècle : convergence entre moteur à
combustion interne (pétrole) et réseaux électrique
permettant la communication électriques (téléphonie).
• 3e RI au 21e siècle : convergence des technologies de la
communication (internet + satellite) et des énergies
renouvelables. Cette convergence en permet une autre
entre la communication distribuée, dont celle sans-fil, et
des formes d’énergies distribuées.
3. La 3ème révolution industrielle
Des « disruption » profondes…
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT
23
• « Innovation disruptive » : création d’un
nouveau marché et d’une nouvelle
chaîne de valeur (Christensen, 1997)
3. La 3ème révolution industrielle
Internet : une culture du libre ouvrant à la créativité…
24
david.vallat@univ-lyon1.fr
3. La 3ème révolution industrielle
… à l’autonomie, à l’innovation…
25
david.vallat@univ-lyon1.fr
david.vallat@univ-lyon1.fr
3. La 3ème révolution industrielle
… au retour des communs…
26
david.vallat@univ-lyon1.fr
david.vallat@univ-lyon1.fr
3. La 3ème révolution industrielle
La connaissance un « bien commun »
• Les communaux collaboratifs (Rifkin, 2014) visent à produire,
innover, gérer en commun (Coriat, 2015) ; ils sont fondés
sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur la seule
satisfaction des désirs individuels.
• Cette vision s’inscrit dans le champ de la culture du libre accès
(Open access - Suber, 2012) très présente dans la culture
d’Internet.
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 27
3. La 3ème révolution industrielle
4.
La connaissance un
bien commun ?
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 28
Qu’est ce qu’un « communs » ?
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 29
4. La connaissance, un bien commun ?
Le modèle « bien commun »
• « Commons is a general term that refers to a ressource shared by a group of
people. In a commons, the ressource can be small and serve a tiny group (the
family refrigerator), it can be a community-level (sidewalks, playgrounds, libraries,
and so on), or it can extend to international and global levels (deep seas, the
atmosphere, the internet, and scientific knowledge). The commons can be well
bounded (a community park or library); transboundary (the Danube River,
migrating wildlife, the Internet); or without clear boundaries (knowledge, the
ozone layer). » (Hess, Ostrom, 2011, pp. 4-5).
• Traits constitutifs des communs (Coriat, 2015) :
• Selon les attributs « exclusion » (bien privé vs bien public) et « privation » (rivalité) ;
historiquement les commons n’existent que là où l’exclusion était difficile et la
privation forte (poissons, prés communaux, etc.)
• Selon des faisceaux de droits (droits d’accès et de prélèvement, droit de gérer, droit
d’exclure, droit de céder ou de vendre)
• Selon le mode de gouvernance organisant les faisceaux de droits (pour éviter free
riding et organiser la durabilité du commun).
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 30
4. La connaissance, un bien commun ?
Des règles pour gouverner les
communs
• Des recherches empiriques sur la gouvernance de ressources communes ont permis d’établir des
principes de fonctionnement facilitant la pérennisation de cette gouvernance commune (et donc
permettant la protection de la ressource commune).
• Ces principes ne signifient pas automatiquement le succès de la gouvernance en commun mais ils
ont été repérés dans toutes les situations de succès. Ces principes sont (Ostrom, 1990, pp. 90-102) :
– 1) les limites du bien commun sont nettement définies (y compris les limites des utilisateurs) ;
– 2) les règles d’utilisation du bien commun sont adaptées aux besoins et conditions locales (par exemple en
fonction de la disponibilité du bien) ;
– 3) un système permettant aux individus de participer régulièrement à la définition et à la modification de
ces règles ;
– 4) un système d’auto-contrôle du comportement des membres de la communauté a été mis en place ;
– 5) un système gradué de sanctions pour ceux violent les règles de la communauté est prévu ;
– 6) un système peu coûteux de résolution des conflits est accessible aux membres de la communauté ;
– 7) le droit pour les membres de la communauté de définir ses propres règles de fonctionnement est
reconnu par les autorités extérieures à la communauté ;
– 8) s'il y a lieu (un bien commun entre plusieurs frontières ou un bien commun décliné à plusieurs échelles
territoriales), une organisation de la prise de décision peut se faire à plusieurs niveaux en respectant les
règles ci-dessus.
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 31
4. La connaissance, un bien commun ?
Aaron Swartz
32
david.vallat@univ-lyon1.fr
4. La connaissance, un bien commun ?
david.vallat@univ-lyon1.fr
(1986-2013)
Alexandra
Elbakyan
(1988- )
Sci-Hub
Lutter contre les « enclosures »
Un modèle économique basé sur la
communauté
• Valeurs essentielles de collaboration, de réciprocité…
• Nécessité de collaborer (Wikipedia, Linux, etc.)
• Une communauté source de capital immatériel
• L’innovation ouverte et distribuée (entreprise énactive)
• Une autre vision de l’organisation (RSE, systémique)
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 33
4. La connaissance, un bien commun ?
La technologie n’est pas tout
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 34
« Une innovation est la mise en œuvre d’un produit (bien ou service) ou
d’un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode
de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans
les pratiques de l’entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les
relations extérieures. Cette définition générale englobe une large palette
d’innovations possibles » (OCDE, 2005, p. 54).
4. La connaissance, un bien commun ?
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 35
Une autre organisation du travail
4. La connaissance, un bien commun ?
Manager les connaissances 2.0
– L’économie de la connaissance / le management de la
connaissance, ont été profondément transformés par la
nature de plus en plus distributive et accessible de la
connaissance grâce à Internet (Benkler, 2006 ; Serres, 2012).
– Wikipedia, les licences Creative Commons (Lessig, 2004), la
culture de l’Open Access (Suber, 2012) illustrent le potentiel
créatif et transformatif de la culture participative associée à
Internet (Benkler, 2002, 2011).
– L’accès libre à la connaissance favorise le développement de
collaborations, de partages, d’échanges, développe la
créativité et démocratise l’innovation (Von Hippel, 2005).
– De ce fait l’innovation est sociale dans le processus
collaboratif qui préside à son élaboration et dans ses
objectifs : remettre la personne au centre de l’organisation
(sous peine de voir l’organisation disparaître).
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 36
4. La connaissance, un bien commun ?
Apprendre autrement ? : Faire ensemble,
expérimenter (autonomie, responsabilité,
liberté…)
37
4. La connaissance, un bien commun ?
5.
Pour conclure :
De la connaissance à
la sagesse
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 38
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 39
5.
La croissance = création de richesses ?
La croissance = vivre mieux ?
La croissance = avoir plutôt qu’être ?
La connaissance ≠ la sagesse
Quelle philosophie ?
Quelle présence au monde ?
david.vallat@univ-lyon1.fr 40
Bibliographie indicative (1)
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 41
• Benkler Y. (2011), "The unselfish gene", Harvard business review, vol. 89, n°7/8, p.p. 77–85.
• Benkler Y. (2006), The Wealth of Networks: How Social Production Transforms Markets and Freedom, Yale
University Press.
• Benkler Y. (2002), "Coase’s penguin, or, linux and “the nature of the firm”", The Yale Law Journal, vol. 112,
n°3, p.p. 369–446.
• Castells, Manuel (2002), La galaxie Internet, Paris : Fayard, 366 p.
• Christensen, Clayton M. (1997), The innovator's dilemma: when new technologies cause great firms to fail,
Boston, Massachusetts, USA: Harvard Business School Press, ISBN 978-0-87584-585-2. (edit)
• Coriat, B. (2015), sous la direction de, Le retour des communs. La crise de l’idéologie propriétaire, Les Liens
qui Libèrent, 298 p.
• Drucker P.F. (1999), Landmarks of Tomorrow: A Report on the New “Post-Modern” World, New Brunswick;
London.
• Drucker, Peter (1969). The Age of Discontinuity; Guidelines to Our Changing Society. New York: Harper and
Row.
• Foray, D. (2010). L'économie de la connaissance. La Découverte.
• Lallement, M. (2015), L’âge du faire. Hacking, travail, anarchie, Le Seuil, 446 p.
• Lessig L. (2006), Code: version 2.0, New York, NJ, Etats-Unis d’Amérique, Basic books.
• Lessig L. (2004), Free culture: the nature and future of creativity, New York, Etats-Unis d’Amérique, the
Penguin press.
Bibliographie indicative (2)
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 42
• Landes, David S. (1999). The Wealth and Poverty of Nations: Why Some Are So Rich and Some So Poor.
New York: W.W. Norton. ISBN 0-393-04017-8.
• OCDE (1996), L'économie fondée sur le savoir, http://www.oecd.org/fr/sti/sci-
tech/leconomiefondeesurlesavoir.htm
• Ostrom, E. (1990), Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge
University Press, 220 p.
• Ostrom, E. & Hess, C. (2011), eds, Understanding Knowledge as a Commons: From Theory to Practice,
première édition 2007, Cambridge: MIT Press, 367 p.
• Porter, Michael E. (1998). "Clusters and the New Economics of Competition », Harvard Business Review.
December: 77–90.
• Powell, Walter W.; Snellman, Kaisa (2004). "The Knowledge Economy", Annual Review of Sociology. Annual
Reviews.
• Rifkin J. (2012), La troisième révolution industrielle: comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie,
l’économie et le monde, Paris, France, LLL, les liens qui libèrent, impr. 2012.
• Rifkin, J. (2014), La nouvelle société du coût marginal zéro, Les liens qui libèrent, 2014, 510 p.
• Robert M. Solow, « A Contribution to the Theory of Economic Growth », Quarterly Journal of Economics,
vol. 70, no 1, 1956, p. 65–94
• Romer, P. M. (1994). "The Origins of Endogenous Growth". The Journal of Economic Perspectives. 8 (1): 3–
22. JSTOR 2138148. doi:10.1257/jep.8.1.3.
Bibliographie indicative (3)
david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 43
• Schumpeter J. (1943 Traduction française 1951), Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot.
• Serres M. (2012), Petite Poucette, Paris : Éditions Le Pommier.
• Suber, Peter (2012), Open Access, MIT Press Essential Knowledge, Cambridge, Mass: The MIT Press, 242 p.
• Swartz A. (2017), Celui qui pourrait changer le monde : Écrits, Paris, Éditions B42, mars 2017, 392 p.
• UNESCO (2005), Vers les sociétés du savoir, http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001419/141907f.pdf
• Van Valen L. (1977), "The red queen", The American Naturalist, vol. 111, n°980, p.p. 809–810.

La connaissance moteur de croissance ? Université ouverte de Lyon

  • 1.
    La connaissance, moteurde la croissance ? David VALLAT (Université Lyon 1 – TRIANGLE UMR CNRS 5206 – ENS de Lyon) @DavidVALLAT david.vallat@univ-lyon1.fr Cycle de conférences Vers une autre croissance ? 9 octobre 2017 Ecole Normale Supérieure de Lyon Site Descartes - Amphithéâtre Descartes - 15 parvis René Descartes 69007 Lyon
  • 2.
  • 3.
    Économie de laconnaissance david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT • « Le savoir fait la richesse » (David Landes, 1999) et la puissance… • D’après l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE - 1996), l’ère de l’économie du savoir est celle où la performance économique des pays, dépendent de plus en plus du savoir, de l’éducation, de l’information et de la technologie. • Pour Peter Drucker le knowledge worker est au cœur de l’économie de la connaissance (Drucker, 1999). • Cette économie de la connaissance repose sur des milieux innovateurs (Michael Porter, 1998) comme la Silicon Valley.
  • 4.
    PLAN DE LAPRÉSENTATION 1) Des précisions de vocabulaire 2) L’innovation moteur du capitalisme 3) Vers la 3e révolution industrielle ? 4) La connaissance, un bien commun ? 5) De la connaissance à la sagesse (conclusion) david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 5
  • 5.
  • 6.
    La croissance =vivre mieux ? david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 7 1. La croissance = création de richesses ? La croissance = avoir plutôt qu’être ?
  • 7.
    david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT8 1. La connaissance… …peut prendre des formes diverses (sensation, émotion, art). La connaissance scientifique (fondée sur la Raison) est une convention permettant d’instaurer un dialogue… Karl Popper (1902-1994) … officiellement en France depuis 1665.
  • 8.
    david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT9 1. La connaissance… … permet de faire des choix
  • 9.
  • 10.
    11 1. L’innovation, le chaînonmanquant entre croissance et connaissance Connaissance => Invention => Innovation => Croissance éco.
  • 11.
  • 12.
    L’innovation moteur ducapitalisme david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 13 1.
  • 13.
    De Solow àRomer david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT • Robert Solow (1924-) en 1956 mit en évidence qu’il y avait une partie résiduelle de la croissance non expliquée. Solow l’imputa au progrès technique. Selon lui, le développement économique s’explique par trois paramètres : l’investissement (le capital) ; les heures de travail (et sa productivité) ; le progrès technique. • Paul Romer (1994) cherche à rendre compte des facteurs qui gouvernent l’accumulation du facteur A, le fameux résidu de Solow (« croissance endogène ») : capital humain, innovation, connaissances. 2. L’innovation moteur du capitalisme
  • 14.
    Retour sur Schumpeter david.vallat@univ-lyon1.fr/ @DavidVALLAT • En 1939, Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950) publie Business Cycles: Theorical, historical and statistical analysis of the capitalist process. • A partir des travaux de Kondratiev, Schumpeter montre le synchronisme entre les fluctuations de l’activité́ économique à long terme et le rôle des innovations technologiques. • Tout cycle économique se décompose en quatre périodes ou phases. La phase de croissance, puis le premier moment du retournement du cycle est celle de la phase de crise, puis la troisième phase est celle de la dépression, le second moment de retournement étant la reprise. La crise constitue le point maximum du cycle, et la reprise le point minimum à partir duquel s’enclenche une nouvelle phase de croissance. 2. L’innovation moteur du capitalisme
  • 15.
    16 • Chaque phaseascendante du cycle correspondant au développement d’une innovation majeure, ainsi la première phase (1792 – 1815) voyait l’émergence de la sidérurgie et du textile. La seconde (1847/49 – 1873) correspondait au développement du chemin de fer, la troisième (1896 – 1920) au règne de l’électricité. • Il est possible de poursuivre ces cycles avec l’automobile et le pétrole dans une quatrième phase (1945 – 1975) qui correspond aux "Trente Glorieuses" de Jean Fourastié. La cinquième phase a commencé vers la fin des années 1990, avec les technologies de l’information, notamment Internet. Le cycle se présente ainsi : 2. L’innovation moteur du capitalisme
  • 16.
    La « destructioncréatrice » david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT « L'impulsion fondamentale qui met et maintient en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d'organisation industrielle – tous éléments créés par l'initiative capitaliste. [...] L'histoire de l'équipement productif d'énergie, depuis la roue hydraulique jusqu'à la turbine moderne, ou l'histoire des transports, depuis la diligence jusqu'à l'avion. L'ouverture de nouveaux marchés nationaux ou extérieurs et le développement des organisations productives, depuis l'atelier artisanal et la manufacture jusqu'aux entreprises amalgamées telles que l’U.S. Steel, constituent d'autres exemples du même processus de mutation industrielle – si l'on me passe cette expression biologique – qui révolutionne incessamment de l'intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de Destruction Créatrice constitue la donnée fondamentale du capitalisme : c'est en elle que consiste, en dernière analyse, le capitalisme et toute entreprise capitaliste doit, bon gré mal gré, s'y adapter. » Schumpeter J. (1943 Traduction française 1951), Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot, p.106 et 107. 2. L’innovation moteur du capitalisme
  • 17.
    18 « – Mafoi, dans mon pays à moi, répondit Alice, encore un peu essoufflé, on arriverait généralement à un autre endroit si on courait très vite pendant longtemps, comme nous venons de le faire. – On va bien lentement dans ton pays ! Ici, vois-tu, on est obligé de courir tant qu'on peut pour rester au même endroit. Si on veut aller ailleurs, il faut courir au moins deux fois plus vite que ça ! ». (Carroll, 2007, ch.2, De l’autre côté du miroir) L’hypothèse de la Reine Rouge Le processus de destruction créatrice s’inscrit dans une approche de l’évolution naturelle conforme à celle de Darwin et approfondi par l’hypothèse de la Reine Rouge en biologie évolutive (Van Valen, 1977) qui consiste à considérer qu’une espèce doit constamment évoluer pour maintenir sa place dans l’écosystème suite aux évolutions des espèces avec lesquelles elle coévolue. david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 2. L’innovation moteur du capitalisme
  • 18.
    Le paradoxe deSolow david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT • « On voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques de productivité » (R. Solow, 1987). • Ralentissement de la productivité ? • Innovations d’usage ? • Changer la mesure ? 2. L’innovation moteur du capitalisme
  • 19.
  • 20.
    Un monde «hyperconnecté »… david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 21 3. La 3ème révolution industrielle
  • 21.
    La 3e RIde J. Rifkin david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 22 • 1er RI au 18e siècle : technologies mécaniques utilisant la vapeur d’eau + l'imprimerie et les transports (train, courrier). • 2e RI au 20e siècle : convergence entre moteur à combustion interne (pétrole) et réseaux électrique permettant la communication électriques (téléphonie). • 3e RI au 21e siècle : convergence des technologies de la communication (internet + satellite) et des énergies renouvelables. Cette convergence en permet une autre entre la communication distribuée, dont celle sans-fil, et des formes d’énergies distribuées. 3. La 3ème révolution industrielle
  • 22.
    Des « disruption» profondes… david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 23 • « Innovation disruptive » : création d’un nouveau marché et d’une nouvelle chaîne de valeur (Christensen, 1997) 3. La 3ème révolution industrielle
  • 23.
    Internet : uneculture du libre ouvrant à la créativité… 24 david.vallat@univ-lyon1.fr 3. La 3ème révolution industrielle
  • 24.
    … à l’autonomie,à l’innovation… 25 david.vallat@univ-lyon1.fr david.vallat@univ-lyon1.fr 3. La 3ème révolution industrielle
  • 25.
    … au retourdes communs… 26 david.vallat@univ-lyon1.fr david.vallat@univ-lyon1.fr 3. La 3ème révolution industrielle
  • 26.
    La connaissance un« bien commun » • Les communaux collaboratifs (Rifkin, 2014) visent à produire, innover, gérer en commun (Coriat, 2015) ; ils sont fondés sur l’intérêt de la communauté plutôt que sur la seule satisfaction des désirs individuels. • Cette vision s’inscrit dans le champ de la culture du libre accès (Open access - Suber, 2012) très présente dans la culture d’Internet. david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 27 3. La 3ème révolution industrielle
  • 27.
    4. La connaissance un biencommun ? david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 28
  • 28.
    Qu’est ce qu’un« communs » ? david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 29 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 29.
    Le modèle «bien commun » • « Commons is a general term that refers to a ressource shared by a group of people. In a commons, the ressource can be small and serve a tiny group (the family refrigerator), it can be a community-level (sidewalks, playgrounds, libraries, and so on), or it can extend to international and global levels (deep seas, the atmosphere, the internet, and scientific knowledge). The commons can be well bounded (a community park or library); transboundary (the Danube River, migrating wildlife, the Internet); or without clear boundaries (knowledge, the ozone layer). » (Hess, Ostrom, 2011, pp. 4-5). • Traits constitutifs des communs (Coriat, 2015) : • Selon les attributs « exclusion » (bien privé vs bien public) et « privation » (rivalité) ; historiquement les commons n’existent que là où l’exclusion était difficile et la privation forte (poissons, prés communaux, etc.) • Selon des faisceaux de droits (droits d’accès et de prélèvement, droit de gérer, droit d’exclure, droit de céder ou de vendre) • Selon le mode de gouvernance organisant les faisceaux de droits (pour éviter free riding et organiser la durabilité du commun). david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 30 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 30.
    Des règles pourgouverner les communs • Des recherches empiriques sur la gouvernance de ressources communes ont permis d’établir des principes de fonctionnement facilitant la pérennisation de cette gouvernance commune (et donc permettant la protection de la ressource commune). • Ces principes ne signifient pas automatiquement le succès de la gouvernance en commun mais ils ont été repérés dans toutes les situations de succès. Ces principes sont (Ostrom, 1990, pp. 90-102) : – 1) les limites du bien commun sont nettement définies (y compris les limites des utilisateurs) ; – 2) les règles d’utilisation du bien commun sont adaptées aux besoins et conditions locales (par exemple en fonction de la disponibilité du bien) ; – 3) un système permettant aux individus de participer régulièrement à la définition et à la modification de ces règles ; – 4) un système d’auto-contrôle du comportement des membres de la communauté a été mis en place ; – 5) un système gradué de sanctions pour ceux violent les règles de la communauté est prévu ; – 6) un système peu coûteux de résolution des conflits est accessible aux membres de la communauté ; – 7) le droit pour les membres de la communauté de définir ses propres règles de fonctionnement est reconnu par les autorités extérieures à la communauté ; – 8) s'il y a lieu (un bien commun entre plusieurs frontières ou un bien commun décliné à plusieurs échelles territoriales), une organisation de la prise de décision peut se faire à plusieurs niveaux en respectant les règles ci-dessus. david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 31 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 31.
    Aaron Swartz 32 david.vallat@univ-lyon1.fr 4. Laconnaissance, un bien commun ? david.vallat@univ-lyon1.fr (1986-2013) Alexandra Elbakyan (1988- ) Sci-Hub Lutter contre les « enclosures »
  • 32.
    Un modèle économiquebasé sur la communauté • Valeurs essentielles de collaboration, de réciprocité… • Nécessité de collaborer (Wikipedia, Linux, etc.) • Une communauté source de capital immatériel • L’innovation ouverte et distribuée (entreprise énactive) • Une autre vision de l’organisation (RSE, systémique) david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 33 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 33.
    La technologie n’estpas tout david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 34 « Une innovation est la mise en œuvre d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures. Cette définition générale englobe une large palette d’innovations possibles » (OCDE, 2005, p. 54). 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 34.
    david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT35 Une autre organisation du travail 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 35.
    Manager les connaissances2.0 – L’économie de la connaissance / le management de la connaissance, ont été profondément transformés par la nature de plus en plus distributive et accessible de la connaissance grâce à Internet (Benkler, 2006 ; Serres, 2012). – Wikipedia, les licences Creative Commons (Lessig, 2004), la culture de l’Open Access (Suber, 2012) illustrent le potentiel créatif et transformatif de la culture participative associée à Internet (Benkler, 2002, 2011). – L’accès libre à la connaissance favorise le développement de collaborations, de partages, d’échanges, développe la créativité et démocratise l’innovation (Von Hippel, 2005). – De ce fait l’innovation est sociale dans le processus collaboratif qui préside à son élaboration et dans ses objectifs : remettre la personne au centre de l’organisation (sous peine de voir l’organisation disparaître). david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 36 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 36.
    Apprendre autrement ?: Faire ensemble, expérimenter (autonomie, responsabilité, liberté…) 37 4. La connaissance, un bien commun ?
  • 37.
    5. Pour conclure : Dela connaissance à la sagesse david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT 38
  • 38.
    david.vallat@univ-lyon1.fr / @DavidVALLAT39 5. La croissance = création de richesses ? La croissance = vivre mieux ? La croissance = avoir plutôt qu’être ? La connaissance ≠ la sagesse Quelle philosophie ? Quelle présence au monde ?
  • 39.
  • 40.
    Bibliographie indicative (1) david.vallat@univ-lyon1.fr/ @DavidVALLAT 41 • Benkler Y. (2011), "The unselfish gene", Harvard business review, vol. 89, n°7/8, p.p. 77–85. • Benkler Y. (2006), The Wealth of Networks: How Social Production Transforms Markets and Freedom, Yale University Press. • Benkler Y. (2002), "Coase’s penguin, or, linux and “the nature of the firm”", The Yale Law Journal, vol. 112, n°3, p.p. 369–446. • Castells, Manuel (2002), La galaxie Internet, Paris : Fayard, 366 p. • Christensen, Clayton M. (1997), The innovator's dilemma: when new technologies cause great firms to fail, Boston, Massachusetts, USA: Harvard Business School Press, ISBN 978-0-87584-585-2. (edit) • Coriat, B. (2015), sous la direction de, Le retour des communs. La crise de l’idéologie propriétaire, Les Liens qui Libèrent, 298 p. • Drucker P.F. (1999), Landmarks of Tomorrow: A Report on the New “Post-Modern” World, New Brunswick; London. • Drucker, Peter (1969). The Age of Discontinuity; Guidelines to Our Changing Society. New York: Harper and Row. • Foray, D. (2010). L'économie de la connaissance. La Découverte. • Lallement, M. (2015), L’âge du faire. Hacking, travail, anarchie, Le Seuil, 446 p. • Lessig L. (2006), Code: version 2.0, New York, NJ, Etats-Unis d’Amérique, Basic books. • Lessig L. (2004), Free culture: the nature and future of creativity, New York, Etats-Unis d’Amérique, the Penguin press.
  • 41.
    Bibliographie indicative (2) david.vallat@univ-lyon1.fr/ @DavidVALLAT 42 • Landes, David S. (1999). The Wealth and Poverty of Nations: Why Some Are So Rich and Some So Poor. New York: W.W. Norton. ISBN 0-393-04017-8. • OCDE (1996), L'économie fondée sur le savoir, http://www.oecd.org/fr/sti/sci- tech/leconomiefondeesurlesavoir.htm • Ostrom, E. (1990), Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge University Press, 220 p. • Ostrom, E. & Hess, C. (2011), eds, Understanding Knowledge as a Commons: From Theory to Practice, première édition 2007, Cambridge: MIT Press, 367 p. • Porter, Michael E. (1998). "Clusters and the New Economics of Competition », Harvard Business Review. December: 77–90. • Powell, Walter W.; Snellman, Kaisa (2004). "The Knowledge Economy", Annual Review of Sociology. Annual Reviews. • Rifkin J. (2012), La troisième révolution industrielle: comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde, Paris, France, LLL, les liens qui libèrent, impr. 2012. • Rifkin, J. (2014), La nouvelle société du coût marginal zéro, Les liens qui libèrent, 2014, 510 p. • Robert M. Solow, « A Contribution to the Theory of Economic Growth », Quarterly Journal of Economics, vol. 70, no 1, 1956, p. 65–94 • Romer, P. M. (1994). "The Origins of Endogenous Growth". The Journal of Economic Perspectives. 8 (1): 3– 22. JSTOR 2138148. doi:10.1257/jep.8.1.3.
  • 42.
    Bibliographie indicative (3) david.vallat@univ-lyon1.fr/ @DavidVALLAT 43 • Schumpeter J. (1943 Traduction française 1951), Capitalisme, socialisme et démocratie, Paris, Payot. • Serres M. (2012), Petite Poucette, Paris : Éditions Le Pommier. • Suber, Peter (2012), Open Access, MIT Press Essential Knowledge, Cambridge, Mass: The MIT Press, 242 p. • Swartz A. (2017), Celui qui pourrait changer le monde : Écrits, Paris, Éditions B42, mars 2017, 392 p. • UNESCO (2005), Vers les sociétés du savoir, http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001419/141907f.pdf • Van Valen L. (1977), "The red queen", The American Naturalist, vol. 111, n°980, p.p. 809–810.

Notes de l'éditeur

  • #2 Pistes de travail
  • #4 Silicon Valley also accounts for one-third of all of the venture capital investment in the United States, which has helped it to become a leading hub and startup ecosystem for high-tech innovation and scientific development. It was in the Valley that the silicon-based integrated circuit, the microprocessor, and the microcomputer, among other key technologies, were developed. As of 2013, the region employed about a quarter of a million information technology workers. During the 1940s and 1950s, Frederick Terman, as Stanford's dean of engineering and provost, encouraged faculty and graduates to start their own companies. He is credited with nurturing Hewlett-Packard, Varian Associates, and other high-tech firms, until what would become Silicon Valley grew up around the Stanford campus. Terman is often called "the father of Silicon Valley"
  • #7 Il y a un jugement de valeur ici que les économistes ne veulent pas aborder Quid de la décroissance ? Quid de la croissance frugale ? Quid de l’économie circulaire ? Cf Pascal Le Merrer et Dominique Meda…
  • #8 The Journal des sçavans (later renamed Journal des savants), established by Denis de Sallo, was the earliest academic journal published in Europe. Its content included obituaries of famous men, church history, and legal reports.[1] The first issue appeared as a twelve-page quarto pamphlet[2] on Monday, 5 January 1665.[3] This was shortly before the first appearance of the Philosophical Transactions of the Royal Society, on 6 March 1665.[4] The 18th-century French physician and encyclopédiste Louis-Anne La Virotte (1725–1759) was introduced to the journal through the protection of chancellor Henri François d'Aguesseau. The journal ceased publication in 1792, during the French Revolution, and, although it very briefly reappeared in 1797 under the updated title Journal des savants, it did not re-commence regular publication until 1816. From then on, the Journal des savants was published under the patronage of the Institut de France. From 1908, it was published under the patronage of the Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. It continues to be a leading academic journal in the Humanities
  • #11 Invention : créer qq chose de nouveau (concorde) Ionnovaytion : diffuser la nouveauté (ipad) L’innovation se distingue de l’invention dans le sens où sa mise en application induit un changement social, radical ou progressif, et qu’elle a une utilisation effective (Par exemple, l’appareil à faire des trous dans le gruyère est une invention, le téléphone portable une innovation). Le terme d’innovation s’adresse donc aux inventions qui ont « accédé au stade d’un produit nouveau, effectivement réalisé et économiquement viable, et produit en série plus ou moins limitée. Si Papin a inventé la marmite à vapeur et Séguin la chaudière tubulaire, ce sont la machine à vapeur de Watt et la locomotive de Trevithick que [je] considérerai comme de grandes innovations. Bien sûr, la frontière ne sera pas toujours aussi nette, la réalité étant généralement plus complexe [...] » - in Bruno JACOMY, Une Histoire des techniques, Points Sciences, Paris, 1990.
  • #14 SOLOW : prix Nobel, MIT Considérant le modèle de Solow comme l’amorce d’un raisonnement sur la croissance, elles souhaitent approfondir la notion de progrès "autonome " qui reste inexpliquée. L’ambition commune de ces théories amorcée par Paul Romer en 1986 et Robert Lucas en 1988, vise à rendre compte des facteurs qui gouvernent l’accumulation du facteur A, le fameux résidu de Solow. Ces théories proposent trois types d’explications : 1er type : Le moteur de la croissance réside dans un phénomène et processus d’apprentissage, l’apprentissage, résumé par l’expression "learning by doing ", apprendre en pratiquant. Ce processus s’opère notamment à l’intérieur de l’entreprise. 2ème type : Le moteur de la croissance réside dans l’accumulation de capital humain au sein du système éducatif. 3ème type: Le moteur de la croissance réside dans la Recherche et le Développement. A correspond à un stock d’innovations produit par l’activité volontaire de R. D. + recherches Le progrès technique dépend donc :  de la capacité d’apprentissage des entreprises et de la main-d’œuvre,  du niveau de formation de la main-d’œuvre,  de l’importance des investissements en recherche et développement. Pour les économistes de la croissance endogène, le progrès technique ne tombe pas du ciel mais renvoie à des ressources investies en capital humain, en capital technique et en capital public.
  • #20 Mélange Serres et Rifkin
  • #21 RESEAUX SOCIAUX => MODELE ORIGINAUX DE COLLABORATION
  • #24 CASTELLS : The so called “net neutrality” rule, put in place by the FCC in 2010, was intended to ensure equal access to all types of content. Regulators and politicians feared a tiered access to premium content or that ISPs might unfairly fast-track access to their own content over competitors. Federal Communications Commission (FCC) OPEN ACCESS = SCIENCE Scholarly journals haven’t paid authors for their articles since the first scholarly jour- nals, the Philosophical Transactions of the Royal Society of London and the Journal des sçavans, launched in London and Paris in 1665.4 Creative people who live by royalties, such as novelists, musicians, and moviemakers, may consider this scholarly tradition a burden and sacrifice for scholars. We might even agree, provided we don’t overlook a few facts. First, it’s a sacrifice that scholars have been making for nearly 350 years. My colleague Stevan Harnad frequently compares re- search articles to advertisements. They advertise the au- thor’s research.
  • #26 collaboration
  • #30 Comprendre cette notion de bien commun passe par un classement des biens économiques selon deux critères : le critère d’exclusion (exclusion) rend compte du caractère privé ou public du bien à travers cette question : peut-on facilement ou non exclure certains individus de l’utilisation de ce bien ? (régime de propriété) le critère de rivalité (rivalry) ou privation (subtractability) indiquent le degré de privation d’un bien en fonction de son usage selon la question : est-ce que l’utilisation personnelle d’un bien prive les autres de son usage ? Exclusion (facile ou non) Privation (forte ou faible) La connaissance est un commons par extension = au début les commons n’était que là où l’exclusion était difficile et la privation forte (poissons) 2e mvt des commons Benkler Ostrom : Understanding Knowledge as a Commons MIT Press CONNAISSANCE = bien public (exclusion pas facile et privation faible) ATTENTION À LA PRIVATISATION D INTERNET (agence qui gère circulation dans tuyau et donne site) ATTENTION À LA NSA ATTENTION À TRANSPARENCE
  • #32 On January 6, 2011, Swartz was arrested by MIT police on state breaking-and-entering charges, after connecting a computer to the MIT network in an unmarked and unlocked closet, and setting it to download academic journal articles systematically from JSTOR using a guest user account issued to him by MIT.[11][12] Federal prosecutors later charged him with two counts of wire fraud and eleven violations of the Computer Fraud and Abuse Act,[13] carrying a cumulative maximum penalty of $1 million in fines, 35 years in prison, asset forfeiture, restitution, and supervised release.[14] He committed suicide while under federal indictment for his alleged computer crimes.[15] Swartz declined a plea bargain under which he would have served six months in federal prison. Two days after the prosecution rejected a counter-offer by Swartz, he was found dead in his Brooklyn apartment, where he had hanged himself.[15][16]
  • #33 Les initiatives d’économie collaborative, aussi diverses soient-elles, partagent une caractéristique : une capacité étonnante à susciter de la confiance dans un environnement où la défiance (Algan et al., 2012) tendrait à prévaloir (défiance envers l’Etat, envers les institutions, envers les entreprises, etc.). Si Uber et Airbnb ne disposent que de peu de capital physique, c’est leur capital immatériel sous la forme de millions d’évaluations de pairs qui constitue leur richesse réelle. Ces évaluations (par le biais de mesure de réputation) permettent de tisser des liens de confiance entre des  inconnus (Botsman et Rogers, 2011) et ainsi de favoriser les échanges dans une communauté constituée d’individualités positives (Lallement, 2015). De ce fait ces initiatives questionnent nos systèmes économiques et plus largement, nos sociétés.
  • #34 Schumpeter jobs
  • #35 Zappos pour holacratie Ideo : culture d’aide…
  • #36 La culture collaborative associée à Internet puise ses sources dans sa dimension universitaire initiale (Castells, 2002, pp. 18-49) et plus généralement dans la culture open source (même si ce trait culturel n’a pas été unique pour constituer la culture d’Internet il en constitue un fondement majeur selon Castells – 2002, pp. 50-82). Ainsi la production collective/collaborative de contenus (dont Wikipedia est l’emblème) pénètre dans les organisations ne serait-ce que par effet générationnel (génération Y) et contribue à la construction d’une intelligence collective (Williams Woolley et al., 2010), adaptative et créative. Ces pratiques collaboratives (et transformatives puisque reposant sur une culture de la liberté) ne fonctionnent pas sans règles. La construction collaborative de connaissances dans l’organisation afin de faire face aux changements de l’environnement s’accompagne d’usages de travail en commun peu compatibles avec une forme organisationnelle hiérarchique.
  • #37 TOUS DES EGAUX CREATIFS = REVALORISATION DES PERSONNES Jeune en foyer d’accueil RADIO JEUX VIDEO Cours de maquillage video Étudiants : dossier histoire de la pensée économique en video…
  • #39  Quid de la décroissance ? Quid de la croissance frugale ? Quid de l’économie circulaire ? Cf Pascal Le Merrer et Dominique Meda… DIMENSION SPIRITUELLE